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SDD 61 - Syndrome Polyuro-Polydipsique

Le document traite du syndrome polyuro-polydipsique, en identifiant les causes iatrogènes du diabète insipide et en différenciant les types de polyurie. Il présente les approches diagnostiques, les examens cliniques et biologiques nécessaires pour évaluer l'état d'hydratation du patient, ainsi que les urgences liées à l'hyperglycémie. Enfin, il aborde la prise en charge des décompensations métaboliques et les tests pour différencier les types de polyurie.

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SDD 61 - Syndrome Polyuro-Polydipsique

Le document traite du syndrome polyuro-polydipsique, en identifiant les causes iatrogènes du diabète insipide et en différenciant les types de polyurie. Il présente les approches diagnostiques, les examens cliniques et biologiques nécessaires pour évaluer l'état d'hydratation du patient, ainsi que les urgences liées à l'hyperglycémie. Enfin, il aborde la prise en charge des décompensations métaboliques et les tests pour différencier les types de polyurie.

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SDD 61 – SYNDROME POLYURO-POLYDISPSIQUE

Entre&en / Interrogatoire
Objec'f 1 : Chercher les causes iatrogènes de diabète insipide
• Médicaments altérant la sécré&on de l’hormone • Médicaments induisant une néphrotoxicité et une
an&diuré&que (ADH) résistance rénale à l’ADH
ð Glucocor'coïdes à forte dose ð Lithium (cause fréquente de diabète insipide
ð Opioïdes néphrogénique)
ð Inhibiteurs de tyrosine kinase (ex. suni'nib, ð Déméclocycline (an'bio'que de la famille des
ima'nib) tétracyclines)
ð Agents alkylants (ex. cyclophosphamide, ð Amphotéricine B (altéra'on des aquaporines
ifosfamide) rénales)
ð Cispla'ne (toxicité tubulaire rénale)
ð Foscarnet (an'viral néphrotoxique)
Examen clinique
Objec'f 1 : Iden5fier un syndrome polyuro-polydipsique et le différencier d’une polydipsie psychogène, d’un syndrome
sec, ou d’une pollakiurie
• Définir un syndrome polyuro-polydipsique › Absence de polyurie globale sur 24h
ð Polyurie : débit urinaire > 3L/24h › Origine souvent vésicale ou infec'euse :
ð Polydipsie : augmenta'on des apports hydriques cys'te, hyperac'vité vésicale, adénome
(> 3L/j) en réponse à la polyurie prosta'que
• Différencier d’autres causes de symptômes urinaires › Pas d’augmenta'on des apports
ð Polydipsie psychogène (potomanie) hydriques associés
› Comportement compulsif de prise • Approche diagnos&que
hydrique excessive sans cause organique ð Interrogatoire
› Polyurie secondaire à une inges'on › Es'ma'on des apports hydriques
excessive d’eau (clairance rénale journaliers
normale) › Caractère progressif ou brutal des
› Risque d’hyponatrémie de dilu'on symptômes
(nausées, confusion, convulsions) › Facteurs déclenchants : stress, prise
› Pas de trouble hormonal sous-jacent médicamenteuse, antécédents
(ADH normale) psychiatriques
ð Syndrome sec (déshydrata&on chronique) ð Calendrier mic&onnel
› Sensa&on de soif intense mais sans › Mesure de la diurèse sur 24h (permet
polyurie authen'que d’objec'ver une polyurie)
› Contexte d’hypovolémie : hypotension › Volume et fréquence des mic'ons
orthosta&que, pli cutané, muqueuses ð Examens complémentaires selon l’orienta&on
sèches clinique
› Causes fréquentes : diabète déséquilibré, › Ionogramme sanguin et urinaire
insuffisance rénale, pathologies (recherche d’hyponatrémie,
diges'ves (diarrhées, vomissements) hypernatrémie)
ð Pollakiurie › Osmolalité plasma'que et urinaire
› Fréquence des mic'ons ≥ 8 fois/jour, › Test de restric'on hydrique si suspicion
avec volume urinaire normal ou diminué de diabète insipide
Objec'f 2 : Évaluer sur les données de l’anamnèse, de l’examen clinique et des données biologiques, l’état
d’hydrata5on du pa5ent
• Examen clinique
ð Rechercher des signes de déshydrata&on intracellulaire (hypertonique, liée à un déficit en eau)
› Soif intense
› Sécheresse des muqueuses (langue, bouche)
› Troubles neurologiques : confusion, agita'on, somnolence, coma en cas de déshydrata'on sévère
ð Rechercher des signes de déshydrata&on extracellulaire (hypotonique, liée à une perte de sodium et d’eau)
› Pli cutané persistant (perte d’élas'cité de la peau)
› Cernes marqués
› Hypotension orthosta&que, tachycardie (traduc'on d’une hypovolémie)
› Oligurie (diminu'on du volume urinaire)
SDD 61 – SYNDROME POLYURO-POLYDISPSIQUE
› Perte de poids rapide (critère quan'fiable)
› Jugulaires plates en décubitus
• Examens biologiques
ð Ionogramme sanguin
› Hypernatrémie → Déshydrata'on intracellulaire
› Hyponatrémie → Hyperhydrata'on intracellulaire
ð Osmolalité plasma&que et urinaire
› Osmolalité plasma'que élevée : signe d’une perte hydrique non compensée
› Osmolalité urinaire inadaptée (faible dans le diabète insipide, élevée en cas de déshydrata'on
extracellulaire)
ð Créa&nine et urée sanguines
› Augmenta'on de l’urée plasma'que en cas de déshydrata'on extracellulaire
ð Hémoconcentra&on possible
› Augmenta'on de l’hématocrite et des protéines plasma'ques dans la déshydrata'on extracellulaire
Urgence
Objec'f 1 : Chercher une hyperglycémie et un trouble ionique associé
• Rechercher une hyperglycémie à l’examen clinique • Examens biologiques à réaliser en urgence
ð Syndrome cardinal du diabète ð Glycémie capillaire et veineuse
› Polyurie-polydipsie (augmenta'on des › Hyperglycémie ≥ 1,26 g/L à jeun ou ≥ 2
apports hydriques et du volume urinaire) g/L en postprandial
› Amaigrissement inexpliqué malgré une ð Ionogramme sanguin
alimenta'on normale ou augmentée › Hypernatrémie : en cas de
› Polyphagie (faim excessive) déshydrata'on intracellulaire associée
ð Signes de déshydrata&on extracellulaire › Hyponatrémie de dilu&on : si
› Pli cutané persistant hyperglycémie massive avec
› Veines jugulaires plates déplacement hydrique
› Soif intense › Hypokaliémie : risque majeur en cas
ð Signes de décompensa&on métabolique d’acidocétose, nécessitant une correc'on
(acidocétose diabé&que) précoce par KCl dès que la kaliémie < 5
› Dyspnée de Kussmaul (respira'on ample mmol/L
et profonde) ð Gaz du sang veineux ou artériel
› Haleine cétonique (odeur de pomme ou › Recherche d’une acidose métabolique
acétone) avec trou anionique augmenté (pH < 7,3,
› Troubles neurologiques : confusion, bicarbonates < 15 mmol/L)
agita'on, voire coma en cas ð Corps cétoniques sanguins et urinaires
d’acidocétose sévère › Présence de cétonémie > 3 mmol/L ou
cétonurie marquée en cas d’acidocétose
diabé'que
Objec'f 2 : Ini5er la prise en charge d’une acidocétose ou d’une décompensa5on hyperosmolaire d’un diabète
• Différencier les deux formes de décompensa&on ð Pas d’administra'on systéma'que de
ð Acidocétose diabé&que bicarbonates (réservé aux pH < 7,10 en cas
› Glycémie veineuse > 2,50 g/L ou diabète d’épuisement clinique)
connu • Insulinothérapie (uniquement après au moins 1h
› pH < 7,30 et/ou bicarbonates < 15 d’hydrata&on)
mmol/L ð Acidocétose diabé&que
› Corps cétoniques "++" à "++++" à la › Insuline d’ac&on rapide IV en
bandeleae urinaire ou cétonémie con&nu (0,1 UI/kg/h)
capillaire > 3 mmol/L › Objec'f de diminu'on progressive de la
ð Syndrome d’hyperglycémie hyperosmolaire glycémie (< 1 g/L/h)
› Glycémie > 30 mmol/L (soit 6 g/L) › Relais par insuline sous-cutanée après
› Osmolalité plasma'que > 320 mOsm/kg normalisa'on de la cétonémie
› pH > 7,30 (pas d’acidose significa've) ð Décompensa&on hyperosmolaire
› Absence de cétonémie ou de cétonurie › Insuline IV après réhydrata'on
franche › Surveillance stricte pour éviter une
• Prise en charge ini&ale commune correc'on trop rapide
SDD 61 – SYNDROME POLYURO-POLYDISPSIQUE
ð Mise à jeun + pose de 2 VPP • Points de vigilance
ð Réhydrata'on IV NaCl 0,9 % (1 L sur 1h puis ð Ne jamais injecter d’insuline dans la première
adapta'on) heure sans correc'on préalable de la kaliémie
ð Surveillance biologique rapprochée (glycémie, ð Correc'on prudente des déséquilibres ioniques
ionogramme sanguin, gaz du sang, cétonémie) pour éviter un œdème cérébral
• Correc&on des troubles ioniques ð En cas d’alcoolisme chronique : supplémenta&on
ð Kaliémie < 5 mmol/L → KCl IV dès la prise en en vitamine B1 pour prévenir l’encéphalopathie
charge de Wernicke
ð Surveillance ECG en cas de troubles du
potassium
Synthèse des résultats d’examens paracliniques
Objec'f 1 : Différencier une polyurie osmo5que d’une polyurie hypotonique par le calcul des osmolarités plasma5ques
et urinaires
• Rappel des formules : ð Caractéris&ques cliniques et biologiques :
ð Osmolarité Plasma&que = Na x 2 + glycémie (en › Réponse posi&ve au test à la
mmol/l) desmopressine (Minirin) :
ð Osmolarité Urinaire = (Na + K) x 2 + urée § Augmenta'on de l’osmolarité
ð Trou anionique plasma&que = Na + K – Cl – Hco3- urinaire (> 750 mOsm/L)
ð Trou anionique urinaire = Na + K – Cl § Réduc'on significa've de la
• Polyurie osmo&que polyurie
ð É&ologies fréquentes : › Osmolarité plasma'que élevée (> 300
ð Diabète sucré mOsm/L)
ð Administra'on de mannitol ou substances › Osmolarité urinaire basse avant le test (<
osmo'ques 150 mOsm/L)
ð Insuffisance rénale chronique (IRC) • Focus diabète insipide néphrogénique
ð Signes biologiques : ð Défini&on : Insensibilité rénale à l’ADH, même si
ð Hyperosmolarité plasma'que (> 300 mOsm/L) celle-ci est sécrétée en quan'té normale ou
avec hypernatrémie associée augmentée
ð Osmolarité urinaire élevée (> 300 mOsm/L) ð Causes fréquentes :
ð Sodium urinaire (NaU) > 20 mmol/L › Géné'que (muta'on du récepteur V2 de
ð Trou anionique augmenté (> 16) l’ADH ou de l’aquaporine-2)
ð Trou osmolaire présent dans l’urine (différence › Médicaments (lithium ++, amphotéricine
entre osmolarité mesurée et calculée) B)
ð Conséquences cliniques : › Hypercalcémie, hypokaliémie
ð Déshydrata&on extracellulaire › Maladie rénale chronique
• Polyurie hypotonique ð Caractéris&ques cliniques et biologiques :
ð É&ologies fréquentes : › Absence de réponse au test à la
› Trouble de la concentra'on rénale desmopressine (Minirin) :
(diabète insipide central ou § Osmolarité urinaire reste basse (<
néphrogénique) 300 mOsm/L)
› Polydipsie primaire (potomanie) § Pas de réduc'on significa've de
ð Signes biologiques selon la cause : la polyurie
› Normohydrata&on › Osmolarité plasma'que élevée (> 300
extracellulaire (polydipsie primaire) mOsm/L)
› Hypernatrémie avec hyperosmolarité › Osmolarité urinaire basse avant le test (<
plasma&que (> 300 mOsm/L) en cas de 150 mOsm/L)
diabète insipide • Focus sur les tests utiles dans le syndrome polyuro-
› Osmolarité urinaire basse (< 150–200 polydispsique
mOsm/L) ð Test de restric&on hydrique :
ð Spécificités de la potomanie : o Potomanie ou polydipsie primaire :
› Hyponatrémie hypotonique (osmolarité Osmolarité urinaire > 750 mOsm/L
plasma'que < 275 mOsm/L) o Diabète insipide central : Osmolarité
› Osmolarité urinaire très basse (≤ 100 urinaire n’augmente pas malgré la
mOsm/L) déshydrata'on (< 300 mOsm/L)
• Focus diabète insipide central
SDD 61 – SYNDROME POLYURO-POLYDISPSIQUE
ð Défini&on : Défaut de sécré'on d’hormone o Diabète insipide néphrogénique : Même
an'diuré'que (ADH ou vasopressine) par observa'on
l’hypothalamus ou l’hypophyse postérieure ð Test à la desmopressine (Minirin) :
ð Causes fréquentes : o Diabète insipide central : Améliora'on
› Trauma'sme crânien, chirurgie avec augmenta'on significa've de
hypophysaire l’osmolarité urinaire (> 750 mOsm/L)
› Tumeurs (craniopharyngiome, adénome o Diabète insipide néphrogénique :
hypophysaire) Absence de réponse, osmolarité urinaire
› Maladies auto-immunes (ex. reste basse
hypophysite)
› Idiopathique (cas fréquents)
Objec'f 2 : Demander une bandeleDe urinaire et interpréter son résultat devant un syndrome polyuro-polydipsique
• Bandeleqe urinaire :
ð Recherche de glycosurie :
› Si posi&ve : évoquer une polyurie osmo'que liée à un diabète sucré ou une surcharge en mannitol
› Si néga&ve : exclut une polyurie osmo'que liée à une glycosurie
• Interpréta&on des résultats :
› Si glycosurie posi&ve : réaliser un bilan métabolique (glycémie, HbA1c)
› Si glycosurie néga&ve : orienter vers une polyurie hypotonique (osmolarité urinaire < 150 mOsm/L)
› Éventuellement compléter par une évalua'on de l’osmolarité urinaire et plasma'que pour affiner le diagnos'c
(ex. potomanie, diabète insipide)
Objec'f 3 : Chercher des signes en faveur d’une acidocétose
• Signes cliniques évocateurs
ð Polypnée de Kussmaul
ð Haleine cétonique (odeur fruitée)
ð Déshydrata&on globale (pli cutané, hypotension, tachycardie)
ð Troubles neurologiques (confusion, somnolence)
• Défini&on biologiques
ð Glycémie capillaire > 2.5 g/L
ð Corps cétoniques "++" à "++++" à la bandeleae urinaire ou cétonémie capillaire > 3 mmol/L
ð Acidose métabolique avec trou anionique augmenté (pH artériel < 7.30, bicarbonates < 15 mmol/L)
• Contexte favorisant
ð Arrêt ou mauvaise observance d’un traitement hypoglycémiant
ð Stress métabolique (infec'on, chirurgie, infarctus)

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