Module Techniques D'enquête
Module Techniques D'enquête
TECHNIQUES D’ENQUETE
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Sommaire
INTRODUCTION ................................................................................................................................3
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INTRODUCTION
Le mot « enquête » est un concept ambigu. Dans le langage courant, il n’a pas nécessairement le
sens d’une démarche méthodologique de recherche. Il désigne différentes pratiques et cela risque
de provoquer des confusions dans les esprits. La langue anglaise est à ce propos beaucoup plus
précise que le français. En effet :
1) L’étude documentaire
L’observation passe par l’étude de « traces » recueillies à travers des écrits divers, des relevés
statistiques ou des inventaires d’objets et traitées comme des faits de société. Ce sont par
exemple des documents officiels (journal Officiel, registres de délibération, …), des archives, des
articles de presse, des annuaires, des œuvres littéraires, des discours, de distribution de prix, des
comptes rendus de réunions, des lettres, ... On peut également avoir recours à des documents
statistiques, iconographiques (images, caricatures, timbres-poste, photos, films, dessins...),
sonores (chansons, musiques...), ou des objets (insignes, vêtements, monuments aux morts ...).
Ces documents donneront lieu à des analyses qualitatives (analyses de contenu) ou à des analyses
quantitatives (analyses statistiques).
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2) L’observation directe
L’observateur se rend sur son terrain pour étudier un groupe naturel (un groupe de jeunes, une
classe d’élèves, une entreprise, un village). Il regarde ce qui se passe, interroge des informateurs
et essaie de contrôler leurs dires.
3) L’expérimentation
La méthode expérimentale est utilisée pour observer les phénomènes et vérifier des hypothèses :
il s’agit d’observer l’effet produit par la modification intentionnelle d’un facteur manipulé par
l’expérimentateur. La situation est donc construite pour l’occasion et contrôlée par le chercheur.
Une enquête peut être exhaustive, c-à-d un recensement de toutes les unités statistiques de la
population étudiée. C’est le cas des recensements agricoles, industriels ou de la population et/ou
de l’habitat. Tout en reconnaissant qu’ils offrent des résultats fiables, il faut reconnaître que les
recensements sont des opérations lourdes et très coûteuses.
Bien souvent, on procède à des enquêtes par sondage qui ne portent que sur un échantillon de la
population. Lorsque la constitution de l’échantillon se fait en donnant une probabilité non nulle à
chaque unité statistique d’appartenir à l’échantillon, on parle de sondage ou échantillonnage
probabiliste. Dans le cas contraire, le sondage est non probabiliste qui peut être un sondage à
choix raisonné, c-à-d un sondage guidé par des critères subjectifs.
Quelle est la démarche à suivre pour conduire une enquête par sondage ? C’est
le contenu de ce module.
Objectif du Module
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CHAPITRE I : ETAPES DE REALISATION D’UNE ENQUETE
La phase préliminaire d’une enquête consiste à établir des relations avec les parties prenantes,
ainsi qu'à définir les besoins. Dans un second temps, il faut sélectionner les sous populations à
étudier, vérifier si la collecte de données de qualité est possible au sein de ces groupes et
constituer des bases de sondage. Cette phase est suivie par la préparation des outils de collecte et
l'enquête sur le terrain, puis par l'analyse des informations recueillies et, finalement, par la
diffusion et l'exploitation des résultats dans le but d'améliorer les programmes existants dans le
domaine de l’étude.
La préparation et la réalisation d'une telle enquête ne sont pas un processus aussi linéaire qu'il
peut paraître. L'approche est plutôt de nature itérative, un processus à plusieurs étapes. Les
informations recueillies ou les conclusions tirées à une certaine étape peuvent en effet entraîner le
réexamen de décisions prises à une autre étape. A chaque étape, les responsables de l'enquête
doivent trouver le meilleur compromis entre ce qui serait le plus utile et ce qui est le plus
faisable.
Durant la phase d'organisation d'une enquête, il est important que les personnes morales et
physiques intéressées par le projet s'entendent sur les objectifs du sondage et sur ses aspects
pratiques. Les parties prenantes sont notamment les responsables commanditaires de l’enquête,
les organisations prestataires de services dans le domaine de l’étude, les organismes finançant les
activités du domaine étudié, … Cette première étape traite des partenaires les plus susceptibles de
jouer un rôle-clé et est suivie d’une discussion des points essentiels autour desquels doit s'établir
un consensus.
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On pourra envisager d'organiser les consultations avec les diverses parties intéressées au sein
d'une structure formelle, afin de permettre un échange continu d'idées et d'expériences pendant la
phase préparatoire comme durant le déroulement de l'enquête. La constitution d'un groupe de
travail technique (comité de pilotage) est une solution qui a fait ses preuves. Un tel groupe doit
inclure toutes les parties liées à l'enquête. Il doit aussi se réunir très souvent durant la phase
préliminaire de conception de l'enquête. Il continuera ensuite à se réunir, mais moins
fréquemment, pendant le déroulement de l'enquête et au cours de l'analyse des données.
Il faut que les parties mentionnées plus haut s'accordent sur plusieurs points :
o Quelles sous-populations faut-il inclure dans l'enquête ?
o Quelles informations faut-il recueillir auprès de ces groupes ?
o Qui sera chargé de la collecte des données et de leur analyse ?
o Comment garantir que les résultats obtenus bénéficieront aux sous-populations
concernées ?
Chaque décision pourra influencer les autres. Par exemple, le choix des sous-populations peut
déterminer les institutions capables de conduire le plus efficacement la collecte des données. Et
les données à collecter peuvent dépendre de la façon dont on souhaite exploiter les résultats.
Généralement, la question relative aux sous-populations à inclure dans l’enquête est la plus
difficile à régler. Idéalement, on devrait porter le choix sur les sous-populations répondant à
l’environnement étudié. Cependant, dans la pratique, d’autres facteurs influencent cette sélection,
notamment les considérations politiques, les ressources disponibles et la facilité de contact avec
ces groupes.
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intéresse et comment les informations recueillies pourront aider à améliorer leur plan d’action
actuel. Sans définition claire des objectifs dès cette phase préliminaire, on pourra craindre un
gaspillage de ressources et/ou une collecte incomplète de données. Les informations recueillies
seront alors difficiles interpréter ou à comparer avec celles d'autres sources, et certaines
interrogations pourtant pertinentes pourront demeurer sans réponse.
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travaillent à l’intérieur du pays de ceux qui vont jusqu’à l’étranger. Et les chauffeurs locaux
peuvent à leur tour être classés selon leur milieu de résidence, urbain et rural.
Pour pouvoir détecter toute évolution significative au plan statistique dans les sous-ensembles, il
faut que les tailles d'échantillon soient calculées en fonction des domaines. Il ne sert à rien de
constituer un échantillon quelconque de chauffeurs pour se demander plus tard si des
changements comportementaux se sont produits. Il faut donc que le domaine soit identifié dès la
phase préparatoire de l'enquête.
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Etape 7 : Constitution d’une base de sondage
En fonction de la nature de la sous-population et des modalités de l'échantillonnage, la
constitution d'une base de sondage peut être simple ou compliquée. Dans certaines situations, les
listes nécessaires existent déjà. Si l'enquête doit par exemple se dérouler en milieu scolaire, on
peut exploiter les listes fournies par le Ministère de l'Education, qui recensent non seulement les
établissements, mais aussi le nombre d'élèves par site, par classe et par sexe.
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Etape 11 : Formation des enquêteurs et enquête-pilote
La formation des enquêteurs est un aspect essentiel de la préparation d’une enquête car, leur
attitude peut influencer considérablement les résultats. Pour accroître les chances de réponses
franches, les enquêteurs doivent apprendre à interviewer les sujets sans exprimer le moindre
jugement, de même qu'à consigner (dans le questionnaire) méthodiquement les réponses. Le
contenu de cette formation variera en fonction des enquêteurs. Il faut signaler que sans une
formation adéquate, les enquêteurs peuvent avoir tendance à enregistrer les réponses d'une façon
qui reflète leurs propres opinions ou leurs propres comportements.
Lorsque la formation est terminée, une enquête pilote est organisée pour tester l'ensemble du
travail préparatoire avant de lancer l'enquête proprement dite. A l’issue de ce test, on corrige les
éventuels défauts découverts. Egalement, le test doit éprouver le mode de sélection des sujets, la
faisabilité des interviews avec ces sujets, le rendement des enquêteurs (capacité à mener le
nombre d'interviews prévues par jour), le rôle des superviseurs (contacts préalables et contrôle de
la qualité du travail sur le terrain), ainsi que la conservation et le transport des questionnaires
remplis.
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Après la collecte, les données doivent être saisies à l’ordinateur avant de rechercher les erreurs ou
les incohérences. Cette vérification demande du temps, mais elle est absolument indispensable.
Si aucun soin n'est pris à ce stade, l'analyse des données pourra en souffrir. Plusieurs types de
vérification sont conseillés avant de lancer l'analyse.
Tout d'abord, il faut contrôler la qualité de la saisie à partir d'un échantillon de questionnaires. Si
les ressources le permettent, il est préférable de répéter la saisie une seconde fois, puis de
comparer les deux séries de données enregistrées dans l'ordinateur. Une fois les erreurs de saisie
rectifiées, on doit vérifier si les données sont hors -limite (impossibles ou peu vraisemblables)
et/ou contradictoires (ex. grossesse déclarée alors que le sujet est de sexe masculin, ou encore
réponses sur l'utilisation du préservatif alors que le sujet n'a pas eu de rapport sexuel).
Il faut aussi s'assurer qu'aucune donnée obligatoire n'est manquante, du fait soit de l'incapacité ou
du refus du sujet à répondre (non-réponse), soit d'une erreur de l'enquêteur. Le vérificateur peut
décider de compléter les données manquantes ou corriger les données erronées (on parle alors
d'imputation) ou simplement de les ignorer et d'éliminer ces entrées pour l'analyse.
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CHAPITRE II : TECHNIQUES DE QUESTIONNEMENT
Pour obtenir l’information auprès des enquêtés, il faut user des entretiens du genre discussions
(approche qualitative) ou des questionnaires (approche quantitative) selon les besoins ou les
moments de l’étude. Quelle que soit l’approche utilisée, la rencontre pour une interview n’est pas
une situation ordinaire : deux individus qui ne se connaissent pas échangent des propos suivis sur
un sujet, pendant une période de temps limité. L’un (l’enquêté) n’a pas demandé d’être interrogé
(accepte ou subit) et n’a rien de tangible à gagner ou à perdre; l’autre (l’enquêteur) est intéressé à
obtenir des informations en vue d’une étude.
Dans ces conditions de dialogue, un impératif s’impose : motiver le répondant. On doit d’abord le
persuader de participer à l’entretien. Les raisons pour qu’il accepte l’enquête peuvent être :
l’occasion de pouvoir aborder un thème intéressant avec quelqu’un, l’opportunité de contribuer à
la connaissance scientifique, le sentiment positif d’aider l’enquêteur ou encore la simple politesse
qui l’empêche de refuser.
L’intérêt de l’enquêté (ou au moins sa patience) doit ensuite être maintenu constamment. Si les
questions sont incompréhensibles, embarrassantes, désadaptées ou si le ton est désagréable et
l’ambiance lourde, le répondant peut falsifier ses réponses ou décider de mettre fin à l’entrevue.
Pour maintenir la motivation, l’enquêteur doit posséder des compétences dans la conduite des
entretiens et dans la formulation des questions.
La qualité de l’information recueillie est fondamentale pour la réussite de l’enquête. Puisque les
données sont obtenues par la médiation du discours, il faut tenir compte des interactions
enquêteur-enquêté pour comprendre quelques sources d’erreur dans le processus de
questionnement.
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Une situation professionnelle
L’entretien est demandé par l’enquêteur pour obtenir de l’information sur un thème; c’est lui qui
est concerné et qui conduit l’entretien. Il devra donc utiliser un savoir-faire professionnel pour
parvenir à motiver l’enquêté avec attention et gentillesse et l’amener à fournir des informations
valables et non des informations « pour faire bonne impression ».
L’expérience a montré que l’enquêté peut se confier sur des sujets très intimes, privés, ou même
des pratiques répréhensibles : il n’y a pas de sujet qui soit inabordable avec un bon enquêteur.
- Un processus de communication
La situation d’entretien déclenche une série d’interactions entre l’enquêteur et l’enquêté. Ce qui
peut biaiser le résultat d’enquête. La distance sociale entre protagonistes (évaluée par exemple
par la proximité plus ou moins importante de classes sociales, de niveaux d’instruction ou l’âge)
peut jouer sur le déroulement du discours. On considère généralement qu’il faut éviter une trop
grande distance sociale. On doit tenter d’éviter les trop grands écarts ou les trop grandes
ressemblances entre enquêteur et enquêté.
Du côté de l’enquêté
Le répondant peut produire une information déformée : il a le désir de maintenir l’estime de soi,
de faire bonne figure et de se montrer comme quelqu’un de tout à fait dans la norme sociale. Des
mécanismes de défense du moi peuvent également jouer : l’enquêté attribue aux autres des
sentiments qu’il n’ose prendre à son compte (« les gens disent... » « mes voisins pensent ... »).
Du côté de l’enquêteur
La qualité et la quantité des informations obtenues dépendent beaucoup des enquêteurs : certains
essuient des refus et des non-réponses multiples; d’autres au contraire savent obtenir des
renseignements nombreux et intéressants.
Qu’est-ce qui distingue un bon enquêteur ? Le sens des relations humaines (contact facile, oser
aborder les gens dans la rue, ne pas avoir peur des refus, ne pas être gêné de poser certaines
questions, …), le fait d’être accrocheur et persuasif pour convaincre les personnes de lui accorder
un peu de temps, l’attitude professionnelle (cela s’acquiert). Cela suppose réceptivité, largeur
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d’esprit et attention en même temps que discrétion et neutralité : l’enquêteur ne doit pas risquer
de biaiser les résultats en introduisant son propre cadre de référence, ses désirs ou ses préjugés.
Dans l’entretien non directif, l’enquêté organise son discours à partir d’un thème qui lui est
proposé (le stimulus ou la consigne). Il choisit librement les idées qu’il va développer sans
limitation, sans cadre préétabli. L’enquêteur joue un rôle de stimulateur et de facilitateur et
montre par ses interventions qu’il écoute et qu’il comprend. Il doit apparaître comme quelqu’un
de neutre, capable de tout entendre sans être indifférent, qui ne suggère, ni n’évalue, ni
n’argumente. Les personnes interrogées prennent alors plaisir à parler avec un étranger qui ne
met pas en doute leurs affirmations, qui prête attention à chacune de leurs paroles, ne les
bouscule pas, ne les contredit jamais. Dans ce climat de confiance, les informations obtenues
peuvent être riches et nuancées.
Pour le choix des personnes à interroger, on peut penser à des procédures diverses : frapper aux
portes, sélectionner sur listes ou passer par des intermédiaires (en utilisant par exemple le réseau
de relations personnelles ou sociales de la personne à interroger).
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Pour assurer à la relation une dimension professionnelle, il est indispensable qu’enquêteur et
enquêté ne se connaissent pas. Le répondant est ainsi en mesure de dire franchement et en toute
sérénité à l’enquêteur ce qu’il tairait peut-être à un proche, par crainte des conséquences. En
outre, interroger des personnes connues risque de provoquer une confusion des rôles. L’enquêté
risque de répondre comme voisin, comme ami ou comme collègue.
Le lieu de l’entretien peut orienter le discours du répondant. Ainsi, le lieu de travail incitera
davantage à parler de la situation professionnelle, le domicile d’aspects plus personnels. Si le
thème risque d’être générateur d’anxiété, il faut trouver un endroit rassurant pour l’enquêté; il
risque de se sentir mal à l’aise s’il est convoqué dans un lieu institutionnel. Un endroit calme
(loin du bruit et de la foule ou d’un lieu public) et assurant l’isolement de la personne (sans intrus
ou curieux) donnera un caractère confidentiel à l’entretien.
Il est nécessaire de prévoir une durée suffisante pour que la relation de confiance entre enquêteur
et enquêté ait le temps de s’établir. Cela évitera aussi que la personne, pressée, ne regarde sans
arrêt sa montre ou interrompe l’entretien. Une à deux heures est un ordre de grandeur classique
pour des enquêteurs entraînés.
Dès les premiers instants, l’enquêteur doit motiver la personne sollicitée, accrocher son intérêt, la
mettre en confiance pour l’amener à collaborer. Les informations suivantes sont nécessaires.
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- La situation d’entretien acceptée ; il faut informer le sujet sur les modalités de réalisation de
l’entretien : lieu, durée approximative, enregistrement (le magnétophone sera par exemple
présenté comme « mémoire » de l’enquêteur, appareil pour éviter de prendre des notes et
mieux écouter). On parlera aussi du déroulement de l’entretien, du rôle de l’enquêteur (il
propose le thème et intervient pour relancer l’entretien), de ce qu’on attend de l’informateur
(réflexion sur un thème sans questions précises). Il faut lui montrer qu’il n’y a pas de risque à
répondre à l’entretien.
- L’évocation des aspects de déontologie professionnelle peut contribuer à rassurer le sujet :
respect de l’anonymat, confidentialité, liberté de répondre.
Consigne initiale
C’est la question (ouverte) de départ, celle qui va définir le thème du discours lorsque les deux
interlocuteurs sont installés pour l’entretien. Dans les entretiens libres, c’est même la seule
intervention directive. La consigne peut se présenter sous diverses formes qui ont chacune des
avantages et des inconvénients.
Selon le cas, on posera une question à champ large ou on abordera plus directement le sujet. Par
exemple dans le cadre d’une étude sur la lecture, on peut se placer à la périphérie du thème :
« J’aimerais que vous me parliez de votre vie hors travail ? » ou au centre de l’étude : « Voulez-
vous me parler de vos lectures ? » Dans le premier cas, il est possible que la personne passe à
côté du thème d’étude alors que dans le second cas on court le risque de ne pas savoir si le thème
est important pour elle. On a parfois besoin d’essayer différentes formulations de la consigne afin
de se rendre compte de ses effets.
Interventions et relances
Non-directivité de l’interviewer ne signifie pas non-intervention. Au contraire, un entretien de ce
type demande la participation active de l’enquêteur, mais de façon neutre, sans jouer sur le fond.
L’enquêteur n’a pas de questions; il laisse le sujet créer lui-même le cadre dans lequel il
s’exprime et développer comme il l’entend les informations, sans lui imposer un cheminement.
L’attitude non directive et compréhensive de l’interviewer se manifestera par des interventions «
techniques » destinées à favoriser la libre expression de l’interviewé, à l’encourager à préciser sa
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pensée et à l’inviter à poursuivre. Les relances se font autour des propos du sujet : elles
reprennent ou complètent des idées, soulignent, synthétisent ou demandent une précision.
Fin de l’entretien
Lorsque les propos deviennent redondants, l’entrevue est terminée. Il est temps de présenter un
résumé de l’entretien (ce qui a parfois l’intérêt de faire repartir le discours sur des points oubliés).
On demande enfin au sujet s’il ne voit rien d’important à ajouter avant d’arrêter le magnétophone
(au cas où il est utilisé).
C’est enfin le moment de poser des questions particulières (dont la liste est prévue à l’avance),
notamment en ce qui concerne l’identification du sujet interviewé. Il est intéressant de discuter
avec la personne enquêtée de son vécu de l’entretien (ses impressions). Il ne faut pas oublier de le
remercier avant la séparation.
Retranscription de l’entretien
Pour être soumis à une analyse systématique, l’entretien sera retranscrit intégralement, avec ses
hésitations et ses défauts de langage, sans oublier les silences et leur durée, les rires et les
interruptions.
On pourra ainsi s’intéresser non seulement au contenu thématique de l’entretien, mais également
au vocabulaire employé et à la syntaxe du discours, etc.
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type, on passera à une technique un peu plus directive, comme celle de l’entretien semi- directif
ou guidé. Dans ce type d’entrevue, l’enquêteur s’est fixé des zones d’exploration et veut que le
sujet traite et approfondisse un certain nombre de thèmes.
On peut coupler les thèmes avec des questions neutres comme dans l’exemple ci-dessous (surtout
si l’enquête doit être réalisée par un grand nombre d’enquêteurs).
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Guide d’entretien sur la pollution
Le guide d’entretien ne doit pas être un cadre rigide. L’ordre des thèmes prévu est le plus
logique possible, mais il n’est pas imposé : chaque entretien a sa propre dynamique. Ce qui
est important est que tous les enquêtés abordent tous les thèmes du guide avant de terminer
l’entretien. Ce qui permettra de réaliser une analyse comparative de différents entretiens.
4. Entretien de groupe
Un petit nombre de 6 à 10 personnes sont rassemblées pour une discussion ouverte parce
qu’elles ont une expérience commune (chômeurs, habitants d’un même district, étudiants
d’une même université, groupe familial, ...). Une certaine homogénéité doit caractériser les
participants pour que la discussion soit possible et significative. Le discours produit est une
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parole collective qui n’aura pas la même teneur qu’un discours individuel (en raison de
l’émulation, de la confrontation et des prises de position de chacun).
Très utilisé dans les études qualitatives (notamment en marketing), l’entretien de groupe est
aussi utile dans une étude quantitative en complément des entretiens individuels. Par
exemple, il peut compléter les informations issues du questionnaire : des sujets ayant
répondu au même questionnaire sont rassemblés pour discuter de cette expérience, expliquer
comment ils ont compris les questions et ce qu’ils en pensent. L’entretien de groupe peut
également intervenir pour éclairer l’analyse d’une enquête par questionnaire: les participants
sont invités à discuter des résultats et à donner leur sentiment vis-à-vis des réponses
obtenues.
Selon les besoins, on peut recourir à d’autres formes d’entretien d’inspiration non directive ou
semi-directive. Sans être exhaustif, nous pouvons citer :
L’approche biographique, avec des récits de vie qui combinent la référence à différentes
séquences temporelles de la vie de l’individu et le développement de thèmes en rapport
avec l’objet d’étude (comme l’expérience professionnelle).
La réécoute de la totalité ou de parties d’un premier entretien réalisé avec un sujet pour
approfondir certains points ou compléter les informations.
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1. Le questionnaire et ses qualités
a) Un instrument de mesure
Le questionnaire conçu comme instrument de mesure devra être standardisé, c’est-à-dire qu’il
placera tous les sujets dans la même situation pour permettre des comparaisons entre les
répondants. On ne doit pas, en cours d’administration du questionnaire, modifier les questions ou
ajouter des explications.
En même temps, on cherche à obtenir des réponses sincères en posant des questions auxquelles
les sujets sont réellement capables de répondre (éviter qu’ils ne répondent au hasard), en prenant
certaines précautions pour les thèmes gênants et en tenant compte des effets d’influence qui
risquent de fausser les réponses.
Une question est dite ouverte ou fermée selon que la réponse à donner est libre ou renseignée à
l’avance. L’enquêté utilise son propre vocabulaire pour répondre à la question ouverte tandis la
question fermée lui propose des modalités de réponses parmi lesquelles il en choisit celle qui
convient.
Evidemment, il faut éviter de se servir d’une question ouverte pour aborder des généralités ou de
grands problèmes. Exemple, « Quel est votre avis sur la mondialisation? » risque d’effrayer la
personne interrogée, tellement le sujet est vaste et complexe.
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a) Différentes formes de questions fermées
Une question fermée peut donner le choix entre deux modalités de réponses (question
dichotomique) ou proposer un nombre de modalités plus important :
− Votre ménage possède-t-il un poste téléviseur ? »
• Oui
• Non
« Ecoutez-vous la radio, que ce soit chez vous, en voiture ou ailleurs ? »
• Tous les jours ou presque
• Environ 3 ou 4 jours par semaine
• Environ 1 ou 2 jours par semaine
• Rarement
• Jamais ou pratiquement jamais.
La question fermée peut, comme dans les exemples précédents, imposer de ne retenir qu’une
seule réponse (question à réponse unique) ou encore laisser la possibilité de donner plusieurs
réponses (question à choix multiple) :
Exemple : « Dans la liste suivante, quels sont les mots qui caractérisent le mieux l’ambiance de
votre entreprise ? » (Cochez trois réponses de votre choix)
Morosité – sympathie – froideur – convivialité – méfiance – chaleur - Sérénité – solidarité –
inquiétude – individualisme – confiance – jalousie
A l’inverse des questions ouvertes où les réponses ne sont pas suggérées, les questions fermées
risquent d’induire à des réponses peu réfléchies. Mais elles ont l’avantage indéniable de
permettre des comparaisons et d’être faciles à administrer et à traiter. C’est pourquoi, bien que
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plus difficiles à mettre au point, elles constituent l’essentiel des questionnaires destinés à
l’analyse statistique.
Il est nécessaire de s’assurer dans l’élaboration de la liste des réponses aux questions fermées que
toutes les possibilités sont représentées (exhaustivité) et que chaque réponse ne peut se situer que
dans une seule catégorie (exclusion mutuelle). C’est particulièrement important pour les
estimations quantitatives, où les limites de classes doivent être correctement établies. Ainsi, la
catégorisation d’âge
« moins de 20 ans/21 - 30 ans/30 - 50 ans et 50 ans et plus » a un double défaut : les sujets de 20
ans ne peuvent pas se situer tandis que les sujets de 30 ans et de 50 ans ont la possibilité de se
situer dans deux classes.
On est souvent tenté d’introduire à la suite d’une liste de réponses à une question fermée la
modalité autre réponse (à préciser) » dont on pourrait espérer qu’elle va élargir le champ de
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réponses. Mais les questions semi-ouvertes n’ont pas l’intérêt et la richesse des questions
ouvertes : seule une fraction des sujets utilisent cette possibilité d’expression. En outre, elles ne
permettent plus de faire des comparaisons entre répondants, car tous ne se sont pas placés
exactement dans la même situation : certains ont utilisé la question comme une question ouverte
et d’autres comme une question fermée. Si l’on tient à l’ouverture, il est possible d’introduire à la
suite d’une question fermée, une question ouverte spécifique du type : « Voyez-vous autre chose
à ajouter à cette liste ? »
La seule raison valable de conserver le « autre réponse, à préciser » est de ressortir la fréquence
d’une caractéristique apparemment rare. La fréquence obtenue permet de proposer ou non cette
réponse comme modalité lors d’une enquête similaire.
Le questionnaire doit être élaboré de manière à faciliter la tâche aux enquêtés. Pour chaque
question, on doit se demander si le sujet est capable d’y répondre sans difficulté, si la question ne
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porte pas un concept trop abstrait, si la question est suffisamment concrète et précise. Il faut
éviter toute ambiguïté.
Le bon usage des questions filtres est recommandé pour catégoriser les enquêtés avant une
question qui ne concerne pas tout le monde. Avant de demander « Quel est l’âge de vos enfants?
» par exemple, il faut cibler d’abord les sujets concernés en posant une question sur la
composition familiale.
L’objectif d’un questionnaire d’enquête n’est pas de faire dire, mais d’obtenir des réponses
sincères. Dans le libellé des questions, il faut prendre garde aux risques de suggestion par des
questions tendancieuses ou biaisées. Il est donc nécessaire de se demander si la question
n’oriente pas le choix du répondant.
Les indicateurs ont été envisagés comme étant des cas séparés. Néanmoins, il ne faut pas perdre
de vue qu’une question fait partie d’un ensemble. Il faut donc penser au problème
d’ordonnancement et de la présentation pour que le questionnaire se déroule harmonieusement,
avec cohérence et continuité.
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Dans le cas d’un questionnaire auto-administré, la présentation (claire, aérée et éventuellement
illustrée) et les consignes de chaque question doivent être particulièrement soignées pour que le
répondant puisse se débrouiller seul.
7. Test du questionnaire
On peut recourir à des experts pour relire le questionnaire en vue de corriger certains défauts.
Bien entendu, cela ne signifie pas qu’il faut se passer des essais sur le terrain. Quelle que soit
l’expérience du concepteur, la mise à l’épreuve de l’instrument d’enquête auprès d’un nombre
limité de sujets, lors de l’enquête pilote, est nécessaire. Le temps consacré à tester et affiner le
questionnaire est toujours un gain en qualité de réponses.
8. Format du questionnaire
Le questionnaire de l’enquête peut être présenté sous le format unitaire, c’est dire un
questionnaire complet par répondant, à l’opposé d’un questionnaire en ligne qui contient à la
fois les informations relatives à plusieurs répondants, chacun occupant une ligne entière.
Illustration
L’AGEFOP voudrait mener une étude portant sur l’emploi, avec l’objectif principal de connaître
l’état d’occupation de la population ivoirienne.
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4. Définition des variables : la proportion recherchée peut être présentée selon diverses
informations voulues, pour dire qu’à un indicateur, plusieurs variables peuvent être
envisagées.
• La situation dans l’activité
• L’emploi exercé
• Le statut dans l’emploi
• Le secteur d’activité
• Le besoin d‘un emploi
• La durée de temps sans emploi
5. Formulation des questions : A chaque variable, une question est formulée pour
obtenir l’information voulue.
Questionnaire sous le format « unitaire »
emploi ?
Situation dans 2. CHO 6. RET
Q01
l’activité Encerclez le code correspondant à la réponse
Reçue 3. RPE 7. REN
Si réponse = 3 → Q06
4. PFO 8. AUT
Si réponse = 4, 5, 6, 7, 8 → Fin interview
l’enquêté 4. ST
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Est-ce que …travaillait pour le secteur public ou 1. PU 4. COOP
Secteur d’activité
privé ?
2. PAR 5. AP
Q04
Actifs occupés ou ayant été
Si secteur privé, préciser lequel et encercler le
occupés (OCC ou CHO) 3. ONG
code correspondant à la réponse reçue.
3. RPE : Recherche du Ier Emploi 3. SP : Salarié permanent 3. ONG: Organisations non gouvernementales
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CHAPITRE III : COLLECTE DES DONNEES
Avec les chapitres précédents, on a appris à élaborer un questionnaire adapté au projet d'étude,
bien formulé, fiable et valide. Maintenant, il faut prendre contact avec les répondants pour
rassembler les informations. Dans cette étape de terrain, il faut continuer à tout mettre en œuvre
pour obtenir une information de qualité. Ce chapitre expose la façon d’interroger les enquêtés.
Il n’est pas possible de décider a priori quel est le meilleur mode de collecte des informations. La
mise au point d’une stratégie de recueil des données fait intervenir à la fois la spécialité de l’objet
de l’enquête, la population concernée et le type de renseignements disponibles, les contraintes de
temps et les ressources financières et humaines.
Dans la pratique, le mode de collecte est déterminé avant d’être confronté à leur réalisation. Selon
le mode de recueil des données, le questionnaire n’aura pas la même forme et le choix d’une
technique d’échantillonnage peut aussi jouer sur l’organisation du questionnaire.
Le recueil d’information par entretiens semi-directifs ou non directifs est obtenu dans une
relation directe de face à face. Pour le questionnaire standardisé, divers moyens sont
envisageables. Le questionnaire peut être administré par enquêteur ou auto-administré (le
répondant inscrit lui -même ses réponses). L’enquêteur peut se présenter pour une entrevue de
face à face ou au téléphone, tandis que le questionnaire auto-administré peut être envoyé par voie
postale ou remis en main propre.
Le choix de la stratégie doit être effectué dès la phase préparatoire de la recherche. Elle
conditionne en effet le développement des questions (nombre, choix des thèmes), la forme du
questionnaire (langage oral ou écrit) comme la présentation du protocole d’enquête. Les modes
d’administration ne sont pas interchangeables car une enquête valable avec un procédé peut
s’avérer catastrophique avec un autre parce que le questionnaire n’était pas prévu pour cet usage.
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La réussite de l’enquête repose sur les capacités professionnelles de l’enquêteur qui lit les
questions et note les réponses. Dès la rencontre, il doit être capable de motiver le répondant.
Des enquêteurs eux-mêmes motivés sont capables de motiver les enquêtés, même sur des sujets
difficiles. S’ils sont peu sûrs d’eux, pessimistes sur la faisabilité ou l’intérêt de la tâche,
insatisfaits de la rémunération proposée, ils devront être écartés.
A cela s’ajoute un certain nombre de qualités personnelles qui pourront servir de critère de
sélection. Un bon enquêteur doit avoir le sens de contacts humains pour introduire et maintenir
une conversation avec un étranger, pour répondre professionnellement à des questions ou des
situations non prévues, pour proposer le questionnaire de manière naturelle, pour compléter les
réponses vagues de manière adaptée et rester neutre en toute occasion.
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Un bon enquêteur doit avoir aussi une élocution aisée et un niveau intellectuel acceptable: être
capable de noter de façon sûre les réponses même longues; être capable de conduire plusieurs
tâches simultanément (lire les questions, noter les réponses et suivre les instructions du
questionnaire). Honnêteté intellectuelle et morale, disponibilité à certaines heures (en particulier
soirées et week-ends), mobilité et présentation correcte (pour l’entretien de face à face) sont
également indispensables.
L’instruction comprend d’abord une initiation aux principes généraux de l’enquête insistant sur la
nécessité de la standardisation, les techniques pour minimiser le taux de refus, le principe de
confidentialité, une information minimum sur l’étude et ses objectifs et la spécificité de chaque
question (explicitation des consignes, rôle attendu des enquêteurs). En complément de la
formation, chacun reçoit un manuel d’instructions contenant la matière dispensée.
Des exercices pratiques centrés sur l’enquête en cours complètent la formation (jeu de rôle
enquêteur-enquêté).
c) Un questionnaire adapté
Les risques d’influence de l’enquêteur sont moindres si la standardisation du questionnaire est
poussée. Préciser non seulement les questions, mais aussi les consignes aux enquêteurs constitue
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une stratégie qui réduit au minimum leur marge d’initiative. L’enquêteur ne doit pas avoir à
innover face à l’enquêté; il doit savoir ce qu’il peut dire, quand il a le droit de donner des
précisions, quelles questions sauter en cas de question filtre...
Le questionnaire de face à face peut être précodé. L’enquêteur devra alors cocher (ou remplir le
code) le numéro correspondant à la réponse fournie par l’enquêté; cela facilitera ultérieurement la
saisie informatique de l’information.
Ce système suppose une préparation attentive du programme: les instructions aux enquêteurs
apparaissent au fur et à mesure avec les questions et les « sauts » de questions sont gérés de façon
automatique.
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Toutefois, ce mode d’enquête est plus coûteux que les autres, à la fois en temps (il faut se
déplacer à la recherche des enquêtés) et en argent (il faut payer les enquêteurs). L’administration
du questionnaire est plus sensible aux effets d’influence de l’enquêteur (liés à son comportement,
ses opinions, ses caractéristiques) et à la désidérabilité sociale (réponses faites pour donner une
image favorable de soi, pour mériter la considération de l’interviewer).
Plus rapide et économique que l’entretien de face à face surtout si l’enquête s’adresse à une
population dispersée, l’enquête par téléphone permet de toucher pratiquement tout le monde
grâce à la génération aléatoire des numéros, mais elle exclut ceux qui n’ont pas de téléphone. La
supervision est facilitée dans la mesure où les enquêteurs peuvent être rassemblés dans une
même salle autour d’un central téléphonique.
Le rôle de l’enquêteur est aussi important que dans l’enquête de face à face. En plus du bon
contact, il doit avoir une voix agréable, une prononciation distincte et être motivant. Il lui faudra
aussi, s’il n’appelle pas une personne particulière, s’assurer que la personne contactée appartient
bien à la population cible (par exemple mère de famille d’enfants d’école maternelle, utilisateur
des transports en commun, etc.). Les répondants ne sont pas simples à toucher, parfois il faut 5 ou
6 appels avant de joindre le répondant.
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Les réponses recueillies par téléphone aux questions ouvertes sont assez pauvres: leur usage est
donc déconseillé.
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d’enquêteurs disparaissent. En outre, l’enquête postale permet d’atteindre des personnes difficiles
à joindre (rarement chez elles ou refusant d’ouvrir la porte).
Mais en contrepartie, on risque un faible taux de retour (biais des non-réponses). En outre, il n’est
pas certain que les questions aient été correctement comprises et que les réponses émanent bien
des personnes auxquelles le questionnaire a été adressé: la secrétaire peut répondre pour son
patron, le mari pour sa femme, ... Les tests de connaissance sont inopérants car on peut se
documenter à loisir. Certaines personnes ne se conforment pas aux instructions (barrer, entourer,
...), et il est parfois difficile de déceler leur manière de procéder. De plus, les réponses peuvent
être illisibles, difficiles à comprendre ou incomplètes. Enfin, ce mode de collecte impose de
disposer de listes d’adresses complètes et à jour.
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CHAPITRE IV : EXPLOITATION DES DONNEES
Cette partie sera consacrée aux opérations d’exploitation des données d’enquête. Les réponses
aux questions de l’enquête ne peuvent généralement être traitées telles qu’elles ont été recueillies
sur le terrain: il faut les mettre sous une forme qui les rend aptes à être analysées.
Avec la réalisation d’un codage, il est possible de passer des données brutes aux données
préparées pour l’analyse. Ce chapitre parle essentiellement du codage des enquêtes quantitatives
par questionnaires. Le traitement des enquêtes qualitatives par entretiens y est rapidement
évoqué.
L’exploitation des données d’enquêtes est très souvent réalisée à l’aide de l’ordinateur qui
effectue sans difficultés un grand nombre de calculs à l’aide des logiciels.
Les informations recueillies seront présentées sous une forme simple et systématique obtenue au
moyen d’un codage. Les analyses ultérieures s’effectueront à partir du document rassemblant les
données codées. Les étapes importantes de la préparation des données sont :
Les indicateurs de l’enquête ont été traduits en questions. Au moment de l’analyse statistique,
chaque question de l’enquête devient une variable ou parfois même plusieurs variables. Une
variable est une quantité susceptible de prendre un certain nombre de valeurs, par opposition à
une constante.
Dans les analyses d’enquête, il est utile de distinguer trois types de variables :
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quelconque. Exemple: « avec qui êtes-vous venu visiter cette exposition ? » Seul/En
famille/Avec des voisins amis.
Lorsque la variable nominale n’a que 2 modalités, on l’appelle variable ou attribut dichotomique:
pour le sexe des répondants, la réponse est Masculin ou Féminin.
- Variable ordonnée ou ordinale : Une variable est ordinale si un ordre existe entre les
modalités de réponses. Ex. : « Comment appréciez-vous cette exposition? Très
intéressante/Assez intéressante/Peu intéressante/Pas intéressante du tout.
- Variable quantitative ou numérique : est une variable dont les données indiquent la
quantité de quelque chose. Exemple : le nombre d’enfants, l’âge, le poids sont mesurés
sur des échelles quantitatives.
Une fois identifiée, chaque variable de l’enquête fait l’objet d’une codification. Un code associe à
chaque modalité de réponse une valeur. Parfois, les réponses sont précodées sur le questionnaire,
mais ce n’est pas absolument le cas. Les numéros de code affectés aux réponses n’auront pas la
même signification suivant la nature des variables.
- Pour les variables nominales, le code assigné est purement symbolique et
arbitraire et n’a pas valeur de quantité. C’est une correspondance destinée à simplifier
l’écriture.
- Si on attribue un numéro de code à chaque réponse d’une variable ordinale, ces
numéros indiquent un ordre de classement, mais pas une quantité
- Pour les variables quantitatives par contre, la valeur portée sur le questionnaire
devient la valeur codée et a le sens d’une unité de mesure (par exemple: âge, nombre
d’enfants).
Il convient de noter que pour les questions fermées à choix multiples, on fait une combinaison de
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réponses, puis on attribut un code. C’est le cas des langues parlées : s’il y en a quatre, on aura 2 ,
soit 16 combinaisons.
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Passage du codage du questionnaire au tableau de données
On applique la codification élaborée aux réponses du questionnaire. Ce qui donne un tableau de
données ou encore une matrice ou fichier de données qui prévoit une ligne pour chaque sujet et
une colonne pour chaque variable de l’enquête. Ces données saisies sur un tableur classique
pourront être transférées dans le logiciel choisi pour l’analyse (production des tableaux).
Après la saisie informatique, on recherche les erreurs ou les incohérences. Cette vérification
demande du temps, mais elle est absolument indispensable. Si aucun soin n'est pris à ce stade,
l'analyse des données pourra en souffrir. Plusieurs types de vérification sont conseillés avant de
lancer l'analyse.
Tout d'abord, il faut contrôler la qualité de la saisie à partir d'un échantillon de questionnaires. Si
les ressources le permettent, il est préférable de répéter la saisie une seconde fois, puis de
comparer les deux séries de données enregistrées dans l'ordinateur.
Une fois les erreurs de saisie rectifiées, on doit vérifier si les données sont hors-limite
(impossibles ou peu vraisemblables) et/ou contradictoires (ex. : grossesse déclarée alors que le
sujet est de sexe masculin, ou encore réponses sur l'utilisation du préservatif alors que le sujet n'a
pas de rapport sexuel).
Il faut aussi s'assurer qu'aucune donnée obligatoire n'est manquante - du fait soit de l'incapacité
ou du refus du sujet à répondre (non-réponse), soit d'une erreur de l'enquêteur. Le vérificateur
pourra décider de compléter ces données manquantes (on parle alors d'imputation) ou simplement
de les ignorer et d'éliminer ces entrées pour l'analyse.
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4.3. Le traitement des entretiens
Dans l’enquête quantitative, on attribue une valeur à chaque catégorie en vue de traitements
statistiques; dans l’approche qualitative les catégories obtenues sont surtout traitées globalement.
L’analyse thématique des entretiens est un travail d’identification des catégories (on parle encore
de thèmes et sous-thèmes) qui sont des points de vue, des concepts ou des idées qui doivent
permettre le classement et l’organisation des informations.
A partir d’un tableau des données, on pourra faire des comparaisons de sujets (rechercher des
types d’individus qui se ressemblent) ou étudier des rapprochements ou répulsions de thèmes.
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CHAPITRE V : ANALYSE ET PRESENTATION DES RESULTATS
Outre le calcul des indicateurs et leur interprétation, l'analyse des données recueillies inclut la
pondération éventuelle des données (poids d'échantillonnage), le calcul des erreurs-types des
estimations et des tests afin de déterminer la signification statistique des tendances observées
dans le temps et/ou entre divers groupes ou sous-groupes.
Les informations de l’enquête sont rassemblées dans le fichier des données qui va servir dans la
construction des tableaux des chiffres devant décrire l’enquête. Les trois niveaux d’analyse sont :
La description des variables par l’opération dite « tri à plat » qui consiste à examiner une seule
variable la fois, c’est-à-dire que le calcul de la distribution des effectifs et des pourcentages des
modalités de réponses se fait pour chaque question. Ce travail semble fastidieux, mais il est facile
de le réaliser par ordinateur avec un programme adapté.
3. Analyse multivariée
Le contrôle des relations par une analyse multivariée permet de prendre en compte la complexité
de la réalité en considérant plusieurs variables simultanément. La démarche consiste à introduire
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progressivement de nouvelles variables dans la relation à deux variables pour examiner leurs
effets. Cette nouvelle variable dont l’effet est contrôlé est appelée la variable test.
Le rapport comporte généralement une première rédaction longue concernant le détail des
procédures et des résultats. Ensuite, il entre dans le domaine de la communication avec la
rédaction d’un rapport abrégé, adapté au public destinataire, écrit clairement et illustré des
représentations graphiques.
La première page porte le titre, les auteurs, la date, le lieu et les commanditaires de l’étude et les
noms des participants. Un résumé en quelques lignes ou/et un sommaire plus détaillé mettent
l’accent sur les points importants, avec éventuellement un ou deux tableaux clés. La table des
matières, la liste des tableaux et figures et un glossaire (termes spécifiques et abréviations
particulières) se trouveront au début (ou en fin du rapport).
Le chapitre introductif donne les raisons pour lesquelles l’enquête est conduite et ce qu’on en
attend : en quoi l’objectif est intéressant et important, comment l’étude se situe par rapport aux
travaux antérieurs et ce qu’on doit apporter de plus. Une partie théorique pourra définir les
concepts et idées utilisées. Les questions spécifiques de recherche ou les hypothèses à tester sont
précisées ainsi que les limites de l’enquête.
Les choix méthodologiques et techniques seront précisés. C’est notamment : les caractéristiques
de l’enquête : plan, population étudiée, échantillonnage, mode de collecte et taux de réponses ;
les instruments de collecte des données avec leurs spécifications : contenu du questionnaire (le
questionnaire complet doit se trouver en annexe du rapport) ; les aspects logistiques : étude
pilote, mode de sélection et de formation des enquêteurs, supervision, durée de l’entretien et
période de réalisation de l’enquête ; les constructions effectuées en vue de l’analyse, les
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techniques particulières d’analyse sans oublier les logiciels utilisés pour l’exploitation des
données ; les caractéristiques démographiques des répondants.
Les principaux résultats et commentaires sont décrits dans différents chapitres avec des tableaux,
des graphiques, des traitements statistiques ou la description des données qualitatives.
La dernière partie est une conclusion qui donne le résumé et l’interprétation des résultats : le
résumé décrit de manière suggestive ce que les données révèlent en situant les résultats par
rapport à la question posée au départ, aux hypothèses et au contexte de la recherche.
Le rapport se termine par la discussion et l’interprétation où le rédacteur attire l’attention sur les
points importants et compare les résultats obtenus à ceux d’autres enquêtes, il note les résultats
inattendus et propose des interprétations pour les observations, il discute des limites de l’étude et
enfin il fait des suggestions pour une recherche future. Certaines études sont conduites seulement
pour obtenir des données. Dans d’autres cas, il est demandé de prévoir des recommandations:
c’est à ce niveau qu’il faut les exposer.
1. Bibliographie
Les références bibliographiques utilisées sont présentées de manière standardisée. Elles donnent
pour un ouvrage le nom de l’auteur (EN CAPITALES) avec l’initiale du prénom (ou parfois le
prénom complet), le titre de l’ouvrage (en italique), puis le lieu d’édition, le nom de l’éditeur et
l’année d’édition.
Pour les articles on commence aussi par le nom de l’auteur (EN CAPITALES) et l’initiale du
prénom, puis on note le titre de l’article (« entre guillemets »), le titre du périodique (en italique),
et l’on précise les références du numéro des la revue (le volume, le numéro, l’année avec le mois
de l’année) et les pages de début et de fin d’article (p.52-63). On peut aussi donner l’année de
parution directement après les nom et prénom de l’auteur au lieu de la renvoyer en fin de
référence. Le cas échéant, on indique à la fin le nombre de volumes lorsqu’il y en a plusieurs (2
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volumes ou 2 tomes) et pour les traductions en français, l’année de première édition en langue
originale.
2. Annexes
Cette partie rassemble les informations qui n’ont pu être introduites dans le texte. Le
questionnaire est intégralement reproduit, accompagné d’une fiche résumant les caractéristiques
de l’enquête. On complète par des informations techniques (de méthodologie ou de statistique),
les guides d’entretien, les codes, la description des réponses aux questions ouvertes ou l’édition
de tableaux complémentaires.
2.3. Typographie
Les règles habituelles de typographie et de mise en forme du texte sont respectées. La mise en
page doit être soignée et le document attentivement relu. Ne pas oublier de numéroter les pages
d’un rapport.
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3.1. Diagrammes en barres disjointes
Ils sont faciles à lire d’un coup d’œil et à interpréter. De plus, ils conviennent pour tout type de
données.
Les barres sont en général présentées verticalement. S’il y en a plus de six ou sept, il est
préférable de les présenter horizontalement.
Ce type de représentation est particulièrement intéressant pour situer les répondants d’une
modalité par rapport aux autres en attirant l’attention sur une « tranche »: dans ce cas, on peut
même insister en la détachant. Lorsque le nombre de modalités est important, ces représentations
deviennent illisibles: on évite de représenter sur un tel diagramme plus de six tranches (si
nécessaire on groupe les petites tranches sous la rubrique « autre »).
3.4. Courbes
Les informations peuvent encore être représentées sous forme de courbe essentiellement pour
dégager la tendance.
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