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Chap 2 Reduction MP2

Ce document traite de la réduction des endomorphismes et des matrices carrées dans le cadre de l'algèbre linéaire pour les étudiants de Mathématiques Préparatoires. Il aborde des concepts tels que les matrices semblables, les sous-espaces stables, et les endomorphismes induits, en fournissant des définitions, propositions et exemples. Les résultats sont présentés avec des preuves formelles, illustrant les propriétés des applications linéaires et des matrices dans des espaces vectoriels de dimension finie.

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Thèmes abordés

  • Matrices triangulaires,
  • Morphismes d'algèbre,
  • Applications de polynômes de m…,
  • Matrices diagonales,
  • Espaces vectoriels,
  • Applications de polynômes d'en…,
  • Base canonique,
  • Polynômes annulateurs,
  • Matrices nilpotentes,
  • Propriétés des matrices carrée…
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Chap 2 Reduction MP2

Ce document traite de la réduction des endomorphismes et des matrices carrées dans le cadre de l'algèbre linéaire pour les étudiants de Mathématiques Préparatoires. Il aborde des concepts tels que les matrices semblables, les sous-espaces stables, et les endomorphismes induits, en fournissant des définitions, propositions et exemples. Les résultats sont présentés avec des preuves formelles, illustrant les propriétés des applications linéaires et des matrices dans des espaces vectoriels de dimension finie.

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  • Matrices triangulaires,
  • Morphismes d'algèbre,
  • Applications de polynômes de m…,
  • Matrices diagonales,
  • Espaces vectoriels,
  • Applications de polynômes d'en…,
  • Base canonique,
  • Polynômes annulateurs,
  • Matrices nilpotentes,
  • Propriétés des matrices carrée…

MATH PREPA : ALGEBRE 2eme MP

Réduction des endomorphismes et des


matrices carrées
AU :2019/2020 Hamed Hassine - Prof Agrégé Principal
MP2 E mail : [email protected]

I- Généralités :
1- Matrices semblables :
Soit n ∈ N∗ , K = R ou C.
Définition :
Soient A, A′ ∈ Mn (K) , On dit que A et A′ sont semblables s’il existe P ∈ GLn (K) tel que A = P A′ P −1 .
Proposition :
A et A′ sont semblables SSI ils représentent un même endomorphisme dans deux bases différentes.
Définition :
Soit A ∈ Mn (K), on appelle application linéaire canoniquement associé à A l’unique application
f ∈ L (Kn ) dont la matrice dans la base canonique de Kn est A.
ie :
Quitte à identifier matrices colonnes et vecteurs, l’application linéaire canoniquement associé à A est
f: Kn  −→ Kn

x1
 .  .

X =  ..   7−→ AX
xn
Remarque :
Soient A, A′ ∈ Mn (K) et f ∈ L (Kn ) l’application linéaire canoniquement associé à A, alors :
A et A′ sont semblables SSI il existe une base B de Kn tel que A′ = MB (f ).
2- Sous espace stable :
Définition :
Soient E un K−espace vectoriel , u ∈ L (E) et F un s e v de E.
On dit que F est stable par u (ou encore F est u−stable) SSI u(F ) ⊂ F
SSI ∀ x ∈ F , u(x) ∈ F
Exemples :
- {0E } et E sont stable par tout u ∈ L (E) .
- E = K[X] , D : P 7−→ P ′ , Kn [X] est stable par D .
En effet : ∀P ∈ Kn [X] , d◦ P ′ ≤ d◦ P ≤ n.
Proposition :
Si F et G sont stbles par u, alors F + G et F ∩ G sont aussi.
Preuve :
u(F + G) = u(F ) + u(G) ⊂ F + G.
u(F ∩ G) = u(F ) ∩ u(G) ⊂ F ∩ G.

ALGEBRE 2eme MP (Réduction) page 1 © Hamed Hassine


Proposition :
Soient u, v ∈ L (E) tel que u ◦ v = v ◦ u, alors Imu et ker u sont stables par v et Imv et ker v sont
stables par u.
Preuve :
v(Imu) ⊂ Imu , en effet :
Soit x ∈ E, donc u(x) ∈ Imu , alors v(u(x)) = u(v(x)) ∈ Imu.
v(ker u) ⊂ ker u , en effet :
Soit x ∈ ker u , donc u(v(x)) = v(u(x)) = v(0) = 0, alors v(x) ∈ ker u.
Exemples :
Soit u ∈ L (E) alors Imu et ker u sont stables par u.
Pour λ ∈ K ,Im(u − λIdE ) et ker(u − λIdE ) sont stables par u.
3- Endomorphisme induit :
Définition :
Soient E un K−espace vectoriel et F un s e v de E stable par u ∈ L (E).
u|F : F −→ F
Alors l’application est un endomorphisme de F appelé endomorphisme induit
x 7−→ u(x)
par u sur F .
Exemple :
Soit E = C ∞ (R, R) et D : f 7−→ f ′ .
F = Vect(cos, sin) est stable par D!car D(cos) = − sin, D(sin) = cos ∈ F
0 1
de plus M(cos,sin) (D|F ) =
−1 0
Proposition :
Soient u, v ∈ L (E) et F un s e v de E.
Si F est stable par u et v alors ,pour tout λ ∈ K, F est stable par λu , u + v et u ◦ v.
De plus : (λu)|F = λu|F , (u + v)|F = u|F + v|F et (u ◦ v)|F = u|F ◦ v|F
Preuve :
0n a F est stable par u et v, alors u(F ) ⊂ F et v(F ) ⊂ F .
(λu)(F ) ⊂ u(F ) ⊂ F .
(u + v)(F ) ⊂ u(F ) + v(F ) ⊂ F + F = F .
v(F ) ⊂ F ⇒ u(v(F )) ⊂ u(F ) ⊂ F ⇒ u ◦ v(F ) ⊂ F .
D’où F est stable par λu , u + v et u ◦ v.
Pour tout x ∈ F , (λu)|F (x) = (λu)(x) = λu(x) = λu|F (x), donc (λu)|F = λu|F .
Pour tout x ∈ F , (u + v)|F (x) = (u + v)(x) = u(x) + v(x) = u|F (x) + v|F (x) = (u|F + v|F )(x)
donc (u + v)|F = u|F + v|F .
Pour tout x ∈ F , (u ◦ v)|F (x) = (u ◦ v)(x) = u(v(x)) = u(v|F (x)) = u|F (v|F (x)) = (u|F ◦ v|F )(x)
donc (u ◦ v)|F = u|F ◦ v|F
Corollaire :
L’ensemble des endomorphismes stabilisant F est une sous algèbre de L (E) et l’application u 7−→ u|F
y définit un morphisme d’algèbre.
Proposition :
Si F est stable par u ∈ L (E) alors :
ker u|F = ker u ∩ F et Imu|F ⊂ Imu ∩ F .

ALGEBRE 2eme MP (Réduction) page 2 © Hamed Hassine


Preuve :
On a F est stable par u.
x ∈ ker u|F ⇔ x ∈ F et u|F (x) = u(x) = 0
⇔ x ∈ F et x ∈ ker u
⇔ x ∈ ker u ∩ F
Donc ker u|F = ker u ∩ F .
y ∈ Imu|F ⇒ ∃x ∈ F / y = u(x)
⇒ [y = u(x) ∈ Imu car x ∈ F ⊂ E ]et[ y = u(x) ∈ F car x ∈ F et F stable par u].
⇒ y ∈ Imu ∩ F .
Donc Imu|F ⊂ Imu ∩ F .
Remarque :
Si u est injectif alors u|F est injectif.
Si u est surjectif, on ne peut rien dire sur u|F .
par exemple, la dérivation sur K[X] est surjectif, mais l’endomorphisme induit sur Kn [X] ne l’est pas.
4- Cas de dimension finie :
Ici E désigne un K−espace vectoriel de dimension finie n ∈ N∗ .
Proposition :
Soit F un s e v tel que dim F = p, alors : !
A B
F est stable par u SSI MB (u) = où B est une base de E adaptée à F et A ∈ Mp (K).
0 C
Preuve :
Soit B1 = (e1 , . . . , ep ) une base de F .
"⇒"
D’après le théorème de la base incomplète, il existe ep+1 , . . . , en ∈ E tel que B = (e1 , . . . , ep , ep+1 , . . . , en )
soit une base de E.
Si u(F ) ⊂ F alors u(ej ) ∈ F ∀1 ≤ j ≤ p
Xp
⇒ ∃ a1j , a2j , . . . , apj ∈ K / u(ej ) = aij ei ∀1 ≤ j ≤ p
i=1
u(e ) . . . u(ep ) u(ep+1 ) . . . u(en )
 1 
a11 . . . a1p ∗ ... ∗
 . .. 
 .. .. ..
. 
 . .  !
 
 ap1 . . . app ∗ . . . ∗  A B
MB (u) = 
 0 ... 0
=
 ∗ ... ∗   0 C
 . . . . 
 .. .. .. .. 
 
0 ... 0 ∗ ... ∗
"⇐"
Soit B = (e1 , . . . , ep , ep+1 , . . . , en ) une base de E adaptée à F .

ALGEBRE 2eme MP (Réduction) page 3 © Hamed Hassine


 
a11 . . . a1p ∗ ... ∗
 .. 
 .. .. ..
. 
!  
. . .
 
A B  ap1 . . . app ∗ ... ∗ 
Si MB (u) = =

 alors :
0 C  0 ... 0 ∗ ... ∗  
 .. .. .. .. 
 . . . . 
 
0 ... 0 ∗ ... ∗
Xp
∀1 ≤ j ≤ p u(ej ) = aij ei ∈ F ⇒ u(ej ) ∈ F ∀1 ≤ j ≤ p.
i=1
X
p
X
p
soit x ∈ F ⇒x= xj ej ⇒ u(x) = xj u(ej ) ∈ F
j=1 j=1
Ainsi u(F ) ⊂ F .
Remarques :
1. Si F est stable par u et B !est une base de E adaptée à F , c à d B = B1 ∪ B2 où B1 base de F ,
A B
alors MB (u) = et MB1 (u|F ) = A .
0 C
! !
A B A B
2. Soient M = et M ′ =
0 C 0 C
′ ′ ′
où A, A ∈ Mp (K) ; B, B ∈ Mp,n−p (K) ! ; C, C ∈ Mn−p (K)
AA′ AB ′ + BC ′
alors M M ′ =
0 CC ′
!
A B
3. Si M = où A ∈ Mp (K) ; B ∈ Mp,n−p (K) ; C ∈ Mn−p (K)
0 C
Alors det M = det A × det C.
Donc det M 6= 0 ⇔ det A 6= 0 et det C 6= 0.
M ∈ GLn (K) SSI A ∈ GLp (K) et C ∈ GLn−p (K)
Proposition :
Soit E un K-espace vectoriel de dim E = n.
M
p
Ei et u ∈ L (E), alors :
Soient E1 , . . . , Ep des s e v de E tel que E =
i=1  
A1 0 ... 0
 .. 
 0 ..
. . 
 A2 
∀ 1 ≤ i ≤ p , Ei est stable par u ⇐⇒ MB (u) =  . . . 
 .. .. .. 0 
 
0 ... 0 Ap
Mp
où B est une base adaptée à la décomposition E = Ei , c à d B = B1 ∪ B2 ∪ . . . Bp
i=1
avec Bi base de Ei ∀1 ≤ i ≤ p.
Exemple :
 
1 2 0 0
 
 3 4 0 0 
 
 0 0 5 6 
 
0 0 7 8

ALGEBRE 2eme MP (Réduction) page 4 © Hamed Hassine


Preuve :
M
p
Soit B = B1 ∪ B2 ∪ . . . Bp une base adaptée à E = Ei .
i=1
"⇒"
Pour tout 1 ≤ j ≤ p , Ej est stable par u , alors u(Bj ) ⊂ Ej = Vect(Bj )
u(B1 ) u(B2 ) u(Bp ) 
A1 0 ... 0 B1
 .. 
 0 ..
. 
.  B2
 A2
MB (u) =  . .. ..  .
 .. . . 0  ..
 
0 ... 0 Ap Bp
"⇐"
 u(B1 ) u(B2 ) u(Bp )
A1 0 ... 0 B
 .  1
 0 . .. ..  B2
 A2 
Supposons que MB (u) =  . ... ...  .
 .. 0  .
  .
0 ... 0 Ap Bp
Soit 1 ≤ j ≤ p
⇒ ∀e ∈ Bj , u(e) = combinaison linéaire de vecteurs de Bj
⇒ u(e) ∈ Ej ⇒ ∀x ∈ Ej , u(x) ∈ Ej
Remarques :
1. Pour tout 1 ≤ j ≤ p , Aj = MBj (u|Ej ).
   
A1 0 ... 0 B1 0 ... 0
 .   .. 
 0 ..
. ..   0 ..
. 
 A2  ′  B2 . 
2. M =  .  ; M =  
 .. ..
.
..
. 0   ... ..
.
..
. 0 
   
0 ... 0 Ap 0 ... 0 Bp
où ∀1 ≤ j ≤p , Aj , Bj ∈ Mrj (K) et r1 + r2 
+ · · · + rp = n.
A1 B1 0 ... 0
 .. 
 ..
. 
 0 A2 B2 . 
⇒ MM′ =  .. ... ... 
 . 0 
 
0 ... 0 Ap Bp
 
A1 0 ... 0
 .. 
 ...  Xp
 0 A2 . 
3. M =  .. ... ...  où ∀1 ≤ j ≤ p , Aj ∈ Mrj (K) et rj = n.
 . 0 
  j=1
0
... 0 Ap
Y p
⇒ det M = det Aj
j=1
M ∈ GLn (K) SSI Aj ∈ GLrj (K) ∀1 ≤ j ≤ p
 −1 
A1 O ... O
 .. 
 O A−1
..
. 
−1  2 . 
et dans ce cas M =  . 
 .. ... ...
O 
 
O ... O A−1
p

ALGEBRE 2eme MP (Réduction) page 5 © Hamed Hassine


Exemples :
1) dim E = n , p ∈ L (E) un projecteur de E , p 6= 0L (E) ! , p 6= IdE et rgp = r.
Ir O
Déterminer une base B de E tel que MB (p) = .
O O
On a E = Imp ⊕ ker p.
Soient (e1 , . . . , er ) une base de Imp et (er+1 , . . . , en ) une base de ker p.
⇒ B = (e1 , . . . , er , er+1 , . . . , en ) est une base de E .
 
1 0 ... 0 0 ... 0
 
 0 1 . . . ... ..
.
..
. 
 
(  .. . . . . .. .. 
 . . . 0 . . 
p(ej ) = ej ∀1 ≤ j ≤ r  
⇒ 
⇒ MB (p) =  0 . . . 0 1 
p(ej ) = 0 ∀r + 1 ≤ j ≤ n
0 ... 0 
 
 0 0 ... 0 0 ... 0 
 
 .. .. .. .. .. 
 . . . . . 
0 0 ... 0 0 ... 0
2) Soit s ∈ L (E) une symétrie (s ◦ s = idE ) tel que s 6= idE . 
1 0 ... 0 0 0 ... 0
 . . .. .. 
 0 1 . . . .. .. . . 
 
 .. . . . . . .. ..
 . . . 0 .. . .
 
 0 ... 0 1 0 
 0 ... 0 
Déterminer une base B de E tel que MB (s) =  
 0 0 . . . 0 −1 0 . . . 0 
 
 . 
..
 0 0 . . . 0 0 −1 . . 
.
 
 .. .. .. .. . . . . 
 . . . . . . 0 
0 0 ... 0 0 ... 0 −1
s : E = E1 ⊕ E2 −→ E
: s symétrie par rapport à E1 parallèlement à E2
x = x1 + x2 7−→ x1 − x2
Soient B1 = (e1 , . . . , er ) une base de E1 et B2 = (er+1 , . . . , en ) une base de E2 .
⇒ B = B1 ∪ B2 = (e1 , . . . , er , er+1 , . . . , en ) est une base de E .
x ∈ E1 ⇐⇒ s(x) = x ,Donc E1 = ker(s − IdE )
x ∈ E2 ⇐⇒ s(x) = −x ,Donc E1 = ker(s + IdE )
s(e1 ) . . . . . . s(er ) s(er+1 ) . . . . . . s(en ) 
1 0 ... 0 0 0 ... 0 e1
 . . . . 
 0 1 . . . .. .. .. ..  ...
 
 .. . . . . . .. ..  ..
 . . . 0 .. . . 
  .
 0 ... 0 1 0 0 ... 0 
  er
⇒ MB (s) =  
 0 0 . . . 0 −1 0 . . . 0  er+1
 
 . .  .
 0 0 . . . 0 0 −1 . . ..  ..
 
 .. .. .. .. . . . .
. 0 
.
 . . . . .  ..
0 0 . . . 0 0 . . . 0 −1 en

ALGEBRE 2eme MP (Réduction) page 6 © Hamed Hassine


II- Eléments propres :
Soit E un K-espace vectoriel.
1- Valeur propre et vecteur propre :
Proposition :
Soient x ∈ E\{0E } , D = Vect(x) la droite vectorielle engendré par x et u ∈ L (E). Alors :
D est stable par u SSI il existe λ ∈ K tel que u(x) = λx.
Preuve :
"⇒"
Si D est stable par u alors u(x) ∈ D, donc il existe λ ∈ K tel que u(x) = λx.
"⇐"
il existe λ ∈ K tel que u(x) = λx.
Soit y ∈ D, donc il existe α ∈ K tel que y = αx.
⇒ u(y) = αu(x) = αλ x ∈ D = Vect(x).
D’où D est stable par u.
Définitions :
Soit u ∈ L (E)
Valeur propre :
::::::::::::::::

λ ∈ K est dite valeur propre de u SSI il existe x ∈ E\{0E } tel que u(x) = λ x.
On note SpK (u) = {λ ∈ K / λ valeur propre de u} = le spectre de u dans K.
Exemple :
0 ∈ Sp(u) ⇔ ∃x 6= 0E / u(x) = 0E
Ainsi 0 ∈ Sp(u) ⇔ u non injectif.
Vecteur propre :
:::::::::::::::::

x ∈ E\{0E } est dit vecteur propre de u SSI il existe λ ∈ K tel que u(x) = λ x.
! ! Attention : Par définition un vecteur propre est un vecteur non nul.
2- Sous espace propre :
Définition :
Soient u ∈ L (E) et λ ∈ SpK (u), on appelle le sous espace propre de u associé à λ et on note
Eλ (u) = ker(u − λIdE ).
Eλ (u) = {x ∈ E / u(x) = λ x} = { vecteurs propres de u associé à λ} ∪ {0E }.
Exemples :
1. Soit E un K-e v et p ∈ L (E) un projecteur.
λ valeur propre de p ⇔ ∃x ∈ E\{0E } / p(x) = λ x
⇒ p(x) = p ◦ p(x) = λp(x) = λ2 x
⇒ λx = λ2 x
⇒ (λ − λ2 )x = 0E
Or x 6= 0E ⇒ λ − λ2 = 0
⇒ λ = 0 ou λ = 1
Donc Sp(p) ⊂ {0, 1} ; E0 (p) = ker p , E1 (p) = ker(p − IdE ) = Imp.
u : E −→ E
2. Soit u ∈ L (E) tel que ; λ∈K
x 7−→ λ x
u(x) = αx , x 6= 0 ⇒ λx = αx ⇒ λ = α
Sp(u) = {λ} , Eλ (u) = E .

ALGEBRE 2eme MP (Réduction) page 7 © Hamed Hassine


u : E −→ E
3. E = K[X] ,
P 7−→ P ′
λ valeur propre de u ⇔ ∃P ∈ E\{0} / u(P ) = λ P
⇔ P ′ = λ P , Or d◦ P 6= d◦ P ′
⇒ λ = 0 (si non d◦ P = d◦ P ′ : absurde)
P ′ = 0 ⇒ P = Cste
⇒ Sp(u) = {0} et E0 (u) = K0 [X] ' K
4. E = C ∞ (R)
u : E −→ E
(a)
f 7−→ f ′
λ valeur propre de u ⇔ ∃f ∈ E\{0E } / u(f ) = λ f
⇔ f′ = λ f
⇔ f (x) = c eλ x ∀x ∈ R
⇒ Sp(u) = R et Eλ (u) = {f : x 7−→ c eλ x ; c ∈ R} = Vect(x 7−→ eλ x ) ; dim Eλ (u) = 1
V : E −→ E
(b) R −→ R
f 7−→ V (f ) : Rx
x 7−→ 0 f (t) dt
V (α f + g) = α V (f ) + V (g) ⇒ V ∈ L (E)
λ valeur propre de V ⇔ ∃f ∈ E\{0E } / V (f ) = λ f
⇔ ∃f ∈ E\{0E } / V (f )(x) = λ f (x) , ∀x ∈ R
Rx
⇔ 0 f (t) dt = λ f (x) , ∀x ∈ R
⇒ f (x) = λ f ′ (x) ∀x ∈ R
x
Si λ 6= 0 , f ′ (x) = λ1 f (x) ⇒ f (x) = c e λ
Z
vérification
x
: "⇐"
t x x
c e λ dt = c λ(e λ − 1) = λ c e λ , ∀x ∈ R
0
⇒ c λ = 0 ⇒ c = 0 ⇒ f = 0̃
Donc λ ∈
/ Sp(V
Z ). x
Si λ = 0 : f (t) dt = 0 , ∀x ∈ R ⇒ f (x) = 0 , ∀x ∈ R ⇒ f = 0̃
0
Donc 0 ∈
/ Sp(V ).
Conclusion : Sp(V ) = ∅ .
Proposition :
X
p
M
p
Soient u ∈ L (E) , λ1 , . . . , λp ∈ Sp(u) deux à deux distincts, alors Eλk (u) = Eλk (u).
k=1 k=1
Preuve : " par récurrence "
Pour p = 2 : Eλ1 (u) + Eλ2 (u) = Eλ1 (u) ⊕ Eλ2 (u) , en effet :
Soit x ∈ Eλ1 (u) ∩ Eλ2 (u)
⇒ u(x) = λ1 x = λ2 x ⇒ (λ1 − λ2 ) x = 0E ⇒ x = 0E car λ1 6= λ2
D’où Eλ1 (u) ∩ Eλ2 (u) = {0E }.
Soit p ≥ 3, supposons que la propriété est vrai à l’ordre p − 1 et montrons le pour l’ordre p.
 
Eλ1 (u) + · · · + Eλp (u) = Eλ1 (u) + · · · + Eλp−1 (u) + Eλp (u) = Eλ1 (u) ⊕ · · · ⊕ Eλp−1 (u) + Eλp (u)

Soit x ∈ Eλ1 (u) ⊕ · · · ⊕ Eλp−1 (u) ∩ Eλp (u) (
x = x1 + · · · + xp−1
⇒ ∃!(x1 , . . . , xp−1 ) ∈ Eλ1 (u) × · · · × Eλp−1 (u) tel que
u(x) = λp x

ALGEBRE 2eme MP (Réduction) page 8 © Hamed Hassine


⇒ u(x) = u(x1 ) + · · · + u(xp−1 ) = λ1 x1 + · · · + λp−1 xp−1 = λp x1 + · · · + λp xp−1
X
p−1
M
p−1
Comme Eλk (u) = Eλk (u)
 k=1 k=1  
 λ1 x1 = λp x1
 
 (λ − λ ) x = 0 

  1 p 1 E  x1 = 0 E
.. .. ..
⇒ . ⇒ . ⇒ . ⇒ x = 0E

 
 

 λp−1 xp−1 = λp xp−1  (λp−1 − λp ) xp−1 = 0E  xp−1 = 0E
X
p−1
Xp
M
p
Donc Eλp (u) ∩ Eλk (u) = {0E }, alors Eλk (u) = Eλk (u).
k=1 k=1 k=1
Remarque :
1. Un vecteur propre de u ne peut pas être associé à deux valeurs propres distinctes de u.
En effet : Soit x ∈ E\{0} tel que u(x) = λ x = µ x ⇒ (λ − µ) x = 0 ⇒ λ = µ.
2. Soient u ∈ L (E) , λ1 , . . . , λp des valeurs propres de u deux à deux distincts , (x1 , . . . , xp ) une
famille de vecteurs propres associée respectivement à λ1 , . . . , λp , alors (x1 , . . . , xp ) une famille
libre, en effet :
X
p
soient α1 , . . . , αp ∈ K tel que α k xk = 0 E
k=1
Or ∀1 ≤ k ≤ p , αk xk ∈ Eλk (u)
X p
Xp
Xp
M
p
⇒ αk xk = 0E = 0E ∈ Eλk (u) = Eλk (u) car λi 6= λj ∀i 6= j
k=1 k=1 k=1 k=1
⇒ αk xk = 0E ∀1 ≤ k ≤ p
⇒ αk = 0E car xk =
6 0E ∀1 ≤ k ≤ p
Exemple :
Soient α1 , . . . , αp ∈ R deux à deux disticts.
(x 7−→ eαi x )1≤i≤p est libre.
ui : R −→ R φ : C ∞ (R) −→ C ∞ (R)
En effet : Soient et
x 7−→ eαi x f 7−→ f′
On a φ(ui ) = αi ui ∀1 ≤ i ≤ p. Donc ui est un vecteur propre de φ associé à la valeur propre αi .
Comme αi 6= αj si i 6= j , alors (ui )1≤i≤p est libre.
Exercice :
Vérifier que (x 7−→ cos(k x))1≤k≤n et (x 7−→ sin(k x))1≤k≤n sont libres où n ∈ N∗ .
Corollaire :
En dimension fini égale à n , un endomorphisme ne peut admettre plus de n valeurs propres.
Preuve :
Si λ1 , . . . , λp sont des valeurs propres de u ∈ L (E) avec dim E = n
M p
Mp
alors Eλk (u) ⊂ E avec dim Eλk ≥ 1 ⇒ p ≤ dim Eλk (u) ≤ dim E = n ⇒ p ≤ n.
k=1 k=1

Propriété :
Soient u, v ∈ L (E) tel que u ◦ v = v ◦ u, alors tout sous espace propre de l’un est stable par l’autre.
Preuve :
Soit λ ∈ SpK (v), vérifions que u(Eλ (v)) ⊂ Eλ (v) ; Eλ (v) = ker(v − λIdE )
u ◦ (v − λIdE ) = u ◦ v − λ u = v ◦ u − λ u = (v − λIdE ) ◦ u
⇒ u(ker(v − λIdE )) ⊂ ker(v − λIdE ).
autrement : Soit x ∈ Eλ (v) , montrer que u(x) ∈ Eλ (v).

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(v − λIdE ) (u(x)) = v ◦ u(x) − λ u(x) = u ◦ v(x) − λ u(x) = u(λ x) − λ u(x) = λ u(x) − λ u(x) = 0E
⇒ u(x) ∈ ker(v − λIdE ) = Eλ (v).
3- Eléments propre d’une matrice :
Définitions : Soit M ∈ Mn (K).
1) Soit λ ∈ K, on dit que λ valeur propre de M SSI il existe X ∈ Mn,1 (K)\{0} tel que M X = λX.
2) On appelle vecteur propre de M tout vecteur X ∈ Mn,1 (K)\{0} tel qu’il existe λ ∈ K vérifiant
M X = λX. On dit que X est un vecteur propre associé à la valeur propre λ.
3) On note SpK (M ) = {λ ∈ K / λ valeur propre de M } = le spectre de M dans K.
4) Soit λ ∈ SpK (M ), on appelle le sous espace propre de M associé à λ et on note Eλ (M ) = ker(M −λIn ).
Eλ (M ) = {X ∈ Mn,1 (K) / M X = λ X} = { vecteurs propres de M associé à λ} ∪ {0Mn,1 (K) }.
Théorème :
Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie non nulle et B une base de E.
Pour u ∈ L (E) et x ∈ E, en notant A = MB (u) et X = MB (x), on a :
Sp(A) = Sp(u) et ∀ λ ∈ Sp(u) , x ∈ Eλ (u) ⇔ X ∈ Eλ (A).
Preuve :
On a u(x) = λ x ⇔ AX = λ X et x 6= 0E ⇔ X 6= 0.
Corollaire :
Deux matrices semblables ont le même spectre.
Preuve :
Car elles représentent le même endomorphisme.
III- Polynôme caractérestique :
Définition :
Soit M ∈ Mn (K), on appelle le polynôme caractérestique de M et on note χM (X) = det(XIn − M ).
Remarque :
Si M = (mij )1≤i,j≤n
X − m11 −m12 ... −m1n
... .. α11 . . . α1n
−m21 X − m22 . .. ..
χM (X) = .. ... ... = . .
. −mn−1 n
αn1 . . . αnn
−mn1 ... −mn n−1 X − mnn
X
= ε(σ) ασ(1)1 ασ(2)2 . . . ασ(n)n
σ∈Sn
X
= α11 α22 . . . αnn + ε(σ) ασ(1)1 ασ(2)2 . . . ασ(n)n
σ∈Sn
σ̸=id
X
= (X − m11 ) (X − m22 ) . . . (X − mnn ) + ε(σ) ασ(1)1 ασ(2)2 . . . ασ(n)n
σ∈Sn
σ̸=id

= Q(X) + R(X)
Si σ ∈ Sn \{id}, il y a au plus (n − 2) entiers k tel que σ(k) = k, donc deg R ≤ n − 2
Alors deg χM = n = deg Q
χM est un polynôme unitaire (coefficient dominant est 1 ), le coefficient de X n−1 est −tr(M )
le coefficient constant est (−1)n det M .
Exemples (cas particuliers) :
n = 1 , A = (a) , χA = X − a

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!
a11 a12 X − a11 −a12
n = 2 ,A = ; χA (X) = = (X − a11 )(X − a22 ) − a21 a12
a21 a22 −a21 X − a22
= X 2 − (a11 + a22 )X + a11 a22 − a21 a12
= X 2 − tr(A)X + det A
Propriété :
Soient M, N ∈ Mn (K) deux matrices semblables (∃P ∈ GLn (K) / N = P M P −1 ) alors χN = χM .
Preuve :
χN (X) = det(XIn − N ) = det(P (XIn )P −1 − P M P −1 ) = det(P (XIn − M )P −1 )
= det P det(XIn − M ) det P −1 = det P det(XIn − M ) det1 P = det(XIn − M )
= χM (X).
Définition :
Soient E un K-e.v. de dim E = n , B base de E et u ∈ L (E) , M = MB (u).
On appelle polynôme caractérestique de u et on note χu (X) = χM (X) = det(XIn − M )
χu (X) = det(XIdE − u) , degχu = n , c’est un polynôme unitaire , coefficient de X n−1 est −tru et
coefficient constant est (−1)n det u.
Propriété :
1) Soit A ∈ Mn (K) , alors χt A = χA . En effet :
χt A (X) = det(XIn − t A) = det(t (XIn − A)) = det(XIn − A) = χA (X).
(−1)n n 1
2) Soit A ∈ GLn (K) , alors χA−1 (X) = X χA ( ). En effet :
det A X
χA−1 (X) = det(XIn − A−1 ) = det(A−1 (XA − In )) = det(A−1 ) det(XA − In )
1 1 (−1)n n 1
= det((−X)( In − A) ⇒ χA−1 (X) = X χA ( ).
det A X det A X
Proposition :
Soient A ∈ Mn (K) , λ ∈ K , alors :
λ est une valeur propre de A SSI λ est une racine de χA .
Preuve :
λ est une valeur propre de A ⇔ ∃X ∈ Mn,1 (K)\{0} / AX = λX
⇔ ∃X ∈ Mn,1 (K)\{0} / (λIn − A)X = 0
⇔ λIn − A n’est pas inversible
⇔ det(λIn − A) = 0
⇔ χA (λ) = 0.
Conséquences :
Soient E un K-e.v. de dim E = n , B une base de E et u ∈ L (E) tel que A = MB (u).
Alors SpK (u) = SpK (A) = { racines de χA dans K}.
A admet au plus n valeurs propres.
Exemples :
 
a11 a12 . . . a1n X − a11 −a12 ... −a1n
 
 0 a22 . . . a2n  0 X − a22 . . . −a2n
1. Soit A = 
 .. . . . . . .

..  , χ A = det(XI n −A) = .. .. .. ..
 . .  . . . .
0 ... 0 ann 0 ... 0 X − ann
χA (X) = (X − a11 )(X − a22 ) . . . (X − ann )
⇒ Sp(A) = {a11 , a22 , . . . , ann }.

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 
A11 O ... O
 .. 
 ..
. 
 O A22 . 
2. A =  .. .. ..  : matrice diagonale par blocs où Akk matrice carrée.
 . . . O 
 
O ... O App
Y
p
χA (X) = χAkk (X)
k=1
!
A B
3. M = , A ∈ Mp (K) , C ∈ Mn−p (K).
O C
!
X Ip − A −B
χM (X) = det = det(X Ip − A) det(X In−p − C)
O X In−p − C
χM (X) = χA (X) χC (X)
Remarque :
Soit A ∈ Mn (C) , alors χA = (X − λ1 )(X − λ2 ) . . . (X − λn )
où λ1 , . . . , λn les valeurs propres de A.
χA (X) = X n − (λ1 + · · · + λn )X n−1 + · · · + (−1)n (λ1 × · · · × λn )
= X n − tr(A)X n−1 + · · · + (−1)n det A
 X n



 λi = tr(A)
⇒ Y
i=1
n



 λi = det A
i=1
Exemples :
 
2 0 1
 
1) Soit A =  1 1 1 . Déterminer les éléments propres de A.
−2 0 −1
X −2 0 −1
X − 2 −1
χA (X) = det(X I3 − A) = −1 X − 1 −1 = (X − 1)
2 X +1
2 0 X +1
= (X − 1)[(X − 2)(X + 1) + 2] = (X − 1)(X 2 − X) = X(X − 1)2
⇒ Les valeurs
 propres
 de A sont 0 et 1.
x
 
Soit X =  y 
z
      
0 2 0 1 x 0 (
       2x + z = 0
X ∈ E0 = ker A ⇔ AX =  0  ⇔  1 1 1   y  =  0  ⇔
x+y+z =0
0 −2 0 −1 z 0
   
( x 1
z = −2x    
⇔ ⇔X= x =x  1 
y=x
−2x −2
   
1 1
   
⇒ E0 = Vect{ 1 } =<  1  >
−2 −2

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    

0 1 0 1 x 0
      
X ∈ E1 = ker(A − I3 ) ⇔ (A − I3 )X =  0  ⇔  1 0 1   y = 0 ⇔x+z =0
0 −2 0 −2 z 0
     
x 1 0
     
⇔ z = −x ⇔ X =  y  = x  0  + y  1 
−x −1 0
   
1 0
   
⇒ E1 = Vect{ 0  ,  1 }
−1 0
 
1 ... 1
 . . . 

2) Soit A =  .. . . .. 
 ∈ Mn (R).
1 ... 1
C1 ← C1 + C2 + · · · + Cn
X −n −1 ... ... −1
X −1 −1 ... −1 . ..
. .. X − n X − 1 .. .
−1 X − 1 .. . .. .. .. ..
χA (X) = det(X In − A) = .. .. .. = . −1 . . .
. . . −1 .. .. .. ..
. . . . −1
−1 ... −1 X − 1
X −n −1 ... −1 X − 1
1 −1 ... ... −1
... ..
1 X −1 .
.. ... ... ..
= (X − n) . −1 .
.. .. ... ...
. . −1
1 −1 . . . −1 X − 1
1 −1 . . . . . . −1
0 X 0 ... 0 L2 ← L2 − L1
.. .. .. . ..
= (X − n) . 0 . . .. .
.. .. . . . . ..
. . . . 0 .
0 0 ... 0 X Ln ← Ln − L1
= (X − n) X n−1
⇒ Sp(A) = {0, n}

x1
 . 
Soit X =  . 
 . 
xn
 
0
 . 
X ∈ E0 (A) = ker A ⇔ AX =  .. 

 ⇔ x1 + x2 + · · · + xn = 0 ⇔ x1 = −x2 − x3 − · · · − xn
0

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 
−1
   
    −1  0   
−x2 − x3 − · · · − xn −1   −1
   .. 
     0   .   
 x2   1       0 
     1     
       0   .. 
⇔X= x3  = x2  0  +x3   +· · ·+xk   +· · ·+xn  . 
 ..   ..   0   1   
         0 
 .   .   ..     
 .   0 
xn 0  ..  1
0  . 
 
0
 
  −1  
−1   −1
   
0  
 1     
0
   
1  
     ..
⇒ E0 (A) = Vect{ 0  ,   , ... ,  }.
.
 ..   
0  
     0 
 .   
..  
 .
0 1
0
 
0
 . 
X ∈ En (A) = ker(A − nIn ) ⇔ (A − nIn )X =  . 
 . 
0
    
1−n 1 ... 1 x1 0
  .   . 
 1 1 − n ..
. .. 
.    
   ..   .. 
⇔ .   = 
 .. ... ...
1   ...   ... 
    
1 ... 1 1−n xn 0


 (1 − n)x1 + x2 + x3 + · · · + xn = 0


 x1 + (1 − n)x2 + x3 + · · · + xn = 0
⇔ ..

 .



x + x2 + · · · + xn−1 + (1 − n)xn = 0
 1

 (1 − n)x1 + x2 + x3 + · · · + xn = 0




 n x1 − n x2 = 0
 L2 ← L2 − L1
⇔ n x1 − n x3 = 0 L3 ← L3 − L1

 .. ..



 . .

 n x −n x =0
1 n Ln ← Ln − L1


 x2 = x1


 x3 = x1
⇔ ..

 .



xn = x1
 
1
 
 1 
⇒ En (A) = Vect{ 
 .. }
 .
1
Proposition :
Soient E un K-espace vectoriel de dim E = n , u ∈ L (E) et F un sous espace vectoriel de E stable
par u. v = u|F alors χv divise χu .

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Preuve :
Soit B une base de E adaptée
! à F ( c à d B = B1 ∪ B2 où B1 base de F ).
A D
⇒ MB (u) = , A = MB1 (v) , χA = χv .
O C
χu = χA χC = χv χC ⇒ χv /χu
Définition :
Soit u ∈ L (E), λ ∈ K valeur propre de u.
On appelle la multiplicité de λ son ordre de multiplicité comme étant racine de χu .
Proposition :
Soit u ∈ L (E), λ ∈ K valeur propre de u de multiplicité m(λ), alors :
1 ≤ dim Eλ (u) ≤ m(λ)
Preuve :
On a Eλ (u) 6= {0E } ⇒ dim Eλ (u) ≥ 1
Soit q(λ) = dim Eλ (u). Montrer que q(λ) ≤ m(λ).
χu = (X − λ)m(λ) Q avec Q(λ) 6= 0.
v = u|Eλ (u) : Eλ (u) −→ Eλ (u)
On a Eλ (u) stable par u ,
x 7−→ u(x) = λ x
 
λ (0)
 
v = u|Eλ (u) = λ IdEλ (u) ⇒ χv = (X − λ) q(λ) 
car MB (v) =  . ..  ∈ Mq(λ) (K)

(0) λ
⇒ χv /χu ⇒ (X − λ)q(λ) /(X − λ)m(λ) Q , Or (X − λ)q(λ) ∧ Q = 1
D’après lemme de Gauss, on obtient (X − λ)q(λ) /(X − λ)m(λ) , et par suite q(λ) ≤ m(λ).
Conséquence :
Si λ est une valeur propre simple de u alors dim Eλ (u) = 1. (m(λ) = 1)
Remarque :
Soient E un C-e.v. de dim E = n.
Si u ∈ L (E) alors SpC (u) 6= ∅ et SpR (u) ⊂ SpC (u).
Exemple :
!
cos θ − sin θ
A= ; θ ∈]0, π[.
sin θ cos θ
X − cos θ sin θ
χA (X) = = (X − cos θ)2 + sin2 θ = X 2 − 2 cos θX + 1
− sin θ X − cos θ
∆′ = cos2 θ − 1 = − sin2 θ
SpR (A) = ∅ car χA n’admet aucune racine réelle.
∆′ (
= − sin2 θ = (i sin θ)2
λ1 = cos θ + i sin θ = eiθ

λ2 = cos θ − i sin θ = e−iθ
⇒ SpC (A) = {eiθ , e−iθ }.

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IV- Endomorphismes et matrices carrées diagonalisable :
Soit E un K-espace vectoriel de dim E = n.
Définition : Endomorphisme diagonalisable
Soit u ∈ L (E).
On dit que u est diagonalisable dans K s’il existe une base B de E tel que MB (u) est diagonale.
Définition : Matrice diagonalisable
Soient M ∈ Mn (K) et u ∈ L (Kn ) l’endomorphisme canoniquement associé à M .
On dit que M est diagonalisable ssi u est diagonalisable.
autrement dit , M est diagonalisable ssi M est semblable à une matrice diagonale.
Exemples :
1. IdE est diagonalisable et n’importe quelle base de E est base de diagonalisation.
2. Les projecteurs sont diagonalisables.
En effet :
Si E = F ⊕ G et p la projection sur F parallèlement à G. Notons r = dim F !
Ir 0
Pour B une base de E adaptée à la décomposition E = F ⊕ G , on a MB (p) =
0 0n−r
3. Les symétries sont diagonalisables.
En effet :
Soit E = F ⊕ G et s la symétrie par rapport à F parallèlement à G
Soient B1 = (e1 , . . . , er ) une base de F et B2 = (er+1 , . . . , en ) une base de G.
⇒ B = B1 ∪ B2 = (e1 , . . . , er , er+1 , . . . , en ) est une base de E .
x ∈ F ⇔ s(x) = x ,Donc F = ker(s − IdE )
x ∈ G ⇔ s(x) = −x ,Donc G = ker(s + IdE )

s(e1 ) . . . . . . s(er ) s(er+1 ) . . . . . . s(en ) 


1 0 ... 0 0 0 ... 0 e1
  .
 0 1 . . . ... ... ..
.
..
.  ..
 
 .. . . . . .. .. ..  ..
 . . . 0 . . .  .
 
 0 ... 0 1 0  e
 0 ... 0  r
⇒ MB (s) =  
 0 0 . . . 0 −1 0 . . . 0  er+1
 
 . .  ..
 0 0 . . . 0 0 −1 . . ..  .
 
 .. .. .. .. . . . .  ..
 . . . . . . 0  .
0 0 . . . 0 0 . . . 0 −1 en
Proposition :
Soit u ∈ L (E) , SpK (u) = {λ1 , . . . , λp }. Alors les assertions suivantes sont équivalentes :
1. u est diagonalisable dans K.
Mp
2. E = Eλk (u)
k=1

3. χu est scindé dans K [χu = (X − λ1 )m(λ1 ) . . . (X − λp )m(λp ) , λi ∈ K ; ie : tous les racines de χu


appartient à K] et dim Eλ (u) = m(λ) ∀λ ∈ SpK (u).
m(λ) = l’ordre de multiplicité de λ comme racine de χu .

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Preuve :
"1) ⇒ 2)"  
α1 0
 
u est diagonalisable dans K , alors il existe une base B = (e1 , . . . , en ) de E tel que MB (u) = 

..
. 

0 αn
⇒ ∀ i ∈ J1, nK , u(ei ) = αi ei
Comme ei 6= 0, alors ei est un vecteur propre de u et αi ∈ SpK (u) = {λ1 , . . . , λp } pour tout i ∈ J1, nK.
Mp
⇒ ∀ i ∈ J1, nK , ei ∈ Eλk (u)
k=1
X
n M
p
⇒ ∀ x ∈ E , ∃! (x1 , . . . , xn ) ∈ K / x =
n
xi e i ∈ Eλk (u).
i=1 k=1
M
p
M
p
Donc E ⊂ Eλk (u), par suite E = Eλk (u).
k=1 k=1
"2) ⇒ 3)"
M
p
On a E = Eλk (u) , SpK (u) = {λ1 , . . . , λp }
k=1
Pour k ∈ J1, pK, soient dim Eλk (u) = nk et Bk une base de Eλk (u).
[p
Xp
Alors B = Bk est une base de E et nk = n.
k=1  k=1 
λ1 0 . . . ... ... 0
 ..
 0 ... ... 
 .
 . . 
..
 .. . . λ1 . . . 
.
 
 . .. .. 
..
 .. . λ2 . .
 
 .. ... ... ... ..
 .  .
De plus M = MB (u) =  .   où λk se répète nk fois.
... ...  ..
 .. λ2  .
 
 .. ... ... ...  ..
 .  .
 . 
 .. ... ...  ..
 λp  .
 . 
 .. ... ...
0 
 
0 ... ... ... ... ... ... ... 0 λp

⇒ χu (X) = χM (X) = (X − λ1 )n1 (X − λ2 )n2 . . . (X − λp )np .


Alors χu est scindé dans K et pour tout k ∈ J1, pK, λk est une racine de χu de multiplicité nk , par suite
m(λk ) = nk = dim Eλk (u) c à d dim Eλ (u) = m(λ) ∀λ ∈ SpK (u).

"3) ⇒ 1)"
Soit SpK (u) = {λ1 , . . . , λp }
hyp : dim Eλk (u) = m(λk ) ∀1 ≤ k ≤ p
Yp
χu = (X − λk )m(λk ) .
k=1
Mq : u est diagonalisable.
X p
M
p
On sait que Eλk (u) = Eλk (u) est un s e v de E.
k=1 k=1

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X
p
X
p
dim Eλk (u) = m(λk ) = degχu = n = dim E
k=1 k=1
M
p
⇒E= Eλk (u).
k=1
Pour k ∈ J1, pK, soit Bk une base de Eλk (u).
[
p
Alors B = Bk est une base de E.
k=1  
λ1 0 . . . ... ... 0
 ..
 0 . .
.. .. 
 .
 . . 
..
 .. . . λ1 . . . 
.
 
 . .. .. 
..
 .. . λ2 . .
 
 .. .. .. .. ..
 . . . .  .

De plus MB (u) =  .  où λk se répète m(λk ) fois.
.. ..  ..
 .. . λ2 .  .
 
 .. .. .. ..  ..
 . . . .  .
 . 
 .. .. ..  ..
 . λp .  .
 . 
 .. ... ...
0 
 
0 ... ... ... ... ... ... ... 0 λp
D’où u est diagonalisable.

Remarques :
1. Soit A ∈ Mn (K), alors A est diagonalisable dans K SSI il existe P ∈ GLn (K) et D diagonale tel
que A = P DP (−1) avec P = PBc →B′ où B ′ est une base de Kn formée par des vecteurs propres
de A.
2. Soit u ∈ L (E) tel que χu soit scindé dans K et toutes ses racines sont simples .
Yn
χu = (X − λi ) avec λi 6= λj si i 6= j
i=1
⇒ dim Eλi (u) = 1 = m(λi ) ∀1 ≤ i ≤ n.
Alors u est diagonalisable dans K.

Pratique de la diagonalisation :
Soit u ∈ L (E) (resp A ∈ Mn (K)) [ A = MBc (u)]
1. on détermine χu .
Si χu n’est pas scindé dans K , alors u n’est pas diagonalisable dans K.
2. Si χu est scindé dans K. Soit SpK (u) = {λ1 , . . . , λp }
On détermine Eλk (u) = ker(u − λk IdE ) = ker(A − λk In ) ∀1 ≤ k ≤ p
- S’il existe 1 ≤ k0 ≤ p tel que dim Eλk0 (u) < m(λk0 ) alors u n’est pas diagonalisable dans K.
- Si ∀1 ≤ k ≤ p , dim Eλk (u) = m(λk ) , alors u est diagonalisable dans K
3. Pour tout 1 ≤ k ≤ p , soit Bk une base de Eλk (u).

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 
λ1 0 ... ... ... 0
 .. .. 
..
 0 . . .
 
 .. .. ..  ..
 . . λ1 .  .
 
[  .. .. .. ..  ..
p
 . . . .  .
Donc B ′ = Bk est une base de E et MB′ (u) = 
 .. ... ... ...
=D
..
 .  .
k=1
 
 .. ... ...  ..
 . λp  .
 
 .. ... ... 
 . 0 
0 ... ... ... ... ... 0 λp
−1
P = PB c →B′ ⇒ A = P DP
Remarques :
- Pour retrouver la pratique de la diagonalisation d’une matrice A ∈ Mn (K) , il suffit de remplacer u
par A.
- B ′ est une base de E formée par des vecteurs propres de u (resp A).
- L’ordre des éléments diagonaux dans D = diag(λ1 , . . . , λp ) dépend du choix de l’ordre des vecteurs
dans la base B ′ .
Remarques : Soit A ∈ Mn (R).
1) Si λ ∈ C valeur propre de A ( λ ∈ SpC (A) )
⇒ ∃X ∈ Mn,1 (C)\{0} / AX = λX
⇒ ∃X ∈ Mn,1 (C)\{0} / A X = λ X or A ∈ Mn (R)
⇒ ∃X ∈ Mn,1 (C)\{0} / A X = λ X
⇒ λ ∈ SpC (A) et X est un vecteur propre de A associé à λ.
Eλ (A) = Eλ (A) = {X / X ∈ Eλ (A)}.
2) Si λ ∈ SpC (A) d’ordre m(λ) alors λ ∈ SpC (A) d’ordre m(λ).
Exemples :
 
0 −2 0
 
1) Soit A =  1 0 −1  ; A est elle diagonalisable sur R ? sur C ?
0 2 0
X 2 0
X 1 2 0
χA (X) = −1 X 1 = X + = X(X 2 + 2) + 2X = X(X 2 + 4).
−2 X −2 X
0 −2 X
⇒ SpC (A) = {0, 2i, −2i}.
χA n’est pas scindé dans R , alors A n’est pas diagonalisable dans R.
0, 2i, −2i sont des valeurs propres simples.
[dim E0 (A) = dim E2i (A) = dim E−2i (A) = 1 = m(0) = m(2i) = m(−2i)]
⇒ A est diagonalisable
  dans C.
x
 
Soit X =  y 
z
       
0 0 0 1
       
A(e1 + e3 ) = Ae1 + Ae3 =  1  +  −1  =  0  ⇒ e1 + e3 =  0  ∈ ker A = E0 (A)
0 0 0 1

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 
1
 
Or dim E0 (A) = 1, alors E0 (A) = Vect{ 0 }
1
      
0 −2i −2 0 x 0
      
X ∈ E2i (A) ⇔ (A − 2iI3 )X =  0  ⇔  1 −2i −1   y = 0 
0 0 2 −2i z 0
     

 −2i x − 2 y = 0 
 x = iy iy i
   
⇔ x − 2i y − z = 0 ⇔ z = −iy ⇔X =  y  = y 1 

 

2 y − 2i z = 0 iy − 2iy + iy = 0 −iy −i
 
i
 
⇒ E2i (A) = Vect{ 1 }
−i
 
−i
 
⇒ E−2i (A) = Vect{ 1 } car A ∈ Mn (R).
i
     
1 i −i
     
Posons v1 =  0  , v2 =  1  , v3 =  1 
1 −i i

⇒ B = (v1 , v2 , v3 ) est une base de C formée par des vecteurs propres de A.
3
   
1 i −i 0 0 0
   
P = PBc →B′ =  0 1 1  , D =  0 2i 0 . On a A = P DP −1 .
1 −i i 0 0 −2i
 
1 1 0
 
2) Soit B =  0 1 1 
0 0 2

B est elle diagonalisable sur R ?


χB (X) = (X − 1)2 (X − 2) ⇒ Sp(B) = {1, 2}.
 
0 1 0
 
dim E1 (B) = 3 − rg(B − I3 ) , or rg(B − I3 ) = rg  0 0 1  = 2
0 0 1
⇒ dim E1 (B) = 1 < 2 = m(1).
Donc B n’est pas diagonalisable dans R.
 
1 ... 1
 . .. 
3) Soit C = 

.. . 
 ∈ Mn (R) (avec n ≥ 2)
1 ... 1
χC (X) = (X − n)X n−1 ⇒ Sp(C) = {0, n}.
dim E0 (C) = n − rgC = n − 1 = m(0) et dim E1 (C) = 1 = m(1) ( valeur propre simple ).
Alors C est diagonalisable et semblable à D = diag(n, 0, . . . , 0).

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V- Trigonalisabilité :
1- Endomorphismes et matrices carrées trigonalisable :
Soit E un K-espace vectoriel de dim E = n.
Définitions :
1. Soit u ∈ L (E), on dit que u est trigonalisable dans K s’il existe une base B de E tel que MB (u)
soit triangulaire supèrieure .
2. Soit M ∈ Mn (K) , on dit que M est trigonalisable ssi il existe P ∈ GLn (K) et T ∈ Mn (K)
triangulaire supèrieure tel que M = P T P −1 .
Exemple :
Un endomorphisme (resp matrice) diagonalisable est à fortiori trigonalisable.
Théorème :
Soit A la matrice d’un endomorphisme u dans une base de E, alors :
A est trigonalisable dans K SSI u est trigonalisable dans K.
Remarque :
Une matrice triangulaire inferieure est trigonalisable :
T est semblable à t T .
En effet :  
t11 0 . . . 0
 .. 
 t ..
. 
 21 22 t . 
Soit B = (e1 , . . . , en ) tel que MB (u) =  . .
 .. ..
. 0 
 
tn1 . . . . . . tnn
 
tnn . . . . . . tn1
 .. 
 0 ... . 
 
Pour B ′ = (en , en−1 , . . . , e1 ) , on a MB′ (u) =  . . 
 .. . . . . . ... 
 
0 . . . 0 t11
Théorème :
Soient E un K-e.v. de dim E = n , u ∈ L (E) et A ∈ Mn (K). Alors :
1) u est trigonalisable dans K SSI χu est scindé dans K.
2) A est trigonalisable dans K SSI χA est scindé dans K.
Preuve :
"⇒"
 donc il existe B 
u est trigonalisable une base de E tel que
t11 t12 . . . t1n
 .. 
 0 t . 
 22 
MB (u) = T =  . . .  ∈ Mn (K)
 .. . . . . .. 
.
 
0 . . . 0 tnn
χu = χT = (X − t11 ) . . . (X − tnn ) ⇒ χu est scindé dans K.
"⇐" raisonnement par récurrence sur n.
Si n = 1 , u = λIdE : trivial .
Soit n ≥ 2, supposons que le résultat est vrai pour tout espace vectoriel F de dim F = n − 1.
( c à d si v ∈ L (F ) tel que χv soit scindé dans K alors v est trigonalisable dans K).
Soit u ∈ L (E) (dim E = n) tel que χu soit scindé dans K. Montrons que u est trigonalisable dans K.

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Donc u admet au moins une valeur propre λ ∈ K.
Soit a ∈ E\{0E } un vecteur propre de u associé à λ.
Soit D = Vect(a), soit F un s e v de E tel que E = F ⊕ D (F un supplémentaire de D dans E).
dim F = n − 1 , soit p la projection sur F parallèlement à D. (Imp = F , ker p = D)
∀x ∈ E , ∃! y ∈ F et ∃! λx ∈ K / x = λx a + y .
p ◦ u(F ) ⊂ F , en effet : soit x ∈ F , p ◦ u(x) = p(u(x)) ∈ Imp = F
Soit v = (p ◦ u)|F ∈ L (F ).
Soit (e2 , . . . , en ) une base de F , comme E = D ⊕ F , alors B = (a, e2 , . . . , en ) est une base de E.
u(a) u(e2 ) . . . u(en ) 
λ m12 . . . m1n a
  X X
 0 m22 . . . m2n  e2 n n
⇒ MB (u) =  .  .. 
..  .. u(e2 ) = m12 a+ mi2 ei ⇒ p◦u(e2 ) = m12 p(a)+ mi2 p(ei )
 .. . .  . i=2 i=2
0 mn2 . . . mnn en
X
n
or a ∈ ker p ⇒ v(e2 ) = p ◦ u(e2 ) = mi2 ei .
i=2
X n X
n
On a ∀2 ≤ j ≤ n , u(ej ) = m1j a + mij ei ⇒ v(ej ) = p ◦ u(ej ) = mij ei
 i=2 i=2
m22 . . . m2n
 . .. 
M(e2 ,...,en ) (v) = 

.. .  = M.
mn2 . . . mnn
Donc χu = (X − λ)χM , or χv = χM , alors χv /χu .
Comme χu est scindé dans K , alors χv est scindé dans K.
De plus v ∈ L (F ) et dim F = n − 1 .
D’où , d’après l’hypothèse de récurrence, v est trigonalisable dans K.
Par suite, il existe B1 = (w2 , . . . , wn ) une base de F tel que :
v(w2 ) v(w3 ) . . . v(wn)
t22 t23 . . . t2n w2
 
 0 t33 . . . t3n  w3
⇒ MB1 (v) =   .. . . . . . . ..  ..

 . .  .
0 ... 0 tnn wn
Alors :
p ◦ u(w2 ) = t22 w2
p ◦ u(w3 ) = t23 w2 + t33 w3
..
.
p ◦ u(wn ) = t2n w2 + · · · + tnn wn
Soit B ′ = (a, w2 , . . . , wn ) , alors B ′ est une base de E = D ⊕ F
x ∈ E = D ⊕ F ⇒ x = λx a + y où λx ∈ K et y ∈ F ⇒ p(x) = p(y) = y ⇒ x = λx a + p(x).
Alors :
p(a) = λa
p(w2 ) = λ2 a + p(u(w2 )) = λ2 a + t22 w2
p(w3 ) = λ3 a + p(u(w3 )) = λ3 a + t23 w2 + t33 w3
..
.
p(wn ) = λn a + p(u(wn )) = λn a + t2n w2 + · · · + tnn wn

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 
λ λ 2 λ3 . . . λ n
 
 0 t22 t23 . . . t2n 
 
 0 0 t 
⇒ MB (u) = 
′ 33 . . . t 3n  : triangulaire supèrieure.
 . . . 
 .. .. . . . . . ... 
 
0 0 . . . 0 tnn
Règle pratique de trigonalisation :
Soit u ∈ L (E) trigonalisable dans K.
SpK (u) = {λ1 , . . . , λp }.
[p
M
p

Soit Bi une base de Eλi , 1 ≤ i ≤ p , alors B = Bi est une base de Eλi (u).
i=1 i=1
M
p
1er cas : Si E = Eλi (u) (ssi dim Eλi (u) = m(λi ) ∀i ∈ J1, pK)
i=1
[
p

alors u est diagonalisable et B = Bi est une base de E .
 i=1 
λ1 0 . . . ... ... 0
 .. 
 0 ... ... . 
 
 . . . . 
 . . . . λ1 . . . 
.
 
 .. . . . .. 
 . . . . . . . . 
MB′ (u) =  .. .. .. .. .. 

 . . . . . 
 
 .. .. .. .. 
 . . λp . . 
 . 
 .. ... ...
0 
 
0 . . . . . . . . . . . . . . . 0 λp
Mp
M p
2ème
cas : Si E 6= Eλi (u). Posons F = Eλi (u).
i=1 i=1
[
p
B′ = Bi est une base de F .
i=1
D’après le théorème de la base incomplète, il existe une famille libre B” tels que B = B ′ ∪ B” soit une
base de E. Posons G = Vect(B”) , alors E = F ⊕ G.

u(B ′ ) u(B”)
 
λ1 O
 ..  B′
 . C 
 
 
 0 λp 
MB (u) =  
 
 
 
 0 Q 
B”

Soit p la projection sur G parallèlement à F . on a p ◦ u(G) ⊂ G.


posons v = (p ◦ u)|G , alors MB” (v) = Q.
χQ /χu ⇒ χv = χQ est scindé dans K.
⇒ v est trigonalisable dans K.
et on reprend le même raisonnement avec v ∈ L (G).

ALGEBRE 2eme MP (Réduction) page 23 © Hamed Hassine


Cas n = 2 et n = 3 :
1) Cas n = 2 :
Soit A ∈ M2 (K) trigonalisable. SpK (u) = {λ1 , λ2 }.
Soit u ∈ L (K2 ) l’endomorphisme canoniquement associé à A.
1er cas : λ1 6= λ2
:::::::::

⇒ A est diagonalisable. !
λ 1 0
⇒ il existe B ′ base de K2 tels que MB′ (u) = .
0 λ2
ème
2:::: cas : λ1 = λ2
::::::

Si dim Eλ1 = 2 , alors Eλ1 = K2 , donc A = λ1 I2 .


Si dim Eλ1 = 1 :
! u2 ∈ K tels ! que (u1 , u2 ) soit une base de K2 .
2
Soit Eλ1 = Vect(u1 ). Soit
λ1 α λ1 α
M(u1 ,u2 ) (u) = = .
0 β 0 λ1
β = λ1 car χu = (X − λ1 )(X − β) = (X − λ1 )2 .
Remarque : On peut choisir u2 ∈ K2 tels que u(u2 ) = u1 + λ1 u2 .
2) Cas n = 3 :
Soit A ∈ M3 (K) trigonalisable. Soit u ∈ L (K3 ) l’endomorphisme canoniquement associé à A.
χA = (X − λ1 )(X − λ2 )(X − λ3 ).
er
1::: cas : λ1 6= λ2 , λ1 6= λ3 , λ2 6= λ3
::::::

⇒ A est diagonalisable.  
λ1 0 0
 
⇒ il existe B ′ base de K3 tels que MB′ (u) =  0 λ2 0 .
0 0 λ3
ème
2::::::::cas::: λ1 = λ2 6= λ3
λ1 : valeur propre double .
λ3 : valeur propre simple , donc dim Eλ3 = 1.
∗ Si dim Eλ1 = 2 = m(λ1 )
 
λ1 0 0
 
⇒ A est diagonalisable semblable à  0 λ1 0 
0 0 λ3
 
λ1 0 0
 
c à d ∃P ∈ GLn (K) / A = P DP −1 , D =  0 λ1 0  .
0 0 λ3
∗ Si dim Eλ1 = 1 : Eλ1 = Vect(v1 ) , Eλ3 = Vect(v2 ).
(v1 , v2 ) est une famille libre, soit v3 ∈ K3 tels que B ′ = (v1 , v2 , v3 ) soit une base de K3 .
   
λ1 0 α λ1 0 α
   
MB′ (u) =  0 λ3 β  avec γ = λ1 car λ1 valeur propre double. ⇒ MB′ (u) =  0 λ3 β .
0 0 γ 0 0 λ1
Remarque : On peut choisir v3 ∈ K tels que u(v3 ) = v2 + λ1 v3 .
3

ème
3:::: cas : λ1 = λ2 = λ3
::::::

∗ Si dim Eλ1 = 3 , alors A = λ1 I3 .


∗ Si dim Eλ1 = 2 : Soit (v1 , v2 ) une base de Eλ1 .
On choisit v3 ∈ K3 tels que B ′ = (v1 , v2 , v3 ) soit une base de K3 .

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 
λ1 0 α
 
⇒ MB′ (u) =  0 λ1 β .
0 0 λ1
Remarque : On peut choisir v3 ∈ K3 tels que u(v3 ) = v2 + λ1 v3 .
∗ Si dim Eλ1 (A) = 1 : Soit Eλ1 = Vect(v1 ).
On choisit v2 , v3 ∈ K3 tels que B ′ = (v1 , v2 , v3 ) soit une base de K3 .
 
λ1 α α ′ !

  β β
MB′ (u) =  0 β β ′  ; Notons A′ =
γ γ′
0 γ γ′
χA′ /χu ⇒ χA′ = (X − λ1 )2 ; dim Eλ1 (A′ ) = 1 ou 2.
Posons v = (p ◦ u)|<v2 ,v3 > , alors A′ = M(v2 ,v3 ) (v).
- Si dim Eλ1 (A′ ) = 2 = dim Vect(v1 , v2 ) , alors A′ = λ1 I2 .
 
λ1 α α ′
 
⇒ MB′ (u) =  0 λ1 0 .
0 0 λ1
- Si dim Eλ1 (A ) = 1 : Eλ1 (A′ ) = Vect(v2′ ) où v2′ ∈ Vect(v2 , v3 ).

On choisit v3′ ∈ Vect(v2 , v3 ) tels que (v2′ , v3′ ) soit une base de Vect(v2 , v3 ).
 
λ1 a a′
 
⇒ M(v1 ,v2′ ,v3′ ) (u) =  0 λ1 b′ .
0 0 λ1
Remarque : On peut choisir v2′ , v3′ ∈ K3 tels que u(v2′ ) = v1 + λ1 v2′ ; u(v3′ ) = v2′ + λ1 v3′ .
Exemple :
 
2 1 0
 
Soit A =  −1 3 1  ∈ M3 (R).
1 0 1
Réduire A dans M3 (R).
χA = (X − 2)3 .
Si dim E2 (A) = 3, alors E2 (A) = R3 , donc A = 2I3 : absurde.
E2 (A) = ker(A − 2I3 )  
      
x 0 1 0 x 0 
 y = 0 
 y=0
      
 y  ∈ E2 (A) ⇔  −1 1 1   y  =  0  ⇔ −x + y + z = 0 ⇔ z=x

 

z 1 0 −1 z 0 x−z =0 x∈R
     
x x 1
     
⇔  y  =  0  = x 0 
z x 1
   
1 1
   
⇒ E2 (A) = Vect{ 0 } ⇒ dim E2 (A) = 1 ; v1 =  0 
1 1
ère
1 Méthode :
:::::::::::::

On choisie v2 , v3 ∈ R3 tels que B = (v1 , v2 , v3 ) soit une base de R3 .


   
1 0
   
Posons v2 =  0  , v3 =  1 .
0 0

ALGEBRE 2eme MP (Réduction) page 25 © Hamed Hassine


       
2 1 1 0
       
Av2 =  −1  = αv1 + βv2 + γv3 = α  0  + β  0  + γ  1 
1 1 0 0
 

 α+β =2 
 α=1
⇒ γ = −1 ⇒ β=1 ⇒ Av2 = v1 + v2 − v3 .

 

α=1 γ = −1
       
1 1 1 0
  ′  ′  ′ 
Av3 =  3  = α  0  + β  0  + γ  1 
0 1 0 0
 
′ ′ ′

 α +β =1 
 α =0
⇒ γ ′=3 ⇒ β ′ = 1 ⇒ Av3 = 0.v1 + v2 + 3v3 .

 ′ 
 ′
α =0 γ =3
Soit u ∈ L (R ) tels que A = MBc (u).
3
 
2 1 0
 
MB (u) =  0 1 1 .
0 −1 3
Soit p la projection sur
! Vect(v2 , v3 ) parallèlement à E2 (A).
1 1
Soit M ′ = = M(v2 ,v3 ) (p ◦ u|<v2 ,v3 > )
−1 3

χM ′ =!(X − 2)2 , χM (′ est scindé sur R donc ( M est trigonalisable.
! !
x x + y = 2x y = x x 1
∈ E2 (M ′ ) ⇔ ⇔ ⇔ =x
y −x + 3y = 2y x∈R y 1
 
! 1
′ 1  
⇒ E2 (M ) = Vect{ } = Vect{v2 + v3 } = Vect{ 1 }.
1 (v ,v )
2 3 0
 
1
 
Soit v2′ = v2 + v3 =  1 .
0
v3′
Soit = v2 − v3 ∈ Vect(v2 , v3 ) et ′ ′
! (v2 , v3 ) base de Vect(v2 , v3 ).
2 α
M(v2′ ,v3′ ) (p ◦ u|<v2 ,v3 > ) =
0 2
E2 (u) ⊕ Vect(v2 , v3 ) = R 3
 
2 α1 α2
 
⇒ B ′ = (v1 , v2′ , v3′ ) est une base de R3 et MB′ (u) =  0 2 β2 .
0 0 2
       
1 3 1 1
       

u(v2 ) = A  1  =  2  =  0  + 2  1  = v1 + 2v2′
0 1 1 0
    
     
1 1 1 1 1 
 α2 + β2 + 2 = 1
′          
u(v3 ) = A  −1  =  −4  = α2  0  + β2  1  + 2  −1  ⇔ β2 − 2 = −4


0 1 1 0 0 α2 = 1
(
α2 = 1

β2 = −2

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⇒ u(v3′ ) = v1 − 2v2′ + 2v3′
 
2 1 1
 
MB′ (u) =  0 2 −2  = T .
0 0 2
 
1 1 1
 
P = PBc →B′ =  0 1 −1  ⇒ A = P T P −1 .
1 0 0
ème
Méthode :
2::::::::::::::
 
1
 
v1 =  0  ∈ E2 (A)
1
( (
u(v 2 ) = v1 + 2v 2 (u − 2Id)(v2 ) = v1 (1)
On choisit v2 , v3 ∈ R3 tels que ⇔
u(v3 ) = v2 + 2v3 (u − 2Id)(v3 ) = v2 (2)
(1) ⇒ (u − 2Id) (v2 ) = (u − 2Id)(v1 ) = 0 ⇒ v2 ∈ ker(u − 2Id)2
2
   2  
2 1 0 0 1 0 −1 1 1
     
A =  −1 3 1  ; (A − 2I)2 =  −1 1 1  =  0 0 0 
1 0 1 1 0 −1 −1 1 1
 
1
 
v2 ∈ ker(A − 2I) . soit v2 =  1 .
2

0
 
x
 
Soit v3 =  y  ∈ R3
z
      
0 1 0 x 1 
 y=1 
 y=1
    
(A − 2I)v3 = v2 ⇔  −1 1 1   y  =  1  ⇔ −x + y + z = 1 ⇔ z=x

 

1 0 −1 z 0 x−z =0 x∈R
 
0
 
Soit v3 =  1  .
0
 
2 1 0
 
B” = (v1 , v2 , v3 ) est une base de R3 . MB′ (u) =  0 2 1  = T ′ .
0 0 2
 
1 1 0
 

P = PBc →B” =  0 1 1  ⇒ A = P ′ T ′ P ′−1 .
1 0 0
Remarque :
Soit A ∈ Mn (K) une matrice trigonalisable , alors χA = (X − λ1 )(X − λ2 ) . . . (X − λn )
où λ1 , . . . , λn les valeurs propres de A (répété autant de fois que leurs multiplicités)
χA (X) = X n − (λ1 + · · · + λn )X n−1 + · · · + (−1)n (λ1 × · · · × λn )
= X n − tr(A)X n−1 + · · · + (−1)n det A
X
n Yn
⇒ λi = tr(A) et λi = det A
i=1 i=1

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2- Nilpotence :
Soit E un K-espace vectoriel de dim E = n .
Définition :
Un endomorphisme u ∈ L (E) est dit nilpotent s’il existe p ∈ N vérifiant up = 0̃.
Le plus petit p vérifiant up = 0̃ est appelé indice de nilpotence de u.
De même, une matrice A ∈ Mn (K) est dite nilpotente s’il existe p ∈ N vérifiant Ap = 0.
Le plus petit p vérifiant Ap = 0 est appelé indice de nilpotence de A.
Remarque :
Si A = MB (u), alors la matrice A est nilpotente SSI l’endomorphisme u est nilpotent.
Exemples :
!
1 1
1. La matrice A = est nilpotente car A2 = 0.
−1 −1
 
0 1 0
 
2. La matrice A =  0 0 1  est nilpotente car A3 = 0.
0 0 0
3. Soit A
 une matrice triangulaire
 supérieure
 stricte de M n (K).
0 ⋆ 0 0 ⋆
   
 ..   ... ... 
 .   
A=  , A =2
 , etc
 . ..   . .. 0 
   
(0) 0 (0) 0
Montrons que An = 0.
Soit u l’endomorphisme de Kn canoniquement associé à A.
Notons Bc = (e1 , . . . , en ) la base canonique de Kn .
On a u(e1 ) = 0E et pour tout 2 ≤ i ≤ n, on a u(ei ) ∈ Vect(e1 , . . . , ei−1 ).
Par suite Im(u) = Vect(u(e1 ), . . . , u(en )) ⊂ Vect(e1 , . . . , en−1 ).
puis Im(u2 ) ⊂ u(Vect(u(e1 ), . . . , u(en−1 ))) ⊂ Vect(e1 , . . . , en−2 ).
Par récurrence, on obtient : ∀1 ≤ k ≤ n − 1 , Im(uk ) ⊂ Vect(e1 , . . . , en−k ).
En particulier Imun−1 ⊂ Vect(e1 ) puis Imun ⊂ {0E } , ce qui donne un = 0̃
D’où An = 0.
Théorème :
soit u ∈ L (E), alors :
u est nilpotent , si et seulement si, u est trigonalisable avec 0 pour seule valeur propre.
De même, A ∈ Mn (K) est nilpotente, si et seulement si, A est semblable à une matrce triangulaire
supérieure stricte.
Preuve :
"⇐"
Si u est trigonalisable avec 0 pour seule valeur propre, alors il existe une base B de E tels que MB (u)
soit triangulaire supèrieure, de plus MB (u) a pour coefficients diagonaux les valeurs propres de u c à d
ses coefficients diagonaux sont nuls, donc MB (u) est triangulaire supérieure stricte et par conséquent
nilpotente.
"⇒"
Raisonnons matriciellement. Par récurrence sur n ∈ N∗ , montrons que si A ∈ Mn (K) est nilpotente,

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alors A est semblable à une matrice triangulaire supérieure stricte.
Pour n = 1 : une matrice nilpotente de taille 1 est nécessairement nulle.
Supposons la propriété établie au rang n − 1 ≥ 1.
Soit A ∈ Mn (K) nilpotente. Posons f l’endomorphisme de Kn canoniquement associé à A.
La matrice A ne peut être inversible et donc ker A 6= {0}. Soit e1 un vecteur non nul de ker A.
On complète ce vecteur e!1 en une base de Kn de la forme B ′ = (e1 , e2 , . . . , en ).
0 ⋆
B = MB′ (f ) = avec A′ ∈ Mn−1 (K).
0 A′
La matrice B est semblable à A et donc elle est aussi nilpotente.
On en déduit que le bloc A′ est nilpotent.
Par hypothèse de récurrence, il existe P ′ ∈ GLn−1 (K) telle que P ′−1 A′ P ′ soit triangulare supérieure
stricte. !
1 0
Posons alors P = ∈ GLn (K)
0 P′
!

0 ⋆
Par produit par blocs : P −1 BP = est triangulaire supérieure stricte.
0 P ′−1 A′ P ′
Finalement A est semblable à une matrice triangulaire supérieure stricte.
D’où le résultat.
Remarque :
Le polynôme caractétrestique de u ( ou de A ) est alors X n .
Corollaire :
Si u est un endomorphisme nilpotent d’un K-espace vectoriel E de dimension n , alors un = 0̃.
Si A ∈ Mn (K) est nilpotente alors An = 0.
Remarque :
Si p est l’indice de nilpotence de u ( resp A ) , alors p ≤ n.
VI- Polynômes d’un endomorphisme, d’une matrice carrée :
1- Polynômes d’un endomorphisme :
Soient E un K-espace vectoriel.
Définition :
Soit u ∈ L (E).
u0 = IdE , ∀ k ≥ 1 , uk = uk−1 ◦ u = u ◦ uk−1 .
X
p
Soit P ∈ K[X] , P = a0 + a1 X + · · · + ap X =
p
ak X k .
k=0
X
p
On définit l’endomorphisme P (u) = a0 IdE + a1 u + · · · + ap u = p
ak u k .
k=0
P (u) ∈ L (E) , P (u) est appelé polynôme d’endomorphisme de u.
Exemple :
P = 2X 2 − X + 2 , u ∈ L (E) , P (u) = 2u2 − u + 2 IdE
! ! Attention :
La valeur de P (u) en x ∈ E est notée P (u)(x) à comprendre [P (u)](x).
Ecrire P (u(x)) n’ a pas de sens.
Définition : Polynôme annulateur d’un endomorphisme
Soit u ∈ L (E). On appelle polynôme annulateur de u tout polynôme P ∈ K[X] vérifiant P (u) = 0̃.

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Exemples :
1. Le polynôme nul annule tout endomorphisme .
2. Le polynôme X − λ annule l’endomorphisme λIdE .
3. Le polynôme X 2 − X est annulateur des projections vectorielles.
4. Le polynôme X 2 − 1 est annulateur des symétries vectorielles.
Propriétés :
Soient P, Q ∈ K[X] , u ∈ L (E) , alors :
1. (P Q)(u) = P (u) ◦ Q(u) = Q(u) ◦ P (u)
2. (P + Q)(u) = P (u) + Q(u) = Q(u) + P (u)
3. ∀λ ∈ K , (λP )(u) = λ (P (u))
4. u ◦ P (u) = P (u) ◦ u
⇒ Imu et ker u sont stables par P (u) et ImP (u) et ker P (u) sont stables par u.
Preuve :
Soient P, Q ∈ K[X] , u ∈ L (E) .
Xn Xm
P = k
ak X , Q = bk X k où ak , bk ∈ K.
k=0 k=0

X
m
1. Soit r ∈ N , X r Q = bk X r+k
k=0
X
m X
m X
m
⇒ (X r Q)(u) = bk ur+k = b k ur ◦ uk = bk uk ◦ ur
k=0 !
k=1 !
k=0
X
m X
m
⇒ (X r Q)(u) = ur ◦ bk u k = bk uk ◦ ur
k=0 k=0
⇒ (X r Q)(u) = ur!◦ Q(u) = Q(u) ◦ ur
Xn Xn
k
PQ = ak X Q = ak X k Q
k=0 k=0
X
n X
n X
n
(P Q)(u) = k
ak (X Q)(u) = ak u ◦ Q(u) = k
ak Q(u) ◦ uk
k=0 ! k=0 k=0 !
X n Xn
⇒ (P Q)(u) = ak uk ◦ Q(u) = Q(u) ◦ ak u k
k=0 k=0
⇒ (P Q)(u) = P (u) ◦ Q(u) = Q(u) ◦ P (u)
2. (P + Q)(X) = P (X) + Q(X) = Q(X) + P (X) ⇒ (P + Q)(u) = P (u) + Q(u) = Q(u) + P (u).
3. Soit λ ∈ K , (λP )(X) = λ(P (X)) ⇒ (λP )(u) = λ(P (u)).
4. Pour Q = X, on a (XP )(u) = Q(u) ◦ P (u) = P (u) ◦ Q(u), alors u ◦ P (u) = P (u) ◦ u
Par conséquent Imu et ker u sont stables par P (u) et ImP (u) et ker P (u) sont stables par u.
Exemple :
X 3 − 2X + 1 = (X − 1)(X 2 + X − 1)
u3 − 2u + IdE = (u − IdE ) ◦ (u2 + u − IdE ) = (u − IdE )(u2 + u − IdE )
Corollaire :
φu : K[X] −→ L (E)
Soit u ∈ L (E) . L’application est un morphisme de K-algèbre.
P 7−→ P (u)

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Remarques :
ker φu = {P ∈ K[X] / P (u) = 0̃} est l’ensemble des polynômes annulateurs de u , c’est un sous espace
vectoriel et un idéal de K[X].
Imφu = {P (u) / P ∈ K[X]} = K[u] est une sous algèbre commutative de L (E).
Lemme :
Soient u ∈ L (E) et P ∈ K[X]. Si λ est valeur propre de u alors P (λ) est valeur propre de P (u).
Preuve :
Soit λ une valeur propre de u, il existe x 6= 0E tel que u(x) = λx.
On a u2 (x) = u(λx) = λ2 x, . . . , uk (x) = λk x, . . . , un (x) = λn x.
Soit P = an X n + · · · + a1 X + a0 ∈ K[X].
On a P (u)(x) = (an un + · · · + a1 u + a0 IdE )(x) = an λn x + · · · + a1 λx + a0 x = P (λ)x avec x 6= 0E .
Donc P (λ) est valeur propre de P (u).
Proposition :
Soient u ∈ L (E) et P ∈ K[X].
Si P est un polynôme annulateur de u alors les valeurs propres de u sont des racines de P .
Preuve :
Soit P un polynôme annulateur de u et λ une valeur propre de u.
On a P (λ) valeur propre de P (u) = 0̃ donc P (λ) = 0.
! ! Attention : Des racines d’un polynôme annulateur peuvent ne pas être valeur propre.
Exemples :
1) Si p est une projection vectorielle alors X 2 −X = X(X −1) est annulateur de p et donc Sp(p) ⊂ {0, 1}.
2) 0 est la seule valeur propre d’un endomorphisme nilpotent.
En effet, soit u ∈ L (E) nilpotent. Il existe p ∈ N∗ tel que up = 0̃.
Le plynôme X p est annulateur de u et donc Sp(u) ⊂ {0}.
L’endomorphisme u ne peut être injectif (car up ne l’est pas) et donc 0 ∈ Sp(u).
Par suite Sp(u) = {0}.
2- Polynômes d’une matrice carrée :
Soit n ∈ N∗ .
Définition :
Soit A ∈ Mn (K).
A0 = In , ∀ k ≥ 1 , Ak = Ak−1 × A = A × Ak−1 .
X
p
Soit P ∈ K[X] , P = a0 + a1 X + · · · + ap X =
p
ak X k .
k=0
X
p
On définit la matrice P (A) = a0 In + a1 A + · · · + ap A =
p
ak Ak .
k=0
P (A) ∈ Mn (K) , P (A) est appelé polynôme de matrice A.
Exemples :
1) P = 2X 2 − X + 2 , A ∈ Mn (K).
P (A) = 2A2 − A + 2 In .  
λ (0)
Xp

1

2) Soient P = k
ak X , D =   ..
.  ∈ Mn (K).

k=0
(0) λn

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 
X
p
   ak λk1 
(0)
λk1
(0)  
Xp
X 
p
  k=0 
 .   ... 
= 
k .
P (D) = ak D = ak  .
 
k=0 k=0
λkn  X
p 
(0)  (0) k 
ak λ n
  k=0

P (λ1 ) (0)
 
=

..
. 

(0) P (λn )
 
λ1 ⋆
 
3) Soient P ∈ K[X] , T = 

... 
 ∈ Mn (K).
(0) λn
 
λk1 ⋆′
 
On vérifie par récurrence que : ∀k ∈ N , T k = 

..
. 

(0) λkn
 
P (λ1 ) ⋆”
 
Puis par linéarité, P (T ) = 

... 

(0) P (λn )
4) On a : ∀P ∈ K[X] , M ∈ Mn (K) , P ( M ) = t P (M ).
t

En effet, ∀k ∈ N , (t M )k = t (M k ) , puis on conclut par linéarité.


Définition : Polynôme annulateur d’une matrice
Soit M ∈ Mn (K). On appelle polynôme annulateur de M tout polynôme P ∈ K[X] vérifiant P (M ) = 0.
Exemples :
1. Le polynôme nul annule toute matrice .
!
a b
2. Soit M = ∈ M2 (R).
c d
On vérifie que P = X 2 − (a + d)X + (ad − bc) est annulateur de M .
 
λ1 (0)
 
3. P = (X − λ1 ) . . . (X − λn ) est annulateur de D = 

. ..  ∈ Mn (K).

(0) λn
4. Si u ∈ L (E) et M = MB (u), alors les polynômes annulateurs de M et u se correspondent.
Propriétés :
Soient P, Q ∈ K[X] , A ∈ Mn (K) , alors :
1. (P Q)(A) = P (A) × Q(A) = Q(A) × P (A)
2. (P + Q)(A) = P (A) + Q(A) = Q(A) + P (A)
3. ∀λ ∈ K , (λP )(A) = λ (P (A))
Exemple :
X 3 − 2X + 1 = (X − 1)(X 2 + X − 1) ; A3 − 2A + In = (A − In )(A2 + A − In ).
Corollaire :
φM : K[X] −→ Mn (K)
Soit M ∈ Mn (K). L’application est un morphisme de K-algèbre.
P 7−→ P (M )

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Remarques :
ker φM = {P ∈ K[X] / P (M ) = 0} est l’ensemble des polynômes annulateurs de M , c’est un sous
espace vectoriel et un idéal de K[X].
ImφM = {P (M ) / P ∈ K[X]} = K[M ] est une sous algèbre commutative de Mn (K).
Proposition :
Si A, B ∈ Mn (K) sont semblables alors A et B ont les mêmes polynômes annulateurs.
Proposition :
Soient M ∈ Mn (K) et P ∈ K[X].
Si P est un polynôme annulateur de M alors les valeurs propres de M sont des racines de P .
Exemple :
Soit A ∈ M3 (R) vérifiant A3 = I3 . Le polynôme X 3 − 1 est annulateur de A.
- Dans R : X 3 − 1 = (X − 1)(X 2 + X + 1) , donc SpR (A) ⊂ {1}.
Or d◦ χA = 3 impair, donc χA admet au moins une racine réelle, alors SpR (A) 6= ∅.
D’où SpR (A) = {1}.
- Dans C : X 3 − 1 = (X − 1)(X − j)(X − j 2 ) , donc SpC (A) ⊂ {1, j, j 2 }.
Puisque 1 est valeur propre et puisque les valeurs propres de A sont deux à deux conjuguées, alors :
SpC (A) = {1} ou SpC (A) = {1, j, j 2 }.
On en déduit tr(A) = 3 ou tr(A) = 0 et det A = 1 ( car χA est scindé et donc trigonalisable)
3- Polynômes annulateurs en dimension finie :
Soit E un K-espace vectoriel de dimension n ∈ N∗ .
Théorème de Cayley Hamilton :
Soit u ∈ L (E) alors χu (u) = 0̃.
Soit A ∈ Mn (K) alors χA (A) = 0.
Conséquences :
Soit u ∈ L (E), χu (X) = X n − tr(u)X n−1 + · · · + (−1)n det u.
χu (u) = 0̃ ⇔ un − tr(u)un−1 + · · · + (−1)n det u IdE = 0̃
⇔ un = tr(u)un−1 − · · · − (−1)n det u IdE .
Donc un ∈ Vect(IdE , u, . . . , un−1 )
1) ∀p ≥ n , up ∈ Vect(IdE , u, . . . , un−1 )
2) ∀p ≥ n , Ap ∈ Vect(In , A, . . . , An−1 ) avec A ∈ Mn (K).
Application : Le calcul de Ap pour p ∈ N
On effectue la division euclidienne de X p par χA .
X p = χA .Q + R avec d◦ R < n.
Ap = χA (A).Q(A) + R(A) ⇒ Ap = R(A) avec d◦ R < n.
3) Si u ∈ GL(E) alors det u 6= 0.
χu (u) = 0̃ ⇔ un − tr(u)un−1 + · · · + a1 u + (−1)n det u IdE = 0̃
⇒ u ◦ [u
"
n−1
− tr(u) un−2 + · · · + a1 IdE ] = (−1)n+1 det
# u IdE
(−1) n+1

⇒u◦ un−1 − tr(u) un−2 + · · · + a1 IdE = IdE
det u
(−1)n+1 
⇒ u−1 = un−1 − tr(u) un−2 + · · · + a1 IdE .
det u
4) De même si A ∈ GLn (K) alors det A 6= 0.
(−1)n+1 
χA (A) = 0 ⇒ A−1 = An−1 − tr(A) An−2 + · · · + a1 In .
det A

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Théorème - Définition :
Pour tout u ∈ L (E), il existe un unique polynôme unitaire Πu vérifiant :
1. Πu est annulateur de u (Πu (u) = 0̃)
2. ∀P ∈ K[X] , P (u) = 0̃ ⇒ Πu /P .
Ce polynôme Πu est appelé polynôme minimal de l’endomorphisme u.
Cet énoncé se transpose aux matrices A ∈ Mn (K) ce qui définit le polynôme minimal ΠA .
Preuve :
Existence
::::::::::::
: Considérons I = {P ∈ K[X] / P (u) = 0̃}.
I est un idéal de K[X], alors il existe Q ∈ K[X] tel que I = QK[X].
Puisque χu ∈ I, alors I 6= {0} et donc Q 6= 0.
1
Notons λ le coefficient dominant de Q. Considérons Πu = Q .
λ
Le polynôme Πu est unitaire et vérifiant I = Πu K[X].
Unicité : Supposons Πu et Π˜u solutions.
::::::::::

Puisque Π˜u (u) = 0̃ alors Πu /Π˜u . De même Πu (u) = 0̃ alors Π˜u /Πu .
Donc Πu et Π˜u sont associés (Πu = α Π˜u ), or Πu et Π˜u sont unitaires, alors Πu = Π˜u .
Remarques :
- Le polynôme Πu est non constant.
- Πu est l’unique polynôme unitaire de degré minimal (le plus petit possible) qui annule u.
Exemples :
1. Polynôme minimal de u = λ IdE :
X − λ annule u et donc Πu /X − λ, puisque Πu est unitaire non constant on obtient Πu = X − λ.
2. Polynôme minimal d’une projection p tels que p 6= 0̃ et p 6= IdE .
On a p2 = p, donne X 2 − X est annulateur de p, alors Πp /X(X − 1).
Puisque Πp est unitaire non constant alors Πp = X ou Πp = X − 1 ou Πp = X(X − 1).
Comme p 6= 0̃ et p 6= IdE , alors les cas Πp = X ou Πp = X − 1 sont à exclure.
D’où Πp = X(X − 1).
!
1 1
3. Polynôme minimal de A = ∈ M2 (R).
−2 4
χA = X 2 − 5X + 6 = (X − 2)(X − 3) est annulateur de A, donc ΠA /χA
Par conséquent, ΠA = X − 2 ou ΠA = X − 3 ou ΠA = (X − 2)(X − 3).
Les cas ΠA = X − 2 ou ΠA = X − 3 sont à exclure, d’où ΠA = (X − 2)(X − 3).
 
1 0 0
 
4. Polynôme minimal de D = 0 1 0 ∈ M2 (R).
0 0 2
χD = (X − 1) (X − 2) et ΠD = (X − 1)(X − 2)
2

Théorème :
Les valeurs propres de u ∈ L (E) (resp A ∈ Mn (K)) sont exactement les racines de son polynôme
minimal.
Preuve :
Les valeurs propres de u sont des racines de Πu car Πu est annulateur de u.
Inversement, si λ est racine de Πu alors λ est aussi racine de χu , donc λ est valeur propre de u.

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Conséquence :
Y
Le polynôme (X − λ) divise Πu .
λ∈Sp(u)
Remarques :
Soit u ∈ L (E). Posons d = deg(Πu ), on a d ≤ dim E car Πu divise χu .
On écrit Πu = X d + ad−1 X d−1 + · · · + a1 X + a0 .
Πu (u) = 0̃ ⇔ ud = −ad−1 ud−1 − · · · − a1 u − a0 IdE Donc ud ∈ Vect(IdE , u, . . . , ud−1 )
1) ∀p ≥ d , up ∈ Vect(IdE , u, . . . , ud−1 )
2) ∀p ≥ d , Ap ∈ Vect(In , A, . . . , Ad−1 ) avec A ∈ Mn (K).
Application : Le calcul de Ap pour p ∈ N
On effectue la division euclidienne de X p par ΠA .
X p = ΠA .Q + R avec d◦ R < d.
Ap = ΠA (A).Q(A) + R(A) ⇒ Ap = R(A) avec d◦ R < d ≤ n.
 
3
−2 3 3
 5 2 3 5 53 53 
 −5 5 
Exemple : Soit A =  5
 − 3 − 3 12 2 
5 

 5 5 5 5 
−5 −5 5 5
3 3 2 12

χA = (X − 1) (X − 2) ; ΠA = (X − 1)(X − 2) .
2 2

X p = (X − 1)(X − 2)Q + (2p − 1)X + (2 − 2p ) ⇒ Ap = (2p − 1) A + (2 − 2p ) I4 .


Théorème :
Soit u ∈ L (E), si d = deg(Πu ) alors la famille (IdE , u, . . . , ud−1 ) est une base de K[u].
Ce résultat se transpose aux matrices carrées.
Preuve :
C’est clair que Vect(IdE , u, . . . , ud−1 ) ⊂ K[u].
Inversement, soit P ∈ K[X].
Par division euclidienne, on peut écrire P = Πu Q + R avec degR < d.
On a alors P (u) = Πu (u) ◦ Q(u) + R(u) = R(u) ∈ Vect(IdE , u, . . . , ud−1 ).
Ainsi K[u] ⊂ Vect(IdE , u, . . . , ud−1 ) , puis l’égalité.
Montrons que la famille (IdE , u, . . . , ud−1 ) est libre.
Soient a0 , a1 , . . . , ad−1 ∈ K tels que a0 IdE + a1 u + · · · + ad−1 ud−1 = 0̃.
Pour P = a0 + a1 X + · · · + ad−1 X d−1 , on a P (u) = 0̃, donc Πu /P .
Or degP < degΠu , alors P = 0, par suite a0 = a1 = · · · = ad−1 = 0.
Ainsi, la famille (IdE , u, . . . , ud−1 ) est libre et c’est une base de K[u].
Corollaire :
Si u ∈ L (E) et A ∈ Mn (K) alors dim K[u] ≤ dim E et dim K[A] ≤ n.
4- Réduction et polynômes annulateurs :
Soit E un K-espace vectoriel.
a- Lemme de décomposition des noyaux :
Lemme de décomposition de noyaux :
Soient P, Q ∈ K[X] et u ∈ L (E).
Si P et Q sont premiers entre eux alors ker(P Q)(u) = ker P (u) ⊕ ker Q(u).
Preuve :
On a ker P (u) ⊂ ker(P Q)(u).

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En effet : Soit x ∈ ker P (u)
(P Q)(u)(x) = (P (u) ◦ Q(u))(x) = (Q(u) ◦ P (u))(x) = Q(u)(P (u)(x)) = Q(u)(0) = 0.
De même ker Q(u) ⊂ ker(P Q)(u).
Alors ker P (u) + ker Q(u) ⊂ ker(P Q)(u).
P ∧ Q = 1 ⇒ ∃R, S ∈ K[X] / P R + QS = 1 (d’après lemme de Gauss).
⇒ P (u) ◦ R(u) + Q(u) ◦ S(u) = IdE .
Soit x ∈ ker(P Q)(u).
x = P (u) ◦ R(u)(x) + Q(u) ◦ S(u)(x) = x1 + x2 où x1 = P (u) ◦ R(u)(x) et x2 = Q(u) ◦ S(u)(x).
Q(u)(x1 ) = Q(u) (P (u) ◦ R(u)(x)) = Q(u) ◦ P (u) ◦ R(u)(x) = R(u) ◦ P (u) ◦ Q(u)(x)
= R(u) ((P (u) ◦ Q(u)) (x)) = R(u) ((P Q)(u)(x)) = R(u)(0) = 0.
P (u)(x2 ) = P (u) (Q(u) ◦ S(u)(x)) = P (u) ◦ Q(u) ◦ S(u)(x) = S(u) ◦ P (u) ◦ Q(u)(x)
= S(u) ((P (u) ◦ Q(u)) (x)) = S(u) ((P Q)(u)(x)) = S(u)(0) = 0.
⇒ x1 ∈ ker Q(u) , x2 ∈ ker P (u) et par suite x ∈ ker P (u) + ker Q(u).
D’où ker(P Q)(u) ⊂ ker P (u) + ker Q(u).
Donc ker(P Q)(u) = ker P (u) + ker Q(u).
Soit x ∈ ker P (u) ∩ ker Q(u).
On a P (u) ◦ R(u) + Q(u) ◦ S(u) = IdE .
⇒ x = R(u) ◦ P (u)(x) + S(u) ◦ Q(u)(x) = R(u)(P (u)(x)) + S(s)(Q(u)(x)) = R(u)(0) + S(u)(0)
= 0 + 0 = 0.
Alors ker P (u) ∩ ker Q(u) = {0}.
Conclusion : ker(P Q)(u) = ker P (u) ⊕ ker Q(u).
Corollaire :
Soit r ≥ 2 , P1 , . . . , Pr ∈ K[X] deux à deux premiers entre eux.
Soit u ∈ L (E)!, alors : ker(P1 . . . Pr )(u) = ker P1 (u) ⊕ . . . ker Pr (u)
Y r Mr
⇒ ker Pj (u) = ker Pj (u).
j=1 j=1
Preuve : Raisonnement par récurrence sur r.
Pour r = 2 : P1 ∧ P2 = 1 ⇒ ker(P1 P2!
)(u) = ker P1 (u) ⊕ ker P2 (u).
Y
r−1 M
r−1
Soit r ≥ 3, supposons que ker Pj (u) = ker Pj (u).
j=1 j=1
(P1 . . . Pr )(u) = ((P1 × · · · × Pr−1 ) × Pr )(u) ; Pi ∧ Pj = 1 si i 6= j ⇒ (P1 × · · · × Pr−1 ) ∧ Pr = 1
M
r−1
⇒ ker((P1 × · · · × Pr−1 ) × Pr )(u) = ker(P1 × · · · × Pr−1 )(u) ⊕ ker Pr (u) = ker Pj (u) ⊕ ker Pr (u)
! j=1
Y
r M
r
⇒ ker Pj (u) = ker Pj (u).
j=1 j=1
Rappel :
Deux polynômes de K[X] sont premiers entre eux si, et seulement si, ils n’ont pas de racines complexes
en commun.
Exemples :
1. Soit p ∈ L (E) un projecteur , donc p2 = p ◦ p = p.
Q = X 2 − X = X(X − 1) , (X − 1) ∧ X = 1
Q(p) = p2 − p = 0̃ ⇒ E = ker p ⊕ ker(p − IdE ) . ( ker(p − IdE ) = Imp )

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2. Soit s ∈ L (E) une symétrie , donc s2 = s ◦ s = IdE .
Q = X 2 − 1 = (X − 1)(X + 1) , (X − 1) ∧ (X + 1) = 1
Q(s) = s2 − IdE = 0̃ ⇒ E = ker(s − IdE ) ⊕ ker(s + IdE ) .
3. Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie n ∈ N∗ et u ∈ L (E) tels que u2 −2u−8IdE = 0̃.
P = X 2 − 2X − 8 = (X + 2)(X − 4)
P (u) = 0̃ , (X + 2) ∧ (X − 4) = 1 ⇒ E = ker(u + 2 IdE ) ⊕ ker(u − 4 IdE ).
Notons dim ker(u + 2 IdE ) = p alors dim ker(u − 4 IdE ) = n − p.
- Si p = 0 alors u = 4 IdE .
- Si p = n alors u = −2 IdE .
- Si 0 < p < n :
Soit B1 = (e1 , . . . , ep ) une base de ker(u + 2 IdE ) .
Soit B2 = (ep+1 , . . . , en ) une base de ker(u − 4 IdE ).
B = B1 ∪ B2 est une base de E.
u(ej ) = −2 ej ∀1 ≤ j ≤ p ; u(ej ) = 4 ej ∀p + 1 ≤ j ≤ n.
p n−p
 ←−−−−−−−−−−−−→ ←−−−−−−−−−−−−→
−2 (0) 0 ...
0
 .. 
 ... ..
. 
 . 
 
 (0) −2 0 . . . 0 
MB (u) = 


 0 ... 0 4 (0) 

 .. .. 
 . .
..
. 
 
0 ... 0 (0) 4
4. Soient λ1 , . . . , λm les valeurs propres deux à deux distincts de u ∈ L (E).
Les polynômes X − λk étant deux à deux premiers entre eux, on retrouve que les sous espaces
propres d’un endomorphisme sont en somme directe.

b- Diagonalisabilité :
Théorème :
Soit u ∈ L (E). Les assertions suivantes sont équivalentes :
(i) u est diagonalisable dans K.
(ii) u annule un polynôme scindé à racines simples dans K.
(iii) Le polynôme minimale de u est scindé à racines simples dans K.
Y
De plus Πu = (X − λ).
λ∈Sp(u)
Ce résultat se transpose aux matrices carrées.
Preuve :
Notons λ1 , . . . , λr ∈ K les valeurs propres de u.
(i)⇒(ii) :
Mr
Supposons u diagonalisable, alors on a E = Eλk (u).
k=1
B de E adaptée à 
Dans une base cette décomposition, la matrice de u est :
λ1 Iα1 (0)
 
A = MB (u) = 

. ..  avec αk = dim Eλ (u).
 k

(0) λr Iαr

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Y
r
Soit P = (X − λ1 ) × · · · × (X − λr ) = (X − λk ).
k=1
La matrice de P (u) dans la base B est :   
P (λ1 )Iα1 (0) (0) (0)
   
P (A) = MB (u) =  
... =
 
... =0

(0) P (λr )Iαr (0) (0)
Donc u annule le polynôme P qui est scindé à racines simples.
(ii)⇒(iii) :
Si u annule un polynôme scindé à racines simples alors Πu le divise et par suite Πu lui même est scindé
à racines simples.
(iii)⇒(i) :
Supposons Πu scindé à racines simples. Puisque les racines de Πu sont exactement les valeurs propres
Y r
de u, alors Πu = (X − λk ).
k=1
Or les facteurs (X − λk ) étant premier entre eux, le lemme de décomposition des noyaux donne :
Mr M r
E = ker Πu (u) = ker(u − λk IdE ) = Eλk (u).
k=1 k=1
D’où u est diagonalisable.
Exemples :
1. Diagonalisation de T : Mn (R) → Mn (R) définie par T (M ) = t M .
On a T 2 = Id donc X 2 − 1 annule T .
X 2 − 1 = (X − 1)(X + 1) est scindé à racines simples, alors T est diagonalisable.
De plus : Sp(T ) ⊂ {−1, 1} , E1 (T ) = ker(T − Id) = Sn (R) , E−1 (T ) = ker(T + Id) = An (R).
n(n−1)
On en déduit tr T = dim Sn (R) − dim An (R) = n et det T = (−1)dim An (R) = (−1) 2 .
En fait l’endomorphisme T est la symétrie par rapport à Sn (R) et parallèlement à An (R)
2. Soit A ∈ Mn (R) telle que A2 + In = 0.
Montrons que n est pair et calculons det A et tr A .
A annule X 2 + 1 = (X − i)(X + i) qui est scindé à racines simples dans C
donc A est diagonalisable dans Mn (C).
De plus SpC (A) ⊂ {i, −i}.
Or SpC (A) 6= ∅ et les valeurs propres de A sont deux à deux conjuguées car A ∈ Mn (R)
donc SpC (A) = {i, −i}.
Comme χA ∈ R[X], alors m(i) = m(−i), donc dim Ei (A) = dim E−i (A).
Notons p cette valeur commune. !
i Ip O
Alors A est semblable dans Mn (C) à .
O −i Ip
On en déduit n = 2p , det A = 1 et tr A = 0.
3. Soient E un K-espace
( vectoriel de dimension finie n ∈ N∗ et u ∈ L (E) tels que
(u − 2IdE )3 ◦ (u + IdE ) = 0̃ .
.
(u − 2IdE )2 ◦ (u + IdE ) 6= 0̃
u est - il diagonalisable ?
Réponse :
(u − 2IdE )3 ◦ (u + IdE ) = 0̃ ⇒ Sp(u) ⊂ {−1, 2}.
Si u est diagonalisable alors Q = (X + 1)(X − 2) est un polynôme annulateur de u.

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⇒ Q(u) = 0̃ ⇒ (u − 2IdE ) ◦ (u + IdE ) = 0̃ ⇒ (u − 2IdE )2 ◦ (u + IdE ) = 0̃ Absurde.
D’où u n’est pas diagonalisale.
Lemme :
Si F est un sous espace vectoriel stable par u ∈ L (E) alors F est stable par tout polynôme en u et
pour tout P ∈ K[X] , P (u)|F = P (u|F ).
Preuve :
Puisque F est stable par u, alors F est aussi stable par uk pour tout k ∈ N∗ .
De plus pour tout k ∈ N∗ , (u|F k = (uk )|F .
Par combinaison linéaire, pour tout P ∈ K[X] , P (u)|F = P (u|F ).
Proposition :
Si F est un sous espace vectoriel stable par u ∈ L (E) alors Πu|F divise Πu .
Preuve : Πu (u|F ) = Πu (u)|F = 0̃|F alors Πu|F divise Πu .
Théorème :
Si u ∈ L (E) est diagonalisable et si F est un sous espace vectoriel stable par u alors u|F est
diagonalisable.
Preuve :
Si u est diagonalisable alors Πu est un polynôme scindé à racines simples, comme Πu|F divise Πu ,
donc Πu|F est un polynôme scindé à racines simples, d’où u|F est diagonalisable.
Corollaire :
Soient u ∈ L (E) diagonalisable sur K et F est un sous espace vectoriel de E, alors :
F est stable par u si, et seulement si, il existe une base de F formée par des vecteurs propres de u.
Preuve :
Si F est stable par u alors u|F est diagonalisable donc F admet une base de vecteurs propres de u|F
qui sont aussi vecteurs propres de u.
Inversement, si (e1 , . . . , ep ) est une base de F formée par des vecteurs propres de u,
alors pour tout j ∈ J1, pK , u(ej ) ∈ Vect(ej ) ⊂ F et donc F est stable par u.
Exemple :
Soient u, v ∈ L (E) diagonalisables. Montrons que si u et v commutent alors il existe une base de E
formée de vecteurs propres communs à u et v.
M
Réponse : u est diagonalisable, alors E = Eλ (u).
λ∈Sp(u)
Pour λ ∈ Sp(u), Eλ (u) est stable par v, or v est diagonalisable donc v|Eλ (u) l’est aussi.
Ainsi, il existe une base Bλ de Eλ (u) formée de vecteurs propres de v dont ses éléments sont aussi des
vecteurs propres de u.
[
En posant B = Bλ , on forme une base de E formée de vecteurs propres communs à u et v.
λ∈Sp(u)
Matriciellement, on a obtenu que si A, B ∈ Mn (K) sont diagonalisables et commutent alors il existe
P ∈ GLn (K) vérifiant P −1 AP et P −1 BP sont diagonales.
c- Trigonalisabilité :
Théorème : Soit u ∈ L (E). Les assertions suivantes sont équivalentes :
(i) u est trigonalisable dans K .
(ii) u annule un polynôme scindé dans K[X].
(iii) Le polynôme minimale de u est scindé dans K[X].

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De plus, l’espace E est alors la somme directe de sous espaces stables par u sur chacun des quels u
induit la somme d’une homothétie et d’un endomorphisme nilpotent.
Ce résultat se transpose aux matrices carrées.
Preuve :
(i)⇒(ii) :
Puisque u est trigonalisable, alors u annule son polynôme caractérestique qui est scindé dans K[X].
(ii)⇒(iii) :
Si u annule un polynôme P scindé dans K[X], alors Πu divise P , donc Πu est scindé dans K[X].
(iii)⇒(i) :
Yp
Supposons le polynôme minimal Πu de u est scindé dans K[X]. On peut écrire Πu = (X − λk )αk ,
k=1
avec λ1 , . . . , λp les valeurs propres distincts de u.
M
p
Par le lemme de décomposition des noyaux, on obtient E = ker Πu (u) = ker (u − λk IdE )αk .
k=1
Soit k ∈ J1, pK. Posons Fk = ker (u − λk IdE )αk .
Fk est stable par u car u et (u − λk IdE )αk commutent.
Soit nk = u|Fk − λk IdFk ∈ L (Fk ).
Pour tout x ∈ Fk = ker (u − λk IdE )αk , nαk k (x) = (u|Fk − λk IdFk )αk (x) = (u − λk IdE )αk (x) = 0E .
Alors nαk k = 0̃ et par suite nk est nilpotent.
D’où u|Fk = λk IdFk + nk : somme de l’homothétie λk IdFk et l’endomorphisme nilpotent  nk . 
0 ⋆
 
Puisque nk est nilpotent, alors il existe une base Bk de Fk tels que Nk = MBk (nk ) =   . . . .

(0) 0
 
λk ⋆
 
Par suite Tk = MBk (u|Fk ) = λk Irk + Nk =  
..
.  : triangulaire supérieur. (rk = dim Fk )

(0) λk
[p
Posons B = Bk , alors B est une base de E .
k=1  
T1 O ... O
 .. 
O ..
. . 
 T 2 
De plus MB (u) =  . .. ..  : triangulaire supérieur.
 .. . . O 
 
O . . . O Tp
D’où u est trigonalisable.
Remarque :
Les espaces ker (u − λk IdE )αk s’appellent espaces caractérestiques de l’endomorphisme u.
Corollaire :
Si A ∈ Mn (K) est tigonalisable alors A est semblable à une matrice diagonale par blocs où chaque
bloc diagonal est de la forme λ Ir + N avec N une matrice nilpotente.
Corollaire :
Si u ∈ L (E) est trigonalisable et si F est un sous espace vectoriel stable par u alors u|F est
trigonalisable.
Preuve :
On a Πu est scindé, or Πu|F divise Πu , donc Πu|F est scindé, et par suite u|F est trigonalisable.

ALGEBRE 2eme MP (Réduction) page 40 © Hamed Hassine

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