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Couverture III

Le document explore les origines et les définitions de la musique, en soulignant son lien avec le sacré et les rituels dans les civilisations anciennes. Il décrit l'évolution de la musique, passant de formes spontanées à des systèmes plus structurés et savants, notamment en Chine, en Inde et en Grèce. Enfin, il présente un panorama des traditions musicales à travers le monde, mettant en avant la diversité des genres et des influences culturelles.

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Couverture III

Le document explore les origines et les définitions de la musique, en soulignant son lien avec le sacré et les rituels dans les civilisations anciennes. Il décrit l'évolution de la musique, passant de formes spontanées à des systèmes plus structurés et savants, notamment en Chine, en Inde et en Grèce. Enfin, il présente un panorama des traditions musicales à travers le monde, mettant en avant la diversité des genres et des influences culturelles.

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1

DEFINITIONS ET ORIGINES DE LA MUSIQUE

Textes recueillis et revus


B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
PREHISTOIRE ET PROTOHISTOIRE

Les commencements de la musique ne sont pas connus. Les mythes anciens attribuent à la musique
une origine divine. Faisant partie du culte, elle inclut alors bien d’autres phénomènes que ceux que
désigne pour nous le concept de musique : la notion que recouvre ce terme en Occident remonte à
l’Antiquité grecque ainsi qu’aux civilisations antiques du Proche-Orient et de l’Extrême-Orient.

Les premiers témoins de la musique sont


- Les découvertes d’instruments : du paléolithique, c'est-à-dire de l’ « héritage primitif » ;
- Les inscriptions : du 3e millénaire avant J.-C. (pictogrammes égyptiens) et du IIIe s. avant J.-C.
(notation alphabétique grecque) ; mais elles sont très peu nombreuses ;
- Les enregistrements musicaux : depuis la phonographie d’Edison (1877) ; mais 2
l’interprétation de tels documents est difficile, en raison des changements dans les habitudes
de pensée et d’écoute ;
- Les écrits sur la musique : littérature, chroniques, théorie musicale, etc., depuis l’Antiquité.

Par l’étude de la musique des civilisations dites « primitives », l’ethnomusicologie peut contribuer à
étendre le champ de nos connaissances sur la musique des premiers âges de l’humanité.
En outre, depuis la fin du XVIIIe s., un certain nombre de théories voient les origines de la musique
dans le langage (HERDER), dans les cris d’animaux – notamment par l’imitation des chants d’oiseaux
(DARWIN) – dans des onomatopées (STUMPF), dans des interjections affectives (SPENCER), etc.

Les plus anciens instruments de musique

Certains instruments semblent avoir existé de tous les temps, même aux temps préhistoriques, parce
que leur « invention » tombe sous le sens. On trouve dans cet « héritage primitif » :
- Les battements : rythmes frappés par les pieds, les jambes, éventuellement avec des bâtons,
des verges, etc. ;
- Les bruisseurs : faits de pierres, de morceaux de bois ; de lamelles métalliques, de chaines ;
- Les racles et planchettes ronflantes : de formes et de matériaux très divers ;
- Les tambours : souches ou troncs creux ;
- Les flûtes : en roseau, en même temps que les premières trompettes ;
- Les trompes : cornes d’animaux ;
- Les arcs musicaux : comme les arcs de tir, ils sont à l’origine de tous les instruments à cordes.

U. MICHELS

MAIS QU’EST CE QUE LA MUSIQUE ?

Plusieurs définitions de la musique nous sont proposées et aucune n’arrive à lui donner pleine
satisfaction. Par exemple vous avez la définition classique : « la musique est l’art de combiner les
sons d’une manière agréable à l’oreille ». Cette définition est du grand écrivain Jean J. Rousseau. Une
autre est de Marie Simon, elle semblerait plus complète « l’art de combiner les sons d’une manière
agréable à l’oreille ; d’une part elle est une science qui a pour objet l’étude de ses combinaisons,
d’autre part elle est destinée à plaire, à émouvoir ou à intéresser ».

Textes recueillis et revus


B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
Le terme musique nous vient du grec Musike (art des muses). Les muses étaient les neuf filles de
Zeus et de Mnémosyne (la mémoire) : Clio (qui présidait à l’histoire) ; Euterpe ( qui présidait à la
musique); Thalie (qui présidait à la comédie) ; Meliomene (qui présidait à la tragédie) ; Tersichore
(qui présidait à la danse) ; Erato (qui présidait à l’élégie) ; Polemie (qui présidait à la poésie) ; Uranie (
qui présidait à l’astronomie); Calliope (qui présidait à l’éloquence et à la poésie héroïque).

Toutes les civilisations (juives et chinoises exceptées) ont perçu la musique comme due à quelques
divinités, Apollon pour les grecs, Hathor pour les égyptiens… Il faut entendre le « due » en deux
sens : la musique, don des dieux aux hommes leur est rendu à travers le chant. Liée d’abord à la
religion, aux cérémonies et rites, c'est-à-dire, à la célébration de l’ordre divin et à sa re mémorisation
symbolique, elle s’est lentement émancipée des cultes et des fonctions. 3

En devenant profane, elle s’est nettement compliquée produisant à partir de la renaissance une
multiplicité de genres : « musique d’église » ; « de chambre » ; « musique vocale » ; « musique de
théâtre » ; musique d’instrument »… La musique est devenue particulièrement en occident,
l’expression individualisée et savante et également « pure jouissance » selon Kant. De là un débat,
somme toute secondaire sur la question de savoir s’il existe une musique ou des musiques.

Gagnant très vite en richesse, en complexité et en variété ; pratiquée par toujours plus d’individus, la
musique autrefois accompagnait les activités humaines (rituellement) est devenue sous une forme
profane et libre, omniprésente. Elle a envahi les lieux et les domaines de l’existence (maisons, rues,
commerces, bureaux, moyens de transports…) et rien n’empêche un individu d’accompagner de
musique chaque moment de sa vie.

La musique reste perçue comme dotée d’un pouvoir, d’un charme. Ne dit-on pas qu’elle adoucit les
mœurs ?

A. KETE (Revu)

EVOLUTION DES FORMES DE LA MUSIQUE

La vie est son, cri, chant, rythme, danse, pleurs, prière – musique -, comme la mort est silence.

Une femme berce son enfant ou pleure sur le corps de celui qu’elle aimait ; des hommes préparent le
succès d’une expédition de chasse par un rituel magique, ou s’apprêtent aux violences de la guerre.
On fait de la musique pour s’occuper, pour distraire ceux qui écoutent. Des enfants jouent. On
honore un roi, un chef spirituel, les ancêtres. On raconte une histoire, actuelle ou légendaire, on revit
un mythe. C’est jour de fête, on danse, garçons et filles échangent des chants de provocation
amoureuse. Musiques pour les mariages, pour les enterrements, chants d’amour, musiques du
temps libre, musiques du travail, qui rythment et soutiennent les travaux des divers métiers : dans
les sociétés traditionnelles africaines, les travaux, surtout l’agriculture, sont souvent exécutés en
commun, quasi dansés au rythme d’une musique, et organisés en compétition entre groupes, entre
individus.

On psalmodie des textes sacrés, on prie les esprits et les dieux, on attire leur attention par la
musique pour obtenir leur protection bénie, par la musique on suscite leur présence ou au contraire

Textes recueillis et revus


B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
on éloigne les mauvais esprits. Par elle encore, moines et mystiques de toutes les religions
recherchent un soutien à la contemplation, un accès à l’extase religieuse, ou, comme les derviches
Bektashi, une voie pour accéder à la reconnaissance de l’identité de l’homme avec Dieu, centre du
cœur humain.

P. Philippot (Revu)

Le 1er ÂGE DE LA MUSIQUE OU LA MUSIQUE SPONTANEE DE TRIBUS ET DE TRADITION

Ainsi la musique a dû commencer partout où l’homme est apparu sur la terre, et partout où se sont 4
formées des tribus, et dans chacune de ces tribus indépendamment ; et elle a pu commencer par le
chant ou par l’instrument, ou par l’un et par l’autre, par le chant ou par la danse ou par l’un et par
l’autre, mais partout elle a été vécue d’abord comme un phénomène magique.

Nous pouvons considérer un premier âge historique de la musique qui coïncide avec le premier âge
historique de l’homme, où celui-ci est en relation magique avec le monde et avec les êtres et les
choses dans le monde.

La musique du premier âge est produite spontanément et instinctivement par l’homme. Suivant une
orientation naturelle de son oreille et de sa situation sentimentale, l’homme agencera des sons
musicaux sans les chercher. Il formera des structures mélodiques, rythmiques et / ou polyphoniques,
sans pour autant qu’une recherche rationnelle y participe.

E. Ansermet (Revu)

A écouter : Les musiques rituelle et sacrée enregistrées suivant les


recherches ethnomusicologiques.

LE 2e ÂGE DE LA MUSIQUE OU LA MUSIQUE SAVANTE


(CHINE, INDE, GRECE)

Le deuxième âge de la musique est la suite directe du premier. Il apparait au moment où des
musiciens devenus « professionnels », ou des sages et philosophes s’interrogent sur le « pourquoi »
et le « comment » de la musique et cherchent à fixer le système des sons ainsi que celui des
structures tonales par écrit pour les expliquer.

Ce cas ne s’est produit, à proprement parler qu’en Chine 4500 avant J-C, aux Indes 6000 ans avant J-C
et en Grèce 2000 ans avant J-C.

C’est l’emploi de l’instrument qui pose le problème du système de sons. Mais au premier âge
l’instrumentiste détermine des sons d’instinct, qu’il s’agisse de la longueur et des divisions d’une
corde tendue, des proportions à donner aux cordes d’une cithare ou d’une harpe, des distances à
mettre entre les trous d’une flûte ou des diverses longueurs des roseaux percés et liés ensemble
dans une flûte de pan, des dimensions et de la matière des gongs ou des baguettes d’un xylophone.
Textes recueillis et revus
B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
C’est pourquoi par exemple l’échelle pentatonique, que les indiens du Pérou ont trouvé
spontanément sur la flûte qu’ils appellent quena, n’a pas la même rigueur de mesure et n’a pas la
même explication mathématique que l’échelle pentatonique chinoise. Ce qui caractérise la musique
« savante » n’est donc pas sa notation, mais le fait que le théoricien systématise les données de la
musique spontanée, les fixe une fois pour toutes par le calcul et attribue à ses calculs ou à ses règles
une raison qui donne du même coup une signification à la musique. En Chine et aux Indes, la
musique n’est pas notée, mais les sons et les modes y sont désignés par des noms ; les Grecs, par
contre, désignent les intervalles par des lettres, et c’est en Occident seulement que la musique sera
« notée », d’abord par des neumes puis par des positions tonales de durées inscrites sur le
pentagramme (ce qui ne veut pas dire que la musique occidentale soit une musique « savante » au
sens que nous donnons à ce terme). 5

Dans les musiques savantes, la réflexion prend un caractère moins général et plus individuel. Le
savant musicien compose en se soumettant aux enseignements de la théorie, mais sa création
individuelle reste liée aux sonorités de son milieu de vie.

E. Ansermet (Revu)

A écouter : Discographie abordant la reconstitution sonore des

Musiques savantes de Chine, d’Inde et de Grèce.

PANORAMA DES TRADITIONS ET CIVILISATIONS MUSICALES

Les musiques de traditions culturelles sont connues aujourd’hui sous divers noms aux sens parfois
associés et pas toujours précis : musiques traditionnelles, musiques traditionnelles et populaires,
musiques folkloriques, musiques du monde, et musiques classiques extra européennes.

Leur classification se fait suivant la similarité des sonorités ; le cadre géographique et son évolution ;
le mode de vie ou encore le matériel sonore.

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B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
Ainsi, sans être tout à fait exhaustif, il y’a : la musique africaine (subsaharienne, arabo andalouse) ; la
musique arabo-turque (arabe, turque, irakienne, libanaise, ouïghour, ouzbèk, yéménite,
arménienne, hébraïque) ; la musique indienne (indienne, afghane) ; la musique indonésienne
(indonésienne, malaisienne, philippine) ; la musique iranienne (iranienne, azérie, tadjik, kurde); la
musique latine (latine, brésilienne, cubaine, péruvienne) ; la musique sino japonaise (chinoise,
japonaise, coréenne, mongole, tibétaine); la musique thaïlandaise (thaïlandaise, birmane,
cambodgienne, laotienne, vietnamienne) ; la musique des îles (aborigène, antillaise, calédonienne,
polynésienne) et les musiques traditionnelles occidentales composées des musiques celtiques
(bretonne, galicienne, irlandaise), scandinaves (finlandaise), méditerranéennes (espagnole, italienne,
portugaise), germaniques (suisse, autrichienne et allemande), d’Europe centrale (hongroise,
klezmer), des Balkans (albanaise, bulgare, grecque, roumaine, tsigane), slaves (russe, ukrainienne). 6

WIKIPEDIA et J. SIRON (Revu)

A écouter : Les musiques traditionnelles du monde (analyse).

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B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
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LA MUSIQUE DANS L’ANTIQUITE

Textes recueillis et revus


B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
CHRONOLOGIE DES CIVILISATIONS ANTIQUES

La lignée humaine s’inscrit dans une telle durée que l’époque de l’homme postglaciaire (homo
sapiens alluvalis) n’apparait pas avant 10 000 ans avant J.-C. environ. Mais la période des civilisations
antiques ne commencent qu’après les catastrophes naturelles et les inondations qu’évoquera le
« Déluge » (Bible, Epopée de Gilgamesh), c'est-à-dire vraisemblablement vers 3000 avant J.-C. Dans
les civilisations antiques, la musique reste d’abord très liée au culte et ne devient que plus tard un
mode d’expression esthétique. L’improvisation y joue un rôle important.

Si les conceptions sur la musique n’ont cessé d’évoluer, les instruments de musique sont restés
relativement les mêmes dans leurs principes. L’invention de l’électronique au XXe siècle marque une
8
étape fondamentale nouvelle sur le plan technique, pas forcément un progrès sur le plan artistique.

U. MICHELS

La musique a existé chez tous les peuples de l’antiquité.

En ce qui concerne la haute antiquité, on a pu seulement reconstituer l’histoire des instruments


grâce aux dessins, peintures, que l’on a retrouvés. Ces figurations, ainsi que quelques textes des
sacrés qui ont pu être déchiffrés indiquent que la musique tenait un grand rôle dans la vie sociale et
religieuse.

Son importance apparait tout particulièrement en Grèce. Ce sont des chants qui ont donné naissance
à la poésie et à la tragédie grecques. La tragédie réalisait l’union parfaite des trois arts : poésie,
musique, danse.

Les écrits des philosophes grecs, tout en nous donnant des renseignements nombreux sur la
musique, nous indiquent qu’ils la considèrent comme une des bases de l’éducation artistique et
morale du citoyen.

C. MARTINES

A écouter : Discographie abordant la reconstitution sonore

de la musique dans la Grèce antique

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B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
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L’EPOQUE MEDIEVALE

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B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
Les genres

1 – Art chrétien primitif – Chant grégorien

La musique chrétienne était solidaire de la liturgie. C’est dans les Eglises, installées dans les maisons
chrétiennes de Jérusalem (Actes, XII, 12) et d’Antioche, d’Ephèse et de Corinthe, d’Alexandrie et de
Carthage, de Naples et de Rome, qu’il en faut chercher l’origine à la fin du premier et au cours du
deuxième siècle. Elle puisait d’abord aux traditions juives, ensuite aux traditions païennes, syriaques
et égyptiennes, grecques et romaines, africaines et celtiques. Elle a sans doute commencé par trois
chants : le chant des psaumes (et des cantiques de l’Ancien Testament), animé par la tradition
judaïque ; le chant des litanies de style populaire animé par les traditions païennes (leur existence à 10
cette date est seulement probable) ; le chant du Gloria in excelsis, du Phos hilaron et autres
cantiques proprement chrétiens. L’existence de cette musique chrétienne purement vocale au temps
des Apôtres est attestée par Saint Paul.

Les manuscrits historiques ont transmis plusieurs des hymnes au tour populaire que ; pour l’église de
Milan, composa ou fit composer saint Ambroise (339 – 397) ; elles se chantèrent jusqu’au XVIe
siècle.

Ces traditions multiples, où le goût de chaque peuple avait sans doute plus ou moins altéré le
sentiment religieux, coexistèrent longtemps avec un répertoire dit « vieux romain », à la mise au
point duquel travaille le pape Grégoire Ier (+ 604) d’où la dénomination de « chant grégorien ».

Le chant grégorien : son système

L’Orient avait adopté, à coté du genre diatonique, les genres chromatique et enharmonique :
l’Occident ne retint que le premier de ceux – ci, pour la musique religieuse. Ainsi le chant grégorien
est –il essentiellement diatonique, c’est-à-dire qu’il a rejeté toute altération (sauf une : le si, qui a été
fréquemment abaissé d’un demi - ton : si bémol) et même notre sensible actuelle. « A la différence
de la musique moderne qui ne connait que deux modes, le majeur et le mineur, la mélodie
grégorienne a autant de modes différents qu’il y’a de notes dans la gamme, chaque note de l’échelle
mélodique pouvant servir de point de départ à une nouvelle gamme ; la gamme restant toujours
diatonique, il en résulte que la place des tons et des demi – tons par rapport à la tonique se trouve à
chaque fois modifiée, selon le point de départ adopté » (Dom Gajard) ; d’où une richesse modale
d’une infinie variété. – pratiquement, les modes grégoriens qui se rapprochent du système grec (la
gamme grégorienne est cependant ascendante) se ramènent à quatre (ré, mi, fa, sol), appelés modes
authentes, ou authentiques, qui, par allongement, vers le grave, d’une quarte, donnèrent naissance à
quatre modes dérivés, dits plagaux. Chacun de ces tons était caractérisé par sa note finale vers
laquelle tendait tout le mode. – Les tons d’ut et de la ne furent adjoints qu’aux XVe – XVIe siècles.

N. DUFOURCQ (Revu)

2 – Musique polyphonique

Vers la fin du VIIIe siècle, la polyphonie ou musique à plusieurs parties commence à apparaitre dans
la musique d’église et marque le début d’un art nouveau. On commence à chanter à deux parties à

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B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
l’intervalle de quarte ou de quinte (organum). Au XIe siècle, on ajoute une troisième partie
improvisée et ornementée ; c’est le déchant. Puis la musique à plusieurs parties prend le nom de
contre-point et devient tout à fait savante, avec des règles de composition très compliquées.

L’école française, puis l’école italienne et l’école flamande sont tour à tour célèbres.

A la fin du XVe siècle, la polyphonie est un art raffiné. On compose des Messes et des Motets. On
écrit également sous forme de motets des chansons profanes.

Dans toutes ces œuvres, les musiciens ne pensent qu’à écrire une polyphonie aussi savante que
possible, sans se soucier de l’expression du sentiment.
11
Ils ont cependant laissé des chefs d’œuvre et l’art français a rayonné en Europe pendant une grande
partie du Moyen – Age.

C. MARTINES

3 – Drames liturgiques – Mystères

En même temps que le chant liturgique se développait dans les cérémonies religieuses sous forme de
plain – chant puis de musique polyphonique, l’Eglise cherchait à instruire le peuple et à frapper son
imagination en introduisant dans ses offices des sortes « d’actions » rappelant la Passion ou la Vie
des Saints et auxquelles la musique était mêlée sous divers aspects.

Les Drames liturgiques (IXe – Xe s.) ne faisaient que dramatiser le texte de l’office, les personnages
de l’action étant seulement représentés par des clercs qui dialoguaient sur des chants appartenant
eux aussi à l’office. L’action avait lieu dans l’Eglise sans aucune mise en scène.

Les Drames semi - liturgiques (XIe – XIIe s.) avaient davantage le caractère d’un spectacle. Ils étaient
donnés en dehors de l’église et les laïques y participaient. Ecrits en langue romane, ils renfermaient
comme les précédents des chants liturgiques.

Les Mystères (XIIIe - XIVe s.) enfin, deviennent de véritables pièces de théâtre dans lesquelles il y’a
non seulement du plain – chant, mais aussi de la musique polyphonique, des chœurs, de la musique
instrumentale.

A peu prés à la même époque, on trouve en Italie des Représentations Sacrées qui étaient aussi des
drames religieux mais entièrement chantés et comprenant toute une partie profane, avec des ballets
et des décors animés ou « machines ».

Les Mystères et surtout les Représentations Sacrées sont une des origines de l’Opéra.

C. MARTINES

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4 – Chanson populaire – Trouvères et troubadours

Pendant tout le Haut Moyen – Age, il y eut certainement un art populaire, consistant en chansons
profanes. Mais cet art fut considéré comme vulgaire et relégué à un rang obscur alors que l’Eglise
accaparait la musique savante.

Ce sont les troubadours et les trouvères qui au XIIe et au XIIIe siècle redonnent à la chanson profane
le caractère d’un art véritable.

Appartenant pour la plupart à la noblesse féodale et à la bourgeoisie, ils composaient à la fois la


poésie et la musique de leurs chansons qu’ils confiaient ensuite aux jongleurs, chargés de les faire
entendre. 12

Ces chansons comprenaient différents genres, mettant en scène des personnages ou exprimant les
sentiments du poète. Il y avait également des chansons de danses dont certaines sont à l’origine de
nos formes de musique instrumentale.

Les trouvères sont les créateurs d’un art nouveau qui enrichit le langage musical. Leurs chansons
marquent une évolution vers un art plus expressif, plus personnel qui s’affranchit de la contrainte
imposée par l’Eglise et va instinctivement vers la nature.

C. MARTINES

5 – Divertissements profanes

Le Moyen - Age eut très tôt des divertissements profanes qui, d’origine populaire, devinrent ensuite
le privilège des grands seigneurs et de la cour.

Le peuple aimait tout particulièrement à danser aux chansons et à se déguiser dans des mascarades à
l’occasion de certaines fêtes mi – profanes, mi – religieuses.

Ce goût pour la mascarade passa ensuite à la Cour où les seigneurs tenaient eux – mêmes des rôles
dans les Mômeries entrées de personnages déguisés qui faisaient irruption dans la salle en dansant.
Les Mômeries faisaient également partie des Entremets, spectacles donnés aux convives pendant un
festin, des groupes travestis, souvent montés sur des chars, venaient exécuter des pantomimes
entremêlées de musique et de danses.

Ces réjouissances furent imitées par d’autres pays. Au XVe siècle, l’Italie inventa les Mascarades,
cortèges de personnages qui se déroulaient dans les rues et auxquels prenaient part les grands
seigneurs accompagnés de musiciens.

Ces mascarades en se développant, devinrent d’un luxe extraordinaire et préparèrent le Ballet de


cour d’où devait sortir, en partie, l’Opéra.

B. MARTINES

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B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
6 – Musique instrumentale

Fautes de textes écrits, on ne peut savoir exactement ce que fut la musique instrumentale depuis
l’antiquité jusqu’au XIVe siècle environ.

Les instruments nous sont connus grâce aux reproductions des imagiers. Certains d’entre eux
n’étaient que des modifications d’anciens instruments gréco – romains ; d’autres furent apportés en
Europe par les croisés.

Les plus anciennes formes de musique instrumentale étaient des danses et des transcriptions.

Les ménestrels, joueurs d’instruments, participaient à toutes les réjouissances du peuple et de la 13


cour. Les princes en entretenaient un grand nombre à leur service.

C. MARTINES

7 – La notation musicale

La notation musicale ne s’est constituée que très lentement au cours du Moyen – Age.

Ce fut d’abord une notation alphabétique, puis au VIe siècle apparut la notation neumatique dont les
signes se plaçaient au dessus du texte et indiquaient les mouvements ascendants et descendants des
sons sans donner leur hauteur fixe.

A partir du Xe siècle, on commença à les écrire sur des lignes ; ce fut l’origine de la portée. A la même
époque Guy d’Arezzo imagina de donner un nom aux différents sons en prenant la première syllabe
des vers d’un hymne à Saint Jean Baptiste.

Les altérations : bécarre, bémol, proviennent de certaines modifications de la lettre B qui


représentait le si.

La notation carrée du XIIIe siècle n’indiquait pas encore la durée des sons. Ce n’est que plus tard
qu’on se servit de la notation proportionnelle à peu prés définitivement fixée à la fin du XVe siècle.

C. MARTINES

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14

L’évolution du langage musical à la fin du Moyen – Âge ou le règne de la « Grande » musique


classique de l’Europe occidentale

Toutes les musiques, sans doute, se sont constituées progressivement, en même temps que se
formaient les sociétés et que s’organisaient les civilisations humaines. Il semble, cependant, que la
musique européenne ait connu un sort assez particulier. En effet, alors que, dans toutes les autres
régions du monde, l’édifice musical, une fois construit, ne semblait susceptible de recevoir aucune
déformation, mais seulement parfois, des évolutions lentes, perceptibles à l’échelle du siècle, la
musique européenne se modifie très rapidement, parfois à l’échelle de l’année, généralement à celle
de la décennie, à tel point qu’elle est désignée comme musique « évolutive ».

Une des principales raisons de ce fait est que cette musique européenne occidentale tire une source
savante de la Grèce et tout particulièrement des pythagoriciens, par une technique d’écriture
spécifique (car nulle par ailleurs la notation musicale n’a atteint un tel degré de précision) et par une

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B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
technologie instrumentale elle-même évolutive, puisque l’invention de nouveaux moyens de
production sonore (des instruments traditionnels aux procédés électro-acoustiques) n’a pas connu
d’arrêt.

Héritée de la Grèce, la grande musique classique occidentale est précisément née d’une association
du génie musicale latin (Italie, France, Espagne…) à celui germanique (Allemagne, Autriche) et
représente l’une des très grandes aventures de l’intelligence humaine. Sa division de l’octave, son
découpage du temps, son système d’écriture, son instrumentation précise et normalisée ont servi de
support – de Pérotin à Xenakis – à la création de toute une lignée de chefs-d’œuvre. La tentation est
grande de voir en cet art glorieux la musique par excellence, la « grande musique », auprès de
laquelle tout n’est que petite musique, et, en quelque sorte, folklore. 15

N’oublions pas, cependant, qu’au regard de l’histoire, cette grande musique, qui a eu pour berceau,
vers la fin du Moyen Age, un étroit territoire situé à la pointe de l’Europe et comprenant l’Italie,
l’Allemagne, la France et les pays flamands, n’a même pas un petit millénaire d’existence, que son
domaine géographique est de dimensions restreintes, et qu’en somme elle n’a concerné
directement, jusqu’à présent, qu’une très faible fraction de l’humanité.

Mais le système musical que l’on peut, faute de mieux, qualifier d’ « occidental », lié par ses origines
à la civilisation technique qui a étendu son empire sur l’ensemble du monde, se trouve, lui aussi, en
pleine expansion. Il couvre sous sa juridiction l’énorme masse de sous-produits que représentent les
chansons et les danses populaires de caractère proprement commercial (Pop, Rock, Rap, Reggae,
Fusion tradi – moderne, World music …) mais il a rallié à lui, en Europe et hors d’Europe, des
folklores authentiques et des mouvements musicaux particulièrement créateurs. C’est ainsi que le
jazz, par exemple, qui utilise son échelle de sons, sa mesure, son harmonie, certaines de ses formes
architecturales (l’alternance, le principe de la « variation »), son instrumentation et, le cas échéant,
son écriture, est partiellement un produit dérivé de la tradition musicale occidentale, de même qu’en
sont issues toutes les recherches actuelles qui visent à relancer la musique dans les voies nouvelles
(musique sérielle et musique électro acoustique).

P. Philippot (Revu)

A écouter : Chants de la Primitive Eglise ; Chant grégorien – Chœur d


des moines de Solesmes ; Chants Ambrosiens ; Troubadours et
trouvères ; Pérotin le Grand ; Guillaume de Machaut ; Dufay ;
Ockeghem ; Obrecht ; Josquin des Prés ; Dunstable.

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B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
CE QUE NOUS DEVONS AU MOYEN AGE

- UNE NOTATION MUSICALE parfaite et cohérente, la première de l’histoire


humaine, toujours en usage aujourd’hui
- LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE DE L’ORIENT : la famille des cordes frottées, la
famille des hautbois, des bassons, et même les ancêtres de la clarinette, et de
nombreuses percussions
- LA POLYPHONIE VOCALE, c'est-à-dire l’art de chanter à plusieurs voix, qui semble
bien avoir été inconnu dans toutes les cultures précédentes.

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B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
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RENAISSANCE ET DEBUT DU XVIIe SIECLE

Textes recueillis et revus


B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
Renaissance/ Généralités

Les XVe et XVIe s. présentent un développement continu de la pratique musicale et de la technique


de composition. Le point central en est la musique vocale polyphonique, le point culminant étant
atteint avec ROLAND DE LASSUS et PALESTRINA.

Comme contrepoids à la musique vocale dominante, la musique instrumentale acquiert une


première indépendance.

Le foyer de création s’étend de la France jusqu’en Italie en incluant les régions franco-flamandes et la
Bourgogne, pays d’origine. Au XVIe s., c’est l’Italie qui est à la tête du mouvement. L’Angleterre avec
DUNSTABLE et l’Italie à l’époque de CICONIA, vers 1400, sont importantes pour le début de ce
mouvement. 18

On a appelé le XVe –XVIe s., le siècle de la polyphonie vocale néerlandaise mais les maitres de cette
période n’étaient pas tous néerlandais, ils venaient aussi de l’actuel Nord de la France, du Hainaut,
de Belgique, etc. c’est pourquoi il est plus exact de parler de mus. franco-flamande. En outre, les
échanges internationaux étaient animés : la plupart des compositeurs voyagèrent et passèrent la plus
grande partie de leur vie en Italie.

Renaissance et Humanisme

Le concept de Renaissance fut employé par le peintre VASARI en 1550 et, depuis BURCKHARDT
(après 1860), il est utilisé pour désigner l’art des XVe-XVIe s. en Italie. Renaissance signifie nouvelle
naissance de l’homme basée sur la rencontre consciente avec l’Antiquité. A cette époque, l’homme
était, devenu la mesure de toute chose. « Re-né », il s’intéresse à lui-même. C’est la rencontre de la
Renaissance et de l’Humanisme. A la « découverte » de l’homme, s’ajoute la découverte moderne de
la nature et du monde. C’est la fin du Moyen Age :

-découverte de l’Amérique par C.COLOMB en 1492, premier tour du monde en 1519-1521 ;

-essor des sciences naturelles modernes avec entre autres COPERNIC (1543), GALILEE (1642), KEPLER
(1630) ;

-invention de l’imprimerie par GUTENBERG à Mayence vers 1455 et de l’impression musicale par
HAHN (HAN) à Rome en 1476.

La nouvelle image de l’homme conduit également à un nouveau type d’artiste (avec des précurseurs
au XIVe s.) : le génie qui s’identifie a une force créatrice dans un ordre divin envahissant. En même
temps, l’idée que l’homme a de lui-même se reflète dans les désordres religieux et les crises de la foi,
les nombreux conciles du XVe., la reforme de MARTIN LUTHER, la contre-réforme avec le concile de
Trente (1545-1563).

En architecture, l’intérêt porte à l’Antiquité mène à une simplification des lignes, des formes et des
proportions (BRAMANTE, MICHEL-ANGE) : c’est le sud ital. qui l’emporte sur le Nord gothique
(gothique tardif encore au XVIe s.).

En peinture, on recherche le naturel, la perspective se développe et l’homme entre dans les


tableaux (MICHEL-ANGE, RAPHAEL, LEONARD DE VINCI, CLOUET, DURER ; les frères VAN EYCK,
BREUGHEL). EN sculpture, on crée des formes libérées (DONATELLO).

La musique des XVe-XVIe s. ne recherche pas, comme les autres arts, ses modèles dans l’Antiquité.
Cependant, on y retrouve aussi les éléments de la Renaissance. Par rapport au Moyen Age, ces
éléments représentent une humanisation de la musique :

Textes recueillis et revus


B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
-le mélange des timbres du gothique tardif cède le pas aux sonorités pleines de la Renaissance dans
la polyphonie vocale franco-flamande ;

-la ligne donne naissance à l’accord par superposition polyphonique ;

-la composition successive des parties fait place à la conception simultanée ;

-les accords statiques quinte-octave s’enrichissent de tierces et de sixtes ;

-l’harmonie fonctionnelle a trois sons s’élabore ;

-au lieu de la ligne gothique toute en courbes, on prend pour idéal la mélodie simple construite
comme la respiration de l’homme ; 19
-au rythme gothique compliqué, on préfère une pulsation vivante ;

-la structure ordonnée du ténor, les organisations compliquées et la construction isorythmique sont
abandonnées au bénéfice de formes et de proportions simples ;

-la recherche du naturel en musique est un phénomène nouveau (GLAREAN, ZARLINO) : la musique
doit imiter la nature tandis que la musique vocale imite le texte (imiter la parole), c.-à-d. en traduit
l’expression et l’atmosphère.

Les générations de musiciens (fig.)

I. (1420-1460) : DUNSTABLE, DUFAY, BINCHOIS ;


II. (1460-1490) : DUFAY, OCKEGHEM, BUSNOIS ;
III. (1490-1520) : OBRECHT, ISAAC, JOSQUIN, MOUTON ;
IV. (1520-1560) : WILLAERT, GOMBERT, CLEMENS NON PAPA, JANEQUIN ;
V. (1560-1600) : A. GABRIELI, de MONTE, LASSUS, PALESTRINA.

Un dernier groupe introduit déjà la période nouvelle du baroque : G. GABRIELI, SWEELINCK,


GASTOLDI, GESUALDO, MARENZIO, MONTEVERDI.

Les centres sont Cambrai (DUFAY), Paris (OCKEGHEM, MOUTON), Venise (WILLAERT, A. et G.
GABRIELI, MONTEVERDI), Munich(LASSUS), Rome (PALESTRINA).

U. MICHELS

Textes recueillis et revus


B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
Les genres

1 – Musique polyphonique

La musique polyphonique du XVIe siècle sous ses différentes formes devient sensiblement plus
expressive qu’à l’époque précédente et se rapproche de la nature.

La musique d’église, devenue trop savante, subit une reforme tendant à lui redonner sa simplicité et
sa pureté primitives. Palestrina contribue puissamment à cette reforme et écrit des œuvres
profondément humaines et émouvantes dans lesquelles la polyphonie atteint à sa véritable
perfection.
20
Dans la musique profane, on crée des genres nouveaux. Le Madrigal s’efforce de suivre la poésie en
traduisant musicalement les idées ou les mots caractéristiques du texte.

Les chansons polyphoniques s’inspirent de la nature et essaient d’en imiter certains éléments
sonores pour peindre de véritables petits tableaux.

Les Vers mesurés à l’antique sont une tentative des poètes de la Pléiade pour retrouver la
déclamation musicale des Grecs.

Mais toutes ces recherches d’expression sont encore traduites par un ensemble de voix obéissant
aux règles de la polyphonie, ce qui les gène considérablement.

C. MARTINES

2 – Invention du récitatif – Création de l’opéra

Les humanistes italiens, voulant retrouver la tragédie grecque, firent des essais au théâtre avec le
Drame Pastoral mêlé de musique et dont le sujet s’inspirait de l’antiquité. En même temps, ils
cherchaient un mode d’expression se rapprochant de la déclamation musicale des Grecs. Mais il
fallait pour cela abandonner la musique polyphonique pour revenir à la monodie.

La première tentative dans ce genre fut faite en Italie par Vincent Galilée qui mit en musique un
passage de la Divine Comédie, du Dante, et le chanta seul en s’accompagnant de la viole. Cette
nouvelle forme de chant s’appela musique représentative ou récitative.

La création de l’Opéra date de la fin du XVIe siècle. Elle a pour causes immédiates les recherches des
humanistes pour retrouver le drame antique, mais ses origines sont anciennes et peuvent se
rattacher aux Mystères et aux Représentations Sacrées du Moyen – Age ainsi qu’aux divertissements
profanes : momeries, entremets, ballets.

Apres l’invention de la monodie par Galilée, deux chanteurs italiens, Péri et Caccini, et le poète
Rinuccini, perfectionnèrent le récitatif et fixèrent la forme du drame musical.

L’Opéra est une tragédie entièrement chantée. Les personnages s’expriment à l’aide du récitatif qui
s’efforce d’imiter aussi exactement que possible les accents de la parole. Il y’a également des
chœurs, des airs, des danses et l’orchestre y participe.

C. MARTINES
Textes recueillis et revus
B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
3 – Le ballet de cour en France

Au XVIe siècle, l’aristocratie conserve son intérêt très vif pour les divertissements de Cour et la
France, après les guerres d’Italie, imite la somptuosité des fêtes italiennes.

Les Mascarades de Florence, devenues des mascarades à grand spectacle, avec une mise en scène
considérable, passent en France sous le règne de Henri II et y remplacent les momeries et les
entremets.

Vers le milieu du XVIe siècle, on commence à donner aux danses le nom de ballet, puis c’est le
divertissement lui – même qui est ainsi appelé et le Ballet de cour se constitue définitivement en
1581 lorsque l’italien Baltazarini introduit dans l’intrigue l’unité d’action. 21

Le Ballet de cour est alors une comédie musicale dont l’action se poursuit d’un bout à l’autre sans
interruption. Il y a les mêmes éléments que dans les anciens divertissements, mais les danses et les
chants font partie de l’action au lieu de l’interrompre comme précédemment.

Le Ballet de cour fait pressentir l’Opéra, mais il lui manque le récitatif.

C. MARTINES (Revu)

4 – L’oratorio

L’oratorio est un drame musical mais d’inspiration religieuse et sans représentation théâtrale ; il est
donné en concert. Au point de vue musical il comprend les mêmes éléments que l’opéra : récitatifs,
airs, ensembles, chœurs.

Il prit naissance à Rome en même temps que l’opéra à Florence, en 1600, à la suite de tentatives
faites par Saint Philippe de Néri, fondateur de l’ordre des Oratoriens, pour donner plus d’intérêt aux
offices du Carême. Philippe de Néri faisait chanter aux fidèles des Cantiques spirituels composés par
Animuccia, qui commentaient des textes de l’Ecriture. On les nommait aussi Oratorios parce qu’ils
étaient exécutés dans l’oratoire. Peu à peu on en vint à dramatiser ces chants et en 1600 Emilio Del
Cavaliere introduisit le récitatif dans une véritable tragédie : la Tragédie de l’Ame et du Corps.

C. MARTINES

5 – Musique instrumentale

La musique instrumentale est de plus en plus employée au XVIe siècle. Les instruments se
perfectionnent. Quant aux formes de composition, elles restent sensiblement les mêmes
transcriptions de pièces polyphoniques et surtout musique de danse.

C’est au XVIe siècle qu’apparait le violon qui appartient à la famille des violes mais dont l’origine
exacte est inconnue. Les luthiers italiens créent des chefs – d’œuvres ; la famille Amati, puis
Stradivarius, sont demeurées célèbres.

Textes recueillis et revus


B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
Les instrumentistes figuraient en grand nombre à la cour des Rois de France et à celle des princes.
Les musiciens du Roi formaient deux catégories : les musiciens de la chambre, plus privilégiés que les
autres, et les violons de l’Ecurie. Sous Charles IX, les violons de l’Ecurie furent réunis avec les
premiers et devinrent les Violons ordinaires de la Chambre du Roi.

C. MARTINES

A écouter : Madrigal et chanson française ; Roland de Lassus ;


Palestrina ; Victoria ; la musique d’orgue : Hofhaimer et Cabezón ;
Claudio Monteverdi ; Janequin ; Costeley ; Claude Le Jeune ; la
musique instrumentale.
22

CE QUE NOUS DEVONS A LA RENAISSANCE

- L’HARMONIE TONALE, c'est-à-dire l’usage généralisé d’accords semblables à


ceux que nous utilisons aujourd’hui
- L’EMPLOI SYSTEMATIQUE, DANS LA POLYPHONIE, DES QUATRE VOIX MIXTES de
basse, ténor, alto et soprane, qui forment toujours la base de l’écriture vocale
actuelle
- L’apparition de la barre de mesure, qui commence à diviser le discours musical en
parties égales
- LE RETOUR DES VOIX DE FEMMES dans la musique sacrée, et l’apparition de la
MESSE, du REQUIEM, et du STABAT MATER en tant que formes musicales
organisées.
- DES PROGRES TECHNIQUES IMPORTANTS dans la fabrication des instruments,
ainsi que la naissance de l’épinette (ou virginal), ancêtre du clavecin

Textes recueillis et revus


B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale
BIBLIOGRAPHIE GENERALE ET ICONOGRAPHIE
E. ANSERMET, La création historique de la musique dans l’empirisme in Les fondements de la musique
dans la conscience humaine et autres écrits, Robert Laffont, première réimpression 2000, pp. 617-
864.

I. BA, Manuscrit de cours, Ex CNMDA, 1985 – 1994.

DANHAÜSSER, LAVIGNAC et LEMOINE, Solfège des solfèges sans accompagnement Volume 1A,
Editions Henry Lemoine, 1998.

DANHAÜSSER, LAVIGNAC et LEMOINE, Solfège des solfèges sans accompagnement Volume 2A, 23
Editions Henry Lemoine, 1998.

A. KETE, A PROPOS DE LA MUSIQUE. Extrait du cours d’histoire de la musique, année académique


1996-1997.

C. MARTINES, Histoire de la Musique, Tome premier, Editions Salabert, 1939.

U. MICHELS, Guide illustré de la musique, Volume II, Fayard 2010.

M. P. PHILIPPOT (dirigé par), EVOLUTION DES FORMES ET PERSPECTIVES Extrait de Encyclopaedia


Universalis, Vol. 17, quatrième publication, décembre 1975, pp.443, 444 et 478.

J. SIRON "Musique Savante (serious music)", Dictionnaire des mots de la musique, Outre Mesure,
paris, p.242

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B. Bangoura, Professeur d’éducation musicale

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