Fiche 19 – Extremums
Objectifs
Dans le cadre des études de fonctions, après avoir vu leurs propriétés de variation, examinons ici les
méthodes permettant de rechercher les minimums et les maximums.
Concepts
Maximum, minimum
Extremum global, extremum local
Nous avons déjà abordé les notions de maximum et de minimum, que nous regroupons sous le vocable
extremum (valeur extrême). Lorsqu’il s’agit, comme nous l’avons vu dans les chapitres précédents, de la
recherche de la valeur extrême (la plus grande ou la plus petite) sur un ensemble, on parle d’extremum
global (ou absolu), c’est-à-dire :
maximum global (maximum absolu) ou
minimum global (minimum absolu)
Définition
Une fonction f définie sur un ensemble D admet Une fonction f définie sur un ensemble D admet
un maximum (global) f(c) en une valeur c de D si un minimum (global) f(c) en une valeur c de D si
f(c) ≥ f(x) pour toute valeur x de D. f(c) ≤ f(x) pour toute valeur x de D.
Exemples
1 – x2 + cos(2x) x2 – x + 1
f: ℝ → ℝ: x ↦ x2 + 1 présente un f: ℝ → ℝ: x ↦ présente un minimum
2
maximum (global) pour x = 0 (sur ℝ). (global) pour x = 0,5 (sur ℝ).
En observant les graphiques des fonctions, on voit que :
Le point de coordonnées (0 ; 2) a l’ordonnée la Le point de coordonnées (0,5 ; 0,25) a l’ordonnée
plus élevée. la plus basse.
FICHE 19 – EXTREMUMS
167
On voit apparaître à plusieurs endroits sur le graphe que la fonction
1 – x2 + cos(2x)
f:ℝ→ℝ:x↦ x2 + 1
des maximums et des minimums sur des intervalles. On appelle ces maximums et minimums locaux (ou
relatifs).
Maximum local
Maximum
local
minimum local
minimum
local
Définition
Une fonction f admet un maximum local (ou Une fonction f admet un minimum local (ou
« maximum relatif ») pour une valeur x = x0 s’il « minimum relatif ») pour une valeur x = x0 s’il
existe un voisinage de x0 sur lequel existe un voisinage de x0 sur lequel
f(x0) ≥ f(x) f(x0) ≤ f(x)
pour toute valeur x de ce voisinage. pour toute valeur x de ce voisinage.
Un minimum local ou un maximum local est appelé extremum local.
Recherche des extremums locaux
Théorème de Fermat
Si f admet un minimum local ou un maximum local en x0, et si
f’(x0) existe
alors f’(x0) = 0
Si f’(x0) était strictement positive, la fonction serait croissante autour de x0 ; si f’(x0) était strictement négative,
la fonction serait décroissante autour de x0.
168 MATHÉMATIQUES GÉNÉRALES 1
Si f’(x0) = 0 cela n’implique pas qu’il y ait un extremum.
Exemple :
Soit
f : ℝ → ℝ : x ↦ (x - 3)³ + 2
f ’(x) = 3(x - 3)²
f ’(3) = 0.
Or il n’y a ni minimum ni maximum local en x = 3.
On peut avoir un extremum local sans que la dérivée s’annule.
Exemple :
La fonction valeur absolue admet un minimum local en
0. Elle y est continue, mais sa dérivée n’y est pas définie.
Un point de la courbe où la dérivée de la fonction s'annule est appelé point stationnaire.
Un point critique du graphe d’une fonction est un point où la dérivée s’annule ou n’est pas définie.
Propositions
Sur un intervalle ouvert :
Si une fonction f admet un extremum local, c’est en un point critique
(si f admet un maximum local ou un minimum local en x0, alors x0 est un point critique)
Si une fonction f est dérivable et admet une dérivée continue en tout point d’un voisinage
d'une valeur x0
f’ change de signe en x0
Alors f’(x0) = 0 et f admet un minimum local ou un maximum local en x0.
Si f ' passe de positif à négatif en x0, alors f a un maximum local en x0.
Si f ' passe de négatif à positif en x0, alors f a un minimum local en x0.
FICHE 19 – EXTREMUMS
169
Ces propositions indiquent que la recherche des points critiques permet de trouver les extremums
locaux. La dernière donne une condition suffisante si la fonction est dérivable. Cette condition n'est
pas nécessaire : il est en effet possible d'avoir un extremum local sans que la dérivée f’ s’annule
(dans le cas où la dérivée f’ n’est pas définie).
Nous rechercherons dans les applications les extremums locaux de diverses fonctions.
Rappelons que nous avons vu dans la section sur la continuité le…
Théorème des valeurs extrêmes (ou théorème des extrema)
Si f est une fonction continue sur un intervalle fermé [x1 ; x2]
alors f admet un maximum (global) et un minimum (global) sur [x1 ; x2]
Les deux hypothèses de départ sont importantes :
- si le fonction n’est pas continue, il peut ne pas y avoir de maximum ou de minimum ;
- de même si l’intervalle n’est pas fermé.
La recherche des extremums globaux sera abordée plus tard dans la section sur les optimisations.
170 MATHÉMATIQUES GÉNÉRALES 1
Théorème de Rolle
Énoncé
Soit f une fonction de ℝ dans ℝ continue sur un intervalle fermé et borné [a ; b]
Si f est dérivable et admet une dérivée continue en tout point de ]a ; b[, et si f(a) = f(b),
alors il existe au moins un point c ]a ; b[ pour lequel on a f (c) = 0
Démonstration
Un raisonnement simple suffit pour démontrer le résultat :
Considérons le voisinage du point a.
3 cas sont possibles : la dérivée au voisinage de a peut être positive, négative ou nulle.
Si elle est nulle, le résultat est évident.
Si elle est positive, la fonction est croissante. Si elle est négative, la fonction est décroissante.
Pour retrouver le niveau de départ (f(a) = f(b)), il faut dans le premier cas que la fonction
décroisse, ou dans le deuxième cas qu’elle croisse sur un certain intervalle. Dans tous les cas de
figure, la dérivée change de signe et sa continuité impose le passage par 0 (corollaire du
théorème des valeurs intermédiaires).
Interprétation graphique
Le théorème affirme l'existence d'une
tangente horizontale au moins sur l'intervalle
de définition.
On vérifie que la fonction
x ↦ x2 6 x + 11
prend la valeur 11 pour x = 0 et x = 6.
On constate de même que sa dérivée est
nulle en x = 3.
FICHE 19 – EXTREMUMS
171
Exemples et contre-exemples
Examinons les fonctions de ℝ dans ℝ décrites ci-dessous :
1. La fonction f dont le graphe est représenté ci-
contre vérifie bien le théorème de Rolle:
f(a) = f(b)
f est continue sur [a ; b] et admet une dérivée
continue sur ]a ; b[
Combien y a-t-il de points sur ]a ; b[ où
f '(x) = 0? ______________
2. La fonction f dont le graphe est représenté ci-
contre vérifie bien le théorème de Rolle:
f(a) = f(b)
f est continue sur [a ; b] et admet une dérivée
continue sur ]a ; b[
Combien y a-t-il de points sur ]a ; b[ où
f '(x) = 0? ______________
3. La fonction f dont le graphe est représenté ci-
contre vérifie bien le théorème de Rolle:
f(a) = f(b)
f est continue sur [a ; b] et admet une dérivée
continue sur ]a ; b[
Combien y a-t-il de points sur ]a ; b[ où
f '(x) = 0? _______________
4. La fonction f dont le graphe est représenté ci-
contre ne vérifie pas le théorème de Rolle.
Pourtant f(a) = f(b)
Alors, pourquoi ?
_______________________
5. La fonction f dont le graphe est représenté ci-
contre ne vérifie pas le théorème de Rolle.
Pourtant f(a) = f(b)
Alors, pourquoi
_______________________
172 MATHÉMATIQUES GÉNÉRALES 1
Théorème des accroissements finis
Énoncé
Soit f une fonction de ℝ dans ℝ continue sur un intervalle fermé et borné [a ; b].
Si f est dérivable et admet une dérivée continue en tout point de ]a ; b[
alors il existe au moins un point c ]a ; b[ pour lequel on a :
f(b) f(a) = (b a) f (c)
Démonstration
Il suffit d'introduire la fonction auxiliaire
x–a
g(x) = f(x) f(a) – b – a(f(b) f(a))
On vérifie que cette fonction vérifie les conditions du théorème de Rolle. On a en effet :
g(a) = g(b) = 0
Il existe donc un point c satisfaisant
1
g(c) = f(c) – b – a(f(b) f(a)) = 0
On en tire le résultat attendu
f(b) f(a)
f(c) = b – a ou
f(b) f(a) = (b a) f(c)
Interprétation graphique
Le résultat exprime qu'il existe au moins un point de l'intervalle ]a ; b[ pour lequel la croissance instantanée
f’(c) est identique à la croissance moyenne de la fonction sur [a ; b]
f(b) f(a)
b–a
Considérons la fonction
f : ℝ ℝ : x ↦ x2 6 x + 11
sur l'intervalle [0 ; 4].
La dérivée en x = 2 a pour valeur la moyenne de la
variation de la fonction sur l'intervalle.
f(4) f(0) 3 – 11
En effet : 4 – 0 = 4 = -2 et
f(x) = 2x 6 f(2) = -2
FICHE 19 – EXTREMUMS
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Applications
1. Via des tableaux de variation, rechercher les extremums locaux des fonctions suivantes
a) f : ℝ ℝ : x ↦ x4 – 8x2
ln x + x
b) f : ℝ ℝ : x ↦ x – ln x (voir application 1 fiche précédente)
c) f : ℝ ℝ : x ↦ e-2x sin 3x sur [0; 2] (voir application 1 fiche précédente)
d) f : ℝ ℝ : x ↦ |x3 – 3x|
x+4 sur ]-∞ ; -1]
e) f:ℝℝ: x↦ x2 + 2 sur ]-1 ; 1]
3 2
x – 6x + 11x – 3 sur ]1 ; +∞[
2. Vérifier le théorème de Rolle pour les fonctions suivantes :
a) f : ℝ ℝ : x ↦ x2 5x + 4 sur l'intervalle [1 ; 4];
b) f : ℝ ℝ : x ↦ cos2 x sur l'intervalle [-4 ; 4].
(Vérifier les hypothèses et rechercher une valeur c à l’intérieur de l’intervalle telle que f’(c) = 0)
3. Montrer que la conclusion du théorème de Rolle est en défaut dans les cas suivants.
5
a) pour f : ℝ ℝ : x ↦ 1 – x4 sur l'intervalle [1 ; 1];
b) pour f : ℝ ℝ : x ↦ x sur l'intervalle [2 ; 2];
1
c) pour f : ℝ ℝ : x ↦ x2 sur l'intervalle [2 ; 2].
Quelles sont les hypothèses qui ne sont pas vérifiées ?
4. Vérifier le théorème des accroissements finis pour les fonctions f de variable x définies par :
a) f(x) = x2 sur l'intervalle [a ; b]
1
b) f(x) = x sur l'intervalle [a ; b] avec 0 < a < b
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