Cours : Environnement
Définitions :
• L'environnement le milieu dans lequel l'individu et/ou le groupe évoluent, ce
milieu incluant l'air, l'eau, le sol, leurs interfaces, les ressources naturelles, la
faune, la flore, les champignons, les microbes et les êtres humains, les
écosystèmes et la biosphère.
• D'un point de vue plus sociétal, l'Environnement est le milieu physique,
construit, naturel et humain dans lequel un individu ou un groupe (une famille,
un quartier, une société, une collectivité, une entreprise, Administration, etc.)
fonctionne ; incluant l’air, l’eau, le sol, le sous sol, la faune, la flore, les autres
organismes vivants, les êtres humains et leurs inter-relations.
•
La pollution est une dégradation de l'environnement par l'introduction dans l'air, l'eau ou
le sol de matières n'étant pas présentes naturellement dans le milieu. Elle entraine une
perturbation de l'écosystème dont les conséquences peuvent aller jusqu'à la migration ou
l'extinction de certaines espèces incapables de s'adapter au changement.
Les formes de pollution qui dégradent l’environnement sont :
1- Pollution de l’air
Définition :
La pollution de l'air (ou pollution atmosphérique) est une altération de la pureté
de l'air, par une ou plusieurs substances ou particules présentes à des
concentrations et durant des temps suffisants pour créer un effet toxique ou
écotoxique.
La partie de l'atmosphère concernée par les problèmes de pollution comprend la
troposphère (du sol jusqu'à 8 à 15 km d'altitude suivant la latitude) et la stratosphère
(entre 15 et 50 km d'altitude). En effet, les émissions de polluants à durée de vie
supérieure à 5 ans environ peuvent atteindre la stratosphère. La concentration et/ou
la dispersion des polluants dépendent ensuite en général des conditions
météorologiques.
La pollution de l’air peut être d’origines naturelles (éruption volcanique, pollens,
incendies de forêts…), mais elle provient majoritairement des activités humaines ou
anthropique (transports, chauffages individuels et collectifs, industries, agriculture,
incinération des ordures ménagères, activités domestiques, …).
En effet, bien que non négligeables, les sources naturelles qui modifient la
composition de l'atmosphère (éruptions volcaniques, embruns marins, poussières
extra-terrestres, pollens, spores, bactéries, respiration des êtres vivants et
décompositions naturelles) ne s'intègrent que timidement dans les préoccupations
actuelles sur la pollution de l'air.
La pollution de l'air est la résultante de multiples facteurs : production d'énergie,
agriculture intensive, industries extractives, métallurgiques et chimiques, la
circulation routière et aérienne, incinération des ordures ménagères et des déchets
industriels, etc.
. Les principales substances polluant l'atmosphère peuvent se répartir
schématiquement en deux groupes : les gaz et les particules solides (poussières,
fumées). On estime que les gaz représentent 90 % des masses globales de
polluants rejetées dans l'air et les particules les 10% restants.
Les polluants atmosphériques se distinguent en deux grandes familles : les polluants
primaires et les polluants secondaires.
Les polluants primaires :
Sont directement rejetés dans l’air par une source identifiée, la plupart du temps liée
aux activités humaines (trafic routier, industrie, chauffage, agriculture, …).
On retrouve, dans les polluants primaires, le monoxyde d’azote (NO), le dioxyde de
soufre (SO2), le monoxyde de carbone (CO), les métaux lourds (plomb, arsenic,
cadmium et nickel), les composés organiques volatils (COV) et les Hydrocarbures
Aromatiques Polycycliques (HAP dont le benzo(a)pyrène).
Les polluants secondaires
ne sont pas directement rejetés dans l’air. Ils se forment à partir de réactions
chimiques entre différents polluants primaires, déjà présents dans l’air.
C'est le cas par exemple pour :
• l’ozone (O3), qui se forme lorsque les oxydes d'azote et les hydrocarbures réagissent
sous l’influence des rayonnements ultra-violets du soleil (c’est en partie pour cette
raison que l’ozone est plus présent au printemps et en été)
• les pluies acides, qui sont le résultat de l’acidification de l’eau de pluie ayant capté
différents polluants mais aussi les dépôts secs de ces polluants (SO2 et NOX).
Certains polluants comme le dioxyde d'azote (NO2) et les particules en suspension
(PM10 et PM2.5), sont à la fois des polluants primaires et secondaires.
Oxydes d’azote (NOx) :
Les oxydes d’azote (NOx) regroupent le monoxyde d’azote (NO) et le dioxyde
d’azote (NO2). Ils sont émis lors de la combustion (chauffage, production d’électricité,
moteurs thermiques des véhicules…). La chimie de l’azote (fabrication de nitrate
d’ammonium…) ou l’utilisation de produits nitrés dans les procédés industriels
(verrerie…) sont également des émetteurs. Enfin, l’utilisation des engrais azotés
entraîne des rejets de NOx. Les émissions d’origine humaine peuvent localement
devenir très largement prépondérantes.
Dioxyde de soufre (SO2) :
Le dioxyde de soufre est produit à partir de la combustion d'énergies fossiles (fioul,
charbon, lignite, gazole, etc.). Quelques procédés industriels émettent également des
oxydes de soufre (production d’acide sulfurique, production de pâte à papier,
raffinage du pétrole, etc.). Ils peuvent également être émis par la nature (volcans).
Les composés organiques volatils (COV) :
Les composés organiques volatils (COV) constituent une famille très large de
produits comme le benzène, l’acétone, le perchloroéthylène… qui se trouvent à l’état
de gaz ou s’évaporent facilement dans les conditions classiques de température et
de pression lors de leur utilisation.
Ozone (O3) :
L’ozone est un polluant secondaire, résultant de transformations photo-chimiques
complexes entre certains polluants comme les oxydes d’azote (NOx), le monoxyde
de carbone et les composés organiques volatils (COV).
Ammoniac (NH3) :
L’ammoniac est lié essentiellement aux activités agricoles (volatilisation lors des
épandages et du stockage des effluents d’élevage et épandage d’engrais
minéraux). C’est un gaz irritant
Les métaux lourds :
La plupart des métaux lourds sont des éléments constitutifs de la croûte terrestre. Ils
peuvent être mis en suspension en plus ou moins grande quantité, par exemple par
érosion ou au cours d’éruptions volcaniques ou de feux de forêts.
Les sources humaines sont principalement liées aux activités métallurgiques
(extraction minière, aciérie, transformation manufacturière…), de combustion
(production énergétique ou incinération de déchets) et aux transports, en particulier
routier. Le secteur routier a connu une diminution spectaculaire de ses émissions de
plomb au cours des deux dernières décennies suite à l’interdiction des essences
plombées au niveau européen.
La majorité des éléments métalliques (dont Fe, Zn, Ni, As, Cr) est indispensable à
faibles doses à la vie animale et végétale (leur absence entraîne des carences en
oligo-éléments). Cependant, à des doses plus importantes, ils peuvent se révéler très
nocifs. D’autres éléments (Pb, Cd, Hg) n’ont aucun effet bénéfique et sont seulement
préjudiciables à la vie.
L’oxyde de carbone CO :
Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz incolore inodore, très diffusible
dans l'air. Le dégagement de monoxyde de carbone provient de la
combustion incomplète de composés carbonés.
Le dioxyde de carbone Co2 :
Le dioxyde de carbone (CO2) représente 77% des émissions de gaz à effets de
serre (GES) d'origine humaine. Il résulte essentiellement de la combustion des
énergies fossiles et du changement d'utilisation des sols (agriculture et
déforestation).
Les polluants réglementés sont :
• oxydes d'azote : NOx ;
• les particules fines en suspension : PM10 et PM2. 5 ;
• le dioxyde de soufre : SO2 ;
• l'ozone : O3 ;
• le monoxyde de carbone : CO ;
• les composés organiques volatils (benzène C6H6…) ;
• les hydrocarbures aromatiques polycliques (HAP)
• les métaux lourds (plomb Pb, cadmium Cd, arsenic As, nickel Ni).
•
-La matière particulaire :
Le terme « particule » désigne un mélange de fines matières solides et/ou liquides en
suspension dans l’air. Les particules sont le plus souvent classées selon leur diamètre
aérodynamique (appelé taille), paramètre important pour caractériser leur pouvoir de
pénétration dans l’appareil respiratoire.
Dans l’air ambiant, on parle de poussières totales en suspension (TSP, Total Suspended
Particles ou MPS, matière particulaire en suspension) lorsque l’ensemble des particules en
suspension est considéré sans distinction de taille. Les particules sont classées en fonction de
leur dimension. On distingue ainsi:
Les poussières sédimentables : ce sont les plus grosses. Elles retombent dans un rayon de
quelques kilomètres de leur lieu d’émission ;
Les poussières en suspension : ce sont des particules en suspension d’un diamètre moyen
inférieur à 75 μm (à peu près le diamètre d’un cheveu) ;
Les PM10 (PM pour particulate matter) : ce sont des particules dont le diamètre moyen est
inférieur à 10 μm ;
Les PM2,5 (aussi appelées « particules fines ») : ce sont des particules dont le diamètre
aérodynamique moyen est inférieur à 2,5 μm. Elles peuvent rester pendant des jours en
suspension dans l’air en raison de leur légèreté. Elles sont principalement produites par les
phénomènes de combustion ;
Les PM1 (particules de diamètre aérodynamique médian inférieur à 1 μm, dites particules
submicroniques) et les PM0,1 (particules ultrafines-PUF, particules dont le diamètre
aérodynamique est inférieur à 100 nm).
-Origine des particules :
Les grosses particules (PM10) sont issues principalement des activités
industrielles (36%des émissions), du chauffage domestique (21%) et de
l’agriculture (29%). Les particules fines (PM2,5) proviennent de la combustion du
bois
pour le chauffage domestique (34%des émissions), des véhicules diesel (14%)
Phénomène d’effet de serre :
L'effet de serre est un phénomène naturel provoquant une élévation de la
température à la surface de notre planète. Indispensable à notre survie, ce fragile
équilibre est menacé. Les activités humaines affectent la composition chimique de
l'atmosphère et entraînent l'apparition d'un effet de serre additionnel, responsable
en grande partie du changement climatique actuel
a-Effet de serre naturel :
Les deux tiers de l'énergie en provenance du soleil sont absorbés par l'atmosphère,
les sols et l'océan. Le tiers restant est directement réfléchi vers l'espace par les
nuages, les aérosols, l'atmosphère et la surface terrestre. Atmosphère et surface
terrestre émettent en retour un rayonnement infrarouge que les nuages et les gaz à
effet de serre (vapeur d'eau, dioxyde de carbone, ozone et méthane pour les
plus importants) absorbent et réémettent en grande partie vers le sol. Les gaz à
effet de serre ont en effet la particularité d'être pratiquement transparents au
rayonnement solaire et opaque au rayonnement infrarouge émis par la terre.
L'énergie est piégée. On estime que sans cet effet de serre de l'atmosphère, la
température moyenne à la surface de la terre serait au plus de - 19°C au lieu des
15°C que nous connaissons.
b- Effet de serre additionnel :
Celui-ci est provoqué par un excédent de gaz à effet de serre libérés dans
l'atmosphère par les activités humaines.
- Principaux gaz à effet de serre et leurs sources :
La vapeur d'eau est responsable à elle seule de la grande majorité de l'effet de serre
naturel. Elle a également un effet de rétroaction important sur le changement
climatique : lorsque la température augmente, l'évaporation augmente et la quantité
de vapeur d'eau relâchée dans l'atmosphère aussi, accélérant encore le
réchauffement.
- Le dioxyde de carbone, ou CO2, dont la concentration peut augmenter du fait de
processus naturels comme les éruptions volcaniques et les feux de forêts ou de
brousse. Mais ce sont les activités humaines avec l'utilisation de carbone fossile
(pétrole, gaz naturel et charbon notamment pour l'industrie, le chauffage et les
transports), ou encore la fabrication du ciment et les changements d'occupation des
sols, qui sont responsables de l'essentiel de l'augmentation de sa concentration
- Le méthane est un gaz à effet de serre bien plus puissant que le CO2, mais moins
concentré. Il est souvent lié aux processus de fermentation (marécages, décharges,
digestion des ruminants, etc.). L'agriculture intensive est ainsi l'un des responsables
de l'augmentation des concentrations de méthane dans l'atmosphère au cours des
derniers siècles.
- L'ozone. Présent naturellement dans la stratosphère, vers 20 km d'altitude, il nous
protège du rayonnement solaire ultraviolet qu'il absorbe. De l'ozone est également
produit dans les basses couches de l'atmosphère à partir de composés organiques
volatiles COV émis par les activités humaines (transports).
- Le protoxyde d'azote, appelé également « gaz hilarant », est émis naturellement
par les sols et provient notamment de l'utilisation d'engrais.
Phénomène d’effet de serre
- Principaux impacts :
-les glaciers et les calottes glaciaires continueront de fondre et risquent, pour certains de
disparaître. L’eau de la fonte des glaciers alimente largement les réserves d’eau douce en
surface et sous terre de nombreuses régions où elle est notamment un élément central de la
vie de la faune, des systèmes d’irrigation et des réserves d’eau potable pour les populations
- la diminution des ressources en eau va très sensiblement frapper un certain nombre de
régions. Les sécheresses, les terres incultivables entraînent des migrations. Peut-être des
conflits régionaux. les conséquences sanitaires : baisse de la mortalité due au froid dans les
hautes latitudes, mais risque accru de mortalité due à la chaleur dans les autres zones,
surtout risque accru de pénurie d’aliments et d’eau et de malnutrition, de maladies d’origine
hydrique et alimentaire, effets sanitaires liés à la migration.
- Une extension des zones de propagation de certaines maladies à vecteurs (paludisme ou la
dengue) - l’élévation du niveau de la mer ; les grands deltas côtiers asiatiques et Africains
vont être touchés par l’élévation du niveau de la mer, l’érosion et d’autres phénomènes
côtiers dangereux, menaçant l’infrastructure, les établissements humains et les installations
vitales pour les populations insulaires.
La couche d’ozone
1-Définition :
La couche d'ozone est la partie de l'atmosphère située entre vingt et cinquante
kilomètres d'altitude (stratosphère) figure ci-dessous. La concentration en ozone y
est de l'ordre de dix parties par million.
L'ozone de la stratosphère absorbe la plupart des rayons ultraviolets dommageables
(rayons UV-B) sur le plan biologique. L'absorption des rayons ultraviolets par l'ozone
crée une source de chaleur qui forme la stratosphère (une région où la température
augmente avec l'altitude).
Figure : Composition des couches de l’atmosphère
Elle joue donc un rôle déterminant dans la structure de la température de
l'atmosphère terrestre. Sans l'action filtrante de la couche d'ozone, le rayonnement
qui parviendra au sol est plus intense
Les rayons UV-B pénétreraient librement l'atmosphère et atteindraient la surface
de la Terre provoquant des effets néfastes liés à l'exposition excessive aux rayons.
2- Causes de destruction de la couche d’ozone :
Diverses molécules menacent la couche d’ozone notamment des substances
utilisées par les activités industrielles. Le protoxyde d’azote (N²0) et les
chlorofluocarbones (CFC) sont les principales. Le protoxyde d’azote provient des
combustions mais aussi par des sols agricoles (production d’engrais). Les
chlorofluocarbones (CFC) sont des dérivés chlorés et fluorés d’hydrocarbures
présents dans les systèmes de climatisations. Ils sont d’ailleurs interdits depuis 1996
car ils modifient la concentration et la distribution de la couche d’ozone dans la
stratosphère. Ils étaient des produits tellement efficaces et aux propriétés
remarquable que leur production était passé de 50 000 t à 500 000t du début des
années 1960 à 1999
Utilisés massivement comme gaz réfrigérants, ou comme gaz propulseurs dans les aérosols,
dans les années 1950, les CFC s'accumulent dans l'atmosphère. Et comme ces produits ont
une durée de vie longue, ils y demeurent longtemps et finissent par en occuper toutes les
couches, y compris celles au niveau de la stratosphère. Là, ils sont brisés par le
rayonnement ultraviolet du soleil qui libère les atomes de chlore (Cl) destructeurs des
molécules d’ozone.
Remarque :
N2O et CFC sont des molécules très stables, atteignant la stratosphère plusieurs
années après leurs émissions : Aujourd’hui on peut voir le résultat de la
consommation de CFC des années 1970 à 1980 environ. Sous l’action des rayons
ultraviolets, ils libèrent donc des substances qui accélèrent la destruction de l’ozone.
3-Conséquences :
L’ozone est un oxydant puissant et donc, dans la troposphère, dangereux pour les
êtres vivants et néfaste à la croissance des végétaux. Les UV augmentent les
risques de cancer de la peau, de cataractes, ils favorisent le vieillissement de la
peau, les conjonctivites et un affaiblissement du système immunitaire. Les UV-B
altèrent l'ADN et s'avèrent à ce titre fortement mutagène sur les plantes et les
animaux Ils constituent également un réel danger pour la biodiversité.
Compte tenu de l’importance que revêt la coopération internationale pour les
questions d’environnement et afin de célébrer la date de la signature du Protocole de
Montréal en 1987, le 16 septembre a été déclarée « Journée internationale de la
protection de la couche d’ozone » par les Nations Unies. Toutes les nations sont
appelées à poursuivre leurs efforts en faveur de la surveillance de la composition
chimique de l’atmosphère et de l’application de la Convention de Vienne pour la
protection de la couche d’ozone ainsi que du Protocole de Montréal relatif à des
substances qui appauvrissent la couche
2- La pollution de l'eau
1-Définition
La pollution de l'eau est une dégradation physique, chimique, biologique ou
bactériologique de ses qualités naturelles, provoquée par l'Homme et ses activités.
Elle perturbe les conditions de vie de la flore et de la faune aquatique et elle
compromet les utilisations de l'eau et l'équilibre du milieu aquatique.
On distingue généralement 3 ‘sources’ principales de pollution : domestique, industrielle,
agricole.
La pollution domestique : résulte des usages de l’eau par les ménages. Elle comprend les
eaux vannes (toilettes) et les eaux ménagères et se compose surtout de pollution organique
(matières fécales, urines, graisses, déchets organiques, papier, …), microbiologique
(‘microbes’ dans les eaux vannes principalement) et chimique (détergents, produits
domestiques divers, …).
Au total, on évalue la pollution journalière produite par une personne utilisant
de 150 à 200 litres d'eau à :
• 70 à 90 g de matières en suspension
• 60 à 70 g de matières organiques
• 15 à 17 g de matières azotées
• 4 g de phosphore
• plusieurs milliards de germes pour 100 ml.
A cela il faut ajouter les eaux usées rejetées (effluents) par les installations
collectives, telles que les hôpitaux, les écoles, les commerces, les hôtels et
restaurants, etc.
Ces eaux sont ensuite généralement acheminées vers des stations d'épuration et,
en sortie d'usine, la majorité des polluants sont éliminés. Le développement des
équipements de collecte et de traitement des eaux usées (l'assainissement) vise
précisément à réduire l'impact de la pollution domestique et d'une partie de la
pollution industrielle. L'objectif final est, bien sûr, la préservation de nos
ressources en eau et la protection de notre environnement. Les eaux domestiques
sont riches en déchets organiques, en graisses (eau de cuisine), matières minérales
(eau de salle de bain) et hydrocarbonées, azote, phosphore et potassium (eaux
usées des WC), qui polluent l'eau. La lessive libère des matières minérales dans
l'eau, tel le phosphate, et entraîne la prolifération des algues.
La Pollution agricole :
L'agriculture constitue la première cause des pollutions diffuses des ressources en
eau
. Lorsque l'on considère les pollutions d'origine agricole, il faut englober à la fois
celles qui ont trait aux cultures et à l'élevage. Les activités agricoles sont, en
particulier, largement impliquées dans les apports d'azote et, surtout, de ses
dérivés, nitrates et nitrites, que l'on trouve en forte concentration dans les engrais,
mais aussi dans les lisiers et purins d'élevage.
Les pesticides utilisés pour le traitement des cultures sont également une source
connue de dégradation des ressources en eau. Sous l'appellation "produits
phytosanitaires" se cache en fait une multitude de substances, dont la rémanence
dans l'eau peut varier d'une molécule à l'autre. De manière générale, on retiendra
toutefois que les organo-chlorés sont plus rémanents que les organo-phosphorés.
Les principaux polluants agricoles sont :
• les Nitrates :
Le nitrate est un élément naturel bénéfique intégré au cycle de l'azote et
indispensable à la croissance des végétaux. Il est épandu sous forme organique
(déjection animale : fumier, lisier) ou minérale (chimique).
Un emploi excessif de nitrates déséquilibre ce processus : après que les engrais
azotés soient répandus, l'eau de pluie, en s'infiltrant, entraîne dans sa course
l'engrais que les plantes et les sols n'ont pu absorber. Cette charge azotée s'infiltre
alors jusqu'aux réserves d'eau douce qu'elle pollue.
L'essentiel de cette pollution est dû à la différence entre les apports en nitrates
sous forme d'engrais et ce qui est réellement consommé par les plantes.
Alors qu'en l'absence de contamination, la teneur en nitrates des eaux souterraines
varie de 0,1 à 1 milligramme par litre d'eau, elle dépasse souvent aujourd'hui 50
milligrammes par litre, norme retenue pour les eaux potables par l'Organisation
mondiale de la santé. Au-delà de 100mg/l, l'eau ne doit pas être consommée.
La pollution des eaux par les nitrates présente un double risque. Ingérés en trop
grande quantité, les nitrates ont des effets toxiques sur la santé humaine, Les
nitrates, transformés en nitrites par l'organisme peuvent provoquer une
transformation de l'hémoglobine en "méthémoglobine" et provoquer un mauvais
transfert de l'oxygène vers les cellules.
Par ailleurs, ils contribuent avec les phosphates à modifier l'équilibre biologique
des milieux aquatiques en provoquant des phénomènes d'eutrophisation.
• les Pesticides
Les pesticides sont définis comme des substances qui protègent les végétaux contre
les organismes nuisibles ou qui préviennent leur action et qui détruisent les
végétaux indésirables.
Ce sont des produits phytosanitaires qui comprennent les herbicides (contre les
mauvaises herbes), les fongicides (contre les champignons), les nématoïdes (contre
les vers)…
Ils contaminent les eaux de surface (cours d'eau, lacs…) et les eaux souterraines. La
norme fixe à 0,1 µg par litre la concentration maximale pour chaque type de
pesticide identifié et à 0,5 µg par litre la concentration totale en pesticides.
Les principaux pesticides utilisés :
• Les organochlorés (hydrocarbures chlorés), comme le DDT synthétisé dès les
années 1940, sont des pesticides très stables chimiquement. Le DDT a été utilisé
partout dans le monde dans la lutte contre les insectes, jusqu'à ce que l'on
découvre qu'il était peu dégradable et pouvait se concentrer dans les organismes
en bout de chaîne alimentaire, par bioaccumulation, avec des risques certains
pour la santé humaine. Son utilisation est aujourd'hui interdite dans de nombreux
pays tempérés, mais on en trouve encore beaucoup dans les milieux aquatiques.
En outre, ils continuent à être employés dans certains pays tropicaux.
• Les organophosphorés sont des composés de synthèse qui se dégradent assez
rapidement dans l'environnement mais qui ont des effets neurotoxiques sur les
vertébrés.
• Les pyréthroïdes sont des insecticides de synthèse très toxiques pour les
organismes aquatiques. Une pollution accidentelle des eaux par ces composés
peut être dramatique.
• Les carbamates, très toxiques, sont utilisés comme insecticides et fongicides.
• Les phytosanitaires, qui regroupent un très grand nombre de produits de la
famille des fongicides, représentent plus de la moitié du tonnage annuel des
pesticides utilisés en France.
• les Phosphates
Les phosphates sont utilisés en agriculture comme engrais en tant que source de
phosphore
Non toxiques en eux-mêmes pour la vie animale et végétale, ils portent atteinte à
l'environnement dès lors qu'ils sont en fortes concentrations : ils deviennent alors
de véritables engrais pour les milieux aquatiques qu'ils contribuent à enrichir
exagérément en matière organique.
Les phosphates ont la propriété de neutraliser l'action du calcaire. Ils sont donc
rajoutés aux détergents pour adoucir l'eau et obtenir ainsi un meilleur lavage. Mais
leur utilisation fait l'objet depuis quelques années d'une polémique entre
producteurs de lessives et protecteurs de l'environnement
Phénomène d'eutrophisation :
L'eutrophisation est une forme particulière mais naturelle de pollution de certains
écosystèmes aquatiques qui se produit lorsque le milieu reçoit trop de matières
nourrissantes pour les algues et que celles-ci prolifèrent en quantité
exceptionnelle, bouleversant tout l'écosystème. Les principaux nutriments à
l'origine de ce phénomène sont le phosphore (contenu dans les phosphates) et
l'azote (contenu dans l'ammonium, les nitrates, et les nitrites).
Le processus naturel est à l'origine très lent il peut s'étaler sur des siècles ou des
millénaires, et parfois sur de plus longues périodes encore. Mais l'eutrophisation
peut être fortement accélérée par l'apport d'effluents domestiques, industriels et
agricoles et conduire à la mort de l'écosystème aquatique en quelques décennies
voire même en quelques années. On parle alors d'hyper eutrophisation ou encore
de dystrophisation.
La Pollution Industrielle
Si la pollution domestique des ressources est relativement constante, les rejets
industriels sont, au contraire, caractérisés par leur très grande diversité, suivant
l'utilisation qui est faite de l'eau au cours du processus industriel.
Selon l'activité industrielle, on va donc retrouver des pollutions aussi diverses que
:
• des matières organiques et des graisses (abattoirs, industries agro-
alimentaires...),
• des hydrocarbures (industries pétrolières, transports)
• des métaux (traitements de surface, métallurgie)
• des acides, bases, produits chimiques divers (industries chimiques, tanneries...)
• des eaux chaudes (circuits de refroidissement des centrales thermiques)
• des matières radioactives (centrales nucléaires, traitement des déchets
radioactifs...).
• Les matières organiques :
Les matières organiques ont longtemps été les principaux polluants des milieux
aquatiques. Elles proviennent des déchets domestiques (ordures ménagères,
excréments), agricoles (lisiers) ou industriels (papeterie, tanneries, abattoirs,
laiteries, huileries, sucreries...), lorsque ceux-ci sont rejetés sans traitement
préalable.
Lorsqu'elles sont en excès, leur décomposition peut entraîner l'asphyxie de la faune
aquatique. Ce sont les poissons qui souffrent le plus du manque d'oxygène, les
invertébrés étant moins affectés, et les bactéries encore moins. En cas de forte
pollution, la vie végétale aussi tend à disparaître.
• Les hydrocarbures :
Les hydrocarbures peuvent contaminer les ressources en eau selon différentes
modalités : rejets industriels, rejets des garages et stations-services, ruissellement
des chaussées, effluents domestiques...
Les hydrocarbures, comme le pétrole, sont des composés organiques
biodégradables. Ils peuvent cependant avoir des effets toxiques importants sur la
flore et la faune aquatiques lorsqu'ils sont présents en fortes quantités. Or, les fortes
pollutions ponctuelles aux hydrocarbures ne sont pas rares, notamment en mer lors
des fameuses " marées noires " provoquées par les accidents de pétroliers géants.
• La pollution métallique :
La pollution métallique peut être due à différents métaux comme l'aluminium,
l'arsenic, le chrome, le cobalt, le cuivre, le manganèse, le molybdène, le nickel, le
zinc... ou encore à des métaux lourds comme le cadmium, le mercure ou le plomb,
plus toxiques que les précédents. Les métaux lourds constituent un problème
préoccupant lorsqu'ils sont impliqués dans la pollution des ressources en eau. Non
seulement leur toxicité peut être fort dommageable pour le milieu aquatique,
mais leur accumulation au fil de la chaîne alimentaire pourrait avoir des effets
plus ou moins graves sur la santé humaine.
De multiples activités humaines en sont responsables. Cette pollution provient en
effet essentiellement :
des rejets d'usines, notamment de tanneries (cadmium, chrome), de papeteries
(mercure), d'usines de fabrication de chlore (mercure) et d'usines métallurgiques,
des épandages sur les sols agricoles d'oligo-éléments ou de boues résiduelles de
stations d'épuration
• La pollution thermique
Ce type de pollution, lié à l'utilisation de l'eau comme liquide de refroidissement
par les industriels, apparaît souvent mineur. Mais il s'accroît, du fait de
l'augmentation des besoins de l'industrie.
L'eau est notamment utilisée comme refroidisseur dans les centrales thermiques et
nucléaires. Elle est pompée dans les cours d'eau ou le milieu marin côtier, auquel
elle est ensuite restituée au sortir de la centrale à une température plus élevée de
4 à 5°. Elle réchauffe à leur tour les eaux dans lesquelles elle est déversée, ce qui
peut perturber la vie aquatique, animale ou végétale, notamment en modifiant les
rythmes physiologiques des espèces (reproduction, etc.).
• La pollution radioactive :
Invisible, la pollution radioactive n'en est que plus insidieuse. Cependant, hormis les
accidents nucléaires importants comme la catastrophe de Tchernobyl (avril 1986)
ou celle plus récente de fokouchima(2011), cette forme de pollution reste limitée.
De grandes précautions sont prises lors des manipulations de produits radioactifs :
extraction et traitement du minerai, fonctionnement des réacteurs, transport et
traitement des combustibles usés, conditionnement et traitement des déchets.
3- POLLUTION DU SOL
Sol : Définition
Le sol est la partie superficielle meuble de l’écorce terrestre soumise à l’action des agents
climatiques et des êtres vivants (végétaux, microorganismes, animaux). Il résulte de la
désagrégation de la roche mère par les différents effets sur celle-ci (la roche mère) de la
biosphère, de l’hydrosphère, et de l’atmosphère.
Le sol peut aussi être défini comme la couche supérieure de la croûte terrestre composée de
particules minérales, de matière organique, d’eau, d’air et d’organismes.
Le sol est donc un système hétérogène et complexe. Il est composé d’une phase solide
représentée par les particules du sol, une phase liquide représentée par l’eau du sol (qui
peut être enrichie en de nombreux composés et particules) et une phase gazeuse constituée
par l’air emprisonné dans le sol.
Pollution :
Un sol est pollué lorsque :
Il contient des éléments ou des facteurs nuisibles au sol lui-même
Il contient une substance agissant de façon néfaste sur la végétation
Lorsqu’il contient une substance causant la pollution des eaux de surfaces (érosion
chimique)
La pollution du sol peut être due à l’accumulation sur le sol des substances non
biodégradables, ou à l’accumulation des substances biodégradables mais dont la vitesse de
biodégradabilité excède le taux d’accumulation.
Alors ces substances peuvent être stockées sur le sol ou être lessivées par les eaux de
ruissèlement vers les cours d’eau voisins ou vers la nappe phréatique ; ou encore s’évaporer
vers l’atmosphère.
Certains sols sont souvent utilisés comme décharge pour les déchets ménagers et
industriels. Dans beaucoup de régions cultivées, le lessivage des engrais et des effluents
d'élevage épandus en excès provoque une augmentation importante de teneur en nitrate et
autres éléments minéraux dans les nappes phréatiques.
Les sols sont à la fois dynamiques hétérogènes et sélectifs :
Dynamique : Climat, activité biologique, roche mère, topographie
Hétérogénéité : classification et cartographie des sols
Sélectivité : une même source de pollution peut avoir des conséquences différentes sur les
cultures
Les causes anthropiques de pollution des sols sont soit directe, soit indirecte
Les causes directes dues aux rejets directs ou accidentels sur le sol des polluants divers issus
de l’agriculture, de l’industrie, déchets ménagers
L’importance de la demande alimentaire mondiale et la recherche du gain ont amené les
agriculteurs à exploiter intensivement les sols. Du coup, ils ont recours à plus d’engrais, de
fertilisants, de pesticides et d’autres produits chimiques qui sont utilisés massivement pour
protéger les plantations des insectes et des maladies, mais dont l’usage abusif est nuisible
pour le sol. En effet, les apports excessifs d'engrais ou de déchets peuvent conduire à la
pollution des sols et des eaux et à l'eutrophisation. Mais à l’inverse la diminution des
éléments nutritifs dans les sols par exploitation agricole excessive menace bien des
populations agricoles.
C’est le cas aussi pour l’élevage intensif qui cause la pollution des sols par l’accumulation des
déchets animaliers, qui peuvent être des fertilisants naturels pour le sol, mais à fortes
quantités, ils peuvent contaminer les eaux souterraines. Les engrais, les pesticides, les
herbicides et autres produits du même genre risquent d’endommager le sol et de causer sa
stérilisation, ainsi que la contamination des nappes phréatiques et par ricochet les cours
d’eau et les océans. Il ne faut pas oublier que les polluants absorbés par le sol contaminent
également les plantes et les cultures qui sont consommées par l’être humain et les animaux.
Par ailleurs, les rejets industriels, notamment composés de métaux lourds, sont les plus
toxiques pour le sol. En fait, certains métaux comme le zinc et le cuivre sont nécessaires
pour la croissance des plantes, mais à faibles doses seulement, alors que leur présence à
plus fortes doses condamne la fertilité de la terre. Cela dit, d’autres métaux lourds sont
toxiques, même à faibles quantités. C’est le cas du plomb, du mercure et du cadmium, qui
causent la phytotoxicité des plantes et polluent les eaux souterraines, dont l’assainissement
est des plus coûteux.
Les déchets ménagers constituent un réel problème pour les sols surtout dans les villes où le
taux d’accumulation est supérieur à la capacité de biodégradabilité des sols. Aussi la plupart
de ces déchets sont peu biodégradables (comme le plastique). Mais il y a également l’usage
des détergents, des solvants et d’autres composants chimiques qui finissent dans les eaux
fluviales et/ou lacustres où ils entrainent l’eutrophisation. Aussi notons que les décharges
contribuent fortement à la pollution des nappes
Les causes indirectes dues aux conséquences de la pollution atmosphérique et de la
pollution des eaux.
Le sol peut être pollué de nombreuses façons :
• Infiltration d'une décharge
• Décharge de déchets industriels
• Percolation de l'eau contaminée
• Rupture de réservoirs de stockage souterrains
• Une application excessive de pesticides, d'herbicides ou d'engrais
• Infiltration des déchets solides
Les divers polluants du sol
On appelle Polluant, toute substance d’origine naturelle ou anthropique qui s’accumule
dans le sol et modifie l’équilibre naturel de ce dernier à la suite d’une intervention humaine.
Les différents types de polluants
Polluant minéraux
• Azote (Nitrates)
• Phosphore (Phosphates)
• Éléments traces métalliques (Cu, Pb, As, Zn, …)
• Métaux lourds
• Radionucléides
Polluants organiques
• Pesticides
• Hydrocarbures aliphatiques
• Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)
• Huiles minérales
• Goudrons
• Combustion de produits organiques chlorés (incinérateur de déchets)
• Composés organiques volatils (COV)
Polluants métalliques
• Plomb
• Cadmium
• Mercure
• Nikel
• Les éléments radioactifs
Les sources de pollution
- Engrais
• Azote, nitrates, phosphore,
• Éléments traces métalliques
- Traitements phytosanitaires : pesticides
• Organochlorés, organophosphorés, carbamates,
• Métaux (cuivre)
- Épandage de boues d’épuration d’eau
• Métaux (Zn, Pb, Cd),
• polluants organiques (PCB, HAP,…)
-Détergents
• phosphates
- Axes routiers
• Hydrocarbures
• Métaux
- Composts urbains
• Métaux (Zn, Cu, Pb)
Retombées atmosphériques (centres industriels, chauffage urbain, circulation
automobile…)
• Métaux
• Polluants organiques (HAP, PCB, PCDD, PCDF)
Les activités ménagères, sources de déchets ménagers