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Guide Grandes Cultures

Ce guide technique national sur les grandes cultures biologiques vise à fournir des conseils pratiques aux agriculteurs et techniciens sur les principes agronomiques essentiels pour réussir en agriculture biologique. Il aborde des thématiques telles que la rotation des cultures, la gestion des adventices et la fertilité des sols, tout en présentant des fiches techniques sur les principales cultures biologiques en France. L'objectif est d'accompagner les agriculteurs dans l'optimisation de leurs pratiques et la pérennisation de leurs systèmes de production.

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Guide Grandes Cultures

Ce guide technique national sur les grandes cultures biologiques vise à fournir des conseils pratiques aux agriculteurs et techniciens sur les principes agronomiques essentiels pour réussir en agriculture biologique. Il aborde des thématiques telles que la rotation des cultures, la gestion des adventices et la fertilité des sols, tout en présentant des fiches techniques sur les principales cultures biologiques en France. L'objectif est d'accompagner les agriculteurs dans l'optimisation de leurs pratiques et la pérennisation de leurs systèmes de production.

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Grandes cultures biologiques

LES CLÉS DE LA RÉUSSITE


Guide technique réalisé par le réseau agriculture
biologique des Chambres d'agriculture
Crédit : Amandine Guimas/Chambre d'agriculture de l'Orne
EDITO

Nous sommes heureux de pouvoir proposer aux agriculteurs, techniciens,


conseillers ainsi qu’à tous ceux qui s’intéressent à un mode de production
alternatif, cette 1ère édition du guide technique national des grandes cultures
biologiques.

Le réseau des Chambres d’agriculture est engagé depuis de nombreuses


années pour le développement de l’agriculture biologique notamment à travers
l’accompagnement des producteurs et la mise en place d’expérimentations,
Claude Cochonneau, l’identification d’innovations pour de nouvelles solutions techniques et la
Président des Chambres d’agriculture France (APCA)
production de références consolidées. De cette antériorité, et de la volonté du
réseau d’experts en agriculture biologique de capitaliser sur leurs savoirs et
savoir-faire pour les rendre accessibles à tous, est né ce guide.

Nous vous proposons tout d’abord de revenir en détails sur les principes
agronomiques qui constituent les fondamentaux de la production agricole,
quel que soit le mode de conduite. La rotation, les associations de cultures,
les moyens préventifs pour la maîtrise des adventices sont autant de leviers
indispensables à mettre en œuvre pour pérenniser les systèmes agricoles,
et notamment biologiques. Vous y trouverez ensuite des fiches «cultures»,
Etienne Gangneron, présentant les itinéraires techniques en mode de production biologique des
Elu référent Agriculture biologique des Chambres
d’agriculture France (APCA) principales grandes cultures produites en France.

Ce guide permettra de mieux accompagner les agriculteurs dans la réussite de


leur projet et dans leurs challenges techniques.

Alain Lecat,
Animateur référent national Grandes cultures
biologiques des Chambres d’agriculture France (APCA)
Fiches thématiques
SOMMAIRE

• Rotation de cultures
• Gestion des adventices
• Gestion de la fertilité des sols - Fertilisation
• Travail du sol
• Couverts d’interculture
• Associations de culture

Fiches cultures
• Association triticale/pois fourrager
• Avoine
• Blé tendre d’hiver
• Blé tendre de printemps
• Chanvre
• Colza
• Féverole d'hiver et de printemps
• Grand épeautre
• Lupin
• Luzerne
• Maïs
• Orge
• Pois protéagineux d’hiver et de printemps
• Sarrasin
• Soja
• Tournesol
• Triticale

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 3


• Rotation de cultures
FICHES THÉMATIQUES

• Gestion des adventices

• Gestion de la fertilité des sols - Fertilisation

• Travail du sol

• Couverts d’interculture

• Association de cultures

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 4


ROTATION
DE CULTURES
La rotation est définie comme une succession de différentes cultures
sur plusieurs années dans la même parcelle. Le cahier des charges
Agriculture biologique européen insiste sur l’intérêt de ces rotations
ROTATION DE CULTURES

avec l’article 12 qui stipule que “la fertilité et l’activité biologique du sol
sont préservées et augmentées par la rotation pluriannuelle des cultures”.
Il y est également précisé que la préservation de la santé des végétaux
sera entre autres réalisée par une rotation appropriée des cultures et
le choix d’espèces et de variétés appropriées et résistantes aux nuisibles et
aux maladies.

(Règlement (CE), n°834/2007 du conseil du 28 juin 2007 relatif à la production


biologique et à l’étiquetage des produits biologiques)

PRINCIPES DE BASE D’UNE ROTATION

OBJECTIFS AGRONOMIQUES

ALTERNER...

... ...
... légumineuses cultures
... implanter respecter
modes et cultures “salissantes”/ éviter
cultures de des engrais les délais
de semis exigeantes “nettoyantes”/ les sols
printemps verts dès que de retour
et de travail en éléments plantes et d’hiver nus
possible des cultures
du sol fertilisants “étouffantes”/
majeurs sarclées

Maladies/
+ + + + 0 ++ 0
Ravageurs

Adventices ++ 0 ++ ++ + + +

Structure
du sol/ + + ++ 0 ++ 0 ++
érosion
Ressources
minérales/ + ++ ++ + ++ + +
Matière
organique

Les objectifs d’une rotation sont aussi une sécurisation économique de l’exploitation ainsi qu’une meilleure
répartition de la charge de travail au cours de l’année.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 5


TEMPS DE RETOUR

DÉLAI DE RETOUR CONSEILLÉ


CULTURE RAISONS MAJEURES
ROTATION DE CULTURES

SUR LA PARCELLE

Maladies du pied : piétin verse, piétin échaudage, fusarium,


Blé tendre, blé dur 2
nématodes, carie

Orge d’hiver 3 Helminthosporiose, rhynchosporiose

Orge de printemps 2 Moins sensible que le blé ou l’orge d’hiver aux maladies du pied

Seigle 3 Ergot

Triticale 2 Piétin verse

Avoine 4 Nématodes

Anthracnose, sclérotinia : différentes maladies des racines


Pois* 5
dont fusarium, phoma, aphanomyces

Féverole 5 Botrytis, sclérotinia, anthracnose

Soja 4 Sclérotinia

Colza 3 Phoma, sclérotinia, hernie

Maïs grain 3 -

Lupin 4 -

Tournesol 5 Sclérotinia

Lin graine et lin fibre 6 Anthracnose

(Viaux 1999)

* Il s’agit ici du pois protéagineux. Par la suite, quand on parlera du pois, il s’agira du pois protéagineux.

(Chambre d’Agriculture de Bretagne 2014)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 6


CONSTRUIRE UNE ROTATION

Tête de rotation Fin de rotation


ROTATION DE CULTURES

Objectifs Il s’agit d’espèces rustiques, concurrentielles vis-à-vis


• Régénérer les sols en éléments fertilisants. des adventices et peu exigeantes en éléments nutritifs.
• Réduire la pression des adventices.
• Réduire la pression des maladies inféodées Ex : avoine, seigle, association céréales-protéagineux,
à la parcelle. sarrasin.

Il peut s’agir de luzerne, de prairies temporaires ou en- NB : il s’agit ici d’une construction théorique de rota-
core de plantes sarclées (par exemple soja, légumes, tion. Il est donc important de noter que cela ne s’ap-
tournesol, maïs). plique pas à toutes les rotations. On peut prendre à la
place l’exemple des rotations courtes sur 3 ans.
Corps de rotation
Ex : maïs/soja/blé.
Premières cultures ou premières pailles.
(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)
Il s’agit de cultures qui sont là pour profiter de l’azote
disponible et du faible enherbement.
EXEMPLES DE ROTATION
Ex : blé/triticale, blé/orge ou avoine de printemps.

Relais de rotation
Nord-Est
Nord-Ouest
Objectifs
• Gérer les éléments fertilisants (apports d’azote) : il
s’agit de protéagineux à graines comme le pois, la fé-
verole, la lentille ou le soja.
• Gérer le désherbage : dans les rotations avec une ma-
jorité de cultures de printemps, on insère des cultures
d’hiver, et inversement dans les rotations avec une
majorité de cultures d’hiver, on insère des cultures de
Sud-Ouest
printemps (sarclées).

Troisième paille

Objectifs
• Valoriser le regain de fertilité azotée.
• Maîtriser l’enherbement par l’alternance de périodes
de semis, printemps comme automne.
Sud-Est

Ex : blé d’hiver ou de printemps, plante binée, méteil.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 7


NORD-EST

Luzerne
(2 ans) Légumineuse Blé

Orge,
ROTATION DE CULTURES

triticale Blé
ou avoine Céréales Céréales
NORD-EST secondaires NORD-EST secondaires
ou maïs

Blé
ou maïs Soja Blé Légumineuse

Le maïs et le blé sont ici insérés pour leur rentabilité. Les cultures fourragères ne sont ici pas présentes car
difficiles à favoriser. On peut y observer un problème
Luzerne d’apparition des vivaces.
ou trèfle Blé
(2 ans)

Prairie
Blé Épeautre temporaire
X5

NORD-EST

Pois de Pois de Mélanges


printemps printemps céréales NORD-EST Triticale
de printemps

Tournesol Blé

Pois de
protéagineux
Ces cultures sont très dépendantes de la demande.

Culture
Ces rotations sont plus dépendantes en ce qui concerne
sarclée les apports de matières organiques, mais elles sont aussi
plus sensibles au salissement.
Triticale
ou avoine Céréales
(blé, épeautre,
d’hiver ou triticale)
de printemps
NORD-EST

Blé Féverole

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 8


NORD-OUEST

Prairies
temporaires
(2 à 3 ans)
Orge Prairies
de printemps Blé
temporaires
(3 ans)
ROTATION DE CULTURES

Blé Maïs grain Association


céréales Maïs
protéagineux
NORD-OUEST
NORD-OUEST
Lupin Association
céréales
de printemps protéagineux

Association
céréales Féverole
protéagineux ou
d'hiver Blé Féverole
céréales
secondaires
Blé

Les cultures sont ici principalement destinées à l’auto-


Les cultures spécialisées comme le sarrasin, l’épeautre consommation.
ou le seigle sont en général réalisées sous contrat.

Maïs

Orge
Féverole de printemps,
de printemps
NORD-OUEST sarrasin
ou chanvre

Céréales Vallons de Volvestre


d’hiver Crédit : Azama C./Chambre d'agriculture du Roussillon

Cette rotation est pratiquée quand il n’y a pas de débou-


chés de cultures fourragères. Des problèmes d’enherbe-
ment et d’infertilité peuvent apparaître.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 9


SUD-OUEST

Féverole Blé Blé


ROTATION DE CULTURES

Féverole Tournesol/
ou lentille SUD-OUEST maïs
ou soja Tournesol SUD-OUEST Tournesol

Tournesol Blé

Céréales

Il n’y a pas de débouchés pour les cultures fourragères


dans les territoires où est pratiqué ce type de rotation. Les
apports de matières organiques nécessaires sont beau-
Soja
coup plus fréquents.
Le maïs, le soja et le triticale sont largement utilisés sur
les sols irrigués.

Pois
Luzerne ou triticale
SUD-OUEST Soja
(2 à 3 ans)

Orge Blé
Maïs
SUD-OUEST

Maïs
Lentille Tournesol
Orge Tournesol

Pois Blé
Ces rotations sont en général pratiquées dans des sols
moyennement profonds et non irrigués.
SUD-OUEST

Blé Féverole
d’hiver

Avoine Blé
nue
Pois

Ces rotations sont en général sur des terres profondes


et/ou irriguées.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 10


SUD-OUEST (suite) SUD-EST

Rotation courte (2 à 3 ans) En système irrigué :

Maïs
Soja
ROTATION DE CULTURES

SUD-OUEST SUD-EST

Blé Soja
Soja Blé tendre
ou maïs

Rotation moyenne (4 à 5 ans)

Maïs

Féverole

Blé Soja

SUD-EST

Orge/épeautre SUD-OUEST Blé

Tournesol Blé

Tournesol

En sec :

Rotation longue durée (5 à 8 ans)


Luzerne
(3 ans)
Soja Blé

Tournesol Soja
Tournesol SUD-EST Blé

SUD-OUEST

Grand
épeautre Pois/Vesce

Blé

Soja Blé

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 11


ROTATION DE CULTURES

PRÉCÉDENT
CULTURAL ORGE ORGE DE AVOINE AVOINE DE POIS FÉVEROLE FÉVEROLE DE
BLÉ TRITICALE MAÏS PRAIRIE COLZA TOURNESOL CHANVRE LIN MALADIES
CULTURE D’HIVER PRINTEMPS D’HIVER PRINTEMPS PROTÉAGINEUX D’HIVER PRINTEMPS
■ Très bon

ENVISAGÉE

Piétin verse, piétin


Blé X X X X X X échaudage, fusariose
■ Bon

après maïs

Triticale X X X X X X Piétin verse

Orge d’hiver X X X X X X
■ Moyen

Piétin verse
Orge de
printemps
X X X X X X X X X X

Avoine d’hiver X X X X X X

Avoine
de printemps
X X X X X X X X X X X

Charbon des inflorescences,


Maïs X X X X X X X X X X X
helmintosporiose
■ Mauvais ou à éviter

Prairie

Colza Sclérotinia, phoma, hernie

Mildiou, sclérotinia,
Tournesol
phomopsis, phoma
■ Très mauvais

Anthracnose, pourriture
Pois du pied et des racines
protéagineux
X X X X X X X X X X X
Botrytis, sclérotinia,
anthracnose
Féverole
d’hiver Botrytis, sclérotinia,
Féverole anthracnose
de printemps
X X X X X X X X X

Chanvre X X X X X X X X X X X Pythium, botrytis

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite


Lin X X X X X X X X X Fusariose

12
■ Impossible (problème de calendrier)

Chambre d'agriculture de Bretagne d'après Viau P., et Agroscope


GESTION
DES ADVENTICES
En agriculture biologique, les adventices sont un des bioagresseurs
majeurs. Leur gestion est donc un point clef de la production. Il est donc
important d’établir un diagnostic précis de la flore adventice présente et des
GESTION DES ADVENTICES

risques de développement ainsi que de privilégier une gestion préventive.

Adventices les plus citées par les agriculteurs biologiques


et avis sur leur évolution dans le temps
100

90

80

70

60

50

40

30

20

10

0
ex

ine

ve

in

ot

te

ce

nic
ne
as
air
od


do

lp

lic

an
m

an

Pa
o

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Ch

én

Re
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Am
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e
lle

Ra
rd
M
Ch

tc
Fo

ta

vo
ou

Pa
M

■ Sans réponse ■ Diminue ■ Stagne ■ Augmente (Fontaine et al. 2013)

ÉTABLIR UN DIAGNOSTIC SUR LES ADVENTICES PRÉSENTES DANS MA PARCELLE

Pour pouvoir adapter sa stratégie de désherbage il Nuisibilité directe


est important de connaitre le fonctionnement de sa • Compétition sur la culture pour les différents élé-
flore adventice. ments nutritifs, allélopathie et donc perte de ren-
dement.
NUISIBILITÉ DES ADVENTICES • Maintien de l’humidité après récolte, impuretés et
altération de la qualité.
(Chambre d’Agriculture du Rhônes-Alpes 2012) • Difficultés de récolte (gêne mécanique) et aug-
mentation du temps de travail.
Avant de commencer tout désherbage, il est néces-
saire de se poser la question, est-il vraiment utile de Nuisibilité indirecte
désherber ? • Plantes relais pour les ravageurs et les maladies
ainsi que dégradation de l’état sanitaire.
• Production de graines et re-salissement de la par-
celle risque de (fragiliser) la maîtrise des adven-
tices à l’échelle de la rotation.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 13


Nuisibilité des adventices majoritairement rencontrées

NUISIBILITÉ DIRECTE
ESPÈCES NUISIBILITÉ INDIRECTE
(NOMBRE PIEDS/M2 SUFFISANTS POUR FAIRE
D’ADVENTICE (NOMBRE DE GRAINES/PIED)
CHUTER LE RENDEMENT DU BLÉ DE 5 %)
GESTION DES ADVENTICES

Gaillet 1,8 50 à 3 000

1
Folle avoine 5,3 500 à 2 000

Coquelicot 22 50 000 à 200 000

Matricaire 22 30 000 à 100 000

2 Ray-grass 25 3 000 à 20 000

Vulpin 26 1 500 à 10 000

Véronique de Perse 26 1 500 à 8 000

Véronique à feuille de lierre 44 200 à 2 000

Lamier 44 2 000 à 6 000

3 Myosotis 66 500 à 5 000

Pensée 133 7 000 à 20 000

Alchémille 133 5 000 à +++

(d’après A. Rodriguez-ACTA)

• Espèces bisannuelles et pluri-annuelles : elles sur-


BIOLOGIE DES ADVENTICES vivent une ou plusieurs années mais finissent par dis-
paraitre après plusieurs cycles de grenaison (carotte
Types d’adventices sauvage, rumex crépu, armoise vulgaire, etc).
et leurs modes de reproduction
• Espèces vivaces : elles sont “éternelles” et leur mode
•E
 spèces annuelles : leur cycle de vie est inférieur à de reproduction est souvent mixte : production de
une année, et elles se reproduisent exclusivement par graines et multiplication végétative.
graine (chénopode blanc, coquelicot, folle-avoine, etc).

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 14


Période de levée des adventices

ESPÈCES
ESPÈCES
À GERMINATION ESPÈCES ESPÈCES
À GERMINATION PRINTANIÈRE
AUTOMNALE À GERMINATION À GERMINATION
GESTION DES ADVENTICES

PRÉFÉRENTIELLE OU HIVERNALE INDIFFÉRENTE


PRÉ-PRINTANIÈRE STRICTE PROLONGÉE

• Folle avoine • Miroir de Vénus • Folle avoine • Arrochée étalée • Pâturin commun
* Avenae fatua • Coquelicot *Avenae fatua • Renouée persicaire • Pâturin annuel
pour partie • Alchémille des champs pour partie • Mouron des champs • Ray-grass
* Avenae sterilis • Pensées • Renouée des oiseaux • Linaires • Stellaire intermédiaire
se ludoviciana • Renoncule des champs • Renouée liseron • Véronique de Perse
• Vulpin des champs • Véronique à feuille • Rumex
• Brome stérile de lierre • Sanve
• Gaillet gratteron • Matricaires
• Peigne de Vénus • Ravenelle
• Géraniums

(Ludovic Bonnin 2007)

(Chambre d’Agriculture de Midi-Pyrénées 2004)

LA PROFONDEUR DE GERMINATION DURÉE DE VIE DU STOCK SEMENCIER

La majorité des semences germe dans les 5 premiers Le taux annuel de décroissance (TAD) indique l’évolution
centimètres du sol. Il existe cependant des espèces ca- potentielle de la viabilité des graines d’adventices dans
pables de germer bien plus en profondeur, telles que la le sol. Chaque année, le nombre de semences viables
folle avoine ou le vulpin des champs. diminue proportionnellement à la valeur du TAD.

La profondeur de germination augmente (Chambre d’Agriculture de Midi-Pyrénées 2004)


avec la taille des semences
Le labour est très efficace sur les adventices à fort TAD.
En revanche plus le TAD va diminuer, moins le labour
va être efficace sur ces adventices, jusqu’à devenir nul
lorsque le TAD descend en dessous de 50 %.

(d’après H.A. Roberts)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 15


NORMALEMENT
CULTIVÉ ET SANS
T.A.D SEMENCIER EXEMPLE
RENOUVELLEMENT DE STOCK
(DÉSHERBAGE À 100 %)
GESTION DES ADVENTICES

Disparition quasi-totale du stock


T.A.D proche de 100 % Stock semencier éphémère Bromes...
en une année

Disparition quasi-totale du stock


T.A.D compris entre 70 et 85 % Stock semencier transitoire Vulpins, folles avoines, Gaillet...
après 3 à 5 ans

Stock semencier moyennement Disparition quasi-totale du stock


T.A.D proche de 50 % Pensée, Coquelicot...
persistant après 7 à 8 ans

Encore 50 % du stock après


T.A.D compris entre 10 et 30 % Stock semencier persistant Mouron des champs, Rumex...
7 à 9 ans

Cas particulier de la gestion des vivaces Cas particulier

Trois règles s’imposent : être patient, privilégier les rota- • Laiteron : malgré son système racinaire superficiel, la
tions longues intégrant des prairies de fauche et bannir stratégie d’extraction est à éviter sur cette espèce, car
les outils à disques. les racines de laiteron se fragmentent facilement et il
est difficile de les extraire du sol.
Il existe deux stratégies de lutte contre les vivaces : • Rumex : la stratégie d’épuisement est applicable uni-
• la stratégie d’épuisement consiste à épuiser progres- quement par des fauches répétées. Les deux straté-
sivement les réserves racinaires, via la destruction des gies sont à employer avec prudence, car il faut veiller à
parties aériennes ou la fragmentation des racines, ne pas fragmenter la racine du rumex.
• la stratégie d’extraction consiste quant à elle à frag-
menter et à sortir les rhizomes du sol, puis à les expor- (Agro Transfert Ressources et Territoires 2014)

ter et les laisser sécher.


RUMEX
STRATÉGIES ÉPUISEMENT EXTRACTION
LEVIERS PRÉCONISATIONS

Chardon Oui Non • Limiter les prairies temporaires


• Choisir des cultures d’été
pour réaliser un désherbage
Chiendent Oui Oui Rotation mécanique en interculture
• Choisir des cultures étouffantes
(ex : sarrasin, mélanges céréaliers,
Laiteron Oui Non ray-grass d’Italie)

• Choisir des outils pour faire


remonter en surfaces les racines
Rumex Oui Oui Inter-culture
du rumex qui vont ensuite
se dessécher au soleil

Désherbage
• Bineuse
mécanique

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 16


CHARDON DES CHAMPS Effet de la rotation sur la densité des adventices

LEVIERS PRÉCONISATIONS 160


142 ■ Pl/m2
140
• Favoriser les cultures étouffantes
GESTION DES ADVENTICES

120
(avoine, vesce-avoine) 100
Rotation • La luzerne sur 3-4 ans avec fauches 80
et les praires multi-espèces montrent 66
60
des résultats satisfaisants. 37 35
40
• Déchaumages successifs 20
après moisson 0
3 4 5 6
• Intervention de printemps niveau
Inter-culture Nombre de cultures dans la rotation
des réserves du chardon faibles
Christophe DAVID, ISARA de Lyon
si les conditions le permettent
• Décompactage
La mise en place d’engrais verts peut être intéressante
• Binage au stade 10-12 feuilles
dans certaines situations où ceux-ci s’avèrent concur-
pour les cultures d’été efficace
Désherbage rentiels vis-à-vis des adventices. Par contre, ils limitent la
à long terme
mécanique réalisation de déchaumages.
• Lutte manuelle + écimage effet
significatif au bout de 10-15 ans
(Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne 2015)

GESTION PRÉVENTIVE Travail du sol

Limiter la dissémination, ceci passe par : Le labour


• le tri et le nettoyage des graines ou l’utilisation de se-
mences certifiées, Le labour favorise l’enfouissement des graines à une
• le compostage qui détruit les graines d’adventices par profondeur où elles ne pourront plus germer et permet
élévation de température, aussi la destruction des plantules. Toutefois le labour
• l’achat de paille propre, ce qui est important si le fumier peut aussi remonter des graines situées en profondeur.
ne fait pas l’objet d’un compostage, L’alternance de labour/non labour s’avère pertinente à
• l’entretien des fossés et des bordures de champs, mettre en place dans la rotation en fonction des adven-
• le nettoyage des outils et de la moissonneuse entre les tices présentes.
parcelles.
(Chambre d’Agriculture de Drôme 2016)
(Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire 2003)
Contrôle des adventices
LES PILIERS DU DÉSHERBAGE 6
Biomasse d’adventices ent/ ha

Site : ISARA Lyon


b Sol : sablo-limoneux
5
La rotation Climat : Rhône Alpin
4

Le choix de la rotation est primordial dans la stratégie de 3


b
lutte contre les adventices. L’élaboration d’une rotation 2
en grandes cultures biologiques s’appuie sur plusieurs 1
a a a a
grands principes : augmenter le nombre de cultures et de
0
familles avec des caractéristiques différentes, créer une 2005 maïs 2006 soja 2007 blé d’hiver
alternance avec des cultures nettoyantes/salissantes, Semis direct sous couvert
cultures annuelles/pluriannuelles, cultures automne/
printemps mais aussi de plantes sarclées/céréales ou ■ Labour traditionnel ■ Travail très superficiel
prairies.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 17


TAD Sotck semencier Effet d’un labour

Brôme stérile Disparition quasi-totale


Stock éphémère
GESTION DES ADVENTICES

100 % Folle avoine du stock en une année

Vulpin, Brôme des champs, Disparition quasi-totale


75 % Stock transitoire
Ray-grass, PSD, gaillet du stock après 3 à 5 ans

Ambroisie,Matricaire,
Géranium, Véronique,
Pensée, Stellaire, Disparition quasi-totale
50 % Stock moyennement
Paturin, Annuel, du stock après 7à 8 ans
à assez persistant
Chénopode, Amarrante,
Sanve, Renouée,
Éthuse

Mouron des champs, Encore 50 % du stock


10 % Stock persistant
Rumex après 7 à 9 ans

(Chambre d’Agriculture de Drôme 2016) Nombre de plantes levées par m2


en fonction du nombre de déchaumages
Le labour est un levier efficace sur des adventices avec superficiels avant blé tendre
des taux annuels de décroissance importants, comme le
Essai CA 37
brôme qui a un TAD de 100 %. 30
27
En revanche sur des adventices ayant des taux annuels
25
de décroissance faibles (rumex, pâturin) et/ou des pro-
fondeurs de germination élevées (folle avoine), ce levier 20 18
16 17
va montrer une moindre efficacité. 15
15
10
Technique du faux semis 10

5
Il s’agit de réduire le stock de graines d’adventices avant
0
l’implantation de la culture en favorisant leur levée. Pour Vulpin Géraniums Gaillets
cela, on décale la mise en place et le développement
de la culture par rapport à celui des adventices. Le faux ■ 1 déchaumage superficiel ■ 2 déchaumages superficiels
semis est réalisé à l’automne pour les céréales à paille
ou au printemps, pour des cultures telles que le maïs, le (Chambre d’Agriculture du Centre Val-de-Loire 2013)
tournesol, le soja ou encore le sorgho.
La technique du faux semis est efficace sur des espèces
La réalisation s’effectue en deux étapes : annuelles, qui ne repoussent pas tous les ans et se re-
1°) travailler le sol de manière à créer un lit de semence produisent principalement par graines. Ces adventices
favorable à la germination des adventices, ont aussi un TAD faible (moyennement persistant), il est
2°) d ès que le sol a reverdi, intervenir mécaniquement inutile donc d’enfouir leurs semences. C’est le cas d’es-
pour détruire les jeunes plantules d’adventices et en pèces comme la pensée, le coquelicot ou le chénopode
remettre en germination. Selon le niveau de salisse- blanc.
ment de la parcelle, il est possible de faire plusieurs
faux-semis.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 18


Déchaumage ITINÉRAIRE TECHNIQUE/PRATIQUE
CULTURALES À LA PARCELLE
Le déchaumage est une technique culturale consistant
en un travail superficiel du sol qui intervient après la mois- Bonne implantation de la culture
GESTION DES ADVENTICES

son. Il est préférable d’intervenir suffisamment tôt après


la récolte pour profiter de la fraîcheur du sol. Le retard de la date de semis permet d’avoir une levée
de la culture en décalé par rapport à la levée des adven-
Les objectifs du déchaumage sont : tices. Cependant, il est important de ne pas trop décaler
• enfouir les chaumes et les résidus de paille afin de la date de semis car les conditions climatiques humides
favoriser leur décomposition, en automne peuvent nuire à la bonne conduite du semis
• détruire les adventices présentes, de la culture (et le cycle de la culture suivant la variété
• faire germer les graines de la culture récoltée pour choisie).
limiter les repousses dans la culture suivante,
• faire germer les graines d’adventices qui seront Exemple : le vulpin a une période de germination relati-
détruites par la suite, vement regroupée qui s’étend d’octobre à avril.
• favoriser la vie microbienne du sol.
Densité de vulpin/m2
LES CULTURES INTERMÉDIAIRES
1 400 1 289
Les couverts végétaux sont également utilisés dans 1 200
la gestion des adventices grâce au pouvoir couvrant 967
1 000
et à la croissance rapide de certaines espèces qui les 800
composent. L’implantation de couverts végétaux en
600
interculture peut avoir un effet positif sur la gestion de 436
369
l’enherbement, en concurrençant le développement des 400

mauvaises herbes dans la parcelle. 200


0
(Chambre d’Agriculture du Rhônes-Alpes 2012) Labour Non-labour

■ Semis précoce ■ Semis tardif


Impact de différents couverts d’interculture
sur le salissement (Arvalis Institut du Végétal 2015)

120
Nombre adventices et repousses par m2

Sol nu La densité et l’écartement du semis doivent être réflé-


100
chis par rapport au désherbage mécanique. En effet, la
80 Plus la production
herse étrille peut détruire certains pieds, elle induit donc
Vesce du couvert est importante, une augmentation de la densité de semis. La mise en
60 moins les adventices
se développent. place d’un binage nécessite un écartement minimum de
40 20 à 30 cm.
Moutarde
20 Phacélie
Radis
0
1 2 3 4 5 6
-20
Biomasse de couvert (tMS/ha)

(Arvalis Institut du Végétal, Terres Inovia, et Unilet 2016)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 19


Effet de l’écartement des lignes de blé sur la densité d’adventices

PÂTURIN ANNUEL RAY-GRASS PANIC P. DE C. RENOUÉE DES OIS. STELLAIRE INTERM. CHÉNOP. BLANC
PLANTE/M2 PLANTE/M2 PLANTE/M2 PLANTE/M2 PLANTE/M2 PLANTE/M2

8 cm (450 gr/m2) 0 0 0 8 6 5
GESTION DES ADVENTICES

35 cm (400gr/m2) 18 8 7 5 21 10

Source : Essai ITCF-92-93


Espèces/variétés concurrentielles

Les espèces et variétés choisies doivent avoir une bonne Faire jouer le pouvoir concurrentiel de la culture via
germination, une croissance rapide, ainsi qu’un fort l’intermédiaire de l’implantation de couvert, de la
pouvoir couvrant (hauteur et port étalé) pour être com- densité de semis, etc, par rapport aux adventices est
pétitives vis-à-vis des adventices. La tolérance (port et efficace vis-à-vis des espèces d’adventices vivaces,
retombée des feuilles, enracinement) au désherbage mé- qui repoussent tous les ans.
canique est également un plus. Il faut aussi jouer sur la date de semis afin de per-
mettre à la culture de se développer avant les ad-
Classement des cultures selon leur pouvoir ventices.
de compétition vis-à-vis des adventices
(avec ou sans binage) Raisonnement de la fertilisation azotée

POUVOIR Il est important d’avoir une situation azotée qui permette


POUVOIR
CONCURRENTIEL le bon développement de la culture. En ce qui concerne
CONCURRENTIEL
“NATUREL”
DES CULTURES les apports, ceux réalisés au printemps sont favorables
DES CULTURES
SARCLÉES BINÉES au développement des adventices.
(SANS DÉSHERBAGE)
Cultures • Luzerne* • Féverole Triticale
nettoyantes GESTION CURATIVE
• Prairie temporaire • Orge de printemps
• Trèfle* • Tournesol
• Vesce* • Colza ATOUTS ET CONDITIONS DE RÉUSSITE
• Sarrasin* • Soja DU MÉCANIQUE
• Seigle* • Maïs
• Avoine* • Blé
• Association céréales • Pomme de terre Un bon désherbage va dépendre des conditions pédo-
+ légumineuses climatiques, mais aussi des stades de développement
• Pois fourrager de la culture et des adventices.
• Triticale
• Orge de printemps
Les principaux facteurs de réussite sont :
• Féverole • Betterave • préparer le sol : sol plat et régulier, sans cailloux et
• Épeautre mottes,
• Lentilles
• réaliser de faux semis en amont,
• Blé* • favoriser une levée rapide et homogène de la culture
• Tournesol pour augmenter son pouvoir concurrentiel,
• Colza
• ajuster la profondeur de semis, en effet, pour la herse
• Soja
• Maïs étrille et la houe rotative. En effet, si l’on prévoit des
• Pois protéagineux passages à l’aveugle, il faut semer plus profond, ce
de printemps qui permet également de pouvoir désherber jusqu’au
• Lupin
Cultures stade 1 ou 2 feuilles,
• Betterave
salissantes • Pomme de terre • accroître la densité de semis pour anticiper les pertes
(+10 %),
Référence Île-de-France (Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne),
à adapter pour d’autres régions. • intervenir en conditions optimales (cf ci-dessous).
* Cultures présentant des propriétés allelopathiques avérées, plus ou moins
importantes. (ITAB 2012)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 20


Conditions pédo-climatiques

Efficacité des trois principaux outils de désherbage mécanique en fonction de l’humidité du sol
GESTION DES ADVENTICES

NIVEAU D’HUMIDITÉ DU SOL HERSE ÉTRILLE HOUE ROTATIVE BINEUSE

Collant

Non adhérent

Frais

Ressuyé

Sec

Efficacité des trois principaux outils de désherbage mécanique en fonction du type de sol

TYPE DE SOL HERSE ÉTRILLE HOUE ROTATIVE BINEUSE

Petites terres à cailloux

Sols argileux

Limons battants hydromorphes

Argilo-limoneux à silex

Limons/terres blanches

Sols de vallées/sables

■ Efficacité bonne ou passage possible ■ Efficacité moyenne à faible ou passage envisageable


■ Efficacité moyenne à acceptable ■ Efficacité insuffisante ou passage impossible

(Chambre d’Agriculture de Champagne-Ardenne 2016)

Les conditions de météo idéales sont du vent et du soleil quelques heures après le passage des outils pour favoriser le
dessèchement des adventices.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 21


Les possibilités de désherbage mécanique selon les conditions climatiques

POSSIBILITÉ DE DÉSHERBAGE MÉCANIQUE


CONDITIONS CLIMATIQUES
APRÈS INTERVENTION
CULTURE D’HIVER CULTURE DE PRINTEMPS
GESTION DES ADVENTICES

Périodes de gels dans les 2 à 3 jours Pas de gel en principe sur culture
Éviter le désherbage mécanique
suivant l’intervention de printemps

Conditions peu poussantes avec


de faibles températures
Le désherbage est possible mais éviter de recouvrir la culture
Risque de forte pluie après intervention
sur les sols limoneux battants

Un désherbage mécanique est possible.


Conditions poussantes avec des Le buttage du rang sera sans
Déconseillé
températures douces, sans risque de gel conséquence pour les espèces peu
sensibles au recouvrement.

(Chambre d’Agriculture de Champagne-Ardenne 2016)

Stades de développement

L’efficacité du désherbage est meilleure quand les adventices sont peu développées.
Quel que soit l’outil utilisé, les vivaces sont très difficilement contrôlables par ce levier.

Efficacité des principaux outils de désherbage en fonction du stade des adventices

OUTIL FIL BLANC COTYLÉDONS 1 FEUILLE 2 FEUILLES 3 FEUILLES > 3 FEUILLES

Herse étrille Très efficace Moyennement efficace

Pas efficace

Houe rotative Très efficace Moyennement efficace

Moyennement
Bineuse Très efficace
efficace

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 22


LES OUTILS DE DÉSHERBAGE MÉCANIQUE
Choix du diamètre des dents
Herse étrille
La herse étrille est composée de cadres sur
GESTION DES ADVENTICES

Principe de fonctionnement lesquels sont fixés des dents flexibles coudées.


La herse étrille fonctionne par arrachement et recouvre- Plusieurs diamètres de dents sont disponibles
ment des plantules d’adventices, du fait du frottement et
de la vibration des dents sur le sol. Elle travaille sur les Pour une même inclinaison et une même
2 à 3 premiers cm du sol et nécessite une surface plane pression, les dents vibrent d’autant plus que
sans grosses mottes pour travailler correctement. la vitesse d’avancement est élevée.
Plus les dents de la herse étrille vibrent, plus
(LPC Bio 2013)
leur effet est important, d’où la nécessité
de ne pas choisir de trop gros diamètres.

(Programme Limousin des Acteurs de l’Agriculture


Biologique 2014)

DIAMÈTRE
CULTURES ADAPTÉES
DES DENTS

6 mm Cultures fragiles
Démonstration de Herse étrille. Crédit : Chauvel P./
Chambre régionale d'agriculture des Pays-de-la-Loire
7 mm Meilleur compromis pour grandes cultures

Réglages 8 mm Prairies et sols dures


1°) Le réglage de la troisième pointe permet de position-
ner la herse étrille à l’horizontale. Il est important de
le réaliser sur une surface plane.
2°) Le réglage de l’inclinaison des dents permet de sé-
lectionner l’agressivité avec laquelle on veut travailler.
Plus les dents sont inclinées à la verticale, plus elles
sont agressives.
3°) Les roues de terrage permettent de régler la profon-
deur de travail des dents de herse étrille. On évite de
faire travailler trop profondément les dents afin de ne
pas occasionner de nouvelles levées.
4°) La vitesse d’avancement est le dernier paramètre qui
permet d’influer l’agressivité de l’outil. Plus la vitesse
d’avancement sera importante, plus l’agressivité sera
forte.

(Chambre d’Agriculture de Champagne-Ardenne 2016)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 23


Stade des cultures Lors d’un passage de herse étrille sur une culture de prin-
Une fois la culture levée, elle doit avoir plus de trois temps, il faut favoriser des temps très chauds pour éviter la
feuilles pour accepter la herse étrille sans dommages. casse. En effet, plus il fait chaud, plus les plantes sont souples.
GESTION DES ADVENTICES

Efficacité de la herse étrille selon le stade des cultures

STADE POINTANT 1-2 2-3 3 FEUILLES


PRÉLEVÉE
DE LA CULTURE OU CROSSE FEUILLES FEUILLES ET PLUS

Possible sur Agressivité faible.


Herse étrille Vitesse adaptée céréales, pois, soja. Passage déconseillé Pertes assez Bonne sélectivité
Vitesse très faible. importantes (>10 %)

■ Adapté ou possible ■ Moyennement adapté ■ Peu adapté ou impossible

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

Houe rotative

Principe de fonctionnement
La houe rotative détruit les adventices au stade juvénile
en les sectionnant au stade filament et en les déchaus-
sant par la suite. À l’instar des herses étrilles, la houe
désherbe en plein : toute la surface du sol est travaillée.

Réglages
Le principal paramètre qui joue sur l’agressivité du pas-
sage est la vitesse d’avancement du tracteur.

Houe rotative
Stade des cultures Crédit : Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne 2012

Efficacité de la houe rotative selon le stade des cultures

STADE PRÉLEVÉE POINTANT 1-2 2-3 3 FEUILLES


DE LA CULTURE (À L’AVEUGLE) OU CROSSE FEUILLES FEUILLES ET PLUS

Possible sur céréales et


pois, soja avec modération
Limiter l’agressivité Augmenter la
et finesse (risque Passage déconseillé,
Houe rotative par une faible vi- vitesse pour mieux
de dégâts irréversibles sélectivité trop faible
tesse d’avancement désherber
à la culture, surtout
sur les dicotylédones)

■ Adapté ou possible ■ Moyennement adapté ■ Déconseillé

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 24


Bineuse Réglages
L’agressivité de la bineuse dépend de la rigidité des dents
Principe de fonctionnement sur lesquelles sont fixées les socs ainsi que de l’angle de
Les socs de la bineuse déchaussent ou coupent les ra- pénétration du soc. Les dents rigides augmentent la pé-
GESTION DES ADVENTICES

cines des adventices situées sur l’inter-rang et peuvent nétration dans le sol. Concernant l’angle de pénétration,
partiellement enfouir les adventices sur le rang. La pré- s’il est faible, le soc a tendance à effectuer un travail de
cision de la bineuse va dépendre de son système de sectionnement de surface, s’il est élevé, le travail du sol
guidage, qui pourra ensuite permettre de travailler à des est plus profond.
écartements plus ou moins grands (17,5 à 50 cm).
Stades des cultures
Le binage intervient à des stades tardifs de la culture.

STADE DE LEVÉE/ 1 FEUILLE/ 2-3 4 FEUILLES/ 6 FEUILLES/ 8-10 FERMETURE


LA CULTURE COTYLÉDONS CROSSE FEUILLES* TALLAGE ÉPIS 1 CM FEUILLES DU RANG

Possibilités
de passage
de la bineuse
* Attention à ne pas recouvrir la culture (utilisation de protèges-plants recommandée).

■ Adapté ■ Déconseillé ■ Impossible

(Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne 2012)

La roto-étrille Écimage

Les roto-étrilleuses se composent de dents droites Les écimeuses, on exploite la différence de hauteur entre
moulées dans un disque en polyuréthane. Les éléments la culture et les adventices afin de sectionner les inflores-
travaillent le sol avec un angle de 30°. Cet outil permet cences de ces dernières et ainsi limiter la production de
de réaliser des passages sans “trainer” les résidus de graines.
culture.
La roto-étrille est un outil récent, encore peu développé,
et qui a donc peu de retours d’expériences.

LES AUTRES MOYENS CURATIFS

Désherbage manuel

Le désherbage manuel n’est pas systématique, mais il


est parfois nécessaire pour certaines adventices bien
particulières, sur des ronds de vivaces comme le char-
don mais aussi des adventices réputés pour leur pouvoir
concurrentiel comme l’ambroisie, le xanthium ou encore
le pâturin. Écimeuse
Crédit : Chauvel P./Chambre d’Agriculture de Vendée
La morelle noire est toxique et peut donc poser des
problèmes par rapport à la qualité de la production. En L’écimage est possible dès lors que la différence de hau-
céréales, en moyenne, cela représente 3 à 6h de travail teur entre l’adventice et la culture est de l’ordre de 15 à
par hectare par rapport à l’échardonnage et l’enlèvement 20 cm.
des plantes indésirables.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 25


L’écimeuse en elle-même n’occasionne aucun dégât sur
la culture. En revanche, compte tenu des stades tardifs
d’intervention, les passages de roues peuvent détruire
une partie de la parcelle. Pour cela, il est recommandé
GESTION DES ADVENTICES

d’aménager des passages de roues au semis lorsque


l’on pratique l’écimage sur l’exploitation.

(Chambre d’Agriculture de Champagne-Ardenne 2016)

Désherbage thermique

Le désherbage thermique est une méthode de destruc-


tion des adventices par la chaleur.

Ces adventices ne sont pas “brûlées” mais détruites par


choc thermique. L’inconvénient de cette méthode est
son coût élevé, mais aussi le fait qu’elle ne détruit pas
les racines. Elle convient donc difficilement aux plantes à
port rampant, aux pérennes ou aux vivaces. Le choix de
la stratégie d’intervention va dépendre de la sensibilité
des adventices, qui va dépendre de l’espèce, mais aussi
du stade de croissance. Plus les adventices sont jeunes,
plus elles y sont sensibles.

Les appareils qui sont utilisés en général, sont les appa-


reils à flamme directe ou à infrarouge.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 26


GESTION DE LA FERTILITÉ
DES SOLS - FERTILISATION
En agriculture biologique, les sources de nutriments pour la plante
sont essentiellement d’origine organique, qu’elles soient issues
des matières organiques du sol (fertilité du sol), ou d’apports exté-
GESTION DE LA FERTILITÉ DES SOLS
FERTILISATION

rieurs (engrais et amendements). Pour être assimilables par la plante,


ces matières organiques doivent passer une phase de minéralisation
dans le sol. En AB, fertiliser, c’est donc faire fonctionner le sol pour nourrir
la plante.

FAVORISER L’ACTIVITÉ DU SOL

FERTILITÉ DU SOL

FERTILITÉ PHYSIQUE

Favoriser
La levée des plantes
La prospection racinaire
Le stockage de l’eau
La circulation de l’air
et de l’eau

UN CARBURANT
COMMUN

LES MATIÈRES
ORGANIQUES
FERTILITÉ CHIMIQUE FERTILITÉ BIOLOGIQUE

Favoriser Favoriser
Une disponibilité élevée Une vie du sol abondante,
en minéraux et un contexte diversifiée et active
chimique favorable
(pH)

La fertilité des sols fait référence à trois piliers : la fertilité chimique, la fertilité physique et la fertilité biologique.

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 27


MINÉRALISATION DE LA MATIÈRE ORGANIQUE

Eléments peu solubles État organique du sol


GESTION DE LA FERTILITÉ DES SOLS - FERTILISATION

Micro-organismes

État physique du sol


• pH Eléments solubles
• aération
Conditions météo
• température Plantes
• humidité

(Chambre d’Agriculture du Rhône-Alpes 2013)


N minéralisé (kg/ha)
Pour pouvoir être assimilables par les plantes, les élé- 180
ments organiques apportés au sol doivent obligatoire- 160
ment passer par une phase de minéralisation, réalisée 140
Minéralisation
par les micro-organismes. 120
N minéralisé (kg/ha)

printanière/estivale intense
100
Minéralisation
La vitesse et le volume dépendent de différents pa- 80 hivernale ralentie
60
ramètres :
40
• L’état organique du sol : il est important d’apporter
20
de la “nourriture” aux microorganismes (fertilité bio-
0
logique), via le choix des cultures, la restitution des 1/8 9/11 17/3 28/5 5/9
résidus de culture, la mise en place de couverts d’in-
terculture et/ou par des apports complémentaires de Arvalis-Institut du végétal - Essai “Sol nu”

matière organique (ex : effluents d’élevage). Plus les de Templeux-la-Fosse (80) - 2004/2005

amendements organiques du sol sont réguliers, plus


le sol aura la capacité à les minéraliser rapidement(1). LES LEVIERS POUR FAVORISER L’ACTIVITÉ DU SOL
•L ’état physique du sol : plus la structure du sol est
bonne, notamment vis-à-vis de son aération, plus les Le raisonnement du système de culture (rotation et itiné-
micro-organismes pourront se développer. raire technique) est la base pour gérer la fertilité des sols.
•L es conditions climatiques : une humidité correcte et Il existe différents leviers mobilisables.
des températures douces favorisent l’activité des mi-
croorganismes du sol. LA ROTATION
Selon la période de l’année où l’on réalisera les ap-
ports, ils seront donc plus ou moins efficaces car la Il est important d'implanter des cultures de légumineuses,
vitesse de minéralisation sera différente. La figure qui par leur capacité à fixer l’azote de l’air (N2) grâce
ci-dessous montre pour l’azote, qu’elle est en effet à une symbiose avec des bactéries, prélèvent moins
beaucoup plus intense au printemps et en été. On la d’azote dans le sol pendant la culture qu’une non légu-
considère en effet négligeable en hiver. mineuse, et dont les résidus riches en azote alimentent
• Le pH du sol (cf encart chaulage). le pool d’azote dans le sol pour les cultures suivantes.

Cette implantation de légumineuses peut se faire via l’as-


(1) Cela va quand même dépendre du type de sol et du type d’amendement. sociation d’une céréale avec une légumineuse.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 28


Les couverts d’interculture
La mise en place d’engrais verts permet d’apporter ou
de remobiliser des éléments nutritifs (ex : azote avec lé-
gumineuses) et d’enrichir l’activité biologique.
GESTION DE LA FERTILITÉ DES SOLS - FERTILISATION

Les couverts de type CIPAN (Cultures Intermédiaires


Pièges à Nitrate) ont pour rôle de capter des éléments
minéraux qui pourraient être lixiviés et de les restituer
ultérieurement.

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

Il est important de prendre en compte l’alternance des


cultures, leurs besoins en minéraux et l’effet de leurs ré-
sidus sur la fertilité des sols ainsi que leur exportation
(ex : la luzerne est une légumineuse qui apporte de
l’azote mais qui exporte de grandes quantités de phos-
phore et potassium).

LE TRAVAIL DU SOL

Racine pivotante
Crédit : Sanchez A./Chambre d’Agriculture de la Creuse

Qu’est-ce qu’une légumineuse ?

La particularité des légumineuses est la présence


de nodosités sur leurs racines, qui résultent
de la symbiose de la plante, avec une bactérie,
le Rhizobium. Cette bactérie va fixer l’azote
de l’air pour le fournir à la légumineuse, Crédit : David G./APCA
en échange, la légumineuse fournit les autres
nutriments. Ces nodosités sont opérationnelles Le travail du sol, le passage d’outil en profondeur amé-
2 à 3 semaines après le semis. Elles prennent liore la porosité du sol, décompacte les zones trop
alors une couleur rose-pourpre. tassées et favorise ainsi la circulation de l’air, de l’eau,
Pour favoriser le développement des nodosités la pénétration des racines et la circulation des vers de
et leur fonctionnement il ne faut pas apporter terre. Les passages plus superficiels peuvent briser des
de fertilisation en azote. Une forte disponibilité en croûtes de battance.
azote dans le sol bloque la fixation de l’azote.
(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

Alterner et associer les plantes à enracinement Le travail du sol est également utilisé pour enfouir les ré-
différent sidus de culture et les engrais verts.
Il existe trois types de systèmes racinaires : fasciculé, pivo- Cette gestion de la fertilité des sols à l’échelle de la rota-
tant et traçant. Alterner ces différents systèmes racinaires tion ne suffit pas toujours aux besoins de la culture. Il est
permet d’améliorer l’exploration du sol par les racines, et donc parfois nécessaire de réaliser des apports ponc-
donc l’utilisation de l’eau et des éléments minéraux. tuels à l’échelle de la parcelle.
Lorsque l’on parle de ces différents apports, on se
(Chambre d’Agriculture du Rhône-Alpes 2013) concentre ici sur la fertilité chimique.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 29


LES SOURCES DE MATIÈRES ORGANIQUES •L
 es engrais organiques (C/N faible, < 8) : ce sont des
produits dont l’azote se libère rapidement et apportés
Résidus de culture dans l’objectif de fertiliser les cultures.
Exemples :
GESTION DE LA FERTILITÉ DES SOLS - FERTILISATION

Limiter l’exportation des résidus de culture. En effet, en- • fientes de poules, fumier de volailles composté,
fouir les résidus de culture permet de limiter l’exportation • vinasses,
des éléments minéraux. La restitution de ces éléments • farines de plumes, de viande, d’os et soies du porc.
minéraux dépend de la vitesse de dégradation de ces
résidus qui peut être plus ou moins lentes (lignification). NB : en agriculture biologique, les apports d’engrais
et d’amendements organiques sont règlementés. Il est
Les différents types de produits organiques possible de retrouver ici la liste de ces intrants auto-
risés : http://www.inao.gouv.fr/Les-signes-officiels-de-
Apports d’intrants pour les compléments la-qualite-et-de-l-origine-SIQO/Agriculture-Biologique.
La teneur en C/N des produits organiques détermine leur
vitesse de minéralisation (dégradation du composé dans
le sol).
On distinque deux grands types de produits :
• Les amendements organiques (C/N élevé, > 8) : ce
sont des produits à libération lente, apportés dans l’ob-
jectif d’améliorer la fertilisation à long terme du sol.
Exemples :
• composts de fumier de bovins, de cheval, Compost de fumier de Brebis
• composts de déchets verts. Crédit : J.B./Chambre d’Agriculture du Tarn

C TOTAL N TOTAL N MINÉRAL


NATURE DU PRODUIT
(g/100 g PRODUIT SEC) (% N TOTAL)

Concentré de vinasse de betterave (Orgafor) 26,8 4,19 5


ENGRAIS ORGANIQUES

Dérivé de la production de levure (Cedabior) 34,2 4,19 2,8

Compost avicole et végétal (Orgaliz B+) 32,2 4,44 10,1

Guano + farine de plume (Guanomag) 17,7 3,78 8,7

Soies de porc 48,8 14,33 1,8

Déchets verts + fientes 13,7 1,23 3,7

Fumier de cheval 44,0 1,42 21,1

Déchets verts+fumier de cheval 19,2 1,32 1,3


AMENDEMENTS ORGANIQUES

Fumier de volailles composté 30,8 3,42 20,8

Compost de fumier de cheval 4 semaines 39,3 1,65 7,9

Fumier de cheval frais 42,4 1,35 49,6

Fumier de cheval composté 34,4 1,92 4,2

Compost de déchets verts + fientes 35,7 3,29 34,7

Déchets verts + fumier de bovins 7,6 0,79 6,3

Fumier + tourteaux compostés (Vegor 70) 39,5 2,84 9,2

La vitesse de minéralisation de ces différents fertilisants va donc être différente.


(ITAB, CIAB, et INRA 2007)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 30


Carbone minéralisé (en % C organique du produit) pour les engrais organiques.
100

90
GESTION DE LA FERTILITÉ DES SOLS - FERTILISATION

80

70
% C organique apport

60

50

40

30

20

10

0
0 20 40 60 80 100
Jours 28°C

Concentré de vinasse de bettrave (Orgafor) Guano et farine de plume (Guanomag)


Dérivé de la production de levure (Cedabior) Soies de porc
Compost avicole et végétal (Orgaliz B+)

Carbone minéralisé (en % C organique du produit) pour les amendements organiques

60
55
50
45
40
% C organique apporté

35
30
25
20
15
10
5
0
0 20 40 60 80 100
Jours 28°C
Fumier cheval dv + fumier cheval
Fumier volailles composté dv + fientes
Compost dv + fientes dv + fumier de bovin
Fumier frais de cheval Compost fumier cheval 4 semaines
Fumier cheval composté Fumier et tourteaux compsotés (Vegor 70)

(ITAB, CIAB, et INRA 2007)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 31


LA GESTION DE L’AZOTE EN AGRICULTURE BIOLOGIQUE

LE CYCLE DE L’AZOTE : SOURCES ET PERTES Pertes d’azote minéral


GESTION DE LA FERTILITÉ DES SOLS - FERTILISATION

• Pertes gazeuses : volatilisation et dénitrification


Sources d’azote • Lixiviation(2)
• Résidus de cultures
• Fixation symbiotiques des légumineuses
•Apports extérieurs sous forme d’amendements ou
d’engrais organiques.

Atmosphère/air

Azote Dénitrification
Produits Animaux Activités humaines
résiduaires Effluents Engrais
des cultures d’élevage organiques

Légumineuse

Lixiviation

Exportations
par les plantes (récolte)

Directement
assimilable

Assimilable N+1, Minéralisation


N+2

Stockage long

(2) Lixiviation : percolation lente de l’eau à travers le sol permettant la dissolution des matières solides qui y sont contenues. Source : dictionnaire environnement.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 32


LES BESOINS EN AZOTE DES CULTURES sur cette période-là (cultures d’été), profiteront plus fa-
cilement de l’azote organique (fourni par le sol ou par
Toutes les cultures n’ont pas les mêmes besoins en les apports) que les cultures dont les besoins sont plus
azote, que ce soit en quantité totale ou en période où précoces (céréales d’hiver et de printemps).
GESTION DE LA FERTILITÉ DES SOLS - FERTILISATION

leurs besoins sont maximaux.


Le tableau suivant présente les besoins totaux en azote
Comme indiqué précédemment, la minéralisation de pour différentes cultures à des niveaux de rendements
l’azote est optimale sur la fin du printemps et au cours de moyens en AB et leur période de besoins maximaux.
l’été. Ainsi, les cultures dont les besoins sont maximaux

CULTURE BESOINS TOTAUX EN AZOTE PÉRIODE DE BESOINS MAX

Blé, triticale, à 40 q/ha 120 kgN/ha


Épi 1 cm→floraison
Orge H, escourgeon à 40 q/ha 100 kgN/ha (mars à mai)

Orge P, Seigle, avoine à 40 q/ha 90 kgN/ha

50 jours autour floraison


Maïs à 60q/ha 130 kgN/ha
(mi-juin/fin-juillet)
6 feuilles fin floraison
Tournesol à 20 q/ha 90 kgN/ha Prélèvement dans les couches profondes
du sol (enracinement)

Colza à 20 q/ha 130 kgN/ha suivant absorption automnale

(Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne 2016)

COMPLÉTER LES FOURNITURES D’AZOTE DU SOL Optimiser sa fertilisation azotée en AB, c’est...
PAR DES ENGRAIS ORGANIQUES • Prendre soin de son sol (entretien, passage des outils
au bon moment, fournir du carburant pour une bonne
La méthode du Bilan, qui tient compte des fournitures activité),
d’azote du sol (reliquat sortie hiver, minéralisation du • Fournir de l’azote au système avant tout par la rotation,
sol,...) et des besoins de la plante, permet de calculer la (légumineuses) tout en veillant à limiter les pertes,
dose d’azote minéral à apporter pour atteindre un ren- • Raisonner ses apports en fonction de la culture et de la
dement objectif. situation de la parcelle :
- privilégier les apports sur les cultures les plus exi-
En agriculture biologique, les apports n’étant pas réalisés geantes et rémunératrices,
sous forme minérale, il faut tenir compte des facteurs qui - les cultures d’été valorisent mieux les apports d’en-
peuvent limiter la minéralisation des engrais organiques grais organiques,
(climat et type de sol, état de la structure du sol,...) et - un fort enherbement et/ou des problèmes de struc-
également des facteurs qui peuvent limiter les quantités ture de sol limitent fortement l’efficacité des engrais
d’azote absorbables par la culture : concurrences des organiques.
mauvaises herbes sur l’absorption de l’azote, peuple-
ment trop faible, effet des bioagresseurs.

NB : la Directive Nitrate et le cahier des charges de


l’AB limitent la quantité d’azote organique que l’on peut
épandre à 170 kg N/ha SAU.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 33


Exemple : arbre de décision LA GESTION DU PHOSPHORE ET DU POTASSIUM
pour la fertilisation azotée d’un blé EN AGRICULTURE BIOLOGIQUE

LES SOURCES DE PHOSPHORE ET POTASSIUM


GESTION DE LA FERTILITÉ DES SOLS - FERTILISATION

Ma parcelle présente-t-elle
1 un niveau de salissement important ? Les sources de phosphore

Les formes organiques du phosphore, contenues dans


NON OUI les effluents d’élevage ou les produits végétaux, sont les
sources les plus utilisées et les plus accessibles. Elles
sont plus efficaces et plus adaptées à l’agriculture bio-
Pas d’apport logique.

La précédent ou l’antéprécédent Les formes les moins utilisées, sont les phosphates na-
2 de la parcelle est-il une légumineuse
fourragère ?
turels et les phosphates aluminocalciques en raison de
leur coût et de leur faible biodisponibilité dans le sol pour
les plantes.
NON OUI
Le phosphore est un élément qu’il ne faut pas négliger,
les légumineuses, source d’azote dans la rotation, sont
Pas d’apport également très consommatrices en phosphore, source
d’énergie permettant à la plante de fixer l’azote de l’air.
Quelle est la profondeur moyenne
3 du sol sur la parcelle ? Une carence en phosphore peut entraîner une baisse de
rendement significative et a de plus, une influence néga-
tive sur la capacité des légumineuses à fixer l’azote.

CLASSES DE 0À 30 À PLUS DE
PROFONDEUR 30 CM 60 CM 60 CM

Dose
de fertilisation
50 60 60
efficace
à 70 uN à 100 uN à 100 uN
habituellement
observée*
Gain
5 6 6
de rendement
à 7 q/ha à 10 q/ha à 10 q/ha
espérable
* Valeurs définies dans le contexte de la Bourgogne.

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 34


FORMES DE PHOSPHORE
UTILISABLE EN AGRICULTURE MODALITÉ D’UTILISATION ORIGINE
BIOLOGIQUE

Forme de phosphore la plus efficace et la plus


GESTION DE LA FERTILITÉ DES SOLS - FERTILISATION

Les formes organiques Il s’agit du phosphore contenu dans les effluents


adaptée à l’agriculture biologique. Les formes
du phosphore d’élevage ou les produits végétaux.
organiques sont utilisables sur tous types de sol.

Il s’agit du phosphate issu des mines


Très peu solubles. À réserver aux sols très de phosphates. Il ne subit aucun traitement
Les phosphates naturels acides (pH < 5) et privilégier des moutures fines. à part un broyage qui permet de donner
Déconseillé en sol neutre à basique. des moutures plus ou moins fines (phosphates
naturels fins ou semis fins).
Solubilité inférieure aux formes minérales
Il s’agit du phosphate issu des mines
Les phosphates classiques. À apporter assez tôt avant le besoin
de phosphates. Après extraction, il est calciné
aluminocalciques (phosphal) des cultures. À privilégier sur les sols neutres
puis broyé.
à basiques (pH > 7,5)*. Déconseillé en sols acides.

Solubilité inférieure aux formes minérales Il s’agit de phosphore contenu dans certains
classiques. À apporter assez tôt avant le besoin minerais de fer. Il est extrait du minéral
Les scories
des cultures. À privilégier sur les sols neutres à la chaux après avoir été oxydé. Cela donne
de déphosphoration
à acides (5 < pH < 7,5). Déconseillé en sols des formes de phosphores solubles mais
basiques ou à forte teneur en calcaire actif. aussi riches en chaux et donc alcanilisantes.

* Réglementairement, en agriculture biologique, cette forme de phosphore ne peut être apportée que sur les sols à pH > 7,5.

(Chambre d’Agriculture de Champagne-Ardenne 2016)

Les sources de potassium

FORMES DE POTASSIUM
UTILISABLE EN AGRICULTURE MODALITÉ D’UTILISATION ORIGINE
BIOLOGIQUE

Les formes organiques Il s’agit du potassium contenue dans les effluents


Utilisables sur tous types de sols.
de potasse potassium d’élevage ou les produits végétaux.

Sels bruts contenant du potassium


de type kaïnite (chlorure de potassium Utilisables sur tous types de sols. Issus directement des mines de sels potassiques.
+ sulfate de magnésium)

Ils sont obtenus après réaction entre le chlorure


Sulfates de potassium pouvant
de potassium obtenu après raffinage
contenir des sulfates de magnésium Utilisables sur tous types de sols.
des sels bruts de potasse, et la kieserite issue
(Patenkali, Kalisop,...)
des mines.

(Chambre d’Agriculture de Champagne-Ardenne 2016)

Il ne faut pas oublier que les produits organiques (en- portent également du phosphore et du potassium, ce qui
grais et amendements) sont les principales sources de compense déjà une partie des exportations. Il est donc
phosphore et potassium dans les systèmes de grandes possible de choisir en amont son fertilisant azoté en
cultures en agriculture biologique. Les engrais orga- fonction de sa composition en phosphore et potassium.
niques que l’on apporte pour la fertilisation azotée com-

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 35


LA PRISE EN COMPTE DES ANALYSES DE SOL Les valeurs T1 et T2, vont dépendre du type de sol et de
la région. Il faut donc se référer aux valeurs références
Il est conseillé de réaliser une analyse de sol tous les de sa région.
5 ans, au même endroit de la parcelle.
GESTION DE LA FERTILITÉ DES SOLS - FERTILISATION

Stratégies de fertilisation en phosphore et potassium

Fonction des teneurs dans le sol et de l’exigence des cultures

FAIBLE BIODISPONIBILITÉ BIODISPONIBILITÉ CORRECTE BIODISPONIBILITÉ LENTE


NIVEAU DE RICHESSE
DU SOL
TENEUR < T1* T1 < TENEUR < T2* TENEUR > T2*

Apports = exportations
Apports > exportations Apports < exportations
ENTRETIEN

Pour les cultures les plus exigeantes


La fertilisation des cultures et uniquement en compensant leurs
Stratégie de fertilisation les plus exigeantes est renforcée exports. Puis lorsque la teneur
(x 1,2 à 1,5) s’approche de T1 les apports doivent
Impasses
compenser globalement les exporta-
Sur les cultures peu exigeantes tions de la rotation, en continuant à
on compense les exportations privilégier leur positionnement avant
les cultures les plus exigeantes.

Evolution de la teneur La teneur du sol va s’élever La teneur du sol va diminuer


La teneur du sol est stable
du sol progressivement progressivement

* Les valeurs T1 et T2 dépendent du type de sol, se référer aux références régionales.

(Chambre d’Agriculture d’Aisne-Oise-Somme 2016)

Pour aller plus loin : http://www.comifer.asso.fr/images/publications/livres/tablesexportgrillescomifer2009.pdf

LES BESOINS DES CULTURES EN PHOSPHORE NIVEAU


ET POTASSIUM K20
D’EXIGENCE

Les exportations en Agriculture Biologique sont toujours Elevé Betterave, pomme de terre
plus faibles qu’en conventionnel du fait des rendements
plus faibles. Colza, luzerne, maïs ensilage, maïs grain,
Moyen
Pois, ray-grass, Soja, tournesol

NIVEAU Faible Avoine, blé dur, sorgho, blé tendre, orge


P2O5
D’EXIGENCE

Elevé Betterave, Colza, Luzerne, Pomme de terre (Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

Blé dur, maïs ensilage, orge, pois, NB : il faut être vigilant avec les systèmes en luzerne,
Moyen
Ray-grass, Sorgho, blé sur blé
qui présentent des risques de carences importants
en phosphore et potassium liés à l’exportation par la
Avoine, Blé tendre, Maïs grain, Soja,
Faible luzerne.
tournesol

Exigence des cultures d’après Comifer.

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 36


GESTION DE LA FERTILITÉ DES SOLS - FERTILISATION

Idées reçues >les biostimulants

• Activateurs de sol : •É
 liciteur :
amélioration de la structure du sol et/ou déclenche un mécanisme physiologique.
de sa capacité de rétention d’eau. Il peut s’agir
de l’introduction de micro-organismes, d’une Des essais ont été réalisés par les Chambres d’agri-
stimulation de ceux déjà présents, d’amendements culteurs sur plusieurs de ces biostimulants, dans les
minéraux ou de complexes rétenteurs d’eau. trois catégories.

• Stimulateurs de la vitalité des plantes : Bilan


amélioration de la vigueur générale des plantes ; • 12,8 % des essais présentent un effet significatif.
Amélioration du rendement et/ou de la qualité. • 7 % ont eu un effet significatif sur les critères
affectant le revenu (rendement ou taux de protéines).
• Stimulateur des défenses naturelles (SDN) : • l’impact sur la résistance aux maladies a été testé 41
entraine de façon directe une résistance fois sans qu’aucun effet significatif n’ait été montré.
des plantes aux bioagresseurs (ex : intégration
de silice dans la cuticule). (Chambre d’agriculture de Lorraine 2014)

Le chaulage
Le principal rôle du chaulage est de contrôler
l’acidification du sol et ses conséquences
négatives sur la nutrition des plantes comme la
réduction de la disponibilité en éléments
minéraux. Il a également un rôle sur les propriétés
du sol : structure, vie biologique et chimie.
Enfin, il a un rôle nutritif pour les végétaux.

(Chambre d’Agriculture de Champagne-Ardenne 2016)

Il ne diffère pas fondamentalement du chaulage


en agriculture conventionnelle, mais tous les
amendements ne peuvent pas être utilisés. Il y a
en effet une interdiction d’utiliser de la chaux vive
ou éteinte. Les produits autorisés sont : craie,
marne, tuffeau, scories, coquilles d’œufs...

(Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire 2003)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 37


TRAVAIL DU SOL
Le travail du sol comprend toutes les mesures mécaniques qui servent
à décompacter, aérer, retourner, émietter le sol ou le préparer à re-
cevoir une nouvelle culture. Le labour est également un levier pour
la gestion des adventices, l’enfouissement de la biomasse (ex : couverts
TRAVAIL DU SOL

d’interculture). Les différents rôles joués par le labour en font un outil


fréquemment employé en agriculture biologique.

LES PRINCIPES DE TRAVAIL DU SOL • ameublir le sol sans le retourner, cependant,


se passer du labour est délicat,
Gérer son sol, consiste à favoriser son activité bio- • éviter le labour profond,
logique, mais c’est aussi maintenir une bonne po- • ne jamais enfouir de matière organique fraîches,
rosité. ni au fond du labour,
• limiter le nombre de passages de matériel lourds,
Entretenir son sol passe par la rotation, les engrais • travailler quand la structure du sol le permet,
verts, les amendements. • le travail du sol participe au contrôle des
adventices, voire des ravageurs et des maladies.
Tout cela se fait grâce au travail du sol, qui doit
respecter quelques principes fondamentaux en (Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne 2015)
agriculture biologique :

LE LABOUR

Les rôles du labour : • incorporer les amendements organiques,


• préparer le sol avant le semis, • augmenter la porosité du sol,
• contrôler le développement des adventices, • augmenter le stockage et de la circulation de
• enfouir les cultures intermédiaires, l’eau.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 38


LE LABOUR IDÉAL Utiliser une rasette la plus étroite possible :
• éviter des rasettes larges qui brassent trop de terre
• Un labour dressé : le labour doit être le plus qui risque d’être envoyée en fond de raie,
dressé possible pour éviter de placer les résidus • reculer la rasette me plus possible (sans que ça
TRAVAIL DU SOL

dans le fond de la raie. bourre) pour éviter de projeter les matières organiques
• Peu profond : il doit rester peu profond dans le fond,
(max 20 à 25 cm). La vitesse doit être adaptée au • plus la vitesse d’avancement est élevée, plus il faut
type de sol. reculer la position de la rasette.
• Période de labour
• Conséquences d’un labour “mal fait” en sols fragiles

(Chambre d’Agriculture d’Île-de-France 2013)

Sol hydromorphe à GLEY de zones humides


La profondeur de labour
Crédit : Sanchez A./Chambre d’Agriculture de la Creuse
Le labour profond a un effet déterminant sur
Exemple de situation à risque : un déchaumage profond la teneur en carbone organique de la couche
en conditions limites d’humidité suivi d’un labour à plat de sol concernée par l’analyse de terre.
à vitesse élevée, dans un sol fragile avec un hiver très Exemple, une terre labourée à 25 cm et qui
pluvieux. Le résultat est la formation d’un GLEY, c’est-à- contient 10 g/kg de matière organique, si elle
dire d’une zone hydromorphe, qui va devenir une zone est ensuite labourée à 35 cm, le taux de carbone
infranchissable pour les racines et donc une diminution organique va être de 7 g/kg. Il va y avoir un effet
de la zone explorée par les racines et une augmentation dilution. À l’inverse, si l’on remonte en profondeur
de la sensibilité au sec. de labour, la concentration de matière organique
va être plus élevée sur la partie superficielle.
MATÉRIELS ET RÉGLAGES Le risque, dans ce cas-là, est de créer une
semelle de labour.
Pour favoriser les labours dressés, il faut que sa profon- (Chambre d’Agriculture de Picardie et Agro-Transfert
deur corresponde à 2/3 à 3/4 de l’espace entre socs. Ressources et Territoires 2007)
Selon votre charrue, il faut donc respecter une profon-
deur minimum de labour : 14 Pouce > 24-25 cm de
profondeur. LABOUR OU NON-LABOUR ?
Les charrues de 16 et 18 Pouce sont à proscrire en agri-
culture biologique du fait de la limitation du labour en Le travail du sol, pour la plupart des agriculteurs, a pour
profondeur. rôle d’améliorer les qualités biologiques, structurales et
chimiques des sols ou encore d’implanter et de réus-
Régler la rasette sir ses cultures. Depuis quelques années, la question se
Les pailles doivent se retrouver sur le flanc du labour pose également d’économiser les coûts et le travail du
pour ne pas gêner le développement et le passage des sol, mais aussi de maitriser son impact sur la fertilité du
racines. sol.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 39


NON-LABOUR OU TECHNIQUES • Le travail profond 15 à 30 cm
CULTURALES SIMPLIFIÉES (décompactage, pseudo-labour...)
Dans cet ensemble de pratiques, l’agriculteur réalise au
Quelles sont les pratiques du non-labour ? moins un passage d’outils à dents à plus de 15 cm pour
TRAVAIL DU SOL

fissurer le sol.
• Le semis direct 2 à 5 cm Selon l’aptitude des matériels à plus ou moins bou-
Cette technique correspond à une démarche de simpli- leverser la couche travaillée, on peut distinguer deux
fication des pratiques très avancée. La préparation du types de non-labour profond :
sol et le semis sont réalisés en un seul passage avec un - le pseudo-labour qui brasse et mélange la couche
outil. Le travail du sol est limité au rang de semis et reste travaillée et qui est réalisé avec des outils comme les
très superficiel (quelques cm). L’objectif est de limiter au chisels, les cultivateurs lourds, la machine à bêcher, la
maximum les perturbations verticales du sol et d’aug- charrue déchaumeuse...
menter au maximum la couverture par les résidus. - le décompactage qui fissure sans brasser la terre et qui
est réalisé avec des décompacteurs à dents droites ou
Les outils les plus souvent utilisés sont des semoirs à obliques.
disques, mais l’on observe depuis peu le développement
de semoirs à dents. S’il y a une forte présence de rési- (Chambre d’Agriculture de Midi-Pyrénées 2006)
dus, les disques permettent d’éviter des bourrages mais (Chambre d’Agriculture de Bretagne 2014)
ont tendance à plaquer les résidus au fond de la ligne
de semis.
Quelques définitions...
• Le travail en bandes
Ce type de travail s’effectue sur 10 à 15 cm de largeur. Sous-solage : opération dont le but est
Il désigne un travail du sol plus ou moins localisé sous la de régénérer la structure des horizons de sol
future ligne de semis (strip-till). Cette technique est utili- situés sous le fond de labour. Réalisé avec
sée sur les cultures qui se sèment avec un écartement un outil à dents droites (sous-soleuse) cette
important entre rangs. L’intérêt est de ne pas travailler opération poursuit deux buts principaux :
le sol sur toute la surface tout en assurant un bon dé- améliorer la croissance en profondeur des racines
marrage de la culture en travaillant le sol sous la ligne et favoriser le drainage de l’eau en excès.
de semis. La profondeur de travail varie de 50 à 85 cm.
Décompactage : technique de travail du sol
• Le travail superficiel profond, sans retournement qui se distingue
De 5 à 15 cm de profondeur, il induit un mélange des du sous-solage par une profondeur de travail
résidus de culture dans le volume travaillé. inférieure (qui ne dépasse pas le fond du labour).
On distingue : On peut réaliser un décompactage à l’aide
- le travail très superficiel à 5 cm, il permet de laisser plus d’outils non animés à dents (cultivateur lourd) ou
de résidus en surface pour limiter l’érosion, à disques (charrue à disque) et d’outils animés
- le travail superficiel à 10-15 cm, ameublit davantage le par la prise de force du tracteur (cultivateurs
sol et contribue à mieux incorporer les résidus. rotatifs à axe horizontal).

La limite de 10 cm est assez arbitraire, mais elle a l’avan-


tage de distinguer les techniques de non-labour qui font • Le déchaumage
appel à une fissuration “profonde” du sol avant l’implan- Le déchaumage est une opération superficielle de travail
tation de la culture, des autres techniques qui concernent du sol, qui consiste à arracher et enfouir les plantes le-
seulement l’horizon de surface pour préparer le lit de se- vées, les graines tombées au sol et les chaumes d’une
mences. Le non-labour superficiel est réalisé par des ou- jachère, d’une friche, d’une culture intermédiaire ou de
tils animés ou des déchaumeur. Ex : Sème exact. la culture précédente. Différents objectifs agronomiques
peuvent être visés : enfouir les résidus de culture, détruire
les adventices, gérer les ravageurs, préparer le semis.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 40


Suivant les objectifs et les conditions pédo-climatiques Sur les parcelles les plus infestées, plusieurs faux semis
de la parcelle, le type d’outils est à adapter. peuvent être réalisés. Leur nombre dépend du temps de
Les outils travaillent à des profondeurs différentes, travail, du climat de l’année et des rotations pratiquées.
peuvent avoir des dents avec des socs différents et/ou
TRAVAIL DU SOL

des disques et/ou des rouleaux. En cas de faux semis multiples, il est recommandé
de respecter certaines règles :
Par exemple, pour des faux-semis il est conseillé de ne • réaliser des faux semis de moins en moins profonds
pas réaliser de faux-semis trop profonds, supérieur à 7-8 afin de ne pas faire remonter de nouvelles graines,
cm, car cela risque de faire remonter des graines d’ad- • ne pas laisser les adventices trop se développer car leur
ventices qui n’auraient pas germé à cette profondeur. destruction mécanique risque de devenir compliquée :
le stade optimal est entre “filament” et “cotylédons”,
Cette opération est réalisée en un ou plusieurs passages • ne pas réaliser de faux-semis trop profond, supérieur à
à une profondeur variant de 10 à 15 cm. 7-8 cm, car cela risque de faire remonter des graines
d’adventices qui n’auraient pas germé à cette profon-
Les déchaumeurs sont soient à dents soient à disques deur,
ou les deux. Le choix dépend des objectifs agrono- • il faut être vigilant à de pas toujours intervenir sur sol
miques ainsi que du type et la structure du sol. ressuyé, afin de ne pas pénaliser la structure du sol.

Par exemple, pour des faux-semis il est conseillé de ne CONSÉQUENCES DES DIFFÉRENTES PRATIQUES
pas réaliser de faux-semis trop profond, supérieur à 7-8 DE TRAVAIL DU SOL
cm, car cela risque de faire remonter des graines d’ad-
ventices qui n’auraient pas germé à cette profondeur. COMPOSANTE BIOLOGIQUE DES SOLS
ET MATIÈRE ORGANIQUE
En cas d’adventices developpées, le déchaumage
profond est plus efficace Stockage de carbone
Le déchaumage profond se justifie quand il s’agit de
détruire des adventices déjà développées. Il en découle L’une des caractéristiques du labour est d’enfouir la
un classement presque inversé entre l’aptitude à faire matière organique en profondeur, on peut donc se de-
lever et l’aptitude à la destruction des adventices des mander quelles sont les conséquences d’un travail du
différents outils de déchaumage. Le meilleur compro- sol plus simplifié.
mis semble résider dans les outils capables de travailler
relativement superficiellement tout en touchant toute la Essai en agriculture biologique
largeur de travail. Les outils dotés de disques avec un Résultats après 10 années d’expérimentation
écartement serré entre eux ou encore les dents équipées 6
de socs larges semblent en faire partie. a
5 ab ab a
Soil organic matter content (%)

ab
b b b a a b
(Jean Pauget. Arvalis Institut du végétal 2015) 4 b
(Bonin, Gautellier Vizioz, et Metais. Arvalis Institut du Végétal. 2016)
3

LE FAUX SEMIS 2

1
Un faux-semis est un travail superficiel du sol (moins de 5
cm de profondeur) qui a pour objectif de stimuler la levée 0
0 - 5 cm 5 - 15 cm 15 - 25 cm
des adventices puis de les détruire avant l’implantation
de la culture, et ainsi de diminuer le stock de graines ■ L_25 ■ L_18 ■ TR_15 ■ TR_8
d’adventices dans le sol. Sa réussite repose sur le choix
de bons outils sur les adventices ciblées et reste dépen- Pérès, 2014-Projet SUSTAIN (Snowman Notwork)

dante des conditions climatiques. (Joséphine Peigné et Heddadj 2016)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 41


On observe sur le graphique une augmentation signifi- Cependant, cette évolution de la population des lombri-
cative du stockage du carbone dans les premiers hori- ciens semble être plus corrélée à la rotation et au cou-
zons du sol (0-5 cm) en ce qui concerne les pratiques de vert végétal qu’à la pratique du travail du sol. Le cou-
non-labour. En revanche, sur l’ensemble du profil, que ce vert végétal fournit, entre autres, des ressources à ces
TRAVAIL DU SOL

soit en labour ou non-labour, le travail du sol ne semble macro-organismes.


pas avoir un impact significatif sur le stock total de car- En effet, les expérimentations montrent qu’après des-
bone dans le sol. truction de ce couvert végétal, on observe une baisse de
Il y a donc une concentration de la matière organique la présence de ces lombriciens.
dans les premiers horizons du sol en cas de non-labour.
STRUCTURE PHYSIQUE DU SOL
Microorganismes
Une des fonctions du labour est d’augmenter la porosité
Essai en agriculture biologique structurale du sol, le labour possède en effet un fort pou-
Résultats après 10 années d’expérimentation voir de fissuration. Des études ont été faites pour com-
0,48 parer l’évolution du pourcentage de zones non compac-
a
0,46 tées dans les 30 premiers cm du sol sur trois ans.
ab
0,44 ab
Biomasse microbienne (mg/C)

50 %
0,42 45 % a
b
Biomasse lombridienne en g/m2

0,40 40 %
0,38 35 %
ab
0,36 30 %
0,34 25 % ab b
20 %
0,32
15 %
0,30
Travail très Travail très Labour Labour 10 %
superficiel 8 cm superficiel 15 cm argonomique conventionnel 5%
0
Pérès, 2014. Projet SUSTAIN (Snowman Network) 2004 luzerne 2005 maïs 2006 soja 2007 blé d’hiver
état initial semis-direct
sous couvert
Le travail très superficiel semble avoir un effet positif sur ■ Labour traditionnel ■ Travail superficiel
la biomasse microbienne. On observe notamment une ■ Labour agronomique ■ Travail très superficiel
transition relativement importante lorsque que l’on passe
à un travail avec non retournement du sol à 15 cm. (J. Peigné et al. 2009)

Les résultats des expérimentations présentées ci-des-


sous montrent, quelles que soient les cultures, que la po-
pulation lombricienne (vers de terre) est plus importante
en biomasse pour le travail du sol très superficiel.
180
160
Biomasse lombridienne en g/m2

140
120
100
80
60
40
20
0
2004 luzerne 2005 maïs 2006 soja 2007 blé d’hiver 2007-blé d’hiver (3 ans d’expérimentation)
état initial semis-direct
sous couvert
■ Labour traditionnel ■ Travail très superficiel On retrouve un plus fort pourcentage de zone tassées
dans les sols travaillés superficiellement.
(J. Peigné et al. 2009)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 42


Les zones de tassement se situent cependant majoritai- Si l’abondance augmente, il est beaucoup plus difficile
rement dans les horizons non travaillés du sol. de contrôler l’infestation à long terme avec le travail
Ces essais ont été réalisés sur des échelles de temps de superficiel.
5 à 7 années, dans quelques cas, cet effet de tassement 6
TRAVAIL DU SOL

tend à diminuer.
5 b
Il est donc nécessaire de pousuivre ces essais sur une

Biomasse d’adventices en t/ha


échelle de temps plus importante (10 ans), afin de vérifier 4
les évolutions sur le long terme (ex : effet des lombriciens
3
sur la macroporosité). b
2
GESTION DES ADVENTICES 1
a ab b
a a a a a a ab
Les adventices sont l’un des soucis majeurs en agricultu- 0
2005 maïs 2006 soja 2007 blé d’hiver
re biologique. Le labour, par l’enfouissement, est l’un des
leviers majeurs de la gestion des adventices, notamment ■ labour traditionnel ■ travail superficiel
des vivaces. Se pose alors la question de la gestion des ■ labour agronomique ■ travail très superficiel
adventices en non-labour...
Les résultats montrent un risque accru des problèmes (J. Peigné et al. 2009)

d’adventices en non-labour.
Le fait de ne plus labourer conduit à une évolution de la
Cependant, tant qu’aucun accident (climatique, rava- flore adventice. En passant du labour, au semis-direct,
geurs...) n’intervient, l’abondance d’adventices est au la flore sera composée de moins de dicotylédones et de
même niveau avec ou sans-labour. plus de graminées.

LABOUR

Renouée oiseaux
Chénopode

Renouée liseron
Morelle
Mouron
Rotations Coquelicot Rotations

Stellaire
Céréales-céréales Blé-maïs
Amarante
Pensée Seneçon
Capselle Pâturin
Laiteron Vulpin
Gaillet Brôme
Ray-grass

SEMIS DIRECT

(Chambre d’Agriculture de Bretagne 2014)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 43


RENDEMENT DES CULTURES Des économies d’énergie

Les différences de rendement entre labour et travail Consommation de carburant


superficiel vont dépendre des cultures. pour implanter un hectare de blé
TRAVAIL DU SOL

120 35
100 1:1 30
T. superficiel (qx/ha)

80 25
60 20

l/ha
40 15
20 10
0 5
0 20 40 60 80 100 120
Labour (qx/ha) 0
Labour TCSL TCSL
travail superficiel semis direct
● Pois hiver ● Sarrasin ● Céréales ● Maïs
Cotinet, 2014 - Projet SUSTAIN (Snowman Network) ■ Semis direct ■ Labour
■ Semis combiné ■ Déchaumage
(Chambre d’Agriculture de Bretagne 2014)

À l’exception des céréales, où l’on observe une baisse Consommation de carburant


de rendement en non-labour par rapport au labour, il pour implanter un hectare de maïs
semble y avoir peu de différences de rendement entre 50
les différents modes de travail.
40

ÉCONOMIQUE ET SOCIAL
30

Le labour est l’une des opérations culturales les plus


l/ha

20
gourmandes en énergie et en temps de travail. La di-
minution du travail du sol entraine une modification de 10
l’utilisation de carburants et une réorganisation de la ré-
partition du travail dans l’année (gain de temps). 0
Labour TCSL travail TCSL
semis direct

Comparaison des coûts d’implantation : ■ Semis direct ■ Labour charrue 4 corps


labour/Techniques Culturales Sans Labour (TCLS) ■ Semis et rangs ■ Pulvérisation
(hors main d’œuvre et hors carburant) ■ Herse rotative 3 m ■ Déchaumage

140

120
(Chambre d’Agriculture de Bretagne 2014)

100
Coût par hectare

80

60
140
20

0
Labour TCSL Labour TCSL
travail superficiel travail superficiel
Blé Maïs

■ Semis ■ Labour ■ Prép. du sol semis


■ Prép. du sol ■ Déchaumage
(Chambre d’Agriculture de Bretagne 2014)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 44


CONCLUSION Différentes modalités peuvent donc être observées
selon les exploitations :
Le passage au non-labour peut être motivé par la volon- • des labours chaque année sur toute la SAU rotation-
té d’améliorer la structure du sol, en limitant l’érosion, la nelle (cultures annuelles),
TRAVAIL DU SOL

biodiversité de la faune du sol, la compaction ou encore • des labours à chaque semis, avec présence de prairies
la baisse des teneurs en matière organique du sol. Le temporaires sur la SAU en rotation,
labour a cependant un rôle important dans la gestion des • des labours peu fréquents : absence de labour avant
adventices, car il permet l’enfouissement des graines et semis lorsque les risques de salissement sont faibles.
limite ainsi la propagation des adventices qui germent en Des techniques agronomiques de base sont introduites
surface et ont un fort taux annuel de décroissance. telles que la diversification des rotations ou l’introduc-
L’amélioration structurale des sols ainsi que la gestion tion de prairies temporaires,
des adventices sont deux objectifs majeurs en agriculture • le non labour strict partiel : abandon du labour sur une
biologique. Ces deux objectifs requièrent donc de faire partie de la SAU en rotation de l’exploitation,
des compromis entre labour et non labour. • le non labour total.

Quelques recommandations
pour réussir un passage
au non-labour...
•É  viter les sols qui se ressuient mal
•É  viter les sols sévèrement tassés
•S  ystématiser l’implantation de couverts
végétaux, ce sont eux qui assurent le travail
de restructuration et de protection du sol
• Semer en conditions favorables
• Être attentif au développement des adventices
• Utiliser la technique du faux semis pour réduire
la pression des adventices quand c’est possible.
• Surveiller les limaces. Les limaces prolifèrent
à cause des résidus de culture et peuvent
causer des dégâts importants à la levée.

(Chambre d’Agriculture de Bretagne 2014)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 45


LES COUVERTS
VÉGÉTAUX
L’interculture est la période allant de la récolte d’une culture au semis de la
culture suivante. Elle peut être conduite avec un sol nu ou avec un couvert
végétal dit couvert d’interculture.
LES COUVERTS VÉGÉTAUX

Le couvert d’interculture peut avoir différentes • la limitation du développement des adventices,


appellations selon les objectifs principaux donnés : • la production de la biomasse (ex : pour l’alimenta-
• culture intermédiaire piège à nitrates (CIPAN) : tion en élevage, pour la production énergie).
éviter la lixiviation des nitrates (transport des ni-
(Guesquière et al. 2012)
trates à travers le sol vers notamment les eaux
(Labreuche Jérome ARVALIS. Institut du Végétal 2009)
souterraines),
• engrais vert : enrichir des éléments nutritifs et no- (Chambre d’Agriculture de Champagne-Ardenne 2016)
tamment en azote à la culture suivante,
• culture en dérobée : production de fourrages ou LES PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES
de graines. D’UN COUVERT D’INTERCULTURE

EN MÉLANGE OU EN MONOESPÈCES

Les mélanges d’espèces ne sont pas toujours indis-


pensables, mais si mélange il y a, il vaut mieux pri-
vilégier les mélanges simples et peu coûteux (évitez
les plantes exotiques).

Intérêts des mélanges :


• une meilleure assurance de couverture : limite les
risques liés au climat et l’action des ravageurs et
des adventices,
Champs de Phacélie • une production de biomasse supérieure. La bio-
Crédit : Hanquez B./Chambre d’Agriculture de Vendée masse est d’autant plus importante que le mé-
lange inclut des légumineuses,
LES INTÉRÊTS DES COUVERTS VÉGÉTAUX • l’exploration de tout le potentiel nutritif du sol.

Comme vu précédemment, les effets d’une inter- INTERCULTURE LONGUE/COURTE


culture vont dépendre de l’objectif visé (effet va-
riable selon les couverts), cependant, les principaux • Interculture longue : précédent récolté en début
intérêts à l’implantation d’une interculture sont : d’été suivi d’une culture de printemps ou d’été.
• l’entretien et l’équilibre du stock de matière orga- Elle dure de 4 à 8 mois.
nique du sol, • Interculture courte : précédent récolté en début
• l’apport d’azote et d’autres minéraux, d’été suivi d’une culture d’automne ou précédent
• l’amélioration de la disponibilité du phosphore, récolté en fin d’été suivi d’une culture de printemps
• l’entretenir de la fissuration du sol occasionnée par ou d’été. Elle dure entre 1 et 3 mois.
un décompactage ou par les effets du climat ainsi
que de limiter l’érosion du sol, (Chambre d’Agriculture de Champagne-Ardenne 2016)
• la limitation des pertes en azote pendant la période
d’interculture,
• l’entretien de la biodiversité,

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 46


EXEMPLES D’INTERCULTURE

TYPE DOSE SEMIS PUR TYPE INTERCULTURES


LES COUVERTS VÉGÉTAUX

Avoine hiver ou printemps 80 à 100 kg/ha Longue

Féveroles de printemps 50 à 60 gr/m2 Longue

Gesse 40 à 50 kg/ha Longue

Moutarde blanche 8 à 10 kg/ha Longue

Phacélie 8 à 10 kg/ha Longue

Pois de printemps 80 à 100 gr/m2 Longue

Ray-grass d’Italie 15 à 20 kg/ha Longue

Seigle 100 à 120 kg/ha Longue

Trèfle blanc et/ou lotier et/ou minette 3 à 5 kg/ha Courte ou longue

Trèfle violet 15 kg/ha Longue

(Chambre d’Agriculture de Champagne-Ardenne 2016)

LES CLEFS DE DÉCISION POUR GUIDER LA MISE EN PLACE DU COUVERT D’INTERCULTURE


(Guesquière et al. 2012) (Chambre d’Agriculture de Rhône-Alpes 2013)

QUELLES ESPÈCES SEMER ?

1 Définir les contraintes et les ressources


de la parcelle
2 Prioriser les objectifs
• piégeage azote
• sucession dans la rotation : éviter • maintien de la matière organique du sol
les risques sanitaires • fourniture d’azote à la culture suivante
• période de semis possible • lutte contre les adventices (surtout
• durée de l’interculture les vivaces)
• production de fourrage
• structuration du sol
• maîtrise des bio-agresseurs

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 47


Caractéristiques des principales espèces d’engrais verts

TYPE ENGRAIS VERT CRUCIFÈRES LÉGUMINEUSES CÉRÉALES SARRASIN PHACÉLIE COMPOSÉES

Moutarde,
LES COUVERTS VÉGÉTAUX

Trèfles, Seigle, Nyger,


Exemples radis, fourrager, Polygonacées Hydrophyllacées
vesce... avoine... tournesol
colza...

Fasciculé,
Enracinement Pivotant Fasciculé Fasciculé Pivotant Pivotant
très remifié

Moyennement
Facile facile. Peuvent être Délicate Assez délicate
Implantation Assez facile Délicate
et rapide implantées sous à moyenne à fragile
couvert.

Piégage Fixation de l’azote Moyen Bon si semis Bon si semis


Bon Assez bon
de l’azote de l’air à assez bon précoce précoce

Bon Levée parfois Bon


Levée Démarrage lent.
Levée/ Implantation développement difficile. développement
et croissance Bon développement
développement lente si semis de début Croissance rapide si implantation
rapide végétatif.
d’été si bonne levée précoce

Pouvoir
concurrentiel sur Bon Bon Moyen Bon Moyen Bon
les adventices

Semis direct
IMPLANTATION
AVANTAGES INCONVÉNIENTS
• Assure un bon • Risque de bourrage lié
Technique de semis positionnement de la graine aux résidus
• Semis en un seul passage • Usure du matériel agricole
Semis à la volée • Mise en contact • Largeur de travail limitée
de la graine avec le sol • Abandon du déchaumage
AVANTAGES INCONVÉNIENTS sans trop travailler le sol

• Coût d’implantation faible • Problème de réglage


• Rapide du matériel Date de semis
• Evite toute contrainte • Pas adapté à toutes
liée aux débris de végétaux les espèces Semis au printemps, sous couvert d’une céréale ou en
même temps que la culture principale (ex : luzerne, tournesol).
Semoir en ligne classique
AVANTAGES INCONVÉNIENTS
AVANTAGES INCONVÉNIENTS
• Allongement du cycle • Technique non adaptée aux
• Assure une profondeur • Technique chère et lente
de croissance des engrais espèces à croissance rapide qui
de semis optimale, • Usure du matériel agricole
verts, permet la pratique peuvent être concurrentielles
une répartition homogène • Résidus du travail précédent
des engrais verts dans par rapport à la culture
et une levée rapide • Largeur de travail limitée
le cas d’une interculture • Dans le cas d’une parcelle sale,
• Compatible avec l’ensemble
courte cette technique ne permet pas
des espèces
d’avoir recours au déchaumage
• Pas d’investissement
durant l’interculture

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 48


Semis en fin d’été, fin août-début septembre Broyage

AVANTAGES INCONVÉNIENTS AVANTAGES INCONVÉNIENTS


• Possibilité de gérer • Nécessite une interculture • Recommandé si biomasse • Peu ou pas efficace sur
LES COUVERTS VÉGÉTAUX

les adventices longue > 2 tMS/ha graminées ou crucifères


par des déchaumages • Répartition homogène • Coûts supplémentaires
en interculture des résidus du couvert • Possible destruction
• Technique adaptée aux • Dégradation rapide des de la faune sauvage
espèces sensibles au stress résidus de petite taille
hydrique (trèfle, féverole) • Déchaumage ou labour
liée aux débris de végétaux ultérieur souvent réalisé

Travail du sol/déchaumage
DESTRUCTION DE L’INTERCULTURE
AVANTAGES INCONVÉNIENTS
Quand ?
• Prépare l’implantation • Efficacité limitée en cas
de la culture suivante de couverts très développés
La période de destruction doit faire coïncider la période • Bonne incorporation
de forte minéralisation avec la période d’absorption de la
culture suivante. Gel

Ceci va dépendre : AVANTAGES INCONVÉNIENTS


1°) de l’espèce. Des espèces comme le radis fourrager
• Coût nul • Nécessite d’avoir des gelées
montent rapidement en graines, et doivent être dé-
• Maintien des résidus importantes (-6°C)
truites en automne, en revanche, les légumineuses en surface • Choix limité des couverts
ont un cycle plus long et on peut donc attendre pour • Pas de tassements • Possibilité de destruction
la destruction, des sols sensibles précoce
2°) du type de sol. Le couvert va mettre plus ou moins • Préserve les améliorations
de temps à se décomposer selon le type de sol, de la structure
3°) de la culture suivante. Dans le cas d’une culture
de printemps, le couvert doit être détruit au moins Roulage + gel
deux mois avant le semis de la culture suivante. Sur
la culture d’automne, il est possible de détruire le AVANTAGES INCONVÉNIENTS
couvert juste avant le semis.
• Accélération de la • Nécessité d’avoir des gelées
dégradation du couvert importantes et des couverts
(Chambre d’Agriculture de Rhônes-Alpes 2013)
• Pas de dégradation bien développés
de la structure du sol • Pénalise les sols limoneux
si le sol est gelé hydromorphes
Comment ? • Faible coût
• Technique rapide
Labour

AVANTAGES INCONVÉNIENTS
• Possible sur couvert peu • Coût élevé
développé ou gelé • Temps de travail important
• Dégradation rapide • Risque d’enfouir une
• Prépare implantation quantité importante de
de la culture suivante résidus en fond de labour

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 49


RÉSULTATS D’EXPÉRIMENTATIONS

ENGRAIS VERT AVANT MAÏS ESSAIS DE 2001 À 2005 Périodes de semis retenues :
•S
 emis sous couvert de printemps
LES COUVERTS VÉGÉTAUX

3 témoins : - espèces à croissance lente,


• sol nu non fertilisé, - système racinaire 2 à 4 fois plus dense.
• sol nu fertilisé,
• CIPAN non fertilisé. •S
 emis de fin d’été
- espèces à croissance rapide,
- recommandé pour les parcelles sales.

Rendement du maïs

Témoin 10 t/ha compost volaille


Témoin phacélie
Témoin sans fertilisation
Trèfle incarnat (35 kg/ha)
Trèfle d’Alexandrie (25 kg/ha)
Féverole (200 kg/ha)
Pois (150 kg/ha)
Trèfle de Perse 15 kg/ha)
Vesce commune (100 kg/ha)
Vesce commune (150 kg/ha)
Luzerne (25 kg/ha)
Mélilot (20 kg/ha)

0 20 40 60 80 100 120 140


(Chambre d’Agriculture de Rhône-Alpes 2013)

ENGRAIS VERTS AVANT TOURNESOL RENDEMENTS DES CULTURES


APRÈS TRÈFLE VIOLET
Engrais verts semés le 4 septembre 2013 avec les
densités suivantes : Rendement après trèfle violet
• Vesce pure : 45 kg/ha, semé sous souvert de la céréale précédente
• Féverole pure : 150 kg/ha, (essai Chambre d’Agriculture de Picardie
• Mélange vesce : 25 kg/ha + avoine 25 kg/ha. 2007, 2008, 2009)
100
Rendement du tournesol 90
90
34 80 74
70
32 60 58
60
51
50 46
30 42
40 32
28 29
30
19
q/ha

26 20
10
24
0
22 Triticale a Orge P a Maïs a Orge b Maïs b
2007 2008 2008 2009 2009
20
Féverole Vesce - avoine Vesce pure Témoin
■ Témoin ■ Trèfle violet
(Chambre d’Agriculture Rhône Alpes et Terres Inovia 2013)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 50


ASSOCIATIONS
DE CULTURES
COMMENT FONCTIONNENT LES ASSOCIATIONS ?
ASSOCIATIONS DE CULTURES

Définition : Une association est une culture simultanée de deux espèces ou plus, sur la même
surface, pendant une période significative de leur cycle de croissance (Willey, 1979).

FAVORISER LA COMPLÉMENTARITÉ MAÎTRISER LA COMPÉTITION


EN ASSOCIATION : L’EXEMPLE DE L’AZOTE

Avec Sans
Synthèse d’essais européens fertilisation N fertilisation N
d’associations céréale-légumineuse en AB

Rendement
100
Effet positif

Céré

Céré
Taux de fixation azote de l’air %

80
(légumineuse en association)

+ +

Céré. seule

Céré. seule
Lég. seule
Lég seule
60

Lég.

Lég.
40
+ COMPÉTITION -
20
- COMPLÉMENTAIRE
+
Effet négatif (Bedoussac et al.2015)

0 (Agro-Transfert ressources et Territoires)


20 40 60 80 100
Taux de fixation azote de l’air %
(légumineuse en culture pure) Différentes expérimentations ont confirmé que l’effet
(Bedoussac et al. 2015 - Bedoussac non publ.) de l’association sur le rendement est d’autant plus
positif que la disponibilité en N dans le sol est faible.
Résultats similaires observés en parcelles d’agricul-
teurs.

Céréale seule
> légumineuse seule
•P
 récocité de croissance racinaire
•C
 apacité de prélèvement

légumineuse seule
•C
 apacité à fixer avec l’azote de l’air

légumineuse + céréale
•A
 ugmentation de la fixation d’azote de l’air
pour la légumineuse
•A
 ugmentation de l’azote du sol disponible
pour la céréale

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 51


INTÉRÊTS cifiques pour l’utilisation des ressources du milieu comme
l’eau, la lumière et les nutriments.
MAÎTRISE DES ADVENTICES
60
ASSOCIATIONS DE CULTURES

L’association permet une meilleure couverture du sol et


50
donc une diminution de la pression des adventices.

Rendement/ha (q/ha)
40
Cas de pois protéagineux associés
300 30
a
Matière sèche d’adventices (g/m2)

250 20

200 10

150 0

Agri 1
Agri 2
Agri 3
Agri 4
Agri 5
Agri 5
Agri 6
Agri 7
Agri 8
Agri 8
Agri 9
Agri 10
Agri 2
Agri 7
Agri 11
100
2009 2010 2009 2010 2010
50
Blé dur - Féverole Blé dur - Pois Blé dur - Pois
0
< 500 500 -600 600 -700 > 700 ■ Blé seul ■ Légumineuse seul ■ Association
■ Pois pur à 90 gr/m2 ■ Pois 45 - orge 150 (ANR PerfCom ANR 2012)
■ Pois 90 - orge 150 ■ Orge pur à 300 gr/m2
0,6
Rendement totale de l’association (kg/m2)

(d’après Corre-hellou et Al., 2011)

0,5
300
0,4
250
0,3
200
g weeds m-2

0,2
150
0,1
100

50 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6


Rendement moyen des cultures pures (kg/m ) 2

0
Denmark UK France Germany Italy ■ Blé tendre - Féverole ■ Orge - Féverole ● Blé dur - Féverole
2004 2004 2004 2004 2004
● Blé tendre - Pois ● Orge - Pois ● Blé dur - Pois
■ B100 ■ P50B50 ■ P100
(Projet intercorp, Corre-Hellou et Al., 2011) (d’après Bedoussac et al. 2014)

L’expérience montre ici que la biomasse d’adventices est


beaucoup plus élevée en pois pur qu’en pois associé.
Plus la biomasse de la culture est importante, plus la bio-
masse d’adventices diminue.

GAIN DE RENDEMENT

Les rendements des associations sont systématique-


ment supérieurs ou égaux aux rendements moyens des
cultures “pures”.
Cultures associées : sarrasin, tournesol et soja,
Il y a donc une meilleure efficacité des mélanges plurispé- 4 mois après le semis. Crédit : Chambre d’Agricul-
ture du Tarn/Ferrie Y.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 52


16
Mobilisation du Phosphore

de la céréale associéé (% MS)


Cas de l’association blé dur-pois chiche 14

Teneur en protéïnes
8 12
ASSOCIATIONS DE CULTURES

10
Polsen disponible (mg/kg sol)

6
8
4
6
6 8 10 12 14 16
2 Teneur en protéïnes
de la céréale pure (% MS)
b a c;C B A ■ Blé tendre - Féverole ■ Orge - Féverole ● Blé dur - Féverole
0
Seul Association Seul Association
● Blé tendre - Pois ● Orge - Pois ● Blé dur - Pois
Rhizosphère Sol hors Rhizosphère
blé dur rhizosphère pois chiche
(Bedoussac et al. 2014)

(d’après Betencourt et al. 2012)

MOINS DE MALADIES ET RAVAGEURS


La performance des associations tend à diminuer
avec la disponibilité en azote, ce qui confirme que Les associations peuvent être à l’origine d’une diminu-
les mélanges blé-légumineuses à graines sont plus tion de la pression des ravageurs pour deux raisons.
adaptés aux systèmes à bas niveaux d’azote. La première est que l’introduction de plusieurs espèces
constitue une barrière mécanique. Il y a une modifica-
AUGMENTATION DES TAUX DE PROTÉINES DU BLÉ tion de l’environnement au niveau de l’architecture, du
microclimat, de la couleur ou encore du profil olfactif, qui
Différentes associations ont été testées et ont montré rendent les plantes hôtes plus difficiles à trouver pour les
qu’elles ont permis d’améliorer la teneur en protéines de insectes ravageurs. La seconde raison, c’est la diversité
la céréale, comparativement aux cultures pures ayant des habitats, qui est favorable aux insectes auxiliaires.
reçu le même niveau de fertilisation. Cette augmentation 25
de la teneur en protéines du blé en association est d’au-
20
Nombre de pucerons par m2

tant plus forte que sa teneur en protéines en culture pure


est faible. Ceci conforme l’intérêt des associations dans 15
les systèmes à bas intrants azotés.
10
16
15 5
Teneur en protéïnes (% MS)

14 0
Agri 1 Agri 2 Agri 3 Agri 4 Agri 5 Agri 6
13 2009 2010
12
■ Pois seul ■ Pois associé
1
(PerfCom ANR 2012)
10

0 Cet intérêt des associations contre les ravageurs ne peut


Agri 1
Agri 2
Agri 3
Agri 4
Agri 6
Agri 5
Agri 5
Agri 3
Agri 6
Agri 7
Agri 8
Agri 8
Agri 9
Agri 10
Agri 2
Agri 7
Agri 11

cependant se généraliser pour tous, du fait des particu-


larités et des mécanismes propres à chaque ravageur.
2009 2010 2009 2010 2010
Les associations représentent également un intérêt dans
Blé dur - Féverole Blé dur - Pois Blé dur - Pois
la “lutte” contre les maladies, elles diminuent la densi-
■ Blé seul ■ Association té des tissus sensibles de l’hôte, elles constituent une
barrière à la dispersion des spores et crée une inhibition
(PerfCom ANR 2012) directe du pathogène associé.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 53


Cas de l’Ascochytose du pois (anthracnose)

ASCOCHYTOSE DU POIS
ASSOCIATIONS DE CULTURES

Intensité réduite sur tiges et sur gousses


en association avec une céréale

Réduction de la projection des spores


Modification du microclimat d’une feuille à l’autre (effet splashing)
(durée d’humectation des organes sensibles) (densité de feuilles de la plante hôte plus faible
+ barrière physique)

POIS + CÉRÉALE

(Corre-Hellou 2014)

AUTRES AVANTAGES BILAN

• Un effet positif sur la structure du sol due à une


OUI PAS TOUJOURS NON
amélioration de la masse racinaire importante et
variée.
Plus
• Une limitation de la verse des pois. de rendement ? ✔
• La meilleure stabilité face aux aléas.
• La réduction de la lixiviation des nitrates par rapport Une récolte de
à une légumineuse pure. meilleure qualité ? ✔

CONTRAINTES Moins
d’adventices ? ✔
• Commercialisation difficile.
• Récolte souvent versée avec le pois. Il est en effet
Moins
de ravageurs ? !
difficile de trouver les bonnes doses entre céréales
et légumineuses car dans le cas où la légumineuse
est trop présente, le risque de verse augmente.
Moins
de maladies ? !
• Rupture incomplète de la rotation.
Des cultures
• Il est parfois difficile d’associer techniques de semis et
dates de récolte entre les espèces associées.
plus faciles
à conduire ?
!
• Les interventions mécaniques pour le désherbage
ou la récolte sont souvent plus difficiles à réaliser. (Boissinot, Lecat, et Salitot 2016)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 54


ITINÉRAIRE TECHNIQUE DES ASSOCIATIONS DE CULTURE

CHOIX ESPÈCES/VARIÉTÉS • L’agressivité de certaines espèces (avoine) ne doit pas


défavoriser le développement des autres.
ASSOCIATIONS DE CULTURES

1°) Quel est le débouché visé ? • Le besoin de “tuteur” de certaines espèces de légumi-
• S’agit-il de cultures destinées à la vente (en grain/sec) neuses. Ex : Pour le pois fourrager, il est important de
ou destinées à l’autoconsommation ? (fourrages). choisir des espèces et des variétés de céréales résis-
• Veut-on obtenir un produit riche en protéagineux, ré- tantes à la verse car elles servent de tuteur.
colter un produit équilibré en céréales et protéagineux,
ou récolter un produit riche en blé panifiable ? Les débouchés vont également influencer le choix de
l’espèce, s’il y a autoconsommation, il est possible de
2°) Choisir des espèces adaptées privilégier l’orge par rapport au blé. De même, la consom-
• Les maturités doivent concorder. mation en grain ou sous forme de fourrage peut influen-
cer le choix en pois protéagineux ou fourragers.

RÉCOLTER UN PRODUIT
RÉCOLTER UN PRODUIT
RÉCOLTER UN PRODUIT RICHE EN PROTÉAGINEUX ÉQUILIBRÉ EN CÉRÉALES
RICHE EN BLÉ PANIFIABLE
ET PROTÉAGINEUX

AUTOMNE PRINTEMPS AUTOMNE AUTOMNE

• Lupin avec triticale • Lupin avec orge/blé/avoine • Privilégier le triticale à Variété de blé tendre panifiable
• Féverole avec triticale/avoine/ • Féverole avec triticale/blé/ associer avec féverole/pois à associer avec de la féverole,
seigle avoine fourrager du pois protéagineux ou
• Pois protéagineux avec orge/ • Pois protéagineux • Blé ou orge à associer avec fourrager selon la précocité.
blé précoce avec orge/blé pois protéagineux Pour un gain de protéine plus
• Épeautre à associer avec élevé, privilégier la féverole.
féverole/pois fourrager

(Boissinot, Lecat, et Salitot 2016)

(Chambre d’Agriculture de Champagne-Ardenne, 2016)

PLACE DANS LA ROTATION Il est important d’évaluer le reliquat azoté avant l’implan-
tation et d’éviter les situations à risque pour les bioagres-
Il existe à l’heure actuelle peu de référence sur les délais seurs de la culture dominante.
de retour des associations dans la rotation, il faut à mi-
nima respecter les délais de retour des cultures pures.

RÉCOLTER UN PRODUIT RÉCOLTER UN PRODUIT ÉQUILIBRÉ RÉCOLTER UN PRODUIT


RICHE EN PROTÉAGINEUX EN CÉRÉALES ET PROTÉAGINEUX RICHE EN BLÉ PANIFIABLE

AUTOMNE PRINTEMPS AUTOMNE AUTOMNE

• Précédents à privilégier : céréales • Positionnement assez souple • Si absence de fertilisation, privilégier
à paille, maïs dans la rotation les précédents protéagineux et
• Précédents à éviter : protéagineux, anté-précédent légumineuse
prairies temporaires, interculture • Précédents à éviter : céréales à paille,
de légumineuses maïs, tournesol

(Boissinot, Lecat, et Salitot 2016)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 55


TRAVAIL DU SOL Mélanger à nouveau la semence en cours de semis.
ASSOCIATIONS DE CULTURES

Préparation du semis assez similaire à celle d’une céréale. (Chambre d’Agriculture du Limousin 2014)
L’association s’accommode bien d’un lit de semences
grossier. La présence de mottes la rend moins sensible NB : cette méthode n’est pas valable pour les mé-
au gel. Elle nécessite par contre un sol bien ressuyé. langes avec de la féverole car la graine est beau-
coup plus grosse et est souvent semée en deux
(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016) passages.

SEMIS Les pourcentages sont exprimés en fonction de la den-


sité normale de ces cultures pures (cf fiches cultures).
Le semis est réalisé en un seul passage, la profondeur de
semis est de 3 à 4 cm. La densité de céréales est fonction :
Afin d’obtenir une parfaite homogénéité du semis, pen- • de la réserve du sol en azote,
ser à bien mélanger l’ensemble des semences dans la • du reliquat sortie hiver (RSH),
trémie du semoir, dans une bétonnière ou un bac. • du risque adventice de la parcelle.

RÉCOLTER UN PRODUIT
RÉCOLTER UN PRODUIT RÉCOLTER UN PRODUIT
ÉQUILIBRÉ EN CÉRÉALES
RICHE EN PROTÉAGINEUX RICHE EN BLÉ PANIFIABLE
ET PROTÉAGINEUX

AUTOMNE PRINTEMPS AUTOMNE AUTOMNE

Protéagineux Au moins 80 % 50 % 25 à 50 %

Céréales 30 % 20 % 80 à 90 % 80 à 100 %

(Boissinot, Lecat, et Salitot 2016)

DÉSHERBAGE

• Des faux-semis sont conseillés par déchaumages suc-


cessifs. Si besoin, réaliser un passage à l’aveugle en
prélevée. En culture, l’aspect couvrant rend souvent
inutile l’intervention.
• Binage possible pour les associations à base de lupin
et féverole.
• Herse étrille et houe rotative : régler l’outil sur la plante
la plus sensible. Si pois protéagineux, aucun passage
possible après la formation des vrilles.

NB : une impasse peut être envisagée sur les mé-


langes car la couverture du sol et la densité de ma-
tière végétale engendre une forte concurrence pour
les adventices.
Association triticale/pois fourrager
Crédit : Hanquez B./Chambre d’Agriculture de la Vendée

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 56


FERTILISATION
ASSOCIATIONS DE CULTURES

La fertilisation n’est pas indispensable du fait de l’apport


d’azote via les légumineuses. Elle est cependant pos-
sible avec les associations avec un objectif plus orienté
sur la production de céréales.

Elle est donc à piloter en fonction du reliquat en sortie


d’hiver et de l’objectif.
Des expériences ont été réalisées sur l’association blé/
pois, où il a été montré que l’augmentation de la fertili-
sation avait peu d’effet sur le rendement mais modifiait
la proportion finale du mélange, avec moins de pois. Un
apport tardif réduit l’impact négatif de la fertilisation sur
le pois.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 57


• Avoine
FICHES CULTURES

• Association triticale/pois fourrager

• Blé tendre d’hiver

• Blé tendre de printemps

• Chanvre

• Colza

• Féverole d'hiver et de printemps

• Grand épeautre

• Lupin

• Luzerne

• Maïs

• Orge de printemps

• Pois protéagineux d'hiver et de printemps

• Sarrasin

• Soja

• Tournesol

• Triticale

GUIDE DES GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES 58


AVOINE
L’avoine est caractérisée par une productivité élevée par rapport aux autres
céréales d’hiver. Elle est cependant à éviter sur les sols froids et trop su-
perficiels car elle craint le gel et le sec. Il existe plusieurs types d’avoines,
toutes caractérisées par des besoins différents : noire, blanche, hiver, prin-
temps. Dotée de pouvoirs allélopathiques et d’un système racinaire puissant,
AVOINE

cette céréale rustique ne possède que des marchés étroits.

PRÉPARATION DU SOL

La préparation du sol doit favoriser une bonne im-


plantation et permettre la levée la plus homogène
et le développement le plus rapide possible de la
plante. Elle s’accommode bien d’un lit de semences
grossier. Il faut cependant être vigilant aux risques
de tassement du sol.

(Groupe Technique AB 2012)


(Chambre d’Agriculture de Bourgogne
et Bio Bourgogne 2016)

PLACE DANS LA ROTATION Avoine Une de Mai


Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne
L’avoine peut être placée en première, seconde ou
troisième paille. Elle peut se succéder à elle-même,
mais elle est souvent placée en seconde paille, der-
rière le blé par exemple. Elle est moins exigeante en
azote et présente une résistance naturelle au piétin
verse. Placée en fin de rotation, elle permet d’accueil-
lir un semis sous couvert de prairie. En culture de
printemps, elle vient souvent après une culture déro-
bée ou un engrais vert.

(Chambre d’Agriculture région Nord Pas de Calais 2013)


(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne
2016)

Son fort pouvoir couvrant lui procure un effet plus


compétitif que le blé par rapport aux adventices. Blé Oxébo
Elle possèderait également un effet allélopathique in- Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne
hibiteur sur certaines adventices (cf photo à droite).

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 59


SEMIS
Quelques exemples
Date de semis : du 1er au 15-20 octobre. de variétés utilisées
Dans le quart nord ouest de la France cela peut être
AVOINE

assez variable, on peut avoir des semis jusqu’à début • Semis d’hiver : Evora, Fervente, Gerald,
novembre. Grafton (nue), Bastion, SW Dalguise, Une de
Densité : 220 à 400 grains/m2, la moyenne est Mai (noire), Péniart.
de 300-320 grains/m2. • Semis de printemps : Tatran (nue), Duffy,
L’avoine est en effet une culture assez “dense”, Albatros, Izak (nue), Jag de Bellouet, Lennon
qui ne nécessite pas des densités de semis trop (nue), Ardente.
élevées.
Profondeur de semis : 2-3 cm.

VARIÉTÉS

Il existe 2 grands types d’avoine :


• avoine vêtue de type printemps ou hiver, grain blanc
ou noir : les glumes adhèrent au grain à la récolte.
L’avoine blanche a un vrai intérêt pour l’élevage, car
elle favorise la rumination et le flushing,
• avoine nue, grain clair : la glume est plus mince que
celle de l’avoine vêtue. À la moisson, les glumes se
séparent du grain. Elle est très riche en protéines (16 à
18 %) et a un PS élevé. Les variétés commercialisées
sont principalement de printemps.

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

AVOINE NUE AVOINE VÊTUE

Compétitivité
vis-à-vis - ✚
des adventices

- Association d’avoine “féverole de printemps”


Rendement (30 % en moins par ✚ Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne
rapport à l’avoine vêtue)

NB : l’avoine blanche est la seule avoine vêtue qui CULTURE EN ASSOCIATION


bénéficie d’un marché en alimentation humaine.
La noire n’est utilisée que pour l’élevage. L’avoine peut être semée en association avec d’autres
L’avoine blanche est donc plus souvent choisie, les céréales et des protéagineux en cultures d’hiver comme
débouchés en alimentation animale étant limités. de printemps. Ces associations ont pour but de produire
des mélanges à moissonner ou à ensiler. Les doses de
Le choix de la variété se fait selon : semis de l’avoine dans ces associations dépendront des
• la date de semis envisagée, objectifs recherchés (couverture de sol, production de
• le débouché commercial (alimentation humaine volume...).
ou animale), Souvent, l’avoine est utilisée dans une association pour
• la productivité de la variété, limiter les risques de salissement, elle permet de com-
• la résistance aux maladies , penser le faible pouvoir couvrant de la féverole en fin de
• la disponibilité en semences biologiques. cycle par exemple.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 60


FERTILISATION DÉSHERBAGE/MAÎTRISE DES ADVENTICES

Besoins de la culture en NPK Les interventions mécaniques les plus pratiquées sont
• N : 2,2 uN/q avec la herse étrille et la houe rotative.
AVOINE

• P2O5 : 2,0 kg/q


• K2O : 2,5kg/q Les stades d’intervention :
• en post-semis prélevée à l’aveugle (graine germée au
L’avoine a une réputation de plante peu exigeante, ce stade araignée, 3 à 4 radicelles visibles) : herse étrille,
qui est du à son système radiculaire plus profond et plus • au stade 2-3 feuilles : houe rotative,
développé que celui du blé ou de l’orge. • au stade 3-4 feuilles puis au stade tallage : herse étrille.

En système polyculture-élevage, 15 à 20 t/ha de fumier (Chambre d’Agriculture région Nord Pas de Calais 2013)
composté sont généralement apportées à l’automne.
En système polyculture, un engrais vert à base de lé-
gumineuses est généralement utilisé comme fertilisation
pour les semis de printemps.

lle
e

ui
ag

ge

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Fl

R
3

Semis levée Tallage Montaison Maturation

Herse étrille Houe rotative

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 61


MALADIES ET RAVAGEURS ATOUTS ET CONTRAINTES

Les principales maladies rencontrées sont la rouille


couronnée, l’oïdium, le charbon et la septoriose.
AVOINE

L’avoine est par contre peu ou pas sensible aux maladies


du pied comme le piétin verse. ATOUTS
Il n’existe, à l’heure actuelle, peu ou pas de moyens de
lutte. La résistance variétale est donc à privilégier. •R
 usticité (adventices, climat, ravageurs)
•B
 onne valorisation des engrais verts
(Chambre d’Agriculture région Nord Pas de Calais 2013) •B
 onne tolérance aux sols lourds, humides
et acides
RÉCOLTE ET VALORISATION •M
 oins sensible au taupin et au piétin verse
que le blé
Date de récolte : •C
 apacité de tallage élevée
• avoine d’hiver : mi-juillet à début août, •S
 emis précoce et moisson tardive qui permet
• avoine de printemps : mi-août. d’étaler la période de travail
•D
 ébouchés en alimentation humaine et animale
Rendements : 30 à 50 q/ha.

Valorisation

AVOINE NOIRE Alimentation animale (équins, etc)


CONTRAINTES
AVOINE BLANCHE Alimentation animale ou floconnerie
•S
 ensibilités au gel pour les cultivars d’hiver
AVOINE NUE Alimentation humaine
(-10°C)
•S
 ensibilité à la rouille couronnée
Les exigences de PS sont relativement élevées pour les •E
 xigence de qualité élevée (PS) pour
débouchés de l’alimentation humaine (floconnerie). les débouchés de l’alimentation humaine
(floconnerie)
•D
 ébouchés limités en alimentation animale

Avoine evergreen
Crédit : Hanquez B./APCA

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 62


ASSOCIATION TRITICALE/
POIS FOURRAGER
À l’inverse des pois protéagineux, les pois fourragers sont monotiges
et mesurent souvent plus de deux mètres de long. Ils nécessitent donc
impérativement un tuteur pour leur culture. (ITAB 2003)
ASSOCIATION TRITICALE
POIS FOURRAGER

L’association peut se récolter aussi bien en grain qu’en fourrage.


À noter cependant que le triticale n’est pas très appétant en fourrage. Il y a
différentes manières de conduire une association, selon que l’on cherche à
produire en priorité la céréale, le protéagineux, ou les deux. Dans le cas de
l’association triticale/pois fourrager, le but est surtout d’avoir un mélange
productif, avec une valeur alimentaire équilibrée.

PLACE DANS LA ROTATION

Profondeur de semis : 3 à 4 cm

Densité de semis :
 riticale : 300 à 380 gr/m2
•T
•P
 ois fourrager : 12 à 15 gr/m2

Plus le semis sera tardif, plus il faudra augmenter la


dose de pois fourrager. Le principe à respecter est
Crédit : Guibert E./Chambre d’Agriculture de la Vendée 10 à 15 % de protéagineux pour 85 à 90 % de cé-
réales(1). Une trop forte densité de pois peut engen-
drer un risque de verse.
PRÉPARATION DU SOL
Date de semis : mi-octobre à mi-novembre
Le positionnement dans la rotation est assez souple.
Il vaut mieux éviter les situations à fort reliquat azoté (Chambre d’Agriculture région Nord Pas-de-Calais 2013)
avant l’implantation de l’association.
VARIÉTÉS
Elle peut se retrouver :
• derrière une céréale à paille, une plante sarclée Au sein de l’association, le choix des variétés se
(ou une 3ème paille), fait en fonction :
• derrière une prairie, en polyculture élevage, •d e leur caractère précoce ou tardif,
• derrière une association (la succession •d u type de sol,
d’associations est possible mais on conseille •d es résistances aux maladies,
d’alterner association d’hiver/association de •d e la résistance à la verse des céréales,
printemps). •d e leur capacité à couvrir le sol.

(ITAB 2003) (ITAB 2003)

(1) On parle du nombre de graines.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 63


FERTILISATION

Du fait de la présence d’une légumineuse, l’apport d’azote


n’est, en général, pas nécessaire.
ASSOCIATION TRITICALE/POIS FOURRAGER

En ce qui concerne les apports en P et en K, l’impasse est


possible en fonction de la fertilité du sol.
Un apport de 20 à 30 T/ha de fumier peut être réalisé
dans les sols les moins pourvus en azote (RSH < 60 uN).

(ITAB 2011)
(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

DÉSHERBAGE

Le mélange pois fourrager/triticale couvre suffisamment


Crédit : Chambre d’Agriculture de la Seine-et-Marne rapidement le sol pour empêcher le développement des
adventices (le pouvoir couvrant vient surtout du triticale).
Triticale : Orval, Vuka, Benetto, Kortégo, Rotego, Le désherbage mécanique peut être pratiqué si besoin.
Kéréon, Tribéka, Jokari et Elixir. La herse étrille et la houe rotative sont les outils les plus
Pois fourrager : Assas*, Picar*, Arkta*, Ascension (fleurs couramment utilisés. Un ou deux passages peuvent être
blanches). réalisés entre le stade début tallage et fin tallage.

Il est à noter que la variété Ascension se différencie beau- Attention, le pois est sensible au hersage à la forma-
coup moins des pois protéagineux que les autres varié- tion des vrilles.
tés de pois fourragers. C’est en effet une variété à fleurs
blanche, avec moins de tanins et une meilleure tenue
qu’une variété de pois fourrager classique.

* Les préférer dans les zones à hiver rigoureux.

Choisir des variétés de triticale résistantes à la verse, mais


aussi rustiques.

(Chambre d’Agriculture de Champagne-Ardenne 2016)

Crédit : Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne

Pois fourrager vs pois protéagineux d’hiver !

Les “pois fourragers” d’hiver actuels ont une à la photopériode et à fort pouvoir de ramification.
série de caractères qui les différencient nettement Ces caractéristiques les rendent plus adaptées au
des “pois protéagineux” d’hiver actuels. mélange avec du triticale que “les pois protéagineux
Certains sont importants du point de vue d’hiver”. Les variétés actuelles de pois protéagineux
de la conduite des cultures. d’hiver sont à fleurs blanches (graines sans tanins),
Les variétés actuelles de pois fourragers sont courtes, précoces à maturité, nécessitant un semis
généralement à fleurs colorées (graines riches tardif.
en tanins) et sont à la fois hautes, feuillues, réactives (ITAB 2011)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 64


MALADIES ET RAVAGEURS

Le triticale est une céréale rustique. Elle a l’avantage d’être CONTRAINTES


peu sensible aux maladies et aux pucerons.
ASSOCIATION TRITICALE/POIS FOURRAGER

• La plupart des variétés de triticale sont barbues,


La culture en association apporte également un effet bar- peu appétentes en fourrage et ont une teneur
rière : les espèces différentes jouent un rôle d’écran phy- en silice élevée. Le triticale, en ensilage et en
sique pour certaines maladies à dispersion aérienne et les enrubannage, reste agressif pour le tube digestif
ravageurs. des vaches.

(ITAB 2011)

RÉCOLTE ET VALORISATION POIS FOURRAGER

La récolte en fourrage se fait au plus tard au stade laiteux/


pâteux de la céréale. La surveillance quasi journalière est
indispensable, car la fenêtre de récolte est de quelques
jours. L’objectif est d’avoisiner les 30 % de MS pour op- ATOUTS
timiser la conservation ; une récolte à 35-40 % MS peut
poser des problèmes de conservation. • Permet de diversifier la rotation, et les sources
de protéines dans l’assolement
(ITAB 2011) • Permet de produire un concentré plus équilibré
(Chambre d’Agriculture région Nord Pas-de-Calais 2013) pour les animaux qu’une céréale pure
• Le mélange qui “passe” dans les situations
Pour toutes les associations de culture, la récolte est une les plus difficiles en hiver
étape majeure. Le réglage du batteur est important pour
éviter la casse du grain et les impuretés.

La vitesse du batteur doit donc être lente pour limiter la


casse des grains du pois. Le réglage du serrage du bat-
teur est ensuite un compromis entre le battage complet CONTRAINTES
des épis et les brisures des protéagineux.
• Sensibilité aux sols hydromorphes
ATOUTS ET CONTRAINTES • Risque de verse
• Forte teneur en tanins (peut poser problème
TRITICALE pour les jeunes animaux)

(Chambre d’Agriculture de Champagne-Ardenne 2016)

ATOUTS

• Bonne productivité et rendement en paille


• Bonne valeur alimentaire
• Plante rustique
• Bon tuteur (variétés résistantes à la verse)
• Bonne couverture du sol

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 65


BLÉ TENDRE D’HIVER
Le blé tendre s’adapte très bien à tous les types de sol.

Il est important de ne pas trop affiner le lit de se-


BLÉ TENDRE DHIVER

mence pour éviter les croutes de battance ou favori-


ser la levée des adventices.

Le labour n’est pas indispensable, mais il est for-


tement conseillé en cas de forte infestation de gra-
minées, ou derrière un maïs ou une céréale à paille
pour limiter les risques de maladies.

PLACE DANS LA ROTATION


Blé tendre d’hiver
Crédit : Roman C./Chambre d’Agriculture de Gironde La place dans la rotation est à raisonner en fonction
de critères liés à la nature du précédent : fourniture
azotée, propreté de la parcelle et maladies.
PRÉPARATION DU SOL

Le blé s’accommode assez bien de différentes


structures et notamment d’un lit de semences assez
grossier.

RISQUE RISQUE
FOURNITURE PROPRETÉ
DE MALADIES DE MALADIES
AZOTÉE DE LA PARCELLE
DU PIED DU FEUILLAGE

Tournesol, maïs,
sorgho,

Blé, triticale, orge

Protéagineux sur culture d’été


(pois, féverole, soja)
ou avoine notamment

Légumineuses
fourragères (luzerne,
trèfle violet) ou
prairies riches en
légumineuses

■ Très favorable à la culture suivante ■ Peu favorable ■ Indifférent


■ Favorable à la culture suivante ■ Très défavorable

(Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire 2003)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 66


SEMIS VARIÉTÉS

Profondeur : 2 à 3 cm •P
 récocité par rapport au type de sol et à la date
Écartement moyen : 15 à 17 cm. de semis
BLÉ TENDRE D’HIVER

- Avec binage : 20 à 30 cm •R
 ésistance aux maladies (rouille jaune et brune,
- Sans binage : < 12 cm. Il est recommandé d’avoir septoriose, oïdium, et fusariose épis)/rusticité
un écartement faible pour limiter les adventices. •P
 ouvoir couvrant/compétitivité vis-à-vis des adventices
•O
 bjectif visé :
Si les semis sont tardifs ou s’il y a désherbage mécanique, - meunerie : PS, teneur en protéines et note
il est nécessaire d’augmenter la densité de semis pour de panification,
compenser les pertes à la levée ou lors des passages - élevage : rendement et production de paille.
d’outils (5 à 10% de perte de pied à chaque passage). •S
 ensibilité à la germination sur pied

Date de semis : du 20 octobre au 10 novembre en Il est important de diversifier les variétés dans l’assole-
plaine; ment, l’étalement des précocités et des dates de semis
réduit les risques liés aux aléas climatiques, etc. Les pa-
Augmenter de 20 % en cas de semis tardif, c’est-à-dire, 15 thogènes s’adaptent aux variétés les plus cultivées.
jours après la date habituelle (lutte contre la folle avoine).
Le mélange de variétés est également possible, mais il
est important de s’informer auprès de son collecteur au
préalable afin qu’il reprenne le lot mélangé.
Densité de semis en période optimale de semis

OBJECTIF DENSITÉ DE SEMIS DENSITÉ DE SEMIS QUANTITÉ DE QUANTITÉ DE


TYPE DE SOL DE PEUPLEMENT MINI(2) MAXI(2) SEMENCES(3) MINI SEMENCES MAXI
(PLANTES/M2) (GRAINS/M2) (GRAINS/M2) (KG/HA) (KG/HA)
Favorable :
limon sain,
250 280 310 115 130
argilo-calcaire
profond
Séchant : gravier,
argilo-calcaire
300 330 370 140 155
superficiel,
solognes...

Humide : limon
350 380 430 160 180
humide, argile...

(1) en semis tardif, ces valeurs devront être augmentées de 15 %.


(2) mini = bonnes conditions de semis, maxi=conditions motteuse ou préparations trop fines ou charge en caillloux très élevée ou risque d’excès d’eau hivernal.
(3) pour un PMG moyen de 42 g.

(Arvalis Institut du Végétal et ITAB 2016)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 67


CULTURES EN ASSOCIATION

Il est tout à fait possible de réaliser du blé panifiable en


association. Le choix de l’espèce associée va dépendre
BLÉ TENDRE D’HIVER

Quelques exemples de la précocité de la variété de blé.


de variétés utilisées :
Pour une variété de blé précoce à semi précoce, il est
Zone Ouest conseillé de l’associer avec du pois protéagineux, tandis
•V
 ariété améliorante : Molinera, Wiwa, Togano, que pour une variété semi précoce à tardive, il est conseil-
Pirénéo, Blasius lé de l’associer avec de la féverole ou du pois fourrager.
•V
 ariété compromis : Aerobic, Ghayta, Energo Pour un gain de protéines du blé plus élevé, il faut privilé-
•V
 ariété productive : Attlass, Rubisko, gier une association avec de la féverole.
Flamenco, Arezzo, Acoustic
Cf. : Fiche “Principes techniques pour conduire une association céréales
-protéagineux, pour une récolte en grains”.
Zone Nord/Nord-est
•V  ariété améliorante : Wiwa, Molinera, Renan
• Variété compromis : Ubicus, Lukullus, Energo DÉSHERBAGE/MAÎTRISE DES ADVENTICES
• Variété productive : Chevalier, Rubisko, Att-
lass, Oxebo En agriculture biologique, les solutions préventives sont
toujours à privilégier par rapport aux curatives (désherba-
Zone centre/bassin parisien ge mécanique), parfois difficiles à optimiser (météo, stade
•V  ariété améliorante : Molinera, Togano, des adventices...).
Saturnus
• Variété compromis : Ubicus, Energo, Ghayta Solutions préventives
• Variété productive : Attlass, Rubisko, Oxebo •E  ssayer d’implanter un blé sur une parcelle propre (der-
rière prairie ou culture couvrante, de préférence en dé-
Zone Sud but de rotation), et derrière un précédent favorable à la
•V  ariété améliorante : Molinera, Saturnus, restitution d’azote (légumineuses, protéagineux...)
Togano, Ataro, Pirénéo, Rebeld • favoriser la culture par une bonne implantation, régulière
• Variété compromis : Renan, Nogal, Adesso • fertiliser au besoin pour favoriser le bon démarrage de
• Variété productive : Rubisko, Attlass Arezzo, la culture
Solehio, Flamenko, Acoustic • c hoisir une variété adaptée (couvrante au démarrage,
port de feuille de préférence tombant...)
http://www.itab.asso.fr/downloads/fiches-ble/ • labours peu profonds peu recommandés (salissement,
ft-ble-brochure-2016.pdf maladies, limaces)
•d  échaumages successifs dès la récolte du précédent
•d  estruction du faux semis quelques jours avant le semis
Depuis quelques années, des travaux sont effectués pour de la céréale (évite développement du vulpin)
développer les variétés anciennes. Ces semences sont • retarder le semis(1)
disponibles auprès de certaines structures.
Attention cependant aux aspects règlementaires qui (Chambre d’Agriculture de Normandie)
concernent la transmission de ces semences.

(1) Compte tenu des fourchettes d’intervention en désherbage mécanique


relativement réduites en cas de retard de semis, certains agriculteurs
choisissent une stratégie inverse. En avançant la date de semis, ils ont
une plus grande fourchette d’intervention pour pratiquer le binage. Cela
augmente cependant le risque d’invasion de pucerons.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 68


BLÉ TENDRE D’HIVER

Renan (à gauche) est plus couvrante à montaison qu’Attlass (à droite)


Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne

CURATIF : INTERVENTIONS MÉCANIQUES ET MANUELLES

STADE DES CÉRÉALES PRÉ LEVÉE POINTANT- 1 FEUILE 2-3 FEUILLES TALLAGE ET +

Bineuse

Houe rotative

Herse étrille

(Chambre d’Agriculture de Champagne-Ardenne 2016)

Il est important d’intervenir sur des adventices peu déve- En fonction du nombre de talles en sortie d’hiver.
loppées. En effet, après le stade 3 feuilles de ces adven-
tices, la plupart des outils de désherbage mécanique sont EFFET DU PRÉCÉDENT kg N/ha
peu efficaces.
Luzerne, trèfle >1 an +40
FERTILISATION
Féverole +30

Les besoins de la plante en NPK Pois, lentilles, haricots, lupin, trèfle <1 an +20
•N:3
• P : 1,2 Association protéagineux + céréale +15
• K : 1,8
Colza, betterave, pommes de terre +20
La gestion de l’azote se fait avant tout à l’échelle de la
Lin, chanvre, sarrasin, maïs ensilage 0
rotation, en intégrant des légumineuses et protéagineux
dans la rotation. En l’absence d’effluents d’élevage sur Céréales pailles exportées 0
la ferme, il est possible d’apporter certains engrais exté-
rieurs autorisés en AB, mais attention : leur rentabilité est Céréales pailles enfouies -20
loin d’être évidente. Les blés avec précédents luzerne par
Maïs grain, tournesol -10
exemple, sont ceux qui ont les meilleurs rendements.

Fertilisation azotée
Fournitures du sol (voir référentiels GREN Île-de-France)

AZOTE DÉJÀ ABSORBÉ PAR LE BLÉ

Azote absorbé (kg N/ha) = 10 + (nb talles x 5)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 69


EFFET DES CIPAN kg N/ha

NIVEAU DE VÉGÉTATION FAIBLE MOYEN FORT

Légumineuses +10 +20 +30


BLÉ TENDRE D’HIVER

Crucifères, Ray-grass +5 +10 +15

Phacélie, Graminées 0 +5 +10

EFFET DIRECT DES APPORTS DE MATIÈRES ORGANIQUES À L’AUTOMNE

Composts 0%

Fumiers 10 %
à multiplier par la dose N
totale apportée (kg N/ha)
Engrais organiques 5%

Vinasses 15 %

(Charlotte Glachant Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne 2016)

Bilan

DISPONIBILITÉ DE L’AZOTE COMPOSITION MAJEURE ÉPOQUE D’APPORT CONSEILLÉE


TYPE
L’ANNÉE DE L’APPORT DU PRODUIT EN CÉRÉALES D’HIVER

Guano,
Très élevée à élevée De la sortie d’hiver à fin mars
Farines animales (sang, plumes)

Engrais Farines animales (viande, os)


Fientes de volailles
Elevée à modérée Le plus tôt possible à la sortie d’hiver
Tourteau de ricin
Vinasses de betteraves

Fumier de bovin
Modérée à faible Automne (sur le couvert ou sur sol nu)
Fumier de volailles
Amendement
Compost de fumier ou de déchets verts
Faible à très faible Bois raméal fragmenté Automne (sur le couvert ou sur sol nu)
Broyats de branchage

(Chambre d’Agriculture de Champagne-Ardenne 2016)


MALADIES ET RAVAGEURS
Fertilisation en P et K
Le blé est une culture peu exigeante en P et K, surtout en Maladies principales
bio où le potentiel de rendement est plus faible. Un apport Septoriose, rouille jaune et brune, fusariose,
de fumier ou compost tous les 3 à 5 ans peut être suffisant carie du blé.
pour compléter les fournitures du sol, et ainsi subvenir aux
besoins du blé. Dans les sols sableux, naturellement plus Solutions préventives
pauvres en P et K, privilégier des apports plus faibles mais •D  iversifier les espèces au sein de la rotation.
plus réguliers (tous les ans ou tous les 2 ans). •C  hoisir des variétés résistantes ou tolérantes.
• Éliminer les précédents à risques. ex : maïs et sorgho
L’absence d’un de ces deux éléments peut avoir des pour la fusariose ; blé, orge et triticale pour le piétin
conséquences importantes sur le rendement. verse...

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 70


• Mélanger plusieurs variétés (3 à 5) pour limiter les risques Ces normes vont dépendre en grande partie de l’opéra-
de propagation des maladies et additionner les atouts teur économique auquel l’on vend la production.
des différentes variétés (résistance aux maladies, cou-
vertures...). Attention : certains collecteurs n’acceptent NB : ces exigences de qualité correspondent aux
BLÉ TENDRE D’HIVER

pas les mélanges de variétés en parcelle vérifier auprès filières longues. Les filières courtes sont souvent
de votre collecteur avant le semis ! moins exigeantes au niveau des critères de qualité
du blé.
Curatif
• Utilisation de semences traitées ou de semences certi- Rendements
fiées (carie du blé). http://www.itab.asso.fr/downloads/fiches-ble/ft-ble-bro-
chure-2016.pdf
http://www.franceagrimer.fr/content/download/43834/
417782/file/ENQ-CER-repvarBT-A16.pdf

ATOUTS ET CONTRAINTES

ATOUTS

• Potentiel de rendement stable dans le temps


Rouille jaune • S’adapte à tous les types de sol, sauf ceux
Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne avec un pH bas
• Espèce autogame : adaptée aux semences
RÉCOLTE ET VALORISATION de fermes et à la sélection paysanne
• Choix variétal important
Le taux d’humidité souhaitée à la récolte est de 15 %, et • Culture à forte valeur ajoutée
dans l’idéal le blé est récolté sans impuretés. Un séchage
peut être effectué si le blé est trop humide et s’il est stocké
à la ferme.
Un nettoyage peut également être effectué si nécessaire
afin d’éliminer tous les déchets susceptibles d’entretenir
l’humidité dans le grain. CONTRAINTES
Le principal débouché du blé tendre en France est la meu-
nerie ce qui exige des taux de protéines d’un minimum • Rendement sensible au potentiel du sol
de 10,5. • Nécessite une alimentation azotée soutenue
jusqu’à la floraison
Normes • Vigilance sur les semences vis-à-vis de la carie
• P.S : 76 • Peu compétitif vis-à-vis des adventices
• Humidité : <15 % pour les variétés courtes ou à port dressé
• Protéines : > 10,5 %
• Impuretés : 2 %
• Temps de chute Hagberg : > 250
• blé panifiable minimum en bio : >180

(Association nationale de la meunerie française 2011)

(Agrobio Poitou-Charentes et Chambre d’Agriculture


de Poitou-Charentes)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 71


BLÉ TENDRE
DE PRINTEMPS
Adapté à tous types de sols avec un pH supérieur à 6,2. Il craint cependant
les phénomènes de battance à la levée.
BLÉ TENDRE DE PRINTEMPS

PRÉPARATION DU SOL

Contrairement au blé d’hiver, le blé de printemps to-


lère mal les problèmes de structure du sol. Celui-ci
doit être aéré en profondeur et uniforme.

(Delanote, Vuylsteke, et Rapol 2006)

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

PLACE DANS LA ROTATION

Deux positions possibles : soit après une prairie tem-


poraire, soit après une légumineuse à graines, pour
d’une part limiter le salissement et d’autre part dis- Blé tendre de printemps
poser d’azote. Crédit : Roman C./Chambre d’Agriculture de Gironde

SEMIS VARIÉTÉS

Date de semis : du 1er janvier au 25 février Critères de choix des variétés


(sud-ouest), 1er février au 15 mars (Bourgogne), •T  olérance aux maladies(1) : pas d’impasse sur
mi-février à début mars (Bretagne). les tolérances aux rouilles jaunes et brunes et à
l’oïdium. Il faut également éviter les cultivars trop
Densité de semis : au moins 450 grains/m2, viser sensibles au piétin verse et à la septoriose.
450 à 480 pieds levés pour contrôler les adventices, • PS : c’est le critère de pénalité principal, ne retenir
les passages de herse étrille post-levée n’étant pas que les cultivars à PS élevé.
réalisable tous les ans. • Aristation (barbes) : si présence de gibier, ne
retenir que les cultivars aristés.
Écartement de semis : de 12 à 17,5 cm, possible
à 25 cm si rangs jumelés. Maintenir une forte densité (Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)
de pieds par m2.
Variétés par région
Profondeur de semis : 2 à 2,5 cm, minimum requis http://www.itab.asso.fr/downloads/fiches-ble/ft-ble-
pour passer la herse étrille en aveugle avant la levée. brochure-2016.pdf
Soigner le semis pour obtenir une levée rapide et
homogène.

(1) Associer avec la précocité.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 72


FERTILISATION Méthodes préventives
 hoix variétal : la vitesse de croissance et le tallage
•C
Le blé tendre de printemps valorise bien les engrais verts des céréales ont une influence très importante sur l’effet
à base de légumineuses (attention aux aspects réglemen- étouffant des adventices.
BLÉ TENDRE DE PRINTEMPS

taires régionaux, CIPAN) ou encore la fertilisation azotée


enfouie sous le lit de semence (entre 5 et 7 cm). En effet, •R
 otation : ne pas utiliser une paille comme précèdent du
les apports d’azote pour le blé de printemps sont bien blé, préférer une légumineuse fourragère ou à graines.
adaptés aux conditions de minéralisation. Ils interviennent
au plus tard au printemps, la plante peut ainsi profiter de Méthodes curatives
la minéralisation naturelle. Le blé tendre de printemps est plus sensible au stress
causé par les désherbages mécaniques successifs.
Le blé tendre de printemps est aussi sensible au manque •H oue rotative : 1er passage au stade deux feuilles.
de phosphore.
•H
 erse étrille : attendre 3-4 feuilles avant d’intervenir.
DÉSHERBAGE/MAîTRISE DES ADVENTICES Réaliser 1 ou 2 passages plus agressifs avant que le
tallage ne soit trop important.
L’avantage des céréales de printemps est de couper dans
la rotation le cycle des adventices d’automne au sein de •B
 inage : 2 passages de bineuse à partir du stade début
la rotation. En début de culture, les céréales empêchent tallage jusqu’à 1 ou 2 nœuds (si grand écartement) sont
très peu le développement des adventices, mais une fois possibles si le blé est semé avec un inter rang important
que la culture couvre bien le sol, les adventices sont bien (20 à 35 cm en fonction du semoir).
étouffées.

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ge

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3

Semis levée Tallage Montaison Maturation

Herse étrille Houe rotative Bineuse

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 73


MALADIES ET RAVAGEURS ATOUTS ET CONTRAINTES

Sensible à la septoriose, à l’oïdium et aux rouilles brunes


et jaunes. Certains cultivars sont très sensibles au piétin
BLÉ TENDRE DE PRINTEMPS

verse et ne conviennent pas en blé sur blé.


Le choix variétal est important afin de limiter les pertes de ATOUTS
rendement dues aux maladies.
• Permet de réaliser des faux semis à l’automne
RÉCOLTE ET VALORISATION (folle avoine)
• Bonne valorisation de l’azote d’un engrais vert
Période : la période peut s’étendre de mi-juillet jusqu’à • Rompt la rotation par rapport à une succession
septembre. Elle se fait à 15 % d’humidité. de cultures d’hiver
• Valorise bien les fertilisants azotés incorporés
Norme de commercialisation : idem blé tendre d’hiver. au semis, la plupart du temps taux de protéines
plus élevé qu’un blé d’hiver et le rendement est
Rendements : le rendement du blé tendre de printemps moindre
est fortement lié à la réserve utile du sol et à la qualité
de son enracinement. En conséquence, les rendements
observés en sol superficiel ont une variabilité plus grande.

En fonction des conditions culturales et de la fertilisation,


le rendement moyen est de 20 à 60 quintaux/ha. CONTRAINTES

• Nécessite des sols à bonne réserve hydrique


et à bonne structure
• Nécessite une alimentation azotée soutenue
jusqu’à la floraison
• Doit être récolté rapidement, dès la maturité,
sinon risque de baisse de PS

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 74


CHANVRE
Cette culture peut être cultivée à la fois pour sa graine (chènevis)
ou pour sa fibre, destinée à l’industrie. À éviter sur les sols trop acides.
Sa racine pivotante profonde du chanvre lui procure une certaine
tolérance au sec.
CHANVRE

PRÉPARATION DU SOL SEMIS

Il faut privilégier les sols bien aérés. Le chanvre, no- Période de semis : de début avril à début mai. Il
tamment à l’implantation, souffre de situations hy- faut que le sol soit suffisamment réchauffé (100°C
dromorphes. Un labour agronomique (20 cm), puis jours entre le semis et la levée), quitte à décaler le
une reprise permettant un lit de semence assez fin semis à début juin.
semble la stratégie la plus couramment utilisée.
Écartement : semer en ligne avec un semoir
PLACE DANS LA ROTATION à socs classiques, avec un écartement de 10
à 17 cm.
Les précédents permettant les meilleurs rendements
sont ceux laissant de forts reliquats : prairie, légumi- Profondeur de semis : 2 à 3 cm.
neuse.
En règle générale, cette culture est implantée derrière Densité : plus la densité est importante, plus les
une céréale, un légume ou une culture ayant engen- tiges de chanvre seront fines et courtes. Pour une
dré un égrainage important d’adventices. densité de semis de 40 à 50 kg/ha, le peuplement
espéré sera de 200 à 250 plantes levées/m2.
NB : en sol très bien pourvu, cette culture peut
(Terres Inovia 2017)
atteindre 3 m de haut.

VARIÉTÉS

Actuellement, les mêmes variétés sont utilisées pour


la production de paille et de graines.
Il faut cependant adapter la précocité au mode de
culture. En “mode non battu”, la plante entière est
récoltée, il faut mieux opter pour des variétés tar-
dives afin de maximiser le rendement en paille. En
“mode battu”, le grain (chènevis) est récolté avant la
paille. Il faut choisir de préférence des variétés pré-
coces ou mi-précoces, qui offrent le meilleur com-
promis grains-paille.

(Terres Inovia 2017)

Chanvre
Crédit : Rousseau S.
Chambre d’Agriculture des Pyrénnées-Atlantiques

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 75


PRÉCOCITÉ DATE RENDEMENT TENEUR RENDEMENTS
VARIÉTÉS TYPE (FLORAISON DE PLEINE % THC PMG(G) PAILLE EN FIBRE GRAINS
ET RÉCOLTE) FLORAISON (T/HA)* (%)* (Q/HA)*

USO 31 Monoïque Très précoce 20 juillet 0,005 17,16 + 36,4 ++


CHANVRE

FERIMON Monoïque Précoce 31 juillet 0,05 15,72 ++ 32,1 +++

FEDORA 17 Monoïque Précoce 1er août 0,03 18,68 ++ 29,4 +++

FELINA 32 Monoïque Moyenne 4 août 0,06 15,99 ++ 31 +++

SANTHICA 27 Monoïque Moyenne 6 août < 0,001 16,55 ++ 36,8 ++

EPSILON 68 Monoïque Tardive 9 août 0,04 19,6 ++ 30,6 +++

SANTHICA 70 Monoïque Tardive 11 août < 0,001 16 +++ 36,8 ++

FUTURA 75 Monoïque Tardive 15 août 0,06 17,06 +++ 31,2 ++

Monoïque
+5j/FUTURA
FIBROR 79** (variété Tardive 0,049 - ++ 39,02 -
75***
à tige jaune)

* Valeurs issues des essais agronomiques réalisés par l’Institut techniques du chanvre (ITC) entre 2007 et 2009. (Terres Inovia 2017)
** Données obtenues dans le cadre de l’expérimentation du CTPS. Source CTPS/GAVES.
*** Données issues du réseau d’expérimentation de la FNPC.

FERTILISATION MALADIES ET RAVAGEURS

Pour un rendement de 8 T/ha de paille et 10q/ha de Le seul problème sanitaire connu est l’orobranche
grains, les besoins sont de : rameuse. Il faut pour cela éviter de revenir trop souvent
• N : 100U en chanvre ou en luzerne sur une même parcelle.
• P2O5 : 50 U
• K2O : 150 U (Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)
• CaO : 320 U
RÉCOLTE ET VALORISATION
DÉSHERBAGE/MAÎTRISE DES ADVENTICES
La récolte se déroule 4 à 6 semaines après la date de
Une implantation en conditions réchauffées assure un pleine floraison, c’est-à-dire courant septembre. La pé-
développement rapide et permet ainsi de s’abstenir de riode de récolte est cependant très étalée ; elle peut aller
tout désherbage mécanique. La réalisation d’un faux se- de mi-août à début octobre selon le bassin de produc-
mis est également recommandée. tion.
Le pouvoir étouffant du chanvre vis-à-vis des adven-
tices, faible en début de végétation, devient rapidement Le mode de récolte le plus courant en agriculture biolo-
très performant au point d’étouffer toutes les mauvaises gique est le mode battu. Il peut se faire en un ou deux
herbes. Néanmoins, dans le cas où le chanvre est enher- passages. Si l’on récolte en deux passages, il faut
bé, il faut savoir que la culture résiste très bien au dés- d’abord ramasser le grain avec une moissonneuse-bat-
herbage mécanique. Une intervention à la herse étrille, teuse. Le débit de chantier est de 1,5 ha/h.
houe rotative ou bineuse est donc envisageable.

(Chambre d’Agriculture de Champagne-Ardenne 2016)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 76


Si l’on récolte en un passage, il faut utiliser une barre de ATOUTS ET CONTRAINTES
coupe spécifique au chanvre avec deux niveaux modu-
lables qui s’adaptent sur une moissonneuse. Le débit de
chantier est de 1,5 à 2 ha/h.
CHANVRE

(Terres Inovia 2017)


ATOUTS

Le chanvre peut être valorisé sous deux formes. • Diversification de la rotation (famille non présente
Le chènevis dans les rotations et culture de printemps)
• Alimentation animale : oisellerie, appât de pêche • Plante très couvrante, nettoyante
• Alimentation humaine : huile, graines décortiquées (effet allélopathique)
• Cosmétiques • Non sensibilité aux ravageurs et maladies
courantes
La paille • Diversification des débouchés
• Chènevotte : litière pour animaux, paillage,
béton de chanvre
• Fibres : papeterie spécialisée, laine d’isolation
• Poussière : combustible, amendement organique

(Chambre d’Agriculture de Champagne-Ardenne, CONTRAINTES


région Champagne-Ardenne, et le club i3A)
• Culture uniquement sous contrat
• Stockage de la paille (volume)
• Besoins en azote importants
• Séchage complexe et rapide du chènevis
• Culture non adaptée aux sols superficiels

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 77


COLZA
Étant donné la forte exigence du colza en azote, il est conseillé de
l’implanter dans un sol moyen à profond car son système racinaire
pivotant pourra explorer un volume de sol important pour l’alimenter
en éléments fertilisants et en eau.
En raison de sa grande sensibilité aux ravageurs, il faudra éviter
COLZA

de choisir une parcelle bio isolée au milieu d’une zone de production


de colza conventionnel, d’un fond de vallée ou à proximité d’un bois.

PRÉPARATION DU SOL SITUATION PRÉCÉDENTS

Suite à une légumineuse ou


Dans la mesure du possible, il est important d’ex-
Exploitation une culture à bons reliquats azotés.
porter les pailles de la céréale précédente ce qui céréalière Ex : prairie, luzerne, pois, féverole
permet d’éviter les attaques de limace et les pro- ou mélange céréalier
blèmes de faim d’azote.
Si la matière organique est disponible
sur la ferme, il est conseillé de
Système
Le labour n’est pas indispensable, mais il est forte- placer le colza derrière un précédent
de polyculture
à récolte précoce pour permettre
ment conseillé notamment pour la lutte contre les élevage
l’apport de matière organique
adventices. Si le labour n’est pas pratiqué, il est en- suffisamment tôt.
core plus important de réaliser des faux-semis, dans
la mesure du possible compte tenu des dates de
semis et des récoltes de précédents. SEMIS

Il faut s’assurer que le sol soit fissuré en profondeur Les graines sont semées à une profondeur de 1 à
pour que les pivots descendent. Éviter les semelles 2 cm. Il est important de semer sur sol affiné sans
superficielles et rechercher un lit de semences fin débris de matière organique en surface et de bien
pour une levée homogène. rouler les semis afin de limiter les cavités du sol (qui
favorisent les limaces) et de maximiser le contact
PLACE DANS LA ROTATION graine/sol.

En agriculture biologique, le colza ne peut être consi- Dans le cas d’une implantation dans une situation
déré comme une tête de rotation compte tenu de ses de bonne disponibilité en azote, et où le risque
forts besoins en azote. Le délai de retour du colza est d’avoir beaucoup d’adventices estivales est faible,
de 5 ans. il faut privilégier des semis précoces, c’est-à-dire 2
semaines avant la date préconisée.

L’objectif est d’obtenir à l’entrée de l’hiver des col-


zas bien développés pour qu’ils puissent concurren-
cer les mauvaises herbes et résister aux insectes.

(Terres Inovia 2017)

Colza
Crédit : Grand V.
Chambre d’Agriculture de Meurthe-et-Moselle

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 78


Période de semis conseillées selon les régions
COLZA

du 20/08 du 20/08
au 01/09 au 01/09

du 10/08
au 01/09

du 20/08
au 05/09

du 20/08
au 1 0/09

(d’après Terres Inovia 2017)

Recommandations pour les semis


(d’après FIBL, corrigé contexte Français)

CONDITIONS SEMOIR MONO GRAINE SEMOIR À CÉRÉALES

Semis précoces, bon lit de semences, 50 à 65* grains/m2 70 à 85* grains/m2


peu de limaces 2 à 3,2 kg/ha** 2,8 à 4.2 kg/ha**

55 à 70* grains/m2 85 à 100* grains/m2


Semis normal, lit de semence moyen
2,2 à 3,5 kg/ha** 3,4 à 5 kg/ha**

65 à 100* grains/m2 100 à 120 grains/m2


Semis tardif, lit de semence défavorable
2,6 à 5 kg/ha** 4 à 6 kg/ha**

* Valeur pour des semences de fermes, semis de 2 à 4 cm de profondeur, selon l’humidité du sol.
** Pour un PMG de 4 à 5 g.

(Chambre d’Agriculture de Franche-Comté et Groupe Technique AB Franche-Comté 2012)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 79


VARIÉTÉS FERTILISATION

Critères de choix des variétés : Le colza est une culture exigeante en azote (6,5 kg/q
• la résistance aux maladies, produit) et en phosphore (1,5 unité/q produit). C’est une
COLZA

• la sensibilité à l’élongation automnale, les variétés ca- culture qui valorise très bien la matière organique ap-
pables de repos végétatif au cours de l’hiver minimisent portée avant le semis, car il a la particularité de pouvoir
les risques d’élongation et donc de phoma, valoriser l’azote très tôt au cours de son cycle et de la
• la rapidité de la levée et la vigueur au départ, pour remobiliser au printemps. Des apports doivent donc être
concurrencer les adventices et mieux supporter les at- réalisés avant le semis et enfouis pour être valorisés.
taques de ravageurs,
• la durée de l’intervalle boutons-accolés-floraison, elle Si aucun apport n’a pu être réalisé au semis, une fertilisa-
doit être la plus courte possible pour limiter la durée de tion de printemps est conseillée pour lever une éventuelle
sensibilité aux méligèthes. carence (tests).

VARIÉTÉS TYPE PRÉCOCITÉ À MATURITÉ BIOMASSE (KG/M2) COUVERTURE DU SOL

Adriana lignée mi-précoce 2,12 +++

Ovation lignée tardive 2,12 ++

Bellevue lignée mi-tardive 2,08 +++

Robust lignée mi-tardive 2,00 +++

Canti CS lignée tardive 1,96 ++

Beluga lignée mi-précoce 1,95 +++

Loreley lignée mi-tardive 1,89 ++

Pollen(*) lignée mi-tardive 1,83 ++

Empire Hybride restauré mi-précoce 1,75 +++

Kalif lignée mi-tardive 1,67 +++

Grizzly lignée tardive 1,66 ++

Cosi CS lignée mi-tardive 1,36 +

(Pôle agronomie productions végétales des Chambre d’Agriculture de Bretagne 2008)

DÉSHERBAGE/MAÎTRISE DES ADVENTICES Il faut pour cela une densité minimum de 30 à 40 pieds
au m2, ainsi qu’un sol riche en azote accessible au mo-
La maîtrise des adventices passe avant tout par la ro- ment de la levée.
tation et le développement rapide de la culture. Un la-
bour et des faux semis peuvent également être pratiqués Le désherbage mécanique vient en complément.
avant l’implantation de la culture.
La stratégie de l’étouffement, consiste, lorsque les condi- (ITAB 2007)
(Terres Inovia 2017)
tions le permettent, d’avancer la date de semis d’environ
deux semaines, pour être en avance sur les adventices
tout en semant avec un écartement faible pour limiter
leur accès aux ressources.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 80


STADE A B1 B2 B3 B4 B5 À C1-C2 5 FEUILLES
PRÉLEVÉE
DU COLZA COTYLÉDONS 1 FEUILLE 2 FEUILLES 2 FEUILLES 4 FEUILLES À REPRISE DE VÉGÉTATION
COLZA

Houe rotative* (1)

Herse étrille* (2)

Bineuse (3)

* En prévision des passages en plein, augmentez la densité de semis de 10 % et semez un ■ Passage adapté au stade du colza
peu plus profond pour limiter l’impact sur le peuplement du colza.
■ Passage déconseillé
(1) Attention, passage tardif : observez bien le stade des adventices ! ■ Passage à proscrire
(2) Veillez à ne pas être trop agressif !
(3) Équipement protège-plants.

MALADIES ET RAVAGEURS Pour que la culture soit capable de résister aux rava-
geurs défoliateurs (grosses altises, limaces, etc) :
Limaces • décaler la période de sensibilité du colza et la période
• Dégâts par temps humide. d’activité des ravageurs. Pour cela, un semis précoce
• Après le stade 3 feuilles du colza, les risques est préconisé,
sont réduits. • assurer une croissance rapide du colza afin qu’il y ait
Il faut : suffisamment de matière verte pour que la plante sup-
• supprimer les résidus de culture, porte une perte.
• doubler la densité de semis en bordure de champs.
Contre les maladies et ravageurs favorisés par le
Altises développement d’une végétation exubérante (petites
Le semis précoce est efficace pour lutter contre l’altise altises, mouche du chou).
d’hiver. • Le mélange variétal : ajouter à la variété de colza
choisie 10 % d’une autre variété de colza à floraison
Méligèthes plus précoce
Les méligèthes broutent les boutons floraux et se nour- • Semer une bande, en bordure de parcelle, de la lar-
rissent du pollen, détruisant ainsi les fleurs et empêchant geur du semoir, avec une variété plus précoce ou de
la formation de siliques. On peut tolérer 10 méligèthes la navette.
par plante.
Il est alors conseillé de semer des variétés précoces (6 à (ITAB 2007)

10 %) et tardives dans la même parcelle.


RÉCOLTE ET VALORISATION
Maladies
Afin de limiter les risques de Phoma, Sclérotinia et Le colza est récolté lorsque les graines sont “noir mat” et
Thermie des crucifères, veiller à : les siliques “vert gris”. L’humidité de conservation est de
• respecter un délai de 5 ans entre la culture de deux 8 %. Au-delà de 9 %, il y a des risques d’échauffement
crucifères dans une rotation, et d’altération de l’huile des graines. Les pertes par égre-
• supprimer les restes de pailles infestées et limiter les nage peuvent être importantes si l’on attend trop avant
repousses, de récolter.
• faires des amendements calciques en cas de pH du Si le but est de produire de l’huile végétale brute par
sol trop acide, pression à froid, les rendements sont meilleurs si la
• éviter les semis trop denses. graine est à 6 % d’humidité, ce qui est difficile à obtenir
sans séchoir.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 81


Rendement aux normes des variétés de colza étudiées (Kergrist, 2008)

35 44,0
a a ab ab ab ab ab ab bc bc bc c
43,5
30
43,0
COLZA

Tenehr en huile (% MS)


25 42,5
Rendement (q/ha)

Moyenne : 21 q/ha 42,0


20
41,5
41,0
15
40,5
10 40,0
39,5
5
39,0

0 38,5
y

ga

re

ion

st

en

na

ly

CS
tif
le

vu

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pi

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lu

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lle

Po
Em

nt
Be

Ro

Gr
Lo

Ov

Co
Ad

Ca
Be

(Pôle agronomie productions végétales des Chambre d’Agriculture de Bretagne 2008)

Rendements Normes de commercialisation


On peut espérer des rendements compris entre 20 et 25 • Humidité : 9 %
quintaux, cependant, ces rendements sont sujets à de • Impuretés : 2 %
fortes variations selon la maitrise des différents points cri- • Huile : 40 %
tiques et peuvent descendre entre 5 et 15 quintaux/ha.

(OPABA)

Valorisation
Devenir des graines oléagineuses

Protéines végétales Industrie alimentaire +


(concentrés, isolés) non-alimentaire ?
Extraction

Tourteau Alimentation animale

GRAINES Trituration

Huile brute

Usages non-alimentaires
Semi-raffinage
(diester, bio-lubrifiant...)
Raffinage

Huile raffinée Consommation directe

Industrie alimentaire
(Magarine, Shortenings,
autres aliments)

Alimentation animale

(Terres Inovia 2017)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 82


ATOUTS ET CONTRAINTES
COLZA

CONTRAINTES

• Exigence en azote sur les phases de démarrage


ATOUTS et reprise de végétation
• Sensibilité aux insectes ravageurs
• Plante riche en matière grasse • Besoin d’un hiver marqué
• Adaptée aux zones froides • Sols superficiels, sols tourbeux et sols très légers
• Bonne couverture du sol en hiver défavorables
• Bon reliquat azoté • Pas d’hydromorphie
• Améliore la structure du sol par ses racines • Difficile dans les zones à forte concentration
pivotantes à implantation profonde de cultures de colza conventionnel
• Permet d’allonger la rotation et de diversifier
l’assolement
(ITAB 2007)
• Culture pouvant être sarclée

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 83


FÉVEROLE D’HIVER
ET DE PRINTEMPS
Culture possible sur sols argileux ou caillouteux, mais pourvus d’une
bonne réserve hydrique car la féverole, notamment de printemps, est
sensible à la sécheresse pendant la floraison et le remplissage du grain.
FÉVEROLE D’HIVER
ET DE PRINTEMPS

FÉVEROLE D’HIVER FÉVEROLE DE PRINTEMPS

+ - + -
• Floraison précoce • Sensible aux maladies • Cycle rapide • Rendement inférieur
• Rendement supérieur du feuillage • Meilleure tolérance aux à la féverole d’hiver
à la féverole de printemps • Débouché animal : maladies • Culture salissante
• Forte teneur ruminants uniquement • Débouché animal : en fin de cycle
en MAT (30 %) • Culture salissante ruminants
• Bonne couverture en fin de cycle et monogastriques
en début de cycle

Zones de production de la féverole d’hiver et de la féverole de printemps

30-60

20-45 25-40
15-20

20-30
15-30
20-40 20-40

15-30
35
20-35
... de printemps
... d’hiver
... d’hiver et de printemps 15-30
15-40 Rendements
de la féverole 10-15
d’hiver (q/ha) 0-20
15-30 Rendements
de la féverole
0-20
de printemps (q/ha)
5-25

(ITAB, Arvalis Institut du végétal, et UNIP 2014)

NB : les fourchettes de rendements moyens indiquées cachent une variabilité très importante. À titre
d’exemple, en Bretagne, les rendements moyens se situent le plus souvent entre 20 et 40 q/ha mais les
rendements extrêmes varient entre 0 et 60 q/ha.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 84


PRÉPARATION DU SOL

La féverole préfère un sol aéré bien drainant pendant


l’hiver. L’important est de semer plus profond pour éviter
FÉVEROLE D’HIVER ET DE PRINTEMPS

le gel hivernal.

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)


(Chambre d’Agriculture de Bretagne 2011)

PLACE DANS LA ROTATION Champ de féverole en juin


Crédit : Grand V./Chambre d’Agriculture de Meurthe-et-Moselle
Comme tous les protéagineux, la féverole a la capaci-
té de capter l’azote atmosphérique. Elle sert souvent Date : printemps
de ’’relais de rotation’’ puisqu’elle restitue de l’azote à la
culture suivante. Inutile de l’implanter sur des sols à fort Date de semis optimale
reliquat azoté ou de la fertiliser : elle utiliserait l’azote du de la féverole de printemps
sol, ne développerait pas ses nodosités, et par consé-
quence ne restituerait que très peu d’azote à la culture 15/02 - 15/03
suivante.
La féverole est un excellent précédent pour les céréales,
notamment le blé dont les besoins azotés sont impor-
tants. Des expériences ont notamment été réalisées
dans le sud-ouest et ont montré qu’une féverole pouvait
laisser jusqu’à 80 kg/ha d’azote disponible. 10/02 - 15/03
Le délai de retour est d’au moins 4 ans entre deux 01/02 - 28/02
féveroles.

SEMIS 01/01 - 15/02

Date : hiver
Date de semis optimale
de la féverole d’hiver Dans la zone grise, où aucune date n’est mentionnée, il est déconseillé de semer
de la féverole car le risque de stress hydrique et/ou thermique est trop important.

20/10 - 20/11 (ARVALIS - Institut du végétal/Terre Inovia)

Profondeur : au moins 6-7(1) cm en hiver


et 4-5 cm au printemps

Écartement : 11 à 17 cm ou 30 à 35 cm si binage

01/11 - 31/11 Densité féverole d’hiver :


Bourgogne : 55 grains /m2
Quart nord-ouest : 20 à 35 grains/m2
10/11 - 20/12 Franche-Comté : 20 à 30 grains/m2 selon les types de sols
Limousin : 45 grains/m2
Nord Pas de Calais : 45 à 65 grains/m2 si semoir
céréales ; 35 à 55 grains/m2 si semoir monograine
Dans la zone grise, où aucune date n’est mentionnée, il est déconseillé de
semer de la féverole en raison d’une résistance printemps trop secs.

(ARVALIS - Institut du végétal/Terre Inovia) (1) Il est en pratique très difficile de réaliser un semis à cette profondeur.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 85


Densité féverole de printemps :
Bourgogne : 60 grains/m2
Quart nord : 45-50 grains/m2 si semoir céréales ;
35-40 grains/m2 si semoir mono-graine
FÉVEROLE D’HIVER ET DE PRINTEMPS

Franche-Comté : 25 à 55grains/m2 selon le type de sol


Alsace : 60 grains/m2

VARIÉTÉS

Critères à prendre en compte :


• productivité,
• résistance aux maladies,
• précocité,
• vitesse de montaison qui conditionne l’aptitude
à concurrencer les mauvaises herbes,
• résistance aux maladies.

Variétés d’hiver
Diva est la variété la plus résistante au froid (jusqu’à
-12°C). Elle peut être cultivée dans toute la moitié nord.
Axel et Iréna résistent jusqu’à -7°C. Elles sont plus adap-
Quand la féverole est très volubile et qu'elle
tées aux régions du sud et de l’ouest. est semée trop dense, elle peut étouffer la plante
Olan est intermédiaire pour la résistance au froid. compagne (ici du blé)
Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne

(ITAB, Arvalis Institut du végétal, et UNIP 2014)

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016) Elle peut cependant poser problème au niveau des dé-
(Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire 2003) bouchés. Le second choix d’association idéal est celui
des céréales telles que le triticale ou le blé.
Variétés de printemps
Il existe 3 types de féverole de printemps : FERTILISATION
• fleurs colorées ➜ débouchés : ruminants,
• fleurs blanches ➜ débouchés : monogastriques et Les apports d’azote sont inutiles et peuvent même être
ruminants, pénalisants pour le développement des nodosités.
• fleurs avec une faible teneur en vicine-convicine ➜
débouchés principalement pour les poules pondeuses. À titre indicatif : les exportations sont de 1,1 kg de P2O5
et de 1,5 kg de K2O par quintal.
Exemples de quelques variétés utilisées : Gladice,
Diva, Irena ou encore Ogandi (problème de sensibilité Nodosité
aux maladies).

(Chambre d’Agriculture du Nord Pas-de-Calais 2013)

CULTURE EN ASSOCIATION

La féverole est très souvent cultivée en association, no-


tamment pour faire face à l’enherbement.
Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne

La féverole est de préférence associée avec de l’avoine


(printemps ou hiver), car c’est une culture très couvrante.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 86


Mesures curatives
DÉSHERBAGE/MAîTRISE DES ADVENTICES •H erse étrille : en pré-levée, à l’aveugle,
et à partir du stade 3 feuilles.
Mesures préventives • Houe rotative : en prélevée et à partir
FÉVEROLE D’HIVER ET DE PRINTEMPS

• Rotations longues et diversifiées, couverts végétaux, du stade 2 feuilles jusqu’au stade 6 feuilles.
variétés, faux-semis. • Bineuse : à partir du stade 2-3 feuilles, jusqu’au
stade 4-8 feuilles en prennant garde aux fleurs.

Semis Levée 2-3 feuilles Limite passage tracteur/floraison

Herse étrille Houe rotative Bineuse

(Chambre d’Agriculture des Midi-Pyrénées)

MALADIES ET RAVAGEURS Ravageurs


Les sitones peuvent apparaitre dès la levée,et jusqu’à la
• Éviter les semis trop denses et les rangs trop étroits. floraison. Les dégâts sont fréquents dans les secteurs
• Tenir compte des différences de comportement variétal. avec d’autres légumineuses et lors d’hiver secs et doux.
Il n’existe pas de lutte possible à l’heure actuelle, cepen-
Maladies dant, les féveroles semées précocement semblent être
La rouille, l’anthracnose et le botrytis sont les plus pré- moins touchées.
sentes. La rouille brune est la maladie la plus préjudi-
ciable, car elle peut engendrer des pertes de rendement Les bruches sont nuisibles au moment de la formation
jusqu’à 25 q/ha en cas d’attaque précoce et importante. des gousses : elles déprécient la qualité des graines et
L’anthracnose est favorisée par des conditions froides diminuent la faculté germinative des semences. Pour di-
et humides ; elle touche donc principalement la féverole minuer et limiter les attaques sur les cultures suivantes, il
d’hiver. Les semences sont le principal vecteur de pro- est conseillé de rendre le silo aussi étanche que possible
pagation. Il est donc conseillé d’utiliser des semences pour empêcher la nouvelle génération de sortir.
certifiées.
Les pucerons noirs peuvent provoquer des pertes im-
Le botrytis se développe surtout en conditions douces portantes si les colonies se développent beaucoup. En
(>15°C) et humides. La forme agressive de la maladie matière de lutte préventive, on peut créer ou entretenir
provoque des dessèchements, le noircissement des des zones de diversité biologique en bordure de champs
tiges et des feuilles ainsi, que la destruction des fleurs et pour favoriser les auxiliaires comme les coccinelles et les
des gousses. La période la plus sensible va du début de syrphes.
la floraison à la fin du développement des gousses.
(Chambre d’Agriculture de Midi-Pyrénées)
Il existe peu ou pas de moyens de lutte possibles. Il est
cependant conseillé d’éviter les sols riches en matière or-
ganique, ainsi que d’implanter en fin de période de semis
dans les secteurs à hiver doux.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 87


RÉCOLTE ET VALORISATION ATOUTS ET CONTRAINTES

Période : de mi-aout à fin aout, dès 17 % d’humidité,


lorsque les gousses sont noires et ne sont plus rayables
FÉVEROLE D’HIVER ET DE PRINTEMPS

à l’ongle.
ATOUTS
Normes commerciales : 14 % d’humidité.
• Très bon relais de rotation en sol moyen
Rendement : relativement aléatoire d’une année à profond du fait de son apport d’azote
sur l’autre. En moyenne : 25-40 q/ha en féverole conséquent grâce à ses nodosités
d’hiver/15-35 q/ha en printemps. • Bon précédent au blé d’hiver
• Aliment favorisant l’autonomie protéique
(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016) de la ferme
• Pouvoir concurrentiel vis-à-vis des adventices,
sauf en fin de cycle
VALORISATION • Culture qui s’associe très bien avec le triticale,
l’avoine, l’épeautre, le seigle... ce qui permet
DÉBOUCHÉ VARIÉTÉS de limiter son salissement en fin de cycle
et de sécuriser le rendement
Alimentation des ruminants Toutes variétés • La féverole est très ’’coriace’’ : elle peut repartir
Porcs (10 % de la formule Variétés à fleurs du pied en cas de gel ou de maladie
alimentaire) et volailles blanches sans tanins (avec
de chair vicine-convicine)
Alimentation humaine
Variétés à fleurs colorées
et pondeuses (5 à 7 %
sans vicine-convicine
de la formule alimentaire)

Oisellerie
Variétés à petites graines, CONTRAINTES
sans tanins de préférence
• Rendement aléatoire et plutôt faible en sol
(Chambre interdépartementale d’Agriculture d’Île-de-France superficiel : très sensible au stress hydrique
et GAB Île-de-France 2004) pendant la période de floraison et de remplissage
des grains dès la mi-juin
• Sensible au gel hivernal dès -12°C,
à réserver aux zones peu gélives
• Sensible aux maladies et aux insectes
• Favorise les chardons, salissement important
en fin de cycle si non associée
• La féverole est agressive : elle peut étouffer
la céréale associée si elle est trop dense

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 88


GRAND ÉPEAUTRE
L’épeautre s’accommode relativement bien à tous les types de sol, même en
faible potentiel. À noter que des mortalités importantes ont été observées
certains hivers dans des zones humides du Sud de la France.
Il accepte donc les sols lourds mais n’accepte pas les sols engorgés
GRAND ÉPEAUTRE

et humides.

Petit épeautre (engrain)

L’engrain ou petit épeautre est l’ancêtre


du blé. Il a un cycle plus long que
le grand épeautre (environ 11 mois), et
a une montaison tardive. Il ne faut donc pas
le semer trop tard.

Haut en paille, très résistant (ou tolérant)


aux agressions, constant en productivité,
c’est la céréale rustique par excellence.

L’engrain n’est pas recommandé en


alimentation animale, il est habituellement
valorisé en alimentation humaine, décortiqué
puis écrasé en farine pour réaliser des pains.

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio


Bourgogne 2016)
Crédit : Guibert E./Chambre d’Agriculture de Vendée

PRÉPARATION DU SOL SEMIS

Préparation du sol similaire au blé. Le labour n’est Date de semis


pas indispensable, mais peut être nécessaire dans Moitié sud : du 20 octobre au 25 novembre
certaines conditions, notamment pour pouvoir réa- Bourgogne : du 10 octobre au 1er novembre
liser des faux semis. Avant tout, il faut veiller à pré- Franche-Comté : du 15 au 25 octobre
parer un lit de semences fin et nivelé pour faciliter Grand ouest : après le 20 octobre
une levée rapide, un bon enracinement mais aussi le Nord (Haut-de-France) : du 20 octobre au
passage de la herse étrille. 20 novembre (ne supporte pas les semis tardifs).

PLACE DANS LA ROTATION Densité de semis


L’épeautre est une céréale vêtue, c’est-à-dire avec
Le point faible de l’épeautre est sa sensibilité aux les glumes attachées au grain, ce qui rend difficile la
maladies de pieds. En rotation “céréalière”, il est maîtrise de la densité de semis.
donc conseillé de le placer en 1ère paille à la place
d’un blé. En rotation “élevage”, il peut être placé en On sème donc souvent des épillets et non des
seconde paille derrière un blé. graines décortiquées, ce qui correspond à des den-
sités de 180 à 220 kg/ha.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 89


En grains/m2, cette densité est en général proche de CULTURE EN ASSOCIATION
300.
En effet, si le précédent est favorable (légumineuse), L’épeautre se cultive aussi avec le lentillon de cham-
il faut limiter la densité de semis à 280 grains/m2 (180 pagne et en seigle, mélange binaire. Il se trie relativement
GRAND ÉPEAUTRE

kg/ha). En conditions difficiles, en revanche, la densité facilement et se valorise mieux que le seigle. Il est aussi
conseillée est de 320 grains/m2 (200 kg/ha). associé avec la féverole, ce qui crée un mélange équilibré
en protéines et en énergie.
(Groupe technique AB en Franche Comté 2012)

NB : Si les graines ne sont pas décortiquées au mo-


ment du semis, préférer un semoir pneumatique pour
éviter les bourrages. Avec un semoir mécanique, utili-
ser des cannelures à grosses graines. Il est nécessaire
de faciliter au maximum l’écoulement des semences
qui sont très volumineuses en ouvrant les ergots du se-
moir à fond. Il faudra veiller régulièrement à ce que les
tubulures du semoir ne se bouchent pas. Les épillets
ont des pointes qui ont en effet tendance à s’accrocher
dans tout ce qui est rugueux.

VARIÉTÉS
Association épeautre - féverole
Meunerie : Oberkumer, Ostro, Alkor, Ressac et Divimar. Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne
Fourragères : Poème, Cosmos, Zollernspelz.
FERTILISATION

L’épeautre est une céréale qui valorise bien l’azote du


sol, il sera donc inutile de faire un apport lorsque le pré-
cédent libère beaucoup d’azote comme c’est le cas pour
les protéagineux.
Un apport au printemps à action rapide peut permettre
une meilleure qualité du grain et une sécurisation du ren-
dement dans les situations où l’azote peut être limitant.
Les besoins sont d’environ 2,5 à 2, 6 uN par quintal.

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

DÉSHERBAGE

L’épeautre couvre bien le sol et concurrence relativement


bien les adventices, même s’il met parfois du temps à
monter. Il est possible d’intervenir avec la herse étrille
à l’aveugle, quelques jours après le semis, puis avec la
houe rotative dès le stade 2-3 feuilles, à condition d’utili-
ser des réglages souples pour ne pas abimer la culture.
Ces interventions doivent se faire sur des adventices
jeunes.
Épeautre Zollernspelz en mars
Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne (Groupe technique AB en Franche-Comté 2012)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 90


MALADIES ET RAVAGEURS Rendement : de 20 à 40 quintaux

Les principales maladies sont les mêmes que pour le blé, S’il est décortiqué, le premier marché est l’alimentation
la fusariose pour les maladies d’épis, la septoriose, la humaine, et il se valorise donc à un bon prix.
GRAND ÉPEAUTRE

rouille jaune et brune pour les maladies des feuilles.


La barrière physique que représentent les enveloppes Le grain non décortiqué peut quant à lui trouver de bons
fait que l’épeautre est peu sensible aux maladies des débouchés en alimentation animale, son enveloppe riche
grains tels que la carie. en cellulose diminue les risques d’acidose chez les ru-
Le principal moyen de lutte est la sélection de variétés minants.
résistantes ou tolérantes.
(Chambre d’Agriculture du Puy-de-Dôme 2015)

ATOUTS ET CONTRAINTES

ATOUTS

• Rusticité
• Effets bénéfiques pour la santé des ruminants
(digestion)
• Positionnement aisé dans les rotations
et les types de sol
• Faibles coûts de mise en œuvre
• Faibles besoins en fertilisation
• S’associe bien avec la féverole
• Essor du débouché de l’alimentation humaine

Épeautre Alkor touché par la rouille jaune


Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne CONTRAINTES

RÉCOLTE ET VALORISATION • Risque de verse, s’associe mal avec le pois


fourrager qui tend à augmenter ce risque
La récolte peut se faire au même moment que le blé, de verse
mais elle est souvent effectuée après car il est difficile • Semis et récolte en épillets
d’évaluer son taux d’humidité du fait qu’il est dans sa • Faible PS
balle. Cette balle le rend cependant moins sensible aux • Faible teneur en UF
maladies de l’épi et il peut donc attendre un peu plus • Marché fluctuant selon les années
longtemps que le blé pour être récolté. • Valorisation difficile sans équipement spécifique
(décorticage)
La vitesse du batteur doit être faible et il faut desserrer
l’espace entre batteur et contre batteur.

L’épeautre ne doit pas être récolté au-dessus de 16 %


d’humidité et doit être croquant.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 91


LUPIN
Le lupin ne tolère pas les sols à calcaire actif mais supporte assez bien les
sols acides (jusqu’à 5,5 de pH) et les parcelles caillouteuses.

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)


LUPIN

PRÉPARATION DU SOL Densité de semis


PRINTEMPS PRINTEMPS
L’état de surface ne doit pas être trop fin afin de limi- T.A.D HIVER
BLANC BLEU
ter les risques de battance.
Grains/m2
Pour un lupin de printemps, un couvert végétal 40 60 130
à semer
hivernal sera mis en place et devra être détruit le
plus tôt possible à la sortie de l’hiver. PMG 300-350 300-350 120

Kg/ha 120-140 180-210 160


PLACE DANS LA ROTATION
Objectif de
Le lupin est considéré comme un “relai de rotation” plante/m2 après 20 40 90
les pertes
et est un très bon précédent à céréales, à condition
de bien gérer son salissement. Kg/ha = gr/m2 x PMG/100
(Métiver et al. 2013)
La fréquence minimale de retour sur une parcelle est
de 4 ans. NB : pour le lupin d’hiver, en Occitanie, il est in-
dispensable de prévoir un faux semis pour lutter
contre la mouche de semis.

VARIÉTÉS

LUPIN D’HIVER LUPIN DE PRINTEMPS

• Son cycle de 11 mois • Cycle de 6 à 7 mois


l’expose longtemps • Nécessite des parcelles
aux ravageurs et accessibles pour
à l’enherbement des semis en février
• Plus précoce à maturité
Crédit : Hérisset R./Chambre d’Agriculture de Bretagne que le type printemps

SEMIS Lupin de printemps

LUPIN BLEU
Il est conseillé de semer dense pour compenser les LUPIN BLANC
(FEUILLES ÉTROITES,
pertes, à une profondeur de 3 cm. L’écartement est (FLEUR BLANCHE
FLEUR BLANCHE, BLEUE
OU BLEUE)
de 30 à 60 cm pour permettre le binage. OU ROSE)
• Moins sensible • Plus précoce à maturité
Date de semis au calcaire actif • Moins sensible
Lupin d’hiver : entre le 15 septembre • Plus productif à l’anthracnose
et le 30 septembre,15 octobre au plus tard. • Risque accru de verse : • Plante moins
sa hauteur peut concurrentielle
Lupin de printemps : entre le 15 février atteindre 1 m des adventices par
et le 10 mars. sa moindre hauteur

(Arvalis Institut du Végétal, UNIP, et Fnams 2012)


(Métiver et al. 2013)

NB : il existe aussi le lupin jaune de printemps.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 92


Variétés
Lupin blanc de printemps : Amiga, Feodora
Lupin blanc d’hiver : Kadryl, Lumen, Clovis
Lupin bleu de printemps : Azuro, Boregine, Boruta,
LUPIN

Dalbor, Kadryl, Probor, Regent, Tango, Arabella, Probor


Lupin jaune de printemps : Mister

Lupin jaune de printemps


Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne

Lupin blanc d’hiver : les gousses possèdent


un aiguillon à leur extrémité
Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne

Lupin bleu de printemps


Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 93


CULTURE EN ASSOCIATION DÉSHERBAGE

Le lupin peut se cultiver en association avec de l’avoine, Prévention


de l’orge de printemps et du blé pour un débouché en • Viser impérativement des parcelles propres ou prati-
LUPIN

alimentation animale. quer le labour, car la culture est peu concurrentielle des
adventices, surtout le lupin d’hiver.
• Pratiquer le faux-semis pour les semis en septembre.
• Rechercher les variétés peu sensibles à l’anthracnose,
qui garderont leurs feuilles longtemps.

Faible écartement : seule la herse étrille et la houe


rotative sont envisageables
• Idéalement un premier passage en prélevée à l’aveugle.
• Puis, entre les stades 2 feuilles trifoliées et 4-5 feuilles,
ensuite les plantes devraient couvrir suffisamment le
sol.

Grand écartement (30 à 45 cm) : autorise le binage


• Les premiers passages peuvent se faire en plein avec
la herse étrille pour son action sur le rang.
• La bineuse prend ensuite le relai, tant que le couvert
végétal passe sous le bâti sans dégâts.

(Chambre d’Agriculture d'Auvergne-Rhônes-Alpes 2016)

Association lupin bleu et orge de printemps


Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne

Levée 1 feuille 2 feuilles 3 feuilles 4 feuilles 5 feuilles Limite passage


tracteur
prélevée

Faible
écartement

Faux semis
en automne

Grand
écartement

Houe rotative Herse étrille Bineuse

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 94


MALADIES ET RAVAGEURS Normes de récolte : 15 % d’humidité, 3 % d’impuretés.
Rendements : assez aléatoires, de 15 à 30 q/ha, dépend
Anthracnose de la réussite de l’implantation et de la gestion du salis-
Les plantes se nécrosent et meurent. Maladie transmise sement.
LUPIN

par les résidus de culture et les graines. Valorisation : Le Lupin est riche en Matière azotée, en
matière grasse, en cellulose et est dépourvu d’amidon.
Il existe uniquement des mesures de lutte préventives : En alimentation animale, son appétence et sa valeur ali-
• variétés résistantes, mentaire en font une excellente base de ration pour les
• fréquence de retour sur la même parcelle d’au moins vaches laitières, les jeunes bovins ou encore les ovins.
4 ans, En alimentation humaine, le lupin est surtout consommé
• semences issues de cultures saines ou stockées pen- sous forme de farine d’amande de lupin micronisé, qui
dant minimum un an avant le semis. est utilisée comme ingrédient dans les industries de bou-
langerie-pâtisserie, mais les débouchés sont faibles et
Mouche du semis (lupin d’hiver) les variétés doivent être sélectionnées en amont.
Prévention par l’enfouissement des résidus végétaux un
mois avant le semis. (Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

Limaces ATOUTS ET CONTRAINTES


À surveiller assidûment car la destruction des cotylédons
est fatale, éviter les lits de semences trop motteux.

ATOUTS

• Riche en protéine
• Fixation de l’azote de l’air
• Bon précédent pour les céréales
• Bonne qualité nutritionnelle pour les animaux
• Peu d’amidon dans la graine, ce qui diminue
les risques d’acidose pour les ruminants
• Azote très fermentescible, qui se dégrade
rapidement dans le rumen
Dégât de limaces sur lupin de printemps • Possibilité d’associer le lupin de printemps
Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne avec l’avoine (risque d’égrenage), l’orge...
• Possibilité d’associer le lupin d’hiver avec l’avoine
Sitones (risque d’égrenage), l’orge, le blé (le triticale
Morsures de feuilles plus spectaculaires que dange- semble plus concurrentiel)...
reuses.
Le retour fréquent de légumineuses les parcelles favorise
les populations de sitones.

(Métiver et al. 2013)

CONTRAINTES
RÉCOLTE ET VALORISATION
• Sensible au stress hydrique pendant
La récolte est possible dès 16,5 % d’humidité, si les le remplissage des gousses
graines sont très sèches (inférieur à 10-12 %), il faut plu- • Très sensible à l’enherbement
tôt battre le matin afin d’éviter l’éclatement des gousses • Rendements aléatoires : 5 à 40 quintaux/ha
au contact des rabatteurs.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 95


LUZERNE
Culture qui n’aime pas trop les sols acides et /ou hydromorphes.
L’idéal est d’implanter la luzerne sur un sol sain, profond, bien structuré,
avec un pH neutre à basique (> 6,8), et pourvu en eau.
Elle peut être implantée sur sols acides, mais avec des apports de chaux
LUZERNE

et une inoculation des graines obligatoires.


À noter également que c’est une culture qui engendre de fortes exportations
de potasse, de phosphore et de calcium.

NB : Cette fiche concerne principalement la luzerne en pure déshydratée.


Cependant, elle peut aussi être cultivée en association avec des graminées
(ex : dactyle) pour les débouchés de type “élevage”.

En revanche, il faut être prudent dans les rotations


avec des légumineuses qui peuvent engendrer des
problèmes liés aux champignons du sol (sclérotinia,
anthracnose) et aux ravageurs (sitones). La durée de
vie optimale de la luzerne est de 2 à 4 ans.
Le délai de retour entre deux luzernes est d’au moins
5 ans. Plus cette dernière reste longtemps en place,
plus il faut attendre avant de la réimplanter.

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

Crédit : Mareux C.
SEMIS
Chambre d’Agriculture des Pyrénées-Atlantiques
Une fois implantée, la luzerne a tout pour suppor-
PRÉPARATION DU SOL ter les aléas climatiques, 80 % de la réussite passe
donc par une bonne implantation.
Le travail du sol doit être réalisé dans de bonnes • La préparation du sol doit être fine en surface, bien
conditions et le semis réalisé en sol ressuyé ce qui émiettée.
est primordial pour la réussite de l’implantation. • Semer dans le premier centimètre de du sol, au
semoir à céréales.
Un lit de semence le plus fin possible ainsi qu’un • Tassement énergique : 1 à 2 passages de rouleau
rappuyage au rouleau derrière le semis permet sitôt le semis réalisé.
d’assurer le bon contact terre-graine. • Période de semis (semis de fin d’été) : le plus tôt
possible (idéalement mi-juillet) et jusqu’à fin sep-
tembre.
PLACE DANS LA ROTATION
Densité de semis
Seule ou en association la luzerne est une excellente Selon les conditions, une dose de 12 à 18 kg/ha est
tête de rotation pour ses aspects nettoyants, res- généralement pratiquée dans le Sud pour les varié-
tructurants et fertilisants. Elle est en effet un bon pré- tés de type “méditerranée” (il peut y avoir jusqu’à
cédent pour les cultures exigeantes en azote (blé, 5 coupes) et de 20 à 25 kg/ha pour les variétés de
maïs, betterave). type flamand.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 96


Pour les cultures de semences, la dose de semis préco-
nisée est de 3 à 8 kg/ha.
Dans le cas particulier de la production de semences
de luzerne, il faut privilégier un grand écartement (25 à
LUZERNE

35 cm) avec impérativement un binage de l’inter-rang


permettant de favoriser la production de branches et
d’augmenter le rendement en graines. La dose de semis
est alors diminuée jusqu’à 3-4 kg/ha.

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

Inoculation de la semence
Nécessaire en situation de sol acide (pH < 5,5) et sur Luzerne semée sous orge de printemps au stade 3 feuilles.
parcelles sans historique luzerne ou dans une rotation Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne
très longue (>10 ans sans luzerne). Préparation à faire à
l’abri de la lumière, laisser le mélange sécher puis semer Pour les semis sous couvert d’une céréale de printemps,
rapidement. il est conseillé de semer dans le courant du mois de mars
(stade tallage de la céréale).
Différentes techniques d’implantation
• Associations de variétés Pour éviter la montée éventuelle de la luzerne et compli-
• Associations d’espèces quer le battage, la luzerne peut être semée au stade 3
• Sous couvert de céréales feuilles de la céréale.

(Groupe technique AB Franche-Comté 2012)


Des semis sous couvert d’une plante sarclée comme le
tournesol peuvent également être pratiqués. De par la
SEMIS SOUS COUVERT DE PRINTEMPS compétition hydrique estivale, le tournesol donne des
rendements plus faibles avec cette technique.
Le semis de printemps se réalise à partir du 10-15 mars
(Implantation des luzernières : le semis de printemps
et jusqu’au 20 avril. La luzerne s’adapte assez bien aux
sous couvert, une alternative à redécouvrir 2012)
semis sous couvert de printemps.

SEMIS SOUS COUVERT AU PRINTEMPS SEMIS D’ÉTÉ

Pleine production l’année suivante Implantation rapide de la luzerne si sol suffisamment


Avantage
humide

• Implantation lente si réchauffement du sol insuffisant, • Mauvaise implantation due à la sécheresse et risque
risque de période de sécheresse hivernale si faible développement avant l’hiver
Limites
• Concurrence potentielle des céréales • Technique de désherbage pointue liée à la gestion
des repousses du précédent si semis simplifié

(Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne 2017)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 97


VARIÉTÉS de la culture, il faut prévoir environ 1 T/ha de carbonate.
Un entretien annuel est de plus conseillé pour les sols à
Le choix de la variété se fait en fonction de/du : pH inférieur à 6.
LUZERNE

Type botanique NB : on note des effets bénéfiques de la kiésérite (S


• Type flamand, avec une bonne résistance au froid et et Mg).
très productif. Variétés à dormance élevée.
(Métiver et al. 2013)
• Type Provence, avec une bonne résistance au sec et aux
coupes fréquentes mais sensible au froid (destruction en (Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)
dessous de -10°C). Variétés à dormance faible. Intéres-
sant en région méditerranéenne et côte Atlantique. ENTRETIEN ET PÉRÉNNITÉ

La teneur en MAT • Ne pas faucher en deçà de 7-8 cm.


• Laisser fleurir la luzerne une fois par an (10 à 20 %
La résistance aux maladies (verse, sclérotinia, verticil- de pieds fleuris) pour lui permettre de reconstituer ses
liose, nématodes). réserves.
• Respecter un délai de 4 à 5 semaines entre 2 coupes.
La finesse des tiges. Les Luzernes à tiges fines sont • Limiter les tassements par passage de roues sur la
plus faciles à couper, sécher et à consommer par les culture, surtout en période humide.
animaux.
(Métiver et al. 2013)

(Groupe technique AB Franche-Comté 2012)

DÉSHERBAGE /MAÎTRISE DES ADVENTICES


FERTILISATION
Il peut être nécessaire de réaliser des faux semis avant
La luzerne fixe l’azote de l’air, aucun apport azoté n’est l’implantation.
nécessaire. En revanche, c’est une culture exigeante en Dans la moitié Nord, la réalisation des faux-semis n’est
éléments fertilisants. Les exportations en potasse et en pas toujours possible, notamment derrière un blé qui se
calcium sont de minimum 30 kg par tonne de matière récolte à la mi-août.
sèche récoltée et de 6 kg de phosphore par tonne de En Occitanie, il arrive que l’on décale les dates de semis
matière sèche récoltée. Les apports de potasse pendant entre le 10 et le 20 octobre à cause des problèmes d’al-
la culture de luzerne peuvent augmenter les exportations, tise, ce qui permet d’avoir une plage de temps suffisante
il est donc préférable de réaliser les apports à l’échelle pour réaliser des faux semis.
de la rotation sous forme de Patenkali par exemple. Le De plus, la luzerne est très sensible à la concurrence des
chaulage est en général bénéfique lors de l’installation adventices au stade plantule.

PÉRIODE STADE LUZERNE MATÉRIEL OBSERVATIONS

En début et fin d’hiver


(En repos végétatif Jeune luzerne Herse étrille Travail peu agressif à 1-4 cm sur sol non gelé mais bien ressuyé
de la luzerne)
• Travail > 5 cm, puissant et agressif sur sol gelé bien ressuyé
En début et fin d’hiver • au besoin retirer 1 dent sur 2 pour diminuer l’agressivité et éviter les
Luzerne de plus Herse lourde
(Repos végétatif bourrages
d’un an Vibroculteur
de la luzerne) • à compléter avec des passages de Herse étrille pour dessécher les
adventices arrachées + roulage nécessaire pour enfouir les cailloux

En cas de parcelle sale : effectuer une coupe de nettoyage ou broyage, à la montaison des graminées adventices

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 98


MALADIES ET RAVAGEURS Cette technique permet une valeur fourragère intermé-
diaire entre le foin et l’ensilage bien conservé. L’ajout
La lutte contre la verticilliose et les nématodes passe par d’un conservateur (ex : acide propionique) favorisera une
le choix des variétés et l’allongement de la rotation. La bonne conservation.
LUZERNE

lutte contre les limaces, les tipules et les sitones passe


par la gestion du précédent et de l’interculture. Il est Foin : les feuilles sont riches en protéines (25 % contre
conseillé de ne pas laisser la végétation se dévelop- 10 % pour les tiges).
per pendant l’interculture. Les déchaumages d’été par
temps sec détruisent de nombreux œufs et larves. Il est conseillé de réaliser la fauche le matin, à 7-8 cm,
Dans le Sud de la France, il est conseillé de décaler les avec une faucheuse-rotative classique ou une condition-
dates de semis pour lutter contre les altises. neuse à rouleaux. Le fanage est l’opération responsable
de la majorité des pertes en feuilles. Il est là aussi préfé-
(Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire 2003) rable de faner le matin, ainsi que de diminuer la vitesse
de rotation. Si le tonnage est faible, un seul fanage peut
RÉCOLTE ET VALORISATION suffire. L’andainage est aussi une opération qu’il est pré-
férable de faire le matin, de gros andains permettent un
temps de rotation plus court dans le round baller.

Le pressage s’effectue idéalement lorsque l’humidité du


foin se situe entre 14 et 17%.

(Métiver et al. 2013)


(Groupe technique AB Franche-Comté 2012)

Production grainière : il faut être particulièrement vigi-


lant par rapport à la propreté des parcelles. La première
coupe doit être réalisée à la mi-mai(1) (la plus tardive pos-
sible) pour favoriser la montée à graine et être sûr qu’il
Fanage de Luzerne, premier retournement
à la toupie soleil (vue arrière). n’y ait pas d’adventices qui montent en graines par la
Crédit : Mareux M.C suite, notamment les graminées. La récolte s’opère sou-
Chambre d’Agriculture des Pyrénées-Atlantiques
vent à la moissonneuse-batteuse, soit en coupe directe,
La date de fauche est un compromis entre le rendement en reprise d’andain ou fauchée préalablement.
et la qualité. La valeur alimentaire est liée au stade de ré-
colte ainsi qu’à la méthode de conservation. En fauche, Déshydratation : certaines filières locales existantes
la luzerne se récolte au stade bourgeonnement afin d’as- permettent de valoriser la luzerne en déshydratation. Les
surer un compromis entre le rendement, la qualité et la périodes de coupes sont alors déterminées par l’organi-
pérennité de la plante. sation des chantiers gérés par les usines de déshydrata-
tion, et commencent généralement début à mi-mai, sur
Ensilage : le faible taux de sucre, les protéines et les un rythme d’environ toutes les 6 semaines.
minéraux rendent la conservation délicate. Il est donc
conseillé de faucher plutôt le soir pour un meilleur taux (Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)
de sucre. Le mélange avec des graminées améliore éga-
lement la conservation. Un préfannage pour arriver à une
teneur entre 30 et 40 % de matière sèche est également
conseillé.

Enrubannage : il faut viser 50 à 60 % de matière sèche.


À 60 % de matière sèche, des problèmes de conserva-
(1) Dans certaines zones du sud de la France, en sols séchant, les premières
tion peuvent apparaitre. coupes peuvent s’effectuer dès la mi-avril.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 99


DESTRUCTION ATOUTS ET CONTRAINTES

La luzerne possède des racines puissantes et profondes


et il arrive souvent qu’il ne soit pas possible de les sec-
LUZERNE

tionner correctement. Il est conseillé de réaliser un scal-


page de la plante en deux passages de déchaumeurs ATOUTS
à dents et ailettes sur une profondeur qui ne va pas en
deçà de 5 à 6 cm. En effet, il est important de couper • La luzerne est une légumineuse et fixe
la racine et de ne pas seulement l’extirper. La charrue donc l’azote de l’air. Elle ne nécessite pas
peut parfois être nécessaire pour assurer une destruc- d’apport azoté et laisse d’importants reliquats
tion complète de pieds et limiter les repousses dans la pour la culture suivante
céréale. • Son système racinaire lui permet de restructurer
le sol
Selon la culture suivante, la période de destruction • Action nettoyante vis-à-vis des adventices
varie : notamment le chardon
• dès fin août pour semer un blé d’automne, • Résiste bien à la sécheresse
• novembre pour semer une céréale de printemps, • Fourrage de qualité
• février-mars sur sols limono-sableux avant maïs. • La luzerne est la meilleure tête de rotation
en grande culture
Dans le cas de récolte en graine, la destruction à l’au-
tomne est souvent impossible. Prévoir une culture alter-
native ou de printemps.

(Métiver et al. 2013)

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016) CONTRAINTES

• Se comporte mal en sols acides (pH < 5,5)


sauf s’il y a chaulage
• Exportations importantes en phosphore, potasse
et calcium
• Se comporte mal en sols très hydromorphes
• Difficile de trouver un débouché dans les zones
très céréalières

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 100


MAÏS
Il est recommandé de cultiver le maïs dans des terres profondes, se réchauffant
vite, avec une bonne réserve en eau et/ou une possibilité d’irriguer.

après une légumineuse, mais il peut aussi venir en


MAÏS

deuxième paille (risque de fusariose).


• Le maïs s’implante souvent après une prairie tem-
poraire, car elle présente l’intérêt de restituer de
l’azote (système polyculture élevage) à cette culture
exigeante et de laisser le sol propre. L’inconvénient
de ce précédent est cependant qu’il induit un
risque de parasitisme du sol (taupin). Ce problème
peut être maîtrisé par un retournement précoce de
Crédit : Osswald P./Chambre d’Agriculture d’Alsace la prairie en fin d’été, ce qui fait mourir une bonne
partie des larves. Il existe une autre stratégie, qui
PRÉPARATION DU SOL consiste à détruire la prairie au dernier moment
pour que les taupins aient plus de matière orga-
En sol argileux, effectuer si possible un labour d’hiver nique et ne s’intéressent pas au maïs (dans les sols
pour restructurer le sol et faciliter son réchauffement. légers que l’on peut travailler au printemps).
Il est également conseillé de ne travailler uniquement • Éviter de semer un blé d’hiver derrière un maïs
qu’en conditions ressuyées. à cause des risques de fusariose mais aussi de
Il convient d’obtenir un sol nivelé, souple, une terre l’épuisement en azote du sol.
affinée sans grosses mottes, avec un minimum de • En vue de limiter le salissement, l’épuisement des
résidus de récolte pour faciliter le hersage. mêmes horizons du sol ou leur déstructuration, il
est préférable de respecter un délai de retour de la
PLACE DANS LA ROTATION culture d’au minimum 5 ans dans la rotation.

• Ses forts besoins en azote déterminent sa place (Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)
dans la rotation, il est de préférence implanté (Chambre d’Agriculture région Nord Pas de Calais 2013)
(Chambre d’Agriculture de Bretagne 2011)
Précédents favorables

NATURE DU PRÉCÉDENT FOURNITURE AZOTÉE PROPRETÉ DE LA PARCELLE

Luzerne +++ +++

Prairie 3 ans et + (avec associations de légumineuses) ++ +++

Prairie 1 à 2 ans (graminée pure) - ++

+ (hiver)
Protéagineux +
= (printemps)

Associations céréales protéagineux = ++

-
Céréale à paille ++
(++) avec engrais vert
de légumineuse (trèfle)
* Risque taupin.
+ Favorable = Faible incidence - Défavorable () Effet non assuré

(Chambre d'agriculture des Pays de la Loire 2003)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 101


Précédents à éviter • Bourgogne/Normandie/Île-de-France : entre début et
Maïs grain, maïs fourrage, betteraves, tournesol, choux mi-mai
et colza. • Haut-de-France : semer au-delà du 10 mai pour éviter
Ces précédents sont défavorables au niveau de la pro- les périodes froides d’avril (température du sol qui est
MAÏS

prété de la parcelle et de la fourniture en azote. importante)


• Sud-ouest/Limousin : semer à partir du 15 mai pour
(Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire 2003) éviter les semis en sols froids

SEMIS Densité de semis


• Bourgogne : 90 à 100 000 grains/ha.
• Sud-Ouest : 90 à 95 000 grains/ha.
• Bretagne : 100 000 pieds/ha, voire 105/110 000 pieds
si on envisage un itinéraire de désherbage “agressif”.
• Normandie : 115 à 120 000 grains/ha.
• Haut-de-France : 105 à 110 000 pieds/ha en maïs
ensilage ; 95 à 100 000 pieds/ha en maïs grain.

Augmentation de la densité de semis de 5 à 10 % par


rapport au conventionnel pour compenser les pertes
liées au désherbage mécanique.

Profondeur de semis : 3 à 4 cm.


Crédit : Chambre d'Agriculture de Seine-et-Marne
Écartement entre les rangs : entre 50 et 80 cm, le
Date de semis : semer en sol bien réchauffé (>10°C) même que celui de la bineuse utilisée.
et ceci pour faciliter le désherbage, faire en sorte que le
maïs se développe avant les adventices et limiter la pé-
riode de sensibilité aux ravageurs de type taupin.

DENSITÉ OPTIMALE DES PLANTES À LA RÉCOLTE EN MAÏS GRAIN À MAJORER


TYPE VARIÉTAL
PAR LES RISQUES DE PERTES À LA LEVÉE*

Très précoces Cornés 100 000 - 110 000

Cornés 95 000 - 105 000


Précoces
Dentés 85 000 - 100 000

½ précoces C1 Dentés 85 000 - 95 000

½ précoces C2 Dentés 80 000 - 90 000

½ tardives D Dentés 75 000 - 85 000

Tardives E1 Dentés 72 000 - 85 000

Très tardives Dentés 68 000 - 78 000

* Les pertes à la levée doivent considérer les pourcentages de germination (de l’ordre de 95 % en maïs), la qualité de la préparation du lit de semences, la date de
semis et le niveau de protection des plantes.

(Arvalis Institut du Végétal 2013)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 102


VARIÉTÉS

Critères de choix des variétés :


• vigueur à la levée,
MAÏS

• port couvrant,
• précocité (compromis entre précocité et rendement),
• tenue de tige,
• résistance aux maladies,
• résistance à la sécheresse,
• maïs grain : résistance à la fusariose,
• maïs ensilage : bonne valeur UFL.

NB : pour le maïs, pas de dérogation possible au ni-


veau du GNIS, les agriculteurs sont obligés de prendre
les variétés disponibles même si elles ne sont pas
adaptées.

DÉSHERBAGE/MAÎTRISE DES ADVENTICES

Comme il a été dit précédemment, il est important de


semer le maïs en sol réchauffé pour favoriser le désher-
bage.
Il est conseillé, comme pour toute culture bio, de favori-
ser les faux semis avant toute implantation ainsi qu’une
bonne gestion de la rotation. Le binage combiné avec les
passages de houe rotative à faible vitesse permet d’ob-
Crédit : Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne tenir de bons résultats.

STADE 1 2 3 4 5-6 8 10
SEMIS LEVÉE
DE LA CULTURE FEUILLE FEUILLES FEUILLES FEUILLES FEUILLES FEUILLES FEUILLES

Éviter tout
passage
Houe rotative A 3-4 km/h, faible agressivité (maïs fragile)
: plante
fragile
En
Herse étrille pré-levée, Éviter tout passage : plante fragile
à l’aveugle
2ème
Bineuse 1 binage
er
binage/
buttage

Désherbage Sur le rang jusqu’au


À partir de 6 feuilles
thermique stade “cigare”

(À partir de Groupe technique AB Franche-Comté 2012)


(À partir de Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire 2003)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 103


MALADIES ET RAVAGEURS CULTURES EN ASSOCIATION

Il y a de forts risques de dégâts par la pyrale du maïs. Les objectifs d’une association sont d’améliorer la maî-
Le trichogramme, parasitoïde des œufs de la pyrale, est trise du salissement et d’obtenir un fourrage plus équi-
MAÏS

simple d’utilisation et efficace. Il convient également de libré en rééquilibrant les valeurs alimentaires avec l’aug-
broyer et d’incorporer les cannes dans les sols pour évi- mentation de la Matière Azotée Totale.
ter la permanence des vers durant l’hiver.
Il existe peu de références à l’heure actuelle, et les ré-
Il faut être vigilant et éviter de faire de maïs sur maïs, ainsi sultats sont assez variables. Quelques associations ont
que de cultiver deux parcelles adjacentes afin de gérer cependant été testées comme le maya (association
les risques de chrysomèle. maïs-soja), maïs-trèfle blanc ou violet ou encore maïs-fé-
verole.
Les taupins peuvent causer des dégâts très importants.
La culture de maïs y est sensible jusqu’au stade 6-8 FERTILISATION
feuilles. L’implantation d’un maïs derrière une prairie re-
présente le risque le plus élevé. Plus la prairie est âgée, Besoins
plus le risque de taupin augmente. Afin de prévenir ce • 120 à 130 uN/pour 65 q/ha de grains secs
risque, la date de retournement de la prairie semble être ou 2 à 2,2 kg d’azote par quintal
un moyen de lutte intéressant. Plusieurs suivis de par- • O,6 kg de P2O5/q de grains
celles chez des agriculteurs montrent qu’un labour au • 0,5 kg de K2O/q de grains
plus près du semis peut permettre de diminuer de ma-
nière très importante le nombre d’attaques sur le maïs. Les besoins du maïs en azote sont élevés. Le maïs étant
L’enfouissement de matières organiques en profondeur une culture d’été, il valorise très bien l’azote organique.
est également à éviter car il est favorable au taupin. Le Ses besoins en azote peuvent donc être fournis par un
cycle de ce ravageur étant très difficile à comprendre, il engrais vert couplé à l’enfouissement d’engrais de ferme
est encore difficile de mettre en avant des techniques avant semis. Un précédent légumineuse ou prairie peut
de lutte performantes. Quelques pistes aujourd’hui sont également libérer jusqu’à 200 uN/ha en fonction de l’es-
travaillées tels que les répulsifs, l’association de cultures, pèce, de la biomasse produite et des conditions clima-
les couverts végétaux. tiques.

La lutte contre les ravageurs du sol est avant tout pré- RÉCOLTE ET VALORISATION
ventive : faux semis, labour, etc.
• Période : fin octobre à novembre.
Pour les limaces, il faut éviter de laisser les déchets de • Sud : début octobre à début décembre.
la culture précédente en surface. Il est également né-
cessaire de rappuyer le sol pour éviter les creux et les Récolte en grains
mottes où elles déposent leurs œufs. Le passage d’outils • Normes de récolte : ne pas récolter au-delà de 35 %
de surface permet de détruire les œufs en les exposant à d’humidité pour limiter les frais de séchage.
la chaleur et à la sécheresse. • Normes de commercialisation : 15 % d’humidité
-2 % d’impuretés.
Contre les oiseaux, des ballons, cerfs-volants ou encore • Pour la récolte en grain, lorsqu’il est possible de
des canons peuvent être utilisés pour les effaroucher. On choisir la date de récolte, le compromis devra se
note toutefois un phénomène d’accoutumance. faire entre :
- une récolte précoce avec de bonnes conditions cli-
La sensibilité au charbon se traite par le choix variétal. matiques mais un grain plutôt couteux en séchage,
- une récolte tardive avec un taux d’humidité du grain
correct, mais un climat plus humide et un risque de
tassement du sol.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 104


Récolte en fourrage (plante entière)
Le maïs fourrage se récolte plus tôt, lorsque la teneur en
matière sèche des épis est comprise entre 50 et 60 % et CONTRAINTES
celle de la plante entière entre 32 % et 35 % pour un bon
MAÏS

compromis entre digestibilité, qualité de conservation et • Fertilisation


bon taux d’amidon. • Irrigation
• Temps passé en désherbage mécanique
Valorisation : essentiellement pour l’alimentation • Charges opérationnelles élevées (semences,
animale. séchage)
• Ensilage plante entière : ruminants. • Risque d’attaque d’oiseaux et de taupins
• Ensilage grain humide : monogastriques, ruminants. sur certaines parcelles
• Grain sec : monogastriques, ruminants, volailles. • Besoins en eau importants
• Moisson tardive et gestion des résidus
(Groupe technique AB Franche-Comté 2012) après récolte
(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016) • Mauvais précédent à céréales
(risque de fusariose)
ATOUTS ET CONTRAINTES
(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

ATOUTS

• Possibilités de semis tardifs (terres inondables)


• Facile à biner
• Culture d’été, valorise les arrières-effets
des fertilisations azotées sur la rotation
• Valorise bien la matière organique
• Peu sensible aux maladies
• Aliment énergétique
• Double usage : soit grain ou soit ensilage
• Bonne marge possible si prix et rendements
élevés

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 105


ORGE DE PRINTEMPS
Éviter les sols hydromorphes ou asphyxiés ainsi que les terres à faibles
réserves en eau. La durée de son cycle est courte ce qui réduit la fenêtre
d’implantation pour permettre un rendement optimal et la rend sensible
aux accidents climatiques. Elle est également sensible au tassement.
ORGE DE PRINTEMPS

Les céréales de printemps sont en général peu adaptées au sud-est de


la France car leur semis tardif les expose plus aux coups de chaleurs
et donc à l’échaudage.

Le sol doit également être bien ressuyé sur les 10


-15 premiers centimètres car cette culture est très
sensible à l’excès d’eau.

PLACE DANS LA ROTATION

Moins sensible au piétin verse et au piétin échau-


dage que le blé, l’orge est généralement introduit
dans la rotation comme seconde paille. Toutefois,
c’est une culture qui est sensible à la verse, il faut
Crédit : Grand V.
Chambre d’Agriculture de Meurthe-et-Moselle donc éviter les précédents fournissant un apport
trop riche en azote.
PRÉPARATION DU SOL L’orge de printemps est notamment souvent mise
après des précédents récoltés tard.
Le lit de semences devra être assez fin pour per-
mettre la levée la plus homogène possible et le dé- C’est une culture qui permet souvent de rattraper
veloppement le plus rapide possible de la plante. des situations délicates. En effet, en Occitanie,
L’orge étant sensible aux conditions d’implantation, lorsque l’on est en présence de folle avoine d’hiver,
il faut éviter les obstacles à l’enracinement. il est conseillé d’implanter de l’orge de printemps.

PRÉCÉDENT SOUHAITABLE POSSIBLE À ÉVITER SI DÉBOUCHÉ BRASSICOLE

Choux ou betteraves X

Céréale X

Association céréales + protéagineux X

Maïs X

Tournesol X

Prairie X X

Luzerne X X

Protéagineux X X

(Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire 2003)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 106


SEMIS

Semer tôt et en bonnes conditions assure une plus


longue période végétative, et permet donc d’atteindre
ORGE DE PRINTEMPS

un meilleur potentiel de rendement tout en diminuant les


risques d’échaudage et de stress hydrique.
Le créneau idéal de semis commence le 15 janvier dans
le sud de la France et le 20 février dans le nord de la
France (en général, autour du 5 mars).

Densité de semis : 350-400 grains/m2 avec une popu-


lation visée de 300 individus /m2.

VARIÉTÉS

• Préférer les variétés résistantes aux maladies : verse,


helminthosporiose et rhynchosporiose.
• Précocité, l’orge doit avoir le temps de former son grain
et de mûrir avant la sécheresse.

Les variétés tardives et riches en protéines sont préconisées


pour les mélanges à destination de l’alimentation animale.
Il faut distinguer les variétés fourragères des variétés Orge de printemps + pois protéagineux
brassicoles. Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne

CULTURES EN ASSOCIATION

Les orges sont principalement utilisées dans des asso-


ciations “précoces” et à destination de la vente.
Ex : orge/pois protéagineux.

Orge de printemps+ trèfle nain semé sous couvert Lupin bleu + orge de printemps + prairie semée
de l’association sous couvert de l’association
Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Orne

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 107


FERTILISATION Potassium : l’orge de printemps exporte 0,7 kg K2O/q
dans le cas des pailles enlevées.
Moins exigeante que le blé, l’orge de printemps valorise
mieux les fertilisations organiques. Une fertilisation peut DÉSHERBAGE/MAÎTRISE DES ADVENTICES
ORGE DE PRINTEMPS

être apportée à l’automne sous forme de compost, ou


bien au printemps sous une forme facilement assimilable Méthodes préventives
(fiente). Rotations longues, labour occasionnel, déchaumage
L’interculture généralement longue avant l’orge de prin- et faux-semis, choix des variétés et gestion des inter-
temps permet d’envisager l’implantation d’un engrais cultures.
vert comportant des légumineuses dans ou après le pré-
cédent. L’engrais vert fournit ainsi de l’azote à l’orge de Méthodes curatives (herse étrille ou houe rotative)
printemps permettant de limiter voire de supprimer les • Un passage de herse étrille en pré-levée,
apports organiques complémentaires. très superficiel.
En cas de semis de légumineuses sous couvert de l’orge, • Un passage de houe rotative au stade
limiter la fertilisation azotée à cause des risques de verse 2-3 feuilles de la céréale.
mais aussi de l’ombrage trop important. En effet, s’il y a • Un passage de herse étrille au stade 3-4 feuilles.
trop de densité, il n’y a pas de lumière non plus.
NB : l’orge de printemps est assez sensible au désher-
Azote : l’orge a besoin de 2,5 kg par quintal de grain bage mécanique, il est important de ne pas être trop
produit. agressif.

Phosphore : l’orge de printemps exporte 0,8 kg P2O5/q Dans certaines régions, le binage peut aussi être prati-
dans le cas des pailles enfouies. Elle exporte 1,1 kg qué.
P2O5/q dans le cas de pailles enlevées. lle
e

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3

Semis levée Tallage Montaison Maturation

Herse étrille

Houe rotative

(1) Attention aux réglementations (Directive Nitrate) pour les apports organiques avant culture de printemps.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 108


MALADIES ET RAVAGEURS ATOUTS ET CONTRAINTES

Pour la lutte contre les maladies telles que la rhynchos-


poriose, l’helmintosporiose, la ramulariose, l’oïdium ou
ORGE DE PRINTEMPS

encore la rouille naine (dans le nord), il est conseillé de


choisir des variétés résistantes. ATOUTS

Contre les limaces, les passages de herse étrille peuvent • Culture de printemps permettant de varier
être efficaces tôt le matin. Il est conseillé d’effectuer 3 les périodes d’implantation et de limiter le
passages de suite la semaine précédant le semis. salissement en adventices d’automne et d’été
• Facilite le semis sous couvert de prairies
RÉCOLTE ET VALORISATION temporaires
• Possibilité d’associer facilement à des pois
La récolte de l’orge intervient en général à partir de protéagineux de printemps
fin juin-début juillet dans le sud et jusqu’à mi-aout
dans le nord, une à deux semaines après les céréales
d’hiver.

Exigences des brasseurs


• Variété CONTRAINTES
• Teneur en protéines entre 9 et 11,5 %
• Calibrage tamis : > = 2,5 mm pour plus de 90 % • Sensible au stress hydrique
des graines • Faible rendement si manque d’azote
• Humidité : < 15 % • Les marchés brassicoles varient en fonction
• Pureté variétale : > 93 % des régions
• Faculté germinative des grains : > 95 % en 5 jours
(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)
(Groupe Technique AB Franche-Comté 2012)

(Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire 2003)

L’orge est une céréale intéressante en alimentation des


ruminants grâce à la qualité de son amidon à dégrada-
tion lente.

Rendements : de 25 à 40 q/ha, en culture pure comme


en culture associée.

(Groupe Technique AB Franche-Comté 2012)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 109


POIS PROTÉAGINEUX
D’HIVER ET DE PRINTEMPS
En sols asphyxiant et/ou hydromorphes, il est sensible à l’aphanomyces,
dans cette situation, il est préférable de le remplacer par de la féverole.
Le pois peut également subir une chlorose ferrique dans les sols disposant
POIS PROTEAGINEUX D’HIVER
ET DE PRINTEMPS

de trop de calcaire actif (sol à pH élevé > 8), mais il a aussi des difficultés
à se développer sur des sols trop acides (pH < 6) du fait d’une mauvaise
nodulation.
Il est sensible au salissement, il est recommandé de le réserver à
des parcelles propres. Les sols caillouteux peuvent également entraver la
récolte.

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

PLACE DANS LA ROTATION

La fréquence de retour du pois sur la même parcelle


est de 7 ans, on dit qu’il faut un pois, une féverole
ou une lentille par rotation, pour limiter les risques
d’aphanomyces.

Le pois fournit, grâce à ses nodosités, de l’ordre de


20 à 30 uN/ha à la culture suivante, ce qui en fait un
bon précédent pour les cultures consommatrices en
azote, le blé notamment.
Crédit : Grand V.
Chambre d’Agriculture de Meurthe-et-Moselle
Il faut cependant se rappeler que c’est une culture
PRÉPARATION DU SOL salissante vis-à-vis des adventices.

La graine est grosse, ainsi, le lit de semence n’a pas


besoin d’une préparation trop fine. Un sol poreux est
favorable aux nodosités, lesquelles sont surtout pré-
sentes dans les 10-15 premiers centimètres du sol.
Le pois est sensible à tout obstacle à l’enracinement
(semelle de labour). Un sol bien nivelé et sans cail-
loux est nécessaire pour la récolte car la végétation
est souvent couchée.

(Chambre d’Agriculture de Bretagne)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 110


SEMIS Semis du pois de printemps :
périodes optimales
Date de semis
POIS PROTEAGINEUX D’HIVER ET DE PRINTEMPS

Semis du pois d’hiver : périodes optimales


25/02 - 31/03

10/02 - 10/03
20/02 - 15/03
20/01 -
25/10 - 15/11 01/03 10/02 -
05/02 - 01/03 01/03
5/11 - 20/11
25/10 - 20/01-
25/11 01/03

10/12 - 20/02

15/11 - 15/12

Terres Inovia 2017

NB : date de semis (pois hiver) pour les Hauts-de-


Terres Inovia 2017 France : du 5 au 25 novembre.

Densités et dose de semis en pois d’hiver

DENSITÉ DE SEMIS

SOL LIMONEUX SOL CAILLOUTEUX SOL DE CRAIE

70 À 80 GRAINES/M2 80 À 90 GRAINES/M2 115 GRAINES/M2

PMG = 175 125 à 140 kg/ha 140 à 160 kg/ha 200 kg/ha

PMG = 200 140 à 160 kg/ha 160 à 180 kg/ha 230 kg/ha

(Terres Inovia 2017)

Densités et dose de semis en pois de printemps

DENSITÉ DE SEMIS

SOL LIMONEUX SOL CAILLOUTEUX SOL DE CRAIE

70 À 80 GRAINES/M2 80 À 90 GRAINES/M2 155 GRAINES/M2

PMG = 175 125 à 140 kg/ha 140 à 160 kg/ha 200 kg/ha

PMG = 200 140 à 160 kg/ha 160 à 180 kg/ha 230 kg/ha

(Terres Inovia 2017)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 111


Profondeur du semis : 3 à 5 cm. DÉSHERBAGE/MAÎTRISE DES ADVENTICES
Écartement du semis : 10 à 17, 5 cm sauf si il y a pra-
tique du binage, dans ce cas, l’écartement sera supé- Le désherbage mécanique est assez difficile à réaliser
rieur à 20 cm. Il existe des nouveaux semoirs à 10 cm. pour le pois du fait de la présence de vrilles. Il est consi-
déré comme une culture salissante.
VARIÉTÉS
Les méthodes préventives sont donc à privilégier :
Critères de choix des variétés : • Rotation de cultures variées
• Capacité de recouvrement (lutte contre les adventices) • Utiliser des semences propres
• Tenue de la tige (limiter la verse) • Réaliser des faux semis
• Productivité • Choix variétal
• Résistance aux maladies
• Résistance au froid (pois hiver) : en moyenne, sensible (ITAB 2014)

au gel hivernal à -10°C Il y a possibilité d’intervenir en post-semis et pré-levée


• Précocité à floraison (pois hiver) : en année moyenne, avec une herse étrille ou une houe rotative. La vitesse
des pois à floraison précoce auront plus de chances d’avancement doit être élevée et la profondeur ne doit
d’éviter les plus importants coups de chaud pas dépasser les 2 cm. La herse étrille et la houe rotative
• Résistance à la chlorose ferrique peuvent ensuite être utilisées au stade deux feuilles, au
stade sortie des vrilles avec une vitesse d’avancement
(ITAB 2014)
faible. Avec une bineuse, il est possible de retarder le
dernier passage au stade 8-10 feuilles.
CULTURE EN ASSOCIATION
(Agro bio Poitou Charentes et Chambre d’Agriculture
Le pois est souvent semé avec une plante qui lui sert de de Poitou-Charentes)
tuteur. Le pois d’hiver peut être associé, avec de l’avoine
d’hiver, ou avec de l’orge d’hiver, avec laquelle la matu-
rité coïncide bien.
Le pois de printemps est quant à lui très souvent semé
avec du blé, de l’orge ou de l’avoine de printemps.

Semis Cotylédons 2/3 feuilles Apparition des vrilles

Houe rotative :
ne pas attendre l’apparition des adventices

Herse étrille à l’aveugle, Herse étrille


dès 5 jours après le semis (1 à 2 passages)

Bineuse selon l’écartement,


avec ou sans buttage (1 à 2 passages)
(Chambre d’Agriculture de Midi-Pyrénées)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 112


FERTILISATION Ravageurs
Les ravageurs les plus fréquents sont les sitones, ceux-
Le pois est une légumineuse qui fixe l’azote de l’air grâce ci sont d’autant plus agressifs que la culture est en état
à ces nodosités. Il n’est donc pas nécessaire de lui ap- de stress. Les autres ravageurs que l’on peut rencontrer
POIS PROTEAGINEUX D’HIVER ET DE PRINTEMPS

porter de l’azote. Cette culture est de plus moyennement sont : les pucerons verts, les bruches et les tordeuses.
exigeante en phosphore et en potasse.
(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)
UNITÉ P2O5 UNITÉ K2O
Que ce soit pour les maladies ou les ravageurs, sur le
Pois 1 kg/qx 1,6 kg/qx pois, il n’existe pas de méthodes de luttes curatives. Il
faut s’axer sur des méthodes préventives via l’optimisa-
MALADIES ET RAVAGEURS tion agronomique des cultures, l’association avec les cé-
réales à paille, l’utilisation de semences saines, la diversi-
Maladies fication de la rotation, une densité de semence adaptée
L’aphanomyces est une maladie qui entraine des pertes ou encore éviter les parcelles mal aérées.
de rendements très élevées. Elle est due à un champi-
gnon présent dans le sol. Pour limiter les risques, il faut (Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)
respecter un délai de 5 ans entre deux cultures de pois.
Un test de contamination du sol peut être réalisé avant RÉCOLTE ET VALORISATION
l’implantation du pois.
Dates de récolte
L’antracnose se transmet par les semences et les rési- • Pois d’hiver : du 1er à la mi-juillet.
dus de récolte. En cas d’attaque sur une parcelle, mieux • Moitié nord : à partir de la mi-juillet.
vaut ne pas utiliser la récolte en semences fermières. • Moitié sud : récolte au 10 juin.

(Chambre d’Agriculture de Bretagne) Pois de printemps


La récolte du pois s’effectue en même temps que celle
Cette maladie peut détruire toute la culture, d’où l’impor- des céréales, à partir de fin juin-début juillet dans le sud
tance de semer le plus tôt possible. et début août dans le nord. Elle est à réserver aux heures
Les autres maladies notoires sont le mildiou, le botry- les plus fraiches de la journée.
tis et le sclérotinia. La bactériose est plus rare mais elle
peut occasionner des dégâts considérables lorsque les Norme de collecte : 14 % d’humidité, récolte possible
conditions sont favorables au développement. dès 16 % pour limiter la casse et l’égrenage.

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016) Rendement : entre 15 et 20 quintaux en association
avec de l’orge (Occitanie).

Valorisation
• Alimentation animale = débouché principal.
• Alimentation humaine (grains peu bruchés).

Gros plan sur des vrilles de pois protéagineux atteints


par le mildiou
Crédit : Chambre d’Agriculture de l’Yonne

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 113


ATOUTS ET CONTRAINTES

CONTRAINTES
POIS PROTEAGINEUX D’HIVER ET DE PRINTEMPS

• Qualité de mise en marché difficile à atteindre


ATOUTS (grains bruchés) pour l’alimentation humaine
• Couverture incomplète de la ration des porcs
• Fournit des protéines dans les rations et des volailles du fait d’une déficience en acides
des animaux aminées. À compléter avec du tourteau de soja
• Paille valorisable en alimentation bovine • Sensibilité aux coups de chaud en juin
• Précédent restituant de l’azote • Culture favorable aux vivaces
• Bonne plante compagne en association • Risque aphanomyces, anthracnose
• Facile à stocker • Risque hydrique
• Coût et doses de semences élevées
• Appétence pour les oiseaux au semis
et à la récolte

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)


(Chambre d’Agriculture de Bretagne 2011)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 114


SARRASIN
Cette culture appartient à la famille des polygonacées, famille des renouées,
remarquables par leur végétation et compétition inter plantes. Elle permet
de diversifier les rotations céréalières.
Il faut éviter les sols lourds, humides, battants et riches en matière orga-
nique. Les sols à fort reliquat azoté favorisent le développement végétatif
SARRASIN

et peu la montée en graine.

Derrière le sarrasin, on ne peut cependant implanter


ni culture d’été, ni culture de printemps pour éviter
les repousses (de sarrasin) dans ces cultures.

NB : il faut éviter les situations à forts reliquats


azotés (précédents prairies et protéagineux), pro-
pices à la verse et rendant la récolte difficile.

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)


(Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire 2003)
(Chambre d’agriculture de Bretagne 2012)

Crédit : Chapoulie J./APCA


SEMIS

PRÉPARATION DU SOL

La sarrasin doit être, dans l’idéal, implanté sur un sol


exempt d’adventices car il reste sensible au salisse-
ment jusqu’au stade 2 feuilles, malgré sa réputation
de “pouvoir nettoyant”.

Le travail du sol doit aboutir à une terre bien émiet-


tée et ameublie et ceci en un minimum de passages
pour éviter les tassements.

PLACE DANS LA ROTATION

Crédit : Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne


Le sarrasin arrive souvent en fin de rotation. C’est en
effet une culture compétitive avec peu d’exigences Date : semer en sol réchauffé (10°C), après les
en azote. Un blé peut être implanté à sa suite, à dernières gelées
condition de réaliser un apport azoté conséquent. • fin avril à mi-juin dans le sud-ouest
• mi à fin mai en Bourgogne
Le sarrasin reste une plante intéressante dans la • entre le 5-10 mai et le 15 juin pour la récolte
remise en cultures de parcelles sales par ses qua- des graines en Pays de la Loire
lités nettoyantes (allélopathie, compétition) et ses • fin mai à début juin en Bretagne
capacités à assimiler les toxines présentes dans et en Champagne-Ardenne
le sol. C’est la culture d’été qui peut s’implanter le • mi-mai à début juin en Île-de-France
plus tardivement, elle trouve donc sa place facile- et en Limousin
ment comme “culture de remplacement” dans les
rotations. Profondeur : 2 à 4 cm.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 115


Écartement : 10 à 60 cm (dans les parcelles binées du
sud-ouest).
De manière générale, des écartements réduits sont pré-
conisés, mais dans les situations où le salissement est
SARRASIN

important et où le binage est nécessaire, des écarte-


ments plus importants sont recommandés.

Outil : semoir à céréales classique ou semoir mono-


graine, semis à la volée possible.

Densité : 150 à 200 voire 250 grains/m2, soit 30 à 40


ou 50 kg de semences/ha suivant le PMG.

VARIÉTÉS

Crédit : Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne


Petit grain
• Harpe : diploïde de printemps, demi-précoce, grains La particularité du pollen de sarrasin est qu’il n’est pas
argentés. Pour les contrats “Blé Noir Tradition Bre- transporté par le vent, la fécondation est entièrement ré-
tagne”, l’achat de semences certifiées de la variété “La alisée par les insectes. La présence de ruche dans la
Harpe” est obligatoire. parcelle ou dans l’environnement de la parcelle ou en-
• Petit gris core des aménagements paysagers propices aux auxi-
• Petit Prussien liaires pollinisateurs permettent d’augmenter sensible-
ment le rendement.
Gros grain décorticable
• Variétés : Billy, Kora, ZEITA, Lileja, Panda, Sarrazin, (Chambre d’Agriculture d’Île-de-France 2004)
Spaciuska
DÉSHERBAGE/MAîTRISE DES ADVENTICES
CULTURE EN ASSOCIATION
Il est conseillé de réaliser des faux semis avant l’implan-
Le sarrasin est une espèce qui s’adapte très mal à l’as- tation du sarrasin.
sociation mais qui est utilisée en plante de service ou en
plante compagne dans d’autres cultures pour la maitrise Le désherbage mécanique est délicat en culture car
du salissement. les tiges sont cassantes et supportent peu le hersage
et l’écroutage. On peut cependant pratiquer le binage
FERTILISATION lorsque l’on sème en monograine jusqu’à la fermeture
du rang.
Les besoins de P2O5 et K2O sont de l’ordre de 50 u/ha.
La houe rotative peut être utilisée en cas de sols battus,
Les apports en azote sont faibles : de 0 à 50 u/ha suivant avant la levée, pour fracturer le sol.
le précédent. Un excès d’azote peut provoquer l’avorte-
ment des fleurs et des problèmes de verse. Le sarrasin peut étouffer la plupart des adventices avec
un démarrage de végétation rapide et homogène. La
(Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne 2015) particularité du sarrasin est aussi de produire des toxines
inhibant la germination des adventices pendant la culture
POLLINISATION et encore sur trois semaines après la culture.

La pollinisation jour un rôle majeur dans la réussite du (Chambre d’Agriculture de Bretagne 2012)
sarrasin, car jusqu’à la fécondation des fleurs, on ne peut
définir le rendement.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 116


MALADIES ET RAVAGEURS ATOUTS ET CONTRAINTES

Actuellement, il y a peu de maladies et de ravageurs pré-


sents sur le sarrasin.
SARRASIN

Par contre, il est sensible au gel et est très prisé par le


gibier. ATOUTS

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016) • Plante peu exigeante en temps de travail,
• Plante étouffante, qu’il est rarement
RÉCOLTE ET VALORISATION nécessaire de désherber
• Peu de ravageurs et de maladies
Date de récolte : septembre à fin-octobre et jusqu’à • Peu exigeant en azote
fin décembre dans le sud de la France. Du fait de sa • Culture des rattrapages par excellence
floraison indéterminée, sa maturité est échelonnée et la
récolte est réalisée lorsque ¾ des grains formés sont
matures.

On peut aussi faucher et andainer la culture, pour la


battre sept jours après. CONTRAINTES
L’idéal est de choisir une journée ensoleillée après un gel
qui dessèche la tige et les feuilles. Le séchage des grains • Floraison longue et échelonnée
est nécessaire dans les 24 h suivant la récolte. • Tige cassante qui empêche d’éventuelles
interventions de désherbage
Il est généralement récolté en dessous de 22 % d’humi- • Sensibilité aux conditions extrêmes
dité et doit être ramené à 12,5 % afin de permettre un (basse températures et manque d’eau)
stockage sans problème même si la norme commerciale • Rendements aléatoires
est à 14 %.
(Chambre d’Agriculture de Bretagne 2012)
Rendements : ils sont variables, entre 8 et 22 q/ha
avec une moyenne de 12 -14 q/ha environ.

Valorisation
• Alimentation humaine : le principal débouché du sar-
rasin est la meunerie.
• Alimentation animale : le sarrasin contient des proté-
ines de bonne qualité (taux de 13 % environ) et il est
riche en lysine. Il peut être associé à d’autres céréales
dans l’alimentation des volailles et du gibier notamment.
• Production de miel : le sarrasin est très mellifère et
fleurit pendant 50 jours environ à une période où les
autres plantes ne produisent plus de nectar, d’où l’inté-
rêt que lui portent les apiculteurs. Un hectare de sarra-
sin peut donner jusqu’à 150 kg de miel.

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 117


SOJA
Le soja est une culture d’été qui a des besoins en eau et en température
relativement importants. Il est donc à éviter sur les parcelles “froides”,
superficielles ainsi que sur les sols hydromorphes ou à pH trop extrêmes
qui ne lui conviennent pas.
SOJA

Nature des précédents

PRESSION
PROPRETÉ
DES MALADIES
DE LA PARCELLE
ET RAVAGEURS

Cultures
- =/-
de printemps

Maïs --- ---

Légumineuses
++ +
ou colza

Crédit : Osswald P./Chambre d’Agriculture d’Alsace


--
Soja +
(sclérotinia)

PRÉPARATION DU SOL Prairie - -- (sclérotinia)

On cherche à obtenir un lit de semences grumeleux Tournesol +++ =


sur les cinq premiers centimètres. Pour favoriser
l’exploration racinaire, optimiser le fonctionnement Très tardives --- ---
des nodosités et permettre une levée homogène,
un ameublissement plus profond est nécessaire (15 SEMIS
à 25 cm). Des petites mottes en surface facilitent
par la suite le désherbage mécanique. Ceci pour- Le soja fixe l’azote de l’air grâce à des bactéries
ra être obtenu par un labour ou un travail d’outils à symbiotiques contenues dans les nodosités sur
dents profond (décompacteur...) puis une reprise en les racines. L’inoculation est l’opération qui permet
conditions ressuyées. d’enrober les semences de ces bactéries et qui as-
sure ainsi le développement de ces nodosités.
Il faut également privilégier les parcelles avec une Un démarrage rapide et vigoureux de la culture
bonne réserve en eau et se réchauffant rapidement constitue la meilleure protection contre les ravageurs
au printemps. et les adventices. Il est conseillé de semer dans un
sol suffisamment réchauffé (température supérieure
PLACE DANS LA ROTATION à 10°C) et à une vitesse lente (5 km/h max), de pré-
férence avec un semoir monograine, sur un sol cor-
Le soja est une culture “autonome” en azote mais rectement nivelé et affiné.
qui engendre toutefois de faibles restitutions d’azote
dans le sol. C’est également une culture qui est sen- Profondeur de semis
sible au manque d’azote dans les premiers mois. • À 2 cm en semis précoce, terre froide ou battante.
• À 3 ou 4 cm, en semis plus tardif, terre chaude,
ou sèche et motteuse. Cela impose un passage
de herse étrille ou de houe rotative juste après
le semis, 36 à 48 h après le semis en conditions
poussantes.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 118


Écartement Les semis au semoir à céréales sont en général utilisés
Le semis s’effectue soit au semoir à céréales de 10 à 20 sur les parcelles en sec.
cm d’écartement, soit au semoir monograine de 45 à 80
cm de large. Il existe 5 groupes de précocité variétale : II, I, 0, 00,
SOJA

000 du plus tardif au plus précoce.

Période optimale de semis par groupe de précocité

RÉGION GROUPE DE PRÉCOCITÉ PÉRIODE DE SEMIS

Lorraine, Normandie, Picardie,


000 Début mai
Bretagne

Champagne-Ardenne 000 Début à mi-mai

Auvergne, Bourgogne, 000 Début à fin mai


Franche-Comté, nord Rhônes-Alpes,
vallées alpines 00 Début à mi-mai

Centre Val-de-Loire, Alsace 000 et 00 Début mai à début juin

Pays de la Loire 000 et 00 Début à mi-mai

000 Début mai à début juin

Poitou-Charentes 00 Début à fin-mai

0 Début à mi-mai

00 Début à fin mai


Région lyonnaise
0 Début à mi-mai

I Début à fin mai


Moyenne vallée du Rhône
II Début à mi-mai

0 et 00 Début à fin juin, en semis très retardé


Bordure pyrénéenne,
sud et ouest de l’Aquitaine
I Mi-avril à mi-mai

0 Début à fin juin, en semis très retardé


Midi-Pyrénées et ouest audois
I Mi-avril à fin mai
(sauf bordure pyrénéenne)
II Mi-avril à mi-mai

I Mi-avril à mi-juin
Sud méditerranéen
II Mi-avril à fin mai

* TTP : variétés très très précoces, significativement plus précoces que les autres du groupe 000.

(Terres Inovia 2014)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 119


Adaptez la densité de semis aux conditions de culture

CONDUITE EN SEC CONDUITE IRRIGUÉE


SOJA

GROUPE DENSITÉ DE SEMIS (GRAINES/HA) DENSITÉ DE SEMIS (GRAINES/HA)


OBJECTIF DE OBJECTIF DE
DE PRÉCOCITÉ SELON % PERTES À LA LEVÉE SELON % PERTES À LA LEVÉE
PEUPLEMENT PEUPLEMENT
(PIEDS/HA) (PIEDS/HA)
10 % 20 % 10 % 20 %

000/TTP 600 000 670 000 750 000 - - -

00 550 000 610 000 690 000 500 000 550 000 625 000

0 500 000 550 000 625 000 400 000 440 000 500 000

I 450 000 500 000 560 000 350 000 390 000 440 000

II 400 000 440 000 500 000 300 000 330 000 375 000

(Terres Inovia 2014)

Les pertes à la levée peuvent être dues à une moins FERTILISATION


bonne faculté germinative des semences, qui varie selon
les lots, ainsi qu’aux conditions de semis et de levée. Les La fertilisation azotée n’est pas nécessaire. Les apports
semences certifiées (sauf éventuelle dérogation) ont une d’engrais de ferme sont même déconseillés, car ils li-
faculté germinative minimale de 80 %. mitent le développement des nodosités et favorisent la
Les passages répétés et agressifs de herse étrille peuvent verse.
occasionner 5 à 10 % de pertes supplémentaires.
Le soja reste une plante moyennement exigeante en po-
VARIÉTÉS tasse et peu exigeante en phosphore.
La fertilisation phospho-potassique se raisonne à
l’échelle de la rotation, à partir d’analyses chimiques du
sol à effectuer tous les 5 à 7 ans. Il faut tenir compte des
valeurs fertilisantes des effluents organiques apportés les
années précédentes.

Dans le cas des sols pauvres (ou “carencés”) en phos-


phore et potasse, il est possible d’apporter des amen-
dements du commerce (engrais ternaires riches en P et
K, phosphates naturels, patentkali, sulfate de potasse...).

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne


Crédit : Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne
2016)
Il y a 5 critères majeurs de choix de variétés :
• la précocité à maturité,
• la productivité,
• la résistance à la verse : un bon comportement facilite
la récolte et limite le développement du sclérotinia,
• la teneur en protéines,
• la sensibilité au sclérotinia.
(Terres Inovia 2017)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 120


APPORT DE P2O5 APPORT DE K2O
OBJECTIF DE
RENDEMENT SOL SOL SOL TRÈS BIEN SOL SOL SOL TRÈS BIEN
PAUVRE BIEN POURVU POURVU PAUVRE BIEN POURVU POURVU
SOJA

15 q/ha 30 u 20 u 0u 50 u 30 u 0u

25 q/ha 40 u 30 u 0u 80 u 50 u 0u

35 q/ha 60 u 40 u 0u 100 u 70 u 0u

Ces conseils sont issus dé références obtenues en agriculture conventionnelle ( Terre Inovia 2017)

Il est conseillé de pratiquer des faux semis avant l’im-


IRRIGATION plantation et/ou un labour en parcelles sales.

Il est possible de faire du soja sans irrigation, elle permet Méthodes préventives
cependant de réguler le rendement. La valorisation de • Éviter les parcelles sales.
l’irrigation du soja est de 7 à 13 q/ha par an dans le sud- • Privilégier les rotations longues et/ou avec des cultures
ouest. étouffantes comme le triticale, l’orge d’hiver, etc.
• Pratiquer les faux semis avant l’implantation.
DÉSHERBAGE • Implanter des couverts en interculture.

Le soja est une plante peu couvrante en début de cycle (Chambre d’Agriculture de Bretagne 2012)
et donc très sujette au salissement.

Méthodes curatives
Pour maintenir une parcelle propre, plusieurs passages de bineuse sont souvent nécessaires.

1ÈRES
POST-SEMIS/ POST-SEMIS 1ÈRE FEUILLE HAUTEUR HAUTEUR
CROSSE COTYLÉDONS FEUILLES
PRÉ-LEVÉE GERMÉ TRIFOLIÉE 10 À 25 CM 25 À 50 CM
UNIFOLIÉES

Herse 8 à 12 km/h 8 à 12 km/h 3 km/h 4-5 km/h 6-7 km/h


étrille •••• ••• •• ••• •••••

Houe
15 à 20 km/h 15 à 20 km/h < 10 km/h 12 à 15 km/h 15 à 20 km/h 15 à 20 km/h
rotative

sur culture 3 km/h


Bineuse d’été si protège 5 km/h 6 km/h 7-8 km/h
notamment plant

(Terres Inovia 2017)

■ Passage possible ■ Passage à proscrire ou non pertinent pour le désherbage


■ Passage possible - Règlages faciles Réglage de l’activité des dents de la herse :
■ Passage possible - Réglages difficiles • agressivité faible à ••••• agressivité forte

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 121


MALADIES ET RAVAGEURS

Sclérotinia
• Éviter les parcelles à risques (qui ont déjà été infectées)
SOJA

• En situation irriguée : éviter le retour du soja deux ans


de suite sur parcelle contaminée seulement (soja sur
soja dans le sud-ouest)
• Privilégier les variétés peu sensibles
• Éviter les trop fortes densités et choisissez une inter-
ligne assez large (50 à 60 cm), il faut cependant être
vigilant au salissement avec écartements trop larges
• Espacer autant que possible les irrigations et augmen-
ter les quantités apportées par tour d’eau
• Utilisation de traitement autorisé en agriculture biolo-
gique (ex : Constans (R) WG) en préventif et en curatif
Crédit : Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne
pour diminuer le taux de sclérotes dans le sol. Deux
traitements sont en général pratiqués. Débouchés alimentation humaine
• Humidité : 13 %
Limaces et mouches du semis • Teneur en protéines : > 40 % sur matière sèche
• Favoriser une levée rapide et vigoureuse (lit de se- (voir contrat)
mence affiné, sol réchauffé) • Présence limitée de grains verts, noirs, tachés
• Éviter les précédents et les couverts d’interculture fa- ou cassés
vorables aux limaces (crucifères et seigle notamment) • Absence d’OGM
• Privilégier le travail du sol en interculture pour détruire
les limaces adultes et leurs œufs Le soja bénéficie d’une bonne valorisation en alimenta-
tion humaine via les soyfoods ou les matières protéiques
Autres ravageurs : acariens, punaises vertes, pyrales des végétales. Les cahiers des charges imposés aux produc-
haricots, chenille (heliostis). teurs sont assez exigeants.

(Terres Inovia 2017)


En alimentation animale, la graine de soja ne peut être
consommée qu’après transformation par la chaleur (tri-
RÉCOLTE ET VALORISATION turation, toastage) ce qui améliorera la valeur alimentaire.
Pour les ruminants, 8 % de soja graine est acceptable.
La récolte se fait quand les graines libres sonnent dans Le choix de la variété doit aussi prendre en compte le
les gousses et que les feuilles sont pratiquement toutes débouché envisagé.
tombées. L’humidité doit alors être comprise entre 14 et
16 %. (Chambre d’Agriculture de Bretagne 2012)
Les rendements sont assez variables et fortement liés
aux conditions climatiques. Ils sont compris entre 15 et
20 q/ha en sec et 25 à 40 q/ha en irrigué.

(Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire 2003)

Normes de commercialisation
Débouchés alimentation animale
• Humidité : 14 %(1)
• Taux d’impuretés : < 2 %

(1) On peut cependant rencontre des contrats à 12,5 %

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 122


ATOUTS ET CONTRAINTES
SOJA

ATOUTS

• Faibles besoins en intrants azotés


• Bonne valorisation en alimentation humaine
• Qualité des acides aminés pour les ruminants
• Résultat économique intéressant

CONTRAINTES

• Besoins en somme de températures difficile


à atteindre dans les régions plus froides
• Sensibilité au déficit hydrique à partir
de la floraison
• Sensibilité au sclérotinia
• Sensibilité au salissement en début de cycle
• Exigeante en temps passé. C’est l’une
des productions qui demande le plus de temps
à l’hectare dans le sud-ouest

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 123


TOURNESOL
Le tournesol est bien adapté au mode de production biologique, car
il est peu exigeant en éléments minéraux et sa conduite ne présente
pas de freins techniques importants. Il est également peu sensible
au stress hydrique et peut ainsi être positionné sur des parcelles non
irrigables, permettant de casser le cycle biologique des adventices
TOURNESOL

automnales. Il valorise néanmoins très bien des irrigations limitées.

(Chambre d’Agriculture du Rhône-Alpes 2013)

PRÉPARATION DU SOL

Pour réduire les tassements du sol, il convient d’uti-


liser des roues jumelées et de respecter un parfait
ressuyage du sol.

Crédit : Azama C./Chambre d’Agriculture du Roussillon

TRAVAIL TRAVAIL
TRAVAIL DU SOL LABOUR TRAVAIL PROFOND
SUPERFICIEL TRÈS SUPERFICIEL

Profondeur
20 à 30 20 à 30 5 à 15 <5
de travail (cm)

En plein
Type En plein En plein En plein
avec retournement

Densité de levée Satisfaisant Satisfaisant Satisfaisant Insuffisant

Qualité Glabalement Globalement Intermédiaire


Insuffisant
d’enracinement satisfaisant satisfaisant à suffisant

Evaluation
Intermédiaire
par la technique par Satisfaisant Satisfaisant Insuffisant
à suffisant
rapport au tournesol

(Terres Inovia 2016)

PLACE DANS LA ROTATION CULTURE CULTURE


PRÉCÉDENTE SUIVANTE
• Éviter les précédents ou les couverts d’interculture Triticale, féverole,
favorables aux limaces (ex : seigle, avoine, vesce, Blé, maïs, triticale, association
(Terres Inovia 2016)
prairies), plus particulièrement en l’absence de À privilégier orge épeautre, céréale +
labour. avoine, pois protéagineux, orge
• Respectez un délai d’au moins 4-5 ans entre deux (1), luzerne, maïs
cultures de tournesol. Prairie, jachère,
sarrasin, résidus du Blé (2), maïs (2),
À éviter
précédent laissés en soja (3)
surface après récolte
(Terres Inovia 2016)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 124


SEMIS Adaptez la précocité à votre région

Le semis doit être effectué, quitte à être retardé, dans un Moitié sud
sol ressuyé et suffisamment réchauffé (au moins 8°C à
TOURNESOL

5 cm de profondeur), afin de permettre une levée rapide.

Écartement : 50-60 cm.

Profondeur :
• 2 à 3 cm en conditions battantes ou froides,
• 3 à 3,5 cm si bonnes conditions en prévision
de passage de herse étrille et/ou houe rotative.

Période de semis Précocité variétale


••• recommandée T : tardive
•• possible MT : mi-tardive
• possible mais non conseillée MP : mi-précoce
- déconseillée P : précoce
(Terres Inovia 2016)
TP : très précoce

1ER AU 15 AVRIL 16 AU 30 AVRIL 1ER AU 15 MAI 15 MAI À FIN MAI

Période de semis ••• ••• •• •

Précocité P, MP P, MP P TP, P

Période de semis - •• ••• ••

Précocité - P, MP, MT P, MP TP, P

Tous types de sol ••• ••• •• •


Période de semis
Limons froids - •• ••• ••

Précocité P, MP, MT, T P, MP, MT, T P, MP P

Tous types de sols* ••• ••• •• •


Période de semis
Limons froids • •• ••• •

Précocité P, MP P, MP P, MP TP, P

Période de semis ••• •• •• •


Sols séchants
Précocité P, MP P, MPP, MP TP, P

Période de semis ••• ••• •• •


Sols profonds
Précocité P, MP, MT, T P, MP, MT, T P, MP, MT P, MP

* Sauf limons froids. (Terres Inovia 2016)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 125


Moitié nord • Semez entre 65 000 à 75 000 graines/ha selon la
situation de la parcelle,
• Avec un semoir monograine classique, semez à
5 km/h maximum pour un positionnement régulier
TOURNESOL

de la graine en profondeur.

Période de semis Précocité variétale


••• recommandée T : tardive
•• possible MT : mi-tardive
• possible mais non conseillée MP : mi-précoce
- déconseillée P : précoce
TP : très précoce

(Terres Inovia 2016)

21 AU 31 MARS 1 AU 20 AVRIL 21 AU 30 AVRIL APRÈS LE 1ER MAI

Période de semis •• ••• •• •

Précocité P, MP P P P, TP

Période de semis • ••• ••• •

Précocité P, MP P P P, TP

Période de semis •• ••• •• •

Précocité MP P, MP P, MP P, TP

Précocité • •• ••• •

Période de semis P P P P, TP

Période de semis •• ••• •• •

Précocité MP, MT, T P, MP, MT, T P, MP P, TP

Période de semis •• ••• •• •

Précocité P, TP P, TP P, TP TP

Période de semis • ••• •• •

Précocité MP, P MP, P, TP P, TP TP

(Terres Inovia 2016 )

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 126


VARIÉTÉS La majorité des variétés sont des hybrides, il existe très
peu de variétés populations. Il y a deux types de tourne-
sol, oléique et linoléique. Les variétés oléiques sont
moins productives et doivent être isolées des variétés
TOURNESOL

linoléiques.

Les principaux critères de choix sont :


• la précocité,
• la résistance aux maladies : Mildiou, Phomopsis,
Sclérotinia, Verticillium, Orobranche Cumona,
• la teneur en huile,
• le rendement,
• la vigueur au démarrage.

(Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire 2003)

FERTILISATION

Les besoins du tournesol en azote 4 unités d’azote par


quintal toutefois, sa racine en pivot lui donne une forte
capacité à extraire l’azote du sol en profondeur. Ce-
pendant, les carences azotées peuvent être un facteur
limitant majeur du rendement. Il vaut mieux privilégier les
Crédit : Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne
produits à minéralisation rapide et localisés sur le rang.

Gestion de la fumure azotée


Conseil issus de références obtenues en agriculture conventionnelle

OBJECTIF DE RENDEMENT

15 Q/HA (SOLS SUPERFICIELS) 25 Q/HA (SOLS PROFONDS)

Faible (30 u) 30 u 60 u
Reliquat d’azote dans le sol
Moyen (60 u) 0u 30 u
au moment du semis
Elevé (> 90 u) 0u 0u

Conseil de fumure de fond (Terres Inovia 2016)

Conseils issus de références obtenues en agriculture conventionnelle

P2O5 K2O

OBJECTIF SOL BIEN SOL TRÈS BIEN SOL BIEN SOL TRÈS BIEN
SOL PAUVRE SOL PAUVRE
DE RENDEMENT POURVU POURVU POURVU POURVU

15 q/ha 20 u 0u 0u 40 u 20 u 0u

25 q/ha 40 u 30 u 0u 60 u 30 u 0u

(Terres Inovia 2016)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 127


IRRIGATION • Introduire des cultures étouffantes (seigle, sarrasin,…)
ou pluriannuelles (luzerne…)
30 à 90 mm d’eau d’irrigation suffisent au tournesol pour • Alterner des cultures d’hiver (blé…), de printemps (len-
atteindre son potentiel. L’irrigation en post-floraison peut tilles…) et d’été, des cultures à grand et faible écarte-
TOURNESOL

apporter 2 à 3 points d’huile supplémentaire. ment ainsi que des plantes sarclées et des céréales
• Favoriser une bonne levée pour concurrencer les ad-
DÉSHERBAGE/MAÎTRISE DES ADVENTICES ventices
• Labourer
Méthodes préventives
• Faux-semis

Méthodes curatives
Plage d’intervention et stades du Tournesol

A0 A1 A2 B1-B2 B3-B4 B5-B8


LIMITE
2 PAIRES PASSAGE
1 PAIRE 5À8
POST-SEMIS/PRÉ-LEVÉE CROSSE COTYLÉDONS DE BINEUSE
DE FEUILLES FEUILLES
FEUILLES
Avant À partir de
Dans Après
l’étalement l’étalement
les 3 jours 3 jours
complet complet
après Après
des des
le semis le semis
cotylédons cotylédons

3 km/h 5 à 7 km/h
Herse 5 à 7 km/h 3 à 6 km/h 4 à 7 km/h
max ••• ou
étrille ••• ••• •••
•• ••••

Houe
15 km/h 15 km/h 15 km/h 15 km/h 15 km/h
rotative

3 km/h
avec des 5 à 10 5 à 10
Bineuse 4 km/h*
protèges- km/h* km/h*
plants

* Selon type de guidage. (Terres Inovia 2016)

■ Passage possible Réglage de l’activité des dents de la herse :


■ Passage possible avec précaution inclinaison des dents faible à •••• forte
■ Passage à proscrire

MALADIES ET RAVAGEURS • Privilégier les rotations longues.


• Retarder le semis si de fortes pluies sont annoncées.
Limaces • Détruire toutes les espèces pouvant héberger
• Privilégier le travail du sol en interculture pour détruire le mildiou.
les adultes et leurs œufs, voir pratiquer des labours • Éviter les plantes hôtes en interculture.
peu profonds (17-20 cm).
Phomopsis
Mildiou • Sélectionner une variété résistante.
• Adapter les variétés (type RM9). • Broyer et enfouir.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 128


Verticillium Débouché alimentation humaine
• Choisir des variétés peu sensibles. • Teneur en huile : 44 %.

Sclérotinia Alimentation humaine


TOURNESOL

• Enfouir les résidus de récolte. • Huile.


• Éviter les récoltes tardives.
• Privilégier les variétés peu sensibles. Alimentation animale
• Évitez l’irrigation en floraison notamment pendant • Tourteaux.
une période pluvieuse. • Graines salées (oiseaux).
• Utiliser des traitements autorisés en agriculture
biologique (ex : Constans (R) WG). (Chambre d’Agriculture de Rhône-Alpes 2013)

Ravageurs souterrains (Terres Inovia 2016)

(taupins, noctuelles terricoles)


• Semer en sol réchauffé pour avoir une vitesse ATOUTS ET CONTRAINTES
de croissance rapide.
• Effectuer des passages d’outils type vibroculteur
à grande vitesse de nuit avant le semis.
Enchainer avec des passages de herse étrille.

Oiseaux/gibiers ATOUTS
• Ensemencer des surfaces conséquentes.
• Levée rapide. • Bonne culture de fin de rotation
• Récolter tôt. • Bonne capacité à valoriser l’azote en profondeur
• Effaroucheurs. • Permet le semis de prairie de légumineuses
• Débouchés stables
(Terres Inovia 2016)
• Permet d’introduire une plante sarclée
dans la rotation
RÉCOLTE ET VALORISATION

La récolte se fait quand la majorité de la parcelle a


atteint le stade optimale, c’est-à-dire, lorsque :
• le dos du capitule vire du jaune au brun,
• les feuilles sont toutes sénescentes, CONTRAINTES
• la tige se dessèche et vire au beige clair,
• la graine est entre 9 et 11 % d’humidité. • Nécessite une alimentation hydrique convenable
pendant le grossissement des grains
Une récolte trop précoce rend le battage difficile et plus • Favorise les chardons et l’ambroisie
lent et amène plus d’impuretés et des frais de séchage • Récolte tardive en zone septentrionale
importants. • Nécessite d’être séché ou fortement ventilé
après récolte (Nord de la France)
Une récolte trop tardive conduit quant à elle à des pertes • Il laisse un sol complétement dépourvu
au champ importantes par égrenage (vent, oiseaux, ma- d’azote en l’absence d’effluents de ferme
ladies).

Normes de commercialisation
• Taux d’humidité : 9 %.
• Impuretés : 2 %.
• Acidité oléique : 2 %.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 129


TRITICALE
Le triticale s’adapte bien à tous les types de sols, notamment les sols acides
et hydromorphes.

PRÉPARATION DU SOL
TRITICALE

La préparation du sol est assez identique à celle du


blé. Le triticale s’accommode bien de différentes
préparations du sol et notamment d’un lit de se-
mences assez grossier, grâce à un système racinaire
puissant hérité du seigle.

Des faux semis pourront être réalisés pour position-


ner le triticale sur une parcelle propre.

PLACE DANS LA ROTATION Crédit : Bonnard M./Chambre d’Agriculture de Vendée

Sa bonne résistance aux maladies et aux adventices SEMIS


fait qu’il est souvent utilisé comme deuxième paille
ou en fin de rotation. Il est souvent associé à une Le semis se fait du 10 octobre au 15 novembre.
légumineuse telle que le pois fourrager d’hiver. Il est important de semer clair, c’est-à-dire, avec une
densité de 15 % inférieure à celle du blé.
Les éleveurs qui l’utilisent en autoconsommation Le triticale comme le seigle, a en effet une forte ca-
peuvent le cultiver après prairie, plante sarclée ou pacité à taller. Semer clair va ainsi permettre de li-
légumineuse. miter le risque de verse sur cette espèce sensible,
d’optimiser le potentiel de rendement, de limiter le
(Chambre d’Agriculture de Bretagne 2012) développement de l’oïdium, de la septoriose, etc., et
de limiter le risque de germination des grains.

SOL SEMIS DU 10 AU 20/10 SEMIS DU 20 AU 31/10 SEMIS DU 1ER AU 15 NOVEMBRE

Non caillouteux
180 grains/m2 220 grains/m2 240 grains/m2
et sains

Faiblement
caillouteux 250 grains/m2 300 grains/m2 330 grains/m2
ou battants

Non caillouteux
280 grains/m2 300 grains /m2 330 grains/m2
et hydromorphes

Fortement
caillouteux 300 grains/m2 350 grains/m2 380 grains/m2
ou très humides

(Arvalis Institut du végétal 2016)

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 130


VARIÉTÉS Les exigences en azote du triticale sont plus faibles que
celles du blé et cela reste une plante peu exigeante en P
Principaux critères de choix des variétés : et K. Il faut être vigilant à ne pas lui apporter trop d’azote
• la résistance aux maladies, car elle est sensible à la verse.
TRITICALE

• la germination sur pied, Dans la majorité des cas, les besoins sont gérés à
• la productivité, l’échelle de la rotation.
• le poids spécifique,
• l’alternativité (période de semis). Cependant, il peut y avoir des apports complémentaires
sous forme de lisier de porc ou de fientes de volailles
Pour le choix des variétés, se référer aux références (50 U/ha) en sortie d’hiver.
locales.
(Chambre d’Agriculture de Bretagne 2012)
FERTILISATION
DÉSHERBAGE/MAÎTRISE DES ADVENTICES
Besoin de la culture en unité/quintal :
• N : 3, Sa hauteur de paille et ses racines sont un atout contre
• P2O5 : 0,9, les adventices. Toutefois, le désherbage mécanique peut
• K2O : 1,2. être réalisé.

STADE CULTURE MATÉRIEL OBSERVATIONS

Possible si sol sec,


Avant levée, à l’aveugle Houe rotative
moins de 5 jours après le semis

Stade “3 feuilles” : réglage peu agressif


3 feuilles à épi 1 cm Herse étrille
Stade “tallage” : agressivité accrue

Inter-rang minimum de 15 cm
Tallage à 2 nœuds/épiaison Bineuse
(selon précision du système de guidage)

(Chambre d’Agriculture de Bourgogne et Bio Bourgogne 2016)


lle
e

ui
ag

fe
ag

cm

on
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3

Semis levée Tallage Montaison Maturation

Herse étrille Houe rotative Bineuse

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 131


• 2 % de grain cassé.
MALADIES ET RAVAGEURS • 2 % de grain germé.
• PS : 70 à 71 %.
Le triticale est sensible à la carie, aux rouilles (rouille
TRITICALE

brune et jaune), à l’oïdium ainsi qu’au piétin verse à partir On utilise principalement le grain, mais il peut être ensilé
de février. immature, seul ou associé à un protéagineux.
La résistance variétale est un moyen utilisé pour la lutte
contre ces maladies. (Chambre d’Agriculture région Nord Pas de Calais 2013)

RÉCOLTE ET VALORISATION Rendements : de 20 à 35 quintaux selon les potentiels


de sols.

ATOUTS/CONTRAINTES

ATOUTS

• Rusticité
• Moindre sensibilité aux maladies
• Fort pouvoir étouffant
• Bonne productivité en grains et en paille

CONTRAINTES

• Risque de germination sur pied


Crédit : Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne • Sensibilité à la verse
• Appétence fourragère moindre que le blé
La récolte s’effectue en juillet. Le triticale est plus difficile mais moins acidogène
à battre que d’autres céréales, il faut réduire la vitesse • Risque viscosité pour les volailles
d’avancement pour passer les volumes de pailles im-
portants. La facilité de battage est une caractéristique
variétale.
Le triticale est majoritairement destiné à l’alimentation
animale, que ce soit en autoconsommation ou en vente.
C’est un aliment (grain) qui est devenu indispensable
chez les monogastriques (porcs, volailles), car le triticale
est plus riche en phosphore, en lysine et en acides ami-
nés que le blé. Il est également utilisé dans l’alimentation
bovine.

Normes de commercialisation
• Taux d’humidité : 14 %.
• Taux d’impuretés : < 4 %.

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 132


• Le réseau des Chambres
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• Instituts Techniques Agricoles

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Groupe Technique AB en Franche Comté. 2012f. « Le maïs en Franche Comté ». Les Fiches Techniques AB.
Groupe Technique AB en Franche Comté. 2012g. « L’orge de printemps en Franche Comté ». Les fiches techniques AB.
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Groupe Technique AB en Franche Comté. 2012i. « Le Soja en Franche Comté ». Les fiches techniques AB.
Groupe Technique AB en Franche Comté. 2012j. « Le Tournesol en Franche Comté ». Les fiches techniques AB.
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Chambre d’agriculture de Bretagne. 2011c. « Le blé d’hiver en agriculture biologique ».
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Chambre d’agriculture de Bretagne. 2012c. « Le triticale en agriculture biologique ».
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Chambre d’agriculture de Picardie, et Agro-Transfert Ressources et Territoires. 2007. « Sols et Matières Organiques. Mémento pour
des notions utiles et contre les idées reçues ».
Chambre d’agriculture région Nord Pas de Calais. 2013a. « Avoine ». Fiche technique agriculture biologique.

Ile de France/
Chambre interdépartementale d’agriculture. 2004a. « Blé tendre d’hiver biologique ».
Chambre interdépartementale d’agriculture d’Ile de France. 2004b. « Féverole biologique ».
Chambre interdépartementale d’agriculture d’Ile de France. 2004c. « Sarrasin biologique ».
Chambre interdépartementale d’agriculture d’Ile de France. 2006a. « association pois-céréale biologique ».
Chambre interdépartementale d’agriculture d’Ile de France. 2006b. « Colza biologique ».
Chambre interdépartementale d’agriculture d’Ile de France. 2006c. « Pois protéagineux de printemps biologique ».
Chambre interdépartementale d’agriculture d’Ile de France. 2007. « ENGRAIS VERT en agriculture biologique ».
Chambre interdépartementale d’agriculture d’Ile de France. 2013. « Labours d’hiver : objectifs et conditions de réalisation ». Bioplaine,
no 30.
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Chambre d’agriculture de Seine et Marne. 2012c. « La Houe rotative ». Le désherbage mécanique : fiches techniques.
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Normandie/
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Chambre d’agriculture Normandie. « Les associations céréales protéagineux récoltées en fourrage ».
Chambre d’agriculture Normandie. « Produire du blé pour la meunerie ».
Chambre d’agriculture Normandie. « Réussir le maïs fourrage ».

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Programme Limousin des Acteurs de l’Agriculture Biologique. 2014c. « Rotations ».
Programme Limousin des Acteurs de l’Agriculture Biologique. 2014d. « Soja ».

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GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 141


Contacts
Chambres d’agriculture France (APCA) Chambre d’agriculture Ile de France
Référent animateur national : Référente grandes cultures biologiques :
• Alain Lecat : [email protected] • Charlotte Glachant : charlotte.glachant@seine-et-marne.
Tel : 03 20 88 67 54 - Mobile : 06 77 67 31 13 chambagri.fr
Tel : 01 64 79 31 14 - Mobile : 06 07 18 19 07
Chambre d’agriculture Auvergne-Rhône Alpes
Référent grandes cultures biologiques Auvergne-Rhône Chambre d’agriculture Nouvelle Aquitaine
Alpes : Référents grandes cultures biologiques :
• Olwen Thibaud : [email protected] • Oliver Guérin : [email protected]
Tel : 04 76 20 67 89 - Mobile : 06 07 80 88 43 Tel : 05 46 50 45 00-Mobile : 06 69 70 08 10
• Noëllie Lebeau : [email protected]
Chambre d’agriculture Bourgogne-Franche-Comté Tel : 05 55 61 50 31 - Mobile : 07 71 07 81 16
Référents grandes cultures biologiques : • Philippe Mouquot : [email protected]
• Patrice Côte : [email protected] Tel : 05 56 79 64 13 - Mobile : 06 73 99 96 35
Tel : 03 86 94 82 90
Chambre d’agriculture Normandie
Chambre d’agriculture Bretagne Référents grandes cultures biologiques :
Référent grandes cultures biologiques : • Fabien Le Ny : [email protected]
• Jean-Luc Giteau : [email protected] • Amandine Guimas : [email protected]
• Aurélien Dupont : [email protected] Tel : 02 33 31 49 92 - Mobile : 06 30 57 52 78
Tel : 02 96 79 21 66 • Jacques Girard : [email protected]
Tel : 02 31 53 55 07 - Mobile : 06 74 09 25 98
Chambre d’agriculture Centre-Val de Loire
Référents grandes cultures biologiques : Chambre d’agriculture Occitanie
• Vincent Moulin [email protected] Référents grandes cultures biologiques :
• Matthieu Le Bras [email protected] • Jean Arino : [email protected]
• Marine Féret [email protected] Tel : 05 62 61 77 50-Mobile : 06 80 66 86 89
• Patrice Ménétrier [email protected] • Pierre-Yves LE NESTOUR : pierre-yves.lenestour@haute-
• Frédéric Cadoux [email protected] garonne.chambagri.fr
• Myriam Ouy [email protected] Tel : 05 61 10 42 79 - Mobile : 06 75 51 79 36

Chambre d’agriculture Grand-Est Chambre d’agriculture Pays de la Loire


Référents grandes cultures biologiques : Référent grandes cultures biologiques :
• Benoît Gassmann : [email protected] • François Boissinot : [email protected]
Tel : 03 88 79 55 36 Tel : 02 41 18 60 34 - Mobile : 06 08 87 96 09
• Matthieu Zehr : [email protected]
Tel : 03 83 96 35 02 - Mobile : 06 72 86 97 76 Chambre d’agriculture Provence-Alpes-Côte d’Azur
Référente grandes cultures biologiques :
Chambre d’agriculture Hauts-de-France • Caroline Barbot : [email protected]
Référents grandes cultures biologiques : Tel : 04 92 30 57 69
• Alain Lecat : [email protected]
Tel : 03 20 88 67 54 - Mobile : 06 77 67 31 13
• Gilles Salitot : [email protected]
Tel : 03 44 11 44 65

GRANDES CULTURES BIOLOGIQUES : les clés de la réussite 142


Remerciements
Nos remerciements à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation de ce guide et en particulier :

Pour la rédaction du projet


• Anaïs GABORIT

Avec la participation de
• Jean ARINO
• Caroline BARBOT
• Elodie BETENCOURT
• François BOISSINOT
• Jean CHAMPION
• Charlotte GLACHANT
• Aurélien DUPONT
• Anne GLANDIERES
• Amandine GUIMAS
• Jeanne Marie LABROSSE
• Noëllie LEBEAU
• Alain LECAT
• Lucien MARTINEZ
• Gilles SALITOT
• Olwen THIBAUD

Pour la réalisation/création
• Agence Bulles de Couleurs

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