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Cours 1 Introduction A La Bioethique

Le cours de bioéthique présente les principes éthiques liés à la biologie, la médecine et la génétique, en se basant sur la Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme. Il aborde des thèmes tels que la dignité humaine, l'autonomie, le consentement, la justice, et la protection de l'environnement, tout en soulignant l'importance de respecter les droits et la vulnérabilité des individus. L'objectif est de sensibiliser les étudiants aux enjeux éthiques et de les préparer à prendre des décisions éclairées dans le domaine de la santé et des sciences de la vie.

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Cours 1 Introduction A La Bioethique

Le cours de bioéthique présente les principes éthiques liés à la biologie, la médecine et la génétique, en se basant sur la Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme. Il aborde des thèmes tels que la dignité humaine, l'autonomie, le consentement, la justice, et la protection de l'environnement, tout en soulignant l'importance de respecter les droits et la vulnérabilité des individus. L'objectif est de sensibiliser les étudiants aux enjeux éthiques et de les préparer à prendre des décisions éclairées dans le domaine de la santé et des sciences de la vie.

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Cours 1 : Eléments de base en Bioéthique

Bio: vie; Ethique: Morale


Moralité de la vie

I- Définition de la bioéthique: La bioéthique est une discipline qui étudie les problèmes
d'éthique (problèmes moraux) liés à la recherche en biologie, en médecine, en génétique et à
leurs applications. La bioéthique veille au respect de la personne humaine.
Le cours de base de bioéthique a été conçu par l’UNESCO et publié en 2005 présentant les 15
principes de la DECLARATION UNIVERSELLE SUR LA BIOETHIQUE ET LES DROITS
DE L’HOMME.

II- Objectifs du cours de base en bioéthique


L’objectif du cours vise à :
 Présenter les 15 principes de cette déclaration.
 Il n’impose ni conception, ni modèle particulier de la bioéthique mais énonce
simplement des principes éthiques.
 Il s’articule autour d’objectifs pédagogiques qui permettent aux étudiants d’être
capables:
- D’identifier les questions éthiques qui se posent dans les domaines de la
médecine, des soins de santé et des sciences de la vie,
- D’appliquer les principes éthiques de la Déclaration universelle sur la bioéthique
et les droits de l’homme.
- De justifier les décisions éthiques de manière rationnelle
 Il invite à un élargissement des approches et des contenus dans diverses directions.

III- Les principes de la bioéthique

1- DIGNITE HUMAINE ET DROIT DE L’HOMME


La dignité humaine est une valeur intrinsèque de la personne capable de réflexion, de
sensibilité, de communication verbale, de libre arbitre, d’autodétermination en matière de
comportement et de créativité.
Tous les êtres humains sont égaux en dignité sans distinction de sexe, d’âge, de statut social
ou d’appartenance ethnique donc ne dépend pas des capacités fonctionnelles d’une personne.
Du point de vue de l’éthique, la dignité et les droits de la personne sont démontrés par
l’obligation pour autrui de la traiter avec respect, c’est-à-dire de ne lui faire aucun mal, de ne
pas en abuser, d’être juste, de ne pas lui imposer des modèles du bien et du bonheur dont elle
ne veut pas, de ne pas la traiter comme un simple moyen et de ne pas considérer que ses
intérêts et son bien-être sont subordonnés à l’intérêt et au bien-être d’autres.

2- EFFETS BENEFIQUES ET EFFETS NOCIFS


Définition de la santé donnée par l’OMS: un état de complet bien-être physique, mental et
social ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.
Les professionnels de la santé doivent veiller au bien être des individus :
- Trouver des solutions pour une santé meilleure
- Soulagement de la douleur
- Soins et bénéfices physiologiques
- Prévention des maladies, des états pathologiques, du handicap
- Amélioration physique
- Prévenir des maladies telles que le vaccin de la coqueluche
- Equiper d’une prothèse une personne ayant perdu une jambe ou un bras dans un accident
- Traiter la stérilité
- Réduire les effets nocifs : Effet chimiothérapie, radiothérapie

3- AUTONOMIE ET RESPONSABILITE INDIVIDUELLE*


L’autonomie est définie comme la capacité individuelle de s’autodéterminer, de
prendre des décisions, d’agir et d’évaluer en toute indépendance.
Les différents niveaux et notions d’autonomie:
- Absence d’interférence paternaliste,
- Aptitude à l’autodétermination :
-Aptitude de la personne à agir selon des règles et des principes rationnels, en adéquation avec
ses conceptions du bien, de la dignité humaine et du bonheur.
- Aptitude à mener une réflexion sur ces règles et ces principes, et à influer sur leur
élaboration et leur transformation dans un débat public.
En éthique, les notions d’autonomie et de responsabilité sont liées. La responsabilité
est la manifestation de l’autonomie ; il n’y a pas d’autonomie sans responsabilité ; sans
responsabilité, l’autonomie se transforme en arbitraire, ce qui signifie que l’individu ne
prend pas en considération les intérêts d’autrui dans ses décisions.

4- CONSENTEMENT
Étant admis que l’autonomie de chaque individu est une valeur importante, la participation
aux décisions concernant son propre corps ou sa propre santé doit être reconnue comme un
droit. L’expression du respect de la dignité.
Toute intervention médicale ne doit être mise en œuvre qu’avec le consentement préalable,
libre et éclairé de la personne concernée, fondé sur des informations suffisantes. L’article
s’applique également à la recherche scientifique.
Objectif du consentement libre et éclairé: Il affirme l’autonomie du patient ; il protège son
statut d’être humain ; il empêche la coercition et la tromperie ; il encourage l’autocritique du
médecin ; il étaie le processus de prise d’une décision rationnelle ; il éduque le grand public.
Le consentement nécessite des informations suffisantes. Le contenu de l’information requise
doit porter sur le diagnostic, le pronostic, le traitement, la thérapeutique alternative, les risques
et les bénéfices, et tenir compte des circonstances particulières. Le processus d’information
doit préciser : par qui, quand (à l’avance), sous quelle forme (oralement, par écrit, exprès) et à
qui (patients, parents, tuteurs, autres).

5- PERSONNES DEPOURVUES DE LA CAPACITE DE DONNER LEUR


CONSENTEMENT
Des personnes qui n’ont pas l’aptitude
- à comprendre l’information donnée
- à saisir la nature de la situation
- à évaluer les faits pertinents
- à faire un choix
- à utiliser l’information comprise pour prendre une décision réaliste et raisonnable
- à mesurer les conséquences du consentement et du refus de le donner
Exemple: mineurs, personnes démentes, personne inconsciente, grave déficiences,
intellectuelles
Nécessite une protection spéciale:
a) Autorisation de pratique devrait être obtenue conformément à l’intérêt supérieur de
la personne avec une toute la procédure du consentement.
b) La recherche ne peut être menée qu’au bénéfice direct de la santé de la personne
concernée et son refus doit être accepté.

6- RESPECT DE LA VULNERABILITE HUMAINE ET DE L’INTEGRITE


PERSONNELLE
Le principe du respect de la vulnérabilité humaine exprime une préoccupation quant à la
fragilité des êtres humains. Étant des entités entières, leur fonctionnement peut aisément être
perturbé au point que leur santé ou même leur vie soit mise en péril. Ce principe est lié au
principe d’intégrité personnelle.
Les innovations scientifiques et technologiques doivent être utilisées pour surmonter les
menaces naturelles, que la recherche médicale doit chercher à éliminer les menaces
biologiques ou environnementales auxquelles est exposé le corps humain : séisme,
Handicapé, VIH.

7- VIE PRIVEE ET CONFIDENTIALITE


La personne est ‘propriétaire’ des renseignements la concernant : ils sont essentiels à son
intégrité personnelle.
Pour beaucoup, la vie privée est un aspect essentiel de leur dignité ; s’immiscer dans leur vie
privée contre leur volonté constitue une violation de leur dignité.
Le respect de l’autre impose de protéger sa vie privée et la confidentialité des renseignements
le concernant.
Les patients s’en remettront moins facilement aux personnels de santé et se confieront moins
volontiers à eux s’ils pensent qu’ils ne considéreront pas les renseignements les concernant
comme confidentiels. Cela peut avoir de graves conséquences pour la santé et le bien-être des
patients et parfois pour la santé d’autrui (les membres de la famille, par exemple).
Dans des circonstances exceptionnelles et généralement en dernier ressort, les personnels de
santé peuvent être conduits à informer d’autres personnes qu’un patient est menacé de leur
porter préjudice, soit par la violence, soit par des contacts sexuels, s’il
est atteint d’une maladie transmissible telle que le sida.

8- EGALITE, JUSTICE ET EQUITE


L’égalité: veut que les êtres humains soient identiques sur certains plans, comme celui de la
dignité; justice: est de différents types mais implique généralement l’impartialité; l’équité:
qui est la mise en œuvre de l’impartialité, et peut supposer une inégalité de traitement.
Différents types de justice:
Justice distributive (faire en sorte que chacun reçoive une part équitable des ressources
publiques).
Justice procédurale (garantir des procédures équitables pour la prise des décisions et le
règlement des différences).
Justice rétributive (sanctionner les auteurs d’actes répréhensibles).
Justice réparatrice (tenter de réparer les préjudices commis).
Justice sociale (c’est la combinaison des types de justice précités quand ils sont appliqués
dans une société où les personnes et les groupes sont traités sans discrimination et reçoivent
une juste part des avantages collectifs).
Les professionnels de la santé sont confrontés à d’importantes disparités des conditions
sanitaires, généralement associées à des différences de richesse/revenu, ou à une
discrimination à l’égard des femmes, des minorités ou d’autres groupes défavorisés.

9- NON DISCRIMINATION ET NON STIGMATISATION


Le mot ‘discrimination’ vient du latin discriminare, qui signifie ‘faire une distinction’. Ainsi,
exercer une discrimination sociale signifie qu’on fait une distinction entre les personnes en
fonction de la classe ou de la catégorie sans tenir compte du mérite individuel.
La ‘stigmatisation’ est un processus consistant à discréditer ou dénigrer un individu qui est
considéré comme ‘anormal’ ou ‘déviant’. Celui-ci est réduit à cette unique caractéristique aux
yeux ou dans l’opinion d’autres personnes pour lesquelles cette ‘étiquette’ justifie une série de
discriminations sociales et même l’exclusion. Au plan social, la stigmatisation se traduit par
un certain nombre de comportements négatifs envers les personnes stigmatisées,
comportements qui peuvent aboutir à une véritable discrimination en ce qui concerne, par
exemple, l’accès à des services sociaux tels que les soins de santé et l’éducation, l’emploi et
l’avancement professionnel, le niveau des revenus et la vie familiale
- Discrimination positive par prise en charge de certaines personnes vulnérable (VIH)
- Progrès scientifique sur la possibilité de choisir le sexe de l’enfant discrimination envers le
sexe féminin
- Découvrir la vulnérabilité d’un patient à certaines maladies génétiquement transmissibles a
suscité la crainte que les résultats de ces tests sur la descendance.

10- RESPECT DE LA DIVERSITÉ CULTURELLE ET DU PLURALISME


La culture est l’ensemble des traits distinctifs spirituels et matériels, intellectuels et affectifs
qui caractérisent une société ou un groupe social et elle englobe, outre les arts et les lettres, les
modes de vie, les façons de vivre ensemble, les systèmes de valeurs, les traditions et les
croyances’
Le pluralisme est, d’une façon générale, l’affirmation et l’acceptation de la diversité. Le
concept est utilisé pour toute une série de questions : politique, science, médecine et pratiques
médicales, religion, philosophie et éthique.

11- SOLIDARITE ET COOPERATION


La solidarité est applicable dans le contexte des systèmes de soins de santé. En Europe, par
exemple, chacun est tenu de cotiser de façon équitable à un système d’assurance organisé
collectivement qui garantit l’égalité d’accès de tous les membres de la société aux soins de
santé et aux services sociaux.
La prestation de soins de santé à l’ensemble de la population conçue comme une fin, et
l’assurance maladie comme un moyen.

12- RESPONSABILITE SOCIALE ET SANTE


La Déclaration universelle des droits de l’homme énonce que ‘toute personne a droit à un
niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment
pour l’alimentation, le logement et les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux
nécessaires...’ (1948).
État (ou le gouvernement) a le devoir fondamental de défendre et de protéger les droits
de ses citoyens. Il est également tenu de créer un environnement de nature à maximiser
les contributions des autres secteurs à la promotion des droits fondamentaux.
L’industrie pharmaceutique se conforme à des réglementations codifiées comprenant des
dispositions relatives à la responsabilité sociale. Une étude de ces réglementations pourrait
révéler certaines lacunes à combler.
- Accès des médicaments à tous
- Propagation de maladies dans les pays pauvres ex. SIDA VIH, lutter contre la pauvreté
- Prise en charge des personnes vulnérables femmes, enfant
- Perte de professionnel au profit des pays développés qui offre une meilleure rémunération
- Lutter contre les pratiques illégales ex trafic d’organes des pays pauvre au pays riches en
vue de transplantation.

13- PARTAGE DES BIENFAITS


De nombreux bienfaits de la science sont inégalement répartis, par suite des asymétries
structurelles qui existent entre les pays, les régions et les groupes sociaux, ainsi qu’entre
les sexes. En même temps que le savoir scientifique devenait un facteur crucial de la
production de richesse, sa répartition est devenue plus inéquitable. Les principes de justice
globale devraient être au cœur des activités scientifiques. Cela suppose un engagement
à long terme de toutes les parties prenantes, qu’elles soient publiques ou privées, au
moyen d’investissements accrus, d’examens appropriés des priorités d’investissement,
et du partage du savoir scientifique.
Le génome humain fait partie du patrimoine commun de L’Humanité. Il incombe aux
scientifiques, aux gouvernements et à l’industrie de faire en sorte que les résultats de la
recherche scientifique et technologique contribuent au progrès économique et social des pays
en développement, et non des seuls pays industrialisés.
Il est indispensable de se doter des moyens de protéger les droits de propriété intellectuelle
tout en mettant les découvertes et les innovations à la disposition et à la portée du public, en
particulier des populations qui en ont le plus besoin.

14- PROTECTION DES GENERATIONS FUTURES


De nombreux pays connaissent un développement rapide. Dans le même temps, la croissance
économique a des conséquences telles que l’aggravation des inégalités ou la dégradation de
l’environnement. La croissance économique repose souvent sur des ressources naturelles
(comme le pétrole ou le bois) en diminution, détruites ou consommées. Si les tendances
actuelles persistent, le monde de demain sera encore plus surpeuplé, plus pollué, plus
instable écologiquement et plus exposé à des perturbations qu’il ne l’est aujourd’hui. C’est
dans ce contexte qu’a été forgée la notion de ‘développement durable’ ou de ‘développement
non destructeur’.
Le concept de ‘patrimoine commun’ est ici essentiel : on ne peut considérer ce qui appartient
à L’Humanité tout entière comme un territoire vierge que le premier arrivé peut
s’approprier ou exploiter à sa guise. Les ressources de la Terre appartiennent à toutes
les générations.
Dans le domaine de la santé, il existe plusieurs exemples de progrès scientifiques
ou techniques qui ont de graves conséquences pour les générations futures tels que les OGM
et Xénotransplantation.

15- PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA BIOSPHÈRE ET DE LA


BIODIVERSITÉ
Le champ des préoccupations éthiques s’étend au-delà de la communauté et de la nation pour
englober aussi le règne animal et l’ensemble du monde naturel. Ce principe se base sur :
- Le respect de la nature
- La prospérité de l’être humain dépend de celle de la nature. L’être humain fait
partie de la nature. Il a donc le devoir de préserver et de protéger l’intégrité de
l’écosystème et de sa biodiversité.
- La justice environnementale
Les avantages et les charges liés à l’environnement devraient être partagés de manière
égale et les possibilités de participer à la prise de décision sur les questions relatives à
l’environnement devraient être offertes à tous sur un pied d’égalité.
- Equité intergénérationnelle
Chaque génération devrait laisser à la suivante des chances égales de mener une
existence heureuse, et lui léguer par conséquent une planète saine.
De là est né le concept du développement durable défini comme un
développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité
des générations futures de répondre aux leurs.

IV- DEFINITIONS ET TERMINOLOGIE


1/Qu’est-ce que l’éthique?
- Le point de vue moral :
La morale est une dimension de la vie humaine qui n’a aucun équivalent. Elle est
profondément influencée par plusieurs facteurs culturels, histoire, traditions, éducation,
convictions religieuses, etc. L’objet de cette discipline qu’on nomme l’éthique est l’analyse
intellectuelle de cette dimension de l’être humain (la morale).

- Les concepts fondamentaux de l’éthique :


 Expérience morale universelle des êtres humains
 Deux concepts se révèlent fondamentaux: valeur et devoir
 L’un des objectifs les plus importants de l’éthique est l’analyse intellectuelle des
valeurs et des conflits de valeurs, afin de définir nos devoirs.
 L’expérience du devoir est universelle : nous pensons tous que certaines choses
sont à faire et d’autres à éviter
 Pas de langue sans verbes d’obligation ni sans l’impératif des ordres
 Pas de société humaine sans règles de conduite, interdictions ou obligations
 Le devoir est une des caractéristiques les plus universelles de la vie humaine
 Les valeurs morales varient suivant le lieu où nous vivons la langue que nous
parlons, la culture ou la religion que nous pratiquons
 L’expérience morale est universelle mais certaines perceptions et appréciations
morales varient
 La morale n’a cessé d’évoluer tout au long de l’histoire de l’Humanité
 Universalité et variabilité de la morale
 Valeurs morales en évolution incessante mais Devoirs moraux sont constants.

- Méthode de raisonnement éthique


La prise de décision éthique discipline à la fois de façon théorique et pratique. Le langage de
l’éthique renvoie à des devoirs et des valeurs; un des buts est de déterminer la bonne décision
en procédant par étape:
-Discussion des faits
-Discussion des valeurs
-Discussion des devoirs
-Vérification de la cohérence

Exemple d’un questionnement éthique : Un témoin de Jéhovah refuse une transfusion


sanguine à cause de ses convictions religieuses sincères, mais demande en même temps qu’on
l’aide à rester en vie.
Les deux valeurs en jeu :
- Respect de son bien-être spirituel,
- Respect du bien-être physique,
Impossible, dans cette situation, de donner effet à ces deux valeurs.
Choisir entre les extrêmes et sacrifier une valeur à l’autre, en pensant que, quel que soit notre
choix, nous ferons du tort au patient conduisant ainsi à un dilemme moral.
Réflexion éthique conduit à :
 Convaincre le malade
 Alternative de traitement par chirurgie ou autre
 Accepter son choix (décès)

2/Qu’est-ce que la Bioéthique?


Objectifs du cours
 Expliquer la différence entre l’éthique médicale et la bioéthique
 Différencier la bioéthique du droit, de la culture et de la religion
2.1/Origine et historique de la bioéthique
De nombreuses découvertes et diverses applications ont provoqué en bio-Science de
nombreuses controverses, ceci a conduit à la naissance d’une certaine méfiance envers le
progrès scientifique entraînant quelques prescriptions de bonne conduite.

 Après Hiroshima et Nagasaki, où 300.000 civils furent sacrifiés (6 Août 1945).


Progrès scientifique n’est pas synonyme du progrès de l’Humanité

2.1.1- Choc de Nuremberg en 1947


- 20 médecins nazis furent condamnés de crimes contre l’Humanité pour avoir fait
prévaloir, dans leurs expérimentations sur l’Homme, la raison d’Etat sur le serment
d’Hippocrate.
- Survie en altitude, en hypothermie, rendre potable l’eau de mer pour les besoins des
soldats allemands.
- Race aryenne pour confirmer l’idéologie nazie.
- Maladies infectieuses avec les différents traitements et médicaments élaborés pour
les éradiquer (tuberculose, typhus, paludisme, hépatite…).

Les points communs de toutes ces expériences c’est leur réalisation :


- Sans préoccupation du consentement des sujets et ceux-ci ne peuvent bien
évidement pas en sortir.
- Sans aucune volonté de limiter la souffrance (tortures, sans anesthésie)
- Conduit à la mort des sujets ou à la destruction du ‘matériel humain’ (par chambre
à gaz ou assassinat) si le sujet survit.

Ce procès a énoncé le Code de Nuremberg 1947


- Les 10 articles du code de Nuremberg, rappellent notamment le consentement bien éclairé
du volontaire, le pré-requis scientifique et de l’expérimentation animale, l’absence de risques,
la qualification des expérimentateurs et l’arrêt possible à tout moment des essais.
- Modalités et conditions d’expérimentation en stipulant que:
 l’association de la recherche aux soins se justifie seulement par une utilité
diagnostique ou thérapeutique pour les patients sollicités.
 affirme la primauté du bien-être du sujet sur les intérêts de la science et de la
société et exige la présentation des implications éthiques de toute recherche médicale.
 Définition très élargie de la santé par l’OMS.
 Actualisation du serment d’Hippocrate.
 Déclaration universelle des droits de l’homme.
 Prédominance de la Dignité inhérente à toute personne humaine, de la vie, de
l’intégrité corporelle et psychique.
 absence de toute discrimination.
C’est l’infraction à la règle (Serment d’Hippocrate) qui a permis l’inscription
dans le droit des principes sur la recherche humaine.
2.1.2- Les expérimentations des Années 60-70
- Entre 1950 et 1960 : Etude de Willowbrook (Etat de NY) sur l’hépatite. Inoculation du
virus de l’hépatite à des enfants présentant des retards mentaux et placés en institutions.
- 1962 : Etude de Tuskegee : la syphilis sur une population noire et pauvre, sans leur
administrer le traitement pourtant existant (mercure puis pénicilline) avec l’accord du
département de la santé.
- 1964 : hôpital de Brooklyn des injections de cellules cancéreuses sur des vieillards affaiblis
dans le but d’étudier le mécanisme de rejet des cellules étrangères.

 Déclaration de Helsinki (1964)


L’Association Médicale Mondiale. Elle définit les conditions éthiques de l’expérimentation
humaine.
- Protocole de recherche à faire valider
- Juste valeur des risques et bénéfices
- Consentement éclairé du sujet
- Distinction des recherches avec but thérapeutique et recherches biomédicales sans but
thérapeutique
- Les intérêts de la science et de la société ne doivent jamais prévaloir sur le bien-être du sujet.
Cette déclaration est régulièrement reformulée et réévaluée (dernière version date de 2013).

 IRB (Institutioner Review Bord) ou comité d’évaluation des aspects scientifiques


et éthiques des projets de recherche
Ces comités sont apparus dans les années 60 dans les hôpitaux américains grâce à Henry K.
BEECHER. Les IRB sont chargés de vérifier les règles scientifiques et éthiques des projets
avant qu’ils ne soient publiés.

2.1.3- Les expérimentations des Années 70-80


- On observe le développement des technosciences
- On élucide la structure de l’ADN (1953),
- On déchiffre le code génétique (1961),
- Premier greffé et réanimé (1976),
- On peut agir sur la procréation (1978).
La science n’est pas neutre, qu’elle a des conséquences pratiques. Le besoin de « morale » se
fait à nouveau sentir. Un appel des scientifiques à la réflexion sur la moralité pratique.
Une réflexion pluridisciplinaire sur la recherche s’engage parce qu’en devenant efficace la
médecine est aussi devenue dangereuse.

• Rapport Belmont (1978)


Ce rapport a été commandé par le gouvernement américain sur les questions
bioéthiques. Il est à l’origine des 3-4 principes centraux de la bioéthique actuelle :
- AUTONOMIE
- BIENFAISANCE/NON-MALFAISANCE
- JUSTICE
2.2/ Evolution de la Bioéthique
 Vocable forgé en 1970 par V.R POTTER, afin d’exprimer une démarche pour la
survie et le mieux-vivre dans un milieu naturel grâce au progrès.
 Potter a conçu cette nouvelle discipline comme une passerelle entre les « faits » et
les « valeurs »
 Selon lui durant la seconde moitié du XXème siècle, le savoir et les moyens
techniques dans le domaine des sciences de la vie n’avaient cessé de se développer
alors que la réflexion sur les valeurs en jeu n’avait pas progressé dans la même
mesure.
 Association de deux mots grecs bios=la vie, qui représente la réalité du vivant et les
sciences de la vie et Ethos=, la morale, qui renvoie à des valeurs et des devoirs
 Bioéthique et éthique médicale : Le champ de la bioéthique est aussi vaste que les
phénomènes de la vie et son étude est divisée en de nombreux domaines, chacun ayant
sa spécificité propre: la bioéthique écologique, la bioéthique médicale, la bioéthique
clinique
 La bioéthique est la première tentative de donner une dimension mondiale à
l’éthique, elle comprend donc:
 L’Humanité
 Tous les organismes vivants
 Les générations futures et l’environnement

2.3/Caractéristiques et Principes et de la bioéthique


- Principlisme : proposé par Tom Beauchamp et Jim Childress (Rapport de Belmont)
1/ Respect de l’autonomie : obligation de respecter la compétence à décider et les choix
des personnes autonomes. Ce principe à 2 sens :
 Impose de protéger les personnes non autonomes et de ne pas leur demander de
faire des choix qu’elles ne peuvent pas faire (mineur et incapable majeur)
 Respecter les choix des personnes autonomes
 Le principe d’autonomie impose au médecin de donner une information claire au
patient et de respecter son choix.

2/ Bienfaisance/Non-malfaisance :
 Obligation d’éviter de faire du mal (Ex : recherche sur un volontaire sain)
 Obligation de faire le bien médicalement

3/ Justice : Obligation d’équité dans la distribution des risques et des bénéfices.


La bioéthique Principliste est une discipline procédurale. Cela signifie qu’elle formule les
questions autour des principes qui sont considérés comme garant de la bonne décision. L’idée
est qu’une fois qu’on a respecté la procédure, la décision prise sera forcément juste.
- Suppression du paternalisme (Hippocrate-Kant-Rousseau)
La bioéthique est largement conséquentialiste (elle se préoccupe des conséquences des
choix). Elle s’interroge sur les conséquences probables des décisions prises (bénéfice/risques)
par opposition à la morale qu’on appelle déontologique (morale guidée par le devoir). Dans la
déontologie, il n’y a pas de préoccupations pour les conséquences, si le choix est guidé par la
morale, il sera forcément bon (Hippocrate).
- Une bioéthique pluraliste qui impose de respecter les cultures, les traditions et les
croyances des sociétés qui constituent leur patrimoine et identité.

2.4/ Comités de bioéthique:


Objectif principal de la bioéthique : former les gens à la gestion des conflits d’ordre moral
de façon qu’ils prennent des décisions judicieuses et améliorent ainsi la qualité des soins de
santé.
Ce sont des organes de réflexion mis en place pour permettre de prendre des décisions avisées
et formuler des recommandations quant aux grandes orientations à suivre. Il existe différents
types de comités d’éthique, comme l’indiquent les guides de l’UNESCO.
• Comités chargés de la formulation des politiques et/ou consultatifs (CNE)
• Comités de bioéthique d’associations de professionnels de la santé (CPS)
• Comités d’éthique des soins/d’éthique hospitalière (CEH) bioéthique clinique: Ils
sont composés de médecins, d’infirmières, de travailleurs sociaux et de non-
professionnels, hommes et femmes
• Comités d’éthique de la recherche (CER)

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