Initialement, le mineur désignait par chapeaux de fer les masses de limonites formées
par altération des gisements renfermant de la pyrite et/ou d'autres sulfures de fer. Puis,
par extension, on parle de chapeaux de fer des gisements métalliques sulfurés, c'est-à-
dire la zone où s'effectue l'oxydation de ces sulfures. Cette zone, dont la puissance varie
d'une à plusieurs dizaines de mètres (900 m dans le cas exceptionnel de la mine de
Lopeli, en Rhodésie du Sud), est comprise entre la surface et le niveau hydrostatique.
On observe un partage des métaux dû aux solubilités différentes des sulfates et
carbonates à partir des sulfures et arséniures qui sont plus sensibles à l'action de
l'oxygène.
Les structures peuvent être scoriacées, cellulaires, spongieuses, cloisonnées (box-
work) ; parfois fonction de celles du minerai qu'elles caractérisent, donnant alors de
précieuses indications sur le minerai avant l'oxydation. Les formes (rognons, mamelons,
agrégats, enduits, amas pulvérulents) peuvent aider à la compréhension de la genèse
du chapeau.
La nature même des processus de formation des chapeaux oxydés implique une étroite
liaison entre les facteurs climatiques et la roche naissante. À un climat sec et chaud
(solutions très concentrées à migration faible) correspond un chapeau puissant ; à un
climat humide (lessivage intense) correspond un chapeau pauvre en minéraux
d'oxydation. La présence de chlorure de sodium dans les eaux météoriques permettra
des paragenèses à chlorures : cérargyrite Ag(Cl,Br), atacamite Cu2(OH)3Cl. L'influence
maritime provoquera un apport d'halogènes. Un contexte carbonaté ou volcanique
neutralisera rapidement les solutions acides, limitant les migrations et favorisant ainsi les
croissances de cristaux ; des schistes siliceux auront des effets contraires. Enfin, des
roches encaissantes séricitisées fourniront le potassium nécessaire aux cristallisations
de sulfates ferri-potassiques, plombo-potassiques, cupro-potassiques hydratés, selon
les cas. L'influe […]