INTRODUCTION GÉNÉRALE
Le changement climatique représente l’un des plus grands défis environnementaux du XXIe
siècle. Ses effets se font ressentir à différentes échelles, notamment dans les zones urbaines et
périurbaines où les populations dépendent fortement de l’agriculture pour leur sécurité
alimentaire et leurs revenus. Parmi les activités les plus sensibles aux variations climatiques
figure la culture maraîchère, une pratique agricole répandue à Kinshasa, en particulier dans les
quartiers périphériques comme Kidibula, situé dans la commune de Mont-Ngafula.
Cette agriculture de proximité, bien qu’essentielle à l’alimentation urbaine, est confrontée à
des perturbations croissantes : baisse ou excès des précipitations, hausse des températures,
appauvrissement des sols, apparition de nouvelles maladies des cultures, etc. Face à ces
contraintes, les maraîchers développent diverses stratégies pour s’adapter, souvent avec des
moyens limités. Ces pratiques d’adaptation, qu’elles soient traditionnelles ou innovantes,
constituent aujourd’hui un enjeu crucial pour la durabilité de la production maraîchère et la
résilience des communautés locales.
Dans ce contexte, le présent mémoire s’intéresse aux pratiques d’adaptation au changement
climatique dans la culture maraîchère au quartier Kidibula. Il s’agit d’analyser les effets perçus
du climat sur l’activité maraîchère, d’identifier les réponses adoptées par les agriculteurs et
d’évaluer leur efficacité.
La problématique de cette recherche se résume ainsi : quelles sont les stratégies locales
d’adaptation au changement climatique mises en œuvre par les maraîchers de Kidibula, et dans
quelle mesure ces pratiques contribuent-elles à la résilience agricole du quartier ?
Pour y répondre, ce travail vise un *objectif général* : analyser les pratiques d’adaptation au
changement climatique dans la culture maraîchère à Kidibula. Plus précisément, il s’agira :
- D’identifier les effets climatiques ressentis par les maraîchers ;
- De recenser les techniques et pratiques d’adaptation utilisées ;
- D’évaluer leur efficacité et leurs limites ;
- Et de proposer des pistes d’amélioration.
La zone d’étude, le quartier Kidibula, sera décrite en détail, et une méthodologie basée sur des
enquêtes de terrain, observations directes et entretiens semi-directifs sera utilisée.
Ce mémoire est structuré en cinq chapitres : après cette introduction, le *chapitre 1*
présentera le cadre théorique et conceptuel ; le *chapitre 2* exposera la méthodologie
adoptée ; le *chapitre 3* analysera les résultats obtenus ; le *chapitre 4* formulera des
recommandations pratiques ; enfin, une *conclusion générale* résumera les principaux apports
de cette recherche.
CHAPITRE 1 : CADRE THÉORIQUE ET CONCEPTUEL
1.1 Le changement climatique : définitions et manifestations
Le changement climatique désigne une modification durable du climat global de la Terre,
notamment une hausse moyenne des températures causée principalement par les émissions de
gaz à effet de serre (GES) liées aux activités humaines. Ses principales manifestations sont :
- L’augmentation des températures moyennes,
- La variabilité des précipitations,
- La multiplication des événements extrêmes (sécheresses, inondations),
- La dégradation des écosystèmes.
Ces phénomènes affectent gravement les systèmes agricoles, en particulier les petites
exploitations maraîchères dépendantes des conditions naturelles.
1.2 Agriculture urbaine et maraîchère à Kinshasa
L’agriculture urbaine, notamment le maraîchage, est une activité clé pour la sécurité
alimentaire des populations de Kinshasa. Elle se pratique souvent sur des terrains périphériques
ou marginalisés. À Mont-Ngafula, et particulièrement à Kidibula, cette activité est vitale pour les
ménages, bien qu’elle soit confrontée à des défis climatiques, fonciers, techniques et
économiques.
1.3 Concept d’adaptation au changement climatique
L’adaptation désigne l’ensemble des ajustements naturels ou humains mis en œuvre pour
limiter les effets négatifs du changement climatique ou en tirer profit. En agriculture, elle
inclut :
- L’utilisation de semences résistantes,
- L’adoption de nouvelles techniques culturales (paillage, irrigation),
- La diversification des cultures,
- L’ajustement du calendrier agricole.
Ces pratiques peuvent être spontanées ou accompagnées par des programmes d’appui.
1.4 Résilience agricole
La résilience est la capacité d’un système agricole à absorber les chocs climatiques tout en
maintenant sa production. Elle repose sur :
- La capacité d’anticipation,
- La capacité de réponse rapide,
- La capacité de transformation (changements structurels durables).
Le renforcement de la résilience passe par l’accès à l’information climatique, aux techniques
modernes, au crédit et à l’appui institutionnel.
1.5 Revue des études antérieures
[21/06, 15:21] Oncle ✍️: Plusieurs travaux ont montré que les maraîchers dans les zones
urbaines d’Afrique subsaharienne développent des stratégies locales efficaces (rotations,
reboisement, compostage), bien qu’ils manquent souvent de soutien technique et financier. À
Kinshasa, des initiatives locales ont émergé, mais peu de recherches ont été menées
spécifiquement sur le quartier Kidibula, ce qui justifie cette étude.
CHAPITRE 2 : MÉTHODOLOGIE
2.1 Zone d’étude : Quartier Kidibula, commune de Mont-Ngafula
Le quartier Kidibula est situé dans la commune de Mont-Ngafula, dans la partie sud-ouest de
Kinshasa. Il se caractérise par une topographie accidentée, une forte activité agricole
maraîchère et une urbanisation progressive. L’agriculture y est pratiquée en périphérie des
habitations, souvent en bordure des rivières ou sur des pentes, ce qui accentue les risques liés à
l’érosion et à la variabilité climatique.
2.2 Approche méthodologique
Cette étude adopte une approche qualitative et quantitative, basée sur l’observation de terrain,
les entretiens avec les maraîchers, et l’analyse des pratiques agricoles face aux changements
climatiques.
2.3 Techniques de collecte des données
- Observation directe : Évaluation visuelle des parcelles maraîchères, infrastructures
d’irrigation, état des sols, etc.
- Enquête par questionnaire : Administré à un échantillon de maraîchers pour recueillir leurs
perceptions, pratiques et contraintes liées au climat.
- Entretiens semi-directifs :* Réalisés avec des acteurs clés (leaders locaux, techniciens
agricoles, chefs de groupements).
- Revue documentaire :* Consultation de rapports, articles scientifiques, documents de projets
agricoles ou climatiques à Kinshasa.
2.4 Échantillonnage
Un échantillon raisonné de 20 à 30 maraîchers a été sélectionné en fonction de :
- Leur ancienneté dans la pratique maraîchère,
- La diversité des cultures,
- La localisation de leur parcelle dans le quartier.
2.5 Traitement et analyse des données
- *Données qualitatives :* Analysées par regroupement thématique (type de pratiques,
perception des risques climatiques, stratégies d’adaptation).
- *Données quantitatives :* Traitement statistique simple (fréquences, pourcentages) pour
visualiser les tendances.
2.6 Limites méthodologiques
- Difficulté d’accès à certaines zones pendant la saison des pluies,
- Hésitation de certains maraîchers à partager leurs techniques ou données,
- Absence de données climatiques précises localisées pour Kidibula.
CHAPITRE 3 : PRÉSENTATION ET ANALYSE DES RÉSULTATS
3.1 Caractéristiques socio-économiques des maraîchers
L’enquête a révélé que la majorité des maraîchers de Kidibula sont des adultes âgés de 30 à 60
ans. Ce sont majoritairement des chefs de ménage avec une expérience agricole de plus de 5
ans. La culture maraîchère constitue pour eux une source principale de revenu, bien que les
moyens techniques restent limités.
3.2 Effets du changement climatique perçus par les maraîchers
Les effets les plus cités sont :
- L’irrégularité des pluies,
- La hausse des températures,
- L’assèchement des petits cours d’eau,
- L’érosion des sols en pente,
- L’apparition de nouveaux parasites ou maladies des cultures.
Ces effets influencent directement le rendement, la qualité des récoltes et les coûts de
production.
3.3 Pratiques d’adaptation identifiées
Les maraîchers mettent en œuvre diverses stratégies locales, dont :
- Le paillage pour retenir l’humidité du sol,
- L’arrosage manuel ou par motopompe* en période sèche,
- La sélection de variétés résistantes à la chaleur ou à la sécheresse,
- Le semis échelonné pour limiter les pertes,
- L’utilisation de compost pour enrichir les sols dégradés,
- Le reboisement localisé* autour des champs pour réduire l’érosion.
3.4 Analyse de l’efficacité des pratiques
Les pratiques d’adaptation sont majoritairement empiriques et souvent efficaces à court terme,
mais :
- Elles manquent de soutien technique ou scientifique,
- Elles sont limitées par l’accès à l’eau, au matériel, ou aux semences,
- Les maraîchers ont peu d’informations sur les prévisions climatiques.
3.5 Facteurs limitant l’adaptation
- Faible pouvoir d’achat,
- Manque d’accompagnement par les structures agricoles,
- Accès difficile à des intrants de qualité,
- Insuffisance d’espaces agricoles sécurisés.
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CHAPITRE 4 : RECOMMANDATIONS
À l’issue de cette étude menée dans le quartier Kidibula, plusieurs recommandations pratiques
peuvent être formulées pour renforcer la résilience des maraîchers face aux effets du
changement climatique.
4.1 Renforcement des capacités techniques des maraîchers
- Organiser des *formations pratiques* sur les techniques d’adaptation : paillage, compostage,
irrigation goutte-à-goutte, sélection variétale.
- Mettre en place des *groupes d’échange* entre maraîchers pour partager les expériences
locales d’adaptation.
4.2 Accès aux ressources et intrants agricoles
- Faciliter l’accès à des *semences résilientes* (tolérantes à la sécheresse ou aux maladies).
- Créer des *points d’approvisionnement en intrants écologiques* (engrais bio, compost).
- Soutenir les maraîchers par des *microcrédits agricoles* ou subventions ciblées.
4.3 Gestion durable de l’eau
- Développer ou réhabiliter des *systèmes d’irrigation adaptés* (captage de pluie, forages,
petits réservoirs).
- Promouvoir des techniques simples comme l’*arrosage à faible débit* et la *récupération des
eaux usées traitées*.
4.4 Appui institutionnel et encadrement
[21/06, 15:24] Oncle ✍️: - Impliquer les *services agricoles communaux* dans l’encadrement
technique des maraîchers.
- Encourager des *partenariats ONG–maraîchers–état local* pour appuyer des projets
d’adaptation communautaire.
4.5 Suivi climatique local
- Mettre à disposition des maraîchers des *bulletins météorologiques simplifiés* via radio ou
téléphone.
- Créer des *petites stations météo communautaires* pour mieux anticiper les périodes
critiques.
CONCLUSION GÉNÉRALE
Le changement climatique représente une menace croissante pour les activités agricoles, en
particulier pour les cultures maraîchères en milieu urbain et périurbain. Cette étude, menée
dans le quartier Kidibula (commune de Mont-Ngafula), a permis de mettre en évidence les
effets concrets des perturbations climatiques sur la culture maraîchère et les différentes
pratiques locales d’adaptation développées par les producteurs.
Les maraîchers interrogés font face à des défis majeurs : irrégularité des pluies, hausse des
températures, appauvrissement des sols, et apparition de nouvelles maladies des cultures. Face
à ces contraintes, ils ont mis en place des stratégies empiriques comme le paillage, l’irrigation
manuelle, l’usage du compost, ou encore l’adaptation du calendrier de culture. Si ces pratiques
montrent une certaine efficacité, elles restent souvent limitées par un manque
d’accompagnement, de ressources, et d’information climatique.
[21/06, 15:28] Oncle ✍️: Ce mémoire a permis non seulement d’identifier ces pratiques, mais
aussi de comprendre leur portée, leurs limites et les conditions nécessaires à leur amélioration.
Il en ressort que le renforcement des capacités techniques des maraîchers, l’amélioration de
l’accès aux ressources, la diffusion d’informations climatiques locales, et l’appui institutionnel
sont des leviers essentiels pour assurer une adaptation durable au changement climatique dans
les quartiers comme Kidibula.
En définitive, cette étude souligne l’importance de valoriser les savoirs locaux tout en les
renforçant par des politiques d’adaptation agricole plus structurées et inclusives à l’échelle de
la ville de Kinshasa.
BIBLIOGRAPHIE
1. Adger, W. N. (2006). *Vulnerability*. Global Environmental Change, 16(3), 268-281.
2. FAO (2013). *Adaptation au changement climatique dans l’agriculture urbaine*. Organisation
des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Rome.
3. IPCC (2014). *Changements climatiques 2014: impacts, adaptation et vulnérabilité*. Rapport
du Groupe de travail II du GIEC, Genève.
4. Mballa, F. et Mbarga, D. (2017). *Gestion durable de l’eau en agriculture urbaine à
Kinshasa*. Revue Congolaise d’Environnement, 5(2), 45-57.
5. N’Siala, B. (2020). *Stratégies d’adaptation des petits agriculteurs au changement climatique
en milieu urbain*. Mémoire de Master, Université de Kinshasa.
6. ONU-Habitat (2016). *Urban Agriculture in Sub-Saharan Africa*. United Nations Human
Settlements Programme, Nairobi.
7. WWF (2019). *Impact du changement climatique sur l’agriculture urbaine en Afrique
centrale*. Rapport technique.
Pour les *annexes*, voici quelques exemples à intégrer :
- Annexe 1 : Questionnaire administré aux maraîchers
- Annexe 2 : Guide d’entretien semi-directif
- Annexe 3 : Cartographie simplifiée du quartier Kidibula
- Annexe 4 : Photos de terrain et pratiques agricoles