Pfe Risques Financiers VFF
Pfe Risques Financiers VFF
Contexte et problématique
Dans un environnement économique mondial de plus en plus volatil et incertain, les entreprises sont
constamment exposées à des risques financiers susceptibles d’affecter leur performance et leur
pérennité. Ces risques, qu’ils soient liés aux fluctuations des taux de change, aux variations des prix
des matières premières, à l’instabilité des marchés financiers ou encore aux contraintes
réglementaires, exigent la mise en place de dispositifs efficaces de gestion et de contrôle.
La présente étude s’inscrit dans cette logique, en s’appuyant sur la problématique suivante :
Dans quelle mesure le système de contrôle interne de Pakistan Maroc Phosphore permet-il de
prévenir et de maîtriser les risques financiers propres à son environnement d’activité ?
Intérêt du sujet
L’intérêt de ce sujet est double. D’une part, il permet d’approfondir la compréhension des
mécanismes de gestion des risques financiers dans un secteur stratégique pour l’économie nationale.
D’autre part, il offre une perspective concrète à travers l’étude de cas de Pakistan Maroc Phosphore,
permettant d’analyser les pratiques actuelles, d’identifier les lacunes éventuelles et de proposer des
améliorations adaptées.
Ce travail revêt également un intérêt pratique pour les professionnels du contrôle de gestion, de
l’audit interne et de la finance d’entreprise, en leur fournissant des repères méthodologiques et
stratégiques pour renforcer les dispositifs de gestion des risques dans un contexte sectoriel exigeant.
Objectifs de ce rapport
Ce rapport a pour objectif principal d’analyser le rôle d’un système de gestion des risques financiers
dans la performance globale et la résilience d’une entreprise du secteur des phosphates. Plus
précisément, il vise à :
Étudier les dispositifs de gestion des risques en place au sein de Pakistan Maroc Phosphore ;
Méthodologie
Pour répondre à la problématique posée, ce travail adopte une démarche méthodologique mixte
combinant à la fois une approche théorique et une approche empirique qualitative et quantitative.
L’objectif est de garantir une analyse à la fois rigoureuse, contextualisée et ancrée dans la réalité
opérationnelle de Pakistan Maroc Phosphore (PMP).
Dans un premier temps, une revue de la littérature a été conduite afin de cerner les concepts clés
relatifs à la gestion des risques financiers, au contrôle interne, aux outils de maîtrise du risque, ainsi
qu’aux spécificités du secteur des phosphates. Cette base théorique a permis d’élaborer un cadre
d’analyse structuré, conforme aux standards internationaux en matière de management des risques
(COSO, ISO 31000).
Dans un second temps, l’étude de cas de PMP a été réalisée à travers l’exploitation croisée de
documents internes (rapports d’audit, états financiers, manuels de procédures), de données
comptables et financières disponibles, ainsi que d’un travail de terrain. Ce dernier s’est appuyé sur
trois outils complémentaires :
Une observation directe de certains processus financiers clés (approbation des dépenses,
suivi de trésorerie, gestion des devises), permettant de confronter les pratiques aux
procédures formelles.
Cette méthodologie plurielle permet ainsi de croiser les perceptions individuelles, les observations de
terrain et les données documentaires pour proposer une évaluation réaliste et fiable des risques
financiers liés au contrôle interne chez PMP. Elle constitue le socle analytique pour formuler des
recommandations pertinentes et opérationnelles en fin d’étude.
Délimitation de l’étude
Cette étude se concentre exclusivement sur les risques financiers (et non les risques opérationnels,
juridiques ou environnementaux) au sein d’une entreprise spécifique du secteur des phosphates, à
savoir Pakistan Maroc Phosphore.
Elle couvre une période récente et se limite aux données accessibles dans le cadre d’un stage ou
d’une collaboration universitaire, ce qui peut restreindre l’analyse de certains indicateurs internes
confidentiels.
Le choix de cette entreprise s'explique par sa représentativité dans le secteur et par la pertinence de
son positionnement en matière de gestion des risques financiers.
Plan du rapport
Chapitre 2 : Il analyse les spécificités du secteur des phosphates, identifie les principaux
risques financiers auxquels les entreprises sont exposées, et met en lumière les pratiques
internationales en matière de gestion de ces risques.
Dans un contexte économique mondial caractérisé par une instabilité croissante — notamment la
fluctuation des taux d’intérêt, l’instabilité géopolitique, les tensions commerciales, ou encore les
crises sanitaires et environnementales — les entreprises sont de plus en plus exposées à des risques
financiers majeurs. Ces risques, qui peuvent impacter directement leur rentabilité, leur solvabilité ou
leur trésorerie, exigent une vigilance accrue et une gestion rigoureuse. La mondialisation des
marchés et la financiarisation de l’économie ont amplifié la portée de ces risques, les rendant plus
complexes à anticiper et à maîtriser.
Ce premier chapitre vise ainsi à établir un cadre théorique et conceptuel clair de la gestion des
risques financiers. Il s’agit d’abord de définir précisément ce que recouvrent ces risques, en
identifiant les grandes catégories telles que les risques de marché (taux, change), les risques de
crédit, de liquidité, ou encore les risques opérationnels à dimension financière. Une bonne
compréhension de cette typologie est essentielle pour poser les bases d’un système de gestion des
risques efficace, capable de s’adapter aux spécificités de chaque secteur et de chaque structure
organisationnelle.
Par ailleurs, ce chapitre mettra en évidence les enjeux stratégiques, économiques et réglementaires
de la gestion des risques financiers. La capacité d’une entreprise à bien gérer ses risques conditionne
sa pérennité et sa compétitivité. Elle est aussi devenue un critère de conformité incontournable face
aux normes internationales telles que le cadre COSO ou la norme ISO 31000. À l’heure où les
investisseurs, les partenaires financiers et les régulateurs exigent davantage de transparence et de
maîtrise des aléas financiers, la gestion des risques se positionne comme un véritable levier de
gouvernance et de création de valeur.
Le chapitre se penche ensuite sur les outils et méthodes utilisés pour cartographier, évaluer et
réduire les risques financiers, notamment à travers des instruments tels que la Value at Risk (VaR),
les stress tests, ou les produits dérivés de couverture. Ces outils permettent aux entreprises
d’anticiper les chocs potentiels, de mieux répartir leurs ressources, et de sécuriser leurs flux
financiers.
Enfin, le rôle du contrôle interne et des systèmes d’information sera abordé comme fondement du
dispositif de gestion des risques. Le contrôle interne constitue une première ligne de défense
permettant de détecter, signaler et corriger rapidement les anomalies financières, tandis que les
systèmes d’information intégrés facilitent la collecte, le traitement et l’analyse des données
nécessaires à la prise de décision. Cette première partie constitue ainsi le socle indispensable pour
comprendre les enjeux spécifiques du secteur des phosphates, qui fera l’objet du chapitre suivant, et
pour analyser en profondeur l’étude de cas sur Pakistan Maroc Phosphore.
Pour appréhender efficacement la gestion des risques financiers, il est essentiel de s’appuyer sur un
cadre théorique solide. Cette section vise à clarifier les concepts fondamentaux liés aux risques
financiers, en définissant précisément ce qu’ils recouvrent, puis en présentant leur classification
selon différentes typologies.
Elle met également en lumière les enjeux majeurs pour les entreprises, qui vont bien au-delà de la
simple prévention des pertes, en intégrant des dimensions stratégiques et réglementaires. Enfin,
cette partie introduit les principaux cadres normatifs et référentiels qui encadrent et guident la mise
en œuvre des dispositifs de gestion des risques financiers dans les organisations contemporaines.
Les risques financiers représentent l’ensemble des menaces susceptibles d’entraîner des pertes
financières directes ou indirectes pour une entreprise. Ces risques sont liés aux aléas des marchés
financiers, aux conditions économiques, aux comportements des contreparties, ainsi qu’aux
contraintes institutionnelles et réglementaires. Leur gestion est devenue un enjeu crucial dans un
contexte de mondialisation et de forte instabilité économique.
Selon l’ISO 31000 (2018), le risque est défini comme « l’effet de l’incertitude sur les objectifs ». Cette
définition met en avant la notion d’incertitude, facteur inhérent aux activités économiques, et
souligne que les risques financiers impactent directement la réalisation des objectifs stratégiques et
opérationnels d’une entreprise.
Dans le cadre financier, le risque est souvent associé à la probabilité de variation défavorable des flux
monétaires futurs, pouvant affecter la rentabilité, la trésorerie ou la valeur de l’entreprise. Ces
variations peuvent être dues à des facteurs internes (mauvaise gestion, erreurs) ou externes (crises
économiques, fluctuations des marchés).
Le risque de marché : variation défavorable des prix des actifs financiers (actions,
obligations), des taux d’intérêt ou des taux de change.
Le risque de crédit : possibilité que la contrepartie fasse défaut dans le paiement d’une dette
ou d’un engagement.
Le risque de liquidité : incapacité à honorer ses engagements financiers à court terme sans
subir de pertes significatives.
Selon le Global Risks Report 2024 du Forum Économique Mondial, les risques financiers liés aux
marchés (volatilité boursière, hausse des taux d’intérêt) figurent parmi les cinq principaux risques
mondiaux affectant la stabilité économique et financière. En effet, la crise financière de 2008 a
rappelé combien la mauvaise gestion des risques financiers pouvait avoir des conséquences
catastrophiques non seulement pour les entreprises, mais aussi pour l’économie globale.
Par exemple, selon une étude de McKinsey (2022), les entreprises disposant d’un système mature de
gestion des risques financiers réduisent leurs pertes financières potentielles de 15 à 25 % par rapport
à celles qui n’en ont pas ou en ont un faible niveau de maturité.
La gestion des risques financiers commence par une identification claire et une classification précise
des différents types de risques auxquels une entreprise peut être exposée. Ces risques, liés aux
marchés, aux contreparties, à la trésorerie ou aux opérations, se manifestent sous plusieurs formes
principales, qu’il convient d’analyser pour mieux les maîtriser.
Le risque de taux d’intérêt correspond à la possibilité que des variations défavorables des taux
impactent la charge financière d’une entreprise ou la valeur de ses actifs et passifs financiers.
Impact : Une hausse des taux d’intérêt peut augmenter le coût de la dette, réduisant ainsi la
rentabilité et la trésorerie disponible. À l’inverse, une baisse peut affecter les revenus d’actifs
à taux variable.
Exemple : Selon une étude de la Banque mondiale, une augmentation de 100 points de base (1 %)
des taux d’intérêt peut accroître les charges financières d’une entreprise endettée de 5 à 10 %,
impactant directement ses marges.
Le risque de change résulte de l’exposition aux fluctuations des taux de change entre différentes
monnaies, particulièrement pour les entreprises exportatrices, importatrices ou multinationales.
Impact : Une dépréciation de la monnaie locale face à une devise étrangère peut augmenter
le coût des importations ou réduire la valeur des recettes à l’export.
Exemple : En 2023, le dirham marocain a fluctué de plus de 5 % par rapport à l’euro, ce qui a
occasionné des pertes importantes pour certaines entreprises dépendantes des importations.
Impact : Le défaut de paiement peut entraîner des pertes directes, des retards de trésorerie
et des dégradations de la situation financière.
Le risque de liquidité correspond à l’incapacité de l’entreprise à faire face à ses besoins de trésorerie
à court terme, malgré une situation financière globalement saine.
Exemple : La crise sanitaire de 2020 a montré que de nombreuses PME ont été confrontées à un
risque aigu de liquidité, menaçant leur survie.
Ce type de risque couvre les pertes résultant de défaillances internes (erreurs humaines, fraudes,
dysfonctionnements des systèmes).
Exemple : Une erreur dans la saisie d’un ordre de paiement ou une fraude interne peut engendrer
des pertes financières directes et compromettre la fiabilité des rapports financiers.
Risque juridique : risques liés aux litiges pouvant entraîner des coûts financiers.
La gestion des risques financiers constitue un levier stratégique majeur pour la survie, la
compétitivité et la pérennité des entreprises, surtout dans un contexte économique mondial
caractérisé par une volatilité accrue, des incertitudes réglementaires et des tensions géopolitiques.
L’identification, l’évaluation et le contrôle rigoureux des risques financiers permettent non seulement
d’éviter des pertes importantes, mais aussi d’optimiser la création de valeur et de renforcer la
résilience organisationnelle.
L’enjeu principal de la gestion des risques financiers est de limiter l’impact négatif des événements
défavorables sur les résultats économiques de l’entreprise.
Selon une étude de l’AMAFI (Association Française des Marchés Financiers), 60 % des
entreprises françaises victimes de fluctuations non couvertes sur leurs taux ou devises ont
enregistré une baisse significative de leur rentabilité.
La couverture des risques financiers via des instruments adaptés (dérivés, assurances, etc.)
permet de réduire la volatilité des flux financiers et d’assurer une meilleure prévisibilité.
La disponibilité d’une cartographie précise des risques aide à prioriser les actions correctives
et à allouer efficacement les ressources.
Les outils d’évaluation (VaR, stress tests) fournissent des indicateurs quantitatifs permettant
d’anticiper les chocs financiers possibles.
La maîtrise des risques financiers améliore la crédibilité de l’entreprise auprès de ses investisseurs,
banques, fournisseurs, clients et autorités réglementaires.
Un dispositif robuste de gestion des risques est souvent perçu comme un signe de bonne
gouvernance et de solidité financière.
Chiffre clé : Une enquête menée par PwC en 2023 indique que 72 % des investisseurs
institutionnels privilégient les entreprises disposant de systèmes avancés de gestion des
risques.
La gestion des risques permet de réduire les coûts liés au financement et à la trésorerie.
En limitant l’exposition aux fluctuations des taux et devises, l’entreprise peut négocier des
conditions de crédit plus favorables.
La prévention des défauts de paiement (risque de crédit) permet de diminuer les provisions
pour créances douteuses.
Par exemple, une bonne gestion des liquidités évite les recours coûteux à des financements
d’urgence.
Les cadres réglementaires, tels que la norme ISO 31000 ou les recommandations COSO, imposent
aux entreprises la mise en place de dispositifs efficaces de gestion des risques.
Le non-respect de ces exigences peut entraîner des sanctions financières, des amendes, voire
des pertes d’autorisations d’exploitation.
Une gestion rigoureuse des risques financiers contribue à la continuité d’activité, notamment face
aux crises économiques, politiques ou environnementales.
La gestion des risques financiers n’est pas uniquement une fonction de protection, mais aussi un
levier stratégique pour l’entreprise. Elle permet d’anticiper les aléas financiers, d’améliorer la
gouvernance, d’optimiser les ressources et de renforcer la capacité de l’entreprise à faire face aux
crises. Dans un secteur aussi sensible que celui des phosphates, où les chocs économiques et
géopolitiques sont fréquents, maîtriser ces enjeux est un facteur clé de succès.
La gestion des risques financiers ne peut être pleinement efficace sans s’inscrire dans un cadre
structuré, reconnu à l’échelle internationale. Plusieurs référentiels, normes et dispositifs
réglementaires fournissent des lignes directrices aux entreprises pour mettre en place une gestion
des risques cohérente, intégrée et alignée sur les meilleures pratiques. Parmi les plus utilisés, on
distingue notamment le cadre COSO ERM, la norme ISO 31000, ainsi que certains standards sectoriels
et exigences réglementaires.
La norme ISO 31000, publiée par l’Organisation internationale de normalisation, est une référence
mondiale en matière de gestion du risque. Elle s’applique à tous types d’organisations, quels que
soient leur taille, leur secteur ou leur structure.
Selon une étude de Deloitte (2022), plus de 65 % des entreprises du Fortune 500 déclarent utiliser
ISO 31000 comme base de leur démarche de gestion des risques.
En plus de COSO et ISO 31000, certaines régulations spécifiques encadrent la gestion des risques,
notamment dans les secteurs bancaires, industriels et énergétiques :
Bâle III (secteur bancaire) : impose des exigences en capital pour couvrir les risques de
marché, de crédit et de liquidité.
Solvabilité II (secteur assurances) : vise une gestion intégrée des risques pour garantir la
solvabilité à long terme des assureurs.
Règlement EMIR (marchés financiers) : encadre les produits dérivés et les exigences de
transparence.
L’adoption de normes internationales comme COSO ERM et ISO 31000 offre aux entreprises une
structure rigoureuse pour piloter les risques financiers. Ces référentiels favorisent la formalisation, la
communication et la gouvernance des dispositifs de maîtrise des risques. Pour une entreprise comme
Pakistan Maroc Phosphore, évoluer dans un environnement globalisé impose une conformité à ces
standards pour renforcer la performance et la résilience face aux incertitudes financières.
La gestion des risques financiers ne se limite pas à une simple identification des menaces pesant sur
l’entreprise. Elle implique la mise en place de mécanismes concrets, d’outils analytiques et de
stratégies adaptées permettant d’anticiper, de mesurer et de traiter efficacement les risques
identifiés. Dans un contexte économique caractérisé par une forte volatilité des marchés,
l’internationalisation des échanges et l’évolution constante des cadres réglementaires, les
entreprises doivent adopter une approche proactive et systématique dans la gestion des risques.
Cette section a pour objectif d’explorer les différents instruments et démarches opérationnelles
mobilisés par les entreprises pour piloter les risques financiers. Elle s’articule autour de quatre
grands axes :
La cartographie des risques, qui constitue une étape fondamentale pour structurer la gestion
des risques de manière hiérarchisée ;
Les instruments de couverture (tels que les produits dérivés, les assurances ou les techniques
de diversification), permettant de réduire l’exposition financière ;
Les outils d’évaluation et de quantification, comme la Value at Risk (VaR), les stress tests ou
les indicateurs de solvabilité, qui offrent une base objective pour la prise de décision ;
Enfin, les stratégies de gestion (proactives et réactives), qui définissent l’approche globale de
l’entreprise face aux menaces financières.
La cartographie des risques constitue l’un des outils fondamentaux de la gestion des risques
financiers. Elle permet de structurer l’identification, l’évaluation et la hiérarchisation des risques
auxquels une entreprise est exposée, afin de prioriser les actions à entreprendre. Elle représente
visuellement les différents risques selon leur probabilité d’occurrence et leur impact potentiel,
facilitant ainsi la prise de décision stratégique.
Hiérarchiser les risques pour concentrer les efforts sur les menaces les plus critiques ;
La construction d’une cartographie de risques financiers suit généralement les étapes suivantes :
Tableau 5 : Étapes de réalisation d’une cartographie
Étape Description
1. Identification des Collecte des risques à partir d’entretiens, audits, données
risques historiques, etc.
2. Évaluation des risques Analyse de la fréquence (probabilité) et de la gravité (impact
financier)
3. Notation et Attribution de scores ou de niveaux (faible, moyen, fort)
classification
4. Représentation Visualisation dans une matrice ou un tableau
graphique
5. Mise à jour régulière Actualisation annuelle ou semestrielle selon les évolutions
internes/externes
Exemple : un risque de change affectant 20 % du chiffre d'affaires et ayant une probabilité élevée
d’occurrence serait classé comme « Risque critique ». Il nécessiterait une couverture immédiate.
2.1.4. Application dans le secteur des phosphates
Dans le secteur des phosphates, la cartographie des risques financiers s’avère cruciale, compte tenu
des expositions multiples :
Tableau 7: matrice des risques dans le secteur des phosphates
Type de risque Exemple concret Probabilit Impact Criticité
é estimé
Risque de change Variation du dollar sur les ventes à Élevée Fort Critique
l’export (USD/MAD)
Risque sur les taux Fluctuation sur le coût de la dette Moyenne Moyen Significatif
d’intérêt bancaire
Risque crédit client Défaillance d’un acheteur asiatique Moyenne Fort Important
Risque de liquidité Retard de paiement des clients Moyenne Moyen Modéré
combiné à un stock élevé
Selon le rapport annuel de l’OCP (2023), environ 40 % des ventes sont exposées à un risque de
change, ce qui justifie une forte intégration de ce risque dans les dispositifs de couverture.
2.1.5. Limites et facteurs de succès
Bien que la cartographie soit un outil puissant, elle connaît certaines limites :
Facteurs de succès :
La cartographie des risques constitue la pierre angulaire d’un dispositif efficace de gestion des
risques financiers. En structurant la connaissance des risques et en aidant à leur priorisation, elle
permet aux entreprises comme Pakistan Maroc Phosphore de mieux anticiper les menaces majeures,
de renforcer leur gouvernance et de piloter leurs actions de manière ciblée. Couplée à des outils de
couverture adaptés, elle représente un levier stratégique de résilience financière.
Les instruments de couverture financière constituent des outils essentiels permettant à l’entreprise
de réduire ou neutraliser l’exposition à certains risques financiers. Leur objectif n’est pas d’éliminer
totalement les risques, mais de maîtriser leur impact sur les résultats financiers, notamment dans un
environnement incertain et volatil.
1. Produits dérivés
Les produits dérivés sont des contrats financiers dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent (taux
d’intérêt, devise, matière première, action, etc.). Ils sont très utilisés dans les grandes entreprises
industrielles et financières pour couvrir différents types de risques.
Les contrats à terme (forward contracts) : Ce sont des accords entre deux parties pour
acheter ou vendre un actif à une date future, à un prix fixé à l’avance. Par exemple, une
entreprise exportatrice comme Pakistan Maroc Phosphore peut fixer à l’avance le taux de
change USD/MAD pour sécuriser ses recettes en devises.
Les contrats de couverture de taux d’intérêt (swaps) : Ils permettent d’échanger des flux
financiers entre deux parties, généralement un taux fixe contre un taux variable. Cela
protège contre une hausse inattendue des taux d’intérêt qui pourrait alourdir le coût de la
dette.
Les options : Elles donnent le droit (et non l’obligation) d’acheter ou de vendre un actif à un
prix déterminé. Bien qu’elles soient plus coûteuses que les forwards, elles offrent une grande
flexibilité et limitent le risque à la prime payée.
Ces produits sont utilisés à la fois par les entreprises industrielles (comme celles du secteur des
phosphates) et par les institutions financières. Leur usage requiert toutefois une expertise spécifique
et un cadre de gouvernance clair, car ils peuvent également engendrer des pertes si mal gérés.
2. Couvertures assurantielles
Les assurances financières jouent un rôle complémentaire aux produits dérivés. Elles permettent de
transférer certains risques spécifiques à un tiers (la compagnie d’assurance), en échange d’une
prime.
Parmi les couvertures les plus pertinentes pour les entreprises exposées à des risques financiers, on
retrouve :
L’assurance crédit : Elle protège contre le risque de non-paiement des clients. Cela est
particulièrement utile dans un contexte international où la solvabilité des acheteurs peut
être difficile à évaluer.
L’assurance change : Certains assureurs proposent des contrats spécifiques pour couvrir les
pertes dues à des fluctuations défavorables des devises.
L’assurance contre les pertes d’exploitation : Bien que relevant davantage du risque
opérationnel, cette assurance peut aussi intervenir si des événements (comme une crise
géopolitique ou une catastrophe naturelle) entraînent des pertes de revenus qui ont un
impact financier majeur.
Outre les instruments financiers classiques, certaines entreprises mettent en place des mécanismes
internes de couverture, comme :
Ces approches, bien que moins sophistiquées que les instruments dérivés, sont parfois plus adaptées
aux PME ou aux entreprises opérant dans des environnements réglementés.
Le secteur des phosphates, fortement tourné vers l’exportation, est particulièrement exposé aux
risques de change, de prix des matières premières (gaz, soufre, ammoniac) et de taux d’intérêt. Par
conséquent, des entreprises comme Pakistan Maroc Phosphore ont tout intérêt à intégrer dans leur
politique financière :
Des forwards sur devises pour fixer les revenus futurs en dollars ;
Des swaps de taux d’intérêt pour stabiliser le coût de l’endettement bancaire, surtout dans
un contexte de remontée des taux mondiaux ;
Une assurance crédit à l’export, notamment pour couvrir les risques de non-paiement sur
certains marchés émergents.
Les instruments de couverture financière permettent aux entreprises de mieux piloter leur exposition
aux aléas économiques et financiers. Bien choisis, bien calibrés et bien supervisés, ils constituent un
levier stratégique de sécurisation de la trésorerie, de stabilisation des résultats et d’optimisation des
décisions de financement et d’investissement. Toutefois, leur efficacité repose sur une bonne
connaissance des marchés, une gouvernance rigoureuse et une intégration cohérente dans la
stratégie globale de gestion des risques.
2.3. Outils d’évaluation des risques financiers (VaR, stress tests, ratios)
L’évaluation des risques financiers est une étape cruciale pour anticiper les pertes potentielles,
évaluer l’exposition aux aléas des marchés et ajuster les stratégies de couverture. Plusieurs outils
quantitatifs sont mobilisés pour mesurer et modéliser ces risques, chacun répondant à des objectifs
spécifiques.
La Value at Risk (VaR) est l’un des outils les plus répandus en gestion des risques financiers. Elle
permet d’estimer la perte maximale potentielle que pourrait subir un portefeuille financier, avec un
certain niveau de confiance et sur une période donnée.
Si la VaR d’un portefeuille est estimée à 1 million de dirhams à 99 % sur 10 jours, cela signifie qu’il y a
1 % de probabilité que la perte dépasse 1 million MAD sur une période de 10 jours.
La VaR ne donne aucune information sur l’ampleur des pertes en cas de dépassement. Elle suppose
aussi que les rendements suivent une loi normale, ce qui n’est pas toujours le cas, surtout en période
de crise.
Les stress tests sont des simulations qui permettent d’évaluer l’impact de scénarios extrêmes mais
plausibles sur la situation financière de l’entreprise. Contrairement à la VaR, ils ne se fondent pas sur
la probabilité mais sur des hypothèses de chocs.
Ils permettent d’anticiper les besoins en liquidité, de tester la robustesse des couvertures financières
existantes et de mettre en place des plans d’urgence.
Une entreprise comme Pakistan Maroc Phosphore peut simuler un scénario où les prix
internationaux du phosphate chuteraient de 25 % sur un trimestre. Le stress test en révélera les
impacts potentiels sur le chiffre d’affaires, les marges et le ratio d’endettement.
Les ratios sont des indicateurs de performance, de solvabilité et de risque qui facilitent le suivi
régulier de la santé financière de l’entreprise. Voici les principaux ratios utilisés en matière de gestion
des risques financiers :
Tableau 8: les principaux ratios utilisés en matière de gestion des risques financiers
Ratio Formule Utilité
Ratio de liquidité générale Actif circulant / Passif court Évalue la capacité à honorer les
terme dettes à court terme
Ratio de couverture des Résultat d’exploitation / Mesure la capacité à faire face au
intérêts Charges d’intérêts service de la dette
Ratio d’endettement Dettes totales / Capitaux Indique le niveau de dépendance
propres financière
Ratio de couverture du Exportations en devises / Évalue l’exposition nette aux
risque de change Coûts en devises fluctuations de change
La combinaison de la VaR, des stress tests et des ratios financiers permet une évaluation
multidimensionnelle des risques financiers. La VaR fournit une estimation probabiliste, les stress
tests simulent des événements extrêmes, et les ratios donnent une vision structurelle des
vulnérabilités. Pour une entreprise comme Pakistan Maroc Phosphore, l’utilisation croisée de ces
outils contribue à renforcer la résilience face aux incertitudes des marchés internationaux,
notamment dans un secteur soumis à des cycles de prix très volatils.
2.4. Stratégies proactives et réactives de gestion des risques
La gestion des risques financiers ne se limite pas à l’identification et à la mesure de l’exposition. Elle
repose également sur la mise en œuvre de stratégies adaptées, qui peuvent être proactives
(préventives) ou réactives (correctives). Ces deux approches sont complémentaires et permettent
aux entreprises de naviguer dans des environnements économiques incertains.
Mise en place d’un système de contrôle interne efficace : détection en amont des anomalies
financières, séparation des tâches, procédures de validation rigoureuses.
Veille stratégique et intelligence économique : suivi des tendances des marchés, des
évolutions réglementaires et des innovations dans le secteur financier.
Les stratégies réactives interviennent après la survenance d’un événement de risque. Elles visent à
limiter les dommages, à stabiliser la situation et à rétablir la performance.
Révision des budgets en temps réel : ajustement des prévisions financières suite à un choc de
marché.
Activation de lignes de crédit d’urgence : pour faire face à des besoins de trésorerie
imprévus.
Reprofilage de la dette : conversion de dettes court terme en dettes long terme pour alléger
la pression de remboursement.
Communication de crise avec les parties prenantes : transparence vis-à-vis des investisseurs,
des clients et des collaborateurs pour maintenir la confiance.
Les entreprises les plus résilientes sont celles qui articulent intelligemment les deux types de
stratégies. Cela passe par :
Une gouvernance du risque solide (comité des risques, audit interne actif),
Selon une étude menée par PwC (2023), les entreprises dotées d’une stratégie de gestion des risques
intégrée enregistrent 30 % de pertes financières en moins en période de crise par rapport à celles qui
réagissent uniquement de manière ponctuelle.
Dans un secteur comme celui des phosphates, exposé à une grande volatilité, l’efficacité de la gestion
des risques repose sur un équilibre entre actions préventives et réponses rapides. Pour Pakistan
Maroc Phosphore, la structuration de ces deux volets dans le cadre d’une politique globale constitue
un levier stratégique de performance et de pérennité.
Section 3 : Gestion des risques financiers de la trésorerie / CI et gestion des risques financiers
Dans un environnement économique incertain et marqué par la volatilité des marchés, les tensions
géopolitiques et les chocs exogènes (comme les crises sanitaires ou climatiques), les entreprises
doivent impérativement disposer de mécanismes de gestion rigoureux, non seulement pour protéger
leur cash-flow, mais aussi pour assurer une gouvernance financière saine et durable.
Cette section vise donc à explorer les pratiques et les outils de gestion de trésorerie, à analyser le
rôle structurant du contrôle interne dans la maîtrise des risques financiers, et à mettre en lumière
l’apport des systèmes d’information et des indicateurs de suivi dans ce dispositif intégré. Ces
dimensions seront ensuite mises en perspective dans le cadre de l’étude de cas portant sur Pakistan
Maroc Phosphore.
La gestion de trésorerie occupe une place centrale dans la maîtrise des risques financiers. Elle
consiste à assurer à tout moment la disponibilité des liquidités nécessaires au bon fonctionnement
de l’entreprise, tout en optimisant l’utilisation des ressources financières. Une trésorerie mal gérée
peut rapidement entraîner des tensions de liquidité, des coûts financiers supplémentaires, voire une
cessation de paiement.
Selon un rapport de la Banque mondiale (2023), près de 60 % des défaillances d’entreprises dans les
pays émergents sont directement liées à des problèmes de trésorerie plutôt qu'à des pertes
d’exploitation.
C’est un tableau de bord financier qui permet d’anticiper les flux de trésorerie (encaissements et
décaissements) sur une période donnée (hebdomadaire, mensuelle, trimestrielle).
Ce tableau enregistre les flux de trésorerie journaliers réels. Il est essentiel dans les grandes
entreprises pour piloter la liquidité à très court terme.
Utilisé dans les groupes multisites ou multientités, le cash pooling permet de regrouper toutes les
liquidités sur un seul compte centralisé afin d’optimiser la gestion des excédents et déficits internes.
d. Budget de trésorerie intégré à l’ERP
Les systèmes ERP modernes (SAP, Oracle, Sage X3…) permettent d’intégrer la gestion de trésorerie
dans la planification financière globale, avec des alertes en cas de dérive et des simulations en temps
réel.
Suivi d’indicateurs de performance : tels que le cash ratio, le quick ratio, le DSO (Days Sales
Outstanding), le DPO (Days Payable Outstanding).
Exemple :
Objectif de réduction dans les meilleures pratiques : < 40 jours, pour améliorer la liquidité.
La gestion de trésorerie est une fonction stratégique et transversale, à la croisée des fonctions
financière, comptable, commerciale et logistique. Elle permet de réduire les risques financiers à court
terme et d’optimiser la performance globale. Dans un secteur exposé à la volatilité comme celui des
phosphates, une trésorerie bien pilotée est un gage de résilience. Pour une entreprise comme
Pakistan Maroc Phosphore, cela implique non seulement des outils performants, mais aussi une
coordination fluide entre les services internes et les partenaires financiers.
Appliqué à la gestion des risques, le SI ne se contente pas de soutenir les processus décisionnels : il
devient un outil d'anticipation, de surveillance et de réaction rapide face aux événements
susceptibles de compromettre la santé financière de l'entreprise.
L’une des premières fonctions du système d’information est de garantir l’accès à une information
financière consolidée, actualisée et homogène, ce qui constitue une condition essentielle pour une
bonne gestion des risques.
Grâce à l’intégration des données issues des différents services (comptabilité, trésorerie, achats,
ventes, fiscalité), le SI permet d’avoir une vision globale de l’exposition de l’entreprise aux risques
financiers : variations de change, échéances de crédit, encours clients, couverture de trésorerie, etc.
La qualité des données est essentielle : une information erronée ou obsolète peut entraîner des
prises de décision risquées. Le SI permet d’automatiser les contrôles de cohérence, d’assurer la
traçabilité des opérations et de limiter les interventions manuelles, sources d’erreurs.
Le système d’information joue un rôle central dans la détection précoce des signaux de risques
financiers. Grâce à des outils comme les ERP (SAP, Oracle, etc.) ou les plateformes analytiques
(Power BI, Tableau…), les gestionnaires peuvent :
Identifier les clients ou fournisseurs présentant un risque élevé (défaillance, retard, litiges) ;
Détecter des anomalies grâce à l’analyse des tendances (data mining, intelligence artificielle).
Les ratios d’alerte (liquidité, solvabilité, couverture…) peuvent être programmés pour déclencher des
alertes automatiques dès qu’un seuil critique est franchi.
Les modules de trésorerie intégrés aux ERP permettent de gérer les positions de liquidité,
d'optimiser les flux et de piloter les placements ou les emprunts ;
Les logiciels de gestion des risques (type GRC – Governance, Risk and Compliance)
permettent de planifier les contrôles, de documenter les incidents, de suivre les plans
d’actions et de générer des audits internes automatisés ;
Un système d’information performant permet également de réduire les risques de fraude, de non-
conformité et de cyberattaques, qui peuvent avoir des conséquences financières majeures.
Les droits d’accès différenciés assurent que seuls les utilisateurs autorisés peuvent accéder
ou modifier des informations critiques ;
Les journaux d’audit permettent de tracer toute opération réalisée dans le système ;
Enfin, le système d'information favorise une culture du risque partagée au sein de l'organisation.
Grâce à des tableaux de bord accessibles en temps réel, les responsables financiers, les directions
opérationnelles et les instances de gouvernance peuvent prendre des décisions éclairées et rapides,
fondées sur des données fiables.
Il contribue à rendre la gestion des risques plus proactive, plus participative et mieux alignée avec les
objectifs stratégiques de l’entreprise.
Le système d’information est devenu un acteur clé de la gestion des risques financiers. Bien au-delà
d’un simple outil de traitement, il structure l’ensemble du processus de prévention, d’alerte,
d’évaluation et d’action. Pour des entreprises opérant dans des secteurs complexes et exposés
comme celui des phosphates, il représente une source de compétitivité, de résilience et de
conformité. Investir dans un SI robuste, sécurisé et évolutif est aujourd’hui un prérequis stratégique
pour maîtriser les incertitudes financières.
Dans la gestion des risques financiers, les indicateurs de suivi et d’alerte jouent un rôle fondamental
pour assurer une surveillance continue de l’exposition aux risques et pour déclencher des actions
correctives avant que les risques ne se matérialisent en pertes significatives. Ces indicateurs sont des
outils quantitatifs et qualitatifs qui permettent aux décideurs de détecter rapidement les écarts par
rapport aux seuils de tolérance définis, garantissant ainsi une gestion proactive et réactive.
Surveillance continue : Ils fournissent une vision actualisée des principaux facteurs de risques
(liquidité, solvabilité, marché, crédit, etc.).
Alerte précoce : En franchissant certains seuils, ils déclenchent des alertes qui permettent
d’anticiper les dysfonctionnements ou les crises.
On distingue plusieurs types d’indicateurs, souvent complémentaires, selon la nature des risques
financiers :
Indicateurs de liquidité :
o Délai moyen de recouvrement clients : suivi des délais de paiement pour anticiper les
tensions de trésorerie.
o Trésorerie nette : solde de trésorerie disponible après prise en compte des dettes à
court terme.
Indicateurs de solvabilité et d’endettement :
o Couverture des intérêts (EBIT / charges financières) : mesure la capacité à payer les
intérêts sur la dette.
o Sensibilité aux taux d’intérêt : impact des variations des taux sur le coût de la dette
ou les placements.
o Concentration des risques : part des plus gros clients ou fournisseurs dans le chiffre
d’affaires ou les achats.
La mise en œuvre efficace des indicateurs suppose de définir des seuils d’alerte clairs et adaptés au
contexte de l’entreprise. Ces seuils peuvent être :
Seuils qualitatifs : signalant une défaillance dans les processus, un retard de mise en œuvre
des mesures correctives, ou une non-conformité réglementaire.
Les seuils doivent être calibrés en fonction des spécificités du secteur (ici, le secteur des phosphates),
de la taille de l’entreprise et de son appétence au risque. Il est important que ces seuils soient
régulièrement révisés pour s’adapter à l’évolution des conditions économiques et internes.
Ces outils permettent une réactivité accrue et une meilleure coordination des actions entre les
différentes fonctions de l’entreprise (finance, contrôle interne, audit).
Les indicateurs de suivi et d’alerte représentent des outils essentiels pour piloter efficacement les
risques financiers. Leur pertinence repose sur la qualité de leur définition, la justesse des seuils
d’alerte, et la capacité de l’entreprise à analyser et à réagir rapidement aux signaux émis. Ils
incarnent une véritable « boussole » dans un environnement économique volatil, permettant de
renforcer la résilience et d’assurer la pérennité de l’entreprise.
Chapitre 2 : Gestion des risques financiers dans le secteur des phosphates
Dans ce deuxième chapitre, l’analyse se recentre sur un secteur spécifique à forte valeur stratégique:
l’industrie des phosphates. En tant que premier exportateur mondial de phosphate brut et de ses
dérivés, le Maroc joue un rôle clé dans l’économie minière mondiale. Ce positionnement, incarné
principalement par l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) et ses filiales comme Pakistan Maroc
Phosphore, confère à ce secteur un poids économique majeur tant sur le plan national
qu’international.
Cependant, cette industrie demeure exposée à des risques financiers multiples, liés à la volatilité des
cours internationaux, aux fluctuations monétaires, à la concentration des marchés, aux enjeux
logistiques globaux, ainsi qu’à des contraintes environnementales et géopolitiques croissantes. Ces
risques, s’ils ne sont pas correctement identifiés, mesurés et gérés, peuvent impacter lourdement la
rentabilité, la liquidité, la compétitivité et même la continuité d’exploitation des entreprises du
secteur.
Ce chapitre se propose ainsi d’analyser les spécificités structurelles et conjoncturelles du secteur des
phosphates, d’identifier les principaux risques financiers qui en découlent, puis de présenter les
pratiques de gestion mises en œuvre à l’échelle internationale. Cette analyse permettra de mieux
cerner les défis particuliers auxquels sont confrontés les acteurs comme Pakistan Maroc Phosphore,
tout en mettant en lumière des leviers d’inspiration pour renforcer leur résilience face aux
incertitudes économiques mondiales.
La Section 1 dresse un état des lieux du secteur des phosphates au Maroc et à l’international,
en soulignant son importance économique, ses principaux acteurs, ainsi que les enjeux
géopolitiques et environnementaux qui l'entourent.
Le secteur des phosphates représente un pilier stratégique de l’économie mondiale, en raison de son
rôle central dans la production d’engrais phosphatés, essentiels à l’agriculture moderne et à la
sécurité alimentaire planétaire. Le phosphate naturel, principalement extrait sous forme de roche
phosphatée, constitue une ressource non renouvelable dont la demande ne cesse de croître en lien
avec l’augmentation de la population mondiale et la nécessité d’améliorer les rendements agricoles.
Dans ce contexte, le Maroc se positionne comme un acteur clé sur l’échiquier mondial. Le pays
détient environ 70 % des réserves mondiales de phosphate (source : USGS, 2024), ce qui en fait le
premier exportateur mondial de cette ressource, via l’Office Chérifien des Phosphates (OCP). Cette
position confère au Royaume un avantage stratégique certain, mais aussi une forte exposition aux
risques liés aux marchés internationaux, aux contraintes environnementales et aux fluctuations
géopolitiques.
Au-delà du Maroc, d’autres acteurs majeurs comme la Chine, les États-Unis et la Russie contribuent
également à la structuration du marché mondial, avec des modèles d’exportation, de transformation
et de gestion des risques parfois très contrastés. Par conséquent, une compréhension fine du secteur
au niveau national et international est indispensable pour identifier les leviers de résilience et
anticiper les vulnérabilités financières spécifiques à cette industrie.
Le secteur des phosphates joue un rôle fondamental dans l’économie mondiale, en tant que principal
fournisseur d’engrais phosphatés, nécessaires à la production agricole intensive. Cette importance se
reflète à la fois dans la valeur ajoutée économique générée par cette industrie, dans les emplois
directs et indirects qu’elle crée, ainsi que dans sa dimension géostratégique, car elle touche à la
souveraineté alimentaire des États.
Sur le plan global, le phosphate est considéré comme une ressource critique, au même titre que
certaines matières premières énergétiques ou technologiques. Il est irremplaçable dans les engrais
de type NPK (azote-phosphore-potassium), ce qui lui confère une valeur géopolitique. Des pays
comme l’Inde, la Chine ou le Brésil, à forte population et dépendants des importations, sont
particulièrement sensibles aux variations des prix du phosphate.
En résumé, le secteur des phosphates est à la fois un pilier économique et un levier stratégique. Sa
contribution dépasse la simple production minière pour s’étendre aux domaines de l’agriculture, de
l’environnement, de la souveraineté alimentaire et des relations internationales. Cette centralité
impose une gestion rigoureuse des risques, notamment financiers, pour préserver la stabilité de la
filière et assurer sa durabilité.
Au Maroc, l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) est l’un des rares groupes au monde à maîtriser
l’ensemble de cette chaîne, ce qui lui confère une autonomie stratégique et une efficacité
économique accrue.
OCP Group : Leader mondial, actif dans plus de 160 pays. Il gère l’exploitation de gisements à
Khouribga, Gantour et Boucraâ (Sahara), des plateformes industrielles à Jorf Lasfar et Safi,
ainsi qu’un réseau logistique performant (slurry pipeline de 235 km entre Khouribga et Jorf
Lasfar).
JESA (filiale d’ingénierie de l’OCP) : Intervient dans les projets industriels intégrés.
Synergies logistiques et énergétiques : Les grandes plateformes sont connectées à des ports,
à des centrales électriques intégrées, et à des infrastructures ferroviaires pour optimiser les
coûts de revient et réduire l’empreinte carbone.
Innovation et durabilité : L’innovation dans les engrais adaptés aux sols africains ou la
valorisation des sous-produits du phosphate deviennent des axes compétitifs essentiels.
Le secteur des phosphates est au cœur d’enjeux géopolitiques majeurs et fait face à des pressions
environnementales croissantes. Ces facteurs influencent directement la stabilité de
l’approvisionnement, la rentabilité des entreprises, ainsi que leur capacité à répondre aux exigences
de durabilité imposées par les marchés et les régulateurs.
Le phosphate est une ressource naturelle non renouvelable et inégalement répartie. Plus de 70 % des
réserves mondiales connues sont concentrées dans un seul pays : le Maroc, qui dispose d’environ 50
milliards de tonnes, principalement exploitées par l’OCP.
Maroc 70 %
Chine 5%
Algérie 3%
Syrie 2%
Autres pays 20 %
Cette concentration fait du phosphate un levier géopolitique, comparable au pétrole ou aux terres
rares. Toute perturbation politique ou diplomatique dans les zones productrices (conflits, sanctions,
ruptures d’approvisionnement) peut entraîner une hausse des prix mondiaux, comme observé lors
de la pandémie ou en période de tensions entre la Russie et l’Europe.
Par ailleurs, la question du Sahara occidental, où se situe une partie des gisements marocains
(Boucraâ), est sujette à contestation internationale, avec parfois des procédures juridiques liées à
l’exportation de phosphates extraits de cette région.
Épuisement des ressources : malgré l’abondance des réserves marocaines, leur exploitation
intensive pourrait poser des défis à long terme (perte de teneur, coût de traitement accru).
L’OCP a investi plus de 20 milliards USD sur la période 2012-2027 pour moderniser ses
installations, améliorer l’efficacité énergétique, développer le pipeline de slurry (réduction du
transport par camion) et valoriser les sous-produits.
Le groupe s’est engagé dans une stratégie "Zéro rejet liquide" sur certains sites industriels.
Des efforts sont aussi menés en R&D pour développer des engrais intelligents (Smart
fertilizers) à moindre impact environnemental.
1.3.3. Normes internationales et pressions du marché
Des mesures de taxe carbone à l’importation qui pourraient affecter la compétitivité des
produits phosphatés s’ils ne sont pas produits dans des conditions écologiques acceptables.
En résumé, la gestion des risques dans le secteur des phosphates ne peut faire abstraction de ces
enjeux géopolitiques et environnementaux, qui influencent directement le coût, la continuité et la
responsabilité sociale de l’activité. Cela renforce la nécessité pour les entreprises comme Pakistan
Maroc Phosphore de mettre en place des systèmes de veille, de gouvernance durable et de gestion
des risques financiers intégrés.
Le secteur des phosphates, bien que mature, présente de fortes potentialités de croissance, portées
par la demande mondiale croissante en engrais, les innovations technologiques, la diversification des
usages du phosphate et la stratégie d’expansion internationale des acteurs majeurs comme l’OCP.
Ces perspectives de développement doivent toutefois intégrer les défis liés à la durabilité, à la
volatilité des marchés et à la transition énergétique mondiale.
La population mondiale devrait atteindre près de 10 milliards d’habitants à l’horizon 2050 (selon
l’ONU), ce qui implique une augmentation significative des besoins alimentaires. En réponse,
l’agriculture devra produire plus, sur moins de terres, avec des rendements plus élevés. Cette
dynamique entraîne une demande soutenue d'engrais phosphatés (DAP, MAP, TSP), particulièrement
dans les pays en développement comme l’Inde, le Brésil et certains pays d’Afrique subsaharienne.
Outre les engrais classiques, les entreprises du secteur cherchent à se diversifier vers :
Les batteries au phosphate de fer-lithium (LFP) utilisées dans les véhicules électriques – un
débouché en pleine croissance.
La création de clusters industriels intégrés autour des pôles miniers (Jorf Lasfar, Safi,
Khouribga) ;
Des partenariats Sud-Sud, notamment avec des pays africains, pour co-investir dans des
unités de production.
La réduction de l’empreinte carbone via des énergies renouvelables, comme les centrales
solaires hybrides ou les projets d’hydrogène vert ;
En 2023, l’OCP a signé un accord avec le gouvernement marocain pour produire 100 % de ses besoins
énergétiques à partir de sources renouvelables d’ici 2027.
Dans un contexte marqué par la volatilité des marchés mondiaux et la pression croissante sur la
rentabilité, les entreprises du secteur des phosphates sont confrontées à une série de risques
financiers spécifiques qui peuvent impacter directement leur performance économique, leur
solvabilité et leur image. Ces risques découlent non seulement des conditions externes, comme la
variation des cours ou des taux de change, mais aussi de facteurs internes à l’organisation,
notamment ceux en lien avec le dispositif de contrôle interne (CI).
Le contrôle interne, pilier fondamental de la gestion des risques financiers, vise à assurer la fiabilité
des informations financières, la conformité aux réglementations, l'efficacité des opérations et la
protection des actifs. Dans le secteur des phosphates, la complexité des flux financiers, la multiplicité
des opérations (achat de matières premières, ventes à l’international, logistique, etc.), et les enjeux
géopolitiques rendent ce dispositif encore plus critique.
Cette section se propose donc d’identifier et d’analyser les principaux risques financiers auxquels
sont exposées les entreprises du secteur, en mettant l’accent sur ceux qui relèvent directement ou
indirectement d’un défaut ou d’une faiblesse du contrôle interne. Ces risques peuvent se
matérialiser par des erreurs de reporting, des fraudes internes, une mauvaise évaluation des
expositions financières, ou encore une inefficacité dans les mécanismes de couverture.
Les risques associés aux approvisionnements et aux débouchés commerciaux, souvent liés à
un manque de coordination ou d’anticipation ;
Et enfin, des études de cas comparatives, qui permettront d’illustrer comment un contrôle
interne efficace peut limiter l’exposition financière et renforcer la résilience des acteurs du
secteur.
L’objectif est de démontrer qu’une cartographie précise des risques financiers, intégrant une
évaluation des failles de contrôle interne, constitue un outil stratégique de pilotage pour les
entreprises opérant dans cette industrie à forte intensité capitalistique et réglementaire.
Dans le secteur des phosphates, les entreprises sont fortement exposées aux fluctuations des prix
des matières premières et à la volatilité des devises, notamment en raison de leur dépendance aux
marchés internationaux. Ces deux dimensions représentent des risques financiers majeurs, ayant un
impact direct sur la rentabilité, la trésorerie et les décisions stratégiques.
Le phosphate, matière première essentielle pour les engrais, est coté sur les marchés internationaux
et son prix est influencé par de multiples facteurs :
les décisions géopolitiques de grands producteurs (comme le Maroc, la Chine ou les États-
Unis).
Entre 2015 et 2023, le prix de la roche phosphatée a connu des variations importantes .Ces variations
ont des conséquences financières immédiates :
Les exportations de phosphates sont généralement facturées en devises étrangères (USD, EUR, CNY),
tandis que certains coûts (salaires, impôts, charges locales) sont exprimés en dirhams marocains
(MAD). Le risque de change devient ainsi un facteur critique pour la stabilité financière.
Par exemple, une dépréciation de l’euro ou du dollar par rapport au dirham peut engendrer :
une diminution de la marge nette (moins de MAD pour la même quantité de ventes),
Un dispositif de contrôle interne insuffisant ou inadéquat dans la gestion de ces risques peut
entraîner:
une évaluation erronée des recettes futures dans les prévisions budgétaires,
des lacunes dans le suivi des opérations en devises, notamment sur les écarts de change ou
les échéances de paiement,
une absence de limite ou d’autorisation formelle sur les opérations de change ou d’achat à
terme.
Pour mitiger ces risques, plusieurs pratiques doivent être intégrées au système de contrôle interne :
Mise en place de procédures de couverture (hedging) via des instruments dérivés (forwards,
options) ;
Définition de seuils d’alerte sur les taux de change critiques pour la rentabilité ;
Automatisation du suivi des écarts de change par des outils de trésorerie intégrés au système
d’information ;
Segregation des tâches entre les opérations, la validation des contrats de couverture et le
suivi comptable.
La volatilité des prix et des devises est un risque inévitable dans le secteur des phosphates, mais un
système de contrôle interne rigoureux, combiné à des outils d’anticipation et de couverture bien
structurés, permet d’en réduire significativement l’impact sur les performances financières de
l’entreprise.
Le secteur des phosphates repose sur une chaîne logistique complexe, allant de l’extraction minière à
la transformation chimique, en passant par l’exportation vers des marchés internationaux. Cette
dépendance à une chaîne d’approvisionnement étendue et aux fluctuations du marché expose les
entreprises à plusieurs risques financiers critiques, souvent aggravés par des failles dans le dispositif
de contrôle interne.
Dépendance excessive à un fournisseur unique, générant des tensions sur les contrats et les
coûts.
Une absence de procédures de gestion des contrats d’approvisionnement, un suivi laxiste des
engagements fournisseurs ou un manque d’analyse des risques logistiques internes peuvent
entraîner:
Les entreprises du secteur sont soumises à la volatilité de la demande mondiale de fertilisants, très
sensible à :
la croissance agricole,
les tensions géopolitiques (ex. : guerre en Ukraine, embargo sur certains produits),
variation des marges selon les marchés (prix de vente, conditions commerciales),
Sans un système efficace de veille stratégique, de suivi des clients internationaux et de gestion des
créances export, les entreprises peuvent :
Le secteur des phosphates, en raison de son activité minière et industrielle lourde, est
particulièrement exposé à des risques environnementaux et réglementaires qui peuvent avoir un
impact financier majeur. Ces risques prennent une importance croissante dans un contexte mondial
où les normes environnementales se renforcent, et où les attentes des parties prenantes
(gouvernements, investisseurs, société civile) deviennent plus exigeantes.
Le cadre réglementaire est en constante évolution, avec des exigences accrues en matière de :
des audits internes réguliers pour vérifier le respect des normes et la fiabilité des reportings,
Un contrôle interne solide garantit non seulement la conformité mais aussi une gestion proactive des
risques financiers liés à l’environnement.
Les risques environnementaux et réglementaires représentent des défis majeurs dans la gestion des
risques financiers du secteur des phosphates. L’intégration d’un dispositif de contrôle interne
rigoureux, combiné à une culture d’entreprise responsable, est essentielle pour anticiper les coûts,
sécuriser les opérations et préserver la compétitivité à long terme.
Pour mieux comprendre la gestion des risques financiers dans le secteur des phosphates, il est
pertinent d’analyser les pratiques de deux acteurs majeurs : l’Office Chérifien des Phosphates (OCP)
au Maroc et Mosaic Company aux États-Unis. Ces deux entreprises, bien que différant par leur taille,
leur localisation et leur marché, partagent des enjeux similaires en matière de maîtrise des risques
financiers liés au contrôle interne.
L’OCP est le leader mondial du marché des phosphates, avec une forte intégration verticale allant de
l’extraction à la production d’engrais. Sa gestion des risques financiers est essentielle pour maintenir
sa position stratégique.
Contrôle interne renforcé : OCP a mis en place un système robuste de contrôle interne basé
sur les normes COSO, assurant une surveillance continue des risques financiers liés aux
fluctuations des prix du phosphate et aux variations du taux de change.
Utilisation d’instruments financiers : L’entreprise utilise des contrats à terme et options pour
couvrir ses expositions aux risques de change et de prix, réduisant la volatilité de ses
résultats financiers.
Résultats :
En 2023, OCP a réduit de 15 % ses coûts liés aux litiges réglementaires grâce à une meilleure
anticipation des risques.
Le taux d’incidents financiers liés aux erreurs de contrôle a baissé de 20 % depuis la mise en
œuvre des nouvelles procédures.
Profil de l’entreprise :
Mosaic est un des plus grands producteurs d’engrais à base de phosphate et de potasse aux États-
Unis, avec une forte orientation vers les marchés internationaux.
Approche intégrée de la conformité : Mosaic applique la norme ISO 31000 pour structurer sa
gestion des risques, mettant l’accent sur l’évaluation des risques financiers liés aux
changements réglementaires internationaux, notamment ceux liés à la politique
environnementale américaine.
Contrôle interne et audits réguliers : L’entreprise réalise des audits internes fréquents ciblant
les risques de fraude financière et les risques liés aux approvisionnements.
Stress tests et VaR : Mosaic utilise des modèles avancés d’évaluation des risques (VaR, stress
tests) pour mesurer l’impact potentiel des variations extrêmes de prix et des interruptions de
marché.
Engagement dans la durabilité : Afin de réduire les risques réglementaires, Mosaic investit
dans des technologies vertes et communique de façon transparente sur ses pratiques
environnementales, ce qui améliore son image auprès des investisseurs.
Résultats :
Grâce à ces pratiques, Mosaic a maintenu une notation de crédit élevée malgré la volatilité
des marchés phosphatés.
En 2022, l’entreprise a réduit ses coûts d’assurance liés aux risques environnementaux de 12
% par une meilleure gestion interne.
L’adoption de ces bonnes pratiques contribue à renforcer la résilience financière des entreprises face
aux incertitudes économiques et réglementaires.
Dans un contexte économique mondialisé et fortement concurrentiel, les entreprises du secteur des
phosphates doivent s’adapter à des environnements financiers et réglementaires complexes. La
gestion des risques financiers, couplée à un contrôle interne efficace, devient un levier stratégique
essentiel pour assurer la pérennité et la performance des organisations.
Cette section se concentre sur les pratiques de gestion des risques financiers et de contrôle interne
adoptées à l’international, en mettant en lumière les méthodes, normes, outils et stratégies déployés
par les grandes entreprises et groupes mondiaux du secteur. L’objectif est d’identifier les bonnes
pratiques, innovations et adaptations spécifiques qui contribuent à maîtriser les risques financiers
dans des contextes variés, tout en garantissant la conformité, la transparence et la robustesse des
systèmes de contrôle.
La gestion des risques financiers dans les grandes entreprises du secteur des phosphates à l’échelle
mondiale s’appuie sur des standards internationaux reconnus et des pratiques éprouvées. Ces
benchmarks permettent d’établir des repères fiables pour évaluer la maturité et l’efficacité des
systèmes de gestion des risques financiers et de contrôle interne. Ils constituent une base solide pour
comparer les dispositifs internes et s’inspirer des meilleures stratégies mises en œuvre dans des
environnements complexes.
Les leaders mondiaux appliquent généralement des cadres de référence comme COSO ERM
(Enterprise Risk Management), ISO 31000 ou encore Basel III, qui offrent des lignes directrices
structurées pour identifier, évaluer, gérer et surveiller les risques financiers. Par exemple, la société
américaine Mosaic, un des géants mondiaux du phosphate, utilise le cadre COSO pour intégrer la
gestion des risques dans ses processus décisionnels à tous les niveaux.
Ces cadres encouragent une approche systématique et intégrée qui couvre l’ensemble des risques
financiers (marché, crédit, liquidité, opérationnels) tout en renforçant le rôle du contrôle interne.
Leur adoption facilite également la conformité aux exigences réglementaires internationales,
améliorant ainsi la transparence financière et la confiance des investisseurs.
Les entreprises de référence disposent de systèmes informatiques sophistiqués combinant des outils
d’analyse quantitative (Value at Risk - VaR, stress tests, scénarios prospectifs) et des indicateurs de
performance. Ces systèmes permettent d’anticiper les chocs financiers potentiels et d’ajuster les
stratégies de couverture en temps réel.
Par exemple, OCP, leader marocain, s’inspire de ces pratiques pour renforcer ses capacités d’analyse,
notamment en intégrant des outils d’intelligence artificielle pour le suivi des fluctuations des
marchés et la gestion des risques liés aux prix des matières premières.
Un autre élément clé relevé dans les benchmarks internationaux est l’implication active du conseil
d’administration, des comités d’audit et de gestion des risques dans la supervision des politiques de
gestion des risques financiers. Ces organes veillent à la cohérence des stratégies adoptées, à la mise
en œuvre effective des dispositifs de contrôle interne, et à la transparence des informations
communiquées aux actionnaires.
Par exemple, Mosaic dispose d’un comité dédié à la gestion des risques qui se réunit régulièrement
pour évaluer les expositions et valider les plans d’action, renforçant ainsi la culture du risque au sein
de l’entreprise.
Les entreprises les plus performantes accordent également une grande importance à la
sensibilisation et à la formation de leurs collaborateurs sur les enjeux de la gestion des risques
financiers. Cette culture du risque favorise la détection précoce des anomalies et la réactivité face
aux incidents.
La formation continue et les audits internes réguliers permettent d’ajuster les processus en fonction
des évolutions du contexte économique et réglementaire.
Ces benchmarks internationaux montrent qu’une gestion efficace des risques financiers repose sur
un cadre normatif solide, une gouvernance active, des outils technologiques avancés et une culture
d’entreprise adaptée. Ces éléments sont indispensables pour assurer la résilience financière et la
compétitivité des entreprises dans un secteur aussi stratégique que celui des phosphates.
Pour illustrer les bonnes pratiques internationales en matière de gestion des risques financiers et de
contrôle interne dans le secteur des phosphates, il est pertinent d’examiner la stratégie adoptée par
The Mosaic Company, l’un des plus grands producteurs mondiaux de phosphates et de potasse.
Mosaic est une entreprise américaine présente sur plusieurs continents, avec des opérations
intégrées couvrant l’extraction, la production et la commercialisation d’engrais phosphatés. Son
positionnement stratégique sur des marchés internationaux sensibles à la volatilité des prix des
matières premières en fait un cas d’étude pertinent pour comprendre les enjeux et pratiques de
gestion des risques financiers.
Mosaic applique une politique de gestion des risques très structurée, combinant :
Identification continue des risques : à travers une cartographie des risques mise à jour
régulièrement, Mosaic évalue non seulement les risques financiers traditionnels (taux,
change, crédit, liquidité) mais aussi les risques liés aux conditions géopolitiques et
environnementales affectant ses chaînes d’approvisionnement.
Stress tests réguliers : la société réalise des simulations d’impact en cas de variations
extrêmes des prix ou des taux d’intérêt, afin de tester la robustesse de sa trésorerie et de son
bilan.
La sensibilisation des équipes aux enjeux du risque financier est un pilier essentiel de la stratégie.
Mosaic organise régulièrement des sessions de formation et communique de manière transparente
sur les politiques de gestion des risques, impliquant tous les niveaux hiérarchiques.
Grâce à cette stratégie intégrée, Mosaic a réussi à limiter les pertes liées à la volatilité des marchés, à
améliorer la prévisibilité de ses flux de trésorerie, et à renforcer sa position concurrentielle. Par
exemple, lors des chocs pétroliers et des fluctuations des prix des engrais de 2020-2022, Mosaic a pu
préserver une marge opérationnelle stable malgré la turbulence du marché.
L’étude du cas Mosaic met en lumière l’importance d’une gestion des risques financiers rigoureuse et
proactive, associée à un contrôle interne renforcé et une culture du risque partagée. Ces éléments
sont des leviers essentiels pour garantir la pérennité et la résilience d’une entreprise dans un secteur
aussi exposé que celui des phosphates.
L’analyse des pratiques de gestion des risques financiers et de contrôle interne adoptées par les
leaders mondiaux du secteur des phosphates, tels que Mosaic, permet de dégager plusieurs facteurs
clés de succès, mais aussi d’identifier certaines limites persistantes.
Les entreprises performantes intègrent la gestion des risques financiers non seulement
comme un volet opérationnel, mais comme un élément central de leur stratégie
d’entreprise. Cela se traduit par un engagement fort du top management et une
coordination étroite entre les fonctions finance, audit, risques et opérations.
La maîtrise des instruments financiers dérivés (futures, options, swaps) permet de réduire
l’exposition aux fluctuations des prix des matières premières et des devises. Cette maîtrise
réduit l’impact des chocs externes sur les résultats financiers.
Les instruments de couverture deviennent de plus en plus sophistiqués, ce qui requiert des
compétences techniques avancées. Or, la rareté des profils qualifiés dans certaines régions
peut limiter l’efficacité des stratégies.
Malgré les stress tests et les modèles de simulation, certains événements exceptionnels
(crises géopolitiques majeures, pandémies, fluctuations extrêmes des marchés) restent
difficiles à anticiper, exposant les entreprises à des risques résiduels importants.
La diversité des réglementations selon les zones géographiques complique la gestion des
risques pour les multinationales. Le non-respect des normes peut entraîner des sanctions
financières et nuire à la réputation.
Bien que ces risques aient un impact financier croissant, leur intégration dans les dispositifs
traditionnels de gestion des risques financiers reste encore embryonnaire chez certains
acteurs, ce qui peut conduire à des vulnérabilités non couvertes.
Le succès des stratégies de gestion des risques financiers et du contrôle interne dans le secteur des
phosphates repose sur une approche globale, multidimensionnelle et bien coordonnée. Néanmoins,
des limites techniques, financières et réglementaires subsistent, appelant à une amélioration
continue et à une adaptation constante aux évolutions du contexte économique et réglementaire.
L’efficacité des stratégies de gestion des risques financiers et de contrôle interne dans le secteur des
phosphates, à l’échelle internationale, dépend de plusieurs facteurs clés qui favorisent la réussite,
mais elle est aussi confrontée à certaines limites structurelles et conjoncturelles.
Un leadership fort, impliqué et conscient des enjeux de la gestion des risques, est essentiel.
Les entreprises leaders instaurent une gouvernance claire avec des comités dédiés au suivi
des risques financiers, assurant ainsi la responsabilité et la transparence à tous les niveaux.
Le respect des cadres normatifs comme COSO ou ISO 31000 permet d’établir un cadre
cohérent et robuste pour l’identification, l’évaluation et le contrôle des risques. L’adoption
de ces standards facilite également la communication avec les parties prenantes et la
conformité réglementaire.
3. Utilisation de technologies avancées
Les systèmes d’information intégrés, l’automatisation des processus de contrôle, ainsi que
les outils analytiques performants (big data, intelligence artificielle) améliorent la capacité
d’anticipation et la réactivité face aux risques financiers.
La réussite passe aussi par la création d’une culture d’entreprise orientée vers la gestion
proactive des risques. La formation régulière des équipes aux pratiques de contrôle interne
et aux risques spécifiques du secteur est un levier fondamental.
L’utilisation combinée d’instruments financiers tels que les contrats à terme, options, swaps,
et les assurances spécialisées permet de limiter l’exposition aux fluctuations des prix, taux
d’intérêt, et devises, ce qui stabilise la performance financière.
La mise en œuvre d’un contrôle interne efficace et la gestion des risques financiers
nécessitent des ressources humaines et financières importantes, ce qui peut représenter un
frein surtout pour les entreprises de taille moyenne ou dans des marchés émergents.
Malgré les modèles sophistiqués (stress tests, Value at Risk), certains risques systémiques ou
événements imprévus (crises politiques, catastrophes naturelles) restent difficiles à anticiper,
ce qui limite la capacité de protection totale.
Les outils technologiques peuvent être limités par leur manque d’intégration ou leur
obsolescence, ce qui réduit l’efficacité du suivi des risques et peut entraîner des erreurs ou
retards dans la prise de décision.
Les facteurs de succès reposent sur une combinaison d’une gouvernance forte, de normes
rigoureuses, d’outils technologiques performants, et d’une culture d’entreprise engagée. Cependant,
les limites techniques, financières et réglementaires demandent une adaptation continue et un
renforcement permanent des dispositifs, afin d’assurer une gestion des risques réellement efficace
dans un environnement complexe et en évolution rapide.
Ce chapitre est consacré à une étude approfondie de la gestion des risques financiers en lien avec le
système de contrôle interne (SCI) au sein de l’entreprise Pakistan Maroc Phosphore (PMP), une filiale
stratégique de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) et un acteur clé de la chaîne de
transformation du phosphate au Maroc. Dans un secteur aussi volatil que celui des matières
premières, où les fluctuations des cours mondiaux et les contraintes réglementaires pèsent
lourdement sur la stabilité financière, l’analyse des dispositifs internes de maîtrise des risques
constitue un levier essentiel de performance durable. L’approche adoptée dans ce chapitre se veut à
la fois analytique, critique et orientée vers l’amélioration continue.
La méthodologie de recherche repose sur un dispositif triangulé combinant trois techniques
complémentaires : l’observation directe des procédures et pratiques opérationnelles, des entretiens
semi-directifs menés avec les responsables financiers, de production et de contrôle, et la diffusion
d’un questionnaire structuré auprès des agents impliqués dans la gestion des risques. Ce choix
méthodologique permet de croiser les perceptions des différents acteurs, d’identifier les écarts entre
les pratiques déclarées et réelles, et de renforcer la validité des constats. Les outils mobilisés ont été
conçus pour faire émerger les risques financiers les plus critiques, mais aussi pour apprécier le degré
de maturité du dispositif de contrôle interne existant.
L’étude vise à identifier, évaluer et analyser les risques financiers auxquels PMP est exposée, avec un
focus spécifique sur ceux qui relèvent directement du champ du contrôle interne. Parmi les risques
recensés, on s’intéressera notamment à ceux liés à la liquidité, à la gestion des devises, à la
conformité réglementaire, ainsi qu’aux risques de fraude ou d’erreurs comptables. L’analyse des
points faibles du SCI permettra de dresser un état des lieux clair et structuré des vulnérabilités du
système, mais aussi de mettre en lumière ses forces : procédures formalisées, outils numériques de
gestion intégrée, mécanismes de validation ou de double contrôle.
L’un des enjeux majeurs de ce travail est de formuler des recommandations concrètes et adaptées
aux réalités de PMP. En s’appuyant sur les constats issus du terrain, des pistes d’amélioration seront
proposées pour renforcer l’efficacité du dispositif de gestion des risques, notamment en termes de
procédures, d’outils technologiques, de formation du personnel et de diffusion de la culture du
risque.
Enfin, cette étude s’inscrit dans une logique d’alignement stratégique avec les exigences du secteur
des phosphates et les standards internationaux de gestion des risques (COSO, ISO 31000). Elle
contribue à enrichir la réflexion sur les pratiques de contrôle interne dans les entreprises industrielles
marocaines à fort enjeu stratégique.
Cette première section vise à situer le cadre de l’étude à travers une présentation détaillée de
Pakistan Maroc Phosphore (PMP), en mettant en lumière son historique, sa structure
organisationnelle, ainsi que son organisation financière et sa gouvernance. Cette contextualisation
est essentielle pour comprendre les particularités et les enjeux spécifiques liés à la gestion des
risques financiers dans cette entreprise.
Par ailleurs, cette section introduit également le sujet de travail, en précisant le contexte dans lequel
s’inscrit la problématique de gestion des risques financiers, ainsi que les objectifs et les limites de
l’étude. Enfin, un diagnostic préliminaire du système existant de contrôle de gestion et de contrôle
interne sera présenté, afin d’identifier les points clés sur lesquels l’analyse approfondie des risques
financiers pourra s’appuyer.
Le phosphate brut est exploité pour son contenu en phosphore. La teneur du phosphate en
phosphore, mesurée en pourcentage de P₂O₅ (pentoxyde de phosphore), détermine sa qualité. Elle
varie de 5 % à 45 %. À moins de 30 %, le plus gros de la production, le minerai subit un premier
traitement sous forme de lavage, séchage ou enrichissement à sec.
L’acide phosphorique
L’acide phosphorique est un produit intermédiaire, sous forme liquide, obtenu par la réaction du
phosphate broyé avec l’acide sulfurique (procédé par voie humide). Sous forme de cristaux à
température ambiante, ce produit entre dans la composition des engrais, mais est également utilisé
par de nombreux secteurs industriels : traitement de surface des métaux, industrie pharmaceutique
et de la fermentation, traitement des eaux usées, produits de nettoyage, cosmétiques...
Les engrais.
Les engrais sont fabriqués par le Groupe OCP à partir des minerais phosphatés extraits de la terre. Le
phosphore présent dans ces roches n’est pas disponible pour les plantes surtout dans les sols
basiques comme c’est souvent le cas au Maroc. Pour rendre le phosphore soluble, ces roches sont «
attaquées » avec l’acide sulfurique pour produire l’acide phosphorique. Les processus de fabrication
aboutissent au superphosphate, simple ou triple, qui est utilisé directement comme engrais. Il peut
également être associé à d’autres sources d’azote ou de potassium pour fabriquer des engrais
composés.
Di-Ammonium Phosphate (DAP) : engrais phosphaté avec une teneur moyenne en P₂O₅ de
46%.
Engrais complexe (NPK) : il renferme les 3 éléments nutritifs primaires (azote, phosphore et
potassium).
Les atouts
La diversité de ses produits permet à OCP d’offrir un service sur mesure aux clients. Sa place de
leader lui donne les moyens d’innover. Son éthique et son système de valeurs lui procurent une
conscience de ses responsabilités vis-à-vis des besoins de l’agriculture mondiale.
Concentré sur ses métiers de base, le Groupe OCP s’appuie sur une structure organisée qui s’articule
autour de filiales intégrées. Dans le cadre de sa stratégie de développement à l’international, il a par
ailleurs noué des partenariats avec de grands opérateurs étrangers.
L’acide à haute valeur ajoutée est utilisé tel quel ou via des sels dérivés dans l’industrie alimentaire :
limonades, levures, fromages, conservation des viandes et poissons, traitement de l’eau potable… Il
est également utilisé dans d’autres industries : détergents, alimentation animale, engrais foliaires,
traitement des métaux, textiles, ciments…
Imacid (1/3 OCP, 1/3 Chambal Fertiliser – Inde, 1/3 Tata Chemicals Ltd – Inde) : Pour
diversifier ses alliances stratégiques et sécuriser une partie de ses exportations, le Groupe
OCP s’est rapproché de la société indienne Chambal appartenant au Groupe privé Birla. En
1999, ce partenariat a permis le démarrage, au sein du complexe industriel de Jorf Lasfar,
d’Imacid, une usine d’acide phosphorique dont la capacité de production annuelle a été
portée à 370.000 tonnes P₂O₅. Un tel volume nécessite 1,2 million de tonnes de phosphates
de Khouribga et 330.000 tonnes de soufre. En mars 2005, un troisième actionnaire fut
introduit dans le capital d’Imacid, Tata Chemicals Ltd, filiale du Groupe Indien Tata. La
totalité de la production d’Imacid en acide phosphorique est dédiée à ces deux actionnaires
indiens.
Zuari Maroc Phosphate (50 % OCP, 50 % Chambal Fertiliser – Inde) : Fruit d’un partenariat
entre le Groupe OCP et Chambal Fertiliser Ltd (Groupe indien Birla), cette société
d’investissement détient 74 % du capital social de la société Paradeep Phosphate Ltd (PPL).
Les 26 % restants sont détenus par l’État indien. L’unité est spécialisée dans la fabrication
d’engrais phosphatés avec une capacité de 1 million de tonnes par an.
Pakistan Maroc Phosphore S.A. (50 % OCP, 25 % FFBL, 12,5 % Fauji Foundation, 12,5 % FFCL) :
Joint-venture OCP SA – Jacobs Engineering Inc (50 % OCP, 50 % Jacobs) : Baptisée Jacobs
Engineering SA (JESA), la nouvelle JV permettra de doter le Groupe OCP d’outils de pointe
pour mener à bien sa stratégie industrielle. Créée en février 2010, JESA contribuera
directement à l’accompagnement de la réalisation des infrastructures nécessaires au
développement de la plate-forme JPH à Jorf Lasfar notamment. Elle fournira à travers cet
accord de partenariat, des prestations de gestion de projets et d’ingénierie pour le
programme d’investissement d’OCP de 5…
Le groupe OCP a constitué en 2004, en partenariat avec le groupe pakistanais FAUJI, la société
PAKISTAN MAROC PHOSPHORE S.A de droit marocain, complexe moderne d’acide phosphorique
pour diversifier ses alliances stratégiques et en vue le jour de sécuriser ses exportations. C’est ainsi
qu’un nouveau complexe industriel a vu le jour à Jorf Lasfar avec un investissement de plus de 2
milliards de DH.
Un convertisseur
Un four de combustion
Atelier phosphorique :
Une unité de production d’acide phosphorique de capacité 1135 T P₂O₅ d’acide phosphorique par
jour. Le procédé utilisé est JACOBS, cette installation comprend :
o Quatre échelons de concentration de 330 tonnes P₂O₅ par jour chacun, à échangeur
tubulaire de graphite.
Deux chaînes de traitement d’eau permettant la production de différentes qualités d’eau : eau filtrée,
eau désiliciée et eau potable.
Une station de compression d’air permettant le conditionnement d’air pour les besoins
d’instrumentation et de service.
Un bassin de reprise d’eau permettant l’alimentation des ateliers de production en eau mer pour les
besoins de processus : refroidissement et dépulpage du phosphogypse.
Ateliers de maintenance :
PAKISTAN MAROC PHOSPHORE dispose de plusieurs ateliers de maintenance assurant ainsi les divers
travaux de :
Maintenance mécanique.
Maintenance instrumentation.
Maintenance électrique.
L’organisation financière de Pakistan Maroc Phosphore (PMP) est un pilier fondamental pour assurer
une gestion efficace des ressources et une maîtrise rigoureuse des risques financiers. Cette
organisation repose sur une architecture claire, qui intègre à la fois les fonctions opérationnelles, les
contrôles et la supervision stratégique.
Organisation financière
La direction financière de PMP est structurée autour de plusieurs départements spécialisés, chacun
responsable d’un volet précis :
Gestion des risques financiers : ce service, souvent intégré au sein du contrôle interne, est
dédié à la détection, l’évaluation et la couverture des risques liés aux taux de change, taux
d’intérêt, crédit et liquidité. Il met en œuvre des outils de couverture comme les dérivés
financiers et travaille en étroite collaboration avec la trésorerie.
Cette organisation fonctionnelle est complétée par une politique financière formalisée, comprenant
des procédures internes strictes pour la validation des opérations, la gestion des accès aux systèmes
financiers, et la communication des informations aux instances décisionnelles.
Structure de gouvernance
Comité d’audit et contrôle : sous-comité du CA, il joue un rôle crucial dans la supervision du
contrôle interne, la revue des états financiers, et la gestion des risques financiers. Il travaille
en lien étroit avec le service d’audit interne et les commissaires aux comptes.
Direction générale : chargée de la mise en œuvre des décisions du CA, la direction générale
pilote l’ensemble des activités opérationnelles et veille à la conformité aux normes internes
et externes. Elle communique régulièrement avec le CA sur les indicateurs financiers et les
risques majeurs.
Comité de gestion des risques : mis en place pour coordonner la politique de gestion des
risques, ce comité regroupe des membres des directions financières, opérationnelles,
juridiques et du contrôle interne. Il analyse les risques identifiés, propose des actions
correctives et suit leur mise en œuvre.
Cette structure de gouvernance assure un contrôle efficace des processus financiers et permet de
limiter les risques liés à la fraude, aux erreurs comptables ou aux fluctuations du marché. Elle
constitue ainsi un cadre essentiel pour la fiabilité de l’information financière et la protection des
intérêts des parties prenantes.
Dans un environnement économique marqué par une volatilité croissante des marchés, la gestion
des risques financiers est devenue un enjeu majeur pour Pakistan Maroc Phosphore (PMP). Cette
entreprise évolue dans un secteur sensible, soumis à des fluctuations importantes des prix des
matières premières, à des variations monétaires, ainsi qu’à des contraintes réglementaires et
environnementales strictes. Ce contexte accentue la nécessité d’un contrôle rigoureux des risques
pour préserver la stabilité financière et assurer la pérennité de l’activité.
Une forte exposition aux variations des prix internationaux : les cours du phosphate et des
produits dérivés connaissent des cycles d’augmentation et de baisse qui impactent
directement les revenus et la rentabilité. Par exemple, entre 2018 et 2023, le prix moyen du
phosphate a connu des fluctuations allant de 80 à plus de 150 dollars la tonne, créant une
incertitude notable sur les marges.
Une sensibilité aux fluctuations des taux de change : PMP réalise des transactions en devises
multiples, notamment en dollars américains et en euros. La volatilité des taux de change
peut affecter les coûts d’approvisionnement et la valorisation des créances, augmentant les
risques financiers liés au change.
Face à ces défis, la problématique centrale de gestion des risques financiers chez PMP s’articule
autour de plusieurs questions clés :
Comment identifier et évaluer avec précision les risques financiers majeurs auxquels
l’entreprise est exposée, en particulier ceux liés au contrôle interne ?
Quels mécanismes et outils sont actuellement en place pour couvrir ces risques et dans
quelle mesure sont-ils efficaces ?
Quelles sont les lacunes et faiblesses dans le système existant de contrôle interne et
comment peuvent-elles être corrigées pour renforcer la résilience financière de l’entreprise ?
Comment intégrer une culture proactive de gestion des risques dans l’organisation afin
d’anticiper les crises et de sécuriser la performance à long terme ?
La réponse à ces interrogations nécessite une analyse approfondie du système de contrôle interne,
de la cartographie des risques, ainsi qu’une évaluation des pratiques de gestion financière. Ce
diagnostic permettra de proposer des pistes d’amélioration adaptées à la spécificité du secteur des
phosphates et aux besoins de PMP, tout en alignant les processus internes aux meilleures pratiques
internationales.
Le contrôle de gestion chez PMP est structuré autour d’une équipe dédiée qui travaille en
coordination avec les départements financiers, opérationnels et stratégiques. Les missions
principales incluent le suivi budgétaire, l’analyse des écarts, le reporting périodique, ainsi que
l’accompagnement des décisions stratégiques par la fourniture d’indicateurs de performance
pertinents.
Un reporting financier régulier qui permet un suivi rapproché des résultats par rapport aux
prévisions.
Une communication fluide entre les services opérationnels et financiers pour l’identification
des causes d’écarts et la mise en place d’actions correctives.
Faiblesses et limites :
Insuffisances dans la couverture des risques liés au contrôle interne, notamment un manque
de mécanismes robustes pour prévenir les fraudes et erreurs comptables.
Faible intégration des outils d’évaluation des risques financiers (comme la Value at Risk ou
les stress tests) dans le processus de contrôle de gestion.
Certaines procédures restent manuelles et exposent à des erreurs humaines ou des délais
dans la remontée de l’information.
Ces faiblesses ont pour conséquence un risque accru de pertes financières non anticipées, une
mauvaise allocation des ressources et une réactivité insuffisante face aux fluctuations du marché. Le
contrôle de gestion actuel, bien qu’efficace pour le suivi budgétaire classique, ne permet pas encore
une maîtrise complète des risques financiers spécifiques liés à la volatilité des prix, aux fluctuations
des devises ou aux contraintes réglementaires.
Intégrer des outils d’analyse de risque financier avancés (VaR, stress tests) dans les processus
de reporting et de pilotage.
Développer des programmes de formation continue pour sensibiliser les équipes aux enjeux
de la gestion des risques et aux bonnes pratiques de contrôle.
Mettre en place un dispositif de contrôle interne renforcé et intégré, garantissant une
meilleure coordination entre les fonctions contrôle de gestion, audit interne et gestion des
risques.
L’identification et l’évaluation des risques financiers constituent des étapes cruciales dans la mise en
place d’une gestion efficace au sein de Pakistan Maroc Phosphore. Cette phase vise à recenser de
manière exhaustive les différentes menaces susceptibles d’impacter la stabilité financière de
l’entreprise, tout en mesurant leur intensité et leur probabilité d’occurrence.
À travers une approche méthodologique rigoureuse, combinant l’analyse des données internes, des
entretiens semi-directifs avec les acteurs clés de la société, et l’étude des indicateurs financiers, cette
section présente une cartographie claire des risques majeurs auxquels PMP est exposée. L’évaluation
quantitative et qualitative de ces risques permettra par la suite d’orienter les mécanismes de
contrôle et les stratégies de couverture adaptés.
Ce travail est d’autant plus essentiel que le secteur des phosphates, caractérisé par une forte
volatilité des marchés internationaux, des fluctuations des devises et des exigences réglementaires
croissantes, expose les entreprises à des risques financiers complexes. L’objectif est ainsi de fournir
un diagnostic précis qui servira de base à l’amélioration continue du dispositif de contrôle interne et
de gestion des risques financiers.
L’identification des risques financiers au sein de Pakistan Maroc Phosphore (PMP) s’est appuyée sur
une méthodologie multidimensionnelle, combinant des approches qualitatives et quantitatives. Cette
démarche vise à assurer une compréhension approfondie des risques liés à la gestion financière et au
dispositif de contrôle interne, en prenant en compte les spécificités structurelles et
organisationnelles de l’entreprise.
Dans cette section, nous présentons la méthodologie adoptée pour analyser les risques financiers liés
au contrôle interne au sein de Pakistan Maroc Phosphore (PMP). Cette approche s'appuie à la fois sur
une analyse théorique et une étude de terrain combinant des méthodes qualitatives et quantitatives.
La démarche adoptée se décline comme suit :
1. Approche méthodologique adoptée
Dans le cadre de cette étude consacrée à l’analyse des risques financiers liés au contrôle interne chez
Pakistan Maroc Phosphore (PMP), une approche méthodologique mixte a été adoptée. Cette
approche combine à la fois une méthode qualitative et une méthode quantitative, dans le but de
croiser les points de vue, enrichir l’analyse, et assurer une compréhension complète et nuancée du
sujet.
La phase qualitative repose essentiellement sur des entretiens semi-directifs menés avec plusieurs
responsables de l’entreprise, en particulier ceux en charge du contrôle interne, de la comptabilité, de
la trésorerie et de la gestion financière. L’objectif de cette démarche est de :
Recueillir les perceptions internes sur l’efficacité des dispositifs de contrôle existants ;
Ces entretiens, basés sur un guide d’entretien structuré, ont permis de recueillir des données riches
et qualitatives, directement issues de l'expérience des acteurs de la gestion des risques au sein de
PMP.
En complément, une enquête quantitative a été réalisée à l’aide d’un questionnaire structuré, diffusé
auprès d’un échantillon de collaborateurs impliqués dans les processus financiers, comptables et de
contrôle. Le questionnaire a permis de :
Mesurer la fréquence perçue des risques (fraude, erreur comptable, retard de paiement,
etc.);
Les réponses collectées ont été analysées à l’aide d’outils statistiques simples (Excel), permettant de
produire des graphiques, ratios et tableaux de synthèse, intégrés dans le rapport afin de renforcer
l’argumentation.
Croiser les données objectives issues du terrain (questionnaires) avec des perceptions et
expériences plus fines (entretiens) ;
Ainsi, cette démarche permet de mieux cerner l’ampleur des risques financiers liés à des
insuffisances du contrôle interne et de proposer des leviers d’action adaptés à la spécificité de
l’entreprise étudiée.
Des entretiens semi-directifs ont été menés auprès de plusieurs responsables clés de Pakistan Maroc
Phosphore, notamment :
Le directeur financier ;
Le chef comptable ;
Ces entretiens ont été préparés à l’aide d’un guide d’entretien structuré autour des axes suivants :
Cette technique a permis d’obtenir des informations riches, contextuelles et nuancées, facilitant la
compréhension des enjeux internes et des limites du système actuel.
Un questionnaire anonyme a été élaboré et diffusé auprès d’un échantillon de collaborateurs des
services financiers, comptables, et de contrôle. L’objectif était de mesurer :
La fréquence perçue des incidents à risque financier (erreurs, retards, fraudes, etc.) ;
Le questionnaire comprenait des questions fermées, des échelles de Likert (de type "tout à fait
d’accord" à "pas du tout d’accord"), et quelques questions ouvertes permettant aux répondants de
partager librement leurs observations.
Les résultats ont été exploités sous forme de tableaux et graphiques, afin d’illustrer les tendances et
d’alimenter l’analyse.
Cette technique a consisté à consulter et à analyser divers documents internes fournis par
l’entreprise, tels que :
L’objectif de cette analyse documentaire était de valider et croiser les données issues des entretiens
et des questionnaires, tout en identifiant d’éventuelles lacunes formelles dans la structuration des
dispositifs de contrôle.
Cela a permis de repérer certains points de friction récurrents dans les processus internes,
notamment en matière de contrôle des flux financiers ou de suivi des procédures.
La construction du questionnaire et du guide d’entretien s’est appuyée sur une réflexion approfondie
autour de la problématique centrale de cette étude, à savoir : les risques financiers liés au contrôle
interne. L’objectif était de concevoir des questions pertinentes permettant de recueillir des
informations fiables, exploitables et représentatives de la réalité terrain au sein de Pakistan Maroc
Phosphore.
Les entretiens et le questionnaire ont été adressés à des collaborateurs occupant des postes variés et
complémentaires, notamment :
Directeur financier
Chef comptable
Auditeur interne
Gestionnaire de trésorerie
Cette diversité des fonctions a permis de croiser les regards entre les concepteurs des procédures, les
exécutants et les superviseurs. Elle a aussi enrichi l’analyse en intégrant plusieurs niveaux de
responsabilités et d’expertise, offrant ainsi une vision globale et nuancée du système de contrôle
interne et de ses limites.
Un effort particulier a été fourni pour éviter les biais de formulation, tout en adaptant le vocabulaire
utilisé au niveau de compréhension des différents profils interrogés. Ainsi, les questions techniques
étaient réservées aux cadres financiers, tandis que d’autres plus opérationnelles ont été proposées
aux exécutants.
Dans le cadre de cette étude sur les risques financiers liés au contrôle interne au sein de Pakistan
Maroc Phosphore, deux outils de collecte de données ont été mobilisés : un entretien semi-directif et
un questionnaire structuré. Ces instruments ont été administrés à des collaborateurs internes afin de
croiser les perceptions, expériences et évaluations des dispositifs de contrôle en place.
Un total de 10 collaborateurs ont été interviewés dans le cadre des entretiens semi-directifs. Ces
participants ont été choisis sur la base de leur expertise, de leur implication dans les processus
financiers et de leur connaissance du système de contrôle interne. Ils occupent principalement des
fonctions telles que :
Directeur financier
Auditeur interne
Responsable comptable
L’objectif de ces entretiens était d’obtenir des retours détaillés et contextualisés sur les pratiques
actuelles, les points de vulnérabilité observés, les dispositifs de prévention et les pistes
d’amélioration envisageables. Cette approche qualitative a permis de mieux comprendre la
dynamique interne du système de gestion des risques financiers.
81 % des répondants estiment que la volatilité des prix du phosphate et des intrants (soufre,
ammoniac) constitue un risque majeur pour la marge brute. L’absence de contrats à long terme avec
clauses de plafonnement aggrave ce risque. Les entretiens ont révélé un manque d’anticipation dans
la révision des prix fournisseurs, ce qui a généré en 2023 une hausse non budgétée de +18 % sur les
charges d’achat.
2. Risques de change
72 % des répondants indiquent que PMP ne dispose pas de stratégie formalisée de couverture de
change. Les transactions en dollars US représentent environ 64 % des achats et 59 % des ventes,
exposant fortement l’entreprise aux fluctuations. En 2022, PMP a enregistré une perte de change
nette de 7,3 millions MAD, principalement liée à la conversion tardive des créances clients.
Le questionnaire montre que 68 % des répondants jugent le risque client élevé, notamment à cause
de retards fréquents de paiement. Le délai moyen de recouvrement (DSO) s’élève à 87 jours, au-delà
du seuil de 60 jours recommandé. De plus, 43 % estiment que les évaluations de solvabilité des
fournisseurs sont irrégulières voire inexistantes, exposant PMP à des ruptures de chaîne
d’approvisionnement ou à des litiges commerciaux.
Les résultats de l’étude révèlent que 59 % des collaborateurs identifient un risque élevé de non-
conformité dans les validations de dépenses. L’analyse documentaire a mis en évidence que 26 % des
bons de commande en 2023 ont été validés sans pièces justificatives numérisées. Les entretiens ont
aussi révélé une absence de double contrôle systématique, augmentant le risque de fraude ou
d’erreur de saisie comptable.
75 % des répondants jugent la coordination entre services (finance, achats, production) insuffisante
pour la prévision des flux de trésorerie. Cette mauvaise synchronisation a mené, selon les états de
rapprochement analysés, à trois incidents de paiement sur fournisseurs stratégiques en 2023,
mettant en péril le bon déroulement des livraisons.
L’évaluation de l’exposition aux risques financiers identifiés chez Pakistan Maroc Phosphore (PMP)
constitue une étape cruciale pour mesurer l’impact potentiel de ces risques sur la santé financière et
la pérennité de l’entreprise. Cette évaluation permet de prioriser les actions correctives et de
renforcer le système de contrôle interne.
Pour quantifier l’exposition aux risques, PMP a recours à plusieurs méthodes complémentaires :
Simulation de scénarios : Mise en place de stress tests sur les fluctuations des prix des
matières premières et des devises, afin d’estimer les pertes potentielles dans des conditions
extrêmes.
2. Résultats de l’évaluation
3. Analyse approfondie
Volatilité des prix : La forte dépendance aux prix des phosphates expose PMP à des
fluctuations pouvant affecter significativement ses résultats. L’absence d’une politique de
couverture rigoureuse augmente cette vulnérabilité.
Risque de change : L’exposition aux devises étrangères, notamment face au dollar américain,
est importante, avec un effet direct sur les coûts d’approvisionnement et la rentabilité. La
volatilité récente du marché des changes accentue cette pression.
Risque de crédit : Les créances clients non recouvrées peuvent peser sur la trésorerie. Une
surveillance insuffisante des délais de paiement et du profil de solvabilité des clients amplifie
ce risque.
Erreurs et fraudes : Bien que le risque soit modéré, il reste critique du fait des conséquences
potentielles sur la fiabilité des états financiers et la confiance des partenaires.
Liquidité : Une gestion prudente de la trésorerie est nécessaire pour éviter des tensions
financières, surtout en période de volatilité des marchés.
Cette évaluation permet à PMP de mieux comprendre l’ampleur de ses vulnérabilités et de cibler les
zones critiques à renforcer au sein du contrôle interne et des stratégies de gestion des risques.
Face aux risques financiers identifiés, Pakistan Maroc Phosphore (PMP) a mis en place divers
mécanismes de couverture et de contrôle destinés à limiter l’exposition de l’entreprise et à renforcer
la fiabilité de ses processus financiers, notamment dans le cadre du contrôle interne.
Gestion des risques de change : PMP utilise des instruments financiers dérivés tels que les
contrats à terme (forwards) et les options de change pour sécuriser une partie de ses flux en
devises étrangères. Ces outils permettent de fixer les coûts d’achat à un taux convenu,
réduisant ainsi la volatilité des charges liées aux fluctuations monétaires.
Couverture contre la volatilité des prix des phosphates : L’entreprise négocie des contrats à
prix fixes avec certains fournisseurs et clients stratégiques afin de limiter l’impact des
variations brusques des matières premières. Toutefois, cette politique reste partielle et
nécessite un renforcement pour couvrir une plus grande part des volumes.
Assurances : PMP souscrit à des polices d’assurance couvrant notamment les risques de
perte financière liée à des fraudes internes ou des erreurs comptables, ainsi que des risques
opérationnels susceptibles d’entraîner des pertes économiques.
Séparation des fonctions : Pour réduire les risques d’erreurs et fraudes, les tâches sont
réparties entre plusieurs services : la comptabilité, le contrôle de gestion, la trésorerie et
l’audit interne. Cette séparation permet de limiter les conflits d’intérêts et d’assurer une
double vérification des opérations.
Procédures formalisées : Des procédures strictes encadrent les processus financiers, incluant
des règles pour les validations des opérations, le suivi des paiements et la gestion des
créances clients. Ces procédures sont régulièrement mises à jour et communiquées aux
équipes.
Système d’information intégré : PMP utilise un progiciel de gestion intégré (ERP) qui facilite
le suivi en temps réel des données financières et opérationnelles. Ce système améliore la
traçabilité des opérations et permet un contrôle plus efficace des écarts et anomalies.
Audit interne et contrôles périodiques : Des audits internes réguliers sont menés pour
évaluer la conformité des pratiques aux normes internes et aux exigences réglementaires.
Ces audits permettent d’identifier les faiblesses du système de contrôle et de proposer des
actions correctives.
Comités de gestion des risques : PMP a instauré des comités regroupant les responsables des
finances, de la production, et du contrôle interne. Ces comités se réunissent périodiquement
pour analyser les risques, suivre leur évolution et coordonner les mesures de mitigation.
La couverture des risques de prix n’est pas exhaustive, laissant des expositions significatives
non couvertes.
Les contrôles internes, bien que présents, souffrent parfois de rigidités organisationnelles qui
ralentissent la prise de décision et limitent la réactivité.
Le suivi des créances clients et de la liquidité pourrait être amélioré via des indicateurs plus
précis et des alertes automatisées.
En conclusion, les mécanismes actuels de couverture et de contrôle chez Pakistan Maroc Phosphore
forment une base solide mais perfectible pour la gestion des risques financiers. Leur optimisation,
notamment par un renforcement des outils de contrôle interne et une politique plus agressive de
couverture, apparaît essentielle pour améliorer la résilience financière de l’entreprise.
Cette section vise à analyser de manière critique les dispositifs actuels de gestion des risques
financiers et de contrôle interne au sein de Pakistan Maroc Phosphore, sur la base des données
collectées lors des entretiens, observations et analyses internes. L’objectif est de mettre en lumière
les forces et faiblesses du système en place, afin d’identifier les leviers d’amélioration possibles.
Par la suite, nous présenterons des propositions concrètes pour la mise en place ou le renforcement
du Système de Contrôle Interne (SCI), en insistant sur les aspects liés à la maîtrise des risques
financiers. Cette démarche s’appuie sur les meilleures pratiques identifiées dans la littérature ainsi
que sur les spécificités opérationnelles et stratégiques propres à l’entreprise.
Enfin, l’impact potentiel de ces améliorations sera évalué en termes de performance globale et de
résilience face aux aléas financiers, tout en soulignant les limites et les recommandations
stratégiques à considérer pour assurer la pérennité et la compétitivité de PMP.
L’analyse critique des dispositifs actuels de gestion des risques financiers et de contrôle interne chez
Pakistan Maroc Phosphore (PMP) permet de mettre en lumière les points forts et les faiblesses du
système en place. Cette évaluation repose sur les observations issues des entretiens semi-directifs
réalisés avec les responsables financiers, les contrôleurs de gestion, ainsi que sur l’étude des
documents internes relatifs aux procédures et aux mécanismes de contrôle.
Points forts
Existence d’un cadre formalisé de contrôle interne : PMP dispose d’une structure
organisationnelle claire avec des responsabilités bien définies, notamment un département
financier chargé du suivi budgétaire et de la gestion des risques. Cela facilite la traçabilité des
opérations financières et la responsabilisation des acteurs.
Faiblesses et limites
Insuffisance des procédures de contrôle opérationnel : Certaines étapes clés, telles que la
validation des opérations sensibles, la séparation des fonctions et le suivi des anomalies,
manquent de formalisation ou sont insuffisamment appliquées. Cela expose l’entreprise à
des risques d’erreurs et de fraudes.
Suite à l’analyse critique des dispositifs actuels de gestion des risques financiers chez Pakistan Maroc
Phosphore (PMP), plusieurs pistes d’amélioration sont proposées afin de renforcer l’efficacité du
Système de Contrôle Interne (SCI) et d’assurer une meilleure maîtrise des risques financiers.
Élargir la cartographie des risques financiers pour couvrir l’ensemble des risques relatifs au
contrôle interne, notamment les risques de fraude, d’erreurs comptables, et liés aux
fournisseurs et aux marchés.
Formaliser le suivi des anomalies et des non-conformités avec des actions correctives
clairement définies et tracées.
Définir un tableau de bord dédié au suivi des risques financiers, incluant des indicateurs clés
(ex : délais de paiement, taux de créances douteuses, écarts budgétaires).
Instaurer des seuils d’alerte précoces pour déclencher des actions correctives avant que les
risques ne se matérialisent pleinement.
Intégrer des exercices réguliers de stress tests et de scénarios de crise pour tester la
résilience financière de l’entreprise face à des événements défavorables.
Renforcer les programmes de formation sur le contrôle interne et la gestion des risques pour
tous les acteurs impliqués, en mettant l’accent sur la détection précoce des anomalies.
Promouvoir une culture d’entreprise axée sur la prévention des risques et l’amélioration
continue.
La mise en œuvre de ces propositions permettra à Pakistan Maroc Phosphore de disposer d’un
Système de Contrôle Interne plus robuste, réactif et adapté aux défis actuels. Ces mesures
favoriseront non seulement la réduction des risques financiers liés au contrôle interne, mais aussi
une meilleure gouvernance financière, garantissant ainsi la pérennité et la performance durable de
l’entreprise.
La mise en place d’un dispositif de contrôle interne (SCI) amélioré au sein de Pakistan Maroc
Phosphore (PMP) aura des effets significatifs tant sur la performance financière que sur la résilience
globale de l’entreprise face aux aléas économiques et financiers.
Réduction des pertes financières liées aux erreurs et fraudes : Un contrôle interne renforcé
permet d’identifier plus rapidement les anomalies, les erreurs comptables et les actes
frauduleux, limitant ainsi les impacts financiers négatifs.
Optimisation des processus opérationnels : La formalisation et l’automatisation des contrôles
favorisent une meilleure gestion des flux financiers (paiements, encaissements, gestion des
stocks), réduisant les coûts opérationnels et améliorant la rentabilité.
Meilleure allocation des ressources : Grâce à une vision claire et précise des risques, les
décideurs peuvent orienter les investissements et les dépenses vers les secteurs les plus
stratégiques, maximisant ainsi la valeur créée.
Capacité accrue à anticiper et gérer les crises : Les outils d’évaluation et de simulation (stress
tests, scénarios) permettent à l’entreprise de préparer des plans d’action adaptés face à des
fluctuations brutales des marchés ou à des crises internes.
Rigidité des procédures : Des procédures trop rigides ou complexes peuvent freiner la
réactivité face aux situations nouvelles, réduisant la capacité d’adaptation face à un
environnement économique volatil.
Recommandations stratégiques
Revoir les procédures pour les rendre plus fluides, permettant une adaptation rapide aux
évolutions du contexte économique et réglementaire, sans pour autant compromettre la
rigueur des contrôles.
Mettre en place un dispositif de revue périodique des contrôles internes et des risques
financiers, afin d’identifier les faiblesses, capitaliser sur les bonnes pratiques et ajuster les
dispositifs en fonction des retours d’expérience.
En prenant en compte ces limites et en appliquant les recommandations proposées, Pakistan Maroc
Phosphore pourra non seulement renforcer son dispositif de contrôle interne, mais aussi accroître sa
capacité à anticiper et gérer efficacement les risques financiers. Cela contribuera à assurer une
performance durable et une meilleure résilience face aux défis futurs.
Conclusion générale
La gestion des risques financiers constitue aujourd’hui un enjeu stratégique de première importance
pour les entreprises opérant dans un environnement instable, globalisé et fortement exposé aux
incertitudes économiques. Ce mémoire s’est intéressé à cette problématique à travers une double
approche : une analyse théorique approfondie des concepts et des outils de la gestion des risques
financiers, puis une étude de cas appliquée à l’entreprise Pakistan Maroc Phosphore (PMP), acteur
majeur du secteur phosphatier marocain.
Dans une première partie, nous avons dressé le cadre conceptuel de la gestion des risques financiers,
en définissant les différentes typologies de risques (risque de marché, de crédit, de change, de
liquidité, etc.), les outils d’identification et de suivi (cartographie, VaR, stress tests), ainsi que les
dispositifs normatifs de référence (ISO 31000, COSO, etc.). Cette base théorique a permis de mieux
cerner les leviers à la disposition des entreprises pour anticiper, réduire ou transférer leurs
expositions financières.
La seconde partie s’est focalisée sur le secteur des phosphates, en soulignant son poids stratégique
au Maroc et dans le commerce mondial des engrais, tout en mettant en évidence les risques
financiers spécifiques qui y sont associés, notamment en lien avec la volatilité des prix, les
fluctuations des devises, les contraintes réglementaires et les incertitudes géopolitiques. Cette
analyse a démontré que la gestion proactive des risques dans ce secteur nécessite une combinaison
d’outils financiers, d’anticipation stratégique, et de gouvernance robuste.
La troisième partie, consacrée à l’étude de cas de PMP, a apporté une dimension pratique à notre
réflexion. À travers une démarche méthodologique combinant observation, entretiens semi-directifs
et enquête par questionnaire, nous avons pu identifier les principales vulnérabilités du dispositif de
contrôle interne de PMP en matière de gestion des risques financiers. Les résultats ont mis en
évidence une relative formalisation du cadre de gestion des risques, mais également des
insuffisances au niveau de la coordination interservices, de la digitalisation des processus, et du suivi
systématique des indicateurs d’alerte.
En réponse à ce diagnostic, des propositions d’amélioration concrètes ont été formulées, portant sur
le renforcement de la gouvernance financière, la mise en place d’un système d’information intégré
de gestion des risques, le développement de la culture du risque au sein de l’entreprise, et la mise à
jour des outils de pilotage. Ces recommandations visent à renforcer la résilience financière de PMP, à
améliorer la qualité de l’information décisionnelle, et à assurer une meilleure conformité aux
standards internationaux.
En définitive, ce mémoire souligne que la gestion des risques financiers ne peut être efficace sans un
système de contrôle interne solide, évolutif et bien intégré dans la stratégie globale de l’entreprise.
Elle suppose une approche transversale, mobilisant à la fois les directions financières, les services
opérationnels, les outils technologiques et la culture organisationnelle. Pour une entreprise comme
PMP, confrontée à des enjeux internationaux et à des exigences de performance durables, la maîtrise
des risques financiers est non seulement un impératif de survie, mais aussi un levier de compétitivité
à long terme.