Leçon 8 : Les facteurs du climat
Introduction
Le climat, à la différence du temps désigne l’ensemble des conditions atmosphériques et météorologiques d’une région
géographique pendant une période de temps assez longue, appelée normale climatique. Les facteurs du climat sont
l’ensemble des circonstances qui conditionnent le climat d’un espace et qui permettent de le comprendre, de le saisir.
Ces facteurs se présentent sous deux catégories : les facteurs cosmiques avec un canevas zonal de climat et les facteurs
géographiques avec des nuances azonales sur des surfaces plus limitées.
I. Les facteurs cosmiques ou zonaux
Le Soleil apporte de manière régulière une certaine quantité d’énergie dont l’apport calorifique (bilan radiatif) est
constant dans l’atmosphère mais variable à la surface de la terre. Cette variation de l’apport énergétique du Soleil à la
surface terrestre résulte essentiellement de l’angle d’incidence des rayons lumineux, du rôle de l’atmosphère et de
l’albedo.
1. La variation des angles d’incidences des rayons solaires
L’angle d’incidence des rayons solaires varient en fonction des latitudes. En effet, le parallélisme entre la zone
équatoriale et le plan de l’écliptique est à l’origine du fait que cette zone reçoit les rayons solaires à la verticale alors
que les angles d’incidences des rayons solaires baisses à mesure que l’on s’approche des pôles. Ainsi, au Gabon à 0° de
l’attitude on note 900 calories par cm2, au Caire (30° N), on enregistre 800 calories par cm2, 600 calories par cm2 à Paris
(50° N) et seulement 200 calories par cm2 à Spitzberg à 80° N. Cette variation de l’apport énergétique du Soleil est aussi
conditionnée par l’inclinaison de l’axe des pôles de 23°27’ par rapport au plan de l’écliptique, la variation de la distance
terre soleil mais aussi par les mouvements de la terre (la rotation et révolution).
2. L’atmosphère et l’albedo
L’atmosphère joue un rôle très important dans le climat. Il intervient dans le climat à travers l’absorption, la diffusion
et la réflexion de l’énergie en provenance du Soleil. En effet, une partie de l’énergie émise par le Soleil est directement
renvoyée vers l’espace (c’est l’albédo atmosphérique). Ensuite, la présence de certains gaz comme l’ozone, la vapeur
d’eau et le gaz carbonique permet à l’atmosphère d’absorber une partie de ce rayonnement solaire et exerce un effet de
serre. Enfin, les molécules de gaz, les poussières et impuretés de l‘air provoque une diffusion de l’énergie solaire qui
vient compenser les pertes résultant de la réflexion pour ainsi former avec le rayonnement solaire direct, la radiation
solaire globale.
L’albedo est la proportion d’énergie lumineuse renvoyée par un corps. Il varie en fonction des milieux. Les océans et
les forêts réfléchissent peu d’énergie alors que les sols nus et clairs (déserts sableux, zones enneigées ou englacées)
renvoient plus d’énergie.
3. Centres d’actions et circulation atmosphérique générale
a. Les centres d’actions
Les masses d’air circulent de manière différentielle au niveau de l’atmosphère terrestre. On note des mouvements
verticaux et horizontaux permettant le déplacement des masses d’air. La rencontre ou convergence de deux masses d’air
provoque une montée de l’air (ascendance) qui se traduit par la diminution de la pression au sol. Par contre l’air qui
descend (subsidence) provoque un tassement de l’air au sol augmentant la pression avant la séparation des masses d’air
(divergence). Ainsi, la montée et la descente de l’air explique la naissance des centres d’action atmosphérique. Les zones
de fortes pressions sont appelées anticyclones (Pression atmosphérique >1015 hp) et les zones de basses pressions sont
appelées dépressions (Pression ˂ 1015 hp). Selon leur origine, on note deux types de centre d’actions : les centres
d’actions d’origines thermiques et les centres d’actions d’origines dynamiques.
- Les centres d’actions d’origines thermiques sont ceux provoquées par le froid et la chaleur. En effet, le froid
alourdit l’air qui descend pour donner naissance à un anticyclone terrestre alors que la chaleur chauffe l’air qui
monte pour laisser un vide au sol d’où la naissance d’une dépression.
- Les centres d’actions d’origines dynamiques sont ceux qui résultent des turbulences provoquées par la rotation
de la terre qui favorise l’accumulation de l’air et la naissance de zones de fortes pressions ou anticyclones.
b. La circulation atmosphérique générale
On appelle circulation atmosphérique générale, le mouvement global de l’air sur la Terre et qui permet le transfert du
froid et de la chaleur entre les différentes régions du monde. Aux pôles, le froid alourdit l’air qui descend pour créer une
zone de surpression ou haute pression polaire (HPP) au moment ou en altitude, la descente de l’air donne naissance à
une zone de basse pression polaire (BPP). Au niveau de l’équateur, la chaleur provoque une ascendance de l’air qui
laisse un vide au sol d’où une zone de basse pression intertropicale (BPI) alors que l’ascendance de l’air crée une zone
de haute pression tropicale (HPT). Ainsi, théoriquement, l’air froid des BPP descend vers les HPP puis est attiré par les
BPI avant de monter vers les HPT pour ensuite être attiré par les BPP : c’est la cellule de Hadley. Il existe toutefois des
relais qui permettent de faciliter la circulation de l’air. Il s’agit en altitude des courants jets ou jets stream, vents roulant
à plus de 10 km à l’heure et permettant de faire passer l’air des HPT aux BPP. Au sol la subsidence des vents jets crée
des zones de surpression donnant naissance à des hautes pressions subtropicales (HPST) qui joue également un rôle de
relais dans la circulation atmosphérique générale.
Au niveau de la troposphère, il existe deux grandes masses d’air qui s’individualisent par leur température, leur humidité
et leur pression (l’air polaire et l’air tropical) qui se subdivisent chacune en air maritime et en air continental. Quand
deux masses d’air se rencontrent, il s’établit entre elles une surface de contact appelée front. Le front polaire sépare dans
la zone tempérée l’air tropical et l’air polaire et le front intertropical (FIT) ou convergence intertropicale sépare au
niveau des régions équatoriales l’air tropical nord et l’air tropical sud. Ces fronts entraînent des perturbations qui créent
des nuages et amènent la pluie.
II. Les facteurs géographiques ou azonaux
1. Océanité et continentalité
La position géographique d’un territoire à l’intérieur du continent ou aux abords de la mer contribue à déterminer le
type de climat de ce territoire. L’océan est un régulateur thermique qui adoucit les températures en période de chaleur
et les réchauffe en période de froid. Il intervient également à travers les courants marins (chauds ou froids) et les
mécanismes d’évaporation et de condensation dans la répartition différentielle de la chaleur sur terre. C’est ainsi que
l’on peut constater que les températures sont plus modérées le long des régions côtières alors que celles-ci se corsent à
mesure que l’on progresse vers l’intérieur des continents ; la continentalité brutalise les températures. Les courants
marins influencent également les précipitations. Les courants froids imposent la naissance de déserts froids littoraux
alors que les courants chauds contribuent à l’instabilité des masses d’air et provoquent des précipitations.
2. Le relief et la végétation
Le relief influe sur les climats de diverses manières. Tout d’abord elle entraine une importance accrue de la radiation
solaire en altitude (au-delà de 3 000 m) du fait de la faiblesse de la masse atmosphérique et de la présence d’un air
limpide et sec qui permet une plus grande pénétration des rayons solaires. Également, l’exposition différentielle des
versants des montagnes à la radiation solaire entraine des contrastes d’origines topographiques. Les versants d’Adret
faisant face au Soleil reçoivent plus d’énergie que les versants d’Ubac avec un écart pouvant atteindre un rapport de 1
à 10 dans certaines régions tempérées (c’est l’effet Foehn). Cette configuration topographique peut jouer le rôle de
barrière aux vents pluvieux. C’est ce qui fait que les versants d’ubac des hautes montagnes dépassant en hauteur
l’optimum pluviométrique sont relativement secs d’où la naissance de grands déserts. La variation de la température en
fonction de l’altitude dans la troposphère (de l’ordre de 6,5°C tous les 1 000 m) donne lieu à un climat azonal, le climat
montagnard.
La végétation intervient sur les éléments du temps en protégeant le sol contre l’insolation en créant un microclimat et
en dégageant de l’humidité à travers l’évapotranspiration. Ainsi le sol forestier peut être soustrait au gel en hiver, tandis
qu’en période chaude l’air confiné est plus frais qu’aux alentours. Aujourd’hui les chercheurs s’accordent sur le rôle
vital joué par les grands forets équatoriaux (Amazonie, Congo, …) sur l’équilibre climatique du globe par leurs apports
considérables en vapeur d’eau dans l’atmosphère.
Conclusion
La diversité climatique notée à l’échelle de la terre résulte des interactions entre un ensemble de phénomènes et
d’éléments aux influences différentielles. Aux facteurs cosmiques donnant naissance à de grandes régions climatiques
s’ajoutent des influences d’ordres géographiques créant des nuances climatiques azonales.
L’étude des climats de la terre passe par l’indentification d’un ensemble de données concernant les éléments du climat.
L9 : Les éléments du climat
Introduction
L’appréciation du climat d’un milieu est un exercice fondamental. Il se fait à travers des éléments qui sont des grandeurs
physiques mesurables ou des phénomènes repérables caractérisant la basse atmosphère. Les éléments qui permettent de
caractériser Le climat d’un milieu sont : la température, l’humidité de l’air, la pression atmosphérique, le vent, les
précipitations entre autres.
I. La température
La température est une qualité de l’air qui dépend de l’apport en chaleur du Soleil. Elle est mesurée avec un thermomètre
sous abri et est exprimée degré centigrade Celsius. Les températures sont mesurées, pour la climatologie régionale, sous
un abri météorologique standard, ce qui permet d’obtenir des valeurs comparables dans le monde entier. On fait une
mesure toutes les trois heures dans les observatoires bien équipés, ou simplement un relevé des températures minimale
et maximale observées en 24 heures. On distingue la température de la chaleur sensible (degré thermique exprimé en
Celsius) et la température du thermomètre mouillée qui permet de mesurer la température du point de rosée. Il est donc
possible de calculer les moyennes journalières, mensuelles ou annuelles. Les moyennes mensuelles et annuelles donnent
le régime thermique. La différence entre les valeurs maximales et minimales est appelée amplitude thermique. La
température agit sur la végétation et influence la vie des hommes.
II. La pression atmosphérique
La pression atmosphérique désigne la force que le poids de l’air exerce à la surface de la Terre. Elle s’exprime en
hectopascal (hp) ou en millibars et est mesurée à l’aide d’un baromètre. Si la pression est supérieure ou égale à 1 015
hectopascals ou 760 mm de mercure, il y a haute pression ou anticyclone. Une pression inférieure à 1015 hectopascals
donne lieu à une zone de basse pression ou dépression. La pression décroit rapidement avec l’altitude. Cette baisse n’est
pas linéaire car à 3 000 mètres d'altitude, la pression atmosphérique moyenne est d'environ 700 hPa, 500 hPa à 5 500
mètres. Autrement dit, 90 % de la pression atmosphérique se concentre approximativement dans les 15 premiers
kilomètres de l'atmosphère terrestre.
Même si la pression atmosphérique n’est pas vraiment en elle-même un élément du climat, elle est un facteur
indispensable à l’explication de la circulation de l’air, donc en définitive à la compréhension des causes des climats.
III. L’humidité atmosphérique
L'humidité atmosphérique mesure et quantifie la teneur en vapeur d'eau de l'air atmosphérique. Elle est mesurée par un
hygromètre en hygrométrie. On distingue l’humidité absolue et l’humidité relative. L'humidité absolue désigne la
quantité de vapeur d'eau contenue dans l'air et s'exprime en gramme d'eau par mètre cube d'air (g/m3). Elle est invariable.
Une masse d'air ne peut pas contenir une quantité infinie de vapeur d’eau. En fonction des conditions de température et
de pression, il existe un seuil de saturation au-delà duquel une partie de la vapeur d'eau retourne à l'état liquide. : c’est
la capacité hygrométrique.
L'humidité relative ou degré hygrométrique est le rapport de la quantité de vapeur d'eau contenue dans l'air sur la quantité
de vapeur d'eau maximale possible et exprimée en pourcentage. Une humidité relative de 100% indique un air saturé en
vapeur d’eau donc risque de nuage, pluie, brouillard, rosée ou grive). À pression constante plus la température est élevée,
plus il peut contenir. Au fur et à mesure qu'une masse d'air monte en altitude, elle se refroidit, son humidité relative
augmentera également. Lorsque la température augmente, en journée, l'humidité relative diminue, alors que le contenu
en eau de la masse d'air - l'humidité absolue reste inchangé.
Humidité Absolue
𝐻𝑢𝑚𝑖𝑑𝑖𝑡é 𝑟𝑒𝑙𝑎𝑡𝑖𝑣𝑒 = 𝑥 100
Capacité hygrométrique
IV. Le vent
Le vent correspond au déplacement verticale d'une masse d'air consécutif à des différences locales de température et
de pression. L’inégale répartition de l’énergie solaire et la rotation de la terre influent sur la génération des vents. D'une
légère brise à une forte tempête, la vitesse et l'amplitude géographique des vents peuvent être très variables dans l'espace
et dans le temps. Les vents sont généralement classifiés selon leur ampleur spatiale, leur vitesse (ex. : échelle de
Beaufort), leur localisation géographique, le type de force qui les produit et leurs effets. La vitesse du vent est mesurée
avec un anémomètre mais peut être estimée par une manche à air, un drapeau, etc.
Parfois destructeur, le vent participe à de nombreux processus sur Terre, comme l'oxygénation des océans et des rivières
ainsi que des lacs, par agitation et mise en mouvement de leurs surfaces. Il participe aussi à l'érosion des sols et au
déplacement de minéraux. L'Homme l'utilise aujourd'hui comme source d'énergie : l'éolien.
V. Les précipitations
Elles constituent une étape du cycle de l’eau. Le cycle de l’eau peut être décomposé en quatre processus distincts :
stockage, évaporation, précipitation et ruissellement. Après le stockage, l’eau s’évapore depuis le sol pour se condenser
et former des nuages. Lorsque le seuil de saturation est dépassé, les cristaux ou gouttelettes deviennent lourds et tombent
sous forme de précipitations (pluie, grêle, rosée, brume ou neige). Les nuages de types nimbus, stratus et cumulus sont
généralement porteurs de pluies. On distingue les pluies orographiques, les pluies d’ascendance, les pluies frontales et
les pluies de dépression ou de convergence. Après la pluie, l’eau ruisselle vers les points de stockage avant de s’évaporer
à nouveau.
Les précipitations se caractérisent par trois principaux paramètres : leur volume, leur intensité et leur fréquence qui
varient selon les lieux et les périodes (jours, mois ou années). Les précipitations sont mesurées toutes les 24 heures ou
toutes les 12 heures. Mais on enregistre pour un mois des quantités globales, et ce n’est qu’au niveau des études sur
plusieurs années que les moyennes interviennent. Les mesures sont données en hauteurs d’eau, évaluées en millimètres
quelle que soit la forme des précipitations.
VI. Les autres éléments du climat
Les autres éléments du climat reçoivent souvent moins d’attention, parce que leur mesure, plus difficile, est faite dans
un nombre plus limité d’observatoires. Il s’agit essentiellement de :
- la durée d’insolation, exprimée en heures ;
- la nébulosité, c’est-à-dire la portion du ciel couverte, exprimée en dixièmes ;
- la direction et la vitesse du vent (on peut donner la vitesse moyenne et le vent vectoriel moyen, mais la meilleure façon
de présenter les résultats est de construire une rose des vents, qui indique leur fréquence pour un mois ou une année,
suivant la direction et la vitesse) ;
- l’évaporation, mesurée dans des appareils placés sous abri (évaporomètre piche) ou dans des bacs isolés, et qu’on
exprime en millimètres d’eau évaporée. Il est à noter que l’évaporation mesurée est en fait l’évaporation potentielle,
c’est-à-dire celle qui est possible pendant une période donnée en fonction de l’état de l’atmosphère : pression,
température, humidité, vent. L’évaporation réelle peut être très inférieure à cette évaporation potentielle, car elle est
limitée par les réserves en eau du sol : quand celles-ci sont épuisées, l’évaporation s’arrête évidemment jusqu’à la
prochaine averse, ce qui n’arrive jamais avec les appareils, qui sont régulièrement alimentés en eau. En utilisant des
bacs de terre portant un couvert végétal, ou en étudiant les champs irrigués, on peut évaluer aussi la part des pertes en
eau sous forme de transpiration ; si bien qu’en définitive on peut apprécier l’évapotranspiration potentielle d’un climat.
La rareté relative des mesures d’évaporation a rendu nécessaire la mise au point de formules permettant de la calculer
en fonction d’éléments mieux connus qui la déterminent.
Conclusion
Les différents types de climat enregistrés sur notre planète sont appréciés à travers un ensemble d’éléments qui les
constituent et les singularisent. La température, la pression atmosphérique, l’humidité de l’air, le vent, les
précipitations entre autres sont autant d’éléments du climat.
Ces différents éléments jouent un rôle fondamental dans la compréhension des climats de la terre et influencent
fortement la vie et les activités humaines sur terre.