Dyslipidemies Dépistage Diagnostic Traitement
Dyslipidemies Dépistage Diagnostic Traitement
e
2 édition, mise à jour 2011
Dépistage
Diagnostic
Traitement
Dépistage
Diagnostic
Traitement
Révision :
Centre de documentation
Agence de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent
288, rue Pierre-Saindon
Rimouski (Québec) G5L 9A8
Téléphone : 418 727-4525
Télécopieur : 418 723-1597
Auteur
Dr Gilles Côté, omnipraticien au CSSS de Rimouski-Neigette et médecin-
conseil à l’Agence de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent.
Secrétariat
Frédérique Beauchamp
Introduction................................................................................................................ 3
Dépistage.................................................................................................................... 5
Syndrome métabolique ............................................................................................. 6
Évaluation du risque cardiovasculaire .................................................................... 8
A. Échelle de Framingham .................................................................................. 8
B. Score de Reynolds ......................................................................................... 8
C. Niveaux de risque cardiovasculaire et
cibles de traitement recommandés ................................................................. 9
D. Évaluation avec la table de Framingham ...................................................... 10
E. Évaluation du risque cardiovasculaire et
suivi chez le diabétique................................................................................. 12
F. Examens complémentaires........................................................................... 14
Interprétation du bilan lipidique ............................................................................. 15
A. Principaux éléments du bilan lipidique.......................................................... 15
B. Niveaux de risque cardiovasculaire et
cibles de traitement recommandés ............................................................... 17
C. Distribution en percentile .............................................................................. 18
Évaluation du patient dyslipidémique.................................................................... 19
A. Questionnaire ............................................................................................... 19
B. Médicaments et lipides ................................................................................. 20
C. Examen physique ......................................................................................... 21
D. Maladies associées aux dyslipidémies ......................................................... 22
Traitement ................................................................................................................ 23
A. Principes généraux ....................................................................................... 23
B. Modifications des habitudes de vie ............................................................... 23
C. Recommandations nutritionnelles ................................................................. 24
D. Traitement pharmacologique ........................................................................ 25
E. Surveillance des effets secondaires.............................................................. 28
Dyslipidémie chez l’enfant ...................................................................................... 30
Les dyslipidémies chez la personne âgée............................................................. 32
Les femmes et les lipides........................................................................................ 34
Maladies génétiques des lipides ............................................................................ 36
1
2
Introduction
Malgré les progrès remarquables obtenus grâce à la prévention, aux traitements
pharmacologiques et à la chirurgie, les maladies cardiovasculaires demeurent encore
aujourd’hui une cause majeure de mortalité, tant chez l’homme que chez la femme.
Cependant, ces progrès sont menacés par l’épidémie d’obésité et de diabète de type
2 qui frappe l’ensemble des sociétés occidentales.
La dyslipidémie constitue un des facteurs de risques majeurs sur lequel nous pouvons
intervenir. Dans les faits, la décision de procéder au dépistage par la prescription d’un
bilan lipidique n'est pas toujours évidente, en particulier pour des groupes tels les
enfants et les personnes âgées. Lorsqu’un tel bilan est indiqué, son interprétation
constitue un instrument précieux dans l'évaluation et le suivi du risque
cardiovasculaire. Toutefois, cette évaluation doit être globale. La démarche du
clinicien doit comprendre le questionnaire, l'examen physique et l'interprétation des
résultats de laboratoire.
3
4
Dépistage
Les patients suivants devraient subir un dépistage par
bilan lipidique :
• Diabète
• Tabagisme actif
• Hypertension
• Embonpoint ou obésité : défini par l'IMC (> 27) ou par le tour de taille
• Histoire familiale de maladie coronarienne précoce, avant l’âge de 60 ans chez
un parent du premier degré
• Maladies inflammatoires : lupus, arthrite rhumatoïde, psoriasis (le risque associé
aux maladies inflammatoires de l’intestin n’est pas déterminé)
2
• Insuffisance rénale chronique (TFGe < 60 ml/min/1,73 m )
• Présence d'athérosclérose démontrée
• Patient séropositif sous thérapie antivirale hautement active
• Manifestations d'une hyperlipidémie (xanthélasma, xanthome ou arc cornéen)
• Dysfonction érectile
5
Syndrome métabolique
Le syndrome métabolique est caractérisé par l’association de plusieurs anomalies
comprenant l’obésité abdominale, l’hypertension, la dyslipidémie, l’insulinoréristance
et l’hyperglycémie. La prévalence aux États-Unis est de l’ordre de 20 à 25 % selon
les critères du NCEP ATPIII de 2001. Les dernières recommandations canadiennes
sur les dyslipidémies proposaient d’utiliser les critères de l’International Diabetes
Federation (IDF).
Europoïdes (Caucasiens)
Africains subsahariens
1 Hommes : ≥ 94 cm
1
Méditerranéens de l'Est Femmes : ≥ 80 cm
1
Moyen-Orientaux (Arabes)
2
Membres des Premières Nations Hommes : ≥ 90 cm
3
Asiatiques et Sud-Asiatiques
Sud ou Centraux-Américains
2
Femmes : ≥ 80 cm
1
L’utilisation des mêmes critères que pour les Europoïdes est recommandée jusqu’à ce que des données
plus spécifiques soient disponibles.
2
L’utilisation des mêmes critères que pour les Sud-Asiatiques est recommandée jusqu’à ce que des données
plus spécifiques soient disponibles.
3
Sud-Asiatiques : personnes originaires de l’Inde, du Pakistan, du Bangladesh ou du Sri Lanka.
7
Évaluation du risque cardiovasculaire
Le bilan lipidique doit être interprété en fonction du risque cardiovasculaire.
Chez l'adulte, le risque devrait être évalué au moins aux trois ans.
B. Score de Reynolds
Il constitue une alternative à l'échelle de Framingham. En plus des facteurs de
risque traditionnels, il intègre l'histoire familiale et la mesure de la protéine C
réactive à haute sensibilité (PCRhs).
La PCRhs est un marqueur de l’inflammation. Sa mesure
est recommandée pour évaluer plus précisément le risque L’utilisation de la
cardiovasculaire chez les hommes âgés de plus de 50 ans mesure de la
ou les femmes âgées de plus de 60 ans qui présentent un PCRhs pour évaluer
risque intermédiaire (10 à 19 %) selon l’échelle de le risque cardio-
Framingham et un taux de C-LDL < 3,5 mmol/L ou un ratio vasculaire demeure
CT/C-HDL > 5,0. Elle peut être aussi utile pour l'évaluation controversée tant
du risque cardiovasculaire chez les individus qui chez les chercheurs
répondent à la définition du syndrome métabolique. que chez les
cliniciens même si
La mesure de la PCRhs doit être effectuée à 2 occasions elle fait partie des
espacées d'environ 2 semaines. La valeur la plus basse dernières
doit être utilisée. Avant d'effectuer la mesure, il faut recommandations
prendre en considération que plusieurs conditions aiguës canadiennes.
ainsi que les maladies inflammatoires et infectieuses
peuvent élever le taux sanguin de PCRhs.
www.reynoldsriskscore.org
8
C. Niveau de risque cardiovasculaire et cibles de traitement recommandées
Niveau Recommandations
de Profil du patient
risque Cible
Initiation du traitement
recommandée
1. Patients avec un
diagnostic de MCV :
maladies
Un traitement doit être
coronariennes,
considéré chez tous ces
vasculaires
patients
périphériques ou
cérébrovasculaires*
2. La majorité des
élevé diabétiques adultes
de type 1 et 2
3. Patients avec un
risque calculé ≥ 20 %
C-LDL < 2,0
selon l'échelle de
mmol/L
Framingham ou avec
le score de risque de
ou
Reynolds.
Baisse du C-
C-LDL > 3,5 mmol/L ou LDL ≥ 50 %
Ratio CT/C-HDL > 5,0
ou Un niveau d'Apo
PCRhs > 2 mg/L chez un B < 0,80 g/L
Patients avec un risque
homme > 50 ans constitue une
calculé entre 10 et 19 %
ou cible alternative
selon l'échelle de
modéré chez une femme > 60 ans
Framingham
L'histoire familiale et la
PCRhs modulent le risque
(Score de Reynolds)
*De plus, on considère en général comme étant à risque élevé les patients ayant
une athérosclérose démontrée, y compris de façon non invasive (exemple : un
index tibio brachial anormal, un souffle vasculaire ou une augmentation de
l’épaisseur intima-média au doppler carotidien). L'évaluation du score calcique
coronarien par la tomodensitométrie présente une très bonne sensibilité et
spécificité. Toutefois, cet examen n’est pas recommandé pour le dépistage chez
les sujets asymptomatiques.
9
D. Évaluation avec la table de Framingham (nouvelle version 2009)
10
Évaluation avec la table de Framingham (nouvelle version 2009)
11
E. Évaluation du risque cardiovasculaire et suivi chez le diabétique
12
Investigation en cardiologie chez le diabétique
ECG de base
Épreuve d'effort
13
F. Examens complémentaires
(pour mieux évaluer les risques cardiovasculaires)
En général, on considère comme étant à risque élevé les patients ayant une
athérosclérose démontrée, y compris de façon non invasive (exemple : un index
tibio brachial anormal, un souffle vasculaire ou une augmentation de l’épaisseur
intima-média au doppler carotidien). L'évaluation du score calcique coronarien par la
tomodensitométrie présente une très bonne sensibilité et spécificité. Toutefois, cet
examen n’est pas recommandé pour le dépistage chez les sujets asymptomatiques.
Évaluation non invasive de l’athérosclérose
Index tibio-brachial
Rapport entre la tension artérielle à la cheville (pédieuse ou tibiale postérieure) et
l’artère brachiale. Très sensible et très spécifique pour une sténose au membre
inférieur > 50 %, avec une haute probabilité de lésion coronarienne associée. Un
rapport < 0,9 oriente vers une atteinte artérielle du membre inférieur. Ce test
peut toutefois s’avérer faussement normal ou élevé lorsque les artères sont
calcifiées, ce qui est fréquent chez des patients diabétiques. Un ITH > 1,3 indique
une valeur anormale, mais ne permet pas de poser un diagnostic de maladie
artérielle périphérique occlusive. Toutefois, cette valeur est associée à une
augmentation du risque de morbidité et de mortalité vasculaires.
Épreuve d’effort
Chez les hommes asymptomatiques de plus de 40 ans, l’épreuve d’effort peut
être utile pour stratifier le risque. Un résultat positif est fortement évocateur d’une
maladie coronarienne et d’un risque d’évènement coronarien. Toutefois, la
probabilité de repérer une coronaropathie asymptomatique prétest est faible et un
résultat négatif à une faible valeur prédictive en particulier chez un patient ayant un
risque de MCV élevé avant l’épreuve.
Doppler carotidien
Le risque coronarien augmente 5 fois si l’épaisseur de l’intima-média est > 1
mm, toutefois, il serait plus intéressant de comparer les patients selon le percentile
e
(> 75 ) pour l’âge, le sexe et l’origine ethnique. Thérapie avec une statine indiquée si
athérosclérose significative : plaque visible sur la paroi artérielle ou épaisseur intima-
média > 1,5 mm. Examen limite par la disponibilité et l’expertise locale. Des critères
selon l’âge sont en cours de développement.
Tomographie à faisceau d’électrons (EBT) et la coronarographie par
tomodensi-tométrie à multidétecteurs
L’évaluation du niveau de calcification des coronaires par la tomographie à faisceau
d’électrons est un outil d’évaluation de plus en plus disponible aux États-Unis, mais
encore peu utilisé au Canada. Bien que toutes les plaques ne sont pas calcifiées, la
valeur prédictive négative de la quantification d’un score calcique (CAC) de 0
demeure très élevée, au-delà de 98 % pour écarter une athérosclérose coronarienne
importante ou la survenue d’un évènement coronarien. Ces examens ne sont pas
recommandés actuellement pour le dépistage chez les sujets asymptomatiques.
14
Interprétation du bilan lipidique
A. Principaux éléments du bilan lipidique
Cholestérol total
• Le risque coronarien croît de façon linéaire lorsque le cholestérol total ≥
5 mmol/L.
• Une augmentation de 1 % de la cholestérolémie accroît le risque coronarien
d’environ 2 %. Cette relation entre la cholestérolémie et la maladie coronarienne est
dépen-dante du cholestérol LDL.
• Un cholestérol total > 7 mmol/L indique presque toujours une maladie génétique
bien que l’on doive exclure une hyperlipidémie secondaire, en général due à une
hypothyroïdie, à un syndrome néphrotique ou à une cirrhose biliaire primitive.
• Un taux de cholestérol très bas, en l’absence de traitement hypolipidémiant, peut
être un indice d'un trouble de malabsorption, par exemple une intolérance au gluten,
ou d’une maladie hépatique sévère de type cirrhose, excluant la cirrhose biliaire
primitive. On observe aussi des taux de cholestérol très bas chez certains patients
cancéreux.
Cholestérol LDL
• La valeur de cholestérol LDL demeure l’indice le plus utilisé tant dans la
décision de traitement que dans le suivi des hyperlipidémies.
• On doit se rappeler qu’en général le cholestérol LDL est calculé et non mesuré. Ce
calcul n’est plus fiable lorsque les mesures de triglycérides dépassent 4,5 mmol/L.
La formule utilisée est :
Cholestérol LDL = cholestérol total - (HDL + Triglycérides )
2,2
• Un cholestérol LDL > 5 mmol dénote en général une maladie génétique et
devrait nous inciter à effectuer un dépistage familial.
• Toute réduction du taux de LDL de 1,0 mmol/L est associée à une baisse de
20 à 25 % de la mortalité cardiovasculaire et du risque d’infarctus non fatal.
L’extrapolation du résultat des études a permis de conclure qu’une réduction de
2 mmol/L ou de 50 % du LDL entrainait des résultats optimaux en termes de
réduction des MCV
Cholestérol HDL
• D’un point de vue épidémiologique, un taux élevé de cholestérol HDL protège
contre la maladie coronarienne.
• Une augmentation de 1 % du cholestérol HDL diminue de 2 à 3 % le risque
coronarien.
• Les options pharmacologiques visant à augmenter le cholestérol HDL sont
actuellement limitées. L’acide nicotinique est le plus efficace, mais est peu utilisé en
raison de ses effets secondaires.
• Les risques associés à un faible taux de cholestérol HDL sont évalués au
moyen du rapport cholestérol total/cholestérol HDL.
15
Rapport cholestérol total sur cholestérol HDL
• Ce rapport est aussi appelé indice athérogénique. Idéalement, ce rapport
devrait être < 4 et constitue une cible secondaire de traitement dans les
nouvelles recommandations.
• Il est particulièrement utile dans l’évaluation des patients présentant une hypertri-
glycéridémie et un HDL bas.
• Un rapport > 6 indique souvent une dyslipidémie génétique ou un syndrome
métabolique.
• Ce rapport peut aussi être intéressant dans l’évaluation des patients ayant à la fois
un taux de LDL élevé et un taux de HDL élevé.
• Dans les nouvelles lignes directrices, un taux d’apo B < 0,8 g/L constitue une
cible alternative pouvant être utilisée en remplacement du niveau de LDL.
• Dans la nouvelle version des lignes directrices, la mesure du taux d’apo B peut être
utilisée en substitution du taux de LDL dans les décisions de traitement et de suivi.
Pour de nombreux experts, l’apo B constitue un meilleur marqueur de risque que le
taux de LDL et un meilleur indice de l’efficacité du traitement
hypocholestérolémiant. De plus, la mesure de l’apo B amène moins d’erreurs de
laboratoire que le calcul du LDL, en particulier en présence d’hypertriglycéridimie.
Triglycérides
L’hypertriglycéridémie constitue un facteur de risque controversé puisque la
relation entre le taux de triglycérides et la maladie coronarienne est faible ou
nulle lorsque l’on considère simultanément les autres facteurs. En effet, une
diminution du cholestérol HDL accompagne souvent une hypertriglycéridémie à
laquelle sont également associées plusieurs autres conditions telles l’obésité
abdominale, la goutte, le diabète de type 2 et une augmentation de l’apo B.
Cependant, la présence d’une hypertriglycéridémie est fortement associée au
syndrome métabolique et peut être un indice d’une tendance au diabète. Le groupe
de travail ne recommande plus un taux plasmatique (ou sérique) cible distinct des
triglycérides.
• Le taux plasmatique optimal de triglycérides est < 1,5 mmol/L.
• Le plasma a un aspect trouble à partir de 4 mmol/L et un aspect lactescent à partir
de 10 mmol/L.
• Le taux de triglycéride est influencé de façon très marquée par les facteurs
exogènes, en particulier l’obésité, une alimentation riche en sucres simples ou
hypercalorique, l’alcool ainsi que certains médicaments.
16
B. Niveau de risque cardiovasculaire et cibles de traitement recommandées
Niveau Recommandations
de Profil du patient
risque Initiation du traitement
*De plus, on considère en général comme étant à risque élevé les patients ayant
une athérosclérose démontrée, y compris de façon non invasive. (exemple : un
index tibio-brachial anormal, un souffle vasculaire ou une augmentation de
l’épaisseur intima-média au doppler carotidien). L'évaluation du score calcique
coronarien par la tomodensitométrie présente une très bonne sensibilité et
spécificité. Toutefois, cet examen n’est pas recommandé pour le dépistage chez
les sujets asymptomatiques.
Référence en spécialité
Une référence à un spécialiste ou à une clinique spécialisée dans les
lipides doit être considérée chez les patients :
- Avec une athérosclérose non expliquée
- Avec une dyslipidémie sévère
- Avec une dyslipidémie génétique
- N'atteignant pas les objectifs malgré un traitement pharmacologique
17
C. Distribution en percentile
Situer le bilan d’un patient en fonction des résultats d’un groupe de patient du
même âge est indispensable dans l’évaluation d’un bilan lipidique chez l’enfant
et peut être très utile chez l’adulte.
Femmes Hommes
18
Évaluation du patient dyslipidémique
A. Questionnaire
1. Histoire familiale
Rechercher une histoire familiale de maladie coronarienne précoce,
d’hyperlipidémie, de diabète ou d’hypertension artérielle. Chez les patients
jeunes en particulier, cette recherche doit s’étendre à la fratrie, aux parents, aux
grands-parents, aux oncles et aux tantes. On vise à déterminer s’il y a une forte
incidence de maladies coronariennes précoces, ce qui constitue un facteur de risque.
On doit de plus rechercher des indices d'une transmission héréditaire dominante
comme dans les cas d’hypercholestérolémie familiale et d’hyperlipidémie familiale
combinée. On devrait rechercher aussi une histoire familiale de maladies telles que
l’hypothyroïdie et le diabète, qui ont une incidence sur le bilan lipidique.
2. Facteurs de risque
Il s’agit d’une étape très importante. Le risque réel pour le patient dépend
beaucoup de la présence d’autres facteurs de risque :
• Âge : il s’agit du principal facteur de risque, c’est d’ailleurs évident lorsqu’on utilise la
table de Framinghram, le risque augmente de façon importante chez les hommes
(après 45 ans) et chez les femmes (après 55 ans ou en postménopause).
• Maladie coronarienne connue
• Histoire familiale de maladie coronarienne précoce (avant l’âge de 60 ans) chez les
parents du premier degré (père, mère, frères, soeurs)
• Tabagisme
• Hypertension artérielle
• Taux de cholestérol HDL < 0,9 mmol/L
• Diabète
• Histoire de maladie vasculaire périphérique ou vasculaire cérébrale
• Embonpoint ou obésité principalement abdominale
• Les biomarqueurs de l’inflammation, particulièrement le hsCRP
• L’origine ethnique : le taux de coronaropathie varie selon l’origine ethnique.
L’incidence la plus élevée se trouve chez les patients d’origine sud-asiatique
(personnes originaires de l’Inde, du Pakistan, du Bangladesh ou du Sri Lanka) et le
plus faible chez ceux d’origine chinoise. Les patients d’origine amérindienne sont
également exposés à un risque élevé de diabète et de coronaropathie
• Le stress : l’étude INTERHEART a confirmé l’importance du stress comme facteur
de risque de MCV. Le pronostic est beaucoup plus sombre chez les patients atteints
de dépression, mais on ignore si le traitement pharmacologique réduit ce risque.
3. Habitudes de vie
On doit évaluer la consommation d’alcool, de tabac, les habitudes alimentaires
ainsi que le niveau d’activité physique. On note aussi l’évolution du poids du patient
et tout gain ou perte récents par rapport au poids antérieur.
4. Symptômes
L’hyperlipidémie est en général asymptomatique. On recherche principalement
les symptômes résultant de complications de l’athérosclérose (angine et
claudication), de même que des indices des causes d’hyperlipidémie secondaire tels
que le diabète et l’hypothyroïdie. La présence de xanthomes peut parfois provoquer
des douleurs aux tendons d’Achille. L’hypertriglycéridémie grave peut être à l’origine
d’une pancréatite.
19
B. Médicaments et lipides
1. Contraceptifs oraux
• Surveiller le taux de lipides lorsque l’histoire médicale familiale révèle de
l’hyperlipidémie ou une maladie coronarienne.
e
• Les contraceptifs oraux de 3 génération, à faible dose, ont un effet moindre sur le
bilan lipidique.
• On doit parfois modifier la voie d’administration (cutanée, voire intra-musculaire) ou
avoir recours à d’autres moyens de contraception.
2. Hormonothérapie de remplacement
Bien que l’oestrogénothérapie soit associée à une augmentation du cholestérol
HDL, on n’a pas démontré d’effet positif sur le risque de maladies
cardiovasculaires. Elle pourrait même être délétère après un syndrome coronarien.
L’usage de l’hormonothérapie de remplacement dépendra du rapport entre les
bienfaits (maîtrise des bouffées de chaleur, maintien de la masse osseuse) et les
risques potentiels (augmentation du risque thrombotique et possiblement du cancer
du sein). La prise d’oestrogènes peut parfois aggraver un état d’hypertriglycéridémie.
Les formes transcutanées ont moins d’effets sur le bilan lipidique.
3. Antihypertenseurs
La prise de diurétiques thiazidiques peut faire augmenter le taux de cholestérol
LDL et le taux de triglycérides et faire baisser le taux de C-HDL. L’effet
dépendra de la dose et de la prédisposition génétique. Les diurétiques à faible
dosage (ex. : 12,5 mg pour l’hydrochlorothiazide) ne présentent que peu ou pas
d’effets. Les bêtabloquants peuvent faire augmenter le taux de triglycérides et
diminuer celui du C-HDL. Ceux qui ont une activité sympathomimétique
intrinsèque (acebutolol, pindolol) auraient moins d’effets sur ces paramètres.
4. Rétinoïdes (Accutane®)
Ils peuvent augmenter le taux de triglycérides de façon importante. Le taux de
cholestérol est habituellement moins affecté. Cet effet sera surtout marqué chez les
patients présentant une prédisposition génétique.
5. Corticoïdes
Ils peuvent augmenter le taux de lipides, principalement le taux de
triglycérides.
6. Stéroïdes anabolisants
Ils augmentent le taux de cholestérol C-LDL et abaissent le taux de C-HDL,
parfois de façon très marquée.
7. Antirétroviraux
Inhibiteurs de la protéase, en particulier. Ils augmentent les triglycérides et
abaissent le C-HDL.
8. Cyclosporine
Augmentation du C-LDL. La prévention de l’athérosclérose constitue un aspect
important du suivi des patients greffés.
20
C. Examen physique
1. Poids, taille et mesure du tour de taille abdominale
4. Thyroïde
5. État cardiovasculaire
Une attention particulière sera apportée à la recherche de souffles et à la prise
des pouls périphériques. Les patients présentant une dyslipidémie mixte et les
patients diabétiques sont beaucoup plus sujets à l’athérosclérose des membres
inférieurs. Le tabagisme accélère ce phénomène de façon importante. Les signes et
symptômes recherchés sont : claudication, douleurs au repos, froideur des pieds,
pâleur à l’élévation, cyanose des orteils, dégénérescence des phanères, diminution
ou absence de pouls. En présence de doute clinique, il ne faut pas hésiter à faire
une mesure de l’index tibio-brachial. Cet index (rapport entre la pression artérielle
du membre inférieur sur celle du membre supérieur, N > 0,9) indique une atteinte
artérielle du membre inférieur. Ce test peut s’avérer toutefois faussement normal
lorsque les artères sont calcifiées (fréquent chez les diabétiques). Notons de plus
que la dyslipidémie constitue un des facteurs contribuant au développement de la
maladie valvulaire aortique.
6. Hépatomégalie ou splénomégalie
Les hypertriglycéridémies sévères peuvent être accompagnés
d’hépatomégalie ou de splénomégalie. Les maladies hépatiques peuvent
perturber le taux de lipides. Fréquemment, les patients dyslipidémiques
présentent une stéatose hépatique qui peut être associée à une légère
augmentation des enzymes hépatiques (transaminases et gamma GT). De rares
cas d’évolution vers la cirrhose sont décrits.
21
D. Maladies associées aux dyslipidémies
1. Diabète
2. Hypothyroïdie
3. Autres maladies
Affections néphrotiques
Hypercholestérolémie souvent sévère avec triglycérides légèrement augmentés.
Greffes d’organes
Augmentation du C-LDL, en bonne partie secondaire aux immunosuppresseurs tels
la cyclosporine. La prise de prednisone amène une augmentation des triglycérides
et des effets variables sur le C-HDL avec même parfois une augmentation.
22
Traitement
A. Principes généraux
1. Confirmer le diagnostic : 2 à 3 prélèvements (au total) avec au moins quelques
semaines d’intervalle. Toutefois, il est approprié d’entreprendre un traitement dans
les jours suivant un événement coronarien, même en l’absence d’un bilan fiable.
2. Définir des objectifs de traitement et des valeurs cibles pour le bilan lipidique. On
doit aborder le risque cardiovasculaire dans son ensemble avec une approche
multifactorielle : arrêt tabagique, activité physique, contrôle des facteurs de risque.
Les cibles recommandées au niveau du bilan lipidique sont :
Activité physique
• Pratiquer chaque jour au moins 30 minutes d’activités physiques. Viser plus
de 200 minutes par semaine.
• L’impact de l’activité sur le bilan lipidique est en général léger ou modéré. Toutefois,
le fait d’être actif diminue de façon importante le risque cardiovasculaire global et
contribue à prévenir l’apparition du diabète et de l’hypertension.
• Aide à contrôler le poids corporel.
23
C. Recommandations nutritionnelles
Présenter les recommandations nutritionnelles
comme de nouvelles habitudes à développer plutôt
que de mettre l'emphase sur les restrictions fera
toute la différence pour votre patient. Il est bon
d’insister sur la modification progressive des habitudes
de vie qui, une fois implantées, le sont pour la vie.
Il est également important de souligner qu’en plus d’aider à la prise en charge de la
dyslipidémie, une saine alimentation favorise le maintien de la santé en général,
surtout si d’autres facteurs de risque sont présents.
24
D. Traitement pharmacologique
Atteinte des valeurs cibles de C-LDL (ou d'Apo B)
• Une statine en monothérapie est généralement suffisante. On doit s'assurer
de l’usage d'une dose optimale avant d'envisager un traitement d'association.
• Si le taux de C-LDL est très élevé, un traitement d'association peut s'avérer
nécessaire. L'association d'une statine avec l'ézétimibe, la cholestyramine ou la
niacine diminue le C-LDL d'un 10 % à 20 % additionnel. Ces combinaisons sont
habituellement sécuritaires. Toutefois, leur efficacité à diminuer les événements n’a
pas été démontrée et fait actuellement l’objet d’études cliniques.
Dyslipidémie mixte (C-LDL élevé avec hypertriglycéridémie)
• L’association statine-niacine peut être envisagée. Cette association améliore
significativement le bilan lipidique chez les patients qui présentent une dyslipidémie
mixte et un faible taux de C-HDL. L’impact sur la survenue d'événements reste à
démontrer lors d'études cliniques de plus grande envergure.
• Les effets secondaires de la niacine sont moindres avec les formes à action
prolongée (Niaspan®). L’utilisation de l’aspirine (325 mg) 30 à 60 minutes avant la
prise de la niacine diminue les réactions vasomotrices chez une majorité de
patients.
• L’association statine-fibrate peut parfois être tentée, mais exige un suivi
rigoureux. Les bénéfices cliniques de cette association restent à démontrer.
Dans l’étude Accord (NEJM, 29 avril 2010), publiée après les recommandations
canadiennes, la combinaison n’a pas démontrée de bénéfice dans l’ensemble d’une
population de diabétiques de type 2. Toutefois, dans le sous-groupe des patients
présentant un taux de triglycérides élevés et un taux de HDL bas, il semblait y avoir
un bénéfice. Le fénofibrate est l’agent de choix pour une telle association. Dans ce
contexte, le gemfibrozil est à éviter en raison de l'augmentation du risque de
myotoxicité. La dose de fibrate doit être ajustée à la baisse chez les patients atteints
d'insuffisance rénale.
Hypertriglycéridémie isolée
• Il n'existe pas de cible précise pour le taux de triglycérides dans une optique
de prévention cardiovasculaire. Le traitement de première intention consiste à
intervenir sur les habitudes alimentaires et le mode de vie.
• En présence d'hypertriglycéridémie très sévère (TG > 10 mmol/L), malgré les
interventions sur le mode de vie, le traitement au moyen d'un fibrate permet de
réduire le risque de pancréatite.
• Dans les cas d’hypertriglycéridémie modérée (5 à 10 mmol/L), un fibrate peut être
utilisé, mais l’impact sur la mortalité cardiovasculaire n’est pas prouvé.
• En présence d'un taux de TG compris entre 2 et 5 mmol/L chez un patient dont le
risque cardiovasculaire est élevé, un fibrate ou la niacine peut être associé à la
statine. Cependant, les bénéfices cliniques de cette pratique restent à établir.
Bas taux de cholestérol HDL isolé
• Les modifications au mode de vie telles que l'arrêt tabagique, la perte de
poids et l'exercice ainsi que la consommation modérée d’alcool augmentent le
C-HDL.
• Une controverse entoure le recours à la médication pour augmenter le C-HDL.
Celle-ci a généralement peu d'effets sur le C-HDL, sauf la niacine qui peut
l'accroître de 15 à 25 %. En outre, les bienfaits cliniques de cette approche n'ont
pas été démontrés.
25
Médication hypolipidémiante
26
Fibrates
Résines
27
E. Surveillance des effets secondaires
Autres considérations
28
Surveillance des effets secondaires (suite)
MD
• La cyclosporine (Neoral )
MD
• Les fibrates, en particulier le gemfibrozil (Lopid ). L’association d’un fibrate avec
une statine peut être acceptable en présence d’un risque cardiaque élevé, si
l’association est nécessaire pour normaliser le bilan lipidique. Toutefois, on ne
devrait jamais utiliser une dose maximale de l’un ou l’autre des deux médicaments.
Le gemfibrozil ne doit pas être utilisé en association.
• Les macrolides (tous les érythromycines, sauf l’azithromycine).
• Un abus important d’alcool qui a lui seul peut être une cause de myopathie.
29 29
Dyslipidémie chez l’enfant
Dépistage
30
Prise en charge
• Évaluation clinique
• Recherche des causes secondaires
• Intervention diététique
3,6 à 5,0
• Dépistage familial
• Médication à envisager, si présence de facteurs de
risque cardiovasculaire associés
Médication à considérer si :
• Âge ≥ 10 ans
> 5,0 • Histoire familiale positive de maladie
cardiovasculaire précoce
Traitement pharmacologique
31
Dyslipidémie chez la personne âgée
Principes généraux
• Il n’apparaît pas logique de faire un bilan lipidique chez une personne dont le
pronostic vital est très limité surtout si de toute façon, aucune intervention
thérapeutique n’est envisagée.
• L’âge est l’élément le plus important dans le calcul du risque au moyen de
l’équation de Framingham. Plus l'âge augmente, moins l’hyperlipidémie devient
discriminante du risque cardiovasculaire. La table de Framingham ne permet pas
l’évaluation du facteur de risque pour des patients âgés de plus de 79 ans.
• On doit évaluer le risque cardiovasculaire du patient. S’il est très élevé, les
études ont démontré un bénéfice important à traiter les lipides jusqu’à un âge
de 75 ans en prévention secondaire.
• L’approche du risque cardiovasculaire doit être globale et toucher tous les facteurs
de risque, en particulier l’hypertension et le tabagisme.
• Les études indiquent que le traitement semble aussi efficace et sûr chez les
patients âgés.
32
Traitement de la personne âgée
• Les principes généraux sont les mêmes que pour les patients plus jeunes.
• Les traitements hypolipidémiants sont efficaces chez la personne âgée.
• Certains facteurs peuvent rendent plus complexes les interventions
nutritionnelles chez la personne âgée :
3 Les habitudes de longue date sont plus difficiles à modifier.
3 L'équilibre nutritionnel souvent précaire, tant au niveau de l'apport calorique que
des besoins en nutriments, expose la personne âgée à un risque de dénutrition en
cas d'intervention visant à modifier les habitudes alimentaires.
3 Pour une clientèle âgée, le plaisir procuré par certains aliments peut prédominer
sur leur impact pour la santé.
3 La présence de comorbidités telles que le diabète, l'hypertension artérielle, la
constipation, l'inappétence, la dysphagie multifactorielle ou la démence peuvent
poser des contraintes quant aux interventions possibles.
• Inconvénients potentiels des médicaments à considérer :
Résines Statines
- Constipation - Myopathie : le risque augmente
- Interférence avec l’absorption avec l’âge
d’autres médicaments - Foie
- Interactions médicamenteuses
Niacine
- Bouffées vasomotrices Ezetimibe + statines
- Sécheresse de la bouche, de - Myopathie
la peau
- Foie
- Intolérance au glucose,
diabète - Interactions médicamenteuses
- Hyperuricémie
Ezetimibe seul
- Hypotension, orthostatisme
- Manque de données pour ce
Fibrates groupe d’âge
- Élimination rénale
- Augmentation de l’INR avec le
MD
Coumadin
33
Les femmes et les lipides
Risque cardiovasculaire
Contraception
• Les contraceptifs oraux n’ont aucun effet notable sur les taux de lipides chez la
plupart des utilisatrices. Toutefois, l’effet peut être marqué chez les patientes
ayant des anomalies génétiques.
• Si l’histoire clinique montre des antécédents familiaux de maladie coronarienne
précoce ou d’hyperlipidémie grave, on devrait si possible procéder à un bilan
lipidique complet avant de prescrire des contraceptifs oraux et trois mois après
que la patiente ait commencé à les prendre.
Hormonothérapie à la ménopause
34
Recommandations sur l’utilisation de l’hormonothérapie de remplacement
Prévention primaire
• Actuellement, il n’y a pas de données suffisantes pour recommander une
attitude clinique.
• L’initiation et la poursuite de l’hormonothérapie doivent être décidées en
fonction des avantages pour la maîtrise des symptômes de la ménopause et la
prévention de l’ostéoporose.
Prévention secondaire
• L’initiation de l’hormonothérapie de remplacement n’est pas recommandée.
• Chez les patientes sous hormonothérapie avec une maladie cardiovasculaire, la
décision de la continuer doit être basée sur les avantages non coronariens.
• Chez la patiente sous hormonothérapie ayant présenté un incident cardio-
vasculaire aigu ou une immobilisation, le risque d’une thrombose veineuse doit
amener à considérer l’arrêt de l’hormonothérapie et/ou la prophylaxie de la
thrombose veineuse. Par la suite, les avantages non coronariens doivent primer.
• L’avis de la patiente est primordial dans
toutes les situations.
35
Maladies génétiques des lipides
Le diagnostic est souvent évident lorsque la famille est connue comme étant
porteuse de la maladie sans quoi la présence de xanthomes au niveau du
tendon d’Achille ou des extenseurs des doigts confirme le diagnostic. Les
xanthomes tendineux sont rares avant l’âge adulte, mais sont présents chez la
majorité des patients non traités de plus de 50 ans. À noter que certains patients
présenteront des inflammations du tendon d’Achille et plus rarement des synovites
du genou associées à la maladie. En l’absence de xanthomes tendineux, la maladie
est souvent confirmée par la présence d’hypercholestérolémie chez les enfants de
e
moins de 10 ans (C-total > 95 percentile) ou xanthomes dans la famille immédiate.
Lorsque nécessaire, en milieu spécialisé, on peut démontrer les différentes mutations
à l’origine de la maladie.
36
Hypercholestérolémie familiale polygénique
Il s’agit d’une condition mal définie, probablement causée par l’association
d’anomalies génétiques mineures et de facteurs environnementaux. La
cholestérolémie est modérément élevée, de 6 à 8 mmol/L, sans indice de cause
secondaire ni de transmission autosomique dominante. Les valeurs lipidiques sont
souvent normales jusqu’à l’âge adulte. Le traitement approprié est similaire à celui qui
est suggéré pour l’hypercholestérolémie en général.
Sans traitement, cette maladie amène une atteinte vasculaire diffuse (carotides,
coronaires, périphériques), dans la cinquantaine ou la soixantaine. Lorsque cette
maladie est soupçonnée, le diagnostic se fait par ultracentrifugation et par
électrophorèse des lipoprotéines en milieu spécialisé (présence d’une ß-VLDL) ainsi
que le génotype de l’apo E (E2/E2). Cette maladie répond très bien au traitement
nutritionnel et pharmacologique.
37
Maladies génétiques des lipides
• Plusieurs phénotypes
possibles : • Le risque coronarien
• Maladie autosomique
- IIa : C-LDL▲, TG normal, est élevé, peu importe
dominante;
- IV : TG▲, C-LDL normal, le phénotype;
• L'incidence exacte
- IIb : C-LDL▲, TG▲, • Le risque est fortement
n'est pas connue, mais
- TG normaux dans 85 % accru par le tabagisme;
on estime qu'elle est
des cas; • Il y a souvent présence
d'environ 1 % dans la
• Les Apo-B sont le plus de maladies vasculaires
population. e
souvent > 90 percentile périphériques.
pour l'âge.
Hypercholestérolémie polygénique
38
Maladies génétiques des lipides (suite)
Hypertriglycéridémie familiale
• Augmentations
modérées des taux de
• Maladie autosomique C-Total (6 à 7 mmol/L) • Athérosclérose très
récessive très rare et de TG (4 à 6 mmol/l); évolutive et diffuse;
(incidence < 0,1 %); • La mesure d'Apo B est • Complications cardio-
normale ou légèrement vasculaires avant l'âge
• Accentuée de façon abaissée; de 50 ans;
importante par la • Le diagnostic se fait en • Atteinte vasculaire
consommation d’alcool, milieu spécialisé par globale : carotides,
le diabète, l’obésité et ultracentrifugation des coronaires, périphé-
certains médicaments. lipoprotéines et identifi- riques.
cation de l'isoforme de
l’Apo E (E2/E2).
39
Bibliographie
e
Gagné, C, Gaudet, D, « Les dyslipoprotéinémies : L’approche clinique », 3 édition,
2007, Lipimed Communications.
Claude Gagné, M.D., a été jusqu’à récemment chef du service de lipidologie au département de
médecine du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ). Il est professeur de clinique à
l’Université Laval. Le Dr Gagné est l’auteur d’environ 125 publications et a dirigé près de 100 études
cliniques sur les dyslipoprotéinémies. Il a contribué à la formation en lipidologie de nombreux résidents
en médecine et dans les spécialités médicales.
Daniel Gaudet, M.D., Ph. D., est professeur agrégé au département de médecine à l’Université de
Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génétique préventive et génomique
communautaire. Au Centre hospitalier affilié universitaire de Chicoutimi, il dirige le Groupe de recherche
et d’intervention sur les dyslipoprotéinémies de même que le centre de médecine génique
communautaire de l’Université de Montréal. Au cours des 15 dernières années, il a dirigé plus d’une
centaine d’études cliniques des phases I à III, en génétique ou sur les dyslipoprotéinémies et leur risque
associé.
En vente chez :
Coopérative
del’UniversitéLaval
Pavillon Maurice-Pollack
2305, rue de l’Université, Local 1100
Québec (Québec) G1K 7P4
Téléphone : (418) 656-2600
Télécopieur : (418) 656-2665
40
Une nouvelle édition du guide pratique de l’appareil locomoteur du
Dr Gilles Côté est maintenant disponible.
TABLEAUX RÉSUMÉS
ANATOMIE PRATIQUE
HISTOIRE ET EXAMEN
TRAITEMENTS
INFILTRATIONS
PHYSIOTHÉRAPIE
RHUMATOLOGIE
PRISE EN CHARGE DE LA
DOULEUR
41
Les guides de pratique publiés par le docteur Gilles Côté sont
disponibles au Centre de documentation de l’Agence de la santé et des
services sociaux du Bas-Saint-Laurent
www.agencesssbsl.gouv.qc.ca ou 418 727-4525
La rhumatologie en omnipratique
Le diabète en omnipratique
Les dyslipidémies
L’apnée du sommeil
L’asthme
L’insuffisance rénale
42
Gilles Côté, omnipraticien, CSSS de Rimouski-Neigette et
médecin-conseil à l’Agence de la santé et des services sociaux
du Bas-Saint-Laurent.
43