ISSP
LPAS
COURS D’INTRODUCTION A LA
MACROECONOMIE
Dr. Irifaar SOME
72 71 42 40
[email protected] 2024-2025
Plan Sommaire
• Chapitre introductif
• Première partie : Les comportements économiques
• Chapitre 1 : La consommation des ménages
• Chapitre 2 : Comportement de stockage et
investissement des entreprises
• Deuxième partie : Les modèles économiques
• Chapitre 3 : Le modèle classique
• Chapitre 4 : Le modèle keynésien
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CHAPITRE INTRODUCTIF
I-Généralités
1-Intérêt du cours
• Tous les étudiants de l’école de Statistique étudient
nécessairement l’économie pour plusieurs titres.
• Nous sommes dans une école ouverte sur le monde
et c’est pour cette raison que, dès le début de votre
scolarité, vous avez été confrontés à des enjeux de
société à travers des projets et des enseignements
dans lesquels il y a souvent une dimension
économique cachée ou clairement affirmée.
•De plus, sans doute avez-vous déjà lu la presse et
entendu parler de variables et de concepts macro
économiques : la croissance économique, capital,
inflation, monnaie, chômage, concurrences,
Banque etc : les maîtriser vous permettra de
mieux comprendre l’environnement économique
de votre structure ou de votre activité et, plus
largement, de mieux cerner votre propre
environnement en tant que citoyen.
• Acquérir et exploiter un savoir :
• Etudier la macroéconomie vous aidera à comprendre le
monde dans lequel nous vivons et à pouvoir répondre à
un certain nombre de questions.
• Quels sont les comportements globaux des ménages
et des entreprises ?
• Quelles sont les causes des fluctuations économiques
?
• Pourquoi le chômage ou l’inflation augmente ?
Comprendre les spécificités de la démarche
scientifique et la pratiquer :
•Etudier la macroéconomie vous donnera une
meilleure compréhension du potentiel et des
limites de la politique économique.
•Les questions économiques sont toujours à
l’esprit des décideurs politiques
(gouvernement, particuliers, etc.)
• Communiquer :
• Savoir orienter une décision ou un débat d’ordre
économique ou public.
• Ethique et relation avec la société :
• Etudier la macroéconomie fera de vous des agents
économiques avisés.
Le présent cours vous donnera une perspective sur la
meilleure manière de prendre les décisions.
2-Objectifs du cours
A l’issu de ce cours, les étudiants devraient être
capables de maîtriser les principaux
comportements des agents économiques ainsi
que les modèles de base de théories
économiques. Ils devraient être en mesure
d’orienter une décision ou un débat d’ordre
économique ou public.
3-Prérequis
•Les prérequis se rapportent aux domaines
suivants :
•Mathématiques de niveau Terminale C, D, E
•Economie descriptive
•Actualité économique
•HPE
II- Définition et objet de l’économie
• La vie de tous les jours est remplie d’actes et de faits qui, pour un
économiste, sont actes et faits économiques. Acheter du pain chez le
boulanger, payer une place de cinéma, embaucher un travailleur et le
rémunérer par un salaire pour son travail, poursuivre volontairement
ses études au lieu d’aller travailler, implanter une boutique, faire un
placement sur son livret d’épargne plutôt que de consommer,
fabriquer un bien plutôt qu’un autre, affecter le produit des impôts
au financement des infrastructures de transport plutôt qu’au
financement des équipements militaires ou au financement de
subventions pour certaines activités agricoles ou industrielles, sont
quelques exemples d’actes sociaux qui intéressent d’une certaine
manière l’économiste.
• De tout temps, l'homme a dû faire des choix. Comme
les ressources disponibles sont limitées et ne peuvent
produire suffisamment de biens et de services pour
répondre aux divers besoins exprimés, il fait face au
problème de la rareté et doit donc procéder à
l'allocation des ressources, c'est-à-dire choisir les besoins
qu'il veut satisfaire en priorité ainsi que les moyens pour y
parvenir.
La science économique se donne pour objectif de résoudre le
problème de la rareté des ressources.
Les économistes se penchent sur l’allocation de ressources
rares dans un système de marché.
Ils examinent le fonctionnement d’un système où les agents
économiques, forcés de faire des choix à cause de la rareté
des ressources, expriment leurs préférences en
manifestant une volonté de payer.
• La nécessité de faire des choix vaut autant pour l’économie dans
son ensemble que pour chaque individu considéré isolément.
• Les individus et les ménages, les entreprises les pouvoirs publics
prennent tous des décisions qui, ensemble déterminent
l’allocation des ressources limités de l’économie, comme la terre, la
main d’œuvre, les machines, et autres ressources.
Définition de la science économique
• Le terme « économie » provient du grec
oïkonomia constitué de « oikos » (maison) et «
nomos » (ordre, gérer, administrer).
Etymologiquement, l'économie est l'art de bien
administrer une maison, de gérer les biens d'une
personne, puis par extension d'un pays.
• Plus généralement, l'économie est une science sociale qui
étudie la production, la répartition, la distribution et la
consommation des richesses d'une société.
• La science économique est la science de l’administration
des ressources rares.
2-Définition de la science économique
• La science économique est la science de
l’administration des ressources rares. Elle étudie les
formes que prend le comportement humain dans
l’aménagement de ces ressources ; elle analyse et
explique les modalités selon lesquelles un individu ou
une société affecte des moyens limités à la satisfaction
de besoins nombreux et illimités.
3-Economie positive et économie normative
Lorsque la plupart des gens pensent à l'économie, ils ont
tendance à penser à l'argent et aux chiffres. Cependant,
l'économie est l'étude du comportement humain et de ses
relations avec la production et distribution de biens et services.
Une distinction que l’on peut réaliser est celle entre analyse
positive et normative. L’économie peut être positive ou
normative.
L’économie positive décrit et explique divers
phénomènes économiques, tandis que l’économie
normative se concentre sur la valeur de ou sur ce que
l’économie devrait être.
Une analyse positive explique pourquoi les choses et les
comportements sont ce qu’ils sont. Elle vise à montrer
(décrire) le monde tel qu’il est.
L'économie positive a donc trait aux explications
objectives ou scientifiques du fonctionnement de
l'économie.
L’économie positive est objective et fondée sur des faits lorsque
les déclarations sont précises, descriptives et clairement
mesurables. Ces déclarations peuvent être mesurées par rapport
à des preuves tangibles ou des exemples historiques.
Voici un exemple d’énoncé économique positif : « Les
soins de santé fournis par le gouvernement augmentent les
dépenses publiques ». Cette déclaration est basée sur des faits et
n’est assortie d’aucun jugement de valeur. Sa validité peut être
prouvée (ou réfutée) en étudiant les dépenses de santé là où les
gouvernements fournissent des soins de santé.
L’économie normative se concentre sur les jugements de valeur,
idéologiques, normatifs, orientés vers l’opinion, et sur les déclarations « ce
qui devrait être » visant le développement économique, les projets
d’investissement et les scénarios.
L’économie normative est subjective et basée sur des valeurs, provenant de
perspectives, de sentiments ou d’opinions personnelles impliqués dans le
processus de prise de décision. L’économie normative est également
appelée « ce qui devrait être » ou « ce qui devrait être » l’économie.
Voici un exemple d’énoncé économique normatif : « Le
gouvernement devrait fournir des soins de santé de base à tous les
citoyens. » Comme vous pouvez le déduire de cette déclaration, elle est
fondée sur des valeurs, enracinée dans une perspective personnelle, et
satisfait à l’exigence de ce qui « devrait » être.
Exemple d’économie positive et normative
Imaginez qu’il y ait une augmentation du salaire minimum
dans le pays. Après avoir augmenté le salaire minimum, une
étude est réalisée qui montre que les effets ont été négatifs.
L’économie positive dit : « La hausse du salaire minimum a
eu des effets négatifs sur le marché du travail. L’économie
normative, pour sa part, dit, ignore l’analyse et dit : « Le
salaire minimum doit être plus élevé pour assurer un niveau
de vie décent aux travailleurs.
• Un exemple : Si on augmente la taxe sur l’essence, alors la
consommation d’essence diminuera, toutes choses égales par
ailleurs. Il s’agit d’une proposition positive puisqu’une étude
statistique permet aisément de calculer l’élasticité-prix de la
demande pour ce bien et ainsi de vérifier que cette élasticité
est bien négative et inférieure à un en valeur absolue (cf.
encadré sur le concept d’élasticité-prix au chapitre suivant).
• Un deuxième exemple maintenant : L’État doit toujours
adopter des mesures de relance économique afin de créer
des emplois. Il s’agit ici, au contraire, d’une proposition
normative. Les termes toujours et jamais devant être bannis
de l’économie positive.
Analyse conjoncturelle et analyse structurelle.
• Cette distinction revient à différencier le court terme du long
terme.
• Par exemple, la question de la politique économique à même
de renforcer la croissance est un problème clairement
conjoncturel (quelle politique budgétaire et fiscale cette
année ? quelle politique monétaire ce trimestre ?) ;
• Alors que trouver des moyens d’augmenter durablement la
croissance, ou de faire que cette dernière soit respectueuse
de l’environnement à long terme, est un problème structurel.
Bien entendu, effets conjoncturels et structurels ne sont pas
toujours simples à discerner dans les faits.
4. Les branches de l’économie
• Il existe deux approches de l’économie
• a. La Microéconomie
• On s’intéresse aux individus. On analyse comment se comporte
l’individu en situation de rareté, et la manière dont agit un agent
économique au sein de la société.
• La microéconomie est la branche de la théorie économique
qui est consacrée à l’étude du comportement (des choix, des
décisions) des « unités économiques » : les entreprises (la
production), les ménages (la consommation), l’Etat. Elle
s’intéresse au niveau individuel par opposition au niveau agrégé
(macroéconomie).
b. La Macroéconomie
• L’économie est saisie dans sa globalité. On s’intéresse à
un groupe, à la globalité. Un exemple d’indice macro-
économique est le PIB.
• La macroéconomie est la science économique qui traite de
l'agrégation des comportements individuels de l'ensemble des
agents économiques sur une zone géographique donnée, telle
qu'un pays. Cela permet de construire des indicateurs
macroéconomiques tels que l'inflation, le chômage ou la
croissance qui permettent aux gouvernements de mettre en
œuvre leur politique économique.
• Les marchés
• Dans l’analyse économique, le concept de marché est beaucoup plus
général : un marché existe à partir du moment où deux ou plusieurs
individus sont prêts à effectuer des échanges de marchandises. Ainsi le mot
marché indique une situation d’échange.
• le marché des biens et services : les ménages achètent des biens et services
nécessaires à leur consommation ; les entreprises achètent des biens et
services nécessaires à leur production (biens d’équipement)
• le marché du travail : il met en relation entreprise (demandeur de travail) et
salarié (offreur de leur force de travail)
• le marché des capitaux : il permet aux agents économiques de financer leurs
activités.
III--Les 10 grands principes de l’économie
• Principe 1 : Les individus font face à des arbitrages (ils doivent faire des choix).
• -Pourquoi êtes-vous en train d’assister à ce cours au lieu de faire autre chose ? Vous pourriez avoir un
travail, ou vous promener, ou… votre temps est rare, pourquoi avoir fait ce choix ?
• -Dans toutes vos activités, vous faites des arbitrages.
• -Les économistes disent qu’ « il n’y a pas de repas gratuit » (no free lunch)
• -Faire un choix c’est renoncer à autre chose. Ce renoncement est un coût
• -Cet arbitrage ne concerne pas que les individus, mais la société dans son ensemble.
• - C’est l’expression de « choix de société »
• -Elle implique également qu’on ne peut pas tout avoir.
• -Par exemple : augmenter les dépenses d’éducation ou d’armée ? C’est un choix, la société est contrainte
par ses revenus, la rareté des ressources.
• -Arbitrage de la société : efficacité ou équité ?
• -Dans quelle mesure la performance économique et-elle plus ou moins importante que la justice sociale ?
• Principe 2 : Le coût d’une chose mesure ce à quoi on renonce pour l’obtenir.
• -Du fait des arbitrages, il faut pour faire un choix comparer les coûts et les avantages de chaque
alternative.
• -Quels sont les coûts d’aller à l’université ?
• -Il y a bien sûr les frais d’inscriptions, les manuels etc.
• -La nourriture et le logement ? Non, vous devez vous nourrir et vous loger de toute façon.
• La nourriture peut même être moins chère à l’université.
• -Le coût le plus important n’est pas là : c’est l’argent que vous auriez gagné si vous aviez un
• travail.
• -C’est un coût d’opportunité : Ce à quoi il faut renoncer pour obtenir quelque chose
• -Le coût de la fac est bien plus important que les frais d’inscriptions chez un économiste.
• -Pourquoi donc aller à l’université ?
• -Car vous espérez que le diplôme vous donnera de meilleures opportunités professionnelles,
• -Avec des salaires plus élevés,
• -Ce qui finira par compenser le coût économique que vous subissez actuellement
• Principe 3 : Les individus raisonnent à la marge
• -Cela veut dire qu’ils appliquent un raisonnement marginal, dans le sens où ils
s’interrogent
• sur le fait de faire un choix pour une unité supplémentaire de quelque chose.
• -Par ex. : Déciderez-vous de faire une deuxième année ?
• -Avantages (salaires + autres) et inconvénients (coût économique dont coût
d’opportunité).
• -Comparaison des bénéfices marginaux et des coûts marginaux.
• -Une firme : Investir dans un nouveau projet ou pas ? Quels sont les bénéfices
et coût de cet
• investissement supplémentaire, investissement marginal ?
• Principe 4 : Les agents réagissent aux incitations.
• -Les agents prennent leurs décisions en comparant les avantages et
les coûts marginaux.
• -Autrement dit vous pouvez influencer ces choix en changeant la
structure des avantages et des coûts.
• -Vous pouvez donc incitez des agents à faire quelque chose en
augmentant les avantagés ou en réduisant les coûts.
• -Question d’actualité : réforme du système fiscal, change les
incitations.
• -Pour l’écologie : une taxe sur l’essence doit augmenter les coûts à
utiliser des moyens de transport polluants
• Principe 5 : L’échange est profitable pour tous.
• -Jusqu’à présent nous avons étudié les principes régissent l’action
individuelles.
• -Etudions maintenant les principes de l’action d’individus […]
• -LA concurrence entre individus n’est pas un jeu à somme nulle, mais positive.
• -Vous faites mieux en étant en concurrence avec les autres que si vous étiez
tout seul
• -Ce qui rend la société dans son ensemble plus efficace
• -La concurrence vous fait vous spécialiser dans ce dans quoi vous êtes le
meilleur
• -C’est grâce aux échanges que vous avez accès à des biens différents à des prix
les plus bas possible. (Smith et Ricardo)
• Principe 6 : Les économies de marché sont habituellement un bon mode d’organisation de l’activité
économique.
• Economie de marché : « économie qui alloue les ressources au travers des décisions décentralisées des
nombreuses firmes et des nombreux ménages qui interagissent au sein des marchés des biens et
services ».
• -Il est d’abord un fait historique que les économistes centralisées où c’est l’instance publique qui décide
de la production, de la répartition etc… ont échoué.
• -Pourquoi les économies de marché survivent mieux à l’histoire ?
• -Argument de Smith : ce n’est que lorsque chacun poursuit son intérêt personnel qu’il peut contribuer à
l’intérêt de la société, sans que l’intérêt de la société ne soit dans les objectifs de l’individu.
• -C’est la « main invisible »
• -C’est pour cela que dans la pensée libérale, l’Etat vient contrecarrer l’effet de la main invisible
• -Des taxes, par ex., viennent modifier la structure des prix et empêcher le bon fonctionnement des
marchés
• -Et donc pénalisé l’efficacité économique
• -Les marchés libres sont les plus efficaces, envoyant les signaux de prix qui permettent l’égalité
• Principe 7 : L’Etat peut parfois améliorer les situations de marché.
• -Bien sûr les choses sont plus compliquées.
• -Certains pensent qu’au lieu de s’en remettre à la « main invisible », il faudrait mieux s’en
remettre à la « main visible » de l’Etat.
• -Il faut des institutions pour que la « main invisible » puisse fonctionner !
• -L’autre raison est que les marchés ne sont pas toujours les plus efficaces, pour de nombreuse
raisons.
• -On parle d’échecs ou de défaillances de marché : « situation dans laquelle le marché
décentralisé échoue à allouer les ressources de manière efficace ».
• -Parmi ces raisons :
• -Les externalités : « l’impact sans contrepartie des actions d’un individu sur le bien être d’un
tiers à l’échange ».
• -Exemple le plus connu : la pollution, externalité négative.
• -On ne vous paie pas pour la pollution que vous subissez ! Pour cela on dit que l’impact de la
pollution ne « passe pas par le marché » ou n’est pas régulé par un système de prix. C’est à
l’Etat de réguler.
• -Le pouvoir de marché : « capacité d’un agent économique (ou d’un petit groupe d’agents) à
exercer une influence substantielle sur les prix de marché. »
• Principe 8 : Le niveau de vie d’une économie dépend de sa capacité de
produire ses biens et services
• (Comment expliquer ces différences de niveau de vie ?)
• -La principale cause de la hausse du niveau de vie est la hausse de la
productivité.
• -On passe maintenant au niveau non plus des individus, ni leurs interactions
mais à celui de l’économie
• -Productivité : Quantité de biens et services produite en une heure par un
travailleur.
• -C’est le rapport entre ce qui est produit et la quantité de main d’œuvre
nécessaire ) cette production.
• -Comment augmenter cette productivité ? Pas de réponse
• Principe 9 : Les prix augmente lorsque la banque centrale imprime trop de monnaie
• C’est la BC qui crée la monnaie, qui détermine l’offre de monnaie.
• Une des causes de l’inflation est la croissance de la masse monétaire.
• Inflation : augmentation générale du niveau des prix. Lorsque l’autorité émet de
grandes quantités de monnaie, la valeur de celle-ci s’effondre.
• Principe 10 : A court terme la société est confrontée à un arbitrage entre inflation et chômage
• On ne peut pas régler les deux problèmes en même temps : c’est la courbe de
Philips.
• Augmenter la masse monétaire dans l’économie stimule la demande de biens et
de services. Une augmentation de la demande peut conduire les firmes à hausser
leurs prix, mais à court terme, elle les encourage à accroître leur production et à
embaucher plus de travailleurs. Cette augmentation de l’embauche provoque une
diminution du taux de chômage.
IV-Définition et objectifs de la macroéconomie
• Depuis les années 1930, on distingue toujours en sciences
économiques deux champs d’études : la microéconomie et la
macroéconomie.
• La microéconomie est le champ de la science économique
qui étudie le comportement des différents agents
économiques pris individuellement : le consommateur,
l’entreprise, le détenteur de capital, le travailleur etc.
Exemple : le consommateur qui cherche à maximiser son
utilité sous la contrainte de son revenu.
• La macroéconomie, au contraire, est centrée sur l’analyse des comportements
d’une économie nationale et sur l’étude des relations qu’elle entretient avec les
autres économies étrangères. L’analyse macroéconomique raisonne sur des
groupes d’agents économiques et sur des agrégats. La macroéconomie peut
donc se définir comme l’étude des phénomènes économiques globaux et de
leur interaction.
• Elle traite en particulier des problèmes fondamentaux qui sont l’explication des
cycles économiques, le chômage, l’inflation, le déficit budgétaire, le déficit
extérieur etc.
• La macroéconomie privilégie la logique du circuit et non pas le raisonnement
par marchés cloisonnés.
• On distinguera de ce fait quatre principaux macro-marchés qui sont
interconnectés : le marché du travail, le marché des biens et services, le
marché des titres et le marché de la monnaie.
• En termes d’objectifs, l’analyse macroéconomique poursuit essentiellement
quatre :
• O1 : déterminer les variables permettant d’expliquer le comportement des
groupes d’agents ;
• O2 : étudier les relations entre ces variables afin de déterminer l’existence de
rapports stables entre elles et dégager les conditions de réalisation d’un
équilibre entre les agrégats ;
• O3 : analyser les principaux déséquilibres qui peuvent apparaître entre les
agrégats et en rechercher les causes ;
• O4 : étudier les politiques économiques et les moyens à mettre en œuvre pour
atteindre certains buts économiques fixés par la société.
• La macroéconomie contemporaine est dorénavant microonde. Elle prend donc
elle aussi pour point de départ, l’étude des comportements individuels.
Exemple : La fonction de consommation globale au Burkina Faso devrait
refléter le comportement des ménages burkinabè.
VI-Les Composantes De La Demande Globale
• Les biens et services qui résultent de l’activité économique
reçoivent plusieurs affectations dont les plus importantes
sont la consommation finale des ménages et
l’investissement. Ces composantes sont en effet les éléments
moteurs du circuit économique. Toutefois d’autres
affectations peuvent être faites des biens et services produit.
Ainsi, peuvent-ils être exportés. Mais dans cette partie du
cours nous nous limiterons à l’analyse des déterminants des
deux principales composantes que la consommation finale
et l’investissement.
Les biens et services résultent de l’activité économique :
Bien intermédiaire
Travail
Bien final
•Les biens et services résultant de l’activité
économique reçoivent deux affectations. Les
uns sont destinés à la consommation et sont
utilisés immédiatement afin de bien satisfaire
les besoins des ménages sous la forme de biens
et services marchands ou de services collectifs
fournis gratuitement. Les autres sont mis à
réserve et assignés à l’investissement public ou
privé, afin de concourir à un accroissement
ultérieur de la production.
Première partie :
Les comportements économiques
Chapitre 1 :
La consommation des ménages
Introduction
La consommation finale constitue un des
éléments essentiels de l’activité
économique. Quand on aborde la notion
de consommation en économie, il faut
faire la distinction entre la
consommation finale et la
consommation intermédiaire.
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•Par consommation final, on entend l’ensemble
des achats de biens et services (B&S) permettant
de satisfaire directement les besoins des agents
économiques sans participer à l’accroissement
de la production.
•Tandis que la consommation intermédiaire
désigne la consommation effectuée en vue de la
production d’autres B&S.
En économie de façon générale, et en
macroéconomie en particulier, l’analyse du
comportement de consommation revêt une
importance capitale.
En fait, la consommation est un acte fondateur de
l’activité économique, dans le sens où c’est elle
qui permet de satisfaire nos besoins individuels,
collectifs et que ces derniers mêmes sont à
l’origine de l’activité économique.
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•L’analyse des comportements de
consommation est fondée sur deux
conceptions distinctes : une conception
purement macroéconomique qui émane de
Keynes et une conception classique fondée
sur l’étude microéconomique de
comportements individuels de
consommation.
I-Approche keynesienne de la consommation
L’analyse de la fonction de consommation
constitue un pilier important de la théorie de
Keynes. Elle est à la base du principe du
multiplicateur et de l’efficacité des politiques
économiques.
L’analyse keynésienne de la consommation est
fondée sur ce que l’on appelle la loi
psychologique fondamentale.
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•Le premier déterminant de la consommation
avancé par les économistes est le revenu. Ce
concept peut recouvrir diverses réalités : le
revenu courant et relatif et le revenu
permanent. Keynes retient la notion de
revenu courant. Le principe est que la
consommation finale dépend en grande
partie du revenu disponible courant.
Le point de départ de la théorie keynésienne est une loi qui
s’énonce comme suit: « La loi psychologique fondamentale
sur laquelle nous pouvons nous appuyer en toute sécurité, à la
fois a priori en raison de notre connaissance de la nature
humaine et a posteriori en raison des renseignements détaillés
de l’expérience, c’est qu’en moyenne et la plupart du temps,
les hommes tendent à accroître leur consommation à mesure
que le revenu croît, mais non d’une quantité aussi grande que
l’accroissement du revenu ». J. M. Keynes (Théorie générale
de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, 1936).
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C’est à partir de ces indications que l’on retient généralement la relation 𝑪𝒕 = 𝒄𝒀𝒅𝒕 + 𝑪𝒐
pour exprimer la fonction de consommation keynésienne.
Dans cette relation, le niveau de la consommation globale des ménages 𝑪𝒕 est expliqué par le
niveau du revenu disponible courant 𝒀𝒅𝒕. 𝒀𝒅𝒕 est le revenu national brut moins les impôts et
les charges (𝒀𝒅𝒕 = 𝒀 − 𝑻) où 𝒀 est le PIB ou PNB et 𝑻 les charges fiscales et parafiscales.
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La relation de comportement donnera pour un ménage 𝒊
• 𝑪𝒊 = 𝒂𝒊 + 𝒃𝒊𝒀𝒅𝒊 avec 𝑪𝒊 = Consommation du ménage 𝒊
Le terme 𝒂𝒊 > 𝟎 (consommation autonome ou incompressible) indique la valeur de la
consommation lorsque 𝒀𝒅𝒕 est nul. Cette consommation minimum correspond au minimum
vital. 𝒃𝒊 la propension marginale à consommer (PmC) qui indique la proportion de
l’accroissement supplémentaire de revenu qui sera consacrée à la consommation.
C
Pmc =
Y Est comprise entre 0 et 1.
𝑪𝒕 = 𝒇(𝒀𝒅𝒕)
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Graphiquement, la propension marginale à consommer est la pente de la droite représentant
la fonction de consommation.
De façon analogue, on peut calculer la propension moyenne à consommer (PMC) C ; elle
PMC =
indique la part du revenu global affectée à la consommation, c’est-à-dire Y décroit
avec le revenu.
𝒀
Alors que la propension marginale à consommer est constante, la propension moyenne diminue
lorsque le revenu s’accroît.
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II-Implications et limites de l’approche keynésienne
1-Implications
La fonction macroéconomique de consommation
exprime la relation entre la consommation et le
revenu. La fonction keynésienne repose sur la loi
psychologique fondamentale : la consommation
augmente, mais moins vite que le revenu national.
En conséquence, la propension moyenne à
consommer diminue lorsque le revenu augmente.
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•Cette relation keynésienne est corroborée à
un moment donné du temps.
•En revanche, elle est infirmée en longue
période, la consommation est une
proportion constante du revenu. Pour
concilier ces résultats, les keynésiens ont mis
en avant un effet de démonstration et un
effet de cliquet (J. Duesenberry, 1918-2009).
1-1-Les succès de l’analyse de Keynes
Peu après que Keynes ait proposé cette formulation de la fonction
de consommation, les économistes se mirent à rassembler des
données permettant de la confronter à la réalité des faits.
Les premières études conclurent que la fonction de
consommation keynésienne constitue une bonne approximation
du comportement des consommateurs.
En effet, les données collectées montraient que les ménages
bénéficiant de revenus plus élevés consommaient plus que les
autres, confirmant ainsi une propension marginale à consommer
supérieure à 0.
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• En outre il est apparu que les ménages bénéficiant de
revenus élevés épargnaient également une part de
leur revenu supérieure à celle des ménages à revenus
moindres, confirmant la relation négative entre la
PMC et le revenu.
• L’ensemble de ces données confirmaient donc les
hypothèses de Keynes relatives à la PMC et la Pmc. De
même, les données confirmaient que les gens
déterminaient en tout premier lieu la part qu’ils
souhaitent consommer de leur revenu en fonction de
la hauteur de ce dernier.
• 1.2. Les ambiguïtés de l’analyse de Keynes
• La loi psychologique fondamentale suscite plusieurs
interprétations. Elle s’appuie sur des facteurs psychologiques
propres à la nature humaine et sur les enseignements
détaillés des faits.
• 1.2.1 Les interprétations de la propension marginale à
consommer
• Telle que formulée, la loi psychologique fondamentale est
compatible avec trois représentations différentes. Elle peut en
effet être représentée par une fonction linéaire ou par une
fonction affine ou encore par une fonction concave.
C C=f(Y) C C=f(Y) C C=f(Y)
Y Y Y
Fonction linéaire : C = aY Fonction linéaire : C = aY+Co Fonction linéaire : C = aY+Co
C C 2C C C Co 2C C 2C
= a = cons tan te 2 = 0 = a = cons tan te ; = a + et 2 = 0 0 et 2 0
Y Y Y Y Y Y Y Y Y
Dans les trois cas de figure, une
augmentation du revenu entraine
toujours une augmentation de la
consommation mais d’une quantité plus
faible. Dans la théorie générale, Keynes
ne tranche pas clairement entre ces trois
représentations.
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1-2-2-Le poids des forces subjectives et
sociales
Pour Keynes les motifs de consommation
relèvent de l’état d’esprit de la communauté et
du contexte du milieu ambiant. Pour lui la
décision d’épargner n’est pas une renonciation
à la consommation mais est prise ex post.
© 2025-LPAS 65
•Autrement dit, l’épargne est un résidu, c’est-à-
dire c’est la partie du revenu qui reste lorsque
l’on a fini de consommer.
•Cependant, au-delà de cette explication de la
décision d’épargner, on peut avancer d’autres
motifs qui peuvent expliquer la décision
d’épargner : motif de précaution, motif de
prévoyance, motif de calcul économique.
1.3 Les résultats contradictoires à l’analyse de Keynes
• En dépit de ses succès précoces, la fonction de
consommation keynésienne se heurte bientôt à deux
anomalies, toutes deux relatives à l’hypothèse
keynésienne d’une relation inverse entre la PMC et le
revenu.
• La première anomalie fut mise en évidence après que
certains économistes aient formulé, pendant la
deuxième guerre mondiale, une prévision tragique,
qui s’avéra fort heureusement erronée.
•En effet, sur la base de l’hypothèse
d’une PMC décroissante au fur que le
revenu croît, donc une croissance du
PMS avec les revenus, les économistes
redoutaient qu’il n’y aurait jamais assez
de projets d’investissement rentables
pour absorber toute cette épargne.
• Si cela se vérifiait, la faiblesse de la consommation
provoquerait une demande insuffisante de B&S qui
induirait à son tour une dépression dès que la fin de la
guerre aurait mis un terme aux dépenses élevées.
• En d’autres termes, ces économistes s’inspiraient de la
fonction de consommation keynésienne pour prévoir ce
qu’ils ont appelé une stagnation séculaire c’est-à-dire,
une longue dépression de durée indéterminée, dans le
cas où la politique budgétaire ne viendrait pas stimuler
la demande agrégée.
• L’expérience a cependant montré le contraire, ce qui
ouvrit la voie à d’autres formulations de la fonction de
consommation.
• Ainsi Kuznets, en utilisant de longues séries sur la
consommation et le revenu, fit apparaître la deuxième
anomalie de la fonction keynésienne.
• En effet, cet auteur constate que la part de la
consommation dans le revenu est remarquablement
stable de décennie en décennie, en dépit de
l’accroissement substantiel des revenus.
•Cette relation vient encore remettre en cause
l’hypothèse de la décroissance de la PMC.
Ces anomalies constatées sur la fonction de
consommation keynésienne a conduit
certains économistes à vouloir absolument
savoir pourquoi certaines études
confirmaient les hypothèses de Keynes et
d’autres pas.
•En d’autres termes, les économistes voulaient
savoir pourquoi les hypothèses étaient vérifiées
à court terme et invalidées sur des séries
chronologiques couvrant une longue période.
•Il restait donc aux économistes à vérifier la
compatibilité entre fonction de consommation
keynésienne vérifiée à court terme et la fonction
de consommation à long terme.
•Deux économistes vont essayer le
travail : il s’agit de Franco Modigliani et
de Milton Friedman. Mais avant
d’aborder leur interprétation de
l’énigme de consommation, il convient
d’étudier la contribution d’Irving Fisher
à la théorie de consommation.
2. Les reformulations post-keynésiennes : théorie du revenu relatif
et l’effet de cliquet et théorie de la formation des habitudes.
2-1- La théorie du revenu relatif.
Elle est basée sur 2 hypothèses :
Hypothèse 1: les individus sont sensibles à la comparaison de leurs
dépenses de consommation avec celles des autres consommateurs. Les agents
appartenant à des groupes de revenus faibles subissent un effet d'imitation vis
à vis des agents appartenant à des groupes de revenu élevés. Ils auront en
conséquence une propension à consommer plus forte que celle des agents du
groupe à revenu élevé.
Hypothèse 2: la consommation d'une période est fonction de revenu
antérieure le plus élevé que celui de la période courante. Pour Duesenberry la
consommation devient proportionnelle au revenu lorsque ce dernier retrouve
le niveau le plus élevé atteint dans le passé. Cette thèse est connue sous le
nom de l'effet de rémanence. © 2025-LPAS 74
• Duesemberry (1949) insiste sur le fait que la dimension
sociale des comportements de consommation est
fondamentale selon lui.
• Duesenberry (1949) tente de réconcilier la loi
psychologique fondamentale avec les résultats
empiriques. Pour cela, il lève l'hypothèse
d'indépendance de la consommation d'un agent par
rapport à celle des autres.
• Il met alors en évidence l'effet de démonstration.
L'effet de démonstration y est défini comme un effet de
contagion, de contact ou de relations sociales.
Les agents à revenu faible d’un groupe social donné auront
tendance à imiter la consommation d’un groupe aux revenus
plus élevés : leur propension à consommer sera donc plus
forte ; c’est l’effet d’imitation ou de démonstration.
L’hypothèse du revenu relatif, formulée par
Dussembery(1949), stipule que la décision de
consommation des ménages est prise non pas en fonction
du revenu courant comme le prétendait Keynes mais sur la
base du revenu relatif à celui du reste de la population.
© 2025-LPAS 76
•Dans ce cadre, la consommation dépend à la fois du
niveau du revenu et du revenu moyen du groupe
social auquel l’agent s’identifie. Il y a alors
interdépendance de la consommation des différents
agents.
•Ainsi, puisqu’un individu cherche à imiter la
consommation des agents d’un groupe ayant un
niveau de vie supérieur, cet individu sera caractérisé
par une propension moyenne à consommer plus
élevée que celle d’un agent ayant un revenu
supérieur.
•De ce fait, sa PMC dépend de son groupe
social auquel il appartient.
•La théorie postule que les agents ayant un
niveau de revenu élevé auront une PMC
faible par rapport à ceux qui ont un niveau
de revenu faible.
•La fonction de consommation s’écrit donc :
−
C = a y + a ( y− y )
it 0 it 1 it
Pour 0 a
1
a 0
1
− −
Où y est le revenu moyen et y− y it
le revenu relatif du consommateur i.
−
C = ( − )+ y
it
elle est d’autant plus faible que le revenu du
La PMC est donc :
y a a a
0
y 1 1
it it
consommateur i est élevé par rapport au revenu moyen.
© 2025-LPAS 79
L’hypothèse du revenu relatif fournit ainsi une explication de l’observation empirique selon
laquelle les consommateurs à revenu élevé ont un taux d’épargne élevée mais également au
paradoxe de Kuznets (le taux d’épargne est constant à long terme) : si la distribution des
revenus est égalitaire à long terme, la PMC agrégée sera inchangée puisque par agrégation, le
−
terme a1 y − y disparaît de la fonction de consommation macroéconomique qui s’écrit :
it
−
C = a0 y et donc PMC = pmc = a0
© 2025-LPAS 80
2-2-L’effet de cliquet
La seconde hypothèse de Dussembery est que la
consommation présente est également influencée
par les niveaux de consommation atteints dans le
passé : il y a irréversibilité des décisions de
consommation au cours du temps. Le taux
d’épargne agrégé dépend ainsi du rapport de
revenu courant au revenu le plus élevé atteint
dans le passé Y*.
© 2025-LPAS 81
• Il considère que lorsque le revenu diminue, il est
difficile pour un agent de réduire sa consommation.
La consommation est alors déterminée par le revenu
courant et l’écart entre le revenu maximum atteint
dans le passé et le revenu courant. Sous cette
hypothèse, la consommation actuelle de l’agent tend
à se rapprocher des niveaux élevés antérieurs de
consommation.
• Ainsi, un niveau élevé de revenu tend à modifier les
habitudes de consommation. Lorsque le revenu est
réduit, la consommation ne diminue pas aussi
rapidement qu’elle a augmenté.
D’où la fonction de consommation :
2
C = (1 − a )y − a
y la PMC vaut alors : = (1 − a0 ) − a1
C y
0 1 *
y y y*
C
= (1 − a0 ) − 2 a1
y
pmc =
y y*
*
A court terme, et y donnée, la pmc < PMC. À long terme et sur un sentier de croissance ou
y = y* , C = (1- ao – a1)y : pmc =PMC
© 2025-LPAS 83
Effet cliquet ou effet de cliquet :
Rigidité à la baisse de certaines
variables endogènes. Il est parfois lié à
un « effet mémoire » : « une
consommation atteinte est
difficilement réduite du fait des
habitudes et des engagements qui ont
été pris. »
2-3-La théorie de la formulation d’habitude
• Brown (1952) propose de substituer au niveau de revenu le plus élevé atteint
dans le passé de l’effet de cliquet, la consommation effective de la période
précédente. C’est la théorie de la formation d’habitudes.
• Il suggère que la persistance des habitudes est interne à l’agent qui en tient
compte lorsqu’il prend ses décisions de consommation.
• La consommation, à une période donnée dépend non seulement du revenu de
cette période, mais aussi des habitudes de consommation acquises
antérieurement. Si la consommation dépend du revenu courant mais aussi de
la consommation passée on l'écrit de la façon suivante :
• Ct = f (Rt, Ct-1)
• Ct-1 = f (Rt-1, Ct-2)…
La fonction de consommation devient alors :
C = + y + C
t o 1 t 2 t −1
Avec 0 1 et 0 1
1 2
Ainsi la Propension à consommer de court terme vaut . Si l’on suppose que la
1
consommation croit, à long terme, au taux constant a, il vient que :
Ct = +
o 1
y t
+ 2
1+ a C t
de ce fait la propension de long terme vaut 1
1 − (1 + a) 1
2
• Duesenberry (1949) et Brown (1952) montrent que l’hypothèse de
persistance des habitudes dans le comportement de consommation des
ménages est pertinente pour répondre à certaines critiques adressées à la
théorie keynésienne de la consommation.
• Cependant, leurs théories ne concernent que les fluctuations de court
terme de la consommation autour de sa tendance de long terme et ne
donnent pas de fondements à la relation de long terme entre
consommation et revenu.
• Par ailleurs, comme nous l’avons déjà mentionné, la prise en compte des
contraintes de ressources des agents est nécessaire. En effet, le lissage de la
consommation implique qu’à certains moments la consommation des
individus peut être supérieure ou inférieure au revenu de la période. Les
agents ne peuvent pas s’affranchir des contraintes de ressources. Une
consommation supérieure (respectivement inférieure) au revenu, implique
une diminution de l’épargne (respectivement une augmentation).
Exercice 1 (TD)
Exercice 2 (TD)
Exercice 3 (TD)
Soit les données suivantes :
Quintile Revenu moyen
1e 25
2e 80
3e 110
4e 135
5e 155
La fonction de consommation s’écrit : Ci = 0,7Yi + 0,3(Y j − Yi ) où i et j représentent deux quintiles
successifs.
1°) Commenter cette fonction de consommation en insistant notamment sur la théorie à laquelle
elle fait référence ;
2°) Calculer le montant de la consommation ainsi que la propension moyenne à consommer de
chaque groupe, ainsi que pour l’ensemble de la communauté. Commenter ;
3°) Quelle est la conséquence d’un doublement du revenu national (la répartition des revenus
restant inchangée) ?
4°) Que devient la fonction de consommation si la répartition est pratiquement égalitaire ?
III. L’hypothèse de revenu permanent de Milton Friedman
• 3.1. L’hypothèse du revenu permanent (Milton Friedman)
• La théorie du revenu permanent part de l’hypothèse que les gens
considèrent le revenu courant comme la somme de deux composantes : une
composante permanente et une transitoire. Ainsi on a : Y = Y + Y
P T
• Le revenu permanent est la partie du revenu que les agents s’attendent à
conserver à l’avenir et le revenu transitoire celle dont ils ne prévoient pas le
maintien. Le revenu permanent apparaît donc comme le revenu moyen et le
transitoire comme l’écart aléatoire par rapport à cette moyenne.
• Selon Friedman la consommation devrait dépendre
essentiellement du revenu permanent, dans la mesure où les
consommateurs ont recours à l’épargne et à l’emprunt pour
lisser leur consommation en réaction à des variations
temporaires de leur revenu.
• En plus Friedman, pense que les consommateurs dépensent
leurs revenus permanents, mais qu’ils tendent à épargner
plutôt qu’à dépenser l’essentiel de leurs revenus transitoires.
• L’hypothèse de base est que les revenus courants subissent
d’année en année des chocs temporaires aléatoires.
L’idée de base de la théorie du revenu permanent est que les
ménages orientent leurs consommations permanentes en
fonction de la partie permanente de leur revenu et adoptent
un autre comportement face à leur revenu transitoire.
Alors que la consommation au sens habituel inclut les achats
de biens de consommation durable, la consommation
permanente n’inclut que la valeur des services rendus par ces
biens (frigidaire, voiture, télévision…) au cours de la période
considérée.
© 2025-LPAS 93
Pour Friedman, la fonction de consommation doit donc prendre la forme suivante :
C =Y
p
(6) ou
Ou est une constante qui mesure la fraction consommée du revenu permanent. L’équation
(6) implique que la consommation est proportionnelle au revenu permanent. Elle implique
également que la PMC est fonction du rapport entre revenu permanent et revenu courant. En
effet, en divisant (6) par le revenu courant Y on a :
C Y
p
PMC = = .
Y Y
© 2025-LPAS 94
•Lorsque le revenu courant augmente
temporairement par rapport au-delà du revenu
permanent, la PMC baisse provisoirement; et
lorsqu’il baisse la PMC augmente
provisoirement.
Formalisation
L’une des conséquences de la distinction entre revenu
permanent et revenu transitoire est la variation de la 𝑷𝒎𝑪 et
de la 𝑷𝑴𝑪 à court terme par rapport à leur valeur de long
terme. En effet, en période d’expansion économique, les
ménages réalisent des revenus transitoires positifs et
importants, ce qui les incite à l’épargne.
Leur richesse va donc augmenter, ils ont un comportement
inversé en temps de récession et le revenu transitoire négatif.
© 2025-LPAS 96
• On peut par contre par illusion en quelque sorte croire
que la consommation de la période t dépend du revenu
observé et il montre que la consommation peut être
abordée comme une fonction du revenu observé et de
la consommation de la période précédente. On a dans
ce cas une fonction de consommation du type (courte
période) :
•Milton Friedman montre que la propension à
consommer de court terme est insignifiante,
en tout cas loin de ce que pensait Keynes, et
que par ailleurs ce qui est déterminant pour la
consommation c’est le taux d’intérêt, puisque
la consommation dépend en réalité du revenu
permanent, c'est-à-dire de l’intérêt de la
richesse.
𝐶 𝑌𝑝
𝑌
𝑐𝑝
© 2025-LPAS 100
Si on désigne par 𝑪𝒑 la consommation permanente de long terme, la fonction dece
consommation permanente
𝒕
de long terme est
𝑪𝒑 = 𝒌. 𝒀𝒑
𝒕 𝒕
Avec 𝑷𝒎𝑪 = 𝒌 (propension marginale à consommer du revenu anticipé). Ce coefficient selon
Friedman est proche de l’unité. Mais peut varier d’un pays à l’autre et d’une catégorie de ménage à
l’autre. Les conclusions de la théorie du revenu permanent de Friedman sont très semblables à celle
de la théorie de Duesenberry qui expliquent la variabilité de la 𝑷𝑴𝑪 à court terme et sa stabilité à
long terme, par le fait que les ménages deviennent habitués à un certain niveau de vie et résistent à
tout changement brusque de ce dernier.
© 2025-LPAS 101
t 1 2 3 4 5 6 7 8
Année 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Yt 1600 1300 1584 1200 1380 1600 1378 1162
YtP
YtT
Ct 1155 1083 1125 1035 1035 1101 1074 993
Ct = k Yt +(1 − ) Ct−1
(1 − ) Ct−1 675 693 649,8 675 621 621 660,6 644,4
TAF :
Correction
IV. Contraintes de liquidité dans le modèle de cycle de vie
1-Le choix intertemporel
On peut noter un constat plus général au sujet de l’approche
keynésienne. En effet, dans la théorie keynésienne de la
consommation, l’épargne représente le résidu de la
consommation exclusivement comme fonction du niveau des
revenus et elle n’est donc pas la conséquence d’un choix entre
le présent et le futur. Du fait de cette lacune fondamentale de
l’approche, il est nécessaire de définir un cadre d’analyse
intertemporelle de la consommation. C’est tout l’apport de
l’analyse néoclassique des choix intertemporels.
• La fonction de consommation proposée par Keynes
relie la consommation courante au revenu courant.
Cette relation ne tient pas compte du fait que les
consommateurs fondent leur décision de
consommer, non seulement sur le présent, mais aussi
sur l’avenir.
• En effet, plus ils consomment aujourd’hui, moins ils
pourront le faire demain. Pour faire ce choix, les
consommateurs doivent donc anticiper leurs revenus
et leurs désirs de dépenses futurs.
• On passe alors d’une contrainte budgétaire statique à court terme à une
contrainte intertemporelle formulée sur la base des hypothèses suivantes :
• L’individu vit deux périodes : une période de vie active et la période de
retraite.
• Cet individu gagne Y1 et consomme C1 à la période 1. En période 2 il gagne
Y2 et en consomme C2.
• L’épargne est rémunérée au taux d’intérêt r,
• Il n’y a pas de contrainte de crédit de sorte que pour une période donnée la
consommation peut être sup. ou inf. au revenu.
• Leur décision relative à leur partie de revenu qu’ils consomment
aujourd’hui et à celle qu’ils épargnent en vue de l’avenir est dictée par la
contrainte budgétaire intertemporelle. Celle-ci mesure les ressources qui
peuvent être consacrées à la consommation aujourd'hui et demain.
• Sous ces hypothèses, il s’agit de voir comment
l’individu va repartir sa consommation sur ces deux
périodes.
• Pour la période 1, l’épargne S constituée par l’individu
est : S = Y − C (1)
1 1
• Où S représente l’épargne . À la période 2, l’individu
consomme sur la base de l’épargne constituée en
période 1. Ainsi on a :
C 2
= (1 + r ) S + Y 2 (2)
Combinant les équations (1) et (2) on obtient l’équation suivante :
C 2
= (1 + r )(Y 1 − C1) + Y 2 (3) ou
(1 + r ) C1 + C 2 = (1 + r )Y 1 + Y 2 (4) ou encore
C Y
C1 + 1+ r
2
=Y1+
1+ r
2
(5)
L’équation (5) exprime la contrainte budgétaire intertemporelle qui lie la consommation au
cours des deux périodes aux revenus correspondant.
• On constats que si le taux d’intérêt est nul alors la
consommation sur toutes les deux périodes égale son
revenu total sur les deux périodes. Mais le taux
d’intérêt est positif, les grandeurs de la deuxième
période sont actualisées à l’aide du facteur 1+r.
• Cela signifie que si l’individu veut consommer 1F
aujourd’hui cela lui coûte 1/1+r. ce facteur exprime la
fraction de la consommation en période 1 à laquelle il
doit renoncer pour obtenir une unité de consommation
en période 2.
2. Le modèle de base de la théorie du cycle de vie :
Selon F. Modigliani (1954), si on raisonne sur la durée de vie de l’individu et
en supposant que celui-ci ne se préoccupe pas de ses héritiers, les
propensions moyenne et marginale à consommer les revenus sur la durée
de vie sont égales entre elle et égale à l’unité pour tous les ménages. La
théorie part des hypothèses suivantes :
- le consommateur vit deux périodes : la période de vie active et la retraite;
- l’individu connaît avec certitude la date de sa retraite et de son décès;
- l’individu gagne à chaque période de sa vie active un revenu qui s’annule
pendant la vie de retraité;
- l’individu cherche à maintenir un niveau de consommation constant sur
l’ensemble de sa durée de vie.
Sous ces hypothèses l’HCV peut représentée graphiquement comme suit :
© 2025-LPAS 111
y, C
A(t)
EPARGNE
DESEPARGNE
Retraite Décès Temps
•L’individu, pendant sa vie active gagne un revenu
largement supérieur à la consommation; cet
excès de revenu est épargné et son patrimoine
croit jusqu’à la date de sa retraite. Pendant la
phase de la retraite, le revenu courant s’annule
et l’individu utilise l’épargne constituée pendant
la période de vie active pour conserver le même
niveau sur toute la durée de vie.
• L’HCV implique l’épargne permet à l’individu de reporter
une partie de sa consommation (épargne) vers les
périodes ou le revenu est faible ou nul ; l’endettement
permet au contraire d’anticiper l’accroissement
escompté de revenu futur. L’observation suggère en
effet que les agents économiques préfèrent une
structure de consommation relativement stable au
cours de leur vie; l’accumulation patrimoniale a ainsi
pour fonction de réaliser l’ajustement entre des revenus
fluctuant et des dépenses que l’on cherche à étaler
également sur tout le long de sa vie.
• L’HCV a été développée par la suite et la première hypothèse, jugée
non réaliste sera reformulée pour diviser la durée de vie du
consommateur en trois sous périodes :
• la jeunesse (0-30 ans); dans cette tranche d’âge les dépenses de
l’individu sont supérieures à ses ressources tirées du travail. L’individu
s’endette donc pour financer sa formation et ses besoins vitaux ;
• l’activité (30-60 ans), la hausse du revenu permet d’abord à l’individu
de se désendetter et la valeur du patrimoine nette se rapproche de 0;
puis il commence à accumuler un patrimoine pour la période
d’inactivité future sous la forme d’achats immobiliers, de capitalisation
auprès des fonds de pension ou d’acquisition de droits à la retraite.
• La retraite (60 ans et plus) les revenus du travail disparaît et la
personne âgée couvre ses besoins en utilisant son patrimoine.
• 2. Cas de Contraintes de liquidité
• Dans le modèle de cycle de vie, pouvoir s'endetter librement
à un taux d'emprunt égal au taux de placement conduit à un
endettement excessif de l’agent. Au niveau
macroéconomique les ménages seraient alors débiteurs.
Deux extensions du modèle sont décrites ici, l'endettement
autorisé est limité et le taux d'emprunt est plus élevé que le
taux de placement.
• L'agent subit alors des contraintes de liquidité. II ne peut plus
mobiliser librement sa richesse au cours du temps, ou s'il le
peut, c'est en subissant un coût. Cette richesse est devenue
illiquide d’où le terme « contraintes de liquidité ».
• Une résolution des problèmes d'optimisation correspondant est
proposée dans un cadre général. La prise en compte de telles
contraintes a comme conséquence importante de redonner un rôle
au revenu courant dans la détermination de la consommation. Elle
n'est plus nécessairement déterminée par le revenu permanent,
car sur certaines périodes de temps elle peut être égale au revenu
courant.
• Si la consommation apparait très sensible aux fluctuations du
revenu courant, alors le modèle de base de la théorie du cycle de
vie est rejeté au profit d'un modèle incluant des contraintes de
liquidité.
• En cas de contrainte de liquidité, le problème à résoudre pour
trouver la consommation optimale s’écrit comme suit :
En cas de contrainte de liquidité, le problème à résoudre pour trouver la consommation optimale s’écrit
comme suit :
𝑴𝒂𝒙 𝑼(𝑪)𝒅𝒕
𝑷𝟎 𝑨𝟎 𝒆𝒕 𝑨𝑻 𝒅𝒐𝒏𝒏é𝒔
∆𝑨 = 𝒓𝑨 + 𝒀 − 𝑪
𝑨+𝑭 ≥ 𝟎
Le montant maximum d'endettement autorisé est F, soit la contrainte A + F ≥ 0
• Le début de la vie économique a lieu en 𝒕 = 𝟎 et la fin de la vie en 𝑇.
• A la date 𝑡, l'agent détient un actif A, reçoit un revenu de son travail
égal à 𝑌 et consomme 𝐶. Toutes ces grandeurs sont spécifiées en termes
réels.
• Soit 𝑟 le taux d’intérêt réel du marché supposé constant. L’évolution de
l'actif 𝐴 est donnée par la relation : ∆𝑨 = 𝒓𝑨 + 𝒀 − 𝑪
• Soient 𝑨𝟎 l'actif initial et 𝑨𝑻 l'actif terminal. Si l'agent ne transmet pas
d’héritage, alors 𝑨𝑻 est nul, sinon 𝑨𝑻 est strictement positif.
• V. Les analyses en termes de stocks tampon
• 1. Définitions
• Le modèle revenu permanent/cycle de vie, dans sa formulation originelle,
ne prenait pas en compte l’incertitude portant sur les revenus. On supposait
que les comportements reposaient sur une anticipation parfaite du futur et
qu’ils n’étaient pas contraints par des imperfections du marché des
capitaux. Ces hypothèses se sont révélées trop restrictives car elles ne
pouvaient rendre compte de certains comportements observés
empiriquement, comme le motif de précaution.
• Le cadre d’analyse a été étendu à un environnement incertain et à des
marchés des capitaux imparfaits. Répondant à un motif de précaution à
moyen et long terme, une épargne supplémentaire permet alors de pallier
les aléas de revenu (chômage, perte de salaire, ...) et de se prémunir contre
une durée de vie incertaine.
•Une formalisation du comportement d’épargne
de précaution, en présence ou non de
contraintes de liquidité, considère un modèle
d’« épargne tampon» (buffer-stock). Une
épargne plutôt liquide, ou fonds de
contingence, joue alors le rôle de "tampon"
(buffer) contre les fluctuations de moyen terme
portant sur le revenu d’activité.
• Le motif de précaution peut conduire à des taux d’épargne
différenciés par âge : accumulation initiale aux jeunes âges,
destinée à constituer le capital qui servira de tampon face
aux fluctuations ultérieures du revenu, puis ajustement de
ce tampon avec l’âge en fonction de l’évolution des risques
pesant sur les ressources de l’individu ou du ménage.
• Un stock tampon est utilisé pour s'adapter aux variations du
revenu. C'est un moyen de garantir le bon fonctionnement
de la chaîne de consommation malgré les facteurs imprévus
qui entrent en jeu.
2. Modèle de base
𝑴𝒂𝒙 𝑬𝒕 ∑ (𝑪𝒊)
𝒊=𝒕
Tel que 𝑾𝒕+𝟏 = 𝑹[𝑾𝒕 + 𝒀𝒕 − 𝑪𝒕]
𝑷𝒕 = 𝑮𝒕𝑷𝒕−𝟏
Où 𝒀 est le revenu courant du facteur travail ; P est le revenu permanent ; N est un bruit blanc log
normalement distribué ; 𝑮 = 𝟏 + 𝒈 est le facteur de croissance pour le revenu permanent ; 𝑾 est le
stock de la richesse physique nette ; 𝑹 = 𝟏 + 𝒓 est le taux d’intérêt brut (constant).
La consommation optimale à n’importe quelle période va dépendre des ressources courantes totales, la
somme des actifs courants et le revenu courant.
• Conclusion
• Différentes approches permettent de cerner la
consommation des ménages au plan macroéconomique. Le
revenu courant, le taux d’intérêt, la richesse, le revenu
permanent sont entre autres des facteurs déterminants de la
consommation des ménages. La portée de l'hypothèse
d'anticipations rationnelles reste délicate à apprécier. Sur le
plan théorique, sa force est qu'il s'agit du point
d'aboutissement naturel des idées d'équilibre et de
rationalité qui inspirent la plus grande part de la théorie
économique.
• L'univers économique est changeant et également les
comportements qui s'y inscrivent. L'incertitude n'y
porte pas seulement sur des grandeurs exogènes mais
aussi sur les réactions et les comportements des
autres agents. Il paraît alors hardi d'admettre que les
agents économiques peuvent prévoir rationnellement
ces derniers. Mais inversement, comme c'est bien là
le but des économistes et des modélisateurs,
pourquoi, dès lors qu'il est reconnu comme sensé, ne
pas le prêter à tous les agents ?
Application 1
Application 2
• Le salaire annuel d'un individu ayant travaillé pendant 40 ans (de
l'âge de 25 ans à l'âge de 65 ans) est de : 100 000 durant les 10
premières années de sa vie professionnelle ; 120 000 les dix années
suivantes ; ensuite 140 000 et enfin 160 000. On suppose que les
taux d'intérêt aussi bien débiteurs que créditeurs sont nuls.
• 1. Calculer la consommation annuelle de l'individu en sachant que
l'espérance de vie est de 75 ans.
• 2. Calculer la propension moyenne à consommer sur chaque
période.
• 3. Calculer la propension moyenne à consommer sur toute sa vie
active.
• 4. Quel est le volume du patrimoine de l'individu à sa retraite ?
Corrigé
Chapitre 2 :
Comportement de stockage et
investissement des entreprises
INTRODUCTION
• L’investissement est un flux qui permet d’accroitre ou de renouveler
un stock de capital. Investir c’est, pour une entreprise ou un pays,
augmenter, le stock des moyens de production (machines,
équipements de tous types), développer les infrastructures,
l’acquisition de connaissances et la formation des hommes (capital
humain).
• Il est très fréquent de considérer que le terme investissement
concerne le seul capital fixe : investir c’est alors créer ou acquérir
des biens de production ou d’équipement. Dans ce chapitre, on
s’intéresse à l’investissement privé.
• L’investissement joue un rôle important au sein
de l’activité économique.
•En tant que composante de la demande finale
globale, l’investissement est comme la
consommation une dépense et à ce titre, il peut
soutenir l’activité économique.
•En tant que facteur de production,
l’investissement est souvent considéré comme le
moteur de la croissance économique.
•Partant de ces considérations, l’objet est de
déterminer les facteurs explicatifs de
l’investissement. Cette tâche est rendue difficile,
car l’investissement résulte d’un choix
relativement complexe où se mêlent des facteurs
objectifs observables et mesurables tels que le
taux d’intérêt et des facteurs subjectifs dont
l’évaluation est difficile tels que la confiance des
milieux d’affaires.
Il faut distinguer :
l’investissement brut de l’investissement net
• 𝑰𝒏𝒗𝒆𝒔𝒕𝒊𝒔𝒔𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒏𝒆𝒕 = 𝒂𝒄𝒄𝒓𝒐𝒊𝒔𝒔𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒅𝒖 𝒔𝒕𝒐𝒄𝒌 𝒅𝒆
𝒄𝒂𝒑𝒊𝒕𝒂𝒍. L’investissement brut intègre aussi les
investissements de remplacement (amortissement). Les
amortissements servent à maintenir le stock de capital
constant, suite à sa dépréciation par usure physique ou par
usure technologique (obsolescence).
• Par ailleurs, il ne faut pas confondre l’investissement avec la
consommation intermédiaire, la consommation effective
des ménages ou avec un placement.
Investissement net/ investissement de
remplacement
• Par usure ou par obsolescence (dépassement
technologique), une partie des biens en capital disparaît au
cours du processus de production. Cette valeur du capital
perdue est la consommation du capital fixe (CCF) en
comptabilité nationale. L’investissement de remplacement
est l’achat de nouveaux biens d’investissement destinés à
remplacer le capital usé.
Investissement productif/investissement
improductif
•Un investissement productif est un
investissement directement lié à l’activité de
production des entreprises. À l’opposé, un
investissement improductif n’est pas destiné à
la production des biens marchands. Il s’agit
essentiellement des investissements en
logement et des équipements collectifs.
Investissement matériel/ investissement immatériel/investissement financier
•L’investissement matériel correspond à un
investissement physique (machines, véhicules,
bâtiments etc.).
•L’investissement immatériel ou incorporel
correspond aux dépenses qui valorisent
l’entreprise, c’est-à-dire qui améliorent sa
position sur le marché.
•Financiers (acquisitions de titres immobilisés,
placements, prises de participation, …).
Les déterminants de l’investissement
•Les facteurs explicatifs de l’investissement sont
nombreux, certains quantitatifs, d'autres
psychologiques voire politiques (confiance dans
l'avenir, optimisme ...).On peut distinguer deux
lignes de pensée distinctes dans l'analyse
économique de l'investissement :
•l'une, plus microéconomique, insiste sur la
rentabilité de l'investissement et donne le rôle
déterminant au taux d'intérêt ;
•l'autre met l'accent sur les perspectives de
débouchés et lie l'investissement aux
fluctuations de l'activité économique (ou aux
prévisions des entrepreneurs sur l'évolution de la
conjoncture et de la demande) : on débouche
alors sur le principe de l'accélérateur.
L’explication de l’investissement par la demande
anticipée : le principe d’accélérateur
• L’explication de l’investissement par la demande est
partie d’un constat. C’est le constat selon lequel il y a
un lien amplificateur entre la demande de bien final et
la demande de biens d’investissement. Autrement dit
les fluctuations de l’activité sont beaucoup plus fortes
dans le secteur des biens d’investissement que dans
celui des biens de consommation final.
I-La théorie de l’accélérateur simple
• Le phénomène d’accélérateur traduit l’existence d’une
contrainte de demande. Celle-ci rend compte des
perspectives de croissance contraignant les décisions
d’investir. Cette relation de proportionnalité suppose que
l’offre Yt s’adapte instantanément à la demande anticipée.
• Il semble évident que lorsqu’une entreprise anticipe une
forte demande, elle cherchera à y répondre et introduira
des capacités de production. L’accélérateur est, ainsi, une
variable robuste de comportement d’investissement.
• L’idée de base du principe d’accélérateur est que plus l’output ne sera élevé,
plus le capital nécessaire pour le produire n’est important, et plus donc il
faut investir. L’investissement sera donc lié positivement aux variations de la
demande anticipée.
• Le principe d’accélérateur simple s’appuie sur trois hypothèses :
• H1 : Les capacités de production sont pleinement utilisées. Il n’y a pas de
capitaux oisifs.
• H2 : On suppose que la production s’ajuste immédiatement à la demande (Y)
de sorte que la production remplace la demande dans la fonction
d’investissement.
• H3 : On suppose une fonction de production à coefficients fixes et des
rendements d’échelle constants. Ce qui implique qu’il y a une relation
unique entre flux de production et stock de capital. Autrement dit le
coefficient du capital v est constant et il est donné par :
K
v= K = vQ (10)
Q
Avec :
K : le stock de capital et
Q : le volume de production
Sur la base de ces hypothèses, le principe simple énonce que l’investissement net In est
proportionnel aux variations de la demande. En effet, selon H4 on a :
In = K = vQ (11)
On a : Q = Y De ce fait, il vient que :
In = vY (12)
Exemple : supposons que pour produire une unité de bien de consommation final, il faut 5
unités de capital et supposons une augmentation de la demande de 10 unités c’est-à-dire :
Y = 10
Alors on aura : In = vY = 5x10 = 50 unités
Ainsi, la demande de bien d’investissement est plus que proportionnelle à la demande de bien
de consommation final. En particulier, on note à partir de l’équation (12) que le taux
In
d’investissement est proportionnel au taux de croissance de la demande et donc de la
Y
production puisqu’on a :
In Y
= v
Y Y
• De ce fait, lorsque la demande croit, l’investissement
net est positif ; mais lorsque la demande décroit,
l’investissement net devient négatif.
• Alors l’investissement est proportionnel au
changement du niveau de l’output. Ainsi
l’investissement est nul si la variation de l’output est
nulle.
• Les différentes critiques formulées à l’encontre de
l’accélérateur simple ont donné lieu à l’accélérateur
flexible.
Exemple (exercice 5 TD)
Compléter et commentez le tableau suivant en supposant que chaque
année on doit remplacer 50 % du capital existant l’année précédente et
que le coefficient d’accélération est de 2.
Les limites du principe d’accélérateur simple
Le modèle d’accélérateur simple souffre de nombreuses limites dont les plus importantes
sont :
• La constance du coefficient de capital suppose que tout accroissement de la production
nécessite un investissement net. Or l’expérience a montré que la rationalisation permet
d’accroitre le volume de production sans nécessairement augmenter le stock de K ;
• Le modèle suppose une technique de production à rendements d’échelle constants. En
réalité, il est possible pour les entreprises de produire en pénétrant dans la zone de coûts
croissants ;
• En phase de reprise, la demande globale peut augmenter sans qu’il y ait nécessairement
un accroissement du stock de capital. En effet, en situation de sous-emploi (présence de
capital oisif), l’accroissement de la demande peut entrainer uniquement une meilleure
utilisation des capacités existantes et non un accroissement des I ;
• Le modèle n’est pas statistiquement vérifié par les tests empiriques.
• C’est au regard de ces limites que le modèle d’accélérateur simple a été approfondi et
prolongé.
II. La théorie de l’accélérateur flexible
• Une des critiques adressées au modèle d’AS porte sur
l’hypothèse d’adaptation parfaite du stock de capital :
si les entreprises doivent doubler leur production,
elles sont censées doubler leur stock de capital. En
d’autres termes, les firmes comblent en investissant
tout l’écart entre le stock de capital nécessaire et le
stock de capital disponible. Dans les faits cependant,
les entreprises n’investissent qu’une fraction de cet
écart.
• L’accélérateur flexible est une variante de l’accélérateur simple. Il
consiste à relier l’investissement, non pas à la simple variation
courante du revenu, mais à une moyenne pondérée des évolutions
passées. Il s’avère, ainsi, que l’ajustement des stocks ne sera pas
instantané comme prédit le modèle de l’accélérateur simple. En
fait, tout acte d’investissement engendre des coûts de transactions
irréversibles (programmation du projet, installation de
l’équipement, adaptation du personnel…) qui constituent pour
l’entreprise une perte de production immédiate. A cela s’ajoute
l’incertitude qui entoure la variation de la demande à long terme.
Les prévisions fondées sur l’évolution la plus récente de la
demande ne sont plus suffisantes. Pour faire face, l’entreprise
préfère de n’ajuster que lentement son stock réel de capital fixe au
stock désiré.
•L’accélérateur flexible vient d’une amélioration
de l’analyse précédente. Au lieu de dépendre
uniquement du niveau de production d’une
année, le stock courant de capital s’ajuste à la
différence. La question à laquelle il tente de
donner une réponse est : jusqu’à quel point
l’entreprise va-t-elle accroître son
investissement et donc éventuellement
s’endetter pour financer cet investissement ?
Ainsi, si on note K t* le stock de capital nécessaire pour la période t et Kt-1 le stock de capital
disponible au début de la période t , il vient que :
(
I nt = K t* − K t −1 ) (13)
Or on sait que K t* = vYt donc :
I nt = (vYt − Kt −1 ) = vYt − Kt −1 (14)
Dans l’équation (14), le coefficient v représente l’accélérateur flexible. En effet, l’existence
de coût d’installation des équipements fait que les entreprises n’ajustent pas parfaitement
leurs capacités à la capacité optimale de production.
Par ailleurs, l’expérience montre que les entreprises investissent au regard de leur opinion sur
la demande future. A cet égard, on a : kt* = vYt a+1 avec Yt a+1 le niveau anticipé de la demande
future.
•De façon générale, les déterminants de
l’investissement sont complexes et multiples. Il
est donc commode de regrouper les
déterminants sous deux intitulés. Facteurs liés à
la rentabilité de l’investissement et aux
modalités de l’investissement.
III- Investissement et rentabilité : le rôle du
taux d’intérêt
•Les modèles de demande étudiés ci-dessus
supposent l’absence de tensions sur le marché
des titres ou du crédit. Ce qui se traduit par le
fait que tout investissement désiré trouve
financement sans coût. Cette hypothèse paraît
forte et ne traduit pas la réalité. C’est en cela les
modèles de rentabilité trouvent leur fondement.
•Le taux d’intérêt est une variable clé de
l’investissement car la décision d’investir est
gouvernée par la rentabilité. Pour
comprendre le rôle primordial de cette
variable pour les décisions d’investissement,
examinons quatre modalités de
financement des biens d’investissement.
a. a. La Valeur
Critère Actuelle Nette (VAN)
de la VAN
Considérons un entrepreneur disposant de fonds propres d’un montant. Deux alternatives
s’offrent à lui :
− acheter une nouvelle machine (investir) au prix I0 =3478F qui va lui rapporter en fin de
période un bénéfice R1 = 4000;
− placer son argent en banque pour un taux d’intérêt i = 10%
Notre entrepreneur doit-il acheter la nouvelle machine ou placer son argent en banque?
Pour répondre à cette question il faut comparer deux sommes : la somme P0 qu’il faut placer
aujourd’hui au taux d’intérêt de 10% pour pouvoir avoir en un an 4000F et le coût de la machine.
Il convient alors de comparer les grandeurs à la même date. Ainsi, quelle est la valeur actuelle
de 4000F (P0) que l’entrepreneur va avoir dans un an ?
P0 1an R1
R1
R 1 = P0 + iP0 = (1 + i)P0 P0 =
(1 + i )
On dit que P0 est la valeur actuelle (VA) de R1
4000F
Dans notre exemple on aura P0 = = 3636 F
1,1
Ainsi, pour disposer de 4000 F dans un an, il faut déposer 3636F dans une banque au taux
d’intérêt de 10%
Pour prendre sa décision, l’entrepreneur doit comparer P0 et I0 :
R1
• si pour un taux d’intérêt donné P0 = I0 il est plus rationnel pour l’entrepreneur
(1 + i )
d’acheter la machine;
• si au contraire, P0 < I0 , il est plus rentable de placer l’argent en banque que d’acheter la
machine;
• et si P0 = I0 , l’entrepreneur est indifférent aux deux choix.
R1
Le même raisonnement peut se faire à partir de la quantité A = − I0 . La quantité A est
(1 + i )
appelée la valeur actuelle nette (VAN). Et :
• si pour un taux d’intérêt donné VAN 0 il est plus rationnel pour l’entrepreneur
d’investir ;
• si au contraire la VAN 0 , il n’y a pas investissement
• et si VAN = 0 l’entrepreneur est indifférent aux deux choix.
Remarque :
Si la machine a une durée de vie de n années au bout desquelles sa valeur résiduelle vaudra Vn
et si elle doit générer le flux de bénéfices R1, R2,…Rn, alors, en supposant que le taux d’intérêt
est constant, on aura :
n
R1 R2 Rn Vn Rt Vn
VAN = −I0 + + + ... + + = − I0 + +
(1 + i ) (1 + i )2
(1 + i ) (1 + i )
n n
t =1 (1 + i )t
(1 + i )n
Ou si l’investissement comporte une valeur
résiduelle (Vn):
n
Rt Vn
VAN = − I0 + +
(1 + i ) (1 + i )
t n
t =1
• Critères d'appréciation de la rentabilité du projet :
• • => V.A.N. > 0 : investissement rentable ;
• • => V.A.N. < 0 : investissement non rentable ;
Exemple :
On considère deux projets d’investissement X et Y, de 90000 FCFA chacun et
d’une durée de cinq ans. Le coût du capital est de 10 %. Les cash-flows nets
sont indiqués ci-après :
Calculez les valeurs actuelles nettes des projets X et Y. Quelle conclusion tirez-
vous ? Discutez.
b- Taux de rentabilité interne économique ou TRI
Définition
•
Une autre façon d’aborder l’évaluation d’un projet est de considérer la
valeur du taux d’actualisation pour laquelle BNA est nul. On parle alors
du taux de rentabilité interne ou TRI économique.
Le TRI (taux de rendement interne) d’un projet d’investissement, c’est
tout simplement le taux d’actualisation qui fait en sorte que
la VAN sera égale à 0
Le taux de rentabilité interne (TRI) est le taux d'actualisation i%, tel
que la valeur actuelle nette de la série des revenus annuels dégagées par
le projet, est égale à l'investissement initial ; la VAN des revenus futurs
au taux d'actualisation i% = l'investissement initial. C’est le taux
d’actualisation pour lequel la VAN est égale à 0.
Le TRI est la solution « i » de l’équation : -
𝑨𝒕
I+∑𝒏𝒕=𝟏 =0
(𝟏+𝒊)𝒕
La représentation graphique du TRI se présente comme suit :
Mode de calcul
Le calcul du TRI consiste à rechercher le taux d’actualisation qui
annule la VAN. En l’absence de calculatrice scientifique ou financière,
le calcul est laborieux et s’effectue de façon itérative, en essayant
plusieurs taux jusqu’à trouver celui qui annule la VAN.
Pour calculer le TRI, vous pouvez y aller à tâtons en utilisant différents
taux d’actualisation.
Dans un premier temps, on prend un taux quelconque et on calcul la
VAN qui correspond à ce taux.
Dans un deuxième, on prend un deuxième taux en tenant compte de la
VAN obtenue avec le premier taux :
si cette VAN est positive, on prend un deuxième taux supérieur au
premier de façon à avoir une VAN négative ;
si cette VAN est négative, on prend le deuxième taux inférieur au premier
de façon à avoir une VAN positive.
L’objectif est d’arriver à choisir deux taux d’actualisation quelconque dont
l’un aura une VAN positive et l’autre une VAN négative. A partir de ces
taux, on estimera la valeur du TRI par interpolation linéaire.
Soient :
i1 un taux quelconque dont la VAN est positive (VAN1>0) ;
i2 un deuxième taux quelconque dont la VAN est négative (VAN2<0) ;
i* le taux dont la VAN est nulle (VAN* =0).
i1 VAN1>0
i* VAN* =0
i2 VAN2<0
Par interpolation linéaire on obtient :
(i*-i1) / (i2-i1) = (VAN*-VAN1) / (VAN2-VAN1)
i*= i1+ (i2-i1) xIVAN1/ (VAN2+VAN1)I
Exemple : soit le projet d’investissement routier aux caractéristiques
suivantes :
Capital CF1 CF2 CF3 CF4
investi
1 000 300 400 400 500
Calculer le TRI du projet.
Nous allons d’abord considérer un taux de 15% et calculer la VAN du
projet à ce taux d’actualisation.
VAN (15%) = ([300(1,15)-1+400(1,15)-2+400(1,15)-3+500(1,15)-4] – 1000
= 1 112,2-1000= 112,2 F
VAN (17%) = [300(1,17)-1+400(1,17)-2+400(1,17)-3+500(1,17)-4] – 1000
= 1 065,2-1000= 65,2 1F
La VAN a baissé mais reste toujours positive. Nous allons encore
considérer un troisième taux plus élevé c’est-à-dire 21%.
VAN (21%) = [300(1,21)-1+400(1,21)-2+400(1,21)-3+500(1,17)-4] – 1000
= 980,2-1000= -19,8 F
Taux VAN
15% 112,2
17% 65,2
21% -19,8
Le taux qui annule la VAN est compris au mieux entre 17% et
21%. A partir de là on peut calculer le TRI par la formule
d’interpolation.
(i-0,17) / (0,21-0,17) = 65,2 / (19,8+65,2)
i= 0,17+0,04x0,76705882
i= 0,20068= 20,068%.
Le résultat du calcul du TRI donne i=20,0188%.
Règle de décision
Cas d’un seul projet
La décision de retenir ou pas un projet, selon le critère du TRI, découle
de la comparaison entre le TRI en question et un taux de référence qui
est en général le taux d’actualisation ou le taux moyen de rémunération
des capitaux investis dans le projet.
Si le TRI ≥ taux d’actualisation, le projet peut être accepté car sa
rentabilité moyenne est au moins égale au coût des ressources qui le
financent.
Si le TRI < taux d’actualisation, le projet est à rejeter car non rentable.
Cas de deux ou plusieurs projets mutuellement exclusifs
Entre deux ou plusieurs projets mutuellement exclusifs, il convient de
retenir celui dont le TRI est le plus élevé.
Exercice 2
Un investissement « X » de 150.000 F dont la durée économique est de
4 ans, permet d’obtenir les cash-flows suivants :
Année 1 : 40.000 F
Année 2 : 70.000 F
Année 3 : 80.000 F
Année 4 : 60.000 F
Le taux d’actualisation est de 13%.
1) Calculez la VAN du projet.
2) Le projet est-il acceptable à un taux de 20% ?
3) Déterminer le TRI de l’investissement.
Solution
Solution (suite)
Exercice :
Soient deux projets d’investissement suivants, A et B :
Projet Capital investi CF1 CF2 CF3 CF4
A 200 000 100 000 100 000 100 000 100 000
B 200 000 10 000 50 000 100 000 300 000
Selon le critère du TRI lequel des projets est le plus rentable ?
c – Le Délai de récupération du capital investi (DRCI)
On entend souvent l’expression “payback” pour parler
du délai de récupération d’un projet
d’investissement. Ce critère sert simplement à
déterminer le temps requis (généralement le nombre
d’années) pour récupérer l’argent investi dans le projet.
On considérera donc les sorties de fonds liées au projet
comme étant le coût du projet et les entrées de fonds
comme les recettes du projet
Combien de temps je dois attendre pour avoir la confirmation que ma
décision était la bonne ?
Cette méthode est la plus simple des trois. En anglais elle est nommée
"Pay back périod".
- Le DRCI indique à quel moment les gains réalisés auront permis de
"rembourser" le coût du projet.
- Son défaut est de privilégier les projets récupérables à court terme au
détriment de ceux qui auraient une meilleure rentabilité.
Méthode de calcul :
• 1ère étape : cumuler les flux de trésorerie actualisés ;
• 2ème étape : rapprocher le montant de l’investissement avec le cumul
des flux ;
• 3ème étape : déduire la durée nécessaire pour effectuer le « retour sur
investissement ».
Exercice 3
Soit le projet suivant :
– Investissement de 100 000 e
– CF 1 = 38000; CF 2 = 50000; CF 3 = 45000; CF 4 =
40000; CF 5 = 20000
– Taux d'actualisation : 10%
Déterminer le DRCI
d- l’Indice de profitabilité (IP)
L’indice de profitabilité (IP) est le quotient de la
somme des cash-flows (flux) actualisés par le
montant du capital investi.
Exercice
Une entreprise envisage de faire un investissement nouveau (machine) en 2004.
L’investissement à réaliser est de 1 120 000 F. La société pense pouvoir utiliser la
machine pendant 5 ans et la revendre pour un montant net de 90 000 F à la fin
(ce montant lui revient donc).
Les flux nets de trésorerie prévisionnels pour les cinq années sont les suivants :
Le taux d’actualisation a été évalué à 8,5%.
1. Définissez et calculez la VAN du projet.
2. Définissez et calculez le délai de récupération du capital investi.
3. Définissez et calculez le taux interne de rentabilité.
Exercice 2
Soient deux projets d'investissement :
➢ Projet I1 (A) : 30 000 € générant une CAF d'exploitation annuelle de 10 000 € pendant 5
ans.
➢ Projet I2 (B) : 40 000 € générant une CAF d'exploitation annuelle de 13 000 € pendant 5
ans.
• Le taux d'actualisation est de 15 %.
• TRAVAIL A FAIRE :
• a) Etudier la rentabilité respective de chaque investissement (VAN et TIR).
• b) Examiner la rentabilité d'un 3ème projet théorique I3 dont le montant C est égal au
montant de B moins l’investissement A. (les CAF valeurs suivent la même logique)
• c) Conclusion (quel projet doit-on choisir)?
IV-Les modèles de lissage de la production par les stocks
• Le modèle de lissage de la production par les stocks remonte à Holt et al.
(1960). Les hypothèses de base du modèle et les résultats qu’il implique
sont présentés dans Blinder (1982). Ces hypothèses sont les suivantes :
• une fonction de demande affectée d'aléas, temporellement non
corrélés ;
• une fonction de coût convexe (ou comportant des coûts d'ajustement),
approximée par une fonction quadratique ;
• un coût de stockage linéaire ou convexe (ici quadratique).
• Une entreprise en situation de concurrence monopolistique, dont la
production est stockable et qui subit un choc de demande réagira, ainsi :
• elle augmentera ses prix ;
• elle augmentera sa production (A);
• elle diminuera ses stocks.
• La maximisation inter temporelle du profit de l'entreprise conduit alors à
déterminer l'importance relative de ces trois comportements par
l'égalisation :
• du coût marginal de production et du prix implicite des stocks ;
• du revenu marginal et du coût marginal de production ;
• de la hausse du prix implicite des stocks et de la somme du coût de
stockage et du taux d'intérêt.
• L'importance du déstockage face à un choc sur la demande dépendra alors :
• positivement du degré de convexité du coût de production, qui augmente le
coût d'une unité de production supplémentaire ;
• négativement du degré de convexité du coût de stockage, qui augmente le
coût d'un écart à l'équilibre de stockage ;
• négativement de la persistance des chocs, qui augmente le coût futur du
déstockage d'aujourd’hui
Le point (A) peut alors se traduire en termes statistiques, et à condition que le seul aléa du
modèle provienne de la fonction de demande (ou bien, intuitivement, que cet aléa ait une
variance prépondérante sur d'autres aléas) par les deux relations suivantes :
(1) 𝑪𝒐𝒗(∆𝑺, 𝑫) < 𝟎
(2) 𝑽𝒂𝒓(𝑸) < 𝑽𝒂𝒓(𝑫)
Les notations suivantes désignent :
– 𝑺𝒕 : le niveau des stocks à l'instant t ;
– ∆𝑺𝒕 : la variation de stocks à l'instant t ;
– 𝑫𝒕 : la demande adressée à l'entreprise ;
– 𝑸𝒕 : la production ;
– 𝜹 : le taux d'actualisation de la firme
Les premiers tests des relations (1) et (2) présentés par Blinder montrent des éléments
d'explication de l'échec du modèle.
Utilisant les données mensuelles désaisonnalisées de ventes et de stocks, Blinder trouve que
– la variance de la production est supérieure, dans les vingt secteurs étudiés, à celle de la
demande; 𝑽𝒂𝒓(𝑸) > 𝑽𝒂𝒓(𝑫),
– et que la covariance entre demande et variations de stocks n'est négative que sept fois ;
𝑪𝒐𝒗(∆𝑺, 𝑫) < 𝟎
le coefficient de corrélation n'est même inférieur à - 0.1 que pour deux des secteurs, alors qu'il
est supérieur à 0.2 dans trois autres.
Il existe différentes explications possibles à cette non-adéquation entre les faits et les
implications de la théorie.
Raison 1 : La présence dans les stocks mesurés d'en-cours de fabrication, desquels on attend
une corrélation positive avec la demande.
Dans la mesure où ∆𝑺 = ∆𝑺𝒇 + ∆𝑬𝑪, avec 𝑺𝒇, les stocks de produits finis et 𝑬𝑪, les stocks
d'en-cours de fabrication.
il est possible que 𝑪𝒐𝒗 (∆𝑺𝒇, 𝑫) < 𝟎
et que : 𝑪𝒐𝒗(∆𝑺, 𝑫) > 𝟎
V-Extensions des modèles de lissage de la production
par les stocks
•
• II a été procédé à une étude critique des données
utilisées par Blinder. Des travaux comme celui de West
(1987) montre que l'existence de délais de livraison
entraîne une correction importante sur les données : il
convient de rajouter les commandes ajournées à la
demande, puisqu'il s'agit d’une demande exprimée
bien que non comptabilisée dans les livraisons, et de
les ôter des variations de stocks.
• Dans le cas des biens durables et avec les mêmes données que Blinder, la
prise en compte de cette correction permet alors d'inverser le résultat
trouvé par celui-ci :
• si la variance de la production excède celle de la demande mesurée, elle
est nettement inférieure à celle de la demande réelle ainsi calculée,
𝑽𝒂𝒓(𝑸) < 𝑽𝒂𝒓(𝑫),
• tandis que la corrélation entre cette demande et les variations de stocks
est négative,
• 𝑪𝒐𝒗(∆𝑺, 𝑫) < 𝟎
• Différents mécanismes sont traditionnellement évoqués pour expliquer le
comportement de stockage des entreprises.
• Ils vont de la constitution de stocks tampons de produits finis motivés
par la présence de surcoûts lors de chocs sur la production liés aux
aléas de la demande, à la mise en œuvre de stratégies
concurrentielles dissuasion par menace d’envahissement du marché
et de guerre de prix.
• Lorsque la demande globale (hors stocks) perçue par les entreprises
s’accroît, celles-ci augmentent leurs stocks, anticipant une hausse
durable de leurs débouchés futurs.
• Si les études empiriques tentent de valider ces approches micro-
économiques, au niveau macro- économique, elles n’ont pas toujours
obtenu le succès escompté, probablement en raison de la très grande
difficulté d’évaluation comptable et macro-économique des stocks.
VI. L’investissement avec coûts d’ajustement
• ❑ Principe
• L'introduction de coûts d'ajustement sur le capital
permet de décrire la fonction d'investissement par
un ajustement exponentiel du capital au capital
désiré. L'introduction des coûts d'ajustement sur le
capital uniquement revient à introduire une
dissymétrie entre le capital et l’emploi.
Définition :
Ce coût est distinct du coût direct de l'investissement (l'achat
du capital). Le coût d'ajustement du capital représente les
frais encourus par une entreprise lorsqu'elle modifie sa
quantité de capital pour répondre à des changements dans
son environnement économique ou à ses objectifs
stratégiques.
• C’est le coût total associé à la modification de la quantité de
capital détenue par une entreprise, qu'il s'agisse
d'investissement ou de désinvestissement.
•Ces coûts comprennent notamment les frais de
transaction, les frais de restructuration, les frais
de réévaluation et les coûts de formation du
personnel. Ils peuvent être considérés comme
un frein à l'ajustement optimal du capital et
peuvent avoir un impact sur la rentabilité et le
développement de l'entreprise.
• Types de coûts :
o Frais de transaction : Ces coûts sont liés aux formalités
administratives et juridiques nécessaires pour acheter, vendre ou
transférer des actifs.
o Frais de restructuration : Ces coûts peuvent inclure les frais
d'évaluation, les frais d'expertise, les frais de conseil et les
indemnités de licenciement si des ajustements de personnel sont
nécessaires.
o Coûts de formation : Les changements de technologie ou de
processus peuvent nécessiter la formation du personnel pour
utiliser le nouveau capital.
Effets sur la décision d'investissement
Les coûts d'ajustement contribuent à l'irréversibilité des
décisions d'investissement. Une fois le capital acquis et
adapté, il peut être plus coûteux de le défaire ou de le
modifier que de ne rien faire du tout
Ces coûts peuvent rendre les entreprises moins
disposées à modifier leurs investissements en capital,
même si une nouvelle allocation de capital leur serait
profitable. Ils peuvent donc entraver l'allocation
optimale des facteurs de production.
•Les coûts d'ajustement et l’accélérateur
•L’idée est de montrer que l’existence de coût
d’installation des équipements fait que les
entreprises n’ajustent pas parfaitement leurs
capacités à la capacité optimale de
production.
• VII. La profitabilité de l’investissement : La
théorie du Q de Tobin
• L’idée générale stipule que si un investissement est profitable, il
doit être réalisé indépendamment des autres variables . Le Q de
Tobin est une théorie des choix d’investissement élaborée en
1969 par l’économiste James Tobin. L’idée de base de ce modèle
est la suivante : l’entrepreneur investit dans de nouveaux projets
si le marché les valorise au-delà de ce qu’ils ont coûté.
L’investissement est rentable tant que l’accroissement de la valeur
de la firme reste supérieur à son coût.
• Tobin propose de suivre un ratio, dit Q-moyen, rapport de la
valeur boursière de la firme à son capital au coût de
remplacement.
• La théorie du Q de Tobin est un concept économique
qui mesure la relation entre la valeur boursière d'une
entreprise et la valeur de remplacement de son capital
fixe. Elle suggère que la profitabilité de l'investissement
dépend de la valeur du ratio Q, ou Q de Tobin, qui est
le ratio entre ces deux valeurs. Un Q supérieur à 1
indique que l'entreprise a intérêt à investir, tandis
qu'un Q inférieur à 1 suggère qu'il est préférable de ne
pas investir.
Définition
Le ratio Q correspond à la valeur boursière d'une entreprise
divisée par la valeur de remplacement de son capital fixe
(bâtiments, équipements, etc.). Si Q est supérieur à 1, le
marché anticipe une profitabilité de ces investissements au-
delà de son coût. L'entreprise a donc intérêt à investir.
• Le Q de Tobin est calculé en divisant la valeur boursière d'une
entreprise par la valeur de remplacement de son capital fixe
(bâtiments, équipements, etc.).
• Selon Tobin, un investissement n’est mis en œuvre
que s’il permet d'augmenter la valeur des actions,
c'est-'a-dire le profit actualisé de la firme et donc
l'investissement net devrait être relié au prix relatif
des actions par rapport aux coûts de remplacement
du capital. L’étude de l'investissement en présence
de coûts d'ajustement permet de formaliser cette
idée dans le cas de la firme néoclassique.
• On définit le q de Tobin pour l’entreprise qui est sur
son sentier d'offre par :
•La valeur boursière d'une entreprise est le
montant global de sa capitalisation. La valeur
peut concerner les valeurs mobilières classiques
comme les actions et les obligations. Il suffit de
multiplier le prix actuel d'une action en bourse
par le volume d'actions en circulation.
•Par exemple, une entreprise émet 5 millions
d'actions dont chacune vaut 20 euros. On aura
alors une capitalisation boursière de 100 millions
d'euros.
• Pour appréhender la relation investissement-profitabilité, l’auteur
définit le coefficient q comme le rapport entre la valeur boursière
(ou valeur de marché) de la firme et sa valeur comptable c’est-à-
dire la valeur de remplacement de son capital :
Valeur boursière de l' entreprise
q=
Valeur de remplacement du capital fixe
• L’idée de base de ce modèle est la suivante : l’entrepreneur investit
dans de nouveaux projets si le marché les valorise au-delà de ce
qu’ils ont coûté. L’investissement est rentable tant que
l’accroissement de la valeur de la firme reste supérieur à son coût.
• Interprétation du Q :
o Q > 1 : Si le Q est supérieur à 1, cela signifie que la valeur
boursière de l'entreprise est plus élevée que la valeur de ses
actifs. Cela indique que le marché anticipe des bénéfices futurs
supérieurs au coût de l'investissement, incitant l'entreprise à
investir.
o Q < 1 : Si le Q est inférieur à 1, la valeur boursière de l'entreprise
est inférieure à la valeur de ses actifs. Cela indique que le
marché anticipe des bénéfices futurs inférieurs au coût de
l'investissement, ce qui incite l'entreprise à ne pas investir.
• Un q supérieur à 1 révèle que le marché anticipe une
profitabilité de l’investissement au-delà de son coût. Au
contraire, si le ratio q est inférieur à 1, le marché anticipe
une profitabilité de l’investissement inférieure à son coût.
• Contrairement à la plupart des autres théories de
l'investissement, le q de Tobin a l'avantage de tenir compte
de plusieurs facteurs : le taux d'intérêt, la rentabilité et les
anticipations, étant donné que ces facteurs influencent les
cours boursiers. Cependant, il présente l’inconvénient de
n’être utilisable que pour les entreprises qui sont côté en
bourse.
• Relation avec la profitabilité :
La théorie du Q de Tobin met en évidence le lien entre la valeur des
entreprises sur les marchés financiers et leurs décisions
d'investissement, suggérant que la profitabilité des investissements est
liée à la perception que le marché a de ces investissements.
• Importance de la théorie :
• La théorie du Q de Tobin est un outil utile pour les entreprises afin de
prendre des décisions d'investissement éclairées, car elle prend en
compte l'opinion du marché sur l'avenir de l'entreprise. En finance, la
théorie du Q de Tobin est une référence pour déterminer si une
entreprise a intérêt à investir ou non.
VIII. Les imperfections du marché financier
• Il est apparu un regain d’intérêt pour l’étude des liens entre les décisions
d’investissement et les décisions de financement des entreprises. Quelques
modèles microéconomiques types, donnent bien l’intuition de la façon dont
les problèmes d’information peuvent interférer avec le comportement des
entreprises.
• Ces modèles examinent les conséquences allocatives d’asymétrie
d’information sur les marchés financiers. Il arrive que l’investissement des
entreprises diminue, notamment en période crise. Les imperfections du
marché du crédit peuvent jouer un rôle non négligeable et certaines
entreprises peuvent être contraintes dans leur accès au financement. Dans
une économie en information imparfaite, le fonctionnement décentralisé et
concurrentiel des marchés ne conduit pas toujours à des résultats efficaces.
Le problème des asymétries d’information
Les asymétries d’information désignent une situation dans
laquelle tous les agents économiques ne disposent pas de la
même information (un vendeur de voitures d’occasion en sait
plus sur la qualité du produit qu’il vend que les acheteurs
potentiels).
Quand l’information est imparfaitement distribuée entre les
différents acteurs sur un marché, le marché n’est plus
parfaitement concurrentiel au sens du modèle de concurrence
pure et parfaite. Le fonctionnement du marché conduit alors à
une situation qui n’est plus optimale
. - Il y a anti-sélection (ou sélection adverse)
lorsque l’asymétrie d’information conduit à éliminer
les produits de meilleure qualité.
- Il y a aléa moral quand une des deux parties
signataires d’un contrat (par exemple un contrat de
travail) est en mesure de léser l’autre du fait d’une
asymétrie d’information.
• On peut ainsi prendre pour exemple le marché des voitures
d'occasion, sur lequel l'information est asymétrique entre les
vendeurs et les acheteurs.
• Sur les marchés financiers comme sur le marché des voitures
d'occasion d'Akerlof, des transactions décentralisées basées
uniquement sur le prix, c’est à dire le taux d'intérêt ou le
rendement anticipé, ne permettent généralement pas d'atteindre
l'équilibre.
• Lorsqu'ils manquent d'information sur le degré de risque du
projet, les prêteurs réagissent éventuellement en rationnant
certaines classes d'emprunteurs. Ils peuvent également spécifier
les contrats de prêts de façon à ce que les gestionnaires révèlent
leurs informations et n'aient pas intérêt à placer les fonds prêtés
ailleurs que sur le projet d'investissement.
• Jusqu'ici, l'asymétrie d'information entre prêteurs et
emprunteurs et ses conséquences sur le comportement
des emprunteurs (investisseurs) ont été présentés en
équilibre partiel.
• Le modèle présenté par Gertler et Hubbard (1988) montre
comment l'asymétrie d'information sur le marché du crédit
peut conduire à une forme restrictive des contrats de
financement et contraindre ainsi l'investissement des
entreprises.
Deuxième partie :
Les modèles économiques
Chapitre 3 : Le modèle classique
• Introduction
• En macroéconomie, on retrouve sous le nom de théorie
classique le courant de pensées économiques ordinairement
qualifié de classique et/ou néoclassique au regard de
l’histoire de la pensée économique. Cette théorie est sous-
tendue par une conception générale et deux principes
fondamentaux.
• De plus, le modèle est structuré autour des hypothèses et
prend en compte trois macro-marchés : travail, titres et
monnaie. La résolution du modèle permet d’identifier deux
blocs : un bloc réel et un bloc monétaire. Enfin, le modèle
aboutit à des conclusions qui écartent l’idée d’efficacité de
toute politique économique.
•Jusqu’aux années 1930, la théorie économique
était dominée par l’idée selon laquelle les
comportements individuels de maximisation de
chaque agent peuvent conduire à l’optimum
collectif. Ainsi, l’économie politique fut
favorable à la doctrine du laisser-faire et la
conception classique de la macroéconomie
pouvait être résumée par la loi de Say : les
produits s’échangent contre les produits, l’offre
crée sa propre demande.
•Cette approche, fondée sur l’hypothèse de
la parfaite flexibilité des prix, nie toute
possibilité de surproduction, les prix
assurent l’équilibre des marchés. La
confiance dans les vertus autorégulatrices
du marché est le point commun qui
rassemble les économistes « classiques ».
• Pour les classiques, l’équilibre économique global
résulte des équilibres qui s’établissent simultanément
sur les différents marchés, et il est assuré par la parfaite
flexibilité des prix. Cet équilibre rend inutile, voire
néfaste, l’intervention de l’Etat dans la conduite de la
politique économique. Les agents économiques
(producteurs) n’ont pas d’incertitude réelle quant à la
réalisation de leurs projets. Ils n’ont pas à se préoccuper
des débouchés éventuels pour leur production puisqu’ils
sont assurés d’écouler sur le marché n’importe quelle
quantité des biens et services grâce aux mécanismes
d’équilibre automatiques.
•Dans ce contexte, la demande globale ne
joue pas un rôle déterminant dans
l’économie nationale, c’est plutôt l’offre. Les
producteurs doivent alors se préoccuper de
produire efficacement, puisque les lois du
marché assureront des débouchés à cette
production…
• I. Les caractéristiques du modèle classique
• ❑ Conception générale
• La conception générale de l’analyse
macroéconomique classique consiste à analyser les
économies contemporaines comme des économies
de marché. Il s’agit d’économies réelles (absence
d’illusion monétaire), d’économies d’échange (tout
acte peut être appréhendé comme une activité
marchande) et de systèmes économiques certains
(pas d’incertitude qui ne soit probabilisable).
•Le modèle économique des classiques, ou
"école classique" en économie, est une
pensée économique qui met l'accent sur la
liberté du marché, l'importance de l'offre et
la limitation de l'intervention de l'État. Il est
caractérisé par la croyance que le marché est
capable de s'auto-réguler et de retrouver un
équilibre sans intervention étatique.
•Dans un tel système marchand, les prix sont
flexibles et sont déterminés par la loi de l’offre et
de la demande dans un environnement de
concurrence pure et parfaite où le plein-emploi
est assuré. Selon cette conception, les économies
de marché ont cette capacité spontanée à
s’autoréguler : c’est la conception de la main
invisible (Adam Smith).
• ❑ Principes fondamentaux
• La loi des débouchés et la théorie quantitative de la monnaie sont les
deux principes fondamentaux de l’analyse macroéconomique classique.
La loi des débouchés exprime que l’offre crée sa propre demande de
sorte que l’économie ne peut connaître de surproduction généralisée.
•
➢La loi des débouchés :
• Cette loi stipule qu’à chaque fois qu'un produit est créé, un débouché
est créé en même temps. Sur le plan macroéconomique, la loi signifie
que le processus de production des biens et services génère des revenus
qui sont distribués au titre de la rémunération des facteurs. Ces revenus
suscitent une demande globale qui est forcément égale à l’offre globale
qui a été à l’origine des revenus.
•Dans ces conditions, les entreprises n’ont pas à
se préoccuper des problèmes de débouchés,
puisqu’elles sont assurées de pouvoir écouler
toute quantité produite grâce à l’ajustement
automatique des prix. Ainsi, associée à
l’hypothèse de flexibilité et d’ajustement des
prix des marchés, la loi des débouchés garantit
que le fonctionnement de l’économie sera
toujours optimal.
➢ Liberté du marché:
Les classiques, comme Adam Smith, prônent la non-intervention de l'État
dans l'économie, sauf pour assurer les fonctions régaliennes et maintenir
l'ordre public. Ils considèrent que la liberté d'entreprendre et la
concurrence favorisent l'efficacité et la croissance économique.
➢ Importance de l'offre:
• Les classiques mettent en avant l'importance de la production et de
l'offre sur la détermination des prix et des quantités échangées. La
théorie de la valeur travail est un élément central de cette pensée, où la
valeur d'un bien est liée au travail nécessaire pour le produire.
➢ Équilibre naturel du marché:
Les classiques croient que le marché tend naturellement vers un
équilibre, où l'offre et la demande se rencontrent sans
intervention externe. Les prix s'ajustent automatiquement pour
rétablir cet équilibre en cas de déséquilibre.
➢ Neutralité de la monnaie:
• Les classiques considèrent que la monnaie n'a pas d'effet réel sur
l'économie à long terme. Son influence est limitée à la
détermination des prix.
➢La théorie quantitative de la monnaie
• Selon la loi de Say, les produits s’échangent contre les
produits et la monnaie ne sert d’intermédiaire. De ce
fait, la théorie quantitative de la monnaie stipule que la
monnaie ne joue aucun rôle dans l’explication des
grandeurs réelles.
• Elle sert uniquement à fixer le niveau général des prix.
Cette théorie repose sur l’idée que la monnaie n’est pas
demandée pour elle- même, mais pour effectuer
seulement des transactions. La monnaie est donc neutre.
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• ❑ Les hypothèses du modèle
• Le modèle classique est fondé sur six hypothèses fondamentales
• 𝑯𝟏 : Les agents économiques sont rationnels et ont pour objectif de
maximiser leur profit ou leur utilité sous contrainte de ressources
disponibles. En outre, ils ne souffrent d’aucune illusion monétaire.
• 𝑯𝟐 : Tous les marchés sont en concurrence pure et parfaite et, les prix sont
parfaitement flexibles.
• 𝑯𝟑 : Les agents économiques ont une parfaite connaissance des conditions
du marché.
• 𝑯𝟒 : Les échanges n’ont lieu que lorsque les prix d’équilibre sont obtenus
sur tous les marchés (pas d’échange hors prix d’équilibre).
• 𝑯𝟓 : Les anticipations des agents sont stables.
© 2025-LPAS 230
𝑯𝟔: Le modèle suppose qu’une économie fermée a
trois agents et quatre macro-marchés :
• Un ménage représentatif dont sa fonction est de
consommer, épargner et offrir sa force de travail ;
• Une entreprise représentative qui joue le rôle de
producteur de biens et services d’investissement ;
• L’Etat qui est un agent non marchand et qui
effectue des dépenses publiques au compte de la
collectivité.
• Le modèle s’appuie sur quatre macro-marchés (de
travail, de monnaie, de titres et de biens et services).
Exemple
•Équation quantitative de la monnaie :
•M*V = Q*P
•M = Offre de monnaie V = Vitesse de
circulation de la monnaie Q = Production
réelle P = Niveau des prix
•Comment peut-on expliquer l’inflation si V
est constante et s’il y a plein emploi ?
II. Les principaux marchés
•❑ Le marché du travail
•❑ Le marché de la monnaie,
•❑ Le marché des titres
•❑ Le marché de biens et services
1.Le marché du travail
• Le PIB réel, qui mesure la valeur de la production globale de biens
et services dans l’économie, est fonction des quantités de travail et
de capital utilisées, de l’esprit d’entreprise et de l’état de la
technologie. Alors, le niveau d’activité et celui de l’emploi sont
déterminés sur le marché du travail et par l’entremise de la
fonction de production.
• Ce marché permet de fixer simultanément le taux de salaire réel et
un volume d’emploi d’équilibre à travers une confrontation entre
offre et demande de travail.
• Les classiques admettent que les propriétés des fonctions d’offre et
demande de travail sont déduites des règles de maximisation des
agents individuels.
• Le marché du travail est le lieu théorique de rencontre de
l'offre de force de travail
• Le marché détermine la quantité de travail échangée et le
niveau des rémunérations (c'est-à-dire le prix du travail), sauf
si celles-ci sont fixées par l'Etat.
• L'analyse néo-classique du marché du travail vise à expliquer
: 1) à quel niveau se fixe le salaire moyen 2) combien de
personnes sont employées à ce niveau de salaire. Cette
analyse vise, également, à expliquer le chômage, qui est,
pour elle, un dysfonctionnement de ce marché du travail.
❑ La fonction de demande de travail (Premier postulat classique)
La demande de travail est déduite des conditions techniques de production et de l’hypothèse de
rationalité des entreprises. La fonction de production macroéconomique, à court terme, est
donnée par 𝑸 = 𝒇(𝑵).
Le problème pour l’entreprise représentative consiste à maximiser son profit 𝝅 =
𝒅𝝅
𝒑. 𝑸 – 𝒘. 𝑵𝒅 et, = 𝒑. 𝒇′(𝑵) − 𝒘 ,
𝒅𝑵
Condition de premier ordre.
Avec p le niveau des prix, w le taux de salaire, 𝑵𝒅 la demande de travai,𝑸 la production et
𝒇(𝑵) la fonction de production.
❑ La fonction de demande de travail (Deuxième postulat classique)
L’offre de travail est le fait des ménages. Elle est décidée à partir d’un arbitrage que ces derniers
doivent faire entre loisir et travail. De ce fait, plus le taux de salaire augmente plus le coût
d’opportunité du loisir augmente et les ménages sont incités à travailler. Ainsi, la fonction
d’offre de travail est une fonction croissante du taux de salaire réel. 𝑵𝑶 = 𝒇(𝒘) avec 𝑵𝑶 l’offre
de travail des ménages et 𝒇′(𝒘) > 𝟎
❑ Equilibre et les ajustements sur le marché du travail
Comme sur tout marché, le taux de salaire réel d’équilibre ainsi que le volume d’emploi
d’équilibre est obtenus grâce à la confrontation entre offre de travail et demande de travail
comme l’indique le graphique ci-dessous.
En dehors de la situation d’équilibre, deux autres situations peuvent se présenter :
𝒘∗
Si le taux de salaire réel effectif est inférieur au taux de salaire réel d’équilibre , il y a un
𝒑
excès de demande de travail (pénurie de main d’œuvre) et les salaires monétaires (w)
augmentent sous l’effet de la concurrence entre les entreprises.
Sous l’hypothèse que les prix restent constants, l’augmentation des salaires nominaux se traduit
𝒘∗
par une augmentation de , toute chose qui nous ramène vers l’équilibre. Si le taux de salaire
𝒑
𝒘∗
réel effectif est supérieur au taux de salaire réel d’équilibre , il y a excès d’offre de travail et
𝒑
la concurrence entre les ménages nous ramène à l’équilibre.
• Selon ces raisonnements, la flexibilité du taux de salaire
réel permet de maintenir l’équilibre de plein-emploi sur le
marché du travail. Le volume de l’emploi N* est un niveau
de plein-emploi, en ce sens que tous ceux qui désirent
travailler au taux de salaire en vigueur peuvent le faire.
• Il n’y a pas donc de situation de rationnement.
Cependant, selon les classiques, à l’équilibre il peut exister
un chômage, mais celui-ci est volontaire : les chômeurs
volontaires constituent cette population active dont le
salaire de réserve est supérieur au taux de salaire en
vigueur.
• Selon donc la théorie classique, la concurrence sur le
marché du travail et le libre fonctionnement de
celui-ci garantissent l’élimination de tout chômage
involontaire. Si du chômage involontaire persiste,
selon les classiques, cela ne peut être dû qu’à une
insuffisance
•
de flexibilité du marché du travail. Insuffisance due
notamment à l’intervention des pouvoirs publics et
des syndicats (fixation du SMIG) qui empêche le
salaire réel de s’ajuster.
❑ La liaison marché du travail/marché des biens et services (Troisième postulat
classique)
𝒘∗
Selon le modèle, le marché de travail fixe le volume d’emploi N* et le taux de salaire réel et
𝒑
non pas 𝒘 et 𝒑. Par conséquent, le niveau de production se déduit du marché du travail selon la
technique de production.
Marché de travail et détermination du volume de production
•La détermination de l’équilibre
macroéconomique se fait de manière
hiérarchique. Le point de départ est le marché
du travail où les salaires et les prix sont flexibles.
Ensuite les marchés seront à l’équilibre et le
stock de capital sera fixe.
Y = F(K(fixe), L) : Le seul déterminant de la
production sera l’emploi.
Cette représentation est sous-tendue par la loi
de Say : le niveau de production Q* se
détermine sans tenir compte de la demande,
puisque selon cette loi, tout accroissement de
l’offre équivaut à un accroissement des
demandes.
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•Dans la perspective néo-classique, il n'existe,
par conséquent, du chômage que dans la
mesure où le marché du travail connaît des
rigidités ou des dysfonctionnements qui
rendent impossible la régulation
automatique du marché.
•Ces rigidités ou dysfonctionnements ont, en
effet, pour conséquence que le salaire en
vigueur sur le marché du travail est à un niveau
supérieur au salaire d'équilibre, et qu'il ne peut
pas descendre pour l'atteindre : il y a alors plus
de personnes qui veulent travailler par rapport
au nombre qu'il serait rentable pour les
entreprises d'embaucher.
Cela peut être le cas du SMIC. Le SMIC peut, en effet, être situé à un niveau plus
élevé que le salaire d'équilibre.
• Le modèle néo-classique permet de penser certains
éléments fondamentaux du fonctionnement du
marché du travail. Toutefois, il représente une
situation idéale, qui n'existe pas dans le monde réel.
En observant les marchés du travail qui existent dans
la réalité, les économistes ont été conduits à
introduire des éléments nouveaux dans le modèle
néo-classique de base, qui permettent d'expliquer, par
exemple, l'existence d'un chômage involontaire, alors
même qu'il n'y a pas de « rigidités »
• Des éléments ont été introduits pour expliquer pourquoi les
marchés du travail dans la réalité ne s'autorégulent pas comme
dans le modèle néo-classique de base. Parmi ces éléments, il y a
l'existence d'asymétries d'information. Tous les marchés du travail
sont profondément affectés par celles-ci. Une asymétrie
d'information est une situation dans laquelle deux acteurs qui
réalisent une transaction marchande ne disposent pas de la même
information sur la nature de ce qu'ils échangent. Celui-ci qui
dispose de l'information dispose alors d'un avantage sur l'autre.
Cela peut avoir des conséquences importantes sur la transaction
marchande. Dans le cas du marché du travail, les asymétries
d'information se font au profit des offreurs de travail (les
travailleurs) et au détriment des demandeurs de travail (les
entreprises).
• La conséquence de cette asymétrie d'information est que les
employeurs sont confrontés à un risque d'aléa moral. L'aléa moral est
la situation où un acteur opportuniste profite. Du fait que son
comportement n'est pas observable pour en changer, une fois la
transaction réalisée. Dans le cas du marché du travail, l'aléa moral est
le fait qu'un employé, une fois signé le contrat de travail, ne travaille
pas autant qu'il le pourrait pour son employeur. L'autre asymétrie
concerne l'embauche. Un candidat à un poste connaît bien mieux ses
compétences professionnelles réelles que l'employeur, qui ne peut
qu'essayer de les deviner à partir de son CV (parfois mensonger). Il y
a donc toujours un risque, pour un employeur, de ne pas embaucher
la personne compétente pour le poste de travail à pourvoir. C'est ce
que l'on appelle l'anti-sélection.
1. Rappelez la définition d’un marché.
2. Qu’est que l’offre et la demande de travail ?
3. En quoi l’offre et la demande sur le marché du travail est-elle différente de celle du
marché des biens et services ? Pour répondre, complétez le tableau ci-dessous.
Marché des biens et services Marché du travail
Offre
Demande
Exercice 2
2.Le marché financier ou des titres
a. Définition
• Un marché financier est un lieu, physique ou virtuel, où les acteurs
du marché (acheteurs, vendeurs) se rencontrent pour négocier des
produits financiers. Il permet de financer l'économie, tout en
permettant aux investisseurs de placer leur épargne.
• Pour satisfaire leurs besoins de financement, les entreprises, l'Etat
et les collectivités publiques procèdent à des émissions d'actions,
d'obligations et d'autres titres de créance.
• L'émission de ces titres financiers se fait sur un marché
dit « primaire ». Par exemple : à l'occasion d'une introduction en
bourse, d'une augmentation de capital ou d'une émission
d'obligations.
Dans cette catégorie, les marchés se distinguent selon les titres financiers qui
y sont échangés :
• le marché des actions pour le financement en capital des entreprises (y
compris bancaires),
• le marché des obligations (marché obligataire) pour le financement des
entreprises (y compris bancaires), Etats et collectivités par l'endettement à
long terme,
• le marché des dérivés pour les couvertures de risque,
• le marché des devises,
• le marché des quotas de CO2.
• Ect.
Le marché des titres met en relation, les ménages épargnants désirant placer
leurs fonds sous forme de titres financiers, d’une part et les entreprises
désirant emprunter pour investir, d’autre part.
De ce fait, le marché des titres met en confrontation une fonction de
demande de titres qui est le fait des ménages et une fonction d’offre de titres,
qui est le fait des entreprises.
Demande de titres par les ménages
La demande de titres est dérivée des règles supposées de comportements
individuels. On admet en effet que cette demande est le résultat d’un
processus d’optimisation intertemporelle des ménages entre consommer
aujourd’hui et consommer demain. Dans ces conditions le taux d’intérêt réel
(prix des titres) doit conduire à une récompense de l’abstinence de
consommation présente.
© 2025-LPAS 257
• Ainsi, selon les classiques le taux d’intérêt est le prix de
renonciation à la consommation présente et, plus le taux
d’intérêt est élevé plus les ménages sont incités à prêter
leurs fonds, toutes chose qui réduit la consommation
présente.
• L’offre des titres est déterminée par les décisions
d’investissement des entreprises. Selon les classiques,
l’investissement ne dépend que du taux d’intérêt réel. La
fonction d’offre de titres est donc :
b.L’équilibre sur le marché des titres
Sous l’action des forces de productivité des entreprises et de l’abstinence
à la consommation des ménages, il se détermine un taux d’intérêt
d’équilibre et un volume de titres échangés.
• De cette manière l’épargne égale toujours l’investissement (𝑰 = 𝑺).
• Par conséquent, selon les classiques, toute épargne étant
nécessairement investie, elle est un phénomène vertueux. En
particulier, à court terme l’épargne ne conduit pas à une
réduction du
niveau d’activité ou d’emploi. Ceux-ci sont déterminés à partir du
marché du travail et des conditions techniques de production.
• La contrainte à l’emploi et à la production est du côté de l’offre et
l’épargne n’introduit pas une contrainte de demande : elle
consiste à réduire une dépense de consommation pour
augmenter une dépense d’investissement. Le niveau des
dépenses globales reste inchangé. C’est sa structure qui est
modifiée.
c.L’offre de titres publics et effet d’éviction
• Les classiques considèrent l’offre des titres publics comme exogène : la
politique financière de l’Etat est un levier discrétionnaire (relève de la
discrétion des publics). L’offre de titres publics vient s’ajouter à l’offre
des titres privés et on obtient le graphique qui suit
• Si l’Etat intervient sur le marché en offrant des
titres, cela entraine un déplacement parallèle de la
courbe des titres. On observe une augmentation
des taux d’intérêt réels d’équilibre.
• Cettehausse du taux d’intérêt réel d’équilibre
entraine une éviction partielle de l’investissement
privé.
3.Le marché de la monnaie
• Les grandeurs réelles de l’économie (le volume de la
production, le niveau d’emploi, la consommation,
l’investissement, etc.) se trouvent déterminées par le jeu
des deux marchés précédents. L’introduction de la monnaie
a pour seule fonction de fixer les grandeurs nominales,
c’est-à-dire le niveau général des prix.
• Sur le marché de la monnaie on peut identifier deux
agrégats importants : l’offre de monnaie et la demande de
monnaie.
a.La demande de monnaie
•Définition : On appelle demande de monnaie
au cours d’une certaine période de temps le
montant des sommes acquises pendant cette
période par les agents économiques (Ménages,
entreprises et Etat) et qu’ils choisissent de
conserver sous forme liquide.
• Dans cette perspective, quels sont les motifs de détention d’encaisses monétaires ?
• Trois motifs peuvent expliquer pourquoi les agents économiques préfèrent garder
sous forme liquide une certaine fraction de leurs avoirs :
• Un motif de transaction : la succession des recettes n’étant pas concomitante
à celle des dépenses, chaque agent économique trouve utile de tenir une certaine
encaisse afin de pouvoir effectuer les transactions au moment désiré. Cette
détention lui permet en outre d’éviter le coût qu’impliquerait la reconversion en
monnaie de ses actifs, s’il les plaçait tous sous forme non monétaire ;
• Un motif de précaution : certaines recettes ou certaines dépenses étant
aléatoires, l’agent économique juge souvent prudent de détenir plus de signes
monétaires que ne nécessitent les transactions prévues de manière certaine ; et
ceci d’autant plus que la conversion d’actifs non monétaires en monnaie implique
toujours un délai ;
• Un motif de spéculation : l’objectif est ici de disposer de liquidités en vue de
profiter des mouvements des prix sur les marchés pour réaliser une « bonne
affaire ». De manière plus précise, sinon plus complexe, un agent économique
détient de la monnaie pour motif de spéculation lorsqu’il s’attend à une baisse des
prix telle que son encaisse monétaire jouira d’un gain en pouvoir d’achat supérieur
à celui qu’il attend des autres placements.
• Si les motifs de la préférence pour la liquidité expliquent la demande de monnaie, ils
indiquent aussi quels sont les facteurs économiques qui font varier cette demande, ainsi
que le sens dans lequel ils agissent. John Maynard KEYNES, auteur de cette analyse,
identifie deux autres facteurs : d’une part le revenu, et d’autre part le taux d’intérêt.
• Le niveau du revenu influence positivement la demande de monnaie. Plus il est
élevé, plus importants sont en effet les divers achats de biens de consommation et
autres, et donc plus grande est la quantité de monnaie qu’il faut détenir pour faire ces
transactions. On reconnaît évidemment ici le motif de transaction ; mais celui de
précaution intervient dans le même sens : plus le revenu est élevé, plus grande aussi est
la réserve que l’on peut se permettre à cette fin. La demande de monnaie apparaît donc
comme une fonction croissante du revenu.
• Le niveau du taux d’intérêt influence au contraire négativement la demande de
monnaie. En effet, plus il est élevé, plus important est le sacrifice financier dû au fait de
la détenir comme telle, plutôt que de la placer (et la rendre « illiquide ») pour toucher ce
taux. En d’autres termes, le taux d’intérêt est le coût d’opportunité de la détention de
monnaie. La demande de monnaie apparaît dès lors comme une fonction décroissante
du taux d’intérêt
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Dans le modèle classique, le marché des biens et
services n’est pas traité car au regard de l’identité de
Walras, celui-ci est redondant. La demande de biens
et services n’est donc pas spécifiée, conforment à la
loi de Say : il n’y a jamais de contrainte de débouché
et les crises de surproduction sont impossibles.
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III-Théorie classique et politique économique
• Depuis la naissance de l’économie moderne, il y a
deux siècles, l’une des controverses les plus
importants a consisté à savoir si oui ou non
l’économie à tendance à se mouvoir vers un équilibre
de plein emploi à long terme.
• En langage moderne, nous appelons théories
classiques, les approches qui insistent sur les
puissantes forces auto correctrices d’une économie.
•L’approche classique soutient que les prix et
les salaires sont flexibles, si bien que
l’économie parvient très rapidement à son
équilibre de long terme.
•Les prix et les salaires flexibles effacent
rapidement tout excès d’offre ou de
demande et rétablissent le plein emploi.
Politique économique classique:
• Politiques de non-intervention : La théorie classique défend une politique de non-intervention
de l'État dans l'économie, en laissant les marchés s'autoréguler. Cependant, cette approche peut
être inefficace en période de chômage ou de crise.
• Politiques budgétaires et monétaires : La théorie classique ne défend pas l'utilisation de la
politique budgétaire et monétaire pour stimuler la demande ou lutter contre le chômage, car
elle considère que ces politiques peuvent avoir des effets néfastes sur l'investissement et la
croissance à long terme.
• Lutte contre l'inflation: Les politiques classiques se concentrent souvent sur la lutte contre
l'inflation, en contrôlant la quantité de monnaie en circulation et en favorisant la stabilité des
prix.
• Réduction des dépenses publiques: Les économistes classiques ont tendance à plaider pour une
réduction des dépenses publiques et une politique fiscale équilibrée.
• Réforme des marchés du travail: Ils peuvent également plaider pour des réformes des marchés
du travail, afin de faciliter la flexibilité des salaires et de réduire les rigidités.
• En résumé: La théorie classique et la politique
économique classique sont une vision de l'économie
qui met l'accent sur le libre marché, la concurrence et la
flexibilité des prix. Elles sont fondées sur l'idée que les
marchés peuvent s'autoréguler et que l'intervention
gouvernementale est généralement néfaste. Cette
théorie a été remise en question par les crises
économiques et a donné naissance à d'autres courants
de pensée économique, notamment la théorie
keynésienne.
IV. L’application à l’analyse de la situation des pays
africains
• Différents programmes ou politiques de développement
récents ont été conduit sous l’impulsion de la pensée
classique ou néoclassique. C’est le cas des Programmes
d’Ajustement des années 1980-90 qui ont conduit à la
libéralisation, à la privatisation des économies africaines
et ailleurs à travers le monde. Les PAS avaient pour but
d'insérer l'Afrique dans une économie mondiale libérale,
d'inciter à des réformes en créant en Afrique les
stimulants et les contraintes du modèle théorique de
l'économie de marché.
•Les réformes imposées (concurrence, vérité
des prix, réponses correctes aux stimulations
des prix, Etat minimum, séparation du
marché et de l'Etat, etc.) étaient toutes
destinées à rendre la réalité conforme aux
hypothèses du modèle néoclassique. La
recherche de la vérité des prix par le seul
retrait de l'Etat a eu des résultats très
éloignés du modèle en cas de monopole ou
d'oligopole
• Le processus de libéralisation des échanges
internationaux enclenché après la Deuxième Guerre
mondiale a entraîné la signature de l’Accord général
sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) ainsi
que l’abolition progressive des tarifs douaniers. Les
économies deviennent de plus en plus
interdépendantes et les responsables des
orientations politiques attachent une attention
particulière à la politique économique internationale.
• La libéralisation des filières d'exportation a parfois,
conformément aux PAS, accru les revenus des producteurs
par réduction des prélèvements des Etats et par
stimulation de la production, mais elle a accru aussi le rôle
des oligopoles commerciaux et s'est parfois heurtée à
l'instabilité des cours et au protectionnisme agricole des
clients potentiels du Nord. La première hypothèse du
modèle de l'économie de marché, la stimulation des
échanges par les différences de prix, s'est avérée beaucoup
plus réaliste qu'il n'avait été prévu par nombre
d'observateurs.
• Cette reconnaissance de la validité d'une hypothèse clé des PAS ne
signifie cependant ni que les PAS sont en tout point justifiés, ni que leur
mise en œuvre soit rendue plus facile par la croissance des marchés. Les
marchés africains dont les libéraux admirent le dynamisme ne sont pas
conformes au modèle théorique de l'économie de marché, sur au moins
trois points :
❖Le dynamisme des marchés africains joue parfois contre les institutions
juridiques nécessaires à l'économie de marché ; il a même fortement
contribué en Afrique à contourner les lois, à violer le droit, à démanteler
parfois les nations et à créer des Etats défaillants.
❖Le dynamisme des marchés africains va jusqu'à traiter comme un bien
commercialisable le pouvoir des administrations et de l'Etat ; il n'est pas
rare que des infractions à la législation douanière et fiscale soient faites
avec la complicité des douaniers ou même des ministres
• Le dynamisme des marchés permet même aux
commerçants d'obtenir des législations à leur profit,
créant à nouveau cette capture de l'Etat par les
intérêts particuliers que les PAS s'étaient donné pour
but de faire disparaître. En définitive, c'est le principe
néoclassique de la séparation des marchés et de
l'Etat qui est remis en cause notamment en cas de
("chevauchement" des élites, littéralement à cheval
sur les activités publiques et privées) ou de conflit
d'intérêts caractérisé.
QCM
1. Dans la théorie « classique », la monnaie :
• a. est neutre sur l’activité économique.
• b. n’est demandée que pour réaliser les transactions.
• c. Est essentiellement une réserve de valeur.
2. La main invisible signifie :
• a. que les économies de marché sont spontanément harmonieuses.
• b. que l’individualisme est un danger pour les sociétés.
• c. Qu’il faut « laisser-faire, laisser-aller ».
3. La loi de Say implique :
• a. qu’il ne peut y avoir de crise de surproduction.
• b. Que le niveau d’activité est toujours suffisant.
• c. Que l’Etat doit soutenir la demande globale pour qu’elle égale l’offre globale.
4. La théorie quantitative de la monnaie :
• a. est une théorie de détermination du niveau général des prix par l’offre
de la monnaie.
• b. Exprime l’influence de la monnaie sur les grandeurs réelles (emploi,
production).
• c. Est étroitement associée à la loi de say.
5. Pour les classiques, les variations des prix :
• a. permettent d’ajuster entre l’offre et la demande sur les marchés.
• b. Permettent de rendre compatibles les différentes décisions individuelles.
• c. Doivent être combattues.
• 6. Le modèle classique est :
• a. un modèle d’offre.
• b. Un modèle de demande.
• c. Un modèle dichotomique entre le secteur réel et le secteur
monétaire.
• 7. Pour Keynes, l’activité économique se déroule dans un
environnement :
• a. radicalement incertain,
• b. risqué.
• c. Certain.
8. L’effet d’éviction :
• a. tend à favoriser l’investissement privé.
• b. accroît la place de l’Etat dans l’économie.
• c. augmente les revenus tirés de l’investissement privé.
• d. évince l’Etat du marché financier.
9. Une politique conjoncturelle est :
• a. une politique macroéconomique de court terme.
• b. une politique exclusivement monétaire.
• c. une politique principalement budgétaire.
Chapitre 4 :
Le modèle keynésien
John Maynard KEYNES (1883-1946) économiste Anglais a dénoncé
les incohérences des politiques suivies lors de la crise. Il a contribué à montrer à travers son
ouvrage fondamental que la macroéconomie est différente de la microéconomie et que la
macroéconomie exige une connaissance nouvelle contraire au bon sens.
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• Le keynésianisme est à la fois une école de pensée
économique fondée par l'économiste britannique John
Maynard Keynes, et le nom générique donné aux
différentes écoles de pensées postérieures affiliées au
keynésianisme.
• La thèse centrale des keynésiens est que les marchés
laissés à eux-mêmes ne conduisent pas nécessairement
à l'optimum économique, et que l'État et les
institutions publiques ont ainsi un rôle majeur à jouer
dans le domaine économique afin de pallier les
défaillances du marché, d'ordre structurel.
• Keynes propose sa théorie en réaction à celles de
l'école néoclassique, dont les positions ne
permettent pas d'expliquer le phénomène de sous-
emploi (chômage de masse) et l'incapacité des
marchés à revenir spontanément à l'équilibre.
• La théorie keynésienne combine deux éléments.
Keynes a d’abord proposé le concept de la demande
globale. Ensuite, il a soutenu que les prix et les salaires
sont rigides ou visqueux. à court terme, du fait des
rigidités telles que les accords de travail (sur les
salaires).
I-Problématique générale et le rejet de la loi de Say
•
• La macroéconomie moderne s’est développée beaucoup
plus tard en réponse à la Grande Dépression, une décennie
(1929-1939) marquée par un taux de chômage élevé et la
stagnation de la production mondiale.
• La crise de 1929 a provoqué de profonds remaniements de
la structure économique des pays capitalistes.
• Que préconisaient les économistes et les gouvernements de
l’époque ?
Ils préconisaient principalement que :
• ® Les entreprises baissent les salaires
• ® Les consommateurs augmentent leur taux d’épargne
• ® L’Etat évite tout déficit budgétaire
• Au-delà des préjugés politiques sous-jascents à ces propositions,
on peut penser que cette attitude reflétait en partie une
conception très microéconomique des problèmes économiques.
• Analysons chacune de ces propositions de solution.
• Cas des salaires : Pour une entreprise, les salaires qu’elle paye sont
un coût. Le but recherché était donc qu’en diminuant les salaires,
elles puissent embaucher plus de mains d’œuvre ou de même de
réduire ainsi le chômage. Cependant au plan macroéconomique, la
masse des salaires payés par les entreprises est la principale source
de revenu, dont de la consommation des ménages.
• Baisser les salaires revient en réalité à freiner la consommation des
ménages donc la demande. Cela freine la production et augmente le
chômage. Cet effet individuel transposée au plan collectif abouti à
une diminution de la consommation pour un revenu donné, donc à
limiter la production, d’où une augmentation du chômage.
• Cas des dépenses de l’Etat : Les économistes de l’époque
pensaient qu’il fallait que l’Etat réduise ses dépenses pour
donner l’exemple et ne pas prélever les fonds dont les
entreprises auraient besoin pour investir. Il ne fallait pas
donc entraîner un effet d’éviction, ce qui est trop
microéconomique.
• D’une part, on assimile l’Etat à un individu, d’autre part on
néglige l’effet positif dit effet de relance que les dépenses
de l’Etat ont sur les entreprises. Avec des dépenses
moindres de l’Etat, la demande faiblit, la production aussi,
le chômage augmente.
• Ce nouveau cadre de pensée que constitue la
macroéconomie se forme sous l’impulsion de John
Maynard Keynes en réaction aux énoncés de la théorie
classique.
• En effet, Keynes démontre en 1936 que le
fonctionnement spontané des économies capitalistes
n’est pas harmonieux, qu’il débouche sur des situations
de sous-emploi massif des facteurs de production en
particulier sur le chômage involontaire de la main
d’œuvre.
Des économies de productions. Pour Keynes, le niveau de production et ses variations
sont déterminés par les entrepreneurs sur la base de leur anticipation à courte terme de
demande globale qui leur est adressée.
des économies monétaires : la monnaie est plus qu’un instrument d’échange, elle est
d’abord l’unité de comptes de transactions et ensuite un moyen de paiement. A ce titre
elle est le moyen de détention privilégié de la richesse. La monnaie est donc demandée
pour elle-même autant, sinon d’avantage que dans le seul dessein de réaliser des
échanges. De ce fait, la monnaie n’est pas neutre.
des économies incertaines : ce qui signifie que l’activité économique se déroule dans un
monde caractérisé par l’existence d’une incertitude (non probabilisable). À cet égard, les
anticipations jouent un rôle essentiel ; les agents économiques ont tendance à conformer
leur décision à celle de l’opinion commune telle qu’il se la représente.
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• L'économiste substitue à la loi de Say le concept
de demande effective. Cette demande est celle qui
est anticipée par les entrepreneurs, qui estiment la
production qu'ils doivent réaliser afin d'offrir la
quantité optimale de biens et de services
demandée par les agents économiques.
• Comme les entrepreneurs ont, en période de
crise, des anticipations pessimistes et sous-
estiment la demande réelle, ils sous-emploient
leurs facteurs de production, ce qui conduit au
chômage.
Au total cette vision générale du fonctionnement de nos
économies invalide les deux principes fondamentaux de la
macroéconomie classique à savoir la loi des débouchés et la
neutralité de la monnaie.
Pour Keynes, la demande effective gouverne l’offre et non
l’inverse. En plus, la monnaie, étant la liquidité par excellence,
elle joue un rôle important dans les décisions des agents
économiques et peut de ce fait avoir , à court terme, un effet
sur les variables réelles de l’économie.
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Concernant le Marché du travail
• Dans les termes classiques, Keynes va démontrer que le marché de
travail peut se clore dans une situation où demeure du chômage
involontaire et ce, en dépit d’une flexibilité des salaires réels. La
théorie générale de l’emploi va décrire les économies contemporaines
sous une forme éloignée de la vision classique.
• Keynes s'oppose à la théorie néoclassique selon laquelle tout
chômage est volontaire. Les tenants de cette thèse soutenaient
que les salariés sont rémunérés à leur productivité
marginale (productivité marginale du travail, « PmL ») ; les
salariés proposent leur force de travail en fonction du gain qu'ils
peuvent en espérer, c'est-à-dire que l'offre de travail par les
salariés dépend du salaire réel (w/p, où w est le salaire nominal
et p est l'indice des prix). S'il y a du chômage, c'est que le
salaire réel w/p est supérieur à la productivité marginale du
travail.
Keynes soutient a contrario la thèse que le chômage est
principalement un chômage involontaire. Pour Keynes,
le mécanisme des prix sur le marché du travail n'aboutit
pas usuellement au plein emploi. En effet :
• les salaires nominaux w ne peuvent pas baisser parce
qu'il y a une viscosité des salaires nominaux liés à la
négociation des contrats (rigidité des salaires à la
baisse)[6] ;
• une baisse des salaires nominaux n'est pas désirable
car elle entraînerait une contraction de la demande, qui
provoquerait à son tour une baisse de la production
II-Le multiplicateur et sa dynamisation
Dans une perspective keynésienne, l’investissement
est, avec la consommation, une composante de la
demande globale, c’est-à-dire la demande agrégée de
biens et services. Keynes montre que la dépense
d’investissement agit sur le produit national, en raison
de l’effet- revenu qu’elle exerce : c’est le principe du
multiplicateur d’investissement. Il implique selon
Keynes qu’une hausse de l’investissement a des
effets bien supérieurs à son montant initial sur la
production dans le futur, et donc sur l’emploi.
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•En mettant en exergue l’idée que l’équilibre avec
chômage correspond à un état final de repos du
système économique Keynes va faire un
plaidoyer en faveur de l’utilisation systématique
d’instruments de politique économique pour
soutenir l’activité économique et assurer la
pérennité des institutions du capitalisme.
•L’activisme des politiques économiques est fondé
sur le principe du multiplicateur qui montre qu’un
accroissement exogène de la demande effective
(l’investissement autonome par exemple) se
traduit par une augmentation plus que
proportionnelle de la production.
•La demande effective, le principe du multiplicateur
et l’efficacité de la politique budgétaire sont les
concepts clés du modèle keynésien simple revenu-
dépense.
1-Le principe de la demande effective et l’équilibre sur le
marché des biens & services
• La demande effective
• Un des concepts majeurs de la théorie de Keynes dans la
formulation de la macroéconomie contemporaine est celui de la
demande effective. Le concept désigne la demande totale de biens
et services prévue dans une économie pour une période donnée..
• Les Néoclassiques pensent le marché du travail
comme une simple confrontation de l’offre et de la
demande de travail. Pour Keynes, le volume de
l’emploi n’est pas déterminé par le marché, mais
uniquement par le niveau global de production, qui
dépend de la demande venant des entreprises.
• Les entrepreneurs décident des quantités à produire
non pas sur la base de la demande du moment, dit
Keynes, mais sur la base de la demande qu’ils
anticipent, il s’agit de la « demande effective » .
• Autrement dit, les entrepreneurs décident d’embaucher sur la
base d’une prévision: ils se font une idée de la demande future qui
leur sera adressée et en fonction de celle-ci, décident d’investir
plus ou moins dans la production. La demande effective est la
demande anticipée des entrepreneurs en biens de production et
de consommation:
▪ La consommation: se fait essentiellement par les ménages. Ceux-ci
utilisent une part de leur revenu pour la consommation et épargnent le
reste. Le niveau de consommation dépend à la fois du revenu et de la
propension à consommer (la part du revenu dédié à la consommation).
▪ L’investissement: est fait par les entreprises et l’État. Il dépend du taux
d’intérêt et du rendement espéré de l’investissement.
• S’il y a du chômage, c’est parce que la demande effective est
insuffisante. Pour l’accroître, Keynes suggère une intervention de
l’État dans l’économie.
• Politiques à adopter
• Pour agir sur la demande, l’État doit favoriser l’investissement et la
consommation. Plusieurs politiques peuvent être mises en place (Figure 2):
▪ Pour stimuler la consommation, il peut appliquer une politique de redistribution
qui permette aux ménages les plus pauvres de consommer. Il peut également
mettre en place une politique fiscale de réduction des impôts. Il peut aussi
augmenter sa propre consommation.
▪ Pour encourager l’investissement, il peut mettre en place une politique monétaire
de baisse des taux d’intérêt. Il peut également faire des investissements publics
importants (des grands chantiers nationaux par exemple), même si cela entraîne un
déficit budgétaire.
• L’État peut aussi agir directement sur le niveau d’emploi en engageant des
fonctionnaires.
• De façon générale, la théorie économique contemporaine
distingue quatre composantes de la demande agrégée : la
consommation final, l’investissement, les dépenses publiques
et les exportation nette
Pour simplifier le modèle faisons les hypothèses suivantes :
• L’économie est en autarcie ;
• L’investissement est autonome.
• Les prix sont fixés
• Il n’y a pas de dépenses publiques
• Dans ces conditions la demande totale consiste en deux
composantes : la consommation final des ménages et les
dépenses d’investissement.
Z = C + I0 (1)
Dans (1) la fonction de consommation présente les caractéristiques keynésiennes présentées
dans le chapitre 1 c’est-à-dire
C = C0 + cY (2)
Ici Y désigne à la fois le revenu disponible et le revenu global sous l’hypothèse 4 ;
(2) dans (1) donne :
Z = C0 + cY + I0 = (C0 + I0) + cY (3)
Graphique 1 : la droite de demande globale
I,C
Z = (Co +Io) + cY
Co
I0
Y
2-La détermination du revenu d’équilibre
•
• Pour chaque niveau donné de demande effective correspond un
niveau de revenu d’équilibre qui traduit l’égalité entre la demande
agrégée et l’offre agrégée. En remarquant, que la valeur l’offre
totale est la somme des revenus distribués qui ont servi à
effectuer les dépenses, à l‘équilibre on peut écrire que :
Y = Z = C + I Y = (C o + I o) + cY
+
Y = Co I o
1− c
1
Y= DA
1− c
Graphique 2: Détermination du revenu d’équilibre
C+I Z=Y
Z = C+I
YE Y
• Au point YE les désirs de production et d’achats de biens et services
sont identiques. Autrement dit, la production prévue par les
entreprises correspond exactement à la demande prévue. Mais il se
peut que ce niveau de production réalisé ne corresponde pas à celui
qui permet d’utiliser toutes les capacités de production (travail et
capital). Ce qui implique que deux cas de figures peuvent être
envisagés : le cas où le revenu d’équilibre est inférieur à celui qui
permet de réaliser le plein-emploi auquel cas on parle d’écart
déflationniste et le cas où le niveau du revenu d’équilibre est
supérieur ; dans ce cas on parle d’écart inflationniste
3-Le multiplicateur
On peut obtenir le multiplicateur en raisonnant sur les variations de la production et de
l’investissement : d’après les équations d’équilibre on a :
𝒀 = 𝑪 + 𝑰 = 𝒄. 𝒀 + 𝑰
Une variation de l’investissement 𝚫𝑰 entraîne une variation de la production pour y répondre
donc 𝚫𝒀 = 𝒄𝚫𝒀 + 𝚫𝑰
d’où 𝚫𝒀. (𝟏 – 𝒄) = 𝚫𝑰
𝟏
donc 𝚫𝒀 = 𝚫𝑰. ( )
𝟏−𝒄
4-Le multiplicateur et la régulation budgétaire
• Supposons que le niveau de production corresponde
à un équilibre de sous-emploi et que le
gouvernement souhaite atteindre le point qui assure
le plein emploi, alors l’investissement public (G)
additionnel doit correspondre à 𝚫𝑮 ce qui
porte la demande globale à
• 𝑌𝑑 = 𝐶 + 𝐼 + 𝐺.
•Pour sortir de cette situation sous optimale,
Keynes propose un plaidoyer en faveur de la
politique budgétaire dont l’efficacité est fondée
sur le principe du multiplicateur.
•L’idée sous-jacente étant qu’une augmentation
exogène de l’investissement se traduit à terme
par un accroissement plus que proportionnelle
du revenu national.
• L’investissement autonome, les impôts, les transferts et les
dépenses publiques représentent les flux de dépenses
autonome qui interagissent avec les dépenses de
consommation pour déterminer le niveau de la production.
• Ces composantes de la demande globale sont appelées des
instruments de la politique budgétaire de l’État. En effet, en
faisant varier l’une de ces composantes on influence le
niveau de la production nationale.
•Le multiplicateur de la dépense publique est
l’accroissement du revenu résultant de
l’augmentation de cette dépense publique d’une
unité.
•En effet, une augmentation des dépenses
publiques (politique budgétaire expansionniste)
contribue à relancer l’activité économique et
donc à réduire le chômage.
Ainsi, en partant du modèle de base et si on considère que l’État réalise des recettes et effectue
des dépenses on a :
C = C0 + cYd ;T = tY + T0 ; I = I 0 ; G = G0 , R = R0
Y =
1
(C0 − cT0 + I 0 + G0 + R0 ) (E0)
1 − c + ct
Une politique budgétaire expansionniste se traduit par une augmentation de G 0 de dG0. (E)
devient : Y + Y =
1
(C0 − cT0 + I 0 + R0 + G0 + G0 ) ( E1 )
1 − c + ct
1 1
(E1)-(E0) Y = G0 kG =
1 − c + ct 1 − c + ct
De même, la politique budgétaire expansionniste peut se traduire par une baisse des impôts ;
l’augmentation du revenu qui en découle sera :
−c −c
Y = T0 kf =
1 − c + ct 1 − c + ct
Remarque : comme c < 1 alors on a k f kG la raison est simple : en effet, lorsque l’État
dépense une unité de G celle-ci est dépensée directement en revenu. Par contre quand l’État
diminue les impôts d’une unité une partie seulement de cette unité est destinée à la
consommation, l’autre parie étant épargnée.
Supposons maintenant que l’État veut mener une politique budgétaire tout en laissant le solde
budgétaire inchangé. Dans ce cas, il va augmenter ses dépenses et les impôts d’un montant
équivalent. Quel est l’accroissement du revenu qui en résulte de cette politique !
✓ Si T est exogène on montre que Y = G0 = T0 : c’est le multiplicateur du budget
équilibré ou théorème d’Haavelmo.
Si T est endogène on montre que le multiplicateur du budget équilibré est la somme du
multiplicateur de la dépense et du multiplicateur fiscal.
III-Les aspects monétaires et financiers du
multiplicateur
•En matière de politique économique, la politique
monétaire regroupe l’ensemble des actions visant
à agir sur la situation économique (croissance
économique, emploi, niveau général des prix,
solde extérieur), par l’intermédiaire de la
quantité de monnaie en circulation et/ou du taux
d’intérêt.
•Nous avons déjà montré qu’en vertu de la
théorie quantitative de la monnaie, tout
accroissement de la monnaie se répercute
uniquement sur le niveau des prix et sans effet
sur les grandeurs réelles (PIB réel). Keynes va
montrer qu’une politique monétaire
expansionniste peut être efficace.
• L’analyse de Keynes montre que la monnaie n’est pas
exogène, elle l’est d’autant moins que le crédit est plus
développé et que la monnaie est susceptible d’exercer des
effets importants sur l’économie réelle par l’intermédiaire
du taux d’intérêt.
• Pour Keynes, la monnaie peut être demandée pour elle-
même et que, par conséquent, la loi des débouchés ne
s’applique pas.
• Du fait du caractère endogène et potentiellement
perturbateur de la monnaie, Keynes envisage la mise
en place d’un système de monnaie dirigée dans lequel
les banques utiliseraient leur pouvoir de création
monétaire pour stabiliser l’activité économique.
• La théorie keynésienne montre que la politique
monétaire peut s'avérer indispensable pour parvenir
au plein emploi , auquel les lois du marché ne
conduisent pas spontanément.
La politique monétaire chez Keynes
•La politique monétaire est une régulation
monétaire : les banques privées créent la
monnaie à la faveur des prêts qu'elles accordent
et les banques centrales, souvent indépendantes
du pouvoir politique, influencent le
comportement des établissements de crédit au
travers d'instruments exerçant sur elles une
contrainte dite « de liquidité ».
•La politique monétaire est un instrument de
politique économique générale susceptible de
concourir, cumulativement ou alternativement,
à la réalisation de trois objectifs principaux :
•- la stabilité des prix ;
•- la croissance économique et le plein emploi ;
•- l'équilibre extérieur.
•Dans une situation de sous-emploi, il convient
d'accroitre la quantité de monnaie pour que les
taux d'intérêt baissent et que, par conséquent,
l'investissement augmente, jusqu'à ce que le
plein emploi soit réalisé. Cet enchainement n'est
pas préjudiciable à l'épargne, celle-ci ne
dépendant pas des taux d'intérêt, mais du
revenu.
IV. L’existence de l’équilibre de sous-emploi
• En construisant le modèle de demande et d’offre
agrégées, il s’agit de comprendre et de prédire les
variations du PIB réel et du niveau des prix.
• À cette fin, nous devons rassembler sur un même
graphique la demande et l’offre agrégées pour
déterminer les valeurs d équilibré du PIB réel et du
niveau des prix. Il existe un équilibre pour chacun des
cadres temporels de l’offre agrégée. Il y a donc un
équilibre macroéconomique à long terme et un à court
terme.
•L’équilibre macroéconomique à long
terme est la situation vers laquelle tend
l’économie. Celui à court terme décrit
la situation de l’économie à chaque
point dans le temps durant la période
qui conduira à l’équilibre
macroéconomique à long terme.
Il y a équilibre macroéconomique à court terme lorsque la quantité demandée de PIB réel est
égale à la quantité offerte de celui-ci. C’est le point d'intersection de la courbe de demande
globale et de la courbe d’offre globale. A l’équilibre, le niveau des prix est de 125 et que la
valeur du PIB réel est de 700 milliards d’UM.
• Si le revenu d’équilibre est inférieur au revenu de plein
emploi (YE < YPE), l’économie se trouvera en « situation
d’équilibre de sous-emploi », ce qui signifie qu’au niveau de
la production d’équilibre, il existe des facteurs de production
inemployés. La demande globale est inférieure à la
production potentielle.
• Dans le cas où YE serait supérieur à YPE, il se produira des
tensions inflationnistes. La production ne pouvant répondre
à la demande, les facteurs de production étant tous déjà
pleinement employés, les prix des biens auront tendance, à
terme, à augmenter.
3-Ecart déflationniste, écart inflationniste
• Le modèle simple décrit ci-dessus permet de déterminer le
revenu d’équilibre effectif qui est déterminé par la demande
effective.
• Ainsi, à chaque niveau de demande effective anticipée par
les entreprises correspond une offre qui permet de dégager
un revenu d’équilibre qui peut être différent ou égal au
revenu qui assure le plein emploi sur le marché du travail.
• De ce fait, il n’existe à priori aucun mécanisme qui peut faire
en sorte que le revenu d’équilibre effectif soit celui de plein
emploi.
❑ Ecart déflationniste
• Si le revenu d’équilibre est inférieur au revenu de plein-emploi,
compte tenu de la faiblesse de la demande effective, l’écart obtenu
est qualifié d’écart déflationniste. Pour une production totale qui
correspond à celle qui assure le plein emploi, la dépense totale
projetée de consommation et d’investissement est inférieure à ce
niveau de production. On se trouve donc dans une situation de
chômage involontaire occasionné par une insuffisance de la
demande effective dont seule une politique de relance peut
permettre d’en sortir.
❑Ecart inflationniste
•
• L’économie se trouve dans une situation d’écart inflationniste
lorsque la demande anticipée s’établit à un niveau supérieur à
celui de la production qui assure le plein-emploi.
• Quand l’équilibre correspond à une situation de sous-emploi,
les pouvoirs publics peuvent souhaiter relancer l’activité pour y
remédier. Compte tenu des enchaînements keynésiens, la
politique économique doit chercher à augmenter la demande
globale.
• L’équilibre macroéconomique à court terme ne correspond
pas nécessairement au plein emploi. En situation de plein
emploi, le PIB réel est égal au PIB potentiel et l’économie
se situe sur la courbe d’offre globale à long terme.
L’équilibre macroéconomique à court terme se produit
lorsque la courbe de demande agrégée croise la courbe
d’offre agrégée à court terme. Par conséquent, le PIB réel
peut être à court terme inférieur, supérieur ou égal au PIB
potentiel.
V-LE MODELE IS-LM
Le modèle IS-LM fournit un cadre général
permettant, sinon de "réconcilier" les
classiques et les keynésiens, tout au
moins de les confronter à l’intérieur d’un
cadre analytique unique qui se présente
comme une généralisation. D’où l’idée de
synthèse néo-classique.
•Le modèle IS-LM est un modèle
macroéconomique qui permet
d’observer les effets des politiques
conjoncturelles sur l’équilibre
économique. Il est construit sur la base
d’une « synthèse » entre l’approche
keynésienne et le modèle néoclassique.
• Créé en 1936 par John Hicks puis retravaillé par Alvin
Hansen, le modèle IS-LM est devenu le « modèle
standard » en macroéconomie. Il sert de base pour les
modèles macroéconomiques dynamiques.
• Ce modèle considère deux équilibres, celui du marché des
biens et services (IS pour Investment-Saving), et celui de la
monnaie (LM pour Liquidity-Money). Quand ces deux
équilibres sont réalisés simultanément, le revenu d’équilibre
en découle, ainsi que le taux d’intérêt d’équilibre.
•L’un des mérites du modèle IS-LM
est de permettre le développement
et l’évaluation des politiques
économiques.
• Le modèle permet d'établir un équilibre général sur deux
marchés :
– Le marché des biens et services, qui lie épargne et
investissement, (investments and savings, d'où IS).
– Le marché monétaire, qui lie offre et demande de monnaie
(liquidity preference and money supply, d'où LM). – L'équilibre
conjoint de ces deux marchés détermine le niveau d'équilibre
de la demande et du taux d’intérêt.
L’un des mérites du modèle IS-LM est de permettre le
développement et l’évaluation des politiques économiques.
1-LA PRESENTATION DU SCHEMA IS-LM A PRIX FIXE
•Ce modèle permet de présenter dans un seul
diagramme les relations entre le taux d’intérêt
et le niveau de production sous deux formes :
une liaison traduisant l’équilibre offre
demande de biens et une relation traduisant
l’équilibre offre et demande de monnaie.
• Ce modèle s’exprime en termes réels, repose sur les
hypothèses suivantes :
• - L’économie est fermée ;
• - Les prix sont fixes à un ;
• - L’existence de deux marchés (loi de Walras)
• L’économie est considérée en situation de chômage keynésien,
donc en sousemploi. Le modèle est défini à prix fixes et
implique donc des ajustements exclusifs par les quantités. Le
taux d’intérêt r est une inconnue. Pour établir l’équilibre
keynésien, nous partons des déterminants de la dépense
prévue, soir les montants que les ménages, les entreprises et
l’Etat prévoient de dépenser en biens et en services.
a-Le marché des biens et services et la courbe IS
• On considère une économie fermée et notons Z la
demande globale. Z comprend trois composantes : la
consommation finale privée(C), l’investissement
privé (I) et les dépenses publiques (G0). On considère
également que les fonctions de consommation et
d’investissement sont données par :
• La courbe IS trace la relation entre i et Y pour le marché BS • Le taux
d’intérêt i est une variable réelle • Nous partons de l’équilibre
keynésien: la demande globale (ou demande désirée) en économie
fermée:
• Z=C+I+G
• où Z : Demande globale
• C : Consommation des ménages
• I : Investissement
• G : Dépenses publiques
• Nous savons également que la consommation C dépend du revenu
disponible (Y- T) de la propension marginale à consommer c :
• Z = c(Y – T) + I + G
• On considère une économie fermée et notons Z la demande globale. Z
comprend trois composantes : la consommation finale privée(C),
l’investissement privé (I) et les dépenses publiques (G0). On considère
également que les fonctions de consommation et d’investissement sont
données par :
C = C 0 + c Y d ( 1)
Où 0 c 1; C0 0
I = I 0 + bi (2)
Avec b 0
Keynésien Comme indique dans le chapitre précédent, l’équilibre keynésien est réalisé
lorsque l’offre Y est égale à la demande globale Z :
Y = Z Y = C + I + G0 (3)
Sachant que le revenu disponible se repartit entre consommation et épargne, que le revenu
disponible est le revenu national diminué de la taxe et que celle-ci est exogène, on peut écrire
que :
Y = Yd + T0 = C + S + T0 (4)
(3) et (4) C + I + G = C + S + T I + G = S + T (5)
En partant du fait que l’Etat ne fait pas de déficit budgétaire il vient que :
T0 − G0 = 0 et I = S ( 6)
Ainsi donc l’équilibre sur le marché des biens et services est réalisé s’il y a égalité entre
l’investissement et l’épargne.
En remplaçant I et S par leur valeur il vient que :
S = Yd − C = Y − T0 − C = I + G0
Yd − cYd − C0 + T0 = br + I 0 + G0 Yd (1 − c) = br + I 0 + G + C0 − T0
(Y − T0 )(1 − c) = br + I 0 + G + C0 − T0 (1 − c)Y = br + I 0 + G0 + C0 − T0 + (1 − c)T0
b C + I + G0 − cT0
Y = r+ 0 0
1− c 1− c
b C + I + G0 − cT0
Y= r+ 0 0 (8)
1− c 1− c
L’équation (8) représente l’équation de la courbe IS.
• Ainsi, la courbe IS est l’ensemble des combinaisons de taux d’intérêt (r)
et de revenu (Y) qui assurent l’équilibre sur le marché des biens et
services, c’est-à-dire qui sont compatibles avec l’égalité I = S.
Le multiplicateur keynésien
• Pourquoi observons-nous que ΔG<ΔY ? L’idée du multiplicateur est basée sur
le fait que la demande engendre la production,
• qui est redistribuée sous forme de revenu, générant alors une
• nouvelle demande…
b-Le marché de la monnaie et la courbe LM
• Sur le marché de la monnaie on peut identifier
deux agrégats importants : l’offre de monnaie et
la demande de monnaie.
• Faisons l’hypothèse que l’offre de monnaie M0
est exogène et est déterminée par les autorités
monétaires.
• La courbe LM trace la relation d’équilibre entre i et Y sur le marché monétaire.
• Le taux d’intérêt est donc également une variable monétaire (rémunération de la
renonciation à la liquidité).
Sur le marché de la monnaie on peut identifier deux agrégats importants : l’offre de monnaie
et la demande de monnaie.
Faisons l’hypothèse que l’offre de monnaie M0 est exogène et est déterminée par les autorités
monétaires.
• Définition : On appelle demande de monnaie au cours d’une certaine période de temps le
montant des sommes acquises pendant cette période par les agents économiques (Ménages,
entreprises et Etat) et qu’ils choisissent de conserver sous forme liquide.
Trois motifs expliquent pourquoi les agents économiques préfèrent garder sous
forme liquide une certaine fraction de leurs avoirs :
➢ Un motif de transaction
➢ Un motif de précaution
➢ Un motif de spéculation
KEYNES, auteur de cette analyse, identifie deux facteurs économiques qui font
varier cette demande : d’une part le revenu, et d’autre part le taux d’intérêt.
➢ Le niveau du revenu influence positivement la demande de monnaie.
➢ Le niveau du taux d’intérêt influence au contraire négativement la demande
de monnaie. Ainsi, la fonction de demande de monnaie peut s’écrire comme
suit :
• Les motifs de la demande d’encaisses monétaires sont
doubles :
• Motif de transaction et précaution L1 (Y) : la demande liée à la
nécessité de garder des liquidités pour pouvoir échanger dans
le futur.
• Motif de spéculation L2 (i) : La monnaie n’est pas rémunérée,
à l’inverse d’un placement. Il y a donc un coût d’opportunité
de détention de la liquidité. Quand les taux augmentent, les
gens préfèrent détenir une fraction moindre d’encaisses
monétaires.
• Ainsi, la fonction de demande de monnaie peut s’écrire
comme suit :
M d = l1Y + l2i (9)
Avec l1 0; l2 0
L’équilibre sur le marché de la monnaie signifie que :
M d = M 0 M 0 = l1Y + l2i
l2 M0
Y =− i+ (10)
l1 l1
• Cette équation représente la courbe LM c’est-à-
dire l’ensemble des couples (Y, i) compatibles avec
cet équilibre, l’ensemble des situations où l’offre de
monnaie (M) égalise la demande de monnaie (L).
La courbe LM est donc croissante dans un
diagramme (Y, r).
Allure de la courbe LM
•
i LM
L1 très élevé et L2 faible
i max
L1 faible et L2 élevé
i Min trappe à la liquidité
Y
c-L’équilibre simultané sur les deux marchés : IS-LM
• L’équilibre économique s’établit lorsque le taux
d’intérêt et le revenu national sont tels que le marché
des biens et de la monnaie sont équilibrés. Cet
équilibre général est obtenu par la confrontation des
deux courbes.
•L’équilibre E est unique, il résulte de
l’intéraction des forces réelles et
monétaire de l’économie de
l’économie. YE correspond au flux de
revenu que les agents perçoivent et
dépensent au cours d’une période
2-LA POLITIQUE MACROECONOMIQUE DANS LE MODELE IS-LM
• L'équilibre de départ étant connu, le modèle IS/LM
permet de déterminer l'équilibre d'arrivée après
modification d'une ou plusieurs variable(s) exogène(s).
Une courbe ne se déplace que si une variable exogène
la déterminant directement (par exemple T dans la
construction IS précédente) est modifiée.
•Le modèle IS-LM offre deux instruments de
politique économique aux pouvoirs publics, les
dépenses publiques et l’offre de monnaie. En
contexte keynésien de chômage et de système de
prix, les ajustements se font par les quantités,
donc soit par les dépenses publiques G, soit par
l’offre de monnaie M. ces deux instruments G et
M caractérisent en fait la nature des politiques
conjoncturelles à mettre en Suvre : soit une
politique budgétaire en proposant des aj
a-Le modèle IS-LM et l’efficacité de la politique budgétaire
•Dans la fonction donnant le revenu
d’équilibre global, une variation de l’une
des composantes de la demande
globale (politique budgétaire) entraîne
un déplacement parallèle de la courbe
IS, ce qui fait varier le revenu et le taux
d’intérêt d’équilibre.
•Ainsi, une augmentation des dépenses
publiques fait déplacer la courbe IS de IS0 à
IS1 cette politique n’affecte pas la courbe LM
qui reste inchangée. Le résultat d’une telle
politique dépend de l’allure de la courbe LM.
•Dans cette optique, on distingue 3 cas de
figures : le cas keynésien, le cas de synthèse
et le cas classique de la courbe LM.
• Dans une situation d’équilibre de sous-emploi, l’Etat
décide d’augmenter les dépenses publiques G pour
soutenir l’activité économique et donc résorber le
chômage. Cette politique budgétaire de relance,
caractérisée par un déplacement de la courbe IS vers le
haut tandis que la courbe LM reste inchangé. Cette
augmentation de dépenses G stimule la demande
globale et elle s’accompagne d’un accroissement du
revenu et taux d’intérêt. Cependant, l’affaiblissement
du revenu national Y traduit par effet d’éviction de la
demande privée au profit de la demande publique.
LM0
i1 E1
i0 E0 E2
IS1
IS0
Y0 Y1 Y2
b-Le modèle IS/LM et la politique monétaire
• La politique monétaire consiste en une variation de
l’offre de monnaie M0 qui conduit à un déplacement
de la courbe LM et laissant inchangé la courbe IS.
L’efficacité d’une telle politique dépend également
de la pente des deux courbes.
• Les deux politiques économiques ont des effets
partiels sur l’activité et le taux d’intérêt
•Supposons que les autorités monétaires décident
d’augmenter l’offre monétaire. Quel est l’effet sur
le marché des biens et le marché financier?
•Sur le marché financier, une hausse de MS fait
baisser le taux d’intérêt puisque la demande de
monnaie n’a pas varié.
•La courbe LM se déplace donc vers la droite.
Le policy-mix
•Le policy-mix consiste pour les
pouvoirs publics à utiliser
simultanément les politiques
budgétaire et monétaire pour
réguler l’activité.
• Dans le schéma IS-LM, une bonne policy consistera
par exemple à amplifier le multiplicateur budgétaire à
travers une augmentation de l’offre de monnaie
permettant de freiner la hausse du taux d’intérêt qui
est à l’origine de l’évincement de l’investissement.
• On dit dans ce cas que la politique budgétaire
expansionniste est accompagnée d’une politique
monétaire accommodante. Graphiquement on a :
Applications
QCM: Répondre par Vrai ou Faux
• 1. Le multiplicateur ne fonctionne que dans une économie en situation de sous-emploi.
• 2. L’effet de relance sera d’autant plus fort que :
• a) la propension à importer est faible
• b) la propension à épargner est faible
• 3. Le multiplicateur est toujours supérieur ou égal à un.
• 4. S’il y a surproduction, il n’y a pas équilibre emplois– ressources sur le marché des
produits.
• 5. Une hausse du revenu national a un effet de relance sur le reste du monde en
économie ouverte.
• 6. L’hypothèse de neutralité de la monnaie en fait une variable inutile à la réalisation
de l’équilibre du modèle classique.
• 7. Dans l’approche classique, la consommation dépend du niveau du taux d’intérêt.
• 8. Pour les classiques, l’économie est toujours au plein emploi.
• 9. Si les ménages épargnent toute augmentation de leur revenu, l’effet multiplicateur
est nul.
Application 1
Application 2
Application 3
• Voir exercice Economie LPAS
Application 4
Supposons que le plein-emploi s’établisse pour un revenu égal à 800 milliards. Le
C = 10 + 0 ,90Y
d . L’investissement est de 60
comportement de consommation est défini par
milliards, les dépenses publiques s’élèvent à 15 milliards et les recettes fiscales sont
forfaitaires et atteignent 12 milliards
a. Déterminer le multiplicateur keynésien des dépenses publiques
b. déterminez le revenu d’équilibre. Caractérise-t-il une situation inflationniste ?
Représentez graphiquement cette situation et la commentez.
c. - En utilisant les dépenses publiques comme instrument de la politique économique,
trouver la variation acquise pour obtenir le revenu de plein emploi. Quel est l’impact
de cette politique sur le solde budgétaire ?
d. Supposons que l’impôt soit l’instrument de la politique économique. Quelle
variation de l’impôt permettra d’atteindre le plein emploi. Comment évolue le
déficit budgétaire comparativement à la question b.
Application 5
Application 6
La Nation LPAS dirigée par OUATTARA, dispose d’une économie caractérisée par :
Le ministre de l’économie OUEDRAOGO décide d’ouvrir l’économie sur l’extérieur.
Application 7
VI: INTRODUCTION A LA MACROECONOMIE EN
ECONOMIE OUVERTE
INTRODUCTION
Toutes les économies d’aujourd’hui participent à de
multiples échanges internationaux qui couvrent des
domaines extrêmement vastes. Ces échanges ne se
limitent pas à des flux de marchandises et de services
mais concernent aussi les mouvements des capitaux.
L’espace économique mondial est ainsi fragmenté et
hétérogène.
Un des éléments fondamentaux de ces différences entre pays est la
monnaie de chaque entité nationale. En effet, chaque pays ou région
dispose de sa propre monnaie qui délimite son propre espace
économique.
Dans ce contexte de mondialisation, une compréhension complète de
l’équilibre macroéconomique nationale d’intégrer les échanges
internationaux dans le champ d’analyse afin de construire une
représentation de l’équilibre macroéconomique en économie ouverte.
Le modèle macroéconomique le plus connu qui décrit
l’équilibre en économie ouverte est celui de Mundell-
Fleming.
Ce modèle est une extension du modèle IS-LM dans
lequel, en plus des deux courbes fondamentales qui
décrivent l’équilibre intérieur, on ajoute une courbe
représentative de l’équilibre de la balance des
paiements.
1-LA BALANCE DES PAIEMENTS
DEFINITION ET STRUCTURE DE LA BALANCE DES PAIEMENTS
La balance des paiements est un document
comptable retraçant l'ensemble des
transactions, c'est-à -dire toutes les entrées et
sorties de biens, de services et de capitaux, entre
agents résidents d’un pays et le Reste du Monde
durant une période donnée.
Il s'agit d'un document statistique qui
enregistre sous forme comptable, tous les
flux d’actifs réels, monétaires et financiers
entre les résidents d’un pays (le Burkina Faso)
et les non résidents au cours d’une période
donnée qui est en général l’année
Un crédit (+) est un flux pour lequel le pays (le Burkina Faso)
reçoit un paiement en valeur. Ainsi, les exportations seront
enregistrées au crédit de la BP. Elles donnent lieu, tout
comme l’arrivée de capitaux étrangers, à des entrées de
devises étrangères dans le pays.
Un débit (-) est un flux pour lequel le Burkina Faso doit
effectuer un paiement. Exemple : les importations de
marchandises
On distingue 5 types de flux qui sont enregistrés dans
la Balance des Paiements :
les flux de marchandises (exemples : exportation du
coton, importation du riz)
les flux de services (exemple : étude de faisabilité d’un
barrage du Niger par les ingénieurs du Burkina Faso)
les transferts unilatéraux (exemples : transferts des sommes
d’argent des Burkinabé vivant en Côte d’Ivoire, Impôt payé par un
agent non résident).
Les flux de capitaux privés (exemple : achats d’obligations ou
d’actions françaises par les burkinabé résidents) ;
Les flux d’actifs officiels : le terme « actifs officiels » renvoie aux
avoirs officiels de réserve détenus par les autorités monétaires. Il
s’agit notamment de l’or, des réserves de changes
2-LE TAUX DE CHANGE ET LE MARCHE DES
CHANGES
Les relations commerciales et financières entres pays
ayant des monnaies différentes rendent nécessaires
des opérations entre ces monnaies. A cet égard, les
offres et les demandes pour chacune des devises
convertibles sont la conséquence naturelle des
échanges de biens et de services ou des mouvements
de capitaux entre les nations.
Elles se confrontent sur le marché des changes
des intermédiaires spécialisés (les courtiers). De
cette confrontation entre offre et demande
ressort le prix auquel, à un moment donné, une
monnaie s’échange contre une autre : le taux de
change.
Définitions
On appelle taux de change le nombre d’unités de
monnaie qu’il faut débourser pour avoir une unité
d’une autre monnaie.
Un taux de change est le cours (autrement dit le
prix) d'une devise (une monnaie) par rapport à
une autre.
Ainsi défini, le taux peut s’exprimer de deux
manières. Il peut traduire le nombre d’unités de
monnaie de étrangère qu’il faut débourser pour
avoir une unité de monnaie nationale : on parle
alors de cotation au certain.
Ex : 1FCFA=0,002$US.
Il peut aussi exprimer le nombre
d’unités de monnaie nationale qu’il faut
débourser pour obtenir une unité de
monnaie étrangère. On parle dans ce
cas de cotation à l’incertain.
Ex : 1$US = 500 FCFA
Taux de change nominal
Le taux de change nominal est le taux
auquel un individu peut échanger une
devise contre une autre. C’est celui
qu’indique la banque ou le bureau de
change quand il vous donne 1 dollars
pour 500 FCFA.
Dans une cotation à l’incertain, lorsque le
taux de change augmente on parle de
dépréciation nominale de la monnaie.
Inversement, on parlera d’appréciation
nominale, lorsque le taux de change
nominal, coté à l’incertain baisse.
EXEMPLE
Hier le taux de change FCFA/$US était E0 = 450
(450 FCFA pour un dollar US) ; aujourd’hui le
taux de change FCFA/$US est E1 = 500 (500 FCFA
pour un dollar US) : on parle de dépréciation
nominale du FCFA par rapport au dollar ce qui
veut dire que le FCFA a perdu de la valeur par
rapport au $US.
Taux de change réel
Par opposition au taux de change nominal, le taux de
change réel est le taux auquel un individu est prêt à
échanger un bien d’un pays contre un bien d’autre pays. Si
par exemple nous constatons qu’une caisse de bière
ghanéenne est deux fois plus chère qu’une caisse de bière
burkinabé, le taux de change réel est 0,5 caisse ghanéenne
pour une caisse burkinabé.
Ainsi, le taux de change réel est exprimé en termes de biens
physiques et non pas en termes monétaires.
Cependant, il faut savoir que taux de change réel
et taux de change nominal sont liés. Pour
comprendre la relation considérons l’exemple
suivant : supposons que le prix d’un sac de riz
américain vaut 20$US et que le prix d’un sac de riz
burkinabé vaut 20.000 FCFA.
Dans ces conditions le sac de riz américain
coûte 20$x500FCFA/$ =10 000 FCFA. De ce fait,
si on le prix d’un sac de riz burkinabé (20.000
CFA) cette somme peut nous permettre d’avoir
2 sacs de riz américains ; ou encore qu’un sac
de riz américain équivaut à 0,5 sac de riz
burkinabé.
Taux de change fixe/taux de change
flottant
Le taux de change est soit fixe soit flottant. Le taux de change
est fixe, lorsqu’il est déterminé par rapport à une monnaie
de référence (en général le dollar US ou l'euro) par l'État qui
émet une monnaie.
Le taux ne peut alors être modifié que par une décision de
dévaluation (ou de réévaluation) de cet État. Si un pays opte
pour un taux de change fixe, on dit qu’il a adopté un régime
de change fixe
Exemple
Taux de change FCFA/Euro : 1E = 655,957 FCFA
Le taux de change est flottant s’il est déterminé
par le marché des changes. On parle dans ce cas
de régime de change flottant ou flexible.
Exemple : taux de change FCFA/$US varie selon
les conditions du marchés.
En régime de change flexible on
peut avoir un taux de change qui
égalise l’offre et la demande d’une
devise (le dollar par exemple). Ce
taux est appelé taux de change
d’équilibre.
Taux de change au comptant/taux de
change à terme
Le taux de change au comptant est le prix d’une devise pour
une transaction immédiate tandis que le taux de change à
terme est le prix pour une transaction qui interviendra à un
certain moment dans le futur. Les taux de change à terme sont
des prix sur lesquels on s’accorde aujourd’hui pour des
échanges entre monnaies qui interviendront à une date
spécifiée dans l’avenir (ex 30, 90 180 jours à partir
d’aujourd’hui).
3-LE MARCHE DES CHANGES : CONCEPTS ET DEFINITION
Tous les prix en économie sont déterminés par l’interaction
entre les acheteurs et les vendeurs ; il en est de même des
taux de change qui seront déterminés par les interactions
entre les ménages, les entreprises et les institutions
financières qui achètent et vendent des devises afin de
couvrir leurs paiements internationaux. Le marché où
s’effectue le commerce des devises est appelé le marché des
changes.
Les acteurs du marché des changes
Tous les agents économiques effectuant des
opérations avec des monnaies étrangères
participent, directement ou indirectement, au
fonctionnement du marché des changes.
Ainsi, les ménages ont besoin de devises pour
leur déplacement à l’étranger ; des entreprises
demandent des devises pour régler leurs
fournisseurs à l’étranger ; d’autres entreprises
cherchent à convertir dans leur monnaie
nationale les devises gagnées à l’exportation etc.
cependant, dans la plupart des pays seules les banques
et certains intermédiaires spécialisés (les courtiers ou
brokers) interviennent directement sur le marché des
changes. Ils servent d’intermédiaire pour les autres
agents dont ils centralisent les ordres d’achat et les
ordres de vente avant de les exécuter sur le marché.
Les opérations sur le marché des changes
Opérations au comptant/opérations à termes
Sur le marché au comptant, la réalisation effective des
transactions suit directement la conclusion du contrat
d’échange (très précisément, les virements bancaires
correspondants sont réalisés dans les 48h) ; on y
détermine le taux de change au comptant ou taux de
change courant ou encore spot rate.
Sur le marché à terme, on détermine les taux de change
à terme (forward rate) c’est-à-dire le prix d’achat
convenu aujourd’hui pour des devises qui seront livrées à
une date ultérieure. Le marché à terme joue un rôle
important en matière de transactions internationales
dans la mesure où la plupart des opérations ne sont pas
réglées au comptant.
Les opérations à terme impliquent pour les
cocontractants une exposition au risque de change qu’ils
peuvent chercher à couvrir.
la couverture contre le risque de change
Tout agent qui détient un montant d’une
devise étrangère différent de celui qu’il
doit à un autre agent encourt un risque
de change. On dit que sa position de
change est ouverte
EXEMPLE
supposons un exportateur burkinabé qui vend
aujourd’hui du coton à une entreprise américaine pour
un montant de X dollars payables dans un mois.
Supposons qu’aujourd’hui le taux de change est Eto=
475. Dans ce cas la somme en FCFA que l’exportateur
devrait encaissée est X.Eto.
Cet échange dont le règlement se fera
dans le futur soulève une question
importante pour l’exportateur burkinabé.
En effet, que sera le cours du dollar dans
un moi i.e. Et1 ?
Trois cas de figures se présentent pour
notre exportateur burkinabé :
- S’il y a dépréciation du dollar par rapport au FCFA (donc appréciation du FCFA) i.e. si
Et 0 Et1 alors notre exportateur réalisera une perte sèche de (E t 0 - E t1 ).X FCFA
- S’il y a appréciation du dollar i.e. si Et 0 Et1 alors l’exportateur réalisera un gain de
(E t 0 - E t1 ).X FCFA ;
- Si le cours du CFA par rapport au dollar reste inchangé, notre exportateur ne réalise ni
gain ni perte.
Face à ces trois cas de figures quels comportements
notre exportateur peut – il adopter ?
Il peut décider de n’est rien faire. On dit dans ce cas
qu’il fait de la spéculation. Il peut aussi choisir de se
protéger contre le risque lié à une éventuelle
dépréciation du dollar. On dit dans ce cas qu’il se
couvre contre le risque de change .Pour ce faire, il a
à sa disposition plusieurs types d’instrument de
couverture contre le risque.
Il existe plusieurs instruments de
couverture du risque de change. Mais
retenons les trois principaux : les achats et
ventes à terme auprès des banques, les
marchés de contrats à terme ou les futures…
L’achat de devises à terme
Considérons un importateur qui doit payer dans trois
mois des marchandises facturées en dollars à un prix fixé
aujourd’hui (ce prix d’aujourd’hui correspond à un
montant donné de FCFA). Pour se couvrir contre le
risque de change, l’importateur peut conclure avec une
banque un contrat à terme fixant dès aujourd’hui le taux
de change auquel il pourra acheter ses dollars dans trois
mois.
La banque de son côté ne va pas rester en
position de change. Elle va acheter tout de suite
les dollars et, durant trois mois elle va les placer
sur le marché financier international. Au terme du
contrat elle récupère ses dollars et les vendra à
l’importateur au taux de change convenu au
départ.
La vente de devises à terme
Inversement, un exportateur qui doit livrer
dans trois mois des marchandises facturées
en dollars peut conclure un contrat à terme
avec une banque pour fixer aujourd’hui le
taux auquel il pourra vendre ses dollars
dans trois mois.
La banque, dès la signature du contrat, emprunte
les dollars et les vend au comptant contre les
francs CFA pour ne pas rester en position de
change. Les CFA achetés sont placés sur le marché
financier. Au terme des trois mois, la banque
rembourse son emprunt en dollars avec les dollars
livrés par l’exportateur.
4-LES DETERMINANTS DU TAUX DE CHANGE EN REGIME DE CHANGE
FLEXIBLE
Quels sont les facteurs économiques qui déterminent la
variation du taux change ? Exemple qu’est ce qui
explique qu’hier un dollar coûtait 450 FCFA et
qu’aujourd’hui il faut débourser 500 FCFA pour avoir le
même dollar ?
Il y a plusieurs explications à la formation du taux change
chacune mettant l’accent sur quelques- uns des multiples
déterminants.
La balance des transactions courantes et le taux
de change
Le différentiel des taux d’intérêt et le taux de
change
Le différentiel d’inflation et le taux de change
Exemple 1
• 1- Exportation (+) ou importation (-)? Entree (+) ou sortie
(-) de capitaux? (lepays de reference est le Burina Faso).
• Quand une opération se traduit par une entrée de
dévises, elle est inscrite avec signe + dans le compte
correspondant, si elle se traduit par une sortie de devises,
c'est le signe -.
• Remplissez les tableaux ci-dessous, en cochant la case +
ou -
C D
1. une entréprise Burinabè exporte de la maroquinérie haut de gamme
2. un brevet Burinabè est acheté par une entreprise coréenne
3. du gaz Algérien est transporté vers le Burkina
4. General Motors aux Etats-Unis, fournit des voitures a des concessionnaires Burinabè
5. une entréprise de chocolat Burinabè implantée en Suisse, fournit des clients Burinabè
6. une entreprise nipponne s’installe à Ouaga et exporte des pates vers l’ltalie
7. un touriste chinois depense 2000 000 FCFA à Bobo-Dioulasso
8. un Burinabè dépense 1000€ pour un voyage avec Air France
9. un Burinabè expatrié aux Etats-Unis, reçoit sur son compte ECOBANK BURKINA, son salaire
de 3000 $ par mois
10. EBOMAF ouvre une usine en Chine
11. des obligations Burinabè rapportent des intérêts a des propriétaries anglais
12. le gouvernement Burinabè fournit une aide financière a l’Angola
13. un travailleur immigré envoie une somme d’argent au pays
14. le Burkina accepte de ne pas récouvrir sa créance envers la Sierra Leone
18. des actions étrangères détenues par des Burinabè rapportent des dividendes
Exemple 2
KABORE habite Ouaga au Burkina Faso et aimerait aller à Boston aux
États-Unis. Il a 1 000 000 FCFA qu’il doit convertir en dollars américains
(USD). Le taux de change actuel est de 1 USD = 600 FCFA. Combien
d’USD KABORE aura-telle pour son voyage?
ZOUNDI termine son voyage en Europe et rentre au Canada. Il lui reste
200 € (200 euros) qu’elle veut reconvertir en FCFA. Le taux de change
actuel est de 1 euro = 655 FCFA. Combien de CAD ZOUNDI recevra-t-elle?
F
I
N
QUESTION ?? FIN !