Allitiques: Chatelin
Allitiques: Chatelin
CHATELIN
ALLITIQUES
tome 1
INITIATIONS-DOCUMENTATIONS TECHNIQUES No 20
ORSTOM
PARIS
1972
(( La loi du 11 mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41,
(( d'une .part, que les " copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé
N du copiste et non destinées à une utilisation collective" et, d'autre part, que les
u analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, " toute
(< représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement
G de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite " ( alinéa 1
"'de l'arti-
(( cle 40).
G Cettereprésentation ou reproduction, par quelqueprocédé que cesoit,consti-
tuerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code
<( Pénal. x
O O.R.S.T.O.M. 1972
Y. CHATELIN
pédologue de I'ORSTOM
La mise en valeur d’une région nécessite l’utilisation la plus rationnelle possible de ses
sols. Celle-ci n’est pleinement réalisable que si l’on connaît non seulement leurs propridtés
actuelles mais aussi leur mode de formation et leur évolution. Même une. expérience sécu-
laire malgré toute sa valeur, ne peut remplacer totalement cette connaissance. Dans les pays
tropicaux cette expérience n’est que très partielle,aussi l’étude scientifique de leurs sols
revêt-elle une grande importance.
1” Les sols ferrallitiques,appelésprécédemmentlatéritiques, ont été étctdiés depuis
longtemps. C’est au $début du 19c siècle que F. BUCHANAN a créé le terme qui lesa uniquement
désignés pendant un siècle et demi et qui est encore, parfois, utilisé,
Depuis, leur étude n’a jamais cessé, plus OU moins développée ou approfomlie suivant
les périodes. Elle a été d’abord menée principalement par lesgéographes, géologues et pétro-
graphes, parfois par les botanistes et agronomes; plus récemment par les géoclzimistes et
surtout par les pédologues. Longtemps l’on a été tenté de classer sous ce nom tous les sols
des régions tropicales non arides, et même de nombreux sols de régions subtropicales d’ail-
leurs qualifiés de fossiles.
Peu à peu, au cours des deazières décades, certains pédologues, tels c. R. VANDER MERIVE
en Afrique du Sud, et d’autres en U.R.S.S., en ont séparé ceux des régions de savane à lon-
gue saison sèche. Dès 1947 puis en 1954 ces restrictions ont été quelque peu précisées avec
les premières définitions des sols ferruginetu tropicaux données avec R. MAIGNIEN, des sols
bruns eutrophes, dues aux pédologues belges, des an,dosols etc... Les sols peu évolués, salés
OU hydronzorphes, avaient été aussi reconnus dans ces régions, sous des noms divers, long-
temps avant.
Au fur et à mesure que les prospections pédologiques OU autres en régions tropicales se
font plus nombreuses, les études des échantillons prélevés plus précises et plus approfon-
dies,lescaractèresdessolsferrallitiquesquiparaissaient, il y a vingt ans encore,assez
stricts et relativement constants, s’avèrent moins précis. E n typologie les tmités de sols fer-
rallitiques sont de plus en plus nombreuses et diversifiées, autour d’un concept central qui,
comme le faisait remarquer en 1947 le P r G. W . ROBINSON lors d’une réunion sur les sols tro-
picaux à ROTHAMSTEAD, u ne s’observe pas souvent dans la nature, peut-être seulement lors-
qu’il a été décrit pour la première fois >>.
L’étude des sols des régions non tropicales, régions tempérées luanides en particulier,
se développe aussi et certains caractères admis colnme spécifiques des sols ferrallitiques s’y
retrouvent assez souvent sansqu’il s’agisse d’héritagede climats passés. Il a donc paru néces-
saire de tenter une large synthèse de nos connaissances actuelles sur les sols ferrallitiques
en cherchant à mieux définir les problèmes soulevés.
2” Depuis vingt cinq am, de nombreux pédologues étudient lessols ferrallitiques. Après
une période consacrée surtoutci l’inventaire et ci quelques études plus détailléessur leur for-
mation, leur évolution et leurs possibilités d’utilisation, un effort d’approfolzdissemeIzt de
la recherche se réalise pour tenter non seulement de préciser nos connaissaxces typologi-
ques’ mais aussi de mettre en lumière les processus qui ont jouéou se développent actuelle-
mentdansces sols, etlesrelatiomquilesunissent les uns aux autresainsi qu’à leurs
divers facteurs d’évolution. Dans le cas des sols ferrallitiques, l’impulsion de ces nouvelles
5
études revient à des pédologues comme, parmi ceux de nationalité française, D. MARTIN,R.
MAIGNIEN,F. BOURGEAT, Y. CHATELINetc ...
Ces recherches ne sont que la continuation de celles effectuées au COLLYS des 2 ou 3 der-
nières décades dont la sypzthèse est indispensable. Y. CHRTELINs’en est chargé. Il connait
bien les sols tropicaux depuis qu’il en a pris connaissance sur le terrain en 1958. Depuis lors
il a toujours travaillé en Afrique Tropicale humide, principalement au Gabon et en Républi-
queCentrafricaine.Iladonc étudié surtout les sols fermllitiques, qui couvrent de telles
étendues dans ces deux pays. Il a d’ailleurs p u observer ceux d’autres pays, Cowgo, Came-
roun et Côted’Ivoire en particulier. Sesrecherctzes ont jusqu’ici porté surtout sur leur carac-
térisation, leur typologie et leurs relations avec leur environnement, airzsi qu’avec les autres
sols du lieu.
La tâche entreprise ne peut &tre uniquement personnelle. Elle est un travail d’équipe oic
plusieurs pédologues de 1’O.R.S.T.O.M. opéreront en fonction de leur spécialisation, et moi-
même avec eux. Y. CHATELINest l’animateur de cet ouvrage qui paraîtra par fascicules, il en
assure la coordination.
Tous, nous espérons qu’ainsi conçue cette publication permettra une mise au point des
connaissancesactuelles sur ces sols, non seulenlentdecellesacquisespar nos é p i p e s
mais aussi de toutes celles publiées par des chercheurs de tous autres pays dont les écrits
nous sont accessibles directement OU grâce ù des traductions en d’autres lalzgues.
Elle doit aussi nous atnel-ler ù une clarification de nos concepts, et à une appréciation et
une expression plus précises des problèmes soulevés.
Une meilleure définition des sols feruallitiques, de leurs caractères, de leurs processus
d e formation et d’évolution et de leurs relations avec leur environnement doit conduire à
mieux connaître les conditions de leur utilisation.
Georges AUBERT.
Membre de l’Académie d’Agriculture de France.
et de I’Académie des Sciences d’Outre-Mer.
Président du Comité Technique de Pédologie de 1’O.R.S.T.O.M.
6
En tout premier lieu, mes remerciements s’adressent à M. Georges AUBERTqui a bien voulu préfacer ce
premier tome consacré aux sols ferrallitiques après l’avoir analysé et commenté. M. Pierre SBGAJXN Cgale-
ment a été un lecteur et un critique précieux. Ma gratitude s’adresse aussi à M”“ Marie-HélènePERROT,
bibliothécairedesServicesscientifiquescentrauxde I’O.R.S.TO.M., quiarecherchélesnombreuxdocu-
ments, parfois vieux d’un siècle et demi, nécessaires à l‘élaboration de cet ouvrage.
Y. c.
5 .
. ,
7
AVANT-PROPOS
Devant la profusion de la littérature scientifique récente, il peut venir à l'esprit des dou-
tes ,sur #l'intérêt d'un ouvrage historique, et la tendance de le considérer comme une sur-
charge gratuite. Il ,est certain qu'une revue des publications des quinze ou vingt dernières
années donnera un panorama complet d,e toutes les observations qui méritent d'être rete-
nues, les plus anciennes de ces observations étant reprises, représent6es SOUS des formes
différentes, à l'occasion de travaux séparés dans le temps ou dans l'espace.
Mais si la science du sol réuni,t des déterminations concrètes qui ne prêtent pas à dia-
lectique, elle dépend aussi dans une large mesure de concepts qui ne se sont pas toujours
imposés ,d'évidence, mais ont résulté de certains choix, ou peut-être d'unevision incomplète
de la réalid. Le pédologue qui utilise actud1,ement le terme de << sols ferralMques de faGon
))
courante, se situe d'emblée dans une certaine lignée de travaux, et de concepts transmis
sous une forme parfois peuexplicite, Analyser cet héritage est une opération de clarification
intellectuel~le, ,qui peut aussi faciliter une ouverture vers d'autres modes de pensée.
Les pages qui suivent montreront combien ont été longues à disparaître certaines théo-
ries démenties par les faits, combien de %temps a nécessité la généralisation de techniques
nouvelles. A chacun de ne voir dans une rétrospective historique qu'un intérêt anecdotique,
ou au contraire de chercher à en tirer un enseignement personnel, d'esprit critique pourdes
notions ,trop commodément admises, ou pour des méthodes qui se périment.
Il existe une autre raison de commencer un ltraité général sur les sols ferrallitiques en
retraçant les étapes du développement de nos connaissances. La plupart des ouvrages spé-
cialisés actuels ont un titre qui suffit à définir clairement leur objet. Par contre, les cc sols
ferrallitiques D ont des frontières assez indécises. Pour les situer, tout au moins dans leurs
grandes 'lignes, il est nécessaire de voir comment se sont élaborés les concepts actuels qui
définissent, pour les pédologues de l'éCole française, les sols ferrallitiques.
9
Chapitre premier
Il est permis .de supposer que grande Ifut la surprise des premiers explorateurs devant
les étonnantes formations superficielles des tropiques. Leur imagination en f i t sans doute
stimulée, et des expli,cations .très variées durent leur venir à l'esprit. Il nous en reste quel-
ques exemples.
Ainsi l'illustre Ibiologiste Ch. DARWIN,en considérant l'épais manteau de décomposition
qui couvre les régions littorales du Brésil, pensa-t-il y découvrir l'œuvre d'une hydratation
anci,enne dans des conditions sous-marines. C',est du moins ce que HOLLAND (1903) a retenu
des notes publiées par .DARWIN(1844) à la suite de son voyage sur le H.M.S. BeagZe. Cette
interprktation .ne doit pas surprendre,.elle a eu cours également parmi certains géologues des
Indes qui, plus que DARWIN,ont eu la possibilité d'étudier ce 'que nous appellerons mainte-
nant des latérites >>.
(( Autre exemple d'int,erprétation, radicalement différente et, avouons-le,
aussi éloignée de la véri.té, HARTT(1870) (faisait intervenir les phénomènes ,glaciair,espour
expliquer les formations superficielles brésiliennes. En 1893, BRANNER a consacré de longues
pages à .commenter, et réfuter, cette théorie.
L'étude des 1at.éritesse poursuivait en réalité depuis bien longtemps avant que DARWIN,
et à plus forte raison HARTT, ne formulent leurs hasardeuses hypothèses. Elle était conduite
par des géographes ,et géologues. On peut attribuer à la naissance d,e la science des sols tro-
picaux une date précise, celle de l'année 1807 qui vit publier les comptes rendus d'un voyage
fait aux Indes par un géographe nommé BUCHANAN.
Cette première période dont le départ est donnépar BUCHANAN et qui va couvrir le 19e et
le début du 2Oe siècle, est celle de l'étude d,es latérites considCrées plus comme des roches
(( ))
que comme des sols au sens où nous l'entendons maintenant. Elle se terminera aux environs
de 1927, date repère qui correspond à la première réunion d'un .congrès international consa-
cré à la science du sol. A partir de 1927, vont se renouveler les techniques analytiques, et
s'imposer des concepts nouveaux.
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BUCHANAN ET LETERME “LATÉRITE”
Il est fait référence à la définition donnée par BUCHANAN dans pratiquement tous les
ouvrages qui trait.ent ,des latérites et de .ce que l’on appellera plus tard des sols latéritiques
ou ferralliti,ques. Bien souvent cette référence est donnée sans retour au texte lui-même, et
l’on a vu certains auteurs demander que l’on s’en tienne strictement à la définition initiale
de BUCHANAN et la formuler de facon tout à fait erronée. Voici ce qu’écrivit réellement Bu-
CHANAN : (( Wdzat 1 have called indztrated Clay... is diffused in immense masses, zvitlzout an?
nppearurzce of stratifzcation, and is placed over the granite tlzat forms the basis of MaZayala.
T t is f u l l of cavities and pores, and contains a very large qttantity of irorz in the form of red
a f l d yellow ochres. I n the nmx, wlzile excluded frow the air, it is so soft, that any iron instru-
ment readily czrts it, and is dtlg ttp in square masses zvitlz a pick-ax, and imnzediately cttt into
the sizape zvanted with a trovel, or large knife. I t very soon after becomes as lzard as brick,
ailcl resists the air and water better than an?) bricks that 1 have Seen in India. >) BUCHANAN
conclut : The rnost proper english tzarne ti’ould be Laterite, f r o m Lateritis, tlze appellation
((
Stone >>.Suivant ce que rapporte AtAIGNIEN (1966), ce n’est qu’à la suite des controverses nées
de l’utilisation du terme que BUCHANAN prétend le resteindre .B ne désigner ,que les matériaux
h consistance molle et durcissant à l’air.
C’est aux Indes, dans la région de Malabar, à Angadipuram ( 10” 58’ N, 76” 13’ E, préci-
sent PRESCOTT & PENDLETON en 1952) que BUCHANAN a observé le matériau type de la latérite.
La description de BUCHANAN ,est sommaire, certatns chercheurs ont retrouvé le site d’origine
et l’ont décrit à nouveau. Il s’agit tout d’abord de LAKE (1890) gui a identifié trois types de
latérites, les latérites de plateau, de terrasse, de vallée. Fox (1936) confirme les descriptions
de LAKEet la distribution de la latérite sur plusieurs unités physiographiques, et précise que
la latérite décrite par BUCHANAN appartient à la variété détriti,que (detrital laterite) occupant
les vallées.
Beaucoup plus récemment, dans le but d’une comparaison avec les latérites d’Australie,
STEPHENS (1961j observe à nouveau le site d’angadipuram. Il donne l’image d’une région dans
laquelle deux niveaux d’aplanissement anciens (flat-topped hills ... capped with laterite) sur-
plombent une série de collines basses qui dominent elles-mêmes une plaine alluviale aména-
gée en rizière. Un siècle et demi après le passage de BUCHANAN, il existe toujours, sur ces
collines de la partie basse du paysage, des carrières où l’on taille des briques que l’air et le
soleil suffisent à durcir. STEPHENS a donné d’une coupe offerte par une carrière une descrip-
tion que nous traduirons ,et résumerons ainsi :
O - 60 cmLimon friable,légèrementplastique, de structure vésiculaire;rougesom-
bre ,(2,5 YR 3/5 humide), plus clair (3/6) à la base; graviers latéritiques
en quantites modérées, diminuant en profondeur.
60 - 170 cmCouchemassivede1atérit.e à structure vermiculaire grossière ; rouge et
jaune avecdestach,esgris clairs’accentuanten profondeur; peut Ctre
découpée à la pioche mais non au couteau.
à 170 cm Argi1.e tachetée apparaissant comme une transformation irrégulière et d.if-
fuse de la latCrite supérteure ; taches contrastCes rouges (10 R 3/4 humide),
jaune-brun (7,5 YR 5/6) etgris-clair.
A proximité de celui-ci, d’autres profils montrent que les horizons tachetés surmontent
des horizons blanchis (pallid zone) à matrice blanche et taches très pâles jaunes et brun,es.
On peut donc retenir ‘que BUCHANAN a donné le nom de 1at.érite à ce que l’on appelle
maintenant des horizons tachetés et des plinthites, parfois déjà légèrement indures en place
mais toujours capables de se durcir irréversib:lement à l’air, généralement intercalés entre
des horizons d‘altération décolorés et des horizons supérieurs pisolitiques.
12
Le terme créé par BUCHANAN vu asa signification se modifier profondément, être élargie
par les uns et pui,s restreinte par les autres. II est maintenant entaché d’une ambiguïté fon-
damentale, bien montrée par le Compte RerzdzL deRecherches SLLY leslatéritesde MAI-
GNIEN (1966). Il peut être employé pour des matériaux ferrugineux ou alumineux, des roches
ou tout au moins des sols fossilisés, pour certains horizons pédologiques, pour des sols qui
sont séparés ,en plusieurs Ordres ou Classes suivant le système de classification employé.
Cependant, jusqu’à une époque récente, latérites )>, (< roches latéritiques >), sols latériti-
(( ((
qtles >>,
sont d’un usage courant dans la littérature scientifique.
Pendant toute la période considérée, règne une grande confusion sur la nature des argi-
les, ‘leur caractère cristallin ou amorphe. Le terme amorphe n’est généralement pas employé,
et il est sous-ent,endu qu’un matériau G colloïdal )> n’est pas crista1,lin.
Aux dkbuts de la science du sol, il est couramment admis que les argiles des sols sont
consti,tuées d’un mélange, en proportions variables, de gels amorphes de silice, d’alumine et
de afer. Les découvertes des minéralogistes sont connues de certains pédologues qui, comme
GLINKA4(1914), admettent que ,les ,argiles ,d,essols soient essentiellement du kaolin. Pendant
très longtemps se maintiendra l’idée que la kaolinite est l’unique espèce argileuse et. qu’elle
est .mélangée dans les sols à des matières colloïda1,es amorphes. En 1911, THUGGUT est l’un
des ,premiers à reconnaître plusieurs espèces cristallines dans les argiles.
Pourtant, ;beaucoup ,de ceux qui étudient les sols des régions tempérées, ou les latérites
tropicales, ignorent les données récentes .de la minérallogie ou ne savent pas les transposer
aux matériaux qu’ils étudient. Ainsi STREMME (1911) conteste-t-il la réalité des composés kao-
linitiques dans les sols, )toute l’argile étant pour lui un mélange d’alumine et de silice col-
loïdales >>. En 1901, à propos des sols malgaches, SCHLOESING parle d‘argile grasse OU(( ))
<( maigre >>. Ces termes nous &onnent actuellement, mais ils sont à l’honneur parmi les agro-
nomes $dudkbut .du 20e siècle, bien qu’ils recouvrent à vrai dire Ides notions .tris confuses.
Ce sont les méthodes des pbtrographes, l’examen au microscope et l’analyse ohimique,
qui sont employées pour I’étude des latérites. L‘observation au microscope permet d’identi-
fier facilement la limonite (“). Les paillettes blanches sont attribuées à I’hydrargillite (gibbsi-
te) OU à la kaolinite en fonction de l’analyse chimique. Dans le cas de très grand cristaux,
l’examen optique suffit à lever l’indétermination. Les roches altérées sont taillées en lames
minces après imprégnation par le baume duCanada. On peut ainsi observer le remplacement
des ,minéraux .de da roche par de nouvelles ,espèces, en particulier I’dpigénie des feldspaths
par I’hydrargillite ou la kaolinite, la sub,stitution de la limonite aux minéraux ferro-magné-
siens. Lorsque les particules sont !trop petites pour êtrevisibles au microscope, s’appliquent
1,esidées, plus gratuit,es, qui ontcours alors sur les argiles. Aussi relève-t-on souvent dans les
textes de cette époque une opposition entre hydrargillite et alumine colloïdale )>,ce der-
nier terme désignant l’alumine ,libre supposée amorphe des fractions três fines.
(“) On sait actuellement que le terme limonite >\ a servi à désigner différents minéraux ferrugineux,
((
gœthiteethématiteprincipalement,etdesmélanges. II estimpossibledecompenserl’insuffisancedes
observationsanciennes. Le terme c limonite seramentionné ici uniquementdanslamesure
)) où ilest
celui utilisé par les auteurs cités.
13
L’analyse chimiqueapparaitimmédiatement comme uneméthodeindispensable à
l’étude de matériaux malgré tout -difficiles à déterminer optiquement. La plupart des cher-
cheurs comprennent aussi la nécessité de procéder ’à des extracitions ménagées, de faCon à
doser séparément les silicates et ,hydrat,es forméspar altération, et les silicates primitifs des
roches et surtout le quartz. C’est ce que pratique .déjà, hors de la zone tropicale, BEMMELEN
en 1888 : d,em attaques suc,cessiveslui permettent de séparer une fraction ayant.la composi-
tion du kaolin d’une autre fraction de composition très variable supposée être colloïdale >>.
((
Plusieurs méthodes d’analyse chimi,que sont employées avec succès pour I’6tude des laté-
rites. WARTH F. & F. J. ,opèrent par fusion au sulfate acide de soude qui *sépare la silice com-
binée du quartz. Les extractions fractionnées que pratique ARSANDAUX (1909) sont assez com-
plexes : une première attaque chlorhydrique solubilise lelfer et une partie de d’alumine libre,
une seconde attaque ,sulfuri,que met en solutionles siIicates et le reste de l’alumine libre, le
quartz reste intact ,dansle résidu. LACROIX (1913) .opère de même: des extractions successives
par acides chlorhydrique et sulfurique séparent les produits d’altération des minéraux pri-
mitifs des roches et notamment du quartz. C’est presque la même méthode qu’emploie HAR-
RASSOWITZ (1926). Enfin, c’est HARRISON .(1910) .qui a mis au point la mbthode $attaque par
les trois acides chlorhydrique, sulfurique et nitrique, laissant le quartz dans le résidu inso-
luble, qui est encore employée actuellement, à que1,quesvariantes opératoires prhs.
La plupart des travaux sur les latérites reposent sur des méthodes analytiques identi-
ques à celles qui viennent d’être citées, ou qui .leur sont très proches. Certains chercheurs
cependant ont utilisé ‘la fusion alcaline ou ,l’attaque fluorhydrique qui donnent une solubili-
sation complète. ,Par manquede séparation de la silice combinéeet du quartz, leurs résultats
ne permettentqu’uneinterprétationlimitée. Ils ontpouptant Cté parfoisutilisés, à tort
lorsqu’il s’agit de IatCrites contenant des quartz, pour le calcul des rapports de la silice aux
sesquioxydes.
Quant aux analyses particulières à la science du sol, fractionnement granulométrique,
mesure de pH, dosage de la matière organique, elles ne ,sont pas utilisées. Les géologues de
1’6poque qui attachent leur nom à l’étudede ces latérites qu’ils considèrentcommedes
roches, les ignorent.
L‘insuffisance des méthodes d’identification des minéraux se traduit dans la termino-
logie et la classification. Ainsi, pour les latérites alumineuses, LACROIX (1913) distingue-t-il les
variétés gibbsitiques .et bauxitiques ; les bauxites sont alors considérées comme amorphes
et 1.e qualificatif bauxitique ,est donné à des latérites qui, au microscope, ne paraissent pas
&re constituées .de cristallites. On peut affirmer par contre que ,les analyses chimiques, et
particulièrement la méth0d.e au triacide, donnent à l’étude d,es latérites dès son début une
base génétique précieuse. Les analyses chimiques sont ,seules à ,fournir une indication pour
les particules trop fines pour l’étude au microscope, et surtout leur méthode de sdubilisa-
tion mbnagCe permet de doser séparément les composés de néoformation. Il est donc possi-
ble de préciser une ten,dance évolutive, un processus de formation. Ces concepts génétiques,
formes très tôt, imprègnent encore les études récentes sur les sols ferralitiques.
LA COMPOSITION FERRUGINEUSE
PREMI$iRES DÉCOUVERTES §UR
ET ALUMINEUSE DES LATÉRITES
14
rai de fer qui conduit les géologues des Indes à s’int,éresser aux latérites. La littérature du
l g e siècle et particulièrement les publications du GeoZogicaZ Survey of Indin renferment de
nombreusesdescriptions de latéritesferrugineuses(BABINGTON1821, NEWBOLD1844, 1846,
etc...).
Que les oxydes ou hydroxydes métalliquesautres.que ceux.du fer appartiennent au
même titre aux latérites a ét6 plus ,long à découvrir. Certains auteurs ont pourtant eu très
t8t la possibilité de réaliser l’importance de la libération de l’alumine. C’est BERTHIER qui
découvre (1820) la nature dumineuse d‘une formation de surface trouvée près des Beaux de
Provence que l’on appellera, après lui, la ,bauxite >>. Il analyse aussi (1821) un minerai pro-
venant du Fouta Djallon qui est une latérite >>,
(( mais BERTHIER ignore ce terme, et qui con-
tient 2’8 % de ,silice,8,6 % d’alumine, 77’2 % de If,er,.et 11,4 % d’eau. BERTHIER n’a pas fait de
rapprochement entre les deux. Avoir fait la toute première analyse de !bauxite puis l’une des
premières analyses de latérite lui donne une place remarquable parmi les précurseurs de
l’6tud.e d,es altérations tropica1,es.Un demi-siêcle plus tard, MEUNIER (1872) puis JANNETTAZ
(1877) signalent .qu’il existe en Guyane française des variCt,és de bauxites. Centaines offrent
(( I’i,dentité la plus complète .avec la bauxite du midi de la .France )),el!es sont constituées
(( par l’hydrate d’alumine simplement coloré par l’oxyde d,e f,er >> (MEUNIER).Il en existe en
fait plusieurs vari,élés : <( Les unes, compactes, sont des variétés d’hydrargillit,e, contenant 7
â 8 % d’oxydes de fer. Les autres sont des variktés pisolithiques de peroxyde d,e fer et de
limonile, renfermant 15 à 20 % d’alumine >> (JANNETTAZ). L,es communications d,ecesdeux
auteurs qui, comme BERTHIER précédemment, n’ont pas fait eux-mêmes les observations de
terrain, sont Itrês succintes. Des prospections miniêres aux Indes montrent à MALLET(1883)
des couch,es manganésifères étroitement associées à des lat,érites ferrugineuses, malheureu-
sement il donne .à ces latérites une interprktation erronée lqui sera exposée dans les pages
suivantes. Il faut signaler éga1,ement les analyses donn8es par LENZ(1878 j pour des latérites
du Gabon qui sont essentiellement limonitiques, mai,s ‘contiennent aussi suivant les cas un
peu .de silicates ou #hydrates d‘alumine. Ce sera en fait à BAUER(pages suivantes) qu’il
appartiendra de metitre vraiment en évidence la libération des hydrates ,d’tiIuminepar I’alté-
ration .des roches dans les conditions ,tropi,cales.
C’,est dans l’ignorance des travaux de BAUER qui sont antérieurs,.que SCHLOESING (1901)
et MUNTZ& ROUSSEAUX (1901, 1903) au cours d‘un travail en collaboration montrent que les
sols de Madagascar contiennent de fortes quanti,tés d‘alumine libre et de fer ap.partenant en
grande partie aux fractions limoneuses ,et sableuses.SCHLOESING a opéré l’extraction deI’alu-
mine par traitement à da soude. Les quantités obtenues sont toujours restées très rkduites
pour les sols de France, du Mexique et de Porto-Rico ; par contre les échantillons apportés
de Madagascar donnent jusqu’h 11 % d‘alumine et une très )faible ,extraction de silice. Ces
étudessont à caractèreagronomique ; si .elles négligent les processusd’altération, elles
ouvrent par contre des perspectives nouvelles sur la structure des sols et, par la comparai-
son des sols de pays très Cloign6s, sur les effets de la zonalité climatique.
L~ALTÉRATION DES
ROCHES
ET LA FORMATION DES PRODUITS LATÉRITIQUES
quartzo-ferrrtgiîZotlsrocks incZuding laterite ... prove to be the original rock of the situs nzetn-
15
morplzosed D. De même KELAART (1853) affirme : cc laterite is the prodzrct of the desitztegua-
tion and decomposition of granitic rocks B.
Il y a eu bien sûr quelques interprétations fallacieuses, que réfutent HEUSER(1858),
SCHENCK (1893) et YOUNG(1853) qui “rit en particulier laterite cannot be supposed to be
igneous., but is eviderztly ... of chenrical origin P.
On sait donc que la latérite provient de la transformation des roches, qu’elle est ferru-
gineuse, et certains auteurs ont observé qu’elle peut être alumineuse, à diff,érents degrés de
pureté. Tout cela reste assez mal formulé. L’originalité du .travail que va présenter BAUER
rkside dans l’observation directe de la transformation d’une roche silicatée ,en un matériau
fcrrugineux et alumineux.
Les Iles Seychelles ont kté parcourues en 1895 et 1896 par un zoologiste, BRAUER, qui en
a rapporté un certain nombre d‘échantillons de roches et de latkrites pour les donner â
BAUER qui .en confia l’analyse chimique à Busz. De ces .éohantillons qu’il n’a pas observé lui-
même en place, BAUER a donné d‘excellentes .descriptions. L‘étude au microscope d’un échan-
tillon prélevé sur granite montre un maintiengénéral de la struoture,de la roche ; les quartz
sontrestésintacts, à l’emplacement des feldspaths primitffs s’observent des agrégats de
plaquettes décolorées, la hornblende et les micas sont remplacés par des masses ferrugi-
neuses brun foncé. Sur diorite (sans quartz), il y a également conservation de la structure
de la roche, remplacement .de la hornblende par des amas ferrugineux et des feldspaths par
des plaquettes blanches. Les produits ferrugineux vont parfois imprégner d’anciennes dia-
clases .ou (d,es videsqui se sont formés â l’emplacement des feldspaths. Ces transformations
sont progressives, elles peuvent Ctre suivies sur des boules de granite dont le noyau est
encore frais et qui s’akèrent vers la périphérie.
Les analyses chimiques ont été faites pour un échantillon sur granite et un échantillon
sur diorite, par attaque à l’acide chlorhydrique à chaud. Dans le cas de l’échantillon prove-
nant du granite, toute lasilice dosée dans l’analyse globale (1)correspond au quartz. Eneffet,
pour une deuxième analyse, les grains de quartz ont &téenlevés en émiettant l’échantillon
sous les doigts ; les parties fines révèlent une composition (II) sans silice, avec les mêmes
16
proportions d‘alumine, fer et eau que dans le dosage total. Le tri mécanique n’a pas été
nécessaire pour I’échantillon sur diorite, qui ne contient que très peu de quartz (moins de
4 96). La composition de la fraction non quartzeuse a Cté calculée (II) en ramenant à 100 les
pourcentages d’alumine, ,fer et eau du dosage total (1).
Déduction faite de ce qui doit entrer dans la constitution ,de la limonite, la teneur en
eau rapportée à celle de l’alumine correspond presque à la composition de l’hydrargillite, le
déficit d’,eau est très léger mais peut pourtant laisser supposer, suivant BAUER,l’existence
d’un peu de diaspore. ..
Examen au microscopeet analyse chimique se complètent, et BAUER peut conclure que la
latérisation consiste en la tr.ansformation des composés alumineux de la roche en hydrates
d’alumine, essentiellement en hydrargillite qui apparaît au microscope en paillettesblanches,
avec perte de la totalité de lasilice combinée et des composants alcalins. La structure origi-
nelle de la roche est .conservée, tout au moins.dans le premier stade de l’altération. Il ne sem-
ble pas y avoir de transport d’alumine, par contre le fer estmobile, mais cela ne constitue
pour BAUER .qu’un aspect secondaire de la latérisation. Pour lui, en effet, la latérisation con-
siste essentiellement enun. processus de lessivage (AtuZnzlgunsgprozess) qui laisse un
résidu d’alumine.
BAUER atrouvé une grande analogie entre les compositions chimiques de ces latérites
des Seychel1,es et cles compositions d’un certain nombre de latérites du Gabon, du Fouta Djal-
Ion (cf. BERTHIER), de Birmanie, des Bermudes, citées dans la littkrature. C’est surtout d‘une
comparaison avec les bauxites du massif du Vogelsberg (Allemagne) particulièrement bien
étudiées par LIEBRICH(1891) que BAUER tirera le plus d‘enseignements. En effet les bauxites
en question recouvrent des roches cri,stallines, et il existe une similitude frappante entre les
transformations des feldspaths en agrégats de petits cristalIlites blancs et des minéraux .ferro-
magnésiens en masses ferrugineuses colorées décrites par LIEBRICHet celles observées par
BAUER. Il s‘y ajoute une complète identité de composition chimique.
LIEBRICH avaitsupposé l’intervention .de solutions sulfuriques dans la formation des
bauxites. Bien qu’il ait lui-même pensé que l’acide nitrique apporté par les eaux de pluies
puisse être essentiel à la latéritisation, BAUER fait remarquer quedes solutions sulfuri,ques
acides solubiliseraient plutôt l’alum+nepour laisser en place la silice et donneraient donc un
résultat inverse de la bauxitisation et de la latéritisation, et laisse entendre qu’il peut y
avoir action de solutions alcalines. Sur les mbcanismes qui, des roches silicatées, conduisent
à la formation d’hydrargillite, BAUER ne proposepas de doctrine bien définie, mais on peut
retenir qu’il a formulé, sur l’action de .solutions sulfuriques, nitriques ou alcalines, des hypo-
thèses qui seront débattues bien longtemps après lui.
Dbs .sa première ,étude sur les latérites, et sans avoir fait lui-même d’observations en
place, BAUER a obtenudes résultats réePement fondamentaux. Conclusion malheureusement
un peu hâtive, il a suggéré l’identité des bauxites et des latérites et soutenu que la latéritisa-
tion n’est par conséquent pas exclusive des pays tropicaux. En 1898, BALJER laisse donc
l’imaged’un processusunique conduisant, dans cles latérites tropicales comme dans les
bauxites de climats tempér6s, à l’accumulation d’alumine et secondairement de fer.
De nouvelles Ctudes sur des échantillons des Iles Comores, de Zanzibar, de Madagascar,
(1907, 1911) montrent à BAUER qu’il peut se former aussi des silicates d’alumine dans les con-
ditions tropicales, ,et que son premier schéma était donc trop strict.
!Le travail de BAUER,tant par sa méthode que par ses résultats, est remarquable pour
son temps, et l‘on ne peut que s’associer aux éloges prononcés en 1930 par MARBUT : The
chernical work of BAUER not merely drew attention to the fundamental chemical clzaractey
of laterites, but Zeft little else than details to be done by otbzers >>.
BAUER a quand même laissé plus Q d,écouvrir que ne le pense MARBUT.C’est l’analyse des
nombreuses variations liées à des conditions locales, pétrographiques, topographiques, hydri-
ques, qui fait l’intérêt des recherch,es de HARRISON.
17
Contrairement à BAUER, HARRISON a une expérience directed,es régions tropicales, il a
observé lui-même in-situ les latérites qu’il analyse. La Guyane Britannique lui a donné ses
sujets d’études principaux. Ses premières publications sur les latérites sont des années 1908,
1910, 1911. Il a laissé des notes posthumes qui sont exploitées par HARDY& FOLLET-SMITH,
sous 1,eur propre signature, en 1931, mais éditées intégralement grâce à HARDY en 1933. Cet
ouvrage ,est particulièrement intéressant, car on y retrouve toutes les observations, les métho-
des de *travail,les conceptions de J. B. HARRISSON sur la genèse des latérites.
Ses meilleures observations concernent l’altération, le cc katamorphisme D suivant son
expression, des roches basiques. L‘examen au microscope montre le remplaceme,nt des felds-
paths .plagioclases par la gibb.site ; les fissures des f,eldspaths sont souvent soulignéespar la
limonite. Les pyroxènes setransformentgénéralementdirectement en limonite,maisils
donnent parfois de la chlorite, du talc ou des micas qui disparaissent ensuite. Le passage de
la roche saine à la latérite primaire est cependant ,toujours rapide, il s’opère en quelques
millimètres. Au-dessus de roches basiques dépourvues de quartz, il existe souvent dès les
premières couches d’aldration du quartz qui estde néoformation.
Plusieurs coupes sont décrites par HARRISON. A la roche, succède toujours la couche de
latérite primaire d’6pai.sseur gendralement réduite à quelques centimètres ou dizaines de
centimètres. Elle est constituée #,hydrates d’alumine et de -fer, met paI$ois de quartz néo-
formé. Au-dessus apparaissentdesformationsqui,contrairement lalatériteprimaire,
, à
contiennent souvent de grandes quantités de silicates d’alumine (Iraolinite). Ce sont des for-
mations meubles, terres latéritiques et terres superficielles (humifères), ou indurées, croutes
ferrugineuses et bauxitiques.Les tableaux 2 et 3 donnent les résultats des analyses chimiques
d,e deux coupes sur ,dolérites.
II. - Analyse d’un pvofii SUT dolérite, en position haute dans le paysage,
TABLEAU
szmant HARRISON (1933)
1 II III IV V
1 - DoI&%e.
II - Latkriteprimaire.
III - Bauxiteferrugineuse.
IV - Bauxite lessivée (en fer).
V - (c Ironstone latéritique.
))
18
TABLEAU 111. - Analyse d’uiz profil S I W dolérite, eiz positioiz basseasecnappe
phréatique, suivant HARRISON (1933)
I
Si02 . . . . . . . 49/69 4,23 7,94 3,41 4,66 21,S9 3,30 1,56 4,72
-~~
. .. . . . . .
~~~
~~~
0,07 0,21 -
Ca0 ...... 9,58 0,4S 0,02 0,02 0,02 - 023 0,02 -
I
_ _ __
KzO
- ...... 0,60
~~~
0,32 -. ___
0,07 0,06 0,04 0,05 0.21
___- 0,02 - ~
0,07 0,05 -
0,7S O ,O2 0,14 0,16 -
1 Dol’éite - II, III, IV, V couches successives de Iatgrite primaire, sur moi,ns de 8 cm d’kpais-
seur - VIT’erre latéritique (:épaisseurde 5 à 6 rn&es) - VI1 (< Sous-sol >> (1 m&tre d’&aimsseur) -
VI11 Sol superficiel (25 cm) - IX u Irotzstofze de surface. ))
Les roches cristallines plus acides subissent une altération différente. Il n’y a pas appa-
rition brutale de latérite primaire comme sur les roches basiques.Les transformations sont
beaucoup plus progressives, la roche .devient d’abord friable, el’le se blanchit lors d,e la désa-
grégation des feldspaths, puis les ferro-magnésiens se transforment en limonite. Dans les
masses terreuses supérieures, loin de la roche saine, apparaissent encore souvent des débris
de feldspaths et des biotites d6colorées.
Dans tontes les publications de HARRISON, la description des transformations minérdo-
giques, les analyses chimiques, nous paraissent excellentes. L‘auteur a pris soin de situer ses
coupes dans le paysage et par rapport aux nappes phréatiques, il suit leurs différenciations
sur le plan vertkal. HARRISON a tenté d’établir des bilans Cgéochimisques au sens oh nous
l’entendons aotuellement : par référence aux 61,éments Jes plus stables, il essaie de retracer
les gains et pertes de chacun des ,faciès latéritiques. Après avoir effectué les .calculs iso-alu-
mine, iso-titane, iso-fer, il doi,t‘conclurecqu’aucun de ces trojs Cléments ne lui paraît parfaite-
ment stable. A défaut de pouvoir établir des (bilans stricts, leschiffres analytiques montrent
cependant Iles mécanismes du katamorphisme, qui sont l’hydratation, l’oxydation du fer fer-
reux, la perte des bases et de la silice. La perte de silice est beaucoup plus forte sur roohe
basique que .sur roche acide.
Ainsi des différences ,très importantes sontmises en évidence par HARRISON suivant qu’il
s’,agit de l’,altération de roches basiques ou acides, en position haute ou basse. L‘altération
des roches basiques donne une latérite primaire gibbsitique qui est surmontéegbnéralement
d’une terre latéritique partiellement silicatée. HARRISON postule donc la résilicification de la
g$bbsite,la silice nécessaire pouvant être apportée par la nappe phréatique suivant sesmou-
vements verticaux ascendants. La position topographique conditionne l’intensité de I’altéra-
tion. La perte de silice subie par les latérites primaires peut être de 99 % pour les positions
hautes contre 93 % pour les positions basses. Les formes les plus riches en hydrates d’alu-
mine et de fer s e trouvent sur les positions hautes où les pluies sont abondantes.Sur les posi-
tions basses à drainage imparfait, et surtout si la pluviométrie est relativement réduite, il se
forme davantage de silicates d‘alumine secondaire, et parfois même du quartz. L’altération
des roches cristallines acides se produit beaucoup plus progressivement,et elle conduit 2 la
formation de silicate d‘alumine (kaolin), ces caractères sont aussi ceux observés parfois dans
les régions tempérées. Comme pour les roches basiques, l’altération est moins active dans
les parties basses que dans les reliefs élevés. Les,différences d’altération entre les roches peu-
19
vent s’expliquer au moins partiellement, par le comportement des feldspaths. Les plagiocla-
ses produisent généralement de la gibbsite, alors que les feldspaths potassiques donnent
plus facilement de la kaolinite.
La silice apparaît donc comme un élément très mobile, vite solubilisé lors de la forma-
tion de la latérite primaire, mais qui ,ensuite se fixe sur 1’aIumi.ne ou donne des néoforma-
tions de quartz. HARRISON rapporte avoir très souvent ,trouvé du quartz dans des matériaux
surmontant des roches basisques qui n’en possbdent pas du atout. La Iformation de quartz est
frdquente surtout dans les zones basses.
HARRISON a cherché dans la minéralisation des eaux une autre mesure des phCinomènes
d’altération. Après avoir fait le compte de ce que les pluies peuvent apporter comme pous-
sières met sels fournis par les embruns de 3a mer, il retient comme chiffres moyens en mgr
par litre ,pour les eaux du réseau hydrographique guyanais : 31,28 d e silice, 2,79 de fer, 1,40
de calcium, 0,87 de magnésium, 0,68 de potassium et 3,90 de sodium. Ces chiffres s’inscrivent
en confirmation de ce 1qui s’observe dans les résidus d’altération, le départ de la silice et des
bases est manifeste, il n’y a que peu d,e ,fer dans les eaux et pratiquement pas d’alumhe.
HARRISON a également.tenté quelnques expériences d’,altérationexpérimentale. DesroGhes
broyées sont en contact avec l’eau distillée.en présence d’un indicateur coloré, le changement
de couleur s’opère rapidement.
Remarque faite également par HARRISON, I’ahération des roches cristallines plus acides
n’a pas la brutalité de la transformation des syknites. Ainsi des schistes micacés perdent pro-
gressivement leur cohésion pour devenir friables et onctueux s’ils sont secs, ou gluants et
plastiques à I’btat humide. Suivant leur nature, les minéraux libèrent fer ou alumine, corn-
posant un matériau que LACROIXdécrit ainsi : On croirait voir une gigantesque palette
((
20
gillite (1) et d’une roche feldspathique dépourvue de minéraux colorés qui s’est transfor-
mée en un mélange d’hydrargillite et de silicate (II).
IV.
TABLEAU - Pyoduits d’altération, de feldspaths, suivant LACROIX
(1913)
1 : Microcline Cpigénisé.
II : <.ération d‘une roche feildspathique. Le quartz n’a pas ‘kté solubili.sé.
Bien qu’il1 n’ait pas mis ,en évidence de filiation entre les matériaux kaolinique et alumi-
neux .examinés, LACROIXsemble admettre que dans bien ,des cas la formation de kaolinite
précède celle d‘hydrargillite. Il accorde une cert,aine mobilité à l’alumine, l’hydrargillite pa-
raissant pouvoir être solubilisée et se déplacer. Il existe en effet des pailclettes d’hydrargillite
à l‘emplacement d‘anciens minéraux non alumineux. La mobilité d u fer est encore plus mani-
feste, elle s’observe très !bien sur les ,blocs ,de syénites partiellement altérés. Au voisinage du
noyau de roche saine, la latérite d‘abord blanchie par la migration ,du fer se teinte progres-
sivement vers la périphérie de rose, rouge et rouge brun. Il y a, dit LACROIX, un mouvement
centrifuge du fer. ....
De très nombreux léchantillons provenant de Madagascar et de Guinée ont été analysés.
Issus de roches variées placées dans des environnements différents, ils donnent déjà un assez
bon inventaire des faciès que prennenlt les latérites, alumineuses ou silicatées, ferrugineuses
ou non, blanchies, cuirassées, ou masses temeuses rouges. Ces multiples observations per-
mettent à LACROIX de proposer .une terminologie et une classification (V. pages suivantes).
Il peut aussi esquisser la répartition deslatériltes, et surtout des terres rouges, dans la
grande île de Madagascar.
Des nombreuses analyses chimiques publiées par LACROIX, retenons celles (Tableau V)
. montrant le passage de syénites à des abérations kaolinitiques et gibbsitiques et à des laté-
rites alumineuses et ferrugineuses. Les Cchantillons ne proviennent ‘pas d‘un même profil ver-
tical, mais ont $touslpour origine une syénit.e de composition régulière. Pour les sols de Mada-
gascar en particulier, LACROIX a parfois établi, à partir de l’analyse chimique, les pourcenta-
ges des différents minéraux, kaolinite, hydrargillite, oxydes de fer hydratés ou non.
Avec les tr,avaux de LACROIX, 4es différentes modalités de l’altération latéritique sont
déjà bien connues : ‘les analyses montrent clairement le départ des alcalis et de la silice,
l’oxydation du fer, et suivant les cas la formation d’hydrate d’alumine ou d,e silicate d’alu-
mine. L’état cristallin des produits ‘nouveaux est reconnu au microscope, les particules trop
fines sont supposées col~loïdales,c’est-à-dire amorphes. Si les étapes et les produits de l’alté-
ration sont bien mis en évidence, les mécanismes de cette altération prêtent encore à des
hypothèses hasardeuses. Voicice qu’écrit LACROIX en 1923. Bien que l’eau soit seule sus-
((
ceptible -d’enlever des alcalis .aux feldspaths, il es4 probable que, dans l’altération silicatke,
l’acide carbonique joue un rôle prédominant en donnant naissance à des carbonates salu-
bles. Ces carbonates, joints aux acides humiques résultant de la dCcomposition végétale,
agissent simultanément sur les silicates originels des roches et d’autant plus énergiquement
que la température est plusé,levée. La chaux, la magnksie et un,e partie du fer [réduit à l’état
d,e protoxyde) sont éliminés sous forme $d,ebicarbonates solubles : la silice enlevée par les
carbonates alcalins, déplace à son tour l’acide carbonique de ceux-ci ; ce dernier est mis en
liberté et 1.e cycle recommence )). LACROIX est conscient de l’insuffisance des connaissances
de son lt,emps pour expliquer l’altération et enparticulier la rupture du noyau kaolini-
que )> ; il a suggéré très justement d‘aborder le problème par voie expérimentale.
BAUER, HARRISON, LACROIX ont appontC des connaissances véritablement fondamentales
qui restent dans une très l.arge mesure ,toujours valables, ils ont défini des méthodes de tra-
vail et suggéré de nouvelles ori,entations de recherche. Pour être les plus notables de leur
époque, leurs travaux ne sont pascependant les seuls et il est juste d‘en citer certains autres.
21
V. - Alzalyse de la syérzite des Iles de Los (Guinée) et des latérites qui en
TABLEAU
dérivent, suivant LACROIX (1913)
1 II III IV V
.
.
F.e.0,
.
.... 0,97 4,12 5,22 7,41 26,91
Fe0 ...... 2,19 - - - -
TiO, ...... 0,29 0,70 0,12 0,90 0,63
Ca0 ...... 1,33 0,45 0,24
- 0,17 0,37
Mg0 ...... 0,56 0,21 0,19 - 0,87
Na20 . . . . 8,30 - 0,49 0,26 -
K,O ...... 5,57 - 0,27 0,37 -
H.0 ..... 0,98 17,84 30,47 33,71 20,50
ImolubIe . . 0,34 1,46 5,74 0,30 9.80
Total ..... 100,09 100,oo 100,76 100,61 100,oo
1 : Syénite intacte.
II : Zone d,e départ dicatke à faciizs conservé.
III : Zone de dépapt gibbsitique.
IV & V : Cuirasse contenant dies blocs compacts (IV) ,et m ciment f,errugineux,(VI.
Ces échan.tilIns neproviennentpas d'un seul,profil,mais .Ire massif de syknite qui les sup-
porte est très homogène.
Dès 1903, WARTH H. et F. J. publient les analyses et les formules minéralogiques d'une
collection de !latérites des Indes qui représentent une gamme assez complkte de matériaux
de composition gibbsitique kaolinique, avec des taux de fer ,trèsvariables. Leur étude appa-
raît comme un bon inventaire (dela constitution chimique des latkites, mais elle est dénuée
de toute considération génétique.
C'est 'encore une étude sur l'akération de roches basiques (dolérit,es) que présentent
CHAUTARD & LEMOINE(1908). La comparaison des compositions chimiques de la roch,e et des
produits d'altération, le calcul iso-titane, permettent à ces auteurs de bien mettre en évi-
dence la rupture des silicates, le dCpant des bases et d'environ 4/5 de la silice, l'enrichisse-
ment en ,fer, titane et .alumine accompagné d'oxydation et d'hydratation.
De 1909 à 1916, à l'époque (oh paraissentégalement les travaux de HARRISONet de
LACROIX, ARSANDAUX publie les résultats de ses campagnes au Gabon et au Soudan en faisant
quelques comparaisons avec des échantillons provenant de Madagascar et du Vénézuela. Une
coupe verticale observée dans une latérite du Soudan a permis à ARSANDAUXde montrer,
grâce â des extractions fractionnées partraitements successifs aux a,cides chlorhydrique
puis sulfurique, le développement progressif des hydrates de fer et d'aluminium l3bres et
leur hydratation croissante.de la base du sol à sa partie supérieure, etla diminution corréla-
tive des silicates. A la base, les siIicates composent presque exclusivement la fraction fine du
sol, à la partie supérieure apparaissent 33 % d'hydrates libres pour 67 % de silicates.
22
L’altQation des feldspaths ‘donne, suivant ARSANDAUX, des silicates et de l’hydrargillite.
Les silicates sont d’abord des matériaux micacés, muscovites presque normales qui perdent
progressivement leurs alcalis et s’hydratent pour aboutir à la kaolinite. Dans le Tableau VI
sont reportées les compositions attribuées aux silicates de certains sols du Gabon. ARSAN-
OAUX ,troqve systématiquement semble-t-il, des teneurs assez élevées en silice, peut-être parce
que le traitement destiné â l’enlèvement des hydrates a solubi,lisé un peu de l’alumine des
silkates. Les taux de pot.assium sont aussi très élevés dans certains échantillons. Les chautes
teneurs en silice et en potasse de la plupart de ses échantillons ont conduit ARSANDAUX a
admettre un stade micacé dans Yévolution des silicates.
Si02 . . . . . . . 47,s
A120, ...... 343
Ti02 ....... Itr
Ca0 + Mg0 . 1:l
K.0 . . . . . . 4,o
Na,O . . . . . . 1,O
HsO . . . . . . . . 11,3
Total ...... 99,7
23
L’ÉTUDE GÉNÉTIQUE DES LATÉIUTES
ENFONCTION DE LEUR ENVIRONNEMENT
Il est apparu très vite que si les latérites se forment toutes par un processus d‘altéra
tion, elles présentent entre elles de larges variations tant physico-chimiques que morpholo-
giques. Bien que les géologues qui étudient à cette 6poque les latérites n’aient pas suivi 1.e
développement de la pédologie ni connu ses principes gbnétiques, i,ls arrivent três vite &
associer à 1’,étudemorphologique des latérites, l’analyse de ce que nous appellerions mainte-
nant l,es facteurs de la pédogénèse.
Pendant longtemps les latérites apparaissent comme spécifiques des régions tropicales.
Ainsi ,en 1848, NEWBOLD assure cqu’,elles sont inconnues en Europe, et il semble bien alors que
ce soit là une évidence .qui ne puisse pas être démentie.
Ce postulat de l’origine des latérites est d’abord remis en question tout simpgement en
raison de la ‘définition que l’on donne des latérites. De nombreux auteurs, parmi lesquels
nous pouvons ci,ter MACLAREN (1906), SIMPSON (1912), Fox (1923-1932) affirment qu’il n’y a de
Mérite que sous les climats tropicaux à saisons alternées. Ils donnent en effet au terme de
c( latérite
)) un sens restrictif qui ne désigne ‘que des formations tachetées OU indurées. Ces
formations sont interprétées par ,des battements de la nappe phréatique, ou par des remon-
téescapillaires, ces deux phénomènessupposenten effet de ‘larges variationsdu niveau
hydrostatique et une alternance de périodes sèches et humides. WALTHER(1916) affirme lui
aussi, mais pour ,d’autres raisons, qu’il ne se ,forme pas de latérite sous les climats les plus
humides. En effet, il observe dans les régions toujours humides des terres brunes alors qu’il
associe le term>ede 1atérit.e aux formations indurées et aux .terres rouges. Il a donc affirmé
péremptoirement que la fort% vierge et ‘les précipitations importantes n’ont rien à voir avec
les latérites. C’est là .aussi l’opinion de LANG(1915). Par contre ceux qui accordent au terme
un sens plus large reconnaissent des latérites sous les couverts forestiers où l’humidité est
permanente. C’est en particulier le cas de HARRISON (1910) et MOHR(1909).
Ce sont en fait les études sur l’altération des roch,es et sur les minéraux néoformés qui
posent vraiment le problème du rôle du climat. BAUER (1898) a présenté les hydrates d’alu-
mine comme spécifiques des latérites. En fait ses premiêres observations reposent sur des
cas particuliers, et par la suite il a bien vite reconnu que, si les hydrates d’alumine sont fré-
quents et parfois prépondérants ou exclusifs, la kaolinite est elle aussi très courante et par-
fois prépondéranfie. Or, à cette époque ,on considère la kaolinite‘commela véritable c~ argile ))
et comme le constituant essentiel des sols tempérés. D’,un autre &té, plusieurs auteurs ont
identifié I’hydrargillite ou le diaspcrre dans les produits de la transformation des feldspaths
sous climats tempérés. Ce sont particulièrement LIEBRICH(1891), LACROIX ’(1890), THLTGLITT
(1895). Il semble donc ‘que kaolinite et hydrates ou oxydes d’alumine soient ubiquistes. C’est
pourquoi BAUER (en 1907 et 1911), HARRISON, LACROIX, ARSANDAUX, CAMPBELL, (op. cités) expri-
ment-ils en des termes três comparables l’opinion que les phénomènes d’altération dans les
régions ,tempérées et #tropicales sont de même nature mais se distinguent par leurs intensi-
tés.
A cette comparaison des altérations obsenrables en régions tropicales et tempédes, vient
s’ajouter l’analogie qui apparaît entre les latérites et certaines formations d’Europe. GREE-
NOUGH (1854) et E. DE BEAUMONT (1855) sont les premiers à tenter un rapprochement entre les
latérites asiatiques et des formations ferrugineuses d’Allemagne ( t v a s s ) et d’Italie (pzrzzolona
piperino). MALLET(1881) entreprend une comparaison très serrée entre les couches ferrugi-
neuses associées à des basaltes en Irlande, et les latérites qui couvrent aussides basaltes aux
24
fndes, et recherche une origine commune à ces d,eux formations. Les baurrites, dont BAUER a
montré en 1898 I’analogi,e sinon l’identité avec les ‘latérites, apparaissent de plus en plus
répandues. On en découvre ,dans l,es régions méditerranéennes, tempérées, et m2me relative-
ment froides. WALTHER l(1916) .iui aussi ,etablit un rapprochement entre les latérites et le
ferreto d’Italie du nord (le a ferreto B est en fait un sol rouge formé au Quaternaire
))
ancien pendant une période interglaciaire).L’existence hors des tropiques de toutes ces for-
mations généralement rouges, alumineuses ou ferrugineuses, amène beaucoup d‘auteurs à
conclure, comme Du BOIS,(1903) que les latérites se forment dans les régions tropicales humi-
des et arides, et même largement hors des tropiques. Cela conduit aussi certains à rechercher
des interprétations assez hasardeuses qui seront exposées dans les pages suivantes.
La dépendance de la latérisation vis-à-vis du climat, qui a paru trop évidente aux pre-
miers observateurs, s’est donc progressivement obscurcie. C’est probablement WOOLNOUGH
(1918, 1928, 1930) qui a ,l,eplus clairement exprimé l’incidence des variations climatiques des
tropiques. Sous les climats les plus humides, il n’y a pas de fluctuation phrkatique, ladéchar-
ge des nappes se faitIatCralement et de façon continue. Dans ces conditions les sols pourront
être lessivés complètement de leurs éléments solubles tandis que les insolubles, quartz, gib-
bsi.te, kadinite, s’accumulent. Avec des saisons alternées faisant se succéder saturation par
l’eau et ,dessèchement, certains déments qui sont lessivés dans le cas précédent, peuvent
s’accumuler et donner ,en particulier les croutes ferrugineuses, calcaires, ou siliceuses. De
tous ceux qui étudient les latérites à cette époque, MOHR(1909, 1930) est sans doute celui à
l’optique la plus pédologique )).Il montre l’opposition de la podzolisation des pays froids
qui .consiste en un )lessivagedes sesquioxydes sous l‘influence d’un humus acide et de la laté-
risation ,qui s’opère par lessivage de la silice en présence d’une matière organique vite miné-
ralisée. C‘est un premier pas vers la formulation de processusd’évolution corrélatifs des cli-
mats.
Une première explication simple aux ,différentes com.positions des latkrites est
celle donnée par WARTH (1903) : la nature des roches est responsable de la prédominance du
fer ou de l’alumine dans les :latérites. 11 a e ,s’agit là ,en fait que d’une hypothèse puisque la
nature des roches supportant les latérites analysées n’est pas mentionnée dans le travail de
WARTH. Pour WOOLNOUGH (op. ,cités) lanature des roches est déterminante, et sous les mêmes
conditions da millieu des roches différentes ont donné à la m&me &poque en Australie des
croûtes (dtwicrusts) ferrugineuses et alumin’euses ‘sur granites, calcaires sur roches carbo-
natée.s, siliceuses sur quartzites, grès. A propos de l’Adamaoua, PASSARGE (1895) “rit que
basaltes, amphibolites, schistes verts, granites, produisent des latérites, alors que certains
gneiss n’en donnent pas. Mais cette fois encore, la raison de cette affirmation est d’ordre
terminologique, PASSARGE désignant comme latérites seulement les terres rouges et les maté-
riaux tachetés ou indurés.
En fait,il s’agit de déterminer si l’alternative ‘dela formation d’hydrates d’a1umi;ne ou de
kaolinite est réglée par des causes lithologiques. BAUER a montré(1898) que, aux Seyclhelles,
les feldspaths de roches cristallines acides comme les granites libèrent des hydrates d’alu-
mine. Par la suite un grand nombred‘observations .conduit ,à penser que les roches basiques
libèrent de l’alumine.libre, les roches acides comme le granite produisant de la kaolinite.
C’est une opinion défendue principalement par SCRIVENOR (1909 à 1930) qui s’appuie sur ses
propres observations et celdes d’autres auteurs comme BLONDEL (1927). Ce dernier, recher-
chant dans les latérites d’Indochine l’indice de la nature des roches sous-jacentes, pense que
les altCrations sont relativement indépendantes du climat. Les terres rouges et les latérites
riches en hydrates d’alumine et de fer proviendraient de roches basiques, les altérations de
roches acides seraient essentiellement kaolinitiques. SCRTVENOR, après avoir réuni un certain
nombre d’observations comme celles de BLONDEL, avance l’hypothèse suivante. L’Europe est
surtout constituée ,de roches acides, alors que les roches basiques sont dominant,es sous les
25
tropiques. La coïncidence entre la répartition des roches et la dktributiondes climats a per-
mis une confusion sur le déterminisme des altérations. Selon lui, la conception de plusieurs
altérations climatiques est fausse.
Une vaste expérience a permis à LACROJX(op. cités) de comprendre, mieux que ses con-
temporains, la complexité des facteurs de l’tiltération. Ainsi en Guinée, la transformation des
roches basiques comme les syénites et les gabbros est brutale et elle donne de la gibbsite,
mais sur les granites, gneiss, micaschistes, l’altération est progressive et les feldspaths
se cc kaolinisent >>.
Ce qui semble être uneloi ‘enGuinée estt par contrecomplètement démenti
à Madagascar >oùtoutes les roches donnentde I’hydrargillite, ou dela kaolinite, OU LUI
mélange. .Il faut de plus envisager la possibilité de la destruction de lakaolinite ‘qui ne repré-
senterait plus qu’une étape .transitoire dans la formation d‘hydrargillite. Malgr6 les travaux
de LACROIX, pour la plupart des auteurs de l’époque, la kadinite caract.érise l’altération des
roches acides et l’hydrargillite, celle des roches basiques.
Dans les premières publications, les descriptions des latérites sont le plus souvent limi-
tées à quelques phrases, l’accent étant mis sur les caracthres minéralogiques des matériaux
et sur les ,considérations génktiques. Les méthodes minutieuses de la description pédologi-
que n’on,t pas encore cours. Il paraît suffisant d’énoncer, par exemple, que l’on lobserve sous
une croûte ferrugineuse des argiles rouges ou tach,etées, puis des argiles ,blanches {WALTHER
1916j. Ce manque de précision est en partie responsable des .confusions sur les termes que
nous évoquerons plus loin.
Certains auteurs ont cependant .donné des descriptions de coupes verticales. MALLET
(1883) présente ainsi un profil latéritique ides Indes :
aj Solsuperficiel (30 cm).
b ) Débris 1at.éritiques (30 cm).
c) Pisoliteszlimonitiques tendres â cassurerugueuse (40 cm).
d ) Pisoliteslimonitiques à cassureconchoïdale (25 cm).
e) Ocre, .limonitique, avec des pisolites à cassure rugueuse (12 cm).
f ) Pisolites limonitiques à cassureconchoïdale (10 cm).
g) Ocre, limonitique, avec des pisdites à cassure rugueuse (12 cm).
tz) Lithomarge argileuse vue sur 25 cm.
Il apparait rapidement que la différenciation verticale des lat&it,es est commandée par
ïa prksence et les mouvements. des eaux d’infiltration. C’,est encore LACROIX ,( 1913) qui est le
premier à expliquer ainsi les profils, ou tout aumoins ‘quiest le premierà exposer clairement
cette conception. II reconnaît B la base des profils une cc zone de départ qui conserve la
))
structure de la roche. C’est là que les ,eaux d’infiltration exercent principalement leur action
dissdvante. Elle passe progressivement à sa partie supérieure *àla cc zone de concrétion ))
26
la zone de saturation intermittente qui la surmonte, vient s’accumuler le fer dissous dans
la lithomarge. Le profils peuvent se terminer par une zone de non saturation, surmontant le
niveau le plus élevé atteint par la nappe phréatique.
Les géalogues des Indes font, dès leurs premiers travaux sur les latérites, le partage
entre les high-level laterites >> et les cc low-level laterites P.Lorsque se clarifient les concep-
tions de l’altération des roches et que s’éliminent les théories de l’origine marine ou lacus-
tre des latérites, il est admis que la décomposition des roches en place produit les latérites
des <( ?zigh levels B, caractérisées par une cuirasse ,(trust) ,surmontant les classiques horizons
tachetés puis blanchis. La destruction de ces latérites qui sont parfois dit,es primaires )>,
leur transport et leur dépôt donnent les latérites des lozv-level>>, qui sont formées de gravil-
lons et que l’on appelle latérites cc secondaires x ou détritiques >>. Ces formations détriti-
ques occupent les versants des vallées, les terrasses ou ,les bas-fonds.
Parmi les pri,ncipaux travaux qui accréditèrent cette distinction ,de deux grandes caté-
gories de latérites, peuvent être cités ceux de FOOTE publiésentre 1864 ‘et 1886, la synthèse
de la géologie des I d e s présentée par MEDLICOTT et BLANFORD (1879), ceux de MALLET(1883)
qui trouvent une audience dépassant largement le cadre des Indes. Plus tard, cette distinc-
tion est reprise parFERRTOR (191 1) qui fera longtemps autorit,é, et se retrouve dansdes traités
très généraux sur les roches et ,I,eursaltérations, comme celui d e MERRILL(1921). 181 est
r.econ,nu aussi ‘que l’altération, ou une cimentation ferrugineuse, peuvent contribuer à façon-
ner les dépôts détritiques de latérites des low-levels >).
((
En réalité, ces higlz and low levels B correspondent à des paysages caractérisés par des
((
27
entre reliefs et latérites (v. paragraphes suivants). HARRISON (op. cités) a pu ainsi employer
l’expression de latérite G primaire dans une acception totalement différente.
))
Il apparaît aussi quela topographie nedétermine pas que des transports et dépôts
dktritiques mais aussi des conditions particulières pour les phénomènes physico-chimiques.
Dès 1903, HOLLAND fait remarquer que les latérites des Zow ZeveZs >) ont moins d’alumine et
((
plus de fer que celles des << higlz levels >>,ce qu’il interprète malheureusement par une action
de triage mécanique. Pour les sols de Guyane, la ‘notion de latérite détritique des zones bas-
ses .ne paraît pas, pour HARRISON (op. cités), pouvoir s’appliquer, alors que les altérations
montrent au contraire ‘delarges différences suivant la position dans le relief. Aux basses alti-
tudes, dit HARRISON, dans des conditions de drainage imparfait, les pertes de silice et de sili-
cat.es sont moins grandes qu’aux altitudes élevées dans des conditions de drainage parfait.
Lorsque les diff,érences d’altitudes s’accompagnent de variations climatiques, il apparaît que
dans les régions élevées, à pluies régulières et abondantes et boa .drainage, les latérites sont
presque uniquement constituées d’oxydes hydratés de fer et d’alumine. Dans les zones plus
basses, avecdes pluies moins abondantes et plus irrégulières, lorsque le drainage devient
imparfait, .les latéritescontiennent des silicates d’alumine et même du quartz d’origine
secondaire. On ne peut que souligner la clairvoyance manifestée par HARRISON, il y a un
demi-siècle.
Les croûtes ou cuirasses latéritiques indurées se forment sur des topographies planes
ou peu ondulées. C’est ce que remarquent en particulier LACROIX, CAMPBELL,FOX(op. cités).
L’influence de la topographie est souvent analysée suivant les concepts du cycle d‘éro-
sion et de la pén6planation. DAVISlui-même (1920), s’appuyant sur des écrits divers, cherche
à adapter sa théori,e géomorphologique aux pays latéritiques. Au cours d‘un cyde d‘érosion,
il ne se forme pas selon lui de latérites dans les premiers stades, ni même dans le stade de
maturité. Ce n’est que dans le stade ultime, lorsque les enlèvements mécaniques cessent que
les nappesphréatiqueset l’altération peuventformerde puissantes latérites. Il existe
des témoins de cycles d’.ér.osion anciens portant une couverture ,de‘latérite. Si l’on rejette le
vocabulaire de DAVISpour son contenu généti,que, cela revient .B dire plus simplement que la
latérite se ,forme sur des surfaces très planes et non sur des reliefs accidentés. On ne peut
qu’approuver cette proposition, avec nos connaissances actuell,es, si DAVISn’entendait dési-
gner par latérites que les cuirasses ferrugineuses indurées, ce qui n’est pas bi,en défini par
son texte. De ses observations en Autralie, WOOLNOUGH (1928,1930) déduit certaines règles
analogues. WGOLNOUGH adopte d’ailleurs les concepts et la terminologie de DAVIS. Dans les
régions de relief jeune, les processus d%rosion masquent les processus chimiques, les mou-
vements deseaux d’infiltration se font latéralement, remontkes capillaires ou fluctuations
des nappes ne jouent pratiquement pas. Lorsque la pénéplanation progresse, l’érosion se
ralentit et les processus chimiques prennent de l’importance. Les c( dtwicrzlsts D se forment,
ou se sont formées, sous des cJlimats à saisons alternantes, dans ‘des topographies qui corres-
pondent aux stades les plus avancés de la pénéplanation.
Si les latérites occupent certains sites paysagiques privBégiés, elles doivent s’associer à
l’histoire de ces paysages, avoir un âge et un passé.
P.anni les indices qui permettent de montrer l’ancienneté de certaines latérites, CAMP-
BELL (1917) retient les changements de conditions génétiques. Ainsi des matériaux tachetés,
qui se sont formés sous la dépendance d’une nappe phréatique, opeuvent-ils apparaître actuel-
lement parfaitement hors d’atteinte des fluctuations de la nappe ou des remontées capillai-
res possibles. Il se peut même que le fer, .qui auparavant s’accumulait, soit lessivé et laisse
se concentrer #l’alumine.Soulignons au passage que CAMPBELLa ,bien sai,si la formation de
certaines cuirasses que l’on dira plus tard être d’accumulation relative >>.
((
28
Les latérites peuvent être situées dans le temps par des observations d'ordre géomorpho-
logique ou stratigraphique. La formation des latérites détritiques des G Zotv levels D réclame
une certaine durée quirepousse à une période plus ancienne la formation de celles des Iziglz
ZeveZs D, puisque ce sont ces dernikres qui ont fourni les éléments clitritiques. FOOTE (1865,
1873) ayant trouvé des industries lithiques cimentées dans certaines ladrites peut les dire
post-tertiaires. D'autres indices stratigraphlques, coulées volcaniques ou sédiments datés,
sont parfois associés à des latérites. C'est ainsi que MEDLICOTT 19BLANDFORD (1879) assignent
un âge post-tertiaire aux latérites de l'est des Indes. En Australie, WOOLNOLIGH (1928,1930)
considère que les surfaces résiduelles (revtznants) et leurs duricrusts D sont à attribuer à
((
une époque pluviale du Miocène. Suivant WALTHER (1916), les basaltes du Crétacé supérieur
des Indes sont couverts d'une terre rouge qui est absente sur les basaltes plus récents, ter-
tiaires et quaternaires, quel'on connaît à Java. En Chine, Von RICHTOFEN (1882) découvre des
latérites recouvertes par le loess. WALTHER (1889 à 1916) a observé de nombreuses latérites
enfouies sous d'épaisses alluvions (Nil et Gange), sous des dunes (Australie), OU sous des
dépôts volcaniques (Java). Les latérit,es se formant sous le régime des moussons (saisons
contrastées), il a fallu, selon Fox (1923), 'quela rupture ,du continent de Gondwana place à la
fin du Mézozoïque les Indes actuelles dans un voisinage maritime pour que les latérites com-
mencent à s'y développer.
'Certains aut,eurs rejettent systématiquement dans le passé la 'formation de toutes les
latérites. Les bauxites et dépôts ferrugineux des pays tempérés, .qui sont assimilés aux laté-
rites, ont une origine manifestement ancienne. Dans les pays tropicaux, bien des indices font
également reconnaître1'anciennet.é des latérites. Aussi LANG(1915) et WALTHER (1916) en con-
cluent que latérites, bauxites, << fel-retto et autres dépôts ferrugineux, sont complètement
))
t-ernmyues diverses
Quelques observations isolées sur des sujets qui prendront plus tard de l'importance
méritent d'être mentionnées.
ARSANDAUX est,en 1916, l'un des premiers à publier une description de ce cordon
ondulé de rognons ,quartzeux non roulés dont les sinuosités sont à peu près parallgles à cel-
l,es de la partie supérieure de la première zone d',altération D. La première zone d'altération
est celle qui a conservé la structure .de la roche. Les quartz provi,ennent de filons de quartz,
et, pour ARSANDAUX, ils se sont concentrés en descendant progressivement en raison de leur
masse dans la zone de tassement, jusqu',à leur arrêt par unniveau de résistance suffisante. Il
est aussi connu des géologues des Indes que les latérites des CC Zozv levels contiennent sou-
))
vent des .galets, Inoyés dans I,es produits latéritiques, ce qui contribueà accréditer I'interven-
tion d'actions alluviales dans leur formation.
BEMMELEN ,(1904,1910) est le premier à remarquerque les argiles latéritiquessont
d6pourvues de plasticité. Ceci est à rapporter au r81e particuli,er du fer qui forme le ciment
de particules agrégées, les << pseudo-sables D (DEUS, cité par VAGELER 1930). En combinant
les séparations granulométriques et l'analysechimitque dans I'étude de terres malgaches,
MUNTZ& ROUSSEAUX (1901) constatent que des pourcentages équivalents de (fer entrent dans
la constitution des sables grossiers, sables fins et argiles.
La plupart des auteurs déjà cités ont des conceptions très analogues sur l'origine et la
constitution des latérites. C'est lorsqu'il s'agit de définir et de classer que se manifestent des
divergences.
29
L'étude de l'altération des roches a donné une bonne compréhension de ce qu'est la
latéritisation >>, expression à laquelle beaucoup d'auteurs préfèrent la forme simplifiée de
<( latérisation D. En 1908, LEMOINE & CHAUTARD écrivent : <( Le phénomène de latérisation est
ainsi caractérisé :
1" par le dégagement du fer et de l'alumiene de 1,eurs combinaisons siliceuses,
2. par une oxydation du protoxyde de fer 'qui passe à I'état de sesquioxyde,
3 O par le dégagement de la silice de ses combinaisons diverses,
4" par le départ d,e la majeure partie de cett,e silice et des bases alcalines et alcalino-
terreuses,
5" par un résidu (latdrite) extrêmement enrichi en titane, en alumi,ne et en fer >>.
Quelques années plus tard (1911), FERMOR s'exprime ainsi : This rock (lat,erite) consists
((
essentially of a mixture of Iqldrated oxides of iron and altrmina, with often a considerable
percentage of titania. I t is also gen!erally recognized tlzat the formation of tlzis type of laterite
involves the disappearance, probably in solution, of the silica, lime, magnesia, and alkalies,
of the original rock, witlz the concentration of the oxides of aluminitrm, iron, titalzium, and
sorrzetirrzes manganese, to forrll laterite )j.
C'est une définition très analogue que donne LACROIX (1913) en désignant comme latéri-
tes les roches formées par <( les produits de décomposition de toutes les roches silicatées alu-
mineuses caractériskes, au point de vue chimique, par la prédominance des hydroxydes d'alu-
minium et 'de fer, avec généralement de l'oxyde de titane, après &mination plus ou moins
complète des autres Cléments de la roche fraiche : alcalis, chaux, magnésie, silice >>.
HARRASSOWITZ (1926, 1930) introduit d,es conceptions qui seront largement développées
par la suite, basées essentiellement sur la dynamique de la siliceet de l'alumine, la formation
de silicates ou l'accumulation d'alumine. HARRASSOWITZdénomme C( allites
)) .des roches
essentiellement formées des hydrates ou oxydes de l'aluminium. Les siallites x sont au con-
((
traire constituées surtout de silicates d'!alumine, cristallisés .ou en gels. Le rapport de la silice
à l'alumine donné par l'analyse chimique permet d,e reconnaitre les matériaux allitiques ou
siallitiques. C'est là une suite logique aux tmvaux de BAUER (op. cités) opposant la formation
d'hydrates d'alumine à celle de silicates. BAUER et HARRASSOWITZ de sont
la même nationalité,
le second connait évi'demment très bien les résultats et opinions de son prédécesseur. Ceux
qui adopteront la distinction ,des allites et siallites accorderont au fer et au titane qui ne
donnent pas dans les latérites de combinaisons avec la silice, une attention moins grande
que ceux qui suivront les conceptions et la classification (v. pages suivantes) de FERMOR.
Pratiquement tous les auteurs de .langue anglaise adoptent le terme tveathering défini
))
par MERRrL (1897) comme l'ensemble des .changements superficiels aboutissant à la destruc-
tion lplus ou moins parfaite d'une roche par l'action des agents atmosphéri.ques. Le terme
français altération est moins spécifique, puisque c'est un terme du langage courant qui
(( ))
peut désigner des transformations sans rapport avec les :actions atmosphéri,ques.Il exclut la
simple désagrégation physique, l'altération ,d'une roche ou d'un minéral implique des modi-
fications physico-chimiques. CAMPBELL (1917) complique .la situation en désignant par <( alte-
ration ce qui se passe sous le niveau phréatique, et par weathering >> ce qui se passe au-
))
dessus. HARRISON (op. cités) puis plus tard quelques auteurs comme MOHR& VANBAREN (v.
pages suivantes)préfèrent employer katamorphism termeparlequel VAN HISE(1904)
>j,
désignait les processus amenant la formation de .produits simples à partir de corps com-
plexes. Les auteurs de langue allemande, comme HARRASSOWITZ (op. cités) parlent de C( ver-
witterung >>.
30
Des termes identiques sont parfois employésavec des nuances différentes. cc Primary
laterite )> signifie latérite formée in-situ, quelles que soient son épaisseur et sa diversification
minéralogique, secondnry laterite >) désigne la latérite détritique, pour les géologues des In-
((
des. Ce sont également les produits d'altération formés in-situ que BAUER (1898) désigne pal
(c primare laterit )>. HARRISON (op. cités) dénomme cc primary laterite B les premiers produits
du katamorphism P, .dont Ilépaisseur est de l'ordrz du cm ou du dCcimètre, qui peuvent
être ensuite transformés, par resilicification, pour donner la secondary laterite D.((
La terminologie $française de descriptiondes latérites a été employée dans les pages pré-
cédentes, elle a évidemment ses équivalents ,en langues anglaise et allemande. La zone de
départ, définie par la conservation de la structure ,de la roche, est aussi appelée (c litho-
marge >) (Fr., Angl., AIL) et zersatz (AH.). Comme elle est généralement décolorée, elle est
(( ))
aussi désignée par les termes de zone blanchie, cc blenched zoqe )> (Angl.) bleiclzzone (AIL). ))
prozess x (BAUER), des produits solubilisés, qui laisse un résidu d'altération que HARRASSO-
WITZ '(op. cités) appelle (c frachtrest x ou N anreicherlrlzgskrztste n. Au-dessus de la zone de
départ, apparaît une zone conditionnée par des engorgements partiels et temporaires, mar-
quée par des taches ou marbrures de couleurs vives. C'est la zone tachetée, c( mottled zone ))
(Angl.), fleckenzone )> (AIL) ou <c rotgefleckteTone )> (WALTHER). La zone de concrétions
peut comprendre des pisolithes ou oolithes, des concrétions ferrugineuses, concretiorznary ((
tionb se transforme parfois en une <( cuirasse ferrugineuse >) (LACROIX)ou cc carapace (AR- ))
SANDAUX), ces termes sont .encore largement utilisés. Certains auteurs français padent de
croûtes ferrugineuses ou alumin.eus,espour la similitude d,e ces termes avec le vocabulaire
étranger, cc crust >>, cc ironcmst )),cc pan (Angl.), cc kruste D (< eisenkruste ( A L ) , ou parfois
)) ))
(c bankerze (HARRASSOWITZ).
)) HARRISON (1910) a relevé un certain nombre de noms vernacu-
laires désignant l,es cc concretionnary ironstones D, ce sont kakerlogston D au Surinam hol-
((
landais, (c roche à ravet )> en Guyane française, pedra de ferro au Brésil, cc moco d e hier-
(( ))
certainement encore bien d'autres noms vernaculaires. Les matériaux meubles sont appelés
simplement terre rouge ou jaune, ou terre latéritique, cc red or yellow earfh P, cc lateritic
earth, )) lateritic Clay )), lateritic soi1 >>.
(( Les auteurs ,de langue anglaise ont parfois appelé
Q pipe-Clay D, <c pot-Clay >), cc iron-Clay x des matériaux argileux ,qui actuellement paraissent
mal définis. Kaolin est également employé.
Le mot créé par BUCHANAN en 1807 a connu une fortune extraordinaire, puisqu'il est
employé 'dans toutes les langues et ,qu'il appartient aussi bien au voctibulaire scientifique
qu'au vocabulaire commun. Malheureusement, ce terme a donné naissance à des controver-
ses aussi passionnées 'que stériles.
u Few natural mineral products have aroused more general interest or been more pro-
vocative of discussion anzong geologists than that sttperficial rock-formation so typical of
tlze tropics known aslaterite D (FEmiOR, 1911). C'est qu'en effet la définition donnée par
BUCHANAN .ne s'applique, si l'on s'en ,tient strictement aux termes de l'auteur, qu'à un maté-
riau assez particulier qui ne forme qu'une petite partie des couvertures superficielles tropi-
cales. Par la suite, le terme de c( latérite prend des significations très variabSIes suivant les
))
auteurs. Pour les uns, il doit garder son sens primitif, pour certainscomme NEWBOLD (1844)
il acquiert au contraire une signification très élargie, tandis que d'autres prétendent ne dési-
gner par latérite ,que les croûtes indurées, ou au contraire que les matériaux meubles ou
non mais formés d'alumine libre. Tous les termes sont analysés et critiqués, même ceux qui
ont l'apparence 'la plus inoffensive. Ainsi pour certains y a-t-il antin0mi.e dans l'expression
cc lateritic Clay >>,
puisque Clay ne doit ,désigner ,quedes silicates d'alumine et que lateri-
(( )) Q
31
Il n’est pas question ici de retracer toutes les opinions émises, ,mais il semble intéressant
de montrer que les débats concernant laterminologie et la dassification ont pris une impor-
tance assezexceptionnelle dans les travaux de l’époque.Des publicationsentièressont
consacrées à I’exégkse des différentes .définitions des latérites et â la défense dialectique de
l’une d’elles.Le respectable Geoiogical Magazille, bombardédelettres â l’éditeur etde
réponses, orchestre et diffuse les débats. A la fois acteur et historiographe, FERMOR relate
(1911)les plus belles empoignades. cc M. CROOKnext rettwns to the attack and object very
stronglv to M. SCRIVENOR’S proposed nzisuse of the term bauxite >>. Bien entendu M. SCRIVE-
NOR contre-attaque rapidement, mais se voit bientôt menacé par une coalition : a Dr J. EVANS
now conles to M. CROOK’Sassistance to combat M. SCRIVENOR’S suggestion... )>.Les flèches
tous azimuths du combattif M. CROOKont fini par atkindre HARRISON qui poutant cc has
qtlietly lzeld aloof from the discussion>> (FERMOR, dixitj. C’est sur le ton de la dignité offensée
que HARRISON répond ; c( ... the recent correspondance befweenM. J. B. SCRIVENOR and M. T.
CROOK, in dzich the latter zvrites somewhat scathinglyof (c some people )>, among whom I a m
lzot asharned to be inclttded, who use the term laterite iiz the zvide sense it is nt present lar-
gely enlplo??ed bv technical geologists, mining engineers, and tropical agrictdturists ... and I
un1 quite unable to agree with hirn (CROOK)tlzat the application of the terln (laterite) to sttch
clays, iron-oses, etc, as I trsed i f for is <c wholly unwarranted >>, and that m y use of the term
is cc ltnscientific x and one that (c cannot properly be adopted by geologists >>.(Geol. Mag.,
1910, 5, 7). Après un <demi-siècle,il est dirfficile de ne pas situer sa sympathie du côté de HAR-
RISON qui a accompli des travaux si remarquables, et que pourtant CROOKn’a pas hésité à
traiter d’esprit peu scimtifique. Le mot de la fin aurait pu appartenir à SCRIVENOR, qui écrit
en 1930 : cc in conclusion, I would suggest thnt the world laterite be trsed as ZittZe as possi-
ble >>, si son conseil avait été mieux suivi.
La classificatior- prêsentée par LACROIX est établk sur le taux des cc Cléments1atCriti-
ques D, qui sont les hydrates et oxydes de fer, alumine, titane, manganèse. Elle ne tient pas
compte du quartz qui .ne joue pas de rôle actif dans la latérisation. On dirait actuellement
qu’elle est d’inspiration trks génétique, puisqu’elle ne prend en compte que les éléments
32
dynamiques. LACROIXdistingue, lorsque lesCléments latéritiques atteignent les taux sui-
vants :
- de 100 à 90 Ob : les latérites propre~nentdites,
- de 90 à 50 % : les lat6rites argileuses,
- de 50 à 10 % : les kaolins et argiles latéritiques,
- moins de 10 % : les kaolins et argiles.
cristallines et amorphes étant le plus souvent associées. De même que FEJWOR, LACROIX a
retenu pour les cuirasses oolithiques la possibilit6 d’une origine lacustre, cette interpréta-
tion ayant été d,éfendue par de nombreux auteurs.
Peu d’études de sols sont faites à cetteépoque sous des perspectives agronomiques.
Assez exceptionne1.s paraissent donc les travaux de MUNTZcet Rouss~nux(1901, 1903) quj pré-
sentent une carte agronomique de Madagascar. Les terres arables, sans considération du
sous-sol, y sont cataloguées suivant couleur et composition chimique. Sont distinguées des
terres rouges ou ocre riches en fer et alumine, des terres jaunes moins riches en hydrates
métalliques, des terres violacées moins argileuses que les précédentes mais riches en potasse
et magnksie, des terres sableuses. Enfin, c’est VAGELER qui semble avoir introduit (publica-
tion 1930) la distiaction entre les c Roterde )> dans lesquels l’altération est forte et les ses-
quioxydes abondants, et les <( Rotlehm )> qui sont moins altérés et contiennent des argiles
silicatées. Ces notions seront largement utilisées plus tard par les auteurs de langue anglaise
sous les termes (c red earths P et <( red Zoarns P.
Il est une interprétation qui a été abandonnée par la suite et ‘que pourtant admettent,
explicitement ou implicitement, pratiquement tous les auteurs qui ont été cités jusqu’à pré-
sent, celle des mouvements <( per-nscensum )). C’est probablement HISLOP (1863)qui l’a clai-
rement formulée pour la première fois. Elle ,est apparue comme une explication simple, pres-
qu’évidente, de la morphologie des profils dans lesquels se succèdent la zone blanchie lessi-
vée en fer à la .base, puis la zone tachetée déjà plus Zerrugineuse et la zone de concrétions.
Un excellent exemple des variations des taux de fer avec la profondeur est donné par un
profil étudié par BLANDFORD (1859). Les pourcentages de Fe,O,.s’y répartissent ainsi :
24,5 VO à 1 mètre
18,7 % à 2 ))
15,3 Vo .à 4 ))
16,l Vo à 5 ))
10,O Vo à 6 ))
8,3 Vo à 8 ))
4,8 Vo à 9 ))
4,O % à 10 )>
3,8 Vo à 13 >)
Peu .de fer à la base, beaucoup de fer au sommet, il semble donc que cet élément suive
un mouvement ascendant déterminé par les remontées capillaires de l’eau pendant les périe-
33
des sèches et chaudes favorisant l'évaporation.L,e fer, mais aussi la silice, l'alumine, ou d'une
façon générale tous les dléments solubilisés ou en suspension colloïdale, peuvent ainsi aller
se concentrer dans les couches supérieures et même tout à fait en surface. Une confirmation
indirecte semble en être donnée par l'importance prise par les concrétions ferrugineuses et
cuirasese dans les régions où les saisons sèches marquées sont supposées provoquer de for-
tes remon,tées. Une cuirasse peut être considérée comme cc a trrre efflorescence >) (SIMPSON,
1912). Pour ne citer que les auteurs dont les travaux ont le plus marqué leur époque, HARRI-
SON, LACROIX, FERMOR, Fox, HARRASSOWITZ, WALTHER (op. cités) admet-
G I " B E L L , WOOLNOUGH,
tent les phénomhes de remontée.
Il est bien sûr d'autres théories, reposant sur des bases beaucoup PILE. fragiles, qui n'ont
pas trouvt! la même audi,ence mais qui méritent pourtant d'être relatées. La plus étonnante
est peut-être celle de l'origine lacustre 'des latérites que l'on doit à MALLET (1881, 1883). Géo-
logue des Indes où il étudie les latérites comme sources possibles de minerais, MALLETvisite
les mines d'Antrim, au nord de l'Irlande, qui consistent en des couches ferrugineuses inter
calées entre des basaltes. Entre deux couches de basalte, on peut observer de haut en bas un
niveau de pisolithes ferrugineux, puis le <( boZe ,qui s'apparente ,à une cuirasse indurée, un
))
matériau jaune ocre, la lithomarge bleue. Parmi l,es géologues .qui ont étudié le gisement,
TATEet HOLDEN pensent 'que lithomarge, G bole >) et niveau pisolithique sont issus de la trans-
formation in-situ du basalte, suivant des processus qu'ils décrivent ainsi : << ... the addition
of water to the basalte, and loss of lime, other alkaline earths, and alkalies, prodtrced bole ;
the loss of water and oxygen from theferrugivzous rnaterial of the bole resdted in an increa-
sed percentage of iron i n the pisolitic ore )>.Mais d'autres auteurs, parmi lesquels FORBES~:,
avancent au contraire que le minerai est d'origine lacustre en s'appuyant sur les travaux de
HULL;';qui aurait montré que le fer peut être lessivé dans les régions hautes pour aller pré-
cipiter dans des lacs soit sous l'action de .certaines .algues, soit par manque de gaz carboni-
que pour le maintenir en solution. Ce phénomène serait actuellement observable dans les
lacs scandinaves. C'est cette théorie que MALLETretient pour le minerai d'Antrim .et qu'il
transpose pour les latérites *des1,ndes..Le fer est solubilisé ,par l'acide carbonique et par les
acides organiques, la quantité de fer mise en mouvem,ent dépend de la luxuriance de la végé-
tation elle-même favorisée par les climats chauds et pluvieux. Le .carbonate ferreux com-
mence à s'oxyder pendant son transport par les cours d'eau qui déversent donc dans les lacs
du fer déjà oxydé qui est passé à I'état de suspension, et un reste d,e carbonate ferreux que
ies algues se chargeront de décomposer dans les lacs. Ainsi se sont formées les latérites des
c( high Zevels >> ,qu'une sorte d'inversion de relief a placé ultérieurement en position haute.
cc Althozrgh nozv, therefore, often covering some of the highest ground, it .rnay af the time
of its formation have occupied the lotvest )>.Cette hypothèse de MALLETobtient un certain
crédit puisqu'elie est défendue encore par OLDHAM (18931, BURTON (1917), et que dans sa clas-
sification des latérites, FERMOR (op. cités) maintient une catégorie de latérites d'origine lacus-
tre. Cependant, MALLETlui-même a reconnu qu'il existe aussi des latérites formées irz-situ
par l'altération des roches.
L'hypothèse de l'origine lacustre des latérites rappel1,e celle de la formation en milieu
marin '6mise par DARWINet qui semble aussi avoir eu cours parmi certains des premiers
géologues des Indes. Dans leur mise au point de 1879, MEDLICOTT & BLANDFORD ont !fait jus-
t.ice de quelques théories de cette sorte.
Sur les mécanismes de l'altération, bien des hypothèses ont été émises. Rappelons tout
d'abopd que pour beaucoup d'auteurs, et tout particulièrement pour SCRIVENOR (1929, 1930),
les caractères des roches déterminent les produits de l'altération. Ni ]fausse ni vraie, cette
proposition contient une part de vérité, elle sera nuancée par la suite. Il est d'autres hypo-
thèses plus nettement erronées. Ainsi, pour certains, la kaolinite ne peut être une formation
des sols, et son origine est toujours hydrothermale. Cela a souvent éte admis pour les gîtes
de kaolin exploitables, et transposé pour la kaolinite des latérites par HOLLAND (1899).
Le même HOLLAND (1903) a ensuite avancé que les actions chimiques ne peuvent conduire
à la 1at.érisationet que ce sont les actions biologiques qui en sont responsables. Puisque cer-
taines bactéries attaquent les sulfures, d'autres, pense-t-il, doivent être capables de détruire
34
les silicates. L’auteur ajoute lui-même que cette action des bactéri,es sera difficile à démon-
trer. Cette hypothèse, envisagée aussi par BRANNER en 1896, paraît renforcé par les travaux
de MURRAY& IRVINE (1891) qui indiquent que les diatomées vivant dans les océans extraient
la silice des particules d’argile en suspension, l’eau de mer ne contenant pas lasilice qui leur
est nécessaire. Cela serait confirmé par une expérience ayant fait vivre des diatomées dans
une eau sans silice mais contenant de l’argile. Une expérimentation analogue a permis à
VERNADSKY a(1922) de mettre en évidence la libération d’alumine libre par une culture. de
diatomées et de bactéries dans un milieu nutritif sans silice libre mais contenant d,es argi-
les. Le texte suivant emprunté à VERNADSKY montre quelles idées peuvent avoir cours à cette
époque. Toutes les argiles comme le kaolin, I’,halloysite,la pyrophyllite, la montmorillonite,
((
etc, contiennent le même noyau H,AI, SioOs, qui est très stable .chimiquement dans la bios-
phère. Il ne se décompose pas sous l’action des agents chimi,ques prédominants à la surface
terrestre, l’eau,l’oxygène,legaz carboni,que. Tous les minéraux qui contiennent ce noyau
H,. AI2 Si,O, (Eeldspaths, leucite, mi,cas, zéolites, épid.otes, néphéline, grenats, etc.) se trans-
forment sous leur action en kaolin Ha AI2 Si20, H20 D.Pour VERNADSKY donc, seuls les micro-
organismes peuvent pousser plus loin les transformations en rompant ce noyau kaolinique
C’est une action biologique indirecte qu’emisagent BASSALIK (1912) et d’autres auteurs russes
(cités par GLINKA, 1931). Ladécomposition des bactéries et autres micro-organismes libère
du gaz carbonique, des acides organiques, des nitrites et nitrates, qui dissocient ensuite les
silicates.
L’action des micro-organismes dans l’altération est invoquée bien longtemps après les
premières suggestions de HOLLAND et alors que I’étude ,des altérations a ,fait des progrès
considérables. Ainsi BLONDEL (1929) admet une forte influence mi,cro-biologique dans l’alté-
ration des roches en Indochine. Plus tard encore, BISHOPP (1937)écrit : G ... and since it is
bv no means certain tlzat some concentrations of iron and rnanganese are not in part nt any
rate due to biochenzical processes, it rnay well be tlzat there is some question of biochernical
equilibrin b o m d up witlz these surficial concenrrations ... I n dealing with the origin of sur-
face deposits of manganese, iron, or alunzinum, is a mechanistic or a vitalistic explanation
to be preferred ? Can it be said that laterites, as we know them to-day, could have formed in
pre-Canzbrian tintes, i n the absence of living material ? If the answer is N probably not B,
œcology an bioclzemistry must be invoked to solve the problem >>.
Le ri3e de la matière organique produite par la décomposition des végétaux est aussi
invoqué, mais de façon contradictoire. Alors que LACROIX (op. cités) pense que Za latérisation
est liée à un couvert végétal important, LANG(1915) et WALTHER (1918) soutiennent que de
grandes quantités de matière organique s‘opposent à la lat,érisation, l’humus favorisant la
réduction des sels de fer et non 1,eur oxydation. VAGELER (1930) defend cette dernière posi-
tion. Des siallites se forment, selon lui, lorsque l’humus ent.raîne d l grandes quantités de
bases et surtout de sesquioxyd,es, en laissant la silice. A l’inverse,en l’absence d’humus,
s’opère une hydrolyse alcaline qui détermine l’enlèvement de la silice et le maintien des ses-
quioxydes, il se forme doncdes allites.
Cette hypothèse de l’hydrolyse en conditions alcalines est également défendue par HAR-
R~ZSSOWITZ(1926), et l’on peut encore admettre actuellement qu’elle soit effective dans cer-
tains cas. De même peut-on reconnaître maintenant .que le gaz carbonique joue un rôle cer-
tain, mais que son importance a parfois été exagérée, notamment par CAMPBELL(1917) qui
pense que les eaux d‘infiltration en pays tropicaux sont très fortement chargées en CO2. Par
contre, l’intervention des aci,des sulfuri,que et nitrique, envisagée par certains, ne peut pas
avoir une importance réelle. Dès1898, BAUER critiquel’idée émise par LIEBRICH(1891) de
l’action d’acide sulfurique dans la formation des bauxites, en faisant très justement remar-
quer .qu’un tel acide solubiliserait l’alumine au lieu de la laisser dans ‘le résidu. Quelques
années plus tard, Du BOIS(1903)-proposeune interprétation généralisée de la latérisation par
l’attaque des roches par l’acide sulfurique. Il a en effet trouvé de la pyrite dans une diabase
surmontée ,de latérite. Les irrégularités .que l’on trouve dans la répartition des latérites pour-
raient, selon lui, s’expliquer par la présence ou l’absence de pyrite capable de libérer de
l‘acide aprês oxydation ou d’apports hydrothermaux de solutions sulfuriques ou de gaz
sulfureux. Cette interprétation est admise par CLARKE( 5 th Ed. 1924) comme l’une des plus
probables parmi celles qui tentent d’expliquer la formation decertaines bauxites et latérites.
D’autre part, il est connu que les eaux de pluie apportent de l’acide nitrique et, à la
35
suite des analyses d’eaux pluviales du Vénézuela et de la Réunion faites par MUNTZet MAR-
CANO (1889), certains auteurs ont pensé que l’oxydation de l’azote au cours des orages tropi-
caux pouvait atteindre une très grande ampleur. WALTHER VAGELER et (op. cités) en particu-
lier ont défendu cette opinion. VAGELER a même indi,qué des quantités d‘acide nitrique trou-
v6es dans des .eaux de pluies qui nous semb,lent actuellement plus qu’étonnantes.
Il reste à faire part ,d’une hypothèse assez surprenante émise par FOX(1923, 1932) qui
s’appuie sur les principes d’électrophorèse ou de cataphorèse. FOXrappelle que si l’on force
un liquide à passer à travers une membrane poreuse, il s’ktablit une différence de potentiel
entre chaque face de la membrane. De même, si un solide finement divisé traverse une masse
liquide, il se produit aussi une différence de potentiel. Des phénomènes de mCme nature se
produisent lorsque I’,électrolyteque constituent les eaux d’infiltration chargées d’acide carbo-
nique et d’acide nitrique traversent la masse latéritique qui fonctionne .comme une mem-
brane poreuse. Laissons Fox s’exprimer. a It seems clear, therefore, that electro-kinetic phe-
nomena nwst operate, and that the efficiency of the effect is due to the silicate minerals
1zaving broken down completely into composent sols and gels. The steady flow of water
(electrolyte)dotvnthroughtheporousmass of deconzposed rock,the irtducedelectric -
potential difference between the top and bottom of this porous zone of decomposed rock,
and the presence of colloïdal, electrically charged particles (sols and gels) supply al1 the elec-
trokinetic conditions which are necessary, in addition to the renzoval by solution and in sus-
pension and trpzuard capillarity already mentiomzed, for a complete separation of the various
constitttents. The altrminircln lzydrogels will remain practically stationary and ftrtzction in the
porous zoneasim.perl?leable membrane.The positively-chargedferrichydrogelswillbe
actuated upward both by capillarity an under electrical attraction of the electrical (negative
sign) potential of the upper part of laterite Zone. The negatively charged silica, in gel or sol
form, w i l l be influenced downward both by the dozvntvard current of water and under the
electrical draw fronz the positively charge electrical potential in the lower layer. The neu-
tral hydrous silicate cornpounds will gravitate i n suspension with tlte relatively dotvnzvard
flow of the percolating water, and be peecipitated, zvhere the velocity is greatly reduced, i.e.
nt the base of the laterite mantle D.La séparation électro-cinétique expliquerait la brutalité
souvent observée dans le passage, de la base vers le haut, d‘une lithomarge riche en silice,
à une 5couch.e de bauxite puis â un matériau ferrugineux pisolithique.Mais, ajoute Fox, si le
principe d,es phénomènes est clair, leur mise en évidence dans la nature est presque sans
espoir (almost a hopeless task), la différence de potentiel est trop faible pour être mesurée,
et les phénomènes naturels sont de plus très complexes et très longs à se développer.
De même que l,es latérites, les bauxites ont été attribuées à des phénomènes -très variés,
actions hydrothermales, vapeurs acides, action lessivante d,e matières organiques, transport,
dép6t lagunaire. Une bonne revue des théories aconcernant les bauxites estd o n d e par CLARKE
( 5 th Ed. 1924).
En rédité, pour tous les auteurs de la p6riode considérée, il existe une grande incerti-
tude sur les mécanismes réels de l’altération. Ainsi s’expliquent les hésitations d,e ceux qui
comme BAUER envisagent tour à tour une hydrolyse alcaline ou une attaque nitrique,ou qui
passent en revue comme VAGELER les actions supposées des acides nitriqueou sul,furique, des
solutions alcalines, du gaz .carbonique et même de l’ozone.
Incontestablement, les géologues britanniques des Indes sont les premiers à étudi,er sys-
tématiquement ‘les latérites et à débattre de leur origine. Leurs publications sur Ies latérites
remplissent les Records et Mernoirs of the Geological Survey of India, le Journal of Asiatic
36
Society of Bengal. BABINGTON est l’un des premiers à lancer le mouvement, dès 1821.C’est
sensiblement plus tard que des scientifiques anglais étendent ces investigations à l’Afrique
(CAMPBELL), l’Australie (WOOLNOUGH) et l’Amérique tropicale (HARRISON). Le GeoZogicaZ Maga-
zine s’emplit, vers les années 1910, de leurs publications et, nous l’avons vu, de leurs querel-
les épistolaires.
C’est avec un bon retard sur les recherches faites aux Indes que des scientifiques fran-
çais et allemands entreprennent l’étude du continent africain et de Madagascar. Après quel-
ques travaux isolés pendant la plus grande partie du 19e siixle, se succèdent les recherches
de BAUER, LACROIX, HARRASSOWITZ, pour ne rappeler .que les plus brillantes.
Au 19e siècle ,et pendant les premières décades du 20e, I’étude des lat&rites estréellement
dominée par l,es chercheurs des trois nationalités, anglaise, française, allemande. Les scien-
tifiques américains restent doignés géographiquement des principales régions latériti’ques,
il est significati.f ‘que les seules publications américaines citées d,ans les pages précédentes,
sont consacrées à des généralités (MARBUT, MERRIL,DAVIS).De même, les pédologues russes
n’ignorent pas les latérites lorsque, comme GLINKA,ils présentent un traité général de pédo-
logie, mais ils ont peu l’occasion de les étudier par eux-mêmes. Les latérites observées par
des chercheurs russes auxquels GLINKA(op. cités) fait référence, sont des formations pro-
bablement fossiles ou au moins très anciennes de Géorgie.
Les événements qui bouleversent l’Europe aux débuts du 20e siède vont avoir des réper-
cussions très nettes, bien qu’évidemment indirectes, sur l’étude des latérites. Le Traité de
Versailles .qui termine la premikre guerre mondiale 1914-1918 aura, entre autres conséquen-
ces, celle d’écarter pour longtemps les scientifiques allemands des régions tropicales. Ainsi
s’éteindra prématurément l’école alllemande de pédologie tropicale q ~ avait ~ i ,fait de si beaux
débuts avec notamment BAUER, WALTHER, HARRASSOWITZ, VAGELER. Les publications alleman-
des s’arrêteront pratiquement en 1930 avec la dernière mise au point rédigée par HARRASSO-
WITZ. Autre source de bouleversements, la Révolution Russe de 1918 amène certains pédolo-
gues formés a 1’école de DOKUCHAIEV à s’,expatrier et a contribuer ainsi à propager les prin-
cipes nouveaux de la science du sol. C’est le cas d’AGAFONOFF dont on se souvient qu’il fut le
premier à établir une carte des sols de France (publiée en 1935) et qui contribuera, nous le
verrons plus loin, à jeter les bases de l’école française de pédologie tropicale.
37
Chapitre deuxiè,me
La période précéd,ente a été dominée par les travaux de géologues et minéralogistes sur
les latérites D. En quelques années, s’enchainent une série d’événements qui vont marquer
sa fin.
En 1927 se réunit le premier congrès international de la science du sol, qui confirme
l’existence de la << pédologie comme science indépendante, ou si l’on préfère, qui reconnaît
))
la réalité de G sols distincts des roches et que l’on doit étudier suivant des principes et des
))
méthodes spécifi,ques.
Plusieurscommunicationsprésentées à ce congrès, et publiées en 1928, revêtentune
importance considérable. AFANASIEFFrésume le système de classification de l’école russe,
avec les différents développements donnés par DOKUCHAIEV, GLINKA,NEUSTREV, GEDROIZ.Dé-
finitions et notations des horizons pédologiques sont traités par ZAKHAROV et SOKOLOVSKY.Les
bases de la pédologie américaine sont exposées par SHAW et,MARBUT. La nomenclature em-
ployée dans l’étude des sols est analysée, et normalisée, par SHAW qui impose également la
notion du soluwz B. MARBUT présente une classification générale des sols, comportant un
groupe ,de << sols latéritiques D.En matière d,e minéralogie, ROSSfait connaître les methodes
et résultats récents de 1’étu.de des argiles.
De nombreuses publications consacrées aux sols tropicaux, faites par des auteurs que
l’on peut considérer vraiment comme des pédologues >),encadrent de très près le premier
congrès international. Ce sont principalement celles de ERHART(1926), BENNET & ALLISON
(1926, 1927, 1928),Van BAREN J. (1928), AGAFONOFF (1928,1929).
Enfin ilsembleque les scientifiques quiontleplusbrillammentfaitprogresser les
recherches de la période précédente sont conscientsde lanouvelle orientation qui s’annonce,
et qu’ils s’empressent de faire la synthèse de leurs travaux et de ceux de leurs prédécesseurs
et contemporains. C’est ainsi que paraissent, à qualques années d’kart, les ouvrages de HAR-
RASSOWITZ (1930), VAGELER (1930), WOOLNOUGH (1930), Fox (19321, de I’luzperinl Bureau of Soi!
Science (1932), et de LACROM (1934). Autour des années 1927-1928, ce sont vraiment deux éco-
les scientifiques différentes qui se succèdent.
Les recherches faites entre 1927 et 1949 ont apporté des résultats q.ui sont souvent en-
core valables actuel1,ement.Dans les pages consacrées à l’historique de l’étude des sols fer-
rallitiques, ne seront retracées que dans leurs grandes .lignes les principales découvertes de
cette période. Plus d‘attention peut-être sera donné aux travaux qui semblent tout de même
être assez nettement dépassés qu’à ceux qui sont toujours à la base de nos recherches actuel-
39
les.Ainsic’est pendantcette période que s’est élaboréprobablement l’essentiel de nos
connaissances actuelles sur la minéralogie proprement. dite des argiles des sols, la période
actuelle apparaîtra plutôt comme celle de I’étude de la genèse et de I’évolution de ces argi-
les. Beaucoup de découvertes dues aux années 1927-1949 se trouveront incluses dans les cha-
pitres qui suivront celui-ci.
Certaines hypothèses, à vrai dire assez peu fondées, tombent très rapidement en désué-
tude, sans avoir à donner lieu à beaucoup de discussions. Il en est ainsi pour les théories de
la formation des latérites .en milieu lacustre, par attaque sulfurique, par dectrophorèse.
D’autres par contre, plus plausibles, sont défendues plus longtemps.
Formulée en 1903, l’hypothèse de l’intervention des micro-organismes dans l’altération
latéritique n’a trouvé aucune preuve, elle est restée une simple présomption combattue par
beaucoup. Ainsi après avoir noté que les niveaux alumineux sont souvent très proches de la
roche-mère et qu’ils sont surmontés de couches kaoilinitiques, AUFRÈRE (1937) conclut que
l’on ne peut pas attribuer l’altération latéritique (libération d’alumine) à des actions bacté-
riennes, ni même à l’action d,es colloïdes humiques, en raison de la grande profondeur à
laquelle se produit cette altération. Les derniers dbfenseurs de l’origine biologique de l’alté-
ration sont BLONDEL (1930) et BISHOP (1937).
C,ertains facteurs d’altération, qui ont pu autrefois paraitre prépondérants voient leur
importance plus justement estimée. C’est en particulier le cas pour le gaz carbonique et
l’acide nitrique apportés par les pluies. De même reconnaît-on progressivement la grande
variété des formations naturetles, à l’encontre des génkralisations trop hâtives des premiers
investigateurs. Il n’est plus question de croire à deux sortes d’altération, gibbsitique et kao-
linitique, s’excluant l’une l’autre, ou de renvoyer la formation de toutes les 1at.érites à un
pas& plus ou moins lointain. Il s’accomplit donc un sérieux travail d’analyse critique des
observations .et interprétations de la période précédente.
Les mouvements per-ascenszm dans les profils de l’eau chargée d’Cléments solubilisés
ou en suspension colloïdale, apparaît comme un fait admis dans la plupartdes travaux de la
période antérieure. On leur accorde la responsabilité de la formation de toutes les accumu-
lations ferrugineuses et malumineuses des zones tachetées, zones de concrétions et cuirasses.
Le premi,er à réfuter ces mouvements ascendants est MOHR(1938), il ,est rapidement suivi par
HARDY & RODRIGUES (1939), puis par GREENE(1947) et JOFFE(1949). En 1954, MOHR & VAN
BAREN refontle point de la question. Après étud,e expérimentale, il est apparu que l’ascen-
sion capillaire est beaucoup trop lente pour s’effectuer réellement dans les délais fixés par le
cycle des saisons, et avec une amplitude correspondant à I’épaisseur généralement considé-
rable des profils existants. Il faudrait de plus, pour que cette ascension se poursuive, que la
nappe soit réalimentée afin que son niveau ne s’abaisse pas trop. JOFFE fait également remar-
quer que des remontées capillaires suivies d’un dépôt consécutif à l’évaporation devraient
apporter non seulement du fer, mais les .autres ClCments solubilisés pendant l’altération,
silice et bases. Il faut au contraire reconnaître l’importance des mouvements latéraux. Les
horizons d’accumulation sontformés par illuviation deproduitsapportés verticalement,
mais G per-descensum )),et latéralement. C’est ainsi que MILNE (1934,1935) comprend les
déplacement qui engendrent les G catenas >>. Si ces interprétations se sont progressivement
imposées, beaucoup d’auteurs de la période considérée continuent à interpréter les profils
par des remontées capillaires. C’est le cas de LOMBARD (1932), CASTAGNOL (1935), REFORMATSKY
40
(1935), TKATCHENKO (19361, E. de CHETELAT(19381, ERHART (1935, 1943), HALLSWORTH & COSTIN
(1953).
A ces théories, pourtant .périmées, mais qui survivent longtemps, ajoutons celles qui,
pour être plus récentes, n’en sont pas moins assez éloignées .de la réalité. A côté de travaux
par ailleurs excellents, SCAETTA (1941) est l’auteur de l’hypothèse du captage par la forêt
équatoriale de poussières atmosphé.riques en quantités suffisantes pour assurer la recons-
titution des colloïdes argileux du sol )).Les poussières sont apportées par les alizés ou par les
vents .qui, en Afrique, soufflent depuis les zones sèches comme le Sahara et le Soudan, elles
ont pour origine l’érosion éolienne ou les brûlis de savane. Arrivées en zone équatoriale, les
poussières sontcaptées par les brouillards, ou par des phénomènes plus complexes qui
font intervenir les micro-turbulences provoquées par le frottement du vent sur la frondaison
des arbres, ‘ou même par rCaction électrique entre les organes végétaux et l’air humide
Ghargé de poussières. Ces apports permettraient de compenser, toute aumoins dans une cer-
taine mesure, les pertes subies .par lelessivage continu de l’éluvium qui forme la partie supé-
rieure du profil. VINE (1949) semble avoir envisagé des transports aériens encore plus consi-
dérables. Les croûtes lat.éritiques, pour reprendre ses propres termes, nzay have resulted
((
fronz tlze deposition of clayey and ferruginous dust, these beilzg leached dotvnward and rem-
sorted in the soil profile to form concretionnarz, sheets. Such d u t zvould have been blown
outzvards fronz the Sahara at times when it tvas advancing over a zone where sufficiently
humid conditions for the developnzelzt of red clayey soils ?lad prevailed D.
La période ,qui .s’achève vers l’année 1927 a donné des résultats remarquables principa-
lement dans 1’étude des altérations et dans l’analyse de la place prise par les ‘latérites dans
leur contexte physiographique et chronologique. Mais il a manqué totalement à cette époque
la ,notion de G sol )).VAGELER (1930) en est conscient et le fait remarquer : If ever there tvas
((
a case in tvh.ich lack nf precise definition of an expression tvhich seenled too simple to need
one, lzas lead to confusion of ideas in science, it is certainly so with the ternz soi1 profile )).
L,es principes de la science du sol qui réussissent à s’imposer vont faire de la période sui-
vante celle de I’étude, non plus des latérites )),mais des sols latéritiques )>.
(( ((
C’est bien ainsi ,que, .à l’occasion .du deuxième congrès international de la science du sol
(1930), MARBUT juge les travaux du passé : (the) field ,work as has beelz done seems to have
((
been done by geologists or chemists )>. I t is apparent that the existilzg litterature contains
no record of a normally developped z.vholly zuzdisturbed soil profile exarnined, described, and
interpseted by a student well traifzed in pedologic methods and equiped Ivitlz the pedologic
point of viezv. MARBUTdéfinit l‘orientation nouvelle à prendre : The pedological work,
)) ((
covering morphology and yelation to environnzent ... nzust be quarried out in the field and
require special training >).Ancien professeur de pédologie dans une université russe, AGAFO-
NOFF (1929) définit pour ceux qui Ctudient les sols des colonies françaises les principes et
méthodes de travail à appliquer.
LES
ÉTUDES MINÉRALOGIQUES
41
années 1923 et 1924 (d’après GRIM 1968), mais la première étude qui va influencer directe-
ment les études pédologiques est celle présentée par Ross en 1928. Bien.qu’il ait travaillé
beaucoup par méthode optique et assez peu avec les rayons X, Ross a identifié suffisamment
d’espèces minérales pour présenter déjà une classification des argiles. Ce travail de qualité
exceptionnelle est suivi par les publications de MAUGUIN (1928, 1930), HENDRICKS & FRY (1930);
PAULING (1930), Ross & KERR,(1934), GRIN, BRAY & BRADLEY (1937), BRINDLEY & coll. (1946,
1948) qui utilisent largement la diffraction des rayons X.
La première publication de Ross en 1927 conserve un intérêt historique. L’auteur dis-
tingue deux groupes d’argiles, celui de la kaolinite et celui de la montmorillonite. PourROSS,
la kaolinite semble assez rare dans la nature, la principale argile des sols paraissant être la
beidellite, du groupe de la montmorillonite. Les modes principaux de formation des argiles
sont l’altération des minéraux, la .cristallisation de matériel colloïdztl, la précipitation à par-
tir de solutions, la réaction de solutions et de minéraux Les argiles naissent de ces proces-
sus dans des conditions hydrothermales ou dans le milieu d’aMration de surface.
Les méthodes d’analyses thermiques ont été ébauchées par LE CHATELIER dès 1887, mais
ce n’est que longtemps après lui qu’elles sont vraiment mises au point et vulgarisées. A la
suite des travaux d’ORCEL, principes et appareillages à utiliser sont exposés dans les publica-
tions de AGAFONOFF& coll. (1933, 1934), ORCELs: coll. (1933, 1935).
C’est aussi pendant cette periode ,que la microscopie dectronique fait son apparition.
Elle reste pourtant encore peu utilisée pour les sols, une des rares publications qui puissent
être citees 2 ce sujet est celle de MARSHALL, HUMBERT & SHAW(1942).
Uneméthodme originale de détermination des argiles, inventée par SCHMELEV (1928) est
transposée par HARDY .(1931)pour l’étude des sols latéritiques. Elle repose sur l‘adsorption
d’un réactif coloré, l’alizarine. Le fer libre à 1’Ctat naturel adsopbe l’alizarine, mais I’adsorp-
tion ne se produit plus après chauffage. C’,est l’inverse qui se produit pour l’alumine qui ne
donne d’adsorption qu’après ignition. HARDY considère que les mesures qu’il a réalisées par
cette méthode sont &quivalentes à celles données par les analyses quantitatives convention-
nelles. RAYCHAUDHURI & SULAIMAN (1940) trouvent au contraire que l’adsorption d’alizarine
donne des résultats sans corrdation avec les dosages chimirques du fer et de l’alumine libres.
Toujours est-il que cette méthode d’adsorption n’a pas été généralisCe.
Grâce aux rayons X et aux analyses thermiques, il devient donc courant d’identifier qua-
litativement et même quantitativement parmi les argiles des sols, les sesquioxydes cristalli-
sés, la kaolinite, les micas et illites, les montmorillonites.
Si l’inventaire des argiles des sols latéritiques est ,sérieusement entrepris d&s1927, l’étude
de la transformation des roches dans l’altération in-situ semble par contre ne plus guère
progresser. Parmi les travaux qui méritent cependant d‘être mentionnés figurent ceux de
J. de LAPPARENT (1939) sur l’altération de granite enGuinée. Dans le siteétudié, des boules de
granite altéré sont emballées dans une arène. Il s’agit, suivant l’auteur, de l’imbrication de
deux faciès d’altération. En effet, dans les boules, I,es .feldspaths potassiques, micas noirs et
quartz ne sont pas corrodés, alors que les plagioclases sont remplacés par une multitude de
fines paillettes de gibbsite. L‘arène s‘altbre très différemment, puisqu’elle contient de 37 à
47 O h de kaolinite, pas du tout de gibbsite, ,et que les micas noirs y ,libèrent leurfer. Les bou-
les à gibbsite et l’arène kaolinitique sont interprétées par J. .de LAPPARENT comme des altéra-
tions distinctes liées aux conditions hydriques différentes de deux épisodes climatiques. La
formation de gibbsite correspond au climat humide actuel, l’arène kaolinitique s’est au
contraire formée pendant une phase antérieure qui a N arénisé les roches sur une grande
))
42
roche. Dans certains profils latéritiques qu’ils ont étudié, se superposent de haut en bas des
bauxites puis des argiles à leverrièrite D.Ce dernier minéral est considéré comme un édifice
((
VII.
TABLEAU - Analyse &un profil SUT serpentinite,d’apvès et ALLISON
BENNETT
(1928)
1 II III 1 IV V
I : Serpentinite.
II : Matériau friable, poreux, rouge, jaune et noir, de 230 à 480 cm.
III : Horizon jaune, de 100 à 230 cm.
IV : Horizon brun-rouge, de 65 à 100 cm.
V : Horizon de surface, rouge, avec quelques (c gravillons ferrugineux, de O à 65 cm.
)>
Des sols formés sur roches calcaires et dolomitiques après dissolution des carbonates
sont étudiés par BENNET & ALLISON(op. cités) et Van der MERWE.en Afrique du Sud (1935).
Certains auteurs comme Van der MERWE(op. cité) et ROBINSON (1949) portent leur atten-
tion sur les Cléments solubilisés et évacués par les eaux. La silice et les bases dosées dans
les cours d‘eau confirment la réalité du lessivage et le diffevential erzrich~nent(BISHOPP 1937)
d,es sols en sesquioxydes. Il faut reconnaître que ces premières études des eaux d’altération
ne sont que l’amorce d’une nouvelle voie de recherches. Elles sont encore loin de prétendre
à des bilans quantitatifs ,comme ceux obtenus dans I’étude des rCsidus d’altération.
43
Pour I’étude de l’altération des roches dans la nature, la période commencée en 1926-
1928 apporte d’intéressantes confirmations aux études antérieures,mais assez peu d‘élé-
ments nouveaux.
Par contre, I’étude expérimentale de l’altération va véritablement trouver sa voie. Elle
avait été timidement entreprise par DAUBREE(1879) puis par les .expériences déjà relatées
de MOHR et HARRISON. L’étude desaltérations par méthode ‘expérimentale va vraiment être
lancée par CORRENSet les chercheurs de son école. DAUBREE et HARRISON ont opéré en milieu
<( fermé )). C’est la méthode du système << ouvert )),dans lequel il y a renouvellement des
solutions, .qui avait déjà été employée dans les .colonnes à percolation de MOHR, que COR-
RENS imposera par la suite. 11 procède à ce renouvellement par des extractions successives
par .centrifugation ou dialyse. Les solutions utilisées peuvent être de l’eau pure ou chargée
de gaz carbonique ou sulfureux, d‘acides ou de bases. Les résultats obtenus suivant ces prin-
cipes par CORRENS, TA”, HOPE,BOHMEICE entre 1930 et 1950 restent valables, ils devront être
examinés dans un chapitre suivant.
Le premier à présenter une doctrine complète de la formation des argiles est probable-
ment MATTSON(1925 à 1935) dont l,es idées ont été assez largement admises par ses contem-
porains. Les argiles se forment selon lui par Co-précipitation de sols B électro-positifs d’alu-
mine et de << sols électro-négatifs de silice. MATTSON
)) a dressé la courbe expérimentale de
la composition des co-précipités alumine-silice, .en fonction du pH. Il opère apec du chlorure
d’aluminium et dusilicate de soude, et règle le pH du milieu par de l’acide chlorhydrique ou
de la soude. En milieu basique, la s i k e est fortement ionisée, alors que les sesquioxydes ont
une solubilité très réduite, les précipités qui se forment dans ces conditions contiennent
beaucoup de sesquioxydes pour peu de silice. Beaucoup d‘auteurs ont vu là une confirmati.on
de l’hypothèse d,éjà ancienne d’une première phase alcaline lors de la formationdes latérites,
les solutions du début de l’altkration solubilisant la silice, alors que les << sols d’alumine et
))
quement que ERHART (1926, 1935) interprète la formationdes argiiles. L’originalitk de sa théo-
rie réside dans l’importance pr.imordiale donnée à la présence ou à l’absence des colloïdes
humimques.Les argiles se forment normalement en présence ou en l’absence de bases, par
coagulation de cc gels )> ou de sols )> électro-positifs et négatifs d’hydrates ,d’,alumi.neet de
silice. L’humus intervient dans ces réactions de la matière minérale, en jouant suivant son
état, des rôles très différents.
Lorsqu’il est désaturé, l’humus se comporte comme un systèmecolloïdal très stable qui
exerce une action protectrice sur les colloïdes de fer et d’alumine qui par eux-mêmes sont
instables et coagulent ,facilement. Ainsi protégées, les dispersions collloïdales de ,fer et d’ah-
mine unies à l’humus ont la possi,bilité de migrer, elles ne se fixent donc pas. La présence
d’humus délsaturé interdirait donc la formation de latérite qui consiste en une immobiflisa-
44
tion des sesquioxydes. ERHART pense donc que la condition indispensable à la formation de
latérite est l’absence presque complète d’humus. Cette condition se réalise sous les climats
humides et chauds .qui font que les résidus végétaux se décomposent si rapidement qu‘il ne
peut se former d’humus. ERHART affirme .d’ailleurs que les sols forestiers de Madagascar ont
une couche végétale composée presqu’uniquement de débris végétaux en voie de décompo-
((
sition rapide D, sans humus au sens habituel du mot.,,. La <c latérisation à outrance )),,c’est-
((
à-dire la formation d’une cuirasse, est la suite logique de la destruction de la végétation, par
les feux notamment, ,qui amène Iles taux d’humus à des valeurs <( infimes B.
Par contre, si l’humus existe et est saturé,il coagule et n’exerce plus d’action protectrice,
l’acide silicique et l’hydrate d’alumine réagissent entre eux. ERHART affirme que les gisements
de kaolin )qui se présentent accidentellement au milieu des terrains latéritisés de Madagascar
ont toujours une couverture humifère à humus saturé.
Cette théorie d’ERHART a le mérite d’entrevoir les interactions fer-complexes organiques,
qui seront plus tard parfaitement reconnues met démontrées, mais d e accorde une impor-
tance exagérée à la présence ou à l’absence d‘humus pour l’altération et les néoformations.
Quant à l’absence d‘humus dans les sols forestiers de Madagascar, il semble difficile de croire
qu‘il s’agisse d‘un fait d’observation réeUe. Reconnaissons au passage l’analogie des concep-
tions de ERHART de et celles formul6es bien auparavant par LANGet WALTHER (op. cités).
L’ANALYSE MOWHOLOGIQUE ET
PHYSICO-CHIMIQUE
DES SOLS LATÉRITIQUES
Après avoir remarqué l’absence dans le gassé de méthodes de travail vraiment pédolo-
giques, MARBUT(op. cit6) souligne que les publications de HARRASSOWITZ ont fait croire,à
tort, à l’#existence d‘unschéma morphologiquegénéral ,des‘latérites, comportant toujours une
cuirasse OU un horizon tacheté, et en profondeur un horizon blanchi. Ce type de profil est
sans doute assez répandu, il en existe dans le bassin de, l’Amazone que MARBUT & MANIFOLD
(1926) décrivent ainsi :
1. Sol.
2. Horizon d’oxyde de fer, poreux et d’aspect scoriacé.
3. Horizon tacheté.
4. Horizon gris.
5. Sable et argile non consolidés.
BENNET
(1928) a observé en Amérique Centrale des profils semblables, qui se composent
ainsi :
1. Horizon d,e .surface, dans lequel la matière organique assombrit le sol rouge.
2. Argilerougeuniforme.
3. Argile rouge avec trainées ou marbrures de matériau jauniitre, bleu-gris, blan-
châtre ou crème, souvent en melange avec un matérielrocheuxpartiellement
dkcomposC.
45
par BENNET & ALLISON(op. cité). Les analyses d‘un profil de cette série ont été reproduites
dans les pages précédentes comme illustrant l’altération d’une roche magnésienne (serpen-
tinite) : elles montrent clairement la forte désilicification, <l’enrichissementen fer, les rap-
ports silice/alumine de 0,20 à 0,30 environ. Ces sols découverts par BENNETT & ALLISONont
soulevé beaucoup d’intérêt, puisqu’ils seront .encore cités par ROBINSON (1932,1949), MOHR
CL. VANBAREN (1954). Quant à MARBUT, il résume leurs caractères morphologiques ainsi :
De cette diversité des constitutions morphologiques des sols latériti,ques, MARBUTtire les
conclusions suivantes :
Les sols du type u Nipe Clay >> sont manifestement latéritiques, ainsi qu’en témoigne leur
constitution minéralogique. Ils doivent être considérés comme des sols <( normaux )>,formés
dans des conditions de bon drainage interne. Ils se forment dans les régions moatagneuses,
ou tout au moins ‘bien disséquées, sans intervention de nappes phréatiques. Par contre les
sols à horizons de profondeur blanchis, et horizons tachetés, s e ,forment dans les régions
assez planes, dans lesquelles le réseau hydrographique est peu encaissé, et où les nappes
phréatiques se développent puissamment. Il en est de même pour les sals cuirassés,puisque,
selon lui, la cuirasse résulte de la transformation des matériaux tachet&.
En plus de .cette mise au point sur la morphologie générale des latérites, on doit à MAR-
RUT d’avoir clarifié les deux conceptions que l’on peut avoir ,du profil >) des sols latéritiques.
((
Il est possible de ne considérer que le (C solum )> ou soil pnfiZe >>, ou d’envisager le profil
((
d’altérationdans son ensembleque MARBUTappelle <( geological profile >>, MOHR (1938)
exprime aussi cette distinction entre le solum d’une part qui comprend les horizons organi-
ques et kluviaux et les horizons illluviaux qui leur font immédiatement suite, etles matériaux
qui sont plus des roches que des sols. ROBINSON (1932,1949) quant à lui propose de distinguer
le solumdu régolithe >),qui est le profil d‘altération. Ce terme de régolithe et celui de
rkgogénèse )> qui en dérive, seront largement utilisés dans l‘avenir par certains pédologues.
ROBINSON souligne ,qu’il est souvent difficille de donner une limite au solum : <( The A, B and
C nomenclature used in the description of soils of temperate regions has not been used so
frequenfly by students of tropical soils. Indeed, in many cases considerable uncertainty may
exist as to tke depth of the solum, for there rnay be little apparent change belotv the top
fetv inches. I t might be justifiable to regard soils developped over deep layel-s of weathered
material as secondary in that the process that have formed them frortz the parent rock date
back in many cases fhroughgeological fime, tvlzereas soil profile development is mainly con-
tenzporary >>.
D’autres auteurs continuent à envisager les sols latéritiques >> de la même manière que
l’on considérait auparavant les latérites >>,
(( c’est-à-dire jusqu’à la roche saine. S’ils emploient
parfois le terme solum B pour désigner les horizons supérieurs, ils ne font cependant pas
((
46
3. Masse concrétionnée d’oxyd,es de fer et d’hydrates d‘alumine avec des enclaves
kaolineuses et desveinesde quartz. C’estune (( eiserllcrzlste en formation.
))
CASTAGNOL & coll. (1934, 1935, 1936), TKATCHENKO (1936), considèrent que le profil des sols
est produit par les mouvements .de l’eau qui reolassent lces éléments libérés par l’aqtération,
et principalement les sesquioxydes. Ce reclassement s’opère ‘en *fonctionde la nappe phréati-
que et de ses fluctuations, par mouvements descendants et ascendants. Le profil ne peut
donc être compris qu’en 3Wudiant dans sa totalité, il comprend le plus souvent <( deux hori-
zons éluviaux, l’un superficid #(couchede surface lsessivée), l’autre profond reposant directe-
ment sur la .roche .(zone de départ). Ces deux )horizons comprennent entre eux une zone illu-
viale plus ou moins enrichi,e sen sesquioxydes >> (CASTAGNOL). L’horizon éluvial de surface est
généralement jaune, la zone éluviale inférieure est grise par suite d’une moindre oxydation.
A côté de ces profils complets, il existe des tterres rouges superficielles qui représentent un
horizon ililuvial reposant directement sur l’horizon 6luvial de départ. Il n’y a plus d’horizon
éluvial superficiel, mais seulement un ‘horizon illuvial alimenté par un horizon éluvial pro-
fond. Les profils étudi,& sont donc très épais. TKATCHENKO d6crit des sols gris 1atériti.ques
qui atteignent facilement 6 ou 7 mètres. AGAFONOFF(1928) envisage ,les profi:ls de la même
manière. Lorsqu’il étudie les terres rouges formées sur basalte, il poursuit ses observations
et 3prélkvementspour analyse jusqu’à une dizaine de mètres de profondeur.
Les études .d,eCASTAGNOL, AGAFONOFF, TKATCHENKO, ont montré la grande variété des sols
latéritiques. La couleur rouge est loin d‘être exclusive, il existe aussi des terres superficielles
jaunes ou grises, les accumulations de sesquioxydes, les <( bien-lzoa >>, ne sont pas non plus
générales, et lorsqu’elles existent elles se situent à des positions vari,ables dans les profils. 11
n’est pas inutile de souligner !encore que ces pédologues de langue ,française qui travaillent
en Indochine continuent, sans rupture, les travaux de ,leurs devanciers commeLACROIX,à
l’école de qui ils se sont plus ou moins ,directement formés: ils conservent la même concep
tion du profil.
Le d6placement des sesquioxydes dans les profils suivant des mouvements descendants
ou ascendants est défini par les termes <( éluviation )> ou lessivage >>, et <( illuviation >> OU
accumulation >>. Le lessivage peut transformer des sols primitivement rouges qui prennent
alors une couleur jaune (AFANASJEFF1931). Dans le cas de sols sur roches basiques, HARDY &
FOLLET-SMITH(1931) .remarquentlaconstancedela composition ,textuale etdu rapport
silice/sesquioxydes jusqu’à la surface du sol. Par contre dans les sols sur roches acides, le
rapport silice/sesquioxydes s’élève en surface, il se produit une accumulation (relative) de
quartz. u The chief process affecting the topsoil is a rneclzanical tvaslzirzg action b y watev
whereby finely divided kaolin is transported to the lower lnyers )), de même qu’il y a << loss
of sesquioxydes tlzrouglz leaching D.
Ce lessivage vertical .descendant fait se mccéder un horizon peu coloré et de texture
légère, et unhorizon coloré plus argileux. La plupart des auteurs de langue anglaise étendent
la signification du terme << podzolique aux sols qui acquièrent cette morphologie. Comme
))
MARBUT (1932), ils reconnaîtront donc des profils podzoliques sur des matériaux latériti.que3.
47
Pour les pédologues français, ces sols seront dits lessivés, la podzolisation conservant son
sens restreht. Pour expliquer le deplacement du fer, CASTAGNOL (1935), AUBERT,(1941),SOU-
lignent que seule la Iforme réduite est mobile, ceci Tend bi,en compte de l’enlèvement du fer
de la zone de départ ‘que la nappe phrkatique place dans des conditions réductrices.
Les descriptions .de profils sont généralement complétées par une caractérisation analy-
tique faite suivant les méthodes de la science du sol. Mesures de pH, analyses granulométri-
ques, dosages de la ,matière organique et surtout de l’azote, dosages du phosphore et de la
potasse, font partie des méthodes employées par ERHART(1926,1947), CASTAGNOL et coll.
(1932 à 1936), TKATCHENICO (19361, AGAFONOFF ‘(1928).Ces analyses permettent d,e confirmer
(CASTAGNOL op. cité, MARTIN& DOYNE1927, 1930) l’exisltence de pseudo-sables et de montrer
que très souvent les pourcentages de cfer sont croissants avec la taille des particules, de
l’argile aux limons puis aux sables. Les ,minéraux résiduels .et alt~érables peuvent êtresépa-
rCs par densim.étrie puis dét,erminés. C’est notamment ce que .font GLANGEAUD (19411, RAY-
CHAUDHURI et ~011. (1942). Ces déterminations permettent à GLANGEAUD de proposer un coef-
((
ficient d’éluviation qui est le rapport du taux de quartz d’un certain horizon à celui de la
))
minéraux altérables.
Pour interpréter ,la genèse des sols et établir [les classifications, les crittères les plus
importants restent ceux donnés parl’analyse chimique totale et les rapports moléculaires de
la silice .à l’alumine et à la totalité des sesquioxydes.
MARTIN & DOYNE.(1927,1930) considèrent que ,le meilleur critère .est celui du rapport
sike/alumine de la .fraction argileuse. La composition des argiles qui ne sont constituées
que par des produits de néoformation leur semble plus significative .que cel1.e du sol to!tal
qui n’est pas toujours intenprétable parce qu’il peut y avoir mélange de minéraux néoformés
et résiduels. Le rapport silice/alumine a l’avantage de fournir au moins une valeur repère
qui ne soit pas arbitraire, celle qui correspond à la composition de la kaolinite. MARTIN&
DOYNEséparent donc les latérites dont les argiles ont un rapport silice/alumine inférieur
(( ))
à 1,33 (valeur arbitraire), des sols latéritiques >> pour lesquels ce rapport est compris entre
((
48
L’ÉVOLUTION DES SOLS LATÉRITIQUES
DANS LE CONTEXTE ÉCOLOGIQUE ET PHYSIOGRAPHIQUE
Que la latérisation, cette maladie tropicale des roches >> suivant la formule imagée de
GEZE (1942),soilt réellement un processus. zona1 a ,été largement discuté et admis grâce aux
études de la période précédente. REIFENBERG (1933) situe très bien les sols latéritiques dans
l’ensemble mondial des sols par l’établiss,ement,à partir des chiffres cités dans la littérature,
des valeurs moyennes des rapports silice/sesquioxydes (tableau VIII). Pour les sols tropicaux
comme pour ceux .des autres régions olimatiques, les minéraux de néo’formationdoivent être
considérés comme des indices climatiques N (AUFRÈRB, 1931).Aux deuxextrêmes des régi-
mes climabiques tropicaux, il se forme suivant GREENE(1945) sur de mêmes roches cristalli-
nes acides des limons rouges kaolinitiques sous les fortes pluviosit,és, et des argi1,es fon-
(( ))
TABLEAU
VIII. - Rapports silice/sesquioxydes des principaux Groupes de sols,
suivarzt REIFENBERG
(1933)
L’analyse de l’influence des climats peut être poursuivie à ,l’intérieur même du groupe
des sols latéritiques, principalement en suivant les variations du rapport silice/alumine. Les
reiations entre ce rapport et lapluviosité ne sont pas toujours 6videntes et paraissent parfois
s’inverser par rapport à ce qui semble être la normale, c’est-à-dire un rapport d’autant PIUS
bas que le climat est plus humide. Ainsi en analysant les kchantillons rapportés par SCAETTA
d’Afrique Occidentale, GLANGEAUD (1941) trouve-t-il un accroissement de l’alumine libre en
passan,t des régions de olimat Bquatorial très humide, aux régions plus sèches de régime cli-
matique soudanais. Il existe donc suivant GLANGEAUD une << province des allito-sialIlites D et
une province des allites n. La raison de ces deux pôles de différenciation chimico-minéralo-
((
49
TABLEAUIX. - Relation entre pluviosité annuelle et rapport silice/altLmine des
argiles des sols de pays africains, suivant MARTIN& DOYNE(1930)
Pluviosité Rapportmol.
annuelle silice/alumine
Les variations climatiques qui accompagnent les différences d’a1,titude ont le même effet
que celles liges aux différentes latitudes. Aux. Indes, RAYCHAUDHURI & CHAKRAVORTY (1943)
reconnaissent l’tibaissement du rapport silice/alumine avec des fortes pluviosités qui carac-
t&risent certaines régions d’altitude élevée. L’Ile Maurice a donné à CRAIG& HALAIS(1934)
l’occasion d’une excellente étude des variations non seulement .des rapports silice/alumine
mais aussi des autres caractèresdes sols. L‘île est constituée essentimellement de basaltes dolé-
ritiques non quartzeux à rapport silice/alumine de 5,8. La pluviométrie y Parie entre 600 et
3.700 mm annuels. Les sols sont répartis en deux catégories, les sols jeunes et les sols mGrs,
les comparajsons se font à l’intérieur de chaque catégorie. Avec l’accroissement de la plu-
viosité, les sols jeunes voient leurs rapports silice/alumine passer de 2,34 à 1,32, pour les sols
mCrs les valeurs correspondantes sont de 1,87 ,à 0,43. Pour les sols jeunes comme pour les
sols plus anciens, le taux de matière organique s’accroît avec l’humidité duclimat, par contre
bases échangeables, capacité d’échange, taux de saturation s’abaissent fortement. En ce qui
concerne l,es caractères morphologiques, les sols jeunes sont trèshétérogènes et ne montrent
pas de variations régulières. Par contre les sols mûrs se modifient progressivement en fonc-
tion du climat. Pour des pluviométries croissantes, la couleur passe du rouge au brun-rouge
puis au rouge violacé, le nombre des cailloux et graviers (d6bris de basalt,e) décroît, le taux
d’argile diminue au profit des fractions sableuses qui sont en fait formées de fines concré-
tions. L’homogénéité des roches mères placées sous des climats variant largement a donc
permis à CRAIG& HALAIS une étude assez complète de l’influence climatique. Une autre illus-
tration de la dépendance sols-climats est donnée â Puerto-Rico par HARDY (1949) qui recon-
nait une bonne l.iaison entre les paramètres climatiques et la répartStion des Séries de sols,
bien que cette liaison soit assez souvent masquée par .l’influencede roches .et de topographies
variées.
11 se confirme que le cuirassement ferrugineux est dans une large mesure 1% a m cli-
mats à saisons .alternantes. EnAfrique occidentale, SCAETTA (1941) reconnait une zone privilé-
giée pour le cuirassement, entre 100 et 140 de latitude nord, où s’étalent d’immenses plate-
formes latéritiques. Au sud d u 10e parallèle, en régions’ forestières humides,I,e cuirassement
devient plus discret, il s’Ctablit en profondeur et non en surfwe des profils. Climat et végé-
tation interviennent dans ces différenciations. En 1948, HUMBERT défend égalementdCpen- la
dance du cuirassement par rapport aux alternances de périodes humides et sèches.
Le principe de zonalité a cependant certaines limites. CAMARGO & VAGELER(1937)s’Clè-
vent contre l’importance souvent exagérée qui h i est donnée, principalement dans les cartes
mondiales des sols. -Plus que le climat actuel, les facteurs décisifs sont pour .eux l’histoire
géologique et géomorphologique,lamorphologiedu paysage. GREENE (1947) souligne lui
aussi que l’influence de la topographie estompe souvent l’importance du climat. ERHART
(1947) abonde dans le même sens. Il importe de bien se rendre compte que la zonalité des
sols .en Afrique ne peut correspondre qu’à une pure vue de l’esprit. En pratique et dans
nature’on ne la trouve que rarementréalisée ..La plupart des sols ont été formésSOUS des
mats et SOUS des végétatioas antérieurs et différents de ceux de l’époque actuelle >>.
...
_ .
La notion de catena )),qui s’est très rapidement généralisée, a pris jour dans les études
de MILNE(1934, 1935, 1936, 1947) consacrées à des sols tropicaux. MILNEen donne (la défini-
tion suivante : The catena is a grouping of soils which, tvhile they fa11 tvide apart ina natu-
((
tena x de sols rouges en haut de pente et de sols gris, sableux, à taches et concrétions, vers
les zones basses. La <( catena B se complique lorsqu’elle s’établlit à travers des formations
géologiques différentes, ou lorsqu’elle inclut les denudedremnants )) de latérites ancien-
nes. Dans la définition donnée par MILNE, la catena peut associer des sols jeunes et
(( ))
nition de la <( cat,ena P. Elles réunissent des sols autochtones s, terme qui pour BAEYENS
n’exclut pas les matériaux colluviaux, et des sols formés sur apports alluviaux anciens et
récents. La séquence suivante est observée dans le bassin du Kwilu. En haut de pente, le sol
comprend :
a) Un horizon épais de 25 à 30 cm, plus ou moins ,sableux, humifère, noirâtre.
b) Une zone de transition de 30 à 50 cm avec infiltration d’!humus.
c) Un horizon assez argileux, de teinte jaune foncé, de 30 cm à .plusieurs mètres d‘épais-
seur. La partie inférieure est parfois mouchetée de points rouges, ou contient des
concrétions ferrugineuses.
Du milieu au bas de *pente,il lui succède un sol dont la partie supérieure est formée (( de
calluvium, c’est-à-dire de produits d’érosion ou de ,solifluxion venant des hauteurs :
))
beaucoup plus dépendant du mouvement des Cléments solubi,Iisés. Sur les édifices volcani-
ques de Java, ,des sols latéritiques rouges à kaolinite se forment sur les parties hautes bien
drainées, la nappe phréatique apporte de la silice aux zones basses dans lesquelles se for-
ment des terres noires à montmorillonite (Fig. 1).
51
1. - Répartition des sols sur un volcan de Java,d‘après EDEL~LIAN
FIGURE (1946).
1. Rochenue. 1. Cuirasseferrugineuse.
2. Sol squelettiquerougeIéghrement 2. Accumulation détritiquerouge.
alcalin. 3. Accumulation détritique
claire
3. Sol brun faiblement
alcalin.
avec
imprégnatirons
ferrugineuses
4. calcaire.
Sol gris base.à la
4. Accumulation détritiquefine,les-
sivéepuis â imprégnations ferru-
gineuses.La partie inférieure est
akaline.
Même sans apport des parties hautes des catena D vers les parties basses, i-1se produit
une différenciation des sols suivant leur position topographique et leur relationavec la nappe
phréatique. L‘altération qui a paru longtemps énigmatique parce ,qu’elle conduit à la forma-
52
1. Roche et limon rouge acide à hori- 1.Limonrougeavec concrétions fer-
zon supérieur brun. rugineuses.
2. Limon rouge acid.e â horizon supé- 2. Sols tronqués â cuirass,edétriti-
rieur noir. que.
3. Limon argileuxjaune faibkment 3. Sol clair,plastique, à imprégna-
acide à horizon supérieur noir. tionsferrugineuses.
4. Sol à gley.
2. .-Les
FIGURE catena D en fonction d u climat et d u relief, suivant GREENE(1945)
I. Dans les climats à précipitations pluviales réduites
II. Dansles climats à précipitations pluviales élevées.
tion de silicate ou d’alumine libre, est en fait commandée par les conditions hydri,ques. MOHR
(1938) a été sans doute l’un des premiers à le comprendre. MOHR& VANBAREN l’ont bien
exprimé par la suite : one and the same type of rock can alter into kaolinite Clay in one
((
case, and into a gibbsitic Clay in mzother, some explanation is certainly due. This explnna-
tion, wlzich, it is enzphasized, is a rather hypotheticnl one fou tlze tinte being, can only be
that it is the restdt of tlze drainage process, d z i c h is nzost puobably governed, in t u m , by
the topograplzy of the landscape (1954).
))
Le fer est aussi très dépendant des conditions topographiques et hydriques. GREENE
(1937) indique que dans les sites bien drainés, il s’oxyde et précipite très rapidement, sur
place ou à faible distance de son lieu d’origine. Dans les endroits moins bien drainés, il a
davantage la possibilité de migrer, sous forme réduite.
E. de CHETELAT est très fortement influencé par les travaux de LACROIX auquel il doit la
croyance dans les mouvements <( peu nscensttm z du fer, et une bonne partie de sa terminolo-
gie. Il adopte pour les ,cuirasses D la classification suivante, dérivée de celle de .LACROIX
(( :
1. Cuirasses almumineuses ou bauxitiques (bauxites latkritiques et latérites bauxiti-
ques).
2. Cuirasseslatéritiquesnormales(bauxitesferrugineuses et latéritesferrugi-
neuses).
3. Cuirasses Cminemment ferrugineuses.
Ses descriptions morphologiques des cuirasses sont exceIllentes. En plus des variations
de couleur, il distingue la structure massive, nodulaire, bréchoïde, scoriacée, schisteuse, gré-
seuse, conglomératique, reconnaissantque (< dansunmême échantillon, voire dansune
même plaque mince, on peut reconnaître plusieurs textures etstructures, etdes teneurs difft-
rentes P.
Le botval )>,nomvernaculaire guinéen,çlésigne unesurfacetabulaire ou 1Cgèremenl
ondulée couverte par une cuirasse latéritique continue. E. d,e CHETELATdistingue (Fig. 3) les
53
hauts bowé D, dansun état de dégradationplus ou moins avancée, quiconstituent des
buttes témoins d’une formation ancienne, et les bas bowé )> de pénéplaine.
((
Parmi les latérites, il faut distinguer celles qui sont CC actives D, c’est-à-dire qui évoluent
actuellement, celles qui sont N dormantes >>, dont I’évolution est arrêtée, et celles dites c( fina-
les B qui ne peuvent plus évoluer parce qu’elles ne sont composkes que d’Cléments latériti-
ques. Les cuirasses se forment au-dessus de la nappe phréatique. Lorsque le relief est incisé,
la nappe s’enfonce, et il se peut alors que la cuirasse se développe vers le bas sur des épais-
seurs considérables. Si l’enfoncement des vallées est plus rapide, la latérite de somm,et n’est
lbi,entôt plus alimentée par la nappe, elle devient x dormante B.D’une facon générale, les pé-
riodes de calme orogéni,que et les pénéplaines, sont favorab1,e.s à la formation des cuirasses.
Une remarque analogue a été faite par LOMBARD (1937) en Afrique centrale : les cuirasses
latéritiques paraissent se former dans les reliefs atténués, et être absentes des reliefs les
plus accidentés.
54
apporté i u e quelques bonnes observations sur la fragmentation, la corrosion et la dissolu-
tion des quartz. Par contre son étude géomorphologique de reliefs tabulaires et cuirassés
est originale pour son époque. C’est avec beaucoup moins de détails que ses contemporains
décrivent les reliefs figés par le cuirassement (LOMBARD 1932,1937, par exemple), ou la des-
truction des cuirasses après reprise d’érosion (GREENE 1950).
Il faut remarquer que la plupart des études concernant les catena >>, le modelé et
((
d’une façon générale les sols latéritiques, concernent les régions de savanes à saisons alter-
nées. Les régions équatorialesforestières très humidessont,alors,beaucoup moinscon-
nues.
55
De nombreux édifices volcaniques, en Indonésie, aux Antilles, aux Hawaï, sont consti-
tués de coulées ou projections datées dont les plus anciennes remontent au début du Ter-
tiaire et même à la fin du CrCtacé. Ces formations qui ont commencé une évolution pédolo-
gique à une date bien définie, ont beaucoup contribué à situer dans le temps la formation
des sols latéritiques, Ainsi VANBAREN J. (1931) observe les transformations qui ont affecté
des projections volcaniques déposées 50 ansauparavant. Les analyses montrentqueles
transformations chimiques sont encore peu percaptiblles.
Ceci suppose donc en fin d‘évolution une sorte d’équilibre statique, le sol ne se trans-
formant plus, tout au moins de façon perceptible. Il faut aussi noter l’imagerie anthropo-
morphi.que que beaucoup d’auteurs emploient pour désigner différents <( stades )> dans une
évolution pédologique supposée continue.
A propos de sols des Antilles formés sur des roches volcaniques étagées du Miocène à
la périolde actuelle, HARDY & RODRIGUES (1941) .ont acquis des conceptions analogues et sché-
matisent la formation des sols en trois stades, juvénile >),<( adolescetzt )>, <( senile >>.Dans
((
le passage des sols les plus récents aux sols rouges les plus anciens, on peut observer la
disparition progressive des minéraux altérables au bénéfice de l’argile ,qui, absente des litho-
sols, devient exclusive dans les sols les plus anciens. Le pH suit cette évolution en passant
de 7 à 4 5 .
Beaucoup d’auteurs reconnaissent plus simplement deux stades dans l’évolution des sols.
les sols relativement peu altérCs sont dits jeunes D ou(( immatzwe )>, les sols les plus évo-
lués sont les sols mûrs >>, ou (t anciens B, ou <( tnattwe >>.
(( Ces distinctions sont faites en par-
ticulier par ROBINSON (1932, 1949), MILNE(1935), CRArG & HALAIS (1934),BAEYENS (1938) SEE-
LYE & coll. (1938), EDELMAN (1946). STEPHENS (1947) parle de sols senescent >>.Tous ces
((
auteurs ont aussi donné de bonnes indications sur les variations de couleur, texture, rapport
silice/sesquioxydes, saturation, taux de pseudo-sables, entre sols jeunes et anciens. La notion
de sols <( mûrs >) s’apparente à cellle des sols normaux >> développés par MARBUT(v. pages
((
suivantes).
Tandis que les pédologues par leurs propresméthodes font une approche d,e chronologie
relative, les géomorphollogues reconnaissent dans beaucoup de régions tropicales l’existence
de vastes surfaces d’aplanissement auxquelles il est possib1,e d’assigner des Bges tout au
moins approximatifs. D’excellents travaux sont publiés sur le continent africain notamment
par Du TOIT(2e Ed. 1939), WAYLAND (1934), VEATCH(1935), WILLIS (1936), DIXEY (1938,1943,
1946), URVOY (1935, 1942), DRESCH(1945, 1947), CAHEN& LEPERSONNE (1948), KING (1948, 1949).
Préhistoire et stratigraphie permettent à WHITEHOUSE (1940) pour l’Australie et BROOKS (1931)
pour l’Afrique, de retracer les variations climatiques du Quaternaire et du Tertiaire.Il appa-
raît que se sont succédées d,es périodes pluviales et interpluviales plus sèches.
Ainsi se confirme l’opinion déjà souvent exprimée que beaucoup de sols latéritiques non
seulement sont très anciens puisqu’ils occupent des surfaces salles-mêmes trks vieilles, mais
qu’ils ont puseconstituer sous des actions climatiques différentes de celles de l’époque
56
actuelIrne. GEZE (1942) conduit plus loin encore ses investigations et parvient à retracer la Suc-
cession de plusieurs épisodes de latérisation au Cameroun. Les repères chronologiques sont
donnés par les dépôts sédimentaires qui contiennent des Cléments lateritiques (latérite pré-
existante à ,la sédimentation) et par les latérites formées sur des roches volcaniques en par-
ti’culimer, d’âge connu (phase de latérisation postérieure à la formation des roch,es). Ainsi
GEZE distingue-t-il trois épisodes de latérisation. Le premier, d’âge CrCtacé, est indiqué par
l’abondance d.es débris latéritiques que l‘on retrouve dans les sédiments formés du CrCtacé
inférieur au Turonien. Le d,euxième kpisode est Paléogène, il affecte les hauts-plateaux for-
més de laves et granito-gneisls. Le dernier épisode, beaucoup moins intense .que les précé-
dents, s’est situé à la fin du Tertiaire et au début du Quaternaire.
Les latérites observées (dans la valtlée du Niger donnlent à ERHART (1943) l’occasion de
tenter une reconstitution paléogéographi,que.Dans la partie moyenne de cette vallée abon-
dent les produits 1atériti.ques qui représentent le résidu d’dtération des roches silicatées
((
alumineuses qui s’est accumulé dans i,e bassin d’alimentation du Paléo-Niger au cours d’une
trks longue période antérieure, sous une couverture 6paisse et sous un climat tropical très
humide. La période en question embrasse probablement au moins tout le T,ertiaire, sinon le
Crktacé, ou plus encore )>.Ultérieurement, une modification du climat vers le froid ou vers
l’aridité a entraîné la dkparition de la forêt et 1.e déclenchement d’une érosion active qui a
répandu dans les plaines et cuvettes les matériaux latéritiques quel’on observe actuellement.
Il y a eu rupture d’8quilibre climatique >>,
<( et cela non seulement dans cette région du
Niger mais sur l’ensemble du globe. L’alluvionnement des matériaux latéritiques, qui sont
kaolinitiques ou bauxitiques, a été suivi de transformations par apport de silice colloïdale
ou par cuirassement ferrugineux.
La conférence pédologique mgditerranéenne, réunie en 1947, consacre la reconnaissance
de sols ayant vécu plusieurs épisodes d‘évolutions diff,érentes.GEZEqui a étudié les sols de
(< terra rossa D les définit comme ((polygéniques )), AUBERT& MATGNIEN dénomment G sols
complexes x ceux :observés au Sénégal.
Les classifications d‘intérêt local sont nombreuses, et ne méritent pas d’être toutes retra-
cées. Un ,exemplede classification régionale .des sols peut être trouvé dans1’étude de BAEYENS
(op. cité) qui retient comme critères principaux la nature des roches-mères et I’autochtonie
ou I’allochtonie des sols. C’est aussi sans prétendre établir un système général de classifica-
tion que EDELMAN (op. cité) distingueà Java les sols jeunes, les sols Ide montagne, les sols
latéritiques, les sols rouges sur calcaire. Les critères retenus dans ces classifications à voca-
tion régionale sont la couleur, la nature de la roche-mère, la !présence de cuirasse, la compo-
sition chimique, la jeunesse ou la maturité du sol, et parfois, (BESAIRIE 1937) la nature du
couvert végétal. Certains auteurs s’attachent à la recherche d’un critère de classification par-
ticulièrement significatif, comme le font MARTIN& DOYNE(op. cité) pour *lerappor-t silice/
alumine.
La classification qui distingue c( red eartlzs >), red loams )), laterite soils trouve par
(( (( )>
contre plus qu’un intérêt local, puisqu’elle réussit à être appliquée par des auteurs différents
en des pays variés. Elle est déjà assez ancienne, puisqu’elle est admise ou discutée par VAGE-
LER (1930), KURON (1939), DIETRICH(1941), RAYCHAUDHURI (1941), GREENE (1945,1947).Les
((red loams P sont des sols argileux, plastiques, structurks, qui se forment dans les régions
toujours humides. Les red earths >) correspondent à des sols formGs sous des climats à
((
longues saisons sèches, poreux, friables, contenant souvent des sesquioxydes concrétionnks.
57
Les laterite soils >> sont définis suivant les auteurs soit par un fort pourcentage d'alumine
((
libre, soit par laprbsence de latérite concrétionnée. El semble y avoir une .certaine correspon-
dance entre ces trois catégories de sols et celles de #laolassification américaine (BALDWIN &
coll., v. pages suivantes). Pour les Zaterite soils >) elle est évidente, pour les deux autre.§
((
groupes d e est difficile a affirmer actuellement en se basant sur les définitions COnSerVéeS
dans .les textes pwbiliés.
Les pages préckdentes ont montré que les pédologues français ont abordé 1'Ctude des
sols 1,atéritiquesen conservant les mêmes perspectives générales que leurs devanciers,et que
LACROIXen particulier. Cette influence de LACROIX (op. cités) .est manifeste dans laclassifica-
tion présentée par AUBERT(1941) 'qui conseme comme principal critère de distinction .le taux
des Cléments latéritiques )>,c'est-à-dire des hydrates de ]fier, ahmine et titane. Cette classi-
fi,cation établit trois grandes catégories :
1.Les (< latérites proprement dites >> conti,ennent plus de 50 % d'é1éments latéritiques.
Il convient d'y rattacher les latérites à cuirasse, connues sous les noms vernaculairks
de botvé B en Guinée et de (< tatnpekotsa D à Madagascar.
((
2. Les (< terres latéritiques )),ou (< sols d'argiles latéritiques )>, .qui contiennent moins de
50 O h d'Cléments latéritiques, mais qui comportent souvent des concrétions. Ces ter-
res latéritiaques se subdivisent en :
- Terres grises )>, ,forestières, à l'horizon ,éluvia1accentué.
((
La olassification établie par AUBERTa une portée générale. Elle intègre des considéra-
tions purement pédologiques, sur la matière organique, la couleur, I'éluviation. Mais elle
conserve une position prédominante dansla hiérarchie des critères aux Cléments latéritiques,
expressions de ce que l',on appelEera plus tard le processus fondamental d'évolution >>.
Pour .la .période .considérée,les pédologues des U.S.A. sont les seulsà faire en matière de
classification une œuvre vraim,ent nouvelle. MARBUTen 1928 établit les principes généraux
quiguiderontpendantlongtempslesystème de classificationaméricain, en imposant en
particulier la distinction du (( solt~rn>> et du (< geological material )).L'échelon le plus Blevé
de sa classification définit les (< Pedocals et Pedalfers B. Ces derniers sont subdivisés en
))
<( Podsolic soils >> caractérises par le départ des sesquioxydes de la partie supérieure et leur
accumulation à la base du solum, et <( Lateritic soiZs D qui are those in which sesquioxydes
accumulate on al1 the upper horizons of the soi1 profile through the removal from the pro-
file of part or al1 the other constituelzts and in some cases through actual trattsfer of these
constituents from a lower horizon to a higher. The essential characteristic of the soils of tlze
lateritic group is the absence or low percentage of silica, alkalies and alkaline earths P. Le
niveau suivant de classification partage les N Lateritic soils >> en Laterites >> formées à par-
tir de roches feldspathiques contenant peu de minéraux ayant du fer, et en << Ferruginous
laterites P développées au contraire sur des rochesriches en minérauxferro-magnésiens.
MARBUTpense qu'il faudra probablement ajouter à ces d e m groupes une unité particulière
pour les SOIS qui ont << an indurated slag-like layer of iron concentration D a faible profon-
deur. De tels sols se sont d8éveloppéssur roches riches en fer avec une nappe phréati,queagis-
sant au niveau de la cuirasse.
En 1928, MARBUTn'a trouvé pour inventorier et subdiviser I,es sols lat,éritiques que peu
de renseignements d'ordre vraiment pédologi,que. Aussi ses unités de classification ont des
définitions basées sur l'accumulation plus ou moins grande de sesquioxydes, qui sont encore
très proches de celles données dans les .classifications des latérites de la période antérieure.
Les successeurs de MARBUT arriveront par contre très vite à des caractérisations beaucoup
plus pédologiques.
MARBUTrejette la méthode de l'école russe qui consiste selon lui à définir les sols en
exprimant les causes présumées de leur formation, mais il1 transpose implicitement le prin-
cipe de zonalité en donnant sa définition des sols << normaux x et <( anormaux >>. Les sols à
58
profil normal se trouvent en des sites où l'érosion n'est pas active et où le drainage est tel
que la nappe phréatique permanente soit nettement située sous le solum. Ils ont atteint un
stadede développement avancé, à lafaveur d'une longue périodedestabilité,dans des
reliefs généralement faiblement ondulés. Ce sont les <( so-called mature soils >>.
Les sols anor-
maux n'ont pas suivi le même développement parce qu'ils sont ,sous l',influence d'une nappe,
ou .que l'érosion leur interditd'accéder à la maturité, ou pour toute autreraison qui les place
dans des conditions particulières. Dans les pages précédentes, des exemples ont été donnés
de ce que MARBUTconsidère comme sols latéritiques normaux ( c Nipe Claj7.j ou anor- ((
.-
...... ~~.
---c+w.?~r-+-,--
Podsolicsoils
Fedalfers . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Lat,erite soils Latente
Pedocals ................. Ferruginous
1,aterite
A la classification de MARBUTfait suite celle présentée ,en 1938 par BALDWIN,KELLOGG &
THORP,qui abandonne la notion de sols normaux ou anormaux au profit de la définition de
sols zonaux (comprenant pédocals et pedalfers), intrazonaux et azonaux. La classification
s'établit ainsi, en ce $qui concerneles sols latéritiques :
1. Ordre : Pédalfers (sols zonaux).
Sous-ordre : Sols latéritiques.
Grands groupes :
- Sols latéritiques brun-jaunâtre,
- Sols latéritiques brun-rougeâtre,
- Sols d,e latérite.
2. Ordre : Sols zonaux.
Sous-ordre : Sols hydromorphes.
Grand groupe : latérite de nappe.
Chaque Grand groupe est défini avec le plus de précision possible, non par un processus
unique comme ce sera le cas de certaines classifications, mais par la réunion des caractères
morphologiques principaux, des conditions générales de l'environnement, de l'indication, du
ou des processus d'évolution principaux. Voici comment BALDWIN, KELLOGG & THORPdéfinis-
sent les grands groupes latéritiques :
- Sols latéritiques brun-jaunûtre :
Argile ou limon argileux brun friable, sur argile lourde mais friable brun-jaunâtre.
Acide à neutre.
Végétation naturelle : forêt sempervirente ou décidue, savane tropicale.
Climat tropical humide-sec. Pluviosité élevée à modérée.
Drainage exteme bon, drainage interne bon ou excessif.
Processus de développement du sol : latéritisation et un peu de podzolisation.
- Sols latéritiques brumrougeûtre :
Sol argileux, friabte, granuleux, brun-rougeâtre ou brun-rougeâtre foncé, sur argile
profonde, rouge, friable, granuleuse. Substratum profond tacheté et réticulé.
Végétation naturelle : forêt tropi,cale humide, jusqu'à la limite de la savane.
Climat tropical, humide-sec. Pluviosité modérée.
Drainages externe et interne bons.
Processus de développement du sol : latéritisation avec ou sans podzolisation légère.
59
- Sols de latélites :
Sol de surface brun-rougeâtre. Horizon B rouge profond. Matériau <( parental jj rouge
ou tacheté .et réticulé. Tr&sprofondément altéré.
Climat tropical, humide-sec. Pluviosité devée à modérée.
Drainage externe bon, drainage interne bon ou excessif.
Processus de développement du sol : latéritisation et un peu depodzolisation.
- Latérites de nappe :
Horizon de surface gris ou brun-grisâtre, sur A2 lessivé gris-jaunâtre, avec <( hard-
pan B induré tacheté et réticulé à 30 cm ou plus. <( Hardpan >> ou horizons concré-
tionnés riches en fer et aluminium et parfois en manganèse ,d'une épaisseur de plu-
sieurs <( pieds )>- Le matériel originel est latéritique. Concrétions dans tout lce profil.
Végétation naturelle : forêt tropicale.
Climat chaud et humide. Saisons humides et sèches.
Facteurs de développement : drainage faible et âge considé.rable
Processus de développement du sol : podzolisation et latéritisation.
La définition du Sous-ordre des sols latéritiques reste basée sur le processus de latérisa-
tion, c'est-à-dire l'enlèvement de la sillice et des bases et l'accumulation des sesquioxydes. La
subdivision des sols latéritiquesenGrandsgroupes n'a ensuiteplusderapport avec les
anciennes classifications des latérites. Les horizons de surface humifères, les horizons B, les
caractères structuraux, le drainage, sont devenus les critères à considérer.
Les pédologues du Soil Stlrvey Staff of the United States Department of Agriculttrre ))
ont fait une entrée en force, non seulement dans la science du sol en général, mais dans
I'ktude de certains sols tropicaux. Sur le .plan des gknéralités, rappelons la première classi-
fication américaine établie par MARBUT(1928), le premier Soil Szrrvey Mantlal >> présenté
par KELLOGG en 1937. Puerto-Rico, les Hawaï, Jes Antilles, sont parmi les pays à sols latériti-
ques ceux qu'étudient le plus lespédologues U.S., notamment BENNETT& ALLISON (1926,
1928),BONNET (1939) ROBERTS (1936j, CLINE (1939). Ces îles volcaniques situées sous des lati-
tudes élevées ne présentent pas la gamme complète des sols Iatéritiques 'que l'on connaît par
ailleurs dans les pays tropicaux. L'expkrience des pédologues américains reste donc limitée
B certains sols, particulièrement *bienCtudiés, mais ,qui ne sont pas représentatif,sde tous les
sols latéritiques. Que1,ques publications montrentpourtant :que certains scientifiques du
Soil SIlrsey Staff élargissent leurchamp d'action, avec des études en Amérique centrale
(BENNETT 1926), Amérique du Sud (MARBUT1926),Chine (THORP1935), Thaïlande et Indes
(PENDLETON 1942, 1946,1947), Afrique (MARBUT1923).Relevons également le traité général
publié par JOFFE(1949).
Après la floraison abondante de leurs ,études sur les latéritcesau cours de lapériode pr6-
ctidente, les scientifiques anglais semblent se détacher des Indes dans leurs recherches sur
les sols. C'est en 'effet en Afrique que les pédologues anglais, ou de langue anglaise, réalisent
le plus de travaux. Beaucoup ont été cités dans les pages précédentes, rappelons encore les
noms de GREENE, MILNE,MARTIN, DOYNE, du Sud-Africain Van der MERWE, ,qui ont tous tra-
vaillé sur le continent africain. HARDY & coll. (1931,1939,1941) ont étudié aussi les sols de
Guyane et des .Antilles. Rappelons enfin l'ouvrage de pédologie générale pré,senté par ROBIN-
SON (1932, 1949).
Il lest juste aussi de rappeler les pédologues néerlandais MOHR, VanBAREN J., Van BAREN
F. A., EDELRIAN, peu nombreux à avoir été cités dans les pages précédentes, mais dont les étu-
des sont tout à fait remarquables.
Quant aux pédologues français, leurs travaux ont é.té abondamment mentionnés, ,et par-
fois même analysés !longuement dans les pages précédentes, il ne semble pas nécessaire de
les rappeler à nouveau. R,emarquons simplement que c’est essentiellement en Indochine, à
Madagascar, en Afrique tropicale, que se ,déroulent leurs recherches. Contrairementaux équi-
pes américaines, assez tard venues à l’étude des sols latéritiques, ou anglaises .dont les acti-
vités se réduisent et changent de domaine géographique, les scientifiques français, depuis le
début du siècle et jusqu’à la période actuelle, poursuivent une œuvre régulière et dans un
domaine géographique assez stable.
D,es organismes scientifiques à vocation tropicale se sont constitués pendant la période
que nous consi,dérons, dàns lesquels se .forment les Cquipes pédologiques qui prendront une
part consid,érable à l’étude des sols ferrallitiques pendant la période qui va suivre. Ce sont
l’Office de la Recherche S,cientifique et Techni,que Outre-Mer (France), l’Institut National
pour YEtude Agronomique du Congo (Belgique), la Jzrnta de Investigaçoes do Ultra-Agar (Por-
tugal).
En effet, ,sans mésestimer les cecherches d’autres récoles, on peut avancer que l’étude des
sols ferrallitiques, qu’ils soient désignés par ce vocable ferrallitique x ou par un autre, est
((
dominé pendant da période moderne par les 6quipes animées par AUBERT(O.R.S.T.O.M.), SYS
(I.N.E.A.C.), BOTELHO DA COSTA(Junta Invest. Ultra-Mar), et par l’équipe du Soi2 Survey Staff
U.S. Les /places prééminentes prises par les iquatre organismes men .question dans l’étude des
sols ferrallitiques >),ou ferralliticos )),ou kaolisols D, ou oxisols D, se traduit par le fait
(( (( (( ((
que ce sont leurs terminologies et classifications qui sont les plus employées. Ceci bien sûr
ne s’applique ‘qu’tau domaine des sols ferralliti,ques, pour d’autres sols du monde il faudrait
retenir d’autres écoles pé.do1ogiques.
FIN DE LA PÉRIODE i ‘ ~ 77 ~ ~ ~ ~ ~ ~
ET DÉBUT DE LA PÉRIODE MODERNE
ment universellfement, que l’expression << ~01:slatéritiques D. Des ouvrages généraux autres
que celui de ROBINSON paraissent .égalemant en 1949 .(JOFFE)ou un peu plus tard (MOHR &
VANBAREN1954). Ces trois ouvrages seront les derniers à accorder lorsqu’ils traitent d,es sols
tropicaux une part encore prépondérante à .des travaux de l’époque de HARRISON et HQRRAS-
SOWITZ.
Toujours en 1949, paraissent une nouvelle approxirnation N de la classification U.S.D.A.
présent.de par THORP& SA4ITH, et l’étude de KELLOGG 81 DAVOLsur les .sols du Congo basée sur
une nouvelle terminologie ‘(latosols)et une -nouvelleclassification.
C’est l‘année précédente, en 1948, que se sont réunies deux conférences internationales
consacrées aux d s tropicaux : la Conférence sur 1,es sols tropicaux et sub-tropicaux, à Ro-
thamstead (G. B.) et la Conférence Africaine des sols, à Goma, au Ksivu.
61
Pour porter un jugement sur la période 1927 à 1949, nous dirons qu’elle apparaît comme
une Cpoque de transition. La sc.ience des sols tropicaux (et avec elle peut-être toute la science
des sols) semble y chercher sa voie, dans .la définition de ce qu’est le sol), , dans la recher-
((
che de critères spécifiques et ‘de terminollogi,es nouvelles. Les concepts du passé sont jugés,
certains d’entre eux ,abandonnés plus ou moins progressivement. Les nouvelles techniques se
généralisent, principalement celles de I’étude minéralogique des argiles.
Vers 1927-1925 s’est produite une prise de conscience de la nécessité d’envisager les for-
mations latéritiques non seulement comme des roches, mais aussi comme des sols. Vingt
ans après, c’est véritablement une science des sols tropicaulr qui s’Cpanouit. Les options pri-
ses pendant cette période de transition qui conduit de 1927 à 1949 auront des cons6quences
considérables sur l’avenir de la science des sols. La pédologie en effet ne parvient pasà s’uni-
fier, plusieurs Ccoles s’affirment, avec leurs concepts directeurs, leurs classifications, leurs
langages. Les pages précédentes ont surtout voulu montrer la p6dologie tropicale française
trouvant ses premières bases dans les anciennes analyses géologi,q~~es des latérites. 111ne
faut pas ,perdre devue que les grandes écoles pédologiques, russe ou soviétique, américaine,
et celles qui s’en inspirent, se développent pendant cette période. Elles sont déjà apparues,
ou ne t.arderont pas à se manifester, sur la scène tropicale.
62
Chapitre troisième
On ne parlera ici de sols ferrallitiques que dans l'acception donnée par des pédologues
français. Ce sont des définitions sensiblement différentes qui ont ét6 données sous le même
vocable par les pédologues portugais (BOTELHO DA COSTA, 1959) et par le Service pédologique
Interafricain C HOOR ORE, 1964). Beaucoup de termes utilisés en science du sol voient leur signi-
fication évoluer au cours du temps, et souvent suivant des voies divergentes prises par des
auteurs différents. On a vu ce qu'il en était du terme latérite n. La situation est moins com-
pliquée pour les spls ferralli.tiques, encore faut-il savoir par qui, et à quelle date, un SOI est
défini lferrallitique pour savoir quds caractères lui attribuer.
Il peut semb'ler étonnant ,que, à l'heure actuelle, on &prouve la nécessité d'analyser les
concepts qui définissent la ferrallitisation, ou les s01.s ferrallitiaques.Des définitions nombreu-
ses en ont été .données, ex-cathedra, ou à l'occasion de travaux régionaux. A lire les publica-
tions et surtout à consulter les cartes de sols, il semblerait que les pédologues avancent avec
certitud,e parmi des sols ayant une identit,é incontestable.Ce n'est malheureusement pas tou-
jours le cas, et les sols sont souvent catalogués après un ,débat incertain dans lequel jouent
les .opinions personndles de chaque pédologue.
Le concept central des sols ferrallitiques est bien établi, c'est â lui que se rapportent les
définitions mentionnées plus loin. Mais énoncer un concept central est ,inswffisant, les sols
à caractères marginaux sont peut-être plus fréquents 'que les orthotypes. Définir véritable-
ment un,e catCgorie de sols, c'est lui assigner des limites discernabJes. Pour situer la nature
des questions à résoudre à propos des s01.s ferrallitiques, donnons-en l'exemple suivant. Les
sols ferrallitiques sont formés, dit-on, par une altération puissante, ce qui suppose des perco-
lations importantes d'eau. Maison reconnaît des sols ferrallitiques peu détsatu&s, et une
fai,ble désaturation accompagne généralement des pédo-climats assez secs. Commentces
deux caractères peuvent-ils se concilier dans unemême classe .de sols ?
difficultés. Il n'est pas aisé d'exprimer sans ambiguïté et en un texte relativement court ce
difficultés. Il n'est pas .aisé d'exprimer sans ambiguité et en un texte relativement court ce
qui peut réunir dans unmême groupement des c o q s complexes comme des sols. Il s'y ajoute
bien entendu le fait que ,le progres des connaissances peut entraîner des révisions dans la
signification de chaque terme. Le cas des andosols en est un exemple. Ils ont été définis pri-
mitivement (THORP& SMITH, 1949) comme des sols à profils A-C très riches en matière orga-
nique. La tendance actuelle est de I,es définir par les dophanes qu'ils contiennent. 11 en a
été de même pour bien d'autres sols, en particulier pour les podzols.
63
Mettre â jour les tendances actuelles des conceptions sur les sols ferrallitiques oblige à
tenir compte d’opinions échangées en dehors des publications régulières, ce qui ajoute à la
difficulté présentée par le manque de recd par rapport au sujet étndié. Il semble pourtant
nircessaire de tenter une mise au point plus circonstanciée que ce qui peut être donné dans
une breve .définition.
Pour +lesol en général, de multiples définitions ont été dannbes. On peut dire du sol qu’il
est un complexe dynamique f,ormé à partir d‘une roche-mère (qui peut être un matériau
meublej par d’action des facteurs du milieu (DUCHAUFOUR, 1965), ou qu’il est le produit de
l’altération, du remaniement et de l’organisation des couches supérieures de la croûte ter-
restre sous l’,action de la vie, de l’atmosphère et des échanges ,d’’énargiequi s’y manifestent ))
(AUBERT& BOULAINE, 19671, ou plus simplement soil is the collection of natural bodies on
<(
the earth’s surface, corltaivzing living nzatter, and supportiltg or capable of supporting plants )’
(U.S.D.A. 1960). On peut dire de ces expressions qu’elles sont équivalentes, en ce sens qu’elles
situent sans ambiguïté unmêmeobjet,mais l’on peut remarquer combiendifféremment
elles sont formulées.
Il est un point pourtant qui doit être précisé, c’est celui de la profondeur à laquelle
s’arrête le sol, car plusieurs interprétations sont possibles. Lors du premier congrès inter-
national de la science du sol, MARBUT(1928) pren.d une position que ser,a adoptée par tous
les pédologues U.S. (c The soil consists of the outer lnyer of the eartlz’s crust tLsually uncon-
soliduted, rauging in thickness frorn a mere film to a maximum of sonzezvhat more thnn ten
feet ... The material beneath this regardless of how it was acctlnzulated, whether by the pro-
c e s of rock decay, or by several processes of natural transportation and redeposition is not
soil, but is geological material P. Ceci a été confirmé par le (< Soil Survey Manual de 1937,
))
puis par la 7 t h Approximation de 1960 où il est précisé u soil grades at lzis lozver nzargin to
hard rock or to earthy nzaterinl essentially devoid of roots >).
Cette conception du sol trouve une autre expression dans la notion de solum x et de
((pedon )),qui sont définis en des termes variCs mais imposant toujours une limitation vers
la profondeur. Le solum c,omprend les horizons de maximum Cactivité biologique et d’élu-
viation, et les horizons d’illuviation, mais non le matériau originel d‘altération (Soil Sztrvey
Mamial, 1951). Lorsque le profil ne permet pas de relever des caractères de différenciation
suffisants, on retient comme limite inférieure soit da profondeur de l’enracinement habituel
des plantes pérennes du lieu (7th Approximation 1960, JOHNSON, 1962) ou même une limite
anbitraire <( in soute soils their lower linlit cari be set only arbitrarily, Say at 6 feet or 2 ?ne-
fers, or at the lozver linzit of plant roots )> (Soil Strrvey Manual, 1951).
Ceci conduit à ,distinguer !les G soil-forming processes qui agissent dans le solum et les
))
<(geological processes P. Ces derniers consistent principalement dans les processus d‘altéra-
tion. Dans !le solum, l’altération peut Ctre active, elle fait alors partie .des processus pédalo-
giques ; dans le cas de profils anciens ,et profonds, l’altération n’a plus de prise sur le solum,
les processus pédologiques sont essentiellement ceux conditionnés par la matière vGgétale
et les organismes vivants, et par l’e déplacement (lessivage et accumulation) de certaines
particules.
Lespédologuesbelges, (SYS1959,1961) ontappliqué dans I’étude des sols tropicaux,
cette position de ‘l’école ,américaine. Ils distinguent donc la <( regogénèse D, ensemble des
64
phénomènes d’altération souvent anciens qui ont fourni le matériau parental du sol propre-
ment dit, différencié à la partie supérieure du régolithe par la <( pédogélzèse senstt-stricto >>.
SYS(1959) a souligné lui-même la parenté des dcoles be1ge.s et amkricaines : Le Soi1 Survey
Manual... nous a servi de guide et d’exemple pour la rédaction de ce texte qui, dans une cer-
taine mesure, peut être considéré comme une adptation de cemanuelaux conditions du
Congo. La classification a Cté inspirée par 1e.s approximations successives de 1’U.S.D.A.>>. Il
a été montré par ailleurs (CHATELIN,1967) comment cette conception limitative des profils
s’articulait avec la compréhension et l’interprétation des formations superficielles et d,e l’évo-
lution générale des paysages ferralliti,ques.
Il n’est pas inutile de rappeler que l’école de la science du sol aux U.S.A. a été largement
motivée par des considérations agronomiques et par la perspective de la conservation des
terres dans les régions soumises â des érosions dévastatrices. Cela explique ‘que le profil
pédologique .ait trouvé sans contestation sa définition clans ses rapports avec le développe-
ment des plantes.
Il en est tout autrement pour les pédologues français des régions tropicales qui, rappe-
lons-le encore, sont les successeurs directs des scientifiques européens ,ayant découvert et
analysé les latérites, et qui sont particulièrement influencés par l’enseignement de LACROIX.
Aussi, lorsque ERHART,CASTAGNOL, TKATCHENKO, AUBERT, AGAFONOFF (op. cités) décrivent des
sols latkritiques, il,s envisagent comme leurs devanciers des profils complets dont la différen-
ciation est étudiée depuis la roche saine, à travers les matériaux d’altération à structure
conservée, les horizons tachetés, les cuirasses ou carapaces, jusqu’à la surface.
En 1954, AUBERTentérine cette position de l’6col.e francaise de pédologie tropicale en
définissant les Sols latéritiqws ou ferrallitiques B.Le profil choisi pour les reprksenter a
((
été observé enCôte d’Ivoire sous forêt ombrophile. Développé sur plus de 10 mètres de
profondeur, il comporte un horizon humifère, un horizon meuble mais fortement gravillon-
naire, une carapace, un horizon tacheté et des horizons .d’altération très épais. Il s’agit donc
d’un profil réunissant un grand nombredes .caractères morphologiques que l‘on peut rencon-
trer dans les sols ferral.liti,ques. Aussi a-t-il pu représenter pend,ant longtemps pour beau-
coup de pédologues le sol ferrallitique le plus typique.
Cette conception du profil pcidologique a kté réaffirmée par la suite. Au Symposium sur
la classification des sols de Gand (1962, publ. 1965), AUBERTsappel.le .que le sol doit être défini
par les capactères morphologiques, physiques ou chimiques de son profil total, depuis la
((
roche dont les produits d’altération ont contribué â sa formation, jusqu’à sa surface >>. Cette
conception du profil est manifestement celle de SEGALEN (1966) lorsqu’il d,éfinit les horizons
du sol ,ferraIlitique. A propos de l’,horizon C, il indique que dès le niveau de la roche-mère
commencent les processus d’altération ... Cet horizon est caractérisé par l e fait que les diffé-
rents minéraux ont gardé leur forme, parfois leur coulmeur, et leur mode d‘assemb1,age géné-
ral >>. Les cuirasses formées dans ces profils sont des ,horizons d’accumulation qui sont à
considérer comme horizons pédologiques de diagnostic, ce qui n’est pas le cas dans la clas-
sification belge. Les principes donnés par AUBERTse trouvent appliqués dans les études fran-
Gaises sur les sols ferrallitiques. Citons par exemple les études des sols de Guyane (LEVBQUE,
1967), du Gabon (CHATELIN,1966), du Cameroun (MARTIN, 1966) .d’anslesquelles l.es sols sont
observés, dans la mesure du possible, jusqu’à la roche saine.
Il existe une difficulté pratique dans l’observation des sols ferrallitiques, due à leur très
grande profondeur. C’est probablement pourquoi MAIGNIEN(1969),pense.qu’il faut poser
le problème‘dela partie qui peut être considénée comme un sol >>. Il propose de revenirâ une
conception limitative du sol : Même si l’on étudie Iles sols ferrallitiques les plus diffkren-
dés, sols ferrallitiques lessivés en particulier, l’épaisseur des profils excède rar.ement 120 -
150 cm D. Si cette interprétation paraît 8tx-e isolée parmi les positions prises par les pédolo-
gues, .elIrne
est par contrepartagée par certainsgéomonphologues franqais. TRICART & CAILLEUX
(1965) prétendent aussi que le sol doit être limité ‘aux horizons supérieurs dans lesquels se
situe le maximum de l’activité biologique. Les (< aJt6rites >> épaisses .qui dans les paysages fer-
rsllitiques séparent le sol, domaine du pédologue, de la roche, domaine du géologue, sont
des formati,ons dont l%tude relève donc de la géomorphologie.
Il s’affirme de plus en plus que les travaux péddlogiques sur les sols ferrallitiques, en
plus de I’établissement de la typologie et de da classification ,de sols, tendent vers deux objec-
tifs princi.paux. Le premier est d’établir des bilans géochimiques. Ces bilans ne peuvent être
65
atteints simp1,ement par I’étude des altérations de roches. Ils doivent tenir compte des enlè-
vements préférentiels et des redistri,butions dans toute l’épaisseur .des sols. Ainsi pour éta-
blir le bilan du fer dans un paysage ferrallitique, il est insuffisant d’examiner l’altération des
minéraux ferro-magnésiens des roches, il faut aussi suivre les différenciations des horizons
tachetés, concrétionnés, cuirassés, etc. Le deuxième objectif concerne la dynamique actuelle
des reliefs, mais aussi la reconnaissance des paléopédogénèses, la datation des unités surfa-
ces-sols, la reconetitution des mouvements de masse. Tout ceci ne peut s’accomplir que par
1’6twde de profils complets. La conception du grofil (admise jusqu’àpr;ésent semble donc non
seulement acceptée par presque tous les pédologues français, mais semble aussi trouver une
justification dans l’orientation prise actuellement par la pédo1,ogie tropicale en général.
Il n’empsche que I’étude pédologique ne peut pas toujours être conduit,e par l’examen
de profils atteignant la roche-mkre. Aux difficultés prati’ques s’ajouterait le fait que cette
méthode n’aurait qu’un intérêt limité dans des &tudes à caractère agronomique. On verra
dans un chapitre ultCrieur comment il est tenté de rés.oudre ce dilemne par la reconnais-
sance, dans le sol compris au sens large, de ,deux ,entités distinctes.
Il a déjà été ,dit que la paternité du terme ferraUtique )> revient à ROBINSON (1949).
Voici en quels termes ROBINSON s’est exprimé.cc Tlze clearest distinction is betweenclays witlz
highsilica-sesquioxideratios and clays tvith moderateor low silica-sesquioxideratios.
H . Harrassozvitz sttggests the term siallite for soils tvith Clay fractions having medium or
hig?z silica-alzurzina ratios, and allite for soils with Clay fraction of markedly alttminous clza-
ractev. This suggestion lzas gained a certain amount of acceptance and tve m a y conveniently
speak of siallitic Clay for the former type, and allitic, or, preferably, ferrallitic for the latter
type. Any attempt to irtdicate a cvitical lirnit is necessarily provisionnal, but there is some
justification for considering a rnolecttlar silica-sesquioxyde ratio of 2.0 as significant >>.
ROBIN-
SON ajoute un peu plus loin : it zvould appear desirable to restrict the terms siallitic, allitic,
((
66
réstlltant dilectem.ent d e la latérisation elle-même qui provoque d’une part l’individzmlisa-
tion des élénzelzts susceptibles d’être entraînés OU d e dtmir, et d’autre part une différencia-
tion d’horizons dont cetlx de psofondeur,plus compacts, domerout plus facilement lieuci des
actions d’lzycli-onzorplzie P.
AUBERTcomplète cette définition en lajoutant que ces sols sont aussi caractérisés par la
décomposition rapide de la matière ,organique qui ne s’y trouve en général qu’en faible quan-
titd. Il est considéré que le rapport silice/,alumine ne .d,Apassepas 2.
La classification générale présentée par AUBERT& DUCHAUFOUR en 1956 place les sols
ferrallitiques dans une Classe. Les sols IferraIlitiques sont à profii A-B-C ou B-C, à horizon B
ferrallitique à individualisation de fer et d’alumine. Ils sont subdivisés suivant les valeurs
du rapport .silice/alumine #quiest au plus 6gal à 2. La matière organique peut dépasser le
taux dle 5 % dans l’horizon A de cert.ains sols ‘qui sont alors dits humifères B. Cette défini-
tion est très succincte.
En 1962, AUBERTdéfinit une Classe de << sols à sesquioxydes .fortement individualisés et
à humus de décompo,si,tionrapide. L‘humus de ,ces sols a kté souvent appelé Q mull et .dans))
certains cas <( crypto-mu11 D. Il paraît plus exact de ne pas donner de nom à cet humus et
d’indiquer seulement qu’il est bien évolué et provient d’une dkcomposition rapide de la
matière organique )>.Cette Classe comprend l,es sols méditerranéens, ferrugineux tropicaux
et ferrallitiques,,qui se différencient par l’intensité de l’altération d’une part, et par la nature
des liaisons des sesquioxydes libres avec les autres 6Ements du sol. Cette Ctape marquée par
la définition de 1962 traduit deux préoccupations : calle de camctériser la matière organique,
ce qui s’,avèredi.ffici.le, et celle d’indiquer ce qui dans les sols fierrallitiques fait la spécificité
des hydroxydes de fer par rapport aux autres sols qui sont nombreux à en contenir.
Une caractérisation plus précise d,es sols ferrdlitiques est donnée par AUBERTen1965.
(c Sols le plus souvent .très profonds, caractérisés par uneévolution très rapide de la matière
organi’que, une décomposition très poussée des minéraux, même du quartz, et une forte
teneur en sesquioxydes de fer accompagnés de sesquioxydes d‘aluminum. En dehors de ces
composés, les minéraux argileux ne comportent que de la kaolinite. La valeur de :SiO2/AI2O3
y test inférieure ou au plus égale à 2. Le complexe absorbant est très désaturé, la capacité
d’éohange basse, la teneur en limon très faible. La structure en Cléments nettement indivi-
dualisés, en général assez.fins, de forme polyédrique ou nuciforme, parfois gr.enue (fari-
neuse), confère aux horizons (B) ou B une grande friabilité, lorsqu’ils ne sont pas i,ndu&s en
carapace ou cuirasse )>.Une certaine dérogation par rapport à cette définition générale est
reconnue aux sols ferrisoliques qui peuvent contenir de I’illite ou d’autres silicaZes altéra-
bles, et avoir une structure accusée. Autre dérogation semble-t-il, certains sols ferrdlitiques
sont très riuhes en humus, ce qui semble s’opposer à une évolution rapide de la matière orga-
nique. Il se produit donc un certain Clargissement, par rapport au concept central, des sols
qui sont considCrCs comme ferrallitiques.A l’inverse, les Andosols ne sont plus inclus comme
auparavant dans les sols ferralliti,ques, bien qu’ils aient des :rapports silice/alumine souvent
très bas.
La dernière en date des définitions des sols ferrallitiques est de 1966. Formulée par Au-
BERT & SEGALEN, elle est plus .explicitemais reste en fait proche de précédente.
la C’est dans la
subdivision des sols ferrallitiques que sont intervenues d’importantes modifioations. La défi-
nition générale est la suivante : << Sols à profil A-(B)-C ou A-B-C, le plus souvent très épais
présentant généralement une décomposition poussée de la matière organique, alors très liée
à la matière minérale, et une très forte altération des minéraux résultant d’une libération
importante de sesquioxydes de Fe, Mn et même, assez souvent, AI ; élimination poussée de la
silice, d’où un rapport silice/alumine < 2 ; minéraux argileux constitués, en plus de ses-
quioxydes de Fe, Al, etc ..., de kaolinite ,et parfois, de traces d’illite ; prCsence possible de
minénaux hérités résiduels ; matériau originel (horizon C) constitué de minéraux très altérés
s’&rasant facilement ; capacité d’,échange faible ; degré de saturation le plus souvent Zaible
ou moyen, rarement ,élevé en B ou (B) ; .structure variable de B, parfois peu nette, mais fria-
bilité élevée de cet horizon. )>
Cette définition élargit plus que la précédente la gamme des sols considérés comme fer-
rallitiques. Elle decrit en réalité un orthotype et reconnaît que certains sols s’en écartent
par l’esvari,ations de caractère comme I’épaisseur des profils, la décomposition de la matière
67
organique, la présence ou l‘absence d’alumine libre et de minéraux altérables, le degd de
saturation, la structure.
Caractériser en quelques lignes une catégorie de sols aussi importante par son extension
géographique que les sds ferrallitiques, c’est évidemment risquer de donner une définition
trop restric.tive par rapport aux sols qu’elle doit représenter, ou au contraire pasassez spéci-
fique de ces sols. Pour appréhender vraiment l’ensemble des sols ferrallitiques, il faudra
donc tenir compte des sols qui sont habituellement considérés comme tels sans correspon-
dre parfaitement peut-Qtre à la définition générale. Il faudra aussi considérer que si un sol
doit être écarté de la catégorie des sols ferrallitiques, il doit trouver une autre place dans la
classification. En réaJité, il n’est pas possible de concevoir une catégorie de sols en toute abs-
traction de la .classification générale. Si la notion ,de sol ferralliti,que s’est progressivement
élargie, cela provient peut-être de ce que les unitks voisines de la classification et en particu-
Iier celle des sols ferrugineux tropicaux, ont au contraire restreint leurs définitions.
Il n’entre pas dans les propos des pages suivantes d’apporter des modifications à ces
définitions et classifications, mais d‘essayer de mettre en évidence ce qui fait l’unité réelle
du groupement des sols ferrallitiques. Ce peut 6tre un ou plusieurs caractères spécifiques, ou
la réunion de caractères ubiquistes qui ,deviennentspécifiques en raison de leur agencement,
ou l’appartenance de ces sols à un contexte généti,que commun.
D’une définition à l’autre, se trouve affirmée l’intensité de I’alt’ération. C’est ce que l’on
trouve dans les d,éfinitions des latérites données par BAUER, HARRISON, FERAIOR, LACROIX (Op.
cités), dans celles formulées pour les sols latéritiques .par ERHART (1935) et AUBERT (1941),
puis dans celles 6noncées récemment pour les sols ferrallitiques par AUBERT, DUCHAUFOUR,
SEGALEN (op. cités).
Le processus de lat&is!ation ou de ferrallitisationestgénéralementprésenté comme
l’ensemble des mécanismes de l’altération au sens large, englobant la destruction des miné-
raux primaires, le partage des dléments entraînés ou maintenus, la nature des produits néo-
formés. Cette altkration ferrdlitique procède à l’enlèvement de la totalifié ou d’une grande
partie de la silice et des bases des silicates primaires, elle s’accompagne du maintien des ses-
quioxydes métalliques qui donnent aux sols des colorations vives. Le seul silicate lqui puisse
se former est la kaolinite. Gibbsite et kaolinite peuvent être exclusives, ou se présenter en
un mdange de toutes les proportions possibles. Lia dernière définition des sols ferraIlitiques
(1966) maintient que le rapport silioe/alumine est inCCrieur ou au plus égal à 2. Par contre la
valeur exacte de ce rapport a perdu la signification qui lui était accordée auparavant.Du fait
que .la gibbsite peut &tresilicifiee et se transforme doncen kaolinite, ,ces deux minéraux sont
consid6rés par AUBERT& SEGALEN comme de signification généti,queégalle. La prédominance
de l’un ou l’autre ne peut plus prétendre représenter l’intensitéde la ferrallitisation.
Ce concept central de la ferrallitisation a fait preuve de péremit,é en s e maintenant
jusqu% nos jours, ce qui peut être considéré comme un ,gage de validité. Cependant le type
d’altération qu’il suppose n’est pas toujours, et exclusivement, spécifique des sols ferralliti-
ques.
Il a déjà été dit, dansles pages consacrées à l’historique, que l’on a très vite trouvé dans
les pays médit&-anéens et tempérés, des formations comparables aux latérites. Ces premières
découvertes concernaient généralement des formations anciennes que l’on a dû par la suite
rattacher à des paléoclimats de type tropical. Maisl’on a aussi progressivement d,écouvert
dans ces mêmes pays que l’altération des roches dans certaines conditions libère actuelle-
68
ment, non seulement de la kaolinite, mais assez fréquemment de l’alumine libre. C’es,t ce
qu’ontmontrélespremiers LACROIX,LIEBRICH, THUGUTT (op. cités), puis EDWARDS(19141,
GOLDSCHMIDT (1928) BAVER & SCARSETH (1930), ALEXANDER & COZZ. (1942). A l’heure actuelle, de
nombreuses publications confirment ces premières données. En France, DEJOU& C O U . (1967,
1968) montrent qu’il existe des arènes granitiques dans lesquelles les argi1,es en formation
contiennent des gels alumino-siliciquesàbas rapport. silice/alumine,OU de la gibbsite jusqu’à
40 ou 50 96. TARDY (1969j en donne aussi confirmation. L’individualisation d’alumine n’est
donc pas spécifique des sols ferrallitiques, l’individualisation du fer encore moins.
Il est admis ‘queles sols ferrallitiques peuvents’&carterdu concept central en possédant
quelques mineraux altérablesou des argiles mi:cacées héritées. En ce quiconcerne ces argiles
illitiques, il est reconnu qu’.elles se maintiennent à I’état de traces, ou tout au moins de très
faiblesquantit.és,dansdes sols qui ontparailleurstous les caractères d‘une altdration
intense. C’est pourquoi AUBERT& SEGALEN admettent que sols les ferrallitiques puissent con-
tenir un peu d’illite. Mais il est apparu (CHATELIN1964, 1966) qu’il existe en rkgions Cquato-
riales humides et ,dans des positions topographiques de .drainage normal, d,es sols dans les-
quels les !argi’les micacées, illite et micas hyd,ratés, sont très largement dominantes et por-
tent le-rappo‘rt sili,ce/alumine à des valeurs supérieures .à 2, atteignant parfois 3. C’es s d s
sont relativement bien d,éveloppés,leurs horizons B atteignent parfois plusieurs mètres. Ils
ont aussi d’autres caractères classiqwes des sols ferrallitiques de forêts humides, m particu-
lier ceux quiconcernentlamatièreorganiqueet la d,ésaturation avancée du complexe
d‘échange. Il Se mani,feste dans ces sols une altération de type ferrallitique : gibbsiite et kao-
linite s‘y forment, m,ais en quantités (qui sont encore très fai,bles par rapport aux argiles
micacées hérit,ées des roches mères. Evolutivement, ces sols peuvent être dits envoie de
ferrallitisation, mais l’eur composition minéralogique actuelle est très &loignlée de celle des
orthotypes ferrallitiques. Ils ont é,té d.assés parmi les sols ferralli,ti,ques, en raison de leur
tendance Cvolutive, de leur matière organi,que etde leur désaturation, et, $1 faut le souligner,
parce que aucune autre place ne pouvait leur être donnée dans la classifiscation. Ces sols ne
sont pas exceptionnels,ilss’observent sur schistes,pélites,marnesmicacées,dans des
reliefs reilativement récents. Ce sont des sols qui ont un bon déve1,oppement morphologilque.
Parmi ceux que l’on qualifie de cc pénévolués )),il en existe égalanent {beaucoupgui ajoutent
à un développement morphologique plus réduit que pour les précédents, des silicates hérités
qui leur donnent un rapport silice/alumine élevé. En réalité donc, il a fallu admettre parmi
les sols ferralliti,ques des S.OISà composition minéralogi,que assez différente de celle prévue
dans le concept central.
A ,l’inversede ces sdls dans lesquels la dynamique actuelle es4 vdrit.ablement ferrallitique
mais a eu encore peu de prise sur un matériau rest.é siallitique, il existe des sols à matériaux
typiquementferrallitiquesmaisdont I%volution actuellsen’a plusrien de ferrallitique. 11
s’agi,t de sols placés sous des latitudes assez devées, formés lors de périodes pluviales du
Quaternaire ancien ou du Tertiaire. Ils ont conservé les principaux cara,ct&res, minéralogi-
ques et morphologiques, des sols ferrallitiques, mais leur ,complexe d’khange peu désaturé,
leur matière organique, sont en équilibre avec les conditions écologi.ques actudles. L‘dt&a-
tion, lorsqu’elle trouve encore d,es mi,néraux altdrables pour s’exercer,n’est p h s de t w e fer-
rallitique. Certains auteurs (.MAIGNIEN 1968) tentent alors de les assimiler à des sols ferrugi-
neux tropicaux se clévdoppant sur d’anciens sols ferrdlitiques.
Il existe des sols développés sur des matériaux détritiques très fortement quartzeux,
dont le peu de silicates (kaolinite) et sesq,uioxydes qu’ils contiennent est issu d‘une pedogé-
nèse antérieure à leur d,ép&t.Il n’y a pas actuellement d‘évolution de type ferralli.ti.quede 1,a
matière minérde. Ces sols 3ont pourtantconsidéréscomme fierrallilti,ques (de BorssEzoN
1965), et padois placés dans un groupe particulier de sols psammo~fenallitiques(CHATELIN
1966).
Ainsi sont consid.6rés comme ferraIlitiques des sols qui ,n’ont lpas la composi,tion chimi-
que de ferrallittes, mais dans lesquels I’dvohtion se fiait vers 1.a ferrallitisation. D’autres sols
qui ont la composition requise sont écart.és du groupe des sols ferraI1iti’quesparce que les
variations climatiques induisent un nouveau type d’altération. La limite à partir de laquelle
ces paléo-ferrallites sont rejetées du groupe des sols ferraIlitiques est difficile 2 préciser,
probablement est-ce avec l’apparition d’un climatsemi-aride.D’autre part, certains sols
69
psammitiques qui pourraient aussi être considérés comme des paléo-ferrallites, sont clas-
sés dans les régions humides comme sols ferrallitiques.
La recherche d’explications génétiques a conduit souvent à mettre en regard la tendance
évolutive, ou si l’on préfère le cc processus d‘évolution, et la composition statique actuelle
))
du matériau. Il semble, d’après les cas précédents, quel’on classe certains sols comme ferral-
litiques parfois en raison du processus évolutif, parfois en raison de leur composition.
Il peut paraître abusif d’avoir réduit le concept .central des sols ferrallitiques aux pruces-
sus. d’altération, ou à l’existence des minéraux formés gknéralement par ces processus. En
effet danstoutes les définitions des sols ferrallitiquesquiont Cté citéesprécédemment,
matière organique et morphologie genérale des profils sont mentionnées en général avant
l’altération. Il semb,lemalheureusement que cela corresponde ,plus à une déclaration d’inten-
tion qu’à l’indication de critères précis.
En ce qui concerne la .matière organi,que, elle est définie suivant d,es termes qui sont
reconnus peu satisfaisants. S’il ne s’agissait que d’une difficu1t.é de formulation, cela serait
de peu d’importance. Mais il ne semble guère y avoir d‘unité réelle entre les matières orga-
niques de tous les sols ferrallitiques. Les sols des forêts sempervirentes reçoivent annuelle-
ment 10 ou 15 tonnes de matière végétale par hectare, I’évolution de cette matière végétale
est rapide. Il existe réellement sous ces forêts humides un type de matière organique vrai-
ment spécifique, mais quelle peut être sa parenté avec la matière organique des sols ferralli-
ti,ques moyennement et faiblement désaturés ? Avec les savanes qui couvrent ces derniers
sols, la matière organique provient surtout de la décomposition des racines du couvert gra-
mimnéen, l,a rapiditC de I’évolution de la matière végétale et organique du sol est sans com-
mune mesure avec celle caractérisant les sols forestiers. Il existe pour la matière organique
des sols ferrallitiques faiblement désaturés, plus d’analogie avec celle des sols ferrugineux
tropicaux ou fersiallitiques qu’avec celle des sols ferrallitiques des forêts équatoriales. Des
sols ferrallitiques de régions où l’érosion est active et la végétation ravagée par les feux de
brousse, ,on a souvent dit qu’ils ont cc la couleur et fertilité de la briqueD, .expression imagée
qui fait comprendre combien les horizons humifères p sont réduits. A l’opposé de ceux-ci, on
reconnaît des sols ferralliti,ques humifères, dans lesquels la matière organi,que s’accumule.
Leur contenu humifère s’apparente parfois PIUS à celui des andosols qu’à celui des sols fer-
rallitiques peu désaturés couverts d’une maigre savane. Il ne semble donc pas que l’on puisse
pratiquement trouver dans leur matière organi,que des caractères qui constituent la spécifi-
cité daes ,sols ferrallitiques.
La morphologie générale des profils est aussi censée contribuer à définir les sols dès le
pl,us haut niveau de classification. Il a donc kté dit que les sols ferrallitiques ont un profil
A-B-C ou A.(B)-C. C’est le cas de beaucoup de sols du monde. Sans pousser très loin l’analyse
morphologique des sols ferrallitiques, il apparaît que ce sc,héma général recouvre une variété
consid,érable de types de profils. Le paragraphe prCcéd,ent permetdéjàd’entrevoirune
gamme ,étendue d’horizons humi,fères A. On sait également que les horizons B peuvent être
meubles OU t.ransformésencuirasses. Qmnt auxhorizonsd‘altérationnotés C, ilssont
presque inexistants sur les roches dont la transformation est très brutale. Les caractères
morphologiques rapprocheront un sol ferraIlitique pénévolué d‘un sol brun eutrophe, un
sol ferraIlitique hydromorphe d’un sol ferrugineux tropical, un sol ferraIlitique humifère
d’un andosol. Probablement sera-t-il plus difficile de montrer la parenté morphologique de
ces SOIS ferrallitiques entre eux et avec les sols ferraIlitiques typiques. S’il existe malgré
70
tout des daractères morphologiques qui confèrent une unité certaine augroupement des SOIS
ferrallitiques, il reste à les mettre en évidence.
L,e complexe d’éohange, par sa capacité d’éohmge de bases et son taux de saturation,
donne une bonne caractérisation pour beaucoup de sols ferrallitiques. Mais là encore, de
trap nombreux sols s’kartent des valeurs les plus typiques pour que le complexe d’échange
apporte à la définition des sols feraallitiques .des critères indiscutables.
AUBERT& SEGALEN (1966) ont indiqué quels sont les plus fréquents des processus non
spécifiques ,qui peuvent participer à la formation des sols ferrallitiques. Ce sont l’accumula-
tion de matière organique, I’hydromorphie, I’,appauvvissement et le lessivage des argiles et
hydroxydes, les remaniements m8caniques. Il n’en sera pas question davantage, puisqu’ils ne
peuvent contribuer à identifier les sols à étudier ici.
Il a été reconnu sous les tropiques humides une catégori,e de sols, moins répandus que
les sols ferrallitiques, mais qui sur le plan de l’interprétation pédo-génétique et sur celui de
la classification a une importance comparable. Il s’agit des sols ,ferrugineux tropicaux, iden-
tifiés morphologiquement par AUBERT& MAIGNIEN(1947) puis integrés sous ce nom dans la
classification générale des sols tropicaux (AUBERT,1954).
Primitivement, .les pédologues français ont consid,éré que sols .ferraIlitiques et ferrugi-
neux tropicaux représentaient deux types d‘évolution ,que ne séparait aucune barrière clima-
tique, et qui pouvaient donc. voisiner sous forêts humides comme dans ‘les régions 5 saison
sèche. Les sols tropicaux se partageaient en ferrallitiques pour des rapports silicejalumine
inférieurs à 2, et ferrugineux pour des rapports plus élevés. C’est ainsi qu’ont été classés les
sols de Madagascar (SÉGALEN, 1957). Au Gabon,région typiquement bquatoriale, VIGNERON
(1959) ,appliquait les memes principes.
Une autre tendance (documents inédits, CRACCUS,Brazzaville, 1958) consistait à consi-
dérer comme ferrugineux tropicaux les sols sur matériaux essentiellement quartzeux (psam-
mo-ferrallitiques) situés dans les régions bquatoriales, dans lesquels aucune évolution de la
matière minérale ne paraissait pouvoir être qualifiée de ferrallitique.
Ces deux conceptions étaient difficilement compatibles et il .aurait probablement fallu
que l’une s’élimine au profit de l’autre. Maiselles avaient en commun la conséquence de
rompre la dominaxe ‘exclusive des sols .ferralliti.ques dans les régions les plus humides.
P.ar la suite, MAIGNIEN(1961, 1964) a donné une définition plus limitative des sols ferru-
gineux tropkaux, .basée sur ,des caractérisations morphologi.ques et analytiques précises. Les
sols des rkgions les plus humides, qu’ils soient à rapport silice/alumine un peu supérieur à
2 ou formés sur matériaux quartzeux, ont ainsi étC écartés de da catégorie des sols ferrugi-
neux tropicaux. La définition .des sols ferrallitiques a dû s’élargir d’autant, pour inclure en
particulier tous les sols pénévolués, ou sols jeunes, à minéraux altérables ou argiles micacés,
qui ont été progressivement découverts et dont on peut assurer qu’ils ne correspondent pas
a m conceptions primitives des sols latéritiques ou ferral,liti,ques.
Plus récemment, ont été reconnus des sols rouges, à argiles montmorillonitiques, à satu-
ration élevée, formés dans des climats à longue saison sèche (MARTIN& coll. 1966). Ils ont
été dénommés sols fersiallitiques rouges (SÉGALEN, 1967).Tels,qu’i.ls sont définis actuelle-
ment, ils ne peuvent inclure aucun des sols rouges, toujours fortement désaturés, des régions
équatoriales. Les sols rouges fersiallitiques n’interrompent donc pas la couverture ferra&
tique des régions les plus humides, ils n’apparaissent qu’à la limite de cette .couverture, en
inclusions parmi d,es sols ferrallitiques moyennement ou .faiblement désaturés.
71
Les sols ferralliti,ques, !ferrugineux, fersialliti.ques, sont dans la dassification française
les seuls sols tropicaux qui soient formés en conditions de drainage normal ou tout au moins
assez peu influencés par l’ahydromorphie, c’est-à-dire qui soient si l’on prefère ces expressions,
c( automorphes )) ou semi-aut,omorphes P, ou encore <( .ectodynamomorphes D OU
(( (( méso-
ectodynamomorphes >).En ,fonction des définitions actuelles de ces ,trois Catégories de s o k ,
on ne trouve dans les régions les PILIS humides que des sols Iferrallitiques. Bn limite de leur
répartition, à l’approche des régimes climatiques à longue saison sèche, ill se produit une
certaine imbrication avec les deux autres catégories de sols. Malgré cette limite un peu indé-
cise, les sols ferralliti,ques ont une &partition franchement zonale.
On peut bien entendu dgfinir des sols sur leurs caractères .intrinsèques et constater en
étab(1issant leur cartographi,e qu’ils ont une répartition zonale. Dans le cas des sols ferrdli-
tiques, il semble par contre que ce soit une conception zonale des sols ‘qui se soit progressi-
vement développée. Elle est la conséquence des définitions données aux catégories de s d s
voisines, qui d’un côté ,ont amené leur exclusion des régions les rplus humides (sols ferrugi-
neux tropicaux), et ‘qui d’autre part ont retiré aux ferrallites anciennes de régions devenues
assez sèches d’identité de so’ls ferra1liti.ques.
La formation progressive d’un concept zonal des sols ferrallitiques, assez contraire aux
principes généraux de la classification française ,qui veut s’appuyer autant sur les caracthres
intrinsèques des sols que sur des considérations génétiques, s’est saccompagnée d‘un élargis-
sement de leur définition. Le concept central de l’altération ferrallitique ne paraît plus spé-
cifique let exdusif des sols ferrallitiques.
Dans l’état actuel de la c1,assification française, en dehors de la .fnange incertaine qui les
limite vers les climats plus secs, la répartition des sols ferrallitiques n‘est plus interrompue
que par des andosols et, bien entendu, les sols hydromorphes.
Il est important de souligner que cette dérive vers la zonalité du concept ferrallitique
n’est pas le fait du classifictiteur (AUBERT,op. cités) qui a cherché à conserver une définition
assez strict,e. Elle s’est produite à l’occasion de travaux localisés dont les auteurs ,ont accordé
ou refus6 I’identiti. ferrallitique à certains sols, ainsi que cella a été vu dans les paragraphes
précedents.
CONCLUSION
Le prin,cipe de zonalité est l’un des sujets les plus d,ébattus de ,la pédologie, il n’est pas
question de reprendre ici son exégèse. Une seule remarque sera faite, qui s‘applique au cas
des sols ferrallitiques.
Un groupement zonal des sols permet d’établir une uni,té de classification dont les sols
ont en commun une série de caracteres qui “happent souvent à l’analyse, caractères liés au
pédodi.mat, à l’activité biologique, à la matière organique insuffisamment caractérisée par
les méthodes analytiques actuelles, etc. On peut penser qu’une unité zonale pourrait aussi
gtre recomposée par un agencement logique des vari3”bblesliées ou indépendantes, spécifiques
ou non des sols concernés, si toutes ces variables pouvaient être véritablement étudiées. Cela
peut être le cas pour les sols ferrallitiques dont beaucoup de caractères sont mal connus, en
particulier ceux concernant le pédoclimat et l’activité biologique, et pour lesquels devraient
entrer en compte beaucoup plus de caractères diffgrents ,que dans la plupart des autres clas-
ses de sols.
Ce premier tome a essayé d’kclaircir, par l’enchaînement des connaissances progressive-
ment acquises et par l’édification des concepts majeurs de la pédologie tropicale française,
72
ce que sont les sols ferrallitiques. Depuis sa création en 1954, la catégorie des sols ferralliti-
ques .a vu ses contours se modifier. La formulation d‘une définition est apparue délkate. Si
le concept centrall de la ferrallitisation s’exprime &facilement,
il est plus malaisé de mettre en
évidenlce les caractères spécifiques qui justifient la réunion de certains sols marginam aux
orthotypes ferrallitiques.
Les sols constituent un continuum dans lequel on place des limites qui paraissent
))
toujours un peu arbitraires et donc sujettes à révision. La pédologie tropicale est en Cvolu-
tion, ‘elle n’,apas encore de règles consacrées par une longue pratique. Vo?là sans doute deux
raisons qui font qu’un ouvrage spécialisé consacré aux sols ferrallitiques ne peut pas fixer
d’emblée,avec précisionetcertitude,quelestsonsujet. Les chapitres qui vont suivre
devront s’efforcer de fixer des frontières aux sols ferrallittques.
73
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91
INDEX DES NOMS D'AUTEURS
Tous les auteurs cités dans le texte sont rkppertoriés ci-après, avec les numéros des pages cor-
respondantes. Il en est de même pour les co-auteurs, bien que souvent leurs noms aient été rem-
IAacés par (< & coll. >>.Dans ce dernier cas, l'index indique m e page ou n'apparaît pas le nom en
question,maisgrâceaunomdel'auteurprincipallalistebibliographiquepermettradevérifier
facilement à quelouvrageilestfaitréférence.Quelquespublications n'ont pas été mentionnées
dans le texte mais sont cependant incluses dans la liste bibliographique. Dans l'index, les noms
de lsurs auteurs sont suivis d'un astérique.
93
DRESCH(J.), 56. J
Du BOIS (G. C.), 25, 35. JANNETTAZ (E.), 15.
DUCHAUFOUR (P.), 64, 67, 68. JOHNSON (W. D.),64.
Du TOIT (A. L.), 56. JOFFE(J. S.), 40, 60, 61.
JOURAVSKY (G.), 42.
E
IC
EDELMAN
(C. H.), 44, 51, 52, 56, 57, 61.
(M. G.), 69.
EDWARDS KAY (G.F.), 55.
ERHART
(H.), 39, 41, 45, 48, 50, 57, 65, 68. KELAART (E. F.), 16.
KELLEY,44.
KELLOGG (C. E.), 59 à 62.
F KERR (P. F.), 42.
KING (L. C.), 56.
FAUST (G. T.), 69. KING (W.), *.
FAVERJEE (J. C. L.), 44. KURON (H.),57.
FERMOR(L. L.), 20, 27, 30, 31, 32, 34, 68.
FOLLET-SMITH (R. R.),18, 47, 48, 60.
FOOTE (R. B.), 27, 29. L
FORBES, 34. LACROIX(A.), 14,20 2 22, 24 B 28, 30 a 35, 37,
Fox (C.S.), 12, 24, 28, 29, 34, 36, 39. 39, 47, 53, 58, 65, 68.
FRY (W. H.), 42. LAKE(P.), 12.
LANG (R.). 24. 29, 35, 45.
G LAPPARENT (J. de), 42, 43.
LAUE,41.
GEDROIZ(K. K.), 39. LE CHATELIER(H.), 42.
GEZE (B.), 49, 57. LEMOINE(P.), 22, 30.
GLANGEAUD (L.), 48, 49, 55. LENZ(O.), 15.
GLINKACD. K.), 13, 35, 37, 39. LEPERSONNE (J.), 56.
GOLDSCHMIDT (V. M.), 69. LEVEQUE (A.), 65.
GOODYEAR (J.),42. LE VIET KHOA,47, 48.
GRANGE (L. 1.1, 56. LIEBRICH(A.), 17, 24, 35, 69.
GREENE (H.),40, 49, 50, 52, 53, 55, 57, 60. LOGAN (J. R.), 15.
GREENOUGH (G. B.), 24. LOMBARD (J.), 40, 54, 55.
GRIM (R. E.), 42.
GUICHARD(F.), *.
GLJYOT(J.), 69.
MACLAREN (M.), 24.
MAIGNIEN(R.), 12, 13, 57, 65, 69, 71.
H MALLET,(F.R.), 15, 24, 26, 27, 34.
MANIFOLD (C. B.), 45.
HALAIS(P.), 50, 56. MARBUT(C. F.), 17, 37, 39,41, 45 à 48, 58 à 60,
HALLSWORTH .(E.G.), 41. 64.
HARDON (H. J.), 44. MARCANO, 36.
HARDY(F.), 18,40, 42, 47, 48, 50, 56, 60. MARSHALL (C. E.), 42.
HARRASSOWITZ (H.), 14, 27, 30 à 39, 45, 61. MARTIN(D.), 65.
HARRISON(J. B.), 14, 17 à 20, 22 à 28, 30 à 34, MARTIN(F. J.), 43, 48, 50, 57, 60.
37, 44,’61, 68. MATTSON (S.), 44.
HARTT(C. F.), 11. MAUGUIN(C.), 42.
HENDRICKS ( S .B.), 42, 68. MEDLICOTT (H.B.), 27, 29, 34.
HENRY(Y.), ’:. MERRILL(G. P.), 27, 30, 37.
HEUSSER(H.), 16. MEUNIER(S.), 15.
HISLOP, -j;
MILLOT(G.), 43.
HOCART (R.), 42. MILNE (G.), 40, 51, 55, 56, 60.
HOLDEN, 34. MOHR(E. C. J.), 23, 30, 40, 44, 46, 52,53,56,
HOLLAND (T. H.), 11, 28, 34, 35. 61.
HOLMES(R. S.), 49. MUKHERJEA (K. C.), 48.
HOPE, 44. MUNTZ(A.), 15, 29, 34, 36.
HULL,34, 41. MURRAY (J.), 35.
HUMBERT (R. P.), 42, 50.
N
1
NEUSTREV(S. S.), 39.
IRVINE
(R.), 35. J.), 15, 24, 31.
NEWBOLD (T.
94
O SOICOLOVSKY (A. N.), 39.
STEPHENS (G. C.), 12, 56.
OLDHAM (R.D.), 34. STREMME (H.), 13.
ORCEL(J.), 42. SULAIMAN (M.), 42, 48.
SYS(C.), 61, 64.
P
PASSARGE(L.). T
PASSARGE( S . ) , 25. TA", 44.
PAULING(L.), 42. TARDY(Y.), 69.
PAVLOVITCH (S.), 42. TATE,34.
PECHUETLOESCHE (E.),
?'<.
THORP(J.), 58 à 63.
PEDRO(G.), 69. THUGGUTT ( S . J.), 13, 24, 69.
PENDLETON (R. L.), 12, 60. TKATCHENKO (B.), 41, 47,65.
PHAMGIA Tu, 47, 48. TRICART(J.), 65.
PRESCOTT'(J. A.), 12.
U
R
ULPIANI( C e ) ,*.
RAYCHAUDHURI ( S . P.), 42, 48, 50, 57. URVOY (Y.), 56.
REFOFWITSICY(N.), 40.
REID (K. D.), (V. Harrison). V
REIFENBERG (A.), 49.
RICHTOFEN (F. Von), 29. VAGELER (P.), 29, 35 à 39, 41, 50, 57.
ROBERTS(R. C.), 60. VALLERIE (M.), 65.
ROBINSON (K.), 42. VEATCH(A. C.), 56.
ROBINSON (G.W.), 43, 46,48, 56, 60, 61,66. VERNADSKY (W. J.), 35.
ROBINSON (W. O.), 49. VIGNERON (J.), 71.
RODRIGUES ,(G.), 40, 56, 60. VINE (H.), 41, 55.
Ross (C. S.), 39, 42. VAN BAREN(F. A.), 30, 40, 52, 53, 56, 61.
ROUSSEAUX (SE.),15, 29. VAN BEMMELEN {J.M.), 14, 29.
VANHISE(C. R.), 30.
VAN MERWE(c.R.), 43, 48, 60.
S
SCAETTA (H.), 41, 46, 49, 50, 55. W
SCARSETH ( S . D.), 69.
SCHENCK (A.), 14. WALTHER (J.), 24 à 29, 31, 34, 35, 36, 37, 45.
SCHERRER (P.), 41. WARTH(H.) & (J.F.), 14, 22, 31, 32.
SCHLOESING (T.), 13. WAYLAND (E. J.), 56.
SCHMELEV (L. A.), 42. WHITEHOUSE (F. W.), 56.
SCRIVENOR (J. B.), 25, 32,34. WILLIS (B.), 56.
SEELYE (F. T.), 56. WOOLNOUGH (W. G.), 25,28, 29, 34, 37, 39.
SEGALEN (P.), 65, 67, 68, 71, 77.
SEN(A.), *. Y
§HARPE (C. F. S.), 55.
SHAW (C. F.), 39, 42. YOUNG(C. B.), 16.
SIEFFERMANN (G.), 65.
SIMPSON (E. S.), 24. z
SMITH (G. D.), 61, 63.
SMYTH (C. H.), (S. A.), 39.
ZAKHAROV
95
SOMMAIRE
.......................................
PRÉFACE
AVANT-PROPOS....................................................................... 9
CHAPITRE PREMIER . . L'éttide des latérites durant le 19e siècle et les trois premières
décades d u 20" ............................................................ 11
1.1. BUCHANANet
le terme << ........................................
latérite B 12
1.2. Lesconnaissanlces minéralogiques .et les méthodes d'analyses . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3. Premières découvertes sur la composition ferrugineuse et alumineuse des laté-
rites ...................................................................... 14
1.4. L'altération des roohes et .la formation des produits latéritiques . . . . . . . . . . . . 15
14.1. La découverte fondamentale faite par BAUER.......................... 16
14.2. LesTravaux de HARRISON en Guyane .................................. 17
14.3. Les travaux de LACROIX à Madagascar et en Guinée .................... 20
14.4. Travaux divers sur l'altérationlatéritique ............................ 22
1.5. L'étude génétique des latérites en fonction de leur environnement . . . . . . . . . . 24
15.1. La dbpendance des latérites vis-à-vis du climat ........................ 24
15.2. Les influences lithologiques ........................................... 25
15.3. La .m orpho1ogi.e des latérites et l'action des nappes .................... 26
15.4. La place physiographique des latérites ................................ 27
15.5. L'âge des latérites .................................................... 28
15.6. Remarques diverses .................................................. 29
1.6. Définitions, terminologies, classifications. Les grandes controverses .......... 29
16.1. Définition générale de la 1atérisati.on .................................. 30
16.2. Définition de l'altération et terminologie descriptive des latérites ...... 30
16.3. Les controverses sur la définition et la classification des latérites ...... 31
1.7. Les théories tombées en désuétude ........................................ 33
1.8. Les hommes qui étudient les latérites au 19e et au début du 20' siècle . . . . . . . . 36
97
22.1. La minéralogi.e des argiles ............................................. 41
22.2. Les altkrations ........................................................ 42
22.3. La formation des argiles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.3. L'analyse morphologique et physio-chimique des sols 1atériti.ques . . . . . . . . . . 45
23.1. L'étude morphologique, le solum et le profil géologique . . . . . . . . . . . . . . . . 45
23.2. Le lessivage, ou éluviation ............................................ 47
23.3.Les caractérisations analyti.ques ...................................... 48
2.4. L'évolution des sols 1at.ériti.quesdans le contexte écologique et physiographique 49
24.1. Sols latéritiques et climats. le principe de zonalité .................... 49
24.2. Catena, toposéquence. chaîne de sols .................................. 51
24.3.Le modelé latéritique >> .............................................
<( 53
24.4. Autochtonie ét allochtoni.e des sols .................................... 55
24.5. Le developpement des sols au cours du temps ........................ 56
2.5. Les premières olassifications pédologiques ................................ 57
2.6. Les équipes de recherche .................................................. 60
2.7. Fin de la période historique x et début de la période moderne . . . . . . . . . . . . . .
G 61
CHAPITRET R O I S I È..~ Les concepts actuels sur les sols ferrnllifiqttes ................ 63
....................
3.1. Quand il s'agit de sol ferrallitique, qu'est-ce que le sol ? 64
3.2.Les définitions des sols ferrallitiques ...................................... 66
3.3.Le conceptcentral etseslimites ........................................ 68
3.4.Les caractères non spécifiques ou secondaires .............................. 70
3.5. Vers une conception zonale des sols ferrallitiques .......................... 71
3.6. Conclusion ................................................................ 72
.....................................................................
BIBLIOGRAPHIE 75
...........................................................
INDEXDESNOMSD'AUTEURS 93
98
..
~
1
O.R.S.T.O.M. ~
énérale Direction : 1
O.R.S.T.O.M. Editeur
1.T.Q.A.-CAHORS. - 20.099
Dépôt légal : 4' trim.1972