Sacrées Sorcières
par Roald Dahl
Résumé
Le héros est un petit garçon de sept ans vivant avec sa grand-mère suite à la
mort de ses parents dans un accident de voiture. L’enfant et la vieille femme
sont très proches et un jour celle-ci lui dévoile un fait surprenant : non seulement
les sorcières existent, mais elles sont partout ! Ces créatures à l’apparence de
femmes normales et qui ne pensent qu’à exterminer les enfants peuplent la
planète entière mais surtout la Norvège, où justement vivent nos deux
personnages. Croiser une sorcière dans ce pays n’est pas chose rare et c’est pour
cela que Grand-mère sait comment les reconnaître, d’autant qu’elle a été
sorcièrologue par le passé. Elle apprend à son petit-fils qu’une sorcière porte
toujours une perruque qui la gratte affreusement car elle est totalement chauve ;
elle est aussi gantée en n’importe quelle saison puisqu’elle ne possède pas
d’ongles mais de longues griffes. De plus, elle peut être démasquée à son
boitement dû à la douleur que lui causent ses chaussures qui cachent ses pieds
carrés et sans orteils. Si l’on regarde attentivement, la salive d’une enchanteresse
est bleue. Mais ce qui la caractérise avant tout c’est son odorat : ses larges
narines retroussées lui permettent de « flairer un enfant qui se trouve de l’autre
côté de la rue, en pleine nuit ».
Le garçon et sa grand-mère se voient obligés de déménager en Angleterre afin
de respecter le testament des défunts, bien qu’ils auraient aimé rester en
Norvège. Ils décident d’y retourner dès les vacances scolaires, mais ils
abandonnent cette idée lorsque Grand-mère tombe malade, et ils se contentent
donc de passer l’été dans une station balnéaire sur la côte britannique. Pour le
consoler, elle offre deux souris blanches à son petit-fils. Afin d’échapper au
directeur de l’hôtel, il choisit de dompter les rongeurs dans une salle réservée
aux conférences. Une réunion de la Société Royale pour la Protection de
l’Enfance Persécutée est prévue mais le garçon s’installe tout de même et se
cache derrière un paravent situé au fond de la pièce. Toutefois, lorsque le
congrès débute, le garçon se rend compte que les vieilles dames sont en réalité
les sorcières venues de toute l’Angleterre ! Il constate que les portes sont
verrouillées et tente alors de se remémorer les paroles de sa grand-mère : « Un
enfant propre sent horriblement mauvais pour une sorcière. Plus tu es sale,
moins elle te sent. […] En y réfléchissant, je crois bien que je n’avais pas pris
de bain depuis notre arrivée. »
Sur l’estrade, la plus laide, la plus effrayante et la plus puissante des sorcières
tient un discours : c’est la Grandissime Sorcière. Elle les terrorise toutes par sa
colère et en fait même disparaître une d’un simple regard. Elle expose son
nouveau plan à ses consœurs : toutes devront ouvrir un magasin de bonbons et
en distribuer gratuitement à un maximum d’enfants. À chacune des confiseries
sera ajoutée une goutte de la Potion Souris à Retardement afin de transformer en
souriceaux ceux qui auront eu le malheur d’en manger. La Grandissime Sorcière
fait venir un garçonnet nommé Bruno Jenkins pour prouver l’efficacité de la
préparation ; et en effet, en moins d’une minute, il est métamorphosé en un gros
souriceau. L’assemblée saute de joie et, convaincue d’avoir enfin trouvé le
moyen qui supprimera les enfants du monde entier, s’apprête à quitter la salle.
Mais juste avant de partir, une sorcière perçoit l’odeur du garçon caché. Pris au
piège, il est alors transformé en petit mammifère à son tour. Il parvient
néanmoins à échapper aux sorcières et retrouve Bruno ; ensemble, ils rejoignent
Grand-mère dans sa chambre d’hôtel. Quand elle comprend ce qui s’est passé,
elle ressent une grande tristesse, mais son petit-fils maintient que tant qu’il
possède pensée et parole humaines, être une souris ne présente que des
avantages : « Les enfants doivent aller à l’école. Pas les souris ! Les souris ne
passent pas d’examens. Elles n’ont aucun souci d’argent. En fait les souris
n’ont que deux ennemis : les êtres humains et les chats. […] Quand les souris
grandissent, elles ne font pas la guerre aux autres souris. »
Après avoir narré son aventure, le jeune souriceau décide de pénétrer dans la
chambre de la Grandissime Sorcière, justement située sous la sienne. Il parvient
à dérober un flacon de la Potion Souris à Retardement en passant par la fenêtre,
échappant de justesse à l’affreuse femme. Il entreprend alors de se faufiler dans
les cuisines de l’hôtel afin de verser la solution dans la nourriture destinée aux
congressistes de la Société Royale pour la Protection de l’Enfance Persécutée. Il
survit aux couteaux des cuisiniers et, une fois sa mission accomplie, rejoint sa
grand-mère qui l’attend dans la salle à manger. À peine a-t-elle le temps
d’expliquer au père de Bruno ce qu’il est advenu de son fils qu’un brouhaha
venant d’un coin de la pièce se fait entendre. Sous le regard perplexe des autres
résidents, l’assemblée tout entière de congressistes est en train de peu à peu
changer d’apparence. Le corps des femmes se couvre de poils, des griffes leur
poussent et une queue de souris apparaît : une trop forte dose du mélange
magique ajouté à leur nourriture a eu un effet immédiat sur tout le
rassemblement : « en quelques secondes, toutes les sorcières avaient disparu et
de petites souris brunes grouillaient sur les deux tables. »
Le jeune souriceau et Grand-mère vivent à présent heureux en Norvège, dans
une maison entièrement adaptée à la petite taille du rongeur, et bien qu’ils aient
débarrassé l’Angleterre de ses sorcières, ils restent insatisfaits car le reste du
monde n’en est pas pour autant soulagé. De plus, la Grandissime Sorcière a
automatiquement été remplacée au moment de sa disparition. Toutefois, Grand-
mère a déjà tout planifié et s’est renseignée auprès de l’hôtel pour connaître
l’adresse de la dirigeante des sorcières. Elle compte bien se procurer la recette
de la Potion Souris à Retardement de manière à l’utiliser contre les sorcières du
monde entier. Plus enthousiaste que jamais, l’enfant-souriceau accepte de
consacrer sa vie à la tâche.