Stratégie fiscale en période de crise : cas de la pandémie COVID
PLAN :
Introduction
Objectifs de la stratégie fiscale au Maroc
Les mesures fiscales mises en place pendant la COVID-19
Impact des stratégies fiscales
Etude de cas comparatif des stratégies fiscales pendant la crise de la
COVID-19 entre Maroc et l’Europe
Enjeux et limites des stratégies fiscales
Conclusion
INTRODUCTION (OUSSAMA)
La pandémie de COVID-19 a poussé les gouvernements à adopter des stratégies fiscales
exceptionnelles pour limiter ses impacts économiques et sociaux. Ces mesures incluent des
allégements fiscaux, des reports d'impôts et des subventions directes afin de soutenir les
ménages et les entreprises. Elles visaient à préserver la liquidité des entreprises et l'emploi.
La crise a aussi relancé le débat sur les réformes fiscales structurelles, notamment la
taxation des grandes entreprises numériques. La fiscalité s'est ainsi révélée un outil clé de
stabilisation et de relance économique.
Objectifs de la stratégie fiscale au Maroc (OUSSAMA)
Le tableau présente de manière synthétique les principaux objectifs de la stratégie fiscale
mise en œuvre par le Maroc pour faire face à la crise de la COVID-19. Cette stratégie
s'articule autour de quatre grands objectifs interdépendants, chacun étant accompagné de
mesures spécifiques et d'impacts attendus.
Objectif Action mise en place Impact attendu
Reports fiscaux,
Soutenir les Limiter les faillites,
allègements, crédits
entreprises maintenir l’emploi
garantis
Maintenir la
Soutenir les Aides directes, soutien
consommation,
ménages au secteur informel
réduire la pauvreté
Plan de relance de 120 Reprise de la
Relancer
MMDH, soutien au production, relance
l'économie
tourisme des secteurs
Limiter l’endettement,
Préserver les Fonds spécial COVID-
préserver l’équilibre
finances publiques 19, recours au FMI
budgétaire
Soutenir les entreprises pour éviter les faillites et maintenir les emplois.
Soutenir les ménages pour protéger le pouvoir d'achat et réduire la pauvreté.
Relancer l'économie en favorisant la reprise des secteurs les plus touchés.
Assurer la soutenabilité budgétaire pour préserver les finances publiques et
éviter une crise de la dette.
En résumé, la stratégie fiscale mise en place par le Maroc a permis de réduire l’impact
immédiat de la crise, mais elle a alourdi la dette publique. La réussite de cette stratégie
dépendra de la capacité de l'économie marocaine à se redresser rapidement et à générer
des recettes fiscales supplémentaires.
Les mesures fiscales mises en place pendant la COVID-19 (ZAKARIA)
Pendant la pandémie de COVID-19, le Maroc a adopté plusieurs mesures fiscales pour
soutenir tant les entreprises que les ménages. Voici un résumé des principales mesures
mises en place dans chaque catégorie :
Pour les entreprises :
1. Report ou suspension des paiements d'impôts :
o Le gouvernement marocain a accordé des reports ou des suspensions pour
certaines catégories de taxes, comme la TVA, l’impôt sur les sociétés, ainsi que
les taxes locales, afin de soulager la trésorerie des entreprises pendant cette
période difficile.
2. Réduction ou exonération des charges fiscales :
o Des exonérations fiscales ont été mises en place, notamment pour les secteurs
les plus affectés par la crise, comme le tourisme, la restauration, et d'autres
activités liées aux loisirs et aux événements. Cela a permis à ces secteurs de
maintenir une certaine activité.
3. Crédits d'impôt :
o Des crédits d'impôt ont été proposés pour encourager la digitalisation et le
télétravail, soutenant ainsi les entreprises dans la transition vers des modes de
travail à distance et la modernisation de leurs infrastructures numériques.
4. Subventions et aides directes :
o Le gouvernement a mis en place des subventions et aides directes pour soutenir
les entreprises en difficulté. Parmi celles-ci, on trouve des dispositifs de
financement pour les entreprises en difficulté de paiement ou ayant besoin de
trésorerie pour maintenir leurs opérations.
Pour les ménages :
1. Réduction de l'impôt sur le revenu :
o Afin de soutenir les ménages dont les revenus ont été affectés par la crise, le
gouvernement marocain a introduit des réductions d’impôts sur le revenu,
principalement en faveur des catégories les plus vulnérables, telles que celles
ayant perdu leur emploi ou dont l’activité a été fortement réduite.
2. Aides directes et allocations :
o Des aides exceptionnelles ont été distribuées, ainsi que des allocations pour les
ménages les plus démunis, à travers des programmes comme l'INDH (Initiative
Nationale pour le Développement Humain), qui ont été élargis pour répondre
aux besoins spécifiques liés à la pandémie.
3. Crédits d'impôt pour le télétravail :
o Bien que moins courantes au Maroc que dans d'autres pays, des crédits d'impôt
ont été envisagés pour les entreprises incitant au télétravail. Cela a permis de
couvrir partiellement les frais supplémentaires liés à l'adaptation des
travailleurs à ce mode de travail.
En résumé, ces mesures ont été mises en place pour alléger la pression fiscale sur les
entreprises et les ménages touchés par la crise économique de la COVID-19. Elles ont permis
de maintenir une certaine activité économique, d’encourager l’innovation digitale et
d’assurer un soutien financier aux plus vulnérables.
Impact des stratégies fiscales (AYMANE)
Les stratégies fiscales mises en place pendant la pandémie de
COVID-19 au Maroc ont eu un impact considérable sur
l'économie, la société et la santé publique. Ces mesures ont
permis de soutenir les entreprises en difficulté, de préserver
les emplois et d'améliorer les conditions de vie des citoyens.
Impact économique
1. Relance de la consommation :
o Cas de la société Marjane : Grâce aux prêts garantis par l'État,
Marjane a pu maintenir ses opérations et continuer à
approvisionner les consommateurs en produits essentiels, ce qui a
contribué à soutenir la demande et la consommation locale.
Cela a aidé l'économie locale, car les gens ont continué à
acheter ces produits, maintenant ainsi la demande et la
consommation sur le marché.
2. Limitation des faillites d'entreprises :
o Cas de la société Label ‘Vie : Cette chaîne de supermarchés a
bénéficié du report des échéances fiscales, ce qui a allégé ses
charges financières et lui a permis de poursuivre ses activités sans
déclarer faillite.
Grâce à ce report, l'entreprise a pu retarder le paiement de ses
impôts, ce qui a réduit ses dépenses à court terme. Cela lui a permis
de mieux gérer son argent, de continuer ses activités et d'éviter la
faillite.
Impact social
Réduction du chômage :
o Cas de la société RAM (Royal Air Maroc) : La compagnie aérienne
a bénéficié des mesures de soutien qui lui ont permis de maintenir
une grande partie de son personnel pendant les périodes de
restriction, limitant ainsi le nombre de licenciements.
Grâce à ce soutien, elle a pu garder une grande partie de
ses employés, même pendant les périodes où ses activités
étaient réduites à cause des restrictions. Cela a permis de
limiter les licenciements et de protéger les emplois.
Impact sur la santé
1. Accès aux services de santé :
o Cas des hôpitaux publics : Les fonds supplémentaires alloués au
secteur de la santé ont permis à des hôpitaux comme le CHU
Centre hospitalier universitaire Mohammed VI à Marrakech de
renforcer leurs équipements et leur personnel, assurant une
meilleure prise en charge des patients atteints de COVID-19.
CHU Mohammed VI à Marrakech à acheter plus d'équipements
médicaux et à recruter du personnel supplémentaire. Cela a permis
à l'hôpital de mieux soigner les patients atteints de COVID-19.
Etude de cas comparatif des stratégies fiscales pendant la crise de la COVID-
19 entre Maroc et l’Europe : (ANAS)
Mesures fiscales Maroc Europe
Suspension des cotisations Suspension pour certains secteurs Suspension dans les secteurs
sociales (tourisme, transport, etc.) affectés (ex. tourisme, hôtellerie)
Moratoires sur les impôts,
Report des paiements Report des impôts sur les notamment les cotisations
d’impôts et taxes sociétés, TVA, autres taxes sociales et les taxes sur les
entreprises
Aides directes aux Aides aux petites entreprises et Subventions salariales, aides à la
entreprises travailleurs informels liquidité pour les entreprises
Prêts garantis par les États
Prêts et crédits garantis par Prêts garantis par l'État pour membres, avec un soutien à
l’État soutenir les entreprises l'emploi via des subventions
salariales (ex. chômage partiel)
Fonds spécial COVID-19 pour Plan de relance européen
Création de fonds spéciaux soutenir le secteur de la santé et "NextGenerationEU" de 750
les secteurs économiques milliards d'euros
Moratoire sur les dettes Moratoire sur certaines dettes Certains pays ont mis en place
fiscales fiscales des moratoires similaires
Transition numérique et
Aides à la transition Aides à certaines entreprises en
écologique intégrée dans les
économique difficulté
programmes de relance
LeMaroc
Le Maroc a adopté des mesures ciblées pour soutenir les secteurs les plus
touchés, en particulier le tourisme et les petites entreprises. Parmi les
mesures principales, on trouve la suspension des cotisations sociales, le
report des paiements d’impôts et des prêts garantis par l'État. De plus, un
fonds spécial COVID-19 a été mis en place pour soutenir la santé et certains
secteurs économiques. Toutefois, le pays a dû recourir à l'endettement
extérieur pour financer ces mesures, ce qui a limité ses capacités d’action à
long terme.
L'Europe
L'Europe a mis en place un plan de relance économique à grande échelle, le
"NextGenerationEU", avec 750 milliards d’euros mobilisés pour soutenir la
transition numérique, écologique et la relance économique. Des prêts
garantis par les États ont été accordés aux entreprises, et des subventions
salariales ont permis de soutenir l’emploi, notamment à travers des
dispositifs de chômage partiel. Les pays européens ont adopté des
moratoires fiscaux et ont bénéficié d'une aide intergouvernementale pour
surmonter la crise, bien que certains pays aient eu plus de ressources pour
répondre efficacement aux besoins.
Enjeux et limites des stratégies fiscales (IKRAM)
Les stratégies fiscales mises en place pendant une crise, comme celle
engendrée par la pandémie de COVID-19, sont cruciales pour soutenir
l'économie, mais elles comportent des enjeux et des limites importantes,
notamment au Maroc. Voici un aperçu de ces défis ainsi que des
recommandations pour l'avenir :
Enjeux des stratégies fiscales au Maroc :
1. Soutien à l’économie en période de crise
Les stratégies fiscales permettent de soutenir l'économie en offrant
des allègements fiscaux, des reports de paiements ou des
subventions. Elles sont cruciales pour éviter une récession plus
profonde et maintenir l'emploi.
2. Réduction des inégalités sociales
En période de crise, les mesures fiscales peuvent aussi être utilisées
pour redistribuer les ressources et soutenir les catégories les plus
vulnérables, comme les travailleurs informels et les secteurs touchés
par la crise.
Limites des stratégies fiscales au Maroc
1. Inégalités dans l’accès aux avantages fiscaux
Les grandes entreprises sont souvent mieux positionnées pour
bénéficier des exonérations fiscales et des mesures de soutien. Les
PME, en revanche, manquent souvent des ressources ou des capacités
nécessaires pour tirer parti de ces aides, ce qui accentue les inégalités
économiques.
2. Déficit de transparence et d'efficacité
L’une des limites majeures des stratégies fiscales est l'inefficacité de
certaines mesures. Le manque de transparence dans l'allocation des
fonds publics et une gestion fiscale parfois opaque peuvent réduire
l'impact positif de ces mesures sur l’économie.
Conclusion (IKRAM)
La pandémie de COVID-19 a conduit le Maroc à mettre en œuvre des
stratégies fiscales exceptionnelles pour atténuer ses impacts économiques
et sociaux. Ces mesures comprenaient des allégements fiscaux, des reports
d'impôts, et des subventions pour soutenir les entreprises et les ménages,
visant à préserver la liquidité et l'emploi. Bien que ces initiatives aient
permis de réduire l'impact immédiat de la crise, elles ont également
entraîné une augmentation de la dette publique.