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01 Tech Ing Modelisation

Cet article présente une synthèse des connaissances sur la modélisation de la coupe des métaux, en se concentrant sur les mécanismes de déformation plastique et de contact entre le copeau et l'outil. L'objectif est de prévoir les échauffements, les propriétés thermomécaniques et d'analyser des problèmes pratiques tels que la qualité de surface et l'usure des outils. L'article aborde également les approches mécaniques et thermomécaniques, ainsi que les simulations numériques pour une meilleure compréhension des phénomènes en jeu.

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Thèmes abordés

  • coupe orthogonale,
  • modèle de Lee et Shaffer,
  • matériaux de faible conductivi…,
  • caractéristiques tribologiques,
  • matériaux métalliques,
  • matériaux avancés,
  • caractéristiques de l'outil,
  • impact environnemental,
  • caractéristiques de frottement,
  • matériaux composites
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01 Tech Ing Modelisation

Cet article présente une synthèse des connaissances sur la modélisation de la coupe des métaux, en se concentrant sur les mécanismes de déformation plastique et de contact entre le copeau et l'outil. L'objectif est de prévoir les échauffements, les propriétés thermomécaniques et d'analyser des problèmes pratiques tels que la qualité de surface et l'usure des outils. L'article aborde également les approches mécaniques et thermomécaniques, ainsi que les simulations numériques pour une meilleure compréhension des phénomènes en jeu.

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Thèmes abordés

  • coupe orthogonale,
  • modèle de Lee et Shaffer,
  • matériaux de faible conductivi…,
  • caractéristiques tribologiques,
  • matériaux métalliques,
  • matériaux avancés,
  • caractéristiques de l'outil,
  • impact environnemental,
  • caractéristiques de frottement,
  • matériaux composites

Réf.

: BM7041 V1

Modélisation de la coupe
Date de publication :
10 juillet 2006 des métaux

Cet article est issu de : Mécanique | Travail des matériaux - Assemblage

par Eric FELDER

Résumé Cet article effectue une présentation complète des connaissances actuelles en
modélisation de la coupe des métaux. Cette approche impose la compréhension des
deux mécanismes physiques élémentaires mis en jeu en usinage, à savoir la déformation
plastique au sein du copeau et le contact de celui-ci avec l’outil. L’objectif de la
modélisation est non seulement la prévision des échauffements générés lors de la coupe
et des propriétés thermomécaniques du matériau usiné, mais également la résolution de
problèmes comme la qualité de la surface obtenue, les modes d’usure et
d’endommagement de l’outil.

Abstract

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39, boulevard Ornano
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Modélisation de la coupe des métaux

par Eric FELDER


Ingénieur civil des Mines de Paris
Docteur ès Sciences
Maître de Recherches à l’École des Mines de Paris
Groupe « Surfaces et Tribologie », Centre de Mise en Forme des Matériaux (CEMEF)
UMR 7635 CNRS – École des Mines de Paris

Remise à jour du texte rédigé par Pierre GILORMINI

1. Modélisations mécaniques .................................................................... BM 7 041 — 4


1.1 Hypothèses et nature des problèmes à résoudre...................................... — 4
1.2 Modèle de Merchant .................................................................................... — 4
1.3 Utilisation de la méthode des lignes de glissement ................................. — 5
1.4 Comparaison critique des modèles mécaniques ...................................... — 6
1.5 Conclusion : choix d’un modèle simple de coupe..................................... — 8
2. Modélisations thermomécaniques....................................................... — 8
Parution : juillet 2006 - Ce document a ete delivre pour le compte de 7200049203 - ecole centrale de lyon // [Link]

2.1 Champ de vitesse ......................................................................................... — 8


2.2 Analyse thermique ....................................................................................... — 10
2.3 Comportement rhéologique du matériau .................................................. — 12
2.4 Contact copeau-outil (aspects tribologiques) ............................................ — 13
2.5 Synthèse et résultats.................................................................................... — 13
3. Introduction à la simulation numérique de la coupe ..................... — 14
3.1 Objectifs et difficultés .................................................................................. — 14
3.2 Premières analyses numériques partielles de la coupe............................ — 15
3.3 La simulation complète : un exemple « pionnier » ................................... — 16
3.4 Exemples de résultats actuels..................................................................... — 18
4. Conclusion et perspectives ................................................................... — 20
Pour en savoir plus............................................................................................ Doc. BM 7 041

’usinage des métaux met en jeu deux processus élémentaires qui sont la
L création et l’évacuation d’un copeau. Ces processus font jouer deux
mécanismes physiques de base :
— la déformation plastique au sein du copeau ;
— le contact de celui-ci avec l’outil.
La modélisation de la formation du copeau repose sur la
compréhension de ces deux mécanismes et a pour objet la prévision de
la géométrie du copeau, des forces de coupe et des échauffements à
partir des conditions de coupe et des propriétés thermomécaniques du
matériau usiné et de l’outil. Elle devrait donc permettre notamment d’aider à
une gestion rationnelle des banques de données sur la coupe et fournir des élé-
ments d’appréciation de divers problèmes pratiques :
— usinabilité d’un matériau, c’est-à-dire son aptitude à l’usinage (forces
nécessaires, longueur et forme du copeau...) ;
— déformation élastique de l’ensemble outil – porte-outil – machine-outil
(article TI [33]) ;

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MODÉLISATION DE LA COUPE DES MÉTAUX _________________________________________________________________________________________________

— interprétation des modes d’usure et d’endommagement des outils


(article TI [34]) ;
— qualité de surface de la pièce usinée (rugosité, écrouissage, structure métal-
lurgique, contraintes résiduelles).
On peut aussi fixer un objectif plus modeste à cette modélisation, qui consiste
à utiliser un certain nombre de grandeurs relativement faciles à mesurer (épais-
seur du copeau, forces de coupe, par exemple) pour en déduire des quantités plus
difficiles d’accès telles que les échauffements ou les caractéristiques rhéologi-
ques et tribologiques du matériau usiné.
Les développements exposés dans cet article font le point actuel sur ces
connaissances et modélisations. La présentation part des analyses les plus
simples, qui sont purement mécaniques, et s’étend ensuite aux approches plus
fines, thermomécaniques, qui décrivent de façon plus réaliste les phénomènes
physiques mis en jeu dans la formation du copeau. Nous terminons par un bref
aperçu des approches de simulation numérique par la méthode des éléments finis
pour illustrer la puissance de ces approches, potentiellement les plus complètes,
et préciser leurs limites actuelles. En particulier, nous ne rentrerons pas dans la
description précise des algorithmes de calculs utilisés à cet effet et commente-
rons seulement quelques exemples.
On se limitera pour les deux premières parties au cas simple de la
coupe orthogonale sans arête rapportée, seul cas réellement traité par les
modèles mécaniques et thermomécaniques, et qui permet de mettre en évidence
les principales tendances et difficultés rencontrées ; en particulier, ce cas peut ser-
vir de guide précieux dans l’application des techniques de simulation thermomé-
canique par éléments finis présentées dans la troisième partie. L’arête de l’outil est
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alors supposée parfaite (pas d’arrondi) et sa face en dépouille n’est pas en contact
avec le matériau usiné (figure 1). La profondeur de passe w étant supposée
grande vis-à-vis de l’avance s, on se trouve alors en situation de déformation
plane. On se place de plus dans des conditions où le processus est stationnaire et
le problème est ainsi bidimensionnel et indépendant du temps, ce qui en simplifie
beaucoup l’analyse. Enfin, on néglige les forces d’inertie. Pour la description de la
déformation plastique du métal, le lecteur pourra consulter l’article TI [35].

Notations et Symboles Notations et Symboles (suite)

Symbole Unité Définition Symbole Unité Définition

composantes normale et
K
a = ------ m · s−2 diffusivité thermique F n′ , F t′ N tangentielle de la force de coupe F
ρc le long du plan du cisaillement
primaire
b = Kρc J·m−2 ·s1/2 ·K−1 effusivité thermique
composante normale et
F n , Ft N tangentielle de la force de coupe F
c J · kg−1 capacité thermique massique à la surface de l’outil

C N·m couple à la broche HV – dureté Vickers

débit (volumique) de matière HB – dureté Brinell


D m3 · s−1 usinée

k Pa cission maximale du matériau


Fc (Fa) N force de coupe (d’avance) usiné

F (F) N force totale de coupe (module) K W · m−1 · K−1 conductivité thermique

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________________________________________________________________________________________________ MODÉLISATION DE LA COUPE DES MÉTAUX

Notations et Symboles (suite) Notations et Symboles (suite)

Symbole Unité Définition Symbole Unité Définition

Kc (Ka) Pa effort spécifique de coupe α degrés angle de dépouille


(d’avance)
coefficient de frottement de
 m épaisseur du copeau α – Norton-Hoff

L s durée de vie de l’outil fraction de l’énergie du


β – cisaillement primaire passant
m – indice de viscosité dans la pièce

m – coefficient de frottement de Tresca γ degrés angle de coupe

n – indice d’écrouissage ε – déformation plastique

P W puissance de coupe ε̇ s−1 vitesse de déformation plastique

critère d’endommagement de
Q Pa fraction de l’épaisseur du copeau
Latham et Cockroft δ – cisaillée
Rα m rayon d’arête de coupe
ϕ degrés angle du plan de cisaillement
primaire
Rm Pa résistance du matériau usiné
λ degrés angle de frottement (=arctan µ)
Rc m rayon de courbure du copeau
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Ra µm rugosité moyenne coefficient caractérisant la


ξ – distribution de la contrainte
normale à l’interface copeau-outil
RT µm rugosité totale
coefficient de frottement de
s m avance µ – Coulomb (−tanλ)

t s temps
coefficient caractérisant l’effet de
ν – la vitesse de déformation sur la
T K température absolue (θ + 273) contrainte d’écoulement plastique
du matériau usiné
température homologue
caractérisant l’effet de la ρ kg · m−3 masse volumique
Tmod K température T(K) et de la vitesse
de déformation sur la contrainte
d’écoulement plastique du τ Pa cission de frottement
matériau usiné

σ0 contrainte d’écoulement plastique


u m · s−1 vecteur vitesse Pa
du matériau usiné

U m · s−1 vitesse du copeau σc Pa consistance

U0 m · s−1 vitesse de coupe θ ˚C température (échelle Celsius)

Va m· s−1 vitesse d’avance


ω rad · s−1 vitesse angulaire de la broche
w m profondeur de passe
Indices :
W J · m−3 énergie par unité de volume
1 cisaillement primaire
longueur de contact du copeau
Y m sur l’outil 2 cisaillement secondaire

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MODÉLISATION DE LA COUPE DES MÉTAUX _________________________________________________________________________________________________

1. Modélisations mécaniques
 B
Outil
Copeau
1.1 Hypothèses et nature des problèmes A γ
Y
à résoudre s
Pièce
U0 ϕ
O
Les modélisations les plus simples de la formation du copeau a géométrie du copeau
sont purement mécaniques, c’est-à-dire qu’elles négligent les effets
thermiques. Le comportement mécanique considéré est en général Vitesse
sans élasticité (déformation élastique négligée), avec une plasticité du copeau
sans écrouissage. Ce matériau, dit rigide parfaitement plastique ou
RPP, est donc caractérisé par la seule donnée de la contrainte maxi- ∆Ut
male de cisaillement admissible k. Le module d’Young d’un corps U
discontinuité de
RPP est donc supposé infini, soit en pratique très grand devant k, la Un vitesse sur OA
contrainte maximale de cisaillement admissible : E/k >> 1. γ

Rappelons que, pour un matériau vérifiant le critère de plasticité


de von Mises et la loi d’écoulement plastique associée, k = σ 0 ⁄ 3 ϕ
où σ0 est la contrainte d’écoulement plastique, c’est-à-dire la U0
contrainte provoquant la déformation plastique en traction. Des
b hodographe : champ de vitesses
alliages métalliques très écrouis, c’est-à-dire ayant subi une grande
déformation plastique, ont, en première approximation, un tel com-
portement au voisinage de la température ambiante ; leur contrainte Figure 1 – Modèle de Merchant : géométrie, champ de vitesse et
maximale de cisaillement admissible est sensiblement proportion- notations
nelle à leur dureté Brinell ou Vickers (article TI [36]) : La géométrie et le champ de vitesse sont identiques pour le modèle de Lee &
Shaffer (§ 1.3)
k ∼ 2 HB ~ 2 HV avec k exprimé en MPa.
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Ainsi formulé, le problème à résoudre semble simple, mais il n’en


est rien : divers exemples élémentaires montrent en effet que le sys-
tème des équations décrivant l’écoulement plastique d’un matériau Ft'
RPP n’a pas forcément une solution unique en termes de champ de Fn'
vitesses et de contraintes. Ici une difficulté supplémentaire renforce Fc φ
a priori le caractère non unique d’une solution : la géométrie du
copeau formé n’est pas connue à l’avance ; c’est également l’autre Fa
grande inconnue du problème. Par ailleurs, le copeau est en contact
avec l’outil sur une certaine longueur Y, également indéterminée F
(figure 1), et il importe de spécifier quelles sont les conditions de Ft γ
frottement à cette interface copeau-outil. λ

Fn

1.2 Modèle de Merchant


Figure 2 – Diagramme des forces
La première modélisation de la coupe orthogonale permettant de
prévoir les forces de coupe et la géométrie du copeau remonte à
caractérisée par un coefficient µ ou de manière équivalente par un
1945. Elle est due à Merchant [1] [2] et considère que la formation du
angle de frottement λ = arctan µ, la force de coupe s’écrit :
copeau s’effectue par un simple cisaillement le long d’une ligne
droite partant de la pointe de l’outil et inclinée d’un angle ϕ appelé Fc = F cos (λ – γ )
angle de cisaillement primaire (figure 1) : le long de cette ligne OA
où se produit une discontinuité de vitesse tangentielle (figure 1 b), comme on le déduit immédiatement du diagramme des forces de la
la contrainte tangentielle ou cission est donc égale à k. figure 2.
Par ailleurs, la résultante F (module F) des contraintes appliquées La force F est transmise à la pièce par la racine du copeau, où la
par l’outil à la pièce peut se décomposer en force de coupe Fc, selon composante parallèle à la ligne de cisaillement vaut :
la direction de la vitesse de coupe U0, et force d’avance Fa , selon la
ksw
direction perpendiculaire (figure 2). À noter que l’effort spécifique F t′ = ------------- = F cos ( ϕ + λ – γ )
de coupe, grandeur fondamentale des banques de données d’usi- sin ϕ
nage, est : puisque le long de cette ligne, où se produit la déformation plasti-
que, la contrainte de cisaillement ou cission est égale à k. L’élimina-
Fc tion de F entre ces deux relations fournit l’expression suivante pour
K c = -------
-
ws la force de coupe :

avec w profondeur de passe et s avance (figure 1 a). ksw cos ( λ – γ )


F c = ------------- --------------------------------------
sin ϕ cos ( ϕ + λ – γ )
■ En supposant que les composantes normale Fn et tangentielle Ft
de la force F appliquée à l’outil sont reliées par une loi de Coulomb où seul ϕ est inconnu.

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________________________________________________________________________________________________ MODÉLISATION DE LA COUPE DES MÉTAUX

La force d’avance s’en déduit à partir du diagramme des forces : l’écriture du modèle. Les deux approches coïncident toutefois si l’on
adopte une distribution de contrainte uniforme le long du contact
Fa = Fc tan (λ – γ ) copeau-outil et si les coefficients de frottement sont liés par la
Enfin, on peut facilement relier l’épaisseur du copeau  à relation :
l’avance s en exprimant de deux façons différentes la longueur de la
ligne de cisaillement primaire (figure 1) : sin 2 λ
m = -------------------------------
- (5)
cos ( ϕ – γ ) cos ( λ – γ )
 = s ---------------------------
-
sin ϕ
que l’on obtient en identifiant les expressions de F t obtenues dans
La longueur de contact Y entre le copeau et l’outil peut être les deux cas.
déduite de l’écriture de l’équilibre des moments appliqués à la zone
triangulaire OAB. Le côté OB n’est soumis à aucune contrainte (bord
libre du copeau). En supposant uniforme la distribution de
contrainte normale le long de la ligne de cisaillement primaire et en 1.3 Utilisation de la méthode des lignes
choisissant diverses formes pour celle à l’interface copeau-outil, on de glissement
obtient la relation :

sin ( ϕ + λ – γ ) La méthode des lignes de glissement (slip line field) est une
Y = ξ s --------------------------------------
sin ϕ cos λ méthode de résolution des problèmes de plasticité qui est bien
adaptée au cas de la déformation plane et de la plasticité sans
où ξ est un coefficient valant : écrouissage. Elle consiste à construire, dans les régions où le critère
• 1 pour une distribution de contrainte uniforme le long de de plasticité est atteint et tout en respectant les conditions aux limi-
l’interface ; tes en contraintes, un réseau de lignes orthogonales, dites lignes de
• 3/2 pour une distribution triangulaire décroissant depuis la glissement, le long desquelles la contrainte de cisaillement est égale
pointe de l’outil ; à sa valeur maximale admissible k (pour plus de détails, voir [4]). Il
• 9 /7 pour une distribution trapézoïdale constante sur la première faut ensuite construire un champ de vitesses associé et vérifiant les
moitié du contact et décroissant linéairement sur la dernière partie. conditions aux limites. Soulignons que dans les zones plastiques la
déformation plastique peut se produire, mais ne le fait pas
Signalons que c’est ce dernier type de distribution qui semble le nécessairement, suivant les conditions aux limites imposées sur les
mieux en accord avec les mesures, très délicates, de distribution de vitesses. On dispose alors d’une solution dite incomplète. En théo-
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contrainte à l’interface copeau-outil (voir par exemple Kato et al. rie, pour disposer d’une solution complète et vérifier que la solution
[3]). incomplète est bien l’amorce d’une solution complète, il faut aussi
Toutes les relations précédentes sont des conséquences directes construire dans les zones rigides un champ de contraintes vérifiant
des équations d’équilibre (diagramme des forces, figure 2) et du les équations d’équilibre et ne violant pas le critère de plasticité (cis-
modèle géométrique et cinématique de formation du copeau sion maximale inférieure ou égale à k).
(figure 1). Comme ce modèle est bien vérifié en première approxi-
mation dans un grand nombre de situations (cf. § 2.1), ces relations ■ Cette méthode a été appliquée au problème de la formation du
ont un large domaine d’application. La seule inconnue résiduelle est copeau par plusieurs auteurs et nous ne détaillerons ici que le
la valeur de l’angle de cisaillement primaire ϕ. modèle le plus simple, celui de Lee et Shaffer [5]. La figure 3 a mon-
Le modèle de Merchant suppose donc en outre que l’angle ϕ est tre l’allure du réseau de lignes de glissement considéré qui s’étend
tel qu’il minimise la puissance fournie au système, ce qui revient à dans le triangle OAB. Il est très simple, puisque composé de seg-
minimiser la force de coupe et aboutit finalement à : ments de droites, et est totalement déterminé par les deux angles ϕ
et η. Il est de plus associé à un état de contrainte uniforme et ses
π λ–γ trois composantes sont aisément déduites des conditions aux limi-
ϕ = ------ – --------------- (1) tes du réseau :
4 2
donc : 1. contrainte de cisaillement égale à k le long de OA (cisaillement
primaire) ;
π λ–γ
4 2 
F c = 2 k s w tan ------ + ---------------  (2) 2. cette même contrainte, soit égale à m k (frottement de Tresca),
soit liée à la composante normale par l’angle λ (frottement de Cou-
lomb) le long de OB ;
et donc, avec le modèle de Merchant :
3. enfin vecteur contrainte nul le long de AB, le copeau étant libre
λ+γ
 
π au-delà.
cos ------ – ----------------
4 2
 = s ------------------------------------------------- (3) Il est commode d’exprimer ces trois conditions à l’aide du cercle
λ–γ de Mohr (figure 4), construction dans le plan (σ, τ) des contraintes
π

sin ------ – ----------------
4 2  normale et tangentielle, qui est usuelle pour ce type de problème.
On établit ainsi la correspondance entre conditions de frottement de
Tresca et de Coulomb menant à des résultats identiques :
λ–γ
π
 
s
Y = ξ ------------------ tan ------ + --------------- (4)
cos λ 4 2
m = sin 2 λ (6)
■ Si l’on admet que l’interface copeau-outil est le siège d’un frotte-
ment de Tresca et non pas de Coulomb (c’est-à-dire à contrainte de On établit, à l’aide de relations angulaires simples, que :
cisaillement fixée égale à une fraction fixée m de k [voir par exem-
ple l’article TI [37]]), puisque la contrainte normale à l’outil est en fait
π π
de l’ordre de la contrainte d’écoulement, le découplage entre η = ----- – λ ; ϕ = ------ – λ + γ (7)
contrainte normale et contrainte tangentielle modifie quelque peu 2 4

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MODÉLISATION DE LA COUPE DES MÉTAUX _________________________________________________________________________________________________

B
B A η1 B
A η A η1
η2
η2
γ C
η3
ϕ ϕ
O O η4 O
a modèle de Lee et Shaffer b modèle de Kudo c modèle de Dewhurst

Figure 3 – Trois réseaux de lignes de glissement possibles pour la coupe d’un corps RPP

ici les calculs correspondants, indiquant seulement que la ligne de


τ glissement AC est un arc de cercle dans le modèle de Dewhurst,
(OA) dont le rayon est lié à celui du copeau, prévu par le modèle.
+k

1.4 Comparaison critique


2 (π/2 + γ – ϕ) O
des modèles mécaniques
2η λ (AB) σ
Il existe des restrictions d’ordre théorique au domaine d’appli-
cation des modèles présentés ci-dessus, et elles reposent sur la pos-
– mk sibilité qu’il y a de construire un champ de contrainte admissible sous
(OB)
la zone de cisaillement primaire [8] [9]. On sait ainsi que cette exten-
–k
sion n’est possible que si λ = γ pour le modèle de Merchant et si λ  γ
pour celui de Lee et Shaffer. C’est l’étude systématique de ce pro-
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blème qui conduit à la gamme de solutions proposées par Dewhurst,


Figure 4 – Cercle de Mohr caractérisant l’état de contraintes dans la dont la limite inférieure coïncide avec la solution de Lee et Shaffer
zone plastique du copeau selon le modèle de Lee et Shaffer lorsque celle-ci est admissible.
(figure 3 a) En plus de ces objections théoriques, le défaut principal de ces modè-
les réside dans leur schématisation des caractéristiques physiques du
Il en résulte que : matériau. Ils ne nécessitent, outre les conditions de coupe, que la don-
née d’une contrainte d’écoulement et d’un coefficient de frottement,
2k s w mais quelles valeurs choisir ? Comment faire intervenir des facteurs
⎧ F c = ----------------------------------------- (8) dont l’influence est certaine, tels que le caractère écrouissable du maté-
⎪ 1 – tan ( λ – γ )
⎪ riau usiné et la vitesse de coupe ? Comment choisir un coefficient de
⎪ frottement alors que les mesures en montrent la sensibilité aux
⎪ π


cos ------ – λ
4   conditions de coupe ? De plus, ces modèles impliquent que les forces,
l’épaisseur du copeau et la longueur de contact sont proportionnelles
 = s -------------------------------------------
- (9)
⎨ π à l’avance, qui intervient comme un simple facteur d’échelle, et l’on sait


sin ------ – λ + γ
4   expérimentalement qu’il n’en est pas ainsi : en particulier, on observe
⎪ couramment que l’effort spécifique de coupe est une fonction forte-
⎪ s ment décroissante de l’avance (cf. § 2.5).
⎪ Y = ----------------------------------------------------------------------- (10)
⎪ π Ces questions illustrent les limites de ces modèles qui sont avant
⎩ 2 cos λ sin ------ – λ + γ  4  tout simples à mettre en œuvre, et qui président bien deux faits
majeurs couramment observés pour divers matériaux :
en utilisant les relations établies plus haut avec ξ = 1, relation impo- — une relation de proportionnalité entre l’effort spécifique de
sée par l’état de contrainte uniforme le long du contact. coupe Kc et la dureté du matériau usiné ;
— une décroissance de l’épaisseur du copeau (à l’exception du
Remarquons que c’est le choix d’une forme particulière de champ de modèle de Kudo) accompagnée d’une diminution des forces de
contrainte dans le copeau qui permet ici de calculer ϕ, choix que ne coupe lorsque l’angle de coupe croît ou lorsque le frottement décroît.
fait pas le modèle de Merchant qui est alors conduit à minimiser la
Remarquons que dans ces modèles le coefficient de frottement
force. On notera également que les deux modèles coïncident lors-
détermine à lui seul la géométrie du copeau, alors que la contrainte
que l’angle de frottement est égal à l’angle de coupe ( λ = γ ), cas qui
d’écoulement intervient seulement dans l’évaluation des forces. On
n’est guère observé en pratique puisque les valeurs de λ mesurées
peut alors exploiter ce découplage comme le faisait déjà Merchant
sont de l’ordre de 30˚ (cf. tableau 1).
[1] [2] en utilisant des mesures des forces de coupe et d’avance pour
■ Les figures 3 b et c présentent l’allure du réseau de lignes de contourner la difficulté qu’il y a à connaître le coefficient de frotte-
glissement dans deux autres modèles, plus complexes, proposés ment, puisque le diagramme des forces mène à :
par Kudo [6] et Dewhurst [7], ce dernier prenant en compte la cour-
F
bure du copeau et donnant toute une gamme de solutions possi- λ = γ + arctan ⎛⎝ -----a-⎞⎠
bles. Dans ces modèles, le frottement copeau-outil est de type Fc
Tresca (cission imposée), et le nombre de paramètres à déterminer
est respectivement de 3 (angles ϕ, η 1 et η 2) et 5 (angles η 1 , η 2 , η 3 et  et Y sont alors donnés par les relations (3) et (4) pour le modèle
η 4 , plus la contrainte moyenne au point A). Nous ne détaillerons pas de Merchant et par (9) et (10) pour celui de Lee et Shaffer.

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(0)

Tableau 1 – Comparaison entre mesures expérimentales [10] et prévisions des modèles mécaniques
et d’un modèle thermomécanique [9] sur un acier à 0,19 % de carbone usiné à 270 m/min
avec une avance s = 0,264 mm, une profondeur de passe w = 5,08 mm et un angle de coupe γ = 5˚ [11]

Force de coupe Force d’avance Épaisseur copeau/


Longueur de contact/avance
avance

Fc (N) Fa (N)  /s Y /s

Mesure expérimentale 2 585 1 377 2,89 5,73


Merchant
λ = 33˚ 2 205 (– 15 %) 1 172 (– 15 %) 1,75 (– 39 %) 1,98 (– 65 %) ξ=1
2,55 (– 55 %) ξ = 9/7
2,98 (– 48 %) ξ = 3/2
m = 0,42 (1) 1 500 (– 42 %) 192 (– 86 %) 1,22 (– 58 %) 1,16 (– 80 %) ξ=1
1,50 (– 74 %) ξ = 9/7
1,74 (– 70 %) ξ = 3/2
m = 0,90 (1) 1 994 (– 23 %) 846 (– 39 %) 1,59 (– 45 %) 1,71 (– 70 %) ξ=1
2,20 (– 62 %) ξ = 9/7
2,57 (– 55 %) ξ = 3/2
m = 1,00 (1) 2 141 (– 17 %) 1 077 (– 22 %) 1,70 (– 41 %) 1,91 (– 67 %) ξ=1
2,45 (– 57 %) ξ = 9/7
2,86 (– 50 %) ξ = 3/2
Lee et Shaffer
λ = 33˚ 2 818 (+ 9 %) 1 498 (+ 9 %) 3,35 (+ 16 %) 2,88 (– 50 %)
m = 0,42 (2) 1 517 (– 41 %) 198 (– 86 %) 1,38 (– 52 %) 1,19 (– 79 %)
m = 0,90 (2) 2 700 (+ 4 %) 1 380 (< + 1 %) 3,17 (+ 10 %) 2,71 (– 53 %)
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m = 1,00 (2) 8 202 (+ 217 %) 6 882 (+ 400 %) 11,47 (+ 297 %) 11,47 (+ 100 %)
Kudo
m = 1,00 (3) 2 310 (– 11 %) 1,30 (– 55 %)
Dewhurst
m = 0,50 (3) de 1 602 (– 38 %) de 283 (– 79 %) de 1,51 (– 48 %) de 1,28 (– 78 %)
à 2 346 (– 9 %) à 413 (– 70 %) à 3,08 (+ 7 %) à 1,87 (– 67 %)

m = 0,90 (3) de 2 700 (+ 4 %) de 1 380 (< + 1 %) de 3,17 (+ 10 %) de 2,71 (– 53 %)


à 4 953 (+ 92 %) à 2 321 (+ 69 %) à 6,15 (+ 113 %) à 4,62 (– 19 %)
Modèle
thermomécanique 2 537 (– 2 %) 1 659 (+ 20 %) 2,44 (– 16 %) 4,51 (– 21 %)
(1) La formule (5) permet de calculer λ à partir de m en supposant la distribution de contrainte uniforme le long du contact copeau-outil.
(2) Même chose avec la formule (6).
(3) Les auteurs ne fournissent d’abaques que pour quelques valeurs de m .

Pour déterminer k, on peut utiliser, de plus, la mesure de l’épais- On remarquera que les deux relations (5) et (6) entre m et λ sont
seur du copeau  et considérer que le cisaillement primaire est en bien des cas particuliers de cette équation pour les valeurs de ϕ et de
première approximation rectiligne (ce qui s’écarte des conditions Y données par les modèles de Merchant et de Lee et Shaffer.
des modèles de Kudo et de Dewhurst). On obtient alors facilement :
sin 2 ϕ À titre d’exemple, le tableau 1 rassemble les résultats donnés
k = ------------------- ( F c cot ϕ – Fa ) par divers modèles mécaniques et par un modèle thermomécani-
ws que plus complexe (§ 2) pour la coupe d’un acier, et ceux expéri-

 
mentaux de Stevenson et Duncan [10]. La procédure exposée
cos γ
avec ϕ = arctan ------------------------------------ ci-dessus aboutit à k = 492 MPa, λ = 33˚ et m = 0,42 . Cette der-
 ⁄ s – sin γ
nière valeur étant obtenue à partir de la longueur de contact qui est
difficile à mesurer et aisément surestimée, nous présentons éga-
Enfin, pour déterminer m dans le cas d’un frottement de Tresca,
lement les prévisions pour m = 0,9 et 1 , car les modèles ne sont
on doit utiliser également la mesure de la longueur de contact Y. Pour
une contrainte tangentielle constante le long du contact, le dia- pas toujours disponibles pour toutes les conditions de frottement et
gramme des forces fournit alors : le contact copeau-outil est plus probablement en grande partie de
type collant. On notera que la valeur k = 492 MPa correspond à une
s sin λ dureté HV de l’ordre de 250, soit une valeur associée à un très fort
m = ------ ---------------------------------------------------------- écrouissage de cet acier bas carbone. On remarquera ensuite la
Y sin ϕ cos ( ϕ + λ – γ ) grande dispersion des prévisions.

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La comparaison avec les mesures expérimentales montre que :


• le modèle de Merchant sous-estime les forces, l’épaisseur du Fc K
copeau, ainsi que la longueur de contact, quelle que soit la distribution = c
kws k λ = 15° ; m = 0,5
choisie pour les contraintes normales à l’outil.
5
• le modèle de Kudo présente le même défaut.
• le modèle de Lee et Shaffer, par contre, se comporte relativement 4 λ = 30° ; m = 0,87
bien avec la valeur de λ mesurée et pour m = 0,9 , les prévisions
devenant excessives pour un contact totalement collant. 3 λ = 45° ; m = 1
• enfin, le modèle de Dewhurst, disponible pour 2
m = 0,5, 0,9 et 1 , ne présente pas, dans le cas étudié, une amélio-
ration sensible par rapport à celui de Lee et Shaffer puisque sa borne 1 λ = 0° ; m = 0
inférieure coïncide avec ce dernier et que sa borne supérieure, qui 0
sous-estime la force d’avance pour m = 0,5 , est trop forte pour 0 15 30 45 γ (°)
m = 0,9 et nettement excessive pour le cas, non présenté, du a évolution de l'effort spécifique de coupe réduit Kc/k
contact collant. Cette limite supérieure présente toutefois l’intérêt avec l'angle de coupe γ et le coefficient de frottement
d’être associée à un copeau courbé dont le rayon, qui n’avait hélas pas
été mesuré, est de l’ordre de 4,5 fois l’avance pour m = 0,5 et 19 fois

s λ = 15° ; m = 0,5
pour m = 0,9 .
4
λ = 30° ; m = 0,87
3
1.5 Conclusion : choix d’un modèle 2 λ = 45° ; m = 1
simple de coupe
1
λ = 0° ; m = 0
0
L’étude de l’exemple précédent suggère donc que, sous réserve de 0 15 30 45 γ (°)
connaître la contrainte d’écoulement à considérer ou, en première
approximation, la dureté du matériau dans un état très écroui (§ b évolution de l'épaisseur du copeau réduite /s avec
2.1.2), et de fixer le frottement à une valeur élevée, le modèle de Lee l'angle de coupe γ et le coefficient de frottement
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et Shaffer présente le double avantage de donner des résultats accep-


tables et de ne nécessiter que des calculs très simples. Les courbes de Y
la figure 5 précisent donc l’évolution, selon ce modèle, de l’effort spé- s λ = 15° ; m = 0,5
cifique de coupe réduit Kc /k, de l’épaisseur de copeau réduite  ⁄ s et 4
de la longueur de contact réduite Y /s, en fonction de l’angle de λ = 30° ; m = 0,87
3
coupe γ et du coefficient de frottement de Tresca m , ou, ce qui est
équivalent, de l’angle de frottement λ. Ces courbes illustrent bien la 2 λ = 45° ; m = 1
croissance marquée de toutes ces grandeurs quand le frottement
augmente ou l’angle de coupe diminue. Elles permettent ainsi de chif- 1
frer rapidement le couple à la broche C nécessaire pour assurer un λ = 0° ; m = 0
0
débit de matière D donné. Si la broche tourne à la vitesse angulaire ω, 0 15 30 45 γ (°)
un bilan énergétique élémentaire montre en effet :
c évolution de la longueur de contact réduite Y/s avec
l'angle de coupe γ et le coefficient de frottement
D
C ≈ ---- K c
ω
Figure 5 – Résultats du modèle de Lee & Schaffer (les parties en
pointillés correspondent aux conditions où le modèle n’est pas
l’amorce d’une solution complète) [11]

2. Modélisations dans les gammes de température, déformation et vitesse de défor-


thermomécaniques mation mises en jeu. Les modèles auxquels nous emprunterons ici
des éléments sont décrits plus en détail dans [11] ; ils doivent beau-
coup aux travaux de longue haleine de l’équipe d’Oxley en Australie
Les approches thermomécaniques de la formation du copeau sont (voir [12], en particulier).
apparues plus récemment que les approches précédentes, car leur
complexité exige le recours au calcul par ordinateur. Elles prennent
en compte plus de phénomènes physiques mis en jeu dans la coupe
que les approches antérieures, comme les échauffements et les gran- 2.1 Champ de vitesse
des vitesses de déformation. Basées sur des observations expéri-
mentales, elles entrent encore dans le cadre de modèles simplifiés,
car elles mettent en jeu peu d’inconnues, contrairement à ce que Deux types d’observations expérimentales permettent d’obtenir
serait une méthode utilisant une discrétisation par éléments finis ou des informations sur le champ de vitesse associé à la formation du
par différences finies, par exemple (cf. § 3). copeau : l’examen de la surface de coupe des outils (indications sur
Les composantes d’un modèle thermomécanique de la formation les conditions de contact entre copeau et outil) et, surtout, les coupes
du copeau sont, d’une part, une cinématique simplifiée mais réaliste, micrographiques effectuées après essais de coupe interrompus
dépendant de peu de paramètres et jouant un rôle central, d’autre (visualisation de l’écoulement, figure 6). Dans ces essais, l’outil est
part une analyse thermique approchée associée à cette cinématique, brusquement évacué vers l’arrière, soit par un dispositif pyro-
et enfin, un ensemble de données assez étendu pour pouvoir décrire technique, soit par commande numérique du tour afin de permettre
convenablement le comportement thermomécanique du matériau de conserver intacte la liaison entre le copeau et la pièce.

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U
δ

U0 h Y

γ
s
ϕ

En bleuté : zones de déformation

Figure 7 – Cinématique simplifiée de la formation du copeau

Cette vitesse de déformation vaut donc 3 U0 / s pour /s de l’ordre


de 2 et δ de l’ordre de 5 %, ce qui correspond à de fortes vitesses de
déformation, de l’ordre de 10 4 à 10 5 s –1 pour des vitesses de coupe de
Ce type de photographie est obtenu par éjection rapide de l'outil en quelques mètres par seconde et des avances de quelques dixièmes de
cours d'usinage, récupération de la pièce avec le copeau, millimètre.
tronçonnage, polissage, attaque métallographique et observation
sous microscope optique La déformation dans la zone de cisaillement secondaire est très
grande à cause des conditions de contact collant, et l’on considère
que ce paramètre n’influe pas explicitement sur la contrainte
Figure 6 – Micrographie montrant l’écoulement du métal dans les d’écoulement dans cette zone, l’écrouissage y étant saturé.
zones de déformation d’un acier bas carbone (U0 = 264 m/min)
(grossissement : 130) [19]
2.1.2 Cisaillement primaire
2.1.1 Champ de vitesse au sein du copeau Le cisaillement primaire est l’essence même du processus de la
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formation du copeau, puisque c’est là que s’effectue le changement


Les observations montrent que, à grande vitesse où l’arête rap- de direction de l’écoulement de la matière usinée. Cette région se
portée n’existe pas (cf. § 3.2), il y a contact collant entre le copeau et réduit à un simple plan le long duquel se produit une brusque dis-
l’outil au voisinage de l’arête de coupe, puis contact glissant au- continuité de vitesse dans la cinématique que l’on peut associer au
delà, mais la première de ces zones semble prédominante. L’hypo- modèle de Merchant ou à celui de Lee et Shaffer, où l’on considère
thèse de contact collant a pour conséquence que la cission copeau- des vitesses uniformes dans la pièce et dans le copeau, mais cela
outil s’identifie à la cission plastique maximale du matériau usiné conduit à une vitesse de déformation infinie inacceptable. Plusieurs
dans les conditions de déformation, vitesse de déformation et tem- observations, délicates à effectuer ([13], par exemple), montrent que
pérature de l’interface. le cisaillement primaire s’effectue à travers une région d’épaisseur
faible h (figure 7) que l’on peut considérer raisonnablement comme
Dans l’épaisseur de cette zone, la vitesse croît depuis zéro à la sur- uniforme dans sa partie rectiligne. La vitesse de déformation au sein
face de l’outil jusqu’à la valeur atteinte à la surface libre, ce qui induit de cette zone de transition atteint la valeur de :
un cisaillement dit « secondaire », par opposition avec le cisaille-
ment primaire déjà cité. Bien qu’il soit très difficile d’obtenir des infor- ∆U U0 cos γ
mations précises sur la zone de cisaillement secondaire, on peut ε̇ 1 = 1,5 ------------t = 1,5 --------- -------------------------------- (12)
raisonnablement la schématiser par une région d’épaisseur s s cos ( ϕ – γ )
uniforme, égale à une fraction δ de l’épaisseur du copeau (de l’ordre
en utilisant la relation empirique de Stevenson et Oxley [13] qui ont
de quelques pour-cent à 10 %), à travers laquelle la vitesse croît uni-
obtenu le coefficient 1,5 à partir d’observations sur un acier. On a
formément depuis la surface de l’outil. Cette cinématique au sein du
désigné par ∆Ut la variation de vitesse tangentielle à travers le
copeau est représentée sur la figure 7 ; elle fait intervenir trois para-
cisaillement primaire (figure 1b). La déformation subie à la traver-
mètres géométriques qui sont :
sée de la zone de cisaillement primaire peut être évaluée en
— l’épaisseur du copeau  ; considérant que la vitesse de déformation y est constante et donc
que le champ de vitesse y évolue de façon linéaire :
— la fraction cisaillée δ ;


— et la longueur de contact Y. h /U n
1 ∆ Ut 1 cos γ
ε1 = ----------- ------------- d t = ----------- ------------------------------------------------- (13)
Cette description du champ de vitesse est toutefois incomplète, 0 3 h 3 sin ϕ cos ( ϕ – γ )
puisqu’elle n’explicite pas comment la vitesse varie à la fin du
cisaillement secondaire pour permettre l’évacuation du copeau au moins dans la zone rectiligne. Un désigne la composante de la
comme un corps rigide. vitesse de coupe perpendiculaire à la direction de cisaillement
(figure 1 b).
La conservation du flux de matière permet par ailleurs de relier la
vitesse d’évacuation du copeau U à la vitesse de coupe U 0 , et la On notera que cette déformation est très élevée : pour les condi-
vitesse de déformation au sein du cisaillement secondaire est alors tions de coupe du tableau 1 où γ = 5˚ et ϕ = 19,5˚, la formule (13)
exprimée sous la forme : donne ε1 = 1,78. Ceci explique pourquoi la contrainte de cisaillement
primaire correspond à celle d’un matériau très écroui.
1 U 1 U0 s 1 On remarquera en outre que le lien entre (12) et (13) mène à une
ε̇2 = ------------ ---------- = ----------- ---------
- ----- --------------------- (11) épaisseur de la zone de cisaillement primaire h de l’ordre de 40 % de
3 δ  3 δ   1 – δ/2 l’avance s. Cette hypothèse de vitesse de déformation constante

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lors de la traversée de la zone de cisaillement primaire conduit à des également que β est inchangé si la vitesse de coupe et l’avance sont
trajectoires paraboliques que l’on a schématisées sur la figure 7. La modifiées simultanément en conservant le produit U0 s constant, le
diminution du flux de matière due à la vitesse plus faible dans le flux de matière étant ici la quantité significative.
cisaillement secondaire impose que la zone de cisaillement primaire
La relation ci-dessus donne, pour une avance de 0,2 mm, β de l’ordre
s’incurve progressivement au voisinage de la pointe de l’outil pour
de 53 % à 12 m/min et de 7 % à 120 m/min en prenant a de l’ordre de
rejoindre celle-ci parallèlement à la direction de coupe, le flux étant
alors nul. Le champ de vitesse doit donc être plus complexe dans 10 – 5 m2 /s pour un acier.
cette région où la cinématique est encore incomplète. Comme le montre la figure 8, cette évaluation rapide, qui permet
de comprendre de façon simple l’origine du phénomène, est en
assez bon accord avec des mesures expérimentales ([14] et [15]) et
2.2 Analyse thermique avec les résultats d’autres calculs plus complexes basés sur la
méthode des différences finies [16] ou sur celle des éléments
Puisque l’observation des outils usés a très vite montré que les finis [17].
échauffements conditionnent fortement la durée de vie des outils, les À titre de comparaison, la corrélation que Boothroyd [14] propose
premières analyses thermiques de la formation du copeau sont appa- pour décrire ses observations expérimentales à partir de clichés en
rues dès que l’on a disposé de modèles mécaniques permettant lumière infrarouge s’écrit :
d’estimer forces et vitesses. Nous ne ferons ici que rappeler les faits
observés et esquisser les raisonnements menant aux analyses ther- sU 0 tan ϕ
miques simplifiées du processus, avec pour objectif l’évaluation des
températures dans les zones de déformation (afin d’y évaluer la dimi-

β = 0,5 – 0,25 lg -----------------------------
a
- 
nution de la contrainte d’écoulement plastique) et à la surface de
l’outil (en liaison avec l’usure de celui-ci). et
Les méthodes expérimentales qui ont été mises en œuvre pour
sU 0 tan ϕ
obtenir la température moyenne à l’interface copeau-outil, son profil
le long de cette interface, voire sa distribution au sein du copeau sont 
β = 0,3 – 0,15 lg -----------------------------
a
- 
diverses : effet de couple thermoélectrique direct entre l’outil et le
copeau, insertion de couples dans le porte-outil et extrapolation au pour des valeurs du terme entre parenthèses allant de 0,04 à 10 et de
niveau de l’interface copeau-outil à l’aide d’une méthode numérique, 10 à 100, respectivement, ce qui donne β de l’ordre de 44 % et 13 %
insertion de petits couples ou de pyromètres optiques directement dans les conditions précédentes. Cette relation, bilinéaire par
dans l’outil, observation des transformations structurales de l’outil morceaux en diagramme semi-logarithmique, est représentée
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(aciers rapides notamment), photographie en infrarouge. Ces mesu- également sur la figure 8.
res ont montré de très forts échauffements atteints au niveau du
Une fois β évalué, la suite du raisonnement consiste à écrire
contact, qui augmentent avec la vitesse de coupe et avec l’avance.
qu’une fraction 1 – β de l’énergie de déformation plastique dissipée
Lorsqu’elles ont pu déterminer le profil de température à la surface
en chaleur élève la température d’un élément de matière qui
de l’outil, les mesures ont de plus montré que le maximum ne se
s’écoule à travers cette zone, ce qui donne :
situait pas à la pointe de l’outil, mais plus en aval dans la zone de
contact copeau-outil.
W
θ 1 = θ 0 + ( 1 – β ) ---------1-
ρc
2.2.1 Cisaillement primaire

La déformation plastique dans la zone de cisaillement primaire


constitue une source de chaleur dont la plus grande partie s’évacue
dans le copeau par convection et dont le reste, remontant le flux de
β
matière par rétroconduction, passe dans la pièce usinée. L’estimation
de la température régnant dans le cisaillement primaire peut 1
s’effectuer de façon simplifiée en l’assimilant à une ligne de tempé-
rature uniforme θ1 faisant un angle ϕ avec la direction de coupe. 0,8
En négligeant la conduction et la convection parallèles au cisaille-
ment primaire devant celles qui s’effectuent perpendiculairement, 0,6
on obtient facilement que la température en amont du cisaillement
primaire décroît exponentiellement avec la distance au plan de
0,4
cisaillement depuis la valeur θ1 jusqu’à la température de la pièce
θ0 , avec un coefficient égal à ρcU 0 tanϕ /K (homogène à l’inverse
d’une longueur), où ρ désigne la masse volumique, c la capacité 0,2
thermique massique et K la conductivité thermique.
La fraction de chaleur entraînée dans la pièce se calcule alors sim- 0
0,1 1 10 100
plement par intégration et vaut, en posant a = K/(ρc), diffusivité ther- s U0 tan ϕ
mique du matériau usiné : a
mesures de Boothroyd [14]

 
sU 0 tan ϕ

a mesures de Nakayama [15]
β = ----------------------------- 1 – exp – ------------------------------ (14) calculs de Rapier [16]
s U 0 tan ϕ a calculs de Tay, Stevenson et de Vahl Davis [17]
loi empirique de Boothroyd
Elle décroît donc naturellement lorsque la vitesse de coupe est plus
formule (14)
grande et que la diffusivité thermique est plus faible. On observe que
l’avance ne joue plus ici le rôle d’un simple facteur d’échelle : toutes
choses égales par ailleurs, la fraction de chaleur passant dans la pièce Figure 8 – Fraction β de la chaleur produite par le cisaillement
usinée sera plus faible si l’avance est plus grande. On remarquera primaire passant dans la pièce

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Dans un modèle thermomécanique totalement prédictif, l’énergie


fournie par unité de volume W1 peut être calculée comme le produit θ1
de ε 1 et de la contrainte d’écoulement moyenne dans le cisaillement
primaire σ1, dont la dépendance par rapport à la température, ainsi Copeau
que celle de K, ρ et c, rendent implicite le calcul de θ1. Dans une
approche moins ambitieuse, on pourra utiliser des mesures de for-

ces de coupe pour évaluer W1 en considérant le cisaillement pri-
maire comme rectiligne et W1 sera donc écrit sous la forme :

θ2
1
  

W 1 = ----------- F c ----- – sin γ – F a cos γ
w s  O Outil

a modèle parabolique
que l’on établit facilement. L’épaisseur du copeau qui intervient ici
pourra soit être également mesurée, soit être déduite d’un modèle θ1
mécanique (§ 1). Ainsi l’application des formules précédentes aux
conditions de coupe du tableau 1 conduit à θ1 ≈ 400 ˚C : le cisaille- Copeau
ment primaire induit un échauffement important du métal, peu sen-
sible à la vitesse de coupe lorsque celle-ci est élevée.


2.2.2 Cisaillement secondaire


δ
Après avoir traversé la zone de cisaillement primaire (avec une O θ2 Outil
température θ1 que l’on suppose uniforme pour simplifier, malgré la b modèle à deux paraboles de concavités inverses
complexité de ce qui peut se produire à la pointe de l’outil), la matière
s’écoule dans le copeau où se situe une nouvelle source de chaleur
Figure 9 – Profils de température dans le copeau
due à la déformation plastique dans le cisaillement secondaire et où
des pertes de chaleur peuvent se produire à travers les différentes
surfaces délimitant le copeau. Les flux thermiques à travers les sur- soit un échauffement valant les 2 /3 de l’échauffement maximal en
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faces latérales du copeau sont habituellement considérés comme fin de contact donné par :
négligeables, bien que la perte par rayonnement qui s’y produit soit
exploitée par les mesures de thermophotographie, et l’on peut donc Ft 3 U0 s
raisonner dans une section longitudinale quelconque du copeau, ∆ θ M = --------- ---------------
-
comme on l’a fait pour l’analyse mécanique avec l’hypothèse de wb 2Y
déformation plane. La perte de chaleur à travers la surface libre supé-
avec b = Kρc effusivité thermique du matériau usiné,
rieure du copeau peut également être négligée vu la forme des iso-
thermes à travers l’épaisseur du copeau obtenues par Ft force tangente à l’outil, liée aux forces de
thermophotographie [14] et corroborées par les simulations utilisant coupe par le diagramme des forces
les éléments finis [17] [18]. (figure 2) :

La question du flux de chaleur passant du copeau à l’outil a été très cos 2 γ


étudiée. Certes, des températures élevées se développent dans l’outil F t = -------------------- ( F a + F c tan γ )
au cours de la coupe, mais le flux thermique à travers le contact avec cos γ
le copeau peut néanmoins être négligé en première analyse. En effet,
il est lié par la loi de Fourier au gradient de température dans l’outil, Cet échauffement est d’autant plus élevé que l’effusivité thermi-
et mesures expérimentales et simulations numériques suggèrent que du matériau usiné est plus faible, ce qui explique la dégradation
que ces gradients sont faibles. Diverses évaluations à partir de modè- rapide de la durée de vie des outils quand la vitesse de coupe aug-
les analytiques permettent par ailleurs d’estimer que la proportion du mente lors de l’usinage des matériaux peu conducteurs de la
flux de chaleur dissipée à l’interface qui passe dans l’outil est de chaleur : aciers inoxydables, alliages de titane. Par ailleurs, la force
l’ordre de 5 à 10 %. tangentielle Ft n’évoluant selon l’expérience qu’assez faiblement
avec la vitesse de coupe, on en conclut que l’échauffement de l’outil
Des analyses simplifiées ont été proposées, qui négligent la pré- augmente fortement avec la vitesse. Enfin, l’effet de l’avance s,
sence du cisaillement secondaire pour ne considérer qu’une source selon cette formule seule, est difficile à prévoir puisqu’une augmen-
de chaleur sans épaisseur située le long de l’interface copeau-outil et tation de s accroît certainement Ft et Y ; cependant, l’expérience
échauffant le copeau qui défile devant elle. Le modèle le plus simple montre que l’échauffement de l’outil augmente avec l’avance, ce qui
permettant d’appréhender l’essentiel du phénomène, c’est-à-dire la montre que Ft augmente plus vite que Y .
compétition entre conduction et convection, consiste à postuler que Ce modèle très simple surestime les échauffements par rapport à
le profil de l’échauffement dans l’épaisseur du copeau a une forme des analyses plus fines résolvant de façon plus complexe l’équation
parabolique et à négliger la conduction dans le sens de l’écoulement de la chaleur. En exprimant les résultats sous la forme ci-dessus,
(figure 9 a ). Rapier [16], par exemple, obtient un coefficient 0,61 et non pas 0,67.
Il reste alors à déterminer comment varient le long du contact la Ici encore, on a la possibilité d’utiliser des valeurs de Fa, Fc, Y et 
température à l’interface et la profondeur de pénétration de mesurées ou de les déduire des propriétés du matériau usiné au
l’échauffement, ce qui est obtenu en écrivant la loi de Fourier et le travers d’un modèle prédictif.
bilan thermique (article TI [38]). Il en résulte que ces deux quantités La prise en compte du cisaillement secondaire rend l’analyse ther-
s’accroissent de façon parabolique avec la distance au nez de l’outil mique plus complexe, car la source de chaleur a alors une épaisseur
et que la valeur moyenne de la température à l’interface est donc non nulle à travers laquelle la matière s’écoule. On suppose que le
de : débit de la source est uniforme dans toute la zone de déformation.
Le résultat obtenu par Boothroyd [14], puis modifié par Hastings,
θ 2 = θ 1 + 0,67 ∆θM Mathew et Oxley [12] peut se mettre sous la même forme que

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ci-dessus avec un coefficient différent faisant cette fois-ci jouer


l’épaisseur du cisaillement secondaire :
g,g


θ 2 = θ 1 + 0,65 exp – 0,45 δ
U0 s 
-----------------
aY
-  ∆θ M
1

0,8
qui donne donc un coefficient 0,65 lorsque δ est nul. Cette analyse
suppose que le mouvement se fait à vitesse uniforme dans la zone 0,6
de déformation, et surestime donc la convection puisque la vitesse Comparaison
est en fait plus lente au voisinage de l’outil. Cela peut être pris en 0,4 avec l'équivalent
g
compte dans un modèle supposant un profil de température dans de la fonction g
déduit du modèle g
l’épaisseur du copeau défini par deux paraboles de concavités 0,2 de Boothroyd
inverses (figure 9 b ) et proposé en [11]. La solution peut s’écrire modifié
sous la forme : 0
0,01 0,1 1 10 100

 U 0s 
 ∆θ δ s U0 
θ 2 = θ 1 + 0,67g δ -----------------
- M (15) aY
aY
Figure 10 – Fonctions définissant la température moyenne à
où g, qui provient de la résolution approchée de l’équation de la cha-
l’interface et dans le cisaillement secondaire avec un modèle à deux
leur et n’a pas d’expression analytique, tend vers 1 pour δ tendant
paraboles [12] ([14] pour la courbe discontinue)
vers 0.
On retrouve alors naturellement le coefficient 0,67 du modèle para-
La description du comportement mécanique adaptée à l’usinage
bolique. La fonction g est représentée sur la figure 10, et donne des
qui semble la plus efficace est celle qui regroupe température
valeurs plus grandes que la fonction analogue déduite du modèle de
absolue et vitesse de déformation en une même variable, la
Boothroyd (et qui tend vers 0,98), puisque ce dernier sous-estime les
« température modifiée », définie par :
échauffements en surestimant la convection.
On remarquera que, pour une avance de quelques dixièmes de milli- T mod = T ( 1 – ν lg ε̇ )
mètre, l’ordre de grandeur de la racine carrée intervenant ci-dessus est
ε̇ (s –1 ) vitesse de déformation,
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de 1 à 10 pour des vitesses de coupe variant de la dizaine à quelques avec


centaines de m/min, en prenant a de l’ordre de 10 –5 m2 /s pour un T (K) température,
acier. Puisque δ est de l’ordre de 5 à 10 %, il en résulte que g prendra
des valeurs entre 0,8 à 1. ν coefficient dépendant du matériau, de l’ordre de 0,1
pour des aciers.
Un modèle thermomécanique complet doit déduire la force tan- Cette combinaison empirique, qui rappelle le paramètre de Zener-
gente à l’outil F t de la contrainte d’écoulement moyenne dans la Hollomon suggéré par la modélisation physique de l’activation ther-
zone de cisaillement secondaire σ 2 : mique de la plasticité (article TI [40]), a été employée par l’équipe
d’Oxley ([12] [13], par exemple) pour décrire les variations des para-
1
F t = ------------ σ 2 wY mètres σc et n intervenant dans une loi d’écrouissage de la forme :
3
σ 0 ( ε, ε̇, T ) = σ c ( T mod ) ε n ( Tmod ) (16)
Le calcul pourra prendre en compte la sensibilité de σ 2 à la vitesse
de déformation ε̇ 2 et à la température moyenne θ 2 régnant dans avec σ0 contrainte d’écoulement plastique.
cette zone de déformation. Cette dernière est un peu inférieure à la La figure 11 présente les variations de σc et n en fonction de Tmod
température moyenne à l’interface θ2 lorsque l’épaisseur du cisaille- pour trois aciers. Outre la forme simple de l’équation donnant σ 0 ,
ment secondaire est prise en compte. Son expression, déduite du l’utilisation de Tmod a l’avantage de permettre d’utiliser des résultats
modèle à deux paraboles, peut se mettre sous la même forme que d’essais mécaniques effectués dans des conditions éloignées de
l’équation (15), avec cette fois-ci une fonction g à la place de g, celles de la coupe. La validité de son emploi réside dans la possibilité
dont la figure 10 présente l’allure. Le calcul devient donc implicite, qu’il y a à placer sur des courbes uniques les résultats de divers
puisque θ 2 dépend de σ 2 qui dépend à son tour de θ 2 . Cet aspect essais effectués dans des conditions très différentes.
est de plus accentué par la prise en compte des variations de K, ρ et
c dans le cisaillement secondaire avec la température qui y règne. Un paramètre important du comportement du matériau qui
affecte beaucoup la façon dont il s’usine est sa ductilité, c’est-à-dire
sa capacité de déformation plastique avant rupture, d’autant plus
faible que la teneur inclusionnaire est grande. Il est bien connu, par
2.3 Comportement rhéologique exemple, qu’un acier riche en sulfures de manganèse nécessite des
du matériau forces de coupe plus faibles, mais cette influence est difficile à intro-
duire dans la modélisation. On peut envisager trois effets de la
ductilité :
L’usinage, comme on l’a vu plus haut, met en jeu des déformations
par cisaillement très importantes, des températures de plusieurs • D’abord, une faible ductilité peut mener à un copeau fragmenté
centaines de degrés et des vitesses de déformation de l’ordre de plu- si le matériau ne peut subir les fortes déformations imposées par le
sieurs dizaines, voire centaines de milliers de s –1. Ce dernier point, cisaillement primaire.
en particulier, rend très difficile la mesure du comportement • D’autre part, si la ductilité est suffisante pour que le copeau soit
mécanique nécessaire à la simulation de la coupe, car les dispositifs continu, elle peut toutefois être assez faible pour mener à la forma-
actuels qui permettent d’approcher de telles vitesses de déformation tion d’une arête rapportée (build-up-edge) par rupture au sein du
(barres de Hopkinson) posent des problèmes d’interprétation (hété- copeau. Cela peut expliquer des forces de coupe amoindries par
rogénéité de déformation, rôle du frottement en compression, l’augmentation de l’angle de coupe imposée par l’arête rapportée
échauffement...) (article TI [39]). qui joue alors le rôle d’outil.

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σc(MPa) n

1 400 Acier à 0,38 % 0,30 Acier à 0,12 %


de carbone de carbone
1 200 0,25
1 000 0,20 0,20
0,20
800
0,12 0,15
600
0,10
400
200 0,05
0,38
0 0
200 400 600 800 1 000 200 400 600 800 1 000
Tmod (K) Tmod (K)

Le paramètre υ est égal à 0,12 pour l'acier à 0,12 % de carbone et 0,09 pour les deux autres aciers (d'après les données de [12, 20].
La remontée temporaire de σc est due à l'interaction entre impuretés de carbone et dislocations ; ce phénomène dit « fragilité au bleu »
augmente la dureté de l'acier, mais diminue sa déformation à la rupture (ductilité). Selon certains auteurs, ce phénomène serait à
l'origine de la formation de l'arête rapportée dans l'usinage à basse vitesse des aciers (cf. § 3.2).

Figure 11 – Variation des paramètres de comportement σc et n en fonction de la variable Tmod pour trois aciers

• Enfin, une faible ductilité peut affecter les conditions de contact courbure est purement cinématique dans le modèle de Dewhurst,
entre copeau et outil. Des longueurs de contact plus faibles ont par elle peut aussi être liée aux contraintes thermomécaniques induites
exemple été observées avec des aciers à teneur en soufre plus par l’échauffement au sein du copeau, ce qui peut être pris en compte
grande, la teneur en carbone étant fixée ; un tel effet pourrait dans un modèle thermomécanique [11].
expliquer des forces de coupe plus faibles avec copeau continu en
l’absence d’arête rapportée. Une explication possible consiste à
assimiler la séparation entre copeau et outil à la propagation d’une
fissure, ce qui serait facilité par la faible ténacité de l’interface où les 2.5 Synthèse et résultats
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inclusions prennent un aspect lamellaire. L’application pratique


d’un tel modèle se heurte à la difficulté de mesurer précisément le
Dans un modèle thermomécanique de la formation du copeau, les
taux de restitution d’énergie assez particulier correspondant.
analyses qui précèdent sont combinées afin de déduire la géométrie
du copeau, les forces et températures de coupe, à partir des
conditions de coupe et de loi de comportement du matériau. Le pro-
2.4 Contact copeau-outil (aspects blème peut se formuler en fonction des inconnues géométriques que
tribologiques) sont l’épaisseur du copeau  , sa fraction cisaillée δ et la longueur de
contact Y. Pour des valeurs fixées de ces grandeurs, on déduit les
déformations et vitesses de déformations associées à la cinématique
Plusieurs éléments relatifs au contact entre le copeau et l’outil ont choisie. Le comportement du matériau et les analyses thermiques
été présentés plus haut : difficulté d’y effectuer des observations, permettent alors de déduire les contraintes d’écoulement plastique
existence du cisaillement secondaire, ténacité de l’interface. Deux à l’aide de calculs implicites. Les forces qui en découlent peuvent
aspects méritent toutefois une attention particulière : l’effet des lubri- ensuite être utilisées pour écrire l’équilibre global du copeau (dia-
fiants (voir articles TI [42]) et l’origine de la longueur de contact. gramme des forces), ce qui fournit une nouvelle valeur de  , avec ité-
L’arrosage de la zone de coupe par du lubrifiant est courant en usi- ration jusqu’à convergence. La valeur de Y est elle aussi déduite d’un
nage pour abaisser les forces de coupe, mais l’explication de cet effet calcul itératif qui utilise soit l’équilibre des moments à partir d’une
est toutefois complexe. En effet, on peut certes admettre que le lubri- distribution de contraintes particulière le long du cisaillement
fiant s’infiltre par capillarité entre le copeau et l’outil aux basses vites- primaire et du contact, soit à partir de la courbure du copeau. Enfin,
ses de coupe, ce qui abaisse le coefficient de frottement et diminue le paramètre δ peut être obtenu par minimisation de la puissance
les forces, mais cela est moins susceptible de se produire lorsque la totale dissipée dans le processus.
vitesse de coupe augmente puisque le mouvement du copeau chasse
le lubrifiant dont l’efficacité diminue. Il est possible que le frottement De tels calculs sont effectués assez aisément par ordinateur et
soit alors gouverné soit par la formation d’un dépôt d’inclusions pro- donnent de bons résultats.
venant du métal usiné (effet favorable des sulfures de manganèse, Le tableau 2, par exemple (d’après les courbes de [12]),
assez mous, et effet néfaste de l’alumine, dure et abrasive), soit par compare les prévisions d’un modèle thermomécanique à des
la diffusion d’éléments contenus dans l’outil localement porté à mesures expérimentales obtenues sur un acier à 0,20 % de car-
haute température, tels que le titane. L’effet principal de l’arrosage bone usiné en coupe orthogonale à 200 m/min et trois avances
serait alors principalement thermique, en limitant les échauffements, différentes. On constate le très bon accord obtenu pour les forces de
avec des conséquences sur les conditions de contact qui restent à coupe. L’épaisseur du copeau est surestimée de 20 % en moyenne,
éclaircir. mais la théorie prévoit une diminution marquée du rapport  ⁄ s quand
Les mécanismes qui pilotent l’extension du contact entre copeau l’avance augmente, comportement en bon accord avec l’expérience.
et outil sont également mal connus, et la plupart des modèles déter- On remarquera également que, conformément aux mesures, les for-
minent la longueur de contact par équilibre des moments sur un ces ne sont pas proportionnelles à l’avance, mais que les efforts spéci-
copeau droit. Or, si le copeau est droit, le contact persiste, ce qui n’est fiques Kc = Fc /ws et Ka = Fa /ws décroissent lorsque celle-ci augmente,
pas satisfaisant. En l’absence de roule-copeau ou de décrochement tendance qui n’est pas prévue par les modèles mécaniques, comme on
à la surface de l’outil, le copeau se courbe spontanément et quitte l’a déjà signalé. L’épaisseur du cisaillement secondaire est également
ainsi l’outil. Il est possible que la longueur de contact soit alors déte- prévue avec un bon ordre de grandeur. Un autre modèle
rminée par la compétition entre cette tendance et l’effet inverse des thermomécanique [11] donne les mêmes tendances (dernière ligne du
forces de coupe qui plaquent le copeau sur l’outil. Si l’origine de cette tableau 1, par exemple).

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(0)

Tableau 2 – Comparaison entre mesures expérimentales [12] et prévisions d’un modèle thermomécanique [12]
sur un acier à 0,20 % de carbone usiné à 200 m/min avec une profondeur de passe de 4 mm,
un angle de coupe de γ = – 5˚ et trois avances s différentes
Force Force Épaisseur du copeau/ Fraction du
de coupe d’avance avance copeau cisaillée
Fc (N) Fa (N)  /s δ (%)

Mesure ................. 1 284 1 073 3,16 4


s = 0,125 mm
Calcul ................... 1 333 (+ 4 %) 1 073 3,95 (+ 25 %) 7
Mesure ................. 2 123 1 561 2,67 3
s = 0,250 mm
Calcul ................... 2 173 (+ 2 %) 1 463 (– 6 %) 3,16 (+ 18 %) 4
Mesure ................. 3 802 1 951 2,17 2
s = 0,500 mm
Calcul ................... 3 704 (– 3 %) 2 098 (+ 8 %) 2,57 (+ 18 %) 2

riaux de même nature (aciers, par exemple) est une fonction forte-
ment décroissante de la température T2 (K) du type loi puissance :
Kc (MPa)
L ≈ AT 2–q (17)
5 000
L’exposant q peut atteindre et dépasser des valeurs de l’ordre de
20 [23].
4 000
Le modèle thermomécanique permet donc ainsi de prévoir la
Expérience durée de vie de l’outil dans d’autres conditions de coupe. Une
3 000 démarche de ce type a été développée par Hastings et Oxley [23].
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Théorie

2 000

0 0,05 0,1 0,15 0,2


3. Introduction
s (mm)
à la simulation numérique
Figure 12 – Influence théorique et expérimentale de l’avance s sur
l’effort de coupe spécifique Kc d’un acier AISI 1045
de la coupe
(U0 = 450 m/min ; γ = − 5˚ ; w = 2 mm) [21]

3.1 Objectifs et difficultés


Comme nous venons de le voir et conformément aux mesures,
les forces théoriques ne sont pas proportionnelles à l’avance : les
efforts spécifiques Kc et Ka sont des fonctions décroissantes de L’objectif des approches numériques de la coupe est de fournir la
l’avance. Cet effet est dû à l’élévation de température à l’interface géométrie du copeau et une estimation de la distribution des gran-
copeau-outil avec l’avance et à ses conséquences sur la rhéologie deurs physiques dans le matériau usiné : vitesse u, tenseur des
du matériau dans le cisaillement secondaire (diminution de la cis- vitesses de déformation ε̇ et des contraintes σ, déformation
sion de frottement), ce que les modèles RPP précédents ne peuvent plastique ε, température θ, voire d’autres grandeurs caractérisant
prévoir. Ces modèles thermomécaniques prévoient donc un effet de l’évolution métallurgique du matériau usiné (nature des phases,
taille, à savoir que les efforts spécifiques d’usinage sont d’autant taille des grains, dureté, contraintes résiduelles...) ou son endom-
plus élevés que l’avance est plus petite. Cet effet est illustré sur la magement dans le copeau et en dessous de la surface créée par usi-
figure 12 [21] qui compare l’évolution théorique avec l’avance s de nage. On peut aussi se proposer d’étendre l’approche à l’outil (en le
l’effort spécifique de coupe d’un acier : la théorie décrit très bien les supposant en première approximation thermoélastique) pour y esti-
résultats expérimentaux. L’origine de cet effet de taille observé cou- mer le champ de contrainte et de température et ainsi aborder direc-
ramment a été l’objet de maintes spéculations et attribué par exem- tement le problème de sa dégradation et de son usure. Elles sont
ple à l’arrondi de la pointe de l’outil, à l’énergie de rupture du donc potentiellement très riches et puissantes.
matériau [22]... Sans exclure que de tels phénomènes influencent
Plus précisément, cela revient au minimum à estimer la valeur
certains usinages, il faut noter que le modèle thermomécanique
numérique de ces grandeurs en des points particuliers associés à un
propose une interprétation quantitative satisfaisante de l’effet de
maillage en construisant une solution approchée du système
taille dans les conditions des essais de la figure 12.
d’équations décrivant l’écoulement de matière et de chaleur [24]. Ce
Cette approche thermomécanique permet donc une meilleure système étant non linéaire, ces approches ne sont développées que
estimation des forces de coupe. En outre, elle fournit une estimation très lentement et progressivement. L’usinage est l’une des configu-
de la température moyenne T2 de la face de travail de l’outil qui est rations qui combinent en effet un grand nombre de difficultés pro-
généralement fortement corrélée avec la température moyenne de prement numériques selon les approches mécaniques et
la face en dépouille au voisinage de l’arête de coupe [23] ; de ce fait, thermomécaniques précédentes :
elle permet d’interpréter la durée de vie d’outil L (tool life) mesurée — géométrie de l’écoulement indéterminée ;
dans certaines situations. En effet, on observe couramment que la — gradients de déformations, vitesses de déformations et tempé-
durée de vie d’un matériau à outil donné lors de l’usinage de maté- rature très élevés ;

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— à vitesse de coupe élevée, couplage thermomécanique fort critère d’endommagement, le critère de Latham et Cockroft
(forte variation de la contrainte d’écoulement plastique du matériau (article TI [40]) :
usiné du fait de ses variations de température).

∫ ∂Q
Sur le plan physique s’ajoutent, pour la confrontation des résul-
tats à l’expérience, les incertitudes déjà rencontrées sur la rhéologie Q= Max ( 0, σ I, σ II ) d ε → ------- = Max ( 0, σ I, σ II ) ε̇ – u ⋅ grad Q (20)
∂t
du matériau usiné et la loi de frottement du copeau sur l’outil. En
première approximation, on peut considérer que ces approches se σI et σII étant les deux contraintes principales dans le plan.
sont développées en deux temps, la ligne de partage se situant vers
1990 : Ce critère exprime que l’endommagement ne se développe que
sous l’effet de contraintes de traction. Son calcul se fait donc de
— avant 1990, les approches s’intéressent au copeau formé, sa
manière similaire à celui de ε. Après une réactualisation de la carte
géométrie étant imposée au préalable soit à partir d’observations
des déformations, on recalcule le champ de vitesse et ainsi, par ité-
expérimentales, soit en se basant sur un modèle mécanique (§ 1) ;
rations successives, on suit l’évolution du champ de vitesse, de con-
— après 1990, le développement des algorithmes de calcul par trainte, de déformation plastique et d’endommagement du copeau.
éléments finis et de la puissance de calcul des ordinateurs a permis Cette approche est appliquée dans [25] en supposant le contact
de simuler directement le processus de formation du copeau en copeau-outil collant sur la première moitié de la longueur de
déformation plane. contact OD (figure 13 a), la cission de frottement décroissant linéai-
Nous décomposerons donc notre présentation en deux parties rement sur la seconde moitié DB et s’annulant au point B. Du fait de
successives. Nous ne parlerons pas des cas tridimensionnels qui l’existence du contact collant, l’écoulement ne peut converger vers
commencent seulement à être abordés. un écoulement stationnaire, la déformation croissant sans limite sur
OD, mais, dans le copeau, l’évolution de la vitesse et de la déforma-
tion est de plus en plus faible.
Le calcul a été appliqué au cas de la coupe orthogonale d’un acier
3.2 Premières analyses numériques pour des angles de coupe γ = 7,5 ; 15 et 25˚, une vitesse de coupe
partielles de la coupe U0 = 20 m/min et une avance s = 0,24 mm. Selon des essais de trac-
tion, le coefficient d’écrouissage de l’acier est n = 0,2 et sa consistance
σc = 656 MPa. Le calcul ne converge que pour m  0 ,2 , ce qui montre
Les approches par différences finies ou éléments finis ont été uti- bien la nécessité de conférer une certaine viscosité au matériau pour
lisées depuis longtemps pour calculer le champ de température en assurer la convergence des calculs selon cette méthode. Il met bien en
se fixant une géométrie de copeau et un champ de vitesse proches évidence une zone de cisaillement primaire et un fort écrouissage du
de ceux du modèle de Merchant (figure 1) ; des exemples de résul-
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matériau le long de l’outil. Le copeau est supposé d’épaisseur uniforme


tats obtenus par une telle approche ont été donnés au § 2.2. et l’énergie de coupe passe par un minimum pour une épaisseur de
Une étape suivante a consisté à calculer le champ de vitesse et de copeau proche de celle fixée par le modèle de Merchant. Elle est donc
contrainte en se fixant une géométrie de copeau et une longueur de fixée à cette valeur. La longueur de contact Y est fixée par un modèle
contact. Un exemple d’une telle approche est fourni par le travail assimilant le contact copeau-outil à un contact de Hertz, le copeau
effectué par Avenas et Coll. [25]. Le copeau est maillé par un réseau acquérant une courbure induite par ses contraintes thermoélastiques
carré fixe par rapport à l’outil (approche eulérienne). L’objectif étant [11]. Le modèle fournit, pour γ = 15˚, des valeurs de force de coupe, de
de comprendre la formation de l’arête rapportée à basse vitesse de force d’avance et de longueur de contact proches des valeurs expéri-
coupe, l’effet de la température sur la rhéologie du matériau usiné mentales pour m = 0,5 [25]. Cette valeur semble toutefois sur le plan
est négligé ; l’équation de la chaleur n’est donc pas prise en compte. physique un peu élevée.
Le matériau est supposé viscoplastique écrouissable, sans élasti-
Les figures 13 a, b présentent les distributions « quasi-
cité, avec pour contrainte d’écoulement plastique :
stationnaires » de la déformation plastique et du critère d’endom-
magement Q à un certain stade du calcul :
σ 0 = σ c ( ε 0 + ε ) n ε̇ m (18)
• Les courbes d’égale valeur de Q convergent pour des valeurs
σc et ε0 étant des constantes. croissantes vers le point C, à mi-distance entre le début du glisse-
ment et la fin du contact : ceci traduit l’existence en C de fortes con-
Pour une distribution donnée de déformation plastique ε et une traintes de traction susceptibles d’initier la formation d’une fissure.
géométrie d’écoulement fixée, le champ de vitesse de ce corps vis- • Les lignes d’égale valeur de la déformation sont des courbes
coplastique d’indice m vérifie un système d’équations aux dérivées s’écartant progressivement de l’interface, puis convergeant vers le
partielles, les équations de Navier-Stokes généralisées (le cas new- point de fin de contact B ; elles tendent vers l’interface pour des
tonien correspond à m = 1 et n = 0), dont on démontre qu’elles ont valeurs croissantes. Leur forme évoque la forme de l’arête rappor-
une solution unique. L’écoulement étant plan et incompressible, il tée (figure 13 c), ce qui suggère que la fissure initiée en C se pro-
est commode d’introduire la fonction de courant dont les dérivées page le long d’une ligne d’égale valeur de déformation, formant
partielles sont les deux composantes de u ; le système est alors ainsi la séparation, mal définie, entre l’écoulement et la zone sta-
équivalent à une équation aux dérivées partielles sur la fonction de gnante.
courant que l’on résout par différences finies. Il s’agit donc d’une
approche type « mécanique des fluides ». On voit donc que ces premières approches permettent d’aborder
des problèmes non traités par les modèles précédents. Elles peu-
Après obtention du champ de vitesse, on calcule l’évolution aux vent s’enrichir considérablement :
nœuds du maillage, pour un incrément de temps, de la déformation
plastique à l’aide de l’équation d’évolution locale : — en introduisant des lois de comportement plus représentati-
ves, par exemple tenant compte de l’effet de la température, et en
résolvant l’équation de la chaleur de la manière utilisée pour pren-
∂ε
----- = ε̇ – u ⋅ grad ε (19) dre en compte ε ;
∂t — comme le champ de contrainte est calculé, il est possible, au
moins en principe, de modifier les hypothèses géométriques initia-
ε̇ = d ε ⁄ dt est la dérivée particulaire de la déformation plastique les en fonction des résultats obtenus de manière à tendre vers une
et se calcule selon les formules classiques à partir de u.
solution stationnaire complète, c’est-à-dire respectant les condi-
Comme la formation de l’arête rapportée est assimilée à une tions de surface libre (face latérale du copeau, zone de non-contact
rupture interne ductile du matériau usiné, on calcule également un avec l’outil).

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B Q = 0,05
B
0,1
U

C 0,3
C
0,43

D
3,57 D

ε = 1,6
1,8
2

2,3

0,135
O O

100
Acier 0,10 % C
U0 = 30 m/min s = 0,38 mm γ = 25 °
a carte des déformations b carte du critère d'endommagement
plastiques ε dans le copeau de Latham et Cockroft Q dans le copeau c micrographie d'une arête rapportée
récupérée après coupe interrompue

Figure 13 – Résultats de la simulation par différences finies (approche eulérienne) de l’écoulement isotherme en coupe orthogonale (γ = 25˚) d’un
corps rigide viscoplastique écrouissable (m = 0,5 ; n = 0,2) et comparaison avec le faciès de l’arête rapportée formée lors de l’usinage à basse
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vitesse d’un acier doux [25]

3.3 La simulation complète : un exemple rer la force nodale de contact : sa composante tangentielle suit la loi
de frottement à condition que la composante normale qui est calculée
« pionnier » corresponde à une contrainte de compression ; dans le cas contraire,
le nœud n’est plus assujetti à rester en contact avec l’outil et est sou-
mis à des conditions de surface libre (force nodale nulle).
Dès 1988, une première approche [26] se propose de calculer la
forme du copeau par une méthode d’éléments finis. Nous allons Le principe de la simulation d’une coupe orthogonale pure est
présenter l’approche lagrangienne développée au CEMEF [27] [28]. donné sur la figure 14 : la pièce est un bloc rectangulaire qui est blo-
qué par une butée ; l’outil est initialement à l’extérieur de la pièce et
son arête est située à une ordonnée inférieure à celle de la surface
3.3.1 Conditions de la simulation supérieure de la pièce d’une distance égale à l’avance s. Animé
d’une vitesse horizontale égale à la vitesse de coupe U0, l’outil ren-
tre progressivement dans la pièce et le code de calcul fournit donc
Cette première simulation a été effectuée vers 1992 sur la version
directement le processus de formation du copeau en début d’usi-
correspondante du code de calcul FORGE2®. Il s’agit d’un code de
nage en résolvant simultanément les équations mécaniques et
calcul par éléments finis des grandes déformations planes ou axisy-
l’équation de la chaleur.
métriques de corps viscoplastiques ; dans la version de l’époque, le
matériau est sans élasticité et les outils sont supposés rigides. Le La contrainte d’écoulement du matériau a été schématisée dans
maillage est constitué de triangles dont les nœuds se déplacent ces premiers travaux de faisabilité par une loi thermoviscoplastique
avec la matière (approche lagrangienne). Une telle forme de avec écrouissage linéaire, du type :
maillage a été adoptée, car elle se prête bien au développement
σ 0 = 443 ( 1 + 0 ,1 ε ) ε̇ 0 ,1 exp ⎛⎝ ---------- – ---⎞⎠ ( MPa )
d’un algorithme de remaillage automatique : la forme des mailles 200 2
(21)
évoluant avec la déformation de la matière, la précision des calculs T 3
décroît et il est nécessaire au bout d’un certain nombre d’itérations
de remailler la matière et d’estimer aux nœuds du nouveau maillage Cette loi est une approximation assez grossière de la rhéologie
la valeur des diverses grandeurs obtenues au cours des itérations des aciers dans les conditions de la coupe (cf. figure 11), mais elle
précédentes avant de poursuivre les calculs. présente l’avantage de limiter l’effet de l’écrouissage, ce qui se pro-
En outre, il s’agit ici de remaillage adaptatif automatique : la taille duit certainement dans le cisaillement secondaire comme le suppo-
des nouvelles mailles est ajustée en fonction du gradient des gran- sent les modèles thermomécaniques (cf. § 2.2.2). Noter qu’un
deurs calculées et est d’autant plus petite que ces gradients sont éle- échauffement de 600 ˚C, selon la loi (21) fait baisser de 35 % environ
vés, ce qui permet d’améliorer la précision des calculs. Enfin une la contrainte d’écoulement de ce matériau. Le frottement est sché-
bonne gestion du contact est un élément important du problème. Il matisé par une loi de Norton [37] : la cission est une fonction puis-
importe de tester à chaque incrément de calcul dans quelle mesure un sance de la vitesse de glissement, de coefficient α :
nœud non en contact à l’incrément précédent est susceptible de ren-
τ = 242 α ( 1 + 0 ,1 ε ) ∆u 0 ,1 exp ⎛⎝ ---------- – ---⎞⎠ ( MPa )
trer en contact avec l’outil et si un nœud en contact antérieurement 200 2
(22)
reste en contact. Pour tout nœud en contact avec l’outil, il faut considé- T 3

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y
γ
t=0 s Outil
α
Butée
Pièce

x
(0,0)
Copeau
a b
y


Outil
Y
Butée
Pièce

x
(0,0) c d

Figure 14 – Simulation numérique de la phase de formation du


copeau sur FORGE2® (s = 0,25 mm ; U0 = 120 m/min ; γ = 5° ;
Rα = 0,05 mm). Usinage d’acier supposé thermoviscoplastique
écrouissable [28] [29]

La comparaison avec la loi rhéologique (21) montre que ce modèle


revient en première approximation à caler la cission de frottement à
une fraction α de la cission du matériau à l’interface. À chaque ins-
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tant, où la géométrie et les distributions de température et de défor- e f


mation sont connues, les lois de comportement (21) et (22) sont du
type viscoplastique, ce qui implique l’unicité du champ de vitesse u
solution. On démontre en outre que les équations mécaniques impli-
quent que cette solution minimise la somme d’une intégrale dans le
volume déformé et d’une intégrale sur la surface de contact avec
l’outil, ce qui permet son estimation. On en déduit une réactualisation
de la géométrie et des distributions de déformation et température au
cours d’un incrément de temps et le processus est itéré jusqu’à obten-
tion de tout le processus de formation du copeau.
g
En ce qui concerne la résolution de l’équation de la chaleur, il
importe de fixer des conditions aux limites à l’interface copeau- a b c Formation du copeau
outil. Ici, on suppose simplement que le flux de chaleur est égal au d début de séparation du copeau de l'outil
4/5e de l’énergie dissipée par frottement, ce qui revient à supposer
que ce flux est partagée entre matériau usiné et outil au prorata des e course d'outil  = 0,8 mm
effusivités thermiques des deux matériaux et que l’effusivité de f  = 1,6 mm
l’outil est prise égale au 1/5e de celle du matériau usiné (acier) ;
g  = 2,5 mm
l’hypothèse de partage au prorata des effusivités est raisonnable en
début d’usinage, où l’outil est en régime thermique transitoire
(article TI [38]) ; toutefois, le rapport d’effusivité choisi correspond à
un faible transfert vers l’outil et vise à prendre en compte le ralentis- Figure 15 – Simulation numérique de la phase de formation d’un
sement du transfert à l’outil dû à son échauffement progressif. copeau en coupe orthogonale sur FORGE2® (version de 1992) [28] [29]
(s = 0,25 mm ; U0 = 120 m/min ; γ = 5˚ ; Rα = 0,05 mm ;
Le modèle de calcul est potentiellement très riche puisqu’il per- usinage d’acier supposé thermoviscoplastique écrouissable)
met de prendre en compte la géométrie exacte de l’outil.
Les données géométriques du cas commenté sont :
— une avance s = 0,25 mm ; 3.3.2 Résultats
— un angle de coupe γ = 5˚ ;
— un arrondi de pointe d’outil Rα = 0,025 mm ; La figure 15 donne à divers instants de la simulation la géométrie
— un angle de dépouille α = 8˚. du système et du maillage du matériau. L’examen des résultats de la
Le coefficient de frottement a été choisi égal à α = 0 ,5 , ce qui corres- simulation montre que le processus de calcul s’accompagne de
pond sans doute à une valeur un peu faible du frottement du copeau sur remaillages incessants, de grande finesse près de la pointe de l’outil
l’outil. L’usinage considéré est effectué avec une vitesse U0 = 120 m/ et à la base du copeau, zones sièges de forts gradients de toutes les
min. Les autres données numériques de la simulation sont les caractéris- grandeurs calculées : vitesse, déformation, contrainte... À l’opposé,
tiques physiques d’un acier (supposées pour simplifier indépendantes de on note que, dans la pièce, la taille des mailles augmente avec la dis-
la température) : la masse volumique ρ = 7 800 kg · m−3, sa capacité tance à la pointe de l’outil, ce qui traduit la décroissance des gra-
thermique massique c = 700 J · kg−1 · K−1 et sa conductivité thermique dients des grandeurs calculées et permet de limiter le temps de
K = 23 W · m−1 · K−1. calcul. Le logiciel simule effectivement bien le refoulement initial du

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matériau sous forme d’un bourrelet qui grossit, puis se détache de Dans cette étude de faisabilité [27], une série de simulations a été
l’outil sous forme d’un copeau courbé : après une course d’outil de effectuée pour reconnaître l’effet des divers paramètres de coupe en
2,5 mm, la géométrie du copeau semble fixée. Son épaisseur est de donnant à chaque paramètre des valeurs situées de part et d’autre
l’ordre de 1,5 fois l’avance, ce qui est l’ordre de grandeur prévu par des valeurs données ci-dessus :
le modèle de Lee et Schaffer pour cet angle de coupe et un frotte-
ment de Tresca m = 0 ,5 (figure 4 b) ; toutefois la longueur de con- • L’angle de coupe γ : la diminution de l’angle de coupe a un effet
tact est de l’ordre de 1,7 fois l’avance, valeur plus forte que celle comparable à celui prévu par le modèle de Lee & Schaffer (figure 5)
prévue par ce modèle purement mécanique. Enfin, l’origine physi- et en accord avec les observations courantes : croissance des for-
que de la courbure du copeau est difficile à préciser. Il faut noter ici ces, de l’épaisseur du copeau et de la longueur de contact,
le grand progrès accompli par les algorithmes de calcul entre particulièrement marquée dès que l’on passe en coupe négative.
l’approche du § 3.2 et la présente approche : la première approche, Par ailleurs, le passage en coupe négative diminue la courbure du
isotherme, ne convergeait pas pour des indices de viscosité infé- copeau.
rieurs à 0,2 alors que cette approche thermomécanique fournit une • Le coefficient de frottement : son augmentation a un effet
solution pour m = 0,1 malgré le handicap supplémentaire introduit important pour α > 0 ,5 . Elle produit, conformément aux approches
par l’adoucissement thermique du matériau. mécaniques, une croissance marquée de la force de coupe, de
l’épaisseur du copeau et de la longueur de contact ; de ce fait, la
Les figures 16 a, b présentent la carte des valeurs de la vitesse de température maximale augmente fortement. De même, en accord
déformation et des températures. Les lignes d’égale valeur de la qualitatif avec le modèle de Dewhurst, la courbure du copeau est
vitesse de déformation dessinent bien une zone de cisaillement pri- fortement atténuée.
maire à la base du copeau et on note que la déformation se poursuit • L’avance : on note, dans l’ensemble, une augmentation des for-
dans une fraction non négligeable du copeau, en rapport probable ces spécifiques et des épaisseurs et longueur de contact rapportées
avec la formation de sa courbure. La carte des températures est pro- à l’avance quand l’avance diminue, en accord qualitatif avec les
che de celles observées expérimentalement, avec un maximum vers résultats expérimentaux du tableau 2 et les résultats des modèles
le milieu de l’intervalle de contact. thermomécaniques.
À noter toutefois qu’il n’y pas eu, dans cette première étude, • L’arrondi Rα de l’arête de coupe : en accord avec les observa-
simulation directe de la distribution de température de l’outil, et on tions courantes, l’augmentation de Rα produit une légère augmenta-
ignore l’écart entre cette distribution calculée et la distribution en tion de la force de coupe et une augmentation plus forte de la force
régime thermique stationnaire comme celle qui s’établit en d’avance : un rayon d’arête plus important aurait probablement
tournage. amené les deux forces à un niveau comparable. De manière plus
surprenante, elle induit une diminution de l’épaisseur du copeau et
de sa longueur de contact. Ce type de calcul est particulièrement
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intéressant, car il est le seul disponible pour préciser les phénomè-


nes associés aux faibles avances où la formation du copeau est
pénalisée par l’arrondi de l’arête de coupe et qui correspond au
domaine frontière entre la coupe et l’abrasion.
Au total, on note une bonne concordance qualitative avec les
résultats des modèles mécaniques et les modèles thermomécani-
ques, lorsque la comparaison est possible ; ceci valide l’approche
. numérique. Il faut noter aussi que cette approche lève l’indétermina-
ε = 1 000 s-1 tion qui s’attachait aux modèles purement mécaniques, ce résultat
étant probablement dû au fait que la rhéologie du matériau est
10 000 beaucoup plus complexe et que l’approche numérique simule tout
10
le processus de formation du copeau. Toutefois les possibilités de la
simulation numérique sont nettement supérieures à celles des
approches précédentes, car, contrairement à ces approches simpli-
100
fiées, elles ne sont a priori limitées que par la représentativité des
a carte des vitesses de déformation lois rhéologiques et tribologiques utilisées. Ce type de calcul, mené
en parallèle d’observations expérimentales, ouvre donc des voies
très intéressantes pour la compréhension et la maîtrise des opéra-
300ºC
tions de coupe : il permet en effet d’analyser finement l’opération et
de remonter à des grandeurs difficiles à atteindre expérimentale-
ment (carte des températures notamment). La référence [29] pré-
sente ainsi une synthèse de divers problèmes abordés en 1996 par
une équipe japonaise. Nous allons donner ci-dessous un aperçu de
400ºC travaux postérieurs réalisés avec les versions postérieures, plus
200ºC
500ºC évoluées, de FORGE2®.

25ºC 100ºC
3.4 Exemples de résultats actuels

b carte des isothermes Depuis cette étude de faisabilité, la simulation numérique s’est
fortement améliorée : ainsi, par exemple, le logiciel FORGE2® peut
prendre en compte des lois rhéologiques plus diversifiées, l’élasti-
Figure 16 – Cartes des vitesses de déformation et des températures cité du matériau usiné, tenir compte de son endommagement, éten-
dans la pièce et l’outil (s = 0,25 mm ; U0 = 120 m/min ; γ = 5˚ ; dre le calcul thermique et mécanique à l’outil... Nous allons
Rα = 0,05 mm ; course d’outil 2,5 mm ; usinage d’acier supposé présenter rapidement divers problèmes qui commencent à être
thermoviscoplastique écrouissable) [28] abordés ou peuvent être abordés à court terme.

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Tem = 250,0

Tem = 225,0

Tem = 2050,0

Tem = 175,0

Tem = 150,0

Tem = 125,0

Tem = 100,0

Tem = 50,00

Maxi = 281,5
Mini = 23,53

0 1,00

Figure 17 – Carte de températures dans la pièce et l’outil lors du brochage d’acier supposé élastique-thermoviscoplastique écrouissable
(U0 = 9,6 m/min – avance par dent s = 0,1 mm ; Rα = 0,01 mm ; γ = 6˚ ; distance entre dents 2 mm ; course de la broche 2,75 mm) [31]

■ Étude de l’usinabilité des matériaux férant à l’outil et à la pièce une inertie et des liaisons élastiques avec
leur environnement (avec des degrés de liberté de translation et de
L’expérience montre que les matériaux, selon leur nature et leur
rotation), on pourrait progressivement étudier ce type de phénomè-
état structural, ont des usinabilités très différentes qui tiennent à des
nes. Noter que ce problème a le plus souvent une interaction forte
différences de niveaux de force, de vitesse d’usure d’outil, de lon-
avec la notion de copeau minimal qui correspond à la dégéné-
gueur de copeau... L’outil de simulation numérique permet d’appré-
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rescence du processus de formation du copeau lorsque l’avance


cier les conséquences de la loi rhéologique et des propriétés
tombe à une valeur comparable à l’arrondi de l’arête de coupe.
physiques (conductivité thermique au premier chef) du matériau
usiné sur la morphologie du copeau, les forces, les températures de ■ Endommagement de l’outil
coupe. On obtient par exemple des faciès (épaisseur et courbure) de
C’est un point crucial et le champ d’investigation est ici très vaste,
copeau sensiblement différents pour une loi viscoplastique, du type
mais passe obligatoirement par la détermination du régime thermi-
de celle vue ci-dessus, et pour des lois plus représentatives déduites
que de l’outil.
d’essais rhéologiques à grande vitesse [30]. L’interprétation de
l’influence de l’avance et de la vitesse de coupe serait ainsi fortement Se pose la question pour les opérations de coupe continue et de
facilitée. On pourrait ainsi par exemple étudier l’effet de la forte capa- longue durée comme le tournage du calcul du régime thermique
cité d’écrouissage et de la faible conductivité thermique de certains établi. Ce régime est sans doute accessible en découplant le calcul
aciers inoxydables jugées responsables de leur mauvaise usinabilité. thermomécanique dans le copeau du calcul thermique dans l’outil :
En tenant compte de l’endommagement du matériau usiné, on com- pour une itération donnée du calcul dans le copeau, on
mence à simuler le processus de fragmentation des copeaux [31] et déterminerait le régime stationnaire d’outil associé aux températu-
des études sont engagées pour analyser l’usinage à très grande res d’interface imposées par le matériau ; ce calcul fournirait la dis-
vitesse qui pose des problèmes numériques complexes du type for- tribution, le long du contact, du flux thermique absorbé par l’outil à
mation de bandes de cisaillement « quasi-adiabatiques ». partir duquel on effectuerait l’itération suivante du calcul dans le
matériau : par allers-retours successifs, on obtiendrait ainsi le
■ Performances des lubrifiants et interaction outil-copeau régime recherché.
Le logiciel FORGE2® peut simuler l’attaque d’une pièce par les On pourrait ainsi préciser l’incidence de la méthode d’arrosage de
diverses dents d’une broche. La figure 17 représente à titre indicatif l’outil sur le champ de température et les possibilités de l’atténuer. Le
la carte des températures et la géométrie des deux copeaux formés couplage avec une loi d’usure ouvre la possibilité de prévoir la durée
par les deux premières dents d’une broche. On voit nettement que la de vie de l’outil, la difficulté étant là d’y introduire les propriétés phy-
« traînée thermique » (en liaison avec le facteur β du § 2.2.1) dans la sico-chimiques et mécaniques significatives (dureté, réactivité chimi-
pièce après le passage de la première dent se répercute sur l’usi- que, taille, épaisseur, concentration...) des divers matériaux présents
nage assuré par la seconde dent : la température est plus élevée de à l’interface : particules dures et abrasives du matériau usiné, secon-
50 ˚C, le copeau plus mince et plus courbé. Comme la vitesse d’une des phases lubrifiant l’interface (inclusions de MnS), matériau à outil.
telle opération est limitée par le comportement des copeaux dans La figure 18 présente une première approche utilisant une loi d’usure
l’espace interdent, on dispose là d’informations intéressantes pour proposée pour décrire l’usure par abrasion des outils de forgeage à
optimiser l’opération et interpréter, voire optimiser les performan- chaud d’aciers [37]. Le calcul prend en compte :
ces des lubrifiants. — les paramètres mécaniques du contact : la pression de contact
et la vitesse de glissement ;
■ Effet du cédage élastique de l’ensemble pièce - outil - — la physique du contact : l’effet de la température de contact sur
porte-outil - machine-outil sur l’usinage la dureté de la phase abrasive de l’acier (alumine) et de l’outil (car-
Ce cédage tend à modifier progressivement l’avance au cours de bure de tungstène).
la phase initiale de formation du copeau où la force d’usinage aug- Il vise donc à décrire l’usure par abrasion de l’outil induite par les
mente progressivement et dans des cas extrêmes peut conduire à la phases dures de l’acier usiné. Il fournit des résultats qualitativement
rupture de l’outil (quand l’avance tend à augmenter : outil à trajec- très pertinents : les profils d’usure de la face de travail et de la face
toire rentrante) ou à des phénomènes de broutage (vibrations) en dépouille s’approfondissent avec le temps d’usinage et ont la
(quand elle tend à diminuer : outil à trajectoire dégageante). En con- même forme que celle observée en pratique.

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de peu de moyens de calcul, on pourra se satisfaire du modèle de


Lee et Shaffer pour un premier ordre de grandeur lorsque des mesu-
res permettent de choisir convenablement contrainte d’écoulement
et conditions de frottement. Un modèle thermomécanique sera plus
satisfaisant sous réserve de connaître avec précision le comporte-
ment rhéologique du matériau usiné. Depuis une dizaine d’années,
0,7 ms on dispose de logiciels de calculs de grandes déformations qui ont
montré leur possibilité de traiter le cas de l’usinage. La simulation
numérique permet ainsi progressivement de décrire de manière de
plus en plus réaliste l’opération de coupe, notamment de prendre en
2 ms compte la géométrie de l’arête de coupe (arrondi, angle de
dépouille), les différences de rhéologie et de propriétés physiques
des matériaux usinés, d’aborder les problèmes d’interaction entre
deux usinages successifs comme dans le brochage, de fragmenta-
tion de copeau, d’usure de l’outil, de compréhension et de maîtrise
des usinages à très grande vitesse. Le vieux problème de l’arête rap-
portée semble actuellement abandonné, mais pourrait être réa-
ttaqué par ces techniques puissantes. Petit à petit, la modélisation
de la coupe orthogonale se fait de plus en plus réaliste.
D’un point de vue géométrique, les modèles présentés dans la lit-
térature restent limités au cas de la coupe orthogonale. La coupe
non orthogonale est sans doute assez facile à aborder avec les logi-
ciels tridimensionnels disponibles. Il est également possible avec
Figure 18 – Profils d’usure (inversé) calculé après 0,7 et 2 ms de ces logiciels de s’écarter des conditions de quasi-stationnarité et
coupe d’un outil carbure lors de l’usinage d’un acier 42CrMo4 d’aborder des procédés géométriquement plus complexes avec des
(s = 0,25 mm ; U0 = 120 m/min ; γ = 5˚ ; α = 6˚ ; Rα = 0,025 mm) [31] [32] arêtes de coupe multiples, tels que le fraisage ou le perçage.
Les aspects physiques du problème ne doivent pas être sous-
estimés et restent souvent des facteurs limitants. Ils sont liés à la
rhéologie du matériau dans des conditions difficiles à atteindre par
4. Conclusion et perspectives des essais rhéologiques simples, à la ductilité du matériau, comme
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on l’a souligné, et aux caractéristiques de l’outil. Les conditions de


contact (frottement, adhésion) restent encore à éclaircir, en
La modélisation de la formation du copeau est un art difficile dans particulier leur liaison avec l’emploi et la formulation de lubrifiants,
lequel les phénomènes physiques de base sont peu à peu intégrés la teneur inclusionnaire du matériau et la composition chimique de
afin d’améliorer la qualité des modèles. Lorsque l’on ne dispose que l’outil.

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P
O
U
Modélisation de la coupe des métaux R

E
par Eric FELDER N
Ingénieur civil des Mines de Paris
Docteur ès Sciences
Maître de Recherches à l’École des Mines de Paris
Groupe « Surfaces et Tribologie », Centre de Mise en Forme des Matériaux (CEMEF)
UMR 7635 CNRS – École des Mines de Paris S
A
V
[1] MERCHANT (M.E.). – Mechanics of the metal
Références bibliographiques
[8] HILL (R.). – On the limits set by plastic yiel- Institution of Mechanical Engineers 177,
O
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ding to the intensity of singularities of stress
(Sur les limites imposées aux singularités de
contrainte par l’écoulement plastique). [15]
p. 789-802, 24 fig., bibl. (13) réf. (1963).
NAKAYAMA (K.). – Temperature rise of work-
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P MODÉLISATION DE LA COUPE DES MÉTAUX _________________________________________________________________________________________________


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Common questions

Alimenté par l’IA

The secondary shear zone is less understood than the primary one due to difficulties in obtaining precise information about the small region where temperature and strain rate rapidly change. Its kinematics are complex and harder to measure experimentally, requiring sophisticated tools for analysis and modeling .

Understanding the stress distribution at the tool-chip interface is critical for optimizing machining parameters, as it directly affects tool life and material removal efficiency. Knowing how stresses are distributed can inform adjustments to cutting speed, feed rate, and tool material, promoting more efficient and cost-effective machining processes .

Modeling the rheology of materials during metal cutting is challenging due to uncertainties in accurately describing plastic flow behavior under high strain rates and temperatures. Various factors, including empirical friction laws at the chip-tool interface and the possible strain hardening or softening of the material, add complexity to creating reliable predictive models .

Post-1990, the increase in computational power drastically advanced the study of metal cutting mechanics by enabling the use of finite element methods to simulate chip formation and deformation processes in greater detail. This allowed for more accurate models that could account for dynamic changes in geometry and material properties, driving innovations in tool design and cutting strategies .

High cutting speeds lead to strong thermomechanical coupling, causing a significant variation in the plastic flow stress of the machined material due to temperature changes. This results in high strain rates and complex stress distributions at the tool-chip interface, affecting the material removal process and tool wear .

Numerical methods for simulating chip formation evolved notably after 1990 with the development of finite element modeling, which allowed direct simulation of the chip formation process in plane strain conditions. Prior to that, the geometry of the chip was predefined either through experimental observations or simple mechanical models like the Merchant model, restricting the accuracy of simulations .

The angle of cut (γ) and the friction coefficient significantly influence the evolution of the specific cutting force in metal machining. Specifically, the reduced specific cutting effort Kc/k changes with variations in the cutting angle and friction coefficient, indicating how these parameters critically determine the material removal efficiency and the energy required for cutting .

Thermal analysis is crucial in understanding tool wear and machining performance as temperature increases at the tool-chip interface can significantly affect tool life. High interface temperatures reduce the strength and hardness of the tool material, leading to faster wear rates, which consequently affect the cutting process efficiency and the obtainable surface finish .

Empirical friction laws play a crucial role in machining processes by providing approximations of the frictional behavior at the tool-chip interface. These laws influence the simulation of stress and deformation fields, impacting predictions of force requirements and tool wear, although they often contain simplifications that limit their accuracy .

The secondary shearing zone in chip formation is essential as it describes the area where shear deformation is enhanced due to the contact between the chip and the tool. This zone connects the primary deformation zone and the tool, exhibiting a velocity increase from zero at the tool's surface to the free surface of the chip, thereby facilitating the chip's rigid body evacuation .

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