01 Tech Ing Modelisation
Thèmes abordés
01 Tech Ing Modelisation
Thèmes abordés
: BM7041 V1
Modélisation de la coupe
Date de publication :
10 juillet 2006 des métaux
Résumé Cet article effectue une présentation complète des connaissances actuelles en
modélisation de la coupe des métaux. Cette approche impose la compréhension des
deux mécanismes physiques élémentaires mis en jeu en usinage, à savoir la déformation
plastique au sein du copeau et le contact de celui-ci avec l’outil. L’objectif de la
modélisation est non seulement la prévision des échauffements générés lors de la coupe
et des propriétés thermomécaniques du matériau usiné, mais également la résolution de
problèmes comme la qualité de la surface obtenue, les modes d’usure et
d’endommagement de l’outil.
Abstract
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’usinage des métaux met en jeu deux processus élémentaires qui sont la
L création et l’évacuation d’un copeau. Ces processus font jouer deux
mécanismes physiques de base :
— la déformation plastique au sein du copeau ;
— le contact de celui-ci avec l’outil.
La modélisation de la formation du copeau repose sur la
compréhension de ces deux mécanismes et a pour objet la prévision de
la géométrie du copeau, des forces de coupe et des échauffements à
partir des conditions de coupe et des propriétés thermomécaniques du
matériau usiné et de l’outil. Elle devrait donc permettre notamment d’aider à
une gestion rationnelle des banques de données sur la coupe et fournir des élé-
ments d’appréciation de divers problèmes pratiques :
— usinabilité d’un matériau, c’est-à-dire son aptitude à l’usinage (forces
nécessaires, longueur et forme du copeau...) ;
— déformation élastique de l’ensemble outil – porte-outil – machine-outil
(article TI [33]) ;
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alors supposée parfaite (pas d’arrondi) et sa face en dépouille n’est pas en contact
avec le matériau usiné (figure 1). La profondeur de passe w étant supposée
grande vis-à-vis de l’avance s, on se trouve alors en situation de déformation
plane. On se place de plus dans des conditions où le processus est stationnaire et
le problème est ainsi bidimensionnel et indépendant du temps, ce qui en simplifie
beaucoup l’analyse. Enfin, on néglige les forces d’inertie. Pour la description de la
déformation plastique du métal, le lecteur pourra consulter l’article TI [35].
composantes normale et
K
a = ------ m · s−2 diffusivité thermique F n′ , F t′ N tangentielle de la force de coupe F
ρc le long du plan du cisaillement
primaire
b = Kρc J·m−2 ·s1/2 ·K−1 effusivité thermique
composante normale et
F n , Ft N tangentielle de la force de coupe F
c J · kg−1 capacité thermique massique à la surface de l’outil
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critère d’endommagement de
Q Pa fraction de l’épaisseur du copeau
Latham et Cockroft δ – cisaillée
Rα m rayon d’arête de coupe
ϕ degrés angle du plan de cisaillement
primaire
Rm Pa résistance du matériau usiné
λ degrés angle de frottement (=arctan µ)
Rc m rayon de courbure du copeau
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t s temps
coefficient caractérisant l’effet de
ν – la vitesse de déformation sur la
T K température absolue (θ + 273) contrainte d’écoulement plastique
du matériau usiné
température homologue
caractérisant l’effet de la ρ kg · m−3 masse volumique
Tmod K température T(K) et de la vitesse
de déformation sur la contrainte
d’écoulement plastique du τ Pa cission de frottement
matériau usiné
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1. Modélisations mécaniques
B
Outil
Copeau
1.1 Hypothèses et nature des problèmes A γ
Y
à résoudre s
Pièce
U0 ϕ
O
Les modélisations les plus simples de la formation du copeau a géométrie du copeau
sont purement mécaniques, c’est-à-dire qu’elles négligent les effets
thermiques. Le comportement mécanique considéré est en général Vitesse
sans élasticité (déformation élastique négligée), avec une plasticité du copeau
sans écrouissage. Ce matériau, dit rigide parfaitement plastique ou
RPP, est donc caractérisé par la seule donnée de la contrainte maxi- ∆Ut
male de cisaillement admissible k. Le module d’Young d’un corps U
discontinuité de
RPP est donc supposé infini, soit en pratique très grand devant k, la Un vitesse sur OA
contrainte maximale de cisaillement admissible : E/k >> 1. γ
Fn
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La force d’avance s’en déduit à partir du diagramme des forces : l’écriture du modèle. Les deux approches coïncident toutefois si l’on
adopte une distribution de contrainte uniforme le long du contact
Fa = Fc tan (λ – γ ) copeau-outil et si les coefficients de frottement sont liés par la
Enfin, on peut facilement relier l’épaisseur du copeau à relation :
l’avance s en exprimant de deux façons différentes la longueur de la
ligne de cisaillement primaire (figure 1) : sin 2 λ
m = -------------------------------
- (5)
cos ( ϕ – γ ) cos ( λ – γ )
= s ---------------------------
-
sin ϕ
que l’on obtient en identifiant les expressions de F t obtenues dans
La longueur de contact Y entre le copeau et l’outil peut être les deux cas.
déduite de l’écriture de l’équilibre des moments appliqués à la zone
triangulaire OAB. Le côté OB n’est soumis à aucune contrainte (bord
libre du copeau). En supposant uniforme la distribution de
contrainte normale le long de la ligne de cisaillement primaire et en 1.3 Utilisation de la méthode des lignes
choisissant diverses formes pour celle à l’interface copeau-outil, on de glissement
obtient la relation :
sin ( ϕ + λ – γ ) La méthode des lignes de glissement (slip line field) est une
Y = ξ s --------------------------------------
sin ϕ cos λ méthode de résolution des problèmes de plasticité qui est bien
adaptée au cas de la déformation plane et de la plasticité sans
où ξ est un coefficient valant : écrouissage. Elle consiste à construire, dans les régions où le critère
• 1 pour une distribution de contrainte uniforme le long de de plasticité est atteint et tout en respectant les conditions aux limi-
l’interface ; tes en contraintes, un réseau de lignes orthogonales, dites lignes de
• 3/2 pour une distribution triangulaire décroissant depuis la glissement, le long desquelles la contrainte de cisaillement est égale
pointe de l’outil ; à sa valeur maximale admissible k (pour plus de détails, voir [4]). Il
• 9 /7 pour une distribution trapézoïdale constante sur la première faut ensuite construire un champ de vitesses associé et vérifiant les
moitié du contact et décroissant linéairement sur la dernière partie. conditions aux limites. Soulignons que dans les zones plastiques la
déformation plastique peut se produire, mais ne le fait pas
Signalons que c’est ce dernier type de distribution qui semble le nécessairement, suivant les conditions aux limites imposées sur les
mieux en accord avec les mesures, très délicates, de distribution de vitesses. On dispose alors d’une solution dite incomplète. En théo-
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contrainte à l’interface copeau-outil (voir par exemple Kato et al. rie, pour disposer d’une solution complète et vérifier que la solution
[3]). incomplète est bien l’amorce d’une solution complète, il faut aussi
Toutes les relations précédentes sont des conséquences directes construire dans les zones rigides un champ de contraintes vérifiant
des équations d’équilibre (diagramme des forces, figure 2) et du les équations d’équilibre et ne violant pas le critère de plasticité (cis-
modèle géométrique et cinématique de formation du copeau sion maximale inférieure ou égale à k).
(figure 1). Comme ce modèle est bien vérifié en première approxi-
mation dans un grand nombre de situations (cf. § 2.1), ces relations ■ Cette méthode a été appliquée au problème de la formation du
ont un large domaine d’application. La seule inconnue résiduelle est copeau par plusieurs auteurs et nous ne détaillerons ici que le
la valeur de l’angle de cisaillement primaire ϕ. modèle le plus simple, celui de Lee et Shaffer [5]. La figure 3 a mon-
Le modèle de Merchant suppose donc en outre que l’angle ϕ est tre l’allure du réseau de lignes de glissement considéré qui s’étend
tel qu’il minimise la puissance fournie au système, ce qui revient à dans le triangle OAB. Il est très simple, puisque composé de seg-
minimiser la force de coupe et aboutit finalement à : ments de droites, et est totalement déterminé par les deux angles ϕ
et η. Il est de plus associé à un état de contrainte uniforme et ses
π λ–γ trois composantes sont aisément déduites des conditions aux limi-
ϕ = ------ – --------------- (1) tes du réseau :
4 2
donc : 1. contrainte de cisaillement égale à k le long de OA (cisaillement
primaire) ;
π λ–γ
4 2
F c = 2 k s w tan ------ + --------------- (2) 2. cette même contrainte, soit égale à m k (frottement de Tresca),
soit liée à la composante normale par l’angle λ (frottement de Cou-
lomb) le long de OB ;
et donc, avec le modèle de Merchant :
3. enfin vecteur contrainte nul le long de AB, le copeau étant libre
λ+γ
π au-delà.
cos ------ – ----------------
4 2
= s ------------------------------------------------- (3) Il est commode d’exprimer ces trois conditions à l’aide du cercle
λ–γ de Mohr (figure 4), construction dans le plan (σ, τ) des contraintes
π
sin ------ – ----------------
4 2 normale et tangentielle, qui est usuelle pour ce type de problème.
On établit ainsi la correspondance entre conditions de frottement de
Tresca et de Coulomb menant à des résultats identiques :
λ–γ
π
s
Y = ξ ------------------ tan ------ + --------------- (4)
cos λ 4 2
m = sin 2 λ (6)
■ Si l’on admet que l’interface copeau-outil est le siège d’un frotte-
ment de Tresca et non pas de Coulomb (c’est-à-dire à contrainte de On établit, à l’aide de relations angulaires simples, que :
cisaillement fixée égale à une fraction fixée m de k [voir par exem-
ple l’article TI [37]]), puisque la contrainte normale à l’outil est en fait
π π
de l’ordre de la contrainte d’écoulement, le découplage entre η = ----- – λ ; ϕ = ------ – λ + γ (7)
contrainte normale et contrainte tangentielle modifie quelque peu 2 4
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B
B A η1 B
A η A η1
η2
η2
γ C
η3
ϕ ϕ
O O η4 O
a modèle de Lee et Shaffer b modèle de Kudo c modèle de Dewhurst
Figure 3 – Trois réseaux de lignes de glissement possibles pour la coupe d’un corps RPP
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(0)
Tableau 1 – Comparaison entre mesures expérimentales [10] et prévisions des modèles mécaniques
et d’un modèle thermomécanique [9] sur un acier à 0,19 % de carbone usiné à 270 m/min
avec une avance s = 0,264 mm, une profondeur de passe w = 5,08 mm et un angle de coupe γ = 5˚ [11]
Fc (N) Fa (N) /s Y /s
m = 1,00 (2) 8 202 (+ 217 %) 6 882 (+ 400 %) 11,47 (+ 297 %) 11,47 (+ 100 %)
Kudo
m = 1,00 (3) 2 310 (– 11 %) 1,30 (– 55 %)
Dewhurst
m = 0,50 (3) de 1 602 (– 38 %) de 283 (– 79 %) de 1,51 (– 48 %) de 1,28 (– 78 %)
à 2 346 (– 9 %) à 413 (– 70 %) à 3,08 (+ 7 %) à 1,87 (– 67 %)
Pour déterminer k, on peut utiliser, de plus, la mesure de l’épais- On remarquera que les deux relations (5) et (6) entre m et λ sont
seur du copeau et considérer que le cisaillement primaire est en bien des cas particuliers de cette équation pour les valeurs de ϕ et de
première approximation rectiligne (ce qui s’écarte des conditions Y données par les modèles de Merchant et de Lee et Shaffer.
des modèles de Kudo et de Dewhurst). On obtient alors facilement :
sin 2 ϕ À titre d’exemple, le tableau 1 rassemble les résultats donnés
k = ------------------- ( F c cot ϕ – Fa ) par divers modèles mécaniques et par un modèle thermomécani-
ws que plus complexe (§ 2) pour la coupe d’un acier, et ceux expéri-
mentaux de Stevenson et Duncan [10]. La procédure exposée
cos γ
avec ϕ = arctan ------------------------------------ ci-dessus aboutit à k = 492 MPa, λ = 33˚ et m = 0,42 . Cette der-
⁄ s – sin γ
nière valeur étant obtenue à partir de la longueur de contact qui est
difficile à mesurer et aisément surestimée, nous présentons éga-
Enfin, pour déterminer m dans le cas d’un frottement de Tresca,
lement les prévisions pour m = 0,9 et 1 , car les modèles ne sont
on doit utiliser également la mesure de la longueur de contact Y. Pour
une contrainte tangentielle constante le long du contact, le dia- pas toujours disponibles pour toutes les conditions de frottement et
gramme des forces fournit alors : le contact copeau-outil est plus probablement en grande partie de
type collant. On notera que la valeur k = 492 MPa correspond à une
s sin λ dureté HV de l’ordre de 250, soit une valeur associée à un très fort
m = ------ ---------------------------------------------------------- écrouissage de cet acier bas carbone. On remarquera ensuite la
Y sin ϕ cos ( ϕ + λ – γ ) grande dispersion des prévisions.
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U
δ
U0 h Y
γ
s
ϕ
— et la longueur de contact Y. h /U n
1 ∆ Ut 1 cos γ
ε1 = ----------- ------------- d t = ----------- ------------------------------------------------- (13)
Cette description du champ de vitesse est toutefois incomplète, 0 3 h 3 sin ϕ cos ( ϕ – γ )
puisqu’elle n’explicite pas comment la vitesse varie à la fin du
cisaillement secondaire pour permettre l’évacuation du copeau au moins dans la zone rectiligne. Un désigne la composante de la
comme un corps rigide. vitesse de coupe perpendiculaire à la direction de cisaillement
(figure 1 b).
La conservation du flux de matière permet par ailleurs de relier la
vitesse d’évacuation du copeau U à la vitesse de coupe U 0 , et la On notera que cette déformation est très élevée : pour les condi-
vitesse de déformation au sein du cisaillement secondaire est alors tions de coupe du tableau 1 où γ = 5˚ et ϕ = 19,5˚, la formule (13)
exprimée sous la forme : donne ε1 = 1,78. Ceci explique pourquoi la contrainte de cisaillement
primaire correspond à celle d’un matériau très écroui.
1 U 1 U0 s 1 On remarquera en outre que le lien entre (12) et (13) mène à une
ε̇2 = ------------ ---------- = ----------- ---------
- ----- --------------------- (11) épaisseur de la zone de cisaillement primaire h de l’ordre de 40 % de
3 δ 3 δ 1 – δ/2 l’avance s. Cette hypothèse de vitesse de déformation constante
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lors de la traversée de la zone de cisaillement primaire conduit à des également que β est inchangé si la vitesse de coupe et l’avance sont
trajectoires paraboliques que l’on a schématisées sur la figure 7. La modifiées simultanément en conservant le produit U0 s constant, le
diminution du flux de matière due à la vitesse plus faible dans le flux de matière étant ici la quantité significative.
cisaillement secondaire impose que la zone de cisaillement primaire
La relation ci-dessus donne, pour une avance de 0,2 mm, β de l’ordre
s’incurve progressivement au voisinage de la pointe de l’outil pour
de 53 % à 12 m/min et de 7 % à 120 m/min en prenant a de l’ordre de
rejoindre celle-ci parallèlement à la direction de coupe, le flux étant
alors nul. Le champ de vitesse doit donc être plus complexe dans 10 – 5 m2 /s pour un acier.
cette région où la cinématique est encore incomplète. Comme le montre la figure 8, cette évaluation rapide, qui permet
de comprendre de façon simple l’origine du phénomène, est en
assez bon accord avec des mesures expérimentales ([14] et [15]) et
2.2 Analyse thermique avec les résultats d’autres calculs plus complexes basés sur la
méthode des différences finies [16] ou sur celle des éléments
Puisque l’observation des outils usés a très vite montré que les finis [17].
échauffements conditionnent fortement la durée de vie des outils, les À titre de comparaison, la corrélation que Boothroyd [14] propose
premières analyses thermiques de la formation du copeau sont appa- pour décrire ses observations expérimentales à partir de clichés en
rues dès que l’on a disposé de modèles mécaniques permettant lumière infrarouge s’écrit :
d’estimer forces et vitesses. Nous ne ferons ici que rappeler les faits
observés et esquisser les raisonnements menant aux analyses ther- sU 0 tan ϕ
miques simplifiées du processus, avec pour objectif l’évaluation des
températures dans les zones de déformation (afin d’y évaluer la dimi-
β = 0,5 – 0,25 lg -----------------------------
a
-
nution de la contrainte d’écoulement plastique) et à la surface de
l’outil (en liaison avec l’usure de celui-ci). et
Les méthodes expérimentales qui ont été mises en œuvre pour
sU 0 tan ϕ
obtenir la température moyenne à l’interface copeau-outil, son profil
le long de cette interface, voire sa distribution au sein du copeau sont
β = 0,3 – 0,15 lg -----------------------------
a
-
diverses : effet de couple thermoélectrique direct entre l’outil et le
copeau, insertion de couples dans le porte-outil et extrapolation au pour des valeurs du terme entre parenthèses allant de 0,04 à 10 et de
niveau de l’interface copeau-outil à l’aide d’une méthode numérique, 10 à 100, respectivement, ce qui donne β de l’ordre de 44 % et 13 %
insertion de petits couples ou de pyromètres optiques directement dans les conditions précédentes. Cette relation, bilinéaire par
dans l’outil, observation des transformations structurales de l’outil morceaux en diagramme semi-logarithmique, est représentée
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(aciers rapides notamment), photographie en infrarouge. Ces mesu- également sur la figure 8.
res ont montré de très forts échauffements atteints au niveau du
Une fois β évalué, la suite du raisonnement consiste à écrire
contact, qui augmentent avec la vitesse de coupe et avec l’avance.
qu’une fraction 1 – β de l’énergie de déformation plastique dissipée
Lorsqu’elles ont pu déterminer le profil de température à la surface
en chaleur élève la température d’un élément de matière qui
de l’outil, les mesures ont de plus montré que le maximum ne se
s’écoule à travers cette zone, ce qui donne :
situait pas à la pointe de l’outil, mais plus en aval dans la zone de
contact copeau-outil.
W
θ 1 = θ 0 + ( 1 – β ) ---------1-
ρc
2.2.1 Cisaillement primaire
sU 0 tan ϕ
a mesures de Nakayama [15]
β = ----------------------------- 1 – exp – ------------------------------ (14) calculs de Rapier [16]
s U 0 tan ϕ a calculs de Tay, Stevenson et de Vahl Davis [17]
loi empirique de Boothroyd
Elle décroît donc naturellement lorsque la vitesse de coupe est plus
formule (14)
grande et que la diffusivité thermique est plus faible. On observe que
l’avance ne joue plus ici le rôle d’un simple facteur d’échelle : toutes
choses égales par ailleurs, la fraction de chaleur passant dans la pièce Figure 8 – Fraction β de la chaleur produite par le cisaillement
usinée sera plus faible si l’avance est plus grande. On remarquera primaire passant dans la pièce
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θ2
1
W 1 = ----------- F c ----- – sin γ – F a cos γ
w s O Outil
a modèle parabolique
que l’on établit facilement. L’épaisseur du copeau qui intervient ici
pourra soit être également mesurée, soit être déduite d’un modèle θ1
mécanique (§ 1). Ainsi l’application des formules précédentes aux
conditions de coupe du tableau 1 conduit à θ1 ≈ 400 ˚C : le cisaille- Copeau
ment primaire induit un échauffement important du métal, peu sen-
sible à la vitesse de coupe lorsque celle-ci est élevée.
faces latérales du copeau sont habituellement considérés comme fin de contact donné par :
négligeables, bien que la perte par rayonnement qui s’y produit soit
exploitée par les mesures de thermophotographie, et l’on peut donc Ft 3 U0 s
raisonner dans une section longitudinale quelconque du copeau, ∆ θ M = --------- ---------------
-
comme on l’a fait pour l’analyse mécanique avec l’hypothèse de wb 2Y
déformation plane. La perte de chaleur à travers la surface libre supé-
avec b = Kρc effusivité thermique du matériau usiné,
rieure du copeau peut également être négligée vu la forme des iso-
thermes à travers l’épaisseur du copeau obtenues par Ft force tangente à l’outil, liée aux forces de
thermophotographie [14] et corroborées par les simulations utilisant coupe par le diagramme des forces
les éléments finis [17] [18]. (figure 2) :
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θ 2 = θ 1 + 0,65 exp – 0,45 δ
U0 s
-----------------
aY
- ∆θ M
1
0,8
qui donne donc un coefficient 0,65 lorsque δ est nul. Cette analyse
suppose que le mouvement se fait à vitesse uniforme dans la zone 0,6
de déformation, et surestime donc la convection puisque la vitesse Comparaison
est en fait plus lente au voisinage de l’outil. Cela peut être pris en 0,4 avec l'équivalent
g
compte dans un modèle supposant un profil de température dans de la fonction g
déduit du modèle g
l’épaisseur du copeau défini par deux paraboles de concavités 0,2 de Boothroyd
inverses (figure 9 b ) et proposé en [11]. La solution peut s’écrire modifié
sous la forme : 0
0,01 0,1 1 10 100
U 0s
∆θ δ s U0
θ 2 = θ 1 + 0,67g δ -----------------
- M (15) aY
aY
Figure 10 – Fonctions définissant la température moyenne à
où g, qui provient de la résolution approchée de l’équation de la cha-
l’interface et dans le cisaillement secondaire avec un modèle à deux
leur et n’a pas d’expression analytique, tend vers 1 pour δ tendant
paraboles [12] ([14] pour la courbe discontinue)
vers 0.
On retrouve alors naturellement le coefficient 0,67 du modèle para-
La description du comportement mécanique adaptée à l’usinage
bolique. La fonction g est représentée sur la figure 10, et donne des
qui semble la plus efficace est celle qui regroupe température
valeurs plus grandes que la fonction analogue déduite du modèle de
absolue et vitesse de déformation en une même variable, la
Boothroyd (et qui tend vers 0,98), puisque ce dernier sous-estime les
« température modifiée », définie par :
échauffements en surestimant la convection.
On remarquera que, pour une avance de quelques dixièmes de milli- T mod = T ( 1 – ν lg ε̇ )
mètre, l’ordre de grandeur de la racine carrée intervenant ci-dessus est
ε̇ (s –1 ) vitesse de déformation,
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σc(MPa) n
Le paramètre υ est égal à 0,12 pour l'acier à 0,12 % de carbone et 0,09 pour les deux autres aciers (d'après les données de [12, 20].
La remontée temporaire de σc est due à l'interaction entre impuretés de carbone et dislocations ; ce phénomène dit « fragilité au bleu »
augmente la dureté de l'acier, mais diminue sa déformation à la rupture (ductilité). Selon certains auteurs, ce phénomène serait à
l'origine de la formation de l'arête rapportée dans l'usinage à basse vitesse des aciers (cf. § 3.2).
Figure 11 – Variation des paramètres de comportement σc et n en fonction de la variable Tmod pour trois aciers
• Enfin, une faible ductilité peut affecter les conditions de contact courbure est purement cinématique dans le modèle de Dewhurst,
entre copeau et outil. Des longueurs de contact plus faibles ont par elle peut aussi être liée aux contraintes thermomécaniques induites
exemple été observées avec des aciers à teneur en soufre plus par l’échauffement au sein du copeau, ce qui peut être pris en compte
grande, la teneur en carbone étant fixée ; un tel effet pourrait dans un modèle thermomécanique [11].
expliquer des forces de coupe plus faibles avec copeau continu en
l’absence d’arête rapportée. Une explication possible consiste à
assimiler la séparation entre copeau et outil à la propagation d’une
fissure, ce qui serait facilité par la faible ténacité de l’interface où les 2.5 Synthèse et résultats
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(0)
Tableau 2 – Comparaison entre mesures expérimentales [12] et prévisions d’un modèle thermomécanique [12]
sur un acier à 0,20 % de carbone usiné à 200 m/min avec une profondeur de passe de 4 mm,
un angle de coupe de γ = – 5˚ et trois avances s différentes
Force Force Épaisseur du copeau/ Fraction du
de coupe d’avance avance copeau cisaillée
Fc (N) Fa (N) /s δ (%)
riaux de même nature (aciers, par exemple) est une fonction forte-
ment décroissante de la température T2 (K) du type loi puissance :
Kc (MPa)
L ≈ AT 2–q (17)
5 000
L’exposant q peut atteindre et dépasser des valeurs de l’ordre de
20 [23].
4 000
Le modèle thermomécanique permet donc ainsi de prévoir la
Expérience durée de vie de l’outil dans d’autres conditions de coupe. Une
3 000 démarche de ce type a été développée par Hastings et Oxley [23].
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Théorie
2 000
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— à vitesse de coupe élevée, couplage thermomécanique fort critère d’endommagement, le critère de Latham et Cockroft
(forte variation de la contrainte d’écoulement plastique du matériau (article TI [40]) :
usiné du fait de ses variations de température).
∫ ∂Q
Sur le plan physique s’ajoutent, pour la confrontation des résul-
tats à l’expérience, les incertitudes déjà rencontrées sur la rhéologie Q= Max ( 0, σ I, σ II ) d ε → ------- = Max ( 0, σ I, σ II ) ε̇ – u ⋅ grad Q (20)
∂t
du matériau usiné et la loi de frottement du copeau sur l’outil. En
première approximation, on peut considérer que ces approches se σI et σII étant les deux contraintes principales dans le plan.
sont développées en deux temps, la ligne de partage se situant vers
1990 : Ce critère exprime que l’endommagement ne se développe que
sous l’effet de contraintes de traction. Son calcul se fait donc de
— avant 1990, les approches s’intéressent au copeau formé, sa
manière similaire à celui de ε. Après une réactualisation de la carte
géométrie étant imposée au préalable soit à partir d’observations
des déformations, on recalcule le champ de vitesse et ainsi, par ité-
expérimentales, soit en se basant sur un modèle mécanique (§ 1) ;
rations successives, on suit l’évolution du champ de vitesse, de con-
— après 1990, le développement des algorithmes de calcul par trainte, de déformation plastique et d’endommagement du copeau.
éléments finis et de la puissance de calcul des ordinateurs a permis Cette approche est appliquée dans [25] en supposant le contact
de simuler directement le processus de formation du copeau en copeau-outil collant sur la première moitié de la longueur de
déformation plane. contact OD (figure 13 a), la cission de frottement décroissant linéai-
Nous décomposerons donc notre présentation en deux parties rement sur la seconde moitié DB et s’annulant au point B. Du fait de
successives. Nous ne parlerons pas des cas tridimensionnels qui l’existence du contact collant, l’écoulement ne peut converger vers
commencent seulement à être abordés. un écoulement stationnaire, la déformation croissant sans limite sur
OD, mais, dans le copeau, l’évolution de la vitesse et de la déforma-
tion est de plus en plus faible.
Le calcul a été appliqué au cas de la coupe orthogonale d’un acier
3.2 Premières analyses numériques pour des angles de coupe γ = 7,5 ; 15 et 25˚, une vitesse de coupe
partielles de la coupe U0 = 20 m/min et une avance s = 0,24 mm. Selon des essais de trac-
tion, le coefficient d’écrouissage de l’acier est n = 0,2 et sa consistance
σc = 656 MPa. Le calcul ne converge que pour m 0 ,2 , ce qui montre
Les approches par différences finies ou éléments finis ont été uti- bien la nécessité de conférer une certaine viscosité au matériau pour
lisées depuis longtemps pour calculer le champ de température en assurer la convergence des calculs selon cette méthode. Il met bien en
se fixant une géométrie de copeau et un champ de vitesse proches évidence une zone de cisaillement primaire et un fort écrouissage du
de ceux du modèle de Merchant (figure 1) ; des exemples de résul-
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B Q = 0,05
B
0,1
U
C 0,3
C
0,43
D
3,57 D
ε = 1,6
1,8
2
2,3
0,135
O O
100
Acier 0,10 % C
U0 = 30 m/min s = 0,38 mm γ = 25 °
a carte des déformations b carte du critère d'endommagement
plastiques ε dans le copeau de Latham et Cockroft Q dans le copeau c micrographie d'une arête rapportée
récupérée après coupe interrompue
Figure 13 – Résultats de la simulation par différences finies (approche eulérienne) de l’écoulement isotherme en coupe orthogonale (γ = 25˚) d’un
corps rigide viscoplastique écrouissable (m = 0,5 ; n = 0,2) et comparaison avec le faciès de l’arête rapportée formée lors de l’usinage à basse
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3.3 La simulation complète : un exemple rer la force nodale de contact : sa composante tangentielle suit la loi
de frottement à condition que la composante normale qui est calculée
« pionnier » corresponde à une contrainte de compression ; dans le cas contraire,
le nœud n’est plus assujetti à rester en contact avec l’outil et est sou-
mis à des conditions de surface libre (force nodale nulle).
Dès 1988, une première approche [26] se propose de calculer la
forme du copeau par une méthode d’éléments finis. Nous allons Le principe de la simulation d’une coupe orthogonale pure est
présenter l’approche lagrangienne développée au CEMEF [27] [28]. donné sur la figure 14 : la pièce est un bloc rectangulaire qui est blo-
qué par une butée ; l’outil est initialement à l’extérieur de la pièce et
son arête est située à une ordonnée inférieure à celle de la surface
3.3.1 Conditions de la simulation supérieure de la pièce d’une distance égale à l’avance s. Animé
d’une vitesse horizontale égale à la vitesse de coupe U0, l’outil ren-
tre progressivement dans la pièce et le code de calcul fournit donc
Cette première simulation a été effectuée vers 1992 sur la version
directement le processus de formation du copeau en début d’usi-
correspondante du code de calcul FORGE2®. Il s’agit d’un code de
nage en résolvant simultanément les équations mécaniques et
calcul par éléments finis des grandes déformations planes ou axisy-
l’équation de la chaleur.
métriques de corps viscoplastiques ; dans la version de l’époque, le
matériau est sans élasticité et les outils sont supposés rigides. Le La contrainte d’écoulement du matériau a été schématisée dans
maillage est constitué de triangles dont les nœuds se déplacent ces premiers travaux de faisabilité par une loi thermoviscoplastique
avec la matière (approche lagrangienne). Une telle forme de avec écrouissage linéaire, du type :
maillage a été adoptée, car elle se prête bien au développement
σ 0 = 443 ( 1 + 0 ,1 ε ) ε̇ 0 ,1 exp ⎛⎝ ---------- – ---⎞⎠ ( MPa )
d’un algorithme de remaillage automatique : la forme des mailles 200 2
(21)
évoluant avec la déformation de la matière, la précision des calculs T 3
décroît et il est nécessaire au bout d’un certain nombre d’itérations
de remailler la matière et d’estimer aux nœuds du nouveau maillage Cette loi est une approximation assez grossière de la rhéologie
la valeur des diverses grandeurs obtenues au cours des itérations des aciers dans les conditions de la coupe (cf. figure 11), mais elle
précédentes avant de poursuivre les calculs. présente l’avantage de limiter l’effet de l’écrouissage, ce qui se pro-
En outre, il s’agit ici de remaillage adaptatif automatique : la taille duit certainement dans le cisaillement secondaire comme le suppo-
des nouvelles mailles est ajustée en fonction du gradient des gran- sent les modèles thermomécaniques (cf. § 2.2.2). Noter qu’un
deurs calculées et est d’autant plus petite que ces gradients sont éle- échauffement de 600 ˚C, selon la loi (21) fait baisser de 35 % environ
vés, ce qui permet d’améliorer la précision des calculs. Enfin une la contrainte d’écoulement de ce matériau. Le frottement est sché-
bonne gestion du contact est un élément important du problème. Il matisé par une loi de Norton [37] : la cission est une fonction puis-
importe de tester à chaque incrément de calcul dans quelle mesure un sance de la vitesse de glissement, de coefficient α :
nœud non en contact à l’incrément précédent est susceptible de ren-
τ = 242 α ( 1 + 0 ,1 ε ) ∆u 0 ,1 exp ⎛⎝ ---------- – ---⎞⎠ ( MPa )
trer en contact avec l’outil et si un nœud en contact antérieurement 200 2
(22)
reste en contact. Pour tout nœud en contact avec l’outil, il faut considé- T 3
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y
γ
t=0 s Outil
α
Butée
Pièce
x
(0,0)
Copeau
a b
y
Outil
Y
Butée
Pièce
x
(0,0) c d
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matériau sous forme d’un bourrelet qui grossit, puis se détache de Dans cette étude de faisabilité [27], une série de simulations a été
l’outil sous forme d’un copeau courbé : après une course d’outil de effectuée pour reconnaître l’effet des divers paramètres de coupe en
2,5 mm, la géométrie du copeau semble fixée. Son épaisseur est de donnant à chaque paramètre des valeurs situées de part et d’autre
l’ordre de 1,5 fois l’avance, ce qui est l’ordre de grandeur prévu par des valeurs données ci-dessus :
le modèle de Lee et Schaffer pour cet angle de coupe et un frotte-
ment de Tresca m = 0 ,5 (figure 4 b) ; toutefois la longueur de con- • L’angle de coupe γ : la diminution de l’angle de coupe a un effet
tact est de l’ordre de 1,7 fois l’avance, valeur plus forte que celle comparable à celui prévu par le modèle de Lee & Schaffer (figure 5)
prévue par ce modèle purement mécanique. Enfin, l’origine physi- et en accord avec les observations courantes : croissance des for-
que de la courbure du copeau est difficile à préciser. Il faut noter ici ces, de l’épaisseur du copeau et de la longueur de contact,
le grand progrès accompli par les algorithmes de calcul entre particulièrement marquée dès que l’on passe en coupe négative.
l’approche du § 3.2 et la présente approche : la première approche, Par ailleurs, le passage en coupe négative diminue la courbure du
isotherme, ne convergeait pas pour des indices de viscosité infé- copeau.
rieurs à 0,2 alors que cette approche thermomécanique fournit une • Le coefficient de frottement : son augmentation a un effet
solution pour m = 0,1 malgré le handicap supplémentaire introduit important pour α > 0 ,5 . Elle produit, conformément aux approches
par l’adoucissement thermique du matériau. mécaniques, une croissance marquée de la force de coupe, de
l’épaisseur du copeau et de la longueur de contact ; de ce fait, la
Les figures 16 a, b présentent la carte des valeurs de la vitesse de température maximale augmente fortement. De même, en accord
déformation et des températures. Les lignes d’égale valeur de la qualitatif avec le modèle de Dewhurst, la courbure du copeau est
vitesse de déformation dessinent bien une zone de cisaillement pri- fortement atténuée.
maire à la base du copeau et on note que la déformation se poursuit • L’avance : on note, dans l’ensemble, une augmentation des for-
dans une fraction non négligeable du copeau, en rapport probable ces spécifiques et des épaisseurs et longueur de contact rapportées
avec la formation de sa courbure. La carte des températures est pro- à l’avance quand l’avance diminue, en accord qualitatif avec les
che de celles observées expérimentalement, avec un maximum vers résultats expérimentaux du tableau 2 et les résultats des modèles
le milieu de l’intervalle de contact. thermomécaniques.
À noter toutefois qu’il n’y pas eu, dans cette première étude, • L’arrondi Rα de l’arête de coupe : en accord avec les observa-
simulation directe de la distribution de température de l’outil, et on tions courantes, l’augmentation de Rα produit une légère augmenta-
ignore l’écart entre cette distribution calculée et la distribution en tion de la force de coupe et une augmentation plus forte de la force
régime thermique stationnaire comme celle qui s’établit en d’avance : un rayon d’arête plus important aurait probablement
tournage. amené les deux forces à un niveau comparable. De manière plus
surprenante, elle induit une diminution de l’épaisseur du copeau et
de sa longueur de contact. Ce type de calcul est particulièrement
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25ºC 100ºC
3.4 Exemples de résultats actuels
b carte des isothermes Depuis cette étude de faisabilité, la simulation numérique s’est
fortement améliorée : ainsi, par exemple, le logiciel FORGE2® peut
prendre en compte des lois rhéologiques plus diversifiées, l’élasti-
Figure 16 – Cartes des vitesses de déformation et des températures cité du matériau usiné, tenir compte de son endommagement, éten-
dans la pièce et l’outil (s = 0,25 mm ; U0 = 120 m/min ; γ = 5˚ ; dre le calcul thermique et mécanique à l’outil... Nous allons
Rα = 0,05 mm ; course d’outil 2,5 mm ; usinage d’acier supposé présenter rapidement divers problèmes qui commencent à être
thermoviscoplastique écrouissable) [28] abordés ou peuvent être abordés à court terme.
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Tem = 250,0
Tem = 225,0
Tem = 2050,0
Tem = 175,0
Tem = 150,0
Tem = 125,0
Tem = 100,0
Tem = 50,00
Maxi = 281,5
Mini = 23,53
0 1,00
Figure 17 – Carte de températures dans la pièce et l’outil lors du brochage d’acier supposé élastique-thermoviscoplastique écrouissable
(U0 = 9,6 m/min – avance par dent s = 0,1 mm ; Rα = 0,01 mm ; γ = 6˚ ; distance entre dents 2 mm ; course de la broche 2,75 mm) [31]
■ Étude de l’usinabilité des matériaux férant à l’outil et à la pièce une inertie et des liaisons élastiques avec
leur environnement (avec des degrés de liberté de translation et de
L’expérience montre que les matériaux, selon leur nature et leur
rotation), on pourrait progressivement étudier ce type de phénomè-
état structural, ont des usinabilités très différentes qui tiennent à des
nes. Noter que ce problème a le plus souvent une interaction forte
différences de niveaux de force, de vitesse d’usure d’outil, de lon-
avec la notion de copeau minimal qui correspond à la dégéné-
gueur de copeau... L’outil de simulation numérique permet d’appré-
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P
O
U
Modélisation de la coupe des métaux R
E
par Eric FELDER N
Ingénieur civil des Mines de Paris
Docteur ès Sciences
Maître de Recherches à l’École des Mines de Paris
Groupe « Surfaces et Tribologie », Centre de Mise en Forme des Matériaux (CEMEF)
UMR 7635 CNRS – École des Mines de Paris S
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The secondary shear zone is less understood than the primary one due to difficulties in obtaining precise information about the small region where temperature and strain rate rapidly change. Its kinematics are complex and harder to measure experimentally, requiring sophisticated tools for analysis and modeling .
Understanding the stress distribution at the tool-chip interface is critical for optimizing machining parameters, as it directly affects tool life and material removal efficiency. Knowing how stresses are distributed can inform adjustments to cutting speed, feed rate, and tool material, promoting more efficient and cost-effective machining processes .
Modeling the rheology of materials during metal cutting is challenging due to uncertainties in accurately describing plastic flow behavior under high strain rates and temperatures. Various factors, including empirical friction laws at the chip-tool interface and the possible strain hardening or softening of the material, add complexity to creating reliable predictive models .
Post-1990, the increase in computational power drastically advanced the study of metal cutting mechanics by enabling the use of finite element methods to simulate chip formation and deformation processes in greater detail. This allowed for more accurate models that could account for dynamic changes in geometry and material properties, driving innovations in tool design and cutting strategies .
High cutting speeds lead to strong thermomechanical coupling, causing a significant variation in the plastic flow stress of the machined material due to temperature changes. This results in high strain rates and complex stress distributions at the tool-chip interface, affecting the material removal process and tool wear .
Numerical methods for simulating chip formation evolved notably after 1990 with the development of finite element modeling, which allowed direct simulation of the chip formation process in plane strain conditions. Prior to that, the geometry of the chip was predefined either through experimental observations or simple mechanical models like the Merchant model, restricting the accuracy of simulations .
The angle of cut (γ) and the friction coefficient significantly influence the evolution of the specific cutting force in metal machining. Specifically, the reduced specific cutting effort Kc/k changes with variations in the cutting angle and friction coefficient, indicating how these parameters critically determine the material removal efficiency and the energy required for cutting .
Thermal analysis is crucial in understanding tool wear and machining performance as temperature increases at the tool-chip interface can significantly affect tool life. High interface temperatures reduce the strength and hardness of the tool material, leading to faster wear rates, which consequently affect the cutting process efficiency and the obtainable surface finish .
Empirical friction laws play a crucial role in machining processes by providing approximations of the frictional behavior at the tool-chip interface. These laws influence the simulation of stress and deformation fields, impacting predictions of force requirements and tool wear, although they often contain simplifications that limit their accuracy .
The secondary shearing zone in chip formation is essential as it describes the area where shear deformation is enhanced due to the contact between the chip and the tool. This zone connects the primary deformation zone and the tool, exhibiting a velocity increase from zero at the tool's surface to the free surface of the chip, thereby facilitating the chip's rigid body evacuation .