Relations Hydrogeochimiques Des Nappes Profonde Et Superficielle Dans La Plaine de Djeffara Du Nord: Cas de Gabes-Sud, Tunisie
Relations Hydrogeochimiques Des Nappes Profonde Et Superficielle Dans La Plaine de Djeffara Du Nord: Cas de Gabes-Sud, Tunisie
RELATIONS HYDROGEOCHIMIQUES
DES NAPPES PROFONDE
ET SUPERFICIELLE
DANS LA PLAINE DE DJEFFARA DU NORD:
CAS DE GABES-SUD, TUNISIE
~Pfl
EÇO LI:: POL YT EC HN [Q IJF:
EidgenOssische
Technische Hochschule
FEDÉRALE DE LAUS.\Nh1J Zürich
REMERCIEMENTS
Dr. Zwahlen F.
Prof. CHYN pour l'existence du CHYN et son
Neuchâtel enthousiasme
Dr. Perrochet P.
Prof. CHYN pour ses conseils, son ouverture d'esprit et
Neuchâtel son humour
Dr. Cornet A.
Représentant IRD pour la confiance accordée à ma personne
Tunis
ZONE O'INVERSI<:>f\ol
LI
DRAINANCE VERS NI PROF. 1
1 1 ~ 1 ARTESIANISME
1
NAPPE SUPERFICUOUE' 1 _
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r~ " 9 NAPPe PROFONDE
504>
Ca, Na, CI >
Mg
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CONO- EL_ (mS/an)
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4-4.2:
.... L±:
fi
5ABKRA Mg
ALLUVIONS: (0). NIV. GVP'SSUX
1
[Link] BILAN SYNlHEllQUE (P) 43
[Link] ESTIMAll0N VOLUMETRIQUE (P) 43
[Link] DISCUSSION (P) 44
[Link] CONCLUSIONS 45
4 ANALYSES DES PARAME·rRES PHYSICO-CHIMIQUES 47
4.1 INTRODUCTION 47
4.1.1 MESURES SUR LE TERRAIN 47
4.2 ANALYSE DES PARAME"rRES PHYSIQUES 48
4.2.1 AQŒFERE PROFOND 48
[Link] CONDUC11VITE (P) 48
[Link] [Link] (P) 49
[Link] VAlEURS DE pH (P) 50
4.2.2 AQŒFERE SUPERFICIEI, 51
[Link] CONDUC11VITES (S) 51
[Link] [Link] (S) 54
[Link] VALEURS DE pH (S) 55
4.2.3 INTERPRETAll0N DES RESULTATS 55
[Link] AQŒFEREPROFOND 55
[Link] AQŒFERE SUPERF'ICIEI, 56
4.3 ANALYSE DES PARAMETRES CHIMIQUES 60
4.3.1 MESURES [Link] 60
[Link] MESURE DES IONS MAJEURS PAR EI,ECTROPHORESE 60
[Link] MESURE DES VAlEURS DE BROMURE PAR CHROMA [Link] 60
4.3.2 ANALYSE DES IONS MAJEURS 61
[Link] DIAGRAMMES DE [Link] 61
[Link] DIAGRAMMES DE PIPER 64
[Link] GRAPHIQUES DE CORRELAll0N 68
[Link] DISCUSSION 71
[Link] INTERPRETAll0N DESRESULTATS 71
4.4. QUALrrE DES EAUX 76
4.4.1 ORIGINE DELA SALINITE 76
[Link]. [Link] 76
4.4.2 QUALITE DEL 'EAU D1RRIGAll0N : 76
4.4.3. ASPECTlHEORIQUE 78
[Link] QUAN11FICAll0NS DES ESPECES CHIMIQUES 78
5 FLUOR 80
5.1 INTRODUC·rION 80
5.1.1 ORIGINES 80
5.1.2 ASPECTINDUSTRIEI, 80
5.1.3 ASPECTSANITAIRE 80
5. 1.4 ASPECTHYDROGEOCHIMIQUE 81
[Link] 82
5.2 RESULTATS 82
5.2.1 [Link]'EXTRAPOLAll0N 82
[Link] AQŒFERE SUPERF'ICIEI, 82
[Link] AQŒFEREPROFOND 84
5.2.2 [Link] DE CORRELAllDN 85
5.2.3 SPECIACION DU FLUOR 86
5.2.4DISCUSSION 87
5.2.5 INTERPRETAll0N DES RESULTATS 87
2
6 CONCLUSIONS 89
7. RECOMMANDATIONS 90
BIBLIOGRAPHIE 91
3
CHAPITRE 1
4
1. INTRODUCTION
Une partie de la compilation des données a été réalisée dans les bâtiments de
la DGRE à Gabès; la bibliothèque de ce bâtiment a servi de lieu de travail durant les
trois semaines passées à Gabès. Les conseils et les documents fournis par MM.
Abidi et Ghoudi ont été essentiels.
5
iz
1.2 SITUA TION GEOGRAPHIQUE l.A
1.3.1 LOGISTIQUE
Durant les trois semaines passées à Gabès, une semaine et demi a été
consacrée à la mission de terrain elle-même. Deux jours furent consacrée à l'étude
géologique de la plaine côtière et de la chaîne du Dahar, à l'ouest de Gabès et de
Médénine (cf. FIG. N°1.1). Cette session de terrain a été réalisée avec ma propre
[Link] réalisé durant cette première approche que ma voiture n'était pas
toujours adaptée à la qualité des pistes du sud-tunisien,les sessions de terrains
suivantes ont été faites avec la voiture tout-terrain de la OGRE de Gabès. L'équipe
était composée de trois personnes, le chauffeur, une personne connaissant les
localisations des puits et forages, ainsi que moi-même.
6
1.3.2 ECHANTILLONNAGE
. Le pompage fréquent et les faibles hauteurs d'eau dans les puits ne nous a
pas permis d'effectuer des log verticaux de conductivité.
~
\ //>z,
/,/1:
18 Y~,' '"~ ~\N
15 km
FIG. 1.2: localisation des
points d'échantillonnage de la
nappe superficielle. Courbes
de niveau équidistantes de
10m.
7
v/
~~
\\ 2~\ ~1~ \~AQUIFERE / \ POINTS D'ECHANTILLONNAGE,
PROFOND,
"" ~ --~ /! JUILLET 2003
"" ~--x.r~ y c~, 1
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1 MDOU
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20 KETTANA_4
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/-17 "-
15km
.......
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FIG. 1.3: localisation des points d'échantillonnage de la nappe profonde.
8
Ce type de climat est caractérisé par de fortes variations d'intensité des
précipitation (orages), ainsi que par une grande variabilité spatiale des événements
pluvieux.
600
500 + - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 1 \ - - - - - + - .
400 + - - - - - - - - - - - - - - - - _ - - - - - - * - - - - - - - , . - - - - + I - - - - - + - - i
l
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300 -t---------tt--tHI----!t-----+Ir--;;----t-iI;----ff+~,_-tt-_tt__+_______;
o
o 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 100 105 110115
années -+-P.a.M..L
FIG. 1.4: pluies cumulées de 1885 à 2001 (d'après BEN AMAR s., 1996).
Dans les monts de Matmata (cf FIG. 1.5), la moyenne pluviométrique annuelle est de
220 mm ; cette valeur est une anomalie positive, en regard de la décroissance des
valeurs d'isohyètes contre la zone climatique saharienne.
'0 r::
A c:;
9
L'évaporation potentielle est approximativement de 2500 mm par an (Ben
Baccar, 1982). L'annexe 1.2 présente les valeurs mensuelles des précipitations,
d'évaporation potentielle et de température.
1.4.2 HYDROGRAPHIE
VERS TUNIS O. GABES
[Link]
o. MERSIT
[Link]
FIG. 1.6: réseau
hydrographique de la région de
Gabès-sud. On remarque que le
bassin de l'oued Ghiran est
semi-endoreïque. GIS export.
O. GHIRAN
VERS TRIPOLI
10
d'exportations de tables, une partie des figures sont des layouts de vues
particulières. Chaque vue est une sélection de différents shapefiles, lesquels sont
choisis selon les informations que l'on veut faire figurer dans le layout.
Ce type de gestion des données permet (1) une concentration et une
organisation des données en un seul programme donc un accès rapide aux
informations recherchées, (2) une interaction numérique des données, au travers de
requêtes (calculations entre les données de différentes tables), ou encore une
interaction entre les données visuelle, par superposition de différents shapefiles dans
des vues séparées.
11
CHAPITRE 2
12
2. GEOLOGIE
La région étudiée est influencée par trois domaines structuraux, qui ont
généré le système de faille exposé sur la figure 2.1 : le front sud-altlasique, la plate-
forme saharienne et la zone d'effondrement téthysienne.
Le front sud-atlasique alpin est transpressif : la région à l'ouest de El Hamma
(cf. FIG. 2.1) est caractérisée par une inversion de graben, qui a eu lieu durant
l'Eocène supérieur (FRIZON DE LAMOTTE & al., 1999). La plate-forme saharienne
est un craton stable depuis le début du paléozoïque, l'orogenèse calédonienne
n'ayant eu que peu d'impact sur celui-ci (MAMOU, 1990) ; sa partie nord s'effondre
en raison de failles normales « en escalier» proto-téthysiennes, d'orientation EWet
NW-SE, dès le Carbonifère supérieur (BUROLLET, 1990). L'activité est la plus grande
au Permien.
\~
15 km
FIG. 2.1 : zones de failles majeurs au nord de la plaine de la Djeffara. La région étudiée se
trouve entre les villes de Gabès, Mareth et la faille de Médénine. On remarque la localité de
El Hamma, ou le système de failles atlasique est très développé: c'est le «seuil» de El
Hamma. En rouge, localisation de la coupe du seuil de El Hamma dont on parlera par la suite
(FIG. 3.3).
La région étudiée est caractérisée par un réseau de zone de failles plus ou
moins perpendiculairement agencées, créant un domaine de horst et graben en
« damier» (MAMOU A., 1990).
La faille normale de Matmata Nouvelle (cf. FIG. 2.5) est fondamentale pour la
compréhension du système d'aquifère que nous allons étudier dans ce document:
effectivement, au sud-ouest de cette faille, les calcaires sont sub-affleurants, alors
qu'au nord-est, leur position s'approfondit. Cela revient à dire que l'épaisseur des
sédiments mio-pliocènes (aquifère superficiel) qui dominent les calcaires est plus
conséquente en aval de cette faille. Cela revient à dire également que les calcaires
(aquifère profond) sont confinés en aval de cette faille par le mio-pliocène, mais
qu'en amont de celle-ci, les calcaires apparaissent en surface: la nappe profonde
est donc confinée en aval de la zone de faille, mais elle est libre en amont de
cette faille. C'est la partie confinée qui est étudiée dans ce document (cf. 2.6,
log).
La plaine de la Djeffara fait partie d'un bloc résistant qui s'étale de la Sicile à la
plaine de la Djeffara, en incluant la Tunisie orientale; ce bloc, indépendant du point
de vue structural, est appelé « bloc pélagien}) (BUROLLET P. F., 1971).
2.2.1 PERMO-CARBONIFERE
2.2.2 TRIAS
2.2.3 JURASSIQUE
2.3 CRETACE
PHOTO 2.3: aspect général de la chaÎne du Dahar; on remarque les pendages sub-
horizontaux en bas à droite de l'image; en haut à droite, la corniche turonnienne. A
gauche de l'image, le Dahar méridional est visible à l'horizon. Sud de Toujane.
Morphologiquement, le Coniacien
inférieur calcaire constitue la corniche la plus
élevées du Dahar.
Dans la zone de Gabès-sud, cette
formation est également connue sous le nom
de ({ horizon A». Cette unité calcaire est
fortement karstifiée, elle est
l'aquifère principal de Gabès-sud ; une
partie de cette unité a été érodée durant la
régression de la fin du Coniacien. Il est érodé
en amont de la faille de Matmata Nouvelle.
Son épaisseur varie entre 20 et plus de 100
mètres. Aux alentours de Mareth, sa puissance
dépasse les 300 mètres. Elle est absente en PHOTO 2.5: affleurement du
amont de la faille de Médénine et le long de la Coniacien calcaire dans le lit d'un
côte (ROUATBI R., 1967). tributaire de l'oued Sourreg. On
remarquera la karstification de
Le Crétacé supérieur de la Djeffara est l'avant-plan (et son colmatage).
aussi appelé Complexe Terminal, bien que ce
terme décrive, au sens stricte, le Crétacé
supérieur de la zone saharienne (cf. [Link]).
La plaine de la Djeffara est en fait la partie Est du Dahar effondrée, comme
cela est visible sur la coupe ci-dessous; sur cette coupe est également visible la
configuration en onlap (transgression) du Jurassique sur le Permo-carbonifère; le
Dahar est chapeauté par la corniche turonnienne, on retrouve le Turonien en aval de
la faille de Médénine (FMD). On remarque, en aval de la FMD, un Coniacien calcaire
surmonté en incoformité érosive par des sédiments mio-plio-quaternaires (BEN
BACCAR B., 1982).
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LUest
B'
COUPE [Link]Œ 2lYERTEN -ciùvI ZEssAA OŒST-ES! (d'lIpI"èe [Link],mOOillée) Est
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.O.2EUSS
600 13918/5
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167tJ8/5 71'13/5
400
200
o
200
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D' miocène saIlIeul< 0 c~:mamo-calcalre CJ CilmIr1IIln /nI ~ E:I:oo!n<rien lof mamo~ turonien dobnle
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L_ 1 juranlqua sup carbonaté - ....... pemu-lrIiIslqua arg&!ux
17
2.4 MIOCENE ET PLiOCENE (FORMATION ZARZIS) - (AQUIFERE)
18
PHOTO 2.7: falaise argilo-silteuse mio-pliocène. Nord de Médénine
19
D'autre part, le quaternaire récent est formé par des limons d'origine éolienne,
appelés « loess de Matmata », et correspondent à un épisode aride du quaternaire
datant de 40 à 50'000 ans ( ROGNON P., 1976 in BEN BACCAR B., 1982). La
puissance de ces limons peut atteindre 2 à 3 mètres.
AQUIFERE POREUX
mio-plioe: ' nE'
Q
u
[Link] 1 .=---t-, :i
o FIG. 2.4: log stratigraphique de
u
Gabès-sud. Sous le Moi-
o 1
pliocène, on remarque le
A. KARSTIQUE Coniacien calcaire (horizon A),
~
U l'aquifère principal de Gabès-
ait. marno-c.-g. 1 g~~~ :i sud.
o
u
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A. KARST. SECONDAIRE
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dolomies massives o
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MIO-PLIO.
Callovien karstifjé 1 ~
ait. marna-calcaire ~ GYPSE
1-- J
GRES
ait. marno-calcaire
CALCAIRE
Tr-PC DOLOMIE
20
2.7 CARTE GEOLOGIQUE DU BASSIN VERSANT DE GABES-SUD
\~ §
HOLOCENE sebkhas
HOlOCE NE "loess" Çl réce n~
HOlO. !NF., PlEISTO. SUP-litrons argllo1lypseux (er.)
o HOlOCENE-.2l1uvions (er.)
o PlEISTO. M._timons de Matmata
o PlEISTO. INF./ PLiO-MI0o..3!'9iles gypseuses
o CAMPANIEN, CONIACIEN calcaire
N12
'N13
1'., '14
15 km
FIG. 2.5: carte géologique du bassin versant global de Gabès-sud (GIS export).
L'ellipse noire localise le terrain d'étude. La droite blanche est la faille de Matmata
Nouvelle, tel qu'elle est positionée sur les coupes. OTe, 1987.
21
2.8 COUPES GEOLOGIQUES
2.8.1 COUPE 12
-;ai FIG. 2.6: coupe géologique septentrionale
~ du terrain d'étude. Modifiée d'après la
<tl
"8 coupe N°12 d'analogie électrique de
100m ----+=-=::::::::::= - I 1 f - - - - - - - - , . . . - - - ' " Gabès-sud, OGRE.
[Link] es CON.
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tnarn
D-gYfJseux Co
Il W.
:Tl
~
o
2.8.2 COUPE 13
FIG. 2.7: coupe géologique septentrionale
du terrain d'étude. Modifiée d'après la
9346
coupe N°13 d'analogie électrique de
Gabès-sud, OGRE.
calcaires TURON.
1lI
Dm -+--+---l-----+----H-~~--f-.,---_-'?'-=--_o____:_-____lle::___-::?_'ier.._::=--
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4.5 kml
22
2.8.3 COUPE 14
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13530
209m
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;;: 4.5 km
z 1 l "s:0 66-17
-n
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FIG. 2.8: coupe géologique centrale du terrain d'étude. Modifiée d'après la coupe N°14
d'analogie électrique de Gabès-sud, OGRE.
23
CHAPITRE 3
24
3 HYDROGEOLOGIE
SAHARA ORIENTAL
sw COUPE GEOLOGIQUE Aig. Tun.
NE
1000
-500
10·00
_ 1 0 0 km
-1500
o CE=NOMANIEN MAlM
25
Le Continental Intercalaire est superposé au Néocomien gréseux (grès
wealdiens), lui-même superposé au Malm qui est composé de marnes, calcaires et
dolomies.
L'âge du C.1. est albo-aptien ; l'Aptien est une dolomie sur toute l'étendue du
bassin; par contre, les lithologies aquifères sont diachrones: dans sa partie
algérienne, les grès sont albien, alors que dans sa partie tunisiennes, ils sont
néocomiens ou barrémiens (MAMOU, 1990).
Au-dessus du C.1. se trouve le Cénomanien argileux (présence d'évaporite), le
Turonien dolomitique (gorgé d'eaux salée) et le Coniacien marno-gypseux. Ces
unités forment un aquitard entre le C.1. et le Complexe Terminal (C.T.), qui est un
ensembles de formations aquifères d'âge crétacé supérieur, tertiaire et quaternaire.
Le C.T. est constitué de formations calcaires et gréseuses, confinées par un mio-
pliocène argileux. Ces deux entités sont connues sous le nom de « North Western
Saharan Aquifer System », NWSAS (SIEGFRIED & KINZELBACH, 2003).
Gabès
500 KILOMETRES
FIG. 3.2 : extensions spaciales des C./. et C. T. ; en vert foncé, les affleurement du
C.I., en vert clair, les affleurements du C. T. En blanc, la région des Chotts. Le trait bleu
situe la coupe de la figure précédente. D'après l'At/as Géologiques Mondial, UNESCO,
1976 & BABASSY M., 2003 (OSS).
26
la dolomie aptienne. Le passage vers la Djeffara se marque par la disparition des
faciès détritiques et la prédominance des faciès argileux sur les carbonates.
La région des Chotts se termine à l'Est par le « seuil» de El Hamma (cf. FIG.
3.2). C'est notamment à travers ce seuil que les eaux du C.1. s'écoule vers la
Djeffara. La coupe géologique au-travers du seuil de El Hamma ci-dessous montre
que les grès de Kbar el Adj de la région des Chotts sont limité par les marnes
campano-cénomaniennes.
Le passage des eaux vers la Djeffara est possible grâce aux failles orientées
SW-NE, et par abouchement entre les grès de Kbar el Adj et le Turonien dolomitique
très karstifié (B. Abidi, pers. com.), à la faveur d'un pendage descendant contre le
sud. Ce Turonien karstifié fait office de relais hydrologique entre le C.1. et le
Coniacien calcaire (=Sénonien inférieur calcaire) qui est l'aquifère principal au niveau
de Gabès-sud.
Les charges hydrauliques du CI à l'amont du seuil sont aujourd'hui à plus de
200 mètres d'altitude (MAMOU & KASSAH, 2002), alors qu'à l'aval elles sont à
quelque 55 mètres d'altitude (DGRE, 1962 + 1988). Ces pertes de charge
remarquables sont sans doute dues aux réseaux de failles et aux fuites à travers
celles-ci jusqu'en surface (zone de sources).
400
~ .. :2
JOO
:?Oll
100
100
2UO
300
~oo -
500
600
700
l'lUlJ
000
t&I
1000
11011
1:200 1
1300
1-400
CHOn ElR:IJ
):;00 1
o mIoc:ilne sabIewl Cl ~:.-[Link]"'"0 M!nunIIm Inr ~ 0 sénoriBn ln, ~ turonien doIomIé
FIG. 3.3: coupe géologique du seuil de El Hamma (ABIDI B., DGRE, 2003). Localisation
de la coupe sur la figure 2. 1
27
[Link] AIRES DE RECHARGE ET EXUTOIRES
Sur la figure suivante, les aires de recharge ainsi que les exutoires de la
nappe du Continental Intercalaire sont exposés.
ATlAS
SAHARIEN
30·
500 KILOMETRES
Dans la région du Chott Fedjedj (péninsule est du Chott de l'est), les charges
sont positionnées jusqu'à 217 mètres au-dessus du terrain naturel, dans les séries
gréseuses de Kebeur el Hadj (MAMOU, 2002).
28
[Link] AGE ET "rEMPERATURE DES EAUX DU Col.
Les â~es des eaux du Continental Intercalaire, déterminés par l'analyse des
teneurs en 1 C, montrent des valeurs qui sont à la limite de détection pour la partie
algérienne confinée : ces valeurs sont de 46'000+/-12'000 ans. Dans la partie proche
du Dahar et du Chott El Djerid (partie ouest du Chott de l'est), les âges sont plus
faibles, en raison d'une recharge d'eau plus moderne; ces âges-là sont de 9950+/-
330 ans.
Les conditions climatiques régnants à l'époque de la recharge du C.1. étaient
caractérisées par des températures moins élevées et des taux d'humidité plus
grands (Mamoud A., 1990).
Les températures calculées en profondeur peuvent atteindre 94°C (EDMUNDS
et al., 2003).
[Link] HISTORIQUE
La région des Chotts a fasciné les explorateurs du siècle passé, parce que
ses régions à l'ouest sont en-dessous du niveau de la mer üusqu'à - 35m), et que
les saumures des Chotts, sous une cuirasse de sels fragile, ont englouti plus d'une
caravane. Ferdinand de Lesseps, à l'origine du creusement du canal de Suez en
1869 et concepteur du canal de Panama, tenta à la fin du siècle passé, sans succès,
de creuser un canal à travers le seuil de El Hamma, afin d'ennoyer la région des
Chotts dans le but de créer de l'humidité et , bien sûr, de dynamiser le commerce par
voie maritime (LETOLLE & BENDJOUDI, 1997).
29
3.2 HYDROGEOLOGIE LOCALE
/10
20
30
40
IV,~
60
/\/70
IV
AI FAILLES
15 km
30
[Link] PIEZOMETRIE (S)
sw NE
-..;'":.. -
...-.............. ....... -... -.....
SOm
31
saisonnière maximale est de l'ordre de 1 mètre (ANNUAIRE PIEZOMETRIQUE
2001, 1995).
La figure 3.7 montre une baisse de niveau de la nappe de l'ordre de 5 mètres
entre 1995 et 2003. Afin de s'affranctlir des variations saisonnières en comparant la
piézométrie de ces deux années, une hauteur de 1 mètre a été retranchée des
niveaux mesurés en 1995. Il semble donc qu'une baisse de 4 mètres soit significative
pour la nappe superficielle sur ces dernières années. Cette baisse peut être liée soit
à une baisse de la recharge liée en
particulier à une baisse de la pluie .
~
EPTEMBRE 1995 .
soit à l'augmentation de l'exhaure.
JUILLET 2003
Les sous-sections qui suivent
présentent des estimations de ces //1
deux terme du bilan hydrologique
de la nappe. Co;, :- .L- -----r-'~.-'-)~ ~
S{J m 1
"'. 1
........
CJ:: '. 1
--r-_ _..---'--
' ~ .. ,
u..;=.L.._~~ _____'_L__
1 ~•• km
10 16.5
1 MESURE PONCTUELLE
NAPP SUP._S P __ 1995
NAPPE SUP._JUILLET_03
lt extrapol~ 1 .. 2,3"*', 4-- NAPPE PROF._1962.8B.9::>~,03'"
FIG. 3.7: (en haut, cadre) localisation des puits de référence choisis afin de
connaÎtre les variations piézométrique de la nappe superficielle (profil
approximativement perpendiculaire au équipotentielles). Les niveaux 95 et 03
de la nappe profonde sont extrapolés des valeurs de 1962 et 1988 (cf
annexe 3.1). Les failles rencontrées sur le tracé du profil sont indiquées à la
base de celui-ci. L'ellipse rouge localise la zone d'inversion des drainances
entre les nappes superficielles et profondes.
32
[Link] DONNEES DE POMPAGE (S)
D'après les données disponibles, la totalité des débits pompés dans la nappe
superficielle aurait été de 10,4 Mm3 en 1996 (ANNUAIRE DE L'EXPLOITATION DES
NAPPES PHREATIQUES, 1996) et en 1998 (CNEA, 1998). Elle aurait augmentée
jusqu'à une valeur de 12 Mm 3 en 2000 (SITUATION DE L'EXPLOITATION DES
NAPPES PHREATIQUES, 2000).
En extrapolant ces valeurs de manière linéaire, on obtient une estimation du
débit de 10.4 Mm 3 en 1995 et de 14 Mm3 pour l'année 2003 (cf. annexe 3.7).
L'infiltration efficace (le volume des pluies qui parvient à la nappe) a été
quantifiée par A. Mamou dans sa thèse (1990). Ce dernier avance le chiffre de 11%
de la pluie annuelle moyenne, dans le cas de présence de sédiments peu
perméables favorisant le ruissellement et la concentration des eaux dans les zones
basses (Quaternaire, Mio-pliocène). Par contre, en l'absence de sédiments peu
perméables favorisant la concentration du ruissellement vers les zones basses,
l'infiltration efficace serait de 3.2% (calcaires, sables).
Ces deux pourcentages sont calculés par Mamou de deux manières: (1) sur
l'observation des variations de la surface piézométrique d'une nappe non-exploitée
du sud-tunisien (Oum el Khialet), proche de notre terrain d'un point de vue climatique
et géologique, dont les sorties se font uniquement sous forme d'évaporation.
La formule utilisée par Mamou pour le calcul du pourcentage d'infiltration sur
l'ensemble de la nappe de Oum el Khialet est la suivante (nous postulons A et S de
l'étude de A. Mamou comme proportionnels aux A et S de notre terrain, car les
chiffres utilisés par A. Mamou ne sont pas connus).
A * ~h * el
infiltrationeff. = ----------*100 (équ. 1)
S*p
A : surface de la nappe (L 2)
~h : variation piézométrique (LT 1)
el: porosité
S : surface du basin versant (L2)
P : pluie moyenne annuelle (LT1)
33
Mamou (1990) a utilisé d'autre part la variation du débit d'une source de trop-
plein par rapport aux pluies à Aïn el Guettar pour calculer l'infiltration efficace; cette
source est l'unique exutoire d'une petite nappe.
~Q
lnfiltrationeff = ------------- (équ. 2)
V
~Q : augmentation du débit de la source (L 3 r1 )
V: vol. des pluies tombées sur le [Link]. (L ~-1)
Ben Baccar (1982) estime quant à lui une infiltration efficace de 10 à 24% lors
que le terrain permet un fort ruissellement. Les fortes différences entre les chiffres
montre sans doute que les résultats sont dépendant de fortes variabilités spatiales et
d'un large spectre d'intensité de pluies, ainsi que d'une évaporation hétérogène.
34
Afin de calculer les flux de drainances de part et d'autre de la ligne d'inversion,
il est nécessaire tout d'abord de relever que la ligne d'inversion ne se déplace
pratiquement pas entre 1995 et 2003; cela est dû au fait que les deux nappes ont
baissé de concert (cf. FIG. 3.7).
D'après la loi de Darcy (1856), les drainances de la nappe profonde en
direction de la nappe superficielle, en aval de la ligne d'inversion, s'élèvent à 0.57
=
Mm 3 en 1995 (K = 10-9 m/s), hl (ép. argileuse 90m; MAMOU, 1990). En 2003, elles
s'élèvent à 0.32 Mm3 (cf. annexe 3.3).
En amont de la ligne d'inversion, les drainances de la nappe superficielle en
direction de la nappe profonde sont de 6.3 Mm 3/an en 1995 comme en 2003 (ép.
éponte argileuse =15m) ; effectivement, le niveau de la nappe superficielle amont ne
semble pas bouger de 1995 à 2003 (cf. FIG. 3.7) ; de plus, en amont de l'aquifère
profond, les charges sont de 55 mètres et restent stables de 1995 à 2003 (cf. FIG.
3.11+3.12).
# PUITS N. SUP.
It PUITS N. PROF.
15 km
CALCAIRES
o MIO-PLIO. (PEU PERM.)
FAILLES
FIG. 3.8: vert et rouge, bassin versant global de la nappe sup. : vert = Mio-plio-
quaternaire (772 km A 2). Rouge = calc. Crétacés (256 km A 2). Bleu = extension du bassin
=
hydrogéologique de la nappe prof. (832 km A 2). Cadre noir aquifère profond théorique
(550 km A 2). Ligne jaune fine = ligne d'inversion des drainances entre nappes sup. et prof..
Ligne jaune grossière (faille de Matmata Nouvelle) = position de la section à travers
laquelle se fait la recharge provenant du Continental Intercalaire et des eaux de surface
infiltrées dans les zones bleues et rouges dans les différents aquifères confinés de
Gabès-sud (cf. [Link]). Calcul automatique des surfaces par le logiciel GIS. D'après
PNUD,1971.
35
On remarque que les drainances vers le bas (amont) sont 11 x supérieures
aux drainances vers le haut (aval) en 1995. De 1995 à 2003, les drainances vers le
haut (aval) diminuent à peu près de moitié, alors que la situation à l'amont ne change
pas. Les estimations des épaisseurs de la formation aquitard se réfèrent à la
littérature (MAMOU, 1990). L'aquifère superficiel correspond au quaternaire, les
lentilles de matériel grossiers du miopliocène étant négligées par souci de
simplification
La figure ci-dessous synthétise la situation:
1ron
~
'E"
p .•
7
:!"......- .. o
• 1
··"'··\11
36
est représenté par des terrasses alluvionnaires dont les chenalisations sont les
lithologies aquifères, le reste étant argilo-silteux (cf. 2.5.2)
Aux valeurs d'infiltration ont été retranché 1.2 Mm3 en raison de l'évaporation
de la nappe, qui est fonction de la profondeur de la surface piézométrique (10m en
moyenne), en fonction de l'équation suivante: Emm = 63*Zn,-1.5 (COUDRAIN A. et al.,
1998). De plus, une approximation du flux en mer a été calculée avec l'équation de
Darcy, sur une longueur de côte de 32 kilomètres et une hauteur d'aquifère de 60
mètres (K = 10-5 (K=10-3 pour l'aqu. sup., mais la sédimentation vers la mer est plus
argileuse; gradient hydraulique = 4%0) : ce flux à la mer (M) est de 2.42 Mm3/an.
37
37.6
10.4 14
14.2
15
2.42 2.42
FUITE FUITE
EN MER EN MER
1995 200.3
I1V= + 19.05 I1V= - 8.2
FLUX
FIG. 3.10: bilan comparatif entre les années 1995 et 2003 (Mm 3).
38
séparation qui les distingue est la limite sud-ouest de l'aquifère profond (cf. FIG. 3.8).
Cette limite trouve sa justification dans la présence d'une faille normale longeant la
base des piémonts(cf 2.7 + 2.8). En amont de cette faille, l'aquifère est peu profond,
entouré de reliefs calcaires crétacés, les écoulement sont essentiellement sub-
horizontaux. En aval de cette faille, l'aquifère est souvent plus profond (cf. FIG. 2.7) ;
les circulations des eaux sont plus complexes.
Les deux figures 3.11 et 3.12 présentent les isopièzes de la nappe profonde
en 1962 et en 1988. Le cadre noir présente la partie étudiée de l'aquifère profond.
On remarque qu'en 1988, les deux dorsales de la surface piézométrique, qui étaient
visibles en 1962, ont disparues. Les axes des dorsales de la surface
potentiométrique sont relativement bien superposés à certains linéaments de failles,
une circulation préférentielle de l'eau à travers ces failles est sans doute la raison de
ces dorsales aujourd'hui disparues.
Les directions d'écoulement sont devenues homogènes (perpendiculaires à la
côte) et les isopièzes se sont resserrées. De 1962 à 1988, la charge hydraulique a
baissé de plus de 20 mètres au niveau de la côte, soit une baisse moyenne annuelle
de l'ordre de 0.8 mètres.
/ \ / FAILLES
IV UMTE VOLUIIIETRIQUE
DU TERRAIN
# PUITS SUPERFICIELS
• FORAGES PROFONDS
FIG. 3. 11 . isopièzes de
la nappe profonde en
1962 (ConŒden
calcaire).
39
ISOPIEZE DE LA NAPPE PROFONDE, 1988
(CARTE HYDROGEOLOGIQUE, D.G.R.E)
/ \ / FAILLES
N LIMITE VOLUMETRIQUE
DU TERRAIN
1/ PUITS SUPERFICIELS
FORAGES PROFONDS
8km
Cette baisse est liée à l'augmentation des débits de pompage autant dans
l'aquifère profond, que dans le Continental Intercalaire au niveau de Chott El Fedjedj
par exemple (cf. FIG. 3.2). Au niveau de la faille de Matmata Nouvelle (cf. FIG. 3.8),
la charge est de 55 mètres environ, en 1962 comme en 1988 (MAMOU A., 1988 et
D.G.R.E., 1962). Nous postulerons que cette charge est toujours de 55 mètres en
2003, en raison de l'apport indirect du CI par en-dessous des piémonts (via le
Turonien, cf. [Link].1/2) ; comme les charges hydrauliques de celui-ci sont encore
aujourd'hui à près de 200 mètres d'altitude (cf. [Link]), il est raisonnable de penser
que les charges en amont de notre aquifère profond sont restée vers 55 mètres
d'altitude. De plus, les pompages dans l'aquifère profond se concentre vers la côte
(cf. annexe 3.13).
La figure suivante montre que les valeurs du gradient hydraulique ont
augmentée: il était environ 1 0/00 en 1962 et d'environ 2.5 0/00 en 1988. Par
extrapolation linéaire, celui-ci sera de 3.4 0/00 en 2003.
Le flux moyen vers la mer peut être estimé par l'équation de Darcy: En
supposant une valeur de perméabilité K = 10-4 mIs, une ligne de côte de 32
=
kilomètres et une puissance d'aquifère H 60 mètres, et en reprenant les gradients
respectifs des charges (1 0/00 et 2.5 %0), la vitesse de Darcy est estimé à 0.19 mIs en
1962 et de 0.48 mIs en 1988 ; la vitesse de Darcy aurait donc augmenté d'un facteur
2.5 entre 1962 et 1988.
Nous assistons donc à une augmentation de l'hydrodynamisme de 1962 à
1988, du moins localement. On peut également remarquer que l'emploi de la formule
de Darcy sur une distance pluri-kilométrique est crilticable.
40
Om-i
. JCOTE
100m- COUPE 14
-5omT-'--~-==~ • __ e • • • • • • • • • • • • •
\00II0·" ......
Om-;
JCÔTE
41
[Link] DONNEES DE POMPAGE ET DE RECHARGE (P)
Durant l'année 2003, 30.43 Mm3 ont été pompés dans l'aquifère profond du
Coniacien calcaire, hOlizon A (cf. annexe 3.2).
Le volume infiltré, calculés selon une pluie moyenne de 150 mm et un taux
d'infiltration moyen de 3% sur toute la surface du bassin hydrogéologique de
l'aquifère profond (1280 km 2 , cf. FIG. 3.8), est de 5.8 Mm3 . La surface concernée par
la recharge d'eau de surface dans l'aquifère profond comprend: le quaternaire
détritique de l'extension du bassin hydrogéologique (cf. FIG. 3.8) et la partie du
bassin versant global de Gabès-sud en amont de la faille de Matmata Nouvelle. La
partie aval contient un Mio-pliocène argileux, dont les drainances au-travers de lui
ont déjà été calculés (cf. [Link]). En amont de la faille de Matmata Nouvelle, le Mio-
pliocène est détritique (cf. 2.4). Nous avons donc sur ces 1280 km 2 une surface de
nature et calcaire et détritique (0 + Mio-plio.). Le taux d'infiltration est de 3.2% dans
les calcaires (MAMOU A., 1990); on adotera un taux de 3% pour l'intégralité de la
surface par estimation.
Les calcaires des piémonts sont en abouchement avec le Coniacien calcaire
(notre aquifère profond) au travers de la faille de Matmata Nouvelle (cf. 2.8.2).
Ce volume n'alimente pas seulement l'aquifère du Coniacien calcaire profond
(horizon A), qui est l'aquifère principal de Gabès-sud et celui auquel nous nous
intéressons, mais également les aquifères inférieurs du Coniacien marno-gypseux
(horizon B) et du Turonien dolomitique qui sont également présents sous Gabès-sud
(cf 2.6). L'annexe 3.6 évalue les proportions de recharges entre les trois aquifères
profonds au travers d'une section au niveau de la faille de Matmata Nouvelle, en
négligeant les volumes infiltrés dans les épontes semi-perméables en-dessous de
Gabès-sud; 90% de cette recharge alimente le Coniacien calcaire profond (horizon
A), ce qui équivaut à un volume de 5.2 Mm3 . Il est ici postulé une recharge dans les
autres aquifères profonds, en regard de la présence de la faille de Matmata Nouvelle
par laquelle les aquifères situés sous le Coniacien calcaire peuvent être alimentés.
42
des monts de Matmata, (2) que le débit de recharge passe par une section longue de
70 kilomètres, dont un tiers environ jouxte notre terrain, et (3) que la proportion de la
recharge totale (2.48 m 3/s en 2003, cf. annexe 3.5) allant dans l'aquifère du
Coniacien calcaire (horizon A) est de 90% (une partie de l'eau peut alimenter les
autres aquifères profonds à la faveur de la faille de Matmata Nouvelle, cf plus haut),
la recharge dans celui-ci est estimée à 23.5 Mm3 .
Une approximation du flux en mer a été calculée avec l'équation de Darcy, sur
une longueur de côte de 32 kilomètres et une hauteur d'aquifère de 60 mètres (K =
10-5· gradient hydraulique = 0.34%) : ce flux à la mer (M) est de 6.5 Mm3/an. ·une
conductivité d'une magnitude 10x plus petite que l'aquifère lui-même a été postulée,
en raison des sédiments peu perméables déposés à son exutoire sous la mer
(sédimentation argileuse postulée).
Le calcaire de l'aquifère profond est fortement karstifié (Ben Baccar B., 1982),
une porosité de 10% est postulée. La surface est de 550 km 2 et l'épaisseur moyenne
est de 60 mètres (cf. annexe 3.12). Le volume d'eau contenu dans l'aquifère est
donc de 3.3 Bm3 .
Le taux de renouvellement de l'aquifère profond est de 94 ans.
43
PifMONTS 30.43
6.5
DRAINANCES mer
6.2
r-----'
,1 .J1 AQUIFERE SUPERFICIEL
EPONTES ARGILEUSES
FLUX
FIG. 3.14: bilan de l'aquifère profond pour l'année 2003 (Mm 3). La recharge
provenant du Continental Intercalaire (G.I.) n'a pas été dessinée vers les piémonts
pour des raisons de lisibilités du schéma. Certaines valeurs de drainances sont
reprises du bilan de la nappe superficielle.
Les sources d'erreur dans le bilan ci-dessus sont (1) au niveau des
proportions de recharge, météoritique et en provenance du CI, dans tel ou tel
aquifère; les chiffres avancés dépendent essentiellement des valeurs de
conductivité K adoptées; de plus, les valeurs d'infiltration efficace sont également
une estimation (MAMOU, 1990); ainsi la recharge météoritique peut plus que
doubler en prenant les valeurs d'infiltration de B. Ben Baccar (1982) et un
changement de conductivités. (2) Au niveau des drainances, qui dépendent à
44
nouveau des conductivités adoptées; une marge d'erreur d'une magnitude 10 est à
considérer, également en raison de la présence de failles majeurs existant au travers
de l'éponte argileuse. (3) Au niveau des fuites en mer, K peut également varier d'une
magnitude 10.
Les valeurs d'extraction ont baissées entre 1995 et 2000, selon les annuaires
de l'exploitation des nappes profondes (annexe 3.2). Ce phénomène est dû à la
réduction du nombre de puits artésiens exploités, qui passent de 28 à 22 puits. Ce
phénomène est temporaire, car le volume d'extraction pompé a augmenté de 1995 à
2000 (ANNUAIRE DE L'EXPLOITATION DES NAPPES PROFONDES 1995/2000).
A terme le volume qui sortait par les puits artésien va être inclus dans le
volume extrait par pompage sans doute, et les valeurs d'extractions globales vont à
nouveau augmenter.
[Link] CONCLUSIONS
45
CHAPITRE 4
46
4 ANALYSES DES PARAMETRES PHYSICO-CHIMIQUES
4. 1 INTRODUCTION
Les analyses chimiques ont été réalisées dans les laboratoires de chimie de la
Maison des Sciences de l'Eau (MSE) à Montpellier, France. Ces analyses ont été
faites avec la collaboration de M. Jean-Luc Seidel, chimiste.
Les concentrations de bromure ont été déterminées dans le laboratoire de
chimie du Centre d'Hydrogéologie de Neuchâtel (CHYN), au sein de la Faculté des
Sciences de l'Université de Neuchâtel, Suisse.
L'eau des 23 points d'échantillonnage a été collectés dans des flacons de 500
ml in situ; ces récipients ont été transportés à l'aide d'une glacière jusqu'à Gabès, où
l'alcalinité était mesurée trois à quatre heures après l'échantillonnage. L'eau a été
filtrée (O.4S~m) et stockée dans des flacons de 50 ml. L'eau destinée à l'analyse des
cations a été acidifiée à l'aide d'une goutte de HN03 65%.
Les mesures de conductivité ont été faites sur le lieu d'échantillonnage avec
un conductivimètre wrw (type LF92) dans un premier temps, puis avec un
conductivimètre wrw (type 330i) dans un second temps, dès que le premier
conductivimètre ne donna plus de résultats fiables.
Le pH et la température ont été mesurés sur le lieu d'échantillonnage
également, avec un pH-mètre METROHM (type 704).
Un volume de 500 ml était prélevé à chaque point d'eau, dont 100 ml destinés
aux analyses des ions majeurs. Les 400 ml restants furent utilisés pour la mesure de
l'alcalinité notamment. Cette dernière a été mesurée trois à quatre heures après la
collecte des échantillons, à l'aide d'un titrateur portable digital HACH.
Les températures ambiantes élevées du mois de juillet 2003 sur le terrain de
mission (de 35 à 50°C) n'ont pas permis de conserver les échantillons à leur
température d'origine, malgré qu'ils aient été transportés dans une glacière avec
glace jusqu'au prochain frigo. La mesure de l'alcalinité a par conséquent été faite à
des températures supérieures de 4 à 7 oC en regard de leur température d'origine.
47
4.2 ANALYSE DES PA RAMETRES PHYSIQUES
CONDUCTIVITES
AQUIFERE PROFOND,
2003
poirts d"échanlillomage
3.3 1
3.4
[Link]
3.6 N
FAlLLESN
~N
15km
48
.
2) une diminution des conductivités est par contre présente au centre de la
carte.
3) En comparant la carte de la figure 4.1 à la carte des températures, on
remarque que les «faibles» conductivités sont grossièrement situés aux
mêmes endroits que les « basses» températures.
4) Le forage N°1 possède la plus haute valeur de conductivité.
mS/cm
4 .,.-----r----,.-------,
49
TEMPERATURES rOCt
AQUIFERE PROF
JUILLET 2003
'nls d'échanlillonnage
25
25.5
26 /\. )'
26.5 N'~V
27
27.5 N
FAILLES N
,15 km
FIG. 4.3 : températures de l'aquifère profond, 2003 (OC). Les failles surlignées
en rouge sont grossièrement à l'endroit des axes des dorsales de
température. Les valeurs figurent à l'annexe 4. 13.
Les valeurs de pH sont stables et se situent entre 7.05 et 7.31 ; les eaux sont
donc neutres à légèrement basiques.
50
4.2.2 AQUIFERE SUPERFICIEL
[Link] CONDUCTIVITES (S)
FAJLLES N
5
6
points d'échantillonnage
Les conductivités sont plus élevées et plus variables que dans l'aquifère
profond; elles s'échelonnent de 5 à 9 mS/cm. Les conductivités «élevées» se
trouvent à droite et en haut de la carte, les conductivités moins élevées sont à
gauche de la carte.
51
Grâce à une campagne de mesures des conductivités faites en 1978 par la
D.G.R.E. sur le même terrain, il est possible de montrer une évolution temporelle des
conducti vités.
Dans un premier temps, il sera déduit des remarques générales de l'analyse
de la carte exposée ci-après. L'évolution temporelle des conductivités sera abordée
ensuite.
~""~
6
7
~ u~~, 8
9
\'\ "
10
11
12
13
14
FAILLES
\
~N
15km
Les conductivités varient entre 5 et 14 mS/cm. D'une manière générale, les fortes
conductivités se trouvent à proximité de la côte, alors que les conductivités moins
fortes se situent dans les piémonts du Oahar.
52
Afin de déterminer si une évolution temporelle des conductivités à eu lieu, les
conductivités historiques et contemporaines ont été édités dans le graphique ci-
dessous, issues de différentes campagnes d'échantillonnage:
uS/cm
8000 .. 1/
/" L- I/
\. .7J
'" 6000
t--
r:::
FIG. 4.6: baisse de la conductivité de '5 r/
:;r 4000
l'aquifère superficiel entre 1979 et 2003.
Les points entourés indiquent les valeurs
les plus fiables
E
2000
V
o /
o 2000 4000 6000 8000
juillet 2003
53
augmentation et 1 n'exprime aucun changement. En regard des dix
comparaisons considérées comme fiables, neuf montrent une baisse de
conductivité e une ne montre aucun changement.
points d'échantillonnage
22.5
23 J
23.5/\/
24 1\/
FAlLLEsN
./
54
24 oC. Les températures « élevées» sont observées en haut et à gauche de la carte,
alors que les températures moins élevées se situent au centre de la carte.
La carte 4.7 peut être commentée par les deux points suivants :
Les valeurs de pH sont comprisent entre 6.85 et 7.28 ; les eaux sont donc
neutre en moyenne, mais habituellement elles sont légèrement basiques. Le puits
N°26 est légèrement acide (annexe 4.11).
1) D'après Ben Baccar (1982), les fortes conductivités observées au nord de la carte
(FIG. 4.1) sont dues à l'alimentation de l'aquifère profond par les eaux venant du
Continental Intercalaire à travers le seuil de E/ Hamma (localisation du seuil: cf. FIG.
N°2.1 + 2.3).
La conductivité moyenne du Continental Intercalaire aux environs du seuil de
E/ Hamma est de 3.7 mS/cm (BRITISH GEOLOGICAL SURVEY, 1997), alors que la
conductivité moyenne de l'aquifère profond dans la région de Gabès-sud est de 3.4
mS/cm. L'arrivée des eaux du Continental Intercalaire dans l'aquifère profond a donc
pour effet d'augmenter localement les conductivités dans l'aquifère profond de
Gabès-sud.
2) Le forage N°1, dont la localisation est donnée sur la figure 4.1, pourrait être au
centre d'un « dôme» de conductivité. Cela pourrait s'expliquer d'une part comme
une situation d'artefact, qui serait due à un échantillonnage trop clairsemé.
D'autre part, cela pourrait s'expliquer par un état de stratification de l'aquifère
profond: les eaux «lourdes», qui proviennent du Continental Intercalaire
principalement, se retrouvent en-dessous des eaux « légères», dont les origines
sont les eaux de surface (MAMOU, 1990).
Le pompage des eaux situées dans les strates supérieures peut induire une
remontée des eaux des strates inférieures (<< upconing »), si le débit de pompage est
supérieur à la recharge des eaux de surface, ou si le pompage est excessif (BEAR,
OUAZAR & HERRER, 1998).
Une éventuelle augmentation de la conductivité dans le temps du forage N°1
n'est pas connue.
3) L'hypothèse d'une recharge de l'aquifère profond par les eaux de surfaces (crues),
établie par Ben Baccar (1982) lors d'une étude isotopique, est corroborée par la
constatation suivante:
55
sur la figure 4.1, les « faibles » conductivités se trouvent au centre de la carte ;
sur la carte de la figure 4.3, les « basses» températures se trouve également au
centre de la carte. La localisation grossièrement commune des «faibles
conductivités» et des « basses» températures est un élément confirmant qu'une
partie de la recharge vient des eaux de surface (crues), ce qui est également
conforme à la répartition des charges hydrodynamiques.
4) Une partie de la recharge peut également venir d'un aquifère inférieur à l'aquifère
profond cité comme tel jusqu'ici: effectivement, la carte des température informent
que les températures «élevées» sont placées sur des linéaments de failles
majeures. L'horizon B du Coniacien calcaire peut être à l'origine de cette recharge
profonde supposée, tout comme le Turonien dolomitique (cf. [Link] + FIG. 2.4) ; ce
dernier est cependant séparé du Coniacien calcaire par un Coniacien calcaro-marno-
gypseux pouvant atteindre plusieurs centaines de mètres d'épaisseur (BEN
BACCAR, 1982).
.1) Les forages N°22 et N°13 (Cf. FIG. 4.3) sont proches de la côte. Ils montrent des
augmentations de conductivité fortes dans le temps; cela pourrait montrer une
influence marine; Cependant, les valeurs de charges de l'aquifère profond en
situation «off shore» (8 mètres d'altitude environ, B. Abidi, pers. com., 2003)
contredisent cette interprétation.
On peut supposer que l'augmentation générale des conductivités de l'aquifère
profond est liée soit à un phénomène de « upconing », soit à l'augmentation de la
surface de drainance allant de l'aquifère superficiel vers l'aquifère profond, ce qui
aurait pour effet d'augmenter les conductivités. Comme les forages sont
vraisemblablement crépinés du toit au mur, la seconde hypothèse paraît la meilleure.
2) les zones de températures « élevées» sont situées sur des failles majeures. Cela
indique qu'une eau d'origine plus profonde débouche dans l'aquifère profond par
l'intermédiaire de ces failles.
3) Les conductivités dans les forages N°6, 8, 16 et 20 n'ont pas changées dans le
temps. Ces forages se situent dans les zones de température « élevées ». Il semble
par conséquent que les eaux d'origine profonde ne soient pas affectées d'un
changement de conductivité.
Les points de mesures ont été extrapolés en courbes de même valeur. Cette option
de présentation des données a été choisie parce que les distances qui séparent les
points de mesure sont de l'ordre de plusieurs kilomètres. Il est possible que certaines
interprétations des courbes d'extrapolation soient erronées, du fait même que les
courbes d'extrapolations soient déjà une interprétation en soi.
56
Du point de vue de l'évolution temporelle de la
VI
salinité de l'aquifère superficiel, on peut être étonné t
du fait qu'un biseau salé ne soit détecté qu'au niveau J
Q.
du puits N°14. Cette état de fait est principalement sea
explicable en regard de deux raisons 1-
-~.;/
complémentaires: 1) le puits N°14 se trouve à 2
kilomètres de la côte, les autres puits échantillonnées
sont séparés de la mer par 4 kilomètres au moins; 2)
La profondeur moyenne des puits est de 13 mètres;
comme la topographie augmente relativement
rapidement depuis la mer vers l'intérieur des terres et
-
- -
que la pénétration des puits sous la surface SU BSTRATUIVI
piézométrique est de l'ordre du mètre, la présence 'lm
d'un biseau salé peut passée inaperçue (cf. figure ci-
contre).
La faible pénétration des puits sous la surface FIG. 4.8: la présence du
piézométrique implique qu'il n'a pas été possible de biseau salé peut passer
mesurer des logs verticaux de conductivité, comme il inaperçue, car les puits
était initialement prévu de le faire. captant l'aquifère superficiel
ne font qu'effleurer la nappe.
[Link].1 REPARTITION SPATIALE (5)
2) Au regard de la figure 4.5, on remarque que l'oued schématisé par la flèche bleue
suit l'axe d'une zone de « faibles» conductivités, alors que l'oued schématisé par la
flèche rouge traverse les lignes d'extrapolations sans les déformer;
Dans le cas de l'oued schématisé par la flèche bleue, la dépression de salinité
peut être assimilée à un apport d'eau de surface, moins chargée, amenée par l'oued.
Cet oued possède le plus grand bassin versant de Gabès-sud (o. Ferd).
Dans le cas de l'oued schématisé par la flèche rouge, le fait que cet oued soit
de moindre importance implique une alimentation en eau de surface moindre, par
conséquent, son influence n'est peut être pas visible sur la carte des conductivités
pour cette raison.
La courbe de l'isotherme des 24°C, sur la figure 4.7, peut être le fait de
venues d'eau profonde dans l'aquifère superficiel. En effet, cette courbe montre un
dessin grossièrement parallèle au linéament des failles surlignées de rouge. Les
conductivités, de plus, sont «faibles» dans cette zone (voir aussi Ben Baccar,
1982).
Les apports des eaux de crues des oueds et les venues d'eau profonde
opèrent donc une dilution sur les eaux de l'aquifère superficiel
57
[Link].2 EVOLUTION TEMPORE LE (5)
2) en regard des pompages: d'une FIG. 4.9 : puits dans l'aquifère superficiel
part, il est possible que le pompage doublé d'un forage dans l'aquifère profond
dans l'aquifère superficiel aie diminué
au fil des ans, malgré les chiffres
présentés dans
(ANNUAIRE PIEZO:METRlQUE DE
l'annexe 3.7
-
TUNISIE 1995 /2000). Effectivement les
agriculteurs doublent parfois leur puits
superficiels d'origine d'un forage
profond; ainsi, l'eau peut être pompée
...._--.;-
j; . ....
.•~ ::=.-. .
.!-- ..:. .. ~
[Link].
dans l'aquifère profond depuis un puit
superficiel.
D'autre part, les puits de
l'aquifère superficiel « effleurent»
seulement la nappe; si une
stratification de l'aquifère est postulée,
alors les puits superficiels pompent la AQU. PROF.
partie supérieure de la nappe, qui est
la plus douce. De cette manière, la frange d'eau douce au sommet de l'aquifère
superficiel est moins pompée et la salinité globale de l'aquifère superficiel peut
diminuer, la proportion d'eau douce augmentant.
58
3) en regard de l'alimentation profonde: l'eau de l'aquifère profond étant moins salé,
il est possible que la fraction d'eau profonde augmente durant les années déficitaires
en pluies, ce qui est conforme avec la différence des charges entre les deux nappes
en aval de la faille de Médénine (cf. FIG. 2.1).
59
4.3 ANALYSE DES PARAMETRES CHIMIQUES
Les concentrations des ions majeurs ont été obtenues par électrophorèse
capillaire sur un appareil WATERS (QUANTA 400) à détecteur UV inverse. Le
volume d'échantillon utilisé par l'appareil est de 500 Ill.
Le calcul des balances ioniques, qui permet de vérifier la qualité des analyses,
montrent des erreurs se situant vers 1%. Néanmoins, les balances ioniques des
échantillons N°9, 10, 13, 16 et 27 sont plus élevée; elles restent cependant
largement en-dessous de la limite tolérée, qui est de 7% (cf. annexe 4.11).
60
4.3.2 ANALYSE DES IONS MAJEURS
K' Na' cr
100
80
60
10 -
8
•+ éChant.1
échant.6
6
•• échant8
4
\ .. échant.1 0
échant.13
a échant 16
2
• échant 17
échant 19
, échant 20
échant 22
1 échant 25
0
o
o
o
0
FORAGE N°10 (3.32 mS/cm): les valeurs de calcium sont faibles, les valeurs de
sodium, de chlorure et de bicarbonate sont élevées.
61
FORAGE N°22 (3.57 mS/cm) : les valeurs de magnésium sont grandes.
FORAGE N°S (3.34 mS/cm) : Les valeurs de magnésium et de sulfate sont grandes.
\
0 .'
~ ..
'0
10
.\
li
,,~
. J.1
3.
6
i\\
\~
--
i
:-
\~
~ 1
1 ,
r
S
ln
§
+J
~
"
1
f
"
,
SUPERFICIElS_2003
échanl.4
échanl.5
c: 0 i
QI
<J i _.. _~ •.. _._--- échant 7
g 0 l'
--- -- échant9
u 0
l~ 1 échant 11
----e--- échanl.14
\i
)
échant 18
échant 21
0
"Il échanl23
échanl. 24
o échant 26
0
échant. 27
Différents groupes de puits peuvent déjà être distingués grâce aux diagrammes de
Schoeller (cela se confirmera dans le graphiques de corrélations (cf. [Link]) ; ils sont
présentés dans le paragraphe qui suit:
62
GROUPE PRINCIPAL: il est représenté en rouge sur le diagramme de Schoeller ci-
dessus. Ses valeurs sont intermédiaires relativement à tous les échantillons. Ses
équivalences sont les suivantes:
= =
504 (20-40 meqll) > Na CI Ca (15-35) > Mg (10-22).
L'alcalinité du groupe principal montre peu de dispersion; elle est moyenne à
élevée (3 meq/I); l'alcalinité du puits N°9 est élevée cependant (10 meqll).
Le groupe principal peut être scindé en deux groupe: le groupe 1, qui possède
des concentrations élevées, et le groupe 2, qui affiche des concentrations moins
élevées:
GROUPES 1 ET 2 DE L'AQUIFERE
SUPERFICIEL, PUITS PARTICULIERS
14
18
/' 15 km
FIG. 4.12: localisation des regroupement des puits selon leur chimie,
lue sur les diagrammes de Schoeller.
63
PUITS N°23 (5.23 mS/cm) : ses valeurs se trouvent entre le groupe 1 et le groupe 2 ;
il est pal1iculièrement proche des valeurs du groupe 2, sauf pour la valeur de
sodium. Ses équivalences sont les suivantes :
504 (30 meqll) > Na (28) > CI (20) > Ca (17) > Mg (13), l'alcalinité est moyenne à
élevée (2.5).
PUITS N°14 (9.74 mS/cm) : il se distingue par les valeurs les plus hautes valeurs,
par rapport à tous les majeurs, à l'exception du calcium et du bicarbonate;
=
CI (65 meq/l) > 504 Na (60) > Ca (35) > Mg (3D), l'alcalinité est élevée (5).
PUITS N°18 (3.27 mS/cm): il montre les plus petites valeurs pour la plupart des
majeurs, à l'exception du magnésium et du bicarbonate;
Na (18 meqll) > 504 (15) > CI (12) > Ca (10) > Mg (8), l'alcalinité est élevée (6).
PUITS N°7 (7.0 mS/cm) : le puits N°7 affiche une chimie particulière: les valeurs de
calcium et de magnésium sont les plus élevées des majeurs;
Ca =CI (60 meqll» S04 (30) > Na (25) > Mg (7), l'alcalinité est moyenne à
élevée (2.5).
Différentes données sont introduites dans les diagrammes qui suivent: d'une
part les valeurs des nappes profonde et superficielle collectées en 2003 (cf. annexe
4.9), d'autre part des valeurs collectées entre 1967 et 1988 dans la nappes profonde,
qui seront présentées ensuite (cf. annexe 4.10).
a) AQUIFERE PROFOND
64
100
NAPPE PROFONDE_2003
APPE SUPER ICIEL _2003
«< \
. \0
<'/
1<>/>'·' "/_<-<~«-<'i~«
;". /.... .".. . . . . .
. "" ."". \_.".~.:. -::.~--.:.":i:~- 20
<:'\ 100
«
% ~ ~ ~ ~ 0
Ca CI + N03
b) AQUIFERE SUPERFICIEL
Les puits montrent une forte dispersion des valeurs. La prochaine figure sépare
le groupe principal de points en deux: le groupe 1 et le groupe 2, qui ont été établis
précédemment grâce aux diagrammes de Schoeller.
Le PUITS N°9, qui figure en bas du groupe principal de points dans le losange;
il montre une position particulière: les valeurs d'alcalinité et de sulfate sont
supérieure à la moyenne, de 3% et de 10%. Par contre, un appauvrissement de
chlorure de 10% est visible.
Le PUITS N°26, qui figure en bas du groupe 1 dans le triangle des anions; il
montre un appauvrissement de sulfate de 10% par rapport à la moyenne.
65
100
\
db" \'l9
/\
,z,1
1-\
0\
/ \
.\
\. . '\
100~\
A _
J '.
;f' j/\,.C\.
40/ . , . /
i,-·~·,-··:·
Ca CI + N03
Les quatre puits exposés ci-après peuvent être distingués du groupe principal :
66
Géographiquement, ce puits est plus proche du groupe 1 que du groupe 2.
Chimiquement, il s'identifie au groupe 2, sauf pour la valeur de sodium, qui
l'apparente au groupe 1.
La figure ci-dessous montre les valeurs collectées entre 1967 et 1988 superposées
aux valeurs de 2003 figurant en bleu-foncé.
100
Ca CI + N03
67
Sur la figure 4.15, les valeurs collectées en 2003 sont comparées aux valeurs
collectées entre 1967 et 1988; on remarque une dispersion des valeurs collectées
entre 1967 et 1988 par rapport aux valeurs de 2003, qui apparaissent beaucoup plus
groupées. Cela est corroboré par l'homogénéisation des conductivités (cf. FIG. 4.2).
Les diagrammes de corrélations ont pour objectif de déceler un lien entre les
espèces chimiques et de regrouper les différents chimismes des forages ou puits.
15.800 70 -
10 14
15.600 60
22.
15.400 50
1. 6• •8
15.200 40
Q
• Profonds "
~
01
... 16 z s
~ 15.000 ')-1 1
26. 30
·13 ~
14.800
~t t- ./ ij7
14.600
14.400
19
20
10 r7\.,~~~ 1
2'''' r11 o
14.200
12.000 13.000 14.000 15.000
o 10 20 30 40 50 60 70 80
CI
CI
68
:[Link] .
2O.0c0
20
19 •
'1--~~-I---I------4--\-
• • valeurs de la mer (rouge)
8O...----r-----.-----.----.
25 17
..,.
oli) 15.0c0 t---f-----t----I-------+--;-- +R"ofcm 9
1O.0c0 +----t----t---t---+--+---
5.0c0 +------4--\---+---1---+--
QocoLJ-l-l-Lj-~_----------i2lT"'r}18~f~-t--1--1
[Link] 12.!'iXJ [Link] 13.!'iXJ [Link] 14.!'iXJ [Link]
CI
0+------'----+-----+-----1
o 20 40 60 so
CI (meq/L)
• sea
0.000 i o 10 20 30 40 50 60 70
Linéaire
20.000 22.000 24.000 26.000 804 (sea)
..
15.000 et le calcium, ainsi qu'entre le sulfate et le cumul des
CIl
0 •• • valeurs de magnésium et de calcium. Groupe 1 en
•
•• • •
14.000 bleu, groupe 2 en rouge. Aquifères profond et
superficiel, 2003
13.000 ,
20.000 22.000 24.000 26.000
A gauche: détail de la corrélation Ca / S04, profond
804
69
Comme sur le graphique précédent, les valeurs de l'aquifère profond se regroupent à
l'extrémité gauche des valeurs de l'aquifère superficiel; de même, les puits
superficiels les plus proches des forages profonds sont les puits du groupe 2. Le
puits N°18 est le seul point situé à droite des forages profonds.
Pour l'aquifère profond, il n'y a pas de corrélation entre le sulfate et les valeurs
de calcium et de magnésium.
part. 9.200
En sélectionnant les forages
dont les valeurs sont supérieures à ~ 9.000
.
25 .1
Profond
9 meq/l, on remarque que ces 8.800
•
derniers sont tous au nord-ouest
8.600
••
du terrain (cf. Fig. N°4.22).
8400
FIG. 4.19: graphique de 20+
8.200 ,
corrélation entre le calcium et le
13.000 13.500 14.000 14.500 15000 15.500
magnésium dans l'aquifère
profond, 2003 Ca
15.800
15.600
.. •
10
15.400 12 14
6O-I--1I------+--+-----1
~ • p
15.200 • Profonds :;
V" S
~ 15.000 • / li-
§. +--------I--+-~-+---;
, ~•
-Linéaire 40 sea
14.800 (Profonds) cu -Linéaire (S)
z
Linéaire (sea)
14.600
20
14.400
19 .2P
~~
14200
13013.[Link].5 o +--------1---+---+----1
00 00 00 00 00 00 R
2
=0.1527 o 20 40 60 80
Ca (meq/L)
R
2
=0.2111
FIG. 4.20 : graphique de corrélation entre le sodium et le calcium. Droite rouge =valeur de
la mer. Aquifères profonds et superficiels, 2003
70
En ce qui concerne l'aquifère profond, on remarque que le forage N°10
possède le rapport Ca 1 Na le plus faible, suivi par le forage N°22 . Ces deux forages
sont relativement proche de la mer.
.. R2 = 0.3626
30.000 9.800
... 9.600
_2~
25.000
~ 1
9.400 ~10
20.000 1- --; 9.200 ~
~ -Linéaire ~ 9.000 25..... / . 1
oo 15.000
(Série1 ) 17 /+ 13
,• /
8.800
10.000 16t
19.
8.600
5.000 8.400
2a.
8.200
0.000
14.000 14.500 15.000 15.500 16.000
14.0 14.5 15.0 15.5 16.0
00 00 00 00 00 Na
Na
FIG. 4.21 : graphiques de corrélation entre le
sulfate et le sodium, et entre le sodium et le
magnésium. Aquifère profond, 2003
Le sulfate de l'aquifère profond n'est pas corrélé au calcium. Une dissolution
de gypse n'est pas à exclure pour autant: effectivement, les équilibres de saturations
dépendent aussi des roches en présence: la disparition d'un niveau de gypse dans
une formation dolomitique laissera des concentrations de sulfate élevée, mais la
situation d'équilibre entre le sulfate et le calcium va être disparaître au profit d'une
situation d'équilibre entre le bicarbonate, le magnésium et le calcium; ainsi les
concentrations de calcium ne seront plus corrélées au sulfate, bien qu'il y ait eu
dissolution de gypse, mais antérieurement.
1) La chimie des majeurs de l'aquifère profond varie très peu d'un forage à un autre
(cf. FIG. 4.10). Sur la figure ci-dessous, on remarque cette homogénéité à travers les
diagrammes de Stiff, qui ont une forme identique sur toute l'étendue du terrain.
2) Le sulfate n'est pas corrélé au magnésium et au calcium (cf. FIG. 4.18). Par
contre, le calcium et le magnésium étant corrélés, une dissolution de dolomie peut
avoir lieu; cependant, l'aquifère profond est de nature calcaire; on peut suspecter
qu'une partie des eaux de recharge de l'aquifère profond transitent par le turonien
71
dolomitique, dans les piémonts entre le seuil de El Hamma et la localité de Matmata
(cf. FIG. 2.1 +BENBACCAR, 1982).
/
sea
FIG. 4.22: diagramme de Sfiff pour les forages de l'aquifère profond, 2003
4) le fait qu'il n'y ait pas de corrélation entre le sulfate, le calcium et le magnésium est
sans doute dû au fait que les niveaux gypseux et la nature dolomitique des
lithologies disparaissent en amont des lignes de flux, laissant les équilibres
chimiques rejouer par rapport aux carbonates. Cela expliquerait que le sulfate ne soit
plus corrélé avec le calcium et le magnésium dans nos graphiques (cf. [Link]).
5) L'hypothèse d'une alimentation par le bas de l'aquifère profond, faite dans les
sous-chapitres [Link].1/4 + [Link] montre que la recharge peut venir de l'horizon B
du Coniacien calcaire, comme du Turonien dolomitique profond (cf. FIG. 2.4).
5) La chimie des majeurs dans l'aquifère profond devient plus homogène de 1967 à
2003, tout comme sa conductivité. Comme le changement principal survenu durant
cette période est l'augmentation de l'exhaure, on peut raisonnablement postuler que
le chimisme s'uniformise pour cette raison.
72
[Link].2 AQUIFERE SUPERFICIEL
1) La chimie des majeurs dans l'aquifère superficiel varie passablement d'un puits à
un autre (cf. FIG. 4.11). Les puits proches de la mer ont une chimie différente des
puits qui en sont éloignés, comme en témoigne les groupes 1 et 2 ; l'hétérogénéité
des chimismes dans l'aquifère superficiel est illustrée par les diagrammes de Stiff
présentés ci-dessous.
2) Il paraît raisonnable de postuler que les eaux de l'aquifère profond sont un des
termes de mélange de l'aquifère superficiel; effectivement, les différents graphiques
affichent les points des forages profonds à une extrémité du nuage de point des puits
superficiels. Une similitude est d'ailleurs visible entre les diagrammes de Stiff du
groupe 2 (aquifère superficiel), et les diagrammes de Stiff de l'aquifère profond.
~km
3) Le puits N°14 est le plus proche de la mer, il se situe à l'intérieur d'un estuaire. La
forme du diagramme de Stiff évoque une intrusion marine; le rapport Ca 1 Na montre
également un enrichissement de calcium concomitant d'un appauvrissement en
sodium, ce qui est un argument supplémentaire de la présence d'une intrusion
marine (APPELO & POSTMA, 1999).
4) En considérant le puits N°l comme étant préférentiellement alimenté par les eaux
superficielles, calciques, provenant des piémont calcaires du Dahar (cf. annexe
N°1.0); en considérant le puits N°14 comme intrudé par l'eau de mer; en
considérant la salinité du puit N°9 comme issue d'eau infiltrée à travers un domaine
de Sebkras ; on peut alors postuler que les graphiques de corrélation présente un
espace de mélange à quatre termes (Na 1 CI par exemple) :
73
1) le terme des eaux ayant infiltré des évaporites (puits N°9)
2) le terme des eaux étant influencées par la mer (puits N°14)
3) le terme des eaux de ruissellement infiltrée dans un domaine calcaire (puits N°?).
4) le terme des eaux provenant de l'aquifère profond.
74
ZONE D'INVERSION
~ILUT-:-
> CaND.
S04>
TURON.
Ca, Na,CI >
DOLOM. Mg
DILUT.
INTRUSION MARINE
IN-SHORE (ESTUAIRES)
kl--"
\ \
\
\
-----+-- \
>-C
--__
-===-_ K;=101\-9
K=10"-4
--------- Ca, Mg
--.. S04>
Ca, Na, CI >
---~~
Mg
\
-------t"""r--t---,--4\--~
\
- BISEA SALE OFF-SHORE (35km ?)
C S04.N.>
_ _ _ _ Ca,CI>
---
~ _ _ _ _ _ _ Mg
FLUX (Mon"3)
20
Ca, Ct >
10 CHIMISME (oneqll)
5
504>
L.
Na>
SABKRA Mg
COND. EL. (onS/con) COND. EL. (onS/con)
METEOR.
3.3 - 3.5 u
3.3 -3.5
4-4.2
OJ ALLUVIONS (a), NIV. GYPSEUX
FAILLE
75
4.4. QUALITE DES EAUX
W PUITS CI/Br
26 1252
TABLE N°6. 1 : rapport de masse chlorure / bromure 14 1307
11 899
dans certains puits de J'aquifère superficiel (cf. FIG.
9 1717
N°XX)
23 1438
24 1545
Nous remarquons que les eaux analysées ci-déssus sont affectée par une
dissolution de halite, ce qui rejoint les constatations géologiques selon lesquelles il y
une forte présence d'évaporites dans les sédiments de l'aquifère superficiel, qui
datent du mio-pliocène. On remarque le puits N°9 qui a la plus grande valeur; ce
puits est à proximité d'un domaine de sebkhas (cf. FIG. N°2.5 + 4.12).
Le puits N°11 montre une valeur de 899; les rapports habituels d'une eau
douce souterraine varient entre 100 et 200, nous assistons donc à une situation de
mélange entre une eau souterraine douce et une eau ayant percolée au-travers
d'évaporites.
76
sols : cette augmentation de volume est liée au potentiel électrique sur les surfaces
des particules argileuses.
Un moyen de savoir si les eaux utilisées à des fins d'irrigation peut dégrader la
structure d'un sol est le calcul du coefficient SAR (<< Sodium Adsorption Ratio »). Il
dépend de la mesure du coefficient ESR (<< Exchangeable Sodium Ratio»): le
coefficient ESR provienant de l'équation N°1 décrite précédemment (APPELO &
POSTMA, 1999).
mNa+
SAR = ---------------
1/2
( mCa++ + mMg++ )
m = mmolll
FORAGES PUITS
PROFONDS SUPERFICIELS
N°ECH SAR N°ECH SAR
1 4.40 4 4.87
TABLE N°6.2: valeurs du coefficient SAR
6 4.43 5 4.74
pour les puits superficiels et les forages 8 4.40 7 4.56
profonds 10 4.62 9 6.68
13 4.46 11 6.74
16 4.49 14 11.08
17 4.28 18 5.48
19 4.32 21 4.88
20 4.32 23 7.22
22 4.43 24 6.78
25 4.38 26 6.35
27 4.77
77
4.4.3. ASPECT THEORIQUE
[Link] QUANTIFICATIONS DES ESPECES CHIMIQUES
=
mi mmolll du ion i
mél, douce, mer = composition due au mélange
conservatif, composition de l'eau de mer,
composition de l'eau douce.
=
fsea fraction de l'eau de mer dans l'eau douce
La fraction d'eau salée ayant pénétrée l'eau douce est basée sur les
concentrations de chlorure, qui se comporte généralement de manière conservative :
mCl,éch - mCI,douce
fsea = --------------------
mCl,sea - mCl,douce
La concentration de chlorures dans l'eau douce dérive généralement de
l'apport d'aérosols; de cette manière, la fraction d'eau de mer est égale à zéro; la
formule ci-dessus devient:
78
CHAPITRE 5
79
5 FLUOR
5.1 INTRODUCTION
5.1.1 ORIGINES
80
contient plus de 5 mgll de fluorure, la fluorose devient invalidante, les tissus inter-
osseux se calciflent et les os se soudent entre eux; des dommages neurologiques
interviennent également (O.M.S., 1972).
En regard des valeurs obtenues lors des analyses de fluor total, nous
remarquons que la plupart des échantillons de l'aquifère profond comme de
l'aquifère superficiel montrent des valeurs excédant la normes fixée par l'O.M.S
(1972) qui est de 1.2 mg/l de fluor (16 valeurs sur 23). /1 est à noter que cette norme
est à réviser à la hausse dans les contrées arides, puisque les gens boivent plus
d'eau. L'adaptation de cette norme est définie dans l'équation de Galagan et
Vermillon (1957, dans O.M.S, 1972) qui est exposée ci-dessous:
R = - 0.038 + 0.0062 e
R: nombre d'once d'eau par livre
anglaise de poids corporel (10nce =
1/16 de livre anglaise)
e: température en degré fahrentheit
Sur le terrain, nous observons une forte sodicité et, en ce qui concerne
l'aquifère superficiel, une évaporation forte (>1000 mm/an). Cependant, bien le fluor
soit présent, il montre des concentrations de fluor total relativement peu élevée
(moyenne des concentrations dans l'aquifère superficiel et dans l'aquifère profond:
1.59 et 1.31 mgll).
Cette présence relativement faible peut simplement être le fait des faibles
concentrations présentes dans les sédiments primaires de l'aquifère profond, ou
dans les sédiments remaniées de l'aquifère superficiel (sebkhas). " se peut
également, en regard des concentrations élevées de sulfate dissous, que les
équilibres chimiques jouent un rôle. En effet, en présence de gypse, comme le Kso
du gypse est plus grand que le Kso de la f1uorite (10-4·1 > 10-10.57 ), le gypse sera
dissout avant la f1uorite. De cette manière, une eau riche en sulfate sera pauvre en
fluor (GENGSU & GUOnONG, 2001).
81
5.1.5 MESURES EN LABORATOIRE
Les concentrations de fluor ont été obtenues par la mesure du potentiel électrique
entre deux électrodes, qui baignent dans un échantillon d'eau donné. Une électrode
est spécifique, sa partie active est un monocristal de fluorure de lanthane (modèle
ISE25F, fabriqué chez Radiometer Analytical). La seconde électrode est non-
spécifique. Les deux électrodes sont reliées à un voltmètre. Les concentrations de
fluor libre comme les concentrations de fluor total ont été mesuré.
Deux courbes d'étalonnage ont été établies: la première courbe est issue
d'étalons qui ne contiennent pas de décomplexant (<< TAFIC »: solution tampon
permettant d'ajuster le pH et de décomplexer toutes les espèces contenant du
fluorure) : on mesure alors les concentrations de fluor libre (cf. Annexe 5.4). La
seconde courbe est issue d'étalons contenant le décomplexant (5 ml) : on mesure
alors le fluor total (cf. annexe 5.3). Certains échantillons d'eau provenant de
l'aquifère superficiel ont dû être dilués plus de 2Dx, tant leur salinité est élevée.
Les mesures des concentrations de fluor libre et de fluor total sont précises
d'un point de vue comparatif; cependant, les valeurs absolues sont imprécises, en
raison de la mesure du potentiel qui était difficile à stabiliser.
5.2 RESULTATS
0.15N
0.2N
0.25
FAILLES N
FIG. 5.1 :
concentrations du fluor
libre dans l'aquifère /"\. /' 15 km
superficiel, 2003. Les
valeurs figurent dans /a
table 5.1 82
Les valeurs de fluor libre mesurées dans l'aquifère superficiel sont présentées
ci-avant de manière cartographique; on remarque, selon les courbes d'extrapolation,
que les concentrations de fluor libre augmentent à proximité de la mer. Les valeurs
ponctuelles sont exposées ci-dessous :
N°Ech (F-] mg/l
4 0.20
5 0.16
7 0.14
9 0.29
11 0.23
14 0.25
18 0.17
TABLE 5. 1 : valeurs de fluor libre dans l'aquifère 21 0.16
superficiel, 2003 (ct. annexe 5.1) 23 0.21
24 0.22
26 0.21
27 0.17
Nous remarquons que les valeurs s'échelonnent entre 0.15 et 0.29 mg/I.
\
\
LUOR TOTAL [mgl1],
AQUIFERE SUPERFICIEL,
2003
points d'échantillonnage
, ..;
1.5/\/
2
[Link] N
/' 15 km
FIG. 5.2: concentrations du fluor total dans l'aquifère superficiel, 2003. Les
valeurs figurent dans la table 5.2.
Les valeurs de fluor total obtenue pour l'aquifère superficiel sont présentée ci-
dessus de manière cartographique; on remarque l'augmentations des
83
concentrations en direction de la mer à nouveau. Les valeurs ponctuelles sont
exposées ci-dessous :
N°Ech [F-] mg/l
4 1.72
5 0.88
7 0.78
9 1.62
11 2.04
14 2.38
18 1.52
TABLE 5.2 : valeurs de fluor total dans
21 0.84
l'aquifère superficiel, 2003 (cf. annexe 5.2)
23 1.91
24 1.99
26 1.79
27 1.57
Les valeurs s'échelonnent entre 0.79 et 2.38 mg!!. La majorité des puits ont
des valeurs supérieures à 1 mg!!.
Les valeurs ponctuelles de fluor libre et de fluor total obtenues pour l'aquifère
profond figurent dans la table ci-dessous:
En ce qui concerne le fluor libre, les valeurs s'échelonnent entre 0.11 et 0.17
mg!!. D'un point de vue cartographique, aucun regroupement ne peut être fait (cf
annexe 5.6).
84
Les valeurs de fluor total, quant à elles, montre des valeurs oscillant entre
2.15 et 0.22 mgll. Cartographiquement, les valeurs augmentent dans la direction de
la mer.
0.5
1. /
15N
2
FAILLES N
"-
.~
~ / 15km
FIG. 5.3: concentrations de fluor total dans l'aquifère profond, 2003. Les
valeurs figurent dans la table 5. 4
Les valeurs de fluor total, comme celle du fluor libre, son corrélées aux
éléments majeurs dans l'aquifère superficiel; par contre, elles ne le sont pas dans
l'aquifère profond; on remarque de plus que le Fluor observe dans la nappe
profonde une forte variabilité spaciale, mais pas le chlorure. Le graphique ci-dessous
illustre cette constatation; le même schéma se répète pour tous les éléments
corrélés (cf. annexe 5.8 + 5. 0)
meqll
0.3
0.28
0.26
•a, ..
FIG. 5.4: graphique de corrélation entre le fluor
0.24 •
libre et le chlorure. 1/ n'y a pas de corrélation ln-. 14
dans l'aquifère profond (bleu foncé), 2003. 1/ en .0 0.22
:.: 0.2 --r? 1· sr 1
0.18 -
va de même pour la comparaison avec le fluor Il.
total 0.16
\
0.14
0.12
0.1
•• m
85
On remarque les points 9 et 7, dont nous avons déjà discuté dans le chapitre
précédent, occupent des positions particulières. De manière générale, les éléments
traces montrent également une corrélation dans l'aquifère superficiel, et n'en montre
pas dans l'aquifère profond (cf. annexe 5.7).
Une légère déviation des valeurs de l'aquifère profond provient du fait
qu'aucun standard n'a été intégré à l'intérieure de la série d'analyse.
On retrouve dans les corrélations entre le sulfate et le ·nuor libre (idem avec le
fluor total) la création des groupes N°1 et 2, avec de légères variations: le puits N°23
a perdu sa position intermédiaire, il est remplacé dans ce rôle par le puits N°4. Le
puits N°7 est intégré dans le groupe N°2 (cf. FIG. 4.12).
meq/l
0.3
1
0.28
0.26
0.24
.~.r
IL~
0.22 .1-••
g 0.2 1~ .,R 24
IL 0.18 _ . .,7
FIG. 5.5: graphique de corrélation entre 1-P L 5,2
0.16
-A' f'a7
le sulfate et le fluor libre, 2003. Il en va de 0.14
86
WECH. F(-) CaF+ Fluorite F- tot
4 83.1 2 14.9 85.1
5 97.6 2.4 100
7 94.6 5.4 100
9 98.4 1.6 100
11 70 1.8 28.2 71.8
14 64.4 1.6 34 66
FIG. 5.6: speclaclon de l'élément
18 98.8 1.2 100
fluor dans l'aquifère superficie',
21 97.7 2.3 100
2003 (cf. annexe 5.5) 23 78.4 1.7 19.8 80.2
24 70.3 1.8 27.9 72.1
26 69.8 2.2 28 72
27 87.4 2.3 10.4 89.6
On remarque que, pour les deux aquifères, la proportion qui se trouve sous la
forme libre est la plus grande, les pourcentages variant entre 64 et 99%. Ensuite,
deux formes complexées apparaissent: CaF+, dont les proportions varient entre 1.2
et 5.4%, et CaF2, dont les proportions varient entre 0 et 34%.
On remarque que le puits ayant la plus grande conductivité (N°14) montre la
plus grande proportion de complexes sous la forme CaF2, et la plus faible proportion
de fluor libre.
5.2.4 DISCUSSION
Selon les graphiques de corrélation, le fluor n'est corrélé aux autres éléments
que dans l'aquifère superficiel. Il est probable que la présence d'évaporites,
concentrant les éléments majeurs et certains éléments traces dont le fluor, soient la
cause des corrélations visibles dans l'aquifère superficiel; les grandes valeurs de
Strontium, présent dans les évaporites, vont en ce sens (cf annexe 5.9).
1) Le Fluor provient des précipitations sur les calcaires affleurants vers les piémonts:
comme cet élément n'est corrélable avec rien, on peut suspecter une origine
météorique; l'industrie aux alentour de Gabès (cimenterie et prodlJction d'engrais
87
phosphatés) peut être à l'origine du Fluor dans les pluies. Il est de plus connu que
dans la région de Gabès, une concentration de Fluor critique pour la santé était
atteinte dans la poussière atmosphérique il y a une quinzaine d'années (R. Bouhlila,
pers. corn., 2003). Depuis, l'installation de filtres dans les cheminées d'usines a
amélioré la situation.
2) (le ·nuor provient de la nappe superficiel); cela peut être le cas, puisque nous
avons des nitrates dans l'aquifère profond. Le fait qu'aucune corrélation ne puissent
être détectées dans la nappe profonde proviendrait alors d'échanges avec la matrice
lors de la progression de l'eau vers la nappe profonde, ce qui oblitéreraient les
corrélations qui sont observées dans la nappe superficielle, les équilibres rejouant
avec les types de lithologies alors traversées.
L'augmentation des concentrations en direction de la mer dans l'aquifère
profond seraient donc liée à l'augmentation qui est observée dans l'aquifère
superficiel. Il est cependant
88
6 CONCLUSIONS
La surface potentiométrique de la nappe profonde a baissé d'une vingtaine de
mètres entre 1962 et 1988. Comme les charges en amont, selon toute
vraisemblance, resteraient inchangées, il en résulterait une augmentation de
l'hydrodynamisme, le temps de transit étant 2,5x plus élevée en 1988 qu'en 1962,
localement du moins.
89
Les valeurs de [Link]. de la nappe superficielle sont moins bonnes que celle de la
nappe profonde, mais elles sont acceptables (6.2 110)
***
On remarque que les forts taux de pompage dans l'aquifère profond sont
tamponnés par trois types d'apport principaux : C.1. 1 eau météoritique 1 apport
profond. La situation de la nappe superficielle est plus précaire d'un point de vue
chimique et des ressources, car les pompages ne sont tamponnés que par un apport
principal : les pluies.
La nappe profonde est dans une situation moins précaire que la nappe
superficielle en regard des ressources. Cependant, en regard du chimisme, au vu
des changements piézométriques rapides dans la nappe profonde dans les dernières
décennies, les conditions aux limites de celle-ci vont changer, entraînant des
changements chimico-physiques dans l'aquifère profond, donc également dans tout
le système multi-couche de la Djeffara du nord (drainances).
La présence du Fluor dans la nappe superficielle trouve son origine dans les
niveaux évaporitiques qui sont communs dans les lithologies quaternaires (sabkras).
Le Fluor dans la nappe profonde pourrait provenir soit de la pluie dans sa
partie libre, soit de la nappe superficielle au travers des failles dans les épontes
argileuse.
Les teneurs moyenne en fluor total sont de 1.3 mgll dans la nappe profonde et
de 1.5 mgll dans la nappe superficielle; comme l'eau est utilisée à des fins
d'irrigation, ces valeurs sont acceptables.
7. RECOMMANDATIONS
(3) L'origine du Fluor dans l'aquifère profond n'est pas éclaircie, notamment en
regard de sa variabilité spatiale spécifique. Une analyse plus poussée des
rapports entre cet élément et les éléments traces, notamment au niveau du
Bore et du Strontium (montrant une légère évolution en regard de F-, cf.
annexe 5.8) serait la bien-venue.
90
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