Apollo 13
Apollo 13
Contexte
Le programme Apollo, lancé par le président John F.
Kennedy le 2 mai 1961, a pour objectif d'envoyer pour la
première fois des hommes sur la Lune avant la fin de la
décennie. Il s'agit de démontrer la supériorité des États-
Unis sur l'Union soviétique dans le domaine spatial,
devenu un enjeu politique dans le contexte de la guerre
1
froide . Le 20 juillet 1969, l'objectif fixé à l'agence
spatiale américaine, la NASA, est atteint lorsque les
astronautes de la mission Apollo 11 parviennent à se
2
poser sur la Lune . La mission Apollo 12, qui lui succède
quatre mois plus tard, confirme ce succès et valide la
3
procédure permettant l'alunissage de précision . Jim Lovell, Jack Swigert et Fred Haise.
Objectifs scientifiques
8
Les principaux objectifs scientifiques de la mission Apollo 13 sont :
Équipage
L'équipage d'Apollo 13, nommé par la NASA le
11
6 août 1969 , est composé de trois anciens pilotes
12
militaires :
Vaisseau Apollo
L'équipage d'Apollo 13 embarque à bord d'un vaisseau formé
d'un ensemble de quatre modules distincts (cf. Schéma 1).
D'une part, le module de commande et de service d'Apollo (le De gauche à droite : Haise, Lovell et
CSM, acronyme de Command and Service Module). De plus Swigert prennent leur dernier repas avant
de 30 tonnes, il transporte les astronautes à l'aller et au retour le lancement.
et il est lui-même composé du module de commande (le CM,
pour Command module) et du module de service (le SM,
Service Module). C'est à l'intérieur du premier que les trois astronautes vivent durant la majeure partie de
la mission et dans le second que sont regroupés presque tous les équipements nécessaires à la survie de
l'équipage : le moteur de propulsion principal, les sources d'énergie, d'oxygène, d'eau etc.
Le module de commande pèse 6,5 tonnes et est de forme conique. Sa structure externe
se compose d'une double paroi, une enceinte constituée de tôles en nid d'abeilles à base
d'aluminium qui renferme la zone pressurisée et un épais bouclier thermique qui recouvre
la première paroi et permet au module de protéger les occupants de la chaleur produite
par la rentrée atmosphérique. C'est le seul des quatre modules qui revient sur Terre.
L'espace pressurisé dans lequel doivent vivre les astronautes est très exigu, son volume
habitable n'excède pas 6,5 m3. Les astronautes sont installés sur trois couchettes côte à
côte parallèles au milieu du cône et suspendues à des poutrelles partant du plancher et
du plafond (la pointe du cône). En position allongée, les astronautes ont en face d'eux,
suspendu au plafond, un panneau de commandes de deux mètres par un présentant les
principales commandes et voyants de contrôles. Les cadrans sont répartis en fonction du
rôle de chacun des membres de l'équipage. Sur les parois latérales se trouvent des baies
réservées à la navigation, d'autres panneaux de commande ainsi que des zones de
stockage de nourriture et de déchets. Pour la navigation et le pilotage, les astronautes
utilisent un télescope et un ordinateur qui exploite les données fournies par une centrale
inertielle. Le vaisseau dispose de deux écoutilles. Une première, située à la pointe du
cône, comporte un tunnel d'accès au module lunaire lorsque celui-ci est amarré au
vaisseau. Une seconde, sur la paroi latérale, sert sur Terre à entrer dans le vaisseau et
dans l'espace aux sorties extravéhiculaires (le vide est alors fait dans la cabine dépourvue
de sas). Les astronautes disposent de cinq hublots pour effectuer des observations et
réaliser les manœuvres de rendez-vous avec le module lunaire. Le module de commande
dépend du module de service pour les principales manœuvres, pour l'énergie et pour le
13
support-vie ;
Le module de service est un cylindre d'aluminium non pressurisé de 5 mètres de long et
3,9 mètres de diamètre pesant 24 tonnes. Il est accouplé à la base du module de
commande et la longue tuyère du moteur-fusée principal de 9 tonnes de poussée en
dépasse de 2,5 mètres. Il est organisé autour d'un cylindre qui contient les réservoirs
d'hélium servant à pressuriser les réservoirs d'ergols principaux ainsi que la partie haute
du moteur principal. Autour de celui-ci, l'espace est découpé en six secteurs en forme de
parts de gâteau. Quatre de ces secteurs abritent des réservoirs d'ergols (18,5 tonnes). Un
secteur contient trois piles à combustible qui fournissent la puissance électrique, et de
l'eau en sous-produit, ainsi que deux réservoirs d'hydrogène et deux réservoirs d'oxygène.
L'oxygène est également utilisé pour renouveler l'atmosphère de la cabine. Le module de
service contient également des radiateurs qui dissipent l'excédent de chaleur du système
électrique et régulent la température. Quatre grappes de petits moteurs de contrôles
d'attitude sont disposées sur le pourtour du cylindre. Une antenne grand gain comportant
13
cinq petites paraboles assure les communications à grande distance ;
D'autre part, le module lunaire Apollo (le LM, acronyme pour Lunar Module), est utilisé par deux des
astronautes pour descendre sur la lune, y séjourner et retourner en orbite pour rejoindre le module de
commande et de service. Le module lunaire est lui-même composé de deux étages : un premier permet
d'alunir et sert de plate-forme de lancement au second, qui retourne en orbite et ramène les astronautes au
vaisseau en orbite. L'indicatif radio du CSM est Odyssey, tandis que celui du module lunaire est
Aquarius.
L'étage de descente du module lunaire, qui pèse plus de 10 tonnes, a la forme d'une
boîte octogonale d'un diamètre de 4,12 mètres et d'une hauteur de 1,65 mètre. La fonction
principale de l'étage de descente est d'amener le LM sur la Lune. À cet effet, l'étage
dispose d'un moteur fusée à la fois orientable et à poussée variable de 4,7 et 43,9 kN. Le
comburant, du peroxyde d'azote (5 tonnes), et le carburant, de l'aérozine 50 (3 tonnes),
sont stockés dans quatre réservoirs placés dans les compartiments carrés situés aux
quatre coins de la structure. Le moteur se trouve dans le compartiment carré central. Le
deuxième rôle de l'étage de descente est de transporter tous les équipements et
consommables qui peuvent être abandonnés sur la Lune à la fin du séjour, ce qui permet
14
de limiter le poids de l'étage de remontée ;
L'étage de remontée du module lunaire pèse environ 4,5 tonnes. Sa forme complexe,
qui résulte d'une optimisation de l'espace occupé, lui donne l'allure d'une tête d'insecte. Il
est essentiellement composé de la cabine pressurisée qui héberge les deux astronautes
dans un volume de 4,5 m3 et du moteur de remontée avec ses réservoirs d'ergols. La
partie avant de la cabine pressurisée occupe la plus grande partie d'un cylindre de
2,34 mètres de diamètre et de 1,07 mètre de profondeur. C'est là que se tient l'équipage
lorsqu'il n'est pas en excursion sur la Lune. Sur la cloison avant, chaque astronaute a
devant lui un petit hublot triangulaire (0,18 m2) ainsi que les principales commandes de
vol et cadrans de contrôle regroupés par panneaux généralement dédiés à un sous-
système. Les commandes et contrôles communs sont placés entre les deux astronautes
(par exemple la console d'accès à l'ordinateur de navigation), certaines commandes sont
doublées (commandes pilotant l'orientation et la poussée des moteurs), les autres
commandes sont réparties en fonction des tâches assignées à chaque astronaute. Les
panneaux de commandes et coupe-circuit se prolongent sur les parois latérales situées de
part et d'autre des astronautes. L'arrière de la cabine pressurisée est beaucoup plus exigu
(1,37 × 1,42 m pour 1,52 m de haut) : son plancher est plus haut de 48 cm et, de plus,
encombré par un capot recouvrant le sommet du moteur de remontée. Les parois
latérales sont occupées par les rangements et à gauche, par une partie du système de
contrôle environnemental. Au plafond se trouve l'écoutille utilisée pour passer dans le
module de Commande derrière laquelle se trouve un tunnel court (80 cm de diamètre pour
46 cm de long) comportant un système de verrouillage utilisé pour solidariser les deux
14
vaisseaux .
Schéma 1 - Les quatre modules formant le vaisseau spatial lancé vers la Lune .
Étage de descente du module lunaire : 0 Jupe inférieure du module de descente
- 1 Train d'atterrissage - 2 Échelle - 3 Plateforme. Étage de remontée du module
lunaire : 4 Écoutille - 5 Propulseurs contrôle d'attitude - 6 Antenne bande S - 7
Antenne bande S orientable - 8 Antenne du radar de rendez-vous - 9 Hublot utilisé
pour le rendez-vous orbital lunaire - 10 Antenne VHF - 11 Cible utilisée pour
l'amarrage - 12 Écoutille supérieure. Module de commande : A Compartiment
équipage - G Bouclier thermique - H Hublots de rendez-vous - I Tunnel de
communication. Module de service : B Radiateurs des piles à combustible - C
Propulseurs contrôle d'attitude - D Radiateurs du système de contrôle de
l'environnement - E Antennes grand gain orientables - F Tuyère du moteur principal.
Déroulement de la mission
Le moteur central du deuxième étage du lanceur s'éteint deux minutes trop tôt mais les quatre autres
moteurs fonctionnent plus longtemps, ce qui permet de compenser la perte de poussée. Ce système de
gestion de la poussée des moteurs en cas de défaillance avait été expérimenté dès les premiers vols des
fusées Saturn I. Les investigations menées par la suite montreront que le moteur s'est éteint à cause d'un
effet pogo (phénomène oscillatoire) particulièrement élevé, induisant des fléchissements de la structure de
poussée atteignant 7,6 cm. Des modifications seront introduites dans la conception des lanceurs suivants
pour réduire ce phénomène. Le vaisseau Apollo et le
troisième étage de la fusée se placent sur l'orbite de parking
visée (orbite terrestre basse à une altitude de 190 km). Deux
heures plus tard, la propulsion du troisième étage est
rallumée : le vaisseau Apollo quitte son orbite et se place sur
une trajectoire devant le conduire jusqu'à la Lune.
Le 14 avril 1970 vers 3 h 7 UTC, soit presque 56 heures après le lancement et à peu près à mi-parcours de
la destination du vaisseau (à plus de 300 000 kilomètres de la Terre), Swigert déclenche, à la demande du
Centre de contrôle de mission de Houston, le brassage, par un ventilateur, de l'oxygène contenu dans le
réservoir no 2. Il s'agit d'un des deux réservoirs situés dans le module de service qui, d'une part,
fournissent l'atmosphère respirable de la capsule Apollo et, d'autre part, alimentent les trois piles à
combustible qui produisent l'électricité — et l'eau — du vaisseau. Ce brassage de routine sert à
homogénéiser l'oxygène conservé sous pression à l'état liquide, afin d'optimiser le fonctionnement du
capteur qui mesure la quantité d'oxygène restante.
16 secondes plus tard, l'équipage entend une explosion
sourde, tandis qu'une alarme se déclenche à la suite d'une
chute de tension sur le circuit électrique B du module de
18
commande .
Le souffle de l'explosion a éjecté le panneau extérieur du module de service et partiellement coupé une
conduite du réservoir d'oxygène no 1. Le panneau éjecté a également endommagé l'antenne grand gain
fixée à proximité. Extérieurement, ces dégâts seraient facilement visibles, mais la forme même du module
de commande et la position de ses hublots empêchent les astronautes situés à l'intérieur d'apercevoir cette
partie du module de service.
Pour l'équipage, les conséquences de l'explosion sont potentiellement très graves. Le retour sur Terre, du
fait des lois de la mécanique spatiale, n'est pas envisageable avant plusieurs jours. Durant ce laps de
temps, l'équipage doit disposer de suffisamment d'énergie, d'eau, d'oxygène et d'ergols pour survivre.
L'énergie est indispensable pour faire fonctionner l'électronique, dont dépend le fonctionnement de tout le
vaisseau et en particulier les corrections de trajectoire (calcul des manœuvres, déclenchement des
propulseurs), le maintien de l'orientation indispensable aux corrections de trajectoire et à la stabilité
thermique, les résistances chauffantes qui maintiennent une température supportable dans l'habitacle et
pour certains équipements. L'énergie d'Apollo est fournie par des piles à combustibles — qui
consomment de l'hydrogène et de l'oxygène — et des batteries. Dans les deux cas, l'électricité stockée
n'est pas renouvelable (pas de panneaux solaires). L'eau est évidemment vitale pour la survie des
astronautes mais elle sert surtout à refroidir les éléments de l'électronique qui ne pourraient fonctionner
sans régulation thermique. Dans le vide, la chaleur est difficile à dissiper. La solution retenue consiste à
l'évacuer par sublimation, en rejetant de l'eau réchauffée dans l'espace. Or, cette méthode consomme en
permanence d'importantes quantités d'eau (beaucoup plus que l'équipage lui-même). Enfin, l'oxygène
présent dans l'atmosphère doit être régulièrement renouvelé et débarrassé du CO2 dégagé par la
Note 4
respiration des astronautes afin de permettre leur survie pendant la durée de la mission .
Diagnostic
Dans la salle de contrôle, Liebergot pose dans un premier temps un diagnostic prudent : il pourrait s'agir
d'un faux problème généré par les instruments de mesure. Mais au bout de quelques minutes consacrées à
des contrôles plus poussés, les spécialistes au sol se rendent compte que le problème ne tient pas à des
mesures anormales. Ils tentent avec l'équipage plusieurs manipulations pour tenter de remettre en marche
le circuit électrique et les piles à combustible. Il s'est écoulé environ onze minutes depuis l'incident,
lorsque Lovell aperçoit par le hublot situé au milieu de l'écoutille des particules qui s'échappent du
vaisseau. Ce que voit l'astronaute, c'est l'oxygène liquide qui fuit des réservoirs éventrés. Sans connaître
l'origine du problème, le centre de contrôle demande alors à l'équipage de commencer à éteindre les
équipements non essentiels pour réduire la consommation électrique, en attendant de résoudre le
problème. Il est également invité à fermer les valves des piles à combustible 1 et 3 pour arrêter la fuite,
19, 20
mais cette action n'arrête pas la chute de la pression dans les réservoirs .
Les spécialistes du centre de contrôle ne disposent que de quelques heures pour mettre au point de
nouvelles procédures afin d'effectuer les opérations indispensables à la survie de l'équipage dans une
21
configuration qu'aucune simulation, aussi poussée soit-elle, n'a jamais prévue :
le recours au moteur de l'étage de descente du
module lunaire, pour effectuer les manœuvres de
correction de trajectoire dans une configuration
incluant le module de commande et de service,
n'avait pas été prévu (la position du centre de
masse et de la masse, atypique pour une mission
Apollo, influe sur le résultat de la poussée du
moteur). Les spécialistes mettent au point un
programme de calcul des paramètres de
manœuvre en quelques heures à peine ;
pour économiser l'énergie résiduelle des petites
batteries du module de commande en vue de la
rentrée atmosphérique, les responsables du
centre de contrôle décident d'éteindre tous les
instruments du module de commande et de les
réactiver seulement au moment d'entamer ces La surface de la Lune, photographiée par
manœuvres. Or, aucune procédure n'existe pour l'équipage d'Apollo 13 depuis le module
remettre en marche le module de commande en lunaire Apollo. Le module de commande
vol. Normalement, cette opération délicate est et de service est visible à droite.
effectuée deux jours avant le lancement. Les
spécialistes mettent donc au point, à chaud, une
procédure adaptée, tenant compte en outre du peu de courant disponible. Toujours dans
le dessein de minimiser la consommation d'électricité, ils prennent également le risque
d'attendre la fin de la procédure de réveil du CSM pour rallumer les instruments de
vérification de l'exactitude des instructions.
Survol de la Lune
Une première manœuvre est effectuée environ six heures après l'accident, pour replacer le vaisseau sur
une trajectoire qui le ramène de manière naturelle vers la Terre. Le moteur de l'étage de descente du
23
module lunaire fonctionne durant 34 secondes . Seize heures plus tard, le vaisseau contourne la Lune à
une distance de 254 km. Les communications sont interrompues durant 25 minutes car la Lune s'interpose
entre la Terre et le vaisseau. L'équipage bat à ce moment le record de distance à la Terre (400 171 km),
car l'orbite choisie est plus haute que pour les missions précédentes et la Lune est à l'apogée de son
24
orbite .
Sans une nouvelle correction de trajectoire, le vaisseau doit amerrir dans l'océan Indien 152 heures après
son lancement. Or les consommables restants, en particulier l'eau et l'électricité, sont insuffisants pour
garantir la survie de l'équipage à cette échéance. Après avoir envisagé de réduire le temps de transit
restant de 36 heures par une manœuvre risquée (le largage immédiat du module de service, exposant
longuement le bouclier thermique au vide spatial, et l'utilisation de tous les ergols disponibles dans les
réservoirs de l'étage de descente), les responsables du centre de contrôle optent pour une solution moins
extrême qui fait gagner seulement 12 heures. La manœuvre intervient deux heures après le
contournement de la Lune. Le moteur-fusée de l'étage de descente fonctionne durant 264 secondes,
21, 25
modifiant la vitesse du vaisseau de 262 m/s .
Synthèse utilisation des modules Apollo
Consommables
Quantité
Principales Principaux restante au Utilisation Utilisation après
Module
caractéristiques équipements moment de normale explosion
l'accident ⇒ en
26
fin de mission
Séjour de
l'équipage sauf
Complètement
durant
Ordinateurs de désactivé
Masse Réservoir excursion à la
navigation et Réactivé et
Module de 6,5 tonnes oxygène surface de la
de pilotage de réoccupé par
commande Volume habitable Batteries (99 ⇒ Lune, ou il n'en
la propulsion l'équipage pour la
de 6,5 m3 3 couchettes
118 ⇒ 29 Ah) accueille qu'un.
rentrée
Seul module
atmosphérique en
revenant sur
fin de mission.
Terre
Permet au
module de
commande de
N'est pratiquement
fonctionner
plus utilisé :
durant toute la
Propulsion équipements
3 piles à mission
principale détruits (piles à
combustible Utilisé pour les
Antenne à combustibles,
Masse 24 tonnes (énergie et eau) principales
Module de faible et grand oxygène, antenne
Module non Oxygène (225 kg) manœuvres
service gain grand gain) ou
pressurisé Hydrogène d'injection en
Propulseurs fiabilité douteuse
Ergols (18,5 ⇒ orbite lunaire,
contrôle (propulsion).
18,4 t.) puis de retour
d'attitude Largué quelques
sur la Terre
heures avant le
Largué
retour sur Terre.
quelques
heures avant le
retour sur Terre
Abrite les
2 astronautes
durant
l'excursion de
48 heures à la
Ordinateurs de surface de la
navigation et Lune
de pilotage de Oxygène (24 ⇒ Permet de Abrite les trois
la propulsion 14 kg) piloter le astronautes
Étage de Emplacement Batteries (voir module lunaire Fournit eau et
Masse
remontée pour infra) durant la oxygène durant la
4,5 tonnes
(module 2 astronautes Eau (153 ⇒ descente sur la mission
Volume habitable
lunaire en apesanteur 23 kg) Lune et la Largué
Apollo) de 4,5 m3 Système de Ergols du remontée immédiatement
propulsion système de Propulsion avant la rentrée
Propulseurs propulsion assurant la atmosphérique.
contrôle remontée de la
d'attitude surface de la
Lune
Largué depuis
l'orbite lunaire
avant le retour
vers la Terre
Étage de Masse 10 tonnes Système de Batteries des Étage propulsif Propulsion utilisée
descente propulsion deux étages utilisé pour pour toutes les
(module Équipements (2 719 ⇒ 410 Ah) descendre sur manœuvres de
lunaire scientifiques Ergols (8,3 ⇒ le sol lunaire modification de
Apollo) 4,6 t.) Transporte les trajectoire
équipements Principale source
utilisés à la d'énergie
surface de la Largué
Lune immédiatement
Laissé à la avant la rentrée
surface de la atmosphérique.
Lune
Malgré la dernière correction de trajectoire, le vaisseau Apollo s'écarte de sa trajectoire (on découvrira par
la suite que l’évaporation de l'eau du système de refroidissement du module lunaire exerce une faible
poussée permanente sur le vaisseau). Une correction s'impose pour que le vaisseau entame sa rentrée dans
l'atmosphère sous l'angle exact souhaité (si l'angle est trop ouvert, le module de commande risque de
freiner trop brutalement et de brûler ; s'il est trop fermé, il ricochera sur l'atmosphère et se perdra dans
l'espace). Mais le système de navigation du module lunaire ayant été arrêté, les astronautes ne disposent
pas des mesures nécessaires pour effectuer cette manœuvre. L'équipage effectue donc cette correction en
utilisant une technique mise au point dans le cadre des programmes Gemini et Mercury et reposant sur un
relevé du terminateur à la surface de la Terre. Une deuxième correction est effectuée un jour plus tard à la
demande de l'Atomic Energy Commission (AEC). En effet, le module lunaire transporte un générateur
thermoélectrique à radioisotope (RTG) SNAP-27, destiné à rester à la surface de la Lune pour alimenter
les instruments ALSEP mais qui va désormais s'écraser sur Terre. La charge de Plutonium 238 utilisée
comme source de chaleur par ce RTG est contenue dans un blindage qui, normalement, doit résister à la
rentrée atmosphérique. Mais l'AEC demande que les restes du module lunaire s'écrasent le plus loin
possible de toutes terres habitées. La trajectoire est donc modifiée une deuxième fois, cette fois à l'aide
des moteurs du RCS du module lunaire (poussée d'une durée de 21,5 secondes), pour faire plonger les
31
restes d'Aquarius dans la fosse des Tonga, profonde de 10 kilomètres .
Normalement la rentrée atmosphérique après une mission lunaire s'accompagne d'une perte de liaison
radio d'environ quatre minutes, causée par l'apparition de plasma incandescent autour du bouclier
thermique de la capsule, qui perturbe le passage des ondes radio autour du vaisseau. Le temps de silence
(en anglais : blackout) lors de la rentrée du module de commande d'Apollo 13 durera cependant six
minutes, soit 87 secondes de plus que prévu. Cette durée a plus tard été attribuée à un angle de rentrée
légèrement plus plat que l'angle optimal, ce qui a fait durer la rentrée un peu plus longtemps que prévu.
Les équipes au sol ont un dernier moment de frayeur à cause de cette durée de silence trop importante,
craignant alors que le bouclier thermique ait été endommagé par l'explosion dans le module de service et
que l'équipage ait péri calciné lors de la rentrée atmosphérique.
Le vaisseau amerrit finalement dans l'Océan Pacifique entre la Nouvelle-Zélande et les Îles Fidji, à six
kilomètres du navire d'assaut amphibie USS Iwo Jima (LPH-2), navire amiral de la flotte chargée de
récupérer les astronautes. Après avoir été récupérés par l'Helicopter 66 — un hélicoptère Sikorsky SH-3
Sea King affecté à la récupération des astronautes —, les trois hommes sont hissés sains et saufs à bord
33
du navire, de même que le module de commande .
Plusieurs témoignages ont été publiés par les différents acteurs de la mission. Le commandant de la
mission Lovell a rédigé avec un journaliste Lost Moon: The Perilous Voyage of Apollo 13, publié en
1994. Le responsable des systèmes électriques dans la salle de contrôle, Sy Liebergot, a livré son
témoignage dans un livre intitulé Apollo EECOM, rédigé avec David M. Harland et publié en 2003. Le
directeur des vols Gene Kranz décrit le déroulement de la mission dans le cadre de son autobiographie
Failure Is Not an Option, publiée en 2000.
L'expression « Houston, we've had a problem » (en français, « Houston, on a eu un problème »), qui fut
prononcée par Jack Swigert, est vite entrée dans la culture américaine, car le sauvetage de la mission
Apollo 13 a été très suivi par les médias et le public. C'est l'euphémisme de la formulation qui a frappé les
esprits, compte tenu de l'ampleur du « problème » en question (même si Swigert ne saisit pas la gravité de
la situation au moment où il prononce cette phrase). La phrase a ensuite été légèrement déformée et est
surtout connue de nos jours sous la forme « Houston, we have a problem » (« Houston, on a un
38
problème ») .
Notes et références
Notes
1. Pour les missions précédentes le site devait se situer à moins de 5° de l'équateur lunaire.
Toutefois les marges ne sont pas suffisantes pour atteindre les latitudes les plus élevées.
2. Pour conserver une élévation optimale du Soleil sur le plan de la visibilité durant la phase
d'atterrissage sur le sol lunaire (5-14°), les sites de rechange devaient se situer plus à
l'ouest que le site primaire ce qui imposait à celui-ci de se situer sur la partie est de la face
visible.
3. Des centaines de télémesures fournissant l'état des différents équipements du vaisseau sont
transmises en permanence et en temps réel au centre de contrôle. Elles sont affichées sur
les pupitres de différentes équipes spécialisées (système électrique, propulsion,
communications...) qui les surveillent en permanence et interviennent en cas d'anomalie.
4. Le CO2 devient dangereux pour l'être humain à partir d'une concentration de seulement 1 %,
ce qui est rapidement atteint dans un milieu aussi étroit qu'une capsule spatiale.
5. Cette procédure a été prévue dès la conception du LEM et a été testée lors de la mission
Apollo 9.
Références
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12. (en) Apollo the definitive sourcebook 2010, p. 361–362.
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Voir aussi
Bibliographie
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Articles connexes
Programme Apollo
Module de commande et de service Apollo
Module lunaire Apollo
Le film Apollo 13
Liens externes
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c.gsfc.nasa.gov/nmc/spacecraft/display.action?id=1970-029A) · Satellite Catalog Number
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Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Britannica (https://www.b
ritannica.com/topic/Apollo-13-mission) · Den Store Danske Encyklopædi (https://denstored
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Notices d'autorité : VIAF (http://viaf.org/viaf/173518895) ·
LCCN (http://id.loc.gov/authorities/n88277429) · GND (http://d-nb.info/gnd/4395414-5) ·
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