ALEXANDRE LE GRAND
ALEXANDRE LE GRAND
PLAN :
INTRODUCTION :
I-LE PARCOURS D'UN JEUNE ROI EXCEPTIONNE
1/ JEUNESSE ET FORMATION
2/ ACCESSION AU POUVOIR
II- LES GRANDES CONQUÊTES D'ALEXANDRE
1/ LA GUERRE CONTRE L'EMPIRE PERDE
2/ LA CONQUÊTE VERS L'EST
III-L'HÉRITAGE D'ALEXANDRE
1/ LA NAISSANCE DU MONDE HELLÉNISTIQUE
2/ LA DIVISION DE SON EMPIRE ENTRE SES GÉNÉRAUX
CONCLUSION :
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ALEXANDRE LE GRAND
Introdu
ction :
Alexandre le Grand, né en 356 av. J.-C., est l’un des souverains les plus remarquables de l’Antiquité.
Héritier du trône de Macédoine à la mort de son père Philippe II, il reçoit une éducation prestigieuse
sous la tutelle d’Aristote et développe très tôt des qualités exceptionnelles de stratège et de meneur
d’hommes. En un peu plus d’une décennie, il parvient à renverser l’Empire perse, à soumettre de
vastes territoires allant de la Grèce jusqu’aux confins de l’Inde, et à jeter les bases d’un monde
nouveau fondé sur la rencontre des civilisations grecque et orientale. Son ambition dépasse le simple
cadre militaire, puisqu’il œuvre également à la diffusion de la culture hellénique à travers ses
conquêtes. Mort prématurément à l’âge de 32 ans, Alexandre laisse un empire immense et un
héritage durable, qui marquera profondément le monde antique par l’avènement de la civilisation
hellénistique.
I-LE PARCOURS D'UN JEUNE ROI EXCEPTIONNE :
Dès son jeune âge, Alexandre bénéficie d’une éducation remarquable, intellectuelle et militaire,
dispensée notamment par le philosophe Aristote. Héritier du royaume de Macédoine, il fait preuve
d’un talent précoce pour la stratégie et le commandement. Devenu roi à vingt ans après l’assassinat
de son père Philippe II, il s’impose rapidement comme un souverain énergique, réprimant les
révoltes grecques et unifiant les cités sous son autorité. Ce parcours brillant le prépare à
entreprendre la grande expédition contre l’Empire perse, marquant ainsi le début de son épopée
impériale.
1/ JEUNESSE ET FORMATION :
Alexandre le Grand, né en 356 av. J.-C. à Pella, la capitale de la Macédoine, est l’héritier d’un
royaume en pleine ascension et d’un projet politique ambitieux amorcé par son père, le roi Philippe
II. Ce dernier, stratège habile et réformateur militaire de génie, avait réussi à transformer la
Macédoine en une puissance hégémonique dans le monde grec grâce à une armée disciplinée, une
diplomatie habile et une centralisation du pouvoir royal. Sa mère, Olympias, issue de la royauté
d’Épire, était une femme de caractère, profondément religieuse, imprégnée de cultes mystiques et
convaincue que son fils était destiné à un destin exceptionnel, voire divin. Dès sa naissance,
Alexandre est ainsi perçu comme un être à part, élevé dans la conviction qu’il est l’élu des dieux, et
cette idée le suivra toute sa vie, nourrissant son ambition sans limite. Conscient du potentiel de son
fils, Philippe lui accorde une éducation digne des plus grands princes : à l’âge de treize ans, il confie
sa formation intellectuelle au philosophe Aristote, l’un des esprits les plus brillants de la Grèce
antique. Durant plusieurs années, Aristote lui enseigne non seulement la philosophie, la logique, la
rhétorique, la politique et la morale, mais aussi les sciences naturelles, la médecine, la géographie et
surtout la littérature homérique, en particulier l’Iliade, dont Alexandre ne se séparera jamais. Ce
contact prolongé avec la pensée grecque classique forge en lui une intelligence vive, un jugement fin,
un esprit critique et un idéal moral nourri des valeurs héroïques. Parallèlement à cette formation
intellectuelle, il reçoit une éducation physique et militaire rigoureuse : il apprend l’art de la guerre,
l’équitation, la stratégie et la gestion des hommes, accompagnant son père sur les champs de bataille
et observant de près les rouages du pouvoir. Dès l’adolescence, il montre un tempérament
audacieux, une grande capacité de décision et un charisme naturel qui lui valent l’admiration de ses
pairs. À seize ans, Philippe lui confie la régence du royaume pendant une campagne, preuve de la
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confiance qu’il lui accorde ; deux ans plus tard, il se distingue brillamment à la bataille de Chéronée
en commandant la cavalerie macédonienne. Cette double formation, à la fois intellectuelle et
martiale, fait d’Alexandre un être exceptionnellement préparé à gouverner et à conquérir. Lorsqu’en
336 av. J.-C., Philippe II est assassiné dans des circonstances troubles, Alexandre, alors âgé de vingt
ans, prend le pouvoir sans difficulté majeure, éliminant les rivaux potentiels et consolidant son
autorité. Porté par l’héritage de son père, inspiré par l’idéalisme d’Aristote et habité par un
sentiment profond de mission divine, il s’apprête à entreprendre l’une des épopées les plus
extraordinaires de l’histoire : la conquête de l’Asie, la fusion des cultures et la diffusion de
l’hellénisme à l’échelle du monde connu.
2/ ACCESSION AU POUVOIR :
L’accession au pouvoir d’Alexandre le Grand en 336 av. J.-C. constitue un tournant décisif dans
l’histoire de la Macédoine et du monde antique. À cette date, son père, le roi Philippe II, est
brutalement assassiné à Aigai lors du mariage de sa fille Cléopâtre, dans des circonstances encore
aujourd’hui sujettes à débat. Certains historiens évoquent un complot de la noblesse macédonienne,
d’autres la responsabilité d’Olympias, voire d’Alexandre lui-même, bien que cela reste incertain. À
seulement vingt ans, Alexandre se retrouve soudainement propulsé au sommet d’un royaume
puissant mais encore instable, où de nombreuses menaces pèsent sur sa légitimité. En effet, à la
mort de Philippe, plusieurs factions nobles remettent en cause l’accession d’un jeune prince au
trône, d’autant plus qu’Alexandre n’est pas le seul héritier possible. Pour consolider son pouvoir, il
agit avec rapidité, détermination et parfois brutalité : il fait exécuter ou neutraliser tous les
prétendants rivaux, y compris des membres de sa propre famille, et s’assure du soutien de l’armée
macédonienne en s’adressant directement à ses vétérans, qui avaient combattu aux côtés de
Philippe. Il obtient leur reconnaissance en rappelant son courage à Chéronée et en se présentant
comme le digne successeur de son père. Une fois son autorité confirmée en Macédoine, il doit faire
face à l’agitation des cités grecques du sud, notamment Athènes et Thèbes, qui espèrent profiter de
la mort de Philippe pour recouvrer leur indépendance. Alexandre réagit avec une énergie fulgurante :
il marche rapidement vers le sud à la tête de son armée, contraignant les cités rebelles à se
soumettre et confirmant la domination macédonienne sur la Grèce. Il est élu chef de la Ligue de
Corinthe, héritant du commandement suprême que son père avait obtenu pour la future expédition
contre l’Empire perse. Ce succès politique et militaire précoce témoigne de son habileté stratégique
et de son sens du pouvoir. Par son charisme, sa capacité à inspirer la crainte autant que l’admiration,
et son habileté à manier la force et la diplomatie, Alexandre parvient, en quelques mois, à stabiliser
son royaume, à mater toute opposition et à se faire reconnaître comme le nouveau maître
incontesté de la Macédoine et de la Grèce. Ainsi, son accession au pouvoir ne se limite pas à une
simple succession dynastique, mais représente un acte de fondation, une prise de pouvoir
audacieuse, à la fois violente et habile, qui marque le début d’une des carrières les plus fulgurantes
de l’histoire.
II- LES GRANDES CONQUÊTES D'ALEXANDRE :
À partir de 334 av. J.-C., Alexandre lance une campagne militaire contre l’Empire perse, qu’il bat
successivement à Granique, Issos et Gaugamèles, jusqu’à la mort de Darius III. Il s’empare alors des
principales capitales perses et devient maître d’un vaste empire. Mais son ambition l’amène à
poursuivre sa conquête vers l’Est : il franchit l’Hindou Kouch, soumet la Bactriane, puis envahit le
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nord de l’Inde, où il triomphe du roi Poros. Malgré les difficultés du retour à travers le désert, il
rentre victorieux à Babylone. Son épopée, marquée par une stratégie brillante et une vision impériale
inédite, transforme profondément le monde antique.
1/ LA GUERRE CONTRE L'EMPIRE PERDE :
Une fois la Grèce pacifiée, Alexandre le Grand se lance dans le projet grandiose qu’avait conçu son
père : vaincre l’Empire perse, puissance dominante du Proche-Orient depuis plusieurs siècles. En 334
av. J.-C., il traverse l’Hellespont avec une armée d’environ 35 000 hommes, composée de
Macédoniens, de Grecs et d’alliés. Sa première confrontation avec les forces perses a lieu au bord du
fleuve Granique, en Asie Mineure. Il remporte une victoire éclatante, qui lui permet d’ouvrir la voie
vers l’Anatolie, où il s’empare progressivement des cités grecques sous domination perse. En 333 av.
J.-C., la grande bataille d’Issos l’oppose directement à Darius III, le roi perse. Bien que largement
inférieur en nombre, Alexandre applique une stratégie de choc rapide et coordonné, réussissant à
percer le centre de l’armée perse. Darius prend la fuite, abandonnant sa famille à Alexandre, qui les
traite avec honneur. Ce geste politique renforce son image de roi magnanime et [Link]ès la prise
de plusieurs villes phéniciennes, Alexandre poursuit sa route vers l’Égypte, où il est accueilli comme
un libérateur par la population locale, lassée de la domination perse. Il y fonde Alexandrie en 331 av.
J.-C., une cité qui deviendra l’un des plus grands centres intellectuels et commerciaux de
l’Antiquité.Mais l’objectif principal reste la destruction définitive de l’Empire perse. En 331 av. J.-C., à
Gaugamèles (près de l’actuel Mossoul en Irak), Alexandre livre la bataille décisive contre Darius III.
Grâce à une habile manœuvre de diversion et à l’usage efficace de la cavalerie macédonienne, il
inflige une défaite irréversible à l’armée perse. Darius s’enfuit une fois de plus, mais cette fois, il est
assassiné par ses propres satrapes en 330. Alexandre se présente alors comme le successeur légitime
du Grand Roi, héritier du trône perse. Il entre dans les grandes capitales impériales : Suse, Persépolis
et Ecbatane, où il prend possession des trésors colossaux amassés par les rois achéménides. La
guerre contre la Perse est désormais gagnée : Alexandre est le maître d’un empire immense, de la
mer Égée jusqu’au cœur de l’Asie.
2/ LA CONQUÊTE VERS L'EST :
Malgré la victoire sur l’Empire perse, Alexandre n’est pas rassasié. Son ambition dépasse largement
la reconquête de l’espace grec : il veut aller plus loin, explorer et dominer les terres inconnues de
l’Orient. Il poursuit donc sa marche vers l’est, franchissant l’Hindou Kouch et pénétrant en Bactriane,
région difficile d’accès et peuplée de peuples farouchement indépendants. Là, il mène des
campagnes longues et éprouvantes pour soumettre les résistances locales, notamment celles des
chefs bactriens et sogdiens. C’est aussi dans cette région qu’il épouse Roxane, fille d’un noble
sogdien, dans un geste à la fois politique et symbolique visant à rapprocher les cultures grecque et
orientale. Alexandre adopte certaines coutumes perses, ce qui suscite des tensions au sein de son
armée, notamment parmi les officiers macédoniens qui refusent de le voir s’orientaliser. Mais pour
lui, il s’agit de construire un empire uni, dans lequel les peuples conquis ne seraient pas seulement
soumis, mais intégré[Link] 326 av. J.-C., Alexandre franchit l’Indus et atteint la vallée de l’Hydaspe,
dans le nord de l’Inde actuelle. Il y affronte le roi Poros, à la tête d’une puissante armée
accompagnée d’éléphants de guerre. La bataille est rude, mais Alexandre l’emporte grâce à une
habile manœuvre de franchissement du fleuve en pleine nuit. Impressionné par la bravoure de
Poros, il le laisse gouverner son royaume en tant qu’allié. Cependant, l’expédition touche à ses
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limites : les soldats d’Alexandre, fatigués, nostalgiques et découragés par les pluies de mousson et les
combats incessants, refusent d’avancer davantage. Alexandre doit se résoudre à rebrousser chemin.
Le retour vers l’ouest est difficile : il choisit de traverser le désert de Gedrosie (aujourd’hui le sud du
Pakistan), une décision funeste qui coûte la vie à une grande partie de son armée, décimée par la
chaleur, la soif et la faim. Malgré ces pertes, Alexandre rentre à Babylone en 324 av. J.-C. en
conquérant victorieux, mais affaibli. Il poursuit son projet d’unification impériale, encourageant les
mariages mixtes, recrutant des soldats asiatiques, et préparant de nouvelles expéditions vers
l’Arabie. Mais le destin en décidera autrement : en 323 av. J.-C., à l’âge de 32 ans, Alexandre meurt
subitement, laissant derrière lui un empire immense mais fragile, et une légende immortelle.
III-L'HÉRITAGE D'ALEXANDRE :
À sa mort, Alexandre le Grand laisse un empire immense qui se divise rapidement entre ses
généraux. Son héritage principal est la création du monde hellénistique, caractérisé par la diffusion
de la culture grecque à travers l’Orient, favorisant un riche métissage culturel et scientifique. Même
si son empire politique s’effondre, son influence culturelle et intellectuelle perdure pendant plusieurs
siècles.
1/ LA NAISSANCE DU MONDE HELLÉNISTIQUE :
La mort d’Alexandre le Grand, survenue en 323 avant J.-C., met brutalement fin à une des carrières
militaires les plus fulgurantes de l’Antiquité. Pourtant, c’est précisément cet événement tragique qui
donne naissance à une période nouvelle, celle de l’hellénisme, qui s’étendra sur près de trois siècles.
Le monde hellénistique désigne ainsi l’ensemble des royaumes et des sociétés qui se développent à
la suite des conquêtes d’Alexandre, où la civilisation grecque rencontre et se mêle aux cultures
orientales. L’empire d’Alexandre, bien que vaste, n’était pas structuré comme un État unifié mais
plutôt comme une superposition de régions conquises, chacune dotée de sa propre histoire et de ses
propres traditions. La disparition du souverain macédonien crée un vide politique immense, mais
aussi une opportunité pour la diffusion culturelle. La langue grecque, déjà langue de l’élite
intellectuelle et commerciale, devient la langue commune, facilitant la communication entre peuples
aussi différents que les Grecs, les Égyptiens, les Perses et les Indiens. Ce processus de diffusion
culturelle s’accompagne d’une profonde transformation des sociétés. Dans les grandes villes fondées
ou développées sous Alexandre, comme Alexandrie en Égypte, Antioche en Syrie ou Pergame en Asie
Mineure, les centres urbains deviennent des foyers d’innovation intellectuelle, artistique et
scientifique. La bibliothèque d’Alexandrie, en particulier, symbolise cette quête de savoir
encyclopédique, rassemblant des manuscrits venus de tout le bassin méditerranéen et au-delà.
Philosophes, mathématiciens, médecins et astronomes bénéficient d’un environnement propice à la
recherche, ce qui favorise des progrès majeurs dans leurs domaines. Au-delà de la simple diffusion
grecque, le monde hellénistique se caractérise par un métissage culturel inédit : les pratiques
religieuses, artistiques et même politiques s’enrichissent mutuellement. On observe ainsi l’apparition
de cultes syncrétiques, mêlant dieux grecs et divinités locales, ainsi qu’un art qui combine des
éléments classiques et orientaux. Cette période est aussi marquée par un changement dans les
rapports sociaux et politiques : l’émergence de monarchies hellénistiques où le pouvoir royal est
souvent absolutiste, à la différence des cités-États grecques antiques. Ainsi, l’héritage d’Alexandre
dépasse largement la simple conquête militaire. Par la création du monde hellénistique, il inaugure
une ère de transformations culturelles et sociales majeures, qui influenceront durablement le bassin
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méditerranéen et les régions voisines. Cet héritage perdurera même après la disparition progressive
des royaumes hellénistiques, notamment par la transmission des savoirs à Rome et, plus tard, à la
civilisation occidentale moderne.
2/ LA DIVISION DE SON EMPIRE ENTRE SES GÉNÉRAUX
À la mort d’Alexandre, la question de sa succession est d’autant plus épineuse que son fils, Alexandre
IV, est encore un enfant et que sa femme Roxane est enceinte. En l’absence d’un pouvoir central
fort, ses généraux, appelés les diadoques (les successeurs), se disputent rapidement la maîtrise de
l’empire. Cette lutte pour le pouvoir débouche sur une série de conflits sanglants, connus sous le
nom de guerres des Diadoques, qui dureront plusieurs décennies et scelleront le destin politique de
l’héritage alexandrin. L’empire, immense et hétérogène, se fragmente en plusieurs royaumes
distincts, chacun contrôlé par un des généraux d’Alexandre. Ptolémée s’installe en Égypte et fonde la
dynastie des Lagides, qui fera d’Alexandrie un centre culturel et économique majeur. Séleucos prend
possession des territoires d’Asie, de la Mésopotamie à l’Inde, créant un empire séleucide qui tentera
de maintenir un équilibre difficile face aux autres royaumes. En Macédoine et en Grèce, Antigone et
ses héritiers établissent leur autorité, essayant de préserver l’influence grecque dans la péninsule.
Ces royaumes sont à la fois héritiers et innovateurs de l’organisation politique mise en place par
Alexandre. Ils adoptent souvent des formes monarchiques centralisées, avec un pouvoir royal
renforcé, mais aussi des administrations complexes adaptées aux réalités locales. Par exemple, les
Ptolémées d’Égypte développent un système bureaucratique efficient qui combine traditions
égyptiennes et influences grecques, tandis que les Séleucides doivent constamment gérer la diversité
ethnique de leurs territoires. La division de l’empire entraîne aussi une redéfinition des rapports
diplomatiques et militaires. Les royaumes hellénistiques se livrent souvent à des guerres d’alliances,
de conquêtes et de défenses, dans un équilibre instable. Par ailleurs, l’héritage d’Alexandre en
matière militaire continue d’influencer ces royaumes, notamment avec l’usage massif de la phalange
macédonienne et de la cavalerie lourde. Malgré cette fragmentation politique, l’héritage d’Alexandre
perdure à travers la diffusion de la culture grecque, la création de villes nouvelles, et les innovations
administratives et militaires. Cette période de rivalités prépare également la montée en puissance de
Rome, qui, profitant des faiblesses internes des royaumes hellénistiques, finira par les conquérir et
intégrer leur héritage à son propre empire.
En somme, la division de l’empire d’Alexandre entre ses généraux marque la fin d’une unité politique
mais le début d’une ère nouvelle, complexe et riche, qui façonnera durablement l’histoire
méditerranéenne.
CONCLUSION :
Alexandre le Grand demeure l’un des personnages les plus fascinants de l’histoire universelle. En à
peine une décennie, il a accompli ce que peu de souverains ont osé imaginer : étendre son autorité
de la Grèce à l’Inde, renverser un empire millénaire comme celui des Perses, et bâtir un espace
impérial immense, fondé autant sur la force militaire que sur une vision politique et culturelle
ambitieuse. Par ses conquêtes, Alexandre a bouleversé les équilibres géopolitiques du monde
antique, mais surtout, il a favorisé l’émergence d’une ère nouvelle : le monde hellénistique. Ce
monde n’était pas seulement une addition de territoires conquis, mais un véritable carrefour des
civilisations. En fondant des dizaines de cités, en encourageant les mariages mixtes, en diffusant la
langue et la culture grecques tout en s’ouvrant aux traditions orientales, Alexandre a initié une
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dynamique de métissage sans précédent. Le grec devient langue d’administration et de science, les
arts se nourrissent des apports orientaux, et la pensée grecque s’ouvre à de nouveaux horizons.
Certes, son empire ne lui survécut pas. À sa mort en 323 av. J.-C., sans héritier désigné, ses généraux
se disputèrent ses territoires dans des luttes acharnées. Mais les royaumes issus de ces conflits –
comme ceux des Ptolémées en Égypte ou des Séleucides en Asie – prolongèrent son œuvre
d’hellénisation et maintinrent pendant des siècles l’influence d’Alexandre dans des domaines aussi
variés que l’urbanisme, la philosophie, la médecine ou l’astronomie. Alexandre incarne ainsi un
paradoxe : à la fois destructeur d’empires anciens et fondateur d’un monde nouveau. Son ambition,
sa jeunesse, son génie militaire, mais aussi ses limites humaines – orgueil, impulsivité, volonté de
divinisation – en font un personnage complexe, à la frontière entre l’histoire et la légende. Son
parcours continue d’inspirer les historiens, les artistes et les penseurs, car il symbolise l’aspiration
humaine à la grandeur, à la connaissance et à l’universalité.
Bibliographie :
1. Briant, Pierre – Alexandre le Grand. De l’histoire au mythe, Fayard, 2006.
2. Cartledge, Paul – Alexandre le Grand, Éditions Payot & Rivages, 2005.
3. Doyen, André – Alexandre le Grand, Presses Universitaires de France, 1993.
4. Guilmot, Marie-Louise – Alexandre le Grand et la conquête de l’Orient, Les Belles Lettres, 2000.
5. Lévy, Paul – Alexandre le Grand, Perrin, 2002.
6. Ruzé, François – Alexandre le Grand, Armand Colin, 2010.
7. Vernant, Jean-Pierre – “Alexandre et l’Orient : conquête et assimilation”, Revue des Études
Anciennes, 1999.