OPIIEC IA Rapport National Complet
OPIIEC IA Rapport National Complet
RAPPORT D’ÉTUDE
#IA
#IA_Générative
#Machine_learning
#Deep_learning
#Usage_IA
L’OPIIEC, Observatoire paritaire des métiers du Numérique, de l’Ingénierie, des Études et du Conseil,
et des métiers de l’événement est une instance paritaire dont les membres sont les fédérations
patronales (SYNTEC et CINOV) et les organisations de salariés (CFE/CGC/FIECI, CFDT/F3C, CGT,
CFTC/MEDIA+).
L’OPIIEC a décidé de conduire en 2024 une étude sur les besoins en compétences, emplois et
formations en matière d'intelligence artificielle en France au sein des secteurs de la branche Branche
professionnelle des Bureaux d’Études Techniques, Cabinet d’Ingénieurs-Conseils et Sociétés de
Conseils.
Les secteurs de cette branche sont les suivants 1 :
- Numérique (33 % des entreprises et 51 % des salariés) ;
- Ingénierie (30 % des entreprises et 29 % des salariés) ;
- Études et Conseils (35 % des entreprises et 19 % des salariés) ;
- Événementiel (2 % des entreprises et 1 % des salariés).
En effet, en raison des évolutions récentes des technologies et notamment l’émergence des IA
génératives, il est aujourd’hui essentiel d’appréhender comment les entreprises de la branche se
positionnent vis-à-vis de la création et l’utilisation de l’intelligence artificielle ainsi que les impacts en
emplois et en compétences que peut avoir l’évolution de cette technologie.
En 2023, près de 35 % des établissements de plus de 10 salariés utilisaient au moins une
intelligence artificielle et 8 % des établissements n’ayant pas recours à l’IA envisageaient de l’utiliser
dans un avenir proche2. L’usage de l’IA en entreprise a pris un essor considérable ces dernières
années, notamment avec l’émergence de l’IA générative fin 2022 et des outils accessibles comme
ChatGPT ou Midjourney.
De leur côté, les entreprises de la branche sont impactées à deux niveaux :
- Elles peuvent développer des solutions d’intelligence artificielle à destination de leurs clients.
Cela concerne principalement les entreprises du secteur numérique, mais pas uniquement. Le
développement de ces solutions et les attentes des clients impliquent pour les entreprises de
se doter des compétences nécessaires pour répondre aux enjeux de ces projets.
- Elles sont aussi consommatrices d’IA. Dans leurs pratiques internes, les entreprises de la
branche peuvent avoir recours à des solutions d’IA. L’intégration de ces pratiques transforme
leurs activités, leur organisation du travail et les besoins en compétences des salariés.
Plus spécifiquement, les secteurs du numérique, de l’ingénierie, du conseil et de l’événement seront
fortement impactés par l’essor de l’IA générative. En effet, les professionnels de la branche s’appuient
fortement sur les connaissances et l’expérience, que peut émuler dans certains cas l’IA générative. Il y
a donc un enjeu pour les entreprises à réussir à appréhender l’utilisation de l’IA générative. Cependant,
si on voit que l’IA générative peut avoir de nombreux domaines d’application au sein des entreprises de
la branche, au regard du caractère récent de cette innovation, il reste difficile de percevoir pleinement
son utilisation, d’autant plus que les différents secteurs de la branche sont différemment impactés. C’est
ce qui a motivé l’OPIIEC a lancer en 2024 une étude approfondie dédiée à ce sujet.
Il apparaissait nécessaire qu’une étude soit conduite afin de comprendre les différentes utilisations
actuelles et à venir de l’IA dans les entreprises de la branche, de comprendre les différents impacts de
l’intégration de ces usages pour anticiper les besoins en emploi, en compétences et en formation et
d’identifier les actions à mener pour répondre aux conséquences de cette évolution.
Les principaux enjeux de cette étude de l’OPIIEC étaient ainsi les suivants :
1
OPCO Atlas – principales activités de la branche - Lien
2
Les employeurs f ace à l’Intelligence Artif icielle – enquête sur 3 000 répondants – Pôle-Emploi – 15 juin 2023 (lien)
PHASE 1 : Analyse des tendances d’intégration de l’IA dans les entreprises des secteurs de la branche
et perspective d’évolution à horizon 2 et 5 ans
Étape 1.2
Réalisation de 30 d’entretiens auprès d’experts, d’entreprises de la branche et de clients
PHASE 2 : Analyse des impacts du déploiement de l’IA sur les activités, les métiers, les emplois et les
compétences des différents secteurs de la branche et évaluation du taux de couverture des formations
Entreprises
ACTIA Client
Airbus Client
APAVE Ingénierie
AREP Ingénierie
Berger-Levrault Client
BOTdesign Numérique
Capgemini Numérique
CELAD Numérique
CGI Conseil
CNES Expert
CNRS Expert
Comexposium Evenementiel
Ekium Ingénierie
Eurogroupconsulting Conseil
GoodAlgo Expert
Helsing Numérique
INRIA Expert
LaborIA Expert
Microsoft Numérique
Numeum Numérique
NXU Numérique
Orange Client
Renault Expert
SCALIAN Numérique
SETEC Ingénierie
Textmaster Numérique
UNIMEV Evenementiel
Wavestone Client
LaborIA Expert
Au sein des entreprises, l’IA peut être utilisée dans différents but s :
Le développement des IA et leurs usages devraient s’accroitre dans les années à venir. Les
investissements dans l’IA continuent de progresser, soutenus par des initiatives publiques et privées
à grande échelle. En France, les pouvoirs publics et nombre d’entreprises ont pris des
engagements financiers importants pour soutenir le développement des infrastructures
nécessaires à l'IA et à son déploiement. Au niveau international, les prévisions indiquent que le
marché de l’IA pourrait atteindre 15 700 milliards de dollars en 2030, reflétant son potentiel de
croissance important.
Toutefois, le développement de l’IA devra faire face à plusieurs limites techniques, éthiques et
environnementales. L'entraînement des modèles, notamment les modèles génératifs, exige une
quantité d’énergie considérable, ce qui soulève des inquiétudes concernant l'empreinte carbone des
centres de données. De plus, des enjeux éthiques, notamment concernant la transparence des
algorithmes et la sécurité des données personnelles, freinent l'adoption de certaines IA. Enfin,
les défis réglementaires autour de la confidentialité et de la responsabilité des décisions prises
par les systèmes IA sont également des obstacles majeurs au déploiement d’applications IA dans
certains secteurs sensibles.
Bien qu’il n’y ait pas de définition universelle admise de l’intelligence artificielle (IA), plusieurs institutions
ont proposé des définitions, notamment l’Union européenne (UE) qui définit l’IA de la façon suivante :
« Les systèmes d'intelligence artificielle (IA) sont des systèmes logiciels (et éventuellement matériels)
conçus par des humains, ces derniers peuvent également utiliser des techniques d'IA pour optimiser la
conception de ces systèmes. Les systèmes IA, lorsqu'un objectif complexe leur est assigné, agissent
dans la dimension physique ou numérique en percevant leur environnement à travers l'acquisition de
données, en interprétant les données structurées ou non structurées collectées, en raisonnant sur les
connaissances ou en traitant l'information dérivée de ces données, et en décidant des meilleures actions
à entreprendre pour atteindre l'objectif fixé.
Les systèmes d'IA peuvent utiliser des règles symboliques ou apprendre un modèle numérique, et ils
peuvent également adapter leur comportement en analysant comment l'environnement est affecté par
leurs actions précédentes. »3
Les notions clés à retenir de cette définition sont que pour être qualifié d’IA un système a besoin d’un
objectif complexe, il doit décider d’action à mener pour atteindre son objectif, et ses décisions sont
basées sur sa perception de son environnement.
Il est important de noter que l’IA ne se restreint pas à l’apprentissage et qu’un régulateur de vitesse ou
un robot aspirateur, un traducteur automatique sont des IA au sens où on l’entend aujourd’hui. Il existe
une grande confusion du grand public entre les notions d’IA et de Machine Learning, que nous définirons
ci-après et qui sont des concepts bien distincts.
Les années 2023 et 2024 ont vu émerger pour le grand public la notion additionnelle d’IA générative,
dont les usages ont été popularisés à une vitesse sans précédent. L'intelligence artificielle générative -
GenAI pour Generative Artificial Intelligence - est un domaine de l'IA qui se concentre sur la création de
modèles capables de produire de manière autonome du contenu. En particulier , certains modèles de
Machine Learning apprennent les caractéristiques et les structures des données d'entraînement pour
générer des données similaires, mais non identiques, qu'il s'agisse de texte, d'images, de musique ou
d'autres types de données. Ces modèles visent à modéliser la distribution statistique des données
existantes afin de créer du contenu qui respecte les mêmes « patterns » ou styles.
3
UE - A def inition of Artif icial Intelligence : main capabilities and scientif ic disciplines | Shaping Europe’s digital f uture (lien)
4
UE - A def inition of Artif icial Intelligence : main capabilities and scientif ic disciplines | Shaping Europe’s digital f uture ( lien)
5
The Open Source AI Def inition – 1.0 – Open Source Initiative – Lien
6
Ces libertés sont dérivés de la déf inition : What is Free Sof tware? - GNU Project - Free Sof tware Foundation – Lien
Entre 1964 et 1966, Joseph Weizenbaum écrit le programme Eliza, qui simule un psychothérapeute
rogérien en reformulant la plupart des affirmations du « patient » en question, et en les lui posant. Eliza
est la première intelligence artificielle qui passe le test de Turing.
Au début des années 1990, IBM se lance dans le développement de Deep Blue, un ordinateur
spécialisé dans le jeu d’échecs. Il perd contre le champion du monde d'échecs Garry Kasparov, en
1996, puis le bat dans une revanche en 1997, marquant une avancée majeure pour l'IA. C'était la
première fois qu'une machine remportait une victoire contre un grand maître humain dans un jeu aussi
complexe, démontrant la puissance des algorithmes et du calcul. Cependant, ces performances sont
assujetties à d’énormes controverses quant à la véracité de la performance de la machine.
En parallèle, dès les années 1980, des chercheurs tels que Yann Le Cun réalisent des travaux de
recherche sur la capacité des ordinateurs dans les tâches de vision, comme la reconnaissance de
chiffres écrits manuellement, modèle LeNet. Cela montre la capacité des systèmes d’IA à réaliser des
tâches de vision en plus de celle du langage.
En 2004, IBM lance le projet WATSON, visant au traitement du langage naturel par une machine.
Finalement, en 2011, WATSON gagne le jeu télévisé du Jeopardy qui montre des avancées importantes
dans la possibilité des systèmes IA pour le traitement de la connaissance.
En 2017, Google introduit l’architecture des Transformer. C’est l’aboutissement des 22 ans de
recherches de différentes équipes introduisant au fil des années des révolutions techniques aboutissant
à l’architecture qui est derrière les LLM GPT. En 2018, OpenAI réalise le premier GPT, architecture qui
sera améliorée jusqu’en 2023 et la sortie de GPT-3. Grâce à ses 175 milliards de paramètres, GPT-3 a
ouvert la voie à des applications avancées en IA, allant de la rédaction automatique à la création de
dialogues complexes. C’est avec la sortie de ce modèle qu’OpenAI décide de construire l’interface grand
public ChatGPT.
Pour comprendre les différentes formes d’IA, plusieurs classifications sont proposées notamment par
l’OCDE8. Les IA peuvent notamment être catégorisées selon leur technologie de fonctionnement. En ce
sens, l’OCDE distingue deux grandes familles d’IA (les IA symboliques et les IA statistiques) ainsi qu’une
nouvelle forme d’apprentissage mixte qu’est la logique floue.
L’IA symbolique
L'IA symbolique, ou basée sur la connaissance, utilise des représentations logiques générées par les
humains pour déduire une conclusion à partir d'un ensemble de contraintes (variables). Les modèles
symboliques sont exprimés dans des langages tels que la logique mathématique (déclarations
conditionnelles "si/alors" ou des façons plus abstraites de représenter des connaissances v ia des
formules mathématiques). L'IA symbolique est encore largement utilisée pour des outils d'optimisation
et de planification.
Un exemple d’application de l’IA symbolique est le système expert. Un système expert est un
programme informatique qui utilise des règles de déduction pour résoudre des problèmes dans un
domaine spécifique, comme le diagnostic médical ou l’aide à la décision en entreprise. Un autre
exemple est la détection de fraude à la carte bancaire, en se basant sur des données historiques et des
règles spécifiques, le système est capable de détecter des anomalies dans l’utilisation d’une carte
7
WiziShop : Histoire de l’IA : création et évolution – 2022 (lien)
8
OCDE- Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2023 : Intelligence artificielle et marché du travail – 2019 (lien)
Exemple de système expert : Les premiers grands succès de cette IA ont été dans le domaine médical,
pour exploiter des bases de connaissances de la médecine et en tirer rapidement des informations de
diagnostic. En ce sens, le système expert de MYCIN a été un précurseur. Développée à partir de 1972,
cette IA exploite une base de connaissance d’environ 600 règles modélisant l’expertise d’un médecin.
L’IA symbolique est aujourd’hui très performante pour de nombreuses applications. En effet, dans le
cadre de problèmes dont les contraintes sont modélisables, comme l’optimisation d’une chaîne de
production industrielle, cette typologie d’IA reste très adaptée dans le cas où peu de données sont
disponibles.
L’IA statistique
Les modèles d'IA statistique, ou IA connexioniste, identifient des modèles s’appuyant sur les données
plutôt que sur des règles humaines prédéterminées. Ces modèles qui reposent sur les données sont
conçus pour extraire et représenter efficacement des connaissances à partir des données.
Les modèles d'IA statistique étaient auparavant utilisés principalement à des fins de reconnaissance
(par exemple, pour traduire l'écriture sur des chèques en code lisible par machine). Plus récemment,
ces modèles sont utilisés pour des créations, comme la création d'images ou de sons.
Ces IA ont différents modes de fonctionnement et on retrouve notamment celles qui vont avoir recours
à un apprentissage automatique… ou « Machine learning ». Cet apprentissage regroupe un ensemble
de techniques permettant aux machines d’apprendre de manière automatisée à partir de schémas et
d’inductions, plutôt qu’en suivant les instructions explicites d’un humain.
Figure 4 : Absence de consensus sur l’inclusion ou non du machine learning dans l’IA - Inetum – 2024
Les réseaux neuronaux sont un exemple de modèle d’IA d’apprentissage automatique. Ils sont très
répandus, car à la base de l’apprentissage profond… ou « Deep Learning ». L’apprentissage profond
est très puissant pour capturer des relations complexes dans des données volumineuses, sans
L’IA hybride
Il existe des approches hybrides de l’IA - Symbolique et connexioniste en même temps par exemple –
qui tentent de tirer parti de la force des différentes approches connues. Un exemple est la logique
floue… ou « fuzzy logic », qui est une méthode de traitement des informations dans laquelle les valeurs
ne sont pas simplement vraies ou fausses (comme en logique binaire), mais peuvent prendre des
degrés intermédiaires (ex. : "plutôt vrai", "très faux"). Elle permet de travailler avec des données
imprécises ou ambigües, en s'inspirant de la manière dont les humains prennent des décisions dans
des situations floues.
La logique floue est souvent utilisée dans les systèmes de contrôle et de décision où les conditions sont
incertaines ou subjectives. Elle peut être combinée avec d'autres algorithmes d'IA pour améliorer la
prise de décision dans des environnements dynamiques ou incertains.
Mais d'autres classifications sont également proposées pour les IA par l’OCDE9. Les distinctions se
matérialisent ainsi :
L'IA faible, est un système conçu pour effectuer une tâche spécifique, comme recommander des
chansons ou répondre à des questions dans un assistant de conversation. Elle est programmée pour
9
OCDE- Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2023 : Intelligence artificielle et marché du travail - 2019
IA centralisée ou distribuée
Cette distinction repose sur les modes de déploiement de l’IA. Une IA centralisée n’est localisée qu’à
un seul endroit (en l’occurrence une unique machine), alors qu’une IA distribuée est répartie sur un
ensemble de machines (serveurs) et fonctionne un peu comme un essaim d’abeilles, chaque partie
faisant ce qu’elle est censée faire de manière plus ou moins autonome pour servir un tout.
En France, une enquête menée en 2023 par Pôle emploi (devenu depuis France Travail), réalisée
auprès de 3 000 établissements de plus de 10 salariés, soulignait qu’alors près de 35 % des
établissements de plus de 10 salariés utilisaient au moins une intelligence artificielle et 8 % des
établissements n’ayant pas recours à l’IA envisageaient de l’utiliser dans un avenir proche10.
IA utilisée et déployée
31%
IA en cours de déploiement
Figure 7 : Part des établissements ayant recours ou non à l'IA – Enquête Pôle emploi (3 000 répondants) - 2023
Cette utilisation de l’IA varie selon les secteurs des entreprises et les cas d’usages plus ou moins
matures proposés. En effet, dans la même enquête, il apparaissait que le secteur industriel était en
2023 le principal secteur ayant recours à des solutions d’IA. Cette étude soulignait un recours à l’IA
particulièrement important dans l’industrie (la moitié des établissements mobilisant l’IA), le secteur de
10
Les employeurs f ace à l’Intelligence Artif icielle – enquête sur 3 000 répondants – Pôle-Emploi – 15 juin 2023 (lien)
Agriculture 58%
Industrie 50%
Commerce 40%
Ensemble 35%
Construction 28%
Figure 8 : Part des établissements ayant déployé ou étant en cours de déploiement d'outils liés à l'IA par secteur
d'activité - Enquête Pôle emploi (3 000 répondants) - 2023
En 2023, les solutions d’IA restaient principalement utilisées pour permettre l’aide à la décision en
produisant des diagnostics (46 % des entreprises de plus de 10 salariés utilisant des solutions d’IA
l’utilisaient en ce sens), suivi des applications de traitement du langage naturel, pour extraire des
informations ou converser avec des clients (36 % des établissements utilisant l’IA), puis de la robotique.
Reconnaissance visuelle 7%
21%
Figure 9 : Les outils d'IA les plus utilisés par les établissements – Enquête Pôle emploi (3 000 répondants) - 2023
Pour près de ¾ des employeurs, ce recours aux solutions d’IA a un effet positif sur l’évolution des
compétences des salariés. Les autres bénéfices observés par les employeurs sont notamment
l’augmentation de la productivité des salariés, une amélioration de la santé et la sécurité au
travail (cet impact est d’autant plus fort dans l’industrie notamment grâce à la robotisation et
l’automatisation de tâches dangereuses) et la réduction des tâches fastidieuses pour les salariés.
Pour autant, et malgré les avantages observés par les entreprises utilisatrices, une grande partie des
entreprises n’ont pas encore recours à des solutions d’IA. C’est d’autant plus vrai pour les petites
L’utilisation de solutions d’IA se développe ces dernières années avec l’émergence des solutions d’IA
génératives. Ces solutions utilisent des modèles d’apprentissage automatique (Machine learning) pour
générer des contenus (texte, images, vidéo ou audio). À la différence des autres solutions d’IA
traditionnelle, l’IA générative vise à produire de nouvelles données qui ressemblent à celles créées par
des êtres humains. De nouveaux outils facilement accessibles par abonnement (ChatGPT, Copilot,
Midjourney, Github…) permettent une utilisation facilitée des solutions d’IA.
En effet, bien qu’une faible partie des entreprises ait recours à des solutions d’IA générative (seulement
3 % des TPE/PME avaient régulièrement recours à des solutions d’IA début 2024 et 12 % y avaient
recours occasionnellement12), ces IA, en raison de leur facilité d’accès et d’usage, sont souvent utilisées
par les salariés directement, indépendamment de toute directive des entreprises. Selon une étude
réalisée l’Ifop pour Talan en 2024, 16 % des salariés déclarent utiliser les IA génératives dans le cadre
professionnel et 68 % d’entre eux l’utilisent sans en avertir leur employeur 13.
« L’IA générative, aujourd’hui, est plutôt une initiative des employés. Leurs usages ne sont pas validés
ou interdits par les DSI. Aujourd’hui, ces usages clandestins sont largement dominants par rapport
aux cas d’usage. » - Chercheur en IA
L’utilisation de cette technologie est donc plus répandue que ce que l’on peut observer par la seule
déclaration des employeurs, d’autant plus que son usage évolue de manière exponentielle dans la
mesure où, en un an, l’enquête réalisée par l’IFOP en 2024 montre que le nombre d’utilisateurs des IA
génératives a augmenté de 60 % par rapport à 2023. Cette rapide diffusion est plus rapide que les
précédentes innovations, car elle bénéficie de nouveaux facteurs inexistants auparavant comme
internet (qui permet la diffusion rapide des expériences et de la communication autour des bénéfices),
des coûts qui devraient continuer de baisser en raison du développement d’une concurrence sur ce
sujet et le développement de Chatbot qui rend facilement accessible l’utilisation de ces nouveaux
outils 14.
En cours de déploiement dans de nombreuses entreprises, l’IA générative semble apporter de
nombreux avantages :
- L’amélioration des processus : l'automatisation des tâches intellectuelles par l'IA Générative
peut permettre aux entreprises d'optimiser leurs processus internes. Selon une étude de PwC,
l'automatisation des processus métier grâce à l'IA pourrait entraîner une augmentation de la
productivité allant jusqu'à 40 % 15. En libérant les employés de tâches répétitives, ces
technologies peuvent les aider à se concentrer sur des activités à plus forte valeur ajoutée. Une
autre enquête menée, par Deloitte16, a révélé que 72 % des entreprises estiment que
l'automatisation des tâches administratives grâce à l'IA a permis d'améliorer la productivité et
la qualité du travail.
11
Baromètre France Num 2023 : où en sont les TPE PME (0 à 249 salariés) avec le numérique ? – France Numérique –
Septembre 2023 - lien
12
IA : révolution – BPI France et Le Lab- Mars 2024 - lien
13
Les Français et les IA génératives – IFOP/Talan- mai 2023 - lien
14 IA lettre du front – rapport COMEX40 Medef –2024 (lien)
15
How will AI affect jobs, skills, wages, and productivity ? – PwC – 2024 - lien
16
L’état de l’IA générative dans les entreprises - Deloitte – 2024 - lien
Dans le paysage actuel de l'IA, les grands acteurs cherchent à consolider leur position en développant
des modèles toujours plus volumineux et puissants. Cette tendance, motivée par la volonté de capter
une part majeure des investissements et de dominer le marché, donne naissance à des modèles
généralistes, capables de gérer une grande variété de tâches de manière performante. Ces modèles
de grande taille démontrent leur utilité dans des applications telles que le chat ou les interactions
conversationnelles classiques, où leur vaste base de connaissances améliore la fluidité et la qualité des
échanges.
Cependant, cette orientation présente des défis importants lorsqu'il s'agit de personnalisation et de fine-
tuning. Que l'on parle de modèles propriétaires comme GPT ou open source tels que Mistral ou les
modèles de Meta, adapter des architectures Transformers, grandes ou petites, à des cas d'usage
spécifiques reste coûteux et techniquement exigeant. Cette complexité découle non seulement de la
taille des modèles, mais aussi des limitations des Transformers, qui rendent difficile l'ajustement rapide
et peu onéreux aux besoins spécifiques. Dans le cas d’applications de type RAG, par exemple, l’intérêt
ne réside pas dans la vaste connaissance interne du modèle, mais dans sa capacité à formuler des
réponses en utilisant une base de connaissances externe. La technologie actuelle peine à répondre
efficacement à cette demande, exacerbant la domination des grands modèles généralistes au détriment
de solutions plus spécialisées et personnalisables.
Pour analyser les perspectives d’implantation des IA dans les entreprises, il est préférable de se
positionner davantage dans le cadre des cas d’usage. Au-delà de savoir comment les IA fonctionnent
et sont construites, les entreprises sont davantage tournées vers les applications pour lesquelles elles
sont adaptées et les gains que leur usage permettrait. Il s’agit dès lors de proposer une classification
des grands usages qu’ont les entreprises des IA. Nous proposons ici de les classer en 4 catégories,
des usages dans le but :
- d’optimiser des process ;
- d’automatiser la réalisation de tâches ;
- de créer du contenu ;
- d’analyser des données afin de prédire des événements ;
Les IA d’optimisation
L’IA est largement utilisée pour résoudre des problèmes d’optimisation, que ce soit pour maximiser ou
minimiser un critère particulier (temps, coûts, ressources …). Cet usage trouve des applications dans
tous les secteurs de l’économie. Ça peut aussi bien être dans l’industrie, dans laquelle l’IA va analyser
des données afin d’optimiser les lignes de production ou d’optimiser la gestion des stocks comme dans
17
Harnessing the value of generative AI – Capgemini – 2024 - lien
18
The economic potential of generative AI: The next productivity frontie – McKinsey & Company – 2024 – lien
La mise en place d’IA dans un but d’optimisation permet pour les entreprises d’obtenir une
réduction des coûts, mais aussi une amélioration de l’efficacité opérationnelle et une accélération
des processus de décision. En effet, une IA peut travailler 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, à
l’optimisation avec une réactivité en temps réel dans énormément de situations.
Toutefois, la mise en place d’une telle IA nécessite des données de qualité pour garantir de bons
résultats et une optimisation excessive peut entraîner des coûts cachés ou des effets secondaires , par
exemple des conditions de travail plus difficiles dans les chaînes de production optimisées. Il est aussi
important de noter que les modèles utilisant de l’apprentissage ne sont capables de reproduire que les
schémas statistiques des données sur lesquels ils ont appris. Un système IA, à l’exception de quelques
approches complexes dédiées à cette tâche, ne saura pas réaliser une optimisation de rupture vis-à-vis
de la donnée sur laquelle il a été entraîné.
Les IA d’automatisation
L’IA permet d’automatiser des tâches répétitives, complexes ou nécessitant une intervention humaine.
Cette utilisation permet notamment de réduire les erreurs et libère des ressources pour des tâches à
plus forte valeur ajoutée.
Exemples d’IA utilisées :
Les robots logiciel développés par L’entreprise Fanuc développe des robots
UiPath permettent une automatisation du utilisés dans les chaînes de production pour
traitement des factures ou la saisie de assembler des pièces ou effectuer des tâches
données. de peinture de manière autonome.
Ces IA sont capables de générer des contenus innovants comme du texte, des images, de la musique
ou des vidéos. Pour fonctionner, elles vont analyser des ressources déjà existantes pour en déduire
des modèles qu’elles pourront reproduire.
Exemples d’IA utilisées :
L’IA permet d’analyser des ensembles massifs de données pour extraire des informations utiles et faire
des prédictions sur des événements futurs, améliorant ainsi la prise de décision.
Exemples d’IA utilisées :
Cette utilisation des IA a pour but d’accompagner des professionnels dans la prise de décision,
d’anticiper des tendances ou risques avant sa réalisation. Toutefois, son développement et son recours
ne sont pas sans risques pour les entreprises dans la mesure où elles sont fortement dépendantes
des données utilisées pour les prédictions. De ce fait, des biais dans les données utilisées peuvent
entraîner des anticipations erronées voire la reproduction de biais humains comme la discrimination.
Prédire les évolutions des IA est extrêmement difficile. En raison de la confidentialité des programmes
de recherche et développement des entreprises, les perspectives de progrès ne sont pas rendues
publiques avant leur aboutissement. C’est notamment ce qui explique la fulgurante arrivée de l’IA
générative au travers de ChatGPT développé par OpenAI. L’émergence de l’IA DeepSeek AI en début
d’année 2025 était aussi difficile à prévoir. Toutefois, pour mieux comprendre les technologies
émergentes de demain, on peut isoler 4 technologies d’IA majeures pour lesquelles le déploiement
pourrait fortement impacter les usages et les pratiques des entreprises. Ces IA sont développées
pour aider les entreprises à innover et se montrer plus compétitives tout en étant plus écoresponsables.
Elles correspondent notamment aux technologies suivantes :
- L’IA causale identifie et utilise les relations de cause à effet afin de transcender les modèles
prédictifs établis sur la corrélation et d’évoluer vers des systèmes d’IA capables de prescrire
des actions efficaces et autonomes. Cette technologie est l’une des plus émergentes et devrait
être opérationnelle d’ici 2 à 5 ans. Cette IA plus autonome rendra les prévisions plus pertinentes
et aura un impact important sur les usages des IA pour l’analyse et la prédiction.
- L’apprentissage automatique fédéré (Federated machine learning) vise à former un
algorithme d’apprentissage automatique sans partager explicitement des échantillons de
données, ce qui permet d’améliorer la confidentialité et la sécurité. Cette technologie permet de
faciliter l’apprentissage, notamment le respect des réglementations et des intérêts des
entreprises. Cette protection des données permettra de faciliter le déploiement d’IA dans les
domaines sensibles tels que la santé.
- La science des données graphiques (SDG) est une discipline dans laquelle les techniques
de science des données sont appliquées aux structures de données graphiques afin d’identifier
les caractéristiques comportementales qui peuvent être utilisées pour générer des modèles
prédictifs. Cette technologie devrait être opérationnelle d’ici au moins 5 ans et permettra
l’analyse d’un plus grand nombre de données. Ces IA pourraient avoir un impact dans de
nombreux domaines comme le conseil ou le marketing, pour réaliser des tâches de prédiction,
d’aide à la décision ou de création.
- L’IA neurosymbolique est une forme d’IA composite qui combine des méthodes du machine
learning (apprentissage automatique) et des méthodes d’IA symbolique pour créer des modèles
d’IA plus robustes et plus fiables. Cette technologie n’est pas encore optimale et son plein
emploi devrait être atteint dans une dizaine d’années . Toutefois, elle est prometteuse dans la
mesure où elle devrait permettre d’améliorer l’explicabilité des résultats proposés par l’IA
(quelles chaînes causales… ?), mais aussi la fiabilité des résultats des IA sur des bases de
données plus faibles (et donc moins coûteuses en temps et en énergie) ce qui rendra le recours
à l’IA plus accessible pour les entreprises.
Il est essentiel de souligner que les technologies inhérentes à la discipline de l'intelligence artificielle
sont en proie à des bouleversements majeurs. Le traitement du langage naturel (NLP), autrefois
considéré comme un domaine distinct par des références telles que Gartner, a vu sa perception
transformée par l'essor fulgurant de l'IA générative. Cette dernière, dont les modèles LLM constituent
une sous-branche, a redéfini les tendances technologiques. Les architectures de type Transformer, qui
constituent le socle des LLM modernes, existent depuis 2017. Cependant, c'est l'intégration de ces
architectures avec des mécanismes d'attention qui a catalysé l'explosion des capacités des LLM. Cette
percée technique, imprévisible et difficilement anticipable, explique pourquoi le marché peut être
pris au dépourvu. En comparant les courbes de hype de 2022 à celles de 2023, on observe des écarts
significatifs dans les prévisions concernant le temps que l'IA générative mettra pour atteindre
Enfin, ces technologies peuvent permettre d’être plus performants en étant écoresponsable. C’est
particulièrement le cas pour des applications d’IA non générative sur des sujets d’optimisation de
ressources. En revanche, l’utilisation d’IA générative engendre un impact carbone conséquent, que ce
soit pour chaque inférence du modèle, chaque prédiction que l’on souhaite faire et ce sans prendre en
compte le coût d’apprentissage de ce dernier. Cet impact carbone constitue un frein à son déploiement
aujourd’hui. De plus, les coups pour développer l’apprentissage de ces modèles restent importants,
même pour les IA génératives en open source tel que Mistral.
Nombre de Coût d'entraînement Impact carbone
Modèle 19 Temps d'entraînement
paramètres (USD) (tonnes de CO2)
GPT-3 175 milliards 12 millions Plusieurs semaines ~502
GPT-4 Non spécifié Non spécifié Non spécifié Non spécifié
GPT-4o Non spécifié Plus élevé que GPT-4o- Plus long que GPT-4o- Plus élevé que GPT-4o-
mini mini mini
GPT-4o-mini Non spécifié Moins élevé que GPT- Plus court que GPT-4o Moins élevé que GPT-
4o 4o
Mistral 7B 7 milliards Non spécifié Non spécifié Non spécifié
Mixtral 8x22B 141 milliards (39 Non spécifié Non spécifié Non spécifié
milliards actifs)
Llama 2 70B 70 milliards Non spécifié Non spécifié Non spécifié
BLOOM 176 milliards ~ 7 millions 3 mois ~ 50.5
BERT-Large 340 millions ~ 500 000 4 jours Non spécifié
GPT-2 1.5 milliard ~ 50 000 Non spécifié Non spécifié
PaLM 540 milliards ~ 8 millions Non spécifié Non spécifié
Figure 12 : Coût et impact carbone des différents LLM
Il est important de noter que ces chiffres sont des estimations construites sur les informations
disponibles fin 2024 et peuvent varier en fonction des infrastructures utilisées, des optimisations
19
Carbon Emissions and Large Neural Network Training – Cornelle University – 2023 - lien
Les investissements dans l’IA sont en très forte progression sur ces dernières années et devraient
continuer à augmenter, particulièrement en France.
Au niveau des pouvoirs publics, au cours des dernières années, la France a considérablement intensifié
ses investissements dans le domaine de l'intelligence artificielle (IA), consolidant ainsi sa position parmi
les leaders européens en la matière. En 2023, le pays comptait environ 751 start-ups spécialisées en
IA (+ 27 % par rapport à l’année précédente) ayant levé plus de 2 milliards d'euros cette même année,
soit une multiplication par six par rapport à 2018. Ces investissements sont renforcés par la mise en
place d’une stratégie nationale pour l'IA, depuis 201820, amplifiée en 2022 avec le plan France 2030,
pour des investissements à hauteur de 2,5 milliards d'euros dans ce secteur entre 2018 et 2025.
Ce plan vise à soutenir la recherche, la formation et le développement de technologies innovantes. En
2023, un financement sur cinq ans de 360 millions d’euros a été réparti entre neuf pôles d'excellence
en recherche et formation en IA qui ont été sélectionnés.
Pour l’avenir, les projections indiquent une accélération des investissements. À la suite du rapport de la
commission de l’intelligence artificielle de mars 2024, qui recommande que la France triple ses
investissements dans l’IA générative, et en réponse au plan d’investissement américain « Stargate »,
doté de 500 milliards d’euros, Emmanuel Macron a annoncé, à la veille du Sommet pour l’action sur
l’IA, un investissement de 109 milliards d’euros « dans les années à venir ».
Ces investissements à l’échelle nationale sont à additionner avec des dynamiques territoriales qui leur
sont propres. En effet, certaines régions peuvent également investir dans l’accompagnement des
entreprises dans le développement des solutions d’IA. C’est le cas notamment de la région Occitanie
qui a adopté un plan de 60 millions d’euros dédié aux intelligences artificielles à horizon 202821.
L’avenir de l’IA dépend également fortement des investissements permettant de faire avancer la
recherche, émerger de nouvelles technologies et proposer de nouveaux cas d’usage.
Sur ces dernières années, les États-Unis représentent le pays pour lequel les investissements privés
dans l’IA sont les plus importants. Sur les 10 dernières années, près de 335 milliards de dollars ont été
investis par des fonds privés dans le développement de l’IA et près de 67 milliards sur l’année 2023,
soit 0,25 % du PIB des Etats-Unis en 2023. En France, sur les 10 dernières années, 8 milliards de
dollars ont été investis dans le développement de l’IA et près de 1,6 milliard sur la seule année 2023,
soit 0,05 % du PIB français en 2023 (soit 5 fois moins qu’aux Etats-Unis).
20
Intelligence artificielle en France : un écosystème d’excellence – Ministère de l’économie – 2024 - lien
21
Décision Région Occitanie – 2024 – lien
Figure 13 : Investissements privés dans l'IA générative entre 2013 et 2023 par pays en milliard de dollars
– IA Index report – Stanford University - 202422
En 2025, les investissements pourraient fortement augmenter dans le monde. Aux Etats-Unis, le
nouveau gouvernement a annoncé un investissement de près de 500 milliards euros dans le projet d’IA
baptisé « Stargate »23. En France aussi, les investissements devraient également augmenter. De
grosses entreprises investissent pour accompagner le développement de l’IA et de ses usages. À titre
d’exemple, Microsoft 24 a annoncé en mai 2024 un investissement de 4 milliards d'euros en France pour
développer des infrastructures cloud et des centres de données dédiés à l'IA et Amazon25 va investir
près de 1,2 milliard d’euros également dans des infrastructures cloud pour le domaine de l’intelligence
artificielle.
À l’échelle mondiale, ce marché est en pleine expansion et il ne semble pas ralentir. En effet, si en 2023
le marché de l’IA représentait près de 241 milliards de dollars, en 2030 il est estimé que ce marché
pèsera près de 15 700 milliards 26.
Toutefois certains indicateurs montrent que le secteur pourrait être confronté à des difficultés. La
crainte d’un nouvel « hiver » de l’IA émerge, notamment de l’IA générative, en raison de son
caractère peu rentable. Cette crainte du manque de rentabilité pour inciter à baisser les investissements
des entreprises dans des solutions d’IA.
De plus, cette évolution n’est possible que si les matériaux permettant l’utilisation de l’IA sont
disponibles. En effet, la création d’IA nécessite l’utilisation de semi-conducteurs et une potentielle
pénurie pourrait ralentir fortement le développement des IA du fait du manque des matériaux
nécessaires à son usage. D’autant plus que l’augmentation des besoins en microprocesseurs, en
datacenters et en infrastructure, va augmenter les besoins en matières premières et notamment de
certains métaux, dont le cuivre. Par exemple, il a été estimé que l'IA allait représenter une demande
supplémentaire de 1 million de tonnes par an de cuivre d'ici à 203027, ce qui devrait entrainer une forte
hausse des besoins de cette matière première et donc des coûts plus élevés. Au-delà des semi-
22
IA Index report – Standford University - 2024 - lien
23
Projet Stargate : derrière les 500 milliards annoncés- France info – 2025 – (lien)
24
Microsoft annonce un investissement de 4 milliards d'euros en France – 2024 - lien
25
Amazon investira 1,2 milliard d'euros dans l'IA et ses entrepôts – L’express 2024 - lien
26
Le marché de l’IA en chiffres – BPI France – 2024 - lien
27
Le cours du cuivre s’emballe – Les Echos -2024 - lien
Le déploiement de systèmes d’IA pose de nombreuses questions qui peuvent ralentir leur adoption
aujourd’hui et pour les années à venir ou, tout du moins, qui ne rendent pas leurs usages sans risque.
Le recours à l’IA pose en effet des enjeux éthiques (notamment en raison des biais que peut avoir l’IA),
rentre en confrontation avec les enjeux environnementaux actuels et il introduit de nouvelles
problématiques de sécurité importantes, de respect des nouvelles réglementations et est aussi
confronté à des enjeux de rentabilité.
Les risques éthiques liés à l'IA sont multiples, notamment concernant la transparence, la discrimination,
et la responsabilité des décisions prises par les algorithmes.
En matière de discrimination et de biais, les algorithmes d'IA, lorsqu'ils sont mal conçus ou mal
entraînés, peuvent reproduire des biais discriminatoires, notamment en matière de recrutement ou de
justice. Par exemple, des systèmes de recrutement automatisés ont déjà été démontrés comme
discriminant des candidatures féminines ou issues de minorités ethniques.
Ainsi, en octobre 2018, les développeurs de l’IA utilisé par Amazon pour trier les CV se sont rendu
compte que leur programme, développé sur la base d’un système de notation automatisé, pénalisait les
candidatures où figurait une référence aux femmes. Lors de sa création, le logiciel intelligent avait été
entraîné avec des banques de CV d'anciens candidats qui étaient très majoritairement des hommes.
De plus, les systèmes d’IA peuvent parfois entraîner une perte d'autonomie pour les personnes.
L'automatisation accrue peut réduire la capacité des individus à exercer un jugement critique. Le rapport
de la CNIL souligne que les algorithmes peuvent entraîner une « perte de compétence » des
professionnels qui se reposeraient trop sur l'IA 28. Cela touche des secteurs sensibles comme la santé
ou la finance, où des erreurs algorithmiques peuvent entraîner des conséquences majeures.
L’IA vient également transformer la question de la responsabilité. Elle devient floue avec l'utilisation
d'IA, notamment dans des domaines où les décisions sont partiellement ou entièrement automatisées.
Par exemple, dans le cadre de l'utilisation de robots autonomes dans la défense, la France a refusé
d'adopter des systèmes d'armes totalement autonomes, insistant sur la néc essité de maintenir un
contrôle humain.
Cette responsabilité implique également dans certains secteurs, comme celui de la santé, de garantir
l’explicabilité des résultats des IA. Ce principe est la capacité de mettre en relation et de rendre
compréhensible les éléments pris en compte par le système d’IA pour la production d’un résultat. Or,
aujourd’hui, pour certaines IA, les algorithmes très complexes ne permettent pas de répondre à ce
principe, ce qui freine la mise en application d’IA avancées. Par exemple, dans le domaine de la santé,
ces systèmes sont souvent soumis à des homologations et/ou certifications qui requièrent de pouvoir
expliquer les résultats pour justifier les décisions prises. Aujourd’hui, le fait que beaucoup de solutions
d’IA ne permettent pas d’expliquer les résultats freine leur utilisation.
28
Comment permettre à l’homme de garder la main ? – CNIL – 2017 - Lien
L’impact environnemental des systèmes d’IA est important et son développement peut parfois entrer en
confrontation avec les impératifs actuels. En effet, alors que les réglementations visant à réduire l’impact
environnemental des entreprises se renforcent, la Stratégie Nationale Bas Carbone fixe un objectif de
neutralité carbone à horizon 2050 qui impose aux entreprises de maîtriser leur impact carbone. En ce
sens, l’impact des IA, sur plusieurs points, est souvent sous-estimé.
La consommation énergétique des IA peut être énorme, c’est particulièrement vrai pour les modèles
génératifs tels que ceux utilisés pour la génération de texte ou d'images. La formation des grands
modèles de langage (LLM) requiert des ressources massives en calcul, ce qui se traduit par des
émissions de CO2 importantes. Une étude de 2019 montre que l'entraînement d’un seul modèle peut
émettre autant de CO2 que cinq voitures au cours de tout leur cycle de vie29.
Dans l’impact carbone des IA, il faut également prendre en compte le cycle de vie des matériaux.
L’évaluation des impacts environnementaux de l'IA doit inclure non seulement l'empreinte carbone liée
à la consommation énergétique, mais aussi celle des équipements physiques utilisés (serveurs, centres
de données, terminaux) et leur cycle de vie, depuis leur production jusqu’à leur recyclage. En ce sens,
l’IA, pour se développer, a besoin d’infrastructure, notamment de datacenters. Leur construction est en
forte expansion (à titre d’exemple, Microsoft a annoncé investir près de 4 milliards d’euros en France
pour la construction de datacenters) alors même que plusieurs réglementations rendent plus
contraignante la construction de bâtiments neufs (comme la loi climat et résilience qui impose des
obligations de revégétalisations en cas d’artificialisation des sols).
De ce fait, le recours à ces technologies, fortement consommatrices, impacte grandement les émissions
carbone des entreprises alors qu’elles doivent aujourd’hui faire preuve de frugalité énergétique. Cette
contrainte les conduit à intégrer des critères environnementaux dans le développement et l’usage des
systèmes mobilisant l’IA. Cela inclut une gestion responsable des ressources informatiques (centres de
données, serveurs) pour limiter l'impact carbone de l'IA, notamment dans les processus énergivores
comme l’entraînement des modèles.
Par exemple, plusieurs entreprises se tournent vers des solutions IA open source optimisées pour une
utilisation moins gourmande en énergie ou mettent en place des centres de calcul verts .
Les enjeux de sécurité de l'IA concernent tant la cybersécurité que la sécurité physique ou encore la
protection des utilisateurs contre les erreurs ou abus potentiels des systèmes d'IA.
Concernant la cybersécurité, les systèmes d'IA sont eux-mêmes vulnérables à des attaques, par
exemple à travers des manipulations de données (data poisoning) qui peuvent fausser les résultats. En
2023, environ 30 % des entreprises interrogées en France avaient déjà utilisé l'IA pour détecter des
cybermenaces, mais l'IA reste elle-même une cible. Les systèmes d'IA peuvent devenir des cibles pour
les cyberattaques, notamment dans des secteurs critiques comme l'énergie, la finance ou la défense.
La sécurisation des données utilisées pour entraîner ces systèmes est cruciale pour éviter le piratage
et les fuites d'informations sensibles qui entraîneraient l’engagement de la responsabilité des
entreprises.
De plus, certaines IA peuvent exercer une influence sur la sécurité physique des personnes
comme les IA dans des systèmes autonomes utilisés dans le développement des voitures sans
29
Energy and Policy Considerations for Deep Learning in NLP – Emma Strubell, Ananya Ganesh, Andrew McCallum - 2019
La création et l’usage des IA se font également dans un cadre légal et réglementaire de plus en plus
contraignant. Face aux nouvelles innovations, les pouvoirs publics sont amenés à légiférer pour
permettre un déploiement des IA dans un cadre respectueux du droit et des personnes. Deux textes
européens viennent notamment encadrer le développement et l’utilisation des IA.
La première norme est la réglementation RGPD. Elle a pour objet de protéger le recueil et l’utilisation
des données par les entreprises. Elle a un impact direct sur l’IA et cela à différents niveaux :
- Lors de la phase d’apprentissage : cette étape consiste à concevoir, développer et entraîner
un système d’IA et en particulier un modèle. Lors de cette phase, l’IA va être amenée à collecter
une grande base de données afin d’apprendre et de s’entraîner. Il est donc nécessaire de savoir
comment alimenter l’IA avec des données respectueuses de la réglementation. De plus, il faut
garantir que, le cas échéant, le traitement des données personnelles et/ou sensibles par l’IA se
fait aussi dans le respect de la réglementation et ne porte pas atteinte aux droits des personnes.
- Lors de la phase de production : cette phase consiste à déployer de manière opérationnelle
le système d’IA. Lors de cette phase, les productions de l’IA ne doivent pas permettre de
divulguer des informations personnelles ou sensibles. Il y a donc un enjeu de contrôle des
productions de l’IA pour que l’entreprise ne soit pas involontairement à l’origine de fuite ou
modification de données personnelles.
En ce sens, le développement d’IA et leur utilisation ne peuvent se faire sans une bonne connaissance
de la réglementation RGPD. L’implication des délégués à la protection de données dans la mise en
place de solutions d’IA au sein de l’entreprise est nécessaire et primordiale pour garantir un usage
respectueux des normes.
La seconde norme récemment entrée en vigueur, le 12 juillet 2024, est le règlement européen dit «
IA Act ». Ce texte a notamment pour objectif de veiller à ce que les systèmes d’IA mis sur le marché
soient sûrs. Il vient notamment harmoniser les réglementations de mise sur le marché à l’échelle
européenne de systèmes d’IA, mais aussi interdire certaines pratiques. Les pratiques interdites
concernent notamment les atteintes considérées comme trop grandes à la vie privée comme la
reconnaissance des émotions sur le lieu de travail ou encore un système qui aurait pour fonction
d’évaluer ou à établir un classement de la fiabilité de personnes en fonction de leur comportement
social.
Cette réglementation applique des exigences spécifiques aux IA considérées comme étant à haut risque
(notamment dans les domaines des transports et la gestion de la sécurité publique). Des obligations de
transparence et de surveillance sont imposées pour garantir que ces systèmes fonctionnent de manière
sécurisée. Ça concerne une liste déterminée d’IA correspondant à celles nécessitant une évaluation de
conformité afin d’être commercialisées et à celles amenées à gérer et exploiter des infrastructures
critiques.
Pour ces IA à haut risque, plusieurs acteurs sont soumis à des obligations :
- Le fournisseur des solutions d’IA : il a l’obligation de prendre les mesures nécessaires sur le
système d’IA à risques élevés s’il n’est pas conforme à la réglementation.
- Le distributeur des solutions d’IA : il doit prendre les mesures correctives si une IA non
conforme est actuellement sur le marché.
Les enjeux de propriété intellectuelle dans le cadre de l'intelligence artificielle sont nombreux et
complexes et peuvent freiner l’utilisation de solutions d’IA au sein d’une entreprise.
L'un des problèmes les plus débattus est de savoir si une IA peut être considérée comme l'auteur ou
l'inventeur d'une œuvre ou d'une invention. Les systèmes juridiques actuels s’appuient
généralement sur l'idée que seuls les humains peuvent être auteurs ou inventeurs, ce qui soulève des
questions sur la propriété des créations générées par l'IA. Aujourd’hui, alors que les CGU peuvent
préciser que l’utilisateur est titulaire des droits de propriété sur le contenu créé, ni la réglementation ni
la jurisprudence (française ou européenne) n’a pour le moment posé un cadre clair sur ce cas de figure.
En ce sens, certaines entreprises ont développé des solutions garantissant une lisibilité sur la propriété
intellectuelle des créations. Par exemple Firefly, développé par Adobe, est une application web pour
l’étiquetage de contenus créatifs. Elle offre une solution efficace pour garantir l’authenticité des œuvres
numériques.
Au-delà de la question de la propriété des contenus créés, le développement des IA pose aussi la
question de la propriété des données utilisées pour entrainer l’IA. Les contenus étant créés à partir
de contenus déjà existants, ils peuvent être à l’origine d’une contrefaçon. Pour encadrer cette pratique,
l’IA Act pose le principe de transparence dans l’utilisation des données. Autrement dit, les créateurs
d’IA doivent fournir publiquement un résumé suffisamment détaillé du contenu utilisé pour
l’entraînement de leurs algorithmes. Sur la base de cette publication, les auteurs peuvent demander à
ce que leur création ne soit pas utilisée pour entrainer l’IA.
Utiliser des IA impose de maitriser ces enjeux juridiques pour garantir une application respectueuse des
normes en vigueur et que toutes productions réalisées à l’aide d’une IA ne portent pas atteinte au droit
d’auteur d’autres personnes et soit bien la propriété de l’entreprise.
Bien que beaucoup de solutions d’IA sont aujourd’hui testées par les entreprises, les solutions d’IA
générative restent souvent à un stade d’expérimentation et des difficultés sont rencontrées pour
déterminer l’efficacité et la rentabilité de ces solutions. Nous sommes aujourd’hui dans une période du
pic de l’attente vis-à-vis de ‘IA.
En effet, le taux d’échec des projets d’IA reste encore très élevé. Dans une étude réalisée par RAND
en 2024, il apparait que 80 % des projets d’IA n’aboutissent pas 30. Le principal défi pour les décideurs
est notamment le passage à l’échelle des solutions pour gagner en rentabilité. En effet, dans un
sondage de 2024 réalisé par la BCG auprès de dirigeants d’entreprises dans le monde 31, 74 % des
entreprises qui utilisent des solutions ne trouvent pas de rendement à ces technologies . Cela nécessite
30
The Root Causes of Failure f or Artif icial Intelligence Projects and How They Can Succeed – RAND - Lien
31
Where’s the Value in AI – BCG – 2024 (lien)
Pour réussir cette mise en place, plusieurs étapes peuvent être identifiées :
• Identifier un besoin réel et viable. La première étape consiste à cibler un cas d'usage
précis où l'IA peut apporter une réelle valeur ajoutée. Par exemple, dans le secteur bancaire,
l'IA est souvent utilisée pour détecter les fraudes, tandis que dans l'industrie, elle peut
permettre d’anticiper des casses via de la maintenance prédictive.
• Évaluer la faisabilité technique et financière. Cette étape implique une analyse
approfondie des coûts et des infrastructures nécessaires. Selon l'étude Expleo, 39 % des
décideurs identifient des difficultés techniques comme un obstacle majeur et 35 %
mentionnent les coûts élevés comme une contrainte significative
• Choisir la bonne technologie et la bonne architecture. L'IA repose sur des infrastructures
technologiques adaptées. Il est essentiel de sélectionner des outils répondant aux besoins
spécifiques de son organisation. Une erreur fréquente est de sous-estimer les besoins en
infrastructures, ce qui peut entraîner des surcoûts ou des performances limitées.
• Construire un « pipeline » de données solide et automatisé. Les données sont la pierre
angulaire de tout projet d'IA. Il est crucial de disposer de données de haute qualité,
cohérentes et mises à jour régulièrement. Par exemple, dans le domaine des sciences de la
vie, des flux de données robustes permettent de développer des modèles pour la découverte
de médicaments.
• Entraîner et valider le modèle sur des données représentatives. Un modèle d'IA doit être
testé sur des données représentatives des conditions réelles pour assurer sa robustesse et
sa fiabilité. Cela évite de nombreux problèmes lors de la mise en production à grande
échelle.
• Organiser le suivi et la maintenance des données et des modèles. Une fois en
production, l'IA doit être surveillée pour détecter les dérives des données et adapter les
modèles. Cela garantit leur efficacité à long terme et répond aux évolutions des besoins
organisationnels.
Le passage à l’échelle de l’IA implique d’avoir une bonne maitrise des différentes étapes avec
notamment des compétences dans l’accompagnement du changement pour identifier les cas
d’usage et accompagner les entreprises et ses équipes dans l’intégration des SIA dans leur process.
Cela nécessite aussi de solides compétences en termes de gouvernance, notamment des données,
pour garantir un bon apprentissage des SIA, mais aussi pour ne pas entrainer une mauvaise
utilisation des données.
Les entreprises de la branche jouent un rôle double : elles sont à la fois utilisatrices et développeuses
d'IA. Parmi elles, 39 % conçoivent et déploient des IA sur mesure. Ces activités représentent
actuellement 16 % du chiffre d’affaires entreprises de la branche et sont en constante augmentation
car elle pourrait représenter 30 % du chiffre d’affaires en 2028. Les projets développés se tournent
principalement vers le secteur des services aux entreprises comme le numérique ou le conseil (86
%), de la santé et du social (65 %) et de l’Administration, le Service Public et les collectivités
territoriales (64 %).
Ce rôle de créateur et d’intégrateur implique des interventions à plusieurs étapes du cycle de vie de
l’IA, allant de la conception à l’exploitation et à l’optimis ation, tout en assurant la maintenance et la
formation des utilisateurs.
En ce sens, les entreprises peuvent intervenir à toutes les étapes d’un projet d’IA.
- Dès la phase d’itération et de conception, elles accompagneront les entreprises dans la
définition de leur projet et des moyens techniques les plus adaptés aux besoins et aux
contraintes budgétaires, légales et environnementales
- Durant la phase de développement, elles réaliseront la production des algorithmes et des
tests afin de créer un outil qui répond aux besoins et aux usages.
- Enfin, dans la phase de production et de déploiement les entreprises auront pour principale
tâche de permettre la bonne intégration des IA dans les systèmes des entreprises et dans la
conformité des réglementations en vigueur
Les entreprises de la branche sont également des consommatrices d’IA : 64 % des entreprises
ont aujourd’hui recours à des SIA et 75 % des salariés de la branche en utilisent. Les principaux freins
invoqués par les entreprises non utilisatrices sont la crainte de l’augmentation des risques sur la
sécurité de l’entreprise, les contraintes financières, ou encore le risque d’impacts sur la confidentialité
des données.
Les entreprises vont y avoir recours à différents moments pour optimiser leurs travaux. Les usages
et leur degré peuvent différer fortement en fonction des secteurs de la branche et de la taille des
entreprises (les TPE/PME mobilisent par exemple moins l’IA que les entreprises de plus de 500
salariés). Différents cas d’usage sont mobilisés par les entreprises comme l’optimisation (dans
l’industrie elles vont être amenées à créer des IA pour optimiser le processus de production, dans la
vente les IA développées peuvent optimiser les campagnes marketing), la création de contenus
(des IA ont été créées pour faciliter la conception de produits industriels) ou encore l’analyse et la
prédiction (ces IA ont été développées par des entreprises de la branche pour anticiper les prévisions
météorologiques).
Pour chaque secteur, des IA spécifiques aux métiers ont été développées (par exemple des IA
permettant la réalisation de test pour le numérique, des IA pour l’analyse de données financières pour
le conseil, des IA de suivi en temps réel d’événements…) Toutefois, certains usages sont aussi
partagés par toutes les entreprises, notamment sur les fonctions support comme l’aide à la rédaction
de document, l’analyse de CV pour les fonctions RH ou encore la création de contenu pour le
marketing.
Les entreprises françaises sont très peu positionnées sur la première partie. En effet, la capacité de
calcul est largement concentrée autour de quelques très grandes entreprises comme NVIDIA (85 % des
parts de marché mondial) et AMD (10 % des parts de marché mondial) 33. Le marché des infrastructures
de calcul et de leur location est également concentré autour de quelques entreprises, mais certaines
entreprises françaises se positionnent dessus comme OVHCloud ou encore Scaleway qui a annoncé
en 2024 des investissements dans des infrastructures de calcul et développe un service d’entrainement
de modèle34.
La modélisation et le déploiement des IA sont plus ouverts notamment sur des modèles spécialisés à
un secteur. Bien que le développement de modèles généralistes reste largement dominé par les
GAFAM (près d’un tiers des modèles récents ont été développés par Google Microsoft ou Méta), la
spécialisation de ces derniers laisse une plus grande place aux start-ups notamment parce que la
spécialisation des modèles pré-entrainés pour une application spécifique nécessite moins de données
et de puissance de calcul. En ce sens, en France de nombreuses start-ups investissent dans le
développement de nouveaux cas d’usage35. Dans le cadre d’une étude de Sopra Storia pour France
Digital, 590 startups françaises ont été recensées et sont spécialisées dans l’intelligence artificielle en
2023.
Dans cette chaine de valeur de l’IA, la branche des bureaux d’études techniques est particulière
puisque, si une grande partie de ses entreprises est consommatrice de solutions d’IA, elle est surtout
la branche qui accompagne le développement et l’implantation de solutions IA (via le conseil, l’ingénierie
et le numérique) dans l’ensemble des secteurs économiques. Les professionnels de la branche
accompagnent leurs clients pour évaluer les risques et opportunités au déploiement de cas d’usage
mobilisant l’IA, conçoivent et développent des solutions technologiques incorporant des briques
numériques avec système d’IA, assurent très souvent leurs exploitation, évaluation et optimisation…
De la technologie à l’usage, ils viennent en appui de bout en bout.
Ces deux réalités (consommation et développement/déploiement) peuvent co-exister dans une même
entreprise. Ainsi une entreprise peut être à la fois consommatrice de ChatGPT et Copilot, mais peut
aussi développer sa propre solution pour utiliser ChatGPT avec des données confidentielles appelée
SecureChatGPT 36 ou encore accompagner un client dans la configuration de systèmes experts.
En ce sens, il faut bien distinguer d’un côté le déploiement de solutions d’IA générative « for all » destiné
au maximum de salariés et de l’autre côté le déploiement de solutions IA (pas nécessairement d’IA
génératives) à destination d’une petite équipe interne, une « task force » IA, qui sera chargée aussi de
développer des solutions ou de choisir des SIA selon les besoins 37.
32
La chaine de valeur de l’IA : enjeux économique et place de la France – 2024 – ministère de l’Économie, des f inances et de
l’industrie
33
Computing power and the governance of artif icial intelligence ; Sastry – 2024 (lien)
34
« Le Groupe iliad et Inf raVia s’associent pour développer un leader européen du data center hyperscale – Iliad – (lien)
35
France digital - lien
36
AgoraManager – Les uses cases de Gen IA au sein du groupe Saf ran (2024) - Lien
37
Les Échos - IA : les entreprises au déf i de la f ormation de leurs salariés (2024)
Les entreprises de la branche des bureaux d'études techniques jouent un rôle stratégique dans la
chaîne de valeur de création, déploiement et accompagnement de solutions d’intelligence artificielle
(IA). Contrairement à d’autres secteurs davantage axés sur l’utilisation d’outils d’IA, les entreprises de
la branche se positionnent comme des intermédiaires dans l’implémentation de ces technologies, en
particulier dans l’ingénierie, le conseil et le numérique. Leur valeur ajoutée se situe dans l’effort de R&D
et d’innovation puis dans l’accompagnement des clients, de la phase de conception à celle d’exploitation
des solutions IA.
Figure 14 : Part des entreprises développant ou accompagnant des clients La taille des entreprises
dans le développement d'IA - Source : enquête BVA pour OPIIEC - 2024 influe sur la propension des
entreprises à intégrer cette
dimension technologique
dans leur offre de service. En effet, alors que seulement un tiers des TPE (moins de 10 salariés) sont
positionnées sur l’IA (50% se projettent dans les 3 ans et 17 % ne se projettent pas du tout sur
l’intégration de l’IA dans leur offre), deux tiers des grandes entreprises (plus de 500 salariés) en ont
déjà fait une partie intégrante de leur offre (67%).
Le secteur d’activité est également un élément créant des disparités dans ces résultats. Le conseil
développe davantage des solutions d’IA ou accompagne leurs clients (45%) notamment avec le
développement de solution en interne sur de l’analyse documentaire et de la création de texte afin de
faciliter les différentes étapes de rédaction d’un rapport ou d’une offre commerciale, suivi du numérique
(36%), de l’ingénierie (35%) et plus en retrait, l’événementiel (15%) (figure 15).
Au sein des entreprises, développant des solutions ou accompagnant leurs clients à l’intégration de l’IA,
1 entreprise sur 3 a moins de 30 % de ses effectifs liés à l’IA. Près de 2 entreprises sur 10 ont entre
30 % et 49 % de leurs effectifs liés à cette technologie. Enfin, plus d'1 entreprise sur 2 ont plus de
50% de leurs effectifs sur l’IA. En moyenne, les entreprises ont 46% de leur effectif en lien avec l’IA.
Il est à noter que le conseil et le numérique sont les secteurs avec la part de salariés liée à l’IA la plus
importante (moyenne : 47%), suivie par le secteur de l’ingénierie (moyenne : 41%) et l’événementiel
(moyenne 40%).
Il est également important de relever que plus le nombre de salariés de l’entreprise est élevé, plus la
part de salariés liée à l’IA est faible : les structures de moins de 10 salariés ont un effectif lié à l’IA
plus important (moyenne : 51%). En effet, ces dernières vont être amenées à se spécialiser dans ce
domaine et accorder une plus grande part de leurs effectifs à cette activité.
Une activité qui prendra de plus en plus de poids au sein des entreprises de la branche
La part de l’activité des entreprises liée au développement de solutions d’IA et/ou de l’accompagnement
d’entreprises clients reste minoritaire au sein de la branche, mais est amenée à prendre de plus en plus
d’importance. La part du chiffre d’affaires lié à cette activité actuelle moyenne des entreprises
pour les entreprises développant des solutions d’IA ou accompagnant des entreprises clientes
dans leur développement est de 24 %. Ce qui représente près de 17 % du chiffre d’affaires des
entreprises de la branche.
A 3 ans, les entreprises liées à l’IA estiment que leur CA en lien avec cette technologie devrait
augmenter, la part des activités liées à l’IA devrait représenter près de 30 % du chiffre d’affaires de la
branche.
Les évolutions divergent en fonction du secteur d’activité. Les entreprises du secteur du numérique
estime que la part de l’activité lié à l’IA devrait être plus importante, mais devrait moins augmenter dans
les entreprises de l’ingénierie et de l’événementiel.
Les entreprises interviennent ainsi (en développement ou en accompagnement) aux différentes phases
du cycle de vie d’une IA.
En phase d’idéation puis de conception, les entreprises, En phase de déploiement, les entreprises de l’ingénierie et
typiquement du conseil et de l’ingénierie, vont travailler à la du numérique vont intervenir pour intégrer les IA dans les
définition du besoin des entreprises clientes, évaluer les systèmes existants de l’entreprise, notamment à travers le
moyens technologiques dont elles disposent pour intégrer développement éventuel d’API pour l’entreprise. Leur rôle
une IA… Ce travail permet de définir les cas d’usage consiste également à assurer les fonctions de
possibles de l’IA dans l’entreprise et les meilleures maintenance et de surveillance. Ces entreprises vont
solutions à envisager dans le respect des réglementations, également être amenées à intervenir sur la formation des
des objectifs et des moyens de l’entreprise cliente. salariés sur l’utilisation de ces outils.
Idéation et Déploiement et
Développement
conception exploitation
La conception du projet
Cette phase a pour but de faire émerger les cas d’usage pour lesquels la mise en place d’une solution
d’IA est pertinente. Pour cela, il est important de suivre une démarche structurée qui permet d'identifier
les opportunités où l'IA peut apporter de la valeur. Par exemple, il est important de savoir s’il faut
privilégier le développement interne ou externe des SIA. Les développements dédiés se révèlent moins
évolutifs, ayant une plus forte tendance à figer les organisations, à l’inverse de logiciels aux
développements mutualisés dits SaaS, pour software as a service, qui obligent à recomposer les
procèdes.
L’identification des cas d’usage nécessite l’implication de l’ensemble des services d’une entreprise (ex. :
le marketing, les ventes, la production et la DSI). L'objectif est d’analyser les processus métier pour
détecter les tâches qui pourraient être optimisées grâce à l'IA.
A ce stade il est également important d'évaluer la maturité technologique de l'entreprise et sa capacité
à intégrer des solutions d'IA. Après avoir listé les idées potentielles, il est important de les prioriser en
fonction de leur impact potentiel sur l'entreprise, de la faisabilité technique et de l'alignement avec la
stratégie globale de l'entreprise.
Cette phase peut également intégrer le développement de prototypes pour tester et valider les cas
d'usage sélectionnés, en mesurant leur performance et en ajustant les modèles d'IA en conséquence.
Principaux métiers impliqués pour accompagner les entreprises dans cette étape sont :
• Chef de projet IA pour coordonner le projet et s'assurer de son alignement avec les objectifs
de l'entreprise.
• Spécialiste métier pour lequel l’IA est développée afin de définir les usages, mais aussi les
exigences qualité en fonction des contraintes du métier. (Par exemple, dans le domaine de la
santé, les professionnelles du secteur sont impliquées dans le processus d’idéation afin de
déterminer les cas d’usage pertinents (ex : aide au diagnostic) et les contraintes liées, comme
une explicabilité des résultats).
• Expert en IA pour identifier les solutions les plus adaptées, les modèles et les technologies les
plus pertinentes aux usages souhaités.
• Data Scientist pour analyser les données et aider à identifier les opportunités d'utilisation de
l'IA.
• Business Analyst pour évaluer les besoins métier et les retours sur investissement potentiels.
• Juriste pour garantir que le projet respecte les réglementations en vigueur.
Une fois le cas d'usage IA validé, plusieurs approches peuvent être adoptées pour développer le
système d'IA correspondant.
La première option consiste à construire une solution en interne, en mobilisant une équipe de data
scientists et d'ingénieurs IA pour concevoir, entraîner et déployer des modèles d'apprentissage
automatique sur mesure. Cette approche nécessite des compétences techniques approfondies et une
compréhension claire des objectifs métier.
Comme alternative les entreprises peuvent s'appuyer sur des plateformes d'IA en tant que service
(AIaaS), qui offrent des outils et des environnements préconfigurés pour faciliter le développement
d'applications d'IA sans nécessiter une expertise technique poussée.
Les entreprises peuvent également opter pour des solutions logicielles prêtes à l'emploi, souvent
appelées solutions "plug-and-play", qui peuvent être intégrées dans les systèmes existants avec une
personnalisation limitée.
Enfin, il est possible de collaborer avec des partenaires externes, tels que des startups spécialisées
en IA ou des consultants, pour bénéficier de leur expertise et accélérer le développement du projet.
Chaque approche a ses avantages et ses inconvénients, et le choix dépendra des ressources
disponibles, du niveau de personnalisation requis, de la complexité du cas d'usage et de la stratégie
globale de l'entreprise en matière d'innovation technologique.
Comme évoqué précédemment, le développement de systèmes IA implique de respecter cert ains
critères.
- L’intégration de l'IA doit être réalisée dans le respect des cadres légaux, tels que le RGPD en
Europe, qui encadre l’utilisation des données personnelles. Les entreprises doivent s’assurer
que leurs solutions IA respectent ces régulations pour éviter des sanctions. Cela inclut
également des audits réguliers pour garantir la conformité.
- L’éthique doit être au centre de l’utilisation de l’IA, notamment pour éviter les biais dans les
décisions algorithmiques, comme cela a été observé dans les systèmes de recrutement
automatisés.
- Les entreprises doivent intégrer des critères environnementaux dans le développement et
l’usage des systèmes IA. Cela inclut une gestion responsable des ressources informatiques
(centres de données, serveurs) pour limiter l'impact carbone de l'IA, notamment dans les
processus énergivores comme l’entraînement des modèles. Par exemple, plusieurs entreprises
se tournent vers des solutions IA open-source optimisées pour une utilisation moins gourmande
en énergie ou mettent en place des centres de calcul verts.
La mise en production et la gestion d'un système d'IA sont des étapes cruciales qui nécessitent une
planification et une exécution rigoureuses pour assurer la réussite et la pérennité de la solution.
La première étape consiste à intégrer le système d'IA dans l'environnement opérationnel existant,
ce qui peut impliquer la configuration des interfaces de programmation d'applications, la mise en place
de connexions avec les bases de données et la garantie de la compatibilité avec les systèmes de gestion
de l'entreprise. Il est également essentiel de s'assurer que le système est sécurisé, conforme aux
réglementations en vigueur et qu'il respecte les normes de confidentialité des données.
Une fois en production, le système doit être étroitement surveillé pour évaluer ses performances et
son efficacité, en utilisant des indicateurs clés de performance spécifiques au cas d'usage. La
maintenance continue est nécessaire pour corriger les bugs et mettre à jour les modèles en fonction
des nouvelles données et ajuster les algorithmes pour améliorer les résultats.
La gestion efficace d'un système d'IA en production est un processus itératif qui exige une collaboration
étroite entre les équipes techniques, les opérationnels et la direction pour continuer à générer de la
valeur et à innover.
En outre, il est important de prévoir un plan de gestion des changements pour former les
utilisateurs, adapter les processus métier et accompagner l'organisation dans l'adoption de la nouvelle
technologie. Il est crucial de former les équipes à l’utilisation des nouvelles technologies, et de
veiller à ce que les employés soient acculturés aux outils IA. Cela inclut des formations sur les systèmes
d’IA, mais aussi sur les aspects éthiques et de sécurité liés à leur usage. Une entreprise peut organiser
des sessions régulières d'information pour sensibiliser les employés à la transparence des algorithmes
et aux principes éthiques de l'IA. Les entreprises doivent pouvoir expliquer comment les décisions
sont prises par les algorithmes. Cela permet de répondre aux enjeux de conformité et d’éthique, tout
en instaurant un climat de confiance avec les utilisateurs et les employés.
Les entreprises développant des solutions d’IA ou accompagnant l’intégration de l’IA sont aujourd’hui
sollicitées sur ces projets en premier par le secteur des services aux entreprises (Figure 16). 86%
des entreprises l’ont cité parmi leurs principaux clients, dont 36% en premier. Ce secteur recouvre un
ensemble d’activités qui ont pour point commun d’avoir une activité en grande partie liée à la vente de
produits et de services à des entreprises. Il couvre aussi bien les activités informatiques, le conseil,
l’ingénierie que les entreprises ayant des activités administratives de soutien aux entreprises.
Suivent des secteurs-clients traditionnels pour la branche tels que la santé/social (65%),
l’administration, services publics et collectivités territoriales (64%), les services aux
particuliers (62%). Les secteurs de la banque-finance-assurance (58%), de l’industrie (53%), de
l’énergie/environnement (52%) ainsi que la construction (50%) et l’agriculture (47%) sont moins
cités, reflétant ainsi un recours moindre aux solutions et proposé par les entreprises de la branche.
Figure 47 : Principaux objectifs visés par les projets liés à l'IA pour les entreprises clientes - Source :
Enquête BVA pour OPIIEC - 2024
Les salariés impliqués dans les projets confirment ces principaux objectifs visés par les projets liés à
l’IA. Ils citent également en premier l’automatisation des tâches répétitives (67 %) puis l’optimisation
des process (66 %). La création et la génération de contenus sont relevées par 54 % des salariés et
l’analyse et la prédiction des comportements, par 50 % des salariés.
Les entreprises de la branche sont amenées à développer des IA à destination de leurs clients dans le
but d’optimiser leur process. Ces clients sont très diversifiés puisque l’optimisation peut être réalisée
pour des usages dans l’industrie (optimisation de la gestion des stocks, du transport de
marchandises…) comme pour le commerce par exemple afin d’optimiser les campagnes marketing de
leur client.
Les entreprises n’exploitent qu’une partie des données qu’elles collectent et, la plupart du temps, les
décisions relatives à l'optimisation des processus s’appuient sur des méthodes manuelles, subjectives
et biaisées de documentation des processus. En ce sens, les solutions d’IA portées par des entreprises
de la branche peuvent représenter une réelle valeur ajoutée pour les entreprises clientes en analysant
les données de manière efficace et structurée. C’est ce qui a notamment été développé par l’entreprise
Livejourney pour permettre à ses clients d’optimiser leurs processus dans tous les domaines.
Livejourney a décidé de développer des SIA à partir de Process Mining qui permet d'explorer les
données cachées ou inexploitées dans les ERP et autres systèmes sources. En capturant des données
sur les identifiants, activités, et horodatages des processus, le process mining permet de visualiser et
améliorer les processus en temps réel, générant des économies significatives en réduisant les temps
de traitement.
Le Process Mining est en forte croissance, particulièrement dans les secteurs financiers et
commerciaux, car il permet de transformer les données inexploitées en insights actionnables,
Au-delà d’optimiser les processus, les SIA permet aussi d’optimiser l’empreinte environnementale des
entreprises. La gestion énergétique assistée par l’IA est en forte croissance, stimulée par la demande
accrue de solutions durables et l’optimisation des coûts énergétiques. Avec l’augmentation des
régulations environnementales et la pression pour réduire l’empreinte carbone, les entreprises
industrielles et commerciales adoptent massivement des technologies pour piloter en temps réel leur
consommation énergétique.
Metron a développé une IA à destination des industries afin que les entreprises optimisent leur
consommation d’énergie et réduisent leur impact carbone et leurs coûts. Cette solution utilise des
algorithmes de Machine Learning pour analyser les données de consommation d'énergie, identifier
les schémas d'utilisation et optimiser l'efficacité énergétique des bâtiments industriels et
commerciaux.
Enfin, les entreprises vont également développer des solutions dans le but d'optimisation de la chaîne
de production. Ce cas d’usage est en forte croissance, particulièrement dans les secteurs de la
distribution et de la logistique. Les technologies comme l'IA, le machine learning, et l'IoT permettent aux
entreprises de transformer leurs chaînes en réseaux intelligents, offrant une visibilité accrue et des
décisions en temps réel.
BrainCube a créé une IA dans le but d’accompagner les industries dans l’optimisation de leur chaîne
de production. Cette plateforme combine des capacités avancées en IT, cloud computing, et
intelligence artificielle pour rendre les processus de production plus flex ibles et adaptables
Les IA de conception et de création sont les IA les plus porteuses en ce moment avec l’émergence
des LLM. Mais différents outils sont créés pour accompagner les entreprises dans leurs activités de
création par IA. Quasiment tous les secteurs d’activité sont susc eptibles d’avoir recours à une IA de
création.
Les IA peuvent notamment être utilisées pour la conception automatisée de pièces industrielles. Cet
usage est en forte croissance dans l'ingénierie et la fabrication, car elle permet de réduire les coûts,
accélérer les processus de design et optimiser la performance des produits.
L’entreprise Dassault Système a développé la plateforme CATIA visual scripting, une IA qui permet
de générer automatiquement des conceptions de hautes performances. Cela permet aux ingénieurs
de générer de multiples designs en tenant compte des contraintes de fabrication, telles que les
techniques de fraisage ou d'impression 3D.
Ces IA de création sont aussi très utilisées dans le cadre de la création de spectacles interactifs et
installations artistiques. Les expériences immersives et interactives utilisant l'IA sont en forte croissance
dans les secteurs du divertissement, de l'événementiel et des expositions culturelles ou de la mode.
Les technologies comme le scanning 3D, la capture de mouvement et l’IA offrent de nouvelles
possibilités artistiques en permettant des interactions dynamiques et personnalisées avec le public.
Les IA de prédiction sont des IA fortement attendues par les entreprises. Cette technologie permettant
d’anticiper des événements futurs et ainsi accompagner les décideurs dans leurs prises de décisions,
trouve une application dans différents secteurs de l’économie.
Dans le domaine industriel, la maintenance prédictive des équipements fortement utilisés peut être
déployée grâce à l'intégration de l'IoT et des jumeaux numériques. Ces technologies permettent
d'anticiper les défaillances, réduisant ainsi les temps d'arrêt non planifiés et les coûts de maintenance.
Asystom est une entreprise spécialisée dans la surveillance et la maintenance prédictive, elle
propose des solutions basées sur l'IA pour monitorer en temps réel l'état des machines, permettant
de prévenir les défaillances et d'optimiser les opérations de maintenance.
Dans le domaine industriel toujours, au niveau de la supply chain, les IA peuvent également avoir
comme fonction d’anticiper la demande et la gestion des stocks. C’est notamment à travers
l’apprentissage par Machine Learning que les IA vont déterminer des prévisions de consommation
associées au cloud computing qui permet de suivre en temps réels l’évolution des stocks. Ces solutions
permettent d'analyser des données historiques, des tendances de vente, des comportements
consommateurs et des facteurs externes comme la météo pour ajuster les prévisions de demande en
temps réel et optimiser les stocks.
Lokad est une entreprise spécialisée dans l'optimisation des chaînes d'approvisionnement, elle
propose des solutions basées sur l'IA pour améliorer la prévision de la demande et la gestion des
stocks. Leur approche permet aux entreprises de réduire les coûts et d'augmenter la disponibilité
des produits.
Les outils d’IA de prévisions sont également utilisés dans le secteur des banques et assurances. Ils
peuvent, avoir comme objectifs d’anticiper des mouvements financiers, un usage plutôt à destination
des banques, mais aussi et de façon plus originale de surveiller et d’anticiper les risques de catastrophe
naturels pour les assurances.
Synapse développement a développé pour la BNP Paribas Real Estate un système innovant de
surveillance et de gestion en temps réel du risque hydrologique pour l’alerte de crue, le monitoring
des ressources en eaux et l’hydrologie urbaine. Ce système, conçu sur base d’IA et de puissantes
capacités d’analyse sémantique, permet d’extraire de grandes quantités de données depuis
plusieurs sources pour fournir des résumés pertinents et améliorer la pris e de décision.1
Si de nombreuses entreprises de la branche sont créatrices d’IA ou participent à leur déploiement, elles
peuvent toutes également être utilisatrices d’IA. Dans leurs pratiques quotidiennes, elles peuvent
intégrer des solutions d’IA. Cet usage s’est beaucoup développé avec l’essor des IA génératives. En
effet, les professionnels de la branche s’appuient fortement sur les connaissances et
l’expérience, des qualités qui rejoignent fortement les capacités de l’IA générative. En ce sens,
la traduction, le résumé des réunions, la synthèse de documents, par exemple, sont parmi les usag es
les plus répandus et à grande échelle chez les salariés.
« Le cas d’usage est une initiative d’employeur, l’IA générative reste en 2024 une initiative
d’employés, parfois clandestine. Les entreprises font un travail actuellement pour légitimer les usages
non déclarés, notamment pour garantir la sécurisation de ces pratiques ». Expert indépendant en IA
Figure 18 : Principales raisons du non-recours à l'IA par les salariés - Source : Enquête BVA pour OPIIEC - 2024
La première raison pour laquelle certains salariés n’ont pas recours à l’IA (figure 18) est selon eux le
manque de connaissance des solutions d’IA existantes (pour 30 % des salariés de la branche). En effet,
il est parfois difficile de comprendre quelles sont les bonnes IA à utiliser en fonction des tâches précises
que les salariés souhaitent optimiser. La seconde raison est que l’utilisation de l’IA est non autorisée
dans l’entreprise (pour 26 % des salariés n’utilisant pas l’IA) suivie d’un manque de confiance envers
l’IA (24 %) ou encore d’une méconnaissance des usages et intérêts de l’IA (22 %). Il s’agit moins, selon
les salariés, d’un manque de compétences pour utiliser l’IA (14 %) ou de connaissances (13 %).
Comme vu précédemment, si les entreprises du numérique sont souvent productrices de solutions d’IA,
elles sont aussi fortement consommatrices. Les équipes peuvent être amenées à avoir recours à des
IA développés par d’autres dans leur quotidien.
Par rapport aux autres secteurs de la branche, le numérique utilise particulièrement l’IA pour de la
création de contenu marketing (52 % des entreprises du numérique) (figure 20), afin de suivre en
direct des événements (39 %) notamment dans le cadre de la cybersécurité, afin de générer des
codes (36 %), comme un outil d’aide à la décision (34 %).
Contrairement au positionnement des entreprises, les salariés du secteur numérique déclarent utiliser
principalement l’IA afin de générer du code (44 %). En effet, cet usage concerne un plus grand nombre
de salariés dans le secteur que l’utilisation pour créer du contenu marketing qui concerne (39 % des
salariés). Les autres principaux usages sont la réalisation de tests (34%), l’assistance aux tâches
bureautiques (33%) ainsi que pour de l’analyse prédictive (32%).
Assistance à la programmation
Les salariés peuvent être amenés à travailler avec des IA génératives notamment pour créer du code.
Lorsque la pratique est encadrée, l’IA générative automatise certaines tâches répétitives comme
le codage de base, la gestion des données, ou la surveillance des systèmes, libérant ainsi du
temps pour les développeurs et ingénieurs logiciels pour se concentrer sur des tâches plus complexes
et créatives.
Elle accompagne les développeurs dans la programmation en proposant des lignes de code ou des
fonctions complètes, mais aussi dans la programmation des tests et la documentation du code38.
Cet usage permet notamment d’augmenter la productivité des développeurs les moins expérimentés.
Une étude a incité des développeurs à réaliser une tâche de codage aussi rapidement que possible. Un
groupe sélectionné de manière aléatoire avait accès à Copilot de Github. Ce groupe a accompli la tâche
en un temps inférieur de plus de 50 % à celui nécessaire au groupe de contrôle, et ce sont surtout les
développeurs les moins expérimentés qui ont tiré bénéfice de l’intelligence artificielle.
Pourtant, l’IA en code n’est pas encore pleinement opérationnelle pour remplacer un humain. Les
productions des IA sont souvent trop longues et ne permettent pas d’optimiser la mise en production.
Le recours à l’IA générative pose des enjeux de contrôle de qualité nouveaux. En effet, les équipes
38
Prospective Atlas - Étude exploratoire sur les tendances de l’IA pour l’évolution des métiers d’Atlas (2024)
« Les grands modèles de langage ne peuvent pas véritablement raisonner du fait de leur nature
probabiliste. Ces modèles ne comprennent pas le sens des mots ou des concepts, ils prédisent
simplement la suite la plus probable dans une séquence. Cela limite leur capacité à effectuer des
déductions logiques ou à comprendre des relations complexes entre idées. Les incohérences dans
leurs réponses montrent cette faiblesse, notamment pour les tâches demandant un raisonnement
analytique approfondi. » - Expert IA dans le secteur du Numérique
À la place des systèmes types chat, intégré dans l’IDE du développeur, lui permettant de produire du
code, mais aussi de poser des questions dans le contexte de son projet sont souvent plus appréciés.
Ce type de systèmes peut aussi permettre de la revue de code automatisé, qui ne remplace pas le
contrôle de qualité par des paires, mais qui aide à la qualité de la production dans le temps.
Le renforcement de la cybersécurité
L'IA joue un rôle crucial en cybersécurité, car elle permet de détecter les menaces. Un système d'IA
peut analyser des comportements suspects, identifier des activités malveillantes et anticiper des
attaques potentielles. Elle est utilisée, par exemple, dans les systèmes de détection d'intrusions,
l'identification de logiciels malveillants, ainsi que la gestion des identités et des accès. Les systèmes IA
aident aussi à l’audit de certains systèmes informatiques afin d’en améliorer la robustesse aux attaques.
Aide à la décision
L’IA par sa capacité à collecter des données et à les analyser peut permettre de faciliter la prise de
décision des équipes d’une entreprise du numérique. Elle peut créer des diagrammes d’architecture de
haut niveau à partir de spécifications données, mais elle a aussi l’intelligence de recommander des
technologies appropriées pour la mise en œuvre de systèmes logiciels. Au moment du codage, elle es t
aussi en capacité de proposer des solutions d’optimisation des codes et des solutions de débogage.
D’autres IA peuvent également être utilisées pour remplacer ou compléter certaines fonctions des
salariés. L'intégration de l'IA dans les processus de test présente de nombreux avantages, notamment
une couverture de test élargie, une détection anticipée des anomalies, une utilisation optimisée des
ressources et une accélération des cycles de test. Toutefois, elle apporte également des défis, comme
l'exigence de données de haute qualité pour l'apprentissage. Les systèmes IA aident aussi à l’audit de
certains systèmes informatiques afin d’en améliorer la robustesse aux attaques.
Dans le cadre de la gestion des infrastructures IT, l'IA est utilisée pour anticiper les pannes et optimiser
la maintenance des équipements, réduisant ainsi les temps d'arrêt et les coûts associés. Elle peut être
Figure 21 : principaux bénéfices identifiés par les entreprises dans l'utilisation de solutions d'IA - Source :
Enquête BVA pour OPIIEC - 2024
Bien que ces entreprises voient l’IA comme un outil avec de puissants atouts, cette perception
s’accompagne toutefois de freins notables, ralentissant le déploiement de cette intelligence. Les
principaux freins cités au déploiement de l’utilisation de l’IA au sein de leur structure sont le manque
de compétence interne (pour 57 % des entreprises) notamment sur les bons usages à avoir de l’IA,
l’impact environnemental (pour 55 % des entreprises) ce qui peut contrevenir aux politiques RSE des
entreprises, le coût de l’investissement (40 %) ainsi que la crainte d’une perte de qualité de la
production (37 %) (Figure 22).
Moins cités, les entreprises relèvent également les risques liés à son utilisation (25 %), la réticence des
salariés (25 %) et le manque de visibilité sur les usages possibles (17 %).
Figure 22 : principaux freins du recours à des solutions d'IA dans les entreprises
Source : Enquête BVA pour OPIIEC - 2024
Les entreprises d'ingénierie sont profondément réinterrogées dans leurs pratiques par l'essor de l'IA,
notamment dans le secteur industriel où l'IA est déjà largement mobilisée. Pour proposer des solutions
pertinentes et compétitives, ces entreprises devront maîtriser les outils et les capacités offertes par l'IA.
L’impact de l’IA sur les entreprises du secteur varie selon la taille des entreprises. Seul s 33 % des petites
entreprises interrogées dans le cadre d’une enquête de Syntec-Ingénierie avaient lancé des projets
Data et IA en interne en 2023, alors que 100 % des entreprises aux revenus élevés déclarent avoir déjà
mené ce type d’initiatives.
Les entreprises d’ingénieries en sont principalement à la phase de recherche de cas d’usage,
marquée par une profusion d’idées et le lancement de nombreux PoC. Cependant, ces initiatives
restent largement non structurées, et peu d’entreprises ont établi des processus clairs pour
prioriser les cas d’usage39. En tant qu'utilisatrices, elles développent le recours à l'IA générative ainsi
qu'à d'autres formes d'IA pour améliorer la qualité de leurs prestations.
Les entreprises du secteur de l’ingénierie qui utilisent l’IA y ont recours principalement en vue de
se faire aider à la gestion et planification de projets (64 %), de formaliser des documents (57%),
comme une aide à la gestion contractuelle (52%) ainsi que pour générer des codes (51%) . Cette
technologie est également utilisée en vue de se faire aider à l’éco-conception de produits ou de services
(28%), comme un outil d’analyse prédictive (27%), afin de se faire appuyer à la prise de note et
réalisation de comptes-rendus (27%) et enfin, de personnaliser l’expérience client (26%) (Figure 23).
Figure 23 : principaux usages de l'IA déclarés par les entreprises de l'ingénierie - Source : Enquête BVA
pour OPIIEC - 2024
39
Diagnostic maturité numérique des ingénieries – Syntec-Ingénierie - 2024
Les avancées en IA générative soutiennent les missions des ingénieurs en fournissant des modèles de
conception et de rédaction assistés par l'intelligence artificielle. De plus, grâce au traitement de base de
données, l'IA peut concevoir des structures et des modèles innovants tout en respectant les contraintes
réglementaires, environnementales et économiques.
Par exemple, l’entreprise Arup emploie des techniques de deep learning pour optimiser la conception
de structures en termes d'efficacité énergétique et de durabilité. Ces approches permettent de créer
des bâtiments plus respectueux de l'environnement et économes en énergie.
L’intelligence artificielle joue un rôle clé dans la conception, notamment par exemple avec le recours à
de nouveaux matériaux. Selon une étude, l’IA permet aux chercheurs d’augmenter de 44 % la
découverte de nouveaux matériaux, de déposer 39 % de brevets supplémentaires et de développer 17
% de prototypes en plus. En proposant de multiples pistes de conception, l’IA ouvre des opportunités,
mais aussi des défis : certaines idées sont prometteuses, d’autres moins pertinentes. Le principal enjeu
pour les professionnels est de distinguer les pistes à approfondir de celles à écarter, un tri où l’expertise
et l’expérience demeurent essentielles.
Analyses prédictives
Les entreprises vont aussi s’appuyer sur d’autres modèles d’IA. Son utilisation dans le domaine de
l'ingénierie change les méthodes de travail en améliorant la détection des défauts, l'optimisation des
chaînes de production et la maintenance prédictive des équipements. Par exemple, l'IA permet de
simuler des environnements et de tester des scénarios sous contraintes avant leur mise en œuvre
réelle, réduisant ainsi les risques et les coûts associés.
Dans le secteur industriel, des IA de maintenance prédictive sont utilisées pour anticiper les futures
pannes de machines ou d’équipements et de permettre une intervention anticipée des techniciens. Ces
derniers n’interviennent plus pour réparer, mais pour entretenir les appareils avant la réalisation des
pannes.
Optimisation de la production
Les entreprises vont s’appuyer sur des IA pour identifier dans le processus de production les points qui
peuvent être optimisés, par exemple en identifiant les étapes impliquant d’important temps d’arrêt et
proposer des solutions alternatives. Les IA permettent également de rationaliser les coûts et d’optimiser
l’utilisation de matières premières en analysant les principales sources de gaspillage.
Figure 24 : Bénéfices du recours à l'IA pour les entreprises de l'ingénierie : Source : BVA pour
OPIIEC - 2024
Les salariés perçoivent de leur côté, via le recours à l’IA, une amélioration de la qualité de leurs
productions (66 %), suivie d’une amélioration de leur productivité (59 %).
Figure 265 : principaux freins au recours à l'IA - Source : Enquête BVA pour OPIIEC - 2024
Figure 76 : principaux usages de solutions d'IA dans les entreprises du Conseil - Source : Enquête BVA pour OPIIEC - 2024
De leur côté, les salariés du secteur du conseil relèvent une utilisation de l’IA, principalement
axée sur l’assistance aux taches de bureautiques (48 %), l’accompagnement a de la recherche
documentaire (48 %), comme appui à la prise de note et réalisation de comptes-rendus (39%), a
la formalisation de documents (37 %) et comme une aide à la gestion et planification des projets (32
%).
Ils citent moins, mais avec une utilisation tout de même notable de l’IA le fait de faire de la création de
contenus marketing (31 %), la pré-sélection des CV (29%), l’aide à la gestion contractuelle (28%),
la gestion de la relation client (27 %) ou encore comme appui à la conception de plan de produit
ou d’ouvrage (26%).
A noter que les salariés du conseil sont plus nombreux à relever l’utilisation de l’IA en vue de se
faire assister aux taches de bureautiques (+ 14 points) afin de se faire accompagner à de la
recherche documentaire (+ 23 points), et comme un appui à la prise de note et réalisation des comptes -
rendus (+ 14 points). Ils sont toutefois moins nombreux à utiliser l’IA pour de la génération de
code (- 13 points) et pour de l’analyse prédictive (-12 points).
L’IA générative peut être utilisée par certaines entreprises pour accompagner les conseillers dans le
travail de recherche documentaire pour préparer une réponse à un projet. Cette phase ayant pour
principal objectif de poser les enjeux et la problématique d’un sujet, les recherches par IA sont
suffisantes. En effet, pour présenter des informations succinctes et pertinentes, l ’IA peut être utilisée à
condition de vérifier la véracité des informations produites par elle. Les erreurs que les IA peuvent
commettre augmentent fortement le temps de contrôle des conseillers sur les productions et leur
utilisation est pour le moment limitée aux tâches simples demandant peu de valeurs ajoutées.
Les entreprises peuvent paramétrer les IA sur l’ensemble des documents des entreprises afin qu’elles
utilisent uniquement ces sources de données pour générer des documents. Cet usage peut permettre
de formaliser les CV des conseillers dans le cadre de propositions commerciales, de proposer des bilans
sur la base des documents de l’entreprise. Toutefois, les outils proposés actuellement ne semblent pas
suffisamment pertinents, les entreprises travaillent donc au développement de solutions internes
indépendantes et moins énergivores.
Le cabinet de conseil Deloitte a développé au sein de son entreprise une IA générative « PairD ».
Le modèle permet de répondre aux courriels, de rédiger du contenu, d’écrire du code pour
automatiser des tâches, de créer des présentations, ou encore d’effectuer des recherches . Les
employés ont été formés à son utilisation afin de faire preuve de rigueur pour vérifier les
éléments produits par l’IA.
40
Les outils actuels permettent d’automatiser la prise de notes lors de la réalisation de réunion ou
d’entretiens. Cet usage permet d’améliorer les quantités de notes prises, mais auss i d’accélérer leur
formalisation. L’IA permet également de traiter et d’analyser les entretiens et réunions réalisés.
Les IA utilisées peuvent avoir des applications selon les domaines d’expertise de l’entreprise de
conseil. A titre d’exemple :
Dans le domaine des RH, des IA permettent aujourd’hui une pré-sélection des CV des personnes dans
l’optique d’un recrutement et de réaliser un « matching » efficace entre les postes et les candidats. Cela
permet une optimisation des processus et de dégager du temps pour des taches a plus forte valeur
ajoutée. Ce temps gagné permet notamment de favoriser les tâches avec une forte valeur ajoutée par
l’humain, notamment les entretiens.
Les cabinets de conseil en finance peuvent aussi utiliser la puissance de l'IA non-générative pour
analyser de grands volumes de données financières et fournir des insights stratégiques à leurs clients.
Ainsi, ils utilisent l'IA non-générative pour analyser les données financières passées et prévoir les
tendances futures, pour évaluer les risques en cas de chocs obligataires ou de fluctuations des taux,
pour identifier des schémas suspects ou des anomalies dans les données financières, pour détecter
plus rapidement les fraudes ou les erreurs, ou pour prévoir les besoins en fonds de roulement. L’IA peut
également être utilisé pour la génération de rapports d’audit préliminaires et l’analyse de données
financières importantes. Dans ce cas-là, l’IA permet de structurer les rapports et de proposer des
recommandations. Les experts seront davantage positionnés sur des tâches d’analyses
stratégiques, pour identifier des risques et détecter des schémas inhabituels dans ses
transactions qui pourraient indiquer des erreurs, voire des fraudes.
Les consultants en management évoluent vers des rôles où ils doivent non seulement comprendre
les technologies IA, mais aussi être capables de guider les clients à travers la transformation numérique,
avec des connaissances approfondies des outils IA.
En termes de bénéfices, les entreprises du conseil ayant recours à l’IA relèvent en premier une
réduction des coûts (73%), suivi d’une amélioration de la qualité des productions (67%), de
l’amélioration de la productivité (63%). Sont moins cités le développement de la créativité des
salariés (30%), l’aide à la formation de nouveaux salariés (27 %). (Figure 27).
Figure 87 : principaux bénéfices du recours à l'IA pour les entreprises du Conseil - Source : Enquête BVA
pour OPIIEC - 2024
Les salariés du conseil estiment quant à eux que l’IA permet d’améliorer leur productivité (62 %). Ils
estiment ensuite qu’elle permet d’améliorer l’intérêt du travail (55 %), d’aider à la créativité (51 % des
salariés). Enfin, les salariés du conseil soulignent que l’IA permet d’améliorer la qualité de leurs
productions (50 %).
Figure 2109 : principaux usages de l'IA par les entreprises du secteur de l'événementiel - Source :
Enquête BVA pour OPIIEC - 2024
Les salariés déclarent utiliser l’IA afin de créer du contenu marketing (51 %), comme un outil d’aide à
la gestion et planification de projets (50 %) et afin de personnaliser l’expérience client (39 %).
Moins cités par ces salariés, ces derniers relèvent également une utilisation de l’IA orientée vers la
réalisation des tests (35 %), le suivi en direct d’événements (34 %), l’appui à la prise de note et la
réalisation des comptes-rendus (34 %) ainsi que comme assistant aux taches bureautiques (30 %).
Des avancées technologiques comme la vision par ordinateur et l’analyse de données rapide ont permis
le développement d’outils spécifiques pour suivre en temps réel le bon déroulement des événements.
Ces outils prévoient les tendances de participation et optimisent la gestion des f oules, améliorant ainsi
l’expérience globale des participants et réduisant les risques opérationnels.
« L’IA va nous permettre de communiquer de manière quotidienne en rédigeant des articles, des images,
d’analyser et d’optimiser notre SEO et de traduire cette communication systématiquement » Directeur SI –
Entreprises de l’événementiel
Cet usage est particulièrement sensible aux enjeux de propriété intellectuelle. En effet, cette utilisation
doit permettre de s’assurer que les contenus produits ne contreviennent par au droit de propriété. Cette
utilisation implique donc de former et d’accompagner les créatifs sur ce process « d’inspiration/création
».
« L’IA pourrait être un bon assistant pour réceptionner les mails, les appels et en générant systématiquement des
propositions de réponses. »
Directeur Financier – Événementiel
Dans le cadre d’évènements, l’IA peut aussi être utilisée pour traduire des textes (technique ou
marketing), mais aussi traduire de façon instantanée des conférences, de sous-titrer des vidéos ou
retranscrire des débats/échanges. Ces pratiques pourraient avoir un fort impact sur l’emploi des métiers
de traduction ou rédacteurs. Ces métiers interviendront davantage comme des experts pour apporter
une expertise de contextualisation des propos en fonction de particularités culturelles ou contextuelles.
« Pour les Conférences de presse, nous utilisons de la traduction automatique, dans toutes les langues, avec les
lèvres synchronisées… En une journée nous avons toutes les versions. »
Directeur SI – entreprise de l’événementiel
« On se sert de l’IA sur la logistique en faisant des plans de salons, on travaille également sur l’optimisation de
l’implantation des stands »
Dirigeant d'entreprise de l'événementiel
Figure 30 : Principaux bénéfices du recours à l'IA par les entreprises de l'événementiel - Source : Enquête BVA
pour OPIIEC - 2024
De leur côté, les salariés de l’événementiel présentent l’IA comme un bon levier pour aider à leur
créativité (68%), comme une amélioration de leur productivité (67%), une amélioration de la
qualité de leurs productions (65%). Plus en retrait et moins citées, 49% des salariés relèvent une
amélioration de l’intérêt du travail.
Les freins au recours à l’IA dans les entreprises de l’événementiel
Les entreprises citent deux principaux freins au développement de l’IA : le manque de compétence
interne (86 %) et le manque de visibilité sur les usages possibles (70 %). Viennent plus loin le coût
de l’investissement (18%), la réticence des salariés (15%), les risques liés à l’utilisation de cette
technologie (11 %) ainsi que la crainte de perte de qualité de la production (7 %) (Figure 31).
Impact environnemental 0%
Autre : précisez 0%
Pour 77 % des entreprises de la branche, l'IA est considérée comme l’un principal facteur
d’évolution impactant les entreprises (pour 25 % c’est le premier facteur d’impact). En effet, en
termes d’emploi, la participation des entreprises aux activités de création et de déploiement de
solutions d’IA transforme les métiers de la branche avec une hausse des besoins dans les domaines
suivants. Ce sont notamment les métiers de Spécialistes IA (ingénieurs en IA, ingénieur machine
learning), les métiers de la Data Science ainsi que les métiers du développement logiciel et de la
coordination de projet (Chef de projet) dont les entreprises devraient avoir le plus besoin dans les
années à venir. En 2024, près de 1 400 offres d’emploi étaient publiées en France sur les métiers
d’ingénieur en intelligence artificielle.
De plus, pour répondre aux besoins des entreprises dans leurs projets de développement de solutions
d’intelligence artificielle, les professionnels doivent combiner des compétences techniques et
stratégiques afin de répondre aux spécificités et aux exigences, notamment en matière de
souveraineté et de performance des projets IA. Les principaux besoins en compétence concernent
les domaines de :
- La data science (développement de modèles fiables) ;
- Les mathématiques (optimisation des algorithmes et création de solutions frugales) ;
- La gouvernance des données (considérations sécurité et conformité) ;
- La veille et utilisation des solutions IA (adaptation d’outils prêts à l'emploi ajustés aux
besoins) ;
- La gestion des infrastructures (expertise en déploiement local et gestion du cloud) ;
- Le management de projet IA : nécessaire pour gérer les incertitudes liées à la qualité des
données et aux phases d'itération.
- La capacité à restituer les résultats des modèles d’IA et à comprendre les besoins métiers
constitue une compétence transversale essentielle dans les projets d’intelligence artificielle.
Les entreprises de la branche vont également être des utilisatrices d’IA, cela implique que pour
garantir sa bonne utilisation de maitriser de nouvelles compétences. Ce sont notamment sur les sujets
de connaissance générale des IA, leur fonction, les modèles existants pour connaitre les outils les
plus adaptés aux besoins et au cas d’usage en entreprise.
Par ailleurs, pour les entreprises, ces usages devraient davantage être créateur d’emploi. Au regard
des projections des entreprises, ces dernières anticipent la création de 45 000 emplois dans la
branche dans les 3 prochaines années en raison du déploiement de l’IA. L’optimisation gagnée
grâce au recours à l’IA permettrait ainsi de gagner en productivité et de concentrer davantage les
salariés sur les tâches à plus grande valeur ajoutée.
Lorsque l’on questionne les entreprises sur les facteurs qui auront le plus d’impact sur le travail au
quotidien dans les 3 prochaines années, elles citent en premier les évolutions de contexte
économique (82 %). L’impact de l’IA sur leur activité est en revanche le deuxième facteur le plus
impactant à l’avenir pour elles. En effet, pour 77 % des entreprises, l’IA impactera fortement leur travail
dans les années à venir.
Figure 1132 : Les facteurs impactant sur les entreprises pour les années à venir - Source : Enquête BVA
pour OPIIEC - 2024
En revanche, pour les salariés, c’est l’émergence de l’IA qui aura le plus d’impact sur leurs
travaille. En effet, pour 81 % des salariés interrogés l’intelligence artificielle arrive est le facteur le plus
impactant.
Les salariés travaillant dans le numérique relèvent encore plus les évolutions techniques ou
technologiques (79%) et le numérique responsable et éthique (57%) et ceux travaillant dans le conseil
relèvent davantage l’évolution de l’organisation du travail (66%).
Interrogés, les salariés de la branche considèrent majoritairement l’arrivée de l’IA comme une
opportunité (64 %) voire une nécessité (35%). En effet, ils ne sont que 18 % à considérer l’arrivée de
l’IA comme une crainte voire une menace.
A noter que les salariés du numérique voient davantage l’IA comme une opportunité (69 %) et une
nécessité alors que ceux de l’événementiel semblent plus préoccupés en répondant à 31% une crainte
voire une menace. En effet, alors que dans le secteur du numérique, l’IA est susceptible d’être une
source d’augmentation de l’activité des salariés. L’événementiel a davantage de métier fortement
impacté par l’IA.
Dans ce même temps, les jeunes actifs semblent plus préoccupés par l’arrivée de l’IA, les individus
plus avancés dans leur carrière sont plus distants de cette question41.
Autre (précisez) 1%
Figure 134 : principales craintes des salariés face au développement de l'IA dans leur
entreprise - Source : Enquête BVA pour OPIIEC - 2024
41
Enquête BVA Pour OPIIEC - 0224
Il est important de relever que le genre influe sur les réponses : 24 % d’hommes n’ont aucune
crainte contre seulement 12% chez les femmes.
Par ailleurs, on observe des disparités en fonction du secteur d’activité. Le secteur de l’ingénierie est
plus sujet à la création de postes spécifiquement liés à l’IA (+ 11 points).
Les professionnels interviewés expliquent que pour développer des solutions d’IA, ils ont des besoins
en profils et métiers très spécifiques au développement de l’IA, les métiers dits de spécialistes IA. Ces
métiers ont la responsabilité de concevoir des modèles d’IA adaptés aux différents usages, en
s’appuyant sur une expertise pointue et des compétences variées :
• Ingénieurs en intelligence artificielle : Ils maîtrisent les différents modèles d’IA existants
(réseaux neuronaux, IA symbolique, systèmes hybrides, etc.) et les technologies associées.
Ils interviennent dès les premières étapes d’un projet pour définir les objectifs, choisir les
technologies adaptées et élaborer une architecture technique. Leur rôle est central dans la
conception d’une solution IA alignée sur les besoins spécifiques des utilisateurs ou des
entreprises.
• Ingénieurs en machine learning : Spécialistes des techniques d’apprentissage
automatique, ils sont responsables de l’entraînement des modèles d’IA. Leur travail repose
sur l’analyse approfondie des données, la sélection des algorithmes adaptés, et l’ajustement
des paramètres pour améliorer la performance des modèles. Ils jouent également un rôle clé
dans l'évaluation continue des modèles et leur optimisation pour garantir des résult ats fiables.
Au regard des offres d’emploi publié en 2024 en France, ce besoin se confirme. En effet, 1 336 offres
d’emploi ont été publiées sur le métier « d’ingénieur Intelligence artificielle ». Les recrutements
étaient réalisés pour 56 % par des entreprises de la branche, dont 45 % par le secteur conseil-
informatique et 11 % par l’architecture-ingénierie. Largement concentrés en Île-de-France
42
Ingénieur intelligence artif icielle F/H – Datacadres – Apec – 2024 – lien
Figure 145 : principales compétences attendues pour le développement et l'utilisation de l'IA dans la
branche - Source : Enquête BVA pour OPIIEC - 2024
Pour répondre aux besoins des entreprises dans leurs projets de développement de solutions
d’intelligence artificielle, les experts soulignent que les salariés doivent combiner des compétences
techniques et stratégiques afin de répondre aux spécificités et aux exigences, notamment en matière
de souveraineté et de performance des projets IA.
• La maîtrise de la data science et de la construction d’infrastructure de données constitue
une base essentielle. Une compréhension approfondie de cette discipline, associée à des
compétences en structuration et modélisation des données, permet le développement et
l’optimisation des modèles d’IA. Ces compétences sont indispensables pour garantir des
résultats pertinents et fiables, en s’appuyant sur des bases de données solides et importantes.
• Les mathématiques jouent également un rôle central dans le développement de l’intelligence
artificielle. Elles apportent les fondements théoriques nécessaires à la conception, à la
selection, à l’optimisation et à la maintenance des algorithmes, tout en permettant de
développer des solutions d’IA plus efficaces et moins gourmandes en ressources. L’optimisation
mathématique contribue ainsi à la création d’outils d’IA plus frugaux et durables.
Le secteur du numérique
Le secteur du numérique est particulièrement impacté par l’essor de l’intelligence artificielle, ce qui
engendre une demande croissante en emplois qualifiés pour le développement de solutions d’IA. Ce
secteur joue un rôle central dans le développement des projets d’IA, qui exigent des compétences
techniques avancées. Ces dernières incluent la maîtrise de la programmation, l a conception et
l’architecture des systèmes d’IA, ainsi que l’intégration d’algorithmes d’apprentissage automatique. Les
professionnels du numérique doivent être capables de travailler avec des langages de programmation
spécifiques (comme Python, R ou Java), d’utiliser des outils de traitement de big data, et de déployer
des solutions sur des plateformes cloud pour répondre aux besoins d’efficacité et de performance.
Les métiers les plus impactés par le développement de l’IA, selon le référentiel métier de l’OPIIEC,
reflètent cette diversité de compétences et de spécialisations. L'architecte IoT (Internet des Objets) joue
un rôle clé dans la conception de systèmes intégrant des objets connectés et des solutions d’IA. Il est
chargé de concevoir des infrastructures qui collectent et analysent les données des capteurs en temps
réel, pour créer des solutions intelligentes et optimisées.
• Le data engineer est essentielle pour collecter, structurer et transformer les données
nécessaires à l’entraînement des modèles d’IA. Il met en place les pipelines de données et les
infrastructures nécessaires pour que les autres équipes puissent travailler efficacement avec
des données fiables et bien organisées.
• Le data scientist travaille en étroite collaboration avec les data engineers pour analyser les
données, concevoir les modèles d’IA et en optimiser les performances. Ce métier repose sur
une combinaison de compétences en mathématiques, en programmation et en machine
learning, permettant de répondre à des cas d’usage spécifiques.
Le secteur de l’ingénierie
Le secteur de l’ingénierie est également fortement impacté par le déploiement de l’intelligence
artificielle, entraînant une hausse importante des besoins en emploi dans ce domaine, en particulier
dans les métiers liés au numérique. L’intégration de l’IA dans ce secteur repose sur des compétences
spécifiques, notamment en modélisation et simulation de systèmes complexes. Ces compétences sont
essentielles pour développer des solutions d’IA capables de répondre à des cas d’usage spécifiques,
comme l’optimisation des processus industriels, la gestion des flux logistiques ou encore la maintenance
prédictive.
Parmi les principaux métiers touchés par l’IA dans le secteur de l’ingénierie, le data scientist occupe
une place clé. Ces professionnels se spécialisent dans l’analyse et l’interprétation de grands volumes
de données générées par des systèmes industriels complexes. Leur rôle est de développer des modèles
prédictifs et d’optimisation qui permettent d’améliorer la performance des processus et de réduire les
coûts. Ils collaborent étroitement avec les ingénieurs pour adapter les solutions d’IA aux besoins
spécifiques des industries.
Le métier de spécialiste en jumeaux numériques est en pleine expansion. Ils développent des
répliques numériques de systèmes physiques, permettant de simuler , de tester et d’optimiser des
processus sur la réplique numérique.
Le spécialiste en robotique et automatisation est un autre métier fortement impacté par l’IA. Ces
ingénieurs conçoivent et programment des robots et systèmes automatisés pour exécuter des tâches
précises. Avec le perfectionnement de nouvelles IA (comme la visualisation et la reconnaissance
d’objet) de plus en plus de produits intégreront ces technologies dans leur fonctionnement. Les
spécialistes en robotique et automatisation doivent pouvoir concevoir cette intégration et leur
maintenance.
Le secteur du conseil
Le secteur du conseil devrait être plus modérément impacté. Bien que le conseil en stratégie IA soit
essentiel, l'impact sur le développement de solutions est moins direct que dans les secteurs du
numérique et de l'ingénierie. Les consultants doivent comprendre les technologies IA pour propos er des
solutions adaptées.
Les principaux métiers impactés par l’IA dans le secteur du conseil (selon le référentiel métier OPIIEC) :
• Business - Data analyst : ce métier nécessite des compétences en programmation, en
apprentissage automatique et en visualisation de données qui deviennent ainsi indispensables.
• Chef de projet digital : dans les grandes structures, l'IA peut être développée pour créer des
modèles apprenants exploitant les données internes de l'entreprise. Ces professionnels doivent
Le secteur de l’évènementiel
Le secteur de l’événementiel, en revanche, devrait être moins impacté par les besoins en emploi
et compétences liés au développement, par les entreprises, de solutions d’IA. Bien que certaines
applications d'IA puissent être intégrées (comme l'analyse des données des participants ou la
personnalisation des expériences), le secteur événementiel n'est pas fondamentalement axé sur le
développement de solutions IA. Les besoins en compétences techniques spécifiques pour créer des
solutions IA dans ce secteur sont donc limités. Toutefois, les besoins peuvent concerner certains
métiers dans les entreprises qui vont travailler à l’intégration de la solution en interne.
Les principaux métiers impactés par l’IA dans le secteur de l’événementiel (selon le référentiel métier
OPIIEC) :
• Chef de projet digital : avec le développement de nouveaux outils d’IA dans le domaine de
l’événementiel, la prise en compte des enjeux digitaux dans la conception et le déroulé de
l’événement devient de plus en plus important. Le déploiement d’outil pour personnaliser
l’expérience client (la recommandation de sessions ou de rencontres en fonction du profil du
participant) est amené à se développer et supervisé par le chef de projet. Son rôle sera aussi
de permettre la mise en place d’outil pour optimiser la réalisation de l’événement comme des
chatbot qui répondent automatiquement aux questions des participants. Enfin, avec les
nouvelles technologies, ce métier est également essentiel pour analyser les données de
l’événement et fournir des propositions d’amélioration en fonction de ces informations
recueillies.
• Ingénieur réseaux : le développement de l’intégration d’IA dans les événements nécessite des
ingénieurs réseaux afin de garantir la bonne intégration de ces outils dans les infrastructures
réseaux des événements, mais aussi la sécurité des données recueillies lors de ces
événements.
Les solutions d’IA peuvent réaliser des tâches en « dépassant largement les capacités humaines »,
notamment sur les tâches de traitement de l’information. Ainsi, l’intégration dans les entreprises de
solution impacte principalement les métiers qui impliquent d’analyser, résumer, traduire, retranscrire et
rédiger des textes en langage naturel (multilingues), des données numériques ou du code
informatique43. Des technologies d'IA peuvent augmenter la productivité dans des domaines tels que
l'informatique, permettant par exemple une productivité accrue de 55 % en écriture de code. Avec les
progrès des nouveaux modèles d'IA, cet impact pourrait toucher bien d’autres secteurs. Dans des
activités de rédaction simples, les professionnels utilisant des agents conversationnels d'IA pourraient
voir leur productivité s’améliorer en moyenne de 37 % 44.
43
Prospective Atlas - Étude exploratoire sur les tendances de l’IA pour l’évolution des métiers d’Atlas (2024)
44
Direction générale du Trésor - Les enjeux économiques de l'intelligence artif icielle (2024)
Figure 156 : Estimation de création d’emplois par secteur en raison du déploiement de l’IA dans les
entreprises sur 2025 - 2028 – Source : Enquête BVA pour OPIIEC - 2024
Par ailleurs, cette technologie devrait également avoir un impact sur les tâches de métiers et pourrait
les transformer. Par exemple, une étude publiée par McKinsey en décembre 2024 révèle qu'avec
l'accélération du déploiement de l'intelligence artificielle générative, près de 27 % des tâches
actuellement réalisées par les salariés français pourraient être automatisées d'ici 2030. Ce potentiel
pourrait même atteindre 45 % en France et en Europe à l’horizon 2035.
Les compétences physiques ou manuelles seraient peu impactées par ces évolutions technologiques
(Figure 37). En revanche, les besoins en compétences cognitives de base, notamment dans certaines
fonctions administratives ou de service à la clientèle, connaîtraient une baisse significative. Ces
compétences incluent la saisie et le traitement des données, la rédaction, le calcul ou encore les
communications simples. Par ailleurs, les besoins en compétences cognitives avancées
enregistreraient également un léger recul, estimé à environ 1 %. Ce recul s’explique par une double
dynamique : une part significative des tâches pourrait être automatisée (entre 18 % et 20 %), et, les
aptitudes telles que la créativité, la pensée critique, la résolution de problèmes complexes et le
traitement d’informations sophistiquées deviendraient plus essentielles.
En parallèle, les compétences relationnelles et émotionnelles ainsi que les compétences techniques
gagneraient en importance. Les premières seront déterminantes pour accompagner les équipes dans
la transition vers de nouveaux modes de travail. Quant aux compétences techniques, la demande pour
des compétences informatiques de base devrait continuer à croître, tout comme celle pour des
expertises avancées en analyse de données ou en recherche scientifique.
Figure 37 : Evolution de la répartition des compétences en variation annuelle du PIB par heure travaillée,
en % - McKinsey – 2024
Par ailleurs, l’utilisation de l’IA pourrait avoir un impact différent selon les profils de salariés. En effet, on
observe dans l’enquête auprès des salariés une plus grande utilisation de l’IA chez les salariés âgés de
25 à 34 ans (87 %) et une utilisation moindre chez les 45-54 ans (64%) et les 55 ans et plus (56 %).
L’IA permettant d’optimiser la réalisation des tâches des salariés, son introduction au sein des
entreprises pose l’enjeu de son impact sur les juniors. Ces derniers réalisant davantage de tâches avec
moins de valeur ajoutée (comme la rédaction, la recherche documentaire…), celles-ci pourraient
davantage être automatisées par l’introduction d’une IA. Ainsi le potentiel d’évolution est incertain, soit
Pour mieux observer les différents impacts de l’IA sur les métiers de la branche, nous pouvons nous
appuyer sur les études qui ont été publiées pour permettre de mesurer précisément l’impact de l’IA sur
les métiers. Les méthodologies diffèrent toutefois. Dans le cadre de ce projet, pour quantifier l’impact
de l’IA sur les métiers de la branche, nous nous sommes principalement appuyés sur l’étude réalisée
par l’OPCO Atlas « Etude exploratoire sur les tendances de l’IA pour l’évolution des métiers d’Atlas »
de 2024. Dans cette étude l’OPCO a réalisé une analyse des impacts de l’IA sur les compétences des
métiers, notamment une gradation des compétences par méta-métier de l’OPCO. Cette méthode a
permis d’identifier une gradation de l’impact de l’IA sur les compétences sur 5 niveaux (Impact
négligeable, impact léger, impact modéré, impact important et impact majeur) 1. Nous nous sommes
appuyés sur ce travail pour l’appliquer à la maille métier de la branche (et non plus méta-métier). En ce
sens, en nous appuyant sur les codes ROME des métiers de la branche, nous avons pu créer un
rapprochement entre les Méta-métier et l’ensemble des métiers de la branche. Par souci de lisibilité,
nous avons également regroupé les degrés d’impact en 3 niveaux : faible impact, impact modéré, fort
impact. Ainsi les graphiques présentés ci-dessous, montre une répartition du niveau d’impact de l’IA sur
les compétences de chaque métier.
Pour compléter l’analyse de l’OPCO Atlas, notamment sur l’impact de l’IA générative, nous nous
sommes également appuyés sur le travail réalisé par les chercheurs de l’Organisation Internationale du
Travail (OIT) dans son étude "Generative AI and Jobs A global analysis of potential effects on job
quantity and quality" de septembre 2024. Dans cette étude, l’OIT s’est attachée à observer le potentiel
d’impact de l’IA sur les taches des différents métiers selon la Classification Internationale Type de
Professions (CITP). Nous avons, de ce fait, repris pour chaque métier de la branche le potentiel d’impact
de l’IA générative pour sa correspondance métier dans la CITP.
Le travail de l’OIT permet de montrer un score moyen d’automatisation par métier exprimé en
pourcentage. Plus le score d’automatisation est élevé, plus le métier à un fort potentiel d’automatisation
vis-à-vis de l’IA générative. L’étude permet également de présenter un écart-type pour mesurer la
dispersion des scores d'automatisation des tâches au sein d’un métier :
• Un faible écart type suggère que la plupart des tâches d’un métier sont exposées de
manière similaire à l'automatisation.
• Un écart type élevé indique que certaines tâches étant plus exposées que d'autres .
Sur la base de ces éléments, l’étude permet de déduire des métiers …
• …à potentiel d’automatisation (les métiers avec un score moyen élevé et un faible écart
type). Ce sont ceux composés en majeure partie de tâches répétitives, standardisées et
facilement automatisables. Ils sont exposés à un risque d'effet de substitution. Dans ces
métiers, l'IA générative peut remplacer des tâches traditionnellement effectuées par les
humains. En France, environ 8,8 % des emplois exposés à l’IA sont dans cette situation,
soit près de 800 000 emplois potentiellement automatisables, tous secteurs confondus 45.
Toutefois, l’effet de cette automatisation n’entraine pas nécessairement une destruction des
emplois. La productivité gagnée sur le métier peut être réorientée vers plus de qualité dans
les productions ou une augmentation des productions.
45
Roland Berger - L’impact de l’IA générative sur l’emploi en France (2023)
Figure 168 : Intensité de l'impact de l'IA sur les tâches des métiers de la branche - Source : OIT - "Quel
pourrait être l'impact de l'IA générative sur les différentes professions ?" – 2024
Note de lecture : L'écart-type représente la dispersion des scores d'automatisation au niveau des tâches au sein d'une
prof ession. Le score moyen représente le score d'automatisation moyen pour toutes les tâches au sein d'une prof ession.
L’intelligence artificielle a évolué pour devenir une technologie transversale qui touche désormais
l’ensemble des fonctions au sein des entreprises. Elle dépasse le cadre des métiers liés aux
technologies pour s’intégrer dans des domaines variés tels que les ressources humaines, le marketing,
la finance, la logistique ou encore le service client. Par exemple, l’IA est utilisée pour automatiser le tri
des candidatures en RH, personnaliser les campagnes publicitaires en marketing ou encore optimiser
les prévisions budgétaires en finance.
Les métiers transverses à tous les secteurs de la branche seront impactés par l’introduction de solution
d’IA dans les entreprises.
Les impacts de l’IA sur les tâches des métiers transverses de la branche
En ce qui concerne l’impact de l’usage de l’IA sur les activités et tâches des salariés de la branche, la
moitié des métiers transverses devrait être faiblement impactée par la mise en place de solutions
d’IA. C’est par exemple le cas pour le métier d’agent de services généraux. La part des tâches
anticipées comme automatisables est de l’ordre de 10 % avec un écart-type de 0,1 à la moyenne, soit
Note de lecture : L'écart-type représente la dispersion des scores d'automatisation au niveau des tâches au sein d'une
prof ession. Le score moyen représente le score d'automatisation moyen pour toutes les tâches au sein d'une prof ession.
Figure 40 : Estimation de l'impact de l'IA sur les compétences de métiers transverses Source : Etude
exploratoire sur les tendances de l’IA pour l’évolution des métiers d’Atlas – 2024
Figure 41 : Compétences prioritaires liées à l'utilisation et au déploiement de l'IA sur les métiers transverses
- Source : Enquête BVA pour OPIIEC - 2024
Le secteur du numérique
Bien que les entreprises du numérique soient productrices de solutions d’IA, elles sont aussi fortement
consommatrices. Les équipes peuvent être amenées à avoir recours à des IA développés par d’autres
dans leur quotidien. En ce sens différent métier du secteur verront à la fois leurs compétences et leurs
tâches affectées par l’utilisation de l’IA.
Figure 42 : Intensité de l'impact de l'IA sur les tâches des métiers du secteur du numérique - Source : OIT -
"Quel pourrait être l'impact de l'IA générative sur les différentes professions ?" – 2024
Note de lecture : L'écart-type représente la dispersion des scores d'automatisation au niveau des tâches au sein d'une
prof ession. Le score moyen représente le score d'automatisation moyen pour toutes les tâches au sein d'une prof ession.
Impact négligeable sur les compétences Impact léger sur les compétences
Impact modéré sur les compétences Impact important sur les compétences
Impact majeur sur les compétences
Figure 43 : Estimation de l'impact de l'IA sur les compétences de métiers du numérique - Source : Etude exploratoire
sur les tendances de l’IA pour l’évolution des métiers d’Atlas - 2024
Figure 4418 : Compétences prioritaires liées à l'utilisation et au déploiement de l'IA sur les métiers du
numérique - Source : Enquête BVA pour OPIIEC - 2024
Le secteur de l’ingénierie
Les entreprises d'ingénierie sont profondément réinterrogées dans leurs pratiques par l'essor de l'IA,
notamment dans le secteur industriel où l'IA est déjà largement mobilisée, mais aussi dans le secteur
de la construction ou les entreprises vont avoir recours à l’IA pour optimiser leurs analyses. Pour
proposer des solutions pertinentes et compétitives, ces entreprises devront maîtriser les outils et les
capacités offertes par l'IA. En tant qu'utilisatrices, elles développent le recours à l'IA générative ainsi
qu'à d'autres formes d'IA pour améliorer la qualité de leurs prestations.
Au regard de l’analyse de l’OIT, les métiers du secteur de l’ingénierie seraient ceux pour lesquels
leurs tâches seraient les moins automatisables par l’introduction de solutions d’IA. Cela se
comprend au regard des métiers très spécialisés du secteur qui rend plus difficile l’intégration d’une IA
experte dans leur domaine. Le secteur de l’ingénierie, qui présente la part des métiers transformés de
12 %.
Parmi les métiers les plus faiblement impactés sur leurs activités (c’est-à-dire avec une faible part de
tâches automatisables), on retrouve par exemple les métiers de la recherche et du développement
(les Spécialistes, ingénierie et étude, les Techniciens de laboratoire, Les Spécialistes test et essais).
Ces métiers ont moins de 25 % de leurs activités qui pourraient être automatisées par l’IA avec par
Figure 195 : Intensité de l'impact de l'IA sur les tâches des métiers du secteur de l’ingénierie - Source : OIT -
"Quel pourrait être l'impact de l'IA générative sur les différentes professions ?" – 2024
Note de lecture : L'écart-type représente la dispersion des scores d'automatisation au niveau des tâches au sein d'une
prof ession. Le score moyen représente le score d'automatisation moyen pour toutes les tâches au sein d'une prof ession.
Impact négligeable sur les compétences Impact léger sur les compétences
Impact modéré sur les compétences Impact important sur les compétences
Impact majeur sur les compétences
Figure 46 : Répartition de l'impact de l'IA sur les compétences des métiers de l’ingénierie - Source : Etude
exploratoire sur les tendances de l’IA pour l’évolution des métiers d’Atlas – 2024
Figure 47 : Compétences prioritaires liées à l'utilisation et au déploiement de l'IA sur les métiers de
l’ingénierie - Source : Enquête BVA pour OPIIEC - 2024
Le secteur du conseil
Le rôle des consultants évolue avec l’utilisation croissante de l'IA. En effet, l’IA permet l’extraction et la
classification de grands ensembles de connaissances, la recherche facilitée et accompagnée par les
assistants virtuels et l’automatisation des tâches répétitives.
Figure 208 : Intensité de l'impact de l'IA sur les tâches des métiers du secteur du conseil - Source :
OIT - "Quel pourrait être l'impact de l'IA générative sur les différentes professions ?" – 2024
Note de lecture : L'écart-type représente la dispersion des scores d'automatisation au niveau des tâches au sein d'une
prof ession. Le score moyen représente le score d'automatisation moyen pour toutes les tâches au sein d'une prof ession.
Dans le secteur du conseil, le métier le plus impacté dans ses compétences par l’introduction de
solutions d’IA au sein des usages de l’entreprise est celui de traducteur (34 % des compétences sont
fortement impactés par l’IA). Pour ces métiers, l’usage de l’IA permet de faciliter les traductions à
réaliser, parfois même de réaliser les traductions en instantané. De ce fait, ce métier se transforme pour
davantage avoir un rôle de relecture et d’adaptation de la traduction au contexte, les compétences en
rédaction sont aussi moins nécessaires, car facilement automatisables par IA.
De plus, les métiers spécialisés dans la réalisation d’étude (directeur d’étude, chargé d’étude…)
verront aussi leurs compétences se transformer. L’IA en facilitant la recherche documentaire, en
préanalysant des documents et en produisant des ébauches de rédactions permet à ces professionnels
de gagner du temps sur ces activités et d’orienter davantage leurs missions sur les activités à plus forte
valeur ajoutée.
Impact négligeable sur les compétences Impact léger sur les compétences
Impact modéré sur les compétences Impact important sur les compétences
Impact majeur sur les compétences
Figure 219 : Répartition de l'impact de l'IA sur les compétences des métiers du conseil - Source : Etude
exploratoire sur les tendances de l’IA pour l’évolution des métiers d’Atlas - 2024
Figure 50 : Compétences prioritaires liées à l'utilisation et au déploiement de l'IA sur les métiers du conseil
- Source : Enquête BVA pour OPIIEC - 2024
Le secteur de l’évènementiel
Le secteur de l’événementiel utilise aussi l’IA dans le cadre de son activité. Certaines sont même
spécifiques au secteur. Leurs usages peuvent être divers et permettre d’automatiser des processus
comme la gestion des inscriptions et billets, la planification des horaires des conférences ou la logistique
générale de l’événement.
L’IA devrait impacter en priorité les métiers pour lesquels les tâches devraient facilement être
automatisées. La mise en place d’assistant par IA devrait permettre de remplacer les taches de
recherche et d’orientation des clients pour les questions les plus faciles. Les impacts devraient
également être importants sur les métiers de commerciaux, notamment pour identifier les principaux
prospects et personnaliser plus encore l’approche commerciale.
« On cherche avec l’IA une priorisation des clients et des suggestions en fonction de la base de clients actifs
(comme la suggestion de films sur des plateformes »
Directeur SI - Entreprise de l’événementiel
L'application de l'IA aux tâches des salariés varie selon les métiers. Certains, comme les agents de
sécurité (17 % des tâches sont automatisables) et les monteurs de stands (13 % des tâches sont
automatisable), seraient faiblement impactés par l'introduction de solutions d'IA. Leurs fonctions
reposent principalement sur des compétences manuelles rendant leur automatisation par une IA difficile.
En revanche, près de 15 % des métiers présentent un potentiel d'automatisation. C’est par exemple le
cas des agents d'accueil (72 % des tâches ont un fort potentiel d’automatisation) et des
téléconseillers (69 % des activités sont susceptibles d’être automatisées) qui pourraient voir une
grande partie de leurs activités automatisées par l'IA. C’est notamment les Chatbots et les assistants
virtuels qui peuvent être utilisés pour gérer des interactions de base avec des personnes, fournir des
informations en temps réel et répondre aux questions fréquemment posées.
Certains métiers sont en transformation, avec une partie de leurs tâches qui pourraient être réalisées
par l'IA. Les scénographes d'événements (38 % des activités sont potentiellement automatisables),
par exemple, peuvent utiliser des outils d'IA pour concevoir des espaces événementiels, optimiser
l'agencement des éléments et créer des expériences immersives pour les participants. L'IA peut assister
le professionnel en réalisant des modélisations 3D par exemple.
Enfin, pour d'autres professions, l'impact de l'IA est à ce jour encore incertain. Par exemple, le métier
de Community manager, pour lequel 42 % des tâches sont automatisable, pourrait être influencé par
l'IA dans l'analyse des tendances et la génération de contenus. De même, le métier de chef de projet
événementiel (51 % des tâches pourraient être automatisées) pourrait voir certaines de ses tâches
automatisées, comme la planification logistique ou la gestion des inscriptions à un évènement, mais la
coordination des équipes, la négociation avec les fournisseurs et la résolution de problèmes en temps
réel ne sont pas des taches automatisables.
Figure 51 : Intensité de l'impact de l'IA sur les tâches des métiers du secteur de l’événementiel - Source
: OIT - "Quel pourrait être l'impact de l'IA générative sur les différentes professions ?" - 2024
Note de lecture : L'écart-type représente la dispersion des scores d'automatisation au niveau des tâches au sein d'une
prof ession. Le score moyen représente le score d'automatisation moyen pour toutes les tâches au sein d 'une prof ession.
Impact négligeable sur les compétences Impact léger sur les compétences
Impact modéré sur les compétences Impact important sur les compétences
Impact majeur sur les compétences
par l’IA comme la réalisation de la veille stratégique, mais aussi la rédaction d’offres. Le Community
manager pourrait également voir ses compétences évoluer (14 % des compétences pourraient être
impactés par l’IA) notamment pour intégrer l’usage de l’IA dans la création de contenus (texte, vidéo ou
image) par des IA. Il aura davantage la charge de guider l’IA dans sa démarche de création et de
contrôler la pertinence des contenus produits et leurs respects de la réglementation, notamment sur la
propriété intellectuelle.
Les besoins en compétences des entreprises du secteur de l’évènementiel dans les 3 prochaines
années l’IA concerneront en premier l’accompagnement des changements liés à l’IA (64%), suivie par
la connaissance des solutions d’IA répondant aux besoins (55%). Moins cités par les entreprises de ce
secteur, ils relèvent également la formation à l’utilisation de solutions d’IA (28%), le cadre juridique et
réglementaire de l’IA (26%) ainsi que le fait de savoir développer des solutions d’IA à une échelle
industrielle (22%) et la capacité à faire émerger les cas d’usage de l’IA (20%).
Figure 53 : Compétences prioritaires liées à l'utilisation et au déploiement de l'IA sur les métiers
de l’événementiel - Source : Enquête BVA pour OPIIEC - 2024
Face aux transformations majeures induites par l’intelligence artificielle, les formations initiales et
continues jouent un rôle central pour répondre aux besoins en compétences au sein de la branche.
On peut constater que l’offre de formation à l’IA en France s’est considérablement étoffée et
structurée, portée notamment par des initiatives publiques comme les clusters IA ou l’AMI CMA dans
le cadre de France 2030. En 2025, on recense près de 1 200 formations en France menant aux
métiers nécessaires au développement d’IA (data, développement, spécialistes IA). Ce sont des
formations qui visent principalement un niveau Bac +5 (62 %).
En revanche, les formations menant aux métiers de la branche non destinés a priori à travailler
sur l’IA restent encore peu nombreuses à proposer l’acquisition de compétences spécifiques
à l’IA. Cela limite l’appropriation des usages concrets de l’IA par les salariés non spécialisés.
Toutefois, l’enjeu pour les cursus scolaires et universitaires d’intégrer l’utilisation de ces outils dans
leur parcours pour permettre aux étudiants d’acquérir les premières compétences nécessaires à leur
utilisation est bien pris en compte actuellement, notamment sur le développement de l’esprit critique,
la connaissance des outils et leur utilisation.
En complément, pour les jeunes diplômés comme pour les salariés en poste, la formation continue
constitue un levier important : 45 % des entreprises disposent déjà d’un budget dédié à la
formation ou sensibilisation à l’IA. Toutefois, les efforts en la matière restent encore inégaux selon
les secteurs de la branche et une part importante des entreprises n’a pas encore engagé de démarche
de formation, bien que cela soit envisagé à court ou moyen terme. Par ailleurs, les salariés seniors
ont moins été formé à ce stade à ces outils que les salariés plus jeunes. Aussi on note que les femmes
expriment un plus fort besoin en formation que les hommes sur ce sujet d’avenir. En 2025, environ
350 000 salariés avaient déjà été formés ou sensibilisés à l’IA. Les besoins en formation sur le
sujet sont estimés à 287 000 salariés supplémentaires dans les trois prochaines années, ce qui
souligne le besoin massif en formation des salariés de la branche à l’IA.
Enfin, l’alternance représente un mode de formation en pleine expansion, avec 5 700 étudiants
formés aux métiers de l’IA en 2023, soutenus notamment par les financements de l’Opco Atlas.
Cette dynamique est portée à la fois par les grandes entreprises et les très petites structures,
témoignant d’un intérêt transversal pour ces compétences nouvelles .
Afin de répondre à l’importance croissante de l’IA et aux enjeux liés aux compétences professionnelles
requises pour en tirer parti, les universités françaises – dans plusieurs cas avec le soutien de l’État –
ont développé des programmes éducatifs liés à l’IA. Ces formations incluent, d’une part, des
programmes menant directement aux métiers liés au développement de l’IA et, d’autre part, des
formations destinées à tous les métiers intégrant des compétences clés dans l’utilisation de l’IA.
La variété de ces formations et les conséquences pour le marché du travail français dans les années à
venir appellent à une analyse plus approfondie de leur contenu et de leur pertinence à la branche
professionnelle.
Pour analyser le caractère et le taux de couverture des formations liées à IA, nous nous sommes
appuyés sur des bases de données de l’Onisep et du RNCP qui recensent l’ensemble des programmes
scolaires disponibles en France afin d’identifier les formations spécifiques menant aux différents métiers
de l’IA.
Cette démarche a nécessité un filtrage des formations pertinentes. Pour ce faire, nous avons classé
toutes les formations en fonction du nombre de mots-clés associés aux compétences de l’IA, aux
systèmes informatiques et aux études de la technologie en général présents dans les descriptions
de la base (exemples de mots-clés utilisés : développeur, data science, cybersécurité, machine
learning, Python, base de données, LLM…). Ce tri a également permis une répartition des formations
en plusieurs catégories, en fonction de leur pertinence par rapport aux enjeux de l’IA ainsi qu’en fonction
du nombre des mots-clés pour chaque compétence identifiée dedans. Toutes les formations relatives à
d’autres métiers ont été exclues en passant par ce filtrage ainsi que par une analyse manuelle après le
filtrage.
À l’issue de ce tri, nous avons trouvé 1 200 formations qui mènent vers des métiers en IA. Les
formations les plus suivies dans ce domaine sont les suivantes :
• Master mention informatique (89 diplômes)
• Master mathématiques et applications (56 diplômes)
• BUT – Informatique : Réalisation d’applications : conception, développement, validation (49
diplômes)
62%
36%
1%
Figure 54 : Répartition des formations menant aux métiers de l'IA par niveau de diplôme en France - Source
: Onisep et RNCP
Pour analyser le niveau de couverture des besoins de la branche par les formations initiales, nous avons
effectué une recherche de l’occurrence de mots-clés associés à des compétences nécessaires pour
développer des systèmes d’IA dans les descriptions les référentiels de certifications enregistrés au
RNCP, afin d’observer si les formations associées permettent effectivement d’acquérir ces
compétences. Pour exclure les certifications et formation moins pertinentes pour les métiers ciblés,
seules celles contenant au moins six mots-clés dans leur description ont été recensées.
Modélisation 55%
Stratégie numérique 51%
Mathématiques 42%
Veille technologique 36%
Développement des
systèmes 16%
Big data 15%
Analyse des données 8%
Machine learning 8%
Deep learning 7%
Data science 7%
Droit du numérique 1%
Figure 225 : Fréquence d’occurrence des compétences liées aux métiers en développement d'IA au sein
des formations associées aux certifications recensées - Source : Onisep et RNCP
Parmi compétences valorisées dans ces formations figurent la modélisation, la stratégie, et les
mathématiques, qui correspondent notamment aux spécialisations des formations mentionnées
précédemment.
En revanche, certaines compétences nécessaires aux métiers de l’IA semblent être très peu
mentionnées dans les référentiels. C’est notamment le cas des compétences spécifiques en machine
learning ou en deep learning. De plus, le droit du numérique se trouve en dernière position, ce qui
témoigne d’une approche concentrée sur les aspects techniques plus que sur de telles dimensions. À
mesure que l’utilisation des IA se généralise dans tous les secteurs, ces compétences deviendront de
plus en plus cruciales pour assurer des systèmes bien conçus et un développement responsable de
l’IA.
Cette analyse offre également un éclairage sur le taux de couverture de ces formations au regard des
différentes compétences sollicitées dans le métier. Le graphique suivant montre la part de compétences
mentionnées dans les descriptions des référentiels :
20% 21%
5%
Figure 236 : Part des formations menant à des métiers de l’IA selon le nombre de compétences clés
référencées dans les certifications associées - Source : Onisep et RNCP
À partir de ces informations, il apparaît que les formations très spécialisées en IA, dont les
descriptions intègrent beaucoup de mots-clés pour les compétences, représentent 25 % de l’ensemble
des formations recensées. Elles ont au moins 10 compétences dans le descriptif de la certification
associée. À l’inverse, un groupe de formations généralistes en numérique comportant entre 6 et 9
compétences représentent 75 % des formations. Cela révèle que beaucoup de formations mènent à
des métiers participants au développement de solutions d’IA sans en être le centre. Nous avons exclu
les formations dont les descriptions contiennent moins de 6 compétences identifiées, car ces formations
ont une tendance de mener vers des métiers moins axés sur l’IA et le numérique.
Parmi les formations spécialisées en IA et contenant au moins 10 compétences, on retrouve des
programmes liés étroitement à la science et l’ingénierie des données, les mathématiques appliquées,
et l’expertise en IA, notamment soulignant la conception des solutions en mobilisant les compétences
des données et les enjeux éthiques. Ils mènent vers des métiers « touche-à-tout » en IA ou en gestion
des systèmes d’information, tels que :
• Expert en IA,
• Directeur Recherche et Développement,
• Chargé de projet Big Data,
• Ingénieur (spécialiste : mathématiques appliquées).
Cependant, les formations axées sur des métiers plus généralis tes en numérique, comportant entre 6
et 9 compétences présentes, conduisent à des professions proches de l’IA sans nécessairement en
faire le cœur de métier. Les diplômes forment par exemple à des métiers en data science :
• Administrateur systèmes, réseaux et cybersécurité,
• Manager en stratégie digitale,
• Délégué à la protection des données,
• Développeur d’applications mobiles,
• Concepteur des solutions digitales,
• Chef de projets digitaux,
• Analyste d’applications.
Sur les formations initiales, 48 % des entreprises considèrent que les formations répondent aux besoins
des entreprises. 41 % considèrent que ces formations initiales ne répondent pas à leurs besoins et 11
% jugent ne pas avoir de besoins en matière d’IA spécifiquement.
Figure 57 : Répartition des formations en IA par département (Médaillon sur Île-de-France) – Source :
RNCP / Onisep
La répartition des formations sur le territoire en 2024 reflète déjà les résultats de ces investissements.
Les neuf « clusters » et instituts financés par l’AMI CMA sont majoritairement situés dans les
départements où les formations sont les plus nombreuses :
• ANITI IA Cluster (Université de Toulouse) – Haute-Garonne (75 formations)
• PR[AI]RIE (Université Paris Sciences et Lettres) – Paris (68 formations)
• PostGenAI@PARIS (Sorbonne Université) – Paris (68 formations)
• MIAI Cluster (Université Grenoble Alpes) – Isère (42 formations)
• DATAIA-Cluster (Université Paris Saclay) – Essonne (38 formations)
• ENACT (Université de Lorraine) – Meurthe-et-Moselle (30 formations)
• Hi! PARIS Cluster 2030 (Institut Polytechnique de Paris) – Hauts-de-Seine (23 formations)
Les autres départements densément couverts par des formations en IA sont généralement où se
trouvent de grandes villes avec leurs nombreuses universités, telles que Lyon (Rhône, 68 formations),
Lille (Nord, 59 formations), Marseille (Bouches-du-Rhône, 55 formations), Bordeaux (Gironde, 43
formations), et Montpellier (Hérault, 37 formations).
46
Agence Nationale de la Recherche – Compétences et Métiers d’Avenir - Appel à manif estation d’intérêt 2021-2025 - Lien
47
Agence nationale de la recherche – Intelligence artif icielle : 9 nouveaux « IA Clusters » et 2 nouveaux lauréats
« Compétences et métiers d’avenir » soutenus par l’Etat au titre de France 2030 – Lien
Il y a un enjeu croissant à développer les compétences liées à l’utilisation de l’IA dès les formations
initiales. En effet, les étudiants ont déjà recours de façon officieuse à ces technologies tout au long de
leur parcours éducatif : 90 % des élèves de seconde et 85 % des jeunes âgés de 18 à 21 ans ont eu
recours à l’IA générative en 202448.
En revanche, 65 % des enseignants n’utilisent pas d’IA générative et une forte majorité des
établissements d’enseignement supérieur ne se penchent pas encore sur cette question, ce qui atteste
à une stratégie nationale toujours en cours d’élaboration. 49
Malgré la forte augmentation des usages d’IA dans le monde du travail depuis 2023, les formations qui
mènent aux métiers de la branche incorporant des compétences en IA restent nettement moins
développées que celles axées sur le développement de l’IA. Nous avons identifié plus de 17 500
formations du supérieur qui mènent aux métiers de la branche.
Nous avons ensuite appliqué un filtre s’appuyant sur une nouvelle liste de 14 compétences clés liées à
l’utilisation d’IA (Connaissance des solutions d’intelligence artificielle, connaissance de la
réglementation sur la protection des données, connaissances du prompt, management du
changement, développement de l’esprit critique, gouvernance des données…). Les résultats de
l’analyse montrent une faible intégration de compétences en utilisation de l’IA dans les formations :
Les 17 000 formations menant vers des métiers dans la branche souffrent d’un manque significatif des
compétences en utilisation de l’IA intégrées dans leurs cursus, et le taux de couverture de celles qui
abordent ce sujet reste également faible. Un peu moins de la moitié des formations identifiées ne semble
pas intégrer des compétences nécessaires pour l’utilisation de l’intelligence artificielles.
Par ailleurs, un grand nombre de ces formations (près de 50 %) mentionnent développer l’esprit critique
des étudiants, une compétence comportementale essentielle pour utiliser les solutions d’IA
correctement, mais sans que cela concerne spécifiquement l’utilisation d’IA.
Néanmoins, les compétences identifiées reflètent les évolutions des entreprises de la branche, ce sont
majoritairement les connaissances des réglementations qui sont intégrées dans les parcours. Ce sont
notamment des connaissances en matière de RGPD ou de propriété intellectuelle qui sont celles
évoquées par les formations initiales (3 % des formations).
Par ailleurs, de premières formations intègrent des compétences en prompt comme le bachelor en
sciences et ingénierie – informatique (RNCP : 39549)
L’absence de compétences complémentaires, telles que la maîtrise des prompts pour ne fait que
souligner le besoin de formations plus développées.
48
Rapport Thématique : IA et Éducation – l’IA et l’avenir du service public – Sénat (2024) – Lien
49
Rapport Thématique : IA et Éducation – l’IA et l’avenir du service public – Sénat (2024) – Lien
En 2023, on dénombrait 5 700 alternants suivants des formations qui mènent vers les métiers de
l’IA. Ces formations, financées par l’Opco Atlas, sont majoritairement centrées sur les entreprises du
numérique, qui jouent un rôle central dans la transition en fournissant des services d’accompagnement,
des applications ou solutions logicielles et une expertise de pointe en la matière. Mais le numérique n’y
est pas non plus surreprésenté puisqu’il représente 50 % des effectifs, soulignant un investissement
assez homogène dans la branche en la matière.
Ces contrats reflètent également un fort
investissement de la part des plus petites
entreprises de 1 à 10 salariés, qui ont proposé 18%
38 % des contrats, ainsi que des plus grandes
entreprises de plus de 300 salariés, à l’origine de 1%
24 % des offres. Bien que les données concernant
les contrats de 2024 ne soient pas encore
disponibles, cette croissance s’inscrit dans le
courant des tendances du développement de 14%
l’IA dans les entreprises avec une augmentation 50%
rapide du nombre d’alternance sur ces sujets
d’avenir.
17%
De nombreuses entreprises ont déjà pu former leurs salariés, 44 % d’entre elles ont fait faire une
formation/sensibilisation sur l’IA à leurs salariés, 28 % des entreprises n’ont pas encore
commencé à former leurs salariés, mais c’est en projet pour 2025. 20 % des entreprises ayant
répondu non, relèvent le fait que ce sera considéré dans les années à venir. Seule une petite part des
entreprises (8 %) considèrent que ce n’est pas prévu.
Au regard des résultats de l’enquête, on observe que 45 % des entreprises ont consacré un budget
dédié pour sensibiliser ou former leurs salariés sur l’IA. Le secteur de l’événementiel apparaît
davantage en retrait en la matière, avec 9% d’entreprises ayant un budget dédié à la
formation/sensibilisation de leurs salariés à l’IA.
Figure 61 : Part des entreprises ayant sensibilisé ou formé leurs salariés à l'IA - Source : Enquête
BVA pour OPIIEC - 2024
L’enquête souligne que près de 350 000 salariés auraient bénéficié d’une formation ou sensibilisation
sur l’IA, soit 26 % des effectifs de la branche. A horizon 3 ans, au regard des projections des besoins
en formations des entreprises, on estime à près de 287 000 salariés qui devraient être formés sur
ce sujet, soit 21 % des effectifs de la branche.
Les thématiques abordées lors de ces formations en lien avec l’IA sont diverses. Les entreprises
relèvent en premier des formations portant sur la connaissance des outils et plateformes d’IA (69 %),
les compétences en structuration et analyse de données (60 %), la maîtrise des enjeux juridiques liés
aux usages des IA (49 %) ainsi que la maîtrise de la réglementation applicable aux IA (47 %). Moins
cités par les entreprises, elles citent également la compréhension des enjeux éthiques (37 %), la
compréhension des enjeux de gouvernance des données (35 %), le contrôle de la qualité des résultats
de l’IA (32 %), la maîtrise des prompts (21 %) ainsi que la maîtrise des enjeux environnementaux liés à
l’IA (17 %) et l’analyse et structuration des modèles d’IA (13 %).
Figure 62 : Principales thématiques relatives à l'IA sur lesquelles les salariés de la branche ont été formés
- Source : Enquête BVA pour OPIIEC - 2024
Pour 51 % des entreprises, les formations continues proposées sur l’IA répondent à leurs besoins, pour
32% d’entre elles les formations ne répondent aux besoins et 17% des entreprises ne semblent pas
avoir de besoins en formation sur l’IA pour le moment.
Concernant les salariés, les salariés âgés de 25-34 ans se disent plus formés/sensibilisés (72 %),
alors que les 45-54 ans sont plus en retrait (43 %).
Les salariés travaillant dans des TPE se considèrent moins formés/sensibilisés (30 %) alors que
ceux travaillant dans des entreprises entre 250 et 499 se disent plus formés/sensibilisés (67 %).
Il est intéressant de relever que parmi ces salariés déjà formés/sensibilisés, 76 % estiment qu’ils
auront besoin d’une formation complémentaire pour augmenter ou améliorer l’utilisation de l’IA
dans leur travail à l’avenir. Ce qui traduit un réel besoin de la part des salariés de continuer à bénéficier
de formation sur ce sujet.
Les compétences visées par ces sensibilisations/formations à l’IA étaient en rapport avec la
connaissance générale de l’IA (73 %), la maîtrise de l’IA d’une manière sobre et raisonnée (52 %),
la compréhension des différents modèles d’IA (50 %), ainsi que le respect du cadre juridique et
réglementaire de l’IA (40 %) et la capacité d’utilisation des solutions d’IA mises à votre disposition (39
%). Moins cités, les salariés relèvent également la maîtrise des prompts (33 %) et la capacité à structurer
les données d’entrée (29 %)
En parallèle, concernant les salariés n’ayant pour le moment pas bénéficié de formations, ils sont
69 % à déclarer avoir besoin d’une formation pour augmenter ou améliorer l’utilisation de l’IA dans
leur travail, à l’avenir. A noter qu’une différence de genre est présente entre les résultats. En effet, les
femmes sont 86 % à se dire qu’elles auraient besoin d’une formation pour augmenter ou améliorer
l’utilisation de l’IA dans leur travail, là où les hommes ne sont que 61 %.
Figure 64 : Priorité de thèmes de formation à venir à destination des salariés de la branche - Source :
Enquête BVA pour OPIIEC - 2024
De l’étude, 5 constats principaux se dégagent pour la branche et son action en réponse aux enjeux RH
induits par l’essor de l’IA au sein des entreprises et chez leurs clients.
1. L’IA pourrait impacter négativement les efforts de féminisation des emplois au sein de
la branche. En effet, les emplois créés et dédiés à l’IA apparaissent aujourd’hui plus
masculinisés encore que la moyenne des emplois. Par ailleurs, les femmes expriment
davantage de craintes face à l’IA que les hommes en termes d’emploi.
Selon le baromètre européen de l’IA, seulement 25 % des salariés travaillant sur le développement de
solution d’IA sont des femmes en France. Pour autant, la présence des salariées dans les entreprises
qui développent des solutions d’IA ou accompagnent d’autres entreprises dans ce développement est
essentielle. La qualité des résultats d’une IA dépend fortement des données sur lesquelles elles sont
entrainées ainsi que la limitation de la reproduction des biais, notamment de genre. De ce fait la
présence de femmes au sein des équipes de conception, de développement et d’accompagnement au
déploiement de telles solutions permettrait de limiter l’introduction de biais dans le développement de
l’IA en plus d’apporter en créativité par le jeu de l’intelligence collective et de l’importance en la matière
de la mixité des groupes.
Par ailleurs, les femmes ont également plus de craintes au regard de l’utilisation de l’IA. En effet, 24 %
des salariées de la branche soulignent que l’introduction de l’IA dans les procédés internes est une
source de craintes, c’est le cas pour seulement 12 % des hommes. Par ailleurs, elles sont aussi plus
nombreuses à déclarer ressentir un besoin de formation pour utiliser l’IA que les hommes (86 % contre
61 % respectivement).
De ce fait, il est important de favoriser l’intégration de femmes dans le développement de solutions d’IA
afin de favoriser la production de solutions de qualité, mais aussi de favoriser leur recours à ces
solutions.
2. Les jeunes salariés utilisent plus souvent l’IA, y sont plus sensibilisés que leurs aînés,
mais tendent à moins percevoir les risques associés. De leur côté, les salariés plus
seniors ont une valeur ajoutée potentielle importante pour définir des cas d’usages
internes et externes adaptés. Il est essentiel qu’ils se saisissent de ces solutions.
Les salariés les plus jeunes sont les salariés qui ont davantage recours à l’IA. En effet, alors que 73 %
des salariés de moins de 25 ans utilisent des solutions d’IA dans leur pratique professionnelle au sein
deal branche et 87 % des salariés âgés de 25 à 34 ans, cette part diminue ensuite en fonction de l’âge
des salariés. 75 % des salariés de 35 à 44 ans utilisent l’IA, 64 % des salariés de 45 à 55 utilisent l’IA
et 56 % des salariés de 55 ans et plus.
Les principales raisons du non-recours à l’IA pour les profils plus seniors sont le manque de
connaissance des solutions d’IA existantes et de leur usage, mais surtout le manque de visibilité sur
l’intérêt à avoir recours à des solutions d’IA. Ils expriment aussi des réserves sur la valeur ajoutée
potentielle des IA confrontées à leur propre expertise. Par ailleurs, les plus seniors sont également la
catégorie socio professionnelle qui a le moins était formée à ces solutions. 57 % des salariés âgés de
45 ans et plus n’ont pas bénéficié de formation ou sensibilisation sur l’IA alors que seulement 37 % des
moins de 45 ans n’ont pas été formés ou sensibilisé à l’utilisation de l’IA.
Au regard de ce constat, il y a une nécessité à favoriser le recours à l’IA par les salariés les plus
expérimentés. En effet, les salariés les plus expérimentés bénéficient d’une bonne connaissance de
leurs métiers pour utiliser de manière optimale les solutions d’IA et ainsi permettre à la structure de
gagner en productivité sans détériorer la qualité de la production.
3. Bien que l’IA ne soit pas censée entraîner une destruction nette d’emplois, les entreprises
qui ne s’en emparent pas – notamment les TPE et PME pouvant être moins bien informées –
Le recours à l’IA ne devrait pas être destructeur d’emploi au global (solde création – destruction positif).
Les entreprises de la branche anticipent une augmentation de 3 % de leurs effectifs en raison du
déploiement de l’IA, soit une création d’environ 45 000 emplois sur la période 2025 - 2028.
Toutefois, un non-recours à l’IA par les entreprises pourrait avoir un impact sur leur activité. L’usage par
des concurrents de solutions d’IA pourrait entrainer une amélioration de leur productivité, de la qualité
de leurs productions et éventuellement des gains en part de marché. De ce fait, ne pas recourir à des
solutions d’IA pourrait constituer un risque de pérennité pour les entreprises non-utilisatrices. Ce risque
apparaît particulièrement fort pour les TPE/PME dans la mesure où la part des entreprises ayant recours
à des solutions d’IA est plus faible au sein des plus petites entreprises. 63 % des entreprises de moins
de 50 salariés ont recours à des solutions d’IA aujourd’hui alors que 72 % des entreprises de plus de
50 salariés y ont recours.
Il y a une nécessité à sensibiliser les entrepreneurs et managers sur les intérêts de l’expérimentation et
de l’intégration de l’IA dans leur process internes et offres de services externes.
4. L’IA impacte les métiers et les organisations de travail. Le dialogue social doit
s’emparer du sujet pour une intégration réfléchie, collectivement et respectueuse du
cadre et des conditions de travail des salariés dans les entreprises.
L’introduction de nouvelles solutions d’IA au sein des entreprises pose plusieurs enjeux pour elles. Que
ce soit au regard des considérations éthiques liées à l’IA, sur les enjeux environnementaux, les enjeux
de protection des données ou encore sur les transformations des métiers et de l’organisation des
entreprises (près de 48 % des métiers de la branche pourraient être transformés ou automatisé par
l’utilisation de l’IA), l’IA va fortement impacter les entreprises, les métiers et l’organisation du travail.
De ce fait, il y a une nécessité à sensibiliser et former les partenaires sociaux pour leur permettre de
s’emparer du sujet et co-construire une intégration réfléchie de ces solutions et respectueuse des
conditions de travail des salariés au sein de leurs entreprises respectives.
5. L’IA impactera l’ensemble des salariés de la branche (les spécialistes et les non
spécialistes). Les entreprises anticipent la formation de plus de 287 000 salariés sur les
connaissances et usages de l’IA, soit un besoin massif auquel répondre.
L’intelligence artificielle s’impose comme un enjeu stratégique important pour les entreprises de la
branche. De plus en plus d’entreprises devraient utiliser des solutions d’IA au fil des années. A horizon
3 ans, près de 98 % des entreprises devraient y recourir. Ce déploiement ne s’accompagne pas
nécessairement de la création de nouveaux métiers, mais conduit à transformer la plupart des métiers
de la branche et engage les salariés à acquérir de nouvelles connaissances pour intégrer efficacement
ces outils dans leur pratique.
Aujourd’hui, près de 26 % des salariés de la branche ont déjà bénéficié d’une formation sur l’IA
notamment sur la connaissance des principaux outils, les enjeux juridiques encadrant ces usages
(notamment sur la propriété inétlectuelle des productions et des informations qui peuvent lui être
transmises) et la maitrise de la réglementation autour de l’IA. Le nombre de personnes à former à
l’avenir, au regard des entreprises, est lui aussi conséquent. A horizon 3 ans, près de 287 000 salariés
devraient être formés ou sensibilisés à l’utilisation de l’IA.
Par ailleurs, les salariés manifestent également un fort besoin de se former à l’utilisation de l’I A,
notamment dans les plus petites structures. Seulement 30 % des salariés des entreprises de moins de
10 salariés se disent suffisamment formés pour utiliser l’IA (contre 67 % dans les entreprises de plus
de 250 salariés). De plus, 76 % des salariés déjà formé estiment qu’ils auront besoin d’une formation
complémentaire pour augmenter ou améliorer l’utilisation de l’IA dans leur travail à l’avenir. Ce qui traduit
un réel besoin de la part des salariés de continuer à bénéficier de formation sur ce sujet.
OP IIE C
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Analyse des données Prompt
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