I
EPIGRAPHE
« Pas de bonne gestion sans un système de contrôle efficace »
Christian DESHEEMAEKER
II
DEDICACE
A la mémoire de mon défunt père CIZA MUTALEMBA Modeste, à ma très chère mère
FATUMA Emérance, à mon tuteur CIRHUZA MUTALEMBA Jean-Christophe et son épouse
MWAMINI Yvette et a tous les MUTALEMBA.
III
REMERCIEMENTS
Pour aboutir à la réalisation de cet édifice, bon nombre de personnes ont
apporté leurs pierres de loin ou de près, raison pour laquelle nous saisissons cette occasion
pour exprimer, à leurs égards, notre reconnaissance.
Notre gratitude s’adresse de prime à bord au professeur MUHEME
BAGALWA Gaspard qui, malgré ses diverses occupations, a accepté ce travail sous sa
direction ;
Nos remerciements s’adressent également à l’assistant BRUCE pour
l’encadrement et l’orientation dont il nous a fait bénéficier tout le long de ce travail ;
Au couple CIRHUZA, qu’ils trouvent ici un signe de gratitude pour leur
traitement, considération, amour, conseil, affection ainsi que pour leur détermination de nous
rendre important pour l’avenir de notre pays ;
A nos chers frères et sœurs MUTALEMBA, qu’ils trouvent ici un signe de
détermination et de persévérance pour notre avenir glorieux ;
A nos amis avec lesquels nous aspirons à exercer diverses activités
professionnelles d’économiste, il s’agit notamment de Merdi PASULA, Jacques UMBA,
Credo MUSAFIRI, Jeancy LUMPUNGU, Marcel MUKONGO, Grace BOSOBE,
MWAMBA MARCELINE Ketsia, qu’ils trouvent ici notre vive reconnaissance pour leur
intérêt à notre réussite ;
A nos proches pour leur soutien moral, a l’instar de Ruth MBIYA, Jerda
ILUNGA, Prince MUNGANGA, Dimercia MBUYI… Ainsi, nous avons l’habitude de dire :
MON ENTOURAGE EN OR ;
A tous ceux dont nous n’avons pas mentionné les noms, qu’ils trouvent ici
l’expression de nos remerciements et de notre sincère reconnaissance ;
Nous ne saurons tourner cette page sans rendre grâce à notre Dieu tout puissant
de nous avoir doté de tous les nécessaires pour parachever ce travail.
IV
TABLE DES MATIERES
EPIGRAPHE ............................................................................................................................... I
DEDICACE ................................................................................................................................ II
REMERCIEMENTS ................................................................................................................. III
INTRODUCTION GENERALE ................................................................................................ 1
I. SUJET ................................................................................................................................. 1
2. CADRE D’ANALYSE ....................................................................................................... 2
2.1. Justification du sujet ........................................................................................................ 2
2.2. Objet de l’étude ............................................................................................................... 2
2.2.1. DELIMITATION DU SUJET ...................................................................................... 3
3. OBJECTIFS A ATTEINDRE ............................................................................................ 5
4. LA DEMARCHE METHODOLOGIQUE ......................................................................... 6
5. FORMULATION DES HYPOTHESES ............................................................................ 7
6. SUBDIVISION DU TRAVAIL ......................................................................................... 9
CHAPITRE I. GENERALITE SUR LES FINANCES PUBLIQUES ..................................... 11
1.1. NOTIONS SUR LES FINANCES PUBLIQUES ............................................................. 11
1.1.1. LA SCIENCE DES FINANCES PUBLIQUES ......................................................... 11
1.1.2. DOMAINE DES FINANCES PUBLIQUES ............................................................. 12
1.1.2.1. LES FINANCES PUBLIQUES CLASSIQUES .................................................. 13
1.1.2.2. LES FINANCES PUBLIQUES MODERNES ........................................................ 13
1.1.3. MUTATIONS ET PROGRES DES TECHNIQUES DES FINANCES
PUBLIQUES ..................................................................................................................................... 14
1.1.4.1. LES DEPENSES PUBLIQUES .............................................................................. 17
C. L'exécution Des Dépenses Publiques............................................................................... 27
2°. LES RECETTES NON FISCALES ................................................................................ 31
3° LES RECETTES PARAFISCALES ................................................................................ 31
C. PROCESSUS D'EXECUTION DES RECETTES PUBLIQUES ................................... 32
2° LA LIQUIDATION DES RECETTES PUBLIQUES ..................................................... 33
3° L'ORDONNANCEMENT DES RECETTES PUBLIQUES ........................................... 33
CHAPITRE 2 : CADRE THEORIQUE ET PRESENTATION DU CHAMP EMPIRIQUE
........................................................................................................................................................... 35
Section II : PRESENTATION DU CHAMP EMPIRIQUE ................................................. 42
2.1.1. CADRE GEOGRAPHIQUE ...................................................................................... 42
2.1.2. CADRE POLITIQUE ................................................................................................. 43
2.1.3.3. RESSOURCES MINIERES ET ELEVAGE ........................................................... 46
CHAPITRE 3 : RESULTATS DE L’ETUDE .......................................................................... 50
V
SECTION 1 : COLLECTE DES DONNEES ........................................................................... 50
I.1. Population d’étude.............................................................................................................. 50
I.3. Grille d’entretien ........................................................................................................ 51
SECTION 3 : TRAITEMENT DES DONNEES.................................................................. 56
3.1. Traitement des données quantitatives ............................................................................ 56
SECTION 5 : RAPPROCHEMENT DES RESULTATS AUX HYPOTHESES ................ 63
SECTION 6: SUGGESTIONS ET RECOMMATIONS .................................................. 64
SUGGESTIONS ............................................................................................................... 64
6.1 RECOMMANDATIONS ............................................................................................... 65
CONCLUSION GENERALE .................................................................................................. 67
BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................................... 69
1
INTRODUCTION GENERALE
I. SUJET
Ce présent travail est base sur l’analyse critique des finances publiques en
République Démocratique du Congo. Ce dernier va nous permettre de comprendre le
fonctionnement de l’Etat, comment il arrive à faire des choix publics, les sources de
financement des choix publics (catégorisation des dépenses publiques), l’allocation des
ressources ou recettes publiques, mais également comprendre l’impact qu’ont les finances
publiques sur la croissance économique…
Comparativement au véhicule automobile, l’Etat ou le pouvoir public a besoin
des moyens comme le véhicule automobile a besoin du carburant pour actionner son moteur,
le pouvoir public, lui, a besoin des finances publiques pour faire fonctionner ses différents
organes ou institutions publiques établies selon la répartition des taches leur confiées au profit
de la nation.
Les finances publiques se définissent donc comme l’ensemble des charges et
des ressources de l’Etat ou d’une collectivité territoriale ; ensemble des règles qui leur sont
applicables ou encore ensemble des mécanismes économiques et politiques qu’elles mettent
en œuvre.
Avec un but de dégager les recettes nécessaires pour couvrir les dépenses
publiques, préalablement déterminées ; les finances publiques permettent donc à l’Etat de
disposer de tous les moyens financiers pour répondre aux multiples besoins de la nation.
La RDC possède des ressources naturelles exceptionnelles, notamment des
gisements de minerais (cobalt, cuivre, etc.), un grand potentiel hydroélectrique, de vastes
terres arables, une formidable biodiversité et la deuxième plus grande forêt tropicale du
monde.
Sans contredire nos prédécesseurs dans leurs études, toute recherche
scientifique est censée traiter sur un problème et les finances publiques de notre pays n’ont
pas cessé d’alimenter notre curiosité par rapport à la vécue quotidienne des congolais qui,
malgré les éloges faits sur les richesses que le pays regorge, ne cessent d’implorer la clémence
de l’extérieur pour assurer leur survie. Cela soulève une question de savoir : qu’est-ce qui
freine le développement de notre pays ?
Le sujet étant ainsi décortiqué, la définition du cadre d’analyse constitue
l’étape suivante de notre travail.
2
2. CADRE D’ANALYSE
2.1. Justification du sujet
Ce sujet a trouvé sa motivation en ce sens que les finances publiques sont une
notion d’une grande complexité qui depuis des années ont fait et continuent de faire objet des
nombreuses études, mais également en vertu de leur importance car les Finances Publiques
constituent même la raison d’être de l’Etat (pouvoir public), d’où la bonne gestion de celles-ci
s’avère être d’une grande importance pour manifester et sauvegarder l’autorité de l’Etat dans
tous les domaines de la vie de la nation. Au regard de ceci, ce travail revêt de triple intérêt :
personnel, managérial et scientifique.
Du point de vue personnelle, ce travail permettra de comprendre les défis auxquels la
nation fait face et prendre part à toutes les responsabilités qui en découlent ;
Du point de vue managériale, ce travail nous permettra de trouver explications sur la
manière dont les finances publiques sont gérées et quelles en sont des conséquences,
mais également la problématique et les exigences de l’efficacité des choix ou dépenses
publiques qui impliquent un engagement responsable et une vision éclairée ;
Du point vu scientifique, ce travail contribue à l’enrichissement de la littérature en
Finances Publiques et dote les futurs chercheurs d’un outil de référence dans la notion
de gestion des Finances Publiques en DC.
2.2. Objet de l’étude
La situation économico-sociale demeure préoccupante dans ce sens que les
problèmes économiques, sécuritaires…ne cessent de se faire entendre notamment par la
dégradation du pouvoir d’achat, le panier de la ménagère coute de plus en plus cher en RDC
malgré le constat évolutif des budgets de l’Etat de 2018 à 2021 respectifs de 10 353,1 ;
10 352,3 ; 16 895,8 et 14 620,5( en Milliards des FC), d’où la période de 2019-2020 pendant
laquelle nous pouvons constater un écart significatif positif de 6 543,5milliards de FC, soit
une augmentation de 63,21% de celui de 2019. Ceci devait donc permettre de faire un pas
de plus vers le développement en considérant la loi de WAGNER qui stipule que plus le
niveau des recettes s’accroit par rapport au budget, nécessairement le développement
doit s’observer. Les résultats dans ce rapport de WORD BANK, la République
Démocratique du Congo, vue d’ensemble se résume en ceci que la République démocratique
du Congo (RDC), d'une superficie équivalente à celle de l'Europe occidentale, est le plus
3
grand pays d'Afrique subsaharienne. Elle possède des ressources naturelles exceptionnelles,
notamment des gisements de minerais (cobalt, cuivre, etc.), un grand potentiel
hydroélectrique, de vastes terres arables, une formidable biodiversité et la deuxième plus
grande forêt tropicale du monde.
Pourtant, la plupart des habitants de RDC n'ont pas profité de ces richesses.
Une longue succession de conflits, d’instabilité, de troubles politiques et de régimes
autoritaires a conduit à une crise humanitaire aussi sévère que persistante, à laquelle s'ajoutent
des déplacements forcés de populations. Et la situation ne s'est guère améliorée depuis la fin
des guerres du Congo en 2003.
La RDC est l'une des cinq nations les plus pauvres du monde. En 2022, environ
62 % de la population du pays — soit 60 millions de personnes — vivait avec moins de
2,15 dollars par jour. Ainsi, près d'une personne sur six en situation d'extrême pauvreté en
Afrique subsaharienne vit en RDC.
La République Démocratique du Congo est l'un des pays où la pauvreté et la
précarité des conditions de vie sont l'expression caractéristiques de sa population, un pays où
les périodes de guerres ont endommagé la quasi-totalité des infrastructures et unités
productives. Les conditions sanitaires et socio-économiques dans lesquelles les populations
congolaises vivent laissent à désirer. Par ailleurs, « les indicateurs sociaux affichent des
niveaux tellement bas qu'il s'avère pratiquement impossible pour le pays d'atteindre un seul
des Objectifs du Millénaire pour le Développement. L'accès à l'eau et à l'assainissement ne
concerne que 22 et 9% de la population totale, avec d'importantes disparités entre les régions
ainsi qu'entre les zones rurales et urbaines » (BAfD/OCDE, 2007, p.232). Face à ceci, une
question a alors éveillé la curiosité de chercheur que nous sommes et cette dernière est
formulée comme suit : Quelle est la cause de l’inefficacité de dépenses publiques ?
2.2.1. DELIMITATION DU SUJET
Comme cela est de coutume, la délimitation du sujet dans le temps et dans
l’espace s’avère être d’une importance capitale pour toute recherche scientifique.
4
a) Délimitation dans le temps
Ce travail traite sur les préoccupations se situant sur la période allant de 2018
à 2022.
b) Délimitation dans l’espace
La situation de la République Démocratique du Congo constitue le cadre
spatial de notre étude
2.3. Cadre proprement dit (Etat de la question)
Nombreuses études ont déjà été réalisées dans ce domaine des finances publiques,
entre autres celui des MOTO KOSARADE Joseph, Professeur à l’Ecole Nationale des
Finances et SUMATA MOTUKULA Claude, Professeur à l’Université Catholique du Congo,
intitule : Evaluation de la politique budgétaire en République Démocratique du Congo. Leur
travail fait montrer que la politique budgétaire en RDC est inadéquate, mais que la prise de
conscience des difficultés de gestion permette à terme d’avoir une meilleure gouvernance des
finances publiques. En rapport à la règle de l’orthodoxie financière par le respect des
prévisions, la mise en œuvre des procédures d’exécutions et l’obligation de recouvrer et enfin
l’activation des contrôles pourrait être utile, et l’état devrait ainsi engager des efforts de bonne
gouvernance et de gestion de ce budget.
Guy-Sylvain MUKENGE KATUMBA, professeur au Département de Gestion des
Entreprises (ISP/GOMBE), par son travail intitule : APPLICATION DU BUDGET-
PROGRAMME EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO, ANALYSE
CRITIQUE ET PERSPECTIVE ; contribue en ces mots que le budget-programme est un
budget base sur les résultats précis à atteindre au bout d’une période donnée, c’est un outil de
gestion et de planification qui privilégie la performance.
MUZAMBA MUKALA Junior dans son mémoire portant comme sujet :
L’IMPORTANCE DE LA FISCALITE DANS LA VIE D’UN ETAT, souligne que
l’obstruction au bon déroulement du contrôle politique de l’exécution du budget n’est du a
rien d’autre qu’au manque de volonté politique que témoignent les parlementaires pour
engager la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée Nationale et le manque de
sanction en ce qui concerne le non-respect du délai de dépôt du projet de loi portant reddition
des comptes qui ne cesse d’intensifier l’irrégularité de l’examen dudit projet de loi.
Diwa et Boketsu(2019) étudient la Relation politique budgétaire et performance
macroéconomique en RDC. Ils approximent la performance macroéconomique a la
fluctuation de l’output l’impact d’un choc budgétaire.
5
Elie MAMPUTU MUPU, Optimalité de la politique fiscale et performances
macroéconomiques ; celui-ci rappelle que les autorités doivent fournir plus d’efforts à élargir
l’assiette fiscale et non se contenter a des taux prohibitifs. Sachant que le taux et l’assiette
interagissent ; un taux plus élevé a tendance à réduire l’assiette et conduit au refuge dans
l’informel.
3. OBJECTIFS A ATTEINDRE
Le chercheur poursuit un certain nombre d’objectifs pour donner un sens à son
travail et ceux-ci doivent être fixes avant de se lancer dans son investigation, c’est à dire que
le chercheur doit savoir ce qu’il veut découvrir réellement, ce qu’il veut savoir sur le
problème qui se pose dans la société. C’est cela même qui constitue la raison d’être d’une
recherche scientifique.
Dans notre travail les objectifs sont multiples, mais nous allons citer quelques-
uns que nous avons constitués sous forme du questionnement auquel nous allons pouvoir
donner réponses dans la suite de ce présent travail dont voici la série ci-après :
Quelles sont les sources principales de la richesse de l’Etat ? Ici, nous allons chercher
à découvrir comment le pouvoir public se crée les moyens nécessaires pour faire face
aux multiples besoins de ses institutions ainsi que répondre à ceux de la population ;
Quels sont les mécanismes pour le vote ou la validation d’une loi de finance (budget
de l’Etat) et quelles sont les institutions publiques ou civiles (partie prenante)
participantes ? Le budget de l’Etat est défini comme l’ensemble des prévisions des
dépenses et des recettes de l’Etat ou d’une collectivité territoriale, affectation des
ressources publiques. C’est-à-dire que c’est à travers le budget que l’Etat se fixe les
objectifs, comment répartir les ressources publiques, quelles sont les dépenses
nécessaires à engager et comment elles seront couvertes…
Quel impact peuvent avoir les finances publiques sur la croissance économique ? Par
croissance économique nous sous-entendons une croissance cumulative du produit
brut d’une nation d’une période a une autre et pour en parler il faut trois cycles.(cours
d’Histoire de la pensée économique) Sir Adam SMITH dans son ouvrage le plus
célèbre intitule La richesse des nations vient donner une lumière sur la richesse
nationale en disant que pour que la production double, triple, quadruple ; il faut que la
population double, triple, quadruple.
6
Quels sont les critères prédéfinis par le pouvoir public pour l’allocation des finances
publiques dans différents secteurs d’activité ? Comme vu dans le cours de gestion
financière, tout projet doit subir plusieurs analyses pour voir si les critères d’ordre
économique sont remplis pour qu’un projet soit valide ou rejeté. C’est dans ce sens
que nous voulons comprendre les critères des projets publics ;
Comment remédier aux difficultés socio-économiques dont la population congolaise
est victime ? Le peuple congolais, durant des décennies, a enduré des souffrances sous
plusieurs facettes notamment économique, sécuritaire, sanitaire, politique…et ce,
malgré les multiples efforts de la part de l’Etat, des organisations gouvernementales et
non gouvernementales(ONG et OG) nationales et/ou internationales ; il sied de
signaler la volonté exprimée par son Excellence Felix Antoine TSHISEKEDI
TSHILOMBO qui avait dit qu’il ferait de la République Démocratique du Congo
l’Allemagne de l’Afrique, mais les attentes des congolais sont encore nourries des
doutes à ce jour,
Comment stabiliser l’économique nationale et qu’entendons-nous par la stabilité
économique ?
Tout chercheur scientifique fait usage des méthodes et techniques qui lui
permettrons de recueillir les données susceptibles de donner réponses à son questionnement.
4. LA DEMARCHE METHODOLOGIQUE
Par méthode, on entend « une démarche organisée et rationnelle de l'esprit pour
arriver à un certain résultat ». (Larousse, 2008, p.512)
Etymologiquement le terme méthode vient du latin methodus qui veut dire «
recherche rationnelle à l'esprit pour arriver à la connaissance et à la démonstration d'une vérité
» (Le Petit Larousse illustré, 1993, p.526).
La méthode est aussi définie comme « une voie, une démarche intellectuelle
que le chercheur emprunte en vue de son objet d'étude » (B. KALUNGA MAWAZO, 2008,
p.56).
Pour une bonne faisabilité de cette recherche, quelques méthodes dont
l’énumération ci-après nous ont été utiles :
7
1) La méthode statistique ;
2) La méthode analytique ;
3) La méthode explicaticative.
Ces méthodes seules ne suffisant pas, quelques techniques nous serons utiles
dont les suivantes :
L’interview,
La technique documentaire,
L’observation.
Selon Edgar MORIN, une interview est une communication personnelle
suscitée dans un but d’information. C’est-à-dire un échange des paroles (question-réponses)
entre deux personnes ou plus en vue de se procurer ou de transmettre des informations utiles.
La technique documentaire étant comprise comme une consultation des écrits,
elle consiste à recueillir les données primaires et/ou secondaires c’est-à-dire les données que
le chercheur trouve sur terrain non encore traitées et celles qui ont déjà été traitées par
d’autres chercheur qu’on peut retrouver dans le mémoire, le Travail de fin de cycle(TFC), le
rapport…
Outre la recherche documentaire, l’observation des faits quotidiens dans la
communauté environnante nous seront utiles pour recueillir les données nécessaires pour la
faisabilité de notre travail.
Toutes les techniques et les méthodes suscitées nous permettrons de mener une
recherche à la fois qualitative et quantitative ou encore mixte (quali-quantitative). L’étape
suivante consiste à la formulation des hypothèses.
5. FORMULATION DES HYPOTHESES
Selon une définition didactique, une hypothèse est une supposition que l’on fait
sans se demander si elle est vraie ou fausse, mais seulement pour en tirer des conséquences à
vérifier.
La Rousse la définit comme étant une proposition initiale à partir de laquelle
on construit un raisonnement.
8
Le Phd Pascal SEM MBIMBI souligne que l’hypothèse est une réponse
provisoire que le chercheur donne à la question de départ.
C’est ainsi qu’après une analyse approfondie des finances publiques en
République Démocratique du Congo, nous avons constaté que malgré ses multiples richesses
du sol et du sous-sol, mais également hydrocarbure notamment le cuivre, le cobalt, le
diamant, l’or, le pétrole, la faune ainsi que la flore…le peuple congolais ne cesse de croupir
dans une misère infernale depuis des décennies sans aucune lueur d’espoir de voir leurs
conditions vitales améliorées. Cela que nous avons retenu que :
Le but des finances publiques étant de dégager les recettes nécessaires pour
couvrir les dépenses déterminées en avance, les administrations publiques recourent à des
prélèvements obligatoires déterminés de manière unilatérale : les impôts, taxes et cotisations
sociales. Cela nous envoi directement dire que le pouvoir public trouverait ces principales
ressources par le biais de la fiscalité ainsi que la parafiscalité, toute chose restant égale par
ailleurs, quand les impôts augmentent, l’Etat s’enrichit d’avantage (ceteris paribus) ;
Comme il est de coutume, le budget de l’Etat doit être soumis au contrôle de
pouvoir législatif(le parlement et l’assemblée nationale) qui procèdera par la suite au vote
d’une loi dite des finances qui est un texte législatif qui détermine chaque année la nature, le
montant et l’affectation des ressources et des charges de l’Etat, compte tenu d’un équilibre
économique et financier qu’il définit. Donc, nous pouvons dire que le sénat et le parlement
jouent un rôle très important dans la validation du budget national.
Comme nous avons dit précédemment, les finances publiques sont l’ensemble
des richesses des pouvoirs publics comme le carburant est capital pour le véhicule
automobile, elles constituent un facteur de puissance de l’Etat. Nous dirons alors que les
finances publiques ont un grand impact sur la croissance économique du pays car, lui
permettant de mener ou d’intervenir de plusieurs façons dans tous les domaines de la vie
notamment l’économie, la sécurité…car en contradiction avec la théorie de la main invisible
prônée par Sir Adam SMITH, John KEYNES, lui, parle de la main visible de l’Etat dans les
domaines.
Il serait mieux que l’Etat se comporte en HOMO ECONOMICUS car avec la
théorie de la rationalité, il n’est pas censé commettre d’erreurs dans l’engagement des
9
dépenses publiques, cette idée que Sir Adam SMITH vient compléter par sa théorie des
AVANTAGES ABSOLUS qui se résume en ces mots que le maxime de toute nation est de ne
jamais essayer de produire chez soi la chose qui lui couterait moins à acheter qu’à faire. Cette
dernière rappelle encore la nécessite d’opérer des choix rationaux.
Pour améliorer les conditions de vie des congolais, il serait mieux que tous les
projets de l’Etat soient directement axes sur le peuple, c’est-à-dire le peuple d’abord comme
l’avait proclamé le président de la République, son Excellence Felix Antoine TSHISEKEDI a
son investiture à la tête du pays. Ici, il faudra être convaincu que toute main est importante
pour la construction du pays donc, la responsabilité de la population déjà active et
l’encadrement de celle qui ne l’est pas encore, mais nécessaire pour les défis futurs pour ainsi
envisager un développement durable. Et cela qu’intervient John STUART MILL (1806-1873)
par sa loi sur l’intérêt personnel qui stipule qu’il n’y a pas d’avantage durable sans
contrepartie personnelle ; ainsi l’intérêt personnel est-il le moteur du développement et il
conduit à l’intérêt général, dit-il.
6. SUBDIVISION DU TRAVAIL
Pour une bonne élaboration de ce travail, en terme de clarté et de précision, il
sera subdivise en quatre chapitres : la généralité sur les finances publiques et la question
portant sur la gestion des finances publiques feront objet du premier chapitre de notre travail.
Ici, il sera question de voir comment les finances publiques ont évolué dans le temps,
d’analyser les différents systèmes appliqués à la gestion des richesses de l’Etat ainsi que les
mécanismes y affèrent.
Ensuite, la répartition des revenus issus des différents secteurs d’activités dans
lesquels l’Etat intervient viendra élargir notre recherche en raison de deuxième chapitre de ce
travail. Ce chapitre sera axé sur l’analyse et la compréhension des différentes techniques
d’élaboration des clés ou mesures de répartition ou la redistribution des revenus pour répondre
aux attentes des nécessiteux(peuple).
Enfin, le troisième chapitre portera sur la présentation des résultats de l’étude
qui apporteront des éclaircissements sur les critères sur lesquels les pouvoirs publics se
réfèrent en matière d’allocation des finances publiques aux projets de la nation ou encore
avant d’engager des dépenses publiques qui sont censées être efficaces, rentables, susceptibles
10
d’assurer l’autonomie des institutions publiques. A ce stade, nous allons comprendre les
pouvoirs publics sur un angle économique c’est-à-dire calculateur, visionnaire, rationnel…et
pour cela, un certain nombre des critères ou conditions préétablies doivent être respectées
dans le processus d’investissement.
Pour la réalisation de ce travail, quelques documents nous ont servi de guide,
dont la bibliographie dans la suite de cette rédaction.
11
CHAPITRE I. GENERALITE SUR LES FINANCES PUBLIQUES
Les Finances Publiques sont perçues par beaucoup de gens comme étant une
discipline et un domaine qui s'occupent moins des activités quotidiennes de chacun d'entre
nous. Pourtant, ce n'est pas du tout le cas. Imaginons le fait que nous payons quelque chose
pour satisfaire notre besoin, nous allumons un groupe électrogène pour suivre la télévision,
nous roulons à vélo ou dans un véhicule sur la voie publique pour se déplacer, nous écoutons
la radio dans notre véhicule ou à la maison, etc. tous ces actes que nous posons quasi
quotidiennement relèvent des aspects des Finances Publiques.
Dans cette partie, nous essayerons de présenter les généralités sur les Finances
Publiques, les mutations ou changements et progrès qu'ont subi la science des Finances
Publiques ainsi que les moyens financiers par lesquels l'État et les collectivités publiques
interviennent dans la vie socioéconomique du pays sans pour autant oublier la façon par
laquelle l'État et les collectivités publiques peuvent obtenir ces moyens.
1.1. NOTIONS SUR LES FINANCES PUBLIQUES
Cette partie sera consacrée à la détermination du caractère scientifique des
Finances Publiques et le domaine d'étude de ces dernières.
1.1.1. LA SCIENCE DES FINANCES PUBLIQUES
D'après Nathalis Mbumba Nzuzi, « la science des Finances Publiques est une
branche des sciences économiques vue sous l'angle macro-économique qui, avec l'économie
publique et la comptabilité publique, participent non seulement à la réalisation des équilibres
macro-économiques mais aussi, permet à l'État d'apporter la contribution de son domaine à la
production Intérieure (PIB). En d'autres termes, les Finances Publiques entretiennent
directement des relations des causes à effets d'une part avec l'économie publique et d'autre
part avec la comptabilité publique. Si l'économie publique permet à l'État d'organiser la
réalisation de la production publique qui soutient ses interventions dans l'économie nationale,
les Finances Publiques par contre, recherchent et étudient les voies et moyens par lesquels,
l'État va couvrir les dépenses liées à cette production publique et à ses interventions dans
l'économie afin d'assurer la croissance et le développement. Les Finances Publiques
recherchent et donnent les moyens nécessaires à l'État pour financer ses dépenses dans le
budget... La comptabilité publique quant à elle, permet à ces premières disciplines de saisir les
12
flux de stock et les flux financiers pour la quantification de la production publique et les
revenus de l'État sinon la valeur ajoutée de l'État dans le PIB en recourant à la comptabilité
Nationale ». (N. MBUMBA NZUNZI, Décembre 2007, p.47).
Nous comprenons dès lors que la scientificité des Finances Publiques est
fondée sur le fait qu'elles empruntent des règles et méthodes de l'économie dans son aspect
macroéconomique de l'économie publique et la comptabilité publique en vue d'une part, de
l'évaluation et la quantification de la production et des revenus publics et d'autre part, de la
détermination et la réalisation de la croissance économique dans un pays donné que pour
avoir les moyens pour réaliser sa production, l'Etat recourt aux impôts, taxes et autres moyens
financiers dont il dispose, bref aux Finances Publiques.
1.1.2. DOMAINE DES FINANCES PUBLIQUES
Parlant du domaine des Finances Publiques, il convient de noter que «
l'histoire, la politique et l'économie sont liées ». Historiquement, les Finances Publiques
Modernes ont succédé aux Finances Publiques Classiques, modifiant les conceptions
économiques et la répartition institutionnelle du pouvoir budgétaire. Le glissement de la
période classique à la période moderne date de l'entre-deux-guerres...Comme on peut le
constater, les Finances Publiques en tant que discipline scientifique ont pour objet l'étude des
moyens et technique dont disposent les personnes morales publiques pour se doter des
ressources destinées à couvrir les dépenses nécessaires au fonctionnement de l'Administration
de l'État et à l'accomplissement de ses missions. Le domaine des Finances Publiques n'est pas
aisé à circonscrire. Pendant longtemps, l'étude des Finances Publiques s'est limitée aux
problèmes financiers des personnes publiques. Parmi celles-ci, l'État occupait, et occupe
encore, la place centrale.
Cependant, il ne faut pas confondre les Finances Publiques ni avec les Finances
de l'État, ni même avec les Finances des personnes publiques. Elles s'intéressent certes à
l'État, mais également aux collectivités territoriales, aux établissements publics et aux
organismes internationaux et de plus en plus à des organismes privés chargés des missions de
service public tels que les organisations Non gouvernementales » (G. BAKANDEJA WA
MPUNGU, 2006, pp. 17-18).
13
Ainsi donc, le domaine des Finances Publiques n'est pas non seulement aisé à
circonscrire, mais il est également vaste et large. Cependant, la logique des Finances
Publiques a évolué dans le temps et l'on distingue selon que l'on se trouve dans la conception
classique ou la conception moderne :
Les Finances Publiques classiques
Les Finances Publiques modernes
1.1.2.1. LES FINANCES PUBLIQUES CLASSIQUES
Dans la conception classique les Finances Publiques sont « une science des
moyens par lesquels l'État et les autres collectivités publiques se procurent et utilisent les
ressources nécessaires à la couverture des dépenses publiques, par la répartition entre
individus des charges qui en résultent » (G. BAKANDEJA WA MPUNGU, 2006, p.19).
Dans cette conception classique le rôle de l'État était limité à ses fonctions
régaliennes c'est-à-dire au maintien de l'ordre et de la sécurité sur l'ensemble du territoire
national : sécurité intérieure et extérieure, police, défense nationale, justice. L'État devrait
s'occuper seulement des tâches administratives tout en prétendant que la meilleure façon
d'assurer le profit économique à la collectivité consistait à privilégier l'initiative privée, la
propriété privée des moyens de production, la concurrence, l'État devant s'abstenir de toute
activité économique propre, le marché étant autorégulé. En effet, sur le plan financier l'une
des conséquences de la conception classique est la limitation de l'objet de la science des
Finances Publiques. Cette limitation fait que l'État, nonobstant qu'il assure la sécurité et le
maintien de l'ordre sur l'ensemble de son territoire, il se trouve en même temps en incapacité,
d'assurer et de participer au financement du développement socioéconomique de sa
population et son territoire.
1.1.2.2. LES FINANCES PUBLIQUES MODERNES
D'après Maurice Duverger cité par le Professeur Bakandeja, « la première
transformation de la notion classique des Finances Publiques a consisté à dissocier les moyens
des buts : au fur et à mesure de la substitution de l'interventionnisme au libéralisme, on s'est
aperçu en effet que les techniques financières constituaient pour l'État des procédés très
efficaces d'intervention, notamment dans le domaine économique et social, en dehors de toute
14
idée de couverture des dépenses publiques » (G. BAKANDEJA, 2006, p.19). Ce qui conduit à
un élargissement remarquable et souple du domaine de la science des Finances Publiques tel
que défini dans la conception classique.
En outre, cette substitution progressive de l'interventionnisme au libéralisme
est due au fait que dans le système interventionniste le budget influence l'économie et la
matière budgétaire est contrôlée par l'exécutif, alors que dans le système libéral le budget est
neutre économiquement et la procédure budgétaire est dominée par le parlement. Ainsi donc,
dans la conception moderne, les Finances Publiques selon M. Duverger cité par N. Mbumba
Nzuzi apparaissent comme « la science qui étudie l'activité de l'État en tant qu'il emploi des
techniques particulières dites techniques financières pour la couverture de des dépenses, taxes,
impôts, emprunts, procédés monétaires, budgétaires, etc. » (N.MBUMBA NZUNZI,
Décembre, 20097, p.45).
Il se dégage de ces deux conceptions à savoir la conception classique et la
conception moderne, que les Finances Publiques permettent à l'État de faire la politique de ses
moyens dans l'élaboration des plans de développement, l'organisation rationnelle, efficace et
efficiente de l'économie de pays via des anticipations raisonnées inscrites dans ces plans de
développement et les prévisions budgétaires qui en découlent
1.1.3. MUTATIONS ET PROGRES DES TECHNIQUES DES FINANCES
PUBLIQUES
Comme nous l'avons susmentionné, les Finances Publiques classiques étaient
limitées à trouver des moyens financiers permettant à l'État de couvrir ses dépenses ayant trait
à ses fonctions régaliennes. Cependant, les mutations intervenues dans les Finances Publiques
classiques se fondent sur le fait que les Finances Publiques étaient considérées comme une
discipline scientifique destinée à la couverture des dépenses publiques. Dans ce cas, il était
question de rechercher et de mettre en place des procédés et techniques visant à couvrir les
dépenses publiques, dont notamment les taxes, les impôts et autres moyens constituant des
recettes publiques. Et ici, le budget de l'État avait pour but d'équilibrer les dépenses et les
recettes publiques.
15
Par ailleurs, le progrès enregistré dans la science des Finances Publiques nous
vient de la conception moderne dans laquelle, d'après le Professeur Bakandeja, « les
techniques ne tendent plus à trouver les moyens de couverture de dépenses et recettes mais au
contraire les meilleures méthodes d'intervention de l'État par les prélèvements
discriminatoires non justifiés par les dépenses publiques. Ainsi, l'élargissement de l'objet a
entrainé celui des techniques. Cette conception moderne est le reflet de l'évolution du système
économique capitaliste. Les Finances Publiques classiques correspondaient au capitalisme
libéral du 19èmesiècle ; les finances modernes correspondent au néocapitalisme du
20èmesiècle l'Etat dispose des pouvoirs d'intervention et de planification sur l'ensemble de
l'économie, un secteur public important s'est développé à côté du secteur privé qui,
actuellement a pris le pas sur premier au nom de la mondialisation financière ». (G.
BAKANDEJA WA MPUNGU, 2006, pp.21-22).
1.1.3. FINANCES PUBLIQUES : DE LA MULTIDISCIPLINARITE A
L'AUTONOMIE
Nous montrerons dans cette partie les différentes disciplines qui sont en
relations avec les Finances Publiques ainsi que leurs apports faisant des Finances Publiques
une discipline carrefour. En plus, nous montrerons qu'en dépit de cette pluridisciplinarité des
Finances Publiques, comment celles-ci conservent leur autonomie.
1.1.3.1. LA PLURIDISCIPLINARITE DES FINANCES PUBLIQUES
Pour la réalisation de la science des Finances Publiques, celle-ci entretiennent des rapports
avec différentes autres disciplines pour son efficacité tout renforçant sa complexité à savoir :
L'économie : qui étudie, analyse et évalue les opérations et phénomènes
financiers dans leur globalité à travers l'économie financière. Cette dernière étudie et
détermine l'impact de la fiscalité sur l'économie d'un pays, les différents moyens
financiers nécessaires pour le financement de l'économie d'une nation, les
conséquences du déséquilibre budgétaire (déficit budgétaire) sur l'activité
économique dans un pays, les retombés des dépenses publiques de production sur la
production ou la croissance économique dans un pays. Comme nous pouvons le
constater, les rapports entre les Finances Publiques et l'économie financière sont
étroits de telle sorte qu'il s'avère pratiquement impossible de les séparer.
16
Les Finances Publiques entretiennent aussi des rapports avec la comptabilité
publique dans la mesure la comptabilité publique détermine les règles comptables spécifiques
applicables à la gestion des derniers publics.
L'économie publique et les Finances Publiques entretiennent aussi des
relations dans ce sens que la première (Economie publique) organise la production publique
de l'Etat dans la vie économique de son pays. Les relations entre ces 2 disciplines sont
justifiées par le fait que pour avoir les moyens pour réaliser sa production, l'Etat recourt aux
impôts, taxes et autres moyens financiers dont il dispose, bref aux Finances Publiques
La science politique : ce n'est pas seulement dans le domaine économique que
se réalisent les interventions financières de l'Etat mais bien au contraire dans d'autres
domaines. Les interventions financières ont pour objectifs outre les mobiles économiques, le
renforcement de la souveraineté et l'indépendance économique et politique sur le plan interne
et mais aussi sur la scène politique internationale, etc
La sociologie : la finalité des interventions financières de l'Etat au moyen des
techniques financières modernes ne résident pas seulement dans l'économie, mais plutôt dans
leur destination humaine et sociale ; ce qui justifie les dépenses publiques prenant en charge le
domaine social
La statistique : facilite la quantification et l'évaluation des phénomènes
financiers, l'élaboration des prévisions budgétaires sur base des outils et techniques
statistiques. Etc.
Ainsi, au regard de cette pluridisciplinarité des Finances Publiques, voyons
comment cette science est autonome.
1.1.3.2. L'AUTONOMIE DES FINANCES PUBLIQUES
En dépit de la complexité de la science des Finances Publiques au regard de sa
pluridisciplinarité, les Finances Publiques sont actuellement une science autonome qui a :
Son objet d'étude : l'étude, l'analyse et l'évaluation des problèmes financiers
que connaissent l'Etat et, les collectivités et organismes publics
Sa méthodologie : qui regroupe les différentes méthodes de diverses sciences
qui sont en relations avec elles à savoir : les méthodes statistiques, comptables, économiques,
etc.
A travers les Finances Publiques, l'Etat peut planifier, organiser, coordonner et
contrôler ses activités et sa production en termes des recettes et des dépenses publiques sur
base de la loi des finances. Pour cela, voyons les lignes qui suivent.
17
1.1.4. LES INTERVENTIONS ET OPERATIONS FINANCIERES DE L'ETAT
Pour intervenir dans la vie économique du pays, l'Etat dispose des techniques
et opérations financières adéquates à savoir les dépenses publiques. Et pour obtenir les
moyens de sa politique, il recourt aux recettes publiques.
1.1.4.1. LES DEPENSES PUBLIQUES
Au sens strict, les dépenses publiques ou dépenses budgétaires « sont des
dépenses de l'Etat inscrites dans le budget de l'Etat ». Au sens large, le traité de Maastricht et
le Pacte de croissance et de stabilité les définissent comme étant l'ensemble des dépenses des
administrations publiques (Etat, collectivités locales, organismes de sécurité sociale) ». (J.-Y.
CAPUL et O. GARNIER, 2008, p.27).
A. Notions sur les dépenses publiques
Les dépenses publiques, ou charges budgétaires ou encore les dépenses de
l'Etat constituent un des moyens à travers lequel l'Etat intervient de façon financière dans la
vie économique du pays. Cependant, ces dépenses publiques peuvent être présentées à partir
de leur fonction. Il est donc question de connaître la destination des dépenses par grands
secteurs. Et dans ce cas, on est en présence d'un budget fonctionnel. Ces dépenses peuvent
aussi être présentées d'après leur nature.
B. Catégories des dépenses publiques
Il existe différentes catégories des dépenses publiques au terme de ces 3 types
de classification à savoir :
• Les classifications administratives et/ou juridiques
• Les classifications économiques
• Les classifications fonctionnelles
Dans ce travail, les différentes catégories des dépenses publiques qui seront
évoquées relèveront de classifications économiques. Ainsi, les dépenses publiques sont
classées d'après leurs fonctions et importances économiques et suivant leur type d'intervention
économique qu'elles permettent à l'Etat de réaliser ses ambitions dans le pays et l'on distingue
quatre catégories ci-après regroupées 2 à 2 de façon antagoniste :
1°. Dépenses de fonctionnement-dépenses d'investissement ou dépenses en
capital :
• Les dépenses de fonctionnement aussi appelées dépenses de consommation
consistent à assurer le fonctionnement harmonieux des services de l'Etat.
18
• Les dépenses d'investissement liées à l'augmentation des moyens et capacités
de l'Etat dans le temps, l'accroissement par une fructification du capital public ou privé investi
par l'Etat. Il s'agit concrètement des dépenses d'investissement public ou privé de l'Etat, des
dépenses en capital de l'Etat. Cependant, lorsque ces dépenses d'investissement se rapportent à
la construction d'un pont, des routes, des hôpitaux, elles sont considérées comme un
investissement public de l'Etat. Par contre, si ces dépenses sont engagées dans le but de la
création d'une entreprise publique, elles sont dès lors considérées comme un investissement
privé de l'Etat.
Par ailleurs, les dépenses en capital se rapportent aussi à certains types
d'investissement comme par exemple la participation à la création des firmes multinationales,
octroi des prêts à d'autres pays dans le cadre de coopération bilatérale ou multilatérale, etc.
2°. Dépenses de transfert-dépenses effectives
L'Etat peut engager des dépenses sans contrepartie (contrepartie ici dans le sens
de retombée économique) ; il prélève sur un secteur disposant suffisamment des ressources
pour affecter les revenus prélevés sur d'autres qui n'en possèdent pas assez, et on dit dès lors
que l'Etat engage des dépenses de transfert.
L'Etat peut, par contre, engager directement des dépenses en vue d'acquérir ou
de produire des biens et services essentiels à ses missions. Dans ce cas, l'Etat effectue des
dépenses effectives qui ont une contrepartie.
En effet, en République Démocratique du Congo, conformément à la nouvelle
nomenclature des dépenses publiques, il existe une classification purement congolaise qui
subdivise les dépenses publiques en 8 catégories suivantes :
1°. La dette en capital : comprend le service de la dette notamment le
remboursement du principal c'est-à-dire le montant du capital emprunté par le pays. Elle
comprend :
• La dette intérieure : constituée des arriérés sur les dépenses du Personnel en
Franc Congolais ; de la dette envers les fournisseurs de biens et prestations et les
entrepreneurs des travaux publics ; des certificats des dépôts en Franc Congolais ; des bons du
trésor et des billets de trésorerie ; des avances consenties par des tiers à l'Etat ; des arriérés des
loyers ; des arriérés sur les dépenses de Personnel en devises ; des arriérés de remboursement
des intérêts débiteurs considérés Banque centrale du Congo.
• La dette extérieure : constituée des montants des capitaux empruntés par le
gouvernement du pays envers les différents bailleurs des fonds dans le cadre des aides et dons
19
bilatéraux et multilatéraux : les clubs (Kinshasa, Londres et Paris), les institutions financières
Internationales (FMI, Banque Mondiale, BAfD) et autres (Pays et Multinationales).
2°. Les frais financiers
Les frais financiers comprennent les commissions bancaires, les frais de
licence d'importation, les montants des intérêts à devoir aux institutions financières
internationales et autres bailleurs des fonds ainsi que les montants des arriérés sur frais
financiers consolidés.
3°. Les dépenses de personnel : Elles comprennent :
• La rémunération des membres des institutions politiques et coutumières
(traitement du chef de l'Etat, des membres du Gouvernement, du Parlement, des cabinets et
services de la Présidence, de tous les autres cabinets ministériels, des commissariats
Généraux, des Gouvernorats, des hauts magistrats, des chefs coutumiers).
• La rémunération du personnel actif de l'Etat : traitement de base des
fonctionnaires du régime général, traitement du personnel contractuel relevant des organismes
auxiliaires (budgets annexes), traitement des enseignants de l'enseignement primaire,
secondaire et professionnel (EPSP), l'enseignement supérieur et universitaire, recherche
scientifique (ESURS), des professionnels de la santé, des professionnels de l'agriculture et du
développement rural, des militaires (salaire du personnel militaire, fonctionnaire, de l'Etat,
prévus par la loi sur le budget avec assignation spécifique, des policiers, du personnel
diplomatique, rémunération du corps diplomatique et consulaire accrédité à l'extérieur,
traitement des magistrats civil et militaire (non compris les hauts magistrats), des agents des
services de sécurité.
Les dépenses accessoires de Personnels, celles-ci concernent :
Le transport du Personnel (le transport régulier collectif de personnel de l'Etat ;
l'indemnité de logement, l'indemnité de transport, l'indemnité Kilométrique,
l'indemnité de rapatriement, de mutation et d'installation (les rapatriements et
mutations ; concernent aussi les dépenses relatives à l'installation d'un cadre ou d'une
autorité, l'indemnité de sortie des membres des institutions politiques, et de fin de
carrière des fonctionnaires civils et militaires de l'Etat) ;
Les primes et gratification (toutes les primes, indemnité de motivation et
gratification, pour récompense des services rendus, rétrocession de recettes
recouvrées, difficulté d'une tâche, intérim, représentation, risque particulier, per diem
et jeton de présence) ;
20
Les frais de mission (frais de voyage des missionnaires au service de l'Etat à
l'intérieur et à l'extérieur du pays (per diem)...
Les frais secrets et de recherche (concernent les frais de filature par les services
civils et militaires de sécurité et de justice) ;
Les recherches locales ; les frais de rencontres locales (menues dépenses de
location des salles, collations, per diem et fournitures administratives à l'occasion de
rencontres locales, de séminaires de formation) » (G. BAKANDEJA, 2006, pp.48-
50).
4°. Les biens et matériels
Ces dépenses regroupent « des dépenses concernant :
Les fournitures et petit matériel de bureau (achat de fournitures de bureau telles que :
papier, carbone, enveloppes, cartes de visite, gomme à effacer, stylos, crayons, règles,
trombones..., et de petit matériel de bureau tel qu'agrafeuse, perforateur, cachet,
tampon, consommables informatiques et bureautiques)
Les livres, abonnement et bibliothèques (constitution de fonds de bibliothèque, achat
des livres, dictionnaires, revues, journaux et abonnements de presse écrite,
abonnement en bibliothèque).
Le matériel éducatif, récréatif, culturel et sportif (achat de matériel éducatif pour tous
les ministères, sportifs, récréatif, culturel et de musée, tel que : jeux éducatif,
instruments de musique, cartes géographiques, objet d'arts de collection. Il comprend
aussi les accessoires de spectacle et de sport)
Les fournitures et outils médicaux, chirurgicaux, pharmaceutiques et vétérinaires,
vaccins (achat de fourniture et outils médicaux, vétérinaires et chirurgicaux mineurs,
tels que médicaments, antibiotiques, vaccins, vitamines, oxygènes, produits médicaux
et pharmaceutiques, produits bactériologiques, seringues, gazes, coton, matériel de
suture, petit outillage chirurgical et lunettes médicales)
Achat d'articles et de produits divers non classés antérieurement, dont pellicules
photos et cassettes vidéos, piles, petits matériels, poids et qualité et mesures, dont
produits de nettoyage et d'entretien ; matériels de nettoyage tels que : balais, poubelles
comprend les arbustes, plantes et fleurs destinés à l'entretien des espaces verts ou
jardins officiels ;
Les carburants et lubrifiants, bois de chauffage (achat de carburant et lubrifiant :
essence, gasoil, agas, kérosène, huile, graisse, pétrole, lampant, bois de chauffage) ;
21
Les produits alimentaires, agro-alimentaires et accessoires : il s'agit de :
L'alimentation (achat de nourriture, aliments, lait et boissons alcoolisées ou non pour :
personnel civil toutes catégories, personnel militaire, étudiants, incarcérés dans des
lieux de détention, asiles ou centre de correction, malades hospitalisés) ;
Les textiles, insignes et habillement :
- Les tissus (achat de drapeaux, fanions, tapis rouge, moquette, tissus, textiles, fibres
synthétiques, moustiquaires, serviettes, nappes, rideaux et draps) ;
- Les insignes et distinctions (insignes, médailles et distinctions honorifiques, à titre
civil, sportif ou militaire) ;
Les matériaux de construction et quincaillerie : Il s'agit des matériaux de construction achetés
par l'administration et destinés aux petits travaux exécutés par le personnel spécialisé de la
fonction publique :
- Les bois (planches, contreplaqués, madriers, chevrons, bois de coffrage) ; o Les
métaux, ciment, asphalte ;
- Les pierres, remblais, gravier, sable, argile ;
- Le matériel de quincaillerie (outillage et petit matériel de quincaillerie, d'électricité) ;
- Les matériaux de couverture (tôles et tuiles, paille) » (BAKANDEJA WA MPUNGU,
2006, pp.50-52).
5°. Les dépenses de prestations
Ces dépenses « concernent les fêtes et cérémonies et rencontres publiques :
- Les dépenses globales (dépenses de promotion et de relations publiques en faveur de
particulier ou d'entreprises ou compagnies nationales et étrangères dans le cadre de la
promotion industrielle, juridique, commerciale, artisanale, culturelle, touristique du
pays). Cette rubrique comprend également, les dépenses pour réception officielles,
rentrées judiciaires (voire rentrée parlementaire), foires, cachets d'artistes, banquets,
excursions, offrandes florales, frais d'hôtel ou d'hébergement, et toute autre activité en
relation avec des visiteurs ou invités officiels. Festivités nationales et locales, activités
dans les domaines artistiques (notamment expositions) et littéraires, cérémonies, fêtes,
anniversaires, maquillage et coiffure pour services des relations publiques.
Les dépenses de base :
- Les communications et télécommunications (services téléphoniques nationaux et
internationaux, services de télégraphes, de télex, de fax gestion de services de radios ;
22
satellite de communication). Abonnement et connexion d'internet ; abonnement aux
agences de presse (AFP, agence Reuter,...) ; cartes téléphoniques prépayées).
- La poste correspondance (services postaux, colis postaux nationaux et internationaux.
Transports de correspondances à l'intérieur et à l'extérieur du pays, effectués par des
transporteurs privés ; valise diplomatique).
- Eau (fourniture d'eau pour les locaux, édifices et bâtiments publics).
- Fourniture d'énergie électrique.
- La publicité, communiqué, impression, reproduction et reliure
- La publicité et communiqué (publicité et propagande faites sur les ondes des stations
de radio et de télévision, dans les salles de cinéma ou à travers des revues, journaux,
banderoles et autres médias) ;
- L'impression, reproduction, reliure et conservation (frais d'impression de livres,
feuillets publicitaires, imprimés administratifs et titres de valeur déclarés, diplômes,
cartes professionnelles, documents budgétaires, reproduction de documents,
photocopies, « scanner » de documents, reliure ou conservation de documents.
Développement et reproduction photographique).
Le transport :
- Les transports d'objets (transports d'objets compris manutention, de matériel et
d'équipement utilisés par l'administration, hors courrier. Transport de fonds),
- Titres de voyage (billets d'avion, de train, de bateau, transport routier, en relation avec
des voyages de fonctionnaires, agents de l'Etat et boursiers à l'extérieur ou à l'intérieur
du pays),
- Affrètements de moyens de transport tel qu'affrètements d'aéronefs, bateaux,
- Location d'équipement, de matériels et de moyens de transport comprend : La location
immobilière (location de construction, bâtiments et de terrains. Les servitudes en eau
et électricité sont imputées au 513/514. Comprend les servitudes juridiquement
annexées au contrat de location sous l'appellation « charges locatives ») ; location
d'équipements, de matériels et de moyens de transport (location d'équipement, de
matériels mécaniques ou électroniques, y compris les frais de transport et
d'administration desdits matériels. Location de moyens roulants, aéronefs, pirogues,
bateaux et autres).
Entretien et réparation de matériel et d'équipement :
23
- L'entretien et réparation de mobilier et matériel de bureau (entretien et réparation
ordinaires de mobiliers et matériel de bureau et d'équipements informatiques et de
communication tes que : machines à écrire, machines à calculer, classeur, bureaux,
photocopieuses, appareils téléphoniques, radiocommunications, vidéos et HI FI).
• Soins vétérinaires et de protection de l'environnement :
Les soins vétérinaires (comprennent les soins réguliers et visites vétérinaires :
chevaux, chiens policiers et faune),
Autres soins de protection de l'environnement,
Entretien, décoration et réparation d'ouvrages et d'édifices
L'entretien, réparation et décoration d'édifices (entretien et réparation ménagères,
réparation des installations de plomberie et sanitaires. Décoration des palais et hôtels
présidentiels, d'écoles, de centres sociaux, casernes, jardins, terrains, y compris
pancartes et panneaux indicateurs),
L'entretien de routes, ponts, d'ouvrages hydrauliques, aéroports (entretien ordinaire des
routes et pistes, ponts, aéroports, d'ouvrages hydrauliques (barrages) et pour travaux
de drainage, de curage, barrages, aqueducs, réservoirs, fontaines, systèmes
d'adduction). Concerne aussi l'entretien de la signalisation et du balisage maritime,
fluvial, routier et aéroportuaire.
6°. Transferts et interventions de l'Etat :
Selon le professeur Bakandeja « il s'agit principalement de subventions, dotations et de
rétrocessions et autres formes d'action de redistribution des fonds publics.
• Les subventions
Subventions de fonctionnement aux organismes auxiliaires,
Subventions aux provinces. Subventions de fonctionnement destinées aux services
provinciaux,
Subvention du déficit de la Banque Centrale,
Bourses d'études. Il s'agit des bourses accordées par l'Etat aux
nationaux, o Subvention de fonctionnement aux entreprises publiques et parapubliques, o
Listes civiles (chef de l'Etat),
Transfert de fonctionnement aux Ambassades et Postes consulaires, o
Transfert de fonctionnement aux services publics,
Subvention de fonctionnement aux organismes des fonds spéciaux.
24
• Les rétrocessions comprennent : la rétrocession aux régies financières, la
rétrocession aux entités administratives décentralisées y compris aussi les fonds de
Péréquation.
• Les interventions de l'Etat : il s'agit de :
- Interventions économiques (notamment subvention de
fonctionnement aux entreprises privées),
- Interventions sociales,
- Interventions scientifiques et culturelles,
- Fonds spécial d'intervention (fonds pour intervention spéciale)
- Catastrophes naturelles, calamités et accidents majeurs (fonds
destinés à la réparation des infrastructures, au relogement, à la lutte contre les épidémies). Ne
concerne pas les indemnisations à titre individuel.
• Les prises de participation dans des entreprises et organismes : il s'agit de :
- Prises de participation dans des entreprises et organismes.
Celles-ci concernent des prises de participation dans des entreprises privées ou partiellement
publiques. Concerne aussi certains organismes internationaux.
• Les contributions internationales : il s'agit des aides, secours et
indemnisations qui comprennent : L'assistance judiciaire. Frais d'avocat et droits
d'enregistrement en justice pris en charge par l'État pour le compte d'indigents.
Les aides et secours. Aide financière attribuée à un tiers. Ne concerne
pas les aides en natures (nourriture, habillement) qui doivent être imputées à leur rubrique
respective,
L'indemnisation pour préjudice causé par l'État ou subi du fait des
fonctions. Il s'agit du paiement correspondant à des indemnisations pour préjudices causés par
l'État. Indemnisation aux fonctionnaires ou à leurs parents des préjudices subis par un
accident de travail,
L'indemnisation pour expropriation pour cause d'utilité publique. Il
s'agit de l'indemnisation financière à des tiers pour acquisition de terrains et d'immeubles pour
cause d'utilité politique,
• Les charges sociales :
Les allocations familiales,
25
Les frais funéraires. Ils concernent tous les frais d'inhumation des
agents de l'État, les ayants droit, et toutes les fournitures afférentes, y compris le cercueil.
• Les pensions et rentes/honorariat et éméritat : il s'agit de :
Pensions de retraite des fonctionnaires du régime général et assimilé.
Elles concernent aussi l'honorariat et l'Eméritat ;
Pensions de retraite des militaires et policiers ;
Indemnisation de militaires démobilisés » (G. BAKANDEJA WA
MPUNGU, 2006, pp.55-57).
7°. Equipements :
Les dépenses en équipement se composent « des dépenses ayant trait à l'achat
des (d') :
Équipement et mobiliers
L'acquisition d'équipement de bureau. L'équipement et meubles pour
bureau tels que : machines à écrire, machines à calculer, photocopieurs, ronéotypes, armoires-
classeurs, bureaux, climatiseurs, ventilateurs, mini frigo et fauteuils ;
L'acquisition d'équipement d'informatique. Serveur, ordinateurs,
scanners, imprimantes, modem, onduleurs et logiciels, câblage compris ;
L'acquisition d'équipement domestique. Il s'agit de l'équipement,
meubles, électroménager pour autres locaux que les bureaux.
• Équipement de sante : l'acquisition d'équipement médicochirurgical, de
laboratoire et hospitalier. L'équipement tel que :équipement pour salle d'opération, de
diagnostic et d'urgence, radiographie, lits d'hôpitaux, incubateurs, équipement pour morgue,
microscopes, autoclaves, pipettes et tout autre équipement utilise dans les pharmacies, les
laboratoires pathologiques, biologiques, biochimiques et sanitaires.
• Équipement éducatif, culturel et sportif. Il s'agit d'achat d'équipement de
bibliothèque et archive, de musée, éducatif tel que : meubles scolaires, fichiers, étagères
pupitres, vitrines. Équipements relatifs aux installations sportives tels qu'en buts (Foot, basket,
volley, rugby), parcours du combattant, équipement de sport en salle.
• Equipement agro-sylve-pastoral et industriel :
L'équipement agro-pastoral. Il s'agit de l'achat d'équipement agricole,
d'élevage, des eaux et forêts tel que : tracteur agricole ; équipement de parcs et forêts,
stabulations, etc. ;
26
L'acquisition d'équipement industriel et électrique. Équipement
industriel tel que : presse, linotype, machine à coudre, générateur tronçonneuse poste à
soudure. Concerne aussi l'équipement artisanal électrique ;
L'électroménager : tout appareil électrique ou non, ménager ou de
cuisine.
• Equipement de construction et de transport
Acquisition d'équipement de construction. Equipement de construction
tel que : engin lourd, bulldozer, bétonnière, compresseur, grue, démolisseur. Sont exclus de
cette catégorie les véhicules de transport classes à l'article 752 « acquisition de véhicule » ;
Tous véhicules terrestres tels que : voitures, camions, bus et minibus,
motocyclettes, bicyclettes, élévateurs y compris véhicules spécialises (ambulance...). Sont
exclus de cette catégorie les achats de tracteurs agricoles qui sont classés à l'article741 ;
Acquisition d'autres équipements de transport : bateaux, embarcations,
aéronefs, équipements ferroviaires ;
Acquisition d'animaux : chiens, chevaux, etc.
• Équipements de communication
Acquisition d'équipement téléphonique, télégraphique, fax, radio et
cellulaire. Equipement téléphonique, télégraphique, fax et radios divers. Sont exclus de cette
catégorie, la construction de lignes téléphoniques et télégraphiques qui sont classées à l'article
15 « construction de lignes électriques, téléphoniques et télégraphiques ».
• Contrat d'études : Contrats d'études et de consultations techniques. Services
fournis sous forme de contrat par des firmes, enseignants, associations ou groupes spécialisés,
qui ne sont pas liés à un temps de présence des prestataires mais à un produit fini, dans les
domaines juridiques, techniques, économiques, financiers, statistiques, informatiques,
comptables, médicaux, agronomes, vétérinaires, de génie, de sécurité, sous forme d'actes
juridiques, contrats d'études, traductions, prestations techniques et consultations diverses.
Honoraires. Ne concerne pas les cachets d'artistes. Ne concerne pas les contrats d'entretien. »
(G. BAKANDEJA WA MPUNGU, 2006, pp. 57-59).
8°. Construction, réfection, réhabilitation, addition d'ouvrage et édifice,
acquisition d'immobilière. Ces dépenses sont constituées « des dépenses concernant la (les) :
• La construction d'ouvrage et édifice :
27
Construction d'édifice, d'immeuble tel que : école, hôpital, logements
sociaux, bureaux publics, caserne, pénitencier, stade, mausolée, résidence pour fonctionnaire
et employé civil et militaire en activité de service.
Construction d'ouvrage hydraulique, tel que : aqueduc, réservoir,
barrage, fontaine, système d'adduction, d'irrigation.
Construction de routes et pistes, ponts, ports et aéroports ; concerne
aussi l’acquisition de système complet de signalisation, balisage maritime, fluvial, routier et
aéroportuaire.
Constructions diverses. Autres constructions non prévues dans cette
classification.
• Réhabilitation et addition d'ouvrages et d'édifices.
Réhabilitation et réfection d'ouvrages et d'édifices. Réhabilitation,
réfection, et addition de construction. Ex : école, hôpital, logements sociaux, stade, bureaux
publics, caserne, pénitencier, résidence pour fonctionnaire et employé civil et militaire en
activité de service.
Réfection d'ouvrages hydrauliques. Amélioration et réfection
d'ouvrages hydrauliques.
Réfection et réparation de routes, ponts, aéroports. Amélioration et
réfection de route, pont et aéroport.
• Acquisition des terrains : Terrains pour construction d'édifices, pour des fins
sportives et agricoles...
• Acquisition des bâtiments : Acquisition des bâtiments ou construction des
bâtiments ou d'édifices au pays ou à l'étranger devant abriter les institutions du pays,
ambassades, consulats et accueillir les autorités politiques et administratives, fonctionnaires et
agents de l'État, etc. » (G. BAKANDEJA WA MPUNGU, 2006, pp.59-60).
C. L'exécution Des Dépenses Publiques
La réalisation ou l'exécution d'une dépense publique s'effectue en 4 étapes
suivantes :
1) La constatation,
2) La liquidation,
3) L'ordonnancement,
4) Le décaissement.
28
1°. La constatation des dépenses publiques
Avec des objectif précis et dont les besoins de ce secteur ou service en quête
d'argent sont répertoriés et peuvent être assurés par les crédits alloués à ce secteur ou service
au sein du budget de l'État. Ainsi, cette identification des besoins au sein du secteur ou d'un
service public doit être suivie d'une préparation d'un budget ad hoc, qui sera entériné par la
hiérarchie administrative compétente du secteur ou du service afin d'une prise en charge
effective dans le budget de l'État par le gouvernement.
2°. La liquidation des dépenses publiques
Dès lors que les besoins sont identifiés et les crédits correspondant déterminés,
le service ou secteur demandeur peut d'ores et déjà solliciter l'enveloppe nécessaire auprès du
gestionnaire moyennant une évaluation et une expertise du sous gestionnaire de crédit pour
couvrir ces besoins. Les calculs du montant à décaisser se font conformément aux
recommandations et instructions de la loi de Finances cadre légal fondamental pour
l'exécution du budget de l'Etat, des dépenses publiques et le recouvrement des recettes
publiques.
3°. L'ordonnancement des dépenses publiques
L'ordonnancement d'une dépense publique « est une phase importante dans
l'exécution des dépenses, car elle assure d'une part, la régularité de la constatation et la
liquidation et d'autre part, permet par la même occasion, l'établissement conforme de la
créance vis-à-vis du Trésor Public qui doit décaisser les fonds compte tenu des prescrits de la
loi budgétaire » (N. MBUMBA NZUZI, Décembre 2007, p.66).
C'est donc à travers l'ordonnancement que l'autorisation est donnée au Trésor
Public pour le décaissement des fonds et la prise en charge des dépenses par l'État
(gouvernement). Sa matérialisation se manifeste à travers l'intervention de l'État dans la vie
économique et sociale du pays : investissement public et privé de l'État, productions publique
et privée de l'État, etc.
4°. Le Décaissement des fonds
Il s'agit du paiement par le Trésor Public de la somme ou du montant
ordonnancé par le gestionnaire de crédit du service demandeur concerné. Cependant, le
décaissement nécessite le respect et la mise en œuvre des procédures et mécanismes
permettant au Trésor Public d'autoriser la Banque Centrale en tant que caissier de l'Etat à
décaisser les fonds (notamment la conformité des bordereaux et autres documents) suivant la
décision du gestionnaire de crédit qui peut être soit une autorité politique, une autorité
politico-administrative ou une autorité administrative simplement.
29
Après l'identification des besoins, sollicitation de l'enveloppe adéquate pour
couvrir ces besoins.
D. Processus de Gestion des Dépenses Publiques
Comme nous avons pu le constater au niveau des procédures d'exécution des
dépenses publiques, la gestion de celles-ci en RD Congo est assurée à tous les stades au sein
de l'appareil administratif de l'Etat mais particulièrement assurée par les responsables des
fonds, les gestionnaires de crédit des services étatiques, les comptables publics avec à leur tête
le Trésor Public, le ministère des finances, le ministère de l'économie ainsi que celui du
budget.
Comme cela parait, ce n'est pas aussi simple que ça, et c'est dans cette chaine
de la dépense que la magouille, la gabegie financière et même les détournements des deniers
publics interviennent.
E. Les Rôles Des Dépenses Publiques
Les dépenses publiques permettent à l'Etat outre d'intervenir dans la vie
économique du pays. Cependant, les dépenses publiques en dépit du rôle économique majeur
qu'elles jouent dans la vie du pays à travers la croissance économique [que nous verrons
ultérieurement], elles permettent aussi le développement social, technologique du pays.
Comme cela parait, ce n'est pas aussi simple que ça, et c'est dans cette chaine
de la dépense que la magouille, la gabegie financière et même les détournements des deniers
publics interviennent.
Pour mener à bon port sa politique et intervenir efficacement dans la vie
économique du pays, l'Etat a besoin des ressources en général et financières en particulier. La
partie suivante nous éclaircira davantage à ce sujet.
1.1.4.2. LES RECETTES PUBLIQUES
Les recettes publiques ou ressources budgétaires permettent à l'Etat de
retrouver les moyens de sa politique afin d'intervenir dans la vie économique et sociale
politique du pays pour remplir ses missions. Les ressources du budget de l'Etat sont
constituées normalement et en grande partie des ressources provenant de la fiscalité ou des
recettes courantes ainsi que des recettes exceptionnelles.
Cependant, dans les lignes qui suivront nous développerons sur les différentes
catégories des recettes publiques tout en faisant aussi un clin d'ail sur le cas en RD Congo.
A. Notions sur les recettes publiques
30
Les ressources financières de l'Etat comprennent d'une part les recettes
courantes et d'autre part les recettes exceptionnelles en vue d'assurer la couverture des
dépenses budgétaires voir même extrabudgétaires.
B. Type des recettes publiques
Comme nous l'avons mentionné précédemment, il existe deux catégories
principales des recettes publiques à savoir :
• Les recettes courantes,
• Les recettes exceptionnelles.
B.1. RECETTES COURANTES
Les recettes courantes de l'Etat comprennent les recettes provenant des impôts,
droits, taxes et redevances dus au Trésor Public qui peuvent être suivant le cas soit des
recettes fiscales, soit des recettes non fiscales ou soit des recettes parafiscales.
1°. LES RECETTES FISCALES
D'une manière générale, les recettes fiscales sont constituées des impôts, des droits et
quelques taxes.
a. L'IMPOT
D'après Gaston Zege : « l'impôt se définit comme une prestation
pécuniaire requise des particuliers par voie d'autorité, à titre définitif et sans contrepartie en
vue de la couverture des charges publiques ».
En somme les recettes des impôts comprennent les impôts directs et les
impôts indirects [fiscalité directe et fiscalité indirecte]. Les impôts directs sont des impôts
supportés et versés au percepteur ou au fisc par le même agent économique ou contribuable
(ménage ou entreprise). Par contre, les impôts indirects sont supportés par certains agents
économiques et versés au fisc par d'autres. Autrement dit, les impôts indirects peuvent être
répercutés dans les prix des produits étant donné que ce sont les consommateurs finals qui les
supportent.
En RD Congo, il est perçu également deux types d'impôts qui sont :
> Les impôts directs [relevant de la fiscalité directe] : ce type d'impôts présente
un caractère de stabilité, moins accidentel et offre un particulier avantage du point de vue
finances de l'Etat. De plus, les impôts directs atteignent directement les contribuables, sont
perçus directement sur la matière imposable et sont aussi perçus par voie de rôle.
> Les impôts indirects [relevant de la fiscalité indirecte] : leur perception est
plus facile et moins couteuse pour l'Etat, sont des types d'impôt dans lesquels le contribuable
31
n'est qu'un intermédiaire capable de rejeter l'impôt sur d'autres contribuables, sont perçus sans
établissement de rôle nominatif.
2°. LES RECETTES NON FISCALES
Les recettes non fiscales comprennent les droits, les taxes et redevances dus au
Trésor Public par un agent économique ou un contribuable. Une taxe d'après N. Mbumba
Nzuzi « est un prélèvement non marchand avec contrepartie opéré par l'État dans un secteur
et/ou un domaine de son champ d'action. Elle est la conséquence d'une production de bien ou
d'une prestation publique rendue par un service public. Une redevance est un droit perçu dans
un secteur relevant du domaine public et/ou privé de l'État sous forme de loyer journalier,
mensuel et/ ou annuel. Elle peut être non fiscale ou parafiscale selon le cas ». (N.MBUMBA
NZUZI, Décembre 2007, p.55).
Dans la législation congolaise (RD Congo) les recettes non fiscales comprennent les
principales catégories ci-après :
· Les recettes administratives,
· Les recettes judiciaires,
· Les recettes domaniales,
· Les recettes de participation.
3° LES RECETTES PARAFISCALES
Ces recettes sont constituées des ressources financières issues des droits et des
redevances qui relèvent du domaine public ou privé de l'Etat (revenus du Portefeuille, revenus
domaniaux, etc.). Selon N. Mbumba Nzuzi, « la particularité des recettes parafiscales réside
au fait que la parafiscalité est un concept à cheval entre la fiscalité et la, non fiscalité. Elle est
en principe un concept mixte, car disposant à la fois les caractères fiscaux et non fiscaux dans
sa réalisation. Si la fiscalité et la non fiscalité sont des notions qui ont existé depuis
l'avènement de l'Etat-nation, la parafiscalité est une notion du fisc qui apparait avec
l'avènement de l'interventionnisme de l'Etat dans l'économie avec le courant Néolibéral » (N.
MBUMBA NZUZI, Décembre 2007, P. 56).
Nous pouvons ainsi comprendre que la parafiscalité comporte en son sein d'une
part, un certain caractère d'imposition, d'obligation découlant de la puissance publique pour
une fin précise, et d'autre part, un certain caractère de contrepartie qui résulte du fait de
32
paiement par l'assujetti de la redevance ou de droit une prestation d'un service ou production
d'un bien par les autorités compétentes. Mais encore, faudra-t-il noter que cette prestation de
service peut être immatérielle, toute fois indispensable pour une bonne évolution, un
développement du secteur dans lequel elle se réalise et contribuer au bien-être de la
communauté environnante.
De ce qui précède, nous déduisons en disant qu'en République Démocratique,
ces types des recettes sont mobilisées et perçues par toutes les 3 régies financières suivant le
cas et la nomenclature des taxes en vigueur : DGI, DGRAD et DGRAD.
B.2. LES RECETTES EXCEPTIONNELLES
Les recettes exceptionnelles et/ou recettes extérieures regroupent généralement
les principales catégories suivantes :
· Les recettes extérieures d'appuis budgétaires : qui sont constituent grosso modo
des Emprunts programmes dons budgétaires, Ressources PPTE.
· Recettes Extérieures de Financement des investissements : qui regroupent les
Dons-projets et les Emprunts-Projets.
Après avoir décrit d'une manière générale et synthétique ces différentes
catégories des recettes publiques, voyons les procédures à travers lesquelles les recettes
publiques passent du contribuable ou redevable via les percepteurs des institutions chargées
de leur collecte et mobilisation, la Banque Centrale jusqu'au trésor public.
C. PROCESSUS D'EXECUTION DES RECETTES PUBLIQUES
L'exécution des recettes publiques correspond à leur réalisation et s'effectue en
4 étapes dont les 2 premières sont constituent la phase comptable à savoir : La constatation, la
liquidation, l'ordonnancement, le recouvrement.
1°. LA CONSTATATION DES RECETTES PUBLIQUES
La constatation d'une recette publique est l'établissement de l'assiette fiscale,
c'est-à-dire la recherche de la cause ou du fait générateur de la taxe (sollicitée, octroyée ou
imposée) et l'évaluation de la quantité de la matière appelée base imposable à travers laquelle,
le service générateur doit s'assurer qu'il existe des faits qui sont susceptibles d'être générateurs
d'une créance au profit de l'Etat. » (N. MBUMBA NZUZI, décembre 2007, p. 60).
33
Nous voyons donc qu'il y a naissance des créances des particuliers envers l'Etat
due à plusieurs faits : il peut s'agir de la demande d'un bien ou service, l'usage de certaines
activités relevant des domaines de l'Etat, etc.
2° LA LIQUIDATION DES RECETTES PUBLIQUES
La liquidation consiste en évaluation ou au calcul du montant dû par l'assujetti
au Trésor Public suivant la nature du bien ou service demandée par le service de taxation ou
de perception des recettes publiques.
Comme nous l'avons dit ci-haut, les deux premières étapes constituent la phase
administrative qui consiste en l'établissement des actes générateurs des recettes publiques en
tant qu'actes administratifs. Concrètement, la phase administrative représente le niveau de la
facturation du bien ou service public (non marchand) sur la base imposable établie.
3° L'ORDONNANCEMENT DES RECETTES PUBLIQUES
D'après N. Mbumba Nzuzi, l'ordonnancement d'une recette publique « est une
phase importante dans l'exercice des recettes, car elle assure d'une part, la régularité de la
constatation et de la liquidation et d'autre part, permet l'établissement de la conformité de la
dette vis-à-vis de l'Etat. C'est l'ordonnancement qui met fin à l'acte administratif de
comptabilisation de la créance au profit du Trésor Public et ceci, conformément au résultat de
la liquidation. L'ordonnancement est l'acte qui donne l'ordre au contribuable, redevable ou
assujetti, de payer la dette auprès de l'organisme public qui ordonnance.
Il est également la facture ou la lettre de créance établie par une personne qui a
reçu mandat du ministère des finances pour encadrer les recettes courantes. Il se matérialise
par un titre remis au redevable ou débiteur lui enjoignant d'exécuter le paiement de sa dette.
L'ordonnancement est l'acte le plus important dans cette procédure, il est soumis
au visa d'un ordonnateur des recettes qui fait préalablement un contrôle administratif. Il
vérifie si le montant liquidé est conforme au taux et aux modalités fixés par les textes
réglementaires en vigueur >> (N. MBUMBA NZUZI, Décembre, p. 61).
4°. LE RECOUVREMENT DES RECETTES PUBLIQUES
D'après N.MBUMBA NZUZI, « le recouvrement c'est l'extinction de la dette
conformément à la facture établie par l'organisme public. Il nécessite la mise en place des
mécanismes pouvant permettre au caissier d'encaisser les recettes de l'État et de rendre
34
compte au Trésor Public par une bonne tenue de la comptabilité publique. Cependant, tout
recouvrement ne se fait pas toujours à l'amiable. A ce sujet, en cas de refus ou d'insoumission,
il est fait recours à une procédure contraignante revêtue de la puissance publique de l'État.
Dans cette pratique, l'État pénalise et sanctionne l'assujetti en question pour avoir causé
préjudice à l'encaissement des fonds publics. >> (N. MBUMBA NZUZI, décembre 2007,
pp.61-62).
35
CHAPITRE 2 : CADRE THEORIQUE ET PRESENTATION DU CHAMP
EMPIRIQUE
Ce chapitre sera premièrement consacré à la présentation du cadre théorique
en raison de la première section et ensuite la deuxième section parlera de notre champ
d'investigation qui est la République Démocratique du Congo d’une manière générale et
synthétique.
Section I : CADRE THEORIQUE
Ici, nous allons tenter de démontrer comment les finances publiques et leur
fondement sont bases sur différentes théories par lesquelles beaucoup des penseurs ont
proposé des pistes de solutions aux problèmes qui ont longtemps perturbe et continuent de
peser sur la bonne gestion des finances de l’Etat entre autres : le problème de redistribution,
d’allocation…qui selon eux, ont trait direct a l’économie des nations considérant ainsi les
différentes fonctions de l’Etat. Il y a plusieurs théories qui accompagnent la bonne marche des
finances publiques dont nous allons en présenter quelques-unes dans le développement de
cette section.
1. Adam SMITH, Écossais et professeur de « philosophie morale » de
son état, est né en 1723. Il publie en 1776 Recherche sur les causes et la nature de la richesse
des nations, ouvrage considéré aujourd’hui comme l’acte de naissance de l’analyse
économique et du libéralisme.
Par sa fameuse théorie de La main invisible, il limite ainsi toute
intervention de l’Etat dans toute activité économique. Pour lui, seule l’efficacité du marché
permet la satisfaction du plus grand nombre. Bien que moraliste, Adam Smith considère que
l’égoïsme de chacun conduit par la satisfaction de son intérêt à un équilibre. Autrement dit,
"la recherche des intérêts particuliers aboutit à l’intérêt général". C’est ce que la postérité a
retenu sous le nom de "mécanisme de la main invisible", expression célèbre qu’Adam Smith
n’utilise pourtant qu’une fois dans son œuvre. L’État n’a donc pas à intervenir sur le marché
puisque celui-ci se régule naturellement. Il doit se cantonner à des fonctions dites régaliennes
(armée, police, justice) pour protéger les citoyens des violences et des injustices.
Smith distingue le « prix naturel d’une marchandise » qui est égal à la
somme de « ce qu’il faut pour payer (…) les salaires du travail, le fermage de la terre, et les
profits du capital utilisé » et le prix de marché, déterminé par la loi de l’offre et la demande.
La « main invisible » permet donc d’atteindre une situation d’équilibre entre le prix de marché
et le prix naturel. S’il est trop élevé, cela veut dire que les ouvriers, les capitalistes (qui
investissent dans les manufactures ou les établissements financiers) et les propriétaires
36
fonciers gagnent trop d’argent. S’il est trop faible, il ne rémunère pas suffisamment le capital
et le travail.
De même, dans les échanges internationaux, Smith conseille « de ne jamais
essayer de faire chez soi la chose qui coûtera moins à acheter qu’à faire ». C’est la théorie de
l’avantage absolu. Certains pays ont des avantages que d’autres n'ont pas et donc « tant que
l’un des pays aura ces avantages et qu’ils manqueront à l’autre, il sera toujours plus
avantageux pour celui-ci d’acheter au premier, que de le fabriquer lui-même ».
Finalement, la notion de « main invisible » repose fondamentalement sur le
principe d’un équilibre naturel résultant du jeu de tous les acteurs de l’économie en présence
et de la confrontation de leurs intérêts, sans qu’aucune intervention régulatrice ne soit
nécessaire.
2. François Quesnay (1694-1774), Maitre à penser de l’Ecole physiocrate
intervient avec la théorie de « gouvernement de la nature » en réponse aux mercantilistes,
les physiocrates affirment que l’État n’a pas à intervenir dans la sphère économique desquels
nous allons parler plus tard.
C’est inutile puisque l’économie est gouvernée par des lois naturelles
analogues aux lois physiques. Des lois valables en tout temps et en tout lieu. Cette universalité
met tout le monde sur un pied d’égalité si on respecte la « liberté du commerce » et la «
liberté de l’industrie ». Il faut bannir les « servitudes seigneuriales » pour les paysans et les «
servitudes gouvernementales » pour les industriels qui mettent des freins au développement
économique. Il faut « laisser faire, laisser passer » et supprimer toutes les barrières
douanières.
Vivant dans une société qui reste essentiellement rurale, les physiocrates
estiment que seule la nature, et donc les paysans, produisent de la richesse. Les propriétaires
fonciers vivent du surplus dégagé par les agriculteurs. Quant aux artisans et ouvriers, ils ne
font que transformer des produits qui proviennent de la nature et forment donc une « classe
stérile » !
Il sied également de garder un œil sur ces soutiens qu’ont eu la théorie de la
main invisible, notamment avec David RICARDO, qui selon nous, reflèteraient une certaine
imagerie de la situation de la RDC, qui se résument en ces lignes :
- En premier lieu, l’État certes ne doit pas disparaître, mais son rôle doit être limité à la
réalisation de certains équipements collectifs (principalement la voirie) et surtout à la
sécurité des biens et des personnes (police, justice, défense) ; il doit être ce qu’il est
convenu d’appeler un « État-gendarme ».
37
- L’impôt ne doit jamais constituer une gêne pour les échanges et il doit uniquement
servir à couvrir les charges publiques (cf. infra, no 601).
- La neutralité de l’État suppose également que les dépenses publiques ne pèsent pas
sur la vie économique et qu’elles soient strictement couvertes par des recettes quasi
exclusivement fiscales. L’emprunt est jugé négativement ; d’une part, il augmente
artificiellement le budget, d’autre part il pèse sur les générations à venir dont il
hypothèque la liberté de choix dans la mesure où il constitue un impôt différé (car à
moins d’émettre un nouvel emprunt pour rembourser le premier, l’augmentation des
impôts apparaît inéluctable) ou une source d’inflation (par émission de monnaie).
- L’équilibre doit s’entendre aussi bien de l’absence de déficit (qui amène l’État à
emprunter) que de l’absence d’excédent qui s’il était utilisé se traduirait par des
dépenses de l’État, donc par des interventions (la thésaurisation étant, d’un autre côté,
contraire au principe de la circulation des richesses).
Nous pouvons donc remarquer que les deux premières théories sont complémentaires l’une de
l’autre en affirmant que l’Etat ne devrait pas intervenir dans les activités économiques avec
François QUESNEY et Adam SMITH comme pilotes. Ils limitent ainsi l’Etat uniquement
dans ses fonctions régaliennes (la sécurité, la sante…). Ceci ne passe pas inaperçu aux yeux
des autres penseurs qui n’ont pas manqué de soulever des vifs critiques contre de ces derniers
et ainsi intervenir par des théories contradictoires à celles suscitées.
3. Richard-Abel MUSGRAVE (1910-2007), économiste américain d’origine
allemande, spécialiste en économie publique.
Celui-ci contredit la pensée selon laquelle l’Etat doit rester gendarme en
injectant sa théorie dite ‘’ fonctions musgraviennes’’ qui stipule que l’Etat, lorsqu’il est un
Etat-providence, dispose des trois fonctions : régulation, allocation et redistribution. Cette
théorie a été énoncée en 1959.
Les trois fonctions de l’Etat correspondent à une schématisation des
politiques publiques sous leurs trois formes. Cette typologie vise à englober toutes les actions
de l’Etat. La typologie ne correspond qu’à un Etat social, c’est-à-dire a un Etat-providence.
Musgrave a défini les trois fonctions principales de l’Etat de la manière
suivante :
1) L’affectation ou l’allocation des ressources : dans le cas d’une production
comportant des rendements croissants, l’Etat doit prendre en charge cette production et
appliquer une tarification au cout marginal (et également promouvoir les activités générant les
38
externalités positives et endiguer celles qui produisent des externalités négatives). L’Etat doit
aussi instaurer les biens collectifs, c’est-à-dire que l’Etat doit fournir des services non
marchands, tels que la justice, la sante, les infrastructures et l’éducation.
2) La redistribution des revenus et des patrimoines : le souci à la base au niveau de
ses activités est un souci d’équité (de la justice). Cette fonction sert à réduire(ou augmenter)
les inégalités engendrées par le marché. Il s’agit de la politique sociale.
3) La régularité de la conjoncture économique : l’Etat doit impulser, stimuler l’activité
économique. Il ajoute suivant un point de vue keynésien que le marché seul ne mène pas une
situation optimale. De plus comme le démontre la courbe de Phillips, au-delà d’un certain
niveau de chômage, les salaries ne sont plus en position de force pour exiger une hausse de
saleur. L’Etat doit donc utiliser le budget de manière contra-cyclique pour amener la
croissance effective au niveau de la croissance potentielle. Cette fonction regroupe
l’intégralité des politiques publiques qui visent à compenser ou contrôler les effets de la
conjoncture économiques. Les politiques structurelles sont aussi comprises dans les politiques
de régulation.
Musgrave poursuit son raisonnement en développant l’importance de
l’interventionnisme de l’Etat dans l’allocation des ressources :
L’Etat doit définir des règles et des droits qui favorisent le jeu de la libre concurrence,
dans le cas où les marches concurrentielles constituent la solution la plus efficace.
Selon la théorie microéconomique en présence des rendements croissants, la
concurrence oblige à pratiquer des prix inférieurs au cout moyen de production,
certains produits disparaissent ou sont maintenus par des monopoles ou oligopoles.
L’Etat doit alors intervenir, soit pour sauvegarder des productions nécessaires (faute
de rentabilité dans ce système), soit pour réguler les activités sur le marché.
Selon la théorie des externalités positives et négatives, avancée par Arthur PIGOU en
1920 ; le choix d’un individu modifie le bien-être des autres sans s’en rendre compte.
Si les choix prives conduisent à la surproduction des nuisances, c’est-à-dire des
externalités qui ont un effet néfaste pour la société et a une production sous-optimale
des biens et des services qui ont un effet bénéfique alors : l’Etat doit intervenir,
Paul Anthony SAMUELSON(1954) a montré la défaillance des mécanismes de
marche dans la fourniture des biens publics. Ces biens sont des services consommes
collectivement, sans concurrence et doivent être pris en charge par l’Etat,
Etc.
39
Constatons que ce raisonnement est appuyé par les mercantilistes dans les
lignes qui suivent.
4. Les mercantilistes ont les premiers, du XVIe jusqu’au XVIIIe siècle, défini des
concepts permettant d’expliquer la richesse des nations et recommandé, ou mis en œuvre, des
mesures pour favoriser leur dynamisme économique avec la théorie de ‘’ Protéger pour
développer’’
Selon eux, les objectifs visés sont simples : richesse et puissance et pour ce
faire, on compte trois facteurs de croissance : abondance en hommes, abondance en argent et
intervention étatique.
Abondance en hommes car il faut une main d’œuvre importante ;
Abondance en argent, signe de richesse et de puissance d’une nation ;
Intervention de l’Etat notamment en matière de commerce extérieur.
L’Etat joue donc un rôle majeur dans la course à la richesse : c’est à lui que
revient le devoir de stimuler l’activité économique et l’emploi. Il doit aider et protéger les
entreprises et être centralisé pour pouvoir imposer sa politique et contrôler les échanges
commerciaux. La politique mise en place au XVIIe siècle par Colbert l’illustre parfaitement :
il a cherché à doter l’Etat français d’une balance commerciale excédentaire en encourageant le
commerce.
Il faut se rappeler que les premiers mercantilistes ont vécu à une époque où
les pays européens étaient divisés en fiefs seigneuriaux nécessitant de s’acquitter de multiples
taxes et droits de passage. Ils ont alors cherché à favoriser la suppression de ces « douanes
internes ». Mais pour qu’un Etat soit puissant, il faut que ses caisses soient pleines de métaux
précieux. Comment les remplir ? En exportant notamment des produits manufacturés
échangés contre des métaux précieux et en limitant les importations au moyen de fortes taxes.
Parallèlement, les mercantilistes préconisent des taux d’intérêt bas pour
favoriser la consommation et l’activité économique intérieure. Ce type de politique est donc à
double tranchant, car elle peut aussi contribuer à accentuer le déficit commercial en stimulant
la demande des produits importés.
Les économistes classiques sont néanmoins, dans l’ensemble, au moins
d’accord sur un point : l’intervention directe de l’État dans l’économie doit être limitée au
minimum nécessaire pour garantir le bon fonctionnement du marché. En cela, on peut
considérer qu’ils sont libéraux.
40
Les « classiques » s’interrogent tous sur l’origine et la formation des
richesses. Si leurs réflexions divergentes sur ce point, ils estiment cependant que l’offre et la
demande tendent à s’équilibrer. Les déséquilibres ne sont que provisoires. Cet ordre naturel
engendre également une division du travail. Chaque être humain a des compétences
spécifiques qui lui permettent de réaliser au mieux ce qu’il doit faire dans la société comme
dans une entreprise.
Pour les marxistes, avec Karl MARX, le capitalisme va en effet s’effondrer
pour laisser place au socialisme car il repose sur une contradiction essentielle : la « baisse
tendancielle du taux de profit ». Cette baisse progressive du profit s’explique ainsi : ce qui
donne de la valeur à un produit, c’est, pour Marx, le travail qui a été nécessaire pour sa
production. Mais les capitalistes doivent investir de plus en plus dans les moyens de
production (les machines, aujourd’hui les ordinateurs, les robots…) pour faire face à la
concurrence. Il faut donc de plus en plus de capital pour financer ces investissements, mais la
valeur des biens produits n’augmente pas pour autant puisque cette valeur repose, selon la
théorie marxiste, sur le travail uniquement. Le taux de profit baisse ainsi inévitablement.
Pour sauver leurs bénéfices, les capitalistes vont augmenter leur production
et baisser les salaires ou réduire le nombre de salariés qu’ils emploient. Ainsi, le pouvoir
d’achat global diminue alors que la production augmente. La surproduction est donc
inévitable et se généralise à tous les secteurs d’activité.
Miné par cette contradiction fondamentale, le système capitaliste court à sa
perte.
Mais pour faire « du passé table rase », il faudra une dictature du prolétariat
et une appropriation collective des moyens de production. L’État gérera alors l’ensemble du
système productif. Puis, stade ultime de cette évolution du système économique, l’État
disparaîtra et la richesse sera redistribuée « à chacun selon ses besoins ». La société sera alors
« communiste », la propriété sera commune, il n’y aura plus de classes sociales et d’ «
exploitation de l’homme par l’homme ».
L’intervention de Karl MARX vient combattre les inégalités sociales dans la
répartition des revenus en cherchant à supprimer toutes les catégorisations des classes
sociales, situation jusqu’à présent préoccupante dans le monde en général et en République
Démocratique du Congo en particulier, ou nous pouvons constater des écarts très significatifs
des salaires ou d’autres traitements ou privilèges dans les rangs de la population.
41
5. Le principe d’annualité budgétaire
Selon ce principe, la durée de l’exercice budgétaire est fixée à une année
maximum. Autrement dit, l’autorisation budgétaire donnée par la loi de finances n’est valable
que pour une année. Ceci empêche la puissance publique de prélever un impôt permanent sans
l’autorisation des représentants de la nation (assemblée nationale)
Ce principe signifie également que l’autorisation de dépenses donnée par la
loi de finances ne couvre qu’une année : il n’est normalement plus possible de procéder à
aucune dépense à l’expiration de cette autorisation, quand bien mémentos les crédits
n’auraient pas été dépenses.
Complété par le principe d’antériorité, le budget de l’Etat doit être vote
avant le début de chaque année budgétaire
6. La théorie des choix publics
La théorie des choix publics, appelée aussi théorie des choix collectifs, est
une théorie économique sur le rôle de l'État et le comportement politique des électeurs, des
élus, des fonctionnaires et des groupes d'intérêts. Elle s'appuie sur une série de postulats
empruntés à l'économie néoclassique (notamment celui de l'individualisme méthodologique et
du choix rationnel) pour l'appliquer à la science politique : les décisions politiques ne
résulteraient que de la somme de décisions individuelles, prises dans leur propre intérêt
personnel par leurs auteurs. Alternativement qualifié de « théorie », d'« école » ou de «
courant » de la pensée, le terme Public Choie apparu dans les années 1960.
La politique y est expliquée à l'aide des outils développés par la
microéconomie. Les hommes politiques et fonctionnaires se conduisent comme le feraient les
consommateurs et producteurs de la théorie économique, dans un contexte institutionnel
différent : entre autres différences, l'argent en cause n'est généralement pas le leur (cf. le
problème principal-agent). La motivation du personnel politique est de maximiser son propre
intérêt, ce qui inclut l'intérêt collectif (du moins, tel qu'ils peuvent le concevoir), mais pas
seulement. Ainsi, les hommes politiques souhaitent maximiser leurs chances d'être élus ou
réélus, et les fonctionnaires souhaitent maximiser leur utilité (revenu, pouvoir, etc.)
42
Par ailleurs, les biais cognitifs et émotionnels propres à l'économie
comportementale que l'on constate au niveau du marché se retrouvent aussi au niveau des
décisions publiques, bien que ces biais soient moins soumis à des mécanismes auto-
correcteurs naturels.
Nous pouvons conclure cette section en soulignant cette déclaration du
Professeur José MWANIA qui n’a pas cessé de démontrer que l’Etat congolais serait en
même temps gendarme et providence.
Section II : PRESENTATION DU CHAMP EMPIRIQUE
Ce travail a pour champ d'étude la République Démocratique du Congo que
nous présenterons sous différents cadres : géographique, politique, économique et
socioculturel.
2.1.1. CADRE GEOGRAPHIQUE
La République Démocratique du Congo était le troisième pays d'Afrique en
termes de superficie soit environ 2 435 410 km2 après l'Algérie et le Soudan mais
actuellement deuxième en Afrique en ce qui concerne cet aspect superficiel. Elle vient juste
après l'Angola, position qu'elle bénéficie du fait de la partition du Soudan et l'indépendance
accordée au Sud-soudan à l'issue du referendum organisé au début de l'année 2011.
De par sa superficie, la République Démocratique du Congo vaut environ quatre fois la
France et quatre-vingts fois le Royaume de Belgique et partage ses frontières avec neuf pays
du nord au sud et d'Est à l'Ouest : la République Centrafricaine, le Sud-soudan au nord ;
l'Angola, la Zambie au sud ; l'Ouganda, le Burundi, le Rwanda, la Tanzanie à l'Est et l'enclave
de Cabinda et le Congo Brazza à l'Ouest.
La République Démocratique du Congo regorge d'importantes ressources
naturelles dont forestières, minières, hydrauliques et pétrolières. Son sol fertile reste encore
inexploité, son sous-sol riche en ressources minières regorge le cuivre et le cobalt, des
gisements aurifères, de diamants (industriels et de joaillerie), de manganèse, de Fer, de plomb,
de Colombo Tantalite (coltan), de cassitérite, de cadmium, d'uranium, etc. Ses forets
fournissent du bois utilisé pour le chauffage et dans la menuiserie, et constitue un patrimoine
mondial pour la préservation de l'environnement et la biodiversité en vue de lutter contre le
réchauffement climatique et la disparation de certaines espèces ainsi que ses différents parcs
(Garamba, Virunga, Upemba, Salonga, etc.) et jardins zoologiques. Mais malheureusement,
en dépit de ce potentiel environnemental que possède le pays, deuxième au monde après le
43
Brésil à héberger une immense forêt équatoriale et tropicale, il ne bénéficie toujours pas de la
taxe de carbone accordée par les nations unies via notamment le Programme des Nations
Unies pour l'Environnement (PNUE) aux pays qui contribuent au maintien de l'environnement
mondial comme c'est avec le Brésil qui en bénéficie déjà, taxe qui devrait essayer de renforcer
le budget de l'Etat congolais.
En outre, le pays compte outre les eaux territoriales de l'Atlantique, de
nombreuses rivières, le fleuve Congo et des lacs notamment : le Tanganyika le plus
poissonneux en Afrique et deuxième au monde en ce qui concerne sa profondeur après le lac
russe Baikal, le lac Kivu qui possède le gaz méthane et le pétrole non encore exploités coté
congolais. Plusieurs barrages dont dispose le pays sont hydroélectriques et érigés sur des
cours d'eau dont les barrages d'Inga, de Nzilo, de Nseke, etc.
De par sa position géographique et géostratégique, la République
Démocratique du Congo est membre actif de plusieurs organisations régionales.
2.1.2. CADRE POLITIQUE
L'histoire politique de la République Démocratique du Congo est
caractérisée par la crise de légitimité du pouvoir au lendemain de son accession à la
souveraineté tant nationale qu'internationale provoquant ainsi des guerres, des rebellions et
des mutineries. Elle est dominée par une grande crise hégémonique des forces modérées
soutenues par des pays occidentaux et des multinationales profitant dans la foulée
l'exploitation illégale des ressources minières du pays.
Le gouvernement mis en place à l'issue des accords de Sun City du 17
décembre 2002 (accord global et inclusif), s'était fixé comme objectif prioritaire l'organisation
du referendum pour doter le pays d'une constitution et l'organisation des élections libres,
démocratiques et transparentes en vue de remettre le pouvoir au souverain primaire de choisir
ses dirigeants et représentants, pari que ce gouvernement de transition avait réussi. La
constitution étant adoptée et promulguée le 18 février 2006 par le chef de l'Etat et
l'organisation des élections avec en toile de fond l'installation des institutions issues des urnes
avec l'aide de la communauté internationale, le pays se dota depuis lors d'un ambitieux
programme de reconstruction nationale sous le label des cinq chantiers de la République. La
stabilité politique retrouvée, bien qu'il y a encore des poches d'insécurité surtout à l'Est du
pays, le gouvernement active sa diplomatie pour faire entendre sa voix sur la scène politique
internationale et cela se manifeste à travers sa participation remarquable dans des
organisations régionales, dont dans certaines, le pays à travers son chef de l'Etat, assume la
44
présidence tournante notamment la Communauté Economique des Etats d'Afrique Australe
(SADC), la Communauté Economique des Etats d'Afrique Centrale (CEEAC),le Marché
Commun d'Afrique Orientale et Australe (COMESA), la Communauté Economique des Pays
des Grands Lacs (CEPGL).
Longtemps critiquée suite à sa politique dite démocratique, mais qualifiée
de boiteuse par le peuple ; aujourd’hui elle citée parmi les nations qui ont su et continuent de
garantir la démocratie grâce à la passation de pouvoir surprise aux yeux du monde entier à
l’issue des élections de décembre 2018 entre le Président sortant Joseph KABILA
KABANGE et Felix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, entrant, chef de l’Etat de la RDC
jusqu’à ce jour.
Cela étant dit, voyons le cadre économique dans les lignes qui suivent.
2.1.3. CADRE ECONOMIQUE
La gouvernance économique et financière en République Démocratique du
Congo de façon générale nous révèle que le souci d'assainir le cadre macroéconomique est
confronté aux difficultés d'ordre structurel paralysant ainsi la consolidation de la stabilité
macroéconomique et la croissance, affectant très négativement les possibilités de réduction de
la pauvreté et surtout l'atteinte même de quelques voire un OMD (Objectifs du Millénaire
pour le Développement).
Cependant, bien que frappée de plein fouet par la crise financière
internationale, les autorités de la République Démocratique du Congo, n'ont pas pour autant
baisser les bras, avec une discipline exemplaire en matière de gestion et d'organisation ainsi
qu'une gestion rigoureuse des deniers publics en se conformant aux instructions du Document
Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (DSCRP) et de Plans
d'Ajustement Structurel (PAS), documents imposés par le Fonds Monétaire International
(FMI) et la Banque Mondiale, le pays a pu finalement accéder au fameux point d'achèvement
de l'Initiative Pays Pauvres Très Endettés (I-PPTE), quatre jours après la commémoration du
cinquantième anniversaire marquant l'accession du pays à l'indépendance le 30juin 2010 à
l'issue de la réunion des conseils d'administration du FMI et de la Banque Mondiale,
bénéficiant de l'annulation d'environ 90% d'une dette odieuse évaluée jusqu'au premier
semestre de 2010 à USD 13 milliards, et dont les service de la dette pesait lourdement dans le
budget de l'Etat congolais.
2.1.3.1. DEVELOPPEMENT RURAL ET AGRICULTURE
Jusqu'en décembre 2020, « près de 70% de la population vivent en milieu rural
avec comme activités principales : l'agriculture, la pèche et l'élevage. Le secteur agricole a pesé de
45
36% du PIB et a contribué à créer 60% de la création de l’emploi en 2020 » (Forum international de
Kinshasa, 2020).
En outre, en dépit des conditions naturelles favorables pour l'agriculture en
République Démocratique du Congo et la fertilité de son sol, « 96% des terres arables bénéficient
d'une saison culturale de plus de huit mois dans l'année, 135 millions d'hectares des terres agricoles,
soit 34% du territoire national dont 10% seulement sont mise en valeur » (RDC, DSCRP juillet 2010,
p.30).
Le sol congolais est encore presqu’à son état naturel, inexploité depuis que
le Congo est Congo (RDC) malgré quelques efforts notamment par la mise en place du parc
agro-industriel de Bukangalonzo, ce qui implique que le secteur agricole connait une faible
production entrainant l'insécurité alimentaire, la hausse des importations et la baisse des
exportations des produits agricoles.
Il faudrait noter que le gouvernement congolais avait, depuis 2008, doté
toutes les provinces du pays des tracteurs agricoles pour la relance de la production, mais le
manque de suivi et d'un budget important ont toujours entrainé l'arrêt des engins et des
travaux, à cela s'ajoute les problèmes de manque des pièces de rechange et de carburant. En
outre, le disfonctionnement des trains et surtout pour la Société Nationale de Chemin de Fer
du Congo et l'impraticabilité des routes dans l'arrière-pays du fait de délabrement très avancé
de celles-ci, découragent les opérateurs économiques et agriculteurs qui assistent
impuissamment à la destruction par la pluie de leurs produits suite à la non évacuation de
ceux-ci de centres de production (villages) vers les centres de consommation.
Le gouvernement américain a décidé d'exclure la République
Démocratique du Congo depuis fin 2010 de son programme « AGOA »,
programme qui permet aux pays en développement d'exporter les produits
agricoles vers les USA à des conditions douanières favorables. Pourtant, ce
programme a permis de gagner en 2010 environ USD 300 millions. Il sied de
noter aussi que le secteur agricole représente une part importante du PIB dont «
36% en 2020 » (Forum International de Kinshasa 2020) pour ne citer que cela.
2.1.3.2. FORET ET ENERGIE
La forêt équatoriale de la République Démocratique du Congo est classée
première en Afrique et deuxième au monde après l'Amazonie du Brésil, le pays joue un rôle
important dans la préservation de l'environnement et des écosystèmes dans le monde. Mais le
secteur forestier est surtout caractérisé par une exploitation irrationnelle de la biodiversité et
46
de bois du fait de la faiblesse des autorités, le non-respect des textes légaux et réglementaires
en la matière ce qui facilite l'évasion, la fraude voire les détournements des recettes de l'Etat
et la dégradation de l'environnement, la non application du code forestier et de la loi sur
conservation de la nature.
Dans le domaine de l'électricité, les projets prolifèrent. La SNEL (Société
Nationale d'Electricité) a entrepris en 2005 un plan de sauvetage et de redressement sur deux
ans, pour un total de 263,3 millions de dollars. La RDC dispose d'un gigantesque potentiel
hydro-électrique, 100 000 mégawatts environ, dont 44 000 mégawatts concentrés sur le seul
site d'Inga, qui comporte deux stations pour une capacité installée totale de 1774 mégawatts.
En 2006 Inga n'a produit que 700 mégawatts. Plusieurs projets ont été déjà identifiés au départ
d'Inga vers d'autres pays africains et notamment les pays de la SADC. Les estimations de
couts indiquent qu'une centrale Inga 3 couterait 3,5 milliards de dollars pour une puissance
installée de 3 500 mégawatts à l'horizon 2010. Le projet Grand Inga, quant à lui, exigerait des
investissements de 5,66 milliards de dollars, pour une puissance installée de 13 500
mégawatts...
La RDC est l'un des rares pays d'Afrique ou les questions de désertification
et de pénurie d'eau ne se posent pas. Dense, le réseau hydrographique comprend une trentaine
des rivières totalisant plus de 20 000 kilomètres de berges et le fleuve Congo, long de 4 670
kilomètres avec, à l'embouchure, le deuxième débit le plus important du globe (40 000 m3
d'eau par seconde). La RDC est aussi le pays le plus arrosé du continent, avec une moyenne
de ressources hydriques renouvelables de 900 km3par an, ce qui représente presque le quart
des ressources en eau douce du continent africain. Ce potentiel est immense et
presqu'entièrement inexploité. Depuis quelques années, la RDC est sollicitée par ses voisins et
certains organismes internationaux, en vue du transfert d'eau douce du fleuve Congo vers
d'autres pays... » (BAJD/OCDE, 2007, p.239).
2.1.3.3. RESSOURCES MINIERES ET ELEVAGE
La République Démocratique du Congo possède d'importantes réserves en
gisements de cuivre et de cobalt. Son sous-sol regorge également beaucoup d'autres minerais
notamment des gisements de diamants industriels et de joaillerie, aurifères, de Coltan, de
plomb, de nickel, de cassitérite, de Fer, de cadmium, d'Argent, etc. Sur une cinquantaine des
minerais recensés, le pays n'exploite qu'une dizaine seulement.
47
Classée parmi les dix pays de la méga biodiversité, la République
Démocratique du Congo compte « 480 espèces de mammifères, 565 espèces d'oiseaux, 1000
espèces des poissons, 350 espèces de reptiles, 220 espèces de batraciens et plus de 10 000
espèces d'angiospermes dont 3000 seraient endémiques ». (RDC, DSCRP juillet 2010, p.31)
Dans ce pays aux dimensions continentales, l'élevage se pratique de façon
artisanale dont l'élevage des bovins, des caprins, de porcs, et des volailles ainsi que la
sylviculture et la pisciculture, dont la production ne suffit pas à satisfaire la demande
intérieure. Il convient de noter que la production locale en viande, poissons, fruits, légumes
voire épices est insuffisante face à la demande intérieure, ce qui a pour conséquence de
recourir à l'importation pour satisfaire la demande locale.
2.1.3.4. INDUSTRIE ET COMMERCE
Jadis important dans le pays, le secteur de l'industrie congolais est
actuellement dominé par l'industrie minière de base située au Sud-est du pays avec l'afflux des
multinationales, de quelques Petites et Moyennes Industries dans le textile, l'agroalimentaire,
la chimie, le domaine de la production des biens d'équipements. Les entreprises publiques à
caractère industriel et commercial en l'occurrence la GECAMINES, la MIBA et l'OKIMO
sont actuellement en phase d'ouverture de leurs capitaux pour devenir des sociétés
commerciales à l'issue du processus de privatisation des entreprises étatiques chapoté par le
Comité pour le Pilotage et la Réforme des Entreprises Publiques (COPIREP) sous le patronat
du ministère du portefeuille.
Depuis un certain temps, le commerce (gros et détails) occupe aussi une
place importante dans le PIB, tout juste après l'AGRIPEL (agriculture, pèche et élevage)
surtout avec la prolifération des Petites, Moyennes Entreprises et Artisanat et contribue tant
bien que mal à la création d'emplois et au budget de l'Etat.
2.1.3.5. TRANSPORT ET COMMUNICATION
Le transport est actuellement un casse-tête pour une bonne partie des
congolais, surtout dans l'arrière-pays. L'état de délabrement très avancé de certaines routes
rend l'évacuation des produits agricoles en campagnes vers les centres urbains difficile voire
même impossible.
Fort heureusement, les efforts sont en train d'être déployés par les autorités
qui font la construction et la réhabilitation des routes un des projets majeurs du programme dit
48
de cent jours de la République dès lors que le président Felix Antoine TSHISEKEDI prend le
pouvoir et un de leurs priorités pour le nouveau régime. Le réseau de transport est constitué de
16238kilomètres de voies navigables, 5033kilomètres des voies ferrées datant pour la plupart
de l'époque coloniale, 145000kilomètres des routes nationales et régionales connaissant un
véritable coup de balai et des pistes secondaires rurales via le programme des cent jours dans
son volet routes, 7400kilomètres d'axes urbains qui sont aussi réhabilités et remis à neuf
actuellement dans la plupart des grandes agglomérations du pays et 270 aéroports à travers
tout le pays dont 5 aéroports internationaux (Ndjili à Kinshasa, Luano à Lubumbashi,
Bangoka à Kisangani, aéroport de Goma et celui de Gbadolité).
Les transports ferroviaire et maritime sont gérés par la Société Nationale de
Chemin de fer du Congo (SNCC) et l'Office National de Transport (ONATRA)
respectivement au centre et à l'Est, et à l'Ouest du pays ainsi une multitude des sociétés de
transport privées qui ont fait et continuent de faire leur apparition du jour au jour dans ce
secteur entre autres : Mulykap, Classic coach…
2.1.4. CADRE SOCIOCULTUREL
Outre ses différentes ressources et richesses naturelles, la République
Démocratique du Congo possède également d'importantes Ressources humaines avec une
population estimée à « 102 000 000 d'habitants en 2023 avec une espérance de vie de 62 ans »
(World Population Prospect, Population Division, Department of Economic and Social
Affairs, United Nations) ; répartit en 365 ethnies environ.
Malgré ses immenses ressources naturelles, la RDC reste l'un des pays les
pauvres d'Afrique. Plus de 75% de la population vit avec moins de deux dollars par jour en
2023 et moins de 20% des habitants avaient un accès régulier à l'eau et à l'électricité. Selon le
rapport 2006 sur le développement humain, la RDC est classée 167è sur 177 avec un revenu
national par habitant à la parité des pouvoirs d'achat de 703 dollars par an, loin derrière la
République du Congo voisine (140è sur 177), pourtant également frappée récemment par la
guerre. Environ 1 200 personnes, dont la moitié est des enfants, meurent chaque jour en RDC
en raison de la violence, des maladies et de la malnutrition. La RDC serait aussi le pays qui
abrite le plus d'enfants soldats au monde...Au niveau du genre, la femme congolaise assure de
plus en plus le rôle de chef de familles nombreuses avec les décès des conjoints à cause du
VIH/Sida ou des conflits armés....
Dans le secteur de la santé, la situation reste dramatique. En 2005, la
stratégie de réforme et de reconstruction du ministère de la santé, appuyée par les bailleurs de
fonds internationaux, prévoyait un cout de 3 dollars par an et par habitant, bien moins que le
49
niveau de dépense de 15 à 26 dollars par an et par habitant recommandé par la Banque
Mondiale...
Dans le domaine de l'éducation, le taux de scolarisation va en baissant. Dans
le primaire, il est passé de 54% en 1990/91 à 33% en 2000/01. Dans le secondaire, ce taux ne
dépassait pas 12% en 2000/01. Selon les chiffres d'Amnesty International, seulement 29% des
enfants iraient jusqu'au bout de l'école primaire et 4,7 millions de jeunes enfants (2,5 millions
de filles) ne seraient pas scolarisés. L'église catholique serait responsable de 80% des écoles
primaires et 60% des écoles secondaires, essentiellement en raison de l'effondrement du
système public » (BAfD/OCDE, 2007, pp.241-242).
A ce jour, la population congolaise fait face à une situation épidémiologique
intense, d’où récemment avec le covid-19 qui a ravagé le monde entier, la RDC n’a pas été
épargnée par ce dernier. Outre le covid-19, nous pouvons bien d’autres épidémies qui ne
cessent de se faire entendre en RDC notamment le choléra, monkeypox (variole de singe), le
virus Ebola… (World Health Organization)
Il faut noter que la situation socioculturelle du pays essaye de s'améliorer
petit à petit, mais elle est beaucoup plus fragilisée par la pauvreté et les conflits armés surtout
à l'Est du pays. Environ 450 dialectes sont parlés avec 4 langues nationales et le Français
comme langue officielle.
50
CHAPITRE 3 : RESULTATS DE L’ETUDE
Ce chapitre est consacré à la présentation des données que nous pues recueillir,
leur traitement ainsi que leur interprétation pour ainsi aboutir aux résultats de notre travail. Ce
dernier sera subdivise en plusieurs sections qui nous donnerons une clarté et précision
nécessaire à la suite de ce travail.
SECTION 1 : COLLECTE DES DONNEES
I.1. Population d’étude
Pour la réalisation de ce travail, nous avons choisi comme population
d’étude plus particulièrement : l’institut National des Statistiques, la Cours des Comptes ;
mais également quelques agents autres que ceux de ces deux institutions suscitées qui nous
aide à avoir des informations nécessaires pour l’élaboration de cette étude.
I.2. Echantillon d’étude
Les agents ci-après nous servis de cible pour la constitution de notre
échantillon d’étude :
Agent/bureau de recouvrement(INPP),
Agent/bureau de contrôle cargo(DGDA),
Agent/bureau de taxation (Mairie de Lubumbashi),
Agent/bureau Etudes, Formation, Documentation et Archivage (Cours des Comptes),
Agent/Direction des comptes publics et de l’Etat central (Cours des comptes),
Agent/Direction des établissements publics (Cours des comptes),
Agent/Direction d’informations (Institut National des Statistiques),
Agent/Bureau d’études (Institut National des Statistiques),
Agent/Bureau de control d’authenticité des données (Institut National des
Statistiques)
Agent/Bureau de relations publiques(FEC).
51
I.3. Grille d’entretien
L’importance de la grille d’entretien dans ce travail a été non
seulement de nous permettre d’avoir un positionnement précis sur notre échantillonnage, mais
aussi de pouvoir bien mener notre enquête. Nous pouvons la retrouver dans la suite de cette
étape.
Tableau I : grille d’entretien
NOMS ET POST-NOMS POSTES OCCUPEES ANCIENNETE
Christian MAVINGA Superviseur de recouvrement(INPP) 5
Mireille KALUBI Contrôleur adjoint(DGDA) 7
Alain KIZUMBA Agent de recouvrement-taxe (Mairie lushi) 3
Philip MBONDA Formateur (Cours des comptes) 6
Germain TSHINGOMBA Directeur adjoint des comptes publics(Cours 2
Des comptes)
Trésor MAPINGA Charge des établissements publics (Cours des 4
Comptes)
Ghislain MURHULA Secrétaire d’informations(INS) 4
Jean-Paul THINGING Assistant contrôleur des données(INS) 1
Alphonsine KUNGWA Directrice assistante des relations publiques 2
Arthur TSHIMANGA Charge de la paie(INS) 5
Source : nous-mêmes sur des informations récoltées auprès des agents
Le tableau ci-haut nous a permis de constituer un questionnaire qui va nous
faciliter le déroulement de notre entretien avec les différents agents des institutions
concernées.
Dans le cadre de la recherche pour comprendre la manière dont les finances
publiques sont gérées en RDC, nous nous sommes questionnes sur : les ressources principales
de la richesse de l’Etat, mécanismes de vote ou de validation de la loi des finances, l’impact
des finances publiques sur la croissance économique du pays, comment se fait l’allocation des
finances publiques, comment remédier aux difficultés socio-économiques du pays et enfin
comment stabiliser l’économie nationale ?
52
Ceci nous a permis de passer directement au déroulement de l’entretien qui
qui est l’étape suivante.
I.4. Déroulement de l’entretien
Grace à la grille d’entretien, nous avons pu recueillir des données
quantitatives et qualitatives au moyen de l’entretien que nous avons effectué avec notre
échantillon. La nécessite de cette grille est donc de pouvoir récolter toutes les données
nécessaires a notre étude dans le seul but d’atteindre nos objectifs. Quant au déroulement, il
est question de faire l’inventaire des informations à notre disposition. Voici comment s’est
passe notre entretien :
Agent 1 : Je suis superviseur de recouvrement à l’INPP, je peux dire que la
grande partie des finances de l’Etat provient la fiscalité et la parafiscalité comme par exemple
la QPO et QPP que notre institution récolte chaque fin du mois. Toute loi doit être analysée et
votée et le budget de l’Etat étant également une loi comme les autres n’en fait l’exception ;
voilà pourquoi l’approbation de l’assemblée nationale et du sénat est très capitale dans
l’adoption de celle-ci. On ne peut pas parler de l’économie sans l’Etat. Ceci pour dire que
l’Etat règlemente le marché et les finances publiques constituent sa force pour y arriver. La
façon dont les ressources publiques sont utilisées détermine directement la situation du pays
sur toutes les dimensions.
Agent 2 : Etant à la douane, nous constatons chaque jour les forces et les
faiblesses sur tous les plans. Beaucoup d’importations des biens que le pays pourrait très bien
produire seul pour booster notre économie et ainsi créer plus des valeurs ajoutées possibles,
synonyme de maximiser les recettes publiques. La bonne politique fiscale favorise la richesse
de l’Etat et ainsi la redistribution ne pourra plus poser problème car il y en aura assez pour
tout le monde.
Agent 3 : depuis que je travaille à la Mairie, j’ai pu me rendre compte de tous
les défis auxquels l’Etat fait face qui parfois, ne lui laissent pas le choix de favoriser telle
dépense a l’autre suite aux imprévus. Quant aux ressources de l’Etat, plusieurs facteurs
entrent dans le calcul particulièrement la fiscalité et la parafiscalité, mais aussi l’emprunt et le
don. Il faut tout simplement établir des mesures de répartition qui ne favorisent personne au
détriment de l’autre.
53
Agent 4 : partant de notre expérience en matière de contrôle (cour des
comptes), l’Etat engage parfois des dépenses qui ne rapportent pas de résultats favorables à
l’accroissement de ses moyens. Dans des pays normaux, aucune loi ne peut être promulguée
sans l’approbation du peuple, bien évidemment par le biais de pouvoir législatif. La
répartition équitable constitue le moyen le plus efficace pour remédier au problème de tout
genre dans le rang de la population.
Agent 5. Ayant le contrôle de tous les comptes publics à ma responsabilité, je
ne peux que dire que la fiscalité et la parafiscalité permettent plus d’entrée des fonds dans le
trésor public grâce auxquels l’Etat mène a bien sa politique de régulation dans l’économie
nationale. Le pouvoir législatif autorise l’adoption du budget et en contrôle l’exécution. Nous
espérons que la répartition équitable des revenus pourrait résoudre tous les problèmes sociaux.
La production des biens et services est la clé de la réussite de toute économie.
Agent 6. Travailler à l’INS nous donne une vision plus particulière, différente
des autres sur l’évolution du pays. C’est ainsi que je dis que la bonne politique fiscale, le
respect de la loi des finances, la répartition équitable des revenus ainsi que la production des
biens et services sont les merveilles d’un pays.
Agent 7 : Plus vite l’Etat comprendra la notion du profit, mieux ça sera pour
tout le monde. Grace à mon expérience entant que contrôleur de données, je peux dire que
l’Etat engage souvent des dépenses sans s’attendre à un retour onéreux (gain). On ne peut
jamais se passer de pouvoir législatif pour l’adoption du budget de l’Etat. La politique fiscale
joue un rôle très capital dans la notion de régularisation de l’économie, laquelle permet à
l’Etat de récolter la grande partie de ses finances. Le budget de l’Etat restaure l’équilibre
social par la répartition équitable des revenus nationaux.
Agent 8 : assurer le rôle de formateur à la cour des comptes est la plus
opportunité de communiquer tout ce par quoi le pays passe. J’ai toujours l’habitude de
conseiller mes apprenants de favoriser une bonne politique fiscale pour maximiser les recettes
publiques, d’opter pour une justice non corrompue dans la répartition des revenus nationaux,
de favoriser une production des biens et services proportionnelle à la conjoncture économique
et, surtout de respecter tout le processus de vote de la loi des finances pour éviter des
incohérences des dépenses-recettes.
54
Agent 9 : la fiscalité et la parafiscalité ont une importance capitale dans la
maximisation des recettes publiques, cependant nous ne pouvons pas ignorer d’autres
moyens ; bien évidemment il n’y a aucune loi sans l’approbation de pouvoir législatif ; avec la
situation économique de notre pays, la production des biens et services reste le moyen le plus
efficace pour la stabilité de notre économie et, le reste dépend de la vision politique(les
intérêts politiques).
Agent 10 : l’Etat a tous les moyens possibles de récolter le maximum des
recettes, mais il faut encore plus de patience pour parler des autres paramètres de la bonne
gouvernance des deniers publics. Cela étant dit, tout dépend de tout.
Analysant le déroulement de l’entretien, nous allons voir comment se présente
le dépouillement des données à l’aide du tableau ci-après.
Tableau 2 : dépouillement des données
FACTEURS RESULTATS DE L’ENTRETIEN SOMME
AGENTS ENTRETENUS
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Valeurs %
Politique 1 1 0.5 0 1 1 0.5 1 0.5 0 6.5 16.9%
fiscale
Le pouvoir 1 0.5 0.5 1 1 0.5 1 0.5 1 0 7 18.2%
législatif
Réguler 1 1 0 0.5 1 0.5 1 0 0.5 0 5.5 14.3%
l’économie
Dépense les 0 0.5 0 1 0.5 0.5 1 0.5 0.5 1 5.5 14.3%
plus
rentables
Répartition 0.5 1 1 1 1 1 1 0 0 0.5 7 18.2%
équitable des
revenus
Production 0 1 0.5 1 1 1 0.5 1 1 0 7 18.2%
des biens
55
économiques
TOTAL 38.5 100%
Source : Nous-mêmes sur base de l’entretien effectue
COMMENTAIRES : selon les statistiques de l’entretien, 7 agents sur 10 questionnes
affirment que la politique fiscale est le meilleur moyen de récolter le maximum des recettes
publiques ; 7 agents sur 10 pensent que le pouvoir législatif détient le monopole sur
l’autorisation des dépenses publiques ; 6 agents sur 10 partagent l’idée selon laquelle les
finances publiques constituent la force de l’Etat pour contrôler l’économie nationale ; 6 agents
sur 10 encouragent le but lucratif de l’Etat dans l’allocation des ressources(dépenses) ; 7
agents sur 10 favorisent la répartition équitable des revenus pour résoudre la plupart des
problèmes socio-économiques dans le rang de la population et enfin pour la stabilité
économique, 7 agents sur 10 pensent que l’Etat doit jouer avec une bonne politique de
production des biens et services économiques.
SECTION 2 : PRESENTATION DES DONNEES
Il y a plusieurs méthodes de présentation des données, nous avons opté pour
la méthode tabulaire c’est-a-dire l’usage des tableaux pour presenter les donnees qualitatives
et quantitatives dont le tableau ci-apres :
Tableau 3 : Evolution des lois de finances ou budgets de la RDC( en milliards de Francs
Congolais)
ANNEES PREVISIONS REALISATIONS
2019 10 352,3 10 352,3
2020 10 579,1 9 788,5
2021 16 621,6 16 621,6
2022 22 253,0 22 253,0
Source : budget.gouv.cd
Commentaires : nous pouvons ainsi constater que les budgets au cours de notre période
d’étude se présentent dans une situation d’équilibre à l’exception de celui de la période de
2020 qui accuse un solde déficitaire qui se chiffre à 790,6 millions de francs congolais. Cette
situation a suscité encore une fois une curiosité de savoir : quelles sont les causes de ce déficit
56
budgétaire ? Le tableau ci-après nous présente le résultat de sondage d’un échantillon de 10
agents.
Tableau 4 : présentation des données qualitatives
Causes Age Age Age Age Age Ag Age Ag Ag Agent Tot %
du nt 1 nt 2 nt 3 nt 4 nt 5 ent nt 7 ent ent 10 al
déficit 6 8 9
budget
2020
Mauvai 1 0 0 1 0 1 1 0 1 0 5 27.8
se
gestion
Covid- 1 1 1 0 1 0 1 0 0 1 6 33.3
19
Insécur 1 1 0 0 1 1 0 1 1 1 7 38.9
ité a
l’Est du
pays
18 100
Source : nous-mêmes sur base des informations issues de sondage
SECTION 3 : TRAITEMENT DES DONNEES
3.1. Traitement des données quantitatives
Pour traiter les données, nous choisit d’utiliser les traitements statistiques et
graphiques.
3.1.1. Calcul du taux de réalisation
Pour trouver le taux de réalisation nous allons utiliser la formule suivante
sur chaque année :
Réalisations
∗ 100
Prévisions
57
Critères d’observation :
Taux = 100% : équilibre
Taux 100% : excèdent
Taux 100% : déficit
Tableau 5 : calcul du taux de réalisation
Années Prévisions Réalisations Taux en % Observations
2019 10 352,3 10 352,3 100% Equilibre
2020 10 579,1 9 788,5 92,5% Déficit
2021 16 621,6 16 621,6 100% Equilibre
2022 22 253,0 22 253,0 100% Equilibre
Ce tableau sera interprète dans la section 4
Figure 1. Evolution des budgets de la RDC
Budgets annuels
25 000,00
20 000,00
15 000,00
10 000,00
5 000,00
0,00
2019 2020 2021 2022
PREVISIONS REALISATIONS
Figure 2 : Evolution du taux de réalisation
58
Taux de realisation
25 000,00
20 000,00
15 000,00
10 000,00
5 000,00
0,00
2019 2020 2021 2022
Prévisions Réalisations Taux en % Observations
3.2. Calcul des écarts
Pour calculer les écarts ou soldes, nous allons utiliser la formule suivante :
Previsions-realisations
Criteres d’observation :
lorsque les prévisions sont supérieures aux réalisations, nous parlons du déficit
lorsque les prévisions sont inférieures aux réalisations, nous parlons d’excèdent
lorsque les prévisions sont égales aux réalisations, nous parlons d’équilibre
Tableau 6 : calcul des écarts ou soldes
ANNEES PREVISIONS REALISATIONS ECARTS OBSERVATIONS
2019 10.352,3 10.352,3 0 Equilibre
2020 10.579,1 9.788,5 790,5 Déficit
2021 16.621,6 16.621,6 0 Equilibre
2022 22.253,0 22.253,0 0 Equilibre
Ce tableau sera interprété dans la section 4
59
Sur base de tableau 6, nous allons procéder au calcul des écarts en % en utilisant la formule
Ecarts
suivante : ∗ 100
Previsions
NB : les écarts doivent être toujours en valeurs absolues
Tableau 7 : calcul des écarts en %
ANNEES PREVISIONS ECARTS
En valeur En % En valeur En %
2019 10.352,3 100% 0 0
2020 10.579,1 100% 790,5 7,5
2021 16.621,6 100% 0 0
2022 22.253,0 100% 0 0
Ce tableau sera interprété dans la section 4
3.3. Calcul des écarts budgétaires
En calculant les écarts entre les différents budgets de l’Etat au cours de
notre période d’étude, nous aurons une vue claire sur l’évolution du pays (progression ou
régression) sur des chiffres que nous détenons.
Pour trouver l’écart budgétaire, nous utiliserons la formule suivante :
en valeur : (𝐛𝐮𝐝𝐠𝐞𝐭 𝐧) − (𝐛𝐮𝐝𝐠𝐞𝐭𝐧 + 𝟏)
(𝐛𝐮𝐝𝐠𝐞𝐭 𝐧−𝐛𝐮𝐝𝐠𝐞𝐭 𝐧+𝟏)
en % : [ ] ∗ 𝟏𝟎𝟎 pour chaque annee
𝐛𝐮𝐝𝐠𝐞𝐭 𝐧
Comme de coutume tout au long de cette étude, voici les critères
d’observations :
écart négatif : régression
écart positif : progression
écart nul : stabilité
60
Tableau 8 : écarts budgétaires en valeur
ANNEES BUDGETS ECARTS OBSERVATIONS
2019 10 352,3 226, 8 Progression
2020 10 579,1 6 042,5 Progression
2021 16 621,6 5 631,4 Progression
2022 22 253,0 - -
Ce tableau sera interprété dans la section 4
Tableau 9 : écarts budgétaires en %(en valeur absolue)
ANNEES BUDGETS ECARTS %
2019 10.352,3 226,8 2,19
2020 10.579,1 6 042,5 57,12
2021 16.621,6 5 631,4 33,88
2022 22.253,0 - -
Figure 3 : Ecarts de progression budgétaire dans le temps
Titre du graphique
25 000,00
20 000,00
15 000,00
10 000,00
5 000,00
0,00
2019 2020 2021 2022
BUDGETS ECARTS OBSERVATIONS
61
Outre les figures et les tableaux présents ci-haut, nous allons présenter le
tableau qui explique la croissance économique du pays en termes de Produit Intérieur Brut,
PIB en sigle ainsi que la pression fiscale au cours de la période concernée par notre travail.
Tableau 10 : croissance économique (PIB en milliards de $US)
ANNEES PIB en valeur Taux de croissance PPRESSION
% FISCALE en %
2019 51,78 5,6 8,3
2020 48,72 5,4 13,3
2021 55,35 6,2 10,5
2022 58,07 8,9 15
Ce tableau sera expliqué dans la section 4
Figure 4 : Tendance macroéconomique (2019-2022)
Tendance macroeconomique
70
60
50
40
30
20
10
0
2019 2020 2021 2022
PIB en valeur Taux de croissance % PPRESSION FISCALE en %
62
SECTION 4 : INTERPRETATION DES DONNEES
Cette section sera consacrée a l’interprétation ou explication des toutes les
données que nous avons eu à traiter dans les sections précédentes et ce, d’une manière claire
et plus cohérente possible.
4.1. Interprétation des données quantitatives
Tableau 5 : Ce tableau nous montre comment les dépenses ou choix publics ont été exécutes
au cours des années :
- 2019 : au cours de cette période les prévisions étaient de 10.352,3 contre des réalisations
de 10.352,3 en milliards de FC, c’est qui accuse une situation d’équilibre entre les prévisions
et les réalisations.
- 2020 : avec les prévisions à hauteur de 10.579,1 et des réalisations obtenues qui se sont
estimées a 9.788,5 milliards de FC, nous pouvons donc constater que cette période accuse un
solde déficitaire avec un solde de 790,5 millions de FC ;
- 2021 : pour cette période, les prévisions ont été de 16.621,6 milliards de FC qui ont été
exécutées d’une façon maximale car nous que les réalisations ont réalisations ont égalisé les
prévisions, accusant ainsi un solde nul. Ceci veut dire ce budget a été en équilibre ;
- 2022 : comme les années 2019, 2021 et 2022, cette période a connu une situation
d’équilibre avec comme une estimation de 22.253,0 milliards de FC aux prévisions comme
aux réalisations à la fin de l’exercice budgétaire.
Tableau 6 : Ce tableau montre les écarts budgétaires entre les prévisions et les réalisations,
c’est une façon claire de démontrer comme les différents ou encore comment les finances de
l’Etat ont été utilisées car le budget de l’Etat le tableau far de la gestion publique. Ainsi donc,
nous remarquons que les périodes 2019,2021 ainsi que celle de 2022 ont accusé des écarts
nuls, ce qui veut dire que l’exécution a été maximale car les prévisions égalisent les
réalisations. Cependant, la période de 2020 a été une exception négative car présentant une
situation déficitaire suite à un écart négatif de 790,5 millions de FC ; ce qui veut dire que
l’exécution durant cette période n’a pas été maximale.
Tableau 7 : Ce tableau nous informe sur les écarts budgétaires en pourcentage(%) par rapport
aux prévisions. C’est ainsi que nous avons constaté que la première période ainsi que les deux
dernières présentant des écarts nuls, leurs pourcentages sont des 0% qui ipso-facto, nous
renseignent leur taux d’exécution de 100%. Quant à la période de 2020, le pourcentage est de
7,5 soit un écart négatif de 790,5 millions de FC ; le taux d’exécution est donc de 92,5%.
63
Tableau 9 : Ce tableau nous renseigne sur la manière dont les budgets de l’Etat ont évolué
dans le temps sur des % en termes de progression ou régression. Nous remarquons que de la
période de 2019 à 2022, tous les budgets ont été en progression se basant sur les pourcentages
suivants : 2,19% ; 57,12% ainsi que 33,88% car la période 2023 n’étant pas concernée.
Figure 3 : cette figure reprend les informations du Tableau 9 ;
Figure 4 : cette figure renseigne sur la richesse nationale en tenant compte de quelques
agrégats macroéconomiques tels que le PIB, la pression fiscale repris dans le Tableau 10 ci-
haut. Ils présentent de la manière suivante au courant des années 2019, 2020, 2021 et 2022 :
- PIB en milliards de $US : 51,78 ; 48,72 ; 55,35 ; et 58,07
- Pression Fiscale en % : 8,3 ; 13,3 ; 10,5 et 15.
Nous avons ainsi bonne santé macroéconomique du pays sachant que le PIB est
l’ensemble de toutes les richesses nationales sur base duquel nous déterminons la pression
fiscale qui détermine l’efficacité de la politique fiscale ou encore de l’intervention de l’Etat
dans une certaine mesure.
4.2. Interprétation des données qualitatives
Tableau 4 : ce tableau nous montre comment le déficit budgétaire de la période a été compris
et justifie sur base des données recueillies lors du sondage. Ce dernier nous cela serait dû à la
crise sanitaire de Covid-19 d’une part et a l’insécurité a l’Est du pays d’autre part grâce aux
résultats en pourcentage suivants : 33,3% pour le Covid-19 et 38,9% pour l’insécurité a l’Est
du pays.
SECTION 5 : RAPPROCHEMENT DES RESULTATS AUX HYPOTHESES
Hypothèse 1 :
HP : le pouvoir public trouverait ces principales ressources par le biais de la fiscalité ainsi que
la parafiscalité
R.E. : la fiscalité et la parafiscalité sont des ressources principales de l’Etat
Remarque : HP=RE, hypothèse confirmée
Hypothèse 2 :
HP : le sénat et le parlement jouent un rôle très important dans la validation du budget
national.
R.E. : la représentation du peuple est assurée par le pouvoir législatif, d’où la nécessite du
contrôle parlementaire.
Remarque: HP=RE, hypothèse confirmée
64
Hypothèses 3:
HP: les finances publiques ont un grand impact sur la croissance économique du pays
R.E.: les finances publiques permettent à l’Etat de réguler l’économie
Remarque: HP=RE, hypothèse confirmée
Hypothèse 4 :
HP: Responsabilité et encadrement du peuple dans les projets de la nation
R.E.: il faut une répartition équitable et sans discrimination des revenus nationaux
Remarque: HP≠RE, hypothèse rejetée
SECTION 6: SUGGESTIONS ET RECOMMATIONS
SUGGESTIONS
Au cours de notre période d’étude, nous nous sommes rendus compte que la
République Démocratique du Congo ne devrait pas être en manque des moyens financiers ou
matériels car possédant toutes ses richesses naturelles. Cependant, nous avons fait un constat
amère par rapport à la gestion et à l’usage de toutes ses potentialités du sol et du sous-sol,
hydrocarbures, faune et flore… Une certaine légèreté est à déplorer dans le contrôle de
gestion des recoures nationales et dans la prise des mesures punitives à l’encontre des auteurs
de ce crime.
Quant aux conséquences qui en découlent, nous pouvons citer entre autres :
le détournement des fonds publics, la démotivation des autres responsables, des incrédibilités
budgétaires qui occasionnent à leur tour des endettements ou surendettements de l’Etat, la
pauvreté du peuple, des rebellions, l’insécurité, le sous-développement et tant d’autres.
Considérant tout ceci, nous allons tenter de suggérer quelques pistes des solutions à l’Etat
congolais de la manière suivante :
- Renforcer les techniques de contrôle et de suivi de gestion ;
- Améliorer l’éducation du peuple ;
- Respecter les règles de l’éthique professionnelle dans le processus de nomination
des agents publics ;
- Eviter toutes les discriminations (politique, tribale, de sexe…) dans le choix des
gestionnaires publics ;
- Mettre l’intérêt de la nation au-dessus toute chose ;
- Veuille au respect des lois qui régissent la bonne dynamique de l’économie
nationale ;
65
- Renforcer les techniques de découragement de tous ceux qui vont à l’encontre des
recommandations de la constitution par des sanctions fermes ;
- Etc.
Ce qui freine le plus le développement de notre pays c’est le fait que les
intérêts politiques planent sur tout autre chose, même sur le développement du pays le choix
des gestionnaires publics étant porte sur le poids des parties politiques au détriment du
bienêtre du peuple souverain.
6.1 RECOMMANDATIONS
Dans l’optique d’atteindre le développement de la République
Démocratique du Congo par l’entremise de maximisation des finances publiques, il est
vraiment indispensable que l’Etat reprenne ses responsabilités totales de la manière la plus
contraignante possible dans la gestion de toutes les richesses(financières et matérielles) de la
nation face à toutes les mains qui se sont montrées durant des longues années insensibles à
toutes les crises auxquelles le pays fait face. Il est souvent dit que les mauvaises mœurs
corrompent les bonnes, celui veut dire que le sens des responsabilités de l’Etat a une influence
négative et/ou positive sur le comportement de la population.
C’est ainsi qu’après notre constat, nous tenons à respecter la
nécessite de présenter les lignes qui suivent en sous forme des recomptions a tous ceux qui
ont la gestion des richesses publiques entre leurs mains et a ceux qui sont destinées à assumer
cette responsabilité dans les temps à venir :
Intensification du respect de la chose publique : celle-ci découle de
l’information que l’on détient sur tout ce qui est public. L'homme congolais a toujours
tendance à valoriser les biens prives au détriment de ceux publics. Il faut élaborer des mesures
fermes et indissociables visant à maintenir le respect et la sécurité des biens publics, les
sanctions et les amendes à l’encontre des détracteurs n’étant pas exclues.
Le découragement de toutes les ambitions politiques qui ne cadrent pas
vraiment avec les plans ou projets de la nation en établissant des règles ou lois qui
s’assureront de détacher a leurs familles ou partis politiques une fois nomines a la gestion des
institutions publiques, ceci pourrait les rendre indépendants politiquement pour ainsi se
concentrer sur ce que la nation attend de tous.
66
Il serait mieux que l’Etat ait une vue évolutionnaire ou innovatrice sur tous les
aspects de la force nationale pour s’accommoder aux tendances internationales pour faire face
aux différents défis du moment qui peuvent être : technologiques, sécuritaires,
éducationnels…
Il faudrait mettre en place des politiques de gestion qui ne favoriseront que la
stabilité ou la croissance de la richesse nationale en faisant des choix optimaux
d’investissement dans les secteurs et en condamnant avec rigueur tout crime économique.
En fin, il faudrait la formation des peuples congolais soit prise en pleine
considération dans l’élaboration des plans stratégiques de développement du pays car celle-ci
faisant défaut sur tous les aspects.
67
CONCLUSION GENERALE
Notre étude tournait autour de : l’analyse critique de la gestion des finances
publiques en République Démocratique du Congo.
Arrivé au terme de celle-ci, nous avons constaté que la problématique de
gestion des deniers publics reste une question très préoccupante pour différentes couches
d’analystes, desquels nous faisons partie. Cette préoccupation a fait et continue de faire objet
de plusieurs recherches dont la nôtre. En effet, prenant conscience des différents soucis
d’améliorer la gestion des richesses de l’Etat, outre les efforts de la Cour des comptes, le
renforcement de contrôle et d’audit en cette matière a été marque par la création de
l’Inspection Générale de Finance. Cependant, aucun changement significatif n’a été constaté
au cours de la période de notre investigation.La gestion des finances publiques s’avère être
une matière très complexe car tournant autour des défis ou objectifs suivants : la
maximisation des recettes, la répartition équitable des richesses, l’allocation optimale des
finances…, elle l’est pour les autorités du pays (gestionnaires publics) tout comme elle l’est
pour les populations ordinaires. C’est ainsi qu’elle a capture toute notre curiosité et notre
attention la plus critique, les quelles nous ont permis de comprendre les difficultés auxquelles
le pays se heurte dans ce domaine.
Au début de notre étude, les objectifs que nous nous sommes fixes ont été de
comprendre la gestion des deniers publics et de pouvoir expliquer les causes de la mauvaise
de la mauvaise gestion de ces derniers dans notre pays.
Afin d’atteindre nos objectifs, nous avons axes notre étude autours des
questions suivantes : Quelles sont les sources principales des richesses de l’Etat ? Quels sont
les mécanismes de vote ou de validation de la loi des finances ? Quel impact peut avoir les
finances publiques sur l’économie nationale ? Quels sont les critères d’allocation des finances
publiques ? Comment résoudre les problèmes socioéconomiques du pays ? Comment
stabiliser l’économie nationale par le biais des finances publiques ?
Ainsi, nous avons établi comme hypothèses de notre travail que : le pouvoir
législatif(parlement et assemblée nationale) est l’organe civil habileté a valider une loi des
finances grâce à son statut de représentant du peuple a la gestion du pays ; la fiscalité et la
parafiscalité sont les sources principales de la richesse de l’Etat ; les finances publiques
régulent l’économie par l’entremise de pouvoir qu’elles profèrent a l’Etat de mener
correctement son intervention dans l’économie ; le comportement économique(rationnel et
68
calculateur) serait le profil idéal de l’Etat en matière d’engagement des dépenses publiques ;
la responsabilité et l’encadrement du peuple dans les projets de la nation seraient les solution
optimales afin d’améliorer les problèmes vitaux des congolais. Considérant ainsi les résultats
de notre étude, toutes nos hypothèses ont été vérifiées et dont la majorité validées et une seule
rejetée car ne concordant pas vraiment avec avec ce résultat que la répartition équitable et
sans discrimination aucune des revenus nationaux est la solution aux différents problèmes
vitaux des congolais.
De ce qui précède, nous avons suggéré au pouvoir central ceux qui nous ont
semblés être comme pistes des solutions à tous les problèmes que nous avons pu découvrir
qu’il faudrait : renforcer les techniques de contrôle, l’innovation des outils de gestion,
intensification des mesures punitives, formation du peuple sur le respect de la chose
publique…
De ce fait, l’obtention des résultats de notre étude a été possible grâce aux
différentes méthodes et techniques desquelles nous avons use pour la récolte et traitement des
données recueillies, entre autres la méthode analytique, les techniques d’observation,
d’interview…
La république Démocratique du Congo a constitué notre champ d’investigation
en termes de la délimitation spatiale et la période de 2019 à 2022 uniquement a été prise en
considération dans le cadre temporel.
En bref, ce travail a été constitué des chapitres dont le premier a tourné autour
de la généralité sur les finances publiques en traitant ainsi sur leurs domaines, les mutations,
leur autonomie par apport a d’autres sciences ou disciplines, le deuxième a parlé de cadre
théorique et présentation du champ empirique tournant autour des différents
aspects(économique, socio-culturel…) de la RDC et enfin le troisième nous permis de
présenter les résultats de ce travail.
Comme nous l’avons signalé ci-haut, nous avons traité sur une matière très
complexe en matière d’obtention des informations, mais cela n’a pas constitué une barrière à
notre étude d’où nous avons fait de notre mieux pour atteindre certains de nos objectifs fixes.
Ce travail demeure une œuvre humaine teintée des imperfections, c’est ainsi que les
remarques et suggestions pour son enrichissement sont d’ores et déjà les bienvenues.
69
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9. Sandavoy Adamoh Djelhi-Yahot_ La théorie des finances publiques optimales_ Une
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10. Florent Mulaba-Tushiye1 Badibanga Kayembe_ LA CRISE FINANCIERE
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