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Obligations K

La législation funéraire en République Démocratique du Congo est obsolète et lacunaire, datant principalement de l'époque coloniale, ce qui entraîne un désordre dans le secteur funéraire. Une réforme est nécessaire pour clarifier les compétences, réglementer les cimetières privés, établir des procédures d'inhumation et pénaliser les comportements inappropriés. Cette réforme vise à restaurer la dignité des rites funéraires et à adapter le droit funéraire aux évolutions sociétales.

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Obligations K

La législation funéraire en République Démocratique du Congo est obsolète et lacunaire, datant principalement de l'époque coloniale, ce qui entraîne un désordre dans le secteur funéraire. Une réforme est nécessaire pour clarifier les compétences, réglementer les cimetières privés, établir des procédures d'inhumation et pénaliser les comportements inappropriés. Cette réforme vise à restaurer la dignité des rites funéraires et à adapter le droit funéraire aux évolutions sociétales.

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NOTE JUSTIFICATIVE DE LA REFORME

La législation funéraire Congolaise est constituée d'un certain nombre des dispositions éparses
datant de l'époque coloniale, les règles relatives au droit funéraire Congolais sont, entre autres,
contenues dans les textes ci-après ; L'arrêté du gouverneur général 16 mai 1907 portant
concessions de sépultures ( Rec. Us.,VI,1907,p.31 ); l'ordonnance du 4 septembre 1909 sur les
cimetières dans les villages indigènes; l'Ordonnance du 14 février 1914 portant service des
inhumations et polices des cimetières ( b.O., 1914,p. 529 ); l'ordonnance du 26 mars 1915 sur
l'exhumation et transport à l'étranger des restes mortels des personnes décédées dans la colonie
( B.O., 1915, p.108 ); l'ordonnance du 13 février 1949 portant exhumation et transfert à
l'intérieur de la colonie des restes mortels des personnes décédées dans la colonie. (B.A.,
1949.374) ; l'ordonnance du 15 mars 1950 portant service des inhumations et polices des
cimetières (B.A., 1950,p.947) ; l'ordonnance 11-70 du 24 Mai 1950 sur l'incinération des
cadavres humains.

Il convient de souligner que chronologiquement, la dernière législation spécifique date de 1950.


En plus de cela, au-delà de son obsolescence, cette législation recècle d'innombrables lacunes
notamment en ce qui concerne :

a. L'autorité compétente pour exercer le pouvoir de police sur les cimetières notamment en
ce qui est d'accorder la concession funéraire dans un cimetière, la délivrance des permis
d'inhumation et d'exhumation, le maintien de l'ordre et la décence dans le cimetière,
l'entretien régulier du cimetière,etc.
b. La question des cimetières privés et inhumation en dehors du cimetière
c. La procédure de désaffectation d'un cimetière
d. La pénalisation de certains comportements

Depuis plus de 60 ans après l'indépendance, rien n'est fait, malheureusement. Devant ce
désintérêt légal, le secteur funéraire subi un désordre macabre, on ne sait qui doit faire quoi, les
cimetières font l'objet de mégestion, ils sont profanés, les funérailles deviennent des actes de
commerce au lieu de connaître la solidarité nationale, un casse-tête dans notre société. La mort a
perdu sa dimension sacrée issue de la société bantoue, le respect dû à la mémoire des morts est
jeté en pâture.

Le vice-premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et Sécurité, Evariste Boshab avait d'ailleurs, en


2015, conclu sa réponse à une question d’actualité sur la problématique de l’inhumation
collective de 421 corps, le 19 mars 2015 au cimetière Fula-Fula, dans la commune de Maluku
(Est de Kinshasa), que la législation funéraire en RDC est lacunaire : « il faut légiférer ».

Un réforme s'impose !

1
Dans le cadre de la présente réforme, il conviendrait d'une part, d'élucider toutes les zones
d'ombre, d'autre part, d'apporter des nouveautés pour adapter notre droit funéraire à l'évolution
de la société, la règle de droit étant dynamique et devant évoluer de concert avec la société.

Ceci étant, il convient de voir la question de la compétence du Ministre de la justice en ce qui est
de la police des cimetières au regard du droit positif (A) avant d'épiloguer les différents points
précités, qui sous-tendent la raison d'être de cette proposition de réforme (B)

A. Compétence du Ministre de la justice au regard du droit positif

En l'absence d'une définition légale du droit interne en vigueur, l'appréhension du concept


"police des cimetières" se fera en recourant à la doctrine et au droit comparé.

En effet, domaine public par excellence, l'autorité publique exerce un pouvoir de police sur les
cimetières. Elle a la mission d’y maintenir l’ordre et la décence dans le cadre d’une stricte
neutralité.

Le droit en vigueur, notamment l'Ordonnance du 14 février 1914 sur le service des inhumations
et la police des cimetières, emploie l'expression "police des cimètires" sans pour autant en
donner un contenu. Cependant, en doctrine1 et en droit comparé français,2 la police des cimetières
renvoie à l'ensemble des règles applicables aux cimetières, notamment en ce qui concerne l’accès
au cimetière, l'interdiction de circulation des véhicules, les itinéraires des convois, l'attribution
des emplacements dans le cimetière, la répartition des sépultures, l'octroi des permis
d'inhumation,etc. ( à ne pas à confondre avec l'acte de décès délivré par l'officier de l'état civil).

Or, au regard du droit en vigueur, l’Ordonnance n°22/003 du 07 janvier 2022 fixant les
attributions des Ministères spécialement en son article l, Litera B, point 2, confère au ministre de
la justice la police des cimetières, donc, il peut valablement exercer les compétences découlant
de la police des cimetières telles qu'exposées ci-haut.

B. Exposition des points saillants de la réforme

Il sied de voir la question de l'autorité compétente pouvant accorder un emplacement dans un


cimetière, de cimetières privés et enfin, celles relatives à l'inhumation en dehors du cimetière,
procédure de desffectation d'un cimetière, permis d'inhumation et criminalisation de certains
comportements.

1. L'autorité compétente pour concéder un emplacement dans un cimetière en vue


d'inhumation ( La concession funéraire)

L'article 9 de l'ordonnance du 14 février 194 sur le service des inhumations et la police des
cimetières dispose “que les corps seront inhumés à l'endroit désigné par l'autorité administrative
1
M-T.VIEL., Droit funéraire et Gestion des Cimetières : Administration locale, 2em Ed, Paris, Berger- Levrault,
1999.p.256.
2
Articles L.2213-7 à L.2213-15 et R.2213-2 à R.2213-50 du Code Général français des Collectivités Territoriales.

2
de la localité. Toutefois, le gouverneur général pourra accorder, dans les lieux consacrés aux
sépultures, aux conditions fixées par l'arrêté du 16 mai 1907, des concessions de terrain aux
personnes qui désireraient y posséder une place distincte pour y fonder leur sépulture et celle de
leur famille. Pareilles concessions pourront être accordées aux associations religieuses et autres,
possédant la personnalité civile, pour la sépulture de leurs membres ou agents”.

Il convient de souligner que cette disposition est liée à la notion de l'inhumation en terrain
commun (alinéa 1er) puis l'inhumation en concession (alinéa) et soulève aussi la question de
l'autorité compétente pouvant signer un contrat d'occupation privative du cimetière en tant que
domaine public.

A cet effet, Il est fait allusion au gouverneur général, et, il conviendrait de souligner qu'au regard
de l'actuelle organisation administrative et territoriale de la République démocratique du Congo,
la fonction gouverneur général est inexistante. Son équivalent pourrait être le premier ministre,
mais cependant, tel que démonté ci-haut, le pouvoir de concéder une portion de terre dans un
cimetière en vue de l'inhumation fait partie du pouvoir de police des cimètires et revient, au
regard de l'ordonnance fixant attributions des ministères précitée, au ministre de la justice et
Garde des sceaux. Cette disposition est donc obsolète.

2. La question des cimetières privés

Quant aux cimetières privés et inhumation en dehors des lieux consacrés aux sépultures,

L'article 9 alinéa deux de l'ordonnance de 1914 précitée dispose que :“que toutefois, le
gouverneur général pourra accorder, dans les lieux consacrés aux sépultures, aux conditions
fixées par l'arrêté du 16 mai 1907, des concessions de terrain aux personnes qui désireraient y
posséder une place distincte pour y fonder leur sépulture et celle de leur famille. Pareilles
concessions pourront être accordées aux associations religieuses et autres, possédant la
personnalité civile, pour la sépulture de leurs membres ou agents”.

L'alinéa deux de cette disposition est souvent mal compris, d'aucuns pensent que cet alinéa donne
possibilité à l'Administration d'accorder des portions des terres à des particuliers pour en faire
des cimetières, on va même plus loin pour affirmer que, sur pied de cet alinéa, un particulier
pourrait être autorisé à se faire inhumer dans sa concession.

Ce qui n'est pas correct, car, la disposition précitée renvoie d'une part, à l'utilisation commune du
cimetière en tant que domaine public par la modalité de l'inhumation en terrain commun (alinéa
1er) puis, à l'utilisation privative du cimetière par la modalité de l'inhumation en concession en
recourant à la concession funéraire (Alinéa 2).

La concession funéraire établit une relation contractuelle entre, d'une part, l'Administration qui
cède une parcelle dans le cimetière et, d'autre part, un particulier qui fait l'acquisition de ce
terrain. Pour bien cerner cette disposition, il faudra également combiner sa lecture avec celle de

3
l'article 3 de l'ordonnance précitée qui dispose “qu'aucune inhumation ne pourra avoir lieu que
dans les terrains affectés par l'autorité aux inhumations”.

Il sied aussi de faire remarquer aussi que, l'article 17 alinéa 1er de l'ordonnance du 1914 précitée
dispose “que, l'administrateur de territoire pourra sur demande motivée de toute personne,
physique ou morale, autoriser exceptionnellement l'installation de cimetières dans les endroits où
ils n'existent pas d'autorités administratives”.

Cet état de choses doit être précisé dans le cadre d'une réforme pour lever l'équivoque.

Cette disposition laisse penser qu'il existerait, actuellement en République démocratique du


Congo, des endroits où l'Etat ne serait pas administrativement représenté. Elle est donc obsolète
et doit être élaguée.

3. Du permis d'inhumation

L'article 2 de la même ordonnance sur la police des cimetières dispose “qu'il est interdit de
procéder à l'inhumation des corps des personnes décédées, sans un permis délivré par l'officier de
l'état civil de la localité ou, à son défaut, par l'autorité administrative”.

Cette disposition mérite d'être revue en distinguant l'acte constatant le décès d'une personne, et le
permis d'inhumation qui donne droit d'inhumer la personne décédée. Et aussi, le pouvoir de
délivrer le permis d’inhumation est un pouvoir de police devant être exclusivement reconnu à
l’autorité de police des cimetières et non à l’officier de l’état civil qui n’a aucun pouvoir de
police sur les cimetières.

4. Procédure de désaffectation d'un cimetière

Concernant la désaffectation d'un cimetière,contrairement à d'autres dépendances domaniales, un


cimetière, même désaffecté, ne peut immédiatement faire l'objet d'une occupation. Les urbanistes
et les hygiénistes estiment que l'occupation d'un cimetière nouvellement désaffecté est tributaire
de l'observation d'un certain délai pour des raisons d'hygiène et salubrité publiques.

En droit comparé français par exemple, le législateur fixe ce délai à 10 ans à compter de la
dernière inhumation. Quant à notre droit, le législateur a omis de fixer ce délai. Il conviendrait de
mettre notre droit à jour en apportant une précision quant à ce.

5. Cimetières privés et pénalisation de certains comportements

Très souvent, il se constate des pratiques visant à confusquer le corps défunt par des personnes
mal intentionnées dans le but de semer des troubles sur le lieu de deuil, et saboter par ricohet le
respect dû à la mémoire des morts. La présente réforme a le mérite de pénaliser cette pratique en
recel de cadavres.

En outre, les funérailles deviennent aujourd'hui des actes de commerce au lieu de connaître la
solidarité nationale, un casse-tête dans notre société. Le secteur funéraire est laissé à la merci des

4
opérateurs privés sans une réglementation adéquate. Les opérateurs y œuvrant profitent de ce
désintérêt légal pour malmener les usagers de ce service, un commerce funèbre très vivace qui
fleurit, et le malaise des usagers de ce service que sont les familles des disparus n'embarrasse ni
les autorités, ni les marchands, l'offre répond simplement à la demande.

Souvent les familles les plus démunies abandonnent leurs proches décédés à la chambre
mortuaire à cause du manque des moyens financiers pour supporter toute une panoplie de
dépenses funéraires, et le service social de l'hôtel de ville se charge de l'inhumation,conséquence
de surtarification des caveaux dans les cimetières privés, l'Etat n'ayant presque plus de cimetières
ou qu'il se met en concurrence avec les privés.

L'inhumation n'est plus un service public mais une activité lucrative. La présente réforme a le
mérite d'abolir ces pratiques par la suppression des cimetières privés tout en consacrant une
possibilité de délégation de gestion des cimetières aux particuliers, l'Etat gardant son monopole
quant à la création.

La présente réforme est ainsi une rupture radicale avec tout ce qui vient d'être stigmatisé, et est
ainsi une solution.

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