Université de Douala
Faculté des Sciences
Département de Mathématiques et Informatique
Cours de Microéconomie I: MAT 172
Année académique 2020-2021
Contenu du Programme:
chapitre 1: Introduction générale à l’économie
chapitre 2: Préférences et fonctions d’utilité
chapitre 3: Choix optimal du consommateur
chapitre 4: Analyse de la demande du consommateur
chapitre 5: Analyse de la production
Objectif principal: Imprégner les apprenants des concepts fondamentaux tant
théoriques que mathématiques liés à l’économie.
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Chapitre 1: Introduction générale à l’économie
Ce chapitre présente les deux principales branches de l’économie (la microéconomie et la
macroéconomie) vue comme science d’allocation de ressources rares pour une satisfaction
de besoins illimités de la société. Il est important de souligner que dans l’analyse macroé-
conomique, les phénomènes étudiés sont observables au niveau d’une économie nationale
(chômage, inflation monétaire, balance commerciale), tandis que la microéconomie traite es-
sentiellement des questions relatives aux comportements des agents individuels ( ménages,
entreprises).
Un accent particulier est porté en analyse microéconomique.
0.1 Microéconomie et macroéconomie
L’analyse économique peut se subdiviser en deux branches principales: la macroéconomie et
la microéconomie.
La macroéconomie dont le pionnier est le norvégien R. Friesh (1933), est le domaine des
sciences économiques qui traite des phénomènes économiques globaux (chômage, inflation,
croissance, récession, etc...) et de leur interaction. Ce fonctionnement de l’économie dans
son ensemble (revenus, prix, emplois, autres variables économiques) a pour principal objectif
d’améliorer les politiques économiques et d’aider les décideurs politiques à évaluer les effets
de leurs politiques. La macroéconomie qui se place le plus souvent dans,un cadre dynamique
permet entre autres d’étudier les déterminants des variables (PIB, taux d’inflation, taux de
chômage), les raisons de leurs variations dans le temps et les relations entre elles.
La microéconomie quant à elle, étudie le comportement des agents économiques individuels
car elle rend compte des interactions entre les individus. Au centre de l’analyse économique
se trouve la question de l’allocation des ressources rares entre des usages alternatifs dans
des économies modernes et le rôle que jouent les prix et les marchés dans ce processus. La
microéconomie s’intéresse à la prise de décision des ménages et des entreprises et de l’impact
mutuel de ces décisions sur le marché économique. L’hypothèse de base de la microéconomie
est l’optimisation: maximiser la satisfaction sous contraintes budgétaires; en d’autres termes,
les ménages maximisent l’utilité (la satisfaction dans la consommation) et les entreprises
maximisent le profit. Les concepts de la microéconomie ont été utilisés pour aider la prise de
décision rationnelle dans les affaires grâce au développement des techniques de type recherche
opérationnelle ou de gestion scientifique.
0.2 Eléments de la microéconomie
0.2.1 Biens et marchandises
Ce sont les objets centraux de l’activité économique qui repose sur le principe de production
et d’échange des marchandises.
Une marchandise se distingue d’une autre à partir de trois caractéristiques:
• leur nature et attributs physiques qui déterminent la manière dont elles satisfont les
besoins des consommateurs et des producteurs
• le lieu où elles sont disponibles
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• la date à laquelle elles sont disponibles
Notation 0.2.1. Un bien l, détenu par l’agent i, à la date t et en quantité x, pourra être
noté par xil,t .
0.2.2 Prix
La monnaie est un outil d’échange de biens sur les marchés. Ce système d’échange se diffère
d’un système de troc où les biens s’échangent contre des biens. Dans un système de marché,
un prix est associé à chaque bien, représentant ainsi le prix auquel les agents échangent une
unité de ce bien sur le marché. Lorsqu’un seul prix est associé pour un bien donné, on parle
d’un marché qui fonctionne éfficacement. Cette loi du prix unique s’applique pour des unités
de bien identiques du point de vue des trois caractéristiques citées plus-haut.
Un prix est exprimé suivant une unité (Euro, Yen, dollar, FCFA,...). Lorsque des biens sont
tarifiés dans des unités différentes, un taux de change entre ces unités doit être établi avant
les différents transferts sur le marché.
Notation 0.2.2. Le prix du bien l pourra être noté pl .
0.2.3 Les marchés
Un marché se définit couramment comme un lieu particulier où s’effectue l’achat et la vente
de certains types de marchandise. En analyse économique, le concept de marché est signifi-
catif à partir du moment où deux ou plusieurs individus sont prêts à effectuer des échanges
de marchandise quelque soient le lieu et la date. Autrement dit, le mot marché indique une
situation d’échange.
L’analyse du fonctionnement des marchés est le problème central en microéconomie car le
processus d’allocation des ressources est un processus de marché dans la mesure où il est
le fruit du fonctionnement des marchés. De ce point de vue, un marché devra exister pour
chaque marchandise et tout objet ne pouvant être échangé sur un marché n’est pas considéré
comme une marchandise du point de vue de la microéconomie.
Il existe des marchés comptants (spots markets) et des marchés à terme (forward markets).
Sur un marché comptant, l’accord implique que l’échange de marchandises soit accompli dans
la période présente. Sur un marché à terme, la transaction concerne les marchandises qui
seront livrées dans une période future.
Une économie avec un système complet de marché est une économie où il existe tous les
marchés comptants et à terme pour assurer l’échange de toutes les marchandises qui seront
disponibles à tous les lieux et à toutes les dates. Dans une telle économie, les accords concer-
nant toutes les transactions présentes et futures sont conclus dans la même période et toutes
les activités de marché se terminent à la fin de cette période, tandis que le reste du temps est
consacré à la réalisation de tous les engagements de la première période.
Par ailleurs, un marché est dit en concurrence parfaite s’il vérifie les propriétés suivantes:
• l’atomicité: le marché comprend un grand nombre de vendeurs et d’acheteurs de sorte
que le volume des transactions individuelles est négligeable par rapport au volume global
des échanges;
• l’homogénéité des biens échangés: les biens sont identiques et les acheteurs sont indif-
férents à l’identité du vendeur;
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• la libre entrée: les intervenants dans le marché ne doivent pas adopter un comportement
collusif empêchant un concurrent d’intervenir;
• la transparence: tous les participants à l’échange sont parfaitement informés de la qualité
et du prix du produit;
• le principe d’exclusion: une même unité du bien ne peut pas être consommée par
plusieurs individus à la fois;
• abscence de l’effet externe: toutes les conséquences induites par la production et la
consommation des biens échangés sont valorisées par des prix (par exemple, un bien qui
pollue l’environnement a un effet externe en ce sens que sa consommation entraîne des
conséquences sur le bien-être de tiers qui ne sont pas dédommagés).
0.2.4 Equilibre d’un marché
Le fonctionnement d’un marché est régi par le volume des transactions effectuées sur ce marché
ainsi que des prix relatifs à ces transactions. On observe sur un marché une “confrontation”
entre offres et demandes: des vendeurs qui essaient de vendre le bien à des prix différents et
les consommateurs qui cherchent à l’acheter au prix le moins cher possible. Les échanges se
stabilisent sur le marché lorsqu’il aura atteint un prix unique auquel tous les consommateurs
qui voulaient acheter le bien à ce prix pourront le faire et tous les vendeurs qui voulaient le
vendre à ce prix trouveront un acheteur: les décisions d’achat et de vente sont compatibles
dans ce cas et un tel état du marché est appelé équilibre du marché, le prix correspondant est
appelé prix d’équilibre.
Les quantités totales proposées sur le marché à une période donnée (pour l’achat et la vente)
peuvent être représentées sur l’axe des abscisses d’un repère et les différents prix de marché
correspondants se représentent sur l’axe des ordonnées. De cette représentation (voir Figure
1), il en ressort que:
• La droite représentant la demande est décroissante:
Plus le prix d’un bien est élévé, moins d’agents désirent acheter de ce bien et par
conséquent, la demande régresse.
• La droite représentant l’offre est croissante:
Plus le prix d’un bien est élévé, plus les agents sont prêts à vendre ce bien et par suite,
l’offre augmente.
• Le prix unique p∗ indique le prix d’équilibre c-à-d le prix où les désirs des acheteurs
et des vendeurs coïncident. A ce prix, tous les agents prêts à vendre le bien, vendent
exactement la quantité q ∗ et tous les acheteurs achètent exactement la quantité qu’ils
désirent acheter, c-à-d q ∗ , appelé quantité d’équilibre.
• Lorsque la demande est supérieure à l’offre, on parle de demande excédentaire.
• Lorsque l’offre est supérieure à la demande, on parle d’offre excédentaire.
• Quelle que soit la situation observée de celles décrites précedemment, il est possible de
revenir vers la situation d’équilibre à l’aide d’un ajustement des prix.
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Figure 1: Equilibre d’un marché.
0.2.5 Agents économiques
Les agents économiques constituent l’unité de base de la microéconomie. Ils peuvent être de
deux types: les consommateurs et les firmes (ou producteurs, ou entreprises).
Un consommateur est un individu pouvant posséder un certain stock de marchandises et qui
choisit une certaine quantité de chaque bien qu’il décide de consommer.
Une firme est un décideur individuel qui procède à la production de marchandises par la com-
binaison de différents facteurs de production (inputs) et grâce à divers procédés techniques.
Les consommateurs et les firmes se distinguent dans la nature de leur activité économique:
les consommateurs achètent des biens pour les consommer et les firmes achlètent des inputs
pour produire d’autres biens.
Toutefois, il demeure artificiel de séparer les individus en consommateurs et en producteurs car
plusieurs individus participent à la prise de décision à la fois du secteur de la consommation
et de celui de la production. Mais, il reste essentiel que les consommateurs et les producteurs
d’un bien apparaissent aux côtés opposés du marché de ce bien notamment du côté de la
demande pour les consommateurs et du côté de l’offre pour les producteurs.
Les objectifs et les moyens des agents concernent principalement la consommation et la pro-
duction. L’objectif (consommation) et le moyen (production) ont des statuts différents. Il
ressort que dans la théorie économique actuelle, le champ de l’économie est plus large que la
consommation et la production (économie de la famille, théorie du vote, théorie des organi-
sations,... ).
0.2.6 Rationnalité
Un processus de décision est rationnel dans les conditions suivantes:
• Le décideur énumère tous les alternatifs réalisables.
• Le décideur procède à la collecte de toutes les informations disponibles suivant les con-
séquences du choix de chaque alternatif.
• Le décideur classifie les alternatifs suivant un ordre de préférence qui satisfait certaines
conditions de cohérence et de complétude.
• Le décideur choisit l’alternatif qui a la position la plus élévée dans cet ordre: il choisit
l’alternatif dont il préfère la conséquence de tous les autres alternatifs disponibles.
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0.2.7 Démarche microéconomique
L’économie emprunte à la science sa démarche scientifique:
• elle tire ses interrogations de l’observation des phénomènes économiques;
• elle développe des modèles qui établissent des liens entre plusieurs variables pertinentes;
• elle évalue la pertinence des modèles en confrontant leurs prédictions à des données
réelles;
• elle fournit une aide à la décision au décideur public.
Cependant, la démarche économique repose sur deux hypothèses fondamentales:
• le principe de rationalité: maximiser son bien-être dans la limite des possibilités offertes;
• les échanges marchands entre agents économiques.
Cette démarche peut aussi se résumer en deux approches:
• l’approche positive c’est-à-dire “ce qui est”: des modèles sont développés pour établir des
liens de causalité sur des faits;
• l’approche normative c’est-à-dire “ce qu’il faudrait faire”: elle préconise des choix et
introduit l’analyse économique dans la sphère de la morale politique.
Il s’agit en effet de mettre en évidence les conséquences que certaines décisions ont sur le
bien-être des individus et sur le bien-être social.
0.2.8 Analyse microéconomique
Elle peut se résumer en six étapes:
1. Modèles de décisions individuelles (problèmes d’optimisation).
2. Solutions optimales.
3. Relations de comportement (offres et demandes individuelles).
4. Aggrégation des comportements individuels (sur un marché ou dans toute l’économie).
5. Résolution du modèle agrégé: calcul de l’équilibre et de ses propriétés.
6. Etude de l’allocation des ressources dans ce système de marché, ou dans ce marché.
Aprés la description succinte des éléments de la microéconomie qui a fait l’objet de ce chapitre
premier, il sera question dans le chapitre suivant de décrire la préférence du consommateur
vis-à-vis d’un bien ou d’un panier de biens afin de pouvoir envisager éventuellement leur
comparaison.
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Chapitre 2: Préférences et fonctions d’utilité
La figure centrale de la théorie microéconomique étant le consommateur, il est essentiel
d’étudier son comportement. Sous réserve de l’hypothèse de rationnalité mentionnée dans
le premier chapitre, cela entraîne chez le consommateur un classement d’alternatifs (biens ou
paniers de biens) suivant un ordre de préférence qui satisfait certaines conditions de cohérence
et de complétude.
0.3 Préférences et choix
0.3.1 Ensemble d’alternatifs ou de biens
Le consommateur fait face à un problème de choix parmi un ensemble de biens. Pour le
formaliser, on désigne par X un ensemble de biens consommables. Dans la plupart des appli-
cations en économie, X est modélisé par Rk où k désigne le nombre de catégories de biens.
Notons par ailleurs que les vecteurs de Rk sont de la forme: (x1 , x2 , ..., xk ).
Exemple 0.3.1. Considérons une économie à 3 biens (k = 3): bière, vin et whisky.
Un panier de biens est un vecteur x = (x1 , x2 , x3 ) où:
• x1 désigne le nombre de canettes de bière,
• x2 désigne le nombre de briques de vin,
• x3 désigne le nombre de bouteilles de whisky.
Les unités (canette, brique, bouteille) sont arbitraires dans cet exemple, d’autres unités con-
venables peuvent être utilisées.
0.3.2 Relation de préférence
La modélisation du comportement du consommateur se fait de manière stantard à l’aide d’une
relation de préférence. En effet, étant donnés deux biens x et y, le consommateur peut faire
les comparaisons suivantes:
• x est “meilleur” que y, mais pas le cas inverse;
• y est “meilleur” que x, mais pas le cas inverse;
• ni x, ni y, ne semblent “meilleurs”;
• x est meilleur que y et y est meilleur que x.
La relation de préférence sera notée: ≻ et on interprète la relation “x ≻ y” par “x est stricte-
ment préféré à y”.
Dans la suite de ce chapitre, nous considérons deux hypothèses principales pour une relation
de préférence:
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Hypothèse 1: asymétrie
Definition 0.3.1. Soit X un ensemble d’alternatives.
La relation de préférence stricte ≻ est asymétrique lorsqu’il n’existe pas de paire {x, y} de X
telle que: x ≻ y et y ≻ x.
Exemple 0.3.2. : Exemple d’illustration de l’asymétrie
En tant que médécin-chef occupant un poste stratégique dans les prises de décision au ministère
de la santé publique, vous avez été informé(e) qu’une nouvelle épidémie s’abattra sur votre
pays durant la prochaine saison des pluies et que les conséquences en terme de pertes en vies
humaines sont estimées à environ 600.000 décès. L’individu atteint de l’épédémie peut soit
perdre la vie, soit être complètement rétabli.
Deux programmes de vaccins vous sont proposés et l’usage de l’un exclue l’usage de l’autre.
Le premier vaccin permet de sauver 400.000 individus avec certitude. Le second vaccin ne
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sauve aucun individu avec la probabilité et sauve 600.000 individus avec la probabilité .
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Quel vaccin prescrivez-vous au public?
Hypothèse 2: transitivité négative
Definition 0.3.2. Soit X un ensemble d’alternatives.
La relation de préférence stricte ≻ est transitive négative lorsque: ∀x, y ∈ X,
x ≻ y ⇒ (∀z ∈ X, x ≻ z ou z ≻ y ou x ≻ z et z ≻ y).
Exemple 0.3.3. : Exemple d’illustration de la transitivité négative
On suppose que X = R2 . Le vecteur x = (x1 , x2 ) représente en première composante le nombre
de canettes de bière et en deuxième composante le nombre de bouteilles de whisky.
Un consommateur n’a aucune difficulté à comparer les paniers de biens (21, 9) et (20, 8) dans
la mesure où (21, 9) ≻ (20, 8).
Posons: x = (21, 9), y = (20, 8) et z = (40, 2).
Comme x ≻ y, l’hypothèse 2 stipule que: soit x ≻ z, soit z ≻ y, soit x ≻ z et z ≻ y. Cela se
traduit par: (21, 9) ≻ (40, 2), ou (40, 2) ≻ (20, 8), ou (21, 9) ≻ (40, 2) et (40, 2) ≻ (20, 8).
Cette hypothèse permet au consommateur de comparer chaque bien x ou y à z, ce qui n’est
pas évident de faire de façon intuitive ou naturelle.
Propriétés d’une relation de préférence stricte
Definition 0.3.3. Soit X un ensemble d’alternatives et ≻ une relation de préférence stricte
définie sur X.
1. ≻ est irréflexive si:
∀x ∈ X, ⌉(x ≻ x) c-à-d x ⊁ x.
2. ≻ est transitive si:
∀x, y, z ∈ X, (x ≻ y et y ≻ z) ⇒ x ≻ z.
3. ≻ est acyclique si: ∀n ∈ N∗ ,
(x1 ≻ x2 , x2 ≻ x3 , ..., xn−1 ≻ xn ) ⇒ xn 6= x1 .
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Proposition 0.3.1. Soit X un ensemble d’alternatives et ≻ une relation de préférence stricte
définie sur X.
Si ≻ est asymétrique et tansitive négative, alors ≻ est irréflexive, transitive et acyclique.
Preuve: Soit X un ensemble d’alternatives et ≻ une relation de préférence définie sur X,
asymétrique et négative transitive.
1) Montrons que ≻ est irréflexive.
En procédant par l’absurde, supposons qu’il existe x0 ∈ X tel que: x0 ≻ x0 .
Cela entraîne que: x0 ≻ x0 et x0 ≻ x0 . Ce qui contredit le fait que ≻ est asymétrique.
2) Montrons que ≻ est transitive.
Soit x, y, z ∈ X tels que x ≻ y et y ≻ z. Montrons que x ≻ z.
x ≻ y et ≻ négative entraînent que: soit x ≻ z, soit z ≻ y, soit x ≻ z et z ≻ y.
Or ≻ étant asymétrique, on ne peut avoir en même temps y ≻ z et z ≻ y. D’où nécessairement:
x ≻ z.
3) Montrons que ≻ est acyclique.
Soit n ∈ N∗ .
Supposons que x1 ≻ x2 , x2 ≻ x3 , ..., xn−1 ≻ xn et montrons que xn 6= x1 .
En procédant par l’absurde, supposons que xn = x1 . Alors on obtient:
xn ≻ x2 , x2 ≻ x3 , ..., xn−1 ≻ xn .
Par la propriété de transitivité obtenue plus haut, on obtient: xn ≻ xn
c-à-d xn ≻ xn et xn ≻ xn . Ce qui contredit le fait que ≻ est asymétrique. 2
0.3.3 Préférence faible et indifférence
0.3.4 Relation de préférence faible et indifférence
Definition 0.3.4. Soit X un ensemble d’alternatives et ≻ une relation de préférence stricte
définie sur X. x et y sont deux éléments de X.
• x est “ faiblement préféré” à y, que l’on note x y, si: ⌉(y ≻ x) c-à-d y ⊁ x.
• x est “indifférent” à y, que l’on note x ∼ y, si: ⌉(x ≻ y ou y ≻ x) c-à-d y x et x y.
Proposition 0.3.2. Propriétés d’une préférence faible et d’une indifférence
Soit X un ensemble d’alternatives et ≻ une relation de préférence définie sur X, asymétrique
et transitive négative.
La préférence faible et l’indifférence ∼ définies via la préférence stricte ≻ satisfont les
propriétés suivantes:
1. La préférence faible est complète c-à-d ∀x, y ∈ X:
soit x y, soit y x, soit x y et y x.
2. La préférence faible est transitive c-à-d ∀x, y, z ∈ X:
(x y et y z) ⇒ x z.
3. L’indifférence ∼ est:
- réflexive: ∀x ∈ X, x ∼ x;
- symétrique: ∀x, y, ∈ X,
x ∼ y ⇒ y ∼ x;
- transitive : ∀x, y, z ∈ X,
(x ∼ y et y ∼ z) ⇒ x ∼ z.
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4. Si w ∼ x, x ≻ y, et y ∼ z, alors w ≻ y et x ≻ z.
Remarque 0.3.1. La préférence du consommateur peut être traduite de manière stricte ou
faible:
• si la préférence est stricte, alors elle doit être asymétrique et transitive négative;
• si la préférence est faible, alors elle doit être complète et transitive.
0.3.5 Courbe d’indifférence
Definition 0.3.5. Soit X un ensemble de biens ou de paniers de biens.
Une courbe d’indifférence ou courbe d’iso-utilité relative à X est l’ensemble de toutes les com-
binaisons de paniers de biens (ou de biens) de X qui procurent le même niveau de satisfaction
chez le consommateur.
Interprétation 0.3.1. Autrement dit, les combinaisons de paniers de biens (ou de biens)
représentées par des points de la courbe d’indifférence suscitent une indifférence chez le con-
sommateur.
Remarque 0.3.2. Les courbes d’indifférence vérifient les critères suivants:
• Les courbes d’indifférence sont décroissantes pour traduire la substituabilité entre les
biens.
• Les courbes d’indifférence sont convexes pour traduire la préférence pour le mélange: un
agent indifférent entre deux paniers de biens préfère toujours un mélange (une combi-
naison convexe ) de ces deux paniers.
• Deux courbes d’indifférence distinctes ne se rencontrent pas, sinon cela entraverait les
hypothèses de monotonie et de transitivité des préférences.
• La pente d’une courbe d’indifférence négative et représente le taux marginal de substitu-
tion1 pour un niveau d’utilité donné.
• L’évolution d’une courbe d’indifférence pour une autre courbe de même nature se fait
suivant une direction qui indique une croissance de la préférence du consommateur.
Le sens de la flèche idndiquant la croissance de la préférence doit être indiqué.
Exemple 0.3.4. : Illustration d’une courbe d’indifférence pour le cas de deux biens.
Voir Figure 2.
Exemple 0.3.5. : Illustration des propriétés d’une courbe d’indifférence.
Voir Figure 3.
1
Ce concept est présenté et analysé dans le chapitre 3
10
Figure 2: Illustration d’une courbe d’indifférence pour le cas de deux biens.
Figure 3: Illustration des propriétés d’une courbe d’indifférence.
0.3.6 Des préférences vers les choix
Definition 0.3.6. Soit X un ensemble d’alternatives et ≻ une relation de préférence stricte
définie sur X. Soit A un sous-ensemble non vide de X.
L’ensemble des alternatifs “acceptables” relativement à A et par rapport à ≻ est défini par:
C(A; ≻) = {x ∈ A :⌉(∃y ∈ A/y ≻ x)}.
Interprétation 0.3.2. Cet ensemble représente pour le consommateur des biens “meilleurs”
aux autres biens disponibles qui dans l’ensemble A.
Les éléments de C(A; ≻) représentent aussi les biens de l’ensemble A “choisis” par le consom-
mateur.
Remarque 0.3.3. 1. D’après la définition, C(A; ≻) ⊆ A.
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2. C(A; ≻) peut contenir plus d’un élément: cela signifie que le consommateur ne peut faire
aucune distinction ou aucun classement en terme de préférence entre les biens contenus
dans C(A; ≻) .
Exemple 0.3.6. 1. Soit X = [0, +∞[ et A = {1, 2, 3, ...}.
x ∈ X représente x FCFA et l’on considère que le consommateur préfère plus d’argent
que moins c-à-d: x ≻ y ⇒ x > y. On obtient:
C(A; ≻) = ∅.
2. Dans le même contexte, si l’on suppose que l’argent est infiniment divisible en plusieurs
unités finies et arbitraires de FCFA, avec X = [0, +∞[ et A = [0, 10), alors:
C(A; ≻) = ∅.
3. D’après les cas précédents, l’on semble remarquer que: si A est “très large” ou “de forme
non standard” alors C(A; ≻) = ∅ mais considérons ce troisième cas:
X = {x, y, z, w}, A = {x, y, z} avec x ≻ y, y ≻ z, et z ≻ x. On obtient:
C(A; ≻) = ∅.
D’après l’exemple précédent, l’hypothèse A fini n’est pas suffisante pour que C(A; ≻) 6= ∅,
la préférence stricte ≻ devrait satisfaire certaines propriétes.
Proposition 0.3.3. Soit X un ensemble d’alternatives et ≻ une relation de préférence stricte
asymétrique et transitive négative, définie sur X. Soit A et B deux sous-ensembles non vides
de X.
1. Soit x, y ∈ A ∩ B.
(x ∈ C(A; ≻) et y ∈ C(B; ≻)) ⇒ (y ∈ C(A; ≻) et x ∈ C(B; ≻)).
2. Si A est fini alors C(A; ≻) 6= ∅.
Preuve:
1) Soit x, y ∈ A ∩ B, avec x ∈ C(A; ≻) et y ∈ C(B; ≻).
Montrons que: y ∈ C(A; ≻) et x ∈ C(B; ≻).
i) Montrons que x ∈ C(B; ≻).
Procédons par l’absurde: supposons qu’il existe z ∈ B tel que z ≻ x.
Dans ce cas, pour y ∈ A ∩ B, la transitivité négative de ≻ permet d’écrire:
z ≻ y ou y ≻ x ou z ≻ y et y ≻ x. En procédant par disjonction de cas, on a:
- le cas où z ≻ y est contradictoire car y ∈ C(B; ≻) et z ∈ B;
- le cas où y ≻ x est contradictoire car x ∈ C(A; ≻) et y ∈ A;
- le cas où z ≻ y et y ≻ x est contadictoire car il rejoint les deux cas précédents.
ii) Montrons que y ∈ C(A; ≻).
On utilise le même raisonnement que dans le cas i).
2) Supposons que A est fini c-à-d A = {x1 , x2 , ..., xn } avec n ∈ N∗ et
montrons que C(A; ≻) 6= ∅.
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• Si n = 1 c-à-d A = {x} alors C(A; ≻) = {x}.
• Si n = 2 c-à-d A = {x, y} alors on a: x ≻ y ou y ≻ x car la relation ≻ est asymétrique.
Il est évident que C(A; ≻) = {x} dans le cas où x ≻ y et C(A; ≻) = {y} dans le cas où
y ≻ x.
• Si n ≥ 3 c-à-d A = {x1 , x2 , ..., xn }, alors on procéde par l’absurde: on suppose que
C(A; ≻) = ∅ et on cherche la contradiction.
Soit i ∈ {1, ..., n}.
Comme C(A; ≻) = ∅, alors ∃j ∈ {1, ..., n}, j 6= i tel que xj ≻ xi .
Par ailleurs, la relation ≻ étant négative transitive, on a:
pour k0 ∈ {1, ..., n}, k0 6= i et k0 6= j, xj ≻ xk0 ou xk0 ≻ xi .
Posons: B = {xi , xj , xk0 }, B ⊂ A et on obtient les trois classements éventuels suivants
réalisables dans B: xk0 ≻ xj ≻ xi ou xj ≻ xi ≻ xk0 ou xj ≻ xk0 ≻ xi , c-à-d C(B; ≻) =
{xj } ou C(B; ≻) = {xk0 }.
D’après la propriété 1, on conclut que: xj ∈ C(A; ≻) ou xk0 ∈ C(A; ≻). Ce qui contredit
le fait que C(A; ≻) = ∅ .
D’où le résultat.
0.3.7 Des choix vers les préférences
Definition 0.3.7. Soit X un ensemble non vide, 2X l’ensemble de tous les
ensembles non vides de X et P(X) l’ensemble des parties de X.
Une fonction de choix sur X est une fonction c : 2X → P(X) qui satisfait:
∀A ⊆ X, c(A) ⊆ A.
Remarque 0.3.4. Une fonction de choix vérifie les deux axiomes suivants:
1. Axiome 1: Axiome de non vacuité
∀A ⊆ X, c(A) 6= ∅.
2. Axiome 2: Axiome de préférence révélée de Houthakker
Soit x, y ∈ A ∩ B.
Si x ∈ c(A) et y ∈ c(B) alors x ∈ c(B) et y ∈ c(A).
Proposition 0.3.4. Soit X un ensemble d’alternatifs et S c une fonction de choix qui vérifie
les Axiomes 1 et 2.
La relation de préférence stricte ≻c induite par c et définie par: ∀x, y ∈ X,
x ≻c y ⇒ (∀A ⊆ X/{x, y} ⊆ A, x ∈ c(A) et y ∈
/ c(A))
est asymétrique et transitive négative.
Preuve: En exercice.
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Remarque 0.3.5. On a la la relation: c(.; ≻c ) ≡ c.
Cela siginifie que l’on peut proécéder de deux façons:
- considérer une fonction de choix c vérifiant les Axiomes 1 et 2, ensuite définir la préférence
stricte induite ≻c et enfin, obtenir l’ensemble des “choisis” c(.; ≻c );
- considérer une relation de préférence stricte ≻, définir l’ensemble des “choisis” c(.; ≻) et
enfin, obtenir la préférence stricte induite ≻c(.;≻).
0.4 Fonctions d’utilité
0.4.1 Fonctions d’utilité
Definition 0.4.1. 1. L’utilité est la satisfaction qu’un consommateur obtient de la con-
sommation de biens et services.
2. L’utilité marginale mesure la variation d’utilité qui résulte d’une modification d’une unité
de la quantité consommée d’un bien.
Remarque 0.4.1. • L’utilité est une façon de décrire les préférences du consommateur.
En effet, elle permet d’attribuer une valeur aux différents paniers de consommation de
sorte que les paniers plus désirables reçoivent des valeurs plus supérieures à ceux qui le
sont moins.
• En considérant un agent qui dispose d’un panier de biens (x1 , x2 ) et à qui est offerte
une unité supplémentaire de bien 1, l’utilité marginale représentant la proportion dans
laquelle varierait son utilité s’écrit comme suit:
U (x1 + ∆x1 , x2 ) − U (x1 , x2 ) ∂U (x1 , x2 )
UM1 = lim = .
∆x1 →0 ∆x1 ∂x1
Dans ce cas, la variation d’utilité ∆U résultant d’une modification infinitésimale ∆x1
du bien 1, peut être approximée par: ∆U = UM1 × ∆x1 .
Definition 0.4.2. Représentation numérique d’une utilité
Soit X un ensemble d’alternatives et D l’ensemble de toutes les relations
de préférence stricte ≻ définies sur X.
Une fonction d’utilité est toute fonction U : X → R telle que: ∀x, y ∈ X,
x ≻ y si et seulement si U (x) > U (y).
Exemple 0.4.1. Quelques exemples de fonctions d’utilité lorsque X = R2 :
• U (x, y) = ax + by avec a > 0 et b > 0;
• U (x, y) = xα y β (fonction d’utilité de type Cobb Douglas);
• U (x, y) = min(x, y).
Exercice 0.4.1. Représenter les courbes d’indifférence des deux biens de l’exemple 0.3.3
lorsque la courbe décrit la fonction d’utilité u(x, y) = xy et le niveau d’utilité est 2 .
14
Theorème 0.4.1. Soit X un ensemble d’alternatives et ≻ une relation de préférence stricte
définie sur X.
Si X est fini alors:
≻ admet une représentation numérique ⇔≻ est asymétrique et transitive négative.
Proposition 0.4.1. Toute fonction d’utilité est unique par transformation affine strictement
croissante.
Preuve: Soit ≻ une relation de préférence représentée par une fonction U et f une trans-
formée affine strictement croissante de U . Il suffit de montrer que f ◦ U et U représentent les
préférences d’un même agent c’est-à-dire que f (U ) et U ont le même sens de variation. On a:
′ ′ ′ ′ ′ ′
(f ◦ U ) = U × f (U ), or d’après l’hypothèse f (U ) > 0, d’où (f ◦ U ) et U ont le même signe
c’est-à-dire que f ◦ U et U ont le même sens de variation.
En termes de classification de deux paniers de biens (x1 , x2 ) et (y1 , y2 ) dans R2 , on obtient:
(x1 , x2 ) ≻ (y1 , y2 ) ⇒ U (x1 , x2 ) ≻ U (y1 , y2 ) ⇒ f [U (x1 , x2 )] ≻ f [U (y1 , y2 )].
Exemple 0.4.2. Soit ≻ une préférence stricte définie sur X admettant une représentation
numérique U . On considère les fonctions f : R → R et g : R → R définies respectivement par:
3
f (r) = −e−r et g(r) = r 3 + 3r 5 . Soit V : X → R et W : X → R telles que: V (r) = f (U (r))
et W (r) = g(U (r)).
1. Montrer que V et W sont deux autres représentations numériques pour ≻.
2. Quelle condition suffisante sur une fonction h : R → R permet
à la fonction T : X → R définie par: T (r) = h(U (r)) de représenter
numériquement la préférence stricte ≻ en induisant le même ordre que U sur X?
3. La réciproque est-elle vraie?
0.4.2 Propriétés des préférences représentables par des fonctons d’utilité
Definition 0.4.3. Soit X un ensemble d’alternatives et ≻ une relation de préférence stricte
définie sur X.
• La préférence stricte ≻ est convexe si:
∀x, y ∈ X, x y ⇒ (∀t ∈ [0, 1], tx + (1 − t)y y).
• La préférence stricte ≻ est strictement convexe si:
∀x, y ∈ X, (x y and x 6= y) ⇒ (∀t ∈ [0, 1], tx + (1 − t)y ≻ y).
• La préférence stricte ≻ est strictement semi-convexe si:
∀x, y ∈ X, x ≻ y ⇒ (∀t ∈ [0, 1], tx + (1 − t)y ≻ y).
Proposition 0.4.2. Soit X un ensemble d’alternatives et ≻ une relation de préférence stricte
définie sur X.
• Si ≻ est représentée par une fonction concave U , alors ≻ est convexe.
15
• Si ≻ est représentée par une fonction strictement concave U , alors ≻ est strictement
convexe.
Remarque 0.4.2. 1. Soit k ∈ N∗ .
Lorsque X est le quadran positif de Rk , alors les préférences strictes ≻ définies sur Rk
sont dites continues.
2. Soit ≻ une relation de préférence asymétrique et négative transitive. Alors:
≻ est représentable par une fonction continue U si et seulement si ≻ est continue.
Exemple 0.4.3. Soit ≻ une relation de préférence stricte asymétrique, négative transitive et
représentée par une fonction U définie sur R2 par: U (x1 , x2 ) = ln x1 + α ln x2 avec α > 0.
Justifier que la préférence stricte ≻ est continue.
0.4.3 Utilité cardinale-utilité ordinale
La description des préférences du consommateur est une étape importante pour expliquer ses
différents choix de consommation. D’après l’autrichien Menger, on peut supposer quantifiable
la satisfication que le consommateur obtient de ses choix, ce qui débouche à une mesure de
l’utilité. De ce fait, l’utilité est mesurée par un indicateur (nombre réel) et est dite cardinale.
Par exemple, “ 10 unités d’utilité” pour un bien A et “ 30 unités d’utilité” pour un bien B
signifie que l’utilité du consommateur a triplé du bien A pour le bien B.
Cependant, cette quantification de l’utilité ne s’avère pas indispensable pour la description
des préférences du consommateur. D’après Pareto, Slutsky et Samuelson, la classification peut
être dans certains cas, plus appropriée que la quantification. De ce fait, la représentation des
préférences d’un consommateur sur un ensemble d’alternatives n’exige pas une quantification
de l’utilité mais plutôt une comparaison et classification de ces différentes alternatives. Par
exemple, lors d’un vote, le choix ou la préférence d’un électeur pour un candidat donné provient
d’une classification (suivant des critères objectifs ou subjectifs) des différents candidats en
lice. Ainsi, on passe de la théorie cardinale de l’utilité à la théorie ordinale de l’utilité où le
consommateur est supposé comparer les biens deux à deux et par conséquent, il peut ordonner
l’ensemble des biens ou alternatives.
Dans ce chapitre, nous avons modélisé et représenté le comportement du consommateur à
partir de ses préférences sur un ensemble de biens ou de paniers de biens, lesquelles peuvent
justifier certains choix opérés par ce consommateur. Par ailleurs, ces différents choix opérés
devraient optimiser la satisfaction du consommateur dans un contexte de rationnalité comme
évoqué dans le chapitre premier.
Ainsi, dans le chapitre suivant, nous introduirons la notion de choix optimal du consommateur
et les différents impacts d’une variation de revenus ou de prix sur le choix optimal.
16
Chapitre 3: Choix optimal du consommateur
Ce chapitre présente les différents éléments de la microéconomie conduisant au concept de
choix optimal du consommateur dans un contexte de rationnalité. Par ailleurs, une analyse
de la sensabilité de cet optimum sera entreprise par l’étude des concepts tels que l’effet d’une
variation des prix et l’effet d’une variation de revenus.
0.5 Ensemble de budget et droite de budget
Definition 0.5.1. 1. La droite de budget est la droite qui représente la contrainte budgé-
taire du consommateur liée à la consommateur totale de son revenu.
2. L’ensemble de budget est l’ensemble de paniers de biens que le consommateur peut
s’approprier tout en respectant sa contrainte budgétaire.
Exemple 0.5.1. Soit X ⊆ Rn+ l’ensemble de consommation d’un agent c’est-à-dire l’ensemble
de paniers possibles.
Le profil de préférences de l’agent disposant d’un revenu R est caractérisé par sa fonction
d’utilité U (x1 , x2 , ..., xn ) et les n biens sont disponibles sur le marché à des prix respectifs
p1 , p2 , ..., pn . L’agent considère les prix comme donnés et entreprend d’acheter les biens qu’il
désire selon que son revenu le lui permette. On peut décrire les concepts définis précedemment
comme suit:
n
X
• contrainte budgétaire: pi xi ≤ R;
i=1
n
X
• ensemble de budget: {(x1 , x2 , ..., xn ) ∈ X/ pi xi ≤ R};
i=1
n
X
• droite de budget: {(x1 , x2 , ..., xn ) ∈ X/ pi xi = R}.
i=1
Exemple 0.5.2. : Illustration d’une droite de budget et d’un ensemble de budget.
Remarque 0.5.1. On considère un marché de deux biens 1 et 2 vendus respectivement aux
prix p1 et p2 .
p1
1. Dans ce cas, la pente de la droite de budget est − et représente le taux d’échange entre
p2
les deux biens.
p1
On dit aussi que est la valeur relative du bien 1 par rapport au bien 2 pour le marché.
p2
2. Si le prix de l’un des deux biens dimininue, alors l’ensemble de budget s’élargit davantage
car dans ce cas, le consommateur peut s’approprier une quantité plus importante de
biens.
17
Figure 4: Droite de budget-ensemble de budget.
0.6 Taux marginal de substitution et choix optimal
0.6.1 Taux marginal de substitution
Definition 0.6.1. 1. Le taux marginal de substitution du bien 2 au bien 1, noté T M S1,2 ,
représente la quantité additionnelle de bien 2 dont l’agent doit disposer pour compenser
la réduction d’une unité de bien 1 pour un niveau de satisfaction donné.
2. Le taux marginal de substitution est la pente de la courbe d’indifférence en un point.
Remarque 0.6.1. 1. Pour un point donné A(x1 , x2 ) de la courbe d’indifférence, l’utilité
est constante et peut avoir pour valeur k. On obtient donc: U (x1 , x2 ) = k ⇒ dU = 0
∂U ∂U
avec dU = dx1 + dx2 .
∂x1 ∂x2
∂U
dx2 ∂x1
Par conséquent: dU = 0 ⇒ − = ∂U = T M S1,2 .
dx1 ∂x 2
2. Le taux marginal de substitution T M S1,2 est décroissant le long de la courbe d’indifférence.
Cela traduit le fait que l’agent valorise d’autant moins le bien 1 par rapport au bien 2
qu’il possède déjà une quantité élévée de bien 1.
On dit aussi que T M S1,2 est la valeur relative du bien 1 par rapport au bien 2 pour le
consommateur.
3. Un taux marginal de substitution négatif traduit le fait que tous les biens sont désirables
et un taux marginal de substitution positif traduit l’existence de biens indésirables.
Exemple 0.6.1. : Illustration d’un TMS.
Definition 0.6.2. 1. Un bien est dit neutre lorsque le consommateur ne s’en préoccupe
pas du tout.
2. Deux biens sont dits compléments parfaits s’ils sont consommés ensemble dans des pro-
portions fixes.
3. Deux biens sont dits substituts parfaits si le consommateur est disposé à substituer un
bien à l’autre à un taux constant.
18
Figure 5: Taux marginal de substitution entre jus d’orange et sandwich.
Remarque 0.6.2. Pour chaque type particulier de biens, la valeur du TMS se déduit de la
manière suivante:
• biens neutres: T M S = +∞;
• compléments parfaits: T M S = 0 ou T M S = +∞;
• substituts parfaits: T M S = −1.
Exemple 0.6.2.
Figure 6: Bien neutre.
Figure 7: Biens en compléments parfaits. Figure 8:Biens en substitus parfaits.
On peut faire les interprétations suivantes:
19
• biens neutres: le consommateur est neutre vis-à-vis des chewings gums;
• compléments parfaits: l’augmentation du nombre de type de chaussure (gauche ou droite)
n’accroît la satisfaction du consommateur que si cela est fait simultanément pour les deux
types et dans les mêmes proportions;
• substituts parfaits: le consommateur est disposé à substituer une quantité de stylos bleus
à la même quantité de stylos rouges.
0.6.2 Choix optimal et sentier d’expansion
0.6.3 Choix optimal
Definition 0.6.3. Le choix optimal du consommateur encore appelé optimum du consomma-
teur correspond au point de tangence entre une courbe d’indifférence et la droite de budget.
C’est aussi le point de la contrainte budgétaire qui appartient à la courbe d’indifférence la plus
élévée.
Exemple 0.6.3. Représentation graphique d’un optimum
Figure 9: Optimum du consommateur.
Remarque 0.6.3. 1. En ce point particulier, la pente de la droite de budget est égale à la
pente de la courbe d’indifférence et le T M S est égal au rapport des prix.
2. La condition de tangence peut ne pas être vérifiée dans certains cas:
(i) le point de tangence se trouve sur l’un des axes du répère;
(ii) les préférences sont anormales (non convexes, coudées,...);
(iii) l’existence de plusieurs points de tangence.
La condition de tangence est donc nécessaire mais pas suffisante. La condition devient
suffisante lorsque les préférences sont convexes.
3. Pour envisager une approche analytique, on prend pour hypothèse de rationalité le fait
que le consommateur choisit le panier de biens qui maximise son utilité en tenant compte
de sa contrainte budgétaire, ce qui conduit au modèle d’optimisation suivant:
20
max(x1 ,x2 ,...,xn) U (x1 , x2 , ..., xn )
Pn
s.c i=1 pi xi = R .
∀i ∈ {1, 2, ..., n}, xi ∈ X
Si la fonction d’utilité U est strictement quasi-concave, alors ce programme d’optimisation
admet une solution unique appelée demande marshallienne du consommateur.
4. Résolution du modèle d’optimisation:
En utilisant la méthode du Lagrangien, on pose:
L(x1 , x2 , ..., xn ) = U (x1 , x2 , ..., xn ) − λ(p1 x1 + p2 x2 + ... + pn xn − R). Le modèle est équiv-
alent
∂Là: ∂U
= ∂x1 − λp1 = 0
∂x1
...
∂L ∂U .
= ∂x − λpn = 0
∂xn
n
p1 x1 + p2 x2 + ...pn xn = R
Ce
( qui permet d’obtenir:
∂U ∂U
λ = ∂xp1 = ... = pn
1 ∂xn
.
p1 x1 + p2 x2 + ...pn xn = R
On déduit aisément que dans ce cas particulier, le taux marginal de substitution se con-
fond
au taux d’échange de la manière suivante:∂U
∀i, j ∈ {1, 2, ..., n}, i 6= j, T M S = ∂xi = pi
i,j ∂U pj .
∂xj
p1 x1 + p2 x2 + ...pn xn = R
De ce fait, le consommateur égalise le rapport de ses utilités marginales au rapport des
prix.
Proposition 0.6.1. La fonction de demande marshallienne du consommateur est obtenue à
∀i, j ∈ {1, 2, ..., n}, i 6= j,
∂U
si x > 0 et x > 0, alors T M S = ∂xi pi
i j i,j ∂U = pj
∂xj
partir des conditions nécessaires et suffisantes suivantes: ∂U .
∂xi pi
si xi = 0 et xj > 0, alors T M Si,j = ≤
∂U pj
∂xj
p1 x1 + p2 x2 + ...pn xn = R
En effet, si le consommateur a une demande nulle en bien i c’est-à-dire xi = 0, alors il
valorise moins le bien i par rapport à chaque autre bien j qu’il consomme.
0.6.4 Sentier d’expansion
Definition 0.6.4. Le sentier d’expansion encore appelé courbe de consommation-revenu est
la courbe qui décrit les différentes combinaisons de deux biens représentant l’optimum de
consommation lorsque le revenu du consommateur varie.
En d’autres termes, le sentier d’expansion est l’ensemble des quantités optimales consommées
(ou points d’équilibre) lorsque le revenu du consommateur varie.
Exemple 0.6.4. : Illustration du sentier d’expansion.
21
Figure 10: Sentier d’expansion du consommateur.
Dans la partie précédente, le choix optimal du consommateur a été déterminé lorsque le
revenu du consommateur et les différents prix respectifs des biens ont été fixés a priori. Dans
ce qui suit, on s’intéressera à la variation du choix optimum lorsque le revenu ou les prix des
biens sont modifiés.
0.7 Effet revenu-effet prix
0.7.1 Effet revenu
Lorque le revenu du consommateur subit une hausse, alors la droite de budget est modifiée
et est déplacée parallèlement vers le haut. Dans ce cas précis, le nouvel optimum va se situer
sur une courbe d’indifférence plus élévée.
Definition 0.7.1. 1. Des biens sont dits normaux lorsqu’au niveau du nouvel optimum,
ils sont davantage consommés.
2. Des biens sont dits inférieurs lorsqu’au niveau du nouvel optimum, ils sont plutôt con-
sommés en quantités inférieures qu’à celles de l’optimum.
3. Un bien de luxe est un bien dont la demande du consommateur augmente de façon plus
rapide que son revenu.
4. Un bien de nécessité est un bien dont la demande du consommateur augmente de façon
moins rapide que son revenu.
Exemple 0.7.1. Illustration de biens normaux lorsque le revenu passe de 20 u.m à 40 u.m
et les prix des biens restent inchangés.
Exemple 0.7.2. Lorsqu’un individu emprunte un taxi comme moyen de transport, il con-
somme dans ce cas un bien inférieur (service offert par le taxi).
En effet, si ce passager disposait d’un revenu lui permettant de s’acheter une voiture, il le
ferait et serait passé du service offert par le taxi.
Le pouvoir d’achat pouvant se définir comme étant le rapport du revenu du consommateur
sur le prix du bien, on peut donc dire que l’effet revenu consiste en l’augmentation du pouvoir
d’achat en conséquence d’une baisse de prix.
22
Figure 11: Biens normaux.
0.7.2 Effet prix
La variation de prix entraîne de toute évidence une modification de la droite de budget. Cette
fois, le déplacement de la droite de budget ne s’effectue plus en conservant le parallélisme
comme dans le cas de l’effet revenu, ceci à cause de la modification de la pente de la droite
de budget. Cette modification s’observe plus aisément au niveau de l’ordonnée à l’origine de
la droite de budget qui représente par ailleurs le pouvoir d’achat.
Exemple 0.7.3. Illustration d’une variation de prix
Figure 12: Effet d’une variation de prix.
Remarque 0.7.1. Si la considère la droite de budget d’équation p1 x1 + p2 x2 = R, alors on
obtient la relation suivante:
p1 R
x2 = − x1 + . (1)
p2 p2
D’après la relation (1) ( fonction demande), on fait donc les déductions suivantes:
23
• une augmentation du revenu du consommateur entraîne nécessairement l’augmentation
de la quantité de biens 2 (ou de biens 1) qu’il peut se procurer;
• une diminution du prix du bien 2 permet au consommateur de se procurer davantage
des quantités de ce bien;
• une augmentation du prix du bien 1 peut inciter le consommateur à se procurer davan-
tage des quantités du bien 2; on dit dans ce cas précis que le bien 2 est un substitut du
∆x2
bien 1 et on note: > 0; dans le cas contraire, on dit que le bien 2 est un complément
∆p1
∆x2
du bien 1 et on note: < 0;
∆p1
R
• une augmentation du pouvoir d’achat permet au consommateur d’accroître la quantité
p2
de biens 2 qu’il pourrait s’offrir;
• la fonction demande inverse exprime plutôt le prix en fonction de la quantité; elle per-
met pour chaque niveau de demande fixé pour un bien, de mesurer le prix de ce bien
nécessairement pour que le consommateur choisisse ce niveau de consommation.
• Une situation économique dans un marché économique à deux biens est la donnée du
triplet (p1 , p2 , R) où p1 et p2 désignent les prix fixés respectifs des biens 1 et 2 et R le
revenu du consommateur.
Par ailleurs, les différentes transformations de la droite de budget peuvent se résumer
comme suit:
• une rotation de la droite de budget autour du panier initialement demandé représentant
une modification de la pente de la droite de budget et une conservation du pouvoir
d’achat;
• un déplacement parallèle de la droite de budget correspondant à une modification du
pouvoir d’achat et une conservation de prix.
Ces différentes transformations permettent de présenter dans le paragraphe suivant l’équation
de Slutsky.
0.8 Equation de Slutsky
0.8.1 Analyse de l’effet de substitution
L’effet de substitution est la variation de la demande d’un bien due à une modification du
taux d’échange de biens sur le marché.
Désignons respectivement par R′ et p′1 le revenu associé à la droite de budget après rotation
et le nouveau prix du bien 1 après diminution de p1 . En considérant une modification de la
demande du bien 1, cette rotation de la droite de budget s’effectue autour du panier de biens
(x1 , x2 ).
Etant donné que le panier de biens (x1 , x2 ) est accessible dans les deux situations économiques
(p1 , p2 , R) et (p′1 , p2 , R′ ), on obtient les égalités: R = p1 x1 + p2 x2 et R′ = p′1 x1 + p2 x2 .
La différence de ces deux égalités conduit à: R′ − R = x1 (p′1 − p1 ).
24
En posant: ∆R = R′ − R et ∆p1 = p′1 − p1 , on obtient: ∆R = x1 ∆p1 .
On convient donc de dire que l’effet de substitution ∆xs1 est la variation de la demande du
bien 1 lorsque le revenu du consommateur et le prix de ce bien deviennent respectivement R′
et p′1 et on note:
∆xs1 = x1 (p′1 , R′ ) − x1 (p1 , R).
0.8.2 Analyse de l’effet de revenu
L’effet de revenu est la variation de la demande d’un bien due à la modification du pouvoir
d’achat (le prix de ce bien étant maintenu constant).
En utilisant les mêmes notations que précedemment pour la variation de la demande du bien
1, on considère dans ce second cas le déplacement parallèle de la droite de budget après sa
rotation. De ce fait, le revenu du consommateur passe de R′ à R et les prix respectifs des deux
biens restent constants (p′1 , p2 ). On déduit donc que l’effet de revenu ∆xr1 est la variation de
la demande du bien 1 lorsque le revenu du consommateur passe de R à R′ et le prix p′1 de ce
bien reste constant. On note:
∆xr1 = x1 (p′1 , R) − x1 (p′1 , R′ ).
0.8.3 Analyse de l’effet total
On en déduit donc que l’effet total qui est la somme des effets de revenu et de substitution,
est donné par:
∆xt1 = ∆xs1 + ∆xr1 = x1 (p′1 , R) − x1 (p1 , R) = ∆x1 .
Le tableau ci-dessous résume les signes des trois types d’effet notamment pour les cas de biens
et biens inférieurs.
Type de bien \ Type d’effet ∆xs1 ∆xr1 ∆xt1
Bien normal - - -
Bien inférieur - + ?
On conclut donc que la variation totale de la demande du bien 1, ∆x1 , est la variation due
au changement de prix, le revenu étant maintenu constant:
∆x1 = ∆xs1 + ∆xr1 = x1 (p′1 , R) − x1 (p1 , R).
Cette dernière égalité est connue sous le nom de l’identité de Slutsky. En d’autres termes, cette
identité encore appelée loi de la demande, stipule que: si la demande d’un bien augmente quand
le revenu du consommateur s’accroît, alors la demande de ce bien doit décroître quand son
prix augmente.
Remarque 0.8.1. 1. L’identité de Slutsky peut s’écrire au moyen de taux de variation:
∆x1 ∆xs1 ∆xr1
∆x1 = ∆xs1 + ∆xr1 = x1 (p′1 , R) − x1 (p1 , R) ⇒ = + .
∆p1 ∆p1 ∆p1
∆R ∆x1 ∆x1 ∆xr1
s
Or: ∆R = x1 × ∆p1 ⇔ ∆p1 = et on obtient: = + x1 .
x1 ∆p1 ∆p1 ∆R
Finalement, en posant: ∆xu1 = −∆xr1 , on obtient:
∆x1 ∆xs1 ∆xu1
= − x1 .
∆p1 ∆p1 ∆R
Cette dernière égalité traduit l’identité de Slutsky sous forme de taux de variation.
25
2. L’effet de substitution de Hicks traduit la variation de la demande due au changement
de prix, l’utilité étant maintenue constante en lieu et place du pouvoir d’achat.
En effet, cela s’explique par le fait que la droite de budget est “roulée” le long de la courbe
d’indifférence passant par le panier initial.
3. Notons par ailleurs que:
- l’effet de substitution est supérieur à l’effet de revenu pour un bien ordinaire;
- l’effet de revenu est supérieur à l’effet de substitution pour un bien de Giffen.
Dans ce chapitre, nous avons présenté quelques concepts importants liés à la théorie du
choix du consommateur menant au concept de choix optimal. Dans le chapitre suivant, un
accent particuler est porté sur la demande du consommateur pour évaluer son impact dans le
marché économique.
26
Chapitre 4: Analyse de la demande du consommateur
Dans ce chapitre, une analyse subtile de la demande du consommateur est préseentée. A cet
effet, les différents concepts tels que: le surplus de consommation, l’élasticité de la demande,
l’impact d’une demande individuelle sur une demande du marché seront mis en exergue.
0.9 Fonction demande
0.9.1 Demande individuelle
Dans un marché de deux biens 1 et 2 ayant les prix respectifs p1 et p2 , la fonction de demande
du consommateur d’un bien i est notée xi (p1 , p2 , R). Il est important de souligner que cette
fonction dépend de la fonction d’utilité qui décrit la préférence du consommateur et qu’ à
chacune de ses valeurs correspond un panier optimal.
Exemple 0.9.1. Compte tenu des hypothèses et notations précédentes:
• les fonctions de demande de deux biens parfaitement complémentaires sont :
R
x1 = x2 = ;
p1 + p2
• la fonction de demande de x1 , pour deux biens parfaitement substituables, est :
R
p1 si p1 < p2 ,
x1 = 0 si p1 > p2 , ;
θ avec θ ∈ [0, R ] si p1 = p2
p1
• les fonctions de demande associées à la fonction d’utilité U = α ln x1 + β ln x2 sont les
solutions du système: αx2 p1
βx1 = p2
p 1 x1 + p 2 x2 = R
qui conduit aux solutions suivantes:
α R β R
x1 = × et x2 = × .
α + β p1 α + β p2
0.9.2 Demande de marché
La demande de marché est la somme des demandes individuelles de chaque consommateur
intervenant dans ce marché.
Dans un marché de deux biens 1 et 2 vendus aux prix respectifs de p1 et p2 à n consommateurs
disposant de revenus individuels respectifs Ri , la demande de marché du bien 1, par exemple,
se formule ainsi qu’il suit:
n
X
X 1 (p1 , p2 , R1 , R2 , ..., Rn ) = x1i (p1 , p2 , R1 , R2 , ..., Rn ).
i=1
Dans le cas où l’un des consommateurs peut être considéré comme représentatif du marché, la
demande de marché du bien 1 se note tout simplement X 1 (p1 , p2 , R) où R désigne la somme
Xn
des revenus individuels de tous les consommateurs de ce marché c’est-à-dire R = Ri .
i=1
27
0.9.3 Variation de la demande: lois de Gossen
Dans un marché à n biens, on considère que les préférences d’un consommateur représentées
par la fonction d’utilité U = f (x1 , x2 , ..., xn ) où xi représente la quantité de bien i.
0.9.4 Première loi de Gossen
∂U
D’après la première loi de Gossen, l’utilité marginale , i ∈ {1, 2}, est décroissante: cela
∂xi
traduit le fait que la variation d’utilité d’ un bien (satisfaction du consommateur) diminue
avec la consommation de ce bien.
0.9.5 Deuxième loi de Gossen
D’après la deuxième loi de Gossen, le consommateur est en équilibre lorsque la dernière unité
de son revenu dépensée pour l’achat des différents biens lui procure la même satisfaction. En
d’autres termes, l’utilité marginale de chaque bien, divisée par son prix, soit égale à celle de
tous les autres biens. De manière formelle, on a les égalites suivantes:
∂U ∂U
∂xi ∂xj
∀(i, j), = .
pi pj
0.10 Elasticité de la demande
0.10.1 Courbe d’Engel
Definition 0.10.1. La courbe d’Engel du bien i est la courbe représentative de la fonction
xi (pi , R) parametrée en R où R est le revenu du consommateur et xi la quantité de biens i
consommée.
Par ailleurs, la courbe d’Engel représente l’évolution de la consommation d’un bien par rapport
à son revenu.
Exemple 0.10.1. : Illustation d’une courbe d’Engel.
Figure 13: Courbe d’Engel.
Remarque 0.10.1. La courbe peut prendre diverses formes suivant le type de bien demandé
comme l’indique la figure 14.
28
Figure 14: Courbe d’Engel.
0.10.2 Elasticité-revenu
Definition 0.10.2. L’élasticité de la demande par rapport au revenu pour un bien i est la
mesure de la sensibilité de la demande à une variation donnée du revenu.
Elle représente le rapport entre la variation de la quantité demandée (exprimée en %) et la
variation du prix (exprimée en %). Elle s’exprime par la formule suivante:
∆xi
xi dxi R
εxi ,R = lim ∆R = × .
∆R→0
R
dR xi
Remarque 0.10.2. L’élasticité-revenu εxi ,R est la comparaison des variations relatives d’un
effet (changement de la demande xi ) sur une cause (changement du revenu R). Elle mesure
l’effet d’une variation de revenu sur le niveau de consommation d’un consommateur donné
pour un bien donné. Le signe de l’élasticité renvoit à une classification de biens.
Biens à élasticité-revenu positive
Il s’agit des biens dont la consommation augmente avec le revenu. Par conséquent, leur courbe
d’Engel est croissante (voir figure 14) et on peut distinguer les cas suivants:
• les biens normaux: la consommation augmente moins que proportionnellement par rap-
port au revenu c’est-à-dire 0 < εxi ,R ≤ 1. Ce type de bien est aussi appelé bien prioritaire
ou bien normal necéssaire. C’est par exemple le cas des biens dits de première necéssité:
nourriture, energie, etc...
• les biens supérieurs: la consommation augmente plus que proportionnellement par rap-
port au revenu c’est-à-dire εxi ,R > 1. Ce type de bien est aussi appelé bien de luxe. C’est
par exemple le cas des loisirs, voyages, culture, santé, etc...
Biens à élasticité-revenu négative
Il s’agit des biens dont la consommation diminue avec le revenu. Par conséquent, leur courbe
d’Engel est décroissante à partir d’un niveau de revenu (figure 14). Le bien inférieur souffre
29
de la comparaison avec d’autres biens substituables qui lui sont préférés. Il est donc dans
l’intérêt des entreprises de travailler l’image de ce type de produit afin de les rendre plus
attractifs dans la marché de la demande. On peut donc consigner les différents types de biens
en fonction de leur élasticité-revenu dans le tableau suivant:
Elasticité εxi ,R ≤ 0 0 < εxi ,R ≤ 1 εxi ,R > 1
Type de bien i nécessaire inférieur nécessaire normal luxe
0.10.3 Elasticité-prix
L’élasticité de la demande par rapport au prix pour le bien i, vendu au prix pi et demandée
en quantité xi , est donnée par:
∆xi
xi dxi pi
εxi ,pi = lim = × .
∆pi →0 ∆pi dpi xi
pi
Cette élasticité est négative pour la plupart des biens qu’on convient d’appeler biens typiques
(ou biens ordinaires). Cela revient à dire que la demande du consommateur diminue quand le
prix du bien augmente et on déduit ainsi un comportement du consommateur qui est toujours
prêt à acheter un bien à un prix moins élévé. Lorsque la demande augmente plutôt quand le
prix du bien augmente, ce bien est appelé bien de Giffen.
Par ailleurs, la diminution du prix d’un bien entraine l’épaississement de l’ensemble de budget
et le nouveau niveau de satisfaction se situe sur une courbe d’indifférence supérieure alorsn que
la hausse de prix d’un bien réduit l’ensemble de budget pour ramener le niveau de satisfaction
sur une courbe d’indifférence inférieure.
La courbe qui relie les optimaux à l’équilibre, lorsque le prix varie, est appelée courbe de
consommation-prix. De cette courbe, on peut déduire pour chaque niveau de prix, la quantité
de bien i que le consommateur est prêt à consommer, à partir de la courbe de demande comme
l’indique la figure 15.
Exemple 0.10.2. Considérons une courbe de demande linéaire d’équation xi = a − bpi pour
un bien i avec a et b des constantes réelles.
L’élasticité-prix du bien i est donnée par:
dxi pi −bpi
εxi ,pi = × = .
dpi xi a − bpi
Remarque 0.10.3. 1. On distingue trois types de demande pour un bien quelconque i:
• demande élastique: |εxi ,pi | > 1;
• demande inélastique ou rigide: |εxi ,pi | < 1;
• demande linéaire: |εxi ,pi | = 1.
Lorsque la demande est élastique, la quantité demandée est très sensible au prix c’est-à-
dire: une augmentation de 1% du prix entraîne une diminution de la demande de plus
de 1%.
Dans un cas pratique, l’élasticité est donnée en valeur absolue.
2. Si l’on désigne par εxi ,yj l’influence du bien i sur le bien j, alors on distingue deux types
d’élasticité:
30
Figure 15: Courbe de consommation-prix et courbe de demande.
∆xi
dxi pi
• élasticité-prix directe: εxi ,xi = lim xi = × ;
∆pi →0 ∆pi dpi xi
pi
∆xi
xi dxi pj
• élasticité-prix croisée: εxi ,yj = lim = × .
∆pj →0 ∆pj dpj xi
pj
Dans ce cas, si εxi ,yj > 0, alors les biens i et j sont des substituts, sinon ils sont
des compléments.
Exemple 0.10.3. Dans un marché à deux biens 1 et 2 de prix respectifs p1 et p2 , un con-
sommateur disposant d’un revenu R a des préférences représentées par la fonction d’utilité
U (x1 , x2 ) = b ln(x1 − c1 ) + (1 − b) ln(x2 − c2 ) avec 0 < b < 1.
1. En se référant au chapitre, il est évident de montrer que le panier optimal est (x∗1 , x∗2 )
tel
( que:
x∗1 = c1 + pb1 (R − c1 p1 − c2 p2 ),
.
x∗2 = c2 + 1−b
p2 (R − c1 p1 − c2 p2 )
2. Le
( calcul des différentes élasticités-revenus nous donne:
εx1 ,R = ∂x R bR
∂R × x1 = p1 x1 ,
1
(1−b)R .
εx2 ,R = ∂x R
∂R × x2 = p2 x2
2
3. Le calcul des différentes élasticités-prix directes et croisées nous donne:
p1 c1 (1−b)
εx1 ,x1 = ∂x
∂p1 × x1 = −1 + x1 ,
1
∂x2 p2 c2 b
x2 ,x2 = ∂p2 × x2 = −1 + x2 ,
ε
.
εx1 ,x2 = ∂x
∂p
1
2
× xp21 = −bc
p 1
2 p2
x 1
,
p1 −bc1 p1
εx2 ,x1 = ∂x
∂p1 × x2 = p2 x2
2
31
4. On
peut faire les différentes observations suivantes:
|εx1 ,x1 | < 1 si c1 > 0,
|εx2 ,x2 | < 1 si c2 > 0,
.
ε <0
x1 ,x2
εx2 ,x1 < 0
5. On peut donc conclure que les biens 1 et 2 sont complémantaires. De plus, les demandes
des biens 1 et 2 sont rigides lorsque c1 > 0 et c2 > 0. En revanche, les biens 1 et 2 ne
sont pas des biens nécessaires inférieurs.
0.11 Surplus de consommation et surplus de production
Lorsque le prix maximal est établi dans le marché, on observe deux cas de figure:
• certains consommateurs en bénéficient car ils peuvent se procurer le bien à un prix plus
élévé que le prix à l’équilibre;
• certains producteurs n’obtiennent pas le meilleur prix pour leur bien car le prix d’équilibre
pourrait s’avérer inférieur au prix de vente escompté.
Pour prendre en compte ces deux effets, on peut mesurer la variation du surplus du consom-
mateur et du surplus du producteur.
0.11.1 Surplus de consommation
Le surplus du consommateur est la différence entre le prix que le consommateur était prêt à
payer et le prix du marché. C’est aussi le bénéfice ou valeur au-delà de leurs payements que
les consommateurs reçoivent.
Il peut être mesuré par l’aire du domaine compris entre la courbe de demande et le prix
d’équilibre du marché Pa (voir figure 16)et indique à juste titre le bénéfice total net de tous
les consommateurs. D’après la figure 16, les consommateurs reçoivent un bénéfice net d’acheter
le bien lorsque la quantité de ce bien varie entre 0 et Qa . Toutefois, il est important de rappeler
que la courbe demande illustre la disponibilité à payer de tous les consommateurs intervenant
dans le marché.
Exemple 0.11.1. Considérons un bien vendu dans un marché au prix de 10.000 Fcfa.
Il est évident que certains consommateurs sont prêts à payer plus de 10.000 Fcfa afin de se
procurer ce bien.
Les consommateurs qui sont disposés à payer 12.000 Fcfa pour s’offrir ce bien et payent 10.000
Fcfa sur le marché gagnent un surplus de 2.000 Fcfa.
0.11.2 Surplus de production
Le surplus du producteur est la différence entre le prix que le producteur était prêt à accepter
et le prix du marché. C’est aussi le bénéfice ou revenu total que les producteurs reçoivent en
excès du coût de production du bien.
Il peut être mesuré par l’aire du domaine compris entre la courbe d’offre et le prix d’équilibre
du marché Pa (voir figure 16) et représente le bénéfice total net de tous les producteurs.
D’après la figure 16, les producteurs reçoivent un bénéfice net de vendre le bien lorsque la
32
quantité de ce bien varie entre 0 et Qa . Par ailleurs, la courbe d’offre indique le prix qu’un
producteur est prêt à accepter pour une certaine quantité de biens. disponibilité à payer de
tous les consommateurs intervenant dans le marché.
Exemple 0.11.2. En reprenant les hypothèses de l’exemple 0.11.1, on admet qu’il existe dans
le marché quelques producteurs qui accepteraient produire et vendre le bien même à un prix
inférieur à celui du marché.
Certains producteurs seraient prêts à vendre le bien au prix de 9.000 Fcfa au lieu du prix du
marché évalué à 10.000 Fcfa.
Chaque producteur de cette catégorie obtient par conséquent un surplus de 1.000 Fcfa.
Figure 16: Surplus de consommation et surplus de production.
Dans ce chapitre, nous avons présenté quelques concepts et lois permettant d’analyser la
demande du consommateur. Dans le chapitre suivant, nous ferons une étude succinte de la
production de biens.
33
Chapitre 5: Analyse de la production
Dans ce chapitre, le mécanisme de production des biens ainsi que les facteurs y inférant sont
présentés. En outre, l’étude du comportement du producteur dans ses prises de décision est
également envisagé.
0.12 Le rôle du producteur
0.12.1 Description du producteur
Le producteur est, autant que le consommateur, un agent économique essentiel dans le fonc-
tionnement d’un marché économique. Il est contraint par un ensemble de production (con-
trainte technique) et par le marché (concurrence et demande) dans le choix d’un plan de
production de façon à réaliser le plus grand profit possible.
Le profit du producteur est défini par la différence entre les recettes (sommes reçues) et les
coûts (achats des facteurs pour produire). En d’autres termes, on a la formule:
Profit=Recettes - Coûts .
0.12.2 Modélisation du profit du producteur
On suppose Q que la production d’un bien requiert l’usage de m facteurs de production. Si l’on
désigne par la fonction profit, p et y respectivement le prix unitaire et la quantité du bien
produit, si et xi le coût unitaire et la quantité du facteur i, alors on obtient la formule:
Y m
X
= py − s i xi .
i=1
0.13 La fonction de production
0.13.1 Description du processus de production
Les facteurs de production nécessaires à la production d’un bien sont aussi appelés les inputs.
Soit xi la quantité d’input i dont se sert le producteur pour produire le bien.
La fonction de production indique le niveau maximum d’output qu’il est possible de produire
avec une combinaison donnée d’inputs:
y = f (x1 , x2 , ..., xn ).
Par ailleurs, un plan de production est réalisable lorsque:
y ≤ f (x1 , x2 , ..., xn ).
Exemple 0.13.1. Une fonction de production avec deux inputs de quantités respectives x1 et
x2 peut s’écrire comme suit:
1 1
f (x1 , x2 , ) = 2x13 x23 .
Calculs des outputs:
34
• Si (x1 , x2 ) = (8, 1) alors le maximum d’output possible est:
1 1
y = 2 × 8 3 × 1 3 = 4.
• Si (x1 , x2 ) = (8, 8) alors le maximum d’output possible est:
1 1
y = 2 × 8 3 × 8 3 = 8.
Exemple 0.13.2. Illustration d’une fonction de production
L’ensemble de production est l’ensemble des combinaisons d’inputs réalisables et des out-
puts correspondants.
Exemple 0.13.3. Illustration d’un ensemble de production (Figure de la page 36)
0.13.2 Isoquantes
Une isoquante est une courbe qui représente l’ensemble des combinaisons possibles d’inputs
pour produire un niveau donné d’ouput y.
Remarque 0.13.1. 1. Les isoquantes ont les mêmes propriétés que les courbes d’indifférence:
convexité, décroissance, parallélisme.
L’isoquante la plus proche de l’origine du repère correspond au niveau d’output le plus
faible.
2. Le tracé de plusieurs isoquantes permet d’en savoir plus sur la fonction de production.
35
0.13.3 Produit marginal d’un input
Soit une fonction de production de la forme: y = f (x1 , x2 , ..., xn ).
Le produit marginal de l’input xi correspond au supplément d’output que le producteur peut
obtenir en augmentant une unité sur la quantité xi , les autres quantités d’inputs restant
inchangées. On a la formule:
∂y
P Mi = .
∂xi
1 2
Exemple 0.13.4. En considérant la fonction de production f (x1 , x2 , ) = 2x13 x23 , on obtient:
• Calcul du produit marginal de x1 :
∂y 2 −2 2
P M1 = = x1 3 x23 .
∂x1 3
• Calcul du produit marginal de x2 :
∂y 4 1 −1
P M2 = = x13 x2 3 .
∂x2 3
Remarque 0.13.2. Le produit marginal d’un facteur décrit comment le niveau d’output évolue
lorsque le niveau d’un input change.
Proposition 0.13.1. Le produit marginal est généralement décroissant (courbe concave):
∂P Mi ∂ ∂y ∂2y
= ( )= < 0.
∂xi ∂xi ∂xi ∂x2i
36
0.13.4 Rendements d’échelle
Les rendements d’échelle décrivent comment le niveau d’output évolue lorsque tous les niveaux
d’inputs varient dans une même proportion. On distingue trois types de rendements d’échelle:
• les rendements d’échelle croissants;
• les rendements d’échelle décroissants;
• les rendements d’échelle constants.
Les rendements d’échelle croissants
Le processus de production décrit par une fonction de production f est caractérisé par des
rendements croissants lorsque pour chaque ensemble d’inputs (x1 , x2 , ..., xn ) et pour tout réel
k:
f (x1 , x2 , ..., xn ) > k(x1 , x2 , ..., xn ).
Par exemple, pour k = 3, on peut dire qu’en triplant tous les niveaux d’inputs, on obtient un
niveau d’output supérieur au niveau d’output initial.
Exemple 0.13.5. Illustration d’un rendement d’échelle croissant
Les rendements d’échelle décroissants
Le processus de production décrit par une fonction de production f est caractérisé par des
rendements décroissants lorsque pour chaque ensemble d’inputs (x1 , x2 , ..., xn ) et pour tout
37
réel k:
f (x1 , x2 , ..., xn ) < k(x1 , x2 , ..., xn ).
Par exemple, pour k = 2, on peut dire qu’en doublant tous les niveaux d’inputs, on obtient un
niveau d’output inférieur au niveau d’output initial c’est-à-dire cela ne permet pas de doubler
la production.
Les rendements d’échelle constants
Le processus de production décrit par une fonction de production f est caractérisé par des
rendements constants lorsque pour chaque ensemble d’inputs (x1 , x2 , ..., xn ) et pour tout réel
k:
f (x1 , x2 , ..., xn ) = k(x1 , x2 , ..., xn ).
Par exemple, pour k = 4, on peut dire qu’en quadruplant tous les niveaux d’inputs, on
quadruple également le niveau d’output initial.
Le Taux marginal de substitution technique
Le Taux Marginal de Substitution Technique (T M ST ) indique la proportion dans laquelle un
producteur peut changer un input pour un autre sans toutefois modifier son niveau d’output.
Proposition 0.13.2. Le T M ST est la pente de l’isoquante correspondant au niveau d’output
fixé.
Remarque 0.13.3. 1. A court terme, certains facteurs de production ne peuvent être
ajustés au niveau de l’output à produire: la terre, le capital.
2. A long terme, les facteurs fixes deviennent variables.
3. Un propriétaire terrien peut faire varier la taille et le nombre de ses terres de façon à
maximiser ses profits.
0.14 Maximisation du profit
0.14.1 Contexte de la firme
On considère une firme utilisant m inputs (j ∈ {1, 2, ..., m) aux prix respectifs w1 , w2 , ..., wm
pour produire n outputs (i ∈ {1, 2, ..., n) aux prix respectifs p1 , p2 , ..., pn . Les niveaux respectifs
des inputs sont x1 , x2 , ..., xm et ceux des outputs sont y1 , y2 , ..., yn .
On considère en outre que, la firme en concurrence prend tous les prix des inputs w1 , w2 , ..., wm
et tous les prix des outputs p1 , p2 , ..., pn comme des constantes données. Le profit économique
généré par le plan de production (x1 , x2 , ..., xm , y1 , y2 , ..., yn ) est:
Y
= p1 y1 + p2 y2 + ... + pn yn − w1 x1 − w2 x2 − ... − wm xm .
Les niveaux d’input et d’output sont typiquement des flux. Par exemple, dans une menuiserie,
x1 peut être la quantitée de bois utilisée par heure et y2 le nombre de chaises fabriquées par
heure. Dans ce cas, le profit est également un flux: le nombre de francs CFA de profit gagné
par heure.
38
0.14.2 Valorisation de la firme
Q Q Q
On considère que le flux périodique des profits économiques de la firme est: 0 , 1 , 2 , ... et
le taux d’intérêt est r.
La valeur présente (actualisée) d’un flux de profit économique de la firme est:
Y Q Q
1 2
VP = + + + ...
1 + r (1 + r)2
0
Il est rationnel qu’une firme concurrentielle cherche à maximiser sa valeur présente.
Exemple 0.14.1. On considère une firme qui utilise deux inputs de niveaux x1 , x2 aux prix
respectifs w1 et w2 , pour produire un seul bien au prix p de niveau y dans une situation de
court terme telle que: x2 = x02 .
• La fonction de production de court terme de la firme est:
y = f (x1 , x02 ).
• Le coût fixe de la firme est:
CF = w2 x02 .
• La fonction profit de la firme est:
Y
= py − w1 x1 − w2 x02 .
0.14.3 Droite d’iso-profit
Une droite d’iso-profit est une droite qui contient tous les plans de production générant un
niveau de profit.
Exemple 0.14.2. En reprenant les hypothèses de l’exemple 0.14.1:
• la droite d’iso-profit a pour équation:
+w2 x02
Q
w1
y= x1 + ;
p p
w1
• la pente de cette droite est: ;
p
+w2 x02
Q
• l’ordonnée à l’origine de cette droite est: .
p
Exemple 0.14.3. Illustration d’une droite d’iso-profit
39
0.14.4 Maximisation d’un profit à court terme
Le problème d’une firme est de trouver le plan de production qui atteind la droite d’iso-profit
la plus élevée possible, compte tenu de la contrainte de la firme sur ses choix de plans de
production. Cette contrainte est donnée par la fonction de production.
En considérant les hypothèses de l’exemple 0.14.1, le plan de production correspondant
au profit maximal à court terme est le triplet (x∗1 , x02 , y ∗ ) et le profit maximal est le réel
Y∗
= f (x∗1 , x02 , y ∗ ).
Proposition 0.14.1. Le plan de production correspondant au profit maximal à court terme
est le point de tangence de la courbe de la fonction de production et de la droite d’iso-profit.
Remarque 0.14.1. Au niveau du plan de production correspondant au profit maximal à court
terme, les pentes de la tangente à la fonction de production et de la droite d’iso-profit sont
égales. On obtient:
w1
P M1 = ⇔ p × P M1 = w1
p
ce qui signigie que p × P M1 est la valeur du produit marginal de l’input 1.
En d’autres termes, au niveau du plan de production correspondant au profit maximal, la
valeur du produit marginal d’un facteur doit être égal à son prix.
40