Polynômes
Laila Loudiki
Année Universitaire 2024-2025
Contents
1 Définition de l’ensemble des polynômes 1
2 Structures algébriques sur les polynômes 2
2.1 Addition de polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2.2 Multiplication d’un polynôme par un élément de K . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.3 Multiplication de polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
3 Arithmétique dans K[X] 4
3.1 Division euclidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3.2 Divisibilité dans K[X] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3.3 Division selon les puissances croissantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
4 Dérivation des polynômes 6
4.1 Définition d’un polynôme dérivé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
4.2 Dérivées successives-formule de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
5 PGCD et PPCM 7
5.1 PGCD . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
5.2 Algorithme d’Euclide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
5.3 PPCM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
6 Théorème de Bézout 8
7 Racine d’un polynôme, factorisation 9
7.1 Racines d’un polynôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
7.2 Théorème de d’Alembert-Gauss . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
7.3 Théorème de factorisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
7.4 Factorisation dans C[X] et R[X] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Dans ce chapitre K désigne R ou C.
1 Définition de l’ensemble des polynômes
Définition 1.1. Un polynômes à coefficients dans K est une expression de la forme
P (X) = an X n + an−1 X n−1 + . . . + a2 X 2 + a1 X + a0 ,
avec n ∈ N et a0 , a1 , . . . , an ∈ K.
1
L’ensemble des polynômes est noté K[X].
Les ai sont appelés les coefficients du polynôme.
Si tous les coefficients ai sont nuls, P est appelé le polynôme nul, il est noté 0.
Un polynôme de la forme P = a0 avec a0 ∈ K est appelé un polynôme constant.
Définition 1.2. Soient P (X) = an X n +an−1 X n−1 +. . .+a2 X 2 +a1 X +a0 et Q(X) = bn X n +bn−1 X n−1 +
. . . + b2 X 2 + b1 X + b0 deux polynômes à coefficients dans K.
P et Q sont égaux ⇔ P = Q
⇔ ai = bi , ∀i
Définition 1.3. Soit P (X) = an X n + an−1 X n−1 + . . . + a2 X 2 + a1 X + a0 un polynôme non nul de K[X].
On appelle degré de P , et on note deg(P ), le plus grand entier naturel n tel que an ̸= 0. Autrement
dit,
deg(P ) = max{n ∈ N : an ̸= 0}.
– Le coefficient adeg(P ) se nomme coefficient dominant de P . S’il vaut 1, le polynôme est dit
unitaire.
– On appelle terme dominant le monôme adeg(P ) X deg(P ) .
On appelle valuation de P , et on note val(P ), le plus petit entier naturel n tel que an ̸= 0. Autrement
dit,
val(P ) = min{n ∈ N : an ̸= 0}.
Remarque 1.
1. Pour le degré du polynôme nul, on pose par convention deg(0) = −∞.
2. Soit P = a0 avec a0 ∈ K. Si a0 ̸= 0, son degré est 0.
3. ∀P ∈ K[X] tel que P ̸= 0, val(P ) ≤ deg(P ).
Définition 1.4. Un polynôme P appartient à K est appelé monôme si deg(P ) = val(P ).
Exemple 1.
3
1. X 3 − 5X + 4 est un polynôme de degré 3.
2. X n + 1 est un polynôme de degré n.
3. 2 est un polynôme constant, de degré 0.
2 Structures algébriques sur les polynômes
2.1 Addition de polynômes
Définition 2.1. Soient P (X) = an X n +an−1 X n−1 +. . .+a2 X 2 +a1 X +a0 et Q(X) = bn X n +bn−1 X n−1 +
. . . + b2 X 2 + b1 X + b0 deux polynômes à coefficients dans K. On appelle somme des polynômes P et Q (ou
addition de P et Q) le polynôme de K[X], noté P + Q et défini par:
P + Q = (an + bn )X n + (an−1 + bn−1 )X n−1 + . . . + (a1 + b1 )X + (a0 + b0 ).
2
Exemple 2. Si P = aX 3 + bX 2 + cX + d et Q = αX 2 + βX + γ. Alors,
P + Q = aX 3 + (b + α)X 2 + (c + β)X + (d + γ).
Proposition 1. Soient P et Q deux polynômes non nuls de K[X]. On a:
deg(P + Q) ≤ max{deg(P ), deg(Q)},
val(P + Q) ≥ min{val(P ), val(Q)}.
2.2 Multiplication d’un polynôme par un élément de K
Définition 2.2. Soient P = an X n + an−1 X n−1 + . . . + a1 X + a0 et α un scalaire de K. On définit le
polynôme noté α.P (ou plus simplement αP ) de K[X] par:
αP (X) = αan X n + αan−1 X n−1 + . . . + αa1 X + αa0 .
Remarque 2. Si P appartient à K alors, pour tout α non nul de K,
deg(αP ) = deg(P ) et val(αP ) = val(P ).
Exemple 3. Si P = aX 3 + bX 2 + cX + d et α ∈ K alors, αP = αaX 3 + αbX 2 + αcX + αd.
Proposition 2. La multiplication d’un polynôme de K[X] par un élément de K vérifie:
1. ∀α ∈ K, ∀P, Q ∈ K[X], α(P + Q) = αP + αQ.
2. ∀(α, β) ∈ K2 , ∀P ∈ K[X], (α + β)P = αP + βP .
3. ∀(α, β) ∈ K2 , ∀P ∈ K[X], α(βP ) = (αβ)P .
2.3 Multiplication de polynômes
Définition 2.3. Soient P (X) = an X n +an−1 X n−1 +. . .+a2 X 2 +a1 X +a0 et Q(X) = bn X n +bn−1 X n−1 +
. . . + b2 X 2 + b1 X + b0 deux polynômes de K[X]. On appelle produit de P et Q le polynôme de K[X], noté
P × Q (ou plus simplement P Q), définit par:
P × Q = cr X r + cr−1 X r−1 + . . . + c1 X + c0 .
Pr
avec cr = k=0 ak br−k = a0 br + a1 br−1 + . . . + ar b0 et r = n + m.
Exemple 4. Soient P = 2X 3 + 2iX 2 + 1 et Q = 2X 2 + 1 deux polynômes de C[X]. Les coefficients du
polynôme P × Q = cr X r + cr−1 X r−1 + . . . + c1 X + c0 avec (cr )r∈N ∈ C[X] vérifient:
c0 = a0 b0 = 1
c1 = a0 b1 + a1 b0 = 0
c2 = a0 b2 + a1 b1 + a2 b0 = 2 + 2i
c3 = a0 b3 + a1 b2 + a2 b1 + a3 b0 = 2
c4 = a0 b4 + a1 b3 + a2 b2 + a3 b1 + a4 b0 = 4i
c5 = a0 b5 + a1 b4 + a2 b3 + a3 b2 + a4 b1 + a5 b0 = 4
c6 = a0 b6 + a1 b5 + a2 b4 + a3 b3 + a4 b2 + a5 b1 + a6 b0 = 0
.
..
c = 0, pour tout r ≥ 6.
r
On a ainsi obtenu:
P × Q = 4X 5 + 4iX 4 + 2X 3 + (2 + 2i)X 2 + 1.
3
Proposition 3. Soient P et Q deux polynômes non nuls de K[X]. On a:
deg(P × Q) = deg(P ) + deg(Q),
val(P × Q) = val(P ) + val(Q),
3 Arithmétique dans K[X]
3.1 Division euclidienne
Théorème 3.1. Étant donnés deux polynômes A et B de K[X] avec B ̸= 0, il existe un unique couple
(Q, R) de polynômes de K[X] tels que
A = BQ + R et deg(R) < deg(B).
Déterminer le couple (Q, R) c’est effectuer la division euclidienne de A par B.
Les polynômes A et B se nomment respectivement dividende et diviseur.
Les polynômes Q et R se nomment respectivement quotient et reste.
Remarque 3. Si deg(A) < deg(B) alors, dans la division euclidienne de A par B, le quotient Q est le
polynôme nul et le reste R est le polynôme A, c’est-à-dire Q = 0K[X] et R = A, puisque
A = 0.B + A et deg(R) = deg(A) < deg(B).
Exemple 5.
1. Considérons dans C[X] les polynômes A = X 2 + i et B = X 3 − iX 2 + iX + 1. Remarquons que
deg(A) = 2 < deg(B) = 3. Par conséquent, le quotient Q et le reste R dans la division euclidienne
de A par B sont Q = 0K[X] et R = A = X 2 + i. Remarquons qu’aucun calcul n’a été nécessaire pour
trouver Q et R.
2. Considérons maintenant les deux polynômes de R[X] suivants:
A = X 4 + 2X 3 − X + 6 et B = X 3 − 6X 2 + X + 4.
Effectuons la division euclidienne de A par B dans R[X]. Remarquons que deg(A) ≥ deg(B). Par
conséquent, le calcul des deux polynômes Q et R n’est pas aussi immédiat qu’il l’a été dans l’exemple
précédent. Pour déterminer Q et R, nous procédons en suivant pas à pas comme suit:
X 4 +2X 3 −X +6 X 3 −6X 2 +X +4
4
−(X +2X 3 −X +6) X +8
8X 3 −X 2 −5X +6
−(8X 3 −48X 2 +8X +32)
47X 2 −13X −26
Nous avons arrêté le processus car le degré du reste R2 est strictement inférieur au degré du diviseur
B. On a ainsi obtenu que A = BQ + R avec Q = X + 8, R = 47X 2 − 13X − 26, et deg(R) < deg(B).
On a donc l’égalité:
X 4 + 2X 3 − X + 6 = (X 3 − 6X 2 X + 4)(X + 8) + 47X 2 − 13X − 26.
4
3.2 Divisibilité dans K[X]
Définition 3.1. Soient A et B deux polynômes de K[X]. On dit que B divise A, et on note A\B, (ou que
A est divisible par B) s’il existe Q ∈ K[X] tel que
A = BQ.
En d’autres termes, B divise A si le reste de la division euclidienne de A par B est nul. On dit aussi que
A est un multiple de B ou que B est un diviseur de A.
Remarque 4.
1. Si A, B ∈ K[X] avec A ̸= 0, B ̸= 0, et si B divise A alors, deg(B) ≤ deg(A).
2. Tout polynôme A ∈ K[X] est divisible par lui-même puisque A = A × 1K[X] .
3. Le polynôme nul est divisible par n’importe quel polynôme P de K[X] puisque 0K[X] est absorbant par
la loi × (0K[X] ) = P × 0K[X] ).
Propriètés Soient A, B, C, D ∈ K[X], on a
1. A\B et B\C ⇒ A\C.
2. A\B ⇒ A\BC.
3. A\B et A\C ⇒ A\B + C.
4. A\B et C\D ⇒ AC\BD.
5. ∀α ∈ K, A\B ⇒ αA\B.
Définition 3.2. Soit P un polynôme de K[X] tel que deg(P ) ≥ 1.
Le polynôme P est dit irréductible (ou premier) dans K[X] s’il n’admet pour diviseur que les polynômes
α.1 et αP où α ∈ K∗ . Autrement dit, le polynôme P de K[X] est irréductible lorsque les seuls
polynômes qui le divisent sont, à un facteur multiplicatif près, 1 et lui-même.
Dans le cas contraire, on dit qu’il est réductible.
Exemple 6. Le polynôme P = X 2 + 1 est irréductible dans R[X]. En revanche, il est divible dans C[X]
par les deux polynômes X − i et X + i. Le polynôme P est donc réductible dans C[X].
Remarque 5.
1. Un polynôme irréductible est toujours non nul.
2. Si P = a1 X + a0 ∈ K[X] avec a1 ̸= 0 alors, P est un polynôme irréductible dans K[X].
Lemme 1 (Lemme d’Euclide). Soit P ∈ K[X] un polynôme irréductible et soient A, B ∈ K[X].
P \AB ⇒ P \A ou P \B.
5
3.3 Division selon les puissances croissantes
Théorème 3.2 (Division selon les puissances croissantes). Étant donnés un entier k et deux polynômes A
et B de K[X] avec val(B) = 0, il existe un unique couple (Qk , Rk ) de polynômes de K[X] tels que:
A = BQk + X k+1 Rk et deg(Qk ) ≤ k.
Pour k ∈ N donné, trouver Qk et Rk , c’est effectuer la division de A par B selon les puissances croissantes
à l’ordre k.
Les polynômes A et B se nomment respectivement dividende et diviseur.
Les polynômes Qk et X k+1 Rk se nomment respectivement quotient et reste à l’ordre k.
Exemple 7. Soient A = 4 + X 2 et B = 1 + X + X 2 deux polynômes de R[X]. Effectuons la division de
A par B selon les puissances croissantes à l’ordre 2.
4 +X 2 1 +X +X 2
−(4 +4X +4X 2 ) 4 −4X +X 2
−4X −3X 2
−(−4X −4X 2 −4X 3 )
X 2 +4X 3
−(X 2 +X 3 +X 4 )
3X 3 −X 4
= X 3 (3 −X)
Nous avons arrêté le processus car la valuation du reste 3X 3 − X 4 est strictement supérieure à 2 et le degré
du quotient est inférieur ou égal à 2 (rappelons qu’ici, 2 est l’ordre de la division). Ainsi, A = BQ2 +X 3 R2
avec Q2 = 4 − 4X + X 2 , R2 = 3 − X, et deg(Q2 ) = 2. On a donc l’égalité:
4 + X 2 = (1 + X + X 2 )(4 − 4X + X 2 ) + 3X 3 − X 4 .
que l’on peut vérifier en développant le terme de droite.
4 Dérivation des polynômes
4.1 Définition d’un polynôme dérivé
Définition 4.1. Soit P = a0 + a1 X + a2 X 2 + a3 X 3 + . . . + an X n un polynôme de K[X] tel que deg(P ) =
n ≥ 1. On appelle polynôme dérivée de P le polynôme de K[X], noté P ′ , défini par:
P = a1 + 2a2 X + 3a3 X 2 + . . . + nan X n−1 .
Si le polynôme P est de degré 0 alors le polynôme dérivée P ′ est 0.
Proposition 4. Soient P et Q deux polynômes de K[X] et λ ∈ K. On a
(P + Q)′ = P ′ + Q′ , (λP )′ = λP ′ , (P Q)′ = P ′ Q + P Q′ .
6
4.2 Dérivées successives-formule de Taylor
Définition 4.2. Soit P ∈ K[X], on définit par récurrence le polynôme dérivé d’ordre n du polynôme P ,
que l’on note P (n) , comme suit:
(
P (0) = P,
P (k) = (P (k−1) )′ , ∀k ∈ {1, 2, . . . , n}.
Proposition 5. ∀k ∈ N, ∀P, Q ∈ K[X] et ∀λ ∈ K, on a
(P + Q)(k) = P (k) + Q(k) et (λP )(k) = λP (k) .
Théorème 4.1. Soient c ∈ K et P un polynôme de K[X] tel que deg(P ) = n. Alors,
P ′ (c) P ′′ (c) P (n) (c)
P = P (c) + (X − c) + (X − c)2 + . . . + (X − c)n .
1! 2! n!
5 PGCD et PPCM
5.1 PGCD
Proposition 6. Soient A, B ∈ K[X], avec A ̸= 0 ou B ̸= 0. Il existe un unique polynôme unitaire de plus
grand degré qui divise à la fois A et B. Cet unique polynôme est appelé le PGCD (Plus Grand Commun
Diviseur) de A et B que l’on note P GCD(A, B).
Remarque 6. 1. Si A\B et A ̸= 0, alors P GCD(A, B) = λ1 A où λ est le coefficient dominant de A.
2. ∀λ ∈ K∗ , P GCD(λA, B) = P GCD(A, B).
5.2 Algorithme d’Euclide
Soient A et B des polynômes, B ̸= 0. On calcule les diviseurs euclidiennes successives,
A = BQ1 + R1 deg(R1 ) < deg(B)
B = R1 Q2 + R2 deg(R2 ) < deg(R1 )
R1 = R2 Q3 + R3
deg(R3 ) < deg(R2 )
. ..
..
.
Rk−2 = Rk−1 Qk + Rk deg(Rk ) < deg(Rk−1 )
Rk−1 = Rk Qk+1
Le degré du reste diminue à chaque division. On arrête l’algorithme lorsque le reste est nul. Le PGCD est
le dernier reste non nul Rk .
Exemple 8. Calculons le PGCD de A = X 4 − 1 et B = X 3 − 1. On applique l’algorithme d’Euclide:
(
X 4 − 1 = (X 3 − 1)X + (X − 1)
X 3 − 1 = (X − 1)(X 2 + X + 1) + 0
Le PGCD est le dernier reste non nul, donc P GCD(X 4 − 1, X 3 − 1) = X − 1.
Définition 5.1. Soient A, B ∈ K[X]. On dit que A et B sont premiers entre eux si P GCD(A, B) = 1.
Pour A, B quelconques, on peut se ramener à des polynômes premiers entre eux:
Si P GCD(A, B) = D alors, A et B s’écrivent: A = DA′ et B = DB ′ avec P GCD(A′ , B ′ ) = 1.
7
5.3 PPCM
Pour deux polynômes P (x) et Q(x), une fois que vous avez déterminé leur plus grand commun diviseur
(PGCD) à l’aide de l’algorithme d’Euclide, vous pouvez facilement calculer leur plus petit commun multiple
(PPCM) en utilisant la relation suivante :
P (x) · Q(x)
PPCM(P (x), Q(x)) = .
PGCD(P (x), Q(x))
Étapes détaillées :
1. Déterminez le PGCD : Appliquez l’algorithme d’Euclide pour calculer PGCD(P (x), Q(x)).
2. Multipliez les polynômes : Calculez P (x) · Q(x).
3. Divisez par le PGCD : Simplifiez le produit P (x) · Q(x) en divisant par le PGCD(P (x), Q(x)).
Exemple :
Soit P (x) = x2 − 1 et Q(x) = x2 − 3x + 2.
1. Décomposition en facteurs :
P (x) = (x − 1)(x + 1), Q(x) = (x − 1)(x − 2).
2. PGCD(P (x), Q(x)) = x − 1.
3. Produit des polynômes :
P (x) · Q(x) = (x2 − 1)(x2 − 3x + 2).
4. Calcul du PPCM :
(x2 − 1)(x2 − 3x + 2)
PPCM(P (x), Q(x)) = = (x + 1)(x − 2)(x − 1).
x−1
6 Théorème de Bézout
Théorème 6.1 (Théorème de Bézout). Soient A, B ∈ K[X] des polynômes avec A ̸= 0 ou B ̸= 0. On
note D = P GCD(A, B). Il existe deux polynômes U, V ∈ K[X] tels que AU + BV = D.
Exemple 9. Nous avons calculé P GCD(X 4 − 1, X 3 − 1) = X − 1. Nous remontons l’algorithme d’Euclide,
ici il n’y avait qu’une ligne: X 4 − 1 = (X 3 − 1)X + (X − 1), pour en déduire
X − 1 = (X 4 − 1) × 1 + (X 3 − 1)(−X).
Donc, U = 1 et V = −X.
Corollaire 1. Soient A et B deux polynômes.
A et B sont premiers entre eux ⇔ ∃U, V ∈ K[X] tels que AU + BV = 1.
Corollaire 2. Soient A, B, C ∈ K[X] avec A ̸= 0 ou B ̸= 0.
C\A et C\B ⇒ C\P GCD(A, B).
Corollaire 3 (Lemme de Gauss). Soient A, B, C ∈ K[X].
A\BC et P GCD(A, B) = 1 ⇒ A\C.
8
7 Racine d’un polynôme, factorisation
7.1 Racines d’un polynôme
Définition 7.1. Soient P = an X n + an−1 X n−1 + . . . + a1 X + a0 ∈ K[X]. Pour un élément x ∈ K, on note
P (x) = an xn + an−1 xn−1 + . . . + a1 x + a0 . On associe ainsi au polynôme P une fonction polynôme (qu’on
note encore P ).
P : K −→ K
x −→ P (x) = an xn + an−1 xn−1 + . . . + a1 x + a0
Définition 7.2. Soit P ∈ K[X] et α ∈ K. On dit que α est une racine (ou un zéro) de P si P (α) = 0.
Proposition 7.
P (α) = 0 ⇔ X − α divise P.
Définition 7.3. Soit k ∈ N∗ . On dit que α est une racine de multiplicité k de P si (X − α)k divise P
alors que (X − α)k+1 ne divise pas P . Lorsque k = 1, on parle d’une racine simple, lorsque k = 2, d’une
racine double, . . .. On dit aussi que α est une racine d’ordre k.
Proposition 8. Il y a équivalence entre:
1. α est une racine de multiplicité k de P .
2. ∃Q ∈ K[X] tel que P = (X − α)k Q, avec Q(α) ̸= 0.
3. P (α) = P ′ (α) = . . . = P (k−1) (α) = 0 et P (k) (α) ̸= 0.
Remarque 7. Par analogie avec la dérivée d’une fonction, si P (X) = an X n + an−1 X n−1 + . . . + a2 X 2 +
a1 X + a0 ∈ K[X] alors, P ′ (X) = nan X n−1 + (n − 1)an−1 X n−2 + . . . + 2a2 X + a1 ∈ K[X] est le polynôme
dérivé de P .
7.2 Théorème de d’Alembert-Gauss
Théorème 7.1 (Théorème de d’Alembert-Gauss). Tout polynôme à coéfficients complexes de degré n ≥ 1
a au moins une racine dans C. Il admet exactement n racines si on compte chaque racine avec multiplicité.
Exemple 10. Soit P (X) = aX 2 + bX + c un polynôme de degré 2 à coéfficients réels: a, b, c ∈ R et a ̸= 0
√ √
Si ∆ > 0 alors, P admet 2 racines réelles distinctes −b+ ∆
2a et −b− ∆
2a .
√ √
−b+i |∆| −b−i |∆|
Si ∆ < 0 alors, P admet 2 racines complexes distinctes 2a et 2a .
Si ∆ = 0 alors, P admet une racine réelle double −b
2a .
En tenant compte des multiplicités on a donc toujours ecactement 2 racines.
Théorème 7.2. Soit P ∈ K[X] de degré n ≥ 1. Alors P admet au plus n racines dans K.
Exemple 11. P (X) = 3X 3 − 2X 2 + 6X − 4:
Considéré comme un polynôme à coefficients dans Q ou R, P n’a qu’une seule racine (qui est simple)
α = 32 et il se décompose en
2
P (X) = 3(X − )(X 2 + 2).
3
Considéré comme un polynôme à coefficients dans C, P admet 3 racines simples et il se décompose
en
2 √ √
P (X) = 3(X − )(X − i 2)(X + i 2).
3
9
7.3 Théorème de factorisation
Théorème 7.3. Tout polynôme non constant A ∈ K[X] s’écrit comme un produit de polynôme irréductibles
unitaires:
A = λP1k1 P2k2 . . . Prkr .
où λ, r, ki ∈ N∗ , et les Pi sont des polynômes irréductibles distincts. De plus, cette décomposition est unique
à l’ordre près des facteurs.
7.4 Factorisation dans C[X] et R[X]
Théorème 7.4. Les polynômes irréductibles de C[X] sont les polynômes de degré 1. Donc pour P ∈ C[X]
de degré n ≥ 1, la factorisation s’écrit:
P = λ(X − α1k1 )(X − α2k2 ) . . . (X − αrkr )
où α1 , α2 , . . . , αr sont des racines distinctes de P et k1 , k2 , . . . , kr sont leurs multiplicités.
Théorème 7.5. Les polynômes irréductibles de R[X] sont les polynômes de degré 1 ainsi que les polynômes
de degré 2 ayant un discriminant ∆ < 0. Soit P ∈ R[X] de degré n ≥ 1. Alors, la factorisation s’écrit:
P = λ(X − α1k1 )(X − α2k2 ) . . . (X − αrkr )Ql11 Ql22 . . . Qlss .
où les αi sont exactement les racines réelles distinctes de multiplicité ki et les Qi sont des polynômes
irréductibles de degré 2: Qi = X 2 + βi X + γi avec ∆ < 0.
Exemple 12. P (X) = 2X 4 (X − 1)3 (X 2 + 1)2 (X 2 + X + 1) est déjà décomposé en facteurs irréductibles
dans R[X] alors que sa décomposition dans C[X] est
P (X) = 2X 4 (X − 1)3 (X − i)2 (X + i)2 (X − j)(X − j 2 )
2iπ
√
−1+i 3
où j = e 3 = 2 .
10