MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
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Innover, Produire, Flamboyer
« Oser le changement UNIVERSITE D’ANTSIRANANA
vers l’excellence »
*****
INSTITUT UNIVERSITAIRE DES SCIENCES
DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA SOCIETE
(IUSES)
*****
Niveau : Licence 2
ENTOMOLOGIE AGRICOLE
Enseignant Responsable : Monsieur HARITRA Marion Rubrio
Contact : +261327537102
E-mail : marionrub7@[Link]
Année Universitaire : 2024-2025
AVANT PROPOS
Présents dans tous les habitats excepté les océans, les insectes forment la classe
animale comptant le plus grand nombre d’espèces. Plus de 1,5 million de ces dernières sont
décrites actuellement. Ce qui fait qu’elles sont trois fois plus nombreuses que les autres
animaux combinés.
Etant donné qu’ils peuvent se multiplier très rapidement, on assiste souvent à des
invasions brusques et massives des insectes. Cette dynamique dépend du climat, de la
disponibilité de nourriture ainsi que de la présence d’ennemis naturels. Les populations
d’insectes réagissent de manière très sensible aux perturbations de l’équilibre écologique.
Les invasions massives et incontrôlées d’insectes se produisent lorsque l’équilibre
écologique est altéré par des influences climatiques ou anthropiques (par exemple : longues
périodes de précipitations, monocultures ou destruction d’ennemis naturels par des
insecticides).
Pour prévenir les invasions d’insectes ou pour les combattre efficacement, il faut
bien connaître leur constitution et leur développement.
Ce cours est destiné à la formation des étudiants L2 de l’Institut Universitaire des
Sciences de l’Environnement et de la Société (IUSES) a pour objet de leur fournir des
connaissances de base et des applications pratiques concernant l’entomologie agricole.
Il est entendu que, à l'issue de ce cours, les étudiants soient capables de :
Citer les caractéristiques principales d'un insecte ;
Caractériser les différents modes de reproduction chez les insectes ;
Décrire le cycle du développement d'un insecte ;
Citer les conditions qui influencent le développement des insectes ;
Identifier les principaux ordres des insectes phytophages et les principaux
insectes auxiliaires de culture ;
Décrire les modes d'attaque des insectes et les dégâts sur les cultures ;
Il est essentiel que les études théoriques en classe soient renforcées par la pratique
et les observations sur le terrain.
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Chapitre I. MORPHOLOGIE ET PHYSIOLOGIE DES INSECTES
I. MORPHOLOGIE
I.1. Structure du corps
Tête
La tête est formée de 06 métamères. Elle porte les organes sensoriels (une paire
d’antennes, une paire d’yeux composés d'un grand nombre de facettes, une paire d’ocelle),
Des pièces buccales dont la structure varie avec le régime alimentaire.
Antennes
Elles ont différentes formes. Cependant, elles peuvent être :
Filiformes
Monoliformes : cas de certains Coléoptères et des Isoptères
Lamellés : cas des hannetons
En massue : cas des puces (Aphaniptères)
Péctinée : cas de nombreux Lépidoptères nocturnes
Serrulées
Coudées
Coudées et en massue
Structure buccale
La structure des pièces buccales est liée au régime alimentaire de l’insecte. Elle
joue un rôle important dans la classification.
Principaux types d’appareils buccaux chez les insectes
Type broyeur
C’est le plus primitif et le plus simple, il se rencontre chez les insectes à régime
phytophage et carnivore. Il comprend les pièces suivantes :
Une lèvre supérieure ou labre ;
Deux puissantes mandibules fortement chitinisées, ayant une partie dentée qui sert à
couper les aliments, et en arrière une partie triturante pour les broyer.
Deux mâchoires, ou maxilles, munies de palpes maxilles, munies de palpes
maxillaires ;
Une lèvre inférieure ou labium, portant deux palpes labiaux.
Les insectes à pièces buccales broyeuses typiques : Coléoptères, Dermoptères,
Dictyoptères, Larves de Lépidoptères, Névroptères adultes, Orthoptères, Isoptères.
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Chez les insectes carnivores, les mandibules sont bien développées, ainsi leur
partie distale incisive prend un grand développement.
Chez les insectes phytophages, les mandibules sont plus courtes avec la partie
molaire beaucoup plus développée formant une surface triturante. Cas du Hanneton.
Exemples : sauterelles, termites, hanneton, chenilles des papillons, etc.
Figure 2 : Tête d'un insecte broyeur
Type piqueur
Les mandibules et les maxilles, très allongées, forment un nombre de stylets (quatre
chez les punaises) étroitement accolés, les soies mandibulaires et les soies maxillaires.
Deux canaux longitudinaux sont ménagés entre les soies maxillaires : le canal salivaire qui
permet l'injection de salive dans le tissu dans lesquels l'insecte puise sa nourriture, et le
canal alimentaire par lequel l’insecte absorbe les aliments r1artiellement digérés. Cet
appareil est enveloppé dans un fourreau en forme de gouttière, le rostre, provenant d'une
transformation du labium, qui guide les stylets et facilite la perforation des tissus.
Exemples : Punaises.
Ce type subit des modifications chez les thrips et les moustiques.
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Figure 3 : Tête d'un insecte piqueur
Type lécheur-suceur
Les mandibules sont de type broyeur ; le labium est transformé en une langue velue
qui permet à l’insecte de lécher et d’aspirer sa nourriture.
Exemples : Abeilles.
Figure 4 : Tête d'un insecte lécheur-suceur
Type suceur de nectar
Les mandibules et le labium sont réduits à peu de choses, tandis que les maxilles,
allongées en deux gouttières accolées, forment une trompe suceuse qui reste enroulée en
spirale au repos et se déroule lors de la nutrition, permettant à l’insecte de sucer le nectar
des fleurs
Exemples : Papillons.
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Figure 5 : Tête d'un insecte suceur de nectar
Thorax
Le thorax se compose de trois segments : Le premier (prothorax) portant la
première paire de pattes ; Le second (mésothorax) avec la deuxième paire de pattes et la
première paire d’ailes ; Le troisième (métathorax) avec la troisième paire de pattes et la
seconde paire d’ailes.
Patte
Chez les insectes, il existe 03 paires de pattes thoraciques. Chaque patte comprend
typiquement : La patte de l’insecte comprend en général : La hanche ou coxa, le trochanter,
le fémur, le tibia, le tarse composé de 2 à 5 articles, les griffes.
Chez les insectes, certaines pattes possèdent des formes et des caractéristiques
particulières en fonction du mode de locomotion, parfois du mode de vie de l’insecte. Ainsi il
existe :
La patte sauteuse : Elle est adaptée au saut et se caractérise par un fémur très
musclé. Elle est métathoracique et se rencontre chez les insectes sauteurs comme les
acridiens.
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Patte sauteuse
La patte ravisseuse: Elle est pro-thoracique et adaptée à la vie prédatrice grâce à
un allongement considérable du coxa, celui-ci forme avec le fémur et le tibia une sorte de
pince qui permet à l’insecte de capturer ses proies. Elle se rencontre chez les insectes
prédateurs tels que les mantes.
La patte récolteuse : Elle se rencontre chez l’abeille et se caractérise par un tibia
ayant à sa face externe un creux appelé corbeille et une tarse présentant un premier article
très grand et garni d’une dizaine de rang de soies à la face interne appelée brosse. Elle
permet à l’abeille de récolter les grains de pollen.
La patte fouisseuse : Elle est courte et forte et adaptée au fouisse ment. Elle se
caractérise par un coxa très large et un fémur massif. Elle se rencontre chez les insectes qui
passent une partie de leur vie dans le sol comme la courtilière.
Ailes
Les insectes ailés possèdent 02 paires d’ailes, une mésothoracique et une autre méta
thoracique.
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Elles sont portées par la ptérothorax et n'existent que chez les Ptérygotes; sur le bord costal
se voit souvent une zone colorée et opaque, le ptérostigma utilisé en systématique; l'aile est
articulée au thorax par une série de sclérites. Les ailes disparaissent par atrophie chez les
parasites et les femelles de certaines espèces.
Elles présentent une grande importance dans la classification des insectes notamment la
nervation alaire (topographie des nervures). Il existe :
Les ailes membraneuses : Elles sont généralement métathoracique, sauf chez les
Hyménoptères dont les deux paires d’ailes sont membraneuses.
Les ailes écailleuses : Elles sont couvertes de sortes d’écailles qui leurs confèrent des
colorations très variées. Elles caractérisent les Lépidoptères.
Les élytres : Ils sont méta thoraciques, dures, fortes et protègent les ailes postérieures
souvent membraneuses. Elles se rencontrent chez les Coléoptères. Chez les Orthoptères,
elles sont moins dures et sont appelées Pseudoélytres.
Les hémi- élytres : Ils présentent par une moitié basale sclérotique et l’autre moitié distale
membraneuse. Ils caractérisent les Hémiptères.
Abdomen
L’abdomen comprend 5 à 12 segments mous. La mobilité des segments permet à
l’abdomen de se distendre facilement. Chaque segment porte deux orifices respiratoires
(stigmates) ; l’avant dernier assure le passage au conduit génital et le dernier à l’anus. Chez
certains insectes, les femelles possèdent une tarière (oviscapte) pour la ponte des œufs.
Figure 1 : Structure du corps
Système tégumentaire
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Structure du tégument
Cuticule
La cuticule est une pellicule très mince sécrétée par les cellules de l’épiderme et
composée de trois couches : épicuticule, exocuticule et endocuticule.
L’épicuticule : C’est une couche très mince (1 à 2 µ), qui ne contient pas de chitine,
mais des corps gras (cuticuline) et des cires assurant l’imperméabilité du tégument.
Ce sont ces corps gras qui permettent l’absorption des insecticides dans les graisses.
L’exocuticule : Formée de chitine et d’une protéine insolubilisée, la sclérotine qui
confère sa dureté au tégument externe.
L’endocuticule : composée de lamelles de chitine associées à une protéine
hydrosoluble.
La cuticule renferme de nombreux organes sensoriels reliés au système nerveux
par des nerfs. C'est par cette voie que les insecticides liposolubles absorbés par l'épicuticule
peuvent pénétrer dans le corps et intoxiquer l'insecte.
Epiderme
C’est la partie tégumentaire composée d'une couche de cellules qui sécrètent les
cuticules. Elle se retrouve entre la cuticule et la membrane basale.
Membrane basale
La membrane basale est la partie du tégument sur laquelle repose l'épiderme.
Figure 1 : Structure du tégument d’un insecte
Mue des insectes
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Les insectes sont caractérisés par un squelette externe (exosquelette) inextensible, la
cuticule.
La mue permet aux insectes, en changeant leur cuticule, de grandir en taille (mue de
croissance) ou d'acquérir de nouveaux organes, voire de changer de forme (mue de
métamorphose).
La mue englobe des étapes préparatoires à l'exuviation dites pré-exuviales) et des étapes
après exuviation dites post-exuviales.
Les différentes étapes de la mue: Schématiquement sont les suivantes:
Etape 1: Décollement de l'épiderme (apolyse) de l'ancienne cuticule.
Etape 2 : Sécrétion d'un liquide entre l'épiderme et la cuticule, appelé liquide de mue ou
liquide exuvial contenant des enzymes qui ont pour effet de digérer l’endocuticule. Les
composants issus de cette digestion sont récupérés par l'organisme et stockés pour être
réutilisés ultérieurement dans la synthèse de la nouvelle cuticule. Cette digestion se poursuit
jusqu'à l'exuviation.
Etape 3 : Remaniements de l'épiderme, notamment des mitoses, qui permettent à
l'épiderme de croître et éventuellement de se modifier avant la synthèse de la nouvelle
cuticule.
Etape 4 : Synthèse de la nouvelle cuticule, composée de plusieurs couches successives
constituées de chitine et de protéines. Il s'agit donc d'une synthèse cuticulaire pré-exuviale.
Etape 5 : L'exuviation : c’est le rejet de la vieille cuticule appelée exuvie (épicuticule +
exocuticule).
Elle s'effectue grâce à un comportement stéréotypé de l'insecte (mouvements
rythmiques et gonflement maximal du corps, en avalant de l'eau (vie aquatique) ou de l'air
(vie terrestre). La vieille cuticule se déchire selon des lignes de déhiscence, c'est-à-dire des
lignes de moindre résistance, qui ont été presque complètement digérées par le liquide
exuvial. Les mouvements de l'animal lui permettent de s'extraire de sa vieille cuticule et
d'étendre la nouvelle au maximum.
Etape 6 : Reprise de la sécrétion cuticulaire, dite post-exuviale, qui consiste en une
sécrétion de nouvelles couches chitinoprotéiques.
Etape 7 : La synthèse cuticulaire post-exuviale s'accompagne d'un durcissement de la
cuticule ou sclérification. Ce durcissement s'effectue chez les insectes par de nouvelles
liaisons entre les fibres chitino-protéiques qui aboutissent à un tannage des protéines.
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Rôles et fonctions de la mue
La fonction première de la mue est de permettre la croissance de l'insecte ;
Chez les espèces qui se métamorphosent, la dernière mue du stade juvénile (mue
imaginale) permet à l'individu le passage au stade adulte ;
La mue est aussi un moyen de détoxification. Lors de leur croissance les arthropodes
stockent une partie des métaux toxiques dans leur cuticule ;
Les taux de ces contaminants trouvés dans l'exuvie reflètent globalement la qualité
ou la pollution des sédiments environnants.
II. PHYSIOLOGIE
Appareil digestif :
Variable suivant le mode d'alimentation et comprenant généralement une bouche,
un pharynx, un œsophage, un jabot, un proventricule, un intestin moyen absorbant, un
intestin postérieur terminé par l'anus
Appareil respiratoire
Composé de trachées en force de tubes fins et ramifiés qui pénètrent dans toutes
les parties du corps et débouchent à l'extérieur par de petits orifices, les stigmates, placés
sur les côtés du thorax et de l'abdomen. Les trachées sont remplies d'air que les
mouvements de l'abdomen font alternativement entrer et sortir.
Appareil circulatoire
Composé d’un seul vaisseau sanguin placé dorsalement, sa partie compartimentée
postérieure fait office de cœur alors que son prolongement antérieur, l'aorte, mène le sang,
incolore dans la région de la tête, d'où il se répand librement dans le corps et regagne
finalement le cœur.
Types de respiration chez les insectes :
La majorité des insectes respirent de l’air en nature grâce au système trachéen
permettant l’apport d’oxygène à toutes les cellules du corps.
Les insectes dits « primitifs » respirent en partie par leur « peau », il s’agit alors de
respiration dite « cutanée » sans stigmate ou apneustique.
Chez les insectes dits holopneustiques, tous les stigmates sont ouverts et
fonctionnels.
Chez les insectes dits hemipneustiques, quelques stigmates seulement sont
fonctionnels.
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Certains insectes aquatiques respirent avec des branchies.
Appareil excréteur
Composé de tubes de Malpighi et de glandes anales. Ces tubes sont comparables à
des reins et aboutissent entre l’intestin moyen et l'intestin postérieur.
Système nerveux
Composé d'une chaîne ganglionnaire comportant une succession de centres
nerveux sensoriels auxquels aboutissent les nerfs venant des organes sensitifs. Le ganglion
antérieur ou sus-œsophagien est le plus important il est relié par un anneau péri-
œsophagien a la chaine ganglionnaire ventrale et peut être considéré comme le cerveau de
l'insecte. C’est là qu'aboutissent également les nerfs optiques venant des yeux.
Appareil reproducteur
Composé de deux testicules et d'un pénis chez le mâle ou de deux ovaires et d'un
vagin chez la femelle.
Figure 6 : Organes à l'intérieur du corps d'un insecte
Organes de sens
Toucher et odorat : par les antennes, les palpes et les poils tactiles ;
Ouïe : par l'appareil spécial sur la trompe, les pattes, la base des ailes
Vue : par les ocelles ou yeux composés.
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I. REPRODUCTION ET DEVELOPPEMENT DES INSECTES
Reproduction
Reproduction sexuée
C'est le mode normal de reproduction chez la plupart des insectes, qui exige la
fécondation. La femelle pond des œufs fécondés après l'accouplement.
Parthénogénèse
C'est la reproduction à partir d'un œuf non-fécond. Ce mode s'effectue sans
accouplement ni fécondation préalable.
La femelle peut produire des œufs viables sans fécondation. Ces œufs donnent soit
des mâles soit des femelles.
Ce mode de reproduction a lieu chez les pucerons et les abeilles.
Oviparité
C'est un mode normal de reproduction par lequel, la femelle pond des œufs dont le
développement embryonnaire s'effectue après la ponte, hors du corps de la femelle.
Viviparité
Le stade œuf n'est pas visible. La femelle donne naissance à des larves. On trouve
ce mode de reproduction chez les pucerons.
Métamorphose
Ce sont les changements de forme qu'un insecte subit après sa sortie de l'œuf et
avant de devenir un adulte appelé encore insecte parfait.
Stades de développement d'un insecte
Œuf
Chez les insectes phytophages, les œufs sont fréquemment fixés sur la plante ou
insérés dans les tissus végétaux ou enfoncés dans le sol. La durée d'incubation varie suivant
les espèces et les conditions climatiques.
Larve
C'est pendant le stade larvaire que la croissance de l'insecte a lieu. Les larves
passent successivement par des transformations ou mues au cours desquelles elles rejettent
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l'ancienne enveloppe ou exuvie. A chaque mue leur croissance en taille et en poids est très
importante.
Suivant le degré de métamorphose que subissent les larves, on distingue :
Des types arnétaboles où les larves ressemblent en plus petit à la forme adulte ;
Des types hémimétaboles où les larves ressemblent aux adultes mais acquièrent
progressivement les ailes qui se développent dans des fourreaux alaires ;
Des types holométaboles où les larves diffèrent complètement des adultes.
Nymphe (ou chrysalide)
La larve à la fin de ce stade, subit une dernière mue et se transforme en nymphe,
stade immobile. La nymphe est immobilisée et souvent protégée par un cocon (ex : papillon)
ou une pupe (ex : mouche) ou trouve sa protection dans une galerie. Chez les insectes
amétaboles ou hémimétaboles, le stade nymphal immobile n'est pas représenté.
Adulte ou imago
Les nymphes subissent les profonds remaniements qui les transforment en adultes.
Les adultes sont sexués et normalement seuls capables de se reproduire.
Métamorphose
Les insectes, au cours de leur développement, passent par plusieurs stades ou
états qui sont séparés les uns des autres par des mues car le corps est enveloppé dans une
carapace chitineuse peu extensible (cuticule).
« Le nombre de mues est variable selon les espèces mais fixe pour une espèce donnée ».
Des insectes sans métamorphoses appelés amétaboles, se caractérisant par des
jeunes semblables à l'imago (sauf la taille) et ayant des mues larvaires, imaginales et post-
imaginales. Exemple : Collemboles et Thysanoures.
Des insectes à métamorphoses incomplètes dits paurométaboles, ayant des larves
semblables à l'adulte sauf la taille et le développement progressif des ailes et des organes
génitaux ainsi que l'absence de la mue imaginale et du stade nymphal.
Exemple : Orthoptères, Isoptères, Dermaptères, Nombreux Hémiptères et Anoploures.
Des insectes à métamorphose incomplète dits hémimétaboles, se caractérisant par
l’absence de l’état nymphal, la présence de la mue imaginale ainsi qu’une différence entre la
larve et l’adulte.
Exemple : Odonates, Ephémères, Certains Homoptères (cigales et psylles).
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Des insectes à métamorphose complète appelés holométaboles, se caractérisant
par une grande différence morphologique entre la larve et l’adulte, la présence du stade
nymphal et également des mues larvaires, nymphales et imaginales.
Exemple : Névroptères, Coléoptères, Lépidoptères, Hyménoptères, Diptères et certains
Hémiptères (cochenilles et aleurodes)
Distinction entre la métamorphose complète et la métamorphose incomplète
La métamorphose se dit complète lorsque le développement des larves est
interrompu par un stade appelé nymphose au cours duquel elles sont immobiles et se
transforment en adultes. Les larves diffèrent complètement des adultes.
Exemples : Papillons, mouches domestiques.
La métamorphose est incomplète quand les larves ne diffèrent pas sensiblement les
adultes ; toutefois les larves acquièrent progressivement les ailes.
Exemples : Sauterelles, punaises.
Figure 7 : Métamorphose des insectes
Chez les sauterelles, par exemple, la métamorphose est incomplète et les larves
ressemblent beaucoup aux adultes (moins les ailes et les organes génitaux). Par
contre, chez les mouches et les papillons, la métamorphose est complète. La larve est
très différente de l'adulte, et il y a un stade pupe au cours duquel la métamorphose
s'effectue. Il existe :
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Cycle du développement d'un insecte
C'est la durée du développement de l'insecte à partir de l'œuf jusqu'au stade adulte.
Le cycle du développement des insectes est très variable, de quelques jours à plusieurs ans.
Conditions qui influencent le développement des insectes
Conditions météorologiques
La modification des conditions météorologiques agit sur le développement plus ou moins
rapide de beaucoup d'insectes. Une sécheresse ou un froid nocturne se trouve défavorable
pour le développement de l'insecte.
Densité des cultures
Quand les hôtes végétaux sont nombreux dans une parcelle, l'infestation des insectes
devient très importante car leur extension se trouve facilitée.
Fréquence des cultures
En ce qui concerne principalement les insectes spéciaux, la répétition plus ou moins
fréquente d'une même culture sur une même parcelle aura une influence sur leur
développement. Il faut toujours respecter les règles de l'assolement.
Conditions de la résistance des végétaux
Certaines variétés de plantes peuvent présenter une résistance aux attaques des insectes
spécifiques.
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CLASSIFICATION DES INSECTES
On classe les insectes pour faciliter leur identification. L'identification correcte des
insectes est essentielle pour la lutte effective contre ceux-ci.
Critères de classification
Les insectes sont classés en fonction de leur similitude du point de vue
morphologique et biologique : la position et la nervation des ailes, le type des appareils
buccaux, le type de métamorphose, etc.
Ordres renfermant les espèces phytophages importants
ORDRES CARACTERISTIQUES REPRESENTANTS
Deux ailes antérieures durcies, recouvrant Sauterelles
les ailes postérieures repliées en éventail
Orthoptères Courtillière
Broyeur
Métamorphose incomplète Mante
Ailes antérieures (élytres) très sclérifiées, récouvrant
les ailes inférieures membraneuses Hannetons
Coléoptères
Broyeur Coccinelles
Métamorphose complète
Deux paires d’ailes recouvertes d’écailles, en
position verticale chez les espèces diurnes, et en
Papillons
toit chez les espèces nocturnes ;
Leptidoptères
Noctuelles
Suceur chez l’adulte et broyeur chez les chenilles ;
Métamorphose complète
Ailes antérieures mi-dures, mi-membraneuses ;
ailes inférieures entièrement membraneuses.
Heteroptères Ailes à plat sur le corps, croisées à l’arrière ; Punaise
Piqueur- suceur
Métamorphose incomplète
ORDRES CARACTERISTIQUES REPRESENTANTS
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Pucerons (Aphis)
4 ailes semblables, disposées en toit sur le
corps, souvent absentes chez les femelles Cochenilles
Homoptères
Piqueur suceur
Aleurodes ou
Métamorphose incomplète
mouches blanches
Une seule paire d’ailes membraneuse ; la
paire postérieure réduite à des balanciers
Mouches
Diptère (haltères)
Moustiques
Suceur ou piqueur-suceur
Métamorphose complète
2 paires d’ailes membraneuses;- '
Abeilles
Hymenoptères Broyeur ou broyeur-lécheur ·
Fourmis
Métamorphose complète
2 paires d’ailes frangées
Thysanoptère
Suceur-piqueur Thrips
s
Métamorphose incomplète
Deux paires d'ailes semblables,
membraneuses ; souvent absentes chez les
Isoptères non-sexués. Termites
Broyeur
Métamorphose incomplète
Abdomen terminé par deux cerques qui sont des
pinces terminales.
Dermaptères Forficule
Deux paires d’ailes non-fonctionnelles
Métamorphose incomplète
Insectes utiles à la culture
Insectes prédateurs
Ce sont des insectes carnassiers qui dévorent d'autres insectes et animaux nuisibles.
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La mante (Orthoptères) : très carnassière
Les carabes et les coccinelles (Coléoptères) qui tant à l'état larvaire qu'à l'état
adulte, consomment les cochenilles et les pucerons ;
Les syrphidés (Diptêres) et les chrysopes (Névroptères) dont les larves vivent
aux dépens des pucerons, des cochenilles et des acariens phytophages
Les guêpes (Hymenoptères) consommant les chenilles des lépidoptères.
Figure 8 : Insectes prédateurs
Insectes parasites
Ce sont des insectes vivant pendant une période plus ou moins longue au dépend
de leur hôte. Le parasite dépose la plupart du temps ses œufs dans ou sur le corps de son
hôte.
La plupart des insectes parasites sont des hyménoptères : les ichneumonidés, les
braconidés et les chalcididés. Les jeunes larves, qui éclosent des œufs pondus par la
femelle à l'intérieur de l'hôte ou sur lui, se nourrissent uniquement, au début, des liquides
nutritifs ou des matières de réserves renfermées dans la cavité générale de l'insecte
parasité, sans porter atteinte à ses organes essentiels.
L'hôte s'accroît normalement et, avec lui, ses parasites ; au terme de leur
développement, ces derniers entrainent la mort de leur victime.
Certains diptères, les tachinaires, sont aussi des parasites entomophages. Les
femelles fixent leurs œufs à la surface du corps de leur victime ou sur le feuillage que celle-ci
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doit consommer. Dans le premier cas, les jeunes larves pénètrent à l'intérieur de leur hôte en
perforant ses téguments ; dans le second cas, l'infestation s'opère par ingestion.
Figure 9 : Insectes parasites
Insectes pollinisateurs
Ce sont des insectes qui aident la pollinisation de certaines plantes (pollinisation
entomophile). Les principaux insectes pollinisateurs sont les hyménoptères (abeilles,
bourdons ...). Ces insectes butinent les fleurs, quêtent de nourriture, et trouvent sur celles-cl
nectar et pollen. Le pollen est donc transporté et déposé sur le stigmate d'autres fleurs.
Figure 10 : Insectes pollinisateurs
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ACARIENS
Morphologie
Les acariens constituent un Ordre de la Classe des Arachnides appartenant à
l'embranchement des arthropodes.
La plupart des acariens phytophages sont de petite taille, ne dépassant guère un
millimètre. Ils se distinguent des insectes par la fusion de la tête et du thorax (corps en deux
parties : un céphalothorax et un abdomen) ; l'absence d'ailes, d'antennes et d'yeux
composés ; la présence, en général de quatre paires de pattes à l'état adulte.
Ils possèdent de multiples organes buccaux ayant pour fonction de râper, mordre,
scier, piquer, sucer.
Reproduction et développement
La reproduction est ordinairement sexuée ovipare ou plus souvent vivipare. Il existe
six stades larvaires et deux stades nymphaux. Le cycle de développement est assez court,
entrainant un nombre élevé de générations annuelles.
Leur développement est fortement favorisé par un temps chaud et sec. Par contre,
de fortes pluies réduisent rapidement les pullulations.
Mode d’action des acariens sur les plantes cultivées
Dégâts
Les larves, les nymphes et les adultes se nourrissent en suçant le suc des cellules
du végétal. Leur action se traduit par divers symptômes tels que : l'arrêt de croissance, les
déformations, le brunissement des feuilles et des fruits, les chloroses, les galles, la chute
prématurée des feuilles.
Modes d’attaque des insectes sur les cultures
Ronger le feuillage, les tiges, les racines, les fleurs, les fruits, les graines
Sucer la sève ;
Creuser des galeries dans les feuilles, les tiges, les racines, les fruits ;
Transmettre des maladies cryptogamiques, bactériennes ou à virus ;
Provoquer la formation de galles et de malformations.
Dégâts provoqués par d’insectes
Les insectes s'alimentent aux dépens des plantes cultivées. Leur attaque se traduit
par les dégâts suivants
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La diminution de la quantité des tissus chlorophylliens, entraînant la perturbation de
la croissance des jeunes plantes ;
La désorganisation ou l'interruption de la circulation de sève, causant des désordres
physiologiques et une malformation des organes de reproduction ;
La destruction des boutons floraux, fleurs, fruits et graines, compromettant
quantitativement et qualitativement la production ;
La réduction de la vigueur ou la mort de la plante dû à la consommation des organes
d’absorption (racines, feuilles) ;
Un affaiblissement de la plante consécutif à l’absorption de sève par les insectes ;
La transmission d'infections cryptogamiques ou bactériennes, de maladies ou de
viroses qui se manifestent sur les feuilles, par des zones de coloration différente
(chloroses, mosaïque, etc.) ou par des déformations (rabougrissement, nanisme,
etc.).
L'apparition de taches dues aux propriétés toxiques et diastasiques de la salive
injectée à la plante hôte.
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Dégâts dûs aux insectes
Caractéristiques principales d’un insecte
Subdivision du corps recouvert Je chitine en trois parties : tête, thorax et abdomen
Tête munie d'une paire d'antennes et portant les pièces buccales ;
Présence de trois paires de pattes fixées au thorax, et, chez les formes ailées, de
deux paires d'ailes, sauf pour les diptères qui n'en ont qu'une paire ;
Abdomen segmenté, sans pattes, portant des organes respiratoires et sexuels.
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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Apper J., Deuse J., [Link] ravageurs des cultures vivrières et maraîchères sous
les tropiques. G-P. Maisonneuve et Larose, Paris.
Bovey H., 1979. La Défense des plantes cultivé[Link] Payot, Lausanne (Suisse).
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ANNEXES
Annexe 1 : Insectes phytophages
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Annexe 2 : Activités didactiques suggérées
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Utiliser les schémas, les transparents ou les spécimens des insectes pour montrer et
en faire identifier par les élèves des différentes parties du corps et des organes.
Diviser la classe en un nombre de groupes et donner à chaque groupe des
spécimens de différents insectes. Chaque groupe doit identifier et décrire oralement
le type d'appareils buccaux de ses spécimens.
Donner aux étudiants une collection des insectes et leur demander d'identifier l'ordre
de chaque insecte.
Assigner aux groupes d'élèves de faire la recherche sur les insectes d'une culture
spécifique (le riz, le maïs, le mil, le coton, l'arachide, etc.).
Chaque groupe· devra présenter en classe une liste des insectes correctement
groupés en Ordres.
Faire la collection des insectes utiles.
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