Alg 5
Alg 5
Mohamed Aqalmoun
Module M 22
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II
Copyright © 2023 Mohamed Aqalmoun
Art. No
ISBN. No
Edition 1
Published by. No
Printed in. No
IV
Table des matières
1 Formes linéaires 5
1.1 Formes linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Hyperplans . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Lien entre formes linéaires et hyperplans . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 La base duale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.5 Base antéduale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.6 Le bidual . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.7 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2 Formes quadratiques 19
2.1 Formes bilinéaires symétriques et formes quadratiques . . . . . . . . . . 19
2.2 Forme positive et forme définie positive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.3 Matrice d’une forme bilinéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.4 Orthogonalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.4.1 Vecteurs et sous espaces orthogonaux . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.4.2 Vecteurs isotropes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.4.3 Rang et noyau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.5 Réduction des formes quadratiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.5.1 Base orthogonale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.5.2 Réduction de Gauss des formes quadratiques . . . . . . . . . . . . 32
2.5.3 Signature d’une forme quadratique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3 Espaces euclidiens 51
3.1 Produit scalaire sur un espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
3.1.1 Définition et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
3.1.2 Norme associée à un produit scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.2 Orthogonalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.2.1 Vecteurs et sous espaces orthogonaux . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.2.2 Existence de base orthonormale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.2.3 Procédé d’orthonormalisation de Gram-Schmidt . . . . . . . . . . . 57
3.3 Projecteurs orthogonaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
3.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
V
TABLE DES MATIÈRES
5 Espaces Hermitiens 83
5.1 Formes Hermitiennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
5.2 Représentation matricielle des formes sesquilinéaires . . . . . . . . . . . 86
5.3 Formes quadratiques Hermitiennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
5.4 Espace préhilbertien complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
5.5 Projection orthogonale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
5.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
VI
Avant-propos
Cet ouvrage est le fruit de mes enseignements dans les classes préparatoires aux
grandes écoles ainsi qu’à l’École Normale Supérieure de Fès.
Il propose aux étudiants de la licence de mathématiques un cours d’algèbre bili-
néaire ainsi que des exercices sur chaque chapitre. Il s’adresse également aux élèves
des classes préparatoires aux grandes écoles filières scientifiques.
Cet ouvrage expose de manière détaillée les notions fondamentales de dualité, formes
quadratiques et espaces préhilbertiens réels et complexes. Pour permettre à un étu-
diant de travailler éventuellement seul, les démonstrations ont été volontairement
très détaillées. A la fin de chaque chapitre, de nombreux exercices doivent permettre
le contrôle des connaissances acquises.
Le premier chapitre traite les notions de formes linéaires et le lien avec les hyper-
plans, ainsi que les notions de bases duales et antéduales. Le deuxième chapitre est un
exposé sur les formes bilinéaires et les formes quadratiques, plus précisément il traite
les notions et les problèmes d’orthogonalité relativement à une forme quadratique. Le
troisième chapitre consacré à l’étude des espaces préhilbertiens dans le cas réel. Les
endomorphismes remarquables dans les espaces euclidiens font l’objet du quatrième
chapitre. Le chapitre 5 est la version complexe du chapitre 3, plus précisément, il
traite les espaces préhilbertiens complexes. Le dernier chapitre un exposé sur les les
endomorphismes orthogonaux en dimension 2 et 3.
J’espère que cet ouvrage permettra aux étudiants d’aborder l’algèbre bilinéaire avec
une base solide.
Mohamed AQALMOUN
1
TABLE DES MATIÈRES
2
Notations
3
TABLE DES MATIÈRES
4
Chapitre 1
Formes linéaires
Définition 1.1.
Soit E un K-espace vectoriel. Une forme linéaire sur E est une application
linéaire de E dans K c’est-à-dire un élément de L (E, K). L’espace vectoriel
des formes linéaires sur E est appelé l’espace vectoriel dual de E et se note
E ∗ . Ainsi E ∗ = L (E, K).
Exemples :
Z 1
1. L’application f 7→ f ( t) dt est une forme linéaire sur l’espace vectoriel C ([0, 1], R).
0
2. L’application A 7→ tr( A ) est une forme linéaire sur l’espace vectoriel Mn (K).
3. L’application ( x, y, z) 7→ 2 x + y − z est une forme linéaire sur l’espace vectoriel R3 .
Remarque : Soit ϕ une forme linéaire non nulle sur un espace vectoriel E . Alors ϕ
est surjective. En effet, Im ϕ est un sous espace vectoriel non nul de K, donc dim Im ϕ ≥
1. D’autre part Im ϕ est un sous espace vectoriel de K, en particulier dim Im ϕ ≤ 1. Par
conséquent dim Im ϕ = 1. On en déduit que Im ϕ = K c’est-à-dire ϕ surjective.
Conclusion : Toute forme linéaire non nulle est surjective.
Proposition 1.2.
5
1.2 Hyperplans
1.2 Hyperplans
Remarque : Lorsque e ∈ E est non nul, le sous espace vectoriel Vect( e) est une droite
vectorielle. Ainsi un sous espace vectoriel H de E est un hyperplan de E , si H est un
supplémentaire d’une droite vectorielle dans E .
A = ( A − n1 tr( A ) I n ) + n1 tr( A ) I n
Proposition 2.4.
Proposition 2.5.
Démonstration :
6
C HAPITRE 1 : Formes linéaires
Proposition 2.6.
Proposition 3.7.
Soit E un K-espace vectoriel et ϕ une forme linéaire non nulle sur E . Alors
ker ϕ est un hyperplan de E .
Démonstration : Comme ϕ est une forme linéaire non nulle, elle est surjective (voir
la première remarque), et donc Im ϕ = K. Par le théorème d’isomorphisme E / ker ϕ est
isomorphe à Im ϕ = K. Il vient alors que
Théorème 3.8.
7
1.4 La base duale
ϕ( x + λ y) = ϕ( h x + λ h y + (α x + λα y ) e) = α x + λα y = ϕ( x) + λϕ( y)
n
X
Remarque : Pour x = xk e k ∈ E , on a
k=1
n n
e∗i ( x) = xk e∗i ( e k ) = x i e∗i ( e i ) + xk e∗i ( e k ) = x i
X X
k=1 k=1,k̸= i
| {z }
=0
Proposition 4.10.
Démonstration : On sait que dim E ∗ = n, il suffit donc de montrer que c’est une
n
famille libre. Soit λ1 , . . . , λn ∈ K tels que λk e∗k = 0. Pour 1 ≤ i ≤ n, on a
X
k=1
à !
n n n
λk e∗k ( e i ) = λk e∗k ( e i ) = λ i e∗i ( e i ) + λk e∗k ( e i ) = λ i
X X X
k=1 k=1 k=1,k̸= i
Par suite λ i = 0.
8
C HAPITRE 1 : Formes linéaires
Proposition 4.11.
n
X
Démonstration : Soit x = xk e k ∈ E , il suffit de remarquer que xk = e∗k ( x), donc
k=1
n
e∗k ( x) e k .
X
x=
k=1
n
e∗k ( x) e k , donc
X
Soit x ∈ E , on a x =
k=1
à !
n n n
e∗k ( x)ϕ( e k ) = ϕ( e k ) e∗k ( x) = ϕ( e k ) e∗k
X X X
ϕ( x) = ( x)
k=1 k=1 k=1
n
ϕ( e k ) e∗k .
X
D’où ϕ =
k=1
Corollaire 4.12.
Théorème 4.13.
9
1.5 Base antéduale
n
X
ej = a i j εi
i =1
à !
n n n
ε∗j ( e i ) e∗i , a ki ε∗j (εk ) = a ji , ainsi
X X X
On a ε∗j = mais ε∗j ( e i ) = ε∗j a ki εk =
i =1 k=1 k=1
n
ε∗j = a ji e∗i
X
i =1
B t ′∗
t −1
Par conséquent PB ∗ = ( a ji ) = Q = P .
Théorème 5.15.
ϕ1 ( x) = . . . = ϕn ( x) = 0
10
C HAPITRE 1 : Formes linéaires
ε j = f ( e j ) = (ϕ1 ( e j ), . . . , ϕn ( e j ))
ϕ1 ( x, y, z) = x + y , ϕ2 ( x, y, z) = x + z et ϕ3 ( x, y, z) = y + z
La famille (ϕ1 , ϕ2 , ϕ3 ) est une base de E ∗ . Nous allons déterminer la base antéduale
B = (ε1 , ε2 , ε3 ) : Si on pose ε1 = (a, b, c) alors 1 = ϕ1 (ε1 ) = a + b, 0 = ϕ2 (ε1 ) = a + c et
0 = ϕ3 (ε1 ) = b + c. Donc a = b = 21 et c = − 12 ou encore ε1 = ( 21 , 12 , − 12 ). De même, si on
pose ε2 = (a, b, c) alors 0 = ϕ1 (ε2 ) = a + b, 1 = ϕ2 (ε2 ) = a + c et 0 = ϕ3 (ε2 ) = b + c et on
obtient ε2 = ( 21 , − 12 , 12 ). D’une manière analogue on a ε3 = (− 12 , 12 , 12 ).
On a ¡ ¢−1 B ′∗
A = tB où B = PB ′∗
∗ = MB ∗ (B ) = MB ∗ (ϕ1 , . . . , ϕ n )
1.6 Le bidual
Définition 6.16.
Théorème 6.17.
11
1.7 Exercices
E et E ∗∗ sont isomorphes.
f ( x + λ y)(ϕ) = à
x + λ y(ϕ) = ϕ( x + λ y) = ϕ( x) + λϕ( y) = b
x(ϕ) + λ b
y(ϕ) = ( f ( x) + λ f ( y))(ϕ)
1.7 Exercices
Exercice 1
Corrigé :
Il est clair que l’application ϕ : K3 → K définie par ϕ( x, y, z) = x − 2 y + z est une forme
linéaire non nulle sur K3 et que F = ker ϕ, donc F est un hyperplan de K3 .
Remarque : On peut montrer que la famille ((2, 1, 0), (−1, 0, 1)) est une base de F , puis
que dim F = 2.
Exercice 2
Corrigé :
L’application ϕ : K[ X ] → K définie par ϕ(P ) = P ′ (0) + P (1) est une forme linéaire non
nulle sur K[ X ], de plus F = ker ϕ, donc F est un hyperplan de K[ X ].
Exercice 3
Corrigé :
Il suffit de remarquer que l’application ϕ : Mn (K) → K définie par ϕ( A ) = tr( A ) est
une forme linéaire non nulle sur Mn (K) et que F = ker ϕ, ainsi F est un hyperplan de
Mn (K).
12
C HAPITRE 1 : Formes linéaires
Corrigé :
1. Évident.
n
X
2. Si on note c i j les coefficients de la matrice AB, alors tr( AB) = c j j , mais c j j =
j =1
n
X X n
n X X
a ji b i j , par suite tr( AB) = a ji b i j = a ji b i j .
i =1 j =1 i =1 1≤ i, j ≤ n
3. Soit ϕ : Mn (K) → K une forme linéaire et notons E i j la matrice élémentaire dont
tous les coefficients sont nulle sauf celui d’indice ( i, j ) qui vaut 1. SoitX
maintenant
M = ( m i j ) ∈ Mn (K), il est clair que M =
X
m i j E i j , donc ϕ( M ) = m i j ϕ(E i j ).
1≤ i, j ≤ n 1≤ i, j ≤ n
Xconsidère maintenant la matrice A = (a i j ) telle que a i j = ϕ(E ji ). Alors ϕ( M ) =
On
m i j a ji = tr( M A ) = tr( AM ). D’où le résultat.
1≤ i, j ≤ n
Exercice 5
Soit E un espace vectoriel, f et g deux formes linéaires non nulles sur E . Mon-
trer que la famille ( f , g) est liée si, et seulement si, ker f = ker g.
Corrigé : Si ( f , g) est liée, alors il existe λ ∈ K tel que f = λ g ou g = λ f , dans les deux
cas λ ̸= 0 car les deux formes linéaires sont non nulles. Supposons par exemple que
f = λ g (avec λ ̸= 0). Alors f ( x) = 0 si, et seulement si, λ g( x) = 0 si, et seulement si,
g( x) = 0, par conséquent ker f = ker g.
Réciproquement, on suppose que ker f = ker g. Puisque g est non nulle, il existe e ∈ E
f (e)
tel que g( e) ̸= 0. On pose λ = g(e) . Soit x ∈ E , on a
³ ´
g(x) g(x)
g x − g(e) e = g( x) − g(e) g( e) = 0
g(x) g(x)
Donc x − g(e) e ∈ ker g = ker f , par conséquent f ( x − g(e) e), ou encore f ( x) = λ g( x). Autre-
ment dit f = λ g et la famille ( f , g) est liée.
Exercice 6
13
1.7 Exercices
Corrigé :
1. Supposons que F ∪ G est un sous espace vectoriel de E et que G ̸⊆ F , il existe
alors y ∈ G tel que y ̸∈ F . Soit x ∈ F . Comme x, y ∈ F ∪ G qui est un sous espace
vectoriel, il vient que x + y ∈ F ∪ G , ainsi x + y ∈ F ou x + y ∈ G . Mais x + y ne peut
pas être dans F , car sinon on aura y = ( x + y) − x ∈ F ce qui n’est pas le cas. Il en
résulte que x + y ∈ G , puis que x = ( x + y) − y ∈ G . D’où F ⊆ G .
2. Nous allons discuter les deux cas selon que ker f ∪ ker g est un sous espace vec-
toriel ou non :
Premier cas ; si ker f ∪ ker g est un sous espace vectoriel de E , d’après le résultat
de la première question ker f ⊆ ker g ou ker g ⊆ ker f . Puisque ker f et ker g sont
des hyperplans de E , dans les deux cas on a ker f = ker g. Remarquons main-
tenant que ker f = ker g ̸= E , donc il existe e ∈ E tel que e ̸∈ ker f = ker g, par
conséquent f ( e) ̸= 0 et g( e) ̸= 0.
Deuxième cas ; si ker f ∪ ker g n’est pas un sous espace vectoriel de E , dans ce
cas ker f ∪ ker g ̸= E , il existe alors e ∈ E tel que e ̸∈ ker f ∪ ker g, autrement dit
f ( e) ̸= 0 et g( e) ̸= 0.
Exercice 7
Corrigé :
1. On considère le vecteur e 1 = e − e′ . Il s’agit de démontrer qu’il existe une forme
linéaire f telle que f ( e 1 ) ̸= 0. Remarquons d’abord que le vecteur e 1 est non nul,
d’après le théorème de la base incomplète, ils existent des vecteurs e 2 , . . . , e n ∈ E
tels que B = ( e 1 , e 2 , . . . , e n ) soit une base de E . Pour f = e∗1 , on a f ( e 1 ) = e∗1 ( e 1 ) =
1 ̸= 0. D’où le résultat.
2. L’implication directe est immédiate. La réciproque est une conséquence du résul-
tat de l première question.
Exercice 8
14
C HAPITRE 1 : Formes linéaires
Corrigé :
1. De la formule de Grassmann et du fait que H + H ′ est un sous espace vectoriel de
E , il découle dim( H + H ′ ) = 2( n−1)−dim( H ∩ H ′ ) ≤ n, par suite n−2 ≤ dim( H ∩ H ′ ) ≤
dim( H ) = n − 1. Ainsi dim( H ∩ H ′ ) = n − 2 ou dim( H ∩ H ′ ) = n − 1.
2. Si dim( H ∩ H ′ ) = n − 1 alors dans ce cas dim( H ∩ H ′ ) = dim H , or H ∩ H ′ ⊆ H , il
vient que H ∩ H ′ = H , ou encore que H ⊆ H ′ , par suite H = H ′ puisqu’ils sont
même dimension, ce qui n’est pas le cas. D’où dim( H ∩ H ′ ) = n − 2.
3. Puisque dim H = dim H ′ et H ̸= H ′ , aucun des deux sous espaces vectoriels ne
contient l’autre, autrement dit H ̸⊆ H ′ et H ′ ̸⊆ H , il existe alors ( e, e′ ) ∈ H × H ′ tel
que e ̸∈ H ′ et e′ ̸∈ H .
4. D = Vect( e + e′ ).
(a) Il s’agit de démontrer que e + e′ ̸= 0. En effet, si e + e′ = 0, alors e = − e′ ∈ H ′ ce
qui n’est pas le cas. Donc e + e′ ̸= 0.
(b) Si e + e′ = h ∈ H alors e′ = − e + h ∈ H ′ ce qui n’est pas possible. Alors e + e′ ̸∈ H ,
par conséquent Vect( e + e′ ) + H est directe, or dim D + dim H = 1 + n − 1 = n =
dim E , il vient que E = D ⊕ H . Par un argument analogue on a E = D ⊕ H ′ .
Exercice 9
Corrigé :
1. La famille BF est libre, elle peut être compléter alors en une base de E .
2. Voir la démonstration du Corollaire 4.12.
3. Les sous espaces vectoriels ker e∗i sont des hyperplans.
15
1.7 Exercices
4. Puisque la famille (ϕ1 , . . . , ϕn−d ) est libre, on peut la compléter en une base B =
(ϕ1 , . . . , ϕn−d , . . . , ϕn ) de E ∗ . Soit maintenant B0 = ( e 1 , . . . , e n ) la base antéduale
de B , de sorte que pour tout 1 ≤ i ≤ n, e∗i = ϕ i . Nous allons démontrer que
( e n−d +1 , . . . , e n ) est une base de F . Soit n − d + 1 ≤ i ≤ n et 1 ≤ j ≤ n − d , il est clair
que ϕ j ( e i ) = e∗j ( e i ) = 0, donc e i ∈ F , par conséquent ( e n−d +1 , . . . , e n ) est une famille
n
e∗i ( x) e i =
X
d’éléments de F , de plus elle est libre. Soit x ∈ F , on sait que x =
i =1
n
X n
X
ϕ i ( x) e i . Donc x = ϕ i ( x) e i ∈ F car ϕ i ( x) = 0 si 1 ≤ i ≤ n − d . Il en résulte
i =1 i = n− d +1
que ( e n−d +1 , . . . , e n ) est une base de F et par conséquent dim F = d .
Exercice 10
Corrigé :
1. Notons d’abord que le nombre d’éléments de cette famille est égal à la dimension
de Kn [ X ]∗ , il suffit alors de démontrer qu’elle est libre. Soit (α0 , . . . , αn ) ∈ Kn+1
n
X Y n
tel que αk ϕk = 0. Pour 0 ≤ j ≤ n, on considère le polynôme Q j = ( X − x i ).
k=0 i =0,i ̸= j
Le polynôme Q i a la propriété suivante ; Q j ( xk ) = 0 si k ̸= j et Q j ( x j ) ̸= 0. Pour
0 ≤ j ≤ n, on a
Xn n
X
0= αk ϕk (Q j ) = αk Q j ( xk ) = α j Q j ( x j )
k=0 k=0
Donc α j = 0.
2. Soit (L 0 , . . . , L n ) la base antéduale de (ϕ0 , . . . , ϕn ). Pour 0 ≤ i ≤ n, on a ϕ j (L i ) =
δ i j c’est-à-dire L i ( x j ) = δ i j . En particulier si j ̸= i alors L i ( x j ) = 0, ainsi les x j
avec j ̸= i sont des racines de L i . Or deg L i ≤ n, le polynôme L i s’écrit sous la
n
( X − x j ) où β i ∈ K. Puisque L i ( x i ) = 1, on en déduit que β i =
Y
forme L i = β i
j =0, j ̸= i
1
Qn
(x − x j )
. Finalement
j =0, j ̸= i i
Qn
j =0, j ̸= i ( X − x j) n
Y x − xj
L i = Qn =
j =0, j ̸= i ( x i − x j ) j =0, j ̸= i xi − x j
Z 1
3. L’application ϕ : Kn [ X ] → K définie par ϕ(P ) = P ( t) dt est une forme linéaire
0
16
C HAPITRE 1 : Formes linéaires
Exercice 11
f ( x, y, z) = x + 2 y − z, g( x, y, z) = x + y + z, h( x, y, z) = x − z
Corrigé :
1. Soit B = ( e 1 , e 2 , e 3 ) la base canonique de E . On a f = e∗1 + 2 e∗2 − e∗3 , g = e∗1 + e∗2 +
1 1 1
Exercice 12
Corrigé :
1. La linéarité de f découle de la linéarité des applications ϕ i .
2. Puisque (ϕ1 , . . . , ϕ p ) est libre, on peut la compléter en base (ϕ1 , . . . , ϕ p , . . . , ϕn ) de
E ∗ . Soit maintenant ( e 1 , . . . , e n ) sa base antéduale. Soit y = ( y1 , . . . , yp ) ∈ K p et
on pose x = y1 e 1 + . . . + yp e p . Remarquons que pour 1 ≤ i ≤ p, ϕ( x) = yi . Donc
f ( x) = (ϕ1 ( x), . . . , ϕ p ( x)) = ( y1 , . . . , yp ) = y, ainsi l’application f est surjective.
p
3. Soit (α0 , . . . , α p ) ∈ K p tel que
X
α i ϕ i = 0. Soit (ε1 , . . . , ε p ) la base canonique de
i =1
K p . Puisque f est surjective, pour 1 ≤ j ≤ p, il existe v j ∈ E tel que f (v j ) = ε j ,
p
X
autrement dit pour 1 ≤ i ≤ p, on a ϕ i (v j ) = δ i j . Pour 1 ≤ j ≤ p, on a α i ϕ i (v j ) = 0,
i =1
par conséquent α j ϕ j (v j ) = 0 c’est-à-dire α j = 0.
17
1.7 Exercices
Exercice 13
Corrigé :
1. Si ϕ ∈ F ∗ alors ϕ ◦ u est une application linéaire de E à valeurs dans K c’est-à-dire
ϕ ◦ u ∈ E ∗ . Ainsi t u est bien définie.
2. Pour ϕ, ϕ′ ∈ F ∗ et λ ∈ K, on a
t
u(ϕ + λϕ′ ) = (ϕ + λϕ′ ) ◦ u = ϕ ◦ u + λϕ′ ◦ u = t u(ϕ) + λ t u(ϕ′ )
3. Soit ϕ ∈ F ∗ ,
¡t
( t u)( b
¡ t ¢
x) (ϕ) = b x t u(ϕ) = b
x ◦ u (ϕ) = b x ϕ ◦ u = ϕ ◦ u ( x) = ϕ( u( x)) =
u( x)(ϕ)
¢ ¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢
n n n
t
u(ε∗j ) = ε∗j ◦ u = (ε∗j ◦ u)( e i ) e∗i = ε j ( u( e i ) e∗i = a ji e∗i
X X X
i =1 i =1 i =1
On en déduit que a ji est le coefficient d’indice ( i, j ) pour la matrice MBF∗ ,BE∗ ( t u),
c’est-à-dire MBF∗ ,BE∗ ( t u) = t A
Exercice 14
18
Chapitre 2
Formes quadratiques
Définition 1.1.
Soit E un K-espace vectoriel. Une forme bilinéaire sur E est une application
ϕ : E × E → K linéaire par rapport à chacune de ses variables, c’est-à-dire :
1. ∀ x, x′ , y ∈ E , ∀λ ∈ K , ϕ( x + λ x′ , y) = ϕ( x, y) + λϕ( x′ , y)
2. ∀ x, y, y′ ∈ E , ∀λ ∈ K, ϕ( x, y + λ y′ ) = ϕ( x, y) + λϕ( x, y′ ).
Une forme bilinéaire ϕ est dite symétrique si, pour tout ( x, y) ∈ E 2 , ϕ( x, y) =
ϕ( y, x). L’ensemble des forme bilinéaires respectivement bilinéaires symé-
triques sur E se note B(E ) respectivement BS(E ).
Exemples :
1. L’application ϕ : Mn (K) × Mn (K) → K définie par ϕ( A, B) = tr ( AB) est une forme
bilinéaire sur Mn (K).
2. L’application ϕ : Mn (K) × Mn (K) → K définie par ϕ( A, B) = tr t AB est une forme
¡ ¢
Proposition 1.2.
Démonstration : Immédiate.
19
2.1 Formes bilinéaires symétriques et formes quadratiques
Proposition 1.3.
Démonstration :
1. Par bilinéarité et symétrie on a ϕ( x + y, x + y) = ϕ( x, x) + 2ϕ( x, y) + ϕ( y, y), d’où le
résultat.
2. De même, on a
ϕ( x + y, x + y) = ϕ( x, x) + 2ϕ( x, y) + ϕ( y, y)
et
ϕ( x − y, x − y) = ϕ( x, x) − 2ϕ( x, y) + ϕ( y, y)
ϕ( x + y, x + y) + ϕ( x − y, x − y) = 4ϕ( x, y)
D’où le résultat.
Définition 1.4.
∀ x ∈ E, q( x) = ϕ( x, x)
Remarque : A priori, il n’y a pas unicité des formes bilinéaires associées à une forme
quadratique. Par exemple sur R2 , les formes bilinéaires ϕ(( x1 , x2 ), ( y1 , y2 )) = x1 y1 et
ψ(( x1 , x2 ), ( y1 , y2 )) = x1 y1 + x1 y2 − x2 y1 définissent la même forme quadratique q( x) =
ϕ( x, x) = ψ( x, x) = x12 .
L’unicité est assurée, dans le cas des formes bilinéaires symétriques, par le résultat
suivant :
20
C HAPITRE 2 : Formes quadratiques
Théorème 1.5.
Soit q une forme quadratique sur un K-espace vectoriel E , alors il existe une
unique forme bilinéaire symétrique ϕ sur E , dite forme polaire de q, telle que,
pour tout x ∈ E , q( x) = ϕ( x, x).
En d’autres termes, l’application qui à toute forme bilinéaire symétrique ϕ
sur E associe la forme quadratique q définie par q( x) = ϕ( x, x) est une bijec-
tion.
ψ( x, x) = q( x). Ceci justifie l’existence. On suppose que ϕ′ est une autre forme bilinéaire
symétrique telle ϕ′ ( x, x) = q( x). Pour ( x, y) ∈ E 2 , on a :
1¡ ′
ϕ′ ( x, y) = ϕ ( x + y, x + y) − ϕ′ ( x) − ϕ′ ( y)
¢
2
1
= ( q( x + y) − q( x) − q( y))
2
1¡
ϕ( x + y, x + y) − ϕ( x) − ϕ( y)
¢
=
2
= ϕ( x, y)
D’où l’unicité.
Proposition 1.6.
Démonstration : Immédiate.
Théorème 1.7.
Soit q : E → K une application. Alors q est une forme quadratique sur E si,
et seulement si, les deux conditions suivantes sont vérifiées :
1. L’application ( x, y) 7→ q( x + y) − q( x) − q( y) est bilinéaire.
2. Pour tout x ∈ E et λ ∈ K, q(λ x) = λ2 q( x).
21
2.2 Forme positive et forme définie positive
Réciproquement, supposons que les deux conditions du théorème sont vérifiées. Pour
1
x, y ∈ E , on pose ϕ( x, y) = ( q( x + y) − q( x) − q( y)). Clairement ϕ( x, y) = ϕ( y, x), donc ϕ est
2
une forme bilinéaire symétrique, de plus ϕ( x, x) = 12 ( q(2 x) − 2 q( x)) = 12 (4 q( x) − 2 q( x)) =
q( x). D’où le résultat.
Définition 2.8.
Remarque : Une forme q est définie positive si, elle est positive et si de plus, ∀ x ∈ E ,
on a ; q( x) = 0 ⇒ x = 0.
Exemples :
n
xk yk est définie positive sur Rn .
X
1. La forme bilinéaire ( x, y) 7→
k=1
Z 1
2. Sur l’espace vectoriel E = C ([0, 1], R), la forme bilinéaire ( f , g) 7→ f ( t) g( t) dt est
0
définie positive.
3. Sur E = Mn (R), la forme bilinéaire ( A, B) 7→ tr( t AB) est définie positive.
4. Sur E = R3 , la forme bilinéaire ( x, y) 7→ x1 y1 + x3 y3 est positive, mais elle n’est pas
définie !.
Si de plus ϕ est définie positive, l’inégalité est une égalité si, et seulement si,
la famille ( x, y) est liée.
22
C HAPITRE 2 : Formes quadratiques
Premier cas : Supposons d’abord que q( y) ̸= 0 (dans ce cas f est de degré 2). Comme q
positive, on a donc ∀ t ∈ R, f ( t) ≥ 0. La fonction f ne change pas le signe, par suite son
discriminant est négatif, c’est-à-dire ∆ = 4ϕ( x, y)2 − 4 q( x) q( y) ≤ 0. Il en résulte alors
que ϕ( x, y)2 ≤ q( x) q( y).
On suppose de plus que q est définie positive. Si l’égalité a lieu c’est-à-dire ∆ = 0,
dans ce cas f admet une unique racine réel λ. On a f (λ) = 0, donc q( x + λ y) = 0, d’où
x + λ y = 0. Ainsi la famille ( x, y) est liée.
Réciproquement, si la famille ( x, y) est liée, alors il existe λ ∈ R tel que x = λ y, donc
ϕ( x, y)2 = λ2 ϕ( y, y)2 = λ2 ϕ( y, y)ϕ( y, y) = ϕ(λ y, λ y)ϕ( y, y) = q( x) q( y).
Deuxième cas : Supposons que q( y) = 0. Dans ce cas f ( t) = q( x) + 2 tϕ( x, y) c’est-à-dire
f est une fonction polynôme de degré inférieur ou égal à 1. Comme elle ne change
pas de signe, cette fonction polynôme est constate, c’est-à-dire ϕ( x, y) = 0. On a donc
¢2
ϕ( x, y) = 0 ≤ q( x) q( y) = 0. En fait l’inégalité est une égalité, et si de plus q est définie
¡
Corollaire 2.10.
Démonstration : On a
p
q( x + y) = q( x) + 2ϕ( x, y) + q( y) ≤ q( x) + 2 q( x) q( y) + q( y)
³p p ´2
≤ q( x) + q( y)
D’où le résultat.
p
Remarque : Si q est une forme quadratique définie positive sur E alors q est une
norme sur E .
23
2.3 Matrice d’une forme bilinéaire
Définition 3.11.
Avec les notations précédente, la matrice M = (ϕ( e i , e j ))1≤ i≤n s’appelle la ma-
1≤ j ≤ n
trice de ϕ dans la base B on la note MB (ϕ). La matrice d’une forme quadra-
tique q dans la base B est la matrice de sa forme polaire (forme bilinéaire
symétrique associée) dans la base B .
Exemples :
1. Sur E = R3 , la matrice de la forme bilinéaire ( x, y) 7→ x1 y1 + 2 x1 y2 − x2 y1 + x3 y3
1 2 0
Proposition 3.12.
n X
X n n X
X n
ϕ( x, y) = x i y j ϕ( e i , e j ) = x i y j ϕ( e j , e i )
i =1 j =1 i =1 j =1
Xn n
X
= ϕ( yj e j, x i e i ) = ϕ( y, x).
j =1 i =1
Corollaire 3.13.
24
C HAPITRE 2 : Formes quadratiques
Proposition 3.14.
x1 y1
.. ..
. .
Démonstration : Soient x, y ∈ E et posons X = x i et Y =
yi . On a
.. ..
. .
xn yn
n
X
y j ϕ( e 1 , e j )
j=1
..
.
n
X
ϕ
MY =
y j ( e , e
i j )
j=1
.
..
X n
y j ϕ( e n , e j )
j =1
à !
n n n
n X
t
X X X
Donc X MY = xi y j ϕ( e i , e j ) = x i y j ϕ( e i , e j ) = ϕ( x, y)
i =1 j =1 i =1 j =1
Définition 3.16.
Deux matrices M, N ∈ Mn (K) sont dites congruentes si elle existe une matrice
inversible P ∈ Mn (K) telle que M = t P NP .
25
2.4 Orthogonalité
Proposition 3.17.
2.4 Orthogonalité
2.4.1 Vecteurs et sous espaces orthogonaux
Définition 4.18.
Proposition 4.19.
26
C HAPITRE 2 : Formes quadratiques
Corollaire 4.20.
⊥
Démonstration : F = Vect( e 1 , . . . , e p ). Donc F ⊥ q = (Vect( e 1 , . . . , e p )) q
= ({ e 1 , . . . , e p })⊥ q .
D’où le résultat.
Définition 4.21.
Soit q une forme quadratique sur un K-espace vectoriel E . On dit qu’un vec-
teur x est isotrope relativement à q si q( x) = 0 ( i.e x est q-orthogonal à lui
même). L’ensemble des vecteurs isotropes relativement à q est appelé le cône
isotrope de q et se note C( q). Ainsi C( q) = { x ∈ E / q( x) = 0}.
Remarque : En général, le cône isotrope n’est pas un sous espace vectoriel, comme
le montre l’exemple suivant : On considère sur R2 la forme quadratique q( x) = x1 x2 .
On a C( q) = { x = ( x1 , x2 ) ∈ R2 / x1 = 0 ou x2 = 0} = Vect((1, 0)) ∪ Vect((0, 1)) qui n’est pas
un sous espace vectoriel de R2 .
Remarque : Si q est une forme quadratique sur un espace vectoriel réel, alors elle
est définie si, et seulement si, C( q) = {0}.
Définition 4.22.
27
2.4 Orthogonalité
espace vectoriel
ker q = E ⊥ q = { x ∈ E / ϕ( x, y) = 0 , ∀ y ∈ E }
Remarque : Soit q une forme quadratique sur E de forme polaire ϕ. Alors q induit
une forme quadratique q sur E / ker q, elle est définie par q( x) = q( x), dont la forme
polaire est donnée par ϕ( x, y) = ϕ( x, y). Notons que q est bien définie, en effet ; si x = y,
alors x = y + z où z ∈ ker q. Par suite q( x) = q( y + z) = q( y) + q( z) = q( y), car q( z) =
ϕ( z, z) = 0.
Proposition 4.23.
Soit q une forme quadratique sur un K-espace vectoriel. Alors ker q ⊆ C( q).
Démonstration : Immédiate.
Définition 4.24.
Soit q une forme quadratique sur un K-espace vectoriel E . On dit que q est
non dégénérée si ker q = {0}, dans le cas contraire on dit qu’elle est dégénérée.
Proposition 4.25.
Théorème 4.26.
28
C HAPITRE 2 : Formes quadratiques
est non dégénérée, on a donc x = 0. Les deux espaces vectoriels E et E ∗ ont même
dimension, donc u est un isomorphisme.
Soit H le sous espace vectoriel de E ∗ défini par,
H = { l ∈ E ∗ / l ( y) = 0 , ∀ y ∈ F }
Nous allons démontrer que dim H = dim E − dim F et on conclus par le fait que les
deux espaces vectoriels H et F ⊥ sont isomorphes. Soit ( e 1 , . . . , e p , e p+1 , . . . , e n ) une base
adaptée à F de sorte que ( e 1 , . . . , e p ) soit une base de F . Clairement e∗p+1 , . . . , e∗n ∈ H .
n n
l ( e k ) e∗k = l ( e k ) e∗k car pour 1 ≤ k ≤ p, l ( e k ) =
X X
Soit maintenant l ∈ H , on a l =
k=1 k= p+1
0, il vient alors que ( e∗p+1 , . . . , e∗n ) est génératrice de H , comme elle est libre il s’agit
donc d’une base de H . On en déduit que dim H = n − p = dim E − dim F . On montre
que l’application u induit un isomorphisme de F ⊥ sur H . Soit x ∈ F ⊥ et y ∈ F , on a
u( x)( y) = ϕ x ( y) = ϕ( x, y) = 0, donc u( x) ∈ H . Soit l ∈ H , on sait qu’il existe x ∈ E tel que
l = u( x) = ϕ x . Pour y ∈ F , on a ϕ( x, y) = ϕ x ( y) = l ( y) = 0, donc x ∈ F ⊥ . Finalement les
deux espaces F ⊥ et H sont isomorphes, d’où dim F ⊥ = dim H = dim E − dim F .
Corollaire 4.27.
Il est clair que dim F ′ = dim(F + ker q) − dim ker q. Par conséquent dim E = dim(F +
ker q) + dim F ′⊥ . Remarquons que F ′⊥ = F ⊥ / ker q, donc
29
2.5 Réduction des formes quadratiques
Proposition 4.29.
ker u = { x ∈ E /ϕ x = 0} = { x ∈ E / ∀ y ∈ E, ϕ( x, y) = 0} = ker q.
Théorème 4.30.
Démonstration :
1. Soit x ∈ E , notons X la matrice de x dans la base B . De même si y ∈ E notons
Y sa matrice dans la base B . Alors x ∈ ker v si, et seulement si, v( x) = 0 si, et
seulement si, A X = 0 si, et seulement si, t Y A X = 0, ∀Y ∈ Mn (K) si, et seulement
si, ϕ( x, y) = 0, ∀ y ∈ E si, et seulement si, x ∈ ker q.
2. rg q = dim E − dim ker q = dim E − dim ker v = rg v = rg A .
3. q non dégénérée si, et seulement si, ker q = 0 si, et seulement si, rg q = dim E .
4. q non dégénérée si, et seulement si, rg q = dim E si, et seulement si, rg A = dim E
si, et seulement si, A est inversible.
Définition 5.31.
30
C HAPITRE 2 : Formes quadratiques
Proposition 5.32.
ϕ( x, e 1 ) ϕ( x, e 1 )
µ ¶
x= e1 + x − e1 ∈ D + D⊥
q( e 1 ) q( e 1 )
D’où E = D ⊕ D ⊥ et en particulier dim D ⊥ = n. Soit maintenant q′ la forme quadratique
induite par q sur le sous espace vectoriel D ⊥ . D’après l’hypothèse de récurrence D ⊥
admet une base q′ -orthogonale B ′ = ( e 2 , . . . , e n+1 ). Il est clair que B = ( e 1 , e 2 , . . . , e n+1 )
est une base q-orthogonale de E .
Corollaire 5.34.
31
2.5 Réduction des formes quadratiques
32
C HAPITRE 2 : Formes quadratiques
Exemples :
1. Soit E = R2 et q la forme quadratique définie par q( x, y) = x2 + x y. On a
q( x, y) = x2 + x y + 41 y2 − 14 y2 = ( x + 21 y)2 − 41 y2 = l 1 ( x, y)2 − 41 l 2 ( x, y)2
dont l’inverse P −1 = 21 − 21
0 est la matrice de passage de la base canonique
1 1
2 2 −1
B à la base B , on en déduit que e′1 = (0, 12 , 12 ) , e′2 = (0, − 21 , 12 ) et e′3 = (1, 0, −1)
′
Proposition 5.36.
r
X
Démonstration : Soit ϕ la forme polaire de q. Clairement ϕ( x, y) = λ i l i ( x) l i ( y).
i =1
r
Si x ∈ ∩ri=1 ker l i , alors pour tout y ∈ E , ϕ( x, y) =
X
l i ( x) l i ( y) = 0, donc x ∈ ker q. Ré-
i =1
r
X
ciproquement, soit x ∈ ker q, pour tout y ∈ E , on a l i ( x) l i ( y) = 0, autrement dit
i =1
r
X
l i ( x) l i = 0, or la famille ( l 1 , . . . , l r ) est libre, on a donc l 1 ( x) = . . . = l r ( x) = 0, par
i =1
conséquent x ∈ ∩ri=1 ker l i .
33
2.6 Exercices
λ2i q( e i ) = 0, par conséquent les λ i sont tous nuls, d’où x = 0. Donc dim(F + G ) =
X
q(e i )>0
dim F + dim G = s + n − s′ ≤ dim E = n, d’où s ≤ s′ . Avec un raisonnement analogue on
obtient s′ ≤ s, d’où s = s′ , puis t = rg q − s = rg q − s′ = t′ .
2.6 Exercices
Exercice 1
34
C HAPITRE 2 : Formes quadratiques
Corrigé :
1. Immédiate.
2. q(P ) = 2P (0)P (2) + P (1)2 .
3. Pour P = X − 1, on a q(P ) = −2 < 0, donc ϕ n’est pas positive.
Exercice 2
n
Soit E = R[ X ] et ϕ : E × E → R l’application définie par ϕ(P,Q ) =
X
P ( k)Q ( k).
k=0
1. Montrer que ϕ est une forme bilinéaire symétrique sur E .
2. ϕ est-elle positive, définie positive ?
Corrigé :
1. Immédiate.
n
2. Pour P ∈ R[ X ], on a ϕ(P, P ) = P ( k)2 , donc ϕ est positive. Par ailleurs, pour
X
k=1
n
Y
P= ( X − k), on a ϕ(P, P ) = 0, donc ϕ n’est pas définie.
k=0
Exercice 3
Corrigé :
1. L’application ( M, N ) 7→ q( M + N ) − q( M ) − q( N ) = 2 tr( M ) tr( N ) est bilinéaire. De
plus, pour λ ∈ R, on a q(λ M ) = λ2 q( M ). Donc q est une forme quadratique sur E .
Il est clair que q est positive ( q( M ) = tr( M )2 ≥ 0). La forme bilinéaire symétrique
associée est donnée par ϕ( M, N ) = tr( M ) tr( N ).
2. On rappelle que si A, B ∈ Mn (K) alors tr( AB) = tr(BA ).
L’application ( M, N ) 7→ q( M + N ) − q( M ) − q( N ) = 2 tr( MN ) est bilinéaire. De plus,
pour λ ∈ R, on a q(λ M ) = λ2 q( M ). Donc q est une forme quadratique sur E . La
forme bilinéaire symétrique associée est donnée par ϕ( M, N ) = tr( MN ).
Exercice 4
Soit E une R espace vectoriel et ϕ, ψ deux formes linéaires sur E . Montrer que
l’application
q : x 7→ ϕ( x)ψ( x)
est une forme quadratique sur E . Déterminer ker q. (Ind : Distinguer les deux cas
(ϕ, ψ) libre ou liée).
35
2.6 Exercices
Corrigé : Pour ( x, y) ∈ E 2 , on pose s( x, y) = 12 (ϕ( x)ψ( y) + ϕ( y)ψ( x)). Il est clair que s est
une forme bilinéaire symétrique sur E et que pour tout x ∈ E , s( x, x) = q( x). L’applica-
tion q est donc une forme quadratique sur E . Nous allons distinguer deux cas selon
que la famille (ϕ, ψ) est libre ou liée.
Premier cas : la famille (ϕ, ψ) est libre : x ∈ ker q si, et seulement si, pour tout y ∈
E , ϕ( x)ψ( y) + ϕ( y)ψ( x) = 0 si, et seulement si, ϕ( x)ψ + ψ( x)ϕ = 0. Puisque la famille
(ϕ, ψ) est libre, la dernière égalité est équivalente à ϕ( x) = ψ( x) = 0, autrement dit
x ∈ ker ϕ ∩ ker ψ. Ainsi ker q = ker ϕ ∩ ker ψ.
Deuxième cas : la famille (ϕ, ψ) est liée. Dans ce cas il existe λ ∈ R tel que ϕ = λψ ou
ψ = λϕ. Sans perte de généralité, on peut supposer que ψ = λϕ. Notons dans ce cas
que s( x, y) = λϕ( x)ϕ( y). Si ϕ = 0 ou λ = 0, alors ker q = E = ker ϕ. Si ϕ ̸= 0 et λ ̸= 0, alors
x ∈ ker q si, et seulement si, ∀ y ∈ E , λϕ( x)ϕ( y) = 0 si, et seulement si, ϕ( x)ϕ = 0 si, et
seulement si, x ∈ ker ϕ. Ainsi ker q = ker ϕ.
Exercice 5
q( x) = x12 − x2 + x3
Corrigé :
1. Pour x = ( x1 , x2 , x3 ), y = ( y1 , y2 , y3 ) ∈ R3 , on a ϕ( x, y) = x1 y1 . On peut vérifier sans
aucune difficulté que ϕ est une forme bilinéaire symétrique.
2. Pour x = (0, 0, 1) et λ = 2, on a q(λ x) = 2 mais λ2 q( x) = 4. Donc q n’est pas une
forme quadratique.
Exercice 6
q( M + N ) − q( M ) − q( N ) = ad ′ + a′ d − bc′ − b′ c
36
C HAPITRE 2 : Formes quadratiques
ϕ( M, N ) = 21 (ad ′ + a′ d − bc′ − b′ c)
0 12
0 0
1
0 0 − 2 0
MB c ( q) =
0 − 21 0 0
1
2 0 0 0
q( M ) = ad − bc = 41 (a + d ) − 14 (a − d ) − 14 ( b + c) + 41 ( b − c)
Exercice 7
Z 1
Soit E = Rn [ X ], et q : E → R l’application définie par q(P ) = P ( t)P ′ ( t) dt.
0
1. Montrer que q est une forme quadratique sur E .
2. Déterminer la forme bilinéaire associée à q.
3. Dans cette question n = 2. Déterminer la signature de q ainsi une base
orthogonale pour q.
Corrigé :
Z 1
1. L’application (P,Q ) 7→ q(P + Q ) − q(P ) − q(Q ) = (P ( t)Q ′ ( t) + Q ( t)P ′ ( t)) dt est bili-
0
néaire, de plus, pour tout λ ∈ R, q(λP ) = λ2 q(P ). donc q est une forme quadratique
sur E .
2. La forme bilinéaire associée à q est donnée par ;
Z 1
1
ϕ(P,Q ) = 2 (P ( t)Q ′ ( t) + Q ( t)P ′ ( t)) dt
0
37
2.6 Exercices
P = 1 0 0
0 0 1
P −1 = 1 −1 −1
0 0 1
Exercice 8
Corrigé :
1. L’application ( f , g) 7→ q( f + g) − q( f ) − q( g) = tr( f g) est une forme bilinéaire, de
plus, pour tout λ ∈ R, q(λ f ) = λ2 q( f ), ainsi q est une forme quadratique sur L (E ).
2. Soit f ∈ ker q. Pour tout g ∈ L (E ), tr( f g) = 0. Soit B une base quelconque de E
et A = MB ( f ). Soit g l’endomorphisme de E dont la matrice dans la base B est
la matrice t A , alors tr( t AB) = tr( g f ) = 0. On a donc a2i j = 0, où les a i j sont
X
1≤ i, j ≤ n
les coefficients de la matrice A . Par conséquent A = 0. On en déduit que f = 0. Ce
qui signifie que la forme quadratique q est non dégénérée.
Exercice 9
A = 1 2 3
1 3 5
38
C HAPITRE 2 : Formes quadratiques
Corrigé :
1. Pour x = ( x1 , x2 , x3 ), y = ( y1 , y2 , y3 ) ∈ R3 , on a
ϕ( x, y) = x1 y1 + x1 y2 + x1 y3 + x2 y1 + 2 x2 y2 + 3 x2 y3 + x3 y1 + 3 x3 y2 + 5 x3 y3
et
q( x) = x12 + 2 x22 + 5 x32 + 2 x1 x2 + 2 x1 x3 + 6 x2 x3
x
Exercice 10
Corrigé :
1. Si x ∈ N := ker q, alors ∀ y ∈ E , ϕ( x, y) = 0, en particulier pour tout y ∈ F , ϕ( x, y) =
0, ainsi x ∈ F ⊥ .
2. Si x ∈ F ⊥ et y ∈ G , alors y = yF + yN où yF ∈ F et yN ∈ N , donc ϕ( x, y) = ϕ( x, y) =
ϕ( x, yF ) + ϕ( x, yN ) = 0, par conséquent, y ∈ (G / N )⊥ . Ainsi F ⊥ / N ⊆ (G / N )⊥ . Ré-
ciproquement, soit x ∈ (G / N )⊥ . Pour tout y ∈ F ⊥ , on a ϕ( x, y) = ϕ( x, y) = 0 car
y ∈ F / N ⊆ G / N . On en déduit que (G / N )⊥ = F ⊥ / N .
3. D’après le résultat de la première question, on a N ⊆ F ⊥⊥ , d’autre part, on a
F ⊆ F ⊥⊥ , donc G = F + N ⊆ F ⊥⊥ . Si on pose G ′ = F ⊥ +
¡ N′ , alors
′
¢⊥ G ⊥⊥ = F ⊥ car N ⊆ F ⊥ .
D’après le résultat de la question précédente on a G / N = F / N . En particu-
¢⊥
lier dim G ′ / N = dim F ⊥⊥ / N . Or ϕ est non dégénérée, on a
¡
¢⊥
dim G ′ / N = dim(E / N ) − dim(G ′ / N ) = dim E − dim G ′ = dim E − dim F ⊥
¡
39
2.6 Exercices
Exercice 11
Z 1
Soit E = Rn [ X ], pour tous P,Q ∈ E , on pose ϕ(P,Q ) = tP ( t)Q ′ ( t) dt et q(P ) =
0
ϕ(P, P ).
1. Montrer que ϕ est une forme bilinéaire. Est-elle symétrique ?
2. Montrer que q est une forme quadratique. Est-elle définie ?
3. Calculer la matrice de q dans la base canonique de E .
4. Pour n = 1, déterminer la signature de q.
5. Pour n = 1, déterminer une base q-orthogonale de E .
Corrigé :
Z 1
1. La bilinéarité est immédiate. Remarquons que ϕ( X , 1) = 0 et ϕ(1, X ) = tdt = 12 ,
0
autrement dit ϕ( X , 1) ̸= ϕ(1, X ), donc ϕ n’est pas symétrique.
2. ϕ étant bilinéaire et q(P ) = ϕ(P, P ), donc q est une forme quadratique. On a
q(1) = ϕ(1, 1) = 0, donc q n’est pas définie.
3. D’abord, la forme polaire de q est donnée par ;
Z 1 Z 1
1 1 ′ ′ 1
ψ(P,Q ) = 2 (ϕ(P,Q ) + ϕ(Q, P )) = 2 t(P ( t)Q ( t) + Q ( t)P ( t)) dt = 2 t(PQ )′ dt
0 0
Pour P = x + yX ∈ R1 [ X ], on a
1 2 1
q(P ) = y + xy
3 2
En appliquant la réduction de Gauss, on obtient
q(P ) = 13 ( y + 43 x)2 − 16
3 2
x
40
C HAPITRE 2 : Formes quadratiques
5. On pose l 1 ( x, y) = 34 x + y et l 2 ( x, y) = x. On a q( x + yX ) = 31 ( l 1 ( x, y))2 − 16
3
( l 2 ( x, y))2 .
De plus ( l 1 , l 2 ) est une base de E . Soit maintenant (ε1 , ε2 ) la base antéduale de
( l 1 , l 2 ) (c’est une base orthogonale). Si on pose ε1 = a + bX , alors b + 34 a = 1 et
a = 0, d’où ε1 = X . Par un raisonnement analogue, on obtient ε2 = 1 − 43 X .
Exercice 12
Corrigé :
1. Une réduction de Gauss de q :
q( x, y, z) = x2 − 14 ( y + z)2 + 41 ( y − z)2
q( x, y, z) = ( x + z)( y + z) − z2 = 41 ( x + y + 2 z)2 − 14 ( x − y) − z2
q( x, y, z) = x2 − y2 + 2 z y = x2 − ( y − z)2 + z2
q( x, y, z, t) = x2 − yz − 2 zt + t2 = x2 + ( t − z)2 − z2 − yz
= x2 + ( t − z)2 − ( z − 21 y)2 + 41 y2
41
2.6 Exercices
q( x, y, z, t) = 2 x y + 2 zt − 2 yz − 2 xt = 2( y − t)( x − z)
= 1
2 (x + y − z − t)2 − 12 (− x + y + z − t)2
Exercice 13
q( x, y, z) = 2 x2 + 2 y2 + 2 z2 + 2 x y + 2 yz + 2 xz
Corrigé :
1. Remarquons d’abord que q( x, y, z) = ( x + y)2 + ( x + z)2 + ( y + z)2 ≥ 0. De plus si
q( x, y, z) = 0 alors x + y = x + z = y + z = 0, donc x = y = z = 0 c’est-à-dire ( x, y, z) = 0.
Ainsi q est définie positive.
2. Notons B = ( e 1 , e 2 , e 3 ) la base canonique de R3 . On a q( x, y, z) = ( x + y)2 + ( x + z)2 +
( y + z)2 = ( l 1 ( x, y, z))2 + ( l 2 ( x, y, z))2 + ( l 3 ( x, y, z))2 , où l 1 ( x, y, z) = x + y, l 2 ( x, y, z) =
x + z et l 3 ( x, y, z) = y+ z autrement dit l 1 = e∗1 + e∗2 , l 2 = e∗1 + e∗3 et l 3 = e∗2 + e∗3 . Notons
que la famille ( l 1 , l 2 , l 3 ) est une base de l’espace dual (R3 )∗ , soit maintenant B ′ =
(v1 , v2 , v3 ) sa base anté duale, de sorte que B ′∗ = ( l 1 , l 2 , l 3 ). La matrice de passage
de la base B ∗ à la base B ′∗ est
1 1 0
P B∗ = 1 0 1
′∗
B
0 1 1
Exercice 14
42
C HAPITRE 2 : Formes quadratiques
Corrigé :
1. Supposons que q est positive. On sait que ker q ⊆ C( q). Soit x ∈ C( q) ¡c’est-à-dire
¢2
q( x) = 0. Si y ∈ E , alors d’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz, on a ϕ( x, y) ≤
q( x) q( y) = 0 où ϕ est la forme polaire de q, ainsi ϕ( x, y) = 0, d’où x ∈ ker q. Par
conséquent ker q = C( q).
Si q est négative, alors − q est positive et dans ce cas ker(− q) = C(− q), mais
ker(− q) = ker q et C(− q) = C( q), donc ker q = C( q).
2. (a) On a E = F ⊕ker q, donc il existent ( u′ , u′′ ), (v′ , v′′ ) ∈ F ×ker q tels que u = u′ + u′′
et v = v′ + v′′ . On a donc q( u) = q( u′ + u′′ ) = q( u′ ) car u′′ ∈ ker q et de même
q(v) = q(v′′ ). D’où q( u′ ) < 0 et q(v′ ) > 0.
(b) Soit (α, β) ∈ R2 tel que α u′ + βv′ = 0. On a q(α u′ ) = q(−βv′ ), donc α2 q( u′ ) =
β2 q(v′ ). Puisque q( u′ ) < 0 et q(v′ ) > 0, il vient que α = β = 0. Ainsi la famille
( u′ , v′ ) est libre.
(c) Si on note ϕ la forme polaire de q, alors pour tout t ∈ [0, 1], on a
La fonction h est donc polynomiale en t, par conséquent elle est continue sur
le segment [0, 1].
(d) On a h(0) = q(v′ ) > 0 et h(1) = q( u′ ) < 0, d’après le théorème de valeurs in-
termédiaires, il existe t 0 ∈ [0, 1] tel que h( t 0 ) = 0. En particulier pour w =
t 0 u′ + (1 − t 0 )v′ , on a q(w) = h( t 0 ) = 0. De plus, si w = 0 alors t 0 u′ + (1 − t 0 )v′ = 0,
par conséquent t 0 = 0 et 1 − t 0 car la famille ( u′ , v′ ) est libre. ce qui est impos-
sible, donc w ̸= 0.
D’une part, on a w = t 0 u′ + (1 − t 0 )v′ ∈ F et d’autre part q(w) = 0 signifie que
w ∈ C( q) = ker q, donc w ∈ F ∩ ker q = {0}, c’est-à-dire w = 0, qui est donc une
contradiction.
(e) L’hypothèse, q change le signe, aboutie à une contradiction. On en déduit que
la forme quadratique q ne change pas le signe c’est-à-dire q est positive ou q
négative.
43
2.6 Exercices
Exercice 15
q( x, y, z) = x2 + 4 x y + 6 xz + 4 y2 + 16 yz + 9 z2
Corrigé :
1. L’application définie pour u = ( x, y, z), v = ( x′ , y′ , z′ ) ∈ R3 par ,
est une forme bilinéaire symétrique, de plus ϕ( u, u) = q( u), donc q est une forme
quadratique sur R3 , dont la forme polaire est l’application ϕ.
2. La matrice de q dans la base canonique de R3 est ;
1 2 3
2 4 8
3 8 9
3. Décomposition de q ;
44
C HAPITRE 2 : Formes quadratiques
Exercice 16
Soient f 1 , . . . , f n , n fonctions
Z 1
continues sur [0, 1] à valeurs dans R. Pour i, j ∈
[[1, n]], on pose α i j = f i ( t) f j ( t) dt, puis pour x = ( x1 , . . . , xn ) ∈ Rn , q( x) =
X 0
αi j xi x j .
1≤ i, j ≤ n
1. Montrer que q est une forme quadratique.
2. Montrer que q est positive.
3. Montrer que si la famille ( f 1 , . . . , f n ) est libre alors q est définie positive.
4. Montrer que si q est définie positive alors la famille ( f 1 , . . . , f n ) est libre.
5. Écrire la matrice de q dans la base canonique de Rn dans le cas particulier
f i ( t) = t i−1 .
Corrigé :
Z 1
1. Pour i, j ∈ [[1, n]], remarquons que α i j x i x j = x i f i ( t) x j f j ( t) dt, donc
0
Z 1 X Z n X
1X n
q ( x) = x i f i ( t) x j f j ( t) dt = x i f i ( t) x j f j ( t) dt
0 1≤ i, j ≤ n 0 j =1 i =1
à ! à !à !
Z n
1X n
X Z 1 n
X n
X
= x i f i ( t) x j f j ( t) dt = x i f i ( t) x j f j ( t) dt
0 j =1 i =1 0 i =1 j =1
à !2
Z 1 n
X
= x i f i ( t) dt
0 i =1
à !à !
Z 1 n
X n
X
L’application ϕ : ( x, y) 7→ x i f i ( t) y j f j ( t) dt est une forme bilinéaire
0 i =1 j =1
symétrique sur Rn , de plus ϕ( x, x) = q( x). Donc q est une forme quadratique sur
Rn , dont la forme polaire est ϕ.
Z 1 ÃX !2
n
2. Pour x ∈ Rn , on a q( x) = x i f i ( t) dt ≥ 0. Donc q est positive.
0 i =1
3. Supposons que la famille ( f 1 , . . . , f n ) est libre. Soit x = ( x1 , . . . , xn ) ∈ Rn tel que
Z 1 ÃX !2 Ã !2
n n
X
q( x) = 0 c’est-à-dire x i f i ( t) dt = 0. Puisque la fonction t 7→ x i f i ( t)
0 i =1 i =1
à !2
n
X n
X
est continue positive sur [0, 1], on a donc xi f i = 0, donc x i f i = 0. De la
i =1 i =1
liberté, il vient que x1 = . . . = xn = 0, autrement dit x = 0. Ainsi q est définie
positive.
n
4. Supposons que q est définie positive. Soit (λ1 , . . . , λn ) ∈ Rn tel que
X
λ i f i = 0. On a
i =1
Z 1 ÃX !2
n
q(λ1 , . . . , λn ) = λ i ( t) dt = 0. la forme quadratique q étant définie positive,
0 i =1
45
2.6 Exercices
Corrigé :
1. q(ε1 ) = q( e 1 + e 2 ) = q( e 1 ) + 2ϕ( e 1 , e 2 ) + q( e 2 ) = 0.
2. On pose ε2 = α e 1 + β e 2 . La condition q( e 2 ) = 0 est équivalente à α2 − β2 = 0 et
la condition ϕ(ε1 , ε2 ) = 1 est équivalente à α − β = 1. On trouve α = 21 et β = 21 ,
c’est-à-dire ε2 = 12 e 1 − 21 e 2 .
3. Soit (α, β) ∈ R2 tel que αε1 + βε2 = 0. On a
0 = ϕ(ε1 , αε1 + βε2 ) = α q(ε1 ) + βϕ(ε1 , ε2 ) = β
De même, 0 = ϕ(ε2 , αε1 + βε2 ) = α. Donc la famille (ε1 , ε2 ) est libre, et puisque E
est de dimension 2, la famille (ε1 , ε2 ) est une base de E .
µ ¶
0 1
4. MB ( q) =
′ .
1 0
Exercice 18
Corrigé :
46
C HAPITRE 2 : Formes quadratiques
Exercice 19
47
2.6 Exercices
Corrigé :
1. rg q = p + n − p = n.
2. Puisque la signature de q est ( p, n − p), il existe une base (v1 , . . . , vn ) telle que
v
q(v i ) > 0 si 1 ≤ i ≤ p et q(v i ) < 0 si p + 1 ≤ i ≤ n. Pour 1 ≤ i ≤ p, on pose e i = p i
q(v i )
vi
et si p + 1 ≤ i ≤ n, on pose e i = p , enfin B = ( e 1 , . . . , e n ). Il est clair que B est
− q(v i )
vi 1
une base q-orthogonale. De plus, si 1 ≤ i ≤ p, on a q( e i ) = q( p )= q(v i ) q(v i ) = 1,
q(v i )
vi 1
et si p + 1 ≤ i ≤ n, on a q( e i ) = q( p )= − q(v i )
q(v i ) = −1. Ainsi la matrice de q
− q(v i )
dans la base B est la matrice
µ ¶
Ip 0
J=
0 − I n− p
ϕ( x, y) = ϕ( u( x), u( y)) = t ( A X ) J ( AY ) = t X t A J A Y
¡ ¢
Donc t A J A = J .
(b) Puisque t A A = I n , la matrice t A est la matrice inverse de A . De l’égalité
t
A J A = A , il vient que A −1 J A = A , ainsi J A = A J .
(c) On a A J = J A c’est-à-dire
µ ¶µ ¶ µ ¶µ ¶
B C Ip 0 Ip 0 B C
=
D E 0 − I n− p 0 − I n− p D E
½
−C = C
Donc , ainsi C = 0 et D = 0.
D = −D
µt ¶µ ¶ µ ¶
t B 0 B 0 Ip 0
(d) Puisque A A = I n , on a donc t = In = , par consé-
0 E 0 E 0 I n− p
t t
quent BB = I p et EE = I n− p
4. Notons d’abord que I n ∈ O n (R). Si M, N ∈ O n (R), alors
t
( MN ) = t N t M = N −1 M −1 = ( MN )−1
Donc MN ∈ O n (R). Ainsi O n (R) est un sous groupe de Gln (R). En particulier O n (R)
est un groupe. Pour O ( q) voir l’exercice 18.
5. Remarquons d’bord que J 2 = I n , autrement dit J est une matrice inversible et
J −1 = J . Si M ∈ O p,n− p (R), alors ( J t M J ) M = I n , ainsi la matrice M ∈ Gln (R), donc
O p,n− p (R) ⊆ Gln (R). On a t I n J I n = J , donc I n ∈ O p,n− p (R). Soient M, N ∈ O p,n− p (R).
48
C HAPITRE 2 : Formes quadratiques
t
( MN ) J ( MN ) = t N ( t M J M ) N = t N J N = J
Donc MN ∈ O p,n− p (R). On en déduit que O p,n− p (R) est un sous groupe de Gln (R).
On considère l’application ϕ : O ( q) → O p,n− p (R) définie par ϕ( u) = MB ( u) où B
est la base définie à la question 2. Si u, v ∈ O (a), alors
q ( u ( x) = t ( M X ) J ( M X ) = t X ( t M J M ) X = t X J X = q ( x)
Donc q ∈ O ( q), par conséquent M = ϕ( u). On en déduit alors que ϕ est un mor-
phisme surjectif, par suite ϕ est un isomorphisme de groupes.
6. Soit ψ : O p (R) × O n− p (R) → O p,n− p (R) ∩ O n (R) l’application définie pour (B, E ) ∈
O p (R) × O n− p (R), par
µ ¶
B 0
ψ(B, E ) =
0 E
Notons que ψ est bien définie, car si (B, E ) ∈ O p (R) × O n− p (R), alors
µt ¶ µ ¶ µ ¶µ ¶ µt ¶ µ ¶
B 0 B 0 B 0 B 0 BB 0 Ip 0
t J = = = =J
0 E 0 E 0 E 0 −E 0 − t EE 0 − I n− p
et µt ¶µ ¶ µt ¶ µ ¶
B 0 B 0 BB 0 Ip 0
t = t = = In
0 E 0 E 0 EE 0 I n− p
Autrement dit ψ(B, E ) ∈ O n,n− p (R) ∩ O n (R). Si (B, E ), (B′ , E ′ ) ∈ O p (R) × O n− p (R),
alors
BB′ B 0 B′ 0
¶ µµ ¶µ ¶
′ ′ ′ 0 ′
ψ((B, E )(B , E )) = ψ(BB , EE ) = = = ψ(B, E )ψ(B′ , E ′ )
0 EE ′ 0 E 0 E′
49
2.6 Exercices
Exercice 20
Corrigé :
1. Par hypothèse, il existe e ∈ C( q) tel que e ̸∈ ker q c’est-à-dire q( e) = 0 et e ̸∈ ker ( q).
2. Il s’agit de montrer que la forme linéaire f est non nulle. Puisque e ̸∈ ker q, il
existe z ∈ E tel que ϕ( z, e) ̸= 0, donc f ( z) = ϕ( z, e) ̸= 0, ainsi f est une forme li-
néaire non nulle, par conséquent H = ker f est un hyperplan de E .
Exercice 21
Corrigé :
50
Chapitre 3
Espaces euclidiens
Les espaces vectoriels considérés dans ce chapitre sont des espaces vectoriels sur R.
Définition 1.1.
On appelle produit scalaire sur un espace vectoriel réel E toute forme bili-
néaire symétrique définie positive.
( x| y) ou x.y ou 〈 x, y〉
Exemples :
1. L’application (Rn )2 → R définie pour x = ( x1 , . . . , xn ) et y = ( y1 , . . . , yn ) par 〈 x, y〉 =
n
xk yk est un produit scalaire sur Rn appelé produit scalaire canonique.
X
k=1
2. L’application ( A, B) 7→ 〈 A, B〉 = tr( t AB) définie un produit scalaire sur Mn (R).
Z b
3. L’application ( f , g) 7→ 〈 f , g〉 = f ( t) g( t) dt définie un produit scalaire sur C ([a, b], R).
a
1 2π
Z
4. L’application ( f , g) 7→ 〈 f , g〉 = f ( t) g( t) dt définie un produit scalaire sur
2π 0
l’espace vectoriel C 2π (R, R) des fonctions continues 2π-périodique sur R.
5. L’application 〈 X , Y 〉 7→ t X Y définie un produit scalaire sur Mn,1 (R) appelé pro-
duit scalaire canonique.
Définition 1.2.
1. Un espace préhilbertien réel est un espace vectoriel réel muni d’un pro-
duit scalaire.
51
3.1 Produit scalaire sur un espace vectoriel
〈 x, y〉2 ≤ 〈 x, x〉〈 y, y〉
Exemples :
1. Cas du produit scalaire canonique : si x1 , . . . , xn , y1 , . . . , yn ∈ R, alors
à !2 à !à !
n n n
x2k yk2
X X X
xk yk ≤
k=1 k=1 k=1
2. Cas des intégrales : si f , g : [a, b] → R sont des fonctions continues que [a, b] alors
µZ b ¶2 µZ b ¶ µZ b ¶
f ( t) g( t) dt ≤ f 2 ( t) dt g2 ( t) dt
a a a
Définition 1.4.
p
Soit E un espace préhilbertien, pour x ∈ E le réel 〈 x, x〉 s’appelle la norme
p
de x et se not ∥ x∥, ainsi ∥ x∥ := 〈 x, x〉.
Proposition 1.5.
Remarque : Soit x, y ∈ E , alors |〈 x, y〉| ≤ ∥ x∥∥ y∥ avec égalité si, et seulement si, la
famille ( x, y) est liée.
Définition 1.6.
52
C HAPITRE 3 : Espaces euclidiens
|∥ x∥ − ∥ y∥| ≤ ∥ x − y∥
Proposition 1.7.
Proposition 1.8.
3.2 Orthogonalité
3.2.1 Vecteurs et sous espaces orthogonaux
Définition 2.9.
53
3.2 Orthogonalité
Proposition 2.10.
Proposition 2.11.
Définition 2.12.
x
Remarque : Si x ∈ E \ {0}, alors les deux vecteurs ± sont unitaires.
∥ x∥
Définition 2.13.
Exemple : Dans Rn muni du produit scalaire canonique, la base canonique est une
famille orthonormale.
Définition 2.14.
Une base orthonormée est une famille qui est à la fois base et famille ortho-
normée.
Proposition 2.15.
54
C HAPITRE 3 : Espaces euclidiens
Démonstration :
1. Soit ( x i )1≤ i≤ p une famille orthogonale formée de vecteurs non nuls. Soient λ1 , . . . , λ p ∈
p p
R tels que
X X
λ i x i = 0. Soit 1 ≤ j ≤ p, on a 〈 λ i x i , x j 〉 = 0, donc
i =1 i =1
p
λ j ∥ x j ∥2 +
X
λi 〈xi , x j 〉 = 0
i =1,i ̸= j
Démonstration :
1. Soit x, y ∈ E , on a ∥ x + y∥2 = ∥ x∥2 + 2〈 x, y〉 + ∥ y∥2 . Il vient alors que ∥ x + y∥2 =
∥ x∥2 + ∥ y∥2 si, et seulement si, 〈 x, y〉 = 0 si, et seulement si, x ⊥ y.
2. Soit ( x i )1≤ i≤n une famille orthogonale, on a
° °2
°X n ° X n X n X
° xi ° = 〈 xi , x j〉 = 〈xi , x j 〉
° °
° i=1 ° i =1 j =1 1≤ i, j ≤ n
n n
∥ x i ∥2
X X X
= 〈xi , xi 〉 + 〈xi , x j 〉 =
i =1 1≤ i ̸= j ≤ n i =1
Théorème 2.17.
55
3.2 Orthogonalité
Proposition 2.18.
Démonstration : Le produit scalaire est une forme non dégénérée donc dim E =
dim F + dim F ⊥ . Soit x ∈ F ∩ F ⊥ , alors 〈 x, x〉 = 0, c’est-à-dire ∥ x∥2 = 0, d’où x = 0. On en
déduit alors que E = F ⊕ F ⊥ .
Proposition 2.19.
Théorème 2.20.
Démonstration :
n
1. Soit x ∈ E et x1 , . . . , xn ∈ R tels que x =
X
x i e i (( x1 , . . . , xn ) les coordonnées de x
i =1
n
dans la base B ). Soit 1 ≤ k ≤ n, on a 〈 x, e k 〉 =
X
x i 〈 e i , e k 〉 = xk 〈 e k , e k 〉 = xk . D’où
i =1
n
X
x= 〈 x, e i 〉 e i .
i =1
n
X
2. Soient x, y ∈ E , posons x i = 〈 x, e i 〉 et yi = 〈 y, e i 〉 de sorte que x = x i e i et y =
i =1
56
C HAPITRE 3 : Espaces euclidiens
n
X
yi e i . On a donc
i =1
n
X n
X X
〈 x, y〉 = 〈 xi e i , yj e j〉 = xi y j 〈 e i , e j 〉
i =1 j =1 1≤ i, j ≤ n
n
X X
= x i yi 〈 e i , e i 〉 + xi y j 〈 e i , e j 〉
i =1 1≤ i ̸= j ≤ n
X n n
X
= x i yi = 〈 x, e i 〉〈 y, e i 〉
i =1 i =1
n n
3. ∥ x∥2 = 〈 x, x〉 = 〈 x, e i 〉2 .
X X
〈 x, e i 〉〈 x, e i 〉 =
i =1 i =1
Théorème 2.21.
Vect( e 1 , . . . , e k ) = Vect(v1 , . . . , vk )
Remarque : Lorsque (v1 , . . . , vn ) est une base de E , alors ( e 1 , . . . , e n ) est une base
orthonormale de E .
57
3.3 Projecteurs orthogonaux
Proposition 3.22.
Démonstration : Soit 1 ≤ k ≤ p, on a
p
X p
X
〈 x − 〈 x, e i 〉 e i , e k 〉 = 〈 x, e k 〉 − 〈 x, e i 〉〈 e i , e k 〉
i =1 i =1
X
= 〈 x, e k 〉 − 〈 x, e k 〉〈 e k , e k 〉 − 〈 x, e i 〉〈 e i , e k 〉
i =1,i ̸= k
= 〈 x, e k 〉 − 〈 x, e k 〉 = 0
p
〈 x, e i 〉 e i ∈ Vect( e 1 , . . . , e p )⊥ = F ⊥ .
X
Donc x −
i =1
Théorème 3.23.
Soit F est un sous espace vectoriel de dimension finie d’un espace préhilber-
tien E , alors
E = F ⊕ F⊥
Définition 3.24.
58
C HAPITRE 3 : Espaces euclidiens
p
X
Démonstration : Soit x ∈ E , on a x = x1 + x2 où x1 = ( x| e k ) e k ∈ F et x2 = x −
k=1
p p
( x| e k ) e k ∈ F ⊥ , donc p F ( x) =
X X
( x| e k ) e k .
k=1 k=1
Définition 3.27.
Théorème 3.28.
Démonstration :
1. Soit y ∈ F , remarquons que ( x − p F ( x)) ⊥ ( p F ( x) − y), donc
∥ x − y∥2 = ∥( x − p F ( x)) + ( p F ( x) − y)∥2 = ∥ x − p F ( x)∥2 +∥ p( x) − y∥2 ≥ ∥ x − p F ( x)∥2 , d’où
∥ x − p F ( x)∥ ≤ ∥ x − y∥.
2. Soit y ∈ F et supposons que ∥ x − p F ( x)∥ = ∥ x − y∥. On a ∥ x − y∥2 = ∥( x − p F ( x)) +
( p F ( x)− y)∥2 = ∥ x− p F ( x)∥2 +∥ p F ( x)− y∥2 = ∥ x− y∥2 +∥ p F ( x)− y∥2 , par suite ∥ p F ( x)−
y∥2 = 0, d’où y = p F ( x). Pour la réciproque, il n’y a rien à démontrer.
Corollaire 3.29.
d ( x, F ) = ∥ x − p F ( x)∥
59
3.4 Exercices
3.4 Exercices
Exercice 1
Corrigé :
Z 1
1. Il est clair que l’application ( f , g) 7→ f (0) g(0) + f ′ ( t) g′ ( t) dt est une forme bili-
Z 10
Exercice 2
sur E = Mn (R).
p
2. Soit A ∈ Mn (R). Montrer que | tr( A )| ≤ n tr( t A A ).
3. Soit A, B ∈ Mn (R) avec A symétrique et B antisymétrique (i.e t B = −B).
Montrer que A ⊥ B.
4. Soit F le sous espace vectoriel des matrices diagonales. Déterminer F ⊥ .
Corrigé :
60
C HAPITRE 3 : Espaces euclidiens
F ⊥ = { M ∈ Mn (R) / 1 ≤ ∀ i ≤ n, m ii = 0}
Exercice 3
Z +∞
1. Montrer que pour tout P ∈ R[ X ], l’intégrale P ( t) e− t dt converge.
0
Z +∞
2. Montrer que l’application ϕ : (P,Q ) 7→ P ( t)Q ( t) e− t dt est un produit
0
scalaire sur E = R[ X ].
3. Montrer que pour tout n ∈ N, ϕ( X n , 1) = n!.
4. Déterminer une base orthonormale de R2 [ X ].
Z +∞
¡ 3 ¢2
5. En déduire la valeur de inf t − at2 − bt − c e− t dt
a,b,c∈R 0
Corrigé :
1. Notons d’abord que la fonction t 7→ P ( t) e− t est continue sur [0,Z+∞[, de plus
+∞
lim t2 P ( t) e− t = 0 ou encore que P ( t) e− t =+∞ t12 . Donc l’intégrale P ( t) e− t dt
t→+∞ 0
converge absolument, en particulier converge.
2. On vérifie sans aucune difficulté
Z +∞ la bilinéarité et la symétrie. Par positivité de
Z +∞
2 −t
l’intégrale on a ϕ(P, P ) = P ( t) e dt ≥ 0. Si de plus ϕ(P, P ) = P ( t)2 e−1 dt =
0 0
0, alors pour tout t ∈ [0, +∞[, P ( t)2 e− t = 0 car t 7→ P ( t)2 e− t est continue et positive
sur [0, +∞[. Le polynôme P admet alors une infinité de racines, donc il est nul.
61
3.4 Exercices
D’où le résultat. Z +∞
Remarque : Notons que ϕ( X i , X j ) = t i+ j e− t = ϕ( X i+ j , 1) = ( i + j )!.
0
4. La famille (1, X ; X 2 ) est une base de R2 [ X ], après l’orthonormalisation par le
procédé de Schmidt, on obtient
P0 = 1 , P1 = X − 1 , P3 = 21 X 2 − 2 X + 1
D’autre part, on a
2
p R2 [X ] ( X 3 ) = ϕ(P k , X 3 )P k = 6 + 18( X − 1) + 18( 12 X 2 − 2 X + 1) = 6 − 18 X + 9 X 2
X
k=0
Z +∞ ¡ ¢2
Ainsi inf t3 − at2 − bt − c e− t dt = ∥ X 3 ∥2 − ∥6 − 18 X + 9 X 2 ∥2 = 36.
a,b,c∈R 0
Exercice 4
∥ f ( x) − f ( y)∥ = ∥ x − y∥
Corrigé :
1. Pour ( x, y) ∈ E 2 , on a ∥ f ( x)∥ = ∥ f ( x) − f (0)∥ = ∥ x − 0∥ = ∥ x∥, puis
= 〈 x, y〉
62
C HAPITRE 3 : Espaces euclidiens
Exercice 5
Z 1
Soit E = R2 [ X ], muni du produit scalaire 〈P,Q 〉 = P ( t)Q ( t) dt.
0
1. Vérifier que 〈., .〉 est bien un produit scalaire.
2. Déterminer a, b ∈ R de telle sorte que le polynôme X 2 − aX − b soit orthogo-
nale à 1 et X .
3. En déduire p R1 [X ] ( X 2 ), la projection orthogonale de X 2 sur R1 [ X ].
4. Calculer d ( X 2 , R1 [ X ]).
Corrigé :
Z 1
1. Il est clair que l’application (P,Q ) 7→ P ( t)Q ( t) dt est une forme bilinéaire symé-
Z 1 0
Z 1
2
trique, et P ( t) dt ≥ 0. De plus si P 2 ( t) = 0, alors pour tout t ∈ [0, 1], P 2 ( t) = 0
0 0
car la fonction t 7→ P 2 ( t) est continue positive sur [0, 1]. Ainsi, pour tout t ∈ [0, 1],
P ( t) = 0. Le polynôme P possède alors une infinité de racines, donc il est nul.
Z 1
2
2. Le polynôme X − aX − b est orthogonale à 1 et X si, et seulement si, ( t2 − at −
Z 1 0
b) dt = 0 et ( t2 − at − b) tdt = 0, soit a = 1 et b = − 16 .
0
3. On pose p R1 [X ] ( X 2 ) = α X +β. On sait que X 2 − p R1 [X ] ( X 2 ) est orthogonale à R1 [ X ] =
Vect(1, X ). Donc X 2 − α X − β est orthogonale à 1 et X , d’après le résultat de la
question précédente, α = 1 et β = − 61 , autrement dit p R1 [X ] ( X 2 ) = X − 16 .
4. d ( X 2 , R1 [ X ]) = ∥ X 2 − p R1 [X ] ( X 2 )∥ = ∥ X 2 − X + 16 ∥ = 1
p .
6 5
Exercice 6
63
3.4 Exercices
Corrigé :
En particulier,
p H ((1, 0, 0, 0)) = (1, 0, 0, 0) − 12 ( 21 , − 12 , 12 , − 12 ) = ( 34 , 14 , − 14 , 14 )
p H ((0, 1, 0, 0)) = (0, 1, 0, 0) + 12 ( 21 , − 12 , 12 , − 12 ) = ( 14 , 34 , 14 , − 14 )
p H ((0, 0, 1, 0)) = (0, 0, 1, 0) − 12 ( 21 , − 12 , 12 , − 12 ) = (− 41 , 14 , 34 , 14 )
p H ((0, 0, 0, 1)) = (0, 0, 0, 1) + 12 ( 21 , − 12 , 12 , − 12 ) = ( 14 , − 14 , 14 , 34 )
La matrice de p H dans la base canonique de R4 est donnée par ;
3 1 −1 1
11 3 1 −1
4 −1 1 3 1
1 −1 1 3
Exercice 7
∀( x, y) ∈ E 2 , 〈 x, y〉 = 0 ⇒ 〈 u( x), u( y)〉 = 0
(a) Montrer que si x et y sont des vecteurs unitaires, alors ∥ u( x)∥ = ∥ u( y)∥.
(b) En déduire qu’il existe un réel α tel que pour tout x ∈ E , ∥ u( x)∥ = α∥ x∥.
(c) Montrer alors que pour tout ( x, y) ∈ E 2 , 〈 u( x), u( y)〉 = α2 〈 x, y〉.
Corrigé :
64
C HAPITRE 3 : Espaces euclidiens
= α2 〈 x, y〉
Exercice 8
Corrigé :
1. Pour x ∈ E , p D ( x) = 〈 x, e〉 e.
2. On a dim H = dim D ⊥ = n − dim D = n − 1, donc H est un hyperplan de E .
3. Pour x ∈ E , on a p H ( x) = x − p D ( x) = x − 〈 x, e〉 e.
4. Pour 1 ≤ i, j ≤ n, on a 〈 p D ( e j ), e i 〉 = 〈〈 e j , e〉 e, e i 〉 = 〈a j e, e i 〉 = a j 〈 e, e i 〉 = a j a i . Ainsi,
le coefficient d’indice ( i, j ) pour la matrice MB ( p D ) vaut a i a j , autrement dit
MB ( p D ) = (a i a j ). On a p H = IdE − p D , donc MB ( p H ) = I n − MB ( p D ).
5. d ( x, D ) = ∥ x − p H ( x)∥ = ∥ p D ( x)∥ = ∥〈 x, e〉 e∥ = |〈 x, e〉|.
p p
6. d ( x, D ) = ∥ x − p D ( x)∥ = ∥ x∥2 − ∥ p D ( x)∥2 = ∥ x∥2 − 〈 x, e〉2 .
Exercice 9
Z 1
Soit E = C ([0, 1], R). Pour f , g ∈ E , on pose 〈 f , g〉 = f ( t) g( t) dt.
0
1. Montrer que 〈., .〉 est bien un produit scalaire sur E .
Soit F = { f ∈ E / f (0) = 0}.
2. Vérifier que F est un sous espace vectoriel de E .
Z 1
⊥
3. Soit f ∈ F . Montrer que t ( f ( t))2 dt = 0.
0
4. En déduire que F ⊥ = {0}.
5. Les deux sous espaces vectoriels F et F ⊥ sont-ils supplémentaires ?
Corrigé :
65
3.4 Exercices
Z 2
1. Il est clair que l’application ( f , g) 7→ f ( t) g( t) dt est bilinéaire symétrique posi-
Z 1 0
Exercice 10
Corrigé :
1. Soit x ∈ E . Puisque p est un projecteur orthogonal, on a p( x) ⊥ x − p( x), donc
∥ p( x)∥2 = 〈 p( x), p( x)〉 = 〈 p( x), p( x) − x〉 + 〈 p( x), x〉 = 〈 p( x), x〉.
2. le coefficient d’indice ( i, j ) pour la matrice P est 〈 p( e j ), e i 〉.
3. On rappel que si p est un projecteur d’un espace vectoriel de dimension finie
alors rg( p) = tr( p). Dans ce cas on a
n n
∥ p( e k )∥2
X X
r = rg( p) = tr(P ) = 〈 p( e k ), e k 〉 =
k=1 k=1
Exercice 11
66
C HAPITRE 3 : Espaces euclidiens
de E .
n
X
2. Montrer que pour tout x, y ∈ E , 〈 x, y〉 = 〈 x, e k 〉〈 y, e k 〉.
k=1
n
X
3. Soit y ∈ E . Calculer 〈 y, x − 〈 x, e k 〉 e k 〉.
k=1
n
X
4. En déduire que pour tout x ∈ E , x = 〈 x, e k 〉 e k .
k=1
5. Montrer que B est une base orthonormale de E .
Corrigé :
Exercice 12
Corrigé :
Soit E un espace vectoriel réel muni d’une norme ∥.∥ vérifiant l’inégalité du
parallélogramme
Corrigé :
67
3.4 Exercices
Exercice 14
Corrigé :
∥ e − yn ∥2 + ∥ e − ym ∥2 = 2∥ e − 21 ( yn + ym )∥2 + 21 ∥ yn − ym ∥2
p
5. En déduire que pour tout n, m ≥ N , ∥ yn − ym ∥ ≤ 2 ε.
6. Montrer que la suite ( yn )n converge vers un vecteur u ∈ F .
7. On pose v = e − u. Montrer que v est un vecteur non nul de F ⊥ . On pourra
considérer pour x ∈ F , la fonction P ( t) = ∥v − tx∥2 .
〈 x, v〉
8. Soit x ∈ E . Montrer que x − v ∈ F.
∥v∥2
f (v)
9. En déduire que pour tout x ∈ E , f ( x) = 〈 x, w〉 où w = ∥v∥2 v.
Corrigé :
68
Chapitre 4
f ( x) = 〈 x, y〉
〈 u( x), y〉 = 〈 x, v( y)〉
69
4.1 Adjoint d’un endomorphisme
Proposition 1.3.
Démonstration :
1. Pour tous x, y ∈ E , 〈IdE ( x), y〉 = 〈 x, IdE ( y)〉, donc Id∗E = IdE .
2. Pour tous x, y ∈ E ,
〈( u + λv)( x), y〉 = 〈 u( x), y〉 + λ〈v( x), y〉 = 〈 x, u∗ ( y)〉 + λ〈 x, v∗ ( y)〉 = 〈 x, ( u∗ + λv∗ )( y)〉,
d’où ( u + λv)∗ = u∗ + λv∗ .
3. Pour tous x, y ∈ E , 〈 u∗ ( x), y〉 = 〈 y, u∗ ( x)〉 = 〈 u( y), x〉 = 〈 x, u( y)〉, donc ( u∗ )∗ = u.
4. Pour tous x, y ∈ E , 〈( uv)( x), y〉 = 〈 u(v( x)), y〉 = 〈v( x), u∗ ( y)〉 = 〈 x, v∗ ( u∗ ( y))〉, par
suite ( uv)∗ = v∗ u∗ .
Théorème 1.4.
70
C HAPITRE 4 : Endomorphismes dans les espaces euclidiens
Proposition 1.5.
Proposition 1.6.
Définition 2.7.
Proposition 2.8.
71
4.2 Endomorphismes symétriques
Proposition 2.9.
Proposition 2.10.
Soit A ∈ Mn (R) une matrice réelle symétrique alors toutes les valeurs propres
de A sont réelles, en d’autres termes le polynômes caractéristique χ A est
scindé dans R[ X ].
Corollaire 2.11.
72
C HAPITRE 4 : Endomorphismes dans les espaces euclidiens
au moins une valeurs propre réelle λ. Soit e un vecteur propre unitaire de u associé
à la valeur propre λ, et F = Vect( e). Notons que F est une droite vectorielle stable par
u, donc F ⊥ est un sous espace vectoriel de dimension n stable par u. Soit v l’endo-
morphisme induit par u sur F ⊥ . Pour x, y ∈ F ⊥ , on a 〈v( x), y〉 = 〈 u( x), y〉 = 〈 x, u( y)〉 =
〈 x, v( y)〉, il vient alors que v est un endomorphisme symétrique de F ⊥ , d’après l’hy-
pothèse de récurrence, il existe une base orthonormale ( e 1 , . . . , e n ) de F ⊥ formée de
vecteurs propres de v donc de u. La famille ( e 1 , . . . , e n , e) est une base orthonormale de
E formée de vecteurs propres de u. D’où le résultat.
Soit A ∈ Mn (R) une matrice symétrique réelle. Alors il existe une matrice
diagonale D et une matrice inversible P telles que P −1 = t P et
A = PDP −1
Proposition 2.14.
Définition 3.15.
73
4.3 Endomorphismes orthogonaux
Proposition 3.16.
Démonstration : 1. ⇒ 2. Soit x, y ∈ E , on a
1¡ ¢ 1¡
∥ u( x) + u( y)∥2 − ∥ x∥2 − ∥ y∥2 = ∥ u( x + y)∥2 − ∥ u( x)∥2 − ∥ u( y)∥2
¢
〈 u( x), u( y)〉 =
2 2
1¡ 2 2 2
¢
= ∥ x + y∥ − ∥ x∥ − ∥ y∥ = 〈 x, y〉
2
D’où le résultat.
2. ⇒ 1. Évident.
Théorème 3.17.
Proposition 3.18.
1
Démonstration : IdE ∈ O (E ) car Id− ∗
E = IdE = IdE .
Si u, v ∈ O (E ), alors ( uv) = v u = v u = ( uv) et ( u−1 )∗ = ( u∗ )∗ = u = ( u−1 )−1 , par
∗ ∗ ∗ −1 −1 −1
conséquent uv , u−1 ∈ O (E ).
Théorème 3.19.
74
C HAPITRE 4 : Endomorphismes dans les espaces euclidiens
E.
Définition 4.20.
Théorème 4.21.
u ∈ O (E ) ⇔ A ∈ O n (R)
Proposition 4.22.
75
4.4 Matrices orthogonales
Proposition 4.23.
t
( AB−1 ) = t (B−1 ) t A = ( t B)−1 A −1 = (B−1 )−1 A −1 = ( AB−1 )−1
Proposition 4.24.
Proposition 4.25.
〈 e′i , e j 〉, donc t P = P −1 .
76
C HAPITRE 4 : Endomorphismes dans les espaces euclidiens
Proposition 4.27.
Définition 4.28.
Proposition 4.29.
77
4.6 Exercices
où p = dim F .
Démonstration :
1. Soit x, y ∈ E , on a
〈 s F ( x), y〉 = 〈2 p F ( x) − x, y〉 = 2〈 p F ( x) − x, y〉 + 〈 x, y〉
= 2〈 p F ( x) − x, y − p F ( y)〉 + 2 〈 p F ( x) − x, p F ( y)〉 +〈 x, y〉
| {z }
=0
= 2 〈 p F ( x), y − p F ( y)〉 −2〈 x, y − p F ( y)〉 + 〈 x, y〉
| {z }
=0
= 〈 x, 2 p F ( y) − y〉
Définition 5.31.
4.6 Exercices
Exercice 1
78
C HAPITRE 4 : Endomorphismes dans les espaces euclidiens
Exercice 2
Exercice 3
Exercice 4
Exercice 5
Exercice 6
79
4.6 Exercices
Exercice 7
1 −1 −1
Exercice 8
Exercice 9
Soit A ∈ Mn (R) une matrice symétrique réelle. On suppose que A est positive
c’est-à-dire
∀ X ∈ Mn,1 (R) , t X A X ≥ 0
1. Montrer que Sp( A ) ⊆ R+ .
2. Montrer qu’il existe une matrice B ∈ Mn (R) telle que A = t BB.
Exercice 10
Exercice 11
80
C HAPITRE 4 : Endomorphismes dans les espaces euclidiens
Exercice 12
Exercice 13
Exercice 14
Exercice 15
Exercice 16
81
4.6 Exercices
Exercice 18
∀ x ∈ E, ∥ u( x)∥ ≤ ∥ x∥
82
Chapitre 5
Espaces Hermitiens
Définition 1.1.
ϕ( x + λ x′ , y) = ϕ( x, y) + λϕ( x′ , y)
ϕ( x, y + λ y′ ) = ϕ( x, y) + λϕ( x, y′ )
Exemples :
n
1. Pour x = ( x1 , . . . , xn ), y = ( y1 , . . . , yn ) ∈ Cn , on pose ϕ( x, y) =
X
xk yk . Alors ϕ est une
k=1
forme sesquilinéaire sur Cn .
2. Soit E = C ([a, b], C) l’espace vectoriel de toutes les fonctions continues sur [a, b]
Z b
et a valeurs dans C. Pour f , g ∈ E , on pose ϕ( f , g) = f ( t) g( t) dt. Alors ϕ est une
a
forme sesquilinéaire sur E .
4. Pour z = ( z1 , z2 ), z′ = ( z1′ , z2′ ), on pose ϕ( z, z′ ) = z1 z2′ . Alors ϕ est une forme sesqui-
linéaire sur C2 .
83
5.1 Formes Hermitiennes
Définition 1.2.
ϕ( x, y) = ϕ( y, x)
Exemples :
n
1. Pour x = ( x1 , . . . , xn ), y = ( y1 , . . . , yn ) ∈ Cn , on pose ϕ( x, y) =
X
xk yk . Alors ϕ est une
k=1
forme sesquilinéaire Hermitienne sur Cn .
2. Soit E = C ([a, b], C) l’espace vectoriel de toutes les fonctions continues sur [a, b]
Z b
et a valeurs dans C. Pour f , g ∈ E , on pose ϕ( f , g) = f ( t) g( t) dt. Alors ϕ est une
a
forme sesquilinéaire Hermitienne sur E .
3. Pour A, B ∈ Mn (C), on pose ϕ( A, B) = tr( t AB). Alors ϕ est une forme sesquili-
néaire Hermitienne sur Mn (C).
Proposition 1.3.
Proposition 1.4.
Proposition 1.5.
2. Re(ϕ( x, y)) = 14 ϕ( x + y, x + y) − ϕ( x − y, x − y) .
¡ ¢
3. Im(ϕ( x, y)) = 21 ϕ( x + i y, x + i y) − ϕ( x, x) − ϕ( y, y) .
¡ ¢
4. Im(ϕ( x, y)) = 14 ϕ( x + i y, x + i y) − ϕ( x − i y, x − i y) .
¡ ¢
3
i k ϕ( x + i k y, x + i k y).
X
5. ϕ( x, y) =
k=0
84
C HAPITRE 5 : Espaces Hermitiens
Démonstration :
ϕ( x + y, x + y) = ϕ( x, x) + ϕ( x, y) + ϕ( y, x) + ϕ( y, y)
= ϕ( x, x) + ϕ( x, y) + ϕ( x, y) + ϕ( y, y)
= ϕ( x, x) + 2 Re(ϕ( x, y)) + ϕ( y, y)
Définition 1.6.
Exemples :
n
1. Pour x = ( x1 , . . . , xn ), y = ( y1 , . . . , yn ) ∈ Cn , on pose ϕ( x, y) =
X
xk yk . Alors ϕ est
k=1
définie positive.
2. Soit E = C ([a, b], C) l’espace vectoriel de toutes les fonctions continues sur [a, b]
Z b
et a valeurs dans C. Pour f , g ∈ E , on pose ϕ( f , g) = f ( t) g( t) dt. Alors ϕ est
a
définie positive.
3. Pour A, B ∈ Mn (C), on pose ϕ( A, B) = tr( t AB). Alors ϕ est définie positive.
4. Pour z = ( z1 , z2 ), z′ = ( z1′ , z2′ ), on pose ϕ( z, z′ ) = z1 z1′ . Alors ϕ est une forme ses-
quilinéaire Hermitienne positive non définie. En effet, ϕ( z, z) = | z1 |2 ≥ 0, mais
ϕ((0, 1), (0, 1)) = 0.
Si de plus ϕ est définie positive, il y’a égalité si, et seulement si, la famille
( x, y) est liéé.
h( t) = ϕ( x + te iθ y, x + te iθ y)
Pour tout t ∈ R, on a
h( t) = ϕ( x, x) + 2 Re(ϕ( x, te iθ y)) + t2 ϕ( y, y)
= ϕ( x, x) + 2 t|ϕ( x, y)| + t2 ϕ( y, y)
85
5.2 Représentation matricielle des formes sesquilinéaires
Ainsi h est une fonction polynomiale réelle de degré ≤ 2 et positive, son discrimi-
nant est donc négatif c’est-à-dire 4|ϕ( x, y)|2 − 4ϕ( x, x)ϕ( y, y) ≤ 0 ou encore |ϕ( x, y)|2 ≤
ϕ( x, x)ϕ( y, y).
ϕ( e 1 , e 1 ) . . . ϕ( e 1 , e n )
.. .. ..
MB (ϕ) = (ϕ( e i , e j )) = .
. .
ϕ( e n , e 1 ) . . . ϕ( e n , e n )
Exemple : Soit ϕ la forme sesquilinéaire définie sur C2 par ϕ( z, z′ ) = z1 z1′ + 2 iz1 z2′ +
iz2 z2′ . Soit B la base canonique de C2 . Alors
µ ¶
1 2i
MB (ϕ) =
0 i
Proposition 2.9.
ϕ( x, y) = t X AY
86
C HAPITRE 5 : Espaces Hermitiens
Définition 2.10.
Soit A ∈ Mn (C).
1. On appelle matrice adjointe de A notée A ∗ la matrice A ∗ := t A .
2. On dit que A est une matrice hermitienne si A ∗ = A .
Proposition 2.11.
X n
n X n X
X n
= x i y j ϕ( e j , e i ) = x i y j ϕ( e j , e i )
i =1 j =1 i =1 j =1
à !
n
X n
X
= ϕ yj e j, x i e i = ϕ( y, x)
j =1 i =1
87
5.3 Formes quadratiques Hermitiennes
Définition 3.13.
q( x) = ϕ( x, x)
Proposition 3.14.
Soit q une forme quadratique Hermitienne sur E associée à une forme ses-
quilinéaire Hermitienne ϕ. Alors pour tout ( x, y) ∈ E 2 ,
1
ϕ( x, y) = ( q( x + y) + iq( x + i y) − q( x − y) − iq( x − i y))
4
Définition 4.15.
88
C HAPITRE 5 : Espaces Hermitiens
sion finie.
Si ϕ est un produit scalaire hermitien sur E et x, y ∈ E , le nombre ϕ( x, y) se
note souvent ( x, y) ou 〈 x, y〉.
Exemples :
n
1. Sur Cn , l’application ( x, y) 7→
X
xk yk est un produit scalaire Hermitien, dit pro-
k=1
duit scalaire Hermitien canonique.
Z b
2. Sur E = C ([a, b], C), l’application ( f , g) 7→ f ( t) g( t) dt est un produit scalaire
a
Hermitien.
3. Soit E = C 2π (R, C) l’espace vectoriel des fonction continue et 2π-périodique. L’ap-
1 2π
Z
plication ( f , g) 7→ f ( t) g( t) dt est un produit scalaire Hermitien.
2π 0
Proposition 4.17.
p
Soit E un espace préhilbertien complexe. L’application x 7→ ∥ x∥ := 〈 x, x〉 est
une norme sur E , c’est-à-dire ,
1. ∥ x∥ = 0 si, et seulement si, x = 0.
2. ∥ x + y∥ ≤ ∥ x∥ + ∥ y∥.
3. ∥λ x∥ = |λ|∥ x∥.
Démonstration :
89
5.4 Espace préhilbertien complexe
Définition 4.18.
Remarque :
1. Si x ⊥ y alors y ⊥ x.
Définition 4.19.
1
Z 2π
( f , g) 7→ f ( t) g( t) dt
2π 0
90
C HAPITRE 5 : Espaces Hermitiens
kX
−1
vk − 〈vk , e j 〉 e j
j =1
ek =
kX
−1
∥vk − 〈vk , e j 〉 e j ∥
j =1
Vect( e 1 , . . . , e k ) = Vect(v1 , . . . , vk )
Corollaire 4.21.
Théorème 4.22.
Démonstration :
n
1. Soit x ∈ E et x1 , . . . , xn ∈ C tels que x =
X
x i e i . Soit 1 ≤ k ≤ n, on a
i =1
n
X
〈 x, e k 〉 = x i 〈 e i , e k 〉 = xk 〈 e k , e k 〉 = xk
i =1
n
X
D’où x = 〈 x, e i 〉 e i .
i =1
91
5.5 Projection orthogonale
2. Soient x, y ∈ E , on a
n
X n
X
〈 x, y〉 = 〈 〈 x, e i 〉 e i , y〉 = 〈 x, e i 〉〈 e i , y〉
i =1 i =1
Proposition 5.23.
Démonstration : Soit 1 ≤ k ≤ p, on a
p
X p
X
〈x − 〈 x, e i 〉 e i , e k 〉 = 〈 x, e k 〉 − 〈 x, e i 〉〈 e i , e k 〉
i =1 i =1
X
= 〈 x, e k 〉 − 〈 x, e k 〉〈 e k , e k 〉 − 〈 x, e i 〉〈 e i , e k 〉
i =1,i ̸= k
= 〈 x, e k 〉 − 〈 x, e k 〉 = 0
p
〈 x, e i 〉 e i ∈ Vect( e 1 , . . . , e p )⊥ = F ⊥ .
X
Donc x −
i =1
Théorème 5.24.
Définition 5.25.
92
C HAPITRE 5 : Espaces Hermitiens
Théorème 5.26.
p
X p
X
Démonstration : Remarquer que x = 〈 x, e k 〉 e k + x − 〈 x, e k 〉 e k .
k=1 k=1
| {z } | {z }
∈F ∈F ⊥
∥ p F ( x)∥ ≤ ∥ x∥
Corollaire 5.28.
+∞
|〈 x, e n 〉|2 est convergente et on a |〈 x, e n 〉|2 ≤ ∥ x∥2 .
X X
Ainsi la série
n≥0 n=0
Définition 5.29.
93
5.6 Exercices
d ( x, F ) = inf ∥ x − y∥
y∈ F
Proposition 5.30.
d ( x, F ) = ∥ x − p F ( x)∥
5.6 Exercices
Exercice 1
Exercice 2
Exercice 3
Soit E un C-espace vectoriel et ϕ une forme sesquilinéaire sur E telle que, pour
tout x ∈ E , ϕ( x, x) ∈ R. Pour ( x, y) ∈ E 2 , on pose
³ ´
Ψ( x, y) = i ϕ( x, y) − ϕ( y, x)
94
C HAPITRE 5 : Espaces Hermitiens
Exercice 4
Exercice 5
1
Z 2π
(P,Q ) 7→ 〈P,Q 〉 = P ( e it )Q ( e it ) dt
2π 0
Exercice 6
Exercice 7
| z n |2 soit conver-
X
Soit E l’ensemble des suite complexes ( z n )n tel que la série
n
gente.
1. Montrer que E est un C-espace vectoriel.
+∞
X
Pour z = ( z n )n , z′ = ( z′n ) ∈ E , on pose 〈 z, z′ 〉 = z n z′n .
n=0
′ ′
2. Soit z, z ∈ E . Montrer que ( z, z ) existe.
3. Montrer que 〈., .〉 est un produit scalaire Hermitien sur E .
Exercice 8
F = { x ∈ E / 〈 x, v〉 = 0}
95
5.6 Exercices
1. Déterminer F ⊥ .
2. En déduire, en fonction de v, une expression de la projection orthogonale
p F ( x) de x sur F .
|〈 x,v〉|
3. Soit x ∈ E . Montrer que d ( x, F ) = ∥ v∥
.
96
Chapitre 6
f ( x) = 〈 x, y〉
Théorème 1.2.
〈 u( x), y〉 = 〈 x, v( y)〉
97
6.1 Adjoint d’un endomorphisme
Proposition 1.3.
n
X
Démonstration : Pour 1 ≤ j ≤ n, on a u( e j ) = 〈 u( e j ), e i 〉 e i . D’où le résultat.
i =1
Proposition 1.4.
b i j = 〈 u∗ ( e j ), e i 〉 = 〈 e j , u( e i )〉 = 〈 u( e i ), e j 〉 = a ji
D’où le résultat.
Corollaire 1.5.
98
C HAPITRE 6 : Endomorphismes dans les espaces Hermitiens
Définition 1.6.
Proposition 1.7.
Démonstration :
1. Montrons que la norme de u∗ ( x) − λ x est nulle. On a
Donc u∗ ( x) = λ x.
2. Soient λ, β deux valeurs propres distinctes de u. Soit x ∈ E λ ( u) et y ∈ E β ( u). On a
〈 u( x), y〉 = λ〈 x, y〉
D’autre part, on a
〈 u( x), y〉 = 〈 x, u∗ ( y)〉 = 〈 x, α y〉 = α〈 x, y〉
99
6.2 Endomorphisme Hermitien
Théorème 1.8.
Définition 2.9.
〈 u( x), y〉 = 〈 x, u( y)〉
Proposition 2.10.
100
C HAPITRE 6 : Endomorphismes dans les espaces Hermitiens
Théorème 2.11.
Donc 〈 u( x), x〉 ∈ R.
Réciproquement, supposons que pour tout x ∈ E , 〈 u( x), x〉 ∈ R. Soit ( x, y) ∈ E 2 . On a
Proposition 2.12.
Théorème 2.13.
101
6.3 Endomorphisme unitaire
Définition 3.14.
Théorème 3.15.
102
C HAPITRE 6 : Endomorphismes dans les espaces Hermitiens
3. ⇒ 4. Immédiate.
4. ⇒ 1. Soit B = ( e 1 , . . . , e n ) une base de E telle que u(B ) soit une base orthonormale
Xn
de E . Soit x ∈ E , on sait que x = 〈 x, e k 〉 e k , donc
k=1
° Ã !°2 ° °2
° X n ° °Xn °
∥ u( x)∥2 = °u 〈 x, e k 〉 e k ° = ° 〈 x, e k 〉 u( e k )°
° ° ° °
° k=1 ° °k=1 °
n
|〈 x, e k 〉|2 car u(B ) est une base orthonormale
X
=
k=1
= ∥ x ∥2
Donc u est un endomorphisme unitaire.
Proposition 3.16.
Théorème 3.17.
6.4 Exercices
103
6.4 Exercices
Exercice 1
Exercice 2
Exercice 3
〈 u( x), x〉 ≥ 0
Exercice 4
104
C HAPITRE 6 : Endomorphismes dans les espaces Hermitiens
Exercice 5
Exercice 6
Exercice 7
Exercice 8
Exercice 9
105
6.4 Exercices
T ′ ( x) = (〈 x, e 1 〉, . . . , 〈 x, e p 〉)
et enfin S = TT ′ .
1. Montrer que ( e 1 , . . . , e p ) est une famille génératrice de E .
2. Montrer que pour tout x ∈ C p et tout y ∈ E , 〈T ( x), y〉 = 〈 x, T ′ ( y)〉, où C p est
muni du produit scalaire Hermitien canonique.
3. Montrer que S est un endomorphisme hermitien.
4. Montrer que S est un endomorphisme positif.
5. Montrer que S est inversible et S −1 est Hermitien.
p
〈 x, S −1 ( e k )〉 e k .
X
6. Soit x ∈ E . Montrer que x =
k=1
106
Ce livre est consacré à l’étude des espaces préhilbertiens réels et complexes, en mettant
l’accent sur la dualité et les formes quadratiques. Seules des connaissances usuelles d’Al-
gèbre linéaire sont requises, l’étude étant prise à son début. Elle est progressivement dé-
veloppée de façon approfondie.
Mohamed Aqalmoun est professeur à l’école normale supérieure de l’université Sidi Moha-
med Ben Abdellah (Fès).