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Notion Gregorien

Le chant grégorien est le chant liturgique officiel de l'Église catholique, caractérisé par son interprétation a cappella et en latin, soutenant le texte liturgique. Il est modal et diatonique, excluant les chromatismes, et se compose de diverses formes musicales, tout en étant considéré comme le sommet de la musique occidentale. Ce chant, qui a évolué depuis ses origines, nécessite une bonne compréhension du latin et de ses rythmes pour une interprétation authentique.

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Notion Gregorien

Le chant grégorien est le chant liturgique officiel de l'Église catholique, caractérisé par son interprétation a cappella et en latin, soutenant le texte liturgique. Il est modal et diatonique, excluant les chromatismes, et se compose de diverses formes musicales, tout en étant considéré comme le sommet de la musique occidentale. Ce chant, qui a évolué depuis ses origines, nécessite une bonne compréhension du latin et de ses rythmes pour une interprétation authentique.

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CHANT GREGORIEN

Le chant grégorien est le chant liturgique officiel et ordinaire de l'Église catholique. Issu
du chant vieux-romain et du chant gallican, il reste pratiqué de nos jours dans un certain
nombre d'églises paroissiales, de monastères ainsi que par des musiciens professionnels.
C’est un chant sacré anonyme. Il est destiné à soutenir le texte liturgique en latin. Sa
composition variait afin d'adapter aux niveaux de connaissance musicale du soliste, de
la schola cantorum, des célébrants et des fidèles.
Il doit se chanter a cappella et à l'unisson, sans accompagnement harmonisé, car, surtout selon
l'étude de Franz Liszto 1, toute harmonisation modifie la structure de cette musiquew 1.
Du point de vue du système mélodique, le chant grégorien est de type modal et diatonique.
Les chromatismes en sont généralement exclus, ainsi que les modulations et l'emploi de
la sensible. Les différentes échelles utilisées, avec leurs degrés et leurs modes particuliers,
sont appelées modes ecclésiastiques, ou échelles modales, ou modes anciens par opposition
aux échelles utilisées postérieurement en musique classique tonale.
C'est une musique d'après le rythme verbal, qui prend son origine dans le texte sacré latin, et
qui favorise l'intériorisation et la conscience des paroles chantées. D'où, la traduction reste
impossiblew 1. Ses formes musicales sont très variées et en prosew 2, par opposition à
la cadence régulière de la musique issue de la Renaissance. Tout comme ceux que le pape Pie
X qualifia1, le texte est premier. La musique, secondaire, l'orne, l'interprète et en facilite
l'assimilationw 1.
Il s'agit d'une synthèse des anciennes traditions européennes, par exemple, les poésies très
fleuries en vieux-latin ainsi que les chants romano-franc, synagogal, byzantin. Il est également
le fondateur de toute la musique occidentale, tant religieuse que profane2.
En résumé, les caractéristiques principales du chant grégorien sont, I. chant a cappella et
en monodie ; II. texte singulièrement en latin ; III. genre liturgique et catholique ;
IV. modal et diatonique ; V. mouvement mélodique continué avec intervalle limité, surtout
en seconde ; VI. ambitus restreint en octave ; VII. rythme verbal ; VIII. variété
entre mélismatique et syllabique3.
Premier sommet de la musique occidentale
Ce chant est généralement considéré, depuis le cérémonial de Clément VIII publié en 1600,
comme « chant liturgique par excellence de l'Église »b 1, parfois en raison de son origine
attribuée à saint Grégoire. Il s'agit du premier sommet de la musique occidentale, composé
sous l'influence de la Renaissance carolingienne. En 1895 à Venise, le cardinal Giuseppe
Sarto, futur pape Pie X, affirma à ses disciplines sur ce sujet : « la musique sacrée, par son
étroite union avec la liturgie et avec le texte liturgique, doit posséder au plus haut degré ces
vertus : sainteté, vérité de l'art et universalité. Appuyée sur ces règles solides, l'Église a créé la
double forme de son chant : la grégorienne, qui a duré environ un millénaire, et la classique
polyphonie romaine, dont Palestrina fut l'initiateur au XVIe sièclet 1.»
Cent ans plus tard, la thèse du cardinal Sarto fut scientifiquement confirmée, à la suite
d'études approfondiesii 1. Il faut remarquer que cette qualité était issue d'une autre invention de
la Renaissance carolingienne, la notation à la base des textes, laquelle assurait sa transmission
avec précision.
Notation
Alors que depuis le XIVe siècle l'écriture de la musique occidentale utilise une notation
discontinue, plaçant les notes importantes au début des groupes, les notations anciennes usent
de graphismes continus dont la première note, moins importante, commence l'élan vers le
sommet, avec une bonne continuitée 1.
Selon les études sémiologiques, les mélodies les plus correctes du chant grégorien se trouvent
dans les notations du Xe siècle. Toutefois, ces dernières manquent de précision de la hauteur.
Car les premiers notateurs carolingiens auraient pour but de raffiner l'expression, en profitant
de la variété des graphies neumatiquesk 1.
Esthétique, modalité
Huit modes ecclésiastiques
Alors que la musique savante occidentale a évolué progressivement, de
e
la Renaissance au XVII siècle, vers le système tonal permettant des modulations, mais qui
n'utilise que deux modes (majeur et mineurw 3), le plain-chant grégorien, antérieur à cette
évolution, s'est maintenu dans la modalité grégorienne riche de quatre modes qui avec leurs
déclinaisons aboutissent théoriquement à un total de huit modes. Mais en dépit de l'échelle
diatonique, le chant fut tellement développé que les modes grégoriens sont en réalité « en
nombre indéfini »w 4. Il en résulte que les huit modes traditionnels (octoéchos) sont trop
simples pour classifier ces compositions variées. Or, les octoéchos avaient pour but d'éviter
une classification trop compliquée, à la base du critère facile avec la note finale. Il s'agit des
intervalles concernant les deux au-dessus ainsi que celui immédiatement au-dessousw 5. Chant
composé sans notation, l'intervalle demeure la clef principale pour apprendre le système des
modes4 :

 do - Ré - mi ½ fa
 ré - Mi ½ fa - sol
 mi ½ Fa - sol - la
 fa - Sol - la - si
o (sol - la - si ½ do) = Ré
o (la - si ½ do - ré) = Mi
o (si ½ do - ré - mi) = Fa

mode catégorie fin teneur ambitust 2 caractère5 exemplet 3 chant célèbre [vidéo]

ré mi ½ fa
Protus Kyrie
I ré LA sol LA si ½ grave Dies iræ [25] [archive]
authente XI [archive]
do ré

la si ½
Sanctus Stabat
II Protus plagal ré FA do ré mi triste
XI [archive] mater [26] [archive]
½ FA sol la
Deuterus mi ½ fa sol la Kyrie Pange
III mi DO mystique
authente si ½ DO ré mi II [archive] lingua [27] [archive]

si ½ do
Deuterus Kyrie Salve festa
IV mi LA ré mi ½ fa harmonieux
plagal III [archive] dies [28] [archive]
sol LA si

fa sol la si
Sanctus Salve
V Tritus authente fa DO ½ DO ré mi joyeux
IX [archive] Regina [29] [archive]
½ fa

do ré mi
Agnus Dei Regina
VI Tritus plagal fa LA ½ fa sol LA si dévot
VIII [archive] cœli [30] [archive]
½ do

sol la si ½
Tetrardus Gloria Puer natus est
VII sol RÉ do RÉ mi ½ angélique
authente IX [archive] nobis [31] [archive]
fa sol

ré mi ½
Tetrardus Kyrie Veni Creator
VIII sol DO fa sol la si parfait
plagal V [archive] Spiritus [32] [archive]
½ DO ré

Le chiffre IV indique le mode IV (Quartus). La teneur la (la troisième ligne de bas en haut)
est évidente tandis que l'ambitus est presque respecté. De plus, le chant grégorien n'a pas
besoin de sa cinquième ligne, en raison de cet ambitusv 1 (Graduale triplex, 1979).
Origine
Finalement, Dom Jean Claire retrouva le mode archaïqueds 1 qui ne compte que trois cordes-
mères6 et qui manque de demi-ton, à savoir l'anhémitoniques 1 :

1. sol la 3½ do ré mi 3½ sol la (3½ : trihémiton = 3 × ½)s 2


2. do ré 3½ fa sol la 3½ do ré
3. ré mi 3½ sol la si 3½ ré mi
Ainsi, un chant grégorien de la communion In splendoribust 4 (VIIIe siècle) ne se compose que
des cinq degrés : ré 3½ fa sol la 3½ do. De plus, ce moine y trouva encore la cellule-mèreds
1
qui se caractérise des intervalles reliant les degrés voisinsii 2 :

1. sol 2½ la 3½ DO
2. la 3½ do 2½ RÉ
3. do 2½ ré 2½ MI
Ces modes archaïques se retrouvent plus souvent dans les cantillations anciennes, à savoir la
lecture chantée des paroles de Dieu, et plus connues comme psalmodie. En général, l'échelle
du mode était très limitée tandis qu'un seul de ces degrés assurait l'unité architecturale. Tous
les autres jouaient le rôle d'ornements. Dans les manuscrits les plus anciens, la corde
principale et celle de la finale étaient identiques. Cette caractéristique ancienne se conserve
toujours, dans les chants évolués, en tant que teneurs 3.
Rythme
Au contraire des modes, il n'existe aucune continuité du rythme entre le chant grégorien et la
musique moderne, à l'exception de l'hymne issue du chant ambrosien.
Dans la notation de la musique contemporaine, la valeur de note est si rigoureuse, comme 1,
½, ¼, ⅛ ou bien ⅓, que le système de notation adapte à la polyphonie. Au regard du chant
grégorien, il n'y a aucune symétrie strictew 6. Certes, on distingue les neumes légers et rapides
des neumes longs et importants. Mais, il est difficile de fixer exactement la durée de chaque
neume. Ce sont le texte latin ainsi que son accentuation qui déterminent la valeur de note. On
parle donc de rythme verbalw 7. Or, s'il faut suivre rigoureusement les neumes anciens, il reste
encore assez de marge d'interprétation sur la durée et les nuancesw 8.

Le rythme verbal grégorien se caractérise principalement par le groupement des neumes, avec
les lettres significatives. Contrairement à la musique moderne, la pause entre les neumes
indique la durée longue de notes (dite coupure neumatique).
D'ailleurs, Dom Eugène Cardine remarquait que ce rythme verbal avait besoin de groupement
libre des neumes, sans mesurev 2.
Possédant le même caractère que la séquence, l'hymne reste une véritable exception du chant
grégorien, exception problématique. Celle-ci, telle les Veni Creator Spiritus et Pange lingua,
adopte en effet le texte non biblique mais aussi mesuré et la mélodie mesurée. Il est évident
qu'il s'agit d'une contradiction du rythme verbal. Dans le vieux fond, il y a une trace que les
compositeurs carolingiens tentèrent d'établir le répertoire d'hymne en prose et non mesurée.
Toutefois, cette manière fut abandonnéew 9.
D’autres caractéristiques du chant grégorien
Dans son Dictionnaire de liturgie, Dom Robert Le Gall souligne que, pour une interprétation
authentique, il faut d'abord une bonne compréhension du latin et de son accentuation, ensuite
celle de la fonction rythmique et mélodique des neumes et enfin celle de la modalité. Luigi
Agustoni et Johannes Berschmans Göschl aboutissent à la même conclusion : la connaissance
du texte latin est obligatoire pour tous les membres de schola tandis que la compétence des
neumes n'est pas nécessairement indispensable, à l'exception des chefs de chœur et des
solistesii 3. En résumé, le chant grégorien est un chant liturgique particulier. Johannes
Overath8 l'exprima en quelques mots : « On ne chante pas dans la liturgie, on
chante la liturgie9 ».

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