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Relations Hydrogeochimiques Des Nappes Profonde Et Superficielle Dans La Plaine de Djeffara Du Nord: Cas de Gabes-Sud, Tunisie

Le document présente une étude sur les relations hydro-géochimiques des nappes d'eau dans la plaine de Djeffara, au sud de Gabès, en Tunisie. Il décrit les caractéristiques des aquifères superficiels et profonds, leur recharge, ainsi que les impacts de l'exploitation sur leur qualité et quantité. Les résultats montrent une hétérogénéité spatiale des éléments chimiques et une diminution de la conductivité électrique dans la nappe superficielle au fil des années.

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Relations Hydrogeochimiques Des Nappes Profonde Et Superficielle Dans La Plaine de Djeffara Du Nord: Cas de Gabes-Sud, Tunisie

Le document présente une étude sur les relations hydro-géochimiques des nappes d'eau dans la plaine de Djeffara, au sud de Gabès, en Tunisie. Il décrit les caractéristiques des aquifères superficiels et profonds, leur recharge, ainsi que les impacts de l'exploitation sur leur qualité et quantité. Les résultats montrent une hétérogénéité spatiale des éléments chimiques et une diminution de la conductivité électrique dans la nappe superficielle au fil des années.

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Formation post-grade inter-universitaire

Gestion des ressources en eau


Module de spécialisation en hydrogéologie

RELATIONS HYDROGEOCHIMIQUES
DES NAPPES PROFONDE
ET SUPERFICIELLE
DANS LA PLAINE DE DJEFFARA DU NORD:
CAS DE GABES-SUD, TUNISIE

TRAVAIL DE DIPLÔME, YVES HaURIET


DECEMBRE 2003

~Pfl
EÇO LI:: POL YT EC HN [Q IJF:
EidgenOssische
Technische Hochschule
FEDÉRALE DE LAUS.\Nh1J Zürich
REMERCIEMENTS

Mes parents pour leur soutien absolument sans faille

Dr. Zwahlen F.
Prof. CHYN pour l'existence du CHYN et son
Neuchâtel enthousiasme

Dr. Perrochet P.
Prof. CHYN pour ses conseils, son ouverture d'esprit et
Neuchâtel son humour

Dr. Renard Ph.


Chargé de cours CHYN pour son aide précieuse et sa grande
Neuchâtel disponibilité

Dr. Coudrain-Ribstein A. à l'origine du présent travail et


Chargée de Mission IRD responsable de celui-ci, pour l'excellence de
Montpellier son soutien scientifique

Dr. Seidel J.-L.


Chargé de Recherche CNRS pour la finesse de ses analyses et de son
Montpellier humour

Dr. d'Etat Bouhlila R.


Prof. ENIT responsable du présent travail en Tunisie,
Tunis pour avoir organisé mon séjour, sans qui ce
document n'aurait pas pu être écrit

Dr. Brahim Abidi


Directeur OGRE pour ses multjples conseils, documents,
Gabès discussions et pour l'air conditionné de son
bureau

L'équipe de la OGRE en particulier MM. Ghoudi R., Atia M. et


Gabès Beshir C.

Dr. Cornet A.
Représentant IRD pour la confiance accordée à ma personne
Tunis

L'équipe de l'IRD en particulier MM. Ben Younès M.,


Tunis Guillaume H. et Romagny B., pour les
documents fournis

Babassy M. pour sa spontanéité et les documents fournis


Doctorant, OSS

Carolina pour la companie


Relations hydro-geochimiques des nappes
profonde et superficielle dans la plaine de Djeffara
du nord : cas de Gabès-sud, Tunisie

par Yves Houriet *


Dans la zone côtière au sud de la ville de Gabès (centre-sud tunisien), deux aquiîeres
constituent la majeure partie des ressources en eaux : un aquifère alluvial quaternaire à
porosité de chenaux (Vvide : 220 Mm 3) et un aquiîere calcaire crétacé karstifié (Coniacien,
horizon A, Vvide : 3300 Mm 3), confiné dans sa partie côtière par quelque 15 à 90 mètres
d'argiles mio-pliocène; ce dernier est artésien à proximité de la côte. Ces deux aquifères
sont les principaux réservoirs, dans la zone de Gabès-sud, d'un système multi-couches se
prolongeant jusqu'en Libye.
La nappe superficielle est alimentée par les pluies et, dans une moindre mesure, par
des flux de drainance venant de la nappe profonde à la faveur de failles normales
(rejet> IOOm) lardant les argiles mio-pliocènes. Nos estimations montrent pour l'année
pluvieuse 1995 (370 mm) une recharge de la nappe superficielle (rech. mét. 37,6+drain.
0,57) excédant l'exhaure (10,4), alors que pour l'année 2003, qui affiche une faible
pluviosité (150 mm), c'est l'inverse qui se produit (rech. mét. 14,2+drain. 0,32 / pomp.
14), unité en Mm3• Par conséquent, lors des années déficitaires, le biseau salé progresse.
Qualitativement, l'aquiîere superficiel montre une forte hétérogénéité spatiale des
éléments majeurs et des éléments traces. Les conductivités électriques s'échelonnent entre
4 et 9 mS/cm. Celles-ci sont très élevées à proximité des sabkras (14 mS/cm) ; les valeurs
élevées de conductivité sont aussi liées à la présence de gypse dans les terrasses alluviales
ainsi qu'à une intrusion marine (estuaires). Une dilution semble induite par les flux de
drainance provenant de la nappe profonde (salinité plus faible que la nappe
superficielle).Nous avons mis en évidence une« diminution» des conductivités électriques
dans la nappe superficielle de environ 1 mS/cm depuis 1978-79, en regard des
comparaisons de quatre missions de terrain (1978, 1979, 1995, 2003). Cette
« diminution» peut être liée à un phénomène de rétention des sels dans la zone non-
saturée lors des années à faible pluviosité (1999-2003). Par contre, lors des années à forte
pluviosité, un transfert des sels de la zone non-saturée à la nappe augmenterait les
conductivités de celle-ci. Ce serait l'augmentation des conductivités lors des années à forte
pluviosité qui impliquerait une diminution (ce dernier terme est de ce fait abusif) des
conductivités durant les années à faible pluviosité. Les concentrations de l'élément Fluor
(total) s'échelonnent entre 0,8 et 2,4 mg/l dans la nappe superficielle.

• Centre d'hydrogéologie, Université de Neuchâtel, Rue Emile-Argand Il, CH-2007 Neuchâtel


HOURIET : HYDRo-GEOCHIMIE DES NAPPES DE GABES-SUD, DJEFFARA DU NORD

La nappe profonde est indirectement alimentée par les eaux du Continental


Intercalaire (C.r., NWSAS). Celle-ci transite vraisemblablement par une dolomie
(Turonien) en profondeur, au nord des monts de Matmata (2003 : 23.5 Mm3, extrapol. lin.
1972-2000) ; elle est aussi alimentée par des eaux météoriques et par un flux de drainance
venant d'une unité calcaire sous-jacente (Coniacien, horizon B). Ces alimentations sont
dépassées par les débits d'exploitation, destinés à l'irrigation et à l'industrie (cimenterie
de Gabès). Cette nappe accuse une diminution de sa charge hydrodynamique de l'ordre de
0,8 rn/an au niveau du rivage (extrapol. lin. 1962-1988). L'aquifère profond est caractérisé
par une composition chimique très homogène et des conductivités électriques plus faibles
et plus stables que celles de la nappe superficielle (3,4 +/- 0,1 mS/cm. Nous avons mis en
évidence une augmentation des conductivités depuis 1967-88. L'hypothèse la plus
plausible admet une augmentation de l'alimentation par la nappe superficielle, les flux de
drainance augmentant. Cela est conforme à la baisse de la charge hydrodynamique de la
nappe profonde et à une salinité de la nappe superficielle plus grande que celle de la nappe
profonde. Parmi les différents éléments analysés (majeurs + traces), on remarque que le
Fluor total varie spatialement (0,22 - 2,15 mg/l), alors que tous les autres éléments
n'évolue pratiquement pas; cela pourrait être l'objet d'une étude ultérieure.

ZONE O'INVERSI<:>f\ol

1~ANCE VERS N. SU"

LI
DRAINANCE VERS NI PROF. 1

1 1 ~ 1 ARTESIANISME
1
NAPPE SUPERFICUOUE' 1 _
/'~
r~ " 9 NAPPe PROFONDE

(-'-- : .. "..-:- ' ...

504>
Ca, Na, CI >
Mg

c.I.1 CI>
Na.S04 >
Ca. Mg
_ s.o4:--.
1 Ca, Na, CI >

l Mg

504. Ne>
___ CQ,CI~

Mg

C8.0>
CH.M'~. C_~) 504>
0--- Na>
C
CONo. EL (mS/on)

~.:s-1.S
CONO- EL_ (mS/an)

o
~-~-

4-4.2:
.... L±:
fi
5ABKRA Mg
ALLUVIONS: (0). NIV. GVP'SSUX

ARGILES GYPSEUSES (Mlo-PLlO.... K.)


_ _ _ _ S-"
o 6..3-7.2
____ MI!R
o 9-'" C CALCAIRE
_ _ _ _ _ _ _ _ _ ,..AILL..I:

Figure de synthèse: géochimie et dynamique du système aquifère dans la zone de


Gabès-sud.

2 Bulletin d 'Hydrogéologie No 21 (2004)


1. INTRODUC·rION 5
1.1 ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL 5
1.2 SITUATION GEOGRAPHIQUE 6
1.3 MISSION DE TERRAIN 6
1.3.1 LOGiSTIQUE 6
1.3.2 ECHANTILLONNAGE 7
1.4 DON NEES CLI MATIQUES ••.......................................•.......••.....•..•.•.•.•.................8
1.4. 1 PLUVIOMETRIE ET EVAPORA TlON PO TENTIELLE. 8
1.4.2 HyDROGRAPHIE 10
1.5 MISE EN FORME DES DONNEES 10
2. GEOLOGIE 13
2.1 TECTONIQUE REGIONALE 13
2.2 GEOLOGIE LOCALE 14
2.2.1 PERMO-CARBONIFERE 14
2.2.2 TRIAS 14
2.2.3 JURASSIQUE 14
2.3 CRETACE 15
2.3.1 CRETACEINFERIEUR 15
2.3.2 CRETACE SUPERIEUR 15
204 MIOCENE ETPLIOCENE (FORMAll0N ZARZ/S) - (AQUIFERE) 18
2.5 QUATERNAIRE - AQUIFERE 19
2.5.1 QUATERNAIRE ANCIEN (VILLAFRANCHIEN) 19
2.5.2 QUATERNAIRE RECENT 19
2.5.3 QUATERNAIREMODERNE 20
2.6 LOG STRAllGRAPHIQUE DE GABES-SUD 20
2.7 CARIE GEOLOGIQUE DUBASSIN VERSANT DE GABES-SUD 21
2.8 COUPES GEOLOGIQUES 22
2.8.1 COUPE 12 22
2.8.2 COUPE 13 22
2.8.3 COUPE 14 23
3 HYDROGEOLOGIE 25
3.1 HYDROGEOLOGIE REGIONALE 25
3.1.1 LECONllNENTALINTERCALAIRE : 25
3.1. 1. 1GEOLOGIE DU CONTINENTAL INTERCALAIRE 25
[Link] LE SEŒLDE « ELHAMMA » 27
3.1. 1. 3 AIRES DE RECHARGE ETEXUTOIRES 28
3.1.104 AGE ET TEMPERA TURE DES EAUXDUC./.. 29
[Link] HISTORIQUE 29
3.2 HYDROGEOLOGIE LOCALE 30
3.2.1 AQUIFERE SUPERFICIEL (S) 30
[Link] PIEZOMETRIE (S) 31
[Link] DONNEES DE POMPAGE (S) 33
[Link] DONNEES DE RECHARGE (S) 33
[Link] DRAINANCES (S-P) 34
[Link] ESTIMATIONS VOLUMETRIQUES (S) 36
[Link] BILAN SYNTHEllQUE (S) 37
[Link] DISCUSSION(S) 38
3.2.2 AQUIFERE PROFOND (P) 39
[Link] PIEZOMETRIE (P) 39
[Link] DONNEES DE POMPAGE ET DE RECHARGE (P) 42

1
[Link] BILAN SYNlHEllQUE (P) 43
[Link] ESTIMAll0N VOLUMETRIQUE (P) 43
[Link] DISCUSSION (P) 44
[Link] CONCLUSIONS 45
4 ANALYSES DES PARAME·rRES PHYSICO-CHIMIQUES 47
4.1 INTRODUCTION 47
4.1.1 MESURES SUR LE TERRAIN 47
4.2 ANALYSE DES PARAME"rRES PHYSIQUES 48
4.2.1 AQŒFERE PROFOND 48
[Link] CONDUC11VITE (P) 48
[Link] [Link] (P) 49
[Link] VAlEURS DE pH (P) 50
4.2.2 AQŒFERE SUPERFICIEI, 51
[Link] CONDUC11VITES (S) 51
[Link] [Link] (S) 54
[Link] VALEURS DE pH (S) 55
4.2.3 INTERPRETAll0N DES RESULTATS 55
[Link] AQŒFEREPROFOND 55
[Link] AQŒFERE SUPERF'ICIEI, 56
4.3 ANALYSE DES PARAMETRES CHIMIQUES 60
4.3.1 MESURES [Link] 60
[Link] MESURE DES IONS MAJEURS PAR EI,ECTROPHORESE 60
[Link] MESURE DES VAlEURS DE BROMURE PAR CHROMA [Link] 60
4.3.2 ANALYSE DES IONS MAJEURS 61
[Link] DIAGRAMMES DE [Link] 61
[Link] DIAGRAMMES DE PIPER 64
[Link] GRAPHIQUES DE CORRELAll0N 68
[Link] DISCUSSION 71
[Link] INTERPRETAll0N DESRESULTATS 71
4.4. QUALrrE DES EAUX 76
4.4.1 ORIGINE DELA SALINITE 76
[Link]. [Link] 76
4.4.2 QUALITE DEL 'EAU D1RRIGAll0N : 76
4.4.3. ASPECTlHEORIQUE 78
[Link] QUAN11FICAll0NS DES ESPECES CHIMIQUES 78
5 FLUOR 80
5.1 INTRODUC·rION 80
5.1.1 ORIGINES 80
5.1.2 ASPECTINDUSTRIEI, 80
5.1.3 ASPECTSANITAIRE 80
5. 1.4 ASPECTHYDROGEOCHIMIQUE 81
[Link] 82
5.2 RESULTATS 82
5.2.1 [Link]'EXTRAPOLAll0N 82
[Link] AQŒFERE SUPERF'ICIEI, 82
[Link] AQŒFEREPROFOND 84
5.2.2 [Link] DE CORRELAllDN 85
5.2.3 SPECIACION DU FLUOR 86
5.2.4DISCUSSION 87
5.2.5 INTERPRETAll0N DES RESULTATS 87

2
6 CONCLUSIONS 89
7. RECOMMANDATIONS 90
BIBLIOGRAPHIE 91

3
CHAPITRE 1

Heures chaudes, oued Hal/ouf

4
1. INTRODUCTION

Ce travail étudie une partie d'un système d'aquifères multi-couche qui se


trouve dans la plaine côtière du Sud tunisien, appelée Djeffara, qui est à cheval entre
la Tunisie et la Libye. L'objectif de cette étude est d'éclaircir les relations entretenues
entre les nappes profonde (principalement le Coniacien calcaire, horizon A, qui est
le principal aquifère exploité) et superficielle (Q) dans cette région, d'évaluer
l'évolution hydrologique des nappes et l'évolution de la salinité; cela devant servir de
base de réflexion sur le besoin de gestion des ressources en eau et de gestion des
sels dans la région de Gabès-sud. Un des sels important est le fluor, en regard de
son impact sur la santé; néanmoins les eaux étudiées ne sont utilisées qu'à des fins
d'irrigation, aussi loin que l'étude a été menée. Un second objectif était une
compilation des informations existantes sur Gabès-sud.
Deux travaux concernant la même région sont actuellement en cours, le
premier est un DEA menée par Mlle KETATA M. à l'Ecole National d'Ingénieur de
Tunis (ENIT), le second est un travail de Thèse fait dans le cadre de la Direction
Générale des Ressources en Eaux (OGRE) par Mme PENSALA Y.

1.1 ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL

Ce travail a été réalisé en collaboration avec l'Institut de Recherche pour le


Développement (IRD) de Montpellier, qui a financé l'entreprise. Ce travail s'inscrit
dans le cadre d'une Unité Mixte de Recherche (UMR), qui regroupe l'IRD, le CNRS
(Centre National de la Recherche Scientifique) et l'Université de Montpellier (UM1 et
UM2). Cette UMR s'appelle HYDROSCIENCE, son thème de recherche principal est
l'eau en terme de ressource et de gestion durable.

Cette UMR possède plusieurs axes de recherches, divisés en différents


thèmes; un des thèmes de recherche, appelé PALHYSADES, concerne la
paléohydrologie et la salinité de l'eau souterraine. Ce groupe de recherche est dirigé
par Mme Anne Coudrain, tuteur du présent travail. Trois semaines ont été passées à
Montpellier, afin de réaliser les analyses chimiques notamment.

En Tunisie, l'IRD-Tunis, dirigé par M. Antoine Cornet, a permis d'obtenir les


supports cartographiques nécessaires et de réunir une grande partie de la
documentation sur le sujet; l'Ecole National d'Ingénieur de Tunis (ENIT), quant à
elle, à été l'appui permettant d'être introduit auprès de la Direction Général des
Ressources en Eaux (OGRE) de Gabès; le stockage du matériel de terrain et le
logement ont été facilité par l'ENIT.
Cette partie déterminante de la mission de terrain à été menée à bien grâce à
Mme Rachida Bouhlila.

Une partie de la compilation des données a été réalisée dans les bâtiments de
la DGRE à Gabès; la bibliothèque de ce bâtiment a servi de lieu de travail durant les
trois semaines passées à Gabès. Les conseils et les documents fournis par MM.
Abidi et Ghoudi ont été essentiels.

5
iz
1.2 SITUA TION GEOGRAPHIQUE l.A

Le terrain se situe au sud de Gabès, par


100 E 133°N environ (cercle rouge sur la carte ci-
contre). Il s'étend de la côte jusqu'aux piémonts
du Dahar (+1-100m d'altitude), qui est la chaîne
montagneuse séparant la plaine côtière du
désert saharien (cf. PHOTO 2.3). Son étendue
est de 550 km 2 , dont 27 km de côte. Il se trouve
au nord-ouest de la Djeffara, qui est la plaine
bordant la mer jusqu'à Tripoli; cette plaine est
également appelée la Tripolitaine (cercle bleu
sur la carte ci-contre). Une carte plus précise de
la région de Gabès figure dans l'annexe 1.0.
Depuis Tunis, la ville de Gabès est
atteignable par la route en quatre heures de
voyage, en empruntant une autoroute jusqu'à la
hauteur de Sfax; la dernière partie du trajet se
fait sur la route principale qui, via Médénine,
court vers Tripoli.

FIG. 1.1: dans le petit cercle, le terrain


d'étude; dans l'autre, la plaine de la Djeffara.

1.3 MISSION DE TERRAIN

La mission de terrain s'est dérouée du 28 juin au 1er août 2003. Le trajet de


Neuchâtel à Marseille a été réalisé en voiture; à Marseille, la voiture à été chargée
sur un Ferry de la Compagnie Tunisienne de Navigation. A Tunis, une chambre a été
louée à l'IASTE (International Association of Student for Technical Experience), par
le biais de l'ENIT, à La Goulette, port de Tunis. Le port de La Goulette est relié à
Tunis par une route traversant une lagune côtière, large de quelque vingt kilomètres;
cette route a été empruntée tous les jours de la semaine qui s'est dérouée à Tunis.
Trois semaines ont ensuite été passées dans la ville de Gabès, où une
chambre a été louée à un foyer d'étudiant, par le biais de la OGRE.

1.3.1 LOGISTIQUE

Durant les trois semaines passées à Gabès, une semaine et demi a été
consacrée à la mission de terrain elle-même. Deux jours furent consacrée à l'étude
géologique de la plaine côtière et de la chaîne du Dahar, à l'ouest de Gabès et de
Médénine (cf. FIG. N°1.1). Cette session de terrain a été réalisée avec ma propre
[Link] réalisé durant cette première approche que ma voiture n'était pas
toujours adaptée à la qualité des pistes du sud-tunisien,les sessions de terrains
suivantes ont été faites avec la voiture tout-terrain de la OGRE de Gabès. L'équipe
était composée de trois personnes, le chauffeur, une personne connaissant les
localisations des puits et forages, ainsi que moi-même.

6
1.3.2 ECHANTILLONNAGE

Vingt-trois points d'eau ont été échantillonnés. Onze échantillons proviennent


de puits à l'air libre, d'un diamètre de 5 mètres environ et d'une profondeur qui
varient entre 6 et 32 mètres. Ces puits ne pénètrent pas plus de 1 à 2 mètres sous la
surface piézométrique. Ces puits sont exploités avec une durée de pompage de une
et quatre heures le matin et un volume extrait estimé à 15 m3/h .

. Le pompage fréquent et les faibles hauteurs d'eau dans les puits ne nous a
pas permis d'effectuer des log verticaux de conductivité.

Les douze échantillons restants sont issus de forages pompés 12 à 24 heures


par jour (sauf le N°13, qui est artésien), à raison de 90 m3/h en moyenne
(ANNUAIRE PIEZOMETRIQUE, 2000/2001). Leur profondeur varie entre 62 et 197
mètres; la hauteur de crépine est normalement présente sur toute la puissance de
l'aquifère profond (cf. annnexe 3.12).

La numérotation des échantillons reflète l'ordre dans lequel la collecte et les


mesures ont été faites; j'ai réalisé au point N°20 que le conductimètre était
défectueux. Les six derniers points d'échantillonnage ont alors été mesuré à
nouveau avec un autre conductivimètre, afin de vérifier les mesures et d'estimer
l'apparition d'un éventuel décalage entre les anciennes et les nouvelles mesures; ce
décalage est estimé à 0.1 mS/cm (cf. annexe 4.2).

Les figures ci-dessous présentent les sites échantillonnées dans la nappe


profonde et dans la nappe superficielle.

",~ \~\"y\~ POINTS D'ECHANTILLONNAGE,


"'~'t1
t.:<-
.---- 1
, 3{.", /
AQUIFERE SUPERFICIEL,
JUILLET 2003
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" ~~ \. 11 /~ 4 MEJOUB

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9 TEBOULBOU
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,./ " 27/ '....... 24 AMOR
/ '", /y "-." 26 SIDI SELLAM_SUD
, / ""- 27 AIADI
\( ,/

~
\ //>z,
/,/1:
18 Y~,' '"~ ~\N
15 km
FIG. 1.2: localisation des
points d'échantillonnage de la
nappe superficielle. Courbes
de niveau équidistantes de
10m.

7
v/
~~
\\ 2~\ ~1~ \~AQUIFERE / \ POINTS D'ECHANTILLONNAGE,
PROFOND,
"" ~ --~ /! JUILLET 2003
"" ~--x.r~ y c~, 1
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1 MDOU
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6 LYMAOUA_2
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"
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'

///

'"
~

16 /
20 KETTANA_4
22 TBOULBOU_8
25 EL GHANDRI

'\, //>(
/-17 "-

15km
.......
X//
,
"
'"
FIG. 1.3: localisation des points d'échantillonnage de la nappe profonde.

1.4 DONNEES CLIMATIQUES

La région de Gabès-sud se trouve dans la zone climatique AC24 (UNESCO,


1977 in MAMOU & KASSAH, 2002), qui est caractérisée par un climat aride à
précipitations hivernales, par un hivers tempéré (10 - 20°C) et par un été très chaud
(> 30°C) ; c'est le climat de la Djeffara maritime.

1.4.1 PLUVIOMETRIE ET EVAPORATION POTENTIELLE

Dans la région de Gabès, les précipitations moyennes annuelles sont de 183


mm. Cette lame d'eau est moyennée sur 109 ans. En tenant compte des cinquante
dernières années uniquement, la moyenne est de 217 mm.

En comparant la première partie du siècle avec la seconde sur la figure ci-


dessous, on remarque que les valeurs maximales et minimales augmentent durant la
seconde partie du siècle. Cette considération est relativisée par le fait que certaines
données sont manquantes, et que les types d'appareil utilisés tout au long du siècle
ne sont pas connu. Nonobstant, le graphique montre une augmentation de la valeur
des pluies cumulées pour les années exceptionnelles (cf. annexe 1.1).

8
Ce type de climat est caractérisé par de fortes variations d'intensité des
précipitation (orages), ainsi que par une grande variabilité spatiale des événements
pluvieux.

PREaPITATIONS MOYEr\l\lES AN\IUB...LES à GABES 1885-2001 [mm]

600

500 + - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 1 \ - - - - - + - .

400 + - - - - - - - - - - - - - - - - _ - - - - - - * - - - - - - - , . - - - - + I - - - - - + - - i

l
c..
300 -t---------tt--tHI----!t-----+Ir--;;----t-iI;----ff+~,_-tt-_tt__+_______;

100 ~---_+_-----H-----"-+__rI_nl 4f_-I_&_t-__+l!--++----------\_i

o
o 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 100 105 110115
années -+-P.a.M..L

FIG. 1.4: pluies cumulées de 1885 à 2001 (d'après BEN AMAR s., 1996).

Dans les monts de Matmata (cf FIG. 1.5), la moyenne pluviométrique annuelle est de
220 mm ; cette valeur est une anomalie positive, en regard de la décroissance des
valeurs d'isohyètes contre la zone climatique saharienne.

'0 r::
A c:;

FIG. 1.5 : anomalie N


pluviométrique au niveau des
monts de Matmata ; la localité
de Matmata est symbolisée
par le point rouge, la ville de
Gabès par le point noir. On
remarque l'augmentation des
valeurs d'isohyètes en 50
direction de l'Atlas et du Golfe
de Gabès. En orange, le
Chott El Djerid. Agip, 1986 in
MAMOU A., 1990.
-
50 KIn

9
L'évaporation potentielle est approximativement de 2500 mm par an (Ben
Baccar, 1982). L'annexe 1.2 présente les valeurs mensuelles des précipitations,
d'évaporation potentielle et de température.

1.4.2 HYDROGRAPHIE
VERS TUNIS O. GABES

[Link]
o. MERSIT

[Link]
FIG. 1.6: réseau
hydrographique de la région de
Gabès-sud. On remarque que le
bassin de l'oued Ghiran est
semi-endoreïque. GIS export.

O. GHIRAN
VERS TRIPOLI

Du nord au sud, les oueds Gabès, Sourreg, Mersit (tributaire de l'oued


Sourreg), Ferd et Ghiran traversent la région de Gabès-sud. Le bassin versant de
l'oued Ferd est le plus grand (cf. FIG 1.6). Aucun de ces oueds n'observe un
écoulement pérenne, bien que cela ait été le cas jusqu'au milieu du siècle pour
certain d'entre eux (oued Gabès, Rachida Bouhlila, pers. com.). Les crues se
produisent généralement au printemps et en automne, au rythme de une à sept
crues par an (MAMOU, 1990). L'oued Ferd n'est plus entré en crue depuis 4 ans
(source: CRDA). Les débits des oueds lors des crues figurent à l'annexe 3.9. Les
bassins versants des différents oueds pré-cités sont regroupés sur la figure 2.5.

1.5 MISE EN FORME DES DONNEES

La majeure partie des données cartographiques, numenques, physiques et


chimiques ont été intégrées dans un Système d'Information Géographique (GIS).

Les données cartographiques ont directement été numérisées à l'écran; les


autres types de données ont été entrées dans des tables, qui sont associées aux
objets géographiques (shapefiles). Une partie des annexes numériques sont issues

10
d'exportations de tables, une partie des figures sont des layouts de vues
particulières. Chaque vue est une sélection de différents shapefiles, lesquels sont
choisis selon les informations que l'on veut faire figurer dans le layout.
Ce type de gestion des données permet (1) une concentration et une
organisation des données en un seul programme donc un accès rapide aux
informations recherchées, (2) une interaction numérique des données, au travers de
requêtes (calculations entre les données de différentes tables), ou encore une
interaction entre les données visuelle, par superposition de différents shapefiles dans
des vues séparées.

Les cartes topographiques et géologiques se réfèrent au méridien de Paris et


sont en grades. Afin de pouvoir superposer les coordonnées GPS (programmé en
WGS84) qui sont en degrés/minutes/secondes, il faut faire trois types d'opération:
(1) transformé les grades en degrés, 1 grade = 0.9°, (2) transformé les degrés
décimaux en degrés sexagésimaux (multiplier par 60 le nombre derrière la virgule) et
(3) ajouter 2° 20' 14.025" à la longitude obtenue, qui représente le décalage entre les
méridien de Paris et celui de Greenwich.

11
CHAPITRE 2

Mio-pliocène, puits superficiel, Gabès-sud

12
2. GEOLOGIE

2.1 TECTONIQUE REGIONALE

La région étudiée est influencée par trois domaines structuraux, qui ont
généré le système de faille exposé sur la figure 2.1 : le front sud-altlasique, la plate-
forme saharienne et la zone d'effondrement téthysienne.
Le front sud-atlasique alpin est transpressif : la région à l'ouest de El Hamma
(cf. FIG. 2.1) est caractérisée par une inversion de graben, qui a eu lieu durant
l'Eocène supérieur (FRIZON DE LAMOTTE & al., 1999). La plate-forme saharienne
est un craton stable depuis le début du paléozoïque, l'orogenèse calédonienne
n'ayant eu que peu d'impact sur celui-ci (MAMOU, 1990) ; sa partie nord s'effondre
en raison de failles normales « en escalier» proto-téthysiennes, d'orientation EWet
NW-SE, dès le Carbonifère supérieur (BUROLLET, 1990). L'activité est la plus grande
au Permien.

La zone étudiée se trouve au nord la plaine de la Djeffara; les failles


présentes sur le terrain reflètent l'influence des trois domaines structuraux pré-cités;
sur la figure suivante, on remarques les failles orientées NW-SE, qui sont actives dès
l'époque proto-téthysiennes (failles de Mareth et de Médénine) et les failles orientées
NE-SW, qui sont d'origine atlasiques. Un troisième type de failles, secondaires, dites
de « réajustement» (MAMOU, 1990), existent, elles sont les plus tardives.

\~

15 km

/\/ LIMITE DU BASSIN HYDROGEOLOGIQUE DE LA DJEFFARA

FIG. 2.1 : zones de failles majeurs au nord de la plaine de la Djeffara. La région étudiée se
trouve entre les villes de Gabès, Mareth et la faille de Médénine. On remarque la localité de
El Hamma, ou le système de failles atlasique est très développé: c'est le «seuil» de El
Hamma. En rouge, localisation de la coupe du seuil de El Hamma dont on parlera par la suite
(FIG. 3.3).
La région étudiée est caractérisée par un réseau de zone de failles plus ou
moins perpendiculairement agencées, créant un domaine de horst et graben en
« damier» (MAMOU A., 1990).
La faille normale de Matmata Nouvelle (cf. FIG. 2.5) est fondamentale pour la
compréhension du système d'aquifère que nous allons étudier dans ce document:
effectivement, au sud-ouest de cette faille, les calcaires sont sub-affleurants, alors
qu'au nord-est, leur position s'approfondit. Cela revient à dire que l'épaisseur des
sédiments mio-pliocènes (aquifère superficiel) qui dominent les calcaires est plus
conséquente en aval de cette faille. Cela revient à dire également que les calcaires
(aquifère profond) sont confinés en aval de cette faille par le mio-pliocène, mais
qu'en amont de celle-ci, les calcaires apparaissent en surface: la nappe profonde
est donc confinée en aval de la zone de faille, mais elle est libre en amont de
cette faille. C'est la partie confinée qui est étudiée dans ce document (cf. 2.6,
log).
La plaine de la Djeffara fait partie d'un bloc résistant qui s'étale de la Sicile à la
plaine de la Djeffara, en incluant la Tunisie orientale; ce bloc, indépendant du point
de vue structural, est appelé « bloc pélagien}) (BUROLLET P. F., 1971).

2.2 GEOLOGIE LOCALE

2.2.1 PERMO-CARBONIFERE

Dès le Permo-carbonifère, la partie septentrionale de la plate-forme


saharienne (dont la Djeffara) évolue en bassin isolé; les sédiments de cette époques
sont très épais au niveau du Djebel Tebaga de Médénine (> 6000m) et se biseautent
en onlap (transgressif) sur le dôme du Dahar. Sous Gabès-sud, celui-ci est très
fortement enfoui, il n'a jamais été atteint par
forage; les prospections sismiques (MOBll.."
1976 in MAMOU A., 1990) montrent un
approfondissement au niveau de la faille de
Médénine.

2.2.2 TRIAS

La subsidence de la Djeffara continue


au Trias; on distingue un TrÎas argilo-gréseux
(formation KIRCHAOU), qui est transgressif
sur une large partie de la plate-orme
saharienne paléozoïque et un Trias
dolomitique et évaporitique (formation
MESSAOUDI); le trias est absent au niveau
de Gabès-sud (MAMOU A, 1990).

2.2.3 JURASSIQUE

Dans la région de Gabès-sud, le


Jurassique repose en inconformité angulaire
sur le Permo-carbonifère.
Les faciès principaux sont calcaires,
dolomitiques et argileux. Deux masses PHOTO 2.1 (ci-avant): discordance
angulaire entre le jurassique et le
Permo-carbonifère (Trias ?). Nord de
14 Médénine.
dolomitiques sont présentes dans Gabès-sud, séparées par des alternances marno-
calcaires. La principale épaisseur dolomitiques est d'âge callovien-Kimmeridgien ; la
partie callovienne. est fortement karstifiée (MAMOU A., 1990). Ses épaisseurs y sont
très variables; de manière générale, elles augmentent en direction de la mer. Son
épaisseur maximale est de 600m.

2.3 CRETACE

2.3.1 CRETACE INFERIEUR

De manière générale, le Crétacé de la Ojeffara est marin (argileux), alors que


le Crétacé saharien est continental (gréseux) (cf. [Link]).

Le Néocomien et le Jurassique terminal montre des faciès argilo-détritiques.


En amont de la faille de Médénine, ces unités correspondent à une épaisseur de 30
à 50 mètres, situé à une profondeur de quelque 100 mètres. A l'aval de cette faille
(Mareth), son épaisseur passe à plus de 600 mètres avec un enfouissement de plus
de mille mètres.
Les sédiments d'âge albo-aptien, en amont de la faille de Médénine,
sont calcaro-dolomitiques, leurs épaisseurs varient entre 25 et 65 mètres. En aval de
la faille, la nature des sédiments est soit calcaire, dolomitique, argileuse ou gréseuse
et les épaisseurs sont de l'ordre de plusieurs centaines de mètres.
Sur la chaîne du Oahar, l'Aptien est dolomitique, il constitue la corniche
inférieure (BEN BACCAR B., 1982).

Le Crétacé inférieur de la Djeffara est aussi appelé Continental Intercalaire,


bien que ce terme décrive, au sens stricte, le Crétacé inférieur de la zone saharienne
(cf. 3.1.1).

2.3.2 CRETACE SUPERIEUR

[Link] CENOMANIEN (FM ZEBBAG)

Le Cénomanien est composé de deux barres calcaro-dolomitiques à sa base


et son sommet, la partie médiane étant calcaro-marno-gypseuse. Dans la région de
Gabès-sud, il s'épaissit du sud au nord, passant d'une puissance de 100m à
quelques centaines de mètres.

[Link] TURONIEN (FM ZEBBAG) - AQUIFERE

Dans la chaîne du Oahar, le


Turonien est caractérisé par une
barre massive de dolomie, qui
constitue dans sa morphologie la
seconde corniche, après l'Aptien
dolomitique. Elle est très karstifiée
en affleurement.

PHOTO 2.2.- barre dolomitique


ruiniforme dans la chaÎne du Oahar,
surmontant un Cénomanien gypseux (détail). .',::
Toujane.
15
Son épaisseur est de 50 à 80 mètres Cette formation dolomitique s'épaissi en
aval de la faille de Médénine (BEN BACCAR B., 1982).

PHOTO 2.3: aspect général de la chaÎne du Dahar; on remarque les pendages sub-
horizontaux en bas à droite de l'image; en haut à droite, la corniche turonnienne. A
gauche de l'image, le Dahar méridional est visible à l'horizon. Sud de Toujane.

[Link] CONIACIEN (SENONIEN INFERIEUR) - AQUIFERES (deux fois)

Le Coniacien est le dernier étage d'origine marine dans Gabès-sud ; deux


unités le constitue: le Coniacien cal caro-marna-gypseux et le Coniacien calcaire.

a) CONIACIEN INFERIEUR CALCARO-MARNO-GYPSEUX (FORMATION ZEBBAG)

Ce sous-étage est en conformité avec les sédiments du Turonien. Il est


caractérisé à sa base par des alternances fines de calcaires de couleur jaune et
d'argiles gypseuses de couleur bleue, gris-noir et vert-foncé (ROUATBI R., 1967).
L'épaisseur de ces lithologies dans Gabès-sud est variable, elle croît en
direction du nord-est, passant d'une puissance de l'ordre de 200 mètres à près de
400 mètres à Gabès.
D'autre part, sa partie sommitale possède des bancs calcaro-dolomitiques
plus conséquents, en alternance avec des marnes gypseuses grises et vertes.
L'épaisseur de cette partie est de 70 mètres à Matmata.
Cette partie sommitale calcaire possède un horizon calcaire développé dans
la région de Gabès-sud, appelé « horizon B », sa puissance est de l'ordre de 55
mètres (ERESS, 1972 in KETATAM., 2003). Cet horizon est aquifère.
De manière générale, la profondeur et l'enfouissement de cet étage
augmentent en aval de la faille de Médénine.

FIG. 2.4 : affleurement du


Coniacien calcaro-marna-
gypseux. Après Matamta .; .;?-
Nouvelle. Colline du
premier plan: Turonien ?
b) CONIAC/EN CALCAIRE

Morphologiquement, le Coniacien
inférieur calcaire constitue la corniche la plus
élevées du Dahar.
Dans la zone de Gabès-sud, cette
formation est également connue sous le nom
de ({ horizon A». Cette unité calcaire est
fortement karstifiée, elle est
l'aquifère principal de Gabès-sud ; une
partie de cette unité a été érodée durant la
régression de la fin du Coniacien. Il est érodé
en amont de la faille de Matmata Nouvelle.
Son épaisseur varie entre 20 et plus de 100
mètres. Aux alentours de Mareth, sa puissance
dépasse les 300 mètres. Elle est absente en PHOTO 2.5: affleurement du
amont de la faille de Médénine et le long de la Coniacien calcaire dans le lit d'un
côte (ROUATBI R., 1967). tributaire de l'oued Sourreg. On
remarquera la karstification de
Le Crétacé supérieur de la Djeffara est l'avant-plan (et son colmatage).
aussi appelé Complexe Terminal, bien que ce
terme décrive, au sens stricte, le Crétacé
supérieur de la zone saharienne (cf. [Link]).
La plaine de la Djeffara est en fait la partie Est du Dahar effondrée, comme
cela est visible sur la coupe ci-dessous; sur cette coupe est également visible la
configuration en onlap (transgression) du Jurassique sur le Permo-carbonifère; le
Dahar est chapeauté par la corniche turonnienne, on retrouve le Turonien en aval de
la faille de Médénine (FMD). On remarque, en aval de la FMD, un Coniacien calcaire
surmonté en incoformité érosive par des sédiments mio-plio-quaternaires (BEN
BACCAR B., 1982).
B
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400

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200

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D' miocène saIlIeul< 0 c~:mamo-calcalre CJ CilmIr1IIln /nI ~ E:I:oo!n<rien lof mamo~ turonien dobnle
o Cl!nomarien:m.:Jme5 calœre et gypses D albo-aptlen:CéIIahl marnes et 1'"6$ D Coollnentalintercalalre:~ et 9"és FMD
L_ 1 juranlqua sup carbonaté - ....... pemu-lrIiIslqua arg&!ux

FIG. 2.2: coupe géologique au travers du Dahar et de la Djeffara.


Localisation annexe 1.0.

17
2.4 MIOCENE ET PLiOCENE (FORMATION ZARZIS) - (AQUIFERE)

Tout le Paléogène est absent dans la zone de Gabès-sud.


La sédimentation lors des époques miocènes et pliocènes est essentiellement
continentale, elle est en inconformité érosive sur le Coniacien calcaire. Elle se
compose de marnes gypseuses et de sédiments clastiques plus ou moins grossiers.
Un conglomérat est généralement présent à sa base.
En amont de la faille de Médénine, le mio-pliocène est argilo-sableux ; en aval
de la faille de Médénine, il est essentiellement argileux, mais peut être par
endroit de composition fortement clastique en raison de l'érosion locale de la dalle
calcaire sous-jacente, laquelle observe une structure en horst et graben (cf. 2.1),
comme il est schématisé sur la figure ci-dessous:

FIG. 2.3: schéma de la structure en horst et graben de la région de Gabès-sud. Le


Mio-pliocène, qui rempli les graben, n'est pas représenté; c'est la surface du
coniacien calcaire qui est imagée ici. La faille de Matmata Nouvelle n'apparaÎt pas.
0= Djerba, M =Mareth, G =Gabès. M-G =30 km. Exagération verticale approx. 4x.
D'après la carte d'analogie électrique N°1 du Sud tunisien, PNUD, 1971.

En amont de la faille de Matmata Nouvelle,


le Mio-pliocène est absent, ou bien il ne dépasse
pas les 15 mètres d'épaisseur. En aval de cette
faille les épaisseurs varient entre 20 et plus de
250 mètres (Mareth). De manière général, il
s'épaissi en direction de la mer.
Dans la zone de Gabès-sud, le Mio-
pliocène est essentiellement argileux. Ce sont des
paléo-chenaux (lentilles de matériel grossier) qui .'.
forme la partie aquifère du Miopliocène. Au nord
de Gabès, il est principalement sableux (BEN
BACCAR B., 1982).

FIG. 2.6: passée conglomératique dans les


formations du mio-pliocène. Ouest de la localité
d'Arram.

18
PHOTO 2.7: falaise argilo-silteuse mio-pliocène. Nord de Médénine

2.5 QUATERNAIRE - AQUIFERE

Il est formé de dépôts continentaux. Il est séparé en quaternaire « ancien »,


« récent» et « moderne ». Son épaisseur moyenne peut être estimée à 1a mètres.

2.5.1 QUATERNAIRE ANCIEN (VILLAFRANCHIEN)

Le quaternaire ancien consiste en


une croûte calcaro-gypseuse recouvrant les
sédiments mio-pliocène, le climat de
l'époque étant chaud et humide (ROUATBI,
1967).
Sa puissance peut atteindre
plusieurs mètres. Ces croûtes sont surtout
répandues en amont de la faille de
Médénine et vers la côte. Elle sont
responsable d'un ruiellement accru dans la
région (MAMOU, 1990).

FIG. 2.8: croûte calcaire recouvrant des


argiles gypseuses Mio-pliocènes. Une
couche salifère est présente au niveau de
la tête du marteau.

2.5.2 QUATERNAIRE RECENT

Le quaternaire récent est formé, d'une part, de plusieurs terrasses fluviatiles


imbriquées, riches en gypse; il a été observé des niveaux décimétriques de couleur
noire, vraisemblablement riches en matière organique. Leur épaisseur moyenne est
de 2 à 6 mètres. Ce sont les chenalisations ( lentilles de matériel grossier) de
ces terrasses qui forment la partie aquifère du quaternaire.

19
D'autre part, le quaternaire récent est formé par des limons d'origine éolienne,
appelés « loess de Matmata », et correspondent à un épisode aride du quaternaire
datant de 40 à 50'000 ans ( ROGNON P., 1976 in BEN BACCAR B., 1982). La
puissance de ces limons peut atteindre 2 à 3 mètres.

2.5.3 QUATERNAIRE MODERNE

Le quaternaire récent est caractérisé par une reprise de la subsidence de la


plaine côtière, en regard des nombreuses sebkras qui occupent de petits bassins
semi-endoreïques (ROUATBI R., 1967).

2.6 LOG STRATIGRAPHIQUE DE GABES-SUD

Le log stratigraphique ci-dessous représente une synthèse des lithologies


exposées précédemment, les épaisseurs exactes figurant dans le texte. Ce log est
schématique.

AQUIFERE POREUX
mio-plioe: ' nE'
Q
u
[Link] 1 .=---t-, :i
o FIG. 2.4: log stratigraphique de
u
Gabès-sud. Sous le Moi-
o 1
pliocène, on remarque le
A. KARSTIQUE Coniacien calcaire (horizon A),
~
U l'aquifère principal de Gabès-
ait. marno-c.-g. 1 g~~~ :i sud.
o
u
1-
'--=~;;;=-~----;;;;;;;;--";=:;~r-I Ks
A. KARST. SECONDAIRE
zw
Z
dolomies massives o
ex:
::l
1-

z
«
:2
oz
w
U
~
'--:;~~::==----1
cale., dol., grès, argiles c=~~~~
1
.....J
c:(
Ki
U
o
arglla-détritlque ._. . ~
UJ
Z
TERASSES

CROÛTE CALC.-G.

MIO-PLIO.
Callovien karstifjé 1 ~
ait. marna-calcaire ~ GYPSE
1-- J
GRES
ait. marno-calcaire
CALCAIRE

Tr-PC DOLOMIE

20
2.7 CARTE GEOLOGIQUE DU BASSIN VERSANT DE GABES-SUD

\~ §
HOLOCENE sebkhas
HOlOCE NE "loess" Çl réce n~
HOlO. !NF., PlEISTO. SUP-litrons argllo1lypseux (er.)

o HOlOCENE-.2l1uvions (er.)
o PlEISTO. M._timons de Matmata
o PlEISTO. INF./ PLiO-MI0o..3!'9iles gypseuses
o CAMPANIEN, CONIACIEN calcaire

§ CONIACIEN, TURONIEN2Iïem. mamo-calcaires


TURONIEN, CENOMANIEN.,joL
CENOMA.2 rgiles, dolomies,gypses, calcaires
AlBIEN SUP. dolomies
.BARREMIENSUP.

N12
'N13
1'., '14

15 km

FIG. 2.5: carte géologique du bassin versant global de Gabès-sud (GIS export).
L'ellipse noire localise le terrain d'étude. La droite blanche est la faille de Matmata
Nouvelle, tel qu'elle est positionée sur les coupes. OTe, 1987.

La carte géologique montre clairement le domaine de la Djeffara au nord-est


(comprenant le terrain d'étude), le domaine des piémonts couvert de « loess» (ou
limons de Matmata) au centre-ouest et le domaine de la chaîne du Dahar, à l'est de
Matmata.
La carte géologique a été colorée de telle manière que les terrain peu
perméables de la Djeffara soient dans les tons bleu-gris et rouge, alors que les
terrain perméables sont en jaune (lits d'oued).

La carte géologique différencie les « dépôts éolien» des limons de Matmata ;


selon R. Rouatbi (1967), ces deux termes sont synonymes.

21
2.8 COUPES GEOLOGIQUES

Les coupes présentées ci-dessous sont reprises de séries de sondages


électriques (en bleu), faites à travers Gabès-sud par la DGRE. Elles ont été modifiée
en regard de la littérature géologique sur la région et des valeurs de résistivité. Leur
position figure sur la carte géologique ci-avant. Ces coupes sont localisées sur la
carte géologique ci-avant (FIG. 2.5).

2.8.1 COUPE 12
-;ai FIG. 2.6: coupe géologique septentrionale
~ du terrain d'étude. Modifiée d'après la
<tl
"8 coupe N°12 d'analogie électrique de
100m ----+=-=::::::::::= - I 1 f - - - - - - - - , . . . - - - ' " Gabès-sud, OGRE.
[Link] es CON.
Sam --"----4----I1f--------1f---=-----1--fI.,..-~~-------------___1

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-Sam - - - - " f - - - - f l - - - - - - - + - - - . . . . ; ; - - ; - f - - - - - - - - - - - - - - - - _ j
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-100m ----~I.I_---~~~.t-----4+----------------..........J
tnarn
D-gYfJseux Co
Il W.
:Tl
~
o
2.8.2 COUPE 13
FIG. 2.7: coupe géologique septentrionale
du terrain d'étude. Modifiée d'après la
9346
coupe N°13 d'analogie électrique de
Gabès-sud, OGRE.

calcaires TURON.

1lI
Dm -+--+---l-----+----H-~~--f-.,---_-'?'-=--_o____:_-____lle::___-::?_'ier.._::=--
, ...----...,:-=---=-_----'l. ~
- ----'.~ . ()

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-100m_-+-~---+..r:n--H--------·'---..!---"",
220m
.. ~.-f------+----+----=------------'
"7

4.5 kml

22
2.8.3 COUPE 14

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100m
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calcaires TURON. iil'
7311 -.....- c._ _-1 -g
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13530
209m
;Tl
;;: 4.5 km
z 1 l "s:0 66-17
-n
:.:::0

FIG. 2.8: coupe géologique centrale du terrain d'étude. Modifiée d'après la coupe N°14
d'analogie électrique de Gabès-sud, OGRE.

La faille de « Matmata Nouvelle» n'observe pas la même position sur les


coupes que sur la carte géologique; cela est dû au fait que les auteurs des coupes
et de la carte géologique sont différents. On peut voir le tracé de la faille de Matmata
Nouvelle tel qu'il est adopté pour cette étude sur la carte géologique (FIG. 2.5). C'est
une faille normale avec un rejet de plusieurs centaines de mètres.

23
CHAPITRE 3

Forage profond artésien, 1934

24
3 HYDROGEOLOGIE

La première partie de ce chapitre présente brièvement l'entité du Continental


Intercalaire, la seconde traite des aquifères locaux dans la région de Gabès-sud, qui
sont l'objet de notre étude.

3.1 HYDROGEOLOGIE REGIONALE

3.1.1 LE CONTINENTAL INTERCALAIRE

3.1.1.1GEOLOGIE DU CONTINENTAL INTERCALAIRE

L'entité appelée Continental Intercalaire (C.I.)est un groupe de quatre


lithologies aquifères d'âge crétacé inférieur, regroupées en raison de leur extension
latérale semblable (PNUD, 1972), qui est de 600'000 km 2 , et de leur continuité
hydraulique (EDMUNDS et al., 2003) Cette surface est répartie entre l'Algérie, la
Tunisie et la Lybie. L'épaisseur de cette entité est de 250 mètres en moyenne sur
toute l'étendue saharienne (MAMOU, 1990), son épaisseur maximale est supérieure
à 1500 mètres. Le C.1. reposent dans un bassin intra-cratonique en pile d'assiettes,
qui est brièvement décrit ci-dessous.

SAHARA ORIENTAL
sw COUPE GEOLOGIQUE Aig. Tun.
NE
1000

-500

10·00

_ 1 0 0 km
-1500

D PI~IO-QUAT. o CONIACIEN D [Link]

D COMP. TERMINAL D TURON. EVAP. NEOCOMIEN

o CE=NOMANIEN MAlM

FIG. 3.1 : géologie du bassin intra-cratonique contenant les lithologies aquifères du


Continental Intercalaire. On remarque au sud-ouest le plateau du Tademaït et au nord-est
la chaÎne du Dahar. Au centre les failles orientée NS de Amguid, permettant une
drainance verticale avec le Complexe Terminal (d'après British Geological Survey, 1997).

25
Le Continental Intercalaire est superposé au Néocomien gréseux (grès
wealdiens), lui-même superposé au Malm qui est composé de marnes, calcaires et
dolomies.
L'âge du C.1. est albo-aptien ; l'Aptien est une dolomie sur toute l'étendue du
bassin; par contre, les lithologies aquifères sont diachrones: dans sa partie
algérienne, les grès sont albien, alors que dans sa partie tunisiennes, ils sont
néocomiens ou barrémiens (MAMOU, 1990).
Au-dessus du C.1. se trouve le Cénomanien argileux (présence d'évaporite), le
Turonien dolomitique (gorgé d'eaux salée) et le Coniacien marno-gypseux. Ces
unités forment un aquitard entre le C.1. et le Complexe Terminal (C.T.), qui est un
ensembles de formations aquifères d'âge crétacé supérieur, tertiaire et quaternaire.
Le C.T. est constitué de formations calcaires et gréseuses, confinées par un mio-
pliocène argileux. Ces deux entités sont connues sous le nom de « North Western
Saharan Aquifer System », NWSAS (SIEGFRIED & KINZELBACH, 2003).

La figure ci-dessous expose les extensions géographiques du C.1. et du C.T :

Gabès

500 KILOMETRES

FIG. 3.2 : extensions spaciales des C./. et C. T. ; en vert foncé, les affleurement du
C.I., en vert clair, les affleurements du C. T. En blanc, la région des Chotts. Le trait bleu
situe la coupe de la figure précédente. D'après l'At/as Géologiques Mondial, UNESCO,
1976 & BABASSY M., 2003 (OSS).

En s'approchant des Chotts, les formations du Continental Intercalaire


(Barrémien) s'épaississent et se dédoublent; on distingue, de bas en haut, les
formations suivantes: les grès de Kbar el Adj (200-450m), les grès argileux du Chott
(100-250m), les argiles de la série de Kliker (50-230m), les grès à bois (1-550m) et
les argiles gypseux de Limagess (250-300m) ; le toit de cette dernière est limité par

26
la dolomie aptienne. Le passage vers la Djeffara se marque par la disparition des
faciès détritiques et la prédominance des faciès argileux sur les carbonates.

[Link] LE SEUIL DE« EL HAMMA»

La région des Chotts se termine à l'Est par le « seuil» de El Hamma (cf. FIG.
3.2). C'est notamment à travers ce seuil que les eaux du C.1. s'écoule vers la
Djeffara. La coupe géologique au-travers du seuil de El Hamma ci-dessous montre
que les grès de Kbar el Adj de la région des Chotts sont limité par les marnes
campano-cénomaniennes.
Le passage des eaux vers la Djeffara est possible grâce aux failles orientées
SW-NE, et par abouchement entre les grès de Kbar el Adj et le Turonien dolomitique
très karstifié (B. Abidi, pers. com.), à la faveur d'un pendage descendant contre le
sud. Ce Turonien karstifié fait office de relais hydrologique entre le C.1. et le
Coniacien calcaire (=Sénonien inférieur calcaire) qui est l'aquifère principal au niveau
de Gabès-sud.
Les charges hydrauliques du CI à l'amont du seuil sont aujourd'hui à plus de
200 mètres d'altitude (MAMOU & KASSAH, 2002), alors qu'à l'aval elles sont à
quelque 55 mètres d'altitude (DGRE, 1962 + 1988). Ces pertes de charge
remarquables sont sans doute dues aux réseaux de failles et aux fuites à travers
celles-ci jusqu'en surface (zone de sources).

OUEST ({U)f [Link] CHOIT El fflf;) ~6(rsj-otlE8T'


EST

400
~ .. :2

JOO

:?Oll

100

100

2UO

300

~oo -
500

600

700

l'lUlJ
000
t&I
1000

11011

1:200 1
1300

1-400
CHOn ElR:IJ
):;00 1
o mIoc:ilne sabIewl Cl ~:.-[Link]"'"0 M!nunIIm Inr ~ 0 sénoriBn ln, ~ turonien doIomIé

E5J c~ ,1MIToM UIcah et!M*'S 0 [Link]-aptIl!n:eaWre - - - et.., 0 cun{i1.,ltlJl .argIes et Wéo.;

FIG. 3.3: coupe géologique du seuil de El Hamma (ABIDI B., DGRE, 2003). Localisation
de la coupe sur la figure 2. 1

27
[Link] AIRES DE RECHARGE ET EXUTOIRES

Sur la figure suivante, les aires de recharge ainsi que les exutoires de la
nappe du Continental Intercalaire sont exposés.
ATlAS
SAHARIEN

30·

500 KILOMETRES

FIG. 3.4: les affleurements du Continental Intercalaire figurent en brun,. les


linéaments de failles sont en jaune et les Chotts en beige. Les lignes de flux sont en
bleu clair. Les deux exutoires de la nappe sont la région des Chotts et la région de
Adrar (Reggane) en Algérie centrale (extrême est du Plateau du Tademaït). La
chaÎne du Oahar et la mer limite la plaine de la Ojeffara. Le Complexe Terminal ne
figure pas sur le schéma,. son extension est limitée par les affleurements du
Continental Intercalaire. D'après l'Atlas Géologiques Mondial, UNESCO, 1976,.
BABASSY, 2003 (OSS) et BEN BACCAR B., 1982.

Les aires de recharge du Continental Intercalaire sont le Sahara algérien, le


Oahar occidental, le plateau de Tademaït et la Hamada de Tinrhert; plus au sud, les
régions du Tassili et du Hoggar participent également à la recharge (EDMUNDS et al.,
2003). Les exutoires naturel sont la région des Chotts, située au nord-est de la
nappe, et la région de Reggane en Algérie centrale, au sud-ouest de la nappe. Un
« Chott }} est la région entourant une sebkra et qui possède des sols particuliers.

Dans la région du Chott Fedjedj (péninsule est du Chott de l'est), les charges
sont positionnées jusqu'à 217 mètres au-dessus du terrain naturel, dans les séries
gréseuses de Kebeur el Hadj (MAMOU, 2002).

28
[Link] AGE ET "rEMPERATURE DES EAUX DU Col.

Les â~es des eaux du Continental Intercalaire, déterminés par l'analyse des
teneurs en 1 C, montrent des valeurs qui sont à la limite de détection pour la partie
algérienne confinée : ces valeurs sont de 46'000+/-12'000 ans. Dans la partie proche
du Dahar et du Chott El Djerid (partie ouest du Chott de l'est), les âges sont plus
faibles, en raison d'une recharge d'eau plus moderne; ces âges-là sont de 9950+/-
330 ans.
Les conditions climatiques régnants à l'époque de la recharge du C.1. étaient
caractérisées par des températures moins élevées et des taux d'humidité plus
grands (Mamoud A., 1990).
Les températures calculées en profondeur peuvent atteindre 94°C (EDMUNDS
et al., 2003).

[Link] HISTORIQUE

La région des Chotts a fasciné les explorateurs du siècle passé, parce que
ses régions à l'ouest sont en-dessous du niveau de la mer üusqu'à - 35m), et que
les saumures des Chotts, sous une cuirasse de sels fragile, ont englouti plus d'une
caravane. Ferdinand de Lesseps, à l'origine du creusement du canal de Suez en
1869 et concepteur du canal de Panama, tenta à la fin du siècle passé, sans succès,
de creuser un canal à travers le seuil de El Hamma, afin d'ennoyer la région des
Chotts dans le but de créer de l'humidité et , bien sûr, de dynamiser le commerce par
voie maritime (LETOLLE & BENDJOUDI, 1997).

29
3.2 HYDROGEOLOGIE LOCALE

La Djeffara est le nom donné à la plaine côtière, de Tripoli à Gabès. Cette


dénomination regroupe les aquifères poreux supérieurs, d'âge quaternaires et mio-
pliocènes, qui sont libres ou semi-confinés, ainsi que les aquifères calcaires
profonds, qui sont confinés par les argiles mio-pliocènes dans la région de Gabès-
sud; au total, cinq lithologies aquifères sont réunies sous le nom de Djeffara (PNUD,
1972). Nous nous intéressons ici à l'aquifère superficiel moi-plio-quaternaire et à
l'aquifère profond principal de Gabès-sud.
3.2.1 AQUIFERE SUPERFICIEL (S)

En analysant la carte géologique (cf. FIG. 2.5) on remarque que l'aquifère


superficiel est essentiellement formé par le quaternaire alluvionnaire; le mio-
pliocène, beaucoup plus argileux, ne fait partie de l'aquifère superficiel que par
des niveaux conglomératiques éparses, nous les négligerons par souci de
simplification du système.. Ces deux entités sont bien entendu connectées, les
oueds ayant creusés leur lit dans le mio-pliocènes. L'aquifère quaternaire peut être
considéré comme une nappe libre, alors que les niveaux conglomératiques mio-
pliocènes sont confinés. D'un point de vue général, l'aquifère superficiel est donc
semi-confiné.

PIEZOMETRIE DE L'AQUIFERE SUPERFICIEL,


MAI 1978
U points d'échantillonnage

/10
20
30
40
IV,~
60
/\/70
IV
AI FAILLES

15 km

FIG. 3.5: isopièzes de la nappe superficielle de Gabès-sud, 1978; trait noir:


localisation de la coupe de la FIG. 3.6; en rouge, limites de terrain de mission.
(modifié d'après la carte piézométrique de Gabès-sud, D.G.R.E., 1978)

30
[Link] PIEZOMETRIE (S)

Les isopièzes de la nappe superficielle de 1978 sont exposées sur la figure


3.5 (les équidistances sont de 10 mètres) :
L'écoulement général est oritenté des piémonts vers la mer avec un gradient
hydrodynamique de l'ordre de 40/00.
On remarque aussi qu'il existe un écoulement depuis les piémonts vers le
nord-ouest et ce malgré une augmentation de l'altitude de la surface du sol selon
cette direction. Plusieurs explications peuvent être proposées: il pourrait exister une
zone de recharge préférentielle par infiltration depuis la surface; il pourrait aussi
exister un lien entre ce dôme piézométrique et la structure de l'aquifère superficiel.
En analysant les pendages du toit du Coniacien calcaire, à la base des
formations mio-pliocènes contenant la nappe superficielle, la coupe suivante a été
établie. Cette figure montre que le pendage est sub-tabulaire au sud-ouest. Il plonge
franchement contre le sud- ouest plus au nord (cf. FIG. 2.7). Cette structure permet
l'inversion de gradient de la nappe superficielle que l'on remarque sur la figure qui
suit.

sw NE

-..;'":.. -
...-.............. ....... -... -.....
SOm

FIG. 3.6: la structure du toit


de la formation calcaire influe Dm
sur les niveaux de la surface calcaires CON.
piézométrique de la nappe
superficielle, dont les
formations aquifères sont mio-
pliocènes (en gris).
Localisation de la coupe dans
la figure précédente. Source: "~
OGRE. 4.5 Km o
1

[Link].1 VARIATIONS SAISONNIERES 1 A LONG TERME (S)

La figure suivante affiche les niveaux piézométriques de juillet 2003 et de


septembre* 1995, ainsi que la position des puits de référence (*septembre est le
mois supposé de la collecte des données, la date exacte ne figurant pas dans le
document (BEN AMAR, 1996)) :
L'année 2003 est déficitaire en précipitations et fait suite à quatre années
déficitaires. L'année 1995 est fortement excédentaire, mais elle aussi fait suite à
quatre années déficitaires (cf. annexe 1.1).
La collecte des données en 2003 s'effectua durant la saison sèche; celle de
1995 a vraisemblablement été réalisée au début de la saison des pluies. L'influence
d'une forte pluviométrie en 1995 n'a donc pas dû avoir d'effet sur la piézométrie de
1995 considérée ici. Par ailleurs d'après les données disponibles, la variation

31
saisonnière maximale est de l'ordre de 1 mètre (ANNUAIRE PIEZOMETRIQUE
2001, 1995).
La figure 3.7 montre une baisse de niveau de la nappe de l'ordre de 5 mètres
entre 1995 et 2003. Afin de s'affranctlir des variations saisonnières en comparant la
piézométrie de ces deux années, une hauteur de 1 mètre a été retranchée des
niveaux mesurés en 1995. Il semble donc qu'une baisse de 4 mètres soit significative
pour la nappe superficielle sur ces dernières années. Cette baisse peut être liée soit
à une baisse de la recharge liée en
particulier à une baisse de la pluie .
~
EPTEMBRE 1995 .
soit à l'augmentation de l'exhaure.
JUILLET 2003
Les sous-sections qui suivent
présentent des estimations de ces //1
deux terme du bilan hydrologique
de la nappe. Co;, :- .L- -----r-'~.-'-)~ ~

S{J m 1

"'. 1
........
CJ:: '. 1
--r-_ _..---'--
' ~ .. ,
u..;=.L.._~~ _____'_L__
1 ~•• km
10 16.5

1 MESURE PONCTUELLE
NAPP SUP._S P __ 1995
NAPPE SUP._JUILLET_03
lt extrapol~ 1 .. 2,3"*', 4-- NAPPE PROF._1962.8B.9::>~,03'"

FIG. 3.7: (en haut, cadre) localisation des puits de référence choisis afin de
connaÎtre les variations piézométrique de la nappe superficielle (profil
approximativement perpendiculaire au équipotentielles). Les niveaux 95 et 03
de la nappe profonde sont extrapolés des valeurs de 1962 et 1988 (cf
annexe 3.1). Les failles rencontrées sur le tracé du profil sont indiquées à la
base de celui-ci. L'ellipse rouge localise la zone d'inversion des drainances
entre les nappes superficielles et profondes.

32
[Link] DONNEES DE POMPAGE (S)

D'après les données disponibles, la totalité des débits pompés dans la nappe
superficielle aurait été de 10,4 Mm3 en 1996 (ANNUAIRE DE L'EXPLOITATION DES
NAPPES PHREATIQUES, 1996) et en 1998 (CNEA, 1998). Elle aurait augmentée
jusqu'à une valeur de 12 Mm 3 en 2000 (SITUATION DE L'EXPLOITATION DES
NAPPES PHREATIQUES, 2000).
En extrapolant ces valeurs de manière linéaire, on obtient une estimation du
débit de 10.4 Mm 3 en 1995 et de 14 Mm3 pour l'année 2003 (cf. annexe 3.7).

[Link] DONNEES DE RECHARGE (S)

[Link].1 PLUVIOMETRIE, CRUES ET INFILTRAllON EFFICACE

Les données concernant les précipitations de l'année 2002-03 ne sont pas


disponibles, mais il est clair que c'est une année déficitaire (B. Abidi, pers. comun.).
Les années 2000-01 et 2001-02 ont été fortement déficitaires (80 et 111 mm). Ainsi,
estimer que la pluie pour 2003 est de 150 mm paraît raisonnable. Effectivement, il
est probable, en regard des 50 dernières années, que la hauteur de pluie de l'année
2002-03 ne retombe pas en-deçà de la limite des 100 mm (cf. annexe N°1.1).
Les données concernant les précipitations mensuelles de l'année 1995 faisant
défaut, ces valeurs ont été estimées en fonction des pluies mensuelles moyennes
calculées sur une période de 109 ans, et sur la pluie cumulée des années
pluviométriques 1994-95 et 1995-96 (cf. annexe N°3.11). La hauteur de pluie ainsi
obtenue pour 1995 est de 377 mm.

L'infiltration efficace (le volume des pluies qui parvient à la nappe) a été
quantifiée par A. Mamou dans sa thèse (1990). Ce dernier avance le chiffre de 11%
de la pluie annuelle moyenne, dans le cas de présence de sédiments peu
perméables favorisant le ruissellement et la concentration des eaux dans les zones
basses (Quaternaire, Mio-pliocène). Par contre, en l'absence de sédiments peu
perméables favorisant la concentration du ruissellement vers les zones basses,
l'infiltration efficace serait de 3.2% (calcaires, sables).
Ces deux pourcentages sont calculés par Mamou de deux manières: (1) sur
l'observation des variations de la surface piézométrique d'une nappe non-exploitée
du sud-tunisien (Oum el Khialet), proche de notre terrain d'un point de vue climatique
et géologique, dont les sorties se font uniquement sous forme d'évaporation.
La formule utilisée par Mamou pour le calcul du pourcentage d'infiltration sur
l'ensemble de la nappe de Oum el Khialet est la suivante (nous postulons A et S de
l'étude de A. Mamou comme proportionnels aux A et S de notre terrain, car les
chiffres utilisés par A. Mamou ne sont pas connus).

A * ~h * el
infiltrationeff. = ----------*100 (équ. 1)
S*p
A : surface de la nappe (L 2)
~h : variation piézométrique (LT 1)
el: porosité
S : surface du basin versant (L2)
P : pluie moyenne annuelle (LT1)

33
Mamou (1990) a utilisé d'autre part la variation du débit d'une source de trop-
plein par rapport aux pluies à Aïn el Guettar pour calculer l'infiltration efficace; cette
source est l'unique exutoire d'une petite nappe.

~Q
lnfiltrationeff = ------------- (équ. 2)
V
~Q : augmentation du débit de la source (L 3 r1 )
V: vol. des pluies tombées sur le [Link]. (L ~-1)

Ben Baccar (1982) estime quant à lui une infiltration efficace de 10 à 24% lors
que le terrain permet un fort ruissellement. Les fortes différences entre les chiffres
montre sans doute que les résultats sont dépendant de fortes variabilités spatiales et
d'un large spectre d'intensité de pluies, ainsi que d'une évaporation hétérogène.

En se référant aux calculs de Mamou (1990), le coefficient de 10% est adopté


pour notre terrain (présence de calcaires sur le bassin versant). Les valeurs de
recharge par infiltration diffuses sur la surface du sol sont alors estimées en 2003 à
15.4 Mm 3 - surface du bassin versant: 1028 km 2 (cf. FIG. 3.8), pluie totale de 150
mm. Le volume infiltré dans la nappe superficielle durant l'année 1995 est de 38.8
Mm 3 (pluie totale de 377 mm, cf. annexe 3.11).
L'apport annuel moyen des crues à la nappe superficielle est de 1.067 Mm 3
(cf. annexe 3.9). Cet apport représente l'infiltration dans les terrains mio-pliocènes
contenant la nappe.
Il est intéressant de constater que la partie de la recharge provenant des
crues des oueds représente 7% de l'infiltration efficace sur l'ensemble du bassin
versant en 2003.

[Link] DRAINANCES (S-P) 20m

Sur la figure 3.9, on remarque une


inversion de la différences de charges
hydrodynamiques entre les nappes 10m L..--""---

superficielle et profonde de l'amont vers l'aval.


A l'intérieur des terres, la nappe
superficielle a une charge supérieure à
celle de la nappe profonde, alors qu'à 20m

proximité de la côte, c'est l'inverse. Cette


ligne d'inversion se situe environ sur la courbe
de niveau des 30 mètres d'altitude (cf. FIG.
lOm L..--_
3.8). Cette limite ne se déplace pratiquement
pas latéralement entre 1995 et 2003 (cf. FIG.
3.7). Cette limite remonte vers l'amont topographie coupe
localement dans les vallées; Il est plausible
qu'elle recule jusqu'à la faille de Médénine, qui FIG. 3.7': schématisation de la
est aux alentours de la cote des 50 mètres pénétration de la ligne d'inversion des
d'altitude, en regard du principe expliqué sur la drainances dans les terres, grâce à la
figure 3.7' (cf [Link].2 : influence de la nappe pente du plan incluant cette droite couplée
profonde sur la nappe superficielle, à travers la aux enfoncements des vallées.
faille de Médénine).

34
Afin de calculer les flux de drainances de part et d'autre de la ligne d'inversion,
il est nécessaire tout d'abord de relever que la ligne d'inversion ne se déplace
pratiquement pas entre 1995 et 2003; cela est dû au fait que les deux nappes ont
baissé de concert (cf. FIG. 3.7).
D'après la loi de Darcy (1856), les drainances de la nappe profonde en
direction de la nappe superficielle, en aval de la ligne d'inversion, s'élèvent à 0.57
=
Mm 3 en 1995 (K = 10-9 m/s), hl (ép. argileuse 90m; MAMOU, 1990). En 2003, elles
s'élèvent à 0.32 Mm3 (cf. annexe 3.3).
En amont de la ligne d'inversion, les drainances de la nappe superficielle en
direction de la nappe profonde sont de 6.3 Mm 3/an en 1995 comme en 2003 (ép.
éponte argileuse =15m) ; effectivement, le niveau de la nappe superficielle amont ne
semble pas bouger de 1995 à 2003 (cf. FIG. 3.7) ; de plus, en amont de l'aquifère
profond, les charges sont de 55 mètres et restent stables de 1995 à 2003 (cf. FIG.
3.11+3.12).

# PUITS N. SUP.
It PUITS N. PROF.
15 km
CALCAIRES
o MIO-PLIO. (PEU PERM.)

LIMITE DES CALCULS DE VOLUME


A
DE LA NAPPE SUP. (550 km 2)

FAILLES

FIG. 3.8: vert et rouge, bassin versant global de la nappe sup. : vert = Mio-plio-
quaternaire (772 km A 2). Rouge = calc. Crétacés (256 km A 2). Bleu = extension du bassin
=
hydrogéologique de la nappe prof. (832 km A 2). Cadre noir aquifère profond théorique
(550 km A 2). Ligne jaune fine = ligne d'inversion des drainances entre nappes sup. et prof..
Ligne jaune grossière (faille de Matmata Nouvelle) = position de la section à travers
laquelle se fait la recharge provenant du Continental Intercalaire et des eaux de surface
infiltrées dans les zones bleues et rouges dans les différents aquifères confinés de
Gabès-sud (cf. [Link]). Calcul automatique des surfaces par le logiciel GIS. D'après
PNUD,1971.
35
On remarque que les drainances vers le bas (amont) sont 11 x supérieures
aux drainances vers le haut (aval) en 1995. De 1995 à 2003, les drainances vers le
haut (aval) diminuent à peu près de moitié, alors que la situation à l'amont ne change
pas. Les estimations des épaisseurs de la formation aquitard se réfèrent à la
littérature (MAMOU, 1990). L'aquifère superficiel correspond au quaternaire, les
lentilles de matériel grossiers du miopliocène étant négligées par souci de
simplification
La figure ci-dessous synthétise la situation:
1ron

~
'E"
p .•
7
:!"......- .. o

• 1

··"'··\11

FIG. 3.9 : schématisation du


système d'aquifères, avec un
aquitard à travers lequel des
drainances ont lieu (mio-plio). En
amont de la cote des 30 mètres,
les drainances vont vers le bas,
en aval, vers le haut. K en mIs.

[Link] ESTIMATIONS VOLUMETRIQUES (S)

[Link].1 VARIATION DE VOLUME DE 1995 A 2003

Le niveau de la surface piézométrique de la nappe superficielle accuse une


baisse de 4 mètres entre 1995 et 2003 (cf. [Link].1). Sur la figure 3.7, il apparaît
que cette baisse de niveau n'existe vraisemblablement que sous la cote des 55
mètres d'altitude et au-dessus de la cote des 10 mètres d'altitude (surf. = 216 km 2 ).
D'après la carte géologique, la proportion surfacique de l'aquifère serait de
35%. Le reste est occupé par un mio-pliocène principalement argileux (cf 2.4). En
retenant une baisse piézométrique de 4 mètres et une surface de 220 km 2 , la
diminution du volume d'eau est de 7.7 Mm3 (cf. annexe 3.8).
Dans les 35% de volume estimé comme étant aquifère sur la carte
géologique, seul 10% de ces 35% sont considéré comme étant réellement les
lithologies aquifères; cette estimation se base sur le fait que le quaternaire aquifère

36
est représenté par des terrasses alluvionnaires dont les chenalisations sont les
lithologies aquifères, le reste étant argilo-silteux (cf. 2.5.2)

[Link].2 ESTIMATION DU VOLUME TOTAL DE LA NAPPE (S)


3
En regard de l'annexe 3.10, le volume total de la nappe s'élève à 222 Mm
(772 km 2 avec ép. de 30m saturée, cela en aval de la faille de Matmata Nouvelle;
ép. de 10m saturée en amont de cette faille. Porosité = 25%).

[Link] BILAN SYNTHETIQUE (S)

Aux valeurs d'infiltration ont été retranché 1.2 Mm3 en raison de l'évaporation
de la nappe, qui est fonction de la profondeur de la surface piézométrique (10m en
moyenne), en fonction de l'équation suivante: Emm = 63*Zn,-1.5 (COUDRAIN A. et al.,
1998). De plus, une approximation du flux en mer a été calculée avec l'équation de
Darcy, sur une longueur de côte de 32 kilomètres et une hauteur d'aquifère de 60
mètres (K = 10-5 (K=10-3 pour l'aqu. sup., mais la sédimentation vers la mer est plus
argileuse; gradient hydraulique = 4%0) : ce flux à la mer (M) est de 2.42 Mm3/an.

Ci-dessous sont exposés les différents chiffres obtenus précédemment:

Mm A 3Ian Infiltr. Drain. + Pomp. Drain. - Mer dV


1995 37.6 0.57 -10.4 -6.3 -2.42 19.05
2003 14.2 0.32 -14 -6.3 -2.42 -8.2
TABLE 3.1 : bilan de l'aquifère superficiel en 1995 et
2003

Equation du bilan sur un an : 1995 : - ( P + D -+ M ) + 1 + D+ ::: dV ::: + 19.05


2003: - 8.2

Entre 1995 et 2003, on remarque que d'après les estimations avancées,


l'infiltration aurait été de 23.4 Mm3 plus faible en 2003 qu'en 1995, alors que le débit
pompé aurait augmenté de 3.6 Mm 3 et les drainances alimentant la nappe
superficielle diminué de 0.25 Mm3 .

La baisse des flux de drainance provenant de la nappe profonde n'influe que


de +/- 1% le bilan des volumes. La baisse de niveau de la nappe superficielle est due
principalement au déficit de recharge météoritique et à une augmentation des débits
de pompage.
On remarque que la baisse pluriannuelle de 7.7 Mm3 est du même ordre de
grandeur que les variations de volume calculées pour 1995 et pour 2003.

Le bilan est exposé de manière graphique sur la figure suivante.

Le taux de renouvellement des eaux de la nappe passe de 7 ans en 1995 à 17 ans


en 2003 (somme des flux entrants / Vtot. d'eau).

37
37.6
10.4 14
14.2

15

2.42 2.42
FUITE FUITE
EN MER EN MER

1995 200.3
I1V= + 19.05 I1V= - 8.2

_--,,-1 AQUIFERE SUPERFICIEL (MIO-PLIa 1 QUATERNAIRE)

EPONTE ARGILEUSE (MIO-PLlO)

AQUIFERE PROFOND (CONIACIEN)

FLUX

FIG. 3.10: bilan comparatif entre les années 1995 et 2003 (Mm 3).

[Link] DISCUSSION (S)

On remarque en 1995 que la recharge excède les volumes pompés, ce qui


n'est plus le cas en 2003.
Les sources d'erreur principales du bilan sont (1) au niveau de l'infiltration
efficace: les pourcentages assumés des pluie totales, qui peuvent être supérieurs de
10 % par rapport aux chiffres proposés par A. Mamou (Ben Baccar, 1982). Ainsi, le
volume d'infiltration pourrait être doublé. (2) Au niveau des drainances, en fonction
de la conductivité choisie. (3) Au niveau des fuites en mer: une magnitude de 10
peut provenir d'un choix différent de K. Ce flux dépend également des volumes
entrés dans le bilan.
On remarque cependant qu'avec les chiffres retenus, les variations de
volumes annuelles de 1995 et 2003 sont du même ordre de grandeur que la perte de
volume calculée en regard de la baisse piézométrique entre 1995 et 2003, ce qui
donne une relative fiabilité au bilan tel qu'il est présenté ci-dessus.
L'aquifère superficiel présente deux parties distinctes d'un point de vue
morphologique: une partie dans les piémonts et une autre en aval de ceux-ci. La

38
séparation qui les distingue est la limite sud-ouest de l'aquifère profond (cf. FIG. 3.8).
Cette limite trouve sa justification dans la présence d'une faille normale longeant la
base des piémonts(cf 2.7 + 2.8). En amont de cette faille, l'aquifère est peu profond,
entouré de reliefs calcaires crétacés, les écoulement sont essentiellement sub-
horizontaux. En aval de cette faille, l'aquifère est souvent plus profond (cf. FIG. 2.7) ;
les circulations des eaux sont plus complexes.

3.2.2 AQUIFERE PROFOND (P)

L'aquifère profond qui nous intéresse est le Coniacien calcaire (horizon A) ;


c'est un aquifère confiné; son toit est constitué de plusieurs dizaines de mètres de
sédiments argileux d'âge mio-pliocène. En direction des piémonts, en amont de la
faille de Matmata Nouvelle (cf. 2.8), celui-ci est érodé; plusieurs unités calcaires
cependant sont affleurantes en amont de cette faille et peuvent être considérés
comme le pendant de l'aquifère profond, mais en situation de nappe libre.

[Link] PIEZOMETRIE (P)

Les deux figures 3.11 et 3.12 présentent les isopièzes de la nappe profonde
en 1962 et en 1988. Le cadre noir présente la partie étudiée de l'aquifère profond.
On remarque qu'en 1988, les deux dorsales de la surface piézométrique, qui étaient
visibles en 1962, ont disparues. Les axes des dorsales de la surface
potentiométrique sont relativement bien superposés à certains linéaments de failles,
une circulation préférentielle de l'eau à travers ces failles est sans doute la raison de
ces dorsales aujourd'hui disparues.
Les directions d'écoulement sont devenues homogènes (perpendiculaires à la
côte) et les isopièzes se sont resserrées. De 1962 à 1988, la charge hydraulique a
baissé de plus de 20 mètres au niveau de la côte, soit une baisse moyenne annuelle
de l'ordre de 0.8 mètres.

ISOPIEZE DE LA NAPPE PROFONDE, 1962


(CARTE HYDROGEQLOGIQUE, D.G.R.E)

/ \ / FAILLES

IV UMTE VOLUIIIETRIQUE
DU TERRAIN

# PUITS SUPERFICIELS

• FORAGES PROFONDS

FIG. 3. 11 . isopièzes de
la nappe profonde en
1962 (ConŒden
calcaire).

39
ISOPIEZE DE LA NAPPE PROFONDE, 1988
(CARTE HYDROGEOLOGIQUE, D.G.R.E)

/ \ / FAILLES

N LIMITE VOLUMETRIQUE
DU TERRAIN

1/ PUITS SUPERFICIELS

FORAGES PROFONDS

8km

FIG. 3.12: isopièzes de la nappe profonde en 1988 (Coniacien calcaire).

Cette baisse est liée à l'augmentation des débits de pompage autant dans
l'aquifère profond, que dans le Continental Intercalaire au niveau de Chott El Fedjedj
par exemple (cf. FIG. 3.2). Au niveau de la faille de Matmata Nouvelle (cf. FIG. 3.8),
la charge est de 55 mètres environ, en 1962 comme en 1988 (MAMOU A., 1988 et
D.G.R.E., 1962). Nous postulerons que cette charge est toujours de 55 mètres en
2003, en raison de l'apport indirect du CI par en-dessous des piémonts (via le
Turonien, cf. [Link].1/2) ; comme les charges hydrauliques de celui-ci sont encore
aujourd'hui à près de 200 mètres d'altitude (cf. [Link]), il est raisonnable de penser
que les charges en amont de notre aquifère profond sont restée vers 55 mètres
d'altitude. De plus, les pompages dans l'aquifère profond se concentre vers la côte
(cf. annexe 3.13).
La figure suivante montre que les valeurs du gradient hydraulique ont
augmentée: il était environ 1 0/00 en 1962 et d'environ 2.5 0/00 en 1988. Par
extrapolation linéaire, celui-ci sera de 3.4 0/00 en 2003.
Le flux moyen vers la mer peut être estimé par l'équation de Darcy: En
supposant une valeur de perméabilité K = 10-4 mIs, une ligne de côte de 32
=
kilomètres et une puissance d'aquifère H 60 mètres, et en reprenant les gradients
respectifs des charges (1 0/00 et 2.5 %0), la vitesse de Darcy est estimé à 0.19 mIs en
1962 et de 0.48 mIs en 1988 ; la vitesse de Darcy aurait donc augmenté d'un facteur
2.5 entre 1962 et 1988.
Nous assistons donc à une augmentation de l'hydrodynamisme de 1962 à
1988, du moins localement. On peut également remarquer que l'emploi de la formule
de Darcy sur une distance pluri-kilométrique est crilticable.

40
Om-i
. JCOTE
100m- COUPE 14

-5omT-'--~-==~ • __ e • • • • • • • • • • • • •
\00II0·" ......

Om-;
JCÔTE

FIG. 3.13 : surfaces potentiométriques en 1962 et en 1988 de l'aquifère


profond. La localisation des coupes 12, 13 et 14 se trouve sur la carte
géologique.

[Link].1 VARIATION SAISONNIERES (P)

Les variations saisonnières peuvent atteindre plusieurs mètres, indiquant que


l'aquifère profond est indirectement alimenté par les eaux de surface (ANNUAIRE
PŒZOMETRIQUE 2000/2001). En effet, une faille normale majeure (cf. 2.8.4), située
au pied des piémonts, remonte les calcaires en surface dans les dits piémonts,
permettant, par les affleurements calcaires en amonts de cette faille, une recharge
météoritique de l'aquifère profond.

41
[Link] DONNEES DE POMPAGE ET DE RECHARGE (P)

Durant l'année 2003, 30.43 Mm3 ont été pompés dans l'aquifère profond du
Coniacien calcaire, hOlizon A (cf. annexe 3.2).
Le volume infiltré, calculés selon une pluie moyenne de 150 mm et un taux
d'infiltration moyen de 3% sur toute la surface du bassin hydrogéologique de
l'aquifère profond (1280 km 2 , cf. FIG. 3.8), est de 5.8 Mm3 . La surface concernée par
la recharge d'eau de surface dans l'aquifère profond comprend: le quaternaire
détritique de l'extension du bassin hydrogéologique (cf. FIG. 3.8) et la partie du
bassin versant global de Gabès-sud en amont de la faille de Matmata Nouvelle. La
partie aval contient un Mio-pliocène argileux, dont les drainances au-travers de lui
ont déjà été calculés (cf. [Link]). En amont de la faille de Matmata Nouvelle, le Mio-
pliocène est détritique (cf. 2.4). Nous avons donc sur ces 1280 km 2 une surface de
nature et calcaire et détritique (0 + Mio-plio.). Le taux d'infiltration est de 3.2% dans
les calcaires (MAMOU A., 1990); on adotera un taux de 3% pour l'intégralité de la
surface par estimation.
Les calcaires des piémonts sont en abouchement avec le Coniacien calcaire
(notre aquifère profond) au travers de la faille de Matmata Nouvelle (cf. 2.8.2).
Ce volume n'alimente pas seulement l'aquifère du Coniacien calcaire profond
(horizon A), qui est l'aquifère principal de Gabès-sud et celui auquel nous nous
intéressons, mais également les aquifères inférieurs du Coniacien marno-gypseux
(horizon B) et du Turonien dolomitique qui sont également présents sous Gabès-sud
(cf 2.6). L'annexe 3.6 évalue les proportions de recharges entre les trois aquifères
profonds au travers d'une section au niveau de la faille de Matmata Nouvelle, en
négligeant les volumes infiltrés dans les épontes semi-perméables en-dessous de
Gabès-sud; 90% de cette recharge alimente le Coniacien calcaire profond (horizon
A), ce qui équivaut à un volume de 5.2 Mm3 . Il est ici postulé une recharge dans les
autres aquifères profonds, en regard de la présence de la faille de Matmata Nouvelle
par laquelle les aquifères situés sous le Coniacien calcaire peuvent être alimentés.

Le Continental Intercalaire alimente les différents aquifères (Coniacien


calcaire, Coniacien marno-gypseux et Turonien dolomitique) à travers le seuil de El
Hamma (cf. FIG. 2.3) et par dessous la région des piémonts. Ces flux arrivent au
travers d'une section qui peut être estimée d'une longueur de 70 kilomètres
(MAMOU A., 1990).
En regard des directions de flux (cf. FIG. 3.4), l'apport du Continental
Intercalaire qui alimente notre aquifère profond du Coniacien calcaire (horiz. A) flue
par en-dessous des piémonts (ERESS, 1972).

Cependant, les lithologies du Continental Intercalaire étant absentes sous les


piémonts (ABIDI, 2001), un relais hydrologique à travers les lithologies du Crétacé
supérieur qui sont présentes dans les piémonts est nécessaire (le Turonien
dolomitique est un bon prétendant, cf. [Link].1/2). Selon Abidi (pers. corn., 2003), le
Turonien dans les monts de Matmata est stérile (forages). Cependant, en regard de
la piézométrie (cf. FIG. 3.12), l'eau en provenance du C.1. peut difficilement suivre
des lignes de flux orientées NS, pour venir du Seuil de El Hamma à Gabès-sud. Un
écoulement par en-dessous des piémonts semble donc probable.

En postulant (1) que la recharge des nappes profondes provenant du


Continental Intercalaire flue autant au travers du seuil de El Hamma qu'au travers

42
des monts de Matmata, (2) que le débit de recharge passe par une section longue de
70 kilomètres, dont un tiers environ jouxte notre terrain, et (3) que la proportion de la
recharge totale (2.48 m 3/s en 2003, cf. annexe 3.5) allant dans l'aquifère du
Coniacien calcaire (horizon A) est de 90% (une partie de l'eau peut alimenter les
autres aquifères profonds à la faveur de la faille de Matmata Nouvelle, cf plus haut),
la recharge dans celui-ci est estimée à 23.5 Mm3 .

Dans le sous-chapitre [Link].1/3, une recharge profonde est postulée, en


regard des anomalies de température qui existent aux alentours des failles majeures.
Cette recharge peut provenir soit de l'horizon B du Coniacien calcaire, soit du
Turonien dolomitique profond (cf. FIG. 2.4). L'horizon B du Coniacien calcaire est
plus susceptible, par sa proximité, d'être à l'origine de cette recharge supposée.
L'existence de drainances verticales en direction du Coniacien calcaire
(horizon A) peut trouver son origine dans le fait suivant: les volumes pompés dans
l'horizon B sont quasiment inexistant; comme les origines de la recharge dans les
deux horizons sont identiques (bassin hydrogéologique identique, recharge
provenant du Continental Intercalaire), les charges sont proches, en négligeant
l'influence des pompages. Ainsi, la surface potentiométrique de l'horizon A
s'abaissant en raison des pompages, un gradient se crée entre les charges des deux
horizons. Dans l'annexe 3.4, cette recharges est estimée à 6.2 Mm3 (baisse
occasionnée par les pompages: 18m ; surface théorique de l'aquifère profond: 550
km 2 ; !'<éponte argileuse =10-9 ; épaisseur de l'éponte = 50m).

[Link] BILAN SYNTHETIQUE (P)

Une approximation du flux en mer a été calculée avec l'équation de Darcy, sur
une longueur de côte de 32 kilomètres et une hauteur d'aquifère de 60 mètres (K =
10-5· gradient hydraulique = 0.34%) : ce flux à la mer (M) est de 6.5 Mm3/an. ·une
conductivité d'une magnitude 10x plus petite que l'aquifère lui-même a été postulée,
en raison des sédiments peu perméables déposés à son exutoire sous la mer
(sédimentation argileuse postulée).

Le tableau 3.2 et la figure ci-dessous résume la situation :

Equation du bilan sur un an : 2003: - ( P + 0 -+ M ) + 1 + CI + 0+ = !J.V = 3.95

[Link] ESTIMATION VOLUMETRIQUE (P)

Le calcaire de l'aquifère profond est fortement karstifié (Ben Baccar B., 1982),
une porosité de 10% est postulée. La surface est de 550 km 2 et l'épaisseur moyenne
est de 60 mètres (cf. annexe 3.12). Le volume d'eau contenu dans l'aquifère est
donc de 3.3 Bm3 .
Le taux de renouvellement de l'aquifère profond est de 94 ans.

La figure 3.14 expose le bilan de manière graphique:

43
PifMONTS 30.43

6.5
DRAINANCES mer
6.2

r-----'
,1 .J1 AQUIFERE SUPERFICIEL

AQUIFERE PROFOND (CONIACIEN CALe, HORIZ. A)

EPONTES ARGILEUSES

CONIACIEN CALCAIRE, HORIZON B

FLUX

FIG. 3.14: bilan de l'aquifère profond pour l'année 2003 (Mm 3). La recharge
provenant du Continental Intercalaire (G.I.) n'a pas été dessinée vers les piémonts
pour des raisons de lisibilités du schéma. Certaines valeurs de drainances sont
reprises du bilan de la nappe superficielle.

[Link] DISCUSSION (P)

Les sources d'erreur dans le bilan ci-dessus sont (1) au niveau des
proportions de recharge, météoritique et en provenance du CI, dans tel ou tel
aquifère; les chiffres avancés dépendent essentiellement des valeurs de
conductivité K adoptées; de plus, les valeurs d'infiltration efficace sont également
une estimation (MAMOU, 1990); ainsi la recharge météoritique peut plus que
doubler en prenant les valeurs d'infiltration de B. Ben Baccar (1982) et un
changement de conductivités. (2) Au niveau des drainances, qui dépendent à

44
nouveau des conductivités adoptées; une marge d'erreur d'une magnitude 10 est à
considérer, également en raison de la présence de failles majeurs existant au travers
de l'éponte argileuse. (3) Au niveau des fuites en mer, K peut également varier d'une
magnitude 10.

Les valeurs d'extraction ont baissées entre 1995 et 2000, selon les annuaires
de l'exploitation des nappes profondes (annexe 3.2). Ce phénomène est dû à la
réduction du nombre de puits artésiens exploités, qui passent de 28 à 22 puits. Ce
phénomène est temporaire, car le volume d'extraction pompé a augmenté de 1995 à
2000 (ANNUAIRE DE L'EXPLOITATION DES NAPPES PROFONDES 1995/2000).
A terme le volume qui sortait par les puits artésien va être inclus dans le
volume extrait par pompage sans doute, et les valeurs d'extractions globales vont à
nouveau augmenter.

La recharge du C.1. diminue de 1 Mm3/an (annexe 3.5) sur la période allant de


1995 à 2003, et le volume d'extraction a diminué sur la même période de 0.3 Mm3/an
(annexe 3.2). Si on postule que les autres termes de drainance et d'infiltration sont
stable, le bilan des deux princir,aux termes, que sont l'apport du CI et l'extraction,
offre un bilan négatif de 0.7 Mm lan.

Le biseau salé de la nappe profonde observe une position off-shore, il se


trouvait à quelque 40 kilomètres de la côte en 1990 (MAMOU A., 1990.).

[Link] CONCLUSIONS

D'une manière générale, on voit que l'hydrodynamisme de la nappe


superficielle décroît, les volumes y transitant ayant diminués de plus de la moitié
entre 1995 et 2003. A contrario, l'hydrodynamisme local de l'aquifère profond
augmente, Darcy nous enseignant que les volumes transitant par l'aquifère profond
sont 2.5x plus grand en 1988 qu'en 1962 (cf. [Link]).

On remarquera la complexité du système étudié ci-avant; la baisse du niveau


potentiométrique de la nappe profonde influant sur les conditions limites, le rendant
plus vulnérable par le biais de l'augmentation des drainances en provenance de la
nappe superficielle. La nappe profonde est cependant moins exposées aux pollutions
potentielles en raison de l'épaisseurs de matériel semi-perméable qui le confine.
Cependant, la présence de failles existant au-travers de la masse argileuse permet
aux nitrates par exemple d'être présents dans la nappe profonde, jusqu'à la hauteur
de 70 mgll (cf. annexe 4.11).
La nappe superficielle est très dépendante des pluies annuelles, alors que la
nappe profonde, qui a plusieurs termes de recharge dont le principal viendrait du CI,
a plus d'inertie volumique.

L'augmentation du régime hydrodynamique semble instaurer un régime de


vidange de la nappe profonde, au vu de la rapidité avec laquelle le gradient
hydraulique croît.

45
CHAPITRE 4

Mesure de l'alcalinité après une session de terrain, Gabès-ville

46
4 ANALYSES DES PARAMETRES PHYSICO-CHIMIQUES

4. 1 INTRODUCTION

L'étude des paramètres physico-chimiques de l'eau d'une formation aquifère


permet de donner des éléments sur l'origine de celle-ci : existence de drainances de
formations aquifères latérales, présence ou absence d'infiltrations des eaux de
surface, différences entre les profondeurs de transit, géologie du sous-sol.
Des données historiques de chimie ou de conductivité, pour autant que le
changement des appareils de mesures n'entraîne pas un changement des mesures
elles-mêmes, sont des indices précieux pour mieux comprendre le comportement
d'un système d'aquifères dans son évolution.

Ce chapitre met donc en valeur, par différentes méthodes, les caractéristiques


chimiques et physiques des eaux échantillonnées. Certaines données chimiques ont
plusieurs dizaines d'années et permettent de dégager les tendances évolutives de
l'aquifère en question.

Les analyses chimiques ont été réalisées dans les laboratoires de chimie de la
Maison des Sciences de l'Eau (MSE) à Montpellier, France. Ces analyses ont été
faites avec la collaboration de M. Jean-Luc Seidel, chimiste.
Les concentrations de bromure ont été déterminées dans le laboratoire de
chimie du Centre d'Hydrogéologie de Neuchâtel (CHYN), au sein de la Faculté des
Sciences de l'Université de Neuchâtel, Suisse.

4.1.1 MESURES SUR LE TERRAIN

L'eau des 23 points d'échantillonnage a été collectés dans des flacons de 500
ml in situ; ces récipients ont été transportés à l'aide d'une glacière jusqu'à Gabès, où
l'alcalinité était mesurée trois à quatre heures après l'échantillonnage. L'eau a été
filtrée (O.4S~m) et stockée dans des flacons de 50 ml. L'eau destinée à l'analyse des
cations a été acidifiée à l'aide d'une goutte de HN03 65%.

Les mesures de conductivité ont été faites sur le lieu d'échantillonnage avec
un conductivimètre wrw (type LF92) dans un premier temps, puis avec un
conductivimètre wrw (type 330i) dans un second temps, dès que le premier
conductivimètre ne donna plus de résultats fiables.
Le pH et la température ont été mesurés sur le lieu d'échantillonnage
également, avec un pH-mètre METROHM (type 704).
Un volume de 500 ml était prélevé à chaque point d'eau, dont 100 ml destinés
aux analyses des ions majeurs. Les 400 ml restants furent utilisés pour la mesure de
l'alcalinité notamment. Cette dernière a été mesurée trois à quatre heures après la
collecte des échantillons, à l'aide d'un titrateur portable digital HACH.
Les températures ambiantes élevées du mois de juillet 2003 sur le terrain de
mission (de 35 à 50°C) n'ont pas permis de conserver les échantillons à leur
température d'origine, malgré qu'ils aient été transportés dans une glacière avec
glace jusqu'au prochain frigo. La mesure de l'alcalinité a par conséquent été faite à
des températures supérieures de 4 à 7 oC en regard de leur température d'origine.

47
4.2 ANALYSE DES PA RAMETRES PHYSIQUES

4.2.1 AQUIFERE PROFOND

[Link] CONDUCTIVlTE (P)

Les valeurs de conductivité mesurées lors de la mission de juillet 2003 sont


cartographiées ci-dessous à l'aide de courbes d'extrapolation:

CONDUCTIVITES
AQUIFERE PROFOND,
2003

poirts d"échanlillomage

3.3 1
3.4
[Link]
3.6 N

FAlLLESN

~N
15km

FIG. 4.1: conductivités de l'aquifère profond, 2003 (mS 1 cm). Les


valeurs figurent à l'annexe 4.2. Fond courbes de niveau d'équidistance
de 10m.

les conductivités de l'aquifère profond sont assez homogènes, variant de 3.3 à


3.6 mS/cm. Ben Baccar (1982) observe des conductivités s'échelonnant entre 3.2 et
3.5 mS/cm. La conductivité la plus grande se trouve dans le forage N°1 (3.65
mS/cm), la plus faible dans le forage N°6 (3.26 mS/cm).
Les deux forages les plus proches de la ligne de côte, le N°22 (3.57 mS/cm) et
le N°13 (3.46 mS/cm) montrent des conductivités supérieures à la moyenne (3.43
mS/cm).
Quatre observations peuvent être faites en regard de la figure précédente:

1) une augmentation des conductivités est visible contre le nord-ouest de la


carte. Ben Baccar (1982) a également observé cette augmentation.

48
.
2) une diminution des conductivités est par contre présente au centre de la
carte.
3) En comparant la carte de la figure 4.1 à la carte des températures, on
remarque que les «faibles» conductivités sont grossièrement situés aux
mêmes endroits que les « basses» températures.
4) Le forage N°1 possède la plus haute valeur de conductivité.

Sur les onze conductivités provenant de la mission de terrain 2003, huit


possèdent dans les archives de la D.G.R.E. leur pendant sur une période allant de
1967 à 1988 (cf. annexe 4.3). Ces mesures sont comparées entre elles ci-dessous:

mS/cm

4 .,.-----r----,.-------,

FIG. 4.2: comparaison des conductivités 3.5 +----t--~"7'"' i 7 1 ' ' - - - - t

2003 avec les conductivités anciennes.


Les symboles de forme carré (2)
représentent des mesures faites sur un 3+-----7'f-----t-------i •
puits symbolisé par un losange (1), mais à
un temps différent après l'enclenchement
du pompage
2.5 +---------1--..----+---------1
2.5 3 3.5 4
2003

Le graphique ci-dessus montre une augmentation des conductivités entre les


valeurs en 2003 et les valeurs d'archives. Cette augmentation est environ de 1
mS/cm au point d'eau N°22. Les points d'échantillonnage N°6, 8, 16 et 20 ne
montrent par contre que peu de changement (ce sont les quatre symboles en
losanges les plus proche de la diagonale).

[Link] TEMPERATURES (P)

Les valeurs de températures en 2003 sont cartographiées ci-dessous à l'aide de


courbes d'extrapolation:

49
TEMPERATURES rOCt
AQUIFERE PROF
JUILLET 2003
'nls d'échanlillonnage

25
25.5
26 /\. )'
26.5 N'~V
27
27.5 N

FAILLES N

,15 km

FIG. 4.3 : températures de l'aquifère profond, 2003 (OC). Les failles surlignées
en rouge sont grossièrement à l'endroit des axes des dorsales de
température. Les valeurs figurent à l'annexe 4. 13.

Les températures de l'aquifère profond varient relativement peu, de 25 à


27.5°C. On remarque que les eaux « chaudes »se trouvent à gauche et en bas de la
carte. L'analyse de la carte inspire trois remarques:

1) les températures dépendent habituellement de la profondeur de captage;


on remarque cependant que les profondeurs maximales, qui figurent dans
l'annexe 3.12, ne correspondent pas aux températures maximales.
2) Les températures «élevées» sont distribuées sur les axes des deux
dorsales de températures principales, en haut et en bas de la carte. Ces
deux axes correspondent grossièrement aux failles surlignées de rouge en
continu. Une dorsale de température secondaire, surlignée de rouge
discontinu, est également superposable à une faille majeure.
3) les grandes distances entre les puits échantillonnées peuvent engendrer
des artefacts; si les dorsales sont considérées comme tel pour cette raison,
et aussi parce que les écarts de température sont petits (1°C), on peut
stipuler que la recharge d'eau de surface fasse baisser la température de
l'aquifère profond. Effectivement, au niveau de la faille de Médénine (cf. FIG.
2.1), les valeurs de charges montre une infiltration possible de l'aquifère
profond par l'aquifère superficiel.

[Link] VALEURS DE pH (P)

Les valeurs de pH sont stables et se situent entre 7.05 et 7.31 ; les eaux sont
donc neutres à légèrement basiques.

50
4.2.2 AQUIFERE SUPERFICIEL
[Link] CONDUCTIVITES (S)

Les valeurs de conductivité 2003 sont cartographiées ci-dessous sous forme


de courbes d'extrapolation:

FAJLLES N
5
6

points d'échantillonnage

FIG. 4.4: conductivité de l'aquifère superficiel, 2003 (mS/cm). La faille


surlignée en rouge est la faille de Médénine. Les valeurs sont à l'annexe 4.2.

Les conductivités sont plus élevées et plus variables que dans l'aquifère
profond; elles s'échelonnent de 5 à 9 mS/cm. Les conductivités «élevées» se
trouvent à droite et en haut de la carte, les conductivités moins élevées sont à
gauche de la carte.

L'analyse de la carte mène aux observations suivantes:

1) Les lignes d'extrapolation, au niveau du point N°?, sont sub-parallèles à


la faille de Médénine, qui est suri ignée en rouge. Les conductivités sont
plus élevées en aval qu'en amont de cette faille.
2) Une dépression est formée par les lignes d'extrapolation des « basses»
conductivités à gauche de la carte. L'axe de cette dépression suit le la
plaine alluviale de l'oued Mersitt, dont le cours est schématisé par la flèche
bleue (Cf FIG. 1.6).

51
Grâce à une campagne de mesures des conductivités faites en 1978 par la
D.G.R.E. sur le même terrain, il est possible de montrer une évolution temporelle des
conducti vités.
Dans un premier temps, il sera déduit des remarques générales de l'analyse
de la carte exposée ci-après. L'évolution temporelle des conductivités sera abordée
ensuite.

CONDUCTIVITE DE L'AQUIFERE SUPERFICIEL


MAI 1978
~\ / u points d'échantillonnage

~""~
6
7
~ u~~, 8
9
\'\ "
10
11
12
13
14
FAILLES

\
~N
15km

FIG. 4.5: conductivités de l'aquifère superficiel, mai 1978 {jJS/cm}

Les conductivités varient entre 5 et 14 mS/cm. D'une manière générale, les fortes
conductivités se trouvent à proximité de la côte, alors que les conductivités moins
fortes se situent dans les piémonts du Oahar.

Deux observations se dégagent de l'analyse de la carte:

1) Une dépression est formée par les lignes d'extrapolation des


conductivités inférieures à 8 mS/cm, en contre-bas de la carte. L'axe de
cette dépression suit la flèche bleue, qui représente schématiquement le
cours de l'oued Ghandri (cf. 1.4.2).
2) Contrairement à cela, la flèche rouge, qui représente le cours de l'oued
El Ghirann, ne se trouve pas dans l'axe d'une dépression des
conductivités; les lignes d'extrapolations des conductivités inférieures à 8
mS/cm traversent le cours de cet oued sans se déformer.

52
Afin de déterminer si une évolution temporelle des conductivités à eu lieu, les
conductivités historiques et contemporaines ont été édités dans le graphique ci-
dessous, issues de différentes campagnes d'échantillonnage:

uS/cm

8000 .. 1/
/" L- I/
\. .7J
'" 6000
t--
r:::
FIG. 4.6: baisse de la conductivité de '5 r/
:;r 4000
l'aquifère superficiel entre 1979 et 2003.
Les points entourés indiquent les valeurs
les plus fiables
E

2000
V
o /
o 2000 4000 6000 8000
juillet 2003

On remarque sur le graphique ci-dessus une baisse des valeurs de 1979 à


2003. Il est cependant nécessaire d'ajouter les remarques suivantes:

1) le matériel utilisé en 1979 ne peux pas être testé; il était donc


indispensable de vérifier autrement cette baisse hypothétique de
conductivité. Ainsi l'exercice de comparaison exposé dans la figure ci-
dessus a été renouvelé en comparant les conductivités acquises en 2003
avec deux autres campagnes de mesures faites en 1978; finalement, les
conductivités de 1995 (BEN AMAR, 1996) ont été comparées aux
conductivités de 1978 et 1979 (source: O.G.R.E). En conclusion, la baisse
de conductivité est vérifiée (annexe 4.5 + 4.6).

2) Les conductivités comparées étant issues de différentes campagnes


d'échantillonnage, les puits échantillonnées sont différents. Sur toutes les
valeurs comparées, trois critères sont déterminant pour évaluer la fiabilité de
la comparaison:

a) les conditions géologiques


b) les conditions topographiques (base de pente)
c) la distance séparant les deux puits

Lorsque les conditions géologiques, topographiques et que la distances


séparant les deux puits est inférieure à 500 mètres, la comparaison est
considérée comme fiable (annexe 4.5 + 4.6). Les autres comparaisons sont
considérée comme moins fiables, à cause de la distance séparant les puits
(de 0.5 à 1.5 kilomètre), de la géologie et de la topographie qui peuvent être
changeantes sur cette distance. Pour un total de 26 comparaisons de
conductivités, 22 expriment une baisse de conductivité, 3 expriment une

53
augmentation et 1 n'exprime aucun changement. En regard des dix
comparaisons considérées comme fiables, neuf montrent une baisse de
conductivité e une ne montre aucun changement.

3) Il est intéressant de relever que les collectes d'échantillons durant les


années 1978-79 ont été menées durant la saison des pluies, alors que la
collecte d'échantillon de l'année 2003 a été menée durant la saison sèche.
Les annuaires pluviométriques informent que les années
pluviométriques 1977-78 et 1978-79 ont été excédentaires (annexe 1.1),
alors que les année pluviométrique 1999-03 sont toutes déficitaires (B. Abidi,
pers. corn., 2003). Par contre, l'année pluviométrique 1976-77 a été
déficitaire.

[Link] TEMPERATURES (S)

Les valeurs de températures mesurées en 2003 sont cartographiées ci-


dessous à l'aide de courbes d'extrapolation:

points d'échantillonnage

22.5
23 J
23.5/\/
24 1\/

FAlLLEsN

./

FIG. 4.7: températures de l'aquifère superficiel, 2003 (OC). les valeurs


figurent à l'annexe 4.13.

La température moyenne mesurée dans l'aquifère superficiel est plus fraîche


de 3°C que la température moyenne de l'aquifère profond (cf. FIG. 4.3). Les
températures du superficiel sont relativement stables et s'échelonnent entre 22.5 et

54
24 oC. Les températures « élevées» sont observées en haut et à gauche de la carte,
alors que les températures moins élevées se situent au centre de la carte.
La carte 4.7 peut être commentée par les deux points suivants :

1) Les positions l'isotherme des 24oC se superposent de manière grossière aux


linéaments des trois failles majeures qui sont surlignées en rouge.
2) Les températures « élevées » de la figure 4.7 sont localisées au niveau des puits
4, 7 et 21 (ouest du terrain de mission), et les « faibles» conductivités décrites sur la
figure précédente se situent également à l'ouest du terrain de mission.

[Link] VALEURS DE pH (S)

Les valeurs de pH sont comprisent entre 6.85 et 7.28 ; les eaux sont donc
neutre en moyenne, mais habituellement elles sont légèrement basiques. Le puits
N°26 est légèrement acide (annexe 4.11).

4.2.3 INTERPRETATION DES RESULTATS

[Link] AQUIFERE PROFOND

[Link].1 REPARTITION SPATIALE (P)

1) D'après Ben Baccar (1982), les fortes conductivités observées au nord de la carte
(FIG. 4.1) sont dues à l'alimentation de l'aquifère profond par les eaux venant du
Continental Intercalaire à travers le seuil de E/ Hamma (localisation du seuil: cf. FIG.
N°2.1 + 2.3).
La conductivité moyenne du Continental Intercalaire aux environs du seuil de
E/ Hamma est de 3.7 mS/cm (BRITISH GEOLOGICAL SURVEY, 1997), alors que la
conductivité moyenne de l'aquifère profond dans la région de Gabès-sud est de 3.4
mS/cm. L'arrivée des eaux du Continental Intercalaire dans l'aquifère profond a donc
pour effet d'augmenter localement les conductivités dans l'aquifère profond de
Gabès-sud.

2) Le forage N°1, dont la localisation est donnée sur la figure 4.1, pourrait être au
centre d'un « dôme» de conductivité. Cela pourrait s'expliquer d'une part comme
une situation d'artefact, qui serait due à un échantillonnage trop clairsemé.
D'autre part, cela pourrait s'expliquer par un état de stratification de l'aquifère
profond: les eaux «lourdes», qui proviennent du Continental Intercalaire
principalement, se retrouvent en-dessous des eaux « légères», dont les origines
sont les eaux de surface (MAMOU, 1990).
Le pompage des eaux situées dans les strates supérieures peut induire une
remontée des eaux des strates inférieures (<< upconing »), si le débit de pompage est
supérieur à la recharge des eaux de surface, ou si le pompage est excessif (BEAR,
OUAZAR & HERRER, 1998).
Une éventuelle augmentation de la conductivité dans le temps du forage N°1
n'est pas connue.

3) L'hypothèse d'une recharge de l'aquifère profond par les eaux de surfaces (crues),
établie par Ben Baccar (1982) lors d'une étude isotopique, est corroborée par la
constatation suivante:

55
sur la figure 4.1, les « faibles » conductivités se trouvent au centre de la carte ;
sur la carte de la figure 4.3, les « basses» températures se trouve également au
centre de la carte. La localisation grossièrement commune des «faibles
conductivités» et des « basses» températures est un élément confirmant qu'une
partie de la recharge vient des eaux de surface (crues), ce qui est également
conforme à la répartition des charges hydrodynamiques.

4) Une partie de la recharge peut également venir d'un aquifère inférieur à l'aquifère
profond cité comme tel jusqu'ici: effectivement, la carte des température informent
que les températures «élevées» sont placées sur des linéaments de failles
majeures. L'horizon B du Coniacien calcaire peut être à l'origine de cette recharge
profonde supposée, tout comme le Turonien dolomitique (cf. [Link] + FIG. 2.4) ; ce
dernier est cependant séparé du Coniacien calcaire par un Coniacien calcaro-marno-
gypseux pouvant atteindre plusieurs centaines de mètres d'épaisseur (BEN
BACCAR, 1982).

[Link].2 EVOLUTION TEMPORELLE (P)

.1) Les forages N°22 et N°13 (Cf. FIG. 4.3) sont proches de la côte. Ils montrent des
augmentations de conductivité fortes dans le temps; cela pourrait montrer une
influence marine; Cependant, les valeurs de charges de l'aquifère profond en
situation «off shore» (8 mètres d'altitude environ, B. Abidi, pers. com., 2003)
contredisent cette interprétation.
On peut supposer que l'augmentation générale des conductivités de l'aquifère
profond est liée soit à un phénomène de « upconing », soit à l'augmentation de la
surface de drainance allant de l'aquifère superficiel vers l'aquifère profond, ce qui
aurait pour effet d'augmenter les conductivités. Comme les forages sont
vraisemblablement crépinés du toit au mur, la seconde hypothèse paraît la meilleure.

2) les zones de températures « élevées» sont situées sur des failles majeures. Cela
indique qu'une eau d'origine plus profonde débouche dans l'aquifère profond par
l'intermédiaire de ces failles.

3) Les conductivités dans les forages N°6, 8, 16 et 20 n'ont pas changées dans le
temps. Ces forages se situent dans les zones de température « élevées ». Il semble
par conséquent que les eaux d'origine profonde ne soient pas affectées d'un
changement de conductivité.

[Link] AQUIFERE SUPERFICIEL

[Link].1 DISCUSSION (S)

Les points de mesures ont été extrapolés en courbes de même valeur. Cette option
de présentation des données a été choisie parce que les distances qui séparent les
points de mesure sont de l'ordre de plusieurs kilomètres. Il est possible que certaines
interprétations des courbes d'extrapolation soient erronées, du fait même que les
courbes d'extrapolations soient déjà une interprétation en soi.

56
Du point de vue de l'évolution temporelle de la
VI
salinité de l'aquifère superficiel, on peut être étonné t
du fait qu'un biseau salé ne soit détecté qu'au niveau J
Q.
du puits N°14. Cette état de fait est principalement sea
explicable en regard de deux raisons 1-

-~.;/
complémentaires: 1) le puits N°14 se trouve à 2
kilomètres de la côte, les autres puits échantillonnées
sont séparés de la mer par 4 kilomètres au moins; 2)
La profondeur moyenne des puits est de 13 mètres;
comme la topographie augmente relativement
rapidement depuis la mer vers l'intérieur des terres et
-
- -
que la pénétration des puits sous la surface SU BSTRATUIVI
piézométrique est de l'ordre du mètre, la présence 'lm
d'un biseau salé peut passée inaperçue (cf. figure ci-
contre).
La faible pénétration des puits sous la surface FIG. 4.8: la présence du
piézométrique implique qu'il n'a pas été possible de biseau salé peut passer
mesurer des logs verticaux de conductivité, comme il inaperçue, car les puits
était initialement prévu de le faire. captant l'aquifère superficiel
ne font qu'effleurer la nappe.
[Link].1 REPARTITION SPATIALE (5)

1) Les conductivités des eaux de l'aquifère superficiel sont élevées généralement à


proximité des estuaires et des sebkras (Cf. figures 4.5 + 2.5) ; il n'a pas été relevé de
correspondance entre les dômes de salinité et les périmètres irrigués, comme on le
voit dans l'annexe 4.14.

2) Au regard de la figure 4.5, on remarque que l'oued schématisé par la flèche bleue
suit l'axe d'une zone de « faibles» conductivités, alors que l'oued schématisé par la
flèche rouge traverse les lignes d'extrapolations sans les déformer;
Dans le cas de l'oued schématisé par la flèche bleue, la dépression de salinité
peut être assimilée à un apport d'eau de surface, moins chargée, amenée par l'oued.
Cet oued possède le plus grand bassin versant de Gabès-sud (o. Ferd).
Dans le cas de l'oued schématisé par la flèche rouge, le fait que cet oued soit
de moindre importance implique une alimentation en eau de surface moindre, par
conséquent, son influence n'est peut être pas visible sur la carte des conductivités
pour cette raison.

La courbe de l'isotherme des 24°C, sur la figure 4.7, peut être le fait de
venues d'eau profonde dans l'aquifère superficiel. En effet, cette courbe montre un
dessin grossièrement parallèle au linéament des failles surlignées de rouge. Les
conductivités, de plus, sont «faibles» dans cette zone (voir aussi Ben Baccar,
1982).

Les apports des eaux de crues des oueds et les venues d'eau profonde
opèrent donc une dilution sur les eaux de l'aquifère superficiel

57
[Link].2 EVOLUTION TEMPORE LE (5)

La diminution des valeurs de conductivité dans le temps peut être interprétée


de quatre façons:

1) En regard de la pluviométrie: la variabilité annuelle des pluies est importante; les


années pluviométriques 1977-78 et 1978-79 sont excédentaires, alors que les quatre
dernières années pluviométriques (1999-03) sont déficitaires (cf. annexe 1.1).
On peut alors supposer que, lors des années de pluies excédentaires, la zone
non-saturée est lessivée de ses sels, qui sont alors transférés dans la nappe: cela
augmente la conductivité de la nappe; ce serait le cas des années pluviométriques
1977-78 et 1978-79, qui ont été comparées à l'année 2003. L'année 2003 est par
contre une année de pluie déficitaire, par conséquent les sels sont restés dans la
zone non-saturée; ainsi, la conductivité de la nappe en 2003 sera inférieure à la
conductivité de la nappe de 1978 ou 1979, comme le montre les graphiques des
l'annexes 4.5+4.6.
Cependant le graphique N°1 de l'annexe N°4.5 montre une année
pluviométrique 1976-77 qui est déficitaire; la collecte des échantillons de cette
année-là a néanmoins été faite à la fin de la saison des pluies, mais, comme l'année
est déficitaire en précipitations, on peut raisonnablement dire que cela équivaut à
une période sèche. La campagne d'échantillonnage de 2003 ayant été menée durant
la saison sèche, on peut donc dire que la comparaison du graphique N°1 compare
deux années déficitaires; les conductivités 2003 sont cependant plus faibles que
celles de 1976-77. On remarque cependant que l'année pluviométrique 1975-76 est
exceptionnellement pluvieuse; cette hypothèse reste donc plausible.

2) en regard des pompages: d'une FIG. 4.9 : puits dans l'aquifère superficiel
part, il est possible que le pompage doublé d'un forage dans l'aquifère profond
dans l'aquifère superficiel aie diminué
au fil des ans, malgré les chiffres
présentés dans
(ANNUAIRE PIEZO:METRlQUE DE
l'annexe 3.7
-
TUNISIE 1995 /2000). Effectivement les
agriculteurs doublent parfois leur puits
superficiels d'origine d'un forage
profond; ainsi, l'eau peut être pompée
...._--.;-
j; . ....
.•~ ::=.-. .
.!-- ..:. .. ~
[Link].
dans l'aquifère profond depuis un puit
superficiel.
D'autre part, les puits de
l'aquifère superficiel « effleurent»
seulement la nappe; si une
stratification de l'aquifère est postulée,
alors les puits superficiels pompent la AQU. PROF.
partie supérieure de la nappe, qui est
la plus douce. De cette manière, la frange d'eau douce au sommet de l'aquifère
superficiel est moins pompée et la salinité globale de l'aquifère superficiel peut
diminuer, la proportion d'eau douce augmentant.

58
3) en regard de l'alimentation profonde: l'eau de l'aquifère profond étant moins salé,
il est possible que la fraction d'eau profonde augmente durant les années déficitaires
en pluies, ce qui est conforme avec la différence des charges entre les deux nappes
en aval de la faille de Médénine (cf. FIG. 2.1).

Les conductivités de l'aquifère profond ont augmentée; les conductivités de


l'aquifère superficiel ont diminuées.

Une salinité liés à la présence de sebkras est fortement présente dans


l'aquifère superficiel.

De manière synthétique, l'aquifère profond montre trois types de recharge:


une recharge latérale (Continental Intercalaire), une recharge de surface et une
recharge profonde; l'aquifère superficiel est pour sa part alimenté par les eaux de
surface et par l'aquifère profond.

Le biseau salé semble fortement se développer dans l'aquifère superficiel,


surtout en raison de la diminution de recharge par infiltration (cf. FIG. 3.10, bilan), qui
ne balance plus les pompages en 2003.

59
4.3 ANALYSE DES PARAMETRES CHIMIQUES

4.3.1 MESURES EN LABORATOIRE

[Link] MESURE DES IONS MAJEURS PAR ELEC"rROPHORESE

Les concentrations des ions majeurs ont été obtenues par électrophorèse
capillaire sur un appareil WATERS (QUANTA 400) à détecteur UV inverse. Le
volume d'échantillon utilisé par l'appareil est de 500 Ill.

Le principe d'analyse est d'imposer une tension électrique de 13 kilovolts pour


l'analyse des cations (20 kilovolts pour les anions) aux extrémités d'un capillaire de
silice fondue et poreux, gainé de polyamide dont les dimensions sont 75 ~m x 60 cm.
Une solution électrolytique tampon contenant l'échantillon est introduite dans
le capillaire. Chaque espèce chimique contenue dans la solution migre alors avec
une vitesse qui lui est propre, qui dépend de la taille et de la charge électrique de
l'espèce chimique concernée. La solution électrolytique est différente pour les cations
et les anions.
La surface sous la courbe des pics, détectées à la sortie du capillaire, est
proportionnelle à la concentration de l'espèce chimique.

Le calcul des balances ioniques, qui permet de vérifier la qualité des analyses,
montrent des erreurs se situant vers 1%. Néanmoins, les balances ioniques des
échantillons N°9, 10, 13, 16 et 27 sont plus élevée; elles restent cependant
largement en-dessous de la limite tolérée, qui est de 7% (cf. annexe 4.11).

[Link] MESURE DES VALEURS DE BROMURE PAR CHROMATOGRAPHIE

Les concentrations de bromure ont été obtenues par chromatographie ionique


sur un appareil DIONEX (DX-120). Le volume d'échantillon injecté est de 25 Ill.

Le principe d'analyse est de faire passer l'échafltilion, grâce à une solution


électrolytique, dans une colonne qui possède des supports poreux. Ces derniers ont
une surface fonctionnalisée, qui offre des affinités différentes selon la taille et la
charge de l'espèce chimique concernée. La solution électrolytique est différente pour
les anions et pour les cations.
Un retard différentiel entre les espèces chimiques est induit par l'action de la
surface fonctionnalisée et permet de séparer les ions.
La surface sous la courbe des pics, détectés à la sortie de la colonne, est
proportionnelle à la concentration.

Les équilibres chimiques ont été calculés à l'aide du logiciel MINEQL+


(SCHECHER & MC AVOY, 1992), les éléments traces ont été déterminés par
spectrométrie de masse à induction plasma de type VG-PLASMAQUAD2-TURBO+.

60
4.3.2 ANALYSE DES IONS MAJEURS

[Link] DIAGRAMMES DE SCHOELLER

Le chimisme des eaux échantillonnées est exposé ci-dessous sous forme de


diagrammes de Schoeller. Les valeurs de la nappe profonde, puis de la nappe
superficielle, sont représentées sur ces diagrammes en meq/1.

[Link].1 AQUIFERE PROFOND, 2003

De manière générale, on observe dans la figure ci-dessous une chimie


dominée par le sulfate et le sodium, et une faible dispersion des valeurs entre les
onze échantillons.
504 (20-25 (meq/lJ) > Na (15» CI =Ca (15) > Mg (9) »HC03.
L'alcalinité des eaux est moyenne à élevée, elle se situe entre 2 et 3 meq/1.

K' Na' cr
100
80
60

10 -
8
•+ éChant.1
échant.6
6
•• échant8
4

\ .. échant.1 0
échant.13
a échant 16
2
• échant 17
échant 19

, échant 20
échant 22
1 échant 25
0

o
o
o
0

FIG. 4.10 :diagramme de Schoeller, aquifère profond, 2003

Certains forages présentent tout de même une relative particularité,


cependant les valeurs d'une espèce chimique ne diffèrent d'un puits à un autre
qu'avec un maximum de 7 meq/1. L'élément le plus groupé est le sodium.

FORAGE N°10 (3.32 mS/cm): les valeurs de calcium sont faibles, les valeurs de
sodium, de chlorure et de bicarbonate sont élevées.

61
FORAGE N°22 (3.57 mS/cm) : les valeurs de magnésium sont grandes.

FORAGE N°S (3.34 mS/cm) : Les valeurs de magnésium et de sulfate sont grandes.

FORAGE N°1 (3.65 mS/cm) : les valeurs de calcium sont grandes.

FORAGE N°17 et 19 (3.39, 3.43 mS/cm) les valeurs de sodium, de calcium et de


sulfate sont faibles

[Link].2 AQUIFERE SUPERFICIEL, 2003

De manière générale, on observe sur la figure ci-dessous une chimie dominée


par le sulfate, le chlorure et le sodium. Il existe une forte dispersion des valeurs entre
les douze échantillons. La concentration d'une espèce chimique peut être multipliée
par un facteur 6 d'un puits à un autre.

Na' cr 50;' HCO,-


100
'!0
60
, -
..

\
0 .'
~ ..
'0

10
.\
li
,,~
. J.1
3.
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1

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SUPERFICIElS_2003
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)
échant 18
échant 21
0
"Il échanl23
échanl. 24
o échant 26
0
échant. 27

FIG. 4.11 : diagramme de Schoeller, aquifère superficiel, 2003 (meq/I)

Différents groupes de puits peuvent déjà être distingués grâce aux diagrammes de
Schoeller (cela se confirmera dans le graphiques de corrélations (cf. [Link]) ; ils sont
présentés dans le paragraphe qui suit:

62
GROUPE PRINCIPAL: il est représenté en rouge sur le diagramme de Schoeller ci-
dessus. Ses valeurs sont intermédiaires relativement à tous les échantillons. Ses
équivalences sont les suivantes:
= =
504 (20-40 meqll) > Na CI Ca (15-35) > Mg (10-22).
L'alcalinité du groupe principal montre peu de dispersion; elle est moyenne à
élevée (3 meq/I); l'alcalinité du puits N°9 est élevée cependant (10 meqll).
Le groupe principal peut être scindé en deux groupe: le groupe 1, qui possède
des concentrations élevées, et le groupe 2, qui affiche des concentrations moins
élevées:

GROUPE 1 : puits N°9 (7.23 mS/cm), 11 (6.33), 24 (6.9) et 26 (7.15).


GROUPE 2 : contient les puits N°4 (4.08 mS/cm), 5 (4.13), 21 (4.18) et 27 (4.22). Le
groupe 2 conceme des puits éloignés de la mer, mais en aval de la faille de
Médénine. Le groupe 2 montre des puits plus éloignés de la mer que le groupe 1.

GROUPES 1 ET 2 DE L'AQUIFERE
SUPERFICIEL, PUITS PARTICULIERS

14

18
/' 15 km

FIG. 4.12: localisation des regroupement des puits selon leur chimie,
lue sur les diagrammes de Schoeller.

Certains puits possèdent des chimismes différents de celui des groupes 1 et 2 ;


ils sont décrits ci-dessous:

63
PUITS N°23 (5.23 mS/cm) : ses valeurs se trouvent entre le groupe 1 et le groupe 2 ;
il est pal1iculièrement proche des valeurs du groupe 2, sauf pour la valeur de
sodium. Ses équivalences sont les suivantes :
504 (30 meqll) > Na (28) > CI (20) > Ca (17) > Mg (13), l'alcalinité est moyenne à
élevée (2.5).

PUITS N°14 (9.74 mS/cm) : il se distingue par les valeurs les plus hautes valeurs,
par rapport à tous les majeurs, à l'exception du calcium et du bicarbonate;
=
CI (65 meq/l) > 504 Na (60) > Ca (35) > Mg (3D), l'alcalinité est élevée (5).

PUITS N°18 (3.27 mS/cm): il montre les plus petites valeurs pour la plupart des
majeurs, à l'exception du magnésium et du bicarbonate;
Na (18 meqll) > 504 (15) > CI (12) > Ca (10) > Mg (8), l'alcalinité est élevée (6).

PUITS N°7 (7.0 mS/cm) : le puits N°7 affiche une chimie particulière: les valeurs de
calcium et de magnésium sont les plus élevées des majeurs;
Ca =CI (60 meqll» S04 (30) > Na (25) > Mg (7), l'alcalinité est moyenne à
élevée (2.5).

Les valeurs ci-dessus figurent dans la table de l'annexe 4.7.

[Link] DIAGRAMMES DE PIPER

Différentes données sont introduites dans les diagrammes qui suivent: d'une
part les valeurs des nappes profonde et superficielle collectées en 2003 (cf. annexe
4.9), d'autre part des valeurs collectées entre 1967 et 1988 dans la nappes profonde,
qui seront présentées ensuite (cf. annexe 4.10).

Le diagramme de Piper affiche les pourcentages des valeurs en meq/1. Il est


constitué de deux triangles de base: le triangle de gauche représente les cations, le
triangle de droite représente les anions. La partie supérieure est constituée d'un
losange, qui somme les valeurs des deux triangles de base (APPELO C.A.J &
POSTMA D., 1999).

[Link].1 AQlIlFERE PROFOND ET SUPERFICIEL, 2003

Les pourcentages des nappes profonde et superficielle sont successivement


présentées ci-dessous :

a) AQUIFERE PROFOND

Les forages montrent les pourcentages suivants :

CA TIaNS: 40% Na, 36% Ca, 24% Mg


AN/ONS: 58% 504, 35% C/ + N03, 7% HC03
Les forages montrent une faible dispersion entre les valeurs des 12
échantillons. Les pourcentages anioniques montre des valeurs de sulfate
supérieures de 20% aux valeurs de chlorure. Le bicarbonate se situe en-
dessous de 10%. Le sodium domine les pourcentages cationiques. Le
deuxième élément majoritaire est le calcium.

64
100

NAPPE PROFONDE_2003
APPE SUPER ICIEL _2003

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«

% ~ ~ ~ ~ 0

Ca CI + N03

FIG. 4.13 : diagramme de Piper, aquifère profond et superficiel, 2003

b) AQUIFERE SUPERFICIEL

Les puits montrent une forte dispersion des valeurs. La prochaine figure sépare
le groupe principal de points en deux: le groupe 1 et le groupe 2, qui ont été établis
précédemment grâce aux diagrammes de Schoeller.

Dans la figure suivante, le groupe 1 est en brun et le groupe 2 en rouge:

GROUPE 1 (brun) : les puits montrent les pourcentages suivants:


CATIONS: 41% Na, 35% Ca, 24% Mg
ANIONS: 47-61% 504,30-49% CI + N03, 4-9% HC03
On remarque premièrement que les cations sont plus groupés que les anions.
En regardant plus en détail la figure ci-dessous, on remarque que deux puits se
démarquent de groupe 1:

Le PUITS N°9, qui figure en bas du groupe principal de points dans le losange;
il montre une position particulière: les valeurs d'alcalinité et de sulfate sont
supérieure à la moyenne, de 3% et de 10%. Par contre, un appauvrissement de
chlorure de 10% est visible.
Le PUITS N°26, qui figure en bas du groupe 1 dans le triangle des anions; il
montre un appauvrissement de sulfate de 10% par rapport à la moyenne.

65
100

\
db" \'l9
/\

,z,1
1-\
0\
/ \
.\
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100~\

A _

J '.

;f' j/\,.C\.

40/ . , . /
i,-·~·,-··:·

Ca CI + N03

FIG. 4.14: diagramme de Piper. Les différents groupes de la nappe


superficielle, 2003: Le groupe 1 figure en brun et le groupe 2 en rouge.
Le puits 23 est en bleu-foncé, le puits 18 en bleu-clair, le puits 14 en
gris et le puits 7 en noir.

GROUPE02 (rouge) : les puits montrent les pourcentages suivants:


CA TlONS : 39% Na, 37% Ca, 24% Mg
ANIONS: 49-58% 504, 36-44% CI + N03, 5-7% HC03
On remarque que les cations sont plus groupés que les anions. En consultant le
triangle des anions des deux dernières figures, on voit que la nappe profonde
se rapprochent plus du groupe 2 que du groupe 1 ; les différences qui séparent
la nappe profonde du groupes 2 sont dues aux variations de bicarbonate (+/-
3%), de chlorure (+/-10%) et de Sulfates (+/-10%),

Les quatre puits exposés ci-après peuvent être distingués du groupe principal :

PUITS N°23 (bleu-foncé) : il montre les pourcentages suivants:


CA TI ONS : 49% Na, 30% Ca, 21% Mg
ANIONS. : 54% 504, 41%C/ + N03, 5% HC03
Ce puits est caractérisé par un enrichissement en sodium (7%) et un
appauvrissement en calcium (5%), par rapport à la moyenne du groupe
principal.

66
Géographiquement, ce puits est plus proche du groupe 1 que du groupe 2.
Chimiquement, il s'identifie au groupe 2, sauf pour la valeur de sodium, qui
l'apparente au groupe 1.

PUITS N°14 (gris) : il montre les pourcentages suivants:


CA TlONS : 49% Na, 28% Ca, 23% Mg
ANIONS: 51%C/ + N03, 46% S04, 3% HC03
Les pourcentages cationiques sont sensiblement pareils à ceux du puits N°23.
Les pourcentages anioniques diffèrent par contre du puits N°23 par un
appauvrissement en sulfate (10%) et un enrichissement en chlorure (10%).
Géographiquement, le puits N°14 est à proximité d'un estuaire, ou débouche
l'oued Ferd.

PUITS N°18 (bleu-clair) : il montre les pourcentages suivants:


CA TlONS : 52% Na, 26% Ca, , 24% Mg
ANIONS: 45% 504, 37% CI+ N03, 18% HC03
Les pourcentages cationiques sont pareils à ceux des deux puits précédents.
Dans le triangle des anions, ce puits se démarque des autres par une valeur
d'alcalinité très élevée.

PUITS N°7 (noir) : il montre les pourcentages suivants:


CA TlONS : 63% Ca, 29% Na, , 8% Mg
ANIONS: 62%C/ + N03, 35% S04, 3% HC03
Dans le triangle des cations, ce puits est isolé, alors que les trois autres puits
décrits ci-dessus sont regroupés. Par rapport au groupe principal, ce puits est
enrichi en calcium (25%) et en chlorure (12%) , il est appauvri en magnésium
(15%), en sodium (10%) et en sulfate (12%).
Ce puits est géographiquement le plus éloigné de la mer; de plus, il est
séparé des autre puits de la nappe superficielle par une faille majeure qui est la
faille de Médénine, comme on peut le voir sur la figure 4.12.

c) AQUIFERE PROFOND, 1967-1988

La figure ci-dessous montre les valeurs collectées entre 1967 et 1988 superposées
aux valeurs de 2003 figurant en bleu-foncé.
100

FIG. 4.15 : diagramme de


Piper. Les valeurs de la nappe
profonde en 2003 sont en
bleu-foncé, les valeurs
s'échelonnant entre 1967 et
1988 sont représentées en
plusieurs couleurs.

Ca CI + N03
67
Sur la figure 4.15, les valeurs collectées en 2003 sont comparées aux valeurs
collectées entre 1967 et 1988; on remarque une dispersion des valeurs collectées
entre 1967 et 1988 par rapport aux valeurs de 2003, qui apparaissent beaucoup plus
groupées. Cela est corroboré par l'homogénéisation des conductivités (cf. FIG. 4.2).

[Link] GRAPHIQUES DE CORRELATION

Les diagrammes de corrélations ont pour objectif de déceler un lien entre les
espèces chimiques et de regrouper les différents chimismes des forages ou puits.

[Link].1 GRAPHIQUE CHLORURE 1 SODIUM

Sur la figure ci-dessous, l'aquifère superficiel présente des corrélations entre


le sodium et le chlorure qui sont relativement bonnes (~=0.67 avec tous les points;
~=0.96 sans les points N°7 et 9) ; le puits N°14 affiche les plus hautes valeurs. On
remarque pour l'aquifère profond une dispersion des valeurs entre les onze forages
(,-2=0.59).
meqll
meq/l

15.800 70 -
10 14
15.600 60
22.
15.400 50
1. 6• •8
15.200 40
Q

• Profonds "
~
01
... 16 z s
~ 15.000 ')-1 1
26. 30
·13 ~
14.800
~t t- ./ ij7

14.600
14.400
19
20

10 r7\.,~~~ 1

2'''' r11 o
14.200
12.000 13.000 14.000 15.000
o 10 20 30 40 50 60 70 80
CI
CI

FIG. 4.16: graphique de corrélation entre le chlorure et le sodium. Groupe 1 en bleu,


groupe 2 en rouge. Aquifères profond et superficiel, 2003

Les valeurs de l'aquifère profond se trouvent groupées à l'extrémité gauche


des valeurs de l'aquifère superficiel. On remarque que les puits superficiels les plus
proches des forages profonds sont les puits du groupe 2 (puits N°4, 5, 21, 27). Le
puits N° 18, qui ne fait pas partie du groupe 2, montre par contre dans ce graphique
une position sur le groupe 2. Le puits N°23 est entre le groupe 1 et le groupe 2.

[Link].2 GRAPHIQUE CHLORURE 1 SULFATE

Sur la figure ci-dessous, l'aquifère superficiel présente une droite de


régression entre le sulfate et le chlorure de valeur moyenne (,-2=0.43 ; ,-2=0.89 sans
les points N°7 et 9). Les forages de l'aquifère profond montre une relativement bonne
corrélation (,-2=0.78).

68
:[Link] .

Aq. Profond et sup. (bleu-clair)

2O.0c0
20
19 •
'1--~~-I---I------4--\-­
• • valeurs de la mer (rouge)
8O...----r-----.-----.----.
25 17
..,.
oli) 15.0c0 t---f-----t----I-------+--;-- +R"ofcm 9

1O.0c0 +----t----t---t---+--+---

5.0c0 +------4--\---+---1---+--

QocoLJ-l-l-Lj-~_----------i2lT"'r}18~f~-t--1--1
[Link] 12.!'iXJ [Link] 13.!'iXJ [Link] 14.!'iXJ [Link]
CI
0+------'----+-----+-----1
o 20 40 60 so
CI (meq/L)

FIG. 4.17: graphique de corrélation entre le sulfate et le chlorure. Groupe 1 en bleu,


groupe 2 en rouge. Aquifères profonds et superficiels, 2003

[Link].3 GRAPHIQUE SULFATE 1 MAGNESIUM, CALCIUM

Sur la figure ci-dessous, l'aquifère superficiel présente des corrélations entre


le sulfate et les valeurs cumulées de magnésium et calcium relativement bonne
(~=O.61 ; ~=O.92 sans les points N°l et 9).

Aquifère profond meq/l Aquifère profond et superficiel meq/l


r =0.0623 (Ca+MgLP

• sea

0.000 i o 10 20 30 40 50 60 70
Linéaire
20.000 22.000 24.000 26.000 804 (sea)

16.000 FIG. 4.18 en haut: graphique de


corrélation entre le sulfate, le magnésium

..
15.000 et le calcium, ainsi qu'entre le sulfate et le cumul des
CIl
0 •• • valeurs de magnésium et de calcium. Groupe 1 en

•• • •
14.000 bleu, groupe 2 en rouge. Aquifères profond et
superficiel, 2003
13.000 ,
20.000 22.000 24.000 26.000
A gauche: détail de la corrélation Ca / S04, profond
804

69
Comme sur le graphique précédent, les valeurs de l'aquifère profond se regroupent à
l'extrémité gauche des valeurs de l'aquifère superficiel; de même, les puits
superficiels les plus proches des forages profonds sont les puits du groupe 2. Le
puits N°18 est le seul point situé à droite des forages profonds.
Pour l'aquifère profond, il n'y a pas de corrélation entre le sulfate et les valeurs
de calcium et de magnésium.

[Link].4 GRAPHIQUE CALCIUM 1 MAGNESIUM

La corrélation est valable Profond meq/l


entre les valeurs de magnésium et
de calcium, si on ignore les forages 9800
N°10 et 1 (~=O.?8). On remarque 9.600
que les forages N°25 6, 8 et 22 10 .22
forment un groupe relativement à 9.400 • 6·
8 ft'

part. 9.200
En sélectionnant les forages
dont les valeurs sont supérieures à ~ 9.000
.
25 .1
Profond
9 meq/l, on remarque que ces 8.800

derniers sont tous au nord-ouest
8.600
••
du terrain (cf. Fig. N°4.22).
8400
FIG. 4.19: graphique de 20+
8.200 ,
corrélation entre le calcium et le
13.000 13.500 14.000 14.500 15000 15.500
magnésium dans l'aquifère
profond, 2003 Ca

[Link].5 GRAPHIQUE CALCIUM 1 SODIUM

Sur la figure ci-dessous, on remarque une mauvaise corrélation entre le


calcium et le sodium pour l'aquifère superficiel (~=O.21 ; ~=0.71 sans les points N°?
et 9). On remarque que le puits N°14 est passablement enrichi en sodium, en
comparaison du calcium; c'est l'inverse qui est vrai pour le puits N°? Le groupe N°1
présente des valeurs qui sont au-dessus de la droite de régression.

15.800

15.600

.. •
10
15.400 12 14
6O-I--1I------+--+-----1
~ • p
15.200 • Profonds :;
V" S
~ 15.000 • / li-
§. +--------I--+-~-+---;
, ~•
-Linéaire 40 sea
14.800 (Profonds) cu -Linéaire (S)
z
Linéaire (sea)
14.600
20
14.400
19 .2P
~~
14200
13013.[Link].5 o +--------1---+---+----1
00 00 00 00 00 00 R
2
=0.1527 o 20 40 60 80
Ca (meq/L)
R
2
=0.2111
FIG. 4.20 : graphique de corrélation entre le sodium et le calcium. Droite rouge =valeur de
la mer. Aquifères profonds et superficiels, 2003
70
En ce qui concerne l'aquifère profond, on remarque que le forage N°10
possède le rapport Ca 1 Na le plus faible, suivi par le forage N°22 . Ces deux forages
sont relativement proche de la mer.

[Link].6 GRAPHIQUE SODIUM 1 MAGNESIUM ET SODIUM 1 SULFATE

Les corrélations dans l'aquifère profond entre les valeurs de sodium et de


magnésium sont bonnes (~=O. 78). Les corrélations entre le sodium et le sulfate sont
relativement mauvaises (~=O.36).
Aquifère profond Aquifère profond meqll
R2 = 0.7779

.. R2 = 0.3626
30.000 9.800

... 9.600
_2~
25.000
~ 1
9.400 ~10
20.000 1- --; 9.200 ~
~ -Linéaire ~ 9.000 25..... / . 1
oo 15.000
(Série1 ) 17 /+ 13
,• /
8.800
10.000 16t
19.
8.600
5.000 8.400
2a.
8.200
0.000
14.000 14.500 15.000 15.500 16.000
14.0 14.5 15.0 15.5 16.0
00 00 00 00 00 Na
Na
FIG. 4.21 : graphiques de corrélation entre le
sulfate et le sodium, et entre le sodium et le
magnésium. Aquifère profond, 2003
Le sulfate de l'aquifère profond n'est pas corrélé au calcium. Une dissolution
de gypse n'est pas à exclure pour autant: effectivement, les équilibres de saturations
dépendent aussi des roches en présence: la disparition d'un niveau de gypse dans
une formation dolomitique laissera des concentrations de sulfate élevée, mais la
situation d'équilibre entre le sulfate et le calcium va être disparaître au profit d'une
situation d'équilibre entre le bicarbonate, le magnésium et le calcium; ainsi les
concentrations de calcium ne seront plus corrélées au sulfate, bien qu'il y ait eu
dissolution de gypse, mais antérieurement.

4.3.2.5INTERPRETA110N DES RESULTATS

[Link].1 AQUIFERE PROFOND

1) La chimie des majeurs de l'aquifère profond varie très peu d'un forage à un autre
(cf. FIG. 4.10). Sur la figure ci-dessous, on remarque cette homogénéité à travers les
diagrammes de Stiff, qui ont une forme identique sur toute l'étendue du terrain.

2) Le sulfate n'est pas corrélé au magnésium et au calcium (cf. FIG. 4.18). Par
contre, le calcium et le magnésium étant corrélés, une dissolution de dolomie peut
avoir lieu; cependant, l'aquifère profond est de nature calcaire; on peut suspecter
qu'une partie des eaux de recharge de l'aquifère profond transitent par le turonien

71
dolomitique, dans les piémonts entre le seuil de El Hamma et la localité de Matmata
(cf. FIG. 2.1 +BENBACCAR, 1982).

/
sea

FIG. 4.22: diagramme de Sfiff pour les forages de l'aquifère profond, 2003

3) L'enrichissement en sodium étant corrélé au chlorure; une dissolution de halite a


lieu (cf. FIG. 4.16) ; le chlorure est corrélé au sulfate, et le sodium au magnésium. On
peut faire l'hypothèse que l'eau qui transite à travers les dolomies dissolve
également des évaporites.

4) le fait qu'il n'y ait pas de corrélation entre le sulfate, le calcium et le magnésium est
sans doute dû au fait que les niveaux gypseux et la nature dolomitique des
lithologies disparaissent en amont des lignes de flux, laissant les équilibres
chimiques rejouer par rapport aux carbonates. Cela expliquerait que le sulfate ne soit
plus corrélé avec le calcium et le magnésium dans nos graphiques (cf. [Link]).

5) L'hypothèse d'une alimentation par le bas de l'aquifère profond, faite dans les
sous-chapitres [Link].1/4 + [Link] montre que la recharge peut venir de l'horizon B
du Coniacien calcaire, comme du Turonien dolomitique profond (cf. FIG. 2.4).

5) La chimie des majeurs dans l'aquifère profond devient plus homogène de 1967 à
2003, tout comme sa conductivité. Comme le changement principal survenu durant
cette période est l'augmentation de l'exhaure, on peut raisonnablement postuler que
le chimisme s'uniformise pour cette raison.

72
[Link].2 AQUIFERE SUPERFICIEL

1) La chimie des majeurs dans l'aquifère superficiel varie passablement d'un puits à
un autre (cf. FIG. 4.11). Les puits proches de la mer ont une chimie différente des
puits qui en sont éloignés, comme en témoigne les groupes 1 et 2 ; l'hétérogénéité
des chimismes dans l'aquifère superficiel est illustrée par les diagrammes de Stiff
présentés ci-dessous.
2) Il paraît raisonnable de postuler que les eaux de l'aquifère profond sont un des
termes de mélange de l'aquifère superficiel; effectivement, les différents graphiques
affichent les points des forages profonds à une extrémité du nuage de point des puits
superficiels. Une similitude est d'ailleurs visible entre les diagrammes de Stiff du
groupe 2 (aquifère superficiel), et les diagrammes de Stiff de l'aquifère profond.

FIG. 4.23." diagrammes de Stiff pour l'aquifère superficiel, 2003. La


flèche bleue indique l'alimentation possible de l'aquifère superficiel
par l'aquifère profond grâce à la faille de Médénine (en rouge).

~km
3) Le puits N°14 est le plus proche de la mer, il se situe à l'intérieur d'un estuaire. La
forme du diagramme de Stiff évoque une intrusion marine; le rapport Ca 1 Na montre
également un enrichissement de calcium concomitant d'un appauvrissement en
sodium, ce qui est un argument supplémentaire de la présence d'une intrusion
marine (APPELO & POSTMA, 1999).

4) En considérant le puits N°l comme étant préférentiellement alimenté par les eaux
superficielles, calciques, provenant des piémont calcaires du Dahar (cf. annexe
N°1.0); en considérant le puits N°14 comme intrudé par l'eau de mer; en
considérant la salinité du puit N°9 comme issue d'eau infiltrée à travers un domaine
de Sebkras ; on peut alors postuler que les graphiques de corrélation présente un
espace de mélange à quatre termes (Na 1 CI par exemple) :

73
1) le terme des eaux ayant infiltré des évaporites (puits N°9)
2) le terme des eaux étant influencées par la mer (puits N°14)
3) le terme des eaux de ruissellement infiltrée dans un domaine calcaire (puits N°?).
4) le terme des eaux provenant de l'aquifère profond.

5) Les corrélations des graphiques 1) chlorure 1 sodium (~=O.96), 2) sulfate 1


calcium-magnésium (~=O.92), 3) sulfate 1 chlorure (~=O.89) et 4) calcium 1
magnésium (~=O.?1), montre que c'est principalement la dissolution des niveaux
évaporites existant dans l'aquifère superficiel et en surface qui est à l'origine de la
salinité de la nappe.

De manière synthétique, l'eau de l'aquifère profond qui provient du Continental


Intercalaire transiterait à travers le Turonien dolomitiques contenant des niveaux
évaporitiques.

Il est supposé une recharge par le bas de l'aquifère profond, provenant de


l'horizon B du Coniacien calcaire.

L'homogénéisation en profondeur de la chimie et des conductivités d'un point


de vue temporel est due à l'augmentation des débits pompés.

La présence de nitrates dans l'aquifère profond (cf. annexe 4.11), montre


qu'une drainance de l'aquifère superficiel dans l'aquifère profond existe.

L'aquifère superficiel montre quatre termes de mélange: l'inlluence marine,


l'influence des sebkras, l'influence de l'eau calcique provenant des piémonts du
Dahar et l'influence de l'aquifère profond.
Le groupe de puits N°2, situé juste en aval de la faille de Médénine, est plus
proche du terme de l'aquifère profond, alors que le groupe de puits N°1, est au
centre de l'espace de mélange entre les quatre termes.

La figure 4.24 de la page suivante synthétise la situation géochimique et


hydrodynamique.

74
ZONE D'INVERSION

DRA'NANCE VERS Ni PROF. 1 1 ~RAINANCE VERS N. SUP.


ARTESIANISME
1 n

NAPPE SUPE~F'CIELLE ~ 1 1 m mmmuu

(/' "- ~--l


, ---- NAPPE PROFONDE

~ILUT-:-

> CaND.
S04>
TURON.
Ca, Na,CI >
DOLOM. Mg

DILUT.
INTRUSION MARINE
IN-SHORE (ESTUAIRES)

---- -------- -- -----


CI. CI>
Na.S04 >

kl--"
\ \
\

\
-----+-- \
>-C
--__

-===-_ K;=101\-9

K=10"-4
--------- Ca, Mg

--.. S04>
Ca, Na, CI >

---~~
Mg
\

-------t"""r--t---,--4\--~
\
- BISEA SALE OFF-SHORE (35km ?)

C S04.N.>
_ _ _ _ Ca,CI>

---
~ _ _ _ _ _ _ Mg
FLUX (Mon"3)
20
Ca, Ct >
10 CHIMISME (oneqll)
5
504>
L.
Na>
SABKRA Mg
COND. EL. (onS/con) COND. EL. (onS/con)
METEOR.
3.3 - 3.5 u
3.3 -3.5
4-4.2
OJ ALLUVIONS (a), NIV. GYPSEUX

ARGILES GYPSEUSES (MIO-PLIO. + K.>


5-9 o 6.3·· 7.2
MER o 9-14
CALCAIRE

FAILLE

FIG. 4.24 : synthèse de la situation géochimique et hydrodynamique de


la zone de Gabès-sud. En avant-plan, les différents aquifères, la zone
faillée de Médénine (en jaune) ,- en arrière plan, les nappes et la zone
d'inversion de gradient.

75
4.4. QUALITE DES EAUX

4.4.1 ORIGINE DE LA SALINITE

[Link]. RAPPORT CHLORURE 1 BROMURE

Le bromure et le chlorure possèdent des propriétés qui sont proches; bien


que les espèces composées du bromure soient plus solubles que celles du chlorure,
et que l'abondance naturelle du chlorure soit 40 à 8000 fois supérieure à l'abondance
du bromure, leur rapport donne des informations sur l'origine de leur occurrence.
Cela tient essentiellement au fait que ces deux éléments se comportent de manière
conservative.
Cependant, le bromure peut être sorbé plus facilement que le chlorure en
présence ce matière organique (DAVIS, WIllTTEMORE & FABRYKA-MARTIN,
1998).
Ci-dessous sont présentés les rapports obtenus pour les puits de la nappe
superficielle:

W PUITS CI/Br
26 1252
TABLE N°6. 1 : rapport de masse chlorure / bromure 14 1307
11 899
dans certains puits de J'aquifère superficiel (cf. FIG.
9 1717
N°XX)
23 1438
24 1545

Le rapport de l'eau de mer est approximativement de 290. Lorsque les


rapports sont supérieurs à 1000, il Ya dissolution de halite (DAVIS, WIllTTEMORE &
FABRYKA-MARTIN, 1998).

Nous remarquons que les eaux analysées ci-déssus sont affectée par une
dissolution de halite, ce qui rejoint les constatations géologiques selon lesquelles il y
une forte présence d'évaporites dans les sédiments de l'aquifère superficiel, qui
datent du mio-pliocène. On remarque le puits N°9 qui a la plus grande valeur; ce
puits est à proximité d'un domaine de sebkhas (cf. FIG. N°2.5 + 4.12).

Le puits N°11 montre une valeur de 899; les rapports habituels d'une eau
douce souterraine varient entre 100 et 200, nous assistons donc à une situation de
mélange entre une eau souterraine douce et une eau ayant percolée au-travers
d'évaporites.

4.4.2 QUALITE DE L'EAU D'IRRIGATION

Une forte concentration de sodium dans le sol dégrade la structure de celui-ci.


Les argiles ont une place essentielle dans ce phénomène de dégradation: ils
altèrent la structure des sols par gonflement:
Lorsque le sodium occupe environ 15% des sites de substitutions sur les
particules argileuses, ces derniers augmentent de volume et dégrade la structure des

76
sols : cette augmentation de volume est liée au potentiel électrique sur les surfaces
des particules argileuses.

Un moyen de savoir si les eaux utilisées à des fins d'irrigation peut dégrader la
structure d'un sol est le calcul du coefficient SAR (<< Sodium Adsorption Ratio »). Il
dépend de la mesure du coefficient ESR (<< Exchangeable Sodium Ratio»): le
coefficient ESR provienant de l'équation N°1 décrite précédemment (APPELO &
POSTMA, 1999).
mNa+
SAR = ---------------
1/2
( mCa++ + mMg++ )

m = mmolll

Le résultat critique du coefficient ESR (0.15) est atteint lorsque le coefficient


SAR = 10.

ESR =0.0158 * SAR


Les phénomènes d'évaporation, ainsi que la précipitation de calcite, augmente
la valeur du SAR. Les valeurs suivantes sont obtenues pour les puits et forages
échantillonnés durant la mission de terrain 2003 :

FORAGES PUITS
PROFONDS SUPERFICIELS
N°ECH SAR N°ECH SAR
1 4.40 4 4.87
TABLE N°6.2: valeurs du coefficient SAR
6 4.43 5 4.74
pour les puits superficiels et les forages 8 4.40 7 4.56
profonds 10 4.62 9 6.68
13 4.46 11 6.74
16 4.49 14 11.08
17 4.28 18 5.48
19 4.32 21 4.88
20 4.32 23 7.22
22 4.43 24 6.78
25 4.38 26 6.35
27 4.77

On remarque que la valeur critique de 10 pour le coefficient SAR n'est atteinte


que par le puits superficiel N°14 (cf. FIG. N°4.12).
Selon les valeurs du SAR, l'eau peut sans autre être utilisé pour l'agriculture, à
l'exception du puits N°14, dont les sols alentours risquent de subir une dégradation
de leur structure.

77
4.4.3. ASPECT THEORIQUE
[Link] QUANTIFICATIONS DES ESPECES CHIMIQUES

L'eau et les roches interagissent par des phénomènes de sorbtion et de


substitution; les réactions chimiques qui ont lieu lors d'une interaction eau marine 1
eau douce peuvent être mieux cernées en calculant les mélanges de manière
conservative (APPELO C.A.l & POSTMA D., 1999).:

mi,mél. = fmer * mi,mer + (1-fmer) * mi,douce

=
mi mmolll du ion i
mél, douce, mer = composition due au mélange
conservatif, composition de l'eau de mer,
composition de l'eau douce.
=
fsea fraction de l'eau de mer dans l'eau douce

Un changement dans la concentration qui serait dû à une réaction non-


conservative est décrit de la manière suivante:

mi,react =mi,éch - mi,mél

mi,éch = concentration de l'échantillon

La fraction d'eau salée ayant pénétrée l'eau douce est basée sur les
concentrations de chlorure, qui se comporte généralement de manière conservative :

mCl,éch - mCI,douce
fsea = --------------------
mCl,sea - mCl,douce
La concentration de chlorures dans l'eau douce dérive généralement de
l'apport d'aérosols; de cette manière, la fraction d'eau de mer est égale à zéro; la
formule ci-dessus devient:

fsea = mCI,éch / 566

78
CHAPITRE 5

Symptôme de la Fluorose, OMS, 1972

79
5 FLUOR
5.1 INTRODUCTION

5.1.1 ORIGINES

D'un point de vue minéralogique, le fluorure est contenu dans la structure de


plusieurs halides, dont la f1uorite (CaF 2) ; il occupe dans la maille élémentaire de la
fluorite une position en coordination tétraédrique. Ce minéral est principalement
présent dans les filons hydrothermaux, mais son occurrence est également
commune dans les dolomies et les carbonates. La f1uorite apparaît en minéral
accessoire dans les roches ignées; elle est présente en association avec la calcite,
la dolomite, le gypse, le quartz et l'apatite, notamment
D'un point de vue organique, le fluor est concentré principalement dans le
collophane, qui est la partie massive et crypto-cristalline des phosphorites. A
l'origine, les phosphorites sont des niveaux de condensation situés en bordure de la
plate-forme continentale, qui dérivent de l'accumulation de reste d'animaux
(squelettes), ainsi que de la précipitation chimique d'éléments contenus dans l'eau
de mer (KLEIN, 2002).

5.1.2 ASPECT INDUSTRIEL

En Tunisie, les dépôts de phosphorites sont connus depuis le Crétacé


supérieur. Ces gisements sont exploités dans la région de Gfsa, à 200 kilomètres au
nord-ouest de Gabès (cf. FIG. 1.2). La Tunisie figure parmi les premiers exportateurs
mondiaux de phosphate.
Une partie de la matière première exploitée à Gfsa est traitée dans la région
de Gabès. Des engrais y sont produits de deux manière : par attaque du phosphate
naturel à l'aide d'acide phosphorique (Triple Super Phosphate) et par neutralisation à
l'ammoniac de l'acide phosphorique.(Di Ammonium Phosphate).
La production industrielle d'acide phosphorique se fait par un procédé appelé
« voie humide», qui a le particularisme de concentrer Je fluor sous forme sillicatée
dans la vapeur d'eau, le fluor étant un élément fortement incompatible (SLACK,
1968).
Un des sous-produit de la production d'acide phosphorique sont les
phosphogypses (formule chimique: 6H3P04 + 10 (CaS04 * nH 20) + 2HF). L'industrie
tunisienne opte généralement pour son rejet en mer, car sa solubilité est élevée.
L'écosystème du Golf de Gabès s'en est fortement ressenti (CHANG & MANTEL,
1990).

5.1.3 ASPECT SANITAIRE

L'ingestion de concentrations de fluorure inférieures à 0.7 mg!1 favorise une


mauvaise dentition (formation de caries). L'ingestion de concentrations entre 0.7 et
1.2 mg!l de fluorure stabilise l'émail ainsi que la structure osseuse, par augmentation
de la taille des minéraux d'apatite et par diminution de la solubilité de ce minéral.
L'ingestion à long terme de concentrations supérieures à 2 mg!1 entraîne une
densification des os : c'est la fluorose, maladie symptomatique qui est caractérisée
par l'apparition de marbrures sombres sur les dents du sujet. Si l'eau de boisson

80
contient plus de 5 mgll de fluorure, la fluorose devient invalidante, les tissus inter-
osseux se calciflent et les os se soudent entre eux; des dommages neurologiques
interviennent également (O.M.S., 1972).

En regard des valeurs obtenues lors des analyses de fluor total, nous
remarquons que la plupart des échantillons de l'aquifère profond comme de
l'aquifère superficiel montrent des valeurs excédant la normes fixée par l'O.M.S
(1972) qui est de 1.2 mg/l de fluor (16 valeurs sur 23). /1 est à noter que cette norme
est à réviser à la hausse dans les contrées arides, puisque les gens boivent plus
d'eau. L'adaptation de cette norme est définie dans l'équation de Galagan et
Vermillon (1957, dans O.M.S, 1972) qui est exposée ci-dessous:

R = - 0.038 + 0.0062 e
R: nombre d'once d'eau par livre
anglaise de poids corporel (10nce =
1/16 de livre anglaise)
e: température en degré fahrentheit

Cependant, comme l'eau des deux aquifères est exclusivement destinées à


l'irrigation, cet excès de fluor ne demande aucune mesure particulière à prendre.

5.1.4 ASPECT HYDROGEOCHIMIQUE

Une forte sodicité de l'eau maintient un pH élevé, ce qui empêche la


dissolution de calcite; une forte évaporation concentre le calcium, le milieu devient
sursaturé par rapport à la calcite, qui précipite. Dans le premier cas, la calcite ne se
dissolvant pas, une sous-saturation par rapport au calcium se crée; dans le
deuxième cas également, la calcite précipitant. Cette 'Sous-saturation permet une
dissolution de la f1uorite (CHERNET, TRAVI & V ALLES, 2001).

Sur le terrain, nous observons une forte sodicité et, en ce qui concerne
l'aquifère superficiel, une évaporation forte (>1000 mm/an). Cependant, bien le fluor
soit présent, il montre des concentrations de fluor total relativement peu élevée
(moyenne des concentrations dans l'aquifère superficiel et dans l'aquifère profond:
1.59 et 1.31 mgll).
Cette présence relativement faible peut simplement être le fait des faibles
concentrations présentes dans les sédiments primaires de l'aquifère profond, ou
dans les sédiments remaniées de l'aquifère superficiel (sebkhas). " se peut
également, en regard des concentrations élevées de sulfate dissous, que les
équilibres chimiques jouent un rôle. En effet, en présence de gypse, comme le Kso
du gypse est plus grand que le Kso de la f1uorite (10-4·1 > 10-10.57 ), le gypse sera
dissout avant la f1uorite. De cette manière, une eau riche en sulfate sera pauvre en
fluor (GENGSU & GUOnONG, 2001).

81
5.1.5 MESURES EN LABORATOIRE

Les concentrations de fluor ont été obtenues par la mesure du potentiel électrique
entre deux électrodes, qui baignent dans un échantillon d'eau donné. Une électrode
est spécifique, sa partie active est un monocristal de fluorure de lanthane (modèle
ISE25F, fabriqué chez Radiometer Analytical). La seconde électrode est non-
spécifique. Les deux électrodes sont reliées à un voltmètre. Les concentrations de
fluor libre comme les concentrations de fluor total ont été mesuré.
Deux courbes d'étalonnage ont été établies: la première courbe est issue
d'étalons qui ne contiennent pas de décomplexant (<< TAFIC »: solution tampon
permettant d'ajuster le pH et de décomplexer toutes les espèces contenant du
fluorure) : on mesure alors les concentrations de fluor libre (cf. Annexe 5.4). La
seconde courbe est issue d'étalons contenant le décomplexant (5 ml) : on mesure
alors le fluor total (cf. annexe 5.3). Certains échantillons d'eau provenant de
l'aquifère superficiel ont dû être dilués plus de 2Dx, tant leur salinité est élevée.
Les mesures des concentrations de fluor libre et de fluor total sont précises
d'un point de vue comparatif; cependant, les valeurs absolues sont imprécises, en
raison de la mesure du potentiel qui était difficile à stabiliser.

La spéciacion du fluor a été déterminées par les calculs du logiciel MINEQL+


(SCHECHER & MC AVOY, 1992).

5.2 RESULTATS

5.2.1 CARTOGRAPHIE D'EXTRAPOLATION

[Link] AQUIFERE SU PERFICIEL

[Link].1 FLUOR LIBRE

FLUORURE LIBRE [mg/I],


AQUIFERE SUPERFICIEL,
2003
points d'échantillonnage

0.15N
0.2N
0.25

FAILLES N

FIG. 5.1 :
concentrations du fluor
libre dans l'aquifère /"\. /' 15 km
superficiel, 2003. Les
valeurs figurent dans /a
table 5.1 82
Les valeurs de fluor libre mesurées dans l'aquifère superficiel sont présentées
ci-avant de manière cartographique; on remarque, selon les courbes d'extrapolation,
que les concentrations de fluor libre augmentent à proximité de la mer. Les valeurs
ponctuelles sont exposées ci-dessous :
N°Ech (F-] mg/l
4 0.20
5 0.16
7 0.14
9 0.29
11 0.23
14 0.25
18 0.17
TABLE 5. 1 : valeurs de fluor libre dans l'aquifère 21 0.16
superficiel, 2003 (ct. annexe 5.1) 23 0.21
24 0.22
26 0.21
27 0.17

Nous remarquons que les valeurs s'échelonnent entre 0.15 et 0.29 mg/I.

[Link].2 FLUOR TOTAL

\
\
LUOR TOTAL [mgl1],
AQUIFERE SUPERFICIEL,
2003

points d'échantillonnage

, ..;
1.5/\/
2

[Link] N

/' 15 km

FIG. 5.2: concentrations du fluor total dans l'aquifère superficiel, 2003. Les
valeurs figurent dans la table 5.2.

Les valeurs de fluor total obtenue pour l'aquifère superficiel sont présentée ci-
dessus de manière cartographique; on remarque l'augmentations des

83
concentrations en direction de la mer à nouveau. Les valeurs ponctuelles sont
exposées ci-dessous :
N°Ech [F-] mg/l
4 1.72
5 0.88
7 0.78
9 1.62
11 2.04
14 2.38
18 1.52
TABLE 5.2 : valeurs de fluor total dans
21 0.84
l'aquifère superficiel, 2003 (cf. annexe 5.2)
23 1.91
24 1.99
26 1.79
27 1.57

Les valeurs s'échelonnent entre 0.79 et 2.38 mg!!. La majorité des puits ont
des valeurs supérieures à 1 mg!!.

[Link] AQUIFERE PROFOND

[Link].1 FLUOR LIBRE ET FLUOR TOTAL

Les valeurs ponctuelles de fluor libre et de fluor total obtenues pour l'aquifère
profond figurent dans la table ci-dessous:

N°Ech [F-] mg/l N°Ech [F-) mg/l


1 0.16 1 0.22
6 0.14 6 0.96
8 0.14 8 0.81
10 0.12 10 1.38
13 0.10 13 2.14
16 0.14 16 1.04
17 0.16 17 1.72
19 0.15 19 1.57
20 0.15 20 1.77
22 0.11 22 1.41
25 0.16 25 1.38

TABLE 5.3 : valeurs de TABLE 5.4: valeurs de


fluor libre dans fluor total dans
l'aquifère profond, 2003 l'aquifère profond, 2003

En ce qui concerne le fluor libre, les valeurs s'échelonnent entre 0.11 et 0.17
mg!!. D'un point de vue cartographique, aucun regroupement ne peut être fait (cf
annexe 5.6).

84
Les valeurs de fluor total, quant à elles, montre des valeurs oscillant entre
2.15 et 0.22 mgll. Cartographiquement, les valeurs augmentent dans la direction de
la mer.

FLUOR TOTAL [mg/I],


AQUIFERE PROFOND,
2003
~ points d'échantillonnage

0.5

1. /
15N
2

FAILLES N

"-
.~

~ / 15km

FIG. 5.3: concentrations de fluor total dans l'aquifère profond, 2003. Les
valeurs figurent dans la table 5. 4

5.2.2 GRAPHIQUES DE CORRELATION

Les valeurs de fluor total, comme celle du fluor libre, son corrélées aux
éléments majeurs dans l'aquifère superficiel; par contre, elles ne le sont pas dans
l'aquifère profond; on remarque de plus que le Fluor observe dans la nappe
profonde une forte variabilité spaciale, mais pas le chlorure. Le graphique ci-dessous
illustre cette constatation; le même schéma se répète pour tous les éléments
corrélés (cf. annexe 5.8 + 5. 0)
meqll

0.3
0.28
0.26
•a, ..
FIG. 5.4: graphique de corrélation entre le fluor
0.24 •
libre et le chlorure. 1/ n'y a pas de corrélation ln-. 14
dans l'aquifère profond (bleu foncé), 2003. 1/ en .0 0.22
:.: 0.2 --r? 1· sr 1
0.18 -
va de même pour la comparaison avec le fluor Il.

total 0.16
\
0.14
0.12
0.1
•• m

10.000 30.000 50.000 70.000


CI

85
On remarque les points 9 et 7, dont nous avons déjà discuté dans le chapitre
précédent, occupent des positions particulières. De manière générale, les éléments
traces montrent également une corrélation dans l'aquifère superficiel, et n'en montre
pas dans l'aquifère profond (cf. annexe 5.7).
Une légère déviation des valeurs de l'aquifère profond provient du fait
qu'aucun standard n'a été intégré à l'intérieure de la série d'analyse.

On retrouve dans les corrélations entre le sulfate et le ·nuor libre (idem avec le
fluor total) la création des groupes N°1 et 2, avec de légères variations: le puits N°23
a perdu sa position intermédiaire, il est remplacé dans ce rôle par le puits N°4. Le
puits N°7 est intégré dans le groupe N°2 (cf. FIG. 4.12).

meq/l

0.3
1
0.28
0.26
0.24
.~.r
IL~
0.22 .1-••
g 0.2 1~ .,R 24
IL 0.18 _ . .,7
FIG. 5.5: graphique de corrélation entre 1-P L 5,2
0.16
-A' f'a7
le sulfate et le fluor libre, 2003. Il en va de 0.14

même pour la comparaison avec le fluor 0.12


0.1
••
total 10.000 30.000 50.000
S04

5.2.3 SPECIACION DU FLUOR

L'élément fluor est un ligand fort, une partie de sa concentration totale se


trouve sous une forme complexée. L'élément fluor se complexe avec l'aluminium, le
magnésium, le fer et le bérillyum (GACIRI & DAVIS, 1993).
Les deux tables ci-dessous montrent les pourcentages des différentes formes
que l'élément fluorure revêt dans les eaux de l'aquifère profond et de l'aquifère
superficiel :

N° ECH. F(-) CaF+ Fluorite F- tot


1 97.8 2.2 100
6 97.9 2.1 100
8 97.9 2.1 100
10 98.1 1.9 100
13 77.3 1.5 21.2 78.8
FIG. 5.5.- spéciation de l'élément 16 98 2 100
fluor dans l'aquifère profond, 2003 17 94.8 2.1 3.1 96.9
19 98 2 100
20 92.4 1.9 5.7 94.3
22 97.9 2.1 100
25 98 2 100

86
WECH. F(-) CaF+ Fluorite F- tot
4 83.1 2 14.9 85.1
5 97.6 2.4 100
7 94.6 5.4 100
9 98.4 1.6 100
11 70 1.8 28.2 71.8
14 64.4 1.6 34 66
FIG. 5.6: speclaclon de l'élément
18 98.8 1.2 100
fluor dans l'aquifère superficie',
21 97.7 2.3 100
2003 (cf. annexe 5.5) 23 78.4 1.7 19.8 80.2
24 70.3 1.8 27.9 72.1
26 69.8 2.2 28 72
27 87.4 2.3 10.4 89.6

On remarque que, pour les deux aquifères, la proportion qui se trouve sous la
forme libre est la plus grande, les pourcentages variant entre 64 et 99%. Ensuite,
deux formes complexées apparaissent: CaF+, dont les proportions varient entre 1.2
et 5.4%, et CaF2, dont les proportions varient entre 0 et 34%.
On remarque que le puits ayant la plus grande conductivité (N°14) montre la
plus grande proportion de complexes sous la forme CaF2, et la plus faible proportion
de fluor libre.

5.2.4 DISCUSSION

Si les pourcentages de fluor libre obtenus par la méthode électrique sont


comparées aux pourcentages de fluor libre obtenus par le logiciel MINEQL+, on
remarque une forte différence: MINEQL + montre un pourcentage de plus de 90% de
fluor libre, alors qlJe la méthode électrique montre un pourcentage aux alentours de
15%.
Il est possible qu'un phénomène d'adsorption sur les parois des contenants
plastiques lors de la mesure du potentiel du fluor libre ait eu lieu; l'autre source
d'erreur peut résider dans l'établissement de la courbe d'étalonnage du fluor libre; il
a en effet été difficile d'établir cette courbe en raison des sauts de mesure du
voltmètre.

5.2.5 INTERPRETATION DES RESULTATS

Selon les graphiques de corrélation, le fluor n'est corrélé aux autres éléments
que dans l'aquifère superficiel. Il est probable que la présence d'évaporites,
concentrant les éléments majeurs et certains éléments traces dont le fluor, soient la
cause des corrélations visibles dans l'aquifère superficiel; les grandes valeurs de
Strontium, présent dans les évaporites, vont en ce sens (cf annexe 5.9).

La non-corrélation du fluor et des autre éléments dans l'aquifère profond, sa


variabilité spaciale alors que les autres éléments sont stables, peut être discutée:

1) Le Fluor provient des précipitations sur les calcaires affleurants vers les piémonts:
comme cet élément n'est corrélable avec rien, on peut suspecter une origine
météorique; l'industrie aux alentour de Gabès (cimenterie et prodlJction d'engrais

87
phosphatés) peut être à l'origine du Fluor dans les pluies. Il est de plus connu que
dans la région de Gabès, une concentration de Fluor critique pour la santé était
atteinte dans la poussière atmosphérique il y a une quinzaine d'années (R. Bouhlila,
pers. corn., 2003). Depuis, l'installation de filtres dans les cheminées d'usines a
amélioré la situation.

2) (le ·nuor provient de la nappe superficiel); cela peut être le cas, puisque nous
avons des nitrates dans l'aquifère profond. Le fait qu'aucune corrélation ne puissent
être détectées dans la nappe profonde proviendrait alors d'échanges avec la matrice
lors de la progression de l'eau vers la nappe profonde, ce qui oblitéreraient les
corrélations qui sont observées dans la nappe superficielle, les équilibres rejouant
avec les types de lithologies alors traversées.
L'augmentation des concentrations en direction de la mer dans l'aquifère
profond seraient donc liée à l'augmentation qui est observée dans l'aquifère
superficiel. Il est cependant

3) (Le fluor provient de niveaux phosphatés présents au sein de l'aquifère profond> ;


le fluor n'est pas corrélé avec les autres espèces chimiques dans l'aquifère profond.
Si des niveaux de phosphorite existent dans le Coniacien calcaire (comme il a été
observé sur un affleurement à l'ouest du terrain) alors le fluor serait corrélé avec le
phosphore, qui n'a pas été analysé.
En ce sens, l'augmentation des concentrations en direction de la mer serait lié
au temps de contact de l'eau avec les niveaux phosphatés postulés. Cette hypothèse
n'est cependant pas valable, car les phosphorites contiennent de l'Uranium (J.-L.
Seidel, pers. corn.) et celui-ci n'évolue pas avec le Fluor (cf. annexe 5.8).

88
6 CONCLUSIONS
La surface potentiométrique de la nappe profonde a baissé d'une vingtaine de
mètres entre 1962 et 1988. Comme les charges en amont, selon toute
vraisemblance, resteraient inchangées, il en résulterait une augmentation de
l'hydrodynamisme, le temps de transit étant 2,5x plus élevée en 1988 qu'en 1962,
localement du moins.

Les pompages dans l'aquifère profond abaissent le niveau potentiométrique


de la nappe profonde; la baisse à long terme de l'alimentation du CI y participe
également. On remarque cependant que les débits d'extractions ont paradoxalement
baissés entre 1995 et 2003 en raison de la fermeture de puits artésiens, diminuant
ainsi temporairement la vitesse à laquelle le niveau potentiométrique descend. Par
voie de conséquence, la progression off-shore du biseau salé est temporairement
ralentie.

Les conductivités électriques de l'aquifère profond entre 1967-88 et 2003 ont


augmentée. Cela peut être lié à l'agrandissement de la zone où les charges
hydrauliques de la nappe superficielle sont plus élevées que celles de la nappe
profonde; comme l'aquifère superficiel est plus salé que son homologue profond, il
en résulterait une augmentation des conductivités de la nappe profonde.
Il est raisonnable de redouter une baisse ultérieure du niveau
potentiométrique de la nappe profonde jusqu'à la plaine côtière, car une inversion
des drainances à cet endroit entraînerait indubitablement une augmentation
drastique de la salinité de la nappe profonde, en regard des multiples sebkras
présentes en plaine. La valeur de SAR pourrait alors devenir critique (actuellement
4.4/10 dans la nappe profonde).

Comparant les années 1995 et 2003, la nappe superficielle montre un


hydrodynamisme faiblissant, le temps de transit de [Link] ayant diminué de plus
de la moitié. Cela permet sans doute au biseau salé de progresser, en vertu du
principe de Ghyben-Herzberg (1901) , puisque les charges hydrauliques diminuent.

La nappe superficielle est alimentée par la nappe profonde dans la plaine


côtière en regard des valeurs de charges. Elle est alimentée par la nappe profonde
au travers de la zone de faille de Médénine, en regard des paramètres physico-
chimiques. Il apparaît que l'apport d'eau fraîche, par le profond dans le superficiel en
bord de mer, est oblitéré par l'intrusion saline (groupe chimique N°1).

Les conductivités électriques dans l'aquifère superficiel ont diminué entre


1978-79 et 2003. Cette progression est l'objet de deux hypothèses. (1) La zone non-
saturée accumule les sels durant les années déficitaires. Lors des années
excédentaires, les sels de la zone non-saturée sont dissous et rejoignent alors la
nappe, augmentant sa conductivité. (2) La paysannerie a transféré une partie de ses
pompages superficiels dans la nappe profonde, augmentant le volume de la frange
supérieure d'eau douce dans la nappe superficielle.

89
Les valeurs de [Link]. de la nappe superficielle sont moins bonnes que celle de la
nappe profonde, mais elles sont acceptables (6.2 110)

***
On remarque que les forts taux de pompage dans l'aquifère profond sont
tamponnés par trois types d'apport principaux : C.1. 1 eau météoritique 1 apport
profond. La situation de la nappe superficielle est plus précaire d'un point de vue
chimique et des ressources, car les pompages ne sont tamponnés que par un apport
principal : les pluies.

La nappe profonde est dans une situation moins précaire que la nappe
superficielle en regard des ressources. Cependant, en regard du chimisme, au vu
des changements piézométriques rapides dans la nappe profonde dans les dernières
décennies, les conditions aux limites de celle-ci vont changer, entraînant des
changements chimico-physiques dans l'aquifère profond, donc également dans tout
le système multi-couche de la Djeffara du nord (drainances).

La présence du Fluor dans la nappe superficielle trouve son origine dans les
niveaux évaporitiques qui sont communs dans les lithologies quaternaires (sabkras).
Le Fluor dans la nappe profonde pourrait provenir soit de la pluie dans sa
partie libre, soit de la nappe superficielle au travers des failles dans les épontes
argileuse.
Les teneurs moyenne en fluor total sont de 1.3 mgll dans la nappe profonde et
de 1.5 mgll dans la nappe superficielle; comme l'eau est utilisée à des fins
d'irrigation, ces valeurs sont acceptables.

7. RECOMMANDATIONS

En regard de ce travail, trois principaux thèmes peuvent être améliorés:

(1) L'échantillonnage était passablement épars, un échantillonnage plus resserré


permettrait une meilleure compréhension du système.

(2) Les relations entre les lithologies aquifères du Mio-pliocène et celles du


quaternaire pourraient être éclaircies en échantillonnant les deux parties de
manière distinctive.

(3) L'origine du Fluor dans l'aquifère profond n'est pas éclaircie, notamment en
regard de sa variabilité spatiale spécifique. Une analyse plus poussée des
rapports entre cet élément et les éléments traces, notamment au niveau du
Bore et du Strontium (montrant une légère évolution en regard de F-, cf.
annexe 5.8) serait la bien-venue.

D'un point de vue de la gestion des ressources en eau de Gabès-sud:

(1) Les changements à venir au niveau de la nappe profonde demande


que les gestionnaires de l'eau tiennent compte des indices qui augurent d'une
dégradation du système aquifère à relativement court terme, autant au niveau de la
gestion de la quantité d'eau disponible qu'au niveau de sa qualité (sels).

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