L3 – MEU 351 Université Paris–Saclay
Feuille 2 Année 2022/2023
Exercice 1.— Montrer que H = ℓ2R := {u = (un ) ∈ RN t.q. 2
P
n≥0 |un | converge} est un espace
de Hilbert pour le produit scalaire X
⟨u|v⟩ = un vn
n≥0
si tant est que ce soit bien défini.
R1
Exercice 2.— Déterminer les couples (a, b) ∈ R2 tels que l’intégrale I(a, b) = 0 |t2 − at − b|2 dt
soit minimale. On se placer sur R2 [X] munit d’un produit scalaire bien choisi.
Exercice 3.— On considère l’application
Z 2π
1
⟨·, ·⟩ : C[X] × C[X] −→ C , (P, Q) −
7 → P (eit ) Q(eit ) dt .
2π 0
1. Montrer que ⟨·, ·⟩ définit un produit scalaire hermitien sur C[X] puis que (X k )k∈N est une
base (algébrique) orthonormée de C[X] pour ce produit scalaire.
2. Soit P = X n + n−1 i 2
P
i=0 ai X , n ∈ N. Calculer ∥P ∥ .
3. Soit M = sup|z|=1 |P (z)|. Montrer que M ≥ 1 et étudier le cas d’égalité.
PN
Exercice 4.— Soit H = ℓ2R et, pour N ∈ N fixé, le sev MN := {u ∈ H t.q. k=0 uk = 0}.
1. Montrer que u = (un )n∈N ∈ H 7→ N
P
k=0 uk ∈ C est continue et en déduire la décomposition
H = MN ⊕ MN .⊥
⊥ = {u ∈ H t.q. u = · · · = u ∈ C et u = 0 pour tout k > N }.
2. Montrer que MN 0 N k
R1
Exercice 5.— Soit E = C([0, 1], R) muni du produit scalaire ⟨f, g⟩ = 0 f (t)g(t) dt.
1. Pourquoi est-on sûr de l’existence de la projection orthogonale de exp sur RN [X] pour N ∈ N
? Déterminer cette projection explicitement lorsque N = 0 et N = 1.
2. Montrer que la fonction exp n’a pas de projection orthogonale sur le sev R[X].
3. Soit F = {f ∈ E t.q. f (0) = 0}. Montrer que F ⊥ = {0}. Que peut-on en déduire sur le sev
F ?
R1
4. On munit maintenant F de la norme ∥ · ∥∞ et on définit C = {f ∈ F t.q. 0 f (x)dx = 0}.
Montrer que C est un convexe fermé non vide de (F, ∥·∥∞ ), calculer d(Id, C) = inf c∈C ∥Id−c∥∞
(où Id : x 7→ x ∈ F ) et montrer que cette distance n’est pas atteinte. Que peut-on en conclure
?
1
Exercice 6.— Soit H un espace de Hilbert. Déterminer une expression de la projection sur la
boule unité fermée de H.
Exercice 7.— Soit H = ℓ2R := {u ∈ RN t.q. u ∈ ℓ2 } et C = {x = (xn )n∈N ∈ H t.q. ∀n ∈ N, xn ≥
0}. Démontrer que C est un convexe fermé et déterminer l’expression de la projection orthogonale
sur C. Mêmes questions en remplaçant ℓ2R par ℓ2C , puis par L2 (R) et C par {f ∈ L2 (R) t.q. f ≥
0 p.p.}.
Exercice 8.— Soit H un espace de Hilbert et T ∈ L(H). Montrer que : Ker T ∗ = (Im T )⊥ et
Im T ∗ = (Ker T )⊥ .
Exercice 9.— Soit H un espace de Hilbert et H ′ son dual topologique. Montrer que H ′ est un
espace de Hilbert une fois muni d’un certain produit scalaire que l’on précisera.
Exercice 10.— Soit H = ℓ2C . Montrer que les opérateurs suivants appartiennent à L(H) et
déterminer leurs adjoints :
1. T : x = (xn )n∈N ∈ H 7→ (an xn )n∈N , où a = (an )n∈N ∈ ℓ∞ ,
2. Sd : x = (xn )n∈N ∈ H 7→ (0, (xn )n∈N ),
3. Sg : x = (xn )n∈N ∈ H 7→ (xn )n∈N∗ .
Exercice 11.— Soit H = L2 ([0, 1]). Montrer que les opérateurs suivants appartiennent à L(H) et
déterminer leurs adjoints :
Rx
1. S : f ∈ H 7→ 0 f (t) dt,
R1
2. T : f ∈ H 7→ 0 K(x, y)f (y) dy, où K ∈ L2 ([0, 1] × [0, 1]).
Exercice 12.— (Un peu plus sur les projections orthogonales)
Soit H un espace préhilbertien.
1. Soit p : H → H une projection linéaire (i.e. une application linéaire telle que p ◦ p = p). Montrer
l’équivalence entre les assertions suivantes :
i) p est une projection orthogonale (i.e. p(x) ⊥ x − p(x) pour tout x ∈ H),
ii) Im p = (Ker p)⊥ ,
iii) p est auto-adjoint (i.e. ⟨p(x), y⟩ = ⟨x, p(y)⟩ pour tous x, y ∈ H),
iv) p est une application 1-lipschitzienne,
v) la norme de p vaut 0 ou 1.
2. Soit M un sev de H. Montrer l’équivalence entre les assertions suivantes :
i) pour tout x ∈ H, il existe u ∈ M tel que ∥x − u∥ = inf v∈M ∥x − v∥,
ii) pour tout x ∈ H, il existe un unique u ∈ M tel que ∥x − u∥ = inf v∈M ∥x − v∥ et u est l’unique
élément de M tel que x − u ⊥ v pour tout v ∈ M ,
iii) il existe une projection linéaire orthogonale sur M (i.e. une une projection linéaire orthog-
onale p telle que Im p = M ),
iv) H = M ⊕ M ⊥ .
Montrer enfin que si l’une de ces conditions est vérifiée, alors M = (M ⊥ )⊥ et M est fermé, puis
que ces conditions sont toujours vérifiées lorsque M est complet.
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Exercices supplémentaires
Exercice 13.— Soit E un espace préhilbertien réel. Montrer la réciproque du théorème de Pythagore,
i.e. si x, y ∈ E vérifient ∥x + y∥2 = ∥x∥2 + ∥y∥2 , alors ⟨x, y⟩ = 0. Qu’en est-il lorsque E est un
espace préhilbertien complexe ?
Exercice 14.— Soit E un espace préhilbertien. Montrer que l’égalité a lieu dans l’inégalité de
Cauchy-Schwarz,
|⟨x, y⟩| ≤ ∥x∥ ∥y∥,
si et seulement si x et y sont colinéaires.
Exercice 15.— Soit E un espace préhilbertien complexe et u un endomorphisme de E tel que
⟨u(x), x⟩ = 0 pour tout x ∈ E. Montrer que u = 0 (On pourra appliquer l’équation précédente à
x + y et x + iy où x, y appartiennent à E).
Ce résultat subsiste-t-il si l’on suppose que E est un espace préhilbertien réel ?
Exercice 16.— Soit E = Mn,p (C) et ⟨·, ·⟩ : (A, B) ∈ E × E 7→ Tr (t A B). Montrer que (E, ⟨·, ·⟩)
est un espace de Hilbert dont la norme associée vérifie, lorsque n = p, ∥AB∥ ≤ ∥A∥∥B∥.
Exercice 17.— (E, ∥ · ∥) un R-e.v.n. dont la norme ∥ · ∥ satisfait l’égalité du parallélogramme. On
définit pour tout (x, y) ∈ E 2 ,
1
φ(x, y) = (∥x + y∥2 − ∥x − y∥2 ).
4
1. Montrer que φ est une fonction symétrique.
2. Pour tout y fixé, montrer que la fonction ℓy qui à x associe φ(x, y) ∈ R est impaire et continue
sur (E, ∥ · ∥).
3. Calculer, pour tout x ∈ E, φ(x, x).
4. Soit (x, y, z) ∈ E 3 . Ecrire l’identité du parallélogramme pour les couples de vecteurs (x, y + z)
et (x, y − z). Montrer alors que
φ(x + y, z) = 2φ(y, z) + φ(x − y, z)
puis en déduire que
φ(x + y, z) − φ(x, z) − φ(y, z) = 0.
5. Montrer que pour tout rationnel r, φ(rx, y) = rφ(x, y).
6. Montrer que φ est un produit scalaire et en déduire une condition nécessaire et suffisante
pour que (E, ∥ · ∥) soit une espace préhilbertien dont la norme associée est ∥ · ∥.
Exercice 18.— Pour p ∈ [1, +∞] \ {2}, montrer que (Lp (R, R), ∥ · ∥p ) n’est pas un espace
préhilbertien (c-à-d qu’il n’existe pas de produit scalaire sur Lp (R) associé à la norme ∥ · ∥p ).
On pourra utiliser le résultat précédent en regardant les fonction 1[0,1/2] et 1]1/2,1] .
Exercice 19.— (Version complexe de l’exercice 16) Soit (E, ∥ · ∥) un C-e.v.n. Montrer que si ∥ · ∥
satisfait l’égalité du parallélogramme, alors
1
φ : (x, y) ∈ E × E 7−→ (∥x + y∥2 − ∥x − y∥2 + i∥x + iy∥2 − i∥x − iy∥2 )
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3
définit un produit scalaire hermitien sur E dont la norme associée est ∥ · ∥.
Exercice 20.— Déterminer les triplets (a, b, c) ∈ R3 tels que l’intégrale I(a, b, c) = |x3 − ax2 −
R
R+
bx − c|2 e−x dx soit minimale.
Exercice 21.— (Théorème de Lax-Milgram)
Soit H un espace de Hilbert et b : H × H → K une forme bilinéaire (si K = R) ou sesquilinéaire
(si K = C) continue. On rappelle qu’il existe alors un unique A ∈ L(H) tel que b(u, v) = ⟨u, Av⟩
pour tous u, v ∈ H. On suppose de plus que b est coercive, i.e. qu’il existe un réel c > 0 tel que
|b(u, u)| ≥ c∥u∥2 pour tout u ∈ H.
1. a) Montrer que l’on a ∥Av∥ ≥ c∥v∥ pour tout v ∈ H.
b) En déduire que A est injectif et que Im A est un sev fermé de H.
c) Montrer que (Im A)⊥ = {0} et en déduire que A est surjectif.
d) Montrer que l’inverse de A, A−1 : H → H, appartient à L(H).
2. Soit φ : H → H ′ , a 7→ φa : h ∈ H 7→ b(h, a) = ⟨h, Aa⟩.
a) Montrer φ est bien définie, linéaire si K = R et antilinéaire si K = C, et que ∥φa ∥H ′ ≤
∥Aa∥ pour tout a ∈ A.
b) En déduire φ est continue et que ∥φa ∥L(H,H ′ ) ≤ ∥A∥L(H) (où L(H, H ′ ) = L(H, H ′ )
si K = R et désigne l’ensemble des opérateurs antilinéaires continus de H dans H ′ si
K = C).
c) Montrer que φ est bijective.
d) Montrer que son inverse φ−1 : H ′ → H est continue.