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Fo n c t i o n
Dossier
Statut au quotidien
Veille jurisprudentielle
2010
x n° 6 juin
IAJ COUV juin:couv fé[Link] 08/07/2010 14:47 Page 2
Directeur de la publication
Jacques Alain Benisti
© La documentation Française
Paris, 2010
ISSN 1152-5908
Commission paritaire n° 2175 ADEP
« En application de la loi du 11 mars 1957 (art. 41) et du code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992, toute reproduction partielle
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à cet égard que l’usage abusif et collectif de la photocopie met en danger l’équilibre économique des circuits du livre. »
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Sommaire
n° 6 > juin 2010
Statut commenté
Dossier
Statut au quotidien
Veille jurisprudentielle
Actualité documentaire
Références
33 Textes
38 Jurisprudence
51 Chronique de jurisprudence
53 Presse et livres
IAJ textes 06-2010:Maquet [Link] 08/07/2010 15:09 Page 2
Statut commenté
dossier
protégé par son administration contre C’est une disposition statutaire et un principe général du droit
de la fonction publique (1), qui témoignent du lien de solida-
les violences, injures, diffamations,
rité nécessaire pour un bon fonctionnement de l’admi-
outrages ou voies de fait susceptibles de nistration, une contrepartie des obligations de tout agent
public.
survenir à son encontre dans l’exercice
Le régime de la protection juridique est aujourd’hui énoncé
de ses missions, mais aussi lorsque par l’article 11 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant
droits et obligations des fonctionnaires modifié par l’article
sa responsabilité pénale est engagée 50 de la loi n° 96-1093 du 16 décembre 1996 (voir encadré).
du fait de fautes commises dans l’exercice La circulaire n° 2158 du 5 mai 2008 relative à la protection
fonctionnelle des agents publics de l’État, initiée par la
de ses fonctions. Direction générale de l’administration et de la fonction
publique, est venue opportunément remplacer la circu-
laire/FP3 n° 1665 du 16 juillet 1987. Différents ministères,
dont l’intérieur, l’Education nationale et la justice notamment,
avaient cependant déjà auparavant quelque peu rafraîchit ce
texte en incluant les dispositions introduites par la loi
n° 96-1093 du 16 décembre 1996 relative à l’emploi dans la
fonction publique et à diverses mesures d’ordre statutaire, qui
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a étendu le bénéfice de la protection juridique à l’ensemble – protéger l’agent contre les menaces, violences, voies de fait,
des agents publics quelle que soit leur situation juridique, injures, outrages ou attaques qu’il a subis dans l’exercice de
suivant en cela l’évolution jurisprudentielle impulsée par ses fonctions (alinéa 3) ;
le Conseil d’État. – protéger l’agent faisant l’objet de poursuites pénales à
l’occasion de faits qui n’ont pas le caractère d’une faute
personnelle (alinéa 4).
Le champ de la protection Le périmètre de la protection ainsi défini suppose néanmoins
de distinguer deux cas de figure : l’agent victime et l’agent
Au terme de l’article 11 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 « réputé » fautif.
précitée il incombe donc à l’administration à laquelle l’agent
appartient, titulaire ou non, une triple obligation en matière
de protection fonctionnelle : L’agent victime
– protéger l’agent des conséquences d’un acte dommageable
commis dans l’exercice de ses fonctions, à la condition que La nature des attaques
la faute soit imputable au service (alinéa 2) ;
En application de l’alinéa 3 de l’article 11, la collectivité a
l’obligation de protéger son agent, quel que soit son statut,
victime de menaces, violences, voies de fait, injures, diffa-
Article 11 de la loi du 13 juillet 1983 mations ou outrages, à l’occasion de ses fonctions.
portant droits et obligations des fonctionnaires La protection de l’agent contre les attaques énumérées à
l’alinéa 3 peut être mise en œuvre de diverses manières, à
l’appréciation de l’administration, qui peut décider de
« Les fonctionnaires bénéficient, à l’occasion de leurs
répondre aux menaces, violences, voies de fait, injures,
fonctions, d’une protection organisée par la collectivité
diffamations, outrages par tout moyen de droit.
publique dont ils dépendent, conformément aux règles fixées
Toutefois, Il appartient à l’administration d’apprécier la
par le code pénal et les lois spéciales.
réalité de ces attaques : elle peut ainsi refuser le bénéfice de
Lorsqu’un fonctionnaire a été poursuivi par un tiers pour
la protection juridique à un agent dont les accusations
faute de service et que le conflit d’attribution n’a pas été
d’injures et de diffamation sont abusives et qui, de surcroît,
élevé, la collectivité publique doit, dans la mesure où une faute
est lui-même à l’origine des poursuites pénales intentées
personnelle détachable de l’exercice de ses fonctions n’est
contre d’autres agents auxquels cette protection a été
pas imputable à ce fonctionnaire, le couvrir des condamnations
accordée (2).
civiles prononcées contre lui.
La collectivité publique est tenue de protéger les fonction-
Lorsque les attaques relèvent de la diffamation au sens pénal
naires contre les menaces, violences, voies de fait, injures,
du terme et que se pose ainsi la question de la coexistence
diffamations ou outrages dont ils pourraient être victimes
des protections issues de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté
à l’occasion de leurs fonctions, et de réparer, le cas échéant,
de la presse et du statut général de 1983, le Conseil d’État a
le préjudice qui en est résulté.
estimé que l’administration doit soutenir le fonctionnaire
La collectivité publique est tenue d’accorder sa protection
dans sa défense « par tout moyen approprié », la voie pénale
au fonctionnaire ou à l’ancien fonctionnaire dans le cas où
n’étant nullement exclusive.
il fait l’objet de poursuites pénales à l’occasion de faits qui
De fait, l’article 48, 3° de la loi du 29 juillet 1881 précitée énonce :
n’ont pas le caractère d’une faute personnelle.
« Dans le cas d’injure ou de diffamation envers les fonctionnaires
La collectivité publique est subrogée aux droits de la victime
publics, les dépositaires ou agents de l’autorité publique
pour obtenir des auteurs des menaces ou attaques la resti-
autres que les ministres et envers les citoyens chargés d’un service
tution des sommes versées au fonctionnaire intéressé. Elle
ou d’un mandat public, la poursuite aura lieu, soit sur leur plainte,
dispose, en outre, aux mêmes fins, d’une action directe
soit d’office sur la plainte du ministre dont ils relèvent ».
qu’elle peut exercer au besoin par voie de constitution de
Cet article n’emporte pas pour l’administration l’obligation
partie civile devant la juridiction pénale.
d’engager elle-même une action en diffamation, mais son
Les dispositions du présent article sont applicables aux
soutien « par tout moyen approprié » doit être réel, y compris
agents publics non titulaires. »
par le dépôt d’une plainte. L’administration doit assistance
au fonctionnaire dans les procédures judiciaires qu’il entre-
prend. Une simple manifestation publique de désaccord avec
les attaques proférées ou une intervention usant de termes
généraux et sans référence à la situation réelle de l’agent
attaqué ne saurait ainsi tenir lieu de la protection assurée par
(2) Conseil d’État, 7 juin 2004, M. Sacilotti, req. n os 245562, 246496
et 248464. les textes.
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Le refus de l’administration d’accorder le bénéfice de la chique. Ainsi en sera-t-il pour des observations sur la manière
protection à un agent qui avait fait l’objet de « véhémentes de servir (6), ou lors d’une notation (7), deux espèces dans
prises à partie » et « d’appréciations injurieuses » sur son lesquelles le refus d’accorder la protection n’a pas été censuré
comportement dans l’exercice de ses fonctions, a été jugé par le juge.
illégal et de nature à entraîner le versement d’une indemnité
à l’intéressé. Dans cette espèce, l’administration s’était Dès lors, l’octroi de la protection entraîne l’obligation pour
contentée d’une simple déclaration de principe en faveur l’administration, dès qu’elle a connaissance des faits de
de l’agent, qui ne pouvait s’analyser comme une mesure harcèlement, de mettre en œuvre, sans délai, tous les moyens
de protection au sens de la loi (3). de nature à faire cesser ces agissements. Dans ces conditions,
il lui appartient d’engager des poursuites disciplinaires à
Jusqu’en 2002, la protection contre le harcèlement moral l’encontre de l’auteur du harcèlement, de l’éloigner de l’agent
pouvait être mise en œuvre essentiellement dans le cadre de victime, et de rétablir l’agent dans ses droits au sein des
l’article 11 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 modifiée services de la collectivité concernée, s’il en a été privé par
portant droits et obligations des fonctionnaires. l’effet des actes de harcèlement. Elle pourra également, le cas
échéant, faire bénéficier l’agent d’une assistance juridique,
À la suite, notamment, des dispositions de la Charte sociale de la prise en charge des frais d’avocat et des frais de procé-
européenne du 3 mai 1996 et de l’adoption de deux directives dure, s’il souhaite poursuivre l’auteur des faits en justice
communautaires prohibant le harcèlement et organisant la aux fins d’obtenir réparation de son préjudice et la condam-
protection des victimes, la notion de harcèlement moral est nation de l’auteur des agissements répréhensibles.
apparue en tant que telle dans le statut général des fonction-
naires à la faveur de la loi n° 2002-73 du 17 janvier 2002 de La réparation par l’administration d’un dommage subi au titre
modernisation sociale, qui en fait également un délit pénal. de l’alinéa 3 doit couvrir l’entier préjudice, qu’il soit matériel,
moral ou corporel encore que, dans ce dernier cas, la répa-
L’article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 précise désor- ration résulte souvent de l’application de dispositions statu-
mais la nature et l’origine des agissements de harcèlement taires particulières telles que les règles en matière d’accident
moral, ainsi que les sanctions applicables à leurs auteurs. de service censées couvrir l’intégralité du dommage subi.
L’injonction de commettre des actes relevant du harcèlement
moral est également sanctionnée. De surcroît, aux termes du cinquième alinéa de l’article 11 du
statut général, la collectivité est subrogée aux droits de la
La liste des attaques, figurant au troisième alinéa de l’arti- victime pour obtenir des auteurs des menaces, attaques,
cle 11 précité et ouvrant droit à la protection fonctionnelle, diffamations,… la restitution des sommes versées à l’agent
n’est pas exhaustive. Selon une jurisprudence constante, victime. À cette fin, elle peut se constituer partie civile devant
la protection est due lorsque les attaques sont en rapport la juridiction pénale dès lors que la répression des faits
avec les fonctions exercées incriminés relève des dispositions du code pénal.
par l’agent. S’agissant du
harcèlement moral, la juris- Des faits de harcèlement A contrario, « si la Caisse des dépôts et consignations,
prudence ajoute, lorsqu’il moral peuvent ouvrir agissant comme gérante de la Caisse nationale des retraites
est établi, que « le harcè- droit à la protection de des agents des collectivités locales, dispose à l’encontre du
lement moral tel que prévu tiers responsable d’un accident de service, d’une action en
l’administration
et défini par l’article 6 remboursement des prestations versées à la victime, la
quinquies de la loi du collectivité publique employeur de l’agent n’a pas, pour
13 juillet 1983 ouvre également droit, au bénéfice de la protec- l’application de ces dispositions, la qualité de tiers vis-à-vis
tion prévue à l’article 11 de la loi du 13 juillet 1983 » pour les de l’agent et de la caisse débitrice des prestations et le
fonctionnaires qui en sont victimes (4). Cette solution a été recours subrogatoire à l’encontre de l’employeur n’est donc
récemment confirmé par le Conseil d’État(5). Toutefois, en cas pas possible »(8).
de demande de protection contre les agissements supposés
attentatoires à la réputation de l’agent ou à son intégrité De même, « si la protection instituée par les dispositions (...)
morale et émanant d’un supérieur hiérarchique, le juge sera de l’article 11 de la loi du 13 juillet 1983 comprend, le cas
difficilement enclin à enjoindre l’administration de réparer échéant, la réparation des préjudices subis par un agent
si les faits se rattachent à l’exercice normal du pouvoir hiérar- victime d’attaques dans le cadre de ses fonctions, elle n’entraîne
pas la substitution de la collectivité publique dont il dépend,
(3) Conseil d’État, 18 mars 1994, M. Rimasson, req. n° 92410. pour le paiement des dommages et intérêts accordés par une
(4) Cour administrative d’appel de Nancy, 2 août 2007, req. n° 06NC01324. décision de justice, aux auteurs de ces faits lorsqu’ils sont
(5) Conseil d’État, 12 mars 2010, req. n° 308974.
(6) Conseil d’État, 23 juin 1995, Aymeral, req. n° 120335.
(7) Cour administrative d’appel de Lyon, 17 décembre 2002, Alcaraz, req. (8) Cour administrative d’appel de Versailles, 22 février 2007, Caisse des
n° 02LY01488. dépôts et consignations, req. n° 05VE01075.
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insolvables ou se soustraient à l’exécution de cette décision de alinéas précédents lorsque, du fait des fonctions de ces
justice, alors même que l’administration serait subrogée dans dernières, ils sont victimes de menaces, violences, voies de
les droits de son agent ; qu’en revanche, il appartient à l’État, fait, injures, diffamations ou outrages.
saisi d’une demande en ce sens, d’assurer une juste réparation « Elle peut être accordée, sur leur demande, aux conjoints,
du préjudice subi du fait des attaques dirigées contre son enfants et ascendants directs des membres du corps
agent » (9). Concrètement, lorsque l’agent estimera avoir subi préfectoral et du cadre national des préfectures, des
un préjudice moral et que le juge aura statué sur l’évaluation fonctionnaires de la police nationale, des adjoints de
de ce préjudice, l’agent, en cas d’insolvabilité de son agres- sécurité, des agents de surveillance de Paris, des agents
seur, s’adressera à l’administration pour obtenir réparation. de la ville de Paris visés à l’article L. 2512-16 du code
général des collectivités territoriales, des agents des
Dans l’hypothèse où les victimes des attaques sont les services de l’administration pénitentiaire, des agents des
membres de la famille d’un agent, le législateur a élargi douanes, des gardes champêtres ainsi que des agents de
progressivement la liste des bénéficiaires de la protection police municipale ainsi que des militaires de la
juridique. Ainsi, la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 d’orientation gendarmerie nationale, de la brigade des sapeurs-
et de programmation relative à la sécurité, en son article 20, pompiers de Paris et du bataillon des marins-pompiers de
a admis au bénéfice de la protection juridique les conjoints Marseille ainsi que des unités d’instruction et d’inter-
et enfants des policiers et militaires de la gendarmerie lorsque, vention de la sécurité civile et des sapeurs-pompiers
du fait des fonctions de leur parent ou conjoint, ils ont été professionnels ou volontaires, des médecins civils de la
victimes de menaces, violences, voies de fait, injures, diffa- brigade de sapeurs-pompiers de Paris et du bataillon des
mations ou outrages. Le bénéfice de cette mesure a ensuite marins-pompiers de Marseille et des volontaires civils de
été étendu par l’article 112 de la loi n° 2003-239 du 18 mars la sécurité civile décédés dans l’exercice de leurs fonctions
2003 pour la sécurité intérieure, qui énonce : ou du fait de leurs fonctions, à raison des faits à l’origine
« La protection dont bénéficient les membres du corps du décès ou pour des faits commis postérieurement au
préfectoral et du cadre national des préfectures, les décès mais du fait des fonctions qu’exerçait l’agent
fonctionnaires de la police nationale, les adjoints de sécurité, décédé ».
les agents de surveillance de Paris, les agents de la ville de
Paris visés à l’article L. 2512-16 du code général des collecti- Ainsi le Conseil d’État a par exemple censuré le refus du
vités territoriales, les agents garde des sceaux d’accéder favorablement à la demande de
des services de l’adminis- protection judiciaire introduite par la veuve du juge Borrel
La protection peut être
tration pénitentiaire, les assassiné à Djibouti, en application de l’article 11 de
agents des douanes, les accordée aux conjoints, l’ordonnance n° 58-1270 du 22 décembre 1958, portant loi
sapeurs-pompiers profession- enfants et ascendants organique relative au statut de la magistrature, pendant de
nels, les médecins civils de la directs de certains l’article 11 du statut général, et de l’article 112-V de la loi
brigade de sapeurs-pompiers précitée du 18 mars 2003 qui étend également la protection
agents publics
de Paris et du bataillon des statutaire aux conjoints, enfants et ascendants directs des
marins-pompiers de Marseille magistrats de l’ordre judiciaire.
ainsi que les agents de police municipale et les gardes
champêtres, en vertu de l’article 11 de la loi n° 83-634 du Les incriminations pénales
13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires,
et les militaires de la gendarmerie nationale, de la brigade de Les attaques énumérées par l’article 11, alinéa 3 du statut
sapeurs-pompiers de Paris, du bataillon des marins-pompiers général qui ouvrent droit en tant que telles à la protection
de Marseille et des unités d’instruction et d’intervention de la statutaire correspondent aussi à des infractions prévues par
sécurité civile, en vertu des articles 16 et 24 de la loi n° 72-662 le code pénal et les lois spéciales. L’article 11 rappelle d’ailleurs
du 13 juillet 1972 portant statut général des militaires, couvre en son premier alinéa que la protection est organisée par la
les préjudices qu’ils subissent à l’occasion ou du fait de leurs collectivité publique, conformément aux règles fixées par
fonctions. le code pénal et les lois spéciales. De fait, la protection de la
« La protection prévue à l’alinéa précédent bénéficie également collectivité se concrétisera dans la plupart des cas, non
aux agents des services du Trésor public, des services fiscaux, seulement par une protection administrative mais aussi, par
des services de la concurrence, de la consommation et de la une assistance de l’agent victime devant les juridictions
répression des fraudes, des directions départementales du judiciaires.
travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, dans
l’exercice de leurs missions de sécurité intérieure, ainsi qu’aux Le code pénal prévoit d’une part un chapitre spécial regrou-
sapeurs-pompiers volontaires et aux volontaires civils de la pant les atteintes à l’administration publique commises par
sécurité civile.
« Elle est étendue aux conjoints, enfants et ascendants
(9) Conseil d’État, 17 décembre 2004, Ministre de l’intérieur, de la sécurité
directs de l’ensemble des personnes visées aux deux intérieure et des libertés locales, req. n° 265165.
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les particuliers, et d’autre part, des circonstances aggravantes – L’outrage (art. 433-5) est constitué par des paroles, gestes
donnant lieu à des sanctions aggravées pour la commission ou menaces, écrits ou images de toute nature non rendus
de certaines infractions lorsqu’elles sont commises notam- publics ou l’envoi d’objets quelconques adressés à une
ment à l’encontre des personnes dépositaires de l’autorité personne chargée d’une mission de service public, dans
publique ou chargées d’une mission de service public. La loi l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de sa mission et de
du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, insérée dans le nature à porter atteinte à sa dignité ou au respect dû à la
code susvisé prévoit par ailleurs un certain nombre de dispo- fonction dont elle est investie. II est puni plus sévèrement
sitions répressives dont certaines, inscrites aux articles 31 lorsqu’il est commis en réunion.
et 33 de cette loi, incriminent respectivement la diffamation – La rébellion (art. 433-6) est le fait d’opposer une résistance
et l’injure commises à l’encontre des fonctionnaires publics violente à une personne dépositaire de l’autorité publique ou
et des dépositaires ou agents de l’autorité publique. chargée d’une mission de service public agissant, dans
l’exercice de ses fonctions, pour l’exécution des lois, des
Parmi les infractions spécifiques prévues au chapitre consacré ordres de l’autorité publique et des décisions ou mandats de
aux atteintes à l’administration publique commises par les justice.
particuliers, on peut citer : – Parmi les infractions pour lesquelles sont prévues des
– Les menaces et actes d’intimidation commis contre les circonstances aggravantes et des sanctions aggravées dans
personnes exerçant une fonction publique. II s’agit d’une l’hypothèse où elles sont commises à l’encontre de personnes
incrimination spécifique qui résulte du code pénal (art. 433-3) dépositaires de l’autorité publique ou chargées d’une mission
et qui prévoit des sanctions aggravées lorsqu’il s’agit de de service public, on peut aussi mentionner les atteintes
menaces de mort ou d’atteinte aux biens dangereuse pour les volontaires à l’intégrité de la personne - et notamment les
personnes. violences (coups et blessures dans l’ancien code pénal).
La diffamation est expressément citée parmi les attaques au pensable de "chien de garde " » la Cour ajoute qu’il ne fait
titre desquelles l’agent public peut bénéficier de la protection « aucun doute que parmi les questions d’intérêt général
de son administration. Quelques remarques peuvent être relayées par la presse figurent celles qui concernent le fonction-
formulées à ce sujet, à la lumière du droit communautaire. nement de la justice, institution essentielle à toute société
Depuis la Révolution française, la France a toujours protégé ses démocratique » . En conséquence, « le public a un intérêt
administrations et agents publics plus fortement que les admi- légitime à être informé et à s’informer sur les procédures en
nistrés. Au regard de la jurisprudence de la Cour européenne matière pénale ». En l’espèce la critique concernait des
des droits de l’Homme (CEDH) on peut être enclins à penser magistrats ; la Cour rappelle qu’il « n’en reste pas moins que les
que cette originalité ne résisterait pas à la critique, tout parti- limites de la critique admissible sont plus larges pour des
culièrement quant à l’interprétation jurisprudentielle de fonctionnaires agissant dans l’exercice de leurs fonctions offi-
l’alinéa 3 de l’article 11 du statut général et des dispositions cielles, comme en l’espèce, que pour les simples particuliers ».
de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et ce, en
matière de diffamation ou d’outrages. Plus récemment encore, dans sa décision du 25 février 2010,
Renaud c/France, la CEDH a condamné une nouvelle fois la
À titre d’illustration, le journal Libération avait été condamné France à l’unanimité à raison de la condamnation d’un dirigeant
pour diffamation à la suite de la publication du compte-rendu associatif qui avait tenu, sur le site internet de l’association, des
d’une conférence de presse portant sur l’affaire du juge Borrel, propos très critiques à l’encontre de la municipalité et plus
assassiné à Djibouti : l’instruction menée, et incidemment les particulièrement du maire. Le juge européen des droits de
magistrats, avait fait l’objet de nombreuses critiques, notam- l’Homme a estimé que la condamnation en droit interne de
ment dans le cadre de cette conférence de presse, où elle avait M. Renaud était « constitutive d’une ingérence dans le droit à la
été qualifiée de « rocambolesque ». liberté d’expression » et qu’ « une telle ingérence n’était pas
nécessaire dans une société démocratique pour atteindre ce
Dans sa décision July et Sarl Libération c/ France (CEDH, but ».
14 février 2008, req. n° 20893/03), par laquelle la France a
été condamnée à l’unanimité, le juge européen des droits de Finalement, la Cour juge que « si les motifs fournis par les juri-
l’Homme estime que « la marge d’appréciation des autorités dictions nationales pour justifier la condamnation du requérant
nationales se trouve circonscrite par l’intérêt d’une société pouvaient passer pour pertinents, ils n’étaient pas suffisants et
démocratique à permettre à la presse de jouer son rôle indis- ne correspondaient dès lors à aucun besoin social impérieux ».
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Ainsi, par exemple, alors que les violences ayant entraîné la qualité avait été le moyen d’accomplir le fait imputé ou en était
mort sans intention de la donner font encourir à leur auteur le support nécessaire (10).
la peine maximale de quinze ans de réclusion criminelle
(art. 222-7), ces mêmes violences font encourir la peine Par ailleurs, l’article 33 de la loi du 29 juillet 1881 prévoit des
maximale de vingt ans de réclusion criminelle lorsqu’elles ont sanctions aggravées pour les injures, c’est-à-dire les
atteint un certain nombre de personnes protégées, dont les expressions outrageantes, méprisantes ou les invectives ne
personnes dépositaires de l’autorité publique ou chargées contenant l’imputation d’aucun fait précis commises envers
d’une mission de service public, dans l’exercice ou à l’occa- les fonctionnaires publics, dépositaires et agents de la force
sion de l’exercice de leurs fonctions ou de leur mission publique.
(art. 222-8). Des circonstances aggravantes et sanctions
aggravées sont également prévues pour les violences ayant
entraîné une incapacité de travail pendant plus de huit L’agent présumé fautif
jours (art. 222-12) et pour les violences ayant entraîné une
incapacité de travail inférieure ou égale à huit jours ou L’agent public ne saurait être protégé quelle que soit la
n’ayant entrainé aucune incapacité de travail (art. 222-13). nature de la faute par lui commise. Il convient donc, au
II est à noter que sont visées par le code pénal non seulement regard de la jurisprudence, de cerner la nature des fautes
les violences physiques mais aussi les violences légères et susceptibles d’ouvrir droit à la protection juridique et de
les violences, qui, sans atteindre matériellement la personne, celles dérogeant par nature à ce principe général de
sont de nature à provoquer chez elle un « choc émotionnel ». protection.
Rappelons que la plus récente des circonstances aggravantes
résulte des dispositions de l’article 48 de la n° 2007-297 du La distinction entre faute personnelle
5 mars 2007 qui a inséré un 11° à l’article 222-13 du code
et faute de service : la jurisprudence « Pelletier »
pénal et qui vise les violences commises « dans des établis-
sements d’enseignement ou d’éducation ou dans les locaux de La distinction entre la faute de service et la faute personnelle
l’administration, ainsi que, lors des entrées ou sorties des remonte à l’arrêt Pelletier du Tribunal des conflits du
élèves ou du public ou dans un temps très voisin de celles-ci, 30 juillet 1873. Avant cette date, s’appliquait le système dit
aux abords de ces établissements ou locaux ». de la « garantie des fonctionnaires ». Selon l’article 75 de la
Constitution de l’an VIII, il fallait obtenir l’aval du Conseil
La loi du 29 juillet 1881 sur la presse contient des dispositions d’État pour mettre en jeu la responsabilité des agents publics
répressives spéciales concernant la mise en cause des devant les tribunaux judiciaires.
fonctionnaires sur le plan médiatique. Ainsi, l’article 31 de
la loi du 29 juillet 1881 incrimine de manière spécifique la Au terme de l’arrêt Pelletier, les tribunaux judiciaires ne
diffamation commise envers un fonctionnaire public ou un peuvent connaître que des actes privés des agents, les actes
dépositaire ou agent de l’autorité publique, à raison de ses administratifs restent de la compétence du juge administratif
fonctions ou de sa qualité. La diffamation est constituée par et le fonctionnaire est, vis-à-vis de ces actes, irresponsable.
toute allégation ou imputation d’un fait précis qui porte
atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou Cette distinction répond à la volonté de ne pas faire suppor-
du corps auquel il est imputé. ter à l’agent public les conséquences d’actes qui sont commis
dans l’exercice de ses fonctions au service de son admi-
La jurisprudence judiciaire considère que l’incrimination nistration. Une trop grande responsabilité des fonctionnaires
spécifique de diffamation envers un fonctionnaire public risquerait, de plus, d’inciter à la passivité de peur de voir
telle qu’elle est prévue par l’article 31 de la loi précitée ne sa responsabilité engagée. Il faut, enfin, noter que l’admi-
trouve à s’appliquer que lorsque la diffamation, qui doit nistration est assurément plus solvable que le fonctionnaire,
s’apprécier, non d’après le mobile qui l’a inspirée ni d’après ce qui va dans le sens d’une meilleure indemnisation des
le but recherché par son auteur, mais selon la nature du fait victimes.
sur lequel elle porte, contient la critique d’actes de la fonction
ou d’abus de la fonction, ou encore établit que la qualité ou Selon le commissaire du gouvernement Laferrière dans ses
la fonction de la personne visée a été soit le moyen d’accom- conclusions sous l’arrêt du Tribunal des conflits Laumonnier-
plir le fait imputé, soit son support nécessaire. La diffamation Carriol du 5 mai 1877, la faute de service peut se définir de la
envers un fonctionnaire public ne peut être retenue par façon suivante : « Si l’acte dommageable est impersonnel,
exemple du simple fait que le fonctionnaire visé est s’il révèle un administrateur (...) plus ou moins sujet à
responsable du service ou de l’administration où les agis- erreur, et non l’homme avec ses faiblesses, ses passions,
sements imputés auraient été commis. En revanche, il a été ses imprudences, l’acte reste administratif et ne peut être
jugé qu’un fonctionnaire mis à disposition d’un organisme
associatif de droit privé était atteint, en tant que tel, par des
(10) Chambre criminelle de la Cour de cassation, 12 juillet 1988, Bull.
imputations diffamatoires dès lors que sa fonction ou sa Crim. n° 300.
Dossier
déféré aux tribunaux ». La faute est alors imputable à la délibération afin de réduire l’emprise d’un espace boisé
fonction. Dans le cas contraire, il y a faute personnelle. classé, jugé sans doute trop contraignant.
Cette décision établissait une distinction nette entre faute de La juridiction judiciaire fut saisie d’un recours par une
service et faute personnelle et fondait à partir du dualisme association de défense de l’environnement laquelle a interjeté
de compétence un mécanisme alternatif de responsabilité et appel, appel à propos duquel le préfet du Tarn a adressé un
d’attribution de juridiction. Ce principe trop rigide a été déclinatoire de compétence à la Cour d’appel de Toulouse,
largement modulé par le juge administratif. laquelle a sursis à toute procédure.
Par ailleurs, elle consacrait le principe de l’élévation du En l’espèce, le Tribunal des conflits saisi par la transmission
conflit par l’administration en tant que moyen de protection de l’arrêté de conflit a considéré que ce fonctionnaire n’était
de son privilège de juridiction et malgré la distinction en animé par aucun intérêt personnel, que la faute a été commise
apparence claire de la faute personnelle et de la faute de dans l’exercice de ses fonctions et avec les moyens du service
service, le Tribunal des conflits, juge d’attribution, sera et ne peut donc être regardée comme une faute personnelle
souvent amené à en préciser le contenu à l’occasion d’élé- détachable du service. Il s’ensuit la compétence de la
vation de conflits par l’administration. juridiction administrative pour connaître de l’action engagée
pour obtenir réparation du préjudice prétendument subi du
La nature de la faute et le conflit de compétences fait des agissements de ce fonctionnaire. Cette jurisprudence
entre juridictions est à rapprocher de l’affaire de la paillote « Chez Francis »
en ce qu’elle concernait les gendarmes exécutants.
Comme l’enseigne le professeur René Chapus dans son traité
de droit administratif général, « si un agent public est actionné Pour exonérer le fonctionnaire de sa responsabilité civile, le
devant un tribunal judiciaire pour une faute non détachable Tribunal des conflits ne s’est pas attaché aux critères fondés
de ses fonctions et constitutive par suite d’un acte administratif, sur la gravité de la faute et en fonction de l’élément inten-
il sera fondé à évoquer l’incompétence du tribunal et ce dernier, tionnel du délit. Il s’est fondé essentiellement sur le fait que
s’il ne la reconnait pas, pourra être dessaisi grâce à la mise en le fonctionnaire « n’avait été animé par aucun intérêt person-
œuvre du conflit positif. Il en va autrement si la faute qui nel » et que la faute qu’il avait commise « l’avait été dans
provoque les poursuites est détachable des fonctions, car elle l’exercice de ses fonctions et avec les moyens du service », de
a alors la nature d’un acte privé ». En cas de faute de service, sorte que « quelle que soit sa gravité, elle ne saurait être
l’incompétence des juridictions judiciaires est d’ordre regardée comme une faute personnelle détachable du service ».
public (11).
Par ailleurs, si le conflit d’attribution n’a pas été élevé et
En pratique, et c’est un prémisse à la mise en œuvre de la que le juge judiciaire ne s’est pas déclaré incompétent et si
protection fonctionnelle, lorsque l’agent est mis en cause un jugement a condamné l’agent au paiement de réparations
devant une juridiction judiciaire pour des faits qui n’ont pas civiles (dommages-intérêts), l’administration doit prendre en
le caractère d’une faute personnelle, son administration doit charge ces dernières.
saisir le préfet du département où siège la juridiction concernée
pour décliner la compétence de celle-ci et lui demander de se En revanche, même en cas de faute de service reconnue,
déclarer incompétente à statuer sur les intérêts civils de la l’administration ne peut pas payer les éventuelles amendes
victime et, le cas échéant, procéder à l’élévation de conflit pour pénales auxquelles un agent pourrait être condamné par les
suspendre la procédure. Le juge administratif est en effet juridictions répressives, même si elle a accordé sa protection ;
seul compétent pour examiner l’existence d’une faute de en effet, le principe de personnalisation des peines selon
service commise par un agent public. lequel toute personne condamnée doit exécuter elle-même
sa peine limite ici la mise en œuvre de la protection statutaire
Un cas d’espèce concernant l’interprétation de l’alinéa 2 de des fonctionnaires.
l’article 11 du statut général illustre le problème de répartition
des compétences entre juridictions administrative et judiciaire
et témoigne de la compétence d’attribution du Tribunal des
conflits en matière de faute imputable à un agent public (12).
Dossier
Dans le second cas, la faute est commise par un agent public (13) Conseil d’État, 21 avril 1937, Mlle Quesnel, Recueil Lebon, p. 423.
en dehors du service, ou pendant le service mais est d’une (14) Conseil d’État, 23 décembre 2009, M. A, req. n° 308160.
telle incompatibilité avec le service ou les « pratiques (15) Conseil d’État, 14 novembre 2007, commune de Coudekerke-Branche,
Recueil 2008 de jurisprudence applicable aux agents territoriaux
administratives normales » qu’elle revêt une exceptionnelle (décisions de l’année 2007), Edition et diffusion La documentation
gravité, ou révèle la personnalité de son auteur et les française.
Dossier
L’évolution jurisprudentielle se poursuivant, le juge va Au demeurant, le Tribunal des conflits a jugé dans l’affaire
admettre, toujours dans l’intérêt de la victime, que pour Thepaz (16) que l’agent public qui commet une faute de service
une seule et même faute, puissent se cumuler les responsa- constitutive d’une infraction pénale engage sa responsabilité
bilités devant le juge judiciaire pour la faute personnelle et pénale, mais non sa responsabilité civile. Dans ce cas, l’action
devant le juge administratif pour la faute de service. civile est introduite devant la juridiction administrative.
C’est sans conteste l’arrêt du Conseil d’État du 26 juillet 1918, Aussi, en raison de l’existence d’une faute personnelle, la
époux Lemonnier, qui a stabilisé la jurisprudence en matière victime dispose d’un double recours. La responsabilité de
de cumul de fautes. l’agent est jugée par les tribunaux de l’ordre judiciaire, celle
de l’administration par la juridiction administrative,
Lors de la fête annuelle de la commune de Roquecourbe, l’administration pouvant recourir alors à une action récursoire
l’une des attractions proposées était un tir à la carabine sur contre l’agent.
des canards flottants sur la rivière. Cependant, depuis l’année
précédente, une promenade avait été ouverte sur la rive Le fonctionnaire qui s’est rendu coupable d’une infraction à
opposée. Bien que prévenu, le maire n’avait pas fondamen- la loi pénale, que ce soit dans l’exercice ou en dehors de
talement changé les conditions du tir. Madame Lemonnier, l’exercice de ses fonctions, peut être poursuivi, comme tout
qui se promenait avec son mari, avait été blessée par balle. citoyen, devant les tribunaux répressifs, soit à l’initiative
du parquet, soit même à l’initiative de la victime qui peut se
Dans ses conclusions, le commissaire du gouvernement Léon constituer partie civile.
Blum devait déclarer : « Si la faute a été commise dans le
service, si les moyens et les instruments de la faute ont été mis La juridiction répressive est compétente pour statuer sur
à la disposition du coupable par le service, si la victime n’a été l’action civile en cas de faute personnelle détachable du
mise en présence du coupable que par l’effet du jeu du service, service. Elle est en revanche incompétente en cas de faute de
si en un mot le service a conditionné l’accomplissement de la service ou de faute non détachable du service mettant
faute ou la production de ses conséquences dommageables, directement en cause la responsabilité de l’administration.
le juge administratif pourra et devra dire : la faute se détache
peut-être du service, mais le service ne se détache pas Par un arrêt d’Assemblée du 18 novembre 1949, Demoiselle
de la faute ». L’administration est alors responsable bien Mimeur, le Conseil d’État a admis que la responsabilité de
qu’il y ait faute personnelle. l’administration peut être engagée par un accident dû à une
faute personnelle commise par un de ses agents en dehors
L’arrêt n’allait pas aussi loin que le préconisait le commissaire du service au motif que le service a fourni la possibilité de la
du gouvernement , mais il consacrait la possibilité pour la faute. Cette jurisprudence trouva une large application dans
victime d’attaquer l’administration dans le cas d’une faute les litiges impliquant des véhicules administratifs, mais
personnelle non détachable du service. Cette solution perdit tout intérêt dans ce domaine avec la promulgation
nécessitait que certaines précautions soient prises afin que de la loi du 31 décembre 1957 attribuant pleine et entière
ce cumul de responsabilités n’aboutisse pas à un cumul de compétence aux tribunaux judiciaires pour « statuer sur
réparations. toute action en réparation des dommages de toute nature
causés par un véhicule quelconque » et que « cette action
Cet arrêt admet qu’une faute unique, due pour l’essentiel au sera jugée conformément aux règles du droit civil, la
fait personnel de l’agent entraîne aussi bien la responsabilité responsabilité de la personne morale de droit public étant à
du service que celle de l’agent. l’égard des tiers substituée à celle de son agent, auteur des
dommages causés dans l’exercice de ses fonctions ».
Le souhait de mieux
Il est apparu rapidement que
cette distinction entre la indemniser les victimes Par cette décision Demoiselle Mimeur , La Haute assemblée
faute personnelle et la faute a favorisé une interpré- admet que l’administration puisse être déclarée responsable,
civile devait être précisée de tation restrictive de la même pour une faute personnelle commise en dehors du
manière à permettre l’indem- service, pourvu que le fait dommageable ne puisse pas être
faute personnelle
nisation des victimes par considéré comme dépourvu de tout lien avec le service.
l’administration dans le plus
grand nombre possible de cas. La notion de faute personnelle Il en a été jugé ainsi dans l’arrêt du Conseil d’État du
est donc devenue très restrictive. La jurisprudence l’a définie, 26 octobre 1973, Sadoudi (req. n° 81977). Un gardien de la paix,
au-delà de la faute « privée », comme étant une faute en manipulant son arme de service, a tué accidentellement
détachable du service en raison de son caractère intentionnel un de ses collègues et compagnon de chambre. Le Conseil
ou d’une extrême gravité. d’État a estimé que « compte tenu des dangers qui résultent
pour les tiers de l’obligation faite aux gardiens de la paix de
(16) Tribunal des Conflits, 14 janvier 1935, Recueil Lebon, p. 1224. Paris de conserver une arme à feu en dehors du service,
Dossier
l’accident ne peut être regardé comme dépourvu de tout lien Dans une affaire célèbre, le 2 avril 1998, M. Papon a été
avec celui-ci ». condamné par la Cour d’assises de la Gironde à dix ans de
réclusion criminelle pour complicité de crime contre
Elargissant toujours le champ de la responsabilité de l’humanité, à raison de son implication dans la déportation
l’administration vis à vis des tiers, le Conseil d’État a jugé que de juin 1942 à août 1944 de nombreuses personnes juives.
la responsabilité de l’administration est engagée en raison Le lendemain, la Cour d’assise, statuant au civil, condamnait
du lien entre la faute personnelle et le service lorsque les M. Papon à verser des dommages et intérêts aux victimes.
fautes ont été commises « avec des moyens du service » (17) Considérant que ces faits constituaient non une faute person-
en l’occurrence l’utilisation malencontreuse d’une arme hors nelle, mais une faute de service, M. Papon qui soutenait
du service impliquant le décès d’un tiers qui fut qualifiée s’être borné à obéir aux ordres de sa hiérarchie demanda au
d’accident non dépourvu de tout lien avec le service, ou ministre de l’intérieur de le garantir et de le relever des
encore « en raison de facilités procurées par le service » (18). sommes mises à sa charge au titre de ses condamnations.
Il s’agissait dans ce dernier cas de la faute personnelle d’un C’est le refus du ministre qui fut déféré au Conseil d’État
gendarme qui s’était rendu coupable, en dehors du service, qui, par un arrêt d’assemblée du 12 avril 2002, req. n° 238689,
d’activités criminelles : le juge administratif a considéré jugea que, « si M. Papon a commis certes une faute personnelle,
que les crimes, qui constituaient à l’évidence des fautes il y a lieu, aussi, de relever une faute de service à la charge de
personnelles, n’étaient pas dépourvus de tout lien avec le l’État et de le condamner à payer la moitié des dommages et
service dès lors que l’intéressé, qui agissait sur le territoire intérêts dus par M. Papon aux victimes ». Dans ses conclusions
de sa circonscription administrative, participait aux enquêtes le commissaire du gouvernement Boissard soulignait : « C’est
et était ainsi informé de leur progression, ce qui lui avait la faute collective qui a rendu possible les agissements pour
permis d’échapper un temps aux recherches. lesquels Maurice Papon a été condamné ».
Selon une décision du 5 décembre 2005, commune du Ainsi, la circulaire n° 2158 du 5 mai 2008 précitée de la DGAFP
Cendre (19), la collectivité territoriale compétente pour prendre a apporté quelques précisons à ce sujet. Lorsqu’il est impossible
les mesures susceptibles d’assurer la protection d’un agent d’appliquer ce critère fonctionnel, soit parce que l’agent a été
public territorial en application des dispositions de l’article 11 mis à la retraite, soit parce qu’il bénéficie d’un congé parental,
de la loi du 13 juillet 1983 est non pas celle dont l’intéressé d’une mise en disponibilité, d’un détachement, d’une mise à
relevait à la date à laquelle il exerçait les fonctions ayant donné disposition ou d’une position hors cadre auprès d’un organisme
lieu aux poursuites, mais celle dont il relève à la date à laquelle privé ou régi par un statut ne prévoyant pas la protection
il est statué sur sa demande. fonctionnelle, la collectivité compétente est celle auprès de
Antérieurement, dans un arrêt du 14 février 1975, la Haute laquelle il se trouvait statutairement rattaché au jour où il a quitté
assemblée jugeait dans le même sens : « Considérant que (...), de manière temporaire ou définitive l’administration. Cette
dans les circonstances de l’affaire, et alors que le garde des même circulaire indique qu’il doit être fait une application
Sceaux, ministre de la justice n’invoque aucun motif d’intérêt pragmatique de ces critères, l’objectif étant d’éviter, en toute
général de nature à l’en dispenser, il appartenait à ce ministre, hypothèse, un déni de protection du fonctionnaire lorsque les
dont relevait le sieur Teitgen, à l’époque de la parution de conditions sont remplies pour qu’un agent puisse en bénéficier.
l’ouvrage, éventuellement après concertation avec le ministre de Il est par ailleurs à retenir que la proposition de loi de M. le
l’intérieur dont ce fonctionnaire dépendait au cours de la période député Jean-Luc Warsmann, de simplification et d’amélioration
évoquée par le livre, de provoquer les mesures susceptibles de la qualité du droit, introduit une modification de l’article 11
d’assurer la protection du requérant contre cette diffamation ; du statut général dont le premier alinéa serait ainsi rédigé :
que les décisions attaquées, en tant qu’elles refusent la protection « Les fonctionnaires bénéficient, à l’occasion de leurs fonctions
demandée par le requérant, sont des lors, entachées d’excès de et conformément aux règles fixées par le code pénal et les lois
pouvoir et doivent pour ce motif, être annulées » (Conseil d’État, spéciales, d’une protection organisée par la collectivité publique
14 février 1975, Sieur Teitgen, req. n° 87-730). qui les emploie à la date des faits en cause ».
Cette jurisprudence n’en est pas moins source de difficultés que
la loi ou le règlement résorberont peut-être.
Dossier
Il est à noter que la Cour d’assisses de la Gironde, statuant Pour éclairer l’administration dans sa prise de décision, la
au civil, avait résolument écarté toute qualification de faute demande de protection de l’agent doit être motivée et apporter
de service, interprétation qui ne liait en rien le Conseil d’État. toutes précisions utiles sur les faits avérés ou les poursuites
engagées.
La demande de protection
La réponse de l’administration
Il appartient à l’agent et à lui seul, de saisir sa hiérarchie d’une
demande de protection juridique, démarche qui ne relève La protection juridique ayant un caractère légal et impératif,
d’aucun formalisme et dont la forme écrite semble suffire. Par l’administration ne peut s’y soustraire sauf à opposer, s’il elle
ailleurs, au regard des faits reprochés, aucun délai n’est s’y croit fondée au vu des éléments en sa possession au
opposable à la saisine de l’administration et ce, quand bien moment de la demande, l’existence d’une faute personnelle,
même ils seraient survenus à l’occasion de fonctions exercées détachable du service ou pour un motif d’intérêt général, et
sur un autre poste que celui occupé par l’agent au moment ce sous le contrôle du juge.
de la demande (21), ce qui signifie, entre autre, que la prise
en charge des frais de procédure par l’administration peut Dans l’hypothèse de l’enclenchement d’une procédure pénale,
intervenir postérieurement au jugement concluant cette le quatrième alinéa de l’article 11 du statut général est
procédure. dépourvu d’ambiguïté : « La collectivité publique est tenue
d’accorder sa protection au fonctionnaire ou à l’ancien
(20) Conseil d’État, Section, 14 mars 2008, M. André P., req. n° 283943. fonctionnaire dans le cas où il fait l’objet de poursuites pénales
(21) Conseil d’État, 17 mai 1995, M. Kalfon, req. n° 141635. à l’occasion de faits qui n’ont pas le caractère d’une faute
Dossier
personnelle ». Cela signifie, à notre sens, que la collectivité C’est ici aussi la jurisprudence, au cas par cas, qui a délimité
peut ne pas attendre la demande de protection de l’agent pour les possibilités de refus de protection par l’administration.
l’accorder.
Dans l’hypothèse suivante, le refus de protection a légalement
Au demeurant, la protection juridique peut être accordée à pu être motivé par l’existence d’une faute personnelle
titre rétroactif. Tel est le cas, notamment, lorsqu’elle avait été détachable du service : par un jugement du tribunal de
refusée pour une faute personnelle dont l’inexistence est grande instance de Paris statuant en matière correctionnelle
ensuite établie, par exemple à la connaissance d’un jugement en date du 13 décembre 2007 et devenu définitif, un colonel,
pénal définitif, considérant avec certitude que les faits commandant le centre des relations humaines de l’armée
reprochés n’ont pas été commis (22). Toutefois, comme l’a de terre, a été condamné pour prise illégale d’intérêts par
rappelé le Conseil d’État par une décision du 23 juillet 2008, chargé de mission de service public dans une affaire qu’il
req. n° 308238, l’administration n’est pas liée par la qualifi- administre ou qu’il surveille et, d’autre part, d’atteinte à la
cation retenue par le juge pénal. liberté d’accès ou à l’égalité des candidats dans les marchés
publics. Le Conseil d’État, saisi d’une demande de censure
D’une manière générale, le refus de protection fonctionnelle du refus du ministre de la défense de faire droit à la demande
de l’agent se conçoit bien évidemment en cas d’immatérialité d’octroi de la protection fonctionnelle de ce militaire a estimé
des éléments générateurs mais l’administration peut « que ces faits étaient, de par leur gravité eu égard tant au
également le motiver à raison de l’intérêt général. À cet égard caractère organisé et répété des manquements constatés
l’acception du juge est particulièrement restrictive. qu’aux responsabilités exercées par M. A, constitutifs d’une
faute personnelle détachable du service ; qu’ainsi, M. A n’est
Dans l’hypothèse d’une implication pénale de l’agent, pas fondé à soutenir qu’en refusant, au vu des éléments dont
l’administration peut, au vu des éléments dont elle dispose il disposait au moment de la demande de l’intéressé, de lui
à la date de sa décision et sous le contrôle du juge, arguer du accorder le bénéfice de la protection juridique, le ministre de
caractère personnel de la ou des fautes qui ont conduit à la défense a inexactement qualifié sa faute ou méconnu les
l’engagement de la procédure pénale, sans attendre l’issue dispositions de l’article L. 4123-10 du code de la défense (relatif
de cette dernière pour opposer un à la protection fonctionnelle des militaires) ; que les conclu-
refus de protection. Toutefois, un sions de M. A tendant à l’annulation de la décision ministérielle
maire ne saurait se prévaloir, dès Le refus d’accorder du 6 juin 2007, laquelle est suffisamment motivée » (25).
lors qu’il a intenté une action au la protection doit
pénal contre l’un de ses agents, Le Conseil d’État a précisé que l’obligation de protection ne
être motivé
de sa seule allégation du caractère s’éteignait pas dans l’hypothèse où les attaques avaient
pénal des faits à l’appui de sa diminué ou cessé au moment où cette protection était
plainte. Ceci ne peut suffire à qualifier les faits de faute demandée par l’agent et que le refus de protection était
personnelle (23). Par ailleurs, il y a lieu d’appréhender la infondé dans une telle hypothèse (voir encadré page
notion de poursuite pénale restrictivement, c’est-à-dire suivante).
uniquement dans les cas où l’action publique est mise en
œuvre contre l’agent public et non dans le simple cas d’un Par une autre décision (26), la Haute assemblée a admis la
simple dépôt de plainte ou d’une enquête préalable (24). possibilité d’obtenir par la voie du référé, tel que prévu
à l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la
Le refus de l’administration d’accorder la protection doit suspension d’un refus d’octroi de la protection fonctionnelle.
être rendu de manière explicite, motivé et comporter la
mention des voies et délais de recours. L’administration doit En l’espèce, le directeur d’une unité d’enseignement et de
notifier par écrit les considérations de droit et de fait pour recherche de l’université Paris VIII s’estimant diffamé par un
lesquelles elle estime que les faits reprochés à l’agent document anonyme, avait sollicité la protection juridique
paraissent détachables du service et par voie de conséquence auprès du directeur de l’université qui lui opposa, par son
insusceptibles de donner lieu à la protection statutaire. silence gardé, une décision implicite de rejet. Ayant introduit
Le silence gardé pendant plus de deux mois par l’admi- une requête en annulation ainsi qu’un référé-suspension
nistration vaut décision de rejet de la demande, conformément auprès du tribunal administratif compétent, lequel ayant
au droit commun. été écarté, le requérant s’est pourvu en cassation. Le Conseil
d’État a considéré que l’ordonnance de référé était entachée
d’une dénaturation des faits alors que l’urgence était établie,
(22) Conseil d’État, 4 mai 1979, ministère du travail c/Sidel, Recueil Lebon,
p. 846.
(23) Conseil d’État, 14 novembre 2007, commune de Coudekerke-Branche, (24) Conseil d’État, Védrenne, 19 novembre 1993, req. n° 74235, Recueil
Recueil 2008 de jurisprudence applicable aux agents territoriaux, Lebon, p. 323.
décisions de l’année 2007, Edition et diffusion La documentation (25) Conseil d’État, 23 décembre 2009, req. n° 308160.
française. (26) Conseil d’État, 14 décembre 2007, M. J., req. n° 307950.
Dossier
l’université s’apprêtant à engager des poursuites pénales Dans le même sens, le refus par l’administration d’accorder
fondées sur le document anonyme réputé diffamatoire. à un militaire la protection prévue par l’article 24 de la loi
du 13 juillet 1972, dans le cas où il fait l’objet de poursuites
Statuant sur le fond, le juge de cassation a relevé que, compte pénales à l’occasion de faits qui n’ont pas le caractère d’une
tenu de « la gravité de la mise en cause de l’enseignant et de faute personnelle, est susceptible de créer une condition
la large diffusion du document anonyme en cause, d’autre d’urgence lorsque le coût de la procédure exposerait l’inté-
part, du silence observé par le président de l’université qui s’est ressé à des dépenses auxquelles il ne serait pas en mesure de
borné, par une note en date du 5 septembre 2007, à rappeler faire face et compromettrait ainsi la possibilité pour lui
aux membres du corps professoral les règles de déontologie, d’assurer sa défense dans des conditions satisfaisantes. Il
[M. J.] justifie, eu égard au préjudice moral qu’il subit, d’une appartient au requérant d’apporter, devant le juge des référés,
situation d’urgence au sens de l’article L. 521-1 du code de les éléments permettant d’apprécier si la condition d’urgence
justice administrative » ; le juge ajoute « que, dans les est remplie (27).
circonstances de l’espèce, alors que l’université n’excipe dans
ses écritures d’aucun motif d’intérêt général ou de la faute L’insuffisance ou l’inconsistance des mesures de protection
personnelle du requérant pour justifier son refus, le moyen prises par l’administration est aussi sanctionnée par le juge :
tiré de ce que l’université Paris VIII ne pouvait priver [M. J.] dans le cas d’un professeur s’estimant injustement mis en
de la protection qui lui était due est propre à créer un doute cause par un collègue, une lettre d’un président d’université
sérieux quant à la légalité de ce refus ». adressée à l’instance disciplinaire compétente mais se bornant
à demander la résolution du litige entre les deux universi-
taires, n’est pas un acte de protection au sens de l’article 11
de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 :
« Considérant que, l’université n’excipant d’aucun motif
d’intérêt général ou d’une faute personnelle de la requérante
Conseil d’État, 18 mars 1994, M. Rimasson, pour justifier son refus, la protection prévue par les dispositions
req. n°92-410 citées ci-dessus del’article 11 de la loi du 11 juillet 1983 était due
à Mme A ; que, d’une part, le président de l’université ne saurait
« Considérant, d’une part, qu’il résulte des pièces du dossier se prévaloir, pour estimer avoir fait diligence, de la lettre du
que les véhémentes prises à partie dont M. Rimasson a 17 février 2009 adressée à la présidente de la section
été l’objet et les appréciations injurieuses portées sur son disciplinaire de l’université, qui se borne à demander à celle-
comportement dans l’exercice de ses fonctions, constituent ci de résoudre un litige opposant Mme A à son collègue M. B ;
des attaques relevant de I’ article 12 précité ; que, d’autre part, il ne ressort pas de l’instruction que le
« Considérant, d’autre part, que l’obligation imposée à la président de l’université ait pris d’autres initiatives pouvant
collectivité publique peut avoir pour objet, non seulement de constituer la protection à laquelle Mme A avait droit ; que, dès
faire cesser les attaques auxquelles le fonctionnaire est lors, Mme A est fondée à soutenir que le refus du président en
exposé, mais aussi de lui assurer une réparation adéquate date du 20 février 2008 est entaché d’excès de pouvoir et à en
des torts qu’il a subis ; que, par suite, la circonstance qu’à demander l’annulation» (28).
la date à laquelle le ministre de l’éducation nationale a
refusé à M. Rimasson le bénéfice de la protection prévue a A contrario, dans une autre espèce (29), le Conseil d’État a jugé
l’article 12 précité, les attaques dont il avait été l’objet suffisante la protection suivante accordée par l’administration
avaient cessé n’est pas de nature a justifier le rejet de sa et consistant en une simple communication aux auteurs des
demande ; que si aucune disposition de la loi du 29 juillet attaques :
1881 sur la liberté de la presse n’établit d’obligation d’enga- « Considérant, qu’à l’issue de la séance de la commission de
ger des poursuites dans le cas d’injures ou de diffamations spécialistes présidée par M. A, et au cours de laquelle n’a pas
envers les fonctionnaires publics à la charge du ministre, ce été retenue la candidature, au titre du concours ouvert en
dernier n’est pas dispensé, pour autant, de son devoir de 2005, de M. à un poste de professeur de japonais à l’université
protection par tout moyen approprié et notamment en de Toulouse-Le-Mirail, M. ainsi que d’autres personnes, pour
assistant, le cas échéant, le fonctionnaire dans les procédures la plupart également enseignants en japonais, ont invectivé
judiciaires qu’il entreprendrait pour sa défense ; que les M. A et plusieurs membres de la commission, leur reprochant
réponses du ministre aux questions écrites de plusieurs leur indignité et le déshonneur qu’ils portaient sur l’université ;
parlementaires et la lettre adressée par lui au maire de la ville que M. A, a demandé à M., président de l’université, de lui
ou se trouve le lycée Corneille et publiée dans la presse accorder, par toute mesure appropriée, la protection prévue
locale, ne sauraient, en raison de la généralité des termes par les dispositions précitées ; que M. A a demandé au juge
employés et de l’absence de référence précise au compor-
tement du requérant, être regardée comme ayant constitué (27) Conseil d’État, 18 septembre 2003, M. Yves X. req. n° 259772.
la protection exigée par les textes législatifs ». (28) Conseil d’État, 14 octobre 2009, Mme Samya E., req. n° 315956.
(29) Conseil d’État, 12 octobre 2009, M. U., req. n° 321444.
Dossier
administratif d’annuler la décision du président de l’université, introduire un recours de plein contentieux en réclamant une
en date du 3 juin 2005, prise en réponse à sa demande ; indemnité à l’administration pour avoir refusé illégalement
« Considérant que, par la décision attaquée, le président de de lui accorder sa protection. L’administration qui refuse
l’université, après avoir affirmé comprendre l’émotion ressentie irrégulièrement sa protection commet en effet une faute
par M. A, a assuré ce dernier qu’il ferait part aux enseignants envers son agent susceptible, en cas de préjudice, d’entraîner
auteurs des invectives du caractère regrettable des incidents sa condamnation au paiement de dommages et intérêts.
en cause ; que, par cette décision, qui ne saurait être regardée
comme un refus, le président de l’université a pris, compte Pour mémoire, l’article 66 de la loi de finances rectificative
tenu des circonstances de l’espèce, une mesure de protection pour 2002, n° 2002-1576 du 30 décembre 2002, disposait
appropriée aux attaques dont M. A avait fait l’objet ; qu’ainsi que « lorsque plusieurs fonctionnaires civils ou militaires sont
la décision du 3 juin 2005 n’est pas intervenue en mécon- poursuivis devant la juridiction pénale pour les mêmes faits
naissance des dispositions précitées ». commis à l’occasion ou dans l’exercice de leurs fonctions, la
décision par laquelle l’État décide de défendre l’un d’entre
On signalera enfin une affaire dans laquelle il a été jugé eux est automatiquement applicable, dans les mêmes
qu’un maire à l’origine d’un détachement d’un de ses agents conditions, aux autres personnes poursuivies ». Toutefois la
sur un emploi « écran » et qui aurait porté plainte ultérieu- loi n° 2007-148 du 2 février 2007 de modernisation de la
rement contre ce même agent pour « emploi fictif », ne peut fonction publique, en son article 33, a abrogé ce texte, au motif
lui refuser la protection fonctionnelle (30) : « Considérant que que cette obligation pour l’État (ou une collectivité) posait
les faits qui ont servi de fondement aux poursuites engagées des problèmes de cohérence avec les dispositions du statut
contre Mme B devant le juge pénal étaient relatifs au général.
détachement dont elle a fait l’objet entre 1991 et 1999 auprès
de la communauté urbaine de Dunkerque, alors qu’elle était
agent de la commune de Coudekerque-Branche ; qu’il ressort Le retrait de la protection juridique
du dossier que si Mme B n’ignorait pas le caractère irrégulier
de ce détachement qui ne s’est assorti d’aucun service effectif
auprès de la communauté urbaine, ce détachement résultait Les cas les plus probables de revirement de l’administration
de la volonté du maire de la commune de Coudekerque- concerneront les protections accordées au titre de l’alinéa 4
Branche, qui en a pris l’initiative et organisé les modalités ; que, de l’article 11 du statut général, et motivés soit par une
dès lors, ces faits ne revêtent pas le caractère d’une faute décision du juge répressif défavorable à l’agent, soit par les
personnelle de Mme B au sens des dispositions citées ci-dessus infor-mations nées de la procédure pénale argumentant la
de la loi du 13 juillet 1983 ; que cette dernière est, par suite, probabilité de la faute personnelle.
fondée à demander l’annulation du refus qui lui a été opposé
pour ce motif par le maire de la Commune de Coudekerque- Dans sa décision du 14 mars 2008 (31) , le Conseil d’État a
Branche ». rappelé que l’administration « peut mettre fin à la protection
pour l’avenir lorsqu’[elle] constate postérieurement, sous
En l’absence de motif d’intérêt général dûment justifié, ce que le contrôle du juge, l’existence d’une faute personnelle » ;
la jurisprudence a très rarement retenu, ou de faute mais il a aussi affirmé qu’elle ne pouvait assortir la décision
personnelle de l’agent détachable du service, la décision de accordant le bénéfice de sa protection d’une condition
refus de protection est illégale. Si la collectivité publique suspensive ou résolutoire.
refuse irrégulièrement de
protéger l’agent ou de réparer Une décision originale et récente de censure d’un retrait
Le refus illégal de
le préjudice subi, l’agent vient d’être prononcée par le Conseil d’État, juge de cassation,
dispose d’une double voie protection peut être le 31 mars 2010. En l’espèce, M. A, inspecteur général de la
de recours contre l’admi- annulé par le juge Ville de Paris, avait été mis en cause par un article de presse
nistration. D’une part, il peut administratif et ouvrir portant atteinte à son honneur et à sa considération, et avait
introduire devant le juge porté plainte avec constitution de partie civile sur le
droit à des dommages
administratif un recours pour fondement de l’article 31 de la loi du 29 juillet 1881.
excès de pouvoir pour obtenir et intérêts
l’annulation du refus de Successivement le tribunal de grande instance de Paris, puis
protection. En ce cas, l’agent pourra obtenir du juge la cour d’appel de Paris l’ont débouté de sa demande, au motif
l’annulation du refus de protection. Il sera alors préférable qu’il ne remplissait pas, au fond, les conditions permettant
pour lui de réintroduire une demande pour que l’admi- l’application de l’article 31 de la loi du 29 juillet 1881.
nistration agisse puisqu’il sera placé dans la situation
antérieure à la décision négative de l’autorité administrative
(30) Conseil d’État, 10 mars 2010, Mme. B., req. n° 321125.
et que la décision du juge ne fait pas injonction à l’admi- (31) Conseil d’État, 14 mars 2008, M. André A.,req. n°283943, publié au
nistration d’accorder la protection. D’autre part, l’agent peut Recueil Lebon.
Dossier
Souhaitant se pourvoir en cassation, le maire lui alors refusé que le pourvoi n’ait pas eu de chances de succès compte tenu
le bénéfice de la protection juridique précédemment accordée d’une jurisprudence bien établie de la Cour de cassation, il
au motif qu’une jurisprudence constante de la Cour de répondait au souhait de l’intéressé, non de voir trancher une
cassation interdisait tout espoir d’issue favorable au pourvoi. question de principe mais de voir porter une appréciation sur
Le Conseil d’État, pour rejeter le pourvoi de la Ville de Paris l’applicabilité des dispositions de l’article 31 de la loi du 29 juillet
dirigé contre l’arrêt de la cour administrative d’appel de 1881 à sa situation ; qu’en jugeant par ces motifs que la
Paris qui, à la demande de M. A, a annulé la décision de protection ne pouvait pas être refusée à ce stade à M. A, alors
refus de protection, a considéré que la cour administrative qu’elle lui avait été accordée aux étapes antérieures de la
d’appel s’est fondée à raison sur ce que « à supposer même procédure et que le pourvoi en cassation portait sur une
L’action récursoire
L’action récursoire se définit comme un recours en justice l’indemnité entre l’administration et l’agent doit être réglée,
exercé contre le véritable débiteur d'une obligation par celui qui sous le contrôle du juge administratif, en fonction de l’existence
est tenu de l'exécuter en tant que débiteur solidaire, garant ou et de la gravité des fautes respectives constatées. L’agent
responsable du fait d'autrui. condamné par le juge judiciaire peut donc se retourner contre
l’administration pour obtenir le remboursement partiel de
Ainsi, si à l'issue d’une procédure, il apparaît que les faits
l’indemnité en cas de partage de responsabilité. De même,
commis par l'agent ont le caractère d'une faute personnelle, la
dans le cas où un agent public a été poursuivi par un tiers pour
collectivité peut se retourner vers l'intéressé pour obtenir le
faute de service et où aucune faute personnelle détachable
remboursement des sommes engagées pour indemniser la
de l’exercice de ses fonctions ne lui est imputable, la collectivité
victime, sur le fondement de la jurisprudence Laruelle à
publique a l’obligation, à défaut d’avoir élevé le conflit d’attri-
l’occasion de laquelle Conseil d’État jugea que les agents
bution entre les deux ordres de juridiction, de le couvrir de
publics sont pécuniairement responsables envers leur admi-
l’intégralité des condamnations civiles prononcées contre lui
nistration quand le préjudice qu’ils lui ont causé est imputable
(Conseil d’État, 26 avril 1963, Centre hospitalier de Besançon,
à des fautes personnelles (Conseil d’État, Assemblée, Laruelle,
Recueil Lebon, p. 243).
28 juillet 1951, req. n° 01074 ).
Plus récemment, le Conseil d’État a jugé que Monsieur Papon
Inversement, l’agent condamné par le juge judiciaire peut
était fondé à prétendre faire supporter solidairement à
donc se retourner contre l’administration pour obtenir le
l’administration la charge des dommages-intérêts auxquels il
remboursement partiel des indemnités en cas de partage de
avait été seul condamné dès lors qu’il existait un lien entre le
responsabilité en se fondant sur la jurisprudence Delville :
service et la faute, comme nous l’avons vu plus haut.
M. Delville, chauffeur au ministère de la reconstruction et de
l’urbanisme, avait été condamné par les tribunaux judiciaires De même, le fait qu'une réparation soit accordée par une
à réparer l’intégralité des dommages subis par la victime d’un collectivité publique à la victime d'une faute personnelle de
accident qu’il avait causé en conduisant un camion de l’admi- l'agent détachable de l'exercice de ses fonctions sur la base
nistration. L’accident était imputable à la fois, et dans une d'une transaction amiable, sans décision de justice condamnant
égale mesure, au fait que cet agent conduisait sous l’empire d’un la collectivité, n'empêche pas cette dernière de recourir à une
état alcoolique, faute personnelle, et au mauvais état des freins action récursoire contre l'agent auteur du dommage (32).
du véhicule, constituant une faute imputable au service. En L’évolution de la jurisprudence est marquée par une orientation
conséquence, le Conseil d’État jugea que M. Delville était fondé favorable aux victimes. Dès lors que la faute dont il est demandé
à demander à l’État le remboursement de la moitié des réparation peut être rattachée, même indirectement, au service,
indemnités qu’il avait été condamné à payer (Conseil d’État, ou, selon l’expression consacrée, que la faute personnelle de
Assemblée, 28 juillet 1951, Delville, req. n° 04032). Ainsi, l’agent ne soit pas « dénuée de tout lien avec le service », la
dans le cas où un dommage a été causé par les effets conjugués victime peut obtenir réparation de son préjudice directement
de la faute de service et de la faute personnelle d’un agent, la auprès de l’administration qui avait autorité sur l’agent, alors
victime peut demander à être indemnisée de la totalité du même que ce dernier a commis une faute personnelle, à charge
préjudice soit à l’administration, devant le juge administratif, pour la collectivité d’engager une action récursoire à l’encontre
soit à l’agent, devant le juge judiciaire. Mais la répartition de de l’agent fautif (33).
Dossier
question d’application de la loi utile à sa défense et ne pouvait Dans l’hypothèse où l’abrogation interviendrait au terme
ainsi être regardé, en tout état de cause, comme manifestement d’une décision du juge répressif, on peut légitimement penser
dépourvu de toute chance de succès, la cour administrative que la protection (honoraires d’avocats, frais d’expertises,
d’appel n’a pas fait une application inexacte des dispositions indemnisation des victimes …) aura pleinement agit. Dès
de l’article 11 précité de la loi du 13 juillet 1983 ». lors, seule une action récursoire à l’initiative de l’adminis-
tration permettra à celle-ci de se retourner contre l’agent
Le caractère d’acte créateur de droits de la décision accordant coupable afin d’obtenir le remboursement des sommes
la protection fait obstacle à ce que l’administration puisse engagées par elle (voir encadré page précédente).
légalement retirer, plus de quatre mois après sa signature en
application du droit commun des actes administratifs Le problème du remboursement à la collectivité publique des
unilatéraux depuis la décision d’Assemblée Ternon, frais de justice engagés au nom de la protection statutaire des
hormis dans l’hypothèse où celle-ci aurait été obtenue par fonctionnaires responsables de fautes détachables du service
fraude. Précisons ici qu’en application de la loi n° 79-587 interpelle le législateur. Il a fait l’objet d’une récente réponse
du 12 juillet 1979 relative à la motivation des actes admi- du ministre du budget, des comptes publics, de la fonction
nistratifs, le refus, l’abrogation ou le retrait d’une décision publique et de la réforme de l’État à une question écrite d’un
administrative individuelle créatrice de droit doit être motivé. parlementaire :
« La réforme permettant ce remboursement figure dans la
L’expression « pour l’avenir » retenue par le Conseil d’État proposition de loi de M. Jean-Luc Warsmann, de simplification
dans la décision précitée du 14 mars 2008 peut laisser et d’amélioration de la qualité du droit (n° 1890), enregistrée
supposer que le retrait n’aurait aucun effet rétroactif. Or, à la présidence de l’Assemblée nationale le 7 août 2009, qui
seule l’abrogation met fin à l’existence d’un acte pour l’avenir devrait être soumis à l’examen du Parlement dans les prochains
sans remettre en cause les effets produits antérieurement mois. L’article 37 de cette proposition de loi prévoit, en effet,
lors de son application. Elle met donc fin simplement à la possibilité pour la collectivité publique de retirer la protection
l’application de l’acte qui est devenu illégal du fait du constat fonctionnelle, lorsqu’une décision de justice définitive révèle
de la faute personnelle exonératoire de la protection l’existence d’une faute personnelle des personnes auxquelles
fonctionnelle au sens de l’alinéa 4. cette mesure a été octroyée. La proposition de loi précise que
la collectivité publique aura un délai de six mois, à compter du
jour où la décision de justice est définitive, pour prendre une
telle mesure »(34) . g
statut au quotidien
L
es conditions de mise en œuvre en charge partielle du prix des titres
de cette mesure, qui étend à d’abonnement correspondant aux – d’un logement de fonction et ne
l’ensemble du territoire un méca- déplacements effectués par les agents supportent aucun frais de transport pour
nisme jusqu’alors mis en place en région publics entre leur résidence habituelle se rendre à leur lieu de travail ;
parisienne, ont été précisées par le et leur lieu de travail. Ce décret est – d’un véhicule de fonction ;
décret n°2008-1501 du 30 décembre commun aux trois fonctions publiques – d’un transport collectif gratuit entre
2008. Entré en vigueur le 1er janvier et homogénéise ainsi le régime appli- leur domicile et leur lieu de travail ;
2009, ce dispositif n’était toutefois pas cable à l’ensemble des agents publics.
applicable aux agents des trois fonctions Il entre en vigueur le 1er juillet 2010 et – d’une prise en charge au titre des frais
publiques, et notamment à la fonction abroge notamment, à cette date, le de déplacement temporaires ;
publique territoriale qui restait régie décret du 26 juillet 1983 précité.
par le décret n°83-718 du 26 juillet 1983
relatif à la prise en charge partielle par Code du travail
les collectivités locales et leurs établis- Le champ des bénéficiaires article L. 3261-2
sements publics du prix des titres de
transports de leurs agents pour le trajet L’article 1er du décret du 21 juin 2010 L’employeur prend en charge, dans
domicile-travail en région parisienne, pose le principe selon lequel l’ensemble une proportion et des conditions
dans l’attente de la publication de des agents des collectivités territoriales déterminées par voie réglementaire,
mesures réglementaires spécifiques (1). et de leurs établissements publics, qu’ils le prix des titres d’abonnements
soient fonctionnaires ou agents non souscrits par ses salariés pour leurs
Tel est l’objet du décret n°2010-676 du titulaires, ont droit, en application de déplacements entre leur résidence
21 juin 2010, publié au Journal officiel l’article L. 3261-2 du code du travail, à habituelle et leur lieu de travail
du 22 juin 2010, instituant une prise la prise en charge partielle par leur accomplis au moyen de transports
employeur du prix des titres d’abonne- publics de personnes ou de services
(1) Se reporter aux Informations administratives et
ment correspondant aux déplacements publics de location de vélos.
juridiques de janvier 2009. qu’ils effectuent pour se rendre à leur
Statut au quotidien
– de l’allocation spéciale instituée en transports de la région Ile-de-France ». employeur peut prétendre à la prise en
faveur des agents dont la résidence Ce plafond, comme l’a confirmé un charge du ou des titres de transport lui
administrative est située à l’intérieur de communiqué de presse consultable sur permettant d’effectuer l’ensemble des
la zone de compétence de l’autorité le site du ministère du travail, de la déplacements entre sa résidence habi-
organisatrice des transports parisiens solidarité et de la fonction publique, tuelle et ses différents lieux de travail.
et qui ne peuvent utiliser les transports correspond à la moitié de la somme
en commun du fait de leur handicap. des abonnements Navigo zones 1-2 et L’article 6 du décret énumère de manière
zones 1-6, soit 76 euros par mois au limitative les périodes pendant lesquelles
1er juillet 2010. la prise en charge partielle des titres de
Les catégories d’abonnements À titre dérogatoire, le dernier alinéa de transports est suspendue (voir encadré).
pris en charge l’article 3 du décret autorise le maintien
des dispositifs de prises en charge
Aux termes de l’article 2 du décret du supérieures à ce plafond éventuellement Périodes de suspension
21 juin 2010, font l’objet de la prise en mis en place par certaines collectivités
de la prise en charge
charge les deux catégories d’abonne- antérieurement au 22 juin 2010, date
mentes suivantes : de publication du décret (2).
La prise en charge partielle des titres
– les abonnements multimodaux à de transports est suspendue pendant
La participation de l’employeur couvre
nombre de voyages illimité ainsi que les périodes de :
le coût des titres de transport, sur la
les cartes et abonnements annuels, congé de maladie ;
base du tarif le plus économique, x
Statut au quotidien
statut au quotidien
Expérimentation
des entretiens professionnels :
le dispositif réglementaire
Les collectivités peuvent désormais fonder l’évaluation des
fonctionnaires qu’elles emploient sur l’entretien profes-
sionnel créé par la loi n° 2009-972 du 3 août 2009(1). En effet,
L’
article 76-1 de la loi n°84-53
du 26 janvier 1984, créé par la l’expérimentation du dispositif d’évaluation dérogatoire à la
loi du 3 août 2009 (reproduit
en encadré page suivante), et son décret notation est applicable depuis la publication d’un décret au
d’application permettent aux collec- Journal officiel du 30 juin 2010 (2).
tivités qui le souhaitent de s’affranchir,
pendant une période limitée, de la
procédure de notation. Dans ce cadre, sionnels en remplacement du dispositif Les agents concernés
elles peuvent lier les décisions relatives de notation (4). Si le bilan de l’expéri-
à la promotion interne et aux avan- mentation dans la fonction publique Seuls les fonctionnaires territoriaux
cements à des comptes-rendus dressés territoriale est positif, les entretiens concernés par le dispositif de la notation
au terme d’entretiens annuels, et non professionnels seront peut-être péren- et visés dans une délibération sont
plus aux fiches de notation. Depuis nisés, comme cela sera le cas dans la concernés par l’entretien professionnel.
la parution de la loi n° 2010-751 du fonction publique de l’État à compter
5 juillet 2010 (3) au Journal officiel du du 1er janvier 2012 (5). L’entretien professionnel s’applique
6 juillet 2010, il est prévu que les dispo- « aux fonctionnaires territoriaux men-
sitions expérimentales s’appliquent à Le décret du 29 juin 2010 réglemente tionnés à l’article 1er du décret du
la fonction publique territoriale pour précisément la tenue des entretiens 14 mars 1986 » (7). Or, l’article auquel il
les années 2010, 2011 et 2012. professionnels afin d’harmoniser les est ainsi renvoyé vise l’ensemble des
pratiques des collectivités participant agents territoriaux soumis au système de
Le dispositif mis en place par le décret, à l’expérimentation et de préserver les la notation, c’est-à-dire les fonction-
daté du 29 juin 2010, se rapproche de droits des fonctionnaires évalués. Il naires relevant de cadres d’emplois
celui déjà prévu dans la fonction publi- tend également à ce que les employeurs dotés d’un statut particulier prévoyant
que de l’État. Notamment, à l’instar des territoriaux utilisent ces entretiens leur notation, mais aussi les agents
ministères, les employeurs territoriaux comme des outils de gestion des res- non titulaires.
ont le choix d’appliquer ou non les sources humaines (6).
-- S’agissant des fonctionnaires, confor-
règles relatives aux entretiens profes-
mément à l’article 17 de la loi n°83-634
du 13 juillet 1983 (8), certains statuts
(3) Article 42 de la loi n°2010-751 du 5 juillet 2010
(1) Article 15 de la loi n°2009-972 du 3 août 2009 relative à la rénovation du dialogue social et
relative à la mobilité et aux parcours profes- comportant diverses dispositions relatives à la (6) Se reporter au rapport soumis au Premier
sionnels dans la fonction publique. Pour plus fonction publique. Cette loi fera l’objet d’un ministre lors de la présentation du projet de
de détails, se reporter au dossier consacré à commentaire dans un prochain numéro des décret au Conseil supérieur de la fonction
cette loi, paru dans le numéro des Informations Informations administratives et juridiques. publique territoriale.
administratives et juridiques d’août 2009. (4) Décret n°2007-1365 du 17 septembre 2007 (7) Article 1er du décret n°2010-716 du 29 juin 2010,
(2) Décret n°2010-716 du 29 juin 2010 portant portant application de l'article 55 bis de la loi qui renvoie au décret n°86-473 du 14 mars 1986
application de l’article 76-1 de la loi n°84-53 du n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions relatif aux conditions générales de notation
26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de des fonctionnaires territoriaux.
statutaires relatives à la fonction publique l'État. (8) Loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits
territoriale. (5) Article 35 de la loi n°2009-972 du 3 août 2009. et obligations des fonctionnaires.
Statut au quotidien
particuliers des cadres d’emplois peu- relatives à l’entretien professionnel. Ce Le décret rappelle, conformément à
vent ne pas prévoir de système de dernier est annuel et donne lieu à un l’article 76-1 de la loi du 26 janvier 1984,
notation. Les membres de ces cadres compte-rendu (10). que l’entretien est conduit par le supé-
d’emplois sont donc exclus de l’expéri- rieur hiérarchique direct du fonction-
mentation (9). naire évalué. Il ajoute qu’il doit porter
Le déroulement des entretiens
– Même si les agents non titulaires sont principalement sur :
professionnels
soumis à la procédure de notation, ils – « les résultats professionnels obtenus
semblent exclus de l’expérimentation, Le pouvoir réglementaire a défini une par le fonctionnaire eu égard aux objectifs
le décret du 29 juin 2010 mentionnant procédure commune aux entretiens qui lui ont été assignés et aux conditions
exclusivement « les fonctionnaires terri- professionnels, afin de « garantir (…) d’organisation et de fonctionnement du
toriaux ». une certaine homogénéité tant dans service dont il relève ;
l’organisation que le déroulé de l’entre-
L’expérimentation est rendue applicable tien professionnel », et d’« assurer la – la détermination des objectifs assignés
au niveau local par une délibération de sécurité juridique du processus (…) », au fonctionnaire pour l’année à venir et
l’organe délibérant. Cette délibération comme le précise le rapport soumis au les perspectives d’amélioration de ses
peut prévoir qu’elle vise soit l’ensemble Premier ministre lors de l’examen du résultats professionnels, compte tenu, le
des cadres d’emplois d’une collectivité, projet de décret. cas échéant, des évolutions prévisibles en
soit uniquement certains cadres d’em- matière d’organisation et de fonction-
plois ou emplois. La participation des Tout d’abord, un délai minimal de huit nement du service ;
collectivités au dispositif est donc à la jours est fixé entre le moment où le – la manière de servir du fonctionnaire ;
fois facultative et susceptible de modu- fonctionnaire reçoit une convocation – les acquis de son expérience profes-
lations s’agissant des agents concernés. de son supérieur hiérarchique direct et sionnelle ;
la date de l’entretien professionnel,
Les fonctionnaires, qui en vertu d’une sachant que la convocation à l’entretien – le cas échéant, ses capacités d’enca-
délibération, sont ainsi soumis à l’expé- doit être accompagnée de la fiche de drement ;
rimentation ne sont pas soumis au poste de l’intéressé et d’un exemplaire – les besoins de formation du fonction-
système de notation. Ils sont donc d’une « fiche d’entretien professionnel » naire eu égard, notamment, aux missions
évalués conformément aux dispositions qui servira de base au compte-rendu (11). qui lui sont imparties, aux compétences
qu’il doit acquérir et aux formations dont
il a bénéficié ;
– les perspectives d’évolution profes-
Article 76-1 de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 sionnelle du fonctionnaire en termes de
portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale carrière et de mobilité » (12).
« Au titre des années 2010, 2011 et 2012*, l’autorité territoriale peut se fonder, Comme le souligne le rapport précité,
à titre expérimental et par dérogation au premier alinéa de l’article 17 du titre I er du le pouvoir réglementaire a souhaité
statut général et à l’article 76 de la présente loi, sur un entretien professionnel notamment ici « introduire un volet
pour apprécier la valeur professionnelle des fonctionnaires prise en compte pour management par la définition contrac-
l’application des articles 39, 78 et 79 de la présente loi. tualisée entre le supérieur hiérarchique et
L’entretien est conduit par leur supérieur hiérarchique direct et donne lieu à l’établis- l’agent, d’objectifs individuels à atteindre
sement d’un compte rendu. pour l’année N+1 ».
La commission administrative paritaire peut, à la demande de l’intéressé, en
proposer la révision. Enfin, l’entretien fait l’objet d’un compte-
rendu portant sur les thèmes énumérés
Le Gouvernement présente chaque année au Conseil supérieur de la fonction
ci-dessus et « sur l’ensemble des autres
publique territoriale un bilan de cette expérimentation. Il en présente également le
thèmes qui, le cas échéant, ont pu être
bilan au Parlement avant le 31 juillet 2013*.
éventuellement abordés au cours de
Un décret en Conseil d’État fixe les modalités d’application du présent article ». l’entretien ». Il est établi et signé par le
supérieur hiérarchique direct et compor-
* Modifications apportées par l’article 42 de la loi n°2010-751 du 5 juillet 2010 relative à la te une appréciation générale traduisant
rénovation du dialogue social et comportant diverses dispositions relatives à la fonction la valeur professionnelle du fonction-
publique.
naire (13).
(9) Il s’agit des médecins, des psychologues et (10) Article 2 du décret n°2010-716 du 29 juin 2010. (12) Article 3 du décret n°2010-716 du 29 juin 2010.
des biologistes, vétérinaires et pharmaciens (11) Article 6 du décret n°2010-716 du 29 juin 2010. (13) Article 76-1 de la loi n°84-53 du 26 janvier
territoriaux. 1984.
Statut au quotidien
L’appréciation de la valeur les employeurs portent sur les agents. Ils La comparaison entre les critères appli-
professionnelle des sont déterminés limitativement par les cables à la notation et ceux cités à titre
fonctionnaires soumis statuts particuliers des cadres d’emplois indicatif par le décret du 29 juin 2010
ou, concernant ceux de la catégorie C, illustre les changements opérés ces
aux entretiens
par un décret commun (16). La manière dernières années dans la gestion du
L’objet principal du compte-rendu est, dont les critères sont fixés est différente personnel des collectivités territoriales.
à l’instar de celui de la fiche de notation, dans le dispositif expérimental de Comme l’indique le rapport, « le mérite
de matérialiser l’évaluation portée par l’entretien professionnel. En effet, il est au centre de l’appréciation et devient
les supérieurs hiérarchiques et les revient à chaque collectivité de les un outil de gestion des ressources
autorités territoriales sur les fonction- prévoir, dans le respect des conditions humaines ».
naires qui leur sont subordonnés, en réglementaires et après avis du comité
vue de prendre des décisions relatives technique paritaire. Le décret du 29 juin Les suites des entretiens
à leur promotion et à leurs avance- 2010 cite des éléments sur lesquels les
ments (14). À cet effet, chaque compte- critères doivent notamment porter. Dans l’immédiat
rendu contient obligatoirement une Mentionnés de manière non limitative, Le compte-rendu de l’entretien profes-
appréciation littérale de la valeur profes- ils constituent, selon les termes du sionnel est d’abord visé par l’autorité
sionnelle du fonctionnaire. rapport soumis au Premier ministre, un territoriale qui peut ajouter des obser-
« socle commun » aux collectivités parti- vations. Il est ensuite transmis au
L’appréciation de la valeur profession- cipant à l’expérimentation. Il s’agit de : fonctionnaire, dans les dix jours qui
nelle des fonctionnaires concernés par – « l’efficacité dans l’emploi et la réali- suivent l’entretien. L’intéressé peut
l’expérimentation s’effectue à l’aide sation des objectifs ; ajouter des commentaires relatifs à la
de critères qui sont fonction de la nature conduite de l’entretien ou aux différents
des tâches qui leur sont confiées et – les compétences professionnelles et sujets abordés à cette occasion. Il est
du niveau des responsabilités qu’ils techniques ; tenu de signer le compte-rendu, afin
assument (15). – les qualités relationnelles ; d’attester qu’il en a pris connaissance.
– la capacité d’encadrement ou, le cas Après l’avoir signé, il le renvoie à son
Dans le cadre de la notation, des critères échéant, à exercer des fonctions d’un supérieur hiérarchique direct, au terme
encadrent également l’appréciation que niveau supérieur ». d’un délai maximal de dix jours (17).
Critères applicables aux cadres d’emplois Critères applicables aux cadres d’emplois Critères fixés en fonction de la nature
des catégories A et B, sauf exception de catégorie C des tâches et du niveau de responsabilité
(critères fixés par les décrets portant statuts (critères fixés à l’article 8 du décret n°87-1107 critères fixés par la collectivité, après avis du
particulier) du 30 décembre 1987) comité technique paritaire. Les éléments sur
lesquels ils doivent notamment porter sont
précisés à l’article 4 du décret du 29 juin 2010
n aptitudes générales n connaissances professionnelles
et sont les suivants :
n efficacité n initiative, exécution, rapidité, finition
n qualités d’encadrement n sens du travail en commun et relations n efficacité dans l'emploi et la réalisation
n sens des relations humaines avec le public des objectifs
n ponctualité et assiduité n compétences professionnelles
et techniques
n qualités relationnelles
n capacité d'encadrement ou, le cas
échéant, à exercer des fonctions
d'un niveau supérieur
(14) Article 76-1 de la loi n°84-53 du 26 janvier (16) Article 8 du décret n°87-1107 du 30 décembre
1984. 1987 portant organisation des carrières des
(15) Article 4 du décret n°2010-716 du 29 juin 2010. fonctionnaires territoriaux de catégorie C. (17) Article 6 du décret n°2010-716 du 29 juin 2010.
Statut au quotidien
Le compte-rendu est inséré dans le Le fonctionnaire peut saisir l’autorité réception. L’intéressé conserve alors la
dossier individuel du fonctionnaire. Si territoriale d’une demande de révision possibilité de saisir le juge administratif,
la collectivité est affiliée à un centre de du compte-rendu, dans les quinze jours dans le respect des délais applicables
gestion, elle doit lui en communiquer francs suivant la date à laquelle il en a aux recours contentieux.
une copie, « dans les délais compatibles pris connaissance. En retour, l’autorité
avec l’organisation des commissions lui notifie sa décision de réviser ou, à À l’occasion de l’élaboration
administratives paritaires » (CAP). l’inverse, de refuser la révision, au terme des tableaux d’avancement
L’intérêt de cette précision est princi- d’un délai maximal de quinze jours L’article 8 du décret du 29 juin 2010
palement de permettre aux secrétariats également (19). établit un lien entre l’examen de la
des commissions d’avoir rapidement valeur professionnelle des fonction-
connaissance des comptes-rendus, en Le fonctionnaire qui a effectué une telle naires effectué à l’occasion de l’élabo-
vue de préparer des éventuels recours. demande de révision peut saisir la CAP ration des tableaux d’avancement et le
Les CAP rendant un avis préalablement compétente pour sa catégorie hiérar- dispositif expérimental d’évaluation
à certaines décisions d’avancement et chique. La commission ne peut être annuelle. Il prévoit ainsi la prise en
de promotion, au regard des comptes- saisie au-delà d’un délai de quinze jours compte des comptes-rendus d’entretien
rendus d’entretien notamment, il parait suivant la notification à l’agent de la dans le cadre des procédures d’avan-
également utile que les centres de réponse formulée par l’autorité terri- cement, au même titre que les fiches de
gestion en aient connaissance à ce titre. toriale. Les membres de la CAP peuvent notation, en application des articles 78
dans ce cadre proposer la modification et 79 de la loi du 26 janvier 1984.
Par ailleurs, on indiquera que les CAP ne du compte-rendu à l’autorité territoriale,
sont pas chargées d’examiner systéma- sachant qu’ils doivent être informés de Il est rédigé en ces termes : « Pour
tiquement les comptes-rendus, alors tous éléments utiles d’information. l’établissement du tableau d’avance-
qu’il est prévu qu’elles se réunissent ment, il est procédé à un examen de la
obligatoirement au cours du premier Enfin, au terme de la procédure, l’auto- valeur professionnelle du fonctionnaire,
trimestre de l’année pour l’examen rité doit transmettre le compte-rendu compte tenu notamment :
des fiches de notation (18). définitif au fonctionnaire qui en accuse 1°) des comptes-rendus d’entretiens
professionnels
2°) des propositions motivées formulées
Le bilan annuel de l’expérimentation par le chef de service,
3°) et, pour la période antérieure à la
mise en place de l’entretien professionnel,
La loi prévoit que le gouvernement présente au niveau national un bilan annuel de
des notations ».
la mise en œuvre de l’expérimentation au Conseil supérieur de la fonction publique
territoriale (CSFPT) (article 76-1 de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984). L’article 8 ajoute en outre que, si deux
Au niveau local, le pouvoir réglementaire impose la communication par les collectivités agents ont un mérite jugé égal, ils sont
d’un bilan annuel de la mise en œuvre de l’expérimentation au comité technique départagés au regard de l’ancien-
paritaire dont elles relèvent. Les bilans des collectivités doivent être transmis au CSFPT neté détenue dans le grade dont ils
pour l’établissement du bilan national (articles 9 et 10 du décret n°2010-716 du relèvent. g
29 juin 2010).
(18) Article 5 du décret n°86-473 du 14 mars 1986. (19) Article 7 du décret n°2010-716 du 29 juin 2010.
à paraître prochainement :
Dispositions législatives
fpt
Edition 2010
veille jurisprudentielle
Conseil d’État, 2 juin 2010, Les dispositions relatives à l’hygiène et à la sécurité du travail
Ministre de l’éducation nationale, ainsi qu’à la prévention médicale dans la fonction publique ne
req. n° 320 935 subordonnent pas la reprise de son service par un agent ayant
exercé son droit de retrait à une information préalablement délivrée
par l’administration sur les mesures prises pour faire cesser la
situation ayant motivé l’exercice de ce droit
Extraits de l’arrêt « Considérant qu’aux termes de l’article 5-6 du décret du 28 mai 1982 relatif à
l’hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu’à la prévention médicale dans la
fonction publique : Si un agent a un motif raisonnable de penser que sa situation
de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou pour sa santé ou
s’il constate une défectuosité dans les systèmes de protection, il en avise
immédiatement l’autorité administrative. Aucune sanction, aucune retenue de
salaire ne peut être prise à l’encontre d’un agent ou d’un groupe d’agents qui
se sont retirés d’une situation de travail dont ils avaient un motif raisonnable
de penser qu’elle présentait un danger grave et imminent pour la vie ou la santé
de chacun d’eux. La faculté ouverte au présent article doit s’exercer de telle
manière qu’elle ne puisse créer pour autrui une nouvelle situation de danger grave
et imminent. L’autorité administrative ne peut demander à l’agent de reprendre
son activité dans une situation de travail où persiste un danger grave et imminent
(...) ;
Considérant qu’il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond qu’à
la suite de divers actes de violence intervenus au lycée Romain Rolland de
Goussainville (Val-d’Oise), Mlle A, professeur dans cet établissement, a exercé
le droit de retrait prévu par ces dispositions au cours des journées des 23, 27,
28 et 29 janvier 2003 ; qu’elle a repris son service le 5 février 2003 après avoir
reçu une lettre de l’inspecteur d’académie du 4 février 2003 informant les
enseignants des mesures prises pour améliorer la sécurité dans l’établissement ;
qu’au titre de l’absence de service fait durant ces quatre jours, l’administration
a effectué une retenue sur son traitement du mois de juillet 2003 ; que, par une
décision du 12 janvier 2004, le ministre délégué à l’enseignement scolaire a rejeté
le recours hiérarchique présenté par Mlle A contre cette retenue ; que le ministre
de l’éducation nationale se pourvoit en cassation contre le jugement du tribunal
administratif de Cergy-Pontoise du 3 juillet 2008 en tant seulement que, pour
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RAPPELS ET COMMENTAIRES
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15 mars 2001 (4) en son article 2 qui exercé le droit de retrait ainsi que les
énonce : obligations préalables de l’adminis-
« Les missions incompatibles avec le tration.
droit de retrait prévu à l’article 1er
ci-dessus sont les suivantes : Pour les magistrats du Palais Royal,
1°) Pour les agents des cadres d’emplois cette reprise de fonction n’est pas
des sapeurs-pompiers, les missions subordonnée à une information préa-
opérationnelles définies par l’article lable par l’administration sur les
L. 1424-2 du code général des collecti- mesures prises pour faire cesser la
vités territoriales relatif aux services situation à l’origine de l’exercice de ce
d’incendie et de secours ; droit. En effet, le Conseil d’État estime
2°) Pour les agents des cadres d’emplois qu’aucune disposition de l’article 5-6
de police municipale et pour les agents du décret du 28 mai 1982 relatif à
du cadre d’emplois des gardes champêtres l’hygiène et à la sécurité du travail ainsi
et en fonction des moyens dont ils dispo- qu’à la prévention médicale dans la
sent, les missions destinées à assurer le fonction publique d’État n’impose une
bon ordre, la sécurité, la santé et la salu- telle information à l’administration. En
brité publique, lorsqu’elles visent à revanche, l’article 5-7 du même décret
préserver les personnes d’un danger grave comme l’article 5-2 du décret du 10 juin
et imminent pour la vie ou pour la santé ». 1985 applicable à la fonction publique
territoriale impose à l’administration
Précisons en ce qui concerne les agents qu’elle informe le comité d’hygiène et
non titulaires et les fonctionnaires terri- sécurité ou le comité technique paritaire
toriaux à temps non complet relevant du des mesures qu’elle prend ou entend
régime général de sécurité sociale, que prendre pour mettre un terme au danger
l’article 5-4 du décret prévoit à leur profit constaté.
le bénéfice du régime de réparation de
la faute inexcusable de l’employeur Le Conseil d’État considère également
tel que défini aux articles L. 452-1 et que les dispositions réglementaires
suivants du code de la sécurité sociale, n’obligent pas davantage l’adminis-
dès lors qu’ils auraient été victimes d’un tration à inviter l’agent à reprendre le
accident du travail ou d’une maladie travail dès que la situation de danger a
professionnelle alors qu’eux-mêmes ou disparu.
un membre du comité d’hygiène et de
sécurité avaient signalé au chef de En l’espèce, suite à divers actes de
service ou à son représentant le risque violence dans un établissement scolaire,
qui s’est matérialisé. Ce dispositif permet, une enseignante avait exercé le droit
dans les conditions énoncées aux de retrait tel que prévu par l’article 5-6
articles L. 452-2 à L. 452-5, d’accorder à du décret du 28 mai 1982, (l’article 5-1 du
l’agent victime une indemnisation décret du 10 juin 1985 pour la fonction
complémentaire du préjudice subi, au publique territoriale ) et n’a repris son
moyen d’une majoration des indem- service qu’ après avoir reçu une lettre de
nités qui lui sont dues en application l’inspecteur d’académie informant les
du code de la sécurité sociale. personnels des mesures prises pour
améliorer la sécurité dans l’établis-
Le premier intérêt de la décision du sement alors que les désordres avaient
2 juin 2010 est son existence même car été circonscrits antérieurement à cette
la jurisprudence administrative en ce réception. Le juge a dès lors considéré
domaine n’est guère prolifique au regard que l’administration n’avait pas commis
des nombreuses décisions de la juri- d’erreur d’appréciation en opérant une
diction judiciaire. Aucun arrêt du retenue sur traitement au titre d’une
Conseil d’État ou des cours adminis- journée déterminée, le droit de retrait
tratives d’appel ne semble être intervenu n’ayant pas été exercé à bon droit le
en la matière depuis 1995. jour concerné puisque le calme était
alors déjà revenu dans l’établissement, (4) Arrêté du 15 mars 2001 portant détermination
Elle vient apporter également une utile ce que ne contestait pas la requérante. g des missions de sécurité des personnes et des
biens incompatibles avec l’exercice du droit
précision sur les conditions de la reprise de retrait dans la fonction publique territoriale
de leur service par des agents qui ont (J.O. du 24 mars 2001, NOR : FPPA0110020A).
veille jurisprudentielle
Conseil d’État, 26 mai 2010, La participation des professeurs d’enseignement artistique à des
M. Philippe A, req. n° 307628 concerts publics organisés par l’employeur territorial qui n’ont
pas pour objet de permettre aux élèves des conservatoires et à
leurs professeurs de pratiquer la musique en public pour valoriser
l’enseignement dispensé ne constitue ni une obligation de service
hebdomadaire, ni l’accessoire nécessaire d’une telle obligation.
Extraits de l’arrêt « Considérant qu’il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que
M. A, professeur territorial d’enseignement musical à l’école nationale de musique
de Belfort, a participé en tant que musicien, à la demande de la communauté de
l’agglomération belfortaine, son employeur, à plusieurs concerts publics entre
le 1er février 2002 et le 12 mai 2006, dans le cadre du festival Musique Passion
que celle-ci organisait ; que M. A se pourvoit en cassation contre le jugement du
16 mai 2007 par lequel le tribunal administratif de Besançon a rejeté sa demande
tendant à ce que la communauté de l’agglomération belfortaine soit condamnée
à lui payer les sommes de 3 145,84 euros en rémunération des heures exécutées
lors de concerts donnés au festival Musique Passion, de 3 855,84 euros
en rémunération des heures supplémentaires de service effectuées entre le
1er février 2002 et le 12 mai 2006 et de 1 500 euros à titre de dommages et
intérêts pour préjudice moral ;
Considérant qu’aux termes de l’article 2 du décret du 2 septembre 1991 portant
statut particulier du cadre d’emplois des professeurs territoriaux d’enseignement
artistique (musique, danse, art dramatique, arts plastiques), dans sa rédaction
applicable au litige : Les professeurs d’enseignement artistique exercent leurs
fonctions, selon les formations qu’ils ont reçues, dans les spécialités suivantes :
1° Musique ; 2° Danse ; 3° Art dramatique ; 4° Arts plastiques. / Les spécialités
Musique, Danse et Arts plastiques comprennent différentes disciplines. / Pour
les spécialités Musique, Danse et Art dramatique, ils exercent leurs fonctions
dans les conservatoires nationaux de région et les écoles nationales de musique
ainsi que dans les écoles de musique agréées. (...) / Les professeurs
d’enseignement artistique assurent un enseignement hebdomadaire de
seize heures (...) ;
Considérant que la participation des professeurs territoriaux d’enseignement
artistique à des concerts publics organisés par leur employeur territorial ne
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Actualité
documentaire
Références
Textes Cette rubrique regroupe des références de textes parus et non parus
au Journal officiel.
Références Textes
Arrêté du 31 mars 2010 portant inscription sur une liste – urbanisme et développement des territoires : 21 postes
d’aptitude (administrateurs territoriaux). pour le concours externe, 10 postes pour le concours
(NOR : IOCB1013336A). interne, 4 postes pour le troisième concours.
J.O., n°120, 27 mai 2010, texte n°59, (version électronique
exclusivement).- 1 p.
La liste émane du conseil général de la Loire-Atlantique.
Cadre d’emplois / Catégorie A. Filière culturelle.
Conservateur de bibliothèques
Arrêté du 13 avril 2010 portant inscription sur une liste Arrêté du 1er avril 2010 portant inscription sur une liste
d’aptitude (administrateurs territoriaux). d’aptitude (conservateurs territoriaux de bibliothèques).
(NOR : IOCB1013547A). (NOR : IOCB1011885A).
J.O., n°122, 29 mai 2010, texte n°44, (version électronique J.O., n°126, 3 juin 2010, texte n°61, (version électronique
exclusivement).- 1 p. exclusivement).- 1 p.
La liste émane du centre de gestion de l’Oise. La liste émane du conseil régional du Bas-Rhin.
Cadre d’emplois / Catégorie A. Filière administrative. Arrêté du 12 avril 2010 portant inscription sur une liste
d’aptitude (conservateurs territoriaux de bibliothèques).
Attaché (NOR : IOCB1013404A).
Arrêté du 6 mai 2010 modifiant l’arrêté du 13 janvier 2010 J.O., n°120, 27 mai 2010, texte n°60, (version électronique
portant ouverture d’un examen professionnel d’accès au exclusivement).- 1 p.
grade d’attaché principal territorial. La liste émane du président du centre de gestion de l’Aude.
(NOR : IOCB1012488A).
J.O., n°112, 16 mai 2010, texte n°11, (version électronique
exclusivement).- 1 p. Cadre d’emplois / Catégorie A. Filière police municipale.
Le lieu de l’épreuve écrite de l’examen professionnel Directeur de police municipale
organisé par le centre de gestion de La Réunion est modifié.
Arrêté du 18 mai 2010 organisant un examen professionnel
de directeur de police municipale.
Arrêté du 29 avril 2010 complétant l’arrêté du 4 février
(NOR : IOCB1015070A).
2010 portant ouverture de concours d’attaché territorial.
J.O., n°134, 12 juin 2010, texte n°12, (version électronique
(NOR : IOCB1014398A). exclusivement).- 1 p.
J.O., n°130, 8 juin 2010, texte n°10, (version électronique
exclusivement).- 1 p. Le centre de gestion de la Grande couronne organise un
examen professionnel dont les épreuves écrites
Sont précisés les centres d’épreuves écrites pour le concours d’admissibilité auront lieu le 1er décembre 2010 et les
organisé par le centre de gestion d’Ille-et-Vilaine. épreuves orales d’admission du 31 janvier au 4 février 2011.
Les dossiers de candidature peuvent être demandés du
Arrêté du 18 mai 2010 modifiant l’arrêté du 24 mars 2010 27 juillet au 15 septembre 2010 et remis le 23 septembre
portant ouverture de concours d’attaché territorial. 2010 au plus tard.
(NOR : IOCB1013634A).
J.O., n°122, 29 mai 2010, texte n°24, (version électronique
exclusivement).- 1 p. Cadre d’emplois / Catégorie A. Filière technique.
Le centre de gestion de la Gironde organise les concours Ingénieur
interne, externe et de troisième voie dans les spécialités
Arrêté du 26 mai 2010 modifiant l’arrêté du 4 janvier 2010
« administration générale », « animation », « analyste »,
portant ouverture de concours externe d’ingénieur
« gestion du secteur sanitaire et social » et « urbanisme et
territorial.
développement des territoires dont le nombre de postes est
(NOR : IOCB1014176A).
modifié comme suit :
J.O., n°128, 5 juin 2010, texte n°20, (version électronique
– administration générale : 216 postes pour le concours
exclusivement).- 1 p.
externe, 108 postes pour le concours interne, 37 postes
pour le troisième concours ; Le nombre de postes au concours d’ingénieur territorial
– gestion du secteur sanitaire et social : 26 postes pour dans la spécialité « infrastructure et réseaux » est modifié.
le concours externe, 12 postes pour le concours interne,
5 postes pour le troisième concours ;
– analyste : 6 postes pour le concours externe, 3 postes Cadre d’emplois / Catégorie B
pour le concours interne, 1 poste pour le troisième Stage
concours ; Titularisation
– animation : 14 postes pour le concours externe, 6 postes
pour le concours interne, 3 postes pour le troisième Arrêté du 7 mai 2010 modifiant l’arrêté du 10 avril 2007
concours ; fixant la liste des professions prises en compte pour le
Références Textes
classement dans les cadres d’emplois relevant du décret présentant les symptômes listés dans le présent arrêté si
n°2002-870 du 3 mai 2002 fixant les dispositions celle-ci demande une consultation médicale (art. 6).
statutaires communes applicables aux cadres d’emplois
des fonctionnaires de la catégorie B de la fonction
publique territoriale. Cadre d’emplois / Sapeur-pompier professionnel.
(NOR : IOCB1009727A). Emplois de direction
J.O., n°115, 20 mai 2010, texte n°29, (version électronique
exclusivement).- 2 p. Arrêté du 27 avril 2010 portant inscription sur une liste
d’aptitude (directeurs départementaux des services
L’intitulé de l’arrêté du 10 avril 2007 et les dispositions de
d’incendie et de secours) au titre de l’année 2009.
son article 15 sont modifiés pour prendre en compte le
(NOR : IOCE1001172A).
décret n°2010-329 portant dispositions statutaires commu-
J.O., n°113, 18 mai 2010, texte n°46, (version électronique
nes applicables aux cadres d’emplois des fonctionnaires
exclusivement).- 6 p.
de la catégorie B, notamment.
Cadre d’emplois / Catégorie B. Filière police municipale. Congé de formation syndicale / Liste des centres
Chef de service de police municipale agréés
Arrêté du 25 mai 2010 modifiant l’arrêté du 9 février 1998
Arrêté du 18 mai 2010 portant ouverture d’un examen
fixant la liste des centres et instituts dont les stages ou
professionnel de chef de service de police municipale de
sessions ouvrent droit au congé pour formation syndicale
classe exceptionnelle.
des agents de la fonction publique territoriale.
(NOR : IOCB1013734A).
(NOR : IOCB1012260A).
J.O., n°29, 2 juin 2010, texte n°8, (version électronique
J.O., n°126, 3 juin 2010, texte n°13, (version électronique
exclusivement).- 1 p.
exclusivement).- 1 p.
Le centre de gestion de la grande couronne organise un
La liste fixée par l’arrêté du 9 février 1998 est modifiée.
examen professionnel dont l’épreuve écrite se déroulera le
7 décembre 2010 et l’épreuve orale du 14 au 18 février 2011.
Les dossiers de candidature peuvent être retirés du Déplacement temporaire / Frais de mission
27 juillet au 15 septembre 2010 et remis le 23 septembre
2010 au plus tard. Arrêté du 11 mai 2010 modifiant l’arrêté du 3 juillet 2006
modifié fixant les taux des indemnités de mission prévues
à l’article 3 du décret n°2006-781 du 3 juillet 2006 fixant
Cadre d’emplois / Filière police municipale les conditions et les modalités de règlement des frais
Police du maire occasionnés par les déplacements temporaires des
personnels civils de l’État.
Sécurité (NOR : BCRB1010199A).
Décret n°2010-544 du 26 mai 2010 modifiant le décret J.O. n°116, 21 mai 2010, texte n°38, (version électronique
n°2000-276 du 24 mars 2000 fixant les modalités exclusivement).- 2 p.
d’application de l’article L. 412-51 du code des communes L’annexe 1 est modifiée.
et relatif à l’armement des agents de police municipale.
(NOR : IOCA0931083D).
J.O., n°120, 27 mai 2010, pp. 9598-9599. Durée du travail
Les pistolets à impulsions électriques sont ajoutés à la Congé annuel / Report ou rémunération des congés
liste des armes de 4e catégorie que les agents de police non pris
municipaux sont autorisés à porter (art. 2). Une formation
spécifique préalable à l’autorisation du port de cette arme Décret n°2010-531 du 20 mai 2010 modifiant certaines
est organisée par le Centre national de la fonction publique dispositions relatives au compte épargne-temps dans la
territoriale et est sanctionnée par un certificat individuel fonction publique territoriale.
remis aux agents (art. 3). (NOR : IOCB0928735D).
J.O., n°117, 22 mai 2010, texte n°17, (version électronique
exclusivement).- 4 p.
Arrêté du 26 mai 2010 relatif aux précautions d’emploi du
pistolet à impulsions électriques par les agents de police Le chapitre 1er du présent décret contient des dispositions
municipale. modifiant le décret n°2004-878 relatif au compte épargne-
(NOR : IOCA0931086A). temps dans la fonction publique territoriale. Sont modifiées
J.O., n°120, 27 mai 2010, pp. 9599-9600. notamment les conditions d’utilisation des jours épargnés
en fonction de l’existence d’une délibération prise par la
Sont détaillées les différentes règles limitant l’usage du
collectivité ou l’établissement prévoyant l’indemnisation
pistolet à impulsions électriques. Le responsable de la police
ou la prise en compte au sein du régime de retraite
municipale est tenu de faire procéder à un examen médical
additionnelle de la fonction publique.
pour toute personne atteinte par le tir de cette arme ou
Références Textes
En cas d’absence de délibération ou si la délibération a été une expérience en pédiatrie dénommé médecin de
prise et les droits épargnés inférieurs à vingt jours l’agent l’établissement ou du service (art. 17).
ne peut utiliser ses droits que sous forme de congés Les articles 19 à 21 du présent décret fixent le nombre de
(art. 4). Dans le cas où la délibération a été prise et les professionnels chargés de l’encadrement des enfants qui,
jours épargnés supérieurs à vingt jours, l’agent peut opter, à l’exception de celui des établissements d’accueil collectif
dans les proportions qu’il souhaite, pour une prise en d’une capacité limitée à dix places, doit être constitué
compte au sein du régime de retraite additionnelle ou une pour 40 % au moins de l’effectif de puéricultrices, d’édu-
indemnisation ou un maintien de ces jours sur le compte, cateurs de jeunes enfants, d’auxiliaires de puériculture,
l’agent non titulaire devant choisir entre ces deux dernières d’infirmiers ou de psychomotriciens diplômés d’État et
options (art. 5). Les jours inscrits sur le compte épargne- pour 60 % au plus de personnels titulaires ayant une
temps au 31 décembre 2009 font l’objet de dispositions qualification définie par arrêté du ministre chargé de la
transitoires détaillées au chapitre III du présent décret famille justifiant d’une expérience ou bénéficiant d’un
(art. 14). accompagnement défini par l’arrêté (art. 19).
Sont détaillées la prise en compte au sein du régime de Les « jardins d’éveil » peuvent accueillir entre douze et
retraite additionnelle de la fonction publique (art. 6) et quatre-vingt enfants avec un personnel encadrant d’un
l’indemnisation des jours épargnés par les agents titulaires professionnel pour douze enfants (art. 25).
et non titulaires (art. 7). Les jours épargnés par les agents
titulaires et non titulaires peuvent être maintenus sur le
compte épargne-temps dans la limite de soixante jours
Hygiène et sécurité
(art. 8). À l’issue d’un congé de paternité ou de maternité, Médecine professionnelle et préventive
d’adoption ou d’accompagnement d’une personne en
Circulaire DGT n°2010-03 du 13 avril 2010 relative au
fin de vie l’agent bénéficie de plein droit aux congés
contrôle du risque chimique sur les lieux de travail.
accumulés sur son compte épargne-temps (art. 9). En cas
(NOR : MTST1010075C).
de décès d’un agent, ses ayants droits bénéficient de
B.O. du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité
l’indemnisation telle que déterminée à l’article 7 du présent
et de la ville, n°4, 30 avril 2010, texte n°1, (version électronique
décret (art. 12).
exclusivement).- 14 p.
Cette circulaire détaille les modifications apportées au
Filière médico-sociale contrôle du risque chimique par le décret n°2009-1570 du
Crèche 15 décembre 2009, et, plus précisément, les modalités de
contrôle et d’évaluation des risques, les mesures de
Etablissement public / Social et médico-social protection à mettre en œuvre par l’employeur ainsi que le
Décret n°2010-613 du 7 juin 2010 relatif aux contrôle des valeurs limites biologiques et les mesures en
établissements et services d’accueil des enfants de moins prendre en cas de dépassement de ces valeurs.
de six ans.
(NOR : MTSA1014681D).
Prime exceptionnelle
J.O., n°130, 8 juin 2010, pp. 10485-10488.
Sont modifiés les articles du code de la santé publique Arrêté du 3 mai 2010 fixant les éléments à prendre en
définissant les établissements concernés, leurs missions, compte pour le calcul de l’indemnité dite de garantie
individuelle du pouvoir d’achat au titre de l’année 2010.
les modalités d’autorisation ou d’avis de création,
d’extension ou de transformation et les capacités d’accueil (NOR : MTSF1009434A).
J.O., n°117, 22 mai 2010, p. 9448.
des jardins d’enfants ainsi que l’accueil d’enfants en
surnombre dans les établissements (art. 2 à 12). Pour la période de référence fixée du 31 décembre 2005 au
La direction d’un établissement ou d’un service d’accueil 31 décembre 2009, le taux de l’inflation est fixé à 6,2 % et
d’une capacité égale à inférieure ou égale à quarante places la valeur moyenne du point à 53,201 euros pour 2005 et à
peut être confiée à une puéricultrice diplômée d’État ou à 55,026 euros pour 2009.
un éducateur de jeunes enfants tous deux justifiant de
trois ans d’expérience professionnelle sous réserve, pour
le cas d’un éducateur de jeunes enfants, qu’il s’adjoigne Recrutement / Droits civiques
le concours d’une puéricultrice ou d’un ou une infirmière Recrutement / Code électoral
justifiant d’au moins une année d’expérience profession-
nelle auprès de jeunes enfants (art. 13). Les établissements
Radiation des cadres / Perte des droits civiques
d’accueil collectif (micro-crèches) dont la capacité est Radiation des cadres / Réintégration à l’issue d’une
limitée à dix places sont dispensés de l’obligation de période de privation des droits civiques
désigner un directeur, le gestionnaire de l’établissement
étant tenu de désigner un référent technique titulaire d’une Décision n°2010/6/7 QPC du 11 juin 2010.
qualification mentionnée aux articles R. 2324-34, 2324-35 (NOR : CSCX1015594S).
ou 2324-46 (art. 14). Les établissements d’une capacité J. O., n°134, 12 juin 2010, p. 10849.
supérieure à dix places s’assurent le concours régulier La présente décision du Conseil constitutionnel, saisi d’une
d’un médecin spécialiste ou d’un généraliste possédant question prioritaire de constitutionnalité (M. Stéphane
Références Textes
Références
Jurisprudence Cette rubrique regroupe une sélection de décisions des juridictions
administratives, judiciaires, financières et européennes ainsi que
de conclusions, publiées, des Commissaires du gouvernement. En application de la délibération
de la CNIL du 29 novembre 2001 publiée au Journal officiel du 18 janvier 2002, les noms et
adresses des personnes physiques mentionnées dans des décisions de jurisprudence et dans leurs
commentaires sont désormais occultés. Par ailleurs, aucune copie totale ou partielle des articles
ici référencés ne peut être délivrée.
Références Jurisprudence
Références Jurisprudence
Cadre d’emplois / Catégorie A. Filière médico-sociale. L’agrément prévu par les dispositions de l’article L. 412-49
Psychologue du code des communes peut être refusé lorsqu’un agent ne
présente pas les garanties d’honorabilité requises pour
Constitution initiale d’un cadre d’emplois occuper l’emploi de l’administration municipale auquel il
Non titulaire a été nommé.
Est légale, en l’espèce, la décision du procureur de la
Cour administrative d’appel de Versailles, 3 juin 2009,
République refusant l’agrément en qualité de gardien de
Commune de Saint-Denis, req. nos 08VE01671 et
police municipale à un stagiaire ayant fait l’objet de deux
09VE01199.
procédures, séparées l’une de l’autre par une durée de
Il résulte des dispositions de l’article 23 du décret n°92-853 trois ans, portant sur des actes de dégradation de biens et
du 28 août 1992 que seuls les fonctionnaires territoriaux de menaces de mort, dès lors que ces faits sont, par leur
autorisés à faire usage du titre de psychologue dans nature et leur répétition, révélateurs d’un défaut de
l’exercice de leurs fonctions sont intégrés en qualité de maîtrise de soi rendant cet agent inapte à l’exercice des
titulaires dans le cadre d’emplois des psychologues fonctions d’agent de police municipale, même si ces faits
territoriaux au titre de la constitution initiale de ce cadre n’ont pas donné lieu à des condamnations pénales et même
d’emplois. si, s’agissant de certains d’entre eux, les victimes ont retiré
Est donc légale la décision d’une collectivité locale refusant leurs plaintes. La circonstance que les évaluations dont
d’intégrer un agent non titulaire en qualité de psychologue cet agent a fait l’objet au sein de son service font état de
titulaire, dès lors que, bien qu’il était en activité au sein sa bonne intégration et de ses qualités professionnelles
d’une collectivité locale à la date de la publication du est sans incidence sur la légalité de la décision de refus.
décret du 28 août 1992 et qu’il était autorisé à faire usage Il résulte, par ailleurs, des articles 17-1 de la loi du 21 janvier
de son titre de psychologue, il ne détenait pas la qualité 1995 et 1er du décret du 6 septembre 2005 que les décisions
de fonctionnaire territorial au moment de la publication relatives à l’agrément des agents de police municipale
de ce décret. peuvent être précédées d’enquêtes administratives
donnant lieu à la consultation de traitements automatisés
de données personnelles portant en particulier sur des
Cadre d’emplois / Catégorie B. Filière police municipale. procédures judiciaires en cours.
Chef de service
Droits du fonctionnaire Concession de logement
Responsabilité administrative
Cour administrative d’appel de Paris, 17 novembre 2009,
Cour administrative d’appel de Marseille, 16 juin 2009, M. M., req. n°08PA04901.
Commune de Poulx, req. n°07MA00732.
Sont légaux, à la fois la délibération fixant la liste des
Méconnait les dispositions de l’article 2 du décret du 24 août emplois logés par utilité de service ayant pour conséquence
1994 et commet une faute de nature à engager sa respon- de mettre fin à la concession de logement dont bénéficiait
sabilité une commune qui, en ne confiant pas à un chef de un fonctionnaire et les avis d’émission mettant dorénavant
police municipale la charge de la direction des deux autres à sa charge des redevances d’occupation de ce logement.
agents de la police municipale, titulaires d’un grade En effet, compte tenu de la nature et des conditions
inférieur au sien, a refusé de lui attribuer un emploi que son d’exercice des fonctions de cet inspecteur de sécurité,
grade lui donnait vocation à occuper. Cette collectivité l’assemblée délibérante pouvait, sans commettre d’erreur
locale qui, après le départ de cet agent, a désigné un manifeste d’appréciation, exclure pour l’avenir son emploi
responsable de sa police municipale, ne peut justifier cette de la liste des emplois ouvrant droit à l’attribution d’un
situation ni par le petit effectif de la police municipale, ni logement de fonction par utilité de service, alors même
par la circonstance que des fonctions de direction n’auraient qu’il continue d’exercer des fonctions identiques. Par
pu occuper cet agent à plein temps. ailleurs, la décision d’attribuer à un fonctionnaire un
logement de fonction est par nature précaire et révocable.
Elle n’est pas créatrice de droits et doit être abrogée si
Cadre d’emplois /Catégorie C. Filière police municipale. l’emploi en cause disparaît de la liste des emplois logés par
Agent de police municipale nécessité ou utilité de service adoptée par l’organe
Agrément délibérant d’une collectivité locale, en application de
l’article 21 de la loi du 28 novembre 1990 dans sa rédaction
Droit pénal alors applicable. Cet agent n’est donc pas fondé à soutenir,
Obligations du fonctionnaire en l’espèce, que la décision l’ayant auparavant autorisé à
occuper un logement de fonction par utilité de service lui
Cour administrative d’appel de Versailles, 8 octobre 2009,
aurait conféré un droit acquis à cet avantage ne pouvant
M. V. c/ Commune d’Evry, req. n°08VE01098.
être remis en cause par délibération.
L’honorabilité d’un agent de police municipale, nécessaire
à l’exercice de ses fonctions, dépend notamment de la
confiance qu’il peut inspirer, de sa fiabilité et de son crédit.
Références Jurisprudence
Références Jurisprudence
ment due en cas de maintien en surnombre. De plus, le elle s’y croit fondée, a la possibilité, en cas d’annulation
courrier par lequel le Centre national de la fonction pour vice de procédure, de prendre, le cas échéant, si
publique territoriale (CNFPT) avait estimé que cet agent l’agent remplit les conditions statutaires, une nouvelle
n’avait pas été placé en surnombre est sans incidence sur mesure de prolongation de la disponibilité d’office en
l’appréciation qu’il appartenait au tribunal administratif tenant compte des irrégularités relevées par le juge.
de porter sur ce point.
Références Jurisprudence
Cour administrative d’appel de Paris, 9 novembre 2009, Sont publiées les conclusions de Mme Emmanuelle Cortot-
M. B., req. n°07PA01435. Boucher, Rapporteur public, sous l’arrêt du Conseil d’État
du 17 février 2010, Mme H., req. n°308852.
Est légale la sanction du licenciement pour insuffisance
Le rapporteur public analyse les critères permettant de
professionnelle prise à l’encontre d’un agent administratif,
déterminer si une personne est employée par une admi-
dès lors qu’il ressort notamment des relevés de notation et
nistration publique ainsi que la notion d’astreinte et
des rapports de ses supérieurs hiérarchiques que sa manière
considère, suivi par le juge, que l’obligation d’assurer une
de servir a été constamment insatisfaisante.
permanence journalière de gardiennage et de veille de
Ainsi, il s’est montré dans l’incapacité de s’acquitter des
nuit de 22 heures à 8 heures du matin au sein d’une maison
fonctions administratives d’exécution qui lui ont été
pour personnes âgées, de ne se faire remplacer à son poste
confiées et, à la suite de sa titularisation, l’indiscipline et
qu’avec l’agrément du CCAS et de respecter, dans le cas où
les difficultés relationnelles tant avec ses collègues qu’avec
elle aurait envisagé de cesser ses fonctions, un préavis de
le public ont été relevées. Et, nonobstant des changements
deux mois, constituait un lien de subordination entre
de poste et d’affectation, cet agent a continué à avoir un
l’intéressée et le centre communal d’action sociale et que
comportement de nature à porter atteinte au bon fonction-
l’attribution d’avantages en nature tels qu’un logement, de
nement du service. Par suite, alors même que certaines de
fluides ou de la nourriture ne pouvait constituer une
ses attitudes seraient liées à son état de santé, l’autorité
rémunération.
locale a pu légalement prononcer le licenciement de cet
agent pour insuffisance professionnelle. Par ailleurs, cette
décision n’est pas entachée d’irrégularité, malgré l’absence Non titulaire / Acte d’engagement
de l’audition par la commission administrative paritaire
(CAP) du dernier des chefs de service de ce fonctionnaire, Conseil d’État, 9 décembre 2009, M. N. c/ France Telecom,
dès lors que cet organisme paritaire, saisi du dossier de req. n°310739.
cet agent, disposait de documents suffisants pour se
Il ne résulte d’aucun texte ni d’aucun principe général du
prononcer. En outre, l’absence de signature par les délé-
droit que la validité des contrats à durée déterminée des
gués du personnel du procès-verbal de la CAP n’a pas
agents publics soit subordonnée à la conclusion d’un écrit.
revêtu, dans les circonstances de l’espèce, un caractère
substantiel, dès lors que ce document reflète fidèlement
les débats intervenus au cours de la séance. Non titulaire / Cessation de fonctions
Allocations d’assurance chômage / Conditions
Licenciement pour insuffisance professionnelle d’obtention
Motivation des actes administratifs Tribunal administratif d’Amiens, 30 décembre 2009,
Conseil d’État, 23 novembre 2009, M. S. c/ Ministère de Mme L., req. n°0803424.
l’intérieur, de l’Outre-mer et des collectivités territoriales, L’Actualité juridique-Fonctions publiques, n°3/2010, mai-juin 2010,
req. n°316883. p.159-160.
En l’absence de motivation, est illégale la décision licenciant Eu égard à l’arrivée du terme et au non renouvellement de
un fonctionnaire pour insuffisance professionnelle. En son contrat à durée déterminée, un agent, inscrit sur la liste
Références Jurisprudence
des demandeurs d’emploi, peut être regardé comme ayant Non titulaire / Cessation de fonctions ou
été involontairement privé d’emploi. Toutefois, cet agent renouvellement
n’apporte aucun élément justifiant de recherches d’emploi
menées antérieurement à la date à laquelle il aurait
Non titulaire / Droits et obligations
rencontré son nouvel employeur, alors qu’il est, par ailleurs Protection contre les attaques et menaces de tiers
constant qu’il a décliné la proposition que lui a faite son
Cour administrative d’appel de Versailles, 20 mai 2009,
ancien employeur de le recruter à des conditions sensi-
M. P., req. n°08VE01075.
blement identiques à celles qui prévalaient lors de sa
précédente affectation. Ainsi, cet agent n’établit pas avoir Un agent non titulaire, recruté pour une durée déterminée,
accompli, au cours des deux mois séparant le non renou- ne dispose pas d’un droit au renouvellement de son
vellement de son contrat et la nouvelle offre d’emploi de engagement, et en cas de renouvellement, il n’a pas de droit
son ancien employeur, des actes positifs et répétés en vue au maintien des caractéristiques de l’engagement initial
de retrouver un emploi. Il n’est, par suite, pas fondé à venu à échéance.
solliciter le bénéfice de l’allocation d’assurance, prévue à Par ailleurs, nonobstant l’existence de rapports conflictuels
l’article L. 5421-3 du code du travail, au titre de cette au sein de la communauté artistique d’un conservatoire
période. municipal dont fait état un rapport adressé au maire, il ne
résulte pas de l’instruction que les agissements dont
s’estime victime un professeur d’enseignement artistique
Non titulaire / Cessation de fonctions ou non titulaire soient de nature à avoir causé une dégradation
renouvellement de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte
à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique et
Cour administrative d’appel de Marseille, 2 juillet 2009,
mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Il
Mme M., req. n°07MA02943.
n’est donc pas fondé à soutenir qu’il devait être regardé
Il résulte des dispositions de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 comme ayant fait l’objet de harcèlement moral. En effet,
portant dispositions statutaires relatives à la fonction il ne résulte pas de l’instruction que son placement en
publique territoriale, notamment son article 3 relatif aux congé de maladie résulterait des conditions de travail
conditions dans lesquelles il peut être fait appel à des dans lesquelles la direction du conservatoire l’aurait laissé
agents contractuels, que les agents recrutés par une évoluer. Sa note n’a pas été illégalement diminuée, dès
collectivité territoriale pour une durée déterminée n’ont lors qu’il ressort des pièces du dossier qu’une refonte,
aucun droit au renouvellement de leur contrat. Ainsi, une entraînant une baisse des notes chiffrées, de la notation
collectivité locale peut légalement fonder le non renouvel- statutaire des agents de la commune a été mise en œuvre.
lement du contrat d’un agent non titulaire sur des motifs De plus, les critiques par lesquelles le directeur du
résultant d’une nouvelle réorganisation de ses services, sans conservatoire lui rappelait ses obligations professionnelles
que cet agent puisse se prévaloir de ce qu’elle ne lui a pas liées à son emploi du temps et à l’utilisation des salles du
adressé de reproches relatifs à sa manière de servir. conservatoire ne manifestent que l’expression du pouvoir
hiérarchique. Et, en rappelant à cet agent les obligations
auxquelles est tenu tout agent absent de son poste de
Non titulaire / Cessation de fonctions ou travail, en le mettant en demeure de justifier son absence
renouvellement de son poste de travail sans autorisation, le directeur
général des services de la commune n’a fait que rappeler
Licenciement pour insuffisance professionnelle les règles auxquelles est soumis tout agent d’une
Cour administrative d’appel de Versailles, 7 mai 2009, collectivité territoriale.
M. B., req. n°07VE02946.
Est légal le licenciement pour insuffisance professionnelle Non titulaire / Renouvellement de l’engagement
d’un agent non titulaire, prononcé en raison des difficultés et CDI
que cet agent a rencontré dans l’organisation et la gestion
du service dont il avait la responsabilité. En effet, les Tribunal administratif de Lille, 14 octobre 2009, Mme T.,
reproches tirés de la négligence dans le traitement des req. n°0700709.
dossiers, d’une insuffisante communication avec ses L’Actualité juridique-Fonctions publiques, n°3/2010, mai-juin 2010,
subordonnés, d’une absence de méthode, d’un défaut pp.163-164.
d’adaptation à l’évolution et aux contraintes du poste et de
Est illégale la décision d’une autorité publique refusant
l’incapacité à réaliser les objectifs assignés, qui ne consti-
d’accorder à un agent non titulaire le bénéfice d’un contrat
tuent pas des fautes relevant de la procédure disciplinaire,
à durée indéterminée, dès lors qu’ayant été employé, sous
sont établis par les pièces du dossier et notamment par les
le même statut, pour exercer les mêmes fonctions dans le
fiches d’appréciation et les courriers adressés personnel-
cadre d’un service public pris en charge directement par
lement à cet agent par son supérieur hiérarchique durant
l’État ou pour son compte par d’autres entités, cet agent doit
l’année qui a précédé son licenciement.
être regardé comme ayant été en fonction depuis six ans
au moins de manière continue à la date de publication de
la loi du 26 juillet 2005, au sens de son article 13. Le contrat
Références Jurisprudence
de cet agent, qui a été renouvelé, ne pouvait donc être salle dans laquelle siégeait le conseil de discipline, y est
conclu que pour une durée indéterminée. En le resté durant encore un quart d’heure en compagnie de
reconduisant pour une durée déterminée, l’État a commis ses défenseurs avant que le conseil de discipline ne
une faute de nature à engager sa responsabilité et cet délibère. Par suite, dans les circonstances de l’espèce, en
agent est en droit d’obtenir réparation des préjudices qui privant de parole les défenseurs de ce fonctionnaire, le
ont pu résulter de cette faute. En revanche, dans la mesure président du conseil de discipline a excédé les pouvoirs
où il a été mis fin aux fonctions de cet agent à compter du qu’il tient de ses fonctions d’organiser les débats et porté
1er janvier 2007 par une décision non contestée, atteinte à une des garanties essentielles des droits de la
l’annulation du refus d’octroi d’un CDI n’implique pas défense.
que cette autorité publique procède à son engagement en
contrat à durée indéterminée.
Procédure et garanties disciplinaires
Conseil de discipline / Fonctionnement
Nouvelle bonification indiciaire (NBI) Sanction du troisième groupe / Exclusion temporaire
Cour administrative d’appel de Marseille, 2 juillet 2009, Cour administrative d’appel de Versailles, 7 mai 2009,
Mlle L., req. n°07MA01586. M. V., req. nos07VE01563 et 07VE01565.
En application de l’article 27-I de la loi du 18 janvier 1991 Le fonctionnaire traduit en conseil de discipline doit pouvoir
et de l’article 1er du décret n°91-711 du 24 juillet 1991 présenter en temps utile des observations écrites, lues en
modifié alors applicable, est légale la décision du président séance, dans des conditions qui lui permettent d’assurer
d’un office public d’habitations à loyer modéré (OPHLM) sa défense et d’éclairer le conseil de discipline sur les
limitant la nouvelle bonification indiciaire (NBI) d’un agent données de l’affaire. Est illégale, en l’espèce, la décision
administratif qualifié. Il ressort en effet des pièces du sanctionnant un fonctionnaire, dès lors qu’elle a été prise
dossier, notamment d’une note du receveur de l’office à l’issue d’une procédure irrégulière, seul le rapport établi
établie sur le fondement des déclarations par voie infor- par l’autorité investie du pouvoir disciplinaire ayant été lu
matique faites par cet agent du nombre d’entretiens qu’il lors de la séance du conseil de discipline.
a eu avec des locataires, qu’il a consacré environ 25 % de En effet, il ne ressort pas du procès-verbal des débats du
son activité à l’accueil du public. À supposer même que conseil de discipline, ni de son avis motivé, lequel vise
l’office ait tenu compte dans ce calcul du temps consacré uniquement le rapport d’enquête administrative établi
par cet agent à la décharge syndicale dont il bénéficiait, il par l’inspection générale de l’administration de rattache-
n’a méconnu ni le principe de la liberté d’opinion syndicale ment de cet agent et le rapport établi par l’autorité investie
garanti par l’article 6 de la loi du 13 juillet 1983, ni les du pouvoir disciplinaire, que les membres du conseil de
dispositions de la loi du 18 janvier 1991 et du décret du discipline aient pris connaissance des observations écrites
24 juillet 1991. de cet agent. Ainsi, alors même qu’il a pu présenter des
Dans ces conditions, à défaut d’exercer à titre principal observations orales lors de cette séance, la procédure à
des fonctions d’accueil du public, cet agent qui ne remplis- l’issue de laquelle ce fonctionnaire a été sanctionné est
sait pas les conditions prévues par l’article 1er 18° du décret entachée d’irrégularité. Il est donc fondé à demander
du 24 juillet 2001 ne pouvait prétendre au versement de l’annulation de la décision le sanctionnant.
la NBI.
Références Jurisprudence
son licenciement, au sein du service où cet agent était chiques d’un agent, alors même que celui-ci a essayé, en
affecté, ont été provoquées par ses carences profession- vain, d’avertir les services de l’administration centrale du
nelles répétées ainsi que par ses nombreuses absences, climat relationnel malsain qui prévalait dans son service.
toutes circonstances qui faisaient par elles-mêmes obstacle En effet, cet agent a été privé d’exercer une partie des
à ce qu’il puisse mener à bien les tâches qui lui étaient missions correspondant à son poste et il a été contraint
confiées et justifiaient, par ailleurs, l’exercice par son pendant des années de travailler dans des conditions
supérieur hiérarchique de son pouvoir de direction et particulièrement vexatoires pour un agent expérimenté.
d’organisation. En outre, si l’existence d’un harcèlement En outre, ces faits se sont déroulés après que cet agent a
moral n’est pas conditionné par l’intention malveillante déjà obtenu, devant la juridiction administrative, la
de l’auteur des actes de harcèlement, cet agent ne condamnation de l’État au versement de la somme de
démontre pas en tout état de cause que ses conditions de 2000 euros en raison du préjudice résultant des pressions
travail auraient été effectivement dégradées du fait que et menaces de licenciement qu’il a antérieurement subies
certains dossiers lui auraient été retirés, ni que ses lors de son service.
supérieurs hiérarchiques auraient porté atteinte à ses droits
et à sa dignité ou bien auraient altéré sa santé.
Radiation des cadres / Abandon de poste
Comité médical / Action
Protection contre les attaques et menaces
des tiers Cour administrative d’appel de Marseille, 30 juin 2009,
Centre hospitalier de Carpentras c/ Mme I.,
Mutation interne-changement d’affectation req. n°07MA02091.
Un agent public peut-il bénéficier de la protection Une mesure de radiation des cadres pour abandon de poste
fonctionnelle contre les faits de harcèlement moral dont il a ne peut être régulièrement prononcée que si la mise en
été victime ? demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service
Bulletin juridique des collectivités locales, n°3/10, mars 2010, adressée à un agent fixe un délai approprié. Une telle mise
pp. 208-212. en demeure doit prendre la forme d’un document écrit,
Sont publiées les conclusions de M. Edouard Geffray, notifié à l’intéressé, l’informant du risque qu’il encourt
rapporteur public, sous l’arrêt du Conseil d’État, 12 mars d’une radiation des cadres sans procédure disciplinaire
2010, Commune de Hoenheim c/ Mme A., req. n°308974. préalable.
Après avoir constaté qu’un fonctionnaire n’a pas été mis
Le rapporteur public, analysant le droit à la protection
à même de respecter les prescriptions d’une mise en
fonctionnelle, se prononce, suivi par le juge, pour un droit
demeure du fait d’une notification tardive, une autorité
à cette protection déconnectée de la situation de fait et
publique n’a pu régulariser ce vice de procédure en invitant
qui était donc due alors que l’agent était en congé de
cet agent à reprendre immédiatement ses fonctions dans
maladie lors de sa demande auprès de la collectivité. Il
la mesure où cette invitation ne lui laissait pas un délai
analyse ensuite, en s’appuyant sur la législation et la
approprié pour rejoindre son poste et n’a pu avoir d’inci-
jurisprudence, l’articulation entre le harcèlement moral et
dence sur une décision prononçant un abandon de poste
la protection fonctionnelle et considère, toujours suivi par
à compter d’une date antérieure à son édiction.
le juge, légal l’arrêt d’une cour administrative d’appel
annulant la décision d’une autorité locale refusant
d’accorder à un fonctionnaire, victime de harcèlement
Radiation des cadres / Abandon de poste
moral, la protection fonctionnelle qu’il sollicitait du fait de
la dégradation de ses conditions de travail en succédant à Obligations / Vis-à-vis du service
un agent de catégorie inférieure à la sienne et en ne pouvant Indemnisation
exercer effectivement les attributions décrites dans sa
décision d’affectation. Cour administrative d’appel de Marseille, 30 juin 2009,
Commune de Saint-Andiol, req. n°07MA02080.
Protection contre les attaques et menaces L’abandon de poste se constate de manière objective, sans
qu’ait d’incidence la circonstance qu’un fonctionnaire ait
des tiers manifesté ou non son intention de quitter le service. Est
Responsabilité administrative illégale, en l’espèce, la radiation des cadres pour abandon
de poste d’un agent d’entretien titulaire affecté au service
Tribunal administratif de Melun, 21 janvier 2010, Mme M.,
de la voirie d’une commune, auquel le maire reprochait
req. n°0802348-2.
d’être absent depuis deux jours, dès lors qu’après avoir été
L’Actualité juridique-Fonctions publiques, n°3/2010, mai-juin 2010,
mis en demeure de reprendre ses fonctions, ce fonctionnaire
pp. 151-152.
s’est effectivement rendu sur son lieu de travail, avant de
Doivent être regardés comme constitutifs d’un harcèlement repartir et de faire connaître par téléphone son intention
moral, au sens des dispositions de l’article 6 quinquies de de bénéficier immédiatement de congés annuels.
la loi du 13 juillet 1983, et présentent le caractère d’une faute En effet, dans ces conditions, cet agent ne peut être regardé
de nature à engager la responsabilité de l’administration, comme ayant abandonné son poste, mais malgré l’illégalité
les agissements graves et répétés des supérieurs hiérar- de cette décision, son comportement est de nature à le
Références Jurisprudence
priver de tout droit à l’indemnisation de son préjudice, sans communication préalable du dossier, ne comporte
dès lors qu’il s’absentait fréquemment sans justification, pas nécessairement pour l’administration l’obligation de
se désintéressait de son travail, refusait d’obéir à ses réintégrer l’agent dans les fonctions qu’il exerçait avant
supérieurs hiérarchiques, ne se présentait pas lors de sa l’intervention de la décision annulée.
prise de fonctions au point de rendez-vous fixé pour
recevoir les consignes de travail de la journée, fréquentait
régulièrement des débits de boissons pendant son temps Sanction du premier groupe / Blâme
de travail et qu’il a quitté son travail sans justification Obligation de réserve
pendant deux jours.
Liberté d’opinion
Conditions d’exercice des droits syndicaux
Retraite / Validation des services antérieurs à Situation des représentants syndicaux
l’affiliation à la CNRACL. Services de non titulaires
Cour administrative d’appel de Versailles, 24 septembre
Responsabilité administrative 2009, M. J., req. n°08VE01072.
Cour administrative d’appel de Versailles, 7 mai 2009, Si l’étendue du devoir de réserve qui pèse sur les
Mme J.-D., req. n°08VE01275. fonctionnaires doit se concilier avec la liberté d’expression
Après avoir signé le formulaire de demande de validation liée à l’exercice d’une fonction syndicale, ce n’est que
de ses services d’agent non titulaire et pris connaissance dans la mesure où l’expression dont il s’agit a pour objet
de la durée et des périodes de ces services accomplis auprès la défense des intérêts professionnels, individuels et
de ses différents employeurs, il appartenait à un fonction- collectifs.
naire de vérifier la durée et la nature de ces services dont Est légale, en l’espèce, la sanction du blâme prise à
il demandait la validation auprès de la Caisse nationale de l’encontre d’un adjoint technique, secrétaire fédéral d’un
retraite des agents des collectivités territoriales (CNRACL). syndicat, ayant diffusé à plusieurs reprises des tracts à
Ainsi, en s’abstenant de signaler, alors qu’il lui incombait caractère diffamatoire et calomnieux et persisté à user de
de le faire, l’omission de services qu’il avait accomplis en dénonciations mensongères et calomnieuses dans des
qualité d’agent non titulaire, ce fonctionnaire a commis une documents diffusés en dépit de diverses mises en garde
faute de nature à exonérer totalement de sa responsabilité dont il avait été l’objet. En effet, si un premier tract ne fait
son ancien employeur, même si c’est au vu des renseigne- que traduire l’expression d’un libre droit de critique sans
ments incomplets que celui-ci a fournis que la fiche de excéder les limites de l’activité syndicale, bien qu’il mette
demande de validation des services antérieurs à l’affiliation en cause le fonctionnement de l’administration et en dépit
à la CNRACL a été remplie. de la vivacité de son ton, une lettre ouverte et un second
tract comportent en revanche, pour certains de leurs
passages, des accusations outrancières et des allégations
Sanction du premier groupe / Blâme non sérieusement avérées excédant la vivacité de ton
pouvant être admise de la part d’un responsable syndical.
Informatique
Elles sont donc, à elles seules, constitutives d’une faute
Mutation interne - Changement d’affectation de nature à justifier une sanction disciplinaire.
Contentieux administratif / Effet d’une décision
contentieuse Sanction du quatrième groupe / Mise à la retraite
Cour administrative d’appel de Versailles, 2 juillet 2009, d’office
M. M., req. n°08VE00973.
Droit pénal
Est légale la sanction prise à l’encontre du responsable
Cour administrative d’appel de Marseille, 10 novembre
du magasin d’un service technique qui, à partir de fichiers
2009, M. G., req. n°07MA03132.
nominatifs du directeur du centre technique, a copié des
fichiers sur le disque dur de l’ordinateur du magasin dont L’autorité absolue de la chose jugée s’attache aux consta-
il n’avait pas été destinataire et qui comportaient des tations de fait que les juges répressifs ont retenues et qui
données confidentielles concernant d’autres agents du sont le support nécessaire de leurs décisions. Dans le
service technique. En effet, la copie de ces fichiers person- cas où les faits commis par un fonctionnaire en dehors
nels constitue à elle seule, une faute de nature à justifier du service ont, eu égard à leur gravité et à la nature des
légalement le prononcé d’une sanction disciplinaire. fonctions de l’intéressé, exercé un retentissement sur le
Compte tenu du grief retenu à l’encontre de ce responsable, service, jeté le discrédit sur la fonction qu’exerce l’agent ou
qui a par ailleurs fait l’objet d’observations sur la nécessité ont entaché gravement l’honneur et la considération du
d’améliorer la gestion physique du magasin, la sanction corps de fonctionnaires concerné, l’administration peut
du blâme prise à son encontre n’est pas manifestement mettre en œuvre la procédure disciplinaire. Compte tenu
disproportionnée. de l’indépendance des deux procédures pénales et
En outre, l’annulation d’une décision prononçant le disciplinaires, et sauf cas légalement prévu, l’autorité de
changement d’affectation d’un agent public au motif que la chose jugée au pénal n’a, toutefois, pas pour effet de
cette mesure a été prise en considération de la personne, priver l’autorité administrative de son pouvoir d’appré-
Références Jurisprudence
ciation, notamment de la gravité de la sanction admi- si le contenu d’une lettre adressée par ce fonctionnaire à
nistrative disciplinaire imposée au fonctionnaire en sus l’autorité locale est caractérisé par l’emploi de termes
de la condamnation pénale. fermes, ces derniers ne sont que l’expression de la volonté
de leur auteur de défendre la liberté d’action syndicale
dans le cadre des relations entre l’administration et les
Sanction du quatrième groupe / Révocation organisations syndicales et le caractère fautif de ces propos
Responsabilité du fonctionnaire n’est pas établi.
Références Jurisprudence
Références Jurisprudence
Références
Chronique de Cette rubrique regroupe les références d’articles de chronique de jurisprudence
jurisprudence et de doctrine. En application de la délibération de la CNIL du 29 novembre
2001 publiée au Journal officiel du 18 janvier 2002, les noms et adresses des
personnes physiques mentionnées dans des décisions de jurisprudence et dans leurs commentaires sont
désormais occultés. Par ailleurs, aucune copie totale ou partielle des articles ici référencés ne peut être délivrée.
Accès aux documents administratifs des commissions pouvait conférer au directeur général
Primes et indemnités des services de la commune la qualité d’expert permanent
pour toutes les questions à l’ordre du jour, cet article fait
Respect de la vie privée le point sur le statut du règlement intérieur et rappelle la
La possibilité pour les tiers d’obtenir la communication position du Conseil d’État concernant celui des assemblées
d’arrêtés individuels d’attribution d’un régime délibérantes des collectivités.
indemnitaire.
Droit administratif, n°5, mai 2010 pp. 25-26.
Contentieux administratif
Après la publication de l’arrêt du 10 mars 2010, Commune Droit pénal
de Sète, req. n°303814, par lequel le Conseil d’État a jugé
que si les arrêtés individuels, notamment ceux qui sont Filière police municipale
relatifs aux agents d’une commune, sont au nombre des Procédures et garanties disciplinaires
arrêtés municipaux dont la communication peut être
Fonctions publiques.
obtenue sur le fondement de l’article L. 2121-26 du code
général des collectivités territoriales, ceux fixant le montant La Semaine juridique – Administrations et collectivités territoriales,
des primes comportant une part modulable en fonction de n°19, 10 mai 2010, p. 16.
la manière de servir ne peuvent être communiqués qu’après Dans sa décision du 12 octobre 2009, M. B., req.
occultation de la mention du nom des intéressés et le cas n°08VE2936, la cour administrative d’appel de Versailles
échéant des autres mentions permettant d’identifier la réaffirme le principe selon lequel l’instruction pénale ne lie
personne concernée dès lors qu’ils contiennent une appré- pas l’instruction administrative et que, malgré la consta-
ciation sur le comportement des fonctionnaires concernés, tation de la négation des faits, le juge administratif se doit
une note commente cette décision au regard des conclu- d’instruire de nouveau, parfois plus durement, en fonction
sions contraires du rapporteur public qui s’en tenait aux des missions exercées par l’agent, par exemple, les faits
dispositions littérales du code général des collectivités commis par l’agent public.
territoriales permettant à l’autorité territoriale de refuser Dans l’affaire en question, un policier municipal a fait
la communication dès lors qu’elle serait susceptible de l’objet d’un non-lieu au pénal mais la sanction de la
porter une atteinte disproportionnée au droit des personnes révocation a été confirmée.
au respect de leur vie privée.
Droit européen
Commission administrative paritaire / Fonctionnement Non discrimination
Conseil municipal
L’arrêt Perreux ou la fin de l’exception française.
Statut du règlement intérieur d’une commission Revue trimestrielle de droit européen, n°1, janvier-mars 2010,
administrative paritaire. pp. 223-234.
Collectivités territoriales, n°56, avril 2010, p. 19.
Par cet arrêt du 30 octobre 2009, Mme P., req. n°298348,
Commentant l’arrêt du 10 février 2010, Commune de Melun, le Conseil d’État est la dernière juridiction des États
req. n°314648, par lequel le Conseil d’État a jugé que le membres à reconnaître, sous certaines conditions, l’effet
règlement intérieur, qui énonce les règles de fonction- direct des directives européennes.
nement des commissions administratives paritaires (CAP) L’auteur de la note, référendaire à la Cour de justice de
et édicte les droits et obligations de leurs membres, présente l’Union européenne, considère que cette décision est avant
le caractère d’un acte faisant grief pouvant faire l’objet tout symbolique, nombre de décisions antérieures ayant
d’un recours pour excès de pouvoir et qu’était illégale la déjà reconnu sous d’autres formes l’invocabilité des
disposition de ce règlement prévoyant que le président directives, mais majeure dans la mesure où elle conforte
Références
Presse et livres Cette rubrique regroupe des références d’articles de presse et
d’ouvrages. Aucune copie totale ou partielle des articles et
ouvrages ici référencés ne peut être délivrée.
Accès aux documents administratifs Ils comprennent la fusion des cadres d’emplois de
Archives contrôleurs de travaux et de techniciens supérieurs dans
un nouveau cadre d’emplois dénommé « Techniciens »
Respect de la vie privée qui comprend 3 grades, les missions, le recrutement, le
Diffusion des données publiques : les services communaux classement et l’avancement étant redéfinies en consé-
en première ligne. quence.
[Link], 11 juin 2010.- 1 p.
Le CSFPT approuve la réforme des techniciens supérieurs.
Dans son dernier rapport portant sur l’année 2009, la La Lettre de l’employeur territorial, n°1209, 18 mai 2010, pp. 6-8.
CADA consacre une étude à la diffusion publique et à la
réutilisation des archives publiques. Neuf projets de décrets et d’arrêtés relatifs au cadre
La commission rappelle que la réutilisation d’archives d’emplois des techniciens ont été approuvés lors de la
publiques comportant des données à caractère personnel séance du 28 avril.
est soumise au respect de la loi du 6 janvier 1978 relative Ils transposent la réforme de la catégorie B, regroupent
à l’informatique, aux fichiers et aux libertés qui peut parfois les cadres d’emplois de technicien supérieur et de
nécessiter une déclaration à la CNIL de même que le contrôleur de travaux sous l’appellation technicien et
consentement préalable des personnes concernées. modifient les concours ainsi que la promotion interne.
Filière médico-sociale
Décentralisation Crèche
Finances locales Etablissement public / Social et médico-social
Evaluation de l’impact des nouveaux textes pour les Petite enfance : le décret assouplissant les modes de garde
collectivités territoriales. est paru.
La Semaine juridique – Administrations et collectivités territoriales, [Link], 10 juin 2010.- 2 p.
n°19, 10 mai 2010, pp. 6-7.
Le décret n°2010-613 du 7 juin 2010 relatif aux établis-
La commission consultative d’évaluation des normes sements et services d’accueil des enfants de moins de six
(CCEN) vient de rendre son premier rapport, mis à dispo- ans modifie plusieurs articles du code de la santé publique
sition sur le site de la DGCL, qui porte sur les années 2005- et introduit une nouvelle définition des modes de garde
2009. (sept types de structures), réécrit les conditions d’ouverture
Cette commission, consultée sur les projets de textes autorisée par le président du conseil général et procède à
réglementaires, propositions de textes européens et projets nombre d’assouplissements dont l’augmentation des
de loi ayant un impact financier sur les collectivités capacités d’accueil et la réduction du taux d’encadrement
territoriales, précise que la majorité des coûts supportés obligatoire.
par ces dernières proviennent à 33 % des mesures
d’application des lois et à 57 % de mesures relatives à la
fonction publique territoriale. Filière police municipale
Une réflexion sur le rôle des polices municipales va
Durée du travail s’engager.
[Link], 27 mai 2010.- 1 p.
La réorganisation du compte épargne-temps.
La Lettre de l’employeur territorial, n°1211, 1er juin 2010, pp. 6-8. Le ministre de l’intérieur a annoncé qu’une réflexion allait
être engagée sur le rôle et la place de la police municipale
Sont présentées les nouvelles dispositions instaurées par dans la société et que la convention de coordination type
le décret n°2010-531 du 20 mai 2010, qui transpose à la devrait être renforcée pour améliorer les synergies entre les
fonction publique territoriale le dispositif de la fonction différentes forces de sécurité. Il a rappelé que la décision
publique de l’État, et notamment la possible monétisation d’armer les policiers municipaux était de la compétence du
des jours ou encore le transfert vers le régime de retraite maire.
additionnel. Une réunion sur l’intégration d’un volet social au protocole
d’accord sur la filière devrait avoir lieu le 28 mai.
Compte épargne-temps : les nouvelles règles font débat.
[Link], 7 juin 2010.- 1 p. 3 000 policiers municipaux dans la rue.
Le décret n°2010-531 du 20 mai 2010 modifie la gestion du [Link], 1er juin 2010.- 1 p.
compte épargne-temps dans la fonction publique territoriale L’intersyndicale des policiers municipaux a demandé, lors
en permettant, notamment, aux agents, sous réserve de d’une réunion tripartite organisée le 28 mai, l’intégration
délibérations le prévoyant, la monétisation de leurs jours, de l’indemnité spécifique de fonction dans le traitement,
en assouplissant certains seuils et en ouvrant la possibilité la fixation d’un montant minimal de prime dans la loi
de transformer des jours en points supplémentaires au Lopsi II, pour la retraite la bonification d’un an tous les cinq
profit de leur régime de retraite additionnel. ans, la reconnaissance de la pénibilité et la révision des
grilles indiciaires. L’AMF devrait envoyer un questionnaire
aux employeurs concernant le régime indemnitaire et la
révision des grilles pourrait faire l’objet de négociations avec
la DGAFP.
Service public
Droit de grève
Liberté d’opinion et non discrimination
Jean Rivero et les lois du service public.
L’Actualité juridique – Droit administratif, n°18, 17 mai 2010,
pp. 987-993.
Cet article fait le point sur les positions et les analyses du
juriste Jean Rivéro vis-à-vis du service public, notamment,
à propos de la conciliation du droit de grève dans la fonction
publique et de la continuité du service, du principe d’égalité,
de la laïcité et de l’obligation de neutralité des agents.
Répertoire
des carrières territoriales
Recueil
de jurisprudence
2009
administrative
applicable aux agents territoriaux
Décisions de
l’année 2008
EN VENTE :
à La Documentation française
29 quai Voltaire, Paris 75007
Les emplois fonctionnels de direction
tél. 01 40 15 71 10 Guide pratique de gestion
de la fonction publique territoriale
en librairie Guide pratique de gestion
Les
par correspondance
emplois fonctionnels
124 rue Henri Barbusse
Ce guide présente une analyse d’ensemble et actualisée
93308 Aubervilliers
tél. 01 40 15 70 00
de direction
de la fonction publique
fpt du régime statutaire applicable aux emplois fonctionnels
fax 01 40 15 68 00
territoriale
de direction, qu’il s’agisse des conditions de leur création,
sur internet
des différents modes de recrutement, de la situation
[Link] (carrière, rémunération, avantages en nature, frais de
représentation…) et des modalités et conséquences de la
fin des fonctions.
Diffusion
Direction de l’information légale et administrative
La documentation Française
tél. 01 40 15 70 00
[Link]
issn 1152-5908
Prix : 18,50 euros