PHILOSOPHIE DU DROIT
DISSERTATION
SUJET: Comment peut-on justifier la souveraineté de l'État?
Introduction
L'un des principaux sujets de discussion en politique et en droit depuis la fondation des premiers
États modernes est la souveraineté. La souveraineté de l'État est le pouvoir ultime et exclusif qu'un
État détient sur son peuple et son territoire. La légitimité et le caractère de l'autorité de l'État sont
fondamentalement remis en question lors de la défense de la souveraineté de l'État. Étant donné
que les frontières des États deviennent de plus en plus floues et que le concept de souveraineté est
mis à l'épreuve par des questions transnationales, comment un État peut-il établir la légitimité du
contrôle qu'il exerce sur ses citoyens et son territoire? Les fondements théoriques de la souveraineté
de l'État (I) seront examinés dans cette dissertation, ainsi que les théories philosophiques (A) et les
fondements juridiques (B) qui ont influencé ce concept. Nous aborderons ensuite les justifications
pratiques de la souveraineté (II), en soulignant l'importance pour l'État de maintenir l'ordre et la
sécurité (A) et l'exercice de la compétence étatique (B).
I. Fondements théoriques de la souveraineté de l'État
A - Théories philosophiques
De l'Antiquité à nos jours, la pensée politique et juridique a été fortement influencée par les théories
philosophiques relatives à la souveraineté de l'État. La théorie proposée par le philosophe et juriste
du XVIe siècle Jean Bodin est l'une des plus importantes. Selon Bodin, la souveraineté est le pouvoir
ultime et total que possède l'État. L'État ne doit pas être limité par des forces extérieures et doit
avoir un contrôle total sur son peuple et son territoire. Thomas Hobbes et Jean-Jacques Rousseau,
entre autres, ont établi la théorie du contrat social, qui est une autre théorie importante. Dans "Le
Léviathan" de Hobbes, l'État souverain est censé naître d'un accord entre les hommes pour se
protéger les uns les autres et mettre fin à l'état de nature chaotique. Rousseau affirme dans "Du
contrat social" que la volonté collective du peuple est la source de la souveraineté et que l'État doit
agir dans l'intérêt du peuple. Ces théories présentent plusieurs points de vue sur l'origine et la
légitimité de la souveraineté de l'État. Ces discussions philosophiques ont notamment influencé les
principes constitutionnels et les conventions juridiques internationales, ainsi que les idées juridiques
et politiques qui sous-tendent les systèmes étatiques contemporains.
B - Fondements juridiques
Les concepts et les normes établis dans les constitutions nationales et le droit international servent
de fondement juridique à la souveraineté de l'État. La constitution soutient et garantit
essentiellement la souveraineté de l'État au niveau national. Ce faisant, elle crée les organisations et
les systèmes de gouvernement qui exercent un contrôle souverain sur le territoire et la population.
Les constitutions définissent les droits et libertés fondamentaux des citoyens ainsi que l'autorité et la
compétence des différentes parties du gouvernement, y compris le législatif, l'exécutif, et le
judiciaire. La souveraineté des États au niveau national repose donc principalement sur le cadre
juridique que constitue la Constitution. La souveraineté des États est reconnue et défendue à
l'échelle mondiale par le droit international public. La Charte des Nations Unies défend
l'indépendance politique et l'intégrité territoriale de chaque État membre, établissant ainsi la notion
de souveraineté étatique. En outre, la reconnaissance et la protection de la souveraineté des États
sont grandement facilitées par les traités et accords internationaux. Ces accords définissent les
responsabilités et les droits de chaque État dans un certain nombre de domaines, notamment le
commerce, les droits de l'homme, l'environnement, etc.
II. Justifications pratiques de la souveraineté de l'État
A - Préservation de l'ordre et de la sécurité
La capacité de l'État à préserver l'ordre public et à garantir la sécurité de ses citoyens est
indissociable de sa souveraineté. L'État, en tant qu'organe politique suprême, a le pouvoir de
promulguer des lois, de les faire appliquer, et de veiller à ce que les libertés et les droits
fondamentaux de sa population soient sauvegardés. Cela signifie que pour maintenir la paix, prévenir
la criminalité et défendre les résidents contre les dangers internes et externes, des forces de police,
des agences de sécurité et, si nécessaire, des forces armées doivent être mises en place. La capacité
d'un État à maintenir la paix et la sécurité à l'intérieur de ses frontières, qui est une composante
nécessaire de la légitimité et de l'autorité de l'État, justifies la souveraineté de l'État. Si l'État n'est
pas en mesure de maintenir l'ordre, il risque de perdre son pouvoir de gouverner son peuple et sa
légitimité. En outre, la souveraineté d'un État est liée à la nécessité de défendre ses frontières et sa
population contre les attaques extérieures.
B - Exercice de la compétence étatique
L'État est l'autorité suprême à l'intérieur de ses frontières, et en tant que tel, il a le pouvoir d'exercer
un large éventail de devoirs et d'obligations. Il s'agit en premier lieu du pouvoir législatif, qui permet
à l'État d'édicter des lois et des règles dans un certain nombre de domaines, notamment le droit
administratif, pénal, civil, et fiscal, pour n'en citer que quelques-uns. Les règles et directives
énoncées dans ces lois et règlements garantissent le bon fonctionnement des institutions
gouvernementales et fixent les normes qui guident la société. En outre, l'État garantit la mise en
œuvre et l'exécution des lois par le biais de son système judiciaire, ce qui constitue un autre moyen
d'exercer son autorité. Les juges, les tribunaux, et les autres autorités judiciaires sont essentiels pour
régler les conflits, défendre les droits des personnes, et faire respecter les violations de la loi. En
assurant l'accès à une justice équitable et impartiale, l'Etat garantit donc la sécurité juridique et la
défense des droits fondamentaux. Par ailleurs, l'exercice de la compétence étatique englobe des
fonctions régaliennes telles que la diplomatie, la gestion des affaires étrangères, la délivrance des
passeports et la représentation internationale.
Conclusion
En résumé, la souveraineté de l'État repose donc sur des fondements juridiques et théoriques
solides, ainsi que sur des justifications concrètes qui sont essentielles au maintien de l'ordre social,
de la sécurité, et de la stabilité. Pour maintenir un équilibre entre le pouvoir de l'État et les libertés
individuelles, cette souveraineté doit toutefois être utilisée dans le respect des droits fondamentaux
des personnes et des principes de base du droit international.