Proposition du corrigé.
Sujet:<< le paysage géopolitique de l’Afrique subsaharienne est marqué ces dernières années
par l’avènement des régimes d’exception.>> affirme un observateur. Quelle analyse faites-
vous de cette situation ?
Introduction
Certains pays de l’Afrique subsaharienne tels le Burkina Faso, la Guinée Conakry, le Mali
et le Tchad sont dirigés actuellement par des régimes de transition. Il y a eu également dans
d’autres pays comme la Guinée-Bissau des tentatives de coup d’Etat qui se sont soldés à
l’échec. L’effet domino est presqu’évident, les raisons conjoncturelles et profondes le sont
moins, mais sont bien là, derrière ces remakes qui virent au phénomène. En moins de deux
ans quatre présidents Ouest africains ont été renversés par des militaires. N’est-il pas dans
cette lancée qu’un observateur a affirmé ceci « le paysage géopolitique de l’Afrique
Subsaharienne est marqué ces dernières années par l’avènement des régimes d’exception ».
Ainsi dit, il s’agira pour nous d’analyser les causes des régimes d’exception en Afrique
Subsaharienne. Cependant quelles peuvent les causes majeures de cette situation ? Quelles
peuvent être les solutions idoines pour pallier cela ? Dans la suite de notre analyse, nous
essayerons de présenter d’une part les raisons majeures de la situation des régimes de
transition actuelle et d’autre part, nous proposerons les solutions pour pallier cette situation.
Développement
Première partie
Nous observons avec grand intérêt l’enchainement avec lequel cette partie du continent
(Afrique Subsaharienne) a renoué avec les coups de force des militaires, après une période
d’accalmie. Cette situation s’explique par diverses raisons telles l’échec des politiques
publiques, la corruption électorale, la montée de l’extrémisme violent et une posture des
populations à se tourner vers de nouveaux partenaires.
D’abord, l’échec des politiques publiques est l’une des principales raisons des régimes
d’exception. En effet, selon un analyste politique et juriste burkinabè Paz HIEN, la résurgence
à présent des coups d’Etat en Afrique de l’Ouest s’explique par le fait que le ‘’le terrain est
fertile à cela ‘’. On se rend compte qu’il y a un certain nombre de problèmes, notamment la
question sécuritaire qui a favorisé le terreau pour ces coups d’Etat, car la plupart de ces Etats
qui se sont rapprochés à un moment donné l’occident n’arrivent plus à garantir la sécurité à
leurs populations.
Ensuite, l’une des principales causes est le fait que les différents gouvernements sont en
train de faillir avec une montée fulgurante de l’extrémisme violent. Et la France, le principal
Etat qui est intervenu aux côtés des pays de la sous-région pour essayer de restaurer la
sécurité, n’a pas pu réaliser de résultats concrets depuis plus de dix (10) ans. C’est pourquoi,
aujourd’hui les peuples sont exaspérés et les militaires profitent de cette situation pour revenir
au pouvoir et le légitimer car actuellement, les coups d’Etat auxquels nous assistons Mali-
Guinée-Burkina Faso ; ce sont des coups d’Etat qui ont été légitimés. Les peuples ont
applaudi car à un moment donné, les anciens régimes avaient montré leurs limites (leurs
incapacités notoires).
Aussi, l’on peut analyser les coups d’Etat sous l’angle de l’affrontement des grandes
puissances sur le sol africain et l’échec des politiques publiques africaines que ce soit les
partis politiques ou les gouvernements. En effet, la plupart de ces Etats africains qui ont
enregistré des coups d’Etats tendent à se rapprocher de la Russie qui semble être plus efficace
dans la lutte contre l’insécurité.
Enfin, l’une des principales raisons de l’avènement des coups d’Etat en Afrique de l’Ouest,
en l’occurrence au Mali, en Guinée Conakry et au Burkina Faso s’explique par une
gouvernance post-électorale insatisfaisante caractérisée par la corruption, le népotisme et
l’insécurité galopante. En effet, les acteurs politiques, notamment les présidents élus et
membres des gouvernements peinent à répondre aux attentes des populations en termes de
responsabilité, de transparence, de participation et d’inclusion. Prenant l’exemple du Burkina
Faso, depuis 2016, le programme politique du Président Kaboré et de ses gouvernements a été
l’accusation pure et simple du Président Blaise Compaoré tout en amplifiant les tares de
l’ancien pouvoir qui est d’ailleurs fabriqués. Les populations ont donc des besoins concrets
qui ne se règlent pas avec la démagogie et la haine fratricide.
Au regard de ce qui précède, la mal gouvernance est la cause principale des coups d’Etat
orchestrés dans certains pays de l’Afrique Subsaharienne donnant place aux régimes
d’exception. De ce fait, quelles peuvent être les solutions idoines pour pallier ce phénomène ?
Deuxième partie
La situation des régimes d’exception actuelle dans la sous-région devient très
préoccupante et nécessite une meilleure analyse afin de proposer des solutions adéquates pour
sortir l’Afrique en général de ce bourbier. Ainsi, des solutions peuvent être envisagées comme
suite, avec l’accompagnement de la Communauté internationale, les pays de l’Afrique de
l’Ouest qui ont connu des Coups d’Etat peuvent se refonder et devenir des démocraties
‘’respectables’’ car dans le fond, les démocraties à l’occidentale semblent ‘’incapables’’ de
relever les défis sécuritaires qui s’imposent.
Ensuite, il faudrait privilégier une démocratie de la concordance aux pays africains car
cette démocratie imposée par l’ordre international s’accommode mal des réalités endogènes
africaines. C’est une démocratie de concurrence qui divise les communautés et les pays, alors
que le destin des pays africains se trouve dans des processus démocratiques adaptés à leur
contexte au-delà de l’importance servile d’un système inopérant.
De plus, pour éviter les régimes d’exception en Afrique, il est impératif de faire
comprendre que la constitution est sacrée et qu’un individu ne saurait la modifier à sa guise. Il
faut donc continuer à promouvoir la démocratisation comme un facteur qui peut rendre
efficace le fonctionnement des institutions sur le continent. En effet, il ne suffit d’avoir un
gouvernement issu de ces élections, mais il faudrait qu’on travaille davantage à consolider les
normes, c’est-à-dire la constitution. Il faudrait que l’on comprenne que ce document est sacré
et qu’un individu ou un groupe d’individus ne saurait la modifier sans avoir l’assentiment ou
le consensus de la majorité des citoyens.
Enfin, il faut éviter après un coup d’Etat reconduire le même modèle politique qui avait
favorisé le précédant. En effet, l’une des erreurs que commettent souvent les pays africains
ayant connu une prise de pouvoir par les militaires est de se contenter de reconduire le même
système politico-administratif d’avant le coup d’Etat. Les cas malien (2012), guinéen (2008)
et burkinabé (2014) en sont une bonne illustration.
Conclusion
Au demeurant, il ressort que la mal gouvernance est l’éternelle principale cause de
l’avènement des régimes d’exception en Afrique subsaharienne. Pour pallier ce phénomène,
de multiples solutions ont été envisagées comme l’accompagnement pur et sincère de la
communauté internationale, la révision des normes démocratiques et le respect de la
constitution. Pour notre part, force est de reconnaitre que cette situation des coups d’Etat en
Afrique de l’Ouest prouve les limites de cette démocratie imposée par l’ordre international car
ce sont nos partenaires extérieurs qui se cachent derrière cette démocratie pour nous choisir
nos dirigeants. Et même les coups d’Etats sont souvent sponsorisés par eux afin de pouvoir
placer des hommes ou des entités qu’ils peuvent contrôler. De ce fait, il y a-t-il eu un coup
d’Etat salvateur en Afrique ?
Note du correcteur :
Je voudrais juste préciser que pour ce type de consigne, le candidat a le choix de le
traiter en une seule partie en donnant les causes de ce phénomène et s’interroger à la
fin de sa conclusion(l’ouverture) les solutions possibles pouvant remédier cette
situation.
Aussi, celui qui le traite en deux parties doit pouvoir faire ressortir les causes de cette
situation dans la première partie et proposer des solutions dans la deuxième partie.