Lukeba Simon
Lukeba Simon
Année : 2023 N°
THESE
10
Remerciements
Au seuil de ce travail, je souhaite exprimer mes sentiments de gratitude et de profonds
remerciements à tout le corps académique de la faculté de la pharmacie de Rouen et tous ceux
qui m’ont apporté leur concours tout le long de ma formation et pendant la réalisation du
présent travail.
Je souhaite exprimer mes remerciements à l’ensemble des membres du jury :
Et enfin et surtout à Dieu, pour son amour, sa grâce et son assistance sans fin.
11
Table des matières
Abréviations
Index des tableaux
Index des figures
Introduction
12
3.2.1 Historique ........................................................................................................... 61
3.2.2 Le système de santé publique ............................................................................. 63
3.2.3 Les Acteurs privés .............................................................................................. 65
3.2.4 Le personnel de santé ......................................................................................... 67
3.2.5 La fixation de prix des médicaments .................................................................. 68
Organisation du système d’approvisionnement pharmaceutique en RDC ................ 69
3.3.1 L’Autorité Nationale de Réglementation Pharmaceutique : L’Autorité
Congolaise de la Réglementation Pharmaceutique (ACOREP) ....................................... 70
3.3.2 La Politique Pharmaceutique Nationale (PPN) .................................................. 71
3.3.3 Les acteurs d’approvisionnement et de distribution des médicaments en RDC 75
4 Les Perspectives d’évolution et solutions envisagées ................................................... 85
La Production locale .................................................................................................. 85
4.1.1 PHARMAKINA, une entreprise pionnière ........................................................ 85
La mutualisation des procédures et des réglementations........................................... 87
4.2.1 L’AMA : Agence des Médicaments Africaine, inspiré de l’EMA..................... 88
4.2.2 La Zone de libre-échange continentale Africaine (AfCFTA) ............................ 88
La lutte contre la vente non réglementée des médicaments ...................................... 89
Une meilleure coordination du système d’approvisionnement en cours ................... 91
5 Conclusion ....................................................................................................................... 92
6 Références bibliographiques .......................................................................................... 94
7 Annexes ............................................................................................................................ 96
13
Abréviations
14
CDR Centre de distribution régional
CEDEAO Communauté économique des états de l'Afrique de l’Ouest
CEEAC Communauté économique des états de l'Afrique centrale
CEMUBAC Centre scientifique et médical de l'Université libre de Bruxelles pour ses
Activités de Coopération
CEPGL Communauté économique des pays des grands lacs
CER Communautés Economiques Régionales
CHS Centre hospitalier spécialisé
CHU Centre hospitalier universitaire
CIP (incoterm) Transport et assurance payé par vendeur (Carriage and Insurance paid
to)
CLV Certificat de Libre Vente
CMR Lettre de voiture (Contrat de transport international des marchandises par
route)
COMESA Marché commun de l'Afrique orientale et australe (Common Market for
Eastern and Southern Africa)
CPP ou PC Certificat de produit pharmaceutique (Certificate of pharmaceutical
product / product certificate)
CS Centre de santé
CSP Code de Santé publique
CTB Coopération technique belge
CUA Commission de l’Union Africaine
DALY / EVCI Espérance de vie corrigée de l'incapacité (Disability adjusted life years)
DCI Dénomination commune internationale
DEC Déclaration d'exportation Complémentaire
DEI Déclaration d'exportation initiale
DM Dispositif médical
DPM Direction de la Pharmacie et du Médicament
DPS Division provinciale de santé
ECC/IMA Églises du Christ du Congo / IMA World Health (Interchurch medical
assistance)
ECHO Direction générale de la Protection Civile et Opérations d’Aide
Humanitaire de l'Union Européenne
15
FASS Fonds d'Achats et de service de santé
FEDECAME Fédération des centrales d'approvisionnements en médicaments essentiels
FIATA FBL Fédération internationale des associations des transitaires et assimilés
FMI Fonds Monétaire International
FMN Firme Multinationale
FNUAP (UNFPA) Fonds de Nations Unies pour la population
FPP Fabricants des produits finis (Finished product producers)
GAVI Alliance pour les vaccins (Global Alliance for Vaccines and
Immunization / The Vaccine Alliance)
HGR Hôpital général de référence
IATA Association du transport aérien international (International air transport
association)
IDE Investissement Direct Etranger
IGAD Autorité intergouvernementale pour le développement (Intergovernmental
Authority on Development)
IPS Inspection provinciale de santé
LNME Liste nationale des médicaments essentiels
LTA /AWB Lettre de transport aérien (Airway bill)
MDM Médecins du Monde
MEG Médicaments essentiels génériques
MEMISA Memisa Medicus Mundi (ONG d'aide au développement et coopération
belge)
MSF Médecins sans frontières
OCDE Organisation de coopération et de développement économique
OMS Organisation Mondiale de la Santé
ONG Organisation non gouvernementale
ONUDI Organisation de Nations Unies pour le Développement Industriel
ONUSIDA Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida
PARSS Projet d'appui à la réhabilitation du secteur santé
PCA Paquet complémentaire d'activités
PEV Programme élargi de vaccination
PIB Produit intérieur brut
PMA Paquet minimum d'activités
16
PNAM Programme national d'approvisionnement en médicaments essentiels
PNMLS Programme national multisectoriel de lutte contre le SIDA
PNTS Programmes nationaux de transfusion sanguine
PNUD Programme de développement des Nations Unies
PPN Politique pharmaceutique nationale
PS9FED Programme de santé 9ème FED
PSF-CI Pharmaciens sans frontières - Comité internationale
RCP Résumé des caractéristiques du produit
RDC République démocratique du Congo
SACU Union douanière de l'Afrique australe (Southern African Custom Union)
SLPP Déclaration du statut de licence des produits pharmaceutiques (Statement
of Licensing of Pharmaceutical Products)
SNAME Système national d'approvisionnement des médicaments essentiels
TB Tuberculose
UA Union Africaine
UEMOA Union économique et monétaire ouest africaine
UFM L'Union du fleuve Mano
UHC Couverture sanitaire universelle (Universal Health Coverage)
UMA Union du Maghreb Arabe
UNICEF Association de défense de droit de l'enfance
USAID Agence des États Unis pour le développement international (US Agency
for international development)
WHA Assemblée mondiale pour la santé (World health assembly)
ZMOA Zone monétaire ouest africaine
ZS Zone de santé
17
Index des tableaux
Tableau 1 : Les 10 principaux marchés pharmaceutiques du monde (14) .............................. 24
Tableau 2 : Classement de dix premiers pays du marché pharmaceutique d'Afrique en 2021
(Goldstein) (5) .......................................................................................................................... 25
Tableau 4 : Documents demandés à différentes étapes d'importation en RDC ....................... 53
Tableau 5: Indicateurs de santé de la RDC en 2019 ................................................................ 56
Tableau 6 : Etat du réseau routier par province en RDC en 2019 ............................................ 61
Tableau 7 : Effectifs du personnel de santé dans le secteur public en RDC (source SNIS) .... 67
Tableau 8 : Répartition des Médicaments Essentiels ............................................................... 74
Tableau 9 : Liste des CDR de la RDC et des partenaires d’appui............................................ 78
Tableau 10 : Agence d'approvisionnement utilisées pour l'achat/importation des produits de
santé .......................................................................................................................................... 82
18
Figure 23 : Répartition des structures hospitalières par type en 2017 (PNDS)........................ 67
Figure 24 : Exemple d'une section de la LNME ...................................................................... 74
Figure 25 : Système national d'approvisionnement des médicaments essentiels de la RDC ... 76
Figure 26 : Siège de Pharmakina à Bukavu ............................................................................. 86
Figure 27 : Comprimés antipaludéens à base de sulfate de quinine ......................................... 87
Figure 28 : Ampoules antipaludéennes à base de sulfate de quinine ....................................... 87
Figure 29 : Pays membres de l'AfCFTA (ZLECA).................................................................. 89
Figure 30 : Point de vente à Matete Kinshasa .......................................................................... 90
19
Introduction
La santé a toujours été l’une des préoccupations majeures de notre civilisation et cela
est encore plus vrai aujourd’hui. Après la pandémie Covid, nous sommes tous de même avis
que la santé ne se limite plus qu’au simple bien être mais elle est aussi déterminante tant sur le
plan économique que social.
La santé étant une préoccupation d’ordre mondial, l’industrie pharmaceutique est l’une
des industries bénéficiant d’investissement massif à l’échelle mondiale. Dans un
environnement commercial hautement concurrentiel avec l’augmentation du partage de la
production mondiale, le raccourcissement des cycles de vie des produits et l’intensification de
la concurrence, la qualité de la logistique a pris une grande importance ; cela influence des
décisions des entreprises telles que le choix du pays où s’implanter, les fournisseurs chez qui
acheter et/ou les marchés de consommation sur lesquels entrer.
Essentiellement, des coûts logistiques élevés associés à une faible qualité de service
constituent des barrières au commerce et aux investissements directs étrangers (IDE) et par
conséquent à la croissance économique. De ce fait, la logistique et par ricochet, la distribution
pharmaceutique, s’est progressivement imposée comme une stratégie indispensable pour
assurer la qualité des produits thérapeutiques, leur accessibilité et le maintien de la rentabilité
des différents acteurs intervenant dans la chaîne d’approvisionnement (du fabricant au
détaillant) (1).
Le continent africain est souvent perçu par les grandes entreprises pharmaceutiques
multinationales comme un petit marché sur le plan commercial. Cependant, ces dernières
années, il y a eu un intérêt croissant pour desservir les marchés en Afrique subsaharienne. Cet
intérêt renouvelé est apparu pour deux raisons :
1
African Pharmaceutical Market Report : 2017-2030 (2023 Edition) - Goldstein Market Intelligence
20
du continent. En effet l’Afrique est actuellement le deuxième continent le plus peuplé du monde
avec plus d’un milliard d’habitants avec une population jeune et en croissance rapide.
Deuxièmement, avec cette population croissante se trouve un besoin accru en produits de santé
qui persiste sur le continent, ayant pour cible la lutte contre les maladies endémiques et
tropicales, la vaccination et la prévention des maladies cardiovasculaires, en augmentation due
à un changement de mode de vie et une augmentation de l’espérance de vie.
Toutefois, malgré les progrès enregistrés, la plupart des pays du continent font face à la
pauvreté, une instabilité politique et une insuffisance d’infrastructures et moyens sanitaires
rendant difficile l’accès aux soins et aux produits de santé de qualité.
Sur le plan règlementaire, en plus de respecter les normes internationales en matière de sécurité
du médicament, les autorités nationales de réglementations africaines sont confrontées à une
carence industrielle dans leur pays. Elles doivent, dans leur législation, être assez souples pour
susciter les investissements pharmaceutiques ou pour attirer les importations de médicaments
mais assez strictes pour garantir des médicaments de qualité, deux choses qui s’accommodent
très mal.
C’est ainsi que nous allons nous pencher sur un pays en particulier : la République
Démocratique du Congo (RDC), qui servira de canevas pour analyser et présenter les solutions
envisagées et les actions en cours pour augmenter l’accessibilité et la qualité des médicaments
en Afrique subsaharienne.
21
Après présentation dans une première partie de la place de l’Afrique dans le marché
pharmaceutique mondial suivie d’une présentation des procédures d’exportation et
d’importation pharmaceutique vers l’Afrique subsaharienne et notamment en République
démocratique du Congo, nous allons aborder l’organisation du système de santé et le système
d’approvisionnement des médicaments en RDC et enfin les perspectives d’évolution et les
solutions envisagées sur le plan accès, qualité et réglementation des médicaments.
22
1 L’Afrique dans le marché pharmaceutique mondial
En effet, comme l’illustre le tableau ci-dessous, les principaux marchés pharmaceutiques sont
essentiellement dans les pays du Nord.
2
[Link]/marche-mondial
23
Tableau 1 : Les 10 principaux marchés pharmaceutiques du monde (14)
3
Perspectives économiques en Afrique 2023, Banque Africaine de développement 2023 ISBN : 978-0-9765655-
7-4
24
Cette croissance est corrélée à une démographie en pleine croissance et projetée au double d’ici
2050 :
Tableau 2 : Classement de dix premiers pays du marché pharmaceutique d'Afrique en 2021 (Goldstein) (5)
25
A noter que les dix pays africains représentent à eux seuls 70% du chiffre d’affaires réalisé. De
plus les marchés se concentrent sur les grandes villes (5).
L’Afrique est composé de 54 pays, avec une population totale d’un peu plus de 1
milliard de personnes soit environ 14 % de la population mondiale. Il existe plusieurs
organisations supranationales : les communautés économiques régionales (CER).
À l’exception du Maroc, 53 Etats membres font partie de l’Union Africaine qui constitue
l’organisation regroupant le plus de pays et un acteur potentiel pour l’harmonisation des
pratiques. Concernant les autres, on retrouve des chevauchements et des appartenances
multiples aux CER et les blocs commerciaux. L’image ci-dessus est une représentation
schématique de la complexité des appartenances multiples de divers Etats membres de l’UA. A
cette multiplicité organisationnelle s’ajoute une diversité linguistique et politique, élément
nécessaire à prendre en compte en abordant les enjeux pharmaceutiques du Continent. A noter
que la République Démocratique du Congo, ce pays sur lequel nous allons nous focaliser est
récemment devenue membre du CAE (Communauté de l’Afrique de l’Est).
A la complexité des CER viennent s’ajouter les différences dans les profils de maladies, les
problèmes spécifiques au secteur pharmaceutique que rencontre chaque pays et les ambitions
nationales pour le secteur pharmaceutique. En effet, la région d’Afrique subsaharienne porte
4
Figure reprenant tous les blocs commerciaux de l’Afrique publiée dans le « Plan de fabrication pharmaceutique
pour l’Afrique », préparé dans le cadre du partenariat de la CUA et l’ONUDI, Addis-Abeba en 2012.
26
un lourd fardeau du nombre élevé de maladies infectieuses, tandis que la région du Maghreb et
l’Afrique du Sud a un profil assez semblable aux pays développés avec le cancer, le diabète et
les maladies cardiovasculaires qui constituent une priorité de santé publique.
L’industrie pharmaceutique
En général, le succès des FMN européennes est fortement corrélé avec les liens
linguistiques et économiques, où les liens d’affaires existants découlent de l’histoire coloniale
partagé avec les pays partenaires. Par exemple la France a généralement obtenu les meilleurs
résultats en Afrique du Nord et de l’Ouest à prédominance francophone, tandis que les
entreprises du Royaume-Uni et des anciennes colonies britanniques réalisent une grande part
de leur chiffre d’affaires en Afrique de l’Est et australe à prédominance anglophone.
27
effet, les fabricants indiens et chinois ont gagné des parts de marché en raison des prix
compétitifs et en ciblant simultanément différents marchés des génériques (6).
- Premièrement, les coûts élevés des ingrédients pharmaceutiques actifs (API) en Afrique,
pour la plupart importés rendant les fabricants locaux incapables de rivaliser sur le prix
28
avec les génériqueurs asiatiques et incapables d’accéder aux marchés thérapeutiques les
plus demandées.
29
Les défis sanitaires
L’Afrique porte le fardeau d’un bilan sanitaire lourd. En effet, elle supporte 25 % de la
charge de morbidité du monde mais avec une prise en charge moindre.
L’ampleur de cette charge de maladies s’explique surtout par les facteurs suivants :
- Les maladies non transmissibles (cancer, maladies cardiovasculaires, diabètes,) qui sont
en progression.
5
IHME, Global Burden of Disease (2019), [Link]
30
Figure 7 : Répartition de la charge de morbidité en Afrique subsaharienne par causes (2017)
On observe une diminution des maladies infectieuses et une augmentation des maladies non
transmissibles. Ceci est notamment dû à une amélioration de l’espérance de vie et l’urbanisation
qui implique un changement de mode de vie (sédentarité, alimentation,…)
31
- La capacité et accès aux services
6
Statistiques de l’OCDE sur la santé 2020 - OCDE)
32
Figure 10 : Dépenses de santé en pourcentage de PIB en 2018
En Afrique subsaharienne, les ménages financent entre un tiers et les deux tiers de leurs
dépenses de santé. Environ 10 % des dépenses de santé sont financées directement par les
bailleurs de fonds extérieurs (10). Quelques pays comme le Rwanda avec le Community Based
Health Insurance (CBHI), le Kenya, le Burkina Faso, le Sénégal travaillent sur le
développement de mutuelles de santé à l’échelle nationale avec pour but d’atteindre une
couverture de santé universelle. Bien que les instances de gouvernance de ces mutuelles
impliquent les communautés et leurs représentants, leur gestion a été confiée à des
professionnels de l’assurance, du contrôle médical et de la gestion le tout dans le but d’améliorer
l’accès aux soins de santé de qualité et réduire le fardeau financier pour les familles (11).
33
Jaune : Proportion des pays avec moins de 10 médecins pour 10000
Gris : Proportion des pays avec moins de 40 Sages- femmes pour 10000
Orange : Proportion des pays avec moins de 5 dentistes pour 10000
Bleu : Proportion des pays avec moins de 5 pharmaciens pour 10000
AFR : Afrique
AMR : Amériques
SEAR : Région Asie du Sud-Est
EUR : Europe
EMR : Région Méditerranée occidentale
WPR : Région Pacifique Occidental
Figure 11 : La proportion des pays par region avec une insuffisance de personnels de santé OMS (2018) (12)
Ces problèmes sont encore aggravés par un accès limité à des médicaments, vaccins et
outils diagnostiques de qualité, sûrs, efficaces et abordables. En Afrique, la charge de morbidité
suscite des inquiétudes à plusieurs égards. Le fait de ne pas répondre aux besoins sanitaires
entraîne un taux élevé de morbidité et mortalité, ce qui a pour effet de créer un cercle vicieux
de pauvreté, maladie, handicap et décès (10).
Ainsi, étudier l’organisation des systèmes de soins existants et surtout les circuits
d’approvisionnement est une première étape permettant de comprendre les enjeux, les sources
des difficultés, les mutations en cours et les solutions qui pourraient être envisagées en ce qui
concerne la qualité et l’accessibilité aux produits pharmaceutiques.
34
2 Les procédures réglementaires et logistiques de la distribution
des médicaments vers l’Afrique subsaharienne
Figure 12 : Répartition des exportations françaises par zone géographique en 2021 (LEEM)
Les Etats-Unis sont le premier pays destinataire des exportations françaises, devant la Belgique
et l'Allemagne. Les exportations des médicaments vers l’Afrique représentent 6,6% des
exportations des médicaments (13).
35
2.1.1 Les acteurs d’exportations en France
En ce qui concerne les destinataires en cas d’exportation vers un pays tiers à l’espace
économique européenne, seules des personnes physiques ou morales sont autorisées à recevoir
les médicaments en vue de la dispensation au public ou de la distribution en gros dans ces pays.
Parmi les acteurs de l’exportation selon le code de la santé publique nous avons :
- L’Exploitant
L’exploitation est assurée soit par le titulaire de l’AMM ou de l’AAC soit, pour le
compte de ce titulaire, par une autre entreprise ou un autre organisme.
- Le Dépositaire
Le Dépositaire est une entreprise se livrant, d’ordre et pour le compte d’un ou plusieurs
exploitants de médicaments, au stockage de ces médicaments, produits, objets ou
articles dont elle n’est pas propriétaire, en vue de leur distribution en gros et en l’état ;
36
- Le Distribution en gros à vocation humanitaire
Dans cette partie seront abordées les obligations relatives à l’export des médicaments à
usage humain et les différents documents spécifiques requis pour l’export.
Pour aborder l’ensemble des procédures en ce qui concerne l’exportation des médicaments à
usage humain, nous allons nous appuyer sur l’Avis aux demandeurs relatif aux déclarations
d’exportation de médicaments à usage humain publié par l’ANSM en mars 2017 ainsi que le
Code de la Santé Publique (15).
37
2015, seul la CCI de Paris Ile de France est habilitée pour établir ce certificat demandé par 120
pays du monde.
Le CLV atteste que les médicaments ayant obtenu une AMM en France et/ou les
dispositifs médicaux sont déjà en libre vente en France et de fait, répondent à des critères de
sécurité sanitaire et de qualité. C’est l’assurance pour les pays qui réclament le CLV de
bénéficier de produits sûrs et d’ores et déjà contrôlés c’est à dire pour les médicaments, une
certification de la fabrication de ces derniers selon les BPF et pour les Dispositifs Médicaux, le
marquage CE qui atteste le respect des exigences essentielles (16).
Un document est émis pour chaque Code Identifiant de Présentation (CIP) de médicament et
par pays importateur. Le pays de destination doit figurer sur le document auquel sont joints le
Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP) en vigueur ainsi que la notice pour le patient à
jour. Ce document est valide pour une durée de 3 ans pour les médicaments (tout comme le
CPP, Certificat de Produit Pharmaceutique) à compter de la date de signature de la CCI de
Paris. Pour les dispositifs médicaux la durée de validité est indexée à la durée de validité de la
déclaration CE de conformité (17).
L’autorisation n’est accordée qu’à une personne physique. Dans les établissements
pharmaceutiques agréés, l’autorisation peut être demandée par le pharmacien responsable, le
pharmacien responsable intérimaire, les pharmaciens délégués et les pharmaciens adjoints. Le
demandeur est notifié de la décision de l’ANSM dans un délai de deux mois à compter de la
date à laquelle le dossier est réputé complet. A l’issue de ce délai, l’absence de décision du
directeur général vaut décision de rejet. (R 5132-75)
Le demandeur (titulaire de l’autorisation) doit par la suite tenir un registre des opérations
qui comporte notamment les quantités reçues et cédées. Ce registre est tenu à la disposition de
38
l’agence et lui est transmis lorsqu’elle en fait la demande. (R 5132-74, 88-1,90). L’autorisation
mentionne :
- le mode de transport,
La modification de l’un des éléments mentionnés dans la demande rend caduque l’autorisation
précédemment donnée. Le titulaire en informe le directeur général de l’agence et lui fait retour
du document attestant l’autorisation. (R 5132-75,88).
Les personnes qui se livrent au commerce national et international sont tenues de dresser un
état annuel récapitulatif indiquant pour chaque substance psychotrope ou médicament en
contenant :
5. Les stocks.
Cet état, qui couvre l’année civile écoulée, est adressé au directeur général de l’ANSM
Depuis 2018, cette déclaration est faite par soumission électronique par les opérateurs via un
fichier Excel nommé « JARE » qui est mis à jour par l’ANSM chaque année et publié sur son
site Internet.
39
A noter que pour les distributeurs en gros à l’export ayant plusieurs établissements, un fichier
JARE doit être produit indépendamment pour chacun des sites (et donc, autant de déclarations
distinctes).
L’exportation de médicaments à usage humain sans AMM vers des pays tiers à l’Union
européenne est soumise à un régime de déclaration préalable (articles L.5124-11 et R.5121-135
du CSP).
La déclaration d’exportation est établie pour un médicament donné (une substance active, un
dosage et une forme pharmaceutique) et pour un ensemble de pays établis par le laboratoire
déclarant.
3. Sa présentation ;
La déclaration d’exportation validée par l’ANSM reste en vigueur si aucune modification n’est
apportée aux informations. Dans le cas contraire, le demandeur doit adresser une déclaration
d’exportation complémentaire (DEC) à l’ANSM (R 5121-131 du CSP).
40
L’ANSM communique ensuite les DEI ou DEC aux autorités sanitaires du ou des pays
importateurs, par voie électronique. Si le médicament contient une substance d’origine animale,
le demandeur doit fournir un certificat au regard du risque encéphalopathie spongiforme bovine
(ESB). S’il contient une substance d’origine végétale, il est nécessaire de le préciser dans la
rubrique dédiée.
41
certifier auprès du pays membre importateur et plus précisément l’autorité nationale de
réglementation des médicaments de ce dernier que :
1. Le pays importateur doit avoir dans sa législation ou ses lignes directrices nationales sur
les médicaments une exigence pour la soumission d’un certificat pour un produit
pharmaceutique (CPP) pour les produits importés dans le pays afin de garantir la qualité
du produit importé. (Dans certains pays, le CPP fait partie des pièces justificatives à
soumettre à l’autorité nationale de réglementation des médicaments (l’équivalent de
l’ANSM) lors de l’enregistrement d’un médicament.
2. Le demandeur / l’établissement pharmaceutique destinataire demande un CPP à
l’autorité de certification, dans notre cas le CCI de Paris par l’intermédiaire de
l’établissement pharmaceutique exportateur.
3. L’autorité de certification délivre un CPP à l’établissement pharmaceutique de
destination via l’établissement pharmaceutique exportateur.
Concernant les conditions pour qu’un état puissent délivrer le CPP, celles-ci peuvent différer
en fonction de la réglementation interne d’un pays mais il est généralement admis que les États
membres et les organisations régionales devraient disposer des éléments suivants :
42
- Une inspection pharmaceutique nationale ayant l’expérience des compétences
techniques et les ressources nécessaires pour évaluer si les BPF et autres contrôles sont
effectivement mis en œuvre et le pouvoir légal de mener des enquêtes appropriées ;
- La capacité administrative de délivrer les certificats requis, d’ouvrir des enquêtes en
cas de réclamation associée à un défaut de qualité potentiellement grave ou à un autre
danger et d’en informer l’OMS et les autres parties concernées.
Malgré son origine en tant qu’accord international de l’OMS, il existe une grande diversité
de modèles et de pratiques réglementaires liés au CPP sur le continent africain. Des différences
ont été identifiées dans la région en ce qui concerne les autorités de réglementation dont les
CPP sont acceptés, les informations requises contenues dans le modèle de CPP, les demandes
où le CPP est requis et le moment où un tel document doit être soumis.
Mais il reste dans la plupart des cas, une condition préalable à la présentation ou aux décisions
concernant les demandes de médicaments.
Un certificat de lot est un certificat qui accompagne des lots transférés entre pays
signataires d’un accord relatif aux BPF et atteste de la qualité et la date de péremption d’un lot
qui a déjà été approuvé pour commercialisation dans le pays importateur certifiant que le lot est
apte à être libéré en vue de sa distribution/ exportation.
43
- Il doit comporter une déclaration selon laquelle les documents relatifs à la fabrication,
au conditionnement ainsi qu’au contrôle qualité du lot ont été examinés et jugés
conformes aux BPF.
Ce certificat doit être délivré après une analyse qualitative et quantitative complète de
toutes les substances actives et autres composants pertinents, afin de garantir que la qualité des
médicaments est conforme aux spécifications de l’AMM du pays importateur. Il doit comporter
une déclaration selon laquelle les documents relatifs à la fabrication, au conditionnement ainsi
qu’au contrôle qualité du lot ont été examinés et jugés conformes aux BPF. L‘établissement
pharmaceutique importateur en charge de la libération du lot du médicament doit recevoir et
maintenir à jour le certificat de lot établi par le fabricant du pays exportateur. Le certificat doit
être disponible, à la demande des agents de l’autorité réglementaire du pays exportateur. Ce
certificat émis pour chaque lot par le fabricant est essentiel pour dispenser des opérations de
contrôle qualité par l’établissement pharmaceutique importateur en charge de la libération du
lot.
Hormis les documents d’export spécifiques aux médicaments à usage humain, les
exportations requièrent la préparation de Documents de Commerce International qui doivent
être acceptés et validés par toutes les parties impliquées : exportateurs, importateurs, douanes,
banques, autorités administratives, etc.
Ces documents dépendent des conditions de vente convenues (Incoterms). Ces documents ont
toute leur pertinence compte tenu de la complexité du Commerce extérieur : les législations
douanières, les différents moyens de transport, les risques financiers, etc., …
Nous ne pouvons aborder de manière exhaustive l’ensemble des documents d’export compte
tenu des particularités qui existent, cela nécessiterait toute une étude approfondie sur le sujet.
Toutefois on peut aborder une dizaine de documents qui reviennent souvent :
44
dans la pratique du secteur, d’utiliser des contrats pour documenter les opérations d’exportation.
Elle comprend, outre les données de l’acheteur, l’information de base concernant l’exportation
à réaliser.
C’est généralement l’exportateur qui délivre ce document. Cependant, il arrive aussi que des
sociétés ayant l’habitude de faire des achats à l’échelle internationale (des entreprises
de trading, par exemple) disposent de leurs propres commandes d’achat, sur lesquels elles
établissent les conditions pour leurs fournisseurs.
Chaque entreprise possède son propre modèle de commande d’achat, dans lequel sont incluses
les coordonnées de l’acheteur, ainsi que la description de la marchandise, les quantités, les prix
unitaires et le prix total, les conditions de livraison et de paiement, et toute autre information
supplémentaire nécessaire.
La facture commerciale export est un document administratif utilisé par les sociétés
d’exportation qui contient tous les renseignements concernant chaque vente effectuée à des
clients internationaux. L’on détaille sur la facture internationale le concept, la quantité et le
montant des produits/services vendus, les conditions de livraison (les Incoterms) et de paiement,
ainsi que les impôts et autres frais dérivés de la vente.
L’importateur se sert d’un original de la facture pour déclarer auprès de l’autorité fiscale de son
pays le montant à verser, le destinataire du versement et le moyen de paiement convenu. Pour
l’exportateur, il s’agit de la preuve documentaire des ventes qu’il a effectuées à des marchés
extérieurs.
45
• Numéro d’identification, aux fins de la TVA, du vendeur et de l’acheteur (dans les
opérations intracommunautaires).
• Référence à la commande ou à la facture pro forma.
• Origine de la marchandise.
• Moyen de transport.
Toutes les données figurant sur la facture commerciale doivent coïncider avec celles de
l’opération, et donc avec celles des autres documents liés à celle-ci, par exemple la liste de
contenu, les documents de transport, etc.
La Liste de Colisage, également connue sous son nom anglais Packing List, énumère et
détaille la quantité de marchandise expédiée, ainsi que sa situation dans chacune des unités de
charge (paquets, boîtes, palettes, conteneurs, etc.) lors d’un transport international.
L’information fournie doit avoir un lien direct avec celle qui figure sur la facture commerciale.
Ce document remplit la fonction de lien entre l’aspect matériel et l’aspect documentaire. Son
importance réside dans le fait qu’il permet à l’importateur, lorsqu’il reçoit la marchandise, de
savoir où il doit la placer dans son entrepôt.
Il est également employé en tant que justificatif au moment de l’examen de la marchandise, car
il atteste par écrit les détails de l’emplacement et de la quantité de celle-ci, ce qui permet à
l’importateur d’identifier des absences, des excès ou des défauts.
De même, il est important pour le bureau de douane, car en cas d’examen physique de la
marchandise, c’est ce document qui est utilisé comme guide pour faciliter, vérifier et contrôler
les détails de celle-ci.
46
La lettre de crédit garantit le paiement à l’exportateur et la livraison de la marchandise à
l’importateur, par la médiation documentaire et l’intervention d’entités financières,
conformément aux Règles et Usances Uniformes relatives aux Crédits Documentaires
(Publication UCP 600, révision de l’année 2007, de la Chambre de Commerce Internationale).
Le processus est initié par l’importateur/acheteur (donneur d’ordre), qui transmettra tous les
renseignements à sa banque (banque émettrice), en demandant l’ouverture de la lettre de crédit
sur un formulaire facilité par la banque avant l’émission du crédit.
Toutes les caractéristiques et les conditions des lettres de crédit doivent être convenues entre
l’exportateur et l’importateur avant l’ouverture de la lettre de crédit, car une fois celle-ci
demandée et formalisée, sa modification n’est pas possible sans le consensus de toutes les
parties qui interviennent, de sorte qu’il est possible de les modifier avec ce consensus, mais ceci
entraîne toujours des frais bancaires.
Il existe des entités financières qui permettent à leurs clients l’ouverture de lettres de crédit en
ligne, avec une limite de risque, ce qui facilite et accélère l’opération de vente internationale,
car il est possible d’ouvrir un crédit à travers Internet au cours d’une négociation entre
l’exportateur et l’importateur sans avoir à attendre l’autorisation bancaire du crédit, qui se
produit de façon virtuelle.
La lettre de voiture CMR constitue la preuve du contrat de transport par route. Elle
détermine le champ d’application et la responsabilité concernant l’opération effectuée, et
identifie les parties qui interviennent et la marchandise transportée. Son utilisation implique
l’adhésion à la Convention CMR (Contrat de Transport International de Marchandises par
Route) qui la régit. Elle constitue la preuve des instructions qui ont été données au transporteur,
elle doit donc accompagner nécessairement la marchandise lors des envois par route.
L’exportateur de la marchandise (qui figure comme expéditeur) élabore ce document mais peut
déléguer cette fonction au transitaire ou à l’agence de transport par route. Dans tous les cas, la
société d’exportation est responsable des données qui sont incluses dans le document.
L’utilisation de la lettre de voiture CMR confère une assurance établie dans la Convention, mais
ne remplace en aucun cas l’assurance nécessaire pour une vente selon des conditions CIP.
47
L’assurance ne suffit pas comme sauvegarde des marchandises d’une valeur supérieure à la
couverture qui est de 8,33 euros par kilogramme de marchandise.
- Le Connaissement Maritime BL
Le connaissement maritime BL, généralement appelé B/L (Bill of Lading), sert de contrat
de transport maritime, constitue un justificatif de l’embarquement des marchandises et établit
la responsabilité des contractants. Sa fonction basique dans la plupart des opérations, lorsqu’il
est émis par l’agence maritime, est de justifier et de permettre la transmission de la propriété de
la marchandise. Il peut donc être négociable.
Ce document est délivré en trois originaux qui confèrent le titre de propriété de la marchandise
à la partie qui les possède s’il a été réalisé selon la modalité négociable ; de fait, un seul original
suffit à transmettre cette propriété, il est donc recommandé de ne pas perdre de vue l’ensemble
complet d’originaux pour toute opération. Les copies ne sont pas négociables ; si l’acheteur
demande à être informé à l’avance des détails de l’expédition, il est donc recommandé
d’envoyer ces copies et de conserver les originaux
Dans les connaissements maritimes, il faut toujours consigner le montant du fret et indiquer
aussi si le fret est payé (freight prepaid) ou si le fret est payable à la destination (freight payable
at destination), selon si le prix de vente de la marchandise comprend ou non le fret.
Lorsque le connaissement maritime fait partie de l’envoi de documents d’une lettre de crédit, il
est considéré comme délivré en retard s’il est présenté plus de vingt-et-un jour après la date
d’embarquement, à moins que le document n’établisse une période plus grande pour sa
présentation.
La lettre de transport aérien LTA, également connue sous ses initiales anglaises AWB
(Air Waybill) est un contrat de transport aérien dont les clauses figurent au verso et qui constitue
un accusé de réception des conditions dans lesquelles a été reçue la marchandise pour la
transporter par avion. Elle sert également à déterminer la responsabilité de l’opération effectuée
et à identifier les intervenants et les marchandises transportées. Étant donné qu’elle inclut les
coûts du transport, il s’agit aussi d’un document comptable. Elle est également connue sous le
nom de connaissement aérien.
48
Conventions de Chicago 1944, Rome 1952 et Tokyo 1963. Il s’agit également d’un document
comptable car il comprend le coût du transport. Son format correspond à un modèle normalisé
par la IATA (International Air Transport Association) sur lequel figurent le nom et l’adresse de
l’expéditeur et du destinataire, le transporteur et son code, les aéroports de chargement et de
destination, ainsi que la description de la marchandise, le nombre de colis, le poids, les tarifs,
etc. Il faut indiquer si le port est payé ou non selon les instructions de l’expéditeur.
Le connaissement FIATA FBL, généralement connu par ses initiales anglaises FBL
(Forwarder Bill of Lading), sert de contrat de transport maritime et de justificatif du fait que
les marchandises ont été transportées en utilisant plus d’un moyen de transport principal. Il
détermine également la responsabilité du transitaire. Lorsqu’il est émis « à ordre », il constitue
un titre de propriété de la marchandise, il peut donc être négocié.
Ce document est délivré en trois originaux et plusieurs copies non négociables. Les originaux
confèrent le titre de propriété de la marchandise à la partie qui les possède s’il a été réalisé selon
la modalité « à ordre » ; de fait, un seul original suffit à transmettre cette propriété, il est donc
recommandé de ne pas perdre de vue l’ensemble complet d’originaux pour toute opération.
Ce document est utilisé dans des opérations internationales dans lesquelles la marchandise est
transportée dans deux moyens de transport ou plus (multimodalité).
- Le Certificat d’origine
Généralement, le certificat d’origine est délivré dans le pays de sortie de la marchandise, lorsque
l’exportation va être effectuée. Il s’agit d’un document qui certifie l’origine spécifique de la
marchandise.
La description faite de la marchandise doit coïncider avec celle qui figure sur la facture
commerciale et sur la liste de contenus (numéro, description de la marchandise, nom de
l’expéditeur et du destinataire, le lot, etc.).
49
- Le Certificat d’inspection
Le certificat d’inspection est un document qui confirme que la marchandise est en bon état
juste avant l’expédition et qu’elle est conforme à la commande d’origine. Dans certains cas,
certains pays en voie de développement le demandent également pour vérifier que les
marchandises contrôlées satisfont, avant d’être expédiées, certaines caractéristiques (attribution
correcte du code douanier, prix contractuel, etc.) afin d’éviter des erreurs ou des irrégularités.
Notre analyse se basera sur les textes réglementaires nationaux en vigueur à savoir l’Arrêté
ministériel n°1250/CAB/MIN/SP/008/CPH/OBF/2015 du 28 septembre 2015 portant
règlementation du commerce des produits pharmaceutiques en République Démocratique du
Congo et l’Arrêté ministériel n°1250/CAB/MIN/SP/011/CPH/OBF/20-15 du 28 septembre
2015 portant sur les dispositions relatives à l'enregistrement et à l'autorisation de mise sur le
marché des produits pharmaceutiques.
50
Aucun médicament, aucun produit pharmaceutique, ni tout autre produit concerné dans le
champ d'action du présent Arrêté, importé ou fabriqué localement ne peut être commercialisé,
ni distribué, ni utilisé, ni consommé en RDC s'il n'a pas été préalablement homologué et n'a pas
bénéficié d'une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) délivrée par l’ACOREP et du
ministère de la Santé Publique.
Cependant les dons en médicaments et autres produits pharmaceutiques peuvent être exemptés
d’une autorisation préalable de mise sur le marché à condition qu'ils ne soient pas destinés à la
commercialisation ou à une distribution onéreuse.
51
2. Nom du pharmacien, son numéro d'inscription au tableau de l'Ordre des
Pharmaciens et son numéro de téléphone ;
3. Nom générique ou Dénomination Commerciale Internationale (DCI) du produit
pharmaceutique à importer ;
4. Nom commercial ou de spécialité du produit pharmaceutique à importer ;
5. Dosage et forme de chaque produit pharmaceutique à importer ;
6. Conditionnement du produit pharmaceutique à importer ;
7. Les spécifications de la pharmacopée ;
8. La quantité totale à importer ;
9. Les prix de chaque produit pharmaceutique et la valeur CIF ;
10. Les numéros de l'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) du pays exportateur
et importateur
11. Nom et adresse exacte du fournisseur ;
12. Nom et adresse exacte du fabricant ;
13. La copie de la facture pro-forma ou définitive du fournisseur ;
14. Pays de provenance ;
15. Point d'entrée et la date probable d'arrivée ;
16. La date, la signature est le cachet du pharmacien demandeur.
Les autorisations d'importation délivrées par l’ACOREP sont valables pendant six mois.
Une fois que les produits arrivent dans le pays importateur vers les points d’entrée désignées,
médicaments importés doivent être acheminés vers des entrepôts sous douane dans le respect
des bonnes pratiques de transport et stockage pour un contrôle administratif se déroulant en
présence d'un Douanier et d'un Pharmacien inspecteur.
52
Pour les produits sous contrôle international, les produits doivent être accompagnés d'un
certificat d'exportation et des échantillons sont prélevés pour analyse. Les produits
pharmaceutiques importés ne seront commercialisés qu'après des résultats d'analyse conformes.
Les différents documents utiles exigés dans toutes les transactions relatives à l'importation des
produits pharmaceutiques sont :
- Facture définitive du - Bulletins d'analyse de différents Les Services Douane sont tenus
fournisseur lots des produits pharmaceutiques ; de transmettre à l’ACOREP :
- Copie de la licence spéciale
- Facture pro-forma du - Une copie de la facture
d'importation (produits
fournisseur (uniquement définitive,
pharmaceutiques sous-contrôle
pour les produits
- Le formulaire
international)
pharmaceutiques sous-
d'importation et
- Certificat d'exportation (produits
contrôle international) ;
pharmaceutiques sous-contrôle - L’Attestation de
- Bon de commande de
international) du pays d'exportation Vérification à
l’importateur ;
- Autorisation d'importation des l'Embarquement
- Formulaire de l’ACOREP
produits pharmaceutiques ; (AVE).
- Facture définitive du fournisseur.
Ces mesures visent à assurer que les produits pharmaceutiques importés répondent aux normes
réglementaires en matière de sécurité et de qualité, tout en permettant un contrôle approprié des
produits entrant sur le marché national. Cela contribue à protéger la santé des consommateurs
en évitant la circulation de produits dangereux, de mauvaise qualité ou contrefaits.
53
3 L’organisation du système de santé et la distribution des
médicaments en République Démocratique du Congo : un défi
sanitaire et logistique
Pendant plusieurs voyages effectués en RD Congo et étant originaire de ce vaste pays, c’est
tout naturellement que je me suis intéressé de connaître comment l’industrie pharmaceutique
évolue dans ce pays qui présente des nombreux défis tant sur le plan social, économique,
industriel et réglementaire pour n’en citer que quelques-uns.
La République démocratique du Congo (RDC) est un pays d'Afrique centrale, situé au cœur du
continent. Avec une superficie d'environ 2,3 millions de kilomètres carrés, c'est le deuxième
plus grand pays d'Afrique après l’Algérie et le onzième plus grand du monde.
La RDC est subdivisée en 26 provinces depuis 2015, y compris la ville de Kinshasa. Les
provinces sont subdivisées en villes et en territoires, les villes en communes urbaines, les
territoires en communes rurales, secteurs et chefferies. Les communes urbaines ou rurales sont
divisées en quartiers. Les Secteurs et Chefferies sont subdivisés en groupements et les
groupements en villages. La RDC compte 33 villes, 145 territoires, 137 communes urbaines,
174 communes rurales, 471 secteurs, 264 chefferies et 5908 groupements.
54
Figure 13 : La carte de la RDC et ses 26 provinces
Nous allons aborder les infrastructures sanitaires, les personnels de santé, les structures
d’enseignement médical ainsi que les principaux indicateurs de santé.
Selon l’OMS, l’espérance de vie en RDC en 2022 est de 60 ans pour les hommes et 64 ans pour
les femmes, soit une moyenne de 62,4 qui reste toujours en dessous de l’espérance de vie
mondiale qui est à 73,8 ans. Néanmoins on observe une augmentation de l’espérance de vie les
20 dernières années.
7
PNDS, Plan National du développement Sanitaire de la RDC 2019-2022
55
Figure 14 : Evolution de l'espérance de vie à la naissance en RDC entre 2000 et 2019 (OMS)8
Indicateurs Résultats
EV à la naissance 60 ans pour Hommes et 64 pour Femmes ;
une moyenne de 62,4 ans
Mortalité 8,8 pour mille
26,48 pour mille (néonatale)
Mortalité infantile 62,37 pour mille (0-1 ans)
78 ,96 pour mille (0-5ans)
Taux de dépenses de santé sur PIB 4% en 2019
En effet, le taux de la mortalité chez la jeune population reste forte avec un taux à 60 pour mille
contre 3 pour mille en France.
Les figures ci-après montrent bien qu’il y ait une amélioration de la prise en charge de certaines
pathologies telles que le tétanos, la tuberculose, le VIH, l’hépatite B et une amélioration de
l’hygiène de vie au cours de ces 10 dernières années, l’accès à l’eau et l’assainissement demeure
un défi avec seulement 13% de la population qui vivent en milieu assaini contribuant ainsi à la
8
Global Health Observatory, OMS, [Link]
details/GHO/democratic-republic-of-the-congo?countryProfileId=730874c4-6cb8-41f6-adab-5349fdcf5c3d
56
propagation des maladies infectieuses et transmissibles. La dépense des ménages pour la santé
reste aussi très bas.
9
WHO, Global Health Observatory, Democratic Republic of Congo, [Link]
57
3.1.2 Situation des maladies transmissibles
10
La transition démographique est une phase démographique qui se caractérise par une forte natalité et faible
mortalité permettant un taux accroissement naturel élevé
58
La RDC est encore confrontée à de multiples épidémies, urgences et catastrophes de
diverses natures. Plusieurs flambées épidémiques ont été enregistrées notamment les épidémies
de choléra, de maladie à virus Ebola (MVE), de poliomyélite et de rougeole.
- Le paludisme.
11
OMS, Rapport 2021 sur le paludisme dans le monde, 6 décembre 2021
59
- Le VIH/SIDA
- La Tuberculose
La RDC figure parmi les 30 pays à forte charge de la tuberculose et occupe la 9ème place
dans le monde et la 2ème en Afrique. Elle est aussi l’un des 14 pays faisant face en même
temps aux défis de tuberculose, de la coïnfection Tuberculose - VIH et de la pharmaco
résistance (18). En 2017, l’OMS a estimé l’incidence à 322 cas /100.000 hab., tandis
que l’incidence VIH – TB est de 25 cas pour 100.000 en 201712.
12
Données tirées du PNDS, Plan National de Développement Sanitaire de la RDC 2016-2020, ministère de la
Santé de la RDC
60
3.1.3 Problèmes d’infrastructures de transport
La proportion élevée des routes difficilement praticables (routes en mauvais état) vient
contribuer à la difficulté de distribuer les médicaments aisément mais aussi échanger avec
d’autres provinces :
Tableau 5 : Etat du réseau routier par province en RDC en 201913
Ceci est d’autant plus marqué dans les provinces comparativement à la capitale Kinshasa qui
non seulement ont des réseaux routiers moins importants mais aussi en mauvais état. Ceci rend
difficile la mise en application des bonnes pratiques de distribution pharmaceutique
recommandées par l’OMS mais aussi entrave l’accès aux soins et aux médicaments14.
3.2.1 Historique
La plupart des pays d'Afrique subsaharienne ont hérité d'un mode d'organisation des
services de santé établi par les anciennes puissances coloniales. Après avoir obtenu leur
indépendance, ces pays ont été confrontés à la gestion de questions pour lesquelles ils n'avaient
pas été préparés. Les coopérations bi- et multilatérales ont depuis lors apporté un soutien
technique et financier de diverses ampleurs, mais les résultats obtenus ont été mitigés.
13
Annuaire statistique de la RDC 2020, Ministère du Plan, Institut National de la Statistique.
14
TRS 1025 - 54th report of the WHO Expert Committee on Specifications for Pharmaceutical Preparations,
2020, Annex 7 - TRS 1025 - Good storage and distribution practices for medical products.
61
Parmi les problématiques majeures, on retrouve l'absence de mécanismes de sécurité
sociale couvrant le risque maladie, étant souvent limitée aux risques liés à l'activité
professionnelle. De plus, il y a un manque d'infrastructures et de personnel répondant aux
besoins de santé de la population.
Pour remédier à cela, l'Initiative de Bamako a été lancée en 1987 sous l'égide de l'OMS
et de l'UNICEF (19). Cette initiative a introduit un certain niveau de recouvrement des coûts
des soins de santé et a encouragé la participation communautaire en créant des comités de
gestion. De plus, les médicaments essentiels génériques (MEG) ont été vendus tout en
maintenant la gratuité de certains soins comme la vaccination des enfants. Cette réforme a
également entraîné une modification de la législation pharmaceutique dans les pays concernés
pour réorganiser la distribution des médicaments.
Aujourd'hui, la plupart des pays africains ont un système de santé mixte, comprenant
une offre de soins publique et privée. Pour rapprocher les soins des populations, les
gouvernements doivent mettre en place l'essentiel des soins ambulatoires et hospitaliers dans
chaque zone de peuplement humain, en suivant une organisation pyramidale à trois niveaux :
un niveau périphérique opérationnel, un niveau intermédiaire de référence et un niveau
central.(22)
- Le niveau central,
- Le niveau intermédiaire ou provincial,
- et le niveau périphérique ou opérationnel.
62
3.2.2 Le système de santé publique
[Link] Le niveau périphérique ou opérationnel : Les Zones de santé
Il est constitué des structures de premier niveau c’est-à-dire dispensaires de premiers
soins, centres de santé pour les pathologies courantes, les soins de proximité et la santé
maternelle. Il est constitué de 516 zones de santé avec 393 Hôpitaux Généraux de Référence et
8 504 Aires de Santé (AS) planifiées dont 8 266 disposent d’un Centre de Santé.
La zone de santé constitue l’unité de base de planification sanitaire et de la mise en œuvre des
soins de santé primaire et du Plan National Sanitaire (PNS) (voir Annexe 4).
Une zone de santé compte entre 100.000 et 200.000 habitants. Elle est découpée en moyenne
en 10 aires de santé, chacune ayant une structure sanitaire fonctionnelle appelée Centre de santé
(voir Annexe 4).
Elles sont elles-mêmes organisées en deux échelons avec un système de référence et contre
référence.
- Le centre de santé (CS) est la structure sanitaire de premier contact avec les patients et
qui dessert une aire de santé
Ce niveau comprend 516 Zones de Santé avec 393 Hôpitaux Généraux de Référence et 8 504
Aires de Santé (AS) planifiées dont 8 266 disposent d’un Centre de Santé. Il est chargé de la
mise en œuvre de la stratégie des Soins de Santé Primaires sous la supervision et
l’encadrement du niveau intermédiaire.
Les centres de santé regroupent les centres de santé eux même, les maternités, les dispensaires
et les polycliniques appartenant également à l’Etat, aux entreprises, aux confessions religieuses,
aux ONG et aux personnes privées physiques et morales.
63
[Link].2 Les Hôpitaux généraux de référence
- D’une Division Provinciale de la Santé (DPS) qui est une structure décentralisée sous
tutelle du Ministre Provincial de Santé, ayant pour rôle l’encadrement technique, le suivi
et la traduction des directives, stratégies, politiques sous forme d’instructions s’assurant
de l’application au niveau des Zones de Santé.
- Des établissements tels les Hôpitaux Provinciaux ayant 100 à 200 lits offrant une palette
de soins de consultations externes avec de l’hospitalisation (médecine, pédiatrie,
chirurgie, maternité et, parfois, service d’urgence),
64
Secrétariat général de la Direction Centrale et Programmes spécialisées et de l’Inspection
Générale de la Santé, le niveau central est constitué des centres hospitaliers nationaux,
universitaires et spécialisés qui sont directement livrés par le PNA.
En complément de l'action des acteurs publics de santé, les acteurs privés jouent un rôle
essentiel à tous les niveaux de la pyramide sanitaire en Afrique subsaharienne. Étant donné que
l'efficacité de l'État dans les systèmes de santé dépend du fonctionnement global de l'économie
et des contraintes budgétaires, les budgets alloués au secteur de la santé sont souvent
insuffisants, généralement en dessous de 8% du PIB. En conséquence, les dépenses de santé
sont largement supportées par les ménages, et les contributions extérieures provenant des
organisations de coopération internationale et du secteur privé (organisations confessionnelles,
ONG, etc.) jouent un rôle déterminant pour les investissements et le fonctionnement des
structures sanitaires.
Ces acteurs privés opèrent dans divers domaines, allant des actions spécifiques axées
sur des problématiques particulières telles que la lèpre (par exemple, Raoul Follereau) ou le
handicap (comme Handicap International), à des initiatives plus globales menées par des
organisations comme Care International et Catholic Relief Service. Certaines organisations,
65
telles que Médecins Sans Frontières, passent d'une action limitée en réponse à des situations
d'urgence humanitaire à des projets plus étendus qui s'inscrivent dans des processus de
développement durable.
Par ailleurs, les trois principales organisations du système des Nations Unies
spécialisées dans les questions de santé, à savoir l'OMS, l'UNICEF et le FNUAP, ont eu une
forte influence sur les organisations et les pratiques de tous les pays d'Afrique subsaharienne.
Leurs actions et directives ont contribué à façonner les politiques de santé dans la région et ont
été une source importante d'orientation pour les acteurs publics et privés.
Figure 22 : Circuit de distribution pharmaceutique dans les marchés émergents en 2017 (1)
66
renforcer les mécanismes de collecte de données et de collaboration entre le secteur public et
privé pour garantir un suivi approprié et une prise de décision éclairée en matière de santé dans
le pays.
Tableau 6 : Effectifs du personnel de santé dans le secteur public en RDC (source SNIS)15
Le tableau met en évidence une carence des professionnels de santé dans le secteur
publique avec seulement 4% des médecins et 0,3 % des pharmaciens et une majorité des
infirmiers. Le secteur de la santé en République démocratique du Congo (RDC) fait face à des
défis considérables concernant la disponibilité et la répartition du personnel de santé. Selon le
15
Annuaire statistique de la RDC 2020, Ministère du Plan, Institut National de la Statistique.
67
rapport de l'OMS en 2014, les données indiquent que le personnel de santé est légèrement plus
disponible dans le secteur privé par rapport au secteur public, à l'exception du paludisme.
Une analyse montre que de plus en plus de professionnels de santé rejoignent le secteur
privé, probablement en raison du gel des embauches dans le secteur public et de l'émergence
d'établissements privés. Un problème fréquent est la double pratique, bien que cela soit illégal,
en raison des salaires irréguliers dans le secteur public et du système de retraite défaillant. Cela
pousse de nombreux agents de santé du secteur public à chercher des sources de revenus
supplémentaires, souvent dans le secteur privé. Pour améliorer la situation, des efforts sont
nécessaires pour équilibrer la répartition du personnel de santé, accroître le nombre de
professionnels qualifiés dans le secteur public et créer des conditions de travail attractives pour
éviter la double pratique. Ces mesures sont essentielles pour améliorer l'accès aux soins de santé
et renforcer le système de santé du pays dans son ensemble.
68
La surveillance et l'application des réglementations en matière de prix sont
problématiques, car il n'existe pas de mécanismes de contrôle efficaces, et peu de médicaments
portent des indications tarifaires. Cela contribue à une grande variabilité des prix, en particulier
en raison du grand nombre de marques de médicaments présentes sur le marché et de la
régionalisation de l'offre. Par exemple, en 2015, les prix des médicaments de qualité garantie
dans la province du Katanga étaient compris entre 1,10 USD et 2,19 USD, tandis que dans la
capitale, Kinshasa, pour des médicaments de qualité similaire, les prix allaient de 4,93 USD à
8,77 USD16.
Le manque de pouvoir d'achat des clients exerce une influence significative sur l'inflation
des prix. Les consommateurs à faible revenu sont particulièrement sensibles aux prix et peuvent
être amenés à opter pour des médicaments moins chers mais de qualité inférieure. L'enquête
informelle réalisée lors de cette évaluation a révélé que certains médicaments courants, tels que
l'amoxicilline et la ciprofloxacine, étaient disponibles sous jusqu'à 20 marques différentes, avec
une gamme de prix considérable. Dans ce contexte, les consommateurs à faible revenu peuvent
être davantage attirés par les médicaments moins chers, sans tenir compte de la qualité garantie
- ou non - de ces produits.
16
World Bank Group, The Role of the Private Sector in Improving the Performance of the Health System in the
Democratic Republic of Congo,
[Link]
[Link]
69
Médicaments essentiels (PNAM) pour mettre en œuvre la Politique Pharmaceutique Nationale
(PPN).
70
A noter que contrairement à l’ANSM, l’ACOREP n’est pas autonome en gestion administrative
et financière car elle est un prolongement opérationnel et déconcentré du ministère de la santé.
Parmi les fonctions réglementaires de l’ACOREP on note :
La PPN est un engagement des gouvernements envers leur peuple et est adaptée à
chaque pays en fonction de ses besoins spécifiques. L'OMS fournit des orientations et des
guides pour aider à la formulation, la mise en œuvre, le suivi et l'évaluation des politiques
pharmaceutiques nationales. Ces guides sont élaborés par l'OMS Bureau Régional Afrique et
doivent être adaptés par chaque pays en fonction de sa réalité et de ses ressources.
71
l'accessibilité des médicaments essentiels à la population, en garantissant leur qualité, leur
usage rationnel et leur accessibilité financière.
Dans un contexte de carence industrielle pharmaceutique, cette politique se traduit par la mise
sur le marché de médicaments à moindre coût, connus sous le nom de Médicaments Essentiels
Génériques. L'utilisation de médicaments génériques permet d'offrir des alternatives moins
coûteuses pour la population, tout en maintenant un niveau de qualité et d'efficacité
approprié(7).
En 1978, la Déclaration d'Alma Ata, issue d'une conférence internationale sur les soins
de santé primaires, a également mis en avant l'approvisionnement en médicaments essentiels
comme l'un des objectifs à atteindre pour les pays membres de l'OMS.
72
centrales d'achat, qui sont gérées par l'État, achètent et vendent principalement les médicaments
de cette liste.
L'État intervient de manière efficace dans la vente en gros des médicaments essentiels,
mais cette intervention est encadrée au niveau des centres de santé et des hôpitaux généraux de
référence, qui sont des établissements publics. L'État dispose d'une centrale d'achat qui distribue
exclusivement les MEG, et ne fournit des médicaments de spécialités que s'ils figurent sur la
liste des médicaments essentiels. Cette distribution se fait principalement vers les structures
publiques de santé, sauf dans des cas exceptionnels où des pharmacies privées peuvent
également bénéficier de cette distribution.
Les produits de la liste sont répartis en fonction du niveau de soins requis pour chaque type
d'activité, permettant ainsi de mieux organiser la distribution des médicaments en fonction des
différents établissements de santé et de leurs capacités de prise en charge. Cette approche vise
à assurer une meilleure disponibilité et accessibilité des médicaments essentiels à l'ensemble de
la population, en particulier pour les maladies prioritaires qui nécessitent une attention
particulière.
73
Tableau 7 : Répartition des Médicaments Essentiels
74
3.3.3 Les acteurs d’approvisionnement et de distribution des médicaments en
RDC
On distingue deux catégories : les acteurs du secteur public et les acteurs du secteur privé
La centralisation des achats d’une part, se fait à travers la Fédération des Centrales
d’Approvisionnement en Médicaments Essentiels (FEDECAME), Association Sans But
Lucratif (ASBL), qui comprend à ce jour deux pôles d’acquisition :
75
Et d’autre part, la décentralisation de la distribution à travers les Centrales de Distribution
Régionales (CDR), aussi membres de la FEDECAME elle membre d’une association
supranationale regroupant 22 pays africains : L’Association des Centrales d’Achats Africaines
de Médicaments Essentiels (ACAME).
Pour garantir la qualité des médicaments et autres produits de santé qu'elles achètent,
BCAF Kinshasa et ASRAMES effectuent une préqualification des fournisseurs permettant la
sélection d'une liste de produits/fournisseurs agréés. Le dossier de préqualification des
fournisseurs utilisé par les 2 agences est celui élaboré par le groupe de travail n° I (contrôler la
qualité des médicaments dans les approvisionnements) constitué en 1994 lors de la réunion des
Ministres de la Santé de la zone franc relative à l'impact de la dévaluation sur la politique du
médicament (avec l'appui de l'Union Européenne, de l'OMS et de la France). BCAF Kinshasa
76
et ASRAMES ont d'ores et déjà harmonisé leurs procédures d'achat avec
celles de l’Union européenne et de la CTB et assurent depuis les achats/importations des
médicaments et autres produits de santé pour ces 2 partenaires.
Au niveau du SNAME, les CDR sont les premiers points de stockage des médicaments
et autres produits de santé après l'achat/importation par les agences d'approvisionnement. Les
CDR distribuent les médicaments et autres produits de santé aux Hôpitaux Généraux de
Référence (HGR) et aux Bureaux Centraux de chaque Zone de Santé (BCZS). Les BCZS livrent
à leur tour les centres de santé (CS) et enfin, les HGR et les CS dispensent les médicaments aux
patients. La distribution des CDR peut être directe ou indirecte en passant par :
Le dépôt secondaire, qui est une entité dépendante du CDR dans la même zone mais
éloigné du site d’implantation de la CDR et permettant d’assurer une livraison aisée vers les
ZS, cette entité possède et gère son propre stock à la différence du Relais logistique qui n’a pas
de stock propre mais reçoit des colis préparés par la CDR ou des transferts en vrac à mettre sous
colis selon les modalités fixées par le CDR concerné.
Les deux pôles d'approvisionnement et les CDR constituées en Association sans but lucratif
fonctionnent selon une approche contractuelle avec le Gouvernement de la République du
Congo une convention qui définit les rôles, les missions et les devoirs de chaque partie pour la
mise en œuvre et l'atteinte des objectifs de la Politique Pharmaceutique Nationale. Leur
système de financement des médicaments et du fonctionnement est un système mixte basé sur
des financements par recouvrement des coûts (c'est la population qui paie) et des financements
des partenaires d'appui.
77
Tableau 8 : Liste des CDR de la RDC et des partenaires d’appui
78
Le Pharmacien chargé du suivi des distributions à la DPS est chargé de :
- Mettre à jour avec la CDR le plan de distribution des produits (axes, rythme, volumes,
poids, …)
- Identifier les problèmes ou goulots d’étranglement liés à la mise en œuvre des plans de
distribution
- Prendre des actions sur les problèmes identifiés
- Ces deux pharmaciens ci-dessus mentionnés doivent :
- Superviser les ZS en gestion des médicaments
- Présenter le rapport de la gestion de la chaine d’approvisionnement au Groupe de
Travail Médicament
- Mettre en action les recommandations du Groupe de Travail Médicament
- Collecter, compiler et analyser les rapports de synthèse de gestion des produits de santé
des ZS
- Elaborer les rapports de synthèse de gestion des médicaments de la province
- Elaborer les rapports feedbacks aux CDR et ZS
Toutefois, le droit pharmaceutique congolais comme dans la plupart des pays ex-colonies
françaises se distingue du droit français par l’ouverture du monopole pharmaceutique. Si le
principe veut que la distribution des médicaments en ville se fasse dans des officines
pharmaceutiques, ce principe connaît des limites qui ouvrent le monopole de vente des
médicaments à d’autres structures dont les gestionnaires ont une connaissance limitée du
médicament.
On constate en RDC une insuffisance dans la coordination des acteurs intervenant dans
le système d’approvisionnement. Cela a conduit à la création d’un circuit complexe de
distribution des MEG. Chaque bailleur de fonds distribue son produit. Même quand le produit
79
est commandé par la centrale d’achat, la distribution se fera par le bailleur de fonds au bout de
la chaîne.
Autre constat est que les structures publiques qui s’approvisionnent auprès des centrales
d’achat le font sur le budget de l’Etat, cela va sans dire que si l’Etat ne leur fait pas de dotation
suffisante, elles ne peuvent pas honorer leurs dettes. Les pénuries dans les hôpitaux ou dans les
centres périphériques de soins sont souvent dues à un défaut de paiement.
De plus, malgré la gestion par l’Etat du circuit public d’approvisionnement des MEG, le
médicament reste cher car les agences d’approvisionnement vendent les médicaments avec une
marge bénéficiaire. Lorsque les structures périphériques les achètent, elles les revendent
également avec une marge. Toutes ces marges alourdissent le prix du médicament (7).
Dans le secteur privé, on distingue d’une part les structures à but lucratif et des structures à but
non lucratif.
La distribution de détail des médicaments aux patients est assurée par les pharmacies
privées, qui sont généralement associées à des cliniques privées, des hôpitaux de niveau central,
des ONG et des structures confessionnelles. Les pharmacies privées jouent un rôle essentiel en
permettant aux patients d'accéder aux médicaments et aux produits de santé dont ils ont besoin.
Le système de financement du secteur privé, tant pour l'approvisionnement en médicaments
que pour le fonctionnement des pharmacies, repose principalement sur des financements
provenant des actionnaires et sur le recouvrement des coûts par les patients. Bien que toutes les
structures du système privé soient soumises à la réglementation pharmaceutique, qui exige la
présence d'un pharmacien et les soumet au contrôle de l'ACOREP (Agence Congolaise de
80
Régulation des Médicaments), il est signalé que le marché privé, en particulier le marché de
détail, a connu un développement anarchique ces dernières années, échappant en partie au
contrôle de l'ACOREP. Cela a rendu difficile pour l'ACOREP de fournir des chiffres précis
concernant le nombre exact de répartiteurs et de détaillants en pharmacie en RDC.
81
- Pour le Programme National de Transfusion Sanguine (PNTS), il assure le rôle
d'agence d'approvisionnement pour l'achat/importation des réactifs pour la sécurité de
sang et assure la distribution jusqu'aux CS et HGR via ses dépôts provinciaux.
En raison de la volonté d'améliorer la gestion et d'éviter les ruptures de stock ainsi que
les lourdeurs administratives, certaines ONG ont pris l'initiative de distribuer elles-mêmes les
médicaments aux centres de santé ou aux populations ciblées. Cette démarche visait à simplifier
le circuit d'approvisionnement complexe et à assurer une meilleure disponibilité des
médicaments nécessaires.
Dans cette optique, les bailleurs de fonds ont également décidé de permettre à chaque
programme de gérer directement son approvisionnement en distribuant les médicaments
concernés aux structures de santé en charge des programmes, sans l'intervention directe du
ministère de la Santé. Cette approche a été mise en place afin de garantir une gestion plus
efficiente et une distribution rapide des médicaments pour répondre aux besoins spécifiques de
chaque programme.
82
Cependant, cette fragmentation de la distribution des médicaments a entraîné un vaste
circuit complexe, car chaque programme peut avoir ses propres fournisseurs, processus
d'approvisionnement et chaînes de distribution. Cette situation peut générer des défis
supplémentaires en termes de coordination, de suivi et de contrôle, et il est essentiel de veiller
à ce que cette approche ne compromette pas la qualité, la sécurité et l'accessibilité des
médicaments pour les bénéficiaires.
En effet, il est important que toutes les parties prenantes, y compris les ONG, les
bailleurs de fonds et le ministère de la Santé, travaillent en étroite collaboration pour optimiser
la gestion et la distribution des médicaments essentiels. Une coordination efficace et une
communication fluide sont essentielles pour garantir que les médicaments parviennent aux
patients qui en ont besoin de manière efficace, sûre et rapide, tout en respectant les normes et
les protocoles établis.
Les établissements privés de la santé jouent un rôle essentiel en tant que source
importante de soins de santé. Les prestataires à but lucratif sont principalement concentrés dans
les zones urbaines, tandis que les organisations confessionnelles et les ONG opèrent
principalement dans les zones mal desservies du pays. Ensemble, ces établissements privés
offrent une large gamme de services de santé et jouent un rôle significatif dans la fourniture de
soins ambulatoires (44%) et de soins hospitaliers (25%) en RDC.
Les établissements privés, y compris les organisations à but lucratif, les organisations
confessionnelles et les ONG, sont mieux équipés en infrastructures de base telles que l'accès à
l'électricité, à l'eau potable, à l'assainissement et au matériel de communication, par rapport aux
établissements publics. Ils ont également un accès plus fiable aux médicaments essentiels, ce
qui contribue à améliorer leur capacité opérationnelle.
83
Cependant, le secteur privé de la santé en RDC est encore plus fragmenté que le système
de distribution du secteur public. Le gouvernement a du mal à estimer le nombre d'importateurs
privés, de grossistes et de points de vente de médicaments, principalement en raison de
l'enregistrement et de la réglementation inefficaces. De plus, il y a une prévalence importante
de points de vente de médicaments non autorisés, estimée à environ 4 000 établissements en
2015, ce qui rend difficile une estimation précise de la taille et de la portée de la chaîne
d'approvisionnement du secteur privé.
Malgré ces défis, le secteur privé de la santé joue un rôle crucial dans
l'approvisionnement et la distribution des médicaments et des fournitures médicales aux
pharmacies privées, points de vente de médicaments, cliniques et hôpitaux en RDC. Toutefois,
une amélioration de l'enregistrement et de la réglementation serait nécessaire pour mieux
surveiller et contrôler cette chaîne d'approvisionnement privée et garantir la qualité et la sécurité
des produits médicaux pour les patients.
L'ASPS a obtenu l'autorisation légale de mener ses activités en 2017 et joue un rôle
essentiel en tant qu'interlocuteur des prestataires privés dans le secteur de la santé. En outre, les
prestataires privés sont également membres de l'Ordre des Médecins, l'Ordre des Pharmaciens
et l'Ordre des Chirurgiens-Dentistes, qui encadrent des catégories particulières de
professionnels de la santé. Ces ordres ont été créés et sont réglementés par la loi, et ils acceptent
tant les prestataires publics que privés en tant que membres. L'adhésion à ces ordres est
obligatoire pour les professionnels de la santé qui souhaitent exercer leur profession.
Les ordres des professions de santé ont pour rôle de veiller à ce que leurs membres
respectent les règles éthiques de leur profession et de les représenter en mettant en valeur leur
expertise et leur dévouement auprès de la population. En étant membres de ces ordres, les
prestataires privés s'engagent à respecter les normes professionnelles et éthiques établies par
84
leur profession et contribuent ainsi à assurer des pratiques de santé de qualité dans le secteur
privé.
La Production locale
Aujourd’hui beaucoup des fabricants locaux ne sont pas certifié BPF et par conséquent
les organismes d’approvisionnement de l’Etat à savoir la FEDECAME les sollicitent moins. Il
y a donc un travail de mise aux normes qualités à faire car malheureusement aujourd’hui la
perception de la production locale est celui des médicaments de moindre qualité.
Une autre solution pouvant être envisagée sur le plan politique est celle d’alléger la taxe
d’importation pour des intrants manufacturiers (emballages, consommables) afin de rendre plus
compétitifs les produits fabriqués localement nécessaires pour la fabrication du médicament à
la lumière de la résolution WHA 74.6 de l’OMS (22).
85
mère basée en Europe à un fabricant certifié BPF, qui produit des médicaments à base de
quinine à partir de ressources naturelles locales avec une usine de fabrication locale située à
Bukavu, sur la rive sud du lac Kivu.
La matière première est locale et est issue de ses propres plantations situées au Nord et
au Sud Kivu. A ce jour, elle exploite plus de 1000 hectares de plantations de Quinquina. Ces
plantations assurent un approvisionnement fiable et continu en écorce. Ainsi, la République
démocratique du Congo est à l'origine d'environ 80 % de la quinine mondiale.
Le plus grand producteur est PHARMAKINA, suivi des coopératives et des agriculteurs locaux
eux-mêmes ses fournisseurs.
86
Figure 27 : Comprimés antipaludéens à base de sulfate de quinine
Ces sels de quinine sont vendus dans le monde entier en tant que principe actif pour les
industries pharmaceutiques et des boissons gazeuses.
Pour les marchés nationaux et régionaux, PHARMAKINA transforme ses propres sels de
quinine en produits pharmaceutiques finis enregistrés sous sa propre marque PHARMAKINA.
Il s’agit des comprimés de Sulfate de Quinine de 100mg, 250mg, 300mg, 500mg et 600mg, ou
encore des sirops ou solutions du Chlorhydrate ou du di-chlorhydrate de Quinine livrant plus
de 10 millions de cures de quinine, destinées à traiter le paludisme en RDC. La disponibilité et
la qualité du produit sont assurées et les coûts logistiques et de production sont optimisés.
Malgré les points communs linguistiques entre certains pays et les blocs commerciaux, il
n’existe pas à ce jour un droit pharmaceutique communautaire en Afrique. Pourtant ce dernier
permettrait une harmonisation des procédures d’enregistrement d’AMM, une harmonisation
des normes, de l’information, de la gestion qualité et des audits, améliorant la sécurité, la qualité
et la circulation dans la zone concernée des médicaments. Il existe des institutions aujourd’hui
ayant parmi leurs missions une harmonisation des pratiques.
87
4.2.1 L’AMA : Agence des Médicaments Africaine, inspiré de l’EMA
Pareillement, la création d'un marché africain uni avec le lancement de la Zone de libre-
échange continentale africaine (AfCFTA) le 7 juillet 2019 à Niamey, au Niger. Le bloc
commercial de 54 nations réunira 1,3 milliard de personnes et créera un bloc économique de
3400 milliards de dollars. Est prévue également une suppression des droits de douane qui
favorisera les échanges entre pays membres.
88
Figure 29 : Pays membres de l'AfCFTA (ZLECA)17
17
[Link]
89
Figure 30 : Point de vente à Matete Kinshasa
Cependant, il est important de reconnaître que malgré leurs problèmes, ces points de
vente non réglementés jouent un rôle crucial dans l'accès aux médicaments en RDC. Avec leur
nombre bien supérieur aux pharmacies agréées, ils assurent la disponibilité de médicaments
dans des régions où les pharmacies agréées ne sont peut-être pas présentes. En fermant tous ces
points de vente, il serait difficile, voire impossible, de garantir l'accès aux médicaments à de
nombreuses communautés dans le pays.
Pour résoudre ces problèmes, des mesures devraient être prises pour réglementer et
contrôler ces points de vente non enregistrés. Cela pourrait être accompli en renforçant
l'application des lois et réglementations pharmaceutiques existantes. Par exemple, les autorités
sanitaires pourraient mener des inspections régulières et sévères pour identifier les points de
vente illégaux et prendre des mesures appropriées pour les fermer ou les amener à se conformer
aux normes requises.
90
Effectivement, l'une des raisons qui contribue à la prolifération des points de vente non
enregistrés de médicaments en RDC est la difficulté d'accès aux médicaments de qualité pour
une grande partie de la population. La pauvreté et les ressources limitées font que de
nombreuses personnes ont du mal à se procurer les médicaments dont elles ont besoin, même
dans les pharmacies enregistrées.
Les CDR ne réalisent aucune marge sur la vente de produits lorsqu'ils sont fournis
gratuitement par les bailleurs de fonds. Bien que certains programmes internationaux aient
91
intégré leurs achats dans le système de la FEDECAME, beaucoup soutiennent les CDR en les
engageant pour le stockage, le suivi et la distribution de produits gratuits. Cependant, chaque
contrat est négocié séparément, ce qui peut entraîner des pratiques variées et une coordination
insuffisante.
5 Conclusion
92
privé joue un rôle essentiel dans la fourniture de soins de santé, mais il est également fragmenté
et manque de réglementation efficace.
Une meilleure coordination entre les différents acteurs, y compris les ONG, les bailleurs
de fonds et les acteurs locaux est essentielle pour résoudre les problèmes du système
d'approvisionnement. L'harmonisation des réglementations au niveau régional et continental
pourrait également aider à améliorer la situation. Enfin, la lutte contre la vente non réglementée
de médicaments est cruciale pour assurer la sécurité des patients. Cela nécessite des mesures de
réglementation et de surveillance plus strictes, ainsi que des campagnes de sensibilisation du
public. En résumé, une approche coordonnée et globale est nécessaire pour améliorer l'efficacité
et l'accessibilité du système d'approvisionnement en médicaments en RDC, tout en garantissant
la qualité et la sécurité des produits pour la population.
93
6 Références bibliographiques
[1] G. E. Mankartah, « A Comparative Analysis of In-Market Pharmaceutical Distribution
Channel Strategies in Sub-Saharan Africa ». Disponible sur :
[Link]
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août 2023. [En ligne]. Disponible sur : [Link]
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[9] K. Xu et al., « Dépenses publiques en santé : les tendances mondiales qui se dégagent ».
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[16] « Certificats de Libre Vente (CLV) », CCI Paris Ile-de-France. Consulté le: 27 août 2023.
[En ligne]. Disponible sur : [Link]
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[17] « Documents de références », ANSM. Consulté le : 27 août 2023. [En ligne]. Disponible
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[18] « Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 : Analyse de la situation sanitaire de la
Région africaine - Rapport de synthèse », OMS | Bureau régional pour l’Afrique. Consulté le:
27 août 2023. [En ligne]. Disponible sur : [Link]
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[19] Stéphane Tizio et Yves Antoine Flori « L'initiative de Bamako : santé pour tous ou maladie
pour chacun ? ». Revue Tiers Monde Année 1997 152 pp. 837-858
95
7 Annexes
Annexe 1 : Projections économiques (croissance PIB) de l’Afrique
96
Annexe 2 : Certificat libre de vente
97
Annexe 3 : Formulaire de demande d’autorisation d’exportation des stupéfiants
98
Annexe 4 : Carte de Zones de santé de la République démocratique du Congo
99
100
LUKEBA Kulondwa Simon
Enjeux logistiques et réglementaires de la distribution des médicaments en Afrique
subsaharienne :
Le cas de la République Démocratique du Congo
Th. D. Pharm., Rouen, 2023, 100 p.
_______________________________________________________________________________
RESUME
La santé est devenue une préoccupation mondiale, accentuée par la mondialisation et la propagation
rapide des maladies. L'industrie pharmaceutique bénéficie d'investissements massifs à l'échelle
mondiale, mais la sécurité et la maîtrise des chaînes d’approvisionnement sont essentielles pour
assurer la qualité des produits thérapeutiques, leur accessibilité et la rentabilité des acteurs de la
chaîne d'approvisionnement.
L'Afrique subsaharienne est souvent perçu comme un marché risqué par certaines entreprises
pharmaceutiques considérant les faibles niveaux de pouvoir d'achat et les flux irréguliers de fonds
d'investissement. De plus, les chaînes d'approvisionnement et les réglementations insuffisantes
entravent la demande sur ces marchés. Cependant, l'Afrique subsaharienne est devenue un marché
d'intérêt croissant en raison de son potentiel commercial important, stimulé par une croissance
démographique rapide et un besoin des services et produits de santé accru. Ainsi, renforcer les
circuits de distribution et la réglementation pharmaceutique est une étape primordiale pour non
seulement rendre ce marché attractif mais surtout essentiel pour assurer un accès régulier aux
produits médicaux en quantité et en qualité.
Nous allons nous pencher sur la République Démocratique du Congo, en Afrique centrale
renfermant énormément de potentiel mais faisant face aux nombreux défis lui empêchant de prendre
son envol pharmaceutique. Comprendre les axes d’amélioration possibles en nous inspirant du
modèle de la France constitue un premier pas pour améliorer l’accès aux produits de santé de qualité
et capitaliser sur le potentiel économique qu’elle possède.
_____________________________________________________________________
MOTS CLES : Logistique – ONG – Médicaments essentiels – Afrique – Approvisionnement
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JURY
Président : Pr VERITE Philippe, Co-directeur de thèse, Responsable de la Filière Industrie
Membres : Dr AUMEERALLY Patrick, Pharmacien délégué, Directeur de thèse
Pr SKIBA Malika, Professeure de Pharmacie Galénique
________________________________________________________________
DATE DE SOUTENANCE : 20 décembre 2023
101