Partie 2 : Qualité de l’énergie
électrique
1
Introduction aux notions
de la qualité de l’énergie
2
INTRODUCTION
La qualité de l’énergie électrique implique
l’ensemble des partenaires du domaine énergétique,
qu’ils soient gestionnaires de réseaux, fournisseurs,
producteurs, ou consommateurs d’électricité. Elle est
devenue un sujet de grand intérêt ces dernières années,
essentiellement pour les raisons suivantes :
- Des impératifs économiques.
- La généralisation des équipements sensibles aux
perturbations et/ou générateurs de perturbations.
- L’ouverture du marché de l’électricité.
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Critères et définitions
Selon les experts de la qualité de l’énergie:
- La qualité de l’énergie désigne plus concrètement la qualité de
la fourniture électrique. Celle-ci dépend de trois facteurs que
sont la continuité d’alimentation, la qualité de l’onde de tension
et la qualité de service.
la continuité de l’alimentation : est la capacité de réseau à
alimenter en permanence les points de livraison de ses clients,
elle recouvre les coupures ou interruptions du réseau.
- On distingue les coupures très brèves (entre 1 seconde et 3
minutes), et des coupures longues (supérieures à 3 minutes)
reçue par les clients, ainsi que la durée des coupures longues
cumulées (Tec).
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Critères et définitions
Selon les experts de la qualité de l’énergie:
La qualité de l’onde de tension désigne les perturbations
liées à la forme de l’onde de tension délivrée par le réseau,
susceptibles d’altérer le fonctionnement des appareils
électriques raccordés au réseau, voire de les endommager. Les
types de perturbations identifiés sont par exemple les creux
de tension, les surtensions impulsionnelles, les variations de
fréquence, les papillotements, etc.
Enfin, la qualité de service qui caractérise la relation entre un
utilisateur et son gestionnaire de réseau ou son fournisseur. Il
s’agit par exemple des délais de (re)mise en service, des délais
d’intervention d’urgence, des délais de raccordement, des
notifications de coupure programmée, etc.
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Critères et définitions
La qualité de l’énergie électrique est considérée comme une
combinaison de la qualité de la tension et de la qualité du
courant. Nous allons donc définir ces deux notions dans la suite
de ce chapitre.
Qualité de la tension
Dans la pratique, l’énergie électrique distribuée se présente sous
la forme d’un ensemble de tensions constituant un système
alternatif triphasé, qui possède quatre caractéristiques
principales : amplitude, fréquence, forme d’onde et symétrie.
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Critères et définitions
Amplitude:
L’amplitude de la tension est un facteur crucial pour la qualité de
l’électricité. Elle constitue en général le premier engagement
contractuel du distributeur d’énergie.
Habituellement, l’amplitude de la tension doit être maintenue dans un
intervalle de ±10% de la tension composée, conformément à la norme
EN 50160 élaborée par le Cenelec (Comité européen de
normalisation électrotechnique).
Toute variation de la tension au-delà du seuil haut ou bas de la plage nominale de la tension,
génère une perturbation de la qualité de l’électricité distribuée.
Dans le cas idéal, les trois tensions ont la même amplitude, qui est
une constante. Cependant, plusieurs phénomènes perturbateurs
peuvent affecter l’amplitude des tensions.
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Critères et définitions
Amplitude:
En fonction de la variation de l’amplitude on distingue deux grandes familles
de perturbations :
- Les creux de tension, coupures et surtensions: Ces perturbations se
caractérisent par des variations importantes de l’amplitude. Elles ont pour
principale origine des courts-circuits, et peuvent avoir des conséquences
importantes pour les équipements électriques.
- Les variations de tension: Ces perturbations se caractérisent par des
variations de l’amplitude de la tension inférieure à 10% de sa valeur nominale.
Elles sont généralement dues à des charges fluctuantes ou des modifications
de la configuration du réseau.
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Critères et définitions
Fréquence:
- Dans le cas idéal, les trois tensions sont alternatives et sinusoïdales
d’une fréquence constante de 50 ou 60 Hz selon le pays.
- Des variations de fréquence peuvent être provoquées par des pertes
importantes de production , ou d’un défaut dont la chute de tension
,del’îlotaged’ungroupesursesauxiliairesousonpassageenréseauséparé
résultante entraîne une réduction de la charge.
- Cependant, ces variations sont en général très faibles (moins de 1%)
et ne nuisent pas au bon fonctionnement des équipements électriques
ou électroniques.
- Pour les pays européens dont les réseaux sont interconnectés, la
norme EN 50160 précise que la fréquence fondamentale mesurée
sur 10s doit se trouver dans l’intervalle 50HZ ±1% pendant 99,5%
de l’année, et − 6%÷ 4% durant 100% du temps.
Il faut également remarquer que les variations de fréquence peuvent
être bien plus importantes pour les réseaux autonomes.
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Critères et définitions
Forme d’onde:
- La forme d’onde des trois tensions formant un système triphasé
doit être la plus proche possible d’une sinusoïde.
- En cas de perturbations au niveau de la forme d’onde, la tension
n’est plus sinusoïdale et peut en général être considérée comme
une onde fondamentale à 50Hz associée à des ondes de
fréquences multiples de 50 Hz appelées également
harmoniques.
- Les tensions peuvent également contenir des signaux
permanents mais non-périodiques, dénommés bruits.
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Critères et définitions
Symétrie:
La symétrie d’un système triphasé se caractérise
par l’égalité des modules des trois tensions et
celle de leurs déphasages relatifs.
La dissymétrie de tels systèmes est
communément appelé déséquilibre.
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Critères et définitions
Qualité du courant
La qualité du courant est relative à une dérive des
courants de leur forme idéale, et se caractérise de la
même manière que pour les tensions par quatre
paramètres : amplitude, fréquence, forme d’onde et
symétrie. Dans le cas idéal, les trois courants sont
d’amplitude et de fréquence constante, déphasés de 2π/3
radians entre eux, et de forme purement sinusoïdale.
Le terme « qualité du courant » est rarement utilisé, car la
qualité du courant est étroitement liée à la qualité de la
tension et la nature des charges.
Pour cette raison, « la qualité de l’énergie électrique »
est souvent réduite à « la qualité de la tension ».
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Tableau récapitulatif
13
Origines de dégradation
de la qualité de l’énergie
14
Origines de dégradation de la qualité de l’énergie
Les origines de dégradation de la qualité de l’énergie électriques
peuvent être classées en trois grandes catégories :
- les défauts au sein des réseaux électriques,
- Introduction des énergies renouvelables,
- la présence de charges non-linéaires ou fluctuantes.
Défauts dans le réseau :
Par ailleurs, il faut les différentier en fonction de leur nature:
-Fugitif : nécessitent une coupure très brève du réseau.
Par exemple : balancement des conducteurs sous l'effet
du vent, objets divers charriés (transportés) par le vent,
brouillard givrant, pluie en zone polluée, branche d'arbre proche
d'une ligne, et brûlée par l'arc.
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Origines de dégradation de la qualité de l’énergie
16
Origines de dégradation de la qualité de l’énergie
- Permanent : nécessitent une intervention humaine pour remettre en route
le réseau. Par exemple :
rupture d'un câble ou de sa pince d'ancrage, et chute sur le sol, chute d'un
arbre, ou d'une grue sur la ligne, acte de malveillance conduisant, par
exemple, à la ruine d'un pylône, détoronage d'un brin de conducteur, qui
s'approche d'une autre masse métallique.
- Auto-extincteur : disparaissent spontanément et rapidement.
- Semi-permanent : nécessitent une coupure, de l'ordre de quelques dizaines
de secondes, pour disparaître.
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Origines de dégradation de la qualité de l’énergie
18
Origines de dégradation de la qualité de l’énergie
Effets réciproques, Réseau-Charge
Mauvais facteur de puissance, harmoniques, production
insuffisante, fluctuation de fréquence ou de tension, Mauvais fonctionnement
capacité de transport insuffisante, défauts, …etc
Mauvais facteur de puissance,
Perturbations sur le réseau harmoniques, courant de
démarrage excessif,
surconsommation, défauts, …etc
Fournisseur d’énergie électrique
Fournir une énergie de qualité
Objectif
Client
Perturbations sur le réseau lui même Perturbations sur la charge
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Origines de dégradation de la qualité de l’énergie
Creux de tension causées par un défaut monophasé
Défaut monophasé dans le réseau
Courbe de magnétisation
Courant de magnétisation
Riche en harmoniques 3, 9, …
Transformateurs de puissance 20
Origines de dégradation de la qualité de l’énergie
Introduction des énergies renouvelables:
Chaines de conversion d’énergies renouvelables:
Les convertisseurs statiques utilisés dans cette chaine sont source de pollution
harmonique
Tension à la sortie du convertisseur (onduleur en général)
Contenu harmonique 5, 7, 11,…
21
Origines de dégradation de la qualité de l’énergie
Notion de charges linéaires et non linéaires:
Hier, la majorité des charges utilisées sur le réseau électrique étaient des
charges dites linéaires.
La charge linéaire , lorsqu’elle est soumise à une tension sinusoïdale, appellent
un courant de forme identique à la tension, comme les convecteurs
électriques ou encore les lampes à incandescence (figure a).
Il y a ainsi, à tout instant, proportionnalité entre tension et courant (figure b).
Figure a– Signaux relatifs à une charge linéaire Figure b– Proportionnalité entre tension et courant
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Notion de charges linéaires et non linéaires
Une application de charge dite linéaire
La puissance absorbée correspondante à ces deux grandeurs électriques, tension et
courant, est le simple produit de ces composantes pour une charge dite linéaire
associant de simples éléments purement résistifs.
Un déphasage existe lorsque l’on observe entre deux signaux sur un même circuit,
un décalage de l’un par rapport à l’autre dans le temps (voir figure).
Figure – Différence de phase entre tension et courant.
La différence de phase constatée fait alors référence au facteur de puissance
intervenant dans le calcul de la puissance absorbée du récepteur en plus des
composantes tension et courant.
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Notion de charges linéaires et non linéaires
Une application de charge dite linéaire
- Le facteur de puissance k d’un circuit est le rapport entre la puissance active et la
puissance apparente. Celui-ci est toujours inférieur ou égal à 1.
- La puissance apparente étant calculée de la façon suivante : où P
représente la puissance active et Q la puissance réactive.
- On parle de cos ϕ pour des signaux purement sinusoïdaux. Par exemple un moteur
asynchrone d’une puissance de 3 kW présente un cos ϕ d’environ 0,82.
- La puissance active consommée par un récepteur linéaire en régime sinusoïdal est
donnée par les relations suivantes :
– P = U * I * cos ϕ en monophasé.
–P= * U *I * cos ϕ en triphasé.
Pour un facteur de puissance pouvant être unitaire (dans le cas de charge purement
résistive) ou inférieure à 1 (dans le cas de charge inductive telle qu’un moteur
asynchrone), la notion de charges linéaires :
– est donc valable pour des charges comprenant non seulement des éléments résistifs
mais aussi des composants passifs tels que les inductances ou les condensateurs,
– conserve proportionnalité entre tension et courant.
24
Notion de charges linéaires et non linéaires
L’origine des charges déformantes (charges non linéaires)
Aujourd’hui, avec l’apport de l’électronique intégrée dans de nombreux
dispositifs électriques, les charges produisent des courants déformés
dont l’allure n’est plus sinusoïdale.
Ces courants sont alors composés d’harmoniques, multiples de la
fréquence du fondamental de 50 Hz (voir figure ci dessous).
Figure – Signaux relatifs à une charge non linéaire.
25
Notion de charges linéaires et non linéaires
L’origine des charges déformantes (charges non linéaires)
On peut citer quelques exemples d’équipements responsables de la
déformation des signaux :
– les convertisseurs de l’électronique de puissance,
– les machines à souder, fours à arc,
– la généralisation des alimentations à découpage dans l’informatique des
secteurs tertiaire et industriel aussi bien que dans les appareils
électroménagers,
– tous les équipements comportant des dispositifs à semi-conducteurs.
- Les équipements pollueurs sont nombreux dans le secteur industriel et
répartis sur différents postes d’équipements électriques (voir figure).
Figure – L’électronique intégrée au
cœur d’une armoire d’équipement
électrique.
26
Notion de charges linéaires et non linéaires
Alimentation via des convertisseurs statiques :
Les alimentations EP absorbent des courants harmoniques
Courant absorbé par un moteur à courant continu type brushless
à travers un variateur de vitesse.
Variateur de vitesse (Variable Speed Drive, VSD)
Courants riches en harmonique 5, 7, 11, 13. THD autours de 30%
Courant absorbé par un ordinateur
Alimentation d’un ordinateur Courants riches en harmonique 3, 5, 7, 9. THD dépasse les 100%
26
Notion de charges linéaires et non linéaires
Four à arc Fluctuation de tension causées par un four à arc
28
Notion de charges linéaires et non linéaires
Une application de charge dite non linéaire
La charge dite non linéaire correspond à un type de charge composée
d’éléments semi-conducteurs, constituants essentiels des dispositifs de
l’électronique.
Aussi, la charge non linéaire, lorsqu’elle est soumise à une tension sinusoïdale,
absorbe un courant dit déformé. Il n’ y a donc plus proportionnalité entre
tension et courant (voir figure).
La notion de cos ϕ n’est plus applicable dans le cas de signaux déformés. On
parle alors de facteur de puissance Fp (Power Factor) :
Figure – Non-linéarité entre tension
et courant pour une charge déformante.
29
Notion de charges linéaires et non linéaires
En développant cette notion de facteur de puissance, on voit apparaître un
nouveau terme D dans l’expression suivante, matérialisant la puissance
déformante :
Cette puissance déformante D traduit les effets de la distorsion
harmonique sur l’installation considérée. La dégradation de la valeur du
facteur de puissance est donc augmentée, sur ce type d’installation,
comparativement à une installation ne comportant que des charges
linéaires. Afin de lever l’ambiguïté entre le cosϕ, dans le cas de signaux
sinusoïdaux, et le facteur de puissance k, dans le cas de signaux déformés,
les appareils de mesure de puissance et d’analyse d’énergie utilisent le
terme DPF (Displacement Power Factor pour déplacement du facteur de
puissance) pour désigner le cosϕ en régime perturbé.
30
Principaux équipements pollueurs
Tableau1: Equipements pollueurs 31
Principaux équipements pollueurs
Tableau 2.1 – Principaux types de charges avec les allures de courants absorbés.
32
Principaux équipements pollueurs
Tableau 2.1 – Principaux types de charges avec les allures de courants absorbés.
(Suite)
33
Caractérisation des
déformations de l’onde
44
Mesure du courant efficace et les appareils RMS
La mesure du courant efficace et les appareils RMS P24
Avec l’apport des charges non linéaires, le courant ne conserve plus un
aspect purement sinusoïdal, Il est déformé par la commutation de composants à base
de semi-conducteurs intrinsèques à la constitution du matériel qui autorise le passage
du courant qu’à des instants donnés sur une période complète.
Il va donc être essentiel de pouvoir mesurer la valeur efficace du signal quelle que
soit la forme de celui-ci dans une installation électrique.
Les appareils numériques dits RMS (Root Mean Square) et TRMS (True Root Mean
Square) réalisent la mesure efficace d’un signal quelle que soit sa forme, sinusoïdal ou
bien déformé.
La valeur réelle efficace est bien largement supérieure à la valeur mesurée par
45
l’appareil qui n’est pas de technologie RMS. Les écarts peuvent être de l’ordre de 50 %.
Mesure du courant efficace et les appareils RMS
La mesure du courant efficace et les appareils RMS P24
Un signal déformé se décompose en une somme de signaux harmoniques associés au
fondamental à 50 Hz (figure 2.17).
Figure 2.17 – Somme harmonique.
Où Ih représente le courant harmonique.
Les harmoniques de rang élevé ne présentent qu’une valeur efficace souvent
négligeable, devant le courant total. 46
Facteur de crête
Le facteur de crête:
Autre facteur déterminant pour identifier un signal déformé, c’est le facteur de
crête. Nous savons qu’il existe un rapport entre la valeur crête (IMAX) d’une
onde sinusoïdale et la valeur efficace de ce même signal (figure 2.18) :
Figure 2.18 – Signal sinusoïdal Figure 2.19 – Signal déformé
Lorsque le courant est déformé, le facteur de crête atteint des valeurs supérieures à
et traduit la non-linéarité du circuit en question (figure 2.19).
49
Facteur de crête
Le facteur de crête:
Pour un même courant efficace les formes d’ondes peuvent être très différentes.
Le facteur de crête Fc permet de caractériser la forme du courant et d’apprécier
qualitativement la déformation de celui-ci :
Facteurs de crête courants :
– charge linéaire : soit 1,414 Absence d’harmonique
– matériel informatique : 2 à 3 Présence d’harmoniques
– variateur de vitesse : environ 2 Présence d’harmoniques
50
Taux d’harmonique individuel et global:
Le taux d’harmonique individuel:
- Le taux de distorsion d’un harmonique, est le rapport entre la réelle valeur efficace
de l’harmonique d’un signal (courant ou tension) par rapport à la valeur efficace du
même signal à la fréquence fondamentale :
- Ce taux est une valeur particulière pour un harmonique donné, où An représente
la valeur efficace de l’harmonique au rang considéré et A1 la valeur efficace du
fondamental.
Le taux d’harmonique global:
- Afin d’avoir une représentation globale de la déformation d’un signal, il a été
nécessaire de définir un taux de distorsion harmonique, qui lui, tient compte de
l’ensemble des harmoniques du signal analysé : le THD (Total Harmonic Distorsion).
- Plus le signal est déformé, plus le taux de distorsion harmonique est important, ce
qui signifie que le niveau de richesse du signal en harmoniques est conséquent.
51
Taux d’harmonique individuel et global:
Le taux d’harmonique global:
- Ce taux de distorsion harmonique global est égal au rapport de la valeur
efficace de l’ensemble des courants harmoniques par rapport à la valeur du
courant efficace du fondamental. On parle alors du THD-F :
avec A1 : valeur efficace du fondamental.
On définit également le taux d’harmonique par rapport à la valeur efficace du
signal, qui est le quotient :
avec X : valeur efficace du signal
Nota
Dans les relations précédentes, on tient compte des harmoniques de rangs pairs et
impairs. Sachant que pour un signal symétrique, par rapport à l’axe des temps, seuls les
harmoniques de rangs impairs seront pris en compte. On prend l’hypothèse de ne pas52
avoir de composante continue dans le signal.
Effets de dégradation de la
qualité de l’énergie
55
Effets de la dégradation de la qualité de l’énergie
D’une façon générale, les courants harmoniques associés aux différentes
impédances du réseau vont donner naissance, suivant la loi d’Ohm, à des
tensions harmoniques, qui vont s’ajouter, ou se déduire, de la tension
fondamentale générée par le réseau.
La tension qui en résulte n’est plus sinusoïdale et de plus cette tension est
commune à tous les autres récepteurs du réseau.
La pollution alors présente sur le réseau de distribution est préjudiciable
(nuisible) pour le bon fonctionnement de tous les récepteurs raccordés sur ce
même réseau (voir figure).
NB: le taux global d’harmonique en tension ne doit pas
dépasser 8 % dans une installation de distribution
basse tension.
Figure – Charge déformante générant des
courants harmoniques sur le réseau électrique.
56
Effets de la dégradation de la qualité de l’énergie
On peut considérer que les perturbations provoquées par les harmoniques se
manifestent de deux façons sur les appareils et les équipements électriques :
– les effets instantanés, qui concernent les pertes par effet Joule, déformation
de l’onde et aux phénomènes de résonance, déclenchements intempestifs de
disjoncteurs et de relais d’automatisme, la destruction de matériels
(condensateurs par exemple).
ou encore la perturbation des dispositifs de régulation et des équipements
informatiques ; mais c’est aussi la diminution du facteur de puissance de
l’installation.
– les effets à long terme qui génèrent des échauffements dans les
condensateurs et les conducteurs et provoquent un vieillissement prématuré
du matériel ou encore des échauffements dus aux pertes supplémentaires
dans les machines et dans les transformateurs. Les problèmes rencontrés sont
essentiellement de nature thermique et affectent alors la durée de vie des
équipements concernés.
57
Récapitulatif des effets produits sur certains équipements
Effets de la dégradation de la qualité de l’énergie
58
Normes et
réglementation
59
Normes
IEC 61000-2-2 :
Fixe les niveaux de compatibilité des tensions
harmoniques sur les réseaux publics basse tension.
Cette norme limite à 8% le THD jusqu’au 40 ème
rang.
Objectif: protection des équipements
raccordés au réseau.
Niveaux de compatibilité pour les tensions harmoniques individuelles sur les
IEC 61000-3-2 et IEC 61000-3-4 réseaux publics basse tension (norme IEC 61000-2-2).
Définissent les limites des émissions des courants harmoniques pour les équipement raccordés au réseau basse tension, dont le
courant par phase est respectivement inférieur ou égal et supérieur à 16 A. L’objectif de ces limites est de réduire l’impact des
courants harmoniques sur la tension, afin de respecter les limites de compatibilité fixées par IEC 61000-2-2.
60
Limites des émissions des courants harmoniques (norme IEC 61000-3-2). Limites des émissions des courants harmoniques selon la norme
Normes
Normes IEEE Standard 519-92
Fixe les limites des taux de distorsions individuel et
total des courants pour les charges non linéaire au
PCC. Ces limites dépendent de la capacité du réseau
(𝐼𝑠𝑐 ) et du courant de charge 𝐼𝐿
Fixe les limites des taux de distorsions individuel et
total des tensions dans le réseau de distribution
61
Amélioration de la
qualité de l’énergie
62
Amélioration de la qualité de l’énergie
VOIR LE CHAPITRE 2DE LA THESE P33
L’amélioration de la qualité de l’énergie, et en particulier la dépollution
harmonique a pour but de minimiser leurs impacts sur les charges et les
équipements du réseau.
Il y a deux stratégies principales pour la dépollution harmonique :
modification et compensation.
- Modification
La stratégie de modification consiste à modifier les caractéristiques des
charges ou des sources, afin de réduire la génération des harmoniques et leur
propagation dans le réseau. On peut citer les exemples suivants :
– Remplacement des sources polluantes classiques par des topologies à
prélèvement sinusoïdal, comme les redresseurs MLI, les structures multi-
niveaux [Si08] ;
63
Amélioration de la qualité de l’énergie
- Compensation p23 power qualité p3 pf design
Cette deuxième stratégie sert à atténuer ou éliminer les composantes
indésirables déjà générées par les charges polluantes. Dans cette stratégie, on
trouve comme exemples la compensation de la puissance réactive par les
procédés classiques ou modernes, mais aussi et surtout le filtrage
d’harmonique. Ce dernier est aujourd’hui considéré comme la solution la plus
adéquate vue la prolifération accélérée des charges non linéaires. La solution
traditionnelle pour cette stratégie est le filtrage passif, néanmoins il devient
de plus en plus difficile d’adapter cette solution classique aux évolutions des
charges et des exigences, ce qui donne naissance à une solution moderne qui
est le filtrage actif.
- Filtrage passif
Utilise le principe de résonances pour piéger l’harmonique ou les
harmoniques indésirable(s)
Un filtre passif est une combinaison entre des réactances capacitives et
inductives dont les valeurs sont calculée en fonction de la fréquence de
résonance souhaitée;
66
Amélioration de la qualité de l’énergie
Filtrage passif:
Il y a plusieurs types de filtres passifs: résonant simple (a), passe haut (filtre
amorti) (b), double résonant (c), filtre de type C (d)…
En pratique, ces filtres sont installés en
dérivation avec les charges polluantes;
Plusieurs types de filtres sont souvent
nécessaires pour un filtrage optimale
(exemple, 2 filtre résonants (5ème et 7ème
harmonique) et un filtre passe haut (à
partir du 11ème), 67
Amélioration de la qualité de l’énergie
Filtrage passif:
Filtre résonant : : Accordé à une fréquence spécifique, et donc capable de
piéger ‘éliminer’ un seul harmonique ;
Filtre passe haut : Accordé à une fréquence à partir de laquelle il doit
piéger tous les harmoniques supérieurs, donc capable d’éliminer plusieurs
harmoniques ;
Filtre à double résonance : Accordé à deux fréquences distinctes pour
pouvoir éliminer deux harmoniques ;
Filtre type C : C’est une filtre passe haut également mais avec des
caractéristiques meilleurs (compensation de la puissance réactive, et
moins de pertes).
68
Amélioration de la qualité de l’énergie
Le principe d’un filtrage passif d’harmonique (ou de filtrage
d’harmonique en général) est illustré sur la figure ; Il s’agit d’insertion en
dérivation avec la charge polluante d’un filtre calculé de sorte à constituer un
piège aux harmoniques générés par la charge non linéaire, pour que le
courant côté source reste le plus proche possible de la forme sinusoïdale.
- En effet, pour une charge non linéaire qui absorbe un courant constitué du
rang 1 plus les rangs 5, 7, si le filtre en question est calculé pour piéger
l’harmonique 5, le courant côté source sera alors constitué des rangs 1 et 7.
- Si ce filtre est calculé pour piéger les rangs 5 et 7, alors le courant de
source sera uniquement constitué du rang fondamental et par conséquent,
sinusoïdal.
Figure - Principe de filtrage
passif d’harmoniques
69
Amélioration de la qualité de l’énergie
Filtrage actif:
Un filtre actif consiste à générer les harmoniques absorbés par une charge
non linéaire, et les injecter au réseau afin que le courant côté réseau reste
sinusoïdale.
Un filtre actif est constitué de deux parties principale:
Une partie puissance: souvent un onduleur de tension connecté au PCC avec un bus
continu capacitif,
Une partie commande: qui consiste à calculer en temps réel le courant harmonique
de la charge non linéaire et de forcer l’onduleur à l’injecter en opposition de phase
au réseau afin que la somme IF+IL soit toujours sinusoïdale,
𝑖𝐿 = 𝑖1 + 𝑖ℎ 𝑖𝐹 = −𝑖𝐿
⇒ 𝑖𝑠 = 𝑖𝐿 + 𝑖𝐹 = 𝑖1
70
Amélioration de la qualité de l’énergie
Filtrage actif:
Filtre série: la meilleurs
solution pour le filtrage
d’harmoniques de courant et
la compensation de la
puissance réactive,
Filtre parallèle: pour le
filtrage des harmoniques de
tension. Il joue le rôle d’un
isolateur d’harmonique
Filtre universel (UPQC):
rarement utilisé (cher et
compliqué), il joue les deux
rôles 71