Cours de Droits Humains Upc
Cours de Droits Humains Upc
Notes du Cours de
DROITS HUMAINS
MARCUS KAWAYA
2
Libertés publiques : ensemble de droits faisant objet de conquête par l’individu auprès de
l’Etat, en d’autres termes, ce sont des droits revendiqués et reconnus dans un texte.
Bref, les libertés publiques sont des droits dont l’homme peut se passer, mais il a quand
même réussi à les conquérir et les réclamer.
Mais dans la pratique, il y a une confusion entre droits de l’homme et libertés publiques.
Ainsi, les droits de l’homme et les libertés publiques forment les DROITS HUMAINS, c’est-
àdire l’ensemble des prérogatives reconnues dans un texte en faveur des individus.
Ces prérogatives sont reconnues soit de par la nature inhérente, soit par la conquête de
l’homme de ces prérogatives.
Nature juridique des droits humains : les droits humains sont des droits subjectifs.
I. Catégories atypiques
Il s’agit des prérogatives qui accompagnent l’homme dans sa vie privée et assurent les
rapports de l’homme avec son prochain = Droits civils. Ex. : Droit à la vie, à la liberté,
etc.
MARCUS KAWAYA
3
Parce que les préoccupations de l’homme étaient toujours qu’on lui reconnaisse les
prérogatives liées à la nature humaine, d’où l’aspect civil auquel on ajoute l’aspect
politique.
Quid de la justiciabilité ?
Parce que ces préoccupations ont vu le jour bien après l’évolution du concept de
l’Etat, à la suite de luttes socialistes. Historiquement, la plupart de ces droits ont été
reconnus au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Avec le contrat social, l’Etat n’est plus tout puissant, mais devient protecteur et
providence. L’Etat commence à pourvoir aux besoins des populations en intervenant
économiquement.
MARCUS KAWAYA
4
Les droits économiques et sociaux donnent lieu à la notion de créance entre l’Etat et
la population.
Etat=débiteur et individus=créancier.
Les deux pactes ont été adoptés le même jour par l’Assemblée générale des
NationsUnies (16 décembre 1966), mais le PIDESC n’a pas été beaucoup ratifié par les
Etats comme le PIDCP.
Le grand problème avec les droits économiques, sociaux et culturels est celui de la
justiciabilité, c’est-à-dire comment engager la responsabilité de l’Etat devant la justice
parce que l’Etat ne garantie l’accès à ces droits économiques, sociaux et culturels.
R/ Article 1er PIDESC : ces droits sont reconnus à chacun par rapport aux ressources
financières de chaque Etat. Donc, on tient compte du degré de développement de
chaque pays pour déterminer la justiciabilité des droits économiques, sociaux et
culturels. Encore que l’Etat peut se déroger de sa responsabilité régalienne du fait de
sa pauvreté jusqu’à ne pas fournir aux individus l’accès à ces droits économiques,
sociaux et culturels d’autant plus que l’Etat ici, a l’obligation d’agir.
De toute évidence, l’Etat quel que soit le niveau de son développement doit répondre
aux attentes des populations en fournissant l’accès aux droits économiques, sociaux
et culturels. Si l’Etat ne parvient pas à le faire, en lieu et place de passer par des
sanctions judiciaires, il faut des sanctions politiques que les individus doivent infliger
aux acteurs politiques.
Ces droits collectifs ne peuvent pas être réclamés par un seul individu ou encore des
citoyens d’un même Etat mais impliqueraient une solidarité internationale. Ils sont à
mi-chemin entre les droits de la première et de la deuxième génération.
MARCUS KAWAYA
5
Les droits de l’homme sont un problème d’état d’esprit et non de textes avant tout
car le plus important est de garantir l’effectivité des droits de l’homme.
Nous avons la Constitution, les traités internationaux, les lois et les règlements.
R/ Les droits de l’homme sont des droits exacts et précis qu’on ne trouve que consacrés
dans un texte. La coutume faisant défaut de l’écrit, ne peut pas être considérée comme
source des droits de l’homme car elle n’offre pas cette garantie de précision qu’offre le
texte.
MARCUS KAWAYA
6
Néanmoins, la coutume garde toujours une place importante dans le domaine des droits
de l’homme car elle est considérée comme une valeur-refuge (caractère subsidiaire) dans
l’effectivité des droits de l’homme, c’est-à-dire quand le texte montre ses limites
scripturales, on recourt à la coutume pour promouvoir et protéger les droits de l’homme.
Caractère de la coutume
Ex. : Le Tribunal International Pour le Rwanda (TPIR) créé en novembre 1994 pour
poursuivre les crimes de génocide perpétrés en avril 1994. Le TPIR est donc postérieur aux
crimes. En matière pénale, la loi pénale ne rétroagissant pas, le TPIR serait incompétent
de poursuivre ces crimes. Les juges ont justifié la compétence du TPIR en se basant sur la
nature coutumière des crimes internationaux, c’est-à-dire on est allé au-delà des
possibilités qu’offre le droit écrit.
A. La Constitution
Du point de vue des droits de l’homme, c’est par rapport à la Constitution que
toutes les autres sources doivent être interprétées.
MARCUS KAWAYA
7
C’est ainsi le juge constitutionnel qui garantie les droits de l’homme à travers
le contrôle de constitutionnalité.
MARCUS KAWAYA
8
B. La Loi
Les lois et les actes législatifs peuvent-ils être à l’origine des droits de l’homme pour
qu’ils soient considérés comme source des droits de l’homme ?
MARCUS KAWAYA
9
Quid de la loi ?
C’est un acte législatif qui consiste à édicter des normes de conduite générale et
impersonnelle et dont la violation entraîne l’application de la sanction prévue.
Telle que définie, la loi est compétente en matière des droits de l’homme parce
qu’elle est générale et elle est votée par une assemblée représentative.
Généralités de la loi
Ainsi, c’est la loi qui rend effectif ou non un droit fondamental énoncé par la
Constitution. Le constituant se borne à énoncer, le législateur concrétise.
Il y a deux hypothèses :
MARCUS KAWAYA
10
o Le gouvernement est lié c’est-à-dire dès qu’il y a une loi en matière des
droits de l’homme, l’exécutif via un règlement ne peut pas modifier un
prescrit législatif.
o Le législateur n’est pas lié par sa propre loi et cette modification doit être
conforme à la Constitution
Régime répressif
Le citoyen est libre d’agir, mais engage sa responsabilité si son acte est
contraire au droit.
Il y a deux avantages :
Régime préventif
Ici, l’individu exerce son droit seulement après avoir accompli un certain
nombre d’obligations.
Exemples :
MARCUS KAWAYA
11
L’autorité est mieux placée pour apprécier l’exercice ou pas de tel droit et de
telle liberté.
L’avantage de ce régime est que l’individu jouit d’une plus grande sécurité
juridique, c’est-à-dire l’individu ne risque rien tant qu’il a rempli toutes les
formalités requises
L’inconvénient est que l’autorité qui intervient pour être dangereuse pour
l’exercice des droits et libertés publiques.
C’est pour cela que le régime répressif est préféré au régime préventif.
Lois pénales
Ex. : Le meurtre. La valeur sociale protégée, c’est la vie. Pour le vol, la valeur
sociale protégée est la propriété. Pour la violence, la valeur sociale protégée
est l’intégrité physique.
Code électoral
MARCUS KAWAYA
12
Code de la Famille
Code de la Nationalité
CONCLUSION
Le législateur congolais est une vraie source du droit des droits de l’homme au même
titre que la Constitution.
C. Règlement
Le règlement vient en réalité matérialiser les droits fondamentaux consacrés par les
textes qui lui sont supérieurs.
MARCUS KAWAYA
13
Cet état ne peut être invoqué qu’en cas de péril imminent (danger qui résulte
de l’atteinte grave à l’ordre public).
MARCUS KAWAYA
14
C’est l’intérêt général qui peut être à l’origine de l’atteinte des droits de
l’homme, mais les garanties des droits de l’homme restent maintenues.
D. Jurisprudence
Elle n’est pas vraiment une source du droit des droits de l’homme car elle ne crée pas
le droit, mais elle l’interprète.
Ce droit à la défense est la source de plusieurs garanties. Son origine est issue de
l’interprétation du juge. D’où, d’une manière ou d’une autre, la jurisprudence est une
source du droit des droits de l’homme.
MARCUS KAWAYA
15
La Cour Internationale de Justice est compétente pour connaître des différends entre
Etats. L’article 38 du Statut de la CIJ énumère les différentes sources internationales
appliquées par elle. Il s’agit :
Il s’agit ici des traités qui ont un rapport direct avec les droits de l’homme. Les
conventions créent au profit des individus des droits directs et peuvent faire l’objet de
protection devant une juridiction. Ces droits peuvent faire l’objet d’un droit subjectif
faisant de l’individu un sujet de droit international.
Parmi les traités internationaux qui servent de sources aux droits humains, nous
avons la Charte des Nations-Unies qui consacre en son article premier les droits
fondamentaux des individus.
1. Le caractère impératif
2. La réserve du traité
MARCUS KAWAYA
16
Pourrions-nous dire que les règlements du droit international en matière des droits
de l’homme relève du jus cogens ?
R/ Oui, parce que l’on cherche à préserver la vie humaine qui est sacrée et aucune
règle ne peut y déroger. Les droits de l’homme revêtent un caractère supérieur.
Pouvons-nous dire que les traités des droits de l’homme peuvent émettre des
réserves ?
R/ La réserve est une déclaration unilatérale faite par un Etat lors de l’élaboration
d’un traité. Un Etat signe un traité mais refuse l’application d’une disposition dudit
traité. Il n’y a alors pas unité dans le respect de la norme créée. Il y a une disparité
dans la réserve, du fait que chacun cherche à préserver ses intérêts et ne met en
application toutes les dispositions du traité.
Il n’y avait pas de droit à la réserve dans la Convention de 1948 à cause de son objet
(la promotion de la paix).
Les traités dont il est question d’étude, c’est-à-dire les traités qui garantissent et
protègent les droits de l’homme ne sont sujets à aucune réserve. Les Etats doivent
accepter d’appliquer toutes les dispositions de ces traités.
B. Les déclarations
C’est un acte de concertation politique internationale édicté dans les relations
internationales par les Etats en vue de reconnaître leur droit ou à des individus qui
répondent de leur juridiction.
Ce sont également des actes qui cristallisent les faits sans autre engagement
juridique. Ils sont dépourvus de tout fait juridique contraignant. Ce sont des textes
susceptibles de faire naître des droits au bénéfice des individus.
Il y a ici l’adoption d’un texte mais qui n’est pas contraignant sous forme d’un traité.
La conséquence est qu’elle n’aura pas une portée juridique mais plutôt une portée
morale.
MARCUS KAWAYA
17
En 1966, aux Nations-Unies seront adoptés les textes relatifs au droit civil et politique
et le pacte international relatif au droit économique et sociopolitique.
R/ C’est une résolution de l’Assemblée Générale des Nations-Unies, ce qui leur donne
une valeur juridique.
La question est celle de savoir si toutes les résolutions ont une valeur juridique. Tous
les Etats membres des Nations-Unies doivent déclarer leur foi à la DUDH. On décèle le
caractère coutumier du fait de la pratique répétée. La DUDH n’est pas considérée
comme toute déclaration, dans le sens qu’elle a un caractère contraignant.
Les résolutions prises par l’assemblée générale sont considérées comme source
internationale des droits de l’homme.
MARCUS KAWAYA
18
Quid des décisions des juridictions internationales ? Est-ce que les arrêts de la CPI
sont des sanctions du droit international des droits de l’homme ?
De ce fait, dans un premier temps, nous allons nous rendre compte que certains droits ou
certaines libertés se rattachent directement à l’homme.
Dans un deuxième temps, nous allons voir que d’autres droits ou libertés contribuent à
l’épanouissement de l’homme.
MARCUS KAWAYA
19
Dans un troisième temps, nous allons voir des libertés qui se rapportent aux garanties
judiciaires.
Dans ce paragraphe, nous allons voir dans un premier temps, le droit à la vie et dans un
deuxième temps, le droit à l’intégrité physique.
A. Le droit à la vie
Le droit à la vie est le premier des droits civils inhérents à toute personne humaine. Il
s’agit du droit suprême de l’être humain. Il est garanti dans plusieurs textes : l’article 16 de
la Constitution, l’article 3 de la DUDH, l’article 6 du Pacte International relatif aux Droits
Civils et Politiques.
Définition de la vie
Pour définir la vie, il faut d’abord savoir quand commence la vie ? A partir de quand et
jusques à quand doit-on protéger la vie ?
Articles 165 et 166 du Code Pénal, Livre II : ces deux articles répriment l’avortement. De là,
nous pouvons affirmer que le droit congolais considère qu’une personne est vivante, c’est-
à-dire, a la vie, dès la conception.
Selon le droit positif congolais, le droit à la vie est l’ensemble des prérogatives s’attachant
à l’individu dès sa conception jusqu’à sa mort.
Toute personne humaine, dès sa conception, peut jouir, sans conditions, du droit à la vie.
Au-delà des mesures de prévention, l’Etat est tenu de punir tous les récalcitrants qui
portent atteinte à la vie humaine.
MARCUS KAWAYA
20
- Obligation issue des institutions du système des Nations-Unies qui ont donné au droit
à la vie un prolongement en matière de sécurité collective.
Article 20 du PIDCP : Cet article interdit à l’Etat de faire la propagande de la guerre, ou
inciter la population à la violence.
L’obligation d’abstention ne peut se comprendre qu’à travers les actions posées par l’Etat
pour préserver la vie. Le droit à la vie nécessite l’appui d’autres droits, comme le droit à
l’alimentation, à la santé, etc.
Pour le professeur BARUANI, la peine de mort est improductive. Elle n’a aucune portée
pédagogique car malgré le fait qu’elle soit appliquée, la vertu de dissuasion est minime.
On devrait penser à des mesures alternatives.
Tout traitement, quel que soit sa nature, qui porterait atteinte à l’intégrité physique
mérite d’être réprimé. Il est à préciser que ces atteintes soient légales ou illégales.
MARCUS KAWAYA
21
Nous avons d’abord la légitime défense. Il s’agit d’une atteinte légale qui est tolérée. Il
s’agit de l’usage de la violence dans le cas où sa propre intégrité physique ou celle d’une
autre personne est menacée.
Certaines atteintes à l’intégrité physique sont tolérées, selon la culture : les piqûres, la
circoncision, le droit de correction parentale.
Dans la plupart des cas, ces atteintes sont réprimées en droit congolais. Il suffit
d’interroger le Code Pénal. Il y a les voies de fait, les coups et blessures volontaires ou
involontaires, les violences sexuelles, etc.
Il existe d’autres atteintes qui relèvent de la protection particulière des droits de l’homme,
comme la torture. Ils sont désignés sous le vocable de traitement inhumain, dégradant,
cruel.
MARCUS KAWAYA
22
Les traitements cruels sont regardés comme de la torture, ils sont infligés délibérément,
provoquant dans le chef de l’individu de graves souffrances.
Dans ce deuxième paragraphe, nous verrons le prolongement des deux droits étudiés dans le
premier paragraphe (droit à la vie et droit à l’intégrité physique).
Il s’agit du droit ou la liberté de disposer de son corps, le droit à la vie privée et à la vie
familiale, la liberté d’aller et venir, le droit à la non-discrimination.
1. La maîtrise du corps
Il s’agira ici de répondre aux questions suivantes : peut-on organiser sa propre mort ?
La libre disposition de mon corps me donne-t-il la liberté de refuser de procréer ?
MARCUS KAWAYA
23
L’euthanasie : elle est considérée comme une mort douce. C’est le fait d’exiger
d’une tierce personne la mise à mort en cas de souffrances graves. En droit
congolais, l’euthanasie est un homicide et n’est pas considérée comme un
droit ou une liberté.
Dans les législations étrangères, notamment en France et en Belgique,
l’euthanasie est considérée comme un droit, sous le motif que l’acharnement
thérapeutique est inutile, surtout en cas de maladie incurable.
Au regard du serment d’Hippocrate, le médecin viole la disposition selon
laquelle qu’importe les circonstances, le médecin doit toujours soigner le
malade.
Selon la Cour Suprême des Etats-Unis, donnant son avis sur l’affaire Nancy
CRUZAN, le droit de vivre inclue également le droit de mourir et le droit à la
liberté inclue le droit de refuser de se faire administrer des médicaments (voir
Loi Leonetti).
MARCUS KAWAYA
24
Loi Leonetti
Il s’agit de la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de
vie. Elle porte le nom du député Jean Leonetti qui l’a proposée au vote du
Parlement, avec l’agrément explicite du gouvernement.
Le texte a pour objet d’éviter les pratiques d’euthanasie et d’empêcher
également l’acharnement thérapeutique (qualifié d’ «
obstination déraisonnable » dans le traitement des malades en fin de vie). Il
permet aussi au patient de demander, dans un cadre défini, l’arrêt d’un
traitement médical trop lourd. Cette volonté peut notamment être exprimée
par le biais de directives anticipées ou par le recours à une personne de
confiance. Dans le même temps, cette loi propose de développer les soins
palliatifs donnés aux patients en fin de vie, afin de prendre en compte leurs
souffrances.
b) La liberté de procréation
Q/ Le droit à la vie, dans son effectivité, rime-t-il avec la liberté consciente de
procréer ? Pouvons-nous voir dans le prolongement du droit à la vie le droit de
transmettre la vie ? Et que dire de celui qui refuse de transmettre la vie au nom de
sa liberté ?
La réponse passe par :
• Le contrôle de la procréation naturelle : il y a lieu de considérer la possibilité
de décider si et quand la vie sexuelle doit aboutir à la procréation. Cela
MARCUS KAWAYA
25
Tous ces mécanismes sont des atteintes à la procréation mais sont des
interdits justifiés par des besoins d’éthique génétique (éviter des retombées
sur les enfants).
Le développement des greffes conduit à la disposition des organes. Cette pratique est
admise dans notre société.
MARCUS KAWAYA
26
Cependant, les dons doivent être motivés par des raisons scientifiques ou médicales.
L’idée que le corps est inviolable doit être gardée à l’esprit.
Ainsi, seules les nécessités thérapeutiques doivent justifier cette atteinte à l’intégrité
physique, mais encore faut-il acquérir le consentement du donateur. Et ce don ne doit
pas être suivi de publicité.
Le prélèvement d’organes peut se faire sur une personne vivante mais seulement à
des fins thérapeutiques pour le receveur qui doit par ailleurs être un proche parent.
Ainsi, elle est l’expression de sa liberté, c’est un acte privé non incriminé. Néanmoins,
certaines ingérences sont admises pour limiter la liberté de résidence, afin de
protéger le droit de la famille et de prévenir les infractions pénales, de préserver la
santé ou encore la morale.
Dans ce cadre, la France a puni le racolage public ou alors réprimer aussi les clients
des prostitués.
MARCUS KAWAYA
27
Avec l’évolution de la modernité, il existe des atteintes par les écoutes téléphoniques, les
enregistrements, les photographies, etc.
Elle renvoie au domaine de la personne où il exprime son identité soit seule soit avec
d’autres personnes.
Deux éléments :
En droit congolais, l’intimité de la vie privée ne fait vraiment pas objet d’une
protection particulière. L’étude jurisprudentielle ferait l’objet d’un bon mémoire.
MARCUS KAWAYA
28
C. La liberté de circulation
1. La liberté de mouvement
Pour les nationaux, le problème ne se pose pas, mais pour les étrangers qui se
trouvent au Congo, la condition est la régularité de séjour.
Dans la Constitution, cela est prévu à l’article 30 : « Toute personne qui se trouve sur
le territoire national a le droit d’y circuler librement, d’y fixer sa résidence, de le
quitter et d’y revenir, dans les conditions fixées par la loi. Aucun Congolais ne peut
être ni expulsé du territoire de la République, ni être contraint à l’exil, ni être forcé à
habiter hors de sa résidence habituelle ».
Il existe un aménagement des droits des étrangers : le droit national prévoit des
mesures spécifiques relatives à l’accès par les étrangers à certaines zones,
notamment les zones minières, certains sites stratégiques, certains lieux ou
bâtiments…
MARCUS KAWAYA
29
2. La liberté de séjour
- Les conditions de séjour des étrangers en R.D.C. : ils sont soumis à la législation
congolaise durant tout le temps de son séjour. Dans l’exercice de sa profession,
l’étranger sera objet de certaines restrictions. Un étranger ne peut pas faire de
commerce en détails, un étranger ne peut pas exercer certaines professions,
notamment celle de fonctionnaire.
3. L’éloignement
L’Etat peut, pour des raisons évidentes ayant trait à sa souveraineté, prendre des
mesures d’éloignement des étrangers du territoire national.
MARCUS KAWAYA
30
D. Le droit à la non-discrimination
C’est une formulation négative du principe d’égalité, c’est-à-dire la non-discrimination
rime avec l’égalité.
En droit congolais, ce droit est prévu par l’article 13 de la Constitution qui stipule : « Aucun
Congolais ne peut, en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques ni en aucune
autre matière, faire l’objet d’une mesure discriminatoire, qu’elle résulte de la loi ou d’un
acte de l’exécutif, en raison de sa religion, de son origine familiale, de sa condition sociale,
de sa résidence, de ses opinions ou de ses convictions politiques, de son appartenance à
une race, à une ethnie, à une tribu, à une minorité culturelle ou linguistique. »
• Portée générale : on ne parle que des congolais dans cet article. Cela veut dire que les
seuls bénéficiaires de ce droit sont les congolais. Les étrangers sont donc exclus. C’est
une vision restrictive du droit de la non-discrimination.
Cela est rattrapé par l’article 2 du PIDCP : « Les Etats parties au présent Pacte
s’engagent à respecter et à garantir à tous les individus se trouvant sur leur territoire
et relevant de leur compétence les droits reconnus dans le présent Pacte, sans
distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion,
d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de
fortune, de naissance ou de toute autre situation. » et l’article 26 du même pacte : «
Toutes les personnes sont égales devant la loi et ont droit sans discrimination à une
égale protection de la loi. A cet égard, la loi doit interdire toute discrimination et
garantir à toutes les personnes une protection égale et efficace contre toute
discrimination, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion,
d’opinion politique et de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de
fortune, de naissance ou de toute autre situation. »
MARCUS KAWAYA
31
Ici on met l’accent sur le droit de sûreté. On comprend le concept de sûreté à travers
différents éléments :
- L’accusation, l’arrestation, la détention doivent se faire selon les modalités définies
par la loi
- Toute punition ne peut être infligée qu’en vertu d’une loi antérieure (nullum crimen,
nulla poena sine lege)
- Tout homme est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été prononcée par
le juge
Tous ces éléments consistent à lutter contre les arrestations arbitraires, contre les abus. Le
droit de sûreté ne peut se comprendre que dans le cadre des poursuites.
Les textes doivent être clairs afin que l’interprétation du juge soit stricte.
Cette garantie suppose également la libre comparution devant le tribunal. Ceci est
le principe, la détention préventive est l’exception (article 17). La détention
préventive s’effectue dans la crainte de la fuite de l’individu, pour protéger
l’individu contre le lynchage.
2) La garantie procédurale : l’accent est mis sur le fardeau de la preuve. A qui
incombe la charge de la preuve ? Le fardeau de la preuve incombe à l’accusateur.
Dans le même sens, le droit pénal veut à ce que s’il y a un doute, ceci profitera à
l’accusé.
MARCUS KAWAYA
33
2. Garanties procédurales
La première garantie est la publicité des audiences. Les audiences sont publiques par
souci de transparence et de pédagogie. Le huis clos est uniquement prononcé lorsqu’il
faut apaiser les différentes tensions sociales (article 20 de la Constitution).
MARCUS KAWAYA
34
public qu’en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques, l’accomplissement des rites et
l’état de vie religieuse, sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public, des bonnes mœurs
et des droits d’autrui. La loi fixe les modalités d’exercice de ces libertés.
Liberté d’opinion : Droit reconnu à tout individu d’adopter dans n’importe quel domaine
l’attitude intellectuelle de son choix. Il peut s’agir d’une pensée intime ou d’une prise
d’opinion publique. On lui reconnait le droit de penser et de dire ce qu’il croit être vrai. C’est
pourquoi on dit que la liberté d’opinion est un aspect de la liberté de l’esprit. Mais dans la
pratique, cette liberté cause un certain nombre de problèmes, car elle met en jeu des
intérêts contradictoires.
Toute opinion peut-elle faire face à la nature hiérarchique des rapports sociaux ?
Liberté de la foi (liberté religieuse) : c’est un aspect particulier de la liberté d’opinion. Elle est
incluse dans la liberté d’opinion mais en même temps, elle la dépasse.
- Première hypothèse : la liberté religieuse s’intègre dans la liberté d’opinion. Elle consiste
pour une personne de donner son adhésion intellectuelle à une religion, à la choisir
librement.
- Deuxième hypothèse : la liberté religieuse dépasse la liberté d’opinion. Pour que la foi
s’épanouisse, les églises doivent être totalement libres dans leurs activités.
- Fusion ou confusion entre l’Eglise et l’Etat : l’Eglise est l’Etat et vice-versa. La religion est
intégrée dans l’Etat, le souverain est désigné comme le commandeur des croyants. La
question est alors : dans ce type de formule, la foi religieuse, désignée sous la forme de
liberté religieuse, quid de ces personnes qui n’épousent pas la religion d’Etat ? Dans
cette formule, la liberté religieuse est garantie pour ceux qui embrassent la religion de
l’Etat. Pour les autres, la liberté religieuse n’est pas respectée.
- L’union entre l’Eglise et l’Etat : il s’agit de l’existence d’un rapport juridique entre l’Eglise
et l’Etat sur le plan du fonctionnement. Cela peut se traduire de deux manières :
o Soit par la reconnaissance par l’Etat des églises ou des religions o
Soit par la prééminence accordée à une religion
MARCUS KAWAYA
35
Dans cette formule, la liberté religieuse est respectée pour tout le monde, même s’il
existe une prééminence accordée à une religion. Ex. : En Angleterre, la religion d’Etat, la
religion mise en avant, c’est la religion anglicane. Toutefois, d’autres religions sont
acceptées.
- La séparation de l’Etat d’avec l’Eglise : L’Etat reconnait l’existence des religions mais
refuse d’entrer dans le fonctionnement des différentes églises ou religions. Il s’agit d’un
régime de tolérance. La liberté religieuse est garantie mais la crainte est que la tolérance
s’accompagne de l’absence de l’esprit critique de la part des églises.
Deuxième principe : liberté de l’enseignement. Cette liberté suppose que les établissements
publics et les établissements privés doivent respecter un programme établi par le Ministère
tant au niveau de l’enseignement primaire qu’au niveau de l’enseignement secondaire, tout
cela pour donner la même chance en termes de réussite, d’accès à l’université et à la vie
active.
La liberté de la presse ne doit pas être dissociée du droit aux supports de l’information
(presse écrite, par exemple). La liberté de la presse va de paire avec la liberté au commerce
et à l’industrie.
MARCUS KAWAYA
36
La fonction des droits politiques est de faire participer les citoyens à la gestion de la chose
publique.
Article 15 de la DUDH :
1. Tout individu a droit à une nationalité.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de
nationalité
L’expression « droit à la nationalité » semble être statique, figée. On doit chercher un concept
plus dynamique, plus vivant. D’où, on parlera non pas de droit à la nationalité mais de « droit
de la nationalité ».
Deux droits se dégagent ici : le droit à l’électorat d’une part et d’autre part, le droit à
l’éligibilité.
MARCUS KAWAYA
37
1. Le droit à l’électorat
C’est la faculté reconnue à chaque citoyen de participer, par son vote, à la désignation
de ses représentants.
En clair, c’est le droit de voter (article 25 du PIDCP).
Ce n’est pas n’importe qui qui est sensé voter. En R.D.C., certaines conditions doivent
être remplies :
- Etre de nationalité congolaise
- Avoir 18 ans révolus
- Ne pas avoir été pénalement condamné
- Ne pas être aliéné mentalement
2. Le droit à l’éligibilité
Il est lié au droit à l’électorat, bien que différent. Le droit à l’électorat n’inclue pas le
droit à l’éligibilité. Avoir le droit d’élire ne veut pas dire qu’on a rempli les conditions
pour être élu.
Le droit à l’éligibilité, c’est le droit reconnu à une personne de pouvoir concourir à une
fonction directive.
Article 72 : Nul ne peut être candidat à l’élection du Président de la République s’il ne
remplit les conditions ci-après :
1. posséder la nationalité congolaise d’origine ;
2. être âgé de 30 ans au moins ;
3. jouir de la plénitude de ses droits civils et politiques ;
4. ne pas se trouver dans un des cas d’exclusion prévus par la loi électorale.
Article 102 : Nul ne peut être candidat aux élections législatives s’il ne remplit les
conditions ci-après :
1. être Congolais ;
2. être âgé de 25 ans au moins ;
3. jouir de la plénitude de ses droits civils et politiques ;
4. ne pas se trouver dans un des cas d’exclusion prévus par la loi électorale.
B. La liberté partisane
Il s’agit de la participation des citoyens aux partis politiques.
Article 6 : Le pluralisme politique est reconnu en République Démocratique du Congo.
Tout Congolais jouissant de ses droits civils et politiques a le droit de créer un parti
politique ou de s’affilier à un parti de son choix.
Les partis politiques concourent à l’expression du suffrage, au renforcement de la
conscience nationale et à l’éducation civique. Ils se forment et exercent librement leurs
activités dans le respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs.
MARCUS KAWAYA
38
Les partis politiques sont tenus au respect des principes de démocratie pluraliste, d’unité
et de souveraineté nationales.
Les partis politiques peuvent recevoir de l’Etat des fonds publics destinés à financer leurs
campagnes électorales ou leurs activités, dans les conditions définies par la loi.
Ce sont des droits dont l’existence et l’effectivité ne peuvent se comprendre que comme
étant le prolongement des droits de nature politique. Seuls les nationaux peuvent se
prévaloir de ces droits.
La désobéissance civile est une nouvelle notion en droit congolais. Celui qui utilise contre
le peuple, au détriment du peuple, le pouvoir que le peuple lui a donné provoque une
certaine résistance de la part du peuple.
Article 28 : Nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal. Tout individu, tout
agent de l’Etat est délié du devoir d’obéissance, lorsque l’ordre reçu constitue une atteinte
manifeste au respect des droits de l’homme et des libertés publiques et des bonnes
mœurs. La preuve de l’illégalité manifeste de l’ordre incombe à la personne qui refuse de
l’exécuter.
Article 63 : Tout Congolais a le droit et le devoir sacré de défendre le pays et son intégrité
territoriale face à une menace ou à une agression extérieure. Un service militaire
obligatoire peut être instauré dans les conditions fixées par la loi. Toute autorité nationale,
MARCUS KAWAYA
39
Article 64 : Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus
qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la
présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel
constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’Etat. Elle est punie
conformément à la loi.
Dans l’article 63, on parle du droit de défendre la nation. Cela suppose une certaine
action. Or, la désobéissance civile consiste plus à une attitude passive.
C’est là que l’article 28 entre. Cet article parle du refus d’obéir à un ordre manifestement
illégal. Lorsqu’on obéit à un ordre illégal, on met en jeu sa propre responsabilité. On fait
intervenir ici le concept de la « baillonnette intelligente » : l’agent qui reçoit un ordre
illégal se trouve dans l’obligeance de refuser.
La pétition
Il s’agit d’une demande écrite adressée par une ou plusieurs personnes à une autorité
publique.
La pétition est un droit individuel voire même collectivement. La force d’une pétition
réside dans le fait de rassembler plusieurs signatures.
La question est : la pétition donne-t-elle à son destinataire l’obligation de réagir ?
Le droit d’asile
C’est un droit qui suppose le concours de deux Etats.
Par droit d’asile, on entend droit de refuge.
Dans cet article, on ne parle pas des congolais mais des étrangers qui ont fui leur pays ou
qui sont pourchassés.
MARCUS KAWAYA
40
Ces droits procurent à leurs titulaires un gain économique, qui procurent une certaine
richesse à leurs titulaires.
Ces droits sont dans la Constitution mais ils présentent une certaine particularité qui est
d’être programmatoire.
Pour bien comprendre ces droits, on doit essayer de les regrouper. D’où, nous allons parler
des droits économiques et des droits sociaux.
I. Droits économiques
Ici, nous allons mettre l’accent sur trois droits qui présentent la caractéristique de
procuration des biens économiques.
a) Le droit au développement
L’article 1er du PIDCP et l’article 1er du PIDESC. Ces articles sont identiques car ils
parlent tous deux du développement.
CQFR : Il s’agit d’un droit collectif, en même temps, C’est un droit carrefour. Il peut
être vu comme un droit à partir duquel tous les autres droits s’expriment. C’est un
droit qui permet l’exercice voire la jouissance d’autres droits. Du moment que le droit
au développement est garanti, ce droit doit se transformer, se matérialiser en d’autres
droits économiques comme le droit de la propriété, le droit à la libre entreprise. En
d’autres termes, la garantie du droit au développement implique la garantie d’autres
droits économiques et sociaux, civils et politiques également.
b) Le droit de la propriété
Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d’utilité publique et moyennant
une juste et préalable indemnité octroyée dans les conditions fixées par la loi. Nul ne
peut être saisi en ses biens qu’en vertu d’une décision prise par une autorité judiciaire
compétente.
Sur le plan des droits de l’homme, la propriété est protégée contre toute possession
illégale. Le code pénal interdit toute atteinte à la propriété.
Article 35 : L’Etat garantit le droit à l’initiative privée tant aux nationaux qu’aux
étrangers. Il encourage l’exercice du petit commerce, de l’art et de l’artisanat par les
Congolais et veille à la protection et à la promotion de l’expertise et des compétences
nationales. La loi fixe les modalités d’exercice de ce droit.
Pour que la liberté d’entreprise soit effective, il faut protéger le droit de la propriété
et qu’il y ait séparation des pouvoirs.
MARCUS KAWAYA
42
MARCUS KAWAYA