MACROECONOMIE
MACROECONOMIE
NOTES DE COURS
Omer KAMBALE MIREMBE professeur associé Jean Louis MUHINDO
NGANGISA
INTRODUCTION
La macroéconomie comme branche des sciences économiques, renvoie à deux
éléments complémentaires :
- les relations qu’il est possible d’établir entre ces variables agrégées, comme la
demande effective et le niveau de l’emploi.
1
conduisit à une séparation des deux domaines. La microéconomie se spécialisait alors sur les
problèmes d'allocation des ressources par le moyen des prix relatifs, alors que la
macroéconomie étudiait la production globale et le niveau des prix.
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Celle-ci fournit des mesures quantitatives de la totalité de l'activité d'une nation au cours d'une
période. La comptabilité nationale agrège ainsi les données des agents économiques. La macro-
économie cherche à répondre à plusieurs questions, notamment:
- Pourquoi les revenus sont-ils plus élevés aujourd'hui qu'à une période antérieure?
- Pourquoi certains pays ont-ils des taux d'inflation élevés alors que d'autres réussissent à
maintenir stable le niveau de leurs prix?
- Quelles sont les causes de récession et de dépression qui caractérisent des phases de baisse de
revenu et de l'emploi?
- Comment les populations peuvent-elles influencer l'état de l'économie?
- Quelles politiques l'État peut-il mettre en œuvre compte tenu de l'état de l'économie?
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Bibliographie sommaire
ABRAHAM-FROIS G., & LARBRE F., La macroéconomie après Lucas, Economica, Paris,
1998
ABRAHAM-FROIS G., Keynes et la macroéconomie contemporaine, Economica, Paris, 1993
BAILLY J.-L., Macroéconomie, Bréal, 1999
BARRERE A., Macroéconomie keynésienne, Dunod, Paris, 1990
BEGG D. et al., Macroéconomie, McGraw-Hill, paris, 1989
BERTONECHE M., et TEULIE J., Théorie macroéconomique : textes fondamentaux, PUF,
Paris, 1977
CLAASSEN E., Macroéconomie, Dunod, Paris, 1981
DEVOLUY M., Théories macroéconomiques, Armand Colin, 1998
GREFFE X., Politique économique, Economica, Paris, 1992
KEYNES J.M., La théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, Payot,
Paris,1969
VILLIEU P., Macroéconomie, consommation et épargne, La découverte, Repères n° 215, 1997
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Chapitre premier
MACROECONOMIE ET COMPTABILITE NATIONALE
Introduction
- Cadre spatial: elle s'intéresse aux phénomènes économiques qui concernent une
économie nationale donnée.
- Cadre temporel: elle est une comptabilité d'exercices qui analyse les opérations
économiques réalisées au cours de chaque année.
- Cadre comptable: la comptabilité nationale décrit le fonctionnement annuel d
circuit économique national sous forme d'enregistrement dans un ensemble
structuré dé comptes.
§.1. L'inflation
L'inflation c'est la hausse généralisée du niveau des prix. Au sens strict il y inflation
lorsque le niveau général des prix augmente de façon auto entretenue. L'inflation s traduit
notamment par la hausse de l'indice du coût de la vie. Cependant, il faut que cette hausse dure.
Elle peut être relativement importante.
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l'augmentation en pourcentage des niveaux moyens des prix des biens et services. La mesure
de l'inflation es un taux de croissance annuelle, en pourcentage, de l'indice des prix de détail et
des prix à 1; consommation.
Pour étudier l'inflation, on se sert des indices. Ils permettent de mesurer l'évolution
des prix d'une période courante par rapport à une période de référence.
- D'autres expliquent l'inflation par l'offre: la hausse des prix est expliquée par une
augmentation des coûts de production dont les causes peuvent être complexes. L'inflation est
alors poussée par les coûts (cost push) par exemple hausse des prix pétroliers, hausse du taux
de change pour une économie ouverte ...
§ 2. Le chômage
Il est une situation de l'emploi national telle qu'il y a un nombre d'individus qui sont
demandeurs de travail mais qui sont dépourvus d'emplois. Il est mesuré par le taux de
chômage, c'est-à-dire le pourcentage de la population active en chômage. La macroéconomie se
pose des questions à propos du chômage: - Pourquoi le chômage augmente-t-il ? - Les
travailleurs s'excluent-ils eux -mêmes des emplois par des revendications salariales exagérées
7Un chômage élevé est-il nécessaire pour contenir l'inflation ? L'Etat pourrait-il créer
davantage d’emplois ? Quelles sont les conditions du plein emploi ?
Toute économie se caractérise par l'efficacité avec laquelle elle utilise ses
ressources notamment la main-d'œuvre. A tout moment, toute personne en âge de travailler
peut se retrouver dans l'une des trois situations suivantes: « ayant un emploi »; « n'ayant pas
7
d'emploi », « ne souhaitant pas d'emploi ».
Les informations statistiques sur l’emploi et sur le chômage répondent à deux types
de préoccupations essentielles, l’une relative à l’appareil productif, l’autre aux travailleurs.
L’appareil productif a besoin de main-d’œuvre dont le niveau quantitatif et qualitatif est
fonction de plusieurs variables : conjoncture économique, technologie utilisée, durée du travail,
organisation du travail …Les ressources de main-d’œuvre varient selon la structure par âge de
la population, sa formation, l’âge de la retraite etc., selon l’importance de la demande des
entreprises, le niveau de l’investissement, le niveau de la consommation etc. L’ensemble des
offres d’emploi des entreprises et des demandes d’emploi des travailleurs constitue le marché
du travail.
La population active est constituée par les personnes en âge de travailler et désirant
travailler. La population totale comprend la population active et la population inactive. La
population active est composée des chômeurs et des personnes actives ayant un emploi. Le taux
de chômage mesure la part des citoyens souhaitant travailler mais qui ne trouvent pas d'emploi.
§ 3. Le produit et la croissance
On peut mesurer la production réalisée dans une économie au cours d'une période.
L'agrégat généralement utilisé est le PIE. Il mesure la valeur de tous les biens et
services finis produits à l'intérieur d'un pays pendant une période donnée (habituellement 1 an).
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En comparant une période à une autre de référence, si on observe une augmentation du PIE, on
parle de croissance économique. Elle est mesurée par le taux de croissance annuelle en
pourcentage.
Certaines questions sont soulevées par l'analyse macroéconomique: quels sont les
déterminants du niveau du PIE ?
Pourquoi la croissance est-elle plus vive dans certains pays que dans d'autres?
§ 4. La politique macroéconomique
Les décisions gouvernementales doivent être basées sur une analyse de la marche
de l'économie pour établir ainsi les priorités ou le jugement des valeurs. Ainsi, l'Etat peut lever
de~ impôts, engager des dépenses, réguler la masse monétaire, réglementer le taux d'intérêt et
le taux de change, fixer ?es objectifs pour la production, fixer les prix des secteurs nationalisés,
etc.
§ 1. Le circuit économique
De façon simplifiée, on peut considérer les interactions entre les ménages et les
entreprises sur base des transactions entre ces agents :
MENAGES ENTREPRISES
Possèdent les facteurs de production qu'ils offrent Utilisent les facteurs de production offerts par
aux entreprises les ménages pour produire des biens et services
Reçoivent les revenus des entreprises en échange Rémunèrent les ménages en contrepartie de
de la fourniture des facteurs de production l'utilisation des facteurs de production
Biens et services
MENAGES ENTREPRISES
Facteurs de production
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Ce schéma suggère trois façons de mesurer le niveau de l'activité économique dans
une économie. On peut mesurer la valeur des biens et services produits, le niveau des revenus
des facteurs de production qui représentent la valeur des services des facteurs offerts. On peut
enfin évaluer le montant des dépenses consacrées à l'achat des biens et services. Comme tous
les paiements constituent la contrepartie des transferts des ressources réelles (flux réel) et
comme il est supposé que tous les paiements (revenu) sont réutilisés pour acheter des
ressources réelles, on obtient nécessairement la même évaluation de l'activité économique
totale en mesurant la valeur de la production, les niveaux de revenus des facteurs ou la
demande des biens et services (dépenses). Les revenus des facteurs sont nécessairement égaux
aux dépenses des ménages puis qu'il est supposé que tout le revenu est dépensé. La valeur de la
production ou du produit est nécessairement égale au total des dépenses consacrées aux biens
et services puisqu'il est supposé que tous les biens et services sont vendus. Ce modèle reste
simple. En effet que se passe-t-il si les entreprises ne vendent pas toute leur production? Que se
passe-t-il si elles vendent leur production non pas aux ménages mais à d'autres entreprises?
Que se passe-t-il si les ménages ne dépensent pas la totalité de leurs revenus ?
Une diminution des ventes des biens et services conduit les entreprises à contracter
le niveau de leur production, à réduire leur utilisation des facteurs; il y a chômage de la main
d'œuvre et une sous-utilisation des autres facteurs tels que les machines. Le revenu des
ménages baisse, ce qui les conduit à réduire leur demande. Il y a ainsi de nouvelles diminutions
de la production et de l'utilisation des facteurs. On peut donc se demander jusqu'où ira ce
processus ou si l'économie dans son ensemble dispose d'un mécanisme qui rétablit
automatiquement le plein emploi.
On peut également chercher à savoir ce qui se passe quand les ménages veulent
dépenser plus que la valeur des biens produits.
Ce circuit économique simple montre qu'il y a des interactions qui ont une
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importance majeure dans l'étude de l'ensemble de l'économie. Certes ce schéma simplifié ne
prend pas en compte d'autres caractéristiques importantes de l'économie: l'épargne et
l'investissement, les dépenses publiques et les impôts, les transactions entre entreprises et avec
le reste du monde. Un système complet de comptabilité nationale intègre toutes ces
dimensions.
§ 2. Mesurer le PIB
Le P.I.B. mesure la valeur de tous les biens et services produits à l'intérieur d'un
pays pendant une période donnée. Le P.I.B. est un ensemble de production réalisée par des
agents économiques, pourvu que cette production soit réalisée à l'intérieur du territoire national
au cours d'une période. Pour éviter de compter doublement les productions réalisées, le P.I.B.
additionne les valeurs ajoutées, c'est-à-dire l'augmentation des valeurs des biens qui résulte du
processus de production.
Le PNB est égal à la somme du P.I.B, des revenus (salaires, dividendes, intérêt,
loyer) reçus du reste du monde de laquelle on déduit les revenus versés au reste du monde. Le
P.N.B considère le critère de nationalité. Le P.N.B net représente le PNB duquel on déduit
l'amortissement. Par amortissement on considère ici la mesure de la perte annuelle de la valeur
du capital fixe. Il constitue un coût parce que le maintient de la capacité de production exige
que des ressources soient affectées au remplacement de la partie amortie du capital.
2. Le revenu national
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- Revenus des entrepreneurs individuels, revenus des indépendants et
des professions libérales.
Le membre de droite de l'identité (5) est l'évaluation du PIB par la demande finale
par le produit net, chacun étant mesuré au coût des facteurs. Le membre de gauche de (5) et
l’évaluation du PIB au coût des facteurs mesuré par le revenu. Par l’intermédiaire de la
rémunération des facteurs de production et des profits, les entreprises payent aux ménages la
valeur exacte du produit net mesuré aux prix qu’elles reçoivent réellement, c’est-à-dire nets des
impôts indirects. Ainsi, les évaluations du PIB au coût des facteurs par le produit, la demande
et le revenu sont toutes trois égales.
L'identité (5) indique pourquoi on ne doit pas inclure les impôts directs Id ou les
transferts F dans l'évaluation du PIB fondée sur le revenu. Ils ne correspondent pas à une
production réelle. Pour un niveau donné du produit et de la demande, les impôts directs et les
transferts ne font que modifier la façon dont le revenu total est partagé entre les différents
ménages. Ils n'influent pas sur le revenu total lui-même. Des taux d'imposition plus élevés
augmentent la valeur du PIB au prix du marché. La valeur du produit n'est donc pas due à un
effort productif mais à un accroissement de l'imposition.
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Le transfert constitue une composante du revenu disponible. Les revenus des
ménages Y sont complétés par les transferts F, diminués des impôts directs Td. Le revenu
disponible au coût des facteurs est la somme des revenus des ménages après impôts directs et
des transferts.
S = Y-C
S=(Y+F-Td)-C(6)
L'identité (6) implique que le PIB au coût des facteurs est donné par:
y = C + S-F +Td
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monde, dans l'hypothèse d'une économie ouverte qui échange avec les autres pays.
Les ménages, les entreprises et l'Etat peuvent acheter des importations (M) ; les
importations sont des biens produits à l'étranger mais achetés en vue d'une utilisation dans
l'économie nationale. Elles ne font pas partie du produit intérieur et ne figurent pas dans
l'évaluation du PŒ fondé sur la production du pays. Mais les importations figurent dans la
demande finale. Les exportations sont les biens produits à l'intérieur du pays mais vendus à
l'étranger. Elles représentent une partie de la production du pays bien qu'elles soient destinées à
une consommation extérieure.
Les importations représentent une fuite d'argent hors du circuit de paiement et les
exportations constituent une injection d'argent dans ce circuit. En combinant les relations (8),
(6) et (7a), on a :
En économie ouverte
(G+F - Td- Tb) représente le solde des ressources et des dépenses de l'État; si les
dépenses excèdent les ressources, c'est une situation de déficit du secteur public.
L'excédent du secteur privé doit être équilibré par le déficit budgétaire de l'Etat et le
déficit commercial extérieur (9b).
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Par cette approche, le PIB est la valeur monétaire de l'ensemble des biens et
services produits dans une économie pendant une période donnée. Comme ce produit est
évalué au prix du marché, pour éviter de créer le double emploi
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, on additionne les valeurs ajoutées par stade de production des biens et services.
L'addition des valeurs ajoutées dans toutes les entreprises et tous les secteurs de l'économie
conduit à estimer le PIB. Cependant les prix auxquels s'échangent les produits sur le marché
comprennent les taxes indirectes prélevées par l'Etat sur les transactions.
Le revenu national est la valeur monétaire de l'ensemble des gains provenant soit de
l'activité économique, soit du placement de certains biens de valeur pendant une période
donnée. Il s'agit des rétributions qui reviennent aux ménages, aux entreprises et à l'Etat.
L'ensemble de ces revenus est égal au PIB déduit des revenus des facteurs reçus du reste du
monde net de ceux versés au reste du monde. On en déduit également les impôts liés à la
production et à l'importation.
- FBCF = 150,188
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b) Calcules le PIB sous l'angle des dépenses
Résolution
b) PIB = C+G+I+(X-M)
Remarque
Bien que le PIB soit le meilleur indicateur pour mesurer l'activité économique d’un
pays il n'est pas parfait parce qu'il ne tient pas compte de toutes les activités économiques. Dans
le calcul du PIB, on tient compte de toutes les activités économiques et de tous les revenu
déclarés au gouvernement. Les activités non déclarées ne sont donc pas comptabilisées. Par les
activités omises, on peut citer: l'autoconsommation, le travail bénévole, les activités légale
l'économie informelle, les travaux managers, ...
Le PIB présente une limite comme critère de comparaison des pays. En 1990, le
PIE (l'Inde était de 900 milliards de $ et celui du Canada de 57 milliards. On peut en conclure
sm autre analyse que l'Inde était alors plus riche que le canada.
Le PIB ne permettant pas non plus de mesurer le bien être de la population, le type
de production influe sur la qualité de vie de la population. Le pays produit-il des armes ou dé
biens de consommation, les activités productives sont-elles polluantes ou réalisées dans le
respect de l'environnement? le PIB ne donne pas des indications là dessus. En plus, un PI
important peut masquer des situations d'inégalités au sein de la population.
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Chapitre deuxième
Il s'agit de la demande globale que les entreprises anticipent, dont le niveau leur
permettrait de récupérer, par leurs recettes, le montant des coûts qu'elles ont engagés lors de la
production ainsi qu'un profit suffisant.
Une fois cette demande définie, les entreprises mettent en oeuvre la production.
Selon Keynes, rien ne permet de penser que cette embauche mobilisera toutes les
ressources humaines disponibles; il restera donc des « orphelins» sur le marché du travail, des
chômeurs « involontaires », c'est-à-dire des agents désireux de travailler au taux de salaire
courant mais ne trouvant pas d'emploi.
Son analyse du marché du travail est également différente de celle des économistes
classiques: selon lui, les travailleurs déterminent leur offre de travail en fonction du taux de
salaire nominal (et non du salaire réel) et refusent de travailler à des salaires nominaux réduits.
En revanche, ils acceptent des baisses de salaires réels qui découlent des hausses de prix.
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En l'absence de l'Etat et de l'étranger, la demande peut émaner des ménages
(demande des biens et services) et des entreprises (demande d'investissement).
Section 1 : La consommation
§ 1. Déterminants de la consommation
Généralement, plus important est le niveau de revenu, plus élevée est la dépense
biens de consommation.
C= f(Y)
Avec C = la consommation
1. Explication keynésienne
Cependant, il existe une consommation autonome qui n'est pas liée au niveau c
revenu. La fonction de consommation de comte période s'écrit donc:
C = cY +Co
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c = proportion du revenu affecté à la consommation
(propension marginale consommer).
C
c
Y
Les biens ont non seulement une utilité fonctionnelle mais aussi une utilité indirecte
(la dimension sociale du modèle de consommation).
C = clY + C2Ymp
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CI et C2 = propension à consommer (pour chaque niveau de revenu)
Il s'agit d'une notion que Milton Friedman a introduite en 1957 à propos des
déterminants de la consommation globale. Alors que Keynes relie la consommation au revenu
courant, Friedman considère que les agents décident du montant de leur consommation en
fonction du niveau de revenu qu'ils peuvent espérer, en moyenne, sur la longue période. Ce
revenu qualifié de « permanent » est exempt des éléments transitoires ou exceptionnels qui
peuvent, à la hausse ou à la baisse, affecter le revenu courant. Le revenu permanent correspond
donc à la valeur actualisée de la richesse de l'individu; il est le revenu que l'agent peut
consommer en laissant intacte sa richesse. Les études empiriques conduites par Friedman
23
sur la longue période corroborent son hypothèse, la fonction de consommation étant,
selon lui, purement linéaire.
Le concept de revenu permanent est également utilisé par Friedman pour expliquer la
fonction de demande de monnaie et les effets de la politique monétaire.
Le revenu transitoire Ytr est aléatoire. Il s'ajoute au revenu permanent. Il peut être
constitué d'éléments positifs (bénéfice non prévu, heures supplémentaires) ou d'élément négatifs
(réduction d'activités au-dessous de l'horaire normal).
Pour Friedman, il n'existe pas de relation stricte entre Yp et Ytr, Cp et Ctr, Ytr et C
mais il existe une relation stable entre Yp et Cp : Cp = c. Yp
En longue période, on suppose que les gains imprévus viennent compenser les pel1
inattendues des revenus; par la suite les éléments transitoires positifs et négatifs du revenu
s'annulent. Le revenu est donc limité au revenu permanent. Une variation de revenu effectif r
peut modifier Cp que si elle conduit les agents économiques à réviser leur estimation de Yp e
intégrant les modifications de leur revenu effectif dans ce qu'ils estiment être leur niveau de vie
Le comportement réel des consommations serait différent selon les phases de la v des
individus car le profil de revenu varie en fonction de trois grands âges de la vie. Le cycle trois
phases :
L'hypothèse du cycle de vie suppose que durant son existence l'agent individu
aménage ses plans de consommation en fonction de ses flux des revenus anticipés. 1
consommation courante est dépendante à la fois de la tranche d'âge(a) à laquelle appartient
a a a
l'agent individuel et de son revenu ou richesse du moment (R): C t b .Rt
C = f(Y).
PmC =
La PmC est la fraction de chaque unité monétaire de revenu supplémentaire que l
ménage souhaite consacrer à un accroissement de la consommation. Généralement cette
propension décroît au fur et à mesure que s'accroît le revenu. A chaque nouvelle augmentation
du revenu, la fraction consommée de cette augmentation diminue. Cette hypothèse traduit l'idée
que plus le niveau du revenu global dans un pays est élevé, moins importante est la fraction d
tout supplément de revenu qu'il consacre à la consommation.
Exemple
C' = 0,9-0,004Y
y C PmC
0 100 0,9
100 170 0,5
200 200 0,1
300 190 -0,3
400 140 -0,7
500 50 -1,1
600 -80 -1,5
700 -250 -4,9
§ 3. Structure de la consommation
bi = Ci/C x 100
La structure de consommation des ménages peut être différente selon les pays.
l'intérieur même d'un pays la structure de consommation peut évoluer avec le temps. Ernst Engel
(en 1857) a établi une distinction des dépenses selon l'évolution du revenu (les lois d'Engel) :
- Les dépenses alimentaires augmentent moins rapidement que le revenu,
- Les dépenses de logement et d'habillement suivent le rythme d'accroissement du
revenu;
- Les dépenses diverses (culture, santé, transport, loisirs ...) augmentent à un rythme
plus élevé que le rythme du revenu.
Chacune de ces lois traduit une sensibilité d'un type des dépenses à l'accroissement
du revenu. Nous avons défini la propension marginale à consommer comme la variation de la
consommation suite à celle du revenu.
C/Y indique la proportion de l'accroissement supplémentaire de revenu qui sera
consacrée à la consommation.
On définit la propension moyenne à consommer (PMC) comme la part du revenu
global qui, au cours d'une période, est affectée à la consommation par une collectivité. La PMC
diminue lorsque le revenu s'accroît;
C
PMC =
Y
La sensibilité de la consommation par rapport au revenu peut se résumer par le
coefficient d'élasticité-revenu
Cette élasticité est généralement positive, rares sont les biens à élasticité négative.
Elle correspondrait aux biens dont la consommation baisse lorsque le niveau de vie
s'accroît. Normalement toute augmentation du revenu suscite un accroissement de la
consommation.
L'élasticité du revenu montre que les diverses consommations réagissent
différemment aux variations de revenu. L'évolution de la structure de consommation est liée à 2
variables principales:
- l'évolution du revenu global et
- l'évolution des prix.
Ex. : Dans un pays les experts du ministère de l'économie prévoient pour l'année
suivante un accroissement de revenu disponible de 3%. Si l'élasticité de la consommation par
rapport au revenu est de 0,4, quelle sera la variation de la consommation?
Résolution
1 = K avec 1 = investissement
K = capital physique
Fondamentalement, comme déterminant de l'investissement, on peut citer les
anticipations des entrepreneurs, leur esprit d'initiative, leurs attentes ...
L'investissement global peut être considéré comme une fonction du taux d'intérêt et
du revenu. L'investissement est une fonction décroissante du taux d'intérêt sur le marché
financier.
I = f(i)
I=f(i)
Il existe d'autres facteurs qui peuvent déterminer les décisions d'investir. D, l'analyse
Keynésienne, on considère l'investissement global comme donné. 1 = 10, inélastique
(analytiquement, il existe plusieurs constructions des fonctions macroéconomiques
d'investissement. KEYNES a distingué la décision d'épargner de celle d'investir. Au niveau
( agents, ce sont les ménages qui prennent les décisions d'épargner et ce sont les entreprises 1
prennent les décisions d'investir. Au niveau des mobiles, on peut épargner par précaution,
transaction, spéculation; on investit en vue de renouveler le matériel, de moderniser
l'équipement, de conquérir le marché, de mettre en œuvre les nouveaux produits, ... Il y a l
indépendance entre les décisions individuelles d'épargner et les décisions individuel d'investir.
Ainsi le montant que les entreprises veulent investir ne correspondra pas nécessairement au
montant de l'épargne que les ménages sont prêts à mettre à leur disposition pour financer
l'investissement.
Ceci ne veut pas dire que l’investissement n’a pas d’incidence sur le volume des capacités de
production ou sur l'incorporation du progrès technique dans les entreprises. Bien au contraire.
Mais on aborde là des considérations de long terme alors que Keynes procédait à une analyse de
court terme: à long terme, disait-il par boutade, nous serons tous morts.
Notons encore que l'EMC peut être non seulement très basse mais qu'elle est aussi
très instable, car l'état de psychologie collective est très volatil. Dans des articles postérieurs à la
Théorie générale, Keynes insiste encore plus largement sur le fait que l'incertitude de la vie
économique voue l'investissement à fluctuer selon l'état d'esprit des milieux d'affaires. Dans ces
conditions, on comprend que l'intervention de l'État puisse jouer un rôle régulateur.
Section 4 : Le multiplicateur
Introduction
Le multiplicateur est un coefficient d'une variable exogène dans la forme réduite d'un
modèle économique dont les équations sont linéaires. On utilise le terme multiplicateur parce
que toute variation d'une variable exogène engendre une variation de la variable endogène égale
à celle de l'exogène multiplié par le coefficient qui affecte celle-ci. X = ky.
Keynes a montré comment dans une économie où il n'y a pas plein emploi des
ressources, une variation « autonome» ou « exogène» de la demande peut provoquer une
variation plus importante du revenu national. Le multiplicateur keynésien donne le rapport entre
ces deux variations.
or C = c Y + Co et I = Io Y-cY=Co+Io
Y=cY + Co+ I0 (1-c) Y = Co +Io
Dans la vie privée des ménages, on considère en général que l'épargne est une qualité
alors que la dépense, dès lors qu'elle est excessive, conduit à la banqueroute.
OG=DG Y=C+I
Or C = c Y + Co et 1 = 10
Y = cY + Co + 10
(1-c)Y = Co + Io
Co Io
Y (1)
1 c
Y-cY = Co + I0 + Io
Co Io Io
Y (2)
1 c
Co Io Io Co Io
Y
1 c 1 c
Co Io Io Co Io
Y
1 c 1 c 1 c
Io 1
Y Y Io
1 c 1 c
Y 1
K
Io 1 c
Y 1
K (le multiplicateur)
Io 1 c
Plus la propension marginale à consommer est forte et plus les ondes de revenus
successifs sont élevées. Il est donc logique que le multiplicateur soit d'autant plus élevé que
coefficient « c » est important.
Exemple
1) soit une économie bipolaire dont le revenu global est de 7600 millions de $ et dont
les propensions moyenne et marginale à consommer sont respectivement de 0,94 et 0,7. Des
investissements autonomes de 300 millions sont réalisés. Quel est l'impact sur le revenu global
Résolution
c = PmC
1 1 1 10
K=
1 c 1 0,7 0,3 3
Y 120.10 6
k k 2 PmC = c
Io 60.10 6
1 1
Or k 2 2 2c 1 2c 1
1 c 1 c
1
c PmC
2
Le multiplicateur est l'inverse de la PmE. Il sera d'autant plus élevé que la PmE est
faible. L'accroissement du revenu résultant d'un accroissement de l'investissement est d'autant
plus élevé que le PmE est moindre. L’investissement constitue donc un facteur de croissance du
fait de l'effet de multiplication qui en fait le moteur de capacité d'emploi. Tout investissement
additionnel impulse 2 types des dépenses:
- L'achat des biens et services et
- L'appel à une quantité additionnelle des facteurs de production.
Remarque
Les analyses qui font appel au multiplicateur keynésien attirent l'attention sur les
liens qui existent entre les variations autonomes de l'investissement ou de toute autre dépense et
celles du revenu d'équilibre de l'économie. KEYNES a voulu montrer l'importance des dépenses
autonomes dans la détermination du niveau d'emploi. Face au chômage (après la dépression de
1929), Keynes voyait dans l'effet multiplicateur de dépenses une justification de l'intervention de
l'Etat pour stimuler l'économie. L'effet multiplicateur peut cependant aussi jouer lorsqu'il y a
plein emploi puisque l'égalité Y=C+I+G est valable quelle que soit la situation de l'emploi.
Cependant comme les grandeurs C, 1 et G sont nominales, toute augmentation de la dépense
autonome va se répercuter sur le niveau de prix.
Pour Keynes, la demande globale peut être inférieure à l'offre. Des injections peuvent
être nécessaires pour compenser des fuites dans le circuit économique. Une action sur la
demande peut favoriser l'emploi. Rappelons que la demande globale est la somme des dépenses
pour tout niveau de revenu.
Y=C+I
Dans le modèle simplifié, revenu national et PIB sont égaux. Il y a donc équilibre si
l'offre globale (Y) est égale à la demande globale (C + 1). Pour que l'économie atteigne
l'équilibre, il faut que tout le revenu national soit affecté à l'achat de toute la production nationale
(biens de consommation et biens durables). En d'autres termes le PIB sous l'angle de revenu est
égal au PIB sous l'angle des dépenses.
Si à toute valeur du revenu correspond la même valeur en dépense, l'offre globale est représentée
par une droite formant avec l'axe des abscisses un angle de 45°. Le point d'équilibre est défini par
le point de rencontre de la courbe de demande globale et de la droite de 45°. Il s'agit d'une
représentation de l'équilibre du marché des produits faite par l'économiste américain Samuelson.
Le graphique représente, sur l'axe des abscisses, l'offre globale ( ou, identiquement, le revenu
national qui en est l'expression monétaire) et, sur l'axe des ordonnées, la demande globale (soit C
+I, en économie fermée). La ligne à 45° représente le lieu des points d'équilibre, puisque, par
construction, sur chacun des points de cette ligne, l'offre égale la demande globale.
Le revenu dégagé par l'activité de production est alors égal à l'ensemble des dépenses
projetées par les consommateurs et les investisseurs. Pour des niveaux de revenu plus élevés,
l'offre globale excéderait la demande globale et les entreprises seraient amenées à réduire leur
production; pour des niveaux plus faibles, l'offre étant inférieure à la demande globale, le firmes
développeraient davantage leur production.
Dépenses
OG
OG : offre globale=Y
DG DG : demande globale
Ye = revenu d’équilibre
de
de = dépense
Ye Revenus
Si DG < OG, les entrepreneurs ont des stocks, la de demande intérieure ne peut
absorbe toute la production.
Cependant, on sait que les agents économiques ne dépassent pas 100 % de leu
revenu. Une partie est affectée à l'épargne, une autre au paiement des taxes et à l'achat de
produits d'importation. Ce sont des fuites qui réduisent la demande globale DG.
Y = c(Y-To+Fo)+C0+I0+G0
Y = cY-cT0+cF0+C0+I0+G0
Y-cY = -cT0+cF0+C0+G0
(1-c)Y = -cT0+cF0+C0+I0+G0
C 0 c(T0 F0 ) I 0 G0
Y
1 c
Y=C+S+F-T
où Y = C + S + T* avec T* = impôts nets de transferts.
Comme Y = C + 1 + G Y= C + S +T*
C + 1 + G = C + S + T*
La condition d'équilibre : 1 + G = S + T*
=> G - T* = S - 1
Dans les deux cas, le processus de contraction ou d'expansion du revenu global: met
progressivement en place jusqu'au rétablissement de l'équilibre au niveau Ye.
X = Xo
M = mY+M0
M
Avec m la progression marginale à importer m
Y
Y=C+I+X+M
Y = cY + C0 + I0 + X0 – mY – M0
Y = cY + mY = C0 + I0 + X0 – M0
Y(1- c + m) = C0 + I0 + X0 – M0
Co Io Xo Mo
Y= (égalisation à l'équilibre).
1 c m
Le revenu global Y est déterminé par la PmC, la PmM et les différentes composantes
de la demande globale (C0, I0, X0 et M0).
Si, pour le revenu de plein emploi, la demande globale est supérieure à l'offre
globale, les entreprises ne peuvent, par hypothèse, accroître le volume de leur production et
l'ajustement de l'offre globale à la demande globale risque de s'effectuer par une hausse des prix 1
on parle parfois d' « inflation par la demande» ). L'écart inflationniste correspond à cet excès de
demande globale que les pouvoirs publics doivent amputer (par exemple, par l'impôt) de manière
à annihiler les tensions inflationnistes.
L'écart entre l'offre globale et la demande globale au niveau du revenu global (plein
emploi est un écart déflationniste. Il représente la quantité dont il faudrait accroître demande
générale afin que le niveau d'équilibre du revenu national se confonde avec le niveau de plein
emploi. Pour passer du revenu global au revenu de plein emploi, Keynes montre le rôle de
l'investissement dans le modèle à deux agents Y = kI.
Dans le modèle à trois agents, il montre l'importance des rôles des dépenses
publiques.
Si nous considérons un point tel que S, il Y correspond une valeur du revenu national
y s. Si le prix Px et Py sont les mêmes pour toutes les quantités produites, alors Ys est
nécessairement < à Yp puisque le point S comporte moins de quantité des biens X et Y. Comme
le point S est un point de sous emploi, le revenu Ys qui y correspond est un revenu national de
sous emplois. On peut faire le même raisonnement pour le point V. De la même manière qu'il es'
impossible pour une économie de se situer au-delà de la courbe de possibilité de production, on
ne peut aller au-delà de Yp, revenu national de plein emploi. Les états de sous emploi
apparaissent comme des valeurs du revenu national < à Yp. L'économie ne fournit pas tout ce
qu'elle pourrait fournir.
Le revenu national d'équilibre est un point sur l'axe de revenu. Mais le fait qu'il soit
un niveau d'équilibre, permet-il de préciser s'il correspond à un niveau sur ou en deçà de la
courbe des possibilités de l’économie ? C’est une des questions fondamentales à laquelle les
réponses sont divergentes. Selon les classiques, les forces naturelles du marché conduisent
toujours à un produit national d'équilibre situé sur la courbe de possibilité de production.
Dans la théorie keynésienne, c'est donc la position de la demande globale qui joue le
rôle clé. Cette demande dépend des comportements des dépenses des consommateurs, des
investisseurs privés et du secteur public. La théorie keynésienne suggère de rechercher dans ces
comportements l'explication des situations de sous-emploi ou de plein emploi.
Exercice
Déterminez le PIB :
Dans l'économie de marché, n'importe quel agent peut prendre l'initiative d'offrir
n'importe quel bien et service. L'offre de monnaie nécessite que l'offreur inspire confiance. Le
trésor public, la banque centrale et les banques de dépôts sont les principaux agents économiques
qui offrent de la monnaie.
Les banques font appel à l'épargne des ménages. La monnaie en tant que liquidité est
demandée pour ses différentes fonctions. La demande de monnaie au cours d'une période est le
montant des sommes acquises pendant cette période qu'un agent économique choisit de
conserver sous forme liquide. KEYNES identifie deux facteurs de la demande de monnaie: d'une
part, le taux d'intérêt et d'autre part le revenu. La demande de monnaie est une fonction
décroissante du taux d'intérêt.
Plus l'offre de monnaie est abondante et plus le taux d'intérêt sera bas (à moins que
l'on soit dans la zone de trappe à liquidités où la demande de monnaie est infiniment élastique),
ce qui stimule (en principe) l'investissement et donc le revenu par le biais du mécanisme de
multiplicateur d'investissement.
Keynes pense que, lorsque le taux d'intérêt est très bas, la demande d'encaisse
spéculative formulée par les agents devient « virtuellement absolue» ; ceci s'explique par le fait
que, lorsque l'économie est plongée dans une profonde dépression, la modestie du taux d'intérêt
ne compense pas le risque inhérent à la détention d'obligations (le risque de moins-value en
capital est très élevé car, les taux d'intérêt étant très bas, le cours des obligations est très élevé)
En conséquence, toute injection de monnaie nouvelle tomberait, selon l'expression d
Robertson, dans une « trappe à liquidités », c'est-à-dire qu'elle serait thésaurisée et ne servira pas
à financer des transactions. La politique d'expansion monétaire ne parviendra pas alors faire
baisser le taux d'intérêt et restera sans effet sur l'investissement, donc sur la demande globale:
elle est totalement inefficace (on retrouve cette conclusion en raisonnant sur le schéma IS-LM).
Le taux d'intérêt est donc un phénomène monétaire qui agit sur les variables réelles
(l'investissement, le revenu, l'emploi), ce qui montre que Keynes a abandonné l'approche
dichotomique au bénéfice d'une approche intégrée de l'économie : le taux d'intérêt est la variable
monétaire qui fait la relation avec les phénomènes réels.
L'analyse de la monnaie est importante étant donné que la monnaie exerce une
influence sur le déroulement du processus économique. La monnaie est soit gardée comme
moyen liquide, soit employée à l'achat des biens c'est-à-dire que les ménages et les entrepris~
s'en servent pour exprimer une demande globale. Qu'est-ce que les unités économique
consommatrices et productives font avec la monnaie qu'elles reçoivent ?
Cette encaisse servant à financer les transactions courantes peut être appelée encaisse
active. Ur quantité de monnaie est réservée aux événements imprévus (motif de précaution) ou
al] occasions favorables de faire profit (motif de spéculation). Dans ce cas, on peut parler d'ure
encaisse oisive.
Rappelons d'abord que l'impact de la monnaie sur l'économie réelle est lié pour la
théorie quantitative de la monnaie à l'équation d'échange d'Irving Fisher.
PIB normal
V= V.M2 = PIB nominal
M2
Comme V est une donnée stable selon les monétaristes, une variation de la quantité
de monnaie entraîne donc une variation du PIB nominal.
Résolution
La variation PIB = + 2000 $ (le PIB était de 7000 et a varié jusqu'à 9000).
Pour le savoir, il faut décomposer le PIB nominal (sa valeur est donnée par l produit
des quantités produites et les prix nominaux).
V.M2 = P.T.
Le PIB réel est obtenu en divisant le PIB nominal par l'indice des prix. Pour
reprendre l'exemple ci-haut.
7000
Soit P = 116,66 et le PIB nominal = 7000 PIB réel = 6000 soit x100 .
116,66
M .V . 4500.2
P 1,50
T 6000
M .V . 4500.2
T 7758,62
P 1,16
La monnaie déthésaurisée est utilisée pour supporter une demande supplément des
biens de consommation ou d'investissement; la demande globale augmente. Or augmentation de
la demande Globale mène à une valeur plus élevée du produit national, à élévation du revenu
national. L'augmentation de la demande Générale est possible si déthésaurisation a lieu.
Selon la loi de SAY, tout se passe comme si les biens s'échangent contre les biens car
la monnaie obtenue lors de la vente des biens est tôt ou tard dépensée contre l'achat d'autres
biens. Pour comprendre les mécanismes de l'économie, il n'est donc pas nécessaire d'intégrer
l'analyse monétaire. La monnaie n'a comme fonction principale que de combler l'absence du
synchronisme entre les recettes et les dépenses. Cette analyse est dichotomique au sens où elle
sépare l'économie en une sphère monétaire et en une sphère réelle.
Les relations entre les 2 sont déterminées par la loi de la théorie quantitative de la
monnaie en vertu de laquelle tout mouvement de la circulation monétaire provoque tôt ou tard
une variation proportionnelle du niveau général des prix. Si M est multiplié par un coefficient
positif Œ, le niveau général des prix P est multiplié par ce même coefficient. On suppose que V
est une grandeur donnée indépendant du niveau de M et que T se fixe au niveau de plein emploi
V
V P= M
T
Il existe donc un lien quantitatif entre la masse monétaire et le niveau général des
prix.
Lt = Lt(Y,i)
i = le taux d'intérêt
Lt
0 (quand Y augmente, Lt augmente)
Y
Lt
<0 (quand i augmente, Lt diminue)
Y
Si l'agent pense que le cours des obligations va baisser, il les vend, en raison du
risque de perte en capital, et conserve son épargne sous forme d'argent liquide; s'il pense au
contraire que ces cours vont monter, il achète des obligations et ne détient aucune encaisse
monétaire. Or, la probabilité que les cours baissent est d'autant plus élevée que ces titres ont déjà
un cours très élevé, ce qui est le cas quand les taux d'intérêt sont bas.
En conséquence, plus les taux d'intérêt sont bas, plus le risque de perte d'argent sur
les obligations est élevé et plus les agents préfèrent détenir des encaisses liquides. L'encaisse
spéculative est donc une fonction décroissante du taux d'intérêt, soit L2 = L2(i) avec L'2 < 0.
Les dépenses courantes sont récurrentes et prévisibles. Les agents économiques sont
confrontés aussi à des dépenses imprévues. Ils doivent donc détenir des encaisses d, précaution
pour ne pas subir des inconvénients d'une éventuelle illiquidité. Cette demande de précaution
varie en sens inverse du taux d'intérêt.
Lp = Lp (i)
Lt
0
Y
Quant au motif spéculatif, Keynes suppose que les agents économiques détiennent
des encaisses monétaires afin d'attendre le moment favorable pour acheter des titres à bas prix
pour les revendre ultérieurement lorsque les cours auront haussé. Ls = Ls(i).
Dans sa version de base proposée par John HICKS dans un article paru en 1937, le
modèle IS-LM comporte trois secteurs ou marchés : celui des biens, celui de la monnaie et celui
des titres. Les biens sont soit consommés soit investis. La production des biens est à l'origine des
revenus qui permettent d'acheter les biens produits. Les revenus constituent le stock qui s'ajoute
aux investissements. La monnaie sert de moyen de transaction. On peut donc supposer que la
quantité détenue par les agents augmente avec leur revenu. Le modèle IS-LM prend en compte
l'interdépendance des offres et des demandes des biens, de la monnaie et des titres. S'il y a
égalité des offres et des demandes des biens et de la monnaie, il en est de même pour les titres.
C'est pourquoi dans le modèle, les titres n'apparaissent pas explicitement. Seuls les biens et la
monnaie sont pris en compte.
C'est la courbe qui traduit le lieu des valeurs (i, Y) -c'est-à-dire taux d'intérêt (en
ordonnées), revenu (en abscisses) -pour lesquelles l'offre globale de biens et services (c'est-à-dire
Y) égale la demande globale (C + I).
La production nationale Y est formée des biens de consommation (C) dont les
destinataires sont essentiellement les ménages et les biens d'investissement (1) dont les
entreprises sont les principaux utilisateurs. Y = C + 1 (1)
La production y a pour contrepartie le revenu (salaire, profit, intérêt). Le revenu
national est soit épargné, soit utilisé pour l’achat des biens de consommation.
y = C + S (2)
=> S = 1 (3)
A ces relations comptables, Keynes ajoute les relations causales entre variables.
Plus les taux d'intérêts sont bas, plus les entrepreneurs préfèrent investir plutôt que de
placer leur épargne. L'investissement projeté est ainsi une fonction décroissante du taux d'intérêt.
Le taux d'intérêt i assure le lien entre le marché de la monnaie et celui des biens et
services car les variations de la masse monétaire modifient le taux d'intérêt.
L'équation (4) établit un lien implicite entre le niveau Y et le taux d'intérêt (i) étant
donné que l'épargne augmente avec le revenu et l'investissement diminue si le taux d'intérêt
augmente. L'équation (4) décrit une courbe dite courbe IS. Elle peut se déduire du lien avec la
courbe de la demande globale. Le marché des biens est en équilibre quand la droite de la
demande globale coupe la droite d'offre à 45°. La demande globale est alors égale au revenu.
C'est la courbe qui traduit le lieu des valeurs (i, Y) pour lesquelles l'offre de monnaie
(M) égale la demande (L1 + L2). L'offre est réputée exogène (c'est-à-dire fixée sans relation avec le
niveau de y) et la demande correspond à la fonction keynésienne de préférence pour la liquidité
(comprenant les demandes d'encaisses de transaction et d précaution ainsi que la demande de
spéculation).
La courbe LM comprend trois zones (de gauche à droite) : une zone « keynésienne»
lorsque le taux d'intérêt est très bas (situation~e trappe à liquidité), une zone intermédiaire (la pente
de LM augmente) et une zone « classique» où sa pente est infinie. Lorsque LM est dans la zone «
classique », toute la monnaie disponible est affectée aux encaisses de transaction et de précaution
(il n'y a aucune encaisse de spéculation) ce qui correspond à la vision « classique» de la monnaie:
celle-ci n'est jamais demandée pour elle-même et ne sert qu'au financement des transactions.
Dans la conception keynésienne, au contraire, la monnaie peut être demandée pour elle-
même (et faire l'objet d'une encaisse spéculative).
Le modèle suppose que l'offre de monnaie M est exogène. Elle est fixée par les
autorités monétaires. Elle est confrontée à une demande de liquidité 1. Cette demande est d'une
part fonction croissante du revenu et d'autre part, fonction décroissante du taux d'intérêt.
L1(Y) + L2(i)
L1 est croissante et L2 décroissante
Cette égalité définit une relation implicite entre le revenu y et le taux d'intérêt i La
relation est représentée par une courbe dite courbe LM. Cette courbe est strictement croissante. En
effet, à une hausse de revenu Y correspond une hausse de la demande de monnaie pour les
transactions LI(Y). Comme M est constant, pour l'équilibre, il s'en suit une baisse de L2(i).Ce qui
n'est possible en tant que demande que si i augmente puisque L2(i) est décroissant. Et donc, une
hausse de revenu d'équilibre sur le marché de la monnaie est accompagnée d'une hausse du taux
d'intérêt. La courbe LM exprime les différentes combinaisons de taux d'intérêt et du revenu qui
correspondent au niveau d'équilibre sur le marché de la monnaie
L'offre de monnaie est fixe MO.Pour un revenu YO, on a une courbe de demande de
monnaie LO. Le taux d'intérêt d'équilibre est io. Si le revenu augmente et passe à YI, la courbe de
demande de monnaie se déplace vers le haut, soit LI et le taux d'intérêt d'équilibre est il. Le taux
d'intérêt a haussé. Cette nouvelle combinaison du revenu et du taux d'intérêt est représentée par le
point El. En répétant cette analyse pour tous les niveaux du revenu et en reliant les point~ des
coordonnées (Y,i) correspondant aux points d'équilibre du marché de la monnaie, on obtien1 la
courbe LM. Un revenu plus élevé qui tend à accroître la demande de la monnaie et un tam d'intérêt
plus élevé qui tend à réduire la demande de monnaie font que la quantité de la monnaie demandée
reste égale à la quantité de la monnaie offerte.
Compte tenu des hypothèses faites qui impliquent que IS est décroissante et L~
croissante, cette intersection ne peut être qu'unique aux points des coordonnées (y, i). Supposons
que le taux d'intérêt soit il pour le niveau de revenu YI, on se situe au point A sur la droite IS. L
combinaison (YI,i1 ) conduit à l'équilibre sur ce marché des biens mais pas sur le marché de l
monnaie. Au taux d'intérêt il, il faudrait que ce revenu soit y 2 pour que ce marché de la monnaie
soit en équilibre, c'est-à-dire au point B de la courbe LM des coordonnées (y 2, i1). Au taux d'intérêt
i1, le revenu est faible pour que le marché de la monnaie soit en équilibre. Comme l revenu est trop
faible, la droite de monnaie est insuffisante pour absorber la masse monétaire donnée. L'offre de
monnaie étant excédentaire, les taux d'intérêt baisseront jusqu'à atteindre l niveau i*. La demande
globale et le revenu auront suffisamment augmenté pour que la demande de monnaie s'accroisse.
Au taux d'intérêt i2 , le revenu y2 , est nécessaire pour l'équilibre sur le marché dé biens
(point c). Il est supérieur au revenu y 1 nécessaire pour l'équilibre sur le marché de monnaie (point
D).
Quand le revenu est trop élevé pour assurer l'équilibre sur le marché de la monnaie il
existe une demande de monnaie excédentaire qui fait monter le taux d'intérêt. Le processus ~
poursuit jusqu'à ce que les taux d'intérêt atteignent i* et le revenu Y*. Les deux marchés SOI alors
en équilibre.
L’équilibre du modèle IS-M est donc un couple des coordonnées de revenu et des taux
d’intérêt qui vérifie à la fois l’équation IS et l’équation LM. Le déplacement de la courbe IS vers la
droite se traduit par une hausse de revenu due au multiplicateur keynésien. Cependant, le long de la
courbe IS on retrouve des niveaux de revenu et des taux d'intérêt. Son déplacement vers la droite se
traduit par une augmentation du taux d'intérêt.
L'intersection entre la courbe IS et LM donne les valeurs des deux grandeurs qui
assurent l'équilibre des trois marchés, des biens, de la monnaie et des titres. Selon Hicks, le revenu
et le taux d'intérêt sont déterminés « tout comme le sont les prix et la production, dans la théorie
moderne de l'offre et de la demande ».
- Les variables prises en compte dans le modèle sont nominales et nulle part on ne fait
référence au niveau des prix. Dans ces conditions, une augmentation du revenu n'est pas forcément
une bonne chose puisqu'elle peut être due exclusivement à une hausse des prix.
- Une variable aussi importante que le niveau d'emploi n'apparaît pas dans le modèle.
- Alors que le modèle suppose que la création monétaire est une variable exogène, on
peut faire remarquer que l'autorité monétaire contrôle la quantité de monnaie par des taux d'intérêts
« directeurs ». Ainsi la masse monétaire est une variable endogène et le taux d'intérêts une variable
exogène.
- Aucun rôle n'est donné aux anticipations des agents économiques. Or celles-ci ont une
fonction déterminante au moment où est prise la décision d'investir. Les variations dans les
anticipations des agents économiques peuvent provoquer des déplacements des courbes IS et LM.
- IS-LM est construit sur la base d'une offre de monnaie donnée de l'extérieur,
indépendante du niveau du revenu et de l'intérêt: on parle parfois de monnaie exogène. Or, toute la
théorie monétaire moderne considère au contraire que l'offre de monnaie créée par le système
bancaire est définie par les besoins de monnaie des agents (et particulièrement des entreprises). La
quantité de monnaie en circulation n’est donc pas exogène à la production, elle est induite ou
provoquée par la production: la monnaie de crédit est une monnaie endogène (endogène à la
production) ;
En conséquence, les deux courbes IS-LM sont fondamentalement instables car elles
dépendent d'éléments psychologiques, très volatils. Les « vrais» keynésiens craignent que l'on
omette cette dimension de l'œuvre de Keynes et que l'on ait de ce fait une lecture excessivement
néoclassique de l'auteur.
Cependant, le modèle IS-LM reste utile pour l'analyse et la politique monétaire pouvant
jouer sur la variation de la masse monétaire et la variation des dépenses gouvernementales.
Par exemple, une hausse des dépenses publiques (G) dans la zone « classique» de LM
restera sans effet sur Y mais provoquera la hausse de i. Il y a dans ce cas un effet d'éviction total:
puisque les taux d'intérêt « flambent », il y a moins d'investissements privés et donc la relance
budgétaire échoue totalement. Dans cette situation, le supplément de dépenses réalisé par l'Etat est
compensé par la réduction de l'investissement privé imputable à la hausse des taux d'intérêt, de telle
sorte que la demande globale ne varie pas. Le mécanisme de multiplication de la dépense publique
ne peut donc pas jouer.
Ajoutons encore que la politique budgétaire est d'autant plus efficace sur le revenu
d'équilibre que IS tend vers l'horizontale, c'est-à-dire lorsque l'investissement privé est peu sensible
aux variations de taux d'intérêt. Ce résultat se comprend aisément: quand l'investissement est peu
élastique au taux d'intérêt, l'effet d'éviction est naturellement plus faible. La dépense publique ne
dissuade donc pas (trop fortement) l'investissement privé.
Section 4 : L'INFLATION
§1. Notion
La hausse des prix est généralisée parce qu'elle concerne tous les biens et service Elle
est continue, c'est-à-dire qu'elle se prolonge dans le temps et a tendance à se maintenir. El est
importante, c'est-à-dire la variation des prix est suffisamment élevée.
L'inflation étant un phénomène global de hausse des prix, on la mesure d'habitw par
l'indice général des prix qui tient compte de l'ensemble des prix (indice synthétique).
L'inflation par la demande est un phénomène de hausse des prix causé par un
déséquilibre entre une demande solvable très élevée par rapport à l'offre des biens et service Pour
que les quantités demandées soient égales aux quantités offertes, les prix monter L'augmentation de
monnaie dans l'économie peut être due au financement du déficit dl dépenses publiques par
l'impression des billets de banque. Pour les keynésiens, la hausse dl prix liée à la demande globale
ne se développe que lorsque le système économique ne peut ph réagir aux variations des quantités
de monnaie par un accroissement de la production.
On parle d'inflation par les coûts pour désigner la hausse des prix occasionnée p; la
hausse des coûts des facteurs de production (prix des matières premières, salaires, …). La hausse
des coûts est inflationniste quand elle est auto-entretenue étant donné l'interdépendance des
éléments composant le prix de revient. On ne peut séparer radicalement inflation par Il coûts et
inflation par la demande. La hausse des coûts coïncide souvent avec une hausse dt disponibilités
monétaires et de la demande. De même une inflation résultant d'une très for demande va entraîner
une hausse des salaires et des prix et donc des coûts. Par l'effet cumulatif d'interdépendance des
mécanismes économiques, on parle de spirale d'inflation. C'est le cas pour le schéma illustratif
suivant :
L'inflation favorise certains groupes sociaux par rapport à d'autres. Elle favorise les
commerçants et les industriels au détriment des consommateurs. L'inflation pénalise le créancier au
profit du débiteur.
L'inflation freine les exportations: avec la hausse des prix, les coûts de production
s'élèvent et donc également les prix de vente. Les produits nationaux deviennent plus cher. Ceci
peut entraîner la baisse des exportations et donc la diminution de la production.
Si le taux d'intérêt nominal se monte à 12% par an, on peut reporter à plus tard l'achat
des ouvrages, prêter les 1000 DM aujourd'hui, pour récupérer dans un an 1120 DM. On peut alors
procéder à l’achat des ouvrages à 1100 UM et gagner 20 UM. Ce gain représente 2%, c'est-à-dire
l'augmentation du pouvoir d'achat à la suite d'un prêt ou encore le taux d'intérêt réel.
Une inflation plus forte doit être largement compensée par une hausse proportionnelle
des taux d'intérêt nominaux pour que le taux d'intérêt réel reste à son niveau d'équilibre.
Rappelons que la population active comprend toutes les personnes qui ont un emploi ou
sont au chômage c'est-à-dire qui cherchent un emploi. Le chômage est mesuré par le taux de
chômage, c'est-à-dire le pourcentage de la population active sans emploi mais qui est enregistrée
comme désireuse et capable de travailler.
- tout individu qui recherche un emploi salarié ou non salarié, qui effectue
des démarche~ en quiconque qui est disponible et n'a pas d'occupation
professionnelles (population al chômage=PSERE : population sans emploi à la
recherche d'un emploi)
1. L e chômage frictionnel
C'est le chômage minimum, irréductible dans une société dynamique. Il comprend les
personnes que les handicaps physiques ou mentaux rendent presque impossible à employer mais
aussi celles qui passent par une brève période de chômage entre deux emplois dans une économie
où la population active et les emplois offerts changent continuellement.
2. Le chômage structurel
Ce chômage dit keynésien apparaît lorsque d'une part la demande globale diminue et
d'autre part, quand les salaires et les prix ne sont pas encore ajustés pour établir le plein emploi. Ce
chômage naît quand il existe une contrainte des débouchés c'est-à-dire une insuffisance de la
demande. C'est la baisse de la demande qui induit celle de l'investissement puis celle des capacités
de production et de l'emploi. La chômage keynésien est dû à une contrainte de la demande.
4. Le chômage classique
Ce chômage apparaît lorsque la rentabilité des entreprises est insuffisante pour les
inciter à embaucher. L'insuffisance de rentabilité due notamment à des coûts de production élevés
(matières premières, énergie, salaires, …) se traduit par la baisse des profits puis de l'investissement
et de capacités de production et enfin de l'emploi.
Le modèle classique suppose que la flexibilité des salaires et des prix maintient
l'économie à son niveau de plein emploi. Le pouvoir des syndicats maintient le taux des salaires au-
dessus de ce niveau d'équilibre et empêche l'ajustement indispensable de se produire. Le chômage
apparaît quand le salaire est maintenu délibérément au-dessus du niveau où les droits d'offre et de
demande du travail se coupent.
Il peut être dû soit à l'exercice de leur pouvoir par les syndicats soit à une législation sur
le salaire minimum qui impose un salaire supérieur au taux de salaire d'équilibre.
L'économie « classique» est une économie de plein emploi. Le plein emploi est la
situation normale ou naturelle étant donné principalement le caractère concurrentiel du marché de
travail: les taux des salaires peuvent, comme le prix de n'importe quelle marchandise, fluctuer
librement en fonction de l'offre de travail émanant des travailleurs et de la demande de travail
émanant des employeurs. La concurrence garantit un taux de salaire d'équilibre. Selon les
classiques, comme n'importe quel marché de concurrence pure et parfaite, l'offre de travail et la
demande du travail sont fonction du taux de salaire réel (pouvoir d'achat). L'offre de travail est une
fonction croissante du salaire réel car les agents sont plus disposés à travailler si on leur propose
une rémunération plus attractive. La demande de travail est une fonction décroissante du salaire réel
car les entreprises maximisent leur profit en égalisant la productivité marginale du facteur travail au
taux de salaire réel.
5. Le chômage Keynésien
Notons encore que l'EMC peut être non seulement très basse mais qu'elle est aussi très
instable, car l'état de psychologie collective est très volatil. Dans des articles postérieurs à la
Théorie générale, Keynes insiste encore plus largement sur le fait que l'incertitude de la vie
économique voue l'investissement à fluctuer selon l'état d'esprit des milieux d'affaires. Dans ces
conditions, on comprend que l'intervention de l'État puisse jouer un rôle régulateur.
Le chômage keynésien est une situation dans laquelle l'offre de travail (proposée par les
travailleurs) excède la demande (des employeurs), tandis que, simultanément, il y a une offre
excédentaire également sur le marché des produits. C'est la situation examinée par Keynes: les
entreprises ne recrutent pas suffisamment car elles n'ont pas de, débouchés suffisants pour leur
productIon. La demande effective est trop faible.
Les deux formes de chômage peuvent naturellement coexister dans la même économie:
certains secteurs souffrent de chômage keynésien et d'autres de chômage classique.
La droite DT exprime la demande de travail. Elle a une pente négative qui implique que
les entreprises embauchent plus de travailleurs quand le salaire réel est plus faible. La droite OT
montre combien des personnes souhaitent faire partie de la population active pour chaque niveau de
salaire réel.
Elle symbolise l'offre de travail. Sa pente est positive; on suppose qu'une augmentation
de salaire réel accroît le nombre des personnes désireuses travailler. La droite AT montre combien
de personnes acceptent des offres d'emploi à chaque niveau du salaire réel. AT est à gauche de OT
parce que certaines personnes sont inévitablement entre 2 emplois à tout instant et parce que un
niveau particulier du salaire réel peut attirer certains travailleurs dans la population active même
s'ils n'acceptent une offre d'emploi que si elle comporte un salaire réel un peu supérieur à la
moyenne.
Ils ne sont pas disposés à travailler à ce taux de salaire. Cette proportion de population
active représente le taux de chômage naturel.
Différents types de chômage peuvent intégrer la notion de chômage naturel. C'est le cas
du chômage structurel. Des ouvriers métallurgistes peuvent ne pas accepter des baisses de salaire
suffisantes pour que leur secteur d'activité devenu peu compétitif puisse rester rentable, conserver
son niveau de production et d'emploi. Si ces ouvriers refusent d'une part d'accepter que le salaire
d'équilibre correspondant à leur qualification ait baissé, et d'autre part s'ils refusent de travailler à
un salaire plus bas que celui auquel ils étaient habitués, le chômage est volontaire et peut être
intégré dans le taux naturel.
Pour le chômage classique, les syndicats maintiennent des salaires au-dessus du niveau
d'équilibre, soit sur le schéma le salaire W2W*.
Le chômage classique peut donc être intégré aussi dans le taux de chômage naturel.
Pour Milton Friedman et Edmund Phelps, le taux naturel de chômage ou nairu (Non
Accelerating Inflation Rate of Unemployment) dans la littérature contemporaine, est celui qui serait
sécrété par le système walrasien de l'équilibre général; il s'agit, en d'autres termes, du taux de
chômage qui correspondrait au fonctionnement « normal» du marché du travail. C'est donc un
chômage de nature « frictionnelle ».
Telle est la raison pour laquelle la relation de Phillips peut être représentée, selon ces
auteurs, par une droite verticale pour un niveau d'emploi égal au taux naturel de chômage.
Section 3 : Pourquoi le chômage est-il élevé?
Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer un chômage très élevé en plus des
explications classiques et keynésiennes: la démographie, les revendications salariales, la
productivité du travail, le taux d'intérêt, la politique économique, l'éducation et la formation, ...
Il existe aussi des facteurs institutionnels et structurels mis en avant pour expliquer le
développement du chômage dans certains pays :
La création d'emplois dans le tertiaire se traduit par la perte d'emplois dans l'industrie où la
croissance est de moins à moins forte.
Dans certains secteurs, la croissance est susceptible de créer peu d'emplois et même d'en supprimer:
une même valeur ajoutée, un même revenu ou une valeur ajoutée et un revenu supérieur sont crées
avec moins de main-d'œuvre. La croissance économique peut donc s'accompagner d'une hausse du
chômage.
- Une indemnisation trop généreuse est supposée allonger la durée de recherche d'un
emploi et de ce fait augmenter la durée du chômage d'une part et diminuer l'offre de travail d'autre
part.
Comme pour les classiques, la demande de travail est une fonction décroissante du
salaire réel.
DT = f(W/P).
Cependant KEYNES apporte des éléments de différence par rapport aux classiques:
1) Pour les offreurs de travail, l'élément de comparaison est le salaire nominal qui figure
dans le contrat de travail et non le salaire réel. Les offreurs du travail souhaitent trouver un emploi
au salaire nominal courant. Cette hypothèse est justifiée par l'idée d'illusion monétaire. Il y a
illusion monétaire lorsque les variables réelles et nominales sont confondues. A court terme, la
main d'œuvre, n'a pas la possibilité de connaître le rapport entre le mouvement des salaires et le
niveau général des prix. Ce rapport n'est calculable que pour une période passée. L'hypothèse
keynésienne selon laquelle les offreurs de travail adaptent leur comportement au salaire nominal
fait qu'une diminution de l'emploi est sans incidence sur la rémunération des salariés.
Le fait que l'offre de travail n'est plus fonction croissante du salaire est représenté
graphiquement par le segment WOP horizontal et parallèle à l'axe des abscisses. A ce taux de
salaire, le nombre d'offreurs de travail augmente ou encore la quantité de travail augmente alors que
le taux de salaire est constant.
Cependant au-delà du point P, les offreurs ne peuvent offrir une quantité de travail
additionnelle qu'avec l'augmentation du taux de salaire.
2) La rigidité du salaire à la baisse est soulignée par l'analyse keynésienne : le salaire
n'est pas sensible à des modifications permanentes en fonction de la situation au jour le jour du
marché du travail. Le taux de salaire n'est pas uniquement régulé par les mécanismes automatiques
du marché du travail. Il faut prendre en compte également
l'action des organisations syndicales et les réglementations
étatiques notamment en matière de salaire minimum.
Etant donné l'indice du niveau général des prix (supposé égal à PO) on porte en
ordonnées le salaire réel Wo/Po. La rencontre au point P des courbes DT et OT montre qu'un
volume de main-d'œuvre TO est utilisé. Mais le long de OT au taux de salaire WO/PO, un nombre
de travailleurs T.E était prêt à offrir le travail, l'écart entre TE et To constitue un chômage de type
involontaire puisque le nombre des personnes qui désirent travailler au niveau de salaire nominal W
0 correspondant au salaire réel W o/Po est égal à T.E.
Dans l’hypothèse où les entreprises souhaiteraient produire davantage, leur coût augmenterait et
l'indice de prix s'élèverait à Pl.
Dans l'hypothèse où le salaire nominal ne connaît pas des modifications, le chômage pourrait être
réduit du fait du déplacement vers le bas de la courbe d'offre, du fait de la baisse du salaire réel
suite une hausse des prix.
Pour Keynes, l'initiative en matière d'emploi ne revient pas aux ménages qui offrent
leur travail mais aux entreprises qui créent les emplois. Dans cette perspective, la main-d'œuvre se
présente comme «preneur d'emploi» et non plus en tant qu'offreur de travail. L'existence du sous-
emploi n'est pas due au refus par la main-d'œuvre d'un salaire nominal en baisse, mais plutôt à une
insuffisance de création d'emploi et ceci en raison d'un niveau de production inférieur à celui qui
permettrait l'emploi de toute la population active disponible.
Celle-ci fait varier la demande globale et donc le revenu global. C'est le revenu global
qui détermine le volume de l'emploi. On a la relation de causalité keynésienne: Revenu global ~
niveau d'emploi.
TQ
T*
Il y a détermination du couple des valeurs d’équilibre (Ye, ie) sur le marché des biens et
des services et sur le marché de la monnaie. A partir de la valeur du revenu global, se déduit la
quantité de main-d'œuvre nécessaire T*. A ce niveau d'emploi correspond un niveau de salaire réel
Wo/Po. Ye constitue une position d'équilibre bien qu'il y ait une quantité de travail TQ-T*
inemployée. Le niveau du revenu global détermine donc le volume de l'emploi au sein d'une
économie.
En 1958, le professeur Philips a démontré qu'il y avait une forte corrélation statistique
entre le taux annuel d'inflation et le taux annuel de chômage au Royaume Uni. Il a observé une
relation négative entre les 2 taux. Une relation similaire a été observée dans d'autres pays. Cette
liaison a pris le nom de courbe de Phillips.
Supposons que la demande globale augmente. Admettons par exemple qu'il y ait
augmentation de la masse monétaire, les prix et salaires n'augmentent pas beaucoup au départ, le
taux d'intérêt baisse pour inciter les gens à détenir une plus grande demande d'encaisse. A court
terme, l'augmentation de la demande globale des biens entraîne un accroissement de la production,
l'emploi s'améliore et le chômage diminue. Cependant l'augmentation de la demande globale a pour
effet, de déplacer l'économie du point E vers le point A de la courbe de Philips. En effet comme les
prix ont augmenté, l'inflation est supérieure à zéro.
La baisse du salaire et des prix rend l'inflation négative à court terme. La diminution de
la demande globale accroît le chômage, l'économie se déplace vers le point B. Si le chômage se
poursuit, le salaire et le prix continueront à baisser, la masse monétaire réelle va augmenter, le taux
d'intérêt va diminuer et la demande globale va croître de nouveau. L'économie remonte vers la
gauche le long de la courbe de Philips.
Il s'agit d'une relation statistique (baptisée « courbe de Phillips » par Samuelson) que
l'économiste britannique A.W. Phillips a mise en évidence en 1958. Selon lui, il existe sur la longue
période une relation inverse entre le taux de progression des salaires nominaux (en ordonnées) et le
taux de chômage (en abscisses). il s'agit, au départ, d'une relation empirique, dérivée d'observations
statistiques concernant l'économie britannique entre 1861 et 1957. Une courbe identique a été
relevée pour la plupart des autres pays.
En faisant l'hypothèse que la hausse nominale des salaires reflète assez fidèlement la
hausse des prix, d'autres économistes ont déduit de la courbe de Phillips une relation stable entre la
hausse des prix et le taux de chômage: la variation du niveau général des prix apparaît comme une
fonction décroissante du taux de chômage. A noter que cette relation n'est pas linéaire, car au fur et
à mesure que l'on tend vers le plein emploi, les prix augmentent de plus en plus rapidement.
L'intersection entre la courbe et l'axe des abscisses indique le taux de chômage compatible avec la
stabilité des prix. Selon une étude de Samuelson et Solow, publiée en 1960, la stabilité des prix aux
États-Unis impliquait un taux de chômage voisin de 5 %.
La courbe de Phillips établit une relation a priori conforme au bon sens : quand le
travail se raréfie et que le taux de chômage diminue, la concurrence entre les employeurs devient
plus forte pour drainer la main-d’œuvre qui leur est nécessaire. De ce fait, les salaires augmentent,
ce qui rejaillit sur les prix.
La relation montre que l'économie oscille entre deux pôles: chômage et stabilité des
prix d'un côté, plein emploi et inflation de l'autre. Entre ces deux extrêmes, il existe un grand
nombre de situations intermédiaires caractérisées par un certain chômage et une certaine inflation,
mais l'idéal keynésien de plein emploi sans inflation apparaît comme une utopie.
La relation de Phillips explique aussi le dilemme auquel sont confrontés les pouvoirs
publics aux prises à ce que l'on appelle parfois un « marchandage cruel» : ils doivent toujours
choisir entre plus de chômage (pour freiner l'inflation) ou plus d'inflation (pour lutter contre le
chômage). Au cours des années 1950-1960, les gouvernements optaient, selon la conjoncture, pour
l'un ou l'autre de ces objectifs et menaient des politiques de réglage conjoncturel au coup par coup,
qualifiées de stop and go, tantôt en freinant la demande globale (politiques de rigueur monétaire et
budgétaire), tantôt en la stimulant (par la dépense publique, notamment).
N.B. : L'hypothèse de Philips a été remise en cause par les théories ultérieures. Il a été
relevé que sa théorie n'est pas toujours confirmée par les faits. Cependant, il faut retenir que la
courbe de Philips exprime un arbitrage temporaire et non permanent entre l'inflation et le chômage
qui existe quand l'économie s'ajuste à la demande globale. Une augmentation de celle-ci nécessite
une période passagère d'inflation pour réduire les encaisses réelles et ramener la demande globale à
son niveau de plein emploi.
La masse monétaire nominale ayant augmenté, l'inflation, les taux d'intérêts nominaux
et les salaires nominaux augmentent. Mais selon l'état de l'économie, le salaire réel peut rester
constant et l'économie se maintenir en plein emploi.
Jusqu'à la fin des années 1960, le schéma de Phillips se vérifie. Mais on constate, au
cours des années 1970, que l'arbitrage entre l'inflation et le chômage paraît de moins en moins
pertinent; on a même forgé le terme de stagflation pour décrire une situation dans laquelle l'
économie souffre simultanément (et non plus alternativement) d'inflation et de chômage. En fait, il
semble qu'il ri'existe plus de courbe de Phillips ou que cette courbe est très instable et la conclusion
de Friedman et Phelps (en 1968) est qu'il n'existe pas, à long terme, de relation entre la production
(et l'emploi) et l'inflation. De ce fait, l'efficacité et même l'opportunité des politiques de réglage
conjoncturel (le stop and go) sont mises en cause. Les auteurs monétaristes ont vu dans ce
phénomène la confirmation de leur hypothèse d'existence d'un taux de chômage naturel que
l'intervention de
L'Etat ne parvient pas à combattre (du moins par les moyens keynésiens, c'est-à-dire par
les politiques de relance conjoncturelle). Dans un article publié en 1968, Friedman juge que l'erreur
de Phillips a consisté à ne pas distinguer les salaires nominaux des salaires réels.
L'inflation n'érode pas la masse monétaire réelle ni les salaires réels. A long terme,
l'inflation n'avait pas d'influence sur les valeurs d'équilibre du plein emploi des salaires réels et du
chômage.
Un coût important le moins visible est celui de la perte de l'activité productive des
chômeurs. Leur inactivité forcée prive toute la société des biens et services qu'ils pourraien1
produire. Au niveau global, le PIB est à un niveau inférieur à celui qu'il aurait pu atteindre
(production perdue) et le bien être que cette production aurait pu apporter. Cette production et ce
bien être ne seront jamais récupérés ni compensés. Au plan social, la perte d'un emploi ou
l'impossibilité d'en trouver signifie d'abord une perte de revenu et donc de niveau de vie el ensuite
une déstabilisation psycho sociale pour ceux qui en sont victimes.
Trois éléments principaux sont généralement avancés pour expliquer cette tendance:
- les agents déjà titulaires d'un travail intéressant - les « insiders » - peuvent négocier
pour eux-mêmes, dans les phases de reprise économique, des avantages salariaux qui aggravent la
situation des « outsiders» recherchant un emploi;
La politique économique est une branche des théories économiques qui traite de
diverses façons dont l'Etat intervient dans l'économie. La politique économique peut être définie
comme l'ensemble des décisions des pouvoirs publics qui tendent à modifier ce type d'équilibre
global réalisé afin d'en atteindre un autre jugé préférable. La politique macro-économique vise à
atteindre les objectifs macro-économiques principaux: le plein emploi, la stabilité des prix et la
croissance économique. L'Etat dispose pour cela de divers instruments dont:
- La politique budgétaire: elle agit sur les dépenses gouvernementales, les impôts et
taxes et les transferts effectués par les pouvoirs publics;
On entend par plein emploi, la pleine utilisation des ressources disponibles. Pour la
main-d'œuvre, le plein emploi est un état du marché du travail tel qu'au taux de salaire en vigueur
tous ceux qui désirent travailler trouvent effectivement des demandeurs de travail.
Par cet objectif, le pouvoir public cherche à éviter à la fois l'inflation et la déflation.
La stabilité des prix peut se formuler en objectif de taux d'inflation à garantir. Dans
plusieurs économies, c'est plutôt la lutte contre l'inflation persistante. Le pouvoir public vise à
garantir la stabilité du niveau général des prix et non pas seulement l'indexation des rémunérations.
Cet objectif s'exprime le plus souvent en terme du taux de croissance réelle du PIB par
tête d'habitant par an que le pouvoir public souhaite voir se réaliser. L'objectif de croissance
économique concerne essentiellement l'avenir, le bien être futur.
La croissance économique dépend pour beaucoup des décisions privées. On sait que
l'investissement joue un rôle essentiel pour dynamiser la croissance économique. On sait aussi que
l'investissement ne peut se réaliser que s'il y a une épargne suffisante. Les décisions d'épargne et
d'investissement contribuent à réaliser un certain degré de croissance économique.
L'Etat pour sa part peut prendre des normes incitatives pour stimuler les initiatives de
production porteuses d'avenir, stimuler l'innovation et l'entreprenariat par l'éducation et la
formation professionnelle, rendre les agents économiques plus aptes à exploiter le progrès et à en
bénéficier.
Ces trois objectifs ne sont pas indépendants. La poursuite de certains d'entre eux
suppose ou entraîne la réalisation de certains autres. Ainsi par exemple, la croissance est favorable
au développement de l'emploi et la redistribution du revenu. Certains objectifs sont parfois
difficilement conciliables. La plupart des gouvernements relève une apparente opposition entre
stabilité des prix et plein emploi.
On sait que dès que l'économie atteint une situation de plein emploi, le moindre excès de demande
risque de provoquer des hausses des prix. Ce risque apparaît souvent avant même que le plein
emploi ne soit atteint: au fur et à mesure que les entreprises approchent de l'utilisation maximale de
leur capacité, les coûts marginaux et les prix tendent à hausser par le jeu des rendements
décroissants.
La politique économique suppose des actions coordonnées susceptibles de concilier les
divers objectifs. Mais les pouvoirs publics peuvent définir un choix des priorités.
- L'équilibre des finances publiques, c'est-à-dire la structure du budget de l'Etat, l'équilibre entre les
ressources et les emplois du secteur public.
- L'équilibre extérieur ou équilibre de la balance de paiement: il rend compte de la position
d'ensemble de l'économie nationale par rapport aux pays étrangers en terme des exportations et
importations des biens et services et des capitaux.
Ces équilibres ne sont pas des fins en soi. Ni la situation du budget de l'Etat ni celle de
la balance de paiement ne constitue en elle-même le bien-être des agents économiques. Ce qui
compte fondamentalement, c'est ce que les gens produisent et consomment. Cependant, ces
situations exercent une influence sur les possibilités de production et de consommation de
l'économie.
Ainsi lorsque les finances publiques sont malades ou lorsque le commerce extérieur est
stagnant, cette situation empêche la réalisation du plein emploi ou de la stabilité des prix ou de la
croissance. L'état des finances publiques ou de la balance de paiement sont des moyens qui
contribuent à la réalisation des objectifs fondamentaux du bien-être économique collectif.
Cette loi prévoit les recettes et les dépenses que l'Etat va effectuer dans l'exercice
annuel à venir.
La politique budgétaire est l'ensemble des décisions des politiques économiques dont la
mise en œuvre implique une intervention financière de l'Etat qui figure à son budget. Le budget
annuel de l'Etat comporte deux volets: les dépenses et les recettes. Ainsi la politique budgétaire
comprend deux catégories des décisions: les unes portent sur les dépenses et les autres sont
relatives aux recettes (fiscales, tarifaires et d'emprunt).
La politique budgétaire a pour objectif de faire assurer par l'Etat certains services
généraux indispensables au bon fonctionnement du système économique et de lever les impôts
nécessaires à leur financement.
SB= T-G
Il y a :
De façon générale, le déficit budgétaire peut être financé par l'endettement public ou
l'utilisation des réserves budgétaires.
La dette publique peut être intérieure ou extérieure. L'endettement peut être réalisé à
court terme (bon de trésor) ou à long terme (obligations de l'Etat).
Le multiplicateur fiscal traduit l'incidence sur le revenu d'une variation T des impôts
(T comme « taxes» ). Il est égal à –c/1-c .Sa valeur est négative puisque une hausse des taxes réduit
le revenu disponible, donc le potentiel de dépense de consommation des agents; une baisse des
taxes augmente symétriquement le revenu disponible.
Une mesure budgétaire en termes d'accroissement des dépenses publiques induit des
effets multiplicateurs sur l'activité économique et particulièrement le revenu national.
Soit une économie à trois agents: les ménages, les entreprises et l'Etat. Son
fonctionnement peut se représenter par les équations :
(1-c)Y = (7)
Y’ = (8)
Soit Y> Y’ - Y
Y = Y = 1 l'>Go
Si les circonstances conjoncturelles l'exigent, une politique de relance peut être menée
en augmentant les dépenses publiques dans la mesure où l'investissement privé fait défaut. Keynes
a accordé une importante particulière à la politique budgétaire des dépenses gouvernementales en
termes de grands travaux pour accroître la demande globale de revenu national, la production et
l'emploi et relancer ainsi l'économie.
Les dépenses et les recettes budgétaires affectent la demande globale. Elles on1 donc
pour conséquence des variations du revenu national. Un accroissement des dépenses
gouvernementales et du déficit budgétaire constitue l'un des remèdes au chômage dans un économie
en sous emploi.
Le budget influence l'économie par son solde qui exprime un déséquilibre entre les
dépenses et les recettes.
Son financement en cas de déficit influence l'état de l'économie. Ainsi, le recours à la création
monétaire peut accroître la demande globale mais aussi entraîner des pressions inflationnistes.
Le gouvernement peut empêcher une diminution de la demande globale en augmentant
ses dépenses lors d'une récession.
Par la politique fiscale, l'Etat peut agir sur les composantes de la demande globale en
réduisant les impôts et taxes. L'accroissement des impôts diminue le revenu disponible de:
ménages.
C = cYd + Co DG = C + l + G+ Xn
Leur réduction accroît ce revenu. Soit une action par la fiscalité accroît la demande
globale, soi elle la réduit.
Considérons que le pouvoir public décide de réduire les impôts d'un montant égal T.
La réduction T de la fiscalité induit une augmentation du revenu national Y :
Y = C+l+G
C = cYd + Co
y = c(Y - T + F) + Co + 10 + Go
y = c Y - cT + cF + Co + 10+ Go
y=
Y' = c(Y - T - 6 T + F) + Co + 10 + Go
Y' - cY = Co - cT - c6T + cF + 10 + Go
Y' =
Y' =
multiplicateur fiscal.
La baisse des impôts peut améliorer le revenu national mais il a aussi un effet
psychologique qu'on ne retrouve pas en recourant à l'augmentation des dépenses publiques. Ces
dernières, d'ailleurs, peuvent conduire à une hausse de la fiscalité.
Il faut faire remarquer qu'une pression fiscale excessive détruit l'assiette imposable.
Par suite, le montant du produit de l'impôt est moins élevé qu'avant la hausse du taux de
fiscalité. Avec l'accroissement des taux d'imposition, les recettes fiscales s'accroissent jusqu'à une
certaine limite. Au delà de ce seuil, les ressources fiscales diminuent, l'impôt exerce un effet
dissuasif sur les apporteurs des facteurs de production.
A tout niveau donné des recettes fiscales peuvent être associés deux taux d'imposition
(p ex. t et t') dont l'un est faible et l'autre élevé, mais pour un même niveau des ressources fiscales
T. Il existerait un taux de fiscalité optimal en deçà duquel et au-delà duquel différents taux
d'imposition peuvent être associés au même niveau de recouvrement fiscal.
Laffer estime que la plupart des économies occidentales ont atteint un niveau de
fiscalité tel que toute réduction du taux d'imposition entraîne une augmentation des recettes fiscales
par l'intermédiaire d'un accroissement de l'activité économique.
Les modifications de transfert de revenu ont une incidence sur le revenu national dans
le même sens que les dépenses publiques: accroissement de la demande globale, de la production,
de revenu et des emplois.
Face à une demande trop faible pour que le plein emploi soit assuré, les pouvoirs
publics ont également la possibilité d'intervenir en augmentant les transferts aux autres agents
économiques.
C = cYd + Co
Yd = Y-T+F
Y = cY-cT+cF+Co+Io+Go
Y=
C'est par leur incidence sur le revenu disponible et sur la consommation que les
transferts exercent une influence sur le niveau de la demande globale. Puisqu'une partie seulement
des transferts est dépensée, l'effet multiplicateur est moindre pour le revenu global que lors d'une
variation des dépenses publiques ou des investissements
Dans le cadre d'une économie en état de sous emploi, Keynes suppose que
l'accroissement du revenu national suite à une augmentation de la demande globale s'effectuerait
sans inflation. Par contre, en situation de plein emploi, l'accroissement de la demande globale ne
peut être satisfait par une augmentation de l'offre; il en résulterait une hausse des prix. Cependant,
les expériences économiques menées par les pays occidentaux depuis le millier des années 1960
établissent que l'utilisation de la politique budgétaire induit souvent une hausse de prix même en
situation de sous emploi et l'accroissement du revenu national.
Dans l'analyse précédente, nous avons établi qu'un accroissement .des dépense:
publiques [..G induit un accroissement du revenu national. Toutefois, l'accroissement de: dépenses
générales peut avoir été financé par un accroissement des impôts. L'effet multiplicateur positif des
dépenses générales est réduit par l'effet multiplicateur; des impôts.
L'idée est de mesurer la conséquence qu'aurait sur le revenu national une augmentation
simultanée et de même montant de la dépense publique G et de l'impôt T. Ces relèvements
laisseraient naturellement inchangé le solde budgétaire public.
On démontre néanmoins que l'incidence sur le revenu n'est pas nulle; la hausse de ce
dernier serait égal à Y = G ou T, soit une hausse égale au supplément d'impôt (ou de dépense).
Le multiplicateur de budget équilibré est donc égal à 1.
Supposons que l'Etat augmente ses dépenses d'un montant G et demande de financer
cette augmentation par un accroissement identique des impôts.
Soit: G = T.
Les subventions ont pour objet d'inciter les entreprises privées à investir dan certaines
régions ou certains secteurs. Les transferts aux ménages constituent une redistribution des revenus.
Les achats des biens et services par l'Etat ont un impact économique. Ils permettent de combattre un
sous emploi conjoncturel.
2) Les mesures budgétaires ou fiscales ne font pas sentir immédiatement leurs effet~ Il
faut un temps pour le diagnostic, un temps pour j'adoption des mesures et leur mise en œuvr, et un
temps pour constater l'impact de ces mesures.
5) Pour les dépenses publiques, les besoins étant nombreux, se pose une nécessité du
choix rationnel. Le critère est généralement la maximisation de l'avantage collectif dans le choi)
public puisque l'Etat est le garant de l'intérêt général.
La politique fiscale présente quelques inconvénients. Une diminution des impôts peu
aggraver le déficit budgétaire. Si la mesure a été prise pour combattre le chômage, la diminution
des impôts peut pousser le gouvernement à emprunter pour faire face à ses dépenses. Si le coût de
l'emprunt devient insupportable, il n'est plus possible à l'Etat de recourir à une baisse de l, fiscalité
pour lutter contre le chômage. Théoriquement, la lutte contre l'inflation peut recourir ~ une baisse
de la demande globale. Pour cette baisse, on peut augmenter les taxes et les impôts Mais cette
mesure réduit la capacité de redistribution de l'Etat. Comment expliquer aux chômeurs, aux
personnes âgées et aux défavorisés qu'on doit réduire les transferts sociaux pour lutter contre
j'inflation?
§5. Politique budgétaire et objectifs macroéconomiques
Des mesures de politique budgétaire peuvent être adoptées pour combattre le chômage
ou l'inflation.
Elle l'est en effet (notamment par Ando et Modigliani en 1976) dans la mesure où, . par
la force des choses, les nécessités de relance budgétaire se manifestent plus spécifiquement au
cours des périodes de ralentissement économique, c'est-à-dire lorsque l'investissement privé est
insuffisant. Dans de telles circonstances, les financements disponibles sont vraisemblablement
abondants et il y a peu de risque d'éviction de l'investissement privé par l'investissement public.
Alors que le caractère vertigineux des déficits budgétaires américains est suspecté, au
début des années 1980, de contribuer à la montée des taux d'intérêt mondiaux, Friedman prend le
contre-pied de la thèse dominante dans un article du Wall Street Journal de 1984. Selon lui, la
hausse de la dépense publique réduit le revenu tiré de l'investissement privé (qui sera frappé
d'impôts plus lourds) et freine l'incitation à investir. En définitive, les effets réels (néfastes) de la
dépense publique importent bien davantage que les modalités de son financement. « Tout ce que le
gouvernement dépense, écrit-il, est extrait des ressources de la communauté, non pas seulement
cette partie financée par ce que nous appelons les impôts. »
En dehors de l'effet d'éviction (par lequel la hausse des taux d'intérêt due à la dépense
publique décourage ou évince l'investissement privé), il existe de très nombreux arguments contre
l'emploi d'une politique budgétaire dépensière. On peut redouter qu'elle accélère l'inflation, qu'elle
amplifie le déficit des comptes extérieurs (quand les agents achètent des biens de consommation à
l'étranger), qu'elle soit le signe annonciateur d'une hausse future des impôts (puisque les dépenses
publiques devront bien un jour ou l'autre être payées par les contribuables). Or, la hausse des
impôts décourage les offreurs de travail et d'une manière générale tous les créateurs de richesse.
Elle risque donc de freiner la production et d'engendrer le développement de l'économie informelle.
Mais à plus court terme, on redoute par-dessus tout que la dérive budgétaire ne pose le problème de
la « soutenabilité de la dette publique ».
La politique monétaire représente l'ensemble des mesures prises par les autorités
monétaires dans leur fonction de responsable de l'économie nationale. La politique monétaire pris
une place importante pour deux raisons : la nécessité de lutter contre l'inflation d'une part d'autre
part l'importance des mouvements internationaux des capitaux.
La banque centrale a le pouvoir d'obliger les banques commerciales à lui acheter des
titres. Pour payer les titres, les banques doivent puiser dans leurs réserves. Ce qui réduit leur
capacité d'accorder le crédit et par le fait même la capacité du système bancaire de créer de
nouvelle monnaie.
Si la banque centrale achète des titres des banques commerciales, ces dernières 0] plus
de possibilité d'accorder le crédit et donc de créer davantage la monnaie. En période d'expansion
économique, le fait d'augmenter la masse monétaire entraîne une augmentation de demande globale
et du PIB. Ce qui crée de l'emploi et fait diminuer le chômage (politique expansionniste).
La banque centrale peut combattre l'inflation par une politique monétaire restrictive
l'émission et la vente des titres par la banque centrale aux banques commerciales. Comme il y
diminution de la masse monétaire, il y a aussi diminution de la demande globale et de l'inflation
mais aussi du PIB.
PIB -PIB
3. Les réserves obligatoires
Toutefois, d'autres monétaristes estiment que les effets de la politique monétaire son
essentiellement transmis par le taux d'intérêt. C'est donc cet instrument que peut contrôler la banque
centrale pour juguler les pressions inflationnistes.
D'autres proposent le recours à une politique budgétaire bien que celle-ci soit
considérée surtout comme un moyen pour restaurer le plein emploi.
L'usage de la politique budgétaire suppose que la hausse des prix a pour cause un excès
de la demande globale. Cet excès par rapport à l'offre globale se traduit par un écart inflationniste.
OG
OG
DG
Revenu national
Ainsi, on voit que quand la politique monétaire est inefficace, la politique budgéta est
efficace (la réciproque étant vraie). La politique budgétaire keynésienne peut donc ê contrariée par
des considérations monétaires, d'où la nécessité de conduire des politique cOl1jomtes ou mixtes.
Ainsi, l'on rejoint la conception des auteurs keynésiens à propos du policy mix » : lorsqu'on accroît
la dépense publique, il est bon de pratiquer une politique monétaire expansionniste (on dit parfois «
accommodante») pour éviter que se développent effets d'éviction.
La politique des prix et des revenus peut se définir comme des mesures générales pal
lesquelles les pouvoirs publics tentent d'empêcher que les prix ou les rémunérations dans
l’ensemble évoluent spontanément vers le niveau non souhaitable.
Parmi les formes les plus simples des politiques des prix et des revenus, on peut
mentionner l'exemple des taux indicateurs pour encadrer les prix et les salaires. La politique des
prix et des revenus peut contribuer à atteindre certains objectifs macro-économiques
En situation d'inflation, par exemple la banque centrale peut proposer des mesures
générales de contrôle des prix et des revenus pour modérer les hausses. La modération salariale vise
à prévenir une demande excessive de consommation qui entraînerait à la hausse des prix.
Par ailleurs, la politique des prix et des revenus est parfois conçue comme instrument de
relance économique visant à éviter la sous consommation, soit à sortir du sous emploi.
On suppose que les salariés ont une Pmc plus forte que les bénéficiaires des revenus
non salariaux. Donc si on hausse les salaires, surtout de ceux qui ont les revenus plus bas, cela peut
être bénéfique à l'ensemble de l'économie. En cas de sous-emploi keynésien, une politique
d'intervention tendant à la baisse des salaires a peu de chances d'avoir un effet sur l'emploi. Une
baisse de salaire implique une diminution des inputs nécessaires dans les entreprises, notamment le
facteur travail. Les quantités de travail embauchées vont donc diminuer. Si en baissant les salaires,
on a voulu lutter contre le chômage, l'objectif n'est pas atteint.
Une politique de hausse des salaires provoquerait une hausse de revenu des travailleurs,
une augmentation de leur consommation, une augmentation de la production. Comme celle-ci
nécessite un accroissement des facteurs de production, notamment le facteur travail, au début, il y a
diminution de l'embauche suivie d'une diminution du chômage.
Une politique économique est dite « crédible » si les agents économiques sont assurés
que les pouvoirs publics ne reviendront pas sur les choix annoncés (qu'ils n'essaieront pas, en
particulier, de réduire le taux de chômage en deçà de son étiage « naturel» ). Les agents adhèrent
alors aux objectifs annoncés et adaptent leurs anticipations au taux d'inflation qui est recherché par
les autorités.
Chapitre septième: OU EN EST LA MACROECONOMIE
Ce schéma, dÜ aux économistes Hicks (dès 1937) et Hansen (en 1953), est tri
représentatif, selon l'expression du prix Nobel Samuelson, de la synthèse classico-keynésienne
Hicks s'interroge sur le caractère novateur de l'analyse keynésienne par rapport à la théorie
classique: « y a-t-il une réelle différence, ou bien l'ensemble n'est-il qu'un simulacre d'affrontement?
». Pour répondre à cette question, il construit une modélisation apte à englober la vision
macroéconomique classique et la conception keynésienne.
La construction IS-LM illustre le fait que l'économie doit être en équilibre lorsque sont
simultanément équilibrés le marché des produits (des biens et services), le marché de ] monnaie et
le marché des titres (actifs financiers rémunérés). Ce dernier marché n'apparaît toutefois pas
explicitement dans la modélisation car, en raison de la loi de Walras, l'équilibre des deux premiers
marchés entraîne ipso facto celui du troisième: on parle parfois d'un équilibre global (notion que
l'on veillera à ne pas confondre avec celle d'équilibre général).
Le rôle de l'Etat est de jouer sur la demande pour assurer le niveau de demande qui
assure le plein emploi. Pour cela, il peut mettre en oeuvre une politique monétaire qui agit sur
l'offre de monnaie (création monétaire), et par ce biais, sur le taux d'intérêt ou une politique
budgétaire qui agit sur le montant des dépenses publiques.
- la demande de consommation dépend du revenu (et non des prix comme l'affirment
les libéraux) ;
- la monnaie n'est pas neutre; la quantité de monnaie a une incidence sur le niveau de la
production;
- l'économie a tendance à se maintenir à l'équilibre; cet équilibre n'est pas dû à un
ajustement par les prix, mais au fait que le niveau de la production a tendance à
s'ajuster au niveau de la demande;
- le niveau de l'emploi résulte du niveau de la production;
- un équilibre de sous-emploi et donc un chômage involontaire sont possibles ;
- l'intervention de l'État est nécessaire en cas d'équilibre de sous-emploi; elle est
d'autant efficace qu'elle peut exercer un effet multiplicateur.
Keynes caractérise une économie monétaire de production par le fait « que variation des
vues sur l'avenir peut influer sur le volume actuel de l'emploi» (préface à l'édition anglaise de la
Théorie générale). Ces anticipations et l'incertitude interviennent en particulier dans le principe de
la demande effective (les entrepreneurs parient sur leurs débouchés futurs fixent leur production en
conséquence), dans l'estimation par les entrepreneurs de l'efficacité marginale du capital (rentabilité
escomptée des investissements) et dans la demande d'encaisses spéculatives (qui dépend des taux
d'intérêt anticipés).
Chaque agent économique ajuste son comportement en fonction du prix. Ainsi, une
augmentation des prix informe les offreurs que la demande est supérieure à l'offre et donc qu'i
peuvent offrir davantage (et produire plus si ce sont des producteurs). La droite d'offre se déplace
alors vers la droite et la production augmente.
Ainsi, par exemple, chaque augmentation de salaire incite les travailleurs à offrir plus
de travail et donc à renoncer en partie au loisir; l'offre de travail varie rapidement et sur le cou
terme car chaque salarié considère une hausse de salaire comme une opportunité à sais rapidement
d'autant plus que cette hausse peut ne pas être durable. Le niveau de l'emploi est fi) sur le marché
du travail sur lequel se rencontrent une offre globale et une demande globale c travail. Comme tous
les autres marchés, le marché du travail est toujours équilibré; le chôma~ est donc forcément
volontaire.
La nouvelle économie classique considère que l'économie est en état constant
d'équilibre. Les marchés s'ajustent continuellement et spontanément. Toute variation des prix, de
l'offre ou de la demande résulte de ce processus d'ajustement.
Une des conditions de l'équilibre automatique des marchés est la rationalité des agents
économiques. Non seulement ceux-ci cherchent à maximiser leur utilité, mais ils disposent de
toutes les informations.
Keynes avait bâti une partie de sa critique à l'analyse néoclassique sur l'illusion
monétaire et donc la mise en cause de la rationalité des agents. Les nouveaux économistes
classiques, au contraire, font l'hypothèse des anticipations rationnelles. Le concep1 d'anticipations
rationnelles a été introduit par John Muth en 1961. L'idée est que les individus utilisent au mieux
les informations dont ils disposent. Non seulement ils connaissent toutes les informations
nécessaires sur le présent, mais ils anticipent aussi bien que les économistes et le pouvoir politique
les événements futurs.
On comprend également que seul un effet de surprise (augmentation de tous les prix;
dans un contexte de stabilité), en trompant les individus, peut avoir à court terme un effet sur le
niveau de l'emploi et le niveau de la production. Sinon, ces deux paramètres restent constamment à
leur niveau naturel.
Selon Lucas, les anticipations rationnelles posent le principe que les agents d'un modèle
économique utilisent correctement l'information dont ils disposent sur le présent et le futur.
Les cycles économiques peuvent s'expliquer par des anticipations biaisées. Ainsi, de
variations de la quantité de monnaie peuvent éloigner temporairement le niveau de l'emploi et 1
niveau de la production de leur niveau naturel si elles ne sont pas convenablement anticipées.
Graphique - Les effets d'une augmentation anticipée et non anticipée de la quantité de monnaie
La monnaie n'est donc pas ici parfaitement neutre car une variation monétaire avec effet
de surprise provoque le cycle.
L'école des cycles d'affaires réels (Real Business Cycles), conduite en particulier par
Kydland, Barro et King au début des années 1980, innove considérablement par rapport aux thèses
monétaristes traditionnelles. Alors que pour celles-ci, l'offre globale peut (temporairement) être
modifiée dès lors qu'une variation non anticipée de masse monétaire se produit, les tenants des
cycles réels considèrent que les fluctuations de l'activité économique sont dues exclusivement à des
chocs affectant les grandeurs « réelles,» de l'économie (préférences des agents, fonctions de
production, ressources en facteurs de production, etc.), les variables monétaires ne jouant aucun
rôle dans les cycles et la politique monétaire (et d'une manière générale toutes les politiques
conjoncturelles) ne pouvant pas stabiliser, même à court terme, l'activité. Outre cette hypothèse
d'innocuité de la monnaie, cette conception repose sur l'idée que l'économie fonctionne en
permanence à l'équilibre grâce à la flexibilité des prix sur l'ensemble des marchés. Dans ces
conditions, il n'existe pas de chômage involontaire et la situation de l'économie est pareto-optimale.
On montre qu'un choc réel (exogène) initial se propage progressivement d'un secteur à
l'autre, provoquant un phénomène de persistance du cycle. Par exemple, un choc technologique
améliorant la productivité du travail, donc les salaires, conduira les agents à procéder à de nouvelles
substitutions travail-loisir en préférant offrir davantage de travail (puisque, provisoirement, le coût
d'opportunité du loisir augmente). Dans ces conditions, le choc initial aura, après sa disparition, des
effets sur la production de périodes ultérieures.
Un choc d'offre négatif (la droite d'offre se déplace sur la gauche) a comme effet de
provoquer une réduction de la production et une augmentation des prix (Pl, YI), alors qu'un choc
d'offre positif (la droite d'offre se déplace sur la droite) provoque une augmentation de la
production et une réduction des prix (P2, Y2).
Le cycle est un cycle d'équilibre dans le sens où toute fluctuation s'explique par
l'ajustement continu du marché.
Les seuls effets possibles résultent de l'effet de surprise. Ainsi, une forte croissance
monétaire non anticipée peut faire diminuer le chômage en dessous de son niveau naturel et un
faible croissance monétaire non anticipée peut le faire augmenter au-dessus de son niveau naturel.
Mais l'effet de surprise ne fonctionne que lorsque les individus sont habitués à un certaine
orthodoxie monétaire, et de toute façon ses effets sur la production et le chômage n sont que très
temporaires.
La politique conjoncturelle budgétaire n'est pas non plus efficace. Robert Barn reprend
le principe d'« équivalence ricardien » selon lequel un déficit budgétaire n'a pas l'effet attendu sur la
demande car les individus anticipent une augmentation future des impôt nécessaire pour que l'État
rembourse sa dette. Ils réduisent donc leur consommation e augmentent leur épargne pour pouvoir
payer les impôts futurs; les effets de l'augmentation de dépenses publiques sont les mêmes qu'elle
soit financée par l'augmentation des impôts ou par l déficit budgétaire.
Les nouveaux économistes classiques considèrent qu'il faut mener une politique d
stabilité à long terme qui assure une « cohérence temporelle » et qui soit fondée sur une crédibilité
». La politique monétaire, pour échapper à toutes les manipulations politique électoralistes, doit être
menée par une banque centrale indépendante.
La nouvelle économie keynésienne est née dans les années 1980 en réaction à nouvelle
économie classique. Pour les nouveaux économistes keynésiens, les individus sont rationnels, mais
des déséquilibres existent et se propagent car les marchés ne peuvent s'autoréguler, essentiellement
du fait de la rigidité des prix et des salaires.
La nouvelle économie keynésienne n'est pas un courant de pensée unifié, mais s'
principaux animateurs (George Akerlof, Gregory Mankiw, Bruce Greenwald, Janet Yelle Edmund
Phelps ... ) s'accordent sur deux points fondamentaux: la monnaie n'est pas neutre et 1, imperfections
des marchés expliquent les fluctuations (les nouveaux classiques pensent , contraire que le cycle est
un cycle d'équilibre).
La parenté avec Keynes est souvent lointaine, car ces économistes s'opposent à dl
interventions trop rigoureuses de l'État, parce qu'ils ne considèrent pas que les salariés sont victimes
de l'illusion monétaire et parce qu'ils ne fondent pas leur théorie sur le principe de demande
effective. En revanche, ils considèrent, comme Keynes, que le chômage involontaire existe et que
les forces du marché n'assurent ni l'équilibre ni l'optimum.
Dans un marché en concurrence pure et parfaite, chaque entreprise est sûre c pouvoir
vendre la totalité de sa production au prix du marché. Si elle opte pour un prix plus élevé, elle ne
vend rien, et il serait illogique de vendre à un prix plus bas que celui du marc! puisque à ce prix elle
peut écouler la totalité de sa production. Dans ce cadre, les entreprises SOl des « price takers » qui
vendent leurs produits au prix du marché.
Certains marchés sont des marchés de clientèle. Il s'agit de marchés sur lesquels le~
achats sont répétitifs; c'est par exemple le cas des achats de biens alimentaires. Les offreurs son en
concurrence, mais les consommateurs sont habitués à leur fournisseur. Toute augmentation dl: prix
incite les clients à comparer avec les concurrents, et toute diminution des prix n'attire que lentement
les clients fidèles à d'autres fournisseurs. On comprend donc que sur ces marchés d( clientèle, les
prix ne s'ajustent que très lentement.
Pour toutes ces raisons, les prix ne s'ajustent pas parfaitement et les marchés peuvent
être durablement en déséquilibre.
La monnaie n'est pas neutre. En effet, en raison de leurs rigidités, les prix n'absorbera
pas immédiatement les variations de la quantité de monnaie. Lorsque les prix sont rigides, uni
augmentation de la quantité de monnaie permet d'augmenter la demande et une diminution de L
quantité de monnaie contribue à la récession.
Selon les nouveaux économistes classiques, le niveau de l'emploi est fixé sur le, marché
du travail; celui-ci, comme tous les autres marchés, s'ajuste spontanément, les salaire sont
parfaitement flexibles et le chômage est nécessairement volontaire.
classiques, que le niveau de l'emploi est déterminé par le marché du travail, mais en
revanche il affirment que cela n'exclut pas le chômage involontaire car des rigidités salariales
nuisent l'ajustement du marché et parce que les entreprises peuvent avoir intérêt à rémunérer leur
salariés au-delà du salaire d'équilibre.
Les salaires ne sont pas négociés au jour le jour en fonction du marché, mais ils 1 sont
pour une période déterminée. Ainsi, des contrats de travail signés pour un certain laps d temps
créent des rigidités importantes. Ce point met en cause la théorie de Lucas qui considère que tous
les prix, y compris celui du travail, peuvent être instantanément modifiés. Même si le anticipations
sont rationnelles et que les individus, en cas de hausse des prix, souhaitent desaugmentations de
salaire nominaux, ils n'ont souvent pas la possibilité de les exiger. De même, un excédent de la
demande de travail par rapport à l'offre de travail n'induit pas automatiquement une hausse du
salaire réel. L'existence de contrat de travail nuit donc à l'ajustement des marchés.
Les théories du salaire d'efficience montrent que l'entreprise peut avoir intérêt à offrir
des salaires plus élevés que ceux du marché afin:
D'un autre côté, la théorie « insiders/outsiders » affirme que les salariés en place dans
l'entreprise, connaissant les coûts du turn over, peuvent exiger des salaires plus élevés que ceux du
marché.
Les nouveaux économistes keynésiens considèrent que les interventions de l'État sont
nécessaires, mais ils craignent les interventions trop fréquentes ou trop lourdes comme les déficits
budgétaires importants préconisés par certains keynésiens.
Même s'ils pensent que le chômage n'est pas volontaire, ils s'accordent avec les
monétaristes et les nouveaux classiques pour préconiser une flexibilisation du marché du travail et
une flexibilisation des rémunérations qui permettraient de baisser la barre du chômage naturel.
La nouvelle macroéconomie keynésienne est donc par certains aspects plus proche de la
nouvelle économie classique et par certains autres plus proche de la macroéconomie keynésienne
traditionnelle:
Bien qu'il soit assez difficile de résumer les apports très hétérogènes des théoriciens
post-keynésiens, le socle commun de leur réflexion est sans doute celui de l'endogénéité de la
monnaie, conception par laquelle les banques créent de la monnaie à la demande et gèrent après
coup leurs problèmes de liquidité, ce qui revient à dire, comme l'exprime Marc Lavoie, que « les
prêts font les dépôts et les dépôts font les réserves ». La relation causale est donc inverse de celle
qui est implicite dans l'analyse monétariste : la « base monétaire» (ou monnaie centrale) s'adapte à
l'offre de crédit des banques qui dépend elle-même de la demande d'emprunts formulée par les
agents. Pour Basil Moore (auteur de Horizontalists and Verticalists, sorte de manuel d'économie
monétaire post-keynésienne), le taux de variation des salaires nominaux est la grandeur exogène
clé, à laquelle s'adaptent à la fois les prix et le stock de monnaie.
On peut dire que les théoriciens de l'école post-keynésienne adhèrent à une sorte de loi
de Say de la monnaie: toute monnaie est offerte parce qu'elle est demandée. Il ne peut donc pas y
avoir de monnaie non désirée, de monnaie excédentaire, et l'explication monétariste de l'inflation
(qui est, selon Friedman, « toujours et partout un phénomène monétaire» ) tombe.
Le processus d'équilibrage du marché de la monnaie est très différent selon les deux
conceptions. Pour les post-keynésiens, une demande accrue de monnaie sera, en général, satisfaite
par le système bancaire, à un taux d'intérêt déterminé par les autorités (d'où l'appellation d'«
horizontalisme », par référence à la forme de la fonction d'offre de monnaie, élastique au taux
d'intérêt décidé par les autorités monétaires). Selon les monétaristes, une demande accrue de
monnaie pourra ne pas être satisfaite par la banque centrale. Pour ces auteurs, si l'offre de monnaie
est unilatéralement relevée par la banque centrale, la dépense augmentera par le déversement des
encaisses excédentaires que détiendront les agents (la monnaie est considérée comme un stock: elle
fait l'objet de choix de portefeuille).
Peut-on dire que les deux écoles se distinguent par le fait qu'elles considèrent, pour
l'une, la monnaie en tant que stock et, pour l'autre, la monnaie en tant que flux?
La distinction monnaie stock-monnaie flux paraît en effet assez centrale comme critère
de distinction entre les deux approches. Pour les monétaristes, la monnaie est un actif, constituant
un stock dont le montant peut être ajusté selon le bon vouloir de la banque centrale. Chez les post-
keynésiens, chaque cycle de production nécessite un flux de nouveaux crédits: la monnaie ne peut
être introduite après que la production a eu lieu (comme le font les monétaristes), puisque la
création de monnaie est en relation avec le processus de production lui-même. Les emprunteurs
forment le facteur causal de la création monétaire.
En fonction du
En fonction de
Macro- Pas niveau
la
économie Pas de lien d'hypothèse de Non Oui Utile
demande
keynésienne de rationalité la
effective
production
Nouvelle Rational ité Confrontation Oui Non Inutile
Se fonde sur la Sur le marché
macro- au d'une demande
globale
et
sens
d'une
économie fort
m icroéconom le offre du travail
classique (anticipations
globale sur
rationnelles)
le
marché
Confrontation
d'une demande
globale
Nouvelle Se fonde sur la Rational ité
et Sur le marche A mettre en œuvre
macro- mlcro- au sens faible Non Oui
d'une du travail avec précaution.
économie économie (utilitarisme)
offre
globale sur le
marché
L'école du « Public Choice » a été fondée dès le début des années 1960 par Jame~
Buchanan (prix Nobel en 1986), Gordon Tullock et quelques autres auteurs de l'école d( Virginie.
Alors que l'économie du bien-être met en exergue un État impmiial, dont l'interventior est
nécessaire au nom de l'intérêt général pour pallier les lacunes du marché, l'école du « PublÙ Choice
» élargit le paradigme de l'homo oeconomicus au champ de l'activité politique; ellt considère que les
politiciens, dépourvus de toute propension à l'altruisme ou à la philanthropie ont pour objectif
principal de dériver la plus grande satisfaction de la fonction qu'ils occupent e qu'à ce titre leurs
décisions sont essentiellement destinées à assurer leur réélection Naturellement, ils déploient un
maximum d'efforts pour justifier leurs décisions au nom dl J'intérêt collectif.
L'économie de la bureaucratie est une conception qui tend à prolonger l'analyse du <
Public Choice » (concernant les relations entre les élus et leurs administrés) aux relations entrl
/t
102
les élus ( ou décideurs) et les administrations (gérées par des managers publics souvent
qualifiés de « bureau/crates ») qu'ils contrôlent et qui disposent du monopole de la production des
services publics. La première analyse de ce type est proposée, à la fin des années 1960, par
l'économiste américain Niskanen.
Cette thèse considère que les décideurs sont en situation d'asymétrie d'information car ils
ignorent les coûts de production des services; il leur est donc impossible de contrôler le comportement
d'offre des managers. Ces derniers, de leur côté, cherchent à maximiser l' enveloppe budgétaire dont ils
peuvent disposer puisque leur pouvoir ou leur prestige en dépend. Les conclusions sont que le
monopole public, qui ne peut être efficacement contrôlé, conduit à une surproduction ou/et à une
production inefficiente. En conséquence, le meilleur moyen pour améliorer l'efficacité de la +6
production de ces services consiste à la privatiser.
CONCLUSION
Ce cours s'est intéressé à l'analyse des phénomènes économiques globaux, les agrégats
économiques et leur interdépendance. Il existe entre eux des relations de type comptable mais aussi des
lIaisons sous forme de modèle pour expliquer les phénomènes économiques globaux. Beaucoup des
concepts et analyses sont liés à l'approche keynésienne. L'analyse macro-économique explique l'état
d'une économie et peut être utile pour la politique économique en vue d'atteindre les objectifs
économiques fondamentaux: stabilité des prix, plein emploi et croissance économique.