Vrai Cours de Controle de Gestion b1
Vrai Cours de Controle de Gestion b1
Introduction au Contrôle de
Gestion
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LA GESTION BUDGETAIRE : LES BUDGETS
DE VENTES, DE PRODUCTION, DES
APPROVISIONNEMENTS ET AUTRES
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CHAPITRE 0 : INTRODUCTION A LA GESTION BUDGETAIRE
1. Introduction :
Avec l'économie de marché, la concurrence et la liberté d'activité qui s'en suivra,
la gestion budgétaire devient parmi les techniques de gestion qui devra le plus se
développer dans l'entreprise. La gestion budgétaire a pour objet de préparer l'entreprise
à exploiter les atouts et affronter les difficultés qu'elle rencontrera dans l'avenir, elle
comporte une définition des objectifs à atteindre et des moyens à mettre en œuvre.
2. Historique :
Le terme " budget " c'est un mot anglais qui vient d'un mot de l'ancien français
"la bougette" ou "la petite bouge" qui désignait au moyen âge le coffre ou le sac
permettant au voyageur d'emporter avec lui marchandises ou effets personnels1.
Au moyen âge, dans un sens plus restreint, la bougette signifiait aussi et surtout la
bourse dans laquelle le marchand serrait ses écus lorsqu'il avait à se déplacer pour se
rendre, par exemple aux célèbres foires.
Avoir la bougette c'est donc en fait à la fois ne pas pouvoir rester en place, évoluer
avec dynamisme, entreprendre, mais également avoir prévu et programmé les
dépenses, et disposer de la somme d'argent nécessaire pour mettre en œuvre son projet.
3. Définition :
Il y’a plusieurs définitions différentes pour la gestion budgétaire selon les auteurs
et les économistes, on va citer trois définitions distinctes :
▪ La gestion budgétaire est un mode de gestion qui englobe tous les aspects de
l'activité de l'entreprise dans un ensemble cohérent de prévision chiffrées (les
budgets).
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▪ La gestion budgétaire est l'ensemble des techniques mises en œuvre pour établir
des prévisions applicables à la gestion d'une entreprise et pour comparer aux
résultats effectivement constatés.
▪ La gestion budgétaire est une technique de gestion qui consiste à partir d'une
prévision objective des conditions internes et externes d'exploitation, de fixer à
l'entreprise pour une période définie un objectif, ainsi que les moyens nécessaires
pour l'atteindre2.
Définition de synthèse :
La gestion budgétaire est l'ensemble des mesures qui visent à établir des
prévisions chiffrées, à constater les écarts entre celles-ci et les résultats
effectivement obtenus et à décider des moyens à mettre en œuvre pour atteindre
les objectifs fixés, pour une période déterminée.
5. Terminologie :
On va définir quelque terme nécessaire pour la gestion budgétaire :
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▪ Ecart : l'écart c'est la différence entre la réalisation et la prévision.
▪ Contrôle : une procédure qui compare a posteriori les réalisations avec les
prévisions du budget d'un centre de responsabilité.
▪ Stratégie : est l'ensemble des décisions permettant à l'entreprise d'atteindre et de
maintenir ses objectifs à long terme.
▪ Décentralisation : le découpage de l'entreprise à des centres de responsabilité
avec une délégation du pouvoir.
6. Types de budgets :
On distingue six types de budgets dans l'entreprise industrielle et cinq types de
budgets dans l'entreprise commerciale :
5
CHAPITRE : I : LE SYSTEME BUDGETAIRE
Le système budgétaire est un instrument du contrôle de gestion, il est constitué par les
différents programmes d'actions ou budgets établis en termes de quantités, de valeurs
et de délais.
1.2. La budgétisation : c'est une définition de ce que sera l'action de l'entreprise, sur
le double plan des objectifs et des moyens.
1.3. Le contrôle : c'est la comparaison permanente des résultats réels et des résultats
prévisionnels figurant au budget pour :
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(Eventuellement
) Prévoir
Remise en cause des
Choixdes objectifs
prévisions et des
objectifs
Contrôler Décider
Choix des
moyens et
Analyse transformation
des écarts des objectifs en
programmes
d'action
Exécuter Programmer
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▪ La troisième étape : les différents projets de budgets sont consolidés et un projet
d'états financiers est établi, cette synthèse fait ressortir des incohérences et des
incompatibilités entre les niveaux d'activité prévus dans les différents centres.
Bilan
Budget des charges prévisionnel
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4. Hiérarchie et interdépendances des budgets :
Les budgets sont attachés aux centres de responsabilités qui contribuent à la
réalisation des fonctions nécessaires à l'exploitation de l'entreprise. Les différents
budgets sont donc interdépendants, certains déterminent les autres, et une hiérarchie
doit être respectée. Il convient donc de s'assurer de la cohérence de tout le système
budgétaire.
Budget des
Budget des Ventes
Investissements
Budget de production
Budget des
Approvisionnements
Budget de Trésorerie
Compte de résultat
Bilan prévisionnel
Prévisionnel
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CHAPITRE II : LE BUDGET DES VENTES (METHODES DE PREVISION)
La prévision des ventes est nécessaire car elle constitue le point de départ de la gestion
budgétaire, mais il est hors de portée de lire l'avenir avec certitude. La prévision des
ventes permet à l'entreprise de s'organiser pour :
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2.1. L'ajustement linéaire (méthode des moindres carrés) :
La méthode d'ajustement linéaire par la droite des moindres carrés est celle qui
minimise le carré des distances des points ajustés à la droite, distances mesurées
parallèlement à l'axe des ordonnées. L'extrapolation de la tendance permet une
prévision des ventes pour les périodes à venir.
Les formules de calcul de la méthode des moindres carrés sont les suivantes :
▪ Le paramètre (a) :
▪ Le paramètre (b) :
La représentation graphique de la méthode d'ajustement linéaire est la suivante :
y
Les ventes
Ventes constatées
Extrapolation
Droite d'ajustement
x
Le temps
L'évolution générale d'une série n'est pas toujours linéaire, elle peut relever
d'autres modèles. En particulier, les ventes peuvent connaitre une tendance
exponentielle ou une évolution qui impose l'utilisation d'une fonction puissance.
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- La fonction exponentielle est de la forme :
En prenant le logarithme décimal de cette expression, on obtient :
En posant , , , on obtient :
C'est l'expression linéaire de la fonction exponentielle, il est possible alors
d'appliqué la méthode de moindres carrés pour déterminer les paramètres A et B, les
paramètres a et b sont ensuite déterminés ainsi : a = 10A et b = 10B
- si le phénomène étudié relève d'une fonction puissance, une démarche similaire peut
être appliquée.
Remarque : il est possible d'utiliser les logarithmes népériens, les calculs sont alors à
adapter en conséquence.
y Ventes constatées
Les ventes
Extrapolation
Courbe d'ajustement
Le temps x
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2.3. La corrélation :
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y
Variations Tendance
Les ventes saisonnières générale
Variations
accidentelles
x
Le temps
ou
▪ Le coefficient saisonnier :
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2.5. Le lissage exponentiel :
Le lissage exponentiel est un modèle de prévision, cette prévision est la moyenne
pondérée de l'observation et de la prévision.
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CHAPITRE III : LE BUDGET DES VENTES (PRESENTATION ET
STRUCTURE)
Le budget des ventes établit la prévision du chiffre d'affaires selon la périodicité et sur
un horizon définis dans le cadre de la procédure budgétaire.
La documentation nécessaire aux prévisions regroupe : les statistiques des ventes de
l'entreprise, les données relatives aux études de marché, les décisions des dirigeants en
matière de politique générale, …etc.
Le budget des ventes est le premier budget à élaborer, c'est le budget de départ, il
permet de constituer les autres budgets, il est déterminant (qui détermine les autres
budgets).
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Période 1 Période 2 Période N
Ventes (quantités)
Prix (HT)
TVA (18%)
Exemple :
Dans une entreprise, les prévisions des ventes pour les quatre trimestres de l'année
prochaine sont comme suit :
1er Trimestre 2ème Trimestre 3ème Trimestre 4ème Trimestre
Ventes (en volume) 5000 1T + 20 % 1T 2T – 10 % 1T 3T + 15 % 3T
Le prix de vente hors taxes est de 120 avec une augmentation de 25 % à partir de
01/07/N+1, le taux de TVA est de 18 %.
Travail à faire : élaborer le budget des ventes.
Lorsqu'un suivi des ventes à été mise en place, le contrôleur dispose a posteriori de
données prévisionnelles et réelles, l'écart total sur chiffre d'affaires est :
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4.2. La décomposition de l'écart sur ventes :
Le chiffre d'affaires est le produit de la quantité vendue par le prix de vente, deux causes
peuvent donc expliquer un écart sur les ventes
▪ Un écart de quantité : quantité réelle – quantité prévue.
▪ Un écart de prix : prix réelle – prix prévue.
▪ A quantifier l'écart sur prix, qui est l'écart de prix avec la quantité réelle.
Réelles QR PR CAR
Prévues QP PP CAP
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Ecart total sur ventes Etotal
= Σ (CAR – CAP)
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Le budget de production est établi de manière subséquente par rapport à celui des
ventes, de telle sorte qu'il respecte les contraintes.
La gestion budgétaire de la production a pour mission de prévoir la quantité à
produire et d'optimiser le programme de production.
La planification de la production est indispensable afin de confronter l'ensemble
des prévisions des ventes aux contraintes propres de la production, ces contraintes
résultent :
- Des capacités installées qui ne sont pas modifiables à court terme.
- Des délais à respecter.
- Des couts à ne pas dépasser.
- Des ressources humaines disponibles.
1. Contraintes de la production :
2. Programmation de la production :
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La programmation linéaire c'est une méthode de recherche opérationnelle qui
permet de déterminer l'optimum d'une "fonction économique" en tenant compte de
contraintes.
▪ La fonction économique : c'est une équation qui représente une valeur que l'on
cherche à optimiser, il peut s'agir soit d'un résultat ou un chiffre d'affaires que l'on
cherche à maximiser, soit d'un cout que l'on cherche à minimiser.
▪ Les contraintes économiques : sont décrites par des inéquations qui
représentent les différentes contraintes de production.
Quantité à vendre
Stock initial
Stock final
Quantité à produire
Exemple :
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Dans une entreprise de production, les prévisions des ventes pour les quatre
trimestres de l'année prochaine sont comme suit :
1er Trimestre 2ème Trimestre 3ème Trimestre 4ème Trimestre
Ventes (en volume) 4000 5500 4800 4500
Stock initial
Stock final
1. La fonction approvisionnement :
2. Le cout d'approvisionnement :
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2.2. Le cout de possession (de stockage) : comprend les frais d'assurances du stock
contre les risques divers (incendie, vol, etc.), le cout des moyens de stockage
(locaux, personnel, matériel).
2.3. Le cout administratif : comprend les frais administratifs de la fonction
approvisionnement.
2.4. Le cout de pénurie : c'est le cout de la conséquence d'une rupture de stock.
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Période 1 Période 2 Période N
Quantité à produire
Quantité de la MP nécessaire
Quantité à consommer
Quantité à acheter
TVA (%)
Exemple :
L'entreprise E fabrique le produit P à partir de la matière première M, la
fabrication d'une unité de P nécessite 3 unités de M, le prix d'achat unitaire de la
matière M est de 500 (HT), le taux de la TVA est de 18 %, les prévisions de la
production pour l'année N+1 sont les suivantes :
1er Trimestre 2ème Trimestre 3ème Trimestre 4ème Trimestre
Production (en volume) 4300 5360 4740 4580
Ecart total = Cout des approvisionnements réelles – Cout des approvisionnements prévisionnelles
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CHAPITRES VI : LE BUDGET DES CHARGES
Dans les cours précédents, nous nous sommes attachés à mettre en évidence des
méthodes de prévisions en quantités (quantités à vendre, quantités à produire et
quantités acheter).
Ces prévisions quantitatives ou programme sont indispensables pour les services
opérationnels qui ont à mettre en œuvre les moyens nécessaires à leur réalisation, mais
elles ne peuvent suffire pour un pilotage global de l'entreprise, elles engagent en effet
des encaissements et des décaissements qui joueront sur la solvabilité de l'entreprise et
sur sa rentabilité, dont les managers ont à rendre compte. Les prévisions doivent donc
être exprimées en termes monétaires.
Le passage de programmes quantitatifs à des budgets en valeur suppose une
valorisation fondée sur le calcul de couts calculés à priori, appelés préétablis. Leur
élaboration ne dispense pas de couts réels dont les modalités ont été étudiées dans la
comptabilité analytique, ils constituent un outil supplémentaire pour le contrôle de
gestion en permettant une comparaison entre les réalisations et les prévisions.
1. Les charges :
1.1. Définition : une charge est une dépense supportée par l'entreprise pour produire
un produit ou offrir un service.
1.2. Type des charges : il existe deux classifications fondamentales, celles qui
distinguent les charges fixes des charges variables et celles qui distinguent les
charges directes des charges indirectes.
27
Charges
28
La structure du budget de main d'œuvre est généralement comme suit :
Période 1 Période 2 Période N
Quantité à produire
Nbr des heures nécessaire
Cout d'une heure
MOD
Exemple :
La fabrication d'une unité de P nécessite 3 heures de main d'œuvre directe, le cout
d'une heure de travail est estimé à 200 avec une augmentation de 20 % à partir de
01/05/N+1, les prévisions de production (en volume) pour le premier semestre de
l'année N+1 sont les suivantes :
Mois Janvier Février Mars Avril Mai Juin
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6. Budget des frais généraux :
Les services généraux englobent tous les services qui rendent possible l'activité
de l'entreprise sans y participer directement, ils comprennent par exemple :
- La direction générale.
- Les services administratifs tels que secrétariat et service juridique.
- La direction des ressources humaines.
- Les services financiers et comptables, …etc.
Les charges engagées par ces services sont appelées "frais généraux" et sont
constituées essentiellement de charges fixes.
- Charges fixes :
▪ Les études de marché.
▪ Les campagnes de publicité.
▪ Le cout des locaux (points de ventes).
▪ Amortissements des matériaux de transport.
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7. Structure de budget des charges :
Le budget des charges se compose généralement par des sous-budgets : budget
des approvisionnements, budget de main d'œuvre directe, budget des charges indirectes
de production, budget des frais généraux et le budget des charges de commercialisation.
Période 1 Période 2 Période N
Approvisionnement
Frais généraux
Charges de commercialisation
Exemple :
TAF :
Remarque :
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CHAPITRE VII : LE BUDGET DES INVESTISSEMENTS
Un investissement est l'engagement de ressources dans des projets dont on attend des
profits futurs, un projet d'investissement n'est acceptable que s'il est rentable, la
rentabilité repose sur une comparaison des profils que l'on espère obtenir de
l'investissement avec les revenus d'un placement financier de même montant et de
même risque.
Le budget des investissements suppose deux étapes :
▪ Le choix des investissements à réaliser et les calculs de rentabilité qui permettent
de choisir.
▪ La budgétisation des investissements qui vise à établir une répartition dans le
temps (des investissements et du financement correspondant).
1. Généralités :
L'investissement mobilise très souvent des moyens financiers importants, cette
situation implique qu'un investissement ne peut se réaliser sans études préalables qui
impliquent des choix sur la base d'hypothèses.
1.2. Notion économique : la définition économique est plus large que la définition
comptable, en ce sens qu'un investissement représente "une mobilisation de ressources
aujourd'hui, dans l'espoir d'en tirer dans le futur un montant supérieur". La notion
économique de l'investissement englobe non seulement les achats de biens
d'équipements, mais également d'autres dépenses (formation du personnel, programme
de développement, …etc).
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1.3. Notion financière : du point de vue financier, un investissement englobe toute
dépense qui générera des revenus ou réalisera des économies sur une période plus ou
moins longue, est qui est capable d'assurer sa remboursabilité. La vision financière de
l'investissement met en avant l'équilibre dans le temps entre les ressources et les
emplois.
Dans ce cas, l'investissement le plus intéressant est celui qui assure le plus
rapidement la récupération des fonds engagés.
2.2. La valeur actuelle nette (VAN) : cette méthode consiste à comparer la dépense
initiale à la valeur actuelle des cash-flows nets attendus sur la durée de vie de
l'investissement, la valeur actuelle nette est égale à :
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Avec : i : année. n : la durée de vie de l'investissement.
CFi : le cash-flow de l'année i. (1+t)-i : le coefficient d'actualisation. t : le taux
d'actualisation. I : le cout de l'investissement.
2.4. Le taux interne de rentabilité (TIR) : cette méthode consiste à chercher pour
quel taux d'actualisation on obtient l'égalité entre le cout de l'investissement et la valeur
actuelle des cashflows net attendus (VAN = 0), elle s'exprime par l'équation :
Avec
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Puis on cherche dans les tables financières le taux correspondant à la valeur C, ce
taux est le taux interne de rentabilité (TIR).
La signification financière de TIR :
▪ TIR > t : l'investissement est rentable (accepté).
▪ TIR = t : investissement sans rendement.
▪ TIR < t : l'investissement n'est pas rentable (rejeté).
3. Le plan de financement :
I. Besoins
- Investissements.
- Frais divers.
- Autres besoins.
II. Ressources
- Fonds propres.
- Crédit à long et moyen termes.
- Subventions.
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4. Structure de budget des investissements :
Le budget des investissements reprend les informations du plan d'investissement
en les détaillants par responsable opérationnel afin de permettre un suivi administratif
de l'engagement des dépenses.
Budget des
Investissements
Emplois :
Investissement A
Investissement B
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Le budget de l'année N+1 tiendra compte des engagements, des réceptions et des règlements
▪ Les dates d'engagement : ce sont les dates à partir desquelles il n'est plus possible
de revenir sur les décisions d'investissement, elles peuvent donner lieu à versement
d'acompte et tout retard dans l'exécution des taches précédentes contrarie les
engagements des taches suivantes et l'organisation du projet.
▪ Les dates de réception : elles conditionnent le démarrage des activités et donc la
rentabilité des projets envisagés.
▪ Les dates de règlement : ce sont les différents moments ou il faut régler les travaux
engagés, outre leurs conséquences en matière de trésorerie, il est important de
vérifier la cohérence entre les montants facturés et ceux budgétés.
Investissement 2
Investissement N
Total
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CHAPITRES VIII : LE BUDGET DE TRESORERIE
Dans l'ensemble du processus budgétaire, le budget de trésorerie apparait comme une
résultante des budgets opérationnels (d'exploitation) et budget des investissements
conformément au schéma suivant :
Budget de trésorerie
1. Généralités :
Dans l'ordre logique des choses, le budget de trésorerie est le dernier budget à
élaborer, le budget de trésorerie est la conséquence de tous les autres budgets.
1.1. Définition du budget de trésorerie : le budget de trésorerie est la transformation
des charges et des produits de tous les budgets précédents en encaissements et en
décaissements, notions qui privilégient l'échéance des flux monétaires.
1.2. Objectifs du budget de trésorerie : dans une optique strictement budgétaire, le
budget de trésorerie répond à plusieurs impératifs :
- Prévoir les encaissements et les décaissements.
- Assurer l'équilibre entre les encaissements et les décaissements.
- Connaitre le solde de fin de période budgétaire.
1.3. Composition du budget de trésorerie :
le budget de trésorerie se compose de deux parties distinctes :
- Les encaissements (recettes).
- Les décaissements (dépenses).
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1.4. Schéma du budget de trésorerie :
Encaissements Décaissements
Budget de trésorerie
: Budgets d'exploitation
: Budgets hors exploitation
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Exemple :
Vous disposez les prévisions suivantes pour une entreprise industrielle :
Janvier Février Mars Avril Mai Juin
1. Budget de TVA :
3.1. Généralité :
La TVA (taxe sur la valeur ajoutée), c'est un impôt indirect appliqué sur les biens
et les services consommés, dont la collecte est assurée par les entreprises pour les
comptes de l'État.
Une opération est soumise à la TVA lorsqu'elle constitue une livraison de biens
ou de services, relève d'une activité économique (agricole, industrielle, commerciale,
libérale, …etc.) et est réalisée à l’intérieur du pays, par une personne (morale ou
physique) agissant à titre individuel.
Le prix d'achat réglé par le consommateur est majoré d'une somme correspondant
à un pourcentage du prix initial : le consommateur paie donc une charge
supplémentaire que l'entreprise perçoit, mais ne conserve pas puisqu'elle la reverse
ensuite à l'État.
Seul le consommateur final acquitte véritablement la TVA, car pour les
intermédiaires cet impôt est déductible (neutre).
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3.2. Formule de calcul :
La TVA à décaisser fait l'objet d'un budget séparé, elle se calcule comme suit :
Avec :
▪ TVA à décaisser : Le montant de la TVA à décaisser pour la période P.
▪ TVA collectée : Le montant de la TVA collectée sur les ventes de la période P.
▪ TVA déductible : le montant de la TVA déductible sur les achats de biens et
services de la période P, et aussi déductible sur les achats d'immobilisations de la
même période (TVA déductible = TVA déductible sur les achats de biens et services
+ TVA déductible sur les achats d'immobilisation).
▪ Crédit de TVA : il peut arriver que pour une période donnée, le montant de la TVA
déductible soit supérieur à celui de la TVA collectée, l'entreprise bénéficie alors d'un
crédit de TVA (crédit reportable et à déduire de la ou des déclarations suivantes)6.
3.3. Structure :
Période Période 2 Période
1 N
TVA collectée
TVA à décaisser
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Exemple :
Vous disposez les prévisions suivantes pour une entreprise industrielle :
Janvier Février Mars Avril Mai Juin
TVA déductible sur les 400 460 370 420 530 450
achats des biens et des
services
TVA déductible sur les - - - 500 - -
achats des immobilisations
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Exemple :
Vous disposez les prévisions suivantes pour une entreprise industrielle :
Janvier Février Mars Avril Mai Juin
Achats (TTC) 2754 3166 2546 2890 3650 3100
TVA à décaisser 326 411 327 - 234 363
Autres charges 800 980 920 850 1000 950
Exemple :
Utilisez les résultats des exemples précédents pour l’élaboration de budget de
trésorerie, le solde de trésorerie au 31/12/N était 6000.
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6. Ajustement de budget de trésorerie :
Le budget de trésorerie fait apparaitre les soldes en fin de période qui témoignent :
▪ Des insuffisances de trésorerie (solde négatif) : les insuffisances de trésorerie
conduisent l’entreprise à chercher des moyens de financements à cour terme
(découvert bancaire).
▪ Des excédents (solde positif) : le trésorier doit chercher les placements les plus
rentables et présentant le moins de risque pour l’entreprise. On ajuste les
prévisions pour résorber ces soldes.
7. Remarques :
▪ Il faut bien lire les informations relatives aux modes de règlement.
▪ Attention aux informations des budgets qui sont fournies hors taxes, elles doivent
toujours être reprises dans un budget de trésorerie toutes taxes comprises.
▪ Ne pas assimiler charges à décaissements, il existe des charges non décaissées
(toutes les dotations aux amortissements et aux provisions) et des décaissements
qui ne sont pas des charges (les remboursements de capital financier, les
acquisitions d’immobilisations).
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BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE
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