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Dissertation Philo Violence Justice

La dissertation explore le paradoxe de la violence en tant que remède à l'injustice, en examinant sa légitimité morale et son efficacité sociale. Bien que la violence soit souvent condamnée comme incompatible avec la justice, elle peut apparaître comme une réponse légitime face à des injustices structurelles lorsque les voies légales sont fermées. L'État, qui revendique le monopole de la violence, doit veiller à ce que son usage reste au service de la justice, sinon il devient lui-même source d'injustice.

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La dissertation explore le paradoxe de la violence en tant que remède à l'injustice, en examinant sa légitimité morale et son efficacité sociale. Bien que la violence soit souvent condamnée comme incompatible avec la justice, elle peut apparaître comme une réponse légitime face à des injustices structurelles lorsque les voies légales sont fermées. L'État, qui revendique le monopole de la violence, doit veiller à ce que son usage reste au service de la justice, sinon il devient lui-même source d'injustice.

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Dissertation de philosophie

Sujet : La violence peut-elle être un remède à l’injustice ?

Introduction
« L’injustice appelle l’injustice, et la violence engendre la violence », écrivait Henri
Lacordaire. Cette formule nous invite à réfléchir à un paradoxe : la violence, souvent perçue
comme un mal, pourrait-elle néanmoins devenir un instrument de justice ? N’est-elle pas, en
elle-même, une forme d’injustice ? Ou bien, dans certains contextes, peut-elle apparaître
comme un recours nécessaire face à l’oppression ?

La question « La violence peut-elle être un remède à l’injustice ? » pose un dilemme moral et


politique majeur. D’un côté, l’idéal éthique proscrit la violence comme un moyen contraire à
la justice. De l’autre, l’histoire humaine témoigne d’insurrections, de révolutions et de luttes
sociales où la violence semble avoir permis de renverser des systèmes profondément
injustes.

La violence ne peut donc être appréhendée de manière univoque : elle oscille entre
domination et libération, entre abus de pouvoir et moyen d’émancipation. Pour déterminer
si elle peut être considérée comme un remède à l’injustice, il faut interroger à la fois sa
légitimité morale, son efficacité sociale, et le rôle qu’elle joue dans l’exercice du pouvoir
étatique.

Nous verrons d’abord pourquoi la morale semble condamner l’usage de la violence, avant
d’examiner comment elle peut apparaître comme un instrument de lutte sociale, puis
d’évaluer les conditions dans lesquelles l’État peut user légitimement de la force.

I. La violence semble moralement incompatible avec l’idée de justice


La justice, dans son essence, vise à rétablir un équilibre, à réparer un tort sans en créer un
nouveau. Elle suppose la reconnaissance de l’égalité fondamentale entre les êtres humains,
et s’inscrit dans une logique de raison et de droit. À l’inverse, la violence impose un
déséquilibre. Elle est l’exercice d’une force brute, souvent arbitraire, qui prive autrui de sa
liberté ou de sa dignité. Dans cette perspective, il semble contradictoire de vouloir réparer
une injustice — c’est-à-dire une atteinte à la justice — par un acte qui nie cette même
justice.

C’est pourquoi des penseurs comme Gandhi ou Martin Luther King ont fait de la non-
violence un principe fondamental dans la lutte contre l’injustice. Ils estiment qu’on ne peut
pas parvenir à une société juste par des moyens injustes. « L’œil pour œil rendra le monde
aveugle », disait Gandhi : recourir à la violence, même pour une cause juste, c’est entretenir
le cycle de la haine et du ressentiment. La véritable force morale réside, selon eux, dans la
capacité à résister sans reproduire le mal que l’on subit.

Par ailleurs, sur le plan éthique, répondre à la violence par la violence peut conduire à une
perte de légitimité. Celui qui se bat contre l’injustice mais adopte des méthodes injustes finit
par brouiller les frontières entre victime et agresseur. Il devient lui-même porteur d’un
principe destructeur, incapable d’incarner l’idéal de justice qu’il prétend défendre.

Cependant, cette condamnation morale de la violence ne résiste pas toujours à l’épreuve du


réel. Lorsque l’injustice devient systémique, étouffe toute possibilité de dialogue ou
d’expression, que reste-t-il aux opprimés, sinon la violence ? La simple condamnation
morale ne suffit plus : il faut alors interroger la violence dans ses causes et ses effets, ce qui
nous conduit à reconsidérer sa fonction sociale.

II. Pourtant, la violence apparaît parfois comme une réponse légitime face à des
injustices structurelles
Si la morale condamne la violence comme une atteinte à la dignité humaine, l’histoire
rappelle cependant qu’elle a souvent été le dernier recours des opprimés. Lorsque les voies
légales sont closes, que les institutions censées garantir la justice deviennent elles-mêmes
les instruments de l’injustice, la violence cesse d’être un simple excès : elle devient une
forme de résistance.

Des révolutions politiques aux mouvements de libération, de nombreuses luttes ont utilisé
la violence pour briser l’ordre établi lorsque celui-ci se montrait incapable ou refusait de se
réformer. On pense à la Révolution française, aux luttes anticoloniales au XXe siècle, ou
encore aux soulèvements contre les dictatures. Dans ces contextes, la violence ne procède
pas d’un caprice ou d’un goût pour la destruction : elle vise un renversement de système, au
nom d’un idéal de justice supérieure.

Frantz Fanon, dans Les Damnés de la terre, défend cette idée : face à une domination
coloniale qui nie jusqu’à l’existence du colonisé, seule une réponse violente permet à ce
dernier de retrouver sa dignité, son humanité. Il écrit : « la violence désintoxique » — non
parce qu’elle purifie, mais parce qu’elle rompt le cercle de l’humiliation. Elle devient alors le
langage des sans-voix, le cri de ceux à qui on a tout refusé.

Dans les démocraties contemporaines, on retrouve cette dynamique dans certaines formes
de protestation radicale : manifestations, blocages, parfois émeutes. Ces actions peuvent
paraître violentes, mais elles expriment une colère née du sentiment d’abandon ou
d’injustice — par exemple face à des politiques économiques inégalitaires, à la brutalité
policière, ou à l’impunité des puissants. Comme le disait John Rawls, une société stable doit
reposer sur un sentiment de justice partagé ; à défaut, les institutions perdent leur
légitimité.
La violence devient alors une alerte. Elle n’est peut-être pas souhaitable, mais elle est
compréhensible, et parfois inévitable. Elle révèle les failles du système et la nécessité d’une
transformation profonde. Reste à savoir qui peut l’exercer de manière légitime, et selon
quelles règles. C’est ce que nous allons examiner à travers la question du monopole étatique
de la violence.

III. L’État revendique le monopole de la violence pour assurer l’ordre et la


justice, mais ce pouvoir reste ambivalent
Si la violence individuelle est généralement condamnée, la violence étatique, elle, peut être
jugée légitime. Le philosophe Max Weber a théorisé cette spécificité : l’État est « l’institution
qui revendique avec succès le monopole de la violence physique légitime ». Autrement dit,
dans une société organisée, seul l’État a le droit d’exercer la contrainte, à condition qu’elle
soit encadrée par le droit et qu’elle vise le bien commun.

Ce monopole permet à l’État de faire respecter les lois, de punir les crimes, de maintenir
l’ordre public. Il est donc censé prévenir l’injustice, non la produire. La violence, dans ce
cadre, devient un outil de régulation sociale : arrestation d’un criminel, intervention
policière pour protéger des citoyens, sanctions judiciaires en cas d’infractions. Elle est une
réponse mesurée à une transgression, et non une agression gratuite.

Cependant, cette légitimité est fragile. Car si l’État abuse de son pouvoir coercitif, s’il
emploie la force de manière arbitraire, il devient lui-même source d’injustice. La violence
qu’il exerce cesse alors d’être protectrice pour devenir oppressive. L’histoire regorge
d’exemples d’États autoritaires ou totalitaires qui ont instrumentalisé leur monopole de la
violence pour faire taire l’opposition, museler la presse, ou réprimer les minorités.

Dans ce cas, ce n’est plus le citoyen qui menace l’ordre public, mais l’État lui-même. Ce
renversement illustre la difficulté de tracer une frontière claire entre violence légitime et
violence illégitime. Comme l’écrit Mikhaïl Boulgakov, « tout pouvoir est une violence
exercée sur les gens » — mais cette violence peut-elle encore être appelée justice lorsqu’elle
ne sert que la conservation du pouvoir ?

La question est alors politique : comment garantir que la violence étatique reste au service
du droit, et non au service d’intérêts particuliers ? La réponse réside dans la vigilance
démocratique, le contrôle des institutions, la transparence du pouvoir et le respect des
droits fondamentaux. Sans cela, même la violence dite légale peut devenir une forme
d’injustice.
Conclusion
La violence, à première vue incompatible avec l’idéal de justice, peut cependant se révéler
comme une réaction face à l’injustice, ou comme un instrument de régulation lorsqu’elle est
encadrée par la loi. Elle ne peut être définie une fois pour toutes comme un mal ou un bien :
sa légitimité dépend de son usage, de ses finalités, et du cadre dans lequel elle s’inscrit.

Ainsi, la violence peut, dans certains cas, apparaître comme un remède à l’injustice,
notamment lorsqu’elle brise un ordre profondément inéquitable ou lorsqu’elle est utilisée
par l’État pour garantir la sécurité et l’égalité. Mais elle reste un remède dangereux, instable,
et parfois contre-productif : utilisée à mauvais escient, elle engendre de nouvelles injustices.

C’est pourquoi une société véritablement juste ne saurait reposer sur la violence comme
fondement permanent. Elle doit viser un ordre où le droit remplace la force, où la parole
remplace le coup, et où la reconnaissance mutuelle rend la violence inutile. Le défi reste
donc de bâtir des institutions assez justes pour que la violence cesse d’apparaître comme la
seule voie vers la justice.

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