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Le document est un guide sur les Terres Solitaires de l'Eriador méridional, décrivant les peuples et les lieux d'aventure dans cette région. Il explore l'histoire de la cité de Tharbad et d'autres sites, tout en fournissant des éléments narratifs pour enrichir les parties de jeu de rôle. Ce guide vise à inspirer le Gardien des Légendes et à offrir des possibilités d'aventures dans un monde en déclin.
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Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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Le document est un guide sur les Terres Solitaires de l'Eriador méridional, décrivant les peuples et les lieux d'aventure dans cette région. Il explore l'histoire de la cité de Tharbad et d'autres sites, tout en fournissant des éléments narratifs pour enrichir les parties de jeu de rôle. Ce guide vise à inspirer le Gardien des Légendes et à offrir des possibilités d'aventures dans un monde en déclin.
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SOMMAIRE

1 2 3

e
A
B rume sur l’E riador 5 Tempête à l’H orizon 31 Lieux d’Aventure 51 Appendices 118

fil
LA CITÉ DE THARBAD 7 LES NÚMENÓRÉENS NOIRS 33 52
LES ANCIENNES MINES NAINES Conseils et Actions Prolongées :
Des Siècles d’Histoire 7 la Mission en Eriador 34 Contexte52 Règles Optionnelles 118
Aperçu de la Cité 10 le Galion Kathuphazgân 34 Secteurs53 Emprunter des Objets
Les Environs de Tharbad 17 Ennemis Clés 34 Répercussions57 de Qualité Supérieure 118
Sombres Desseins La Magie Subtile
LES NOUES DES CYGNES 18 58
LES TOURS BLANCHES
des Númenóréens Noirs 38 et l’Œil du Mordor 118
Un Peuple Secret 19 Contexte58
Medcaute et l’Île-aux-Cygnes 19 LA MAIN BLANCHE DE SAROUMANE 40 Secteurs58 INDEX 120
LOND DAER 21 Des Anneaux et de leur Confection 40 Répercussions63
Déclin et Renouveau 21 Les Agents de Saroumane 41 64
L’ARBRE DES LAMENTATIONS
Le Port de l’Ouest 22 Sombres Desseins d’Isengard 43 Contexte64
La Lond Daer de Jadis 22 LES PILLARDS DU PAYS DE DUN 44 Secteurs66
LE PALAIS DES NAINS DE DUREFONTE 24
Accéder au Palais
LES RUINES DU CARDOLAN 
Tours de Guet et Places Fortes
Croisevignes27
24
26
26
Les Années de Pillages
Les Chefs du Pays de Dun

D’AUTRES OMBRES
La Bête du Flot Gris
L’Arpenteur des Ténèbres
e 44
45
Sombres Desseins des Dunlendings 47
48
48
48
Répercussions69

Contexte70
Secteurs71
70
LES ÎLES EMBRUMÉES

Répercussions72
pl
ERYN VORN 27 74
TINDAILIN — UN REFUGE ELFE
Le Rêve de la Moria 49 Contexte74
Les Hommes Arbres 28
La Longue Défaite 49 Secteurs74
Le Galgal d’Eryn Vorn 28
Répercussions78
LES TERRES SOLITAIRES
DU MINHIRIATH 28 LE PALAIS DE LA REINE 79
La Maison de Hynda sur Contexte79
la Colline-aux-Vers 28 Secteurs80
Les Pêcheurs du Rivage 29 Alliés et Adversaires 82
Répercussions84
85
LES CHAMPS DU MASSACRE
m

Contexte86
Secteurs86
Répercussions89
90
LE MONT VENTEUX
Contexte90
Secteurs91
Répercussions93
94
LA COLLINE DE L’ASSOUPIE
Contexte94
Sa

Secteurs96
Répercussions100
LE MONT GRAM 101
Contexte101
Secteurs102
Les Cachots Hantés 106
Répercussions108
LE FORT ARLAS109
Contexte109
Secteurs109
Répercussions112
114
LE REFUGE DES RÔDEURS
Contexte114
Secteurs114
Répercussions117
I ntroduction

INTRODUCTION
Après Arvedui, le Royaume du Nord s’éteignit,

e
car des Dúnedain il n’en restait plus guère,
et toutes les populations d’Eriador allaient diminuant.

fil
’ouvrage que vous tenez entre les mains est du Milieu au cours des explorations menées par les Héros
un guide décrivant les peuples des Terres des joueurs ; ces derniers ne doivent donc pas lire ces pages,
Solitaires de l’Eriador méridional et les lieux hormis celles décrivant des lieux que leurs personnages sont
où ils vivent, mais aussi, en ce Crépuscule du susceptibles de connaître.
Troisième Âge, leur espoir d’un avenir meil- Le contenu présenté dans Les Ruines du Royaume Perdu
leur. Il est destiné avant tout au Gardien des Légendes, qui part du principe que nous sommes en l’an 2965, comme dans
y puisera l’inspiration nécessaire pour donner vie à la Terre L’Anneau Unique, Le Jeu de Rôle.

vue d’ensemble e
Les Ruines du Royaume Perdu vient compléter le contexte pré- quel ou le modifier comme bon lui semble pour adapter le
pl
senté dans L’Anneau Unique, Le Jeu de Rôle, en particulier les contexte de la partie aux choix des joueurs. En bref, à partir
informations contenues dans le Chapitre 9 : Le Monde et dans des descriptions de menaces imminentes, de personnages non
les Appendices. joueurs et surtout des intentions de ceux-ci, ce chapitre per-
Le Chapitre 1 : Brume sur l’Eriador étend la possibilité de met de constituer différents futurs possibles pour les contrées
jouer des Aventures à toutes les régions de l’Eriador méri- de l’Eriador dans leur ensemble.
dional, autrefois rattaché au royaume d’Arnor. La cité de Le Chapitre 3 : Lieux d’Aventure offre 12 nouveaux sites
Tharbad – au passé trouble – y est décrite en détail, puisqu’elle à explorer, tous présentés selon le même format que celui
pourra servir de point de départ à une Compagnie de Héros de la page 221 du livre de base. Certains, dits « historiques »,
m

axée sur l’exploration des Terres Solitaires environnantes. sont mentionnés dans Le Seigneur des Anneaux ou Bilbo
Le Chapitre 2 : Tempête à l’Horizon fournit au Gardien des le Hobbit ; d’autres ont été inventés spécifiquement pour
Légendes de nombreux éléments narratifs, qui lui permet- L’Anneau Unique, Le Jeu de Rôle. Ils sont destinés à être exploi-
tront de déterminer le sort de l’Eriador. Son contenu est le tés conjointement avec les conseils qui les accompagnent et
fruit de spéculations : le Gardien pourra donc l’utiliser tel les informations fournies au Chapitre 2 de cet ouvrage.
Sa

DES CONTRÉES INHABITÉES d’interpréter qu’après les crues, la cité fut quasiment
Faire de l’Eriador méridional un contexte vivant et cré- abandonnée, mais qu’elle perdura tant bien que mal
dible pour des parties de jeu de rôle a nécessité une cer- sous la coupe de bandits sans foi ni loi pendant deux
taine liberté d’interprétation des passages des romans générations. Elle reste encore isolée et très peu peu-
où il est question de la région. Par exemple, dans les plée, or les Héros de jeux de rôle ont besoin de gens
Annales de l’Appendice B du Seigneur des Anneaux, il à qui parler : aussi avons-nous ajouté des personnages
est stipulé qu’en l’an 2912 Tharbad fut « ravagée et aban- quand nous le pouvions ! Si vous préférez adopter une
donnée » à cause des terribles inondations ayant frappé autre lecture des écrits de Tolkien, en 2965, Tharbad et
la région ; dans le présent ouvrage, nous avons décidé Lond Daer peuvent très bien être désertes et dévastées.
Sa
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CHAPITRE 1

BRUME SUR
Sa

L’ERIADOR
Mais les terres du Nord étaient depuis longtemps désolées,
et la Route du Nord était rarement employée…
CHAPITRE 1

e
un jour de voyage de Bree s’étendent les Terres recouvert par les vignobles des royaumes d’antan. Mais sur
Solitaires, des contrées abandonnées. Jadis des maintes étendues des Terres Solitaires, autrefois fécondes, on

fil
terres abondantes et cultivées, ces vestiges de ne croise aujourd’hui plus âme qui vive ; la guerre et la peste,
l’ancien royaume sont désormais redevenus sau- déversées par la haine éternelle de l’Ennemi, dévastèrent
vages. Au sud de Bree se trouvait le Royaume du les peuples qui y vivaient, et partout s’étalent les ruines de
Cardolan – les Elfes appelaient cette région le l’ancien royaume : ici un pont de pierre, là un tronçon de
Minhiriath, la terre entre les rivières, car elle était bordée route pavée ou une tour de guet dressée seule à l’horizon…
au nord par le Brandevin et au sud par le Flot Gris – et le Voyager parmi ces ruines du passé prend cependant bien
pays qu’on nomme de nos jours la Comté des Hobbits était davantage qu’une simple journée.

e
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Sa

6
BRUME SUR L’ERIADOR

Les eaux calmes du Flot Gris marquent la frontière sud de À présent, partons vers l’ouest, suivons ce fleuve jusqu’à la
la région. Au-delà s’étendent des terres encore plus désolées : mer : rocheuse et escarpée, la côte occidentale de la Terre du
landes dénuées d’arbres, mornes plaines et marais suintants Milieu offre peu d’endroits où accoster. En effet, par deux fois les
composent l’Enedwaith, les Terres de l’entre-deux. Le voya- contours du monde furent redessinés, et les terres à l’ouest tota-
geur l’ignorera, et on le lui pardonne : c’est bien l’Ennemi lement submergées par la colère des Valar : les rochers contre
qui a causé la ruine de cette contrée, mais les pires maux, lesquels s’écrasent les vagues se trouvaient jadis loin à l’intérieur
des terres. Bâtis sur les vestiges évidents de fortifications ances-

e
eux, ont été commis par des Hommes, et la terre n’a pas
oublié leur cruauté. Implacable, balafré par les champs de trales, les rares ports à l’embouchure des fleuves sont prisés sur
bataille d’hier et les embuscades d’aujourd’hui, l’Enedwaith toute la côte occidentale, devenue le point de chute ultime pour
est une région aussi rude que ceux qui y vivent, en des lieux qui fuit les ténèbres croissantes à l’est ; car maintenant que les
connus d’eux seuls. Elle s’étend à l’est jusqu’au Pays de Dun mers sont infléchies, seuls les Elfes peuvent s’échapper.

fil
et s’arrête au sud sur les rives de l’Isen, le fleuve qui s’écoule Si l’Ombre s’étend, c’est en Eriador que les Peuples
depuis la Trouée du Rohan. Libres livreront leur dernière bataille.

la cité de tharbad
cité
« … car je perdis mon cheval à Tharbad, en passant à gué le Flot Gris. »

Nul ne l’ignore, Tharbad n’en finit pas de sombrer. Ceux

e
qui, au fil des années, ont été témoins de son lent déclin
savent que la cité a toujours chancelé, de crise en crise ;
pataude, cette immense bête blessée qui se vautre dans des
eaux boueuses semble trop têtue – et trop affamée – pour se
Puis de l’Ouest vinrent les rois de la mer, avides de bois,
qui se mirent à abattre les forêts pour construire leurs navires
et firent descendre les troncs par le fleuve jusqu’à l’embou-
chure, où se trouvait leur refuge. Avec le temps, ils dévastèrent
tant de forêts qu’ils durent bâtir un port plus en amont du
pl
laisser mourir. Mais cette fois, la blessure est fatale et bientôt fleuve : ils choisirent alors de s’établir au point de traversée
Tharbad tombera, mêlant sa carcasse délaissée et silencieuse qui deviendra plus tard Tharbad. Une cité émergea autour
aux ruines de l’ancien royaume. du port fluvial et devint la croisée des chemins où les rois de
Quand on y songe, la chose est stupéfiante. Tharbad est la mer de Númenor commerçaient avec les Nains de la Moria
d’un autre temps ; si nous assistons réellement aux derniers et les Elfes de Houssaye. Comme les Hommes de l’Ouest
jours de l’antique cité, alors de grands bouleversements sont étaient des artisans hors pair, la cité de Tharbad jouissait
à l’œuvre, et la fin d’un Âge est proche ! d’un grand prestige.
m

C’était il y a fort longtemps, et de cette première cité il

tradition ancienne
ne reste presque rien ; qui se rappelle les bannières flottant
au vent par centaines, au bout de mâts aussi nombreux que
Depuis l’arrivée des Hommes dans cette partie du monde, ce les arbres d’une forêt ? Sauron le Terrible essuya une défaite
point de passage du Flot Gris a toujours été habité. Mais le temps non loin de Tharbad au cours de la première guerre des Elfes
réduit les dures pierres en poudre, met à mort les rois et détruit contre l’Ennemi, dont personne ne se souvient aujourd’hui
les villes ; la Tharbad du présent n’a plus rien de celle d’alors. hormis les Elfes eux-mêmes. Or ils ont quitté ces terres.
Au cours du Deuxième Âge, Tharbad fut tour à tour
Sa

LES DEUX PREMIERS ÂGES DU MONDE une forteresse au cœur d’une contrée hostile, un port flu-
Au Premier Âge, les Hommes vivaient dans les bois et les vial et un centre d’échanges, un lieu où les rois de la mer exi-
marais le long du fleuve ; c’étaient pour la plupart de simples geaient un tribut à leurs sujets, et finalement un avant-poste
forestiers, qui n’approuvaient pas les étrangers et craignaient en déclin aux frontières de l’empire. Númenor sombra dans
le monde extérieur. Certains d’entre eux, qui commerçaient les ténèbres, puis tomba en ruines ; mais de celles-ci vinrent
avec les Nains de la Moria, apprirent un peu de leurs arts, les Fidèles d’Elendil et les fils de ce dernier. Ils fondèrent au
mais aussi de leurs manières : ceux-ci devinrent les rois de nord le Royaume d’Arnor et au sud le Royaume du Gondor, et
leur petite contrée et érigèrent cités et châteaux, depuis long- y bâtirent de grandes cités, dont respectivement Annúminas et
temps retombés en poussière et oubliés. Toutefois, quantité Osgiliath. Pour relier ces deux royaumes éloignés, les Fidèles
d’Hommes restèrent fidèles à leurs us et survécurent tant construisirent une grande route qui traversait la Terre du
bien que mal dans les bois impénétrables en se cachant de Milieu, et érigèrent à Tharbad un nouveau pont enjambant
l’obscurité sans nom qui régnait sur le Nord. le large et morne Flot Gris.

7
CHAPITRE 1

e
fil
e
pl
m

LE TROISIÈME ÂGE – l’Arthedain, le Cardolan et le Rhudaur –, Tharbad parvint


Quelle merveille fut le pont de Tharbad ! De la rive sud, il à conserver une indépendance considérable, ce qui généra
enjambait le fleuve sur trois grands arcs de pierre jusqu’à la des conflits avec les rois du Cardolan. Mais la guerre et la
Sa

pile centrale de l’Île de la Cité, puis bondissait en écho sur peste étendirent leurs ravages, et les échanges entre les
trois autres arcs pour atteindre la berge au nord. Il était flan- royaumes déclinèrent ; l’herbe se mit à pousser entre les
qué de deux tours puissantes dont les fondations étaient de la pavés de la Route des Rois.
même pierre impérissable que les murs d’Orthanc. Le pont Quand s’éteignit le dernier prince du Cardolan, et son
est détruit depuis fort longtemps, mais parfois la brume qui royaume avec lui, Tharbad en subit les conséquences : elle fut
monte des eaux recouvre de sa chape les moignons de pierre gouvernée par une longue lignée d’officiers qui endossèrent
de ses piliers mutilés, et alors la ville se souvient. tour à tour le titre honorifique de Capitaine du Port. La cité
Pour un temps, Tharbad fut au centre du monde : ni commerça un temps avec les riches Nains de la Moria, mais
à Arnor ni au Gondor, et partagé par les deux couronnes. ces derniers furent victimes de la perfidie de l’Ennemi. Bourgs,
Celui qui portait le titre de Capitaine du Port de Tharbad cités, royaumes, chaque recoin du Nord s’enfonça peu à peu
jouissait d’une grande renommée. Même après la scis- dans les ténèbres. Tharbad aussi sombra : après la Grande Peste,
sion du Royaume du Nord, partagé entre trois couronnes elle ne fut jamais repeuplée et la cité finit en partie délabrée.

8
BRUME SUR L’ERIADOR

Puis arriva le Rude Hiver, il y a un demi-siècle. Une


période des plus ardues : les récoltes périrent, la terre gela
et les Wargs débarquèrent à l’ouest des Monts Brumeux pour
chasser. Mais le pire restait à venir : au printemps, la neige
recouvrant les sommets des collines fondit et fit jaillir de leurs
lits tous les cours d’eau. Le Flot Gris ne porta jamais aussi bien
son nom que cet implacable été, le jour où ses eaux d’ordi-

e
naire calmes enflèrent, sombres et terribles, et envahirent la
cité, emportant avec elles des centaines d’habitants. Si furieux
fût-il, le fleuve ne parvint pas à détruire les piliers ancestraux
qui soutenaient le pont, mais il avala presque tous les arcs et
fit rouler leurs énormes pierres dans ses courants déchaînés.

fil
Par le passé, Tharbad avait enduré de nombreux désastres
et à cette époque son pont était déjà tombé en désuétude.
Toutefois la cité aurait pu résister à cette calamité, mais c’était
compter sans la faiblesse ni la folie des Hommes : dans toute
l’histoire de Tharbad, il n’y eut jamais pire régence que celles
de tous les Capitaines du Port – sans exception – élus après
les inondations de 2912, avec pour apogée le règne désas-
treux de Maître Heatherton. Il fut le premier à abandonner
le titre honorifique de Capitaine, et imposa une taxe fort
impopulaire pour reconstruire le pont… avant de quitter la

e ville accompagné de ses consorts, emportant les coffres de la


ville. Quand le Maître qui le remplaça abandonna lui aussi
son poste en emportant la médaille honorifique de Tharbad,
nombre d’habitants, croyant la cité condamnée, fuirent ses
murs délabrés : certains partirent au nord – vers le Pays de
pl
Bree – ou descendirent le fleuve vers son embouchure ;
d’autres, effrayés par un voyage trop périlleux, trouvèrent
refuge parmi les roseaux des Noues des Cygnes.

DE NOS JOURS
Alors que la cité semblait sur le point d’être totalement
désertée, l’hémorragie s’interrompit avec l’arrivée d’un nou-
veau gouverneur, Maître Gurnow, qui s’arrogea le titre de
m

Capitaine du Port avant d’interdire de quitter Tharbad à qui-


conque n’aurait pas payé une lourde taxe de sortie.
Il est indélicat de le mentionner mais, jusqu’à récem-
ment, le Capitaine Gurnow était un hors-la-loi et un bandit
LES ANNÉES DE DÉCLIN – il dirigeait une bande de voleurs vivant dans les étendues
Tout ceci appartient au passé : la peste et la Moria sont des sauvages au nord de la ville. Aussi ces derniers furent-ils nom-
récits vieux de mille ans, or les habitants de Tharbad sont des més gardes de la cité, percepteurs d’impôts ou encore huis-
Sa

Hommes à la vie courte, pas de robustes Dúnedain ni des Elfes siers, entre autres postes d’administrés. Gurnow a récemment
immortels. Certes, maintes années durant, les ménestrels ont épousé Dame Stock, de bonne famille et d’ascendance royale :
chanté les récits des Rois de Jadis, venus par la mer s’allonger installé dans ce qui était naguère le bureau du Capitaine de
dans les galgals pour y mourir ; parfois, même, des voyageurs Tharbad, il semble déterminé à devenir un intendant respec-
arrivaient par la Route, colportant des nouvelles du sud. Mais tueux des lois et intègre.
Tharbad n’était cependant plus à la croisée des chemins, et « Hardi ! Le Capitane Gurnow dirige avec vigueur, comme
désormais aucun navire ne remontait le fleuve. Les environs les rois d’antan ! », entend-on dans les rues. Il a juré de gar-
devinrent le domaine des bandits et des voleurs, que seules les der la Route sûre, reconstruire le pont et protéger la cité
puissantes fortifications ancestrales tenaient à l’écart. La cité contre tout assaillant ; il a en outre de nombreux amis dans
en ruines se changea en bastion isolé au milieu des terres sau- d’autres contrées, ce qui relancera les échanges et offrira des
vages du Minhiriath, où les honnêtes gens trouvaient refuge opportunités à la vieille Tharbad, dont l’histoire, en fin de
contre les brigands ou les pillages des Dunlendings. compte, ne semble pas terminée…

9
CHAPITRE 1

aperçu de la cité
cité longtemps abandonnées. Un voyageur nain ou un expert
en maçonnerie constatera stupéfait que tous ces bâtiments
Qu’il arrive à Tharbad par le nord ou le sud, le voyageur verra furent conçus avec un savoir-faire très inférieur à celui des
d’abord apparaître les deux tours qui flanquent le pont aux tours entraperçues au loin (et si son cœur s’emplit déjà de
entrées de l’Île de la Cité ; s’il fait encore jour et que la brume joie à cette distance, il lui faut se préparer à l’émoi que pro-
n’est pas levée, à cette distance il pourra réaliser qu’elles voquera en lui le centre de la cité).
sont délabrées et que leurs derniers étages, en ruines, sont

e
De part et d’autre de la Route ont poussé quelques fermes
impraticables. En s’approchant, il découvrira les murs massifs
et vignobles, protégés par l’enceinte extérieure. La zone par-
de l’ancienne forteresse, Garth Tauron, s’élevant le long des
delà le bélier est humide, surtout au sud. Toutefois les tunnels
rives nord du Flot Gris, comme si quelque géant hagard avait
de drainage creusés jadis sous la ville évacuent la plupart des
arraché un pan entier des Monts Brumeux et l’avait planté
eaux, qui laissent une terre noire et fertile, propice à la culture.
dans la plaine. Comparée aux tours du pont, l’antique place

fil
Ces tunnels doivent régulièrement être débarrassés des herbes
forte est dans un état bien pire : au fil des ans, la ville lui a
et des gravats, sans quoi la cité se transformera en marécages.
prélevé nombre des blocs de pierre qui la composaient, et
son château n’est plus que décombres. L’endroit le plus remarquable du faubourg sud de
Tharbad est sans doute son ancienne Bibliothèque. Bâtie
Aux abords de la ville, la Route grimpe sur d’anciennes
sur deux niveaux, cette merveille architecturale restée intacte
levées de pierres et terre battue pour enjamber les marais.
possède de hauts plafonds voûtés laissant entrer la lumière
Par endroits, de sombres tunnels courent sous le ventre de
du soleil dans ses nombreuses alcôves, où une quantité phé-
ces chaussées : conçus à l’origine pour empêcher les eaux de
noménale d’ouvrages et de parchemins fut entreposée
s’accumuler sur la partie est de la route lors des crues, ces
et conservée en temps de guerre. Dépouillée depuis
passages servent à présent de refuge aux voleurs – ou aux
longtemps de ses trésors et reliques, elle est gardée
Trolls, qui s’y abritent de la lumière du jour.

LES FAUBOURGS DE LA VILLE


Des deux côtés du fleuve, Tharbad possède une première e
enceinte, que ses habitants appellent encore le bélier, et qui
n’est plus qu’un simple talus de terre et de gravats, en par-
par Agna, une vieille femme qui œuvre de toutes
ses forces pour la préserver, en transcrivant
sur de nouveaux parchemins des écrits
rescapés, à la lueur d’une bougie.
pl
ticulier sur son versant nord. Malgré son délabrement, une
nouvelle porte de la ville y a été percée au nord, pour garan-
tir que les taxes soient prélevées auprès de quiconque vient
vendre des marchandises en ville ; l’Édit de Gurnow y appa-
raît clouté aux guérites, au vu et au su de tous.
Autrefois s’élevait un second mur, à distance du bélier,
mais il n’en reste qu’une route ceinturant le cœur de la
ville. C’est entre ces deux cercles que s’étalent les fau-
m

bourgs, aujourd’hui désertés. Y fleurissaient de grandes


demeures, désormais effondrées dans la boue et
envahies par les ronces ; les moutons paissent
sereinement au milieu d’immenses places
aux fontaines aujourd’hui brisées et les pom-
miers ont envahi les cours d’auberges depuis
Sa

LA RIVE SUD

10
BRUME SUR L’ERIADOR

Près de l’enceinte extérieure du faubourg nord, la terre LA RIVE SUD


s’ouvre sur la Fosse-aux-Spectres, vierge de tout bâtiment ; rien Le faubourg méridional, vide et envahi par la végétation,
de vivant n’y pousse et même les moutons l’évitent. Parfois encercle le quartier central encore habité. Surélevé, celui-ci
des convulsions l’agitent, alors le puits crache d’étranges ves- longe les berges du Flot Gris. La Route rejoint la tour sud
tiges, épées rouillées, pièces d’armure, lambeaux de chair du pont, Ringil, que la garde de la ville utilise désormais
conservée et tant d’autres présages troublants. Jadis, une com- comme caserne. Là, au bout du passage voûté qui perce la
pagnie d’Elfes et de Númenóréens défit une des armées de

e
tour, elle s’achève brutalement devant les chicots brisés des
Sauron sur la rive septentrionale du Flot Gris ; lors de l’assaut, trois grands arcs qui jadis enjambaient le fleuve jusqu’à l’Île
maints Orques et autres bêtes malfaisantes furent massacrés, de la Cité. Un nouveau passage a été construit, qui descend
après quoi les vainqueurs poussèrent le reste des forces de de la Route jusqu’au fleuve en contournant la tour, puis longe
Sauron dans une fosse fangeuse qui les engloutit. l’antique chaussée en serpentant au bord des quais en bois

fil
Non loin de la Fosse-aux-Spectres se dresse la Maison sur la berge en contrebas.
Sans Fenêtres, l’ancienne demeure de Theoris, une femme De ce point de vue, celui qui tourne son regard vers la
étrange nommée qui avait la réputation d’être une sorcière ; gauche verra en aval les eaux du fleuve serpenter à travers
elle en avait muré les fenêtres et ne vivait qu’à la lueur des un labyrinthe d’énormes pierres, vestiges du grand port de
bougies. On prétend qu’elle creusa des passages secrets dans Tharbad emporté par les inondations de 2912. À l’époque de
le sol meuble et qu’elle extirpa des trésors de la boue et des Númenor, ses quais étaient d’une importance vitale pour la
eaux souillées de la Fosse-aux-Spectres. L’histoire raconte cité : les navires d’alors partaient de Lond Daer, tout au sud
que les eaux scellèrent aussi son destin : elle fut de ceux que du Flot Gris, qu’ils remontaient jusqu’à Tharbad au nord. De
les inondations de 2912 emportèrent, et sa maison est restée nos jours les quais ont disparu et, comme le fleuve n’a plus
telle quelle depuis lors. été dragué depuis des siècles, seules les petites embarcations

Agna la Bibliothécaire
Agna a plus de soixante ans ; elle n’était encore qu’une
e
enfant quand les flots ravagèrent Tharbad et noyèrent tous
peuvent y naviguer. Nombre d’entre elles sont amarrées en
aval des décombres : elles sont surveillées par la garde de la
ville et il est impossible de s’en servir sans l’autorisation du
Maître de la ville.
Les rares personnes à habiter cette zone sont des
pl
les siens. Elle devint la servante d’une autre famille mais gardes et des sentinelles, ainsi que d’avides passeurs dont
ne fit jamais son deuil ; aussi, quand cette famille aban- les barques permettent de rejoindre l’Île de la Cité, voire
donna Tharbad, Agna décida de rester. Sa défunte mère, la Rive Nord d’une traite. Le pont, arguent-ils en désignant
qui avait été une érudite, lui avait transmis le respect des les piliers de pierre noircie, est temporairement fermé
textes. Il y a quelques années, Agna s’est mise à prendre pour réfection.
soin des ouvrages et des parchemins de la Bibliothèque, L’endroit le plus animé de la Rive Sud est la Maison-
qu’elle chérit comme s’il s’agissait d’animaux de com- sur-la-Route, l’unique auberge encore debout de ce côté du
pagnie, voire d’enfants. Elle sait à peine lire et écrire le fleuve. Le lieu n’est pas accueillant mais les voyageurs qui
m

Commun et ignore presque tout de la langue ancienne débarquent par le dernier bac sont placés sous surveillance
– dans laquelle la plupart des livres savants sont rédigés – et sommés d’y rester, bien que parmi les ruines alentour il
mais, au fil du temps, elle a appris à copier avec précision ne manque pas de bâtiments déserts en assez bon état pour
la forme des lettres : ses transcriptions sont donc fidèles. servir d’abri.
Agna est très protectrice à l’égard de ses ouvrages. Non loin se dresse une relique sacrée, le Pilier des Deux
Elle autorisera un Héros érudit à consulter les livres de Royaumes. Cette colonne de marbre indique le lieu où les
la Bibliothèque mais gardera son couteau affûté en main émissaires de l’Arnor et du Gondor se réunissaient jadis
à chaque instant ; elle attaque quiconque blesse ses pré- pour discuter des échanges commerciaux entre les deux
Sa

cieux écrits. On prétend qu’Agna aurait découvert une royaumes ; les distances jusqu’aux cités d’Annúminas au
salle secrète dans laquelle l’ultime bibliothécaire de nord et d’Osgiliath au sud sont gravées sur son pourtour.
Tharbad aurait entreposé d’inestimables manuscrits pour Autrefois symbole d’entraide et d’amitié, les hommes de
les préserver des pillages. Gurnow y rendent désormais « justice », en punissant avec
une sévérité proportionnée aux délits ceux qui défient l’Édit
établi par leur Capitaine.
OCCUPATION : Copiste

PARTICULARITÉS : Consciencieuse, Myope

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CHAPITRE 1

L’ÎLE DE LA CITÉ

e
L’ÎLE DE LA CITÉ
L’Île de la Cité est longtemps restée un simple rocher saillant

fil
au milieu du fleuve. Quand le grand pont fut construit, on
jucha sa pile centrale sur la roche dure de l’îlot sans nom, sur
lequel on jeta quantité de terre et de pierres ; des pieux en
bois d’aulne et de mélèze furent alors plantés profondément
le long des berges pour les consolider et gagner sur le fleuve. Jan la Grenouille
Ces dernières années, l’île acquit une grande importance Les traits de Jan sont si crasseux et couverts de boue qu’on
pour la cité. Pour l’étendre, les hommes de Gurnow ont rem- ignore tout de sa nature : est-ce un garçon ou une fille ? Un
blayé le lit du fleuve autour d’elle et replanté les pieux arrachés enfant dégingandé ou un Hobbit ? Elle survit comme elle
par les inondations de 2912. Pour lutter contre les incendies, peut au milieu des ruines, certains jours en pagayant sur son
toutes les forges de Tharbad y ont été déplacées ; plus tard, petit canot pour faire traverser des passagers, d’autres en

e
d’autres corps de métier importants les ont rejointes : le petit
îlot a rapidement été encombré de marchands et d’artisans, et
surtout d’ateliers entassés comme dans une fourmilière, cha-
cun luttant pour ne pas être écrasé.
Si on lui demande pourquoi les ateliers ont été transfé-
pêchant. Elle flâne souvent parmi les décombres des fau-
bourgs, et sait comment faire sortir des objets de l’Île de
la Cité. Toujours du bon côté de la frontière entre « simple
nuisance » et « adversaire » aux yeux de Gurnow, elle s’at-
tire les faveurs de ses hommes en espionnant quiconque
pl
rés sur l’île, Gurnow invoque la sécurité des habitants et les se trouve à Tharbad, habitant ou voyageur. Rien de ce qui
avantages qui en découlent : le fleuve la protège de toutes se passe sur les rives n’échappe au regard de Jan.
parts, il sera facile de la défendre si les murs et les tours de la
cité tombent aux mains d’assaillants. Mais le véritable enjeu
OCCUPATION : Espionne, Pilleuse de détritus
est clair : empêcher les derniers habitants de quitter la ville
exsangue. L’Île de la Cité n’est pas tout à fait une prison,
mais elle empêche ses précieux habitants de disparaître en PARTICULARITÉS : Circonspecte
pleine nuit en emportant leurs compétences et leurs coffres.
m

Elle n’est accessible que par bateau ou en traversant à gué


en période de basses eaux.
Rus Griscordier
Rus est un jeune homme. Comme son nom le suggère, il
fabrique des cordes… et se balancera sans doute bien-
tôt au bout d’une d’elles. En effet, il mène une fronde
Milton le Brasseur contre le Capitaine autoproclamé du Port arguant que les
Milton, le maître brasseur, est un citoyen exemplaire. Sa habitants de Tharbad devraient se révolter contre leurs
bière est aussi délicieuse que la meilleure de la Comté. oppresseurs ; sa propre sœur a été contrainte d’épouser
Sa

À une autre époque ou dans une autre ville, Milton serait un des hommes de Gurnow, et cela fait des mois qu’il ne
un homme riche, reconnu pour son travail ; mais ici, l’a pas revue. Ses complaintes à l’encontre de Gurnow
à Tharbad, il n’ose même pas penser au-delà de la pro- ont viré au complot et il tente de recruter des combat-
chaine récolte. Il sait que s’il provoque Gurnow ou tente tants, mais jusqu’à présent ses efforts sont restés vains. Les
de fuir la ville, les hommes du Capitaine du Port renverse- Héros pourront peut-être l’aider ou le convaincre de fuir
ront ses tonneaux et détruiront sa brasserie, et qu’il finira Tharbad ; dans le cas contraire, la révolte menée par Rus
dans la rue, affamé et sans un sou. n’a aucune chance de réussir.

OCCUPATION : Brasseur OCCUPATION : Aspirant révolté, Cordier

PARTICULARITÉS : Résigné PARTICULARITÉS : Impétueux

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