Les impacts sociaux et
environnementaux du développement
des nouvelles énergies
Georges CINGAL, membre du CESE
Avant-Propos
Le dérèglement climatique provient de la modification du
ratio oxygène/carbone. Tout le développement de nos
sociétés s’est réalisé en consommant du carbone.
Nous constatons enfin que nous ne sommes pas capable de
maîtriser le cycle du carbone.
La poursuite du développement de nos sociétés ne pourra
se faire harmonieusement que si nous changeons de
modèle : une piste est explorée, la décarbonation.
Un rêve sociétal et environnemental ou une utopie ?
Nouvelles énergies = changement
La nouvelle donne rappelle à chacun que nos
sociétés ont évolué en fonction des sources
d’énergie auxquelles elles pouvaient puiser.
Excusez-moi de rappeler cette évidence, mais
sans ce rappel du passé il n’est pas possible de
comprendre le présent et d’imaginer l’avenir !
Le présent
Deux reproches sont faits aux systèmes de
production d’énergies renouvelables :
- Intermittence et difficultés pour stocker
l’énergie
- Perturbation des réseaux de distribution, leurs
productions étant indépendantes de la loi de
l’offre et de la demande (en contradiction avec
la règle de base actuelle de la gestion du
réseau de production d’électricité.
Le présent
Les énergies renouvelables se sont développées
de manière très différentes selon les pays.
Pourquoi ?
Parce qu’elles entraient en concurrence avec les
producteurs traditionnels. Là où les opérateurs
anciens étaient puissants, le développement a
été lent. Il était en effet facile de bloquer les
demandes de raccordement…
Le présent
Deux tendances nettes :
- Investissement sur de grosses unités (ainsi en
France en favorisant les appels à gros projets :
cogénération, éolien, hydrolien…)
- Investissements pour une partie
d’autoconsommation (ainsi en Allemagne
comme Lutz Ribbe l’a expliqué)
Le présent
Nous assistons au développement, non sans
souffrance, de PME. En effet elles ont besoin de
capitaux, de fournisseurs fiables, de personnels
qualifiés …
Dans toute l’Europe, on assiste à des créations
d’entreprises et d’emplois. Et parfois à des
déboires spectaculaires !
Il faut davantage de transparence et
d’assistance…
Le présent
Il est caractérisé par une très grande richesse
des recherches qui se traduisent souvent par des
résultats aussi spectaculaires qu’inaperçus aussi
bien par la classe politique en général que par
l’ensemble de nos concitoyens.
Si je fais partie de ceux qui pensent que les
technologies ne résoudront pas tous nos
problèmes, je pense qu’elles permettront
d’apporter des solutions bien utiles.
Le stockage de l’énergie
Actuellement l’énergie est essentiellement
stockée sous forme d’eau retenue derrière des
barrages.
Il y aussi la possibilité de travailler en circuit
fermé : il existe quelques centrales de
pompage/turbinage.
Mais les contraintes environnementales sont
très importantes …
Le stockage de l’énergie
Actuellement on stocke l’énergie électrique dans
des batteries, ce qui assure une certaine
durabilité… On stocke le gaz dans des réservoirs
souterrains… On peut comprimer l’air …
Mais il y a d’autres moyens de stocker de
l’énergie : sous forme de chaleur. Ce moyen est
sous-exploité et c’est bien dommage car on
pourrait limiter l’impact sur le climat !
Enfin plus prometteur, l’hydrogène.
Le stockage de l’énergie
C’est la solution qui s’impose puisque nulle
société ne peut survivre si son bilan est
déficitaire. Or nos pays consomment plus
d’énergie qu’elles n’en produisent (en France en
2012 nous avons consommé 266,5 MTEP
d’énergie primaire alors que nous n’avons
produit que 139 MTEP, le transport représentant
à lui seul 50 MTEP).
Vous devez connaître les chiffres pour vos pays.
Le stockage de l’électricité
Les énergies renouvelables produisent du
courant continu, elles sont donc à même de
fournir du courant pour des inductances
(bobines) des capacitances (batteries) et du
transport à très haute tension (500 à 1000 kV)
Rappels : L’électricité ne se transporte pas sans
perte en ligne ! Et sans problème lorsque
survient une grosse tempête !
Conclusion intermédiaire
Ce sont les îles qui démontrent la faisabilité. En
France l’île de Sein a refusé de continuer à
consommer de l’électricité fournie par des
générateurs alimentés au fuel.
Les « énergies vertes » permettent d’assurer
l’autonomie, donc la pérennité de toutes les
campagnes les plus reculées.
Les circuits courts entre les systèmes de production
et les consommateurs doivent s’imposer
progressivement.
Le rêve : la photosynthèse artificielle
Le 26 novembre 2014, lors de la « Conference on artificial
photosynthesis » Toshiba a annoncé le développement d’une
nouvelle technologie
L’électricité demain : les enjeux
- Produire des appareils moins gourmands
- Fournir de l’énergie à la demande
- Lutter contre les émission des CO2
- Réduire l’importance des pointes de demande
- Faire baisser le prix de revient de l’énergie en
période de pointe.
L’électricité demain ?
Il est certain que les générations futures auront encore recours à
l’électricité, mais elles en feront une utilisation plus efficace à
partir de productions plus écologiques, avec un réseau de
distribution géré autrement (smart grid).
Une réflexion s’imposera même au niveau de l’habitat (Passivhaus
ou habitat à énergie positive) et même des transports.
L’électricité demain
Rappel : le stockage de l’électricité d’origine
solaire est plus facile (production de courant
continu en basse tension) que l’électricité
d’origine éolienne (production de courant
triphasé moyenne tension)
Nota Bene : les besoins de stockages sont
fonction des applications : portables, mobiles
(transports), stationnaires.
La transition énergétique
Définition : s’orienter vers un modèle
énergétique plus sobre, moins polluant, plus
indépendant en s’appuyant sur les économies
d’énergie et les énergies renouvelables adaptées
aux ressources de chaque territoire
Un investissement de 1M€ permet de créer 19
emplois dans l’efficacité énergétique et 14 dans
les renouvelables
La transition énergétique
Au niveau de l’UE entre 300 et 400 000 emplois
nouveaux seront créés grâce à la politique
relative aux énergies renouvelables. Ils
viendront s’ajouter au 1,2 millions de personnes
travaillant déjà dans le secteur des énergies
renouvelables
Parallèlement, on espère une réduction du
chômage grâce à la rénovation des bâtiments
pour améliorer leur efficacité énergétique.
La transition énergétique
100% renouvelables, c’est possible ! Des
territoires s’engagent pour devenir autonomes :
Šentrupert en Slovénie, la région de Steinfurt en
Allemagne… D’autres se sont engagés lors de la
dernière conférence à Kassel
http://www.100-res-
communities.eu/fre/news/100-renouvelables-c-
est-possible-!-les-territoires-prennent-en-main-
la-transition-energetique
La transition énergétique
Il convient de souligner que :
- Ce sont des emplois non délocalisables
- La dynamique ne s’arrêtera en 2020, mais
devrait se poursuivre au moins jusqu’en 2050
- Le déficit de la balance commerciale de l’UE,
fortement importatrice de gaz et de pétrole,
devrait être réduit.
Technologies de stockage
1 – mécaniques : pompage, gaz comprimé,
inertiel
2 – électriques : super-condensateurs,
condensateurs
3 – électrochimiques : batteries, piles à
combustibles, technologies avancées
4 – chimiques : hydrogène
Les pistes prometteuses
Aujourd’hui on sait brûler l’hydrogène dans des
centrales électriques à gaz dont les turbines sont
spécialement conçues pour résister à l’agressivité
du gaz.
L’hydrogène stocké peut donc être considéré
comme un stockage indirect de l’électricité.
C’est le Power to Gas qui est en cours
d’expérimentation en Allemagne, Suisse et France.
Ce système devrait être opérationnel à court terme
: Horizon 2025
Les pistes prometteuses
Cette piste (Power to gas) est d’autant plus
prometteuse qu’elle pourrait permettre d’alimenter
des piles à combustibles.
Actuellement les alimentations à base de piles à
combustible sont nettement plus chères que les
alimentations par batterie, mais on aboutit à un
autre résultat si l’on fait une analyse « from well to
wheel » !
On peut aussi associer l’hydrogène au CO2 pour le
convertir en méthane (méthanation)
Quelques exemples
Record : solaire photovoltaïque, 46% de lumière
solaire convertie en électricité.
Source : Univers Nature 07/12/2014
Quelques exemples
La CEA Liten annonce avoir validé un système de
production d’hydrogène par électrolyse de
vapeur d’eau à haute température
Source : Enerzine (10/12/2014)
Quelques exemples
Paris – Le Kangoo ZE-H2 a été sélectionné
comme l’une des 8 applications les plus
représentatives pour illustrer le plan sur cette
filière d’avenir lancée en 2013.
Quelques exemples
Biarritz – France -Pragma industries, spécialiste
des piles à combustibles, se lance dans le vélo à
hydrogène. « concepteurs de piles bobinées, les
porteur du projet ont couplé cette technologie à
l’utilisation de l’hydrogène.
Source Sud-Ouest (11/11/2014)
Et si l’on regarde en dehors de l’UE…
Certains motoristes ont développé des modèles qui utilisent
l’hydrogène. Honda motor a installé en décembre 2014 une
station modulaire (9 m2) en mesure de produire 1,5 kg
d’hydrogène par jours et d’en stocker 18 kg, ce qui permet de
recharger une Honda FCX Clarity.
Une autre combinaison intéressante
- Après le procédé Haber-Bosch qui a permis de
produire des engrais azotés, les chercheurs ont
réussi à combiner hydrogène et azote pour produire
de l’hydrazine (N2H4) utiliser en particulier comme
carburant de fusées.
- Comme toujours avec l’Hydrogène, il faut trouver
un moyen économique de stocker.
- La réponse se trouve peut-être dans la
compression des mélanges N2-H2 étudiés par le
CEA, le CNRS, …
Et si l’on regarde en dehors de l’UE
Succès commercial de Toyota qui a lancé le 15
décembre la Mirai alimentée à l’hydrogène avec
pile à combustible. Plein en 5 minutes pour une
autonomie : 500 km
Mais on peut aussi économiser les
ressources non renouvelables !
Production biologique de propylène biosourcé
par fermentation directe.
Source : Enerzine
Un rendez-vous ?
World efficiency, le prochain salon des solutions
climatiques
Une fois n’est pas coutume je fais la promotion
de ce salon-congrès qui ouvrira ses portes à
Paris le 13 octobre 2015 pour une durée de trois
jours.
Et surtout, on peut faire davantage
d’économies d’énergie !
« L’éclairage intelligent » : les DELs qui sont d’un usage courant,
couplées à des systèmes de détections permette d’économiser
65 à 73% d’énergie
Source : SSL-erate project (avec soutien UE)
Ci dessous : Belfast City Hall – illumination intelligente
Conclusion
Si l’on compare les investissements dans le domaine
nucléaire (ITER …), les investissements pour aller
chercher toujours plus loin gaz et pétrole, et les
investissements pour économiser l’énergie ou pour
développer les énergies renouvelables, on ne peut
qu’être confondu.
- Est-ce parce que l’on a eu peur que
l’indépendance énergétique rende inmaîtrisable
certains groupes ?
- Cela pose bien la question « énergie et
démocratie »
Georges Cingal vous remercie
13 janvier 2014
Comité économique et social européen