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Cours Législation Industrielle

Le document présente un cours de législation industrielle, abordant le droit des obligations et les contrats, en détaillant les sources, les éléments constitutifs, et les conditions de validité des contrats. Il traite également des spécificités des contrats administratifs et de travail, ainsi que des principes de l'exécution des obligations. Enfin, il souligne l'importance de la théorie de l'imprévision dans le cadre des contrats administratifs et la réglementation des contrats de travail au Burundi.

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Cours Législation Industrielle

Le document présente un cours de législation industrielle, abordant le droit des obligations et les contrats, en détaillant les sources, les éléments constitutifs, et les conditions de validité des contrats. Il traite également des spécificités des contrats administratifs et de travail, ainsi que des principes de l'exécution des obligations. Enfin, il souligne l'importance de la théorie de l'imprévision dans le cadre des contrats administratifs et la réglementation des contrats de travail au Burundi.

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1

ECOLE NORMALE SUPERIEURE

Cours de législation industrielle

Par : C.E. Pierre Claver GATOGATO

Bujumbura ,ENS-Mars 2023

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INTRODUCTION GENERALE

Droit des obligations

Le droit des obligations se présente comme un fondement juridique, le droit commun de tous les
échanges économiques aussi bien dans la vie des affaires que dans les rapports entre particuliers non
commerçants.

Il suffit pour s’en convaincre de voir la place qu’occupe le contrat dans la vie des personnes tant
physiques que morales.

Source des obligations

Dans le 1er cas, l’obligation est voulue par les parties et sur le plan de la technique juridique, elle
résulte le plus souvent d’un contrat qui est la forme la plus répandue des actes juridiques. Ex: Le
contrat de vente

Dans le 2nd cas, l’obligation est imposée par la loi et elle est attachée d’office à certains faits
juridiques dont il importe peu qu’ils aient été voulus ou non par ceux qui les ont accomplis.

- Les quasi-contrats: Ex: remplacer le toit de la maison du voisin endommagée en son


absence

- Les délits: L’ingénieur qui construit mal un immeuble et qui tue les habitants par sa ruine.

- Les quasi-délits: Le chauffeur de la voiture qui renverse involontairement en passant.

ELÉMENTS DU DROIT DES CONTRATS

Le contrat: Définition et typologie

« Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s’obligent, envers une ou
plusieurs autres, à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose ». Article 1 CCLIII

Le contrat est synallagmatique ou bilatéral lorsque les contractants s’obligent réciproquement les uns
envers les autres (art.2 CCLIII)

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Il est unilatéral lorsqu’une ou plusieurs personnes sont obligées envers une ou plusieurs autres, sans
que de la part de ces dernières il y ait d’engagement (art.3 CCLIII)

Il est commutatif lorsque chacune des parties s’engage à donner ou à faire une chose qui est regardée
comme l’équivalent de ce qu’on lui donne ou de ce qu’on fait pour elle.

Ex: le contrat de travail

Lorsque l’équivalent consiste dans la chance de gain ou de perte pour chacune des parties, d’après un
événement incertain, le contrat est aléatoire (art.4 CCLIII).

Ex: contrat d’assurance

Le contrat de bienfaisance est celui dans lequel l’une des parties procure à l’autre un avantage
purement gratuit (art 5CCLIII).

Ex: donation

Le contrat à titre onéreux est celui qui assujettit chacune des parties à donner ou à faire quelque
chose (art6 CCLIII).

Ex: Contrat de travail.

Conditions de validité du contrat

Quatre conditions sont essentielles pour la validité d’une convention:

- Le consentement de la partie qui s’oblige: librement donné sans menaces ni contrainte


physique

- La capacité de contracter: avoir l’âge requis pour contracter (21 ans)

- L’existence d’un objet certain qui forme la matière de l’engagement (ce que l’on s’engage à
faire doit être licite, possible)

- L’existence d’une cause licite dans l’obligation (La cause est pourquoi on s’engage).

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L’effet obligatoire du contrat

Article 33 CCLIII: Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont
faites. Elles ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel ou pour les causes que la loi
autorise. Elles doivent être exécutées de bonne foi.

Trois grands principes se dégagent:

- Le principe de la convention= Loi des parties

- Le principe de possibilité de changement de la convention par l’accord des parties ou par le


juge

- Le principe d’exécution de bonne foi.

L’effet relatif des conventions

Article 63 CCLIII: « Les conventions n’ont d’effet qu’entre les parties contractantes; elles ne
nuisent point aux tiers, et elles ne lui profitent que dans le cas prévu par l’article 21 ».

C’est normal sauf ceux qui ont signé un contrat sont obligés

Exceptions:

• Stipulation pour autrui: art.21

• Action oblique: Art.64

• Action paulienne: art.65

Exceptions à l’effet relatif des contrats

Article 21: On peut pareillement stipuler au profit d’un tiers lorsque telle est la condition d’une
stipulation que l’on fait pour soi-même ou d’une donation que l’on fait à un autre. Celui qui a fait
cette stipulation ne peut plus la révoquer si le tiers a déclaré vouloir en profiter.

Article 64: Néanmoins, les créanciers peuvent exercer tous les droits et actions de leur débiteur, à
l’exception de ceux qui sont exclusivement attachés à la personne.

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Article 65: Ils peuvent aussi, en leur nom personnel, attaquer les actes faits par leur débiteur en
fraude de leurs droits.

Inexécution du contrat

L’exécution en nature de l’obligation: Tant que la créance subsiste, le créancier a le droit d’obtenir
l’exécution en nature de l’obligation car au fond c’est en cela que le débiteur s’est engagé.
Normalement le débiteur s’exécute volontairement. S’il ne le fait pas, on va le contraindre à
s’exécuter.

L’exécution par équivalent: Lorsque l’exécution en nature est devenue impossible (absolue) ou
lorsque le débiteur n’a pas exécuté et qu’on ne peut pas le contraindre, le créancier a droit à des
Dommages-Intérêts, c’est-à-dire une somme d’argent équivalente à l’avantage que lui aurait procuré
l’exécution de l’obligation promise.

Spécificité du contrat administratif

• Théorie de l’imprévision ;

• Principe de mutabilité ;

• Privilège du préalable ;

• Privilège d’exécution d’office .

La théorie de l’imprévision en droit privé

Le problème de l’imprévision se pose lorsqu’un contractant se trouve obligé d’exécuter une


obligation, alors que la survenance de circonstances nouvelles et imprévisible au jour de la
conclusion du contrat rend cette exécution beaucoup plus difficile ou onéreuse.

La théorie de l’imprévision propose de modifier le contrat de manière à soulager le cocontractant


surchargé par les circonstances.

A première vue, la révision du contrat pour imprévision se heurte au principe pacta sunt servanda
consacré à l’article 33 CC LIII qui édicte que « les conventions légalement formées tiennent lieu de
loi à ceux qui les ont faites ».

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C’est pourquoi la Cour de Cassation dans le très célèbre arrêt Canal de Craponne du 6 mars 1876 (De
Galiffet c. Commune de Pélissane (Canal de Craponne), Civ. 6 mars 1876) rejette, sous le visa de ce
même article, la théorie de l’imprévision en droit privé

La théorie de l’imprévision en droit administratif

La théorie de l'imprévision prévoit que, dans le cadre de l'exécution d'un contrat administratif, le
cocontractant de l'administration doit poursuivre l'exécution du contrat même si survient un
événement imprévisible et temporaire qui la rend plus difficile.

Il aura droit à une indemnisation partielle du préjudice qui lui est causé. Rejetée par le juge
judiciaire, cette théorie est en principe acceptée par le juge administratif.

Le contrat administratif

Les contrats administratifs sont une catégorie de contrats conclus par l’administration, qui peut
également signer des contrats de droit privé. Les contrats – administratifs ou privé – constituent le
second moyen d’action de l’administration, avec les actes administratifs unilatéraux, dans ses
relations avec les administrés.

Un contrat est dit administratif dans plusieurs cas.

Tout d’abord, si la loi le qualifie comme tel l(ex : les marchés de travaux publics par la loi du 28
pluviôse an VIII) ou si un texte déclare le juge administratif compétent pour régler les conflits sur le
contrat de l’administration dont il traite.

Sinon, en l’absence de qualification du contrat par un texte, deux critères dégagés par la
jurisprudence doivent être présents :

Un des signataires du contrat est une personne publique : ce qui n’exclut pas qu’un contrat entre
deux personnes privées soit exceptionnellement qualifié d’administratif (ex : marchés passés pour le
compte de l’État entre des entrepreneurs et sociétés concessionnaires d’autoroutes) ;

l’insertion dans le contrat de clauses exorbitantes du droit commun – c’est-à-dire des clauses
qu’on ne trouverait pas dans un contrat privé (ex : modification unilatérale, voire résiliation du
contrat dans l’intérêt du service, sanctions en cas de mauvaise exécution) –, ou l’association étroite

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du cosignataire du contrat au service public. Ces deux derniers critères ne sont pas tenus de se
cumuler, ils sont dits « alternatifs ».

Enfin, le contrat peut être qualifié d’administratif s’il s’insère dans un cadre législatif et
réglementaire particulier rendant son régime juridique du contrat « exorbitant du droit commun ».

Le privilège du préalable

« Exécutez d’abord, puis réclamez après »

Le privilège du préalable est un principe de droit énoncé par le professeur Maurice Hauriou.

Le principe comporte deux éléments :

• L’administration dispose de la prérogative de réaliser ses droits par ses propres moyens, sans
avoir recours à l’autorisation préalable d’un juge ;

• La décision produit des effets de droit et est exécutoire (décision exécutoire).

Mais il faut nuancer ce principe qui caractérisait l’action administrative car l’administration qui
utilisait beaucoup l’acte unilatéral (arrêtés, décrets…) recourt maintenant aussi le contrat.

Le privilège de l’exécution d’office

En théorie les administrés sont tenus de se conformer aux prescriptions des actes administratifs
unilatéraux dès leur édiction.

Dans le cas contraire, l’administration doit pouvoir intervenir afin de contraindre ces administrés
récalcitrants et assurer la correcte exécution de ses actes.

Pour cela elle dispose du privilège d’exécution qui signifie que l’administration peut employer la
contrainte contre le particulier réfractaire en recourant à la force publique et sans saisir le juge : par
sa nature même, cette prérogative de l’administration est exorbitante du droit commun.

Toutefois, ce recours à la force ne constitue pas le droit commun ; il reste subsidiaire et n’est
possible que dans trois hypothèses.

Le recours à la force publique pour faire exécuter un acte administratif unilatéral est tout d’abord
possible quand la loi le prévoit expressément.

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Ensuite, l’exécution forcée est possible en cas d’urgence. Comme l’observait ROMIEU dans ses
conclusions sous l’affaire Société immobilière Saint-Just " il est de l’essence même du rôle de
l’administration d’agir immédiatement et d’employer la force publique lorsque l’intérêt immédiat
de la conservation publique l’exige ; quand la maison brûle, on ne va pas demander au juge
l’autorisation d’y envoyer les pompiers ”...

Enfin, l’action d’office demeure possible en l’absence pour l’administration d’autres voies de droit
pour exécuter la mesure. Cette absence d’autres voies de droit désigne non seulement l’inexistence
de sanctions pénales pour sanctionner l’administré récalcitrant, mais aussi le défaut de tout procédé
légal (notamment des actions judiciaires) permettant de contrer cette résistance.

Lorsque l’administration procède à une exécution forcée en dehors de ces trois hypothèses ou encore
lorsqu’il n’y pas résistance de l’administré, elle commet une faute de nature à engager sa
responsabilité.

Si, en outre, cette exécution forcée porte atteinte à la propriété privée ou à une liberté, elle sera
également consécutive d’une voie de fait conduisant à la compétence exclusive du juge judiciaire.

La spécificité du contrat de travail

Cadre légal et définition du contrat de travail

Le contrat de travail est réglementé par la loi n ° 1/037 du 07/07/1993 portant Code du travail qui
traite de plusieurs aspects clés à savoir : le contrat de travail, le salaire, les conditions générales du
travail, la sécurité et l'hygiène du travail, la formation professionnelle, l’administration du travail et
de l’emploi, les relations professionnelles, la résolution des différends du travail…

« Le contrat de travail est toute convention, écrite ou verbale, par laquelle une personne, le
travailleur, s’engage à fournir à une autre personne, l’employeur, un travail manuel ou intellectuel,
sous la direction et l’autorité directe ou indirecte de celui-ci et moyennant salaire ou toute autre
rémunération » (art15 a).

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Types de contrats de travail

Le droit burundais prévoit généralement deux principaux types de contrat selon leur durée: Le
contrat à durée déterminée et le contrat à durée indéterminée.

Le droit burundais prévoit également le contrat d’engagement à l’essai qui: « est un contrat écrit qui
a pour objet de permettre à l’employeur et au travailleur de s’assurer mutuellement par la pratique
s’ils vont s’engager dans des liens plus durables ». (Article 15, d)

Mais à côté de cela, il prévoit la possibilité de recourir aux travailleurs journaliers et temporaire :

- Le travailleur journalier est le travailleur engagé payé à la journée.

- Le travailleur temporaire est le travailleur engagé pour une période de courte durée et pour
l’exécution d’un travail qui n’exige pas le recours à une main d’œuvre permanente. Le travailleur
temporaire signe un contrat à durée déterminée(art15d).

Parties au contrat de travail

Le travailleur est : « toute personne physique, quels que soient son âge, son sexe et sa nationalité,
qui s’est engagée, auprès d’un employeur, dans les liens d’un contrat de travail » art.15 (c).

L’employeur est: « toute personne physique ou morale, de droit public ou de droit privé, qui utilise
les services d’un ou de plusieurs travailleurs en vertu d’un contrat de travail. Le terme employeur
s’entend tant de l’actuel employeur que de l’employeur auquel l’actuel employeur a été substitué en
vertu du contrat ou en vertu de la loi » art.15 (d).

Contenu du contrat de travail

Le contrat de travail est conclu librement sans formalités et sans autorisation, exception faite pour les
étrangers qui doivent solliciter un permis de travail (art.16).

Toutefois, bien que cette liberté contractuelle soit garantie le contrat de travail ne peut pas déroger
aux dispositions d’ordre public (art 19)

Le contrat de travail peut parfois mentionner des dispositions plus favorables aux travailleurs que
celles des lois et règlements en vigueur.

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Etablissement et durée du contrat de travail

Tout contrat de travail « est établi par écrit par 1’employeur lors de l’embauche et signé des parties
sauf en ce qui concerne les contrats des travailleurs journaliers. A défaut d’écrit, la teneur d’un
contrat peut être établie par tous moyens. L’écrit est exempt de tous droits de timbre et
d’enregistrement ». (Art 20)

Quant à la durée du contrat « Le contrat de travail peut être à durée déterminée ou indéterminée :
le contrat sans clause expresse de durée est présumé à durée indéterminée » (art.25)

Il faut noter que la loi dispose également que la continuation des services au-delà de l’échéance
convenue constitue de plein droit l’exécution d’un contrat à durée indéterminée.

Mais aussi que le contrat de travail à durée déterminée ne peut être renouvelé plus de deux fois sauf
en ce qui concerne les travailleurs temporaires(art.26)

Une fois le contrat de travail conclu, les parties peuvent être amenés à le modifier de commun
accord.

Les obligations de l’employeur

L’employeur a notamment les obligations suivantes envers le travailleur :

1°) lui faire connaître, préalablement à la conclusion du contrat, les conditions du contrat proposé

2°) lui délivrer dès la formation du contrat, un exemplaire dudit contrat, établi conformément aux
dispositions de l’article 18 du présent code ;

3°) lui fournir le travail convenu, dans les conditions, au temps et au lieu convenus;

4°) lui payer la rémunération convenue, avec régularité et ponctualité ;

5°) lui fournir, dans les cas déterminés par la réglementation en la matière, le logement et le
ravitaillement convenables;

6°) lui accorder les congés et les allocations de congé auxquels il a droit ;

7°) lui accorder les frais de voyage déterminés conformément aux dispositions de l’article 139 ;

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8°) en l’absence d’une assurance maladie, lui assurer les prestations requises encas de maladie ou
d’accident ;

9°) lui délivrer, le jour où le contrat prend fin, le certificat de travail prévu à l’article61 ;

10°) faire respecter et respecter les convenances et les bonnes moeurs pendant l’exécution du contrat
;

11°) éviter, en dehors de l’entreprise, tout ce qui peut nuire à la vie de l’entreprise et à ses
travailleurs;

12°) veiller à ce que le travail s’accomplisse dans des conditions convenables tant au point de vue de
la sécurité que de la dignité et de la santé des travailleurs compte tenu de la réglementation en
vigueur et de la nature du travail exécuté ;

13°) tenir les documents réglementaires.

Les obligations du travailleur

Le travailleur a notamment l’obligation :

1°. D’exécuter personnellement son travail ou service au temps, au lieu et dans les conditions
convenues

2°. D’agir conformément aux ordres qui lui sont donnés par l’employeur ou ses préposés, en vue de
l’exécution du travail ;

3°. De s’abstenir de tout ce qui pourrait nuire soit à sa propre sécurité, soit à celle de ses compagnons
ou de tiers ;

4°. De respecter les règlements édictés pour l’atelier, l’établissement ou le lieu dans lequel l’engagé
doit fournir son travail.

5°. De restituer en bon état, à l’employeur, les outils et les matières premières restés sans emploi qui
lui ont été confiés, sauf les détériorations ou l’usure dues à l’usage normal de la chose ou la perte qui
arrive par cas fortuit ;

6°. De respecter le secret professionnel ;

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7°. De respecter les convenances et les bonnes mœurs ;

8°. D’éviter dans sa vie publique ou privée tout ce qui peut nuire à son entreprise.

Fin du contrat de travail

Concernant la résiliation du contrat de travail, sauf en cas de force majeure, le contrat à durée
déterminée ne peut cesser avant terme par la volonté d’une seule des parties que dans des cas
expressément prévus au contrat ou en cas de faute lourde (art 46).

Sinon la rupture du contrat ouvre droit aux dommages-intérêts pour l’autre partie.

Quant au contrat de travail à durée indéterminée, celui-ci peut toujours être résilié par la volonté de
l’une des parties avec préavis qui doit être calculé sur base de l’ancienneté de service du travailleur.

Toutefois, le contrat de travail peut être résilié sans préavis, ni indemnités de préavis ou de
licenciement en cas de faute lourde telle que définie par l’article 58 du code du travail.

La loi qualifie la résiliation du contrat de travail du fait de l’employeur de licenciement.

Elle précise en effet que le licenciement doit impérativement être notifié au travailleur soit par lettre
recommandé ou lettre remise en mains propres avec indication du motif du licenciement. (Art 57)

A cet effet, la loi distingue le licenciement pour un motif réel et le licenciement abusif.

Elle précise aussi les faits pouvant être constitutifs de motifs valables de licenciement à savoir :

• L’acte d’improbité, l’inaptitude vérifiée du travailleur à l’emploi, une sérieuse faute contre la
discipline, l’incompétence professionnelle dûment établie, l’absentéisme répété et injustifié,
la nécessité économique rendant inéluctable une compression des effectifs. (Art 61)

Il faut noter aussi que la loi oblige à l’employeur, à la fin du contrat, de délivrer au travailleur un
certificat de service et sur lequel il ne peut pas faire figurer des mentions défavorables au travailleur.
(Art 64)

Signalons également que le contrat de travail peut prendre fin en dehors du licenciement notamment
lorsque le travailleur atteint l’âge obligatoire de cessation de service que la loi fixe à 60 ans.

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Expropriation pour cause d’utilité publique

Moyen de réaliser les ouvrages d’utilité publique

Fondements légaux de la protection de la propriété foncière et de l’expropriation

Le droit de propriété est un droit de l’homme par excellence consacré par:

• La Déclaration universelle des droits de l’homme son article 17« Toute personne, aussi bien
seule qu’en collectivité, a droit à la propriété. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa
propriété »

• La Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples Article 14 : « Le droit de propriété
est garanti. Il ne peut y être porté atteinte que par nécessité publique ou dans l'intérêt
général de la collectivité, ce, conformément aux dispositions des lois appropriées »

• Le droit de propriété est consacré par la Constitution au titre des droits fondamentaux par
l’article 36 de la Constitution qui dispose : « Toute personne a droit à la propriété. Nul ne
peut être privé de sa propriété que dans les cas et de la manière établie par la loi et
moyennant une juste et préalable indemnité ou en exécution d’une décision judiciaire
coulée en force de chose jugée »

L’Etat a malgré tout le droit de porter atteinte à la propriété

Comme l’exprime très bien les traités internationaux et la Constitution du Burundi, le droit de
propriété est limité ne saurait être absolu.

Aucune disposition légale n’empêche l’Etat de prendre la propriété foncière

Mais cette privation ne peut avoir lieu que dans les conditions prévues par la loi.

L’Etat a ainsi une grande marge d’appréciation dans la mise en œuvre de politiques économiques et
sociales et dispose toujours du droit sous certaines conditions, de réglementer l’usage des biens.

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L’Etat recourt à l’expropriation pour cause d’utilité publique lors de la mise en place
d’infrastructures d’intérêt général, l’aménagement des villes, la création des espaces naturelles
protégées, etc.

Le Code foncier du Burundi et l’expropriation

L’article 411 du code foncier stipule que : « Le droit de propriété exercé en vertu d’un titre foncier,
d’un certificat foncier, d’un titre administratif ou d’un mode coutumier d’acquisition, peut être
exproprié pour cause d’utilité publique au bénéfice de l’Etat ou de toute autre personne publique,
moyennant le versement d’une juste et préalable indemnité »

La mutation résultant de l’expropriation foncière doit être constatée dans un titre foncier établi par le
Conservateur des Titres Fonciers, au vu de la décision de justice ou de l’acte constatant l’accord des
parties et après paiement de l’indemnité d’expropriation (art 413).

Par ailleurs, les biens expropriés ne peuvent être utilisés par le bénéficiaire de l’expropriation que
pour la destination d’utilité publique énoncée dans la déclaration provisoire d’utilité publique et dans
la décision d’expropriation (art 414)

Procédure de l’expropriation pour cause d’utilité publique

L’expropriation pour cause d’utilité publique est réglementée par les articles 411 à 437 du code
foncier par des formalités administratives et judiciaires prescrites à peine de nullité

L’expropriation étant une prérogative exorbitante de droit commun qui porte sur la propriété
immobilière, elle a été encadrée car elle vise la terre fort appréciée de la société Burundaise

Mais hélas l’indemnité allouée selon les tarifs étatiques est jugée insuffisante et n’est pas payé
préalablement. La commission africaine des droits de l’homme et des peuples estiment que sans le
versement d’une somme raisonnablement en rapport avec la valeur du bien, une privation de
propriété constituait d’ordinaire une atteinte excessive.

Selon le Professeur VANDENBERGHE « le fait également que l’opération d’expropriation doive


être évaluée dans son ensemble, y compris (…) le paiement effectif de l’indemnité, entraine une
protection efficace de la propriété »

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§1. Le dépôt du projet justifiant l’expropriation par son promoteur.

En effet, à l’origine de la procédure se trouve:

- Soit un projet des travaux dont le promoteur (par exemple l’administrateur communal, une
personne morale privée) fait un dépôt chez l’autorité compétente en demandant le recours à
l’expropriation pour sa réalisation

- Soit une initiative de l’autorité compétente elle-même qui estime opportun et légitime de
procéder à l’expropriation. C’est l’interprétation que l’on tire de l’article 418 in fine : « La
déclaration provisoire d’utilité publique est effectuée d’office ou sur demande. Elle indique
l’opération envisagée et donne la description de la terre ou du périmètre concerné ».

§2. La déclaration provisoire d’utilité publique.

La déclaration provisoire d’utilité publique est l’acte administratif d’ouverture de la procédure


d’expropriation. Le code foncier énumère limitativement les autorités habilitées à déclarer l’utilité
publique(art.418) :

1° le Ministre ayant les terres rurales dans ses attributions ???

2° le Ministre ayant l’urbanisme dans ses attributions

3° le Président de la République

On voit que le législateur a limité la compétence aux seuls autorités du pouvoir central.

• A notre avis, cette restriction vaut la peine d’être adoptée dans un domaine aussi sensible où
l’expropriation doit rester une décision exceptionnelle afin de limiter les abus contre le droit
de propriété bien qu’elle entraine des lenteurs. Comme l’exprime le Prof Michel
MASABO : « cette sorte d’organe de décision unique a l’avantage de la rigueur des
décisions et de l’impartialité mais encaisse le reproche de la lenteur et la passiveté »

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§3. Publicité de la déclaration d’utilité publique et enquête

Pour aboutir à une décision d’expropriation pour cause d’utilité défendable et légitime, des
informations qui concernent le projet envisagé et les biens sur lesquels est prévue sa réalisation
doivent être portées à la connaissance du public.

Ainsi, l’autorité compétente affiche à son bureau et adresse en deux exemplaires copie de sa
déclaration à l’Administrateur communal concerné aux fins de recueillir toutes observations utiles
des personnes intéressées quant à l’utilité publique du projet et quant à l’existence, la nature et
l’étendue des droits réels exercés sur les terres dont l’expropriation est envisagée.

L’Administrateur communal fait ensuite procéder à l’affichage, pendant un mois, la déclaration


provisoire d’utilité publique au bureau de la Commune.

Participation des communautés à la procédure

Les résultats de l’enquête sont consignés dans un rapport adressé à l’autorité compétente et une copie
est conservée par le Service foncier communal (art 420). Le rapport d’enquête est adressé à l’autorité
compétente dans le mois suivant la clôture de l’enquête. Ce délai peut être prorogé de trente jours au
maximum par décision de l’autorité compétente prise sur proposition de l’Administrateur communal
et après avis conforme de la Commission foncière nationale (art 422).

Si les immeubles dont l’expropriation est envisagée sont grevés de droits réels, le propriétaire est
tenu d’aviser sans délai les titulaires de ces droits afin qu’ils puissent pourvoir à la défense de leurs
intérêts. A défaut, le propriétaire est tenu envers eux des indemnités qu’ils auraient pu obtenir
(Article 421).

Quant au but de l’enquête, elle vise en premier lieu à permettre au plus grand nombre de personnes
de faire connaitre leurs remarques et apporter les éléments d’information inconnus à l’administration
mais utiles à sa tâche d’appréciation.

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§4. De l’examen du rapport par la Commission nationale foncière.

Aux termes de l’article 417 du code foncier, le rapport d’enquête doit être suivi d’un avis de la
Commission foncière nationale, cette démarche est exigée comme l’une des étapes de la procédure
d’expropriation.

Les missions et la composition de cette institution ont été précisées lors de l’étude de la gestion du
domaine foncier de l’Etat.

La Commission foncière donne préalablement son avis à toute opération d’expropriation pour cause
d’utilité publique avant toute décision au fond.

Suffisamment éclairé par les renseignements et conseils, l’autorité expropriante peut alors espérer
prendre une décision légitime.

§5. Le décret ou l’Ordonnance d’expropriation.

Au vu du rapport d’enquête, l’autorité compétente peut ordonner l’expropriation et déterminer, en ce


cas, la forme des indemnités d’expropriation dues aux intéressés.

La décision d’expropriation est notifiée aux personnes intéressées, affichée au bureau de la


Commune et de l’autorité expropriante et publiée au Bulletin Officiel du Burundi (Art 423)

La décision d’expropriation fixe le délai de déguerpissement. En cas d’urgence constatée et dans


tous les cas après paiement de l’indemnité d’expropriation, l’autorité compétente peut ordonner le
déguerpissement préalable de l’exproprié (art 427).

Quid de l’indemnité d’expropriation?

Aux termes de l’art 424, l’indemnité d’expropriation doit compenser intégralement le préjudice subi
par l’exproprié. Elle est négociée à l’amiable entre les parties intéressées ou, à défaut, fixée par la
juridiction compétente (art.428)

L’indemnité d’expropriation peut prendre la forme, soit d’une indemnité pécuniaire, soit d’un
échange assorti, le cas échéant, d’une indemnité partielle destinée à la réinstallation de l’exproprié.
Toutefois, l’exproprié peut exiger une indemnité pécuniaire et, à défaut d’accord amiable, il s’en
réfère à la juridiction compétente (art 425).

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18

Conformément à l’article 426 du code foncier une ordonnance ministérielle n°720/CAB/304 du 20


mars 2008 portant actualisation des tarifs d’indemnisation. Ces tarifs devaient être régulièrement
actualisés mais cela n’est pas le cas ce qui porte atteinte à la justesse de l’indemnité d’expropriation.

§6. Recours contre la décision d’expropriation

Les personnes expropriées peuvent également saisir la juridiction compétente pour contester le bien-
fondé de l’expropriation, la consistance de l’indemnité ou le délai de déguerpissement. Ainsi, les
expropriés ont la faculté de pouvoir critiquer devant le juge compétent l’utilité publique assigné au
projet en cause ou la consistance de l’indemnité ou le délai de déguerpissement. Le législateur a
voulu de cette façon contrecarrer l’arbitraire ou l’abus de pouvoir des autorités compétentes en
matière d’expropriation pour cause d’utilité publique.

La juridiction entend les parties, nomme d’office trois experts à défaut de leur désignation par les
parties(art.429)

Ils déposent dans le délai imparti un rapport commun auprès de la juridiction saisie à charge pour
celle-ci de communiquer leurs exemplaires aux parties en cause (art 430). Dans les huit jours du
dépôt dudit rapport, le président de la juridiction convoque les parties à l’audience publique, en
respectant les délais d’ajournement de droit commun.

A l’audience fixée, la juridiction entend les parties et éventuellement les experts. Au plus tard dans
le mois de cette audience, elle statue sur le montant des indemnités et les frais, et si l’exproprié l’en
saisit, sur la durée du délai de déguerpissement.

La juridiction peut statuer sur le délai de déguerpissement lorsque l’administration a fait usage des
dispositions de l’article 428 dans sa décision d’expropriation, à moins que la décision d’expulsion
n’ait déjà été exécutée. La juridiction peut décider de manière motivée que le jugement est
exécutoire par provision nonobstant tout recours (art 432).

Par ailleurs, l’indemnité d’expropriation doit être fondée sur la valeur du bien exproprié appréciée à
la date du jugement. Elle doit être acquittée avant l’enregistrement de la mutation et au plus tard
dans les quatre mois suivant l’accord amiable des parties ou la signification du jugement irrévocable
y relatif.

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19

Passé ce délai, l’exproprié peut demander à l’autorité expropriante ou à la juridiction compétente


l’annulation de l’expropriation, avec dommages-intérêts s’il y a lieu(art453).

§7. Rétrocession des biens expropriés

Aux termes de l’article 434 du code foncier : « Si les biens expropriés pour cause d’utilité publique
ne reçoivent pas cette destination dans les délais prévus par le projet final approuvé, et si aucune
demande de prolongation n’a été introduite avant la fin desdits délais par le promoteur et
approuvée, l’administration notifie aux expropriés la faculté qui leur est offerte de les reprendre et
publie à cet effet un avis au Bulletin Officiel du Burundi. ».

La remise des biens expropriés peut être, en cas de refus de l’administration, ordonnée par la
juridiction compétente :

− soit lorsqu’il est prouvé que ces biens sont utilisés par le bénéficiaire de l’expropriation à une fin
autre que celle initialement prévue ;

− soit lorsque l’opération d’utilité publique n’est pas entreprise dans l’année suivant le
déguerpissement du dernier des propriétaires ou occupants de la terre expropriée ;

Soit lorsque l’opération d’utilité publique est venue à expiration (art 435).

En contrepartie, l’exproprié qui obtient la remise de ses biens peut, à son choix, restituer le montant
de l’indemnité qu’il avait reçue où rendre la terre objet de l’échange (art 436).

Eléments du droit de la responsabilité

Introduction

La responsabilité civile qui dérive du fait juridique diffère de la matière des contrats car pour le fait
juridique, peu importe la volonté des personnes, l’un devient créancier et l’autre débiteur par la seule
force de la loi.

En pratique, les faits qui par application de la loi donnent naissance à des obligations sont très
nombreux et divers.

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20

Ils touchent tous les domaines : patrimonial, extra patrimonial, et il n’est pas question ici d’en dresser
une liste exhaustive.

Tel est l’objet de la responsabilité civile qui se propose l’indemnisation de tous les dommages
injustes qu’ils aient été causés par une infraction pénale ou comme c’est le cas le plus souvent par un
comportement non réprimé par la loi pénale.

Par exemple : En matière des contrats, celui qui n’exécute pas dans les délais ou qui exécute mal ou
pas du tout cause un préjudice à son co-contractant sans encourir pour autant une condamnation
pénale.

La responsabilité directe

Le texte le plus connu en matière des obligations extra – contractuelles est sans doute l’art.258 du
CCLII aux termes duquel : « Tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage oblige
celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ».

Ces articles nous montrent que les dommages peuvent être causés soit par des fautes intentionnelles
soit par des fautes non intentionnelles.

La responsabilité directe repose aussi sur trois éléments : la faute, le dommage, la relation de cause à
effet entre la faute et le dommage.

Il y a faute intentionnelle lorsque l’auteur a accompli le fait dommageable avec l’intention de nuire.
Il a voulu non seulement l’acte mais aussi son résultat. D’où alors la dénomination de délit. Dans le
cas contraire, il sera question d’un quasi-délit. Cependant qu’elle soit intentionnelle ou non
intentionnelle, l’auteur du dommage doit le réparer.

Le dommage

La faute n’engage la responsabilité délictuelle que si elle a causé un dommage à autrui. Et il y a


dommage lorsqu’il y a lésion d’un droit reconnu. Par exemple, l’atteinte à un droit de propriété
expose à des dommages et intérêts parce qu’il s’agit d’un droit reconnu par la loi. Il y aurait aussi
dommage lorsque la lésion affecte non pas un droit mais un intérêt, un intérêt d’affection par
exemple.

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21

Précisons que tous les dommages ne donnent pas lieu à une réparation. Le dommage réparable est
celui qui est actuel et certain. Le dommage est certain lorsqu’il est réel, lorsqu’il est incontestable,
lorsqu’il est fondé sur des faits précis et non sur des simples hypothèses. Ainsi la perte d’une chose
sur laquelle on comptait ne donne pas lieu à une réparation car le dommage n’est pas certain. Le
dommage doit être aussi actuel c’est-à-dire qu’il doit être réalisé et qu’il doit être acquis au moment
où on demande la réparation.

C. Le lien causal entre la faute et le dommage

Sans lien causal entre le dommage et la faute, il n’y a pas de responsabilité. Et comme on l’a déjà vu
il n’y a pas faute si une personne a causé un dommage parce qu’il était dans l’impossibilité absolue
de pouvoir l’éviter.

En pareille hypothèse, l’auteur matériel du dommage n’en a été que l’instrument mais non la cause
qui lui est étrangère, il s’ensuit que toute personne convaincue d’avoir accompli un fait
objectivement illicite peut s’exonérer de sa responsabilité en démontrant qu’elle a agi sous la
contrainte de cas fortuit ou de force majeure. D’autres événements peuvent aussi l’exonérer c’est le
fait d’un tiers ou la faute de la victime.

La responsabilité indirecte

Jusqu’ici nous n’avons vu que le cas d’un individu qui a causé personnellement un dommage mais il
arrive qu’une personne soit tenue de réparer un dommage qu’elle n’a pas personnellement causé.

Ainsi la responsabilité indirecte sous examen est une responsabilité inhabituelle puisqu’elle rend
quelqu’un responsable des fautes qu’elle n’a pas commises. C’est une exception qui doit être
analysée de manière restrictive. Ainsi les personnes responsables indirectes sont uniquement celles
qui sont visées par la loi et ces personnes sont énumérées à partir de l’art.260 CCL III.

La responsabilité indirecte peut être analysée sous deux angles : d’abord la responsabilité du fait
d’autrui c’est-à-dire du fait d’une autre personne et en deuxième lieu, la responsabilité du fait des
choses.

La responsabilité indirecte

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22

Dans la 1ère catégorie des responsabilités, nous y trouvons la responsabilité des pères et mères, la
responsabilité des maîtres et commettants, la responsabilité des instituteurs et des artisans.

Et dans la 2ème catégorie nous y trouvons la responsabilité pour dommage causé par des animaux, la
responsabilité causée par la ruine d’un bâtiment et la responsabilité causée par des choses inanimées.

La responsabilité du fait d’autrui

Elle est posée à l’art.260 et la responsabilité du fait d’autrui est une responsabilité purement civile.
Elle ne vise que la réparation du dommage causé au tiers. “On est responsable non seulement du
dommage que l’on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des
personnes dont on doit répondre, ou des choses que l’on a sous sa garde”.

Responsabilité des pères et mères pour les dommages causés par leurs enfants mineurs

« Le père, et la mère après le décès du mari, sont responsables du dommage causé par leurs enfants
habitant avec eux » (art.260 al.2)

Un enfant se rend coupable d’assassinat. Le père ou la mère de l’assassin n’est que civilement
coupable. Elle ne sera condamnée qu’à la réparation du dommage. Si l’assassin doit être condamné à
mort, c’est lui qui va mourir et non le père ou la mère.

On présume qu’il a mal éduqué l’enfant par exemple. C’est une responsabilité présumée et non
prouvée.

Responsabilité des maîtres et les commettants

« Les maîtres et les commettants, du dommage causé par leurs domestiques et préposés dans les
fonctions auxquelles ils les ont employés ».

La responsabilité ci-dessus a lieu, à moins que les père et mère, instituteurs et artisans ne prouvent
qu’ils n’ont pu empêcher le fait qui donne lieu à cette responsabilité

La responsabilité des artisans

« Les instituteurs et les artisans, du dommage causé par leurs élèves et apprentis pendant le temps
qu’ils sont sous leur surveillance »(art.260 al.3)

Cette responsabilité suppose deux conditions :

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23

- Il faut d’abord qu’il y ait un contrat d’apprentissage entre l’apprenti et l’artisan.

- Il faut que le dommage soit accompli pendant le moment de surveillance et de


l’apprentissage.

Si les deux conditions ne sont pas réunies, l’artisan peut invoquer des raisons libératoires de
responsabilité.

La responsabilité des instituteurs

Cette responsabilité est également fondée sur le devoir de surveillance que les instituteurs ont envers
leurs élèves. Ces derniers sont sous leur autorité. Et pour que cette présomption puisse jouer à charge
de leur instituteur plusieurs conditions doivent être réunies :

Il faut que l’élève cause un dommage à un tiers ; ceci signifie que si l’élève cause un dommage à lui-
même, la responsabilité de l’instituteur n’est engagée.

De même la responsabilité ne joue pas lorsque l’élève est victime d’un dommage causé par un tiers
parce que ce tiers devient responsable lui-même.

La responsabilité du fait des choses

Il s’agit plus précisément de la responsabilité du dommage causé:

- Par les animaux,

- Par la ruine d’un bâtiment

- Ou la responsabilité pour les dommages causés par les choses inanimées.

A. La responsabilité du dommage causé par les animaux

« Le propriétaire d’un animal, ou celui qui s’en sert, pendant qu’il est à son usage, est responsable
du dommage que l’animal a causé soit que l’animal fût sous sa garde, soit qu’il fût égaré ou
échappé » (art.261).

D’après l’art.261, le propriétaire d’un animal ou celui qui s’en sert est responsable d’un dommage
que l’animal a causé en raison de son obligation de garde de l’animal qu’il n’a pas correctement
rempli.

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24

B. La responsabilité du fait des bâtiments

1° Fondement: « Le propriétaire d’un bâtiment est responsable du dommage causé par sa ruine
lorsqu’elle est arrivée par une suite du défaut d’entretien ou par le vice de sa construction ».

La loi considère qu’on est responsable du dommage causé par une maison non entretenue. Il suffit
donc d’être propriétaire de cette maison pour être responsable du dommage causé par sa ruine. Cette
responsabilité est absolue et le propriétaire ne peut pas s’en dégager qu’en prouvant que le dommage
est dû à une cause étrangère qui ne lui est pas imputable.

La responsabilité du fait des bâtiments se fonde sur un devoir d’entretien qui incombe à tout
propriétaire de bâtiment

Cette présomption de responsabilité exige principalement deux conditions :

• Qu’il y ait ruine d’un bâtiment par mauvais entretien

• Qu’il y ait ruine d’un bâtiment par suite de défaut de construction et l’une de ces conditions
suffit pour rendre le propriétaire responsable.

• Par bâtiment, il faut entendre non seulement les édifices proprement dits mais toutes les
constructions ayant un caractère immobilier notamment les murs, les ascenseurs, etc.…

• La responsabilité qui pèse sur le propriétaire ne l’empêche pas d’exercer un recours contre le
vendeur qui est responsable des vices cachés du bien vendu (art.318 CCLIII).

• Le propriétaire peut également se retourner contre le locataire de l’immeuble sur base de


l’art.385.

• Le propriétaire peut également se retourner contre l’architecte et l’entrepreneur puisque ceux-


ci restent responsables pendant dix ans des vices de construction mais dans tous les cas, il
s’agira d’une action récursoire.

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25

C. La responsabilité du fait des choses inanimées

On est responsable des choses que l’on a sous sa garde.

On est responsable des choses qu’on a sous sa garde tel que le prévoit l’art.260 du CCL III.

Cet article a une portée générale qu’il s’agisse des choses mobilières ou immobilières, inertes ou non
inertes, dangereuses ou non dangereuses

La loi présume que l’on est responsable du fait que l’on a une chose sous sa garde. La présomption
de la faute du gardien est irréfragable, cela veut dire que le gardien n’est pas reçu quand il avance
que le dommage a été causé en l’absence de sa faute. Seul le cas de force majeure peut le libérer.

ELEMENTS DU DROIT DE L’ENVIRONNEMENT

Droit de l’environnement

Définition: L’environnement désigne « l’ensemble des éléments naturels et artificiels ainsi que des
facteurs économiques, sociaux et culturels qui conditionnent l’existence, la transformation et le
développement du milieu, des organismes et des activités humaines. L’environnement burundais
constitue un patrimoine commun dont la sauvegarde incombe à l’Etat, aux collectivités locales, aux
organismes publics et aux citoyens, individuellement ou groupés en association » (art12 du code de
l’environnement).

Objectif de la protection de l’environnement: Elle a pour but « de préserver l’équilibre


écologique, de maintenir et d’améliorer la qualité du milieu naturel, de développer rationnellement
les ressources économiques et d’assurer les conditions de vie et de travail aussi bonnes que
possible » (art.13 du code de l’environnement).

CONCEPTS ET DEFINITIONS DE BASE

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26

Administration de l’Environnement : tout service, organisme, administration personnalisée,


établissement public relevant de l’autorité ou placée sous la tutelle du Ministre chargé de
l’environnement ;

Air : la couche atmosphérique entourant la terre et dont la modification physique, chimique ou autre
peut porter atteinte aux êtres vivants, aux écosystèmes et à l’environnement en général ;

Conservation ex situ : la conservation d’éléments constitutifs de la diversité biologique en dehors de


leur milieu naturel ;

Conservation in situ: la conservation des écosystèmes et des habitats naturels et le maintien et la


reconstitution de populations viables d’espèces dans leur milieu naturel et, dans le cas des espèces
domestiquées et cultivées, dans le milieu où se sont développés leurs caractères distinctifs.

Contaminant » : toute substance ou agent physique ou une combinaison de substances et d’agents


physiques ou chimiques susceptibles de favoriser ou de créer un état de pollution ;

Déchet: tout résidu résultant d’un processus d’extraction, d’exploitation, de transformation, de


production, de consommation, d’utilisation, de contrôle ou de traitement dont la qualité ne permet
pas de le réutiliser dans le cadre du procédé dont il est issu ou, plus généralement, tout bien meuble,
abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon ;

Déchets dangereux : tous les déchets, sous quelque état physique que ce soit, qui, en raison de leurs
propriétés corrosives, toxiques, vénéneuses, réactives, explosives, inflammables, biologiques,
infectieuses ou irritantes, représentant un danger pour l’équilibre écologique ou pour
l’environnement tel que répondant à la définition de l’article 2 de la Convention de Bamako du 30
janvier 1991 sur l’interdiction d’importer des déchets dangereux et le contrôle de leurs mouvements
transfrontaliers en Afrique ou résultant d’une liste additionnelle publiée par décret ;

Désertification : la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches
par suite de divers facteurs, parmi lesquels les variations climatiques et les activités humaines ;

diversité biologique: variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les
organismes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils

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27

font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des
écosystèmes ;

Eaux frontalières : les eaux souterraines et de surface communes à la République du Burundi et aux
Etats limitrophes ;

Eaux usées : eaux ayant été utilisées à des fins domestiques, commerciales, agricoles ou
industrielles et qui, en raison de telles utilisations, peuvent engendrer une pollution de l’eau si elles
sont rejetées, sans avoir été traitées, dans le milieu aquatique ;

Ecosystème : le complexe dynamique formé de communautés de plantes, d’animaux et de micro-


organismes et de leur environnement non vivant qui, par leur interaction, forment une unité
fonctionnelle ;

Etude d’impact : l’analyse écrite issue de la procédure préalable à toute autorisation administrative
des ouvrages visés à l’article 24, permettant d’apprécier, d’évaluer et de mesurer les effets directs et
indirects, à court, moyen et long termes dudit ouvrages sur l’environnement.

Milieu aquatique: l’ensemble des eaux superficielles et souterraines, à l’exclusion de l’eau des
installations et équipements destinés aux effluents industriels et à la collecte et au traitement des
eaux résiduaires ;

Patrimoine culturel: les biens meubles ou immeubles qui présentent un intérêt particulier sur le plan
de l’archéologie, de la préhistoire, de la paléontologie, de l’histoire, de la littérature, du folklore, de
l’art, des religions et de la sociologie ;

Périmètre d’environnement protégé: zone fixée par ordonnance ministérielle lors du classement au
titre du patrimoine culturel national d’un immeuble, à l’intérieur de laquelle les activités sont
réglementées par l’administration aux fins de la protection dudit bien ;

Pollueur: toute personne physique ou morale favorisant ou créant un état de pollution ;

Pollution : toute contamination ou modification directe ou indirecte de l’environnement provoquée


par tout acte et susceptible d’entraîner une gêne ou un danger pour la santé, la sécurité et le bien-être
des personnes ou une atteinte ou des dommages au milieu naturel ou aux biens

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28

Pollution atmosphérique ou pollution de l’air : l’émission dans l’air de gaz, de fumées ou de


particules solides ou liquides, corrosifs, toxiques ou odorants, de nature à incommoder la population,
à compromettre la santé ou la sécurité publique ou à nuire à la production agricole, à la conservation
de l’habitat humain ou au caractère des sites ;

Pollution atmosphérique ou pollution de l’air : l’émission dans l’air de gaz, de fumées ou de


particules solides ou liquides, corrosifs, toxiques ou odorants, de nature à incommoder la population,
à compromettre la santé ou la sécurité publique ou à nuire à la production agricole, à la conservation
de l’habitat humain ou au caractère des sites ;

Radioactivité: propriété de certains noyaux atomiques de perdre spontanément de leur masse en


émettant des particules ou des rayonnements électromagnétiques ;

Ressources biologiques » : les ressources génétiques, les organismes ou éléments de ceux-ci, les
populations ou tout autre élément biotique des écosystèmes ayant une utilisation ou une valeur
effective ou potentielle pour l’humanité ;

Télédétection: technique d’étude de la surface terrestre par l’analyse d’image provenant des
satellites ;

Utilisation durable : utilisation des ressources naturelles d’une manière et à un rythme qui
n’entraînent pas leur appauvrissement à long terme, et sauvegardent ainsi leur potentiel pour
satisfaire les besoins et les aspirations des générations présentes et futures.

La procédure d’étude d’impact sur l’environnement


Le gouvernement définit la politique et la stratégie de l’environnement sur proposition du Ministre
chargé de l’Environnement(art.15)

En vue de minimiser ou supprimer les effets à court, moyen et long termes sur l’environnement des
aménagements et ouvrages visés à l’article 22, les dossiers d’appel d’offre doivent obligatoirement
comporter un volet d’étude d’impact environnemental(art.21)

Lorsque des aménagements, des ouvrages ou des installations risquent, en raison de leurs
dimensions, de la nature des activités qui y sont exercées ou de leur incidence sur le milieu naturel,
de porter atteinte à l’environnement, le pétitionnaire ou maître de l’ouvrage établira et soumettra à
l’administration de l’Environnement une étude d’impact permettant d’évaluer les incidences directes

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29

ou indirectes du projet sur l’équilibre écologique, le cadre et la qualité de la vie de la population et


les incidences sur la protection de l’environnement général(art.22).

Ne sont pas soumis à la procédure d’étude d’impact sur l’environnement, les travaux d’entretien et
de grosses réparations, quels que soient les ouvrages auxquels ils se rapportent(art.24)

Comment est réalisé l’étude d’impact?

L’étude d’impact sur l’environnement est réalisée par le pétitionnaire ou maître d’ouvrage lui-même
ou par une personne physique ou morale habilitée par celui-ci et agissant au nom et pour le compte
du pétitionnaire(art.25).

En collaboration avec le Ministère concerné, l’administration de l’Environnement contrôle


l’exécution par le pétitionnaire ou le maître de l’ouvrage des mesures contenues dans l’étude
d’impact sur l’environnement, aux fins d’éviter la dégradation de ce dernier (Article 26).

L’inobservation, par le pétitionnaire ou le maître de l’ouvrage, des mesures visées à l’article 26


autorise l’administration à procéder à une mise en demeure aux fins d’inviter le pétitionnaire ou le
maître de l’ouvrage à se conformer, endéans une période qui ne peut dépasser trois mois, aux
mesures contenues dans l’étude d’impact(art.27)

Si, à l’expiration du délai fixé, la mise en demeure n’a pas été suivie d’effet, l’administration de
l’Environnement pourra, soit ordonner la suspension des opérations ou ouvrages entrepris, soit retirer
l’autorisation. Aucune indemnité ne peut être réclamée par le pétitionnaire ou le maître de l’ouvrage
pour le préjudice éventuellement subi à la suite de ces sanctions, sauf à en dénoncer, s’il y a lieu, le
caractère irrégulier devant la juridiction compétente(art.27)

Composition d’une étude d’impact

L’étude d’impact doit obligatoirement comporter les rubriques suivantes :

• L’analyse de l’état initial du site et de son environnement ;

• L’évaluation des conséquences prévisibles de la mise en œuvre du projet sur le site et son
environnement naturel et humain ;

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30

• L’énoncé et la description des mesures envisagées par le pétitionnaire pour supprimer,


réduire et, si possible, compenser les conséquences dommageables du projet sur
l’environnement et l’estimation des dépenses correspondantes ;

• La présentation des autres solutions alternatives possibles et les raisons pour lesquelles, du
point de vue de la protection de l’environnement, la version présentée du projet a été
privilégié (la loi du moindre mal)

• L’administration peut formuler d’autres exigences selon le cas.

Protection des ressources naturelles: Le sol et le sous-sol

Le sol, le sous-sol et leurs richesses sont protégés en tant que ressources limitées renouvelables ou
non, contre toute forme de dégradation et gérés de manière rationnelle(art.28)

La préservation des sols contre l’érosion est un devoir écologique national et individuel. Les mesures
à prendre pour atteindre cet objectif peuvent être déclarées d’utilité publique et s’imposer à tout
exploitant ou occupant foncier.

Le Ministre ayant l’Environnement en charge, seul ou conjointement avec les autres Ministres
habilités à cet effet, met en œuvre des stratégies susceptibles de contrer la dégradation des terres
résultant de phénomènes qui menacent de rompre l’équilibre naturel du sol, en altérant ses propriétés
physiques, chimiques et biologiques avec pour objectifs:

- Renforcer, dans la législation concernant les ressources foncières, des principes rationnels
d’utilisation des terres, d’aménagement et de conservation des sols ;
- Régénérer la végétation dans les zones appropriées de montagnes, sur les hauts plateaux, les
terres dénudées, les terres agricoles dégradées et sur les terres arides et semi-arides pour lutter
contre la désertification et éviter les problèmes d’érosion ;

- Mettre en œuvre des programmes d’éducation, de formation et de vulgarisation à tous les


niveaux de l’aménagement et de la conservation des sols ;

- Diffuser aussi largement que possible des renseignements et des connaissances concernant
l’érosion des sols et les méthodes permettant de l’enrayer, tant au niveau des exploitations

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31

agricoles qu’à l’échelle des bassins versants, en soulignant l’importance des ressources en
sols pour les populations et pour le développement national ;

- Promouvoir des contacts entre les administrations locales et les utilisateurs des terres en vue
de l’application des techniques dûment éprouvées de conservation des sols et de l’intégration
des actions forestières susceptibles de protéger l’environnement.

En concertation avec le Ministre chargé de l’Environnement, le Ministre ayant l’Agriculture dans ses
attributions établit la liste des engrais, pesticides et autres substances chimiques dont l’utilisation
est autorisée ou favorisée à l’occasion des travaux agricoles. De même, il détermine les qualités
autorisées et les modalités d’utilisation afin que lesdites substances ne portent pas atteinte à la qualité
du sol ou des autres milieux récepteurs, à l’équilibre écologique et à la santé de l’homme(art.32).

L’utilisation des feux de brousse à usage agricole, pastoral ou de gestion des écosystèmes est
soumise à l’autorisation préalable de l’autorité régionale, provinciale ou locale par le Ministre
ayant en charge les forêts. Cette autorité peut, soit les interdire, soit fixer toutes conditions de
leur mise en œuvre. L’administration s’attachera à rechercher toute solution ou incitation
susceptible de diminuer ou de supprimer l’utilisation des feux de brousse(art.33).

Les travaux de construction d’ouvrages ou infrastructures publics tels que les routes, les barrages, les
digues, les ponts et les aéroports sont soumis à la procédure de l’étude d’impact. Ils devront être
conçus et exécutés de manière à ne pas porter atteinte de façon irréversible à l’environnement,
ni à créer ou aggraver des phénomènes d’érosion(art.34).

Les travaux de recherche minière et d’exploitation des carrières ou des mines entrepris
conformément à la législation minière, doivent être organisés dans le strict respect de l’équilibre
environnemental. Les dispositions visant à harmoniser le code minier et pétrolier avec les présentes
orientations seront proposées conjointement par les Ministres chargées de l’Environnement et des
Mines et Carrières(art.35).

Les permis, autorisations ou concessions de recherche ou d’exploitation des carrières ou des


substances concessibles ne peuvent être octroyés que dans le respect des exigences imposées par la
procédure d’étude d’impact.

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32

En tout état de cause, le demandeur du titre de recherche ou d’exploitation doit s’engager dans sa
requête:

- A ne pas porter atteinte de manière irréversible à l’environnement aux abords du chantier

- A ne pas créer ou aggraver des phénomènes d’érosion

- A remettre en état non seulement le site même de l’exploitation mais aussi les lieux affectés
par les travaux et installations liés à cette exploitation, les modalités de cette remise en état
étant fixées par voie réglementaire ;

- A fournir une caution ou à donner d’autres sûretés suffisantes pour garantir la bonne
exécution des travaux imposés pour le réaménagement des lieux(art.36)

En cours de recherche ou d’exploitation, une surveillance administrative régulière est organisée,


aussi bien pour les mines que pour les carrières, dans le but de s’assurer que les travaux se déroulent
dans le respect des normes compatibles avec un équilibre environnemental suffisant.

S’il se produit, dans une mine ou une carrière, des faits de nature à compromettre les intérêts relatifs
à la protection de la nature et de l’environnement, le chercheur ou l’exploitant doit immédiatement
en aviser l’autorité qui a octroyé le titre de recherche ou d’exploitation et le Ministre ayant
l’Environnement en charge.

Une fois informées, les autorités visées ci-avant prennent conjointement des mesures de sauvegarde
qui s’imposent(art37).

PROTECTION DE L’EAU

Cette protection s’applique non seulement aux eaux du domaine public hydraulique tel que défini par
l’article 2 du décret-loi n° 1/41 du 26 novembre 1992, mais aussi à celles qui n’y sont pas
incorporées telles que les eaux de pluie, les eaux des mares ou des étangs aménagés par des
particuliers ainsi que les eaux usées.

L’administration de l’Environnement doit être régulièrement tenue informée du degré de


pollution des eaux faisant partie du domaine public hydraulique, en fonction des critères
physiques, chimiques et biologiques(art.39)

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33

Les travaux de prélèvement d’eau destinée à la consommation humaine font l’objet d’une
déclaration d’intérêt public de la part du Ministre chargé de la Santé Publique et du Ministre
chargé de l’Environnement, agissant par Ordonnance conjointe.

Les analyses bactériologiques, physiques et chimiques de l’eau de consommation sont effectuées par
les laboratoires agréés par les Ministres ayant en charge la Santé Publique, les ressources en eau et
l’Environnement, conformément aux méthodes et avec l’utilisation des produits agréés pour le
traitement et la potabilisation des eaux de consommation(art.42)

Toute personne physique ou morale autorisée à assurer la distribution de l’eau de consommation est
tenue de s’assurer que cette eau est conforme aux normes de potabilité fixées comme il est dit
ci-dessus(art.43)

Les prises d’eau dans les cours d’eau, les nappes souterraines et les lacs, à des fins agricoles, peuvent
être réglementées conjointement par les Ministres chargés de l’Environnement et de l’Agriculture
lorsque l’exigent la protection et l’équitable répartition de la ressource et la protection ou la
conservation des sols(art.44).

Sont interdits les déversements, écoulements, rejets, dépôts directs ou indirects de toute nature, et
plus généralement tous actes ou faits susceptibles de provoquer ou d’accroître la pollution de
l’eau superficielle ou souterraine quelle qu’en soit l’origine (art 45).

Aux fins de préserver la qualité desdites eaux, la déclaration susvisée établit autour des sources,
puits, points de prélèvement ou de tout autre ouvrage destiné à l’alimentation en eau potable, des
périmètres de protection(art.40)

Exception: Les déversements effectués en cas de force majeure dans le cadre d’opérations de
sauvetage ou de lutte contre la pollution des eaux lacustres et des autres cours d’eau et les
déversements des substances autorisés préalablement(art.49)

Les propriétaires ou exploitants de dispositifs de réseaux d’assainissement désireux de rejeter des


effluents dans un réseau d’assainissement existant à partir de leurs installations doivent obtenir
préalablement une autorisation écrite de l’autorité exploitant ou supervisant ledit réseau
d’assainissement. L’autorisation fixe la nature et les quantités de rejets autorisés. S’il y a lieu,

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34

l’autorité compétente peut imposer le traitement préalable de l’effluent avant l’acceptation de son
rejet dans le réseau.

Ils soumettent périodiquement à l’administration de l’Environnement toutes données relatives à la


quantité et à la teneur de leurs effluents. Ladite administration est elle-même habilitée à prélever
d’office tout échantillon d’effluent rejeté par les installations susvisées. Des mesures de nature à
normaliser l’état de ces effluents seront imposées le cas échéant (art 46).

Les déversements ou rejets existant antérieurement à la promulgation du présent code devront être
aménagés de façon à répondre aux prescriptions du code de l’environnement(art.47)

Les stations ou installations de déversement établies postérieurement à la promulgation des présentes


dispositions doivent, dès leur mise en fonctionnement, fournir des effluents conformes aux
conditions et normes imposées conjointement par l’autorité ministérielle ayant en charge
l’Environnement et le Ministre ayant la Gestion des réseaux d’assainissement dans ses
attributions.

En tout état de cause, le rejet d’effluents de ces installations est subordonné :

- À une approbation préalable, par le Ministre chargé de l’Environnement, des dispositifs


d’épuration prévus pour supprimer toute pollution potentielle ;

- À une autorisation de mise en service délivrée par la même autorité que ci-dessus, après le
constat par celle-ci de l’existence et du fonctionnement satisfaisant des dispositifs
d’épuration(art.48).

Afin de maintenir un niveau de pollution supportable dans les agglomérations urbaines,


l’administration ayant en charge l’assainissement, assure l’évacuation rapide et sans stagnation des
eaux résiduaires susceptibles d’inonder les lieux habités, dans des conditions compatibles avec les
exigences de la Santé Publique et de l’environnement(art.50).

Le déversement d’eau résiduaire dans les réseaux d’assainissement public ne doit nuire ni à la
conservation des ouvrages, ni à la gestion de ces réseaux

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35

Il est interdit d’introduire dans les installations d’assainissement toute matière solide, liquide ou
gazeuse susceptible d’affecter la santé du personnel d’exploitation ou d’entraîner une dégradation ou
une gêne de fonctionnement des ouvrages d’évacuation et de traitement. (Art.51)

Les travaux, ouvrages et aménagements susceptibles de modifier les équilibres des réseaux
hydrauliques, les cours d’eau ou la configuration des berges des cours d’eau ou des lacs, de nuire à la
préservation des espèces aquatiques sont soumis à la procédure de l’étude d’impact et ne
pourront être réalisés qu’après l’avis favorable du Ministre chargé de l’Environnement.
(Art.52)

Les travaux, ouvrages et aménagements à effectuer dans le lit des cours d’eau seront conçus et
réalisés de manière à maintenir un débit ou un volume d’eau minimal garantissant la vie, la
circulation et la reproduction des espèces qui peuplent les eaux au moment de la réalisation de
ces travaux, ouvrages et aménagements. Ceux-ci devront, le cas échéant, être pourvus de
dispositifs empêchant la pénétration du poisson dans les canaux d’amenée et de fuite ou permettant
la continuation des cycles de migration(art.53).

Les travaux, ouvrages et aménagements le long des cours d’eau et des lacs sont conçus de manière à
ne pas porter atteinte aux ressources naturelles situées dans les eaux sous juridiction
burundaise(art.54).

Il est interdit de jeter des cadavres d’animaux dans les eaux du domaine public hydraulique et
autres ou de les enterrer à moins de 500 m des puits, sources, fontaines ou de tout autre point de
prélèvement des eaux de consommation, que celles-ci soient superficielles ou souterraines.

Dans les zones où la nappe phréatique est à moins de 2 mètres de profondeur, il est interdit
d'installer des cimetières, d'enterrer des cadavres, de creuser des latrines, d'installer des
décharges publiques ou d'y pratiquer tout enfouissement de nature à entraîner une pollution des
eaux du domaine public hydraulique(art.55).

Des zones de protection spéciale faisant l'objet de mesures particulières de sauvegarde peuvent, en
cas de nécessité, être instituées par Ordonnance du Ministre chargé de la gestion de l'eau agissant
conjointement avec le Ministre ayant l'Environnement dans ses attributions(art.56).

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Les autorités précitées peuvent, dans les zones où la ressource en eau est menacée du point de vue
qualitatif ou quantitatif, imposer des restrictions absolues ou relatives d'activités, selon la nature
et la localisation des besoins à satisfaire.

La décision de sauvegarde fixe, dans chaque cas, la délimitation de la zone, le détail des plans de
sauvegarde ainsi que toutes les autres modalités nécessaires à la mise en œuvre de la décision(art.56).

Les prescriptions de la loi organisant le domaine public hydraulique et pertinentes en matière


d'environnement restent d'application pour autant qu'elles ne contrarient par les dispositions
contenues dans ce chapitre(art.57).

PROTECTION DE L’AIR

Il est interdit d'émettre dans l'air des rejets qui sont de nature à générer une pollution atmosphérique
au-delà des limites qui seront fixés par voie réglementaire

Le Ministre chargé de l'Environnement établit et révise la liste des substances, fumées, poussières,
vapeurs, gaz ou liquides et, de manière générale, de toute matière dont le rejet dans l'atmosphère sera
interdit ou soumis à autorisation préalable(art.60).

Le Ministre chargé de l'Environnement peut prohiber ou réglementer la fabrication, l'importation, la


détention en vue de la vente et l'utilisation de ces matières, des produits dans la composition desquels
elles entreraient ainsi que des matériels conçus pour l'utilisation de ces matières ou des produits
dérivés de celles-ci. (Art.61)

Lorsque les personnes responsables d'émissions polluantes des limites fixées n'ont pas pris de
dispositions pour être en conformité avec la réglementation, le Ministre chargé de l'Environnement
peut, après une mise en demeure restée infructueuse dans le délai imparti, décider, après consultation
du Ministre concerné, la suspension des activités donnant lieu à ces émissions. Il peut également,
dans les mêmes conditions, prendre toutes mesures exécutoires destinées d'office à faire cesser
le trouble et cela avant l'intervention de toute décision judiciaire. (Art.64)

En cas de menace d'atteinte aux milieux récepteurs, aux êtres vivants, à la santé et à l'alimentation
humaines, le Ministre chargé de l'Environnement pourra suspendre les autorisations de rejet en

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cours de validité ou les retirer par une décision motivée. Aucune indemnité ne sera due au
bénéficiaire de l'autorisation pour les préjudices que cette suspension ou ce retrait pourrait lui
occasionner, s'il apparaît que la menace est due à sa négligence(art.65).

Les installations, établissements, matériels ou autres objets mobiliers existants antérieurement à


l'entrée en vigueur des présentes dispositions doivent être aménagés de façon à répondre aux
prescriptions du Code de l’environnement

Des zones de protection spéciale faisant l'objet de mesures particulières de sauvegarde peuvent, en
cas de nécessité, être instituées par ordonnance du Ministre chargé de l'Environnement, en fonction
des niveaux de pollution observés et compte tenu de certaines circonstances propres à en aggraver les
inconvénients(art.67)

En collaboration avec les Services techniques concernés, l'administration de l'Environnement


effectue périodiquement des relevés atmosphériques permettant d'apprécier la qualité de l'air,
principalement dans les agglomérations et à proximité des installations susceptibles d'émettre des
substances polluantes(art.68).

PROTECTION DES FORETS

Les forêts constituent un bien d'intérêt commun. Elles doivent être protégées et exploitées en tenant
compte de leur impact sur l'environnement burundais.

Qu'elles soient publiques ou privées, les forêts doivent être protégées contre toute forme de
dégradation ou de destruction résultant notamment de défrichements abusifs, de pollution, de brûlis
ou d'incendies, de surexploitation agricole ou de surpâturage, de maladies ou de l'introduction
d'espèces inadaptées(art.70).

Il est interdit de procéder à quelque défrichement que ce soit de forêts et boisements qui ont fait
l'objet de plans d'aménagement, sauf autorisation préalable de l'administration de
l'Environnement, dans les conditions et modalités établies par le code forestier et par ses textes
d'application. L'autorisation est subordonnée à la réalisation d'une étude d'impact(art.71).

Lorsque la préservation de l'équilibre écologique l'exige, tout boisement ou forêt, quels qu'en soient
les propriétaires, peut être classé comme forêt de protection ou réserve forestière. Il en est de même
de l'institution de "périmètres de reboisements" sur les terres domaniales(art.73)

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La décision implique interdiction, avant le déclassement, de tout changement d'affectation ou de tout


mode d'occupation du sol de nature à compromettre la qualité du boisement ou de la forêt, la
conservation ou la protection de l'état boisé des lieux conformément au régime du code forestier
applicable aux forêts de protection.

Le classement est établi après une procédure d'enquête publique menée par l'administration de
l'Environnement en collaboration avec les autres services administratifs, les collectivités locales et
les populations concernées.

La protection des espaces naturels protégés et la diversité biologique

Lorsque la conservation d'un milieu naturel sur le territoire de la République présente un intérêt
spécial, toute portion du territoire national, terrestre ou maritime, peut être classée, par décret,
en aires protégées sous forme de parc national ou en réserve naturelle dans les conditions
prévues par la législation régissant cette matière.

Par parc national, il faut entendre tout espace délimité où la conservation de la faune, de la flore, du
sol, du sous-sol, des eaux et en général du milieu naturel)

Des réserves naturelles ou des zones particulières peuvent être créées à l'intérieur ou même en dehors
des parcs naturels en vue d'y assurer :

- les préservation d'espèces animales ou végétales et d'habitats en voie de disparition sur tout ou une
partie du territoire national et présentant des qualités remarquables; la reconstitution des espèces
animales ou végétales ou de leurs habitats; la conservation des jardins botaniques et arboretums
constituant des réserves d'espèces végétales en voie de disparition, rares ou remarquables;

- la préservation des biotopes et des formations géologiques, géomorphologiques ou spéléologiques


remarquables;

- des études scientifiques ou techniques indispensables au développement des connaissances


humaines(etc..) art77).

Le décret créant les parcs et réserves naturels pourra instituer une zone tampon délimitée autour
du parc ou de la réserve et susceptible de faire l'objet d'un programme spécial de réalisations,
d'améliorations d'ordre social, économique et culturel. Cette zone périphérique pourra également

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39

faciliter l'accueil et l'hébergement des visiteurs et servir d'instrument de compensation aux


populations et collectivités locales réticentes à accepter les contraintes résultant de
l'aménagement des parcs et réserves. La zone tampon est gérée par l'établissement public national
qui assure l'administration des parcs et réserves naturels avoisinants(art.83)

Sans préjudice des utilisations privatives qui peuvent être exceptionnellement autorisées par le code
foncier sur le domaine public, aucun acte de cession ou de concession portant sur les
dépendances des territoires classés en parcs et réserves naturels ne peut être passé avant la
décision de désaffectation de tout ou partie de ces dépendances.

Lorsque le Ministre chargé de l'Environnement estime que l'exploitation des marais peut porter
atteinte à l'équilibre écologique, il peut en proposer une réglementation particulière. Au cas où cette
réglementation porte atteinte aux droits acquis et reconnus des propriétaires ou des usagers, elle
ouvre droit à indemnisation dans les conditions fixées par ladite réglementation(art.87)

L'introduction au Burundi de toute espèce animale ou végétale nouvelle est soumise à l'analyse
conjointe du Ministre chargé de l'Environnement et du Ministre ayant l'Agriculture et l'Elevage dans
ses attributions pour s’assurer que la prolifération de l'espèce considérée ne nuise pas aux
populations des espèces indigènes et aux équilibres naturels(art.92).

Lorsque la protection des espèces animales et végétales menacées ou en voie de disparition s'avère
insuffisante ou inefficace, il pourra être institué par décret, des zones dites "réserves intégrales" en
vue de renforcer la conservation "in situ" des espèces visées. A l'intérieur de ces zones, toute activité
humaine et toute pénétration du public y sont autorisées par l’Administration de
l’Environnement(art.93).

Dans le cadre de la constitution de jardins botaniques ou arboretums, des prélèvements d'espèces


végétales protégées pourront être autorisés par l'administration de l'Environnement, en vue d'assurer,
à des fins scientifiques, la conservation "ex situ" des espèces prélevées(art.94).

Chap.I Les servitudes d’utilité publique : un instrument des pouvoirs publiques pour la
planification urbaine, l’aménagement du territoire et un passage obligé pour le travail de
l’ingénieur civil.

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40

Les servitudes d’utilité publique constituent un moyen de réglementation d’usage des biens mais
aussi un outil de planification urbaine qui limite l’usage des biens dans l’intérêt général de la
collectivité. Il suffit de penser aux nécessités d’évacuation des eaux usées, aux normes d’urbanisme,
aux espaces verts, aux nécessités de laisser un espace pour laisser passer l’eau, le gas et l’électricité,
Tout cela doit se faire sur les propriétés privées dans l’intérêt de tous. La propriété foncière ne saurait
être absolue parce que si elle l’était, la société aboutirait au désordre, à l’anarchie, à la guerre civile
et à la ruine. les restrictions apportées au droit de propriété au moyen des servitudes d’utilité
publique sont légitimes et indispensables à l’existence de l’ordre social . JOUSSELIN illustre bien
les conséquences qu’entrainerait une propriété absolue : « Que serait une société qui aboutirait- à
l’abandon du pays sans défense par l’impuissance de procurer aux établissements militaires de l’Etat
leurs moyens d’action (…) ; - à la barbarie pour défaut de communications ; - à la misère par
l’impuissance d’entreprendre aucun grand travail public (…) ? » . Aussi, pour surmonter ses
obstacles et subsister, l’Etat recourt à l’expropriation en tant que privation de la propriété et aux
servitudes d’utilité publique, simples limitations à la propriété. L’ingénieur est dans ce cadre chargé
du travail technique de reporter ces servitudes sur les plans d’aménagement du territoire, les schéma
directeur d’aménagement du territoire, les plans généraux et locaux d’urbanisme.

Section I : Notion de servitude d’utilité publique

L’art. 96 du Code foncier burundais définit la servitude comme : « une charge imposée sur un fonds
ou un bâtiment appartenant à une personne physique ou morale pour l’usage et l’utilité d’autrui (…)
». L’utilisation du mot « charge » pour désigner la servitude d’utilité publique nous pousse à penser
que c’est une restriction au droit de propriété. La définition de JOUSSELIN qui entend par servitudes
d’utilité publique : « Les modifications apportées par les lois ou par les règlements à la propriété
immobilière, en faveur de l’utilité publique » nous semble la plus expressive. Selon cet auteur, le mot
modification est plus indiqué par rapport au mot « restriction » qui en ne désignant qu’un état passif
(obligation de ne pas faire) est insuffisant en ce sens qu’il y a un grand nombre de servitudes d’utilité
publique qui consistent en une obligation de faire et vont au delà des simples restrictions . Nous
partageons la position de cet auteur car la servitude d’utilité publique constituerait une restriction si
elle consisterait seulement en un devoir d’abstention alors qu’elle consiste parfois en des obligations
positives de la part du propriétaire. Par ailleurs, contrairement à l’expropriation qui se caractérise par
une privation de la propriété, la servitude d’utilité publique modifie l’état des lieux sans atteindre
même la substance du droit de propriété qui reste dans les mains du propriétaire.

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Les servitudes d’utilité publique forment un type particulier de mesures de police administrative,
celles qui portent nettement sur un bien immeuble afin de servir l’intérêt général . Ces mesures
s’adressent aux personnes, indépendamment de l’expression d’un quelconque consentement . Elles
constituent une des manifestations des prérogatives de la puissance publique . En droit coutumier
burundais, la notion de servitude d’utilité publique était inconnue en tant que telle du fait de toute
façon le Roi était propriétaire de toutes les terres. Le don ou la concession de la terre était censé avoir
des germes de servitudes et il était inimaginable d’empêcher les travaux d’utilité publique (plutôt
rares à l’époque) ou de ne pas laisser des chemins de passage pour le public. Même pour les
servitudes de passage entre personnes privées, un ancien adage « Ntawimana umuhora (qui signifie
Nul n’est autorisé à refuser le passage vers un terrain dominant) créait une obligation d’octroyer une
servitude de passage. Cet adage a été confirmée par une jurisprudence civile constante qui a coupé
court aux nombreux conflits fonciers en rapport les servitudes de passage à tel point que selon un
Conseiller à la cour suprême, ces affaires sont devenues rares car la solution est connue d’avance .

Cette position a été adoptée par le juge administratif burundais à l’occasion des affaires
administratives ayant en connexité une affaire de servitude de passage. C’est le cas d’un conflit
relatif au retrait d’une parcelle au premier attributaire par l’Etat qui l’a octroyé à une deuxième
personne. Cette dernière avait consenti une servitude de passage, la Cour Administrative de
Bujumbura a déclaré fondé la demande en intervention en ces termes : « Reçoit l'action en
intervention volontaire introduite par Sieur SINDAYIHEBURA Joseph et la déclare fondée; dit pour
droit que la servitude de passage lui cédée par NYANDWI Jean Joseph lui est acquise » . En appel,
la Chambre Administrative de la Cour suprême du Burundi 2005 a confirmé la décision du juge de
1ère instance en ces termes: « Attendu que concernant la servitude de passage accordée par l'arrêt
dont appel, il s'agit d'une charge imposée sur un fonds appartenant à une personne dans l'intérêt des
services publics ou des particuliers et dans le cas d'espèce au profit du Sieur SINDAYIHEBURA
Joseph pour lui permettre d'accéder au terrain domanial reçu pour exploitation temporaire » .

Section II Typologie des servitudes d’utilité publique en droit burundais

Considérées au point de vue de leurs modes d’action sur la propriété immobilière, les servitudes
d’utilité publique diffèrent en général entre elles par les effets qu’ils produisent :

- Tantôt elles obligent à s’abstenir (interdiction de construire, interdiction de couper le bois)

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42

- Tantôt elles obligent à souffrir (les servitudes qui grèvent les surfaces des terrains
d’exploitation des mines, laisser passer les eaux), tantôt elles imposent une obligation de faire
(obligation de planter des arbres le long des routes).

Aussi est-il nécessaire de passer en revue les types de servitudes d’utilité publique organisées en
droit burundais. Il sied d’avertir le lecteur que le Code foncier énonce des principes généraux en ce
qui concerne les servitudes d’utilité publique. L’art. 97 du Code foncier consacre le principe général
d’existence des servitudes en droit burundais et leur assiette en distinguant les servitudes rurales ou
urbaines selon la situation de l’immeuble . L’art. 107 du même Code prend le soin de préciser que les
servitudes établies par la loi ont pour objet l’utilité des services publics ou des particuliers. L’art. 108
du Code foncier quant à lui pose un principe général d’existence des servitudes d’utilité en prenant le
soin de souligner que leur réglementation est réservée à des lois particulières .

Ainsi le législateur burundais n’a pas fait une typologie de servitudes légales d’utilité publique
contrairement au législateur Français qui distingue les servitudes d’urbanisme et les servitudes
d’utilité publique.

En France, les servitudes d’urbanisme sont instituées en matière de voirie, d'hygiène et d'esthétique
ou pour d'autres objets et concernant, notamment, l'utilisation du sol, la hauteur des constructions, la
proportion des surfaces bâties… .

Quant aux servitudes d’utilité publique, elles résultent de législations particulières et affectent
directement l’utilisation des sols, ou la constructibilité et qui sont inscrites dans une liste dressée par
décret en Conseil d’Etat, annexée à l’article R.126-1 du Code de l’urbanisme. Elles sont classées en
quatre grande catégories à savoir les servitudes relatives à la conservation du patrimoine, les
servitudes relatives à l’utilisation de certaines ressources et équipements, les servitudes relatives à la
Défense Nationale et les servitudes relatives à la salubrité et sécurité publique.

Nous nous inspirons de cette typologie globalisante tout en ayant à l’esprit que ces servitudes sont
éparpillées dans de nombreuses lois spéciales qu’il n’est pas évident de tous les énumérer de
manière exhaustive.

§1 Servitudes d’urbanisme

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43

Au Burundi, les servitudes d’urbanisme résultent des règles d’urbanisme organisées par des lois
particulières régissent certains aspects de l’activité immobilière tels que l’urbanisme, la promotion
immobilière et les professions immobilières . Elles résultent également des dispositions du Code
foncier de 1986 qui régissent les plans d’aménagement du territoire tel que prévu à l’art. 457 du
Code foncier de 2011 qui dispose : « En attendant la promulgation du Code de l’aménagement du
territoire, les dispositions relatives aux plans d’aménagement du territoire telles que contenues dans
la section 2, chapitre III, titre IV du Code Foncier de 1986 restent d’application ».

Pour pouvoir saisir ce que c’est un plan d’aménagement du territoire, son objet et son contenu, nous
allons interroger les dispositions légales pertinentes. D’abord, l’art. 392 du code foncier de 1986
prévoit que : « Afin d’assurer une bonne gestion du patrimoine foncier national et de coordonner les
activités économiques en fonction des ressources naturelles, les autorités compétentes désignées dans
la présente section peuvent établir un plan général, des plans régionaux, des plans locaux et des plans
particuliers d’aménagement du territoire, et prescrire des règlements d’application y relatifs ». Il
ressort de cette disposition que les plans d’aménagement du territoire contiennent des dispositions
contraignantes à l’égard des propriétaires fonciers dans le but d’organiser une gestion rationnelle des
ressources foncières nationales, régionales, provinciales et communales.

Ensuite, quant à leur contenu, les plans d’aménagement du territoire peuvent imposer des
affectations particulières aux terres, des modalités particulières de mise en valeur ou d’exploitation et
toutes prescriptions de nature à assurer une bonne utilisation des terres. Ainsi par exemple, un
propriétaire X qui avait un projet de construction sur son terrain peut voir celui-ci classé par le
nouveau plan local d’urbanisme en espace boisé classé, ou un espace vert. Quant à leur caractère
contraignant, l’art. 394 al.1 du Code foncier prévoit expressément que : « Les prescriptions relatives
aux plans d’aménagement du territoire s’imposent à toute personne physique ou morale, de droit
privé ou de droit public, ainsi qu’à l’administration qui est tenue de les respecter, spécialement lors
des cessions ou des concessions de terres de son domaine privé ». Les plans d’aménagements du
territoire et ses éléments constitutifs légaux sont établis après enquête sociale et avis des autorités
provinciales et communales concernées et peuvent consister en des mesures d’interdiction
d’enregistrement des droits fonciers pour ne pas porter atteinte à des plans adoptés ultérieurement .

Le législateur Burundais a opté de mettre en place la Loi N°1/09 du 12 aout 2016 portant Code
d’urbanisme, de l’habitat et de la construction au Burundi . C’est une législation spéciale par rapport

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44

au Code foncier , qui en son art. 29 prévoit que : « Le règlement d’urbanisme fixe les règles
générales d’occupation des sols, celles relatives à l’exercice de certaines activités ainsi que les règles
particulières à certaines zones notamment les servitudes relatives au domaine public, au sites
touristiques et culturels ainsi qu’aux secteurs sauvegardés ». Au titre des servitudes d’urbanisme,
l’art. 48 du code de l’urbanisme crée une servitude spécifique tandis que son art. 46 attribue le droit
de créer des servitudes au pouvoir réglementaire en ces termes « les règles et servitudes relatives à la
protection des espaces verts classés par les plans d’aménagement précisant notamment les modalités
d’interdiction totale ou partielle d’y construire sont déterminées par décret ». Enfin, l’article 51 du
Code de l’urbanisme prévoit que les opérations d’urbanisme sont initiées en tenant compte des
prescriptions du schéma directeur d’aménagement du territoire et de l’urbanisme tenant compte de
toutes les servitudes légales notamment en matière de voirie, d’alignement, de circulation, de
transport d’énergie…. .

§1 Les servitudes relatives à l’utilisation de certaines ressources et équipements

En droit burundais, ces servitudes sont constituées des servitudes relatives aux équipements
électriques, des servitudes relatives aux équipements hydrauliques, des servitudes relatives à
l’exploitation minières et/ou des carrières, des servitudes relatives aux équipements aéronautiques.

I Servitudes relatives aux équipements électriques et de télécommunications

En droit burundais, les servitudes relatives aux équipements électriques sont prévues par la Loi
N°1/13 du 23 avril 2015 portant réorganisation du secteur de l’électricité au Burundi qui garantit le
droit au servitudes de passage des lignes nécessaires au transport ou à la distribution de l’électricité
conformément aux dispositions du Code Foncier . Ces servitudes sont accordées par l’autorité
compétente après l’information des occupants et des propriétaires et la prise en compte de leurs
observations si et seulement si les conducteurs d’électricité prévus à proximité des bâtiments sont
sans danger pour les personnes et les biens et n’entrainent pas une gêne excessive pour les habitants .

Ces servitudes permettent à leurs bénéficiaires les prérogatives suivantes :

- Etablir des supports à l’extérieur des murs ou des façades donnant sur la voie publique, ou sur
les toits ou les terrasses des bâtiments accessibles par l’extérieur sans préjudice du droit pour
l’occupant de démolir, de réparer ou de modifier ces bâtiments

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45

- Faire passer des conducteurs d’électricité au-dessus des propriétés non bâties et d’établir des
supports ou des conduits sur le sol ou leur sous-sol ;

- Couper les arbres et branches d’arbres qui, se trouvant à l’extrémité des conducteurs aériens,
gênent leur pause ou peuvent par leur mouvement ou leur chute nuire à leur bon fonctionnement.

Quant aux services relatives aux télécommunications, elles sont prévues par le Décret-Loi N°1/11 du
4 septembre 1997 portant dispositions organiques sur les télécommunications . Afin d’empêcher que
les obstacles physiques et/ou électromagnétiques ne perturbent pas la propagation des ondes
radioélectriques émises ou reçues par un centre exploité ou contrôlé dans un but d’intérêt général,
l’Etat a le droit d’instituer des servitudes administratives pour prévenir et/ou supprimer toute entrave
pour cause d’utilité publique . L’Etat a par ailleurs un droit d’usage des propriétés privées pour
l’établissement des réseaux téléphoniques et télégraphiques mais la réalisation des travaux à
l’intérieur d’une construction privée est soumise à l’autorisation du propriétaire ou son représentant
habilité . Enfin, l’Etat peut instituer des servitudes administratives pour la protection des câbles et
des lignes de réseaux afin d’assurer la conservation et le fonctionnement normal des réseaux de
télécommunication de base .

II Servitudes relatives aux équipements hydrauliques

Toute exploitation ou installation destinée à l’utilisation des ressources en eau pour l’intérêt public
grève les fonds intermédiaires d’une servitude de passage, d’appui, de réservoir ou de canalisation .
La servitude d’appui comporte le droit d’appuyer un barrage ou une digue sur le fonds riverain d’un
lac ou d’un cours d’eau, à la charge d’une juste et équitable indemnité s’il en résulte un préjudice
pour le propriétaire du fonds riverain . La servitude de réservoir consiste dans le droit de submerger
le terrain appartenant à autrui au moyen d’un barrage, d’une digue ou tous autres ouvrages
hydrauliques réalisés dans l’intérêt public par l’Etat ou pour son compte . La servitude de
canalisation comporte, pour l’Etat et pour les services agissant pour son compte, le droit d’établir sur
les terrains appartenant à autrui, des ouvrages et aménagements hydrauliques. Si le passage peut se
faire dans des domaines ou des fonds différents, celui qui subit le moins de dommage sera choisi, si
non celui qui offre le plus de facilité. En tout état de cause, une indemnité juste et préalable doit être
versée aux propriétaires des fonds grevés . Il sied néanmoins de signaler que l’exécution des travaux
sur les terrains grevés des servitudes doit être notifiée par écrit aux personnes exploitant lesdits
terrains, au plus tard six mois avant le démarrage desdits travaux .

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Par ailleurs, le Code de l’eau prévoit une servitude de marche pied de quatre mètres à partir des
limites du domaine public qui grève les fonds riverains d’un cour d’eau ou d’un lac et qui est destiné
à assurer le libre passage du matériel et des engins de contrôle, de curage, d’entretien et
d’exploitation . Cette servitude consiste en une interdiction de construire dans les 4 mètres une
maison, un mur ou une plantation à l’exception des plantations de nature à protéger ou à stabiliser, à
embellir ou orner le cours d’eau ou le lac .

III Servitudes relatives à l’exploitation minières et/ou des carrières

Ces servitudes concernent les mines et carrières car aucune activité de recherche ou d’exploitation de
substances minérales ou de carrière ne peut être entreprise en surface sans l’autorisation du Ministre
dans une zone de cent mètres de part et d’autre des voies de communication, des conduites d’eau, des
canalisations de transports, de fluides, d’énergie ou d’informations, et généralement à l’entour de
tous les travaux d’utilité publique et les ouvrages d’art.

Par ailleurs des activités ou des travaux de recherche ou d’exploitation de substances minérales ou de
carrière doivent, pour être menées à l’entour de propriétés closes, de villages, d’agglomérations, des
groupes d’habitations, des puits ou des forages, des édifices religieux et des lieux de sépulture,
recueillir préalablement le consentement des personnes physiques et morales concernées . De plus,
des servitudes de passage peuvent être autorisées à l’intérieur du périmètre minier sous réserve d’une
déclaration d’utilité publique des travaux projetés, à l’extérieur dudit périmètre et dans les zones
spéciales de recherche et d’exploitation de carrières .

Enfin, l’occupation des terrains nécessaire à l’activité de prospection, de recherche ou d’exploitation


de substances minérales et aux industries qui s’y rattachent, tant à l’intérieur qu’à extérieur du
périmètre du titre minier ou de l’autorisation de prospection ainsi que le passage sur ces terrains pour
les mêmes fins, s’effectuent selon les conditions et modalités établies par la réglementation en
vigueur. L’occupation de ces terrains ouvre au profit du propriétaire du sol ou de l’occupant
traditionnel ou coutumier le droit à indemnisation. Cette occupation comporte, le cas échéant, le droit
de couper le bois nécessaire à cette activité et d’utiliser les chutes d’eau libres et les eaux de surface
et souterraines, le tout à l’intérieur du périmètre défini dans le titre minier ou l’autorisation, sous
réserve d’indemnisation ou de paiement des taxes ou redevances prévues par la législation en
vigueur .

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47

IV Des servitudes relatives aux équipements aéronautiques

Les servitudes aéronautiques sont destinées à assurer la protection d’un aérodrome contre les
obstacles, de façon à ce que les avions puissent y atterrir et en décoller dans de bonnes conditions de
sécurité et de régularité. En droit burundais, les servitudes aéronautiques sont prévues par la Loi N°
1/016 du 31 juillet 2001 portant Code de l’aéronautique civile du Burundi afin d’assurer la sécurité
des aéronefs aux abords des aérodromes et aéroports dans des conditions au moins équivalentes à
celles fixées par la réglementation internationale en vigueur, sont instituées des servitudes
aéronautiques . Deux catégories de servitudes protègent les aérodromes à savoir les servitudes
aéronautiques de dégagement et les servitudes aéronautiques de balisage .

Primo, les servitudes de dégagement sont reportées sur un plan de dégagement approuvé par
l’autorité chargée de l’aéronautique civile sur base des spécifications techniques, conformes à la
réglementation en vigueur . Elles permettent de déterminer les altitudes que doivent respecter les
obstacles et peuvent entraîner une limitation de hauteur pour les constructions, les arbres ou diverses
installations (pylônes, antennes, obstacles filiformes, etc.) et la suppression des obstacles gênants
existants . Par ailleurs, certaines installations, en raison de leur hauteur exceptionnelle, bien que
situées en dehors des fonds grevés de la servitude de dégagement peuvent constituer des obstacles à
la circulation aérienne . Enfin, en vue de la création ou de l’extension d’aérodromes et aéroports
ouverts à la circulation aérienne publique, l’autorité chargée de l’aéronautique civile peut, selon la
procédure légale de l’expropriation pour cause d’utilité publique, réserver des terrains et les grever
de servitudes aéronautiques conformément à un plan de dégagement .

Secundo, les servitudes aéronautiques de balisage sont établies sur certains obstacles dangereux
(naturels ou artificiels) pour la circulation aérienne qui doivent être équipés de dispositifs visuels ou
radioélectriques destinés à signaler leur présence aux pilotes conformément à la réglementation
internationale en vigueur . Les propriétaires sont tenus d’accepter, à titre de servitude d’utilité
publique, l’installation de ces dispositifs de balisage. Les servitudes aéronautiques de balisage
autorisent l’administration de l’aéronautique civile à exercer le droit de passage, le droit
d’ébranchage ou d’abattage d’arbres ou plantations ainsi que le droit d’appui sur les murs extérieurs
et toitures des immeubles . Il sied de signaler qu’à l’exception les lignes électriques dont les frais de
balisage est à la charge de l’exploitant ou du propriétaire de ces lignes, les frais d’installation,

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48

d’entretien et de fonctionnement des dispositifs de balisage sont à la charge des personnes qui ont
créé les aérodromes . Ces servitudes aéronautiques de balisage ne privent pas le propriétaire du droit
de clore, de réparer, de démolir ou de surélever mais ce droit est conditionné par l’autorisation des
services de l’aéronautique civile .

Enfin, les servitudes de balisage permettent à l’autorité chargée de l’aéronautique civile peut
interdire aux abords des aérodromes et aéroports, dans un périmètre qu’il lui appartient de définir,
l’emploi par les particuliers d’appareils émetteurs-récepteurs susceptibles d’interférer sur les
fréquences utilisées par les services de la navigation aérienne . L’objectif d’une telle mesure est
d’assurer la sécurité des télécommunications aéronautiques et de la circulation aérienne.

§2 Servitudes relatives à la protection du patrimoine

Sous ce paragraphe sont regroupées les servitudes de protection du patrimoine culturel national, es
servitudes environnementales ainsi que les servitudes relatives à la salubrité et à la sécurité publique.

I Les servitudes de protection du patrimoine culturel national

Ces servitudes relatives à la protection du patrimoine culturel national concernent les immeubles qui
présentent un intérêt particulier sur le plan de l'archéologie, de la préhistoire, de la paléontologie, de
l'histoire, de la littérature, du folklore, de l'art, des religions et de la sociologie . Elles peuvent être
établis sur les biens culturels immeubles burundais à savoir : les œuvres architecturales, les œuvres
de sculpture ou de peinture monumentale, les grottes et les inscriptions murales, les sites historiques
et en particulier les anciennes résidences et les tombes royales ou princières, les sites archéologiques
y compris ceux sur lesquelles se trouvaient d' anciennes exploitations minières ou manufacturières,
les sites ayant un caractère religieux ou sacre, les ouvrages combines de l'homme et de la nature
ayant une valeur spéciale en raison de leur beauté ou de leur intérêt historique ou artistique .

Cette loi prévoit le classement des biens meubles et immeubles en vue d’assurer la protection et la
conservation du patrimoine culturel national, les biens meubles et immeubles définis à l' article
premier par décret . Si le bien à classer est de nature immobilière, le classement peut etre étendu à
l'aire de protection nécessaire pour isoler, dégager, assainir ou mettre en valeur l'immeuble en cause
. La loi distingue le classement avec transfert de propriété à l’Etat et le classement sans transfert de
propriété à l’'Etat qui constitue une servitude d'utilité publique grevant l'immeuble en cause . Et c’est
exactement dans cette dernière hypothèse que le classement occasionne des limitations au droit du

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propriétaire qui ne remettent pas en cause son droit de propriété. C’est ainsi que l’art.18 de la Loi
N°1/6 du 25 mai 1983 portant Protection du Patrimoine Culturel National prévoit que « Un bien
classé ne peut être amputé, altéré, dégradé ou détruit ; il est interdit de l'utiliser pour des inscriptions,
des graffiti ou des affichages. Un bien classé ne peut etre déplacé, modifié, réparé, transformé ou
restauré sans l'autorisation préalable du Ministre de la Culture (…) ».

Enfin, cette loi rappelle le caractère réel des servitudes qui suivent le bien en quelques mains qu’il
passe car lorsque le bien a été classé sans transfert de la propriété à l’Etat, les effets du classement
suivent le bien en quelques mains qu'il passe et tout projet d’aliénation d'un tel bien doit faire l'objet
deux mois au moins avant sa réalisation d'une notification de la part du vendeur en forme de lettre
recommandée adressée au Ministre de la Culture . Pour éviter une charge exorbitante de droit
commun à charge du propriétaire et une dégradation du bien l’art.19 de cette loi prévoit que : « Le
Ministre de la Culture peut, après avis conforme de la Commission, faire exécuter aux frais de l’Etat,
les travaux de réparation ou d'entretien indispensables à la conservation d'un bien classe sauf
dérogation spéciale ».

II Servitudes environnementales

Les servitudes environnementales sont une manifestation que le droit de propriété foncière assume
une fonction écologique . Les servitudes environnementales sont organisées au Burundi par une ou
plutôt plusieurs lois spéciales sur simple renvoi en raison de l’absence en droit foncier Burundais
des règles détaillées et de mécanismes adéquats pour répondre aux exigences particulières d’une
gestion du patrimoine naturel et environnemental. Ces règles ont été adoptées par le législateur
burundais pour répondre à la nécessité de développer un réseau de charges publiques prenant appui
sur la propriété. Elles entraînent ainsi que le remarqué COLLARD-DUTILLEUL et ROMI, « un
changement radical de perspective quant à l’exercice de ses prérogatives » , ce qui passe
nécessairement par l’organisation de cette gestion par la puissance publique, et le développement de
restrictions administratives au droit de propriété prises dans un but d’utilité publique.

Au Burundi, les dispositions législatives mettant en place de servitudes d’utilité publique sont
éparpillées dans plusieurs lois notamment le Code foncier, le Code de l’environnement, le Code de
l’eau, le Code forestier, le code de protection du patrimoine culturel, le Code de l’urbanisme, le Code
de la santé, la loi portant création des aires protégées…. A cela il faut ajouter les règlements
d’application de ces lois qui mettent en place et organisent ces types de servitudes. Cette érosion

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législative et cette diversité de fondement nous poussent à admettre qu’il serait présomptueux de
notre part de vouloir les relever de manière détaillée mais nous faisons un relevé à titre exemplatif :

Primo, le Code foncier crée des servitudes environnementales en classant dans les servitudes légales
le marché pied le long des rivières navigables ou flottables . Le code de l’environnement prévoit lui-
même certaines servitudes tout en renvoyant à des législations spéciales ou complémentaire. A titre
d’illustration, son art. 40 prévoit que : « Les travaux de prélèvement d'eau destinée à la
consommation humaine font l'objet d'une déclaration d'intérêt public de la part du Ministre chargé de
la Santé Publique et du Ministre chargé de l'Environnement, agissant par Ordonnance conjointe. Aux
fins de préserver la qualité desdites eaux, la déclaration susvisée établit autour des sources, puits,
points de prélèvement ou de tout autre ouvrage destiné à l'alimentation en eau potable, des
périmètres de protection établis conformément à la loi sur le domaine public hydraulique en son titre
VIII, chapitre II relatif aux périmètres de protection des eaux de consommation ».

Le code d’environnement crée par ailleurs directement des servitudes environnementales en exigeant
que les travaux, ouvrages et aménagements le long des cours d'eau et des lacs soient conçus de
manière à ne pas porter atteinte aux ressources naturelles situées dans les eaux sous juridiction
burundaise . Le Code de l’environnement interdit de jeter des cadavres d’animaux dans les eaux du
domaine public hydraulique et autres ou de les enterrer à moins de 500 m des puits, sources,
fontaines ou de tout autre point de prélèvement des eaux de consommation, que celles-ci soient
superficielles ou souterraines . Il est également prohibé d'installer des cimetières, d'enterrer des
cadavres, de creuser des latrines, d'installer des décharges publiques ou de pratiquer tout
enfouissement de nature à entraîner une pollution des eaux du domaine public hydraulique dans les
zones où la nappe phréatique est à moins de 2 mètres de profondeur . Par ailleurs, les prescriptions de
la loi organisant le domaine public hydraulique et pertinentes en matière d'environnement restent
d'application pour autant qu'elles ne contrarient par les dispositions du Code de l’environnement, ce
qui a le mérite de montrer la complémentarité de ces deux législations . Le Code de l’environnement
du Burundi prévoit des servitudes qui complètent celles prévues par la législation d’aménagement du
territoire qui doit intégrer la protection de l’environnement telle que prévue par la législation
environnementale et ses textes d’application

Secundo, le Code de l’urbanisme du Burundi prévoit dans ses dispositions mettant en place des
servitudes environnementales qui interdisent la coupure des arbres en milieu urbain sans

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autorisations des services techniques du Ministère en charge des forets . Selon le code de
l’urbanisme, les opérations d’urbanisme sont initiées en tenant compte des prescriptions du schéma
directeur d’aménagement et d’urbanisme et des plans local et particulier d’urbanisme et il est
également tenu compte de toutes les servitudes légales, notamment en matière (…)de protection des
ressources en eau, d’assainissement et de protection de l’environnement » . Par ailleurs, l’art. 49 du
Code de l’urbanisme met en place des servitudes d’urbanisme en ces termes : « Les autorités
administratives assurent la plantation des arbres le long de toutes les voies principales. Toute
personne détentrice d’une parcelle à bâtir en milieu urbain plante et entretien des arbres dont les
essences et le nombre sont déterminées par ordonnance conjointe des ministres en charge de
l’environnement, des forets et de l’urbanisme ».

Tertio, le Code forestier met en place des servitudes environnementales car après avoir admis à l’art.
49 que les personnes physiques ou morales de droit privé sont propriétaires des forêts qu'elles ont
légalement acquises ou plantées, l’art. 50 dispose que : « Tout occupant individuel ou collectif d'une
terre à vocation agricole ou pastorale peut être tenu de créer et d'entretenir dans l'intérêt général un
boisement dont les superficies, les modalités et la nature selon les régions, sont fixées par
ordonnance du Ministre ayant les forêts dans ses attributions ». D’autres servitudes sont exigées en
vertu des dispositions particulières à l’aménagement du domaine forestier privé aux art. 82 et
suivants du Code forestier .

Quarto, plusieurs dispositions de la Loi N°1/02 du 26 mars 2012 portant code de l’eau au Burundi
mettent place des servitudes d’utilité publique pour la protection des ressources en eau. L’art. 5 al. 1
point 3° du Code de l’eau au Burundi fait rentrer dans le domaine public « Les bords ou rives des
Lacs sur une largeur de cent cinquante mètres pour le Lac Tanganyika, cinquante mètres pour les
autres lacs du pays, une largeur de vingt-cinq mètres sur chacun des bords pour les rivières, affluents
du Lac Tanganyika, à partir du niveau le plus élevé qu’atteignent les eaux dans leurs crues
périodiques. Pour les autres rivières du pays, une zone de protection sur une largeur de cinq mètres
est installée ». L’art. 5 dernier al. Ajoute que : « conformément à l’article 159 de la Constitution, la
distance prévue au point 3° de l’alinéa précèdent peut-être élargie, en fonction des impératifs de
renforcer la protection du domaine public hydraulique ». De plus, le code de la santé publique
prévoit le groupement des établissements industriels en raison des dangers d'incommodité et
d'insalubrité qu'ils représentent pour l'environnement .

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Enfin, d’autres servitudes environnementales peuvent être crées par des plans d’aménagement en
application de la Loi N°1/10 portant création et gestion des aires protégées au Burundi et la Loi
N°1/6 du 25 mai 1983 portant protection du patrimoine culturel .

I Servitudes les servitudes relatives à la salubrité et à la sécurité publique

Le Décret- Loi portant Code de la santé publique prévoit des servitudes relatives à la salubrité et à la
sécurité publique. Ces servitudes concernent d’abord la protection de l’eau de consommation
notamment l’exigence d’une autorisation du Ministre de la santé publique de tout projet de captage
destiné à l'alimentation en eau , l’exigence dans certaines communes de l’évacuation des eaux de
ruissellement sur la voie publique sera assurée au moyen d'un réseau d'égouts séparés et
l’interdiction du déversement des eaux usées dans les caniveaux ou égouts d’évacuation des eaux
pluviales .

Le Code de la santé publique prévoit aussi des servitudes relatives à la santé et à la sécurité relatives
au contrôle du respect des normes de construction. Il s’agit notamment de l’exigence d’une
autorisation des autorités sanitaires pour installer une fosse septique , l’interdiction de procéder à
l'épandage des matières de vidange à ras du sol , de l’obligation de respect des normes de
construction des fosses septiques , du respect du règlement sanitaire pour construire , l’obligation de
raccordement au réseau des eaux de pluie ou des eaux usées . Par ailleurs, des servitudes sont
prévues pour la protection de cimetières en ce sens aucune inhumation ne peut avoir lieu en dehors
des terrains affectés à cet usage sauf dérogation motivée de l'Administrateur Communal , que la
création des cimetières est autorisée par le Ministère de la santé publique qui détermine la distance
entre le cimetière et les habitations les plus proches, la distance entre le cimetière et les sources
d'approvisionnement en eau, les conditions d'inhumation dans les cimetières, les règles relatives aux
exhumations, transport de corps, embaumement etc... .

Enfin, des servitudes sont prévues en matière de sécurité publique notamment le respect des normes
d’hygiène par les établissements industriels dans l’intérêt de la protection du voisinage contre les
dangers et toutes nuisances dues aux déchets solides, liquides et gazeux qui en seraient issus ainsi
que pour protéger leurs employées contre des accidents de travail et des maladies professionnelles et
l’interdiction de la mise en exploitation de ces établissements sans la délivrance par le Ministre
chargé de la Santé Publique d'un certificat de conformité .

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§2 Servitudes relatives à la défense

Il n’est pas nécessaire de réfléchir pendant longtemps pour découvrir que parmi les divers intérêts
publics, l’intérêt public par excellence est celui de la défense militaire de l’Etat par cette raison
suprême qu’il est le Palladium de tous les autres. C’est pourquoi les lois et règlements prévoient des
modifications de la propriété immobilières soit en faveur du Génie « ce qui comprend la législation
relative à la zone des frontières, celle relative à la zone des places de guerre, celle relatives aux
occupations temporaires des propriétés privées », soit en faveur de l’artillerie « ce qui comprend les
approvisionnements nécessaires à la fabrication des poudres, à la construction des divers engins
d’artillerie, à la fabrication des armes et les privilèges de certains établissements militaires », soit en
faveur de la marine : « ce qui s’applique à l’approvisionnement des bois propres aux constructions
navales » .

En droit burundais, les servitudes de défense sont prévues sous forme d’un principe général de leur
existence par l’article 402 code foncier de 1986 qui dispose : « Le plan général d’aménagement du
territoire concerne l’ensemble du territoire national et a pour objet la détermination de zones
réservées notamment à la défense nationale, à l’industrie, à l’urbanisme, à l’agriculture, à l’élevage,
aux boisements, aux communications, aux télécommunications, aux transports, au tourisme, aux sites
naturels et aux monuments. Les règlements d’application du plan général d’aménagement abrogent
toute prescription contraire relative aux plans régionaux, locaux et particuliers ». Il s’agit par
exemple des servitudes relatives à la navigation maritime, des servitudes autour des champs de tir qui
permettent aux militaires d’occuper temporairement des propriétés privées et d’en interdire l’accès,
des servitudes de sécurité autour des magasins à poudre, artifice et explosif. Il peut être créé deux
zones de prohibition, des servitudes défensives autour des ouvrages militaires, places fortes,
fortifications qui peuvent consister en une interdiction de construire totale ou à une certaine hauteur.

Section I Conditions d’établissement des servitudes

§1 La légalité ou la conformité à la loi

Le principe de la légalité est une condition sine qua none des servitudes d’utilité publique car le droit
burundais qui exige que la servitude soit prévue par une loi, qu’elle soit établie par une autorité
compétente moyennant respect de la procédure légale et qu’il y ait des voies de recours pour le
propriétaire pour contester la légalité de la décision. Il s’en déduit que l’acte de l’administration

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établissant une servitude sans qu’une habilitation légale adéquate puisse être utilisée, est illégal et
susceptible d’engager la responsabilité de l’Etat .

La loi insiste sur l’exigence d’une décision d’une autorité légalement compétente et moyennant une
procédure légale prescrite. Par exemple l’article 102 de la loi N°1/13 du 23 avril 2015 portant
réorganisation du secteur de l’électricité au Burundi prévoit que les servitudes électriques sont
accordées par l’autorité compétentes dans le respect d’une procédure légale . Pour pouvoir savoir
l’autorité compétente et la procédure légale exigée, il faut interroger chaque loi qui met en place
chaque type de servitude.

Par exemple en matière de servitude d’urbanisme, tout schéma directeur d’aménagement et


d’urbanisme (qui comprend toujours des servitudes) est adopté par décret, sur proposition du
Ministre en charge de l’urbanisme , après avis favorable de la Commission nationale d’urbanisme,
de l’habitat et de la construction . Quant au plan local d’aménagement du territoire , il est adopté par
ordonnance du Ministre chargé de l’urbanisme sur proposition du Conseil communal après avis de la
commission communale de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction . Enfin, tout plan
particulier d’aménagement est adopté par ordonnance sur proposition du conseil communal après
avis de la Commission communale de l’urbanisme, de la construction et de l’habitat .

De même pour savoir la procédure d’établissement de telle servitude, les voies de recours et la
procédure d’indemnisation s’il y a lieu, il faut interroger la loi spéciale établissant la servitude. C’est
ainsi que par exemple l’article 21 du Code de l’eau exige que l’exécution des travaux sur les terrains
grevés des servitudes, doit être notifiée par écrit aux personnes exploitant lesdits terrains, au plus
tard, six mois avant le démarrage desdits travaux. Cet article ajoute qu’à défaut d’entente, les
contestations éventuelles pouvant donner lieu à l’établissement et l’exécution des indemnités y
relatives, sont traitées conformément à la législation en vigueur en matière d’expropriation pour
cause d’utilité publique .

§2 La légitimité ou la nécessité de satisfaire l’intérêt général

Le droit burundais conditionne les servitudes d’utilité publique au respect du principe de légitimité
comme cela ressort de l’article 16 du Code foncier « sauf restrictions résultant de la loi ». De même,
la législation spéciale burundaise qui organise en détails la réglementation d’usage des biens exige

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que ces mesures soient légitimes. La servitude légale d’utilité publique doit évidemment être créée
en vue de satisfaire l’intérêt général . Il ne peut être question de concourir à la réalisation d’un simple
intérêt privé par la mise en œuvre des servitudes d’utilité publique.

§3 La proportionnalité ou le maintien d’un juste équilibre entre l’intérêt général et les


droits des individus

D’une manière générale, le législateur burundais n’a jamais adopté de position de principe quant à
l’indemnisation du préjudice résultant des servitudes administratives. En effet, au Burundi ni la
Constitution ni les lois ne prévoient d’une manière générale un principe d’indemnisation des
servitudes d’utilité publique. Certaines dispositions légales écartent éxpressement tout droit à
l’indemnisation alors que d’autres l’excluent pourtant dans des cas similaires, tandis que d’autres
textes restent muettes à ce propos. D’emblée nous pouvons conclure à l’existence d’un principe
général de non-indemnisation des servitudes d’utilité publique mais ce principe souffre des
exceptions dans les cas suivants :

- Le principe de non indemnisation des servitudes est soumise à une première exception à
savoir l’indemnisation en cas de prévision légale. En effet, le législateur lui-même exige le paiement
de l’indemnité s’il estime qu’il est juste et équitable que le propriétaire soit indemnisé des
conséquences d’une réglementation d’usage des biens . Ce droit à l’indemnité est prévu à titre
d’exemple par l’art. 30 §2 du Code de l’aviation civile du Burundi qui dispose : « Les frais et
indemnités consécutifs à l’établissement des servitudes de dégagement sont à la charge des
personnes publiques ou privées qui exploitent les aérodromes ou aéroports» . Pour les servitudes de
balisage, l’art. 35 § 3 prévoit que les indemnités dues en raison des servitudes aéronautiques de
balisage sont fixées par accord amiable ou à défaut, par un comité d’arbitrage . Par ailleurs, l’article
38 de ce même Code donne droit à toute personne subissant une perte ou un dommage en raison de
l’établissement des servitudes aéronautiques le droit à une indemnisation dont le montant est calculé
conformément au code foncier en vigueur. En conclusion, la loi a elle-même tempéré le principe de
non indemnisation des servitudes en prévoyant elle-même des cas exceptionnels d’indemnisation.
Mais le législateur ne donne pas un critère cohérent qui le pousse à décider pourquoi telle servitude
doit être indemnisé ou pas avec le risque de favoriser certains bénéficiaires des servitudes au
détriment d’autres. A ce propos, le législateur ne pourrait choisir d’indemniser certaines servitudes

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légales d’utilité publique dans certains cas et pas dans des hypothèses semblables sous peine de
violer les principes constitutionnels d’égalité et de non-discrimination

- L’indemnisation des servitudes d’utilité publique en vertu de la règle de respect des droits
acquis est reconnue en droit burundais par certaines lois créant des servitudes d’utilité publique. A
titre de rappel l’art. 13 al.1 du Code de l’eau grève les fonds riverains des cours d’eau ou des lacs sur
chaque rive à partir des limites du domaine public hydraulique d’une servitude de marche pied de 4
mètres destinée à assurer le libre passage du matériel et des engins de contrôle, de curage,
d’exploitation et d’entretien sans aucune indemnisation. Mais, en vertu du respect des droits acquis,
le code de l’eau prévoit un droit à l’indemnité pour les personnes ayant établi ces constructions,
clôtures bâtiments ou plantations avant la promulgation en ces termes : « Pour les constructions,
clôtures ou plantations qui auraient été aménagées ou réalisées de bonne foi avant l’entrée en vigueur
du présent code, le Ministère ayant la gestion de l’eau dans ses attributions octroie une indemnisation
fixée en matière d’expropriation pour cause d’utilité publique, sauf pour les plantations saisonnières
qui peuvent être enlevées après cueillette ou récolte » . Cette disposition a sans doute été mis en
place pour éviter la remise en cause des droits acquis par les propriétaires riverains.

- Le principe de l’égalité devant les charges publiques a une valeur constitutionnelle au


Burundi . L’article 394 de l’ancien Code foncier de 1986, consacré au caractère obligatoire des plans
d’aménagements du territoire, réaffirme une exception au principe de non indemnisation des
servitudes d’utilité publique tiré de ce principe de l’égalité devant les charges publiques en ces
termes: « Les restrictions ainsi apportées à l’exercice des droits fonciers ne donnent lieu à aucune
indemnisation, sauf lorsque l’intéressé subit un préjudice grave et spécial, incompatible avec le
principe de l’égalité de tous devant les charges publiques » . Ce principe est réaffirmé par les lois
spéciales notamment la loi portant réorganisation du secteur de l’électricité au Burundi dont l’article
104 al.1 dispose : « Les servitudes visées au présent paragraphe n’entrainent aucune dépossession.
Elles donnent droit à indemnisation des personnes détenant un titre régulier d’occupation ou de
propriété du fonds, destiné à compenser le préjudice résultant de l’établissement de la servitude ».
C’est également la même solution prévue par le Code de l’eau pour la servitude d’appui qui donne
droit à une juste et équitable indemnité s’il en résulte un préjudice pour le propriétaire du fonds
riverain .

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- L’indemnisation en vertu du principe de proportionnalité car il faut vérifier si l’ingérence de


l’Etat au moyen des servitudes ne fait pas peser sur la personne concernée une charge
disproportionnée et excessive. L’article 47 de la constitution du Burundi qdispose : « Toute
restriction d’un droit fondamental (…) doit être proportionnée au but visé. ». Dans chaque affaire
alléguant la violation de la proprieté foncière au moyen de la réglementation d’usage des biens
disproportionnée, l’art.47 de la constitution créée à charge des cours et tribunaux l’obligation de
vérifier si, en raison de l’action ou de l’inaction de l’Etat, le propriétaire concerné a dû supporter une
charge disproportionnée et excessive. Si le juste équilibre est rompu, le propriétaire lésé pourra
prétendre à une indemnisation équitable.

En conclusion, lorsque le droit de propriété foncière subit une servitude d’utilité publique, il est
nécessaire de procéder à une analyse en plusieurs étapes pour voir si le principe de proportionnalité a
été respecté.

Tout d’abord, il faut vérifier si un régime d’indemnisation spécifique est prévu par la loi ou un
règlement et nous avons montré plusieurs exemples dans lesquels le législateur a entendu indemniser
certaines servitudes d’utilité publique. Il faut également voir si cette indemnisation n’est pas exigée
en vue du respect des droits acquis par le propriétaire.

En deuxième lieu, si aucune indemnisation n’est prévue par la Loi, il faut examiner si un régime
d’indemnisation n’a pas été organisé dans une situation similaire étant donné que l’absence
d’indemnisation légale peut être critiqué en vertu des principes constitutionnels d’égalité et de non-
discrimination. Le propriétaire pourrait à ce titre demander l’application du régime d’indemnisation
prévu par une autre disposition indemnitaire par voie d’analogie. C’est ainsi que la Cour
Constitutionnelle belge a jugé le 19 avril 2012 que : « l’article 54 de la loi du 12 juillet 1974 sur la
conservation de la nature n’ est pas compatible avec les articles 10 et 11 de la Constitution, en ce que
le titulaire d’un permis d’urbanisme régulièrement délivré qui n’est pas titulaire d’un droit réel sur la
parcelle frappée de l’interdiction de bâtir ne peut obtenir une compensation des dépenses qu’il a
effectuées pour la destination de cette parcelle alors que le titulaire d’un droit réel qui a effectué les
mêmes dépenses est effectivement dédommagé sur la base de la disposition en cause » .

Enfin, en troisième lieu, le juge doit contrôler si l‘absence d’indemnisation ne rompt pas le juste
équilibre entre les impératifs des intérêts de l’Etat et la protection des droits fondamentaux de
l’individu. A ce titre, il doit vérifier si cette absence d’indemnisation n’est pas excessive en faisant

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peser sur le particulier des charges qui excèdent celles qu’un particulier devrait supporter dans
l’intérêt général . Le juge doit alors faire un contrôle de proportionnalité dans lequel l’importance du
préjudice, l’absence d’indemnisation, les intérêts en jeu, le respect des garanties procédurales sont
des facteurs déterminants. Si le juge conclut à une rupture du juste équilibre, il devra compenser cette
rupture d’égalité , c'est-à-dire indemniser l’intégralité du préjudice exceptionnel subi en tenant
compte dans son appréciation des charges qu’un particulier doit normalement supporter dans l’intérêt
collectif .

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