Chapitre 1 : Introduction
1. Définition d'un minéral
Un minéral est une substance solide, naturelle, homogène, possédant une
composition chimique définie et une structure atomique ordonnée.
Il convient de s'attarder quelque peu sur les différents termes de la définition d'un minéral :
Solide : à l'exception du mercure natif, qui est liquide et qui est considéré comme un
minéral, aucun autre liquide n'est considéré être un minéral.
Naturel : Les minéraux sont des substances naturelles formées dans la croûte ou
près de la surface terrestre par des processus physico-chimiques.
Les cristaux artificiels ne sont pas considérés comme des minéraux.
Il est en effet possible de reproduire par synthèse des cristaux. Les cristaux gemmes
artificiels sont bien connus et la synthèse des cristaux de quartz, de diamant, est une
industrie importante. Ces cristaux dus à l'action humaine ne sont pas considérés
comme des minéraux dans le sens propre du terme.
Homogène : Un minéral est formé par une seule phase solide et aucune méthode
physique de séparation ne peut permettre d'en isoler des composés plus simples.
Ex : un morceau de calcite CaCO3, donne après broyage des morceaux
micrométriques composés toujours par la calcite CaCO3.
Composition chimique définie: En général, un minéral a une composition chimique
bien déterminée
Ex :
Calcite CaCO3 CaO = 56% CO2 = 44 %
Cérusite PbCO3 PbO= 83,5% CO2 = 16,5%.
Les exceptions sont fréquentes à cette règle et proviennent de l'existence de
solutions solides minérales. Ceci est provoqué par des remplacements ou de
substitutions partielles d'un élément par un autre. Ces remplacements induisent des
variations plus
ou moins continues de la composition entre deux termes (ex : série des
plagioclases; série de la calcite-magnésite)
Ainsi, la calcite peut contenir un peu de magnésium dans son réseau en
remplacement de Ca Calcite magnésienne.
Lorsque la teneur en MgO atteint 21,7%, on aura de la dolomite (Ca,Mg)(CO3)2.
Lorsque tout le calcium sera remplacé par Mg, on aura de la magnésite MgCO3.
Structure atomique ordonnée : L'état cristallin
Un minéral est un solide cristallisé, ce qui peut parfois se traduire par une forme
cristalline macroscopique.
L'état cristallin de la matière est caractérisé par une structure ordonnée, où les
atomes sont distribuées d'une façon homogène les uns par rapport aux autres,
séparés par des intervalles réguliers, dans les trois dimensions de l'espace.
Dans la structure du chlorure de sodium, halite, communément appelée sel de
cuisine (fig. 1), chaque atome de sodium est entouré par 6 atomes de chlore et
inversement chaque atome de chlore est entouré par 6 atomes de sodium.
Une substance comme les argiles, qui n'apparaît jamais en cristaux bien formés
mais en masses confuses, est en réalité une substance bien cristallisée. En effet sa
structure atomique est ordonnée et périodique (phyllosilicates).
Dans les substances amorphes, les atomes ne sont pas disposés en réseau, mais
distribués d'une façon désordonnée. Ces substances sont des gels colloïdaux
solidifiés et sont considérées comme minéraux
Ex : Opale SiO2nH2O ou le chrysocolle 6CuSiO3 nH2O (opale +- riche en cuivre).
Un verre ordinaire est formé par un mélange fondu de SiO2 (quartz) + CaCO3 (Calcite) + Na2CO3 , où les atomes sont
désordonnés et dans une position quelconque.
2. Importance économique des minéraux
Depuis l'antiquité, les minéraux ont joué un rôle important dans l'histoire de
l'humanité et la cadre de vie.
L'homme des temps préhistoriques savait déjà se servir des différentes qualités des
minéraux. En Mésopotamie (Irak actuel), vers 3500av. J.-C., du cuivre, du zinc, de
l'or et de l'argent, ainsi que de nombreuses pierres précieuses (malachite, turquoise,
lapis-lazuli, opale, agate), étaient utilisées pour les parures, les armes et les objets à
usage domestique (ustensiles).
De siècle en siècle les substances minérales acquièrent de plus en plus de
l'importance et de nos jours on est devenu de plus en plus dépendant. En effet les
minéraux entrent dans la plupart des activités industrielles depuis la constructions
des immeubles jusqu'aux la fabrication de divers composants électroniques et des
écrans de télévisions.
Quelques minéraux peuvent être utilisés à l'état brut : sable, talc, soufre, argiles.
Une grande quantité de minéraux est utilisée dans la fabrication de matériaux de
construction : ciment (argiles, calcaires, gypses, oxydes de fer), plâtre (gypse et
anhydrite), verre (quartz, calcite).
Tous les métaux, du fer à l'or, sont extrait à partir de substances minérales.
3. Les noms des minéraux
La nomenclature des minéraux ne répond pas à un système uniforme. Plusieurs
noms se référent à la composition chimique du minéral. D'autre noms se réfèrent à
des lieux, des personnes, des particularités frappantes comme la couleur.
Ex :
Albite (NaAlSi3O8) du latin albus = blanc , en allusion à la couleur blanche du
minéral.
Azurite (Cu CO3 H2O) de azur = bleu , en allusion à la couleur bleue du minéral.
Rhodonite (MnSiO3), du Grec, rhodon = rose, en allusion à la couleur rose du
minéral.
Chromite (FeCr2O4) du fait de la présence d'une quantité importante de chrome
dans le minéral.
Barytine (BaSO4) du fait de la présence d'une quantité importante de baryum dans
le minéral.
Strontianite (SrSO4) du fait de la présence d'une quantité importante de strontium
dans le minéral.
Franklinite (ZnFe2O4) après une localité, Franklin, à New Jersey (USA), où ce
minéral est abondant.
Sillimanite (Al2Si2O5) dédié à Benjamin Silliman, Professeur à l'Université de Yale
(1779-1864).
Chapitre 2
CRISTALLOCHIMIE 1
(Liaisons atomiques; Coordination; Formules chimiques des minéraux,
Isomorphisme-solutions solides, Polymorphisme).
I . COMPOSITION CHIMIQUE DE LA CROUTE
Dans la croûte terrestre, les teneurs moyennes des différents éléments du tableau
périodique ou tableau de Mendeléiev sont variables d'un élément à un autre.
Certains éléments dits majeurs se distinguent par des pourcentages moyens assez
élevés, supérieures à 0,1 % .
Les éléments majeurs principaux sont : l'oxygène, le silicium, l'aluminium, le fer, le
calcium, le sodium, le potassium et le magnésium.
Le pourcentage en poids, le pourcentage en volume, ainsi que la valence et le rayon
ionique de chacun de ces éléments sont donnés dans le tableau suivant :
Eléments % Poids % Volume Valence Rayon ionique en Angström
O 46,6 93,8 2- 1,4 gros anion
Si 27,7 0,8 4+ 0,42 petit cation
Al 8,1 0,5 3+ 0,51 petit cation
Fe 5,0 0,4 3+; 2+ 0,74 petit cation
Ca 3,6 1,0 2+ 0,99 cation moyen
Na 2,8 1,3 1+ 0,97 cation moyen
K 2,6 1,8 1+ 1,33 gros anion
Mg 2,1 0,3 2+ 0,66 petit cation
L'examen de ce tableau montre :
1) l'importance de l'oxygène en tant qu'élément constitutif de la croûte terrestre,
importance encore rehaussée lorsqu'on tient compte de son pourcentage en volume
qui représente environ 94% du volume total occupé par les éléments chimiques. Ce
qui permet de dire que la croûte terrestre est pour l'essentiel un tassement d'ions
oxygène liés au silicium et aux autres cations.
1) Ce tableau montre que ces 8 éléments représentent près de 99% en poids de la
croûte terrestre.
2) L'abondance relative du silicium a pour conséquence que l'immense majorité des
minéraux constituant les roches sont des silicates.
Toutefois, à côté de ces minéraux prédominant, qui sont les silicates, il existe
d'autres minéraux moins abondants, mais dont la connaissance est aussi
importante. Ce sont les minéraux non-silicatés, comme les carbonates, les sulfates,
etc…
II. LIAISONS ATOMIQUES
Dans un cristal, les liaisons, et donc les forces par lesquelles s'attirent les atomes,
peuvent être de différentes sortes :
II.1 - Liaisons métalliques, qui s'exercent entre les atomes de métaux
électropositifs. Les métaux peuvent être considérés comme formés par un
assemblage d'ions positifs, les électrons libérés étant dispersés et se déplaçant
facilement au sein de cet assemblage ; pouvant facilement interférer avec les rayons
lumineux, ils rendent les métaux opaques et leur donnent l'éclat métallique; leur
mobilité explique les bonnes conductivités thermiques et électriques. La faiblesse
des liaisons métalliques, leur facile reconstitution et l'existence de plans
d'assemblage atomique compact qui sont des plans de glissement rendent les
métaux malléables.
Parmi les minéraux, les métaux natifs et de nombreux sulfures possèdent des
liaisons métalliques.
II.2 - Liaisons covalentes, qui s'exercent entre les atomes de même
électronégativité. Les atomes voisins mettent en commun leurs électrons de valence
afin de compléter leur couche électronique périphérique.
Dans le diamant par exemple, chaque atome de carbone est entouré par quatre
autres atomes de carbone, situés au sommet d'un tétraèdre régulier circonscrit,
chacun mettant en commun un électron avec l'atome central dont la couche
électronique de valence se trouve ainsi saturée. La liaison covalente est encore
appelée homopolaire.
II.3 - Liaisons ioniques, de nature électrostatique, qui s'exercent entre ions de
charges contraires.
C'est le cas du chlorure de sodium où chaque ion est entouré par des ions de
charge opposée.
Dans la liaison ionique, il se produit un transfert d'électrons de l'élément
électropositif vers l'élément électronégatif.
Si l'on excepte les éléments et les sulfures, les liaisons ioniques ou polaires sont
fréquentes dans le règne minéral.
II.4 - Liaisons de Van der Waals, qui sont très faibles par rapport aux autres. Ce
sont les forces de liaison propres aux réseaux dont les noeuds sont occupés par des
molécules neutres (cas de la plupart des composés organiques). Dans les rares
minéraux à réseaux moléculaires : soufre, realgar, les forces intramoléculaires sont
de natures covalentes et fortes, alors que les molécules sont faiblement liées par
des forces de Van der Waals.
II.5 - Liaisons multiples
Dans de nombreux minéraux coexistent des liaisons de types différents. Dans ce
cas certaines propriétés physiques ; dureté, point de fusion, résistance mécanique
sont fonction des liaisons les plus faibles.
Par exemple dans le graphite, les atomes de carbone sont fortement liés par des
liaisons covalentes en formant des feuillets qui sont liés entre eux par des liaisons
de Van der Waals beaucoup plus faibles permettant l'excellent clivage basal.
Certaines structures ioniques tendent à devenir analogues aux structures
covalentes, avec apparition d'ensembles individualisés :radicaux simples CO3)--,
(SO4) --, (PO4) --- ou polymérisés : structures en chaînes, en feuillets, etc... des
silicates.
Dans les structures à liaisons ioniques, métalliques, Van der Waals, les sphères
représentant les atomes seront tangentes entre elles, donnant des assemblages
compacts où un atome se trouve en contact avec le nombre maximum d'atomes
voisines.
II. NOMBRE DE COORDINATION
On appelle nombre de coordination ou plus simplement coordination d'un atome le
nombre total d'atomes, de radicaux ou de molécules entourant un atome central à
des distances égales ou approximativement égales.
Dans les composés ioniques, les ions de petite taille, cations en général, s'entourent
du nombre maximum de gros ions, anions en général, et ce nombre est fonction des
tailles relatives de ces ions, de plus comme il est nécessaire que l'assemblage soit
électriquement stable, donc neutre, le radical négatif doit être entouré par des
cations équilibrant sa charge électrique.
Par exemple, dans le chlorure de sodium (halite), un cation sodium est entouré de 6
anions chlore disposés aux sommets d'un octaèdre régulier, nous dirons que la
structure est octaédrique ou que la coordination du sodium par rapport au chlore est
égale à 6 (le sodium est hexacoordonné).
La coordination variera en fonction du rapport entre les rayons ioniques du cation et
de l'anion considéré.
Le cation étant au centre de l'édifice :
- pour une coordination égale à 3, les anions seront aux sommets d'un
triangle équilatéral , égale à 4 aux sommets d'un tétraèdre ; d'un octaèdre pour 6,
d'un cube pour 8 ; enfin pour une coordination égale à 12, le rapport des rayons
étant égal à un, la structure sera formée par un assemblage compact de sphères
égales, assemblage soit hexagonal compact (fig. 77), soit cubique compact (cubique
faces centrées),
En général, les nombres de coordination ne sont pas exprimés dans les formules
chimiques, sauf s'ils sont nécessaires pour différencier certains polymorphes.
Par exemple, andalousite, disthène et sillimanite ont la même formule
AI2SiO4, mais les atomes d'aluminium ont des coordinations différentes qui sont
précisées en exposants :
andalousite Al[6] AI [5] [O, SiO4],
disthène AI2 [6] [O,SiO4],
sillimanite, Al[6] AI[4] [O,SiO4].
III. VALENCE ELECTROSTATIQUE
Les composés ioniques doivent être électriquement neutres ; si la charge d'un cation
est Z et le nombre d'anions l'entourant n, la force de liaison ionique entre le cation et
un de ces anions est Z/n , cette quantité est appelée valence électrostatique de la
liaison.
La somme des valences électrostatiques correspondant aux liaisons venant aboutir
sur un ion doit être égale à sa charge.
Par exemple dans le chlorure de sodium, chaque cation Na+ est entouré de 6 anions
CI-
La valence électrostatique correspondant à la force de liaison entre le cation et un
de ces anions est donc égale à 1/6.
De même les ions chlore étant hexacoordonnés, leur valence électrostatique sera
aussi égale à 1/6.
Dans les silicates, le silicium est tétracoordonné par rapport à l'oxygène. Un cation
Si++++ sera situé au centre d'un tetaèdre formé par des ions O--., la valence
électrostatique du silicium égale à 1, saturera la moitié de l'énergie de liaison des
ions oxygène qui pourront former les associations structurales en chaîne, feuillets,
etc., caractéristique des silicates.
4. Exemple de structures minerales
La détermination de sa structure et de la nature des atomes constituants permet de
définir complètement une espèce minérale.
Quelques exemples simples:
1) Galène PbS. - Cubique. Paramètre de la maille a = 5,94A°. Nombre de molécule
PbS par maille Z = 4. Les anions forment un assemblage cubique face centrée,
les cations Pb++ occupent les lacunes octaédriques. Le plomb est
hexacoordonné par rapport au soufre. La galène présente des liaisons de type
métallique.
2) Fluorine CaF2 - Cubique. Paramètre de la maille a= 5,46 A°.
Z = 4. Les anions forment un assemblage cubique simple et les cations occupent la
moitié des lacunes cubiques. Chaque calcium est lié à 8 fluor situés au sommet d'un
cube et chaque fluor à quatre calcium placés aux sommets d'un tétraèdre régulier.
3) Calcite CaCO3 - Rhomboédrique. La maille la plus simple est le
rhomboèdre aigu (4041) d'arête = 6,37 A°. = 46°. Z = 2. Les ions constituant les
radicaux (CO3)-- sont dans un plan (0001), les anions étant aux sommets d'un
triangle équilatéral dont le carbone occupe le centre. On peut aussi considérer le
rhomboèdre de clivage (1011) où les atomes de calcium sont situés au centre des
faces.
IV - ISOMORPHISME-SOLUTIONS SOLIDES, POLYMORPHISME,
PSEUDOMORPHOSE
1 -Substances isomorphes et solutions solides
Deux substances sont isomorphes :
- si elles appartiennent au même type structural
- et si les rayons des éléments les constituants sont assez proches pour
que les deux espèces puissent s'incristalliserc'est-à-dire sont capables de
concourir soit en toutes proportions, soit entre certaines limites, à la
formation d'un cristal unique en apparence homogène. Ce cristal
decomposition mixte, dits "solutions solides"
Ex1 : Série de solutions solides des olivines entre la forsterite et la fayalite Mg2SiO4
- Fe2SiO4.
On appelle éléments diadochiques ceux qui peuvent se substituer les uns aux autres
pour occuper de mêmes positions réticulaires dans un cristal. Dans la série
forsterite-fayalite, Mg et Fe sont diadochiques.
Dans les formules chimiques on met les ions pouvant se substitués entre
parenthèse. Les termes extrêmes de la substitution portent souvent en minéralogie
des noms différents.
Ex : Wolframite (Mn,Fe) [WO4] dont la composition évolue entre Ferbérite Fe [WO4]
et Hubnérite Mn [WO4].
Dans les cristaux de solutions solides, les atomes sont substitués diadochiquement;
pour cela, il faut que l'atome substitué satisfasse à plusieurs conditions étudiées
particulièrement par le célèbre géochimiste Goldschmidt. les principales sont :
a) Ions pouvant se remplacer
Pour que le remplacement soit possible, il faut que les ions substitués aient des
volumes voisins. Une trop forte différence de taille amènera des distorsions du
réseau, ce qui limitera ou empêchera l'existence de solutions solides.
Exemples :
Cations pouvant se substituer facilement :
Cu++ (rayon ionique : 0,72 A°) et Zn (0,74 A°)
Fe3+(0,64), Cr3+(0,64), Al3+(0,57)
Au contraire Ca (0,92 A°) et Mg(0,66 A°) n'auront que des possibilités de substitution
limitées.
Anions pouvant se remplacer :
S2- (1,82) , Se2- (1,93).
Rque la couleur du sulfo-sélénure de cadmium est sensible au taux de substitution
de S par Se
CdS Jaune d'or
Cd (S 0,87, Se 0,13) Orange
Cd (S 0,72, Se 0,28) Rouge clair
Cd (S 0,62, Se 0,38) Rouge feu
Cd (S 0,53, Se 0,47) Rouge bordeaux
b) Compensation des charges électriques.
Normalement, un ion ne peut être remplacé que par un ion de même électrovalence,
mais il peut y avoir double substitution avec compensation électrostatique.
Exemple : Il existe une série continue des feldspaths calco-sodiques tricliniques,
allant de l'albite Na [Al Si3 O8] à l'anorthite Ca [Al2 Si2 O8], par remplacement
progressif du Na par le Ca.
Dans ces plagioclases, l'excès de charge dans le remplacement du sodium (1+) par
le calcium (2+) étant compensé par le remplacement du silicium (4+) par l'aluminium
(3+):
Na+ + Si++++ = Ca++ + AI+++
Le cristal formé conserve ainsi sa nécessaire neutralité électrique.
c) Exsolution
En général, les substitutions augmentent avec la température de formation, en effet,
l'agitation thermique augmentant, les distances entre les atomes sont plus grandes
et les conditions d'encombrement deviennent moins impératives.
Les rayons ioniques des cations potassium ( ) et sodium ( ) ne permettent que de
faibles substitutions à la température ordinaire,
Dans la sanidine, forme de haute température du feldspath potassique, une partie
importante du potassium se trouve remplacée par le sodium, car à plus de 700°,
sodium et potassium sont totalement interchangeables dans la structure.
Lorsque la température baisse, la solution solide de haute température devient
instable. Cette instabilité peut donner des exsolutions.
L'exsolution est la précipitation d'un autre composé à l'intérieur de la solution
solide. Il y a apparition de germes du précipité (nucléation) au sein de la solution
solide, puis croissance de ces germes en donnant des précipités visibles qui
s'orientent au sein de la solution solide.
Le feldspath sodico-potassique de haute température donne par exsolution des
associations orientées de feldspath sodique et de feldspath potassique connues
sous le nom de perthites.
d) Séries continues et séries discontinues
Il existe des solutions solides de substitution en toutes proportions. En série
continue, comme par exemple entre la forsterite et la fayalite, il y aura variation
régulière des paramètres de la maille cristalline, des indices de réfraction, de la
densité, etc...
D'autres solutions solides seront limitées , c'est le cas du groupe des carbonates
rhomboédriques holoèdres :
Rayon ionique du cation (A)
Calcite CaCO3 0,99
Rhodocrosite MnCO3 0,80
Sidérite FeCO3 0,74
Smithsonite ZnCO3 0,74
Sphaerocobaltite CoCO3 0,72
Magnésite MgCO3 0,66
Il existe des séries binaires complètes entre CaCO3-MnCO3, FeCO3-MnCO3.
Les autres possibilités de substitutions sont plus ou moins limitées, en particulier la
calcite accepte au plus 8% de MgO, la magnésite 6 % de CaO , mais il existe un
composé intermédiaire de structure différente, la dolomite Mg Ca(CO3)2 qui
appartient à l'hémiédrie centrée du système rhomboédrique.
3 - POLYMORPHISME
Une espèce chimique est polymorphe quand elle correspond à plusieurs phases
minérales ayant même composition mais de structures cristallines différentes.
Aragonite et calcite sont deux espèces polymorphes du carbonate de calcium.
Quand une substance de formule chimique bien définie se présente en cristaux de
classes de symétrie différentes on dit qu'elle est polymorphe (dimorphe ou
trimorphe).
Exemple CaCO3 est connu sous les formes de la calcite (R) de l'aragonite (O) et de
la valérite (H).
S'il s'agit d'un élément chimique on parle d'allotropique.
Ex 1 : Diamant et graphite, deux formes allotropiques du carbone.
Ex 2 : le soufre se présente sous 2 variétés allotropiques cristallisées.
1) S , de densité 2,07, fondant à 115°C, orthorhombique, obtenu par oxydation de
H2S (gisement naturel), ou par évaporation d'une solution de soufre dans le
sulfure de carbone. C'est la forme habituelle du soufre.
2) S , de densité 1,97, monoclinique, obtenu par fusion à 120°C puis par
refroidissement
4 - TRANSFORMATIONS POLYMORPHIQUES
Elles se produisent quand les conditions physico-chimiques ne sont plus celles qui
existaient au moment de la formation de la substance.
Ex : A la température ordinaire ZnS cristallise dans la nature sous la forme cubique
(Sphalérite). Si on élève la température à 1000°C le sulfure cubique devient
héxagonal (Würtzite). La transformation est irréversible.
Cette transformation, où un cristal unique devient un autre cristal unique de
propriétés physiques et cristallographiques différentes est appelée transformation
paramorphique.
5 - PSEUDOMORPHOSE
Un minéral peut, en conservant sa forme extérieure, être remplacé par un autre.
C'est une pseudomorphose.
Exemples :
- un cube ou un dodécaèdre de pyrite (FeS2) peut se transformer plus ou
moins complètement en goethite (FeOOH);
- Cu2O (Cuprite) transformée en Cu2CO3(OH)2 (malachite)
Les principaux processus qui conduisent à la formation de minéraux sont les suivants.
Cristallisation d'un liquide qui, par refroidissement, passe de l'état liquide à l’état
solide.
Exemples : passage de l'eau à la glace; cristallisation par refroidissement
d'un magma (1)
Précipitation chimique à partir d'une solution sursaturée par rapport à un minéral.
Exemples : la formation des agathes (1) ; la formation des dépôts de cavernes
(spéléothèmes) (1); les minéraux de la séquence évaporitique (1).
Cristallisation de vapeurs.
Exemple : la cristallisation du soufre autour des fumerolles (émanations de gaz
riches en H2S provenant de la chambre magmatique) sur les volcans.
Transformation (recristallisation) de minéraux existants en formes cristallines
différentes de l'original.
(1) Exemples présentés ci-dessous.
1. La cristallisation par refroidissement d'un magma
La matière peut exister sous trois états, solide, liquide ou gazeux. La température et la
pression sont les deux principaux facteurs qui règlent l'état sous lequel se trouve la matière.
Le diagramme de la figure II-1 se nomme un diagramme de phases; c'est celui de l'eau. Il
illustre de façon simple les relations entre états de la matière et température-pression.
Il montre que l'eau peut exister sous trois états, solide, liquide ou gazeux (vapeur),
selon les conditions de température et pression. On voit par exemple, qu'à pression
ambiante (1 atm.), on n'obtiendra jamais de l'eau liquide plus chaude que 100° C,
mais qu'à pression plus élevée, cela est possible; c'est le cas de la cocotte-pression.
Tout au long des courbes solide-liquide et liquide-vapeur, les deux phases sont en équilibre.
Au point triple, les trois phases sont en équilibre. Dépassé le point critique, défini par la
température critique (Tc) et la pression critique (Pc), les phases liquide et gazeuse ne
peuvent plus être distinguées. De tels diagrammes ont été construits pour plusieurs
minéraux et sont très utiles pour connaître l'état de ces minéraux sous des températures et
pressions variables comme c'est le cas à l'intérieur de la croûte terrestre ou du manteau.
Ainsi, chaque minéral possède son point de fusion (passage du solide au liquide) qui
correspond aussi à son point de cristallisation (passage du liquide au solide) à une pression
donnée.
Plusieurs minéraux de la croûte terrestre cristallisent à partir d'un magma, c'est-à-
dire, de la roche fondue. Cette cristallisation obéit à certaines règles. Dans un magma dont
la température est supérieure à 1200° C, comme au niveau du manteau supérieur par
exemple, les minéraux sont tous sous leur phase liquide. Si ce magma est introduit dans la
croûte terrestre, il subit un abaissement de pression et se refroidit progressivement. En
supposant qu'on maintienne la pression constante, c'est-à-dire, à un niveau constant dans la
croûte, les minéraux cristallisent lorsqu'ils atteignent la température correspondant à leur
limite solide-liquide (température de cristallisation). Comme cette limite n'est pas la même
pour tous les minéraux, ceux-ci ne cristallisent pas tous en même temps, mais à tour de
rôle, selon leur température de cristallisation, à mesure que se refroidit le magma. C'est ce
qu'exprime le diagramme de la figure [Link]-2 .
Avec un abaissement de la température du magma, les minéraux dont la température de
cristallisation est la plus élevée sont les premiers à cristalliser. Le premier est l'olivine. Le
second groupe à se former comprend les pyroxènes. A ce stade, le magma aura épuisé son
bagage en olivine. Puis avec la cristallisation des amphiboles, puis de la biotite, le bagage
en pyroxènes est épuisé. Avec l'abaissement progressif de la température, suivent le quartz,
les feldspaths potassiques et la muscovite. On a donc une suite de cristallisation bien
définie, contrôlée par la température. On appelle cette suite une suite discontinue, parce
qu'il s'agit dans chaque cas de minéraux distincts (composition et structure cristalline
distinctes).
Dans ce diagramme, il y a aussi une suite continue, celle des feldspaths plagioclases. On dit
une suite continue, parce que la seule variable significative est la proportion de calcium par
rapport au sodium. A l'extrémité "chaude", on a le plagioclase calcique (CaAl2Si2O8,
anorthite) et, à l'extrémité "froide", le plagioclase sodique (NaAlSi 3O8, albite). Cette suite de
cristallisation a été établie par Normand Bowen, en 1928.
A mesure que les minéraux cristallisent dans la chambre magmatique, i.e. dans la poche où
s'est introduit le magma, les cristaux sédimentent, s'accumulent à la base de la chambre. Il
se fait donc une ségrégation, et les roches issues de la cristallisation du magma (roches
ignées) auront des assemblages de minéraux différents selon qu'on est à la base, au milieu
ou au sommet de la chambre magmatique. Ainsi, le premiers assemblage à se former est un
assemblage d'olivine et de pyroxènes : c'est l'assemblage ultramafique. Ensuite, il y a un
assemblage de pyroxènes et d'amphiboles : c'est l' assemblage mafique. Un assemblage
d'amphiboles, biotite et quartz est qualifié d'assemblage intermédiaire, tandis qu'un
assemblage des minéraux les plus "froids", est qualifié de felsique. On parle donc de roches
ignées ultramafiques, mafiques, intermédiaires ou felsiques.
2. La formation des minéraux dans les fractures, des géodes et des agathes
Bien qu'à première vue ce ne soit pas évident, il y a toutes sortes de fluides, de solutions,
qui circulent dans les roches de la croûte terrestre, et ce, à des profondeurs très
importantes, allant jusqu'à plusieurs kilomètres. Les vitesses de circulation ce ces fluides
sont très lentes, mais il faut se placer dans une perspective de temps géologique. Ces
solutions circulent, entre autre, dans les grandes fractures. Elles peuvent provenir des zones
chaudes du manteau et être constituées de l'excès de vapeur d'eau d'un magma. Ou
encore, il peut s'agir de l'eau qui avait été piégée dans les bassins sédimentaires profonds
(eau marine et météoritique). Si ces solutions sont sursaturées par rapport à certains sels ou
minéraux, elles vont les précipiter. Ainsi, les beaux spécimens à grands cristaux qu'on
retrouve dans des fractures (filons) et de nombreux minerais des éléments métalliques,
notamment le plomb, l 'or et l'argent des filons veines proviennent d'un tel processus
(Figure II-3).
Les belles géodes (Figure II-4) ou les belles agathes exposées dans les musées ou en ventes
dans les boutiques de minéraux ont été formées par la précipitation de minéraux dans une
cavité de la roche, à partir d'une solution. Par exemple, le quartz (SiO 2) des agathes a été
précipité à partir de fluides sursaturés par rapport à la silice et circulant dans les formation
rocheuses. S'il y a dans ces formations rocheuses des cavités, comme c'est souvent le cas
dans des roches volcaniques par exemple, le quartz va précipiter sur les parois de la cavité
pour former une première couche de cristaux.
On aura à ce stade une géode, c'est-à-dire, une cavité tapissée de cristaux. Avec le temps
et la poursuite de la circulation des fluides sursaturés en silice, d'autres couches vont
successivement se former. Leur composition peut varier avec des variations dans la
composition des fluides. C'est ce qui produit souvent des différences de couleurs entre les
diverses couches d'une agathe. Certaines agathes montrent une cavité centrale, comme
dans l'illustration de la figure II-4 , simplement parce que les processus de précipitation n'ont
pas été complétés jusqu'au remplissage total de la cavité.
3. La formation des dépôts de cavernes (Figure II-5)
Des dépôts spectaculaires comme les stalagtites et les stalagmites des cavernes se
forment à partir d'une solution riches en sels minéraux, laquelle subit un dégazage
important lorsqu'elle atteint les parois internes de la caverne. Les cavernes sont
creusées dans des terrains calcaires sous l'effet d'une dissolution à grande échelle
par les eaux de pluies qui sont naturellement acides (d'où la dissolution) et qui,
s'infiltrant dans les fractures, agrandissent progressivement ces dernières pour
finalement créer tout un réseau de cavernes et de galeries souterraines.
Les stalagtites et les stalagmites sont composés de calcite (CaCO3), et se forment par
précipitation sur les murs et le plancher de la caverne à partir de l'eau qui
ruisselle (figure II.5).
Cette eau provient de la surface, par infiltration à travers les fractures du calcaire. Cette
solution contient du CO2 et passablement d'ions calcium (Ca2+) et de radicaux HCO32- acquis
de la dissolution des calcaires. Dans les roches juste au-dessus de la caverne, la pression
du CO2 contenu dans la solution se trouve à plusieurs atmosphères, à cause du poids de la
roche (pression lithostatique dans les calcaires : 2,7 atmosphères/10 mètres ou 270
atm/km). Lorsque la solution arrive aux parois de la caverne, sa pression passe subitement
de plusieurs atmosphères à une atmosphère, puisque la pression dans la caverne est à peu
près la même que celle de la surface du fait que la caverne communique avec la surface. Il
se produit alors un phénomène de dégazage du CO 2. L'équation sur le schéma de
la figure II-5 est l'expression chimique du processus. La variable la plus mobile dans cette
équation est le CO2, un gaz. La perte subite de pression fait que la solution dégage du CO 2.
D'ailleurs, on voit toujours dans l'eau qui ruisselle sur les murs d'une caverne, des bulles de
CO2 qui s'échappent. Ce dégazage de la solution force un rééquilibrage chimique : la
réaction se fait de la gauche vers la droite et le CaCO 3, la calcite, précipite au toit
(stalagtites), sur les murs et au plancher (stalagmites) de la caverne pour former ces
structures spectaculaires.
4. Les minéraux de la séquence évaporitique
Plusieurs cristaux, et parmi les plus beaux spécimens, se forment aussi à partir de solutions
sursaturées en certains éléments chimiques, c'est-à-dire une solution qui contient plus de
sels qu'elle ne peut en dissoudre. Les cristaux précipitent à partir de la solution selon divers
processus. L'évaporation est un de ces processus. Un bon exemple est la suite de minéraux
qui précipitent quand s'évapore de l'eau de [Link] schémas de la figure II-6 illustrent de
façon très simplifiée comment se forme cette suite.
L'eau de mer contient un ensemble important d'ions en solution, dont des ions positifs tels le
calcium, le sodium et le potassium, des ions négatifs tels le chlore, et des radicaux négatifs
comme CO3 2- et SO4 2-. L'évaporation ne se débarrasse que de l'eau, ce qui fait qu'au fur et
à mesure de l'évaporation, la solution devient de plus en plus saline, c'est-à-dire que les sels
se concentrent de plus en plus.
L'eau de mer normale a une salinité de l'ordre de 35 ppm (=g/l). A cette salinité, elle est
légèrement sursaturée par rapport au carbonate de calcium, CaCO 3 (calcite et aragonite).
Ce dernier précipite naturellement et dépose une couche de cristaux de CaCO 3 au fond du
bocal.
Avec la poursuite de l'évaporation et par conséquent l'augmentation de la salinité, la solution
devient sursaturée par rapport à un autre sel, le CaSO4 hydraté (gypse); la solution (le
milieu) est dite pénésaline. Le gypse précipite. Puis, avec encore une augmentation de la
salinité, vient la phase de précipitation du chlorure de sodium, NaCl (halite, le sel commun);
la solution (le milieu) est dite saline.
La dernière phase avant l'évaporation totale est le chlorure de potassium, KCl (sylvite,
communément appelée potasse); la solution (le milieu) est hypersaline.
On obtient donc une suite bien spécifique de minéraux précipités à mesure de l'évaporation
de l'eau de mer. C'est la suite évaporitiques ou ce qu'on appelle plus communément les
évaporites.
Au moins trois de ces minéraux interviennent dans les activités humaines: le gypse, entre
autre pour la fabrication du platre, le sel de table, et la potasse dans les fertilisants.
Si on tentait d'obtenir la suite évaporitique en évaporant l'eau d'un seul bocal d'eau de mer,
on obtiendrait très peu de produits. Il faut que les choses se passent à beaucoup plus
grande échelle. Comment cela se traduit-il dans la nature?
La précipitation des minéraux évaporitiques se fait, entre autre, dans les grandes lagunes en
bord de mer ou dans des sebkhas, lagunes et sebkha qui se mesurent en plusieurs dizaines
ou centaines de kilomètres carrés, se trouvent dans des régions où l'évaporation excède la
précipitation.
La sebkha ne se développe pas exclusivement en bordure de mer, mais partout où on peut
concentrer des eaux salines dans la nappe phréatique et les évaporer (Chott el Jérid par
exemple). Certaines plaines dans le désert de l’Afrique du Nord où se concentrent
périodiquement des eaux salines provenant de l'érosion de formation riches en sels
minéraux contiennent des minéraux évaporitiques. Les roses de sable sont un exemple de
ce phénomène. Elles se sont développées à l'intérieur des sables d'une sebkha désertique
et sont composées de grains de sable cimentés par du gypse.
La classification des minéraux est la répartition systématique desespèces minérales en
classes et catégories, suivant des caractères communs propres à en faciliter l'étude,
et tout particulièrement l'identification des minéraux provenant de roches prélevées
sur le terrain.
De nombreuses classifications existent mais la plus courante est basée sur la
composition chimique.
On les regroupe selon 9 classes:
1 ère classe : les éléments natifs
Cette classe réunit environ 80 minéraux constitués par un ou plusieurs éléments
natifs à l'état de mélange (alliage). La plupart de ces éléments sont rares. On
distingue les métaux natifs (or, argent, cuivre,...), qui possèdent un fort éclat
métallique et une densité élevée; ils sont malléables et ne présentent pas de
clivages. Les semi-métaux (Bi, Sb, As, Te,...), dont l'éclat est variable (métallique à
submétallique) et la densité élevée; ils sont plus ou moins malléables et présentent
des clivages. Les métalloïdes (carbone, soufre), qui sont fragiles, peu denses et
présentent de nombreuses formes, comme par exemple le carbone, dont les
polymorphes les plus connus sont le graphite et le diamant.
2 ème classe : les sulfure et sulfosels
Cette classe comprend environ 350 minéraux, répartis en deux sous-classes :
sulfures et sulfosels
la sous-classe des sulfures (incluant aussi arséniures, antimoniures, et
tellurures. Au sein de cette sous-classe, les cations associés peuvent être les
métaux suivants : Fe, Pb, Zn, Cu, Sb, Bi, Ag, As, Co, Ni, Mo, Mn, Ti, V, W et
Sn. Les minéraux de cette classe sont généralement tendres et fragiles,
exception faite de la pyrite et de la sperrylite. Ils sont aussi parfois sectiles.
la sous-classe des sulfosels, regroupe des minéraux dans lesquels le soufre se lie,
dans le groupement anionique, à un ou plusieurs semi-métaux tels que : As, Sb, Ge,
Bi. Les métaux associés en tant que cations, quant à eux, peuvent être : Ag, Cu, Pb,
Sn, Bi, Fe, Sb, Ti. Les sulfures d’argent et de fer (argentopyrite), ou de cuivre et de
fer (bornite) sont des sulfosels. Les sulfosels sont généralement tendres et fragiles.
3 ème classe : les halogénures
Quelque 130 minéraux appartiennent à cette classe. Les anions sont représentés
par les éléments halogènes : F, Cl, Br, et I.
Les halogénures sont des minéraux composés de métaux combinés avec des
éléments halogènes : chlore, fluor, brome et iode. Cette classe comprend environ
130 minéraux, où les fluorures sont les minéraux les plus courants ; les chlorures
sont peu nombreux, même si le chlorure de sodium (halite) — c’est-à-dire le sel de
cuisine (NaCl) — est largement exploité ; les bromures et les iodures sont quant à
eux extrêmement rares.
Les propriétés physiques communes à ces halogénures sont leur fragilité, leur
dureté et leur densité faibles; ces minéraux sont souvent solubles dans l'eau.
4 ème classe : les oxydes et hydroxydes
Dans cette classe, qui regroupe quelque 320 minéraux, l'oxygène (O) ou l'ion
hydroxyl (OH-) occupe la position de l'anion. On distingue trois sous-classes :
- celle des oxydes simples, comme la cassitérite (SnO2).
- celle des oxydes multiples, lorsque plusieurs métaux cohabitent (chromite, avec du
fer et du chrome), comme la chromite (FeCr2O4).
- celle des hydroxydes, où le groupement (OH-) occupe la position de l'anion.
On différencie aussi le groupe des spinelles (cuprite, magnétite), des chrysobéryls
pour les oxydes d’aluminium et de béryllium (œil de chat), des corindons pour les
oxydes d’aluminium (rubis, saphir), des quartz pour les oxydes de silicium (cristal de
roche, améthyste, agate, aventurine, jaspes), et des opales pour les oxydes de
silicium hydraté.
A quelques exceptions près, les oxydes simples et multiples sont des minéraux durs
et relativement denses; à l'opposé, les hydroxydes présentent fréquemment une
faible dureté.
5 ème classe : les carbonates, nitrates et borates
Les carbonates, les nitrates et les borates sont des minéraux composés de métaux
combinés avec les éléments carbone, azote ou bore. Cette classe regroupe environ
300 espèces regroupés en 3 sous-classes : les carbonates, les nitrates et les
borates. La première est riche de près de 100 espèces dont 3 sont particulièrement
bien représentées : la Calcite, l'Aragonite, et la Dolomite. Le groupement anionique
est ici constitué par (CO3--).
Les carbonates ont une faible dureté, ils sont fragiles et se clivent, en général,
facilement. Ils entrent pour la plupart en effervescence avec les acides (dégagement
de dioxyde de carbone).
Les nitrates sont rares et généralement solubles dans l’eau. Sur les 8 espèces
répertoriées, les plus connues sont le salpêtre ordinaire ou nitre (KNO3) et le
salpêtre du Chili (NaNO3) — également appelé nitratine ou nitronatrite.
Les borates sont constitués de quelque 100 minéraux où (BO3--) et parfois (BO44-)
constituent le regroupement anionique. Ses représentants ont en majorité un éclat
vitreux; ils sont incolores à blancs et de faibles dureté et densité. Les borates les
plus connus sont les borates hydratés, tel le borax; ils sont de conservation délicate
car ils subissent très facilement des variations d'hydratation en dehors de leurs
conditions naturelles de gisement. Ainsi, à l'air, le borax se transforme presque
immédiatement en tincalconite.
6 ème classe : les sulfates, chromates, molybdates et tungstates
Cette classe compte près de 250 espèces. Les minéraux sont constitués d’un radical
anionique de type (XO4--) avec X = S (sulfates) ou Cr (chromates) ou Mo
(molybdates) ou W (tungstates), chaque radical déterminant une sous-classe.
La sous-classe des sulfates regroupe le plus grand nombre de minéraux (200
espèces). On distingue les sulfates anhydres (barytine, anhydrite, anglésite,
célestite, crocoise) et les sulfates hydratés (chalcantite, gypse, mélantérite). A
l'exception des composés de cuivre, les sulfates ont généralement peu de couleur et
tous sont fragiles et tendres.
Les autres sous-classes : chromates, molybdates, tungstates; comptent au total une
trentaine d'espèces minérales, en général rares. Leurs représentants sont pour la
plupart fragiles et de faible dureté.
7 ème classe : les phosphates, arséniates et vanadates
Les phosphates, les arséniates et les vanadates sont des minéraux composés de
métaux combinés avec un groupement tétraédrique constitué d’un élément
phosphore, arsenic, ou vanadium entouré de quatre atomes d’oxygène.
Cette classe regroupe environ 250 espèces, dont beaucoup sont très rares et ne se
présentent qu'en petits cristaux, parfois uniquement visibles sous une loupe
binoculaire. On distingue trois sous-classes :
-celle des phosphates, où le radical anionique est (PO4--); ces minéraux sont le plus
souvent très colorés et forment parfois de grands cristaux.
-celle des arséniates, où le radical anionique est (AsO4--); ses représentants les plus
connus sont l'adamite, la mimétite et l'érythrite.
-celle des vanadates, où le groupement anionique est (VO4--); à l'exception de la
vanadinite, les autres espèces de cette sous-classe sont très rares.
8 ème classe : les silicates
La classe des silicates est la plus importante par le nombre de ses représentants
(près du tiers de l'ensemble des minéraux) et forment plus de 90 p. 100 en poids de
la croûte terrestre. Les diverses espèces sont caractérisées par la présence de
groupements tétraèdriques (SiO44-) constitués d'un atome de silicium au centre et de
quatre atomes d'oxygènes aux sommets du tétraèdre. Ces groupements s'associent
entre eux par un ou plusieurs de leurs sommets ou par l'intermédiaire des cations
Mg2+, Fe2+, Fe3+, Ca2+, Na+, K+, ...; la trame silicatée forme la structure de base de
tous les silicates. En fonction de l'agencement des tétraèdres, 6 sous-classes ont été
définies : les nésosilicates, les sorosilicates, les cyclosilicates, les inosilicates, les
phylosilicates et les tectosilicates.
Forstérite
Fayalite
4-
Nésosilicates tétraèdres isolés [SiO4] Andalousite
Sillimanite
Staurotide
Grenats ...
6-
Sorosilicates tétraèdres groupés par deux [Si2O7] Epidotes
Lawsonite
Pumpellyite ...
tétraèdres en anneaux de 3, 5, 6 ou Cordiérite
Cyclosilicates
plus Tourmaline
Béryl ...
Pyroxènes
Amphiboles
Inosilicates tétraèdres en chaînes
Hornblendes
Glaucophane
Riébeckite ...
tétraèdres en couches avec Micas
Phyllosilicates
intervention de Mg, Fe, K Chlorites
Ar
8 ème classe : Sels d’acides organiques, hydrocarbures et résines
La dernière classe de minéraux regroupe des mélanges de composés organiques,
tels que les sels d’acides organiques, les hydrocarbures naturels (charbon, pétrole,
etc.) et les résines pétrifiées (résines fossiles) ; l’ambre appartient à cette classe des
résines pétrifiées, qui ne comprend qu’une trentaine d’espèces.
= Classification structurale des minéraux silicatés
INTRODUCTION
Le silicium et l'oxygène comptent pour près les trois quarts (75%) de l'ensemble des
matériaux de l’écorce terrestre. Il n'est donc pas surprenant qu'un groupe de
minéraux composés fondamentalement de Si et O avec un certain nombre d'autres
ions et nommé silicates, compose à lui seul 95% du volume de la croûte terrestre.
Ces minéraux silicatés possèdent une structure de base composée des ions Si 4+ et
O2-. Le silicium a une coordinance tétraèdrique par rapport à l’oxygène et la liaison
Si-O est de nature ionique est très forte.
SiO4
Où Si est chargé +4
et O est chargé -2
(-2)
(1 x 4) + (4 x –2) = 4 + (-8) = -4
Si on relie les centres des oxygènes, on obtient un volume qui forme un tétraèdre, le
tétraèdre de base. Le silicium occupe le centre du tétraèdre. Le calcul des charges
électriques montre qu'un tétraèdre est chargé négativement : (SiO4)4-
La charge d'une structure minérale doit être neutre. Dans les silicates, il y a deux
façons de neutraliser les charges : lier ensemble les tétraèdres par leurs oxygènes
(liens tétraèdre à tétraèdre), et/ou insérer entre les tétraèdres des ions positifs,
comme des fer, des magnésium, ou des potassium (liens métalliques).
C'est ainsi que la classification des silicates est
établie d'après l'agencement des tétraèdres (SiO4)
les uns par rapport aux autres. Selon la
complexité croissante des associations de
tétraèdres on distingue les classes suivantes :
Classes Arrangement des Rapport Exemples de minéraux
tétraèdres Si/O
Nésosilicates Isolés 1:4 Olivine (Mg,Fe)2SiO4
Sorosilicates Doublets 2:7 Hémimorphite
Zn4(Si2O7)(OH) 2.H2O
Cyclosilicates Cycles 1:3 Béryl Be3Al2 (Si6O18)
Chaînes (pyroxènes) 1:3 Enstatite Mg2 (Si2O6)
Inosilicates
Rubans 4:11 Trémolite
(amphiboles) Ca2Mg5(Si8O22) (OH) 2
Phyllosilicates Feuillets 2:5 Talc Mg3(Si4O10)(OH) 2
Tectosilicates Réseau 1:2 Quartz SiO2
tridimensionnel
I - NESOSlLICATES
On la désigne encore sous le nom de structure en ilots ou structure à groupement
(SiO4)4- indépendants, ou orthosilicates. Les tétraèdres de silice ne sont pas liés
directement entre eux, ils le sont par l'intermédiaire d'autres cations comme Mg2+,
Fe2+, Fe3+, Ca2+, Mn2+, Zr2+, etc... Ces cations assurent la neutralité électrique
de l'ensemble. A cette famille appartiennent les minéraux du tableau suivant :
GROUPE DE LA PHENACITE
Phenacite Be2(Si04)
Willemite Zn2 (Si04)
GROUPE DE L'OLIVINE
Forsterite Mg2 (Si04)
Fayalite Fe2 (Si04)
GROUPE DES GRENAT A3B2(Si04)3
Pyrope Spessartite Andradite
Almandite Grossularite Uvarovite
GROUPE DU ZIRCON
Zircon Zr(SiO4)
GROUPE DES SILICATES D'ALUMINE (Al2SiO5)
Andalousite AI[ 6] AI[ 5] O (SiO4) (1)
Sillimanite AI[ 6] AI[ 4] O (SiO4)
Kyanite AI[ 6] AI[ 6] O (SiO4)
Topaze Al2(Si04)(F,OH)2
Staurolite Fe2Al9O6 (SiO4)4 (O, OH) 2
Sphéne CaTiO(Si04)
-----------------------
(1) Le nombre entre crochets est le nombre de coordination de l'ion aluminium.
La figure représente la structure de la forstérite. Les tétraèdres de silice, qui ont leur
base et leur sommet alternativement sur un même plan, sont reliés par des
octaèdres de magnésie.
Chaque oxygène est réuni à trois ions magnésium dont la moitié seulement occupe
des centres de symétrie. L'ensemble constitue un empilement compact d'ions
oxygène dans les interstices desquels se logent les ions Si4+ et Mg++.
La compacité de la structure assura aux minéraux une forte densité : les olivines, de
la forstérite SiO4Mg2 à la fayalite SiO4 Fe2 de densité de 3,25 à 4 selon la teneur en
fer.
II. SOROSILICATES
(Structures en double tétraèdres)
Dans la structure des sorosilicates (soros = groupe) les tétraèdres de silice
s'associent deux à deux. Dans chaque groupe, les deux tétraèdres de silice sont liés
par un oxygène qu’ils ont mis en commun (figure).
On obtient ainsi un groupement Si2O7 de valence électronégative - 6 [(Si2O7)- 6]
La liaison des doubles de tétraèdres entre eux se fait par l'intermédiaire d'ions
positifs.
A cette famille appartiennent les minéraux suivants :
Hémimorphites Zn4 (Si2O7) (OH) 2.H2O
Lawsonite CaAl2 (Si2O7) (OH) 2.H2O
Groupe de l'Epidote :
Clinozoïsite Ca2 Al3O SiO4 (Si2O7) (OH)
Epidote Ca2 (Al,Fe)Al2O SiO4 (Si2O7) (OH)
Idocraze Ca10 (Mg,Fe) 2Al4(SiO4) 5 (Si2O7) (OH)4
Préhnite Ca2Al2 (Si3O10) (OH) 2
III - CYCLOSlLlCATE
(Structure cyclique)
Plusieurs tétraèdres peuvent se lier en formant des anneaux (figure ) donnant lieu à
la structure cyclique des tri-, tétra- et hexasilicates
(Trisilicique (Si3O9)-6 , Tétrasilicique (Si4O12)-8 , Hexasilicique <Si6O16)-12).
La formule du silicate est (Si nO3n)2n- où n est le nombre de tétraèdres de silice par
anneau,
A cette famille appartiennent le Beryl, la Cordiérite et la Tourmaline.
BERYL Be3 Al2 (Si6O18)
CORDIERITE (Mg,Fe) 2 Al3 (Al,Si5O18)
TOURMALINE X,Y3 Al6 (BO3) 3 (Si6O18)
CHRYSOCOLE (amorphe).
Le béryl est constitué d'anneaux hexagonaux de six tétraèdres de Si04dont tous les
oxygènes libres opposés à la base pointent d'un même côté.
Considérons un plan tapissé par ces anneaux isolés et des plans semblables au
dessus et en dessous tapissés par les mêmes anneaux disposés de la même
manière, de telle sorte que leur axe coïncide, mais que chaque anneau ait subi une
rotation de /12 par rapport à celui qui se trouve au dessus. Réunissons alors les
cycles hexagonaux (Si6O18)12 par des cations AI et Be. L'ion Be tétraédrique
entouré de quatre oxygènes sera relié à quatre cycles hexagonaux différents, tandis
que l'ion AI octaédrique le sera à six cycles également différents. Les divers
anneaux se trouvant ainsi réunis entre eux à la fois latéralement et verticalement par
les liaisons AI-O et Be-O. Cette structure donne un ensemble compact des
tétraèdres Be et des octaèdres AI de liaison mais laisse des cavités au centre des
anneaux hexagonaux de silicium dans lesquelles viennent parfois se placer des
molécules d'hélium. La présence de ces cavités donne au minéral une densité
relativement faible de 2,7.
IV. INOSILICATE
Les inosilicates (inos= fibre) ont une structure formée soit par des chaînes simples
de tétraèdres soit de chaînes doubles ou rubans de tétraèdres.
IV-1- Structure en chaînes simples (les pyroxènes)
(a) (b) (c) (d)
Les tétraèdres sont liés par deux sommets. On obtient des chaînes illimitées dans
lesquelles le rapport Silice / Oxygène est de 1/3, qu'on peut schématiser par
complexe ionique (SiO3)2-.
Ces chaînes peuvent être de plusieurs types, avec une période dépendante de la
disposition successive des tétraèdres le long de la chaîne :
- La chaîne (SiO3)2- (fig.a) n'est pas connue chez les silicates ; les atomes de
silicium fortement chargés se trouvent en effet trops près les uns des autres;
- La chaîne (Si2O6)4- (fig b) est la plus courante est sa période est de 5,2 A°.
C'est celle des pyroxènes : diopside, enstatite, augite, spodumène, jadéite, etc.
- La chaîne (Si3O9)6- (fig c) a une période de 7,2 ; c'est celle de la wallastonite.
- La chaîne (Si5O15)10- (fig d) est celle de la rhodonite.
Dans ces chaînes, la liaison Si-O-Si de deux tétraèdres est de 180° et de type
polaire. La liaison des chaînes entre elles se fait par des ions positifs saturant les
oxygènes des sommets libres des chaînes. Cette dernière liaison étant moins solide,
il en résulte une structure fibreuse, car la cohésion, grande dans le sens de la
chaîne, l'est beaucoup moins dans les autres directions.
Minéraux des pyroxènes
IV-2. Structure en rubans (ou en chaînes doubles)
(Silliminates, Amphiboles)
Cette structure est obtenue en juxtaposant latéralement deux des chaînes de
tétraèdres des inosilicates.
- Le ruban (Si2O5)2- (fig. a) n'est connu que dans la sillimanite où des tétraèdres
(SiO4) alternent le long d'une chaîne avec des tétraèdre (AlO4); un atome de Si
d'une chaîne est en regard d'un atome de Al dans la chaîne opposée (d'où une
période double).
- Le ruban (Si4011)6- (fig. b) dont tous les tétraèdres pointent dans la même
direction (haut de la figure), a une période de 5,2 A°. C'est le ruban des
amphiboles :
trémolite [(Si4011)Mg2Ca]2Mg(OH)2;
actinote [(5i4011)(MgFeCa]2Mg(OH)2 ,
hornblende, glaucophane, riebeikite, etc..
Structure des amphiboles
En s'accrochant en double chaîne, les structures deviennent alvéolaires. Un ion OH-
peut se loger entre les oxygènes formant les sommets des tétraèdres.
On obtient ainsi un plan compact. Quand deux rubans retournés sont superposés,
les deux plans compacts se font face et des sites octaédriques sont formés dans
lesquels des ions positifs prennent place, ce qui assure la liaison des rubans
superposés. D'autres polyèdres de fer, magnésium, calcium assurent la liaison
latérale des chaînes.
La possibilité d'intégration d'ions OH- dans les plans compacts explique la différence
entre les silicates à structure en rubans et les silicates à structure en chaînes. Les
premiers contiennent de l'eau de constitution (OH) et non les seconds. On voit aussi
que ces hydroxyles ne sont jamais liés au silicium. Ils peuvent être remplacés par
des ions F- dans certains silicates.
Cette structure est celle des amphiboles de formule générale :
[(5i4011) R''3 ]2R"(OH)2 où R"3 représente trois ions d'un élément divalent assurant la
neutralité des rubans et R" un ion d'un élément divalent qui neutralise Ia charge
négative des OH du plan compact.
Exemple:
l'antophyllite [Si4O11)Mg3]2Mg(OH)2;
La trémolite [(Si4011)Mg2Ca]2Mg(OH)2;
l'actinote [(5i4011)(MgFeCa]2Mg(OH)2
dans lesquels les rubans sont liés de façon analogue avec substitution de Ca ou de
Ca et Fe aux octaèdres de magnésium.
Comme pour les pyroxènes, il peut y avoir substitution de tétraèdres AI à des
tétraèdres Si, ce qui entraîne le remplacement de magnésium de coordinence 6 par
des AI de même coordinence et conduit à la hornblende.
Comme les pyroxènes, les amphiboles sont de structure fibreuse, les plans de
clivage étant ceux des ions de liaisons des rubans. Lorsqu'elles s'altèrent, elles
deviennent plus hydratées et manifestent une tendance marquée à se diviser on
fibres flexibles capables de former par leur enchevêtrement de véritables tissus
minéraux tels que l'asbeste (variété d'amiante).
La densité des amphiboles est généralement un peu plus faible que celle des
pyroxènes et varie de 2,9 à 3,4.
Minéraux des amphiboles
V – PHYLLOSILICATES
Ces silicates de structure feuilleté ou lamellaire (phyllon = feuille) sont constitués par
des couches de tétraèdres unis entre eux par les 3 sommets de base. Cette
structure est
obtenue par la répétition infinie dans le plan des chaînes de tétraèdres du type
inosilicates, précédemment décrites.
On obtient ainsi un réseau hexagonal régulier dans lequel le rapport
silice/oxygène est de 2/5. Seuls les oxygènes des pointes libres de chaque
tétraèdre ne sont pas saturées (figure ), ce qui donne comme formule générale
(Si2O5) 2-.
La neutralité électrique est assurée par :
- des ions Al occupant le centre d'octaèdres, l'ensemble forme une couche
d'octaèdres : couche octaèdrique de type gibbsite Al2 (OH)6 , dite couche
octaédrique;
- ou des ions Mg occupant le centre d'octaèdres l'ensemble forme une couche
d'octaèdre : couche octaédrique de type brucite Mg3 (OH)6, dite couche
trioctaèdrique ;
Une nouvelle couche de tétraèdres, tournée les pointes en bas peut, s'il y a lieu, se
superposer à l'ensemble (cas de la muscovite, du talc, pyrophyllite, phlogopite,).
L'ensemble de ces couches superposées constitue un feuillet élémentaire. La
cohésion est très grande dans la plan du feuillet, mais beaucoup plus faible
latéralement, ce qui confère aux minéraux phyllosilicatés des propriétés plastiques
(kaoIinite), ou des clivages particulièrement nets (mica).
On classe les minéraux de ce type de structure en sous-groupes, d'après la
constitution leur feuillet élémentaire (planche et tableau ).
On distingue ainsi les 3 sous-groupes : type kaolin, type mica et type chlorite.
Chacun de ces sous-groupes structuraux se divise à son tour en espèces chimiques
selon la nature des diverses couches de polyèdres qui constituent le feuillet
élémentaire, les substitutions de polyèdres dans les couches et la nature des ions
assurant s'il y a lieu la neutralité électrique de l'ensemble. Les espèces chimiques
peuvent comprendre plusieurs variétés caractérisées par des différences
secondaires de structure en ce qui concerne la liaison des feuillets entre eux.
De ces principaux sous-groupes, dérivent un grand nombre d'autres minéraux par
substitution des cations dans les couches, interposition de molécules d'eaux entre
les feuillets, disposition différentes des feuillets les uns par rapport aux autres, mode
de liaison des feuillets entre eux.
Tableau : Classification des principaux sous-
groupes des minéraux phyllosilicatés.
Sous groupe Nombre Epaisseur Minéraux type à Minéraux type à
Du type de couche du feuillet couche octaèdrique couche octaèdrique
par feuillet A° Magnésienne Allumineuse
Brucite: Mg3(OH)6 Gibbsite : Al2(OH)6
(trioctaèdrique) (dioctaèdrique)
Kaolin 2 7,18 Antigorite Kaolinite
9,5 (talc)
Mica/talc 3
10 (mica) Phlogopite-Biotite
Muscovite
Chlorite 4 14 Chlorite
V-1- Brucite et gibbsite
Fig - Structure des groupements gibbsite - Dans la gibbsite, de formule Al2(OH)6
les cations sont disposés en un réseau hexagonal plan non centré, c'est-à-dire en un
réseau dans lequel les centres des mailles hexagonales restent vides. Ce type de
structure est ditdioctaédrique.
Fig - Structure des groupements brucite - Chez la brucite, de formule Mg3 (OH)6, les
cations sont, au contraire, disposés en réseau hexagonal plan centré. Cette
Structure est dite trioctaédrique. Elle peut être considérée comme dérivant de
l'hydrargilite par substitution de 3Mg à 2Al.
V-2- Minéraux à 2 couches "t-o" (structure type kaolin) :
Les espèces chimiques sont représentées par l'antigorite et la kaolinite
Les feuillets élémentaires des minéraux de ce groupe sont constitués par
l'association d'une couche octaédrique sous-jacente à une couche hexagonale de
tétraèdres de silice (couche tétraédrique).
La couche octaèdrique est :
- du type brucite (trioctaèdrique) de formule Mg3(OH)6 dans le cas de l'antigorite
- ou du type gibbsite (dioctaèdrique) de formule Al2(OH)6 dans le cas de la
kaolinite.
Lors de l'association d'une couche tétraèdrique avec une couche octaédrique, un
oxygène apicale d'une couche tétraèdrique (O--); remplace deux (OH)- de la couche
octaédrique (brucite ou gibbsite) ; La formule résultante peut être calculée de la
manière suivante :
Mg3(OH)6 - (OH)2 + Si2O5 Mg3 (Si205) (OH)4 antigorite
Al2(OH)6 - (OH)2 + Si2O5 Al2 (Si205) (OH)4 kaolinite
Si l'on désigne par X les éléments en position octaédrique, les minéraux du type
kaolin correspondent à la formule idéale
Xn (Si205) (OH)4 où Si 4+, peut être remplacé par Al3+ou rarement Fe3+ .
V-1.1 - Minéraux à couches trioctaèdrique/tetraédrique (antigorite).
Les minéraux à couche trioctaédrique pour lesquels n = 3 constituent la famille
des serpentines dont le minéral type est l'antigorite où Xn = Mg3.
Mg3 (Si205) (OH)4
Ce minéral se présente sous deux formes cristallographiques l'orthoantigorite en
lamelles orthohexagonales et la chrysolite du type fibreux.
La plupart des serpentines ont une composition chimique complexe par suite de la
substitution de Mg par AI, Fe, ou Ni.
Dans la chamosite Xn = (Fe, AI) 3; la népouite est une antigorite nickelifère (Xn =
Ni3 et la greenalite est une antigorite ferrifêre Xn = Fe3.
V.1.2 - Minéraux à couche dioctaédrique /tetraédrique (kaolinite)
Les minéraux à couche dioctaédrique constituent la famille de la kaolinite qui est
l'élément fondamental de la plupart des argiles et kaolins employés en céramique
fine.
Ces minéraux étant dioctaédriques, on a Xn = Al2
Al2 (Si205) (OH)4
Contrairement à la famille des serpentines, les substitutions sont très rares.
On la subdivise en minéraux hydratés et minéraux non hydratés :
La kaolinite se présente en général sous forme de masses argileuses blanches plus
ou moins friables, souvent souillées par des hydroxydes de fer. Elle provient de la
décomposition lente, en milieu acide des feldspaths et autres roches sous l'action du
gaz carbonique de l'air, des eaux thermales et autres agents chimiques au cours des
temps géologiques. Elle cristallise en tablettes hexagonales bien formées
microscopique, de dimensions variables d'environ 0,3 à 10 µ de diamètre et 0,05 à 2
µ d'épaisseur dans le système triclinique.
La halloysite est une variété hydrateé de kaolinite de formule :
Al2(OH) 4 (Si2O5)2H2O.
La présence de molécules d'eau entre feuillets entraîne une certaine indépendance
des feuillets qui permet leur enroulement en tubes ainsi que le décèle le microscope
électronique.
L'halloysite est un constituant important d'un grand nombre d'argiles. Elle se
présente sous forme de masse compacte blanche ou légèrement jaune pale.
V-2 - MINERAUX A 3 COUCHES (t-o-t) :
A la différence des précédents dont les feuillets élémentaires sont constitués de
deux couches, les minéraux de ce sous groupe ont leurs feuillets formés de trois
couches : une couche octaédrique gibbsite (Al+++) ou brucite (Mg++) entre deux
couches hexagonales de tétraèdres de silice.
Les minéraux présentant cette structure sont très nombreux, car contrairement au
sous-groupe précédent, les substitutions sont fréquences aussi bien dans la couche
tétraédrique que dans la couche octaédrique, ce qui entraîne la présence de
différents cations nécessaires à la neutralisation électrique. La nature de ces cations
et leur liaison plus ou moins intime avec les feuillets qu'ils relient, multiplient les
espèces chimiques et on distingue :
- des espèces non hydratées (talc, pyrophyllite, talc, phlogopite, muscovite),
- et des espèces hydratée: (montmorillonite, saponite, hectorite, vermiculite).
- des espèces partiellement hydratées (illite, glauconie)
Toutes ces espèces répondent à la formule générale
Xn (Y4O10) (OH)2Z
dans laquelle Z représente les cations fixés interfoliaires; X et Y sont les ions
respectivement en position octaédrique et tétraédrique; n = 3 lorsque la couche
centrale est trioctaédrique et n = 2 lorsqu'elle est dioctaédrique.
V-2-1 Groupe du talc-pyrophylite
Le minéral magnésien type est le talc (trioctaédrique), et l'alumineux (dioctaèdrique)
est la pyrophyllite. L'ensemble du feuillet étant neutre, il n'y a pas de cations
interfoliaires, d'où Z = O. Les formules brutes correspondant à une demi-maille
satisfont à une composition chimique bien définie
Mg3 (Si4O10) (OH)2 pour le talc.
et
Al2 (Si4O10) (OH)2 pour la pyrophyIIite
Le talc est d'origine hydrothermale. Il se présente en masses lamellaires
hexagonales feuilletées non élastiques,fibreuses ou compactes, d'un blanc plus ou
moins jaunâtre.
La pyrophyIlite est un minéral relativement rare. Elle est tendre et a un éclat nacré
comme le talc.
V-2-2 Groupe des micas
La structure des minéraux de cette famille est la même que celle des précédentes.
Si ce n'est que l'équilibre électrique est rétabli par des ions K+, Na+, Ca++,
interfoliaires. Ces ions de gros diamètre sont unis aux oxygènes des couches
extérieures tétraédriques de deux feuillets superposés sur lesquels sont réparties les
valences résiduelles provenant de la substitution des Si4+ par des AI3+ . Ils
assurent ainsi la cohésion des feuillets entre eux. Le clivage aisé de ces minéraux
résulte de la rupture de ces faibles liaisons dans le plan des feuillets.
Comme pour les autres familles de minéraux, on rencontre deux séries différentes
selon la nature de la couche octaédrique.
a) Micas allumineux ou dioctaèdrique :
Dans les couches tétraédriques un silicium sur quatre est remplacé par un
aluminium.
Le mica potassique ou muscovite de formule K Al2(Si3Al010)(OH)2
le mica sodique ou paragonite de formule Na Al2(Si3Al010)(OH)2
Dans le mica calcique ou margarite de formule Ca Al2(Si2Al2O10)(OH)2
deux siliciums sont remplacés par deux aluminiums, dans la couche tétraèdrique.
La lépidolite K (Li, Mg)(Si3AIO10)(OH)2; est une variétés de muscovite dans laquelle
le lithium remplace souvent une partie du magnésium.
b) Micas trioctaèdriques ou magnésiens :
Ce groupe est représenté par la série phlogopite-biotite. Dans la couche
tétraèdrique, un silicium sur quatre est remplacé par un aluminium.
La formule de la phlogopite est donc K Mg3(Si3AlO10)(OH)2.
La facile substitution de Mg+ + par Fe+ + conduit à la biotite (micas noirs)
de formule K (Mg,Fe)3(Si3AlO10)
(OH)2.
V-3 - Minéraux du groupe de la chlorite
Ce groupe est caractérisé par un feuillet de "t-o-t" , du type talc Mg 3(Si4O10) (OH)2,
associé à un feuillet de brucite et leur formule générale devient
Mg3(Si4O10)(OH)2 . Mg3 (OH)6 ou Mg6 (Si3AlO10) (OH)8.
VI -TECTOSlLICATE
Plus de 3/4 des minéraux silicatés sont formés par des tectosilicates, formés par une
infinité de tétraèdres SiO4 liés les uns aux autres de manière que chacun d'eux soit
en contact par quatre sommets avec quatre autres tétraèdres semblables, on obtient
une structure s'étendant dans les trois dimensions, dite structure en charpente ou
encore structure à réseaux tridimensionnels.
[SiO2]
Exemple : quartz, famille des feldspaths* (alcalins et plagioclases), famille des
feldspathoïdes
A ce type de structure appartiennent les diverses variétés de silice cristallisé (quartz,
tridymite, cristobalite et coesite), le groupe desfeldspaths , des feldspatoïdes (la
néphéline et de la leucite qui possèdent un enchaînement compact, ainsi que des
zéolithes à enchaînement lacunaire.
VI-1 LA SILICE ET LE QUARTZ
La silice anhydre existe à l'état solide sous plusieurs polymorphes : quartz ,
quartz , cristobalite, tridymite , coesite.
Chacune de ces formes possède un domaine de stabilité thermodynamique défini
par la température et la pression (fig. ).
La tridymite SiO2 de haute température est hexagonale; les atomes de silicium
forment deux séquences hexagonales compacts imbriquées l'une dans l'autre.
La cristobalite est cubique. Les ions oxygène forment un assemblage cubique. La
coesite est monoclinique pseudohexagonale de haute pression de la silice qui a été
découvert à l'état naturel (Météor Crater).
LE QUARTZ ou quartz commun
Le réseau du quartz est hexagonal; en dessous de 573°C, sa classe de symétrie est
rhomboédrique (3.2.). On désigne cette forme de quartz par : quartz ou low-
quartz.
Les tétraèdres sont associés par tous leurs sommet et forment des hélices
ternaires Ces hélices peuvent avoir une rotation dextre ou senestre ; selon l'axe
c. Selon le sens de rotation des hélices, le quartz se présente morphologies
différentes énantiomorphes: un cristal de quartz droit se distingue d'un quartz
gauche par l'orientation des groupes des deux facettes qui modifient le classique
prisme hexagonale terminé par un double rhomboèdre.
Ne possédant pas de centre de symétrie, le quartz est piézoélectrique : une
contrainte appliquée sur les faces normales à un axe binaire entraîne l'apparition de
charges électriques, égales et de signe contraire, sur ces deux
faces. Ce champ électrique traduit, le déplacement élastique des atomes sous
l'action de la contrainte.
Le quartz peut aussi être maclé par pseudosymetrie: le réseau du quartz est
hexagonal, et pseudoquadratique(c/a = 1/1) ; les deux individus ont leur axe ternaire
à peu prés perpendiculaire l'un à l'autre : macle type Japon ou de la Gardette.
VI-2 GROUPE DES FELDSPATHS
Ce sont de loin les plus importants, en tant que constituant de tous les minéraux
formant les roches de l'école terrestre (+ de 75%).
Cette famille est constituée par trois termes extrêmes :
- K Al Si3O8 Orthose (Or)
- Na Al Si3O8 Albite (Ab)
- CaAl2 Si2O8 Anorthite (An).
Ces trois termes représentés par les trois sommets d'un diagramme triangulaire
montrant le domaine de composition des feldspaths.
Ces minéraux ayant pu se former à différentes températures. Il est courant de parler
de feldspaths de haute, moyenne ou basse température. Il existe d'ailleurs des
solutions solides de hautes température entre ab et an et entre or et ab.
A basse températrure, les solutions solides Or et Ab se dissocient pour donner des
minéraux séparer : les perthites. On dit qu'il y a exsolution.
Le diagramme ci-contre illustre de façon schématique les relations entre phases
dans le système Ab-Or en fonction de la température. On y voit en particulier que le
domaine d'exsolutin est très grand à basse température et que les feldspaths
alcalins seront très souvent perthitiques.
Structure des feldspaths
Structure de l’Albite
Tous les feldspaths, qu'ils soient monocliniques ou tricliniques, ont des structures
analogues. Ce sont des tectosilicates constitués à partir d'anneaux de quatre
tétraèdres :
- trois sont des tétraèdres de silicium et le quatrième un tétraèdre d'aluminium dans
le feldspath orthose [6SiO2Al2O3K2O ] et le feldspathalbite [6SiO2Al2O3Na2O]
- et deux tétraèdres de silicium pour deux tétraèdres d'aluminium dans le
feldspath anorthite 2SiO2AI2O3CaO.
Les anneaux sont reliés en files droites par mise en commun d'un oxygène
appartenant à deux tétraèdres pointant du même côté. Deux files sont alors liées
entre elles par l'intermédiaire d'une troisième à cheval sur les deux premières, mais
dont les anneaux ont subi une rotation de 90° par rapport à ceux qu'ils relient.
Les ions alcalins ou alcalino-terreux se trouvant dans des cavités de la structure. Les
ions K+ et Na+ sont ainsi liés à 12 ions oxygène appartenant à quatre tétraèdres
d'aluminium, équilibrant la charge résiduelle due au remplacement de Si+ par Al+++
au centre des tétraèdres groupés en anneaux.
Le potassium de grand rayon ionique (r = 1,33 A°) s'insère dans le réseau en le
dilatant légèrement ce qui assure une certaine symétrie à l'orthose qui cristallise
dans le système monoclinique.
La Sanidine est une variété d'orthose déformé qu'on trouve dans les roches
volcaniques récentes. L'adulaire, autre variété, produit de cristallisation des eaux
thermales, se trouve dans les schistes cristallins.
La série des plagioclases
Les plagioclases sont constitués de cristaux mixtes d'albite et d'anorthite. On
distingue plus particuliirement les variétés suivantes:
Nom. Composition
Albite 6 SiO2 Al2 O3 Na2O
Oligoclase 7 albite + 1 anorthite
Andesine 2 albite + 1 anorthite
Labradorite 1 albite + 2 anorthite
Bytownite 7 albite + 1 anorthite
Anorthite 2Si O2 AI O3 Ca O
La celsiane est un feldspath barytique 2SiO2AI2O3BaO.
Le groupe des Feldspathoïdes
Minéraux analogues au Feldspths, se trouvant dans des roches ignés déficitaires en silice :
•Leucite KAlSi2O6
•Nephéline (Na,K)AlSiO4
•Sodalite Na8(AlSiO4)6Cl2
La néphéline 2SiO2Al2O3Na2O
Structure de la néphéline
De dureté 6, densité 2,6 ; cristallise dans le système hexagonal. Elle possède la
structure de la tridymite de laquelle elle dérive par substitution de un Al+++ à un
Si4+, la moitié des vides de la tridymite étant comblée par des ions sodium qui
assurent la neutralité électrique. La compacité de toutes les variétés de silice ne
permet à aucun ion de grand diamètre d'y trouver place, mais la substitution de AI à
Si entraîne une augmentation suffisante des dimensions pour rendre cette insertion
possible. Les cristaux sont en forme de prismes hexagonaux très plats. Elle est
stable aux basses températures.
Le groupe des Zéolites
Les zéolithes ont aussi une structure en charpente où l'aluminium remplace le
silicium dans certains tétraèdres, la charge négative en excès étant équilibrée par
l'incorporation de grands cations dans les cavités. La charpente tétraédrique peut
s'étendre dans toutes les directions de l'espace comme dans
la chabasie 4SiO2Al2O3 CaO6H2 ; ou dans deux directions seulement comme dans
la heulandite7SiO2Al2O3CaO6H2O, ce qui rapproche ce minéral des phyllites; ou
encore dans une seule direction privilégiée pour donner une zéolithe fîbreuse.
Toutes sont caractérisées par l'existence de lacunes qui leur confèrent des
propriétés physicochimiques remarquables. Elles peuvent fixer et perdre facilement
de l'eau par chauffage modéré. Outre l'eau, d'autres substances telles que l'alcool,
l'ammoniac, et même le mercure, l'iode, l'hydrogène sulfuré, les vapeurs de chlorure
ou de fluorure de silicium, peuvent être insérées dans le réseau. Les zéolithes
possèdent également la propriété d’échange de base, permettant le remplacement
d'une série d'ions positifs par d'autres, par exemple celui des ions Na par des ions
Ca++ et réciproquement. Elles manifestent ainsi une assez grande variété de
composition et de densité, d'après leur structure plus ou moins lacunaire et les
permutations subies. Ces propriétés les font employer comme adoucisseur d'eau.
Chapitre 8
Description systématique des minéraux silicatés
I - LES NESOSILICATES :
Les nésolsilicates rassemblent principalement les groupes suivants :
GROUPE DE L'OLIVINE
Forsterite Mg2 (Si04)
Fayalite Fe2 (Si04)
GROUPE DES GRENATS A3B2(Si04)3
Pyrope Mg3Al2(Si04) 3 Spessartite Mn3Al2(Si04) 3 Andradite
Ca3Fe2(Si04) 3
Almandin Fe3Al2(Si04) 3 Grossulaire Ca3Al2(Si04) 3 Uvarovite
Ca3Cr2(Si04) 3
GROUPE DU ZIRCON
Zircon Zr(SiO4)
GROUPE DES SILICATES D'ALUMINE
Andalousite Al2SiO5
Sillimanite Al2SiO5
Disthène (Kyanite ou cysanite) Al2SiO5
Topaze Al2(Si04)(F,OH)2
Staurolite Fe2Al9O6 (SiO4)4 (O, OH) 2
Sphéne CaTiO(Si04)
GROUPE DE L’OLIVINE ou PERIDOTS : (Mg, Fe)2
[SiO4] Orthorhombique.
Séries de solutions solides entre la Forsterite Mg2 (Si04) (pôle magnésien)
et Fayalite Fe2 (Si04) (pôle ferrifère)
Cristaux automorphes généralement petits en prismes aplatis. Souvent en grains
arrondis, disséminés dans la roche ou rassemblés en ségrégations (accumulations
localisées).
D = 3,3 / H = 6,5 à 7. Fragile. Clivage distinct. Transparent à translucide. Eclat
vitreux vif. Couleur jaune-verdâtre à vert olive. Altération atmosphérique : libération
d'oxydes ferriques rougeâtres.
Minéral typique de haute température. Constituant des roches intrusives en
provenance du manteau (péridotites). Elément des basaltes et des nodules de
péridotites remontés par les basaltes. Dans les calcaires dolomitiques impurs ayant
subi un métamorphisme thermique.
Usage : réfractaires. Etymologie : couleur vert-olive.
GRENATS A3B2(Si04) 3 A = Ca, Mg, Fe, Mn et B = AI, Fe, Cr
Pyrope Mg3Al2(Si04) 3 Spessartite Mn3Al2(Si04)3 Andradite
Ca3Fe2(Si04) 3
Almandite Fe3Al2(Si04) 3 Grossularite Ca3Al2(Si04) 3 Uvarovite
Ca3Cr2(Si04) 3
Cubiques. Cristaux automorphes très fréquents. Formes habituelles :
Rhombododécaédre et trapézoére. Souvent en grains irréguliers.
D = 3,5 à 4,3 H = 6,5 à 7,5. Pas de clivage. Cassure irrégulière. Couleur variable
suivant la composition : rouge sombre (Pyropre), jaune à brun rouge (Spessaartite),
rose (Almandin), brun à noir Andradite, vert éméraude, vert foncé (Uvarovite),
incolore vert jaunâtre (Grossulaire). Poussière blanche. Eclat vitreux ou résineux.
Altération en chlorite.
Dans roches métamorphiques : gneiss, micaschistes (var. almandin, Fe, AI) ;
calcaires métamorphique (var. grossulaire, Ca, Al). Dans Roches éruptives :
aplites, pegmatites, granites. (var. spessartite, Mn, Al et almandin) ; roches
ultrabasiques (var. pyrope, Mg, Al).
Usage : abrasif. Les beaux cristaux bien colorés sont recherchées comme pierres
gemmes (Pyropre, Ouvarovite et Grossularite).Etymalogie : du latin "granatus",
semblable aux grains.
ZIRCON Zr(SiO4) Quadratique
Prismes à section carrée. Parfois en grains. Clivages peu nets. Cassure
conchoïdale. D = 4,7 / H = 7,5. Transparent à opaque. Eclat vif. Couleur : Jaunâtre,
verdâtre, brun-rougeâtre, rouge.
Minéral accessoire commun des roches éruptives, spécialement acides et sodiques.
Commun dans les pegmatites.
Minerai de zirconium. Certaines variétés sont des gemmes.
GROUPE DES SILICATES D'ALUMINE :
SILLIMANITE Al2 [O SiO4] ou Al2 SiO5 Orthorhombique
Le plus souvent en longues et minces baguettes à terminaisons indistinctes,
groupées en gerbes ou enchevêtrées. Clivage parfait
D = 3,2 / H = 6 à 7. Transparent à translucide. Grisâtre, brunâtre, jaunâtre, verdâtre.
Peu altérable.
Dans les gneiss et les micas schistes
ANDALOUSITE Al2 [O SiO4] ou Al2 SiO5 Orthorhombique (pseudoquadratique)
Généralement en prismes grossiers à section carrée, parfois mal formés. Bon
Clivage.
D : 3,2 / H = 7,5 (sur le minéral non altéré)
Le plus souvent pierreux et altéré. Rarement translucide. Couleur blanchâtre, rose;
souvent inclusions charbonneuses régulièrement disposées et dessinant des croix
noires sur les sections transversales : (variété chiastolite.
S'altère fréquemment en mica blanc et kaolin. Devient opaque et tendre.
Minéral de métamorphisme, surtout des schistes argileux au contact d'intrusions
granitiques.
Egalement dans les gneiss, micaschistes, associée à disthène, sillimanite, cordiérite,
grenat
Filons de pegmatites (andalousites roses, limpides).
Matière première pour l'industrie des réfractaires résistants aux chocs thermiques
(ex : cônes de rentrée atmosphérique des cabines spatiales ... ).
DISTHENE (Kyanite ou cyanite) Al2 [O SiO4] ou Al2 SiO5 Triclinique
Long cristaux prismatique aplatis, souvent, à faces striées. Agrégats plus ou moins
radiés, lamellaires ou fibreux. Macles variées.
D = 3,5 . H = 5 selon l'allongement, 7 perpendiculairement à l'allongement sur une
face de clivage. Cassure à aspect haché perpendiculairement à l'allongement.
Flexible. Clivage parfait. Couleur bleu ciel à incolore, parfois jaune, rougeâtre,
verdâtre Translucide à transparent. Éclat vitreux, nacré sur clivage. Poussière
incolore.
Minéral de métamorphisme dans les gneiss et les schistes micacés, avec grenat,
staurotide, corindon
TOPAZE Al2[(F,OH)2 SiO4] Orthorhombique
En cristaux prismatiques à terminaisons variées. Très riche en formes, pouvant
atteindre de grandes dimensions (un mètre et plus). Egalement en agrégats massif,
grenus, aciculaires.
D = 3,4 à 3,6. H = 8. Cassure conchoïdale. Clivage basaI excellent et
caractéristique. Couleur incolore à jaune, bleu, verdâtre, grisâtre. Transparent à
translucide. Éclat vitreux. Poussière incolore.
Minéral des gîtes pneumatolytiques dans les granulites, les greisens et filons
pegamatitiques. Association avec cassitérite, lépidolite, béryl, tourmaline.
Les topazes bien colorées et transparentes sont recherchées comme gemmes.
Changent de couleur lorsqu'elles sont chauffées.
STAUROTIDE (Fe,Mg,Zn) Al9Si4O23(OH) Orthorhombique
Toujours cristallisée. Prismes simples, souvent aplatis. Fréquemment m: mâclée :
mâcles en croix.
D = 3,7 / H = 7 à 7,5. Cassure conchoïdale. Couleur : brun-noirâtre à brun-rouge,
parfois ocre. Translucide à opaque. Eclat vitreux. Poussière blanche.
Dans roches métamorphiques (schistes et gneiss), associée aux grenats, à
l'andalousite, au disthène, à la sillimanites, à la cordiérite.
SPHENE (Titanire) CaTi [O SiO4J ou TiO2 CaO SiO2 Monoclinique
Cristaux de faciès variable, aplatis à tabulaires. Agrégats grenus, masses
compactes, parfois lamellaires. Mâcles fréquentes.
D = 3,5 / H = 5 à 5,5. Cassure inégale. Clivage. Couleur : jaune à brun noir, vert,
gris, rarement incolore. Transparent à opaque. Éclat adamantin à résineux.
Poussière incolore.
Fréquent dans les roches éruptives (granites à amphiboles, syénites...), les roches
métamorphiques (gneiss à amphiboles, amphibolites...), les cavités et fissures des
gneiss, les calcaires métamorphiques.
II - LES SOROSILICATES
Epidote, Vésuvianite, Hémimorphite,
EPIDOTE Ca2 (Fe,Al)Al2 [(O OH)2 Si2O7] Monoclique
Cristaux prismatiques allongés suivant l’axe binaire b. Faces striées suivant
l'allongement.
Parfois aciculaire ou fibreux. Clivage parfait
D = 3,3 à 3,5 / H = 6 à 7. Transparent à opaque. Eclat vitreux. Couleur ordinairement
vert à vert jaunâtre.
Minéral de métamorphisme dans les gneiss. Minéral de métamorphisme des grès,
calcaires au voisinage des roches éruptives (avec actinote, sphène, chlorite). Se
forme également par altération des plagioclases (saussuritisation) et de silicates
calciques (fréquent dans les ophites du Trias).
VESUVIANITE (Idocrase) Ca10 (Mg,Fe) 2 Al4 [(OH)4 (SiO4) 5 (Si2O7)2] Quadratique
Généralement cristaux prismatiques parfois centimétriques terminés par des
pyramides plus ou moins tronquées par la base. Faces souvent striées
verticalement. Parfois grenu ou massif.
D = 3,4 / H = 6,5. Cassure inégale. Couleur : vert à brun, parfois jaune, rouge brun,
noirâtre, plus rarement rose bleu. Transparent à translucide. Eclat vitreux à gras.
Poussière blanche.
Minéral du métamorphisme de contact, particulièrement dans les calcaires avec
grenats calciques, wollastonite, diopside. Très beaux cristaux au Vésuve (Italie) par
action des laves sur les calcaires.
HÉMIMORPHITE (Calamine) Zn4[(OH)2 Si2O7] .H2O Orthorhombique
Fréquente en cristaux aplatis à lamellaires, rarement centimétrique. Face
d'aplatissement striée verticalement. En groupes radiés. En agrégats grenus,
stalactitiques. En croûtes ou masses terreuses (calamine).
D = 3,4/ H = 4,5 à 5. Cassure irrégulière. Clivage facile. Couleur incolore, blanc, vert
ou bleu pâle, jaune, brunâtre. Transparent à translucide. Eclat vitreux. Poussière
incolore. Massive ou grenue elle ne se différencie de la smithsonite que par le
comportement aux acides.
Dans les zones d'oxydation des gîtes plombo-zincifères, associés à galène,
sphalérite, smithsonite, , cèrusite, anglesite
III - CYCLOSILICATES
Cordiérite , Béryl, Tourmaline, Dioptase, Chrysocolle
CORDIERITE (Mg, Fe)4 Al6 (Al 2 Si10 O36) Orthorhombique
Prismes courts pseudohexagonaux à faces striées verticalement. Souvent en
masses compactes ou grains informes. Bon clivage.
D = 2,6 / H = 7. Transparent à translucide : Eclat gras. Couleur bleue ; devient vert
par altération. Altération très rapide en masse d'apparence informe ayant la
composition de la muscovite.
Minéral accessoire de certaines roches éruptives (granites). Minéral de
métamorphisme de contact (Gneiss, schistes cristallin).
BERYL AI2Be[Si6O18] Hexagonal
Beaux cristaux libres ou inclus dans la roche. Prismes hexagonaux allongés, plus
rarement courts ou aplatis. Faces du prisme souvent striées. Agrégats bacillaires
fréquents, souvent en masses grenues.
D = 2,7. H = 7,5 à 8. Cassure conchoïdale. Couleur : incolore, verdâtre, gris, vert
émeraude, vert pâle, jaune, blanc, rose. Transparent à translucide. Éclat vitreux.
Poussière incolore. Souvent difficile à distinguer du quartz, se distingue de l'apatite
par la dureté et l'insolubilité aux acides, de la topaze par l'absence de clivage.
Les belles qualités sont recherchées comme gemmes. Selon la couleur on
distingue :
l'émeraude , de teinte vert émeraude (contient Cr et V) ;
l'aigue-marine, bleu ciel pâle à bleu vert
l'héliodore, jaune (contient Fe)
la morganite, rose (contient souvent Cs).
Mode de Gisement : Principalement dans pegmatites et roches liées génétiquement
aux granites : granites albitisés, greisens, filons hydrothermaux. Les émeraudes du
gîte de Muzo (Colombie) sont en liaison avec des venues hydrothermales agissant
sur un complexe de sédiments bitumineux et des intrusions de roches ignées
magnésiennes chromiféres. L'émeraude se rencontre aussi dans les schistes
micacés (Oural, Autriche). L'aigue-marine se trouve dans des géodes et fissures du
granite (Brésil). La morganite se rencontre dans les pegmatites à lépidolite et
rubellite (var. Tourmaline).
TOURMALINE R'R3" Al6 [(OH)4 (BO3) 3 Si6O18]
R' = Na, Ca, ; R" = Fe,Mg, Al, Li
Rhomboédrique.
Cristaux prismatiques à section triangulaire, parfois groupés parallèlement ou
radialement. Faces du prisme profondément striées selon l'allongement. Les
terminaisons d'un même cristal s'ont différentes et traduisent l'hémiédrie (pas de
centre de symétrie).
D = 3 / H = 7,5 .Pas de clivages. Cassures transversales. Translucide à opaque.
Eclat vitreux. Couleur variable : noir, schorl, variété ferrifère) brun-noir, verdâtre
jaune a incolore (dravite, var. magnésienne); rose (rubellite, var. lithinifère), parfois
bleu. Changement de couleur par chauffage.
Minéral pneumatolytique commun des granites à mica blanc et des aplites. Elément
accessoire le plus fréquent des pegmatites granitiques. Dans Gneiss et schistes au
voisinage des granites. Dans Calcaires et marnes métamorphiques. Fréquemment
dans les gites à Sn-W. Les dravites apparaissent dans des roches sédimentaires
magnésiennes peu métamorphiques.
Les belles tourmalines sont recherchées comme gemmes.
DIOPTASE Cu6[Si6O15] .6 H20 Rhomboédrique
Cristaux prismatiques parfois centimétriques avec faces du rhomboèdre, plus ou
moins allongés. Rare en agrégats grenus ou en prismes aciculaires.
D = 3,3 . H = 5. Cassure irrégulière. Un clivage. Couleur : vert foncé, vert émeraude
à vert d'herbe. Transparent à translucide. Éclat vitreux. Poussière verte ou verdâtre.
Se déshydrate et devient opaque.
Minéral secondaire, avec chrysocolle, malachite, cuprite, hémimorphite, cérusite,
wulfènite.
CHRYSOCOLLE CuSiO3 .nH2O Colloïdal.
Masses collomorphes, reniformes, stalactitiques ; en croûtes et remplissage de
fissures.
D = 2 à 2,4. H = 2 à 4. Cassure très conchoïdale. Couleur du vert émeraude au vert
bleu, au bleu ciel, brun, noirâtre. Translucide à opaque. Éclat vitreux à gras.
Poussière incolore.
C'est une «opale » plus ou moins riche en cuivre. Minéral typique de la zone
d'oxydation des gîtes de cuivre. Remplace et pseudomorphose l'azurite, la
malachite, la cérusite, etc.
IV - INOSILICATES
GROUPE DES PYROXENES
Série des Orthopyroxènes
Enstatite Mg2(Si2O6)
Hypersthène (Mg,Fe)2(Si2O6)
Série des Diopsides
Diopside CaMg(Si2O6)
Hedenbergite CaFe(Si2O6)
Augite Ca(Mg, Fe, Al) [( Si, Al)2 O6]
Série des Spodumènes
Spodimène LiAl(Si2O6)
Jadéite NaAl(Si2O6)
Aegérine Na,Fe(Si2O6)
Groupe des Pyroxénoïdes
Wollastonite Ca(SiO3)
Rhodonite Mn(SiO3)
0RTHOPYROXENES Orthorhombique
ENSTATITE Mg2(Si2O6)
HYPERSTENE (Mg,Fe)2(Si2O6)
Cristaux généralement petits et rares, en prismes courts, tabulaires. Souvent massif
en agrégats compacts à granuleux, fibreux, lamellaires, spathiques.
D = 3,2 à 3,3, augmente avec la teneur en fer/ H = 5,5 à 6. Fragile. Clivage bon.
Cassure irrégulière. Couleur : grise, verte, brunâtre, incolore trait blanc éclat vitreux,
transparent à opaque.
Le fer peu remplacer le magnésium en toute proportion jusqu'à 90%. Cependant
dans les orthopyroxènes les plus commun le rapport F:Mg dépasse rarement 1:1.
L'Enstatite pure Mg2(Si2O6), contient MgO 40% et SiO2 60%. Si la teneur en FeO est
compris entre 5 et 13 % la variété est appelée Bronzite ; si compris entre 13 et 20 %
l'orthopyroxène est appelé Hypersthène (Mg,Fe)2(Si2O6)
Les orthopyroxène se rencontrent principalement dans les roches magmatiques
basiques (pyroxènites, péridotites, gabbros, norites, basaltes), également dans les
roches métamorphiques, gneiss notamment.
SERIES DIOPSIDES Ca(Mg, Fe)(Si2O6) monocliques
Diopside CaMg(Si2O6)
Hédenbergite CaFe(Si2O6)
Augite Ca(Mg, Fe, Al) [( Si, Al)2 O6]
La diopside et l'hédenbergite forment une série complète de solutions solides.
L'augite peut être considérée comme un terme intermédiaire de la série, dans lequel
il y a substitution partielle de Mg et de Si.
Cristaux libres ou inclus dans la roche, en prismes courts, à section octogonale (8
faces latérales). Agrégats granuleux ou grossièrement lamellaire. Macle très
commune. Clivages faciles mais interrompus souvent peu visibles.
D = 3.3 / H = 5 à 6. Opaque. Eclat vitreux ou métallique (diallage). Couleur : blanc à
vert pâle pour diopside, de plus en plus foncé avec l'augmentation de la teneur en
fer; l'augite est noirs. Transparent à translucide. Poussière blanche à grise.
Dans les roches magmatiques et métamorphiques.
Variétés de Diopside :
Diallage : Variété d'aspect métallique rappelant du bronze, à clivage très
parfait.
Diopside chromifère : Variété vert-éméraude clair, pierre décorative.
Altération en amphibole , talc, serpentine.
Diopside se rencontre dans les calcaires et dolomies recristallisés par
métamorphime de contact. Diopside et hédenbergite se rencontrent dans le
métamorphime régional, associés avec trémolite, scapolite, idocrase, grenat et
sphène. La variété diallage se rencontre dans les gabbros, péridotites et
serpentines.
L'augite est un élément important des roches éruptives basiques intrusives (gabbros,
dolérites) ou volcaniques (basaltes, tufs basaltiques).
Etymologie de l'Augite : du grec "auge", éclat (les cristaux ont souvent des
faces brillantes).
AEGYRINE Na,Fe(Si2O6) monoclinique
Cristaux inclus dans la roche, en prismes allongés imparfaits. Agrégats fibreux.
D = 3,4-3,55 /H = 6-6,5. Clivage important. Cassure irrégulière. Couleur : vert foncé,
vert-noir, brunâtre. Poussière jaunâtre à brunâtre, vert. Eclat vitreux, résineux .
Translucide.
Dans les roches magmatiques pauvres en Silice, comme : néphélinite, syénite et
phonolite.
PYROXENOÏDES :
WOLLASTONITE Ca3[Si3O9] ou CaSiO3 Triclinique
Cristaux rares, prismatiques allongés, souvent tabulaires. Agrégats massifs à
fibreux, parallèles ou réticulés.
D = 2,8 à 2,9. H = 4,5 à 5. Cassure inégale. Deux bons clivages. Couleur : blanc à
grisâtre. Translucide. Éclat vitreux, nacré sur le clivage. Poussière incolore.
Généralement fluorescent en jaune ou orange aux U.V.
Minéral des calcaires métamorphisés au contact des magmas acides. Associé à
calcite, diopside, grenats calciques, etc.
RHODONITE CaMn4[Si5015] Triclinique
Cristaux rares tabulaires. Ordinairement massive, lamellaire, grenue à compacte.
D = 3,6. H = 5,5 à 6,5. Cassure irrégulière. Tenace si elle est compacte. Deux
clivages formant un angle proche de 90°. Couleur rose, rouge brunâtre, rarement
verdâtre ou jaunâtre. Noircit en surface à l'air. Translucide à opaque. Éclat vitreux,
nacré sur le clivage Poussière blanche.
Oxydation en MnO2, en rhodocrosite ou en silicates hydratés de manganèse.
Filons hydrothermaux. Gîtes métamorphisme de contact (métasomatique). Gîtes
sédimentaires de manganèse métamorphisés.
GROUPE DES AMPHIBOLES
Les amphiboles constituent une famille de minéraux, dont la structure est formée par
la jonction de chaîne de tétraèdre du type pyroxène, pour former une structure en
ruban, de formule Si4011 .
La formule générale est : X0-7 Y7-14 Z16 O44 (OH)2;
Où X = Na et Ca et rarement K
Y = Mg, Fe, Al, Mn
Z = Si, parfois substitution partielle par Al
Minéraux principaux : Trémolite, Actinote, Horneblende, Glaucophane, Riébeckite.
TREMOLITE - ACTINOTE
(Ca2, Mg5) [Si8O22] (OH)2 - Ca2 (Mg, Fe)5 [Si8O22] (OH)2
Monoclinique
Série continue d'amphiboles entre Trémolite et Actinote.
Cristaux allongés, striés longitudinalement, souvent courbés. Parfois en agrégats
fibroradiés ; fibres soyeuses chez la trémolite.
D: 2,9 à 3,2 / H = 5 à 6 . Clivages parfaits. Couleur : blanc nacré (trémolite) à vert
plus ou moins sombre suivant la teneur en fer (actinote). Altération en talc.
Silicates de métamorphisme de contact des roches carbonatées magnésiennes.
L'actinote est un minéral typique du faciès "schiste verts" où elle est associée à
l'épidote et à la chlorite. Enfin elle se forme aux dépends des pyroxènes par
métamorphose ou altération hydrothermale.
Les variétés fibreuses constituent des amiantes et sont utilisées comme matériaux
réfractaires et isolant électrique et thermique. Matériaux cancérigènes. Etymologie :
Actinote, du grec "actis", rayon : fréquemment en aiguilles rayonnées.
HORNEBLENDE (Ca, Na)2(Mg2, Fe2+,Fe3+,Al)5 [Si6Al2O22](OH) 2 Monoclinique
Cristaux généralement bien formés, prismes courts, à section hexagonale (6 faces
latérales); souvent en agrégats allongés, fibreux ou grenus. Clivages faciles.
D = 3 à 3,4 / H = 5 à 6. Translucide à opaque. Eclat vitreux. Couleur : vert sombre
ou brun noir. Poussière incolore. Altérations : talc, serpentine, chlorite, épidote….
Minéral important dans certaines roches éruptives intrusives (granites, syénite,
diorites, gabbros) ou volcaniques (trachyte, andésites, basaltes).
Minéral caractéristique du faciès amphibolite dû au métamorphisme de roches
basiques : amphibolite, schiste et gneiss à horneblende.
GLAUCOPHANE Na2Mg3Al2 (Si8O22)(OH) 2 Monoclinqiue
Les cristaux sont généralement peu nets avec des faces généralements rugeuses.
Souvent massif, fibreux ou grenu. D = 3,15/ H = 6. Couleur bleu noirâtre. Clivage
parfait donnant des lamelles transparentes gris bleuâtre.
Dans les roches métamorphiques de basse température et haute pression,
fréquemment associé à l'épidote et grenat.
RIEBECKITE-ARFVEDSONITE (Na,Ca)3(Fe2+Mg,Fe3+,Al)5(Si8O22)(OH,F)2
Monoclinqiues
La Riébeckite Na2 Fe32+Fe23+(Si8O22)(OH,F) 2 forme une série avec le glaucophane,
avec remplacement de Fe2+ par Mg et Fe3+ par Al, les termes intermédiaires sont
appelés crossite.
L'arfvedsonite est une espèce légèrement différente de
2+ 3+
formule Na2,5Ca0,5 (Fe Mg,Fe ,Al)5 (Si7,5 Al0,5O22)(OH,F) 2
Les deux espèces se présentent en prismes aciculaires à asbestiformes allongés. Le
clivage est bon. D = 3,4 / H = 4,5 . Couleur : noire quand les cristaux sont bien
développés.
La Crocidolite est une variété asbestiforme de couleur bleu chatoyant ou d'un jaune
brun doré (oxydation du fer). Cette variété donne par silicification un matériau
polissable d'ornementation, appelé "oeil de tigre".
La riébeckite se rencontre dans les granites sodiques et surtout dans les syénites
néphéliniques. Elle est associée surtout à l'Aegyrine. Dans les roches
métamorphiques, ce sont les faciès asbestiformes qui dominent. Ex : amiantes
bleues du Cap (Afrique du Sud), qui se rencontre dans des minerais de fer rubané
BIF (banded iron formation), le tout résultant du métamorphisme d'argilites
ferrugineuses et siliceuses.
GLAUCOPHANE Na2Mg3AI2[(OH,F)(Si4011)]2 Monocllnique
Très rare en cristaux distincts : prismes allongés à faces terminales arrondies. En
général masses lamellaires, fibreuses, grenues ou bacillaires.
d = 3,1. D = 6 à 6,5. Cassure conchoïdale à irrégulière. Clivage. Couleur : bleu
lavande à gris ou noir bleuâtre. Transparent à translucide. Éclat vitreux à nacré.
Poussière gris bleu.
Assez rare. Dans les schistes cristallins avec albite, chiorite, épidote.
Parfois dans les calcaires cristallins.
ANTHOPHYLLITE (Mg,Fe)7[(OH) 2 Si8O22]. Masses fibro-lamellaires.
Orthorhombiques parfois semblables à l'amiante gris à brun. Dans les schistes
cristallins.
V - PHYLLOSILICATES :
APOPHYLLITE KCa4 [F (Si4O10)]2.8H20 Quadratique
Souvent cristallisé. Faciès variable. Prismes pseudo cubiques avec parfois faces
octaédrales. Pyramides aiguès. Cristaux aplatis. Faces du prisme striées
verticalement. Également en cristaux et groupes flabelliformes ; en masses
lamellaires ; en agrégats foliacés ou grenus.
d 2,3 à 2,4. D = 4,5 à 5. Cassure inégale. Clivage basaI parfait. Couleur incolore,
blanchâtre, verdâtre, rose, translucide à transparent. Éclat vitreux, nacré sur le
clivage. Poussière incolore. Très fusible. Facilement attaquable par HCl.
Cavités des roches basaltiques avec zéolites, calcite. Dans les cavités du granite et
des gneiss.
GROUPE DES MICAS :
MUSCOVITE K AI2 (OH,F)2 [AlSi3O10] Monoclinique
En général, seule la face (001) est nette et présente parfois un contour
pseudo-hexagonal. Les faces latérales sont irrégulières, ternes et marquées par le
délit du clivage. Parfois association de petites lamelles en gerbes divergentes. Dans
les pegmatites, cristaux parfois de grandes dimensions (décimétriques à métriques).
D = 2,8 / H = 2 sur (001), 3 à 4 sur les autres faces. Clivage (001)
extraordinairement facile. Lames de clivages flexibles et élastiques. Transparent à
translucide. EcIat nacré vif sur (001), mat sur les autres faces. Incolore à jaunâtre
clair.
Variétés :
Lépidolite (lithinifëre), rose, violet ou gris violacé.
fuschite (chromifère) verte ;
séricite, finement fibreuse ou écailleuse provenant de l'altération de
silicates (feldspaths).
Inaltérable.
Très répandu. Elément constitutif des roches éruptives acides (granites à 2 micas,
leucogranites, greisens) et métamorphiques (gneïss, micaschistes, schistes à
séricite).
Filons de pegmatite.
Minéral détritique en minuscules paillettes dans roches sédimentaires (grès
psammites du Trias tunisien).
Usages : isolant électrique et thermique, lubrifiant, matériaux réfractaires. La
lépidolite constitue une source de lithium.
BIOTITE - PHLOGOPITE K (Mg,Fe )3(OH,F)2 [Al Si 3 O10]
Série continue de minéraux avec Mg/Fe < 2/1 pour la biotite, Mg/Fe > 2/1 pour la
phlogopite.
Formes et clivage de la muscovite.
D = 2,7 à 3,3 : H = 2 sur (001), 3 à 4 sur les autres faces.
Couleur brune à noire, avec parfois nuances rougeâtres ou verdâtres, poussière
incolore (biotite) ou jaune brun doré à presque incolore (phlogopite). Transparent à
translucide. Eclat vif sur (001), parfois nacré.
Altération hydrothermale en chlorite ou muscovite avec exsudation d'oxydes de fer et
de titane. Altération superficielle en hydromicas brunâtres ou vermiculite.
La biotite est le plus répandu des micas, en association fréquente avec la muscovite.
Elément constitutif des roches éruptives et métamorphiques. Filons de pegmatite.
La phlogopite apparaît dans les roches magnésiennes (dolomies), métamorphisées
au contact de granites.
Usages : la phlogopite est utilisée dans l'industrie électrique (condensateurs ... ).
Etymologie : phlogopite, du grec "phlogopos" : enflammé (couleur).
GROUPE DES CHLORITES : Mg3 Si4O10 (OH) 2 Mg3 (OH) 6 Monoclinique
Ce sont des silicates d'Al,Mg,Fe, hydratés qui forme un groupe de minéraux
monocliniques ressemblant aux micas mais qui se distinguent par des caractères
structuraux, par un clivage moins facile, donnant des lamelles flexibles mais non
élastiques, et ayant une couleur généralement vert foncé.
Des substitutions aboutissent à la formule suivante: (Mg, Fe,
Al) 3(AlSi3)O10 (OH) 2 Mg3 (OH) 6
Chlorites magnésiennes : Pennine, Clinochlore et Ripidolite
Rarement en cristaux automorphes lamellaires pseudohexagonaux; généralement
seule face (001) est nette, les faces latérales sont irrégulières. Souvent empilements
vermuculés de très petites lamelles ou agrégats foliacés.
Clivage basal très facile. Lames de clivage flexibles mais non élastiques, à la
différence des micas. D = 2,6 à 3 / H = 2 à 2,5. Couleur vert-bouteille plus ou moins
foncé à incolore. Translucides à opaque. Eclat vitreux.
Minéraux de basse température. Dans les roches métamorphiques (chloritoschistes)
avec talc, serpentine. Caractéristiques du faciès de métamorphisme "schistes verts"
(association actinote-épidote-chlorite-albite). Dans les roches éruptives où elle se
forme par altération des biotites, pyroxènes, amphiboles, grenats.
Etymologie du grec "chloros" = vert.
Chlorites ferrifères : Chamosite et Thuringite
Masses compactes, cryptocristalline, oolithiques. De couleur gris verdâtre à noir,
avec une poussière verte.
Se rencontrent essentiellement dans les roches sédimentaires où elles forment des
bancs épais au milieu des calcaires. La chamosite est souvent associées aux
minerais de fer sédimentaires.
SERPENTINE Mg6[(OH)5Si4o10]
(Antigorite ou serpentine lamellaire. Chrysotile ou serpentine fibreuse)
Monoclinique mais les cristaux distincts sont dus à des pseudomorphoses. Agrégats
surtout massifs, parfois écailleux, aciculaires, fibreux, soyeux.
d = 2,5 à 2,6. D = 3 à 4. Tenace. Cassure conchoidale à fibreuse. Coulefir
généralement vert, vert noirâtre, vert jaune, parfois brun, jaune blanchâtre,
rougeâtre. Translucide à opaque. Éclat gras àcireux. Poussière blanche.
Variétés : La serpentine noble, massive. La chrysolite (asbeste), masses aciculaires
et fibreuses, d'éclat soyeux, de couleur jaune a vert clair. Les fibres peuvent
atteindre 15 cm La garniérite serait une antigorite nickelifère, elle se presente en
masse collomorphes, de couleur vert pomme à jaune verdâtre et contenant 4 à 30 %
de nickel (source très importante de Nickel).
Gisements : La serpentine provient de la transformation de roches basiques, avec
chromite, magnétite. Dans les roches calcaires, en nodules et lentilles. La garnièrite
est liée à l'altération des roches à olivine sous climat tropical Nouvelle-Calèdonie.
TALC Mg3 (OH)2 [Si4O10] Monoclinique
En masse compactes microcristallines poudreuses, rarement en cristaux aux formes
nettes, ou en agrégats feuilleté. Clivage (001) parfait.
D = 2,8 / H = 1. Toucher onctueux. Couleurs : blanc, vert, gris; éclat nacré.
Silicate lié à la transformation de la dolomie par des solutions siliceuses (Gisements
français) ou à l'altération hydrothermale de roches basiques magnésiennes
(gisements italiens).
Grande importance industrielle; cosmétique, céramique, papéterie, lubrifiant…
ARGILES (kaolinite, montmorillonite, illite)
Silicates d'Aluminium, parfois Mg, Fe, K, hydratés
Monoclinique
On distingue :
les argiles silico-alumineuse : Kaolinite Al2 Si2O5 (OH)4
les argiles silico-alumineuse ferro-magnésiens :
Montmorillonite (Al,Fe,Mg)4 (Si4O10 (OH)2 . nH2O.
les argiles silico-alumineuses potassiques : Illite K
(Al,Mg,Fe)2 (SiAl) 4 O10 (OH) 2
Les argiles se présentent en cristallites très petites (<500A°) et seul le microscope
électronique a permis de préciser leur forme, généralement en plaquettes à contour
hexagonal. Couleur : blanc à gris, jaune, vert.
Macroscopiquement, les argiles constituent des masses terreuses caractérisées par
leur plasticité (aptitude à faire pâte avec l'eau), leur faculté d'absorber des molécules
polaires (eau,..) (montmorillonite), leur durcissement à la cuisson (fabrication des
briques).
La détermination exacte de la composition minéralogique d'une argile s'appuie sur
des analyses physiques : analyses thermiques et diffraction de R.X..
Principaux minéraux d'altération des silicates, en particulier des feldspaths.
Gisements : Dans les roches feldspathiques altérées. Dans les séries
sédimentaires : les argiles forment des couches parfois très épaisses. Ce sont des
produits très fins transportés, après érosion des masses continentales.
Utilisation : fabrication des briques, la porcelaine et la poterie.
VI - TECTOSILICATES
LES FELDSPATHOÏDES
Dans les roches moins riches en silice, les feldspaths sont remplacés par des
minéraux pauvres en silice, appelés feldspatoïdes. Le quartz ne peut jamais se
rencontré en même temps que ces minéraux.
LEUCITE K[AISi2O6] Quadratique
En général cristaux pseudo-cubiques inclus atteignant 5 cm, montrant les faces du
trapèzoèdre ; faces souvent striées. Parfois grenue ou massive. D = 2,5/ H = 5,5 à 6.
Cassure conchoïdale. Couleur : blanc laiteux à gris. Opaque, parfois translucide.
Éclat vitreux. Poussière blanche.
Dans les laves (leucitites, phonolites, basaltes à leucite...). Plus rarement dans les
roches profondes. Italie (laves du Vésuve).
NÉPHÉLINE (K,Na3)[AISiO4] 4 Hexagonal
Rarement bien cristallisée en prismes trapus. Souvent grenue ou massive. Couleur :
blanc, jaunâtre, parfois verdâtre, rougeâtre. Transparent à translucide. Éclat vitreux
à gras. Poussière incolore.
Minéral important, constituant essentiel des syénites néphéliniques, des phonolites,
quelquefois en cristaux libres dans les cavités des roches volcaniques. Associé avec
aibite, zircon, sphène, apatite.
SODALITE Na8[Cl2 (AlSiO4)6] Cubique.
Rare en cristaux dodécaédriques parfois centimétriques avec les faces du cube et
de l'octaèdre, parfois et rarement celles du prisme hexagonal (mâcle), massive
grenue. D = 2,2 . H = 5,5. Éclat vitreux à gras, incolore, gris, verdâtre, jaunâtre,
parfois bleu. Poussière incolore.
Dans les roches alcalines et dans des roches éruptives, récentes. Souvent associée
à la nèphèline.
LAZURITE (Na-Ca)8[(SO4,S,CI)2(AlSiO4)6] Cubique
Très rarement en cristaux ceritimètriques, dodècaédres. Agrégats grenus à
cryptocristallins. D = 2,4. H = 5 à 5,5. Cassure inégale. Couleur : bleu azur foncé,
parfois bleu clair. Opaque à translucide. Éçlat vitreux à gras. Poussière bleu azur.
Inclusions fréquentes de pyrite.
Rare. Gisements de contact entre roches alcalines (granites alcalins, syénites
alcalines) et roches carbonatées..
Variétés : les plus belles variétés colorées en bleu sont recherchées en joaillerie
( var. Lapis lazuli).
GROUPE DES FELDSPATHS
Le groupe des feldspaths comprend des minéraux silicatés possédant plusieurs
propriétés communes. Ils constituent plus de 60% de la partie supérieure de l'écorce
terrestre. Ils doivent sans doute leur nom à leur vaste répartition (dans chaque
champ, en allemand « Feld »), et au mot « Fels », signifiant roche.
Feldspaths potassiques : Orthose, Microcline
Feldspaths sodi-calciques ou plagioclases : Albite, Oligoclase, Andésine,
Labrador , Bytownite, Anorthite
ORTHOSE (Orthoclase) K [AlSi3 08] Monoclinique
Cristaux bien formés communs, parfois de grande taille, aplatis ou allongés
Fréquemment massif. Macle simple fréquente de rotation et plan d'accolement
(macle de Carlsbad).
Clivages parfaits orthogonaux.
D = 2,57 . H = 6 . Transparent à translucide. Eclat vitreux. Incolore, blanc, rouge
chair, rose)
Altérable (kaolinisation).
Variétés :
Sanidine : craquelée, vitreuse, se trouvant dans les roches volcaniques
trachytes);
Adulaire : d'origine hydrothermale, en cristaux incolores et transparents.
Minéral très répandu. Constituant essentiel des roches éruptives (granites et
syenites), des roches métamorphiques (gneiss). Filons de pegmatites. Parfois
associations orientées avec le quartz (pegmatites graphiques) ou l'albite (perthites).
Dans roches sédimentaires : arkoses.
Usages industriels : céramiques, porcelaine, verre.
Etymologie du grec "orthose" : droit ; "clasis" : clivage (clivages à angle droit)
MICROCLINE / K [AlSi3O8] /Triclinique.
Cristaux automorphes rares ; plutôt en masses clivables, compactes ou
grenues.Mêmes propriétés physiques que l'orthose, dont il est indiscernable
macroscopiquement. Variété : amazonite verte.
Gisements comparables à ceux de l'orthose mais conditions de formation de plus
basse température. Association avec l'albite presque constante : perthites, souvent
visibles à l'oeil nu.
Etymologie du grec "micros" : peu, "elino" : incliner. L'angle des clivages est très
voisin de 90°.
PLAGIOCLASES Na [AISi3 O8] à Ca [Al2Si 2 O8]Tricliniques.
Série continue de minéraux entre l'albite (terme sodique) et l'anorthite (terme
calcique).
Cristaux tabulaires, assez rarement bien formés seulement chez l'albite.
Généralement en grains, agrégats, masses grenues, ou laminaires. Mâcles
fréquentes et variées, notamment de type polysynthétique.
D = 2,62 à 2,76 (de l'albite à l'anorthite). H = 6 à 6,5. Transparents à translucides ;
éclat vitreux. Couleurs variables, généralement pâles : blanc rose, grisâtre, bleuâtre.
Poussière incolore. Les labradorsprésentent souvent un chatoiement
caractéristique.
Altération plus facile pour les plagioclases calciques en donnant épidote, scapolite,
chlorite, calcite, zéolites ... , que pour les sodiques qui donnent kaolinite.
Minéraux très répandus. Constituants essentiels des roches magmatiques : leur
teneur en calcium augmente avec la basicité de la roche et sa richesse en silicates
ferromagnésiens.
Roches métamorphiques : (gneiss, calcaires métamorphiques)
Filons de pegmatites.
Etymologie : du grec "plagios" : oblique, "clasis" : clivage.
Les minéraux intermédiaires sont classés suivant leurs pourcentages en albite (Ab)
et anorthite (An).
ALBITE (Ab 100 - 90 / An 0 -10 %). Cristaux tabulaires. La cleavelandite
est une variété à faciès lamellaire. L'aventurine est une albite avec des
réflexions internes rouges dues à des inclusions d'hèmatite. Dans les
granites alcalins et les syénites. Dans les pegmatites et pneumatolytes
avec lépidolite, bèryl, cassitérite.
ANDESINE - (Ab 90 - 70). Surtout en masses laminaires. Dans les
granites, syènites, andèsites, gneiss...
ANDESITE (Ab 70 - 50). Cristaux riches en faces. Dans les gneiss à
cordiérite. Dans les roches éruptives.
LABRADOR (Ab 50 - 30). Masses lamellaires. Dans les gabbros, ils
présentent souvent des réflexions internes colorées, donnant des reflets «
ailes de papillons ». Dans les anorthosites.
BYTOWNITE (Ab 30 - 10). Ressemble au labrador. Dans les diorites,
certaines roches volcaniques et les météorites.
ANORTHITE (Ab 10 - 0). Cristaux prismatiques rares. Masses clivables
ou grenues. Dans les roches magmatiques basiques (diorite, andesite,
gabhro, norite). Dans les calcaires métamorphiques de contact. Altération :
en kaolin.
QUARTZ SiO2 Rhomboédrique.
Les cristaux automorphes prismatiques (en général un prisme à six faces) sont
terminés par deux pyramides (prisme bipyramidés). Quand apparaissent des
facettes tronquant les sommets du prisme, elles mettent en évidence la symétrie
réduite rhomboédrique et parfois l'existence de macles. Les faces du prisme sont
généralement striées horizontalement.
D = 2,65. H = 7. Fragile au choc. Pas de clivage net. Cassure conchoïdale.
Transparent à translucide. Eclat vitreux, gras dans la cassure. Couleur variable :
incolore, blanc, brun, rose, violet). Fréquentes inclusions gazeuses, liquides ou
cristallines (rutile, micas,chlorites...). Il existe des cristaux énormes, de la taille d'un
homme.
Le quartz est très répandu, car il est très résistant mécaniquement et difficilement
attaquable chimiquement (soluble seulement dans l'acide fluorhydrique).
Le quartz est, après les feldspaths, le minéral le plus courant de la partie supérieure
de la croûte terrestre. Il est le composant principal des roches magmatiques et méta-
morphiques riches en silice, ainsi que de la plupart des sables.
Dans les assemblages de minéraux, le quartz apparaît généralement incolore ou
laiteux.
Variétés :
cristal de roche (limpide et incolore),
quartz laiteux (blanc translucide),
quartz enfumé (brun plus ou moins sombre),
améthyste (violet),
aventurine (inclusions de micas ou hématite)
Citrine : jaune citron à mielleux (améthyste chauffée)
Modes de gisements: un des minéraux les plus répandus.
Roches éruptives:granites, rhyolites, diorites, quartzitiques.
Roches métamorphiques : gneiss, micaschistes, quartzites...
Roches sédimentaires : sables, grès, conglomérats...Filons
pegmatitiques et hydrothermaux.
Usage : Utilisé comme matière première dans l'industrie du verre et de la céramique,
en technique dans le réglage d'émetteurs et de montres, en optique (primes à U.V)...
Les variétés colorées sont appréciées comme gemmes et pierres décoratives.
Le mot quartz provient du langage des mineurs allemands du Moyen-Age. Sa
signification originelle demeure inconnue.
CALCEDOINE (Agate) SiO2
La calcédoine est une variété finement fibreuse de quartz, formant des masses
concrétionnées à surfaces mamelonnées.
Cassure conchoïdale. Transparente à translucide. Eclat vitreux. Couleur variable
(blanc, gris, bleu pâle...).
Variétés :
Agates : calcédoines finement zonées concentriquement, à teintes
souvent contrastées.
Jaspes : variétés microcristallines vivement colorées en brun, rouge ou
vert, notamment par des oxydes de fer.
Lydiennes : jaspes noirs d'origine organique, riches en inclusions
charbonneuses.
Silex concrétions de couleur jaunâtre, grisâtre à noirâtre formées par
concentration de silice dans les sédiments calcaires.
Minéral très commun, d'origine secondaire de basse température, souvent associé à
l'opale et se formant aux dépens du quartz à faible profondeur. Cavités de roches
éruptives. "Chapeaux de fer" ou épontes des filons. Roche-s sédimentaires.
OPALE Si02 , nH20 Amorphe
Masses concrétionnées, mamelonnées, parfois pulvérulentes. Forme des masses
mêlée à la calcédoine, ou en alternance zonées avec elle.
D = 2 à 2,5. H = 5 à 6. Cassure conchoïdale. Transparent à presque opaque. Eclat
vitreux ou résineux. Incolore lorsqu'elle est pure. Des oxydes métalliques peuvent la
colorer vivement en jaune, brun, rouge vert...
Inaltérable.
Variétés :
Opale noble, à reflets irisés dus à des réflexions internes.
Geyserite, concrétions des dépôts de geyser, poreuses, grisâtres,
opaque
Tripoli : terre à grain très fin formée de restes de diatomées ou
d'infusoires en dépôts sédimentaires.
Minéral d'origine secondaire, de basse température. Dans les cavités et fissures des
roches volcaniques. Minéral d'altération météorique des silicates. D'origine
organique dans les sédiments.
BOIS SILICIFIE
Se forme par l'action des eaux souterraines qui, en circulant, dissolvent la matière
organique enfouie dans les sédiments et la remplacent par des substances
minérales (principalement de la calcédoine). C'est par conséquent de la calcédoine
en pseudoillorphose de bois.
GROUPE DES ZEOLITES
Les zéolites forment une famille de silicates hydratés bien définis. Elles offrent entre
elles de grandes analogies de composition, de propriétés physiques et chimiques et
leurs conditions de gisement sont semblables. Elles ont une faible dureté et une
faible densité et sont très facilement attaquées par les acides avec production de
flocons de silice.
Les zéolites sont dues à l'action des eaux thermales soit par cristallisation directe,
soit par altération d'autres silicates. Elles peuvent se trouver dans les filons
métalliféres et sont très fréquentes dans les vacuoles des roches éruptives
basiques. Certaines zéolites trouvées dans des terrains sédimentaires sont dues à
l'altération des roches par des eaux superficielles.
NATROLITE Na2[Al2Si3O15]. 2 H20. Orthorhombique. En prismes
pseudoquadrati ques, allongés à aciculaires, en groupes fibro-radiés, en masses
grenues à compactes, clivage parfait parallèlement à l'allongement. d = 2,2. D =
5,5. Incolore, blanc, parfois rougeâtre. Éclat vitreux. Transparent à translucide.
Dans les cavités des basaltes, dans les syénites néphéliniques.
MESOLITE : Ca[Al2Si3O15]3. 3 H20. - En prismes monocliniques allongés,
atteignant 15 à 20 cm, ressemblant à la natrolite.
THOMSONITE :Na2Ca2[AL2Si3O10]3. 8 H20. Monoclinique. Souvent en groupes
de cristaux finement aciculaires, incolore.
LAUMONTITE - Ca[AlSi2O6]2. 4 H20. En prismes monocliniques allongés, en
agrégats aciculaires. Éclat vitreux et nacré. A l'air devient opaque puis
pulvérulente. Dans les vacuoles de roches éruptives, dans les fissures de
schistes cristallins et dans les gangues de filons métallifères.
STILBITE Ca[Al2Si7O5]. 7 H20. Monoclinique. Cristaux centimétriques d'apparen-
ce orthorhombique, souvent aplatis. Fréquent en gerbe d'aspect caractéristique,
en masses radiées, globulaires ou lamellaires. Clivage parfait. D = 2,2. H = 3 - 4.
Éclat vitreux, nacré sur clivage, blanc à jaunâtre. Très fréquente dans les
vacuoles des basaltes, dans les fissures des schistes cristallins.
HEULANDITE Ca[Al2Si7O5]. 6 H20. Monoclinique. Cristaux centimétriques
tabulaires, masses lamellaires, agrégats écailleux. Clivage parfait. Éclat vitreux,
nacré sur le clivage, incolore, blanc parfois rouge. Dans les cavités de roches
basaltiques et dans les fissures de roches métamorphiques.
PHILLIPSITE KCa[A13Si5O16]. 6 H20 (Christianite). Monoclinique. Cristaux
millimétriques Souvent en touffes, en sphérolites parfois radiées. Vitreux. Blanc.
Dans les vacuoles des basaltes.
LES SCAPOLITES
Les scapolites sont des silicates de métamorphisme, à formule proche des
feldspaths. Les scapolites, cristallise dans le système quadratique et forment une
série qui va
de Na8[(Cl2,S04,C03)(AlSi3O8)6] Marialite
à Ca8[(Cl2,S04,C03)2(AI2Si2O8)6 Méionite
Souvent cristallisée, prismes quadratiques plus ou moins allongés, pouvant atteindre
70 cm de longueur. Agrégats grenus ou radiés, masses compactes.
D = 2,6 à 2,8. H = 5 à 6 (augmentant avec le pourcentage de méionite). Cassure
subconchoïdale. Un bon clivage. Couleur blanc, gris, jaune verdâtre ; rarement
bleuâtre ou rougeâtre. Translucide. Éclat pierreux à vitreux, passant parfois au nacré
ou au gras. Poussière incolore ou grise ; certaines scapolites massives sont
fluorescentes aux U.V. Inclusions fréquentes (micas, tourmaline, quartz).
Le Dipyre est une variété de scapolite à composition intermédiaire entre la marialite
et la méionite. Existe dans les dolomies métamorphisées du Trias Tunisien.
Les minéraux non-silicatés sont classés en 7 classes :
1° les éléments natifs
2° les sulfures et les sulfo-sels
3° les hallogéniures
4° les oxydes et hydroxydes
5° les carbonates, nitrates, borates
6° les sulfates, chromates, molybdates, tungstates
7° les phosphates, arséniates, vanadates
I - ELEMENTS NATIFS
Les éléments ou alliages natifs sont généralement rares, les seuls ayant une
importance historique ou économique sont : L'or, le cuivre, l'argent, le soufre, le
diamant, la graphite et le platine. Ils sont divisés en trois familles : les métaux, les
semi-métalloïdes et les non-métaux.
Les métaux natifs ont un fort éclat métallique, de fortes densités, ils sont malléables
et ne présentent pas de clivage : or, argent, cuivre, fer, platine, par exemple
Les éléments semi-métalloïdes ont un éclat variable, métallique à submétallique; ils
sont plus ou moins malléables et clivables, denses : bismuth, antimoine, arsenic,
tellure, etc.
Les non-métaux sont représentés par le soufre, le diamant et la graphite.
L'OR Au Cubique
Rarement en cristaux : octaèdres, dodécaèdres, parfois cubes moins de 1 cm.
Généralement paillettes ou grains irréguliers en inclusion dans le quartz. Dans les
placers : en pépites dendritiques, arborescentes, filamenteuses. Ces pépites sont
parfois très importantes et de quelques kilogrammes.
D[1] = 19,6; H[2] = 2,5 à 3. Malléables. Pas de clivage. Couleur : jaune d'or à jaune-
blanc (cas des variétés riches en argent : électrum). Opaque. Eclat métallique.
Poussière jaune métallique.
Modes de Gisements : dans filons de quartz ou dans les gîtes détritiques (placers).
Gisements importants : Russie (Oural), Brésil, USA, Mexique, France.
ARGENT NATIF Ag Cubique
Cristaux cubiques, rares. Le plus souvent en masses compactes, irrégulières, den-
dritiques ou filamenteuses. Pas de clivage, cassure : ductile
D = 10,5 / H = 3. Opaque, éclat métallique, couleur blanc, gris, brunâtre, patine
noire. Poussière blanche.
Mode de gisement : dans des fissures et des géodes. Gisements importants:
Colorado/USA, Broken Hill/Austialie, Imiter/Maroc.
Usage : en métallurgie, en électrotechnique, dans l'industrie photographique, pour la
fabrication de pièces de monnaie, en orfèvrerie.
CUIVRE NATIF , Cu , Cubique
Cristaux cubiques, généralement déformés. Le plus souvent en masses compactes,
en grains, en plaques, en filaments.
D = 8,9 / H = 2,5. Malléable et ductile. Cassure esquilleuse. Couleur : rouge cuivre à
brun, rouge cuivre sur la cassure fraîche. Opaque. Eclat métallique. Poussière
rougeâtre.
Mode de gisement : dans les roches magmatiques basiques et dans la zone
d'oxydation des gîtes cuprifères.
MERCURE NATIF Hg Hexagonal
Petites gouttelettes blanc d'étain, souvent recouvertes d'une pellicule grise. Se
solidifie à -38,9°C sous forme de cristaux rhomboédrique. D = 13,5 / H = 0. Eclat
métallique. Très toxique.
Modes de gisement : Dans la zone d'altération des gîtes de mercure. Exploité
comme minerai avec le cinabre.
BISMUTH NATIF Bi rhomboédrique
Cristaux très rares, d'aspect cubique. Agrégats généralement réticulés, dendritiques,
également sous forme de grains disséminés, rarement en masses importantes.
D = 9,7; H = 2. Clivage parfait, cassure fragile. couleur : blanc argenté à reflets
rougeâtres, irisations multicolores. trait gris. Opaque, éclat métallique
Mode de gisement : dans les gîtes à Co-Ni-Ag, parfois dans des placers. Gisements
importants: Angleterre, Canada, Bolivie. Localement, important minerai de bismuth.
ARSENIC NATIF As rhomboédrique
Cristaux rhomboédriques, d'aspect cubique, aciculaires, rares. Le plus souvent en
masses compactes, finement granuleuses, en agrégats globulaires, également
stalactiformes.
D = 5,7 / H = 3,5. Clivage parfait. Couleur : blanc d'étain, irisations noirâtres,
Poussière noire. Opaque, Eclat métallique.
Modes de gisement : Composant accessoire dans les filons de minerais arsénifères.
Gisements importants: Allemagne, Norvège, New Jersey. Peu d'importance
économique.
DIAMANT C cubique
Généralement en cristaux : octaèdres ou dodécaèdres, plus rarement en cubes ou
tétraèdres.
D=2; H = 10 (le plus dur de tous les minéraux). Fragile, cassure concoïdale. Clivage
111 excellent. Couleur : incolore ou faiblement coloré en jaune, vert, bleu, rouge; les
pierres de couleur vive sont exceptionnelles et sont les plus précieuses de toutes les
gemmes. Transparent à opaque. Eclat adamantin.
Gisements : Dans les kimberlites (roches ultra-basiques remplissant des chéminées
d'explosion volcanique) : Kimberley/Afrique de Sud; Sibérie/Russie. Le diamant par
sa dureté exceptionnelle résiste aux phénomènes d'érosion et forme d'importants
gîtes détritique (placers): Zaïre, Brésil, Inde.
Le plus gros diamant fut trouvé à Kimberley, c'etait le Cullinan, qui est un fragment
de 3106 carats (1 carat = 0,200 g) provenant d'un cristal plus gros.
GRAPHITE C Hexagonal
Rare en cristaux isolés. Empilement de lamelles hexagonales à clivage micacé
parfait. Généralement masses masses foliacées, rares .
D = 2,2 ; H = 1, 5. Couleur gris sombre à [Link] gras, tachant les doigts, écrit
sur le papier. Inaltérable
Gisements : Produit du métamorphisme général ou de contact des sédiments riches
en matière organique. Russie (Sibérie). U.S.A.
SOUFRE NATIF S orthorhombique
Cristaux pyramidaux, fréquents. Agrégats granuleux à compacts, fibreux, massifs,
également sous forme de croûtes, de mouchetures et d'imprégnations.
D = 2; H = 2. Pas de clivage, cassure conchoïdale, irrégulière. Couleur : jaune.
Poussière blanche. Transparent à translucide. Eclat adamantin, résineux, gras. Brûle
avec une flamme bleue et une odeur piquante.
Mode de gisement : souvent en milieu volcanique, déposé par les fumerolles et les
sources chaudes, se rencontre aussi dans les roches sédimentaires argileuses à
marneuses. Gisements importants: Texas, Louisiane/USA, Irak, Japon, Indonésie,
Sicile/Italie.
Matière première pour la production d'acide sulfurique et substance de base
importante pour la fabrication de produits de lutte antiparasitaire.
II - LES SULFURES ET SULFO-SELS
Cette classe comprend environ 350 minéraux.
LA SOUS-CLASSE DES SULFURES
La classe des sulfures et sulfo-sels présente pour la géologue minier l'une des
parties les plus importantes de la minéralogie, car elle renferme les minerais de base
de presque tous les métaux : Ag, As, Bi, Cd, Co, Cu, Ge, Hg, Mn, Mo, Ni, Pb, Pt, Sb,
Tl et Zn.
Avec les sulfures, on classe des minéraux similaires mais plus rares, qui sont les
sélénniures, les tellurures, les aréséniures et les antimoiniures.
La formule générale est Am Xn , où
A = Ag, As, Bi, Cd, Co, Cu, Fe,Ge,Hg,Mn,Mo,Ni,Pb,Pt,Sb,Tl, et Zn
X = S (pour les sulfures); Se (pour les séléniures); Te (pour les tellurures);
As (pour les aréséniures); Sb (pour les antimoiniures).
Les principaux minéraux de la sous-classe des sulfures sont :
Argentite Ag2S Cinnabre HgS
Chalcocite Cu2S Réalgar AsS
Bornite Cu5FeS4 Orpiment As2S3
Galène PbS Stibine Sb2S3
Sphalerite ZnS Bismuthinite Bi2S3
Chalcopyrite CuFeS2 Pyrite FeS2
Stannite Cu2FeSnS4 Cobaltite (Co,Fe)AsS
Greenockite CdS Marcassite FeS2
Pyrrhotite Fe1-xS Arsénopyrite FeAsS
Niccolite NiAs Molybdénite MoS2
Millérite NiS Calavérite AuTe2
Pentlandite (Fe,Ni)S Sylvanite (Au,Ag)Te2
Covellite CuS Skuttérudite (Co,Ni)As3
Digénite Cu2S
Argentite Ag2S Cubique
Parfois en cristaux : cubes et octaèdres millimétriques. Egalement en agrégats
réticulés ou filiformes, en enduits, croûtes ou arborescences, en masses grenues à
compactes.
D=7,3 / H = 2 à 2,5. Malléable. Couleur : gris de plomb à noir. Opaque. Eclat
métallique, ternissant avec l'altération.
L'argentite se forme à des températures > à 179°C. Par refroidissement, elle se
transforme en Acanthite Ag2S rhomboédrique.
L'argentite ou son polymorphe (l'acanthite), se rencontre dans les gîtes filoniens.
Gisements: Norvège, Mexique, Utah/USA. Important minerai d'argent.
ARSENOPYRITE (MISPICKEL) Fe As S Monoclinique
Souvent automorphe : prismes à section losangique, courts ou allongés suivant c,
parfois suivant b; faces verticales striées parallèlement à c. Agrégats grenus.
Fragile, cassure irrégulière.
D = 6 / H = 5,5. Eclat métallique vif. Couleur blanc d'argent à gris d'acier plus blanc
que la marcassite. Poussière noirâtre.
Fréquent, le plus commun des minéraux arsénifères. Minéral de haute température.
Gisements : Dans les gîtes de contact avec or, scheelite, pyrrhotite. Dans les gîtes
pneumatolytiques et les filons hypothermaux avec wolframite, cassitérite, or,
tourmaline, fluorine. Disséminé dans les calcaires métamorphiques.
BORNITE Cu5FeS4 cubique
Cristaux rarement bien développés, cubes déformés. Généralement en masses
compactes ou sous forme disséminée
D = 5, H = 3. Clivage imparfait cassure conchoïdale. Couleur : rougeâtre, irisations
colorées Poussière gris-noir . Opaque, éclat métallique.
Dans les gîtes cuprifères pauvres en fer, dans des filons et en imprégnations.
CINABRE HgS Rhomboèdrique
Rarement en cristaux (maximum 2 à 5 cm) : rhomboèdres, parfois aplatis, maclés ou
en groupement pseudohexagonaux. Généralement en incrustations, croûtes,
enduits, masses compactes à terreuses.
D = 8.1 ; H = 1, 5 . Cassure irrégulières. Clivage bon. Couleur : rouge; brunissant par
altération superficielle. Translucide en cristaux. Eclat adamandin, semi-métallique ou
terreux.
Principal minerai de mercure.
COVELLITE (Covelline) CuS Hexagonal
Cristaux très rares : petites tablettes hexagonales. Le plus souvent en masses
compactes, terreuses, en croûte, en enduits pulvérulents.
D = 4,6; H = 1,5 à 2. Cassure conchoïdale. Clivage parfait suivant l'allongement.
Couleur : bleu-noir. Opaque. Eclat métallique, gras, mat. Poussière : gris de plomb.
Mode de gisement : dans la zone d'altération des gîtes cuprifères. Important minerai
de cuivre.
CHALCOSINE (chalcocite) Cu2S orthorhombique
Cristaux tabulaires et épais, en courtes baguettes, rares. Le plus souvent en masses
compactes, également sous forme disséminée
D= 5,5-5,8; H = 2,5. Cassure concoïdale, clivage imparfait. Couleur : gris de
plomb à noir avec reflets bleutés. Opaque; Eclat métallique, ternissant avec
l'altération. Poussière gris sombre
Mode de gisement : dans les gîtes filoniens et en imprégnations. Important minerai
de cuivre.
DIGENITE Cu9S5 Cubique
Très rares en cubo-octaèdres. Généralement massive, associée avec covellite,
chalcosine et bornite. Eclat métallique très vif. Couleur bleu-noir.
CHALCOPYRTITE Cu Fe S 2 Quadratique
Cristaux automorphes peu fréquents (tétraèdres). Généralement masses finement
grenues. Grains ou mouches informes. Cassure inégale.
D = 4,1 à 4,3 ; H = 3,5 à 4. Ne raye pas le verre (contrairement à la pyrite). Opaque,
éclat métallique. Couleur jaune d'or, souvent ternie ou irisée en bleu, vert, rouge, par
oxydation superficielle. Poussière noire verdâtre.
S'altère fréquemment en covellite, chalcosine, malachite, sulfates de cuivre.
Gisements variés : Disséminée ou en ségrégation dans les roches éruptives
basiques; imprégnations diffuses de haute température; imprégnations dans
calcaires silicifiés (Katanga, Afrique centrale) grès ou schistes ("kupferschiefer"
d'Europe); Très fréquente dans les gîtes hydrothermaux filoniens B.P.G.C[3]....
Principal minerai de cuivre.
Etymologie : du grec chalcos", cuivre : pyrite de cuivre.
GALENE Pb S Cubique
Cristaux automorphes en cubes (100) ou cubo-octaèdres (100) et (111), avec
facettes accessoires. Le plus souvent en masses cristalline à cIivages
trirectangulaires ; ou finement granulaire.
D = 7,6 / H = 2,5. Clivages parfaits. Opaque, éclat métallique. Couleur gris de plomb.
Poussière gris de plomb. Facilement altérable en anglésite, cérusite, pyromorphite ...
Un des sulfures les plus répandus : Filons hydrothermaux de toutes températures,
surtout hypo- et mésothermaux (B.P.G.C). Amas dans les calcaires et des dolomies.
Gîtes stratiformes syngénétiques
Principal minerai de plomb.
MARCASSITE FeS2 Orthorhombique
Cristaux tabulaires, plus rarement prismatiques. Plus souvent en masses
globulaires. fibroradiées, stalactitiques. Groupements maclés en fer de lance.
D = 5/ H = 6. Cassure conchoïdale. Opaque, éclat métallique. Couleur jaune de
bronze à reflets grisâtres ou verdâtres ; plus blanche que la pyrite sur cassure
fraîche. Poussière noire à brun-verdâtre.
Altération plus facile que la pyrite, avec formation de sulfates de fer blanchâtre et
acide sulfurique ; Pseudomorphoses en limonite.
Minéral de basse température des dépôts superficiels. Commun mais pas en
grandes masses. Dans certains gisements épithermaux. Dans les roches
sédimentaires (calcaire, argiles, dépôts charbonneux), souvent en nodules fibro-
radiées.
Parfois utilisée comme source de soufre.
PYRRHOTITE Fe 1-x S Hexagonal (HT[4]) ou Monoclinique (BT[5]). (0 < x < 0, 2).
Cristaux assez rares, en tablettes hexagonales parfois groupées en rosettes.
Généralement en masses compactes.
D = 4,6 / H = 4. Fragile, cassure concoïdale. Opaque, éclat métallique. Couleur
jaune bronze à reflets rosés. Patine brune. Poussière gris-noir. Poussière attirable à
l'aimant (pour les variétés riches en soufre). Très altérable, en sulfates puis limonite.
Dans les roches éruptives basiques, avec Pentlandite, chalcopyrite, parfois chromite,
platine, soit en grains disséminés, soit en masses importantes (gisement du Cu et Ni
de Sudbury - Canada).
Dans les gîtes de métamorphisme de contact, notamment de calcaires, associée à
la scheelite. Dans les gîtes hydrothermaux avec blende, pyrite, galène, chalcopyrite.
Rarement utilisé comme source de soufre ou de fer.
PYRITE FeS2
Cubique
Souvent en cube. Les octaèdres et pentagono-dodécaèdres sont fréquents. Les
faces du cube sont souvent striées. Elle se présente aussi en massive granulaire.
D = 5/ H = 6. Cassure inégale. Opaque, éclat métallique vif. Couleur jaune laiton
pâle. Poussière noir-verdâtre. S'altère facilement en limonite, de couleur brun terne,
souvent en conservant sa forme originelle ("pseudomorphose").
Le plus commun des sulfures, se forme dans toutes conditions de température :
ségrégation dans les roches éruptives dispersé dans les roches éruptives et
métamorphiques; gîtes de métamorphisme de contact; imprégnations diffuses et
amas, avec paragenéses mésothermales; filons hydrothermaux, en association
BPGC; roches sédimentaires, en cristaux dispersés ; fréquent dans les dépôts
fossilifères et les lits riches en matière organiques.
Source de soufre pour la fabrication de l'acide sulfurique.
SPHALERITE (BLENDE) ZnS Cubique
Cristaux de forme complexe, souvent tétraédriques. Généralement en masses
clivables grossièrement à finement granulaires. Clivages parfait .
D = 3,5 à 4,2; H = 3,5 à 4 . Transparent à presque opaque, éclat adamantin à
résineux. Couleur jaune (blende "miellée") brune, noire. Poussière jaune à brune.
Contient souvent Fe, Mn, Cd . S'oxyde en hémimorphite, smithsonite...
Minéral très répandu. Gîtes hydrothermaux filoniens ou de substitution, avec pyrite,
galène et chalcopyrite; gîtes stratiformes, syngénêtiques .
Rque : la Wurtzite est un sulfure de zinc (ZnS) hexagonal, de haute température
STIBINE
(Antimonite) Sb2S3 Orthorhombique
Prismes allongés suivant c striés verticalement, souvent courbés, aiguilles parfois en
groupements radiés, masses fibreuses ou finement grenues.
D = 4,6; H = 2. Clivage parfait. Opaque, éclat métallique brillant mais ternissure en
bleu-noirâtre. Poussière gris de plomb à noire.
Altération en antimoniates jaunes à jaune-verts. Une goutte de solution de KOH
colore la stibine en orangé.
Modes de gîsement : Dans les filons hydrothermaux de basse température, avec
quartz, barytine, calcite, pyrite, cinabre, or. Dans les gîtes de substitution dans les
calcaires ou dolomites.
Principal minerai d'antimoine : alliages, imprimerie, etc ....
LA SOUS-CLASSE DES SULFO-SEL
La sous-classe des sulfo-sels est moins importante que celle des sulfures. On y
groupe les sulfo-arséniures, les sulfo-antimoiniures des métaux suivants : Ag, Cu,
Pb, Sn, Bi, Fe.
La formule générales est Am Bn Xn , où
A = Cu, Ag, Pb, Sn, Bi, Fe
B = As, Sb
X = S.
Les principaux minéraux sont :
Pyrargirite Ag3SbS3 Enargite Cu3AsS4
Proustite Ag3AsS3 Bournonite PbCuSbS3
Tetrahédrite Cu12Sb4S13 Jamesonite Pb4FeSb6S14
Tannantite Cu12As4S13
Proustite Ag3AsS3 (argent rouge arsénié) Rhomboédrique
Cristaux assez rares, exceptionnellement de grande taille (10 cm); prismes,
scalénoèdres ou rhomboèdres aigus. Généralement masses grenues à compactes,
croûtes ou dendrites.
D = 5.57 / H = 2.5. Très fragile. Cassure concoïdale. Couleur : rouge-vermillon à
rouge cérise lorsqu'elle est fraîche. Devient noir rougeâtre et opaque à la lumière.
Eclat adamandin. Poussière rouge brunaâtre.
Dans les filons à paragenèse Ni, Co, Ag, As.
BOURNONITE PbCuSbS3 Orthorhombique
Cristaux pseudoquadratiques, aplatis. Souvent en masses compactes, parfois
grenues.
D = 5,8/ H = 2,5-3. Fragile. Cassure subconcoïdale. Couleur: gris de plomb plus ou
moins terni. Opaque. Eclat métallique. Poussière grise.
Dans les gîtes hydrothermaux de moyenne température, avec galène, sphalérite,
chalcopyrite, quartz, barytine, fluorine.
CUIVRES GRIS : Solutions solides Cu12 (As,Sb)4 S13 , avec deux
pôles : Tétraédrite Cu12 Sb4 S13 et Tennantite Cu12 Sb4 S13. Cubiques
Souvent en cristaux : tétraèdres. Macles fréquentes. Egalement en masses
compactes ou grenues.
D = 4,6 à 5,1 (augmente avec le pourcentage en Sb)/ H = 3 à 4,5 (augmente avec le
pourcentage en As). Assez fragile. Cassure conchoïdale. Couleur gris acier à noir de
fer. Opaque. Eclat métallique, parfois brillant. Poussière : noir olivâtre.
Dans les gisements hydrothermaux de moyenne température.
III - LES HALLOGENURES
La classe des hallogénure rassemble 130 espèces. Les chlorures et les fluorures
sont les plus abondants. Ils sont vitreux, incolore ou peu colorés (à l'exception de la
fluorine). Leur dureté est faible. Les chlorures sont généralement solubles dans
l'eau. Ils sont formés par évaporation d'eau de mer à des périodes variées des
temps géologiques, en particulier au Trias. Certains bromures, chlorures et iodures
se trouvent dans les zones d'oxydation des gîtes métallifères.
FLUORINE CaF2 Cubique
Cristaux en cubes (100), avec parfois troncatures peu développées des sommets ou
arêtes. Plus rarement, cristaux en octaèdres. Souvent en masses clivables. Parfois
macle par rotation de 180° autour d'un axe ternaire. CIivage parfait, permettant
d'obtenir des octaèdres.
D = 3,2/ H = 4. Transparent à translucide. Eclat vitreux. Couleur variable (parfois
dans un même cristal) souvent vive : violet, bleu, jaune, rose, blanc, incolore.
Dans les gîtes hydrotermaux, seule ou associée à quartz et barytine, comme gangue
de minerais de Pb, Zn, Ag, Mn. Filons de pegmatite avec cassitérite, lépidodite,
topaze, tourmaline, apatite ...
Minerai de fluor; fondant; céramique; optique.
Etymologie : du latin flus : couler (substance aidant à la fusion des métaux).
HALITE (sel gemme) NaCl Cubique
Le plus souvent en cubes. Masses clivables, cristallines. Clivages parfaits.
D = 2,2 / H = 2. Transparent à translucide. Eclat vitreux. Incolore, blanc, gris, parfois
teinté par des inclusions en bleu, rouge. Très soluble dans l'eau. Saveur salée.
Dans les terrains sédimentaires généralement argileux, en couches irrégulières, ou
en dômes (diapirs ). Formée par évaporation, la halite est associée au gypse,
anhydrite, sylvite.. .
Usages alimentaires, agricoles, industriels.
SYLVITE KCl Cubique
Cristaux cubique et masses grenues compactes. D = 2 / H = 2. Cassure inégales,
clivage cubique parfait. Couleur : incolore, rougâtre, rouge-jaunâtre, bleuâtre. Eclat
vitreux. Transparent. Poussière incolore. Goût amer.
IV- LES OXYDES ET HYDROXYDES
La classe des oxydes (environ 320 minéraux) comporte les composés de métaux ou
de métalloïdes avec l'oxygène ou des groupes hydroxydes
Les oxydes présentent : des duretés dépassant fréquemment 8 (seuls minéraux
ayant une dureté > à 8 excepté le diamant); une grande stabilité chimique, d'où une
faible solubilité et un point de fusion élevé.
Par contre les hydroxydes ont souvent une faible dureté, s'attaquent facilement et
montrent fréquemment d'excellents clivages.
Gisements - On trouve une très grande diversité dans les conditions de gisement de
ces minéraux. La plupart des oxydes simples et des oxydes multiples appartiennent
aux domaines du magmatisme, du métamorphisme et de la sédimentation marine.
La majeure partie des hydroxydes se trouve dans la zone d'oxydation des gîtes
métalliques.
SPINELLE MgAI2 O4 Cubique
Mg2+ et Al3+ peuvent être substitués respectivement par Fe2+, Zn2+, Mn2+ et par
Cr3+, Fe3+, Mn3+, ce qui entraîne des modifications des propriétés physiques.
Cristaux octaédriques. Macle fréquente.
D = 3,5 à 4 suivant la composition/ H = 8. Cassure irrégulière. Transparent à
opaque. Eclat vitreux. Couleurs variées : le plus communément brunâtre ou verdâtre
plus ou moins foncé à noir (variétés ferrifères) ; parfois incolore, rose, rouge, bleu.
Minéral de métamorphisme de contact de dolomies et calcaires magnésiens (dans
cipolins avec phlogopite). Minéral accessoire de certaines pegmatites. Constituant
fréquent des roches ultrabasiques (variété ferrifère et chromifère)(lherzolites à
spinelle).
Usage : les variétés transparentes sont utilisées comme gemmes.
MAGNETITE Fe Fe2 O4 Cubique
Les cristaux automorphes sont généralement des octaèdres. Le plus souvent,
masses granulaires ou compactes.
Densité : 5,2 / H = 6 . Cassure inégale. Opaque, Eclat métallique ou terne. Couleur
noire. Poussière noire. Fortement magnétique. Altération en hématite et limonite.
Minéral primaire de haute température: disséminé ou en ségrégations dans les
roches éruptives surtout basiques; en filons de haute température, avec sulfures
variés; gîtes de métamorphisme de contact; dans les météorites, dans les alluvions.
Parfois secondaire : gîtes sédimentaires avec hématite, sidérite, chlorites.
Minerai de fer.
CHROMITE FeCr2O4
Cubique
Cristaux très rares : octaèdres. Généralement en grains arrondis ou en masses
grenues à compactes.
D= 4,1 à 4,9/ H = 5,5. Peu contenir Mg (jusqu'à 20% MgO). Cassure inégale.
Couleur : noir. Opaque. Eclat métallique à mat. Poussière noire. Parfois faiblement
magnétique.
Fréquente dans les péridotites et les serpentines.
CHRYSOBERYL Al2BeO4 Orthorhombique
Généralement bien cristallisé : cristaux tabulaires, avec stries sur la face
d'applatissement. Macles fréquentes donnant des cristaux d'aspect hexagonal.
D=3,7/ H = 8,5. Fragile. Cassure irrégulière. Clivage assez facile. Couleur : jaune,
vert, vert olive, vert brunâtre. Transparent à opaque. Eclat vitreux. Poussière
incolore.
Variétés :
Alexandrite : variété gemme de chrysobéryl verte à la lumière du jour,
rouge violacé à la lumière artificielle.
Oeil de chat : variété chatoyante de chrysobéryl vert jaunâtre.
CORINDON Al2O3 Rhomboédrique
Souvent en cristaux pouvant atteindre de grandes dimensions ( 1 m et plus).
Prismes en forme de tonnelets pseudohexagonaux. Egalement en masse
lamellaires ou grenues.
D = 4/ H = 9. Cassure irrégulière. Tenace. Couleur : gris, bleuâtre, brunâtre,
rougeâtre, rarement incolore ou noir. Eclat adamantin à vitreux. Poussière incolore.
Variétés :
Rubis : variété rouge
Saphir : variété bleue notamment, mais aussi de diverses colorations.
Les saphirs et rubis sont des gemmes, elles font parties des pierres précieuses avec
le diamant et l'émeraude (béryl vert).
Gisements : Dans certaines roches ignées hyperallumineux (syénites); dans les
calcaires métamorphisés; dans les schistes.
ILMENITE FeTiO3
Triclinique
Cristaux généralement tabulaires, plus rarement en cristaux rhomboédrique,
lamelles micacés. Agrégats grenus. Masses compactes.
D = 4,7 / H = 5,5. Cassure conchoïdale. Clivage bon. Couleur : noir à brun noir.
Opaque. Eclat métallique. Poussière noire, parfois faiblement magnétique.
Constituant accessoire de roches magmatiques et métamorphiques. Concentration
parfois économique dans roches basiques, avec magnétite et rutile. Dans gisements
détritiques.
HEMATITE
(OIigiste) Fe2O3 Rhomboédrique
Cristaux automorphes généralement tabulaires, en lamelles minces ou épaisse.
Souvent groupées parallèlement ou en rosettes. Face d'aplatissement striées en
triangle. Plus rarement en cristaux prismatiques ou rhomboédriques. Souvent
d'aspect micacé. Massif, granulaire, fibreux, fibro-radié, concrétionné. Terreux, mêlé
d'argile et vivement coloré en rouge (ocres).
D = 5 / H = 5 à 6. Opaque, transparent en lames très minces. Eclat métallique.
Couleur gris de fer, rouge terne dans les variétés compactes. Poussière brun
rougeâtre à rouge. Peut s'hydrater en limonite.
Oxyde très répandu, d'origine primaire ou provenant de la transformation de sidérite,
magnétite. Gisements variés. Les principaux : dépôts sédimentaires avec sidérite,
limonite, chlorite, gîtes de sidérite en substitution dans les calcaires, transformés
dans la zone d'oxydation en hématite, goethite, limonite; filons de haute température
Minerai de fer.
Etymologie : du grec "hématicos" saignant (couleur de la poussière).
PECHBLENDE /Uraninite UO2 Cubique
Cristaux rares, cubiques ou octaédriques (Uraninite). Le plus souvent variétés
cryptocristallines (Pechblende) en masses mamelonnées, compactes ou terreuses.
Densité : 8 à 10 (Uraninite) ; 6,5 à 8,5 (Pechblende) / H = 5,5. Cassure inégale ou
conchoïdale. Opaque. Eclat résineux ou mat. Couleur noire à noir brunâtre.
Poussière noir brunâtre. Très radioactive.
Gisements : Dans les gîtes mésothermaux à Ni-Co-Bi-Ag ou BPGC avec fluorine; En
variétés pulvérulentes dans certaines roches sédimentaires riches en matières
organiques avec pyrite et marcassite.
Principal minerai d'uranium.
RUTILE TiO2 Quadratique
Presque toujours en cristaux nets, à section octogonale, à faces du prisme souvent
striées longitudinalement et terminaison octoédrique. Egalement en masses grenues
ou compactes. En fine aiguilles incluses dans le quartz. Macle en "genou" fréquente.
D = 4,2 / H = 6 à 6,5. Cassure concoïdale. Translucide à opaque, éclat adamandin.
Couleur brun-foncé à noir; rouge à brun-rouge dans les faciès aciculaire. Poussière
brun-pâle. Peut renfermer des quantités notables de Fe, Nb, Ta.
Inaltérable, il est fréquents dans les alluvions. Forme la plus stable de TiO2.
Constituant accessoire fréquent de nombreuses roches éruptives (granites, syénites,
diorites, …) et métamorphiques (cipolins, gneiss, quartzites…). En cristaux de
grandes tailles dans les pegmatites et les filons hydrothermaux. Dans les gîtes
détritiques, parfois avec ilménite, magnétite et monazite (sables noires).
Etymologie (du latin "rutilus" = rouge)
CASSITERITE SnO2 Quadratique
Isomorphe du rutile. Souvent cristaux bien formés mais petits. Prismes trapus, plus
rarement aciculaire. En grains de forme irrégulière. Parfois en masses
concrétionnées à structure fibreuses. Macle fréquente.
D = 7 / H = 6 à 7 . Cassure inégale. Translucide à opaque, éclat adamantin, gras sur
la cassure. Couleur brun-rosé clair, brun-noir à noir; poussière blanche à grise.
Peut renfermer quelques % de fer, Nb, Ta, Ti, essentiellement sous la forme
d'inclusions minérales.
Inaltérable, elle est fréquente dans les gîtes alluvionnaires. Minéral de haute
température, lié aux phases pegmatitiques et pneumatolithiques dans les granites,
aplites et les pegmatites et dans les filons à quartz, avec topaze, fluorine,
tourmaline, lépidolite, béryl, molybdène, wolframite, mispickel, etc….
Principal minerai d'étain.
PYROLUSITE MnO2 quadratique
Cristaux prismatiques, rares et petits. Agrégats généralement botryoïdes, fibroradiés
et à surface lisse et mamelonnée, également sous forme de masses terreuses et
oolithiques. Généralement légèrement tachante.
D = 5 / H = 2 à 6, selon la compacité. Opaque , gris acier à gris foncé, trait noir,
éclat métallique à mat,
clivage parfait
Mode de gisement : dans gisements sédimentaires ou comme minerai accessoire
dans des gisements hydrothermaux.
PSILOMELANE Mn5O10 (Ba, H2O)2 monoclinique
Cristaux inconnus. Masses finement granuleuses à massives, rayonnantes, égale-
ment terreuses.
D = 4,7 / H = 4 à 6. clivage aucun; cassure irrégulière, fragile. Couleur : noir,
brun-noir, trait noir, brun, éclat métallique, mat,
Dans la zone d'oxydation des gîtes métallifères manganésiens.
NODULES DE MANGANESE
Nodules de 2 à 5 cm de diamètre développées concentriquement autour d'un noyau,
se trouvant sur les fonds marins à 4000-6000 m de profondeur. Ce sont des nodules
minéralisés contenant jusqu'à 40 % de manganèse. Ils contiennent également du
cuivre, du nickel, du cobalt et du zinc à des teneurs de 0,2 à 1 %.
GEOTHITE [Link] Orthorhombique
Rarement en cristaux prismatique ( < 1 cm), striés verticalement; agrégats fibreux,
touffes radiées. Généralement masses fibreuses à fibro-radiées et concrétionnées,
parfois poreuses à terreuses.
D = 4,3 / H = 5. Cassure inégale. Clivage net. Couleur : brun noir à brun rouge
foncé, brun jaune. Opaque. Eclat terne. Poussière brun jaune.
Minéral provenant généralement de l'altération des autres minéraux de fer (pyrite,
magnétite, sidérite, ankérite, ....).
LIMONITE FeOOH. n H2O amorphe
Sous ce terme on désigne un mélange de minéraux de fer oxydé, silice colloïdale,
argiles, où domine la goethite contenant de l'eau adsorbée (FeOOH. n H2O)
Généralement masses compactes, fibreuses, mamelonnées, concrétionnées,
souvent porreuses et terreuses à poudreuses (pulvérulentes).
D= 2,7 / H= 4 à 5. Cassure variable : conchoïdale ou terreuse. Fragile. Couleur :
brun noir à noir, jaune brunâtre, brun rouge (variété terreuse), ocre jaune à brun
orangé (variété poudreuse). Opaque. Eclat terreux, vernissé dans les variétés
mamelonnées. Poussière : jaune brun.
BRUCITE Mg(OH)2 Rhomboèdrique
Petits cristaux tabulaires à micacés. Généralement en masses feuilletées, rarement
grenues.
D = 2,4 / H =2,5. Clivage micacé. Couleur : blanc à blanc verdâtre. Transparent.
Eclat vitreux. Poussière blanche.
Dans les filons hydrothermaux de basse température, traversant les serpentines ou
les calcaires métamorphiques. Associée avec magnésite, talc.
BAUXITE : Hydrates d'alumine Al(OH)3 -AlO.(OH)
Les bauxites sont des mélanges, en proportion variables, de divers constituants
cryptocristallins, parmi lesquels peuvent dominer la gibbsite (ou hydragillite) de
formule Al(OH)3, la boehmite et le diaspore tous les deux de formule AlO.(OH) et
orthorhombiques.
La bauxite se présente en masse terreuses, argileuse compactes à structure
pisolithique.
D = 2,5/ H = 1 à 3. Couleur : blanc, jaunâtre, rose, rouge brique. Opaque. Eclat
terreux.
Comme produit résiduel d'altérations sous climat tropical de roches alumineuse et
des calcaires.
Principal et important minerai d'aluminium.
V - LES CARBONATES, NITRATES, BORATES
Les carbonates (environ 100 espèces) comprennent des minéraux très importants :
calcite, aragonite, dolomite. L'unité anionique est CO3--. Ce sont des minéraux
correspondant à la formule XCO3 où X représente un élément métallique bivalent:
Ca, Mg, Zn, Mn, Fe2+, Co, Sr, Ba, Pb, Cu.
Il existe 3 groupes de carbonates : groupe de la calcite, groupe de l'aragonite et
carbonates basiques.
Groupe de la calcite Groupe de l'aragonite Carbonates
basiques
(rhomboédriques) (orthorhombiques) (monocliniques)
Calcite CaCO3 Aragonite CaCO3 Azurite Cu3 (CO 3) 2
(OH) 2
Dolomite (Ca,Mg) Cérusite PbCO3 Malachite Cu2 C03 (OH) 2
(CO3)2
Ankérite (Ca,Fe) Strontianite SrCO3
(CO3)2
Sidérite Fe CO3 Withérite BaCO3
Magnésite Mg CO3
Rhodochrosite Mn CO3
Smithsonite Zn CO3
Les carbonates sont incolores, blancs ou peu colorés à l'exception de ceux du
cuivre, cobalt ou manganèse. Leur dureté est inférieure à 5. Ils font généralement
effervescence avec les acides.
Les nitrates sont rares (moins de 10 espèces). Deux minéraux importants, la
nitronatrite (Na NO3) et la nitrite K NO3, résultent souvent de l'évaporation d'eau
circulant dans les sols désertiques.
Les borates (100 espèces environ) ont une structure avec des groupements BO3 --
ou des tétraèdres BO4. D'éclats vitreux, incolores à blancs, ils ont une faible dureté
et sont peu denses. Ils se trouvent dans les bassins d'évaporation d'eau ayant
lessivé des roches volcaniques.
Quelques s espèccebien connues : L'Ulexite NaCaB5O9. 8H2O (Triclinique, D = 2/
H = 2,5), le Boraxe Na2B4O7. 10H2O (monoclinique; D = 1,7/H = 2);
la Colématite Ca2B6O11 5H2O (monoclinique; D = 2.4 / H = 4.5 ) et
la Kernite Na2B4O7 4H2O (monoclinique, D = 2.4 / H = 4)
CALCITE Ca CO3 Rhomboédrique
Cristaux automorphes présentant des formes très variées (plusieurs centaines). Les
plus fréquents sont : des prismes rhomboédriques allongés ou aplatis; des
scalénoèdres. Souvent massive, parfois fibreuse et stalactitique. Clivages
rhomboédriques très faciles (déterminant des rhomboèdres).
D = 2,7/ H = 3 . Incolore, blanche, teintes pâles. Parfois fluorescente au U.V. Soluble
à froid avec effervescence dans les acides même dilués.
L'un des minéraux les plus répandus. Constituant essentiel de certaines roches
sédimentaires (calcaires, marnes) ou métamorphiques (cipolins). Constituant
accessoire de certaines roches éruptives calciques altérées. Très fréquente comme
gangue des gîtes hydrothermaux. Concrétions stalactitiques dans les grottes.
DOLOMITE - ANKERITE CaMg (CO3) 2 - CaFe
(CO3)2 Rhomboédriques
Série de solution solide entre les deux minéraux.
Forme habituelle : rhomboèdre. Parfois assemblages de petits cristaux à faces
courbes. Masses compactes ou granulaires rugueuses. Clivages
rhomboédrique parfaits.
D = 2,9 = H = 3,5 à 4 . Transparent à translucide. Eclat vitreux vif. Incolore, blanc,
teintes pâles, brune (ou brunissant par oxydation dans les variétés ferrifères).
Effervescence vive, à chaud seulement, dans les acides dilués.
Constituant essentiel des dolomies sédimentaires ou métamorphiques. Gangue de
filons hydrothermaux ou des gîtes de substitution.
Minerai de magnésium.
SIDERITE (Sidérose) Fe CO3 Rhomboèdrique
Cristaux automorphes en rhomboèdres souvent lenticulaires, à faces courbes,
parfois groupés en rosettes. Masses cristallines clivables ou finement granulaires.
Concrétions globulaires. Clivages parfaits.
D = 3,9 / H = 4 . Translucide à opaque. Eclat vitreux vif. Blond à brun. Poussière
blanche. Effervescence aux acides à chaud seulement. Devient brun à noir par
oxydation en limonite, goethite.
Minéral commun. Couches sédimentaires; amas de substitution dans les calcaires
ou dolomies, Concrétions dans divers sédiments; en filons, seul ou comme gangue
de minerais variés
AZURITE Cu3 (CO 3) 2 (OH) 2 Monoclinique
Cristaux à faciès très variés, complexes : prismes ou tablettes, agrégats fibro-radiés.
Souvent en enduits ou masses terreuses.
Densité 3,8/ H = 3,5 à 4 . Cassure conchoïdale; fragile. Clivage interrompu.
Transparent à translucide. Eclat vitreux. Couleur bleu-azur vif à bleu-nuit. Poussière
bleu clair.
Altération en malachite et en cuivre natif. Effervescence aux acides.
Minéral de la zone d'oxydation des gîtes de cuivre. Moins fréquente que la
malachite, à laquelle elIe est associée ainsi que limonite, cuprite (Cu2O).
MALACHITE Cu2 C03 (OH)
2 Monoclinique
Cristaux rares, petits, généralement aciculaires, groupés en touffes. Le plus souvent
en enduits ou en masses concrétionnées à structure fibreuse.
D = 4 / H = 3,5 à 4. Cassure irrégulière. Translucide à opaque. Eclat vitreux, terreux
dans les variétés compactes. Couleur vert franc, vert pâle pour les enduits.
Poussière vert pâle. Fait effervescence aux acides.
Minéral typique de la zone d'oxydation des gîtes cuprifères, associé à azurîte,
cuprite, limonite. Usage : Minerai de cuivre . Matériau ornemental.
VI- LES SULFATES, CHROMATES, MOLYBDATES, TUNGSTATES
Cette classe groupe environ 250 espèces. Elle comprend des composés ioniques
avec radicaux du type XO4-- : X = S (sulfates); Cr (Chromates); Mo (Molybdates); W
(tungstates).
Les sulfates (220 espèces) généralement de faible densité et dureté, peuvent être
anhydres comme la barytine, l'anhydrite, mais le plus souvent sont hydratés comme
le gypse.
Les chromates (12 espèces) et les molybdates (15 espèces) sont assez rares à
l'exception de la wulfénite. Les tungstates sont principalement représentés par la
wolframite et la scheelite, tous les deux d'importants minerai de tungstène.
Croupe des Sulfates Chimie Système
Sulfates anhydres
Barytine BaSO4 Orth.
Célestite SrSO4 Orth.
Anglésite PbSO4 Orth.
Anhydrite CaSO4 Orth
Sulfates hydratés et
basiques
: Gypse CaSO4.2H2O Mono
Chalcanthite CuSO4.5H2O Tric
Alunite Kal3(OH)6(SO4)3 Rhom
Epsomite MgSO4.7H2O Orth
Mélantérite FeSO4 7H2O Mono
Cyanotrichite Cu4Al2(OH)12 SO4 2H2O Orth.
Chromates : Crocoïte PbCrO4
Molyddates :
Wulfénite PbMoO4 Quadr
Tungstates
Scheelite Ca WO4 Quadr
Wolframite (Fe, Mn) WO4 Mono
BARYTINE BaSO 4 Orthorhomique
Cristaux tabulaires ou prismatiques alIongés. Masses compactes ou lamelleuses
souvent crêtées.
D = 4,5 / H = 3 à 3,5. Bons clivages. Transparent à translucide; éclat vitreux;
incolore, blanche, teintes claires
Minéral très commun. Filon hydrothermaux surtout de basse température, seule ou
associée à quartz, fluorine, galène, sidérite, dolomite, stibine. Masses stratiformes
dans les terrains sédimentaires. Fréquente dans les fissures de tous terrains.
Usages : boues de forage, peinture blanche, papeterie, industrie du verre, médecine,
protection contre radiations...
Etymologie : du grec "barus", lourd
CELESTITE Sr SO4 Orthorhombique
Cristaux aplatis ou prisme allongés ressemblent à ceux de la barytine. Agrégats
fibreux ou radiés. Masses laminaires, fibreuses, finement grenues.
D = 4 / H = 3,5. Cassure inégale. Bons clivages. Couleur incolore à bleu-pâle, blanc.
Transparent à opaque. Eclat vitreux.
La célestite se rencontre surtout dans des niveaux sédimentaires, comme produits
d'évaporation de lagune ou comme concrétion diagénétique dans des calcaires et
des marnes. Parfois dans des gîtes hydrothermaux en amas et petits filons (Tunisie).
ANHYDRITE CaSO
4 orthorhombique.
Cristaux automorphes rares ; le plus souvent en masses cristallines montrant les
trois clivages orthogonaux. Clivages parfaits.
D = 3/ H = 3 à 3,5. Transparent à translucide. Eclat vitreux. Incolore, souvent teinté
de gris-bleu ou violet. S'hydrate en gypse.
Produit d'évaporation des eaux marines. Bancs sédimentaires avec gypse, sel
gemme, calcaires, dolomies. (Trias de Tunisie, par exemple).
GYPSE Ca (SO4) 2H 2 0 Monoclinique
Cristaux souvent de grandes dimensions (jusqu'à plusieurs mètres), généralement
aplatis parfois aciculaires (fibreux). Parfois cristaux lenticulaires groupés en rosettes
("roses des sable"). En masses lamelleuses ou fibreuses ou saccharoïdes. Macles:
"en queue d'aronde", très commune; "en fer de lance", fréquente. Clivage très facile.
D = 2,3/ H = 2 (rayable à l'ongle). Transparent à translucide, soyeux dans les
variétés fibreuses. Incolore, blanc ou teintes pâles. Poussière blanche. Un peu
soluble dans l'eau.
Variété : albâtre, grain très fin.
Le plus commun des sulfates. Dépôt d'évaporation des eaux marines, avec sel
gemme, anhydrite, argiles (abondants au Trias). Minéral secondaire d'hydratation de
l'anhydrite.
Usage : Chauffé vers 130-170°, il donne le plâtre par déshydratation partielle.
SCHEELITE Ca WO4 quadratique,
Cristaux généralement en octaèdres, rarement en tablette. Le plus souvent massive
ou grenue.
D =6/ H = 4,5 à 5. Fragile. Cassure inégale. Transparent à translucide, éclat gras.
Couleur : incolore, blanc, grisâtre, jaunâtre, brunâtre. Fluoresence vive en blanc
bleuâtre aux U.V.
Minéral de haute température. Gîtes de métamorphisme de contact entre granites et
calcaires (skarns) ; la schéelite y est associée aux silicates des skarns (grenat,
diopside, idocrase, épidote ... ), fréquemment à la fluorine, la molybdénite, la
pyrrhotite, la chalcopyrite. Filons hydrothermaux de haute température, pegmatites,
avec wolframite, fluorine.
Usage : minerai de tungstène.
WOLFRAMITE (Fe, Mn) WO4 monoclinique.
Cristaux communément tabulaires. Faces verticales souvent striées parallèlement à
c. Masses lamellaires ou lames isolées verticales atteignant de grandes dimensions.
Clivage parfait.
D = 7 à 7,5 croissant avec le rapport Fe/Mn; H = 4 à 4,5. Opaque ou un peu
translucide en éclats minces. Eclat submétallique. Couleur noire. Poussière
brun-rougeâtre.
Altération facile en Limonite, oxydes de Mn.
Dans les pegmatites et filons de quartz de haute température associés aux granites,
seule ou associée à cassitérite , mispickel, béryl, lépidolite, topaze, tourmaline ....
Usage : principal initierai de tungstène. Du fait de sa haute température de fusion
(1410°C), de sa résistance à la corrosion et de sa très grande dureté, le tungstène
est utilisé dans les aciers durs, le carbure de tungstène (outils de sondage…)
Industrie électrique.
VII - LES PHOSPHATES, ARSENIATES ET VANADATES
Cette classe groupe environ 350 espèces souvent rares. Les unités structurales
(anioniques) sont (XO4)--- : X étant P (phosphates), As (arséniates), V (vanadates).
La plus grande partie du phosphore se trouve dans la nature sous forme d'apatite.
L'arsenic des sulfures ou des arséniures (des gîtes métalliques) donne des
arséniates dans les zones d'oxydation.
Apatite Ca5 (PO 4) 3 (F,Cl,OH) Haxa.
Vivianite Fe3(PO4)2 8H2O Mono.
Pyromorphite Pb5 CI (PO4)3 Hexa.
Turquoise Cu Al6(OH)8(PO4)4 4H2O Tric.
Wavellite Al3(OH)3(PO4)2 5H2O Ortho.
Mimétite Pb5 (AsO4)3 Cl Hexa.
Vanadinite (Pb3 Cl (VO4)3 Hexa.
APATITE Ca5 (PO4) 3
(F,Cl,OH) Hexagonal
Prismes hexagonaux allongés suivant l'axe c. Masses laminaires, grenues ou
concrétionnées.
D = 3,2 / H = 5. Clivages difficiles. Cassure conchoïdale. Incolore ou coloré en rose,
vert, violet, jaune, brun, transparent ou translucide.
Minéral très répandu : dans les roches éruptives et les schistes cristallins, en
cristaux dispersés; dans les pegmatites.
La phosphorite est une variété d'apatite mal cristallisée, microcristalline, plus ou
moins amorphe, qui forme les gisements de phosphates sédimentaires (ex :
gisements de la région de Gafsa-Métlaoui).
PYROMORPHITE Pb5 CI (PO4)3 Hexagonal
Cristaux prismatiques hexagonaux formes "en barillets" ou en aiguilles. Masses
fibreuses ou concrétionnées.
D = 7 / H = 3,5 à 4. Cassure inégale. Fragile. Translucide. Eclat résineux à gras.
Habituellement vert-jaunâtre vif ou brun ; plus rarement gris ou incolore.
Minéral d'origine secondaire, fréquent dans la zone d'oxydation des gîtes de plomb,
associé à la cérusite, la limonite, la calcédoine, parfois l'anglésite, la smithsonite,
l'hémimorphite.