On ne badine pas avec l’amour
Citations classées par thèmes principaux de l’œuvre
Mensonge
▪ Mensonge par ignorance, PERDICAN à CAMILLE : « je ne crois pas que ce soit toi qui parles. »
(II, 5)
▪ PERDICAN lisant la lettre de Camille qu'il a interceptée : « Cependant j’ai fait tout au monde
pour le dégouter de moi. » → révélation du stratagème de Camille (III, 2)
▪ Stratagème fomenté par PERDICAN. Le personnage se ment à lui-même dans un accès de
fureur. Il renie les sentiments qu'il venait de s'avouer avant la lecture de la lettre : « Non, non,
Camille, je ne t'aime pas ; je ne suis pas au désespoir. Je n'ai pas le poignard dans le cœur, et je
te le prouverai. Oui, tu sauras que j'en aime une autre, avant que de partir d'ici. » (IIl, 2)
▪ Stratagème dévoilé, PERDICAN : « Je veux faire la cour à Rosette, devant Camille elle-même. »
(III, 2)
▪ Parole mensongère manifeste dans la didascalie : « PERDICAN, à haute voix, de manière que
Camille l'entende. » (III, 3)
▪ PERDICAN à Camille, à propos de la bague qu'elle lui a donnée et qu'il a ensuite remise à
Rosette lors de son discours amoureux : « Je l’ai perdue. » (III, 6)
Lieux communs poétiques et jeu avec les topoï du discours amoureux
▪ PERDICAN : « Sais-tu ce que c'est que l'amour, Rosette ? Écoute ! Le vent se tait ; la pluie du
matin roule en perles sur les feuilles séchées que le soleil ranime. Par la lumière du ciel, par le
soleil que voilà, je t'aime. » (III, 4)
▪ Goût avoué de CAMILLE pour la dispute : « J'aime la discussion ; je ne suis pas bien sûre de ne
pas avoir eu envie de me quereller encore avec vous. » (III, 6)
Idéaux et absolu
▪ CAMILLE : « Je veux aimer mais je ne veux pas souffrir. Je veux aimer d'un amour éternel, et
faire des serments qui ne se violent pas. » (II, 5)
▪ Simplicité de l'aveu de PERDICAN à Camille, en passant soudain au tutoiement : « Je n'entends
rien à tout cela, et je ne mens jamais. Je t'aime, Camille, voilà tout ce que je sais. » (IIl, 6)
Tragique
▪ LE BARON, à BRIDAINE : « Voilà un commencement de mauvais augure ; hé ? » (I, 2)
▪ PERDICAN : « Le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent
et se tordent sur des montagnes de fange » (II, 5)
▪ PERDICAN: « Orgueil, le plus fatal des conseillers humains » (III, 7)
▪ PERDICAN: « Quelles vaines paroles, quelles misérables folies ont passé comme un vent
funeste entre nous deux ? Lequel de nous a voulu tromper l'autre ? Hélas ! » (III, 8)
▪ Fatalité, PERDICAN : « Je ne sais ce que j'éprouve ; il me semble que mes mains sont couvertes
de sang. » (III, 8)
▪ CAMILLE prend conscience de l'injustice du jeu initié : « Hélas ! Tout cela est cruel. » (III, 8)
▪ PERDICAN : « Nous sommes deux enfants insensés, et nous avons joué avec la vie et la mort. »
(III, 8) CAMILLE : « Elle est morte. Adieu Perdican. » (III, 8)
Jeu
▪ CAMILLE : « Nous avons joué avec la vie et la mort » (lll, 8)
▪ Jeu avec les symboles du lien : PERDICAN à ROSETTE : « c'était une bague que m'avait donnée
Camille. » (III, 4)
Cœur
▪ PERDICAN : « J'en suis toujours pour ce que je t'ai dit hier ; tu es jolie comme un cœur. » (II, 1)
▪ Aveu de CAMILLE : « En vérité, je vous ai aimé, Perdican. » (II, 5)
▪ Aveu de PERDICAN : « J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois ; mais j'ai aimé. »
(II, 5)
▪ CAMILLE : « Je veux aimer, mais je ne veux pas souffrir. » (II, 5)
▪ Coup de théâtre final, PERDICAN à Camille : « Chère créature, tu es à moi ! » (III, 8)
Communion de PERDICAN et Camille : « Insensés que nous sommes ! Nous nous aimons. Quel songe
avons-nous fait, Camille ? Quelles vaines paroles, quelles misérables folies ont passé comme un vent
funeste entre nous deux ? Lequel de nous a voulu tromper l'autre ? Hélas ! Cette vie elle-même est un
si pénible rêve ! Pourquoi encore y mêler les nôtres ! Ô mon Dieu, le bonheur est une perle si rare dans
cet océan d'ici bas ? Tu nous l’avais donné, pêcheur céleste, tu l'avais tiré pour nous des profondeurs
de l'abîme, cet inestimable joyau ; et nous, comme des enfants gâtés que nous sommes, nous en avons
fait un jouet. » (III, 8)
Parole
▪ CAMILLE : « j'aime la discussion » (III, 6)
▪ ROSETTE : « Des mots sont des mots, et des baisers sont des baisers. » (II, 3)
▪ CAMILLE et la parole séductrice liée pour elle à la condition des femmes de son temps : « Sans
doute, il nous faut souvent jouer un rôle, souvent mentir ; vous voyez que je suis franche ; mais
êtes-vous sûr que tout mente dans une femme, lorsque sa langue ment ? [...] Et qui sait si,
forcée à tromper par le monde, la tête de ce petit être sans cervelle ne peut pas y prendre
plaisir, et mentir quelquefois par passe-temps, par folie, comme elle ment par nécessité ? » (III,
6)
Temps et conflit
▪ CAMILLE : « Je dis que les souvenirs d'enfance ne sont pas de mon goût. » (I, 3)
▪ CAMILLE : « Depuis près de dix ans que nous avons vécu éloignés l'un de l'autre, vous avez
commencé l'expérience de la vie. » (11, 5)
▪ Ultimatum de CAMILLE à PERDICAN : « Tu as voulu à tout prix me lancer quelque trait qui pût
m'atteindre, et tu comptais pour rien que ta flèche empoisonnée traversât cette enfant, pourvu
qu'elle me frappât derrière elle. [...] Eh bien ! Apprends-le de moi, tu m'aimes, entends-tu,
mais tu épouseras cette fille, ou tu n'es qu'un lâche. » (III, 6)
Sentences et maximes
▪ CAMILLE : « L'amitié ni l'amour ne doivent recevoir que ce qu'ils peuvent rendre. » (I, 2)
▪ PERDICAN : « ces arbres et ces prairies enseignent à haute voix la plus belle de toutes, l'oubli
de ce qu'on sait. » (I, 4)
▪ MAÎTRE BRIDAINE : « j'aime mieux, comme César, être le premier au village que le second dans
Rome. » (II, 2)
Nature
▪ PERDICAN : « Voilà donc ma chère vallée ! Mes noyers, mes sentiers verts, ma petite fontaine
; voilà mes jours passés encore tout pleins de vie, voilà le monde mystérieux des rêves de mon
enfance ! » (I, 4)
▪ Nature et force, PERDICAN à ROSETTE : « tu seras ma femme, et nous prendrons racine
ensemble dans la sève du monde tout-puissant. » (III, 4)
▪ La nature coïncide avec l'évolution des sentiments – PERDICAN : « le vert sentier qui nous
amenait l'un vers l'autre avait une pente si douce, il était entouré de buissons si fleuris, il se
perdait dans un si tranquille horizon ! Il a bien fallu que la vanité, le bavardage et la colère
vinssent jeter leurs rochers informes sur cette route céleste, qui nous aurait conduits à toi dans
un baiser ! Il a bien fallu que nous nous fissions du mal, car nous sommes des hommes. » (III,
8)