Document 549244
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Centre de Coopération
Internationale en Recherche
Agronomique pour le
Développement
1
Université Dschang, 2 Irad / Cirad, 3
Irad / Coopération française
AVANT PROPOS
Ceux d’entre nous qui observent le milieu paysan, se demandent ce qui se passe et
s’interrogent sur la validité de l’appui aux producteurs. L’appui aux producteurs, c’est tous les
services matériels et immatériels déployés pour aider les producteurs à mieux gérer leurs
exploitations agricoles. Les agents d’appui aux producteurs qu’ils soient des services de
l’encadrement agricole Etatique ou privé entre autres les agents de vulgarisation de la zone
(AVZ) les animateurs relais (AR), les conseillers paysans (CP) et les agents des institutions
financières, ont pour rôle de mettre les agriculteurs au courant des résultats de la recherche. Ils
les aident ainsi à trouver des solutions aux problèmes domestiques quotidiens, à affronter
d’autres aspects de la vie rurale, pour accroître la productivité agricole et le bien-être des
communautés rurales, contribuant ainsi au progrès économique et social. Cela suppose une
mobilisation des opérateurs tels que les concepteurs, agents du développement rural ou agents
des collectivités professionnelles.
C’est dans cette perspective que s’inscrit la présente étude. Elle vise à faire le point des
différentes expériences d’appui aux producteurs au Nord-Cameroun en cours depuis une
quinzaine d’années pour en tirer des enseignements en matière de dispositifs d’appui-conseil
adaptés aux besoins des producteurs, économiquement viables et durables dans un contexte
actuel de professionnalisation des producteurs et groupements de producteurs. L’étude s’est
déroulée dans le cadre des activités du PRASAC en association avec l’université de Dschang,
à la station polyvalente IRAD de Garoua dans la période août 2006 à janvier 2007.
i
TABLE DES MATIERES
3. . Méthodologie..................................................................................................................... 16
3.1. Présentation de la zone d’étude: bref aperçu général du nord-cameroun ......................... 16
3.2. Types de données et instruments de collecte .................................................................... 17
3.3. Approche de l’étude et échantillonnage ............................................................................ 17
3.4. Procédure d’appréciation des pourcentages ...................................................................... 18
3.5. Limites de l’approche et de l’étude ................................................................................... 20
ii
LISTE DES TABLEAUX
Figure 1 : Démarche progressive d'aide à la décision proposée par Legile en 1999 ............................................. 15
Figure 2 : Evolution du dispositif et de l’implication des partenaires de la démarche CEF.................................. 15
Figure 3 : Localisation de la zone d’étude ............................................................................................................ 16
Figure 4 : Structure mixte d’animation OPCC-SODECOTON ............................................................................ 29
iii
LISTE DES ABREVIATIONS
ACDI Agence Canadienne pour le Développement Industriel
ACDIC Association Citoyenne de Défense des Intérêts Collectifs
AFD Agence Française pour le Développement
AFVP Association Française des Volontaires du Progrès
AGROCOM Association interprofessionnelle Agriculture Agro-industrie communication
APESS Association pour la Promotion des Eleveurs du Sahel
APROSTOC Association des Producteurs Stockeurs de Céréales du Diamaré
CEF Conseil à l’Exploitation Familiale
CERN Centre d’Education Rural de Ngong
DPGT Développement Paysannal et Gestion des Terroirs
DPA Direction de la production agricole Sodécoton
ESA projet Eau – Sol – Arbre
FAO Food Agricultural Organization
FASA Faculté d’Agronomie et des Sciences Agricoles
FEPRODEX Fédération des Producteurs d’Oignon de l’Extrême Nord
FIDA Fonds international de développement pour l’agriculture
GRADEV Groupe d’initiative commune d’action pour le développement
GRAPP Groupe de Recherche à l’Autopromotion des Producteurs
GPA Groupement de Producteurs Autonomes
GPB Groupement de Producteurs de Base
GPM Groupement de Producteurs avec Mandant de gestion d’intrants
IDA International Development Association (Association internationale pour le
développement-Banque mondiale)
INADES Institut Africain pour le Développement Economique et Social
IRAD Institut de Recherche Agricole pour le Développement
MARPP Méthode Active de Recherche et de Planification Participative
MINADER Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural
MINEPIA Ministère de l’Elevage des Pêches et des Industries Animales
OPCC Organisation des Producteurs de Coton du Cameroun
PAM Programme Alimentaire Mondiale
PARFAR Projet d’Amélioration des Revenues Familiales Agricoles et rurales
PDEA Projet de Diversification des Exportations Agricoles
PNVRA Programme National de Vulgarisation et de Recherche Agricole
PPTE Pays Pauvres Très Endetté
PRASAC Pôle Régional de Recherche Appliquée au Développement des Savanes d’Afrique
Centrale
PSSA Programme Spécial de Sécurité Alimentaire
SADEL Service d’Appui au Développement Local
SAILD Service d’Appui aux Initiatives Locales Pour le Développement
SEMRY Société d’Expansion et de Modernisation de la Riziculture de Yagoua
SNV Service Néerlandais de Développement
SODECOTON (SDCC) Société de Développement de Coton du Cameroun
TERDEL Territoire Développement Local
UGICETA Union des Gics du Comité d’Eradication des Tsé-Tsé de l’Adamaoua
iv
RESUME
v
ABSTRACT
In North Cameroon, agricultural development rest on a linear top down scheme (research /
extension / production). Taking into account of producer’s needs necessitates the evolution of
existing approaches from directive to participative group action. In this context, the PRASAC
(Pôle Régional de Recherche Appliquée au Développement des Savanes d’Afrique Centrale)
project raises the importance of laying out an explanatory analysis on the experiences of
support to producers for a period of about fifteen years. Thus, a study on comparative analysis
of experiences of support to family farms in Norh Cameroon was carried out from august
2006 to january 2007. Focused on the monography and characterisation of these experiences
as well as on the evaluation of services (material / non material) they deploy, this study was
achieved by means of literature review, personal observations and interviews (individuals and
groups) conducted within the three base units: managers, actors (agents in charge of carrying
out services) and beneficiaries of the six experiences. The theory of Van Den Ban and al.
(1994) of the approaches of extension and the analysis of speeches of the three defined base
units equally served as a framework to the study whose results are as follows:
- Literature review and interviews permitted the filing fifteen experiences of support to
producers. The fifteen experiences are found in three types of devices: i) managed by a
private institution (SAILD, CERN), ii) belonging by the public institutions (SDCC,
PNVRA) and iii) managed by a farmers organisation (APROSTOC, TIGNERE) ;
- Detailed analysis of speeches for each case on services deployed permitted the
retention of three types of approaches for programming material services (activities):
« participation» (SAILD, CERN) «top down» (SDCC, PNVRA) and «partnership»
(APROSTOC, TIGNERE) and two types of non material services (approaches):
support and extension. These approaches concern mainly technical matters:
sensibilisation, animation, training and follow up-evaluation of activities ;
- The analysis of the functioning of devices in relation with material services deployed
(supply in inputs, community management of cereals, loans, etc.), brings to light three
groups: I) those that function poorly, ii) those that function averagely, and iii) those
that fucntion well ;
- Four main elements having contributed to the failure or success of material services
were apprehended: the perpetuation of finances, the management of finances, the
management of activities and sensitisation ;
- Six lessons for the implementation of devices for support farmers adapted to the needs
of producers, economically viable and sustainable were equally apprehended: the
strengthening the farmers and the actors’ decision making capacity, the coordination
of support farmers’activities in the regional level, the financial participation of
beneficiaries in the financing of devices, the creation of specialised organisations and
the accompanying research of support farmers ;
Key words: Support farmers, Cameroon, family farm, farm management advice, development
project, extension
vi
1. .INTRODUCTION
Kleene (1995) rapporte qu’avec la vulgarisation, un intérêt particulier est apporté au suivi des
taux d’adoption des solutions techniques par les agriculteurs : « Ce n’est que vers les années
50, qu’on a pris conscience de la nécessité de s’intéresser davantage à la rentabilité
économique des technologies proposées ainsi qu’à la gestion technico-économique des
exploitations auxquelles les solutions étaient destinées ». Cette approche de transfert
d’innovations techniques a conduit à un développement important du « farm management
advice » (conseil en gestion économique) dans les pays anglophones et du Conseil de Gestion
(CdG) type Chombart de Lauwe appliqué aux exploitations familiales agricoles dans les pays
d’Afrique francophone (Kleene, 1995). Legile (1999) souligne que le conseil de gestion type
Chombart de Lauwe est une démarche d’aide à la décision basée sur l’approche globale 1 de
l’exploitation agricole. Il aide le producteur à analyser son exploitation et à atteindre ses
objectifs en lui apportant un regard extérieur sur sa situation et ses possibilités (Chombart de
Lauwe et al. 1969). Le conseil de gestion fut introduit en Afrique de l’Ouest par la recherche
agricole, d’abord au Sénégal dans les années 70, au Mali à partir de 1982 et au Burkina en
1992, puis progressivement dans d’autres pays comme le Bénin (Kleene, 1995).
Tchala et al. (1994) rapportent que depuis l’avènement de la crise économique au Cameroun,
la politique agricole est caractérisée par le déclin voire la suppression de certains organismes
autonomes d’intervention dans le secteur agricole ; le désengagement de l’Etat des activités
d’approvisionnement en intrants, de la commercialisation et de la professionnalisation des
producteurs. Djoukam (2003) relève que les sociétés de développement publiques des
principales filières d’exportation des produits agricoles sont en voie de privatisation
notamment le cas de la Société de Développement du Coton du Cameroun (SODECOTON /
SDCC). Au vu des changements en cours au sein de la filière coton, désormais les paysans ne
bénéficieront plus du même degré d’encadrement. La commercialisation du coton,
l’approvisionnement en intrants, la gestion des crédits de campagne, et en partie la
vulgarisation et l’appui aux organisations paysannes deviennent progressivement du ressort
des groupements de planteurs (Djoukam, 2003).
1
C’est la prise en considération de l’ensemble de la situation d’une exploitation en tant qu’entité sociale et économique : les
habitants, les terres, les biens d’équipement…, ainsi que toutes les productions de l’exploitation.
1
Fort de ce constat, la recherche agricole au Nord-Cameroun relève une nécessité de
développer et de mettre au point des démarches d’appui aux producteurs complémentaires à
celles existantes (Boukassa, 2003). Ces démarches doivent aider les producteurs dans leur
prise de décision, et aborder les exploitations agricoles dans leur ensemble. C’est dans ce
contexte que Ousmanou (2002) note la nécessité d’une réorientation des approches par les
structures de recherche et de développement vers la professionnalisation des paysans. Partant
de cette logique, l’appui-conseil aux exploitations agricoles ou Conseil de Gestion (CdG) a
été mis en œuvre par l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD)
principalement dans le cadre des activités du Pôle Régional de Recherche Appliquée au
Développement des Savanes d’Afrique Centrale (PRASAC) à partir de 1998 dans cinq
terroirs qui sont Mafa Kilda, Fignolé, Mowo, Gadas, Balaza Domayo. Ce test a abouti à la
mise au point d’une première expérience de diffusion de la démarche d’appui-conseil dans la
région de Guider auprès des producteurs de coton dès 2003.
1.2. Problématique
Le développement agricole au Nord-Cameroun est depuis environ une vingtaine d’années
organisé autour de la culture du coton. Il est inscrit dans un dispositif d’encadrement
principalement assuré par la SDCC et le ministère de l’agriculture (Legile et al. 2004). Selon
Tchala et al. (1994) ce dispositif d’encadrement s’appuie essentiellement sur le transfert des
messages suivant une approche de vulgarisation centrée sur la production du coton et dans
une démarche dite « descendante ». Kossoumna et Havard (2006) précisent que cette structure
a joué un rôle moteur dans la diffusion des solutions techniques : fumure minérale,
traitements phytosanitaires et traction animale. Elle a également mis en place un système de
crédit de campagne aux producteurs, et une garantie d’achat de la production à prix fixe.
Depuis une dizaine d’années, la filière cotonnière traverse des mutations profondes liées à la
politique de désengagement de l’Etat, de privatisation et de professionnalisation des
producteurs (Djamen et al, 2003). Tchala et al. (1994) estiment que cette évolution est rendue
nécessaire par la crise économique et l’application de la politique d’ajustement structurelle
agricole. Comme le relèvent Awono et al. (2002), cette politique vise à arrêter les pratiques de
fixation des prix des produits pour favoriser la relance de la production agricole en bénéficiant
des gains résultant de la dévaluation du Fcfa intervenue en janvier 1994. Pour accompagner
ces mouvements de désengagement et de privatisation, la loi N° 92/006 du 14/08/1992
promouvoie l’émergence des sociétés coopératives et des Groupes d’Intérêt Economique
(GIE) 2 qui ont pour objectif général de permettre aux paysans de prendre en charge un certain
nombre d’opérations jadis accomplies par les services d’encadrement de l’Etat, des sociétés et
projets de développement. C’est dans ce contexte que l’Organisation des Producteurs de
Coton du Cameroun-Groupement d’Intérêt Economique (OPCC-GIE) fut créée en 2000. Cette
faîtière prend progressivement le relais de la SDCC dans les fonctions de commercialisation
du coton, d’approvisionnement en intrants et d’appui aux groupements des producteurs
(Kossoumna et Havard, 2006). Des mouvements similaires de faîtières mais de moindre
envergure, sont visibles au niveau d’autres filières de production notamment la filière céréale
«APROSTOC» (Association des Producteurs Stockeurs de Céréales du Diamaré) qui a
privilégié au départ l’organisation des groupements de stockage avant d’envisager le conseil
technique (conduite du sorgho muskwari), puis le développement d’un conseil à
l’exploitation. Progressivement au niveau d’autres filières comme la filière oignon
2
Grain de sel, N° 34-35 de mars-août 2006. Bilan de la situation des Op au Cameroun par Clobert Tchatat. Ministre de
l’Agriculture et du Développement Rural du Cameroun (MINADER). « Avec la libéralisation des filières agricoles, très
rapidement, grâce à la loi de 1992, des milliers d’organisations sont nées (…) ».
2
« FEPRODEX, TIGNERE » respectivement (Fédération des Producteurs d’Oignon de
l’Extrême-Nord et Coopérative de producteurs d’oignon de la province du Nord-Cameroun)
et la filière bovine « UGICETA » (Union des Gics du Comité d’Eradication des Tsé-Tsé de
l’Adamaoua).
Ces approches prennent en compte le fait que les exploitations agricoles du Nord-Cameroun
en majorité de type familial, sont de petites tailles et connaissent des difficultés pour atteindre
l’autosuffisance alimentaire (Havard et al. 2000). Legile (1999) développe l’idée d’une
situation tributaire de pratiques de gestion où l’incertitude prédomine sur la prévision. De
telles pratiques sont peu favorables à l’élaboration et à la mise en œuvre des stratégies viables
souligne Djoukam (2003). Pour autant, (Djamen et al. 2003) pensent que dans un tel contexte
les producteurs ont besoin d’accompagnement et d’outils d’aide à la décision pour leur
permettre de prendre efficacement le relais de l’Etat et de mieux négocier avec les acteurs des
filières de production. Cette situation est d’autant plus préoccupante que dans le contexte
actuel de professionnalisation des producteurs, de désengagement de l’Etat et de compétitivité
des filières agricoles, il est important de disposer d’analyses explicatives sur ces différentes
expériences, ce qui n’est pas le cas actuellement. La présente étude se propose de fournir les
premiers éléments d’analyse pour répondre au questionnement suivant:
1. quelles sont les différentes expériences d’appui aux producteurs mises en œuvre au
Nord-Cameroun ?
2. quelles sont les caractéristiques liées aux activités de vulgarisation et d’appui-
conseil qu’elles déploient ?
3. quels sont les états de fonctionnement (arrêt, poursuite) des principales activités de
vulgarisation et d’appui-conseil déployées par chacune d’elle et les principaux
éléments de défaillance et de réussite de ces activités ?
3
1. identifier, décrire et caractériser les expériences d’appui aux producteurs en cours au
Nord-Cameroun ;
2. évaluer et en faire une analyse comparative de leurs activités de vulgarisation et
d’appui-conseil (arrêt, poursuite) tout en mettant en exergue les éléments de
défaillance et de réussite de ces activités ;
Sur le plan théorique, cette étude va permettre à la Recherche de faire un point sur les
différentes expériences d’appui aux producteurs mises en œuvre au Nord-Cameroun depuis
une quinzaine d’années. Elle va aussi permettre de tirer des enseignements pour l’avenir sur
les démarches et les dispositifs d’appui aux producteurs les plus appropriés en indiquant aux
acteurs les mécanismes de réussite et d’échec de ces dispositifs, et aussi sur les perspectives
en matière de recherche et de recherche-développement sur l’appui aux producteurs dans le
contexte Nord-Camerounais.
Sur le plan pratique, cette étude aidera les organismes de développement, les organisations de
producteurs, les prestataires privés dans l’appropriation de démarches d’appui aux
producteurs susceptibles de mieux répondre aux besoins et attentes des populations. Elle
permettra aussi aux paysans et autres acteurs intervenant dans l’agriculture d’être mieux
armés pour s’adapter aux évolutions et changements en cours, caractérisés par l’incertitude
sur de nombreuses filières de production, et le désengagement de l’Etat.
Van Den Ban et al. (1994) distinguent quatre approches de vulgarisation agricole:
L’approche centrée sur une culture de rente a pour but d’introduire un ensemble cohérent de
démarches visant le renforcement de capacités des producteurs dans le cadre de la production
et de la commercialisation d’une culture de rente.
L’approche centrée sur l’innovation technique fait usage des paysans auto-sélectionnés
appelés « paysans de démonstration » ou « paysans de contact » par qui la diffusion doit se
faire. L’approche centrée sur une catégorie de cible identifie les catégories homogènes de
paysans dans le cadre de la recherche-développement.
4
Ces deux approches sont utilisées dans le système Formation et Visites (F&V). La
vulgarisation dans ces approches génère et diffuse les innovations.
L’approche par organisation paysanne vise les groupes de paysans ayant des ressources et
objectifs semblables.
Le Tableau ci-dessous indique les approches de vulgarisation agricole développées par Van
Den Ban et al. (1994).
5
Selon Faure et al. (2004) un conseiller ou un animateur est toute personne (homme ou femme)
polyvalente d’un certain niveau scolaire (niveau d’études initial, au moins le brevet des
collèges avec quelques connaissances en agronomie et élevage). Les compétences (profil)
qu’il doit réunir pour travailler en milieu rural sont multiples parmi lesquelles une
disponibilité à s’adapter au calendrier des paysans, un sens de l’organisation des groupes de
producteurs, une capacité d’écoute et de dialogue importante pour comprendre les points de
vue des producteurs et valoriser leurs savoirs et savoir faire. En développement rural, il peut
jouer différents rôles (animateur, formateur, vulgarisateur) en fonction d’un certain nombre
d’objectifs qui lui ont été assignés par son employeur (projet, ONG, bureau d’étude)
corroborant avec les attentes des populations de son rayon d’action.
L’animation a pour vocation d’accompagner les producteurs dans la prise des décisions sur
leurs activités avec des conseils ou appuis (Faure et al. 2004). A titre indicatif, le MARPP
(Méthode Active de Recherche et de Planification Participative) est une méthode d’animation
à base de questionnaires et qui aide à la connaissance d’un milieu (physique, biologique) avec
les activités et les pratiques culturales qui s’y déroulent. Au Nord Cameroun, cette méthode
est utilisée par de nombreux acteurs notamment la SNV, l’INADES, le SAILD, le CERN et le
CDD (Centre Diocésain de Développement).
La gestion est une science et un art. La science de la gestion est un ensemble de connaissances
systématiques permettant de comprendre les vérités générales concernant la gestion, l’art de la
gestion est une aptitude créatrice personnelle doublée d'une aptitude à obtenir des résultats
(Terry et Franklin, 1982). Gérer une entreprise agricole consiste à combiner les différents
facteurs de production -terre, main d’œuvre et capital - et à choisir les spéculations végétales
et animales, de façon à obtenir un revenu minimum de l’exploitation jusque dans ses
moindres éléments (FAO, 1965). Cette définition ne prend pas en compte les activités extra-
3
Et, de plus en plus, d’autres activités rémunératrices hors agriculture dans le cadre d’un système familial d’activités.
6
agricoles pourtant très importantes dans la plupart des pays d’Afrique Subsaharienne
(Balkissou, 2000).
L’appui-conseil pourrait donc être définit comme le conseil sur toutes ses formes suivant une
approche participative. Il recouvre plusieurs types de conseil conçus et mis en œuvre dans des
contextes différents et selon des approches distinctes (Havard et al. 2006). Ces approches
peuvent être appréhendées en terme de gestion ou de conduite de l’exploitation (CdG), en
terme de technique pratiquée sur l’exploitation (conseil technique) ou même en terme
technico-économique (conseil technico-économique).
7
2.3. Revue de la littérature
Le système Training and Visit en abrégé T & V (Formation et Visites) a bénéficié des faveurs
de la Banque Mondiale. Il a été officiellement adopté au Cameroun en 1985 à l’issu du
séminaire National sur la vulgarisation agricole (Tchala et al. 1994). Son adoption et la
création du Programme National de Vulgarisation et de Recherche Agricole (PNVRA)
peuvent être considérées comme la réponse officielle aux multiples contraintes du secteur
agricole en général et de la vulgarisation en particulier inventoriées dans le « Bilan Diagnostic
du Secteur Agricole » pour la période de 1960-1980. Au Nord-Cameroun, Legile (1999)
souligne qu’il a été mis en place en 1996 donc bien longtemps après les premières
expériences pilotes de 1988 dans d’autres régions du pays.
Tchala et al. (1994) rapportent que l’approche centrée autour d’une culture de rente est
spécifique aux organismes de caractère sectoriel en l’occurrence la Société de Développement
de Coton du Cameroun (SODECOTON) et la Société d’Expansion et de Modernisation de la
Riziculture de Yagoua (SEMRY) ayant pour mandat de promouvoir le développement de
certaines filières (coton, riz). Ces organismes disposent d’une large autonomie de gestion
(intrants), s’occupent des activités en amont (approvisionnement en intrants) et en aval
(commercialisation des produits) de leurs filières respectives dans une zone géographique
bien déterminée. L’adoption des solutions techniques est directive et repose sur la confiance
des vulgarisateurs en la validité scientifique et technique du contenu de leurs messages
compte tenu de l’appui permanent que leur apporte la recherche. La SODECTON (SDCC) et
la SEMRY ayant adopté cette approche ont vu, à la fin des années 70 et début 80, leur mandat
s’étendre à d’autres cultures pratiquées par les producteurs de leurs zones d’intervention
respectives (sorgho, arachide, maïs). Ainsi, de sectoriel, ces organismes ont revêtu un
caractère intégré (Tchala et al. 1994).
L’approche par projet intégré couvre de manière horizontale et verticale les différentes
spéculations agricoles (riz, coton, arachide, maïs, sorgho). Appliquée par les structures
autonomes (SDCC, SEMRY), cette approche a les caractéristiques essentielles, notamment la
liaison avec la recherche est moins étroite que dans la précédente, les agents de vulgarisation
ont un profil large sur le plan technique (Tchala et al. 1994). La responsabilisation des
producteurs s’est traduite par la structuration des paysans en groupements auxquels certaines
opérations (gestion des intrants, commercialisation des produits) jadis sectorielles, seront
transférées progressivement.
8
Les approches évoluent de la diffusion de messages techniques au dialogue avec les paysans
Cependant, comme le relèvent Djamen et al. (2003) leur caractère dirigiste, techniciste et
sectoriel les rendent inadaptées à la dynamique actuelle de professionnalisation des
producteurs. En effet avec le système T & V, des interrogations subsistent sur son impact réel
à l’accroissement de la production agricole et sur sa viabilité après l’arrêt de son financement
par la Banque Mondiale en 1998 (Legile, 1999). Cette situation corrobore le constat de
Tchouamo et Steele (1997) dans une étude d’impact effectuée à l’Ouest du Cameroun où ils
notent que seulement 30% de paysans étaient en contact avec le vulgarisateur. De même, sur
les 140 zones définies dans le Nord-Cameroun, 110 sont occupées par un agent (Legile,
1999). Depuis la fin des financements le 30 juin 2004, le gouvernement a pris en charge le
fonctionnement du PNVRA.
C’est dans le même contexte que Tchala et (al. 1994) soulignent qu’au vu des problèmes de
financement auxquelles elles devaient faire face, certaines sociétés de développement, jadis
sectorielles, ont commencé au début des années 80, à envisager des stratégies visant à réduire
le coût global de leur fonctionnement sans affecter négativement la réalisation de leurs
objectifs de production. Mathieu (2000) rapporte que depuis les années 80, la SDCC s’est
engagée dans un certain nombre d’actions telles que la promotion des groupements paysans,
la professionnalisation et la responsabilisation des producteurs. Ces actions se concrétisent
poursuit-il avec la création d’AVP (Association Villageoise Pré-coopérative) puis d’AVA
(Association Villageoise Autogérée) ainsi que le transfert des fonctions de gestion des intrants
aux groupements dans ses zones d’interventions. Ces associations villageoises ont ensuite
évolué en groupements de producteurs (GP).
Sur près de 1900 groupements de producteurs légalisés et reconnus par la SDCC, environ 700
groupements de producteurs ont le mandat de gestion des magasins, et 65 sont des
4
Il faut vacciner à telle date, il faut appliquer tel système de culture dans tel système de production…
9
groupements autonomes. Un groupement autonome est responsable de la gestion des intrants,
du plan de campagne et les relations avec la SDCC sont simplifiées. Les chefs de zone (CDZ)
affectés à leur encadrement, consacrent moins de temps de gestion et sont disponibles pour
animer des groupes de paysans sur le Conseil à l’Exploitation Familiale (CEF). Depuis, 2005,
pour mettre en œuvre ce conseil, les CDZ suivent une formation financée par la SDCC et
assurée par le Service d’Appui au Développement Local (SADEL-GIE).
5
Le monde du 20 avril 1995. Le taux de croissance annoncé pour les cinq prochaines années est de 3,8% par an pour
l’Afrique subsaharienne, comparé à 3,3% pour l’ensemble du monde, supérieur aux autres régions en développement à
l’exception de l’Asie.
10
avaient pour seule activité la collecte primaire du coton, cette activité étant rémunérée 3 à 4
Fcfa par kilogramme du produit collecté, permettant ainsi aux groupements de planteurs
d’accumuler des revenus monétaires qui ont permis à financer des activités visant le
développement de leur zone d’intervention respective: pistes de collecte de coton, puits,
forages, écoles, moulins etc. A partir de 1987, les GVP dont le fonctionnement a été jugé
satisfaisant, ont élargi leurs activités à l’encadrement agricole et la gestion des magasins
d’intrants agricoles devenant ainsi des groupements villageois autogérés (GVA) devenus
ensuite association villageoises de producteurs (AVP) et plus tard associations villageoises
autogérées (AVA). Les AVP avaient pour principale activité la commercialisation primaire de
coton alors que les AVA, en plus de la commercialisation primaire du coton, assurent
l’encadrement agricole (coton et vivrier) et la gestion des magasins d’intrants agricoles.
Le suivi technique de la culture peut être assuré par un agent, salarié de la Sodécoton, mais la
plupart des associations évoluent vers un système davantage autogéré en employant des
membres du groupement comme agent de suivi. Ce dernier est chargé non seulement de suivi
de la culture cotonnière, mais aussi de la diffusion des conseils techniques aux agriculteurs.
Par ailleurs les chefs de zones (CDZ), appartenant au système d’encadrement Sodécoton,
réalisent régulièrement des réunions avec les producteurs pour présenter des innovations
techniques concernant la culture du coton et les autres spéculations notamment les vivriers
(sorgho pluvial, arachide et le maïs). Ce système d’appui aux producteurs basé sur la
transmission d’itinéraires techniques (normatifs) via une organisation linéaire descendante, a
montré une certaine efficacité surtout lorsqu’il s’appuie sur un encadrement rapproché 6
(Mathieu, 2000).
11
en œuvre en juillet 2000, une structure de représentation de producteurs de coton:
l’Organisation des Producteurs de Coton du Cameroun (OPCC) avec un statut de groupe
d’initiative économique (Gie). Nouhou et al.(2004) rapportent que les enjeux et problèmes de
départ de la mise en œuvre du Gie peuvent être résumés ainsi:
- la privatisation annoncée de la Sodécoton et la participation à cette privatisation
souhaitée par les producteurs ;
- pour le développement et la gestion de la filière coton, les producteurs sont des
acteurs incontournables dans la chaîne ;
- le manque d’organisation des producteurs légalisée pour favoriser leur présence dans
les instances de décision sur la filière dans l’optique d’un transfert possible par la
Sodécoton de certaines fonctions (gestion des intrants) vers cette organisation ;
Très vite l’OPCC s’est lancée ainsi dans certaines opérations: gestion des intrants, activités
d’élevage avec la Sodécoton, services d’appui aux producteurs, soutien du prix de coton,
animation et fonctionnement des groupements etc. L’organisation est ainsi reconnue au
niveau de la zone cotonnière, au niveau national et international de part ses objectifs:
- représenter les producteurs de coton auprès des autorités locales, régionales, nationales
et auprès de la société cotonnière ;
- défendre les intérêts des producteurs de coton ;
- information des membres ;
- amélioration des conditions de vie des producteurs ;
- favoriser les échanges internes avec les groupements membres et avec les autres
organisations paysannes au niveau national et international ;
Mathieu (2000) souligne qu’il faut distinguer les interventions étatiques des initiatives locales
non gouvernementales. Le PNVRA, s’appuyant sur la méthode de vulgarisation "Training and
visit" (Formation et Visite) dispose des agents de vulgarisation, responsables d’une zone
d’action, travaillant avec quelques paysans au niveau de groupes de contact (Raymond et al.
1994). Des thèmes techniques sont proposés en collaboration avec la recherche (IRAD). Les
réunions et les visites effectuées par les vulgarisateurs auprès des producteurs, permettent de
sélectionner certains thèmes de façon participative. L’impact des ces interventions est variable
et largement conditionné par les ressources dont disposent les services du ministère de
l’agriculture, notamment les financements publics (Mathieu, 2000).
Mathieu (2000) rapporte également que les autres acteurs agissent beaucoup plus localement.
On peut notamment citer le travail de formation et d’appui technique auprès des producteurs
mené par les coordinations des églises catholiques ayant inscris leurs actions dans la logique
d’intervention en milieu rural. On peut citer comme exemple le Centre Diocésain de
développement (CDD) dont les actions sont surtout localisées dans les zones de montagnes et
de piémont (Extrême-Nord du Cameroun) où la population chrétienne est importante. Cette
structure vient en appui aux besoins exprimés localement par des individus, des groupes et
comités existants dans tout le Diocèse. Dans la même logique, l’Institut Africain pour le
Développement Economique et Social (INADES) installée dans l’Extrême-Nord depuis 1973
a focalisé son plan d’action sur la professionnalisation, qui consiste à stimuler les producteurs
à se regrouper autour des filières agricoles pour bénéficier des formations en vue de leur
promotion sociale et économique. C’est aussi le cas du Centre d’Education Rural de Ngong
(CERN) installé dans la province du Nord, qui est une association rurale confessionnelle
catholique à but non lucratif reconnue en 1992 et travaille sur l’organisation du monde rural et
12
la formation en techniques agricoles et d’élevage, le CERN intervient également dans
l’activité de stockage depuis 1998.
D’autres acteurs non confessionnels, notamment le Service d’Appui aux Initiatives Locales
Pour le Développement (SAILD) et le Service Néerlandais de Développement (SNV),
appuient l’émergence des OP ou soutiennent des groupes qui existent déjà en mettant l’accent
sur la participation des producteurs dans les prises des décisions sur différents domaines de
leurs exploitations (agriculture, élevage, professionnalisation). D’autres ont des objectifs en
matière de structuration des producteurs en développant des activités comme le maraîchage,
en pleine expansion grâce à l’accroissement de la demande urbaine. Ainsi, la Fédération des
Producteurs d’Oignon de l’Extrême-Nord (FEPRODEX) et la Coopérative de producteurs
d’oignons de la province du Nord Cameroun (TIGNERE) ont été crées en 1997 avec le
soutien des fonds Canadiens. Ces deux opérateurs œuvrent pour l’organisation et la
commercialisation des oignons vers le sud du pays mais agissent aussi en amont de la filière,
sur la diffusion d’innovations et l’appui aux producteurs (équipement et approvisionnement
en intrants).
Au Nord-Cameroun, le CEF a été introduit par l’IRAD dans le cadre des activités du
PRASAC en 1998, en s’inspirant du modèle Burkinabé (Legile et al. 2004). L’objectif du
CEF est de susciter la réflexion des paysans volontaires, de les amener à s’interroger sur leurs
pratiques, à favoriser la mesure et la prévision et à intégrer les aspects technico-économiques
dans leur raisonnement (Djoukam, 2003). Au terme d’une étude sur les exploitations
agricoles, trois thèmes majeurs du fonctionnement de l’exploitation ont été identifiés (Legile,
1999) : le programme prévisionnel (préparation de la campagne agricole), la sécurité
alimentaire (gestion des récoltes ou stocks de sécurité) et la trésorerie (utilisation de l’argent
perçu sur la vente des produits). Cette étude a également permis d’élaborer une démarche
d’animation de groupes de paysans basée sur les trois thèmes cités plus haut. Cette démarche
sera mise en œuvre dès la fin de l’année 1999 (octobre) dans les terroirs PRASAC et les
villages suivis par le DPGT (Djamen et al. 2003). Cette expérimentation a touché en 2002
jusqu’à 28 groupes de paysans (soit 350 producteurs environ) dont 3 groupes de femmes. En
2003, les activités de CEF sont arrêtées dans les terroirs PRASAC et les villages DPGT
(Développement paysannal et Gestion des Terroirs) avec l’arrêt des financements.
Djamen et al. (2003) notent que la démarche de CEF est étalée sur trois années minimums, et
adaptée au calendrier des activités agricoles des paysans et qui va de la formation aux bases
de la gestion (année 1) au conseil proprement dit (année 3) en passant par la définition et
l’utilisation des indicateurs technico-économiques (année 2).
13
♦ année 1 : de la gestion du quotidien aux projections à court terme
Cette première année met l’accent sur la formation des paysans aux bases de la gestion à
partir des thèmes communs à la majorité d’entre eux. Ces thèmes vont des préoccupations
quotidiennes (gestion des récoltes et des revenus monétaires) à la prévision à court terme
(préparation de la campagne agricole). Elle cherche à initier les paysans à la prise de notes,
notamment par le remplissage des fiches de suivi des activités de l’exploitation agricole.
Cette deuxième année reprend à la demande des paysans certains thèmes de l’année 1, et
quelques nouveaux thèmes : lutte contre les adventices, alimentation des animaux, production
de fumure organique etc. Elle développe les analyses technico-économiques (calcul et
discussions de ratios tels que le rendement et les marges) sur les cultures à partir des données
collectées dans les fiches de suivi.
Cette troisième année voit la mise en place d’un conseil individualisé. Ce conseil consiste en
premier lieu en un diagnostic participatif de l’exploitation agricole (conseiller et paysan),
suivi de l’analyse et de discussions des projets du paysan pour l’année à venir. Ensuite,
régulièrement et à la demande du paysan, une mise au point et des ajustements sont effectués
avec le conseiller.
De plus, chaque année, des actions techniques sont mises en place avec les paysans
volontaires à la démarche: production de semences, tests d’innovations (fumure organique,
matériels agricoles etc.). La figure 1 présente la mise en œuvre de cette démarche de CEF.
14
Pour parvenir au Au conseil
diagnostic et au L’avenir Individuel
Année 3 conseil d’explo itation
cfa
À la prise en compte
50F
Année 2 d’indicateurs technico- 2
A
+ cfa
économiques 50F De
1
l’animatio n
de groupe
De la formation
Année 1 aux bases de la Du présent
gestio n
Pour préserver le caractère participatif de la démarche, les paysans impliqués sont des
volontaires acceptant de se regrouper. Leurs besoins et critiques sont pris en compte afin de
procéder à des ajustements des méthodes et des outils pour les adapter aux différentes
situations rencontrées. En s’inspirant de Liu (2004), on peut distinguer trois phases (initiale,
réalisation, désengagement) dans la construction de la démarche de CEF au Nord-Cameroun
(Figure 2).
Développement
Recherche
partenaires
So d éco to n; Esa,
Grad ev ; Sad el
DPGT
DPGT
Organisations paysannes
15
3. . METHODOLOGIE
12° 16°
La c T c ha d
N d ja m é n a
12° Ko u s sè ri 12°
600 m m
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20 4 9 p io n n ie rs
A lt it u d e > 5 0 0 m
8° F a la i se d e N g a o u n d é r é 8°
A i r e s p r o té g é e s T o u b or o
19 6 0 12 1 3
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T e r r o i r s d e r é fé r e n c e V in
d u P RA S A C
N g a o u n d é ré
Zone d’étude 24 6 0
19 2 3 16 4 1
H os s ér é N g o
24 1 8 Ad am ao u a
13 7 8
Ng ao u n d al M e ig a n g a R é p u b l iq u e
18 2 1 C e n t r a f r ic a in e
R e te n u e d e
M b akaou
12° 16°
16
3.2. Types de données et instruments de collecte
Dans cette étude nous distinguons deux types de données: données primaires et données
secondaires.
Légende :* Echantillon
17
3.3. 2. Entretien pour chacune d’elles avec les trois unités de base définies
Sur la base des entretiens et des données de la bibliographie, une monographie de chaque cas
est présentée, plus particulièrement sur les variables clés: historique, objectifs d’intervention,
zones d’intervention, programmation des activités et démarche mise en œuvre (méthodes,
outils). Chaque monographie ainsi présentée s’achève par une synthèse dans un tableau de
caractérisation en fonction des informations essentielles recueillies (variables de la
caractérisation des expériences étudiées, annexe 3).
L’étude s’inscrit sur la théorie des approches de vulgarisation. La revue de la littérature nous a
permis de comprendre que les approches évoluent de la vulgarisation et / ou encadrement des
producteurs au dialogue avec ces derniers vers des approches participatives d’appui-conseil.
Ainsi, l’analyse comparative va se faire au niveau spécifique des activités de vulgarisation et
de l’appui-conseil, principalement sur le fonctionnement (arrêt ou poursuite des activités) et
partant, sur les tendances réciproques des réponses recueillies lors des entretiens.
Les variables étant essentiellement qualitatives, l’analyse comparative est du type descriptif.
La procédure d’analyse comparative s’appuie sur le fonctionnement (arrêt, poursuite) des
activités de vulgarisation et d’appui-conseil et consiste dans un premier temps à circonscrire
les éléments de comparaison liés aux questions de vulgarisation et d’appui-conseil à
l’exploitation familiale agricole: principales activités déployées, approches d’intervention,
démarches de programmation des activités, acteurs, cibles, financements, résultats
(fonctionnement des activités). Dans un deuxième temps de poser les principaux éléments
(hypothèses) de défaillance et de réussite au fonctionnement des activités et dans un troisième
temps, on procède à la comparaison en s’appuyant sur ces éléments retenus.
18
comme les objectifs principaux de la mise en œuvre des dispositifs. Les activités secondaires
sont déployées pour permettre le maintien et le fonctionnement des activités principales.
Les pourcentages ont été obtenus sur la base des entretiens et des données de la bibliographie.
II s’agit d’une simple estimation à l’aide d’une grille d’analyse, le volume d’utilisation de ces
services (temps consacré à l’accomplissement). Lesquels services préalablement fixés et
communs aux différents intervenants. Le tableau ci-dessous présente la grille d’estimation des
services immatériels.
Sur la base des entretiens et des données bibliographiques, dans un premier temps on procède
à un inventaire des services matériels (activités principales et secondaires) et dans un
deuxième temps on procède à l’évaluation (estimation en pourcentage): activités poursuivies
(fonctionnelles), activités en fonctionnement bien et activités en fonctionnement moins bien.
Le tableau ci-dessous présente la grille d’inventaire et d’estimation des services matériels.
Rubrique nombre
activités principales+activités secondaires X1
activités poursuivies ou fonctionnelles X2
activités arrêtées X3=X1-X2
activités en fonctionnement bien X4
activités en fonctionnement moins bien X5=X2-X4
Evaluation en %
activités poursuivies sur le total déployées X6=X2/X1x100
activités en fonctionnement bien sur le total fonctionnel X7=X4/X2x100
activités en fonctionnement moins bien X8=100-X7
Source: auteur
19
3.5. Limites de l’approche et de l’étude
L’approche de l’information provenant d’une collecte de données semi structurées (non
standardisées) obtenues dans cette étude via les enquêtes exploratoires et discussions
informelles est de nature descriptive. Par conséquent, l’analyse de l’information reste du
domaine du descriptif non représentatif.
Cette étude a été effectuée auprès des projets de développement dont les responsables n’ont
pas toujours été disponibles, parfois méfiants, et pour certains les projets étaient arrêtés.
Comme résultat, nous avons limité les objectifs en nous contentant de quelques impressions
recueillies. En effet, dans la démarche de l’analyse comparative, on aurait pu évaluer la
pertinence des actions déployées par les différents intervenants étudiés et leurs adéquations
avec les attentes des bénéficiaires. Cela permettrait dans ce cas de mieux appréhender le type
de dispositif et de gouvernance à mettre en œuvre pour la pérennisation des activités au sein
des dispositifs d’appui-conseil adaptés aux besoins des producteurs économiquement viables
et durables. Cependant les expériences étudiées sont réparties sur des zones géographiques
différentes et avec des cibles différentes. L’étude s’est donc limitée à décrire les spécificités
de chaque cas sur le fonctionnement (arrêt, poursuite) des activités tout en mettant au point les
éléments de défaillance et de réussite globale des activités de vulgarisation et d’appui-conseil
déployées.
20
4. . PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS
Historique
La genèse du SAILD se résume en trois concepts clés :
o les paysans et paysannes parlent
En 1984, dans l’optique d’avoir une idée sur les problèmes qui freinent le développement des
activités en milieu rural, il fut décidé d’organiser des rencontres entre cadres et paysans dans
quatre divisions du Cameroun. Rencontres dénommées "paysans et paysannes parlent". Des
problèmes majeurs furent évoqués : manque des moyens financiers, faible encadrement
agricole, problèmes sociaux (luttes d’influence), isolement marqué par le manque de partage
des expériences locales.
♦ une recherche-action
Trois années durant, les groupes de producteurs bénéficièrent des appuis apportés en
solutions à leurs problèmes : tests de système d’épargne et crédit, voyages d’échanges,
formation et appuis techniques en agriculture. Ces différentes opérations furent coordonnées
par un service dénommé SAILD : Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement,
créé au sein d’une organisation locale : le CEDAC (Centre pour le Développement
autocentré) basée au sud du Cameroun à 200 km de Yaoundé.
♦ l’évolution progressive vers une ONG
Fin 1987, il ne faisait pas de doute que les organisations paysannes étaient le maillon dont le
milieu rural avait le plus besoin pour son développement. L’option fut prise de transformer ce
service en une ONG. Ainsi, le SAILD fut créé en début 88, avec un statut d’association
internationale. De droit suisse, le Secrétariat Général (SG) est basé à Yaoundé. Ainsi sont
créés SAILD Cameroun, SAILD Tchad et en dernier, SAILD Amérique Latine qui a
fonctionné de manière brève.
Dans l’Extrême Nord du Cameroun, le SAILD a été implanté en 1991 suite à une famine
drastique. Il s’agissait alors pour le SAILD d’appuyer des opérations d’une aide alimentaire
d’urgence en cherchant à développer l’idée de greniers communs par l’activité de stockage de
céréales. Le SAILD Maroua appuie alors la création d’opérations de « greniers
communautaires ». Cette activité est systématiquement réalisée au sein d’une Organisation
Paysanne (OP). En 1993, le SAILD accompagne la création à Maroua de la Confédération
Régionale des Organisations Paysannes de l’Extrême Nord du Cameroun (CROPENC) qui
sera dénommée en 1999 Conseil Régional des Organisations Paysannes de la Partie
Septentrionale du Cameroun (CROPSEC) qui est une fédération de GIC et unions.
Objectifs d’intervention
Le SAILD vise à contribuer à l’amélioration des conditions de vie des producteurs. Plus
spécifiquement, il s’agit de vulgariser des filières agricoles porteuses, assurer la formation
agricole et la promotion des activités extra agricoles, l’alphabétisation, appuyer la création
d’organisations spécialisées en gestion communautaire des céréales.
21
Zones d’intervention
La zone d’intervention du SAILD couvre les provinces de l’Adamaoua, du Nord et de
l’Extrême Nord.
Dans le Nord, le SAILD appuie les producteurs des zones de Guider et Lagdo. Ces deux
zones se caractérisent par une importante population de migrants. Les cultures dominantes
sont l’arachide dans la zone de Guider et la culture du riz autour du barrage de Lagdo.
Dans l’Extrême Nord les activités du SAILD couvrent toute l’étendue de cette province. Elles
concernent les cultures de plaine et de zone montagneuse. Cette région connaît une très forte
densité de population et a connu de nombreuses opérations organisées de déplacement de
population vers les régions plus au sud (Garoua, Lagdo etc.). Une des caractéristiques de cette
région est un espace très saturé ce qui induit des situations souvent tendues du point de vue
satisfaction des besoins nutritionnels (d’où le développement des projets de gestion
communautaire des récoltes)
22
Tableau 5 : Caractérisation du dispositif d’appui-conseil du SAILD
Variables Caractéristiques
Type structure ONG
Date de mise en oeuvre 1991
3 provinces : Extrême-Nord, Nord et Adamaoua
Zones d’intervention
Extérieur : SOS Faim (Belgique, Suisse)
Financement du dispositif
Cotisations pour indemnité des AR
Participation financière des bénéficiaires Charges de stockage de céréales
dans le dispositif Frais d’adhésion à la fédération (CROPSEC)
SAILD Maroua programme d’aide alimentaire d’urgence reste dans l’histoire mais
Perspectives d’évolution du dispositif une ONG en recherche des partenaires, pour relancer les activités arrêtées
23
4.1.2. Expérience du CERN, Centre d’Education Rurale de Ngong
Historique
Le CERN est une association rurale confessionnelle catholique dont l’objectif est d’assurer
des activités de formation et d’appui au développement des populations rurales. L’association
est née en 1992.
Les agriculteurs concernés bénéficient d’une formation en techniques agricoles, par INADES
(Institut Africain pour le Développement Economique et Social), au départ. Cette formation
cherche à promouvoir des paysans modèles. Ces paysans bénéficiaient de crédits de campagne
pour faciliter l’installation des cultures (intrants, équipements agricoles). Le projet
encourageait ensuite le regroupement de ces paysans pilotes en GIC pour pouvoir bénéficier
des acquis mis à leur disposition. Cette idée a alors coïncidé avec l’arrivée de FIMAC
(Financement des Micro-réalisations Agricoles et Communautaires) en 1995 comme
partenaire financier dans le dispositif. Cette structure octroyait des crédits de campagne aux
agriculteurs. Cette action de crédit accéléra la formation du nombre de groupes. L’action du
CERN s’oriente alors en une structure de micro-finance qui consiste à dresser les comptes
d’exploitation, à négocier des crédits, à monter et à planifier des projets, puis assurer le suivi-
évaluation des activités.
Cette situation ne correspondait plus aux objectifs des services confessionnels catholiques. En
conséquence, une mission d’évaluation (2004) est programmée pour contrôler l’état des
finances. Cette mission a préconisé une restructuration profonde avec entre autres la création
d’une structure faîtière, la FGPAB (Fédération des Groupements Paysans Autonomes de la
Bénoué) en vue de responsabiliser davantage les paysans.
Objectifs d’intervention
Le CERN est une association confessionnelle dont l’objectif principal est de fournir des
services d’appui aux agriculteurs. Plus spécifiquement, l’intervention du CERN auprès des
producteurs vise à :
- renforcer les capacités de production : former les paysans en techniques agricoles avec
l’octroi de crédit de campagne pour faciliter la mise en place des cultures ;
- renforcer l’esprit communautaire : promouvoir les champs communautaires et
valoriser les entraides entre les communautés ;
- valoriser la position de la femme : sensibilisation sur l’équité "homme-femme" ;
- promouvoir les AGR (activités génératrices des revenus) : favoriser la diversification
des activités rémunératrices entre autres tontines, embouche, transformation des
produits agricoles (beurre de karité), développement des activités agricoles porteuses ;
24
Zones d’intervention
Le CERN intervient dans les zones de Lagdo (arrondissement de Lagdo) et de Ngong
(arrondissement de Tchéboa) dans lesquelles sont localisées les six unions de 48 GIC.
25
Tableau 6 : Caractérisation du dispositif d’appui-conseil du CERN
Variables Caractéristiques
Type structure ONG (Eglise)
Date de mise en oeuvre 1992
Zones d’intervention 1 province : Nord (Ngong, Lagdo)
Financement du dispositif Extérieur : CODASC (Eglise)
Cotisations pour indemnité des AR
Participation financière des bénéficiaires
Charges de stockage de céréales
dans le dispositif
Frais d’adhésion à la fédération (FGPAB)
Activités principales
Conseil aux exploitations agricoles (formation, suivi, évaluation)
26
4.1.3. Expérience de la SODECOTON, Société de Développement de Coton du Cameroun
Historique
La culture cotonnière a été lancée au Cameroun en 1951. Cette filière fait vivre environ
370 000 producteurs (année 2007) pour une production moyenne de 1 000 Kg/ha pour la
campagne 2006. La filière a connu de nombreux soubresauts économiques et sociaux liés à la
dépendance de la culture du coton aux marchés des intrants et des prix du coton. Par ailleurs,
on note ces dernières années un désengagement de l’Etat et des services de l’encadrement de
la Sodécoton vers une plus grande responsabilisation des OP et des producteurs.
Objectifs d’intervention
La SODECOTON a pour objectif de promouvoir le dynamisme du milieu rural Nord-
Camerounais par l’accroissement de la production de coton de qualité, ainsi que les cultures
qui entrent en rotation avec le coton. Pour y aboutir, la Sodécoton a mis en place un dispositif
d’intervention et de diffusion à travers toute la zone d’intervention du coton. Elle s’appuie en
particulier sur un réseau de personnels d’intervention (chefs de région, chefs de secteur, chefs
de zone et agents de suivi) qui ont chacun une fonction précise. Le rôle de tout ce réseau est
de faciliter les mouvements (informations, intrants, productions, semences etc.) entre la
Sodécoton et les producteurs.
Zones d’intervention
L’ère d’intervention de la Sodécoton correspond à la province du Nord et de l’Extrême Nord
appelée "zone cotonnière". La zone cotonnière s’étend sur toutes les provinces du Nord et de
l’Extrême Nord, à l’exception des monts Mandara (à l’ouest) et du département du Logone et
Chari (au nord-est) dans la partie la plus septentrionale du pays (Extrême Nord) soit environ
85. 000 Km 2 de superficie.
27
Les chefs de zone (CDZ) sont chargés de l’exécution sur le terrain, des recommandations
techniques issues de la recherche. Ces derniers supervisent rigoureusement par l’intermédiaire
des agents de suivi les réalisations agricoles. Cela inclut l’inspection de l’ensemble des
parcelles, le suivi et les visites des producteurs. Le suivi consiste à accompagner les
producteurs lors de la mise en place des cultures selon les prévisions élaborées durant la phase
de préparation. Les visites permettent également de noter l’état des cultures et le respect des
itinéraires techniques. A l’issu de chaque visite, le CDZ fait un compte rendu oral au
responsable du groupement et des cercles de caution et remet aux instances supérieures un
rapport écrit. Les responsables des groupements se chargent à en informer les producteurs. En
cas de problème signalé, ils s’engagent à prendre les dispositions nécessaires avec le CDZ et
les producteurs pour le régler.
Un bilan intervient en fin de campagne. Le montant des crédits intrants (coton et vivriers) dû
à la Sodécoton par chaque producteur sera établi par l’agent de suivi. Ce montant devra
correspondre systématiquement aux sorties du magasin faites par chaque producteur en
présence de son chef de cercle de caution.
C’est dans cette optique de sensibilisation que la Sodécoton a mis en place depuis 2005 une
opération de diffusion de Conseil aux Exploitations. Cette formation est centrée sur le thème
du « plan prévisionnel de campagne ». Cette opération a pour objectif de permettre aux
producteurs de mieux raisonner leur assolement et de prévoir les intrants nécessaires. Cette
activité de formation va en fait dans le sens de l’autonomisation des OP qui entre autres, a
comme objectif de transférer l’activité « intrants » actuellement gérée par la Sodécoton vers
une prise en charge par les OP.
28
Une originalité de fonctionnement entre la SODECOTON et l’OPCC
29
Tableau 7 : Caractérisation du dispositif d’appui-conseil de la Sodécoton
Variables Caractéristiques
Type structure Etat
Date de mise en oeuvre 1974
Zones d’intervention 2 Provinces : Extrême Nord et Nord (zone cotonnière)
Financement du dispositif Etat : bénéfices sur coton
Participation financière des Directe par l’achat des intrants
bénéficiaires dans le dispositif Indirecte par les prélèvements sur le kg de coton vendu (tare)
30
4.1.4. Expérience du PNVRA, Programme National de Vulgarisation et de Recherche
Agricole Nord Cameroun.
Historique
La tenue en décembre 1985 du Séminaire National de Vulgarisation servira de base au
démarrage en 1989 du PNVFA (Programme National de Vulgarisation et de Formation
Agricole) au sein du MINADER (ministère de l’agriculture et du développement rural, ex-
MINAGRI). Le programme démarre dans quatre provinces pilotes (Extrême Nord, Centre,
Ouest et Sud-Ouest) en s’appuyant sur la démarche « Training and Visit, système Benor »
avec les groupes de paysans. Les visites sont organisées par des AVZ (Agent de Vulgarisation
de la Zone). Chaque AVZ est responsable de huit groupes à qui il rend visite une fois par
semaine à chaque groupe. Le travail de visite consiste au diagnostic des exploitations et
recensement des contraintes de production (invasion des criquets, maladies, pluviométrie
etc.), à la formation des producteurs et au suivi-évaluation des activités agricoles.
Dans ce dispositif, la recherche est sollicitée pour intervenir pendant les phases de diagnostic
et de formation. En 2002, on note la mise en œuvre d’une approche dénommée "approche
micro-projet de production en agriculture-élevage". Il s’agit d’étudier l’action de chaque
entité (agriculture, élevage) dans les systèmes de production, tout en mettant l’accent sur la
participation du producteur dans le diagnostic de sa situation réelle.
Depuis la fin des financements de la banque mondiale le 30 juin 2004, le gouvernement a pris
en charge le fonctionnement de ce programme sur les fonds publics à travers les budgets du
MINADER et du MINEPIA sur la ligne de crédit appelée « consolidation des acquis du
PNVRA ». Cette nouvelle version du programme consiste à apporter des appuis aux
organisations des producteurs (OP) sur 3 ans pour permettre le développement de leurs
activités.
Objectifs d’intervention
L’approche actuelle développée par le PNVRA vise l’intégration de la démarche "recherche-
développement participatif" pour remédier aux insuffisances du système « training and visit »
Il s’agit en l’occurrence :
En effet, la préparation d’une campagne commence par l’identification des OP qui seront
accompagnées au cours des trois prochaines années et de les aider dans la formulation de leur
31
projet de production en mettant l’accent sur la valorisation de leurs produits. De manière
spécifique, il s’agit de dresser le bilan de la campagne passée, d’actualiser les projets de
production des OP, puis formuler leur projet de production à venir. Il s’agit également de
consolider les problèmes liés aux techniques de production et à la commercialisation des
produits. Enfin le PNVRA participe à la recherche de solutions permettant de lever ces
contraintes de production des spéculations porteuses.
Zones d’intervention
L’approche couvre les quatre départements de la province du nord : Bénoué, Mayo-louti,
Mayo-rey et Faro.
32
Tableau 8 : Caractérisation du dispositif d’appui-conseil du PNVRA
Variables Caractéristiques
Type structure Etat
1998 : approche Formation et Visite
Date de mise en oeuvre
2005 : approche micro projet de production
Zones d’intervention 3 provinces : Extrême Nord, Nord et Adamaoua
Financement du dispositif Etat, BAD (Banque Africaine de Développement), BM (Banque Mondiale)
Participation financière des paysans OP de production : subvention des micros projets (20%)
dans le dispositif Groupe de contact : Quasi nulle
Activités principales
Diffusion technique auprès des groupes de contact
Formation agricole
Visites de groupes de contact
Activités secondaires
Structuration des groupes
Micros projets de production
Sensibilisation de groupes par des réunions
Formation et Visites par les unités de démonstration (groupes de contact)
Principales approches d’intervention
Animation de groupe par des réunions
Suivi-évaluation individuel des activités
Principaux partenaires FIDA, IDA, OP de production
Région Nord :
Superviseur Régional (SR) : 1 SR sur 1
Ressources humaines Techniciens Spécialisés (TS): 2 TS sur 5
Superviseurs Secteurs (SS) : 4 SS sur 5
Agents de Vulgarisation de la Zone (AVZ) : 46 AVZ sur 146
Groupes de contacts
Cibles
OP de production
Région Nord :
Bénéficiaires (types, nombre) 287 OP de production en 2006
425 OP de production en 2007
33
4.1.5. Expérience de l’APROSTOC, Association de Producteurs Stockeurs de Céréales du
Diamaré (Extrême Nord Cameroun).
Historique
Au Nord Cameroun, le muskwari désigne en langue peuhl fulfuldé, l’ensemble des sorghos
repiqués sur les sols argileux hydromorphes, difficilement exploitables en saison des pluies,
appelés karal (pl. kare). Cette culture se conduit en saison sèche de novembre à février en
suivant le retrait progressif de l’eau. La mise en marché en février de cette production permet
d’obtenir une entrée financière conséquente à un moment où les flux financiers dans les
exploitations sont au plus bas. La tendance des producteurs est de vendre rapidement leur
production pour faire face à leurs besoins. L’afflux d’une grande quantité de production sur le
marché induit une chute très sensible des prix et un revenu final faible pour le producteur.
Ce constat a amené les producteurs de cette céréale à solliciter l’intervention du projet DPGT 7
pour promouvoir une activité de stockage de façon à pouvoir différer la vente de leur
production et tirer des avantages financiers plus importants. C’est ainsi que prenait forme le
projet APROSTOC dont l’activité principale est le stockage des céréales. Le DPGT a organisé
cette activité de stockage en l’intégrant à l’intérieur d’un GIC coton (et non une association à
statut autonome) et inscrite comme une activité économique complémentaire au coton. Cette
activité à nécessité des apports financiers extérieurs pour la création de tout le dispositif de
stockage (magasins, fonds de roulement, ressources humaines pour l’encadrement etc.).
C’est dans ce schéma d’organisation que s’est crée APROSTOC en décembre 1997 dans le
Diamaré. Pour une gestion plus efficace des stocks de céréales, les Gic coton/Aprostoc sont
érigés en fédération.
Objectifs d’intervention
L’objectif général du dispositif est de permettre aux producteurs de mieux gérer leur stock de
céréales pour avoir une plus grande maîtrise du marché qui était jusqu’alors sous le monopole
des commerçants. Ce stockage permet de différer la commercialisation des céréales et obtenir
ainsi des revenus plus conséquents. Plus spécifiquement, il s’agit :
Zones d’intervention
7
Projet “ Développement Paysannal et Gestion de Terroirs ”, financé par l’AFD, placé sous la maîtrise d’ouvrage du
ministère de l’Agriculture du Cameroun. La Sodécoton (Société de développement de la culture cotonnière au Cameroun)
assure la maîtrise d’œuvre de ce projet.
34
Il existe actuellement neuf Aprostoc situées dans quatre départements du chef lieu de la
province de l’Extrême Nord. Ainsi, on distingue les Aprostoc de Diamaré (Bogo, Doba,
Zongoya), Mayo Sava, Mayo Kani (Mindif, Moutourwa, Moulvoudaye) et de Mayo Danay
(Est et Sud).
Deux font uniquement dans l’activité de stockage (riz et sorgho pluvial) notamment
l’Aprostoc de Mayo Sava, et celle de Mayo Danay (Est et Sud). Les autres développent que
des activités de stockage du sorgho repiqué (muskwaari).
8
Projet ‘‘Eau-Sol-Arbre’’ le dit projet ayant succédé le DPGT en octobre 2001, arrivé à son terme, financé et piloté par le
même dispositif
35
Tableau 9 : Caractérisation du dispositif d’appui-conseil de l’APROSTOC
Variables Caractéristiques
Type structure OP
Date de mise en œuvre 1997
Zones d’intervention 1 province : Extrême Nord (4 départements)
Financement du dispositif AFD, GIC coton
Cotisations pour indemnité des CP
Participation financière des Charges de stockage
bénéficiaires dans le dispositif Frais d’adhésion à l’APROSTOC
Contrats d’appui technique sur la gestion de l’enherbement
Activités principales Stockage des céréales (greniers communs)
Production des céréales (sorgho de décrue)
Diffusion technique sur le sorgho
Structuration des groupes
Activités secondaires Alphabétisation
Fonds de roulements au stockage des céréales
Crédits céréales
Conseil aux exploitations agricoles (formation, suivi, évaluation)
Sensibilisation de groupes par des réunions
Principales approches Formation de groupe par des démonstrations
d’intervention Animation de groupe par des réunions et des projections
Suivi-évaluation individuel des activités
Principaux partenaires DPGT, ESA, PAM, Crédit du Sahel, GIC coton
3 Animateurs ESA (techniciens muskwari)
Ressources humaines 9 Aprostoc
8 Conseillers Paysans (CP)
Cibles GIC coton
9 Aprostoc
220 GIC stockeurs
Bénéficiaires (types, nombre)
40 GIC producteurs
52 000 membres
Faible capacité des Aprostoc pour la prise en charge des CP
Antagonisme entre GIC coton et Aprostoc dans les financements des activités
Principales difficultés du dispositif (greniers communs, appui technique, prise en charge des CP)
Niveau bas des CP
Financements extérieurs aléatoires (AFD)
Maîtrise de la gestion des greniers communs (stockage, déstockage)
Maîtrise des références techniques de sorgho
Principaux résultats 60 magasins de stockage
Maîtrise enherbement
Valorisation des kare en saison des pluies par la double culture (riz, sorgho)
Arrêt de fonctionnement de toutes les activités au sein des Aprostoc
CP en chômage
Arrêt des financements de ESA depuis 2003 (appui à l’activité technique)
Situation actuelle du dispositif
Arrêt de l’appui de TERDEL depuis 2003 à l’activité de stockage
Implication de l’OPCC dans l’activité de stockage depuis 2004 avec les GIC
coton
Aléatoires :
Perspectives d’évolution du - antagonisme entre GIC coton et Aprostoc
dispositif - implication de l’OPCC dans l’activité de stockage depuis 2004 avec les GIC
coton
36
4.1.6. Expérience de TIGNERE, Coopérative de producteurs d’oignons de la province du
Nord Cameroun.
Historique
Depuis son introduction vers les années 50, la commercialisation et l’écoulement de la
production d’oignon n’ont pas connu de difficultés majeures au Nord Cameroun. C’est à
partir de 1994 que le prix de l’oignon au sac a commencé à chuter : les commerçants, de plus
en plus organisés, contrôlaient toutes les phases de commercialisation des oignons et
imposaient les prix de façon unilatérale. Le marché échappait entièrement aux producteurs.
Face à cette situation, les producteurs d’oignon de la province du Nord avec l’appui de la
recherche, ont commencé à réagir en s’associant sous forme de GIC oignon. En novembre
1996, une réunion de concertation a regroupé l’ensemble des intervenants dans la filière
oignon (producteurs, recherche, collectivités locales) de la province du Nord. La principale
résolution retenue était que : «tous les producteurs d’oignon se regroupent au sein d’une
organisation». Une commission chargée du choix de la forme juridique de la structure avait
été désignée (Coopérative de producteurs d’oignon).
Cette nouvelle structure se fixait comme objectifs d’assurer aux producteurs une meilleure
compréhension des circuits de commercialisation de façon à constituer une force de
proposition face aux acheteurs solidaires. Le 9 janvier 1997, une Assemblée Générale (AG)
constitutive a été convoquée pour créer la coopérative des producteurs d’oignon du Nord
dénommée TIGNERE. Deux activités principales sont retenues :
o stocker les oignons en unités de 500 sacs, dénommée « opération 500 sacs », conduite
avec l’appui financier du PDEA/AGROCOM : Projet de Diversification des
Exportations Agricoles/Association interprofessionnelle Agriculture Agro-industrie
Communication ;
o mettre en place une structure de commercialisation à partir des magasins individuels ;
Objectifs d’intervention
La mission principale de la coopérative de TIGNERE a pour objectif de reprendre en main la
filière oignon qui leur avait échappé et qui est détenue par les commerçants. Plus
spécifiquement, la coopérative vise à :
Zones d’intervention
La coopérative intervient dans la province du Nord dans deux zones : la Bénoué (Lagdo,
Pitoa, Garoua) et le Mayo Louti (Guider, Figuil). La coopérative comprend actuellement 8
GIC oignon localisés dans 5 unions soit environ 1200 membres.
37
Programmation des activités
La programmation des activités est décidée en Assemblée Générale (AG) de programmation
constituée par le bureau exécutif, les représentants des producteurs et les services d’appui
(différentes commissions et le club d’encadrement technique).
Les débats concernent les rapports annuels d’activités fournis par chaque commission
(commission de production, commission de commercialisation, commission financière et
commission de vie associative). Ces rapports constituent un document technique appelé
« compilation ». Les activités de la campagne en cours relèvent de ce document lequel est
d’abord soumis au Conseil d’Administration (CA) qui est l’organe de décision et de gestion
quotidienne dont les membres sont élus par l’Assemblée Générale (AG).
o les outils de production : fiches de suivi sur les itinéraires techniques (irrigation,
entretien, récolte), fiches technique sur la fertilisation minérale et traitements
insecticides, fiches techniques sur la campagne prévisionnelle et la production des
semences ;
o les outils de conservation : fiches techniques sur le stockage ;
o les outils de commercialisation : fiches de stockage (stockage, retrait) ;
o les outils de d’animation - sensibilisation : tableau, support visuel (rétroprojecteur),
dessins (méthode GRAPP) ;
38
Tableau 10 : Caractérisation du dispositif d’appui-conseil de TIGNERE
Variables Caractéristiques
Type structure OP
Date de mise en oeuvre 1997
Zones d’intervention Province du Nord : département de la Bénoué et Mayo Louti
Financement du dispositif Producteurs d’oignon
Contrat d’appui technique de 10 000 Fcfa par ¼ ha / producteur (représente
20% de l’encadrement technique)
Participation financière des
Prélèvement par sac (variable selon la campagne)
bénéficiaires dans le dispositif
Charges de stockage
Frais d’adhésion
Activités principales
Commercialisation collective de l’oignon
Production d’oignon
Structuration des groupes (OP)
Activités secondaires
Diffusion technique sur l’oignon
Formation des producteurs sur les ITK (production, conservation)
Principaux partenaires
PDEA, AGROCOM, ACDI, AFVP, GIC, producteurs
Bureau exécutif
Services d’appui technique :
Ressources humaines
- club d’encadrement technique ;
- commissions spécifiques (production, commercialisation, financière)
Cibles GIC, Producteurs
Perspectives d’évolution du dispositif - commercialisation de l’oignon est une activité à risque (transport,
fluctuation des prix….)
- financements extérieurs aléatoires (AFVP)
39
Synthèse et évaluation des expériences étudiées
Au terme des monographies ainsi présentées, six dispositifs d’appui-conseil ont été abordés.
La présentation de l’ensemble s’est appesantie sur six variables clés : historique, objectifs
d’intervention, zones d’intervention, programmation des activités et la démarche mise en
œuvre. La rédaction s’est appuyée sur des éléments recueillis à différents niveaux
d’intervention (responsables, acteurs bénéficiaires) à partir du guide d’entretien. Une brève
synthèse conséquente apparaît pertinente pour mieux comprendre le fonctionnement des
dispositifs ainsi étudiés afin d’aborder les comparaisons entre les dispositifs étudiés.
SAILD
Le SAILD est née d’une recherche-action sur des problèmes rencontrés en milieu rural. Puis,
il a évolué vers le statut d’ONG. Son implantation dans l’Extrême Nord du Cameroun est une
réponse à une famine en cherchant à développer : l’appui à l’activité de stockage des céréales
réalisée au sein d’une OP, la formation agricole et la vulgarisation des filières agricoles
porteuses. L’intervention est « participative » : définition des priorités par les producteurs à
travers les rapports fournis par chaque chef de programme (staff encadreur ou technicien),
traitement puis programmation par l’instance (chef d’antenne et chefs de programme),
instructions (recommandations techniques) par le staff encadreur, le producteur exécute et le
suivi est réalisé par les agents de terrain. La structure fait face à des difficultés de
fonctionnement des activités qui ont entraîné la réduction des zones d’intervention, l’arrêt de
certaines activités (filière riz) et un allègement du dispositif d’encadrement.
CERN
Le CERN a pour objectif d’assurer la formation agricole avec l’accompagnement de crédits
de campagne. Il s’agit principalement de : renforcer les capacités des producteurs et l’esprit
communautaire, valoriser la position de la femme, promouvoir les activités génératrices des
revenus et appuyer la gestion en commun des céréales. La démarche d’intervention est
« participative » : recueils des éléments auprès des producteurs, traitement et programmation
par l’instance. Le staff encadreur donne les instructions (recommandations techniques), le
producteur exécute et les agents de terrain s’occupent du suivi. L’idée d’accompagner les
formations par les crédits de campagne a provoqué un mauvais fonctionnement des activités
au sein de la structure voire un arrêt de certaines. Une mission d’évaluation en 2004
programmée pour contrôler l’état des finances a préconisé une restructuration profonde avec
entre autres la création d’une OP faîtière et l’association prend le statut d’une ONG avec en
perspective un changement d’approche d’intervention.
SODECOTON
La Sodécoton a pour objectif de promouvoir l’accroissement de la production de coton de
qualité, ainsi que les cultures qui entrent en rotation avec le coton. Son intervention s’inscrit
dans un schéma de « diffusion verticale ». La direction générale détermine les priorités et
programme, le calendrier d’intervention. Le réseau de personnel d’encadrement transmet les
moyens techniques et les informations aux producteurs. Ce sont les chefs de zone (CDZ) qui
sont chargés de la diffusion des protocoles techniques issus de la recherche et les producteurs
exécutent les instructions. Ces CDZ supervisent rigoureusement par l’intermédiaire des agents
de terrain les réalisations agricoles. La Sodécoton se désengage des services de l’encadrement
par la création d’une structure d’animation mixte OPCC-SODECOTON et par la diffusion
depuis 2005 auprès des OP, le Conseil aux Exploitations Familiales (CEF) sur le thème du
40
« plan prévisionnel de campagne ». Cette activité va permettre aux producteurs de mieux
raisonner leur assolement et de prévoir les intrants nécessaires. L’activité va aussi de l’intérêt
de l’autonomisation des OP pour la prise en charge de l’activité « intrants ».
PNVRA
Le PNVRA a pour objectif de fournir aux vulgarisateurs un certain nombre de messages
techniques et ensuite grâce à une stricte supervision, à assurer que ces derniers font le travail
en communiquant ces messages aux paysans de contact par le «Training and Visit » (T&V).
L’objectif actuel vise l’intégration de la démarche « recherche-développement participatif »
pour remédier aux insuffisances du système "T&V". Il s’agit de : passer d’une démarche de
contact individuel à une démarche de contact collectif (OP), tenir compte des contraintes des
producteurs. La programmation des activités s’est alors inscrite sur le « diagnostic participatif
de l’exploitation », organisé en début de chaque campagne agricole par la supervision
régionale. L’AVZ consulte le paysan puis recense ses besoins. La supervision invite la
recherche pour identifier les atouts et les contraintes de production ainsi que les protocoles
préconisés. A l’issu du diagnostic participatif, un programme est construit, précisant les
activités d’intervention, l’attribution des responsabilités, le calendrier des opérations et
l’affectation budgétaire. Depuis la fin des financements de la Banque Mondiale (2004), l’Etat
a pris en charge le fonctionnement du programme. Cette nouvelle version de financements est
aléatoire (irrégulière) et ne permet pas aux AVZ d’effectuer leur travail auprès des groupes de
contact.
APROSTOC
Aprostoc a pour objectif de permettre aux producteurs de sorgho de décrue (muskwari) de
mieux gérer leur stock de céréales pour avoir une plus grande maîtrise du marché sous
l’emprise des commerçants. Cela va dans l’intérêt d’amélioration de la production du
muskwari en assurant : appuis techniques, sensibilisation à l’appui-conseil, préparation à la
pérennisation du dispositif. La démarche de programmation s’inscrit dans un schéma de
« partenariat ». Le bureau exécutif (producteurs) et les niveaux décisionnels constitués de
services d’encadrement (DPGT) et de représentants des producteurs, définissent les priorités,
l’assemblée générale prend la décision finale de programmation des activités. Le réseau
Conseillers Paysans (CP) assure la mise en œuvre des recommandations techniques et le
producteur exécute, sous la supervision des techniciens des services d’encadrement internes
(DPGT) et externes : IRAD (appui-conseil), TERDEL (appui à la gestion du stockage). Suite
à des disfonctionnements profonds entre GIC coton et Aprostoc, toutes les activités sont
arrêtées au sein des 9 Aprostoc depuis 2002.
TIGNERE
La coopérative Tignéré a pour objectif de reprendre en main la filière oignon détenue par les
commerçants en assurant aux producteurs les services nécessaires à la production et à la
commercialisation : appuis techniques et financiers, acquisition d’intrants, stockage et
commercialisation. La démarche de programmation s’inscrit dans un schéma de
« partenariat ». Le bureau exécutif (producteurs) et les niveaux décisionnels constitués de
services d’appui internes (différentes commissions) et de représentants des producteurs, en
assemblée générale (AG), déterminent les priorités à partir des rapports fournis par chaque
commission (production, commercialisation, financière et vie associative). A l’issu de l’AG,
41
une liste d’activités est soumise au conseil d’administration qui décide de la programmation
finale. Le club d’encadrement (services d’appui externes) s’occupe des instructions
(recommandations techniques), le producteur exécute et chaque commission est chargée du
suivi des activités qui lui sont attribuées. Sur ce schéma la coopérative fonctionne mais avec
les aléas financiers et de commercialisation. Les centres de collecte ne sont pas opérationnels,
la mise en marché collective s’est arrêtée depuis 2000.
Globalement, les dispositifs d’appui aux producteurs étudiés sont en crise. En effet, toutes les
activités d’APROSTOC sont arrêtées, de nombreuses activités fonctionnent de manière
aléatoire en fonction des financements disponibles au SAILD, au CERN, au PNVRA et à
TIGNERE. Seule la SODECTON maintien la conduite des activités au sein de son dispositif
d’encadrement, mais avec la privatisation envisagée prochainement, que va-t-il se passer ? .
Cette crise s’explique principalement par la fragilité des financements de ces dispositifs qui
ne peuvent pas s’autofinancer par les cotisations des membres. La majorité des dispositifs ont
recours à des financements extérieurs de courte durée pour fonctionner. Il en résulte que
certaines activités sont régulièrement arrêtées quelques années avant de reprendre quand un
autre financement est trouvé. Ces monographies montrent aussi des difficultés de gestion
financière dans tous les dispositifs gérés par les OP.
Par contre les services dits « immatériels » (alphabétisation, formation, vulgarisation, appui-
conseil) demandent généralement des financements extérieurs, car les paysans ne sont pas
habitués à payer pour de tels services qui sont généralement trop coûteux pour eux. Certains
relèvent aussi du rôle de l’Etat, comme la formation.
En vu d’évaluer les états de fonctionnement (arrêt, poursuite) de ces services, les raisons
pertinentes suivantes ont été avancées par les responsables, les acteurs et les bénéficiaires
(Tableaux 11 et 12):
42
- démarches spécifiques de programmation des activités : définition des priorités
(objectifs), programmation, transfert de messages techniques, exécution ;
- cibles impliquées : producteurs organisés en OP ou groupes, communautés, paysans,
femmes ;
- financement ?
43
Tableau 11 : Présentation générale des dispositifs
Dispositif géré par un prestataire privé Dispositif appartenant à l’Etat Dispositif géré par une OP
Structures
SAILD CERN SODECOTON PNVRA APROSTOC TIGNERE
Variables
1. stockage des 1. production coton 1. diffusion 1. stockage céréales 1. commercialisation
Activités principales 1. formation agricole
céréales de sécurité 2. commercialisation technique de spéculation collective de l’oignon
2. structuration groupe 2. structuration groupe
2. structuration groupe 2. formation
3. alphabétisation 3. diffusion technique 3. production céréales
3. micro crédit agricole
4. diffusion des filières 4. formation agricole 4. formation agricole 2. structuration groupe
4. stockage des 3. visites de
agricoles 5. crédits campagne 5. diffusion technique 3. production oignon
Activités secondaires céréales de sécurité groupes de contact
5. formation agricole 6. structuration 6. alphabétisation 4. formation agricole
5. stockage des 4. structuration
6. stockage des céréales groupe 7. crédits céréales 5. diffusion technique
céréales de groupe
de spéculation 7. alphabétisation 8. fonds de roulement au
spéculation 5. micro projet
7. micro crédit stockage céréales
1. stockage de spéculation
1. formation agricole 2. structuration groupe
1. stockage de spéculation
2. stockage des 3. alphabétisation 1. commercialisation
Activités arrêtées 2. diffusion des filières aucune aucune
céréales de 4. crédits céréales collective oignon
agricoles (filière riz)
spéculation 5. fonds de roulement au
stockage céréales
ACTIVITES
1. stockage de sécurité
1. stockage des 1. production oignon
2. structuration groupe 1. production céréales
céréales de sécurité 2. diffusion technique
Nombre 3. alphabétisation toutes toutes 2. diffusion technique
2. structuration groupe 3. formation agricole
4. formation agricole 3. formation agricole
Activités 3. micro crédit 4. structuration groupe
5. micro crédit
poursuivies (en
fonctionnement) (en %) 71% 60% 100% 100% 37% 80%
(Evaluation en % sur
1. Pérennisation des
le total des activités 1. Pérennisation des 1. Pérennisation des
Principaux 1. Pérennisation des financements 1. Pérennisation des
déployées) financements financements
éléments de financements 2. Gestion des 1. Pérennisation financements
2. Gestion des 2. Gestion des financements
défaillance et 2. Gestion des activités financements et des des financements 2. Gestion des activités
activités et des activités
de réussite 3. Sensibilisation activités 3. Sensibilisation
3. Sensibilisation 3. Sensibilisation
3. Sensibilisation
structuration
stockage de sécurité stockage de sécurité reste des activités aucune des activités ne structuration groupe
Etat de groupe
bon (en %) structuration groupe structuration groupe poursuivies fonctionne bien
fonctionnement 40% 60% 72% 0% 25%
20%
(Evaluation en % sur toutes les activités
le total des activités reste des activités micro crédit production coton reste des activités reste des activités
aléatoire (en poursuivies fonctionnent de
poursuivies) poursuivies crédits campagne poursuivies poursuivies
%) façon aléatoire
60% 40% 28% 80% 75%
100%
44
Tableau 12 : Présentation explicative des dispositifs
Dispositif géré par un prestataire privé Dispositif appartenant à l’Etat Dispositif géré par une OP
Structures
SAILD CERN SODECOTON PNVRA APROSTOC TIGNERE
Variables
1. vulgarisation 1. vulgarisation
Générales d’intervention 1. appui-conseil 1. appui-conseil 1. vulgarisation 1. vulgarisation
2. appui-conseil 2. appui-conseil
Sensibilisation
(volume en %)
30 25 5 5 20 20
Formation
(volume en %)
10 15 45 35 10 10
Spécificités Animation
APPROCHES
d’intervention (volume en %)
25 25 5 2 15 20
(Evaluation en
% sur total des Suivi-Evaluation
approches) (volume en %)
10 5 30 3 5 5
Autres
(volume en %)
5 5 10 5 3 2
Déficit
(volume en %)
20 25 5 50 47 43
1. financements 1. financements
1. population
1. financements non assurés non assurés 1. financements non 1. financements non
Principaux éléments de défaillance migrante
assurés 2. temps de travail des 2. nombre des assurés assurés
et de réussite à l’accomplissement 2. niveau bas des
des spécificités d’intervention 2. niveau bas des AR CDZ insuffisant AVZ insuffisant 2. niveau bas des CP 2. niveau bas des CP
AR et des
et des producteurs 3. niveau bas des 3. niveau bas des et des producteurs et des producteurs
producteurs
producteurs producteurs
Démarche globale de descendante
participative participative descendante stricte partenariat partenariat
programmation des activités souple
Définition des Direction générale
Producteurs/ AR Producteurs/ AR Producteurs/ AVZ Producteurs/CP Producteurs/CP
priorités (DPA)
Démarches Supervision
Coordination (chefs de Coordination Direction générale Producteurs (AG)/
spécifiques de Programmation régionale Producteurs (CA)
programme) (équipe d’animation) (DPA) Services d’appui ESA
programmation (Techniciens)
des activités Transfert de Animateurs Relais Animateurs Relais Conseillers Paysans Conseillers Paysans
Chefs de Zone (CDZ) AVZ
messages (AR) (AR) (CP) (CP)
Exécution producteurs producteurs producteurs producteurs producteurs producteurs
45
Dispositif géré par un prestataire privé Dispositif appartenant à l’Etat Dispositif géré par une OP
Structures
SAILD CERN SODECOTON PNVRA APROSTOC TIGNERE
Variables
1. Producteurs
1. Producteurs 1. Producteurs organisés en
1. Producteurs 1. Producteurs
organisés en OP organisés en OP groupes 1. Producteurs
Principales cibles organisés en OP coton organisés en OP
2. Communautés 2. Paysans 2. Producteurs organisés en OP coton
2. Cercles de caution oignon
3. Femmes 3. Femmes organisés en OP
de production
Réalisation difficile difficile assurée difficile difficile difficile
1. financements 1. financements
1. financements
extérieurs aléatoires extérieurs aléatoires
1. dispositif financé par extérieurs aléatoires
2. recouvrement 2. recouvrement 1. financements
Observations les producteurs 2. financements sur
difficile des apports difficile des apports extérieurs aléatoires
concernant la (prélèvements sur coton fonds Gic coton
(crédits céréales, micro (crédits céréales, 1. financements 2. commercialisation
pérennisation sont réinvestis dans (antagonisme)
Principales crédit) micro crédit) extérieurs de l’oignon comporte
des raisons avancées
l’encadrement) 3. gestion céréalière
3. gestion céréalière 3. gestion céréalière aléatoires des risques
financements 2. le coton est une comporte des risques
comporte des risques comporte des importants: fragilité du
filière organisée, tous importants: fragilité du
importants: fragilité du risques importants: produit, volatilité des
les agents de la chaîne produit, volatilité des
produit, volatilité des fragilité du produit, prix…
sont représentés… prix,
prix, mauvais volatilité des prix,
mauvais payeurs…
payeurs… mauvais payeurs…
Financements non concerné non concerné rigoureuse non concerné non transparente non concerné
Observations 1. non transparente:
concernant la recouvrement
1. non transparente: 1. antagonisme entre
gestion des difficile (céréales, 1. la conservation
Gic coton/Aprostoc
financements micro crédit) collective de l’oignon
Activités recouvrement difficile rigoureuse non concerné pour le financement
et des 2. capitalisation fragilise la notion de
des apports (céréales, du dispositif (prise en
activités difficile des activités confiance
micro crédit) charge des CP)
(population
migrante)
Observations concernant la
faible faible forte aléatoire faible faible
sensibilisation
Légende DPA : Direction de la Production Agricole Sodécoton, AG : Assemblée Générale, CA: Conseil d’Administration, OP: Organisation Paysanne.
46
4.2.1. Approches de programmation des activités et services immatériels mis en oeuvre
Il ressort de cette analyse, trois types d’approches de programmation des activités et deux
types de services immatériels (approches d’intervention) mis en œuvre. Les approches
d’intervention développées se limitent à la vulgarisation (diffusion des messages techniques)
et à l’appui-conseil (sensibilisation, animation, formation, accompagnement, aide à la
décision, suivi-évaluation etc.). Tandis que les approches de programmation des activités
s’articulent sur le « participatif » le « descendant » et le « partenariat ».
64
♦ APROSTOC et TIGNERE se consacrent à la sensibilisation tout comme à l’animation
mais moins à la formation et au suivi-évaluation des activités. Les autres services fournis
aux groupements de producteurs (commercialisation de l’oignon, gestion de stocks de
céréales, micro crédit) sont arrêtés à cause des impayés et d’une gestion trop laxiste.
4.2.3. Fragilité des dispositifs reposant sur des financements extérieurs aléatoires
Le financement du dispositif concerne la prise en charge des agents chargés des activités
d’appui-conseil (rémunération des agents, déplacements, fonctionnement de la structure),
mais aussi dans certains cas l’appui à la mise en œuvre de certains services comme le crédit,
le stockage des céréales.
Dans cinq des cas étudiés, les financements du dispositif reposent essentiellement sur les
financements extérieurs. Seule la Sodécoton finance son dispositif par les prélèvements sur la
vente du coton.
Le SAILD avait bénéficié de l’appui financier de la FAO pour conduire les activités de la
filière riz autour du barrage de Lagdo. Dès l’arrêt de son financement, ces activités sont
complètement arrêtées.
65
plus de 80% du coût de l’appui-conseil est assuré par des financements extérieurs et la prise
en charge annuelle d’un conseiller varie de 60 000 à 120 000 Fcfa (Faure et al. 2004).
Le cas défavorable des Aprostoc est lié à l’antagonisme entre groupements cotonniers et
greniers communs pour la prise en charge du dispositif. En effet, en vu de la poursuite des
activités de recherche-développement du projet ESA (Eau-Sol-Abre), une étude d’impact a
été conduite en 2005 par la cellule suivi-évaluation (CSE) au sein dudit projet. Les résultats
des enquêtes concernant la rémunération des agents (conseillers paysans) révèlent que près de
90% des enquêtés (groupements et producteurs individuellement interrogés) ont approuvé
l’option de payer un agent en relation avec les services rendus. Le salaire sera payé non pas
par des cotisations individuelles des membres des groupements mais par des décaissements
opérés sur le compte des groupements cotonniers logé au sein de la Sodécoton. Une
rémunération moyenne de 5000 Fcfa/mois et par conseiller semble être unanime pour la
majorité des enquêtés, ce qui n’est pas le cas actuellement.
4.2.5. Des difficultés des structures pour gérer leurs financements et leurs activités
La gestion des financements concerne l’utilisation harmonieuse et transparente des finances à
des fins programmées alors que la gestion des activités concerne l’aspect organisationnel pour
conduire efficacement les activités déployées.
Lors de nos entretiens, la gestion non transparente des finances, a été relevée comme l’une des
raisons explicatives de l’arrêt des activités au sein des Aprostoc. En effet, les fonds attribués
pour appuyer les Aprostoc dans la gestion céréalière par les groupements notamment le
renforcement de leur capacité (formation des agents à la gestion, observatoires des prix,
stockage, déstockage etc.) ont été utilisés à d’autres fins. Les activités se sont ainsi arrêtées
dans les Aprostoc créées. Pour les structures impliquées dans les crédits aux producteurs, les
faibles taux de remboursement des crédits font partie des principales raisons explicatives de
l’arrêt de ces activités.
o stockage de sécurité
Mais dans les cas étudiés, les opérateurs (SAILD, CERN, APROSTOC) se sont intéressés
davantage à appuyer les groupements dans la gestion spéculative devant permettre aux
groupements de se constituer des réserves de trésorerie.
66
o stockage de spéculation
L’opération consiste à négocier des crédits auprès des organismes financiers pour acheter les
sacs de céréales des membres et éventuellement sur le marché à un prix plus bas. Les sacs de
céréales sont ainsi stockés dans des grands magasins (banques de céréales) en attendant que
les prix augmentent pour les revendre.
Au SAILD en 1996 (périodes de bonne récolte), les prix ont chuté sur les marchés et les
céréales ont été vendues à crédit, les remboursements n’ont pas suivi. En conséquence, tout le
capital de départ a fondu de près de ¾. Cette situation alarmante a été d’autre part aggravée
par la mauvaise gestion financière des responsables. Lors de notre passage la plupart des
magasins étaient vides : le stockage de céréales de spéculation s’est arrêté depuis 1998.
Parallèlement, les activités de stockage de sécurité continuent à fonctionner.
De même en 2000 les Aprostoc n’ont pas pu rembourser leurs crédits du fait que les prix des
céréales observés en période de soudure étaient plus bas. Les céréales ont été distribuées à
crédit et les remboursements n’ont pas suivi. Par ailleurs, la gestion en commun des céréales
(muskwari) est une activité introduite dans une organisation déjà existante (les Gic coton).
Pour autant, les producteurs de muskwari ne sont pas tous membres des Gic coton encore
moins producteurs de coton. Il s’est progressivement installé une situation de conflit entre
l’activité « coton » et l’activité « stockage » au sein de ces groupements. La difficulté de
recouvrement de crédits, a précipité l’arrêt des activités au sein des 9 Aprostoc crées depuis
2002. Lors de notre passage les 60 magasins étaient vides.
Le CERN en voulant appuyer les formations agricoles par les crédits de campagne, a
parallèlement développé l’activité de micro finance qui a posé, comme la gestion des stocks
de céréales, des problèmes à la structure. Devant une population essentiellement migrante, le
recouvrement des apports (crédits céréales, crédits campagne) n’avaient jamais été efficaces.
La structure a abandonné ces activités depuis 2000. Aujourd’hui, les 3 grands magasins de
stockage sont vides.
TIGNERE avait pour objectif de développer la vente collective de l’oignon par les
producteurs pour constituer une force de proposition face aux commerçants. Mais cette action
a été confrontée à des difficultés qui se sont traduites par l’arrêt de l’activité depuis 2000,
entre autres:
En effet, les producteurs se demandent ce qu’ils vont faire avec les rebus triés. Le tri
systématique élève le compte d’exploitation de l’oignon (augmentation des coûts de
production), réduit le stock du producteur sans avoir la « plus value ». L’option envisagée est
de disposer des magasins individuels comme à l’origine de la création de la coopérative.
67
Ces exemples montrent que la gestion de services rémunérateurs, comme le stockage des
céréales, présente des risques qui n’ont pas été pris en compte au départ. Ceci a été à l’origine
de l’arrêt du stockage des céréales par le SAILD et les APROSTOC dès la première année où
les prix à la période de soudure ont été inférieurs à ceux à la récolte. Ils font aussi ressortir des
dysfonctionnements dans la gestion des activités rémunératrices, du ressort des responsables
(suivis insuffisants, détournements), mais aussi des producteurs (non remboursement des
crédits, non respect des engagements) qui sont en partie dus à une implication et une
responsabilisation insuffisantes des acteurs à tous les niveaux, et aussi à des capacités
insuffisantes des responsables dans la gestion de ces activités.
Le fonctionnement actuel des structures étudiées fait apparaître une crise des dispositifs
d’appui-conseil:
♦ des dispositifs recentrés sur quelques activités: les activités au SAILD et au CERN se
limitent à la structuration, l’organisation et le fonctionnement des groupes, et aussi le
stockage de sécurité pour le SAILD. PNVRA et TIGNERE apportent un appui à la
légalisation des groupements, APROSTOC se limite à la production céréalière ;
♦ des dispositifs (SODECOTON) dont toutes les activités sont poursuivies auprès d’un
grand nombre de groupements de producteurs. Cependant l’approvisionnement en intrants
et la commercialisation du coton sont en cours de transfert à l’OPCC.
Au Nord-Cameroun, comme le soulignent Legile et al. (2004), les démarches d’appui aux
producteurs, principalement le cas de la Sodécoton et du PNVRA, évoluent lentement du
« directif » au « participatif », car dans les sociétés nord-camerounaises les relations entre
individus sont majoritairement appréhendées par l’autorité d’un chef sur un subordonné. Dans
le domaine professionnel, cette organisation pyramidale avec le paysan en bout de chaîne,
simple exécutant des consignes reçues, conforte cet état de fait au même titre que la
perception de l’agriculture, activité subie et non choisie. La forte proportion de paysans
analphabètes justifie par ailleurs pour certains agents mais aussi les producteurs, le fait que le
savoir se trouve bien du côté des vulgarisateurs.
Mais depuis deux à trois ans, le PNVRA et la Sodécoton expérimentent des démarches
participatives d’appui aux producteurs: l’approche projet pour le PNVRA, et le conseil à
l’exploitation familiale (CEF) pour la Sodécoton. Cependant, comme le rapportent Legile et
al. (2004) leurs agents d’encadrement en l’occurrence les chefs de zone (CDZ) pour la
Sodécoton et les agents de vulgarisation de la zone (AVZ) pour le PNVRA, rencontrent des
difficultés à passer de l’encadrement (faire appliquer des messages techniques) au conseil
(dialoguer avec les producteurs). Ceci pose les questions de compétence, de statut et d’identité
des conseillers, car c’est bien sur eux que repose la qualité du travail réalisé. Comme le disait
déjà Chombart de Lauwe en 1969 à propos des conseillers de gestion: « que de qualités sont
nécessaires (…) où trouver des hommes possédant toutes ces aptitudes ? La plus grande
difficulté sera du côté des hommes, non pas des agriculteurs (…) mais des vulgarisateurs ».
68
♦ La formation des producteurs: préalable indispensable pour la gestion durable des
dispositifs d’appui-conseil
Un autre frein important à la mise en œuvre de ces démarches participatives est le fort taux
d’analphabétisme. Dans de trop nombreux cas, le nombre de lettrés est insuffisant pour
assurer les fonctions des bureaux des groupements de producteurs. Comment dans ces
situations arriver à une gestion transparente des groupements, les membres n’étant pas en
mesure de contrôler ce que le bureau fait.
Comme pour la majorité des expériences d’appui-conseil en Afrique Sub Saharienne (Havard
et al. 2006), la principale raison avancée pour la pérennisation des dispositifs d’appui-conseil
est la pérennisation des financements (SAILD, PNRVA, APROSTOC, TIGNERE) et le
niveau (bas) des acteurs en l’occurrence les animateurs relais (AR) et les conseillers paysans
(CP) mais aussi celui des paysans. Ceci corrobore le constat de Tchouamo et Steele (1997)
dans une étude d’impact effectuée à l’Ouest du Cameroun où ils notent que seulement 30% de
paysans étaient en contact avec le vulgarisateur. De même, sur les 140 zones définies dans le
Nord-Cameroun, 110 sont occupées par un agent (Legile, 1999). Seule la Sodécoton assure le
financement de son dispositif d’appui en prélevant sur le prix du coton.
Au Mali, Havard et al. (2006) rapportent que, le choix des acteurs institutionnels pour le
pilotage des actions apparaît fondamental afin que l’appui-conseil ne s’arrête pas à la fin des
projets financés. L’appropriation institutionnelle par les acteurs est l’enjeu le plus important
pour la pérennisation de dispositif. Ceux qui financent les dispositifs décident du contenu et
de la méthode, donc orientent le choix des outils appropriés.
Dans les structures étudiées, privées (CERN, SAILD) tout comme les organisations de
producteurs (APROSTOC, TIGNERE), la gestion des activités de stockage et de
commercialisation des produits (oignons et céréales) et de micro crédit a été défaillante au
niveau de la conception du programme (stockage spéculatif des céréales), de l’implication des
acteurs, et plus particulièrement des producteurs, ainsi que de la gestion des activités par les
opérateurs concernés.
Le cas spécifique des Aprostoc dont les parties prenantes n’ont pas conduit des réflexions
approfondies sur l’antagonisme entre Gic coton et les Aprostoc (abordé plus haut). On peut
ainsi douter des motivations initiales des groupements engagés dans cette activité, comme le
signale un agent de développement dans le Mayo-Danaï (Extrême-Nord Cameroun): « la
69
tendance à faire partie d’un groupement s’explique par l’espoir d’obtenir du sorgho à crédit
ou moins cher », avec l’intention inavouée de ne rien avoir à rembourser (Toukrou, 1996).
Au CERN, les responsables n’avaient pas gardé à l’esprit qu’ils avaient à faire à une
population essentiellement migrante. Un migrant peut facilement quitter le village lorsqu’il
est en difficulté avec ses créanciers. Lors de notre passage, le recouvrement des apports
(micro crédit) et la capitalisation (évaluation) des acquis (formations, micros projets) étaient
les principales difficultés relevées par la structure.
A TIGNERE, les deux parties prenantes (producteurs, bailleurs) n’avaient pas gardé à l’esprit
que la filière oignon est une activité à risque notamment liée à une grande variation de taux de
pourriture en fonction des zones de production. La coopérative exige un tri systématique
avant les expéditions dans les grands centres urbains (Yaoundé, Douala), des pertes sensibles
dues à l’écrasement sont fréquentes à chaque expédition. Ces deux facteurs (pourriture,
pertes) fragilisent implicitement la notion de confiance (susceptibilités, préjugés) dans la
commercialisation collective de l’oignon. En effet, le tri rigoureux non seulement pour le
producteur réduit son stock mais aussi élève le compte d’exploitation à la coopérative
(augmentation des coûts).
Là encore, on peut se poser la même question que dans d’autres situations d’Afrique de
l’Ouest (Havard et al. 2006): les organisations de producteurs existantes ont-elles la capacité à
prendre en charge tout ou partie des activités d’appui-conseil ou du moins leur pilotage et leur
coordination. Pour inverser la tendance actuelle, il est nécessaire de lancer un programme de
formation des professionnels (diversité des démarches d’appui-conseil, fonctionnement et
organisation d’un dispositif de conseil, etc.) qui est un des objectifs du Centre Régional
d’Appui à la Professionnalisation Agropastorale (CRPA) qui a été créé cette année (2007) à
Garoua. Cette vision permettra de s’intéresser aux questions de financement et de
participation des producteurs, bref l’aspect pérennisation des dispositifs.
70
5. . CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
5.1. Conclusion
L’encadrement des producteurs au Nord-Cameroun s’est longtemps traduit par une approche
techniciste ayant pour principal objectif l’augmentation de la production sinon de la
productivité, gage d’une amélioration de la situation économique des paysans. Cet
encadrement repose essentiellement sur l’intervention de la Sodécoton (Société de
développement du coton au Cameroun) calquée sur le modèle des sociétés cotonnières
d’Afrique Francophone et ; sur le Programme national de vulgarisation et de recherche
agricoles (PNVRA) qui applique le système Training and Visit (Formation et Visites).
71
Cette analyse montre que l’appui aux producteurs en l’occurrence les services immatériels
(vulgarisation, formation, conseil) est en crise avec la libéralisation et le désengagement de
l’Etat. Ceci a des répercussions à plusieurs niveaux:
- Des difficultés pour financer durablement l’appui aux producteurs: les finances
publiques ne le permettant plus, ces fonctions sont assurées sur des périodes courtes,
sur des zones limitées par des projets ;
- Des méthodes et outils de vulgarisation qui sont remis en cause car les besoins et les
attentes des producteurs évoluent rapidement avec les changements de leur
environnement socio-économique ;
- Des expériences de renouvellement des approches d’appui aux producteurs sont mises
en œuvre sur de courtes périodes, sur des zones limitées le plus souvent sur
financement extérieur, et ne sont pas coordonnées entre elles ;
72
♦ Le quatrième enseignement et qui relève des bénéficiaires est que l’appui-conseil n’est
plus seulement l’affaire de l’Etat et des services publics. Les OP, les Chambres
d’Agriculture ont un rôle à jouer (facilitateurs, voir maîtres d’œuvre) en contribuant à la
conception, la mise en œuvre et au suivi-évaluation de l’appui-conseil. Mais ces
organisations de producteurs existantes, encore fragiles et insuffisamment structurées
comme le montre les exemples d’APROSTOC et de TIGNERE, ont-elles la capacité à
prendre en charge tout ou partie des activités d’appui-conseil. Les producteurs et les OP
conçoivent bien qu’il leur faut contribuer au financement de l’appui-conseil. Mais dans la
pratique il est difficile de récupérer les contributions financières des « producteurs
appuyés ». Il y a donc lieu d’envisager des co-financements : Etat, filières (taxes), OP,
producteurs, etc. La prise en charge par les producteurs ne pouvant concerner qu’une
petite partie du coût, même faible. Cette question de la participation financière des
producteurs est à relier aussi à celle de leur contrôle effectif sur les dispositifs à mettre en
œuvre (procédures de recrutement et de suivi des conseillers): les producteurs accepteront
sans doute plus facilement de payer s’ils ont un réel pouvoir de décider avec qui ils vont
travailler.
♦ Le cinquième enseignement est que le mouvement paysan doit bien faire la différence
entre les fonctions économiques, sociales et techniques. APROSTOC et TIGNERE ont
rencontré d’énormes difficultés pour assurer en même temps l’appui-conseil (fonction
technique) et le stockage et la commercialisation des produits (fonction économique).
Cette différenciation doit se traduire par la création d’organisations spécialisées ou, par la
mise en place de commissions spécialisées au sein d’organisations poursuivant des
objectifs plus larges.
73
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76
ANNEXES
Guide d’entretien
Ce guide d’entretien a été élaboré dans le but de recueillir les informations nécessaires à la
rédaction du mémoire de fin d’études. Le thème de ce mémoire porte sur le bilan des
expériences d’appui aux exploitations familiales agricoles dans les projets de développement
en cours au Nord Cameroun il y a dix, quinze dernières années, dans l’objectif de tirer des
enseignements pour la mise en œuvre des dispositifs d’appui-conseil adaptés aux besoins des
producteurs économiquement viables et durables dans le contexte actuel de privatisation et de
professionnalisation des producteurs et groupements des producteurs.
77
Le guide s’adresse aux responsables des différences expériences d’appui étudiées et les
acteurs de la mise en œuvre des activités sur le terrain ainsi qu’aux bénéficiaires des actions
déployées de chaque intervenant. Par conséquent, toutes les informations obtenues sont
confidentielles et ne seront utilisées que dans le cadre de cette étude. Nous vous remercions
d’avance pour la disponibilité et le sérieux que vous voudrez bien nous accorder tout au long
ce cet entretien.
Lors de l’analyse des différents cas, s’entretenir avec différentes personnes impliquées :
3. Objectifs d’intervention
Quels sont les objectifs de vos actions ?
Dans quelles domaines et zones intervenez-vous ?
A quelle demande répondez-vous (technique, économique, organisationnelle…) ?
4. Activités déployées
Quelles sont les principales activités que vous déployez ?
Quelles sont celles liées aux questions de la vulgarisation et de l’appui-conseil ?
Quels sont les états de fonctionnement (arrêt, poursuite) des activités ?
Quels sont les principaux éléments de réussite ou d’échec de ces activités ?
78
Comment faire pour améliorer ?
Quelles perspectives d’évolution du dispositif (approches, activités, financements…) ?
7. Le suivi-évaluation
Quel dispositif de suivi-évaluation des activités avez-vous mis en place (bilan avec les
participants, enquêtes…) ?
Quels sont les résultats de vos actions ressentis par les bénéficiaires ?
Pouvez-vous donner des exemples concrets ?
Quel impact sur les voisins des bénéficiaires directs de vos actions ?
Quelles sont les difficultés majeures que vous rencontrez dans votre dispositif ?
Question-clé :
Vos actions ont-elles un impact significatif sur le développement économique d’une région
ou, au contraire, favorise-t-elles une fraction minoritaire des bénéficiaires ?
1. Profil
Grille d’identification du profil d’animateur/conseiller
Identification
Date Lieu
Nom Prénom
Organisme Sexe Age
Fonction Lieu affectation
Date entrée en fonction Etudes
Diplôme Année obtention diplôme
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Question-clé :
L’appui doit-il valoriser les savoirs des bénéficiaires ou doit-il fournir des aides à la décision
relativement élaborées ?
3. Le statut et la rémunération
Quelles sont vos tâches spécifiques ?
Etes-vous satisfaits de votre travail et des conditions dans lesquelles vous l’exercez ?
Quelles sont vos aspirations?
C) Bénéficiaires
Mise en œuvre des activités, pertinence des actions développées, attentes et résultats
80