Pathologies Obstetricales Med
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Devant les hémorragies génitales au cours de la 1ère moitié de la grossesse Il faut penser à :
L’avortement (dans toutes les formes cliniques),
La grossesse ectopique (dans toutes les localisations et formes cliniques,
La maladie trophoblastique (mole hydatiforme ou choriocarcinome)
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1.1. AVORTEMENT
1.1.1. Définition:
L’avortement communément appelé fausse couche est l'expulsion spontanée ou provoquée du produit
de conception avant le terme de 28 semaines d'aménorrhée. Cependant, en raison des progrès de la
réanimation néonatale, l’OMS a revu cet âge de viabilité à la baisse jusqu’à 22 semaines
1.1.2. Causes les plus fréquentes:
Les aberrations chromosomiques,
Les infections maternofoetales (rubéole, toxoplasmose, maladies virales etc...);
Maladies endocriniennes (diabète sucré, hyperthyroïdie, hypothyroïdie
Les maladies auto immunes
1.1.3. Tableau clinique :
On distingue les formes cliniques suivantes :
La menace d’avortement
L’avortement inévitable
L’avortement incomplet
L’avortement complet
L’avortement septique
Le missed abortion
1.1.4. Prise en charge:
En cas de présomption d’avortement pratiqué dans de mauvaises conditions de sécurité, rechercher
des signes d’infection ou des lésions traumatiques vaginales, utérines ou intestinales, irriguer
abondamment le vagin pour en retirer toutes les préparations à base de plantes, médications locales
ou substances caustiques qui peuvent.
En général, avec la menace d’avortement, aucun traitement médical n’est nécessaire.
Conseiller à la patiente d’éviter les activités demandant en effort ainsi que les rapports sexuels. Il
n’est toutefois pas nécessaire qu’elle garde le lit.
Si le saignement cesse, faire suivre la patiente en consultation prénatale. Si le saignement reprend,
la réexaminer.
Si le saignement persiste, apprécier la viabilité du foetus (test de grossesse/échographie) ou
rechercher une grossesse ectopique (échographie). Un saignement persistant, en particulier si l’utérus
est trop gros pour le terme, peut indiquer la présence de jumeaux ou une grossesse môlaire.
Le traitement à instaurer devra tenir compte du tableau clinique
En cas de menace d’avortement: prescrire un anti spasmodique (Papavérine ou spasfon)
+progestatif (progestérone, utrogestan) + traitement étiologique si possible + repos ,
En cas d’avortement inévitabl: accélérer le processus d’expulsion par une perfusion d’ocytocine
(10 UI dans un litre de perfusion de glucosé à 5%) ou par le misoprostol (cytotec) : 200 à 600 μg per os
ou intravaginal puis la révision utérine par aspiration manuelle intra utérine(AMIU)ou curetage.
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En cas d’avortement incomplet: procéder à l’évacuation utérine par l’aspiration intra utérine
(AMIU) ou par curetage, mieux à faire sous guidage échographique et après administration
d’antibiotiques en bolus.
En cas d’avortement complet: expectative et contrôle échographique du contenu utérin.
En cas de missed abortion: procéder à l’évacuation utérine par: Misoprostol: 200 à 600 μg per os
ou intravaginal puis aspiration du contenu utérin.
En cas d’avortement septique: prescrire une antibiothérapie de couverture en bolus jusqu’à la lyse
thermique (en général pendant 48 heures) avant de procéder à l’aspiration ou au curetage évacuateur.
En général, administrer 2 g d’ampicilline ou amoxiciline/ toutes les 8heures ou ciprofloxacine 500mg
toute les 12heures plus flagyl 500mg par jour toute les 8heures. L’aspiration devra se faire sous
perfusion d’ocytocine et sous guidage échographique. Apres aspiration on devra continuer avec
l’antibiothérapie (mieux une association antibiotique) + un utero tonique (ocytocine ou misoprostol)
1.2. GROSSESSE ECTOPIQUE
1.2.1. GROSSESSE EXTRA-UTERINE (GEU)
a. Définition :
Grossesse qui s'est implantée en dehors de la cavité utérine.
b. Cause :
-Principalement les salpingites d’origine gonococcique ou à clamydia
- Antécédents chirurgicaux
- Prise des pilules et des inducteurs de l’ovulation
c. Signes cliniques :
i. GEU NON ROMPUE
Y penser devant les signes suivants :
Retard des règles ;
Douleur pelvienne d’intensité variable localisée ou diffuse ;
Métrorragie de petite quantité, goutte à goutte ;
Au TV : utérus augmenté de volume mou (mais moins qu’il ne serait pour une Grossesse intra-
utérine du même âge), perception d’une masse latéro utérine douloureuse.
ii. GEU ROMPUE
Y penser devant une femme avec un retard des règles et présentant les signes cliniques suivants :
Douleur bas ventre de survenue brutale;
Altération rapide de l’état général;
Etat de choc: pâleur, soif, pouls filant, tension très basse ou imprenable, Tachypnée;
A l’examen abdominal: abdomen distendu, sensible;
Au spéculum: douglas déplissé et bombant, la ponction ramène du sang qui ne coagule pas.
Au TV: cri de douglas;
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d. Examens complémentaires
i. Echographie :
Avant la rupture: utérus vide et masse para-utérine avec ou sans sac gestationnel;
Après la rupture: utérus vide et épanchement intra-péritonéal.
ii. La ponction transabdominale ou de cul de sac de Douglas : permet de recueillir du sang
incoagulable en cas de GEU rompue
iii. Examens préopératoires : Hb, GS, Rh, TS, TC.
iv. Test de grossesse : il peut être positif ou négatif mais n’exclut pas le diagnostic
e. CONDUITE A TENIR
i. Réanimation :
Poser une voie veineuse et une perfusion de ringer lactate.
Transfusion sanguine si nécessaire.
ii. Traitement chirurgical : urgence +++
Anesthésie générale (Eviter l’anesthésie rachidienne étant donné l’instabilité hémodynamique+++)
Technique:
Laparotomie médiane sous-ombilicale.
Aspiration de l’hémopéritoine.
Exploration de la cavité pelvienne et extériorisation de la trompe rompue
On procède selon le cas soit à une salpingéctomie totale, soit à une résection partielle suivie de la
restauration de la trompe.
Pose du drain si nécessaire.
Toilette de la cavité péritonéale.
Fermeture de la paroi et pansement.
iii. Soins postopératoires :
Surveillance des Signes vitaux jusqu’au réveil lever précoce.
1.3. LA MOLE HYDATIFORME OU GROSSESSE MOLAIRE
1.3.1. Définition :
C’est une grossesse pathologique caractérisée par la prolifération kystique de villosités choriales.
1.3.2. Tableau clinique :
a. Aménorrhée
b. Exagération de signes sympathiques de la grossesse (vomissements, nausées.)
c. Hémorragies génitales avec parfois élimination de vésicules en forme de grappe de raisin ou oeufs
de grenouilles.
d. A l’examen clinique : on note : S
i. Parfois altération de l’état général surtout si mole toxique.
signes de toxémie (HTA, albuminurie,…)
signes d’anémie (conjonctives et muqueuses pales)
signes de toxicose (subictère, parfois ictère franc)
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i. Hospitalisation
ii. Bilan pré-thérapeutique : Hb, Htc, GS Rh, TS, TC, Urée, créatinine, SGOT, v SGPT
iii. Radio thorax (recherche des métastases pulmonaires : images en lâchée de ballon)
iv. Traitement proprement dit :
v. Attitude active : dilatation cervicale et aspiration manuelle intra utérine sous couverture d’utéro
tonique (perfusion ocytociques ou misoprostol)
vi. Avant toute manipulation, expliquer les étapes de l’intervention à la patiente et le risque de la
transformation maligne de la môle, sans toutefois dramatiser.
vii. Surveillance assidue après aspiration ou curetage.
viii. Si avortement molaire spontané,
Compléter l’avortement par aspiration sous utérotoniques (ocytocique)
Misoprostol intra-rectal (si nécessaire) : 600 μg
Si môle invasive ou toxicose : Faire l’hystérectomie en bloc NB : Examen histopathologie de produits
d’aspiration s’avère indispensable Surveillance post –molaire (obligatoire) :
i. Clinique :
Etat général
Coloration des muqueuses et conjonctives
Hémorragie génitale
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Involution utérine
Disparition des kystes(TV)
ii. Paracliniques :
Test de grossesse (différentes dilutions) toutes les 2 semaines (au moins 3 résultats négatifs
successifs), poursuivre le test de grossesse 1 fois le mois pendant 6 mois, enfin 1 fois tous les 6 mois.
iii. La surveillance doit durer au minimum 12 mois.
iv. La contraception aux oestro -progestatifs est obligatoire. Normalement le test de grossesse doit se
négative dans les 12 semaines qui suivent l’expulsion de la mole. Dans le cas contraire, instaurer une
chimiothérapie(Métothrexate
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d. Placenta prævia central ou recouvrant total : le placenta recouvre complètement l'orifice interne du
col utérin et à dilatation complète du col utérin il recouvre la totalité de l'aire de la dilatation cervicale.
2.1.4 Examens paracliniques
L’échographie permet de confirmer le diagnostic et même d’en donner le type
2.1.5 Conduite à tenir
a. Ne pas faire un TV à moins qu’on ne soit prêt pour une césarienne et en salle d’opération.
b. Doser l’Hb, GS, TS, Tc Faire l’échographie (si possible)
i. Si grossesse non à terme, et si hémorragies moins abondantes il faut :
expectatives
Hospitaliser la gestante,
Repos au lit,
Port de garnitures stériles
Faire l’hémogramme : Hb, Ht, GS et rhésus, TS, TC, Plaquettes, Fibrinogène, Tests de Kleihauer, Ge,
Sed urinaire, selles directes albuminurie, Echographies régulières,
Mettre la gestante sous traitement martial (fer)
Prescrire une tocolyse mineure: Spasfon, No spa
Procéder à la maturation pulmonaire par l’administration de corticoïdes
: betamethasone (celestene) 12 mg IM pdt 2 jours en une semaine ou dexamethasone 2 x 6 mg IM
(valable pour des grossesses de moins de 34 semaines d’aménorrhée)
Administration des immunoglobulines anti D (Rhésogamma) chez une mère rhésus négatif,
Préparer 2 unité de sang (Garder du sang à la banque (disposable à tout moment),
Préparer la salle d’opération
Préparer la réanimation du NN
ii. Si grossesse est à terme
Placenta prævia recouvrant (partiel ou total): faire la césarienne
Garder du sang à la banque (disposable à tout moment),
Placenta latéral et marginal : l’accouchement par voie basse est possible et mieux selon un mode de
déclenchement spontané. L’induction de travail est déconseillée car risque d’hémorragie. Il faudra donc
attendre le déclenchement spontané en travail. La césarienne dans ce cas est envisagé d’emblée en
présence d’un autre élément péjoratif comme la souffrance foetale, dépassement de terme
Donner des antibiotiques:
Ampicilline 2 g toutes les 6 heures en IV ou amoxycilline 1 g toutes les 6 heures en IV pendant 48
heures puis relayer avec amoxycilline, par voie orale, 1 g 3 fois par jour, jusqu’au 15eme jour ;
Gentamicine 160mg/j en IM en dose unique
Procéder à la transfusion si taux Hb ≥7g%, donner le fer-folate 2 comprimes par jour pendant 3 à 6
mois.
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Figure 2 : Conduite à tenir en cas de DPPNI avec foetus mort ou non viable
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Antécédents
Signes cliniques
Choc hémorragique Perte de sang pas Perte de sang pas Perte de sang pas
toujours visible - toujours visible - toujours visible -
Choc non Choc non Choc non
proportionnel à proportionnel à proportionnel à
l’importance de l’importance de l’importance de
l’hémorragie l’hémorragie l’hémorragie
extériorisée extériorisée extériorisée
(saignement intra (saignement intra (saignement intra
utérin) - utérin) - abdominal)
Hémorragies diffuses Hémorragies diffuses
i. Si avant 6h et conditions locales bonnes (berges non nécrosées), suturer les lésions utérines si
possibles
ii. Si plus de 6h, procéder à une hystérectomie
2.4 COAGULOPATHIE
2.4.1. Définition :
C’est le défaut de coagulation sanguine.Elle est à la fois une cause et une conséquence de l’hémorragie
obstétricale massive.
2.4.2. Causes :
Hématome rétro placentaire, mort foetale in utero, éclampsie, embolie amniotique et avortement
septique.
2.4.3. Signes cliniques :
a. hémorragie grave associée ou non à des complications de type thrombose
b. un état cliniquement stable dans lequel l’affection ne peut être détectée que par des analyses
biologiques.
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transfuser du sang total frais, si possible, pour remplacer les facteurs de coagulation et les globules
rouges;
Si l’établissement ne dispose pas de sang total frais, opté pour une des solutions suivantes, en
fonction des possibilités:
transfuserdu plasma frais congelé pour remplacer les facteurs de
Coagulation (15 ml/kg);
transfuser un concentré de globules rouges (ou des globules rouges sédimentés) pour compenser
les pertes ;
transfuser un Cryo précipité pour remplacer le fibrinogène;
transfuser des concentrés de plaquettes (si le saignement n’a pas cessé et que la numération
plaquettaire est inférieure à 20 000/mm3).
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h. Pyélonéphrite aiguë : dysurie, fièvre oscillante, frissons, fréquence et urgence accrue de la miction,
douleurs abdominales, douleurs vésicales/suspubiennes, douleur/sensibilité rénales, nausées et
vomissements.
i. Avortement septique : leucorrhées purulentes et nauséabondes avant 22 semaines, utérus sensible,
douleurs abdominales basses, douleurs abdominales à la décompression, saignement prolongé
PAT
j. Chorioamniotite : écoulement vaginal aqueux et nauséabond, douleurs abdominales, utérus sensible,
RCF rapide
k. Pneumonie : Dyspnée, toux productive, douleurs thoraciques, foyers de condensation massive, gorge
congestionnée, polypnée, râles ronflants
l. Typhoïde : dissociation pouls température
m. Hépatite : selles décolorées, hépatomégalie, urticaire
3.1.4. Examens paracliniques :
Test de diagnostic rapide (TDR)
Goutte épaisse colorée(GE)
Frottis sanguin mince
HB/Hct, Gb, FL
Echo.Obst, NST
Les complications du paludisme sur la grossesse :
Les menaces des fausses couches et d’accouchement prématuré.
L’anémie et/ou le retard de croissance intra utérin.
La mort foetale in utero(MFIU).
Le paludisme congénital.
Le traitement du paludisme de la femme enceinte : Le protocole préconisé est celui recommandé par
le programme (PNLP) en RDC.
Le traitement de paludisme sans signes de gravité.
Si GROSSESSE : - sans CU → Antipyrétique + Quinine comprimé - Avec CU →Antipyrétique +
tocolytiques + quinine comprimé Posologie :
1è, 2è et 3è trimestres : donner :
Quinine : 3x10 mg/kg/j pendant 7 jours associée à la Clindamycine à la dose de 2x10 mg/kg/j pendant 7
jours.
2è et 3è trimestre de la grossesse :
L’Artésunate (ATS : 200 mg) +Amodiaquine (540mg) en prise journalière unique pendant 3 jours.
Abaisser la fièvre avec le paracétamol à la dose de 500mg à 1g per os
NB. Il existe d’autres schémas thérapeutiques (Voir PNLP).
Le traitement du paludisme avec signes de gravité
Si GROSSESSE :* Avec anémie → baisser la fièvre, corriger l’anémie, administrer la quinine en perfusion
*Avec CU préexistante et grossesse à terme → Antipyrétique +quinine en perfusion
8h 4h repos : 8h -Si la malade est capable de boire sans vomir, alors passer à la voie orale avec ACT
(Traitement Combiné à l’artesunate) : Artésunate (200 mg) +Amodiaquine (540mg) /jour pendant 3
jours.
3.2. INFECTIONS URINAIRES ET GROSSESSE
3.2.1. Définition :
Sont des infections urinaires basses/hautes ou une bactériurie symptomatique ou asymptomatique le
plus souvent observées chez les femmes enceintes, principalement au cours de 2 derniers trimestres de
la grossesse.
3.2.2. Epidémiologie :
5 à 10% des femmes enceintes ont une infection urinaire. Les bactériuries asymptomatiques sont le
plus souvent observées. La pyélonéphrite est une complication des bactériuries asymptomatiques dans
13 à 46 % de cas.
3.2.3. Pathogenèse :
Les urines peuvent être infectées par deux voies :
a. Voie ascendante à partir des germes d’origine vulvopérinéle. Elle est la voie principale. L’urètre
antérieur est colonisé par la flore bactérienne saprophyte des régions périnéo-vulvaires. Un reflux
urétrovesical est fréquent chez la femme enceinte en fin de miction ou après un rapport sexuel
favorisant l’infection de la vessie par les germes. Un reflux vésico-urétéral permet l’infection des urines
du haut appareil.
b. Voie hématogène en cas d’une bactériémie.
Pendant la grossesse plusieurs éléments font favoriser l’infection urinaire :
a. Une stase dans l’arbre urinaire, avec des cavités atones et dilatées suite à l’imprégnation hormonale
qui entraine la parésie de la musculature lisse et suite à la compression mécanique exercée par
l’utérus;
b. un état d’immunodépression,
c. Une anomalie urologique avant la grossesse
N.B : Le diabète constitue un élément de risque ainsi que l’âge élevé et multiparité.
3.2.4. Formes Cliniques.
a. LA PYELONEPHRITE AIGUE GRAVIDIQUE
i. Définition : est une infection des voies urinaires supérieures : bassinet du rein et peut aussi toucher
le parenchyme rénal.
ii. Signes cliniques :
Signes d’appel:
Dysurie
Fièvre oscillante 39 ou 40°C/frissons
Douleurs abdominales
Signes qui sont parfois présents :
Douleurs sus –pubiennes
Sensibilité de la cage thoracique
Anorexie
Nausées
Vomissements
Examens cliniques :
La palpation de la fosse lombaire provoque une douleur.
Les points pyélo-urétéraux (points urétéraux supérieurs) et urétraux moyens et inférieurs sont
sensibles.
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b. Tableau clinique :
Douleurs abdominales intenses
Fièvre
Pouls accéléré
Liquide amniotique trouble,purulent et malodorant
une tachycardie foetale
A l’examen para clinique : hyperleucocytose, l’élévation de protéine C réactive, de fibrinogène,
détection des germes pathogènes par amnioculture,antibiogramme, échographie obstétricale et
monitoring
c. Conduite à tenir :
Hospitalisation
Antibiothérapie : Amoxicilline 4 X 1g par jour+ gentamycine 5-7mg/kg en IV en unique dose
pendant 5jrs
Antipyretique : Pracetamol :1gr per os
Interrompre la grossesse par une induction /stimulation à l’ocytocine
En cas de césarienne, penser au nettoyage de la cavité abdominale et drainage.
Diagnostic des céphalées, de la vision floue, des convulsions ou pertes de connaissance et de la tension
artérielle élevée
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i. Pré éclampsie :
-Plus rarement :
-insuffisance rénale aiguë,
-complications hépatiques (stéatose hépatique aiguë gravidique, hématome sous capsulaire du foie),
-hémorragie cérébro méningée à l'occasion d'une poussée hypertensive,
-rétinopathie hypertensive.
B .Complications foetales :
- Retard de croissance intra-utérin (RCIU),
- Mort foetale in utero (MFIU) au terme d'un RCIU sévère ou à l'occasion d'un accident aigu (éclampsie,
HRP),
- Prématurité induite pour sauvetage maternel ou foetal,
Séquelles néonatales.
ii. En cas d'HTA gravidique, les signes cliniques de gravité sont :
Si multipare, antécédents de formes graves d'HTA en cours de grossesse : éclampsie, HRP,
mortfoetale in utero…,
Signes fonctionnels d’HTA,
Troubles visuels (phosphènes), auditifs (bourdonnements) ou barre épigastrique,
Diminution des mouvements actifs foetaux,
Hauteur utérine inférieure à la normale pour l'âge gestationnel, faisant suspecter un RCIU,
PAS 160 mm Hg ou PAD 110 mm Hg,
OEdèmes massifs, prenant le godet, surtout visibles au visage et aux membres inférieurs, ROT vifs,
Protéinurie massive à la bandelette.
c. Examens paracliniques :
Deux examens de base :
Protéinurie (normale < 300 mg / 24h),
uricémie (normale < 360 mmol / l).
Signes de gravité :
Une protéinurie > 2 g / 24H,
Plaquettes < 100 000
LDH élevées
Transaminases élevées
Créatininémie > 1,2 mg / dl
Les autres examens indispensables en présence de signes de gravité :
NFS & plaquettes thrombopénie ? anémie -> hémoconcentration ?
Bilan de coagulation (si Pré éclampsie) : TP, TCA, Fibrinogène
Ionogramme sanguin (+/-) urinaire avec Créatininémie ->insuffisance rénale?
Transaminases, LDH ->cytolyse (HELLP)?
Fond d'oeil,
Une thrombopénie, une CIVD, une cytolyse hépatique, une insuffisance rénale franche sont
toujours le témoin d'une forme grave,
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L'association d'une anémie, d'une cytolyse hépatique et d'une thrombopénie définit le HELLP syndrome
(HEmolysis, ELevated Liver enzymes, Low Platelets).
Autres examens complémentaires utiles à l'évaluation du pronostic : Sont toujours nécessaires :
Une Echographie obstétricale : avec biométrie foetale, évaluation du volume du liquide
amniotique, doppler ombilical et cérébral.
Un Doppler utérin : Le Doppler utérin normal se caractérise par une décroissance régulière de la
vélocité sanguine pendant la diastole et le maintien d'une vélocité relativement élevée en fin de
diastole (rapport D/S > 0,40).
Un Enregistrement cardiotocographique : A faire après 26 SA. D'intérêt limité dans les HTA
modérées et isolées, il est indispensable dans la surveillance des formes graves notamment en cas de
RCIU. Les altérations du rythme cardiaque foetal, même apparence modérées, sont le témoin d'une
souffrance foetale sévère qui précède de peu la mort foetale in utero.
Sont des signes de gravité :
Des altérations franches et bilatérales du Doppler utérin : incisure protodiastolique, diminution
excessive de la vélocité en fin de diastole qui traduisent l'insuffisance de la circulation utéro
placentaire,
Un RCIU, classiquement tardif (apparaissant au 3è trimestre) et dysharmonieux (prédominant sur
la biométrie abdominale alors que le diamètre bipariétal est normal ou peu diminué),
Un oligoamnios (liquide amniotique peu abondant).
d. La prise en charge :
Le seul véritable traitement est la terminaison de la grossesse, mais il ne se justifie que dans les formes
graves ou proches du terme. Le traitement médical antihypertenseur n'est qu'un traitement adjuvant
d'intérêt limité. Il fera partie d'une prise en charge établie au mieux de manière collégiale et
multidisciplinaire. HTA légère ou modérée
Surveillance en externe,
Repos (arrêt de travail),
Traitement médical antihypertenseur en monothérapie, (d'indication et d'intérêt discutés),
Surveillance renforcée : consultation tous les 10 jours environ, bilan biologique régulier,
échographie mensuelle avec Doppler utérin (à 22 SA, à contrôler si pathologique).
Au 9è mois, discute un déclenchement artificiel du travail en fonction des conditions obstétricales.
HTA sévère
Hospitalisation en maternité de niveau adéquat à l’âge gestationnel,
Prévoir la nécessité d'une extraction foetale urgente +++
Bilan préopératoire,
Consultation d'anesthésie,
Avant 34 SA : corticothérapie pour prévention de la maladie des membranes hyalines.
Traitement médical antihypertenseur, nécessitant souvent une association de plusieurs drogues
et/ou leur administration par voie parentérale à la seringue électrique,
Surveillance étroite :
Chaque jour : signes fonctionnels, TA, poids, examen clinique, enregistrement cardiotocographique,
Plusieurs fois par semaine : bilan biologique,
Régulièrement : échographie avec doppler utérin, ombilical et cérébral foetal,
Le problème essentiel concerne la date et les modalités de l'accouchement. Schématiquement :
Après 34 - 36 SA : Il faut provoquer la naissance, par déclenchement du travail ou césarienne en
fonction des conditions obstétricales,
Avant 34 SA : On tentera une attitude conservatrice si possible, sinon on interrompt la grossesse et
le mieux par césarienne étant donné la prématurité.
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Les principes et les modalités du traitement médical antihypertenseur : Son seul objectif est d'éviter
les à-coups hypertensifs.
Sont prohibés :
Régime sans sel et diurétiques : ils aggravent l'hypo volémie (déjà présente chez la femme enceinte
hypertendue) et réduisent la perfusion utéro-placentaire,
Inhibiteurs de l'enzyme de conversion (foetotoxiques).
On peut utiliser :
En première intention : antihypertenseurs centraux, bétabloquants ou association alpha et
bétabloquants. L'alphaméthyldopa (Aldomet) bénéficie d'une large expérience dans ce domaine,
En seconde intention : bétabloquants +/- effet alpha bloquants (Sectral,Trandate) inhibiteurs calciques
(Adalate ), vasodilatateurs (Népressol ).
Traitement de la pré-éclampsie modérée ou legere
Repos
Régime alimentaire normal
Surveillance de la TA
Ne rien prescrire
Si grossesse à terme, l’interrompre
Traitement de la pré éclampsie sévère
1. Mesures générales :
Mobiliser d’urgence toute l’équipe médicale
-Vérifier l’état général de la patiente (lucide ou pas)
-Mettre la patiente en position latérale gauche pour éviter l’inhalation des sécrétions et vérifier la
raideur de la nuque
- Assurer la liberté des voies aériennes supérieures
-Vérifier la respiration
- Prélever et surveiller les pouls, la TA, température
-Placer un abord veineux et une sonde urinaire à demeure
- Ausculter les poumons
-Terminer la grossesse dans les 24 heures si grossesse à terme et/ou si complications
- Faire appel à l’équipe de Pédiatrie
2. Traitement médical
Prévenir les convulsions :
-Administrer les anticonvulsivants :
1. Sulfate de Magnésium: Administrer une dose de charge (combinaison IV et IM) :
-Injecter 4 g de solution de sulfate de magnésium à 20% en IV en 5 minutes,
- Prendre une seringue stérile de 20 ml.
-Aspirer 8 ml (4 g) de MgSO4 à 50% dans la seringue. - Ajouter 12 ml d'eau stérile pour préparer une
solution à 20%.
- Injecter lentement en IV en 5 minutes
-Dose d’entretien :
Poursuivre en injectant rapidement 5 g de solution de sulfate de
-magnésium à 50% en IM profonde dans chaque fesse, soit 10 g au total, après avoir ajouté 1 ml de
lidocaïne à 2% dans la seringue
Dose d’entretien :
-Donner 5 g (10ml) de sulfate de magnésium (50%) + 1cc de lidocaïne en IM profonde toutes les 4
heures (alterner les fesses)
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- Poursuivre le traitement 24 heures après la dernière crise ou si elle accouche et qu’elle ne fait plus de
crises, 24 heures après l’accouchement
- Surveiller :
- Respiration (doit demeurer sup à 16 mvts/min)
- Reflexes rotuliens (présents)
- Diurèse horaire (doit rester sup à 30ml/heure).
En cas d’intoxication (dépression respiratoire, diminution débit urinaire, abolition des réflexes
ostéotendineux ROT) :
-Administrer lentement en IVD (5 minutes) 1g de Gluconate de calcium 10ml d’une solution à
10%.PATHOLOGIES GYNECOLOGIQUES
2. Si l’établissement ne dispose pas de Sulfate de magnésium : donner le diazépam : Injecter lentement
10 mg de diazépam par voie intraveineuse en 2 minutes. Si les convulsions reprennent, renouveler
l’injection
-Administrer les antihypertenseurs: Alpha-méthyl dopa à raison de 3X 500mg/jour et parfois associé à
la Nifedipine : 2X10mg/jour/PO
Soit les antihypertenseurs suivant :
-Clonidine: 0,300 mg dans 500 ml de sérum salé en perfusion sur 12 h (14 gouttes/mn) avec débit à
moduler jusqu’à 28 gouttes/mn en fonction de la réponse (TA)
Ou :
- Nicardipine : 1 mg/h (8 gouttes/mn sans dépasser 24 gouttes/m soit 3 mg/h, pour une dilution de 20
mg dans
500 ml sérum salé) à passer en 12 h Ou :
- Association Clonidine (0,150 mg) + Nicardipine (10mg) dans 500 ml de sérum salé à passer en 12h (14
gouttes/mn soit 0,0125 mg/h de Clonidine et 0,8 mg de Nicardipine/h)
-Terminer la grossesse soit par voie basse ou haute
Si grossesse non à terme L’âge de la grossesse est compris entre 28 SA- 34 SA : faire la maturation des
poumons : R/. betamethasone (Celestene) : 12 mg /J pdt 2 jrs soit Dexamethasone 2×6mg /J pdt 2 Jrs
puis terminer la grossesse Si au-delà de 34 SA : terminer la grossesse de préférence par césarienne
7.2. Eclampsie
7.2.1 Définition
C'est la complication redoutable de la pre eclampsie caractérisée par: des convulsions, obnubilation,
perte de connaissance non liées à une pathologie neurologique ou traumatique et ayant comme
annonciateurs (prodromes): les Céphalées en casque, vertiges, vision floue, bourdonnements d'oreilles,
épigastralgie en barre, reflexes ostéotendineux avec une protéinurie massive.
7.2.2 Conduite à tenir
Mesures générales
- Mobiliser d’urgence toute l’équipe médicale
-Vérifier l’état général de la patiente (lucide ou pas)
-Mettre la patiente en position décubitus latéral gauche pour éviter l’inhalation des sécrétions et
vérifier la raideur de la nuque
- Assurer la liberté des voies aériennes supérieures et placer la canule de Guedel (Mayo)
- Vérifier la respiration
-Prélever et surveiller les pouls, la TA, température
- Placer un abord veineux et une sonde urinaire à demeure
- Sécuriser la femme sans
Traitement médical Arrêter les convulsions
-Administrer les anticonvulsivants:
Sulfate de Magnésium: Administrer une dose de charge (combinaison IV et IM) :
-Injecter 4 g de solution de sulfate de magnésium à 20% en IV en 5 minutes,
- Prendre une seringue stérile de 20 ml.
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Dose d’entretien :
- Donner 5 g (10ml) de sulfate de magnésium (50%) + 1cc de lidocaïne en IM profonde toutes les 4
heures (alterner les fesses)
-Poursuivre le traitement 24 heures après la dernière crise ou si elle accouche et qu’elle ne fait plus de
crises, 24 heures après l’accouchement
-Si l’établissement ne dispose pas de Sulfate de magnésium : donner le diazépam : Injecter lentement
10 mg de diazépam par voie intraveineuse en 2 minutes. Si les convulsions reprennent, renouveler
l’injection
surveiller :
- Respiration (doit demeurer sup à 16 mvts/min)
- Reflexes rotuliens (présents)
-Diurèse horaire (doit rester sup à 30ml/heure).
En cas d’intoxication (dépression respiratoire, diminution débit urinaire, abolition des réflexes) :
-Administrer lentement en IVD (5 minutes) 1g de Gluconate de calcium 10ml d’une solution à 10%.
- Donner l’oxygène
-Administrer les antihypertenseurs: Alpha-méthyl dopa à raison de 3X 500mg/jour et parfois associé à
la Nifedipine : 2X10mg/jour/PO
Ou Clonidine: 0,300 mg dans 500 ml de sérum salé en perfusion sur 12 h (14 gouttes/mn) avec débit à
moduler jusqu’à 28 gouttes/mn en fonction de la réponse (TA) Ou : Nicardipine : 1 mg/h (8 gouttes/mn
sans dépasser 24 gouttes/m soit 3 mg/h, pour une dilution de 20 mg dans 500 ml sérum salé) à passer
en 12 h
Ou : Association Clonidine (0,150 mg) + Nicardipine (10mg) dans 500 ml de sérum salé à passer en 12h
(14 gouttes/mn soit 0,0125 mg/h de Clonidine et 0,8 mg de Nicardipine/h)
- Accoucher la femme quel que soit l’âge de la grossesse
- Faire appel à l’équipe de pédiatrie
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e. Conduite à tenir.
hospitalisation de la femme
isolement
psychothérapie
traitement étiologique
médication neuroplégique ex : chlorpromazine(Largactil) 50 mg/jour IV ou Dogmatil 100 mg en IM
2 fois par jour,Metoclopramide (Primperan inj 100mg) IV 3 fois par jour.
Pas de repas, eau minérale seulement en petites gorgées.
réhydratation : glucosé 10% + 3 grammes NaCl + 1 ,5 gm KCl, puis adapter selon l’ionogramme
vitaminothérapie
surveiller la température, la TA, la diurèse, les vomissements, le poids (tous les 2 jours) acétonurie,
couleur des selles et des urines.
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i. Conseils
Prendre des mesures pour minimiser les hémorragies de délivrance (délivrance assistée ou GATPA)
Angine.
Dyspnée- orthopnée, dyspnée paroxystique nocturne.
La toux
OEdème périphérique
Signes cliniques :
Souffles cardiaques importants
Autres signes de cardiopathie dépendant du. Type de lésion. .
Présence ou absence de l'insuffisance cardiaque (Voir section sur Insuffisance cardiaque
d. Examens paracliniques :
Hemoglobine et hematocrite
Echographie cardiaque
Numération formule sanguine
Glycémie à jeun
Urémie et électrolytes
Electrocardiogramme
Echocardiogramme
e. Traitement
La prise en charge dépend de la classification fonctionnelle de. New York Heart Association. Une
cardiopathie connue doit : prendre rendez-vous tôt à l'hôpital
Evaluer la sévérité de la maladie tôt au début de la grossesse et à chaque visite anténatale
Référer au Cardiologue ou- au médecin expérimenté pour un conseil. La prise en charge plus
poussée sera assurée entre le cardiologue/ le médecin praticien expérimenté et l'obstétricien.
Celles appartenant aux stades III et IV sont hospitalisées 'jusqu'à l'accouchement.
Celles appartenant- aux classes I et II sont traitées en ambulatoire jusqu'à 34SA, où elles sont
hospitalisées.
La cardiopathie en soi ne constitue pas une indication au déclenchement du travail
d'accouchement.
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e. Conduite à tenir :
Echographie, radiographie
Doser le TS, TC, fibrinogène, Hb, GS
Rendre disponible du sang frais
Faire l’évacuation utérine suivie d’administration des utéro-toniques et des ATB
Traitement :
Psychothérapie
Si Hb < 8g/dl : transfusion sang frais
N.B : L’accouchement du foetus retenu est souvent caractérisé par la mauvaise accommodation des
parties foetales.
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5. Apparition de l’oedème du col ou d’une bosse serosanguine (caput) au cours du travail Il faut penser
à une disproportion foeto-pelvienne
6. Apparition d’une dépression déformant l’utérus en sablier (anneau de Bandl frommel))
Il faut penser à la pré-rupture utérine
10.6. Dystocies dynamiques
a. HYPOCINESIE UTERINE
1. Définition : c’est un état caractérisé par de contractions utérines irrégulières et peu fréquentes
pendant la phase active du travail 2. Causes fréquentes :
Age maternel âgé
Grande multiparité (utérus fatigué) ;
Utérus sur distendu (gémellité, hydramnios, gros foetus) ;
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3. Signes cliniques Le diagnostic se pose en principe pendant la grossesse lors des CPN grâce par un
examen endopelvimétrique (TV). Au TV, on apprécie l’accessibilité du promontoire (haut du sacrum).
Dans un bassin normal, on n’atteint pas le promontoire. Si on l’atteint, il s’agit d’un bassin rétréci. On
doit mesurer le diamètre promonto-sous pubien qui va du promontoire jusqu’au bord inferieur de la
symphyse pubienne (mesure 12, 5cm) Partant de ce diamètre on peut estimer le diamètre promonto
retro pubien (conjugué vrai CO) en retranchant 1,5 cm (valeur normale 10 ,5 cm) 3. Conduite à tenir :
Devant un bassin rétréci (C.O < 9cm) il faut indiquer une césarienne d’emblée. Devant un bassin limite
(CO entre 9 cm et < 10,5cm) Procéder à l’épreuve du travail :
Lorsque la dilatation atteint 4 cm, et si les contractions ne sont pas bonnes, rompre la poche des
eaux et placer une perfusion d’ocytocine.
Au bout de deux heures :
S’il n’y a ni la progression du mobile foetal ni de la dilatation, l’épreuve est négative et impose une
césarienne.
Dans le cas contraire, l’épreuve est positive et autorise une la poursuite du travail.
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a. disproportion foeto-pelvienne
1. Définition : Elle peut être définie comme une incompatibilité entre les dimensions foetales et celle
du bassin maternel. Il peut s’agir d’un gros foetus pour un bassin normal ou d’un de poids normal sur
un bassin rétréci ou limite. 2. Signes cliniques :
A l’interrogatoire : rechercher les facteurs de risque (diabète ou obésité maternels) et s’enquérir
du poids des enfants précédents.
A l’examen physique :
Excès de la hauteur utérine qui avoisine 40 cm ;
Présentation céphalique haute et non engagé même chez la primipare.
Manque de progression de dilatation du col malgré les bonnes contractions utérines
Apparition de l’anneau de Bandl frommel (divisant l’utérus en sablier qui est signe de pré rupture
utérine) Apparition de l’oedème du col et de la bosse serosanguine
Chevauchement des os du crane
3. Examen complémentaire :
Echographie pour l’estimation du poids foetal, pour exclure une grossesse gémellaire ou un
hydramnios (longueur de la Grande citerne supérieure à 80 mm).
4. Conduite à tenir
La césarienne reste le traitement de choix.
b. Présentation du siège
1. Définition : La présentation du siège est une présentation longitudinale où l’extrémité pelvienne du
foetus se présente la première dans l’axe du DS. Il existe deux sortes de présentation du siège :
Le siège complet où le foetus est assis « en tailleur » au-dessus du DS;
Le siège décomplété où les membres inférieurs sont relevés, les pieds arrivant au niveau de la tête
foetale.
2. Signes cliniques : Cette présentation doit être reconnue au cours de l’examen du 8ème mois pour
pouvoir décider des modalités d’accouchement en fonction des facteurs de risque : Au plus tard à
l’entrée de la salle d’accouchement.
LA PALPATION ABDOMINALE
Elle reconnait :
A la partie basse de l’utérus, le pôle foetal volumineux, irrégulier, de consistance plus molle que la
tête, non surmonté par le sillon du cou;
Au niveau du fond utérin, la tête à son volume plus petit, son contour arrondi, sa dureté;
La palpation du plan du dos permet de confirmer l’absence de sillon du cou en bas mais au
contraire en haut de l’utérus;
L’auscultation perçoit les bruits du coeur du côté du plan du dos au-dessus de l’ombilic.
Au toucher vaginal (TV)
on ne sent pas la masse dure régulièrement arrondie de la tête foetale;
on perçoit plutôt deux masses de consistance molle séparées par un sillon, parfois deux saillies plus
petites dans laquelle on peut reconnaitre les talons, les malléoles;
3. CONDUITE A TENIR En fin de grossesse Le diagnostic de la présentation étant fait, il faut réaliser les
examens qui permettent d’évaluer les facteurs de risque :
Une radiographie de l’abdomen sans préparation pour apprécier le degré de flexion de la tête
foetale ;
Une radiopelvimétrie pour la recherche d’une anomalie du bassin ;
Une échotomographie pour la biométrie foetale et la localisation placentaire.
De lors trois attitudes sont possibles :
Tenter une version par manoeuvre externe (déjà abandonné ;
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Rupture utérine
Hémorragie de BENKISER
a. EN POST PARTUM
1. HEMORRAGIES DU POST PARTUM IMMEDIAT
- Avant la délivrance
Il faut penser à :
Rétention placentaire
Rétention des débris placentaires
Vices d’insertion de villosités placentaires (placenta acreta, increta et percreta)
Enchatonnement placentaire
- Après la délivrance
Il faut penser à :
Atonie utérine
Rétention de débris placentaires
Lésions des parties molles (déchirure du col du vagin, du périnée, rupture utérine)
Trouble de coagulation (afibrinogénémie, CIVD)
2. HEMORRAGIES DU POST-PARTUM
i. Définition :
L’OMS définit l’hémorragie du post partum primaire comme tout saignement de plus de 500 ml
survenant dans les 24 h suivant l’accouchement ou la naissance d’un enfant et dont l’origine se situe au
niveau du tractus génital C’est aussi toute hémorragie liée au processus d’accouchement et qui
entraine une chute de 10% d’hématocrite, qui entraine un retentissement sur l’etat maternel ou qui
nécessite une transfusion en postpartum ou qui s’associé à des troubles de la coagulation.
Rétention placentaire;
Atonie utérine de la délivrance favorisée par la sur distension utérine, le travail prolongé,
l’infection;
Lésions de parties molles: rupture utérine, déchirures du col, du vagin, de la vulve, épisiotomie
hémorragique;
Troubles de la coagulation;
Inversion utérine.
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-de ne plus pouvoir contrôler ses défécations ni ses émissions de gaz si le sphincter anal est déchiré et
n’est pas correctement réparé.
-d’être exposée à l’infection et des fistules recto- vaginales si on a omis de suturer une déchirure.
Attention :
Faire passer la suture dans la musculeuse (et pas seulement dans la muqueuse) ;
couvrir le plan musculeux en affrontant les berges de l’aponévrose et en suturant avec des points
séparés.
Badigeonner souvent la région avec une solution antiseptique.
Si le sphincter est déchiré:
Saisir chacune de ses extrémités avec une pince d’Allis (le sphincter se rétracte lorsqu’il est coupé),
tirer dessus
Suturer le sphincter avec 2 ou 3 points séparés de fil de soie 2/0.
Badigeonner à nouveau la région avec une solution antiseptique.
Examiner l’anus avec un doigt ganté pour s’assurer de la bonne réparation du rectum et du
sphincter.
Changer ensuite les gants;
Suturer la muqueuse vaginale;
Suturer les muscles du périnée;
Enfin suturer la peau.
Soins postopératoires
En cas de déchirure complète compliquée du périnée, administrer une dose unique d’antibiotiques
prophylactiques :
500 mg d’Ampicilline ou Amoxicilline, per os
-plus 400mg de Métronidazole, per os
Assurer un suivi étroit de la patiente pour détecter, le cas échéant, les signes d’une infection locale.
Eviter les lavements ou les touchers rectaux pendant 2 semaines.
Conseiller un régime peu constipant
Complications:
Hématome:faire une incision et drainage :
Si pas de signes d’infections, on peut refermer la plaie après saignement.
Si infection de la plaie: ouvrir la plaie et la drainer,
Retirer les sutures infectées et débrider la plaie. Si l’infection est sévère mais n’intéresse pas les tissus
profonds, administrer une association d’antibiotiques : Ampicilline 500 mg per os 4 fois par jour,
pendant 5 jours plus 400 mg de Métronidazole per os 3 fois par jour pendant 5jours Si l’infection est
profonde, qu’elle intéresse les muscles et, est l’origine d’une nécrose (fasciite nécrosante), utiliser une
antibiothérapie à plusieurs antibiotiques jusqu’au débridement des tissus nécrosés et disparition de la
fièvre depuis 48h :
2 000 000 unités de Pénicilline G en IV, toutes les 6 heures (si pas allergie).
Plus 500 mg de Métronidazole en IV, toutes les 8 heures.
Une fois la fièvre a disparu depuis 48 h, administrer:
500 mg d’ampicilline per os, 4 fois par jour pendant 5 jours
.plus 400 mg de Métronidazole per os, 3 fois par jour pendant 3 jours.
iv. Conduite à tenir
Prendre le pouls, la TA et la FR.
Poser une voie veineuse et perfuser le sérum Ringer lactate ou le sérum physiologique.
Hb, GS, Rh, TS, TC.
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