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Cours de Droits Humains Upc

Le document traite des droits humains, en distinguant entre droits de l'homme et libertés publiques, et en présentant les différentes générations de droits, allant des droits civils et politiques aux droits collectifs et à la bioéthique. Il souligne l'importance des sources nationales, notamment la Constitution et les lois, tout en abordant la problématique de la justiciabilité des droits économiques et sociaux. Enfin, il met en avant le rôle de la coutume comme valeur-refuge dans la protection des droits humains.

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Le document traite des droits humains, en distinguant entre droits de l'homme et libertés publiques, et en présentant les différentes générations de droits, allant des droits civils et politiques aux droits collectifs et à la bioéthique. Il souligne l'importance des sources nationales, notamment la Constitution et les lois, tout en abordant la problématique de la justiciabilité des droits économiques et sociaux. Enfin, il met en avant le rôle de la coutume comme valeur-refuge dans la protection des droits humains.

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Notes du Cours de
DROITS HUMAINS

Professeur : BARUANI SALEH

PREMIERE PARTIE : CONCEPT ET SOURCES

INTRODUCTION GENERALE + CHAPITRE PREMIER : CONCEPT DROITS


HUMAINS
Droits humains, quid ?

Deux concepts majeurs : Droits de l’Homme et Libertés publiques

Droits de l’homme : ensemble de prérogatives reconnues à l’individu qui sont rattachées


(inhérentes) à sa nature humaine.

Ex. : La vie= droit à la vie ; la liberté ; l’intégrité physique.

MARCUS KAWAYA
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Libertés publiques : ensemble de droits faisant objet de conquête par l’individu auprès de
l’Etat, en d’autres termes, ce sont des droits revendiqués et reconnus dans un texte.

Ex. : Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et des Citoyens de 1789.

Bref, les libertés publiques sont des droits dont l’homme peut se passer, mais il a quand
même réussi à les conquérir et les réclamer.

Ex. : Droit à l’électorat, droit à l’association.

Mais dans la pratique, il y a une confusion entre droits de l’homme et libertés publiques.

Dans la conception française, on privilégie le concept « libertés publiques », c’est-à-dire on


voit tous les droits consacrés dans un texte.

Ainsi, les droits de l’homme et les libertés publiques forment les DROITS HUMAINS, c’est-
àdire l’ensemble des prérogatives reconnues dans un texte en faveur des individus.

Ces prérogatives sont reconnues soit de par la nature inhérente, soit par la conquête de
l’homme de ces prérogatives.

Nature des droits humains

Les droits humains relèvent :

1) Droit naturel, considéré comme droit de Dieu


2) Droit objectif et droit positif
3) Droit subjectif : les droits humains sont universels, mais en tenant compte des
particularités de chaque société, d’où leur relativité.
• Universel : parce que toute société vise la dignité de l’homme
• Relativité : les droits humains sont considérés en fonction de chaque culture.

Nature juridique des droits humains : les droits humains sont des droits subjectifs.

Catégorie des Droits de l’Homme

I. Catégories atypiques

1) Droits de l’homme de la première génération : Droits civils et politiques (Droitliberté)

Il s’agit des prérogatives qui accompagnent l’homme dans sa vie privée et assurent les
rapports de l’homme avec son prochain = Droits civils. Ex. : Droit à la vie, à la liberté,
etc.

MARCUS KAWAYA
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Il s’agit également des prérogatives permettant à l’homme, surtout aux citoyens, de


prendre part à la gestion de la Res publica = Droits politiques.

Pourquoi parle-t-on de Première Génération ?

Parce que les préoccupations de l’homme étaient toujours qu’on lui reconnaisse les
prérogatives liées à la nature humaine, d’où l’aspect civil auquel on ajoute l’aspect
politique.

Ces droits de la première génération regorgent d’une certaine justiciabilité, c’est-àdire


se présenter devant le juge en cas de violation.

Quid de la justiciabilité ?

- Objet : Prérogatives reconnues dans un texte


- Débiteur : celui qui doit agir, l’Etat. D’où, lorsqu’on parle droit de l’homme, on voit
l’antagonisme entre la toute puissance de l’Etat et la faiblesse des individus. Ainsi,
il faut protéger les individus contre la toute puissance de l’Etat dans
l’accomplissement de ses missions régaliennes (recours à la force).
Bref, ce rapport dans les droits de l’homme est vertical.
C’est cette conception classique qu’on doit avoir par rapport aux droits de
l’homme, il faut protéger les individus.
Cependant, il y a aussi le rapport horizontal qui apparaît entre les droits de
l’homme. On doit alors protéger les individus faibles contre les individus
puissants. Il s’agit ici de la conception dynamique des droits de l’homme. Bref, en
matière des droits de l’homme, l’immunité fonctionnelle étatique ne joue pas
parce qu’on engage la responsabilité pénale. Ex. : TPIR, Affaire BECHIR, GBAGBO à
la CPI.

2) Droits de l’homme de la deuxième génération : Droits économiques, sociaux et


culturels (Droit-créance)

Ces droits se retrouvent au Chapitre 2 de la Constitution de la République.

Pourquoi parle-t-on de deuxième génération ?

Parce que ces préoccupations ont vu le jour bien après l’évolution du concept de
l’Etat, à la suite de luttes socialistes. Historiquement, la plupart de ces droits ont été
reconnus au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Avec le contrat social, l’Etat n’est plus tout puissant, mais devient protecteur et
providence. L’Etat commence à pourvoir aux besoins des populations en intervenant
économiquement.

MARCUS KAWAYA
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Les droits économiques et sociaux donnent lieu à la notion de créance entre l’Etat et
la population.

Etat=débiteur et individus=créancier.

L’Etat doit alors agir en répondant aux besoins des populations.

PIDCP= Pacte International sur les Droits Civils et Politiques

PIDESC=Pacte International sur les Droits Economiques, Sociaux et Culturels

Les deux pactes ont été adoptés le même jour par l’Assemblée générale des
NationsUnies (16 décembre 1966), mais le PIDESC n’a pas été beaucoup ratifié par les
Etats comme le PIDCP.

Le grand problème avec les droits économiques, sociaux et culturels est celui de la
justiciabilité, c’est-à-dire comment engager la responsabilité de l’Etat devant la justice
parce que l’Etat ne garantie l’accès à ces droits économiques, sociaux et culturels.

R/ Article 1er PIDESC : ces droits sont reconnus à chacun par rapport aux ressources
financières de chaque Etat. Donc, on tient compte du degré de développement de
chaque pays pour déterminer la justiciabilité des droits économiques, sociaux et
culturels. Encore que l’Etat peut se déroger de sa responsabilité régalienne du fait de
sa pauvreté jusqu’à ne pas fournir aux individus l’accès à ces droits économiques,
sociaux et culturels d’autant plus que l’Etat ici, a l’obligation d’agir.

De toute évidence, l’Etat quel que soit le niveau de son développement doit répondre
aux attentes des populations en fournissant l’accès aux droits économiques, sociaux
et culturels. Si l’Etat ne parvient pas à le faire, en lieu et place de passer par des
sanctions judiciaires, il faut des sanctions politiques que les individus doivent infliger
aux acteurs politiques.

3) Droits de la troisième génération : Droits collectifs

C’est le droit à la solidarité, au développement partant de l’esprit créatif de l’homme.

Ces droits collectifs ne peuvent pas être réclamés par un seul individu ou encore des
citoyens d’un même Etat mais impliqueraient une solidarité internationale. Ils sont à
mi-chemin entre les droits de la première et de la deuxième génération.

Ex. : Droit au développement, droit des peuples à la jouissance du patrimoine


commun de l’humanité.

Ils sont retrouvés au chapitre 3 de la Constitution.

Ex. : Droits des peuples à disposer d’eux-mêmes ; droit à la paix ; droit à un


environnement sain.

MARCUS KAWAYA
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Ces droits de la troisième génération posent comme problème leur effectivité


pratique.

4) Droits de la quatrième génération : La bioéthique

Des doctrines juridiques tentent de mettre en exergue une quatrième génération de


droits en raison de l’expansion des TIC et des modes de communication mais
également la bioéthique.

Comment la technologie doit prendre en compte les droits humains ?

Comment faire développer la technologie sans détruire les tissus humains ?

 Mots-clés : Promotion, protection, respect de la dignité humaine.

Les droits de l’homme sont un problème d’état d’esprit et non de textes avant tout
car le plus important est de garantir l’effectivité des droits de l’homme.

CHAPITRE II : SOURCES DES DROITS HUMAINS


L’objectif poursuivi est de comprendre comment les droits de l’homme se marient dans
différents textes juridiques.

I. Sources d’origine nationale

Nous avons la Constitution, les traités internationaux, les lois et les règlements.

Problématique avec la coutume : Pourquoi ne pas présenter la coutume comme science


des droits de l’homme ?

R/ Les droits de l’homme sont des droits exacts et précis qu’on ne trouve que consacrés
dans un texte. La coutume faisant défaut de l’écrit, ne peut pas être considérée comme
source des droits de l’homme car elle n’offre pas cette garantie de précision qu’offre le
texte.

MARCUS KAWAYA
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Néanmoins, la coutume garde toujours une place importante dans le domaine des droits
de l’homme car elle est considérée comme une valeur-refuge (caractère subsidiaire) dans
l’effectivité des droits de l’homme, c’est-à-dire quand le texte montre ses limites
scripturales, on recourt à la coutume pour promouvoir et protéger les droits de l’homme.

Caractère de la coutume

La coutume est intemporelle, c’est-à-dire la coutume traverse le temps.

Ex. : Le Tribunal International Pour le Rwanda (TPIR) créé en novembre 1994 pour
poursuivre les crimes de génocide perpétrés en avril 1994. Le TPIR est donc postérieur aux
crimes. En matière pénale, la loi pénale ne rétroagissant pas, le TPIR serait incompétent
de poursuivre ces crimes. Les juges ont justifié la compétence du TPIR en se basant sur la
nature coutumière des crimes internationaux, c’est-à-dire on est allé au-delà des
possibilités qu’offre le droit écrit.

Le texte acquiert la valeur coutumière par ratification, application répétée ou encore


pacta sunt servanda.

Ex. : La charte de l’ONU est un texte écrit ayant la valeur coutumière.

A. La Constitution

1) Le rôle de la Constitution à l’égard des droits de l’homme

La Constitution consacre deux éléments majeurs :

- Droits et libertés fondamentaux des citoyens


- Aménagement du pouvoir politique, c’est-à-dire organisation et
fonctionnement des institutions (voir Droit constitutionnel et Droit
administratif)

a) La place des droits de l’homme dans la Constitution

Du point de vue des droits de l’homme, c’est par rapport à la Constitution que
toutes les autres sources doivent être interprétées.

MARCUS KAWAYA
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On s’appuie sur la Constitution comme science-mère pour défendre et justifier


les droits de l’homme, ainsi la Constitution tient une place capitale en matière
des droits de l’homme dans la hiérarchie des règles juridiques.

Déjà au préambule, la Constitution proclame haut et fort l’adhésion aux droits


de l’homme.

Le Titre II de la Constitution et ses articles proclament aussi cette adhésion,


mais renvoient à des lois spéciales pour la fixation des modalités des droits de
l’homme.

Ex. : Article 14 in fine, Article 15, Article 33 in fine.

b) Protection constitutionnelle des droits de l’homme

Comment faire valoir un droit constitutionnellement reconnu mais méconnu


par une loi ?

R/ Par le contrôle de la constitutionnalité (article 160 de la Constitution).

C’est ainsi le juge constitutionnel qui garantie les droits de l’homme à travers
le contrôle de constitutionnalité.

Qui peut saisir la Cour constitutionnelle ? R/ Article 162, alinéas 2 et 3.

2) Evolution constitutionnelle et renforcement des droits de l’homme

La naissance d’une constitution dépend d’une circonstance particulière.

Avec l’histoire constitutionnelle de notre pays, tout commence en 1908 (Colonie


belge).

L’évolution constitutionnelle se résume en trois phases :

 Constitution octroyée : le texte est imposé, le peuple est exclu en amont et


en aval.
Conséquence : Méconnaissance des droits de l’homme.
Exemples :
- Charte coloniale du 18 octobre 1908 : la méconnaissance des droits de
l’homme dans la Charte coloniale se trouve en son article 6, à travers la
création de la commission permanente.
- Décret-loi constitutionnel de 1997 avec ses 15 articles

MARCUS KAWAYA
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La Constitution octroyée est liberticide.

 Constitution négociée : Cette constitution sort d’un consensus. Ainsi, on fait


intégrer les revendications dans le texte négocié.
Conséquence : Les droits de l’homme se trouvent être renforcés et épanouis
surtout les droits politiques.
Exemples :
- Constitution de Luluabourg de 1964 : on a 35 articles relatifs aux droits de
l’homme
- Acte constitutionnel de la transition de 1994 avec 30 articles sur les droits
de l’homme
- Constitution de transition du 4 avril 2003 (cfr article 14)

 Constitution approuvée : on fait intervenir le peuple qui est sensé approuver


et adopter in fine le texte. Elle est approuvée parce que le peuple donne son
approbation. Elle donne l’image de la démocratie par voie référendaire.
Conséquence : Le peuple a tendance à approuver le texte qui garantie ses
droits fondamentaux.

Référendum : On vote seulement OUI ou NON. La tendance prise par la voie


référendaire est celle des auteurs du texte. A ce point, ça blesse la
démocratie.
Exemples :
- Constitution de 2006 telle que modifiée en 2011 - Constitution
révolutionnaire du 24 juin 1967.

La Constitution de 1967 bien qu’étant approuvée a du moins un recul par


rapport à la Constitution de Luluabourg sur le plan politique. En effet, la
Constitution de 1967 prévoit le bipartisme alors que la Constitution de 1964
prévoyait le multipartisme.

D’où le mode d’élaboration d’une constitution (octroyée, négociée,


approuvée) ne détermine pas toujours dans la pratique le renforcement des
droits de l’homme. Bref, on doit toujours relativiser le mode d’élaboration
d’une constitution pour déterminer le renforcement des droits de l’homme.

B. La Loi
Les lois et les actes législatifs peuvent-ils être à l’origine des droits de l’homme pour
qu’ils soient considérés comme source des droits de l’homme ?

Trois éléments apparaissent :

MARCUS KAWAYA
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1) Domaine de la compétence législative en matière des droits de l’homme

Quid de la loi ?

C’est un acte législatif qui consiste à édicter des normes de conduite générale et
impersonnelle et dont la violation entraîne l’application de la sanction prévue.

Telle que définie, la loi est compétente en matière des droits de l’homme parce
qu’elle est générale et elle est votée par une assemblée représentative.

Généralités de la loi

Elle constitue la garantie fondamentale en matière des droits de l’homme en ce


que la seule question qui préoccupe le législateur, c’est l’intérêt commun.

Vote par l’assemblée représentative

C’est aussi une garantie des droits de l’homme, car :

- Il y a publicité de la loi (J.O.)


- Il y a un débat préalable
- La solennité liée à l’adoption d’une loi influence même plus tard la
modification de la loi

Etendue de la compétence législative

Tout dépend de ce que prévoit la Constitution. Néanmoins, la Constitution


réserve à la loi le pouvoir de réglementation des droits et libertés au travers de
deux mécanismes :

- La Constitution détermine le domaine de la loi (article 122 de la Constitution)


Dans ce domaine de la loi, on trouve des questions relatives aux droits de
l’homme
- La Constitution cite un droit fondamental et renvoie à la loi les modalités de
son application (Articles 14 et 22 de la Constitution).

Ainsi, c’est la loi qui rend effectif ou non un droit fondamental énoncé par la
Constitution. Le constituant se borne à énoncer, le législateur concrétise.

Quelle conséquence de l’action du législateur du point de vue des droits


fondamentaux ?

Il y a deux hypothèses :

- Le législateur intervient effectivement en matière des droits de l’homme. Deux


conséquences en sont tirées :

MARCUS KAWAYA
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o Le gouvernement est lié c’est-à-dire dès qu’il y a une loi en matière des
droits de l’homme, l’exécutif via un règlement ne peut pas modifier un
prescrit législatif.
o Le législateur n’est pas lié par sa propre loi et cette modification doit être
conforme à la Constitution

- Le législateur n’exerce pas effectivement sa compétence. La conséquence est


qu’on laisse le sort au pouvoir réglementaire de se prononcer en matière des
droits de l’homme. Cela présente un grand danger pour les civils car le pouvoir
réglementaire intervient pour le maintien de l’ordre public.

2) Choix du législateur dans sa mission de réglementation des droits de l’homme et


régimes

 Régime répressif

Le citoyen est libre d’agir, mais engage sa responsabilité si son acte est
contraire au droit.

Il y a deux avantages :

- Information du citoyen, c’est-à-dire celui-ci doit être informé de ses droits


et devoirs. Le droit de l’information présente l’avantage de la précision, de
la clarté, de la publicité. C’est la loi qui détermine de manière claire et
précise ce qui est permis et ce qui est interdit.

- Protection juridictionnelle, c’est-à-dire seul le juge est mieux placé pour


connaître de l’infraction commise par le citoyen.

 Régime préventif

Le législateur impose préventivement les obligations du citoyen de manière à


empêcher que ce citoyen de poser des actes interdits par la loi.

Ici, l’individu exerce son droit seulement après avoir accompli un certain
nombre d’obligations.

Ce régime préventif est un régime de police.

Exemples :

- Ne peut conduire un véhicule que celui qui détient un permis de conduire


- Ne peut construire que celui qui a le permis de construire

MARCUS KAWAYA
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L’autorité est mieux placée pour apprécier l’exercice ou pas de tel droit et de
telle liberté.

L’avantage de ce régime est que l’individu jouit d’une plus grande sécurité
juridique, c’est-à-dire l’individu ne risque rien tant qu’il a rempli toutes les
formalités requises

L’inconvénient est que l’autorité qui intervient pour être dangereuse pour
l’exercice des droits et libertés publiques.

C’est pour cela que le régime répressif est préféré au régime préventif.

3) Quelques lois spécifiques en matière des droits de l’homme

 Lois pénales

Le Code Pénal est un texte protecteur des droits de l’homme.

Quand le législateur incrimine certains actes, il protège certaines valeurs


axiologiques pour le bien de la société.

Ex. : Le meurtre. La valeur sociale protégée, c’est la vie. Pour le vol, la valeur
sociale protégée est la propriété. Pour la violence, la valeur sociale protégée
est l’intégrité physique.

Principe phare en droit pénal : légalité des peines et des incriminations.

Donc, la loi pénale ne protège pas tous les droits de l’homme.

- L’O-L n°82/020 de 1982 (Loi de l’OCJ) et la loi organique du 11 avril 2013


(OFCJ) permettent à un justiciable de connaître son juge naturel. Il est
question de déterminer la compétence d’une juridiction. Le droit à un juge
naturel est une garantie des droits de l’homme.
- Le code de procédure pénale et le code de procédure civile renferment des
dispositions protectrices des droits de l’homme qui se résument par le droit
à un procès équitable, organisé légalement.

 Code électoral

La plupart des droits politiques sont mentionnés dans ce code et protègent


par conséquent les droits de l’homme.

Parmi ces droits politiques, il y a le droit à l’électorat et le droit à l’

MARCUS KAWAYA
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 Code de la Famille

Il traite des droits de la famille, des personnes par rapport à la famille.

Les droits de l’homme protégés sont le droit au mariage et le droit à la


citoyenneté.

 Code de la Nationalité

Le droit positif congolais de la nationalité organise certains principes qui


touchent à la nationalité de l’individu.

CONCLUSION
Le législateur congolais est une vraie source du droit des droits de l’homme au même
titre que la Constitution.

C. Règlement

Par le fait que le règlement met à l’œuvre un droit constitutionnellement et


légalement reconnu, le règlement est bel et bien une source du droit des droits de
l’homme.

Le règlement vient en réalité matérialiser les droits fondamentaux consacrés par les
textes qui lui sont supérieurs.

L’étude du règlement comme science du droit des droits de l’homme présente un


intérêt majeur à cause de l’étendue du pouvoir de l’autorité réglementaire dès
l’instant où il est question d’aménager les droits de l’homme.

1) La règlementation en temps normal

La règlementation relève d’un régime préventif dans l’exercice de police


administrative par le maintien de l’ordre public.

La mission de la police, c’est-à-dire l’action administrative, se manifeste par des


prescriptions unilatérales en matière d’ordre public.

L’avantage est que l’individu jouit d’une grande sécurité juridique.

Les inconvénients sont que :

- L’autorité administrative est dangereuse quand il s’agit des droits


fondamentaux
- Le deuxième inconvénient donne trois techniques importantes :
a) L’autorisation Elle est :

MARCUS KAWAYA
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• Discrétionnaire : la liberté complète est laissée à l’administration


d’accorder ou pas la liberté demandée. Cette autorisation
discrétionnaire limite les droits de l’homme.
• Conditionnée : l’administration est tenue d’autoriser à un particulier
d’exercer sa liberté dès l’instant où celui-ci a rempli toutes les
formalités requises par la réglementation.

b) L’interdiction : elle est dangereuse et brutale. L’administration peut


prononcer certaines interdictions pour empêcher les troubles à l’ordre
public.

c) La déclaration préalable (article 26 de la Constitution) : cette technique


aménage les libertés publiques. Elle donne à l’administration un rôle passif
dans la mesure où elle n’est tenue qu’à la déclaration qui lui est faite.
L’administration ne peut exercer un contrôle préalable quelconque, elle
reste sur la déclaration. Cette technique protège les droits de l’homme.

2) La règlementation en temps de crise

L’autorité administrative prend certaines mesures pour préserver l’ordre public.

a) Etat de siège : article 85

Nous avons à faire à une situation qui menace le fonctionnement des


institutions.

Trois conséquences du régime juridique :

- Substitution de l’autorité militaire à l’autorité civile c’est-à-dire l’autorité


militaire se substitue à l’autorité civile et exerce la fonction de la police
administrative
- Extension du pouvoir de police administrative remis à l’armée notamment
par des perquisitions
- Extension de la compétence des actions militaires aux civils soupçonnés
d’avoir commis des infractions. Nonobstant cette extension de la
compétence des actions militaires, les droits de l’homme sont du moins
toujours respectés. Cette extension de compétence se justifie par des
circonstances exceptionnelles.

b) Etat d’urgence : article 85

Cet état ne peut être invoqué qu’en cas de péril imminent (danger qui résulte
de l’atteinte grave à l’ordre public).

MARCUS KAWAYA
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La proclamation de l’état d’urgence entraîne une extension considérable du


pouvoir de la police administrative en matière de liberté. Ex. : Virus Ebola,
catastrophe naturelle.

Ingérence administrative dans la jouissance des droits fondamentaux

Pour des raisons d’ordre public au bénéfice des citoyens, la police


administrative peut s’arroger le droit de violer les droits de l’homme. Ainsi,
dans l’accomplissement de sa mission de maintenir l’ordre public, l’exercice
et la jouissance des droits fondamentaux sont limités.

Ingérence = porter atteinte, limiter.

C’est l’intérêt général qui peut être à l’origine de l’atteinte des droits de
l’homme, mais les garanties des droits de l’homme restent maintenues.

Ex. : Mise en détention, garde à vue d’un inculpé.

Bref, l’ingérence ou l’immixtion de l’Etat dans la jouissance et l’exercice d’un


droit est loin d’être une atteinte grave aux droits de l’homme.

D’où, en temps normal, cette ingérence appelle l’indemnisation. En temps de


crise, aucune indemnisation n’est possible car l’ingérence se justifie par des
raisons ou circonstances exceptionnelles.

Ingérence = Immixtion et non-méconnaissance.

D. Jurisprudence

Elle n’est pas vraiment une source du droit des droits de l’homme car elle ne crée pas
le droit, mais elle l’interprète.

Ainsi, certains droits de l’homme dérivent de l’interprétation du juge. Ex. : Droit à la


défense.

Ce droit à la défense est la source de plusieurs garanties. Son origine est issue de
l’interprétation du juge. D’où, d’une manière ou d’une autre, la jurisprudence est une
source du droit des droits de l’homme.

MARCUS KAWAYA
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II. Sources d’origine internationale

La Cour Internationale de Justice est compétente pour connaître des différends entre
Etats. L’article 38 du Statut de la CIJ énumère les différentes sources internationales
appliquées par elle. Il s’agit :

- des conventions (traités) internationales, soit générales, soit spéciales, établissant


des règles expressément reconnues par les Etats en litige
- de la coutume internationale
- des principes généraux du droit reconnus par les nations civilisées
- des décisions judiciaires et de la doctrine des publicistes les plus qualifiés des
différentes nations, sous réserve des dispositions de l’article 59

A. Les traités internationaux

Il s’agit ici des traités qui ont un rapport direct avec les droits de l’homme. Les
conventions créent au profit des individus des droits directs et peuvent faire l’objet de
protection devant une juridiction. Ces droits peuvent faire l’objet d’un droit subjectif
faisant de l’individu un sujet de droit international.

La conception traditionnelle du droit international est qu’il s’agit d’un droit


interétatique. L’individu ne peut se prévaloir de ses droits que par le biais de son Etat.
Ex. : La protection diplomatique. Pour en bénéficier, il y a trois conditions : il faut être
ressortissant de l’Etat en question, il faut qu’il y ait épuisement de recours et il faut
que l’individu ait les mains propres (qu’il soit innocent). Ce sont ces trois conditions
qui garantissent la protection diplomatique.

Parmi les traités internationaux qui servent de sources aux droits humains, nous
avons la Charte des Nations-Unies qui consacre en son article premier les droits
fondamentaux des individus.

Nous avons également des textes spécifiques :

- Dans le domaine de la femme : Convention sur l’élimination de toutes les formes


de discrimination à l’égard de la femme (3 septembre 1981)
- Dans le domaine de l’enfant : Convention internationale des droits de l’enfant (20
novembre 1989)
- Convention relative aux droits des personnes handicapées (3 mai 2008)
- Convention relative au statut des réfugiés (28 juillet 1951)

Deux points à souligner :

1. Le caractère impératif
2. La réserve du traité

MARCUS KAWAYA
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Le jus cogens ou encore le caractère impératif des conventions internationales : les


conventions internationales ont une valeur supérieure à laquelle on ne peut déroger.

Pourrions-nous dire que les règlements du droit international en matière des droits
de l’homme relève du jus cogens ?

R/ Oui, parce que l’on cherche à préserver la vie humaine qui est sacrée et aucune
règle ne peut y déroger. Les droits de l’homme revêtent un caractère supérieur.

Quid de la réserve du traité ?

Pouvons-nous dire que les traités des droits de l’homme peuvent émettre des
réserves ?

R/ La réserve est une déclaration unilatérale faite par un Etat lors de l’élaboration
d’un traité. Un Etat signe un traité mais refuse l’application d’une disposition dudit
traité. Il n’y a alors pas unité dans le respect de la norme créée. Il y a une disparité
dans la réserve, du fait que chacun cherche à préserver ses intérêts et ne met en
application toutes les dispositions du traité.

Il n’y avait pas de droit à la réserve dans la Convention de 1948 à cause de son objet
(la promotion de la paix).

Les traités dont il est question d’étude, c’est-à-dire les traités qui garantissent et
protègent les droits de l’homme ne sont sujets à aucune réserve. Les Etats doivent
accepter d’appliquer toutes les dispositions de ces traités.

B. Les déclarations
C’est un acte de concertation politique internationale édicté dans les relations
internationales par les Etats en vue de reconnaître leur droit ou à des individus qui
répondent de leur juridiction.

Ce sont également des actes qui cristallisent les faits sans autre engagement
juridique. Ils sont dépourvus de tout fait juridique contraignant. Ce sont des textes
susceptibles de faire naître des droits au bénéfice des individus.

Il y a ici l’adoption d’un texte mais qui n’est pas contraignant sous forme d’un traité.
La conséquence est qu’elle n’aura pas une portée juridique mais plutôt une portée
morale.

La DUDH est une résolution de l’Assemblée Générale des Nations-Unies (1948).

Le Conseil de l’Europe est une organisation intergouvernementale qui vise à


promouvoir la démocratie et les droits de l’homme dans les pays européens.

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En 1966, aux Nations-Unies seront adoptés les textes relatifs au droit civil et politique
et le pacte international relatif au droit économique et sociopolitique.

Pouvons-nous dire que la DUDH n’a pas de portée juridique internationale ?

R/ C’est une résolution de l’Assemblée Générale des Nations-Unies, ce qui leur donne
une valeur juridique.

La question est celle de savoir si toutes les résolutions ont une valeur juridique. Tous
les Etats membres des Nations-Unies doivent déclarer leur foi à la DUDH. On décèle le
caractère coutumier du fait de la pratique répétée. La DUDH n’est pas considérée
comme toute déclaration, dans le sens qu’elle a un caractère contraignant.

Rappel : Les organes principaux des Nations-Unies


- L’assemblée générale
- Le conseil économique et social
- Le conseil de sécurité
- Le conseil de tutelle
- Le secrétariat
- La CIJ

Les résolutions prises par l’assemblée générale sont considérées comme source
internationale des droits de l’homme.

Le conseil de sécurité n’intervient que lorsqu’une situation menace la paix et la


sécurité internationale. Il a un pouvoir discrétionnaire. La violation des droits de
l’homme est considérée comme une situation qui menace la paix et la sécurité
internationale.

Il y a trois démarches pour établir une situation menaçant la paix et la sécurité


internationale :

- Le constat (article 39 de la Charte)


- La prise des mesures (article 41 de la Charte) qui n’implique pas le recours aux
armes, c’est-à-dire si celui-ci ne marche pas, on utilise le cas prévu par l’article 42
de la Charte qui est le recours à la force.

Quid de la jurisprudence des Nations-Unies ?

- Le comité des droits de l’homme est l’organe de contrôle du Pacte Internationale


de Droit Civil et Politique (PIDCP)
- Le Pacte Internationale de droit économique et social (PIDESC)

MARCUS KAWAYA
18

Quid des décisions des juridictions internationales ? Est-ce que les arrêts de la CPI
sont des sanctions du droit international des droits de l’homme ?

DEUXIEME PARTIE : CONTENU DES DROITS HUMAINS

Chapitre I : Les droits de nature civile


Il s’agit de droits reconnus à toute personne humaine, sans considération de sa nationalité,
pourvu qu’il soit résident.

Section I : Protection des libertés physiques

L’expression fait allusion aux droits fondamentaux qui s’attachent à la sauvegarde de la


liberté humaine.

De ce fait, dans un premier temps, nous allons nous rendre compte que certains droits ou
certaines libertés se rattachent directement à l’homme.

Dans un deuxième temps, nous allons voir que d’autres droits ou libertés contribuent à
l’épanouissement de l’homme.

MARCUS KAWAYA
19

Dans un troisième temps, nous allons voir des libertés qui se rapportent aux garanties
judiciaires.

Paragraphe 1 : Les libertés (ou droits) se rattachant directement à l’homme

Dans ce paragraphe, nous allons voir dans un premier temps, le droit à la vie et dans un
deuxième temps, le droit à l’intégrité physique.

A. Le droit à la vie

Le droit à la vie est le premier des droits civils inhérents à toute personne humaine. Il
s’agit du droit suprême de l’être humain. Il est garanti dans plusieurs textes : l’article 16 de
la Constitution, l’article 3 de la DUDH, l’article 6 du Pacte International relatif aux Droits
Civils et Politiques.

Définition de la vie
Pour définir la vie, il faut d’abord savoir quand commence la vie ? A partir de quand et
jusques à quand doit-on protéger la vie ?

Articles 165 et 166 du Code Pénal, Livre II : ces deux articles répriment l’avortement. De là,
nous pouvons affirmer que le droit congolais considère qu’une personne est vivante, c’est-
à-dire, a la vie, dès la conception.

La vie est l’espace entre la conception et la mort d’une personne.

Selon le droit positif congolais, le droit à la vie est l’ensemble des prérogatives s’attachant
à l’individu dès sa conception jusqu’à sa mort.

Toute personne humaine, dès sa conception, peut jouir, sans conditions, du droit à la vie.

L’épanouissement harmonieux de la vie humaine dépend, dans la pratique, de la réunion


de plusieurs facteurs, réunion indispensable à la jouissance de la vie.

Quelle sont les obligations positives de l’Etat ?

- Le maintien de l’ordre public : l’autorité administrative doit prendre toutes les


mesures nécessaires pour garantir l’ordre public et assurer la sécurité publique.
Exemples :
• Affaire ONERYLDIZ contre la Turquie (arrêt du 30 novembre 2004)
• Affaire BOUDAÏEVA contre la Russie (arrêt de la Cour européenne de droits de
l’homme de 2000)

Au-delà des mesures de prévention, l’Etat est tenu de punir tous les récalcitrants qui
portent atteinte à la vie humaine.

MARCUS KAWAYA
20

- Obligation issue des institutions du système des Nations-Unies qui ont donné au droit
à la vie un prolongement en matière de sécurité collective.
Article 20 du PIDCP : Cet article interdit à l’Etat de faire la propagande de la guerre, ou
inciter la population à la violence.

Quelles sont les obligations négatives de l’Etat ?


L’Etat doit s’abstenir de porter atteinte au droit à la vie. L’obligation d’abstention s’impose
à tout débiteur (voir la décision du Comité des droits de l’homme n°546/1993). On
s’attend à ce que l’Etat ne porte atteinte à la vie de ses citoyens de manière illicite.

L’obligation d’abstention ne peut se comprendre qu’à travers les actions posées par l’Etat
pour préserver la vie. Le droit à la vie nécessite l’appui d’autres droits, comme le droit à
l’alimentation, à la santé, etc.

Les dérogations et restrictions au droit à la vie


Le droit à la vie étant un droit sacré, intangible, serait-il possible que ce droit subisse des
restrictions ? En d’autres termes, ce droit est-il absolu ? S’il ne l’est pas, nous pouvons
accepter que certains pays continuent à appliquer la peine de mort. Alors qu’à l’heure
actuelle, il est d’actualité d’abolir cette peine.

Au vu de l’article 16 de la Constitution, le silence du constituant reflète sa volonté d’abolir


la peine de mort. Or, la peine de mort est toujours d’application en R.D.C.

Pour le professeur BARUANI, la peine de mort est improductive. Elle n’a aucune portée
pédagogique car malgré le fait qu’elle soit appliquée, la vertu de dissuasion est minime.
On devrait penser à des mesures alternatives.

B. Le droit à l’intégrité physique (alinéa 2 et 3, article 16 de la Constitution)


Le droit à l’intégrité physique est l’interdiction à la torture, à l’esclavage, aux traitements
inhumains, cruels ou dégradants.

Le droit à l’intégrité physique est l’affirmation positive de l’interdiction à la torture, à


l’esclavage, aux traitements inhumains, cruels ou dégradants.

Tout traitement, quel que soit sa nature, qui porterait atteinte à l’intégrité physique
mérite d’être réprimé. Il est à préciser que ces atteintes soient légales ou illégales.

Les atteintes légales méritent-elles la répression ?

Quelles sont les atteintes légales ?

MARCUS KAWAYA
21

Nous avons d’abord la légitime défense. Il s’agit d’une atteinte légale qui est tolérée. Il
s’agit de l’usage de la violence dans le cas où sa propre intégrité physique ou celle d’une
autre personne est menacée.

Deuxièmement, le monopole de violence que se réserve l’Etat. Il s’agit notamment des


atteintes portées à l’intégrité physique à des fins d’ordre public. Ex. : Lors des
manifestations où on doit disperser la population à l’aide d’eau ou de gaz lacrymogènes.
Toutefois, tout comme dans la légitime défense, il y a des conditions à respecter,
notamment la proportionnalité des moyens.

Troisièmement, il y a l’atteinte justifiée à des fins de sécurité publique ou de santé


publique. Ex. : La fouille corporelle, les vaccins.

Certaines atteintes à l’intégrité physique sont tolérées, selon la culture : les piqûres, la
circoncision, le droit de correction parentale.

Quelles sont les atteintes illicites ?

Dans la plupart des cas, ces atteintes sont réprimées en droit congolais. Il suffit
d’interroger le Code Pénal. Il y a les voies de fait, les coups et blessures volontaires ou
involontaires, les violences sexuelles, etc.

Il existe d’autres atteintes qui relèvent de la protection particulière des droits de l’homme,
comme la torture. Ils sont désignés sous le vocable de traitement inhumain, dégradant,
cruel.

Définition de la torture : selon l’article 1er de la Convention contre la torture et autres


peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, le terme « torture » désigne tout
acte par lequel une douleur ou des souffrances aigues, physiques ou mentales, sont
intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d’obtenir d’elle ou d’une
tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d’un acte qu’elle ou une
tierce personne a commis ou est soupçonnée d’avoir commis, de l’intimider ou de faire
pression sur elle ou d’intimider ou de faire pression sur une tierce personne, ou pour tout
autre motif fondé sur une forme de discrimination quelle qu’elle soit, lorsqu’une telle
douleur ou de telles souffrances sont infligées par un agent de la fonction publique ou
toute autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son
consentement exprès ou tacite. Ce terme ne s’étend pas à la douleur ou aux souffrances
résultant uniquement de sanctions légitimes, inhérentes à ces sanctions ou occasionnées
par elles.

La souffrance est le seul critère de distinction entre la torture et d’autres traitements


infligés à une personne.

MARCUS KAWAYA
22

Trois éléments caractérisent la torture :

- La douleur ou souffrance infligée doit être d’une certaine gravité


- L’intension d’infliger cette souffrance
- Le but déterminé : avoir des renseignements, punir, intimider ou faire pression

A coté de la torture, nous avons les traitements inhumains, cruels ou dégradants.


Les traitements inhumains provoquent volontairement des souffrances mentales ou
physiques d’une intensité particulière.

Les traitements dégradants humilient l’individu grossièrement devant autrui ou qui


poussent un individu d’agir contre sa volonté ou contre sa conscience.

Les traitements cruels sont regardés comme de la torture, ils sont infligés délibérément,
provoquant dans le chef de l’individu de graves souffrances.

Voir l’affaire qui a opposé la Belgique contre le Sénégal.

Paragraphe 2 : Les libertés (ou droits) qui contribuent à l’épanouissement de l’homme

Dans ce deuxième paragraphe, nous verrons le prolongement des deux droits étudiés dans le
premier paragraphe (droit à la vie et droit à l’intégrité physique).

Il s’agit du droit ou la liberté de disposer de son corps, le droit à la vie privée et à la vie
familiale, la liberté d’aller et venir, le droit à la non-discrimination.

A. Le droit de disposer de son corps


Pour savoir si le droit à la vie et le droit à l’intégrité physique confère le droit de disposer
de son corps.

Pour y répondre, nous analyserons trois composantes : la maîtrise de son corps,

1. La maîtrise du corps

Il s’agira ici de répondre aux questions suivantes : peut-on organiser sa propre mort ?
La libre disposition de mon corps me donne-t-il la liberté de refuser de procréer ?

a) Organisation de sa propre mort

On verra ici le suicide et l’euthanasie.

MARCUS KAWAYA
23

 Le suicide peut-il être considéré comme un droit de l’homme ? La réponse à


cette question implique la prise en compte des considérations
philosophiques, religieuses ou encore culturelles.
Pour certains, le suicide est un acte de lâcheté. Pour d’autres, il s’agit de
l’expression ultime de la liberté de disposer de son corps.
Le droit congolais ne réprime pas le suicide mais réprime tous les actes qui
gravitent autour du suicide, qui contribuent d’une manière ou d’une autre au
suicide. C’est l’infraction de non-assistance à personne en danger ou encore
la provocation au suicide.
Jusqu’où doit-on respecter les droits et la liberté d’une personne qui tente de
mettre fin à ses jours ou qui ne fait aucun effort pour sauver sa vie ? C’est par
exemple, en cas de grève de la faim ou encore de refus de transfusion
sanguine.
En cas de grève de la faim, pour que la personne soit soignée, il faut son
consentement. Sans son consentement, la personne ne pourra être soignée,
même si son cas est grave. L’exception : un détenu qui fait une grève de la
faim sera soigné même sans son consentement mais après avis du médecin et
cela doit être fait sous surveillance médicale.

 L’euthanasie : elle est considérée comme une mort douce. C’est le fait d’exiger
d’une tierce personne la mise à mort en cas de souffrances graves. En droit
congolais, l’euthanasie est un homicide et n’est pas considérée comme un
droit ou une liberté.
Dans les législations étrangères, notamment en France et en Belgique,
l’euthanasie est considérée comme un droit, sous le motif que l’acharnement
thérapeutique est inutile, surtout en cas de maladie incurable.
Au regard du serment d’Hippocrate, le médecin viole la disposition selon
laquelle qu’importe les circonstances, le médecin doit toujours soigner le
malade.
Selon la Cour Suprême des Etats-Unis, donnant son avis sur l’affaire Nancy
CRUZAN, le droit de vivre inclue également le droit de mourir et le droit à la
liberté inclue le droit de refuser de se faire administrer des médicaments (voir
Loi Leonetti).

Affaire Nancy CRUZAN


En 1983, Nancy CRUZAN, 26 ans, est victime d’un traumatisme crânien sévère
compliqué d’un arrêt cardiaque. La réanimation rapide permit de récupérer
toutes ses fonctions sauf celle du cerveau. Après une période transitoire de
coma Nancy évolua vers une récupération de son éveil (c’est-à-dire, pour un
clinicien, l’ouverture des yeux) mais sans conscience. Elle s’installa alors dans
un état végétatif permanent sans récupération possible. Nancy fut assez
rapidement délivrée du respirateur et redevint autonome sur le plan de ses

MARCUS KAWAYA
24

fonctions vitales. C’est la caractéristique des états végétatifs de se stabiliser


sans besoin de respirateur mécanique, de médications pour le cœur ou de
dialyse, etc. car après une période d’instabilité qui fait suite au traumatisme,
toutes les fonctions vitales se restaurent, à l’exception du cortex cérébral,
siège de la conscience, dont le fonctionnement est perdu. Nancy CRUZAN
était végétative, respirait seule mais devait être nourrie par une sonde de
gastrotomie. Elle n’avait plus aucune conscience d’elle-même ni de son
environnement, plus de mouvements spontanés hormis des réflexes
disharmonieux et était donc confinée au lit. Elle allait survivre dans cet état
durant sept années après lesquelles les parents estimèrent qu’une survie
dans ces conditions n’avait plus de sens. Ils demandèrent alors l’interruption
de l’alimentation et de l’hydratation, ce que les soignants refusèrent. L’affaire
alla jusqu’à la Cour Suprême qui refusa qu’on arrête l’alimentation car elle
statua que « les parents n’ont pas fourni la preuve que Nancy Cruzan n’aurait
pas voulu que sa vie soit maintenue artificiellement ». Néanmoins, un peu
plus tard en 1990, trois de ses amis vinrent en témoigner devant la Cour de
l’Etat du Missouri, qui accepta finalement que l’on arrête l’alimentation
artificielle. Nancy CRUZAN décédé quelques jours plus tard.

Loi Leonetti
Il s’agit de la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de
vie. Elle porte le nom du député Jean Leonetti qui l’a proposée au vote du
Parlement, avec l’agrément explicite du gouvernement.
Le texte a pour objet d’éviter les pratiques d’euthanasie et d’empêcher
également l’acharnement thérapeutique (qualifié d’ «
obstination déraisonnable » dans le traitement des malades en fin de vie). Il
permet aussi au patient de demander, dans un cadre défini, l’arrêt d’un
traitement médical trop lourd. Cette volonté peut notamment être exprimée
par le biais de directives anticipées ou par le recours à une personne de
confiance. Dans le même temps, cette loi propose de développer les soins
palliatifs donnés aux patients en fin de vie, afin de prendre en compte leurs
souffrances.

b) La liberté de procréation
Q/ Le droit à la vie, dans son effectivité, rime-t-il avec la liberté consciente de
procréer ? Pouvons-nous voir dans le prolongement du droit à la vie le droit de
transmettre la vie ? Et que dire de celui qui refuse de transmettre la vie au nom de
sa liberté ?
La réponse passe par :
• Le contrôle de la procréation naturelle : il y a lieu de considérer la possibilité
de décider si et quand la vie sexuelle doit aboutir à la procréation. Cela

MARCUS KAWAYA
25

suppose que les personnes aient libre accès à la contraception, on parlera


ainsi :
- De la régulation des naissances : mécanismes de limitation des grossesses
non désirées par la prévention, surtout auprès des mineures, des fois vivant
seules pour ainsi éviter les IVG
- Utilisation des préservatifs pour éviter les IST
- La stérilisation (des déficients mentaux) en cas de trisomie 21, par exemple.

Tous ces mécanismes sont des atteintes à la procréation mais sont des
interdits justifiés par des besoins d’éthique génétique (éviter des retombées
sur les enfants).

La stérilisation volontaire existe aussi au nom de la libre disposition de son


corps, car le droit de transférer la vie est un choix.

• Le droit de refuser la procréation : Deux idées gouvernent ce droit :


- L’IVG traduit le non-respect du droit à la vie, aux normes ou valeurs
morales, aux normes d’intérêt générale
- L’IVG est l’expression de la liberté individuelle de la foi : la décision
d’interrompre ou de garder une grossesse est un choix privé de la femme.
Dans un arrêt de la Cour internationale des droits de l’homme du 8 juillet
2004, la Cour dit que l’enfant à naître n’est pas considéré comme une
personne directement bénéficiaire de l’article 2 de la Convention et que son
droit à la vie, s’il existe, se trouve implicitement par le droit et les intérêts
de sa mère (avant les 12 semaines).
Logiquement, et de façon cohérente, puisque la société occidentale est
abolitionniste, pourquoi lorsqu’il s’agit de la liberté de disposer de son
corps, le droit à la vie du fœtus dépend de la liberté de sa mère ? Si l’on
consacre le droit à la vie, l’on doit aller jusqu’au bout de la logique en
protégeant la moindre vie.
Le droit congolais interdit pour sa part l’IVG. Doit-on alors considérer cela
comme un recul par rapport à la protection de la liberté de disposer de son
corps reconnue à la mère ou c’est une consécration du droit à la vie du
fœtus ?
Toutefois, en cas de malformation génitale dépistée par le diagnostic
prénatal, l’interruption médicale de la grossesse est tolérée.
Ainsi, en cas de viol ayant conduit à une grossesse, doit-on maintenir la
femme dans cette situation ou interrompre la grossesse ?

2. Le don de son corps

Le développement des greffes conduit à la disposition des organes. Cette pratique est
admise dans notre société.
MARCUS KAWAYA
26

Cependant, les dons doivent être motivés par des raisons scientifiques ou médicales.
L’idée que le corps est inviolable doit être gardée à l’esprit.

Ainsi, seules les nécessités thérapeutiques doivent justifier cette atteinte à l’intégrité
physique, mais encore faut-il acquérir le consentement du donateur. Et ce don ne doit
pas être suivi de publicité.

Le prélèvement d’organes peut se faire sur une personne vivante mais seulement à
des fins thérapeutiques pour le receveur qui doit par ailleurs être un proche parent.

Le prélèvement d’organes sur une personne décédée procède de la solidarité


humaine à des fins scientifiques. Cependant, la décence veut que l’on respecte la
douleur de la famille éprouvée en demandant son autorisation.

3. Le commerce de son corps

Principe : le corps est hors du commerce.

Peut-on admettre le commerce du corps ? La prostitution peut-elle être considérée


comme un mode d’expression de sa liberté de disposer de son corps ?

La prostitution : activité d’une personne qui consent habituellement à des rapports


sexuels avec un nombre indéterminé d’individus moyennant rémunération ; c’est le
fait de se prêter à des contacts physiques quelle que soi leur nature à des fins de
satisfaire les besoins sexuels d’une autre personne moyennant rémunération.

Ainsi, elle est l’expression de sa liberté, c’est un acte privé non incriminé. Néanmoins,
certaines ingérences sont admises pour limiter la liberté de résidence, afin de
protéger le droit de la famille et de prévenir les infractions pénales, de préserver la
santé ou encore la morale.

Face à ces ingérences étatiques, quelle attitude (régime) prendre devant la


prostitution, doit-on l’éradiquer par la prohibition et la répression ou doit-on la
réglementer ?

Dans ce cadre, la France a puni le racolage public ou alors réprimer aussi les clients
des prostitués.

La réglementation ou le régime réglementariste prônerait l’imposition des revenus de


la prostitution, la cotisation sociale et le recensement par l’Etat. Ce régime est à
encourager car il permet à l’Etat d’encadrer et de protéger le métier et de lui donner
un statut.

En R.D.C. nous sommes dans une tolérance désordonnée qui encourage le


proxénétisme.

MARCUS KAWAYA
27

B. Le respect au droit à la vie privée

Il prend en compte l’inviolabilité du domicile, des correspondances, du secret


professionnel.

Avec l’évolution de la modernité, il existe des atteintes par les écoutes téléphoniques, les
enregistrements, les photographies, etc.

Le PIDCP protège les immixtions du pouvoir public dans la vie privée.

1. Contenu de la vie privée

Elle renvoie au domaine de la personne où il exprime son identité soit seule soit avec
d’autres personnes.

2. Le domaine de la vie privée

Deux éléments :

a) Le droit à l’intimité de la vie privée

Il couvre plusieurs aspects :

• Le respect du droit de vivre à l’abri du regard étranger : ici, on attend de l’Etat


des actions positives tel dans le cadre de l’urbanisation qui impose une
norme d’uniformité des constructions.
• Le respect de son domicile privé ou professionnel : c’est le principe de
l’inviolabilité du domicile = protection contre les tiers. L’espace privé est
indispensable à la personne. Il ne s’agit pas seulement de l’espace physique
mais aussi de sa jouissance.

• Le respect des opinions privées : protection contre


les écoutes téléphoniques.
• Protection contre les atteintes aux correspondances privées
• Respect du droit d’accès aux renseignements et données personnelles. Ex. :
Billet d’avion, compte en banque
• Le respect du droit à la confidentialité de son état de santé

En droit congolais, l’intimité de la vie privée ne fait vraiment pas objet d’une
protection particulière. L’étude jurisprudentielle ferait l’objet d’un bon mémoire.

b) Droit à la liberté de la vie sexuelle

MARCUS KAWAYA
28

Ce droit suppose le respect de l’orientation sexuelle, du droit à l’individu de


changer son identité sexuelle. La personne ayant atteint l’âge nubile doit nouer
des relations sexuelles avec une personne de sexe opposé de son choix.

C. La liberté de circulation

Cette liberté correspond à trois régimes juridiques :

- Le premier met l’accent sur le mouvement


- Le deuxième met l’accent sur le séjour
- Le troisième met l’accent sur l’éloignement

1. La liberté de mouvement

Q/ Tout individu, quelle que soit sa nationalité, peut-il se mouvoir librement à


l’intérieur d’un pays ? Ont-ils la liberté de quitter le pays, d’entrer et sortir du pays ?

Cette série de questions montre que la liberté de mouvement se trouve subordonnée


à la souveraineté de l’Etat, mieux à son bon vouloir.

La liberté de mouvement varie selon le droit interne de chaque pays et selon la


conception que chaque pays a de sa liberté.

C’est le droit interne qui régie la liberté de mouvement mais

Article 12, point 1 du PIDCP : « Quiconque se trouve régulièrement sur le territoire


d’un Etat a le droit de circuler librement ».

Pour les nationaux, le problème ne se pose pas, mais pour les étrangers qui se
trouvent au Congo, la condition est la régularité de séjour.

Dans la Constitution, cela est prévu à l’article 30 : « Toute personne qui se trouve sur
le territoire national a le droit d’y circuler librement, d’y fixer sa résidence, de le
quitter et d’y revenir, dans les conditions fixées par la loi. Aucun Congolais ne peut
être ni expulsé du territoire de la République, ni être contraint à l’exil, ni être forcé à
habiter hors de sa résidence habituelle ».

Il existe un aménagement des droits des étrangers : le droit national prévoit des
mesures spécifiques relatives à l’accès par les étrangers à certaines zones,
notamment les zones minières, certains sites stratégiques, certains lieux ou
bâtiments…

La liberté de mouvement ne se limite pas à la circulation à l’intérieur du pays, mais à


la circulation entre Etats. Le congolais a la liberté de rentrer et sortir de la R.D.C. et
d’aller dans un autre pays.

MARCUS KAWAYA
29

Quid des limitations de l’exercice de cette liberté de mouvement ?

Les limitations doivent obéir aux standards nationaux et internationaux en matière


des droits de l’homme et doivent être prévues par la loi.

Exemples : en cas de couvre-feu, en cas de prévention d’infractions, en cas


d’épidémie,…

2. La liberté de séjour

Tout étranger qui désire découvrir le territoire de la R.D.C. jouit de la liberté de


circulation.

L’exercice de la souveraineté conduit l’Etat congolais à réglementer la liberté de


circulation, notamment la liberté de séjour sur le territoire congolais.

La réglementation du séjour s’exerce à deux niveaux :

- Au niveau de l’entrée des étrangers en R.D.C : les documents nécessaires sont le


visa, posé dans un passeport en cours de validité, la preuve des moyens de
subsistance pendant le séjour, la garantie de rapatriement par un billet de retour,
preuve que l’on ne constitue pas une menace à la sécurité et à l’ordre public (il
s’agit de vérifier si la personne n’a pas été fichée comme terroriste ou personne
dangereuse).

Quid des réfugiés ?


Les réfugiés sont régis par un système spécifique, qui se retrouve dans la
Convention relative au statut des réfugiés de 1951.

- Les conditions de séjour des étrangers en R.D.C. : ils sont soumis à la législation
congolaise durant tout le temps de son séjour. Dans l’exercice de sa profession,
l’étranger sera objet de certaines restrictions. Un étranger ne peut pas faire de
commerce en détails, un étranger ne peut pas exercer certaines professions,
notamment celle de fonctionnaire.

3. L’éloignement

L’Etat peut, pour des raisons évidentes ayant trait à sa souveraineté, prendre des
mesures d’éloignement des étrangers du territoire national.

Il peut le faire de quatre manières : l’expulsion, la reconduite à la frontière, la peine


d’interdiction du territoire

MARCUS KAWAYA
30

D. Le droit à la non-discrimination
C’est une formulation négative du principe d’égalité, c’est-à-dire la non-discrimination
rime avec l’égalité.
En droit congolais, ce droit est prévu par l’article 13 de la Constitution qui stipule : « Aucun
Congolais ne peut, en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques ni en aucune
autre matière, faire l’objet d’une mesure discriminatoire, qu’elle résulte de la loi ou d’un
acte de l’exécutif, en raison de sa religion, de son origine familiale, de sa condition sociale,
de sa résidence, de ses opinions ou de ses convictions politiques, de son appartenance à
une race, à une ethnie, à une tribu, à une minorité culturelle ou linguistique. »

Cet article a une portée générale et une portée spécifique.

• Portée générale : on ne parle que des congolais dans cet article. Cela veut dire que les
seuls bénéficiaires de ce droit sont les congolais. Les étrangers sont donc exclus. C’est
une vision restrictive du droit de la non-discrimination.
Cela est rattrapé par l’article 2 du PIDCP : « Les Etats parties au présent Pacte
s’engagent à respecter et à garantir à tous les individus se trouvant sur leur territoire
et relevant de leur compétence les droits reconnus dans le présent Pacte, sans
distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion,
d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de
fortune, de naissance ou de toute autre situation. » et l’article 26 du même pacte : «
Toutes les personnes sont égales devant la loi et ont droit sans discrimination à une
égale protection de la loi. A cet égard, la loi doit interdire toute discrimination et
garantir à toutes les personnes une protection égale et efficace contre toute
discrimination, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion,
d’opinion politique et de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de
fortune, de naissance ou de toute autre situation. »

On peut y ajouter les articles 2 et 3 de la Charte africaine des droits de l’homme et


des peuples.

• Portée spécifique : nous sommes à l’article 14 de la Constitution qui fixe la


nondiscrimination à l’égard de la femme : « Les pouvoirs publics veillent à
l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard de la femme et assurent la
protection et la promotion de ses droits. Ils prennent, dans tous les domaines,
notamment dans les domaines civil, politique, économique, social et culturel, toutes
les mesures appropriées pour assurer le total épanouissement et la pleine
participation de la femme au développement de la nation. Ils prennent des mesures
pour lutter contre toute forme de violences faites à la femme dans la vie publique et
dans la vie privée. La femme a droit à une représentation équitable au sein des
institutions nationales, provinciales et locales. L’Etat garantit la mise en œuvre de la
parité homme-femme dans lesdites institutions. La loi fixe les modalités d’application
de ces droits. »

MARCUS KAWAYA
31

Paragraphe 3 : Les libertés se rapportant aux garanties judiciaires

Ici on met l’accent sur le droit de sûreté. On comprend le concept de sûreté à travers
différents éléments :
- L’accusation, l’arrestation, la détention doivent se faire selon les modalités définies
par la loi
- Toute punition ne peut être infligée qu’en vertu d’une loi antérieure (nullum crimen,
nulla poena sine lege)
- Tout homme est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été prononcée par
le juge

Tous ces éléments consistent à lutter contre les arrestations arbitraires, contre les abus. Le
droit de sûreté ne peut se comprendre que dans le cadre des poursuites.

1. Garanties de la sûreté personnelle

a) Principe de l’égalité des infractions et des peines (article 17 de la Constitution et article


14 du PIDCP)
Article 17 : « Nul ne peut être poursuivi, arrêté, détenu ou condamné qu’en vertu de
la loi et dans les formes qu’elle prescrit. Nul ne peut être poursuivi pour une action ou
une omission qui ne constitue pas une infraction au moment où elle est commise et
au moment des poursuites. Nul ne peut être condamné pour une action ou une
omission qui ne constitue pas une infraction à la fois au moment où elle est commise
et au moment de la condamnation. Il ne peut être infligé de peine plus forte que celle
applicable au moment où l’infraction est commise. »

Les textes doivent être clairs afin que l’interprétation du juge soit stricte.

b) Présomption d’innocence (article 17, in fine de la Constitution)


Article 17, in fine : « Toute personne accusée d’une infraction est présumée innocente
jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie par un jugement définitif. » La
présomption d’innocence, c’est la garantie pour l’individu de ne pas être présenté
comme coupable jusqu’à ce qu’un jugement définitif le condamne.
On dit que la personne est innocente mais la procédure par laquelle on passe tend à
présenter la personne comme coupable. Cela dérange au niveau des droits de
l’homme.
Deux conceptions apparaissent lorsqu’on parle de présomption d’innocence :
1) La garantie substantielle de la présomption d’innocence : La présomption
d’innocence est un droit subjectif. Elle suppose qu’on ne doit pas présenter
publiquement un individu comme un coupable.
MARCUS KAWAYA
32

Cette garantie suppose également la libre comparution devant le tribunal. Ceci est
le principe, la détention préventive est l’exception (article 17). La détention
préventive s’effectue dans la crainte de la fuite de l’individu, pour protéger
l’individu contre le lynchage.
2) La garantie procédurale : l’accent est mis sur le fardeau de la preuve. A qui
incombe la charge de la preuve ? Le fardeau de la preuve incombe à l’accusateur.
Dans le même sens, le droit pénal veut à ce que s’il y a un doute, ceci profitera à
l’accusé.

c) Le droit de comparaitre devant le juge Deux


aspects apparaissent :
1) Le droit au juge : c’est la garantie qui impose que dès l’instant où la personne se
trouve privée de sa liberté pour besoin d’enquête, on doit arriver à interroger le
juge pour qu’il se prononce sur la légalité des mesures préventives. En droit
congolais, le juge apparaît moins lorsqu’on doit l’interroger en ce qui concerne les
mesures préventives.
Article 18 de la Constitution : nulle part, dans cet article, on ne voit intervenir le
juge pénal. Il n’est pas consulté lorsqu’il s’agit des mesures préventives en cas
d’enquête. Cela est un recul. Car selon l’adage « habeas corpus », le juge est
garant des libertés et doit être consulté en cas de privation de liberté d’une
personne en cas d’enquête.
Par extension au droit au juge, on peut parler du droit au tribunal. C’est une
garantie juridictionnelle.
Par extension encore, on voit tout organe capable de trancher un litige particulier.
Au-delà de la garantie à l’existence d’un tribunal, il y a également d’autres
garanties en ce qui concerne le tribunal. Ces garanties sont la compétence du
tribunal, l’indépendance du tribunal, l’impartialité du tribunal et la légalité du
tribunal, c’est-à-dire que le tribunal a été établi par la loi.

L’impartialité est, par définition, le manque de partialité, c’est-à-dire, le manque


de parti pris. Toutefois, cela est impossible étant donné que le juge est humain,
doté de sentiments. Il est impossible pour lui de ne pas avoir de parti pris.
L’impartialité du juge est garantie par son indépendance. Quand on parle
d’impartialité, on attend du juge qu’il forge son opinion sur base des preuves
avancées durant les audiences.
Comment le juge peut-il montrer qu’il est impartial ? Il doit se prononcer dans son
intime conviction.
Qu’entend-on par « intime conviction » ?
Conviction=foi. Pas une foi aveugle mais basée sur des éléments concrets.
Intime= on fait appel à une évidence qui s’impose au juge.

MARCUS KAWAYA
33

La motivation de la décision est une garantie essentielle de l’impartialité du


tribunal.

Dans la procédure anglo-saxonne, la conviction du juge doit aller au-delà de tout


doute raisonnable.

2. Garanties procédurales

La première garantie est la publicité des audiences. Les audiences sont publiques par
souci de transparence et de pédagogie. Le huis clos est uniquement prononcé lorsqu’il
faut apaiser les différentes tensions sociales (article 20 de la Constitution).

La deuxième garantie est le droit à la défense. Ici, il y a deux éléments essentiels :


- Les préalables au droit à la défense :
o Egalité des armes ≠ égalité des moyens. L’égalité des armes suppose que l’une
des parties ne doit pas être dans une situation de net désavantage par rapport
à l’autre. Cela n’est pas semblable à l’égalité des moyens car si une partie a
trois avocats, cela ne veut pas forcément dire que l’autre doit avoir également
trois avocats, par exemple.
o L’information de l’accusé : il doit être informé de toutes les charges qui pèsent
sur lui, il doit être mis au courant de tous ses droits (droit à un avocat, à un
traducteur ou interprète, droit de se faire communiquer les pièces dans la
langue que l’accusé demande, droit au contre-interrogatoire,…).

- La défense de la cause proprement dite


Article 19 : « Nul ne peut être ni soustrait ni distrait contre son gré du juge que la loi
lui assigne. Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue dans un délai
raisonnable par le juge compétent. Le droit de la défense est organisé et garanti.
Toute personne a le droit de se défendre elle-même ou de se faire assister d’un
défenseur de son choix et ce, à tous les niveaux de la procédure pénale, y compris
l’enquête policière et l’instruction pré juridictionnelle. Elle peut se faire assister
également devant les services de sécurité. »

Section II : Protection des libertés de l’esprit

Nous parlerons de la liberté d’opinion, la liberté de la foi, le droit à l’information.

Article 22 : Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Toute


personne a le droit de manifester sa religion ou ses convictions, seule ou en groupe, tant en

MARCUS KAWAYA
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public qu’en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques, l’accomplissement des rites et
l’état de vie religieuse, sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public, des bonnes mœurs
et des droits d’autrui. La loi fixe les modalités d’exercice de ces libertés.

Article 23 : Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit implique la liberté


d’exprimer ses opinions ou ses convictions, notamment par la parole, l’écrit et l’image, sous
réserve du respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs.

Liberté d’opinion : Droit reconnu à tout individu d’adopter dans n’importe quel domaine
l’attitude intellectuelle de son choix. Il peut s’agir d’une pensée intime ou d’une prise
d’opinion publique. On lui reconnait le droit de penser et de dire ce qu’il croit être vrai. C’est
pourquoi on dit que la liberté d’opinion est un aspect de la liberté de l’esprit. Mais dans la
pratique, cette liberté cause un certain nombre de problèmes, car elle met en jeu des
intérêts contradictoires.

Premièrement, peut-on dissocier la liberté de la pensée intérieure de la liberté d’expression


de cette pensée ?

Toute opinion peut-elle faire face à la nature hiérarchique des rapports sociaux ?

Liberté de la foi (liberté religieuse) : c’est un aspect particulier de la liberté d’opinion. Elle est
incluse dans la liberté d’opinion mais en même temps, elle la dépasse.

- Première hypothèse : la liberté religieuse s’intègre dans la liberté d’opinion. Elle consiste
pour une personne de donner son adhésion intellectuelle à une religion, à la choisir
librement.
- Deuxième hypothèse : la liberté religieuse dépasse la liberté d’opinion. Pour que la foi
s’épanouisse, les églises doivent être totalement libres dans leurs activités.

La relation entre l’église et l’Etat est une forme de copinage dangereux.

En ce qui concerne la relation entre l’Eglise et l’Etat, il y a trois formules :

- Fusion ou confusion entre l’Eglise et l’Etat : l’Eglise est l’Etat et vice-versa. La religion est
intégrée dans l’Etat, le souverain est désigné comme le commandeur des croyants. La
question est alors : dans ce type de formule, la foi religieuse, désignée sous la forme de
liberté religieuse, quid de ces personnes qui n’épousent pas la religion d’Etat ? Dans
cette formule, la liberté religieuse est garantie pour ceux qui embrassent la religion de
l’Etat. Pour les autres, la liberté religieuse n’est pas respectée.
- L’union entre l’Eglise et l’Etat : il s’agit de l’existence d’un rapport juridique entre l’Eglise
et l’Etat sur le plan du fonctionnement. Cela peut se traduire de deux manières :
o Soit par la reconnaissance par l’Etat des églises ou des religions o
Soit par la prééminence accordée à une religion

MARCUS KAWAYA
35

Dans cette formule, la liberté religieuse est respectée pour tout le monde, même s’il
existe une prééminence accordée à une religion. Ex. : En Angleterre, la religion d’Etat, la
religion mise en avant, c’est la religion anglicane. Toutefois, d’autres religions sont
acceptées.

- La séparation de l’Etat d’avec l’Eglise : L’Etat reconnait l’existence des religions mais
refuse d’entrer dans le fonctionnement des différentes églises ou religions. Il s’agit d’un
régime de tolérance. La liberté religieuse est garantie mais la crainte est que la tolérance
s’accompagne de l’absence de l’esprit critique de la part des églises.

Il se pose un problème de réglementation avec les sectes.

Le droit à l’éducation (article 13 de la Constitution).

Premier principe : tout enfant a droit à l’éducation

Deuxième principe : liberté de l’enseignement. Cette liberté suppose que les établissements
publics et les établissements privés doivent respecter un programme établi par le Ministère
tant au niveau de l’enseignement primaire qu’au niveau de l’enseignement secondaire, tout
cela pour donner la même chance en termes de réussite, d’accès à l’université et à la vie
active.

Troisième principe : l’Etat ne doit pas se désengager de son obligation à un enseignement


pour tous, un enseignement de qualité. Cela se fait par trois mécanismes : la prise en
charge des enseignants, le contrôle de la qualité de l’enseignement et le contrôle des
autorisations de création des enseignements supérieurs (universités).

Le droit à l’information (article 24 de la Constitution) : toute personne a droit à


l’information.

Comment définir la presse ? C’est un ensemble d’expressions de la pensée, une formation


de l’opinion. Ici il y a une idée majeure : informer, communiquer. Ce qui fait que l’Etat ne
peut se désintéresser de la presse car celle-ci a des répercutions politiques évidentes et
réelles, elle fabrique des opinions.

La liberté de la presse ne doit pas être dissociée du droit aux supports de l’information
(presse écrite, par exemple). La liberté de la presse va de paire avec la liberté au commerce
et à l’industrie.

MARCUS KAWAYA
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Chapitre II : Les droits de nature politique


Il est question des prérogatives qui touchent la gestion de la chose publique, les droits qui
permettent au citoyen de prendre part à la destinée de la chose publique. Les titulaires des
droits politiques : les citoyens, les nationaux, pas les étrangers.

La fonction des droits politiques est de faire participer les citoyens à la gestion de la chose
publique.

Dans ce chapitre, nous examinerons trois points :

A. La nationalité comme préalable à l’exercice du droit politique


B. La participation à la vie politique
C. Les droits dérivés du droit politique

Section I : Préalable à l’exercice du droit politique : La nationalité

Article 15 de la DUDH :
1. Tout individu a droit à une nationalité.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de
nationalité

Ici, il sera question des droits nés de l’appartenance à la nation.

L’expression « droit à la nationalité » semble être statique, figée. On doit chercher un concept
plus dynamique, plus vivant. D’où, on parlera non pas de droit à la nationalité mais de « droit
de la nationalité ».

Critères de la nationalité congolaise (article 10 de la Constitution) : par la naissance ou par


acquisition individuelle.

Section II : Les droits essentiellement politiques

A. La participation à la vie politique

Deux droits se dégagent ici : le droit à l’électorat d’une part et d’autre part, le droit à
l’éligibilité.

MARCUS KAWAYA
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1. Le droit à l’électorat
C’est la faculté reconnue à chaque citoyen de participer, par son vote, à la désignation
de ses représentants.
En clair, c’est le droit de voter (article 25 du PIDCP).
Ce n’est pas n’importe qui qui est sensé voter. En R.D.C., certaines conditions doivent
être remplies :
- Etre de nationalité congolaise
- Avoir 18 ans révolus
- Ne pas avoir été pénalement condamné
- Ne pas être aliéné mentalement

2. Le droit à l’éligibilité
Il est lié au droit à l’électorat, bien que différent. Le droit à l’électorat n’inclue pas le
droit à l’éligibilité. Avoir le droit d’élire ne veut pas dire qu’on a rempli les conditions
pour être élu.
Le droit à l’éligibilité, c’est le droit reconnu à une personne de pouvoir concourir à une
fonction directive.
Article 72 : Nul ne peut être candidat à l’élection du Président de la République s’il ne
remplit les conditions ci-après :
1. posséder la nationalité congolaise d’origine ;
2. être âgé de 30 ans au moins ;
3. jouir de la plénitude de ses droits civils et politiques ;
4. ne pas se trouver dans un des cas d’exclusion prévus par la loi électorale.

Article 102 : Nul ne peut être candidat aux élections législatives s’il ne remplit les
conditions ci-après :
1. être Congolais ;
2. être âgé de 25 ans au moins ;
3. jouir de la plénitude de ses droits civils et politiques ;
4. ne pas se trouver dans un des cas d’exclusion prévus par la loi électorale.

B. La liberté partisane
Il s’agit de la participation des citoyens aux partis politiques.
Article 6 : Le pluralisme politique est reconnu en République Démocratique du Congo.
Tout Congolais jouissant de ses droits civils et politiques a le droit de créer un parti
politique ou de s’affilier à un parti de son choix.
Les partis politiques concourent à l’expression du suffrage, au renforcement de la
conscience nationale et à l’éducation civique. Ils se forment et exercent librement leurs
activités dans le respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs.

MARCUS KAWAYA
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Les partis politiques sont tenus au respect des principes de démocratie pluraliste, d’unité
et de souveraineté nationales.
Les partis politiques peuvent recevoir de l’Etat des fonds publics destinés à financer leurs
campagnes électorales ou leurs activités, dans les conditions définies par la loi.

Définition de parti politique : association de personnes qui partagent la même idéologie,


le même projet de société.

L’idée première des partis politiques est de conquérir le pouvoir.

Section III : Les droits dérivés des droits politiques

Ce sont des droits dont l’existence et l’effectivité ne peuvent se comprendre que comme
étant le prolongement des droits de nature politique. Seuls les nationaux peuvent se
prévaloir de ces droits.

A. L’accès à la fonction publique


C’est le droit reconnu à chaque citoyen de participer à la vie politique. Dans la
constitution, il est précisé qu’aucun congolais ne peut, en matière d’accès à la fonction
publique, faire l’objet d’une discrimination.
Comment assurer l’égalité dans l’accès à la fonction publique ? A travers les concours.
Tous les congolais ne sont pas juridiquement accessibles à la fonction publique. Cela nous
conduit à dire que les congolais sont des bénéficiaires potentiels. L’égalité se trouve sur le
point de la potentialité.

La désobéissance civile est une nouvelle notion en droit congolais. Celui qui utilise contre
le peuple, au détriment du peuple, le pouvoir que le peuple lui a donné provoque une
certaine résistance de la part du peuple.

Article 28 : Nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal. Tout individu, tout
agent de l’Etat est délié du devoir d’obéissance, lorsque l’ordre reçu constitue une atteinte
manifeste au respect des droits de l’homme et des libertés publiques et des bonnes
mœurs. La preuve de l’illégalité manifeste de l’ordre incombe à la personne qui refuse de
l’exécuter.

Article 63 : Tout Congolais a le droit et le devoir sacré de défendre le pays et son intégrité
territoriale face à une menace ou à une agression extérieure. Un service militaire
obligatoire peut être instauré dans les conditions fixées par la loi. Toute autorité nationale,

MARCUS KAWAYA
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provinciale, locale et coutumière a le devoir de sauvegarder l’unité de la République et


l’intégrité de son territoire, sous peine de haute trahison.

Article 64 : Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus
qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la
présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel
constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’Etat. Elle est punie
conformément à la loi.

Dans l’article 63, on parle du droit de défendre la nation. Cela suppose une certaine
action. Or, la désobéissance civile consiste plus à une attitude passive.
C’est là que l’article 28 entre. Cet article parle du refus d’obéir à un ordre manifestement
illégal. Lorsqu’on obéit à un ordre illégal, on met en jeu sa propre responsabilité. On fait
intervenir ici le concept de la « baillonnette intelligente » : l’agent qui reçoit un ordre
illégal se trouve dans l’obligeance de refuser.

La pétition
Il s’agit d’une demande écrite adressée par une ou plusieurs personnes à une autorité
publique.
La pétition est un droit individuel voire même collectivement. La force d’une pétition
réside dans le fait de rassembler plusieurs signatures.
La question est : la pétition donne-t-elle à son destinataire l’obligation de réagir ?

Le droit d’asile
C’est un droit qui suppose le concours de deux Etats.
Par droit d’asile, on entend droit de refuge.

Article 33 : Le droit d’asile est reconnu. La République Démocratique du Congo accorde,


sous réserve de la sécurité nationale, l’asile sur son territoire aux ressortissants étrangers,
poursuivis ou persécutés en raison, notamment, de leur opinion, leur croyance, leur
appartenance raciale, tribale, ethnique, linguistique ou de leur action en faveur de la
démocratie et de la défense des Droits de l’Homme et des Peuples, conformément aux
lois et règlements en vigueur. Il est interdit à toute personne jouissant régulièrement du
droit d’asile d’entreprendre toute activité subversive contre son pays d’origine ou contre
tout autre pays, à partir du territoire de la République Démocratique du Congo. Les
réfugiés ne peuvent ni être remis à l’autorité de l’Etat dans lequel ils sont persécutés ni
être refoulés sur le territoire de celui-ci. En aucun cas, nul ne peut être acheminé vers le
territoire d’un Etat dans lequel il risque la torture, des peines ou des traitements cruels,
dégradants et inhumains. La loi fixe les modalités d’exercice de ce droit.

Dans cet article, on ne parle pas des congolais mais des étrangers qui ont fui leur pays ou
qui sont pourchassés.
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Chapitre III : Les droits de la deuxième génération

Ces droits procurent à leurs titulaires un gain économique, qui procurent une certaine
richesse à leurs titulaires.

Ces droits sont dans la Constitution mais ils présentent une certaine particularité qui est
d’être programmatoire.

Pour bien comprendre ces droits, on doit essayer de les regrouper. D’où, nous allons parler
des droits économiques et des droits sociaux.

I. Droits économiques

Ici, nous allons mettre l’accent sur trois droits qui présentent la caractéristique de
procuration des biens économiques.

a) Le droit au développement

L’article 1er du PIDCP et l’article 1er du PIDESC. Ces articles sont identiques car ils
parlent tous deux du développement.

Ce droit au développement rime avec le droit au peuple de disposer eux-mêmes, c’est


le droit à l’autodétermination qui est un droit collectif, c’est-à-dire qui permet à un
peuple de s’émanciper. Ce droit se comprend mieux à travers le phénomène de la
décolonisation.

Le droit au développement suppose un aspect progressif. On part d’un état d’extrême


pauvreté et à travers des mécanismes, on passe au développement.

Quand parle-t-on de développement ? On parle de développement lorsque les


besoins du peuple sont satisfaits, lorsque l’écart entre le besoin et la réalisation du
besoin est minime.

Le droit au développement est un droit collectif qui concerne la communauté


humaine à cause des retombées positives.
MARCUS KAWAYA
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CQFR : Il s’agit d’un droit collectif, en même temps, C’est un droit carrefour. Il peut
être vu comme un droit à partir duquel tous les autres droits s’expriment. C’est un
droit qui permet l’exercice voire la jouissance d’autres droits. Du moment que le droit
au développement est garanti, ce droit doit se transformer, se matérialiser en d’autres
droits économiques comme le droit de la propriété, le droit à la libre entreprise. En
d’autres termes, la garantie du droit au développement implique la garantie d’autres
droits économiques et sociaux, civils et politiques également.

b) Le droit de la propriété

Article 34 : La propriété privée est sacrée. L’Etat garantit le droit à la propriété


individuelle ou collective acquis conformément à la loi ou à la coutume. Il encourage
et veille à la sécurité des investissements privés, nationaux et étrangers.

Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d’utilité publique et moyennant
une juste et préalable indemnité octroyée dans les conditions fixées par la loi. Nul ne
peut être saisi en ses biens qu’en vertu d’une décision prise par une autorité judiciaire
compétente.

Le droit de la propriété = droit patrimonial.

Sur le plan des droits de l’homme, la propriété est protégée contre toute possession
illégale. Le code pénal interdit toute atteinte à la propriété.

En protégeant la propriété, l’Etat encourage les investisseurs privés.

c) La liberté d’entreprise ou d’industrie

Article 35 : L’Etat garantit le droit à l’initiative privée tant aux nationaux qu’aux
étrangers. Il encourage l’exercice du petit commerce, de l’art et de l’artisanat par les
Congolais et veille à la protection et à la promotion de l’expertise et des compétences
nationales. La loi fixe les modalités d’exercice de ce droit.

Pour que la liberté d’entreprise soit effective, il faut protéger le droit de la propriété
et qu’il y ait séparation des pouvoirs.

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