Marc Smeets
MICHEL HOUELLEBECQ :
un homme, une (sou)mission
RELIEF 9 (2), 2015 – ISSN: 1873-5045. P 99-111
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À chacun ses ennuis, à chacun ses affaires
Michel Houellebecq, « Célibataires » (1999)
Michel Houellebecq, l’auteur le plus controversé de la littérature française contemporaine,
semble s’astreindre à une seule et unique mission : celle d’être « vrai » à n’importe quel prix.
Observateur et peintre de la société actuelle dans tous ses états, l’auteur de Soumission
s’inscrit dans une tradition littéraire qui remonte au XIXe siècle, prolongeant ainsi les fictions
de Balzac, de Zola et de Huysmans. De ses prédécesseurs Houellebecq hérite d’un certain
goût pour la controverse, talent qui fait naturellement la pluie et le beau temps dans la
presse. Le rôle que jouent la documentation et la figure du célibataire permet de situer
l’écrivain dans le sillage de la tradition réalistico-naturaliste.
Dire que Michel Houellebecq est un habitué de la controverse revient à dire
que le pape est catholique. Il n’est pas de livre de Houellebecq qui, après (ou
même avant) publication, n’ait pas d’une façon ou d’une autre défrayé la
chronique. Un véritable « brouhaha houellebecquien » 1 entoure
minutieusement la sortie de chacun de ses romans, lesquels figurent au
demeurant presque inévitablement en tête des ventes dès leur lancement. Pour
Houellebecq, controverse et succès de scandale sont la condition sine qua non
de la promotion de ses livres, peut-être même la garantie de leur « valeur ».
C’est sans étonnement que le romancier est qualifié par la critique nationale
comme internationale de « sulfureux » et de « polémiste », parfois de
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« prophète » et de « visionnaire ». Les quatrièmes de couverture élaborées par
Flammarion, la maison d’édition de Michel Houellebecq, n’hésitent d’ailleurs
pas à jouer ce jeu de la polémique 2. Or, il faut bien considérer que le portrait
un peu fantasmatique de Michel Houellebecq projette comme une ombre tout
autant trouble sur l’œuvre elle-même. Ce portrait controversé, oscillant entre
mystification et provocation serait lui-même le reflet d’une société dans tous
ses états, sorte de « baromètre social » 3 pour reprendre les mots de Marc
Fumaroli. Houellebecq n’a-t-il pas déclaré lui-même en 1997 qu’il fallait être
« vrai » à n’importe quel prix ? Comment dès lors s’étonner que cette
revendication d’authenticité vienne compliquer la réception de cet auteur ?
Toute société a ses points de moindre résistance, ses plaies. Mettez le doigt sur la
plaie, et appuyez bien fort. Creusez les sujets dont personne ne veut entendre parler.
L’envers du décor. Insistez sur la maladie, l’agonie, la laideur. Parlez de la mort, et de
l’oubli. De la jalousie, de l'indifférence, de la frustration, de l’absence d'amour. Soyez
abjects, vous serez vrais. 4
« Être vrai », telle semble être la mission que Houellebecq s’est donnée quitte à
être impitoyable ou déplaisant. L’objectif ici n’est pas d’étudier comment
l’auteur des Particules élémentaires analyse la société ni de voir quels effets
polémiques il crée dans et par ses textes 5, mais plutôt de s’interroger sur les
processus de cristallisation de ces multiples controverses littéraires, lesquelles
s’inscrivent certainement dans une tradition littéraire bien française qui
remonte au XIXe siècle. Soumission, le dernier roman de Michel Houellebecq
est la pierre de touche de l’analyse.
« Un roman qui salit celui qui le lit » 6 :
Lorsque Soumission est publié le 7 janvier 2015, en vérité le roman a déjà fait
parler de lui depuis longtemps. Présentons rapidement les faits. Il y a d’abord
le titre, dévoilé le 5 décembre 2014 dans Livres Hebdo 7, titre qui n’est pas sans
rappeler le court-métrage Submission de Theo van Gogh (avec la collaboration
d’Ayaan Hirsi Ali), dénonçant la situation des femmes dans l’Islam. Le
metteur en scène néerlandais a été assassiné le 2 novembre 2004 par un
islamiste radical. Soumission, qui doit son titre à la traduction du terme arabe
« islam », commence déjà à susciter quelques inquiétudes. Le 29 décembre
2014, le blog Aldus signale le piratage du roman de Houellebecq, photocopié à
partir d’un exemplaire imprimé (destiné fort probablement aux services de
presse) et circulant ainsi sur Internet en format PDF bien avant sa publication
légale 8. Il faut enfin rappeler le contexte terroriste de la réception de
Soumission : le lendemain de l’interview de Michel Houellebecq sur France 2 le
100
soir du 6 janvier 2015, la France est endeuillée par les attentats contre Charlie
Hebdo. Michel Houellebecq décide alors de suspendre la promotion de son
roman et de quitter Paris (selon la presse people, il se serait réfugié pendant une
semaine chez Jean-Louis Aubert, à la demande de la Préfecture de police 9). La
préfecture de police le place sous protection permanente. Les gros titres de la
presse écrite et les comptes rendus sur Internet ne manquent pas de relayer un
sentiment de malaise : Houellebecq et son livre seraient islamophobes,
racistes, haineux – bref : dangereux. D’où le constat de Joseph Voignac dans la
Revue des Deux Mondes : « Les Français ont tout de suite cherché à réfléchir aux
conséquences politiques de Soumission : beaucoup ont accusé Houellebecq de
faire le lit du Front National […] d’autres lui ont reproché de stigmatiser les
Français musulmans et de les provoquer – ce que la protection policière
renforcée de l’écrivain depuis lors tendrait à corroborer 10 ». Soumission est-il
« un livre qui salit celui qui le lit » ? Que les échos à l’étranger soient beaucoup
plus positifs et nuancés en dit probablement long sur le malaise français quant
à la question de l’identité nationale dans le débat public.
De quoi s’agit-il au fond ? D’abord d’une sorte de science-fiction politique.
L’action se passe dans une France déchirée et bientôt dirigée par Mohammed
Ben Abbes, leader de la Fraternité Musulmane, parti islamiste soutenu tout
aussi bien par la droite que par la gauche pour contrer le Front National.
Malgré ce front républicain, la Fraternité Musulmane remporte les élections
présidentielles de 2022 et accède au pouvoir. Pris entre la « décadence » de
l’Occident, la faillite de la laïcité et la montée de l’Islam, le personnage
principal – François – quadragénaire dépressif, professeur des universités et
spécialiste de l’œuvre de J.-K. Huysmans (1848-1907), mène une vie médiocre,
partagée entre YouPorn, (quand il ne fait pas appel à des prostituées) et plats
réchauffés au micro-ondes, cigarettes et alcool. « Victime d’une sorte
d’andropause » 11. Rien pourtant ne laissait présager une telle vacuité, ni sa
thèse sur Joris-Karl Huysmans ni l’ascension sociale qui a permis au petit
maître de conférences qu’il était de devenir professeur d’université. Il est vrai
que le trouble existentiel de François n’est pas sans rappeler le destin de Jean
des Esseintes, l’anti-héros maladif et excentrique d’À rebours (1884), lequel
finira par se convertir au catholicisme. Le protagoniste de Houellebecq suivra-
t-il le même trajet ? Car force est d’admettre que les deux vies partagent la
même trajectoire : « […] seule la littérature peut vous donner cette sensation
de contact avec un autre esprit, ses faiblesses et ses grandeurs, ses limitations,
ses petitesses, ses idées fixes, ses croyances » (13). À cette différence près que
ce n’est pas au christianisme que François se convertit (il l’a pourtant essayé 12)
mais à l’Islam. Par opportunisme, il faut l’avouer : dans une France où la
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polygamie est désormais la norme et où les enseignants de la Sorbonne sont
payés en pétrodollars, François n’aura d’ailleurs « rien à regretter » (300) de sa
volte-face.
Dans le sillage du réalisme
Quand – à propos de Soumission – L’Humanité du 29 janvier 2015, qualifie
Michel Houellebecq d’« obstiné secrétaire de la société, dans le sillage
balzacien 13 », le journal identifie une proximité revendiquée par Houellebecq
lui-même. En 2005, Balzac apparaît déjà comme l’écrivain modèle à l’aune
duquel se jauge la « qualité littéraire » :
[Balzac] est un type qui n’a pas lâché le dossier « état de la société ». L’ambition est
extrême. Désolé de le dire, mais je ne pense pas qu’il y ait eu une vraie révolution
depuis. Proust, ce n’est plus un roman. Il est sorti du cadre, complètement. Je crois
que Balzac a défini le type de manière définitive. Et puis Balzac m’est très utile. […]. Il
a brassé beaucoup plus d’émotions que moi. Bon, je ne suis pas encore mort, mais
pour l’instant c’est beaucoup moins bon que Balzac – il n’y a aucun doute. 14
Quelques années plus tard, Houellebecq n’hésite pas à renouveler ses propos
élogieux à l’adresse de l’écrivain réaliste non sans délégitimer un certain ex-
« nouveau romancier » :
Robbe-Grillet répétait-il contre toute évidence que Balzac correspondait à une période
de stérilité, de glaciation dans la littérature française ? Je portais immédiatement
Balzac au pinacle, affirmant qu’il était le deuxième père de tout romancier et que nul,
s’il n’avouait à Balzac allégeance et amour, ne pouvait prétendre avoir compris le
premier mot de l’art du roman. 15
Dans la presse étrangère, la filiation balzacienne voire réaliste ne passe pas
non plus inaperçue, loin s’en faut. Dans un compte rendu destiné au magazine
Knack, le critique belge Bart van Loo constate que Houellebecq procède comme
les grands auteurs réalistes et naturalistes du XIXe siècle : en commençant par
se documenter.
Tout comme Zola descendant dans les mines, Houellebecq, pour la préparation de
son roman, fait le tour des bureaux de la police judiciaire parisienne. Les expressions
creuses que l’on entend partout dans les journaux et à la télé, Houellebecq les met en
italique, tout comme Flaubert dans Madame Bovary : l’écho de la voix bourgeoise. À la
manière de Balzac Houellebecq peut interrompre son histoire pour disserter de façon
laconique et bon prof sur tel ou tel département français, sur le moustique ou sur un
plat régional. En même temps il observe le comportement humain d’un regard
typiquement balzacien : scrutant, notant et analysant comme un ethnologue. Son ton
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doux et contraignant, qu’il emploie pour avancer à la fois faits encyclopédiques et
notes ethnologiques, rehausse la véracité de l’histoire. Ou fait semblant de le faire. 16
Plus généralement, la critique houellebecquienne a identifié à maintes reprises
la parenté entre l’œuvre de Michel Houellebecq et les écrivains réalistico-
naturalistes français comme Balzac, Flaubert et Zola. Bruno Viard par
exemple, dans Les tiroirs de Michel Houellebecq, écrit après d’autres que « le
réalisme houellebecquien s’inscri[t] dans le sillage du réalisme balzacien » 17.
Rita Schober, elle, a identifié le lien très net entre l’auteur des Particules et
Émile Zola 18 comme celui d’un « néo-naturalisme provocateur » 19. La critique
semble ainsi insister à la fois sur les qualités de description et d’analyse que les
trois auteurs partagent – Balzac, Zola et Houellebecq « au milieu du monde » –
ainsi que sur le caractère en quelque sorte non-conformiste de leurs missions :
aller là où personne avant eux n’est allé, en décrivant la société dans tous ses
états, avec panache et sourire sardonique, prêt à affronter le mépris et la
discorde. Houellebecq aurait hérité du XIXe siècle ce goût de la controverse
appuyé par l’observation minutieuse de la société civile. Réalisme de
provocation en quelque sorte, qui semble situer Houellebecq encore davantage
du côté de Zola cum suis que de Balzac. Ainsi, selon Sandrine Rabosseau la
parenté entre les deux auteurs est on ne peut plus « évidente » : « La critique
du monde occidental, dans l’œuvre de Zola comme dans l’œuvre de
Houellebecq, est acerbe. Le refus d’un réalisme aux effets de manche
politiquement corrects, l’évocation de la misère sans le filet de la bonne
conscience sociale, la volonté de pratiquer systématiquement l’art de la
désillusion […] » 20. Autrement dit, considérant que la société se compose de
« deux faces » – pour reprendre un célèbre credo naturaliste – l’écrivain doit
non seulement être un « peintre de son temps » mais encore s’intéresser tout à
la fois aux « chairs roses » et aux « pustules vertes » comme le disait cet autre
écrivain (naturaliste) du XIXe siècle et dont il est tant question dans
Soumission : J.-K. Huysmans 21. Les « plaies » dont parle Michel Houellebecq
dans Rester vivant signent bien ce renouveau du naturalisme. Le réalisme non-
consensuel voire réactionnaire de Houellebecq et le naturalisme zolien voire
médanais 22 font donc bon ménage. « Tout cela » – pour citer de nouveau
Sandrine Rabosseau commentant la filiation zolienne – « ne va pas sans
provoquer quelques polémiques et agacements dans la presse et dans
l’opinion publique » 23. Entre l’auteur d’Extension et les auteurs naturalistes du
XIXe siècle français il existe une parenté autre que stylistique et thématique, à
savoir le rôle de la documentation dans le processus d’élaboration de la fiction
et la mise à mal du « héros ». On verra ici encore que l’idée et la représentation
de la controverse soutiennent activement la narration.
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De l’art de bien se documenter
Dans son compte rendu de La Carte et le territoire, le critique belge Bart van Loo
rappelle bien à quel point la collecte d’informations occupe une place
importante dans la préparation du roman houellebecquien. Elle exige une
enquête de terrain, activité comparable au « métier d’agent ou de police 24 »
selon la formule d’Edmond de Goncourt. Les excursions de Zola dans les
mines d’Anzin et de Denain (Germinal, 1885) ou sur les champs de bataille de
Sedan (La Débâcle, 1892) sont célèbres. Soumission ne semble pas procéder
autrement. Prenant comme personnage principal François, un spécialiste de J.-
K. Huysmans, l’auteur des Particules se donne comme objectif d’initier le
lecteur à la fin-de-siècle huysmansienne. Ainsi, par exemple, pour comprendre
(et peut-être mieux se représenter) le séjour de J.-K. Huysmans à Ligugé entre
1899 et 1901, Houellebecq s’y rend lui-même en 2013, ainsi que le rappelle
Dom Joël Letellier : « […] il avait réservé par mail. On a vu arriver un homme
mal fagoté, le frère qui l’a reçu à la porterie pensait que c’était un SDF […] Je
devais lui faire visiter les fouilles de Saint-Martin sous l’église paroissiale […]
mais il est parti plus tôt que prévu et je n’ai pas pu lui dire au revoir. Le
19 décembre par mail il m’a présenté ses excuses et souhaité d’heureuses fêtes
de la Nativité… » 25 Peut-on parler ici d’une sérieuse tentative de
documentation ? Le bref séjour ne sert-il pas plutôt à donner un peu de
couleur locale à certains passages du roman ? Les quelques pages de
Soumission consacrées à Ligugé sont en effet assez générales et offrent peu de
détails justifiant a posteriori une quelconque visite. Il n’empêche que la
« retraite » témoigne d’une certaine volonté houellebecquienne de
documentation. Qu’on ne s’y trompe pas, cette quête documentaire est aussi
instigatrice de controverses. Il suffit de rappeler ici la querelle autour du
roman de 2010 : Michel Houellebecq avait emprunté plusieurs textes de
l’encyclopédie en ligne Wikipédia en oubliant d’indiquer leur provenance.
C’est Vincent Glad qui sur le site de [Link] a démontré comment l’auteur de
La Carte a systématiquement recopié des fragments textuels consacrés par
exemple à la ville de Beauvais ou à la mouche domestique 26. Est-ce une
pratique illégale comme le veut l’auteur de l’article ? Ou plutôt un simple effet
de collage ou de pastiche ? Du moins un tel procédé est-il fort familier.
Rappelons par exemple l’accusation de la part du Voltaire en 1886 à l’adresse
d’Émile Zola : avec son roman L’Œuvre, consacré aux obsessions de la création
artistique, Zola aurait plagié Le Chef-d’œuvre inconnu de Balzac 27. Comme il n’y
a pas eu de procès, l’affaire en est restée là mais elle rappelle bien que la
littérature et le plagiat fraternisent depuis la nuit des temps. Le plagiat ne
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peut-il pas être aussi un emprunt créatif 28 ? Logique juridique et logique
littéraire ne s’entendent pas nécessairement ici. Si Zola a « copié » Balzac (ce
qui reste à démontrer, bien sûr), n’est-ce pas une façon de rendre hommage à
un prédécesseur et ainsi de s’inscrire dans la tradition réaliste du XIXe siècle
français 29 ? Il en est de même pour la transposition des documents littéraires
ou scientifiques que l’on retrouve partout chez Flaubert 30 ou chez Huysmans 31.
Certains y apprécient une malfaisance voulue et délictueuse, d’autres y
reconnaissent un hommage aux grands maîtres d’antan, un acte créateur ou
un effet de réel. Citons ici la réponse d’Émile Zola à une autre accusation de
plagiat de la part d’Auguste Dumont, directeur du Télégraphe, cette fois-ci à
propos de la publication de L’Assommoir (1877) :
Jusqu’à présent on m’a accusé de mentir dans L’Assommoir : voilà maintenant qu’on
va me foudroyer, parce qu’on s’aperçoit que je me suis appuyé sur les documents les
plus sérieux. Tous mes romans sont écrits de la sorte ; je m’entoure d’une
bibliothèque et d’une montagne de notes, avant de prendre la plume. Cherchez mes
plagiats dans mes précédents ouvrages, Monsieur, et vous ferez de belles
découvertes. Je m’étonne que les auteurs des dictionnaires d’argot que j’ai eus dans
les mains ne m’aient pas encore accusé de les avoir pillés ! Je m’étonne surtout que le
docteur V. Magnan ne m’ai pas fait un procès pour avoir emprunté tant de passages à
son beau livre De l’alcoolisme. Mon Dieu, oui ! j’ai pris dans ce livre tout le delirium
tremens de Coupeau ; j’ai copié des phrases que le docteur a entendues dans la bouche
de certains alcoolisés ; j’ai suivi ses observations de savant pas à pas, et certes, si vous
voulez bien comparer L’Assommoir à son ouvrage, vous trouverez la matière d’un
nouveau réquisitoire. 32
Or, n’est-ce pas la doxa réaliste elle-même qui veut rendre compte du « réel »
et du « contemporain » à partir d’une documentation abondante et sérieuse ?
Cette documentation a pour mission de convaincre le lecteur de la qualité et
du bien-fondé de son projet en incitant toutes les vérifications possibles.
Reprocher à Zola ou, dans le même ordre d’idée, à Houellebecq d’avoir repris
chez ses contemporains certains passages « techniques » sur le delirium tremens
ou sur la mouche domestique, c’est aussi méconnaître une tradition littéraire
qui a dominé une large part du XIXe siècle et dont Houellebecq se dit le fier
admirateur. Admiration sans feinte : « Je revendique l’idée qu’esthétiquement,
le XXe siècle n’a pas produit grand-chose. C’est un siècle médiocre. Le XIXe
siècle est le sommet de ce qu’a pu produire l’Occident. 33 » Autrement dit,
accuser Houellebecq de s’être appuyé sur certaines fiches Wikipédia pour
Soumission (Vincent Glad citant sur Twitter l’exemple de Cassandre, la
prophétesse grecque 34), c’est prendre pour du plagiat ce qui chez Houellebecq
n’est qu’une stratégie parmi d’autres de réalisme scripturaire – stratégie tout
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aussi fréquente chez Balzac ou Zola par exemple, quand des documents sont
reproduits tels quels dans le texte du roman. Ou, comme le constate Philippe
Hamon : « Le texte ne pouvant copier et reproduire que du texte, l’auteur
réaliste va, avec une prédilection particulière, prélever dans le réel les
éléments scripturaires de ce même réel ; la « copie » […] est, peut-être, la seule
pratique d’écriture vraiment réaliste 35 ».
Essayons de dire les choses d’une autre manière encore. Si la copie est la
« seule pratique d’écriture vraiment réaliste », l’action de copier la réalité, qui
n’est donc pas un plagiat au sens technique et juridique, peut-elle encore être
controversée à une époque où le copié collé est à la portée de tous et apparaît
comme le réflexe spontané de nos comportements quotidiens ? Imaginons
l’usage enthousiaste qu’un Zola aurait fait de Wikipédia. Puisque les données
sont disponibles, puisqu’on nous les jette à la figure, l’écrivain n’a-t-il pas la
liberté de s’en servir comme bon lui semble ? Le copié-collé est aussi une
manière efficace pour faire entrer « les choses du réel » dans la fiction et ainsi
activer l’imagination de l’écrivain. Il est en ce sens le tremplin de la création
littéraire. Faut-il, comme l’a fait Christine Angot, distinguer entre le « réel » et
la « réalité » et dénoncer Houellebecq et d’autres auteurs encore qui ne
s’occupent que de la surface des choses ? « Il ne s’intéresse pas au réel, qui est
caché, invisible, enfoui, mais à la réalité visible, qu’il interprète 36 ». Cette
distinction, à vrai dire, ne nous mène pas très loin et rappelle à bien des égards
la remarque d’Émile Zola dans un contexte relativement similaire : « Je ne suis
pas un archéologue qui dissèque les monuments, je ne suis qu’un artiste. Je
regarde et j’observe pour créer, non pour copier » 37.
Le célibataire
Disons ici un mot du personnage du célibataire, figure omniprésente dans
l’œuvre de Houellebecq et qui apparaît également dans Soumission. Pourrait-il
en être autrement ? Un roman mettant en scène un spécialiste de l’œuvre de J.-
K. Huysmans ne peut être écrit que du « point de vue célibataire ». Ce sont en
effet les vieux garçons qui peuplent l’univers huysmansien, à l’image de leur
créateur. C’est J.-K. Huysmans qui, en introduisant le célibataire dans un
contexte naturaliste – pensons au peintre Cyprien Tibaille dans En ménage
(1880) ou encore au petit employé Jean Folantin dans À vau-l’eau (1882) –, a
battu en brèche une littérature dépeignant une certaine forme de
société bourgeoise, avec ses familles heureuses, ses mariages amoureux et ses
repas conviviaux. Mais il ne fut pas le seul : avec l’intérêt pour les êtres
inconsistants, défaits par leur propre médiocrité, « les romanciers
réalistes/naturalistes ont souvent créé des héros célibataires 38 ». Ce célibataire
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occupe une position singulière dans la constellation romanesque de la fin du
XIXe siècle : « À l’inverse du héros bourgeois, [les héros célibataires] voient la
société de l’extérieur : ils lui sont à la fois étrangers et supérieurs 39 ». Chez J.-K.
Huysmans, cette étrangeté se fait bien sentir : le personnage célibataire a peu
de passions, ses relations amoureuses sont éphémères ou inexistantes.
N’ayant pas de famille il est voué aux menus plaisirs des restaurants ou aux
repas mal préparés, il vit dans un Paris qu’il observe mais qui lui est hostile,
ses propos sont misogynes, anticléricaux, pessimistes, etc. Quant à sa
profession, il est « rentier, petit fonctionnaire, médecin sans conviction, artiste
sans œuvre 40 ». Ce statut singulier du personnage huysmansien a soulevé
maints commentaires de la part de ses contemporains, ce qui a permis à
l’écrivain de constater dans son autoportrait de 1885 qu’un « des grands
défauts des livres de M. Huysmans, c’est, selon moi, le type unique qui tient la
corde dans chacune de ses œuvres. 41 » Le défaut, ici, doit être compris en un
sens ironique : le type unique constitue la force de l’univers huysmansien, il
est pour ainsi dire la conditio sine qua non de la quotidienneté célibataire. Et
comme le célibataire huysmansien vit aux confins de la société, il est à même
non seulement d’observer la transformation de son Paris fin-de-siècle « en un
Chicago sinistre » 42 mais encore de fuir à temps cette société qui le répugne.
Il en est de même chez Houellebecq. On lui a souvent reproché de créer
des personnages célibataires lâches, indifférents et irresponsables, sans lien
véritable avec la société dans laquelle ils vivent. Leurs propos sont souvent
considérés comme haineux, grincheux, racistes et provocateurs. Plusieurs
commentateurs s’attardent également sur le lien supposé entre l’auteur et le
personnage principal 43. Ainsi, en 1998, dans une interview avec L’Événement du
jeudi, le journaliste pose la question suivante : « Vos personnages expriment
des idées qui […] peuvent scandaliser, qu’il s’agisse de points de vue
politiques, de racisme, d’exclusion. Jusqu’où partagez-vous ces positions ? 44 »
Houellebecq, quant à lui, a toujours essayé de contourner la question des
propos de ses personnages. Et de répondre en l’occurrence : « Mais ils n’ont
pas de points de vue politiques. Ils s’en foutent. » Il aurait pu opportunément
ajouter : ils observent, et c’est tout. Si cela crée la controverse, tant pis (ou tant
mieux). De là aussi ce constat lors de l’émission de France 2 le soir du 6 janvier
2015 : « Je ne peux pas dire que j’aime la polémique, mais je ne fais pas non
plus d’effort pour l’éviter. »
C’est la position de l’observateur qui joue un rôle important dans
l’univers houellebecquien. Dans Soumission, François, se déclarant « aussi
politisé qu’une serviette de toilette » (50), se présente fin commentateur de
l’actualité politique. Il suit les présidentielles et contemple la société après la
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victoire de Mohammed Ben Abbes. Dans un premier temps, « le changement
de régime politique n’avait pas laissé de trace visible dans le quartier. » (175)
Mais c’est en se promenant dans les centres commerciaux qu’il se rend compte
qu’une première transformation, « un basculement objectif », a eu lieu : toutes
les femmes sont en pantalon, « la contemplation du cul des femmes, minime
consolation rêveuse, était elle aussi devenue impossible » (177). Puis il constate
qu’à l’Université de Paris-Sorbonne – fraichement islamisée par les Saoudiens
– que les secrétaires sont désormais voilées et que ses collègues sont
« soumis » et mariés à plusieurs étudiantes musulmanes. Or, le fait que
Houellebecq ne prenne pas de véritable position à propos d’une France qui
perd son identité laïque a suscité beaucoup de commentaires dans la presse
française. L’auteur lui-même garde son calme : « Je capte une situation, c’est
tout. Je parviens à capter parce que je n’ai pas d’a priori, je suis neutre » 45.
Revendiquant une sorte de neutralité capable de le positionner sur le bord de
la société civile, le discours de Houellebecq est à l’image de son personnage (et
vice versa). Ce degré zéro de l’engagement politique et de l’empathie est
récurrent dans les fictions françaises contemporaines, comme le constate
Michel Brion : « le personnage contemporain ne cherche plus à rétablir le lien
avec la société : il s’invente un point de vue extérieur d’où regarder librement
les ruines du monde » 46. François voit effectivement la France « évoluer en
profondeur » (201) et sombre lui-même dans une dépression profonde qui le
reclus encore davantage sur lui-même, dans la position par excellence de
l’observateur douloureux : « L’humanité ne m’intéressait pas, elle me
dégoûtait même, je ne considérais nullement les humains comme mes frères. »
(207)
De ce point de vue et pour finir, la figure du célibataire empruntée à
l’œuvre de J.-K. Huysmans, n’est pas sans rapport avec l’interprétation des
controverses chez Michel Houellebecq. Elle en est l’un des agents. Dispositif
que celui-ci revendique comme tel : le célibataire est le contraire d’un héros,
un anti-héros, il ne prend pas position mais laisse faire. Or ce comportement,
cette sorte d’indifférence « scandaleuse » face à la crise du réel, de la nation, de
l’identité « bien française » sont utilisés dans le but de créer comme un
agacement chez le lecteur : pourquoi laisse- t-il faire ? Pourquoi n’entreprend-
il rien ? La réponse serait : parce que Michel Houellebecq a volontairement
utilisé ce type de personnage dans le but de créer un effet tout particulier ; le
texte est inconfortable à mesure que le personnage est antipathique. Mais il y
a, en même temps, dans les textes de Houellebecq, quelque chose comme une
antipathie révélatrice : ce qui ne nous plaît pas, nous fait réfléchir. En somme,
nous sommes toujours à l’époque du naturalisme zolien : la représentation des
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faits, leur mise en roman, rebute et c’est précisément cette résistance qui est
pensée par le roman et qui un peu paradoxalement nous aide à mieux
comprendre le monde dans lequel nous vivons.
Notes
1. Le Point, « La polémique Houellebecq au-delà des frontières », 6 janvier 2015.
2. « Le talent de l’auteur, sa force visionnaire nous entraînent sur un terrain ambigu et
glissant » (Soumission, Paris, Flammarion, 2015).
3. Marc Fumaroli, « Houellebecq : baromètre social », Le Point, 18 août 2005, p. 63.
4. Michel Houellebecq, Rester vivant : méthode, Paris, Flammarion, 1997, p. 26.
5. Nous renvoyons le lecteur à l’article de Louise Moor, « Posture polémique ou polémisation
de la posture ? Le cas de Michel Houellebecq », COnTEXTES, no. 10, 2012
([Link] consulté le 9 novembre 2015).
6. Christine Angot, « C’est pas le moment de chroniquer Houellebecq », Le Monde, 14 janvier
2015 ([Link] [Link]/rendez-vous/presse/christine-angot-c%E2%80%99est-
pas-le-moment-de-chroniquer-houellebecq, consulté le 14 novembre 2015).
7. « Le prochain Michel Houellebecq aura pour titre ‘‘Soumission’’ », Livres Hebdo, no. 1021, 5
décembre 2014 ([Link]
pour-titre-soumission, consulté le 14 novembre 2015).
8. « Houellebecq : ‘‘Soumission’’ circule déjà sur les réseaux », Aldus, 29 décembre 2014
([Link] [Link]/mon_weblog/2014/12/houellebecq-soumission-circule-
d%C3%A9j%C3%A0-sur-les-r%C3%A9seaux. Html, consulté le 14 novembre 2015).
9. « Michel Houellebecq s’est réfugié chez Jean-Louis Aubert après l’attentat à ‘‘Charlie
Hebdo’’ », Closer Magazine, 24 mars 2015 ([Link]
francais/michel-houellebecq-s-est-refugie-chez-jean-louis-aubert-apres-l-attentat-a-charlie-
hebdo-483370, consulté le 17 novembre 2015).
10. Joseph Voignac, « Michel Houellebecq : le monde anglophone réagit à Soumission », Revue
des Deux Mondes, 29 octobre 2015 ([Link]
le-monde-anglophone-reagit-a-soumission/, consulté le 14 novembre 2015).
11. Michel Houellebecq, Soumission, Paris, Flammarion, 2015, p. 25. Toutes nos références
dans le texte sont empruntées à cette édition.
12. Houellebecq aurait pensé à intituler son roman La Conversion (« Michel Houellebecq
assure ne pas chercher à provoquer avec Soumission », L’Express, 4 janvier 2015,
[Link]
dans-son-dernier-livre_1637205.html, consulté le 23 novembre 2015).
13. « Michel Houellebecq, bonjour tristesse », L’Humanité, 29 janvier 2015
([Link] consulté le 27
septembre 2015).
14. « En toutes lettres », propos recueillis par Sylvian Bourmeau, Les Inrockuptibles. Hors série
Houellebecq, 2005, p. 10.
15. Michel Houellebecq, Interventions 2, Paris, Flammarion, 2009, p. 278.
16. « Michel Houellebecq – De Kaart en het gebied », Knack, 6 juillet 2011
([Link] boeken/michel-houellebecq-de-kaart-en-het-gebied/article-
[Link], consulté le 30 septembre 2015). « Net zoals Zola ooit in de koolmijnen
afdaalde, zo laat Houellebecq zich ter voorbereiding van deze roman rondleiden in de
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kantoren van de Parijse recherche. Uitgesleten uitdrukkingen die je te pas en te onpas in
kranten en op tv ziet opduiken, zet Houellebecq cursief, net als Flaubert in Madame Bovary:
de echo van de stem van het volk. Geheel in de stijl van Balzac kan Houellebecq zijn verhaal
onderbreken om laconiek docerend uit te weiden over een of ander Frans departement, de
mug of een streekgerecht. Tegelijkertijd bekijkt hij de menselijke gedragingen met een
typisch balzaciaanse blik: observerend, noterend en analyserend als een etnoloog. De zacht
dwingende toon waarmee de auteur zowel encyclopedische feiten als etnologische notities
aandraagt, krikt het waarheidsgehalte van het verhaal op. Of het geeft alvast die indruk ».
17. Bruno Viard, Les tiroirs de Michel Houellebecq, Paris, PUF, 2013, p. 140.
18. Rita Schober, « Renouveau du réalisme ? ou de Zola à Houellebecq ? », in La représentation
du réel dans le roman. Mélanges offerts à Colette Becker, Paris, Éditions Oséa, 2002, p. 333-344.
19. Rita Schober, « Vision du monde ou théorie du roman : à propos de Michel
Houellebecq », in Le roman français au tournant du XXIe siècle, éd. Bruno Blanckeman, Aline
Mura-Brunel et Marc Dambre, Paris, Presses de la Sorbonne nouvelle, 2004, p. 515.
20. Sandrine Rabosseau, « Michel Houellebecq ou le renouveau du roman expérimental », in
Michel Houellebecq sous la loupe, éd. Muriel Lucie-Clément et Sabine van Wesemael,
Amsterdam/New York, Rodopi, coll. « Faux titre », 2007, p. 45.
21. J.-K. Huysmans, « Émile Zola et ‘‘L’Assommoir’’ », L’Actualité, 18 mars 1876, in Sylvie
Thorel-Cailleteau, Zola. Mémoire de la critique, Paris, PUPS, 1998, p. 87.
22. C’est en 1880 qu’un soi-disant manifeste naturaliste est publié sous le titre Les Soirées de
Médan, un recueil collectif contenant six nouvelles de la main d’Émile Zola, le chef de file, et
de cinq jeunes auteurs : Paul Alexis, Henry Céard, Léon Hennique, J.-K. Huysmans et Guy
de Maupassant.
23. Sandrine Rabosseau, art. cit., p. 45.
24. Edmond et Jules de Goncourt, Journal, Paris, Robert Laffont, 2004, tome II, p. 476 (3
décembre 1871).
25. « Quand Michel Houellebecq faisait retraite à Ligugé », La Nouvelle Ré[Link], 7 février
2015 (http:// [Link]/Vienne/Actualite/24-
Heures/n/Contenus/Articles/2015/02/07/Quand-Michel-Houellebecq-faisait-retraite-a-Liguge-
2213689, consulté le 6 novembre 2015).
26. Vincent Glad, « La possibilité d’un plagiat », [Link], 1 septembre 2010
([Link] wikipedia-plagiat-michel-houellebecq-carte-territoire,
consulté le 28 octobre 2015).
27. « Un nouveau plagiat », Le Voltaire, 3 mai 1886.
28. « […] Quant à l’écrivain qui ne prend chez les autres que ce qui lui est convenable et
profitable, et qui sait choisir, c’est un honnête homme » (Anatole France, Apologie pour le
plagiat, Paris, Les Éditions du Sonneur, 2013 (1924), p. 14-15).
29. Qu’on se rappelle ici la remarque du jeune Zola en 1867 : « – À propos, avez-vous lu tout
Balzac ? Quel homme ! Je le relis en ce moment. Il écrase tout le siècle. Victor Hugo et les
autres – pour moi – s’effacent devant lui. Je médite un volume sur Balzac, une grande étude,
une sorte de roman réel » (lettre d’Émile Zola à Anthony Valabrègue du 29 mai 1867, in
Correspondance, t. I, sous la direction de B.H. Bakker, Montréal et Paris, Presses de
l'Université de Montréal et Éditions du CNRS, 1978, p. 501).
30. Citons par exemple Philippe Jousset, « Flaubert lecteur de Montaigne », Flaubert, no. 2,
2009 (http:// [Link]. org/848, consulté le 29 octobre 2015).
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31. Cf. Stéphanie Guérin-Marmigère, « L’encyclopédie médiévale dans La Cathédrale de Joris-
Karl Huysmans : contamination et hybridation génériques », in Huysmans et les genres
littéraires éd. Gilles Bonnet et Jean-Marie Seillan, Rennes, Presses Universitaires de Rennes,
2010.
32. Lettre d’Émile Zola à Auguste Dumont du 16 mars 1877, in Correspondance, t. II, pp. 548-
549.
33. Agathe Novak-Lechevalier, « La possibilité d’un XIXe siècle », entretien avec Michel
Houellebecq, Le Magasin du XIXe siècle, no 1., octobre 2011, p. 7-21.
34. Vincent Glad (@vincentglad), « Sacré Houellebecq, il n’a pas pu s’empêcher
#Soumission », tweet du 29 décembre 2014, 09h19.
35. Philippe Hamon, Texte et idéologie, Paris, PUF, coll. « Écriture », 1984, p. 126.
36. Christine Angot, « C’est pas le moment de chroniquer Houellebecq », Le Monde, 14 janvier
2015.
37. Lettre d’Émile Zola à Scipio Sighele, sans date, in Colette Becker, Zola : le saut dans l’étoile,
Paris, Presses de la Sorbonne nouvelle, 2002, p. 114.
38. Philippe Hamon et Alexandrine Viboud, Dictionnaire thématique du roman de mœurs en
France 1814-1914, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2008, volume 1, p. 204.
39. Jean-Pierre Bertrand et al., Le roman célibataire. D’À Rebours à Paludes, Paris, José Corti,
1996, p. 178.
40. Jean Borie, Huysmans. Le Diable, le célibataire et Dieu, Paris, Grasset, 1991, p. 49.
41. Anna Meunier (pseud. de J.-K. Huysmans), « J.-K. Huysmans », Les Hommes d’aujourd’hui,
no. 263, 1885, in J.-K. Huysmans, En marge, études et préfaces réunies et annotées par Lucien
Descaves, Boulogne, Du Griot, 1991, p. 68.
42. J.-K. Huysmans, À vau-l’eau, Tusson, Du Lérot, 2001, p.
43. « Comme d’habitude, les jugements de valeur sur la personne de Houellebecq se mêlent à
ceux que suscitent ses personnages » (« Michel Houellebecq : ‘‘Je ne suis plus athée’’ », La Vie,
28 janvier 2015, [Link] [Link]/culture/livres/michel-houellebecq-je-ne-suis-plus-athee-
27-01-2015-59984_30.php, consulté le 24 novembre 2015).
44. In : « Houellebecq et Les Particules élémentaires : ‘‘le racisme, c’est de la foutaise’’ », Le
Figaro, 29 décembre 2014 ([Link]
20141229ARTFIG00127-houellebecq-et-les-particules-elementaires-le-racisme-c-est-de-la-
[Link], consulté le 24 novembre 2015).
45. « Michel Houellebecq : ‘‘La République est morte’’ », Le Nouvel Observateur, 6 janvier 2015
(http:// [Link]/culture/20150105.OBS9312/michel-houellebecq-la-
[Link], consulté le 26 novembre 2015).
46 Michel Biron, « L’effacement du personnage contemporain : l’exemple de Michel
Houellebecq », Études françaises, volume 41, no 1, 2005, p. 41.
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