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Chap3 Polynômes

Le document présente une introduction aux polynômes, définissant leur structure, leurs propriétés et les opérations algébriques associées. Il aborde des concepts tels que l'addition, la multiplication, la division euclidienne, ainsi que des notions avancées comme le PGCD, le PPCM et le théorème de Bézout. Enfin, il traite de la dérivation des polynômes et de la factorisation, fournissant des exemples et des propositions pour illustrer chaque concept.

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Chap3 Polynômes

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Polynômes

Laila Loudiki

Année Universitaire 2024-2025

Contents
1 Définition de l’ensemble des polynômes 1

2 Structures algébriques sur les polynômes 2


2.1 Addition de polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2.2 Multiplication d’un polynôme par un élément de K . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.3 Multiplication de polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

3 Arithmétique dans K[X] 4


3.1 Division euclidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3.2 Divisibilité dans K[X] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3.3 Division selon les puissances croissantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

4 Dérivation des polynômes 6


4.1 Définition d’un polynôme dérivé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
4.2 Dérivées successives-formule de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

5 PGCD et PPCM 7
5.1 PGCD . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
5.2 Algorithme d’Euclide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
5.3 PPCM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

6 Théorème de Bézout 8

7 Racine d’un polynôme, factorisation 9


7.1 Racines d’un polynôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
7.2 Théorème de d’Alembert-Gauss . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
7.3 Théorème de factorisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
7.4 Factorisation dans C[X] et R[X] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

Dans ce chapitre K désigne R ou C.

1 Définition de l’ensemble des polynômes


Définition 1.1. Un polynômes à coefficients dans K est une expression de la forme

P (X) = an X n + an−1 X n−1 + . . . + a2 X 2 + a1 X + a0 ,

avec n ∈ N et a0 , a1 , . . . , an ∈ K.

1
ˆ L’ensemble des polynômes est noté K[X].

ˆ Les ai sont appelés les coefficients du polynôme.

ˆ Si tous les coefficients ai sont nuls, P est appelé le polynôme nul, il est noté 0.

ˆ Un polynôme de la forme P = a0 avec a0 ∈ K est appelé un polynôme constant.

Définition 1.2. Soient P (X) = an X n +an−1 X n−1 +. . .+a2 X 2 +a1 X +a0 et Q(X) = bn X n +bn−1 X n−1 +
. . . + b2 X 2 + b1 X + b0 deux polynômes à coefficients dans K.

P et Q sont égaux ⇔ P = Q
⇔ ai = bi , ∀i

Définition 1.3. Soit P (X) = an X n + an−1 X n−1 + . . . + a2 X 2 + a1 X + a0 un polynôme non nul de K[X].

ˆ On appelle degré de P , et on note deg(P ), le plus grand entier naturel n tel que an ̸= 0. Autrement
dit,
deg(P ) = max{n ∈ N : an ̸= 0}.

– Le coefficient adeg(P ) se nomme coefficient dominant de P . S’il vaut 1, le polynôme est dit
unitaire.
– On appelle terme dominant le monôme adeg(P ) X deg(P ) .

ˆ On appelle valuation de P , et on note val(P ), le plus petit entier naturel n tel que an ̸= 0. Autrement
dit,
val(P ) = min{n ∈ N : an ̸= 0}.

Remarque 1.

1. Pour le degré du polynôme nul, on pose par convention deg(0) = −∞.

2. Soit P = a0 avec a0 ∈ K. Si a0 ̸= 0, son degré est 0.

3. ∀P ∈ K[X] tel que P ̸= 0, val(P ) ≤ deg(P ).

Définition 1.4. Un polynôme P appartient à K est appelé monôme si deg(P ) = val(P ).

Exemple 1.
3
1. X 3 − 5X + 4 est un polynôme de degré 3.

2. X n + 1 est un polynôme de degré n.

3. 2 est un polynôme constant, de degré 0.

2 Structures algébriques sur les polynômes


2.1 Addition de polynômes
Définition 2.1. Soient P (X) = an X n +an−1 X n−1 +. . .+a2 X 2 +a1 X +a0 et Q(X) = bn X n +bn−1 X n−1 +
. . . + b2 X 2 + b1 X + b0 deux polynômes à coefficients dans K. On appelle somme des polynômes P et Q (ou
addition de P et Q) le polynôme de K[X], noté P + Q et défini par:

P + Q = (an + bn )X n + (an−1 + bn−1 )X n−1 + . . . + (a1 + b1 )X + (a0 + b0 ).

2
Exemple 2. Si P = aX 3 + bX 2 + cX + d et Q = αX 2 + βX + γ. Alors,

P + Q = aX 3 + (b + α)X 2 + (c + β)X + (d + γ).

Proposition 1. Soient P et Q deux polynômes non nuls de K[X]. On a:


ˆ deg(P + Q) ≤ max{deg(P ), deg(Q)},

ˆ val(P + Q) ≥ min{val(P ), val(Q)}.

2.2 Multiplication d’un polynôme par un élément de K


Définition 2.2. Soient P = an X n + an−1 X n−1 + . . . + a1 X + a0 et α un scalaire de K. On définit le
polynôme noté α.P (ou plus simplement αP ) de K[X] par:

αP (X) = αan X n + αan−1 X n−1 + . . . + αa1 X + αa0 .

Remarque 2. Si P appartient à K alors, pour tout α non nul de K,

deg(αP ) = deg(P ) et val(αP ) = val(P ).

Exemple 3. Si P = aX 3 + bX 2 + cX + d et α ∈ K alors, αP = αaX 3 + αbX 2 + αcX + αd.


Proposition 2. La multiplication d’un polynôme de K[X] par un élément de K vérifie:
1. ∀α ∈ K, ∀P, Q ∈ K[X], α(P + Q) = αP + αQ.
2. ∀(α, β) ∈ K2 , ∀P ∈ K[X], (α + β)P = αP + βP .
3. ∀(α, β) ∈ K2 , ∀P ∈ K[X], α(βP ) = (αβ)P .

2.3 Multiplication de polynômes


Définition 2.3. Soient P (X) = an X n +an−1 X n−1 +. . .+a2 X 2 +a1 X +a0 et Q(X) = bn X n +bn−1 X n−1 +
. . . + b2 X 2 + b1 X + b0 deux polynômes de K[X]. On appelle produit de P et Q le polynôme de K[X], noté
P × Q (ou plus simplement P Q), définit par:

P × Q = cr X r + cr−1 X r−1 + . . . + c1 X + c0 .
Pr
avec cr = k=0 ak br−k = a0 br + a1 br−1 + . . . + ar b0 et r = n + m.
Exemple 4. Soient P = 2X 3 + 2iX 2 + 1 et Q = 2X 2 + 1 deux polynômes de C[X]. Les coefficients du
polynôme P × Q = cr X r + cr−1 X r−1 + . . . + c1 X + c0 avec (cr )r∈N ∈ C[X] vérifient:



 c0 = a0 b0 = 1




 c1 = a0 b1 + a1 b0 = 0




 c2 = a0 b2 + a1 b1 + a2 b0 = 2 + 2i

c3 = a0 b3 + a1 b2 + a2 b1 + a3 b0 = 2



c4 = a0 b4 + a1 b3 + a2 b2 + a3 b1 + a4 b0 = 4i

c5 = a0 b5 + a1 b4 + a2 b3 + a3 b2 + a4 b1 + a5 b0 = 4




c6 = a0 b6 + a1 b5 + a2 b4 + a3 b3 + a4 b2 + a5 b1 + a6 b0 = 0


.


..





c = 0, pour tout r ≥ 6.
r

On a ainsi obtenu:
P × Q = 4X 5 + 4iX 4 + 2X 3 + (2 + 2i)X 2 + 1.

3
Proposition 3. Soient P et Q deux polynômes non nuls de K[X]. On a:

ˆ deg(P × Q) = deg(P ) + deg(Q),

ˆ val(P × Q) = val(P ) + val(Q),

3 Arithmétique dans K[X]


3.1 Division euclidienne
Théorème 3.1. Étant donnés deux polynômes A et B de K[X] avec B ̸= 0, il existe un unique couple
(Q, R) de polynômes de K[X] tels que

A = BQ + R et deg(R) < deg(B).

ˆ Déterminer le couple (Q, R) c’est effectuer la division euclidienne de A par B.

ˆ Les polynômes A et B se nomment respectivement dividende et diviseur.

ˆ Les polynômes Q et R se nomment respectivement quotient et reste.

Remarque 3. Si deg(A) < deg(B) alors, dans la division euclidienne de A par B, le quotient Q est le
polynôme nul et le reste R est le polynôme A, c’est-à-dire Q = 0K[X] et R = A, puisque

A = 0.B + A et deg(R) = deg(A) < deg(B).

Exemple 5.

1. Considérons dans C[X] les polynômes A = X 2 + i et B = X 3 − iX 2 + iX + 1. Remarquons que


deg(A) = 2 < deg(B) = 3. Par conséquent, le quotient Q et le reste R dans la division euclidienne
de A par B sont Q = 0K[X] et R = A = X 2 + i. Remarquons qu’aucun calcul n’a été nécessaire pour
trouver Q et R.

2. Considérons maintenant les deux polynômes de R[X] suivants:

A = X 4 + 2X 3 − X + 6 et B = X 3 − 6X 2 + X + 4.

Effectuons la division euclidienne de A par B dans R[X]. Remarquons que deg(A) ≥ deg(B). Par
conséquent, le calcul des deux polynômes Q et R n’est pas aussi immédiat qu’il l’a été dans l’exemple
précédent. Pour déterminer Q et R, nous procédons en suivant pas à pas comme suit:

X 4 +2X 3 −X +6 X 3 −6X 2 +X +4
4
−(X +2X 3 −X +6) X +8
8X 3 −X 2 −5X +6
−(8X 3 −48X 2 +8X +32)
47X 2 −13X −26

Nous avons arrêté le processus car le degré du reste R2 est strictement inférieur au degré du diviseur
B. On a ainsi obtenu que A = BQ + R avec Q = X + 8, R = 47X 2 − 13X − 26, et deg(R) < deg(B).
On a donc l’égalité:

X 4 + 2X 3 − X + 6 = (X 3 − 6X 2 X + 4)(X + 8) + 47X 2 − 13X − 26.

4
3.2 Divisibilité dans K[X]
Définition 3.1. Soient A et B deux polynômes de K[X]. On dit que B divise A, et on note A\B, (ou que
A est divisible par B) s’il existe Q ∈ K[X] tel que

A = BQ.

En d’autres termes, B divise A si le reste de la division euclidienne de A par B est nul. On dit aussi que
A est un multiple de B ou que B est un diviseur de A.

Remarque 4.

1. Si A, B ∈ K[X] avec A ̸= 0, B ̸= 0, et si B divise A alors, deg(B) ≤ deg(A).

2. Tout polynôme A ∈ K[X] est divisible par lui-même puisque A = A × 1K[X] .

3. Le polynôme nul est divisible par n’importe quel polynôme P de K[X] puisque 0K[X] est absorbant par
la loi × (0K[X] ) = P × 0K[X] ).

Propriètés Soient A, B, C, D ∈ K[X], on a

1. A\B et B\C ⇒ A\C.

2. A\B ⇒ A\BC.

3. A\B et A\C ⇒ A\B + C.

4. A\B et C\D ⇒ AC\BD.

5. ∀α ∈ K, A\B ⇒ αA\B.

Définition 3.2. Soit P un polynôme de K[X] tel que deg(P ) ≥ 1.

ˆ Le polynôme P est dit irréductible (ou premier) dans K[X] s’il n’admet pour diviseur que les polynômes
α.1 et αP où α ∈ K∗ . Autrement dit, le polynôme P de K[X] est irréductible lorsque les seuls
polynômes qui le divisent sont, à un facteur multiplicatif près, 1 et lui-même.

ˆ Dans le cas contraire, on dit qu’il est réductible.

Exemple 6. Le polynôme P = X 2 + 1 est irréductible dans R[X]. En revanche, il est divible dans C[X]
par les deux polynômes X − i et X + i. Le polynôme P est donc réductible dans C[X].

Remarque 5.

1. Un polynôme irréductible est toujours non nul.

2. Si P = a1 X + a0 ∈ K[X] avec a1 ̸= 0 alors, P est un polynôme irréductible dans K[X].

Lemme 1 (Lemme d’Euclide). Soit P ∈ K[X] un polynôme irréductible et soient A, B ∈ K[X].

P \AB ⇒ P \A ou P \B.

5
3.3 Division selon les puissances croissantes
Théorème 3.2 (Division selon les puissances croissantes). Étant donnés un entier k et deux polynômes A
et B de K[X] avec val(B) = 0, il existe un unique couple (Qk , Rk ) de polynômes de K[X] tels que:

A = BQk + X k+1 Rk et deg(Qk ) ≤ k.

Pour k ∈ N donné, trouver Qk et Rk , c’est effectuer la division de A par B selon les puissances croissantes
à l’ordre k.

ˆ Les polynômes A et B se nomment respectivement dividende et diviseur.

ˆ Les polynômes Qk et X k+1 Rk se nomment respectivement quotient et reste à l’ordre k.

Exemple 7. Soient A = 4 + X 2 et B = 1 + X + X 2 deux polynômes de R[X]. Effectuons la division de


A par B selon les puissances croissantes à l’ordre 2.

4 +X 2 1 +X +X 2
−(4 +4X +4X 2 ) 4 −4X +X 2
−4X −3X 2
−(−4X −4X 2 −4X 3 )
X 2 +4X 3
−(X 2 +X 3 +X 4 )
3X 3 −X 4
= X 3 (3 −X)

Nous avons arrêté le processus car la valuation du reste 3X 3 − X 4 est strictement supérieure à 2 et le degré
du quotient est inférieur ou égal à 2 (rappelons qu’ici, 2 est l’ordre de la division). Ainsi, A = BQ2 +X 3 R2
avec Q2 = 4 − 4X + X 2 , R2 = 3 − X, et deg(Q2 ) = 2. On a donc l’égalité:

4 + X 2 = (1 + X + X 2 )(4 − 4X + X 2 ) + 3X 3 − X 4 .

que l’on peut vérifier en développant le terme de droite.

4 Dérivation des polynômes


4.1 Définition d’un polynôme dérivé
Définition 4.1. Soit P = a0 + a1 X + a2 X 2 + a3 X 3 + . . . + an X n un polynôme de K[X] tel que deg(P ) =
n ≥ 1. On appelle polynôme dérivée de P le polynôme de K[X], noté P ′ , défini par:

P = a1 + 2a2 X + 3a3 X 2 + . . . + nan X n−1 .

Si le polynôme P est de degré 0 alors le polynôme dérivée P ′ est 0.

Proposition 4. Soient P et Q deux polynômes de K[X] et λ ∈ K. On a

(P + Q)′ = P ′ + Q′ , (λP )′ = λP ′ , (P Q)′ = P ′ Q + P Q′ .

6
4.2 Dérivées successives-formule de Taylor
Définition 4.2. Soit P ∈ K[X], on définit par récurrence le polynôme dérivé d’ordre n du polynôme P ,
que l’on note P (n) , comme suit:
(
P (0) = P,
P (k) = (P (k−1) )′ , ∀k ∈ {1, 2, . . . , n}.

Proposition 5. ∀k ∈ N, ∀P, Q ∈ K[X] et ∀λ ∈ K, on a

(P + Q)(k) = P (k) + Q(k) et (λP )(k) = λP (k) .

Théorème 4.1. Soient c ∈ K et P un polynôme de K[X] tel que deg(P ) = n. Alors,

P ′ (c) P ′′ (c) P (n) (c)


P = P (c) + (X − c) + (X − c)2 + . . . + (X − c)n .
1! 2! n!

5 PGCD et PPCM
5.1 PGCD
Proposition 6. Soient A, B ∈ K[X], avec A ̸= 0 ou B ̸= 0. Il existe un unique polynôme unitaire de plus
grand degré qui divise à la fois A et B. Cet unique polynôme est appelé le PGCD (Plus Grand Commun
Diviseur) de A et B que l’on note P GCD(A, B).
Remarque 6. 1. Si A\B et A ̸= 0, alors P GCD(A, B) = λ1 A où λ est le coefficient dominant de A.

2. ∀λ ∈ K∗ , P GCD(λA, B) = P GCD(A, B).

5.2 Algorithme d’Euclide


Soient A et B des polynômes, B ̸= 0. On calcule les diviseurs euclidiennes successives,


 A = BQ1 + R1 deg(R1 ) < deg(B)

B = R1 Q2 + R2 deg(R2 ) < deg(R1 )





R1 = R2 Q3 + R3

deg(R3 ) < deg(R2 )
. ..
..

 .

Rk−2 = Rk−1 Qk + Rk deg(Rk ) < deg(Rk−1 )





Rk−1 = Rk Qk+1

Le degré du reste diminue à chaque division. On arrête l’algorithme lorsque le reste est nul. Le PGCD est
le dernier reste non nul Rk .
Exemple 8. Calculons le PGCD de A = X 4 − 1 et B = X 3 − 1. On applique l’algorithme d’Euclide:
(
X 4 − 1 = (X 3 − 1)X + (X − 1)
X 3 − 1 = (X − 1)(X 2 + X + 1) + 0

Le PGCD est le dernier reste non nul, donc P GCD(X 4 − 1, X 3 − 1) = X − 1.


Définition 5.1. Soient A, B ∈ K[X]. On dit que A et B sont premiers entre eux si P GCD(A, B) = 1.
Pour A, B quelconques, on peut se ramener à des polynômes premiers entre eux:

Si P GCD(A, B) = D alors, A et B s’écrivent: A = DA′ et B = DB ′ avec P GCD(A′ , B ′ ) = 1.

7
5.3 PPCM
Pour deux polynômes P (x) et Q(x), une fois que vous avez déterminé leur plus grand commun diviseur
(PGCD) à l’aide de l’algorithme d’Euclide, vous pouvez facilement calculer leur plus petit commun multiple
(PPCM) en utilisant la relation suivante :

P (x) · Q(x)
PPCM(P (x), Q(x)) = .
PGCD(P (x), Q(x))

Étapes détaillées :
1. Déterminez le PGCD : Appliquez l’algorithme d’Euclide pour calculer PGCD(P (x), Q(x)).

2. Multipliez les polynômes : Calculez P (x) · Q(x).

3. Divisez par le PGCD : Simplifiez le produit P (x) · Q(x) en divisant par le PGCD(P (x), Q(x)).

Exemple :
Soit P (x) = x2 − 1 et Q(x) = x2 − 3x + 2.

1. Décomposition en facteurs :

P (x) = (x − 1)(x + 1), Q(x) = (x − 1)(x − 2).

2. PGCD(P (x), Q(x)) = x − 1.

3. Produit des polynômes :


P (x) · Q(x) = (x2 − 1)(x2 − 3x + 2).

4. Calcul du PPCM :
(x2 − 1)(x2 − 3x + 2)
PPCM(P (x), Q(x)) = = (x + 1)(x − 2)(x − 1).
x−1

6 Théorème de Bézout
Théorème 6.1 (Théorème de Bézout). Soient A, B ∈ K[X] des polynômes avec A ̸= 0 ou B ̸= 0. On
note D = P GCD(A, B). Il existe deux polynômes U, V ∈ K[X] tels que AU + BV = D.
Exemple 9. Nous avons calculé P GCD(X 4 − 1, X 3 − 1) = X − 1. Nous remontons l’algorithme d’Euclide,
ici il n’y avait qu’une ligne: X 4 − 1 = (X 3 − 1)X + (X − 1), pour en déduire

X − 1 = (X 4 − 1) × 1 + (X 3 − 1)(−X).

Donc, U = 1 et V = −X.
Corollaire 1. Soient A et B deux polynômes.

A et B sont premiers entre eux ⇔ ∃U, V ∈ K[X] tels que AU + BV = 1.

Corollaire 2. Soient A, B, C ∈ K[X] avec A ̸= 0 ou B ̸= 0.

C\A et C\B ⇒ C\P GCD(A, B).

Corollaire 3 (Lemme de Gauss). Soient A, B, C ∈ K[X].

A\BC et P GCD(A, B) = 1 ⇒ A\C.

8
7 Racine d’un polynôme, factorisation
7.1 Racines d’un polynôme
Définition 7.1. Soient P = an X n + an−1 X n−1 + . . . + a1 X + a0 ∈ K[X]. Pour un élément x ∈ K, on note
P (x) = an xn + an−1 xn−1 + . . . + a1 x + a0 . On associe ainsi au polynôme P une fonction polynôme (qu’on
note encore P ).
P : K −→ K
x −→ P (x) = an xn + an−1 xn−1 + . . . + a1 x + a0
Définition 7.2. Soit P ∈ K[X] et α ∈ K. On dit que α est une racine (ou un zéro) de P si P (α) = 0.
Proposition 7.
P (α) = 0 ⇔ X − α divise P.
Définition 7.3. Soit k ∈ N∗ . On dit que α est une racine de multiplicité k de P si (X − α)k divise P
alors que (X − α)k+1 ne divise pas P . Lorsque k = 1, on parle d’une racine simple, lorsque k = 2, d’une
racine double, . . .. On dit aussi que α est une racine d’ordre k.
Proposition 8. Il y a équivalence entre:
1. α est une racine de multiplicité k de P .

2. ∃Q ∈ K[X] tel que P = (X − α)k Q, avec Q(α) ̸= 0.

3. P (α) = P ′ (α) = . . . = P (k−1) (α) = 0 et P (k) (α) ̸= 0.


Remarque 7. Par analogie avec la dérivée d’une fonction, si P (X) = an X n + an−1 X n−1 + . . . + a2 X 2 +
a1 X + a0 ∈ K[X] alors, P ′ (X) = nan X n−1 + (n − 1)an−1 X n−2 + . . . + 2a2 X + a1 ∈ K[X] est le polynôme
dérivé de P .

7.2 Théorème de d’Alembert-Gauss


Théorème 7.1 (Théorème de d’Alembert-Gauss). Tout polynôme à coéfficients complexes de degré n ≥ 1
a au moins une racine dans C. Il admet exactement n racines si on compte chaque racine avec multiplicité.
Exemple 10. Soit P (X) = aX 2 + bX + c un polynôme de degré 2 à coéfficients réels: a, b, c ∈ R et a ̸= 0
√ √
ˆ Si ∆ > 0 alors, P admet 2 racines réelles distinctes −b+ ∆
2a et −b− ∆
2a .
√ √
−b+i |∆| −b−i |∆|
ˆ Si ∆ < 0 alors, P admet 2 racines complexes distinctes 2a et 2a .

ˆ Si ∆ = 0 alors, P admet une racine réelle double −b


2a .

En tenant compte des multiplicités on a donc toujours ecactement 2 racines.


Théorème 7.2. Soit P ∈ K[X] de degré n ≥ 1. Alors P admet au plus n racines dans K.
Exemple 11. P (X) = 3X 3 − 2X 2 + 6X − 4:
ˆ Considéré comme un polynôme à coefficients dans Q ou R, P n’a qu’une seule racine (qui est simple)
α = 32 et il se décompose en
2
P (X) = 3(X − )(X 2 + 2).
3
ˆ Considéré comme un polynôme à coefficients dans C, P admet 3 racines simples et il se décompose
en
2 √ √
P (X) = 3(X − )(X − i 2)(X + i 2).
3

9
7.3 Théorème de factorisation
Théorème 7.3. Tout polynôme non constant A ∈ K[X] s’écrit comme un produit de polynôme irréductibles
unitaires:
A = λP1k1 P2k2 . . . Prkr .
où λ, r, ki ∈ N∗ , et les Pi sont des polynômes irréductibles distincts. De plus, cette décomposition est unique
à l’ordre près des facteurs.

7.4 Factorisation dans C[X] et R[X]


Théorème 7.4. Les polynômes irréductibles de C[X] sont les polynômes de degré 1. Donc pour P ∈ C[X]
de degré n ≥ 1, la factorisation s’écrit:

P = λ(X − α1k1 )(X − α2k2 ) . . . (X − αrkr )

où α1 , α2 , . . . , αr sont des racines distinctes de P et k1 , k2 , . . . , kr sont leurs multiplicités.

Théorème 7.5. Les polynômes irréductibles de R[X] sont les polynômes de degré 1 ainsi que les polynômes
de degré 2 ayant un discriminant ∆ < 0. Soit P ∈ R[X] de degré n ≥ 1. Alors, la factorisation s’écrit:

P = λ(X − α1k1 )(X − α2k2 ) . . . (X − αrkr )Ql11 Ql22 . . . Qlss .

où les αi sont exactement les racines réelles distinctes de multiplicité ki et les Qi sont des polynômes
irréductibles de degré 2: Qi = X 2 + βi X + γi avec ∆ < 0.

Exemple 12. P (X) = 2X 4 (X − 1)3 (X 2 + 1)2 (X 2 + X + 1) est déjà décomposé en facteurs irréductibles
dans R[X] alors que sa décomposition dans C[X] est

P (X) = 2X 4 (X − 1)3 (X − i)2 (X + i)2 (X − j)(X − j 2 )


2iπ

−1+i 3
où j = e 3 = 2 .

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