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Apollo 13

Apollo 13, mission spatiale américaine de 1970, visait à faire atterrir des astronautes sur la Lune, mais a été marquée par un grave accident entraînant l'abandon de la mission. L'équipage, composé de Jim Lovell, Jack Swigert et Fred Haise, a dû utiliser le module lunaire Aquarius pour survivre et retourner sur Terre après avoir contourné la Lune. L'enquête post-mission a révélé des erreurs de conception et de fabrication, entraînant des modifications pour les futures missions Apollo.

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Apollo 13

Apollo 13, mission spatiale américaine de 1970, visait à faire atterrir des astronautes sur la Lune, mais a été marquée par un grave accident entraînant l'abandon de la mission. L'équipage, composé de Jim Lovell, Jack Swigert et Fred Haise, a dû utiliser le module lunaire Aquarius pour survivre et retourner sur Terre après avoir contourné la Lune. L'enquête post-mission a révélé des erreurs de conception et de fabrication, entraînant des modifications pour les futures missions Apollo.

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Apollo 13

Apollo 13 (11 avril 1970 - 17 avril 1970) est la troisième


Apollo 13
mission du programme spatial américain Apollo ayant
Mission spatiale avec
pour objectif de faire atterrir des hommes sur la Lune.
équipage
Elle est connue pour avoir été le théâtre, durant le transit
entre la Terre et la Lune, d'un accident grave, qui aurait
pu être fatal pour l'équipage et qui imposa l'abandon de la
mission et le retour vers la Terre.

La mission a pour objet de conduire un équipage jusque


sur la Lune : les astronautes Jim Lovell et Fred Haise
doivent se poser près de la formation géologique Fra
Mauro, site d'un des impacts d'astéroïde les plus
importants à la surface de la Lune, tandis que Ken
Mattingly doit rester en orbite. Mais la NASA pense que
Insigne de la mission.
ce dernier risque d'attraper la rougeole du fait de la
maladie d'un autre astronaute, et Jack Swigert est envoyé Données de la mission
à sa place. Vaisseau • CSM Apollo
(CSM-109)
Pendant le trajet vers la Lune, l'explosion d'un réservoir • LM Apollo (LM-7)
d'oxygène met hors d'usage le module de service Apollo Type vaisseau Modules habités
qui, dans un contexte normal, fournit à la fois l'énergie,
Objectif Atterrissage sur le
l'eau, l'oxygène et le système propulsif durant la majeure cratère de Fra Mauro
partie de la mission. Pour survivre, l'équipage se réfugie
Équipage • Jim Lovell
dans le module lunaire Aquarius, dont il utilise les • Jack Swigert
ressources relativement limitées. Le vaisseau ne peut pas • Fred Haise
faire demi-tour et doit contourner la Lune avant de Indicatif radio • CM : Odyssey
revenir sur Terre, qu'il ne peut atteindre au mieux qu'au • LM : Aquarius
bout de plusieurs jours. Des procédures sont mises au Lanceur Fusée Saturn V
point par les équipes au sol pour faire fonctionner le (SA-508)
vaisseau dans ces conditions très dégradées et conserver Date de lancement 11 avril 1970 19 h 13
suffisamment de consommables (en particulier l'énergie UTC
et l'eau) pour permettre la survie de l'équipage et la Site de lancement LC-39, Centre
réalisation des manœuvres indispensables jusqu'au retour spatial Kennedy
sur Terre. Date d'atterrissage 17 avril 1970
18 h 7 min 41 s UTC
L'enquête menée après le dénouement heureux de la Site d'atterrissage Océan Pacifique Sud
mission démontre que l'accident résulte d'une erreur de 21° 38′ 24″ S,
manipulation et de plusieurs anomalies dans la 165° 21′ 42″ O
conception et la fabrication du réservoir d'oxygène. Des Durée 5 jours
mesures sont prises pour les corriger lors des missions 22 h 54 min 41 s
suivantes. Photo de l'équipage

Contexte
Le programme Apollo, lancé par le président John F.
Kennedy le 2 mai 1961, a pour objectif d'envoyer pour la
première fois des hommes sur la Lune avant la fin de la
décennie. Il s'agit de démontrer la supériorité des États-
Unis sur l'Union soviétique dans le domaine spatial,
devenu un enjeu politique dans le contexte de la guerre
1
froide . Le 20 juillet 1969, l'objectif fixé à l'agence
spatiale américaine, la NASA, est atteint lorsque les
astronautes de la mission Apollo 11 parviennent à se
2
poser sur la Lune . La mission Apollo 12, qui lui succède
quatre mois plus tard, confirme ce succès et valide la
3
procédure permettant l'alunissage de précision . Jim Lovell, Jack Swigert et Fred Haise.

Apollo 13 est la troisième mission ayant pour objectif de Navigation


permettre à des hommes de se poser sur la Lune. Sept
Apollo 12 Apollo 14
autres missions sont programmées, dont six missions
« J », qui disposent d'un module lunaire plus lourd
4
emportant un jeep lunaire et permettant un séjour prolongé avec trois sorties extravéhiculaires. Mais les
restrictions budgétaires, motivées par une conjoncture économique plus difficile et l'atteinte de l'objectif
fixé par Kennedy, commencent à toucher sévèrement le programme Apollo : la dernière mission planifiée,
Apollo 20, est annulée et l'arrêt de la production des fusées géantes Saturn V est programmé, ce qui ne
5
laisse aucun espoir que le programme se poursuive .

Sélection du site d'alunissage


La mission Apollo 12 a permis de mettre au point une
technique d'alunissage plus économe en carburant et plus
précise. Les responsables du programme ont décidé en
conséquence de réduire la quantité minimale d'ergols que le
module lunaire Apollo doit conserver, ce qui permet de
choisir un site à une latitude plus éloignée de l'équateur
Note 1
lunaire . La nécessité de disposer d'un site d'atterrissage
de rechange pour pallier le glissement de la date de lancement
est également levée, ce qui permet d'inclure des coordonnées
Note 2 Le cratère Fra Mauro se situe au centre
situées plus à l'ouest . La précision de l'atterrissage
démontrée au cours de la mission précédente permet de cette photo.

également de choisir des régions caractérisées par un relief


plus tourmenté, car les astronautes n'ont plus besoin que d'une
6
zone dégagée de relativement petite taille (ellipse de 1,5 km) .
Le site de l'atterrissage du module lunaire retenu par les géologues associés au programme spatial est
situé au nord du cratère Fra Mauro, à 180 kilomètres à l'est du site d'atterrissage d'Apollo 12. Cette région
de collines est recouverte par les éjectas et débris de l'impact géant qui a créé, quelques centaines de
millions d'années après la formation des planètes, la mer des Pluies (Mare Imbrium) située à l'est.
L'analyse de ces roches présente un intérêt majeur, car elles proviennent sans doute des profondeurs et
donc de la croûte d'origine : à ce titre, elles constituent des reliques de matériaux qui, sur Terre, ont
complètement disparu de la surface, du fait de la tectonique des plaques. Les scientifiques espèrent
également pouvoir déterminer la date de l'impact à partir des échantillons de roches ramenés par les
7
astronautes et ainsi établir les relations avec les formations géologiques voisines .

Objectifs scientifiques
8
Les principaux objectifs scientifiques de la mission Apollo 13 sont :

Étudier la surface et la géologie du site de Fra Mauro et collecter une quarantaine de


kilogrammes d'échantillons de roches, composés de roches individuelles, de fragments de
roches et poussière en fournissant le contexte (photos) ;
Déployer et mettre en marche l'ensemble instrumental ALSEP, qui doit contribuer à
déterminer la structure interne de la Lune, la composition et la structure de sa surface, les
processus qui modifient celle-ci et enfin la séquence d'événements ayant abouti aux
caractéristiques actuelles de la Lune. Les instruments scientifiques de l'ALSEP
comprennent un sismomètre passif PSE, un sismomètre actif ASE, un détecteur d'ions
supra-thermiques SIDE, un instrument de mesure des particules chargées CPLEE, une
9
jauge cathodique froide CCGE, un détecteur de poussières et un réflecteur laser LRRR ;
Poursuivre la mise au point des techniques de travail à la surface de la Lune ;
Réaliser des photographies des sites d'atterrissage potentiels ;
Collecter des informations sur la structure interne de la Lune en faisant s'écraser sur un
site précis à la surface de la Lune le troisième étage de la fusée Saturn V et en analysant
les ondes sismiques mesurées par les sismomètres déposés par la mission Apollo 12.

Déroulement prévisionnel de la mission Apollo 13


La mission Apollo 13 reprend le déroulement de la mission
10
précédente Apollo 12 :

L'ensemble formé par le module de commande et


de service Apollo (CSM) et le module lunaire (LM)
est placé sur une orbite terrestre basse par une
fusée Saturn V ;
Deux heures trente (T+2 h 30 min) après le
décollage, le troisième étage du lanceur est
rallumé pour injecter les vaisseaux sur une
trajectoire de transfert vers la Lune, puis cet étage
est largué et le CSM manœuvre pour s'amarrer au Déroulement prévu de la deuxième sortie
LM ; extravéhiculaire à la surface de la Lune.
Quatre corrections de trajectoire sont
programmées durant le transit entre la Terre et la
Lune ;
77 heures après le décollage (T+77 h), le moteur du module de service du CSM est mis à
feu pour insérer l'ensemble sur une orbite basse autour de la Lune ;
À T+99 h, le module lunaire, avec deux astronautes à bord, se détache du CSM pour
descendre sur le sol lunaire ;
Au cours de leur séjour à la surface de la Lune, d'une durée de 33 heures et demie, les
astronautes effectuent deux sorties extravéhiculaires de quatre à cinq heures. Ils déploient
sur le sol lunaire les différents instruments scientifiques composant l'ALSEP et collectent
des roches, en parcourant respectivement environ 1,5 et 2,6 km ;
À T+137 h, l'étage de remontée du module lunaire décolle avec son équipage et les
roches collectées et s'insère sur une orbite lunaire. Les astronautes effectuent plusieurs
manœuvres pour réaliser un rendez-vous orbital avec le CSM. Le module lunaire s'amarre
à celui-ci 3 h 30 min après avoir décollé. Quelques heures plus tard, le module lunaire est
largué ;
À T+167 h 30 min, le moteur du module de service est allumé pour injecter le CSM sur
une trajectoire de retour vers la Terre ;
Plusieurs manœuvres de correction de trajectoire sont prévues durant le transit entre la
Lune et la Terre ;
À T+240 h 34 min, le module de service est largué et le module de commande entame sa
rentrée dans l'atmosphère terrestre. Trente minutes plus tard, il amerrit dans l'Océan
Pacifique, à environ 300 kilomètres au sud de l'Île Christmas.

Équipage
L'équipage d'Apollo 13, nommé par la NASA le
11
6 août 1969 , est composé de trois anciens pilotes
12
militaires :

Jim Lovell (40 ans) est le commandant de la


mission. Recruté par la NASA en 1962, c'est un
vétéran du programme spatial, avec trois vols. Il a
participé à deux missions du programme Gemini.
Une première fois en tant que pilote du vol
Gemini 7, puis en tant que commandant de la
mission Gemini 12. Il a également fait partie, en
tant que pilote du module de commande, de la Haise et Lovell s'entrainent au
mission Apollo 8, premier vol à quitter l'orbite de la maniement des outils qu'ils devront
Terre pour faire le tour de la Lune. utiliser à la surface de la Lune.
Jack Swigert (38 ans) est le pilote du module de
commande. Il remplace, une semaine avant le
lancement, Ken Mattingly, (33 ans) préalablement désigné, mais soupçonné d'avoir peut-
être été contaminé par le virus de la rougeole. C'est sa première mission spatiale.
Fred Haise (35 ans) est le pilote du module lunaire. C'est aussi sa première mission
spatiale.
L'équipage de réserve, mobilisable en cas de défaillance d'un ou plusieurs membres titulaires, est
12
constitué de l’équipage du futur Apollo 16 :

John W. Young : commandant.


Ken Mattingly : pilote du module de commande. Il devait à l'origine faire partie du vol
Apollo 13, mais ayant été exposé à la rougeole par l'un des membres d'équipe de réserve
(Charles Duke), cela l'oblige à prendre le poste de
réserve, attribué à l'origine à Jack Swigert.
Toutefois, il n'a pas contracté la maladie redoutée.
Charles Duke : pilote du module lunaire.

Vaisseau Apollo
L'équipage d'Apollo 13 embarque à bord d'un vaisseau formé
d'un ensemble de quatre modules distincts (cf. Schéma 1).

D'une part, le module de commande et de service d'Apollo (le De gauche à droite : Haise, Lovell et
CSM, acronyme de Command and Service Module). De plus Swigert prennent leur dernier repas avant
de 30 tonnes, il transporte les astronautes à l'aller et au retour le lancement.
et il est lui-même composé du module de commande (le CM,
pour Command module) et du module de service (le SM,
Service Module). C'est à l'intérieur du premier que les trois astronautes vivent durant la majeure partie de
la mission et dans le second que sont regroupés presque tous les équipements nécessaires à la survie de
l'équipage : le moteur de propulsion principal, les sources d'énergie, d'oxygène, d'eau etc.

De facon plus détaillée:

Le module de commande pèse 6,5 tonnes et est de forme conique. Sa structure externe
se compose d'une double paroi, une enceinte constituée de tôles en nid d'abeilles à base
d'aluminium qui renferme la zone pressurisée et un épais bouclier thermique qui recouvre
la première paroi et permet au module de protéger les occupants de la chaleur produite
par la rentrée atmosphérique. C'est le seul des quatre modules qui revient sur Terre.
L'espace pressurisé dans lequel doivent vivre les astronautes est très exigu, son volume
habitable n'excède pas 6,5 m3. Les astronautes sont installés sur trois couchettes côte à
côte parallèles au milieu du cône et suspendues à des poutrelles partant du plancher et
du plafond (la pointe du cône). En position allongée, les astronautes ont en face d'eux,
suspendu au plafond, un panneau de commandes de deux mètres par un présentant les
principales commandes et voyants de contrôles. Les cadrans sont répartis en fonction du
rôle de chacun des membres de l'équipage. Sur les parois latérales se trouvent des baies
réservées à la navigation, d'autres panneaux de commande ainsi que des zones de
stockage de nourriture et de déchets. Pour la navigation et le pilotage, les astronautes
utilisent un télescope et un ordinateur qui exploite les données fournies par une centrale
inertielle. Le vaisseau dispose de deux écoutilles. Une première, située à la pointe du
cône, comporte un tunnel d'accès au module lunaire lorsque celui-ci est amarré au
vaisseau. Une seconde, sur la paroi latérale, sert sur Terre à entrer dans le vaisseau et
dans l'espace aux sorties extravéhiculaires (le vide est alors fait dans la cabine dépourvue
de sas). Les astronautes disposent de cinq hublots pour effectuer des observations et
réaliser les manœuvres de rendez-vous avec le module lunaire. Le module de commande
dépend du module de service pour les principales manœuvres, pour l'énergie et pour le
13
support-vie ;
Le module de service est un cylindre d'aluminium non pressurisé de 5 mètres de long et
3,9 mètres de diamètre pesant 24 tonnes. Il est accouplé à la base du module de
commande et la longue tuyère du moteur-fusée principal de 9 tonnes de poussée en
dépasse de 2,5 mètres. Il est organisé autour d'un cylindre qui contient les réservoirs
d'hélium servant à pressuriser les réservoirs d'ergols principaux ainsi que la partie haute
du moteur principal. Autour de celui-ci, l'espace est découpé en six secteurs en forme de
parts de gâteau. Quatre de ces secteurs abritent des réservoirs d'ergols (18,5 tonnes). Un
secteur contient trois piles à combustible qui fournissent la puissance électrique, et de
l'eau en sous-produit, ainsi que deux réservoirs d'hydrogène et deux réservoirs d'oxygène.
L'oxygène est également utilisé pour renouveler l'atmosphère de la cabine. Le module de
service contient également des radiateurs qui dissipent l'excédent de chaleur du système
électrique et régulent la température. Quatre grappes de petits moteurs de contrôles
d'attitude sont disposées sur le pourtour du cylindre. Une antenne grand gain comportant
13
cinq petites paraboles assure les communications à grande distance ;

D'autre part, le module lunaire Apollo (le LM, acronyme pour Lunar Module), est utilisé par deux des
astronautes pour descendre sur la lune, y séjourner et retourner en orbite pour rejoindre le module de
commande et de service. Le module lunaire est lui-même composé de deux étages : un premier permet
d'alunir et sert de plate-forme de lancement au second, qui retourne en orbite et ramène les astronautes au
vaisseau en orbite. L'indicatif radio du CSM est Odyssey, tandis que celui du module lunaire est
Aquarius.

De facon plus détaillée:

L'étage de descente du module lunaire, qui pèse plus de 10 tonnes, a la forme d'une
boîte octogonale d'un diamètre de 4,12 mètres et d'une hauteur de 1,65 mètre. La fonction
principale de l'étage de descente est d'amener le LM sur la Lune. À cet effet, l'étage
dispose d'un moteur fusée à la fois orientable et à poussée variable de 4,7 et 43,9 kN. Le
comburant, du peroxyde d'azote (5 tonnes), et le carburant, de l'aérozine 50 (3 tonnes),
sont stockés dans quatre réservoirs placés dans les compartiments carrés situés aux
quatre coins de la structure. Le moteur se trouve dans le compartiment carré central. Le
deuxième rôle de l'étage de descente est de transporter tous les équipements et
consommables qui peuvent être abandonnés sur la Lune à la fin du séjour, ce qui permet
14
de limiter le poids de l'étage de remontée ;
L'étage de remontée du module lunaire pèse environ 4,5 tonnes. Sa forme complexe,
qui résulte d'une optimisation de l'espace occupé, lui donne l'allure d'une tête d'insecte. Il
est essentiellement composé de la cabine pressurisée qui héberge les deux astronautes
dans un volume de 4,5 m3 et du moteur de remontée avec ses réservoirs d'ergols. La
partie avant de la cabine pressurisée occupe la plus grande partie d'un cylindre de
2,34 mètres de diamètre et de 1,07 mètre de profondeur. C'est là que se tient l'équipage
lorsqu'il n'est pas en excursion sur la Lune. Sur la cloison avant, chaque astronaute a
devant lui un petit hublot triangulaire (0,18 m2) ainsi que les principales commandes de
vol et cadrans de contrôle regroupés par panneaux généralement dédiés à un sous-
système. Les commandes et contrôles communs sont placés entre les deux astronautes
(par exemple la console d'accès à l'ordinateur de navigation), certaines commandes sont
doublées (commandes pilotant l'orientation et la poussée des moteurs), les autres
commandes sont réparties en fonction des tâches assignées à chaque astronaute. Les
panneaux de commandes et coupe-circuit se prolongent sur les parois latérales situées de
part et d'autre des astronautes. L'arrière de la cabine pressurisée est beaucoup plus exigu
(1,37 × 1,42 m pour 1,52 m de haut) : son plancher est plus haut de 48 cm et, de plus,
encombré par un capot recouvrant le sommet du moteur de remontée. Les parois
latérales sont occupées par les rangements et à gauche, par une partie du système de
contrôle environnemental. Au plafond se trouve l'écoutille utilisée pour passer dans le
module de Commande derrière laquelle se trouve un tunnel court (80 cm de diamètre pour
46 cm de long) comportant un système de verrouillage utilisé pour solidariser les deux
14
vaisseaux .
Schéma 1 - Les quatre modules formant le vaisseau spatial lancé vers la Lune .
Étage de descente du module lunaire : 0 Jupe inférieure du module de descente
- 1 Train d'atterrissage - 2 Échelle - 3 Plateforme. Étage de remontée du module
lunaire : 4 Écoutille - 5 Propulseurs contrôle d'attitude - 6 Antenne bande S - 7
Antenne bande S orientable - 8 Antenne du radar de rendez-vous - 9 Hublot utilisé
pour le rendez-vous orbital lunaire - 10 Antenne VHF - 11 Cible utilisée pour
l'amarrage - 12 Écoutille supérieure. Module de commande : A Compartiment
équipage - G Bouclier thermique - H Hublots de rendez-vous - I Tunnel de
communication. Module de service : B Radiateurs des piles à combustible - C
Propulseurs contrôle d'attitude - D Radiateurs du système de contrôle de
l'environnement - E Antennes grand gain orientables - F Tuyère du moteur principal.

Déroulement de la mission

Lancement (11 avril 1970)


La fusée Saturn V qui emporte la mission Apollo 13 décolle le 11 avril 1970. Le lanceur, utilisé par la
mission précédente Apollo 12, avait été frappé à deux reprises par un éclair au cours du décollage,
occasionnant un arrêt momentané de plusieurs systèmes clés du vaisseau spatial. Le déclenchement du
phénomène était dû à la création d'un sillage de particules ionisées par le lanceur, mettant en relation, via
la colonne de gaz conductrice formée, le sol et la couche basse des nuages, caractérisés par des potentiels
différents. Pour mesurer les perturbations du champ électrique créées par le lanceur au niveau du sol,
plusieurs capteurs ont été répartis sur le site de lancement pour la mission Apollo 13 et recueillent des
15
informations exploitables .

Le moteur central du deuxième étage du lanceur s'éteint deux minutes trop tôt mais les quatre autres
moteurs fonctionnent plus longtemps, ce qui permet de compenser la perte de poussée. Ce système de
gestion de la poussée des moteurs en cas de défaillance avait été expérimenté dès les premiers vols des
fusées Saturn I. Les investigations menées par la suite montreront que le moteur s'est éteint à cause d'un
effet pogo (phénomène oscillatoire) particulièrement élevé, induisant des fléchissements de la structure de
poussée atteignant 7,6 cm. Des modifications seront introduites dans la conception des lanceurs suivants
pour réduire ce phénomène. Le vaisseau Apollo et le
troisième étage de la fusée se placent sur l'orbite de parking
visée (orbite terrestre basse à une altitude de 190 km). Deux
heures plus tard, la propulsion du troisième étage est
rallumée : le vaisseau Apollo quitte son orbite et se place sur
une trajectoire devant le conduire jusqu'à la Lune.

Le troisième étage de la fusée Saturn V est largué, tandis que


l'ensemble formé par le module de commande et de service
Apollo et le module lunaire Apollo poursuit sa course vers la
Lune. Au cours des missions précédentes, cet étage de la
fusée avait été placé sur une orbite héliocentrique. Pour la
mission Apollo 13, l'étage S-IVB est dirigé vers la surface de
la Lune. L'objectif est de mesurer les ondes sismiques
générées par l'impact de l'étage à l'aide du sismomètre passif
déposé sur le sol lunaire par l'équipage d'Apollo 12. L'étage
Décollage de la fusée Saturn V
de 14 tonnes s'écrase à une vitesse de 2,6 km/s (10 000 km/h)
emportant la mission Apollo 13.
à environ 140 kilomètres du sismomètre, produisant
l'équivalent de l'explosion de 7,7 tonnes de TNT. Les ondes
sismiques arrivent au sismomètre environ 28 secondes plus tard et continuent de se produire durant un
16
temps très long, phénomène jamais observé jusque-là sur Terre .

Position des piles à combustibles et des réservoirs d'oxygène dans le module de


service
Schéma 2 : écorché du module de Le réservoir d'oxygène no 2, de forme
service montrant l'emplacement des sphérique, s'intercale entre les piles à
2 réservoirs d'oxygène (2), des trois combustibles situées au-dessus et les
piles à combustibles (1) et des deux réservoirs d'hydrogène situés en dessous.
réservoirs d'hydrogène (3).

Deux des trois piles à combustibles.

Explosion du réservoir d'oxygène

Le 14 avril 1970 vers 3 h 7 UTC, soit presque 56 heures après le lancement et à peu près à mi-parcours de
la destination du vaisseau (à plus de 300 000 kilomètres de la Terre), Swigert déclenche, à la demande du
Centre de contrôle de mission de Houston, le brassage, par un ventilateur, de l'oxygène contenu dans le
réservoir no 2. Il s'agit d'un des deux réservoirs situés dans le module de service qui, d'une part,
fournissent l'atmosphère respirable de la capsule Apollo et, d'autre part, alimentent les trois piles à
combustible qui produisent l'électricité — et l'eau — du vaisseau. Ce brassage de routine sert à
homogénéiser l'oxygène conservé sous pression à l'état liquide, afin d'optimiser le fonctionnement du
capteur qui mesure la quantité d'oxygène restante.
16 secondes plus tard, l'équipage entend une explosion
sourde, tandis qu'une alarme se déclenche à la suite d'une
chute de tension sur le circuit électrique B du module de
18
commande .

Les astronautes l'ignorent, mais un court-circuit électrique,


produit par le câble d'alimentation (en partie dénudé) du
ventilateur à l'intérieur du réservoir d'oxygène no 2, a
déclenché la combustion de la couche d'isolant entourant le
Le centre de contrôle à Houston, durant
câblage électrique, portant la température à plus de 500 °C. la retransmission télévisée peu avant
La pression résultante a fait exploser le réservoir. Le bruit l'explosion du réservoir d'oxygène.
provoqué fait immédiatement réagir les astronautes. C'est à ce
moment que Swigert prononce ces mots devenus
célèbres : Fichier audio
« Houston, on a eu un problème. (écouter fichier Houston, nous avons eu un problème
audio) »
0:00
Le Capcom, Jack Lousma, l'invite à répéter mais c'est La célèbre phrase prononcée par Jack Swigert lors
Lovell qui prononce alors à nouveau la phrase. Ce dernier de sa conversation radio avec Houston : Swigert : I
précise ensuite que la tension du circuit électrique B a believe we've had a problem here. (Je crois que
nous avons eu un problème ici) - Lousma (centre de
chuté, tout en indiquant que la situation s'est rétablie
contrôle sur Terre à Houston) : This is Houston. Say
quelques secondes plus tard.
again, please (Ici Houston, répétez s'il vous plait) -
Lovell: Houston, we've had a problem. We've had a
Durant les premières minutes, l'équipage ne perçoit pas la Main B Bus Undervolt (Houston, nous avons eu un
gravité de la situation. Il se consacre à un problème problème. La tension du bus électrique principal B
apparemment plus important : l'ordinateur a redémarré et est tombée en sous-tension) - Lousma : Roger. Main
les valves de certains des petits propulseurs du système B Undervolt (Bien reçu. Sous tension du bus
de contrôle d'attitude se sont fermées. Toutefois, au principal B). - Lousma: Okay, stand by, 13. We're
looking at it (Très bien, attendez, 13. Nous allons
centre de contrôle de Houston, le responsable des
regarder ça.) 17.
systèmes électriques du vaisseau, Sy Liebergot, constate,
avec son équipe, d'autres anomalies bien plus Des difficultés à utiliser ces médias ?
Note 3
graves . L'antenne grand gain fixée sur le module de
service a cessé de fonctionner et les communications
passent désormais par l'antenne faible gain, omnidirectionnelle. D'autre part, des dizaines d'indicateurs
indiquent que divers équipements du vaisseau spatial ne fonctionnent plus normalement. Selon eux, les
piles à combustible nos 1 et 3 sont dépressurisées et ne fournissent plus de courant. Seule la pile à
combustible no 2 en fournit encore. La pression dans le réservoir d'oxygène no 2 semble nulle, tandis que
celle du réservoir no 1 chute rapidement. Le vaisseau a complètement perdu un des deux circuits de
distribution électrique et tous les équipements qui s'y rattachent.

Le souffle de l'explosion a éjecté le panneau extérieur du module de service et partiellement coupé une
conduite du réservoir d'oxygène no 1. Le panneau éjecté a également endommagé l'antenne grand gain
fixée à proximité. Extérieurement, ces dégâts seraient facilement visibles, mais la forme même du module
de commande et la position de ses hublots empêchent les astronautes situés à l'intérieur d'apercevoir cette
partie du module de service.
Pour l'équipage, les conséquences de l'explosion sont potentiellement très graves. Le retour sur Terre, du
fait des lois de la mécanique spatiale, n'est pas envisageable avant plusieurs jours. Durant ce laps de
temps, l'équipage doit disposer de suffisamment d'énergie, d'eau, d'oxygène et d'ergols pour survivre.
L'énergie est indispensable pour faire fonctionner l'électronique, dont dépend le fonctionnement de tout le
vaisseau et en particulier les corrections de trajectoire (calcul des manœuvres, déclenchement des
propulseurs), le maintien de l'orientation indispensable aux corrections de trajectoire et à la stabilité
thermique, les résistances chauffantes qui maintiennent une température supportable dans l'habitacle et
pour certains équipements. L'énergie d'Apollo est fournie par des piles à combustibles — qui
consomment de l'hydrogène et de l'oxygène — et des batteries. Dans les deux cas, l'électricité stockée
n'est pas renouvelable (pas de panneaux solaires). L'eau est évidemment vitale pour la survie des
astronautes mais elle sert surtout à refroidir les éléments de l'électronique qui ne pourraient fonctionner
sans régulation thermique. Dans le vide, la chaleur est difficile à dissiper. La solution retenue consiste à
l'évacuer par sublimation, en rejetant de l'eau réchauffée dans l'espace. Or, cette méthode consomme en
permanence d'importantes quantités d'eau (beaucoup plus que l'équipage lui-même). Enfin, l'oxygène
présent dans l'atmosphère doit être régulièrement renouvelé et débarrassé du CO2 dégagé par la
Note 4
respiration des astronautes afin de permettre leur survie pendant la durée de la mission .

Diagnostic
Dans la salle de contrôle, Liebergot pose dans un premier temps un diagnostic prudent : il pourrait s'agir
d'un faux problème généré par les instruments de mesure. Mais au bout de quelques minutes consacrées à
des contrôles plus poussés, les spécialistes au sol se rendent compte que le problème ne tient pas à des
mesures anormales. Ils tentent avec l'équipage plusieurs manipulations pour tenter de remettre en marche
le circuit électrique et les piles à combustible. Il s'est écoulé environ onze minutes depuis l'incident,
lorsque Lovell aperçoit par le hublot situé au milieu de l'écoutille des particules qui s'échappent du
vaisseau. Ce que voit l'astronaute, c'est l'oxygène liquide qui fuit des réservoirs éventrés. Sans connaître
l'origine du problème, le centre de contrôle demande alors à l'équipage de commencer à éteindre les
équipements non essentiels pour réduire la consommation électrique, en attendant de résoudre le
problème. Il est également invité à fermer les valves des piles à combustible 1 et 3 pour arrêter la fuite,
19, 20
mais cette action n'arrête pas la chute de la pression dans les réservoirs .

Le module lunaire vaisseau de sauvetage


Finalement, Liebergot prend conscience que l'équipage ne parviendra pas à remettre en service les piles à
combustible et que les réservoirs à oxygène du module de service sont perdus. L'objectif n'est plus
désormais d'accomplir la mission mais de sauver l'équipage. Il demande alors au directeur de vol, Gene
Kranz, d'empêcher la dernière pile à combustible encore opérationnelle de puiser dans le réservoir
d'oxygène de secours, situé à bord du module de commande, afin de préserver celui-ci pour la phase
finale du vol. Kranz, comprenant brutalement la gravité de la situation, se fait confirmer cette demande,
puis accepte de relayer l'instruction à l'équipage. Les contrôleurs tentent pendant quelques minutes encore
de sauver la dernière pile à combustible, mais celle-ci décline aussi à mesure que l'oxygène s'épuise.
45 minutes après le début de l'incident, Liebergot annonce à Kranz qu'il faut envisager d'utiliser le
Note 5
module lunaire (ou LEM, ou LM) comme vaisseau de secours , car ses spécialistes indiquent que la
dernière pile à combustible ne fonctionnera pas plus de deux heures.
Dans des circonstances normales, le LM reste en sommeil jusqu'à l'approche de la Lune, afin
d'économiser son énergie fournie par des batteries. Les seuls équipements allumés sont des résistances
chauffantes, alimentées par le module de commande et de service, qui maintiennent une température
minimale. Il faut donc réactiver le LEM. Mais cette opération complexe, normalement lancée depuis le
module de commande, n'est plus possible, faute d'énergie. Les techniciens doivent donc mettre au point
une série d'instructions pour aller puiser l'énergie nécessaire dans les batteries du module de descente.
Heureusement, une simulation effectuée un an auparavant avait déjà traité ce cas. Elle avait abouti à la
mort virtuelle de l'équipage, mais les techniciens avaient ensuite trouvé une solution pour écarter ce
risque. À la demande du centre de contrôle, l'équipage s'installe aux commandes du LM pour exécuter la
séquence d'instructions définie par les spécialistes du module lunaire. La tension est à son comble car,
selon les dernières estimations de l'équipe de Liebergot, la dernière pile à combustible cessera de
fonctionner dans 15 minutes. Finalement, ce délai suffit à réactiver les équipements du module lunaire.
Les astronautes initialisent manuellement la centrale à inertie, en reprenant les valeurs fournies par celle
19
du module de commande et en les transposant (les deux centrales sont tête-bêche) . À l'intérieur du
module de commande, le pilote, Swigert, désactive tous les équipements y compris le chauffage, pour
préserver les deux batteries qui seront utilisées pour les ultimes manœuvres avant la rentrée
atmosphérique et durant celle-ci. Il rejoint ensuite Lovell et Haise dans le module lunaire Aquarius,
appelé à servir de canot de sauvetage jusqu'au retour à proximité de la Terre. Aquarius n'est pas conçu
pour accueillir trois hommes, mais ses équipements permettent à l'équipage de disposer de suffisamment
19
d'eau, d'électricité et d'oxygène pour assurer sa survie jusqu'à son retour sur Terre .
Schéma 3 : Trajectoire et manœuvres effectuées par la mission Apollo 13. 1 Orbite
de parking - 2 Injection sur une orbite de transfert vers la Lune - 3 Largage du
troisième étage - 4 1re correction de trajectoire - 5 Explosion du réservoir
d'oxygène puis abandon de la mission - 6 2e correction de trajectoire - 7
Injection sur une orbite de transfert vers la Terre - 8 3e correction de trajectoire - 9
4e correction de trajectoire - 10 Largage du module lunaire - 11 Amerrissage - S
Lieu d'impact du troisième étage sur la Lune - A Position de la Lune au lancement -
B Position de la Lune à l'amerrissage.
Les distances ne sont pas à l'échelle de la Terre, la Lune est environ neuf fois plus
éloignée.

Sélection cruciale de la trajectoire de retour


Maintenant que la survie à court terme de l'équipage n'est plus menacée, les spécialistes de la mécanique
spatiale du centre de contrôle étudient comment ramener l'équipage sur Terre le plus rapidement possible,
avant que soient épuisées les ressources limitées en énergie et en oxygène. Parmi les options étudiées
figure celle consistant à faire demi tour immédiatement. Les spécialistes ont calculé qu'en utilisant tout le
carburant disponible dans le module de service Odyssey, il est possible d'effectuer une telle manœuvre,
baptisée direct abort (abandon direct) par la NASA. Mais les réservoirs d'ergols et le moteur-fusée sont
situés dans le même module que le réservoir d'oxygène qui, on le sait désormais, a subi une explosion
dont l'étendue des dégâts est inconnue. La mise à feu du moteur-fusée pourrait déclencher une explosion
qui aggraverait la situation, voire tuerait immédiatement l'équipage. L'autre scénario consiste à laisser le
vaisseau Apollo contourner la Lune et revenir sur Terre, ce qu'il doit faire naturellement sur la lancée de
son mouvement actuel (trajectoire de retour libre). La seule manœuvre nécessaire serait une légère
correction de trajectoire durant le trajet de retour, afin de ne pas manquer la Terre, manœuvre pouvant être
effectuée à l'aide du moteur de l'étage de descente du module lunaire Aquarius. Mais ce scénario recule la
date du retour sur Terre et impose à l'équipage de trois personnes de séjourner encore plus de 80 heures
dans un module lunaire conçu normalement pour alimenter deux personnes en énergie, air et eau pendant
48 heures seulement. Au centre de contrôle, les spécialistes sont divisés. Kranz, le responsable des
opérations, décide de choisir ce dernier scénario car il reste trop peu de temps pour planifier un retour
21, 22
direct et la moindre erreur enverrait le vaisseau s'écraser sur la Lune .

Les spécialistes du centre de contrôle ne disposent que de quelques heures pour mettre au point de
nouvelles procédures afin d'effectuer les opérations indispensables à la survie de l'équipage dans une
21
configuration qu'aucune simulation, aussi poussée soit-elle, n'a jamais prévue :
le recours au moteur de l'étage de descente du
module lunaire, pour effectuer les manœuvres de
correction de trajectoire dans une configuration
incluant le module de commande et de service,
n'avait pas été prévu (la position du centre de
masse et de la masse, atypique pour une mission
Apollo, influe sur le résultat de la poussée du
moteur). Les spécialistes mettent au point un
programme de calcul des paramètres de
manœuvre en quelques heures à peine ;
pour économiser l'énergie résiduelle des petites
batteries du module de commande en vue de la
rentrée atmosphérique, les responsables du
centre de contrôle décident d'éteindre tous les
instruments du module de commande et de les
réactiver seulement au moment d'entamer ces La surface de la Lune, photographiée par
manœuvres. Or, aucune procédure n'existe pour l'équipage d'Apollo 13 depuis le module
remettre en marche le module de commande en lunaire Apollo. Le module de commande
vol. Normalement, cette opération délicate est et de service est visible à droite.
effectuée deux jours avant le lancement. Les
spécialistes mettent donc au point, à chaud, une
procédure adaptée, tenant compte en outre du peu de courant disponible. Toujours dans
le dessein de minimiser la consommation d'électricité, ils prennent également le risque
d'attendre la fin de la procédure de réveil du CSM pour rallumer les instruments de
vérification de l'exactitude des instructions.

Survol de la Lune
Une première manœuvre est effectuée environ six heures après l'accident, pour replacer le vaisseau sur
une trajectoire qui le ramène de manière naturelle vers la Terre. Le moteur de l'étage de descente du
23
module lunaire fonctionne durant 34 secondes . Seize heures plus tard, le vaisseau contourne la Lune à
une distance de 254 km. Les communications sont interrompues durant 25 minutes car la Lune s'interpose
entre la Terre et le vaisseau. L'équipage bat à ce moment le record de distance à la Terre (400 171 km),
car l'orbite choisie est plus haute que pour les missions précédentes et la Lune est à l'apogée de son
24
orbite .

Sans une nouvelle correction de trajectoire, le vaisseau doit amerrir dans l'océan Indien 152 heures après
son lancement. Or les consommables restants, en particulier l'eau et l'électricité, sont insuffisants pour
garantir la survie de l'équipage à cette échéance. Après avoir envisagé de réduire le temps de transit
restant de 36 heures par une manœuvre risquée (le largage immédiat du module de service, exposant
longuement le bouclier thermique au vide spatial, et l'utilisation de tous les ergols disponibles dans les
réservoirs de l'étage de descente), les responsables du centre de contrôle optent pour une solution moins
extrême qui fait gagner seulement 12 heures. La manœuvre intervient deux heures après le
contournement de la Lune. Le moteur-fusée de l'étage de descente fonctionne durant 264 secondes,
21, 25
modifiant la vitesse du vaisseau de 262 m/s .
Synthèse utilisation des modules Apollo
Consommables
Quantité
Principales Principaux restante au Utilisation Utilisation après
Module
caractéristiques équipements moment de normale explosion
l'accident ⇒ en
26
fin de mission

Séjour de
l'équipage sauf
Complètement
durant
Ordinateurs de désactivé
Masse Réservoir excursion à la
navigation et Réactivé et
Module de 6,5 tonnes oxygène surface de la
de pilotage de réoccupé par
commande Volume habitable Batteries (99 ⇒ Lune, ou il n'en
la propulsion l'équipage pour la
de 6,5 m3 3 couchettes
118 ⇒ 29 Ah) accueille qu'un.
rentrée
Seul module
atmosphérique en
revenant sur
fin de mission.
Terre

Permet au
module de
commande de
N'est pratiquement
fonctionner
plus utilisé :
durant toute la
Propulsion équipements
3 piles à mission
principale détruits (piles à
combustible Utilisé pour les
Antenne à combustibles,
Masse 24 tonnes (énergie et eau) principales
Module de faible et grand oxygène, antenne
Module non Oxygène (225 kg) manœuvres
service gain grand gain) ou
pressurisé Hydrogène d'injection en
Propulseurs fiabilité douteuse
Ergols (18,5 ⇒ orbite lunaire,
contrôle (propulsion).
18,4 t.) puis de retour
d'attitude Largué quelques
sur la Terre
heures avant le
Largué
retour sur Terre.
quelques
heures avant le
retour sur Terre
Abrite les
2 astronautes
durant
l'excursion de
48 heures à la
Ordinateurs de surface de la
navigation et Lune
de pilotage de Oxygène (24 ⇒ Permet de Abrite les trois
la propulsion 14 kg) piloter le astronautes
Étage de Emplacement Batteries (voir module lunaire Fournit eau et
Masse
remontée pour infra) durant la oxygène durant la
4,5 tonnes
(module 2 astronautes Eau (153 ⇒ descente sur la mission
Volume habitable
lunaire en apesanteur 23 kg) Lune et la Largué
Apollo) de 4,5 m3 Système de Ergols du remontée immédiatement
propulsion système de Propulsion avant la rentrée
Propulseurs propulsion assurant la atmosphérique.
contrôle remontée de la
d'attitude surface de la
Lune
Largué depuis
l'orbite lunaire
avant le retour
vers la Terre

Étage de Masse 10 tonnes Système de Batteries des Étage propulsif Propulsion utilisée
descente propulsion deux étages utilisé pour pour toutes les
(module Équipements (2 719 ⇒ 410 Ah) descendre sur manœuvres de
lunaire scientifiques Ergols (8,3 ⇒ le sol lunaire modification de
Apollo) 4,6 t.) Transporte les trajectoire
équipements Principale source
utilisés à la d'énergie
surface de la Largué
Lune immédiatement
Laissé à la avant la rentrée
surface de la atmosphérique.
Lune

Retour sur Terre


Afin d'économiser de l'énergie pour la rentrée dans
l'atmosphère, 80 % des équipements électriques sont coupés
et seuls les systèmes de communication avec Houston sont
maintenus en état de marche. Parmi les systèmes arrêtés
figurent le système de guidage du vaisseau et le chauffage
assuré par des résistances électriques, ce qui fait chuter la
température à l'intérieur du module lunaire à 9 °C, et à 3 °C
dans le module de commande. L'arrêt de l'ordinateur
complique les corrections de trajectoire. À cause du
rationnement de l'eau consécutif à l'explosion (l'eau est
produite par les piles à combustible qui ne fonctionnent plus),
Fred Haise contracte une infection urinaire et arrive sur Terre
avec de la fièvre. Les trois hommes se trouvent confrontés à L'équipage, dont Swigert visible sur la
un autre problème : la teneur en CO2, dangereux à forte photo, bricole un adaptateur pour
concentration, augmente dans Aquarius, car le système de éliminer le dioxyde de carbone de
l'atmosphère du vaisseau.
soutien-vie n'a pas été conçu pour héberger l'équipage au
complet durant plusieurs jours. Un des spécialistes de la salle
27, 28
de contrôle, Ed Smylie, met au point un dispositif pour éliminer le CO2 excédentaire . Les
astronautes confectionnent un adaptateur à l'aide de sacs en plastique, de carton et de ruban adhésif
renforcé. Grâce à ce bricolage — surnommé « mailbox », « boîte aux lettres » en français —, ils peuvent
utiliser les cartouches de rechange des filtres à air du module de commande pour remplacer le filtre à air
29, 30
du module lunaire, d'un format différent .

Malgré la dernière correction de trajectoire, le vaisseau Apollo s'écarte de sa trajectoire (on découvrira par
la suite que l’évaporation de l'eau du système de refroidissement du module lunaire exerce une faible
poussée permanente sur le vaisseau). Une correction s'impose pour que le vaisseau entame sa rentrée dans
l'atmosphère sous l'angle exact souhaité (si l'angle est trop ouvert, le module de commande risque de
freiner trop brutalement et de brûler ; s'il est trop fermé, il ricochera sur l'atmosphère et se perdra dans
l'espace). Mais le système de navigation du module lunaire ayant été arrêté, les astronautes ne disposent
pas des mesures nécessaires pour effectuer cette manœuvre. L'équipage effectue donc cette correction en
utilisant une technique mise au point dans le cadre des programmes Gemini et Mercury et reposant sur un
relevé du terminateur à la surface de la Terre. Une deuxième correction est effectuée un jour plus tard à la
demande de l'Atomic Energy Commission (AEC). En effet, le module lunaire transporte un générateur
thermoélectrique à radioisotope (RTG) SNAP-27, destiné à rester à la surface de la Lune pour alimenter
les instruments ALSEP mais qui va désormais s'écraser sur Terre. La charge de Plutonium 238 utilisée
comme source de chaleur par ce RTG est contenue dans un blindage qui, normalement, doit résister à la
rentrée atmosphérique. Mais l'AEC demande que les restes du module lunaire s'écrasent le plus loin
possible de toutes terres habitées. La trajectoire est donc modifiée une deuxième fois, cette fois à l'aide
des moteurs du RCS du module lunaire (poussée d'une durée de 21,5 secondes), pour faire plonger les
31
restes d'Aquarius dans la fosse des Tonga, profonde de 10 kilomètres .

Au centre de contrôle de la mission à Houston, Le module de service endommagé,


Deke Slayton montre aux responsables du photographié peu après son largage,
centre et de la mission le bricolage (surnommé près de la Terre, alors que l'équipage
« mailbox ») proposé pour éliminer le dioxyde est toujours à bord du module lunaire
de carbone de l'atmosphère du vaisseau. (17 avril).

Le module lunaire, qui a servi de Célébration au centre de contrôle après le


chaloupe de sauvetage à l'équipage, retour sur Terre de la mission Apollo 13. Trois
photographié juste avant que celui-ci des quatre directeurs de vol sont visibles au
n'entame son retour sur terre à bord premier plan : de gauche à droite Gerald D.
du module de commande. Griffin, Eugene F. Kranz et Glynn S. Lunney.
Haise, Lovell et Swigert débarquant sur
le navire d’assaut amphibie, USS Iwo
Jima (LPH-2).

Rentrée atmosphérique et amerrissage


Avant la rentrée dans l'atmosphère, l'équipage se réinstalle
dans Odyssey, seul capable de les ramener sur Terre grâce à
son bouclier thermique. Ils réactivent, étape par étape, les
systèmes du module. Ils commencent par larguer le module
de service. Ils aperçoivent pour la première fois, à leur grande
surprise, que le panneau situé au niveau du réservoir
d'oxygène a été expulsé. Le module lunaire Aquarius est
largué très peu de temps avant d'entamer la rentrée
atmosphérique, pour minimiser la consommation des
ressources limitées en oxygène et surtout en énergie du
module de commande, qui ne fonctionne plus que grâce à ses
batteries de rentrée. Lorsque le module lunaire est largué,
celui-ci peut encore fournir de l'oxygène pendant 124 heures Amerrissage du vaisseau Apollo 13 dans
mais de l'eau durant seulement cinq heures et demie et de l'Océan Pacifique, le 17 avril 1970.
32
l'électricité durant quatre heures et demie .

Normalement la rentrée atmosphérique après une mission lunaire s'accompagne d'une perte de liaison
radio d'environ quatre minutes, causée par l'apparition de plasma incandescent autour du bouclier
thermique de la capsule, qui perturbe le passage des ondes radio autour du vaisseau. Le temps de silence
(en anglais : blackout) lors de la rentrée du module de commande d'Apollo 13 durera cependant six
minutes, soit 87 secondes de plus que prévu. Cette durée a plus tard été attribuée à un angle de rentrée
légèrement plus plat que l'angle optimal, ce qui a fait durer la rentrée un peu plus longtemps que prévu.
Les équipes au sol ont un dernier moment de frayeur à cause de cette durée de silence trop importante,
craignant alors que le bouclier thermique ait été endommagé par l'explosion dans le module de service et
que l'équipage ait péri calciné lors de la rentrée atmosphérique.
Le vaisseau amerrit finalement dans l'Océan Pacifique entre la Nouvelle-Zélande et les Îles Fidji, à six
kilomètres du navire d'assaut amphibie USS Iwo Jima (LPH-2), navire amiral de la flotte chargée de
récupérer les astronautes. Après avoir été récupérés par l'Helicopter 66 — un hélicoptère Sikorsky SH-3
Sea King affecté à la récupération des astronautes —, les trois hommes sont hissés sains et saufs à bord
33
du navire, de même que le module de commande .

Résultats de l'enquête sur l'accident


Dès le retour de l'équipage, une commission est nommée pour
enquêter sur l'accident. Ses membres sont des responsables
d'établissement de la NASA (Goddard, Ames), des hauts
responsables de la NASA ainsi que l'astronaute Neil
Armstrong. L'enquête permet de démontrer que l’accident
résulte bien de la surpression d'un des réservoirs d'oxygène et
permet de remonter la chaîne d'événements y ayant conduit,
34, 35
en identifiant les erreurs commises :

le réservoir d'oxygène no 2, à l'origine de


l'accident, avait été initialement installé par North
American Rockwell sur le module de service de la
mission Apollo 10 (numéro série SM-106), mais Schéma en coupe du réservoir d'oxygène
dut être démonté — ainsi que son « étagère » no 2, montrant les différents composants
support — pour corriger un potentiel problème dont le thermostat, les moteurs des
d'interférences radio. Lors de sa manipulation à hélices chargés de brasser l'ergol, la
l'aide d'une grue, un des quatre boulons de sonde de température et la jauge.
fixation ne fut pas desserré, ce qui déforma
l'ensemble sur environ 5 cm vers le bas et faussa
l'une de ses conduites de remplissage/vidange.
Après quelques tests supplémentaires — qui ne
comportaient pas de remplissage du réservoir
avec de l'oxygène liquide — en novembre 1968, la
NASA décida de réinstaller le réservoir et son
support dans le module de service SM-109, prévu
pour la mission Apollo 13 et livré au Centre spatial
Kennedy en juin 1969 ;
pendant les tests liés à la préparation du vol
(Countdown Demonstration Test), qui débuta le
16 mars 1970, il était prévu de remplir les
Graphique montrant l'évolution des
réservoirs du module de service afin de les tester.
Ces réservoirs étaient ensuite vidangés, mais le paramètres du réservoir d'oxygène no 2
(pression, température, quantité
réservoir no 2 refusa de se vider ;
d'oxygène) avant et pendant l'explosion,
la déviation de la conduite de vidange fut alors avec en insert un schéma de la valve de
décelée mais le réservoir fut laissé en place car il surpression.
n'était pas prévu que cette conduite d'évacuation
soit utilisée en vol ;
un rapport sur l'incident fut rédigé. Après des discussions entre la NASA et les sous-
traitants responsables de la fabrication du module de service et de ses réservoirs, il fut
décidé de retenter de vider le réservoir no 2. Cette tentative fut réalisée le 27 mars ;
face au refus du réservoir no 2 de se vider, il fut décidé de le surchauffer, afin de forcer
l'oxygène à sortir, par ébullition. Pour cela, les résistances chauffantes du réservoir no 2
furent soumises pendant 8 heures à une tension de 65 volts, ce qui était la norme
électrique pour les tests de matériel au sol ;
tous les modules Apollo avaient été modifiés afin de fonctionner électriquement sous
65 volts pour les essais au sol, et sous 28 volts une fois en vol. Les rupteurs des
thermostats des réservoirs d'oxygène furent oubliés : il s'agissait justement de deux
contacteurs qui avaient pour fonction de couper l'alimentation électrique des résistances
de chauffage lorsque la température dépassait 27 °C dans le réservoir d'oxygène ;
durant la vidange du réservoir no 2 d'Apollo 13, les deux rupteurs fondirent en se soudant
et ne furent plus en mesure de remplir leur rôle ;
le cadran indiquant la température du réservoir n'était gradué que jusqu'à 29 °C car au-
delà, les rupteurs thermostatiques étaient en théorie censés avoir déjà interrompu le
chauffage. Le cadran n'indiquant a priori rien d'anormal, le technicien chargé de vidanger
le réservoir pensa que tout s'était bien passé lors de la procédure. Cette procédure avait
d'ailleurs été approuvée par Lovell et Mattingly, du premier équipage de la mission, ainsi
que par les dirigeants et les ingénieurs de la NASA ;
on a estimé a posteriori que la température à l'intérieur du réservoir avait atteint plus de
530 °C pendant la vidange, ce qui provoqua la vaporisation des isolants en Téflon des
câblages à l'intérieur du réservoir ;
lorsque Jack Swigert actionna le brassage du réservoir no 2, après 55 h 54 min 53 s de
vol à 321 860 km de la Terre, un court-circuit entre les câbles dénudés produisit des
étincelles à l'intérieur du réservoir ;
le mélange de Téflon et d'oxygène, hautement inflammable, fit exploser le réservoir no 2,
ce qui endommagea au passage les conduites du réservoir no 1, bloqua les valves de
propulseurs de contrôle de position, souffla le panneau en aluminium du secteur no 4 du
module de service, endommagea l'antenne à grand gain et laissa l'équipage avec très peu
d'électricité et d'eau (fabriquées à partir de piles à combustibles alimentées par
l'oxygène).

Conséquences de l'accident sur le programme Apollo


Pour éviter que se reproduise semblable anomalie, ou à tout le moins en limiter les conséquences, la
commission émit des recommandations induisant principalement des modifications du module de service.
On modifia la conception du réservoir : on supprima les ventilateurs afin d'éliminer les câbles électriques.
On réduisit autant que possible la présence de matériaux susceptibles de s'enflammer, à l'instar de
l'aluminium et du téflon. Un réservoir d'oxygène et une batterie indépendante des piles à combustible
furent ajoutés afin, d'une part, de disposer d'une réserve supplémentaire d'oxygène et, d'autre part, de ne
pas dépendre des piles à combustibles en cas de défaillance de celles-ci. Des capteurs supplémentaires
furent installés au niveau des vannes des piles à combustibles afin de disposer de plus d'informations sur
leur fonctionnement. La restitution et la hiérarchisation des alarmes fut revue pour mieux mettre en
évidence les incidents graves et éviter que certaines alarmes passent inaperçues en cas d'alarmes
36
simultanées .

Les conclusions de l'enquête menées à la suite de l'accident d'Apollo 13 entraînèrent le report de la


mission suivante, Apollo 14, pour permettre d'en tirer les conséquences. Son lancement fut repoussé à
début 1971. Selon les plans fixés en août 1969, la mission Apollo 14 devait se poser dans une région
située près du cratère Littrow, qui avait peut-être été le siège d'un volcanisme récent. Mais la
reconnaissance photographique nécessaire pour identifier le site d'atterrissage devait incomber à la
mission Apollo 13 et ne put être effectuée, compte tenu des circonstances. Les responsables du
programme modifièrent donc les plans : la mission Apollo 14 reprit les objectifs d'Apollo 13, c'est-à-dire
l'étude de la formation géologique Fra Mauro. À la même époque, le programme Apollo subit de
nouvelles coupes budgétaires et les deux dernières missions furent annulées. Apollo 14 devint la dernière
37
mission de type « H », c'est-à-dire dotée d'une version allégée du module lunaire Apollo

Dans les années 1980, le module de commande fut prêté au


musée de l'Air et de l'Espace du Bourget, mais il retourna
ensuite aux États-Unis en 1995, pour les besoins de
promotion du film Apollo 13. Depuis, la capsule est conservée
au musée de l'espace Cosmosphere de Hutchinson (Kansas),
États-Unis.

Dans la culture populaire


Le vaisseau de la mission Apollo 13
Le déroulement de la mission est le sujet du film Apollo 13, (module de commande) est exposé au
sorti en 1995, qui retrace assez fidèlement son histoire et Kansas Cosmosphere and Space Center.
constitue dans le domaine cinématographique le témoignage Sur le côté, une maquette décrivant les
le plus réaliste sur le programme Apollo. Dans la version parties endommagées du module de
anglaise, la plupart des transmissions radio sont les bandes service lors de l'explosion du réservoir
originales de la mission. Toutefois, afin d'accentuer le d'oxygène no 2.
caractère dramatique, certains détails s'écartent de la réalité. Il
s'agit notamment de l'explosion du réservoir d'oxygène,
beaucoup moins spectaculaire dans la réalité que dans le film.

Plusieurs témoignages ont été publiés par les différents acteurs de la mission. Le commandant de la
mission Lovell a rédigé avec un journaliste Lost Moon: The Perilous Voyage of Apollo 13, publié en
1994. Le responsable des systèmes électriques dans la salle de contrôle, Sy Liebergot, a livré son
témoignage dans un livre intitulé Apollo EECOM, rédigé avec David M. Harland et publié en 2003. Le
directeur des vols Gene Kranz décrit le déroulement de la mission dans le cadre de son autobiographie
Failure Is Not an Option, publiée en 2000.

L'expression « Houston, we've had a problem » (en français, « Houston, on a eu un problème »), qui fut
prononcée par Jack Swigert, est vite entrée dans la culture américaine, car le sauvetage de la mission
Apollo 13 a été très suivi par les médias et le public. C'est l'euphémisme de la formulation qui a frappé les
esprits, compte tenu de l'ampleur du « problème » en question (même si Swigert ne saisit pas la gravité de
la situation au moment où il prononce cette phrase). La phrase a ensuite été légèrement déformée et est
surtout connue de nos jours sous la forme « Houston, we have a problem » (« Houston, on a un
38
problème ») .

Notes et références

Notes
1. Pour les missions précédentes le site devait se situer à moins de 5° de l'équateur lunaire.
Toutefois les marges ne sont pas suffisantes pour atteindre les latitudes les plus élevées.
2. Pour conserver une élévation optimale du Soleil sur le plan de la visibilité durant la phase
d'atterrissage sur le sol lunaire (5-14°), les sites de rechange devaient se situer plus à
l'ouest que le site primaire ce qui imposait à celui-ci de se situer sur la partie est de la face
visible.
3. Des centaines de télémesures fournissant l'état des différents équipements du vaisseau sont
transmises en permanence et en temps réel au centre de contrôle. Elles sont affichées sur
les pupitres de différentes équipes spécialisées (système électrique, propulsion,
communications...) qui les surveillent en permanence et interviennent en cas d'anomalie.
4. Le CO2 devient dangereux pour l'être humain à partir d'une concentration de seulement 1 %,
ce qui est rapidement atteint dans un milieu aussi étroit qu'une capsule spatiale.
5. Cette procédure a été prévue dès la conception du LEM et a été testée lors de la mission
Apollo 9.

Références
1. Pasco 1997, p. 82–83.
2. (en) Apollo the definitive sourcebook 2010, p. 296.
3. (en) Apollo the definitive sourcebook 2010, p. 339.
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Voir aussi

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Bibliographie
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Articles connexes
Programme Apollo
Module de commande et de service Apollo
Module lunaire Apollo
Le film Apollo 13

Liens externes
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Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Britannica (https://www.b
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anske.lex.dk//Apollo_13/)
Notices d'autorité : VIAF (http://viaf.org/viaf/173518895) ·
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