0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
32 vues116 pages

MACROECONOMIE

La macroéconomie étudie les phénomènes économiques globaux à travers les relations entre les agrégats tels que la production, la consommation et l'emploi, et se distingue de la microéconomie qui se concentre sur les décisions des agents individuels. Elle utilise des données statistiques pour analyser des problèmes comme l'inflation, le chômage et la croissance, et joue un rôle crucial dans l'évaluation des politiques économiques. La comptabilité nationale est essentielle pour quantifier l'activité économique d'un pays et pour effectuer une synthèse des informations des agents économiques.

Transféré par

instkalimbamanzali
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOC, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
32 vues116 pages

MACROECONOMIE

La macroéconomie étudie les phénomènes économiques globaux à travers les relations entre les agrégats tels que la production, la consommation et l'emploi, et se distingue de la microéconomie qui se concentre sur les décisions des agents individuels. Elle utilise des données statistiques pour analyser des problèmes comme l'inflation, le chômage et la croissance, et joue un rôle crucial dans l'évaluation des politiques économiques. La comptabilité nationale est essentielle pour quantifier l'activité économique d'un pays et pour effectuer une synthèse des informations des agents économiques.

Transféré par

instkalimbamanzali
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOC, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

MACROECONOMIE.

NOTES DE COURS
Omer KAMBALE MIREMBE professeur associé Jean Louis MUHINDO

NGANGISA

INTRODUCTION
La macroéconomie comme branche des sciences économiques, renvoie à deux
éléments complémentaires :

- les phénomènes macroéconomiques décrivant une série de faits économiques


globaux, à partir des variables agrégées telles que la production, la consommation, le revenu, la
demande etc.

- les relations qu’il est possible d’établir entre ces variables agrégées, comme la
demande effective et le niveau de l’emploi.

La macroéconomie, terme introduit en 1933 par l’économiste norvégien Ragnar


Frisch, est l'approche théorique qui étudie l'économie à travers les relations existant entre les
grands agrégats économiques, le revenu, l'investissement, la consommation, le taux de
chômage, l'inflation, etc. En tant que telle, elle constitue l'outil essentiel d'analyse des
politiques économiques des États ou des organisations internationales.

En considérant d'emblée les relations entre les grands agrégats de l'économie, la


macroéconomie cherche à expliciter ces relations et à prédire leur évolution face à une
modification des conditions, qu'il s'agisse d'un choc (augmentation de prix du pétrole) ou d'une
politique économique. Contrairement à la microéconomie, qui favorise les raisonnements en
équilibre partiel, la macroéconomie se place toujours dans une perspective d'équilibre général.

Dans un premier temps, les fondateurs de l'école néoclassique utilisèrent à la fois


des relations directement macroéconomiques et la transposition de comportements individuels
à l'échelle de l'économie. Toutefois, leur volonté de rigueur, servie par le formalisme
mathématique ainsi que leur attachement à l'individualisme méthodologique amena ces
économistes à tenter de ne fonder leurs résultats que sur les comportements d'agents
individuels, rejetant comme dénuées de fondement les hypothèses sur le comportement de
l'économie dans son ensemble indépendamment des décisions des agents.

La distinction systématique, pour autant qu'elle puisse vraiment se faire, entre


microéconomie et macroéconomie n'émerge cependant vraiment qu'au cours des années Trente
autour des travaux de John Maynard Keynes. Ce fut surtout le retentissement de sa Théorie
générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie après la seconde guerre mondiale qui

1
conduisit à une séparation des deux domaines. La microéconomie se spécialisait alors sur les
problèmes d'allocation des ressources par le moyen des prix relatifs, alors que la
macroéconomie étudiait la production globale et le niveau des prix.

La macro-économie est l'étude de l'activité économique dans son ensemble. La


micro-économie analyse les décisions et les comportements des unités économiques
individuelles: consommateurs, producteurs, détenteurs des facteurs etc. La macro-économie se
penche sur les phénomènes économiques globaux: la consommation, la production,
l'investissement, l'emploi etc., à l'échelle globale, c'est-à-dire au niveau de l'ensemble du
système économique, au niveau de toute la nation.

La macro-économie constitue une approche théorique qui consiste à analyser


l'économie d'un pays, d'un point de vue global, à travers les relations qui peuvent exister entre
ses agrégats, comme le produit intérieur brut, le niveau des prix ou de l'emploi, la masse
monétaire, etc. Elle utilise les données statistiques qui concernent généralement les populations
(ensemble d'individus) et non des individus particuliers. Les relations de comportements
considérés sont des moyennes des comportements individuels ou leur résultante. Certaines de
ces relations sont de type comptable car elles découlent de la façon dont les agrégats ont été
définis; tel est le cas, par exemple, de l'égalité entre les ressources et les emplois des produits
d'une économie nationale: PIB + Importations = consommation + investissement + variations
des stocks + exportations. D'autres relations sont censées décrire des comportements, par
exemple la fonction de consommation.

L’approche macroéconomique s’intéresse:

- aux faits économiques concernant des grands ensembles, pays,


branches, agrégats de production, d'investissements ...
- aux interdépendances entre un ensemble significatif de variations
globales synthétisant
- à l'évolution du système économique; par exemple le volume de la
production dépendra de celui des investissements, qui conditionneront
l'emploi ...
- à la totalité de l'ensemble économique: chaque fait ne prend son
sens que par rapport à une structure qui règle l'évolution du système. Ainsi le
taux d'épargne est lié au comportement d'investissement des chefs d'entreprises,
la nature du circuit de financement, les raisons de cette épargne ...

L'inflation, l'emploi et la croissance constituent les trois principaux problèmes


analysés en macro-économie. L'analyse macro-économique utilise les statistiques fournies par
la comptabilité nationale.

2
Celle-ci fournit des mesures quantitatives de la totalité de l'activité d'une nation au cours d'une
période. La comptabilité nationale agrège ainsi les données des agents économiques. La macro-
économie cherche à répondre à plusieurs questions, notamment:

- Pourquoi les revenus sont-ils plus élevés aujourd'hui qu'à une période antérieure?
- Pourquoi certains pays ont-ils des taux d'inflation élevés alors que d'autres réussissent à
maintenir stable le niveau de leurs prix?
- Quelles sont les causes de récession et de dépression qui caractérisent des phases de baisse de
revenu et de l'emploi?
- Comment les populations peuvent-elles influencer l'état de l'économie?
- Quelles politiques l'État peut-il mettre en œuvre compte tenu de l'état de l'économie?

Les réponses à ces questions et à d'autres semblables nécessitent l'analyse macro-


économique qui tente d'expliquer des phénomènes économiques globaux.

La macro-économie joue également un rôle en politique économique. En effet


l'analyse macro-économique aide les décideurs à comprendre l'état de l'économie et à évaluer
les effets et l'efficacité des diverses politiques pour influencer l'état global dans lequel se trouve
l'économie d'un pays. En effet, la politique macro-économique est envisagée par rapport aux
objectifs d'équilibre macro-économique (plein emploi, stabilité des prix, croissance
économique).

L'objet de l'étude de la macro-économie est donc d'analyser et d'expliquer les


agrégats économiques nationaux d'une part et d'autre part, en partant de l'état global de
l'économie, d'évaluer les diverses politiques et leurs effets.

La micro-économie étudie les comportements des agents économiques individuels


Elle cherche à comprendre comment les ménages et les entreprises prennent leurs décisions et
comment ces décisions influencent le marché. La micro-économie interprète donc lé
comportement d'individus ou d'entreprises qui prennent des décisions, s'informent, choisissent
des stratégies. A partir des comportements individuels, elle cherche à déduire des lois générales
Ainsi de l'étude des comportements des consommateurs, on aboutit à la fonction de demande
celle des producteurs débouche sur la fonction d'offre. Les deux fonctions servent à
comprendre comment se forment les prix sur différentes formes de marché. La micro-économie
s'intéresse aux questions du type: faut-il consommer ceci en telle quantité, lorsque ce service
est à tel prix ? Parmi les domaines de la micro-économie on a: la formation des prix, l'analyse
de la production optimale, l'analyse de l'équilibre du marché, la répartition de revenus dans le
cadre d'une théorie de la rémunération marginale ... La micro-économie suppose que les
ménages et les entreprise: ont un comportement d'optimisation: ils visent à atteindre leurs
objectifs sous contrainte. Dans le modèle micro-économique les ménages organisent leur
demande en vue de maximiser leur utilité ou leur niveau de satisfaction et les entreprises fixent
3
leur niveau de production en vue dl maximiser leur profit. Les multiples interactions entre les
décisions que prennent les ménages finissent par susciter les phénomènes qui touchent
l'ensemble de l'économie. Il n'est pas possible d'étudier l'économie dans son ensemble sans
prendre en compte les décisions de acteurs économiques individuels. Les valeurs agrégées sont
en définitive la somme des variables qui décrivent les actions des agents individuels. La
macroéconomie a donc nécessairement de fondements micro-économiques. Les deux
disciplines sont inséparables. Si l'État décide par exemple de faciliter le crédit à la construction
en utilisant le déficit budgétaire ou en laissant croître sans contrainte la masse monétaire, cet
acte est macro-économique. De nombreux décideurs individuels vont modifier leurs décisions
en tenant compte du contexte global: chacun va peut-être réviser en hausse ses investissements,
produire plus, commander plus de biens intermédiaires, distribuer plus de revenus ... Une
décision macro-économique influence ainsi la micro-économie. D'autre part, si une entreprise
d'offre de carburant décide une augmentation de ses tarifs de 30 % et que sa part de marché est
importante, elle peut avoir un effet d'entraînement. Des concurrents suivront et hausseront
également leurs prix. De même les entreprises et services utilisant le carburant répercuteront
cette hausse de prix sur leurs coûts de revient sur les prix de vente. L'indice général des prix va
enregistrer une hausse. Les salariés vont réclamer le maintien de leur 'pouvoir d'achat, c'est-à-
dire des hausses de salaire qui peuvent encore pousser à la hausse les prix. Ainsi s'enchaîne à
partir d'une décision micro-économique tout un mécanisme de type macro-économique
affectant les grands agrégats.

Alors qu'en micro-économie on s'intéresse par exemple à la consommation ou à la


production de tel bien ou tel service, en macro-économie on s'intéresse à la demande globale ou
à l'offre globale d'une nation entière. La séparation entre les deux approches est avant tout une
question de point de vue et de méthode.

Ce cours s'articulera autour des principaux thèmes suivants:

1. Macroéconomie et comptabilité nationale


2. Les composantes de la demande des biens et services
3. Equilibres macroéconomiques
4. Monnaie, inflation et équilibre macroéconomique
5. Equilibre sur le marché des biens et de la monnaie
6. Analyse macroéconomique de l'emploi
7. Les politiques macroéconomiques
8. Evolution en macroéconomie

4
Bibliographie sommaire

ABRAHAM-FROIS G., & LARBRE F., La macroéconomie après Lucas, Economica, Paris,
1998
ABRAHAM-FROIS G., Keynes et la macroéconomie contemporaine, Economica, Paris, 1993
BAILLY J.-L., Macroéconomie, Bréal, 1999
BARRERE A., Macroéconomie keynésienne, Dunod, Paris, 1990
BEGG D. et al., Macroéconomie, McGraw-Hill, paris, 1989
BERTONECHE M., et TEULIE J., Théorie macroéconomique : textes fondamentaux, PUF,
Paris, 1977
CLAASSEN E., Macroéconomie, Dunod, Paris, 1981
DEVOLUY M., Théories macroéconomiques, Armand Colin, 1998
GREFFE X., Politique économique, Economica, Paris, 1992
KEYNES J.M., La théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, Payot,
Paris,1969
VILLIEU P., Macroéconomie, consommation et épargne, La découverte, Repères n° 215, 1997

5
Chapitre premier
MACROECONOMIE ET COMPTABILITE NATIONALE
Introduction

La macroéconomie, avons-nous dit, s'intéresse aux grandeurs synthétiques qui


quantifient les résultats de l'activité économique de l'ensemble du pays. On passe donc de
l'activité économique des agents individuels à l'activité économique nationale. Ce passage
nécessite la synthèse des informations des agents individuels et leur considération pour
['ensemble de l'économie. La comptabilité nationale aide à effectuer ce passage, en effet, c'est
un système d'informations comptables fournissant une quantification du circuit économique
national pour une période donnée. Elle regroupe les agents économiques individuels en
catégories homogènes: les ménages, les entreprises, les institutions financières, les
administrations et le Reste du Monde.

En plus la comptabilité nationale agrège les flux correspondant à des opérations


(même nature et ayant un rôle identique dans le processus économique global: le flux de
consommation finale des ménages, le flux des investissements des entreprises ... Un agrégat est
une grandeur caractéristique de l’économie. Les comptes de la nation sont le résultat chiffré de
l’activité économique du pays au cours de l’année.

La comptabilité nationale s'inscrit dans un triple cadre:

- Cadre spatial: elle s'intéresse aux phénomènes économiques qui concernent une
économie nationale donnée.
- Cadre temporel: elle est une comptabilité d'exercices qui analyse les opérations
économiques réalisées au cours de chaque année.
- Cadre comptable: la comptabilité nationale décrit le fonctionnement annuel d
circuit économique national sous forme d'enregistrement dans un ensemble
structuré dé comptes.

La comptabilité nationale calcule des grandeurs globales des moyennes nationales:


des chiffres synthétiques. Ce sont ces agrégats nationaux qu'utilise l'analyse macro-économique

Section 1. Principaux problèmes macroéconomiques: introduction

§.1. L'inflation

L'inflation c'est la hausse généralisée du niveau des prix. Au sens strict il y inflation
lorsque le niveau général des prix augmente de façon auto entretenue. L'inflation s traduit
notamment par la hausse de l'indice du coût de la vie. Cependant, il faut que cette hausse dure.
Elle peut être relativement importante.

L'inflation est mesurée par le taux d'inflation qui est un indicateur de

6
l'augmentation en pourcentage des niveaux moyens des prix des biens et services. La mesure
de l'inflation es un taux de croissance annuelle, en pourcentage, de l'indice des prix de détail et
des prix à 1; consommation.

Pour étudier l'inflation, on se sert des indices. Ils permettent de mesurer l'évolution
des prix d'une période courante par rapport à une période de référence.

A propos de l'inflation, l'analyse macroéconomique peut se poser les questions


suivantes: Quelle est la cause de l'inflation ? La masse monétaire ? Les syndicats ? Pourquoi
est-il important de s'en soucier ? Quelles en sont les conséquences ? Est-elle responsable dl
chômage?

Il y a plusieurs explications de l'inflation. Nous pouvons en citer deux groupes:

- Pour les monétaristes, l'inflation est expliquée principalement par la demande. En


effet une augmentation de l'offre de la monnaie accroît l'encaisse des agents économiques, la
demande augmente, le prix hausse. L'inflation est alors tirée par la demande (demand pull) el
tous les facteurs qui la déterminent (expansion rapide de la masse monétaire, déficits
budgétaires…).

- D'autres expliquent l'inflation par l'offre: la hausse des prix est expliquée par une
augmentation des coûts de production dont les causes peuvent être complexes. L'inflation est
alors poussée par les coûts (cost push) par exemple hausse des prix pétroliers, hausse du taux
de change pour une économie ouverte ...

L'inflation a diverses conséquences: elle a de l'influence sur la production. En effet,


l'inflation crée l'incertitude chez les producteurs et contribue à ralentir la croissance
économique. D'autre part, l'inflation a également une influence sur le coût de la vie. Si les
salaires ne sont pas indexés, l'inflation détériore le pouvoir d'achat des travailleurs. L'inflation
peut également entraîner une fuite devant la monnaie.

§ 2. Le chômage

Il est une situation de l'emploi national telle qu'il y a un nombre d'individus qui sont
demandeurs de travail mais qui sont dépourvus d'emplois. Il est mesuré par le taux de
chômage, c'est-à-dire le pourcentage de la population active en chômage. La macroéconomie se
pose des questions à propos du chômage: - Pourquoi le chômage augmente-t-il ? - Les
travailleurs s'excluent-ils eux -mêmes des emplois par des revendications salariales exagérées
7Un chômage élevé est-il nécessaire pour contenir l'inflation ? L'Etat pourrait-il créer
davantage d’emplois ? Quelles sont les conditions du plein emploi ?

Toute économie se caractérise par l'efficacité avec laquelle elle utilise ses
ressources notamment la main-d'œuvre. A tout moment, toute personne en âge de travailler
peut se retrouver dans l'une des trois situations suivantes: « ayant un emploi »; « n'ayant pas
7
d'emploi », « ne souhaitant pas d'emploi ».

Les informations statistiques sur l’emploi et sur le chômage répondent à deux types
de préoccupations essentielles, l’une relative à l’appareil productif, l’autre aux travailleurs.
L’appareil productif a besoin de main-d’œuvre dont le niveau quantitatif et qualitatif est
fonction de plusieurs variables : conjoncture économique, technologie utilisée, durée du travail,
organisation du travail …Les ressources de main-d’œuvre varient selon la structure par âge de
la population, sa formation, l’âge de la retraite etc., selon l’importance de la demande des
entreprises, le niveau de l’investissement, le niveau de la consommation etc. L’ensemble des
offres d’emploi des entreprises et des demandes d’emploi des travailleurs constitue le marché
du travail.

La population active est constituée par les personnes en âge de travailler et désirant
travailler. La population totale comprend la population active et la population inactive. La
population active est composée des chômeurs et des personnes actives ayant un emploi. Le taux
de chômage mesure la part des citoyens souhaitant travailler mais qui ne trouvent pas d'emploi.

Population active = nombre de personnes ayant un emploi + nombre de personnes


en âge de travailler n'ayant pas d'emploi.

Taux de chômage = Nombre de personne n'ayant pas d'emploi/Population active


Taux de chômage = nombre de chômeurs/Population active. Cependant toute personne qui n’a
pas d’emploi ne cherche pas obligatoirement du travail et n’est donc pas nécessairement
chômeur.

La définition du Bureau International du Travail est restée classique : est chômeur


toute personne qui :

- est dépourvue d’emploi

- est à même de travailler

- cherche un travail rémunéré

- est effectivement en quête de travail

Population totale - population inactive = population active.

Population active-population au travail = personnes au chômage Taux d'activité=


population active/population en âge de travailler.

§ 3. Le produit et la croissance

On peut mesurer la production réalisée dans une économie au cours d'une période.

L'agrégat généralement utilisé est le PIE. Il mesure la valeur de tous les biens et
services finis produits à l'intérieur d'un pays pendant une période donnée (habituellement 1 an).

8
En comparant une période à une autre de référence, si on observe une augmentation du PIE, on
parle de croissance économique. Elle est mesurée par le taux de croissance annuelle en
pourcentage.

Pour F. Perroux, la croissance "c’est l’augmentation soutenue pendant une ou


plusieurs périodes longues d’un indicateur de dimension : pour une nation, le produit global net
en termes réels". Il s'agit donc d'un mouvement ascendant de certaines grandeurs économiques
notamment le PIB.

Certaines questions sont soulevées par l'analyse macroéconomique: quels sont les
déterminants du niveau du PIE ?

Le chômage signifie-t-il que le PIE réel est plus faible?

Pourquoi la croissance est-elle plus vive dans certains pays que dans d'autres?

§ 4. La politique macroéconomique

Les gouvernants font face aux problèmes de l'inflation, du chômage et du


ralentissement de la croissance. La politique macroéconomique représente différentes mesures
prises par les Etats pour influencer l'état de l'économie nationale.

Les décisions gouvernementales doivent être basées sur une analyse de la marche
de l'économie pour établir ainsi les priorités ou le jugement des valeurs. Ainsi, l'Etat peut lever
de~ impôts, engager des dépenses, réguler la masse monétaire, réglementer le taux d'intérêt et
le taux de change, fixer ?es objectifs pour la production, fixer les prix des secteurs nationalisés,
etc.

Section 2. Cadre général: une vue d'ensemble

§ 1. Le circuit économique

Une économie complète compte plusieurs millions d'unités économiques distinctes:


ménages, entreprises, autorités publiques.

Leurs décisions déterminent la dépense totale de l'économie, son revenu total et sa


production totale de biens et services. Les interactions entre agents économiques sont
schématisées dans un circuit économique qui représente les flux des biens et services et les flux
monétaires qui en résultent.

L'utilisation comptable du circuit économique exprime une approche macro-


économique qui met en évidence l'interdépendance des unités institutionnelles lors des
opérations principales qui les relient: production, échange, financement, consommation,
fiscalité, prestations sociales, ... Le circuit comprend ainsi des aspects monétaires: achat de
biens et services, versement de salaires, impôts et cotisations sociales, allocations ... ; et des
flux réels dont la nature plus matérielle correspond au travail, aux marchandises qui circulent
9
etc.

De façon simplifiée, on peut considérer les interactions entre les ménages et les
entreprises sur base des transactions entre ces agents :

MENAGES ENTREPRISES
Possèdent les facteurs de production qu'ils offrent Utilisent les facteurs de production offerts par
aux entreprises les ménages pour produire des biens et services

Reçoivent les revenus des entreprises en échange Rémunèrent les ménages en contrepartie de
de la fourniture des facteurs de production l'utilisation des facteurs de production

Dépensent pour acquérir les biens et services


Vendent les biens et services aux ménages
produits par les entreprises
En schématisant, ces transactions donnent lieu aux transferts des ressources réelles
ou flux réels et aux transferts monétaires ou flux d'argent.

Dépenses en biens et services

Biens et services

MENAGES ENTREPRISES

Facteurs de production

Revenus des facteurs

10
Ce schéma suggère trois façons de mesurer le niveau de l'activité économique dans
une économie. On peut mesurer la valeur des biens et services produits, le niveau des revenus
des facteurs de production qui représentent la valeur des services des facteurs offerts. On peut
enfin évaluer le montant des dépenses consacrées à l'achat des biens et services. Comme tous
les paiements constituent la contrepartie des transferts des ressources réelles (flux réel) et
comme il est supposé que tous les paiements (revenu) sont réutilisés pour acheter des
ressources réelles, on obtient nécessairement la même évaluation de l'activité économique
totale en mesurant la valeur de la production, les niveaux de revenus des facteurs ou la
demande des biens et services (dépenses). Les revenus des facteurs sont nécessairement égaux
aux dépenses des ménages puis qu'il est supposé que tout le revenu est dépensé. La valeur de la
production ou du produit est nécessairement égale au total des dépenses consacrées aux biens
et services puisqu'il est supposé que tous les biens et services sont vendus. Ce modèle reste
simple. En effet que se passe-t-il si les entreprises ne vendent pas toute leur production? Que se
passe-t-il si elles vendent leur production non pas aux ménages mais à d'autres entreprises?
Que se passe-t-il si les ménages ne dépensent pas la totalité de leurs revenus ?

En tenant compte de ces possibilités, le niveau de l'activité économique peut


toujours être mesuré en évaluant la demande totale, la production totale ou les revenus totaux.
Les trois méthodes fournissent la même réponse. Ces méthodes sont utilisées par la
comptabilité nationale. Elle permet de relier les flux de paiement à ceux des moyens de
production et des biens et services produits.

Ce cadre permet d'explorer le comportement de l'ensemble de l'économie. Une


augmentation de l'offre des facteurs de production ou des progrès technologiques permet à
l'économie de croître en produisant davantage des produits; cela conduit à une hausse de
revenus et des dépenses des ménages qui assure à la population nationale un niveau de vie plus
élevé.

Une diminution des ventes des biens et services conduit les entreprises à contracter
le niveau de leur production, à réduire leur utilisation des facteurs; il y a chômage de la main
d'œuvre et une sous-utilisation des autres facteurs tels que les machines. Le revenu des
ménages baisse, ce qui les conduit à réduire leur demande. Il y a ainsi de nouvelles diminutions
de la production et de l'utilisation des facteurs. On peut donc se demander jusqu'où ira ce
processus ou si l'économie dans son ensemble dispose d'un mécanisme qui rétablit
automatiquement le plein emploi.

On peut également chercher à savoir ce qui se passe quand les ménages veulent
dépenser plus que la valeur des biens produits.

Ce circuit économique simple montre qu'il y a des interactions qui ont une
11
importance majeure dans l'étude de l'ensemble de l'économie. Certes ce schéma simplifié ne
prend pas en compte d'autres caractéristiques importantes de l'économie: l'épargne et
l'investissement, les dépenses publiques et les impôts, les transactions entre entreprises et avec
le reste du monde. Un système complet de comptabilité nationale intègre toutes ces
dimensions.

§ 2. Mesurer le PIB

Le P.I.B. mesure la valeur de tous les biens et services produits à l'intérieur d'un
pays pendant une période donnée. Le P.I.B. est un ensemble de production réalisée par des
agents économiques, pourvu que cette production soit réalisée à l'intérieur du territoire national
au cours d'une période. Pour éviter de compter doublement les productions réalisées, le P.I.B.
additionne les valeurs ajoutées, c'est-à-dire l'augmentation des valeurs des biens qui résulte du
processus de production.

P.I.B. = .v.a. (dans l'économie).

Le bien ou le service est comptabilisé dans le P.I.B. de l'année de sa production. Au


concept de valeur ajoutée est liée la distinction entre bien final et bien intermédiaire. Le bien
final est acheté par l'utilisateur final. Les biens intermédiaires sont des biens semi-finis qui sont
consommés dans le processus de production.

§ 3. Les autres mesures du revenu

1. Le produit national brut

Le PNB est égal à la somme du P.I.B, des revenus (salaires, dividendes, intérêt,
loyer) reçus du reste du monde de laquelle on déduit les revenus versés au reste du monde. Le
P.N.B considère le critère de nationalité. Le P.N.B net représente le PNB duquel on déduit
l'amortissement. Par amortissement on considère ici la mesure de la perte annuelle de la valeur
du capital fixe. Il constitue un coût parce que le maintient de la capacité de production exige
que des ressources soient affectées au remplacement de la partie amortie du capital.

2. Le revenu national

Par revenu national, on entend l'ensemble des rémunérations gagnées


conjointement par tous les agents d'une économie. Ce revenu a comme composantes :

- Rémunérations des salariés;


- Bénéfices des Entreprises ;
- Intérêts nets: intérêts perçus sur le territoire national + intérêts perçus
du monde extérieur ;
- Intérêts payés;
- Revenus de la propriété des particuliers et de l'Etat ;

12
- Revenus des entrepreneurs individuels, revenus des indépendants et
des professions libérales.

De ces rémunérations, on déduit les impôts liés à la production et à l'importation.


Revenu national = PNN - impôts liés à la production et aux importations

Le revenu national représente ainsi la valeur monétaire de l'ensemble des


rémunérations ou gains perçus par les agents économiques pendant une période dOill1ée. C'est
la sommation des salaires, des revenus de la propriété foncière et mobilière, des intérêts, des
bénéfices des entreprises, des profits des sociétés, des rémunérations des professions libérales
et des revenus échéant à l'Etat.

§ 4. Les composantes de la demande

a) les ménages et les entreprises

L'investissement se définit comme l'acquisition des biens d'équipement par les


entreprises dans un objectif de production.
L'épargne est la fonction du revenu qui n'est pas dépensée en achat des biens et
services; c'est-à-dire qui n'est pas consommée.
Considérons la valeur du PIB Y qui est aussi égal au montant du revenu des
ménages. Si C est la demande de consommation des ménages et S leur épargne
y = C + S (l) => S = y - C
De même, le PIB peut être mesuré par la somme des demandes finales de
consommation et d'investissement:
y = C + 1 (2)
De la relation (3), il ressort que la somme investie est égale à la somme épargné
Celle-ci est canalisée par les banques vers les demandeurs des capitaux qui empruntent pour
investir dans les nouveaux biens d'équipement.
Une question peut se poser: le PIB étant mesuré par le prix du marché, que se
passe-t-il si les entreprises ne vendent pas toute leur production? Il Y a donc constitution de
stock. Les biens ne sont pas intégralement consommés au cours de la période retenue. Les
stocks sont des biens détenus actuellement par une entreprise en vue d'une production ou d'une
vente future
Comme ils n'ont pas été consommés intégralement dans la production ou vendus
pendant la période, les stocks sont classés dans le capital. L'augmentation de stock est
l’investissement en capital circulant. Quand les stocks baissent, on peut parler
désinvestissement.
b) L'Etat
Il est important de faire intervenir également le rôle de l'Etat. Les administrations
publiques collectent des recettes par des impôts directs (Td) prélevés sur les revenus (salaire
13
profits, intérêts, rentes) et par des impôts indirects (Tb) appelés aussi impôts sur la dépense (ex.
tva, taxes sur les produits pétroliers, taxes sur les cigarettes).
Les recettes collectées peuvent financer deux sortes des dépenses: d'une part, les
administrations publiques achètent des biens et services. Il s'agit des dépenses (consommations
gouvernementales (G). Elles incluent aussi les dépenses servant à payer 11 traitements des
fonctionnaires civils et militaires, l'achat des outils et des équipements, dl programmes
d'investissement pour les routes et les hôpitaux. D'autre part, l'Etat dépense aussi pour financer
les transferts (F) qui comprennent: des pensions, des allocations diverses, dl subventions
diverses, .... Les transferts sont des paiements sans fourniture des biens et services en
contrepartie.
Par les impôts et les transferts l'Etat redistribue le revenu.
L'évaluation du PIB au prix du marché doit donc inclure la dépense publique <:
biens et services.
En évaluant la consommation C, l'investissement 1 et la dépense publique en biens et services
G, aux prix du marché, le produit de l'économie est donnée par la relation (4).
Si Y = C + S (1); y = C+I (2); S = 1 (3)
PIB = y = C+I+G (4) (PIB au prix du marché)
Nous utilisons le symbole Y pour désigner le PIB.
Dans C et G aux prix du marché sont compris des impôts indirects qu'il faut
déduire pour obtenir le PIB au coût des facteurs. Ainsi en retranchant les impôts indirects, le
produit ( l'économie est évaluée par:
PIB = y = C+I+G-Tb (5) (PIB au coût des facteurs).

Le membre de droite de l'identité (5) est l'évaluation du PIB par la demande finale
par le produit net, chacun étant mesuré au coût des facteurs. Le membre de gauche de (5) et
l’évaluation du PIB au coût des facteurs mesuré par le revenu. Par l’intermédiaire de la
rémunération des facteurs de production et des profits, les entreprises payent aux ménages la
valeur exacte du produit net mesuré aux prix qu’elles reçoivent réellement, c’est-à-dire nets des
impôts indirects. Ainsi, les évaluations du PIB au coût des facteurs par le produit, la demande
et le revenu sont toutes trois égales.

L'identité (5) indique pourquoi on ne doit pas inclure les impôts directs Id ou les
transferts F dans l'évaluation du PIB fondée sur le revenu. Ils ne correspondent pas à une
production réelle. Pour un niveau donné du produit et de la demande, les impôts directs et les
transferts ne font que modifier la façon dont le revenu total est partagé entre les différents
ménages. Ils n'influent pas sur le revenu total lui-même. Des taux d'imposition plus élevés
augmentent la valeur du PIB au prix du marché. La valeur du produit n'est donc pas due à un
effort productif mais à un accroissement de l'imposition.

14
Le transfert constitue une composante du revenu disponible. Les revenus des
ménages Y sont complétés par les transferts F, diminués des impôts directs Td. Le revenu
disponible au coût des facteurs est la somme des revenus des ménages après impôts directs et
des transferts.

Revenu disponible = Y+F-Td.

Il faut alors modifier la définition de l'épargne avec la prise en compte du secteur


public. L'épargne est la fraction du revenu disponible qui n'est pas consommée:

S = Y-C

S=(Y+F-Td)-C(6)

L'identité (6) implique que le PIB au coût des facteurs est donné par:

y = C + S-F +Td

En comparant cette identité par rapport à (5), on a:

y = C +I +G - Ib (5) et Y = C + S -F + Id (6); comme ces expressions sont


identiquement égales, on a:

C+I + G-Ib = C + S-F +Id

=>1 + G + F =S +Td + Tb (7a)

G+F-Td-Tb =S-I (7b).

(1 +G +F) représente le flux injecté dans le circuit de payement: la demande


d'investissement des entreprises, les dépenses publiques en biens et services et les transferts
font rentrer de l'argent dans le système.

(S + T d + Tb) représente le flux qui sort du circuit de payement par l'intermédiaire


de l'épargne des ménages et des impôts payés à l'État.

(S - 1) représente un solde de l'épargne: s'il est positif, c'est un excédent financier


du secteur privé.

(G + F - Td -Tb) représente le solde des ressources et dépenses de l'Etat. Cette


grandeur représente le déficit financier du secteur public au cas où les dépenses sont
supérieures aux ressources.

Le secteur privé et le secteur public peuvent connaître un déficit ou un excédent. Il


faut que le retrait net du circuit (S-I) soit exactement compensé par les injections nettes du
secteur public (G +F - Td- Tb).

c) La prise en compte du reste du monde

Progressivement, on peut ajouter à ces relations les transactions avec le reste du

15
monde, dans l'hypothèse d'une économie ouverte qui échange avec les autres pays.

Les ménages, les entreprises et l'Etat peuvent acheter des importations (M) ; les
importations sont des biens produits à l'étranger mais achetés en vue d'une utilisation dans
l'économie nationale. Elles ne font pas partie du produit intérieur et ne figurent pas dans
l'évaluation du PŒ fondé sur la production du pays. Mais les importations figurent dans la
demande finale. Les exportations sont les biens produits à l'intérieur du pays mais vendus à
l'étranger. Elles représentent une partie de la production du pays bien qu'elles soient destinées à
une consommation extérieure.

On mesure donc la demande finale de la production intérieure en additionnant la


consommation, l'investissement, les dépenses publiques et les exportations. On en déduit les
importations.

Demande finale = C+I+G+X-M = C+I+G+XN (XN = exportations nettes, c'est-à-


dire X-M).

Dans une économie, ouverte, on peut intégrer la présence d'échanges commerciaux


avec l'étranger en redéfinissant comme suit le PŒ au coût des facteurs.

y = C+I+G+ X-M-Tb = C+I+G+XN-Tb (8)

Les importations représentent une fuite d'argent hors du circuit de paiement et les
exportations constituent une injection d'argent dans ce circuit. En combinant les relations (8),
(6) et (7a), on a :

(5) Y= C+I+G-Tb (6) S= (Y+F-Td)-C

En économie ouverte

G+F + X-M - T d- Tb=S- 1 S-I = G+F-Tb-Td+X-M

S-I = (G+F-Tb-Td) + XN (9b)

(S-I) représente le solde financier du secteur privé;

(G+F - Td- Tb) représente le solde des ressources et des dépenses de l'État; si les
dépenses excèdent les ressources, c'est une situation de déficit du secteur public.

XN représente le solde du commerce extérieur ou exportations nettes; si les M


excèdent les X, la nation COlmaÎt un déficit de son commerce extérieur.

L'excédent du secteur privé doit être équilibré par le déficit budgétaire de l'Etat et le
déficit commercial extérieur (9b).

§ 5. Approches de mesure du PIB

a) Par les produits

16
Par cette approche, le PIB est la valeur monétaire de l'ensemble des biens et
services produits dans une économie pendant une période donnée. Comme ce produit est
évalué au prix du marché, pour éviter de créer le double emploi

17
, on additionne les valeurs ajoutées par stade de production des biens et services.
L'addition des valeurs ajoutées dans toutes les entreprises et tous les secteurs de l'économie
conduit à estimer le PIB. Cependant les prix auxquels s'échangent les produits sur le marché
comprennent les taxes indirectes prélevées par l'Etat sur les transactions.

Une estimation non biaisée nécessite de déduire ces taxes.

b) Par les revenus

Le revenu national est la valeur monétaire de l'ensemble des gains provenant soit de
l'activité économique, soit du placement de certains biens de valeur pendant une période
donnée. Il s'agit des rétributions qui reviennent aux ménages, aux entreprises et à l'Etat.
L'ensemble de ces revenus est égal au PIB déduit des revenus des facteurs reçus du reste du
monde net de ceux versés au reste du monde. On en déduit également les impôts liés à la
production et à l'importation.

c) Par les dépenses

Le PIB représente la valeur monétaire de la somme des dépenses effectuées pour


des biens et services pendant une période donnée par l'ensemble des agents économiques. En
additionnant toutes les dépenses liées à la production dans un pays, on obtient donc le PIB de ce
pays. En économie, ces dépenses constituent ce qu'on appelle la demande globale. La
comptabilité nationale regroupe les demandes globales en trois catégories: la consommation,
l’investissement et les dépenses nettes à l’étranger.

Au sein des dépenses de consommation, on distingue la consommation privée et


consommation publique.
Dans l'investissement appelé aussi formation brute de capital fixe, on range ne
seulement les achats des machines et d'équipement par les privés ou l'Etat mais aussi
constitution des stocks.
Demande globale: C+G+I+(X-M).
Exemple
Soient les données suivantes d'une économie (en millions $) - Variations des stocks : 2,823

- Dépenses privées en biens et services: 400, 148

- Importations des biens et services: 201, 835

- Dépenses publiques en biens et services: 133,038

- FBCF = 150,188

- Exportations des biens et services: 193,045

a) Déterminez les exportations nettes

18
b) Calcules le PIB sous l'angle des dépenses

Résolution

a) XN =X-M =193,045-201,835 = -8,79

- M> X il Y a déficit du commerce extérieur

b) PIB = C+G+I+(X-M)

1 = FBCF+VS = 150,188-2,823 = 147,365 - PIE = 400,148 +133,038 +147,365-8,79

- PIB = 671, 761.

Remarque

Bien que le PIB soit le meilleur indicateur pour mesurer l'activité économique d’un
pays il n'est pas parfait parce qu'il ne tient pas compte de toutes les activités économiques. Dans
le calcul du PIB, on tient compte de toutes les activités économiques et de tous les revenu
déclarés au gouvernement. Les activités non déclarées ne sont donc pas comptabilisées. Par les
activités omises, on peut citer: l'autoconsommation, le travail bénévole, les activités légale
l'économie informelle, les travaux managers, ...

Le PIB présente une limite comme critère de comparaison des pays. En 1990, le
PIE (l'Inde était de 900 milliards de $ et celui du Canada de 57 milliards. On peut en conclure
sm autre analyse que l'Inde était alors plus riche que le canada.

En comparant le PIB par habitant, l'écart se creuse en défaveur de l'Inde.

Pays PIB PIB/


Inde (milliard $)900 habitant $ 1200
Canada 570 21334
Source: Etat du monde, 1991

Le PIB ne permettant pas non plus de mesurer le bien être de la population, le type
de production influe sur la qualité de vie de la population. Le pays produit-il des armes ou dé
biens de consommation, les activités productives sont-elles polluantes ou réalisées dans le
respect de l'environnement? le PIB ne donne pas des indications là dessus. En plus, un PI
important peut masquer des situations d'inégalités au sein de la population.

L'indice de développement humain (IDH) a été introduit pour pallier à certaine


limites du PIB dans la mesure du bien-être de la population.

19
Chapitre deuxième

LES COMPOSANTES DE LA DEMANDE GLOBALE

La macro-économie a été influencée en beaucoup d'aspects par les théories de


Keynes.

Keynes n'est pas un auteur socialiste et n'entend pas remettre en cause le


fonctionnement libéral des économies capitalistes, fondées sur l'initiative individuelle et la
propriété privée.

Il estime néanmoins que rien ne permet de penser que la demande globale


(consommation et investissement) sera suffisamment forte pour permettre à l'économie
d'atteindre le plein emploi. Il existe donc des chômeurs involontaires, c'est-à-dire des agents
désireux de travailler au taux de salaire courant et qui ne trouvent pas à s'embaucher. Selon
l'État doit intervenir par la dépense publique pour stimuler la demande globale lorsque celle-ci
est insuffisante; il préconise la « socialisation de l'investissement ». Bien que quelques auteurs
(en particulier, Pigou) aient, dès les années 1910 préconisé d'accroître la dépense publique pour
réduire le chômage, Keynes est le premier économiste à justifier, d'un point de vue théorique
l'interventionnisme étatique: il en démontre, par son principe de la demande effective,
cohérence, la rationalité et la nécessité.

Il s'agit de la demande globale que les entreprises anticipent, dont le niveau leur
permettrait de récupérer, par leurs recettes, le montant des coûts qu'elles ont engagés lors de la
production ainsi qu'un profit suffisant.

Une fois cette demande définie, les entreprises mettent en oeuvre la production.

Selon Keynes, rien ne permet de penser que cette embauche mobilisera toutes les
ressources humaines disponibles; il restera donc des « orphelins» sur le marché du travail, des
chômeurs « involontaires », c'est-à-dire des agents désireux de travailler au taux de salaire
courant mais ne trouvant pas d'emploi.

Par opposition à ses prédécesseurs, il montre également que l'ajustement de


l'épargne à l'investissement s'effectue beaucoup plus par les variations de revenu que par les
variations de taux d'intérêt, convergeant vers un équilibre malheureusement inférieur au niveau
de plein emploi.

Son analyse du marché du travail est également différente de celle des économistes
classiques: selon lui, les travailleurs déterminent leur offre de travail en fonction du taux de
salaire nominal (et non du salaire réel) et refusent de travailler à des salaires nominaux réduits.
En revanche, ils acceptent des baisses de salaires réels qui découlent des hausses de prix.

20
En l'absence de l'Etat et de l'étranger, la demande peut émaner des ménages
(demande des biens et services) et des entreprises (demande d'investissement).

Section 1 : La consommation

Les ménages perçoivent des revenus en contrepartie de leur travail et de la


détention des capitaux. Ils paient des impôts à l'Etat et décident ensuite comment répartir
revenu après impôts entre consommation et épargne. Keynes a souligné l'importance de relation
entre revenu, consommation et épargne.

§ 1. Déterminants de la consommation

Analyser la consommation nécessite de dégager les facteurs qui en détermine


l'importance et la structure. Un des déterminants importants de la consommation qui joue rôle
décisif c'est le revenu.

Généralement, plus important est le niveau de revenu, plus élevée est la dépense
biens de consommation.

La fonction de consommation exprime le niveau de la consommation globale pc


chaque niveau de revenu disponible.

C= f(Y)

Avec C = la consommation

1. Explication keynésienne

KEYNES a énoncé la loi de la fonction de consommation: « Les hommes tendent


accroître leur consommation à mesure que le revenu croit, mais non d'une quantité aussi grane
que l'accroissement du revenu ».

Cependant, il existe une consommation autonome qui n'est pas liée au niveau c
revenu. La fonction de consommation de comte période s'écrit donc:

C = cY +Co

avec C = niveau de la consommation globale


Co = valeur de la consommation autonome

21
c = proportion du revenu affecté à la consommation
(propension marginale consommer).

Le niveau de la consommation globale est donc fondamentalement déterminé par


celui du revenu. c indique la proportion de l'accroissement supplémentaire de revenu qui sel
consacré à la consommation.

C
c
Y

avec C : Variation de la consommation


y : variation du revenu

2. Interprétations post keynésienne

Trois hypothèses sont avancées pour expliquer le comportement de consommation.


A) La théorie des revenus et de la consommation de référence.

Cette hypothèse recommande la comparaison au revenu avec d'autres revenus. La


propension à consommer d'un ménage n'est pas seulement fonction de son revenu mais aussi d
sa situation relative dans l'échelle des revenus de la strate sociale de référence.

La consommation confère un statut social.

Les biens ont non seulement une utilité fonctionnelle mais aussi une utilité indirecte
(la dimension sociale du modèle de consommation).

L'imitation constitue également un déterminant social important. Les


consommations d'imitation tendent à accroître le volume global de la consommation à mesure
que le revenu hausse. Ainsi le niveau de consommation de courte période ne dépend pas
seulement du revenu D'autres auteurs ont ajouté comme référence du niveau de consommation
le revenu perçu dans Il passé. Les habitudes de consommation peuvent être liées au niveau
antérieur de revenu.

Pour DUESENBERR y et MODIGLIANI, le revenu de référence c'est le revenu le


plus élevé atteint au cours d'une période précédente. Sur base de ce revenu maximum
précédemment atteint, on développe un niveau de consommation. Quand le revenu baisse en
basse conjoncture, les individus essaient de maintenir leur niveau de vie antérieur. C'est un
comportement de résistance à la baisse de consommation.

C = clY + C2Ymp

Avec C = niveau de consommation

Y = niveau de revenu courant

Ymp : niveau de revenu maximum précédent

22
CI et C2 = propension à consommer (pour chaque niveau de revenu)

La consommation est déterminée par le niveau de revenu courant mais également


par le revenu le plus élevé antérieur.

BROWN prend en compte la consommation de la période précédente dans la


fonction de consommation courante.

Ct = cYt +Ct-l +Co


Ct = niveau de consommation courante
Yt = niveau de revenu courant
c = pro·pension marginale à consommer
Ct-1 = niveau de consommation de la période précédente.

B) La théorie du revenu permanent

Friedman nuance la relation revenu - consommation en distinguant deux

composantes au sein du revenu comme au sein de la consommation. Le revenu permanent Yp


représente les ressources régulières

auxquelles s'attend le ménage de façon sûre. Il est stable.

Il s'agit d'une notion que Milton Friedman a introduite en 1957 à propos des
déterminants de la consommation globale. Alors que Keynes relie la consommation au revenu
courant, Friedman considère que les agents décident du montant de leur consommation en
fonction du niveau de revenu qu'ils peuvent espérer, en moyenne, sur la longue période. Ce
revenu qualifié de « permanent » est exempt des éléments transitoires ou exceptionnels qui
peuvent, à la hausse ou à la baisse, affecter le revenu courant. Le revenu permanent correspond
donc à la valeur actualisée de la richesse de l'individu; il est le revenu que l'agent peut
consommer en laissant intacte sa richesse. Les études empiriques conduites par Friedman

23
sur la longue période corroborent son hypothèse, la fonction de consommation étant,
selon lui, purement linéaire.

Le concept de revenu permanent est également utilisé par Friedman pour expliquer la
fonction de demande de monnaie et les effets de la politique monétaire.

Bien que le débat sur les déterminants de la consommation puisse apparaître


technique et de ce fait secondaire, il est essentiel dans l'analyse de l'impact des politiques de
relance par les dépenses publiques. Selon Friedman, celles-ci ne peuvent avoir qu'une incidence
éphémère sur le revenu et donc rester sans effet sur le revenu permanent. Il est donc vain
d’attendre de ces politiques qu’elles puissent doper la consommation des ménages et exercer un
quelconque effet multiplicateur. Il s'agit donc, sous l'aspect d'une question secondaire, d'u
élément de contestation de l'analyse keynésienne.

Le revenu transitoire Ytr est aléatoire. Il s'ajoute au revenu permanent. Il peut être
constitué d'éléments positifs (bénéfice non prévu, heures supplémentaires) ou d'élément négatifs
(réduction d'activités au-dessous de l'horaire normal).

On distingue également les dépenses de consommation permanente Cp ou dépense


liées au mode de vie habituel et dépenses de consommation transitoire Ctr qui sont momentanées
ou aléatoires

On a donc : Y=Yp+Ytr C = Cp + Ctr

Cp = c. Yp avec a= Cp/Yp 0 <a<la représente la PMC

Pour Friedman, il n'existe pas de relation stricte entre Yp et Ytr, Cp et Ctr, Ytr et C
mais il existe une relation stable entre Yp et Cp : Cp = c. Yp

La dépendance stricte de la consommation par rapport au revenu ne jouerait que pOl


la consommation permanente.

En longue période, on suppose que les gains imprévus viennent compenser les pel1
inattendues des revenus; par la suite les éléments transitoires positifs et négatifs du revenu
s'annulent. Le revenu est donc limité au revenu permanent. Une variation de revenu effectif r
peut modifier Cp que si elle conduit les agents économiques à réviser leur estimation de Yp e
intégrant les modifications de leur revenu effectif dans ce qu'ils estiment être leur niveau de vie

C) L 'hypothèse du cycle de vie

Le comportement réel des consommations serait différent selon les phases de la v des
individus car le profil de revenu varie en fonction de trois grands âges de la vie. Le cycle trois
phases :

- Jeunesse: l'agent est emprunteur (C>S)


- Maturité: l'agent est épargnant (S >C)

- Retraite: l'agent désépargne

L'hypothèse du cycle de vie suppose que durant son existence l'agent individu
aménage ses plans de consommation en fonction de ses flux des revenus anticipés. 1
consommation courante est dépendante à la fois de la tranche d'âge(a) à laquelle appartient
a a a
l'agent individuel et de son revenu ou richesse du moment (R): C t b .Rt

La consommation courante dépend donc de la tranche d'âge à laquelle on appartient


et du revenu ou richesses du moment.

§2. Fonction de consommation et propension marginale à consommer

La fonction de consommation se réfère aux dépenses de l'ensemble des


consommateurs pour tous les biens de consommation au niveau global. Il existe une relation
entre le total de revenu des agents économiques et le total de leurs dépenses globales de
consommation. Cette relation porte le nom de fonction de consommation:

C = f(Y).

A tout accroissement de revenu correspond généralement une augmentation de


consommation. Cependant l'augmentation de la consommation ne se fait pas toujours dans la
même proportion que l'accroissement des revenus.

On entend par propension marginale à consommer le rapport entre un accroissement


de la consommation et l'accroissement du revenu qui l'a provoqué.

PmC =
La PmC est la fraction de chaque unité monétaire de revenu supplémentaire que l
ménage souhaite consacrer à un accroissement de la consommation. Généralement cette
propension décroît au fur et à mesure que s'accroît le revenu. A chaque nouvelle augmentation
du revenu, la fraction consommée de cette augmentation diminue. Cette hypothèse traduit l'idée
que plus le niveau du revenu global dans un pays est élevé, moins importante est la fraction d
tout supplément de revenu qu'il consacre à la consommation.

Exemple

Soit une fonction de consommation suivante: C = 100+ 0,09Y-0,002 y2

Voici les données relatives au revenu Y

Déterminer les niveaux de consommation C et la Pmc

C' = 0,9-0,004Y

y C PmC
0 100 0,9
100 170 0,5
200 200 0,1
300 190 -0,3
400 140 -0,7
500 50 -1,1
600 -80 -1,5
700 -250 -4,9
§ 3. Structure de la consommation

Comment les ménages répartissent-ils leurs dépenses de consommation? Cet1


répartition est-elle stable dans le temps? La répartition des dépenses de consommation dépend
des habitudes de consommation. On définit le coefficient budgétaire, c'est-à-dire la part exprimée
en pourcentage de la consommation d'un bien ou d'un service (Ci) dans la dépense totale de
consommation (C).

bi = Ci/C x 100

Avec bi = coefficient budgétaire


Ci = dépense pour le bien i
C = consommation totale

La structure de consommation des ménages peut être différente selon les pays.
l'intérieur même d'un pays la structure de consommation peut évoluer avec le temps. Ernst Engel
(en 1857) a établi une distinction des dépenses selon l'évolution du revenu (les lois d'Engel) :
- Les dépenses alimentaires augmentent moins rapidement que le revenu,
- Les dépenses de logement et d'habillement suivent le rythme d'accroissement du
revenu;
- Les dépenses diverses (culture, santé, transport, loisirs ...) augmentent à un rythme
plus élevé que le rythme du revenu.
Chacune de ces lois traduit une sensibilité d'un type des dépenses à l'accroissement
du revenu. Nous avons défini la propension marginale à consommer comme la variation de la
consommation suite à celle du revenu.
C/Y indique la proportion de l'accroissement supplémentaire de revenu qui sera
consacrée à la consommation.
On définit la propension moyenne à consommer (PMC) comme la part du revenu
global qui, au cours d'une période, est affectée à la consommation par une collectivité. La PMC
diminue lorsque le revenu s'accroît;
C
PMC =
Y
La sensibilité de la consommation par rapport au revenu peut se résumer par le
coefficient d'élasticité-revenu

Cette élasticité est généralement positive, rares sont les biens à élasticité négative.
Elle correspondrait aux biens dont la consommation baisse lorsque le niveau de vie
s'accroît. Normalement toute augmentation du revenu suscite un accroissement de la
consommation.
L'élasticité du revenu montre que les diverses consommations réagissent
différemment aux variations de revenu. L'évolution de la structure de consommation est liée à 2
variables principales:
- l'évolution du revenu global et
- l'évolution des prix.
Ex. : Dans un pays les experts du ministère de l'économie prévoient pour l'année
suivante un accroissement de revenu disponible de 3%. Si l'élasticité de la consommation par
rapport au revenu est de 0,4, quelle sera la variation de la consommation?
Résolution

Section 2 : Fonction d'épargne et propension marginale à épargner.


Au niveau individuel, les agents économiques repartissent le revenu entre
consommation immédiate et consommation future (épargne). Le revenu total est donc l'objet d'un
choix simultané d'épargne et de consommation. A tout point de consommation qui décrit un
aspect de l'utilisation du revenu correspond une fonction d'épargne qui est aussi fonction de
revenu.
S = f(Y).
La fonction d'épargne représente la relation qui existe entre le montant global
épargne et le montant du revenu disponible. Ce revenu ne peut être affecté qu'à l'épargne et à la
consommation.
y = C+S =>S = Y-C
Si l'épargne est négative, il y a « désépargne» c'est-à-dire qu'on emprunte pour
consommer ou on vit « sur ses réserves ».
Si Y = C, l'épargne est nulle
Si y > C, l'épargne est positive.
La fraction du revenu non consommé est épargnée.
On définit la propension marginale à épargner comme l'accroissement de l'épargne
reporté à l'accroissement du revenu.
PmE = S/Y
Pour de petites variations, PmE = ds/dy
PmC + PmE = 1 puisque une unité supplémentaire de revenu ne peut être consacrée
qu'à l'accroissement de la consommation et/ou de l'épargne.
PmE = 1-PmC
Exemple
Soient les données suivantes:
- Fonction de consommation: C = 100 + 0,9Y-0,0002y2
- Le niveau de revenu est repris dans ce tableau
y C PmC S PmE a) Trouver la fonction d'épargne
0 100 0,9 -100 0,1 b) déterminer la consommation C
100 188 0,86 -88 0,14 c) déterminer l'épargne S
200 272 0,82 -72 0,18 d) déterminer la PmC et la PmE
300 352 0,78 -52 0,22
400 428 0,74 -28 0,26
500 500 0,7 0 0,3
e) Représenter la fonction de consommation
600 568 0,66 32 0,34
et la
700 632 0,62 68 0,38
fonction d'épargne.
800 692 0,58 108 0,42
900 748 0,54 152 0,46
1000 800 0,5 200 0,5
a) S = y - C
S = Y-100-0,9Y + 0,0002y2
S = - 100+0,1 Y + 0,0002y2
PMC = 0,9-0,0004Y
PME = 0,1 +0,0004Y

Section 3 : La dépense d'investissement

L'investissement global exprime les décisions des entreprises de consacrer des


ressources à la production d'un capital physique c'est-à-dire des biens durables qui pourront être
utilisés ultérieurement comme facteurs pour produire d'autres biens.

1 = K avec 1 = investissement
K = capital physique
Fondamentalement, comme déterminant de l'investissement, on peut citer les
anticipations des entrepreneurs, leur esprit d'initiative, leurs attentes ...

Au niveau microéconomique, le chef d'entreprise décidera d'investir dans la mesure


où il attend une rentabilité de l'investissement telle que son coût est inférieur au flux financier
cumulé qu'il attend de ce capital.

L'investissement global peut être considéré comme une fonction du taux d'intérêt et
du revenu. L'investissement est une fonction décroissante du taux d'intérêt sur le marché
financier.

I = f(i)

On peut représenter la fonction d'investissement (1)


i%

I=f(i)

L'investissement global dépend du niveau de l'activité économique c'est-à-dire du


revenu national. Si la situation de l'économie est telle que le capital physique existant est
pleinement employé et que la demande totale s'accroît, il y aura une incitation à augmenter la
capacité de production et donc à investir.

L'investissement global apparaît donc comme une fonction croissante du niveau de


revenu.
I=f(Y)
I=f(Y)

Il existe d'autres facteurs qui peuvent déterminer les décisions d'investir. D, l'analyse
Keynésienne, on considère l'investissement global comme donné. 1 = 10, inélastique
(analytiquement, il existe plusieurs constructions des fonctions macroéconomiques
d'investissement. KEYNES a distingué la décision d'épargner de celle d'investir. Au niveau
( agents, ce sont les ménages qui prennent les décisions d'épargner et ce sont les entreprises 1
prennent les décisions d'investir. Au niveau des mobiles, on peut épargner par précaution,
transaction, spéculation; on investit en vue de renouveler le matériel, de moderniser
l'équipement, de conquérir le marché, de mettre en œuvre les nouveaux produits, ... Il y a l
indépendance entre les décisions individuelles d'épargner et les décisions individuel d'investir.
Ainsi le montant que les entreprises veulent investir ne correspondra pas nécessairement au
montant de l'épargne que les ménages sont prêts à mettre à leur disposition pour financer
l'investissement.

Il y a lieu de distinguer les deux composantes (en économie fermée) de la demande,


la consommation et l'investissement.

Selon Keynes, la consommation augmente moins que proportionnellement au reVE


lorsque celui-ci augmente (la propension moyenne à consommer diminue). Le fait que les age
aient une tendance excessive à l'épargne déprime la demande globale et l'on ne peut pas y f2
grand-chose car ce comportement de consommation obéit à ce qu'il appelle une « psychologique
fondamentale ».

S'agissant de l'investissement, la situation est plus complexe, car la demande


d'investissement des firmes (c'est-à-dire le montant de leurs achats de biens d'équipement dépend
de plusieurs facteurs dont la conjonction peut provoquer un niveau trop d'investissement.

Il est essentiel de bien comprendre que l'investissement keynésien se définit non sa


nature, mais par son impact sur la demande globale à court terme. Peu importe la nature
productive ou non, de cet investissement: il peut aussi bien s'agir de creuser des trous pour
reboucher, de construire des barrages, des autoroutes ou d'aller sur la Lune. L'investissement
keynésien est important au sens où il est une dépense, c'est-à-dire une composante de la demande
globale.

Ceci ne veut pas dire que l’investissement n’a pas d’incidence sur le volume des capacités de
production ou sur l'incorporation du progrès technique dans les entreprises. Bien au contraire.
Mais on aborde là des considérations de long terme alors que Keynes procédait à une analyse de
court terme: à long terme, disait-il par boutade, nous serons tous morts.

Keynes estime que le montant d'investissement effectué va dépendre de la


confrontation entre la rentabilité que les firmes attendent de ces investissements (qu'il qualifie
d'efficacité marginale du capital, EMC) et du taux d'intérêt. Si l'EMC (rendement attendu de
l'investissement) est de 10 % et le taux d'intérêt de 5 %, l'investissement pourra avoir lieu, alors
que dans le cas inverse, il ne sera pas mis en œuvre. Or l'EMC est largement déterminé par le
degré d'optimisme ou de pessimisme des firmes, leur état de confiance quant à l'avenir.

Si l'économie est déprimée, les perspectives de débouchés restreintes, les firmes


anticiperont un bas niveau d'efficacité marginale du capital, et rien ne prouve que la baisse des
taux d'intérêt sera efficace. Par exemple, si l'EMC est de 2 %, la baisse des taux d'intérêt de 5 %
à 4 % ne servira à rien. Elle ne pourra, dit Keynes, « ranimer une EMC qui est en fait gouvernée
par l'état capricieux et déréglé des milieux d'affaires ». D'où la nécessité de politiques
économiques pouvant provoquer la confiance des investisseurs.

Notons encore que l'EMC peut être non seulement très basse mais qu'elle est aussi
très instable, car l'état de psychologie collective est très volatil. Dans des articles postérieurs à la
Théorie générale, Keynes insiste encore plus largement sur le fait que l'incertitude de la vie
économique voue l'investissement à fluctuer selon l'état d'esprit des milieux d'affaires. Dans ces
conditions, on comprend que l'intervention de l'État puisse jouer un rôle régulateur.

Section 4 : Le multiplicateur

Introduction

Le multiplicateur est un coefficient d'une variable exogène dans la forme réduite d'un
modèle économique dont les équations sont linéaires. On utilise le terme multiplicateur parce
que toute variation d'une variable exogène engendre une variation de la variable endogène égale
à celle de l'exogène multiplié par le coefficient qui affecte celle-ci. X = ky.

Le multiplicateur le plus connu est le multiplicateur keynésien qui met en rapport la


variation du revenu national (variable endogène) avec celle de l'investissement (variable
exogène).

Keynes a montré comment dans une économie où il n'y a pas plein emploi des
ressources, une variation « autonome» ou « exogène» de la demande peut provoquer une
variation plus importante du revenu national. Le multiplicateur keynésien donne le rapport entre
ces deux variations.

La variation de la demande est considérée comme autonome si elle correspond à un


changement dans le comportement des agents économiques.

§1. Le multiplicateur de la consommation

La relation économique sur laquelle se fonde le multiplicateur keynésien est fonction


de consommation qui établit un lien entre les dépenses de consommation courantes des ménages
dans leur ensemble et leur revenu courant.

Considérons l'économie en l'absence de l'activité gouvernementale. La dépense


globale s'écrit: Y = C+I.

or C = c Y + Co et I = Io Y-cY=Co+Io
Y=cY + Co+ I0 (1-c) Y = Co +Io

Supposons un accroissement de la consommation


y = c Y +Co + Co+ I0
Y-cY = Co + Co+ 10
Co  Co  Io
Y (2)
1 c
Y = (2) + (1)
Co  Co  Io Co  Io
Y  
1 c 1 c
Co  Io Co  Io Co  Io
=  
1 c 1 c 1 c
Co 1
Y   .Co
1 c 1 c
1
 Y  .Co (3)
1 c
Y 1
 K
Co 1  c
k = le multiplicateur
On a O<c<1
1
Donc 1 ; c = PmC
1 c

La variation de la consommation impulse du revenu ; k est un facteur


d’accroissement du revenu qui résulte d’un accroissement de la consommation. Comme c
1
représente la PmC, l'accroissement de revenu Y  .Co sera d'autant plus fort que la PmC
1 c
est élevée.

En résumé, la théorie macroéconomique enseigne donc qu'une modification des


comportements de consommation fait varier le revenu national et ce pour un montant plus grand
que cette modification elle-même. Le coefficient de proportionnalité k qui détermine ce montant
dépend de la propension marginale à consommer.

Dans la vie privée des ménages, on considère en général que l'épargne est une qualité
alors que la dépense, dès lors qu'elle est excessive, conduit à la banqueroute.

Keynes montre qu'au niveau macroéconomique, la propension excessive à l'épargne


est source de déflation économique et de chômage: mieux vaut donc inciter les agents à la
consommation plutôt qu'à l'épargne. D'ailleurs, par dérision, Keynes allait jusqu'à souhaiter «
l'euthanasie du rentier ».

On trouve ici une illustration de ce qu'est un sophisme de composition: un


raisonnement avéré au niveau micro économique peut se révéler être une absurdité
macroéconomique.

§ 2. Le multiplicateur de l'investissement et la détermination du revenu


Par hypothèse, on considère une économie fermée sans prise en compte explicite de
l'Etat. Le principe de la demande globale, dans ce cas, exprime le fait que ce niveau de l'activité
et de l'emploi dépend du montant des dépenses de consommation des ménages (C) et de
l'investissement des entreprises (I). Le revenu national (Y) atteint un niveau d'équilibre lorsque la
demande globale des biens et services générés par ce revenu est égale à l'offre globale des biens
et services.

Keynes raisonne en situation de sous-emploi; dans ce cas, l'offre globale va s'ajuster


au montant de la demande sans variation du niveau général des prix (on parle souvent de modèle
à prix fixes). On suppose également que l'économie est en situation d'autarcie (pas de relations
commerciales avec le reste du monde), que la fonction de consommation est du type : C = Co +
cY, que l'investissement 1 est autonome (c'est-à-dire indépendant du revenu global) et qu'il n'y a
ni impôt ni dépense publique.

Dans ces conditions, une augmentation de l'investissement I exerce un effet


amplifié sur le revenu Y = k. I ; k, le multiplicateur d'investissement étant égal à 1/l-c.

L'offre globale représente l'ensemble des biens et services produits et le revenu


global, l'ensemble des revenus créés lors du processus de production.

OG=DG Y=C+I
Or C = c Y + Co et 1 = 10
Y = cY + Co + 10

(1-c)Y = Co + Io

Co  Io
Y (1)
1 c

Soit une variation de l'investissement l',1. La dépense d'investissement = 10 + M

y = C+I => y = cY +Co + I0 + Io

Y-cY = Co + I0 + Io

(1-c) y = Co +I0 +Io

Co  Io  Io
Y (2)
1 c

En faisant la différence entre (2) et (1)

Co  Io  Io Co  Io
Y  
1 c 1 c

Co  Io Io Co  Io
Y   
1 c 1 c 1 c
Io 1
Y   Y  Io
1 c 1 c

Y 1
 K
Io 1  c

Y 1
  K (le multiplicateur)
Io 1  c

Mo impulse la variation du revenu Y. C'est la variation de l'investissement 1 suscite


la modification du revenu.

k = 1/1-c, c = PmC avec O<c <1

k représente, dans ce cas - ci, l'accroissement du revenu résultant d' accroissement de


l'investissement. L'intensité du processus de multiplication dépend de c 1 indique comment un
accroissement donné de revenu Y se partage entre la consommation l'épargne. L'augmentation
du revenu sera d'autant plus forte que la PmC sera élevée.

Dans la théorie du multiplicateur d'investissement, le supplément de revenu dû à la


variation de l'investissement est partiellement consommé. Plus la fraction consommée du
nouveau revenu est forte, et plus elle alimente la formation de revenus supplémentaires dans le
entreprises fabriquant des biens de consommation; ces revenus seront à leur tour partiellement
consommés, d'où l'effet multiplicateur dont parle Keynes.

Plus la propension marginale à consommer est forte et plus les ondes de revenus
successifs sont élevées. Il est donc logique que le multiplicateur soit d'autant plus élevé que
coefficient « c » est important.

Exemple

1) soit une économie bipolaire dont le revenu global est de 7600 millions de $ et dont
les propensions moyenne et marginale à consommer sont respectivement de 0,94 et 0,7. Des
investissements autonomes de 300 millions sont réalisés. Quel est l'impact sur le revenu global

Résolution

Y=7600 106 ; PMC = 0,94·PmC = 0 7 ; Io = 300.106

c = PmC

1 1 1 10
K=   
1  c 1  0,7 0,3 3

2) Dans une économie fermée, un accroissement de l'investissement de 60 millions


de dollars entraîne une augmentation de revenu de 120 millions. Quelle est la PmC ?
Résolution

Io = 60.106 Y = 120.106 PmC = ?

Y 120.10 6
k  k  2 PmC = c
Io 60.10 6

1 1
Or k  2  2  2c 1  2c  1
1 c 1 c

1
c   PmC
2

Toute augmentation de revenu qui ne se transforme pas en augmentation de


consommation constitue une fuite qui réduit d'autant l'effet de multiplication.
S = Y-C or C = cY+Co
S = Y-cY -Co
S = (1-c) Y - Co
ds
1  c  PmC
dy
1
Or k = le multiplicateur.
1 c
ds
 s 1  c
dy
1
 k=
s

Le multiplicateur est l'inverse de la PmE. Il sera d'autant plus élevé que la PmE est
faible. L'accroissement du revenu résultant d'un accroissement de l'investissement est d'autant
plus élevé que le PmE est moindre. L’investissement constitue donc un facteur de croissance du
fait de l'effet de multiplication qui en fait le moteur de capacité d'emploi. Tout investissement
additionnel impulse 2 types des dépenses:
- L'achat des biens et services et
- L'appel à une quantité additionnelle des facteurs de production.

L'analyse économique repose sur le postulat selon lequel les modifications de la


production et de l'emploi sont automatiquement liées. Sur base du principe du multiplicateur,
Keynes a présenté les vertus d'une politique de "grands travaux publics" ou d'incitation des
entreprises privés à l'investissement en situation de sous-emploi.

Remarque

Les analyses qui font appel au multiplicateur keynésien attirent l'attention sur les
liens qui existent entre les variations autonomes de l'investissement ou de toute autre dépense et
celles du revenu d'équilibre de l'économie. KEYNES a voulu montrer l'importance des dépenses
autonomes dans la détermination du niveau d'emploi. Face au chômage (après la dépression de
1929), Keynes voyait dans l'effet multiplicateur de dépenses une justification de l'intervention de
l'Etat pour stimuler l'économie. L'effet multiplicateur peut cependant aussi jouer lorsqu'il y a
plein emploi puisque l'égalité Y=C+I+G est valable quelle que soit la situation de l'emploi.
Cependant comme les grandeurs C, 1 et G sont nominales, toute augmentation de la dépense
autonome va se répercuter sur le niveau de prix.

La logique du multiplicateur relève de l'équilibre général: pour qu'il y ait équilibre


entre un accroissement de l'offre et un accroissement de la demande, il faut que ce dernier soit
multiplié par un coefficient de proportionnalité. Le multiplicateur d'investissement varie selon
les types d'investissement qui sont réalisés et le multiplicateur de la consommation n'est pas le
même selon que le changement de comportement porte sur les biens alimentaires, les biens
normaux ou les biens supérieurs. Le changement de comportement de consommation et
d'investissement affecte de manière positive le niveau de revenu national et ce de manière
"multipliée".

Les multiplicateurs interviennent dans la réflexion keynésienne dans le cadre de


l'équilibre de sous-emploi. On peut déterminer aussi les multiplicateurs des dépenses publiques
et de la fiscalité qui sont respectivement associés aux grandeurs macroéconomiques G et T
également présentes dans la définition de la dépense globale. Le phénomène de multiplication se
produit donc pour toutes modifications de la demande globale quelle que soit sa nature.
Chapitre troisième:
EQUILIBRE MACROECONOMIQUE INTRODUCTION

Pendant le 19ème siècle et la première décennie du 20 ème, les économistes admettaient


que le plein emploi des ressources disponibles était la situation normale de l'économie. Toute
perturbation de l'équilibre de plein emploi déclenchait des forces qui ramenaient l'économie vers
sa fonction d'équilibre. Cette conception est liée à la loi de J.B. SAY selon laquelle l'offre crée
toujours sa propre demande. Par conséquent il ne peut y avoir de déséquilibre durable entre
l'offre et la demande globale. Seuls les déséquilibres temporaires peuvent apparaître, les
mécanismes de marché rétablissent rapidement l'équilibre.

Pour Keynes, la demande globale peut être inférieure à l'offre. Des injections peuvent
être nécessaires pour compenser des fuites dans le circuit économique. Une action sur la
demande peut favoriser l'emploi. Rappelons que la demande globale est la somme des dépenses
pour tout niveau de revenu.

Section 1 : Equilibre en économie "bipolaire"

Dans le modèle simplifié à 2 agents: ménages et entreprises, la demande globale est


la somme de la dépense de consommation c et la dépense d'investissement I.

Y=C+I

Nous supposons que la demande d'investissement est constante, la consommation est


la seule fraction de la demande globale qui augmente avec le revenu.

Dans le modèle simplifié, revenu national et PIB sont égaux. Il y a donc équilibre si
l'offre globale (Y) est égale à la demande globale (C + 1). Pour que l'économie atteigne
l'équilibre, il faut que tout le revenu national soit affecté à l'achat de toute la production nationale
(biens de consommation et biens durables). En d'autres termes le PIB sous l'angle de revenu est
égal au PIB sous l'angle des dépenses.

Si à toute valeur du revenu correspond la même valeur en dépense, l'offre globale est représentée
par une droite formant avec l'axe des abscisses un angle de 45°. Le point d'équilibre est défini par
le point de rencontre de la courbe de demande globale et de la droite de 45°. Il s'agit d'une
représentation de l'équilibre du marché des produits faite par l'économiste américain Samuelson.
Le graphique représente, sur l'axe des abscisses, l'offre globale ( ou, identiquement, le revenu
national qui en est l'expression monétaire) et, sur l'axe des ordonnées, la demande globale (soit C
+I, en économie fermée). La ligne à 45° représente le lieu des points d'équilibre, puisque, par
construction, sur chacun des points de cette ligne, l'offre égale la demande globale.

La projection sur l'axe des abscisses du point de contact entre la ligne C + 1 et la


ligne à 45° donne le revenu d'équilibre, c'est-à-dire le revenu égalisant l'offre à la demande
globale ou, ce qui revient au même, l'épargne à l'investissement.

Le revenu dégagé par l'activité de production est alors égal à l'ensemble des dépenses
projetées par les consommateurs et les investisseurs. Pour des niveaux de revenu plus élevés,
l'offre globale excéderait la demande globale et les entreprises seraient amenées à réduire leur
production; pour des niveaux plus faibles, l'offre étant inférieure à la demande globale, le firmes
développeraient davantage leur production.
Dépenses

OG
OG : offre globale=Y

DG DG : demande globale
Ye = revenu d’équilibre
de
de = dépense

Ye Revenus

Si DG < OG, les entrepreneurs ont des stocks, la de demande intérieure ne peut
absorbe toute la production.

Si la DG > OG, l'économie connaît un déficit intérieur. Il y a équilibre si l'économie


peut obtenir une offre Ye qui satisfait totalement la demande de la dépense est égale au produit
effectif et au revenu effectif. C'est au point où la droite de demande globale DG coupe celle d
l'offre globale OG.

Cependant, on sait que les agents économiques ne dépassent pas 100 % de leu
revenu. Une partie est affectée à l'épargne, une autre au paiement des taxes et à l'achat de
produits d'importation. Ce sont des fuites qui réduisent la demande globale DG.

Fuites = épargne, taxes, importations.

Section 2 : Le modèle à 3 agents

Il s'agit du modèle élémentaire de l'économie fermée avec l'intervention de l'Eta'


L'introduction de l'Etat dans le modèle suppose la prise en compte d'autres variables = le
dépenses gouvernementales G, les prélèvements fiscaux T, les transferts octroyés par l'Etat F. E
termes de revenus et dépenses, Y = C + l + G.

Cependant le revenu disponible dans l'économie doit tenir compte du prélèvement


fiscal et de l'octroi des transferts. En effet, les décisions des Consommations et d'épargne ne s
font pas à partir des revenus perçus mais à partir des revenus qui restent à la disposition de
agents après le payement des impôts et l'encaissement des transferts. L'investissement, le
dépenses gouvernementales, les impôts et taxes et les transferts sont considérés comme de
variables exogènes I = I0 G = Go T = T0 F = F0.

On a donc le revenu disponible :


Yd=Y-To+Fo
C = cYd + Co
C = c(Y-To+Fo)+Co

Comme Y = C + 1 + G donc Y = C+lo +Go

 Y = c(Y-To+Fo)+C0+I0+G0

Y = cY-cT0+cF0+C0+I0+G0

Y-cY = -cT0+cF0+C0+G0

(1-c)Y = -cT0+cF0+C0+I0+G0

C 0  c(T0  F0 )  I 0  G0
Y
1 c

Le revenu global Y est déterminé par la propension marginale à consommer et les


diverses composantes de la demande globale.

En termes d'injections et de fuites,

Y=C+S+F-T
où Y = C + S + T* avec T* = impôts nets de transferts.
Comme Y = C + 1 + G Y= C + S +T*
C + 1 + G = C + S + T*

La condition d'équilibre : 1 + G = S + T*

Les injections dans le circuit de paiement (I + G) doivent être exactement composée


par les fuites (S + T*). 1 + G = S + T*

=> G - T* = S - 1

G - T* représente le budget de l'Etat qui peut être excédentaire si T* > G ou


déficitaire si G • T*.

S - 1 représente les ressources financières du secteur privé qui peuvent représenté


une capacité ou un besoin de financement.

L'équilibre est atteint si on égalise l'offre et la demande globale ou encore les


injections et les fuites du circuit économique. L'équilibre économique dans l'optique d
production est réalisé lorsque le revenu dégagé par l'activité productrice est égal à la masse dé
dépenses de divers agents économiques c'est-à-dire au point de rencontre de la courbe de
demande globale et la bissectrice.

L'équilibre est atteint au point E: le revenu d'équilibre Ye permet de couvrir Ii


dépenses (Consommation d'investissement et ces dépenses publiques). Pour des niveaux (revenu
plus élevé que Ye, l'offre est supérieure à la demande. Les entreprises réalisent des stocl
involontaires. Elles sont contraintes de réduire leurs productions; il s'en suit une diminution
(revenu national. Pour des niveaux de revenu plus faible que Ye, l'offre est inférieure à demande.
Les entreprises sont incitées à accroître leurs productions, leurs activités productrice Il s'en suit
une augmentation du revenu global.

Dans les deux cas, le processus de contraction ou d'expansion du revenu global: met
progressivement en place jusqu'au rétablissement de l'équilibre au niveau Ye.

Section 3 : l'équilibre en économie ouverte

L'ouverture de l'économie sur l'extérieur est à intégrer dans l'analyse de l'équilibre


macroéconomique. En faisant du rôle de l'Etat, la demande globale s'écrit: DG=C+I+X-M.

Les exportations comme l'investissement donnent naissance à des revenus intérieur:


et font partie de la demande globale. Les exportations constituent une injection dans le flux des
dépenses. Ainsi dans l'optique de production, Y=C+I+X; y = c+s+M.

En termes de revenu, une partie est affectée à la consommation des produits


nationaux, une autre est épargnée et une fraction sert au paiement des produits importés.
Y=C+I+X
Y=C+S+M
 C+I+X=C+S+M
I+X = S+M
 X-M=S-I

En supposant autonomes les investissements et les exportations et en retenant les


fonctions linéaires de consommation et de l'exportation :
C = cY + Co 1 = la

X = Xo

M = mY+M0

M
Avec m la progression marginale à importer m 
Y

Y=C+I+X+M

<=> y = (c Y + Co) + la + Xo - (m Y + Mo)

Y = cY + C0 + I0 + X0 – mY – M0

Y = cY + mY = C0 + I0 + X0 – M0

Y(1- c + m) = C0 + I0 + X0 – M0

Co  Io  Xo  Mo
Y= (égalisation à l'équilibre).
1 c  m

Le revenu global Y est déterminé par la PmC, la PmM et les différentes composantes
de la demande globale (C0, I0, X0 et M0).

Section 4 : Revenu d'équilibre et revenu de plein emploi

Les emplois étant fonction de l'activité productrice, la détermination du revenu


d'équilibre précise aussi le niveau d'emploi et de prix dans l'économie considérée. Le revenu de
plein emploi est un revenu tel que les facteurs de production, en particulier la main d'œuvre, son1
entièrement utilisés. Il n'y a pas de mécanismes automatiques qui fassent que le revenu
d'équilibre soit en même temps un revenu de plein emploi. C'est un idéal.

Dans le schéma à 45°, l'intersection entre la première bissectrice et la fonction de


demande globale engendre la formation d'un revenu d'équilibre qui n'est pas, en règle générale, le
revenu de plein emploi.

Dans l'hypothèse où le revenu d'équilibre se situe au-dessous du revenu de plein


emploi, on désigne par écart déflationniste l'insuffisance de demande globale, c'est-à-dire le
montant des dépenses (éventuellement de dépenses publiques) qu'il faudrait injecter dans
l'économie pour que celle-ci, grâce à l'effet multiplicateur, provoque une hausse de revenu
suffisante pour atteindre le plein emploi.

Si, pour le revenu de plein emploi, la demande globale est supérieure à l'offre
globale, les entreprises ne peuvent, par hypothèse, accroître le volume de leur production et
l'ajustement de l'offre globale à la demande globale risque de s'effectuer par une hausse des prix 1
on parle parfois d' « inflation par la demande» ). L'écart inflationniste correspond à cet excès de
demande globale que les pouvoirs publics doivent amputer (par exemple, par l'impôt) de manière
à annihiler les tensions inflationnistes.

1. Le revenu global d'équilibre est inférieur au revenu de plein emploi.

Dans cette situation, il y a bien équilibre entre la production et la dépense globale


mais l'économie se trouve en position de sous emploi. Il y a chômage malgré l'équilibre. Les
achats effectués au cours d'une période demeurent inférieurs aux autres sur le marché des biens
et services.

L'écart entre l'offre globale et la demande globale au niveau du revenu global (plein
emploi est un écart déflationniste. Il représente la quantité dont il faudrait accroître demande
générale afin que le niveau d'équilibre du revenu national se confonde avec le niveau de plein
emploi. Pour passer du revenu global au revenu de plein emploi, Keynes montre le rôle de
l'investissement dans le modèle à deux agents Y = kI.

Dans le modèle à trois agents, il montre l'importance des rôles des dépenses
publiques.

2. Le revenu global d'équilibre est supérieur au revenu de plein emploi

La différence entre la demande globale et le niveau de revenu de plein emploi est un


écart inflationniste: il y a un excès de demande par rapport à la capacité d'offre maximale qui
puisse être atteinte. Cet excès va induire un accroissement du niveau des prix.
Un déplacement du niveau de plein emploi vers la droite contribuerait à accroître
l'offre et à diminuer l'écart inflationniste. Mais les transformations structurelles de l'appareil
productif ne peuvent s'envisager que dans la période longue.

Section 5 : Equilibre macroéconomique et possibilités de production

Tout niveau observable du revenu national étant nécessairement un niveau


d'équilibre, c'est aussi un niveau du produit national. Il représente donc également la valeur de
tous les biens et services qui ont été produits dans l'économie au cours d'une période. La courbe
de possibilité de production définit les quantités de deux biens X et Y étant donné l'état de
l'économie. A tout point sur ou en deça de la courbe des possibilités de production d'une
économie, on peut faire correspondre un niveau Y de produit ou de revenu national. Pour trouver
celui-ci, il suffit de connaître le prix des biens. Inversement, à tout niveau Y du produit national
d'une économie correspond un point sur ou à l'intérieur de la courbe des possibilités de
production. Pour le trouver, il faut connaître les quantités physiques de divers biens qui
composent Y.

Considérons un point P le long de la courbe des possibilités de production ab. Il


correspond à p un niveau du revenu national Yp, P étant un point de plein emploi, Yp est un
revenu national de plein emploi.

Si nous considérons un point tel que S, il Y correspond une valeur du revenu national
y s. Si le prix Px et Py sont les mêmes pour toutes les quantités produites, alors Ys est
nécessairement < à Yp puisque le point S comporte moins de quantité des biens X et Y. Comme
le point S est un point de sous emploi, le revenu Ys qui y correspond est un revenu national de
sous emplois. On peut faire le même raisonnement pour le point V. De la même manière qu'il es'
impossible pour une économie de se situer au-delà de la courbe de possibilité de production, on
ne peut aller au-delà de Yp, revenu national de plein emploi. Les états de sous emploi
apparaissent comme des valeurs du revenu national < à Yp. L'économie ne fournit pas tout ce
qu'elle pourrait fournir.

Le revenu national d'équilibre est un point sur l'axe de revenu. Mais le fait qu'il soit
un niveau d'équilibre, permet-il de préciser s'il correspond à un niveau sur ou en deçà de la
courbe des possibilités de l’économie ? C’est une des questions fondamentales à laquelle les
réponses sont divergentes. Selon les classiques, les forces naturelles du marché conduisent
toujours à un produit national d'équilibre situé sur la courbe de possibilité de production.

La constatation des crises économiques récurrentes a suscité un point de vue selon


lequel aucun élément dans les forces qui déterminent le niveau d'équilibre du revenu national
d( garantir que celui-ci correspond à un état de plein emploi plutôt que de sous emploi. La
théorie keynésienne établit la possibilité d'un équilibre de sous emploi.

Soit une économie fermée à trois agents. On peut déterminer graphiquement le


revenu national d'équilibre en situation de sous emploi.

Il est possible qu'un équilibre macroéconomique induise un revenu Y E = Y p' l


revenu d'équilibre est alors un revenu de plein emploi.

Dans la théorie keynésienne, c'est donc la position de la demande globale qui joue le
rôle clé. Cette demande dépend des comportements des dépenses des consommateurs, des
investisseurs privés et du secteur public. La théorie keynésienne suggère de rechercher dans ces
comportements l'explication des situations de sous-emploi ou de plein emploi.

Une baisse de la consommation globale entraîne une diminution de la dépense


globale et donc une baisse du revenu national d'équilibre écartant éventuellement celui-ci dl plein
emploi.
La diminution de la consommation traduit l'augmentation de la part du revenu qu est
épargnée. L'épargne qui est généralement considérée comme une vertu au plan individuel peut
être dommageable au plan de l'économie dans son ensemble surtout si son accroissement brusque
fait chuter la demande globale. De même, une baisse des dépenses publiques entraîl1l une baisse
de la dépense globale et donc du revenu national d'équilibre et éventuellement dl niveau de plein
emploi.

Exercice

Soient les éléments suivantes (en millions de $) dépenses personnelles en biens et


services: 25,280 salaire, traitement et revenus

 dépenses publiques en biens et services: 5,181 Revenus des entreprises


individuelles: 3,458 Investissement: 4,384
 Importations des biens et services: 7,222 Bénéfices des sociétés: 8,533
 Revenus des exploitants agricoles: 1,026 Exportations des B & 1 : 6,709
 Intérêt et revenu de placement: 1,174

Déterminez le PIB :

 sous l'angle de revenu


 sous l'angle de dépenses
Chapitre IV
THEORIE MONETAIRE ET EQUILIBRE SUR LES MARCHES DES
BIENS ET DE LA MONNAIE

Section 1 : RAPPELS D'ANALYSE MONETAIRE

§1. L'offre de monnaie et la demande de monnaie

Dans l'économie de marché, n'importe quel agent peut prendre l'initiative d'offrir
n'importe quel bien et service. L'offre de monnaie nécessite que l'offreur inspire confiance. Le
trésor public, la banque centrale et les banques de dépôts sont les principaux agents économiques
qui offrent de la monnaie.

Les banques font appel à l'épargne des ménages. La monnaie en tant que liquidité est
demandée pour ses différentes fonctions. La demande de monnaie au cours d'une période est le
montant des sommes acquises pendant cette période qu'un agent économique choisit de
conserver sous forme liquide. KEYNES identifie deux facteurs de la demande de monnaie: d'une
part, le taux d'intérêt et d'autre part le revenu. La demande de monnaie est une fonction
décroissante du taux d'intérêt.

Le niveau du revenu influence positivement la demande de monnaie. Plus le niveau


de revenu est élevé, plus importants sont les divers achats des biens et services et donc plus
grande est la quantité de monnaie qu'il faut détenir pour faire les transactions.

La demande de monnaie est une fonction croissante du revenu.


L'offre de monnaie apparaît comme une fonction inélastique. A l'équilibre, la
quantité de monnaie demandée est égale à la quantité de monnaie offerte.

Si le revenu augmente, la courbe demande se déplace vers la droite. Si l’offre reste


inchangée, il en résulte une hausse du taux d’intérêt de ie à ie'.

Si un accroissement de l'offre est décidé, la courbe de l'offre se déplace vers la droite


et il y a baisse de taux d'intérêt d'équilibre. La masse monétaire passe de Me à Me "avec Me <
Me" et le taux d'intérêt passe de ie à ie' " avec ie > ie'".

Le taux d'intérêt se forme sur le marché de la monnaie, à l'intersection de l'offre de


monnaie (supposée exogène, c'est-à-dire fixée par les autorités monétaires indépendamment du
revenu et du taux d'intérêt) et de la demande de monnaie (ou préférence pour la liquidité).

Plus l'offre de monnaie est abondante et plus le taux d'intérêt sera bas (à moins que
l'on soit dans la zone de trappe à liquidités où la demande de monnaie est infiniment élastique),
ce qui stimule (en principe) l'investissement et donc le revenu par le biais du mécanisme de
multiplicateur d'investissement.

Keynes pense que, lorsque le taux d'intérêt est très bas, la demande d'encaisse
spéculative formulée par les agents devient « virtuellement absolue» ; ceci s'explique par le fait
que, lorsque l'économie est plongée dans une profonde dépression, la modestie du taux d'intérêt
ne compense pas le risque inhérent à la détention d'obligations (le risque de moins-value en
capital est très élevé car, les taux d'intérêt étant très bas, le cours des obligations est très élevé)
En conséquence, toute injection de monnaie nouvelle tomberait, selon l'expression d
Robertson, dans une « trappe à liquidités », c'est-à-dire qu'elle serait thésaurisée et ne servira pas
à financer des transactions. La politique d'expansion monétaire ne parviendra pas alors faire
baisser le taux d'intérêt et restera sans effet sur l'investissement, donc sur la demande globale:
elle est totalement inefficace (on retrouve cette conclusion en raisonnant sur le schéma IS-LM).

Le taux d'intérêt est donc un phénomène monétaire qui agit sur les variables réelles
(l'investissement, le revenu, l'emploi), ce qui montre que Keynes a abandonné l'approche
dichotomique au bénéfice d'une approche intégrée de l'économie : le taux d'intérêt est la variable
monétaire qui fait la relation avec les phénomènes réels.

§2. Thésaurisation et déthésaurisation

L'analyse de la monnaie est importante étant donné que la monnaie exerce une
influence sur le déroulement du processus économique. La monnaie est soit gardée comme
moyen liquide, soit employée à l'achat des biens c'est-à-dire que les ménages et les entrepris~
s'en servent pour exprimer une demande globale. Qu'est-ce que les unités économique
consommatrices et productives font avec la monnaie qu'elles reçoivent ?

Une partie importante est destinée au paiement quotidien (motif de transaction).

Cette encaisse servant à financer les transactions courantes peut être appelée encaisse
active. Ur quantité de monnaie est réservée aux événements imprévus (motif de précaution) ou
al] occasions favorables de faire profit (motif de spéculation). Dans ce cas, on peut parler d'ure
encaisse oisive.

Lorsque les consommateurs ou les producteurs font passer la monnaie (l'encaisse


active vers l'encaisse oisive, on parle de thésaurisation. S'ils font passer la monnaie de l'encaisse
active vers l'encaisse oisive, il s'agit de la déthésaurisation. Les ménages comme les entreprises
peuvent avoir une encaisse composée des liquidités actives et des liquidités oisives.

Au plan microéconomique, la tendance générale peut correspondre soit à la


thésaurisation soit à la déthésaurisation. La déthésaurisation provoque une hausse de la demande
globale tandis que la thésaurisation réduit la demande globale.

§3. Monnaie et demande globale

Rappelons d'abord que l'impact de la monnaie sur l'économie réelle est lié pour la
théorie quantitative de la monnaie à l'équation d'échange d'Irving Fisher.

M.V = P.T. avec M = masse monétaire ou volume de monnaie en circulation.

P = niveau général des prix

V = Vitesse de circulation de la monnaie


T = Volume des transactions

P.T.  Eléments de la sphère réelle.

La vitesse de circulation de la monnaie correspond au nombre annuel moyen des fois


où la monnaie comprise dans la masse monétaire M2 est utilisée pour acheter les biens et service:
qui entrent dans le calcul du PIB.

PIB normal
V=  V.M2 = PIB nominal
M2

Comme V est une donnée stable selon les monétaristes, une variation de la quantité
de monnaie entraîne donc une variation du PIB nominal.

Ex. : Soit V = 2, PIB nominal = 7000 $, M2 = 3500 $, de combien augmentera le PIB


nominal si M2 augmente de 1000 $ ?

Résolution

M2 = 3500 + 1000 = 4500

PIB nominal = 4500 x 2 = 9000

La variation PIB = + 2000 $ (le PIB était de 7000 et a varié jusqu'à 9000).

Comment interpréter cette augmentation du PIB nominal? Y a-t-il eu production de


nouveaux biens et services pour 2000 $ ? Est-ce que l'augmentation du PIB n'est pas due une
hausse des prix des biens et services?

Pour le savoir, il faut décomposer le PIB nominal (sa valeur est donnée par l produit
des quantités produites et les prix nominaux).

V.M2 = P.T.

Le PIB réel est obtenu en divisant le PIB nominal par l'indice des prix. Pour
reprendre l'exemple ci-haut.

7000
Soit P = 116,66 et le PIB nominal = 7000 PIB réel = 6000 soit x100 .
116,66

Prenons l'hypothèse d'une économie en situation d'incertitude économique. L masse


monétaire passe de 3500 à 4500. La vitesse de circulation de la monnaie est de 2 et le PI] réel est
de 6000. Déterminons P.

M .V . 4500.2
P  1,50
T 6000

L'indice de prix passe de 116,66 à 150.

En période d'incertitude économique, une augmentation de la masse monétaire


entraîne l'élévation du niveau général de prix et une montée de l'inflation. En situation d certitude
économique, les prix ne varient pas. Une variation de la sphère monétaire influence donc la
production nationale.

Pour revenir à l'exemple ci-haut:

M .V . 4500.2
T   7758,62
P 1,16

La variation de la production (7758 - 6000) = 1758 est due à l'augmentation de M.

Dans une situation de certitude économique, l'augmentation de la m monétaire ferait


augmenter la demande globale et ainsi la création de nouveaux emplois: qu'il y ait inflation.

§4. Demande globale et déthésaurisation

Rappelons que la valeur de la production nationale augmente quand la demande


globale s'accroît. Les quantités vendues dans une économie peuvent augmenter sans
nécessairement la masse monétaire M augmente. Si les ménages disposent des liquidités passent
d'encaisse oisive vers une encaisse active, ils déthésaurisent. La monnaie passe plus de main à
main de sorte qu'avec la même quantité de monnaie, on peut financer plus transactions.

La monnaie déthésaurisée est utilisée pour supporter une demande supplément des
biens de consommation ou d'investissement; la demande globale augmente. Or augmentation de
la demande Globale mène à une valeur plus élevée du produit national, à élévation du revenu
national. L'augmentation de la demande Générale est possible si déthésaurisation a lieu.

Si on a une quantité de monnaie en circulation M donnée, la quantité de la m


monétaire ne varie pas; une augmentation de la Demande Globale sous-entend qu'il y a encaisses
oisives. Si celles-ci sont utilisées pour financer les dépenses de consommation d'investissement,
cette déthésaurisation fait que la vitesse Y de circulation de la mon augmente. Le flux monétaire
se traduit par M.Y. Or au flux monétaire correspond un flux L'utilisation de la liquidité active
fait accroître les transactions. On a donc le produit P.T. augmente.

L'égalité M.Y = P.T. est vérifiée: l'accroissement de la vitesse de circulation la


monnaie traduisant une augmentation des transactions dans l'économie. La déthésaurisation des
ménages ne conduit pas nécessairement à un accroissement de la demande des bien
consommation ... Cet argent peut être employé à l'achat des titres ou à d'autres placement les
fonds en question sont prêtés aux entreprises qui s'en servent pour financer 1 investissements, la
demande globale sera plus grande. Les fonds retirés de l'encaisse oisive ménages sont réaffectés
dans l'encaisse active des entreprises. L'augmentation des encaisses actives implique un
accroissement de la demande globale.

Dans cette vision monétaire, l'accroissement de la demande globale est transactions


et accroissement de la demande globale. On dit que cette déthésaurisation est une force
expansionniste. Si la demande globale augmente et donc la propension à dépenser, le revenu
national augmente mais aussi l'emploi. L'accroissement de l'emploi a lieu dans la sphère réelle
alors que la déthésaurisation se passe dans la sphère monétaire. Les événements de la sphère
monétaire sont donc une condition nécessaire des événements de la sphère réelle.

Si la tendance à dépenser continue et s'il n'y a plus suffisamment de liquidité


disponible pour entretenir le processus de déthésaurisation, le niveau de plein emploi est atteint
et les transactions ne peuvent plus augmenter. Une poursuite de l'augmentation de la demande
globale mène alors à une hausse des prix, à l'inflation.

§5. Demande globale et thésaurisation

Supposons en partant d'une situation de plein emploi que la demande globale


diminue. La consommation C et les investissements l diminuent et donc le revenu national Y
diminue. Par la thésaurisation, la monnaie passe d'encaisse active à l'encaisse oisive: il y a moins
de mOill1aie qui s'adresse comme demande pour le paiement courant. Le niveau de sous-emploi
est expliqué par un manque ou une insuffisance de la demande globale.

Dans la sphère monétaire, il y a une forte tendance du public à garder la monnaie


dans l'encaisse oisive. La même quantité de monnaie circule moins rapidement. C'est un
processus déflationniste qui conduit la production au-dessous du point de plein emploi et
finalement aussi à une baisse de prix. Il y a d'une part abondance de monnaie et d'autre part
développement du chômage.

Section 2 : EQUILIBRE MONETAIRE

Etant donné une certaine quantité de monnaie, il y a équilibre monétaire si la


thésaurisation est égale à la déthésaurisation, c'est-à-dire la différence entre la thésaurisation et la
déthésaurisation d'un secteur est compensée par la différence entre la thésaurisation et
déthésaurisation d'un autre secteur. Si on a une forte déthésaurisation, il peut s'en suivre une
rupture inflationniste de l'équilibre monétaire: un excès des dépenses peut conduire à une hausse
des prix. Le pouvoir d'achat de la monnaie diminue.

Cependant, l'important est de savoir en quoi est affectée la quantité supplémentaire


de monnaie. Si une monnaie supplémentaire arrive dans les encaisses actives, elle servira à
assurer le financement de l'accroissement de la demande globale. Dans ce cas, le produit
national, le revenu national et l'emploi doivent s'accroître. L'effet d'accroissement de la quantité
demandée peut être assimilé à celui d'une déthésaurisation. Il peut s'en suivre une rupture
inflationniste de l'équilibre monétaire s'il y a excès des dépenses. Des limites doivent donc être
imposées à l'accroissement de la masse monétaire parce qu'elle peut entraîner une forte tendance
à dépenser et générer des tensions inflationnistes.
L'encaisse active sert à faire des paiements dans le système des biens et services. Si
la quantité de monnaie est constante, l'augmentation de la demande globale suppose une
déthésaurisation. Si au contraire, l’encaisse est constituée pour la spéculation et la précaution, il
s'agit de thésaurisation, dont la conséquence est une insuffisance des dépenses qui entraîne le
chômage. Ce niveau d'équilibre nécessite donc d'éviter à la fois l'inflation et le chômage.

Section 3 : LA MONNAIE ET L'ECONOMIE REELLE

§1. Approche pré-Keynésienne

Selon la loi de SAY, tout se passe comme si les biens s'échangent contre les biens car
la monnaie obtenue lors de la vente des biens est tôt ou tard dépensée contre l'achat d'autres
biens. Pour comprendre les mécanismes de l'économie, il n'est donc pas nécessaire d'intégrer
l'analyse monétaire. La monnaie n'a comme fonction principale que de combler l'absence du
synchronisme entre les recettes et les dépenses. Cette analyse est dichotomique au sens où elle
sépare l'économie en une sphère monétaire et en une sphère réelle.

Les relations entre les 2 sont déterminées par la loi de la théorie quantitative de la
monnaie en vertu de laquelle tout mouvement de la circulation monétaire provoque tôt ou tard
une variation proportionnelle du niveau général des prix. Si M est multiplié par un coefficient
positif Œ, le niveau général des prix P est multiplié par ce même coefficient. On suppose que V
est une grandeur donnée indépendant du niveau de M et que T se fixe au niveau de plein emploi

V
V P= M
T

Il existe donc un lien quantitatif entre la masse monétaire et le niveau général des
prix.

§2. Théorie Keynésienne

1. La préférence pour la liquidité

Selon Keynes, la demande de la monnaie répond à 3 motifs : précaution, transaction


et spéculation. On peut associer à chaque motif une demande d'encaisse correspondante. La
demande transactionnelle de monnaie est une fonction croissante du revenu mais aussi une
fonction décroissante du taux d'intérêt. En effet, détenir de la monnaie pour faire face à des
dépenses courantes, entraîne en raison du non-placement, un coût d'opportunité mesuré par le
taux d'intérêt. Si le taux d'intérêt augmente, on va diminuer le montant pour les transactions afin
de tirer profit des intérêts du placement. La demande transactionnelle augmente lorsque le
revenu augmente, elle diminue lorsque le taux d'intérêt augmente.

Lt = Lt(Y,i)

Lt = demande de liquidité pour les transactions


Y = le revenu

i = le taux d'intérêt

Comme Lt augmente lorsque Y augmente :

Lt
0 (quand Y augmente, Lt augmente)
Y

Lt
<0 (quand i augmente, Lt diminue)
Y

Keynes distingue trois motifs de demande de monnaie ( ou, comme il le dit, de «


préférence pour la liquidité» ) :

- le motif de transaction, qui tient à l'existence de délais plus ou moins importants


entre le moment où le revenu est perçu et le moment où il est dépensé; il faut donc détenir de la
monnaie pour couvrir ses besoins de transaction ;

- le motif de précaution, qui tient à la possibilité de modifications imprévues de


revenu ou de dépenses. On détient de la monnaie pour pallier les risques de la vie courante
(chômage partiel ou maladie qui ampute le revenu, bien durable qui lâche, etc.). Ces deux
premiers motifs sont reliés positivement au revenu, soit LI = LI(Y) avec L'I > 0 et, sur ce point,
Keynes innove assez peu;

- le troisième motif, dit de spéculation, est en revanche beaucoup plus original. Le


agents peuvent conserver une partie de leur épargne sous forme d'encaisses liquides pou
bénéficier d'éventuelles plus-values sur le cours des obligations.

Si l'agent pense que le cours des obligations va baisser, il les vend, en raison du
risque de perte en capital, et conserve son épargne sous forme d'argent liquide; s'il pense au
contraire que ces cours vont monter, il achète des obligations et ne détient aucune encaisse
monétaire. Or, la probabilité que les cours baissent est d'autant plus élevée que ces titres ont déjà
un cours très élevé, ce qui est le cas quand les taux d'intérêt sont bas.

En conséquence, plus les taux d'intérêt sont bas, plus le risque de perte d'argent sur
les obligations est élevé et plus les agents préfèrent détenir des encaisses liquides. L'encaisse
spéculative est donc une fonction décroissante du taux d'intérêt, soit L2 = L2(i) avec L'2 < 0.

Les dépenses courantes sont récurrentes et prévisibles. Les agents économiques sont
confrontés aussi à des dépenses imprévues. Ils doivent donc détenir des encaisses d, précaution
pour ne pas subir des inconvénients d'une éventuelle illiquidité. Cette demande de précaution
varie en sens inverse du taux d'intérêt.

Lp = Lp (i)
Lt
0
Y

Quant au motif spéculatif, Keynes suppose que les agents économiques détiennent
des encaisses monétaires afin d'attendre le moment favorable pour acheter des titres à bas prix
pour les revendre ultérieurement lorsque les cours auront haussé. Ls = Ls(i).

En agrégeant ces demandes de monnaie, on a L= Lt + Lp + Ls. C'est cette demande


globale de monnaie que Keynes a appelée « la préférence pour la liquidité ». Cett< demande L
est décroissante par rapport au taux d'intérêt et croissante par rapport au revenu national. Keynes
a supposé l'existence d'une valeur i 0 du taux d'intérêt jugée tellement faibli que tout le monde
s'attend à sa hausse prochaine et donc à une baisse future du cours de obligations. Le demande de
monnaie spéculative est grande au voisinage de i0.

Le marché de monnaie est en situation d'équilibre si la demande totale de monnaie L


est égale à l'offre de monnaie M. Keynes comme les classiques suppose que l'offre de monnaie
est inélastique, une donnée exogène.
2. Le modèle Is-LM

Dans sa version de base proposée par John HICKS dans un article paru en 1937, le
modèle IS-LM comporte trois secteurs ou marchés : celui des biens, celui de la monnaie et celui
des titres. Les biens sont soit consommés soit investis. La production des biens est à l'origine des
revenus qui permettent d'acheter les biens produits. Les revenus constituent le stock qui s'ajoute
aux investissements. La monnaie sert de moyen de transaction. On peut donc supposer que la
quantité détenue par les agents augmente avec leur revenu. Le modèle IS-LM prend en compte
l'interdépendance des offres et des demandes des biens, de la monnaie et des titres. S'il y a
égalité des offres et des demandes des biens et de la monnaie, il en est de même pour les titres.
C'est pourquoi dans le modèle, les titres n'apparaissent pas explicitement. Seuls les biens et la
monnaie sont pris en compte.

C'est la courbe qui traduit le lieu des valeurs (i, Y) -c'est-à-dire taux d'intérêt (en
ordonnées), revenu (en abscisses) -pour lesquelles l'offre globale de biens et services (c'est-à-dire
Y) égale la demande globale (C + I).

Cet équilibre s'écrit également I = S (investissement = épargne), d'où l'appellation de


la courbe. Sur chacun de ses points, l'épargne égale l'investissement et le marché des produits est
en équilibre.

La pente de cette courbe dépend de l'élasticité de la demande d'investissement au


taux d'intérêt. Plus cette élasticité est faible (c'est-à-dire moins l'investissement est sensible aux
variations de taux d'intérêt) et plus IS tend vers la verticale.

A. La relation d'équilibre pour les biens: la courbe IS

La production nationale Y est formée des biens de consommation (C) dont les
destinataires sont essentiellement les ménages et les biens d'investissement (1) dont les
entreprises sont les principaux utilisateurs. Y = C + 1 (1)
La production y a pour contrepartie le revenu (salaire, profit, intérêt). Le revenu
national est soit épargné, soit utilisé pour l’achat des biens de consommation.

y = C + S (2)

Comme Y(1) = Y(2), on a : C+I = C+S

=> S = 1 (3)

A ces relations comptables, Keynes ajoute les relations causales entre variables.

La consommation globale des ménages augmente avec le revenu : C= C(y). Par


conséquent, l'épargne augmente aussi avec le revenu: S= SCy). L'hypothèse de Keynes implique
que la fonction S= SCy) est strictement croissante. Une autre hypothèse de Keynes est que
l'investissement diminue lorsque le taux d'intérêt augmente: 1= I(i).

Les dépenses d'investissement sont sensibles aux variations du taux d'intérêt.

Plus les taux d'intérêts sont bas, plus les entrepreneurs préfèrent investir plutôt que de
placer leur épargne. L'investissement projeté est ainsi une fonction décroissante du taux d'intérêt.

Le taux d'intérêt i assure le lien entre le marché de la monnaie et celui des biens et
services car les variations de la masse monétaire modifient le taux d'intérêt.

Compte tenu des hypothèses ci-haut, on a : S= 1

S(y) = I(i) (4)

L'équation (4) établit un lien implicite entre le niveau Y et le taux d'intérêt (i) étant
donné que l'épargne augmente avec le revenu et l'investissement diminue si le taux d'intérêt
augmente. L'équation (4) décrit une courbe dite courbe IS. Elle peut se déduire du lien avec la
courbe de la demande globale. Le marché des biens est en équilibre quand la droite de la
demande globale coupe la droite d'offre à 45°. La demande globale est alors égale au revenu.

Sur la droite IS, on retrouve l'ensemble des combinaisons de taux d'intérêt et du


revenu compatible avec l'équilibre sur le marché des biens. La droite IS exprime les différente~
combinaisons du revenu et du taux d'intérêt pour lesquelles le marché des biens est en équilibre.
La construction de la droite IS traduit l'équilibre sur le marché des biens et services.
Partons d'un taux d'intérêt io. Pour ce taux, il existe un niveau de la demande
d'investissement et de la demande de 'consommation, c’est-à-dire la hauteur de la droite è DG.
L'équilibre intervient sur le marché des biens au point Eo et le revenu d'équilibre est Yo marché des
biens est en équilibre quand le taux d'intérêt est i 0 et le revenu Yo. Si le d'intérêt baisse, soit il, la
demande d'investissement sera plus forte et la fonction de DG déplace vers le haut. Le nouveau
point d'équilibre est El. Il Y correspond un niveau de revenu plus élevé que Yo. Au nouveau point
d'équilibre sur le marché des biens soit E 1 correspond combinaison du taux d'intérêt et du revenu,
soit (Y1, i1). On peut répéter cet exercice pou différents niveaux de taux d'intérêt. On retrouve
différents points de coordonnées combinaison du taux d'intérêt et du revenu correspondant à
différents niveaux d'équilibre SI marché des biens. En joignant les différents points des coordonnées
du revenu et du d'intérêt, on obtient la droite IS ou courbe IS.
La courbe IS exprime les différentes combinaisons du revenu et des taux d'intérêt pour
lesquelles le marché des biens est en équilibre. La forme de la courbe IS dépend de celles des
fonctions d'épargne et d'investissement précisément de leur sensibilité au taux d'intérêt. La pente de
la courbe IS est négative. Pour qu'il existe un équilibre sur le marché des biens, il faut qu'à un taux
d'intérêt plus élevé soit associé un revenu plus bas puisque la droite de la demande globale est
nécessairement moins haute. La droite IS a pour objet d'illustrer l'effet de taux d'intérêt sur le
déplacement de la droite de la demande globale et sur la modification du niveau d'équilibre du
revenu. Un déplacement vers le bas le long d'une courbe IS donnée correspond à un déplacement
vers le haut de la demande globale dû à une baisse du taux d'intérêt. A une baisse du taux d'intérêt
correspond une hausse de l'investissement et donc une hausse du revenu plus importante en raison
du multiplicateur keynésien
On ne peut voir dans la courbe IS la relation causale entre le revenu et le taux d'intérêt
pour dire que l'un détermine l'autre. La courbe IS, rappelons-le, représente les combinaisons (Y, i )
d'équilibre en ce qui concerne les biens. Les niveaux de cet équilibre sont les valeurs prises
simultanément par Yet par i.

B). La relation d'équilibre pour la monnaie: la courbe LM

C'est la courbe qui traduit le lieu des valeurs (i, Y) pour lesquelles l'offre de monnaie
(M) égale la demande (L1 + L2). L'offre est réputée exogène (c'est-à-dire fixée sans relation avec le
niveau de y) et la demande correspond à la fonction keynésienne de préférence pour la liquidité
(comprenant les demandes d'encaisses de transaction et d précaution ainsi que la demande de
spéculation).

La courbe LM comprend trois zones (de gauche à droite) : une zone « keynésienne»
lorsque le taux d'intérêt est très bas (situation~e trappe à liquidité), une zone intermédiaire (la pente
de LM augmente) et une zone « classique» où sa pente est infinie. Lorsque LM est dans la zone «
classique », toute la monnaie disponible est affectée aux encaisses de transaction et de précaution
(il n'y a aucune encaisse de spéculation) ce qui correspond à la vision « classique» de la monnaie:
celle-ci n'est jamais demandée pour elle-même et ne sert qu'au financement des transactions.

Dans la conception keynésienne, au contraire, la monnaie peut être demandée pour elle-
même (et faire l'objet d'une encaisse spéculative).

Le modèle suppose que l'offre de monnaie M est exogène. Elle est fixée par les
autorités monétaires. Elle est confrontée à une demande de liquidité 1. Cette demande est d'une
part fonction croissante du revenu et d'autre part, fonction décroissante du taux d'intérêt.

L(Y,i) qu'on peut décomposer à:

L1(Y) + L2(i)
L1 est croissante et L2 décroissante

L'équilibre, égalité entre l'offre et la demande sur le marché de la monnaie, est


caractérisé par l'équation

M = L(y,i) ou M = L1(y) + L2(i)

Cette égalité définit une relation implicite entre le revenu y et le taux d'intérêt i La
relation est représentée par une courbe dite courbe LM. Cette courbe est strictement croissante. En
effet, à une hausse de revenu Y correspond une hausse de la demande de monnaie pour les
transactions LI(Y). Comme M est constant, pour l'équilibre, il s'en suit une baisse de L2(i).Ce qui
n'est possible en tant que demande que si i augmente puisque L2(i) est décroissant. Et donc, une
hausse de revenu d'équilibre sur le marché de la monnaie est accompagnée d'une hausse du taux
d'intérêt. La courbe LM exprime les différentes combinaisons de taux d'intérêt et du revenu qui
correspondent au niveau d'équilibre sur le marché de la monnaie

L'offre de monnaie est fixe MO.Pour un revenu YO, on a une courbe de demande de
monnaie LO. Le taux d'intérêt d'équilibre est io. Si le revenu augmente et passe à YI, la courbe de
demande de monnaie se déplace vers le haut, soit LI et le taux d'intérêt d'équilibre est il. Le taux
d'intérêt a haussé. Cette nouvelle combinaison du revenu et du taux d'intérêt est représentée par le
point El. En répétant cette analyse pour tous les niveaux du revenu et en reliant les point~ des
coordonnées (Y,i) correspondant aux points d'équilibre du marché de la monnaie, on obtien1 la
courbe LM. Un revenu plus élevé qui tend à accroître la demande de la monnaie et un tam d'intérêt
plus élevé qui tend à réduire la demande de monnaie font que la quantité de la monnaie demandée
reste égale à la quantité de la monnaie offerte.

La forme de la courbe LM dépend de celle de la fonction LI (Y) (et donc de la vitesse


de circulation de la monnaie) et de la fonction L2(i) (et donc de l'importance qu'attribuent le~
détenteurs de monnaie au niveau du taux d'intérêt). La courbe LM est décroissante. A un niveau de
revenu et du taux d'intérêt correspond un niveau d'équilibre de la demande et de l'offre de monnaie.
C. Equilibre du modèle IS-LM

On peut représenter l'équilibre sur le marché des biens et de la monnaie au point dl


rencontre de la courbe IS et de la courbe LM. Le marché des biens et le marché de la monnaie sont
simultanément en équilibre.

Le marché des biens et de la monnaie interagissent pour déterminer le niveau dl taux


d'intérêt d'équilibre i * et du revenu d'équilibre Y*. Le marché des biens est en équilibre su tous les
points de la courbe IS. Le marché de la monnaie est en équilibre sur tous les points de l courbe LM.
Les marchés ne sont en équilibre qu'au point E d'intersection de IS et de LM. A point E, on a un
couple (y, i) qui vérifie à fois l'équation IS d'équilibre sur le marché des biens é l'équation LM
d'équilibre sur le marché de la monnaie.

Compte tenu des hypothèses faites qui impliquent que IS est décroissante et L~
croissante, cette intersection ne peut être qu'unique aux points des coordonnées (y, i). Supposons
que le taux d'intérêt soit il pour le niveau de revenu YI, on se situe au point A sur la droite IS. L
combinaison (YI,i1 ) conduit à l'équilibre sur ce marché des biens mais pas sur le marché de l
monnaie. Au taux d'intérêt il, il faudrait que ce revenu soit y 2 pour que ce marché de la monnaie
soit en équilibre, c'est-à-dire au point B de la courbe LM des coordonnées (y 2, i1). Au taux d'intérêt
i1, le revenu est faible pour que le marché de la monnaie soit en équilibre. Comme l revenu est trop
faible, la droite de monnaie est insuffisante pour absorber la masse monétaire donnée. L'offre de
monnaie étant excédentaire, les taux d'intérêt baisseront jusqu'à atteindre l niveau i*. La demande
globale et le revenu auront suffisamment augmenté pour que la demande de monnaie s'accroisse.

Au taux d'intérêt i2 , le revenu y2 , est nécessaire pour l'équilibre sur le marché dé biens
(point c). Il est supérieur au revenu y 1 nécessaire pour l'équilibre sur le marché de monnaie (point
D).

Quand le revenu est trop élevé pour assurer l'équilibre sur le marché de la monnaie il
existe une demande de monnaie excédentaire qui fait monter le taux d'intérêt. Le processus ~
poursuit jusqu'à ce que les taux d'intérêt atteignent i* et le revenu Y*. Les deux marchés SOI alors
en équilibre.

L’équilibre du modèle IS-M est donc un couple des coordonnées de revenu et des taux
d’intérêt qui vérifie à la fois l’équation IS et l’équation LM. Le déplacement de la courbe IS vers la
droite se traduit par une hausse de revenu due au multiplicateur keynésien. Cependant, le long de la
courbe IS on retrouve des niveaux de revenu et des taux d'intérêt. Son déplacement vers la droite se
traduit par une augmentation du taux d'intérêt.

L'intersection entre la courbe IS et LM donne les valeurs des deux grandeurs qui
assurent l'équilibre des trois marchés, des biens, de la monnaie et des titres. Selon Hicks, le revenu
et le taux d'intérêt sont déterminés « tout comme le sont les prix et la production, dans la théorie
moderne de l'offre et de la demande ».

Il semble bizarrement que le marché du travail soit absent de la modélisation.

L'omission est-elle volontaire? La synthèse serait en effet plus complète si le schéma


IS-LM englobait aussi les conditions d'équilibre sur le marché du travail, mais cela n'est possible
qu'au prix d'une distorsion grandissante avec la théorie keynésienne elle-même. Dans la
présentation qu'il effectue de la synthèse, Hicks retient l'hypothèse keynésienne d'exogénéité des
salaires nominaux et des prix. En conséquence, une fois le revenu d'équilibre fixé, le volume
d'emploi en découle; l'intégration du marché du travail n'est donc pas nécessaire pour expliquer le
niveau de l'embauche au sein de l'économie. Cette position n'est évidemment pas acceptable pour
les auteurs néoclassiques, pour lesquels le niveau de l'emploi et le taux de salaire réel doivent être
expliqués par l'équilibrage du marché du travail.

Des critiques ont été ainsi adressées à ce modèle IS-LM :

- Les variables prises en compte dans le modèle sont nominales et nulle part on ne fait
référence au niveau des prix. Dans ces conditions, une augmentation du revenu n'est pas forcément
une bonne chose puisqu'elle peut être due exclusivement à une hausse des prix.

- Une variable aussi importante que le niveau d'emploi n'apparaît pas dans le modèle.

- Alors que le modèle suppose que la création monétaire est une variable exogène, on
peut faire remarquer que l'autorité monétaire contrôle la quantité de monnaie par des taux d'intérêts
« directeurs ». Ainsi la masse monétaire est une variable endogène et le taux d'intérêts une variable
exogène.

- Aucun rôle n'est donné aux anticipations des agents économiques. Or celles-ci ont une
fonction déterminante au moment où est prise la décision d'investir. Les variations dans les
anticipations des agents économiques peuvent provoquer des déplacements des courbes IS et LM.

Certains auteurs considèrent que le diagramme IS-LM constitue du «keynésianisme


hydraulique», qu'il est une version trop simpliste, caricaturale, de la théorie keynésienne. Il serait
d'une certaine manière la « relique» d'un passé révolu. On peut invoquer trois de leurs critiques
principales:

- IS-LM est construit sur la base d'une offre de monnaie donnée de l'extérieur,
indépendante du niveau du revenu et de l'intérêt: on parle parfois de monnaie exogène. Or, toute la
théorie monétaire moderne considère au contraire que l'offre de monnaie créée par le système
bancaire est définie par les besoins de monnaie des agents (et particulièrement des entreprises). La
quantité de monnaie en circulation n’est donc pas exogène à la production, elle est induite ou
provoquée par la production: la monnaie de crédit est une monnaie endogène (endogène à la
production) ;

- la courbe IS a une position dans le plan (i, Y) qui dépend de la fonction


d'investissement l = I(i). Or, cette fonction est tracée pour un état dOill1é de l'efficacité marginale
du capital qui est la rentabilité escomptée par les firmes du capital investi. Chaque fois que l'EMC
varie, la fonction l se déplace dans le plan et il en va de même, de ce fait, pour IS. Cette courbe
n'est donc pas stable, mais se déplace à chaque fois (c'est-à-dire en permanence) que l'EMC fluctue,
selon l'optimisme ou le pessimisme des entrepreneurs;

- la courbe LM a une position qui dépend de la fonction de préférence pour la liquidité


L2 = L2(i). Or, cette relation dépend également des anticipations de taux d'intérêt formulées par les
agents. Dès lors que ces anticipations se modifient, L2 se déplace et il en va de même, par
conséquent, pour LM.

En conséquence, les deux courbes IS-LM sont fondamentalement instables car elles
dépendent d'éléments psychologiques, très volatils. Les « vrais» keynésiens craignent que l'on
omette cette dimension de l'œuvre de Keynes et que l'on ait de ce fait une lecture excessivement
néoclassique de l'auteur.
Cependant, le modèle IS-LM reste utile pour l'analyse et la politique monétaire pouvant
jouer sur la variation de la masse monétaire et la variation des dépenses gouvernementales.

En plus la modélisation permet de visualiser les effets des politiques économiques


conjoncturelles, de relance ou de freinage de l'économie. Une politique budgétaire expansionniste
fera déplacer IS vers la droite, une politique monétaire expansionniste provoquera un déplacement
à droite de LM. Le schéma IS-LM permet d'observer que ces politiques (hausse de la dépense
publique ou/et réduction des impôts) ne sont pas toujours efficaces, c'est-à-dire qu'elles ne
parviennent pas toujours à augmenter le revenu vers son niveau de plein emploi.

Par exemple, une hausse des dépenses publiques (G) dans la zone « classique» de LM
restera sans effet sur Y mais provoquera la hausse de i. Il y a dans ce cas un effet d'éviction total:
puisque les taux d'intérêt « flambent », il y a moins d'investissements privés et donc la relance
budgétaire échoue totalement. Dans cette situation, le supplément de dépenses réalisé par l'Etat est
compensé par la réduction de l'investissement privé imputable à la hausse des taux d'intérêt, de telle
sorte que la demande globale ne varie pas. Le mécanisme de multiplication de la dépense publique
ne peut donc pas jouer.

Mais à l'inverse, si la hausse de la dépense publique intervient dans la zone «


keynésienne» de LM (lorsqu'elle est horizontale, c'est-à-dire dans la situation de trappe monétaire),
la monnaie est très abondante; il n'y a pas d'effet d'éviction et le multiplicateur joue à 100 %. Dans
la situation intermédiaire de LM, l'effet d'éviction n'est que partiel.

Ajoutons encore que la politique budgétaire est d'autant plus efficace sur le revenu
d'équilibre que IS tend vers l'horizontale, c'est-à-dire lorsque l'investissement privé est peu sensible
aux variations de taux d'intérêt. Ce résultat se comprend aisément: quand l'investissement est peu
élastique au taux d'intérêt, l'effet d'éviction est naturellement plus faible. La dépense publique ne
dissuade donc pas (trop fortement) l'investissement privé.

Section 4 : L'INFLATION

§1. Notion

L'inflation est définie par un triple phénomène :

- La hausse du niveau général des prix;


- Un phénomène auto-entretenu et qui dure;
- Une hausse des prix fondée sur des mécanismes macroéconomiques.

La hausse des prix est généralisée parce qu'elle concerne tous les biens et service Elle
est continue, c'est-à-dire qu'elle se prolonge dans le temps et a tendance à se maintenir. El est
importante, c'est-à-dire la variation des prix est suffisamment élevée.

L'inflation étant un phénomène global de hausse des prix, on la mesure d'habitw par
l'indice général des prix qui tient compte de l'ensemble des prix (indice synthétique).

§2. Formes d'inflation et explications

1. L'inflation par la demande

D'après les monétaristes traditionnels, lorsqu'il y a augmentation importante de masse


monétaire plus rapide que celle des biens et services disponibles dans l'économie, la demande est
supérieure à l'offre et les prix grimpent.

L'inflation par la demande est un phénomène de hausse des prix causé par un
déséquilibre entre une demande solvable très élevée par rapport à l'offre des biens et service Pour
que les quantités demandées soient égales aux quantités offertes, les prix monter L'augmentation de
monnaie dans l'économie peut être due au financement du déficit dl dépenses publiques par
l'impression des billets de banque. Pour les keynésiens, la hausse dl prix liée à la demande globale
ne se développe que lorsque le système économique ne peut ph réagir aux variations des quantités
de monnaie par un accroissement de la production.

2. L'inflation par les coûts

On parle d'inflation par les coûts pour désigner la hausse des prix occasionnée p; la
hausse des coûts des facteurs de production (prix des matières premières, salaires, …). La hausse
des coûts est inflationniste quand elle est auto-entretenue étant donné l'interdépendance des
éléments composant le prix de revient. On ne peut séparer radicalement inflation par Il coûts et
inflation par la demande. La hausse des coûts coïncide souvent avec une hausse dt disponibilités
monétaires et de la demande. De même une inflation résultant d'une très for demande va entraîner
une hausse des salaires et des prix et donc des coûts. Par l'effet cumulatif d'interdépendance des
mécanismes économiques, on parle de spirale d'inflation. C'est le cas pour le schéma illustratif
suivant :

3. L’inflation liée à l’offre

Du côté de l'offre, l'inflation peut provenir d'une pénurie ou de l'approche de plein


emploi. En situation de pénurie, l'offre est insuffisante pendant une longue période suite aux causes
telles que les calamités naturelles, les guerres, les difficultés d'importation ... Au plein emploi, les
facteurs de production deviennent rares et coûtent très cher. En conséquence, l'offre augmente très
lentement. Pour accroître l'offre, il faut payer les facteurs de production au prix plus élevé.
L'augmentation des coûts freine la production, il y a alors déséquilibre entre l'offre et la demande,
hausse des prix et inflation.

§3. Les conséquences de l'inflation

Parmi les inconvénients de l'inflation, on peut citer:

L'inflation favorise certains groupes sociaux par rapport à d'autres. Elle favorise les
commerçants et les industriels au détriment des consommateurs. L'inflation pénalise le créancier au
profit du débiteur.

L'inflation ne permet pas l'épargne. La perte du pouvoir d'achat de la monnaie


qu'entraîne l'inflation n'encourage pas l'épargne. Se développe plutôt des activités spéculatives.
Ceci a comme conséquence la diminution de l'épargne et donc des capitaux qui peuvent être
investis à moyen et longs termes pour la production.

L'inflation freine les exportations: avec la hausse des prix, les coûts de production
s'élèvent et donc également les prix de vente. Les produits nationaux deviennent plus cher. Ceci
peut entraîner la baisse des exportations et donc la diminution de la production.

L'inflation provoque l'instabilité de change.

§4. Inflation et taux d'intérêt

L'hypothèse de Fisher veut qu'une augmentation de l'inflation de 1 % s'accompagne


d'une hausse de 1 % dans le taux d'intérêt. Supposons que le taux d'inflation soit de 10% par an.
Avec 1000 U.M. vous pouvez acheter 10 ouvrages à 100 D.M. aujourd'hui. Pour réaliser le même
achat l'année suivante, il faut 1.100 U.M.

Si le taux d'intérêt nominal se monte à 12% par an, on peut reporter à plus tard l'achat
des ouvrages, prêter les 1000 DM aujourd'hui, pour récupérer dans un an 1120 DM. On peut alors
procéder à l’achat des ouvrages à 1100 UM et gagner 20 UM. Ce gain représente 2%, c'est-à-dire
l'augmentation du pouvoir d'achat à la suite d'un prêt ou encore le taux d'intérêt réel.

Taux d'intérêt réel = taux d'intérêt nominal- taux d'inflation


L'hypothèse de Fisher dit que le taux d'intérêt réel ne change pas beaucoup sinon y il
aurait une forte demande ou offre excédentaire de prêt.

Une inflation plus forte doit être largement compensée par une hausse proportionnelle
des taux d'intérêt nominaux pour que le taux d'intérêt réel reste à son niveau d'équilibre.

Une augmentation du taux de croissance de la masse monétaire entraîne non seulement


une hausse du taux d'inflation mais aussi celle des taux d'intérêts nominaux.

Cependant, en situation d'hyper-inflation (taux d'inflation très élevé), on peut observer


une fuite devant la monnaie. On entend par-là la chute spectaculaire de la demande d'encaisse réelle
qui intervient quand des taux d'inflation et des taux d'intérêts nominaux élevés rendent très coûteuse
la demande et la détention de monnaie.
Chapitre cinquième: CHOMAGE ET EMPLOI

Le chômage constitue un des problèmes macro économiques majeurs. Le chômage est


une situation de l'emploi national tel que il y a un nombre d'individus qui sont offreurs du travail
mais sont dépourvus d'emploi. Le chômage présente des coûts sociaux importants à tel point qu'il
présente un danger pour la stabilité économique et sociale. Le gouvernement met en place des
politiques d'emploi pour éviter le chômage élevé. Toute économie se caractérise, en effet, par
l'efficacité avec laquelle elle utilise ses ressources notamment la main d'œuvre.

Rappelons que la population active comprend toutes les personnes qui ont un emploi ou
sont au chômage c'est-à-dire qui cherchent un emploi. Le chômage est mesuré par le taux de
chômage, c'est-à-dire le pourcentage de la population active sans emploi mais qui est enregistrée
comme désireuse et capable de travailler.

On considère généralement comme chômeur (au sens du BIT) :

- tout individu qui recherche un emploi salarié ou non salarié, qui effectue
des démarche~ en quiconque qui est disponible et n'a pas d'occupation
professionnelles (population al chômage=PSERE : population sans emploi à la
recherche d'un emploi)

- toute personne disponible ayant trouvé un emploi qu'elle occupera


ultérieurement.

En terme d'objectif le gouvernement peut chercher à réaliser ou à atteindre un taux de


chômage le plus bas possible. En partant de l'origine du problème; on distingue différents types de
chômage.

Section 1 : TYPES DE CHOMAGE

1. L e chômage frictionnel

C'est le chômage minimum, irréductible dans une société dynamique. Il comprend les
personnes que les handicaps physiques ou mentaux rendent presque impossible à employer mais
aussi celles qui passent par une brève période de chômage entre deux emplois dans une économie
où la population active et les emplois offerts changent continuellement.

2. Le chômage structurel

A plus long terme, la structure de la demande et de la production ne cesse de changer.


Le chômage structurel se rapporte à celui qui provient d'un déséquilibre entre les qualifications et
les emplois offerts tenant au changement de la structure de la demande et de la production. Les
travailleurs employés dans la structure précédente mais n'ayant pas les qualifications pour la
structure présente sont victimes d'un chômage structurel.
3. Le chômage dû à l'insuffisance de la demande

Ce chômage dit keynésien apparaît lorsque d'une part la demande globale diminue et
d'autre part, quand les salaires et les prix ne sont pas encore ajustés pour établir le plein emploi. Ce
chômage naît quand il existe une contrainte des débouchés c'est-à-dire une insuffisance de la
demande. C'est la baisse de la demande qui induit celle de l'investissement puis celle des capacités
de production et de l'emploi. La chômage keynésien est dû à une contrainte de la demande.

4. Le chômage classique

Ce chômage apparaît lorsque la rentabilité des entreprises est insuffisante pour les
inciter à embaucher. L'insuffisance de rentabilité due notamment à des coûts de production élevés
(matières premières, énergie, salaires, …) se traduit par la baisse des profits puis de l'investissement
et de capacités de production et enfin de l'emploi.

Le modèle classique suppose que la flexibilité des salaires et des prix maintient
l'économie à son niveau de plein emploi. Le pouvoir des syndicats maintient le taux des salaires au-
dessus de ce niveau d'équilibre et empêche l'ajustement indispensable de se produire. Le chômage
apparaît quand le salaire est maintenu délibérément au-dessus du niveau où les droits d'offre et de
demande du travail se coupent.

Il peut être dû soit à l'exercice de leur pouvoir par les syndicats soit à une législation sur
le salaire minimum qui impose un salaire supérieur au taux de salaire d'équilibre.

L'économie « classique» est une économie de plein emploi. Le plein emploi est la
situation normale ou naturelle étant donné principalement le caractère concurrentiel du marché de
travail: les taux des salaires peuvent, comme le prix de n'importe quelle marchandise, fluctuer
librement en fonction de l'offre de travail émanant des travailleurs et de la demande de travail
émanant des employeurs. La concurrence garantit un taux de salaire d'équilibre. Selon les
classiques, comme n'importe quel marché de concurrence pure et parfaite, l'offre de travail et la
demande du travail sont fonction du taux de salaire réel (pouvoir d'achat). L'offre de travail est une
fonction croissante du salaire réel car les agents sont plus disposés à travailler si on leur propose
une rémunération plus attractive. La demande de travail est une fonction décroissante du salaire réel
car les entreprises maximisent leur profit en égalisant la productivité marginale du facteur travail au
taux de salaire réel.

Comme la productivité marginale du facteur travail décroît, les entreprises embauchent


d'autant plus que le salaire réel est bas. Il y a chômage lorsque le marché de travail a perdu son
caractère concurrentiel. Le syndicat impose des salaires trop élevés pour ce taux excessif. Il y a plus
d'offre de travail qu'il n'y a des demandes car la productivité du travail est trop faible pour justifier
les salaires si élevés. Il y a donc un chômage qualifié de "volontaire" car sa responsabilité incombe
aux travailleurs eux-mêmes ou à leur syndicat. On parle de chômage volontaire si à un taux de
salaire donné un certain nombre des personnes actives ne souhaite pas travailler. Le chômage est
involontaire pour des personnes actives qui aimeraient prendre un emploi à un taux de salaire
quelconque mais ne peuvent le trouver.

5. Le chômage Keynésien

C'est le chômage dû à l'insuffisance de la demande. Ce chômage est involontaire. Il est


la conséquence de la lenteur de l'ajustement sur le marché du travail, ajustement qui échappe au
contrôle des travailleurs ou des syndicats.

Keynes estime que le montant d'investissement effectué va dépendre de la confrontation


entre la rentabilité que les firmes attendent de ces investissements (qu'il qualifie d'efficacité
marginale du capital, EMC) et du taux d'intérêt. Si l'EMC (rendement attendu de l'investissement)
est de la % et le taux d'intérêt de 5 %, l'investissement pourra avoir lieu, alors que dans le cas
inverse, il ne sera pas mis en œuvre. Or l'EMC est largement déterminé par le degré d'optimisme ou
de pessimisme des firmes, leur état de confiance quant à l'avenir.

Si l'économie est déprimée, les perspectives de débouchés restreintes, les firmes


anticiperont un bas niveau d'efficacité marginale du capital, et rien ne prouve que la baisse des taux
d'intérêt sera efficace. Par exemple, si l'EMC est de 2 %, la baisse des taux d'intérêt de 5 % à 4 %
ne servira à rien. Elle ne pourra, dit Keynes, « ranimer une EMC qui est en fait gouvernée par l'état
capricieux et déréglé des milieux d'affaires ». D'où la nécessité de politiques économiques pouvant
provoquer la confiance des investisseurs.

Notons encore que l'EMC peut être non seulement très basse mais qu'elle est aussi très
instable, car l'état de psychologie collective est très volatil. Dans des articles postérieurs à la
Théorie générale, Keynes insiste encore plus largement sur le fait que l'incertitude de la vie
économique voue l'investissement à fluctuer selon l'état d'esprit des milieux d'affaires. Dans ces
conditions, on comprend que l'intervention de l'État puisse jouer un rôle régulateur.

La distinction entre chômage classique et chômage keynésien est due à l'économiste


français Edmond Malinvaud et s'appuient sur la théorie du déséquilibre.

Le chômage keynésien est une situation dans laquelle l'offre de travail (proposée par les
travailleurs) excède la demande (des employeurs), tandis que, simultanément, il y a une offre
excédentaire également sur le marché des produits. C'est la situation examinée par Keynes: les
entreprises ne recrutent pas suffisamment car elles n'ont pas de, débouchés suffisants pour leur
productIon. La demande effective est trop faible.

Le chômage classique a des traits différents: il ya simultanément offre excédentaire sur


le marché du travail (comme dans le cas précédent) mais demande excédentaire sur le marché des
produits. L'insuffisance de l'offre sur le marché des produits (expliquant le chômage) peut être due
au niveau trop élevé du prix du travail et d'une manière générale à l'insuffisante rentabilité de la
production.

Les deux formes de chômage peuvent naturellement coexister dans la même économie:
certains secteurs souffrent de chômage keynésien et d'autres de chômage classique.

Section 2 : LE TAUX DE CHOMAGE NATUREL

Soit le graphique suivant qui représente le marché du travail

La droite DT exprime la demande de travail. Elle a une pente négative qui implique que
les entreprises embauchent plus de travailleurs quand le salaire réel est plus faible. La droite OT
montre combien des personnes souhaitent faire partie de la population active pour chaque niveau de
salaire réel.

Elle symbolise l'offre de travail. Sa pente est positive; on suppose qu'une augmentation
de salaire réel accroît le nombre des personnes désireuses travailler. La droite AT montre combien
de personnes acceptent des offres d'emploi à chaque niveau du salaire réel. AT est à gauche de OT
parce que certaines personnes sont inévitablement entre 2 emplois à tout instant et parce que un
niveau particulier du salaire réel peut attirer certains travailleurs dans la population active même
s'ils n'acceptent une offre d'emploi que si elle comporte un salaire réel un peu supérieur à la
moyenne.

D'après le schéma, l'équilibre du marché du travail est atteint au point E. Le niveau de


l'emploi T* est le niveau d'équilibre. La distance EF est qualifiée de taux de chômage naturel. Ce
taux est celui qui s'établit quand le marché du travail est en équilibre. Ce chômage est entièrement
volontaire. Au salaire d'équilibre W*, TI personnes sont disposées à offrir du travail mais
seulement T* acceptent une offre d'emploi. T 1- T* ne souhaitent pas travailler au salaire réel
d'équilibre W*.

Ils ne sont pas disposés à travailler à ce taux de salaire. Cette proportion de population
active représente le taux de chômage naturel.
Différents types de chômage peuvent intégrer la notion de chômage naturel. C'est le cas
du chômage structurel. Des ouvriers métallurgistes peuvent ne pas accepter des baisses de salaire
suffisantes pour que leur secteur d'activité devenu peu compétitif puisse rester rentable, conserver
son niveau de production et d'emploi. Si ces ouvriers refusent d'une part d'accepter que le salaire
d'équilibre correspondant à leur qualification ait baissé, et d'autre part s'ils refusent de travailler à
un salaire plus bas que celui auquel ils étaient habitués, le chômage est volontaire et peut être
intégré dans le taux naturel.

Pour le chômage classique, les syndicats maintiennent des salaires au-dessus du niveau
d'équilibre, soit sur le schéma le salaire W2W*.

Le chômage total est maintenant représenté par la distance AC.

Un nombre de travailleurs AB aimerait prendre un emploi au taux de salaire W 2 mais ne


peut le trouver parce que la demande des entreprises ne se situent qu'en A. Le niveau de chômage
total AC peut donc être décomposé en chômage volontaire et involontaire. La quantité de travail
AB représente une offre d'emploi au taux de salaire W 2 mais cette offre ne peut être satisfaite. Les
travailleurs pris globalement font face à un taux de chômage naturel correspondant à la distance
AC.

Le chômage classique peut donc être intégré aussi dans le taux de chômage naturel.

Pour Milton Friedman et Edmund Phelps, le taux naturel de chômage ou nairu (Non
Accelerating Inflation Rate of Unemployment) dans la littérature contemporaine, est celui qui serait
sécrété par le système walrasien de l'équilibre général; il s'agit, en d'autres termes, du taux de
chômage qui correspondrait au fonctionnement « normal» du marché du travail. C'est donc un
chômage de nature « frictionnelle ».

Ce taux naturel de chômage dépendrait essentiellement des forces économiques réelles


qui sous-tendent les fonctions d'offre et de demande de travail (facteurs démographiques,
accumulation du capital, progrès technique, organisation du marché du travail, etc.) Les
monétaristes considèrent que la politique économique conjoncturelle (les techniques keynésiennes
de relance) est impuissante à réduire ce taux naturel de chômage qui est, en quelque sorte,
incompressible. Elle ne peut y parvenir, dans le meilleur des cas, que d'une manière temporaire,
fugace, au prix d'une politique économique laxiste et d'une inflation toujours plus forte. Seules des
politiques de longue haleine, structurelles (restaurer la flexibilité du marché du travail, mieux
former les travailleurs, favoriser l'accumulation du capital) permettront une réduction du taux
naturel de chômage. Celui-ci apparaît donc bien, ainsi que le qualifie G. Abraham-Frois, comme le
«taux de chômage compatible avec une inflation stable».

Telle est la raison pour laquelle la relation de Phillips peut être représentée, selon ces
auteurs, par une droite verticale pour un niveau d'emploi égal au taux naturel de chômage.
Section 3 : Pourquoi le chômage est-il élevé?

Aux différents types de chômage correspondent différents facteurs déterminants. De


façon plus particulière, on peut retrouver des parts respectives des facteurs du chômage classique et
des facteurs du chômage keynésien.

Rappelons que le chômage classique est dû à une contrainte de capacité et une


insuffisance d'équipement (capital) suite à une insuffisance de la rentabilité de l'entreprise. Le
chômage keynésien est dû pour sa part à une contrainte de la demande.

Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer un chômage très élevé en plus des
explications classiques et keynésiennes: la démographie, les revendications salariales, la
productivité du travail, le taux d'intérêt, la politique économique, l'éducation et la formation, ...

Il existe aussi des facteurs institutionnels et structurels mis en avant pour expliquer le
développement du chômage dans certains pays :

- La tertialisation de l' économie = la croissance de l'activité dans certains pays est


portée par le secteur tertiaire.

La création d'emplois dans le tertiaire se traduit par la perte d'emplois dans l'industrie où la
croissance est de moins à moins forte.

Selon les secteurs, il y a donc une liaison croissance-emploi.

Dans certains secteurs, la croissance est susceptible de créer peu d'emplois et même d'en supprimer:
une même valeur ajoutée, un même revenu ou une valeur ajoutée et un revenu supérieur sont crées
avec moins de main-d'œuvre. La croissance économique peut donc s'accompagner d'une hausse du
chômage.

- Une indemnisation trop généreuse est supposée allonger la durée de recherche d'un
emploi et de ce fait augmenter la durée du chômage d'une part et diminuer l'offre de travail d'autre
part.

- La croissance des prélèvements sociaux (cotisations sociales) signifie pour l'entreprise


une hausse du coût du travail qui peut diminuer la demande du travail et accroître le chômage.

- La contrainte institutionnelle d'un salaire minimal pourrait exclure de l'emploi des


salariés ayant une faible productivité puisque leurs salaires, s'ils étaient embauchés, excéderaient
leur productivité marginale.

Section 4 : Analyse keynésienne du marché de l'emploi.

§1. La demande et l'offre de travail

Comme pour les classiques, la demande de travail est une fonction décroissante du
salaire réel.
DT = f(W/P).

Cependant KEYNES apporte des éléments de différence par rapport aux classiques:

1) Pour les offreurs de travail, l'élément de comparaison est le salaire nominal qui figure
dans le contrat de travail et non le salaire réel. Les offreurs du travail souhaitent trouver un emploi
au salaire nominal courant. Cette hypothèse est justifiée par l'idée d'illusion monétaire. Il y a
illusion monétaire lorsque les variables réelles et nominales sont confondues. A court terme, la
main d'œuvre, n'a pas la possibilité de connaître le rapport entre le mouvement des salaires et le
niveau général des prix. Ce rapport n'est calculable que pour une période passée. L'hypothèse
keynésienne selon laquelle les offreurs de travail adaptent leur comportement au salaire nominal
fait qu'une diminution de l'emploi est sans incidence sur la rémunération des salariés.

Le salaire nominal apparaît à un moment donné indépendant du niveau de l'emploi: on


parle de rigidité de l'offre du travail. Mais au delà d'un certain niveau, l'embauche d'un volume de
maind'œuvre additionnel suppose un accroissement du salaire nominal (on retrouve ici la
conception classique de l'offre de travail, fonction croissante du salaire réel).

Le fait que l'offre de travail n'est plus fonction croissante du salaire est représenté
graphiquement par le segment WOP horizontal et parallèle à l'axe des abscisses. A ce taux de
salaire, le nombre d'offreurs de travail augmente ou encore la quantité de travail augmente alors que
le taux de salaire est constant.

Cependant au-delà du point P, les offreurs ne peuvent offrir une quantité de travail
additionnelle qu'avec l'augmentation du taux de salaire.
2) La rigidité du salaire à la baisse est soulignée par l'analyse keynésienne : le salaire
n'est pas sensible à des modifications permanentes en fonction de la situation au jour le jour du
marché du travail. Le taux de salaire n'est pas uniquement régulé par les mécanismes automatiques
du marché du travail. Il faut prendre en compte également
l'action des organisations syndicales et les réglementations
étatiques notamment en matière de salaire minimum.

§2. Le niveau d'équilibre de l'emploi

L'équilibre du marché du travail apparaît à


l'intersection des courbes de demande DT et
d'offre de travail OT

Etant donné l'indice du niveau général des prix (supposé égal à PO) on porte en
ordonnées le salaire réel Wo/Po. La rencontre au point P des courbes DT et OT montre qu'un
volume de main-d'œuvre TO est utilisé. Mais le long de OT au taux de salaire WO/PO, un nombre
de travailleurs T.E était prêt à offrir le travail, l'écart entre TE et To constitue un chômage de type
involontaire puisque le nombre des personnes qui désirent travailler au niveau de salaire nominal W
0 correspondant au salaire réel W o/Po est égal à T.E.

Si au point P, il y a équilibre du marché du travail, il s'agit d'un équilibre de sous-emploi.

Dans l’hypothèse où les entreprises souhaiteraient produire davantage, leur coût augmenterait et
l'indice de prix s'élèverait à Pl.

Dans l'hypothèse où le salaire nominal ne connaît pas des modifications, le chômage pourrait être
réduit du fait du déplacement vers le bas de la courbe d'offre, du fait de la baisse du salaire réel
suite une hausse des prix.

Le salaire a deux dimensions: il constitue un coût de production pour les entreprises et


un revenu pour les ménages. La baisse des salaires nominaux réduit le coût du travail mais elle
diminue aussi le revenu distribué. Ceci provoque une baisse de la demande globale, un processus de
récession et une augmentation du sous emploi.

§3. Production, emploi et revenu global

Pour Keynes, l'initiative en matière d'emploi ne revient pas aux ménages qui offrent
leur travail mais aux entreprises qui créent les emplois. Dans cette perspective, la main-d'œuvre se
présente comme «preneur d'emploi» et non plus en tant qu'offreur de travail. L'existence du sous-
emploi n'est pas due au refus par la main-d'œuvre d'un salaire nominal en baisse, mais plutôt à une
insuffisance de création d'emploi et ceci en raison d'un niveau de production inférieur à celui qui
permettrait l'emploi de toute la population active disponible.

L'offre de travail est déterminée par le mouvement démographique, la durée de la


scolarité, la durée du travail, l'âge de la retraite, ... La stabilité relative de ces différents éléments
fait que l'offre du travail n'est pas soumise à des variations brusques à court et moyen terme. Les
modifications qui affectent le volume de l'emploi doivent être saisies plus comme des modifications
de la demande de travail que de l'offre.

La demande de travail par l'entreprise est liée aux fluctuations de la conjoncture.

Celle-ci fait varier la demande globale et donc le revenu global. C'est le revenu global
qui détermine le volume de l'emploi. On a la relation de causalité keynésienne: Revenu global ~
niveau d'emploi.

Cette relation peut être schématisée comme suit:

Salaire réel W/P

. Il y .a détermination d~ couple des ~aleurs d'~quilibr (Ye, ie) s~ marché des


W0/R0

TQ
T*
Il y a détermination du couple des valeurs d’équilibre (Ye, ie) sur le marché des biens et
des services et sur le marché de la monnaie. A partir de la valeur du revenu global, se déduit la
quantité de main-d'œuvre nécessaire T*. A ce niveau d'emploi correspond un niveau de salaire réel
Wo/Po. Ye constitue une position d'équilibre bien qu'il y ait une quantité de travail TQ-T*
inemployée. Le niveau du revenu global détermine donc le volume de l'emploi au sein d'une
économie.

Section 5 : Chômage, inflation et courbe de Phillips

Les deux objectifs essentiels de politique macroéconomique sont un faible niveau


d'inflation et un chômage réduit.

Mais ces 2 objectifs sont souvent conflictuels.

En 1958, le professeur Philips a démontré qu'il y avait une forte corrélation statistique
entre le taux annuel d'inflation et le taux annuel de chômage au Royaume Uni. Il a observé une
relation négative entre les 2 taux. Une relation similaire a été observée dans d'autres pays. Cette
liaison a pris le nom de courbe de Phillips.

Si la production s'accroît, il y a baisse de chômage puisque les entreprises ont besoin de


plus de travailleurs pour la réaliser. Cependant si la demande augmente, les ventes augmentent, les
travailleurs vont demander des hausses de salaire. Il s'ensuivra une répercussion sur les prix de
revient et donc la hausse des prix c'est-à-dire l'accélération de l'inflation.

La politique de croissance de l'économie conduit à réduire le taux de chômage et à


accroître le taux d'inflation. Si les prix continuent à grimper, le pouvoir d'achat s'érode, la demande
se contracte, les prix des biens et services chutent, les entreprises ne vendent plus assez et donc
réduisent la production et par conséquent leur demande des facteurs de production. La politique de
contraction de la demande se traduit par plus de chômage et moins d'inflation. La courbe de Philips
montre qu'un taux d'inflation plus élevé s'accompagne d'un taux de chômage plus faible et
inversement.
Au courant des années 60, les décideurs avaient à comparer, quel niveau d'inflation, ils
étaient prêts à tolérer en échange d'une baisse du chômage au point E, situation équilibre, l'inflation
est nulle et le chômage est en un point tel que le marché de travail se situe en équilibre.

Supposons que la demande globale augmente. Admettons par exemple qu'il y ait
augmentation de la masse monétaire, les prix et salaires n'augmentent pas beaucoup au départ, le
taux d'intérêt baisse pour inciter les gens à détenir une plus grande demande d'encaisse. A court
terme, l'augmentation de la demande globale des biens entraîne un accroissement de la production,
l'emploi s'améliore et le chômage diminue. Cependant l'augmentation de la demande globale a pour
effet, de déplacer l'économie du point E vers le point A de la courbe de Philips. En effet comme les
prix ont augmenté, l'inflation est supérieure à zéro.

L'économie ne reste pas au point A. Progressivement le salaire monte en réaction à


l'augmentation de la demande de travail par les entreprises. Les entreprises répercutent la hausse
des salaires sur les prix de revient et sur les prix de vente. La hausse des prix réduit la masse
monétaire réelle, la demande globale commence à diminuer, le chômage augmente à nouveau et les
prix baissent. L'économie se met à redescendre le long de la courbe de Philips du point A vers le
point E.

La baisse du salaire et des prix rend l'inflation négative à court terme. La diminution de
la demande globale accroît le chômage, l'économie se déplace vers le point B. Si le chômage se
poursuit, le salaire et le prix continueront à baisser, la masse monétaire réelle va augmenter, le taux
d'intérêt va diminuer et la demande globale va croître de nouveau. L'économie remonte vers la
gauche le long de la courbe de Philips.

Il s'agit d'une relation statistique (baptisée « courbe de Phillips » par Samuelson) que
l'économiste britannique A.W. Phillips a mise en évidence en 1958. Selon lui, il existe sur la longue
période une relation inverse entre le taux de progression des salaires nominaux (en ordonnées) et le
taux de chômage (en abscisses). il s'agit, au départ, d'une relation empirique, dérivée d'observations
statistiques concernant l'économie britannique entre 1861 et 1957. Une courbe identique a été
relevée pour la plupart des autres pays.

En faisant l'hypothèse que la hausse nominale des salaires reflète assez fidèlement la
hausse des prix, d'autres économistes ont déduit de la courbe de Phillips une relation stable entre la
hausse des prix et le taux de chômage: la variation du niveau général des prix apparaît comme une
fonction décroissante du taux de chômage. A noter que cette relation n'est pas linéaire, car au fur et
à mesure que l'on tend vers le plein emploi, les prix augmentent de plus en plus rapidement.
L'intersection entre la courbe et l'axe des abscisses indique le taux de chômage compatible avec la
stabilité des prix. Selon une étude de Samuelson et Solow, publiée en 1960, la stabilité des prix aux
États-Unis impliquait un taux de chômage voisin de 5 %.

La courbe de Phillips établit une relation a priori conforme au bon sens : quand le
travail se raréfie et que le taux de chômage diminue, la concurrence entre les employeurs devient
plus forte pour drainer la main-d’œuvre qui leur est nécessaire. De ce fait, les salaires augmentent,
ce qui rejaillit sur les prix.

La relation montre que l'économie oscille entre deux pôles: chômage et stabilité des
prix d'un côté, plein emploi et inflation de l'autre. Entre ces deux extrêmes, il existe un grand
nombre de situations intermédiaires caractérisées par un certain chômage et une certaine inflation,
mais l'idéal keynésien de plein emploi sans inflation apparaît comme une utopie.

La relation de Phillips explique aussi le dilemme auquel sont confrontés les pouvoirs
publics aux prises à ce que l'on appelle parfois un « marchandage cruel» : ils doivent toujours
choisir entre plus de chômage (pour freiner l'inflation) ou plus d'inflation (pour lutter contre le
chômage). Au cours des années 1950-1960, les gouvernements optaient, selon la conjoncture, pour
l'un ou l'autre de ces objectifs et menaient des politiques de réglage conjoncturel au coup par coup,
qualifiées de stop and go, tantôt en freinant la demande globale (politiques de rigueur monétaire et
budgétaire), tantôt en la stimulant (par la dépense publique, notamment).

N.B. : L'hypothèse de Philips a été remise en cause par les théories ultérieures. Il a été
relevé que sa théorie n'est pas toujours confirmée par les faits. Cependant, il faut retenir que la
courbe de Philips exprime un arbitrage temporaire et non permanent entre l'inflation et le chômage
qui existe quand l'économie s'ajuste à la demande globale. Une augmentation de celle-ci nécessite
une période passagère d'inflation pour réduire les encaisses réelles et ramener la demande globale à
son niveau de plein emploi.

Par ailleurs, le mouvement de l'économie le long de la courbe de Philips dépend du


degré de flexibilité des salaires nominaux et en conséquence des prix. La flexibilité des salaires
nominaux et des prix influence la masse monétaire réelle et la demande globale. Les monétaristes
ont ajouté à ce constat l'hypothèse de l'accroissement de la masse monétaire à long terme.

La masse monétaire nominale ayant augmenté, l'inflation, les taux d'intérêts nominaux
et les salaires nominaux augmentent. Mais selon l'état de l'économie, le salaire réel peut rester
constant et l'économie se maintenir en plein emploi.

Jusqu'à la fin des années 1960, le schéma de Phillips se vérifie. Mais on constate, au
cours des années 1970, que l'arbitrage entre l'inflation et le chômage paraît de moins en moins
pertinent; on a même forgé le terme de stagflation pour décrire une situation dans laquelle l'
économie souffre simultanément (et non plus alternativement) d'inflation et de chômage. En fait, il
semble qu'il ri'existe plus de courbe de Phillips ou que cette courbe est très instable et la conclusion
de Friedman et Phelps (en 1968) est qu'il n'existe pas, à long terme, de relation entre la production
(et l'emploi) et l'inflation. De ce fait, l'efficacité et même l'opportunité des politiques de réglage
conjoncturel (le stop and go) sont mises en cause. Les auteurs monétaristes ont vu dans ce
phénomène la confirmation de leur hypothèse d'existence d'un taux de chômage naturel que
l'intervention de

L'Etat ne parvient pas à combattre (du moins par les moyens keynésiens, c'est-à-dire par
les politiques de relance conjoncturelle). Dans un article publié en 1968, Friedman juge que l'erreur
de Phillips a consisté à ne pas distinguer les salaires nominaux des salaires réels.

Milton Friedman a fait observer que dans un équilibre à LT où l'inflation augmente la


masse monétaire nominale et les salaires nominaux augmentent au même rythme que le prix.

L'inflation n'érode pas la masse monétaire réelle ni les salaires réels. A long terme,
l'inflation n'avait pas d'influence sur les valeurs d'équilibre du plein emploi des salaires réels et du
chômage.

Section 6 : Les coûts du chômage

Le coût économique le plus visible du chômage est celui de la demande de la sécurité


sociale c'est à dire le financement des allocations versées aux chômeurs.

Un coût important le moins visible est celui de la perte de l'activité productive des
chômeurs. Leur inactivité forcée prive toute la société des biens et services qu'ils pourraien1
produire. Au niveau global, le PIB est à un niveau inférieur à celui qu'il aurait pu atteindre
(production perdue) et le bien être que cette production aurait pu apporter. Cette production et ce
bien être ne seront jamais récupérés ni compensés. Au plan social, la perte d'un emploi ou
l'impossibilité d'en trouver signifie d'abord une perte de revenu et donc de niveau de vie el ensuite
une déstabilisation psycho sociale pour ceux qui en sont victimes.

Statistiquement, on observe que les maladies, les violences et la criminalité augmentent


dans les périodes de chômage important.
Compte tenu de ces coûts, la diminution du chômage constitue un des objectifs
fondamentaux des politiques macroéconomiques.

Section 6. L'effet d'hystérésis sur le chômage

Le concept d'hystérésis (ou de persistance) a été récemment emprunté par les


économistes à la science physique. Appliqué au phénomène du chômage, il explique qu'une fois
que le taux de chômage a augmenté, il n'a que très peu tendance à revenir à son état antérieur. En
d'autres termes, lorsque le chômage s'aggrave, le nairu se dégrade également.

Trois éléments principaux sont généralement avancés pour expliquer cette tendance:

- des chômeurs de longue durée perdent progressivement leur qualification et


deviennent inemployables. Leur « capital humain» se déprécie;

- les agents déjà titulaires d'un travail intéressant - les « insiders » - peuvent négocier
pour eux-mêmes, dans les phases de reprise économique, des avantages salariaux qui aggravent la
situation des « outsiders» recherchant un emploi;

- le retard d'investissement accumulé au cours des périodes de récession freine la


possibilité d'une reprise suffisante pour résorber le chômage.

L'effet d'hystérésis peut donc contribuer à la dégradation inexorable du taux de


chômage naturel. Il montre également que la mise en oeuvre de politiques déflationnistes peut
exercer des effets irréversibles sur l'emploi.
Chapitre Sixième: POLITIQUES MACROECONOMIQUES

La politique économique est une branche des théories économiques qui traite de
diverses façons dont l'Etat intervient dans l'économie. La politique économique peut être définie
comme l'ensemble des décisions des pouvoirs publics qui tendent à modifier ce type d'équilibre
global réalisé afin d'en atteindre un autre jugé préférable. La politique macro-économique vise à
atteindre les objectifs macro-économiques principaux: le plein emploi, la stabilité des prix et la
croissance économique. L'Etat dispose pour cela de divers instruments dont:

- La politique budgétaire: elle agit sur les dépenses gouvernementales, les impôts et
taxes et les transferts effectués par les pouvoirs publics;

- La politique monétaire: elle vise à contrôler l'évolution de la masse monétaire dans


l'économie.

Section 1 : Objectifs macro-économiques fondamentaux

§1. Le plein emploi

On entend par plein emploi, la pleine utilisation des ressources disponibles. Pour la
main-d'œuvre, le plein emploi est un état du marché du travail tel qu'au taux de salaire en vigueur
tous ceux qui désirent travailler trouvent effectivement des demandeurs de travail.

La conception classique affirme que les forces du marché conduisent toujours à un


revenu national d'équilibre correspondant au plein emploi. Dans la théorie keynésienne, le marché
de travail peut être en équilibre du sous-emploi étant donné que certains offreurs de travail peuvent
ne pas souhaiter travailler au taux de salaire en vigueur.

En matière de chômage, l'objectif de plein emploi se formule en pourcentage du taux de


chômage. Par ex. 2 à 3% de la population active.

L'objectif en terme du taux de chômage constitue une limite en terme de population


active qui ne trouve pas d'emploi.

§2. La stabilité des prix

Par cet objectif, le pouvoir public cherche à éviter à la fois l'inflation et la déflation.

L'inflation s'accompagne de la « vie chère» et la déflation de ralentissement de l'activité


économique (Conséquence: faillite, licenciement, chômage).

La stabilité des prix peut se formuler en objectif de taux d'inflation à garantir. Dans
plusieurs économies, c'est plutôt la lutte contre l'inflation persistante. Le pouvoir public vise à
garantir la stabilité du niveau général des prix et non pas seulement l'indexation des rémunérations.

§3. La croissance économique

Cet objectif s'exprime le plus souvent en terme du taux de croissance réelle du PIB par
tête d'habitant par an que le pouvoir public souhaite voir se réaliser. L'objectif de croissance
économique concerne essentiellement l'avenir, le bien être futur.

La croissance économique dépend pour beaucoup des décisions privées. On sait que
l'investissement joue un rôle essentiel pour dynamiser la croissance économique. On sait aussi que
l'investissement ne peut se réaliser que s'il y a une épargne suffisante. Les décisions d'épargne et
d'investissement contribuent à réaliser un certain degré de croissance économique.

L'Etat pour sa part peut prendre des normes incitatives pour stimuler les initiatives de
production porteuses d'avenir, stimuler l'innovation et l'entreprenariat par l'éducation et la
formation professionnelle, rendre les agents économiques plus aptes à exploiter le progrès et à en
bénéficier.

Dans les pays en développement particulièrement, l'accès à la croissance économique


est impossible sans que les pouvoirs publics ne canalisent les investissements vers les secteurs
susceptibles d'assurer l'industrialisation et les infrastructures indispensables.

Ces trois objectifs ne sont pas indépendants. La poursuite de certains d'entre eux
suppose ou entraîne la réalisation de certains autres. Ainsi par exemple, la croissance est favorable
au développement de l'emploi et la redistribution du revenu. Certains objectifs sont parfois
difficilement conciliables. La plupart des gouvernements relève une apparente opposition entre
stabilité des prix et plein emploi.

On sait que dès que l'économie atteint une situation de plein emploi, le moindre excès de demande
risque de provoquer des hausses des prix. Ce risque apparaît souvent avant même que le plein
emploi ne soit atteint: au fur et à mesure que les entreprises approchent de l'utilisation maximale de
leur capacité, les coûts marginaux et les prix tendent à hausser par le jeu des rendements
décroissants.
La politique économique suppose des actions coordonnées susceptibles de concilier les
divers objectifs. Mais les pouvoirs publics peuvent définir un choix des priorités.

A ces objectifs fondamentaux peuvent s'ajouter d'autres:

- L'équilibre des finances publiques, c'est-à-dire la structure du budget de l'Etat, l'équilibre entre les
ressources et les emplois du secteur public.
- L'équilibre extérieur ou équilibre de la balance de paiement: il rend compte de la position
d'ensemble de l'économie nationale par rapport aux pays étrangers en terme des exportations et
importations des biens et services et des capitaux.
Ces équilibres ne sont pas des fins en soi. Ni la situation du budget de l'Etat ni celle de
la balance de paiement ne constitue en elle-même le bien-être des agents économiques. Ce qui
compte fondamentalement, c'est ce que les gens produisent et consomment. Cependant, ces
situations exercent une influence sur les possibilités de production et de consommation de
l'économie.

Ainsi lorsque les finances publiques sont malades ou lorsque le commerce extérieur est
stagnant, cette situation empêche la réalisation du plein emploi ou de la stabilité des prix ou de la
croissance. L'état des finances publiques ou de la balance de paiement sont des moyens qui
contribuent à la réalisation des objectifs fondamentaux du bien-être économique collectif.

Section 2 : La politique budgétaire

La politique budgétaire est la forme principale de l'action publique au plan macro-


économique. Tout Etat en a une. Le rôle important que joue l'Etat dans la vie économique s'exprime
dans la loi budgétaire qui est voté annuellement.

Cette loi prévoit les recettes et les dépenses que l'Etat va effectuer dans l'exercice
annuel à venir.

La politique budgétaire est l'ensemble des décisions des politiques économiques dont la
mise en œuvre implique une intervention financière de l'Etat qui figure à son budget. Le budget
annuel de l'Etat comporte deux volets: les dépenses et les recettes. Ainsi la politique budgétaire
comprend deux catégories des décisions: les unes portent sur les dépenses et les autres sont
relatives aux recettes (fiscales, tarifaires et d'emprunt).

La politique budgétaire a pour objectif de faire assurer par l'Etat certains services
généraux indispensables au bon fonctionnement du système économique et de lever les impôts
nécessaires à leur financement.

§1. Le budget et la politique budgétaire

Au budget de l'Etat, les dépenses publiques sont distinguées en dépenses courantes et en


dépenses en capital. Les dépenses courantes représentent les dépenses normales et récurrentes
comme la consommation publique des biens et services et les prestations sociales. Les dépenses en
capital modifient le patrimoine public.

La part des dépenses publiques dans le PIB constitue un indicateur important.

Les recettes publiques sont subdivisées en recettes ordinaires (impôts et revenus de la


propriété de l'Etat) et recettes extraordinaires. Les cotisations versées à la sécurité sociale
constituent une source importante des recettes publiques. Le solde budgétaire est la différence entre
les recettes de l'Etat (T) et les dépenses (G).

SB= T-G

Il y a :

- Excédent budgétaire si SB > 0

- Déficit budgétaire : SB < 0


- Equilibre budgétaire: SB = 0.

De façon générale, le déficit budgétaire peut être financé par l'endettement public ou
l'utilisation des réserves budgétaires.

La dette publique peut être intérieure ou extérieure. L'endettement peut être réalisé à
court terme (bon de trésor) ou à long terme (obligations de l'Etat).

L'endettement peut être effectué auprès du système bancaire notamment à la banque


centrale = financement monétaire assuré par la création de monnaie.

§2. Une politique des dépenses publiques

Le multiplicateur budgétaire (ou multiplicateur de dépenses publiques) montre


l'incidence sur le revenu national d'une augmentation G des dépenses publiques. Ce multiplicateur
est égal à 1/1-c, c'est-à-dire au multiplicateur d'investissement, ce qui est assez logique puisque 6G
est une dépense au même titre que I.

Le multiplicateur fiscal traduit l'incidence sur le revenu d'une variation T des impôts
(T comme « taxes» ). Il est égal à –c/1-c .Sa valeur est négative puisque une hausse des taxes réduit
le revenu disponible, donc le potentiel de dépense de consommation des agents; une baisse des
taxes augmente symétriquement le revenu disponible.

En valeur absolue, le multiplicateur fiscal est inférieur au multiplicateur budgétaire, car


en cas de baisse d'impôts, les agents vont épargner une fraction des économies ainsi réalisées et ne
dépenseront que la fraction c de ces réductions d'impôts.

L'accroissement de la dépense gouvernementale G, lorsque toutes les autres variables


exogènes restent à leur niveau initial entraînent une augmentation de la demande globale.
L'économie étant en sous emploi, cette mesure dépensière induit un accroissement du revenu global
qui suscite lui-même une série des dépenses de consommation supplémentaire.

Une mesure budgétaire en termes d'accroissement des dépenses publiques induit des
effets multiplicateurs sur l'activité économique et particulièrement le revenu national.

Soit une économie à trois agents: les ménages, les entreprises et l'Etat. Son
fonctionnement peut se représenter par les équations :

Y=C+l+G (1) Yd = Y - T + F (3)


C = cYd + Co (2) I = 10(4)
G = Go (5)

Avec Y = revenu national


C = la consommation privée
Co = la consommation autonome
Yd = le revenu national disponible T = les impôts
F = les transferts
I = investissement (lo = indépendant du revenu)
G = dépenses publiques
(Go = indépendant du revenu).
Si on remplace (2) dans (1).

 Y = cYd + Co + 10+Go (6)


En portant dans cette équation la valeur de Y d, on a :
y = c(Y - T + F) + Co + 10 + Go
y = cY - cT + cF + Co +10 + Go
Y- cY = Co - cT + cF + 10 + Go

(1-c)Y = (7)

Soit Y' = cYd + Co + 10 + Go + L'lGo

Y’ = (8)

Soit Y> Y’ - Y

Y = Y = 1 l'>Go

 : multiplicateur de la dépense publique.

Le revenu évolue dans le même sens que la dépense gouvernementale. Toute


augmentation des dépenses gouvernementales induit une augmentation du revenu.

Inversement, une diminution des dépenses publiques provoque un effet de


multiplication à la baisse sur le revenu d'équilibre. Le multiplicateur amplifie la hausse du revenu
suite à une hausse de la dépense gouvernementale qui est une composante de la demande globale.
Le multiplicateur amplifie également dans le sens de la diminution du revenu, la baisse de la
dépense gouvernementale et donc de la demande globale.
E est le point d'équilibre initial
E' = le point d'équilibre après que le multiplicateur ait joué à la hausse
E" = le point d'équilibre après que le multiplicateur ait joué à la baisse.

Si les circonstances conjoncturelles l'exigent, une politique de relance peut être menée
en augmentant les dépenses publiques dans la mesure où l'investissement privé fait défaut. Keynes
a accordé une importante particulière à la politique budgétaire des dépenses gouvernementales en
termes de grands travaux pour accroître la demande globale de revenu national, la production et
l'emploi et relancer ainsi l'économie.

Les dépenses et les recettes budgétaires affectent la demande globale. Elles on1 donc
pour conséquence des variations du revenu national. Un accroissement des dépenses
gouvernementales et du déficit budgétaire constitue l'un des remèdes au chômage dans un économie
en sous emploi.

Le budget de l'Etat influence profondément l'équilibre économique: par sa masse d'une


part (il peut représenter plus de 20% du pm) et d'autre part par la nature des dépense budgétaires et
des recettes fiscales. Les dépenses publiques accroissent directement 1: consommation grâce à
l'achat des biens et services. Elles modifient la demande privée par de transferts sociaux.

Le budget influence l'économie par son solde qui exprime un déséquilibre entre les
dépenses et les recettes.

Son financement en cas de déficit influence l'état de l'économie. Ainsi, le recours à la création
monétaire peut accroître la demande globale mais aussi entraîner des pressions inflationnistes.
Le gouvernement peut empêcher une diminution de la demande globale en augmentant
ses dépenses lors d'une récession.

En appliquant une telle mesure, il élimine en partie le chômage et stabilise l'économie


Cependant, la politique budgétaire est créatrice de déficit budgétaire pour l'Etat, ses dépense: étant
plus élevées que le revenu.

§3. L'action par la fiscalité

Par la politique fiscale, l'Etat peut agir sur les composantes de la demande globale en
réduisant les impôts et taxes. L'accroissement des impôts diminue le revenu disponible de:
ménages.

C = cYd + Co DG = C + l + G+ Xn

Yd = Y-T+F Si T, Yd ; T, Yd

Leur réduction accroît ce revenu. Soit une action par la fiscalité accroît la demande
globale, soi elle la réduit.

Considérons que le pouvoir public décide de réduire les impôts d'un montant égal T.
La réduction T de la fiscalité induit une augmentation du revenu national Y :

Y = C+l+G

C = cYd + Co

y = c(Y - T + F) + Co + 10 + Go

y = c Y - cT + cF + Co + 10+ Go

y=

Soit Y', avec diminution d'impôt T

Y' = c(Y - T - 6 T + F) + Co + 10 + Go

Y' = cY - cT - c6T + cF +Co + 10 + Go

Y' - cY = Co - cT - c6T + cF + 10 + Go

Y' =

Y' =

 multiplicateur fiscal.

La baisse des impôts peut améliorer le revenu national mais il a aussi un effet
psychologique qu'on ne retrouve pas en recourant à l'augmentation des dépenses publiques. Ces
dernières, d'ailleurs, peuvent conduire à une hausse de la fiscalité.

Il faut faire remarquer qu'une pression fiscale excessive détruit l'assiette imposable.

Par suite, le montant du produit de l'impôt est moins élevé qu'avant la hausse du taux de
fiscalité. Avec l'accroissement des taux d'imposition, les recettes fiscales s'accroissent jusqu'à une
certaine limite. Au delà de ce seuil, les ressources fiscales diminuent, l'impôt exerce un effet
dissuasif sur les apporteurs des facteurs de production.

En conséquence, le revenu global et la base d'imposition se réduisent comme le montre


la courbe de Laffer. Il s'agit d'une courbe en forme de parabole, censée représenter l'évolution des
recettes fiscales de l'État (figurant sur l'axe des ordonnées) en fonction du taux d'imposition
(représenté sur l'axe des abscisses). La partie décroissante de la courbe est qualifiée de « prohibitive
» et traduit le fait qu'au- delà d'un certain seuil d'imposition, un nouvel alourdissement de la
pression fiscale réduit l'assiette de l'impôt (le produit imposable) et donc l'impôt lui-même. Ceci
s'explique par le fait que les agents sont « découragés» par la pression fiscale et/ou préfèrent
recourir au travail « au noir» qui échappe à l'impôt. Le corollaire de cette prétendue nouveauté (la
courbe de Laffer traduit une évidence formulée depuis longtemps, déjà par A. Smith) est que des
réductions fiscales doivent stimuler la production, réduire l'activité souterraine et en définitive
accroître les recettes fiscales. La thérapeutique proposée tend donc, grâce à des incitations fiscales,
à stimuler l'offre par opposition à la relance par la demande préconisée par les keynésiens.

A tout niveau donné des recettes fiscales peuvent être associés deux taux d'imposition
(p ex. t et t') dont l'un est faible et l'autre élevé, mais pour un même niveau des ressources fiscales
T. Il existerait un taux de fiscalité optimal en deçà duquel et au-delà duquel différents taux
d'imposition peuvent être associés au même niveau de recouvrement fiscal.

Laffer estime que la plupart des économies occidentales ont atteint un niveau de
fiscalité tel que toute réduction du taux d'imposition entraîne une augmentation des recettes fiscales
par l'intermédiaire d'un accroissement de l'activité économique.

§4. L'action par les dépenses de transfert

Les modifications de transfert de revenu ont une incidence sur le revenu national dans
le même sens que les dépenses publiques: accroissement de la demande globale, de la production,
de revenu et des emplois.

Face à une demande trop faible pour que le plein emploi soit assuré, les pouvoirs
publics ont également la possibilité d'intervenir en augmentant les transferts aux autres agents
économiques.

C = cYd + Co

Yd = Y-T+F

Y = cY-cT+cF+Co+Io+Go

Y=

Multiplicateur de transfert public.

C'est par leur incidence sur le revenu disponible et sur la consommation que les
transferts exercent une influence sur le niveau de la demande globale. Puisqu'une partie seulement
des transferts est dépensée, l'effet multiplicateur est moindre pour le revenu global que lors d'une
variation des dépenses publiques ou des investissements

Section 3 : Politique budgétaire: Remarques

§1. Politique budgétaire et équilibre économique

La politique budgétaire fait varier l'équilibre de l'économie Offre globale


Imaginons qu'en l'absence de la politique budgétaire ou fiscale, le revenu national
d'équilibre s'établisse à YI, niveau inférieur à celui du plein emploi YPE. Pour remédier au chômage
et relancer l'activité économique, il serait souhaitable d'accroître la demande globale. Si la
consommation ou l'investissement des entreprises ne varie pas, la seule possibilité consiste à
augmenter les dépenses publiques G, à accroître les transferts publics F ou à réduire la fiscalité T
frappant les ménages et les entreprises.

Cette politique budgétaire et fiscale se traduit par un déplacement de la courbe de DG l


à DG2, le revenu national d'équilibre se déplace et vaut Y2. Pour ce nouvel équilibre, on suppose
que l'offre s'est ajustée à l'accroissement de la demande.

Dans le cadre d'une économie en état de sous emploi, Keynes suppose que
l'accroissement du revenu national suite à une augmentation de la demande globale s'effectuerait
sans inflation. Par contre, en situation de plein emploi, l'accroissement de la demande globale ne
peut être satisfait par une augmentation de l'offre; il en résulterait une hausse des prix. Cependant,
les expériences économiques menées par les pays occidentaux depuis le millier des années 1960
établissent que l'utilisation de la politique budgétaire induit souvent une hausse de prix même en
situation de sous emploi et l'accroissement du revenu national.

§ 2. Le financement des dépenses publiques

Un déficit budgétaire et un accroissement des dépenses publiques peuvent être financés


selon trois modalités: l'emprunt, la création monétaire et des impôts et taxes supplémentaires.
Lorsqu'on envisage un accroissement des dépenses gouvernementales, G., rien n'est dit sur la
manière dont le pouvoir public se procurerait des moyens pour le financer De même lorsqu'on
envisage une réduction des impôts, on ne précise pas comment le pouvoir public pourrait maintenir
G constant alors que les recettes fiscales baissent. Il faut donc analyse les mesures de politique
économique et les moyens de financement pour y faire face. Le: dépenses du secteur public sont
donc à mettre en rapport avec les sources de financement utilisées.

Dans l'analyse précédente, nous avons établi qu'un accroissement .des dépense:
publiques [..G induit un accroissement du revenu national. Toutefois, l'accroissement de: dépenses
générales peut avoir été financé par un accroissement des impôts. L'effet multiplicateur positif des
dépenses générales est réduit par l'effet multiplicateur; des impôts.

L'idée est de mesurer la conséquence qu'aurait sur le revenu national une augmentation
simultanée et de même montant de la dépense publique G et de l'impôt T. Ces relèvements
laisseraient naturellement inchangé le solde budgétaire public.

On démontre néanmoins que l'incidence sur le revenu n'est pas nulle; la hausse de ce
dernier serait égal à Y = G ou T, soit une hausse égale au supplément d'impôt (ou de dépense).
Le multiplicateur de budget équilibré est donc égal à 1.

Ce résultat est connu également sous le nom de théorème de Haavelmo (économiste


norvégien, prix Nobel en 1989).

Supposons que l'Etat augmente ses dépenses d'un montant G et demande de financer
cette augmentation par un accroissement identique des impôts.

Soit: G = T.

Voyons l'effet sur le niveau du revenu national.

Il s'agit ici du constat de HAAVELMO : un accroissement des dépenses publique:


financées par une variation identique de la fiscalité accroît le revenu national d'un montant égal i
l'accroissement des dépenses publiques.

La politique générale peut recourir au financement monétaire des dépense: publiques.


Le financement monétaire de la politique budgétaire est une réalité que l'on constate souvent dans
les pays à pouvoir exécutif fort qui s'impose à la banque centrale. Pour un gouvernement, en effet,
faire fonctionner la planche à billets pour financer ses initiatives est une opération beaucoup plus
simple que de décider d'augmenter les impôts et taxes. Le dernier moyen est toujours impopulaire.

§3. Les modalités d'action des mesures de politique budgétaire


La modification de la fiscalité directe agit sur la redistribution du revenu. Elle agit
également sur l'investissement par l'intermédiaire de l'impôt sur le bénéfice. La modification de
taux d'impôt sur chiffre d'affaires et des autres impôts indirects a pour objectif d'agir sur 1 niveau
des prix et le taux d'inflation. Du côté des dépenses, l'investissement public a pour objectif de
réaliser le plein emploi, la croissance économique et la satisfaction des besoin collectifs dans
certains secteurs (éducation, santé publique, infrastructure ... ).

Les subventions ont pour objet d'inciter les entreprises privées à investir dan certaines
régions ou certains secteurs. Les transferts aux ménages constituent une redistribution des revenus.
Les achats des biens et services par l'Etat ont un impact économique. Ils permettent de combattre un
sous emploi conjoncturel.

§4. Quelques limites

1) La rigidité des masses budgétaires et la lenteur de prise de décision constitue de


difficultés importantes qui limitent l'action de la politique budgétaire. La rigidité vient de ce qu la
plupart des dépenses sont reconduites d'une année à l'autre ; la lenteur tient au fait que 1 budget
dépend d'un vote du parlement.

2) Les mesures budgétaires ou fiscales ne font pas sentir immédiatement leurs effet~ Il
faut un temps pour le diagnostic, un temps pour j'adoption des mesures et leur mise en œuvr, et un
temps pour constater l'impact de ces mesures.

3) Il est souvent difficile d'appliquer de façon discriminatoire une politique fiscale En


effet, les sources de chômage ou d'inflation peuvent être situées dans des régions ou de secteurs
limités.

4) Il est plus populaire pour un gouvernement d'augmenter les dépenses publiques 01


de diminuer les impôts que l'inverse.

5) Pour les dépenses publiques, les besoins étant nombreux, se pose une nécessité du
choix rationnel. Le critère est généralement la maximisation de l'avantage collectif dans le choi)
public puisque l'Etat est le garant de l'intérêt général.

La politique fiscale présente quelques inconvénients. Une diminution des impôts peu
aggraver le déficit budgétaire. Si la mesure a été prise pour combattre le chômage, la diminution
des impôts peut pousser le gouvernement à emprunter pour faire face à ses dépenses. Si le coût de
l'emprunt devient insupportable, il n'est plus possible à l'Etat de recourir à une baisse de l, fiscalité
pour lutter contre le chômage. Théoriquement, la lutte contre l'inflation peut recourir ~ une baisse
de la demande globale. Pour cette baisse, on peut augmenter les taxes et les impôts Mais cette
mesure réduit la capacité de redistribution de l'Etat. Comment expliquer aux chômeurs, aux
personnes âgées et aux défavorisés qu'on doit réduire les transferts sociaux pour lutter contre
j'inflation?
§5. Politique budgétaire et objectifs macroéconomiques

Des mesures de politique budgétaire peuvent être adoptées pour combattre le chômage
ou l'inflation.

Diminuer le chômage Stabilité des prix


Accroître la demande globale Diminuer la demande globale
Accroître les dépenses Diminuer les dépenses
gouvernementales gouvernementales
Diminuer les impôts et taxes Accroître les impôts et taxes
Accroître les paiements de transfert Diminuer les paiements de transfert

L'effet d'éviction paraît être le principal obstacle à l'efficacité des politiques


budgétaires. Cette affirmation n'est-elle pas contestée par les auteurs keynésiens?

Elle l'est en effet (notamment par Ando et Modigliani en 1976) dans la mesure où, . par
la force des choses, les nécessités de relance budgétaire se manifestent plus spécifiquement au
cours des périodes de ralentissement économique, c'est-à-dire lorsque l'investissement privé est
insuffisant. Dans de telles circonstances, les financements disponibles sont vraisemblablement
abondants et il y a peu de risque d'éviction de l'investissement privé par l'investissement public.

Par ailleurs, l'effet multiplicateur inhérent à la dépense publique doit susciter


l'apparition d'une épargne nouvelle qui pourra être prêtée aux investisseurs privés, phénomène qui
évite l'éviction financière.

Alors que le caractère vertigineux des déficits budgétaires américains est suspecté, au
début des années 1980, de contribuer à la montée des taux d'intérêt mondiaux, Friedman prend le
contre-pied de la thèse dominante dans un article du Wall Street Journal de 1984. Selon lui, la
hausse de la dépense publique réduit le revenu tiré de l'investissement privé (qui sera frappé
d'impôts plus lourds) et freine l'incitation à investir. En définitive, les effets réels (néfastes) de la
dépense publique importent bien davantage que les modalités de son financement. « Tout ce que le
gouvernement dépense, écrit-il, est extrait des ressources de la communauté, non pas seulement
cette partie financée par ce que nous appelons les impôts. »

En dehors de l'effet d'éviction (par lequel la hausse des taux d'intérêt due à la dépense
publique décourage ou évince l'investissement privé), il existe de très nombreux arguments contre
l'emploi d'une politique budgétaire dépensière. On peut redouter qu'elle accélère l'inflation, qu'elle
amplifie le déficit des comptes extérieurs (quand les agents achètent des biens de consommation à
l'étranger), qu'elle soit le signe annonciateur d'une hausse future des impôts (puisque les dépenses
publiques devront bien un jour ou l'autre être payées par les contribuables). Or, la hausse des
impôts décourage les offreurs de travail et d'une manière générale tous les créateurs de richesse.
Elle risque donc de freiner la production et d'engendrer le développement de l'économie informelle.
Mais à plus court terme, on redoute par-dessus tout que la dérive budgétaire ne pose le problème de
la « soutenabilité de la dette publique ».

Section 4 : Politique monétaire

La politique monétaire représente l'ensemble des mesures prises par les autorités
monétaires dans leur fonction de responsable de l'économie nationale. La politique monétaire pris
une place importante pour deux raisons : la nécessité de lutter contre l'inflation d'une part d'autre
part l'importance des mouvements internationaux des capitaux.

La politique monétaire consiste à réguler l'offre de monnaie pour rétablir un équilibre


de plein emploi et pour assurer une croissance non inflationniste.

§1. Les principaux instruments

Les principaux instruments de politique monétaire sont liés au processus de création de


la monnaie. La limitation de création de monnaie par la banque centrale est assurée par divers
instruments:

1. Opération sur le marché libre (Open market)

La banque centrale a le pouvoir d'obliger les banques commerciales à lui acheter des
titres. Pour payer les titres, les banques doivent puiser dans leurs réserves. Ce qui réduit leur
capacité d'accorder le crédit et par le fait même la capacité du système bancaire de créer de
nouvelle monnaie.

Si la banque centrale achète des titres des banques commerciales, ces dernières 0] plus
de possibilité d'accorder le crédit et donc de créer davantage la monnaie. En période d'expansion
économique, le fait d'augmenter la masse monétaire entraîne une augmentation de demande globale
et du PIB. Ce qui crée de l'emploi et fait diminuer le chômage (politique expansionniste).

La banque centrale peut combattre l'inflation par une politique monétaire restrictive
l'émission et la vente des titres par la banque centrale aux banques commerciales. Comme il y
diminution de la masse monétaire, il y a aussi diminution de la demande globale et de l'inflation
mais aussi du PIB.

Politique expansionniste contre le chômage Politique restrictive contre l'inflation

Achat des titres Vente des titres


 Masse monétaire -Masse monétaire

 Demande globale -Demande globale


 PIB -PIB
2. Le taux de réescompte

Le taux de réescompte est le taux d'intérêt qu'exige la banque centrale lorsqu'elle


accorde des prêts aux banques commerciales par l'escompte des effets. Pour augmenter la masse
monétaire, la banque centrale peut diminuer le taux de réescompte. A leur tour, les banques
commerciales diminuent le taux d'intérêt vis-à-vis de leurs clients. Ce qui entraîne une
augmentation du nombre d'emprunts. Le système bancaire ayant plus de possibilités de créer dl la
monnaie, la masse monétaire augmente. En période d'expansion économique, l'augmentation de la
masse monétaire augmente celle de la DG, de la production, de la création d'emploi et dont une
baisse du chômage.

Si la banque centrale augmente le taux de réescompte, les banques commerciales


haussent à leur tour le taux d'intérêt. Le nombre d'emprunt diminue, le système bancaire crée moins
de monnaie et la masse monétaire diminue. En conséquence, il y a diminution de L demande
globale, ce qui se traduit par une diminution du taux d'inflation et la baisse de L production.

Politique expansionniste contre le chômage Politique restrictive contre l'inflation

Achat des titres Vente des titres


 Masse monétaire -Masse monétaire

 Demande globale -Demande globale

 PIB -PIB
3. Les réserves obligatoires

Si le taux de réserves obligatoires imposées par la banque centrale aux banques


commerciales augmente, cela revient à réduire les possibilités de financement de l'économie.

Si les possibilités de crédit diminuent, on réduit par là même la base de création de l,


monnaie scripturale. Si ce taux de réserve diminue, les banques commerciales peuvent mettre plus
de liquidité à la disposition de l'économie

§2. La politique ant- inflationniste

L'objectif central de la politique anti-inflationniste est la stabilisation du niveau général


des prix. Pour les économistes libéraux, qui s'appuient sur la théorie quantitative de la monnaie, le
moyen efficace de lutter contre l'inflation est de réduire le taux de croissance de l'offre de monnaie
afin de créer une récession aboutissant à un taux de chômage supérieur au taux naturel. Ce qui
induit une baisse des anticipations inflationnistes. Les partisans d'une politique de contrôle de la
monnaie se réfèrent à la théorie monétaire quantitative: tout accroissement de la masse monétaire
est inflationniste. En conséquence, la politique monétaire consiste à contrôler la création et
l'accroissement de la monnaie.

Toutefois, d'autres monétaristes estiment que les effets de la politique monétaire son
essentiellement transmis par le taux d'intérêt. C'est donc cet instrument que peut contrôler la banque
centrale pour juguler les pressions inflationnistes.

D'autres proposent le recours à une politique budgétaire bien que celle-ci soit
considérée surtout comme un moyen pour restaurer le plein emploi.

L'usage de la politique budgétaire suppose que la hausse des prix a pour cause un excès
de la demande globale. Cet excès par rapport à l'offre globale se traduit par un écart inflationniste.

OG
OG

DG

Revenu national

La politique budgétaire anti-inflationniste consiste à diminuer la demande globale


manière à réduire l'écart inflationniste et le niveau général des prix.

On montre facilement qu'une augmentation de l'offre de monnaie lorsque LM dans sa


zone « keynésienne» est inopérante: toute la nouvelle monnaie créée tombe dans l, trappe à
liquidité» ; les taux d'intérêt, déjà très bas, ne peuvent baisser et l'investissement ne peut
redémarrer. Dans cette zone, la politique monétaire alimente en liquidités une économie où
encaisses oisives (thésaurisées) sont déjà particulièrement abondantes.

Au contraire, une augmentation de l'offre de monnaie dans la zone « classique » LM


(lorsque la courbe est verticale) est très utile puisque l'économie est en situation d'illiquidité. Les
taux d'intérêt pourront baisser fortement, ce qui accélérera l'investissement (d'où un effet
multiplicateur).

La représentation IS-LM, montre que l'on ne peut parler de l'efficacité de la politique


économique (budgétaire ou monétaire) en soi, sans faire référence à ses conditions de mise oeuvre.

Ainsi, on voit que quand la politique monétaire est inefficace, la politique budgéta est
efficace (la réciproque étant vraie). La politique budgétaire keynésienne peut donc ê contrariée par
des considérations monétaires, d'où la nécessité de conduire des politique cOl1jomtes ou mixtes.
Ainsi, l'on rejoint la conception des auteurs keynésiens à propos du policy mix » : lorsqu'on accroît
la dépense publique, il est bon de pratiquer une politique monétaire expansionniste (on dit parfois «
accommodante») pour éviter que se développent effets d'éviction.

Section 5. Politique des prix et des revenus

La politique des prix et des revenus peut se définir comme des mesures générales pal
lesquelles les pouvoirs publics tentent d'empêcher que les prix ou les rémunérations dans
l’ensemble évoluent spontanément vers le niveau non souhaitable.

Parmi les formes les plus simples des politiques des prix et des revenus, on peut
mentionner l'exemple des taux indicateurs pour encadrer les prix et les salaires. La politique des
prix et des revenus peut contribuer à atteindre certains objectifs macro-économiques

En situation d'inflation, par exemple la banque centrale peut proposer des mesures
générales de contrôle des prix et des revenus pour modérer les hausses. La modération salariale vise
à prévenir une demande excessive de consommation qui entraînerait à la hausse des prix.

Par ailleurs, la politique des prix et des revenus est parfois conçue comme instrument de
relance économique visant à éviter la sous consommation, soit à sortir du sous emploi.

On suppose que les salariés ont une Pmc plus forte que les bénéficiaires des revenus
non salariaux. Donc si on hausse les salaires, surtout de ceux qui ont les revenus plus bas, cela peut
être bénéfique à l'ensemble de l'économie. En cas de sous-emploi keynésien, une politique
d'intervention tendant à la baisse des salaires a peu de chances d'avoir un effet sur l'emploi. Une
baisse de salaire implique une diminution des inputs nécessaires dans les entreprises, notamment le
facteur travail. Les quantités de travail embauchées vont donc diminuer. Si en baissant les salaires,
on a voulu lutter contre le chômage, l'objectif n'est pas atteint.

Une politique de hausse des salaires provoquerait une hausse de revenu des travailleurs,
une augmentation de leur consommation, une augmentation de la production. Comme celle-ci
nécessite un accroissement des facteurs de production, notamment le facteur travail, au début, il y a
diminution de l'embauche suivie d'une diminution du chômage.

Section 6. La thèse de la « crédibilité» de la politique économique

Ou sait que, dans un monde d'anticipations rationnelles, les politiques systématiques


sont sans effet sur les variables économiques réelles, en particulier sur l'emploi. De ce fait, les
pouvoirs publics pourraient être tentés de relancer (au moins provisoirement) l'activité en «
surprenant» les agents par des mesures que ceux-ci ne peuvent anticiper. Si les agents suspectent
néanmoins une telle éventualité, s'ils redoutent que les autorités renient leurs engagements, aucune
coopération n'est possible entre les autorités (monétaires en particulier) et le corps social. Dans un
modèle célèbre de 1983, Barro et Gordon montrent qu'à défaut de crédibilité, la confrontation entre
les autorités et les agents économiques engendre une spirale inflationniste. Seules les politiques
crédibles sont efficaces au sens où elles peuvent produire les effets escomptés.

Une politique économique est dite « crédible » si les agents économiques sont assurés
que les pouvoirs publics ne reviendront pas sur les choix annoncés (qu'ils n'essaieront pas, en
particulier, de réduire le taux de chômage en deçà de son étiage « naturel» ). Les agents adhèrent
alors aux objectifs annoncés et adaptent leurs anticipations au taux d'inflation qui est recherché par
les autorités.
Chapitre septième: OU EN EST LA MACROECONOMIE

La macroéconomie keynésienne traditionnelle a été la conception économique


dominante durant les Trente Glorieuses; elle a inspiré la plupart des politiques conjoncturelles de
cette époque.

La macroéconomie keynésienne traditionnelle a été profondément remaniée à par1 des


années 1980. Les nouveaux économistes classiques considèrent que le fondement de
macroéconomie doit être la micro économie et donc l'étude des comportements d'individus
parfaitement rationnels et que le déséquilibre ne peut être que rare et temporaire. Les nouveautés
économistes keynésiens acceptent la rationalité des agents économiques, mais ils considèrent que
les déséquilibres peuvent être durables et que le chômage peut être involontaire.

Section 1. La macroéconomie keynésienne traditionnelle: équilibre et possibilité de


sous-emploi

John Maynard Keynes est considéré comme le principal fondateur de l'analyse


macroéconomique. Les classiques (Keynes nomme ainsi indifféremment les classiques et les
néoclassiques) avaient déjà réalisé des développements macroéconomiques, mais selon eux,
macroéconomie résulte directement de la micro économie: l'économie globale procède de
l'agrégation des comportements individuels.

La modélisation macroéconomique des oeuvres de Keynes a soulevé des objections


chez certains keynésiens. Effectivement, ceux qui ont bâti la macroéconomie keynésienne comme
Hicks ou Samuelson, minimisent les différences entre Keynes et les classiques; ils 0 créé la théorie
de la synthèse. L'hypothèse sous-jacente est que l'économie a toujours tendance revenir
automatiquement à l'équilibre, même si cet équilibre peut être un équilibre de sou emploi. Les deux
présentations les plus utilisées de la macroéconomie keynésienne traditionnel sont le modèle «
revenu-dépense» (avec sa célèbre droite à 45°) créé par Samuelson en 1948 le modèle IS-LM
(investissement épargne-demande de monnaie offre de monnaie) présenté ê 1937, un an après la
parution de la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnai par Hicks, dans un article
intitulé Monsieur Keynes et les classiques et ensuite repris en 1953 pc Hansen.

Ce schéma, dÜ aux économistes Hicks (dès 1937) et Hansen (en 1953), est tri
représentatif, selon l'expression du prix Nobel Samuelson, de la synthèse classico-keynésienne
Hicks s'interroge sur le caractère novateur de l'analyse keynésienne par rapport à la théorie
classique: « y a-t-il une réelle différence, ou bien l'ensemble n'est-il qu'un simulacre d'affrontement?
». Pour répondre à cette question, il construit une modélisation apte à englober la vision
macroéconomique classique et la conception keynésienne.

La construction IS-LM illustre le fait que l'économie doit être en équilibre lorsque sont
simultanément équilibrés le marché des produits (des biens et services), le marché de ] monnaie et
le marché des titres (actifs financiers rémunérés). Ce dernier marché n'apparaît toutefois pas
explicitement dans la modélisation car, en raison de la loi de Walras, l'équilibre des deux premiers
marchés entraîne ipso facto celui du troisième: on parle parfois d'un équilibre global (notion que
l'on veillera à ne pas confondre avec celle d'équilibre général).

La courbe IS représente l'équilibre sur le marché des produits; LM celui du marché de


la monnaie. Compte tenu de la forme de ces deux courbes (la première décroissante et la seconde
croissante), un seul bi-équilibre est déterminé d'où découlent les valeurs de i et de Y.

Dans ces modèles, le niveau de la production s'ajuste à celui de la demande. Cette


dernière est composée de la consommation (qui résulte du revenu) et de l'investissement (qui
résulte du taux d'intérêt).

Le niveau de l'emploi, conformément à la théorie keynésienne, dépend du niveau de la


production. Il n'existe donc qu'un seul niveau de production qui permette d'assurer le plein emploi.
Le problème est que le niveau de production d'équilibre (point où la production est égale à la
demande) coïncide rarement avec le niveau de production de plein emploi. Deux cas peuvent se
produire: le niveau d'équilibre peut être inférieur au niveau de production assurant le plein emploi,
on parle alors d'équilibre de sous-emploi; le niveau assurant l'équilibre peut se trouver au-dessus du
niveau de production de plein emploi et donc du niveau de production maximum réalisable; l'écart
est alors appelé écart inflationniste.

Le rôle de l'Etat est de jouer sur la demande pour assurer le niveau de demande qui
assure le plein emploi. Pour cela, il peut mettre en oeuvre une politique monétaire qui agit sur
l'offre de monnaie (création monétaire), et par ce biais, sur le taux d'intérêt ou une politique
budgétaire qui agit sur le montant des dépenses publiques.

L'analyse macroéconomique keynésienne s'appuie donc sur certains postulats:

- la demande de consommation dépend du revenu (et non des prix comme l'affirment
les libéraux) ;
- la monnaie n'est pas neutre; la quantité de monnaie a une incidence sur le niveau de la
production;
- l'économie a tendance à se maintenir à l'équilibre; cet équilibre n'est pas dû à un
ajustement par les prix, mais au fait que le niveau de la production a tendance à
s'ajuster au niveau de la demande;
- le niveau de l'emploi résulte du niveau de la production;
- un équilibre de sous-emploi et donc un chômage involontaire sont possibles ;
- l'intervention de l'État est nécessaire en cas d'équilibre de sous-emploi; elle est
d'autant efficace qu'elle peut exercer un effet multiplicateur.

Section 2 .. -La nouvelle macroéconomie classique: anticipations rationnelles


impossibilité de déséquilibre

Keynes caractérise une économie monétaire de production par le fait « que variation des
vues sur l'avenir peut influer sur le volume actuel de l'emploi» (préface à l'édition anglaise de la
Théorie générale). Ces anticipations et l'incertitude interviennent en particulier dans le principe de
la demande effective (les entrepreneurs parient sur leurs débouchés futurs fixent leur production en
conséquence), dans l'estimation par les entrepreneurs de l'efficacité marginale du capital (rentabilité
escomptée des investissements) et dans la demande d'encaisses spéculatives (qui dépend des taux
d'intérêt anticipés).

La nouvelle macroéconomie classique (appelée aussi nouvelle économie classique est


un courant né aux États-Unis dans les années 1970. Son chef de file est Robert Lucas c l'Université
de Chicago et, parmi ses théoriciens les plus influents, on peut citer Thomas Sargent, Neil Wallace,
Edward Prescott et Robert Barro. Cette théorie milite pour l'abandon des politiqu 1 discrétionnaires,
c'est-à-dire des politiques conjoncturelles de réglage fin.

a. -Les hypothèses de la nouvelle économie classique

La nouvelle macroéconomie classique reprend les hypothèses fondamentales de théorie


néoclassique d'équilibre et ajoute l'hypothèse des anticipations rationnelles.

La reprise du modèle de l'équilibre général

Les nouveaux économistes classiques reprennent la théorie néoclassique considèrent


que l'offre globale et la demande globale proviennent de l'agrégation des offres des demandes
individuelles et sont des fonctions respectivement croissante et décroissante c prix. C'est le niveau
d'équilibre entre l'offre et la demande de biens et de services qui déterminent le niveau de la
production.

Chaque agent économique ajuste son comportement en fonction du prix. Ainsi, une
augmentation des prix informe les offreurs que la demande est supérieure à l'offre et donc qu'i
peuvent offrir davantage (et produire plus si ce sont des producteurs). La droite d'offre se déplace
alors vers la droite et la production augmente.

La nouvelle économie classique reprend donc le modèle de la micro-économie


traditionnelle. Elle considère que les marchés s'auto-équilibrent grâce à la libre variation dl pnx.

Ainsi, par exemple, chaque augmentation de salaire incite les travailleurs à offrir plus
de travail et donc à renoncer en partie au loisir; l'offre de travail varie rapidement et sur le cou
terme car chaque salarié considère une hausse de salaire comme une opportunité à sais rapidement
d'autant plus que cette hausse peut ne pas être durable. Le niveau de l'emploi est fi) sur le marché
du travail sur lequel se rencontrent une offre globale et une demande globale c travail. Comme tous
les autres marchés, le marché du travail est toujours équilibré; le chôma~ est donc forcément
volontaire.
La nouvelle économie classique considère que l'économie est en état constant
d'équilibre. Les marchés s'ajustent continuellement et spontanément. Toute variation des prix, de
l'offre ou de la demande résulte de ce processus d'ajustement.

- Les anticipations rationnelles

Une des conditions de l'équilibre automatique des marchés est la rationalité des agents
économiques. Non seulement ceux-ci cherchent à maximiser leur utilité, mais ils disposent de
toutes les informations.

Keynes avait bâti une partie de sa critique à l'analyse néoclassique sur l'illusion
monétaire et donc la mise en cause de la rationalité des agents. Les nouveaux économistes
classiques, au contraire, font l'hypothèse des anticipations rationnelles. Le concep1 d'anticipations
rationnelles a été introduit par John Muth en 1961. L'idée est que les individus utilisent au mieux
les informations dont ils disposent. Non seulement ils connaissent toutes les informations
nécessaires sur le présent, mais ils anticipent aussi bien que les économistes et le pouvoir politique
les événements futurs.

Prenons l'exemple d'une augmentation de prix ou d'une augmentation de salaire. Ur


agent économique se rend compte que le prix de la marchandise qu'il vend (travail pour le~ salariés
ou produit pour les entreprises) a augmenté. L'agent économique va tout d'abord "extraire
l'information" en se demandant si cette augmentation ne concerne que son produit ou s elle est
générale et concerne donc tous les produits. Dans ce second cas, l'agent économique comprend que
la variation de tous les prix n'a aucun effet réel, elle signifie simplement que 1< valeur de la monnaie
a diminué; l'agent économique ne modifie donc pas son comportement. En revanche, si
l'augmentation du prix ne concerne que son produit, l'agent augmente son offre. Or comprend que
l'extraction de l'information dépend de l'environnement habituel: dans un contexte de stabilité des
prix, l'individu aura tendance à considérer que la variation du prix ne concerne que son produit,
alors que dans un contexte d'instabilité, il aura tendance à considérer que 1< variation est globale.

On comprend également que seul un effet de surprise (augmentation de tous les prix;
dans un contexte de stabilité), en trompant les individus, peut avoir à court terme un effet sur le
niveau de l'emploi et le niveau de la production. Sinon, ces deux paramètres restent constamment à
leur niveau naturel.

Selon Lucas, les anticipations rationnelles posent le principe que les agents d'un modèle
économique utilisent correctement l'information dont ils disposent sur le présent et le futur.

b. -Les cycles économiques

Les chocs monétaires avec effets de surprise

Les cycles économiques peuvent s'expliquer par des anticipations biaisées. Ainsi, de
variations de la quantité de monnaie peuvent éloigner temporairement le niveau de l'emploi et 1
niveau de la production de leur niveau naturel si elles ne sont pas convenablement anticipées.

Prenons l'exemple d'une économie en équilibre où la production et l'emploi sont à un


niveau naturel (point A sur le graphique). Une augmentation anticipée de tous les prix n'a aucun
effet sur le volume de la production et sur le niveau de l'emploi. Cette augmentation des prix
conduit à un déplacement de la droite d'offre globale (qui passe de 00 à 01) et un ~placement de la
droite de demande globale (de Do à Dl).

Ainsi, si les prix augmentent de 10 %, l'offre et la demande s'ajustent aux nouveaux


prix. L'effet réel est donc nul. Le nouveau point correspond sur le graphique au point C: seul le
niveau des prix a changé.

Imaginons maintenant que cette augmentation de la quantité de monnaie et donc des


prix n'ait pas été anticipée convenablement par les offreurs. La courbe de demande se déplace je Do
à Dl) et s'ajuste donc au nouveau système des prix, mais pas la courbe d'offre; les offreurs
conservent leur même fonction d'offre et donc réagissent à l'augmentation des prix par une
augmentation de la production si ce sont des entreprises, et de l'offre de travail si ce sont des
salariés. Ainsi, les niveaux de la production et de l'emploi s'éloignent temporairement de leur taux
naturel (point B sur le graphique). Au bout d'un laps de temps, les individus réalisent qu'il 'y a pas
eu d'augmentation de leurs prix relatifs et ils modifient alors leur fonction d'offre qui 'ajuste au
nouveau système de prix. La production et l'emploi reviennent à leur niveau naturel (point C) sur le
graphique.

Graphique - Les effets d'une augmentation anticipée et non anticipée de la quantité de monnaie
La monnaie n'est donc pas ici parfaitement neutre car une variation monétaire avec effet
de surprise provoque le cycle.

- Les chocs réels

Un nouveau courant de la nouvelle économie classique, l'école du cycle économique


réel, considère que la monnaie est "super-neutre" et qu'aucune variation de la quantité de monnaie
est susceptible de modifier l'équilibre réel. Ce courant confirme que les anticipations sont
rationnelles, mais il considère que les origines du cycle doivent tout d'abord être recherchées dans
la sphère réelle; ils peuvent être des chocs exogènes (choc pétrolier, accident natureL.) ou des chocs
provenant des fluctuations du progrès technique.

Certains partisans de la Nouvelle Économie Classique expliquent les cycles


économiques par des chocs « réels ».

L'école des cycles d'affaires réels (Real Business Cycles), conduite en particulier par
Kydland, Barro et King au début des années 1980, innove considérablement par rapport aux thèses
monétaristes traditionnelles. Alors que pour celles-ci, l'offre globale peut (temporairement) être
modifiée dès lors qu'une variation non anticipée de masse monétaire se produit, les tenants des
cycles réels considèrent que les fluctuations de l'activité économique sont dues exclusivement à des
chocs affectant les grandeurs « réelles,» de l'économie (préférences des agents, fonctions de
production, ressources en facteurs de production, etc.), les variables monétaires ne jouant aucun
rôle dans les cycles et la politique monétaire (et d'une manière générale toutes les politiques
conjoncturelles) ne pouvant pas stabiliser, même à court terme, l'activité. Outre cette hypothèse
d'innocuité de la monnaie, cette conception repose sur l'idée que l'économie fonctionne en
permanence à l'équilibre grâce à la flexibilité des prix sur l'ensemble des marchés. Dans ces
conditions, il n'existe pas de chômage involontaire et la situation de l'économie est pareto-optimale.

On montre qu'un choc réel (exogène) initial se propage progressivement d'un secteur à
l'autre, provoquant un phénomène de persistance du cycle. Par exemple, un choc technologique
améliorant la productivité du travail, donc les salaires, conduira les agents à procéder à de nouvelles
substitutions travail-loisir en préférant offrir davantage de travail (puisque, provisoirement, le coût
d'opportunité du loisir augmente). Dans ces conditions, le choc initial aura, après sa disparition, des
effets sur la production de périodes ultérieures.

Ces auteurs distinguent les chocs de demande et les chocs d'offre.

Graphique - Chocs d'offre positif et négatif

Un choc d'offre négatif (la droite d'offre se déplace sur la gauche) a comme effet de
provoquer une réduction de la production et une augmentation des prix (Pl, YI), alors qu'un choc
d'offre positif (la droite d'offre se déplace sur la droite) provoque une augmentation de la
production et une réduction des prix (P2, Y2).

Graphique - Chocs de demande positif et négatif


Un choc de demande négatif (la droite de demande se déplace sur la gauche) a comme
effet de provoquer une réduction de la production et des prix (PIYI), alors qu'un choc de demande
positif (la droite de demande se déplace sur la droite) a comme effet de provoquer une
augmentation de la production et des prix (P2, Y2).

Le cycle est un cycle d'équilibre dans le sens où toute fluctuation s'explique par
l'ajustement continu du marché.

c. -Le refus de la politique économique conjoncturelle

La nouvelle économie classique considère que les politiques économiques


conjoncturelles, appelées aussi politiques économiques discrétionnaires, ne sont pas efficaces.
Comme Friedman, les nouveaux classiques pensent qu'il faut adopter des politiques de règles qui
sont des politiques stables de long terme.

- L'inefficacité des politiques discrétionnaires

La politique monétaire est inefficace car toute modification prévisible de la quantité de


monnaie est rationnellement anticipée et n'a donc aucun effet sur l'emploi et la production qui
demeurent à leur niveau naturel; seul le niveau général des prix est modifié. Donc, si les
anticipations des agents économiques sont correctes, une croissance monétaire forte crée de
l'inflation mais n'a aucun effet sur le chômage qui reste à son niveau naturel et une faible création
monétaire est désinflationniste, mais n'a pas d'effet sur le chômage qui reste à son niveau naturel.

Les seuls effets possibles résultent de l'effet de surprise. Ainsi, une forte croissance
monétaire non anticipée peut faire diminuer le chômage en dessous de son niveau naturel et un
faible croissance monétaire non anticipée peut le faire augmenter au-dessus de son niveau naturel.
Mais l'effet de surprise ne fonctionne que lorsque les individus sont habitués à un certaine
orthodoxie monétaire, et de toute façon ses effets sur la production et le chômage n sont que très
temporaires.

La politique conjoncturelle budgétaire n'est pas non plus efficace. Robert Barn reprend
le principe d'« équivalence ricardien » selon lequel un déficit budgétaire n'a pas l'effet attendu sur la
demande car les individus anticipent une augmentation future des impôt nécessaire pour que l'État
rembourse sa dette. Ils réduisent donc leur consommation e augmentent leur épargne pour pouvoir
payer les impôts futurs; les effets de l'augmentation de dépenses publiques sont les mêmes qu'elle
soit financée par l'augmentation des impôts ou par l déficit budgétaire.

- La politique doit assurer la cohérence temporelle

Les nouveaux économistes classiques considèrent qu'il faut mener une politique d
stabilité à long terme qui assure une « cohérence temporelle » et qui soit fondée sur une crédibilité
». La politique monétaire, pour échapper à toutes les manipulations politique électoralistes, doit être
menée par une banque centrale indépendante.

La politique de désinflation de la banque centrale ne risque pas d'être nuisible à la


croissance et à l'emploi, car correctement anticipées les variations de la quantité de monnaie n'ont
aucun effet sur la sphère réelle. Ils s'opposent donc aux économistes keynésiens qui considèrent que
les politiques monétaires restrictives sont préjudiciables à la croissance, mai aussi à Friedman qui
pense qu'elles sont nécessaires pour assainir l'économie, mais qu'elles peuvent avoir des effets
récessifs à court terme.

La nouvelle macroéconomie classique s'oppose donc radicalement à macroéconomie


keynésienne :

- la monnaie est neutre ;


- les agents sont parfaitement rationnels (hypothèse des anticipations rationnelles) ;
- le niveau de production est déterminé par la confrontation de l'offre et de demande sur
les marchés ;
- le niveau de l'emploi est déterminé par la confrontation de l'offre et de la demande de
travail sur le marché du travail;
- le chômage involontaire est impossible;
- les politiques conjoncturelles sont inutiles.

La nouvelle économie keynésienne, tout en conservant le principe de rationalité de


agents économiques, cherche à montrer, au contraire, que des déséquilibres durables SOI possibles
et que le chômage peut être involontaire.

Section 3. La nouvelle macroéconomie keynésienne: rationalité des agents


économiques et fixation des prix sur les marchés, mais possibilité de
déséquilibres

La nouvelle économie keynésienne est née dans les années 1980 en réaction à nouvelle
économie classique. Pour les nouveaux économistes keynésiens, les individus sont rationnels, mais
des déséquilibres existent et se propagent car les marchés ne peuvent s'autoréguler, essentiellement
du fait de la rigidité des prix et des salaires.

La nouvelle économie keynésienne n'est pas un courant de pensée unifié, mais s'
principaux animateurs (George Akerlof, Gregory Mankiw, Bruce Greenwald, Janet Yelle Edmund
Phelps ... ) s'accordent sur deux points fondamentaux: la monnaie n'est pas neutre et 1, imperfections
des marchés expliquent les fluctuations (les nouveaux classiques pensent , contraire que le cycle est
un cycle d'équilibre).

La parenté avec Keynes est souvent lointaine, car ces économistes s'opposent à dl
interventions trop rigoureuses de l'État, parce qu'ils ne considèrent pas que les salariés sont victimes
de l'illusion monétaire et parce qu'ils ne fondent pas leur théorie sur le principe de demande
effective. En revanche, ils considèrent, comme Keynes, que le chômage involontaire existe et que
les forces du marché n'assurent ni l'équilibre ni l'optimum.

a. -La rigidité des prix

De nombreux modèles de la nouvelle économie keynésienne présentent la rigidité des


prix comme l'explication de la non-neutralité de la monnaie et du non-ajustement continu
d( marchés. Pour les nouveaux économistes keynésiens, tous les marchés ne sont pas des marchés
prix flexible; la plupart des marchés fonctionnent imparfaitement. Les entreprises évoluent da! un
contexte de concurrence imparfaite; elles sont donc plus souvent des « price makers » que dt «
price takers ». De plus, elles ne réagissent pas spontanément, par une variation de leurs prix, des
modifications de la demande ou de la fonction d'offre.

Dans un marché en concurrence pure et parfaite, chaque entreprise est sûre c pouvoir
vendre la totalité de sa production au prix du marché. Si elle opte pour un prix plus élevé, elle ne
vend rien, et il serait illogique de vendre à un prix plus bas que celui du marc! puisque à ce prix elle
peut écouler la totalité de sa production. Dans ce cadre, les entreprises SOl des « price takers » qui
vendent leurs produits au prix du marché.

Au contraire, dans une situation de concurrence imparfaite, lorsque la demande


diminue, le maintien du prix antérieur n'entraîne pas la chute complète des ventes et donc d profit.
La réduction du profit n'est que de « second ordre» ; s'il existe des coûts de changement de prix,
appelés généralement coûts d'étiquette (impression de nouveaux catalogue renégociation de
contrats ... ), l'entreprise peut préférer maintenir les prix antérieurs. Cette rigidité des prix joue aussi
bien à la hausse qu'à la baisse. L'entreprise en situation de concurrence imparfaite ne sera donc
amenée à modifier ses prix que lorsque le manque à gagner sel supérieur au coût de modification du
prix. Modéré au niveau microéconomique, l'impact de cette rigidité des prix peut être important au
niveau macroéconomique et contribuer au déséquilibre des marchés.

Certains nouveaux économistes keynésiens rappellent que chaque entreprise de taille


appréciable est liée à des centaines d'autres entreprises (clients et fournisseurs), dont certaines sont
situées à l'étranger, avec lesquelles elle effectue des transactions concernant des centaines de
produits (les biens intermédiaires, par exemple). Dans ce cadre, les coûts de transaction son1
considérables et contribuent à la rigidité des prix. D'autre part, en raison de cette interdépendance,
les entreprises ont tendance à attendre les réactions de leurs partenaires avan1 de modifier leurs
prix. Ainsi, une baisse de prix pour répondre à un choc de demande peut se révéler très dangereuse
si les entreprises fournisseurs ne baissent pas elles- mêmes leurs prix. Par manque de coordination,
chaque entreprise a donc tendance à attendre le dernier moment pour modifier son prix; l'agrégation
de ces différents comportements micro économiques provoque des rigidités macroéconomiques
importantes.

Sur de nombreux marchés, on constate des asymétries d'information qui provoquen1


des phénomènes d'anti-sélection, faisant fuir les agents à « faible risque ». Cette anti-sélection
empêche l'équilibre des marchés et peut avoir des conséquences macroéconomiques redoutables
Stiglitz et Weiss ont montré comment une information asymétrique sur le marché du crédit peUl
provoquer un rationnement du crédit, ce qui limite forcément le niveau de l'activité économique et
donc le niveau de l'emploi.

Certains marchés sont des marchés de clientèle. Il s'agit de marchés sur lesquels le~
achats sont répétitifs; c'est par exemple le cas des achats de biens alimentaires. Les offreurs son en
concurrence, mais les consommateurs sont habitués à leur fournisseur. Toute augmentation dl: prix
incite les clients à comparer avec les concurrents, et toute diminution des prix n'attire que lentement
les clients fidèles à d'autres fournisseurs. On comprend donc que sur ces marchés d( clientèle, les
prix ne s'ajustent que très lentement.

Pour toutes ces raisons, les prix ne s'ajustent pas parfaitement et les marchés peuvent
être durablement en déséquilibre.

La monnaie n'est pas neutre. En effet, en raison de leurs rigidités, les prix n'absorbera
pas immédiatement les variations de la quantité de monnaie. Lorsque les prix sont rigides, uni
augmentation de la quantité de monnaie permet d'augmenter la demande et une diminution de L
quantité de monnaie contribue à la récession.

b. -La rigidité des salaires et le chômage involontaire

Selon les nouveaux économistes classiques, le niveau de l'emploi est fixé sur le, marché
du travail; celui-ci, comme tous les autres marchés, s'ajuste spontanément, les salaire sont
parfaitement flexibles et le chômage est nécessairement volontaire.

Les nouveaux économistes keynésiens considèrent, comme les économiste

classiques, que le niveau de l'emploi est déterminé par le marché du travail, mais en
revanche il affirment que cela n'exclut pas le chômage involontaire car des rigidités salariales
nuisent l'ajustement du marché et parce que les entreprises peuvent avoir intérêt à rémunérer leur
salariés au-delà du salaire d'équilibre.

Les salaires ne sont pas négociés au jour le jour en fonction du marché, mais ils 1 sont
pour une période déterminée. Ainsi, des contrats de travail signés pour un certain laps d temps
créent des rigidités importantes. Ce point met en cause la théorie de Lucas qui considère que tous
les prix, y compris celui du travail, peuvent être instantanément modifiés. Même si le anticipations
sont rationnelles et que les individus, en cas de hausse des prix, souhaitent desaugmentations de
salaire nominaux, ils n'ont souvent pas la possibilité de les exiger. De même, un excédent de la
demande de travail par rapport à l'offre de travail n'induit pas automatiquement une hausse du
salaire réel. L'existence de contrat de travail nuit donc à l'ajustement des marchés.

De nombreux modèles expliquent pourquoi les agents économiques peuvent s'entendre


sur des salaires différents du salaire d'équilibre, tout en étant parfaitement rationnels. Ainsi, la
théorie des contrats implicites explique que les salariés attendent de l'entreprise qu'elle joue un rôle
d'assurance et ils acceptent des salaires inférieurs au salaire d'équilibre en échange de la garantie
d'une stabilité de celui-ci.

Les théories du salaire d'efficience montrent que l'entreprise peut avoir intérêt à offrir
des salaires plus élevés que ceux du marché afin:

- de diminuer le turn over;


- de motiver les salariés qui, par reconnaissance envers l'entreprise, sont plus productifs;
- que les salariés hésitent à « tirer au flanc» par peur de perdre un salaire élevé en cas de
licenciement; .
- d'attirer les salariés les plus qualifiés.

D'un autre côté, la théorie « insiders/outsiders » affirme que les salariés en place dans
l'entreprise, connaissant les coûts du turn over, peuvent exiger des salaires plus élevés que ceux du
marché.

Toutes ces théories infirment l'hypothèse de l'ajustement continu des marchés et


montrent que le marché du travail peut être en déséquilibre et donc que le chômage peut être
involontaire. La nouvelle macroéconomie keynésienne s'accorde avec la nouvelle macroéconomie
classique pour affirmer que le niveau de l'emploi est déterminé par le marché du travail et avec la
macroéconomie keynésienne traditionnelle pour reconnaître la possibilité du chômage involontaire.

Les nouveaux économistes keynésiens considèrent que les interventions de l'État sont
nécessaires, mais ils craignent les interventions trop fréquentes ou trop lourdes comme les déficits
budgétaires importants préconisés par certains keynésiens.

Même s'ils pensent que le chômage n'est pas volontaire, ils s'accordent avec les
monétaristes et les nouveaux classiques pour préconiser une flexibilisation du marché du travail et
une flexibilisation des rémunérations qui permettraient de baisser la barre du chômage naturel.

La nouvelle macroéconomie keynésienne est donc par certains aspects plus proche de la
nouvelle économie classique et par certains autres plus proche de la macroéconomie keynésienne
traditionnelle:

- comme Keynes et contrairement aux nouveaux classiques, elle considère que la


monnaie n'est pas neutre;

- contrairement à Keynes et comme la nouvelle macroéconomie classique, elle


considère que les agents économiques sont rationnels;

- contrairement à Keynes et comme la nouvelle macroéconomie classique, elle


considère que le niveau de production est déterminé par la confrontation de l'offre et de la demande
sur les marchés ;

- contrairement à Keynes et comme la nouvelle macroéconomie classique, elle


considère que le niveau de l'emploi est déterminé par la confrontation de l'offre et de la demande de
travail sur le marché du travail;

- comme Keynes et contrairement aux nouveaux classiques, elle considère que le


chômage involontaire est possible;

- elle s'oppose moins systématiquement aux politiques conjoncturelles que la nouvelle


macroéconomie classique, mais ne les préconise pas autant que la macroéconomie keynésienne
traditionnelle.

Bien qu'il soit assez difficile de résumer les apports très hétérogènes des théoriciens
post-keynésiens, le socle commun de leur réflexion est sans doute celui de l'endogénéité de la
monnaie, conception par laquelle les banques créent de la monnaie à la demande et gèrent après
coup leurs problèmes de liquidité, ce qui revient à dire, comme l'exprime Marc Lavoie, que « les
prêts font les dépôts et les dépôts font les réserves ». La relation causale est donc inverse de celle
qui est implicite dans l'analyse monétariste : la « base monétaire» (ou monnaie centrale) s'adapte à
l'offre de crédit des banques qui dépend elle-même de la demande d'emprunts formulée par les
agents. Pour Basil Moore (auteur de Horizontalists and Verticalists, sorte de manuel d'économie
monétaire post-keynésienne), le taux de variation des salaires nominaux est la grandeur exogène
clé, à laquelle s'adaptent à la fois les prix et le stock de monnaie.

On peut dire que les théoriciens de l'école post-keynésienne adhèrent à une sorte de loi
de Say de la monnaie: toute monnaie est offerte parce qu'elle est demandée. Il ne peut donc pas y
avoir de monnaie non désirée, de monnaie excédentaire, et l'explication monétariste de l'inflation
(qui est, selon Friedman, « toujours et partout un phénomène monétaire» ) tombe.

Le processus d'équilibrage du marché de la monnaie est très différent selon les deux
conceptions. Pour les post-keynésiens, une demande accrue de monnaie sera, en général, satisfaite
par le système bancaire, à un taux d'intérêt déterminé par les autorités (d'où l'appellation d'«
horizontalisme », par référence à la forme de la fonction d'offre de monnaie, élastique au taux
d'intérêt décidé par les autorités monétaires). Selon les monétaristes, une demande accrue de
monnaie pourra ne pas être satisfaite par la banque centrale. Pour ces auteurs, si l'offre de monnaie
est unilatéralement relevée par la banque centrale, la dépense augmentera par le déversement des
encaisses excédentaires que détiendront les agents (la monnaie est considérée comme un stock: elle
fait l'objet de choix de portefeuille).

Peut-on dire que les deux écoles se distinguent par le fait qu'elles considèrent, pour
l'une, la monnaie en tant que stock et, pour l'autre, la monnaie en tant que flux?

La distinction monnaie stock-monnaie flux paraît en effet assez centrale comme critère
de distinction entre les deux approches. Pour les monétaristes, la monnaie est un actif, constituant
un stock dont le montant peut être ajusté selon le bon vouloir de la banque centrale. Chez les post-
keynésiens, chaque cycle de production nécessite un flux de nouveaux crédits: la monnaie ne peut
être introduite après que la production a eu lieu (comme le font les monétaristes), puisque la
création de monnaie est en relation avec le processus de production lui-même. Les emprunteurs
forment le facteur causal de la création monétaire.

La macroéconomie est profondément renouvelée depuis les années 1980. On peut


même se d~mander si les conceptions de Milton Friedman ne sont pas plus proches de celles des
nouveaux keynésiens que de celles des nouveaux classiques de l'école du cycle économique réel. Et
par de nombreux points (chômage naturel, réticence vis-à-vis des interventions de l'Etat, rationalité
des agents économiques ... ), les nouveaux économistes keynésiens sont plus voisins de Milton
Friedman que de Keynes. L'unité de la macroéconomie a disparu. Les conceptions
macroéconomiques sont maintenant très diverses :

Rationalité Détermination Détermination Neutralité Possibilité


Lien avec la micro- Politiqu
des agents du niveau de du niveau de de la de chômage
économie conjonctur
économiques la production l'emploi monnaie involontaire

En fonction du
En fonction de
Macro- Pas niveau
la
économie Pas de lien d'hypothèse de Non Oui Utile
demande
keynésienne de rationalité la
effective
production
Nouvelle Rational ité Confrontation Oui Non Inutile
Se fonde sur la Sur le marché
macro- au d'une demande
globale
et
sens
d'une
économie fort
m icroéconom le offre du travail
classique (anticipations
globale sur
rationnelles)
le
marché

Confrontation
d'une demande
globale
Nouvelle Se fonde sur la Rational ité
et Sur le marche A mettre en œuvre
macro- mlcro- au sens faible Non Oui
d'une du travail avec précaution.
économie économie (utilitarisme)
offre
globale sur le
marché

Section 4. L'école du «Public Choice» et l'économie de la bureaucratie

L'école du « Public Choice » a été fondée dès le début des années 1960 par Jame~
Buchanan (prix Nobel en 1986), Gordon Tullock et quelques autres auteurs de l'école d( Virginie.
Alors que l'économie du bien-être met en exergue un État impmiial, dont l'interventior est
nécessaire au nom de l'intérêt général pour pallier les lacunes du marché, l'école du « PublÙ Choice
» élargit le paradigme de l'homo oeconomicus au champ de l'activité politique; ellt considère que les
politiciens, dépourvus de toute propension à l'altruisme ou à la philanthropie ont pour objectif
principal de dériver la plus grande satisfaction de la fonction qu'ils occupent e qu'à ce titre leurs
décisions sont essentiellement destinées à assurer leur réélection Naturellement, ils déploient un
maximum d'efforts pour justifier leurs décisions au nom dl J'intérêt collectif.

L'économie de la bureaucratie est une conception qui tend à prolonger l'analyse du <
Public Choice » (concernant les relations entre les élus et leurs administrés) aux relations entrl
/t

102

les élus ( ou décideurs) et les administrations (gérées par des managers publics souvent
qualifiés de « bureau/crates ») qu'ils contrôlent et qui disposent du monopole de la production des
services publics. La première analyse de ce type est proposée, à la fin des années 1960, par
l'économiste américain Niskanen.

Cette thèse considère que les décideurs sont en situation d'asymétrie d'information car ils
ignorent les coûts de production des services; il leur est donc impossible de contrôler le comportement
d'offre des managers. Ces derniers, de leur côté, cherchent à maximiser l' enveloppe budgétaire dont ils
peuvent disposer puisque leur pouvoir ou leur prestige en dépend. Les conclusions sont que le
monopole public, qui ne peut être efficacement contrôlé, conduit à une surproduction ou/et à une
production inefficiente. En conséquence, le meilleur moyen pour améliorer l'efficacité de la +6
production de ces services consiste à la privatiser.

CONCLUSION

Ce cours s'est intéressé à l'analyse des phénomènes économiques globaux, les agrégats
économiques et leur interdépendance. Il existe entre eux des relations de type comptable mais aussi des
lIaisons sous forme de modèle pour expliquer les phénomènes économiques globaux. Beaucoup des
concepts et analyses sont liés à l'approche keynésienne. L'analyse macro-économique explique l'état
d'une économie et peut être utile pour la politique économique en vue d'atteindre les objectifs
économiques fondamentaux: stabilité des prix, plein emploi et croissance économique.

Vous aimerez peut-être aussi