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Histoire Des Institutions Et Des Faits Sociaux Du Cameroun

Le document présente une étude sur l'histoire des institutions et des faits sociaux au Cameroun, en mettant l'accent sur la genèse des institutions et leurs impacts sur la société. Il aborde notamment le traité Germano-Douala de 1884, ses fondements juridiques et politiques, ainsi que les conséquences de la colonisation allemande sur le Cameroun. Le cours est structuré en plusieurs chapitres, explorant les différentes périodes et événements marquants de l'histoire camerounaise.

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Histoire Des Institutions Et Des Faits Sociaux Du Cameroun

Le document présente une étude sur l'histoire des institutions et des faits sociaux au Cameroun, en mettant l'accent sur la genèse des institutions et leurs impacts sur la société. Il aborde notamment le traité Germano-Douala de 1884, ses fondements juridiques et politiques, ainsi que les conséquences de la colonisation allemande sur le Cameroun. Le cours est structuré en plusieurs chapitres, explorant les différentes périodes et événements marquants de l'histoire camerounaise.

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UNIVERSITE DE YAOUNDE II THE UNIVERSITY OF YAOUNDE II

BP 1365 YAOUNDE, BP 18 SOA P.O Box 1365 YAOUNDE, P.O BOX 18


-------------- SOA
FACULTE DES SCIENCES --------------
JURIDIQUES ET POLITIQUES FACULTY OF LAWS AND
BP 1365 YAOUNDE, BP 18 SOA POLITICAL SCIENCE
P.O Box 1365 YAOUNDE, P.O BOX 18

Histoire des institutions et des faits sociaux du


Cameroun .
Champ scientifique : Politiques publiques
Sous-specialité : Histoire des institutions.
Enseignant : Sosthene NGA Efouba
Grade : Chargé de cours
Niveau ll spo
Lieu : Campus principal de Soa

INTRODUCTION GENERALE

L’étude de la genèse des institutions permet de saisir ou d’appréhender les


options et les orientations des gouvernements en place pendant une période
donnée. Cette dernière reflétant à coups sûrs la volonté des dirigeants, parce qu’elle
est orientée ou destinée à atteindre des objectifs précis visant l’équilibre du pouvoir
en général et la cohésion sociale en particulier.

La neutralité de ces institutions vis-à-vis de leur rôle apparait comme une naïveté
pour ceux qui pensent ou croient qu’elles ont été créées pour l’embellissement du
pouvoir. Les institutions ne sont pas forcément appréciées par les membres de la
société civile ou de l'opposition et n’épousent pas toujours l’assentiment du peuple.
Il serait tout à fait intéressant que les institutions pensent au bien être à
l’épanouissement, à la stabilité de la société et non à leur autodestruction, par celles
néfastes (ONEL 1, ONEL 2).

1
C’est pour cette raison que Samuel HUNTINGTON reste pertinent : « adaptabilité,
complexité, autonomie, cohérence avec, des valeurs et attentes des gouvernés ».

L’accent doit être mis aussi sur l’institutionnalisme historique, dont la démarche
s’articule sur l’évolution des institutions d’un Etat dans l’espace-temps. Dans le
dictionnaire de science politique de GUY HERMET et AL.

« L’institution est un ensemble d’actions, de pratiques organisées assurant une


certaine stabilité du groupe et laissant transparaître des croyances et le partage de
certaines valeurs d’un peuple à un moment donné de son histoire ».

Il est à noter que l’évolution des institutions est dynamique et connait une érosion
du le temps. À ce sujet MAX WEBER écrit ou parle :

« D’un groupement dont les règlements statutaires sont octroyés avec un succès
relatif à l’intérieur d’une action délimitable à tous ceux qui agissent d’une façon
définissable selon les critères déterminés ».

L’institution apparaît ainsi comme un instrument de mesure ou d’évaluation à


travers lequel on peut lire la crédibilité ou la fiabilité et surtout l’adhésion du groupe
à une institution qui semble faire l’unanimité. Au contraire une institution peut être
appelée à disparaître parce qu’elle est source de conflits ou de mésententes par
exemple la disparition de l’indigénat lors de la conférence de Brazzaville de 1944
(l’indigénat était une institution judiciaire née en 1924 est appliquée au Cameroun.
C’était une institution à caractère discriminatoire qui s’applique exclusivement aux
noirs mieux au Camerounais. Elle impose un système de sanctions et de peines sans
fondement légal et dont le gouverneur était le juge suprême).

En partant de régulation EINSENTADT souligne : « Une entité dont le principe


régulateur organise la plus part des activités de ses membres dans une société ou
encore une collectivité et selon un modèle organisationnel défini qui étroitement lié
soit aux problèmes fondamentaux soit aux besoins de cette société »

FICHE BIBLIOGRAPHIQUE :

2
Livres :

1- Doumbe Melongue, Ngondo : Assemblée traditionnelle des Douala, Yaoundé


CEPER ,1972.

2- Braillard, P., et de Senardens, P., L'impérialisme, Paris, PUF, 1980.

3- Bernstein, N., l'Allemagne, 1870-1991,3ed, Paris, Masson ,1980.

4- Ngongo, LP, Histoire des institutions et des faits sociaux du Cameroun, 1884-
1945, Tome 1, coll .Monde en devenir, Berger-Levrault, Paris, 1986.

5 - Ngoh, V.J., Le Cameroun, 1884_1985 : Cent ans d'histoire, Yaoundé, CEPER 1990.

6 -Owona, A,. La naissance du Cameroun 1884-1970, Paris, L'Harmattan, 1972.

7- Ki-Zerbo ,J., Histoire de l'Afrique noire, d'hier à demain ,Paris, 1987.

8- Mveng, E., Histoire du Cameroun, Yaoundé, CEPER, 1985.

9 - Etoga Eilly, F., Sur les chemins du développement, Yaoundé, CEPMAE ,1971.

10 -Efouba Nga.S.,Du Cameroun britannique à la crise anglophone, Paris Harmattan


27 septembre 2018.

Articles :

1-S.Nga Efouba, "La contribution de la loi cadre de Gaston Deffere et de la loi


Lamine Gueye dans le processus de libération de libération des peuples colonisés en
Afrique," Cahiers de l'IREA N ° 38 - 2020.

2- A.Kayo Sikombé, "L’ethnicité en Afrique : L'instrumentation des ethnies dans le


processus de construction de l'État au Cameroun" Jurisperiodique, N° 50, 2003.

3- D.Abwa "Charles Atangana, (1882-1943)," Département d'histoire de l'Université


de Yaoundé l.

Mémoires :

1- S.Nga Efouba, La transition politico administrative entre les puissances coloniales


au Cameroun (1914-1922), Mémoire de DEA, Université de Yaoundé II soa, Mai
2006.

2 - Kaptue,L.,
3
Le travail et main-d'œuvre au Cameroun sous le régime français, (1916-1952)
Mémoire de Maîtrise en Histoire université de Yaoundé l 1988.

3 - Moussinga, M.C, Importance géopolitique et géostratégique du Cameroun dans


l'Afrique Centrale ,1868-1916 Mémoire de Maîtrise en Histoire, université de
Yaoundé l 1988.

Thèses :

1- S.N.EFOUBA, Les implications des puissances européennes dans le processus de


construction politico- institutionnel en Afrique Noire : Le cas du Cameroun, janvier
2012, université de Yaoundé II soa.

2- Larose E. Étude sur les territoires du Cameroun occupés par les troupes
françaises, Paris, 1919.

3- Raoul. N., Le Cameroun depuis le traité de Versailles, Paris, 1922.

PLAN DU COURS :

Introduction générale.

Chapitre Ier : l'Allemagne au Cameroun

I -Les fondements du traité Germano- Douala et ses répercussions.

Il- L'œuvre socioéconomique de l'Allemagne au Cameroun.

Chapitre ll : La guerre de 1914 au Cameroun et la transition politique.

I - Les conséquences immédiates

Il- Les conséquences lointaines et la recherche d'un statut juridique international.

Chapitre lll : Du mandat à la tutelle ,De la tutelle à l'indépendance du Cameroun


français.

I - Du mandat et ses répercussions

Il- De la tutelle à l'indépendance du Cameroun français.

Chapitre lV: Le Cameroun Occidental ou Cameroon Anglophone.

I - Les groupes de pression et les partis politiques du Cameroun Occidental.

4
Il- L'ambiance avant le plébiscite et les résultats du plébiscite.

5
CHAPITRE I : L’ALLEMAGNE AU CAMEROUN

INTRODUCTION

Certes, l’Allemagne arrive en retard par rapport aux autres puissances (France,
Angleterre, etc.) du fait des hésitations liées à la réalisation de son unité :

« Le marchand d’abord et le soldat ensuite ». Et le Cameroun va vivre un moment


solennelle et historique à travers la signature du traité Germano-Douala le 12 juillet
1884 ou encore le début du protectorat allemand. Ce qui fait dire au très regretté
ENGELBERT MVENG que le traité était le premier acte de souveraineté du
Cameroun.

Pour prendre la mesure, mais alors toute la mesure, de notre entreprise


intellectuelle nous allons élaguer, élucider ou clarifier le fondement du traité et ses
répercussions ou conséquences (I) et analyser l’œuvre sociale et économique de
l’Allemagne au Cameroun (II).

I. Fondements du traité et ses répercussions.

Dans cette première mouture, nous allons analyser le fondement juridique (A) et
politique (B).

A. Les fondements juridiques

Nous allons aborder deux aspects importants l’ambiance avant la signature du traité
et les clauses juridiques.

1. L’ambiance avant la signature du traité.

Cette ambiance s’articule autour de quelques points :

- Les tensions entre les douala à travers une guerre fratricide qui déconstruit la
paix entre les frères.
- Les trois lettres des chefs douala envers la couronne britannique pour
solliciter l’aide britannique afin d’instaurer la paix entre les frères.
- Dessus et même frustré par l’indifférence de l’Angleterre, les chefs douala
jettent leur dévolu sur les firmes commerciales allemandes.

6
Les chefs douala brandissent l’argument de la guerre ou de la paix pour chanter des
louanges à l’Angleterre en se rabaissant et en oubliant la place de l'autorité
traditionnelle.

Pour supplier et prier l’Angleterre à venir prendre le Cameroun comme un NO


MAN’S LAND (terre sans maître).

2. Les clauses du traité

 L’acte solennel du 12 juillet 1884.

Le traité est signé le 12/07/1884 entre les autorités traditionnelles conduites par le
King AKWA et sa suite et les firmes allemandes WOERMAN et JOHANNES
THORMAHLEN et le traité sera signé dans une boutique.

La cérémonie officielle eut lieu le 14 juillet 1884, le Dr GUSTAVE NACHTIGAL, venu


spécialement hisser le drapeau allemand sur le territoire douala:

« Nous soussignés rois et chefs du territoire nommé Kamerun situé le long du fleuve
Kamerun entre les fleuves BINBIA au Nord et au Sud jusqu’au 4° de latitude Nord.
Nous avons aujourd’hui au cours d’une assemblée tenue dans une factorerie
allemande sur le rivage du roi AKWA volontairement décidés que : Nous
abandonnons totalement aujourd’hui nos droits concernant la législation et
l’administration de notre territoire à l’Allemagne ».

a. Le territoire ne peut être cédé à un tiers.


b. Tous les traités d’amitié et de commerce qui ont été conclus avec d’autres
gouvernements doivent rester valables.
c. Les terrains cultivés par nous et les emplacements sur lesquels se trouvent
des villages doivent rester la possession de leurs propriétaires actuels et de
leurs descendants.
d. Les payages doivent être payés annuellement comme par le passé aux rois et
aux chefs.
e. Pendant les premiers temps de l’établissement d’une administration. Ici nos
coutumes locales et nos usages doivent être respectés.

B. Fondements politiques

Du point de vue de la stratégie politique qui intéresse les politistes ou politologues,


il importe de ressortir des anomalies et les non-dits du traité. Pour relever en
substance que les articles ou les clauses d’un traité ne sont pas toujours neutres. Car

7
on note une hiérarchie au style déguisé de la part de l’administration allemande. On
note aussi l’indifférence de l’administration allemande au sujet de la clause C. infine
la mise en route d’un plan d’exploitation de 1913.

C. Les répercussions du traité

Les allemands décident en 1913 de mettre en exécution le plan d’expropriation des


douala sur le plateau JOSS pour y installer leur quartier résidentiel, ce à quoi
s’opposent les Douala. A la tête de laquelle se trouve Douala Manga Bell considéré
comme le fleuron de l’Administration allemande ayant été envoyé à l’âge de 5 ans
en Allemagne pour étudier où il rentre avec une licence en droit et un diplôme
d’avocat. Il rentre au Cameroun à la mort de son père. Il prend le contrôle de la
chefferie et ensuite il prend le contrôle du NGONDO (Association traditionnelle des
peuples SAWA) et enfin il rallie tous les chefs à la contestation violente de
l’administration allemande au Cameroun. Au terme de ce bras de fer entre Douala
Manga Bell et l’administration allemande au sujet de l’expropriation de 1913, ce
dernier sera capturé ainsi que NGOSSO DIN. Les deux sont jugés et condamnés à
mort et exécutés le 14 Août 1914.

C’est vrai que l’émotion est intense au regard de la condamnation de DOUALA


MANGA BELL, NGOSSO DIN, MARTIN PAUL SAMBA, … Au regard aussi du genre de
mort à travers la cruauté et le mépris de l’Administration allemande vis-à-vis des
supplications des hommes d’église et de certains ainés. Il est donc important de
toujours lire un texte juridique avec prudence ou méfiance pour déceler des pièges.
D’ailleurs, c’est pourquoi certains affirment que ce traité est un traité de dupe,
d’inégale portée. C’est pour cette raison que Martin Paul Samba, Douala Manga Bell
et les autres sont considérés comme des nationalistes.

II. L’œuvre sociale et économique allemande au Cameroun

L’administration allemande s'est illustrée au Cameroun par une grande œuvre


sociale (A) et économique (B).

A. Domaine social

- Les services sanitaires, la lutte contre la maladie du sommeil et la syphilis :


Interdire que l’on enterre les corps dans les maisons, créer de nouveaux
centres de santé.
- Amélioration des conditions de travail ;

8
- Les ordonnances de 1905 sur le partage et l’ordonnance de 1908 sur le
contrat du travail. L’ordonnance de 1905 va réduire le nombre de kilos à
porter et la distance et elle autorise aussi les porteurs à se reposer dans une
chefferie. L’ordonnance de 1908 institue de contrat de travail. Le travailleur
dispose d’un salaire, d’un logement permanant et d’un jour de repos le
dimanche. Ces deux ordonnances vont améliorer leur qualité de vie.

B. Domaine économique

Il repose sur :

- Le régime de grandes plantations avec des milliers d’hectares. Exemple la


plantation de: Misselele : 12000 hectares.
- Le régime de grandes concessions.
- Voies de communication : en 1912 la 1ère route au Cameroun : Kribi – Yaoundé
en passant par Lolodorf est achevée puis, la route Kribi – Lolodorf – Ebolowa.
Le chemin de fer : le tronçon Douala – Nkongsamba est achevé et inauguré en
1911, Douala – Eseka.
- Les ports : Douala, Tiko, Kribi et Victoria s’équipent et se modernisent.
- Les lignes télégraphiques, téléphonique, les radios sont installées…

CONCLUSION

Au terme de notre effort d’analyse de compréhension, il était question d’explorer la


colonisation allemande au Cameroun. Au demeurant, nous avons livré la
quintessence juridique du traité Germano-Douala qui restitue intégralement le jeu
des différents acteurs et les enjeux sur l’évolution politique et institutionnelle du
Cameroun.

9
LE CONGRES DE BERLIN

La conférence de Berlin se tînt en Allemagne sous les ordres du Chancelier allemand


Bismarck et regroupait environ 14 puissances européennes. Cette rencontre était
un moment important qui allait permettre aux puissances coloniales de dégager une
plateforme juridique ou un canevas juridique ou encore un ensemble de règles
juridiques et codifiées applicables désormais dans le déploiement de chaque
puissance européenne en terme d’occupation effective d’un territoire.

Cette occupation devait être en accord ou en harmonie avec les exigences de paix
et de solidarité et d’entente entre les puissances hégémoniques européennes
l’enjeu principal étant d’éviter les conflits entre les puissances coloniales
européennes ; Berlin apparaît donc comme le 1 er code colonial qui va désormais
conditionner les acquisitions ou occupations territorialesen Afrique. Selon certains
principes :

 La politique de l’Hinterland : celle-ci renvoie à une occupation complète du


territoire à coloniser par la puissance coloniale. Par conséquent, elle doit
occuper les coins et recoins du territoire, toucher toutes les lignes et pouvoir
rencontrer une autre puissance coloniale.
 La notification : c’est une modalité d’information adressée aux autres
puissances pour dire et affirmer qu’on a effectivement occupé le territoire.

Rechercher les règles qui y ont été établies.

10
CHAPITRE II : LA GUERRE DE 1914 AU CAMEROUN ET LA
TRANSITION POLITIQUE

INTRODUCTION

La Première Guerre Mondiale qui éclate en Europe va se transporter en Afrique


mais aussi et surtout au Cameroun. La France et l’Angleterre vont profiter de cette
situation pour régler les comptes et attaquer l’Allemagne afin de s’accaparer du
Cameroun, colonie aux multiples richesses ; colonie offrant des garanties
géopolitiques et géostratégiques. A ce sujet, le Cameroun est considéré par la
France comme un cendrillon colonial du point de vue géopolitique, elle apprécie
particulièrement la situation géographique du Cameroun parce que à partir du
Cameroun, elle peut joindre toutes ses colonies d’Afrique Centrale. Du point de vue
géopolitique, les puissances apprécient l’estuaire du Wouri (sortie en mer).

L’Allemagne perd la guerre et au cours de cette réflexion, nous allons analyser les
conséquences immédiates (I) et les conséquences lointaines (II).

I. Les conséquences immédiates

Dans cette partie, nous allons mettre en lumière le départ des allemands, le partage
du Cameroun (A), le Condominium Franco-Britannique (B).

A. La fin de la guerre et le partage du Cameroun.

1. La fin de la guerre.

Les français annoncent qu’ils viennent de réaliser un coup parfait car le général
Aymerich commentant cette victoire souligne que : « La France vient d’arracher à
l’Allemagne l’une de ses plus belles colonies d’Afrique ». Ainsi, les allemands
quittent définitivement le Cameroun en Février 1916 laissant un territoire ruiné par
la guerre mais ayant connu une véritable amorce de développement économique.
Là n’est pas le plus important car les nouveaux maîtres doivent rapidement poser
des actes pour marquer leur présence et faire oublier le passage de l’Allemagne au
Cameroun ( degermanisation )

 Au plan administratif la division du territoire en neuf circonscriptions


administratives par le général Aymerich.

11
 La détermination (une nouvelle écriture des noms des villes. Ex : Jaunde →
Yaoundé).
 La suppression des zones d’influence.

Mais l’enjeu principal reste le partage du Cameroun par les deux puissances
victorieuses de la guerre.

2. Le partage du Cameroun .

Le Cameroun sera partagé comme un « butin de guerre » entre la France et


l’Angleterre. Les pourparlers (discussions) ont duré plusieurs heures au sujet des
modalités du partage au Cabinet Saint James à Londres. Puisque les deux puissances
ne s’entendaient par au sujet de « Douala » chacune d’elle voulant à tout prix avoir
« Douala dans sa partie. In fine, le partage est consacré attribuant à la France la part
de lion donc les ¾ du territoire et va laisser à l’Angleterre une infime partie donc les
¼. La partie française sera appelée « Cameroun oriental » et celle anglaise
« Cameroun occidental » qui laisse apparaître chez Dobbel l’amertume et le dégoût
voire la déception de l’Angleterre. Le partage a eu lieu le 4 mars 1916.

B. Le Condominium Franco-britannique .

Le Condominium est une technique de gestion administrative des colonies qui


implique deux puissances qui se partagent les tâches de gestion administrative, de
gestion sécuritaire et stratégique. Du côté anglais, la tâche incombant au Général
Dobbel et du côté français, le Général Aymérich. Pendant cette période, des conflits
vont émailler cette gestion commune ,chaque puissance revendiquant la paternité
du territoire.

Au demeurant, les puissances hégémoniques ou coloniales vont gérer le Cameroun


sans aucun mandat local ni international et doivent réfléchir comment mettre fin à
cette situation de facto et entrer dans l’ordre légal international.

II. Les conséquences lointaines et la recherche d’un statut juridique


international du Cameroun .

Dans cette partie nous allons envisager la conférence de paix de 1919 et l’idée de
mandat (A) et clarifier les modalités de naissance de la SDN et le nouveau statut du
Cameroun (B).

A. La conférence de paix de 1919 et l’idée de mandat.

1. La conférence de paix de 1919.


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La conférence de paix ou traité de Versailles se tînt en 1919 à Versailles en France.
Elle a pour ambition comme son nom l’indique de réunion les conditions d’une paix
durable au sortie de la Première Guerre Mondiale et d’épurer ou évacuer le
contentieux colonial et même postcolonial.

2. L’idée de mandat.

Elle repose sur la recherche du compromis entre deux visions de la colonisation :

 Une vision qui soutient une colonisation brutale à travers l’annexion ou la


négation de tout droit du colonisé.
 Elle prône une colonisation apaisée, souple qui doit conduire les indigènes à
un niveau de culture acceptable à travers l’éducation et la formation.

Ces deux formules donnent naissance au régime de mandat qui sera désormais
applicable dans les colonies.

Il faudra désormais avoir un mandat pour administrer une colonie ; qui va ou doit
vous donner ce mandat ?

B. Les modalités de naissance de la SDN et le nouveau statut du Cameroun.

1. Les modalités de naissance de la SDN

Après la Première Guerre Mondiale, les puissances se trouvèrent dans l’obligation


de créer une institution à caractère international ou supranational capable de
connaître les différends entre les Etats et d’assurer la sécurité internationale : cette
institution est la SDN qui aura la lourde charge d’être le juge suprême ou le
régulateur de l’ordre mondial.

2. Les accords du 20 juillet 1922

Ces accords viennent résoudre la question de l’incertitude juridique ou du vide


juridique qui pesait sur le Cameroun depuis son occupation par les puissances
hégémoniques. Par conséquent, c'est une nouvelle ère qui s’ouvre permettant
désormais au Cameroun d’arborer un nouveau statut juridique international,
permettant aussi aux puissances victorieuses d’entrer dans l’ordre légal. Il s’agit de
l’avènement du régime inédit de « mandat ».

13
CHAPITRE III : DU MANDAT À LA TUTELLE ET DE LA
TUTELLE A L’INDEPENDANCE DU CAMEROUN FRANÇAIS

INTRODUCTION

Les institutions du mandat et de la tutelle marquent un tournant décisif dans


l’évolution politique du Cameroun. Ces deux moments constituent des
commandements de l’ordre colonial qui laissent une petite marge à la participation
des indigènes dans la gestion des affaires politiques. Il s’agit pour nous de déceler
les contradictions qui structurent ces deux régimes qui font des va et vient entre
avancées et reculades. Cette complexité laisse apparaître de façon subtile la volonté
des puissances coloniales de ne pas libérer les peuples colonisés ou opprimés.
Malgré ces difficultés, le Cameroun va évoluer jusqu’à son indépendance.

I. Le mandat et ses implications.

Nous allons analyser ici la typologie des mandats et, l’indigénat (A) et la conférence
de Brazzaville (B).

A. Typologie des mandats et indigénat

1. Typologie des mandats

Lord Milner alors secrétaire au foreign office (ministère des affaires étrangères)
dégageait la typologie des mandats en 03 catégories. S’inspirant des critères
économique, géographique et même démographique :

 Le mandat « A » constitué des colonies ou territoires très riches qui


connaissent une prospérité économique et une modernité visible. Ex : Syrie.
 Le mandat « B » constitué des pays qui connaissent un développement
économique acceptable ou passable. Ex : le Cameroun.
 Le mandat « C » où les territoires sont pauvres donc n’ont pas connu une
amorce économique dons le niveau économique est 0. Ex : Madagascar.

Curiosité des curiosités, le Cameroun sera relégué au mandat « C » par les


puissances mandataires ignorant de ce fait tous les atouts dont il regorge .

14
2. L’indigénat

Est créé par décret du 8 Août 1924 et l'indigénat constitue l’expression d'un régime
rugueux ,un instrument de domination excessive entre les mains du colon.

 L’indigénat comme un régime de contraintes spécifiques : ces contraintes ne


s’appliquaient pas à tous les indigènes à savoir :
- Les indigènes qui ont servis dans les forces coloniales françaises y
compris leurs femmes et enfants ;
- Les chefs de région ;
- Les agents indigènes de l’administration recevant les salaires ;
- Les membres indigènes d’assemblée délibérative et consultative ;
- Les accesseurs servants dans les tribunaux indigènes ;
- Les indigènes qui ont été décorés soit dans la légion d’honneur soit
dans la médaille militaire.
 Les différentes infractions.
- Organisation des jeux de hasard ;
- Acte de désordre ;
- Mise en circulation des bruits mensonges de nature à troubler la
tranquillité publique ;
- Entrave de la circulation sur la voie publique et les routes ;
- Vagabondage ;
- Pratique de sorcellerie ;
- Mauvaise volonté de payer les impôts ;
- Tentative de simulation ou d’aggravation des plaies ou blessures
naturelles aux fins des licenciements aux chantiers publics ;
- Divagation d’animaux nuisibles ou dangereux
- Abandon de service sans motif valable pour les porteurs, convoyeurs
guides, ouvriers en chantiers publics.

B. La conférence de Brazzaville .

Elle s’est tenue du 30 janvier au 8 février 1944. Elle n’avait pas pour ambition directe
d’offrir ou octroyer aux territoires coloniaux les indépendances sur un plateau en or.
Mais plutôt de redéfinir un cadre approprié afin d’asseoir les bases d’un nouveau
dialogue et partant d’un nouveau partenariat entre la France et ses colonies
d’Afrique. L’opportunité de cette conférence se justifiait par la conjoncture
internationale marquée par la fin de la seconde guerre mondiale qui appelait ou qui
induisait la naissance de nouvelles institutions internationales adaptées aux
15
exigences de la communauté internationale. La France fidèle à sa stratégie politique
faite d’anticipation et de subtilité souhaitait présenter la plus belle image de ses
colonies afin d’être en harmonie avec l’ONU que devrait formuler le principe du
droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

À ce sujet, DEGAULLE dans son discours d’ouverture envisageait déjà : « La nécessité


d’établir sur des bases nouvelles les conditions de la mise en valeur de notre
Afrique, du progrès humain et de ses habitants et de l’exercice de la souveraineté
française ».

Il s’agit pour la France loin d'un simple dialogue de construire et surtout de


consolider un empire unitaire qui rassemblerait toutes ses acquisitions territoriales
en Afrique. La conférence de Brazzaville n’était pas un facteur de division au
contraire, elle recherchait un cadre dans lequel les idées étaient orientées vers un
avenir commun dans l’unité parfaite. Ainsi, le Gouverneur Hubert DESCHAMPS
commentant la politique coloniale se prononçait clairement pour une République
indivisible. D’ailleurs, il renouvèle sa pensée en ces termes

: « l'assimilation concerne des avantages sérieux. Elle donne aux indigènes le


sentiment d’une égalité et d’une fraternité peut être non entièrement traduite dans
les faits. Elle les fait acquérir le sens de la partie française… L'assimilation est une
formule centripète et humanitaire dont la France révolutionnaire a donné l’exemple
qu’elle ne doit pas abandonner, elle constitue peut-être une de nos meilleures
conquêtes coloniales ».

II. De la tutelle à l’indépendance

Dans cette dernière partie, nous allons analyser la naissance des institutions
législatives (A) et le chemin conduisant à l’indépendance du Cameroun français (B).

A. Les institutions législatives

1. L’ambiance ou le contexte

La conférence de Brazzaville avait amorcé quelques réformes intéressantes à l’instar


de la liberté syndicale dans les colonies. Le mouvement syndical va provoquer
l’émancipation des indigènes et s’était transformé plus tard en parti politique.

La naissance de l’ONU à San Francisco en 1945 marque le tournant décisif dans la vie
politique internationale surtout en ce qui concerne le sort où l'avenir des colonies
marqué par l’avènement de la tutelle et le grand principe du droit des peuples à

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disposer d’eux-mêmes. Cette tutelle s’applique au Cameroun le 13 décembre 1946
et c’est un nouveaux bras de fer entre la France, l’Angleterre et leurs colonies car
pour sa part, la France souhaite intégrer ses colonies dans l’Empire Français et
surtout dans l’union française. Et c’est à cette occasion qu’elle va permettre le début
d’une vie associative et législative dans ses colonies.

2. L’ARCAM

C’est une assemblée embryonnaire à caractère partiellement démocratique et


dépourvu de véritable pouvoir politique. Elle était chargée d’une manière laconique
de la gestion des intérêts des habitants.

L’ARCAM a eu le mérite d’être là une étape d’ouverture de la participation des


indigènes à la vie politique. Elle était le lieu de baptême de prise de contact et
d’apprentissage de la démocratie fût-elle élémentaire des Camerounais. Ce
processus était dynamique et irréversible.

3. L’ATCAM (1952)

Considérée comme l’Assemblée du milieu et de l’espoir, elle remplissait ses missions


en prenant part aux délibérations en émettant des avis à la demande de
l’administration. Elle possédait des larges attributs dans le domaine administratif et
financier, mais était également dépourvu de tout pouvoir politique car elle ne
pouvait pas oser, elle restait comme une caisse de résonance jouant parfaitement la
partition du gouverneur.

Les nouvelles exigences de la loi cadre vont précipiter la mort de l’ATCAM.

4. La loi cadre (23 juin 1956)

L’avènement de la loi cadre de Gaston Deferre, ministre des colonies va lever


certaines incertitudes dans les colonies pour permettre aux indigènes de s’exprimer
normalement sur le champ politique en imposant le « Suffrage universel » dans les
colonies de manière plus simple dont l’accès aux droits de vote à toutes les
populations qui remplissaient les conditions de vote. Cette loi suprime également le
double collège électoral dans les assemblées.

5. L’ALCAM ou le début du transfert des pouvoirs aux indigènes

La loi du 15 novembre 1956 est à la base de la naissance de l’ALCAM .


L'accouchement fût difficile mais : « les institutions politiques du Cameroun allaient
naître ». Cette nouvelle assemblée devait investir le tout premier gouvernement
17
ayant pour mission principale l’accession du Cameroun à l’indépendance. Par
conséquent, la démocratie camerounaise va s’affirmer à travers les conseillers élus
regroupés au sein de l’ALCAM par affinité régionale :

- Le groupe de l’Union Camerounaise : il comprenait 80 élus de la région


du Nord et de la région Bamoun avec pour leader Ahmadou Ahidjo.
- Le groupe des démocrates camerounais : avec 20 élus du Centre, Sud et
de l’Est dirigé par André Marie Mbida.
- Le groupe des paysans indépendants avec 09 élus de la région Bamiléké
avec pour chef Djoumessi Mathias.
- Le groupe d’action nationale du Cameroun avec 08 élus de la région du
Sud et pour leader Charle ASSALE et SOPO’O Priso Paul.

Ainsi désignés par le Haut-Commissaire le 12 mai 1957 et investi le 15 mai par 56


voix contre 10. André Marie Mbida était au perchoir de la France en tant que le tout
premier Premier Ministre du Cameroun ; chose inédite qui ne s’était jamais vu ou
réalisé par le passé. Vice 1er Ministre : Ahmadou Ahidjo.

B. La crise politique de 1958, la double transition politique et l’indépendance.

1. La crise politique de 1958.

Victor T. Levine écrivait à propos de cette crise que le Gouvernement Mbida eu dès
le début des ennuis, ils résultèrent de deux faits : la personnalité de Mbida et sa
politique. Néanmoins son programme politique prévoyait l’essentiel que :

- Le Cameroun n’était pas mûr pour accéder à l’indépendance ;


- Il proposa en janvier 1958 un programme de développement
économique et social de 10 ans et son groupe décida de ne pas intégrer
la réunification dans ce programme.

Mbida était un militant de l’intégration durable du Cameroun au bloc français et ses


idées politiques allaient à l’encontre de la volonté politique du peuple camerounais.
Il devenait donc la cible à abattre et faisait passer sa philosophie personnelle ou
alors son intérêt personnel alors qu’il était l’élu du peuple.

Par conséquent, la gouvernance de Mbida devenait davantage impopulaire,


indigeste et même insupportable. A ce sujet, Jean François Bayart notait pour le
déplorer que « le comportement incohérent et les erreurs politique de Mbida
contribuèrent d’une manière décisive à disloquer l’opposition qu’il avait constitué,
l’homme dont la carte de visite indiquait les qualités de représentant à l’ALCAM,
18
ancien séminariste, agent d’affaire et philosophe était lui-même fantastique,
outrancier, colérique et inconstant ». Ensuite le discours radical d’André Marie
Mbida tenu aux membres de l’UPC à Boumnyebel en ces termes : « tous les
maquisards qui ne seraient pas rentrés dans leurs villages dans les 10 jours seraient
considérés comme des rebelles contre le gouvernement du Cameroun et traités
comme tel ». A cela s’ajoute ce qui fût considéré comme une erreur politique grave
vis-à-vis de la France à savoir que : « Mbida envoya un télégramme au
gouvernement français pour demander l’éclatement politique du Cameroun en
plusieurs Etats régionaux ».

2. La double transition politique

 Le gouvernement Mbida est resté en fonction jusqu’en février 1958 date à


laquelle il démissionne après avoir été déchu par l’Assemblée qui lui retira la
confiance et Ahidjo le remplaça le 18 février 1958. Cette 1 ère transition entre le
Premier Ministre Mbida et celui entrant Ahidjo s’est faite dans une ambiance
particulière autour d’un homme qui avait le sentiment d’avoir été trahit par
les siens aussi avec la tristesse et l’amertume de quitter le perchoir
gouvernemental et politique, cette transition mettant en lumière une
nouvelle personnalité politique leader de la région du Nord jusque-là pas très
connu du grand public.

 Deuxième transition politique et à l’orée/l’aune de l’indépendance

Celle-ci concerne l'année 1959 marquée par la fin de la colonisation française au


Cameroun avec en principe la levée de la tutelle. C’est le passage du pouvoir entre le
gouvernement camerounais et celui français. Cette transition a été rendue possible
grâce à l’ONU ayant organisé une session spéciale. Le gouvernement d’Ahidjo qui
est une volonté de la France va obtenir des résultats intéressants et l’indépendance
fût proclamée le 1er janvier 1960.

CONCLUSION

Au terme de ce chapitre, il était question de restituer la trajectoire politique


institutionnelle du Cameroun en montrant clairement que le Cameroun est resté la
pupille de la France et on peut comprendre aisément les discours sur la France-
Afrique, le paternalisme de la France vis-à-vis du Cameroun comprendre aussi
l’appartenance du Cameroun à la francophonie et que le Français est la langue
officielle du Cameroun et comprendre que nous sommes tenus par cet héritage.

19
20
CHAPITRE IV : LE CAMEROUN OCCIDENTAL OU
CAMEROUN BRITANNIQUE

INTRODUCTION

Ce dernier chapitre de notre programme va s’articuler autour de l’émancipation du


peuple anglophone à travers la formation des groupes de pression, des mouvements
syndicaux, des partis politiques, le jeu stratégique de John Ngu Foncha et Endeley et
le rôle joué par l’Angleterre et le référendum des 11 et 12 février 1961, la perte de
la Northern Cameroon et l’indépendance du Cameroon britannique le 1 er octobre
1961.

I. Les groupes de pression et les partis politiques du Cameroun occidental.

A. Les groupes de pression

1. Cameroun Youth league (CYL) et ses exigences.

Cette organisation à caractère nationaliste regroupait à son sein des jeunes


camerounais qui étudiaient au Nigeria et qui intervenaient en faveur de leurs frères
au Cameroun britannique pour exister, elle avait installé ses différentes sections
dans plusieurs établissements du Nigeria où s’y trouvaient quelques camerounais.
D’autres furent créées notamment à Bamenda. Ses principales revendications
étaient contenues dans un mémorandum en 7 points :

- The Northern Cameroon trust territory which was annexed to the


Adamawa and Benne provinces for administrative convenience should
be unified with southern Cameroon to form one Cameroon trust
territory.
- The united trust territories of the Cameroon should be instituted into a
separate region to be known as the Cameroon regions.
- The Cameroons regions should be placed under the administration of
chief commissioner or high commissioner, who would be responsible to
the trusteeship council of the UN through the Cameroon of Nigeria.
A separate house of assembly for the Cameroon should be created to
deal exhaustively with Cameroonian affairs.
- Direct representation should be made from the Cameroon house of
assembly to the legislative council of Nigeria.
21
- The Cameroon house and Assembly should be vasted with budgetary
and other power necessary for the smooth administration of the
territory.
- The pretence of finding employment of three residents in the
Cameroon province and then calling in a Commissioner should be
separated. Through the Governor of Nigeria.

La CYL va fondre avec d’autres organisations ethnico_tribales pour former la


Cameroon Federal Union (CFU).

 Cameroon Federal Union

Ses objectifs sont :

- Prendre des mesures immédiates pour faciliter la réunification des deux


Cameroun, enseigner le français et l’anglais dans les deux parties du
Cameroun.
- Etablir une union douanière permettant le commerce libre entre les
deux territoires sous tutelle et créer une assemblée constituante.

2. La Cameroon National Federation (CNF)

Elle apparaît comme un forum de partage des convergences politiques pour assurer
le succès d’un destin commun. Elle a suscité beaucoup d’espoirs et regroupait
plusieurs associations environ une vingtaine dont voici l’économie de son
programme politique :

- Une demande d’un statut régional distinct pour l’ensemble du territoire


sous tutelle ;
- Une réduction des difficultés frontalières ;
- Une réforme profonde de l’administration locale ;
- Une institution d’un programme général d’habitation particulièrement
dans les zones de plantation ;
- La dénonciation de la différence qui existe entre le Nigeria qui a déjà
atteint un certain niveau de développement et le Cameroun qui est
encore un territoire insuffisamment développé ;
- La dénonciation de la situation minoritaire des représentants du
Cameroun sous tutelle britannique dans les organes législatifs du
Nigéria ;

22
- La dénonciation du système d’administration par les chefs ou des
autorités tribales ayant un caractère non démocratique.
- La modification de la Land Native Rights Ordonnance qui était une
ordonnance relative au régime foncier et au droit des autochtones
datant du 25 février 1916. Cette ordonnance était caduque et ne
répondait plus à la nouvelle configuration géopolitique des nouvelles
entités territoriales.

Cette organisation a suscité beaucoup d’admiration même pour le conseil de tutelle


qui énonçait que « le Conseil considère que la formation de la fédération nationale
du Cameroun représente un évènement politique important et exprime l’espoir que
cette organisation et les organisation analogues seront engagées dans toutes les
mesures possibles à jouer un rôle constructif dans la vie politique de tous les
territoires. »

B. Les parties politiques du Cameroun Occidental.

1. Les partis politiques du Cameroun méridional.

J. B. EBUNE Dans son étude sur l’évolution des partis politiques du Cameroun
méridional précise que leur origine remonte depuis l’époque précolonial car elle se
caractérise par les liens ethniques et culturels et à ce titre il écrit : « the origin of
political parties in southern Cameroon followed this general trend. As easily as the
precolonial era ethnic and village cultural groups existed to promote not only their
cultures vis-à-vis others groups but also to debate and where necessary even light
for the preservation of their various cultural identities ». Les formations des parties
ou ces partis politiques avaient une double mission:

 Sortir de la fédération du Nigeria en ayant un statut autonome.


 Négocier les modalités d’accession à l’indépendance.

Exemple de partis :

 Le Kamerun United National Congrès (KUNC) avec pour principal leaders :


Dibongue, Mbile est Foncha et créé en 1951. Le projet politique de ce parti :
- Unification des deux Cameroun ;
- L’autonomie dans un délai de 05 ans pour le Cameroun sous tutelle
britannique.
- La suppression des formalités des frontières et de développement
général intensif.

23
 Le Kamerun National Congrès qui est une association de plusieurs leaders
formant quatre (04) courants de revendications politiques.
 Le courant de P. M. KALE qui voulait le détachement pour la séparation de la
Southern Cameroon avec la création d’un état autonome.
 Le courant de Dibongue et de Ndé Tumaza qui était partisan de la
réunification des deux Cameroun.
 Le courant mené par John Ngu Foncha favorable à l’autonomie du Cameroun
méridional.
 Le courant dirigé par ENDELEY qui souhaitait une autonomie de la Southern
Cameroon dans la fédération du Nigeria.

2. Les partis politiques dans la Northern Cameroon

Cette partie du Cameroun du Nord subissait un peu plus l’influence du Nigeria et


était régulièrement représentée dans les arènes législatives du Nigeria alors que le
Cameroun du Sud ou méridional était exclu. Exemple de partis politiques :

 La Northern Kamerun Democratic Party (NKDP) : Ce parti avait un programme


et objectifs suivants :
- La sécession pour la séparation avec le Nigeria ;
- La réorganisation des institutions traditionnelles ;
- La chasse de travailleurs Nigérians ;
- L’unification des deux Camerounais britannique puis la réunification ;
- La remise de la gestion des affaires aux populations locales.
 La Northern People’s Congress (NPC) : Ce parti avait à sa tête un leader
charismatique et populaire, Sir Ahmadou Belo qui incarnait les valeurs
traditionnelles et conservatrices n’admettant aucun changement. Le thème
principal de ce parti était : le maintien du Cameroun septentrional dans la
fédération nigériane sans autre possibilité. La chambre fédérale comptant 312
membres sans ceux du Cameroun méridional :
- La NPC, 174 sièges soit plus de la moitié ;
- La NCNC, 81 sièges ;
- L’Act Group (AG), 73 sièges ;
- NEPU (Northern Element Progressive Union), 08 sièges

II. L’ambiance avant le plébiscite et les résultats du plébiscite.

A. L’ambiance avant le plébiscite.

- Les derniers réglages


24
L’ONU était au cœur des débats politiques et devait organiser ces plébiscites mais
les deux leaders John Ngu Foncha et Endeley ne vont pas toujours s’entendre.
L’Angleterre va intervenir pour débloquer la situation au Cameroun et imposer cet
agenda politique : « un projet de résolution rédigé par dix puissances selon toute
évidence avec l’accord de Foncha et Endeley définit la formule qui fût finalement
adoptée par l’Assemblée nationale des nations unies ».

 Un Plébiscite devrait avoir lieu au plus tard en mars 1961.


 Les questions à poser devraient laisser un choix très net entre une association
avec le Nigéria ou avec la République du Cameroun.
 La séparation administration avec la fédération nigériane aurait lieu au plus
tard le 1er Octobre 1960.
 Seules les personnes nées au Sud Cameroun et celles dont les parents y
étaient, auraient le droit de voter.

B. Les résultats du plébiscite

Deux questions formulées par l’Assemblée générale des nations unies à savoir :

1. Désirez-vous accéder à l’indépendance en vous unissant à la République


Camerounaise indépendante ?
2. Désirez-vous accéder à l’indépendance en vous unissant à la fédération
nigériane indépendante.

Les scrutins des 11 et 12 février ont donné les résultats suivants :

Ces résultats fût différents au Cameroun méridional et septentrional en fonction de


l’évolution de chaque partie. Ainsi, le Cameroun méridional se prononça en majorité
pour le rattachement de la République du Cameroun soit environ 70% (23351 voix)
et 29% environ pour le rattachement au Nigéria.

De l’autre côté, le Cameroun septentrional se prononça en faveur du rattachement à


la fédération nigériane soit 59,97% avec 146.296 voies et 40% environ
malheureusement pour le rattachement à la République du Cameroun avec 97.659
voix.

Au regard de ces résultats le Cameroun méridional ne cause aucun problème. Mais


un sentiment d’amertume et de déception se dégage à l’observation des résultats
du Cameroun septentrional qui marque de manière irréversible d’une partie du
Cameroun avec ses hommes et ses richesses.

25
CONCLUSION

Au terme de ce dernier chapitre, il était question de manière particulière de


l’évolution des institutions politiques du Cameroun Occidental, d’identifier et
interroger le rôle des institutions, des acteurs majeurs qu’ont su donner un sens à
cette évolution politique.

L’Angleterre à travers l’indirect rule a amorcé la décentralisation qui a donné


l'accuité des mouvements de (revendication) syndicaux, des groupes de pression,
des partis politique. Au demeurant, cette culture de la revendication n’a jamais
quitté le peuple.

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