Fse Mem BC 23 1169
Fse Mem BC 23 1169
…. S …. i
UNIVERSITE DE YAOUNDE I THE UNIVERSITY OF YAOUNDE I
…. ….
CENTRE DE RECHERCHE ET DE FORMATION POST GRADUATE SCHOOL FOR “SOCIAL
DOCTORALE EN « SCIENCES HUMAINES, AND EDUCATIONAL SCIENCES”
SOCIALES ET ÉDUCATIVES » F E ….
…. RESEARCH AND DOCTORAL TRAINING
UNITÉ DE RECHERCHE ET DE FORMATION UNIT FOR“SCIENCE OF EDUCATION AND
DOCTORALE EN « SCIENCES DE L’ÉDUCATION EDUCATIONAL ENGINEERING”
ET INGÉNIERIE ÉDUCATIVE » …..
…. DEPARTMENT OF CURRICULA AND
DEPARTEMENT DE CURRICULA ET EVALUATION
EVALUATION
Par
AICHA NANA
Matricule : 21V3841
Licence es espagnole
Sous la direction de
Maitre de Conférences
SOMMAIRE
DEDICACE............................................................................................................................... ii
REMERCIEMENTS ............................................................................................................... iii
ABRÉVIATIONS, SIGLES ET ACRONYMES .................................................................. iv
LISTE DES TABLEAUX ........................................................................................................ v
RESUME ................................................................................................................................. vii
ABSTRACT ........................................................................................................................... viii
INTRODUCTION GENERALE ............................................................................................ 1
CHAPITRE 1 : PROBLEMATIQUE DE L’ETUDE ........................................................... 5
CHAPITRE 2 : REVUE LITTERAIRE ET THEORIES EXPLICATIVES ................... 14
CHAPITRE 3 : METHODOLOGIE DE L’ETUDE ........................................................... 41
CHAPITRE 4 : ANALYSE DES DONNEES ET PRESENTATION DES RESULTATS
.................................................................................................................................................. 59
CHAPITRE 5 : INTERPRÉTATION ET DISCUSSIONS DES RÉSULTATS .............. 90
CONCLUSION GENERALE ............................................................................................... 97
REFERENCES ..................................................................................................................... 100
ANNEXES ............................................................................................................................. 108
TABLE DES MATIERES ................................................................................................... 114
ii
DEDICACE
A mes enfants
iii
REMERCIEMENTS
A mon époux Mohamadou Awal pour son accompagnement diversifié. Qu’il trouve ici
l’expression de ses encouragements ; lui qui a toujours cru à la pertinence et à l’intérêt de
poursuivre les études.
A mes camarades de promotion pour la collaboration et l’esprit d’équipe qui règne depuis
deux années.
A ma famille et tous ceux qui ont de prêt ou de loin apporté leur contribution à la
réalisation de ce travail scientifique.
iv
Résumé
Abstract
The recent health crisis has made it possible to highlight the digitization of teaching as a
policy of educational continuity and as a vector for the transformation of the Cameroonian
education system. This policy considered a workhorse capable of revitalizing the education
sectors, particularly the secondary, has been implemented despite the socio-economic and
political constraints that Cameroon is experiencing. To this end, the public authorities have
set up a vast digital development program with a strategic plan, "Digital Cameroon 2020",
which defines the vision, strategy and priorities with a strong impact on the digital
development of the territory. We note a great improvement in this sector with ever-increasing
internet penetration. However, the problem of the low appropriation of digital technology in
teachers' teaching practices remains to be questioned. One may wonder how the digitization
of teaching in the Cameroonian context determines its professional appropriation by
secondary school teachers. In a hypothetico-deductive approach, we formulated the general
hypothesis that certain determinants of the digitalization of teaching in the Cameroonian
context determine its professional appropriation by secondary school teachers. Quantitative in
its approach, this study focused on 166 teachers as a sample from three high schools in the
district of Yaoundé 1. The information was collected using a questionnaire, favouring the
direct mode of administration. The data processing was carried out by SPSS software and
tested using Chi-square. The results corroborate our initial hypotheses and show that certain
determinants of the digitalization system are linked to teachers' appropriation of digital
technology. It is therefore desirable that three dimensions be required as a priority to facilitate
the appropriation by teachers, in particular, to clarify the importance of digitalization, the ease
of use and the added value of digital education.
INTRODUCTION GENERALE
Cette sous-utilisation des TIC varie d’un pays à l’autre en fonction des moyens engagés
et du niveau du développement. En effet, si certains pays développés (USA, Norvège, Suède,
Japon, etc.) ont investi considérablement, en vue d’améliorer la qualité de l’environnement
technologique au sein de leurs institutions universitaires (réseaux à haut débit, connexion
internet performante, faible coût d’accès aux TIC, etc.), les pays moins développés tels que
ceux de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb rencontrent des difficultés considérables
d’ordre structurel, financier et humain en matière d’intégration des TIC.
toutefois véritablement touché du doigt son appropriation professionnelle par les enseignants
du secondaire.
La question centrale qui sous-tend cette étude est celle de savoir en quoi la digitalisation
des enseignements en contexte camerounais détermine-t-elle son appropriation
professionnelle par les enseignants du secondaire ? En guise de réponse provisoire, une
hypothèse générale a été formulée.
Dans le cadre de cette recherche, nous avons utilisé le modèle multivarié pour montrer
comment chaque déterminant indépendant apporte des explications à la question
d’appropriation professionnelle du numérique par les enseignants du secondaire. Pour ce
faire, nous avons mené une enquête auprès de 166 enseignants de trois lycées de
l’arrondissement de Yaoundé 1
Dans une démarche méthodique, nous avons divisé notre travail en dans lesquelles cinq
chapitres. Partant d’une problématique à la discussion des résultats obtenus de la collecte des
données de terrain.
Le chapitre 3, qui porte sur la méthodologie dans laquelle nous décrivons la méthode de
construction de notre échantillon et la description des instruments de collecte et des outils
d’analyse des données passant tour à tour par le site de l’étude, la population d’étude et aussi
l’administration de l’instrument de collecte de données.
Le chapitre 4 porte sur la présentation et l’analyse des résultats qui seront présentés de
manière succincte dans des tableaux à partir desquels l’analyse descriptive se fera suite aux
valeurs obtenues et enfin, la vérification des hypothèses de recherche à travers l’analyse
inférentielle et du test statistique.
4
Le chapitre 5 en fin traite de l’interprétation des résultats obtenus des données de terrain
et de la discussion desdits résultats. Aussi il sera question d’émettre quelques suggestions à
l’endroit de la communauté éducative.
5
Par ailleurs, des plateformes éducatives ont été mises à jour sur internet. Le site
[Link], propose par exemple des cours sur fichiers numériques, les cours en audio,
les cours en vidéo et les exercices corrigés et expliqués. Cette situation a amené les acteurs de
l’éducation à une forte mobilisation et a une acceptabilité du numérique comme seul moyen
circonstancielle de continuité des enseignements. Cette situation était plus favorable dans les
localités urbaines que les zones rurales ou l’on observe d’énormes difficultés à la diffusion
des enseignements à cause de l’absence des voies de communication. Les enseignants étaient
appelés à diffuser les enseignements à l’aide des outils tels que les « uffers », les « baffles » à
la mesure du possible faisant ainsi de l’enseignant une ressource indispensable au processus.
Dans le même sens, Beche (2013, p 6) soutient qu’au vu des possibilités que l’école et
les TIC offrent,
« Il est clair que c’est à l’enseignant que doit revenir le rôle dirigeant,
Selon ce contexte, la digitalisation recouvre des réalités tout à fait différentes comme
par exemple l’automatisation des processus de production, la communication digitale par les
médias sociaux, les interactions entre l’homme et la machine, la robotique ou l’intelligence
artificielle. La digitalisation recouvre les mutations technologiques par le biais des nouvelles
technologies d’information et de communication ainsi que les modifications
socioéconomiques qui lui sont liées.
Cette innovation peut faciliter l’intégration des acteurs de l’éducation ou, à l’inverse
entraine des résistances en raison l’inappropriation de cette nouvelle approche
d’enseignement apprentissage. Selon Foukoua (2013) Les technologies de l’information et de
la communication en occurrence constituent dans les échanges interpersonnels un élément
facilitateur de premier niveau. Cependant, elles peuvent devenir à la fois un facteur
d’exclusion pour ceux qui ne peuvent les intégrer dans leur fonctionnement, mais également
un élément de domination pour ceux qui les maîtrisent parfaitement dans les mécanismes de
gestion dans leurs rapports sociaux.
8
Compte de tenu de cette place primordiale accordé aux enseignants par le système
éducatif (facilitateur, modérateur, acteur, médiateur), l’appropriation du numérique par ces
derniers constitue un angle de réflexion à explorer dans cette étude qui porte sur la
« digitalisation des enseignements en contexte de modernité et appropriation professionnelle
des enseignants du secondaire ». Tel est notre source de motivation et l’intérêt majeur dans
cette investigation, lorsqu’on sait que la réflexion sur l’appropriation des TIC par les acteurs
éducatifs, notamment les enseignants, s’avère l’une des problématiques ayant suscité
beaucoup de controverses et de débats relatifs à la manière dont ces derniers utilisent l’outil
technologique dans leur enseignement.
Malgré cet effort répercuté par ces dispositifs et volonté étatiques à développer par le
numérique son secteur secondaire de l’éducation en occurrence, l’on remarque encore des
dysfonctionnements d’ordre organisationnel, structurel et aussi fonctionnel. La digitalisation
de l’enseignement selon l’UNESCO (2016) nécessite un grand aménagement pour les pays en
voie de développement à l’instar du Cameroun.
Cet état de lieux selon Beche (2013) peut constituer des sources de démotivation ou
de motivation si les dispositifs adaptés sont mis à la disposition des enseignants. Dans une
enquête menée auprès de 84 enseignants du secondaire, Beche constate que 61,8 % estime
que l’absence d’un dispositif techno pédagogique adéquat constitue un des principaux
facteurs qui les « découragent » à faire usage des TIC à l’école à des fins pédagogiques. Un
contexte socio technologique moins développé ne permet évidemment pas une réelle
appropriation pédagogique des outils censés intégrer l’école.
Selon Grawitz (2001), la question de recherche est le fil conducteur de l’étude. C’est
donc une question qui indique la direction vers laquelle le chercheur veut mener son
investigation. Elle établit en outre les liens entre les variables à partir de la régression et elle
tente d’établir à partir de la comparaison les meilleures variables (Biloa (2017). Dans le cadre
de cette étude, nous avons deux types de question de recherche ; une principale et trois
secondaires.
Pour obtenir scientifiquement ces questions, nous avons utilisé la méthode d’analyse
factorielle de Reuchlin (2007). Cette analyse s’appuie sur la décomposition d’un système de
variable. Elle a ainsi l’avantage de justifier le nombre de facteurs secondaires de la question
de recherche de l’étude, tout en s’assurant qu’il y a une corrélationnelle suffisante entre le
facteur principal et les facteurs secondaires.
Le but de l’analyse est de déterminer les facteurs pertinents et les facteurs moins
pertinents de l’étude. Au regard de cette analyse qui s’est appuyée sur la compréhension de la
notion de digitalisation selon qu’elle constitue «la capacité de transformer des produits ou
services existants en variantes digitales, offrant ainsi des avantages par rapport au produit
tangible » (Parviainen, Tihinen, Kääriäinen, & Teppola, 2017, p.64). Ainsi nous avons retenu
trois facteurs nous ayant permis de formuler les questions secondaires.
L’hypothèse de recherche est une réponse provisoire faite à une question posée en amont.
Fonkeng, Chaffi et Bomda (2014) définissent l’hypothèse comme étant une supposition à
partir de laquelle les conséquences sont envisageables. En outre, c’est un énoncé qui admet un
lien entre les variables. Ce lien ne se valide ou infirme qu’au terme d’une analyse, d’une
investigation ou encore d’un test rigoureux et reproductible.
Au regard de ce qui précède, l’hypothèse générale peut être formulée ainsi qu’il suit :
S’appuyant sur nos questions secondaires de recherches, nous avons formulé les
hypothèses secondaires de recherche suivante :
Hr3 : les représentations sur le numérique influencent son appropriation professionnelle par
les enseignants du secondaire.
Le but de notre démarche est de mettre en lumière les axes qui permettraient de
circonscrire la digitalisation des enseignements dans le secteur secondaire de l’éducation au
Cameroun et par ricochet, offriraient la possibilité au gouvernement, d’engranger des
économies susceptibles de contribuer à l’amélioration de la qualité de nos systèmes
d’éducation en général et particulièrement les enseignements secondaires.
12
Dans l’optique mieux présenter le but de cette recherche, nous avons divisé cette partie
en deux sous parties notamment un objectif principal et trois objectifs secondaires.
Délimiter un travail de recherche consiste pour le chercheur à préciser dans quel domaine,
quel milieu et dans quel intervalle de temps l’étude a évolué (Chaffi, Bonda, Fonkeng, 2014).
Autrement dit, il revient à préciser le cadre thématique, géographique et temporel dans lequel
évolue le présent travail.
La présente étude s’effectuera au MINESEC avec une analyse auprès des enseignants des
lycées d’enseignement secondaire général de l’arrondissement de Yaoundé 1 situé dans le
département du Mfoundi. Cet arrondissement compte plusieurs lycées. Notre investigation
dans certains de ces lycées et d’autres interviendront à lors de la pré-enquête.
Notre étude s’inscrit dans le domaine des sciences de l’éducation en général plus
précisément dans le management de l’éducation, avec un accent sur la conception et
l’évaluation des projets éducatifs. A ce titre, il sera question tout d’abord de recenser les écrits
existants sur la digitalisation des enseignements dans le système éducatif camerounais avec
13
une emphase au secondaire ESG. Il est question également de d’aborder la digitalisation dans
le domaine de l’enseignement, nous pouvons citer les éléments suivants : l’expérimentation
de la pédagogie et d'obtention d’un retour d'information instantané, l'implication active des
étudiants dans le processus d'apprentissage, l’existence de nombreuses ressources pour
organiser les activités d’apprentissage productives des apprenants et l’assistance de
l'enseignant en matière d’automatisation ou de la simplification de la mise en œuvre d'un
certain nombre de tâches fastidieuses. Enfin, grâce aux plateformes numériques, les étudiants
ont l’accès aux ressources pédagogiques nécessaires ce qui permet l’amélioration du niveau
de compétences en vue de travailler avec différentes sources (Bilyalova et al., 2020).
14
C’est certainement la raison pour laquelle Ouellet (1999 : 85) déclare que « une
recherche sans modèle théorique, sans cadre peut être une série d’actions sans fondement qui
risque de ressembler davantage à de l’agitation intellectuelle, à de l’animation sans structure,
à une tempête d’idées ». Le présent chapitre intitulé revue de littérature et théories
explicatives présente deux aspects de façons successives à savoir une approche notionnelle
puis une revue critique de la littérature et en fin les théories explicatives de l’étude.
Un aperçu de définition des concepts en général nous parait nécessaire et par la même
occasion complexe du fait de la polysémie des mots et aussi de la transdisciplinarité pour
d’autre. Robrieux, (2000) pense que la définition d’un concept est le plus souvent un
préambule à l’argumentation. Dans le cadre de cette étude, nous allons définir les concepts de
digitalisation des enseignements, appropriation du numérique, enseignement à distance
passant par l’enseignant enfin la notion de TIC.
Le terme digitalisation qui est un anglicisme vient du mot « Digital » qui lui-même
provient du mot anglais « Digit » qui veut dire « Chiffre » et signifie « Numérique ». Dans la
littérature, on rencontre très souvent les termes digitalisation, numérique, transformation
digitale, transformation numérique, pour désigner l’évolution observée ces dernières années
dans le fonctionnement des entreprises grâce à l’utilisation des Technologies de l’Information
et de la Communication (TIC) ou mieux des technologies numériques. Pour Lebel (2017, p.
199), « en entreprise, le terme de transformation digitale est souvent utilisé pour traduire entre
autres ce rapprochement entre le consommateur et l’entreprise, initié et réalisé grâce aux
outils connectés que sont les smartphones, tablettes, laptops et tous les objets connectés
15
foisonnant aujourd’hui sur le marché, ainsi que la dématérialisation des relations ». Cette
digitalisation des entreprises « s’apprécie à travers leur système d’information et l’utilisation
des outils technologiques. » (Nwamen, 2006, p. 113).
Selon le contexte, la digitalisation recouvre des réalités tout à fait différentes comme
par exemple l’automatisation des processus de production, la communication digitale par les
médias sociaux, les interactions entre l’homme et la machine, la robotique ou l’intelligence
artificielle. La digitalisation recouvre les mutations technologiques par le biais des nouvelles
technologies d’information et de communication ainsi que les modifications socio
économiques qui lui sont liées. Au sens étroit, la digitalisation signifie la transformation de
données en mode analogique vers un format digital (Litzel, 2017, 25). Un format analogique
et échelonné peut consister en des images, des films et des textes. Les données digitales sont
échelonnées et sont traitées sous la forme de valeurs chiffrées (0/1) qui comportent l’avantage
de permettre une mise en valeur des informations moins sujettes à des erreurs et la garantie de
la qualité indépendamment de copies ou d’envois multiples. La transformation digitale est
omniprésente et touche tous les domaines de l’existence. Elle facilite les activités, les
processus et ouvre de nouvelles possibilités créatrices.
Amélioration de la compétitivité
L’atteinte de cet objectif est conditionnée, d’un côté, par la réduction du nombre
d’apprenants, compensée par une meilleure efficacité opérationnelle et par l’attraction des
apprenants en leur proposant des services de qualité et en s’alignant sur leurs préférences
en matière de l’expérience digitale, de l’autre côté.
Disponibilité numérique
Elle renvoie à l’ensemble des ressources numériques importantes que l’on convoque
dans les pratiques pédagogiques en milieu scolaire. Selon Béché (2017), la disponibilité de
ces outils technologiques (ordinateur et Internet) constitue dans ce contexte un facteur qui
suscite de la dynamique et de l’innovation dans les pratiques pédagogiques des
enseignants. Cette condition reste donc insuffisante pour favoriser ces acteurs à l’usage
pédagogique des outils technologiques
La réduction des coûts est un objectif crucial pour toute organisation qui souhaite
persister. Dans ce sens, les établissements d’enseignement cherchent toujours à justifier
leurs tarifs en vue de garantir un équilibre entre les coûts et les bénéfices aussi bien pour
les étudiants que pour ces établissements.
Des études ont montré qu’en moyenne, quatre enseignants sur dix font usage de deux
appareils digitaux au cours d'une journée normale au sein de l’établissement. Certains
17
enseignants n’ont pas au cours de leur formation bénéficiée des formations à l’utilisation du
numérique conséquent, il est devenu une nécessité pour les établissements de recourir à la
mise à niveau de leurs sites Web afin de devenir plus accessible aux enseignants et d'obtenir
les informations nécessaires à partir de n'importe quel appareil intelligent et à tout moment.
Offrir une expérience digitale à la hauteur des attentes des enseignants est une bonne stratégie
pour les attirer et les maintenir en contact avec les établissements scolaires.
Le constat fait sur les représentations du numérique par les enseignants du secondaire
relève en partie de l’absence de pratiques régulières du numérique pédagogique par les
enseignants. Ils utilisent moins l’outil informatique même à des fins personnelles, il faudrait
accroitre l’expérience des enseignants à travers des formations continues ciblées et bien
définies aux besoins des enseignants.
L’appropriation est l’acte par lequel l’usager devient un acteur actif et autonome qui
construit ses usages en fonction de ses intérêts et se constitue en « un soi » (Jouët, 2000). On
comprend dès lors que l’appropriation constitue l’étape ultime de l’usage et de l’intégration
des TIC. En effet, après avoir accédé à l’outil technologique (accessibilité), maîtrisé sa
manipulation (utilisation) et l’avoir intégré, au contexte d’apprentissage/enseignement
(usage), l’enseignant s’approprie les TIC.
18
Dans le même sens, certains auteurs tel que Mastafi (2019) pense que « Les technologies
de l’information et de la communication (TIC) constituent un ensemble de technologies
regroupant principalement de l’informatique (matériels et logiciels) permettant le traitement et
le stockage de l’information, de la microélectronique, de télécommunication, les réseaux en
particulier, permettant l’échange, le partage et la transmission de l’information et de
techniques évoluées du multimédia et de l’audiovisuel combinés aux télécommunications
permettant la communication (notamment la téléphonie fixe et mobile et la visioconférence)
et la diffusion de l’information (notamment la radio, la télévision numérique, les sites
Internet… ,etc.) »
2.1.6. Approche historique de l’intégration des TIC au Cameroun
Pour le cas du MINESEC qui concerne notre étude proprement dite, après
l’inauguration des premiers CRM en 2001, plusieurs lycées et collèges d’enseignement
technique et général au Cameroun sont équipés des CRM répondant aux besoins de formation
des élèves. Selon un entretien accordé à Cameroun tribune l’inspecteur coordonnateur des
TIC au MINESEC, affirme que 70% d’établissements secondaires sont dotés d’une salle
d’informatique ou CRM. Des cours sont dispensés théoriquement et des emplois de temps
sont élaborés avec soin pour faciliter l’ordre de passage des élèves dans les CRM. Au premier
20
La revue de la littérature dans le cadre de cette étude déroule en grande partie les débats
scientifiques. Elle est l’occasion pour un chercheur de faire des recherches d’autres
chercheurs dans un domaine précis pour en montrer l’intérêt, la pertinence, mais aussi les
limites ou les faiblesses dans le but de montrer qu’il reste des choses à faire pour comprendre
tel ou tel phénomène et même qu’il est nécessaire d’entreprendre une nouvelle recherche à ce
sujet. Elle suppose une confrontation, un dialogue entre différents points de vue (Lawrence et
al 2005.). C’est aussi le lieu par excellence ou les chercheurs d’une discipline scientifique
débattent des questions importantes : des questions théoriques.
En effet, l’auteur fonde son analyse corrélativement aux objectifs du millénaire pour
développement en situant la technologie et son innovation au 9eme rang dans l’ordre des ODD.
Il pense que c’est dans logique que le Cameroun a mise en place un vaste programme de
développement du numérique avec son plan stratégie « Cameroun numérique 2020 » qui
définit les axes stratégiques, des actions et priorités à fort impact sur l’aménagement
numérique du territoire, l’intensification des usages des services TIC ; la lutte contre la
pauvreté par la création d’emplois et l’augmentation du taux de croissance de l’économie
nationale. Et parmi ses axes stratégiques, on a le développement du capital humain et le
leadership numérique dont les objectifs sont la promotion de la connectivité numérique des
21
Dans cette lancée, Djamen (2020) pense que le désir de vulgariser le numérique au
Cameroun c’est aussi présenté par une série de programmes d’accompagnement des
établissements d’enseignement supérieur, primaire et aussi secondaire. Dans une présentation
su contexte d’ingration du numérique éducative, Djamen (2020) présente les données sur la
progression du digital pédagogique à savoir: « la gratuité de la formation dans les filières du
numérique ; exonération de taxes d’acquisition d’équipements TIC par les élèves, les
étudiants et les établissements scolaires et universitaires; augmentation du pourcentage des
universités/grandes écoles ayant mis en place un PPP dans l’économie numérique à 10% ;
augmentation à 50% le taux d’établissements d’enseignement secondaires disposant de
laboratoires multimédia avec connexion internet à haut débit ; augmentation à 100% le taux
d’élèves ingénieurs équipés de laptops et de connexion individuel internet à haut débit ;
connection de 30% des établissements d’éducation de base à l’internet haut débit par la mise
en place de centres multimédias (Djamen, 2020.
(1996) et Dias (1999), Djamen (2020) met en exergue le niveau réel et les difficultés que
rencontrent l’intégration du numérique au Cameroun.
Lauzon, Michaud et Forgette-Giroux (2005) démontrent dans leur étude qu’il existe
deux types d’intégration de l’ordinateur à la pédagogie : l’intégration physique et l’intégration
pédagogique. Par rapport à l’intégration physique, ils affirment qu’elle : « consiste à placer les
équipements technologiques à la disposition des enseignants et des élèves et à amener ces
deux groupes à s’en servir occasionnellement en vue de répondre aux demandes pédagogiques
ponctuelles du milieu. De nombreux auteurs Depover et Strebelle (1996) et Dias (1999)
démontrent que l’intégration physique est incontournable, puisqu’il est un préalable mais
l’intégration pédagogique qui devrait être visée dans l’implantation des TIC.
On peut conclure avec Djamen (2020) que le e-learning est une voix non seulement
salutaire à l’évolution et l’innovation des technologies au Cameroun mais a également été
l’une des perspectives de continuité des enseignements en période de Covid 19 qui a contraint
les gouvernements et les systèmes éducatifs à se réajuster au numérique éducative en
occurrence. La période Covid 19 sus évoqué a également permis une nouvelle planification et
orientation des pratiques enseignements apprentissage en soulignant dans le même temps les
manquements des acteurs impliquent dans le processus.
digitalisation des enseignements a touché autant bien l’enseignement supérieur que primaire
passant par le secondaire.
Un autre fait marquant est la création par des étudiants des plateformes sur les réseaux
sociaux pour des échanges interactifs. L’existence d’une plateforme réunissant tous les
enseignants et tous les étudiants est nécessaire. Le but étant de rendre les enseignants
accessibles aux étudiants, et surtout de permettre à ces derniers de rester véritablement actifs
pendant la crise (Feuzeu, 2020).
sur le plan local, des tranches d’antennes ont été obtenues à la radio comme à la télévision
pour la diffusion les enseignements.
Dans cette mouvance, Feuzeu (2020) estimait que l’apport des ONG et des
organisations internationales a était capital pour le Cameroun. C’est le cas de l’Unesco qui au
lendemain de la fermeture des établissements scolaires a accordé son expertise technique au
Ministère des Enseignements Secondaires (MINESEC) par la mise sur pied des studios
d’enregistrement pour la mise en œuvre de l’enseignement à distance. Le soutien de l’Unesco
s’inscrit dans le cadre de la « coalition mondiale pour l’éducation. » (Unesco, 2020)
Par ailleurs, des plateformes éducatives ont été mises à jour sur internet. Le site
[Link], propose par exemple des cours sur fichiers numériques, les cours en audio,
les cours en vidéo et les exercices corrigés et expliqués. En consultant ce site, les élèves ont
aussi la possibilité de se faire évaluer en ligne. A côté de ceci, le marché des logiciels
éducatifs à connu un essor remarquable. Elèves et enseignants se sont notamment rués sur les
soft copy vendus tels des gadgets dans des rayons (Feuzeu, 2020).
difficultés selon Feuzeu (2020) tournent autour du faible pouvoir d’achat (les coûts
exorbitants des ressources éducatives représentent un obstacle pour les étudiants qui vivent en
majorité sous le seuil de pauvreté) ; L’impréparation (la culture numérique fait encore défaut
chez beaucoup d’apprenants. L’on dénonce la brusque apparition de la pandémie et
l’introduction forcée du numérique sur un terrain pas suffisamment préparé) ; La dernière
difficulté dans l’intégration du numérique éducatif est l’insuffisante orientation de la réflexion
sur la question.
2.2.3. Dispositif pédagogique des enseignants avec les TIC et compétences des
enseignants
Djeumeni Tchamabe (2010), dans une analyse des pratiques pédagogiques des
enseignants avec les TIC au Cameroun entre politiques publiques et dispositifs techno-
pédagogiques; compétences des enseignants et compétences des apprenants; pratiques
publiques et pratiques privées au titre de ses travaux de doctorat pense que le système éducatif
Camerounais a intégré les TIC dans l’optique de booster la performance des établissements
scolaire mais ces derniers rencontrent les obstacles fondamentaux liés à leurs appropriation.
En quelques auteurs choisis, l’auteur montre que les TIC constituent désormais des
ressources importantes, voire incontournables dans le domaine éducatif, parce qu’ayant
intégré des stratégies de promotion des technologies dans leurs politiques de développement,
elles ne le sont pas encore sur l’ensemble du continent africain. En outre, il serait difficile de
réfléchir en termes de hautes technologies de l’information et de la communication dans des
pays qui ont peu de routes viables ou qui connaissent des difficultés d’accès à l’eau potable et
à l’électricité (Lewis, 2004). À cela, s’ajouteraient les problèmes de santé, de construction des
écoles, d’urbanisation, d’exode rural, d’hygiène et salubrité ainsi que l’ensemble des
problèmes décrits précédemment. Ce sont là des préoccupations vitales quotidiennes
considérées en Afrique comme des priorités et qui détourneraient l’attention sur l’importance
à accorder aux TIC en tant que tremplin pour le développement de l’Afrique. En somme,
comme le relève Depover (2005), les besoins à satisfaire sont si nombreux, et les moyens
disponibles si réduits qu’on se demande bien si les TIC ont leur place dans l’école en
Afrique. Pourtant, ces technologies d’après les experts et les membres du G8 figureraient
parmi les solutions privilégiées pour faire face aux nombreux défis qui interpellent les
Africains (Castonguay, 2005).
26
Djeumeni (2010) pense que l’efficacité des TIC dans l’enseignement apprentissage
doit tout d’abord passer par la préparation et l’outillage des enseignants centrés au cœur du
processus. « Mais, pour que les enseignants intègrent ces technologies dans leurs pratiques, il
est nécessaire qu’ils aient une claire perception de leurs rôles ». Comment mettre en place les
préalables qui appuient le fonctionnement du système dans son ensemble? Comment faire en
sorte que ces acteurs acquièrent les compétences nécessaires pour mettre en œuvre de
nouvelles pratiques? Cette double interrogation a induit une recherche mixte auprès de 519
participants constitués des enseignants et apprenants. Les résultats obtenus montrent qu’en
sciences sociales et littéraires en occurrence, les TIC sont utilisés pour approfondir les
connaissances sur les auteurs au programme d’enseignement dans les classes de Première et
Terminale : leurs biographies et leurs œuvres ; pour les connaissances méthodologiques en
dissertation Commentaire et Contraction de textes. Les enseignants d’Anglais ont dit aussi
faire usage des TIC pour avoir connaissances des épreuves d’évaluation à proposer à leurs
apprenants. Pour l’instant seules quelques disciplines 15 % sont concernées par cette
compétence. Les cours d’informatiques dominent encore or, (Wallet, 2006) dans une étude
sur les acquis des apprenants en informatique relève que les compétences des élèves en
informatiques sont difficilement transférables dans les disciplines scolaires ; d’où il est
important de travailler les TIC avec chaque discipline de l’enseignement secondaire. Le ratio
enseignant ordinateur est bas 29les enseignants formés du niveau secondaire est de (55 %)
L’accessibilité comme la disponibilité des dispositifs techno pédagogiques aurait un rôle
important à jouer dans l’adoption des pratiques pédagogiques intégrant les TIC (Giannoula,
2001) remarque que l’environnement informatique des acteurs de l’éducation favorise les
usages, améliore la fréquence d’utilisation des ordinateurs et la généralisation des pratiques.
Djeumeni Tchamabe (2010) arrive à la conclusion que les structures publiques des
TIC ont des décideurs multiples avec des visions de TIC différentes mais des actions peu
suivies. On a aussi relevé qu’il y avait peu de moyens pour les responsables. On a noté
27
On comprend à ce titre que l’appropriation des TIC dans les pratiques enseignantes
nécessite davantage un coup de pouce avant d’améliorer ces dernières. Un dispositif intégrant
doit donc être envisagé dans les établissements scolaires en occurrence ceux liés à
l’équipement des enseignants étant les principaux acteurs du processus.
Fonkoua (2010) dans un article intitulé « les TIC pour les enseignants d’aujourd’hui et
de demain » souligne l’importance de considérer les TIC comme des outils novateurs
permettant d’adopter une autre manière d’enseigner, d’apprendre et de vivre dans un monde
en perpétuelle mutation. Les TIC sont abordés comme des outils de facilitation à des fins
d’enseignement et d’apprentissage pour accroître la qualité de l’éducation.
cibler les objectifs pédagogiques visant la pluralité des compétences. On ne peut plus donner
et recevoir un savoir à visée uniquement cognitive, empaqueté et confiné dans un lieu précis
et qui ne demanderait qu’à être consommé. On ne pourra plus former uniquement à
l’adaptation mais également à l’innovation (Fonkoua , 2010). L’intégration des TIC dans le
processus éducatif devra combattre, à la fois, la conception cumulative des savoirs figés et les
mouvements d’éducation nouvelle à finalité plus socialisante et visant l’acquisition des
compétences. Cette démarche pédagogique devra viser au-delà de l’égalité, l’équité dans la
poursuite des objectifs communs pour tous dans la classe, aider l’apprenant à acquérir des
compétences transversales qui sont: savoir interroger, rechercher les informations, les
organiser, les rassembler, les comparer, les traiter, les extraire et les approprier et échapper à
la domination de la parole du maître. Il s’agit de former les acteurs de l’éducation à l’idée
selon laquelle la façon de concevoir, de planifier, de coordonner et de réaliser des activités
d’enseignement, d’apprentissage, d’animation et de perfectionnement sera de plus en plus
tributaire de l’outil informatique.
Dans cette perspective, il est urgent non seulement d’amener les acteurs (enseignants
et apprenants) à s’approprier le dispositif numérique comme outil d’efficacité et de
compétitivité du système éducatif ; même celui connais encore d’énorme difficulté sur
plusieurs plans (Djamen, 2013).
enseignants
L’enseignant constitue l’un des maillons les plus essentiels dans les pratiques
enseignements apprentissages dans tous les systèmes éducatifs globalement (Unesco, 2010).
Dans cette logique, Beche (2013) dans une étude sur les TIC et innovation dans les
pratiques enseignantes au Cameroun montre tout d’abord la place prépondérante que
l’enseignant occupe au cœur du processus en matière notamment d’innovation scolaire ou
pédagogique, les enseignants représentent la cheville ouvrière, le canalisateur et la locomotive
des stratégies et actions développées. Dotés d’une autorité pédagogique, ils sont les garants de
l’innovation qu’ils conduisent et dont ils sont les principaux responsables. Barry (2011)
constate par exemple que tout le monde est unanime pour reconnaître que concernant l’accès
à l’école et la qualité de l’éducation, les enseignants constituent respectivement un facteur
d’accroissement et un facilitateur d’amélioration.
On comprend à ce titre que pour Beche et bien d’auteurs, les enseignants constituent
une catégorie d’acteurs-clés de l’intégration pédagogique des TIC. Coulibaly et al. (2010) les
considèrent comme le moteur et l’élément instigateur de cette innovation techno pédagogique.
À l’évidence, la légitimité de l’action pédagogique qu’ils possèdent, fait d’eux l’un des
acteurs importants qui favorisent l’usage des TIC à des fins d’enseignement et
d’apprentissage (Beche, 2013. P 6).
À partir de l’examen d’une série de 84 entrevues menées avec des enseignants issus de
sept établissements pilotes d’intégration pédagogique des TIC au Cameroun, Beche arrive aux
résultats selon lesquels :
Le ratio ordinateur/acteurs scolaires très bas. Il varie en effet entre 0,008 et 0,034.
Autrement dit, il y a en moyenne 60 élèves et enseignants pour un ordinateur dans ce
contexte. En Afrique de façon générale, le faible développement du contexte sociotechnique
est l’une des difficultés majeures liées à l’innovation techno pédagogique (Karsenti, 2009 ;
Karsenti, Collin et Harper-Merrett, 2011). Cette situation socio technologique déficitaire ne
permet évidemment pas toujours et à tout le monde d’accéder aux TIC à l’école et de les
utiliser effectivement. Pour 43 des 84 enseignants que nous avons interviewés (51,19 %), elle
constitue un des principaux facteurs qui les « découragent » à faire usage des TIC à l’école à
des fins pédagogiques. Un contexte sociotechnologique moins développé ne permet
évidemment pas une réelle appropriation pédagogique des outils censés intégrer l’école ;
Etant donné que les représentations sociales orientent, justifient et prédisent les pratiques
des acteurs en rapport avec une réalité représentée (Abric, 1994). Beche (2013) obtient le
résultat que pour la plus part des répondants, l’ordinateur apparaît fondamentalement comme
une technologie informatique à plusieurs composantes ou périphériques, utilisable notamment
pour faire des recherches, traiter les textes et communiquer. Cela veut dire que pour eux,
l’ordinateur ne renvoie pas avant tout à un support pédagogique ou didactique. C’est un outil
qu’ils situent essentiellement dans sa matérialité et son instrumentalité et dont ils
reconnaissent trois principales fonctions : recherche, communication, production de texte. Il y
a paradoxalement dans leur champ représentationnel une sous-représentation des items et
énoncés spécifiquement pédagogiques. Les termes et définitions produits autour de
l’ordinateur relèvent plutôt davantage de la bureautique que de la pédagogie, ce qui invite à
poser l’importance de concevoir et orienter les apprentissages des TIC dans une perspective
pédagogique.
31
Beche (2013) dans cette étude propose de faciliter l’accès des enseignants
camerounais aux technologies et leur adoption. Cela correspond à ce que Karsenti et
Tchameni Ngamo (2009) appellent l’intégration physique des TIC. Bien qu’elle soit
insuffisante, elle s’avère néanmoins nécessaire pour une implémentation pédagogique
effective des TIC ; d’Encourager le corps enseignant à créer pédagogiquement avec les TIC.
C’est cette capacité d’innover renchéri Beche (2013) qui donne la possibilité aux acteurs en
question d’imaginer et mettre en œuvre des opportunités de construire des scénarios
pédagogiques intégrant fondamentalement les TIC.
Dans une étude intitulé « Intégration des TIC dans l’école et innovations dans les
pratiques apprenantes au Cameroun. Une analyse des données du PanAf », Béché (2017)
décrit les transformations induites par l’usage des TIC dans les pratiques d’apprentissage des
élèves camerounais sous le prisme des données du Panaf notamment celles du secondaire.
Pour rendre ainsi compte des pratiques innovantes de ces apprenants, l’auteur a
exploré les données du site de l’Observatoire du PanAf. Il contient en effet plus de 180
indicateurs qui retracent la dynamique de l’innovation technologique dans l’éducation en
Afrique dont le Cameroun. Parmi les écoles dont le projet d’innovation technologique y est
retracé, Béché a retenu sept qui sont du secondaire : collège des Lauréats de Bonamoussadi
(CLB), lycée bilingue de Yaoundé (LBY), Longla Comprehensive College (LCC), lycée
classique et moderne de Mvoméka’a (LCMM), lycée Général Leclerc (LGL), lycée Joss
(LJD) et lycée technique de Bafoussam (LTB). L’intégration des TIC dans ces écoles est
décrite à travers douze catégories.
32
D’autre part, au sujet des supports technos pédagogiques, il ressort que les écoles
d’intégration pédagogique des TIC au Cameroun mettent à la disposition de leurs apprenants
une variété de supports d’apprentissage. Ainsi, tel que décrit dans le tableau ci-dessous, il y a
des ressources et aides pédagogiques disponibles localement ou proposées en ligne par les
enseignants. Ces éducateurs créent en effet des plateformes en intranet où ils stockent à
destination des élèves une diversité de contenus. Ceux-ci incluent des notes de cours, des
supports numériques, des travaux dirigés et pratiques, des exercices, des sujets d’examens et
leurs corrigés.
En fin selon Béché (2017), L’une des innovations techno pédagogiques observées dans
les pratiques d’apprentissage des élèves camerounais concerne la recherche documentaire.
Cette activité représente d’ailleurs la catégorie d’usages des TIC la plus répandue en
éducation dans ce contexte (Béché, 2013). L’internet et les services qu’il offre induisent ici
des usages qui comblent un des plus grands déficits qui entravaient l’implication des
apprenants dans leurs apprentissages : celui de l’accès restreint à la documentation
académique et scientifique. Ces diverses sources pédagogiques leur donnent des possibilités
larges et variées en termes d’accès aux ressources d’apprentissage. Elles leur permettent aussi
de s’impliquer effectivement et activement dans leur formation.
Béché (2017) conclut que, l’intégration scolaire des TIC dans ce contexte, émergent de
nouvelles façons d’apprendre et de nouveaux rapports pédagogiques. Mais l’importance de
ces innovations reflète tout de même les moyens, compétences et environnements techno
pédagogiques qui sont pour le moins relativement limités.
33
D’après les résultats de sa recherche, les étudiants recourent aux TIC dans leurs
pratiques quotidiennes prioritairement pour étudier, mais aussi pour se divertir. Les résultats
de la présente étude ont montré que les étudiants n’ont pas mentionné de difficultés quant à
l’usage des technologies dont ils disposent, que ce soit dans le cadre de leur apprentissage ou
pour se divertir. Ceci s’avère évident surtout que l’on connaît très bien l’attitude positive que
développent nos jeunes vis-à-vis des technologies et le degré de familiarisation qu’ils ont avec
ces outils modernes.
En évoquant certains d’auteurs tels que Bennett, Karsenti (2011), Redecker, (2009) et
al, (2012), pour qui les technologies de l’information et de la communication ont une
influence croissante sur l’évolution de l’ensemble des sociétés et affectent, de façon
significative, les dimensions économiques, sociales et éducatives. Cette évolution s’est
accélérée davantage notamment avec l’arrivée du Web 2.0 ayant bouleversé la nature des
échanges entre les individus. Aujourd’hui, l’omniprésence active des technologies de
l’information et de la communication dans chaque domaine d’activité modifie de plus en plus
nos modes de vie et de communication. Nous assistons à la naissance d’une nouvelle culture
qui est la culture du numérique ou du virtuel pour laquelle l’éducation doit préparer chaque
individu à y vivre de façon harmonieuse (Karsenti. T, 2009), Kaikai (2014) conclut que
l’intégration des TIC et leur appropriation par les étudiants au niveau de la formation et la
recherche scientifique restent relativement limitées et rencontrent d’énormes difficultés qui
34
retardent leur développement au regard des efforts déployés au Maroc pour favoriser la
réussite de l’intégration des TIC.
Dans le même ordre d’idée, Fatiha Maaroufi (2017) dans son article intitulé « Usages
des TIC dans l’apprentissage dans un établissement d’enseignement supérieur marocain » fait
un état de lieux des usages du numériques chez les étudiants marocains. Après une étude
menée auprès des étudiants marocains, les résultats révèlent que l’équipement ne pose plus de
problème pour cette génération de jeunes dont plus de 85% possèdent au moins un outil
technologique l’usage des TIC fait partie intégrante de la culture des étudiants mais l’exploit
des compétences acquises à l’extérieur de l’établissement pour améliorer l’apprentissage est
totalement absent. En outre, les étudiants ont une préférence envers les smartphones et les
ordinateurs portables.
Fonkeng, Chaffi et Bomda (2014) définissent une théorie comme « l’ensemble des
règles et de lois systématiquement organisées qui servent de base à une science et donne
l’explication de nombreux phénomènes ». Kerlinger cité par Amin (2005), définit aussi une
théorie comme étant « un ensemble de faits inter-reliés, des définitions et des propositions qui
présentent des phénomènes de manière systématique en spécifiant les relations entre les
variables dans le but de les expliquer ».
La perception de l’utilité est définie comme étant le degré auquel une personne croit
que l’utilisation d’un système améliorera ses performances. La perception de la facilité
d’utilisation se réfère quant à elle au degré auquel une personne croit que l’utilisation d’un
système sera dénuée d’efforts. Plusieurs analyses factorielles ont démontré que la perception
de l’utilité et la perception de la facilité d’utilisation pouvaient être considérés comme deux
dimensions distinctes (Hauser et Shugan, 1980 ; Larcker et Lessig, 1980 ; Swanson, 1987).
Ainsi, selon Davis, l’attitude générale de l’individu face au système ne serait pas la
seule chose qui déterminerait l’utilisation, mais peut être basé sur l’impact qu’il aura sur ses
performances. De ce fait, même si un employé n’apprécie pas un système, il a de grandes
chances de l’utiliser s’il le perçoit comme améliorant ses performances au travail. Par ailleurs,
le modèle d’acceptation de la technologie stipule un lien direct entre la perception de l’utilité
et la perception de la facilité d’utilisation. Ainsi, face à deux systèmes offrant les mêmes
fonctionnalités, l’utilisateur trouvera plus utile celui qu’il trouve plus facile à utiliser (Dillon
et Morris, 1996).
36
Il est toutefois intéressant de noter que les travaux de Davis (1989) servant à valider
son modèle, démontrent que le lien entre l’intention d’utiliser un système d’information et la
perception de l’utilité est plus fort qu’avec la perception de la facilité d’utilisation. Ainsi,
selon ce modèle, on peut s’attendre à ce que l’élément qui influence le plus un utilisateur soit
la perception de l’utilité d’un outil.
On peut comprendre dans ce sens que la perception sociale du numérique par les
enseignants peuvent déterminer leurs acceptabilités. Plus il est perçu comme outil efficace
d’enseignement, et facilitateur plus les enseignants seront amenés à ce l’approprier. Dans
cette perspective, Beche (2013) estime que la perception du numérique comme outil difficile à
37
utiliser, comme tache moins aisé à l’utilisation conditionne son acceptabilité par les
enseignants du secondaire en occurrence. Il conviendrait au sens de ladite théorie de proposer
une approche ou un modèle qui puisse montrer clairement l’utilité du numérique aux
enseignants afin de faciliter leur appropriation.
La théorie de l’action planifiée (Ajzen, 1985 ; 1991) est une extension de la Théorie de
l’action raisonnée. Selon l’auteur, la nécessité de ce nouveau modèle provient des limitations
liées aux comportements sur lesquels les individus n’avaient qu’un contrôle partiel. Il a de ce
fait rajouté à son modèle une troisième variable qui, selon lui, influencerait l’intention
d’effectuer un comportement, à savoir la perception du contrôle sur le comportement
(perceived behavioral control).
Le modèle d’Ajzen part donc du principe que trois variables (l’attitude, les normes
subjectives, et la perception du contrôle) influencent directement les intentions d’effectuer un
comportement. Cette intention influence à son tour le comportement. La figure ci-dessous
illustre les liens entre les différentes variables:
38
Une étude de Taylor et Todd (1995) a porté sur la théorie de l’action planifiée dans le
contexte spécifique des systèmes d’information. Ces auteurs sont partis de la littérature
existante afin de décomposer les antécédents de l’attitude, des normes subjectives et de la
perception du contrôle. Leurs résultats démontrent que les éléments qui déterminent la
variable d’attitude sont la perception de l’utilité, la perception de la facilité d’utilisation et la
compatibilité. En ce qui concerne les normes subjectives, ce serait l’influence des paires et
l’influence des supérieurs hiérarchiques qui prédomineraient. Finalement, l’auto-efficacité, les
conditions facilitateurs au niveau des ressources et de la technologie sont considérés comme
les facteurs déterminant la perception du contrôle sur le comportement des enseignants en
occurrence.
Dans le cadre de notre étude centré sur le numérique dans les pratiques enseignantes,
trois dimensions à savoir : la perception de l’utilité, la perception de la facilité d’utilisation et
la compatibilité influencent significativement l’appropriation du numérique par les
enseignants du secondaire dans leur pratique pédagogique. Il faudrait tout d’abord que les
bénéficiaires du numérique pédagogique puisse lire clairement l’utilité numérique ; qu’ils
39
soient formés afin de faciliter l’utilisation du numérique et que ce dernier soit davantage
compatible avec leur ambitions et attentes.
Dans le sens de cette théorie (changement planifié), les décideurs du ministère des
enseignements secondaires se doit d’établir une planification contextuelle capable de préparer
les enseignants à son implémentation effective. Cette planification réduirait considérablement
la faible appropriation du numérique en faveur de son acceptabilité par les enseignants.
De Lawrence et Lorsch, (1967) au groupe d’ASTON, (1969), cités par Kennedy (2008),
des questions émergent sur le fait que les travaux que l’on associe à la théorie de la
contingence reposent sur un même canevas. Ils portent sur les relations causales entre
(l’environnement, la structure et la performance des entreprises). On parle de contingence
structurelle ou d’approche situationnelle parce que les auteurs qui y sont associés mettent en
évidence l’effet déterminant de l’environnement sur la structure.
Dans cette étude, la théorie du management situationnel se justifie par le fait que le
MINESEC est une macro structure constituée d’un personnel stratifié. Selon les données
40
produites par la Direction des Ressources Humaines dudit Ministère, on dénombrait, au cours
de l’année scolaire 2018/2019, 87927 personnels éducatifs dont 65254 enseignants de champ
du secteur public. Ces enseignants étaient répartis sur 2763 établissements scolaires. Si l’on
s’en tient uniquement à ces données (relatives à une partie de notre population d’étude), on
comprend que le gestionnaire et/ ou les gestionnaires par strates de cette structure doivent
prendre un ensemble de variables pour pouvoir manager efficacement cette ressource.
In fine, les variables citées ci-dessus doivent être les supports sur lequel s’appuie le
manageur de la structure (MINESEC) pour mieux piloter son organisation afin de réduire
significativement les cas de déperditions observés depuis plusieurs années.
L’implémentation du numérique dans les lycées comme outil pédagogique doit tenir
compte de ces trois facteurs pour une efficacité avérée. Le ratio nombre d’ordinateurs nombre
d’enseignants doit être effectif. Hors pour cette variable au cours de notre descente sur le
terrain à des fins de pré-enquête, nous sommes rendu compte que certains établissements
disposaient de moins de 50 ordinateurs fonctionnel pour plus de 155 enseignants, ordinateurs
devant également servir les apprenants impliqués également dans le numérique.
Le chapitre précédent a servi de passer en revue les écrits qui ont abordé d’une manière
ou d’une autre le problème que nous traitons. A la suite de l’analyse de ces écrits, nous avons
formulé les hypothèses d’étude notre. Le présent chapitre nous servira de cadre
méthodologique. A propos, Grawitz (2004, p. 274), souligne que la méthodologie de la
recherche est « la branche de la logique qui étudie les principes et les démarches de
l’investigation scientifique ». Ainsi, elle La méthodologie décrit la démarche du chercheur
dans ses investigations pour la collecte des données relatives à la vérification de ses
hypothèses. Elle détermine donc la fiabilité et la crédibilité des résultats. De ce fait, le cadre
méthodologique de notre travail indique les procédures méthodologiques ayant abouti à la
collecte des données sur le terrain. Ainsi, ce chapitre intitulé cadre méthodologique, s’articule
donc autour des axes suivants : le type de recherche, la description du site d’étude, la
population de l’étude, l’échantillon et la technique d’échantillonnage, la description des
instruments de collecte et d’analyse des résultats.
Descriptive corrélationnelle
Fonkeng, Chaffi et Bomba (2014) en distinguent une dizaine de types les plus utilisés en
sciences sociales. Il s’agit notamment de : la recherche historique, la recherche descriptive ou
explicative, la comparaison, l’évaluation, la recherche expérimentale, la recherche-action, la
recherche conceptuelle et théorique ou recherche empirique, la recherche fondamentale,
l’étude de cas et l’enquête.
Dans le cadre de notre étude, nous avons opté pour la descriptive de type corrélationnel.
La recherche descriptive ou explicative décrit systématiquement un certain nombre de
phénomènes dont la digitalisation des enseignements en contexte camerounais ; avec en
emphase la description détaillée du processus de digitalisation des enseignements au
secondaire vu et perçu par les enseignants. Reposant sur des méthodes de collecte précises,
elle nécessite une connaissance préalable de l’environnement et/ou du problème étudié, celui
de la faible appropriation du numérique par les enseignants. Elle tente à cet effet, de
rechercher les causes, les principes ou les lois qui permettent de rendre compte des
perceptions sociales qu’ont les acteurs sur le numérique en pédagogie. Autrement dit, la
42
recherche descriptive que nous avons choisie dans cette étude consiste à décrire les variables
(techno pédagogie, les représentations du numérique etc) à fin de trouver des relations, les
différentes caractéristiques qu’elles ont entre elles.
D’une part, notre recherche est descriptive parce qu’elle procède par collecte
d’informations sur les attitudes, les opinions et les comportements pour les décrire, en les
quantifiant. La recherche descriptive est celle qui se base sur l’enregistrement et la description
systématique des faits, éléments qui composent les évènements que l’on veut étudier.
D’autre part, notre étude est aussi corrélationnelle dans la mesure où elle vise à mesurer
le degré de dépendance entre deux variables et d’établir des relations quantifiables entre elles.
Il s’agit dès lors de la digitalisation des enseignements en contexte camerounais, en relation
avec son appropriation professionnelle par les enseignants du secondaire public. Cependant,
nous n’oublions pas que l’existence d’une corrélation même élevée entre deux séries
d’observations n’implique pas nécessairement l’existence d’une relation de cause à effet
(causalité) entre les deux variables considérées. En effet, les corrélations observées peuvent
être dues au fait que les variables étudiées sont toutes deux soumises à des influences
communes, modifiant simultanément leurs valeurs, soit dans le même sens (corrélation
positive), soit en sens opposés (corrélation négative).
La présente étude s’est appuyée sur un devis de type quantitatif en ce sens qu’elle s’est
efforcée à récolter de vastes séries de mesures relatives aux phénomènes étudiés et de dégager
des hypothèses causales généralisables à d’autres situations données et faisant de ce fait appel
au questionnaire comme instrument de collecte de données. Cet outil nous permet dans cette
étude d’observer en quantifiant la régularité des phénomènes étudiés. Selon Angers (1992),
faire de la recherche implique l’intention d’évaluer certains faits. L’usage des méthodes
quantitatives permet alors de faire des quantifications par mathématisation de la réalité. Les
constatations chiffrées qui en découlent de notre questionnaire nous permettent ainsi
d’ordonner, de dénombrer et de comparer (Angers, 1992). La recherche a été menée dans la
région du centre Cameroun globalement dont il convient ainsi de présenter.
nous y atteler ici. Notre étude a été menée dans le département du Mfoundi, l’un des
départements de la région du centre.
Le Mfoundi est un département avec une superficie de 287 km2 situé dans la région du
Centre au Cameroun. Son chef-lieu est Yaoundé, qui est aussi la capitale politique du
Cameroun. Le département a été créé à la suite du décret no 74/193 du 11 mars 1974 le
séparant du département de la Méfou (aujourd'hui lui-même divisé en Méfou-et-Afamba et
Méfou-et-Akono). Il compte en son sien, plusieurs arrondissements ayant chacun un chef lieu.
- Lycée d’Emana ;
- Lycée de Nkolondon ;
- Lycée de Mballa II ;
- Lycée d’Elig-Essono ;
- Lycée bilingue de Nkoleton ;
- Lycée bilingue Nyom.
44
Dans le sens de Grawitz (2004, p.1035), pour qui la population est considérée « un
ensemble des éléments sont choisis parce qu’ils sont de même nature ». Selon Fonkeng, Epah
et Chaffi (2014, P.23), la population (totale, parente, mère) : « C’est la collection d’individus
ou ensemble d’unités élémentaires sur lesquels l’étude est portée. Ces unités partagent des
caractéristiques communes ». Dans le cadre de notre étude, la population est l’ensemble des
individus partageant les mêmes caractéristiques à partir desquelles le chercheur mène ses
investigations. Nous distinguerons trois types de population : la population parente, la
population cible et la population accessible.
Population mère
Dans le cadre de notre étude, il s’agit de l’ensemble des individus ou une collection
d’individus partageants des caractéristiques communes et qui permettent qui nous permettront
de généraliser les résultats de notre recherche. Dans le cadre de notre étude, il s’agit de
l’ensemble des enseignants des établissements publics secondaires du Cameroun. Concernant
ce personnel enseignant du secondaire, l’on s’intéresse strictement aux enseignants réguliers
du fichier de l’arrondissement de Yaoundé 1 qui compte six lycées notamment le lycée
d’Emana ; lycée de Nkolondon ; lycée de Mballa II ; lycée d’Elig-Essono ; lycée bilingue de
Nkoleton et le lycée bilingue Nyom.
8 BACCALAUREAT ou équivalent
Diplôme professionnel)
Diplôme professionnel)
Diplôme professionnel)
d’Instituteurs…)
La population mère de notre étude est constituée ainsi de tous les enseignants en service
dans les lycées d’enseignement secondaire sus évoqués. Il s’agit donc d’environs 997
enseignants, tout grade et catégorie confondu.
Population cible
Il s’agit ici de l’ensemble des enseignants hébergés dans certains lycées auxquels nous
avons eu facilement accès pour mener de notre enquête. Elle diffère de la population cible par
sa taille mais les caractéristiques restant les mêmes. Dans le cadre de notre étude, cette
population est constituée des enseignants des lycées de Mballa II, Bilingue de Nyom et du
lycée d’Elig-Essono. Ces établissements ont été favorables et prompt à la collecte des données
auprès des enseignants en service dans lesdits lycées. C’est ainsi que nous avons retenu 3
lycées des six lycées que compte l’arrondissement de Yaoundé 3 en raison de leur
accessibilité aux chercheur que nous sommes. A cet effet, le tableau récapitulatif ci-dessous
ressort l’effectif réel desdits enseignants.
2 - Lycée de Nkolondon ;
4 - Lycée d’Elig-Essono ;
Total 03 448
Population cible
Pour nous, il s’agit d’une collection d’enseignants auxquels nous voudront appliquer
les résultats de notre recherche. Il faut noter que celle-ci porte les mêmes caractéristiques que
la population mère à la seule différence qu’elle est réduite dans sa taille par rapport à la
population mère. Dans le cadre de notre étude, elle repose sur les enseignants des
établissements scolaires secondaires publics des lycées de l’arrondissement de Yaoundé 1
précisément ceux de trois lycées sélectionnés plus haut d’une part. D’autre part l’étude
s’intéresse uniquement aux enseignants de champ en excluant ainsi tout autre personnel des
lycées non enseignants ou n’ayant aucun enseignement en charge. Nous avons de ciblé (448)
enseignants essentiellement ceux responsables des enseignements au sein des établissements
présélectionnés.
Technique d’échantillonnage
La première donne une chance à chaque sujet d’être sélectionné et cette chance a une
valeur quantitative alors que les chances ne sont pas égales dans la deuxième. Nous
utiliserons dans cette étude la méthode probabiliste qui accorde une place importante au degré
de représentativité de l’échantillon dans la population.
Par ailleurs, nous avons choisi l’échantillonnage par grappes comme technique de
notre étude. Cette technique consiste à grouper les éléments de la population en grappes et de
procéder par la suite à l’échantillonnage aléatoire simple. Une grappe étant une agrégation
48
Nous avons regroupé les enseignants ciblés en trois grands groupes selon qu’ils
appartiennent à un lycée sélectionné des trois. Il s’agit d’un groupe 1 constitué des
enseignants du lycée de Mballa II, puis d’un groupe 2 constitué des enseignants du lycée
bilingue de Nyom et en fin d’un groupe 3 constitué des enseignants d’Elig-Essono.
Échantillon de l’étude
Avec la méthode d’échantillonnage probabiliste et en nous servant de la technique
d’échantillonnage à grappes avec le procédé de tirage sans remise, nous avons sélectionné un
échantillon composé de toutes les unités statistiques appartenant aux grappes choisies (soit
tous les enseignants appartenant aux établissements sélectionnés). Ayant eu les effectifs
exacts des enseignants appartenant à chaque établissement scolaire, nous nous sommes référés
à la technique de Fonkeng, Chaffi et Bomda (2014, p 88). Cette technique aide à déterminer la
taille d’un échantillon (S) représentatif d’une population d’étude donnée (N). La taille de
notre population accessible étant constituée de 448 enseignants de plusieurs champs
disciplinaires. Notre échantillon devait être représentatif pour cette population à partir de 165
participants. Nous avons ainsi affecté un quota de 55 participants dans chacun de nos trois
lycées. C’est ainsi que nous avons imprimé 170 questionnaires afin de prévoit les éventuels
pertes et manquements.
Nous avons déposé ainsi les questionnaires auprès des responsables des établissements
et nous nous sommes donnés le délai d’une semaine pour le passer les récupérer. Lors de
notre passage une semaine plus tard, les questionnaires de 175 enseignants bien remplis ont
été retournés. Alors, la taille de notre échantillon est constituée de 166 enseignants. Le tableau
49
qui suit donne leur répartition en fonction des trois établissements de l’arrondissement de
Yaoundé 1.
3 Lycée d’EMANA 55
Total 03 165
Tel que le montre ce tableau, sur une population de 448 enseignants et à l’aide de la
méthode probabiliste, 210 enseignants exerçant dans 3 établissements scolaires secondaires
publics ont été retenus comme participants de notre étude. Cet échantillon a été constitué de
façon à reproduire l’image de la population du départ.
L’instrument de collecte des données est le moyen par lequel nous avons recueille les
informations sur le problème que pose notre étude auprès des éléments de l’échantillon afin
de vérifier les hypothèses de recherche. Ces données selon Fonkeng et Chaffi (2014 :
37) « sont des informations, des faits, généralement sous la forme des nombres à partir
desquels des déductions peuvent être faites ». Ces informations recueillies sont nécessaires
pour la résolution scientifique du problème. Ainsi, l’instrument que nous avons utilisé dans le
cadre de notre recherche est le questionnaire. Il présente un avantage en ce sens qu’il nous
permet de requérir les informations auprès d’un grand nombre de sujets dans un temps
relativement court. Le questionnaire que nous présentons en annexe est une suite de questions
posées de façon méthodique dans l’optique d’une enquête et dont l’élaboration s’appuie sur
les variables de l’étude. L’objet étant de comprendre les raisons de l’inappropriation
professionnelle de la digitalisation des enseignements par les enseignants du secondaire.
50
Il existe plusieurs techniques ou méthodes pour la collecte des données. Entre autres on
distingue : l’observation directe, l’observation indirecte, l’observation armée, l’observation
non armée, l’enquête, le sondage, l’entretien etc.
Dans notre étude la technique de collecte des données est l’enquête. Tsala Tsala (1992 :
75) pense que : « l’enquête est une investigation en milieu naturel (sur le terrain) qui a pour
but de comprendre un phénomène non provoqué choisi ».
En fait, l’enquête consiste généralement à poser les mêmes questions à un certain nombre
de personnes qui constitue tout le groupe que l’on désire étudier ou alors qui représente ce
groupe. Pour le cas d’espèce, nous avons choisi un groupe représentatif qui est notre
échantillon. Quatre aspects préalables selon la procédure scientifique ont été respectés :
Pour ce qui est de l’enquête, elle peut se faire sous forme d’entrevue (interview,
entretien), soit alors à l’aide d’un questionnaire. C’est dans cette logique que Tsala Tsala
(1992 ; 75) affirme que : « l’interview et le questionnaire sont différents en ce que d’une part
l’interview suppose la présence simultanée de l’interviewé. On observe mieux le sujet et le
contexte dans lequel il réagit. Un soin particulier est mis sur les problèmes de communication.
D’autre part le questionnaire sollicite des réponses écrites aux questions posées à l’avance ».
De façon générale, les deux techniques présentent chacune des avantages. Mais dans le cas de
notre étude le questionnaire a été choisi comme instrument de collecte des données.
La Pré-enquête
Ainsi, pour y arriver, nous avons procédé à la distribution d’un questionnaire à une
infime partie de notre population d’étude soit 20 enseignants issus des lycées de
l’arrondissement de Yaoundé 1. Le feedback des données recueillies nous a amené à
réorganiser nos questions qui semblaient être moins comprises afin de valider notre
questionnaire.
Le Pré-test
Présentation du questionnaire
La formulation de notre questionnaire commence par une note adressée à l’endroit des
utilisateurs les informant sur le but de notre recherche, la sincérité des réponses tout en
donnant une garantie sur l’anonymat et la confidentialité des réponses. Le questionnaire pour
le rappeler encore ici consistait à recueillir des informations concernant les caractéristiques
des variables cibles. D’après Quivy et Campenhoudt (2006 : 171) « l’enquête par
questionnaire consiste à poser à un ensemble de répondants, le plus souvent représentatif
d’une population, une série de questions relatives à leur situation sociale, professionnelle ou
familiale ».
Cette technique a un avantage qui permet de se renseigner sur des nombreux aspects
de la vie d’une population donnée à travers des questions. Dans notre questionnaire, nous
avons opté pour des questions fermées bien que les questions ouvertes donnent la latitude au
52
répondant d’expliquer ses réponses et de s’exprimer davantage. Notre choix se justifie par le
fait que nous avons voulu garder le caractère quantitatif et l’uniformité des réponses des
répondants. Ces questions ont été adaptées à l’échelle de Likert à quatre niveaux (Tout à fait
d’accord, D’accord, En désaccord, Totalement en désaccord).
Notre questionnaire a été construit sur trois grandes sections. Chaque section
correspond à une variable indépendante dépendante ou encore une section réservée au
données signalétique.
La première section est intitulée digitalisation des enseignements qui porte sur les
indicateurs tels que (utilisation de la techno pédagogie dans les enseignements, disponibilité
du dispositif de digitalisation et la représentation sociale du numérique). Les questions de
cette première section divisée en trois groupes partent de Q1 à Q24 soit 24 questions adressés
aux enseignants.
La dernière section quant à elle porte sur les aspects sociodémographiques des
participants et ressort entre autres le genre, la tranche d’âge, le grade, le lieu de service,
l’ancienneté au poste et également la discipline enseignée. Ses items vont de Q30 à Q36 avec
soit sept informations à recueillir.
structures retenues la période allant du 17 avril au 24 avril 2023 en occurrence les trois lycées
que nous avons sélectionnés.
Il faut également souligner que certains enseignants ont choisi de remplir les
questionnaires séance tenante. Mais majoritairement dans les établissements, le procédé
d’administration convenu avec les responsables était de laisser les questionnaires aux
enseignants afin qu’ils les remplissent à la maison pour que nous repassions dès le lendemain
les récupérer pour ne pas perturber leurs activités d’enseignement/apprentissage. Le taux de
récupération des questionnaires a été très satisfaisant (100%).
Nous avons choisi utiliser la méthode des tris à plats permet de ventiler les réponses des
questionnaires adressés à une seule catégorie répondants tandis que la méthode de tris croisés
permet de réunir dans un tableau de croisement les résultats de plusieurs variables et
provenant de plusieurs répondants. De plus, le choix de croiser une question à une autre est
motivé par l’analyse et la connaissance plus fine des réponses des personnes interrogées.
Ainsi, avant de passer à l’étape d’analyse des données proprement dite, nous sommes passés
par travail dépouillement qui s’est fait de façon manuelle à l’aide d’un masque de
dépouillement que nous avons conçu. À l’aide de ce masque de dépouillement, nous avons
compilé les questions et les avons regroupés en fonction de nos variables et indicateurs.
Le choix d’une technique d’analyse des données n’est pas fortuit, il tient compte d’un
certain nombre de conditions. L’analyse des données renvoie au traitement des informations
collectées. Ainsi, consécutivement à notre méthode de collecte des données, une technique
d’analyse des données a été mise en place. Il s’agit de l’analyse statistique à l’aide du test de
Pearson pour nos données qui sont essentiellement quantitatives.
L’analyse des données quantitatives est un traitement qui permet de les croiser et
d’établir les corrélations entre les variables au regard des hypothèses de recherche. L’analyse
des données se fait à travers l’utilisation d’un test de signification statistique et de la mesure
du degré de liaison devant permettre de prendre une décision statistique. Pour ce faire nous
avons utilisé le logiciel « Statistical Package for Social Sciences » (SPSS) et appliqué à notre
étude le test de Khi-carré (x²). En fait, l’analyse des données peut se faire de façon manuelle
ou en utilisant l’ordinateur pourvu de logiciel. Au niveau du traitement manuel, le travail est
très fastidieux et nécessite beaucoup de temps et comporte des risques d’erreurs. Par contre,
au niveau informatique le traitement des données est moins fastidieux et leur analyse est très
diversifiée. C’est pour cette raison que nous avons choisi cette dernière option.
L’analyse de nos données quantitatives s’est faite à l’aide du logiciel SPSS. Ce logiciel
statistique nous a permis d’effectuer deux types d’analyses :
- L’analyse descriptive ou de premier degré qui permet de présenter le comportement
des individus et les facteurs étudiés par des mesures de tendance centrale et des
mesures de tendance dispersée ;
- Et l’analyse inférentielle qui permet de voir la corrélation, le lien ou la relation qui
existe entre deux facteurs au minimum. Ce dernier type peut procéder par les tests
suivants : Khi-carré, ANOVA, ANCOVA, T Student, la corrélation de Spearman, ou
la corrélation de Pearson. Dans notre cas, nous avons choisi le test du khi-carré. En
effet, ce test est utilisé lorsque la recherche comporte deux groupes ou mesures et
que la variable dépendante est qualitative. Le khi-carré permet de tester la
dépendance entre deux variables aléatoires ou l’adéquation d’une série de données à
une famille de lois de probabilité.
55
Nous avons parcouru sept étapes lors de l’analyse quantitative de nos données à l’aide de
SPSS à savoir :
- Compter les questionnaires et apprécier s’ils étaient bien remplis ;
- Numéroter les questionnaires pour nous permettre d’identifier et de corriger la source
de l’erreur en cas de mauvaise gestion d’un questionnaire quelconque ;
- Définir les variables dans SPSS ; autrement dit nous avons assigné à chaque item ses
modalités de réponses dans l’optique de monter les masques de données ;
- Nous avons continué en introduisant les données codifiées ;
- Nous avons aussi vérifié les données introduites pour éviter des erreurs qui peuvent
influencer les résultats de la recherche ;
- Nous avons suivi cette étape par l’analyse descriptive des données en terme de
fréquence, pourcentage et graphique ;
- Enfin, nous avons procédé à l’analyse inférentielle.
En bref, au premier niveau d’analyse, nous avons utilisé la statistique descriptive pour
décrire, résumer de manière fiable et précise les informations en faisant usage des
diagrammes (à barres et en secteurs) et en utilisant des tableaux. Au second niveau, nous
avons pris un certain nombre de dispositions sachant que le type d’analyse statistique des
données dépend de la nature de l’hypothèse et des types de variables. Étant donné que nos
variables sont catégorielles, le test de corrélation de Pearson.
Les variables
Dans le cadre de cette étude définir les variables revient à déterminer les critères de
mesures que l’on utilisera pour ladite investigation. C’est identifier dans chacune des
hypothèses la variable indépendante et la variable dépendante ».
4- totalement en désaccord.
Hs2 : la M2 : -maitrise de
3- En désaccord ;
é du pédagogique ;
Questionnaire
dispositif digital
2- D’accord ;
dispositif -existence des
dans
de centres multi
l’enseignement digitalisatio médias ;
participe à son n des -existence d’un
appropriation enseigneme espace adapté à la
professionnelle n nts digitalisation ;
par les -existence d’un
professionnelle par les enseignants du secondaire.
enseignants du WIFI ;
-contenus
secondaire ;
pédagogiques
numériques ;
-classe virtuelle ;
-plateformes
digitales.
VD : - Accessibilité du
appropriatio numérique ;
n - Maitrise de l’usage ;
professionne - Utilité du numérique
lle du
numérique
Selon Lagarde (1995), cité par Stafford et Bodson (2006, p.3) « le propre de l’analyse
des données, dans son sens moderne, est justement de raisonner sur un nombre quelconque de
variables ». Pour Crauser, Harvatopoulos et Sarnin (1989) l’analyse des données consiste à
raisonner sur les variables. Pour ces trois auteurs, « le rôle principal de l’analyse des données
est de mettre en relief les structures pertinentes de grands ensembles de données ». Dans le
présent chapitre, les résultats sont présentés premièrement le volet quantitatif qui consistera à
présenter les résultats à l’aide des tableaux et/ou des diagrammes et en faire une analyse
descriptive qui consiste selon Angers (1992, p.321) en une « analyse visant à une
représentation détaillée d’un objet » et l’analyse explicative qui consiste selon le même
auteur en une « analyse visant à mettre en relation des éléments d’un objet ». Dans l’aspect
qualitatif de la recherche en second lieu. Ce chapitre se présente en deux sections : la
présentation et analyse des données qualitatives d’une part et d’autre part l’analyse descriptive
et l’analyse inférentielle des données quantitatives. Le présent chapitre porte sur la
présentation des résultats et l’analyse des données collectées auprès de notre échantillon.
Cette analyse fournit des informations utiles pour essayer de comprendre la relation qui
existerait entre la digitalisation des enseignements en contexte camerounais et l’appropriation
professionnelle chez les enseignants du secondaire public.
Présenter les données revient à disposer les différentes catégories et leurs effectifs
dans un tableau ou dans les graphes. Angers (1992, p.301) parle de « présentation visuelle »
et la définit comme étant une « façon d’organiser et de présenter des données de recherche ».
La nature catégorielle de nos variables donne droit à une distribution des fréquences qui
permet de connaître la répartition des sujets parmi les différentes modalités de la variable
mesurée. Cette distribution de fréquence comporte des éléments à savoir : le nombre de sujets
(la fréquence) qu’il y a pour chaque modalité et le pourcentage correspondant. Généralement,
on associe aux tableaux de fréquences, les graphes, notamment les diagrammes en bâton et les
diagrammes en cercle et les histogrammes pour faire une présentation visuelle des données
collectées sur le terrain à travers le questionnaire Angers (1992). L’analyse descriptive permet
de présenter les données recueillies selon leur physionomie. Alors, de façon préférentielle,
nous choisissons de les présenter à la fois sous forme de tableaux et sous forme de
60
diagrammes suivi des commentaires. Nous trouvons que ces types d’analyses descriptives
donnent une plus très grande lisibilité aux données pour parler comme Angers (1992).
Tableau 8: distribution des répondants selon que des formations continues en TIC sont
régulièrement organisées à votre attention
La lecture du tableau ci-dessus montre que 24 % et 35,3 % de nos répondants sont tout
à fait d’accord et d’accord du fait que les formations continues en TIC sont régulièrement
organisées à leur attention. Or, un pourcentage non négligeable (40, 8%) de nos répondants
estime ne pas bénéficier des formations continues dans le domaine des TIC dans leur
établissement. L’une des stratégies visant à favoriser l’intégration d’un modèle ou d’une
approche est la formation continue organisée à l’endroit des bénéficiaires. Le Ministère des
61
Tableau 9 : répartition des données selon que les participants sont tous conviés aux
séminaires et recyclages sur le numérique pédagogique
A la question de savoir si tous les enseignants sont souvent conviés aux séminaires et
recyclages sur le numérique pédagogique, la distribution des données indique 26,3% et 47,3
% sont respectivement tout à fait d’accord et d’accord ; contre 13,3 % et 12,7 % des
répondants qui sont soit en désaccord ou totalement en désaccord. Suivant le calendrier du
déroulement des activités annuelles des lycées d’enseignement secondaire général, il est prévu
de manière trimestrielle une série de formation piloté par les inspections pédagogiques allant
dans des séminaires, colloques visant à renforcer les capacités des enseignants dans le
domaine du numérique en occurrence.
Tableau 10 : distribution selon le fait que les TIC sont intégrés dans la formation
initiale des enseignants
La distribution des données relatives au fait que les TIC sont intégrés dans la
formation initiale des enseignants les TIC sont intégrés dans la formation initiale des
enseignants montre que 24,6 % et 39,5 % de nos participants sont tout à fait d’accord et
d’accord ; par ailleurs, 18 % et encore 18 % de certains répondants pensent que lors de leur
formation initiale, ils n’ont pas bénéficié des programmes visant la digitalisation. Ce résultat
nous amène à comprendre que, depuis plus d’une décennies, les programmes de formation en
TIC sont introduits dans la formation initiale des enseignants tant au niveau des écoles
normales que dans les établissements facultaires des Universités à l’effet de fournir un cadre
numérique aux futurs enseignants.
Tableau 11: répartition des répondants sur le fait qu’il existe des unités transversales
dans le domaine du numérique au cours de la formation initiale des enseignants
La lecture du tableau ci-dessus nous montre que 24, 6 % et 29,9 % sont tout à fait
d’accord et d’accord contre 22,2% et 23,4 % pour les modalités en désaccord et totalement en
désaccord. Ce résultat nous amène à comprendre la politique du système éducatif notamment
en ce qui concerne la formation des enseignants du secteur secondaire. Il est non seulement
introduit dans les universités et écoles normales supérieures des programmes de formation sur
le numérique afin de favoriser son intégration. Kaikai (2020) les pratiques des TIC sont certes
intégrées dans la formation et la recherche scientifique, mais elles restent relativement faibles
comparativement aux universités étrangères.
63
La question de savoir si la plus part des enseignements est digitalisée dans les lycées
publics d’enseignement secondaire, il convient de noter que 18,6% sont tout à fait d’accord et
d’accord, 44,2 % en désaccord et 18,6 % totalement en désaccord. L’un des constats que nous
avons observé est que les pratiques enseignantes sont de moins en moins numérisées par
enseignants qui éprouvent des difficultés à l’intégration. Ces difficultés sont de plusieurs
ordres notamment l’insuffisance des dispositifs de digitalisation, l’absence de formation des
enseignants et le contexte économique du pays (Béché, 2017).
alors que les TIC constituent certes un excellent outil de recherche d’information et de
communication et un vaste potentiel d’outils techniques et d’applications dont les avantages
sont évidents, mais elles peuvent constituer à la fois un réel handicap pour ses utilisateurs s’ils
manquent de moyens pour y accéder ou s’ils ne sont pas formés à leur utilisation.
Tableau 14 : distribution des répondants selon que les évaluations sont généralement
digitalisées
La lecture du tableau ci-dessus montre que 11,4 % sont tout à fait d’accord, 20,5 %
sont d’accord, 23,5 % sont totalement en désaccord et enfin 44,6 % sont totalement en
désaccord du fait que les évaluations sont généralement digitalisées. Ce résultat nous amène à
comprendre que le niveau de digitalisation dans nos établissements d’enseignement
secondaire ne parvient pas encore passer à l’évaluation à distance du fait déjà du faible niveau
d’intégration du numérique dans le contexte camerounais.
Tableau 16 : distribution des données selon que l’établissement dispose d’un centre
multimédia
Tableau 19: Les contenus pédagogiques sont disponibles en plusieurs formats (pdf,
Word, Image, video) hébergés dans la bibliothèque de votre établissement
Nos répondants pensent au sujet du fait que les contenus pédagogiques sont
disponibles en plusieurs formats (pdf, Word, Image, video) hébergés dans la bibliothèque de
leur établissement, il ressort que plus de 53 % sont tout à fait d’accord et d’accord contre 46
% qui sont en désaccord ou totalement en désaccord. Ce résultat se traduit par le fait qu’en
période de crise sanitaire en occurrence, le gouvernement camerounais dans un souci de
promouvoir la continuité pédagogie a mis sur pied une stratégie qui vise à héberger les
contenus des enseignements dans les centres multimédias à travers les logiciels à l’effet de les
rendre disponibles pour les apprenants. C’est d’ailleurs cette composante qui est pratiqué
jusqu’à présent dans les établissements scolaires.
Tableau 20 : distribution selon qu’il existe des classes virtuelles dans votre établissement
La lecture du tableau en exergue portant sur l’existence ou non des classes virtuelles
dans les établissements, il faut souligner que 19,8 % sont tout à fait d’accord, 28,9 % sont
d’accord, 22,3 % sont en désaccord et 28,9 % pour la modalité totalement en désaccord. Cette
68
distribution traduit le fait que certains établissements dans leur processus de numérisation des
enseignements ont crée des plates formes où sont stockés les cours et documents
pédagogiques. C’est documents sont majoritairement constitués des cours en format diversifié
notamment pdf, word et bien d’autres formats.
Tableau 21: Vos classes virtuelles sont animées par les plateformes digitales (Microsoft,
teams, Google meet, Google classroom, Zoom)
A la question de savoir si les classes virtuelles existantes sont animées par les
plateformes digitales (Microsoft, teams, Google meet, Google classroom, Zoom), la
distribution ci-après a été observée à savoir 19,8 % pour la modalité tout à fait d’accord, 22,2
% pour d’accord, 25,7 en désaccord et 32,3 % de totalement en désaccord. Lors de notre pré
enquête dans certains lycées de l’arrondissement de Yaoundé 1, nous sommes rendu compte
la plus part des enseignants des disciplines dites littéraires sont plus réticents à l’hébergement
des cours dans les plates formes, c’est ce qui peut justifier le pourcentage de 58 % des
enseignants qui estiment que les classes virtuelles existantes sont moins animées par les
plateformes digitales.
69
Tableau 22 : distribution des données selon qu’il existe des calendriers (emplois de
temps numérique) dans votre établissement
A la question de savoir s’il existe des calendriers (emplois de temps numérique) dans
votre établissement, la répartition ci après a été observé 26,3 % sont tout à fait d’accord, 34, 1
% sont d’accord. Parallèlement, 25,1 % et 14,4 % sont en désaccord et totalement en
désaccord. Ce résultat nous montre que tout les établissements secondaires disposent d’un
emploi de temps lié aux activités du numérique notamment en termes de cours, de séminaires
d’organisation entre autre.
Tableau 24: distribution des répondants selon que l’existence d’un dispositif de
digitalisation des enseignements facilite l’appropriation du numérique
collaboration avec le numérique est davantage à des fins pédagogiques et apprentissage. Il est
donc difficile que ce numérique détourne les acteurs que sont les enseignants.
Tableau 28 : distribution selon que le pouvoir d’achat des outils de digitalisation est
faible
Le tableau ci-dessus nous montre que 50,3 % sont tout à fait d’accord et 41,9 sont
d’accord sur le fait le numérique améliore considérablement les pratiques pédagogiques. Dans
ce sens, Fonkoua (2010) pense que les domaines et les pratiques enseignements
apprentissages doivent considérer l’outil informatique comme une approche nouvelle capable
de rentre le système éducatif plus efficace et compétitifs en raison de la forte mondialisation.
Tableau 35 : répartition selon que la digitalisation des enseignements doit être une
culture pédagogique
Pour la dernière thématique de cette étude, 86,8 % soit 145 répondants admettent que
poser le numérique comme moyen de création pédagogique est une piste de contribution
efficace à son appropriation. Dans le même sens, affirme Béché, il faut encourager le corps
enseignant à créer pédagogiquement avec les TIC. C’est cette capacité d’innover renchéri
Beche (2013) qui donne la possibilité aux acteurs en question d’imaginer et mettre en œuvre
des opportunités de construire des scénarios pédagogiques intégrant fondamentalement les
TIC.
Nous avons obtenu dans la distribution genre plus de femmes que hommes soit 61,5 %
(106) participantes contre seulement 38,5% pour les hommes. Ce qui traduit le fait qu’on
trouve de femmes enseignantes dans les métropoles que les hommes. On peut conclure que
les lycées urbains regorgent plus de femmes que d’hommes.
79
Le tableau récapitulatif relatif à la distribution des répondants selon la tranche d’âge nous
montre que 18 % sont issue de la tranche d’âge 20 – 25 ans ; 20,5 % pour la tranche 26 – 31
ans ; 21,7 % pour la tranche d’âge 32 – 37 ans puis 22,9 % qui sont compris entre 38 - 43 ans
et enfin 16,9 % sont issu de la tranche d’âge 44 ans et plus
La lecture du tableau selon le grade nous montre que les grades les plus représentés sont
PLEG soit 51,5 % et PCEG 38 % et le reste reparti entre les différents autres grades donc les
PLET, le contractuel d’administration.
80
Nous savon effectué notre recherche dans trois lycées d’enseignements secondaires soit Lycée
d’EMANA (31,7%) ; le lycée de Mballa 2 (32,9 %) et le lycée Bilingue de NYOM (35,3 %).
Ces lycées sont contenus dans l’arrondissement de Yaoundé 1.
Pour ce qui est de l’ancienneté au poste chez les enseignants, il ressort que la grande
majorité des répondants sont compris entre 0 – 10 ans soit 66,3 % et 28,8 % ayant déjà passé
entre 11 et 21 ans.
Pour la vérification de nos hypothèses, sachant que ces dernières établissent une
relation entre deux variables qualitatives, nous nous servirons du test d’indépendance Khi-
deux (2). Pour cela, nous allons suivre le canevas suivant :
Dans le test de dépendance, le nombre de degré de liberté est égal à (r-1) (c-1) où r
désigne le nombre de rangées et c le nombre de colonnes. Ce tableau de contingence a 7
colonnes et 6 lignes.
- Donc r = 19 et c = 11
- A.N : n.d.d.l.= (19-1) (11-1) = 190
α est la probabilité pour qu’un paramètre ne soit compris dans un intervalle. C’est la
probabilité de rejeter l’hypothèse nulle alors que celle-ci est vraie. Sa valeur fixe le risque que
l’on prend en disant que ce que l’on observe est lié à un facteur systématique plutôt qu’à des
fluctuations normales d’échantillonnage. Pour notre étude, nous avons : α = 5% = 0,05. En
général, le niveau le plus bas de l’intervalle de confiance est de 90%. Pour notre étude, nous
avons choisi pour intervalle de confiance t = 95% =0,95 ; ceci dans le but d’élargir
l’intervalle de confiance.
6ème étape : Lecture de la valeur critique du Khi-deux sur une table et prise de décision
D’après la table de distribution du Khi carré, pour nddl = 120 et α = 0,05, le χ2 lu est de.
83
Décision : Etant donné que χ2cal (404,94) > χ2lu (194,8), H0 est rejetée et Ha est acceptée. Ceci
signifie que l’utilisation de la techno pédagogie dans l’enseignement détermine son
appropriation professionnelle par les enseignants du secondaire.
Comme la valeur C est égale à 0, 77, nous concluons que la relation est forte.
Dans le test de dépendance, le nombre de degré de liberté est égal à (r-1) (c-1) où r
désigne le nombre de rangées et c le nombre de colonnes. Ce tableau de contingence a 11
colonnes et 22 lignes.
- Donc r = 22 et c = 11
- A.N : n.d.d.l.= (22-1) (11-1) = 210
α est la probabilité pour qu’un paramètre ne soit compris dans un intervalle. C’est la
probabilité de rejeter l’hypothèse nulle alors que celle-ci est vraie. Sa valeur fixe le risque que
l’on prend en disant que ce que l’on observe est lié à un facteur systématique plutôt qu’à des
fluctuations normales d’échantillonnage. Pour notre étude, nous avons : α = 5% = 0,05. En
général, le niveau le plus bas de l’intervalle de confiance est de 90%. Pour notre étude, nous
avons choisi pour intervalle de confiance t = 95% =0,95 ; ceci dans le but d’élargir
l’intervalle de confiance.
6ème étape : Lecture de la valeur critique du Khi-deux sur une table et prise de décision
D’après la table de distribution du Khi carré, pour nddl = 210 et α = 0,05, le χ2 lu est de
233,8.
Décision : Etant donné que χ2cal (506,98) > χ2lu (233,8), H0 est rejetée et Ha est acceptée. Ceci
signifie que la disponibilité du dispositif digital dans l’enseignement participe à son
appropriation professionnelle par les enseignants du secondaire.
86
Comme la valeur C est égale à 0, 74, nous concluons que la relation est forte.
Notre deuxième hypothèse stipule les représentations sur le numérique influencent son
appropriation professionnelle par les enseignants du secondaire
1ère étape : Enonciation de l’hypothèse alternative et de l’hypothèse statistique
Ha : les représentations sur le numérique influencent son appropriation professionnelle par les
enseignants du secondaire ;
Dans le test de dépendance, le nombre de degré de liberté est égal à (r-1) (c-1) où r
désigne le nombre de rangées et c le nombre de colonnes. Ce tableau de contingence a 11
colonnes et 18 lignes.
- Donc r = 22 et c = 11
- A.N : n.d.d.l.= (18-1) (11-1) = 170
88
α est la probabilité pour qu’un paramètre ne soit compris dans un intervalle. C’est la
probabilité de rejeter l’hypothèse nulle alors que celle-ci est vraie. Sa valeur fixe le risque que
l’on prend en disant que ce que l’on observe est lié à un facteur systématique plutôt qu’à des
fluctuations normales d’échantillonnage. Pour notre étude, nous avons : α = 5% = 0,05. En
général, le niveau le plus bas de l’intervalle de confiance est de 90%. Pour notre étude, nous
avons choisi pour intervalle de confiance t = 95% =0,95 ; ceci dans le but d’élargir
l’intervalle de confiance.
6ème étape : Lecture de la valeur critique du Khi-deux sur une table et prise de décision
D’après la table de distribution du Khi carré, pour nddl = 170 et α = 0,05, le χ2 lu est de
225,8.
Décision : Etant donné que χ2cal (384, 68) > χ2lu (225,8), H0 est rejetée et Ha est acceptée. Ceci
signifie que les représentations sur le numérique influencent son appropriation professionnelle
par les enseignants du secondaire
89
Comme la valeur C est égale à 0, 75, nous concluons que la relation est forte.
signification
Ha et on
rejette Ho
Ha et on
rejette Ho
Ha et on
rejette Ho
90
Interpréter les résultats dans cette étude consiste à donner un sens, une signification
aux résultats auxquels on est parvenu. Angers (1992 : 324), affirme que « l’interprétation est
une argumentation logique qui a pour but de situer vos résultats quant à leur portée ». Ce qui
veut dire que dans ce chapitre, nous allons nous appuyer sur les données et les résultats des
analyses issues du chapitre précédent. C’est pour aller dans ce sens que Angers (1992 : 323)
déclare que « l’interprétation est un mouvement de la pensée qui n’est pas toujours facilement
dissociable de l’analyse, car elle porte, elle aussi, sur les données, mais en cherchant à aller
plus loin ». L’objectif de chapitre étant de rendre compréhensible et intelligible les résultats
de notre recherche, nous reviendrons sur nos hypothèses de départ, afin de les discuter au
regard du cadre théorique qui nous ont permis de les formuler. En fin, nous allons élargir la
discussion en comparant ce que disent les informations collectées et la réalité observée sur le
terrain.
techno pédagogie dans l’enseignement détermine son appropriation professionnelle par les
enseignants du secondaire. Ces résultats sont concordants avec les écrits et le cadre théorique
cité plus haut. Ils rejoignent les études de Feuzeu (2020), Fonkoua (2013), Essono (2005).
Dans cette mouvance, Feuzeu (2020) estimait que l’apport des ONG et des
organisations internationales a était capital pour le Cameroun. C’est le cas de l’Unesco qui au
lendemain de la fermeture des établissements scolaires a accordé son expertise technique au
Ministère des Enseignements Secondaires (MINESEC) par la mise sur pied des studios
d’enregistrement pour la mise en œuvre de l’enseignement à distance. Le soutien de l’Unesco
s’inscrit dans le cadre de la « coalition mondiale pour l’éducation. » (Unesco, 2020)
Djeumeni Tchamabe (2013), dans une analyse des pratiques pédagogiques des
enseignants avec les TIC au Cameroun entre politiques publiques et dispositifs techno-
pédagogiques; compétences des enseignants et compétences des apprenants; pratiques
publiques et pratiques privées au titre de ses travaux de doctorat pense que le système éducatif
Camerounais a intégré les TIC dans l’optique de booster la performance des établissements
scolaire mais ces derniers rencontrent les obstacles fondamentaux liés à leurs appropriation.
On comprend que les TIC et leurs pratiques constituent désormais des ressources
importantes, voire incontournables dans le domaine éducatif, parce qu’ayant intégré des
stratégies de promotion des technologies dans leurs politiques de développement, elles ne le
sont pas encore sur l’ensemble du continent africain. En outre, il serait difficile de réfléchir en
termes de hautes technologies de l’information et de la communication dans des pays qui ont
peu de routes viables ou qui connaissent des difficultés d’accès à l’eau potable et à
92
l’électricité (Lewis, 2004). À cela, s’ajouteraient les problèmes de santé, de construction des
écoles, d’urbanisation, d’exode rural, d’hygiène et salubrité ainsi que l’ensemble des
problèmes décrits précédemment. Ce sont là des préoccupations vitales quotidiennes
considérées en Afrique comme des priorités et qui détourneraient l’attention sur l’importance
à accorder aux TIC en tant que tremplin pour le développement de l’Afrique. En somme,
comme le relève Depover (2005), les besoins à satisfaire sont si nombreux, et les moyens
disponibles si réduits qu’on se demande bien si les TIC ont leur place dans l’école en
Afrique. Pourtant, ces technologies d’après les experts et les membres du G8 figureraient
parmi les solutions privilégiées pour faire face aux nombreux défis qui interpellent les
Africains (Castonguay, 2005).
À partir de l’examen d’une série de 84 entrevues menées avec des enseignants issus de
sept établissements pilotes d’intégration pédagogique des TIC au Cameroun, Beche arrive aux
résultats selon lesquels :
Le ratio ordinateur/acteurs scolaires très bas. Il varie en effet entre 0,008 et 0,034.
Autrement dit, il y a en moyenne 60 élèves et enseignants pour un ordinateur dans ce
contexte. En Afrique de façon générale, le faible développement du contexte sociotechnique
est l’une des difficultés majeures liées à l’innovation techno pédagogique (Karsenti, 2009 ;
Karsenti, Collin et Harper-Merrett, 2011). Cette situation socio technologique déficitaire ne
permet évidemment pas toujours et à tout le monde d’accéder aux TIC à l’école et de les
utiliser effectivement. Pour 43 des 84 enseignants que nous avons interviewés (51,19 %), elle
constitue un des principaux facteurs qui les « découragent » à faire usage des TIC à l’école à
des fins pédagogiques. Un contexte socio technologique moins développé ne permet
évidemment pas une réelle appropriation pédagogique des outils censés intégrer l’école.
Selon Béché (2017), L’une des innovations technos pédagogiques observées dans les
pratiques d’apprentissage des élèves camerounais concerne la recherche documentaire. Cette
activité représente d’ailleurs la catégorie d’usages des TIC la plus répandue en éducation dans
ce contexte (Béché, 2013). L’internet et les services qu’il offre induisent ici des usages qui
comblent un des plus grands déficits qui entravaient l’implication des apprenants dans leurs
apprentissages : celui de l’accès restreint à la documentation académique et scientifique. Ces
diverses sources pédagogiques leur donnent des possibilités larges et variées en termes
94
Béché (2017) conclut que, l’intégration scolaire des TIC dans ce contexte, émergent de
nouvelles façons d’apprendre et de nouveaux rapports pédagogiques. Mais l’importance de
ces innovations reflète tout de même les moyens, compétences et environnements techno
pédagogiques qui sont pour le moins relativement limités. Cet environnement techno
pédagogique relativement bas va dans le sens de la théorie de l’analyse situationnelle à travers
sa dimension environnement à l’effet de montre que la situation du Cameroun pour ce qui est
du numérique reste à explorer.
5.1.3. Résultat relatif aux représentations sur le numérique chez les enseignants
Etant donné que les représentations sociales orientent, justifient et prédisent les pratiques des
acteurs en rapport avec une réalité représentée (Abric, 1994). Beche (2013) obtient le résultat
que pour la plupart des répondants, l’ordinateur apparaît fondamentalement comme une
technologie informatique à plusieurs composantes ou périphériques, utilisable notamment
pour faire des recherches, traiter les textes et communiquer. Cela veut dire que pour eux,
l’ordinateur ne renvoie pas avant tout à un support pédagogique ou didactique. C’est un outil
qu’ils situent essentiellement dans sa matérialité et son instrumentalité et dont ils
reconnaissent trois principales fonctions : recherche, communication, production de texte. Il y
a paradoxalement dans leur champ représentationnel une sous-représentation des items et
énoncés spécifiquement pédagogiques. Les termes et définitions produits autour de
l’ordinateur relèvent plutôt davantage de la bureautique que de la pédagogie, ce qui invite à
poser l’importance de concevoir et orienter les apprentissages des TIC dans une perspective
pédagogique.
95
Beche (2013) dans cette étude propose de faciliter l’accès des enseignants camerounais aux
technologies et leur adoption. Cela correspond à ce que Karsenti et Tchameni Ngamo (2009)
appellent l’intégration physique des TIC. Bien qu’elle soit insuffisante, elle s’avère
néanmoins nécessaire pour une implémentation pédagogique effective des TIC.
On peut comprendre dans ce sens que la perception sociale du numérique par les
enseignants peuvent déterminer leurs acceptabilités. Plus il est perçu comme outil efficace
d’enseignement, et facilitateur plus les enseignants seront amenés à ce l’approprier. Dans
cette perspective, Beche (2013) estime que la perception du numérique comme outil difficile à
utiliser, comme tache moins aisé à l’utilisation conditionne son acceptabilité par les
enseignants du secondaire en occurrence. Il conviendrait au sens de ladite théorie de proposer
une approche ou un modèle qui puisse montrer clairement l’utilité du numérique aux
enseignants afin de faciliter leur appropriation.
Les suggestions que nous formulons ici vont non seulement à l’endroit des politiques
publiques mais aussi aux enseignants principaux acteurs de promotion de l’innovation
pédagogique dans le secteur de l’enseignement secondaire. Il s’agit entre autre de :
96
CONCLUSION GENERALE
La digitalisation dans les secteurs de l’éducation constitue un enjeu important pour l’efficacité
de système éducatif du Cameroun. Elle favorise la continuité pédagogique en tant de crise,
facilite l’enseignement apprentissage et constitue un socle important de développement des
compétences. C’est fort de cet intérêt que le gouvernement camerounais a redynamisé les
dispositifs de digitalisation dans l’enseignement en mettant en occurrence non seulement les
centres multimédias dans la plupart des lycées et en encourageant progression des secteurs du
numérique pédagogique.
Pour une éducation de qualité effective contenue dans l’ODD4, adopté par les nations Unies
en 2015, le système éducatif, principal promoteur a besoin de rassembler toutes les ressources
nécessaires à l’atteinte de cet objectif. Parmi les ressources dont-elle a besoin, la ressource
numérique mais davantage la ressource humaine principale acteur du processus. Un maillon
fort et efficace pour une éducation de qualité vecteur de développement durable. L’UNESCO
va plus loin en considérant l’enseignant comme principal catalyseur d’équité, de l’accès à
l’éducation et de la qualité de l’éducation. Adedejiet Olaniyan (2011) vont dans le même sens
en démontrant que l’efficacité des individus et par ricochet la société toute entière est en
grande partie corrélée aux enseignants qui, au quotidien dispensent les enseignements en
présentiels et même à distance.
Comme l’écrivent Karsenti et Collin (2010), un ratio ordinateur/acteurs scolaires très bas ne
conduit pas à une utilisation méthodique des TIC à des fins pédagogiques. Cette condition
reste donc insuffisante pour favoriser ces acteurs à l’usage pédagogique des outils
technologiques. Or Beche (2017) montre que le ratio ordinateur et acteurs éducatifs
98
(enseignants et élèves) est d’un ordinateur pour en moyenne 60 acteurs. Ce qui pourrait
justifier l’écart observé entre certains enseignants et le numérique, traduisant ainsi leur
perception.
De cette problématique pertinente, nous avons conduit notre étude sous le thème :
« Digitalisation des enseignements en contexte camerounais et appropriation
professionnelle chez les enseignants du secondaire public des lycées de Yaoundé 1 ». Ce
titre évocateur convoque plusieurs réalités qu’il convient de rappeler. La première est qu’il a
était question de faire un état de lieu sur l’implémentation du numérique au Cameroun. La
deuxième quant à elle s’intéresse à un phénomène rarement étudié ici, celui de l’appropriation
pédagogique du numérique par les enseignants du secondaire en occurrence.
Dans l’optique de mieux analyser cette problématique, nous avons formulé des questions de
recherche dont la principale s’articule de manière suivante : « certains déterminants de la
digitalisation des enseignements en contexte camerounais détermine son appropriation
professionnelle par les enseignants du secondaire ». Cette hypothèse générale a donné lieu à
trois hypothèses secondaires de recherche qui sont :
Hr3 : les représentations sur le numérique influencent son appropriation professionnelle par
les enseignants du secondaire.
Afin de tester et /ou d’éprouver ces hypothèses issues des questions de recherche
secondaires, nous avons à cet effet effectué plusieurs descentes sur le terrain pour recueillir
les avis, les opinions des uns et des autres sur la problématique qui nous incombait. La
principale descente reposait sur l’administration du questionnaire comme instrument
scientifique de collecte de données. Pour y parvenir, nous avons constitué un échantillon
représentatif constitué de 166 enseignants de trois lycées de l’arrondissement de Yaoundé 1.
Après clarification des concepts, suivie d’une présentation des cadres théorique et
méthodologique de notre recherche, l’on a abouti aux conclusions suivantes issues de
l’analyse des données collectées à cet effet nos trois hypothèses de recherche ont été confirmé
avec une contingence allant de 0,73 et 0,77 soulignant ainsi le degré des liens entre les
99
Nous n’avons aucune prétention de penser avoir décortiqué la problématique traitée. Pour
cela nous espérons que d’autres études pourront la compléter afin de l’enrichir et
l’approfondir davantage pour la satisfaction des éléments qui constituent la mosaïque du
management de l’éducation.
100
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11-53) Terroirs.
ANNEXES
- Questionnaires
- Autorisation de recherche
109
Annexe 1 : Questionnaires
REPUBLIC OF CAMEROON
REPUBLIQUE DU CAMEROUN S Peace - Work – Fatherland
Paix -Travail – Patrie
******
******
THE UNIVERSITY OF YAOUNDE I
UNIVERSITE DE YAOUNDE I
******
******
FACULTE DES SCIENCES DE
F E FACULTY OF SCIENCES OF
EDUCATION
L’EDUCATION
******
******
POST GRADUATE SCHOOL FOR
CENTRE DE RECHERCHE EN SCIENCES
SOCIAL AND EDUCATIONAL
SOCIALES ET EDUCATIVES
SCIENCES
******
******
désaccord
No Items 1 2 3 4
pédagogique
No Items 1 2 3 4
Q12 Les contenus pédagogiques sont disponibles en plusieurs formats (pdf, Word,
Q14 Vos classes virtuelles sont animées par les plateformes digitales (Microsoft,
Q15 Il existe des calendriers (emplois de temps numérique) dans votre établissement
l’appropriation du numérique
No Items 1 2 3 4
désaccord
No Items 1 2 3 4
appropriations
31- Tranche d’âge : [20 25[ ; [26 31[ ; [32 37 ans [ ; [38 43 ans
[ ; [44 et plus [
SOMMAIRE .............................................................................................................................. i
DEDICACE............................................................................................................................... ii
REMERCIEMENTS ............................................................................................................... iii
ABRÉVIATIONS, SIGLES ET ACRONYMES .................................................................. iv
LISTE DES TABLEAUX ........................................................................................................ v
RESUME ................................................................................................................................. vii
ABSTRACT ........................................................................................................................... viii
INTRODUCTION GENERALE ............................................................................................ 1
CHAPITRE 1 : PROBLEMATIQUE DE L’ETUDE ........................................................... 5
1.1. Contexte d’étude et justification .................................................................................. 5
1.2. Formulation du problème ............................................................................................ 8
1.3. Questions de recherche .............................................................................................. 10
1.3.1. Question principale ................................................................................................ 10
1.3.2. Questions secondaires ............................................................................................ 10
1.4. Hypothèses de l’étude ................................................................................................... 11
1.4.1. Hypothèse générale (Hg)............................................................................................ 11
1.4.2. Hypothèses secondaires (Hs) ..................................................................................... 11
1.5. Objectifs de l’étude .................................................................................................... 11
1.5.1. Objectif général .......................................................................................................... 12
1.4.2. Objectifs spécifiques .................................................................................................. 12
1.6. Délimitation de l’étude .............................................................................................. 12
1.6.1. Sur le plan géographique ....................................................................................... 12
1.6.2. Sur la thématique ................................................................................................... 12
CHAPITRE 2 : REVUE LITTERAIRE ET THEORIES EXPLICATIVES ................... 14
2.1. Approche notionnelle .................................................................................................... 14
2.1.1. Déterminants de la digitalisation des enseignements ................................................. 14
2.1.2. Appropriation du numérique ...................................................................................... 17
2.1.5. Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ................................. 18
2.1.6. Approche historique de l’intégration des TIC au Cameroun ..................................... 19
2.2. Etat de la question ......................................................................................................... 20
2.2.1. Etat des lieux et importance du numérique au Cameroun.......................................... 20
2.2.2. Numérique et continuité pédagogique en période de Covid 19 au Cameroun ........... 22
115
2.2.3. Dispositif pédagogique des enseignants avec les TIC et compétences des enseignants
.............................................................................................................................................. 25
2.2.4. L’importance des TIC pour les enseignants ............................................................... 27
2.2.5. Numérique en contexte Camerounais et appropriation pédagogique chez les
enseignants ........................................................................................................................... 29
2.2.6. Numérique en contexte Camerounais et utilisation chez les apprenants ................... 31
2.2.7. Appropriation des TIC dans les universités africaines en occurrence : la perception
des étudiants ......................................................................................................................... 33
2.3 Théories explicatives ...................................................................................................... 34
2.3.1. Modèle d’acceptation technologique ......................................................................... 35
2.3.2. Théorie de l’action planifiée ...................................................................................... 37
2.3.3. Théorie de l’analyse situationnelle............................................................................. 39
CHAPITRE 3 : METHODOLOGIE DE L’ETUDE ........................................................... 41
3.1. Type de recherche et devis choisi ................................................................................. 41
3.2. Site de l’étude................................................................................................................ 42
3.2.1. Situation géographique............................................................................................... 43
3.2.2. Situation administrative ............................................................................................. 43
3.3. Population de l’étude..................................................................................................... 44
3.4. Techniques d’échantillonnage et échantillon ................................................................ 47
3.5.1. Technique de collecte des données ............................................................................ 50
3.5.2. Présentation du questionnaire .................................................................................... 50
3.6. L’administration du questionnaire ................................................................................ 52
3.7. Le dépouillement des résultats du questionnaire .......................................................... 53
3.8. Méthode d’analyse des données .................................................................................... 54
3.9. Opérationnalisation des variables ................................................................................. 55
CHAPITRE 4 : ANALYSE DES DONNEES ET PRESENTATION DES RESULTATS
.................................................................................................................................................. 59
4.1- Présentation et analyses descriptives des données ........................................................ 59
4.1.1. Utilisation de la techno pédagogie dans l’enseignement ........................................... 60
4.1.3. Représentation sociale du numérique......................................................................... 70
4.2. ANALYSE INFERENTIELLE ..................................................................................... 80
4.2.1- Vérification de la première hypothèse de recherche .................................................. 81
CHAPITRE 5 : INTERPRÉTATION ET DISCUSSIONS DES RÉSULTATS .............. 90
5.1. Interprétation et discussion des résultats ....................................................................... 90
116