Hygiéne hospitalière
I. Définition de l’hygiène hospitalière
• L’hygiène hospitalière ne se limite pas à l’hygiène domestique.
• C’est un ensemble de démarches :
o De prévention,
o De protection,
o De précaution,
• Destinées à lutter contre les Infections Associées aux Soins (IAS).
II. Définition des Infections Associées aux Soins (IAS)
• Infection acquise à l’hôpital par un patient admis pour une autre
raison.
III. Objectifs de l’hygiène hospitalière
• Prendre conscience que l’hôpital est un lieu à risque.
• Connaître les facteurs de survenue d’une infection.
• Se situer comme acteur dans la démarche d’hygiène.
• Connaître les moyens de prévention, les outils et les personnes
sources.
IV. Risques infectieux associés aux soins
• Épidémie dans un service (ex. COVID).
• Infection post-opératoire.
• Transmission croisée (virale).
• Infection de site opératoire.
• Acquisition de BMR.
• AES (Accident d’Exposition au Sang).
V. Facteurs influençant les infections
• Portes d’entrée : voies de contamination (contact direct/indirect,
gouttelettes).
• Modes de transmission : selon l’agent infectieux.
• Virulence de l’agent.
• Défenses de l’hôte.
• Personnes concernées : patients, visiteurs, soignants.
VI. Types de contamination
• Endogène : flore commensale propre au patient.
• Exogène : environnement, soignants, autres patients.
VII. Principes de prévention des risques infectieux
• Dépendent du mode d’acquisition.
• Précautions standards :
o Asepsie/Antisepsie.
o Vaccination.
o Bon usage des antibiotiques.
• Précautions complémentaires :
o Prévention des infections urinaires.
o Prévention des infections liées aux cathéters.
o Prévention des infections du site opératoire.
VIII. Définitions clés en hygiène
• Asepsie : prévention des contaminations par MO.
• Antisepsie : élimination des MO sur tissus vivants.
• Désinfection : élimination des MO sur objets/surfaces inertes.
IX. Désinfectants et antiseptiques
1. Désinfectants
• Sur surfaces inertes, peau saine.
• Gel ou solution hydroalcoolique pour les mains.
2. Antiseptiques majeurs
a. Biguanides (chlorhexidine)
• Antisepsie des plaies peu profondes.
• Bactéricide Gram+.
• Non sporicide, non virucide.
b. Halogénés (iode, dérivés chlorés)
• Bactéricide, fongicide, virucide, sporicide.
• Formes : moussante (4%), dermique (10%), alcoolique (5%).
• Contre-indiqués : allergie à l’iode, nouveau-né, femme enceinte.
c. Alcools (éthanol, isopropanol)
• Antisepsie peau saine.
• Bactéricide, mycobactéricide, virucide variable.
• Non sporicide, contre-indiqué chez nourrisson et HS.
X. Antiseptiques intermédiaires et mineurs
• Ammoniums quaternaires : usage gynécologique.
• Diamidines (hexamidine) : affections bactériennes.
• Acides (borique, salicylique) : affections cutanées.
• Dérivés métalliques (nitrate d’argent) : antiseptique des plaies.
XI. Produits à tort considérés comme antiseptiques
• Eau oxygénée : action asséchante, non antiseptique.
• Colorants (éosine) : traitement de l’érythème fessier, usage limité.
XII. Hygiène des mains
1. Méthodes
• Lavage simple : savon et eau.
• Lavage antiseptique : savon antiseptique.
• Désinfection chirurgicale : friction hydroalcoolique.
2. Indications selon OMS
• Avant contact patient.
• Avant geste aseptique.
• Après contact avec le patient.
• Après contact environnement patient.
• Après exposition à un liquide biologique.
3. Pré-requis
• Zéro bijoux, ongles courts, sans vernis.
• Relever les manches.
XIII. Équipements de protection individuelle (EPI)
• Tenue professionnelle adaptée.
• Masques, gants, lunettes, surblouses, casaques, sur-chaussures.
XIV. Prévention des AES
• Contact avec sang ou liquides biologiques (piqûre, muqueuses, peau
lésée).
• Utiliser :
o Matériel sécurisé, aiguilles à sécurité.
o Conteneurs piquants/tranchants.
o Matériel à usage unique.
o Équipements barrières (EPI).
XV. Hygiène de l’environnement
A. Traitement des dispositifs médicaux (DM)
• Stérilisation (DM thermorésistants).
• Désinfection haut niveau (DM thermosensibles).
B. Classification DM
Site Risque Procédé
Cavité stérile Haut Stérilisation
Muqueuse Moyen Désinfection niveau intermédiaire
Peau intacte Faible Désinfection bas niveau
XVI. Stérilisation des DM
1. Étapes
• Pré-désinfection : élimination des souillures visibles.
• Nettoyage : action mécanique + chimique.
• Séchage : manuel ou machine.
• Conditionnement : garantie de stérilité.
• Stérilisation : autoclave (134 °C / 18 min).
• Contrôle : Bowie-Dick, indicateurs biologiques.
2. Stockage
• Zone propre et sèche après validation du cycle.
3. Traçabilité
• Registres : réception, lavage, chargement, déchargement, livraison.
• Validation finale par le pharmacien.
XVII. Désinfection haut niveau des DM thermosensibles
• Pré-désinfection + nettoyage.
• Immersion dans produit désinfectant conforme.
• Rinçage à l’eau stérile.
• Séchage avec textile stérile.
• Utilisation immédiate ou reconditionnement.
XVIII. Tri des déchets hospitaliers
A. Catégories
• DASRI : déchets à risques infectieux.
• DAOM : assimilables aux ordures ménagères.
• OPTC : objets piquants, tranchants, coupants (boîte jaune).
B. Principes
• Tri à la source.
• Étiquetage, code couleur.
• Conditionnement sécurisé.
• Réduction du risque professionnel.
XIX. Vaccinations recommandées chez les professionnels de santé
• DTP : dose à 25, 45, 65 ans.
• Grippe : dose annuelle.
• Hépatite B : 3 doses (M0, M1, M6).
• Rougeole/oreillons/rubéole : trivalent si non vacciné.
• Varicelle : selon contact avec enfants ou service.
• Hépatite A : si milieu à risque (crèche, pédiatrie…).
XX. Facteurs influençant l’activité des antiseptiques/désinfectants
• Nombre initial de germes.
• Présence de matière organique.
• pH, chaleur, compatibilité physico-chimique.
• Ne jamais mélanger antiseptiques.
• Certaines substances sont inactivées (ex : iode par thiosulfate).
XXI. Recommandations d’utilisation des antiseptiques
• Utilisation sur tissu propre.
• Respect des indications, concentration, temps de contact.
• Surveillance tolérance locale.
• Ne jamais associer plusieurs antiseptiques.
XXII. Critères de choix d’un antiseptique
• Effet bactéricide.
• Large spectre.
• Bonne tolérance.
• Action rapide et rémanente.
• Efficacité en présence de matières organiques.
XXIII. Conclusion
• Les antiseptiques/désinfectants ne sont pas universels.
• Leur usage doit être ciblé et justifié.
• Protocoles d’hygiène écrits nécessaires.
• Accessibles à tout le personnel avec formation continue.